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La fierté d’être ingénieure

www.ingenieuse.ch/fr/edito.php Numéro 12 / Avril 2012 4 Portrait d’ingénieure

La chimie des plantes 4 Personnalité

Géraldine Savary 4 Reportage

HE-Arc: les ingénieures à l’honneur 4 Portrait d’étudiante

Entre mécanique et claquettes 4 Dossier produit

Regard sur les crèches Consultez notre site www.ingenieuse.ch

Oser un métier qui plaît! Ainsi, la dextérité féminine se prêterait mieux au tricot qu’à la mécanique de précision, selon un monsieur, certes un peu âgé, rencontré lors du reportage publié dans ce numéro. La phrase choque ? Tant mieux : cela prouve que les stéréotypes les plus éculés font réagir. Pourtant, les idées reçues n’ont pas disparu, loin s’en faut. Sinon, comment expliquer que le domaine Ingénierie et Architecture de la HES-SO n’accueille « que » 17% d’étudiantes en 2012 ? Un chiffre qui est pourtant le fruit d’un gros effort, puisqu’en 2000, elles n’étaient que 8%. La bonne nouvelle ? Presque 7% des jeunes qui ont entamé des études en Systèmes industriels sont des étudiantes: elles n’étaient que 2,5% en 2007. Un chiffre qui fait honneur à la politique proactive mise en place par la HES-SO et donne raison à une initiative comme l’Année préparatoire Future Ingénieure. Une passerelle proposant aux jeunes femmes de découvrir toutes les filières de formation « techniques » offertes à la HES-SO, afin de s’orienter en connaissance de cause. Pour qu’un jour, enfin, on puisse sortir d’un débat stérile sur des compétences qui seraient attachées « naturellement » à l’un ou l’autre sexe. Et permettre un choix de formations hors de toute contrainte de genre. Juste avec l’envie de se lancer et avec la confiance en soi nécessaire pour OSER ! FLORENCE HÜGI


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Nadia Marcon

Des langues modernes à la chimie, tout naturellement Nadia Marcon avait choisi «langues modernes». Elle est aujourd’hui ingénieure en chimie, spécialisée dans les plantes. Portrait d’une femme volontaire qui a osé changer de voie et participe aujourd’hui à la redéfinition d’un Valais tourné vers l’innovation. Broyage, pression, extraction, capillaires, spectromètre, chromatographie… A l’entendre parler, on peine à croire que Nadia Marcon a étudié langues modernes jusqu’à la maturité ! Plantée au milieu d’un laboratoire où vont et viennent des étudiant-e-s en blouse blanche, la jeune trentenaire reconnaît d’emblée que son cursus est «particulier » car rien ne s’y passera comme prévu. En troisième année, un professeur de chimie passionné lui transmet le virus. Elle ira jusqu’au bout de ses études mais dès l’obtention de sa maturité, elle s’inscrit à l’école d’ingénieur-e-s de Sion, section chimie. Un choix dirigé par une envie de «pratique» et de «lien avec l’industrie». Bien que sa famille ne compte aucun scientifique, cette nouvelle orientation est respectée. «Mes parents me voyaient enseignante, mais ils m’ont toujours encouragée.» Entre enseignement, recherche et bureaux Trois ans de cours et plus d’un an de stages plus tard – au laboratoire cantonal et chez Merck Serono à Aubonne (VD) –, Nadia Marcon termine sa formation, en 2002, par un travail de diplôme consacré à l’utilisation des plantes dans les crèmes anti-rides. Là encore, le destin met son grain de sel dans l’histoire. L’école avait à cette époque un projet en commun avec les Laboratoires biologiques Arval, à Châteauneuf-Conthey. «Le poste exigeait une ingénieure en raison d’une phase de tests cosmétiques sur un panel de femmes volontaires. C’est ainsi que j’ai mis le doigt dans l’engrenage et que le monde des plantes s’est ouvert à moi.» Plus tard, grâce au soutien de l’Agence fédérale pour la promotion de l’innovation (CTI), un poste est créé afin de développer un complément alimentaire pour la prévention de l’ostéoporose. Nadia Marcon est engagée. Aujourd’hui la jeune femme travaille à la fois en laboratoire et à son bureau, entre recherche, partenariats industriels et enseignement. «Je trouve grand plaisir à donner

des cours de phytochimie aux étudiant-e-s de 3e année. Elle cite également l’intérêt de ces recherches lui permettant de travailler avec des biologistes, botanistes, agronomes, et la collaboration avec des entreprises. «Certaines sociétés de cosmétique souhaitent intégrer des plantes dans leurs produits, et nous demandent des conseils. Car concevoir une émulsion ne signifie pas seulement mélanger du gras et de l’eau et y adjoindre des extraits de plantes bénéfiques, il faut aussi donner au produit une couleur, une texture et une odeur qui séduiront l’utilisatrice. Or certaines plantes sont efficaces, mais peu sexy, le brocoli par exemple ! Nous conseillons alors un cocktail composé de plantes très actives et d’autres dont l’image est très porteuse.» Le métier fait donc autant appel à des connaissances techniques qu’à des compétences sensorielles. Concilier différentes échelles Peut-on être femme, chimiste, et s’épanouir professionnellement en Valais? «Aujourd’hui oui, en particulier dans mon domaine où le canton a désormais conscience qu’il a une carte à jouer. Il a d’ailleurs récemment relancé le projet de PhytoArk, ce site technologique dédié à la valorisation des plantes alpines, qui intègrera de la recherche, un incubateur de start-up et des partenariats avec l’industrie. Le bâtiment est en construction à Conthey et j’ai travaillé au choix du matériel de recherche et sur la mise en place des méthodes analytiques.»

Carole Pellouchoud A suivre sur www.ingenieuse.ch

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Géraldine Savary

« Les métiers techniques, c’est l’avenir » Conseillère aux Etats (PS - VD), passionnée de science, d’éducation et de culture, Géraldine Savary est aussi une féministe convaincue qui se bat depuis toujours pour l’égalité des chances et la parité. Comment réagiriez-vous si l’une de vos filles envisageait de devenir ingénieure ?   J’en serais ravie et fière, mais ça ne semble pas en prendre le chemin… Mon aînée de 18 ans semble se dirige vers le droit, la cadette de 8 ans trouve que « les mesures, c’est affreux ! » Apparemment, elle n’a pas non plus la bosse des maths, mais elle a encore le temps de changer d’avis. Je dois aussi reconnaître que j’ai peu de compétence en la matière et que mes filles ont dû m’entendre dire plusieurs fois que j’étais nulle en maths… On considère encore comme une fatalité que les filles soient rebutées par les maths et les matières scientifiques. D’un point de vue général, on peut considérer que c’est un échec sur le plan éducatif. Quelles mesures faudrait-il prendre pour inverser la vapeur ? Il y a toute une réflexion à mener au niveau de l’école obligatoire et des manuels pédagogiques. Les exercices de maths sont toujours liés aux domaines masculins. Or, ce monde ne parle pas aux filles, il ne fait pas écho à leur apprentissage de la vie. A cela s’ajoute que souvent, les matières scientifiques sont enseignées par des hommes. Assez vite, une différence entre les garçons et les filles se creuse et celles-ci se sentent exclues. D’autres outils intégrant leurs références et leur différence seraient nécessaires. Par ailleurs, même si je suis pour la mixité à l’école, il serait intéressant réfléchir à des enseignements différenciés, pourquoi pas d’instaurer des classes laboratoires non mixtes, et d’observer si cela favorise leur apprentissage des maths.

de « concrètes », or les métiers techniques figurent justement parmi ceux qui peuvent apporter des réponses concrètes aux ambitions des filles. Leur souci du bien-être d’autrui, autre qualité qu’on leur attribue en général, peut aussi s’exprimer dans ce type de professions et pas seulement dans les soins infirmiers ou l’éducation de la petite enfance… Si on veut être libre, indépendante financièrement et avoir de vraies perspectives de carrière, c’est la voie à choisir. En tant que politicienne, que faites-vous pour améliorer la parité hommes - femmes ? C’est d’abord la preuve par l’exemple : j’ai un discours féministe, déterminé, et, par ma présence, j’espère montrer qu’une femme peut accéder à des postes à responsabilité. Je m’efforce aussi, lors de chaque discussion concernant une loi, de soulever la question de la parité. Mais dans le concret, cela coince toujours, soit au niveau du budget, soit au moment de nommer des femmes dans les Commissions ou les Conseils. Il est encore fréquent qu’aucune femme ne figure dans les cadres des services publics. Quant au privé, n’en parlons même pas ! Désormais, l’organigramme des grandes entreprises publiques telles que Swisscom, les CFF ou La Poste devra comporter au moins 30% de femmes. Un petit progrès qui a été difficile à obtenir ! En politique, on prend des coups. Ceux portés aux femmes sont-ils différents ? Oui. On n’attaque jamais un homme sur son physique, son comportement ou ses habits. En tant que femme, c’est systématique. On est classées en deux groupes. D’un côté les « infirmières », c’est-à-dire les gentilles, ce qui représente un gros défaut en politique. De l’autre, les « maîtresses d’école », sèches et rébarbatives. C’est ainsi que Micheline Calmy-Rey s’est vue surnommée Cruella. Les journalistes contribuent aussi à ce phénomène. Les femmes sont blondes, pétillantes, jeunes, mais personne n’évoque jamais les yeux ou la cravate de Didier Burkhalter ou d’Ueli Maurer. Enfin, les politiciens comme les journalistes font preuve d’une certaine condescendance envers les femmes parlementaires lorsqu’il s’agit de sujets techniques. Les petits trains ou la finance restent du domaine des hommes. On ne m’interviewe jamais sur ces sujets alors que je fais partie de la Commission des transports.

Propos recueillis par Patricia Bernheim A suivre sur www.ingenieuse.ch

Comment inciteriez-vous les filles à s’intéresser aux métiers techniques ?  Ces formations incarnent l’avenir parce que les maths, la physique ou la chimie ont un impact direct sur notre quotidien. C’est aussi dans ces domaines que les perspectives professionnelles pour les filles sont les meilleures. On qualifie souvent les filles

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HE-Arc: les ingénieures à l’honneur

Pour casser les clichés

Donner l’opportunité aux filles de choisir un métier technique : l’exposition de portraits d’ingénieures proposée en mars par la HE-Arc visait précisément cet objectif. ingenieuse.ch a découvert cette initiative pour vous, lors des toutes premières visites. Reportage à Neuchâtel. «A l’époque, c’était autre chose, vous voyez ? C’était déjà beau si on pouvait apprendre un métier, alors choisir un travail d’homme... c’était impensable!», raconte une vieille dame, pensive devant le portrait de Barbara Schaller, ingénieure en microtechnique. Nous sommes à la bibliothèque de la HE-Arc, à Neuchâtel, où l’équipe « égalité des chances » de la Haute école a accroché une série de photos et témoignages de femmes ingénieures, afin de contrer le manque de modèles féminins en ingénierie. «Lors des séances d’information pour les jeunes filles, nous voyons qu’elles sont peu intéressées par la présentation de l’école ou des filières d’étude, le sujet étant encore très abstrait pour elles. Mais dès qu’une étudiante ou une ingénieure témoigne, elles sont captivées. De là est née l’idée de l’exposition» explique Nathalie Jacot, répondante à l’égalité des chances de la HE-Arc. Une chose est sûre, l’initiative suscite le débat: au fil de l’arrivée du public les discussions s’enchaînent. Il y a cet ingénieur qui assure accorder un intérêt tout particulier à ses apprenties, afin de les inciter à poursuivre leurs études en HES. A côté de son portrait format mondial, Manon Racine, ingénieure en électronique, dit répondre toujours présente lorsqu’on lui demande de participer à des actions conçues pour motiver les filles à se lancer dans des études techniques: « Lors de mon choix et durant mes études, j’ai vécu des moments durs où j’aurais aimé partager mes impressions avec quelqu’un. Les études d’ingénieure sont une énorme opportunité pour prendre sa place dans la société ! Alors si je peux apporter ça aux suivantes, c’est avec plaisir». «Nulle en maths»: et alors? On rencontre aussi cette employée de commerce, qui se souvient n’avoir même pas imaginé une voie technique, étant «nulle en math». «Moi aussi j’étais nul en math, rétorque son compagnon, mais je n’y voyais pas un problème pour entamer des études d’ingénieur !». Choc des cultures, des manières d’éduquer et d’orienter les filles et les garçons ? «Difficile à dire... pour être honnête, on ne sait pas du tout expliquer cette situation», répondent deux étudiants de la HE-Arc croisés devant les portraits. «Pour moi c’est normal qu’il y ait des filles

en ingénierie, mais sincèrement, je ne comprends pas pourquoi il n’y en a pas plus, réfléchit l’un, inscrit en microtechnique: elles n’ont qu’à décider de venir !». Pas si simple. Nombreuses sont les ingénieures à raconter comment, au moment de leur choix d’études, un-e professeur-e, l’orientation scolaire ou les parents auront tenté de les dissuader. Car les clichés ont la vie dure: ce retraité de l’EPFL nous confiera avoir renvoyé une de ses collègues à ses casseroles. « Elle s’est vexée, mais j’avais raison. Vous comprenez, explique-t-il sans ciller, elles n’ont pas la dextérité nécessaire. Pour le tricot, ça va, mais pas pour la mécanique». Pourtant, les diverses mesures mises en place depuis 2000 à la HES-SO ont permis de passer de 8% à 17% d’étudiantes dans le domaine Ingénierie et Architecture, prouvant, s’il le fallait, qu’une politique volontariste contribue à casser les clichés. Heureuses de leur choix Constat réjouissant, même si un étudiant en génie civil croisé dans le couloir douche un peu notre enthousiasme. «Des filles? Oui, il y en a une dans ma classe. Mais je crois qu’elle va couler prochainement». Ouf, reste cette exposition, avec des portraits de femmes heureuses de leur choix professionnel, comme Catherine Frioud, directice administrative chez Auchlin SA, active dans le polissage. Membre du Business Professional Women de Neuchâtel depuis sa création, elle a accepté de participer pour encourager les jeunes femmes et leur faire passer un message : « Ne vous mettez pas de barrières : même si on sait que cela ne sera pas facile, il est capital de conserver son autonomie. Sauter d’un plongeoir fait très peur la première fois. Dès la seconde, on sait qu’on en est capable ». Prochainement, l’exposition sera augmentée de nouveaux portraits, et présentée dans d’autres lieux. Pour offrir aux filles le choix le plus ouvert possible, au même titre qu’aux garçons.

Florence Hügi A suivre sur www.ingenieuse.ch

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Coralie Perroulaz Heureuse entre mécanique et claquettes Etudiante en 2e année de Systèmes industriels à la HEIG-VD, Coralie Perroulaz est tombée petite dans la mécanique, qu’elle aime pour son côté évident. La mécanique, Coralie Perroulaz connaît depuis sa plus tendre enfance puisqu’elle a grandi en-dessus de l’atelier de son père, à Savigny. Ce n’est pourtant pas cette familiarité qui a décidé de ses études à la HEIGVD, mais plutôt un parcours scolaire à la fin chaotique. « J’ai toujours aimé les maths, les sciences et donc choisi de préparer une maturité en biologie et chimie. Ma bête noire, les langues, a fini par me couler, j’ai doublé une année puis raté mon bac sans rattrapage possible », explique la jeune fille. Sûre de ses affinités avec les maths, elle s’inscrit au CMS (cours préparatoire en maths) de l’EPFL et là un rêve s’écroule : elle manque son objectif pour un cheveu. « J’ai vraiment eu un passage très difficile, l’EPFL étant l’école où chaque élève du collège s’imaginait étudier. Je devais digérer mes deux

échecs, tout en maintenant mon cap, car mon père, inquiet pour mon avenir, me poussait à commencer un apprentissage de commerce ». Etudiant en emploi en mécanique, son petit ami lui parle de la HEIG-VD et surtout de l’Année préparatoire Future ingénieure. Elle y est admise après un examen et c’est comme une bouffée d’air frais : « Cette année fut une chance pour me redonner confiance, découvrir tous ces métiers passionnants, et conforter mon choix de la mécanique. Le programme est conçu pour nous donner envie, c’était top ! » Aujourd’hui en bachelor, seule fille de sa classe, Coralie évolue comme un poisson dans l’eau dans cet univers de forces et d’engrenages, et aime le côté concret de l’enseignement dispensé en HES, « Cela me correspond tout-àfait », sourit-elle. Et pour côtoyer des jeunes femmes, elle a les claquettes, sa passion depuis l’âge de 10 ans, qui l’a conduite l’an passé sur la première marche du championnat du monde de la spécialité, en groupe. « C’est mon équilibre, j’y passe entre 5 et 6 heures par semaine, sans compter les cours que je donne depuis un an, qui me permettent de ne plus travailler les week-ends en supermarché », précise Coralie Perroulaz dans un grand sourire.

Marie-Christine Pasche A suivre sur www.ingenieuse.ch

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Avec la participation des écoles d’ingénieur·e·s de la HES-SO

Et le soutien financier de l’OFFT

Une architecture sans stéréotypes L’architecture contribue-t-elle à l’inégalité hommesfemmes et si oui, comment y remédier ? Le travail de master en architecture à l’EIA Fribourg de Chantal Dräyer propose quelques pistes, avec comme sujet, la crèche de la HES-SO Pérollino. Ouverte en 2008 dans un immeuble de la ville de Fribourg, Pérollino est aujourd’hui à l’étroit et cherche à trouver des locaux plus adaptés à l’accueil d’enfants. Chantal Dräyer a saisi cette occasion pour en faire un sujet de master en « archigenre », une branche qui analyse comment l’architecture peut jouer un rôle dans la transmission des stéréotypes de genre et de la discrimination qui les accompagne; ou au contraire devenir un outil pour revaloriser les lieux, les gens et les relations. « A travers l’exemple de Pérollino, j’ai voulu rendre visible le décalage entre le regard extérieur porté sur le monde de la petite enfance, associé de manière assez simpliste à un monde uniquement féminin et maternant, et une réalité bien plus complexe. »

Les écoles partenaires : HEIG-VD Haute École d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud Route de Cheseaux 1 CH-1401 Yverdon-les-Bains Tél. : +41 (0)24 557 63 30 Fax : +41 (0)24 557 64 04 www.heig-vd.ch EIA-FR École d’Ingénieur·e·s et d’Architectes de Fribourg Bd de Pérolles 80 - CP 32 CH-1705 Fribourg Tél. : +41 (0)26 429 66 11 Fax : +41 (0)26 429 66 00 www.eif.ch hepia-GE Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève Rue de la Prairie 4 CH-1201 Genève Tél. : +41 (0)22 546 24 00 Fax : +41 (0)22 546 24 10 www.hesge.ch/hepia HE-Arc Haute École Arc-Ingénierie Rue Baptiste-Savoye 26 CH-2610 Saint-Imier Tél. : +41 (0)32 930 11 21 Fax : +41 (0)32 930 11 22 www.he-arc.ch HES-SO Valais Haute École ValaisanneSciences de l’ingénieur-e Route du Rawyl 47 CH-1950 Sion Tél. : +41 (0)27 606 85 11 Fax : +41 (0)27 606 85 15 www.hevs.ch

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Impressum Direction du projet Florence Hügi, responsable de la plateforme égalité de la HES-SO Rédactrice responsable Marie-Christine Pasche Photos jph-daulte-photo.com Imprimé Maquette : Sophie Jaton Mise en page : Albena Basset, hepia-GE Site internet Conception initiale : Vincent Greset Mises à jour : Bastien Rentsch HEIG-VD Catherine Odiet HE-Arc Impression Imprimerie St-Paul, Fribourg Edition Projet www.ingenieuse.ch Rue de la Jeunesse 1 2800 Delémont info@ingenieuse.ch Tirage : 30’000 exemplaires Distribution : Apprenties et étudiantes des écoles professionnelles, des classes gymnasiales et des écoles de culture générale de Suisse romande.

Un métier mal connu Pour mieux appréhender son sujet, l’étudiante a participé à la vie de la garderie et s’est entretenue avec les éducatrices comme avec les parents. « C’est un métier dans lequel évoluent essentiellement des femmes, qui est mal connu, mal perçu et peu considéré. Or leur rôle est bien plus complexe qu’il n’y paraît puisqu’il s’agit d’accompagner les enfants vers la vie sociale. La vision tronquée de ce métier aboutit à la sous-estimation, voire à l’absence, d’espaces pour les professionnel-le-s : pas de vestiaire, ni de bureau, ni d’endroit pour les pauses.

Après ce constat, Chantal Dräyer s’est attachée à définir les outils permettant de tenir compte de la spécificité des usagers futurs, de leurs besoins et de leurs attentes personnelles. Dans son projet, tous les espaces de la crèche sont plus vastes, en particulier les lieux de transition : entrée, escaliers ou vestiaires pour les enfants. Des points stratégiques sources de beaucoup de stress lorsqu’ils sont inadaptés. Les lieux pour les adultes y tiennent une place importante. Ils sont ouverts, flexibles et propices à la discussion. Côté enfants, les espaces sont accessibles à tous et assez spacieux pour accueillir plusieurs activités en parallèle. « Les crèches sont souvent des lieux un peu clos dans lesquels on ne sait pas très bien ce qui se passe, ce qui contribue à dévaloriser le travail des professionnel-le-s. Dans mon projet, la crèche est avant tout un lieu de vie qui s’ouvre et s’intègre à la ville. Rendre visible les rouages de la crèche redonne de la valeur aux lieux et aux personnes qui y agissent. » «Une crèche doit offrir des espaces répondant aux besoins des adultes qui y travaillent et des enfants qui y vivent. Si on redonne à chacun de l’espace, on crée ou on change les usages, les activités et le statut des gens. On cesse de voir les éducatrices juste comme des remplaçantes de mamans pour les considérer comme des professionnelles de la petite enfance.

Patricia Bernheim A suivre sur www.ingenieuse.ch


Ingenieuse.ch No 12 - La fierté d’être ingénieure