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SO BRITISH!


ÉDITO l y a 17 ans en 1994, le tunnel sous la Manche était inauguré par Sa Majesté la reine Elisabeth II et le président François Mitterrand. Un journaliste français écrivit alors que les Britanniques en furent traumatisés car leur insularité était en péril.

© Kieran Madden/Ambassade de Grande-Bretagne

I

Que ce temps nous paraît éloigné aujourd’hui tant les relations entre nos deux pays ont évolué dans le bon sens tout en permettant à chacun de conserver ses spécificités et son identité. La France est après tout le seul pays avec lequel le Royaume-Uni a un lien physique et cela crée naturellement des liens. Depuis un peu plus de trois ans que je suis ambassadeur de GrandeBretagne en France, j’ai pu apprécier l’exceptionnelle qualité des relations entre nos deux pays. Ces relations existent aussi bien entre le Premier ministre, David Cameron, qui a choisi la France pour son premier voyage à l’étranger, et le président Nicolas Sarkozy qu’entre les citoyens des deux pays, 15 millions de Britanniques visitent la France chaque année, 300 000 Français vivent à Londres. Malgré la plus grave crise financière que le monde ait connu depuis les années 30, la Grande-Bretagne est restée aux yeux des Français une terre de promesses et d’avenir, aujourd’hui France et Grande-Bretagne sont côte à côte pour faire face aux défis de demain : changement climatique, régulation financière, sécurité internationale, défense de l’Europe. En 2009, les échanges commerciaux bilatéraux entre le Royaume-Uni et la France ont représenté 62,5 milliards d’euros. La France est le premier pays d’investissement pour les entreprises britanniques en Europe et c’est avec le Royaume-Uni que la France enregistre son plus fort excédent commercial. Je ne sais si la Grande-Bretagne et la France sont sœurs, cousines ou simplement amies, mais il existe un lien qui va au-delà des relations politiques et commerciales, il existe désormais un lien quasi-organique entre nos deux nations. Continuons à le faire vivre à travers nos échanges, nos voyages, nos discussions et nos compétitions sportives. Sir Peter Westmacott


Sommaire Présentation du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 5-9

Le Royaume-Uni en France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 38-43 • La résidence de l’ambassadeur de Grande-Bretagne en France : une histoire • Le British Council : une organisation internationale dédiée aux relations culturelles • Quelques adresses britanniques à Paris Royaume-Uni/France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 44-49 • « Génération Eurostar » Entretien avec Nicolas Petrovic, directeur général • Quelques organismes bilatéraux • La Chambre de commerce et d'industrie franco-britannique Rencontre avec Michel de Fabiani, président Dossier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 50-61 • La Gastronomie

La famille royale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 10-11 International . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 12-14 • « Je ne soulignerai jamais assez l'importance de nos relations avec la France » Rencontre avec David Lidington, ministre aux Affaires européennes Relations bilatérales : les temps forts en 2010 . . . . . . . . . P 15 Économie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 16-37 Société . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 62-65 • L’excellence universitaire britannique • Le programme de bourses de l’Entente cordiale Découvrir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 66-83

• Le Royaume-Uni : troisième puissance économique européenne • « Le Royaume-Uni est l’un des marchés les plus ouverts au monde » Rencontre avec Susan Haird, directrice générale de UK Trade & Investment • UKTI : un interlocuteur de référence • « Le Royaume-Uni s’engage de plus en plus à limiter les émissions de carbone » par Mark Prisk, ministre du Commerce et des Entreprises • La parole à… Vincent de Rivaz, PDG d’EDF Energy • Témoignages d’entreprises La Maison Cartier au Royaume-Uni et HomeServe en France • Les Royal Warrant Holders ou les fournisseurs officiels de la couronne royale • Londres 2012 : les enjeux économiques des Jeux olympiques

• Sur les pas des Beatles à Liverpool • La mode britannique : Vivienne Westwood, Paul Smith et Stella McCartney • La Saatchi Gallery : l’art contemporain à l’honneur • Le pavillon britannique à Shanghai : une réussite Contacts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 84 ANNONCEURS ADVENT BRITTANY FERRIES CEI CITY JET EDF ENERGY EUROSTAR

GDF SUEZ GSK HSBC IHFB J&B LFB

ONET RBS THALES UKTI VEOLIA VISIT BRITAIN

OURS Le magazine SO BRITISH est une publication éditée par l'Agence des Editions Internationales. • Rédactrice en chef : Delphine Evmoon • delphineevmoon@gmail.com • Maquette : Habib Khouri • Parution : Mars 2011 © Toute reproduction, partielle ou totale, rédactionnelle et iconographique, est strictement interdite


© Britainonview/Jame McCormick

P R É S E N TAT I O N

EN SAVOIR PLUS SUR… LE ROYAUME-UNI Carte d’identité Nom officiel : Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (depuis 1923) • Superficie : 243 610 km2 • Population : 59,8 millions d’habitants • Capitale : Londres (environ 8 millions d’habitants) • Monnaie : la livre sterling • Langue : anglais • Espérance de vie : 76 ans pour les hommes et 81 ans pour les femmes • Urbanisation : 90 % • Principales villes : Birmingham (1,16 million), Manchester (464 000 habitants), Glasgow (580 000), Edimbourg •

(471 000), Belfast (267 500) et Cardiff (324 800) : monarchie constitutionnelle • Souverain : la reine Elizabeth II depuis le 6 février 1952 • Religions : chrétiens, anglicans, musulmans, sikhs, hindous, juifs • Les principaux groupes ethniques sont les Antillais, les Africains, les Indiens, les Pakistanais et les Bengalis • Densité : 244 hab./km2 • Les plus proches voisins du Royaume-Uni sont l’Irlande à l’ouest, les Pays-Bas, la Belgique et la France de l’autre côté de la Manche. Ne sont pas loin non plus le Danemark, la Norvège et la Suède • Régime

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© Britainonview

À savoir • La Grande-Bretagne représente l’Angleterre (50 millions

d’habitants, capitale : Londres), l’Écosse (5,1 millions d’habitants, capitale : Edimbourg) et le pays de Galles (2,95 millions d’habitants, capitale : Cardiff ). Le Royaume-Uni inclut la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord (1,7 million d’habitants, capitale : Belfast) • Les îles britanniques regroupent le Royaume-Uni et la République d’Irlande • L’île de Man et les îles anglo-normandes (Jersey, Guernesey, Alderney, Sark, Herm, Lihou, Jethou, Brecqhou) ne font pas partie du Royaume-Uni. Elles jouissent d’une grande autonomie, possèdent leur propre assemblée législative et leur système de lois. Mais le gouvernement britannique est responsable de leur défense et de leurs relations internationales • Les territoires d’outre-mer restent liés à la GrandeBretagne car tel est le souhait de leur population. Ils disposent d’une grande autonomie dans la conduite de leurs affaires intérieures. Ils conservent la responsabilité des affaires extérieures, de la défense et, généralement, de la sécurité intérieure et des services publics. Les territoires britanniques d’outre-mer comprennent : Anguilla, les Bermudes, les îles vierges britanniques, les îles Caïmans, Gibraltar, les îles Malouines, Montserrat, les îles Pitcairn (Ducie, Henderson et Oeno), Sainte-Hélène, les dépendances de Sainte-Hélène (Ascension et Tristan da Cunha), les îles Turks et Caïcos. Certains territoires sont

© Britainonview © Britainonview/Tony Pleavin

© Britainonview/Ian Shaw

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P R É S E N TAT I O N

inhabités comme l’Antarctique, le territoire britannique de l’océan Indien, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud.

Fêtes nationales Le 23 avril en Angleterre : Saint Georges Le 30 novembre en Écosse : Saint Andrew • Le 1er mars au pays de Galles : Saint David • Le 17 mars en Irlande du Nord : Saint Patrick • •

Jours fériés En Angleterre et au pays de Galles : le Nouvel An, le Vendredi saint, le lundi de Pâques, la fête du Travail (pas nécessairement le 1er mai), la fête du Printemps (fin mai), celle de la fin de l’été (fin août), Noël et le 26 décembre (Boxing Day) • En Écosse : le Nouvel An, le 2 janvier, le Vendredi saint, le lundi de Pâques, la fête du Travail (pas nécessairement le 1er mai), la fête du Printemps (fin mai) et celle de l’été (début août), Noël et le 26 décembre • En Irlande du Nord : le Nouvel An, le Vendredi saint, la Saint-Patrick (17 mars), le lundi de Pâques, la fête du Travail (pas nécessairement le 1er mai), la fête du Printemps (fin mai), celle de la fin de l’été (fin août), Noël et le 26 décembre. Il y a également un autre jour férié selon le droit coutumier : le 12 juillet, pour l’anniversaire de la bataille de la Boyne •


Organisation administrative

Scotland Office/Scottish Executive/Scottish Parliament (Écosse)

Le système politique du Royaume-Uni

Bien qu’elle fasse partie du Royaume-Uni, l’Écosse a depuis toujours ses propres structures juridiques, éducatives et religieuses. Elle bénéficie d’une large autonomie administrative, encore élargie avec l’élection d’un Parlement écossais (en mai 1999) ouvert solennellement par la reine le 1er juillet de la même année. Des pouvoirs politiques et législatifs lui sont dévolus, ainsi qu’à l’exécutif écossais, dans plusieurs domaines : gouvernement local, police et transports - éducation et formation, arts, sports services sanitaires et sociaux, logement - agriculture, pêche, forêt - environnement - expansion économique. Il a aussi le pouvoir de faire varier le taux de l’impôt sur le revenu (fixé à Londres) de + ou - 3 pences par livre sterling. Les domaines restant réservés au gouvernement et au Parlement de Westminster sont la Constitution, la défense et la politique étrangère, l’emploi et la protection sociale, l’immigration et la nationalité, les questions économiques et financières, et l’énergie. Dans tous ces domaines, un ministre pour l’Écosse continue à représenter ses intérêts au gouvernement central aux côtés des députés écossais siégeant à Westminster et en proche collaboration avec le chef de l’exécutif écossais (appelé First Minister).

Le Parlement de Westminster Le Parlement de Westminster repose sur trois institutions : la reine, la Chambre des lords et la Chambre des communes (seule à faire l’objet d’une élection). Normalement, pour qu’une loi soit adoptée, leur triple accord est nécessaire. Mais la reine n'a jamais refusé le sien. Le Parlement peut voter des lois applicables à l’ensemble du pays ou à certaines régions seulement, sauf dans les domaines où son pouvoir législatif a été « dévolu ». Le Parlement légifère également pour les îles anglonormandes et l’île de Man, des dépendances de la Couronne ne faisant pas partie de la Grande-Bretagne : elles ont des législatures locales légiférant dans les domaines qui les concernent en propre.

Le gouvernement Le gouvernement représente l’ensemble des ministres chargés de conduire les affaires du pays. Le souverain appelle le chef du parti ayant remporté le plus de sièges à l’issue des élections législatives à former un gouvernement. Les ministres sont également nommés par la reine sur proposition du Premier ministre. Le plus souvent, il les choisit parmi les élus aux communes. Le cabinet rassemble une vingtaine de ministres : il prend les initiatives et les décisions politiques, contrôle l’ensemble du gouvernement et coordonne l’action des différents ministères.

Wales Office/National Assembly for Wales (pays de Galles) En 1998, le Parlement de Westminster a adopté une loi créant une Assemblée nationale pour le pays de Galles « à qui sont transférées les responsabilités exercées jusque-là par l’Office gallois ». Son ouverture solennelle par la reine a eu lieu en mai 1999 et son entrée en fonction a été effective le 1er juillet suivant. À la différence du Parlement écossais, elle ne dispose pas de réel pouvoir législatif, mais ses 60 membres élus élaborent et font appliquer des politiques adaptées aux besoins spécifiques des Gallois et prennent des mesures propres (« secondaires ») dans les domaines qui leur sont dévolus : gouvernement local et logement - agriculture et développement économique aménagement du territoire et environnement - routes, autoroutes, transports - éducation et formation - services sanitaires et sociaux - sports, loisirs, tourisme - monuments et bâtiments historiques - langue galloise.

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Northern Ireland Office/Northern Ireland Assembly (Irlande du Nord) Depuis l’entrée en vigueur de la dévolution en décembre 1999, la nouvelle « Assemblée d’Irlande du Nord » exerce son autorité législative et exécutive dans les domaines qui lui sont propres à condition que les lois adoptées ne soient pas discriminatoires et qu’elles soient compatibles avec le droit de l’Union européenne et la Convention européenne des droits de l’homme. Le gouvernement central - en la personne du ministre pour l’Irlande du Nord - se réserve le droit d’agir en matière de maintien de l’ordre, de justice pénale et de sécurité.

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P R É S E N TAT I O N Pour les élections au Parlement écossais, à l’Assemblée nationale du pays de Galles et au Parlement européen en 1999, une dose de représentation proportionnelle a été introduite pour la première fois. On y a eu recours aussi en Irlande du Nord pour les élections à l’Assemblée (1998) et au Parlement européen (depuis 1979). Le chef du parti politique qui remporte le plus de sièges (mais pas nécessairement la majorité des voix) aux élections législatives ou qui a le soutien de la majorité des députés de la Chambre des communes est, par convention, invité par le souverain à former le nouveau gouvernement.

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Pourquoi le Royaume-Uni n’a-t-il pas de Constitution écrite ?

Fonctionnement du législatif Organe législatif du peuple britannique, le Parlement est tripartite : la monarchie, la Chambre des communes et la Chambre des lords. La Chambre des communes compte 659 membres élus (Members of Parliament ou MP). Elle a pour vocation de légiférer en votant des lois (Acts of Parliament) et de discuter des questions politiques en cours. Les séances les plus animées ont lieu le jour des questions orales posées au Premier ministre sur les sujets d’actualité. Les élections à la Chambre des communes sont un aspect important du système démocratique britannique. La Chambre des lords est composée d’environ 688 membres non élus (pairs et pairesses héréditaires, pairs et pairesses à vie, deux archevêques et 24 évêques de l’Église d’Angleterre). Sa principale fonction législative est d’examiner et de réviser les projets de loi présentés par la Chambre des communes. Elle a également un rôle juridique, celui de Cour d’appel suprême. En principe, les lords ne peuvent pas s’opposer à l’adoption d’un projet de loi si la Chambre des communes insiste pour l’adopter. La Grande-Bretagne est divisée en circonscriptions électorales qui envoient chacune un député à la Chambre des communes. Le système électoral est basé sur le principe de la majorité relative (scrutin majoritaire à un tour).

La Constitution britannique a évolué pendant plusieurs siècles. Elle n’a jamais été fondue en un document codifié unique : elle regroupe la Common law, la loi écrite et des conventions. Il existe cependant des documents constitutionnels importants : • la Magna Carta (1215), qui affirme le droit à la liberté individuelle, • le Bill of Rights (1689), qui a élargi les pouvoirs du Parlement et empêche le souverain de passer outre aux voix du gouvernement, • le Reform Act (1832), qui a réformé le système de représentation parlementaire. La Common law n’a jamais été définie avec précision. Elle est issue de la coutume ou de précédents juridiques et est interprétée par les juges dans les affaires judiciaires. Les conventions sont des règles et pratiques non obligatoires du point de vue juridique, mais considérées comme indispensables au fonctionnement du gouvernement. La Constitution peut être modifiée par une loi votée par le Parlement ou par consensus général sur la nécessité de modifier une convention. C’est en partie à cette souplesse que la Constitution britannique doit son évolution vers un tout aussi complet. Toutefois, depuis l’adhésion de la Grande-Bretagne à la Communauté européenne en 1973, les règles de la Cour européenne de justice influencent et codifient de plus en plus les aspects du droit britannique qui touchent les domaines couverts par les traités auxquels la Grande-Bretagne est partie prenante. Si bien que les dispositions constitutionnelles et juridiques britanniques se rapprochent de plus en plus de celles de l’Europe.

Repères historiques 43-environ 85 ap. J.-C. : l’Angleterre est conquise par les armées romaines • 1066 : invasion de l’Angleterre par le Normand Guillaume le Conquérant - Bataille de Hastings • 1215 : la Magna Carta imposée au roi Jean sans Terre par les barons du royaume est considérée par les Anglais comme la première déclaration limitant les pouvoirs du souverain • 1534 : le roi Henri VIII rompt avec l’Église catholique •


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romaine et adopte la religion anglicane • 1707 : l’Acte d’union stipule que les trônes d’Angleterre et d’Écosse sont unis comme le Royaume-Uni de GrandeBretagne • 1801 : les trônes de Grande-Bretagne et d’Irlande sont unis et deviennent le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande (puis en 1927, le Royaume-Uni de GrandeBretagne et d’Irlande du Nord) • 1837-1901 : règne de la reine Victoria • 1851 : grande Exposition industrielle de Londres • 1949 : le Royaume-Uni adhère à l’OTAN • 1952 : Elizabeth II accède au trône et succède à son père Georges VI • 1973 : le Royaume-Uni rejoint la Communauté économique européenne • De 1997 à 2000 : la création d’un Parlement autonome

en Écosse en 2000 est approuvée par référendum. La création d’une Assemblée locale au pays de Galles en 2000 est approuvée par référendum. La signature des accords du Vendredi saint met fin au Direct Rule (administration directe par le Royaume-Uni). L’élection d’un Parlement et la création d’un gouvernement d’union nationale en Irlande du Nord a lieu. La dévolution (autonomie partielle) de l’Écosse et du pays de Galles devient une réalité avec l’élection de deux assemblées régionales : le premier Parlement écossais depuis 300 ans (129 membres élus pour quatre ans) et des 60 membres de l’Assemblée nationale galloise. Annonce de la réforme sur la modernisation de la Chambre des lords

Le drapeau du Royaume-Uni Le drapeau britannique, également appelé « Union Jack », regroupe les emblèmes des trois pays réunis sous une seule couronne. Il s’agit des croix de trois saints patrons : • la croix rouge de saint George sur fond blanc pour l’Angleterre, • la croix en sautoir blanche de saint André sur champ bleu pour l’Ecosse, • la croix en X rouge sur fond blanc de saint Patrick pour l’Irlande. La version définitive du drapeau date de 1801, époque de l’union de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, avec l’insertion de la croix de saint Patrick. Celle-ci a été conservée, bien que seule l’Irlande du Nord fasse partie du Royaume-Uni. Si le pays de Galles n’est pas représenté dans le drapeau britannique, c’est qu’il était déjà uni à l’Angleterre quand la première version du drapeau a vu le jour.

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L A R O YA U T É

LA FAMILLE ROYALE Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (nom officiel depuis 1923) est une monarchie constitutionnelle. Le souverain, depuis le 6 février 1952, est la reine Elizabeth II. Elle était alors âgée de 25 ans. Son Jubilé de diamant sera célébré en 2012. Née en 1926, la reine est la fille aînée du roi George VI et de la reine Elizabeth. Elle est mariée au prince Philip, duc d’Édimbourg, depuis 1947 et ils ont quatre enfants : Charles, Andrew, Edward et Anne. Le palais de Buckingham est la résidence officielle des souverains britanniques depuis 1837. Rappelons par ailleurs que le petit-fils de la reine Elizabeth II, le prince William, épousera Kate Middleton le 29 avril 2011.

Les pouvoirs de la reine a couronne, représentant à la fois le souverain (la personne à qui la couronne est conférée constitutionnellement) et le gouvernement, est le symbole du pouvoir exécutif suprême. Elle est conférée à la reine, mais, en règle générale, ces fonctions sont exercées par des ministres responsables devant le Parlement, de sorte que la Grande-Bretagne est en fait gouvernée par le gouvernement de Sa Majesté au nom de la reine. Toutefois, la participation de la reine est encore nécessaire dans de nombreux actes gouvernementaux importants.

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Le Parlement La reine convoque, proroge (suspend les séances jusqu’à la prochaine session sans le dissoudre) et dissout le Parlement. En principe, elle ouvre chaque nouvelle session du Parlement par un discours écrit par le gouvernement dans lequel il expose les grandes lignes de son programme. Avant qu’un projet de loi puisse être adopté, la reine doit donner son assentiment (Royal Assent) annoncé aux deux Chambres du Parlement. La justice La reine peut, sur avis des ministres, accorder son pardon ou sa clémence à ceux déclarés coupables de crimes. Selon le droit, la reine bénéficie de l’immunité en tant que personne privée, c’est-à-dire qu’elle ne peut faire l’objet d’une action civile ou pénale et ne peut être poursuivie devant les tribunaux. Cette immunité ne s’étend pas aux autres membres de la famille royale. Le Conseil privé de la reine La reine préside les réunions du Conseil privé au cours desquelles sont, par exemple, approuvés les décrets-lois adoptés en vertu de la prérogative royale ou de la loi. La prérogative royale recouvre principalement le pouvoir exécutif (pouvoirs régis par des conventions constitutionnelles ou règles n’appartenant pas au corps législatif, mais considérées comme indispensables au fonctionnement du gouvernement). Dans presque tous

© The Daily Telegraph

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les cas, les actes relevant de la prérogative royale sont passés par des ministres responsables devant le Parlement, dont la politique peut être remise en question. Le Parlement a le pouvoir d’abolir ou de restreindre un droit découlant de la prérogative royale. La reine, informée et consultée sur tous les aspects de la vie du pays, est libre d’exprimer en privé son propre point de vue à ses ministres. La politique étrangère Les représentants diplomatiques étrangers à Londres sont accrédités auprès de la reine qui a le pouvoir de signer des traités, de déclarer la guerre ou la paix, de reconnaître des États et gouvernements étrangers, et d’annexer ou de céder des territoires. La reine dirige également le Commonwealth. Honneurs et nominations La reine a le pouvoir de conférer le titre de pair(esse), de chevalier et autres honneurs. Elle le fait habituellement sur recommandation du Premier ministre, mais elle peut conférer certains honneurs en son nom propre. La reine est chargée des nominations à de nombreuses hautes fonctions d’État sur avis du Premier ministre ou du ministre concerné du cabinet.


Pourquoi la reine a-t-elle deux anniversaires ? a reine est née le 21 avril, mais, depuis longtemps, il est d’usage de fêter l’anniversaire de la souveraine pendant l’été. Depuis 1805, l’anniversaire « officiel » du souverain est marqué par une parade militaire « Trooping the Colour » se tenant généralement le deuxième samedi de juin. Cette cérémonie date d’une époque où il était primordial que les soldats reconnaissent le drapeau (ou couleur) de leur régiment, pour pouvoir s’y rallier pendant les batailles. C’est pourquoi chaque année, à tour de rôle, l’un des cinq régiments de la garde à pied (grenadiers, régiment de Coldstream, gardes écossaise, irlandaise et

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galloise) présente ses couleurs. La cérémonie commence lorsque la reine quitte le palais de Buckingham escortée par la cavalerie de la garde royale. Elle parcourt The Mall jusqu’à l’esplanade de Horse Guards Parade où elle passe en revue les 500 gardes. C’est alors que débute la présentation des couleurs proprement dites : le drapeau circule à travers les rangs du régiment à l’honneur, ouvrant ensuite le défilé devant la reine au son des fanfares des gardes à pied. En dehors de l’exécution de l’hymne national et du déploiement du drapeau sur tous les bâtiments publics, aucune cérémonie particulière ne marque le jour de l’anniversaire réel de la reine.

Ordre de succession (les dix premiers) 1. Le prince de Galles (prince Charles) (né en 1948) 2. Le prince William de Galles (1982) 3. Le prince Henry de Galles (1984) 4. Le duc d’York (1960) 5. La princesse Béatrice d’York (1988) 6. La princesse Eugénie d’York (1990)

7. Le comte de Wessex (1964) 8. Le vicomte Severn (fils du comte de Wessex) (2007) 9. Lady Louise Mountbatten-Windsor (fille du comte de Wessex) (2003) 10. La princesse royale

Pourquoi l’héritier de la couronne porte-t-il le titre de prince de Galles ? Depuis que le roi Édouard Ier a institué en 1301 le titre d’héritier présomptif, celui à qui revient ce titre est généralement nommé prince de Galles. Édouard Ier a mené en effet la conquête du pays de Galles en 1277 et 1283, et a nommé son fils Édouard, né à Caernarfon (pays de Galles) en 1284, prince de Galles. Il n’y a pas d’héritier du titre renouvelé exclusivement à la discrétion du souverain. Le prince Charles a été nommé prince de Galles le 1er juillet 1969 au château de Caernarfon.

Quelle est l’origine des devises Dieu et mon droit et Honi soit qui mal y pense ? Dieu et mon droit est la devise du souverain. C’était le mot de passe choisi par le roi Richard Ier avant la bataille de Gisors, en 1198. Il voulait ainsi signifier qu’il n’était pas un vassal de la France, mais qu’il tenait son titre de Dieu seul. Les Français perdent la bataille, mais le mot de passe ne devient la devise royale de l’Angleterre que sous Henri VI. Toujours reprise par ses successeurs, elle apparaît sous l’écusson des armoiries royales. Honi soit qui mal y pense est la devise de l'ordre de la Jarretière fondé par Edouard III en 1348 pendant la guerre de Cent Ans opposant l'Angleterre à la France. Ces paroles pourraient avoir été destinées à ceux qui critiquaient les prétentions du roi d’Angleterre à la couronne de France. Toutefois, selon une tradition consignée pour la première fois dans les chroniques des Tudor, elles auraient été prononcées lors d’une fête organisée en 1347 pour célébrer la prise de Calais. Des courtisans se seraient moqués de la comtesse de Salisbury, maîtresse du roi, parce qu’elle avait perdu sa jarretière pendant une danse. Édouard se serait immédiatement avancé et aurait attaché le ruban bleu autour de son propre genou, en prononçant ces paroles en guise de réprimande, affirmant que la Jarretière serait bientôt tenue dans la plus haute estime !

(Sources : Ambassade de Grande-Bretagne en France - Site officiel de la monarchie britannique)

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I N T E R N AT I O N A L

« JE NE SOULIGNERAI JAMAIS ASSEZ L’IMPORTANCE DE NOS RELATIONS AVEC LA FRANCE » Rencontre avec David Lidington, ministre britannique aux Affaires européennes.

Le groupe des décideurs internationaux est devenu multilatéral. Nous sommes passé d'un G8 à un G20. Pensez-vous qu'il soit important d'accueillir d'autres membres au Conseil de sécurité des Nations unies ? Des relations bilatérales sont-elles encore, à votre avis, capables de jouer un rôle influent, en dehors de votre relation avec les Etats-Unis, par exemple ? Le Royaume-Uni adhère totalement à la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies qu'il faut rendre plus représentatif. Pas un seul des pays d’Amérique latine, par exemple, ne dispose d'un siège permanent au Conseil de sécurité et pourtant près de la moitié d'entre eux sont des membres fondateurs de l'ONU. Cette situation est manifestement injuste. Nous voulons donc un Conseil élargi où le Brésil, le Japon, l'Inde, l'Allemagne et une délégation africaine auront un siège permanent. Ce gouvernement est un fervent défenseur de la diplomatie multilatérale - au sein de l'ONU, du G20 ou de l'Union européenne. Mais il ne faut pas oublier que,

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Le monde a changé et, comme vous l'avez dit vousmême, si les Britanniques ne s'adaptent pas à ce changement, leur rôle déclinera dans le monde des affaires, ainsi qu'en termes de sécurité et d'économie. Dans cette perspective et en tenant compte de la nouvelle « donne » mondiale, quels sont vos objectifs ? Peut-on parler d'un nouveau visage de la politique étrangère britannique ? Notre gouvernement est fermement décidé à poursuivre une politique étrangère qui étendra l'influence du Royaume-Uni et contribuera à son rayonnement dans le monde. Le gouvernement précédent n'a pas su répondre aux besoins stratégiques de notre pays. Il nous faut adopter une approche subtile et volontaire de la diplomatie afin d’assurer notre prospérité, défendre nos valeurs et préserver notre sécurité. Nous continuons d'intensifier nos engagements avec les économies émergentes en regardant vers l'Est et le Sud, vers l'Asie et l'Amérique latine, car c'est là que sont maintenant concentrées les opportunités économiques et là que nous devons chercher de nouveaux partenaires. Nos objectifs économiques sont maintenant au centre de nos engagements bilatéraux et, dans le monde entier, nos diplomates s'emploient à assurer la reprise économique du pays, à encourager l'ouverture des marchés et à améliorer les réglementations financières. L'important, pour nous, est d'avoir une politique étrangère qui prend les bonnes décisions sur les questions qui nous affectent maintenant, tout en jetant les bases qui nous permettront de faire les bons choix dans l'avenir. Nous continuerons, évidemment, à user de notre influence diplomatique sur des questions cruciales comme le Processus de paix au Moyen-Orient et l'Iran.

pour être efficace, la diplomatie multilatérale a besoin de s'appuyer sur des relations bilatérales solides. Au bout du compte, toute politique étrangère est bilatérale. Les décisions prises par des organisations comme l'ONU et le G20 sont le produit de toute une série de relations bilatérales entre leurs États membres. Pour cette raison, nous serons beaucoup plus attentifs que les gouvernements antérieurs au maintien de nos principales alliances et de nos liens d'amitié, tout en nous efforçant d’en forger de nouveaux. La lutte contre le terrorisme est une priorité internationale. Comment envisagez-vous votre rôle ? Comment espérez-vous mettre un terme au conflit afghan dans lequel vous vous êtes engagé avec la coalition internationale et avez déjà perdu 300 soldats ? La lutte contre le terrorisme est une priorité internationale et une priorité absolue pour le gouvernement britannique. Une des tâches jugée les plus urgentes par le gouvernement lors de son arrivée au pouvoir était de maîtriser notre politique et nos opérations en Afghanistan. Et c'est précisément ce que nous avons fait par le biais du Conseil national de sécurité. Nous avons doublé les crédits opérationnels de nos troupes, augmenté notre aide au développement et rééquilibré notre déploiement dans la province d'Helmand. Cette stratégie fonctionne et, avec les 130 000 soldats de la FIAS (dont environ 10 000 soldats britanniques), nous disposons maintenant des ressources internationales nécessaires à son application.


I N T E R N AT I O N A L Nous progressons en direction de notre objectif, qui n'est pas l'Afghanistan idéal, mais un Afghanistan capable d'assurer sa propre sécurité et d'éliminer la menace que constitue Al Qaida à partir du territoire afghan. Chaque vie perdue est une tragédie. Chaque jour, nos forces armées exécutent des tâches incroyablement difficiles dans des endroits incroyablement dangereux. Elles sont une source d'immense fierté pour mon gouvernement et pour notre pays.

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Quel rôle aimeriez-vous jouer dans la lutte contre la prolifération nucléaire ? Empêcher la propagation des armes nucléaires est un des enjeux les plus formidables de notre politique étrangère. Nos intérêts dépendent d'un système mondial fondé sur le droit international. Il faut que cesse la prolifération des armes nucléaires, que la souveraineté des pays et les traités internationaux soient respectés, et que les sanctions prises par la communauté internationale soient appliquées par les États. Les intérêts de chacun sont mieux servis par un système réglementé. Ensemble, nous devons maintenir et renforcer les traités internationaux, comme celui sur la non-prolifération des armes nucléaires, et faire face à certains enjeux spécifiques. Je reste préoccupé par le programme nucléaire iranien, qui se poursuit au mépris des six résolutions prises par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il revient à l'Iran de venir s'asseoir à la table des négociations et de rassurer la communauté internationale sur la nature exclusivement pacifique de son programme. Nous voulons miser sur le succès de la Conférence d'examen du TNP en mai, en dialoguant avec les États dotés d'armes nucléaires et avec ceux qui ne le sont pas pour renforcer la confiance, les partenariats et la coopération, et pour voir progresser le consensus sur les trois piliers du désarmement, de la non-prolifération et de l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. Nous nous employons aussi à sécuriser au plus vite les matières nucléaires vulnérables et à limiter le trafic illicite des technologies de fabrication d'armes nucléaires. La France et le Royaume-Uni, tous les deux dotés de l'arme nucléaire et disposant d'un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, sont des partenaires naturels sur ce point. Les liens qui nous unissent en termes de sécurité n'ont jamais été plus étroits et c'est ensemble que nous faisons face à la menace que constitue la prolifération des armes nucléaires. Comment définissez-vous votre rôle, présent et futur, au sein de l'Union européenne (UE) ? La France et l'Allemagne sont vos partenaires privilégiés, mais pensez-vous qu'il soit temps d'ouvrir le cercle ? Si oui, pour quelle raison ? Que peuvent apporter d'autres États membres, à votre avis ? Vous semblez favorable à l'entrée de la Turquie dans l'UE, pour quelle raison ? Le Royaume-Uni joue un rôle actif et dynamique au sein de l'Union européenne. Nous apportons un point de vue particulier et, tout en étant fiers des accomplissements remarquables de l'UE comme le marché unique ou l'élargissement, nous sommes plus disposés que d'autres à faire remarquer que l'UE pourrait mieux faire ou peut faire mieux, en en faisant moins. Il est, à mon avis, essentiel de tenir compte des intérêts de nos partenaires au moment de prendre des décisions dans

l'UE. Notre collaboration avec la France est évidemment très étroite sur certains sujets, mais il faut que chaque pays appor te sa contribution. Les deux domaines à vraiment améliorer sont, en premier lieu, la croissance économique et la compétitivité, mais aussi l'emploi à meilleur escient de notre influence collective. L'UE a un rôle important à jouer dans la suppression des obstacles à la croissance, en facilitant les échanges commerciaux entre les pays membres et en limitant le coût des réglementations. Lorsqu'ils agissent ensemble avec cohérence et détermination, les pays européens sont capables d'avoir un réel impact sur le reste du monde. Nous l'avons constaté lors des sanctions imposées à l'Iran par l'UE et de nos interventions dans les Balkans. La situation au sud de la Méditerranée constitue maintenant un défi majeur et une opportunité pour l'UE de faire beaucoup plus. Vous parlez de la Turquie. C’est l’un des premiers pays à avoir reçu la visite de notre Premier ministre, David Cameron, et de son ministre des Affaires étrangères, après l'élection de mai dernier. La Turquie a une importance vitale pour notre économie, notre sécurité et notre diplomatie. En l'accueillant dans les rangs de l'UE, les États membres s'assureront un avantage économique autant que stratégique. Nous sommes de fervents partisans de l'accession de la Turquie à l'Union européenne et souhaitons voir un vrai progrès en ce sens. Il existe des obstacles bien réels que le gouvernement turc et les États membres doivent s'efforcer de surmonter - mais rien de tout cela n'affecte le ferme attachement de l'UE à l'adhésion de la Turquie, un attachement exprimé par l'ouverture des négociations d'adhésion. Vos relations avec la France sont-elles une priorité ? Si c’est le cas, pour quelle raison ? Quel rôle pouvezvous jouer ensemble ? Je ne soulignerai jamais assez l'importance de nos relations avec la France. Sur le plan mondial, nous nous trouvons dans des situations très similaires : nous sommes les deux seuls pays européens à avoir le statut de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, notre portée militaire et politique, de même que nos perspectives d'avenir, sont vraiment mondiales et nous travaillons en étroite collaboration sur diverses priorités de politique étrangère. Le Traité de coopération en matière de défense, signé l'année dernière par Nicolas Sarkozy et David Cameron, montre une entente plus forte que jamais sur la protection des intérêts vitaux de notre sécurité nationale, mais notre partenariat va beaucoup plus loin : nos deux pays travaillent de concert sur toute une série d'enjeux politiques tels que l'immigration et la sécurité des frontières, la lutte anti-terroriste, le changement climatique et l'innovation. La France reste un très important partenaire commercial avec lequel nos échanges de marchandises et de services dépassent les 60 milliards d'euros. Nos programmes bilatéraux d'échanges linguistiques pour étudiants ou assistants de cours fonctionnent parfaitement. Certains parlent du « Dordogneshire » tandis que d’autres disent que Londres est maintenant la septième plus grande ville française. Les liens entre les Français et les Britanniques sont donc plus intenses que jamais.


R E L AT I O N S B I L AT É RA L E S

LES TEMPS FORTS DES RELATIONS ENTRE LE ROYAUME-UNI ET LA FRANCE EN 2010 La richesse des relations bilatérales est à la mesure de l’importance des communautés britannique et française établies en France et en Grande-Bretagne. Economiquement, le Royaume-Uni est un partenaire essentiel pour la France dans le domaine des échanges commerciaux, comme en matière d’investissements. e 31e sommet qui s’est tenu à Londres le 2 novembre 2010 a marqué un tournant dans les relations entre les deux pays en matière de défense. Le président de la République française et le Premier ministre britannique ont décidé d’approfondir la coopération bilatérale en matière de défense et de sécurité. Afin de l’inscrire dans le long terme, ils ont signé : - un traité de défense et de sécurité, qui concerne le volet opérationnel (exercice commun), le volet capacitaire, le volet de recherche et de développement, et le volet industriel de la coopération militaire. Ce traité s'inscrit dans le renforcement des capacités de défense européenne souhaité par les deux pays,

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- un traité spécifique, rendu possible par le précédent, relatif à des installations communes pour la coopération nucléaire. Les deux pays devraient consacrer chacun au moins 50 millions d’euros par an à des projets de recherche et de développement communs dans treize domaines de coopération : les arsenaux nucléaires, une force expéditionnaire commune interarmées, les porte-avions, les flottes d’avions de transport A400M, les sous-marins, les anti-mines, les communications par satellite, le ravitaillement en vol, les drones, les missiles, la recherche et la technologie, les Cyber-attaques et la lutte contre le terrorisme.

Nicolas Sarkozy a commémoré à Londres l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle

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Soixante-dix ans après, Nicolas Sarkozy a commémoré l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle à Londres en même temps qu’il célébrait l’amitié entre la France et la Grande-Bretagne. « Sans le 18 juin, il y aurait quand même eu des résistants. Mais il n’y aurait pas eu la France libre », a-t-il dit lors d’une cérémonie organisée au Royal Chelsea Hospital, l’équivalent des Invalides à Paris. Plusieurs centaines d’anciens combattants de la France libre avaient fait le déplacement à Londres à bord d’un Eurostar spécial pour cette commémoration sans précédent. Nicolas Sarkozy avait entamé la journée par un passage au siège historique de la BBC, la radio d’État britannique, où le général de Gaulle a lancé son appel à la résistance à l’occupant nazi. Il s’est rendu ensuite dans l’immeuble qui abritait le QG londonien des forces françaises libres après avoir déposé des gerbes devant les statues du roi Georges VI et son épouse, la reine mère Elizabeth. Pour l’occasion, le prince Charles et le Premier ministre, David Cameron, ont assisté aux célébrations. « Ce jour nous rappelle que la Grande-Bretagne et la France ne sont pas seulement voisins au sens géographique, mais aussi au sens émotionnel », a déclaré David Cameron.


ÉCONOMIE


LE ROYAUME-UNI : UNE PUISSANCE ÉCONOMIQUE

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Vous découvrirez dans les pages qui vont suivre le potentiel d’investissement qu’offre le Royaume-Uni, les relations économiques bilatérales ainsi qu’un point sur les atouts et les secteurs porteurs du royaume avec Susan Haird, directrice générale de UK Trade & Investment. Le ministre du Commerce et des Entreprises, Mark Prisk, mettra quant à lui l’accent sur la limitation des émissions de carbone tandis que des sociétés françaises et britanniques vous feront partager leur expérience de chaque côté de la Manche. Vous aurez également l’occasion de mesurer les enjeux économiques que représentent les Jeux olympiques de 2012 à Londres et, pour finir, vous découvrirez, pour certains, les Royal Warrant Holders, ces maisons et artisans estampillés d’emblèmes royaux qui sont les fournisseurs officiels de la reine Elizabeth II, du prince d’Édimbourg (Philip) et du prince de Galles (Charles).

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ÉCONOMIE

LE ROYAUME-UNI : TROISIÈME PUISSANCE ÉCONOMIQUE EUROPÉENNE e Royaume-Uni, sixième puissance économique mondiale (2009) en terme de produit intérieur brut (PIB) (derrière les Etats-Unis, le Japon, la Chine, l’Allemagne et la France) et troisième en Europe (après l’Allemagne et la France), reste l’une des principales destinations européennes pour les investisseurs étrangers.

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Les échanges commerciaux avec la France Le commerce bilatéral entre le Royaume-Uni et la France a atteint, en 2009, un montant total de quelque 62,5 milliards d’euros. Les importations de marchandises en provenance de la France ont diminué de 11 % en 2009 tandis que les exportations vers l’Hexagone ont baissé d’environ 9 %. Les principales exportations britanniques vers le marché français concernent les produits pétroliers, pharmaceutiques, chimiques et automobiles ainsi que l’industrie aérospatiale tandis que les Britanniques importent des produits du secteur automobile ainsi que du plastique et de l’huile non brute. Le Royaume-Uni possède parmi les principales ressources énergétiques de l’Union européenne (producteur de pétrole et de gaz naturel). Le pays possède également des gisements de houille exploités depuis 300 ans, du charbon au centre nord de l’Angleterre, du pays de Galles et de l’Écosse ainsi que du minerai de fer, ce dernier ayant joué un rôle important dans le développement industriel des villes et du pays. Les investissements étrangers En 2009-2010, 54 pays ont investi au Royaume-Uni. Les Etats-Unis, avec 484 projets, restent en première position mondiale et la France maintient sa place de premier investisseur européen (troisième rang international) tandis que le Japon devient le principal investisseur asiatique (107 projets et seconde place mondiale). L’Inde (92 projets) est en quatrième position et la Chine passe au sixième rang. Les pays émergents sont fortement représentés avec une augmentation des investissements en provenance de Turquie, de Taiwan et du Mexique. Dans la zone euro, l’Allemagne (90 projets) occupe la cinquième place, et les projets italiens et espagnols se multiplient. Les investissements en provenance d’Europe de l’Est ont très fortement augmenté, notamment ceux de Slovénie, de Lettonie et de Lituanie. Les secteurs les plus prisés sont les sciences de la vie, les technologies de l’information et de la communication (TIC), les services financiers et les industries créatives. La présence française au Royaume-Uni Entre le 1 er avril 2009 et le 31 mars 2010, les entreprises françaises ont continué d’investir fortement au

Royaume-Uni, selon le rapport sur les investissements directs étrangers au Royaume-Uni de l’organisation gouvernementale britannique UK Trade & Investment (UKTI). Avec 99 projets, la France conserve sa place de premier investisseur européen au Royaume-Uni et de troisième rang mondial. Les investissements français outreManche ont entraîné la création de 3 729 emplois, contre 2 765 sur l’exercice précédent, soit une hausse de près de 35 %. Parmi ces 99 entreprises françaises, 35 ont été accompagnées dans leur développement outre-Manche par UKTI, comme : • Tornier, entreprise spécialisée dans les prothèses articulaires, qui a établi une filiale dans le sud-est du Royaume-Uni, • Vente-privee.com, qui a choisi Londres pour l’implantation de sa filiale, • Fareva, entreprise familiale et sous-traitant chef de file en Europe en pharmacie et cosmétique, qui a décidé d’étendre son site gallois pour un investissement de plus de 8 millions d’euros et la création d’environ 200 emplois. Dans ce cadre, Fareva vient d’obtenir une subvention à l’investissement de près de 2,3 millions d’euros, • Michelin, qui a décidé d’investir plus de 31 millions d’euros supplémentaires dans son site de fabrication et recyclage de pneus situé dans la ville de Stoke-on-Trent, • et HRA Pharma, société pharmaceutique européenne développant des dispositifs et services en matière de santé reproductive et d’endocrinologie, qui a créé sa seconde filiale européenne à Londres. Aujourd’hui, plus de 2 000 sociétés, filiales et succursales françaises, sont déjà implantées au Royaume-Uni employant quelque 330 000 personnes. La présence britannique en France Depuis 2000, plus de 520 projets en provenance de sociétés britanniques ont permis la création ou le maintien de plus de 24 000 emplois. Avec 39 nouveaux projets d’investissement et la création de 1 201 emplois en 2009, le Royaume-Uni se positionne au cinquième rang des investisseurs en France après l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Italie et l’Espagne. Les principales sociétés britanniques implantées dans l’Hexagone sont GSK, HSBC, Unilever, Smith & Nephew et JCB. Elles sont environ au même nombre que les entreprises françaises implantées au Royaume-Uni. Les secteurs des services financiers et commerciaux ainsi que de logiciels et prestations informatiques regroupent plus de la moitié des projets. Viennent ensuite la construction


S’implanter au Royaume-Uni Depuis de longues années, le Royaume-Uni est une destination privilégiée pour les investisseurs étrangers en Europe. Les conditions d’investissements sont extrêmement favorables pour le développement des entreprises désireuses de s’installer dans le royaume et le pays représente une excellente plate-forme pour se développer à l’échelle internationale. Aujourd’hui, plus de 2,5 millions de sociétés y sont établies et il s’en crée plus de 330 000 par an. Les atouts : un environnement propice aux affaires, un pays à la pointe de l’innovation, une main d’œuvre qualifiée et flexible, et une réelle culture d’entreprenariat. La recherche et le développement (R&D) est un domaine prioritaire et de réelles facilités ont été instaurées par le gouvernement afin d’encourager les investissements. D’ailleurs, la recherche britannique est l’une des plus prolifiques au monde (nanotechnologies, biotechnologies, neurosciences, cellules souches, changement climatique, énergie). La centaine de parcs scientifiques et les nombreux clusters (pépinières d’entreprises) sont un avantage. L’excellence universitaire est le facteur déterminant de la prépondérance du pays. Les universités forment des spécialistes de haut niveau et elles représentent des partenaires importants pour les sociétés spécialisées en R&D. Le Royaume-Uni est le premier marché européen pour les logiciels et les services informatiques. Avec quelque 24 % de parts de marché, c’est l’un des principaux lieux d’implantation en Europe pour les entreprises spécialisées dans ce secteur. Le pays est également l’un des plus attractifs au monde pour les opérations pharmaceutiques et biotechnologiques internationales. Deuxième exportateur de produits pharmaceutiques, il est considéré comme l’un des trois premiers centres de recherche mondiale. Le pays est également un chef de file en Europe dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale, sans oublier l’univers audiovisuel, le monde numérique et les applications digitales. Il occupe également la première place pour les jeux vidéo.

L’industrie du jeu vidéo : un investissement sûr

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automobile et les équipementiers, le conseil, l’ingénierie et les services opérationnels aux entreprises. Les investissements britanniques se sont concentrés l’année dernière sur des opérations de création, représentant 75 % des implantations et 68 % des emplois britanniques créés en France. L’analyse des implantations montre l’importance des fonctions tertiaires (centres de décision, commerce et services aux entreprises ou aux particuliers), représentant 70 % des projets. Les investissements britanniques se répartissent sur une dizaine de régions, dont le Nord-Pas-de-Calais (8 %), l’Alsace (8 %), la HauteNormandie (8 %) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (8 %), avec une concentration forte dans la région Ile-de-France accueillant 40 % des implantations. (Source : AFII)

Apparu dans les années quatre-vingt, le jeu vidéo est aujourd’hui l’une des industries culturelles les plus importantes au monde. En 2008, il représente près de 33 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec en tête les États-Unis (15,6 milliards d’euros) suivis du Japon (5 milliards d’euros) et du Royaume-Uni (4,6 milliards d’euros). Les cinq dernières années ont été marquées par l’élargissement de la population des joueurs. Le jeu vidéo s’adresse à tous à mesure que l’utilisation des TIC se généralise, que les plateformes de jeux sont plus nombreuses (consoles de salon et portable, téléphones portables) et que les constructeurs proposent des systèmes de jeux innovants et accessibles à tous. Par ailleurs, le développement du jeu sur portable, équipement le plus répandu dans le monde, contribue à le populariser. Le Royaume-Uni est le pays où se déroule, depuis plus de 20 ans, le plus important développement de jeux de classe mondiale. Le pays est également le plus grand consommateur de jeux vidéo en Europe et rien qu’en 2008/2009, quelque 114,2 millions d’unités y ont été vendues. Le savoir-faire technique britannique n’est plus à démontrer et offre un large éventail de compétences dans toutes les disciplines de ce secteur incluant l’animation, la programmation, le graphisme… Le marché des jeux vidéo emploie quelque 22 000 personnes réparties dans les studios de fabrication, l’édition et la vente au détail. Voici quelques exemples de jeux sortis tout droit des studios britanniques : Grand Theft Auto, Tomb Raider et Football Manager. Cette industrie est développée au Royaume-Uni dans dix centres régionaux répartis sur tout le territoire où chaque pépinière d’entreprise est dominée par quelques grands studios de création : Brighton, Cambridge, Dundee, Edimbourg, Guildford, Londres, Liverpool, Manchester, Newcastle et Oxford. Deux organismes, TIGA et Entertainment & Leisure Software Publishers Association (ELSPA), soutiennent et représentent l’industrie britannique du jeu vidéo.

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ÉCONOMIE

Selon la Chambre de commerce française de GrandeBretagne, il ne faut pas non plus négliger le marché agroalimentaire, particulièrement dynamique. Le marché des produits biologiques est en pleine croissance et celui des produits frais représente 60 % du marché

européen. Les marchés de l’environnement et des énergies renouvelables occupent aussi une place importante au sein de l’économie britannique. Le pays possède l’un des marchés les plus libéralisés d’Europe dans ce secteur. Début 2008, le gouvernement britannique a présenté un plan d’investissement sur douze ans destiné à multiplier par dix le recours aux énergies renouvelables au Royaume-Uni, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et à limiter sa dépendance aux hydrocarbures. Malgré les difficultés économiques internationales, la City de Londres reste la première place financière européenne avec sa forte concentration de banques étrangères et son ouverture internationale. Par ailleurs, la dernière étude réalisée par European Cities Monitor place Londres pour la 21e année consécutive comme la meilleure destination en Europe pour créer une entreprise.

« LE ROYAUME-UNI EST L’UN DES MARCHÉS LES PLUS OUVERTS AU MONDE » Rencontre avec Susan Haird, directrice générale de UK Trade & Investment (UKTI). Pourriez-vous expliquer le rôle de UKTI dans le monde en quelques mots ? UK Trade & Investment (UKTI) est le département gouvernemental chargé d’encadrer les exportateurs britanniques souhaitant développer leurs activités à l’international. Nous nous intéressons également aux investisseurs, nouveaux et existants, les plus susceptibles de réaliser des projets d’investissement de haute qualité, ceux qui ajoutent à nos activités de R&D ou qui renforcent les capacités du Royaume-Uni. Comment décririez-vous la situation économique actuelle au Royaume-Uni ? Les exportations représentent plus d’un quart du PIB et l’investissement génère plus de 90 000 emplois, d’où la très grande importance du commerce et de l’investissement pour notre économie, qui est l’une des plus ouvertes au monde. Pour la période de janvier à octobre 2010, les exportations se chiffraient à 388 millions d’euros, soit une hausse de 9 % sur la même période que l’année précédente. Quels sont les grands changements en perspective ? À votre avis, quels en seront les effets sur les investisseurs ? Si je devais choisir trois grands changements, je commencerais par la baisse progressive de l’impôt sur les sociétés. Notre gouvernement s’est engagé à créer un environnement d’affaires propice et à réduire la bureaucratie.

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Le second serait l’investissement dans l’infrastructure. Divers projets sont en cours, dont le London Gateway, qui sera le plus grand port à conteneurs et parc logistique d’Europe. Il devrait contribuer à limiter le nombre de camions sur les routes et à réduire les émissions de CO2 en permettant le transport d’une plus grande quantité de marchandises par mer. Nous sommes aussi en pleins préparatifs pour les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques de Londres en 2012. Je pense qu’ils seront pour les investisseurs un excellent moyen de mettre en valeur ce que le RoyaumeUni peut offrir.


Quelles nouvelles initiatives avez-vous mises en place pour promouvoir les exportations britanniques ? Plus de 90 % des entreprises que nous encadrons sont des PME ; nous en avons aidé environ 25 000 à exporter l’année dernière seule. Ces entreprises ont annoncé que nous les avions aidées à augmenter leurs bénéfices de 5,65 milliards d’euros. Nous proposons un large éventail d’aides aux entreprises britanniques désireuses d’étendre leurs activités aux marchés étrangers. Nous leur permettons, par exemple, de participer à des salons interprofessionnels et des missions de prospection à l’étranger. Nous leur fournissons également des données de veille commerciale adaptées à leurs besoins spécifiques. Notre objectif est d’aider ces entreprises à maîtriser rapidement la réglementation et les pratiques commerciales étrangères. S’il existe une réelle opportunité commerciale, nous aidons la société en question à y accéder et à en tirer parti. C’est en grande partie grâce à l’un de nos programmes, « Gateway to Global Growth » (Passerelle vers la croissance mondiale), que le prix du meilleur organisme de promotion du commerce dans le monde développé a été décerné à UKTI en octobre 2010.

et de la R&D. Quatre scientifiques récompensés par le prix Nobel cette année étaient basés au Royaume-Uni. Nous avons toujours maintenu que le commerce international était au cœur de la richesse économique du Royaume-Uni. Le Premier ministre David Cameron s’est déclaré messianique au sujet du commerce et de l’investissement, tandis que le ministère des Affaires étrangères a placé le commerce au centre de son programme. Il convient plutôt de dire que nous sommes aujourd’hui plus axés sur le commerce que jamais. Quelles mesures allez-vous mettre en place pour attirer des investisseurs ? Le gouvernement de coalition a placé l’investissement étranger au cœur de son plan de relance et prend des mesures concrètes pour attirer les investisseurs. Le ministre des Affaires étrangères a exprimé le désir de faire de la Grande-Bretagne l’un des environnements les plus compétitifs et l’un des lieux les plus attractifs pour les affaires dans le monde développé. Cet objectif sera atteint par la création d’un système de fiscalité des entreprises parmi les plus compétitifs du G20, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités pour nos partenaires étrangers, mais aussi pour nos entreprises basées au Royaume-Uni.

Votre ministre des Affaires étrangères a déclaré dans un discours que vous exportiez davantage vers l’Irlande que vers l’Inde, la Chine et la Russie réunies. Comment envisagez-vous de changer cette situation ? Notre mission consiste à persuader les entreprises d’explorer des marchés prometteurs pour elles. L’Inde et la Chine sont parfois de meilleurs choix pour les exportateurs plus expérimentés. Ce sont eux que nous encourageons à se tourner vers ces marchés, où nous avons déployé un grand nombre de conseillers commerciaux sur le terrain. Il ne s’agit pas de se contenter des grandes villes, mais d’explorer également les régions moins connues qui s’avèrent être les moteurs de la croissance dans ces économies. L’Union européenne - et l’Irlande - sont des marchés très importants pour le Royaume-Uni et ne devraient pas être négligées. Le secteur alimentaire est notre plus grand secteur manufacturier et je suis ravie de dire que la Grande-Bretagne exporte aujourd’hui du fromage en France, par exemple.

Quelles sont vos exigences à l’égard des investisseurs étrangers ? Le Royaume-Uni est l’un des marchés les plus ouverts au monde et nous faisons bon accueil à tous types d’investissements. UKTI a pour priorité d’attirer des entreprises intéressées par un investissement au Royaume-Uni sur le long terme et plus particulièrement axées sur la R&D. Nous avons eu des exemples de sociétés venues s’implanter au Royaume-Uni pour travailler dans l’industrie spatiale, près d’Oxford, ou d’autres venues explorer les liens entre nos meilleures universités et les entreprises de R&D dérivées. Le Royaume-Uni est l’une des destinations les plus attractives pour l’investissement étranger en Europe et nous comptons plus de sièges européens qu’aucun autre pays. Nous voulons que les entreprises prospèrent au Royaume-Uni, et UKTI fournit un service qui les aide à se créer et à se développer.

Quels sont les atouts économiques du Royaume-Uni ? Quelles sont vos priorités ? Le Royaume-Uni est parmi les dix plus grands fabricants au monde. Il possède les plus grandes industries d’Europe en informatique, sciences du vivant, industries créatives et services financiers. Nous sommes aussi excellents en ingénierie de pointe ; chaque Airbus, par exemple, est fabriqué à 30-50 % au Royaume-Uni. Nous sommes le deuxième exportateur mondial de matériel de défense et de sécurité, et nos secteurs de l’énergie et des technologies liées à la sobriété en carbone connaissent une croissance particulièrement rapide. Nous sommes très forts dans les domaines de l’éducation

Pourquoi le Royaume-Uni ? Quel est l’attrait de votre marché pour les investisseurs ? Le Royaume-Uni a été proclamé le pays d’Europe où il est le plus facile de faire des affaires par la Banque mondiale et le cabinet Ernst & Young. Nous devons cela à notre main d’œuvre diverse, qualifiée et souple ; à la vitesse du processus de création d’entreprise ; et à la facilité d’application des contrats, d’échanges avec d’autres pays et d’accès aux capitaux. Le Royaume-Uni est fort dans tous les secteurs et les opportunités d’investissement sont nombreuses dans une multitude de secteurs, notamment les services financiers et les services aux entreprises, l’infrastructure, le design,

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ÉCONOMIE l’ingénierie, les industries culturelles et créatives, les sciences du vivant et les technologies liées à la sobriété en carbone. Le Royaume-Uni est un pays international. Les entreprises se rendent compte de notre considérable talent international. Marché majeur au sein de l’Union européenne, nous entretenons aussi des liens excellents avec d’autres parties du monde, notamment l’Amérique du Nord, l’Afrique, l’Inde, la Chine et le Moyen-Orient. Le Royaume-Uni est un pays où il fait bon vivre, avec un paysage culturel vivant et ouvert.

En tant que pays voisins, nous avons fort à nous offrir l’un l’autre en termes de commerce. Les croisements sont importants dans les industries créatives. Par exemple, Stella McCartney et Vivienne Westwood, deux grands noms britanniques de la mode, sont établies en France tandis que de nombreux films en langue française, dont Promenons-nous dans les bois, Les Mains en l’air et Mammuth, avec Gérard Depardieu, ont été projetés au Festival du cinéma de Londres en octobre 2010. Il existe des liens en sciences du vivant, fabrication, services financiers et éducation. Le français reste la langue étrangère la plus couramment enseignée au RoyaumeUni et grâce à l’Eurostar l‘accès à la France nous est beaucoup plus facile que jamais. Je pense que la valorisation du commerce entre nos deux pays serait très bénéfique, et que les opportunités sont nombreuses.

Que pensez-vous des relations économiques bilatérales entre le Royaume-Uni et la France ? Les relations commerciales entre la France et le RoyaumeUni sont solides, mais nous pouvons mieux faire. En 2009, le commerce bilatéral des biens et services se chiffrait à 62,5 milliards d’euros.

UK TRADE & INVESTMENT, UN INTERLOCUTEUR DE RÉFÉRENCE 22

K Trade & Investment est l’agence gouvernementale britannique pour les investissements étrangers. C’est l’interlocuteur de référence des entreprises souhaitant développer leurs activités et s’implanter au Royaume-Uni. L’agence conseille et accompagne les sociétés de manière confidentielle et gratuite. En France, le service investissements de UKTI aide les entreprises françaises de plus en plus nombreuses à se tourner outre-Manche pour accroître leurs activités. UKTI aide également les entreprises britanniques qui souhaitent exporter dans le monde entier. Un rôle d’accompagnement et de conseils Créé en 1977, UKTI est présent dans 98 pays et se place sous la double tutelle du ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth (Foreign Commonwealth Office FCO) et du ministère du Commerce, de l’Innovation et des Talents (Department for Business, Innovation and Skills). UKTI compte 2 400 collaborateurs, dont 1 300 basés à l’international et 1 100 au Royaume-Uni.

« Grâce au réseau de UKTI, nous avons rapidement contacté les bonnes personnes » - 1000 Mercis

Chaque année, ce service soutient des centaines d’entreprises françaises dans leur projet d’implantation

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au Royaume-Uni. Son périmètre d’action comprend : • des analyses régionales exhaustives et des conseils pour aider l’entreprise à choisir le meilleur lieu d’implantation pour son activité, • des informations personnalisées sur des considérations commerciales clés, comme l’enregistrement d’une société, l’immigration, les incitations financières, le personnel, les biens immobiliers, les transports, les services d’utilité publique et les questions réglementaires, • une mise en contact avec les autorités locales (banquiers, avocats, experts immobiliers), des universités, des centres d’excellence de recherche et développement, • un moyen d’accès à l’administration centrale pour aider et protéger les intérêts commerciaux de l’entreprise,


Le service investissements de UKTI en France En France, la représentation locale du service investissements de UKTI existe depuis la fin des années quatrevingt-dix et bénéficie du concours des attachés commerciaux et scientifiques de l’ambassade de Grande-Bretagne. Les consulats britanniques de Bordeaux, Marseille, Lille et Lyon sont autant de relais locaux à même d’identifier et d’apporter conseils et soutien aux entreprises locales. Les TIC, les biotechnologies et les technologies environnementales sont ses secteurs prioritaires, dans la mesure où ils recèlent un fort potentiel de développement au Royaume-Uni.

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« UKTI nous a aidé à trouver le bon endroit pour nous implanter » - Neolane

une assistance aux entrepreneurs et gestionnaires étrangers pour le développement des créneaux innovants au Royaume-Uni.

« UKTI a indéniablement accéléré notre installation à Londres » - Criteo

UK Trade & Investment a également étendu sa gamme d’offres et de services dans le domaine des partenariats. Pour répondre à la demande croissante des entreprises, l’agence propose, grâce au service R&D Partnerships, d’identifier des partenaires britanniques potentiels, mais aussi les modalités de mise en œuvre du partenariat : joint-ventures, alliance stratégique, outsourcing, brevets technologiques, accords bilatéraux en R&D ou marketing.

L’équipe de UKTI est à la disposition des entreprises françaises, notamment des PME, pour les conseiller et les aider à mettre en œuvre leur projet d’implantation ou de développement au Royaume-Uni. Vince Cable, secrétaire d’État au Commerce, à l’Innovation et aux Talents du Royaume-Uni, a par ailleurs affirmé : « c’est également une année record pour UKTI, qui a accompagné au niveau mondial 759 projets d’implantation pour l’année 2009/2010, soit une augmentation de 26 % par rapport à l’exercice précédent ». 23

UK Trade & Investment 35 rue du Faubourg Saint Honoré 75383 Paris cedex 08 T : 01 44 51 34 00 ukti.paris@fco.gov.uk www.ukti.gov.uk

Le gouvernement britannique a dévoilé la Revue des dépenses publiques (Spending Review) le 20 octobre 2010, qui fixe les grandes orientations budgétaires pour la législature 2011-2015. La Spending Review montre comment le gouvernement compte s’attaquer à la réduction nécessaire du déficit public, qui a atteint des niveaux inégalés en temps de paix. Des choix difficiles ont été faits de manière à ce que les investissements dans la santé, l’éducation, la sécurité nationale et les infrastructures soutiennent véritablement la croissance. Une société plus libre, plus juste et plus responsable y est promue. Ainsi, les dépenses de santé augmenteront chaque année en termes réels pendant la législature. Le gouvernement entend aussi créer les conditions d’une croissance tirée par le secteur privé en favorisant les dépenses génératrices de croissance (investissements dans les infrastructures, les secteurs à faible émission de CO2 et la science). La justice sociale figure également parmi les priorités. Il s’agit d’offrir des opportunités à chaque étape du processus éducatif et des voies de sortie de la pauvreté tout en protégeant les plus vulnérables. Ces priorités se conjuguent avec une réforme radicale des services publics visant à redonner du pouvoir aux citoyens, communautés et acteurs indépendants, et donc à promouvoir une « Big Society » où chacun joue pleinement son rôle. En savoir plus : www.hm-treasury.gov.uk


LE ROYAUME-UNI S’ENGAGE DE PLUS EN PLUS À LIMITER LES ÉMISSIONS DE CARBONE Par Mark Prisk, ministre du Commerce et des Entreprises epuis de nombreuses années les résidents de l’île d’Eigg, une île isolée au large de la côte ouest de l’Écosse, faisaient campagne pour obtenir une alimentation électrique en supplément de leurs deux groupes électrogènes. Au bout du compte, il y a trois ans, ils ont pris les choses en main. Ils ont acheté leur terrain, installé des générateurs solaires et hydrauliques, et vendent maintenant leur énergie écologique au réseau national. C’est un exemple qui suscite l’inspiration et dont nous pouvons tous retirer des enseignements. Le marché des faibles émissions de carbone, dont la définition ne se limite pas aux seules énergies renouvelables, est un marché en croissance. Ses produits et services ont actuellement une valeur de 128 milliards d’euros au Royaume-Uni et il a connu une croissance de plus de 4 % en 2009. Dans son discours d’octobre dernier, Examen exhaustif des dépenses, le chancelier George Osborne a promis une contribution de 228,6 millions d’euros au soutien des technologies à faibles émissions de carbone ainsi qu’une nouvelle banque visant à aider les industries « vertes » à voir le jour. Mais, quel que soit notre enthousiasme en ce qui concerne la production d’énergie renouvelable, nous ne pouvons pas le faire seuls - ceci requiert un travail de collaboration. Le Royaume-Uni et la France sont tous les deux membres de l’Union européenne (UE), qui a fait des efforts importants pour promouvoir un monde à faibles émissions de carbone. Nos deux pays doivent œuvrer pour atteindre la cible fixée par l’UE de réduction des gaz à effet de serre de 30 % dès 2020. Le Royaume-Uni se trouve au deuxième rang parmi les pays qui, à l’échelle mondiale, attirent des investissements étrangers dans le secteur de l’énergie renouvelable. C’est pour cette raison que l’industrie britannique à faibles émissions de carbone souhaite vivement collaborer avec ses homologues français, pour discuter, partager les moyens et les nouvelles technologies dans le but de mettre des partenariats sur pied. Les domaines dans lesquels les investissements étrangers au Royaume-Uni augmentent le plus rapidement sont le financement « carbone » (+ 7,9 %) et la production d’énergie éolienne (+ 6,5 %). Le marché britannique de l’énergie solaire a également augmenté de près de 6 % l’année dernière et a désormais une valeur de 1,14 milliard d’euros par an. Il n’est pas facile de remplacer un combustible fossile comme le mazout par le chauffage, mais nous avons maintenant des pastilles de bois densifié, oui, un combustible fossile, mais fabriqué à base de sciures et de copeaux recyclés. Ces pastilles sont de plus en plus brûlées dans des chaudières à usage commercial et domestiques. La scierie de Balcas en Irlande du Nord est le plus gros fournisseur au monde de ces pastilles. Étant

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donné que les parcs immobiliers britanniques et français sont vieux, nous chauffer en hiver est devenu onéreux. Fait étonnant, les propriétaires des grandes demeures historiques britanniques donnent l’exemple en utilisant des pastilles de bois densifié et des pompes à chaleur géothermiques pour chauffer leurs propriétés. On peut être novateur dans les bâtiments neufs et les promoteurs prendront note des travaux des architectes britanniques ZEDfactory, qui sont à l’avant-garde des bâtiments durables et qui ont construit des maisons « neutres en carbone » dans le sud-ouest de Londres. En 2012, toutes les nouvelles constructions en France devront obligatoirement avoir de plus bas niveaux de consommation énergétique. En août 2010, le gouvernement français a également lancé un nouveau plan d’investissement en économies d’énergie qui fournira un capital de 1,35 milliard d’euros sur une période de quatre ans. On prévoit également d’investir 1 milliard d’euros en transports « verts » et 250 millions d’euros en « réseaux intelligents » (systèmes de commande de la température à la pointe de la technologie). Si nos deux pays adoptent l’attitude « quand on veut on peut », nous pourrons à l’avenir récolter les fruits de notre collaboration actuelle. Saviez-vous que les Britanniques ont la plus grande capacité d’énergie éolienne en mer au monde - était-ce pensable il y a tout juste dix ans ? Le secteur a attiré des investissements privés. Mitsubishi Power Systems, par exemple, va investir 114,3 millions d’euros dans des éoliennes en mer. Le Royaume-Uni veut qu’1/5 de l’électricité domestique soit fourni par des parcs éoliens dès 2020. La France a également des parcs éoliens - au nombre de 3 000 avec une capacité de 4,7 GW. Les Français ont approuvé en août 2010 un programme d’investissement de 10 milliards d’euros dans des parcs éoliens en mer. Le Royaume-Uni est fier de son savoir-faire, ses connaissances et son excellence académique. Nous savons innover et avons des entrepreneurs écologiques, ce qui

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ÉCONOMIE Trade & Investment pour exporter vers l’Union européenne. Nous pourrons faire bien des progrès dans la réduction de notre empreinte carbone si nous nous rencontrons, établissons des réseaux et travaillons ensemble les maisons durables et les éoliennes ne sont qu’un début.

nous permet de créer des solutions à faibles émissions de carbone. Au Royaume-Uni, les technologies à faibles émissions de carbone qui saisissent le carbone sont maintenant appliquées aux installations comme les aéroports pour recueillir le CO2 et le recycler en vue d’alimenter les véhicules diesel de l’aéroport. Carbon8 est une entreprise créée par l’université de Greenwich, dans l’est de Londres, pour effectuer des recherches en technologie de carbonatation accélérée qui nettoie les déchets industriels. Le directeur général de Carbon8, le Dr Paul Carey, a annoncé que la société a mis au point un processus qui utilise le CO2 pour solidifier les déchets et les souillures, et l’élimination des déchets de ce processus est moins coûteuse que celle des déchets originaux. Nous avons d’excellents instituts de recherche qui encouragent d’autres découvertes de technologies renouvelables comme Carbon8, dont le laboratoire Energy Futures Lab d’Imperial College qui étudie la saisie et le stockage du carbone, les biocarburants et l’énergie solaire.

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Témoignage Le prestataire de centre de données, Telehouse, est une filiale de la société japonaise KDDI Corp., figurant à l’indice Global 300. Telehouse effectue des investissements au Royaume-Uni : la société qui a déjà d’autres centres Internet à Londres a ouvert un centre de données vedette respectueux de l’environnement en mars 2010 dans le quartier des Docklands de Londres. Ces nouvelles installations d’un coût de 91,44 millions d’euros offriront une superficie de stockage sécurisé de 19 000 m 2 aux entreprises britanniques ainsi qu’un ensemble de prestations gérées et de « colocalisation » pour les utilisateurs d’Internet. La société dispose de cinq installations réparties entre Londres et Paris, offrant des prestations de centre de données. Elle a également une société sœur qui a des installations à New York et à Los Angeles. Telehouse est une entreprise à faibles émissions de carbone qui aidera les sociétés à réduire leur empreinte carbone en exportant l’énergie produite par les déchets pour chauffer les maisons et les locaux commerciaux des environs.

Nous sommes également en tête sur le marché de la voiture écologique. Ford s’est engagée à produire des moteurs diesel et à essence à faibles émissions de carbone, ce qui fait du Royaume-Uni un chef de file mondial dans les technologies automobiles à faibles émissions de carbone. Mais l’on ne peut pas faire marcher une voiture électrique sans un chargeur et la société britannique Pod Point a installé dans tout le centre de Londres ses 130 premiers chargeurs alimentant les voitures électriques de tous les principaux fabricants. Des voitures électriques pare-chocs contre parechocs d’un bout à l’autre de Bond Street ? Ce n’est pas impossible selon Pod Point qui bénéficie de l’aide de UK

technologies innovantes pour une énergie nucléaire sûre et durable Des

Des implantations internationnales pour vous accompagner sur vos sites nucléaires : Bulgarie, Italie, Roumanie, Slovaquie et Royaume-Uni. Partenaire de Mitsubishi Heavy Industries pour la qualification et la fourniture de gros composants pour des réacteurs nucléaires. Leader français du démantèlement d’installations nucléaires. Spécialiste reconnu de la maintenance des réacteurs. Acteur dans les grands projets d’avenir tels que ITER et les réacteurs de Génération IV. 600 ingénieurs, concepteurs de solutions pour l’industrie nucléaire. 1600 opérateurs, experts en intervention sur les installations nucléaires.

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ÉCONOMIE

LA PAROLE A… Vincent de Rivaz, PDG d’EDF Energy « EDF Energy : le développement des compétences au service de l'avènement d'un monde à faibles émissions de carbone » e changement climatique est l’un des plus importants défis auxquels la planète est confrontée et nous devons y répondre en tant qu’individus et en tant qu’entreprises. Pour le relever, nous devons faire cause commune et construire un avenir sans carbone.

L

Ce défi appelle une réponse à l’échelle internationale. Je suis fier, par conséquent, d’être à la tête d’une organisation qui mobilise les meilleurs en termes de compétences et d’expérience tant au Royaume-Uni qu’en France. EDF Energy, entreprise au cœur du groupe EDF, joue un rôle essentiel au service de ses 5,5 millions de clients au Royaume-Uni.

À l’instar d’un grand nombre de pays, le Royaume-Uni est confronté à l’impérieuse nécessité d’investir dans ses infrastructures énergétiques en vue de lutter contre le changement climatique, tout en continuant d’assurer la sécurité d’approvisionnement et le maintien des prix à un niveau acceptable. Les études gouvernementales estiment à près de 230 milliards d’euros le montant des investissements nécessaires au cours des dix prochaines années pour réduire l’intensité du carbone de notre système énergétique. Si les conditions pour investir sont réunies, nous envisageons de construire quatre nouvelles centrales nucléaire au Royaume-Uni, dans le cadre d’un projet qui mobilisera ce que la coopération anglo-française peut produire de meilleur. Ces engagements financiers vont devoir s’accompagner d’énormes investissements en capital humain et dans le développement de compétences nouvelles. À EDF Energy, il va nous falloir recruter, former et investir massivement dans nos ressources humaines pour développer les compétences nécessaires tant à nos activités présentes que futures, correspondant aux investissements majeurs que nous prévoyons d’engager. D’ores et déjà, nous investissons dans la formation de nos employés actuels aussi bien que futurs. L’année dernière, nos employés ont ainsi bénéficié de 100 000

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EDF Energy est aussi le plus grand producteur d’électricité au Royaume-Uni, avec environ le cinquième de l’électricité produite et plus de la moitié de l’électricité à basse teneur en carbone.

journées de formation au sein notamment de la Nuclear Power Training Academy dans le Gloucestershire que nous avons inaugurée en 2008. Ce centre des plus modernes, d’un coût d’environ 4 millions d’euros, assure la formation de 2 500 personnes chaque année. Nous travaillons à son agrandissement et nous envisageons de créer deux campus spécialisés supplémentaires dans d’autres régions du pays. Ces trois pôles de formation vont profiter des partenariats que nous avons développés avec des universités et avec des centres de formation spécialisés. Notre ambition est de promouvoir un niveau de formation et des équipes de premier rang, qui contribuent à l’avancement et au progrès de notre industrie, tout en forgeant des liens toujours plus étroits entre notre entreprise et les communautés où nous opérons. Nous prévoyons de recruter plus de 8 000 employés au cours des cinq prochaines années. Il nous faut donc veiller à ce que la génération montante profite pleinement des opportunités qui vont se présenter. Ces recru-


tements sont la clé de la réalisation de nos projets dans l’investissement en production d’électricité à basse teneur en carbone et le développement de l’offre de solutions énergétiques à nos clients. Plus de la moitié de ces investissements seront consacrés au développement de nos services au nombre desquels il faut citer les compteurs intelligents, les diagnostics énergétiques, et les conseils pour des solutions énergétiques innovantes et respectueuses de l’environnement. Nous aurons aussi besoin d’ingénieurs spécialisés, une gageure si l’on tient compte du déficit prévisionnel de compétences dans ce domaine. Gibson, dans son dernier rapport au gouvernement, signale que la moyenne d’âge des ingénieurs au Royaume-Uni dépasse maintenant 50 ans et que nous aurons à faire face à un déficit d’environ 350 000 ingénieurs diplômés en 2014, si rien n’est entrepris d’ici là. À EDF Energy, de nombreux ingénieurs, et parmi les meilleurs, vont partir à la retraite : uniquement pour les remplacer, nous aurons besoin de recruter environ 3 300 ingénieurs spécialisés d’ici à 2015. Pour relever ce défi, nous nous sommes engagés à contribuer au développement de la prochaine génération de scientifiques, d’ingénieurs, de techniciens au Royaume-Uni. Nous nous posons souvent la question de savoir quelle planète nous allons léguer à nos enfants. Il nous faut peut-être aussi nous demander quels enfants nous allons léguer demain à notre planète. C’est pourquoi nous encourageons les élèves et étudiants de tous âges à poursuivre des études de sciences, de technologie, d’ingénierie et de mathématiques afin de profiter des opportunités de long terme qui s’ouvrent à eux. Au-delà de cette démarche de long terme sur les compétences d’ingénierie, je suis convaincu que la transformation des entreprises vers des modèles plus durables devra faire appel à des nouvelles compétences de gestion et de leadership. Notre vision est exposée dans nos engagements en faveur du développement durable, qui constituent l’un des programmes environnementaux et sociaux les plus ambitieux de notre secteur en Grande-Bretagne. Je me suis penché sur cette question en réponse à l’invitation de son Altesse Royale le prince de Galles, qui m’a chargé en 2009 d’être son ambassadeur auprès du Business in the Community (BITC). En étroite collaboration avec le BITC, j’ai mené une étude pour identifier les compétences de leadership nécessaires à l’avancement de l’économie durable que nous appelons tous de nos vœux. Les conclusions de cette étude sont claires. Environ 70 % des personnes interrogées reconnaissent que le manque de compétences nécessaires à l’avènement d’une économie durable reste l’un des problèmes les plus urgents à résoudre pour les entreprises au Royaume-Uni dans les cinq prochaines années. Par

ailleurs, neuf personnes sur dix reconnaissent que les entreprises doivent œuvrer davantage à la formation de leurs personnels pour réussir cette transition. Or, la plupart estime que les efforts déployés sont insuffisants. En effet, seuls 15 % des personnes interrogées pensent que le développement des compétences requises est suffisant ou même partiellement engagé. Nous avons aussi appris qu’il allait falloir déployer des efforts plus importants pour développer ces compétences : les entreprises doivent anticiper, s’organiser et être prêtes à coopérer. À la suite de cette enquête et en collaboration avec le BITC et d’autres entreprises attachées aux mêmes principes, nous avons créé un groupe pour nous atteler à cette tâche. Le chemin sera long. Notre objectif est d’élaborer et mettre en place des programmes évolutifs et accessibles axés sur le développement durable, qui puissent être ouverts au plus grand nombre. Nous avons tous un rôle à jouer dans le développement des compétences nécessaires dans la lutte contre le changement climatique. Le défi est imposant, mais il est aussi une source d’inspiration. Notre industrie a un rôle essentiel à jouer dans le maintien de la cohésion sociale : nous éclairons les villes et les campagnes, grâce à nous les trains roulent et les maisons sont chauffées. Ces services essentiels au bon fonctionnement de nos sociétés modernes sont générateurs de milliers d’emplois qualifiés et d’autant d’opportunités de formations enrichissantes. En tant que patron d’EDF Energy, je prends cette mission très au sérieux. En France et au Royaume-Uni, des équipes expérimentées sont à l’œuvre et travaillent en excellente collaboration. Elles bénéficient du capital d’expérience du groupe EDF, exploitant nucléaire le plus expérimenté au monde. Les centrales que nous prévoyons de construire, deux à Hinkley Point dans le Somerset et deux autres à Sizewell dans le Suffolk, produiront suffisamment d’électricité à faibles émissions de carbone pour satisfaire les besoins d’environ 40 % de la clientèle résidant en Grande-Bretagne. Elles apporteront une contribution majeure aux besoins futurs du pays en énergie propre, sûre et compétitive. Pour réussir dans nos projets, nous aurons à mobiliser, pour gagner les cœurs, l’intelligence, la créativité et toutes les compétences techniques disponibles. Nos communautés d’appartenance doivent non seulement accepter nos projets, mais aussi se les approprier. Notre industrie doit travailler avec l’ensemble de la classe politique et toutes les forces vives de la société au développement dans la durée des compétences nécessaires à l’avènement d’une économie à faibles émissions en carbone ; c’est une priorité absolue.

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ÉCONOMIE

TÉMOIGNAGES D’ENTREPRISES

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LA MAISON CARTIER : PLUS DE 100 ANS DE PRÉSENCE AU ROYAUME-UNI Voilà un peu plus de 100 ans que la Maison Cartier est présente à Londres et sa boutique, d’abord ouverte en 1902 au 4 New Burlington Street, est, depuis 1909, située au 175-176 New Bond Street. À la requête d’Alfred Cartier, Pierre, son second fils, s’installe à Londres afin de répondre à la demande de l’aristocratie anglaise qui se prépare au couronnement d’Édouard VII. Il est rapidement rejoint par son frère Jacques et, en 1902, ils prennent tous les deux la direction de la boutique. En 1904, la Maison de luxe devient fournisseur officiel de la cour du roi Édouard VII. Rencontre avec Arnaud Bamberger, président de Cartier au Royaume-Uni. Britanniques ont leur propre style et leur propre élégance, le fait que Paris soit synonyme de chic et de sophistication est quelque chose qui inspire énormément les Anglais.

Quelle est votre histoire avec le Royaume-Uni depuis plus de 100 ans de présence dans la capitale britannique ? Il y a plus de 100 ans que les deux frères Cartier ont ouvert le premier établissement à Londres. Le XXe siècle a vu l’émergence d’un style indépendant et unique - un style fidèle à l’esprit de la Maison de Paris, riche de sa propre histoire et de sa propre personnalité. Que représente Londres pour une maison comme Cartier ? Londres représente beaucoup pour Cartier. Depuis toujours, nous avons noué dans la capitale britannique des amitiés et des relations importantes pour notre société au niveau mondial. Londres est aujourd’hui un foyer d’échanges internationaux - les clients que nous avons ici sont originaires de nombreux pays et appartiennent à différentes confessions. Londres nous fournit donc la possibilité d’être partie prenante d’une culture très diversifiée et cosmopolite, mais nous continuons à attirer un segment plus traditionnel de la société qui reste attaché à l’histoire de Cartier et à sa participation à des événements comme le Trophée Cartier de polo ou les Cartier Racing Awards.

Quelles sont vos autres activités dans le Royaume ? Nous sommes très présents au Royaume-Uni dans le sport, par exemple. Nous sommes très impliqués dans la culture du polo - le Cartier International Day au Guards Polo Club est un événement qui s’est imposé comme l’un des les plus prestigieux de la saison mondaine britannique, en étant malgré tout associé au sport. Nous sommes également mécènes dans le sport équestre pour lequel nous avons une cérémonie privée de remise de prix chaque année. Ce sont les « Oscars » des courses de chevaux et, en 2010, nous en avons célébré le dixième anniversaire.

Peut-on parler d’influence britannique chez Cartier Londres ? Absolument. Depuis la création du collier « résille » pour la reine Alexandra en 1904 jusqu’à celle de la montre Crash en 1967, la Maison Cartier a été influencée par le style britannique - ce mélange de classicisme et d’excentricité incarné par sa clientèle aristocratique - et se l’est approprié, donnant ainsi naissance à la philosophie unique de la Maison : absolument Cartier, mais avec une touche typiquement britannique. Peut-on parler d’une valeur ajoutée parisienne ? Selon vous, quelle est l’image de la France au Royaume-Uni en général ? Et bien, j’aimerais croire que j’ai peut-être une certaine influence sur l’image de la France à Londres ! En tout cas je ne corresponds pas à l’image traditionnelle du « froggy » avec béret et baguette sous le bras ! Quant à l’essence du caractère parisien, je pense que c’est précisément ce qui a séduit l’imagination des Britanniques il y a un siècle, et je crois que c’est toujours le cas aujourd’hui. Si les

On dit de Cartier qu’il est « le joaillier des rois est le roi des joailliers » ? J’estime que c’est la meilleure formule dont pouvait rêver une marque de luxe - en un mot : le meilleur du meilleur.

Aline Coquelle © Cartier 2006

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En quoi la clientèle britannique est-elle différente de la clientèle française et quels sont leurs points communs hormis le désir d’excellence dans une Maison comme la vôtre ? Je ne pense pas qu’il y ait de différences entre les deux. Dans le respect d’un désir d’excellence, je crois que c’est la qualité qui unit tous les clients de la Maison Cartier qu’ils soient Britanniques et Français. À Paris, Cartier est une partie intégrante de l’identité nationale. Notre clientèle britannique est davantage dans un processus de découverte et a, par conséquent, une relation différente en terme d’enchantement que cette dernière peut offrir.

Sa Majesté la reine d'Angleterre félicitant les perdants comme les gagnants ainsi que le meilleur joueur et les chevaux, accompagnée d'Arnaud Bamberger. La Maison Cartier a réalisé le trophée en or.


HOMESERVE : UN DÉVELOPPEMENT CROISSANT DANS L’HEXAGONE Créée en 1993 au Royaume-Uni, la société HomeServe a démarré avec l’objectif de proposer aux particuliers une assistance en cas d’urgence plomberie, canalisation et évacuation, en complément de l’assurance habitation classique. Avec quelque trois millions de clients individuels britanniques, l’expansion a été très rapide. Coté en bourse à Londres, le groupe HomeServe connaît une forte croissance sur l’ensemble de ses activités depuis sa création et se positionne parmi les 200 premières sociétés cotées les plus performantes au Royaume-Uni. Depuis 2001, en partenariat avec Veolia Environnement, la société a commencé son développement sur le territoire français. Entretien avec Rachael Hughes, CEO de HomeServe Europe. Pourquoi choisir de vous installer en France ? Après notre développement rapide au Royaume-Uni, HomeServe a étudié la possibilité de s’installer à l’étranger. La France était le premier choix. En 2001, Doméo, première filiale française, a été créée par le biais d’une joint-venture avec Veolia Environnement, un partenaire inégalable sur le territoire. Le concept de Doméo est d’offrir une véritable « tranquillité d’esprit » à tous les clients soucieux de leur habitat. En 2010, la division européenne de HomeServe est composée de cinq sociétés réparties dans quatre pays : France, Espagne, Belgique et Italie. Le groupe souhaite poursuivre son développement européen, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne.

plein de subtilités. Quand un Français pense qu’il a émis des réserves, le Britannique pense qu’il a signé un accord. Le dialogue peut être parfois difficile pour ces raisons. Pour le succès d’une entreprise, il est important de comprendre les deux côtés, de répondre à toutes les attentes et aux questions posées. D’un autre côté, le consommateur en tant que tel est très similaire. 80 % de son comportement sont exportables du Royaume-Uni et vice-versa. Ce sont les 20 % qui restent qui font toute la différence. D’où la nécessité de s’adapter au pays dans lequel on s’installe.

Comment se déroule votre développement en France ? Très bien. Nous avons déjà environ 850 000 clients, ce qui montre le potentiel du marché existant. Quand nous sommes arrivés, notre produit n’existait pas. Nous l’avons créé. Il a fallu habituer le consommateur à une nouvelle offre. C’est pourquoi notre partenariat avec Veolia était attractif. Cette société véhicule ici une image très forte et notre savoir-faire avait déjà fait ses preuves au Royaume-Uni. Nous avons également beaucoup investi dans le développement commercial, le marketing direct étant une valeur très développée chez nous.

HomeServe : un groupe en croissance récurrente • Chiffre d’affaires annuel consolidé au 31 mars 2010 : 413,2 M€ avec une croissance annuelle de 21 % • Résultat net au 31 mars 2010 : 116,9 M€ en progression de 13 % • 4 190 salariés • Partenariat avec plus de 150 fournisseurs d’eau et d’énergie, distributeurs, fabricants et assureurs • Portefeuille de 10,3 millions de contrats d’assistance pour 4,7 millions de clients • Réseau de plus de 12 000 artisans agréés dans le monde • 3 800 réparations d’urgence à domicile sont effectuées chaque jour au Royaume-Uni • Plus de 1,5 million d’interventions par an dans le monde • 1 contrat vendu toutes les 15 secondes dans le monde

Pourquoi opter pour la ville de Lyon afin d’y installer votre siège social ? Ce qui était, en partie, un hasard au départ serait un choix volontaire aujourd’hui. Lyon est une ville attractive, à taille humaine, offrant une main d’œuvre qualifiée et des cadres extrêmement bien formés. Pour ces raisons, certains d’entre eux nous rejoignent de toute la France... Lyon est, de plus, près de toutes les grandes villes européennes tout en restant en province. Et la qualité de vie y est excellente. Selon votre expérience, que diriez-vous des grandes différences culturelles entre les Français et les Britanniques ? Je connais un peu la France, un pays dans lequel j’ai étudié et dont je parle la langue. Je dirais que les Britanniques vont droit au but alors que les Français sont

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Quelques chiffres

HomeServe Europe • Chiffre d’affaires total au 31 mars 2010 : 145 M€ avec une croissance annuelle supérieure à 36 % • 970 salariés (total filiales) • Portefeuille de plus 2 millions de contrats d’assistance (+ 25 %) pour près de 850 000 clients (+ 16 %) • HomeServe et Doméo ont remporté, en 2010, le prix de « la plus forte croissance pour une entreprise ayant son siège France et Europe à Lyon » décerné par Le Grand Lyon via « OnlyLyon »


LES ROYAL WARRANT HOLDERS OU LES FOURNISSEURS OFFICIELS DE LA COURONNE ROYALE es maisons et artisans estampillés d’emblèmes royaux sont les fournisseurs officiels de la reine Elizabeth II, du prince d’Édimbourg (Philip) et du prince de Galles (Charles). Cela va aussi bien des produits raffinés qu’à ceux utilisés pour l’entretien, des bijouteries aux fleuristes, des sociétés de technologies aux voitures, des marchands de vins aux chimistes, des plombiers aux couturiers. La palette est large : elle va de l’artisan à la multinationale, mais tous doivent faire le commerce d’un produit (pas de banquiers, d’avocats, de comptables, de médias ou d’agences pour l’emploi). Deux mots sont cependant de rigueur : excellence et qualité. Au nombre d’environ 850, ils sont appelés les Royal Warrant Holders (« détenteurs d’un mandat royal »), un titre prestigieux qui leur ouvre les portes, entre autres, de Buckingham Palace. Une fois obtenu après cinq années de bons et loyaux services, le fournisseur, dont la taille de la société n’a pas d’importance, se voit accorder le droit de faire figurer sur son logo, ses produits, ses bureaux, son papier à en-tête, ses voitures et ses publicités, la prestigieuse mention « By appointment of… », suivie du nom de l’un des trois membres de la famille royale habilité à délivrer ce titre ainsi que les armoiries royales. Cette marque de reconnaissance est remise individuellement à la personne chargée de faire respecter les règles de qualité que sa maison doit assurer, d’où une réévaluation quinquennale.

détenteur de cet emblème pendant onze générations. Cependant, rappelons qu’au cœur de ce système, il y a une histoire humaine. De plus, si la majorité des détenteurs sont Britanniques, certains d’entre eux sont Australiens, Américains, Italiens et Danois. Ce qui était déjà le cas dans les temps passés. Prenons l’exemple de Giacomo Justerini. En 1749, il quitte Bologne pour une chanteuse d’opéra, Margherita Bellino. Faisant face à des difficultés dans un pays étranger, il décide de devenir marchand de vins. Avec George Johnson, il fonde l’entreprise Justerinis. Son titre de Royal Warrant lui a été décerné par le roi George III en 1760. C’est aussi le cas d’un Allemand, Johan Jacob Schweppe. Naturalisé citoyen suisse, il est horloger de métier et scientifique amateur. Il trouve le moyen de fabriquer de l’eau gazeuse, réputée pour ses vertus médicinales, à Genève. En 1792, il déménage à Londres et ouvre des boutiques à Drury Lane, Margaret Street et Berners Street. Il reçoit le précieux Royal Warrant en 1836.

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Petites anecdotes… À la cour, les services et les marchandises sont indispensables, et la compétition pour les faveurs royales est ardue. L’histoire des Royal Warrants remonte ainsi à 1155 quand la compagnie Weavers, spécialisée dans les textiles, obtient un acte royal de la main d’Henry II d’Angleterre. En 1394, c’est au tour de Dick Whittington pour sa société Mercers (commerce de tissus de luxe). Et en 1496, William Caxton obtient un Royal Warrant en tant qu’imprimeur du roi. C’est vers la fin du XVIIIe siècle que les commerçants commencent à afficher les armoiries royales dans leurs locaux et sur leur papier à en-tête. Sous le règne de la reine Victoria (1837-1901), quelque 2 000 Warrants ont été délivrés incluant même un pub de Highgate Hill. En effet, le patron aurait sauvé d’une situation dangereuse un carrosse de la reine. De nombreux détenteurs du Royal Warrant portent des noms connus de nous tous aujourd’hui, comme Thomas Lipton, James Chivas et John Cadbury. Twinings est resté

© Foreign & Commonwealth Office

Parmi les sociétés françaises détentrices de ce précieux sésame, nous pouvons mentionner les champagnes Moët & Chandon, Pol Roger, Bollinger, Lanson, Mumm et Veuve Clicquot.

La Royal Warrant Holders Association Au début du XIXe siècle, les fournisseurs royaux avaient l’habitude d’organiser un dîner annuel pour célébrer l’anniversaire du souverain. Quand ils se réunissent le 25 mai 1840 pour l’anniversaire de la reine Victoria, ils décident de former l’Association des fournisseurs royaux. Elle démarre avec 25 membres. En 1907, elle reçoit son premier acte royal et devient alors la Royal Warrant Holders Association. En savoir plus www.royalwarrant.org


Plus de 2000 entreprises françaises sont déjà implantées au Royaume-Uni, pourquoi pas vous ?

© Jason Hawkes

Le Royaume-Uni. Au cœur même du business mondial. Pour plus d’information visitez www.go-uk.org/fr

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ÉCONOMIE


LONDRES 2012 : LES ENJEUX ÉCONOMIQUES DES JO Londres a été élue ville hôte des Jeux de la XXXe Olympiade le 6 juillet 2005 lors de la 117e session du Comité international olympique (CIO) à Singapour. La capitale britannique l’a finalement emporté au quatrième tour de scrutin avec 54 voix sur 104 après une rude compétition avec Paris, New York, Moscou et Madrid. Les Jeux olympiques se dérouleront du 27 juillet au 12 août 2012.


ÉCONOMIE moins de deux ans de l’ouverture des Jeux olympiques (JO), les sites, localisés dans l’est de la ville, plus exactement dans la Lower Lea Valley, prennent forme. Le stade olympique (capacité : 80 000 sièges), le centre aquatique (17 500), le vélodrome (6 000), le circuit de BMX et les installations pour le hockey (15 000), le handball (7 000) et le basket-ball (12 000) sont en cours de construction. Le village olympique, situé non loin, également. Sans oublier les ponts, les rues piétonnes et les pistes cyclables car tous les spectateurs désireux de rejoindre le parc olympique ne pourront le faire qu’à pied, en vélo ou en transports publics. De plus, 97 % des matériaux de construction utilisés sont recyclables ou réutilisables afin de poursuivre la politique environnementale chère au gouvernement. En même temps, les réunions officielles se multiplient entre le Premier ministre, David Cameron, le secrétaire d’Etat, Jeremy Hunt, le ministre en charge des JO, Hugh Robertson, le maire de Londres, Boris Johnson, et Sebastian Coe, président de Londres 2012, sans oublier les représentants du CIO et les dirigeants sportifs. Sebastian Coe a d’ailleurs déclaré à l’issue de l’une d’entre elles : « ces réunions sont la preuve de l’engagement du gouvernement et de la municipalité de Londres à offrir de grands Jeux qui dynamiseront le pays tout entier. Notre principal objectif est de proposer une édition des Jeux qui chaque jour rende notre pays fier en utilisant au mieux les deniers dépensés et nous sommes impatients de montrer au CIO les progrès que nous avons effectués s’agissant de notre projet olympique ». Les Jeux de 2012 prévoient également une olympiade culturelle. Celle-ci sera marquée par la cérémonie d’ouverture et va lancer un festival de 60 jours associant le sport et la culture à travers tout le Royaume-Uni.

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Des enjeux économiques Les Jeux olympiques devraient générer quelque 24 milliards d’euros pour l’économie britannique, soit plus du double que l’estimation réalisée en 2005. Les dépenses devraient, quant à elles, atteindre moins de 10,5 milliards d’euros, dont les deux tiers sont investis dans les infrastructures. Les secteurs économiques impliqués dans la préparation des JO sont essentiellement la construction, l‘ingénierie, la publicité, l’environnement, la sécurité, la logistique et les hautes technologies. Plus de 30 000 personnes travaillent sur ce projet jusqu’à 2012 et l’Olympic Delivery Authority (ODA) s’est déjà associée avec plus de 10 000 entreprises pour construire les sites et les infrastructures des Jeux. De plus, London 2012, la Greater London Authority (GLA) et la London Development Agency (LDA) travaillent étroitement avec Chiffres clés . Dates des JO : 27 juillet au 12 août 2012 . 26 sports olympiques sur 34 sites . 20 sports paralympiques sur 21 sites . 10 500 athlètes olympiques . 4 200 athlètes paralympiques . Plus de 9 millions de billets . Surface du parc olympique : 246 hectares (soit la même surface que Hyde Park) . Quelque 180 000 spectateurs sont attendus chaque jour

les cinq arrondissements hôtes de l’est de Londres (Hackney, Waltham Forest, Newham, Tower Hamlets et Greenwich) pour s’assurer que les Londoniens et les entreprises locales puissent profiter au maximum des opportunités offertes par les Jeux. La Lower Lea Valley transformée Les Jeux olympiques qui vont se dérouler essentiellement dans la Lower Lea Valley vont enrichir le paysage. Cette partie de la capitale, très fortement bombardée pendant la seconde guerre mondiale et moins réputée que certains quartiers d’affaires comme Canary Wharf ou branchés et artistiques comme Whitechapel et Shoreditch aux alentours, va se développer. Ce quartier, où se trouvent actuellement des terrains industriels et des habitations quelque peu vétustes, va voir apparaître de nouvelles habitations et un réseau de transports développé (comme le Docklands Light Railway - DLR). Le village olympique où 62 immeubles résidentiels vont être construits spécialement pour les Jeux olympiques pourront accueillir environ 17 000 athlètes et officiels, et être transformés par la suite en 2 818 appartements. Plus de 4 000 arbres, 74 000 plantes, 60 000 bulbes et 300 000 plantes de zones humides vont être plantés, ce qui va créer un nouvel espace vert à Londres. En effet, l’objectif de la partie sud du parc olympique est de conserver l’atmosphère de festival des Jeux avec des jardins au bord de la rivière, des marchés, des bars et des cafés. Dans la partie nord, les dernières techniques écologiques vont être utilisées pour gérer l’eau de pluie tout en fournissant un espace public plus silencieux et des habitats à des centaines d’espèces existantes et rares, comme le martin-pêcheur ou la loutre. Entre le centre nautique et le stade olympique, une zone de jardins va célébrer des siècles de passion britannique et vont retracer le voyage des botanistes du pays autour du monde par le biais de plus de 250 espèces de plantes, graminées et arbres. Le développement économique de la Lower Lea Valley devrait générer après les Jeux quelque 40 000 emplois permanents. Eurostar : partenaire des Jeux olympiques 2012 à Londres Eurostar sera à ce titre responsable des services au départ et à l’arrivée de la gare de Saint-Pancras pour l’ensemble des athlètes et des équipes techniques se rendant à Londres en train. De plus, la compagnie permettra à de nombreux spectateurs de se rendre aux JO depuis l’Europe. La compagnie ferroviaire a également acquis des droits en France et en Belgique, et conclut des partenariats avec les Comités nationaux olympiques de ces deux pays. En tant que sponsor, Eurostar organisera également plusieurs événements au Royaume-Uni, en France et en Belgique pour promouvoir des Jeux respectueux de l’environnement. Le premier en date a eu lieu le 14 septembre 2010 : un triathlon a été organisé sur les trois villes Eurostar. www.eurostar.com En savoir plus www.london2012.com www.competefor.com (pour les opportunités d’affaires)


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© Derek Evans/Ambassade de Grande-Bretagne

LA RÉSIDENCE DE L’AMBASSADEUR DE GRANDE-BRETAGNE EN FRANCE : UNE HISTOIRE

’hôtel de Charost, sis au 39 rue du Faubourg Saint Honoré à Paris, est la résidence des ambassadeurs de Grande-Bretagne depuis 1814, date à laquelle il a été acheté au nom du gouvernement britannique par le duc de Wellington. Celui-ci a été le premier ambassadeur à y résider dès la restauration de la monarchie par Louis XVIII cette même année. Le duc de Charost l’avait fait construire en 1722 par l’architecte Antoine Mazin, qui venait de finir l’hôtel de Matignon, rue de Varenne. Il sera tour à tour le domicile de cette grande famille aristocratique, le coeur de la rumeur anti-révolutionnaire, l’ambassade du Portugal, le siège de bureaux, un palais impérial et la résidence temporaire de l’ambassadeur d’Autriche, avant de devenir celle de l’ambassadeur de Grande-Bretagne.

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Si c’est bien l’une des plus importantes demeures de Paris, c’est pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’elle a survécu : de toutes les maisons bâties dans le Faubourg Saint Honoré au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, seuls l’hôtel de Charost et celui d’Evreux (aujourd’hui le palais de l’Élysée) n’ont pas subi de remaniement majeur. C’est aussi à cause des personnalités qui l’ont habité : le duc de Charost, gouverneur de Louis XV, le comte de La Marck, ami de Mirabeau et de Marie-

Antoinette, Pauline Bonaparte-Borghèse, soeur cadette de Napoléon, François Ier d’Autriche, père de MarieLouise, le duc de Wellington, sans compter les nombreux artistes, écrivains, souverains et hommes d’État qui en ont fréquenté les salons. Les appartements officiels ont été le cadre de brillantes réceptions comme de discussions politiques décisives. Historiquement, la résidence a été un lieu de rencontres pour les représentants de la France et du Royaume-Uni. Cette résidence a aussi la particularité d’être à la fois très française et très britannique, et de combiner de manière singulière des éléments de décor des deux pays et d’époques très diverses. Restée inhabitée pendant presque toute la Révolution, elle a été vendue en 1803 par la veuve du cinquième duc à Pauline Leclerc, veuve elle aussi, soeur préférée de Napoléon Bonaparte. Âgée de 22 ans, la belle Pauline ne tarde pas à se remarier. Pendant les onze années durant lesquelles elle en est propriétaire, elle fait faire de grands travaux. Presque tout le mobilier d’aujourd’hui date de cette période, de même que les remarquables chandeliers, garnitures de cheminée et candélabres. Quant aux pendules, toutes en parfait état de marche, elles ont aussi été achetées avec la maison en 1814.

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Les jardins de la résidence Ce sont parmi les plus beaux et plus grands jardins privés de Paris. Ils ne se contentent pas d’être admiré de loin. Plus de 2 000 personnalités françaises et étrangères s’y réunissent pour fêter l’anniversaire officiel de la reine au son d’une musique militaire qui marque la fin de la garden-party par la sonnerie dite « au soleil couchant ». Leur histoire est presque aussi riche que celle de la résidence elle-même.

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Mirabeau et Napoléon À l’origine - c’est-à-dire avant le tracé de l’avenue Gabriel en 1818 - une petite porte de fer dans le mur sud donnait accès aux Champs-Élysées. C’est par là qu’est passé Mirabeau en 1790 pour rencontrer dans le plus grand secret l’ambassadeur d’Autriche, Mercy d’Argenteau. C’est aussi par ici que passait Napoléon, en 1809, aux premiers jours de sa liaison avec Madame de Mathis, dame d’honneur de Pauline. Un demi-siècle plus tard, ce sont Napoléon III et l’impératrice Eugénie qui traversèrent les jardins pour assister à un bal donné en l’honneur du mariage de la princesse royale et du prince héritier de Prusse. Moins de 15 jours plus tôt, ils avaient été la cible de l’attentat d’Orsoni et l’ambassadeur, lord Cowley, ne voulait pas prendre de risques. On ne sait pas ce qu’en a fait Pauline Borghèse, mais le prince Charles de Clary-et-Aldringen n’a guère été impressionné : « le jardin », écrivait-il en 1810, « me semble peu de chose ». Le jardinier de la princesse, Sagot, est resté dans la maison jusqu’en 1815 au moins. D’une manière générale, les Britanniques ont lâché la bride à l’ordonnancement et pendant la plus grande partie du XIXe siècle, ils ont laissé parler la nature. Une fontaine est construite par Visconti en 1825 au centre de la

The British Ambassador's Residence in Paris Tim Knox - Photographies Francis Hammond Flammarion Parution : fin avril 2011

© Derek Evans/Ambassade de Grande-Bretagne

Pauline avait ajouté deux ailes côté jardin : l’aile ouest servant de galerie d’exposition pour les collections du prince Borghèse, son second mari, et l’aile est pour servir de salle à manger d’apparat. Elles ont été toutes les deux remaniées en 1825 par Visconti qui a créé la galerie vitrée qui les relie. Pendant l’Occupation, quelques fidèles décidèrent de garder les lieux et empêchèrent effectivement toute intrusion. Depuis, l’activité de la maison a augmenté considérablement.

terrasse, devant la galerie vitrée qu’il avait construite pour relier les deux ailes, puis déplacée vers le fond du jardin en 1905. Depuis quelques années, le jardin fait de nouveau l’objet des plus grands soins.

Pour un usage moderne de la résidence Loin des clichés habituels voulant que les résidences des ambassadeurs servent à donner des réceptions et des bals, l’usage de la résidence de l’ambassadeur de Grande-Bretagne en France en fait un lieu catalyseur de tout le savoir-faire britannique dans le pays. Véritable vitrine, la résidence abrite non seulement des défilés de mode de créateurs britanniques, mais également des colloques et des séminaires sur des thèmes comme l’Union européenne, la biomasse, le changement climatique et les nouveaux médias ainsi que des salons commerciaux (instruments de navigation aéronautique…). Cet usage moderne de la résidence permet également aux entreprises britanniques de louer les salons afin d’y organiser des événements relevant de leurs activités. Banquiers, industriels et autres prestataires peuvent solliciter l’ambassadeur afin qu’il co-préside, s’il le juge opportun, l’événement qu’ils souhaiteraient organiser à la résidence, leur permettant ainsi d’y attirer des invités de très haut niveau. Les entreprises s’appuient sur la grandeur des lieux, mais aussi sur leur réputation. L’année dernière, par exemples, les parfums Jo Malone ont organisé un lancement presse pour leur nouvelle fragrance, Stella McCartney a profité de la Fashion Week pour présenter sa collection automne/hiver et Ellen MacArthur est venue parler d’environnement et de développement durable durant une conférence organisée par BT Global Services. Le revenu généré contribue largement à l’entretien de la résidence et ses jardins. Un parfait équilibre public-privé, condition essentielle du maintien de l’hôtel de Charost dans de bonnes conditions.


LE BRITISH COUNCIL : L'AGENCE BRITANNIQUE DÉDIÉE AUX RELATIONS CULTURELLES Le British Council est l’agence britannique internationale chargée des échanges éducatifs et des relations culturelles. Il fait partie intégrante des relations internationales au Royaume-Uni et ses travaux viennent en complément et en soutien aux efforts en matière de diplomatie, de développement et de commerce déployés par les autres organisations et agences britanniques. ondé en 1934, le British Council est une organisation internationale (220 villes dans 110 pays) ayant pour objectif de créer des relations durables entre le Royaume-Uni et les autres pays dans le monde, par le biais d’échanges culturels et éducatifs. Le premier centre de Paris a ouvert ses portes en 1944. Il est en relation avec des partenaires dans la France entière, mettant à leur disposition son expertise et sa connaissance de la culture britannique.

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Les domaines d’intervention du British Council en France sont l’éducation, l’apprentissage de l’anglais, la promotion de la créativité britannique à travers les arts et la culture, les sciences et le dialogue entre les cultures. Dans le domaine de l’éducation, le British Council soutient les Français souhaitant faire des études supérieures au Royaume-Uni ou passer des examens ou des tests d’anglais en France, encourage les enseignants et les assistants dans leurs démarches de recherche d’informations sur le financement et le choix des études. Il gère en partenariat avec l’ambassade britannique la Bourse Entente cordiale qui

permet à des étudiants basés en France ou au Royaume-Uni de financer en partie leurs études supérieures outre-Manche. Le British Council soutient et encourage l’apprentissage de l’anglais, que ce soit dans ses centres en Ile-de-France, en ligne ou au Royaume-Uni, et aide à la préparation des examens et à la recherche de ressources pédagogiques pour les enseignants et les étudiants d’anglais. Des activités sont développées dans des domaines comme le dialogue interculturel, l’identité et la diversité, la démographie et l’insertion sociale, les perceptions transatlantiques et le changement climatique. British Council 9 rue de Constantine 75340 Paris cedex 07 T : 01 49 55 73 00 www.britishcouncil.fr Apprendre ou enseigner l’anglais : http://learnenglish.britishcouncil.org/en Faire ses études universitaires ou de langues au Royaume-Uni : www.educationuk.fr

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es consultants francophones composent les équipes, qui jouent le rôle de relai dans l’organisation et cette démarche d’expatriation. Les forces du CEI : son réseau d’employeurs, solidement acquis au fil des années, qui permet à ces étudiants d’accéder à des stages et des jobs ciblés, et offre aux employeurs un gain de temps précieux dans leur recherche de candidats. Le CEI c’est aussi de forts partenariats avec des écoles reconnues, une collaboration avec leurs services stages et carrières internationales, dans l’accompagnement de leurs étudiants dans leur démarche de mobilité. Et pour parfaire leur séjour, qu’ils soit de courte ou de longue durée, des formations en anglais adaptées et des hébergements sont proposés. Grâce à ses réseaux d’écoles partenaires et d’hébergements dans tous les quartiers de

la capitale anglaise, sélectionnés par l’équipe du CEI sur place, les offres s’adaptent à tous les besoins et tous les budgets. Également disponibles, des formations pour les professionnels dans le cadre du CIF et du DIF. Idéalement situés, les bureaux du CEI se trouvent à 10 mn de La City, en plein cœur de Londres. Le site web www.cei-london.com, dédié exclusivement à la mobilité vers la Grande-Bretagne, offre la possibilité d’organiser son expatriation directement en ligne, depuis la France et de partir l’esprit tranquille. Les mots d’ordre du CEI : qualité et adaptabilité.

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QUELQUES ADRESSES BRITANNIQUES À PARIS Boutiques

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Church 85 rue de Courcelles 75017 Paris

Old England 12 boulevard des Capucines 75009 Paris

Laura Ashley 95 avenue Raymond Poincaré 75116 Paris

Alfred Dunhill 15 rue de la Paix 75002 Paris

La Maison du Kilt 12 avenue du Maine 75014 Paris

Mulberry 207 rue Saint Honoré 75001 Paris

Aux Laines écossaises 181 boulevard Saint Germain 75007 Paris

Crabtree and Evelyn 177 boulevard Saint Germain 75007 Paris

Thomas Pink 19 rue François Ier 75008 Paris

La Maison du Whisky 20 rue d’Anjou 75008 Paris

Burberry 8 boulevard Malesherbes 75008 Paris

Twinings 76 boulevard Haussmann 75008 Paris

Burton 14 boulevard Poissonnière 75009 Paris

John Lobb 51 rue François 1er 75008 Paris

Paul Smith 22 boulevard Raspail 75007 Paris

Jo Malone 326 rue Saint Honoré 75001 Paris

The Conran Shop 117 rue du Bac 75007 Paris

Crockett and Jones 14 rue Chauveau-Lagarde 75008 Paris

PUBS-RESTAURANTS Le Somo 168 rue Montmartre 75002 Paris Bar branché avec spécialités anglaises

The Criketer Pub 41 rue des Mathurins 75008 Paris Cuisine traditionnelle anglaise, musique pop

The Bombardier 2 place du Panthéon 75005 Paris Le plus british des pubs de la capitale, cuisine traditionnelle

The Highlander 8 rue de Nevers 75006 Paris Pub écossais

The Bowler 13 rue d’Artois 75008 Paris Pub anglais avec whiskies et cocktails anglais, soirées à thèmes

The Freedom 8 rue de Berri 75008 Paris Pub convivial, concerts live

ET POURS LES FANS DE L’ÉTERNELLE MINI En juin 2010, a été inauguré le Mini Paris : The Brand Store au 89-93 boulevard Raspail dans le sixième arrondissement. Ce nouveau showroom d’une surface de 840 m2 est entièrement dédié à l’univers de la marque.


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La gare de Saint Pancras International est le lieu d’arrivée des trains Eurostar dans le centre de Londres depuis novembre 2007. Elle a été restaurée dans le respect de l’histoire et du design car la gare d’origine a été inaugurée pour la première fois en 1868. La verrière de Saint Pancras contient 14 080 panneaux de verre, elle mesure 210 m de long, 30 m de haut et 74 m de large.

« GÉNÉRATION EUROSTAR » Depuis 1994, date de lancement des services Eurostar, la compagnie ferroviaire a transporté plus de 100 millions de voyageurs. Plus qu’un moyen de transport, Eurostar est devenu en un peu plus de 15 ans un accélérateur d’échanges et un véritable trait d’union entre le continent et le Royaume-Uni, et Paris et Londres se rejoignent désormais en 2 h 15. Rencontre avec Nicolas Petrovic, directeur général.

En quoi, selon vous, Eurostar a contribué au rapprochement entre la France et le Royaume-Uni ? Depuis plus de 16 ans maintenant, Eurostar est une formidable aventure technologique, culturelle et humaine. L’ouverture du Tunnel sous la Manche en 1994 et le lancement de nos services le 14 novembre de la même année ont créé un vrai bouleversement dans les relations entre le continent et le Royaume-Uni. Personne n’aurait pu imaginer que ce nouveau lien, « ce pont ferroviaire » entre la France et le Royaume-Uni, aurait un tel impact. Ne

mettre plus que 3 h au commencement de nos services pour rejoindre Londres en train depuis Paris a changé la vie de nombreuses familles et de nombreux hommes d’affaires ! Avant, il fallait compter plus du double de temps en train et ferry. Ceux qui ont expérimenté ces voyages s’en rappellent, c’était une vraie expédition. Aujourd’hui, Paris et Londres ne sont plus qu’à 2 h 15, Lille et Londres à 1 h 20 seulement en Eurostar. Tout est devenu plus facile, plus fluide, plus spontané. Au-delà de transporter des personnes à grande vitesse, Eurostar a rapproché Paris et


Que peut-on dire des grandes évolutions d’Eurostar en 16 ans d’existence et de vos projets à venir ? Depuis le 14 novembre 1994, Eurostar n’a cessé d’évoluer, d’anticiper et de s’adapter aux besoins de ses voyageurs. Par deux fois, nous avons réussi à réduire les temps de parcours. En 2003, une première étape a permis de réduire le temps du voyage de 25 minutes. Le 14 novembre 2007 a marqué une nouvelle étape. À l’occasion du lancement de la nouvelle ligne à grande vitesse britannique High Speed 1, Eurostar a réussi le triple pari de changer de gare à Londres en une nuit, de devenir le premier opérateur ferroviaire au monde à proposer des voyages dont les émissions de CO2 sont compensées sans surcoût pour les voyageurs et de réduire à nouveau le temps de parcours de 20 minutes ! Grâce à ce côté pratique, à la rapidité, à la ponctualité et à la qualité des services, pour la majorité d’entre nous, il n’est plus envisageable d’effectuer ces voyages autrement. L’innovation et la qualité des services proposés à nos clients que ce soit en gare, à bord ou en amont pour préparer son voyage sont au cœur de nos préoccupations. Proposer un service de restauration à bord des trains, des salons Business en gares, créer une classe dédiée aux voyageurs d’affaires avec Business Premier en 2005, lancer une nouvelle classe de service à bord avec Standard Premier ou créer un programme d’avantages avec Eurostar Plus pour tous les voyageurs sur simple présentation de leur billet de train en 2010… sont autant de preuves de cette volonté. À partir de 2011, Eurostar conduira par ailleurs un programme majeur d’investissements pour ses trains, comprenant : - la révision des rames Eurostar actuelles ainsi que la

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Londres, la France et l’Angleterre. Jamais les liens n’ont été si étroits et si diversifiés à tous les niveaux… artistique, scientifique, éducatif et économique. Lors d’un récent sondage réalisé à l’occasion de notre quinzième anniversaire, 97 % des personnes interrogées confirment ce point affirmant que pour elles, « Eurostar a rapproché le Royaume-Uni et la France » et 87 % considèrent qu’« Eurostar a changé les modes de vie en profondeur ». Eurostar, c’est aujourd’hui plus de 103 millions de personnes ayant voyagé depuis le lancement des services et plus de neuf millions de voyageurs pour la seule année de 2009.

rénovation de leurs aménagements intérieurs selon le modèle conçu par le cabinet de design italien Pininfarina (mondialement connu pour ses réalisations dans les secteurs automobile et ferroviaire), - l’achat de dix nouveaux trains Eurostar e320, qui s’ajouteront aux rames existantes afin d’offrir un service de grande qualité et qui permettront d’envisager des perspectives d’expansion en Europe. Avec des clients qui sont de plus en plus nombreux à faire le choix du train versus l’avion pour leurs voyages courts courriers en Europe, Eurostar joue un rôle clé dans la démonstration de la vitesse, du confort à bord et de la facilité du train à grande vitesse. Au-delà d’une expertise prouvée, nous continuerons d’agir en pionnier, d’innover, prêt à faire de nous la référence du voyage en train à grande vitesse en Europe. Que représentent les Jeux olympiques de Londres en 2012 pour Eurostar ? Eurostar sera le fournisseur officiel des services ferroviaires internationaux des Jeux olympiques de 2012 et des équipes olympiques belges, britanniques et françaises.

Chiffres clés . Les services Eurostar ont débuté le 14 novembre 1994. Eurostar a 16 ans ! . Les temps de parcours sont : 2h15 Paris/Londres, 1h20 Lille/Londres et 1h51 Bruxelles/Londres . Plus de 100 millions de voyageurs depuis le lancement des services . 9,2 millions de voyageurs transportés en 2009, soit plus de 175 000 voyageurs par semaine en moyenne . 18 fréquences entre Paris et Londres/jour en moyenne et 10 fréquences entre Bruxelles et Londres/par jour . 1 800 employés Eurostar . 28 rames Eurostar . Annonce le 7 octobre 2010 d’un investissement total de 820 millions d’euros pour l’achat de 10 nouvelles rames (circulation prévue en 2014) et la rénovation des rames existantes (horizon 2012)

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Nous jouerons ainsi un rôle majeur dans le cadre de cette merveilleuse aventure qui se déroulera à Londres. À cette occasion, nous acheminerons plus d’un million de personnes depuis l’Europe jusqu’au cœur de la capitale britannique, créant une proximité sans précédent entre l’Angleterre et le reste de l’Europe. Notre engagement en faveur de l’environnement contribuera par ailleurs à aider le LOCOG (London Organising Committee of the Olympic Games and Paralympic), à relever le défi qu’il s’est fixé à savoir : faire de ces Jeux les plus respectueux de l’environnement jamais réalisés. Nous sommes très heureux de ces Jeux à Londres. C’est un événement sportif formidable qui insuffle un état d’esprit très positif et galvanisant pour nous tous.

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Qu’entendez-vous par « Génération Eurostar » ? Plus qu’un moyen de transport, Eurostar est devenu en 16 ans un accélérateur d’échanges, véritable trait d’union entre le continent et le Royaume-Uni. La « Génération Eurostar »

est née de cette nouvelle dynamique : ce sont des personnes de toutes les nationalités qui se retrouvent dans les valeurs communes de mobilité, créativité, liberté, audace. Des personnes attirées pour le bouillonnement de Londres et pour lesquelles le voyage en train pour rejoindre la capitale britannique est une évidence. Cette génération n’a de cesse d’aller chercher de l’autre côté de la Manche ce qui se fait de nouveau, d’étonnant, de différent. La capitale britannique est devenue comme on le dit souvent la sixième ville de France avec quelque 300 000 Français vivant à Londres : ces personnes qui prennent le train et ne reviennent en France que quelques années plus tard pour parfois continuer à faire les allers-retours presque toutes les semaines se revendiquent aussi de cette « Génération Eurostar ». Eurostar est une société franco-belgo-britannique. Comment gère-t-on les différences culturelles de management ? Eurostar International est véritablement une entreprise européenne de par sa structure même (55 % SNCF, 40 % London & Continental Railways et 5 % SNCB) et son champ opérationnel (Paris, Lille, Bruxelles, Londres). Cette organisation multiculturelle est un atout, une véritable chance. En terme de management, les différences culturelles dans nos approches des affaires sont autant d’opportunités d’échanges et d’enrichissement. Elles apportent un éclairage nouveau et une dynamique dans nos réflexions tant en interne qu’avec nos clients. Cette diversité fait partie de notre ADN depuis plus de 16 ans…

QUELQUES ORGANISMES BILATÉRAUX La Chambre de commerce et d’industrie francobritannique (FBCCI) a été créée en 1873. Elle est l’une des plus anciennes institutions dans son domaine et est devenue aujourd’hui un réseau d’affaires regroupant quelque 700 sociétés et organisations. www.francobritishchambers.com La Chambre de commerce française de GrandeBretagne (CCFGB) regroupe 600 sociétés membres et représente plus de 1 300 hommes d’affaires britanniques et français. Elle favorise le développement des activités de ses membres en offrant de nombreuses opportunités de networking et en organisant des évènements de prestige à l’intention de la communauté d’affaires française en Grande-Bretagne. De plus, la CCFGB aide les PME françaises à exporter et s’implanter sur le marché britannique. www.ccfgb.co.uk Le Conseil franco-britannique est né en 1972 au moment de l’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté européenne d’une initiative commune du président Georges Pompidou et du Premier ministre

Edward Heath. Sa vocation est de renforcer les liens entre les deux pays en favorisant le dialogue entre des personnalités politiques, des hauts fonctionnaires, des économistes, des chercheurs et des journalistes dans des domaines aussi variés que l’économie, l’environnement, la défense ou la culture. Les rencontres organisées par le Conseil franco-britannique se tiennent alternativement en France et en Grande-Bretagne et ne sont pas ouvertes au public. www.conseilfrancobritannique.info L’Association France-Grande Bretagne a pour vocation d’être un lieu d’échanges intellectuels et amicaux entre les ressortissants des deux pays. Elle s’efforce d’entretenir le dialogue de part et d’autre de la Manche par le moyen de rencontres, de débats, tout en assurant par des conférences une meilleure connaissance les uns des autres. Elle est née en décembre 1916 afin de resserrer les liens entre les deux pays engagés côte à côte dans le conflit de la première guerre mondiale et constitue actuellement un réseau de 37 associations en France, réunissant quelque 4 000 membres (dont plus de 150 à Paris). www.afgb.free.fr


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LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE FRANCO-BRITANNIQUE : UNE INSTITUTION Créée en 1873, la Chambre de commerce et d’industrie franco-britannique (FBCCI) est l’une des plus anciennes institutions dans son domaine. Rencontre avec son président, Michel de Fabiani. Pourriez-vous définir le rôle de la FBCCI ? Son rôle majeur est de mettre en relation les entreprises et les particuliers intéressés par les échanges économiques industriels et commerciaux entre la France et la Grande-Bretagne. C’est le réseau d’affaires de la communauté britannique en France et des représentants de sociétés françaises intéressés par les échanges bilatéraux. Ce réseau permet non seulement d’échanger des expériences et de créer des opportunités d’affaires, mais aussi de participer à des événements marquants pour nos membres qui peuvent aussi y inviter leurs clients, partenaires et relations. Que pouvez-vous dire de son évolution, car rappelons que la FBCCI a ouvert ses portes en 1873, et de vos membres ? En effet, la FBCCI est la première chambre de commerce étrangère à avoir ouvert ses portes en France. Son activité était, au départ, davantage tournée vers la promotion des produits britanniques dans l’Hexagone. Elle est devenue au fil du temps un réseau d’information et d’échanges d’expériences sur les marchés français et britanniques. L’autre caractéristique est notre développement dans les régions françaises (notamment en Dordogne, en Corrèze, en Bretagne, en Normandie, à Monaco et à Marseille) car les Britanniques ne sont pas uniquement présents dans la capitale française. Nous avons donc ouvert des antennes régionales en partenariat avec des chambres de commerce locales pour accueillir et regrouper dans ces régions les communautés britanniques et les Français intéressés par la Grande-Bretagne. Nos membres, au nombre d’environ 700, sont aussi bien des grandes entreprises et des PME que des consultants individuels exerçant dans tous les domaines d’activités. Leur flux se renouvelle régulièrement et ce chiffre est constant depuis ces dernières années, malgré la crise. Quels événements organisez-vous ? Quelques événements sont devenus rituels comme la Summer Garden Party, la réception de la Rentrée, la Journée de la femme élargie à la diversité, les Franco Business British Awards, prix annuels remis une année à Londres et l’autre à Paris à des entreprises franco-britanniques, ainsi que les Franco-British Business Person Awards, remis à des personnalités. Ces événements sont souvent réalisés en liaison avec l’ambassade de Grande-Bretagne à Paris et UK Trade & Investment. À côté de cela ont lieu des manifestations ponctuelles comme des conférences et des petits-déjeuners d’affaires. La palette est assez large et tourne toujours autour des échanges économiques franco-

britanniques. Nous développons également les échanges interculturels sur des thèmes comme Comment faire des affaires en Grande-Bretagne et inversement. Que peuvent, selon vous, s’apporter mutuellement les deux pays ? Tout d’abord, les deux marchés sont assez similaires, en taille (quelque 65 millions d’habitants chacun), en revenus, en importance historique. Les deux pays représentent un tandem économique européen. De plus, la Manche n’étant plus un obstacle depuis longtemps, la France et la Grande-Bretagne sont limitrophes. Chaque capitale, toutes deux internationales à leur manière, représente également un potentiel pour la conquête d’autres marchés. Londres ouvre notamment les portes du Commonwealth et, de la même manière, Paris celles de l’Afrique francophone. Donc, au-delà des marchés nationaux propres, il faut prendre en considération une nouvelle dimension mondiale. Dans l’approche du business, tout le monde est très rigoureux de nos jours même s’il reste quelques différences techniques en termes juridiques ou réglementaires, par exemples. Quelles sont, d’après vous, les similitudes et les différences entre les deux approches du monde des affaires ? Je crois que l’approche est différente essentiellement à des niveaux politiques et réglementaires. Mais sur le plan économique, les entreprises françaises et britanniques investissent des deux côtés de la Manche avec le même souci de rentabilité. Que pensez-vous des échanges commerciaux entre les deux pays ? La France et la Grande-Bretagne restent l’une pour l’autre des partenaires économiques importants et les échanges commerciaux sont stables au fil des années. Au niveau des investissements récents, de grands groupes français sont présents en Grande-Bretagne alors que ce sont davantage de grosses PME britanniques qui se sont introduites en France. La qualité et l’innovation, la recherche et le haut niveau d’instruction caractérisent les deux pays. Chambre de commerce et d’industrie franco-britannique/Franco-British Chamber of Commerce & Industry 31 rue Boissy d’Anglas 75008 Paris T : 01 53 30 81 30 F : 01 53 30 81 35 www.francobritishchambers.com

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LA GASTRONOMIE Au fil des années, Londres est devenue un lieu incontournable sur la scène gastronomique internationale et, notamment, française. Car si, d’un côté, les créateurs de mode britanniques s’exportent davantage en France comme c’est le cas chez Ungaro, Céline, Chloé et Nina Ricci, nos chefs étoilés reviennent en force outre-Manche.

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Par ailleurs, Londres, capitale cosmopolite, offre un large choix de cuisines hautes en couleur et on peut s’y restaurer de mieux en mieux à des prix raisonnables. Les chefs britanniques étoilés ne manquent en aucun cas et les habitants, de plus en plus sensibilisés à l’art culinaire notamment grâce aux émissions télévisées de Jamie Oliver et de Gordon Ramsay, cuisinent davantage que les Français, sondage à l’appui ! L’éventail des produits locaux s’élargit, la qualité s’est nettement améliorée et, de plus, la part belle est faite aux produits bios. Tour d’horizon !

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LA GASTRONOMIE FRANÇAISE REVIENT EN FORCE À LONDRES ! Si la France est très bien représentée au Royaume-Uni aussi bien par le biais de ses institutions, des ses instances culturelles et de ses entreprises que par les quelque 300 000 compatriotes qui y vivent, elle l’est également à Londres où les touristes affluent (1,5 million en 2009) et où les marques de luxe de l’Hexagone côtoient nos chefs étoilés partis outre-Manche. En effet, notre gastronomie, dont la notoriété n’est plus à faire et dont le « repas gastronomique des Français » appartient, depuis novembre 2010, au patrimoine de l'Humanité de l'UNESCO, se savoure et se découvre dans la capitale britannique. ’il n’est pas rare de trouver à Londres nos produits du terroir dans certaines épiceries fines ainsi que nos meilleures pâtisseries, l’un des fleurons de notre cuisine, les restaurants français aux chefs étoilés sont également légion. Ils s’exportent, s’affirment, se confortent ou reviennent en force. La capitale britannique offre en effet une vaste gamme d’établissements de gastronomie française et reste la ville où il faut être.

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Parmi les étoiles du Guide Michelin 2010, mentionnons chez les Français « londoniens », Alain Ducasse au Dorchester (3 étoiles), Claude Bosi à l’Hibiscus et L’atelier Joël Robuchon (2 étoiles), Pierre Gagnaire chez Sketch

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et Hélène Darroze au Connaught (1 étoile). De leur côté, les National Restaurant Awards d’octobre 2010 ont récompensé plusieurs de nos compatriotes inscrits au Top 100 de la gastronomie londonienne. Nous retrouvons ainsi le Bistro Bruno Loubet (n°3 avec une entrée fracassante), encore l’Hibiscus de Claude Bosi (n°4 et nommé « Chef des chefs de l’année »), toujours L’atelier de Joël Robuchon (n°38) et à nouveau Alain Ducasse au Dorchester (n°46). N’oublions pas non plus de mentionner le chef lyonnais Daniel Boulud (3 étoiles Michelin), qui a ouvert en 2010 un nouveau Bar Boulud (bistro bar à vins, petit frère de celui de New York) à Londres, au Mandarin oriental.

Petites rencontres…

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Bruno Loubet : l’aventurier Après plusieurs années passées en Australie, Br uno Loubet est enfin de retour à Londres à l’hôtel Zetter. « Il nous prépare une cuisine ultrafrançaise, mais embellie par des accents d’ailleurs. Il le fait magnifiquement dans un décor très sympathique », précise Raymond Blanc, chef internationalement reconnu et propriétaire, entre autres, du Manoir aux Quat’Saisons, à Great Milton (Oxfordshire). Bruno Loubet, ce grand voyageur originaire du Bordelais, offre des mets typiquement de chez nous agrémentés de délicats mélanges marocains, grecs ou encore asiatiques. « Ma cuisine est française, mais réalisée par un esprit ouvert qui a beaucoup voyagé », ajoute-t-il. Goûtez d’ailleurs son agneau confit à l’huile d’olive accompagné d’une moussaka et d’une purée de citrons doux aux épices. Un bonheur ! « J’aime utiliser

au maximum les produits locaux comme les légumes et le gibier. Cela me permet de suivre les saisons. De plus, Londres étant une ville cosmopolite avec de nombreuses communautés différentes, on trouve des produits du monde entier », indique-t-il. D’ailleurs, le Bistrot Bruno Loubet, ouvert début 2010, ne désemplit pas. « Les Britanniques sont curieux, ils voyagent beaucoup. Ils connaissent bien la cuisine internationale et sont inondés dans la presse aussi bien écrite que télévisée d’articles culinaires. C’est à la mode. Ils voient, goûtent, lisent, entendent et sont désireux de découvrir », ajoute-t-il. Selon ce chef renommé, la cuisine française s’est ternie à Londres pendant environ une décennie, mais vit un renouveau aujourd’hui. « Londres est une place où il faut être. D’ici on peut aller partout dans le monde. » Les projets ne manquent pas non plus pour cet homme hyperactif : ouverture d’une extension de l’hôtel Zetter située juste derrière l’actuel incluant un bar-restaurant plus informel et le projet, à très court terme, de démarrer une brasserie française dans la capitale britannique. Le Bistrot Bruno Loubet St John’s Square 86-88 Clerkenwell Road London EC1M 5RJ www.bistrotbrunoloubet.com


Lassé de Paris et désireux d’apprendre l’anglais, quelle destination pouvait choisir le Français d’origine lyonnaise Claude Bosi non loin de son pays natal ? Le Royaume-Uni. Il trouve une place dans une ville du Shropshire, Ludlow, où il intègre un restaurant d’hôtel en tant que sous chef, avant de devenir chef tout court quelques mois plus tard. Le succès est immédiat et, fin 1998, la première étoile Michelin est obtenue. L’Hibiscus voit le jour en mai 2000 toujours à Ludlow où il restera jusqu’en 2007 avant de déménager dans la capitale britannique. Formé, entre autres, par Alain Ducasse, ce Français offre aujourd’hui dans son restaurant (2 étoiles Michelin et situé à la 49e place des 50 meilleurs restaurants du monde par le classement 2010 S.Pellegrino) une cuisine française avec une touche de modernité. « La carte change très souvent car j’utilise des produits de saisons à 80 % locaux, hormis les truffes et le foie gras, par exemples », précise-t-il. « Les Britanniques ont une qualité que nous, Français, n’avons

pas. Ils ont les yeux ouverts, n’ont pas peur d’essayer et de goûter différemment. Mais s’ils n’aiment pas, c’est fini. C’est d’ailleurs ce qui est difficile à Londres où l’on peut être très éphémère », ajoute-t-il. Cependant, Claude Bosi n’a pas envie de s’arrêter là. Il va ouvrir prochainement avec son frère un pub anglais à Wimbledon. « Je ne suis pas près de rentrer en France », ajoute-t-il avec le sourire.

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Claude Bosi : deux étoiles Michelin

L’Hibiscus 29 Maddox Street London W1S 2PA www.hibiscusrestaurant.co.uk

Hélène Darroze : l’hyperactive roze e Dar Manjari n è l é d’H hocolat c cette La re lleux au onnes) e rs o e m p it r6 u o Biscu p (

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La chef française court, court et court… Depuis juillet 2008, Hélène Darroze partage en effet sa vie entre Paris, où elle gère son restaurant, et Londres, où elle est made ients m d o aux commandes des é p r re Ing beur e cuisines du superbe l a d t g ris 140 cre c ari hôtel Le Connaught. j u s n a e gd tM i a r l a o j « Une semaine ici, une c 125 o an de ch ao M c g a semaine là-bas », préc 5 de 12 pâte cise-t-elle avec un léger sourire. Quand l’équipe du e d 15 g isée iers m t groupe hôtelier prend contact avec elle pour prendre en a n t e é fs bl e d 2 œu e charge toute la direction de la restauration de l’hôtel, elle rin de fa , g dit « oui, mais pas tout de suite ». Car s’occuper du t e 0 u 4 du fo ter. Connaught signifie prendre en charge le restaurant gastroe i n u n ur m ns le mo 10 on i nomique Hélène Darroze (1 étoile Michelin), la brasserie e t t t a a r a er u b made sa n d r Prép e u L’Espelette, les deux bars, le room service et les banquets. v to u m sser s la c eurre po i n a l a Rien que cela ! À cette époque, elle n’avait pas dans l’idée D b et re le c re de gérer deux pays. « J’y suis allée, j’ai eu un coup de foudre e mett er le su r t vertu e u pour Londres et un coup de cœur pour les gens et le lieu que o c Ajou es. c e la outer r d d n n j’ai pourtant découvert avec un casque de chantier pendant o j fo sec faire cacao. A mélanger , e sa rénovation », annonce-t-elle avant d’ajouter que d on de n icro- la pâte batteur, entiers u « c’est une expérience très enrichissante. Je découvre et m u t A fs jari e dans le er les œu j’apprends beaucoup. » Cependant, Hélène Darroze, n a M ut o e j g a fille, petite-fille et arrière petite-fille de cuisiniers, n’a n s i méla ment pu r la e t pas changé avec le temps : cuisine d’émotion qui u e c o j dou uis a à l’aide p lui ressemble, mise en valeur de son terroir, le sud, t . e t u à un le fo corporan t ouest de la France, et inspiration venant des proe e n cuv it en l’i a l duits de saison. « Je reste moi-même et cela corresr t e Retir petit à pe ur o f pond à l’attente de ceux qui sont venus me e n farin maryse. ns u a chercher. Je mets la même générosité et le même d n e d’un 15 m goût du terroir dans ma cuisine à Paris et à à 10 e r i Londres. » Hélène Darroze travaille au maxi. cu 0° Faire uffé à 18 a préch


DOSSIER mum avec les producteurs locaux, « sauf les fromages et les légumes que je fais venir de France car ils offrent une plus grande variété ». Rappelons aussi que le Connaught a une passion de longue date pour les chefs français étoilés : Michel Bourdin y a passé quelque 25 années et Hélène Darroze a en quelque sorte repris le flambeau tricolore. The Connaught Carlos Place London W1K 2AL www.the-connaught.co.uk

Hélène Darroze, le restaurant gastronomique parisien 1 étoile Michelin Vous aurez le choix entre le Boudoir pour déguster une coupe de champagne, le Salon d’Hélène pour découvrir des tapas inédits autour d’une table d’hôte ou la Salle à manger pour un repas gastronomique. 4 rue d’Assas 75006 Paris www.helenedarroze.com

À ne pas manquer ! Sketch : un spectacle de tous les instants Pour vous détendre, rien de tel qu’une petite virée chez Sketch, ouvert depuis 2002. Un vrai spectacle, une réelle mosaïque d’expériences où tous les goûts peuvent être satisfaits ! Éclairage tamisé, décoration moderne et un peu rococo, quelques visuels géants de faune sous-marine sur les murs de la salle du restaurant The Gallery, tel est le décor. Mais ce n’est pas tout. Le menu est inventif et la carte des vins très variée. Couleurs, textures et saveurs, tout y est. Mais quelle que soit l’heure, Sketch vous tend les bras : The Parlour, une pièce qui change d’ambiance au fur et à mesure des heures de la journée, vous attend le matin pour un petit-déjeuner, à midi pour un repas tranquille, l’après-midi pour un Tea time et le soir pour

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boire un verre. The Glade est, quant à elle, réservée aux événements privés le soir. The East Bar est un lounge ultra-moderne, parfait pour siroter un cocktail avant votre dîner. Et enfin The Lecture Room and Library (1 étoile Michelin) est dédiée à la gastronomie. Mais ce concept n’existerait pas sans l’association de Mourad Mazouz, restaurateur qui a lancé le restaurant Momo à Londres en 1997 et créateur de l’indéfinissable Sketch, et de Pierre Gagnaire, une figure incontournable de la scène gastronomique internationale. Sketch 9 Conduit Street London W1S 2XG www.sketch.uk.com

Tom Aikens

Anthony Demetre

Il cuisine depuis l’âge de 16 ans. Son restaurant gastronomique (1 étoile Michelin), portant simplement son nom, est situé dans le quartier de Chelsea à Londres et a ouvert en 2003. Souvent qualifié de jeune génie anglais de la cuisine française, il est né à Norwich dans une famille de marchands de vins. Il a travaillé avec certains des plus grands noms de la cuisine internationale, c o m m e Da v i d C a va l i e r e t Pi e r re Ko f f m a n à Londres, et française, dont Joël Robuchon et Gérard Boyer.

Originaire des Midlands, son intérêt pour la cuisine a commencé en travaillant avec Raymond Blanc au Manoir. Depuis, ce Britannique n’a pas arrêté de se former avec les grands chefs de la gastronomie : Gary Rhodes, Pierre Koffmann, Bruno Loubet… Depuis, il a encore parcouru du chemin en devenant chef et co-propriétaire de l’Arbutus (cuisine européenne à forte influence française) à Londres ainsi que du Wild Honey (tous les deux ayant 1 étoile Michelin). Et en 2010, il a ouvert Les Deux salons, une brasserie « à la française », au cœur de la capitale.

Tom Aikens - 43 Elystan Street – Chelsea - London SW3 3NT - www.tomaikens.co.uk

Les Deux salons - 40 - 42 William IV Street London WC2N 4DD - www.lesdeuxsalons.co.uk

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Les Britanniques à l’assaut de la cuisine française


Rencontre avec Gilles Quillot, chef de cuisine à l’ambassade de France à Londres et président de l’Association culinaire française (ACF) depuis 2010. Pouvez-vous nous présenter l’ACF ? L’Association culinaire française est née de la fusion entre le Club culinaire fondé en 1845 et la Société culinaire française créée par Auguste Escoffier et Émile Fétu en 1907. Le rôle de l’ACF est de promouvoir la cuisine française au Royaume-Uni (organisation de concours de cuisine et pâtisserie) - travailler régulièrement avec les universités et les lycées techniques du royaume afin que nos chefs puissent y faire des interventions - supporter les programmes des lycées techniques en délivrant des diplômes aux promus de chaque année - promouvoir les produits français par le biais de nos compétitions, dîners et manifestations, et aider les entreprises du secteur de la restauration à se développer ou/et à s’installer. Que pensez-vous de la place de la cuisine française à Londres ? Nous avons vécu pendant un certain temps une espèce de frénésie journalistique où Londres devenait « l’endroit gastronomique, avec les meilleurs restaurants du monde… ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Même si nous mangeons de mieux en mieux à Londres, je pense que la bulle spéculatrice est un peu retombée et que la cuisine française redevient à la mode, contrairement aux dix dernières années qui avaient mis à l’honneur des chefs australiens, brésiliens... D’ailleurs, Londres a également vu de grands chefs français ouvrir des restaurants gastronomiques étoilés au Michelin, comme Joël Robuchon, Hélène Darroze, Alain Ducasse et Pierre Gagnaire, qui ont su apprivoiser Londres, non pas par leur réputation, mais par leur talent. Cela dit, il est vrai

que la diversité est très intéressante. À voir le succès de Pascal Aussignac du Comptoir Gascon, il y a de la place pour une cuisine moderne à consonance régionale. Cette diversité et cette qualité ne peuvent être que très bénéfiques pour l’image de la cuisine française, qui reste une référence. Que pensez-vous des Britanniques qui ouvrent des restaurants français ? Inutile de faire des cocoricos triomphants, mais les plus grands chefs britanniques, comme Heston Blumenthal et Gordon Ramsay, ont tous les deux de sérieuses bases de cuisine française et ont travaillé avec les plus grands chefs de notre pays, tout comme le Catalan très réputé Ferran Adria. Cela fait des années que des jeunes gens viennent se former en France. Quoi de plus logique en rentrant chez eux, qu’ils essaient de reproduire ce qu’ils ont appris. Du moment qu’ils en sont inspirés et qu’ils ne font pas un plagia, cela ne peut que servir la cuisine française. Vos projets ? Fin octobre, nous sommes entrés dans le XXIe siècle en ayant enfin notre propre Extranet permettant à nos membres un accès à nos services en ligne (bibliothèque, photographies…). Nous allons organiser en 2011 notre deuxième édition de la « Journée de la pâtisserie ». Et notre grand projet, encore aux balbutiements, est l’organisation d’une « Journée sur le design culinaire » pour l’an prochain. À l'heure où la cuisine et le design culinaire font tant parler d'eux, on peut se demander quels autres mouvements artistiques de la création contemporaine explorent et mettent en œuvre cette thématique. En savoir plus www.associationculinairefrancaise.co.uk

UN AUTRE REGARD SUR LA GASTRONOMIE LONDONIENNE Si la France se targue, et elle a raison, d’avoir l’une des meilleures cuisines au monde, la gastronomie britannique a changé et évolué ces dernières années. Au Top 100 des meilleurs restaurants du monde par le classement 2010 S.Pellegrino, les Britanniques sont au nombre de sept contre treize Français, ce qui n’est pas mal du tout. Londres, capitale cosmopolite, offre un large choix de cuisines internationales et il est possible de s’y restaurer de mieux en mieux à des prix raisonnables. Les Britanniques, de plus en plus sensibles à l’art culinaire, ont à leur disposition un large éventail de produits locaux, sans oublier les produits bios, dont le marché représente quelque 30 % des produits britanniques. Petite visite guidée ! lain Ducasse (3 étoiles Michelin avec son restaurant londonien Alain Ducasse at The Dorchester), dans une interview accordée à Bloomberg le 23 octobre 2010, analyse magnifiquement la situation londonienne. « Durant les deux dernières années, Londres a développé la

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plus large variété de restaurants en comparaison des autres villes… La capitale britannique est devenue très contemporaine, sexy et dynamique… De nombreux concepts de restaurants ont été développés. Car un restaurant ce n’est pas seulement de l’alimentation, c’est aussi un service, un

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DOSSIER lieu, un style… Aujourd’hui, c’est un tout… Il y a 20 ans, le Royaume-Uni avait, à mes yeux, une vieille cuisine européenne. Aujourd’hui, ce n’est pas une évolution, mais une révolution. Nous avons changé de siècle et le RoyaumeUni a changé avec lui. » La donne est posée.

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Les chefs britanniques Parmi les plus grands chefs britanniques, nous pouvons mentionner sans hésitation Heston Blumenthal et Gordon Ramsay. D’ailleurs, les groupes Mandarin Oriental et The Fat Duck se sont associés pour créer le premier restaurant à Londres de Heston Blumenthal qui ouvrira au Mandarin Oriental Hyde Park à Londres en janvier 2011. Heston Blumenthal, dont le restaurant The Fat Duck est situé en troisième position du Top 100 des meilleurs restaurants du monde par le classement 2010 S.Pellegrino et qui a reçu 3 étoiles au Guide Michelin, est reconnu internationalement pour son approche unique et multifacettes de la gastronomie. Quant à Gordon Ramsay, qui n’en a pas entendu parler ? Restaurateur britannique et également présentateur de plusieurs émissions consacrées à la cuisine ou à la restauration à la télévision, il obtient 3 étoiles au Guide Michelin britannique en 2001. Cependant, à côté de ses stars du monde culinaire, il ne faut pas perdre de vue d’autres chefs qui montent… comme Brett Graham (2 étoiles Michelin au Ledbury élu « Restaurant de l’année » par les National restaurant Awards 2010) ou Angela Hartnett, qui a coupé depuis peu les liens avec son mentor Gordon Ramsay en achetant le Murano (1 étoile Michelin et n°22 dans la dernière édition du Good Food Guide 2011). Elle suit ainsi les traces de Marcus Wareing (2 étoiles Michelin au Berkeley), qui a également suivi son propre chemin après avoir travaillé plusieurs années aux côtés de ce maître. Un constat : une génération de jeunes talents arrive… À la maison 72 % des Britanniques cuisinent à la maison chaque jour contre 59 % des Français conclut une enquête réalisée par Madame Figaro en janvier 2010 auprès de 2 061 lecteurs du magazine de la BBC Olive et 1 345 lecteurs de la revue française. Et quand ils sont dans leur cuisine, 50 % des Britanniques passent plus de 30 minutes à cuisiner contre 27 % des Français. 99 % des Britanniques cuisinent italien contre 87 % des Français, 76 % préparent des plats chinois pour 40 % et 76 % cuisinent indien contre 31 %. Selon Lulu Grimes, directeur de la rubrique culinaire de la revue Olive, « les Britanniques ont longtemps souffert d’une cuisine d’après-guerre du genre toute prête, mais tout a entièrement changé depuis les années quatre-vingt-dix ». Les lecteurs de Madame Figaro ont élu le Christmas pudding comme symbole de la gastronomie britannique, alors que les Britanniques attribuent plutôt ce titre à un rôti avec du Yorkshire pudding, suivi du traditionnel

« fish and chips », puis du petit déjeuner anglais, avec haricots, oeufs, saucisses et bacon. Pour les lecteurs britanniques du magazine Olive, la crêpe suzette est le plat le plus emblématique de la cuisine française, tandis que les Français jugent que leur tradition culinaire est la mieux représentée par le veau, suivi du foie gras. Les écoles de cuisine, comme à Paris, se développent à la vitesse de l’éclair et sont devenues très populaires. En effet, de nombreux Londoniens, comme l’a signifié Lulu Grimes, en ont eu assez de la cuisine « prête à manger » et ont décidé de prendre le taureau par les cornes. La passion est là, mais il suffit d’y ajouter un peu de technique. Parmi les lieux les plus réputés et spécialisés, mentionnons Neal’s Yard Dairy (www.nealsyarddairy.co.uk) pour le fromage, Rococo School of Chocolate (rococochocolates.com) pour le chocolat dans tous ses états, Butchery Classes Ginger Pig (www.learnbutchery.co.uk) pour la viande, plus exotiques, l’école de cuisine Angela Malik (www.angelamalik.co.uk) pour apprivoiser la cuisine asiatique et, plus généralistes, Le Cordon bleu (www.lcblondon.com), une école fondée à Paris en 1895, et L’Atelier des chefs (www.atelierdeschefs.co.uk). Car, nous pouvons le dire, la cuisine française reste encore un « must » ! À l’extérieur Comme le dit si bien la chef étoilée française, Hélène Darroze, « la cuisine à Londres est diversifiée et plus conceptuelle. La qualité de la nourriture est excellente et elle est financièrement accessible ». Même si elle pense que pour la gastronomie, « la meilleure place reste Paris ». De son côté, Tom Aikens, un jeune génie anglais de la cuisine française, pense qu’à la fin des années quatrevingt, « il n’y avait qu’une petite poignée de restaurants de qualité à Londres. Mais, à partir du milieu des années quatre-vingt-dix, la capitale britannique a connu une véritable transformation essentiellement parce que les Britanniques se sont davantage intéressés à leur cuisine à travers l’apparition de nouveaux programme télévisés. La scène gastronomique londonienne s’est totalement transformée ces quinze dernières années et cette ville est devenue aujourd’hui l’une des plus grandes places gastronomiques du monde ». Parlons également d’une habitude que nous, Français, n’avons pas ou peu : les Britanniques aiment pouvoir se restaurer toute la journée souvent de manière informelle. C’est pourquoi de nombreux restaurants, comme The Canteen (40 Canada Square), The Wolseley (160 Piccadilly), The Modern Pantry (47-48 St John’s Square) ou encore Sketch, évoqué antérieurement, sont ouverts sans interruption de tôt le matin à tard le soir afin de répondre à cette demande croissante. Vous pouvez y passer la journée, prendre le petit-déjeuner, le déjeuner, l’Afternoon Tea et le dîner ou profiter d’un All day menu. Si, selon l’enquête réalisée par Madame Figaro citée


C’est le cas également chez Luiz Hara, auteur du blog très en vogue London Foodie (www.thelondonfoodie.co.uk). Cette parfaite londonienne née au Brésil de parents japonais et italien, invite régulièrement chez elle lecteurs et amis pour dîner, boire et discuter. Un thème ou un style de cuisine (iranienne, syrienne, vietnamienne…) est choisi à l’avance et chaque invité apporte un plat fait maison ainsi qu’une bouteille de vin. Celui du 20 novembre 2010 avait pour thème « La cuisine provinciale française » !

Inamo : le restaurant de demain ? La particularité absolument unique du concept d’Inamo (134-136 Wardour Street), situé dans le quartier branché de Soho, est d’avoir des tables sur lesquelles sont projetés les menus (par des

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antérieurement, les Français sortent en moyenne au restaurant trois fois par mois, contre deux pour les Britanniques, ces derniers adorent s’inviter les uns chez les autres même quand ils ne se connaissent pas ! D’où le succès grandissant, depuis fin 2008, du phénomène, des « Supper Clubs ». Plusieurs personnes qui ne se connaissent généralement pas frappent à la porte d’inconnus et se retrouvent autour d’un dîner payant (réservation obligatoire) dans un appartement transformé en restaurant « underground ». En effet, certains Londoniens ont eu, comme c’est souvent le cas ailleurs, envie d’arrondir leur fin de mois. Ces gens « ordinaires » ont alors eu l’idée d’ouvrir la porte de leurs appartements à des étrangers qui ont envie de vivre une expérience différente, dans un esprit convivial tout en dégustant de la bonne cuisine. Ce concept arrive en France en douceur. Le Top 5 des « Supper Clubs » à Londres selon le Guardian : . Fatty Bristow’s Sunken Supper Society (www.fattybristow.com), . Fernandez & Leluu (www.fernandezandleluu.co.uk ), . The Loft Project (www.theloftproject.co.uk), . The Old Hat Club (oldhatclub.com), . et Saltoun Supperclub (www.eatwithyoureyes.net).

projecteurs suspendus) et des décors graphiques. Ce sont des fonds d’écrans de tables interactifs : vous pouvez choisir votre menu, consulter les nouvelles locales, jouer au sudoku, commander un taxi, voir les cuisines par webcam, commander l’addition, visualiser les plats choisis… Accueil très sympathique et réservation recommandée. Cuisine asiatique savoureuse très bien présentée…

Petite tournée des marchés londoniens Le Borough Market est un petit paradis au cœur de Londres… surtout pour nous Français habitués à parcourir nos marchés parisiens… Tout est beau, frais, les producteurs locaux, dont ceux du Kent réputés pour leurs fruits et légumes, sont à l’honneur, les produits biologiques et européens aussi… Que demander de plus ? Le Borough Market (www.boroughmarket.org.uk Borough High Street) est l’un des plus anciens marchés de la ville situé aux pieds du London Bridge sur la rive sud de la Tamise. Dans les années 1800, bien que sa création soit estimée au temps des Romains, il devient un marché alimentaire important grâce à sa position stratégique près du fleuve. L’entrée Art déco a été ajoutée dans les années trente, et il a été entièrement reconstruit et rénové à la fin des années quatre-vingt-dix. D’ailleurs,

son succès est tel, que des agrandissements sont prévus d’ici à 2012. Amateurs de bonne chère, accrochez-vous ! Idéal pour une ballade du week-end, vous pourrez faire vos courses dans ce marché réputé pour sa qualité (vins, whisky et absinthe chez Vinopolis – viandes bios chez Peter Gott, Northfield Farm, Rhug Estate ou Wild Beef ) ou simplement déguster des huîtres britanniques (Wright Bros Oyster and Porter House), une incontournable tourte ou pie (Mrs King’s), du saumon fumé (Hebridean Smokehouse), des fromages fermiers (Neal’s Yard Dairy ou Gorwydd Caerphilly) et encore boire un jus de pommes bio (Chegworth Valley) ou du cidre (New Forest Cider) en vous promenant parmi les étals. Si vous souhaitez y déjeuner, ne manquez pas de vous arrêter chez Roast (www.roast-restaurant.com), ouvert en 2005. Le

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Le marché de Smithfield (www.smithfieldmarket.com Charterhouse Street) est situé non loin du métro Farringdon, dans le nord-ouest de Londres. Ce lieu, vieux de plusieurs siècles, est principalement connu pour son marché consacré à la viande et au commerce de gros. Le marché couvert a été créé par l’architecte victorien Horace Jones dans la seconde moitié du XIXe siècle. Pourtant, l’histoire de Smithfield est plutôt sanglante. C’est ici qu’avaient lieu les exécutions publiques d’hérétiques et de dissidents, parmi lesquels figure le patriote écossais William Wallace, tué en 1305. Vous pourrez profiter de votre visite dans le quartier pour déjeuner au Comptoir Gascon (63 Charterhouse Street), un restaurant français tenu par Pascal Aussignac (1 étoile Michelin). Dans le quartier très agréable et central de Marybelone, faites un tour le dimanche matin (de 10 h à 14 h) au « Marylebone Farmers Market » (www.lfm.org.uk Cramer Street Car Park). Produits fermiers, pains artisanaux, légumes et fruits frais, tourtes et gâteaux faits maison, viandes biologiques, fromages… Un régal ! Pour continuer votre « shopping » culinaire dans la capitale, voici quelques boutiques incontournables : . Ginger Pig (8-10 Moxon Street), pour la viande, . Fortnum and Mason (181 Piccadilly), Harrods (87-135 Brompton Road) et Selfridges (400 Oxford Street) pour les meilleurs rayons d’alimentation de Londres, . Berry Bros and Rudd (3 St James’s Street), pour le vin,

car contrairement à ce que l’on pense, les Britanniques ne boivent pas que de la bière. 25 millions de bouteilles de vin sont vendues par an dans le royaume, . et Sally Clarke (122 Kensington Church Street), pour le pain.

Neal’s Yard Dairy : un fromager au cœur de Londres

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propriétaire, Iqbal, est l’une des figures qui compte sur la scène de la restauration londonienne. Le restaurant, dont le chef Lawrence Keogh a, entre autres, travaillé au Ritz, vous offre une vue imprenable sur l’activité du marché, une carte des vins incluant les cuvées de producteurs locaux et un menu britannique délicieux avec des produits de saison en provenance du marché. Surtout laissez-vous tenter, osez et vous ne serez pas déçu… Le Borough Market est un lieu qui compte dans le paysage gastronomique britannique et sa réputation dans tout le pays n’est plus à faire. Ce marché, vous vous en souviendrez certainement, a également été utilisé comme lieu de tournage pour les films Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, et Bridget Jones.

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Le Royaume-Uni n’est pas particulièrement réputé pour ses fromages, mais Neal’s Yard Dair y (www.nealsyarddairy.co.uk) vous fait immédiatement porter un autre regard sur cette idée préconçue. Il est vrai qu’en France, nous avons plus de 400 fromages recensés, mais vous pourrez ainsi découvrir grâce à ses boutiques londoniennes (Borough Market et 17 Shorts Gardens) les spécialités d’environ 60 fromagers de Grande-Bretagne et d’Irlande. Après la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni a perdu sa tradition fromagère, mais elle revient en force surtout depuis les années soixante-dix. Ce qui était un choix de vie à cette époque (campagne, nature, produits biologiques) est devenu, depuis une quinzaine d’années, un métier dans lequel de plus en plus de jeunes se lancent et dont les produits sont aujourd’hui valorisés. Mais l’autre spécificité de cette maison réputée est qu’elle affine les fromages des producteurs locaux au cœur de Londres, dans un viaduc au sud de la Tamise. La température et l’humidité nécessaires sont parfaites dans ce que l’on pourrait appeler des « grottes urbaines ». Fromages à pâtes dure ou molle, au lait de vache, de brebis ou de chèvre, et bleus, il y sont tous.


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SOCIÉTÉ

L’EXCELLENCE UNIVERSITAIRE BRITANNIQUE

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Le paysage universitaire britannique, comme le montre ce classement, ne se limite pas à Cambridge et à Oxford. Le Royaume-Uni comte quelque 170 établissements d’enseignement supérieur et les universités britanniques, à vocation universelle en proposant des formations aussi bien générales que professionnelles, peuvent être réparties en cinq catégories : • les anciennes universités créées entre le XIIe et le XVIe siècle comme Oxford, St Andrews ou Cambridge, • les universités Redbrick ou civic créées soit au XIXe siècle dans des villes industrielles comme Manchester et Sheffield soit dans les années cinquante, • les New Green Field ou Plate-Glass Universities, de nouvelles institutions établies hors des centres-villes au début des années soixante comme Warwick et Sussex,

• les New Universities, des collèges techniques ayant reçu le statut d’université en 1966-1967, dont Bath et Strathclyde, • les Post 1992 ou New Universities, principalement d’anciens Polytechnics (pouvant être comparées aux Instituts universitaires de Technologie) convertis en université en 1992, comme Oxford Brookes, De Monfort… Les étudiants étrangers de plus en plus nombreux sont fortement attirés par ce système universitaire et ceci pour plusieurs raisons : la langue anglaise, la dominance du modèle universitaire anglo-saxon, l’environnement cosmopolite et la tradition de tolérance, une caractéristique des établissements britanniques. À ces éléments s’ajoute bien évidemment la qualité des qualifications internationalement reconnues. La recherche : un pôle l’excellence Un pôle est indissociable de l’enseignement supérieur au Royaume-Uni : celui de la recherche. Cambridge,

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’excellence universitaire britannique est mondialement reconnue et au dernier classement du Top 100 mondial (Academic Ranking of Top 100 universities 2010), le Royaume-Uni comptait onze établissements recensés, dont les grands classiques comme Cambridge (n°5) et Oxford (10), mais également la University College London (21), l’Imperial College of Science, Technology and Medicine (26), les universités de Manchester (44), d’Edimbourg (54), de Bristol (66), de Nottingham (84), de Sheffield (88) et de Birmingham (99), sans oublier le King’s College London (63). Ce résultat place le Royaume-Uni au premier rang européen. C’est pourquoi le pays est considéré, en France comme ailleurs, comme un modèle du point de vue des établissements d’enseignement supérieur. Il est également le second pays le plus attractif au monde après les Etats-Unis pour les étudiants étrangers, dont le nombre ne cesse d’augmenter.

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SOCIÉTÉ

Oxford, l’Imperial College London, la London School of Economics et bien d’autres encore n’y échappent pas. Nous pouvons ainsi mentionner certaines caractéristiques : les universités d’Edimbourg, de Glasgow et de Dundee sont spécialisées dans les domaines de la biologie, de la médecine et des biotechnologies, celle de Southampton dans les sciences physiques et l’océanographie, celle de Glasgow dans les sciences humaines et les langues, et, enfin, celle de Cambridge dans les sciences biologiques. Il est également important de savoir que si le Royaume-Uni représente quelque 1 % de la population mondiale, le pays a remporté 12 % des citations internationales dans ce domaine. Le Russel Group Le Russel Group, composé d’une vingtaine d’universités membres, est une force de frappe de l’enseignement

supérieur britannique. Il joue un rôle majeur dans la vie intellectuelle du Royaume-Uni et a un impact important sur le bien-être social, économique et culturel de ses régions. Constitué en 1994, on y trouve exclusivement des universités menant des politiques de recherche ambitieuses. Parmi les membres, plusieurs établissements londoniens sont ouverts sur l’international comme la London School of Economics, l’Imperial College, le King’s College et le University College, ainsi que les universités de Cambridge, Oxford, Birmingham, Bristol, Cardiff, Edimbourg, Glasgow, Leeds, Liverpool, Manchester, Newcastle, Nottingham, Sheffield, Southampton, Warwick ainsi que la Queen’s University Belfast. Environ 80 000 étudiants par an sont diplômés des universités du Russel Group et ce dernier appuie environ 243 000 emplois annuellement à l’échelle du pays.

L’université de Leeds Plus de 32 000 étudiants, dont quelque 5 000 étrangers incluant 147 Français (2010-2011), participent activement à la vie de l’université de Leeds. Joe Semczuk y a terminé ses études de français et d’espagnol en 2010. « Étudier à Leeds est formidable. La formation est excellente grâce aux enseignants spécialisés toujours disponibles pour les étudiants. De plus, pendant le dernier trimestre de la deuxième année et la troisième année, si on choisit d’apprendre deux langues étrangères, on peut voyager en dehors du pays. Je suis donc parti en Andalousie et en France. Aller à Leeds, en dehors de l’obtention du diplôme, signifie profiter de l’environnement cosmopolite, jouir des opportunités sociales et apprendre à vivre de manière indépendante. » Fondée en 1831 sous le nom de Leeds School of Medicine, elle prend son indépendance en 1904. L’université enseigne plusieurs disciplines comme l’art, le commerce, les sciences biologiques, l’éducation, les sciences sociales, le droit, l’ingénierie, l’environnement, les mathématiques, les sciences phy-

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Oxford

siques, la médecine, les arts dramatiques et visuels, et la communication. Tout en gardant ses domaines traditionnels, de plus en plus d’étudiants s’inscrivent pour apprendre les langues et les sciences physiques. Certaines niches représentent également des atouts pour l’université comme les nanotechnologies, les sciences du feu, l’aérospatiale et la chimie des couleurs. L’université fait partie des universités Redbrick et est membre du Russel Group. L’auteur du Seigneur des anneaux, John Ronald Reuel Tolkien, y a enseigné.


LE PROGRAMME DE BOURSES DE L’ENTENTE CORDIALE a création du projet Entente cordiale d’attribution de bourses a été annoncée en 1995 lors du sommet entre le président Jacques Chirac et le Premier ministre John Major.

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Qu’est-ce que le programme de bourses de l’Entente cordiale ? Les bourses de l’Entente cordiale incitent d’excellents étudiants français et britanniques du troisième cycle à passer une année d’études de l’autre côté de la Manche. La plupart des boursiers préparent un diplôme de niveau bac +4 ou conduisent des recherches pour rédiger une thèse doctorale. Un grand nombre d’entre eux se destinent à une carrière en politique, dans le secteur public, le journalisme, le monde des affaires, le secteur bancaire ou encore l’enseignement universitaire. Ce programme permet également de promouvoir les contacts et la multiplication des échanges entre les décideurs de demain tant au Royaume-Uni qu’en France, afin de placer les idées reçues face aux réalités de la vie de ces deux pays et de construire un réseau vaste et influent de boursiers et de parrains. Boursiers : diversité de disciplines et qualités ambassadoriales Les boursiers sont choisis non seulement sur la base de leur réussite universitaire, mais également pour leurs ambitions, leur curiosité intellectuelle et leur ouverture d’esprit. Le comité de sélection souhaite choisir ceux qui tireront pleinement parti d’une année à l’étranger et qui seront également de bons ambassadeurs de leur pays pendant leur séjour. Les bourses sont attribuées dans toutes les disciplines, ce qui permet au projet de préserver son unique diversité. Les financements proviennent des donations de sociétés et de fondations Les gouvernements des deux pays ne versent pas de fonds. Les financements proviennent uniquement des généreuses donations de sociétés ou de fondations françaises et britanniques. L’association Bourses Entente cordiale L’association Bourses Entente cordiale est présidée par le baron David de Rothschild et parmi ses membres, mentionnons Michel Dubarry, président de Rolls Royce France, et Jean-Christophe Bédos, ancien boursier et président de Boucheron. Du côté britannique, le président de UK Entente Cordiale Trust est Lord Robin Janvrin, ancien secrétaire particulier de la Reine. « Nous

n’avons pas seulement pour ambition de permettre aux étudiants les plus brillants de ces deux pays d’étudier ou de mener leurs recherches pendant un an de l’autre côté de la Manche[...] Nous souhaitons également promouvoir les contacts et la multiplication des échanges entre les décideurs de demain tant au Royaume-Uni qu’en France et construire un réseau vaste et influent d’anciens élèves et de parrains. Le parrainage de ce programme offre une bonne occasion aux entreprises de faire partie de ce réseau », précisent David de Rothschild et Robin Janvrin.

Comment devenir donateur ? Pour devenir donateur en France, vous pouvez contacter : le service presse et communication Ambassade de Grande-Bretagne 35 rue du Faubourg Saint Honoré 75008 Paris T : 01 44 51 33 23 65

Pour devenir donateur au Royaume-Uni, vous pouvez contacter : le service culturel Ambassade de France 23 Cromwell Road London SW7 2EL T : +44 (0)20 7073 1310 Comment postuler pour une bourse ? Si vous souhaitez postuler pour une bourse Entente Cordiale, vous pouvez contacter : . pour les candidats français British Council Entente Cordiale Scholarships Scheme 9 rue de Constantine 75007 Paris T : 01 49 55 73 00 E-mail : ententecordiale@britishcouncil.fr http://www.britishcouncil.org/fr/franceeducation -scholarships-ententecordiale.htm . pour les candidats britanniques le service culturel Ambassade de France 23 Cromwell Road London SW7 2EL T : +44 (0)20 7073 1312 E-mail : entente.cordiale@ambafrance.org.uk http://www.ambafrance-uk.org/Ententecordialescholarships.html


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SUR LES PAS DES BEATLES À LIVERPOOL

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Découvrir Liverpool est une réelle surprise. Dans le bon sens du terme, cela va de soi. La ville est réputée pour son football et pour avoir vu naître Les Beatles, mais n’a pas toujours bénéficié d’une image positive (souvent cataloguée comme ville industrielle sur le déclin). Mais elle a relevé des défis et a su se réinventer en utilisant les atouts de son passé pour devenir moderne et dynamique. En 2004, la ville prend un nouvel essor en étant tout d’abord classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Puis, le projet Liverpool One est lancé et permet la construction d’un gigantesque centre commercial dans le centre-ville favorisant ainsi la relance économique et la création d’emplois. En 2007, la ville fête le 800e anniversaire de sa fondation et, l’année suivante, elle est consacrée Capitale européenne de la culture. Voilà de quoi changer toutes les perspectives.

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DÉCOUVRIR a fondation de la ville remonte à 1207, quand elle obtient le statut de municipalité et de port. Au début, elle était juste un point de ralliement pour les troupes partant vers l'Irlande. C'est seulement au XVIIIe siècle, alors que le commerce avec les Antilles est en pleine expansion, que Liverpool commence à s'étendre. Au début du XIXe siècle, 40 % du commerce maritime mondial passent par Liverpool. En 1880, la ville gagne le statut de cité. La croissance se poursuit durant la première moitié du XXe siècle. La ville est bombardée durant la seconde guerre mondiale, surtout en mai 1941. Elle connaît cependant encore quelques années de prospérité. Mais le déclin de l'industrie manufacturière britannique, principalement celle du textile du Lancashire dans les années soixante-dix, et le développement du port de Southampton, plus près de Londres, touchent la ville de plein fouet. Aujourd’hui ville touristique, éclectique, universitaire et maritime, elle attire bon nombre de visiteurs du monde entier. Venus bien souvent au départ pour découvrir le berceau des Beatles, ils se laissent facilement emporter par la douceur de vivre de la ville où ils peuvent également admirer, une fois sur place, la beauté du port, ses combinaisons architecturales alliant le style victorien à la modernité, ses musées et galeries d’art, ses nombreux

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pubs et restaurants, ses festivals, ses clubs de musique live, sa multitude de magasins, ses parcours de golf et apprécier la gentillesse de ses habitants. Bref, voir la ville sous un œil extrêmement favorable dès leur arrivée à l’aéroport John Lennon. Petite virée musicale ! Sur les pas des Beatles Les Beatles, originaires de Liverpool, sont composés, comme tous les fans le savent, de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. Le groupe demeure, en dépit de sa séparation en 1970, l’un des plus populaires au monde.

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Le Monument pour la paix, créé par l'Américaine Lauren Voiers à l'occasion du 70e anniversaire de John Lennon, a été inauguré par son fils aîné Julian et sa première épouse Cynthia en octobre 2010 à Liverpool

Le Cavern Club a ouvert ses portes pour la première fois en 1957. Son propriétaire de l’époque, Alan Sytner, s’est inspiré des clubs de jazz parisiens comme Le Caveau. Les Beatles y ont joué 292 fois du 3 février 1961 au 3 août 1963. C’est également ici que leur futur manager Brian Epstein les a découverts en 1961. Le club ferme ses portes en 1973 et après avoir été détruit, reconstruit à l’identique, ouvert à nouveau et en faillite ensuite, il est repris en 1991 par deux amis : Bill Heck, un professeur, et Dave Jones, un professionnel du tourisme. Les heureux propriétaires encore présents aujourd’hui détiennent le record de longévité à la tête de ce lieu magique. L’activité première de cette salle de spectacle située en sous-sol est maintenue : les groupes viennent jouer en live essentiellement du rock ‘n’ roll, mais aussi du jazz, du blues, de la country, du cabaret… En 1999, Paul McCartney y a réalisé son dernier concert du XXe siècle. D’autres groupes y sont passés comme les Rolling Stones, Pink Floyd, Oasis, The Who et j’en passe.


© Britainonview/Ingrid Rasmussen

Pour démarrer votre magnifique tour sur les pas des Beatles, je vous conseille de visiter The Beatles Story (www.beatlesstory.com) afin de vous replonger dans l’ambiance de ce groupe rock des années soixante. Ce musée très vivant vous permet de revivre fidèlement toutes les époques de leur vie, leur épopée, leurs succès, leur séparation et leurs carrières en solo. L’idéal pour continuer votre visite sur les pas de ce groupe mythique est de prendre le bus impérial Magical Mystery Tour, qui vous promène pendant environ deux heures sur les lieux emblématiques de la vie des Beatles. Il parcourt une trentaine d’endroits directement associés aux quatre musiciens. Vous vous arrêterez devant la maison d’enfance de John Lennon. En effet, Mendips (www.nationaltrust.org.uk) a ouvert pour la première fois au public en 2003. Il y a vécu avec sa tante de son enfance à l’âge de 23 ans. Elle est restaurée au plus proche de ce qu’elle était à l’époque. En poursuivant votre chemin, rendez vous au 20 Forthlin Road (www.nationaltrust.org.uk) où Paul McCartney a passé son adolescence et ses premières années d’adulte. Son point d’arrivée vous emmène directement sur Mathew Street, la rue de la consécration des Beatles, qui vibre chaque été au rythme du Mathew Street Festival (www.mathewstreetfestival.com). Arrêtez-vous au Cavern Club (www.cavernclub.org). Le groupe y a fait ses débuts en 1961. Prenez la pose devant la statue de John Lennon située juste devant. Ne manquez pas aussi de passer par la Matthew Street Gallery, au premier étage du Beatles Shop (www.thebeatleshop.co.uk), qui expose et vend des dessins signés de l’auteur-interprète. Chaque année, vous pouvez également profiter de la Beatle Week qui se déroule fin août. Sept jours de musique, de magie et de souvenirs. La ville se transforme, vit pour la musique et cet événement international attire des musiciens du monde entier.

Ne pas manquer • Le Merseyside Maritime Museum (histoire maritime de la ville) • La Walker Art Gallery (collections d’œuvres d’art classiques) • La Tate Liverpool (art contemporain) • Le Royal Philarmonic Hall (musique classique) • Albert Docks (la première attraction touristique de la ville. Cet ensemble architectural accueille des musées, des bars branchés et bon nombre de boutiques) • La Liverpool Anglican Cathedral (la plus grande de Grande-Bretagne) • La Metropolitan Cathedral of Christ the King (une cathédrale catholique circulaire gigantesque) • Le Liverpool War Museum (pour les passionnés de la seconde guerre mondiale) • Le Museum of Liverpool, quant à lui, va ouvrir ses portes en 2011. Il vous permettra de découvrir le développement de la ville et de sa région de la préhistoire à nos jours. Un lieu unique !

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Où loger ? Sans hésitation au Roscoe House by Urban Chic (www.roscoehouse-apartments.co.uk). Très bien situé, chambres douillettes et confortables, accueil sympathique.

En savoir plus www.VisitLiverpool.com

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Collection Gold Label Automne-hiver 2010/2011

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© Christian Chambenoit

LA MODE BRITANNIQUE

Vivienne Westwood, une icône de mode engagée ivienne Westwood est-elle encore à présenter ? Cette icône, qui a lancé la mode punk en 1976, est considérée, depuis toujours, comme un symbole de la culture britannique avant-gardiste. Tout en continuant de présenter ses collections entre Paris, Londres et Milan, elle utilise ses défilés comme manifestes pour parler de culture et de politique, et plus récemment pour dénoncer l’urgence d’agir contre les changements climatiques. Maison reconnue dans le monde entier comme marque de luxe, Vivienne Westwood reste l’une des créatrices de mode les plus influentes de sa génération.

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© Sandro Sodano

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Paul Smith, un couturier en vogue

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râce à ses tissus aux lignes de couleur emblématiques, Paul Smith, passionné d’art et d’antiquité, s'est forgé un nom internationalement reconnu dans l'univers de la mode. Féru de cyclisme lorsqu'il était enfant, il est victime d'un accident alors qu'il n'a que 17 ans et voit son rêve s’envoler. Il se tourne vers la confection et, en 1970, ouvre sa première boutique, à Nottingham, puis crée ses premières collections de prêt-à-porter pour hommes que Paris verra défiler en 1976. Depuis, le créateur a développé plusieurs collections (femmes, montres, jeans, parfums…). Conjuguant habilement élégance et design, et ayant une forte capacité d’anticipation, il revisite en permanence les classiques britanniques.


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Collection 2010 présentée à l'Opéra de Paris

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L’étoile Stella McCartney ille du chanteur des Beatles Paul McCartney et de la photographe américaine Linda Eastman, Stella McCartney est rapidement devenue une styliste renommée. Elle a la mode dans la peau. Peu de temps après avoir obtenu son diplôme du St Martins Collège of Arts and Design de Londres, elle est recrutée par la maison Chloé à Paris. C’est le début de sa reconnaissance. En 2001, elle crée sa propre maison de couture qui porte son nom en partenariat avec le groupe Gucci. Adidas, Gap, H&M font également appel à elle. Végétarienne engagée, elle n’utilise ni fourrure, ni cuir dans ses créations.

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L’ART CONTEMPORAIN La Saatchi Gallery : à la découverte des talents de demain a Saatchi Gallery est une galerie d’art contemporain créée par Charles Saatchi en 1985 à Londres. Britannique d’origine irakienne et co-fondateur de l’agence de publicité Saatchi & Saatchi, ce dernier nourrit une véritable passion pour l’art. Mécène décisif de toute une génération, il investit passionnément dans la promotion de jeunes artistes. La galerie est située à Chelsea, un quartier du sud-ouest de Londres. L’accès y est gratuit. Exposant tout d’abord des artistes minimalistes, la galerie a eu une influence majeure sur l’art britannique depuis son ouverture. Représentant tout d’abord des créateurs américains comme Andy Warhol, elle se tourne en 1992 vers la jeune garde d’artistes britanniques, les Young British Artists, en

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facilitant ainsi le décollage de la carrière de plusieurs d’entre eux. C’est l’exposition Sensation organisée en 1997 à la Royal Academy qui associe définitivement le nom de Saatchi à l’art contemporain britannique. Plusieurs futurs grands artistes y sont présentés comme Damien Hirst, Marc Quinn, Sarah Lucas, Jake and Dinos Chapman. La Saatchi Gallery a été un lieu controversé, critiqué parfois dans ses choix, mais reste sans conteste un lieu audacieux et influant de l’art contemporain mondial.

En savoir plus www.saatchi-gallery.co.uk


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Exposition « Newspeak: British Art Now »


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LE PAVILLON BRITANNIQUE À SHANGHAI : UN SUCCÈS !


Avec ses 60 000 tiges d’acrylique issues d’un cube de bois de 20 m de haut, le bâtiment du Royaume-Uni surnommé "la Cathédrale de graines" et présenté à l’Exposition universelle de Shanghai en 2010, a été imaginé par le Studio Heatherwick. Une belle démonstration de l’architecture britannique du XXIe siècle alliant design, créativité, technologie de pointe et innovation. e thème de l’Exposition étant Une meilleure ville, une meilleure vie, l’idée en imaginant sa réalisation était d’explorer la relation entre la nature et la cité. Sur cette base, la Cathédrale de graines a pris forme. Un partenariat a alors tout naturellement été passé avec la Kew Royal Botanic Garden’s Millennium Seed Bank du Jardin botanique royal de Londres, dont le rôle est de collecter 25 % des espèces de graines du monde entier.

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Les 217 300 graines, mises en capsule et placées à l’intérieur des tiges, traduisent la volonté d'étudier et d'explorer les problèmes du développement durable, de la diversité de la nature et de la capacité potentielle de la vie. Durant la journée, la lumière naturelle les illumine et la nuit une petite diode électroluminescente y a été incorporée. Les tiges d'acrylique d’une longueur de 7,5 m s'étendent vers l'extérieur tout en se balançant au gré du vent créant un effet de dynamique. Toutes les épines vibrent avec la foule des visiteurs et leur sensibilité au temps extérieur rend la lumière fluctuante. L’intention des architectes était de créer une atmosphère de douceur autour de cette formidable collection de ressources botaniques, un moment d’introspection au cœur d’un espace silencieux. Les surfaces extérieures hésitantes forment une délicate connection entre la terre et le ciel.

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Inauguré le 1er mai 2010, il a reçu quelque 45 000 visiteurs par jour. Il a également obtenu le prestigieux prix Lubetkin décerné par l’Institut royal des architectes britanniques (RIBA) à un édifice réalisé par l’un de ses membres sur la scène internationale. Après l’Exposition, comme les graines d’un pissenlit dispersées par le vent, les quelque 60 000 tiges ont été distribuées, comme un héritage, à des centaines d’écoles de Chine et du Royaume-Uni.

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CO N TAC T S

Ambassade de Grande-Bretagne 35 rue du Faubourg Saint Honoré 75383 Paris cedex 08 T : 01 44 51 31 00 • Consulats généraux de Grande-Bretagne

• Délégation auprès de l’Unesco

- Paris

35 rue du Faubourg Saint Honoré 75383 Paris cedex 08 T : 01 44 51 31 00

16 rue d’Anjou 75008 Paris T : 01 44 51 31 00

- Lille

• Délégation auprès de l’OCDE 35 rue du Faubourg Saint Honoré 75383 Parix cedex 08 T : 01 44 51 31 00

11 square Dutilleul 59800 Lille T : 03 20 12 82 72

• Consulats - Bordeaux

• British Community Committee in France

353 boulevard du président Wilson 33073 Bordeaux cedex T : 05 57 22 21 10

• UK Trade & Investment

7 rue Auguste-Vacquerie 75116 Paris

35 rue du Faubourg Saint Honoré 75383 Paris cedex 08 T : 01 44 51 34 00

- Lyon 24 rue Childebert 69002 Lyon T : 04 72 77 81 70 84

• British Council

- Marseille 24 avenue du Prado 13006 Marseille T : 04 91 15 72 10

9 rue de Constantine 75340 Paris cedex 07 T : 01 49 55 73 00

• Représentation permanente du Royaume-Uni auprès du Conseil de l'Europe 18 rue Gottfried 67000 Strasbourg T : 03 88 35 00 78

La Grande-Bretagne sur Internet • ukinfrance.fco.gov.uk - Ambassade de Grande-Bretagne • www.ukti.gov.uk - UK Trade & Investment • www.britishinfrance.com - British Community Committe in France • www.ulip.lon.ac.uk - University of London Institute in Paris • www.britishcouncil.fr - British Council • www.visitbritain.com - Office de tourisme de Grande-Bretagne

REMERCIEMENTS Nous tenons particulièrement à remercier tous les Britanniques et les Français pour leur aide et leur soutien. Nous remercions également, et avec beaucoup d’attention, les annonceurs publicitaires pour leur partenariat et leur confiance accordée à So British. Nous saluons sincèrement l’aide apportée par l’ambassade de Grande-Bretagne à Paris, dont Jean-Yves Zoyo et Hervé Grella, et toute son équipe pour le temps, l’assistance et les conseils apportés. Un remerciement particulier est adressé à Visit Britain, dont Florence Valette, à Paris, pour l’organisation merveilleuse des voyages. Sans oublier le fantastique Adrian Bevan, consultant en tourisme culinaire pour Visit Britain.


SO BRITISH!


So British !