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les cahiers

de l’autonomie

N°5 décembre 2006

Sommaire

Edito

La manutention des personnes dépendantes par les tierces personnes Mme Caudmont, ergothérapeute . . . . . 2

Le positionnement, le transfert

Le transfert: un moment de relation privilégiée? Mme Arnold, psychologue . . . . . . . . . . . . . 4

dans la vie à domicile, un multiplicateur de bien-être ?

Vous avez dit LE bon positionnement? Mme Majerus, Infirmière spécialisée en soins palliatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Ma journée? C'est dans un fauteuil… M. Henry, cadre administratif dans un service d'aide sociale, membre du groupe transfrontalier - Longwy France . . . 8 “Docteur, je veux rentrer à domicile” Docteur Valet, médecin rééducateur, service de rééducation fonctionnelle gériatrique, Hôpital Intercommunal de Steinfort . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Quoi de neuf? La plateforme info-éducative en 2007. Pour vous détendre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

Comité de rédaction: les collaborateurs du réseau Help Editeur responsable: José Luxen, directeur Réseau Help Adresse de rédaction: 54, rue Emile Mayrisch L-4240 Esch-sur-Alzette tél. 26 70 26 Réalisation: Paprika plus Esch/Alzette • www.paprika.lu Imprimerie: Watgen Luxembourg • tél. 43 84 86-1

Les cahiers de l’autonomie paraîtront 4 fois par année. Les textes transmis sont publiés sous la responsabilité des auteurs respectifs. Tirage: 6.000 exemplaires

Aujourd'hui soigner une personne dépendante requiert une capacité, un savoir-faire et un savoir-être de toutes les personnes et organismes impliqués. Le thème de la mobilisation, plus spécifiquement «le transfert et le positionnement» de la personne dépendante, doit tous nous interpeller car le confort et le bien être de tous les acteurs - personne dépendante, soignant ou entourage - à domicile ou en centre de jour, doivent être prioritaires. De plus, aujourd'hui tous ces actes sont repris dans le cadre de l'assurance dépendance. Si le soignant a suivi une ou plusieurs formations de manutention (ex.: Kinesthétique) et est rassuré par celles-ci, il n'en est pas de même pour les personnes de l'entourage, souvent démunies face à des expressions telles que: Je ne suis pas à l'aise dans cette position, Depuis le temps que je suis dans cette position, J'ai peur de tomber, J'ai mal au dos, Je ne sais pas comment bien faire,… Certes le positionnement optimal et le transfert sont influencés par l'état individuel de la personne dépendante et la capacité d'aide qu'elle pourra apporter. Investir du temps à la bonne pratique évite des douleurs, des lésions de la peau, des luxations et diminue le risque de chute. C'est donc en accentuant le dialogue et en utilisant les différents espaces et possibilités, tels que la plateforme info-éducative et ces cahiers que nous pourrons améliorer le bien être à domicile. Sonia Sanna, chargée de Direction Help-Syrdall Heem

Esch/Alzette Port payé PS/610


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La manutention des personnes dépendantes par les tierces personnes Message de Caroline Caudmont, ergothérapeute auprès de Help - Doheem Versuergt, diplômée universitaire de neuropsychologie clinique

Dès que le jour se lève, que de mouvements !!! Du lever au coucher, il faut rehausser, allonger, du lit à la baignoire, soulever, porter, soutenir du fauteuil à la voiture... porter, pousser un fauteuil roulant, monter un trottoir,… Tous ces gestes, nous les faisons de manière inconsciente. Ce sont des situations où répétition rime avec contribution. Or, «Dame Pesanteur» nous rappelle la réalité: celle du poids, donc l'effort et la force sollicités pour passer l'obstacle et réaliser la tâche à accomplir.

La manutention est une exigence quotidienne pour celui qui doit s'occuper de personnes dépendantes. Elle exige une méthodologie pour prévenir les risques rachialgiques.

Les 2 points essentiels qui interviennent dans les transferts sont: • la sécurité et le confort du patient • la posture idéale de la tierce personne

Un besoin d'être préparé à exercer dans de bonnes conditions les actes de manutention? Comment?

Mais il faut satisfaire inlassablement le besoin des personnes qui ont des difficultés et en même temps accomplir les tâches de notre propre vie quotidienne.

«Le geste physique rationnel dans le travail n'est pas inné. Là est le fondement de la fatigue prématurée et des risques pris. Il est le fruit de la pensée, il s'étudie, donc s'enseigne» R. Chaput

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La manutention: qu'est-ce que c'est? Le mot «manutention» vient du latin manus (main) et tenare (tenir). Cette notion regroupe à la fois le déplacement d'objets et de matériaux. Depuis 1965, Paul Dotte en étendit l'usage au déplacement des malades et personnes à mobilité réduite. Petit à petit, cette notion s'est imposée et désormais, les tâches de manutention des malades sont élevées au niveau des actes de soins.

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• par une hygiène de vie • par la mise en pratique de techniques appropriées pour l'acquisition de bons automatismes • par l'utilisation des aides techniques disponibles • par l’observation de l'environnement des usagers La tierce personne, comme nous tous, doit avoir le souci d'entretenir son «outil de travail» et ses aptitudes, autant pour elle que pour pouvoir offrir également à ses patients l'image de sa santé et de son dynamisme. De plus, ils nécessitent un entraînement et un échauffement sélectifs préalables à la mise en action, et la pratique d'une activité physique d'entretien telle que parcours de santé réguliers, marche, footing, piscine... que l'on a vraiment plaisir à pratiquer.


Comment bien faire? Des techniques appropriées Le patient est-il capable de réactions, d'actions ou de participation? Ou est-il opposant et résistant?

• Connaître les capacités motrices et physiques de la personne • Avoir de bons automatismes, une technicité

• Utiliser ces réactions positives ou négatives pour faire émerger l'énergie de la personne • Incidence positive sur la manutention - allègement, impulsion, guidage - initiative - participation

L'utilisation des aides techniques disponibles Trois règles devront guider la tierce personne • pour résoudre une difficulté, il faut s'efforcer de la décomposer; • tout faire pour éviter de porter; • demander la participation du sujet.

De bons automatismes, une technicité • réfléchir d'abord avant d'agir • se rapprocher le plus possible du sujet • éviter de porter inutilement • prendre en main car une bonne prise donne plus de force et de vivacité dans le geste • avoir les pieds bien posés à plat sur le sol • se baisser, jambes fléchies, dos droit • trouver des appuis en avant avec la main, avec son genou ou sa tête • utiliser ses membres inférieurs comme un ascenseur: ils sont résistants et vont propulser le poids vers le haut, comme le fait l'haltérophile • chercher l'harmonie dans les gestes en évitant de procéder par à-coups.

1. les aides techniques manuelles: les sangles, les bretelles, les bâches de manutention. Elles sont peu encombrantes, peu onéreuses et peuvent être déplacées facilement, mises dans un coffre de voiture, emportées en vacances 2. les aides techniques fixes: les barres d'appui, les potences au lit, les portiques 3. les aides techniques mécanisées: les soulèvepersonnes, les chaises de douche...

Aides techniques: mode d'emploi Utiliser une nouvelle aide technique nécessite des explications et souvent un apprentissage, un suivi et une possibilité d'obtenir de l'aide et des conseils si nécessaire. Certaines aides techniques peuvent s'avérer compliquées d'utilisation et vous aurez parfois besoin d'une bonne formation pour l'utiliser correctement. N'hésitez pas à demander conseil auprès de la plateforme info-éducative (267026). La coordinatrice et l’équipe pluridisciplinaire vous renseigneront.

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psychologue

Le transfert : un moment de relation privilégiée? Message de Régine Arnold, psychologue et licenciée en orthophonie, coordinatrice-psychologue au Centre Psycho-Gériatrique à Steinfort

Au-delà des aides techniques

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Un moment de partage et d'émotion.

Tout transfert, tout changement de position d'une personne à mobilité réduite peut-être «utilisé» pour se rapprocher d'elle et pour entrer en communication avec elle. Peu importe sa pathologie, ce qui est essentiel, c'est le contact entre deux êtres humains. Par ailleurs, la relation à l'autre n'est pas toujours simple; il pourrait exister un processus de déshumanisation, de dépossession des personnes. Pour cette raison, il convient de se définir un cadre, de se mettre des

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limites pour éviter que la personne ne devienne un objet de soin. Ainsi, pour une prise en charge globale de la personne, pour un accompagnement sans attente irréaliste et dans le respect des particularités de chacun, il est utile de s'arrêter un moment et de réfléchir sur le sens de la vie relationnelle, des valeurs qui nous sont chères et que nous voudrions communiquer à l'autre. Je pense aux valeurs telles que: • la dignité (nous sommes des sujets jusqu'au bout de notre vie); • le respect de l'autre et de soi dans nos particularités culturelles, nos désirs et notre histoire de vie;

Se garder de ne soigner que la maladie au risque de (mal)traiter la personne

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• la liberté de choisir et d'accepter des changements; • la complémentarité et la solidarité (faire ensemble); • l'intimité, la pudeur et l'image de soi.

Le transfert et le sentiment de sécurité Cet acte enveloppant et chaleureux redonne également vie aux souvenirs et émotions anciens comme celui de la mère qui prend son enfant délicatement dans ses bras et le dépose tout en douceur et avec amour sur sa chaise ou dans son lit. Quelque soit la méthode utilisée, veillons à donner à la personne un sentiment de sécurité. Par conséquent, un acte de la vie de tous les jours peut être perçu comme un moment privilégié de relation intime.


Un transfert tout en douceur et en complémentarité Selon la méthode enseignée par Pincovici, le transfert peut se réaliser également à l'aide de gestes chaleureux et enveloppants.

De la position assise au fauteuil vers la position debout

Déplacement vers le lit

Position agréable au lit

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Prenons le temps de créer ce moment de contact; arrêtons-nous afin de ressentir et de partager avec nos proches toutes les émotions qui en émergeront. les cahiers de l’autonomie

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infirmière

Simone Majerus, Infirmière spécialisée en soins palliatifs Help-Doheem Versuergt Propos recueillis par S. Jeanty En guise d'introduction à la problématique du positionnement, nous nous permettons de vous inviter à faire un test… “Lorsque vous êtes assis(e) à votre bureau devant l'ordinateur, ou devant la télévision, notez le nombre de fois que vous changez inconsciemment voire consciemment de position pendant une heure (cela peut être par exemple bouger un pied, une jambe, un bras ou encore vous relever, etc). Faites ce test un autre jour et comparez les résultats,… N'hésitez pas non plus à confronter ces résultats

Madame Majerus, existe-t-il une règle d'or pour installer confortablement une personne moins mobile, voire dépendante? Suite au test ci-dessus, vous pourrez constater que les résultats - variables d'une personne à l'autre et d'un jour à l'autre - permettent de prendre conscience que le bon positionnement n'existe pas dans l'absolu… bien qu'il soit valable momentanément et pour une personne donnée… d'où la vraie problématique du «positionnement». Il n'y a donc pas de règle précise mais ces trois principes vous serviront certainement… 1. Etre à l'écoute de la personne, essayer, tester et corriger en fonction des besoins et sensations. En outre, le vécu de la personne influencera largement le choix… Par exemple, pourquoi obliger quelqu'un à dormir sur le côté alors que celui-ci a toujours dormi sur le dos?

avec la famille, des amis …” Qu'en pensez-vous?

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2. Penser à modifier assez souvent les points d'appui afin d'éviter des rougeurs de la

peau, voire des plaies. En effet, on oublie souvent que la position assise est la plus «dangereuse» de ce point de vue, car tout le poids du corps repose sur une petite surface. Par contre, changer l'inclinaison du fauteuil permettra déjà de repartir ce poids sur plusieurs points de contact… 3. Privilégier la sécurité. Il arrive qu'une position soit agréable sur le moment mais qu'au fil du temps et par manque d'appuis, contacts corrects, la position devienne inconfortable, voire même dangereuse comme par exemple glisser du fauteuil…

A domicile, quel matériel, mobilier préconisez-vous? Les personnes à domicile sont habituées avec le mobilier qu'elles possèdent depuis de nombreuses années… Il ne faudra pas nécessairement prévoir du nouveau matériel que la personne n'utilisera pas car elle n'en éprouvera pas le besoin et/ou l'envie. Cependant, le lit médicalisé souvent présent et accepté au


Vous avez dit LE bon positionnement ?

Bon exemple : Le corps entier se trouve dans un seul axe, La tête et le bas du dos sont soutenus, Les bras sont maintenus par un coussin, Les pieds sont dans leur axe.

Mauvais exemple : Le corps entier se trouve placé dans différents axes. En outre, le risque de glisser du fauteuil est important. La tête n’est pas soutenue, Le bras droit se trouve dans le vide, sans maintien, Le pied droit est dans une position inconfortable.

Veuillez noter que la position est confortable pour la personne photographiée mais pas nécessairement pour vous… C’est en discutant, en testant que nous avons pu trouver la position confortable…

domicile de personnes dépendantes - permettra une facilité dans le positionnement tant pour l'entourage que pour la personne. Les coussins aussi seront utiles pour permettre à une person-

ne de conserver une position. Il en existe de nombreux types (carré, triangle, arrondis) et de différentes textures. A nouveau, la créativité devra être privilégiée et il ne faudra pas non plus hésiter à inventer.

Quelle serait votre conclusion? Soyez surtout à l'écoute, n'hésitez pas à être créatif car rien n'est finalement impossible...

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témoignage

Ma journée? Le point de vue de Eric Henry, cadre administratif dans un service d'aide sociale, membre du groupe transfrontalier - Longwy France Propos recueillis par S. Jeanty

Vous avez dit une journée en fauteuil ? Oui, je suis assis dans mon fauteuil roulant toute la journée, en moyenne 13 à 14 heures par jour. En fait, je suis atteint d’une maladie orpheline, l’arthrogrypose (www.arthrogrypose.com et www.arthrogrypose.fr ) - une des formes les plus sévères. Cela se caractérise par la malformation de mon squelette et une raideur de toutes mes articulations. Heureusement, j’ai gardé toute la sensibilité au niveau du bassin et surtout je peux encore bouger de position seul dans le fauteuil roulant, ce qui m’empêche d’avoir des problèmes de plaies. Cependant, pour plus de sécurité, le siège de mon fauteuil est complété par du gel spécifique. Et… vivre debout vous manque-t-il ? Non car je suis en fauteuil depuis mon enfance et lors d’une tentative de verticalisation chez le kinésithérapeute, j’ai souffert car mon corps n’était pas habitué à ces contraintes. Mes voûtes plantaires m’avaient fait souffrir et en plus… j’avais le vertige… j’ai détesté ce moment et me suis interrogé sur l’intérêt d’être debout. 8

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Et comment avez-vous pensé votre domicile ? Etant donné que je suis dépendant dans certaines activités, j’ai besoin d’aide. Mon choix privilégie l’aide humaine professionnelle et l’utilisation minimale d’aides techniques. En effet, les aides techniques ne correspondent pas à mon style de vie et ma maison, c’est mon «chez moi», mon lieu de vie, ce n’est pas un hôpital ni un foyer. Les seules aides techniques que j’ai à domicile sont: • une porte électrique qui me permet de rentrer chez moi en toute autonomie • un soulève personne manœuvré par une tierce personne pour passer plus facilement du lit vers le fauteuil ou la baignoire Un point sur lequel on discute régulièrement est le lit. Je n’ai pas choisi d’avoir un lit médicalisé et ce, pour deux raisons: • mon autonomie: le lit de grandes dimensions est actuellement à la bonne hauteur pour me permettre de faire le transfert seul, lorsque c’est nécessaire

• l’esthétique: je n’ai pas encore trouvé un lit d’hôpital qui me plaisait et qui pourrait faire partie de mes meubles En fait, je fais une partie du chemin pour soulager les soignants qui m’aident à faire ma toilette au lit en me tournant par exemple. Il va de soi que je fais tout mon possible dans la limite de mes capacités, mais tant que je ne trouverai pas un lit qui me convient, je ne voudrai pas en changer. En analysant votre journée, pensez-vous perdre du temps par rapport aux personnes mobiles ? Pas vraiment. Pour moi, 15 minutes par jour sont suffisantes pour faire les divers transferts. Ce temps est calculé pour une personne qui connaît ma situation. Par contre, lors d’un premier passage, il faut compter entre 15 et 30 minutes supplémentaires. En effet, il faut bien souvent aider les soignants à vaincre leur peur, leur expliquer comment faire pour se protéger de mauvais mouvements ainsi que pour manipuler le soulèvepersonne. A mon avis, il manque à la sortie de l’école des cours de manutention et d’approche des aides techniques.


C'est dans un fauteuil…

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Ma maison, c'est mon «chez moi», mon lieu de vie, ce n'est pas un hôpital ni un foyer.

Le point noir est le fait que je dois me lever, manger et me coucher à heures fixes car les aides viennent à la même heure, également le week-end mais nous sommes en discussion pour modifier les heures pendant les jours libres. C’est vrai que cette organisation me pèse un peu. Je suis au lit à 21 heures et cela me laisse peu de temps libre après mon retour du travail. Heureu-

sement, je possède une voiture pour me déplacer. Vous avez une voiture, pouvez-vous la décrire ? En effet, j’ai une voiture adaptée avec rampe et porte électriques. Ces deux aides me permettent de rentrer dans la voiture. Mon fauteuil roulant est conçu pour être aussi mon

siège conducteur. Il comporte un appui-tête et je conduis ma voiture à l’aide d’un joystick. C’est une grande voiture alors que moi, je rêvais d’une mini… mais ce n’était pas possible… Quels sont vos loisirs, vous pratiquez un sport, vous avez une passion ? Oui la plongée sous-marine. Le transfert dans l’eau est assez simple en mer mais en ce qui concerne la remontée dans le bateau par la suite, c’est plus compliqué et je suis dépendant d’aide d’extérieure, l’une qui me pousse et l’autre qui me tire vers le bateau. Un jour, il m’est arrivé de me retrouver sans combinaison car c’était par le capuchon que mes aides avaient tiré et par la même occasion m’avaient déshabillé heureusement, l’eau était à 24°... Quelle serait votre conclusion, avez-vous quelque chose à ajouter ? Pour moi le domicile doit rester le domicile, c’est-à-dire un lieu de vie… Il faut être conscient que l’aide vient chez la personne et que les deux acteurs doivent faire des compromis…

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l’invitée du mois

“Docteur, je veux rentrer à domicile” Docteur Valet, médecin rééducateur du service de rééducation fonctionnelle gériatrique. Hôpital Intercommunal de Steinfort Propos recueillis par S. Jeanty

Docteur Valet, pouvez-vous nous en dire plus sur le Service de Rééducation Fonctionnelle Gériatrique? Ce service dispense des soins et services de rééducation à des personnes atteintes d'une ou de plusieurs déficiences physiques à la suite d'une maladie ou d'un traumatisme, en vue d'un retour à domicile. Notre objectif qui guide et soutient toutes les actions soignantes prestées est le recouvrement de l'autonomie du patient. Les buts idéaux, ceux vers lesquels nous essayons de tendre pourraient être résumés comme suit: 10

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• la mobilité: être capable de se déplacer en sécurité • l'autonomie dans les transferts: par exemple se lever du lit le matin,… • l'autonomie au niveau de l'hygiène: se laver et s'habiller,… Comment se prépare le retour à domicile, à partir de quand entrevoit-on celui-ci ? Dès la rentrée du patient dans le service. En effet, nous fixons en équipe interdisciplinaire (médecins, infirmières, kinésithérapeutes, ergothérapeutes et assistante sociale) les objectifs pour chaque patient

et nous sommes attentifs à une bonne adéquation entre ceux-ci et ceux du patient et/ou de la famille. Toutes les deux semaines, nous nous réunissons pour faire un bilan d'évolution et réévaluer nos objectifs. En outre, lorsque le retour à domicile est proche, une visite à domicile est effectuée avec l'ergothérapeute. Bien souvent la famille et/ou le patient sont présents pour envisager d'éventuelles adaptations ou présence d'aides techniques. Lors de ces visites, la participation du réseau d'aides et de soins peut être nécessaire. En effet, le retour à domicile est l'affaire de tous.


Par rapport au thème, quels sont les conseils que vous donnez le plus fréquemment pour une personne par exemple opérée d'une prothèse de hanche ? Il est toujours difficile de donner des généralités mais les conseils repris ci-dessous sont vraiment les plus importants : • sortir du lit du côté de la hanche opérée, • empêcher les flexions importantes de la jambe, • éviter de s'asseoir sur un siège trop bas, • promouvoir des chaises avec des accoudoirs. Etant donné que la majorité des patients sont admis à la suite de chutes, la prévention de ces chutes à domicile est primordiale. Nous pourrions citer comme exemple simple de prévention, avoir: un éclairage adéquat, une lampe de chevet à proximité du lit, un accès dégagé vers les toilettes, le téléphone à proximité du lit tout en évitant des fils ou des tapis dans lesquels on pourrait se prendre les pieds, …

ils seront épaulés par l’assistante sociale qui les rendra attentifs à toutes les démarches à effectuer, par exemple, pour l'obtention d'aides techniques lors du retour. Cependant, il faut aussi veiller aux rôles et limites des différents intervenants. En effet, il est normal que la famille veuille faire le maximum mais il ne faudra pas oublier qu'un transfert mal fait par une personne non habituée pourra être dangereux pour les deux intervenants. La réussite du retour au domicile nécessite de bonnes relations entre les différents intervenants, l'hôpital de Steinfort, les réseaux de soins, le médecin généraliste, le patient et la famille. Quels sont pour vous les 3 mots clés du retour à domicile ? Sans hésiter: autonomie, sécurité et confiance.

Le troisième mot clé - la confiance - est aussi vital car la peur du retour au domicile est souvent présente: notre mission est aussi de mettre les personnes en confiance et de leur montrer que grâce à leurs progrès, grâce aux aides (techniques, par les réseaux,…), un retour et une pérennisation du retour au domicile est possible.

Quelques statistiques pour 2005-2006 • 70 % des patients admis repartent vers leur domicile, 30 % intègrent un appartement encadré, une maison de repos ou de soins. • 65 % des patients proviennent de services de traumatologie, d'orthopédie ou de médecine interne. La majorité de ces patients sont hospitalisés suite à une chute. • 35 % des patients proviennent du service de neurologie.

Quelle est la place de la famille dans votre préparation? La place de la famille est essentielle. Elle sera aidée par l’assistante sociale dans les démarches à effectuer. La famille et les proches doivent être responsabilisés et assumer leur rôle envers le patient. Pour ce faire,

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La plateforme info-éducative

Quoi de neuf ? La plateforme info-éducative en 2007... Des nouveaux thèmes: • La peau, les plaies • L'enfant et la personne âgée • Le bénévolat • Mon devenir et celui de mon entourage Des permanences spécifiques: L'association Luxembourg Alzheimer (ALA) sera présente tous les premiers mardis du mois pour répondre à vos questions et ce de 14.00 à 16.00. La première permanence est prévue le 5 décembre 2006 en présence de Mme Elsen - assistante d'hygiène sociale. Des cahiers encore plus étoffés: En effet, désormais une page vous sera destinée. Vous pourrez témoigner, nous faire part de questions ou encore de manifestations qui se déroulent dans votre région. Le tout en rapport avec la santé… N'hésitez pas à nous contacter…

Fälschung und Original

Jeu des erreurs

La photo N° 1 diffère de la photo N°2 par 7 fautes. Trouvez-les et marquez-les par une flèche -> ou par X.

1

Vous pouvez envoyer la solution à „Help“. Un tirage au sort sera effectué parmi les bonnes réponses. Les trois premiers recevront un prix.

Photo de / Bilder von: Maurice Gilson

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Das Bild No 1 unterscheidet sich von Bild No 2 durch 7 Fehler. Finden Sie sie heraus und kennzeichnen Sie dieselben durch ein -> oder X. Sie können die Lösung an «Help» schicken; die Auslosung erfolgt unter den richtigen Antworten. Die ersten Drei erhalten einen Preis.

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Die Info-Bildungs-Plattform

Was gibt es Neues? Die Info-Bildungs-Plattform 2007 Die neuen Themen: • Die Haut, die Wunden • Das Kind und die ältere Person • Die ehrenamtliche Arbeit • Meine Entwicklung und die meines Umfeldes Spezifische Bereitschaftsdienste: Die Luxemburger Alzheimer Vereinigung (ALA) wird an jedem ersten Dienstag des Monats anwesend sein, um Ihre Fragen zwischen 14.00 und 16.00 Uhr zu beantworten. Der erste Bereitschaftsdienst ist für den fünften Dezember 2006 vorgesehen, im Beisein von Frau Elsen Sozialarbeiterin für Hygiene. Noch reichlicher gefüllte Hefte: Tatsächlich ist von nun an eine Seite für Sie vorgesehen. Sie können sich mitteilen, Ihre Fragen stellen oder Veranstaltungen anzeigen, die in Ihrer Gegend stattfinden. Alles in Bezug auf die Gesundheit ... Zögern Sie nicht Kontakt, mit uns aufzunehmen ...

Prochaine édition prévue en février 2007 / Nächste Ausgabe: Februar 2007 Thème abordé: La peau, les plaies / Thema: Die Haut, die Wunden Pour recevoir régulièrement le bulletin par la poste, veuillez renvoyer le coupon réponse ci-dessous: Sie können dieses Heft regelmässig und kostenlos beziehen.

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Cahiers de l'autonomie n05 - Le positionnement, le transfert  

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