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BABA AHMED DONNE LE COUP D’ENVOI DE L’EXAMEN une injustice), DE 6e À PARTIR DE TIZI OUZOU :

tout en faussant les statistiques. Notre interlocuteur plonge dans l’histoire sociale et politique du pays pour pister ce regard

Ph. T. Rouabah

“Je suis satisfait des conditions de déroulement”

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E NQ U ÊT E

CHEIKH ABDALLAH BEN ZAYED AL NAHYANE, MAE ÉMIRATI, AUJOURD’HUI À ALGER :

19 Radjeb 1434 - Mercredi 29 Mai 2013 - N°14832 - Nouvelle série - www.elmoudjahid.com - ISSN 1111-0287

dèle de consommation durant la colonisation. Les Algériens prendront une revanche contre ces barricades érigées par le système colonial une

travail réel, estime de son côté,le Dr Benhammadi Abdelkader, maître de conférences au département des sciences économiques à l’université d’Oran. Cet universitaire n’hésite pas

cache, ce que le conformisme permet ? L’Algérie est le seul pays au monde à accorder des crédits avec une facilité déconcertante. Cette facilité, au lieu d’être saisie comme une

Une réalité conforme aux clichés ?

Lundi, 11 heures, direction de la formation professionnelle de la wilaya d’Oran. Deux jeunes bien décidés tentent de convaincre leur interlocuteur de leur délivrer un certificat de capacité dans un métier qu’ils affirment exercer depuis de nombreuses années. “Nos relations Ferrailleurs tous les deux, ils sollicitent un diplôme d’État sur la base de leur expérience sans avoir à suivre une formation en rapport revêtent un caractère multidimensionnel” dans l’un des 17 centres d’apprentissage que compte la wilaya.

L A R E V O L U T I O N PA R L E P E U P L E E T P O U R L E P E U P L E

FORUM DE PARTENARIAT ALGÉRO-FRANÇAIS

Article par : Une vision à long terme Mohamed Koursi

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RAMADHAN 2013

moyen peut réaliser jusqu’à 30 mètres carrés par jour, le coffreur et le ferrailleur sont payés de 600 à 800 dinars le mette carré... autrement dit, ces ouvriers spécialisés peuvent couvrir une surface de 100 mètres carrés en moins de 15 jours, l’ouvrier faïencier exige 600 dinars au minimum et le carreleur entre 150 et 250 dinars. Faites votre calcul pour un revenu mensuel dans ces types de métier, un salaire qui colle aux salaires versés aux cadres dans les entreprises. Et inutile de «marchander» avec un plombier ou un électricien. Il n y a aucune norme ni grille de tarification pour évaluer les travaux. Ils exigent un forfait et on accepte, sinon ils quittent le chantier. Voilà résumées les réponses de différentes sources à notre question.

« Si vous ne trouvez pas de travailleurs, c’est parce que vous les payez mal » Le maçon est payé de 100 jusqu’à 150 dinars le mètre carré pour construire un mur, un ouvrier

« Le chômage n’existe pas ! » Pour en avoir le cœur net, nous sommes allés demander à plusieurs promoteurs, notamment Omar Kahia, diplomé HEC de Montréal et promoteur immobilier à Oran.

Ph. A. Hammadi

n fait, la procédure existe. Les pouvoirs publics permettent ce genre Le mercredi 29 Mai 2013 de délivrance d’un certificat sans imposer la formation traditionnelle M. Benaïssa : “Le marché serade bien12 approvisionné mois pour ce type de métier, en viandes” à condition de justifier, sur la base OUVERTURE AUJOURD’HUI DE LAd’un 46 FIA certificat de travail, un exer930 entreprises cice de trois années et d’une affiattendues liation au niveau de la CNAS. Une DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE LAIT mesure «prudente» pour dissuader Recours à l’expertise néerlandaise la présentation de certificats de traFESTIVAL MAWAZINE, vailDUde complaisance. Avec ce doRYTHMES MONDE cument, Concert le jeune demandeur d’un Venir à bout de la contrefaçon Création d’un comité mixte époustouflant diplôme passe un test d’aptitude de Mami durée d’une journée, au Vers la conclusion d’un accord d’une “Le projet de l’usine d’Oran dans le domaine du logement à Rabat avance selon le calendrier établi” maximum de deux jours, et le voilà COLLOQUE INTERNATIONAL SUR “L’ÉMIR ABDELKADER fort d’un titre qui peut ouvrir les ET LE DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE” Aux frontières portes de certains chantiers et surtout de certaines administrations et du chômage banques. et de l’inactivité En fait, dans les métiers du bâSelon les définitions adoptées par les institutions internationales, timent, la situation est paradoxale, notamment le Bureau international du travail (BIT), le chômeur est une le moins que l’on puisse dire Le précurseur de lac’est codification personne sans emploi, mais en quête d’un travail. : demoderne nombreux chantiers tournent du droit humanitaire au ralenti par manque de travailQuotidien national d’information — 20, rue de la Liberté - Alger — Tél. : (021) 73.70.81 — Fax : (021) 73.90.43 — 55 Année — Algérie : 10,00 DA - France : 1 € leurs ! La situation peut étonner surtout celui habitué à subir les justifications des jeunes sur la difficulté, voire l’impossibilité de trouver du travail. C’est faux, affirment de nombreux promoteurs que l’on a rencontrés. «Comment parler de manque d’offre de postes de travail alors que le monde entier toque à nos frontières pour venir construire !» s’exclame M. Akeb Nasreddine, délégué régional de l’Union générale des entrepreneurs algériens. Nous tentons une petite défense des jeunes «hitistes» en reproduisant un discours communément repris par de nombreux jeunes que l’on a rencontrés. P. 32

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Ph.Wafa

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◗ SIGNATURE D’UN MÉMORANDUM DE COOPÉRATION DANS LE DOMAINE DU COMMERCE

◗ RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION INDUSTRIELLE

◗ HABITAT

◗ BERNARD SONILHAC, PDG DE RENAULT ALGÉRIE PRODUCTION :

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Ph. Nesrine T.

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D O S S I E R

maison après une dure journée de travail, même bien rémunérée, n’est pas dans l’imaginaire populaire, l’image de la réussite sociale. M. K.

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Omar est catégorique : «En Algérie, dans le bâtiment, le chômage n’existe pas ! Par contre, il y a un rejet incompréhensible des jeunes de certains métiers pourtant bien rémunéré» Une preuve ? Notre interlocuteur demande à son directeur de personnel de nous montrer les fiches de paie des travailleurs sur chantier, de simples manœuvres et maçons à 30.000 dinars/mois, des ferrailleurs et des coffreurs à 75.000 dinars… Pourtant, paradoxalement, ces deux dernières «spécialités» sont difficiles à trouver sur le marché. Et l’Agence nationale de l’emploi ? «Malheureusement, ces métiers spécifiques sont rarement enregistrés au niveau de cette agence.» En effet, plus de 60% des chômeurs, garçons et filles, ne s’adressent pas aux organismes étatiques (ANEM, ANSEJ, ANJEM) mis en place pour la résorption du chômage qui sévit au sein de la jeunesse en Algérie. Si l’on croit les résultats d’une enquête menée dans trois quartiers populaires d’Oran. Qu’à

Mercredi 29 Mai 2013

cela ne tienne, il propose au directeur de wilaya de l’emploi, une convention bien particulière : former sur ses chantiers, des ferrailleurs et des coffreurs. Aujourd’hui, l’expérience a pris, et ils sont une cinquantaine à avoir gagné leurs galons sur ses chantiers qui plus est dans un métier très bien rémunéré. Au moment de notre enquête, nous avons appris, par ailleurs, qu’une entreprise italienne, qui a décroché plusieurs contrats de réhabilitation d’immeubles au centre d’Oran, a pris en charge la formation dans les métiers de la réfection, plusieurs jeunes maçons avec contrat de travail à la clé. Un chômage choisi ? Mais comment expliquer le manque de ces métiers spécifiques sur le marché de l’offre de l’emploi ? Retour à la sphère de l’apprentissage, autrement dit aux centres et instituts de formation de la wilaya d’Oran. Oran dispose de 17 centres de formation et 3 instituts. Aucun d’entre eux n’assure une formation

dans les métiers de la réhabilitation des immeubles. Il est peut-être temps de pallier cette carence. Les trois instituts prennent en charge la formation des stagiaires qui doivent justifier d’au moins le niveau de terminale pour prétendre à une formation, les centres, par contre, sont ouverts à tout jeune même sans niveau scolaire et dispensent des formations dans de nombreux métiers liés aussi bien au bâtiment qu’aux services tels la coiffure ou la restauration. Alors, si la formation existe, pourquoi cette pénurie de main-d’œuvre spécialisée ? C’est parceque les jeunes refusent les métiers liés au bâtiment, arguant que c’est une activité dure, physique mal rémunérée. Même les parents qui accompagnent leurs enfants le jour de l’inscription opposent un niet catégorique aux métiers du bâtiment ; ce qu’ils veulent, c’est informaticien, coiffeur, restaurateur, mais maçon ? Jamais ! La façon même de parler de cette opportunité révèle non seulement un manque flagrant d’information, mais, chose plus grave, un regard social dévalorisant sur un des meilleurs métiers pour le moment, sachant que l’Algérie est un chantier à ciel ouvert, déplore ce responsable d’un centre de formation. Le débit de notre interlocuteur est fluide, preuve que sur cette question, il a eu à en débattre à plusieurs reprises. Absence de flexibilité Les jeunes en quête de stages de formation ou d’apprentissage dans les centres se détournent — c’est un fait — de ces métiers dit «manuels» de ces métiers de chantiers. Et si les griefs qu’ils ont, notamment ceux en rapport avec les niveaux salariaux appliqués sur les chantiers, étaient en partie vrais ?

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Article el moudjahid mai 2013  

Article El Moudjahid 29 mai 2013

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