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© Olivier Lejeune

rappeler à la réalité et nous faire apprécier le moment présent, la joie d’être à l’extérieur de tout ça. Aussi apprécier la nature, la beauté du monde, goûter chaque journée, essayer de faire du bien autour de soi et ne pas se recroqueviller sur ses propres problèmes, s’ouvrir aux autres. La mort est une leçon de vie. Ma petite maman va bientôt avoir 90 ans et nous en parlons souvent. Quand on est artiste, comédien, on a peur d’être frustré, de partir avant d’avoir terminé ce que l’on a à faire. Donc apprécier chaque journée, transmettre la bonne humeur, la bonne énergie et remonter le moral des gens qui se laissent glisser, c’est comme remonter le nôtre, c’est une sorte de ricochet d’énergie, plus on donne, plus on reçoit . Les gens peu généreux qui "s’économisent" et restent recroquevillés sur eux-mêmes recevront peu, il y a une sorte d’écho, de justice je dirai “divine”. Pour en terminer sur le capital santé, une autre chose que l’on ne dit pas assez qui est quasi obligatoire, c’est de prendre chaque matin du magnésium, de la vitamine C - très importante - et aussi du sélénium pour la mémoire, cet antioxydant qui retarde le vieillissement des cellules. Prendre des compléments alimentaires oui mais manger Bio est aussi essentiel. Et cette phrase “Je vous souhaite la santé !” que les jeunes entendent alors qu’ils se sentent quasiment invulnérables, prend avec l’âge de plus en plus de valeur. Au moral, c’est le positivisme. Je travaille encore 17h par jour et on me traite souvent de stakhanoviste mais comme pour ma mère, c’est naturel chez nous. C’est la passion, c’est l’envie d'avancer, d’aider. Toujours tourné vers les autres, je suis conscient d’avoir aidé nombre de copains, les gens m’aiment bien mais je suis resté un deuxième couteau alors que d’autres, plus nombrilistes, arrivent en haut. Je sais aussi que l’on peut se faire bouffer et quelquefois la révolte s’installe (on ne peut pas porter les problèmes de tous) puis on se laisse à nouveau attendrir, le bon cœur reprend le dessus, le naturel revient… Mais je n’ai aucune amertume et ce n’est pas une critique. Vous avez 68 ans, comment tenez-vous en cas de

fatigue avec les tournées, les transports, les représentations ? Je travaille, j’ai mon ordi, mon cahier, je prends des notes et j’essaye toujours de créer. Je fais peut-être moins de nuits blanches qu’avant où j’étais capable d’écrire jusqu’à 6h du matin en fumant des cigares que j’adore. La nuit et sa tranquillité sont mon domaine. J’ai fait ça pendant quinze ans où je n’ai dormi que trois ou quatre heures par nuit pour gagner du temps dans la journée, j’ai abusé… d’où mon souci de santé. Maintenant que je n’ai plus mon compagnon qui me tenait éveillé (ndlr : sa chienne partie à 17 ans), je me couche vers 1h du matin comme tout le monde. Vous dites dans votre livre que dormir est important pour mémoriser… Oui, les gens qui dorment plus ont une meilleure mémoire, c’est prouvé par des études faites auprès d'étudiants. En tant que personnalité médiatique, quel rapport entretenez-vous avec les diktats esthétiques, voire le “jeunisme” ambiant qui guide le monde, par rapport à votre position, à votre image, même si on commence à voir des personnes matures dans les publicités ? Avec mon nom “Lejeune” j’ai la chance d’avoir un avantage sur les autres… En Belgique, après avoir fait la classe pendant sept ans, j’ai été engagé comme présentateur TV vedette pour une émission qui s’appelait “Bon week-end”, une émission de divertissement jamais battue en audience, pourtant au bout de cinq ans… exactement ce que Patrick Sébastien vient de vivre… C’est vrai qu’à un moment on vous dit, “Mes enfants Chéris, maintenant place aux jeunes  !  Le public veut des jeunes”. Je ne suis pas persuadé de ça du tout. Quand cela arrive à une valeur comme P. Sébastien, le meilleur créatif, l'homme de télé idéal, sous prétexte que Mme Delphine Ernotte a décidé qu’elle ne voulait plus d’homme blanc de plus de 50 ans, je trouve ça lamentable. P. Sébastien a une grande force de caractère. Je travaille avec Été 2019 PLEINIORS MAG

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Pleiniors Mag n°22  

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