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Hadrien De Riemaecker 2011-2012 promotrice Julie Martineau


BACK TO THE FUTURE


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« La terre sur laquelle il marchait, cette terre noire sur laquelle ses pas laissaient des empreintes phosphoriphiques derrière lui, était faite des cendres de millions d'homme disparus tout au long de l'existence séculaire de la ville. » Richard Jefferies, After London, 1885

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-Introduction«L'édifice est comme un livre de pierre, où sont écrites les idées, les aspirations, les tristesses de ceux qui l'ont élevé. Nous avons bien raison d'appeler ces œuvres des monuments historiques ; en effet, ils racontent l'histoire ; ils nous font comprendre le temps.» Victor Hugo

Le temps passe, laisse des traces, marque nos villes, marque nos vies. Cette notion impalpable a sans cesse fasciné, terrifié, intrigué l'homme. On cherche a comprendre le temps, a le prévoir, a l'arrêter, a l'accélérer, a le contrôler ; il a été étudié, théorisé, calculé, vraisemblablement parce qu’il représente la vie, la mort, le progrès, la déchéance... . Il représente tout, il est omniprésent. Relatif a chaque individu, il est pourtant commun à tous. Mais quelle est son influence sur la ville, sur l'architecture, sur la matière ? Suite à une étude de projet sur Charleroi, ma recherche s'est dirigée vers le temps, ou plutôt les temps qui régissent une ville. Au fil des visites, j'ai découvert dans celle qu'on appelle la capitale du « Pays noir » des ruines envoûtantes, des paysages mécaniques, des infrastructures imposantes, parfois étouffantes mais rayonnant une force inexplicable. Mon regard d'architecte a vu dans cette lente agonie un certain romantisme et par la photographie j'ai figé un univers fantasmagorique. Après analyse, ces vues de l'esprit -7-


me sont apparues déconnectées de la réalité mais offrant tout de même une notion poétique exploitable. Cherchant une piste pour redynamiser cette ville en perte de croissance, des interrogations me sont venues à propos de la manière de mettre en place un plan d'urbanisme global. Il me fallait un axe pour approcher le sujet, et la temporalité s'est imposée à moi. C'est donc avec comme arrière plan Charleroi et plus généralement les villes postindustrielles en décroissance, que ce travail s'est structuré. Sans prétendre être exhaustif, j'ai cherché a identifier dans les villes postindustrielles en décroissance, des formes temporelles à différentes échelles et à différents moments. En fouillant dans le passé et en analysant le présent, une réponse urbanistique fortement ancrée dans son contexte pourrait se dessiner pour le futur. Pour commencer, quelques exemples de cause de ruptures du cycle de la ville m'ont permis de cibler ma recherche. Ensuite, la question de la temporalité propre de la ville et celle de l'architecture m'a permis de mettre en valeur l'importance de la mémoire et la permanence comme vecteur identitaire d'une ville. La recherche se poursuit sur les marques et les traces visibles que laisse le temps sur la ville, et leurs influences sur la forme urbaine, et ce de l'échelle macro du paysage, à l'échelle micro de la matière. Ensuite, l'identification de dénominateurs communs aux différentes définitions de la durabilité m'a permis d'introduire des notions telles que la résilience et surtout la mutabilité dans la planification urbaine afin d'ouvrir le -8-


débat à propos d'une nouvelle méthodologie urbanistique. Ce travail pose la question de la place de l'architecte lorsqu'il intervient sur un tissu urbain, quelque soit l'échelle de l'intervention, ainsi que de l'humilité dont il doit faire preuve. Pourquoi s’efforcer à vouloir contrôler ce qui nous dépasse alors que comme le dit si bien J. Richer : « Le temps parachève toute création.».

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-Rupture du cycle de la villeChaque ville, quelle qu’elle soit, est régie par un cycle de vie. Elle se forme, se transforme par une suite de couches successives déterminées par son histoire. Elle se développe au fil des siècles suivant ses besoins. Elle se construit suite à une sédimentation hétéroclite progressive. Une multitude de dynamiques interagissent afin de créer l'identité de la ville au fil du temps. Alors qu'on observe, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une augmentation constante de la population urbaine dans le monde entier1, on constate aujourd'hui un autre phénomène paradoxal. L'augmentation des villes dites en décroissance, comprenons par là une décroissance économique et démographique : les Shrinking cities. Ces villes voient leur cycle perturbé, leur futur se disloquer, et ce en raison de nombreux facteurs souvent imprévisibles et difficilement contrôlables. Pour certaines, une catastrophe naturelle ou industrielle vient interrompre le fil du temps et donc la vie qui l'anime de manière plus ou moins définitive. C'est le cas par exemple à Sendaï au Japon, après le tsunami de mars 2011, où le temps c'est arrêté de manière brutale et ce pour une période indéterminée. D'autres n'ont jamais vu leur cycle de vie commencer. On peut presque parler de ville morte-née. Kangbashi, dans la 1 « En 2007, la population mondiale urbaine a dépassé la population rurale. De 1950 à 2000, le nombre de ville de plus de 100 000 habitants a augmenté de 240%.», http://www.lafabriquedelacite.com, 2011 - 10 -


steppe de la Mongolie intérieure, est un exemple parmi d'autres. Surgi de terre en 2009 afin d’accueillir un million de personnes, elle n'en abrite aujourd'hui que 30 000. Les rues désespérément désertes se succèdent. Au lieu du brouhaha, c'est un silence assourdissant qui enveloppe les quartiers commerçants. Cette ville n'a pas pris le temps de rencontrer son histoire. Ensuite il y a ces villes qui se sont construites autour d'une activité principale, d'une industrie. Souvent, elles ont subi une croissance fulgurante et ont dû répondre à leurs besoins dans l'urgence. Tant que l'industrie dynamisait la ville, elles vivaient à la cadence infernale des machines et se sont alors développées dans la précipitation. Ces villes monofonctionnelles n'ont pas envisagé qu'un jour cette dynamique industrielle pouvait s’essouffler. La population qui donnait vie à la ville a dès lors suivi de près le départ de l'industrie. Le temps semble ralentir, la ville paraît s'éroder. Quels gestes adopter pour sa survie ? Face à ce constat, une question s'impose : le rythme ralentissant ne pourrait-il pas être une opportunité afin d'imaginer la ville de demain ? La trace du temps qui passe n'est-elle pas un potentiel dynamisant ?

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-Ville et architectureTout d'abord il me paraît nécessaire de tenter de définir le temps dans l'architecture et la ville. Je poursuis ici quelques pistes que d'autres avant moi ont déjà explorées car selon André Corboz1 comprendre les temps, c'est se donner la chance d'une intervention plus intelligente. L'architecture et la ville ont leur forme temporelle propre bien qu'elles soient interdépendantes. L'architecture est généralement pensée dans son entièreté avant sa mise en œuvre. Elle est définie, limitée avant même d'être construite. Sa forme ne changera pas fondamentalement avant sa mort. Sa fonction peut quant à elle évoluer. Aldo Rossi cite par exemple le Palazzo della Ragione de Padoue qui révèle la permanence de l'architecture : « La permanence ici ne signifie pas seulement qu'avec ce monument vous expérimentez encore la forme du passé mais que la forme physique du passé a assumé des fonctions différentes et qu'elle a continué de fonctionner en conditionnant cet environnement urbain dont elle est encore aujourd'hui un foyer important.2» La permanence mise en évidence par Aldo Rossi est vivante, elle participe à la mémoire de la ville. L'architecture peut ainsi être définie comme un moment, une trace d'une 1 CORBOZ, André, Le territoire comme palimpseste, éd. L'imprimeur , p.209-228, 2001 2 ROSSI, Aldo, L'Architecture de la ville, 1966, éd. InFolio, 2001 - 12 -


époque qui inscrit la mémoire dans la ville mais qui doit être assez flexible pour être vécue à travers le temps. Car sans la vie qui l'anime, l'architecture est destinée à sa ruine ou à sa destruction. Il est peut être utile de mettre en opposition cette permanence dynamique avec la permanence immuable. D'un coté, il y a l'architecture qui perdure grâce à son adaptabilité, de l'autre il y a celle qui tente de se substituer au temps. Cette seconde est régie par la volonté de paraître telle qu'elle a été imaginée sur papier. Or l'avènement des outils informatiques dans la conception architecturale a accentué cette volonté d'abstraction spatio-temporelle du bâti. Les images virtuelles se construisent sans le filtre de la réalité de la matière comme composant. Une énergie folle est dépensée pour effacer les traces d'usure afin de rendre le bâti le plus abstrait possible, le plus proche du concept empêchant ainsi le temps et donc l'Histoire et la mémoire de s'y accrocher. Nous n'avons sans doute pas encore le recul nécessaire pour y répondre mais nous pouvons toutefois nous interroger sur la manière dont la ville va réagir face à cette architecture « illusion », face à ces images que l'on empêche de vieillir. L'architecture est, certes, un fondement de la ville, mais elle n'est pas le seul paramètre composant le système complexe qu'est le tissu urbain. La ville peut être considérée comme organique1, collective et multiple. Elle n'est pas composée 1 Pour la notion d'organique je m'en réfère à la définition de Stéphane Gruet: Nous entendons par organique non seulement ce qui est organisé mais ce qui procède comme les organismes vivants selon un système - 13 -


dans son entièreté avant sa construction, contrairement à l'architecture. La ville n'est jamais totalement contrôlée hormis dans les utopies. Or les utopies ne se vivent pas, si ce n'est dans l'imaginaire. Il me paraît important avant toute chose de replacer l'homme au centre de la ville, car c'est lui qui lui donne vie. Or l'homme a besoin de repères, que ce soit dans l'espace ou dans le temps. L'individu s'aide d'une carte mentale formée par des images spatiales pour se souvenir, pour construire sa mémoire. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est bien sur des images spatiales fixes que l'homme voit le temps qui passe. Et c'est cette mémoire qui donne un sens à l'identité d'une ville ou l'âme de la Cité comme dirait Cattaneo1. Maurice Halbwachs écrit : « Lorsqu’un groupe est inséré dans une partie de l'espace, il la transforme à son image, mais en même temps il se plie et s'adapte à des choses matérielles qui lui résistent. Il s'enferme dans le cadre qu'il a construit. L'image du milieu extérieur et des rapports stables qu'il entretien avec lui passe au

synchronique, à la fois un et multiple, qui possède en lui-même le principe et le moteur de son propre développement, où tout ensemble autrement dit agir en même temps sans que l'on discerne aucun ordre hiérarchique,ni enchaînement diachronique de cause à effet. GRUET, Stéphane, L’œuvre et le temps, éd. Poésis, 2003 1 CATTANEO, Carlo, La città considerata come principio ideale delle istorie italiane, Firenze, 1931 - 14 -


premier plan de l'idée qu'il se fait de lui-même.1» Si l'architecture est un moment, alors la ville est une histoire. Ce sont ces moments rentreant en résonance qui vont faire émerger une mémoire collective, moteur même du vecteur identitaire d'une ville. On constate en Europe que de nombreuses villes industrielles ayant connu une explosion démographique suite à une croissance économique fulgurante connaissent aujourd'hui un déclin tout aussi violent. Qu'on parle de Roubaix, Saint-Étienne ou Charleroi, un même schéma se dessine. Ces villes industrielles ont vu converger, dans un laps de temps assez court, des grands flux démographiques en raison de l'emploi créé. Les villes ont dû faire face à une demande importante en logements, en infrastructures, ... . Ces villes se sont développées avec une idée de croissance continue poursuivant l'idéologie moderne du progrès et du déroulement linéaire du temps. Or, comme le dit Hannah Arendt : « Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille.2». En planifiant, en dessinant une ville au nom du progrès, au nom de la raison, le tissu urbain industriel a petit à petit éclipsé les traces du passé, de l'Histoire donnant naissance à des formes urbaines contre nature, contre leur propre nature. De plus ces formes urbaines tiennent en équilibre uniquement grâce à l'industrie autour de laquelle elles se 1 HALBWACHS, Maurice, La mémoire collective, éd. Presses universitaires de France, Paris, 1950 2 HARENDT, Hannah, 1968 - 15 -


sont développées. Celle-ci disparaissant, c'est tout le système qui semble s'effondrer. « Tout progrès donne naissance à une catastrophe. Au plus grand est le progrès au plus grande est la catastrophe1 .» Les débats théoriques actuels sur la ville semblent confondre la temporalité de l'architecture et celle de la ville. Il y a une volonté persistante de contrôle absolu, de nier l'imprévisible, d'architecturiser la ville. Cela se fait sans prendre en considération un paramètre essentiel : le temps. Ou plutôt les temps. A coup de réglementations, de sectorialisations, le paysage urbain s'est disloqué et a perdu sa cohérence. Il est aujourd'hui nécessaire de trouver un juste milieu entre l'écologie radicale esquissée par Richard Jefferies 2 et le libéralisme à outrance au nom de la croissance, qui a montré ses limites, afin de mettre en place un urbanisme vivant. Dans cette perspective, il me semble qu'il y a dans l’essoufflement de ces villes post-industrielles un potentiel de reconnexion entre le temps et l'espace.

1 VIRILIO, Paul, dans Virilio : Penser la vitesse, PAOLI Stéphane, Arte video, 2007 2 « Durant le premier printemps après Londres, tout devint vert: tout d'abord une explosion végétale, puis une reforestation, suivie de la vengeance de la Tamise. », JEFFERIES Richard, After London, 1886 - 16 -


-Le temps qui laisse des traces « Rome ne s'est pas construite en un jour. » Proverbe populaire Ou comme le dit Robert Smithson : « Rome est une grande décharge d'antiquités...1». Générées par les besoins techniques de l'industrie, certaines villes ont vu le jour très rapidement et n'ont donc pas le même arrière-plan historique que la ville éternelle. Comment, dans ces cas-là, retrouver cette cohérence spatio-temporelle de la forme urbaine indispensable à leur construction identitaire ? Comment retrouver la cohérence identitaire des villes qui ont traversé les siècles ? Un premier élément de réponse se trouve dans l'identification des différents rythmes du paysage, des infrastructures, du bâti et de la matière. La ville industrielle et ses machineries ont provoqué le temps, elles l'ont brusqué. Quelles sont ces traces laissées ? Prenons par exemple le paysage géomorphologique. Celuici se forme au cours de milliers et même de millions d'années par l'érosion et la sédimentation géologique. Or l'homme, dans sa course à la matière première, a littéralement déplacé des montagnes. En creusant des carrières, déviant des rivières et en amoncelant des déchets, dessinant ainsi des terrils, l'homme s'est construit son propre paysage en défiant la nature. Ces déformations 1 « Rome est une grande décharge d'antiquités, l'Amérique n'a pas cette sorte d'arrière-plan de débris. », SMITHSON Robert dans Entropy made visible, interview by Alison Sky, Collected Writings - 17 -


profondes ont eut un impact direct sur la forme urbaine. La ville s'est vue contrainte par des facteurs purement techniques dans lesquels l'homme n'avait plus aucune place. Aujourd'hui, à Charleroi, alors que l'on a cessé d'extraire la roche des carrières et que le ballet des wagonnets ne déverse plus ses résidus de charbon, les vides se remplissent d'eau et les terrils se peuplent d'une faune et d'une flore particulière. André Cobroz souligne la nécessité de se soucier des traces pour fonder une intervention en temps que planificateur. Il écrit : « Après deux siècles pendant lesquels la gestion du territoire n'a guère connu d'autre recette que la tabula rasa, une conception de l'aménagement s'esquisse donc, qui le considère non plus comme un champ opératoire quasi abstrait, mais comme le résultat d'une très longue et très lente stratification qu'il importe de connaître pour intervenir. Par ce biais, le territoire retrouve du long terme, fût-ce rétrospectivement. Cette nouvelle mentalité lui restitue une épaisseur1.» Dès lors se pose la question de l'intégration de ces marques de l'Histoire qui ont un impact à l'échelle du territoire. Qui parle de ville industrielle parle de flux de biens et de personnes. « Si le temps c'est de l'argent, la vitesse est le 1 CORBOZ, André, Le territoire comme palimpseste, éd. L'imprimeur, collection Tranche de villes, 2001 - 18 -


pouvoir.»1 souligne Paul Virilio. Pour répondre à cette demande de vitesse les villes ont développé des moyens de communication au service de l'économie. Les infrastructures ont été pensées dans un but purement fonctionnel. Or, aujourd’hui, l'industrie a quitté progressivement ces villes laissant en héritage ces marques hors d'échelle par rapport à l'individu. Pour que la ville puisse intégrer ces cicatrices, il est nécessaire de les adapter aux besoins ressentis, de les rendre plus humaines pour qu'elles puissent devenir un réceptacle de la mémoire collective et participer à l'identité de la ville. Les machines grondant leur rage, leur volonté de produire, aujourd'hui, se sont tues. L'industrie n'a laissé derrière elle que ses carcasses. Ces monstres faisant tantôt la fierté, et même l'identité de la ville ne sont plus que ruines et désolation. Les hommes ne ressentent plus qu'une nostalgie d'un âge d'or révolu, d'un travail qui était tout et qui n'est plus. Les structures rouillées se cachent derrière des murs et des barrières et se font oublier. Or ces ruines racontent une histoire. Loin de faire oublier l'architecture, les ruines magnifient sa permanence. En montrant ces ruines, en les racontant, en les expliquant ou en leur donnant une fonction nouvelle elles pourront s'imprimer dans la mémoire collective au-delà du romantisme ressenti seulement par une poignée de rêveurs. Ces ruines sont les traces de la raison d'être de la ville et c'est pourquoi elles doivent devenir des repères. 1 VIRILIO, Paul, dans Virilio : Penser la vitesse, PAOLI Stéphane, Arte video, 2007 - 19 -


Du bâti il ne reste pas que les ruines. Il reste les habitations ouvrières qui s'émiettent au fur et à mesure que leurs occupants déménagent. Ces maisons recouvertes de suie faut-il les garder si il n'y a plus personne pour les habiter ? La question de la démolition se pose. Une fracture violente du temps. Un moment qui disparaît dans la ville. Pourtant cette destruction peut être révélatrice d'un lieu, d'un espace et ainsi permettre le renouveau. Et puis il existe une confrontation d'échelle particulière dans les villes industrielles. Des géants d'aciers côtoient des petites maisons ouvrières uni-familiales. Cette tension pour l'instant subie par les habitants n'est-elle pas un richesse architectonique à exploiter ? « Puisqu'on ne peut pas éviter l'entropie comment négocier un rapport intelligent à une matière qui évolue sans cesse sous l'effet de l'usage ? 1» Rotor Collectif Ensuite il y a la matière sur laquelle le temps s’exprime de manière visible. L'abrasion, la rayure, l'érosion, le dépôt, la dislocation, la fatigue, le poinçonnement, ... toutes ces marques que l'on s'évertue à effacer. Or ces usures sont l'empreinte d'un usage, elles permettent donc

1 ROTOR collectif, Usus/Usures : états des lieux , éd. Communauté française Wallonie-Bruxelles, 2010 - 20 -


d'appréhender un espace, un environnement. Trop souvent ces traces sont vécues comme un échec de la matière face au temps, et celles-ci sont donc sujettes au rejet, alors que cette lisibilité peut permettre d'apprécier l'espace. Tanizaki Jun'ichiro écrit : « l'usure nous apprend à reconnaître les apports culturels qui lient une communauté à ses objets 1.». Ces traces racontent un usage et peuvent même influencer les décisions des usagers2. De manière très concrète les traces représentent le collectif, l'ensemble des acteurs de l'espace. Cette notion de trace peut se voir appliquée à l'échelle de la ville. On ne peut ni obliger, ni contrôler l'usage d’un espace mais on peut l'influencer. En mettant en lumière des marques du passé, on montre qu'il existe une possibilité d'appropriation d'un lieu. La force de l'usure d'un matériau, c'est qu'elle est sujette à interprétation de chaque individu. L'imaginaire de chacun peut alors s'exprimer à travers la diversité des usages et de cette façon enrichir cet espace. Enfin, il existe une autre temporalité que l'on peut difficilement définir car celle-ci est impalpable et particulière à chaque situation. Il s'agit du lien social, de ce sentiment d'appartenance à une communauté. Cette communauté peut être unie par une nostalgie commune d'un temps révolu, par des événements accidentels qu'ils 1 TANIZAKI, Jun'ichiro, L'éloge de l'ombre, éd. publication orientaliste de France, 1977 2 D'ailleurs on parle d'usagers. Ce qui veut bien dire que là où il y a usures il y de la vie, de l'histoire, de la mémoire. - 21 -


soient heureux ou non, ou encore par l'engouement pour un club sportif par exemple. Cette dynamique ne s'explique que très difficilement en raison de sa complexité. Or c'est ce lien social qui permet à la ville de survivre malgré sa fragilité et le fait qu'il ne résiste pas toujours au temps. Un simple fait divers peux sectionner ce lien et il est alors quasi impossible de revenir en arrière. C'est son caractère insaisissable qui en fait la dynamique la plus complexe à mettre en place. Diversifier des amorces sociales afin de multiplier ces liens permettrait de faire perdurer cette temporalité de manière plus durable.

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-Le piège de l'effet BilbaoNombre de stratèges de politique urbanistique se demandent aujourd’hui quelle position adopter pour se sortir du marasme dans lequel se trouvent les villes délaissées par l'industrie et cherchent une solution miracle. La réussite du musée Guggenheim signé par Frank Gehry à Bilbao et de la politique urbaine menée en parallèle fait miroiter une renaissance miraculeuse à bien des villes en décroissance. La convergence des différents paramètres contextuels à un moment précis combinée avec un effet de surprise ont fait la réussite de ce projet. Les villes qui ont investi dans des projets de cette ampleur n'ont pas toutes vu les retombées bénéfiques tant espérées. Je m'évertue ici à ne pas citer d'exemples car peut-être que les années à venir me démentiront sur ces cas précis, mais il semble légitime de se poser la question de savoir si la signature d'un architecte de renommée internationale sans réflexion urbaine plus approfondie est le pari le plus sain pour une ville en perte de croissance. Ces projets servant à vendre l'image d'une ville dans l'optique de redynamiser celle-ci n'entrent pas toujours en résonance avec leur contexte et parfois même occultent des dynamiques présentes. Ces architectures de concept ne sont pas systématiquement comprises pas les citoyens et ce malgré leur volonté fédératrice. Par conséquent, elles sont ressenties comme un accident pathologique dans le tissu urbain au lieu de devenir le moment dynamisant tant souhaité.

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Sans condamner cette prise de position urbanistique, je tiens à souligner que sa réussite relève son caractère hypercontextuel. D'autres méthodes de planification sont à explorer pour favoriser un développement plus durable de la ville.

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-Durabilité, résilience, mutabilité« Développement durable : un développement qui correspond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre à leur besoin.1 » Gro Harlem Brundtland A l'heure actuelle, lorsqu'on parle d'un projet qu'il soit architectural, urbanistique ou territorial il se doit d'être durable. Cette notion est largement utilisée, tellement qu'on a parfois du mal à définir ce quelle recouvre exactement. Tantôt la durabilité est une clé de lecture, tantôt une finalité ou encore la justification d'un projet. Ce mot a fini par intégrer le vocabulaire du marketing à tel point qu'on en oublie le sens propre. La durabilité a été théorisée de nombreuses fois avec beaucoup de variantes. Elle comporte cependant pourtant trois dimensions qui semblent communément admises : l'économie, l'écologie et le social, qui doivent trouver un équilibre afin de mettre en place un environnement et un développement qui ne compromettent pas le futur. La notion de durabilité est particulière à chaque situation car elle doit répondre aux besoins d'un contexte précis et ce dans la durée. Ce système nécessite une résistance à un environnement en perpétuelle évolution dont toutes les variations dans le temps restent imprévisibles. 1 BRUNDTLAND, Gro Harlem, Présidente de la Commission de Nations-Unies sur l'Environnement et le Développement, Our common Futur, publication pour l'O.N.U., 1987 - 25 -


Il paraît dès lors cohérent d'introduire la notion de résilience aux trois dimensions qui définissent la durabilité. Ce terme emprunté aux caractéristiques mécaniques d'un matériau induit la résistance d'un système à un choc, à un événement de nature exceptionnelle. En mettant en place une marge de manœuvre dès la conception, le projet se donne les outils pour recouvrer rapidement son équilibre dit durable quand il se voit perturbé par un changement de contexte fortuit. Qu'en est-il lorsque l'accident contextuel dépasse les marges de manœuvre mises en place ? La durabilité du projet se voit-elle condamnée lorsqu'elle ne répond plus à l'équilibre entre l'économie, l'écologie et le social ? Une autre piste semble s'ouvrir dans la méthode de conception aux différentes échelles de la ville. On pourrait redéfinir la durabilité en y introduisant aussi une notion de mutabilité, c'est-à-dire un possibilité d'adapter le système lorsque celui-ci n'a plus la capacité d'absorber les variations contextuelles. La mutabilité est d'autant plus intéressante dans la ville durable qui tend à se reconstruire sur ellemême par soucis de densification. Penser la ville à travers des opérations neuves serait inutile si elles ne sont pas conduites parallèlement à un renouvellement de la ville sur la ville. Cela implique une bonne compréhension de l'existant ainsi que des différentes temporalités. La mutabilité induit que l'on ne fixe pas les limites de façon franche lors de la conception d'un projet. Le flou mis en place permet alors d'intégrer de nouveaux paramètres tout - 26 -


au long du processus. Il donne une souplesse qui laisse place aux initiatives diverses et à des réponses aux besoins qui ont évolués. A l'heure actuelle la mutabilité urbaine est souvent cantonnée aux friches et aux bureaux à réaffecter ou comme le dit David Mangin : « Le projet urbain se trouve aujourd'hui le plus souvent confiné dans un urbanisme d'opportunité, limité le plus souvent aux friches industrielles de la reconversion postfordiste1.» Lauren Andres introduit cette dimension dans l'urbanisme en posant la question de sa compatibilité avec la planification à l'échelle de la ville2. L’interrogation soulève la possibilité d'introduire une notion de flou dans le projet permettant ainsi de s'adapter à l'imprévisible. Comme le dit François Grether : « Nous n'intervenons que sur un moment, un passage dans la longue durée de la ville et de ses avancées perpétuelles, dont la logique, avec des secousses et des variations, nous échappe en grande partie. (...) Laissons la place à d'autres perspectives, à d'autres devenirs au-delà de nos capacités d'imagination3.» 1 MANGIN, David, « La ville franchisée. Formes et structures de la ville contemporaine. », Ed. De la Vilette, Paris, 2004 2 ANDRES, Lauren, Planification et mutabilité : une conciliation impossible?, 4ème rencontre d'urbanisme de Grenoble, 2008 3 GRETHER François, Avant et après le projet urbain, éd.Confluences, - 27 -


N'est-il pas aujourd'hui possible d'amorcer des aménagements urbains sans pour autant de les figer afin de pouvoir intégrer l'imprévisible ? Pour ce faire, il est certainement nécessaire d'envisager une rupture méthodologique comme le propose Anne Durand 1. Les outils de planifications conventionnels semblent un peu trop rigides pour permettre la mise en place d'un mélange entre directivité et souplesse. Dominique Perrault témoigne en disant : « Tout mon parcours professionnel est animé par la question des instruments et des procédures adéquates pour mettre en place un développement urbain intelligent. Je connais aujourd'hui parfaitement les différents outils à notre disposition. En même temps, cette connaissance fait aussi que je les trouve lourds, rigides, lents, sectaires d'une certaine façon. Ces outils de procédures que nous utilisons pour fabriquer la ville n'arrivent pas, ou très mal, à générer du vivant. Ils gèrent de l'affectation d'espaces, de bâtiments et de fonctions. Mais cette affectation dédiée, ciblée, figée n'est pas une affectation ouverte. C'est la raison pour laquelle nos procédures ne génèrent que des espaces contrôlés. »2. Pour illustrer ce propos, prenons un exemple parmi d'autres : les politiques de conservation des centres 2008 1 DURAND Anne, La mutabilité en urbanisme : une rupture méthodologique ?, revue Urbanisme, n°383, p86-89 2012 2 PERRAULT Dominique, revue AA, n°379, p46-49, 2010 - 28 -


historiques européens. Nous assistons a une muséification de nos centres par souci, somme toute légitime, de préservation du patrimoine. Mais ceci a pour conséquence une cristallisation de ce tissu urbain empêchant la participation au palimpseste historique et de ce fait la création de nouvelles références identitaires. J'ai jusqu'ici illustré l'importance des traces du temps dans une ville et de la conservation des différentes formes temporelles sur lesquelles s'ancre la mémoire collective. L'enjeu et la difficulté sont donc d'approcher un équilibre entre ce qu'il reste et ce que l'on projette. Cela illustre bien la complexité de la forme urbaine à laquelle nous sommes confrontés actuellement et la nécessité d'une bonne compréhension contextuelle. La ville en décroissance et plus particulièrement la ville post-industrielle, semble un terrain favorable comme laboratoire d'une politique urbaine mutable. Favorable car la dépressurisation de la ville offre des possibilités qu'une ville en croissance continue ne donne peut-être pas. En effet, les espaces délaissés et indéfinis y sont nombreux et des initiatives urbaines dynamiques y sont nécessaires. De plus, le patrimoine industriel n'a pas encore totalement fait l'objet d'une réglementation de préservation contraignante ce qui laisse une certaine liberté d'action. Il est dès lors possible de donner des lignes conductrices sans pour autant définir chaque espace laissant ainsi une place à un flou dynamique.

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-Concrètement ?Avec la stratégie urbaine mutable précédemment esquissée, c'est un vaste champs d'expérimentation qui s'ouvre car à ma connaissance il n'existe aucune application d'une planification globale intégrant la notion de mutabilité et si elles existent nous n'avons sans doute pas le recul nécessaire pour les analyser. Même si le projet n'a pas pu être menée à son terme, si tant est qu'il y ait un terme au projet mutable, Alexandre Chemetoff, urbaniste et paysagiste, a élaboré pour la réaffectation de l'île de Nantes un outil intéressant : le plan-guide. « Le plan-guide constitue un document de référence, précis mais non figé. Ni règle, ni procédure, il s’adapte aux initiatives et aux besoins des acteurs intéressés à s’installer : entreprises, promoteurs, habitants… Le plan guide l’action à court terme dans le cadre d’une vision du territoire à long terme. Une structure solide, qui correspond avant tout au dessin des espaces publics et qui permet d’offrir d’autres espaces plus tangibles. Concrètement, cela signifie que les espaces ne sont pas affectés comme dans un schéma directeur, ce sont plutôt de grands axes de développement des objectifs, qui sont énoncés que ce soit en terme d’habitat, de développement économique, de commerces, de transports collectifs, d’équipements mais dont les lieux ne sont pas pré-destinés. Le diagnostic, compris comme l’observation des usages des lieux est - 30 -


une étape essentielle et finalement quasi permanente dans l’élaboration du plan-guide. La ville évolue, les usages des espaces aussi et pour s’accorder au mieux au contexte vivant, le projet s’appuie sur les traces existantes en tendant à les révéler. Par ailleurs, le principe est toujours de privilégier le projet in situ avant de l’inscrire et de le figer sur un plan. Ceci permet de tester le projet et d’éviter “une procédure abstraite et totalisante” qui pourrait être la décision sur plan.1 » Dans le laboratoire d'idées de La mutabilité, essence de la ville durable2, quelques hypothèses sont émises afin d'entamer un tournant méthodologique de l'urbanisme, mais il est clair que les outils à mettre en place doivent être crées suivant chaque situation spécifique. L'équipe ayant travaillé sur cet ouvrage lance quelques pistes comme par exemple sur l'utilisation des vides interstitiels entre les différents quartiers : « Il arrive que des opérations déconnectées les unes des autres s'additionnent librement mais sans justification urbaine. Le travail urbanistique sur une ville n'est jamais fini. Une ville qui veut rester dynamique se doit d'être toujours en devenir. L'action n'est jamais achevée. Ainsi l'extension de 1 DURAND Anne, KALUS Christine, STATHOPOULOS Marco et TRIBEL François, La mutabilité, essence de la ville durable. , mémoire de fin de stage 2010 de la Formation Développement Durable et Qualité Environnementale de Montreuil 2 Op. Cit. - 31 -


nouveaux quartiers doit être pensée en prolongation des quartiers anciens, utilisant les vides interstitiels et les zones mutables pour équilibrer et générer une ville plus complexe et riche en qualité de vie.»1 Par ailleurs, ceux-ci proposent la mise en place d'outils juridiques et d’une réglementation intégrant la notion de mutabilité induisant l'acceptation de ne pas tout maîtriser dans un plan d'urbanisme, ou encore la facilitation des réaffectations permettant ainsi une souplesse susceptible de répondre plus efficacement aux besoins locaux. Aux différentes pistes proposées j'ajouterais l'expérimentation éphémère du lieu. Afin de découvrir ou redécouvrir des espaces indéfinis, je préconiserais des interventions ponctuelles d'une heure, d'un mois ou d'un an, qu'importe. Le seul fait d'expérimenter l'espace et d'y ancrer des souvenirs peut être déclencheur de nouvelles initiatives citoyennes. C'est là que réside le moteur de l'urbanisme mutable : en expliquant, en montrant, en identifiant les vides et les pleins, en communiquant les intentions de projet, en mettant en place des amorces sociales et identitaires, en diffusant et en mettant à jour le processus pour qu'il soit acquis par les acteurs aux différentes échelles et qu'ils aient ainsi les outils pour participer au développement de la ville... C'est avec tout cela qu'on intègre le caractère imprévisible de la ville. Je dirais même plus : qu'on le provoque ! 1 Op. Cit. - 32 -


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-Conclusion« Dans l'immense ruine qu'est le monde il reste des amorces et des indications. Nous sommes héritiers de son désastre, la nature se souvient et nous l'écoutons.» Paul Claudel En outrepassant ma fascination romantique face à l'entropie de Charleroi, j'ai été amené à rechercher son origine. Cette ville à bout de souffle n'est-elle qu'un effet collatéral de la course au progrès ? Alors que la capitale du Pays Noir semble sombrer lentement dans la tourmente de la crise, n'y a-t-il aucune perspective d'avenir ? Rien ne paraît résister à la cruauté du temps qui passe. En mettant l'accent sur la trace du temps qui passe mon but n'est pas de faire l'apologie de la déliquescence de la ville mais de faire la lumière sur la dynamique que peux générer l'entropie. Avoir conscience des différents rythmes, vitesses, usures et temporalités ainsi que ce qu'ils impliquent permet d'agir sur la ville en connaissance de cause ou comme le dit André Corboz1, comprendre les temporalités du territoire, et par extension de la ville, c'est se donner la chance d'une intervention plus intelligente. Cette recherche s'est posée sur les différentes dynamiques des formes temporelles dans le but d'aborder la complexité 1 CORBOZ, André, Le territoire comme palimpseste, éd. L'imprimeur , p.209-228, 2001 - 35 -


urbaine d'une ville post-industrielle. Mon travail pose sans doute plus de questions qu’il n’en résout. J’ose espérer cependant qu’il en entraînera d’autres, faisant ainsi avancer la réflexion sur un sujet aussi complexe que celle du temps . Si cette situation peut paraître accablante, elle n'est pourtant pas sans issue, bien au contraire. En identifiant quelques enjeux comme l'importance de la mémoire et de la permanence dynamique de l’architecture comme vecteur identitaire, ou encore les usages et les usures comme éléments propulseurs, j'ai effectué une approche du concept de durabilité. Alors que les outils urbanistiques dont on dispose actuellement semblent trop rigides et ne répondent plus aux changements perpétuels du contexte, les notions de résilience et surtout de mutabilité pourraient être un élément d'une des nombreuses réponses possibles. Antoine Loubière abonde dans ce sens : « Le temps constitue un élément de méthode du projet. Le développement durable n'est pas un savoir absolu, mais un ensemble de stratégies, de méthodes, d'outils à adapter en permanence selon les territoires, les contextes et les retours d’expériences qui en découlent. »1 La mise en place d'une forme urbaine pensée de manière figée ne semble plus d'actualité. C'est une remise en question de toute une méthode urbanistique qu'invoque la notion de mutabilité. De plus, en intégrant du flou dans le processus de conception, l'architecte s'expose à la perte de 1 LOUBIERE, Antoine, Les échelles des Eco-Cités, Revue d'urbanisme,Hors série n°36, p.27, 2010 - 36 -


contrôle du projet. En offrant un terreau propice à l'initiative, le concepteur doit être conscient qu'il devra peut-être se mettre en arrière-plan afin de permettre aux citoyens de se réapproprier la ville, se réapproprier leur ville. En s’appuyant sur les marques existantes, la ville se transforme ainsi que ses usages, et ce sous l’influence d’un contexte évolutif et imprévisible. La compréhension de ce contexte, de l'existant et de ce qui a existé, prend tout son sens afin d'éviter d'aboutir à une forme urbaine abstraite et totalisante. Dans la société globalisée et globalisante qu'est la nôtre, il est peut-être temps de réapprendre à voir ce qui nous entoure. La ville post-industrielle qui a été mise au pied du mur par la course irrationnelle au progrès se pose aujourd'hui des questions existentielles et essentielles . Celle à qui on prédit une mort lente et douloureuse voit s'ouvrir devant elle une méthode où tout reste à inventer. Son avenir reste aujourd’hui flou... raison de plus de cultiver ce caractère imprévisible.

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-Bibliographie-Livres− − − − − − − − −

OSWALT Philipp, Shrinking Cities, Volume 1: International Research, éd. Hatje Cantz, 2005 OSWALT Philipp, Shrinking Cities, Volume 2: Interventions, éd. Hatje Cantz, 2006 OSWALT Philipp et RIENIETS Tim, Atlas of shrinking cities, éd. Hatje Cantz, 2006 DAVIS Mike, Dead Cities, éd. Les prairies ordinaires, 2002 GRUET Stephane, L'oeuvre et le temps (IV), éd. Poïesis, 2003 ROSSI Aldo, Architettura della Città, 1966, éd. InFolio, version française de 2001 ROTOR collectif, Usus/Usures : Etat des lieux, éd. communauté française Wallonie-Bruxelles, 2010 TANIZAKI Jun'ichiro, L'éloge de l'ombre, éd. publication orientaliste de France, 1977 CRORBOZ André, Le territoire comme palimpseste, éd. L'Imprimeur, collection Tranches de villes, p. 209-228, 2001

-Mémoires− − −

MICHEL Aurélie, Shrinking-cities, entre peurs et potentiels, La Cambre, 2008 VOISIN Agathe, Nécropolis : L'effondrement de villes contemporaines, La Cambre, 2012 DURAND Anne, KALUS Christine, STATHOPOULOS Marco et TRIBEL François, La mutabilité, essence de la ville durable. ,Formation Développement Durable et Qualité Environnementale de Montreuil, 2010

-Filmographie-

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PAOLI Stéphane, Virilio : Penser la vitesse, Arte video, 2007 BILAL Enki, Tykho Moon, 1997

− THIRY François, the Ordos effect, −

http://www.youtube.com/watch?v=VXK3-D0b9NA, 2011 WEIWEI ai, Ordos, http://www.youtube.com/watch? v=LLL72t_bHVo 2011, 2011

-Articles-

− LOREN Andres, Planification et mutabilité urbaine: conciliation impossible ?, www.pacte.cnrs.fr, 2009

− DUMOUCEL Caroline,Un long entretien avec Paul Virilio, −

− − − −

http://www.vice.com/fr/read/un-long-entretien-avec-paulvirilio, 2011 BRUNDTLAND, Gro Harlem, Présidente de la Commission de Nations-Unies sur l'Environnement et le Développement, Our common Futur, publication pour l'O.N.U., 1987, extraits : http://www.vedura.fr/developpementdurable/cadre/rapport-brundtland LOUBRIERE Antoine, Les échelles des Eco-Cités, Revue Urbanisme, Hors-Série n°36, p.27, 2010 DURAND Anne, La mutabilité en urbanisme : une rupture méthodologique ?, Revue Urbanisme, n°383, p.86-89, 2012 MAROT Sébastien, L'art de la mémoire, le territoire et l'architecture, Le visiteur, n°4, p.114-169, 1999 CHAPELLE Sophie, Détroit, Motor city,ville fantôme ou ville agricolle de demain ?, Revue Urbanisme, n°376, 2011

-Sites internet-

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http://www.lafabriquedelacite.com http://www.villefluctuante.com http://www.shrinkingcities.com http://www.transit-city.com/ateliers/quandlesvillesretrecissent/ - 39 -


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http://www.europeanvoice.com/ http://www.nantes.fr/ http://www.youtube.com/ http://fr.wikipedia.org/ http://www.unesco.org/ http://www.anru.fr/jeru09/pdf/Debat_2_les_enjeux_d_un_ur banisme_durable_pour_les_quartiers.pdf http://rotordb.org/projects/ http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20100818.BIB5478/paul -virilio-le-critique-de-la-vitesse.html

http://www.designboom.com/weblog/cat/9/view/19428/aiweiwei-directs-ordos-100-documentary.html

http://lateliersanstabou.forumactif.com/t114-plan-guide-de-lile-de-nantes

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http://movingcities.org/embedded/ordos100/ http://blog.cindychiffoleau.fr/divers/actualites/etat-du-japon/ http://books.google.be/ http://weburbanist.com http://flickr.com http://lexpress.fr http://forbidden-place.net

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De Riemaecker Hadrien Deuxième année du grade master en architecture Année 2011-2012, session juin Faculté d'Architecture La Cambre-Horta, ULB Place Flagey,19 – 1050 Bruxelles

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