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ON EN REPARLERA

INDE

Tablette numérique pour tous Après la Tata Nano, la voiture à 2 500 dollars, les Indiens lancent Aakash, l’iPad du pauvre.

C

e sera la tablette tactile la moins chère du marché, très loin des iPad et autres Galaxy Tab qui s’arrachent comme des petits pains dans les pays dits développés. Son nom : Aakash

(ce qui signifie « ciel » en hindi). Elle sera commercialisée en Inde à partir de novembre au prix plancher de 60 dollars (43 euros), et même 35 dollars (25 euros) si on l’acquiert en bénéfi-

GURINDER OSAN/AP/SIPA

25 euros : le prix de la tablette Aakash pour les étudiants.

C’ÉTAIT DANS

ciant de l’aide gouvernementale. Une subvention destinée notamment aux étudiants afin de leur permettre d’accéder au monde numérique. La diffusion de cette tablette low cost, assemblée par la société britannique Datawind mais « made in India », s’inscrit dans un vaste plan gouvernemental visant à améliorer l’enseignement à distance via Internet. Le gouvernement compte, à terme, équiper quelque 12 millions d’étudiants. Côté spécification, il s’agit d’une tablette à écran tactile 7 pouces pilotée par un système Android avec deux ports USB et un emplacement pour carte SD permettant d’améliorer de 32 Go sa capacité initiale de 2 Go. Sans oublier un connecteur WiFi pour surfer sur Internet. En revanche, pas d’appareil photo ni de processeur permettant de lire des vidéos haute définition. À ce prix-là, difficile de trop en vouloir. ■ HERVÉ CABIBBO

LE MONDE Quotidien, France

À QUI PROFITE LA CORRUPTION ? ON ENTEND SOUVENT DANS LES ALLÉES des pouvoirs qui se sont succédé en France – car il ne faudrait pas oublier l’affaire Luchaire, qui a sans doute financé le Parti socialiste dans les années 1980 – que la corruption est le problème des acheteurs, que c’est leur argent public qui se trouve reversé dans les poches personnelles de leurs dirigeants. J’ai même entendu, à propos de la corruption en Arabie saoudite, qu’il s’agirait « d’une sorte de TVA », rien de plus grave. Que cet argent sali soit celui de l’acheteur, c’est parfois vrai. Mais pas dans le cas du contrat Agosta. Celui-ci aurait généré, tout compris, 10,25 % de commissions, soit 84,66 millions d’euros.

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La revue n° 17 Novembre 2011

Or la Cour des comptes a chiffré le montant des pertes du chantier naval DCN sur ce contrat à 9,2 % du marché initial. L’État a subventionné ces pertes. Conclusion : à 1,05 % près, c’est bien le contribuable français qui a payé les sommes colossales versées au clan Bhutto et aux amiraux pakistanais, ainsi que les hypothétiques rétrocommissions en France. Sans doute, à l’époque, ces commissions – à tout le moins celles qui ne sont pas revenues à Paris – n’étaient pas illégales au regard du droit international ou de la loi française. Cela les rend-il acceptables ? Ou cela en fait-il un moyen convenable de commercer ? Non plus… Aujourd’hui moins que jamais. JEAN GUISNEL

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