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EDITO BREAK ! Cahier culturel des lycéens, dix ans déjà ! Et le dessin de couverture le dit bien, le millefeuille 2014 est copieux et explosif. Une pièce montée élégante et détonante en forme de feu d’artifice. Depuis la rentrée de septembre, sous la houlette de l’association Culture Pop, cent cinquante lycéens ont poussé les portes des structures culturelles, interviewé des artistes de toutes les disciplines, dessiné, photographié et écrit. Des journalistes en herbe aidés de leurs enseignants se sont aventurés sur les voies de la création pour aiguiser leur sens critique, affûter les goûts et les opinions. Et les artistes s’y prêtent. D’IAM à Cascadeur, de François Morel aux danseurs de la Cie. HHC, d’Augustin Trapenard à Patrick Deville… Des rencontres riches, passionnées et tous azimuts. BREAK! relie tous les partenaires en suscitant un espace de désir qui bouscule les certitudes et ouvre une fenêtre sur un horizon de rêve. Objet venu d’ici, il n’existe nulle part ailleurs et, grâce à l’énergie de tous les acteurs, à la reconnaissance nationale de la fondation EDF, le millefeuille 2014 ne manque pas de saveurs. À déguster seul ou à plusieurs. Alain Geffray, président de Culture Pop. Magali Fenech, rédactrice en chef. p. 3 I BREAK ! #3 I 2014


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MAGAZINE CULTUREL GRATUIT

METROPOLE NANTES-SAINT-NAZAIRE

Le mensuel curieux légèrement survolté musique, théâtre, arts visuels, danse, cinéma, littérature…

www.lehautparleur.com

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Éditeur Association Culture Pop en région Pays de la Loire 5 rue Pierre Douillard 44400 Rezé 66 rue Eugène Daviers 44600 Saint-Nazaire Avec la collaboration du magazine culturel Haut Parleur / Popamine. .Directeur de publication Alain Geffray .Rédactrice en chef / coordination Magali Fenech .Partenariat Laurent Buchet – David Daunis .Mise en page Betty Le Mellay .Première de couverture Manon David .Suivi du projet et de la rédaction Lycée Aristide Briand - Saint Nazaire : Violaine Lucas et Mathias Val Lycée professionnel Brossaud-Blancho - SaintNazaire : Anne Gazzureli et Nadine Gady Collège - Lycée Saint-Louis – Saint Nazaire : Philippe Blondeau Lycée du Pays de Retz – Pornic : Martine Grondin Lycée professionnel Albert Chassagne – Paimboeuf : Annie Fiasella, Nolwenn Pannetier et Jean-Paul Fleury Lycée G. Monge La Chauvinière - Nantes : Guillemine Patin Distribution Métropole Nantes – Saint-Nazaire : Corinne Cottineau / Popamine Distribution lycées : les lycéens rédacteurs Impression : Printachats – 22 000 Saint-Brieuc Break ! 2014 est la dixième édition du cahier culturel des lycéens.

SOMMAIRE musique P. 8-11 P. 12-13 P. 14-17 P. 18-19 P. 21-23 P. 24-25

IAM : interview et live report Cascadeur, doux comme une claque Rencontre avec Pegase, Elephanz… American Rock Trip Virtuoses Nantais : T. Time, Dj One Up, Gonzo Au Vip : à la découverte des métiers de l’ombre

théâtre P. 26-27 P. 28-29

François Morel, l’interview La mariée était en fuite rencontre et spectacle

danse P. 30-31

Recherche dramaturgie hip-hop

musée P. 32-34

Escal’Atlantic : visite et rencontre

sport P. 36-37

Skatepark : Saint-Nazaire à la pointe de la glisse

littérature P. 38-39 De la plume à la presse : Colette Olive, Patrick Deville, Augustin Trapenard

chroniques P. 42-44 P. 45-46 P. 47-49

Littérature Cinéma Musique

témoignages P.50-51 P.52-53 P.54 p. 6 I BREAK ! #3 I 2014

On slame au lycée Alcide d’Orbigny La tribune des lycéens Paradoxe : Debout les madiens !


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MUSIQUE

FACE À FACE

AVEC IAM Interview du groupe IAM entre les murs du VIP

À quelques heures de la soirée Vip is LiFE/ LiFE is ViP, IAM s’offre aux journalistes, 45 minutes d’interviews, quatre points de presse. Les Terminales L1 musique du Lycée Aristide Briand attendent le groupe au chaud dans un des studios du VIP, le temps d’accorder les instruments pour ouvrir le bal avec le MIA. p. 8 I BREAK ! #3 I 2014

rencontre Une petite intro avec le MIA, on a fait bouger les têtes d’IAM, ça fait plaisir ! La manageuse est assise dans le fond, chronomètre en main et c’est parti pour 10 minutes d’interview top chrono. Arthur lance les questions en continuant sur le MIA, il leur demande si cela les gêne d’être étiquetés à ce morceau, « ça ne nous gène pas parce qu’on voulait faire bouger nos auditeurs et c’est ce qu’on a réussi à faire, mais on doit quand même avouer que le morceau nous a bien glissé des mains.» Les questions s’enchaînent


©DR

Akhenaton est extrêmement bavard, ils nous parlent de la place du rap sur les ondes, « Le rap n’a pas de place, contrairement à ce qu’on peut croire. On n’entend pas de rap à la radio, Skyrock n’est pas une radio de rap, on aimerait bien découvrir une vraie radio qui diffuse du vrai rap. » Ils nous parlent aussi du rap à Marseille, (qui n’a pas forcément sa place), mais qui permet de garder la foi face aux violences que les habitants de banlieues subissent tous les jours. Le temps est écoulé, on finit en photo, ils nous remercient pour l’interview qui

change de leur quotidien. Deux d’entre nous restons pour assister à une conférence de presse, même topo, le temps est compté, les journalistes se concentrent plus sur le beat que sur le flow et sur leurs influences au niveau des instrus, ça parle de funk, IAM cite ses influences East-Coats et nous fait comprendre qu’en plus d’être Marseillais, ce sont de vrais New-Yorkais dans l’âme. C’est fini, on se lève, on les remercie, et on se prépare pour le concert de ce soir. IAM READY ! Suite p. 9 I BREAK ! #3 I 2014


IAM under the base

Le LiFE enflammé face au flow des jedis du groupe IAM

La base sous marine est passée du côté obscur le jeudi 7 novembre à l’occasion de la soirée ViP is LiFE / LiFE is ViP. Cinq rappeurs, visages phares du rap français sont venus danser le MIA à Saint-Nazaire. Compte-rendu du concert !

live report À l’ancienne, comme on dit sur la planète Marseille, mais l’heure de la maison de retraite est encore loin pour Akhenaton et ses fidèles acolytes. Plus de 20 ans de carrière, IAM est toujours debout et ils le savent, la tête haute, main dans la main, un flow et une punchline qui font danser la mifa, les beats eastcoast continuent de résonner. L’équipe n’est pas prête à baisser ses armes. Ces tueurs à gage du rap français à la sauce new-yorkaise ont fait danser nos parents sur le MIA, IAM garde la tête froide et leurs vraies valeurs en continuant les meurtres en série. En une soirée, ils font défiler leur répertoire musical le plus populaire. De l’École du micro d’argent à Benkei et Minamoto, en passant

par L’Empire du côté obscur, le LiFE a vibré et personne n’en est sorti indemne. Les t-shirts trempés, les oreilles sifflantes, on rentre heureux d’avoir vécu ce moment mémorable et on se sent à l’aise dans nos baskets, tout comme eux le sont sur scène. Rédacteur

Pedro Clouet

Classe

Terminale L

Lycée

Aristide Briand

Ville

Saint-Nazaire

Salle

le Vip

Le groupe IAM entouré des élèves p. 10 I BREAK ! #3 I 2014


soit l’un soit l’autre

.Orelsan ou Keny Arkana ? Les deux !

.Booba ou la Fouine ? (rires) aucun des deux. .Skyrock ou France Musique ? Aucune, vous savez le Rap n’a pas encore sa place dans les radios. .Eminem ou Macklemore ? Eminem ! C’est qui Macklemore ? .Le MuceM ou l’OM ? L’OM !!!! .À Marseille : L’armée dans les rues ou la ruée dans l’armée ? L’un ne va pas sans l’autre. .Pour le rap : Paris ou New York ? New York ! .IAM spartiate ou IAM samouraï ? On a un côté spartiate et un côté samouraï. .Imperial Asiatic Men ou Italien Algérien Malgache ? Imperial Asiatic Men ! On n’aime pas l’étiquette de Italien Algérien Malgache, c’est trop lié aux races. .Pour votre dernier concert Pyramide de Gizeh ou Planète Marseille ? Pyramide de Gizeh !!!!! .Instruments ou platine ? Platine. .Tarentino ou Étienne Chatiliez ? Tarentino ! C’est un peu notre univers. p. 11 I BREAK ! #3 I 2014


©DR

MUSIQUE

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L’interview de Cascadeur au Vip


Cascadeur Doux comme une claque

Cascadeur, le Monsieur Mystère de la scène française, lance son second album Ghost Surfer, et aborde des sonorités bien moins timides qu’à ses débuts. C’est vrai qu’au VIP, on ne s’attendait pas à un show aussi patate du pianiste-chanteur-masqué : là, ça envoie du lourd. Interview.

rencontre Accompagnant sa douce et chatoyante voix d’électronique discrète, d’arrangements feutrés, et surtout de ses talents pianistiques, Alexandre Longo, a.k.a Cascadeur, sort de son trou en 2008 avec Human Octopus. Il nous sert une musique planante, millimétrée, mêlant mélancolie et malices mélodiques. Mais trêve de blabla mielleux, on n’est pas là pour enfiler des perles. On débarque donc dans sa loge, avec des questions qui bastonnent, pour découvrir l’être profond sévissant sous le sado-masque. Parlons-en de ce masque : une cagoule de luchador (catcheur mexicain) pleine de connotations qui ne lui correspondent pas, et ça lui plaît. C’est ce qu’il cherche : brouiller les pistes, devenir invisible, anonyme... Ainsi grimé, il peut «éprouver le mouvement physiquement», affronter la scène sans peur. Car Cascadeur semble être un grand timide, un solitaire : «La première chose que tu apprends en grandissant, c’est que tu es seul».
Mais une question nous taraude : « T’as pas peur de perdre ton son en signant chez Universal ? Ton Ghost Surfer sent déjà un peu le tube... » Eh ben non. Cascadeur reste maître de sa création, « d’ailleurs, les gars d’Universal n’étaient pas emballés par ces morceaux orientés pop. » Lui veut se diversifier, élargir sa palette sonore. Alors n’ayez crainte, Cascadeur restera Cascadeur. Écoutez l’interview montée par la radio La Tribu sur www.soundcloud.com/break-lemag

soit l’un soit l’autre

Bjork ou Primal Scream ? Bjork Verveine ou LSD ? Verveine. Rêveur ou terre à terre ? Rêveur Studio ou grenier ? Mon studio est un grenier Casque ou haut parleur ? Casque Vespa ou Harley ? Le Vespa est casse-gueule quand il pleut... Harley sans permis. Goldorak ou Staline ? Goldorak Ambient ou hard tek ? Ambient Rédacteurs

Léo Moriceau, Arthur Delaleu

Classe

Terminale L

Lycée

Aristide Briand

Ville

Saint-Nazaire

Salle

Le Vip p. 13 I BREAK ! #3 I 2014


MUSIQUE

Et si vous étiez... 3 groupes I 3 interviews I 3 univers : Nouvelle Nocturne sort de l’ombre, Pegase s’envole, Elephanz s’impose… La rencontre avec les trois groupes montants Elephanz, Pegase et Nouvelle Nocturne, nous a permis de découvrir des univers très différents. Leur originalité nous a conquis. Nous vous les présentons maintenant sous forme de portrait chinois : la meilleure façon de vous faire passer leur talent et d’apprendre à les connaître dans toute leur excentricité !

«Si j’étais un fruit, je serais une framboise.»

©DR

Pegase

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Suite

Pegase Nous rencontrons Raphaël, chanteur compositeur du groupe Pegase, lors d’une interview petitdéjeuner dans les locaux de Trempolino. Il trouve son inspiration principalement dans le cinéma, mais aussi dans ses voyages. Il fait le vide et laisse sortir les choses comme elles viennent. Si vous étiez une voiture, où rouleriez-vous ? Sur la côte, au soleil. Si vous étiez un monument ? Le Corcovado, parce que la vue sur Rio est magnifique. Si un objet devait vous représenter, lequel serait-ce ? Un instrument de musique, car c’est le seul moyen de continuer ma passion ! Si vous étiez le clip d’un artiste, lequel seriezvous? En mélodie, de Serge Gainsbourg car le clip exprime beaucoup d’émotions via le visage du chanteur. Si vous étiez un vêtement ? Je serais des baskets, celles dont la semelle clignote! Si vous étiez un fruit ? Je serais une framboise. C’est mon fruit préféré ! Si vous étiez une cacahuète volante, que feriezvous ? Je serais une super cacahuète, j’irais sauver toutes les autres cacahuètes en détresse. Si vous étiez un animal...? Un pégase, bien sûr. Si vous étiez une villes ? Nantes.

Rédacteurs

Arthur Stephanovitch, Nolwen Stéphan

Illustrattion

Théo Levalet

Classe

Seconde

Lycée

Gaspard Monge la Chauvinière

Ville

Nantes

Structure

Trempolino

p. 15 I BREAK ! #3 I 2014


©DR

Elephanz

Tayfun, Maxime Verleysen (Elephanz), Thomas et Jérémy.

Nous avons passé une heure à Trempolino et rencontré Maxime, le co-fondateur du groupe montant Elephanz, nommé aux Victoires de la musique sacré talent W9... Autour d’un verre, nous avons alors pu découvrir l’univers du chanteur et claviériste du duo, et plus largement l’univers du groupe, ses inspirations diverses, de la musique classique aux Beatles … À quelle couleur associeriez vous votre groupe et pourquoi ? On associe souvent la pop aux choses sucrées, les dragibus sont multicolores… je dirais le vert. Si vous étiez un monument, vous seriez ? Pas un monument gigantesque, plutôt solide… je dirais le lycée de mon enfance, Clémenceau. Quel film représenterait votre groupe ? Le film Elephant qui a inspiré notre nom de groupe est trop facile. Je dirais Submarine. L’histoire d’un amour entre deux ados. Si vous étiez un paysage ? Sûrement le sud de l’Irlande, on y trouve des paysages qui me font penser à l’évasion.

Si vous deviez être un habit, vous-seriez ? Un duffle-coat. Vous avez la possibilité d’être un chien. Que feriez vous? Je remonterais la Loire jusqu’à Saumur, je serais sûrement fatigué, donc je me reposerais. À quelle place nantaise vous associeriez-vous ? Le Jardin des Plantes, à côté de l’enclos des biches, car c’est paisible, calme. Si vous étiez une cacahuète volante ? Je resterais à l’écart des singes et des éléphants, puis je monterais le plus haut possible pour voir quand l’air diminue …

Rédacteurs

Jérémy Royer, Thomas Le Blevennec, Tayfun Mandhaza

Quel membre d’un autre groupe seriez vous ? J’aurais dit Lennon mais il est mort, je dirais donc Damon Albarn leader des groupes Gorillaz, Blur.

Classe

Seconde

Lycée

Gaspard Monge la Chauvinière

Ville

Nantes

Si vous étiez un pays ? La Thaïlande, le pays de l’éléphant.

Structure

Trempolino

Quel est l’instrument qui vous représenterait ? Le clavecin, classique.

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Nouvelle Nocturne

©DR

Interview de Ben de Nouvelle Nocturne : le musicien n’accorde pas d’importance à l’instrument, mais à la manière dont il est joué pour véhiculer de l’émotion. Il retranscrit ce qui le touche, ce qui le fait rire ou frémir pendant ses représentations : il aime l’émotion par les mots. Adepte de concerts et de spectacles, Ben perçoit la vie comme une grande tartine de miel dans laquelle il faut croquer...

ET SI VOUS ÉTIEZ… Un instrument de musique : le violoncelle Une chanson : Ne bouge pas (Loïc Lantoine) Un autre chanteur : mon fils sous la douche! Une ville, ou un pays : Neverland Une origine : citoyen du monde Un animal : un pingouin (le plus drôle de tous), ou un rossignol. Un film : Edward aux mains d’argents Un acteur : Hugo Combe Un objet du quotidien : un stylo plume

Rédactrice

Camille Mousset

Si vous n’étiez pas musicien ? fabricant de bonbons

Illustrattion

Théo Levalet

Un transport en commun : un bus nuage

Classe

Seconde

Lycée

Gaspard Monge la Chauvinière

Ville

Nantes

Evènement : les Nouvelle Nocturne donneront un concert au sein du Lycée Gaspard Monge La Chauvinière le vendredi 25 avril.

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MUSIQUE

AMERICAN ROCK TRIP

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L’épopée d’un homme à la conquête du rock’n’roll

Stéphane Malfettes, programmateur de spectacle vivant au musée du Louvre, finit son American Rock Trip par une stand up-conférence au Théâtre de Saint-Nazaire. Il nous parle de son livre relatant son voyage aux États-Unis à travers les musées consacrés au rock.

rencontre Stéphane Malfettes nous revient des ÉtatsUnis accompagné de son livre, American Rock Trip, et paré de sa magnifique boucle de ceinture à l’effigie du Texas. Du minuscule musée en hommage à Roy Orbison au mythique Experience Music Project, en passant par la maison de Johnny Cash ou encore celle du King, Elvis Presley, tout y passe : les musées plus populaires, comme ceux du fonds du désert texan. Il nous raconte la moindre petite anecdote illustrée de photos, comme sa frayeur dans la maison de Paul MacLeod, le plus grand fan d’Elvis. Mieux vaut ne pas être claustrophobe pour la visiter. Ou encore sa visite accompagné de la « Pretty Woman » du Texas, Dorothy, au moins âgée de 75 ans ! À la fin de sa conférence, Stéphane Malfettes nous a accordé une interview. Un vrai privilège ! Il commence par nous présenter rapidement son métier et sa formation. Ensuite, l’amoureux du rock qu’il est, a passé beaucoup de temps à nous parler d’un lieu en particulier qui l’a beaucoup marqué : la maison-musée de Johnny Cash. Sa passion pour le rock vient de sa période de rébellion à l’adolescence qu’il a traversée dans le même lycée que le nôtre :« On a tous une période de notre vie où on a besoin de se rebeller contre ses parents ! ». Pourtant, elle ne l’a pas poussé à devenir musicien lui-même. Un récit rythmé plein d’anecdotes et de rebondissements dans des lieux plus extravagants les uns que les autres pour le plaisir de tous !

Rédacteurs

Maëva Pragana et Marie Pondaven

Illustration

Luane Dufroux Vailland

Classe

Première L

Lycée

Aristide Briand

Ville

Saint-Nazaire

Salle

Le Théâtre

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MUSIQUE

VIRTUOSES NANTAIS À la rencontre de trois artistes hip-hop

©DR

Le 21 novembre, nous avons rencontré trois artistes nantais dans les locaux de l’association Pick Up, chacun représentant un des aspects de la culture hip-hop, née dans les années 1975-76 aux États-Unis : le rap avec Gonzo, le scratching avec Dj One Up et le breakdance avec T.Time de la Compagnie 1.5.

T.Time et Gonzo entourés des secondes BAC Pro Mécanique Moto dup.Lycée A. Chassagne 21 I BREAK ! #3 I 2014 Suite


MUSIQUE

T.TIME / Cie 1.5

GONZO

DANSEUR

RAPPEUR

Depuis combien de temps fais-tu de la danse ? J’ai commencé la danse il y a 8 ans dans une petite compagnie. Maintenant, je suis danseur professionnel au sein d’une association où je donne des cours de hip-hop mais aussi de danse africaine et de danse moderne. Je me produis aussi dans une salle underground, Le Colombier à Rennes.

Qui es-tu ? Gonzo ou Skizo, mes deux noms de scène, J’ai 33 ans et je suis rappeur depuis 1994. Je suis originaire de la région parisienne et je suis arrivé à Nantes en 2002.

Pourquoi avoir choisi ce nom, 1.5 ? Nous avons choisi ce nom car, comme pour un iceberg, les spectateurs ne voient sur scène que la partie visible (1/5e), la danse, la technique. La plus grande partie (4/5e) est invisible, les intentions, les émotions, tout le travail préparatoire. Réussis-tu à vivre de ta passion ? Non, il est très difficile d’en vivre. Le hip-hop c’est une passion, une culture, un art de vivre, mais pour la plupart des breakers ou des DJ, ce n’est pas un métier. J’ai donc un job qui me fait vivre, je suis assistant d’éducation dans un lycée à Nantes où je peux mener des actions avec les jeunes sur la musique, la danse, et c’est très intéressant. Kevin Hartard, Jimmy Agneray p. 22 I BREAK ! #3 I 2014

Pourquoi ces noms Gonzo et Skizo ? Car mes amis n’arrivaient pas à prononcer mon nom "Gonsalvès" car je suis d’origine portugaise, le surnom "Gonzo" m’est resté. J’ai d’abord été Skizo, jeune de la rue, révolté, avec un style direct, franc et hardcore (insultes, vulgarité…) dans ses paroles et sa manière de chanter. Maintenant je suis Gonzo, père de famille, plus calme, moins cru dans les paroles. Gonzo ne s’autorise pas la vulgarité. C’est quoi le hip-hop pour toi ? C’est la culture de « Je n’ai rien mais je fais! ». On est dans l’échange, on se raconte nos vies, nos expériences. On se cache les yeux, on baisse la tête car on n’est pas dans l’image, ce qui compte c’est ce qu’on dit, c’est le message. Je ne suis pas dans l’industrie du hip-hop genre MTV, je travaille dans le bâtiment avec mon père. Aubin Durandet, Corentin Dupont


Dessins d’élèves inspirations hip-hop

Romain Raynaud

ONE UP DEEJAY Peux-tu te présenter ? Nicolas, plus connu sous le nom de Dj One Up, j’ai 31 ans, je suis nantais. J’ai commencé par rapper et réaliser des grafittis. Puis je me suis mis au scratching et je suis DJ depuis les années 2000. J’anime des fêtes, des ateliers de breakdance, je participe à des battles de danse et des émissions de radio.

Antoine Renaud

Pourquoi Dj One up ? Mon premier nom de scène était React, maintenant c’est Dj One up ce qui veut dire en anglais : «Dj un au-dessus », c’est à dire, évoluer chaque jour, s’améliorer, inventer tout le temps, se surpasser. Mon objectif est la recherche permanente du son en le déformant par la manipulation de la main sur le vinyle. Est-ce que tu en vis bien ? C’est une passion mais aussi un métier qui demande beaucoup de travail. Je suis 5 à 6 heures par jour aux platines, plus les animations en soirées. Je voyage beaucoup et j’en vis bien pour l’instant car je suis reconnu, mais certainement qu’un jour un autre prendra ma place. Félix Pichery, Théo Bourdin

Kevin Hartard

Classe

Seconde BAC Pro

Lycée

Albert Chassagne

Ville

Paimbœuf

Structure

Pick Up

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MUSIQUE

Régisseur

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À la découverte des métiers de l’ombre Au Vip salle de musiques actuelles de Saint-Nazaire Le 5 décembre dernier nous avons rencontré Coraline, Christelle et Julien. Entre deux réglages pour le concert du soir, ils nous dévoilent les secrets de leurs métiers et leurs coups de cœur. Dylan Cavalin, Fodé Soumah

Classe

Seconde BAC Pro

Lycée

Brossaud-Blancho

Ville

Saint-Nazaire

Structure

Le Vip

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Julien Potin Le génial touche-à-tout du VIP vient d’une famille de musiciens. Vers ses 15 ans il a voulu passer derrière le rideau et maintenant il est régisseur général et organise le travail des techniciens son et lumière. Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ? Il faut des facultés d’adaptation parce que tout peut changer au dernier moment et il faut gérer des choses totalement différentes dans une même journée. Parmi les artistes invités au VIP ou aux Escales, lequel vous a le plus touché ? C’est un spectacle qui a eu lieu pendant Les Escales sur la scène Estuaire. Ce fut le dernier concert de ce vieil artiste malgache Rakoto Frah mort un mois après, et qu’il a fallu aider à monter sur scène. Thomas Castaing, Floriant Gripon


Administratrice

©DR

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Accueil billetterie & action culturelle

Coraline Mathieu

Christelle Gabard

Elle s’occupe de l’accueil, de la billetterie et de l’action culturelle. Elle nous présente ainsi la salle et les différentes personnes y travaillant.

Christelle Gabard est l’administratrice de l’association des Escales. Elle travaille avec le programmateur des concerts. Son rôle est de tout mettre en œuvre pour que les projets aboutissent financièrement. Elle établit notamment les contrats de travail et gère les recettes du VIP.

Quelles sont les qualités pour faire ce métier ? La curiosité, l’envie et avoir la motivation pour faire son métier avec le cœur. Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ? L’humain, les rencontres, la découverte de nouveaux artistes que je ne serai pas forcément allée voir. Parmi les artistes invités au VIP ou aux Escales, lequel vous a le plus touchée ? Pour des raisons professionnelles, Tinariwen, groupe malien touareg qui a tissé des liens avec des collégiens. Pour des raisons personnelles, Efterklang, groupe danois qui a fait un concert devant 63 personnes comme s’il y en avait 2000. Lou Bachur, Benjamin Boulière, Julie Casola

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ? Il faut être organisé, curieux et avoir envie de trouver des solutions. Parmi les artistes invités au VIP ou aux Escales, lequel vous a le plus touchée ? C’est Calypso Rose, qui a vu sur le port la sculpture sur l’abolition de l’esclavage. Comme sa grand-mère en avait souffert, cela l’a beaucoup émue. Elle en a parlé au public et ce fut un grand moment. Manuella Rastel, Nancy Robin, Camille Mahé

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THÉÂTRE

François Morel

©DR

La fin du succès n’est pas pour dimanche !

François Morel entouré des élèves de première L du lycée du Pays de Retz de Pornic

Après avoir assisté au spectacle de François Morel La fin du monde est pour dimanche au théâtre de Saint-Nazaire, nous avons pu interviewer le célèbre comédien. C’est dans une ambiance intimiste, et un éclairage tamisé que nous commençons. Pour préserver sa voix car il rejoue dans deux heures, il chuchote, une tasse de thé à la main.

interview D’où vient votre passion pour le théâtre ? François Morel : C’est vieux ! J’étais tout petit. Je me souviens du jour de la communion de ma sœur, j’étais monté sur la table et j’avais commencé à faire des blagues. J’adorais écrire, réciter des poésies... J’adorais qu’on me regarde, qu’on m’applaudisse. Alors j’ai continué toute ma vie. Comment nourrissez-vous l’inspiration au quotidien pour vos chroniques sur France Inter ? Je travaille tous les jours, j’y pense souvent et je lis le journal. Je cherche un sujet qui est le plus proche p. 26 I BREAK ! #3 I 2014

possible de moi-même. La chose la plus difficile à trouver, c’est l’angle. Une fois que j’ai l’angle, j’écris. Quel est votre rapport à l’écriture ? Est-ce une évidence ou cela vous demande-t-il une certaine réflexion ? Ca dépend des fois. Si je suis en colère vis-à-vis d’un fait, j’écris plus vite, et ça vient tout seul. Par contre si j’écris pour rire, c’est parfois plus laborieux. Les gens trouvent que j’ai une facilité pour l’écriture, mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que parfois je me torture la tête! Je ne suis pas une machine à écrire des vannes, j’essaie juste d’être content de ce que j’écris.


Pourquoi avoir recours à l’humour qui tient une place importante dans votre spectacle ? J’ai un physique moyen. (Rires). J’utilise l’humour pour séduire, c’est ma façon d’être, mon rapport au monde, ma relation aux autres. Dans quel art éprouvez-vous le plus de satisfaction? L’endroit où je me sens le plus chez moi c’est le théâtre. C’est l’endroit d’où je sors le moins frustré. J’aime l’interaction avec le public, le théâtre est l’art le plus proche de ce que je suis. Contrairement à la radio où l’on parle à une seule personne assise dans sa voiture ou dans sa cuisine, au théâtre, on s’adresse au public. Pourquoi avoir choisi de jouer seul sur scène ? J’aime bien faire des choses différentes. L’année dernière, j’ai joué dans Le bourgeois gentilhomme avec 25 comédiens, alors me retrouver sur scène tout seul me fait du bien. Le sujet de mon spectacle est plutôt intime, alors je trouve que c’est mieux de le raconter seul. Vous attendiez-vous à un tel succès ? Oui ! (rires). Enfin, on l’espérait ! C’est plutôt ce que l’on vise quand on monte un spectacle. Mais on est toujours surpris quand le succès arrive. C’est agréable de voir que le public influe sur le spectacle. J’aime beaucoup

une citation de Michel Bouquet que je trouve très vraie sur je sujet « n’oubliez pas que les gens ne viennent pas pour vous voir jouer mais pour jouer avec vous ». Quels sont vos projets ? La fin de ma carrière ! Non, je pense monter un spectacle sur Paul Léautaud, un critique écrivain du XXe siècle. C’est un personnage tendre à sa manière. Ce sera un spectacle dans lequel je ne jouerai pas.

Rédactrices

Camille Blondeau, Marie-Sophie Jedynak

illustration

Lucie Proffit

Classe

Première L

Lycée

Pays de Retz

Ville

Pornic

Salle

Le Théâtre Scène Nationale de SaintNazaire p. 27 I BREAK ! #3 I 2014


THÉÂTRE

La mariée était en fuite Un mélange des arts concocté avec soin. Un samedi de janvier, à la salle Quai des Arts à Pornichet, nous avons assisté au filage de La mariée était en fuite et rencontré les artistes au bord du plateau. Puis vint le grand soir : le mariage… raté, et la réaction des amis des fiancés après la fuite de la mariée : Chloé Lacan.

Rédactrices

Célia Renaudineau et Maud Cardon

photos

Noé Leleu

Classe

Première L

Lycée

Pays de Retz

Ville

Pornic

Salle

Quai des Arts Pornichet

p. 28 I BREAK ! #3 I 2014

rencontre Nous avons d’abord participé à une interview chaleureuse avec les artistes, qui nous ont mis à l’aise avec des blagues et des rires. Quelques heures après, nous avons vécu l’incroyable spectacle qu’est La mariée était en fuite. Chloé Lacan, la créatrice, nous explique qu’il est fait d’une succession de hasards et de rencontres, c’est ainsi qu’elle fonctionne. Il est basé autour de la question fondamentale de l’engagement. C’est pourquoi, un code vestimentaire et une entrée réaliste dans la salle du mariage ont été mis en place. Alors, nous sommes arrivés, vêtus de nos tenues de soirée, et avons bu un verre en compagnie des autres invités, du témoin et des mariés. Nous pouvions même prendre une photo avec eux, cette mise en appétit était très originale et amusante ! Une fois les invités installés, les acteurs continuaient leur progression parmi nous, distribuant ici et là des dragées, papotant avec certains. Ils ne se connaissaient pas tous avant cette expérience, certains faisaient partie des Blérots de R.A.V.E.L (Renouveau Artistique Volontairement Élaboré par des Loosers), Chloé Lacan de la Crevette d’Acier et Néry des VRP, groupe parodique des années 1990. Leurs expériences personnelles ont servi pour cette pièce mithéâtre, mi-comédie musicale, avec des reprises connues ! Chloé nous explique : « Ce projet est avant tout une aventure humaine formidable partagée avec le public » car ce spectacle se joue à la fois sur scène et dans la salle, le caractère intime réapparaissant tout au long du mariage. Néry ajoute « C’est surtout un assemblage de nos conneries !» L’ambiance était au rire et précisait le style un peu fou du spectacle. Il était farfelu et extraordinaire. À l’unanimité, nous l’avons trouvé très chouette !


Chloé Lacan , et les lycéennes Camille et Chloé

Fred Joiselle, et les lycéennes Camille, Clémence, Marie-Sophie

Néry

Chloé Lacan et Liz Cherhal p. 29 I BREAK ! #3 I 2014


THÉÂTRE

RECHERCHE DRAMATURGIE

HIP HOP Le hip-hop revisité Ce samedi 19 octobre, le public se presse au Jean Bart, à Saint-Marc, curieux de ce qu’il va y découvrir. La programmation annonce un renouvellement du hip-hop, orchestré par la compagnie nazairienne HHC (Hip-Hop Contemporain) et les Brésiliens de Hibrida. Les spectateurs n’en ressortiront pas déçus. p. 30 I BREAK ! #3 I 2014

La soirée commence avec La table, la création de la compagnie HHC. Le rideau s’ouvre, dévoilant le meuble immense, disproportionné pour les deux danseurs, qu’ils ont un jour trouvé dans la rue, point de départ de leur aventure. Ces derniers nous fixent longuement pour soudain se mettre en marche comme des machines. Leurs corps s’agitent, reprenant la gestuelle que l’on peut remarquer autour d’une table. Avec comme seule musique des paroles en différentes langues étrangères, sélectionnées pour leur rythme, ou des chants orthodoxes russes, choisis pour leur puissance et leur grandeur. Ils se répondent ou se coordonnent, parfois même s’opposent. Ces personnages seraient en fait la projection des danseurs sur la table. Le duo a cherché à y projeter


©Marina Cessa

leurs émotions. « Il faut tout laisser sortir » nous dit Ghel. Après une dernière minute de folie, le noir se fait, les applaudissements résonnent dans toute la salle et l’on voit enfin apparaître un sourire sur le visage des danseurs. Après l’entracte, c’est au tour des sept danseurs de la compagnie de Rio de Janeiro Hibrida de nous présenter leur création : Moto Sensivel, où ils déconstruisent les gestes du hip-hop pour les détourner. On y voit des fragments de vie parfois racontés à l’aide de témoignages, servant de bande son à des images d’entraînements projetées sur une toile. Le final est une orgie, les corps se disloquent et disparaissent, laissant le public impressionné par la force de cette scène, et ravi de sa soirée.


Rédacteur

Antonin Crusson

Classe

Terminale L

Lycée

Aristide Briand

Ville

Saint-Nazaire

Salles

Théâtre Jean Bart p. 31 I BREAK ! #3 I 2014


MUSÉE

Les élèves se prêtent au jeu de la mappemonde interactive

E scal’A t lan t i c

Une plongée dans l’univers oublié des transocéaniques Avec Break!, les élèves de Saint-Louis ont visité Escal’Atlantic à Saint-Nazaire pour admirer les décors évoquant les plus grands paquebots de l’histoire ! Nous nous sommes donc rendus au grand blockhaus pour un voyage au cœur de la toute nouvelle version du musée. Compte-rendu.

visite 16 heures pile. Nous avons rendez-vous par un froid après-midi de décembre sous la voûte intimidante de la base sous-marine de Saint-Nazaire. Le contraste est frappant entre le béton froid du blockhaus et le luxueux hall d’entrée d’Escal’Atlantic où nous sommes accueillis par les chaleureux panneaux de laque Renards et Marabouts de Jean Dunand. Nous avons quartier libre pour une visite privilégiée dans les coursives sans fin des transatlantiques dont le nom est entré dans la légende. Un petit aperçu de la provenance des œuvres : l’Ile-de-France (1927) et le Normandie (1935) et Le France (1962) rien que ça ! Pour évoquer l’intérieur des paquebots, les divers panneaux, statues, mobiliers ou encore vaisselles, sont disposés dans des pièces allant de la cabine de seconde classe au grand restaurant en passant par la timonerie et le salon de musique. Autant de lieux évoquant les p. 32 I BREAK ! #3 I 2014

paquebots construits à Saint-Nazaire et qui ont marqué l’histoire. Grâce à ces décors originaux, on s’imagine sans difficulté ce qu’avait pu être le quotidien des passagers, autant ceux de première classe que les émigrants. La toute nouvelle version de l’exposition (qui date de juillet 2013) inclut de nombreux dispositifs multimédias apportant un aspect plus ludique au musée. L’un des plus marquants est un mur entier, support d’un film qui nous a donné l’impression d’être sur le pont, réellement au milieu de l’océan. Ne pas manquer également : la mappemonde interactive, grâce à laquelle chacun peut devenir un directeur de compagnie pendant autant de voyages qu’il le souhaite. Pour conclure la visite, une reconstitution surprise que nous vous laissons découvrir !


Suite

Bar inspiration paquebot Le France - 1962

Rédacteurs

Camille Le Clerc Lénaïc Le Geldron Antoine Aellen Corentin Le Pape Paul Caillaud Stanislas Fradin

Photographe

Cécile Gourhand

Classe

Seconde option Histoire des Arts

Lycée

Saint-Louis

Ville

Saint-Nazaire

Le pont promenade © JC !Lemée p. 33 I BREAK #3 I 2014


MUSÉE

E s c a l ’ Atl a n t i c, l ’ i n t er v ie w Rencontre avec Tiphaine Yvon, chef de projet

Après avoir visité Escal’atlantic, nous nous rejoignons à nouveau devant le musée niché au cœur de la base sous-marine de Saint-Nazaire dans le but d’interviewer celle qui a conduit la rénovation avec passion.

rencontre Pourquoi avoir repris le poste de directrice de Escal’ Atlantic ? Je ne suis pas directrice d’Escal’Atlantic mais chef de projet. Cela consiste à organiser et coordonner les différents intervenants. Je décide aussi de ce qui va être raconté, comme un muséographe. Qu’est ce qui vous a donné envie de poursuivre cette aventure ? Pour moi, c’est un vrai plaisir de travailler sur Escal’, c’est magique, le glamour des paquebots, ces objets incroyables de technicité. Qu’est-ce qui vous motive ? Clairement, l’originalité de l’équipement, le sujet qui est magnifique, et les objets originaux qui racontent tous une histoire, ce qui apporte beaucoup de choses intéressantes ! Il faut aussi se rappeler que Saint-

p. 34 I BREAK ! #3 I 2014

Nazaire est et était avant tout un port transatlantique et de construction navale. En quoi consiste réellement votre travail? Je suis responsable du pôle patrimoine, c’est à dire de la conception des visites guidées et du choix des collections. Quand on travaille sur une exposition, la vraie révélation, c’est le public. Nous avons à Escal’ Atlantic environ 100000 visiteurs par an. Combien ce projet de réaménagement a t il coûté ? Ce projet a coûté 1,5 millions d’euros pour la rénovation depuis 2012 et sera amorti sur 4 ans. De combien de bateaux différents proviennent les pièces de collection exposées? Il y a une dizaine de bateaux tous différents et construits à Saint-Nazaire.


p. 35 I BREAK ! #3 I 2014


SPORT

Saint-Nazaire à la pointe de la glisse Un skatepark au bord de l’eau Novembre 2013, notre enquête sur le skatepark nazairien commence. Notre entrevue avec JeanMichel Tarbourdel (élu aux Sports et aux Loisirs) et le micro-trottoir réalisé au skatepark nous ont permis de récolter un maximum d’informations sur le nouvel équipement à la pointe de SaintNazaire.

reportage Le cadre. Entouré par la mer et deux espaces verts, le skatepark est le nouveau lieu de rencontre nazairien. On aurait pu croire que la vue serait gâchée mais le paysagiste, Loïc Mareschal, en a tenu compte et a enterré l’espace afin de ne pas perturber celui-ci. Il n’y a que le Full pipe qui sort de terre, le premier en France ! L’interview. Mais pourquoi un skatepark chez nous ? D’après M.Tarbourdel, les intéressés attendent depuis 10 ans l’installation d’un skate park. Ils n’avaient pas de lieu propre à part les petites installations à la « Soucoupe ». p. 36 I BREAK ! #3 I 2014

Ils se réfugiaient donc un peu partout dans la ville (la base sous marine). Associations de jeunes, représentants de maison de quartiers et intéressés se sont réunis à la mairie pour créer un espace qui répond à leur demande. Janvier 2013, les travaux commencent sous le regard de l’architecte/skateur Stéphane Flandrin. Pour le choix des matériaux : c’est le béton qui a été retenu pour sa solidité et sa capacité à étouffer le bruit, l’acier, lui, a été retenu pour le full pipe, clin d’œil au savoir-faire des chantiers navals. Des problèmes de sécurité? Le lieu a été conçu pour tous, mais l’espace a dû être interdit aux moins de 8 ans suite à quelques accidents.


Qu’en pensent les usagers ? Nous sommes allés sur le terrain afin de le savoir. Est-ce qu’ils l’aiment ? «OUI, le cadre parfait, l’équipement de pointe, tout y est pour faire plaisir». Est-ce qu’ils attendaient le projet depuis longtemps ? La plupart des plus âgés nous ont répondu que oui. Est-ce qu’il y a des tensions entre « vieux » et jeunes ? Les plus âgés nous ont dit «qu’au début oui, mais après quelques explications tout allait mieux, exceptéscertains, mais il faut toujours des exceptions !» Bref, le skatepark a été très bien accueilli et est devenu un lieu de rencontre et de détente.

Rédactrice

Louise Delannoy

Illustration

Florian Bertras

Classe

Première option Histoire des Arts

Lycée

Saint-Louis

Ville

Saint-Nazaire

© Dominique Macel - ville de Saint-Nazaire

Antonin Crusson , Terminale L Lycée Aristide Briand au Skate Park de Saint-Nazaire

p. 37 I BREAK ! #3 I 2014


LITTÉRATURE

De la plume à la presse Récit du voyage d’un livre

Un auteur, une éditrice, un critique et nous voilà transportés dans le monde littéraire d’aujourd’hui. Trois métiers, trois grands noms : Patrick Deville, Colette Olive et Augustin Trapenard pour répondre à trois questions.

TROIS QUESTIONS À… Quel avenir pour le livre papier ? Comment ont réagi vos parents quand vous leur avez dit que vous vouliez travailler dans les métiers du livre ? Qui a été le lecteur qui a changé votre vie ?

Colette Olive

Colette Olive est co-fondatrice avec Gérard Bobillier des éditions Verdier, situées à Lagrasse. Son catalogue - elle publie Pierre Michon - rivalise avec celui des grandes maisons d’édition. Je suis convaincue que le livre papier vivra toujours. Je suis cependant inquiète pour l’avenir de mon métier et j’attends de voir…

© Violaine Lucas

Mon père était viticulteur. Lui et ma mère auraient préféré que je sois prof. Mais quand je leur ai dit que je voulais être éditrice, mon père, alors à la retraite, a proposé que les livres soient entreposés dans les chais. Pour lui, le plaisir du livre était comparable à celui du bon vin.

p. 38 I BREAK ! #3 I 2014

Un libraire à Tulle qui est un lecteur insatiable et un passeur de littérature. Il a fait vendre près de 2000 exemplaires des Voyages insensés de Golovanov.


Patrick Deville

© Erell Grugeard - Elève 1ère L

Augustin Trapenard

© DR

Augustin Trapenard, professeur de littérature anglaise à Normale sup’, il est ensuite devenu journaliste littéraire au Grand journal de Canal+ et sur France Culture.

Patrick Deville. Écrivain, il dirige la Maison des écrivains et traducteurs étrangers de Saint Nazaire et a obtenu le prix Femina 2013 pour Peste et Choléra. Même si internet va prendre de l’importance et si nous travaillons tous avec internet, le bonheur du livre, c’est le papier. J’ai une liseuse qui est toujours dans sa boîte. Et, franchement, on fait plus de désordre dans l’environnement avec l’informatique qu’avec le papier. Rien. Il n’avait rien à en dire, je travaillais déjà dans une ambassade au Moyen-Orient. Mais je crois que mon père qui avait lu des ouvrages des éditions de Minuit pendant la guerre a été très fier que je publie chez eux mon premier livre. Des lectrices sans doute… Je ne sais pas, en tout cas il n’existe pas de lecteur idéal ou qui aurait changé ma vie.

L’avenir du livre est à la fois dans le virtuel et dans la plaisir de sa matérialité. Dans mon métier, la liseuse est très pratique parce qu’elle permet de lire un livre pas encore publié. Mon père était banquier et ma mère, prof d’histoire. Mon père me voyait bien dans la finance et ne comprenait pas qu’on puisse faire des années d’étude aussi compliquées pour être si peu payé comme prof. Heureusement ma mère me soutenait. Ma professeure de français en classe de première. Elle était passionnée. On a tous comme ça un professeur de littérature qui nous a transmis le goût des livres, pas vous ? Rédacteurs

Raphaël Mabit Lucie Morel Lucie Guilloux Claire Garry

Classe

Première L

Lycée

Aristide Briand

Ville

Saint-Nazaire p. 39 I BREAK ! #3 I 2014


LITTERATURE

p. 40 I BREAK ! #3 I 2014

P36 - Break ! n째2


Augustin Trapenard

Rencontre unique avec une personne débordante d’énergie En novembre dernier au CDI du Lycée Aristide Briand à Saint-Nazaire, le critique littéraire Augustin Trapenard était convié à une rencontre avec les élèves de première L1 pour une petite interview. Petite rétrospective de cette entrevue passionnante.

rencontre Augustin Trapenard ne tient vraiment pas en place! Il n’aurait pas pu envisager de travailler toute sa vie dans l’enseignement, monsieur veut que ça bouge. Et il se prend au mot ! Quand il décrit son travail actuel, il dit ne jamais s’embêter et vu son rythme (il ne dort que 4 à 5 heures par nuit), on veut bien le croire. Quand on s’appelle Augustin Trapenard, une journée type c’est lire de 8 heures à 14 heures le lundi, le mardi et le mercredi puis «foncer» à France Culture pour enregistrer ou bien aller au Grand Journal. L’avantage du Grand Journal (environ 2 millions de téléspectateurs) est «qu’on peut toucher un plus large public», «on peut s’opposer et j’aime bien qu’on me reprenne», l’émission est surtout très populaire, ce qui lui donne un piédestal face à France Culture. Il ne se considère en aucun cas comme un critique littéraire mais plutôt comme un journaliste littéraire; il préfère largement poser une ribambelle de questions à un auteur plutôt que de critiquer son livre. Il nous a ensuite donné son point de vue sur la littérature française face à la littérature américaine : «Les auteurs français sont chiants apparemment, mais on nous ment, la littérature française est très créative». Il préfère et défend la littérature française. Pour terminer, quand on lui demande où en sont ses projets futurs, il répond franchement que son rêve serait d’être un libraire en Angleterre, à Notting-Hill et d’être avec son chien, ses livres et rien d’autre ! Rédactrice

Mathilde Fernandes

Photo

Erell Grugeard

Classe

Première L

Lycée

Aristide Briand

Ville

Saint-Nazaire p. 41 I BREAK ! #3 I 2014


Les chroniques LE CAS EDUARD EINSTEIN de Laurent Seksik

[Flammarion] roman

Le Cas Eduard Einstein nous emmène dans la fascinante vie de la célèbre famille Einstein et plus particulièrement du fils oublié Eduard Einstein, cadet d’Albert Einstein. Ce livre nous permet de toucher la folie du bout de nos doigts au fil des pages. On se laisse facilement bercer et guider par cet étrange personnage. Émouvant, Eduard devient très vite attachant. Entre la fiction et la biographie, Laurent Seksik a su nous embarquer au cœur d’un drame familial. Nolwenn Rocher, lycée du Pays de Retz.

Le livre raconte l’histoire du fils oublié du plus grand scientifique du XXe siècle, Eduard Einstein. Ce fils malade, fou, heureux, malheureux souvent, m’a laissé une empreinte forte, mais ce n’est pas seulement le personnage d’Eduard qui laisse une impression de désarroi au lecteur, c’est aussi l’atmosphère sombre laissant présager l’arrivée de la folie. Pas d’ennui possible dans ce roman jonglant sur plusieurs époques et plusieurs personnages. Préparez-vous à ne plus pouvoir lâcher ce livre ! Juliette Lambert, lycée Saint Louis.

LES ÉVAPORÉS de Thomas B. Reverdy [Flammarion] roman

Thomas B. Reverdy nous livre une découverte du Japon par le biais d’une plume poétique et d’un style sensible que reflète son vécu. Trois histoires différentes s’entrecoupent. Elles brossent une image réelle de la société japonaise à travers des vies étrangères et familières au pays du Soleil-Levant. Mais pourquoi Richard B., le héros, va-t-il rechercher une personne qui n’a aucune envie d’être retrouvée? Une évaporation qui lève le voile sur la crise économique, les Yakuzas et les catastrophes naturelles. Charlotte Chauloux-Mauriac, lycée du Pays de Retz.

p. 42 I BREAK ! #3 I 2014

Les Évaporés, c’est l’histoire d’un père qui disparaît, d’une fille qui fait tout pour le retrouver et d’un détective qui veut reconquérir celle-ci. À travers les différents personnages décrits, vous allez découvrir le Japon comme vous ne l’avez jamais vu. Histoire d’amour ou d’aventure ? Un peu des deux dans des quantités qui font que ce livre plaira à n’importe quel lecteur. Un livre facile à lire que je vous conseille vivement pour vos journées pluvieuses qui ne manquent pas. Louise Delannoy, lycée Saint Louis.


littéraires L’ÉCHANGE DES PRINCESSES de Chantal Thomas [Seuil] roman

L’échange des princesses est une fresque historique réaliste qui nous plonge au cœur du XVIIIe siècle, une époque sans pitié, où l’enfance est souvent sacrifiée pour satisfaire le pouvoir politique, quitte à contraindre deux fillettes de sang royal à s’exiler de leur pays natal. Dommage que l’auteur ne s’en tienne qu’à cela car le récit nous mène à une impasse. Le lecteur se perd dans un bouquet de fragments de vies bafouées, obscures et tragiques. On en ressort perplexe et frustré. Emma Pirot, lycée du Pays de Retz.

Les dégâts collatéraux des mariages arrangés : les destins de deux princesses, l’une française, l’autre espagnole, vont se décider bien malgré elles après le règne du Roi Soleil. Ce roman historique, mais à la narration moderne, permet d’en savoir plus sur les secrets des alliances royales. Les mariages entre royaumes, qui étaient censés être fondateurs de paix se révèlent destructeurs pour les humains, et nous assistons à la débâcle de cette règle. Une histoire de destins d’enfants détruits, À lire avec frénésie et passion. Lucie Larvor, lycée Aristide Briand.

LA CLAIRE FONTAINE de David Bosc

[Verdier] roman

Riche en documentation, ce livre relate l’exil de Gustave Courbet en Suisse et de sa fin de vie. Malgré une approche singulière du peintre qui m’a fait découvrir son intimité et sa puissance créatrice, cet ouvrage qui se veut poétique et raffiné tel un tableau, s’embourbe dans une écriture lourde et léchée. Multipliant les tournures obtuses, David Bosc s’écoute écrire, omniscient et pompeux. D’après moi, c’est un exercice de style sans intérêt particulier pour les lycéens, mais il ravira les fans inconditionnels de Courbet. Noé Leleu, lycée du Pays de Retz.

La claire fontaine est un livre surprenant par son thème original et son univers unique qui nous entraîne dans le monde plein de saveurs, d’odeurs et de couleurs du peintre Courbet. Éxilé en Suisse, il vit au jour le jour, peignant à sa guise et cultivant une passion hors du commun pour les baignades. L’œuvre est toutefois un peu difficile à suivre en raison de nombreuses tournures de phrases compliquées, mais elle reste intéressante à lire pour peu que l’on se laisse emporter dans l’histoire. Amélie Chapron, lycée Aristide Briand.

p. 43 I BREAK ! #3 I 2014


s L e s c h ro n iq u e s li tt é ra ir e LE DIVAN DE STALINE de Jean-Daniel Baltassat [Seuil] roman

Nous sommes en 1950, en Géorgie dans la datcha du camarade Staline. Ce dernier convoque le jeune génie de la peinture : Danilov. Durant l’interrogatoire du peintre, Staline s’installe dans le divan de la Vodieva et se remémore sa vie passée. Une histoire longue à débuter mais une vision intérieure intéressante de la vie d’un homme-bourreau qui vit en total décalage avec sa position politique. L’auteur arrive à nous raconter la grande Histoire à sa manière, en mêlant imagination et faits véritables. Claire Mutelet, lycée Saint-Louis.

1950 en Géorgie : le jeune peintre Danilov est invité dans le palais où Staline s’est retiré avec sa maîtresse. Le bureau du dictateur est étrangement identique à celui de Freud… Entre récit historique et fictif, l’écrivain nous plonge dans une atmosphère sombre et mystérieuse qui nous laisse dans un suspens tout au long du roman. Le lecteur est comme un observateur, il regarde en silence la vie de ce personnage historique et se sent même transporté à l’intérieur de son âme. Entre curiosité et fascination, ce récit ne laisse pas indifférent. Loreena Jehanno, lycée Aristide Briand.

AU REVOIR LÀ-HAUT de Pierre Memaître [Albin Michel] roman

Cœur sensible s’abstenir car ce livre empreint de réalisme peut s’avérer aussi horrible que magnifique. Malgré la terreur que peut inspirer ce pavé, lisez-le ! À la fin de la Première Guerre Mondiale, avec des héros qui n’en sont pas, ce livre vous retourne l’estomac d’injustice et de colère. Deux soldats de base vont goûter aux inégalités entre de simples soldats et un sergent qui cherche à gagner du grade. Une seule envie vous prend à la gorge, crier à qui vous entendra la cruauté et les inégalités entre les hommes... Noémie Lacroix, lycée saint Louis.

p. 44 I BREAK ! #3 I 2014

Comment survivre après une guerre ? Albert Maillard et Édouard Péricourt n’en savent rien. Pourtant, ils tenteront de le faire dans une société qui ne veut plus d’eux, perdus au milieu des ampoules de morphine et des masques de papier. Triste ? Peut-être. Mais ça n’a jamais autant valu le coup. Dans cet ouvrage atypique, nous plongeons dans ce monde que Pierre Lemaître dénonce crûment et dont nous ne connaissons pas forcément la cruauté, où vivre se réduit juste à ne pas être mort au front. Mathilde Garino, lycée Aristide Briand.


L e s c h ro n iq u e s c in é m a Coup de

COUP DE FLIP !

de Jessie Dylan

de Kimberly Peirce

HOW HIGH

CARRIE

Comédie

Horreur

Comédie américaine jouée par deux rappeurs, méthode « man and red man ». Ce film, qui s’adresse à une certaine génération, a un humour bien « street » et un univers complètement dingue avec une série de gags délirants. Rien de sérieux dans ce film où nos deux compères réussissent à rentrer dans une université « bon chic bon genre », qui ne sera plus jamais la même après leur passage. J’ai bien aimé cet humour bien déglingué qui décoiffe et qui m’a fait passer un bon moment. Wilfried Eudo, lycée Albert Chassagne.

Un film qui s’annonçait prometteur, le scénario étant plutôt novateur. Cependant, le dénouement du film saute aux yeux dès le début et le suspense y est pour le moins inexistant, surtout pour les spectateurs qui connaissent les codes de ce genre de cinéma. Chloë Maretz (Carrie White), quant à elle, ne parvient que rarement à nous transmettre les émotions fortes de son personnage. En conclusion, ce film reste divertissant mais ne mérite pas les éloges qu’on peut en entendre çà et là. Yoann Denis, lycée Albert Chassagne.

Coup de

COUP DE FLIP !

de Denis Villeneuve

de Reem Kherici

PRISONERS

PARIS A TOUT PRIX

Thriller

Comédie

Dans une atmosphère froide et lente, Prisoners est un thriller psychologique poignant. Deux fillettes ont disparu laissant l’hypothèse d’un kidnapping. La police ne va pas assez vite alors le père d’une des victimes va mener son enquête. Ce film est plein d’émotion et de suspens, tenant en haleine le spectateur du début jusqu’à la fin. Avec une mise en scène magnifique et de sublimes images, Denis Villeneuve a mis en œuvre tous les ingrédients pour une séance de cinéma plus que réussie ! Laura Foucher, lycée du Pays de Retz.

Maya, parisienne d’origine marocaine, nous fait découvrir sa vie dans l’univers de la mode. Mais un contrôle de police va lui coûter un renvoi au Maroc. Le scénario se déroule de façon très banale. Nous avons zéro surprise, avec des dialogues déjà entendus mille fois et une morale connue : réaliser ses rêves sans oublier d’où l’on vient. Et des clichés sur les marocains comme le père sévère, mais au fond sensible et la mère adorable. Ce film est une comédie gentillette qui se regarde mais sans plus. Laura Foucher, lycée du Pays de Retz.

p. 45 I BREAK ! #3 I 2014


L e s c h ro n iq u e s c in é m a Coup de

COUP DE FLIP !

HUNGER GAMES 2

DU SANG ET DES LARMES

Science fiction

Action

de Francis Lawrence

Francis Lawrence illustre le second volet de la saga Hunger Games. Après une tournée de la victoire dans les districts, Katniss et Peeta partent une seconde fois faire les Hunger Games sur fond de révolte. L’ambiance sonore et visuelle appuyée par des effets spéciaux très réussis crée un univers au casting hollywoodien cinq étoiles. Le film est intelligent, vif et férocement sombre bien que la réflexion politique n’ait pas été approfondie comme sur la dictature et ses répressions. Aubin Verdier, lycée Aristide Briand.

Coup de

de Peter Berg

Du sang et des larmes. Après le mauvais Battleship, l’Américain Peter Berg continue donc dans les films de guerre. La beauté de l’image, la réussite totale des effets spéciaux et du son ne sauvent pas le film. Celuici retrace un épisode réel de la vie et de la mort de GI’s en Afghanistan. Les personnages ne sont pas présentés, le jeu de Mark Wahlberg peine à convaincre et le film est envahi de clichés sur le conflit afghan. Un film qui sert de propagande pro militari USA. Il y a mieux à voir. Aubin Verdier, lycée Aristide Briand.

COUP DE FLIP !

IL ÉTAIT TEMPS

ARNAQUE À LA CARTE

Comédie dramatique

Comédie

de Richard Curtis

Avec son humour typiquement anglais, cette romance est une petite merveille pleine de poésie. En plus de ses superbes acteurs, l’histoire est excellente : à l’âge de 21 ans, Tim Lake découvre qu’il a la capacité de voyager dans le temps... Qui ne souhaite pas revenir dans le temps pour réparer ses erreurs, changer des moments de son passé ? On passe du rire aux larmes dans ce film qui profite de son côté frais pour aborder des thèmes plus profonds comme la recherche de l’amour et la transmission. Océane Édouard, lycée Aristide Briand. p. 46 I BREAK ! #3 I 2014

de Seth Gordon

Andy, un financier, propre sur lui, voit son petit monde basculer lorsqu’il découvre qu’une certaine Diana a usurpé son identité et mène grand train en Floride en usant et abusant de ses cartes de crédit. Un film bien décevant malgré une bonne idée de scénario. Les bons acteurs que sont Mélissa McCarthy et Jason Bateman ne suffisent pas à sauver ce film qui ne vole pas haut : les blagues grossières et vulgaires s’enchaînent durant une heure et demi et peinent à nous arracher un sourire. À éviter de toute urgence ! Océane Édouard, lycée Aristide Briand.


Les chroniques d’albums

MOONGAÏ

W. MCANUFF ET FIXI

STROMAE

[2013 Warner France] electro pop

[2013 Wagram] reggae-musette

[2013 Mercury] chanson électro

Cosmofamille

Le duo nantais a sorti son premier album, un disque aux couleurs électro-pop qui amène directement dans leur univers excentrique. La liaison de mélodies électroniques et orchestrales mélangées à un timbre éclatant donne un opus haut en couleurs, non sans rappeler les Rita Mitsouko. Ainsi, le groupe raconte dans ses chansons des histoires tantôt rocambolesques (Fight for les maladroits), tantôt mélancoliques en passant par le folk (Go home), pouvant procurer des frissons... Moongaï signe donc un album alternant rock et douceur qui donne un bain de fraîcheur et de liberté ! Anna Caillaud, lycée du Pays de Retz.

A new day

Cet album réunit le reggae jamaïcain de McAnuff et l’accordéon musette de Fixi, après une collaboration dans Paris Rockin sept ans auparavant. L’influence de la musique traditionnelle réunionnaise, le maloya, crée une parfaite alchimie entre ces deux univers. Le subtil mélange de reggae, soul, blues et afrobeat donne le sourire avec leurs rythmes et paroles optimistes. J’apprécie les arrangements de dubstep sur One two three, la voix enrouée de McAnuff sur I’m a rebel faisant l’originalité de l’album. C’est une farandole tropicale aux influences venues des îles offrant une superbe énergie. Camille Le Clère, lycée Saint-Louis.

Racine carrée

Stromae qui signe son deuxième album déchire tout avec plus d’un million d’albums vendus. Il a définitivement conquis le monde entier avec ses paroles traitant des faits de la société et de la nature humaine. Sa gamme large en style qui peut aller du house aux influences pop comme avec le titre Papaoutai jusqu’à l’électro comme dans Tous les mêmes, nous fait naviguer au rythme de ses percussions dans différentes atmosphères dansantes et entraînantes. Ce jeune Belgorwandais de 28 ans qui est d’ailleurs comparé à Jacques Brel pour sa gestuelle apporte une touche de fraîcheur à une musique énergique! Lénaïc Le Geldron, lycée Saint-Louis.

p. 47 I BREAK ! #3 I 2014


Les chroniques d’albums

SHARON JONES & THE DAP-KINGS

IAM

AGNÈS OBEL

[2014 Daptone/Differ-Ant] soul

[2013 Def Jam] rap

[2013 Pias] folk

Give the people what they want

Sous une pochette lourde de fioritures, genre vieille boîte à gâteaux, se cache ce bon gros space-brownie à la soul, sixième album de Sharon Jones & the Dap Kings. Sans révolutionner le genre, elle fait le job avec panache, ressuscitant les défuntes légendes de la Motown dans un véritable souci du détail et des harmonies terribles. Mention spéciale au dernier titre, dont le psychédélisme vend vraiment du rêve. En somme, du très bon pour les amateurs, accessible aux incultes, c’est l’album que tu offriras à ton père, qui est définitivement plus cool que toi. Léo Moriceau, Arthur Delaleu, lycée Aristide Briand. p. 48 I BREAK ! #3 I 2014

Martien

Le groupe de rappeurs marseillais revient pour son sixième album, et nous prouve qu’avec ces 17 nouveaux tracks, ils n’ont rien perdu du temps de L’École du micro d’Argent vendu à 1 800 000 exemplaires à ce jour. IAM n’a rien perdu de sa technique, et de son flow d’avant. L’album raconte leur passé, notamment celui dans les banlieues de la cité phocéenne. Un petit bémol : le fait qu’on ait du mal à saisir ce passé déjà loin derrière eux. Malgré les quelques rides prises au fil du temps, les artistes bientôt cinquantenaires, n’ont rien à envier à ceux d’aujourd’hui, et nous prouvent que finalement, demain n’était pas si loin que ça. Arthur Deliens, lycée du Pays de Retz.

Aventine

C’est le nouvel album de la chanteuse et compositrice danoise, Agnès Obel, Aventine (Mix entre aventure et Valentin) ! Au programme : de la volupté et une extrême douceur dans des mélodies minimalistes, déconseillées aux hard-rockeurs ! Hypnotique, envoûtant, mystique, The Curse est un des principaux morceaux de l’album et coup de cœur parfait pour le blues du dimanche soir. Les clips des musiques nous racontent une histoire, on a le sentiment de lire un roman imagé, en noir et blanc. Un peu déstabilisant. Un conseil : si vous avez besoin d’une musique qui donne du punch, allez boire ailleurs ! Maelle Delaunay, lycée Aristide Briand.


PEGASE

CASCADEUR

ELEPHANZ

[2014 Futur Records] électro pop

[2014 Casablanca] pop rock

[2013 Naïve] pop

Pegase

Ex membre de Minitel Rose Raphaël D’Hervez alias Pegase parle de lui-même en sortant un album éponyme Pegase. Au cœur de l’apesanteur, une douce rêverie s’installe grâce à une pop légère, soyeuse et planante. Il avait déjà conquis un large public avec l’ep Whithout Reasons, reprenant un des tubes majeurs du groupe U2. Ici Pegase vise fort, il revisite la new wave, mélangeant d’exquises nappes sonores avec un beat bien marqué, un album à la fois dansant et tranquillisant. Pegase nous invite dans son univers, casque sur les oreilles, et nous laisse succomber à ce réel instant de plaisir. Un vrai délice à dévorer seul ! Pedro Clouet, lycée Aristide Briand.

Ghost surfer

Cascadeur, un nom évocateur. Malgré ce casque qui le dissimule, il se confie au fil de ses chansons mélancoliques et intimistes avec quelques touches pop. Après The Human Octopus, on attendait ce nouvel album pour continuer l’aventure. Pari gagné! Les émotions et les textes ensorcelants sont toujours là. Cet album aux sonorités envoûtantes est une acrobatie aérienne. On s’émerveille à écouter ce funambule qui nous emmène vers d’autres mondes. Sa voix douce et épurée, son association avec les voix d’artistes tels que Christophe ou encore Stuart A. Staples, nous fait poursuivre ce voyage fabuleux. Nolwenn Rocher, lycée du Pays de Retz.

Time for a change

Cet album français a tout l’air de venir du pays merveilleux où les scones et Margaret virent le jour. Dès les premières écoutes les refrains collent au cerveau : l’envie de piauler des petits « oh oh oh » devient incontrôlable, dans Time for a change. De ces rythmes animés et directs, on passe par des vagues plus lentes, oniriques et légères, jusqu’aux regrets amoureux, accompagnés de sons plus futuristes, dans Je n’ai jamais, seule chanson de l’album écrite en français. L’album de ce duo harmonieux pourrait plaire à certains amateurs de tisanes détox qui y verront l’occasion d’écouter de la chanson électro-light made in France ... Nahuel Mathieu lycée Aristide Briand.

p. 49 I BREAK ! #3 I 2014


TÉMOIGNAGES

e é c y L u a On slame bigny r O ’ d e d i c l A ts qui nous e sur des suje

écrir oi » nous invite à n écrit sur s o L l’ A e W u q K s , r e y lo a bien À Bou crit toujours é n O « t. n e h touc Vincent Loiseau, alias KWAL est un musicien angevin qui pratique le slam ou plutôt le spoken word, une forme de poésie orale proche du conte. Il est venu en classe nous expliquer son mode d’expression artistique… avant de nous inviter à notre tour à prendre plaisir avec les mots, et parfois nous réconcilier avec la langue française à travers le slam. Les textes libres écrits au départ ont été ensuite mis en forme, réduits, rythmés pour les faire rimer. «Il faut que les choses sortent, et son rôle est de nous accompagner». La restitution de ces ateliers a eu lieu en présence de son pianiste Tony BAKER, pour que chacun pose sa voix, parle moins vite, respire. « Quand on a le texte sous les yeux, avec la musique derrière, on peut se laisser aller ». À l’occasion du festival Les Instants du Monde organisé par l’Arc à Rezé et de l’enseignement « arts du spectacle » proposé par notre Lycée. Rédacteurs

Léa, Jade, Déborah, Camille

Classe

Seconde

Lycée

Alcide D’Orbigny

Ville

Bouaye

salle

L’Arc à Rezé

p. 50 I BREAK ! #3 I 2014

« La vie ça me saoule C’est pas cool Alors je prends des billets d’avion Direction la Réunion Puis je réfléchis à la vie en regardant cet avion Je me pose des questions C’est vrai qu’il essaye de voler S’évader, voyager Lui, il a toujours du ciel bleu Parce qu’il est dans les cieux C’est la vie d’un Dieu Quelqu’un qui chaque jour saura qu’il est heureux Envie de s’évader Au Zimbabwe, en Guinée Juste envie de voir d’autres horizons Que cette pluie à la con D’autres horizons Que cette vie à la con »

Matthieu


« Je sais pas par quoi commencer Je connais pas ce domaine J’ai jamais été très douée

L’art c’est toute ma vie

Je pense pas avoir ça dans les gènes

Le dessin, la musique, Toutes ces couleurs, ces émotions Lorsqu’on me donne un crayon Je dessine mes pensées, mes rêves, je fais des croquis Je mets des couleurs tendances Et quand ça me plait pas, Bah j’efface et je recommence C’est pas bien grave Personne ne va me juger ou bien me critiquer J’ai la liberté de créer en toute tranquillité

Mais voilà, j’ai 16 ans Je fais partie de tous ces adolescents Qui profitent de leur vie En touchant à l’eau de vie, au teu-shi Et à pas mal d’autres conneries Mais de nos jours, C’est comme ça qu’on apprend la vie Je suis pas fière de moi Je sors, je fume, je bois

Deborah

« Mois de septembre, fini les vacances Toujours lycéenne et tout recommence On revoit tout le monde, le groupe, Les gens qu’on aime Nouvelles rencontres, Je passe un cap sans savoir où ça mène La famille, les potes, tout va pour le mieux Je suis fière de moi et j’continue mon parcours… »

Le lycée on va en parler C’est pas un sujet qui me tient à cœur Mais qui me ferait du bien d’en parler Je me dis trop souvent fatiguée Mais je sais pas si au fond C’est juste moi qui n’est pas motivée Pour bosser, même pour me relever le défi qu’on m’a confié…. »

Elodie

Jade

« Il était une fois une histoire un peu compliquée Je la commence avec la formule magique Mais ce n’est pas un conte de fée L’histoire de la famille, enfin de ceux qui sont encore là Toujours à m’épauler, toujours dans mes bras Quand je vois mes amis avec leur grand-père, Pour tout vous dire je suis jaloux Jamais une journée se passe sans m’imaginer, j’avoue Les sentiments éprouvés d’avoir des grand-pères J’aimerais tellement qu’ils soient mes repères Alors mes parents me parlent d’eux Me montrent des moments joyeux … »

Simon

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TÉMOIGNAGES

LA TRIBUNE DES LYCÉENS Idées haut, idées bas

Dessin : Emma Pirot

Comme

« le disait Brassens « mourir pour des idées, l’idée est excellente », et dans certains cas mieux vaut mourir de n’en avoir pas eues. Sans remettre en cause la liberté d’expression, certaines idées méritent-elles réellement d’être défendues au sein de manifestations aux slogans nauséabonds ?» François Bréus

Voilà deux mois qu’on nous bassine entre un comique

«

ringard bloqué dans un trip haineux et un ministre qui en cherchant à le faire taire, ne réussit qu’a lui faire de la pub. À force d’attiser la haine de ceux qui mélangent humour et politique, Dieudo’ va t’il finir par mettre en danger la liberté d’expression ?» Nelson Avzenov p. 52 I BREAK ! #3 I 2014


Je

« pense que je n’arriverai jamais à comprendre, comment certaines personnes peuvent se lever et quitter la salle de cinéma après cinq secondes de générique. C’est comme partir avant le salut des comédiens, un peu de respect tout de même !» Elisa Foucher

Les

« réseaux sociaux se confondent car à chaque innovation de l’un, l’autre l’imite. Ils profitent de la naïveté des plus jeunes et de l’addiction qu’ils entraînent pour nous cacher des choses qui peuvent engendrer, chez les utilisateurs, des traumatismes temporaires ou permanents.» Stanislas Fradin

Dessin : Luane Dufroux Vailland

Etant

« donné que des scientifiques ont prouvé que le cerveau ne se mettait en activité qu’à seulement 10h, j’aimerais savoir pourquoi nous sommes obligés d’aller en cours dès 8h.» Chloé Robin

Un ordinateur à moindre

coût avec l’ordipass pour des sacs moins lourds, des cours plus faciles à conserver et une planète préservée. Alors, quand passons nous réellement au numérique ? Claire Garry

Dessin : Emma Pirot

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TÉMOIGNAGES

Paradoxe Debout les madiens !

MAD, est une fabuleuse expérience pour nous jeunes musiciens ! De l’association Trempolino est né ce projet MAD ( Musique À Découvrir ). Celui-ci consiste à accompagner les organisateurs de concert amateur et les jeunes musiciens souhaitant perfectionner leur groupe.

© Tanguy Lefèvre

Notre avis : en tant que groupe Paradoxe, nous sommes vraiment heureux d’avoir pu accéder à ce projet. On nous l’avait présenté comme étant un projet visant à organiser des concerts pour le groupe du lycée, puis par la suite nous sommes devenus ce groupe ! « C’est une chance que d’être encadrés par de vrais musiciens professionnels » déclare Maxime, guitariste et mentor du groupe. Et bien plus qu’une chance ! L’ambiance avant les concerts, l’adrénaline au moment du passage et la retombée à la sortie... C’est une multitude d’émotions qui s’ouvrent à nous ! Goulven, le bassiste a souligné qu’ « en fait, le seul inconvénient de MAD et de la préparation de nos concerts, c’est d’être retenu jusqu’à 21h la veille de ceuxci » Inconvénient bien dérisoire face aux opportunités qui nous sont offertes. L’une de ces meilleures opportunités, c’est le Jam de la chapelle sur-Erdre ! C’est principalement là que l’on apprend comment se préparer à la scène, comment faire des balances efficaces et trouver

de bons arrangements. Pour ma part, étant la seule voix féminine du groupe, j’admets avoir eu un peu de mal à m’imposer, et le jam nous a énormément aidés. À présent, nous savons nous écouter, nous nous partageons le travail et toutes les idées sont bonnes à prendre. Le projet MAD est bien plus qu’un simple accompagnement, c’est une aventure musicale que nous sommes ravis de vivre entre amis.

Rédacteurs

Pierre Grosmolard Julia Etchegaray

Classe

Première

Lycée

G. Monge La Chauvinière

Ville

Nantes

Structure

Trempolino

Les membres du groupe Paradoxe, Lyrick’âme & Vincent, et les lycéens organisateurs du concert MAD du 24 janvier 2014 au lycée G. Monge La Chauvinière

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p. 55 I BREAK ! #3 I 2014


p. 56 I BREAK ! #3 I 2014

Break ! le cahier culturel des lycéens  

n°3 #2014

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