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DUCTION


GIVE SERENDIPITY A CHANCE


Etienne Robial, maître de thèse Pek van Andel, maître thématique

DIPLÔME 2012 ART GRAPHIQUE ESAG PENNINGHEN


GIVE SERENDIPITY A CHANCE

SERENDIPITÉ n. f. Fait de réaliser une découverte inattendue grâce au hasard et à la sagacité, au cours d’une recherche dirigée initialement vers un objet différent de cette découverte. Antonyme : Zemblanité


ABDUCTION CRÈATRICE


foreword

François Ascher, Professor at University of Paris 8, French Institute of Urbanism

Give serendipity a chance Serendipity applied to visual arts and graphic design

Serendipity is a word that isn’t always easy to memorize or pronounce. Furthermore, it doesn’t appear in the French dictionary. However, the experience proves that it’s one of pleasure. Every time that I explained this phenomenon, my audience seemed to be very interested, several of them would even call a few days later to ask me for the exact spelling of the word, because they had found a situation that could be labeled a serendipitous one. Pek van Andel and Danièle Bourcier give a very clear definition : “Serendipity is the ability to find new things, the ability to discover, invent, or create something that wasn’t searched out through science, technology, art, politics, or everyday life, all because of a surprising observation.” They abundantly illustrate their definition and give several examples showing the importance of serendipity throughout the history of science and in other fields, such as law. However, the idea isn’t very well known in France, even though famous authors such as the sociologist Robert Merton and the writer Umberto Eco have both attributed important developments to serendipity. The reason isn’t very obvious. Especially in a society that becomes more and more modern, where rationality and reflexivity play important roles. The role of chance deserves extra interest. One could even say that our rational and scientific universe helps to nourish chance. Before, in traditional societies, the unpredicted was the stuff of Gods and destiny. Today, in modern societies, individuals try to accomplish everything and leave the least amount of space possible for incertitude. In a certain sense, chance is like a balance: It’s something that we don’t succeed in anticipating, but something that we propose to reduce, with the help of science and technology. Nevertheless, chance is like a horizon that gradually disappears in relationship to the advancement of knowledge. It seems to play a constant role, even a growing one, including in the field of scientific progress. Viagra—originally conceived of to battle hypertension (it’s secondary effects were discovered by accident)—provides a very nice illustration… Also, the question that can be asked in today’s society is the possibility of chance circumstances growing, and the art of using them. As Danièle Bourcier and Pek Andel highlight in their book, “As soon as you can program it, it can no longer be called serendipity.” “But,” they add, “One can help prepare for it and eventually specify the necessary conditions to help surprising instances emerge.” This question can be concretely asked when looking at today’s economy. Concurrent development and the use of science help make “creativity” a key element of competition between firms and territories. Creativity and chance are often related parts. This was proved during the development of micro technology where, as the economist Anna Lee Saxenian shows, technology companies from the Boston area—where everything was anticipated and organized—were overpowered by small companies from Silicon Valley, where researchers and entrepreneurs met each other during unorganized circumstances, in the work place or during other instances. Even today chance has become a major player in urbanism. One can notice that hyper-functional cities—where people only do what they have anticipated— are boring and not conducive toward creativity. In serendipitous locations, one can rediscover the small pleasures of a city and its public spaces—where improvised events take place and people meet by accident. Serendipity is thus more contemporary than it ever was. Certainly, as Pek van Andel and Danièle Bourcier write, “It’s not necessary to be familiar with the word ‘serendipity’ and the phenomenon of serendipity to discover new things. But a certain understanding of the word, phenomenon, and cases of serendipity probably help one to react in an optimal way when making a surprising observation.”

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avant-propos François Ascher, Professeur à l’Université Paris 8 Institut français d’Urbanisme

Give serendipity a chance La sérendipité appliquée à la création visuelle

La sérendipité est un mot qui n’est pas toujours facile à mémoriser et à prononcer. De plus, il ne figure pas - encore - dans les dictionnaires français. Et pourtant, l’expérience montre qu’il plaît beaucoup. Chaque fois que j’en ai expliqué le sens, mes interlocuteurs se sont montrés très intéressés, quitte à me téléphoner quelques jours plus tard pour que je leur reprécise l’orthographe du mot, car ils avaient trouvé une situation qui relevait de cette notion. Pek van Andel et Danièle Bourcier en donnent une définition très claire : "la sérendipité est le don de faire des trouvailles ou la faculté de découvrir, d’inventer ou de créer ce qui n’était pas recherché dans la science, la technique, l’art, la politique et la vie quotidienne, grâce à une observation surprenante". Ils illustrent abondamment cette définition et donnent de multiples exemples qui montrent l’importance de la sérendipité dans l’histoire des sciences et dans d’autres domaines, en particulier le droit. Pourtant la notion est peu utilisée en France même si des auteurs aussi célébres que le sociologue Robert Merton et l’écrivain Umberto Eco lui ont consacrés des développements importants. La raison en n'est pas évidente. D’autant que dans une société de plus en plus moderne, où la rationalité et la reflexivité tiennent une place croissante, la place et le rôle du hasard méritent un surcoît intérêt. On pourrait même dire que c’est notre univers rationnel et scientifique qui crée de plus en plus de hasard. Auparavant, dans les sociétés traditionnelles, l’imprévu était le fait des deux et du destin. Aujourd’hui, dans les sociétés modernes, on s’efforce de tout maîtriser et de laisser le moins de place possible à l’incertitude. Le hasard est alors en quelque sorte un solde: c’est ce qu’on ne parvient pas à prévoir mais que l’on se propose pourtant de réduire sans cesse plus, notamment grâce au développement des sciences et des techniques. Toutefois, le hasard est comme un horizon qui recule au fur et à mesure où l’on s’avance dans le champ des connaissances. Et il semble jouer un rôle assez constant, voire croissant, y compris dans le domaine des progrès scientifiques. Le Viagra, conçu à l’origine pour lutter contre l’hypertension, et dont les effets secondaires ont été découverts par hasard, en fournit une très belle illustration... Aussi, la question qui se pose dans notre société aujourd’hui est celle de la possibilité d’accroître les circonstances hasardeuses, et l’art de les utiliser. Pourtant, comme le soulignent Danièle Bourcier et Pek van Andel dans leur ouvrage, "dès qu’on peut la programmer, on ne peut plus la nommer sérendipité. Mais, ajoutent-ils, on peut aider à s’y préparer et on peut éventuellement spécifier les conditions nécessaires pour faire émerger des faits surprenants". Cette question se pose par exemple très concrètement aujourd’hui dans l’économie. Le développement de la concurrence et l’utilisation de plus en plus directe et massive des sciences fait de la "créativité" un élément clef de la compétition entre les firmes et entre les territoires. Or la créativité et le hasard ont souvent parties liées. On l’a bien vu lors du développement de la micro-informatique où, comme l’a montré une économiste, Anna Lee Saxenian, les grandes entreprises informatiques intégrées de la région de Boston, où tout est prévu et réglé, et où les rencontres se font sur rendez-vous, ont été battues par les petites entreprises de la Silicon Valley où les chercheurs et les entrepreneurs se rencontraient dans des circonstances non programmés, dans les lieux de travail, et en dehors. De même aujourd’hui, le hasard est devenu un enjeu urbanistique majeur. On s’aperçoit en effet que les villes modernes hyperfonctionelles, où l’on ne fait que ce que l’on a prévu de faire, sont ennuyeuses et peu favorables à la créativité. On redécouvre ainsi le plaisir, mais aussi les performances de la ville et de ses espaces publics, de ces lieux où il se passe des choses imprévues, où l’on croise des inconnus, où l’on se rencontre par hasard. La sérendipité est donc à l’ordre du jour plus que jamais. Certes, comme l’écrivent Pek van Andel et Danièle Bourcier, "il n’est pas nécessaire de connaître le mot ‘sérendipité’ et le phénomène de la sérendipité pour faire des trouvailles ! Mais une certaine connaissance du mot, du phénomène et des cas de sérendipité aide probablement à réagir de façon optimale quand on fait une observation étonnante."

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preamble

Caroline de Testa

Give serendipity a chance Serendipity applied to the visual creation

Robert King Merton, sociologist of science defined serendipity as “the surprising observation followed by a correct abduction". Here, the word chance is completely gone, and he puts Man, the observer, in the heart of this definition. This is chance action, someone who comes across a surprising observation, a unexpected fact, and making something out of it. Merton adds in a footnote to this passage : "A long time ago Charles Sanders Peirce noted the strategic role of "surprising" in describing what he called "abduction" as "the birth of a hypothesis that is a step towards inference"." This third level of abduction by also observing a surprising fact, but leads to establishing a rule or law to be invented by a creative and visionary mind. "In general, the role of serendipity in science, technology and the arts is underestimated. Indeed it is often retrospectively rationalized in experimental research and its results, when it reports findings. Items that are not rational, accidental or incidental observations, surprises, mistakes , things we never dreamed of ,the unknown which results from what was hidden behind the scenes or behind the scenes. Pure rationality pure becomes the norm, not only for results but also on the path leading to these results. Then researchers report their conclusions as if they derived directly and logically from their first hypothesis, removing evidence of serendipity possible. An article on a successful experiment is written and published so that this experiment can be reproduced. Thus, a book of recipes does not tell us how they were found. The Inside Story, the story behind the story, the 'how it was was actually found, is missing. An article of this type is designated as 'fraud', 'retrospective prophecy' or 'retrospective falsification'. If the article is read as report of a discovery, it may condition the reader to overlook his own research, the flowers on the side of the road which formed a bouquet more beautiful than the flowers he has cultivated himself in his garden. This can result in loss of serendipity: the plan and purpose can spoil the adventure and travel. A seasoned researcher must keep both eyes open: one for comments sought and the other for observations unsought. Von Laue, the famous German chemist, formulated this idea with empathy : 'We often find merit with no luck, but never find luck without merit'." Extract from article 2005 of Intelligent Automates Pek van Andel.

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préambule Caroline de Testa

Give serendipity a chance La sérendipité appliquée à la création visuelle

Robert King Merton, sociologue des Sciences la définie comme ceci : "la sérendipité est l’observation surprenante suivie d’une abduction correcte". Là, le mot hasard a complètement disparu, et il met l’Homme, l’observateur, au cœur de cette définition. C’est le hasard actif, quelqu’un qui tombe sur une observation surprenante, un fait inattendu, et qui en fait quelque chose. Merton ajoute dans une note sous ce passage : "Il y a déjà longtemps que Charles Sanders Peirce a remarqué le rôle stratégique du "fait surprenant” dans sa description de ce qu’il appelle “abduction”, c’est “la naissance d’une hypothèse qui est un pas vers l’inférence”." Ce troisième niveau d’abduction part aussi de l’observation d’un fait surprenant mais conduit à l’établissement d’une règle ou d’une loi qui doit être inventée par un esprit créatif et visionnaire. "En général, le rôle de la sérendipité dans les sciences, la technique et les arts est sousestimé. En effet on rationalise souvent a posteriori sur la recherche expérimentale et ses résultats, quand on publie ses résultats. Les éléments qui ne sont pas rationnels, chronologiques et recherchés, comme les observations accidentelles ou fortuites, les surprises, les erreurs, les choses dont on n’a jamais rêvé, les inconnues qui ont donné des résultats restent alors dans l’ombre ou sont même dissimulés dans les coulisses ou derrière le décor. Ensuite la rationalité pure devient la norme, non seulement quant aux résultats mais aussi quant à la route qui conduisait à ces résultats. Des chercheurs rapportent alors leur conclusion comme s’ils les dérivaient de façon directe et logique de leur première hypothèse, retirant les indices d’une sérendipité éventuelle. Un article sur une expérience réussie est écrit et publié de telle façon que cette expérience soit reproductible. Ainsi un livre de recettes de cuisine ne parle pas de la façon dont elles ont été trouvées. L’Inside story, l’histoire derrière la narration, le ‘comment se passait réellement la recherche’ manquent. Un article de ce type est désigné comme ‘fraude’, ‘prophétie rétrospective’ ou ‘falsification rétrospective’. Si l’article est lu comme le rapport d’une découverte, il peut conditionner le lecteur dans sa propre recherche à négliger les fleurs du bas-côté de la route qui formaient un bouquet plus beau que les fleurs qu’il a cultivées lui-même dans son parc. Cela peut donner une perte de sérendipité : le plan et le but peuvent gâcher l’aventure et le voyage. Un chercheur aguerri doit garder ses deux yeux ouverts : l’un pour des observations cherchées et l’autre pour des observations non-cherchées. Von Laue, le célèbre chimiste allemand formulait cette idée avec empathie : ‘On voit souvent le mérite sans la chance mais jamais la chance sans le mérite’." Extrait de l’article Automates Intelligents 2005 de Pek van Andel.

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La sérendipité appliquée à la recherche d’informations sur Internet, a en effet donné lieu à plusieurs déclinaisons ou théorisations qui expliquent (ou essaient d’expliquer) en quoi ce processus doit être réfléchi, construit et pratiqué, pourquoi la sérendipité ne doit pas être confondue avec la découverte totalement fortuite : étude de ses relations éventuelles avec l’émergence ou l’abduction, "ingénierie de la sérendipité" conçue comme une démarche de recherche volontaire et organisée à l’aide de dispositifs techniques (Affordance), "sérendipité expérimentale" ou procédure d’essais et erreurs, "sérendipité embarquée" et intégrée aux processus de collecte d’information (Francis Pisani), "serendipity engine" (Chris Brogan), ou encore "sérendipité systématique" proposée dès 1964 par Julian F. Smith (voir le chapitre Page-Rank : entre sérendipité et logiques marchandes, par Olivier Ertzscheid, Gabriel Gallezot, Eric Boutin, dans L’Entonnoir, C&F éditions, 2009, pp. 113-136). La sérendipité sociale : la plus grande part des contenus que nous découvrons aujourd’hui nous provient de ce que notre réseau d’amitié virtuelle partage en ligne. Cette manière d’accéder à l’information par des voies sociales est tout à fait valable, non seulement pour rester à la page, mais parce que ce qui intéresse nos amis est censé nous intéresser. L’avantage de cette sérendipité sociale est que notre environnement social a toujours été le premier critère pour nous définir nous-mêmes et pour définir nos intérêts. L’inconvénient est que ce type de sérendipité étant par définition publique, elle est une projection de nous-mêmes vers les autres, elle est une image de la manière dont nous voudrions être perçus par les autres. Par ailleurs, le fait que ces réseaux ne regroupent que des gens dont a priori nous partageons les intérêts contredit le but de la sérendipité, qui est la surprise et le plaisir d’une découverte inattendue. Les exemples de cela, ce sont Facebook et Twitter. Sur ce diagramme, est représenté l’ensemble de mes recherches internet durant ce mémoire. Ce contenu a été rassemblé par google history. Sérendipités authentiques dans différents domaines ∙ 12 - 13

Data Flow en forme de tronc d’arbre pour représenter la sérendipité en chiffre. Nous savons que la sérendipité est présente dans tous les domaines. Pek van Andel dit ceci : "En général, le rôle de la sérendipité dans les sciences, la technique et les arts est sous-estimé. En effet on rationalise souvent a posteriori sur la recherche expérimentale et ses résultats, quand on publie ses résultats. Les éléments qui ne sont pas rationnels, chronologiques et recherchés, comme les observations accidentelles ou fortuites, les surprises, les erreurs, les choses dont on n’a jamais rêvé, les inconnues qui ont donné des résultats restent alors dans l’ombre ou sont même dissimulés dans les coulisses ou derrière le décor. Ensuite la rationalité pure devient la norme, non seulement quant aux résultats mais aussi quant à la route qui conduisait à ces résultats. Des chercheurs rapportent alors leur conclusions comme s’ils les dérivaient de façon directe et logique de leur première hypothèse, retirant les indices d’une sérendipité éventuelle. Un article sur une expérience réussie est écrit et publié de telle façon que cette expérience soit reproductible. Ainsi un livre de recettes de cuisine ne parle pas de la façon dont elles ont été trouvées. L’inside story, l’histoire derrière la narration, le ‘comment se passait réellement la recherche’ manquent. Un article de ce type est désigné comme ‘fraude’, ‘prophétie rétrospective’ ou ‘falsification rétrospective’. Si l’article est lu comme le rapport d’une découverte, il peut conditionner le lecteur dans sa propre recherche à négliger les fleurs du bas-côté de la route qui formaient un bouquet plus beau que les fleurs qu’il a cultivées lui-même dans son parc. Cela peut donner une perte de sérendipité : le plan et le but peuvent gâcher l’aventure et le voyage. Un chercheur aguerri doit 12


garder ses deux yeux ouverts : l’un pour des observations cherchées et l’autre pour des observations non cherchées. Von Laue, le célèbre chimiste allemand formulait cette idée avec empathie : ‘On voit souvent le mérite sans la chance mais jamais la chance sans le mérite.’ Harry Beckers, qui fut la figure centrale de la recherche dans la société Shell avait un œil ouvert pour la sérendipité et s’opposait à l’approche dite ‘Harvard Business School’, qui présume que l’on peut planifier la recherche et le développement et que ce secteur doit seulement résoudre des questions sans ‘bavarder’ à leur sujet : En tant que coordinateur de la recherche, on doit être le gardien d’un système ouvert, à l’abri de la domination bureaucratique. La planification de la recherche doit avoir été faite de façon simple. Il faut suivre le planning mais cela ne doit pas devenir un but en tant que tel. Les vraies idées à approfondir surviennent souvent sous la douche et les réelles innovations, les soi-disant quantum jumps, émergent par accident comme quelqu’un qui, lorsqu’il veut verser le liquide d’un gobelet, s’aperçoit que ce liquide est devenu solide. Le bon chercheur se demande alors ce qui se passe... La découverte du polyketon ‘Carillon’ de Shell est un bon exemple, mais c’est difficile de l’expliquer à ses clients. Quand on souligne trop la planification, trop de gens tournent autour du pot sans être dans le pot lui-même. En d’autres termes, le bureaucrate devient de plus en plus important et la recherche réelle disparaît." En effet, énormément de sérendipité artistique se produisent, mais très peu sont recensées par rapport à celles que réunit les sciences. Ce mémoire est fait pour changer ce regard. → De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu, Editions l’Acte Mem, Danièle Bourcier et Pek van Andel, 2008 → Article Wikipédia Liste des découvertes et inventions liées au hasard. Scans ∙ 18 - 23

Un mouvement, actuellement, à la mode chez les graphistes, les "dirty scans" se propagent un peu partout. J’ai voulu tester cette hypothèse et essayer moi même de scanner des images. En scannant en 1600dpi par exemple, le scanner est assez long, et on a le temps de bouger comme l’on veut l’image. Erreurs d’impression - transfert ∙ 24 - 29

Pour faire cette expérience, j’ai imprimé une image sur du calque qui n’est pas fait pour une impression jet d’encre. A la sortie de l’imprimante, j’ai apposé une feuille vierge qui a tout de suite absorbé en miroir cette image. J’ai mis cette feuille dans l’imprimante et j’ai réimprimé la même image par dessus pour créer cet effet tampon. Pixels ∙ 30 - 35

En important une image de mauvaise qualité sur mon gabarit indesign, de grossiers pixels se sont affichés. J’étais en affichage standard, et non en qualité supérieure, mais l’image que j’ai vu, m’a bien plu. J’étais en train d’expérimenter des images autour de la couleur, et ces pixels de couleurs se côtoyaient soudainement, grossièrement de manière harmonieuse.

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Flou ∙ 36 - 41

L’éloge du flou par Gérard Mordillat : Proposer au spectateur des images les plus nettes possible peut sembler le minimum que l’on soit en droit d’attendre d’un cinéaste. Par leur qualité comme dans leur enchaînement, elles doivent être sans ambiguïté, propres, limpides, rassurantes. Mais est-on si sûr que cette approche soit la mieux à même de rendre fidèlement la vérité du réel ? Ce qui, dans le cinéma, est ce qui échappe à la dramaturgie, à la machinerie ; c’est l’imprévu, le vague, le flou. C’est ce que le cinéaste ne cherche pas à montrer ; ce qui déserte le cadre, le dépasse, le déborde. C’est le territoire inexploré de l’image, ce qu’elle saisit par inadvertance. Ce qui n’est ni au premier ni au deuxième plan, mais au loin : les fonds, les ciels, la figuration involontaire, la nature, le vide. Cette matière noire, impalpable, qui protège la part maudite des films, leur chair profonde, leur épaisseur. C’est "ce grand voile de brume rouge" qui nous fait voir avec le cœur ce que les yeux ne peuvent saisir. Pourtant, le flou demeure un des tabous les plus puissants du cinéma. Concrètement, c’est l’exemple même de la faute professionnelle grave. C’est le plan qu’il faut refaire, qui coûte cher à la production et contrarie les acteurs. C’est, surtout, le plan qui dément l’infaillibilité technique à laquelle prétend la profession. Filmer flou, c’est apparaître vulnérable. Le flou est au cinéma ce que l’apostasie est à la religion. L’accepter, c’est tout renier. Tout remettre en cause. Malgré cela, devant une image floue de ma fille, je suis ému [Gérard Mordillat]. Comme si, en ne distinguant pas clairement ses traits, je saisissais quelque chose de plus intime, de plus secret. Peut-être aussi que ce "bougé" atteint à la sensation pure du véritable tremblement de la vie. Le flou nous permet "d’atteindre la réalité dans ses profondeurs, de la rendre dans sa violence", disait le peintre Francis Bacon, dans ses entretiens avec David Sylvester. Il existe un portrait médiocre d’Arthur Rimbaud, en Abyssinie, à Harar, en 1883. Les traits de l’homme sont difficilement discernables. Est-ce Rimbaud, n’est-ce pas lui ? Impossible d’avoir une certitude. C’est ce qui fait la troublante beauté de cette photographie. Le flou prononce l’éloge du doute. Il ne propose rien d’autre que de s’interroger sur ce que l’on voit, que ce soit Rimbaud, quelqu’un ou quelque chose d’autre. De s’interroger sur le réel, sur l’image, la société qui la produit, le monde qui l’expose. Le flou, c’est la question, l’essence même de la philosophie, or c’est le net, son contraire, qui est sacralisé. Le flou, c’est l’impur dans l’image. C’est aussi la tare qui doit être éliminée du scénario par l’application inflexible de la loi de cause à effet. Georges Feydeau, en son temps, avait fait de cette règle le moteur même du comique de ses pièces. A Hollywood, pas question de rire, il faut qu’un plan ouvre toujours sur la compréhension du suivant et éclaire celui qui précède. Rien ne doit être flou, il faut que tout s’explique, que le scénario soit "au point". Un certain cinéma — américain en particulier — transmet un même message fondamentalement politique en direction du public supposé ignorant et débile : n’ayez pas peur, tout est sous contrôle, nous savons. Ceux qui écrivent savent, ceux qui tournent savent, ceux qui financent savent. Dans la plus tempétueuse des aventures, dans la plus horrible affaire criminelle, dans la guerre la plus atroce, tout est clair, maîtrisé, expliqué. Tandis que la vie n’est faite que d’incertitudes, de doutes, d’angoisses, il n’y a ni ombres ni flous sur l’écran. Le spectateur paye sa place pour sortir rassuré. Le cinéma agit ainsi comme un formidable anxiolytique et un tout aussi formidable moyen de contrôle des masses. La netteté technique se veut garante de la netteté morale des œuvres. Et ce d’autant plus que le cinéma, né dans les cafés, les baraques foraines, les bordels, s’est dès l’origine senti le besoin de se purifier. Le flou, c’est sale, illégitime, bâtard ; le point, c’est propre. Mieux, comme disent les Suisses, c’est "propre en ordre". L’image nette sait se tenir en société. Elle ne s’essuie pas les pieds sur les tapis de l’imagination. Dans le champ de la représentation, elle intervient toujours entre le "bon goût" bourgeois et l’étiquette d’une cour royale. L’image au point ne touche — parfois avec talent — que la surface des choses et frôle les êtres sans chercher à les connaître. C’est une illustration sans affects. Plus exactement, ses affects sont dissimulés par sa netteté. Dans le double sens du

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terme : définition de l’image et "propreté" des visages, des costumes, des décors, tous passés à l’eau de Javel de la distance respectueuse — qui va tenir du même coup le spectateur en respect. Ce choix-là, de l’illusion manipulatrice, aide à maintenir l’ordre en place : le "focus" est rentable… D’ailleurs, lorsqu’il y a trois acteurs dans un plan et que l’opérateur hésite sur celui qu’il faut favoriser, les Américains ont une formule qui vaut sur tous les plateaux du monde : "focus on money" — le point sur l’acteur qui rapporte le plus… Les cinéastes sentent bien pourtant que rien n’est "au point" dans le monde, qu’aucun effet ne s’explique totalement par une cause. Que le "focus", le point, n’est pas qu’homophoniquement un "faux cul". La télévision aussi privilégie la netteté. Mais celle-ci n’y joue pas exactement le même rôle qu’au cinéma. Dans le monde entier, les journaux télévisés sont filmés pleins feux, avec une très grande profondeur de champ et une netteté parfaite. Ces choix techniques portent un discours bien plus puissant que le babil du présentateur. Le message du dispositif est limpide : ce qui s’expose ici en pleine lumière est une parole de vérité. Dans tous les régimes du monde, le journal télévisé parle la voix du pouvoir, dit la vérité du pouvoir. La télévision, cependant, n’ignore pas totalement l’image floue. Plus précisément l’image "floutée", c’est-à-dire rendue partiellement illisible pour le spectateur au nom de la confidentialité, des bonnes mœurs, de la protection des mineurs ou des personnes recherchées par la police. Le floutage, apparu d’abord pour cacher les nudités, sert désormais à montrer ce qui ne devrait pas se montrer mais doit quand même l’être, au nom de l’information, de la liberté d’expression, du débat démocratique, etc., tout en respectant la protection des sources, la sensibilité des spectateurs, etc. Une merveilleuse hypocrisie ! Ce sont majoritairement les plus démunis, les marginaux, les exclus dont le visage est flouté, la télévision disqualifiant par avance leur parole puisque leur discours est "flou". Que ne fait-on du floutage pour les hommes politiques, dont chaque intervention mériterait d’être mise en doute ? Image floutée, spectateur floué. A la télévision comme au cinéma, les images dressent un mur d’illusions, derrière lequel la souffrance des vivants et la violence de l’histoire sont occultées. Elles rabotent la réalité, la nient et finalement l’effacent. Dans un imaginaire où désormais tout se vaut, les films deviennent inoffensifs. Ce que l’image a gagné en définition, elle le perd en profondeur, en pugnacité, comme ces visages remodelés par la chirurgie esthétique qui ne sont plus que "des trous d’ombre creusés en forme d’hommes". Les images qui dominent actuellement le cinéma sont les héritières de l’art pompier du XIXe siècle dont Ernst Gombrich écrivait : "L’image est d’une facilité de lecture pénible et il est désagréable qu’on nous prenne pour de pareils nigauds. Nous trouvons passablement insultant qu’on s’attende à ce que nous soyons abusés par un leurre d’une telle médiocrité, qui est tout juste bon, peut-être, à attirer le vulgaire, mais non point ces complices raffinés des secrets de l’artiste que nous nous piquons d’être. Mais je suis d’avis que ce ressentiment masque un trouble plus profond. Nous n’éprouverions un tel malaise si nous ne pouvions opposer une certaine résistance aux méthodes de séduction qu’on a pratiquées à notre endroit". Quelle résistance les cinéastes peuvent-ils donc opposer à cet équarrissage hygiéniste, à cette convention collective de l’œil ? Il serait évidemment sot d’imaginer qu’il suffit de griffer la pellicule, de la blesser, de la salir pour, miraculeusement, lui rendre d’un coup sa puissance de pénétration du réel. Il s’agit bien plutôt, comme le firent les impressionnistes, les fauves, les abstraits, de se poser la question de l’expressivité. De rompre avec la dimension religieuse du "net" (il n’y a pas de portrait flou de Jésus), avec la morale, l’idéologie qui la portent. De découvrir par quelles voies le cinéma peut s’affranchir des faux-semblants qui l’étouffent. Faux-semblant du point. Faux-semblant de la cause à effet, dont la grammaire obligatoire n’est qu’une illusion comique, un mensonge. La vie n’est pas nette. La vie n’est pas raccord. Pourquoi faudrait-il que le cinéma le soit ? Le vrai geste de l’artiste n’est pas le geste parfait, mais le geste unique. Ce qui est fondamentalement différent. Un geste périlleux. Du travail sans filet, sans garanties bancaires ni professionnelles. Un saut dans le vide. "Je tombe. Je tombe mais je n’ai pas peur, écrivait Antonin Artaud. Je rends ma peur dans le cri de la rage, dans un solennel barrissement." Sauter dans le flou, dans le noir, dans la peur qui nous habitent, c’est faire le saut de l’ange. C’est déserter le rang des petits épargnants des salles obscures. Affronter cinématographiquement une image de soi, une image de l’autre, au pays des grands montreurs d’ombres.

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Une image parfaitement sensible. Parfaitement douloureuse. Où s’écorcher. → Article web de Gérard Mordillat, dans le Monde diplomatique, septembre 2011 Pour moi le flou est un bon exemple de serendipité. Encore une fois, il est utile de savoir rebondir de nos erreurs, et le flou parait en être une, mais peut parfois créer des images inattendues après un clic mal maitrisé ou vraiment voulu. Pliage ∙ 42 - 51

Le pliage est un art que l’on appelle origami. Pour ne rien maîtriser au pliage, j’ai voulu monter ici des images provenant d’images de papier glacé déchirées, tirées des magazines et froissées. Les plis ne sont donc pas contrôlés et peuvent créer des images parfois surprenantes. Le hasard survient, à nous de savoir quoi en faire... La critique se ramenait donc à l'éloge, à la façon d'André Breton en 1953, à la reconnaissance au mieux d'une méthode : "le pliage", "le froissage", ou au pire à l'aveuglement devant cette entreprise inachevée et suspendue dans l'attente. Rature ∙ 55

Éloge de la rature par Arnaud Sabatier, lrdb.fr, 2007 : Histoire ou mémoire, pénitence et repentance, commémoration et souvenir, assurément l’historien n’a pas le monopole du passé, mais on se demande parfois si, à l’âge postcolonial, certains pouvoirs, nostalgiques, ne sont pas tentés d’annexer ce territoire du temps quitte à le "blanchir". Proposons, à l’inverse, un éloge de la rature. Les mots "blancoter", "blancotage" vont peut-être entrer dans les dictionnaires. Pourquoi pas ? Il est vrai pourtant que l’environnement lexical est déjà chargé avec les blanchiment, blanchissement et autre blanchissage. Blancoter donc, c’est effacer en utilisant du "blanco". Indépendamment de sa sonorité douteuse, coinçé entre la biscotte et le bécot, la blanquette et le banco, le mot se fera probablement une place. En revanche, on peut s’interroger sur le sens de cet usage du "blanco" qui, loin de se cantonner à l’espace de la page, engage aussi une conception et une pratique du savoir et de l’histoire. "Blancoter" c’est se tromper sur l’erreur, sa nature et sa fonction, c’est se tromper sur le savoir, son procès et sa fin. Nous confondons, depuis nos premières dictées, les fautes et les erreurs ; ignorant par là qu’apprendre c’est cheminer, interminablement, et non pas aller d’une ignorance virginale et originaire à une connaissance terminale et épuisée. L’erreur est un passage, non un passage obligé, mais le passage, l’errance, l’errer. Sans doute y a-t-il des impasses et des chemins qui ne mènent nulle part, et peut-être même des âmes en peine et des voyageurs déroutés, mais on aurait tort de cartographier trop simplement le savoir en opposant des voies ou des moyens, inessentiels voire gênants, et un lieu, une fin, la vérité enfin atteinte et (r)établie, stable et juste. Réhabiliter la pratique de la rature, c’est instaurer une topologie de la distance et de l’entrelacs, et une logique de la différence et de la proximité, c’est indiquer que le "vrai" sens – graal obsédant – n’est pas dans la positivité ou la substance des mots ou des actes mais dans le décalage. Raturer c’est apprendre que le sens n’est pas de ces choses qui s’installent et se maintiennent, en plein, mais qu’il est plutôt ce qui échappe ou écarte, en creux, dans ce qui sépare, distingue et tisse à la fois. Raturer permet de comprendre qu’apprendre consiste moins à dévoiler ou découvrir qu’à inventer et construire, multiplier – ce qui ne signifie pas renoncer à choisir. Choisir encore, mais sans éliminer, sans blanchir. La vérité n’est jamais une, jamais blanche, jamais nue. La rature est une espèce du genre marquage comme le soulignement, à l’inverse du "blancotage" qui nie, méprise et fait taire, elle fait honneur à l’écriture, à l’ex-cription dit Jean-Luc Nancy. Écrire, ce n’est pas se condamner à l’irréversible, ce n’est pas s’inscrire dans la linéarité et l’univocité, c’est s’exposer dans le complexe et le multiple, c’est avoir lieu dans un contexte, c’est-à dire une écriture partagée, et constituer ainsi des lieux communs de mémoire. "Excrire", c’est se soumettre à l’inévitable destin de la rature, s’engager dans le

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désordre réticulé du devenir, fait des traces brouillonnes, jamais définitivement mises au propre, qui composent le texte de l’expérience humaine. Que ce texte ou tissu ou tissage soit un interminable raturage on peut en trouver un indice dans l’étymologie du mot biffer, qui vint peut-être du latin bi-filum, le fil double. Raturer, biffer, c’est entretisser les fils des erreurs dépassées et tramer ainsi le canevas enchevêtré de l’aventure humaine. Il faut insister sur le lien entre la rature et le temps. "Blancoter" c’est effacer, effacer c’est oublier. Certes l’oubli a ses vertus et Nietzsche a brillamment dénoncé la névrose du gardien de musée, cette constipation patrimoniale qui nuit à la vie et à la création, a toujours momifier, assécher et protéger ; il a stigmatisé cette obsession de la collection et de la commémoration qui nous fait préférer le commerce des morts, il est vrai, toujours plus conciliants et accommodants ; il a condamné la posture de l’antiquaire compulsif qui entasse tout ce qui passe, qui garde, fige et vénère ses poussiéreux héros. Il faut, pour agir et vivre, une bonne dose d’irrespect et d’oubli. Mais "blancoter" ce n’est pas seulement oublier son passé, c’est même plus encore qu’oublier l’oubli, c’est nier l’idée même de temps, nier ce qui en est constitutif, la temporalité, c’est-à-dire le fait qu’il passe. Ce n’est pas seulement amputer le temps en le privant du passé, c’est prétendre l’annuler, car le temps, inéluctablement, passe, il est le passage et le "dépassage", l’incessant débordement de lui-même. Raturer ce n’est ni effacer ni entasser, ni renoncer ni répéter, c’est dé-passer. L’histoire est le traçage de ce passage. Raturer ou tracer c’est faire l’apprentissage de l’historicité et renoncer à exiger l’impossible tabula rasa. On trouve dans cette volonté d’araser, dans ce souci d’annihiler, l’illusoire et présomptueux désir d’une création ex nihilo, sans doute aussi le fantasme réactionnaire de la pureté totale, peut-être encore le refus de la filiation. Il en va de l’usage du "blanco" comme de l’hygiénisme mémoriel de ceux qui se verraient bien recommencer à zéro et rejouer la Création dans un temps amnésique pour un peuple parfaitement intégré. C’est tout cela effacer ses traces ou celles des autres, et ne pas voir qu’une œuvre ou une vie, orphelines de ce qui les a fait naître, loin de régner définitivement dans une présence éternelle et monumentale, sont bien plutôt incapables de s’identifier à quel que projet que ce soit, et s’effondrent bientôt, infondées, sans lieu ni demeure. Raturer donc : ni renier ni répéter en boucle, mais dé-passer et en un triple geste, garder ce qui est passé, marquer son passage et dépasser en passant. La trace, inévitablement présente, conjugue encore le rappel du passé et l’appel de l’avenir. Mais la trace, si elle est un lieu de mémoire, ce n’est ni pour qu’on y retourne et qu’elle nous retienne, ni pour qu’on s’y réfléchisse comme en un miroir ignorant qui bégaie et répète avec bêtise et prétention. La trace comme le lieu de mémoire doit permettre au regard et à l’histoire de ricocher, ou encore de tracer, dans tous les sens du terme, y compris son acception familière. → Arnaud Sabatier, lrdb.fr, 2007 Contreformes ∙ 56 - 67

Je me suis intéressée plus à la contreforme qu’à la lettre. Ces approches que l’on examine attentivement lorsque l’on compose un texte nous révèle alors une forme, pas géométrique, pas figurative, mais parfois organique. Ces formes inattendues me servent de cadres surprenants à une image. Pour boucler la boucle, à la vue de cette image, me vient un mot, et c’est une espace entre deux lettres de ce mot qui me sert de cadre à cette même image. Toutes les richesses du caractère typographique font de chaque contreforme, un cadre unique et sérendipe, avec une légère préférence pour les mécanes qui forment de très belles contreformes. Alphabet transfert ∙ 68 - 73

Pour faire cette expérience, j’ai imprimé un alphabet que j’ai fait en 2011 le "varnish" sur du calque qui n’est pas fait pour une impression jet d’encre. A la sortie de l’imprimante,

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j’ai apposé une feuille vierge qui a tout de suite absorbé en miroir la lettre. J’ai mis cette feuille dans l’imprimante et j’ai réimprimé une image correspondant à la première lettre par dessus. Caractères bois ∙ 74 - 81

Au hasard d’une brocante, place des abbesses, j’ai trouvé ces caractères bois en vrac, j’ai composé les 6 lettres du mots "chance" (par hasard en anglais) et me suis mise à badigoner de gouache pour les faire apparaître sur le papier. La peinture pas totalement homogène fait de chaque lettre, un dessin unique. Miroir ∙ 82 - 83

La lettre G en Caslon est superbe, je les ai superposées en mettant l’une en miroir. Cela donne un nouveau dessin de la lettre. Ce n’est pas une contreforme, mais une superposition inversée de lettre, qui donne parfois des résultats inattendus, des formes et contours surprenants. J'ai donc ensuite inversé chaque lettre de l'alphabet de William Caslon pour voir se dessiner des formes inattendues, des tests de Rochard, ... Alphabet scan ∙ 84 - 85

A partir du caractère typographique, le Bureau Grotesque et inspiré du Tu Nantes du collectif Akatre, j’ai crée un caractère typographique dont les accidents graphiques rappellent les défauts d’un papier mal scanné. Futura accidenté ∙ 86 - 87

Cet alphabet est né d’une expérience qui paraissait voué à l’échec. J’observais mon ami, designer qui cherchait des effets "eau" pour une animation pour Hennessy à l’aide du logiciel 3dSMax. D’une erreur de paramètres est né une image vraiment surprenante. Nous avons essayé de la refaire en vain. Des années plus tard, j’apprends à manier ce logiciel et essaye de refaire cette déformation sublime née d’une erreur. En est né le futura accidenté. Ce qui est drôle à observer, est que j’avais déjà tâté le terrain dans mes premières expérimentations en photographiant des pages de magazines pliées pour mieux observer le pliage aléatoire et en créant un caractère typographique né d’une observation de scans défectueux. On peut dire que de ces deux observations surprenantes et de cette erreur de logiciel sont nées des images surprenantes appliquées à une linéale géométrique. J’ai choisi le futura, justement pour ces raisons, pour titiller le dessin dessiner si géométriquement. Paramètres appliqués à la lettre A Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 374,66 - Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 168,93 / Strengh Z : 845,357

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Paramètres appliqués à la lettre B Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 345,053 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 27619,906 / Strengh Z : -29731,469 Paramètres appliqués à la lettre C Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 345,053 - Pinch 0,0 Bubble 0,0 Noise Scale 5469,493 / Strengh Z : -66438,117 Paramètres appliqués à la lettre D Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 282,943 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 2898,831 / Strengh Z : -66438,117 Paramètres appliqués à la lettre E Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 196,314 Pinch 0,0 - Bubble 2,774 Noise Scale 234,511 / Strengh Z : 861,769 Paramètres appliqués à la lettre F Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 822,675 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 596,637 / Strengh Z : 1929,594 Paramètres appliqués à la lettre G Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 822,675 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 596,637 / Strengh Z : 1929,594 Paramètres appliqués à la lettre H Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 822,675 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 596,637 / Strengh Z : 1929,594 Paramètres appliqués à la lettre I Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 341,846 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 188,317 / Strengh Z : 731,256 Paramètres appliqués à la lettre J Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 341,846 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 188,317 / Strengh Z : 1374,762 Paramètres appliqués à la lettre K Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 341,846 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 188,317 / Strengh Z : 1374,762 Paramètres appliqués à la lettre L Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 341,846 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 188,317 / Strengh Z : 1374,762 Paramètres appliqués à la lettre M Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 559,944 Pinch 0,0 - Bubble -0,14 Noise Scale 188,317 / Strengh Z : 1374,762 Paramètres appliqués à la lettre N Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 559,944 Pinch 0,0 - Bubble -0,32 Noise Scale 188,317 / Strengh Z : 1374,762

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Paramètres appliqués à la lettre O Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 372,997 Pinch 0,0 - Bubble 2,774 Noise Scale 247,59 / Strengh Z : 617,696 Paramètres appliqués à la lettre P Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 278,084 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 8134,79 / Strengh Z : -28345,27 Paramètres appliqués à la lettre Q Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 255,837 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 8134,79 / Strengh Z : -28345,27 Paramètres appliqués à la lettre R Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 255,837 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 8134,79 / Strengh Z : -28345,27 Paramètres appliqués à la lettre S Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 254,965 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 1155,28 / Strengh Z : -11338,107 Paramètres appliqués à la lettre T Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 254,209 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 176,438 / Strengh Z : 3864,212 Paramètres appliqués à la lettre U Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 224,209 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Noise Scale 238,685 / Strengh Z : 2009,39 Paramètres appliqués à la lettre V Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 224,209 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Paramètres appliqués à la lettre W Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 224,209 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Paramètres appliqués à la lettre X Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 163,453 Pinch 0,0 - Bubble 0,0 Paramètres appliqués à la lettre Y Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 242,295 Pinch 0,0 - Bubble -0,25 Noise Scale 198,379 / Strengh Z : 1588,541 Paramètres appliqués à la lettre Z Edit Poly /Soft Selection/ Failoff 883,076 Pinch 0,0 - Bubble -0,522 Noise Scale 254,398 / Strengh Z : 2337,414

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Dit d'eau ∙ 88 - 91

Alphabet déformé à l'aide du logiciel de 3D 3dsMax à partir du caractère de Firmin Didot. Cet alphabet est un alphabet expérimental où chacune des lettres serait trempées sous l'eau. En est né, le dit d'eau. Cercles chromatiques inversés ∙ 94 - 99

Le cercle chromatique est une représentation conventionnelle circulaire des couleurs. Celles-ci sont ordonnées comme au sein d’un arc-en-ciel, la fermeture du cercle s’effectuant par une transition du rouge au violet via le magenta. Généralement, l’orientation des couleurs se fait dans le sens direct (rouge, puis jaune, puis vert, etc.). Un cercle chromatique peut présenter les couleurs sous forme discrètes (parts du cercle) ou en continu. Il arrive qu’on utilise tout le disque pour présenter les variantes soit en intensité, soit en saturation des couleurs. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas Isaac Newton qui a le premier eu l’idée de placer les couleurs sur un cercle chromatique : elle est attribuée à Robert Fludd, qui "présenta dans une œuvre médicale le premier cercle chromatique imprimé". Le classement des couleurs par Newton fait suite à la découverte de la décomposition de la lumière blanche du soleil en un spectre continu de toutes les couleurs visibles. Newton décrira alors des couleurs discrètes et non pas continues. Newton ne place pas le magenta sur son cercle chromatique, qu’il divise, dans une société sous la contrainte du théisme, en sept zones, inspiré par les sept notes de musique, liées à la sacralisation des sept jours de la création dans le christianisme, car ce n’est pas une couleur spectrale. En 1708, Claude Boutet, peintre et enseignant en peinture, crée des manuels tentant de faire le tour complet des techniques picturales : proportions, composition, mais également où trouver des pigments dans la nature, et comment les transformer et les utiliser. Il y décrit aussi deux cercles chromatiques, un a sept couleurs, dans une société encore très influencée par le théisme, et un autre de douze couleurs, plus complet et plus proche des cercles chromatiques que l’on trouve aujourd’hui dans les ateliers de peinture. Le chimiste Chevreul utilisera cette représentation circulaire en 1864 dans son livre des couleurs et de leurs applications dans les arts industriels développant sa théorie publiée en 1839, de la loi du contraste simultané, permettant la classification des pigments par de leur solidité à la lumière, leur clarté, leur saturation et de leur impact visuel. Cette classification physico-chimique de la couleur pigmentaire a eu un grand impact sur l’esthétique dans les arts plastiques et le design par la théorie harmonique des couleurs complémentaires. Max Lüscher a inventé un test des couleurs qui permet d’évaluer l’état émotionnel d’une personne à un moment donné, en fonction de sa préférence de couleurs sur le moment. Les recherches de Lüscher ont confirmé que l’utilisation de la juste couleur sur les emballages peut avoir un effet hypnotique sur l’acheteur. De même la coloration des objets peut influer sur leur succès commercial (par exemple la coccinelle de Volkswagen lui devrait une part de sa réussite). Le test de Lüscher existe sous plusieurs formes (test complet utilisant un vaste nuancier, disponible seulement en allemand, test simplifié utilisant des cubes de couleurs). Les résultats du test peuvent varier en fonction de l’âge (on a créé un quotient couleurs qui permet d’évaluer une sorte d’âge émotionnel via le test de Lüscher). Les personnes qui ont de l’énergie, de la créativité, du succès auraient à ce test un âge très jeune par rapport à leur âge réel… J’ai alors décidé de mélanger le cercle chromatique traditionnel pour créer des accords hasardeux de couleurs. → Article Wikipédia Cercle chromatique → Lüscher, Max. 1949. Psychologie der Farben. Einführung in den psychosomatischen Farbtest (Basel, Switzerland: Test-Verlag) → Livre de Jan Scott - The Lüscher Colour Test

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Valeurs chromatiques ∙ 100 - 101

La valeur chromatique désigne le degré de clarté ou d’obscurité d’une couleur. Le jaune, après le blanc, est la couleur la plus claire. Un script illustrator existe pour représenter les valeurs des couleurs en forme d’histogramme. Les images que j’ai passé sous ce script (Scriptgrapher › bloch raster) ressemble un peu à des images de jeux vidéos en pixels. → Wassily Kandinsky, Several Circles, 1926 → Sonia Delaunay Accords hasardeux ∙ 102 - 145 Ici, l’expérience fut de créer un livre fendu en deux, avec autant de couleurs différentes dans les deux parties. Lorsque l’on flippe le livre, autant d’accords hasardeux sont possibles. Sortes de nuancier hasardeux, les rencontres entre les différentes couleurs sont multiples voire infinies. Dans le livre de recherches, j’ai présenté 8 pages avec ce système, donc 64 combinaisons possibles, mais dans un autre livre, j’en présenté plus de 320 couleurs par partie. Bleu de prusse

Comme nous le rappelle l’historien F. Hoefer "la découverte du bleu de Prusse est due au hasard, c’est-à-dire qu’on n’avait pas été conduit par le raisonnement". Diesbach, préparateur de couleurs à Berlin, avait acheté de la potasse chez un fabricant de produits chimiques, pour précipiter une décoction de cochenille, d’alun et de vitriol vert (sulfate de fer). Au lieu du précipité rouge qu’il attendait, il fut très surpris d’obtenir une poudre d’un très beau bleu. Il fit part de sa découverte à son marchand qui se rappela aussitôt que la potasse qu’il venait de lui vendre avait été, à l’occasion d’une autre préparation, calcinée avec du sang. Ceci se passait en 1710. La préparation du bleu de Prusse demeura secrète jusqu’en 1724, et mystérieuse pendant bien plus longtemps. On sait aujourd’hui que ce bleu est surtout composé de ferrocyanure ferrique : les protéines du sang avaient fourni à Diesbach l’azote qui entre dans sa constitution. → De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu (p.146), Editions l’Acte Mem, Danièle Bourcier et Pek van Andel, 2008 Mauve

La mauvéine en 1856 par William Perkin. En 1845, la reine Victoria visite l’Allemagne. Le prince invite le scientifique August Hofmann à venir à Londres. Quelques années plus tard, donc, en 1856, August Hofmann demande à un jeune étudiant de 18 ans, William Perkin, de synthétiser la quinine par le procédé de l’oxydation d’aniline. Mais, il découvre la mauvéine, une nouvelle teinture qui trouve un franc succès auprès de la reine et de la cour d’Angleterre. La mode de couleur des vêtements de la cour royale devient cette année-là le mauve. → De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu, Editions l’Acte Mem, Danièle Bourcier et Pek van Andel, 2008

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Invention du Polaroid

En fait, la sérendipité procède en trois temps. Dans un premier temps, elle procède d’un raisonnement praxéologique, c’est-à-dire d’une logique déductive. On ne peut comprendre la sérendipité que parce qu’elle émane de l’action de l’individu. C’est parce que l’être humain agit, fait des expériences, des rencontres, etc. qu’il aboutit à des conséquences ou à des résultats particuliers. L’être humain agit parce qu’il a un but, même si celui-ci se modifie en cours de route. La sérendipité nait de l’action. Peu importe d’ailleurs les raisons de la motivation. Pour certaines inventions, comme le Polaroid, l’origine de la motivation provient d’une réflexion de la fille d’Edwin Land. Âgée d’à peine plus de 3 ans, la petite fille demanda à son père pourquoi elle devait attendre plusieurs jours avant de voir le résultat de la photo prise par son père. L’inventeur piqué au vif se lança alors dans ses recherches. → Article Wikipédia Sérendipité → Article web Life in Progress Découverte de l’Amérique

La découverte de Christophe Colomb (1451-1506) est probablement l’exemple le plus étonnant d’une découverte accidentelle dans toute l’histoire du monde. Cette trouvaille extraordinaire a beaucoup de points communs avec une découverte classique en science. Colomb croyait qu’il trouverait une route plus courte pour les Indes orientales et il tomba, à la suite d’un accident totalement inattendu, sur un continent vaste et inconnu. En partant, il ne savait pas où il allait ni quand il arriverait ; après son retour, il ne savait pas où il était allé. Il avait cependant vécu la plus grande aventure de tous les temps. Bien qu’il fît quatre voyages aux Indes orientales, il mourut sans savoir qu’il avait découvert un nouveau monde. Mais il réalisa que son expérience était remarquable et qu’elle revêtait un caractère exemplaire. On connaît les motivations de Christophe Colomb : le pouvoir et la richesse. Il avait du courage, de l’audace, et son obstination parvenait à vaincre tous les obstacles. Il agissait et triomphait malgré les oppositions. Son hypothèse (son obsession) était que, si le monde est un globe, il pouvait en naviguant vers l’ouest atteindre les Indes orientales. L’idée n’était pas du tout originale, il avait seulement obtenu quelques éléments d’information supplémentaires. Par exemple, la continuité des vents soufflants de l’Atlantique au Portugal avait été un des faits qui lui avaient donné l’idée d’une terre à l’ouest. Il avait eu de grandes difficultés à trouver un financier et à tenter l’expérience. Il ne trouva pas la nouvelle route attendue, mais découvrit l’autre moitié inconnue du monde. Il resta toujours convaincu qu’il avait trouvé une nouvelle route vers l’Orient. Il reçut peu de récompense de son vivant. Depuis, on sait qu’il n’était pas du tout le premier Européen à arriver en Amérique. Les Vikings y étaient parvenus en empruntant la route du Nord. Il existe même une théorie — contestée, il est vrai — d’un historien amateur anglais, Gavin Menzies, selon laquelle les Chinois auraient déjà découvert l’Amérique en 1421, avec une soi-disante carte chinoise de 1418, possédée par Lieu Gang, et cela 70 années avant Christophe Colomb. En 1503, Colomb écrivit à Ferdinand et Isabelle : "J’ai été sept années dans votre cour, et pendant sept années on m’avait dit que mon plan était une absurdité et maintenant les vrais matelots demandent des congés pour découvrir de nouveaux pays". À présent, on réalise que la conquête de Grenade fut une condition sine qua non pour que Ferdinand et Isabelle aient vraiment envie de soutenir le projet de Colomb. Amerigo Vespucci (1454-1512), marchand navigateur, équipait des bateaux à Séville. Il le rencontra alors qu’il préparait son troisième voyage. Après 1497, Vespucci fit aussi des voyages d’exploration de l’autre coté de l’Atlantique, comme navigateur, dans l’expédition espagnole (1499-1500) et dans une expédition portugaise (1501-1502). Pendant la deuxième expédition, il longea la côte de ce qu’on appelle maintenant l’Amérique du Sud et découvrit le Río de la Plata. Il en conclut que ce nouveau pays ne faisait pas partie de l’Asie, comme Christophe Colomb le pensait, mais qu’il s’agissait

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vraiment d’un nouveau continent : une “quatrième partie du monde”. En 1507 on suggéra d’appeler ce nouveau pays l’Amérique. Ce nom fut d’abord donné à l’Amérique du Sud. Le géographe allemand Martin Waldseemüller l’appliqua à la région du Brésil et, avant que la désignation ne s’étende à tout le nouveau monde. De 1508 à 1512 Vespucci fut le principal navigateur de la Compagnie des Indes occidentales, localisée à Séville. Motivé par les contes indiens qui parlaient d’une grande mer au sud où il y aurait un pays avec beaucoup d’or, Bilbao conduisit une expédition à Panama jusqu’à la côte de la Mer du Sud (l’Océan Pacifique). Cette découverte contribua à confirmer l’idée de Vespucci : ainsi, les soi-disant Indes orientales ne faisaient pas partie de l’Extrême Orient. Beaucoup d’aventuriers naviguent de la sorte sur des mers qui ne sont pas indiquées sur une carte, en direction d’un certain objectif, et trouvent des pays et des ports encore inconnus. Pour arriver à de tels ports, il faut équiper un bateau, prendre la mer, naviguer, oser. Il faut chercher, et se poser des questions. Ces découvertes ‘accidentelles’ ne le sont pas vraiment. Seul un chercheur déterminé, qui n’a pas peur de travailler, d’essayer, qui est curieux et d’esprit vif, retournera à son port d’attache avec, dans ses bagages, les preuves de l’existence d’un nouveau continent. L’histoire de la découverte de l’Amérique pourrait servir de métaphore à de nombreuses aventures scientifiques. → De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu (p.95), Editions l’Acte Mem, Danièle Bourcier et Pek van Andel, 2008 Velcro

"Georges de Mestral, ingénieur suisse adepte de randonnées en montagne avec son chien, avait toujours trouvé très désagréables ces fruits de bardane qui s’accrochaient à ses chaussettes et aux poils de l’animal. Elles s’agrippaient si bien qu’il décida un jour d’en avoir le coeur net et de les examiner au microscope pour en comprendre la raison. Les minuscules crochets lui donnèrent l’idée de la fermeture Velcro (Velours + crochet). R. Roberts donne ce cas comme exemple de sérendipité authentique : il ne cherchait pas à inventer quelque chose, il cherchait seulement à comprendre." → De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu (p.125), Editions l’Acte Mem, Danièle Bourcier et Pek van Andel, 2008 Notion de bibliothèque La notion de bibliothèque est fondée sur un malentendu, à savoir qu’on irait à la bibliothèque pour chercher un livre dont on connaît le titre. C’est vrai que cela arrive souvent mais la fonction essentielle de la bibliothèque, de la mienne et de celle des amis à qui je rends visite, c’est de découvrir des livres dont on ne soupçonnait pas l’existence et dont on découvre qu’ils sont pour nous de la plus grande importance. Umberto Eco → De biblioteca. L’Echoppe, Umberto Eco. 1986. Pomme de Newton - Sérendipité abusive

La pomme qui tombait aurait conduit Newton à la découverte de l’universalité de la gravité. Des sources différentes prétendent que Newton a inventé cette histoire dans les dernières années de sa vie. Comme Paul Valéry l’écrivait : "Il fallait être Newton pour s’apercevoir que la lune tombe, quand tout le monde voit bien qu’elle ne tombe pas". → De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu (p.92), Editions l’Acte Mem, Danièle Bourcier et Pek van Andel, 2008

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Pénicilline On entendit rarement Fleming parler de sa découverte. Modeste et honnête, il pensait que d’autres collègues avaient sûrement déjà observé les mêmes phénomènes que lui. En 1944, il écrivait ceci : En 1922, je publiai sur le lysozyme, une substance de levure très antibactérienne, qui est présente naturellement dans des tissus et secrétions humaines, comme dans le blanc d’un œuf d’une poule pondeuse, et ailleurs [...]. En septembre 1928 je travaillais sur les variations des colonies de staphylocoques d’après une publication du Professeur Bigger, qui avait prouvé qu’on peut faire des colonies d’une apparence très différente d’une culture pure d’un staphylocoque qui forme du pus. En faisant ces observations, des cultures étaient étudiées régulièrement avec un microscope de préparation, ce qui impliquait qu’on enlevait le couvercle et qu’on exposait la culture à une infection venant de l’air. Après investigation, quelques cultures furent placées dans l’étuve et d’autres élevées à la température de la pièce. Une contamination avec une moisissure n’était pas inattendue dans de telles circonstances, mais ce qui était étonnant, c’était que dans cette culture singulière autour de la moisissure, les cultures de staphylocoques qui se trouvaient à une certaine distance montraient qu’ils se décomposaient. La colonie d’origine des staphylocoques avait changé. Il est sûr que tout bactériologiste s’est trouvé en face de cultures contaminées avec une moisissure plus d’une fois. Il est aussi vraisemblable que certains bactériologistes ont remarqué des changements comme ceux décrits ci-dessus mais en l’absence d’intérêt pour des substances antibactériennes naturellement présentes, ils ont simplement jeté les cultures. Mais c’était une chance que, dans le contexte que j’ai indiqué, je sois toujours aux aguets pour de nouvelles substances bactériostatiques, et que, lorsque je remarquai que sur une certaine culture les colonies des staphylocoques étaient devenues moins visibles, j’étais assez intéressé par cette substance antibactérienne produite par une moisissure pour continuer sur ce sujet. Il est utile d’écouter ce que dit Fleming lui-même de sa découverte car il est plus clair que presque tous ceux qui l’ont commentée. Dans son premier article sur la pénicilline, Fleming écrivit : On fit des subcultures de ces moisissures ainsi que des expériences pour découvrir les caractéristiques de cette substance bactéricide qui s’était clairement formée dans la culture de la moisissure et qui s’était diffusée dans le medium [nourrissant]. On trouva que le bouillon dans lequel la moisissure avait poussé avait acquis des caractéristiques surprenantes bactériostatiques, bactéricides et bactériolytiques, pour beaucoup des bactéries pathogènes les plus fréquentes. On soupçonna que ce pouvait être un antiseptique qu’il serait efficace d’appliquer ou d’injecter dans des régions infectées par des microbes, sensibles pour la pénicilline. En 1945, quand Fleming (avec Florey et Chain, qui isolèrent la pénicilline) reçut le Prix Nobel de médecine et de physiologie, il dit, entre autres choses : le travail qui avait été mené depuis longtemps sur l’antagonisme n’eut aucune influence sur l’invention de la pénicilline. Celle-ci fut le résultat d’un incident heureux qui se produisit lorsque je travaillais sur un problème purement académique, qui n’avait rien à voir avec l’antagonisme opposant les moisissures aux antiseptiques. Dans ma première publication j’aurais pu dire que j’étais arrivé à ma conclusion de façon méthodique, que je supposais qu’il y avait des substances antibactériennes produites par les moisissures, et que j’avais commencé à étudier le problème. Cela aurait été faux et je préférais dire la vérité : que la pénicilline était née d’une observation accidentelle. Mon seul mérite est que je ne négligeais pas l’observation et que j’abordais le sujet comme un bactériologue. À une autre occasion, il parla ainsi du hasard qui détermina l’observation cruciale : il y a des milliers de moisissures différentes, il y a des milliers de bactéries différentes. Que le hasard mette cette moisissure à l’endroit juste, au moment juste, voilà ce qui constitua un énorme coup de chance. Le seul témoin, Pryce, dira plus tard : il prit la culture, l’observa et dit après quelque temps : “C’est drôle.” Ce qui me frappa, c’est qu’il ne se contenta pas seulement de regarder, mais qu’il agit aussi immédiatement. La plupart d’entre nous observent quelque chose, ils sentent que cela peut être important, mais ils restent figés dans leur étonnement. Fleming dit aussi avec humour : tout de même, les spores ne se mirent pas debout sur la gélose pour me dire : “vous savez, nous produisons une substance antibiotique”. Les mots de Fleming lui-même montrent qu’il cherchait ce qu’on appelle maintenant un “antibiotique”. En réalité, il en avait déjà trouvé un, le lysozyme, mais cet antibiotique était seulement efficace contre des micro-organismes non pathogènes. Fleming a été clair sur le fait qu’il avait bien trouvé ce qu’il cherchait, mais sur un chemin qu’il n’avait pas cherché : c’est un véritable cas de pseudo-sérendipité suivant la définition de Roberts. Notons qu’en général la découverte de Fleming est citée comme le cas-type de la sérendipité, d’où certaines confusions que nous essayons de lever.

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→ De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu (p.103), Editions l’Acte Mem, Danièle Bourcier et Pek van Andel, 2008 Graham Bell Dans certains cas le savoir, au lieu d’être une aide, peut être finalement une gêne. Il arrive en effet que le spécialiste, parce qu’il a été soumis aux disciplines traditionnelles de son métier, voit moins bien qu’un autre. Je dois précisément ma découverte [du téléphone] à mon ignorance de l’électricité. Il ne serait jamais venu à l’idée d’un électricien d’entreprendre les expériences que j’ai faites. L’idée de créer un courant électrique par l’action de la voix humaine sur une plaque métallique eût été considérée comme chimérique par un savant spécialiste de l’électricité. Et si le savoir peut handicaper l’inventeur, c’est précisément parce qu’une certaine hardiesse qui ignore les obstacles prévus par le spécialiste est nécessaire. → De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu, Editions l’Acte Mem, Danièle Bourcier et Pek van Andel, 2008

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Livre 2 - Découvertes, observation surprenantes Le hasard s’est passé il y a quelques années, avant l’apparition du numérique. Cette année là, il s’agissait justement de saisir les éternels étonnements lors de l’ouverture des cadeaux de Noël. Quelle stupéfaction au moment du développement de la pellicule de découvrir qu'elle avait déjà été impressionnée précédemment ! En fait lorsque le film a été engagé dans le boitier, des évènements avaient déjà été figé sur ce rouleau de plastique souple et probablement rembobiné. Les images latentes et invisibles n'avaient pas subi le procédé chimique nécessaire à leur révélation. La déception qui suivie à la réception des clichés fut énorme car non seulement les scènes photographiées ne représentaient pas les étonnements de Noël, mais pas non plus ceux d’une promenade d'un beau dimanche en forêt. Cette erreur n’ayant fait rire personne, il fallut bien vite l’oublier et faire attention lors des futures prises de vues à bien choisir une bobine vierge. Néanmoins, ce souvenir d’erreur photographique était quelque part enfoui dans nos cerveaux. Et récemment, lors de ce laboratoire d’expériences graphiques, ce souvenir a ressurgi. Et l'évidence de cette erreur d'antan semblait subitement être une révélation, voire une invention et l'intérêt des superpositions inattendu naissait. Il fallait absolument organiser une expérience à part entière sur cet heureux hasard, établir des règles strictes, créer un schéma et un scénario et en faire la publicité. Il fallait rechercher des candidats à "l'expérience" et les faire adhérer à cette idée. L'explication et l'adhésion ont été difficile, car vous le savez un photographe est toujours ravi et pressé de découvrir le résultat de ces propres clichés et le but final était de mettre deux yeux différents derrière le viseur de l'objectif. La finalité de cette démarche a été publiée sur différents réseaux sociaux et de nombreux échanges et éclaircissements ont eut lieu directement sur les blogs. Petit à petit, l'enthousiasme des uns a émulé l'enthousiasme des autres. Le programme a démarrer en douceur, car comme le dit si bien François Colin, l’égo des photographes a été difficile à surpasser. Mais finalement le projet a pris bien plus d’importance que prévu, et chacun racontant son expérience et voyant les résultats donnait envie à d’autres photographes de contribuer activement au projet. En complétant les recherches sur ce thème et lors de longues lectures durant le projet, il s'est avéré que ce procédé photographique avait déjà un nom : film swapping. Les étapes étaient nommées différemment selon les participants, pour certains c'était un jeu, un projet, pour d'autres un chamboulement, de belles erreurs et pour certains une nouvelle vision de l'approche photographique. L'aboutissement de cette expérience a été pour la plupart un réel plaisir. Sur beaucoup des clichés obtenus on remarque souvent un résultat étonnant et ce qu’on prend pour un hasard est en fait une belle composition superposée. Le meilleur qualificatif des résultats obtenus est le mot étonnant. Chacun des photographes a rédigé ses impressions concernant le travail accompli et a expliqué sa démarche pour comprendre au mieux leurs images. D’un hasard, d’une observation surprenante, s'est dégagé un système qui a bien fonctionné et qui répond à la classification de sérendipité suivante selon Pek van Andel et Danièle Bourcier "la sérendipité occasionnée par un contrôle ou de fortes contraintes". Une réelle abduction donc. Peu de gens connaissent le mot serendipity, et encore moins peuvent le définir. C'est par hasard, lors de lectures et de recherches qu'il est découvert. Au fil de nombreuses investigations, et au fur et à mesure de l'avancée du projet, par hasard, l'étude entamée et menée presqu'à son terme porte déjà un nom ! Ce qui concrètement veut dire que ce sujet a déjà été exploré et a même été baptisé sous le nom de "film swapping". La frustration est grande d'apprendre de ne pas être le précurseur de cette idée mais l'enthousiasme est si ardent qu'il ne change en rien le travail commencé. Voilà la description de l'expérience telle qu'elle a été publiée au départ. Il s'agit de prendre des clichés avec un appareil argentique. Quelqu’un d’autre à travers le monde fera la même chose. Lorsque la pellicule sera terminée, il faudra la faire parvenir à une autre personne qui, lui-même enverra la sienne. Il s'agit d'un simple échange d'une pellicule exposée. Il faudra charger cette bobine dans l' appareil photo et reprendre des photos sur le film qui est devenu le vôtre. Il y aura donc une double exposition de deux différents sujets, au hasard, dans deux pays différents. 27


2 photographes = 1 film – prêts pour l'expérience ? Une fois la pellicule finie, et avant de la restituer pour le développement il faudra ajouter un témoignage manuscrit comprenant : - nom/ prénom ou pseudo - le matériel utilisé - les dates de prise de vue - les lieux de prise de vue - informations sur le film : iso, N&B, format, … - thème/ approche/ travail - ressenti sur le projet Lors de cette expérience photographique, le but est de créer des superpositions inattendues sur les négatifs, des erreurs argentiques. Il est arrivé à quiconque de prendre toute une série de clichés avec un appareil photo argentique lors d’un événement particulier, de finir cette pellicule, mais de l’oublier dans l’appareil. Des années plus tard, lassés du numérique, nombreux sont ceux qui reviennent à l’argentique. Ils retrouvent cette pellicule abandonnée mais ne savent plus du tout ce qui se trouve sur cette pellicule. La finalité est de jouer sur ce plaisir de l’inattendu. Il suffit juste pour cela de finir une pellicule en respectant un thème du début à la fin et ensuite d’envoyer la pellicule par voie postale. En fonction du thème exposé, il y aura un choix pour le 2ème photographe, mais sans savoir à l'avance ce que le 2ème photographe immortalisera. Il superposera donc les clichés sur les vôtres. Le photographe 1 joindra à la pellicule un petit mot au photographe 2 pour expliquer la démarche et le thème, le matériel utilisé (pour peut-être que le photographe 2 adapte son boitier pour éviter les chevauchements), les dates de prise de vue (commencement et fin) et les lieux. Les témoignages, les ressentis, les attentes sur cette expérience devront être manuscrits. Qu'ils soient négatifs ou positifs, ils seront scannés et publiés. Le photographe n°2 aura le choix de le lire ou de l’ignorer. Le deuxième photographe retournera alors la pellicule finale qui sera enfin développée. Le choix entre être le photographe 1 ou le photographe 2, ou être aussi les 2 pour une même pellicule est possible. Cartographie des photographes ∙ 14 - 15

Chaque point représente le lieu où un photographe a pris ses photos. Le trait rouge relie les deux photographes. Comme il s’agit d’un projet de film swapping, c’est-à-dire de superpositions argentiques grâce à un échange de films, il y a un photographe #1 et un photographe #2 qui travaillent sur le même film et produisent entre 12 et 36 photos. Le projet en chiffre: 66 photographes, 14 pays, 53 villes, 43 films, 568 superpositions. La liste de tous les photographes : Alexandre Daray, Cahors, France Gérard Louis, Nancy, France N. Franck, Nancy, France Sébastien Chauchot, Blacy, France Jacques Pham, Torcy, France Bernard, Floride, USA Benjamin Lorieau, Lyon, France Joel C., Canton de Vaud, Suisse Lucas, Picardie, France François Colin, Nice, France et Pékin, Chine Ophélie Hervet, Nantes, France Davyd Roth, Toronto, Canada 28


Nicolas H., Paris, France Daniel Kim, Toronto, USA Aurélien Désert, Saint Etienne, France Laurent Rosenfeld, Conflans Ste-Honorine, France Aurélie Joly, New York, USA Jean-Luc Tonini, Paris, France Julien Billette, Toulouse, France Loris Gianadda, Paris, France Gérald Gaspart, Bruxelles, Belgique Patrick, Tournai, Belgique Peter Sramek, Paldi, Ahmedabad, Gujarat, Inde Lin., Paris, France Kiara Robinson, Toronto, USA Quentin Louerat, Jebsheim, France Anthony Gerace, Toronto, USA Claude Lorenzato, Normandie, France Dominique Szczepanski, Auberchicourt, France Henri Gaud, Seine et Marne, France Victorine Lamothe, New York, USA Andrea Rodriguez, Toronto, USA Stefanie Fagerberg, New York, USA Caron Malecki, New York, USA Sébastien Redon Lévigne, Lyon, France Mathieu Farcy, Amiens, France Pierre-Loup Martin, Carcassonne, France Marianne Dardenne, Bruxelles, Belgique Claude Bida, Limoges, France Daphné Aboulker, Tel Aviv, Israël France Dubois, Ixelles, Belgique Adin Eli, Tel Aviv, Israël Baptiste Goldstein, Ermont, France Marie Codina, La Garenne-Colombes, France David Dorez, Marcq-en-Baroeul, France Céline Bouchez, New York, USA Corinne, Marcq-en-Baroeul, France Charles Gagneur, Rambouillet, France Jean-Martin B, Marseille, France Laurent, Blamont, France Arnaud Brihay, Pologne, Allemagne, Luxembourg, Belgique Adrien Chretien, Villejuif, France Didier Bichue, Montlhéry, France Et voici leurs abductions : Arnaud Brihay et France Dubois ∙ 16 - 25

Mot de Arnaud Brihay Caroline, Mes photos ont été prises avec un Nikon FM3A et un objectif Nikor, 45 mm 2.8 durant le mois d’Avril 2012 en France, au Luxembourg, en Pologne, en Belgique et en Allemagne. Le thème fut donc le voyage, le vol, le transit, et la route. J’ai réalisé toutes les images sans penser à l’après afin que le hasard soit respecté. France Dubois pris la suite. Bonne continuation, Arnaud Brihay Mot de France Dubois Bonjour caroline, Je ne sais pas où Arnaud a fait ses photos. Sans doute en voyage d’affaires. De mon côté, je les ai faites dans mon quartier à Ixelles, Bruxelles.

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J’ai photographié des rues, des objets, des éléments de mon quotidien. L’approche en Duo n’est pas toujours évidente, car en général j’aime maîtriser l’ensemble d’une image, la réfléchir avant d’agir. J’ai travaillé avec un Nikon FM2 , film 800 Iso. Les images ont été prises durant la semaine du 27 avril. France Caron Malecki et Adin Eli ∙ 26 - 31

Mot de Caron Malecki Caron Malecki/ Brooklyn, NY I shoot with an Olympus OM-1n. This roll was shoot with Kodak Professional BW400 CN, 35mm. Having moved to Williamsburg, Brooklyn, I have been most inspired by the views looking across the east river to Manhattan and the life on the river... There is old and new, existing happily, side by side in a wonderful melange of structures, views and life. Mot d’Adin Eli Adin Eli Tel Aviv 08 mai 2012 Canon FT La petite New York le gigantisme à Tel Aviv, sous toutes ses coutures. Claude Bida et François Colin ∙ 32 - 35

Mot de Claude Bida 10.10.2012 Mamiya 7II Objectif 43 mm BFM (Bibliothèque francophone multimédia de Limoges) Film HP5 400ASA et avec -1diaph. Architecture intérieure Mot de François Colin Sur les photos de la BFM de Claude Bida, j’ai ajouté des vues urbaines, des arbres et un autoportrait. Le tout fait à Nice le 02/04/2012. Ilford HP5+ et Xtol. Colin Avril 2012 Serendipity Vaincra. Claude Bida et Lin. ∙ 36 - 41

Mot de Claude Bida 08.03.12 Vassirrière petit matin, très frais (+5°C). Vent sec et ... froid mais du soleil dans les nuages. J’applique le système préconisé en photog (1) je laisse des blancs, des espaces libres. Belle ballade ? Projet toujours aussi intéressant. Bons grains. Claude

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Mot de Lin. Pellicule impressionnée par Claude B. Je vais donner ma "seconde impression". Je poursuis le choix de la sobriété avec des natures mortes et des portraits, décentrés, légèrement sous-exposées, sur des fonds ombrés afin de laisser de la place aux premiers clichés. J’ai pu voir les premiers résultats sur le site, un peu comme on prend connaissance des résultats des élections avant la clôture des bureaux de vote, par le biais de médias étrangers. Je n’ai pas d’avis tranché. C’est très aléatoire, et pourtant parfois - le hasard fait bien les choses... Le 17/3/2012, Voigtländer Bessa R3M, Elmar 90m f4. Lin Claude Bida et François Colin ∙ 42 - 51

Mot de Claude Bida 09.03.12 Mamiya 7 II Objectif 43 mm Vieux Limoges rues - Quelques façades place du marché Pellicule HP5 (400 Asa) avec -1 diaph Objectif exceptionnel En veux-tu d’autres? L’intérieur de la BFM de Limoges (bibliothèque: architecture moderne) devrait bien rendre avec ce matériel. PS: la bobine est ré enroulée et prête. Tu la positionnes comme d’hab au repaire et tu "clic" dès la première photo. Mot de François Colin Pour aller avec les photos de Claude Bida prises au Mamyia 7 II, j’ai sorti mon énorme Pentax 67. Sur le film on trouvera la ville de Nice, ses gens, ses arbres sur la ville de Limoges. Ilford HP5+ 400 développé dans Xtol, toujours dans ma salle de bain. Photos prises dimanche 01/04/2012 à Nice pour ma part du job. Colin Avril 2012 Serendipity rules ! François Colin et Claude Bida ∙ 46 - 51

Mot de François Colin La superposition sur les deux films issus du MAM 7 de Claude présentait un décalage d’environ 1 cm qui s’est cumulé avec l’espacement inégal de deux boitiers. Cela m’a donné envie de tenter l’expérience en photographe n°1 et j’ai décalé le film de la marge constatée sur celui facilement développé. J’ai repris le même type de film: HP5+. HP5+ sous ex. -1 diaph + Pentax 67 II et 90 mm 2,8. Photos urbaines dans les rues de Nice le 03/04/2012. J’ai essayé de choisir des sujets à forts contrastes laissant plein de "matière disponible" dans les ombres pour la surimpression de Claude. Je passe le film à Claude pour son MAM 7 II. Bonne continuation. François Colin Mot de Claude Bida Un pays de lumière et un peintre des Lumières Alain Bonmaure (on peut voir une partie de ses œuvres récentes sur mon site ouvert à tout ce qui expression artistique). Des résultats intéressants dans l’ensemble.

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Nicolas Henry et Bernard Carsenti ∙ 52 - 59

Mot de Nicolas Henry Bonjour Premier film pour l’expérience avec un compact Fuji DL 200. Prise de vues au cimetière de Montmartre. Film fini et double expo commencée dans la journée car j’ai passé l’appareil à Bernard (BBJM) qui m’accompagnait. Cordialement, Nicolas. Mot de Bernard Carsenti Bonjour, J’ai donc repris film et appareil immédiatement après. Nous ne nous sommes en rien communiqué quoi que ce soit. J’ai commencé vers la fin de notre ballade à Montmartre et j’ai fini le film lors des grands froids de février dans le Vexin français. Si tôt terminé je l’ai développé, scanné et mis en ligne. Amicalement, Bernard. FILM ROLLEI IR 400 APPAREIL FUJI DL 200 pour les 2. Henri Gaud et Claude Lorenzato ∙ 66 - 69

Mot de Henri Gaud Bonjour, Ici Henri Gaud, la pratique de la Trichromie directe alternative, me conduit à ce travail ! Trichromie, qui reproduit la physiologie humaine, directe, qui se pratique sur le terrain, trois photos noir et blanc derrière des filtres de sélection rouge, vert, bleu, Alternative, est un combiné des différentes pratiques de 1868 à nos jours. Les photographies sont réalisées en trichromie avec de la HP5 et une Sinar Norma en 4 x 5 inch. J’ai travaillé avec Claude, en exposant mes trichromies RVB et Claude a exposé les mêmes films en NB classique. Ce travail se propose de défricher les références habituelles de la photographie en couleur. Le lieu du tournage se situe pour ma part en Seine et Marne. Les vues dites gastronomiques sont le résultat du cheminement et des erreurs de mon assistante du moment. Le 12 mars 2012 Henri Gaud Mot de Claude Lorenzato À l’attention de Caroline de Testa et Henri Gaud pour Serendipity Experience Paris, le 21 mars 2012 Matériel utilisé : appareil de photographie. Date de la prise de vue : circa XXIe siècle. Lieu : indéterminé. Thème : Aux trichromies – supposées – de Henri Gaud, ainsi qu’à sa nouvelle approche de présentation par trois, je réponds par des vues triplées ; six vues pour dix-huit plans-film fournis par Henri Gaud, premier photographe. Première vue. Il s’agit de mettre un peu de vie animalière (des crabes) dans cette mer des probables horizons normands. Comme la photographie "a été", vous ne m’en voudrez pas d’avoir choisi un inventaire antérieur à la naissance de cette technique et une faune invertébrée totalement exogène au biotope (bien que toute cette eau se mélange à un moment ou à un autre) : Histoire naturelle, Zoologie, planches 1 et 2, du volume II de la Description de l’Égypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l’expédition de

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l’armée française, publié par les ordres de sa majesté l’empereur Napoléon le grand, Paris, Imprimerie impériale, 1809. Déjà une armée sur une plage. Seconde vue. En hommage au photographe que j’apprécie le plus au monde : Marcel Proust. Le Temps retrouvé, l’action se situe durant la Grande Guerre (encore une armée), passage où Monsieur de Charlus retourne à Paris où tous les musées sont fermés. L’ouvrage est disposé sur un lit de tissu fleuri, comme un clin d’œil à Crataegus monogyna Jacq., je veux parler ici "des jeunes filles en fleurs". Troisième vue. Portrait de profil du présumé preneur de vue accompagné d’un bouquet de Tulipa sp., espèces représentatives des Liliaceae au périgone composé de trois sépales et de trois tépales (plus précisément six tépales pétaloïdes). Raison complémentaire pour tripler les prises afin de n’obtenir que six vues. Quatrième vue. Composition en triangle pour une vue verticale à trois points fondamentaux : la remorque des enfants, la zone sommitale des bordures des rives du fronton-pignon, les enfants. Cinquième vue. Gaïa, pour la naissance du ciel et du flot marin. Sixième vue. Signature finale : le "L." vestimentaire, abréviation scientifique du Second Adam (Linné) et initiale du preneur de vue mis à nu. Ressenti : pas photographe et pourtant bien photographiant. Bernard Carsenti et Nicolas Henry ∙ 70 - 81

Mot de Bernard Paris le 10 mai 2012 Film HP5 très périmée... Ce film est connu sur le forum, car plusieurs membres (dont Nicolas) en ont acheté des grandes bobines de 122m en échangeant les recettes de développement. J’ai démarré ce film en Floride en février en m’appliquant à prendre des vues de choses purement et typiquement US. Je l’ai dis à Nicolas en lui donnant le film. Pour la petite histoire, mon appareil Nikon FM2 est tombé en panne de cellule en plein milieu. Je crois que ce sera son dernier film... Nicolas en #2 a pris les photos à Paris sur un Nikon FA que je lui ai acheté lorsqu’il termina le film ! Amicalement, Bernard Mot de Nicolas Henry Serendipity Floride/ Paris Film exposé en Floride par Bernard, sujets très "US" me dit-il lors de la remise du film. Seconde expo proncipalement sur les bords de Seine à Paris. Matériel : Nikon FM2 Nicolas Gérald Gaspart et François Colin ∙ 82 - 87

Mot de Gérald Gaspart Gérald Gaspart Un vieux folding Vogtlander 6x8 qui n’a plus déclenché depuis des dizaines d’années. Prises de vue le 4 février 2012 Région Bruxellois, forêt de Soignes, par un après-midi froid et lumineux Kodak Tri-x, 400 iso, format 120/ 6x9. Cela faisant longtemps que je voulais aller photographier cet endroit de la Forêt de Soignes. L’arrivée de la neige et l’idée du projet m’a donné l’impression pour transformer l’envie en action. Je suis très curieux et voir les résultats des superpositions. C’est également un prétexte pour tester un appareil qui a appartenu à mon arrière grand père, féru de photo. S’il fonctionne, j’espère que les images contrastées en vues verticales, ni tout à fait régulières, ni illisibles, donnant un support intéressant pour la superposition d’autres sujets.

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Mot de François Colin Le mercredi 7 mars 2012 après-midi, j’ai emmené mes filles au musée d’Art Moderne et d’Art contemporain de Nice (le MAMAC). J’en ai profité pour superposer des photos sur le film que m’avait envoyé Gérald GASPART. Je pensais en effet que l’art contemporain se superposerait bien aux forêts Bruxelloises enneigées. Photos réalisées avec un bronica RF 645 et son 65mm. Film Trix 400 format 120. Gérald en 6x9 cm et moi en 6x4,5 cm, soit 2 images niçoises par image bruxelloises. Film développé dans du Xtol et dans ma salle de bain. Nice Mars 2012 Serendipityexperience Lin. et Sébastien Chauchot ∙ 88 - 91

Mot de Lin. Photographe : Lin Appareil : Voigtländer Bessa R3M Objectif : Voigtländer Color Héliar 75mm f: 2,5 Conditions : Intérieur / hivernal Date et lieu : Ouest parisien le 10 février 2012 Au début, je l’ai pris comme un jeu. Ensuite j’ai cru à un gag. Puis j’ai oublié. Plus tard, c’est revenu spontanément. Alors j’ai pris l’appareil, sans réfléchir. Des instantanés de natures mortes... Je me suis quand même un peu appliqué. Il fallait transmettre. A la fin je l’ai pris comme un jeu. Lin Mot de Sébastien Chauchot Blacy le 4/4/12 Salut Caroline, n°2 ce n’est pas évident... Comment poursuivre et enrichir ce qui a été commencé sans le dénaturer ou le gâcher ? Je me suis d’abord dit qu’il me fallait une idée, un projet, une cohérence sur mes 36 poses... Je suis parti sur les représentations de la figure humaine. Des portraits, mais pas de modèles vivants. des ours en peluches, des playmobils, des revues, des affiches... Un peu long à expliquer. Et un peu long à réaliser. A la 22e vue, j’ai changé d’idée. Trop compliqué, trop de paramètres, trop d’inconnu, trop de hasard, finalement. Et si ce changement de direction n’était pas le fruit du hasard ? Je me pose beaucoup de questions sur le hasard depuis le lancement de ton projet Serendipity ! N. Franck et Gérard Louis ∙ 92 - 95

Mot de N. Franck Sujet insolite, intéressant, mais aussi très déroutant en obligeant le photographe à aller voir plus loin que l’image. Image où la seconde exposition accompagne l’œil du photographe dans un flou artistique total. Cet exercice est très difficile au photographe qui accorde beaucoup de place à la technicité de son appareil, mais aussi à la prise de vue, au cadrage et à l’exposition. Certes cet exercice, voir ce défi est très enrichissant et va au-delà de ce que l’image renvoie au photographe. Un effort d’abstraction du résultat est nécessaire - oublier l’image et manipuler son outil plus aisément pour faire face au hasard. Mais le hasard fait-il bien les choses ? Faut-il lui laisser carte blanche et s’en accomoder ?

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Personnellement, je ne crois pas au hasard sous toutes ses formes et ce premier travail n’est pas très concluant et je compte bien récidiver. Très heureuse de pouvoir participer à ce projet. Nathalie Franck. Nom-prénom devant être publié : N. Franck Matériel utilisé - Leica M6 - film 400 is TriX exposé en 800 iso - N/B - 24x36 dates et lieux de prise de vue : N°1 - 24.2.12 - mobilier et signalisation urbaine sous forme de nature morte. n°2 - Georgesh - 25.02.12 - drôles de tuyaux et graphismes industriels Mot de Gérard Louis Intéressant, ce projet de serendipity. Mais difficile! Toujours un petit pincement au coeur à savoir que le photographe - partenaire va complétement transformer l’image que j’ai pris du temps à penser et à cadrer ! Toujours une hésitation au moment de déclencher : et si ça n’allait pas bien avec "l’autre" image ? Mais du plaisir à travailler les superpositions, en pensant quand même qu’un bon travail n’est peut-être pas dû au hasard, et que l’image est aussi une modeste création personnelle ! Gérard Louis - Nancy - Tri-x 400 n°2 sur ce film, avec une série de portraits, pas assez grands, c’est dommage. Peter Sramek et Charles Gagneur ∙ 96 - 107

Mot de Peter Sramek Peter Sramek Widelux Panoramic camera 24 x 58 mm 35 mm Kodak Color plus 200 film Friday, Februrary 3, 2012 Exposed at 1/125 sec. Paldi, Ahmedabad, Gujarat, India. I photographed passing vehicules keeping the camera in the same position. The background is the brick wall of the National Institute of Design and there is a tree in the centre of the frame providing shadow. Patches of sunlight will light the blurred passing vehicules; scooters, auto rickshaws, cars, bicycles. These may be in various sections of the frame and likely blurred. At left and right of the frame will be a view of the road. All traffic is moving from left to right. This project feels like a fun thing to participate in. Letting go of controle of the final result means coming up with an interesting element which gives space for the other layer and then being curious to see what happens. There was a feeling of pressure to have a clever idea but once decided it was easy and fun. Mot de Charles Gagneur Une enveloppe dans ma boite aux lettres. Un film tapi dans l’enveloppe. Avec sur ce film des bouts de lumières formant des murs de l’autre bout du monde. Des murs chauds, surement nappés des ocres indiens. Des murs mystérieux. Un mur mystérieux, c’est presque un générateur de fantômes. Des fantômes bleus, bien sur. Des fantômes d’ici. Il ne reste plus qu’à les faire naître, pour que des âmes d’ici répondent aux murs de l’autre bout du monde. Techniquement, pour ceux que ça intéresse : Lumière dure de début d’après midi, bien froide pour contraster avec les couleurs supposés chaudes de la rue indienne. Un bouquet d’arbres pour la fraicheur, le tout mixé sous-exposé dans les grandes largeur avec un horizon soviétique de 1958. Laisser mijoter dans du C41, dégustez frais.

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Pierre-Loup Martin et Sébastien Redon Lévigne ∙ 108 - 111

Mot de Pierre-Loup Martin Caroline, Bonjour, Tu trouveras ci-joint les deux films auxquels je participe. Le 135 est celui que m’a envoyé Seb Redon Levigne que j’ai entièrement exposé, en respectant scrupuleusement la mise en place inscrite sur le film. Lui m’a dit avoir pris des objets chez lui, des choses qu’il aimait. Pour ma part il y a de tout : des motifs en ville, des paysages, quelques portraits ... Le 120 regroupe à peu près les mêmes thèmes : paysages, objets. Je l’ai exposé dans un des Kiev, c’est donc un déroulement vertical, les vues sont calées sur les index inscrits au dos du film. J’ai rembobiné le film après l’avoir exposé, il est donc utilisable tel quel. Je te remercie pour ta patience, et te dis à bientôt ! Pierre-Loup Mot de Sébastien Redon Lévigne Redon Lévigne Sébastien 1er mars 2012 Olympus Pen EES - Film Fuji 200 thème : environnement quotidien/ maison, petits objets que j’aime bien, natures mortes. Rémy Fonder et Nicolas Henry ∙ 112 - 115

Mot de Rémy Fonder Rémy Fonder Briis le 25.04.12 Bonjour Caroline Troisième film en 120 NB, FOMAPAN 200 Exposé à 400ISO, thème : "instruments", sans entendu : de musique ! Fait chez moi, en extérieur et intérieur Appareil : Agfa Isolette 1 orientée 1/4 de tour à droite. Je passe à Daouar... A suivre ! Cordialement, Rémy Mot de Nicolas Henry Nicolas Henry 2/5/2012 Bonjour Le thème "instruments" m’a bloqué un moment avant que je me décide à glisser le film dans mon semflex et profite d’une éclaircie pour l’exposer. Thème : opposition nature/ville, arbres, etc. Exposé début avril à Montreuil (93) avec un semflex S2. Cordialement, Nicolas

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Rémy Fonder et Gérald Gaspart ∙ 116 - 125

Mot de Rémy Fonder Rémy Fonder, le 11/02/2012 Bonjour Caroline, et à tous les participants. Tu trouveras dans cet envoi le film exposé. Si j’adhère à ton projet, c’est plus par esprit d’expérimentation que pour une démarche artistique. Je ne prétends surtout pas être un artiste, mais plutôt un technicien curieux d’innovations et "bidouilles" en tous genres... Le thème que j’ai choisi : "PYLONES" est probablement dû à un reste de déformation professionnelle... Même si je suis (presque) en retraite. Essais, développement, expertises, sur cables et réseaux "haute tension". Ceci explique cela. Et puis, j’aime bien les images techniques contrastées, un peu dures. Bien cordialement, Rémy Quelques détails: - Le film noir et blanc : Format 120, Formapan 200 iso, exposé à 200 iso mais avec la présence d’un filtre jaune sur toutes les vues, on peut considérer qu’on perd 1/2 diaph. - J’ai privilégié la vitesse haute (1/500) à cause des doigts gelés et de la tremblote : Ca donne une ouverture entre 5.6 et 11. - L’appareil : YASHICA MAT 124G, acquisition récente, quelques films tests corrects, mes premiers pas en 6x6. Le photographe n°2 devra utiliser un appareil du même type, ou le film est à défilement vertical. Mes difficultés : maitriser les verticales, les images et les mouvements inversés dans le viseur, le format carré qui donne beaucoup de sol si on vise l’horizon... - Je n’ai pas besoin d’aller loin pour trouver mes sujets, il y en a partout autour de moi. Ce matin de : Briis sous Forges, Janvry, St Jean de Beauregard, Villebon, Villejust, Marcoussis, et retour congelé. J’ai essayé d’anticiper la 2e exposition en laissant une zone neutre, pas trop cramée par le ciel dans le cadre. Dans le tableau, j’indique grossièrement la zone occupée par le sujet, le reste étant à peu près libre. Attention, dans le viseur, c’est l’inverse ! Pour le souvenir, j’ai doublé chaque prise avec un APN. Mot de Gérald Gaspart Photographe #2 : Gérald Gaspart Film Foma 200 Iso Thème: La mer du nord en (fin) d’hiver Lieu: KOKSIJDE Date: 10 mars 2012 Sébastien Chauchot et Sébastien Redon Lévigne ∙ 126 - 129

Mot de Sébastien Chauchot Si j’avais 8 ans j’aurais envie de jouer, de crier, de courir. Il y a tellement d’occasions de s’amuser ! Des fidèles legos-playmobils aux jeux vidéo en passant par les BD, le vélo, les copains... Mais voilà, on n’a jamais le temps. Il faut ranger, manger se laver, s’habiller, faire ceci, pas faire ça. Le pire... c’est l’école. Evaluations, bulletins, leçons. Pression. Apprentissage, copiage, être sage. Dire, lire, écrire... "C’est pour ton avenir !" Laissez-moi rire ! Bon, pas si facile d’avoir 8 ans, finalement. Deux visions qui s’entrechoquent et pourquoi pas... se superposent !

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Mot de Sébastien Redon Lévigne Redon Lévigne Sébastien 9 mars 2012 Nikon F3 HP + film envoyé par Sébastien Chauchot sur le thème de l’enfance. Thème : l’enfance, c’est tout un programme ! comme j’ai 3 enfants, je me dis que je vais certainement trouver 2-3 choses à photographier : les jeux, les câlins, les disputes ... et puis demain c’est mon anniv’ ca fait réfléchir aussi sur d’autres choses ... Ah ... on frappe à la porte, j’avais oublié qu’un de mes enfants avait invité des amis à faire la fête ... ça promet après une semaine d’école. Les enfants : l’art et la manière de tout chambouler ! Caron Malecki et Julien Billette ∙ 130 - 135

Mot de Caron Malecki Caron Malecki Brooklyn, New York I shoot with an Olympus OM-1n, 35 mm. This roll was shot with fujichrome Provia 100F. Living on the east river in Brooklyn, looking towards Manhattan, turned my whole world around and showed me a new and renewed life across the river, a life, more colorful, and transitional. Williamsburg is changing by the minute, existing side by side with old and new. Yet the pace, is a lazy, tranquil stroll from one place to the next. Mot de Julien Billette Promenade dans une belle prairie, de jolies découvertes. Un diablotin, quelques orchidées, un chevreuil, et le chant de l’engonlevent qui ne serait être fixé sur le film. Julien Aurélie Joly et Sébastien Redon Lévigne ∙ 136 - 155

Mot d’Aurélie Joly Aurélie Matériel : Canon FT Pellicule Couleur 200 iso Février 2012, lors des vacances scolaires. Les photos ont été prises à New York, dans Manhattan et Brooklyn, pendant deux jours. La cellule de l’appareil étant cassé, aucune manière de savoir si elles seraient sur ou sous exposées. C’était vraiment de la déduction et du hasard ! Mot de Sébastien Redon Lévigne Redon Lévigne Sébastien 17 mars - Lyon Nikon F3 - Velvia 50 iso venant de NYC Thème : à l’aveugle au départ ... je me demande surtout qu’est-ce que je vais bien pouvoir trouver de New Yorkais à Lyon !!!

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François Colin et Rémy Fonder ∙ 156 - 163

Mot de François Colin Voyage à Pékin en 2012. Achat de films "SHAGHAI 100" dans une boutique "LOMO" et photos réalisées dans le temple de Confucius. Boitier Bessa 667 W défilement gauche à droite. Film shanghai 100 exposé à 200. Faire les photos à 200 puis dévelloper comme une 100. Bonnes photos. F. Colin Mot de Rémy Fonder Rémy-91 #2 Mai 2012 Film reçu de François Colin de retour de Chine. Exposé avec Agfa Isolette 1 6x6 Shanghai GP3 100iso à 200 iso. Thème : pas vraiment ... un peu de tout. Rémy. Adin Eli et Lin. ∙ 164 - 177

Mot de Adin Eli Adin Eli Tel Aviv 27 avril 2012 Canon FT En temps de guerre. La vie follement animée du bord de mer contraste avec la tension ambiante qu’on peut imaginer Mot de Lin. Pour cette quatrième pellicule dans le cadre du projet "Serendipity", j’ai la chance de recevoir un rouleau impressionné à Tel Aviv ! Je crois que le thème retenu tourne autour de la guerre. Sujet grave et bien mythique; je dois faire honneur au photographe qui m’envoie son travail par delà de la méditerranée ... Je vais rester sur Dreux pour ce deuxième passage mais il me faut un lien fort , chargé de spiritualité, sans toutefois être trop ancré dans des signes d’appartenance religieuse, ceci afin de conserver un caractère universel. Je choisis donc pour l’essentiel de figer des bas-reliefs, des sculptures anonymes du XVIIe siècle, voire antérieures, qui constituent un mélange d’architecture "gothique" et de symboles géométriques universels. J’y ajoute des extraits d’un bestiaire fantastique à qui l’on préfère les intentions de son propre état d’esprit. 12/05/2012 Lin. Kodak 400 Voigtländer Bessa R3 Leica Elmar 90mm f/4

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Benjamin Lorieau et David Dorez ∙ 178 - 185

Mot de Benjamin Lorieau Caroline, Avec un peu de retard je t’envoie ma pellicule... Photos prises le dimanche 4 mars en allant au marché... photos de Lyon... plaques, barrières, ponts, murs, pots de fleurs... Exercice vraiment Très amusant... Matériel: Nikon FM3A obj: Nikkor 35mm f2 film: HP5+ N et B 400 Bonne réception Mot de David Dorez Nom : David Dorez Matériel utilisé : CANON AV1 Info sur le film : HP5 400 exposé à 200iso Date de prise de vue : avril 2012 Lieu de prise du vue : Lille Travail/ thème/ approche : thème urbain, approche lilloise de la vision donnée sur le Travail de l’architecture urbaine de Lille ressenti sur le projet : approche artistique intéressante dans le cadre d’un binôme connu ou non. Thème directif qui n’est pas forcément évident mais tout à faire intéressant. A refaire ! David Dorez et Corinne Kesteloot Kupczak ∙ 186 - 191

Mot de David Dorez Nom : David Dorez Matériel utilisé : PENTAX ME SUPER info sur le film : Kodak TriX 400 exposé à 200iso date de prise de vue : avril 2012 lieu de prise du vue : Roubaix, Marcq en Baroeul, Lille travail/ thème/ approche : la texture pour faire ressortir la "main" sur les différentes compositions. ressenti sur le projet : approche artistique intéressante dans le cadre d’un binôme connu ou non. Thème directif qui n’est pas forcément évident mais tout à faire intéressant. A refaire ! Mot de Corinne Kesteloot Kupczak Nom : "La main" Matériel utilisé : Nikon FM2 info sur le film : Kodak TriX 400 exposé à 200iso date de prise de vue : avril 2012 lieu de prise du vue : wasquehal et roubaix travail/ thème/ approche : la main, le doigt, sont un sujet que j’affectionne particulièrement, associé aux textures pour un rendu vivant de matières. ressenti sur le projet : intérêt du travail en binôme, plaisir du travail autour de la main, travailler dans un temps donné est toujours très porteur, envie de recommencer avec d’autres sujets.

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Laurent Rosenfeld et Julien Billette ∙ 192 - 201

Mot de Laurent Rosenfeld Laurent Rosenfeld Photos prises les 12 et 19/02/2012. Film 36 poses 24x36 200 iso Début du film marqué avec un trait de couteau (le feutre s’effaçait) Canon EOS 5 +17- 40 F/4 Paysages urbains et architecture +24 TS-E F/3,5 Photos 1 à 20 : paysages urbains, avec quelques vues sous la neige, un peu d’architecture, des footballeurs sur un terrain enneigé, etc Photos 21-36 : bords de la Seine, vues d’un pont sur la Seine, vues sur la Seine depuis le pont, etc. Nombreuses photos au très grand angle (17 mm) Lieu : Conflans Ste Honorine Mot de Julien Billette Dimanche main, c’est jour de marché. Des rencontres, des couleurs, des lumières. Dans le panier le menu de la semaine, et quelques photos dans l’appareil. Julien Kiara Robinson et Gérald Gaspart ∙ 202 - 215

Mot de Kiara Robinson

Toronto, ON, Canada Equipment used : Nikon F65, 28-80mm date : Feb. 08, 2012 Film : TMAX 400 black and white This roll of film was shot on a whim - it was 5 am and I woke up to the first real snowfall Toronto has had this winter. I drove to the country and took photographs of the white fields and trees. It was important to me to get out of bed so early beacause snow is becoming rare in Toronto, and when it does snow, by midday the snow is a slushy gray-black. When I first heard about Caroline’sproject I wanted to join in right away. I think that collaborations between people, especially, as this case, between people from all over the world, is very exciting. I look forward to seeing the results. K. Robinson.

Mot de Gérald Gaspart

Gérald Gaspart Canon EOS3 + Kodack TMax 400 Photo de livres dans mon appart Au départ je souhaitais photographier les mots des photographes ayant participé à l’expérience... Mais comme je ne les ai pas reçus je me suis rabattu sur des livres. On retrouvera l’écriture de Renaud Séchan puis du livre de John Faute, Charles Bukowski, Karl Marx, Jonathan Coe, Garcia Marquez, ... La dernière photo du film (et ma dernière photo pour le projet) est une photo d’une reproduction de la première photo de l’histoire ... J’aimais bien l’idée. Dévellopper : Ifotec DD-X 1+9 14 min

Jean-Luc Tonini et Jean-Louis Bloch-Lainé ∙ 216 - 229

Mot de Jean-Luc Tonini Un mercredi 15 et un jeudi 19, quel plaisir de refaire prendre l’air à mon vieux Nikon F2 41


argentique, de ressortir une Tri-x 400 Kodak oubliée dans un tiroir, ère de l’argentique et du numérique dissonants; les toits de Paris, leurs rythmes, leurs lumières et les graphismes des cheminées qui s’en dégagent, que du rêve, plus près des étoiles. Un peu casse-gueule en cette période de froid, un 300 mm Nikkor pour tasser les plans, et le tour est joué. Et puis les toits c’est le fantôme de l’opéra, fantômas, mais aussi le père-noël!! S’approcher un peu plus de mes rêves d’enfant, qui en fait ne m’ont jamais quittés, peter pan, tri-x pan, même combat... Mot de Jean-Louis Bloch-Lainé Pour Caroline de Testa Jean-Louis Bloch-Lainé MATERIEL - Nikon 90 OBJ 20mmm LIEU chez moi FILM TRI X 24x36 400 ISO sous ex 1L Theme approche Il neige c’est bien Le 05.02.2012 Loris Gianadda et Gérald Gaspart ∙ 230 - 235

Mot de Loris Gianadda Photographe n°2 sur le FUJI Acros - Appareil Canon EOS30 (Elan 7) + 50mm f1.8 II. Pour cette deuxième pellicule, je ne savais que ce que m’en avait dit le premier photographe. Il m’a écrit avoir photographié des troncs d’arbres dans une forêt, me donnant à penser une structuration de l’image selon de très puissantes lignes horizontales ou verticales. Probablement verticales à moins qu’il aie shooté 36 poses en portrait. Des lignes verticales sombres... comme une prison et ses barreaux. L’idée des barreaux d’une cellule m’a accompagné tout au long de cette pellicule, qui fut shootée un peu partout. Je me rappelle surtout de la fin, au salon de l’agriculture ou de fortuites rencontres nous ont menés, avec mes amis, à un très long apéro au vin rouge, improvisé, à un stand basque, avec une fanfare. Joue t-on du bombardon en prison ? je ne sais pas si les photos seront bonnes.... Je ne suis pas un grand photographe. Mais le travail de reflexion que m’a donné le précédent photographe fut une très bonne étape supplémentaire dans mon apprentissage. Et quelle confiance me fut accordée ! Je croise les doigts ! Loris Mot de Gérald Gaspart Gérald Gaspart Canon EOS 3 + Fuji Acros 100 iso. Prises de vue le 4 février 2012 En région bruxelloise, dans la forêt de soignes par un après-midi froid et lumineux. Cela faisait longtemps que je voulais aller photographier cet endroit de la forêt de soignes. L’arrivée de la neige et l’idée du projet photographique m’a donné l’impulsion pour transformer l’envie en action. Je suis très curieux de voir le résultat des superpositions... J’ai choisi d’aller en forêt parce que je pense que les images contrastées en stries verticales, ni régulière ni non plus illisibles peuvent donner un résultat intéressant superposées à d’autres sujets. Jean-Martin B. ∙ 236 - 241

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Mot de Jean-Martin B. Il y a 4 ans je pense le Tour de France s’arrête à Marseille. Belle occasion de faire quelques clichés, ma triX dans l’Olympus et zou ! Et puis j’oublie le film, exposé, pas développé, près du radiateur pendant 4 ans ... Je tombe sur un film, qui à l’air neuf, coincé derrière le radiateur. Certes il doit être cuit, mais bon voyons voir !  Je pars dans les calanques pour faire des test sur un film périmé, cuit et de surcoît je décide de l’exposer à 200 iso ou lieu de 400 iso, c’est plus drôle ! Tant qu’à faire. La motivation fut telle que j’oublie encore le film, sans le développer... Je le retrouve finalement, je le développe mais je trouve que les images sont confuses sur la table lumineuse... Daphné Aboulker et Jean-Martin B. ∙ 242 - 253

Mot de Daphné Aboulker Daphné Aboulker Jesuralem 23 avril 2012 Canon FT La vieille ville de Jesuralem Jamais une ville n’a rassemblé autant d’histoire. Mot de Jean-Martin B. Pas convaincu par l’idée d’œuvre collective. Je reste moi indécrottable photographe solitaire. Et d’ailleurs, ce que j’ai sur imprimé sur moi-même tient plus la route que ce qui est passé entre plusieurs mains. Une voie a explorer pour jouer aux Dés avec le créateur. A voir...Jean-Martin B. Daphné Aboulker et Laurent Rosenfeld ∙ 254 - 261

Mot de Daphné Aboulker Daphné Aboulker Tel Aviv 19 avril 2012 Canon FT Tel Aviv et ses trésors Du souk et ses trésors, diversité de cette ville trépidante. Mot de Laurent Rosenfeld Laurent Rosenfeld Matériel : Canon EOS 5 Canon EF 100 mm F/2,8 Macro IS L Photos : Conflans Sainte-Honorine (Yvelines) Photos macro et proxi de fleurs cultivées et sauvages dans mon jardin et aux alentours dans mon quartier. Support : Pellicule Kodak T-Max 400 (Noir et Blanc) Date : 27 mai 2012 Claude Bida et Andrea Rodriguez ∙ 262 - 271

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Mot de Claude Bida Coupe Tif aux frises avec la tête de mon petit fils. Intérieur du salon. Pas de problème pour son utilisation quant aux personnages. Mot de Andrea Rodriguez A day around Yonge and Eglinton. Tim and I went to American Apparel, then west to the old church, then down to DeSerres. Our intention was to show the beauty of everyday life around our area. We used Tim’s camera. Sébastien Chauchot et Caron Malecki ∙ 272 - 295

Mot de Sébastien Chauchot Bonjour Caroline Voici des portraits de gens proches qui seront heureux de voyager jusqu’au Etats-Unis ! … Et quelques surprises ici ou là … place au hasard ! Cordialement, Seb. Mot de Caron Malecki Local Color The weekends in my neighborhood are so active and full of life. Wherever you turn, there is something to see. There is a food market selling local, organic food on Saturdays and on Sundays, a flea market that brings people far and wide. People meet, hang out, eat, shop, sun themselves, and catch the ferry, all outside my front door. There is so much life happening at all ages, it makes me smile. Caron Les mots des photographes qui suivent ne sont pas publiés dans le livre 2, mais les photographes ont participé et leurs photos ont fait évolué le projet. En conséquence, leur mot mérite d'être publié dans ce troisième livre. Mot de Bernard Paris le 2 mai 2012 Film Trix 400 (ou 400 TX) J’ai commencé ce film début février, alors que nous étions sous la neige. D’où les premières vues de campagne enneigée. Je l’ai remis un peu tardivement à Daouar (Nicolas) sans lui dire quoi que ce soit, laissant le hasard faire son oeuvre... Bernard (Bbjm) en photographe #1 appareil Nikon FM2n Amicalement, Bernard Mot de Bernard Paris, le 2 mai 2012 Film Tri-x reçue de Bbjm (Bernard), avec également un film de floride. Je pensais qu’il y avait la Floride sur les 2 films, j’ai exposé ce film lors d’une promenade le long de la seine à Paris. Appareil utilisé : Nikon FM2n Exposé fin avril. Cordialement, Nicolas. Mot de Victorine Lamothe Name: Victorine Lamothe Dates of shooting: 1. saturday, April 7, 2012 2. Monday, April 9, 2012 Places: 1. Williamsburg, Brooklyn

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2. Highline, Chelsea, New York Theme: Real New York life Thoughts: I’d really not had too much experience with photos before, but this project was a nice/ fun way to discover photography. It was also interesting because al looked at my New York surroundings in a different way. Mot de Jean-Martin B. Pas convaincu par l’idée d’œuvre collective. Je reste moi indécrottable photographe solitaire. Et d’ailleurs, ce que j’ai sur imprimé sur moi-même tient plus la route que ce qui est passé entre plusieurs mains. Une voie a explorer pour jouer aux Dés avec le créateur. A voir...Jean-Martin B. Adin Eli et Charles Gagneur Mot de Adin Eli Adin Eli Tel Aviv 28/04/2012 Canon FT Signalisation à Tel Aviv Voilà ce qui fait l’identité graphique de Tel Aviv. Mot de Claude Bida Pellicule HP5 400 ASA -1 diaph Départ de la pellicule sur le repère flèche habituel. Photos dès la 1ère vue. Format 4,5x6 Photographe (1) Claude Bida Mot de François Colin Street Life... Superposition en photographe n°2 sur le film de Claude Bida. J’ai utilisé un bronica RF645 avec son 65 mm pour essayer de prendre des photos "de rues". Photos prises à la volée dans les rues de Nice le lundi 14 mai 2012. François Colin Mot de Thibault Chamblain Salut Caro ! Avec un peu de retard, voici la pellicule des photos du bateau et quelques une de Thaïlande. J'espère que ca te conviendra. Thibault Mot de Julien Billette Ici j'ai décidé d'opposer à un ambiance festive de bar un soir de match, celle plus routinière de mes journées de travail. Transport en commun, objet de travail, ce devant quoi je passe pour m'y rendre quotidiennement. NB : film légèrement sous développé (environ 1600 iso) Mot de Gérald Gaspart Photographe #1 : Gérald Gaspart Film : 3200 iso Kodak Lieu : Zonneklop, un café Bruxellois Thème : un soir de foot. Ambiance plutôt sombre. Beaucoup de flou sans doute... Date : 1 mars 2012 Mot de Julien Billette En milieu urbain, j'apprécie particulièrement à m'attarder sur ce qui échappe au contrôle humain des toiles d'araignées au fond d'un trou, des objets cassés ou placés de manières insolites ... C'est le thème que j'ai choisi pour le superposer au travail de François sur la ville nocturne. Julien. Mot de Alexandre D. Salut Caroline, en tant que photographe #2, j'ai traité la pellicule suivant deux thèmes : le premier "shot in translation" a pour but de figer quelques impressiones lors d'un trajet, tandis que le second thème "Quency Blanc et Noir" sont plus quelques vues par ci par là de là où j'ai grandi. Au plaisir de voir les résultats. Bonne continuation. Alexandre

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Mot de Claude Bida Moulin artisanal pour la fabrication de l'huile de noix. Surimpressionné par des paysages. Mot de Dominique Szczepanski Pellicule : Kodak Tmax 3200, exposé à 1600 iso, le 12 février 2012. Avec un Nikon FM2, les objectifs étant un 50mm et un 24mm. Quelques problèmes "lombaires" m'ayant limité dans mes déplacements, la prise de vues a été réalisé dans le cour et le jardin, à Auberchicourt, Nord ! C'est un projet original, car, si, pour ma part, il m'arrive d'utiliser la superposition d'images, le fait de demander à deux photographes qui ne se conaissent pas d'effectuer l'opération, ça risque de donner des résultats détonnants ! Bonne chance dans la réussite de ton projet, et bon courage Caroline ! Dominique. Mot de Patrick Tournai, le 5 avril 2012 Bonjour Caroline, Voilà j'ai fini mon rôle dans ton aventure... et je t'avoue que je ne suis pas pleinement satisfait. Deux problèmes sont survenus, le premier est que malgré le fait que j'ai pris mon départ pile-poil au trait de Dominique, il y ai quand même un chevauchement important entre les vues. Et ce malgré le fait qu'on ait utilisé le même appareil : un Nikon FM2 ! Le deuxième est au niveau de l'expo, j'ai l'impression que les deux boitiers, pourtant identiques ne calculaient pas l'expo de la même manière. J'ai bien exposé la pellicule 3200 à 1600, et j'ai ensuite fermé d'un diaph à la prise de vue. Et je constate que mes prises de vue sont plus exposées que celles de Dominique, ce qui fait qu'elles prennent beaucoup plus d'importance. Dominique avait choisi comme thème la nature, en l'occurence son jardin, moi, j'ai choisi comme thème les portes... portes qui s'ouvrent ou se ferment sur la nature. Tu constateras qu'on voit donc beaucoup plus mes portes que le jardin de Dominique. Ceci dit, il y en a qu'en même qui sont exploitables, à toi de voir. Je t'envoie donc le négatif, avec un cd sur lequel il y a les scans des négatifs, les négatifs post-traités (1600 x 1600 px) et une version aussi réduite pour le passage direct sur internet si nécéssaire. Je ne suis pas un grand spécialiste du post-traitement donc si tu trouves quelqu'un qui peut faire mieux qu'avec ces négatifs, n'hésites pas. Je te souhaite bonne chance pour ton travail et je suis heureux d'avoir pu y participer. Patrick Mot de Joël Christinet Serendipity, J'ai toujours cru en lui, n'est-il pas un peu notre maître, celui dont tout finit par dépendre ? Le hasard ... c'est un peu par hasard que j'ai choisi de m'inscrire sur ce forum, de pratiquer précisément la photo argentique, et donc de tomber sur le projet de Mlle de Testa. Le hasard ayant souvent été de mon côté, j'ai imaginé que ce serait une façon de le remercier. J'ai donc décidé de me promener au hasard dans Lausanne, appareil en bandouillère, photographiant ce qui se présentait à moi. Réussite ? Foirage total ? Qui sait ? Ces images-là échappent à l'humain, il n'est qu'un outil de l'aléa. Joël Christinet avril 2012

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acknowledgements Internet Bibliothèque Centre culturel Georges Pompidou, Paris Ma bible : De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu. L’Act Mem (25 octobre 2008), de Danièle Bourcier et Pek van Andel A tous les photographes, d'avoir joué le jeu en expliquant leur travail via un mot rédigé de façon manuscrite. corrections et relectures Monique de Testa traduction Victorine Lamothe Barbara Guansé impression Catherine Arnaud et Bernard Zabrocki reliure et façonnage Mathieu des établissements Jacques

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ABD

Sérendipité, quand le hasard fait bien les choses  

Livre 3 - Abduction

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