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Sitizen Greg Bagot

The artist* * L’artiste

Enfant, il se rêvait magicien de scène. Aujourd’hui, l’illusionniste manceau éblouit son public dans un style bien particulier, le close-up.

J

Par Philippe Laville

« Je suis heureux lorsque je touche les gens, que j’arrive à aller dans l’émotion. » C’est à l’âge de six ans que le Manceau Greg Bagot découvre l’illusion. Les stars de la télé sont alors Gérard Majax ou encore Garcimore : « à l’époque, mon père me faisait deux, trois tours d’esbroufe par-ci par-là. C’était magique ! » Quant au tour de Gilles Arthur, celui de la cigarette passant à travers une pièce ? « J’ai dû essayer de le faire des centaines de fois », sourit-il. Enfant des Sablons, Greg suit également son père à l’île aux sports : « avec ma sœur, nous en avons avalé des tours de piste. C’est là que j’ai appris le sens de l’effort. L’athlétisme est devenu mon fil rouge, me permettant d’avoir aujourd’hui cette rigueur mentale et

moi. Au Pouligen... » Son armée à Paris, il en profite, là encore, pour rencontrer Mickaël Stutzinger, magicien dans une boutique spécialisée de la capitale. Entre eux, le courant passe : « il m’invitait chez lui, pour me montrer des tours sans jamais me les expliquer. Au petit matin, en rentrant à la caserne, je notais tout sur un petit carnet. C’est certainement là que j’ai puisé ma force pour créer, par moi-même, mes numéros. » Prince de la micro-magie De retour à la vie civile, Greg part à Dublin pendant un an : « j’ai parcouru les pubs pour me faire la main. Cela m’a permis de me forger à ce dur exercice. » Revenu au Mans, c’est acquis, il se lance dans la carrière ! Grâce à Thierry Dubois, l’ancien boss du Bureau et du Le Mans Legend Café, il trouve son premier auditoire régulier : « J’avais pour mission de faire patienter les gens qui attendaient en faisant du close-up. » L’aventure se termine en 2003. L’illusionniste passe alors la surmultipliée : « j’ai décidé de devenir plus pro, de travailler sur mon image, de m’ouvrir sur d’autres publics. » Formidablement bien implanté au Mans, le magicien rayonne bien au-delà du département : « je suis parti au Palace Sheraton d’Alger pour des princes arabes, par exemple, ou encore au Vietnam pour un tour-opérateur. Là-bas, j’en ai profité pour aller dans la rue, dans de simples restaurants au contact des gens. Exceptionnel... » Petit, il rêvait de télé et de gloire. Aujourd’hui, Greg Bagot ne pense qu’à émerveiller son auditoire : « Je prends goût à jouer avec les gens, prendre sur une table un objet, le faire disparaître, les amener dans mon univers », conclut-il avant de se retirer. Comme par magie... B

« Au matin, je notais tout sur un petit carnet » cette discipline physique pour faire ce métier. » Perchiste, « j’avais alors une baguette beaucoup plus grande que maintenant », puis décathlonien en club, Greg va découvrir la magie tout seul : « je n’avais pas les moyens d’acheter des tours, se souvient-il. Un jour, dans une brocante, mes parents m’ont offert une encyclopédie que j’ai toujours. J’ai passé des heures à la potasser. » Plutôt timide, Greg rêve (en secret) de devenir magicien. Le bac en poche, il cire le banc de l’université en fac d’anglais... un jeu de cartes à la main. Vers 20 ans, alors qu’il vend des friandises l’été sur les plages, il rencontre son “premier“ vrai magicien : « Fred Simard, un Québécois qui passait ses vacances au même camping que

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Happy Sitiz n°18  

Happy Sitiz été 2012

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