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Nancy Huston

Dans son journal, Lucy tout ce qu’elle ne peut pas dire haute voix. treize ans alors que les id se bousculent dans sa t et les sensations dans son corps, elle a du mal supporter son p pasteur et sa m un peu rigide. L’arriv du docteur Beauchemin la maison lui offre un interlocuteur troublant. Dans la touffeur de cet 1936, la jeune fille d des sentiments nouveaux, indicibles.

Apr avoir grandi au Canada, Nancy Huston suit son p robes de soirée aux lorsqu’elle a quinze ans et finit ses New York. Quand Nancy a six ans, sa m quitte brusquement son foyer pour aller mener sa vie ailleurs. Un traumatisme douloureux mais fondateur qu’elle transforme en richesse : c’est par l’imagination qu’elle va tenter de comprendre l’incompr ‘La Virevolte’ (1994) et ‘Prodige : polyphonie’ (1999) abordent le sujet de fa explicite. Venue Paris pour un an en 1973, Nancy Huston reste et devient de Roland Barthes. Elle d sa carri en tant qu’essayiste pour le MLF, et pour des journaux de femmes tels que Sorci qu’elle a cofond et publie son premier roman en 1981 ‘Les Variations Goldberg’. Avec ‘Cantiques des plaines’ (1993) – Prix du Gouverneur g – elle retrouve sa langue maternelle et, depuis, se traduit elle-m dans les deux sens. En 1996, ‘Instruments des t obtient le Goncourt des lyc Sous forme polyphonique, typique de Nancy Huston, elle donne voix plusieurs personnages, voire m une glycine, un (‘Une adoration’, 2003, son dernier roman) ou Dieu en personne (Dolce Agonia, 2001.) Nancy Huston partage son temps entre Paris et le Berry, o elle vit avec son mari, le s d’origine bulgare Tsvetan Todorov et leurs deux enfants.

Treize ans aujourd’hui. Enfin ! C’est la fin de l’enfance. J’attends ce jour depuis si longtemps et maintenant qu’il est l bon, bon. Pas grave. Un p d’en vouloir plus, pour mon anniversaire. Un p de vouloir quoi que ce soit, par les temps qui courent. Alors voil en guise de cadeau : un ruban en dentelle blanche, arrach au bas de la robe de mari de maman. Pour attacher mes cheveux, soi-disant. Mais glisse et tombe et n’attache rien du tout, tellement mes cheveux sont fins et ternes et raides et peu coop /> Voudrais dans ce carnet tous les jours partir de maintenant. Au moins quelques robe soirée mots. Journal refuge. M ’amuser avec des mots, avec l’id des cheveux non coop – des cheveux qui n’en feraient qu’ leur t (les cheveux ont-ils une t ?). Tout seuls, ils se dresseraient en soleil autour de la mienne. Non, pas le soleil. Ne pas penser au soleil, ne pas le dire ne pas l’ : le soleil nous tue en ce moment.

Bref ce ruban en dentelle : m’en fous. Il aurait mieux fait de rester en bas de la robe de mari de maman. Le mariage veut dire : toujours, toujours. Je promets ch de m’ennuyer toujours tes c jusqu’ ce que mort s’ensuive. (Je peux tout ce que je veux ici, c’est extraordinaire ! Pas besoin de me surveiller. Je suis libre. Je peux mentir, d dire des gros mots et des b personne ne me punira. Je peux m faire des fautes


d’orthographe si me chante, mais ne me chante pas. Je suis fi d’ la premi en orthographe de toute mon m’a valu un prix sous la forme d’un gros dictionnaire Webster’s !)

table, ils ont tous chant Happy Birthday. M ’en fous. Il n’a rien de joyeux, mon anniversaire.

(Ah que fait du bien, que fait du bien de pouvoir m’en fous ! Tu recopieras cent fois dans ton cahier, mademoiselle : m’en fous, m’en fous, m’en fous.)

Pr comme le premier roman pour ados de Nancy Huston, ULTRAVIOLET est une fine galette de 80 pages, au contenu prenant et grisant, avec beaucoup de charme et une plume au style sûr et envoûtant.

Nous sommes dans l’Ouest canadien, poussi et accabl par la canicule, en juillet 1936. Le pays connaît une grave crise les paysans cr la faim et Lucy fête ses 13 ans. Elle reçoit un journal qui deviendra non seulement son confident mais avant tout le t de ce d passage qui existe entre l’enfance et l’adolescence.

La jeune fille est en effet curieuse, fonceuse mais timor Elle se pose mille questions qu’elle garde pour elle, elle se sent incomprise, remet en question la foi h par son (son p est pasteur) et envisage l’avenir avec incertitude. Plus de trou perdu, aux ambitions Lucy rêve d’un changement dans sa vie.

Il surviendra par la venue d’un jeune m Bernard Beauchemin, dont le pass transpire l’odeur du scandale. Lucy est attir son corps aussi manifeste ses premiers ce sont les premi palpitations et autres douleurs dans le bas-ventre, en somme la chenille est en train de quitter sa chrysalide.

Il r une atmosph lourde et o subsiste un semblant de torpeur, au centre de laquelle la jeune adolescente se trouve emprunt et plus trop sa place. Sa confession se veut la fois pudique et impertinente, drôle et spirituelle, parfois immature et capricieuse. C’est un vrai r h bien trop court !

Lucy Larson a 13 ans. Elle vit dans l’Ouest canadien, dans un petit village paum au lendemain du krach boursier de 1929. La pauvret la


restreint elle et sa famille et pourtant les envies demeurent inchang : bien manger, paresser, profiter de la vie. Seulement, elle est fille de pasteur et en cela, elle doit se rendre tous les offices comme le reste de la fratrie : une s deux fr On ne peut pas dire que ce soit l’enthousiasme lorsqu’il s’agit de parler de religion. D’une part cela l’ennuie, ensuite elle s’interroge sur l’existence de Dieu. Ainsi, quand vient l’heure de r le b sa bouche reste close. Son carnet, c’est son refuge o elle livre p pens inavouables, jurons et interrogations diverses. C’est que Lucy en a sur le c et qu’elle a de la suite dans les id Ce “cher carnet” c’est celui qui l’ sans la juger, celui qui recueillera son spleen et ses envies. Car 13 ans, on est pas tout fait un adulte mais on se sent pourtant bien loin de l’enfance et de ses restrictions impos Le quotidien de la famille c’est d’accueillir les “pauvres” et de leur offrir gite et couvert. Non que les repas soient fastueux mais le partage est une valeur essentielle v par le pasteur Larson. Voici comment arrive un jour le curieux docteur Beauchemin, un expatri venu de l’Est qui d avec un pass dont il ne faut dire mot. Qu’y a-t-il cacher? Qu’a-t-il fait pour se retrouver sans rien ni personne au milieu de nulle part? Lucy trouve en lui un interlocuteur l’ port sur l’ et le d Son carnet petit petit se fait le t de cette relation ambig entre Lucy et l’

Il y a peu de mots pour dire comment j’ai ressenti l’histoire. J’ai trouv la jeune narratrice touchante car elle semble en mal de communication : d’abord le journal puis le docteur. Et elle apprend constamment des autres, des mots (qu’elle cherche grand renfort de dictionnaire, pour le compliqu et dissimule ses ignorances derri l’humour et la r Quant au tour que prend l’histoire, je vous laisse juge mais quant moi je l’ai trouv plausible, voire pr De plus, comment ne pas parler de la forme du r Car c’est bien le petit journal intime que nous avons l et c’est dans les mots simples et volubiles qu’on trouve toute la fraicheur du personnage.


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