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ACTIVITE 11 Niveau : 1-2 Taille du groupe : 12 à 30 Durée : 1h30

Contes


Objectifs - Découvrir le handicap par le conte - Aborder la thématique de la différence - Relever et déconstruire les stéréotypes et préjugés liés au handicap et/ou aux pays du sud

INSTRUCTIONS

dans les contes

Aperçu A partir de la lecture d’un conte, découvrir le handicap par le débat, le dessin, etc.

Thèmes - Le handicap en général

Lancez la musique et créez une atmosphère conviviale Lisez un des contes aux participants Débriefing

DEBRIEFING Dans quel pays se passe l’histoire ? Pourquoi ? Comment avez-vous trouvé le conte ? Qui étaient les personnes handicapées ? Comment cette personne était présentée ? Quelle est la morale de l’histoire ? Qu’en pensez-vous ? Etc.

SUGGESTIONS DE SUIVI

- Les différents types de déficiences - Les préjugés, discriminations et stigmatisations

Matériel - Conte - Se référer à l’activité envisagée - Un coussin pour chacun

Préparation

Illustrer le conte, via une saynette, un dessin, etc. Cette activité peut se faire individuellement ou collectivement. Inventer un conte. Exemple de méthode : le premier participant commence à inventer le début, le deuxième prend le relai et ainsi de suite. Prendre soin d’intégrer dans l’histoire une ou plusieurs personnes présentant une déficience. Ecrire un conte sur la thématique du handicap

FICHES THEMATIQUES A LIRE - 2. Généralités sur le handicap - 3. Déficience motrice - 4. Déficience visuelle - 5. Déficience auditive - 9. Stéréotypes & préjugés, discrimination - 20. Culture

- Choix des contes (annexe ou recherche personnelle) - Installer un lecteur CD et choisir une musique calme

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Les trois sourds

revenu avec un mouton blessé m’accusant de l’avoir blessé. Or, moi je jure que des moutons, je n’en ai jamais vu. Voilà pourquoi on est ici monsieur le juge.» C’était au tour du monsieur :

C’est l’histoire d’une femme. Elle était sourde, tellement sourde qu’elle n’entendait rien. Tous les matins, elle portait son enfant sur son dos et elle se rendait à son champ. Elle avait un immense champ d’arachides. Un matin qu’elle était là, tranquillement à travailler dans son champ, arriva un monsieur. Un monsieur tellement sourd qu’il n’entendait rien. Et ce monsieur cherchait ses moutons. Ecoutez-bien ! Il s’adressa à la dame : — « Madame, je cherche mes moutons, leurs traces m’ont conduit jusqu’à votre champ. Est-ce que vous ne pourriez pas m’aider à les retrouver ? D’ailleurs, on les reconnaît bien mes moutons : parmi eux, il y a un mouton blessé. Madame, si vous m’aidez à retrouver mes moutons, je vous donnerai ce mouton blessé et vous pourrez toujours vous en servir ». Mais elle, n’ayant rien entendu, rien compris, elle pensa que ce monsieur lui demandait juste jusqu’où s’arrêtait son champ. Elle se retourna pour lui dire : — « Mon champ s’arrête là-bas. »

— « Je cherchais mes moutons, dit-il, et leurs traces m’ont conduit jusqu’au champ de cette dame. A cette dame, j’ai dit que si elle m’aidait à retrouver mes moutons, je lui donnerais l’un d’entre eux mais j’ai bien précisé qu’il s’agissait du mouton blessé. Elle me montra mes moutons, c’est ce mouton blessé que je lui donnai. Elle voulait un mouton plus gros. Pensez-vous que je vais lui donner le plus gros de mes moutons à deux pas de la fête des moutons ? » Le juge se leva. Il était aussi sourd qu’un pot. Et quand il vit l’enfant sur le dos de sa mère, il pensa qu’il ne s’agissait là que d’une petite querelle de ménage. Alors il s’adressa au monsieur : — « Monsieur. Cet enfant est votre enfant. Regardez d’ailleurs comment il vous ressemble. A ce qu’il me semble, vous êtes un mauvais mari. Et vous madame, des petits problèmes comme cela, ce n’est pas la peine de venir jusqu’ici étaler ça devant tout le monde. Rentrez chez vous ! Je souhaite que vous vous réconciliiez. » Ayant entendu ce jugement, tout le monde éclata de rire. Et le rire contamina le juge, la dame et le monsieur. Que firent-ils ? Ils éclatèrent de rire bien que n’ayant rien compris…

Le monsieur suivit la direction indiquée par la dame et, par un curieux hasard, il trouva ses moutons en train de brouter tranquillement derrière un buisson. Tout content, il les rassembla et vint remettre à la dame le mouton blessé. Mais celle-ci, n’ayant rien entendu, rien compris, elle pensa que ce monsieur l’accusait d’avoir blessé son mouton. Alors elle se fâcha : — « Monsieur, je n’ai pas blessé votre mouton. Allez accuser qui vous voulez mais pas moi. D’ailleurs des moutons, je n’en ai jamais vu. » Quand il vit que la femme se fâchait, le monsieur pensa que cette femme ne voulait pas de ce mouton mais qu’elle voulait un mouton plus gros. Et à son tour, il se fâcha : — « Madame, c’est ce mouton que je vous ai promis. Il n’est pas du tout question que je vous donne le plus gros de mes moutons. » Tous les deux ils se fâchèrent, ils se fâchèrent à un tel point qu’ils finirent par arriver au tribunal. Dans cette Afrique d’il y a longtemps, le tribunal se passe sur la place du village, à l’ombre d’un grand arbre : l’arbre à palabres, le plus souvent un baobab. Et le juge, qui était en même temps le chef du village, était là entouré de tous ces gens qu’on appelle les notables. La dame et le monsieur arrivèrent tout en continuant leur querelle. Et après les salutations, c’est elle qui parla la première : ACTIVITE 11 Contes

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— « Ce monsieur m’a trouvé dans mon champ, il m’a demandé jusqu’où mon champ s’arrêtait. Je lui ai montré et j’ai repris mon travail. Ce monsieur est parti et quelques instants après, il est

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Un simple bonheur Deux hommes (tous les deux gravement malades) occupaient la même chambre d'hôpital : l'un d'eux devait s'asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi afin d'évacuer les sécrétions de ses poumons (son lit était à coté de la seule fenêtre de la chambre) et l'autre devait passer ses journées couché sur le dos... Les deux compagnons d'infortune se parlaient pendant des heures... Ils parlaient de leurs épouses et familles, décrivaient leur maison, leur travail, leur participation dans le service militaire et les endroits où ils étaient allés en vacances... Et chaque après-midi, quand l'homme dans le lit près de la fenêtre pouvait s'asseoir, il passait le temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu'il voyait dehors... L'homme dans l'autre lit commença alors à vivre pour ces périodes d'une heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du monde extérieur... De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac, les canards et les cygnes jouaient sur l'eau tandis que les enfants faisaient voguer leurs bateaux modèles réduits... Les amoureux marchaient bras-dessus, bras-dessous, parmi des fleurs aux couleurs de l'arc-en-ciel, de grands arbres décoraient le paysage et on pouvait apercevoir au loin la ville se dessiner... Pendant que l'homme près de la fenêtre décrivait tous ces détails, l'homme de l'autre côté de la chambre fermait les yeux et imaginait la scène pittoresque... Lors d'un bel après-midi, l'homme près de la fenêtre décrivit une parade qui passait par là... Bien que l'autre homme n'ait pu entendre l'orchestre, il pouvait le voir avec les yeux de son imagination, tellement son compagnon le dépeignait de façon vivante...

L’aveugle et le lait Un aveugle de naissance demanda à un voyant : — De quelle couleur est le lait ? Le voyant lui répondit : — La couleur du lait est comme le papier blanc. — Eh quoi, demanda l’aveugle, est-ce que cette couleur est aussi soyeuse au toucher que le papier ? Le voyant répondit : — Non, elle est blanche comme la farine est blanche. — Comment ? reprit l’aveugle ; est-elle aussi molle et pulvérisée que la farine ? — Non, répondit le voyant, elle est tout simplement blanche comme le lièvre blanc. — Alors, reprit l’aveugle, elle est aussi velue et aussi douce que la peau du lièvre ? — Non, répondit le voyant, la couleur blanche est comme la neige. — Alors, reprit l’aveugle, elle est aussi froide que la neige ? Et, malgré tous les exemples que le voyant citait à l’aveugle, celui-ci ne pouvait se représenter la couleur blanche du lait.

Les jours et les semaines passèrent ainsi... Un matin, à l'heure de la toilette, l'infirmière trouva le corps sans vie de l'homme près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil... Attristée, elle appela les préposés pour qu'ils viennent prendre le corps. Dès qu'il sentit que le temps était approprié, l'autre homme demanda s'il pouvait être déplacé à côté de la fenêtre... L'infirmière, heureuse de lui accorder cette petite faveur, s'assura de son confort, puis elle le laissa seul... Lentement, péniblement, le malade se souleva un peu, en s'appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d'œil dehors... Enfin, il aurait la joie de voir par lui-même ce que son ami lui avait décrit tant de jours durant... Il s'étira pour se tourner lentement vers la fenêtre près du lit... Or, quelle ne fut pas sa surprise quand il vit un mur !!! Étonné, l'homme demanda à l'infirmière pourquoi son compagnon de chambre décédé lui avait dépeint une toute autre réalité... L'infirmière répondit que l'homme était aveugle et ne pouvait même pas voir le mur !! « Peut-être a-t-il seulement voulu vous encourager », commenta-t-elle.

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L'aveugle et le boiteux

— Le boiteux : Encore un peu plus. Bon, je vais passer mes bras autour de votre cou. Vous pouvez maintenant vous relever. — L'aveugle : Me voilà debout. Vous ne pesez plus qu'un moineau.

Un pauvre homme qui avait perdu la vue depuis plusieurs années, allait un soir sur le grand chemin, en tâtonnant avec son bâton. Que je suis malheureux, s'écriait-il, d'avoir été obligé de laisser mon pauvre petit chien malade en logis ! J'ai cru pouvoir me passer aujourd'hui de ce guide fidèle pour aller au village prochain. Ah ! Je sens mieux que jamais combien il m'est nécessaire. Voici la nuit qui s'approche ; ce n'est pas que j'y vois mieux pendant le jour, mais au moins je pouvais rencontrer à chaque instant quelqu'un sur ma route, pour me dire si j'étais dans le bon chemin ; au lieu qu'à présent je dois craindre de ne plus rencontrer personne. Je n'arriverai pas aujourd'hui à la ville, et mon pauvre petit chien m'attend pour souper. Ah ! Comme il va être chagrin de ne pas me voir !

Ils se mirent en route aussitôt ; et comme ils avaient en commun deux bonnes jambes et deux bons yeux, ils arrivèrent en un quart d'heure aux portes de la ville. L'aveugle porta ensuite le boiteux jusque chez ses parents, et ceux-ci, après lui avoir témoigné leur reconnaissance, le firent conduire auprès de son petit chien. C'est ainsi qu'en se prêtant un mutuel secours, ces deux personnes parvinrent à se tirer d'embarras ; autrement ils auraient été obligés de passer la nuit sur le grand chemin. Il en est de même pour tous les hommes ; l'un a communément ce qui manque à l'autre ; et ce que celui-ci ne peut pas faire, celui-là le fait. Ainsi, en s'assistant réciproquement, ils ne manquent de rien ; au lieu que s'ils refusent de s'aider entre eux, ils finissent par en souffrir également les uns les autres.

A peine avait-il dit ces paroles qu'il entendait quelqu'un se plaindre tout près de lui. Que je suis malheureux ! disait celui-ci ; je viens de me démettre le pied dans cette ornière ; il m'est impossible de l'appuyer à terre. Il faudra que je passe ici toute la nuit sur le chemin. Que vont penser mes pauvres parents?

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— L'aveugle : Qui êtes-vous, s'écria l'aveugle, vous que j'entends pousser des plaintes si tristes? — Le boiteux : Hélas ! répondit le boiteux, je suis un pauvre jeune homme, à qui vient d'arriver un cruel accident. Je revenais tout seul du village voisin ; je me suis démis le pied, et me voilà condamné à coucher dans la boue. — L'aveugle : J'en suis bien fâché, je vous assure, mais dites-moi, y a-t-il encore un reste de jour, et pouvez-vous voir le grand chemin? — Le boiteux : Ah! si je pouvais marcher aussi bien que j'y vois, j'aurais bientôt tiré mes chers parents d'inquiétude. — L'aveugle : Ah ! si je pouvais y voir aussi bien que je marche, j'aurais bientôt donné à souper à mon chien. — Le boiteux : Vous n'y voyez donc pas, mon cher ami? — L'aveugle : Hélas ! non ; je suis aveugle comme vous êtes boiteux. Nous voilà bien chanceux l'un et l'autre. Je ne puis pas avancé plus que vous. — Le boiteux : Avec quel plaisir je me serais chargé de vous conduire! — L'aveugle : Comme je me serais empressé d'aller vous chercher des hommes avec un brancard. — Le boiteux : Écoutez, il me vient une idée. Il ne tient qu'à vous de nous tirer de peine tous les deux. — L'aveugle : Il ne tient qu'à moi ? Voyons, quelle est votre idée ? — Le boiteux : Les yeux vous manquent, à moi ce sont les jambes. Prêtez-moi vos jambes, je vous prêterai mes yeux, et nous voilà l'un et l'autre hors d'embarras. — L'aveugle : Comment arrangez-vous cela, s'il vous plaît ? — Le boiteux : Je ne suis pas bien lourd, et vous me paraissez avoir de bonnes épaules. — L'aveugle : Je les ai assez bonnes, Dieu merci. — Le boiteux : Eh bien, prenez-moi sur votre dos ; vous me porterez et moi je vous montrerai le chemin. De cette manière, nous aurons à deux tout ce qu'il faut pour arriver à la ville. — L'aveugle : Est-elle encore loin? — Le boiteux : Non, non ; je la vois d'ici. — L'aveugle : Vous la voyez ? Hélas ! il y a dix ans que je ne l'ai vue. Mais ne perdons pas un moment. Votre invention me paraît fort bonne. Où êtes-vous? Attendez, je vais m'agenouiller comme un chameau ; vous en grimperez plus aisément sur mon échine. — Le boiteux : Rangez-vous un peu à droite, je vous prie. — L'aveugle : Est-ce bien comme cela?

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Contes sur le handicap

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