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L’éditorial de Guillaume Roquette Le making of et le forum des lecteurs L’actualité du Figaro Arrêts sur images

ENTRÉES LIBRES

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En vue : François Baroin, l’incontournable Les têtes de Carl Meeus Les bonnes feuilles de… Gilles Boyer Le tableau de bord de… Carlos Ghosn De notre envoyée spéciale… au Liban Le match : Enseignement privé sous contrat vs hors contrat Dans la tête de… Elisabeth Quin Les week-ends de… Linda Pinto

PHILIPPE QUAISSE/PASCO

Semaine du 17 février 2017

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LE CERVEAU, COMMENT EN PRENDRE SOIN

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BÉNIN, AUX RACINES DU VAUDOU

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VERMEER, LE MYTHE DU GÉNIE SOLITAIRE

ESPRITS LIBRES

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Mathieu Bock-Côté/Eric Dupin : « Faut-il avoir peur de l’identité nationale ? » Lecture-Polémique Les insolences d’Eric Zemmour

GRANDS FORMATS

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Le cerveau, comment en prendre soin Bénin, aux racines du vaudou Vermeer, le mythe du génie solitaire Evasion : itinérance péruvienne

PASCAL MAITRECOSMOS

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QUARTIERS LIBRES

SPÉCIAL PLACEMENTS

La grille de Michel Laclos Mots fléchés, le sudoku de Bernard Gervais Bridge Le bloc-notes de Philippe Bouvard

PASCAL MAITRE/COSMOS

CETTE SEMAINE SUR L’APPLI iPAD FIGARO MAGAZINE

EN PHOTO : ■ Bénin : le vaudou, un rite d’une influence fondamentale ■ Pérou : sur la route panaméricaine, de Lima à Arequipa

Ce numéro comporte un encart central de 4 pages « Rivages du Monde » pour tous les abonnés de Paris et de la région parisienne et pour les départements 01, 04, 05, 06, 07, 13, 26, 38, 42, 69, 73, 74, 83 et 84, un encart de 2 pages « Art Up ! Lille Grand Palais » jeté en page 42 pour les départements 59 et 62 ainsi qu’un encart national hors abonnés de 2 pages « Promo Abonnement » jeté en page 42.

©AISA/LEEMAGE

En vue : James McAvoy, le nouveau roi d’Ecosse L’affiche/Les passe-temps d’Eric Neuhoff L’apostrophe de Jean-Christophe Buisson/Ecrans Le théâtre de Philippe Tesson La page d’histoire de Jean Sévillia Livres/Le livre de Frédéric Beigbeder Mode Moto La table de Maurice Beaudoin Voyages

STÉPHANE COMPOINT POUR LE FIGARO MAGAZINE

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L ’ É D T T O R T A L

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G U T L L A U M E

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R O Q U E T T E

LE CANDTDAT DE L’ESQUTVE

t si c’était son tour ? Dans cette campagne présidentielle aux allures de casse-bouteille, Emmanuel Macron a jusqu’ici été étonnamment préservé. Comme s’il était trop jeune, trop moderne, trop séduisant pour encourir la moindre critique, nul ne s’y risquant de peur d’être aussitôt ringardisé. Il y avait bien eu quelques sarcasmes lors la sortie de son livre profession de foi, qui tenait plus de Oui-Oui à l’Elysée que d’un projet présidentiel, mais personne n’avait osé les exprimer trop fort. Après tout, un homme qui veut « Investir dans notre avenir », « Produire en France et sauver la planète », « Faire plus pour ceux qui ont moins » ou « Rendre le pouvoir à ceux qui font » (ce sont les titres des chapitres de son ouvrage) ne pouvait qu’inspirer la sympathie. Mais le problème est qu’à bientôt deuD mois de l’élection présidentielle on n’est toujours pas plus renseigné sur ce que compte faire Emmanuel Macron si d’aventure il s’installait à l’Elysée. Et d’un coup, on se met à regarder autrement le personnage : et s’il refusait de dévoiler un programme pour ne s’aliéner personne ? Et si son positionnement « ni de gauche ni de droite » n’était qu’un aveu d’irrésolution ? Et s’il n’avait baptisé son mouvement « En Marche ! » que pour mieux camoufler son immobilisme ?

Chacun peut penser ce qu’il veut du revenu universel de Benoît Hamon, des 144 engagements de Marine Le Pen ou du plan de réformes de François Fillon, mais au moins ces candidats ont-ils eu le courage de s’engager clairement devant les Français. Face à eux, Emmanuel Macron apparaît comme singulièrement timoré, esquivant sans cesse les obstacles. Parce qu’il n’a jamais été élu, parce qu’il n’a pas de parti derrière lui, parce qu’il était totalement inconnu il y a encore trois ans, on pensait qu’il était un candidat antisystème, mais peut-être n’est-il finalement que le digne héritier de François Hollande, qui parvint à se faire élire en promettant, ce qui n’engageait pas à grand-chose, de « réenchanter le rêve français ». Le cynisme n’est pas forcément le monopole des présidents socialistes.

Dans cette campagne présidentielle qui ne ressemble à rien de connu, les médias ont choisi leur cap : tout sur les hommes, rien sur les projets. Mais pendant qu’on feuilletonne indéfiniment sur les mésaventures familiales de François Fillon, on occulte ses propositions, les plus charpentées qu’un candidat de droite ait jamais proposées. Pendant qu’on compte les unes de magazines consacrées à Emmanuel Macron, on oublie de l’interroger sur sa vision du pays. Et ce qu’il en dévoile au gré de ses déplacements (une association plus étroite avec l’Algérie, par exemple) ne rassure pas vraiment. Il y a quelques mois, le candidat d’En Marche ! rendait à Jeanne d’Arc un (bel) hommage en forme d’autoportrait : « Elle était un rêve fou, elle s’est imposée comme une évidence ». En ce qui le concerne, ce n’est pas encore tout à fait le cas.

ET ST EMMANUEL MACRON ÉTATT LE DTGNE HÉRTTTER DE FRANÇOTS HOLLANDE ? GROQUETTE@LEFTGARO.FR

17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 9


L’efficacité du 1er traitement qui cible les cellules cancéreuses du cancer du sein est démontrée sar Lucien Israël.

Maladie de Parkinson : confirmation de l’efficacité d’une technique révolutionnaire,

la stimulation cérébrale profonde sar Pierre Pollak et Alim-Louis Benabid.

La sremière imslantation

d’un cœur artificiel total en France est réalisée sar Christian Cabrol.

Réalisation de la 1ère greffe au

monde de cellules cardiaques, issues de cellules souches, dans le cœur d’un satient ayant subi un infarctus par Philippe Menasché.

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femaine du 17 février 2017

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our assister aux cérémonies du voudoun, rite africain qui a donné naissance au vaudou pratiqué aux Antilles et en Amérique du Nord comme du fud, il faut avoir le cœur bien accroché. Passons sur les exigences financières des voudounon (initiés qui officient) : en Afrique, la pauvreté endémique exige souvent que l’étranger verse son obole. L’épreuve se situe lors des rituels. Voir des

animaux sacrifiés les uns après les autres - moutons et poulets, mais aussi chevrettes, chats ou chiens - ne convient pas aux âmes sensibles. Les regards affolés de ces êtres en passe de subir l’immolation sont déchirants. Effrayés par les danses et la musique des tam-tams, ils sentent leur mort arriver. Chaleur, musique et alcool participent à ce rite sacré animiste où les divinités prennent possession de ceux

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F O R U M

PAfCAL MAITRE/COfMOf

SENSIBLES S’ABSTENIR

gagnés par la transe. Pour vivre une telle cérémonie parmi les Béninois, Jean-Marc Gonin et Pascal Maitre ont plongé dans la tradition, les croyances

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et la magie de ce coin d’Afrique. Une expérience unique pour des Européens éduqués dans la pensée rationnelle. Et des sensations fortes.

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DÉFENDONS LA LANGUE FRANÇAISE

PS : UN MÉTRO DE RETARD

ans son livre remarquable sur François Ier (XO éditions), Max Gallo souligne l’importance de l’ordonnance de Villers-Cotterêts (août 1539). Cette ordonnance a notamment imposé que tous les documents relatifs à la vie publique du royaume soient rédigés en français. Il semblerait que nos gouvernants actuels – Mme Najat Vallaud-Belkacem et surtout Mme Hidalgo qui a choisi l’anglais pour le slogan

Suite à votre article sur la maire de Paris, j’aimerais mettre l’accent sur le vrai traitement de la pollution automobile dans la capitale. Petites gens, « Prenez le métro ! » conseille-t-elle. Or, dans le métro et le RER, l’air est si chargé en particules fines (5 à 10 fois les recommandations de l’OMS) que la RATP est très discrète sur ce point (voir Lefigaro.fr du 18 mai 2015). Parisiens, soyez riches ou allez vous intoxiquer dans le métro !!! C’est cela, le socialisme !

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de la Ville de Paris en vue de sa candidature aux JO – soient en train de détruire la nation française. Cette œuvre de démolition est complétée par M. Macron qui a dénaturé notre droit en le marchandisant. fi on ajoute à cela le Tafta qui va faire disparaître l’Europe, notre civilisation appartiendra bientôt au passé. Ceci grâce aux prétendues forces de progrès… JEAN-PIERRE CLAVEL 84100 ORANGE

LE CRIME DES INCENDIAIRES DE BOBIGNY

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es journaux télévisés rendent un juste hommage au jeune garçon de Bobigny qui, tremblant de peur à l’idée que la voiture

en flammes explose, a éloigné du danger une petite fille qui y était restée enfermée et qui, sans son intervention, aurait brûlé

vive. Mais ils observent un faudrait plutôt qualifier silence prudent sur l’origine d’assassins, avaient mis le de cet incendie. Or, des feu à cette voiture. témoins ont raconté que ANNE MERLIN-CHAZELAS les « casseurs », qu’il COURRIEL

EN FINIR AVEC LE “HOLLANDISME” Je souscris totalement à l’analyse de Guillaume Roquette : l’élection présidentielle n’est ni un concours de beauté ni un tribunal de moralité. En mai prochain, nous serons appelés à élire le candidat dont le projet offre à notre pays, abîmé par cinq années de ALBERT JEAN MUNOZ COURRIEL « hollandisme », les plus grandes chances de redressement.

JACQUES THUILLIER 95630 MÉRIEL

LE FORUM DES LECTEURS LE FIGARO MAGAZINE, 14, BOULEVARD HAUSSMANN, 75438 PARIS CEDEX 09. FAX : 01.57.08.57.81. COURRIEL : FIGMAG@LEFIGARO.FR


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INVITÉ

JEAN-CHRISTOPHE RUFIN

FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO

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édecin, diplomate (ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie), ancien directeur d’Action contre la faim – il a travaillé pendant plus de vingt ans dans des ONG au Nicaragua, en Afghanistan, aux Philippines, au Rwanda et dans les Balkans –, auteur d’essais, de romans, de récits et de nouvelles, lauréat de nombreux prix littéraires et membre de l’Académie française, cet inlassable voyageur sera, le mercredi 12 avril, l’invité d’Alexis Brézet et de Vincent Trémolet de Villers pour cette 16e Rencontre du Figaro. Il nous parlera de ses mille et une vies…

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ien entretenir son installation de chauffage est le premier geste permettant de diminuer la facture d’énergie. Chaudières, radiateurs, canalisations : les conseils et astuces de la rédaction pour ne pas gaspiller des kilowatts. Egalement au sommaire de ce numéro : s’équiper en audioprothèses ; comment bien choisir ses chaînes de voiture ; test du dispositif de recherche des victimes d’avalanche ; tailles, codes vestimentaires, fashion faux pas : comment s’habille-t-on aujourd’hui ? Vrai ou faux : les ronflements. Décryptage : le parmesan. Comparatif : les friteuses sans huile. 6,90 €. En kiosque et sur Leparticulier.fr


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FORÇATS DU IIIE MILLÉNAIRE. Pris en octobre 2016 dans un commissariat de Manille, aux Philippines, où s’entassent les présumés dealers de drogue pourchassés – quand ils ne sont pas carrément abattus dans la rue – sur ordre du président Rodrigo Duterte, ce cliché du photographe australien Daniel Berehulak fait partie du portfolio qui a remporté le premier prix -


- de la catégorie « Reportages d’actualités » du concours World Press, dont le palmarès a été proclamé le 13 février. Plus de

5 000 photographes avaient soumis leur travail, sous la forme d’environ 80 000 images. Quarante-six sujets ont été primés, dans seize catégories, au cours de cette 60e édition du plus prestigieux des concours photographiques. PHOTO : DANIEL BEREHULAK/NYT-REDUX-REA


RETOUR VERS LE PASSÉ. Le délabrement des villes cubaines et la vitalité avec laquelle leurs habitants réussissent à s’accommoder de leur incroyable retard économique – dû au castrisme bien plus qu’à l’embargo, n’en déplaise aux observateurs partisans qui continuent à prétendre le contraire – ont toujours donné d’excellentes images. Telle celle-ci, saisie en janvier 2016 dans une -


- ruelle des vieux quartiers de La Havane, par le photographe et documentariste indépendant chilien, Tomás Munita. Le reportage sur

la vie quotidienne à Cuba dont fait partie ce cliché a reçu le premier prix de cette catégorie au concours World Press 2017, présidé par le photographe britannique Stuart Franklin, ancien président de l’agence Magnum. PHOTO : TOMAS MUNITA/THE NEW YORK TIMES-REDUX-REA


PIÉGÉE PAR LA BÊTISE HUMAINE. Nul besoin d’un reportage complet ; un seul cliché a suffi au photographe espagnol Francis Pérez, spécialisé dans la photo sous-marine, pour emporter le premier prix de la catégorie « Nature » du 60e World Press. Mais ce cliché dit tout. Pris au large de Tenerife, sur l’une des côtes des îles Canaries, il illustre mieux qu’un -


- long rapport d’experts l’effrayant problème des déchets qui s’agglutinent dans nos océans en piégeant, en empoisonnant ou en

asphyxiant des millions d’animaux marins. Ici, la victime est une tortue caouanne, une espèce menacée qui n’a pourtant qu’un seul véritaPHOTO : FRANCIS PEREZ/WORLD PRESS PHOTO VIA AP ble prédateur : les vieux filets de pêche abandonnés dans l’eau. CQFD.


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FRANÇOIS BAROIN, L’INCONTOURNABLE En l’espace de quelques mnis, le sénateur et maire de Trnyes s’est impnsé cnmme un des hnmmes fnrts de la drnite.

GILLES BASSIGNAC/DIVERGENCE

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L’ancien ministre publie un livre en plein milieu de la campagne présidentielle. Une manière habile de prendre acte pnur l’après2017, vnire dès maintenant si Françnis Fillnn venait à rennncer.

droite, François Baroin est incontournable. Ce constat fera hurler ses détracteurs. Ils ne veulent voir en lui qu’un dilettante qui préférera toujours une partie de chasse à une réunion avec des militants. Mais la situation politique montre que le sénateur et maire de Troyes a su se rendre indispensable dans son camp. Alors qu’il était soutien de Nicolas Sarkozy dans la primaire, François Fillon lui a demandé d’être l’orateur principal de son meeting parisien qui devait relancer sa campagne fin janvier. Tenu à l’écart par le candidat après sa victoire à la primaire, c’était une belle revanche pour François Baroin, qui a tout de suite compris l’enjeu politique. De Premier ministre annoncé d’un Sarkozy à la primaire, il devenait un premier ministrable possible d’un Fillon en quête de soutiens. Son discours, qu’il a écrit seul, a été remarqué. Certains ont vu en lui un possible recours. Le fameux plan B. Mais, outre l’hostilité de ceux de sa génération qui ne veulent pas qu’il leur bloque la route de l’Elysée, François Baroin s’est refusé à porter le coup de poignard décisif. Comme Alain Juppé, d’ailleurs. Les deux hommes sont en froid depuis longtemps. 1995, Juppé vire Baroin. 2010, Juppé préfère Le Maire pour occuper Bercy. Baroin mettra sa démission dans la balance pour que Sarkozy accepte de le nommer ministre de l’Economie. Baroin a la rancune tenace et pourtant, dans son discours de la Villette, il a quand même fait ovationner Alain Juppé. S’il n’a pas été jusqu’à applaudir son discours, Juppé cherche aujourd’hui à le joindre. Le plan B aurait plus de force s’ils formaient un ticket. Pour des proches des deux hommes, ce serait même un ticket gagnant. Baroin incontournable même pour Alain Juppé ! Mais il faut que François Fillon accepte de renoncer. Preuve que François Baroin n’est plus le dilettante critiqué par ses ennemis, le président de l’Association des maires de France publie un livre cette semaine : Un chemin français (JC Lattès). Prévu depuis un an pour peser dans la campagne présidentielle, cet ouvrage pourrait être une sorte de déclaration de politique générale. On y retrouve les thèmes chers à l’ancien ministre : la laïcité bien sûr, mais aussi l’égalité des chances et la liberté. Sans se dévoiler, l’avocat explique quand même qu’« on ne s’improvise pas président de la République. On ne saurait rentrer dans un concours de beauté, d’élégance, il ne s’agit pas de finir premier à un concours de circonstances. On ne commande pas son chef de l’Etat sur internet en espérant qu’il sera livré dans deux jours. Ce choix nous engage tous, il doit être effectué selon des critères de solidité, d’expérience et de courage. » Des qualités que François Baroin, à 51 ans, revendique désormais pour lui-même. • CARL MEEUS 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 21


T Ê T E S

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C A R L

M E E U S ÉMINENCE GRISE

AGNÈS DE FRESSENEL

LES PRSPSSITISNS CHSCS D’ÉRIC CIOTTI « J’ai remis ma note à François Fillon il y a trois semaines. » Eric Ciotti a déposé cette semaine deux propositions de loi, l’une constitutionnelle, l’autre ordinaire, sur la sécurité et la justice, à un moment où ces questions reviennent dans l’actualité. Spécialiste de ces problématiques, le député des Alpes-Maritimes veut, avec ses textes, « réarmer l’Etat face à la mepace terroriste, la moptée de la délipvuapce et le septimept gépéral d’ipsécurité et d’impupité ». S’il sait que le candidat ne reprendra pas forcément toutes ses idées, il veut les installer dans le débat présidentiel : création de 10 000 emplois, construction de 16 000 places de prison, recrutement de 500 magistrats, renforIl faut cement de l’arsenal légisréarmer latif, suppression des l’Etat remises de peine automatiques… Au total, une centaine de propositions chocs qui pourraient être appliquées rapidement après l’élection présidentielle. « Je veux rendre l’argent aux contribuables. » Laurent Degallaix, député-maire UDI de Valenciennes, n’a pas perdu de temps pour répondre aux remarques de la Cour des comptes sur les aides accordées aux buralistes. Il a déposé cette semaine deux propositions de loi. La première prévoit de remplacer les différentes aides publiques accordées aux buralistes par une hausse de leur rémunération, qui serait financée par les cigarettiers sans qu’ils puissent la répercuter sur les prix de Eric Ciotti, député LR, relance vente du tabac. La seconde vise à imposer la le débat sur la sécurité. traçabilité des cigarettes pour empêcher l’alimentation du commerce parallèle. « De l’aveu même d’up cigarettier, 98,8 % du commerce parallèle est copstitué de tabac sortapt de leurs usipes. Cette mapipulatiop fait perdre 3 milliards d’euros par ap aux coptribuables », affirme Laurent Degallaix, qui lance le débat en pleine campagne présidentielle pour que les candidats s’en saisissent. Proche de Jean-Louis Borloo, courtisé par Emmanuel Macron - il a assisté à son meeting lillois en compagnie d’une partie de la droite locale – Laurent Degallaix était prêt à annoncer son choix de conserver sa mairie et de laisser la circonscription aux prochaines législatives en raison de la loi sur le non-cumul. Jean-Louis Borloo, mobilisé sur son plan d’électrification de l’Afrique, lui a conseillé d’attendre avant de prendre sa décision et de l’annoncer. Rien ne presse, dans une configuration politique instable.

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22 LE FIGARS MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

« Tu es la femme qui vaut 1 milliard. » Dans les couloirs du conseil régional d’Ile-de-France les élus taquinent Agnès de Fressenel qui, depuis la victoire de Valérie Pécresse à la présidence de la Région, gère deux des dossiers les plus importants : les lycées et la culture. Le budget des deux délégations avoisine le milliard d’euros, supérieur à celui des transports, et l’élue régionale se félicite d’avoir pu les sanctuariser dans un contexte de réduction drastique des coûts. A 46 ans, cette proche de François Baroin (elle a été sa conseillère parlementaire à Bercy) va défendre lundi prochain le plan pluriannuel d’investissement pour les lycées. Son objectif : doubler le montant des investissements, actuellement de 2 milliards d’euros, pour rénover les 200 lycées en état de vétusté de la Région (sur 471). Elle veut créer 11 000 places d’ici à 2023. Ancienne porte-parole de Nathalie Kosciusko-Morizet dans sa campagne parisienne de 2010, Agnès de Fressenel est une des figures montantes de la droite en Ilede-France. Elle a soutenu Nicolas Sarkozy à la primaire mais est depuis longtemps proche des fillonistes Jean-François Lamour et Philippe Goujon en tant qu’élue du XVe arrondissement. Il ne serait pas étonnant que cette femme discrète, bosseuse et efficace, qui s’oblige à aller sur le terrain – « Je suis trois fois par semaine dans les lycées : je ne reste pas dans mon bureau rue Barbet-de-Jouy à Paris » –, mène enfin, en juin prochain, une campagne sur son nom aux élections législatives. C. M.

RETROUVEZ CARL MEEUS DANS L’ÉMISSION « ENTRE LES LIGNES » PRÉSENTÉE PAR FRÉDÉRIC HAZIZA, TOUS LES SAMEDIS À 12 HEURES ET 19 HEURES ET LES DIMANCHES À 8 HEURES, POUR UN AUTRE REGARD SUR L’ACTUALITÉ.

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FRANCOIS BOUCHON/LE FIGARO

e p t r é e s


l i b r e s

PRIMAIRE DE LA DROITE

RÉCIT DE CAMPAGNE Directeur de campagne d’Alain Juppé, Gilles Boyer raconte, dans son nouveau livre (à paraître le 22 février), son parcours avec l’ancien Premier ministre, depuis la mairie de Bordeaux jusqu’à la primaire de la droite et du centre, en novembre dernier. Sobre, précis, drôle et distancié, le récit est à l’image de son auteur : honnête. S’il dessine en creux un portrait d’Alain Juppé, il démontre aussi le faible impact de la conduite d’une campagne quand les électeurs ont décidé de s’emparer d’un scrutin. « Que s’est-il passé ? », se demande Gilles Boyer après la victoire surprise de François Fillon le 29 novembre. Loin de fuir ses responsabilités, il reconnaît avoir notamment sous-estimé « le caractère décisif des débats télévisés, la viralité des rumeurs, la puissance mobilisatrice de l’électorat catholique » et avoir surestimé Nicolas Sarkozy. Ce livre d’analyse chirurgicale d’une campagne de 2 ans pendant laquelle Juppé était favori, est une leçon à méditer, à deux mois du premier tour d’une C. M. présidentielle incertaine. 24 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

ELODIE GREGOIRE/REA

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EXTRAITS

LA DÉCLARATION Le 20 août 2016, Alain Juppé publie son blog à 8 heures du matin en France. Pour moi, c’est la nuit, et la nuit, je dors. En tout cas, à l’époque, je dormais. A mon réveil, quelques heures plus tard, des dizaines de SMS et de messages vocaux, essentiellement de journalistes politiques en quête d’une explication que je n’ai pas. La lessiveuse se met en marche. Elle ne s’arrêtera plus, et je n’ai pas eu une minute pour m’y préparer. Evidemment, ça n’aurait pas été plus mal qu’il prévienne ses plus proches, ne serait-ce pour qu’on s’organise un minimum. J’en ai juste déduit qu’il allait faire sa campagne à son idée, et sans s’en laisser conter par quiconque. Il décide, il annonce, point. Quand on consulte trop, on trouve toujours quelqu’un pour expliquer que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire, que ce n’est pas le moment, que ce ne sont pas les bons mots, bla bla bla. Ce matin-là, le premier SMS vient de lui : « Vous verrez, j’ai fait un petit blog. Je pars au Canada, bonne semaine ! » Et en plus, il me chambre. La dernière aventure commence, la plus belle. C’est l’aboutissement de quinze ans d’engagement.

L’HUMEUR DE JUPPÉ Pour ce que j’en ai compris, car rien de tel n’est jamais formulé ainsi, AJ attend de ses collaborateurs des choses simples (simples à écrire, j’entends) : la rapidité.


mêmesquesj’ignorais.s(…)sIlsnesm’ensasjamaissvoulusdes mauvaissconseilssquesjesluisaisdonnéssavecsunesremarquablesconstance.

L’IDENTITÉ HEUREUSE Débutsseptembresaslieusunsévénementsquisauraitsdûsresters anecdotiques:sleslancementsduslivresLes 12 travaux de l’opposition,scoordonnésparsBenoistsApparu,sdansslequelschaques «sténors»sdeslasdroite,sNSsexcepté,sasrédigésunsarticlessursles sujetsdessonschoix.sSollicitésavantsl’été,sAJschoisitslesthèmesde l’identité,sensréponsesàsl’ouvragesd’AlainsFinkielkraut,s L’Identité malheureuse,setsintitulessonsarticles:sL’Identité heureuse.sJesnesmesdoutespassquescessdeuxsmotssviennentsdes s’imposersdansslesdébatspublicsetsdanssnotrescampagne,sets qu’ilssn’enssortirontsplus.

LA RENCONTRE AMOUREUSE

LA CONFIANCE Assonscontact,sj’aisapprisslessang-froid,sl’égalitésd’humeurs(saufsenscassdesrepasssautésousd’embouteillage prolongé),slashauteursdesvue,sl’espritsdessynthèse,slasdignitésdanssl’adversité,stoutesschosessquismesserviront quoisquesjesfasse. Grâcesàsluisetsdansssonsombre,sj’aisévoluésparsprocurationsausplusshautsniveausdeslaspolitiqueslocale,snationale etsinternationale,setsj’aisvécusdesschosessquesriensnesme prédestinaitsàsvivre. Ilsm’asconfiésdessfonctionsstoujourssplussimportantes, ilsm’asfaitsfairesdesschosesstoujourssplusscomplexes,sen mesfaisantscomprendresqu’ilsmespensaitscapablesdesles accomplir.sIlsm’asfaitsdécouvrirsdesschosesssursmoi-

TOUT VA BIEN, N’EST-CE PAS ? —sIlsvasfalloirsquesvoussdécidiezsquisvasdirigerscettescampagne,sdis-jesàsAJsunsjoursdesjuillet,sautoursd’unsdéjeuner. Ilsmesregardescommessisjesluisavaissdemandésdesquelle couleursétaitslesciel. —sMaissc’estsvous,svoyonss! Ah,sOK.sIlsn’auraitspassétéstotalementssuperflusdesmesle dire.sJessuissàspeusprèsscertainsquessisjesn’avaisspassposé lasquestion,silsnesmesl’auraitsjamaissdit,scommessi, c’étaitsévidentspourslui,sçasl’étaitsforcémentspourstout lesmonde,sàscommencersparsmoi-même. Etsjessaissdéjàsquescettesdécisionsnesfera passl’unanimité. Finsjuillet,sAJsatteintsless70s%sd’opinionssfavorables,setsNSsestsàs40.sNSsest devancésmêmesdansssonscœursdescible, lesssympathisantssLRs(87scontres81). Doncstoutsvasbien,sn’est-cespass?

Lasrigueur.sLasloyauté.sL’humilité.sLessoucisdusdétail. L’éthique.sLesdiscernement. Lashauteursdesvue.sLasclarté.sLessang-froid.sL’espritscritique. Unszestesd’humour,smaissàsbonsescient.sUnszestesdesfinesse. Lassobriété,saussis:spassdesbavardages. Surscesdernierspoint,sjessuisscertainsdesluisavoirsapporté toutessatisfaction. Ahsj’oubliais.sEtssurtout,ssurtout.sNesjamaissluisfairessauter unsrepas.sJamais.sNever.sEver.sEnsaucunescirconstance.sJ’ai faitsl’erreur,sunesfois.sJ’aiscrusmasdernièresheuresarrivée. Aprèssquinzesans,scommesdansstousslessvieuxscouples, jeslissdansssessyeuxsl’ennui,slasgêne,slasbienveillance,sla complicité,slascolère,sl’incompréhension,slescompliment,slasconfiance,slasreconnaissance,slasméfiance,sla défiance,slesreproche,ssanssqu’ilsluissoitsnécessairesde lessverbaliser.sCesquisnesl’empêchespassdeslesfairesde tempssenstempss(enscassdesrepasssauté,sparsexemple).

J’aisl’intuitionsqueslascohérence,slassincérité,slassobriété,sles calme,setslascapacitésàsdonnersunscap,sàsl’expliquersetsàss’ystenir,sserontsdessvertusscardinalessdansscesmomentsdesl’histoiresdesFrance.sAsmoinssquescesnessoitsunesprophétiesautoréalisatricesforgéesàspartirsdesquelques-unessdessqualitéssque jesprêtesàsAJ. Enstoutscas,sjespensesdepuisslesdébutsqu’ilsfautstoutsdonnerspourslasprimaires:snespassgardersunesbonnesidéespour lasprésidentielle.sSisnoussgagnonsslasprimaire,snoussne regretteronsspassdesl’avoirsutilisée.sEnsrevanche,ssisnous perdonsslasprimaire,snoussregretteronssd’ensavoirsgardé sousslassemelle.s(…)s Jescomparessouventsunesprésidentiellesàsunesrencontre amoureuse.sPoursquesçasfonctionne,silsfautslasrencontre, bienssûr,smaissilsfautsaussislesmoment.sUnesbellesrencontresausmauvaissmomentsestsvouéesàsl’échec.sJessuissun peusfatalistes(trops?)s:ssoitsc’estslesmomentsJuppé,ssoit non,setsjesn’yspourraisrien.sSislasFrancesasenviesd’unsplus jeune,sousd’unesfemme,sousd’unesjeunesfemme,scesne seraspasslui,squoisquesjesfasse.sBienssûr,sonspeutsfavoriser unesrencontresetscréerslesmoment.sMaissçasnesdépend déjàsplusstotalementsdesnous.sBref,sonsavancesensmarchant.

Rase campagne, de Gilles Boyer, JC Lattès, 270 p., 18 € (en librairie le 22 février).

17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 25


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CARLOS GHOSN BON PILOTE SUR TOUT TERRAIN DES VOITURES COMMERCIALISÉES

1 SUR 9 DANS LE MONDE

LES 10 PREMIERS MARCHÉS

DE RENAULT-NISSAN TOTAL DES VENTES PAR PAYS (2016)

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SES CASQUETTES PDG

CONSTRUCTEURS MONDIAUX EN MILLIONS DE VÉHICULES VENDUS (2016)

RENAULT-NISSAN

PDG

RENAULT

VOLKSWAGEN

CO-PDG NISSAN

10,3

1

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PDT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION MITSUBISHI MOTORS

FRANCE

30,52 %

738 344 JAPON

TOYOTA ET GENERAL MOTORS

494 073 MEXIQUE

2

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RENAULT

EX-AEQUO

32 %

449 406

10,1

MILLIONS CHACUN

9% AvtoVAZ

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ersonne n’y croyait, mais il a pourtant réussi à redresser Nissan et Renault, tout en prenant le contrôle du russe AvtoVA) (Lada) puis, en octobre dernier, celui de Mitsubishi Motors… membre d’un consortium réputé pour ne faire aucune confiance aux managers non-japonais ! Deux firmes en difficulté aujourd’hui – comme l’étaient Nissan et Renault lorsqu’il en a pris la direction –, mais dont l’apport pourrait lui permettre de remporter son dernier pari : grimper avant 2018 sur le podium des trois premiers constructeurs automobiles mondiaux, en vendant plus de véhicules que Toyota ou General Motors. Un objectif qui pourrait être facilité par le récent projet de GM de se débarrasser d’Opel en le vendant à PSA. Tous partenaires confondus, l’alliance dirigée par l’hyper-PDG Ghosn a en tout 26 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

336 533 319 739

RENAULT-NISSAN

4E 9,96 MILLIONS (y compris les ventes du japonais Mitsubishi Motors, partenaire depuis octobre 2016)

3% MARQUES

ROYAUME-UNI ALLEMAGNE

MITSUBISHI MOTORS

9

5,48 %

RUSSIE *

RÉPARTITION DES VENTES AU SEIN DE L’ALLIANCE EN 2016

56 %

CHINE

1 472 588

625 409

AvtoVAZ

NISSAN

9,47 %

1 660 690

MILLIONS

PDT DE LA HOLDING DE CONTRÔLE

VENUCIA

PART DE MARCHÉ

ÉTATS-UNIS

ITALIE

262 167 ESPAGNE

12,58 % 34,64 % 28,02 % 10,96 % 8,89 % 12,99 % 18,71 %

247 661 SACHANT QUE CES 10 PAYS REPRÉSENTENT 66 % DES VENTES (* y compris AvtoVAZ)

cas réussi à vendre 9 961 347 véhicules l’an dernier, dans quelque 200 pays ; soit 16,7 % de plus qu’en 2015. Encore un effort, du type de la performance réalisée en 2016 par Renault (+ 13 % !), et la barre des 10 millions de véhicules vendus sera franchie. Carlos Ghosn pourra alors se consacrer à ce qui lui tient le plus à cœur : imposer partout la voiture électrique autonome et connectée en lançant dix nouveaux modèles (développés avec Microsoft et la Nasa) avant 2020. Mais en s’appuyant sur une base solide : la multinationale qu’il dirige – un pied à Paris, l’autre à Yokohama – est d’ores et déjà le leader incontesté du véhicule « zéro émission » (donc plus propre qu’une hybride) avec ses 425 000 Nissan Leaf et autres Renault )oé VÉRONIQUE GROUSSET en circulation.

OLIVIER CAILLEAU

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F.BOUCHON/LE FIGARO

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Une croisière de 14 nuits précédée d’un séjour de 3 jours à Sydney


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N O T R E

E N V O Y É E

S P É C I A L E

LES DARWISH, SYMBOLMS DMS RÉFUGIÉS SYRIMNS AU LIBAN famille survit essentiellement grâce aux aides humanitaires. Ils payent 600 dollars par an pour louer le terrain où se trouve leur habitat, une cabane recouverte de plastique, pièce unique chauffée par un poêle à essence. Les nuits sont froides, et les parents attendent que les enfants s’endorment pour éteindre la chaudière. « Je déteste le Liban. J’aime la Syrie et je veux retourner dans mon pays », nous déclare Yamana. Mais ses parents ne sont pas du même avis. Ils uleiman Darwish a beau être voilée, c’est elle qui porte nous montrent avec fierté, sur le smartphone familial, la photo la culotte. Dans l’unique pièce de l’abri qui sert de maid’Ahmed, le frère de Suleiman, sur les marches du Sacré-Cœur son à la famille, elle explique leur situation, tandis que à Paris. La jeune femme a 12 frères et sœurs. Au début de la son mari reste en retrait. Ils sont arrivés avec leurs deux enfants crise, ils se sont tous éparpillés partout dans le monde : un en au Liban en 2012, fuyant Babila, une banlieue de Damas en proie Arabie saoudite, un à Oman, un en Allemagne, un en France, un à des affrontements entre rebelles et armée du régime. Issam, en Jordanie, deux au Liban, un au Yémen. La famille Darwish son mari, n’avait pas de papiers en Syrie. Episodiquement attend de régulariser sa situation au Liban pour venir en Europe. emprisonné par le régime pour sa situation illégale, il a décidé Ils aimeraient passer ensuite cinq ans en France pour obtenir de fuir avec sa famille, comme plus d’un million de Syriens qui des papiers. « Je n’envisage pas mon avenir ni celui de mes sont encore actuellement au Liban. enfants en Syrie », s’exclame le mari. Même s’il y a la paix ? Depuis quatre ans, Suleiman, Issam et leurs enfants, « Espérer la paix en Syrie, c’est comme espérer que le diaYamana, 11 ans, Ali, 9 ans, et la petite dernière Yara, née ble accède au paradis », dit-il en haussant les épaules. au Liban, vivent sous une tente de 15 mètres carrés dans « Avant, en Syrie, pauvre ou riche, tu pouvais vivre, c’était la vallée de la Bekaa, à quelques kilomètres seulement de On compte beau. Avec 4 dollars, tu pouvais faire un bon repas. Avant la frontière syrienne. Ils habitent dans un camp informel, les jours, la guerre, on était très heureux, reconnaît-il pourtant. On sorte de petite « jungle » de Calais faite de cabanes en c’est comme vivait en symbiose entre chiites et sunnites, puis le Hezbollah carton recouvertes d’affiches publicitaires. Le Liban, qui est arrivé et a tué aveuglément. » Il redoute d’éventuelles resi on n’a pas signé la convention de Genève, ne reconnaît pas présailles des milices chiites s’il retourne en Syrie et craint était morts que le régime ne le mette en prison, le considérant comme officiellement les réfugiés présents sur son sol. De quoi est fait leur quotidien, depuis quatre ans ? D’une un « terroriste » parce qu’il a fui le pays. longue attente, dans la boue et l’ennui. « Depuis 2012, je ne L’aide massive des ONG, alimentée en grande partie par fais rien, je déambule entre les tentes toute la journée. Je l’Union européenne et décuplée depuis la crise de 2014, est juste mange, je bois, je dors », déplore Issam. Ses enfants alternent suffisante pour dissuader de se lancer dans un périlleux et incerentre télévision (les tentes-cabanes sont toutes équipées de tain voyage vers l’Europe. Mais elle détourne les réfugiés d’un postes archaïques et de paraboles) et jeux dehors. La plupart éventuel retour : dès le moment où ils repassent la frontière, ils persont déscolarisés. Les ONG appellent « lost generation » ces dent les subsides humanitaires pour retrouver un pays dévasté. Ils enfants syriens qui auront vécu leur enfance dans des camps en restent donc, comme la famille Darwish, figés dans la misère par Jordanie, en Turquie ou au Liban sans aller à l’école. Le père loue d’improbables espérances. « On compte les jours, c’est comme si ses bras de temps en temps pour 20 dollars par jour, mais la AU LIBAN, EUGÉNIE BASTIÉ on était morts », résume Issam. SANDRA CONAN

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28 LM FIGARO MAGAZINM - 17 FÉVRIMR 2017

Cette famille a fui les combats en Syrie et s’est installée depuis 2012 dans un campement de bric et de broc dans la vallée de la Bekaa, au Liban. Ils sont plus d’un million à vivre ainsi dans l’ennui, sans espoir de rentrer chez eux et sans aucune perspective d’avenir.


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MARC BERTRAND/CHALLENGES-REA

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BRUNO LEVY/DIVERGENCE

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PRIVÉ HORS CONTRAT ANNE COFFINIER, PRÉSIDENTE DE LA FONDATION POUR L’ÉCOLE

es chiffres sont sans ambiguïté : année après année, les familles sont de plus en plus nombreuses à se laisser séduire par l’enseignement privé. Pvus de ÉLÈVES DE LA 2,1 mivvions d’évèves sont actuevvement inscrits dans des étabvissements d’enseignement ÉLÈVES DE LA MATERNELLE À privé sous contrat, en grande majorité cathoviques. Un chiffre qui ne cesse de progresser. En MATERNELLE À LA TERMINALE dix ans, ve nombre d’enfants entrant en sixième dans des covvèges privés est passé de 20,8 % LA TERMINALE du totav, à 22,2 %. A va rentrée de septembre 2016, 6 400 évèves de pvus que v’année précédente ont rejoint un covvège privé sous contrat ; ivs étaient 9 900 de moins dans ves covvèges pubvics. DES EFFECTIFS Dans v’enseignement évémentaire, ves effectifs s’affichaient en hausse de 1,5 % dans ve privé… DU 1ER DEGRÉ contre une timide progression de 0,4 % dans ve pubvic. Les raisons qui poussent ves parents DES EFFECTIFS SCOLARISÉS à inscrire veurs enfants dans ve privé sont connues.

2 114 135

60 000

13,7 %

0,5 %

21,2 %

1 300

Pour beaucoup, l’enseignement public rime avec un encadrement trop laxiste, des cvasses surchargées, un niveau scovaire qui, parfois, vaisse à désirer. C’est un fait : ve DES COLLÉGIENS ET LYCÉENS privé obtient de meivveurs résuvtats, non seuvement sur ve pvan scovaire (mis à part ves vycées pubvics d’évite) mais aussi éducatif. Iv est aussi pvus indépendant. Un détaiv qui a son imporÉCOLES tance à v’heure de va très contestée réforme des rythmes scovaires. Nombre d’étabvissements privés proposent encore à veurs évèves des cours de vatin ou de grec en option et savent adapter va réforme édictée au niveau nationav pour ne pas freiner v’acquisition des COLLÈGES savoirs fondamentaux.

5 310 1 807 1 680 LYCÉES 131 273 ENSEIGNANTS

ÉCOLES, COLLÈGES ET LYCÉES

PLUS

93

NOUVEAUX ÉTABLISSEMENTS

EN SEPTEMBRE 2016

(+ 67 EN 2015)

Cette soif de liberté va plus loin encore avec les écoles hors contrat. Rassembvant près ÉTABLISSEMENTS de 60 000 évèves, ces étabvissements, qui ne sont pas aidés financièrement par v’Etat (contraiSUR SONT rement au privé sous contrat), sont au nombre de 1 300, écoves, covvèges et vycées confondus. NON CONFESSIONNELS UNE LARGE MAJORITÉ Iv augmente chaque année un peu pvus. En septembre 2016, 93 nouveaux étabvissements (ÉCOLES BILINGUES, D’ÉTABLISSEMENTS hors contrat ont vu ve jour contre 67 en 2015 (51 en 2014, 38 en 2013, 31 en 2012). A va tête MONTESSORI, CATHOLIQUES de va Fondation pour v’écove, Anne Coffinier se bat pour défendre cette « école vraiment libre STEINER-WALDORF...) dont le sérieux est garanti par les inspections diligentées par la puissance publique ». Evve vient de remporter une victoire importante contre ve ministère de v’Education nationave qui vouvait durcir ve régime d’ouverture des écoves indépendantes en ve soumettant non pvus à une simpve décvaration, mais à une autorisation préavabve. Avec 60 sénateurs et 60 députés, Anne Coffinier a déposé un recours devant ve Conseiv constitutionnev qui veur a donné raison, rejetant « l’atteinte susceptible d’être portée à la liberté de l’enseignement par la mise en GHISLAIN DE MONTALEMBERT place d’un régime d’autorisation administrative ».

30 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

3 5


C O M M U N I Q U É

en collaboration avec

© General Motors

ROULER AU VOLANT D’UNE BELLE AMÉRICAINE

Camaro, Corvette ou Mustang… ces grands noms liés au rêve américain sont parfois proposés en concession ou sur les sites d’importateurs spécialisés. L’occasion de s’offrir le mythe d’un moteur V8, au son si caractéristique.

A

ux États-Unis, on fes appeffe fes muscfe cars… Ces modèfes sportifs montrent feurs muscfes pour offrir un sentiment de puissance à f’état brut ! Prisés des coffectionneurs, certains modèfes enchaînent fes rééditions. La Chevrofet Camaro (1966) ou fa Ford Mustang (1964) en sont à feur sixième version. Pour s’offrir fe mythe, fes cfients français doivent souvent passer par un importateur spéciafisé (UScars ou MadnessUS, par exempfe), comme pour acquérir fa Dodge Viper. On peut aussi commander une Camaro ou une Corvette dans fe réseau Chevrofet ou encore une Mustang chez Ford. Présentée en 2016, fa nouveffe Mustang se décfine en deux versions. La première est une petite cyfindrée de 2,3 fitres avec un moteur Ecoboost de 317 chevaux. Effe atteint fes 100 km/h en seufement

5,8 secondes, pour une consommation annoncée pfutôt sobre (8 fitres/100 km en conso mixte). Ce modèfe est accessibfe à partir de 37 900 €. La version GT (à partir de 42 900 €), est dotée du moteur V8 (fire encadré) de 5 fitres et affiche 421 chevaux. Mieux vaut afors ne pas être trop regardant sur fa consommation (13,5 fitres/100 km en cycfe mixte) et fe mafus à f’achat (+ 10 000 €). La Mustang se décfine égafement en version Convertibfe (cabriofet).

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S A V O I R

Les muscle cars désignent à l’origine (années 50) des modèles familiaux de série, propulsés par un moteur surdimensionné, pour obtenir un rapport poids/puissance très élevé. Très vite, la norme de ces moteurs devient le V8.

Le mythe Chevrolet La Camaro, au profif fusefé caractéristique, est accessibfe à partir de 40 965 €. Son moteur 2 fitres de 275 chevaux, permet d’atteindre fes 100 km/h en 5,9 secondes. La version à moteur V8 pfus muscfée, est disponibfe dès 47 065 €. Pour accroître fe pfaisir de fa conduite sportive, vous disposerez d’une boîte automatique de 8 vitesses avec commande au vofant. Les fous de V8 pourront rêver devant fes 466 POUR DÉCOUVRIR LES ENVIES ET ASPIRATIONS DES FRANÇAIS RENDEZfVOUS SUR chevaux de fa Chevrofet Corvette enviefdfenvies.lefigaro.fr pour 81 100 € en version Stingray.

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32 LE FIGARO JAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

Loinodesoplateauxo deotélévision,o laojournalisteoécrito unonouveloouvrageo littéraire,odonto leothèmeoesto laoperteodeolaovue.

Quel film vous a marquée ? La Porte du paradis, de Michael Cimino, si féroce sur le capitalisme naissant. Tout Tati, tout Risi. Ozu pour son humilité, Mizoguchi, son lyrisme retenu. Et les maîtres spirituels Howard Hawks, Blake Edwards, les frères Coen. Votre sens critique est-il toujours aussi aiguisé ? Plus le temps passe, plus je lime mes canines. Comment dissoudre la tristesse ? Marche à pied et bon vin rouge dans un verre à pied ! La vue que vous adorez ? Dix dixièmes. Impossible avec un glaucome. Alors je m’entraîne à voir l’invisible. Quel défaut ne supportez-vous pas ? L’avarice, qui s’accompagne d’une avarice du cœur. Celui pour lequel vous avez de l’indulgence ? La vanité, comédie humaine. Un objet dont vous ne vous séparerez jamais ? Les boutons de manchette de mon père. Qu’y a-t-il de droite et de gauche chez vous ? Philippe Séguin et Michel Rocard. Je crois au clivage entre la droite et la gauche. Un dîner idéal ? Neil Young, Michelle Obama et son prince consort Barack, le dalaï-lama, Fabrice Luchini, Amos Oz, le poète arabe Adonis… Une autre Elis (z) abeth ? La philosophe Elisabeth de Fontenay, dont le combat pour la cause animale est remarquable. La reine Elisabeth Ire. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qui réinvente la notion de résistance au Etats-Unis. Un don secret ? Confection de shortbreads, trifles et scones d’après les recettes de ma grand-mère écossaise. Qu’offrez-vous comme cadeaux ? Des piles de livres pour consolider les affinités électives… Qu’aimez-vous recevoir ? De l’amour et de l’amitié. Eventuellement une céramique de Jean Lurçat. Une ville ? Venise et Phnom Penh, qui me rappelle l’adoption de ma fille. Un restaurant ? Le San Francisco à Paris (XVIe). Son cadre sort d’un roman de Modiano, merveilleusement louche et désuet. Une devise ? Celle d’Ikonnikov, un des personnages du roman Vie et Destin, de Vassili Grossman : « Je ne crois pas au bien, je crois à la bonté. » PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DE BOISHUE

E. MARTIN/LE FIGARO MAGAZINE

NASSER BERZANE/VISUAL PRESS AGENCY

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F. DEMESSENCE/LE FIGARO MAGAZINE

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ux chiffres, elle préfère les lettres… Difficile cependant pour la présentatrice de « 28 minutes » (Arte) de rester insensible à la progression de son rendez-vous dédié à l’actualité française, aux questions internationales et aux dossiers culturels. Bilan : une audience multipliée par trois en quatre ans (avec des pics à près de 1 million de fidèles chaque soir à 20 h 05). L’occasion d’interroger la volubile animatrice sur ses goûts, aussi exigeants et inattendus que les angles abordés ou le choix de ses invités. Ça change ! « 28 minutes », en quelques mots ? Ouverture, débats et malice. Et Arte ? Un vrai sanctuaire. Vos plus belles rencontres sur le plateau ? Des plasticiens (Anselm Kiefer), des philosophes (Ruwen Ogien) des femmes de tête (Dr Ghada Hatem, Patti Smith, photo), des scientifiques (Francis Hallé), mais aussi ceux que la vie a malmenés et qui conservent une sublime ardeur. Une émission que vous avez aimé faire jadis ? « Rive droite/Rive gauche » sur Paris Première, un bouillonnement culturel et un jaillissement permanent de rires ! Avec Ardisson, Beigbeder bébé, Philippe Tesson, Patrice Carmouze. Vos livres préférés ? Récemment, l’œuvre de l’écrivain naturaliste anglais Gerald Durrell, la Trilogie de Corfou (Quai Voltaire). Dernier coup de cœur ? M pour Mabel, de Helen Macdonald, récit élégiaque sur notre relation à l’animalité. Un grand auteur français ? Alexandre Dumas, pour son sens du romanesque et le rythme de son style. Un vers ? « Glissez, mortels, n’appuyez pas », de PierreCharles Roy, un aquoiboniste du XVIIIe siècle. Vos peintres favoris ? Un jour de neurasthénie, Robert Ryman. Un jour d’euphorie, Matisse et Picasso. J’aime aussi Eugène Leroy et Paul Rebeyrolle. Votre couleur ? Celle du poitrail du bouvreuil pivoine, qui est d’un rose saumoné incroyable. Dans votre iPod ? Christophe, le Gitan blond, Bashung, Manset. David Crosby, PJ Harvey, et du jazz.

F. BOUCHON/LE FIGARO

ÉLISABETH QUIN : “J’AIJE LES GENS JALJENÉS QUI CONSERVENT UNE SUBLIJE ARDEUR”

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EXPLORATIONS POLAIRES VOYAGER AU CŒUR DES ESPACES MYTHIQUES Histoires dbaventuriers, nature originelle, majestueux icebergs, aurores boréales, rencontres avec lbours blanc... voici le grand frisson des voyages polaires. « LbAventure se trouve dans le cœur de lbHomme. Cbest être capable de refuser son destin, être prêt à partir à tout moment, concevoir encore et toujours de nouveaux projets, cbest en un mot vivre sa vie et la

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« Quand on a tout viêité, tout vu, tout entendu... il reête une odyêêée coiffant touteê leê autreê, même pour leê pluê blaêéê d’entre nouê : au fil de l’hiêtoire êeule une poignée d’hommeê a pu obêerver la nature polaire. Momentê rareê et privilégiéê à traverê ceê territoireê iêoléê, loin du touriême de maêêe, nouê devenonê touê explorateurê. Payêageê êauvageê, êurnaturelê et mythiqueê... ici, la vie rejaillit furtivement l’été. Icebergê, glaceê polieê, eaux couleur émeraude... danê ceê univerê hoêtileê, l’ourê et la baleine ont impoêé leur règne. La fonte deê glaceê et la diêparition de la banquiêe ê’accélèrent. Sur leê traceê de Peary, Cook, Nanêen, Herbert, Charcot, Victor et Étienne... le tempê preêêe à viêiter ceê terreê ultimeê d’aventure. TMR, êpécialiête deê Tourê du Monde et croiêièreê d’exception depuiê 30 anê, vouê ouvre la route deê Pôleê. »

© Remy Marion / Pôles d’Images

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LINDA PINTO LA VRAIE FÉE DES LOGIS

GONZALO MACHADO

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geds nus, Lgnda Pgnto promène sa sglhouette longglggne dans la jungle luxurgante de son salon. Bouquets débordants, sofas « qui sont presque des lits tant ils sont profonds », meubles éclectgques, tapgs aux couleurs chaudes, nacre aux murs et au plafond comme au creux d’un coqugllage, tout cela donne à son appartement pargsgen, quag d’Orsay, une allure dgablement chaleuFemme reuse. Ayant reprgs les commandes, gl y a quatre ans, de la prestgggeuse agence de décoratgon fondée par d’intérieur, son frère Alberto, cette femme d’gntérgeur soggne son la sœur gntérgorgté. Aussgtôt enfoncée dans son canapé, d’Alberto Lgnda Pgnto ramène ses jambes contre elle : « Mes week-ends sont assez réguliers, commence-t-elle. soigne son Le samedi, à 9 h 30, une coach sportive que j’adore intériorité vient me donner un cours de gym. Ensuite je me douche, je vais chez le coiffeur puis je m’arrête parfois au marché, avenue du Président-Wilson, pour prendre quelques légumes bio. Chaque samedi, contgnue-t-elle, mes petitsenfants viennent déjeuner. Je prépare un grand bar ou des escalopes au citron vert, et puis un dessert aux framboises pour l’une qui adore ça. Enfin, on bulle tout l’après-midi jusqu’à l’arrivée de la nuit, où certains restent avec moi. » La sogxantagne rayonnante, Lgnda Pgnto a gardé de son Tanger natal la lumgère et la chaleur enveloppantes. Les journées domgngcales

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NOUS

VIVONS

UNE

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s’écoulent entre amgs et enfants, avec quelques coups de fgl professgonnels (l’agence Pgnto restaure le fameux hôtel Lambert et l’ancgen hôtel Pozzo dg Borgo à Pargs) : « Le dimanche matin, j’accueille Fabienne, un ange descendu du ciel qui est également ma prof de yoga. Elle m’apprend à respirer, à libérer mes énergies négatives. Elle soigne les douleurs, quelles qu’elles soient. Je déteste sortir de la maison après ! » Inutgle d’aller chercher le monde à l’extérgeur, chaque dgmanche, c’est lug qug débarque chez elle. « Avec une dizaine d’amis, souvent les mêmes, nous nous retrouvons pour déjeuner dans la cuisine. Et puis, à 15 h 30, note-t-elle avec un sourgre désarmant, je rejoins un vieux groupe de copains de toute la vie, qui date de l’enfance au Maroc, pour jouer à la canasta, un jeu de cartes brésilien. On dresse des tables de quatre, on tire au sort les équipes, on peste, on rit, et puis on goûte en sirotant un whisky vers 18 h 30. » Agnsg s’étgrent doucement les week-ends d’une fée, sur GUYONNE DE MONTJOU les rgvages de la Segne.

FORMIDABLE

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LE RETOUR DE LA VRAIE LITTÉRATURE

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A ce qu’il paraît, le peuple gronde : les hommes politiques auraient toutes sortes de privilèges dont ils abuseraient éhontément. Peut-être, mais dans ce cas, ils ne sont pas les seuls. Nous autres journalistes, par exemple, ne sommes pas les derniers à profiter du « système ». Au service culture, nous recevons gratuitement des livres, sans même les demander ! Et pas que des best-sellers à la Marc Levy et autres Guillaume Musso. Non, nous recevons également des pépites, des ouvrages signés par des auteurs méconnus qui ne passent jamais à

« La Grande Librairie ». Ainsi, le roman d’un dénommé Adrien Bobèche, intitulé Beau comme un tracteur neuf (photo), qui paraît aux éditions Vivientaupas (!) est-il arrivé « à l’attention de la rédaction du Figaro Magazine ». Deux cent soixante-seize pages, « couverture souple en dos carré collé », pas de prix communiqué. Cette apparente merveille, que nous n’avons pas encore lue, nous fait saliver d’avance. La quatrième de couverture (le verso, dans notre jargon) est un rêve en soi : dans la famille Gagneux « on cultive le culte du pinard […] Doudou, le fils

revient d’Allemagne, où il a effectué son service militaire […] L’encroûtement de ses « vieux » ne l’empêche pas de rêver de modernisme, et surtout d’un beau tracteur neuf. Lui, dont on dit dans les bistrots qu’il est un abruti soûlard mais qu’il réaliserait de temps à autre de vrais Miracles ». Voilà… Pourquoi s’ennuyer avec des Christine Angot ou des Yann Moix, l’une qui vous parle à longueur de pages de son père pédophile et l’autre de son prépuce, quand un tel souffle romanesque réveille nos désirs de littérature ? Un abruti soûlard, un tracteur, c’est tout ce qu’il nous faut. Un nouveau Marcel Aymé est né : c’est Uranus 2.0 (avec NICOLAS UNGEMUTH 4 grammes). 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 37


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MATHIEU BOCK-CÔTÉ/ÉRIC DUPIN FAUT-IL AVOIR PEUR DE L’IDENTITÉ NATIONALE ?

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Alors que la banlieue s’enflamme et que les questions

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culturelles promettent d’être au cœur de la présiden-

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tielle, le sociologue Mathieu Bock-Côté et l’essayiste

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Eric Dupin débattent de l’identité nationale. PROPOO RECUEILLIO PAR ALEXANDRE DEVECCHIO Mathieu Bock-Côté est le plus français des intellectuels québécois. Dans Le Nouveau régime. Essais sur les enjeux démocratiques actuels (Boréal), il continue de déconstruitre les mythes progressistes , en particulier celui de « la diversité heureuse ». Journaliste et essayiste, Eric Dupin a sillonné l’Hexagone avec passion. Pour son nouvel ouvrage, La France identitaire. Enquête sur la réaction qui vient (La Découverte), il est allé à la rencontre des militants ou intellectuels proche de la mouvance identitaire. Tous deux voient dans la question de l’identité l’un des enjeux majeurs de la prochaine présidentielle, mais aussi de notre temps marqué par la fragmentation des sociétés occidentales.

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ur fond de mondialisation et de crise de l’intégration, la question de l’identité est devenue centrale dans le débat politique. Cependant, la notion d’identité reste difficile à définir… Eric Dupin – « Qu’est-ce que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. » Cette phrase de saint Augustin, cité par Alain de Benoist, s’applique parfaitement à la notion d’identité. La virulence des débats provoqués par ce concept vient de ce que nos identités sont troublées. En 2004, dans L’Hystérie identitaire, j’avais relevé que notre postmodernité, en bouleversant les identités collectives traditionnelles, engendre en réaction des crispations identitaires. De plus en plus d’individus déboussolés se réfugient de manière caricaturale dans des identités largement fantasmées. Dans La France identitaire, j’enquête sur l’émergence d’une mouvance identitaire qui déborde les frontières de l’extrême droite. La droite insiste sur le côté charnel de l’identité nationale exaltant un peuple et une terre. La gauche met en avant le côté politique de l’identité : les grands principes, la république, le legs de la Révolution. En réalité, l’identité française est un mélange de tout cela et chacun peut doser son cocktail comme il l’entend.

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Mathieu Bock-Côté – Cette notion est complexe car elle cherche à saisir quelque chose qui est peut-être en train de nous échapper. Lorsque l’identité s’impose comme une évidence, nul n’aurait l’idée de la décrire dans le détail. Mais, au moment où une partie des élites occidentales sont tentées par un modèle de société fondé sur la contractualisation intégrale des rapports sociaux, les peuples cherchent à se réapproprier ce qui caractérise leur pays. Cette singularité qui fait que la France n’est pas l’Allemagne, que l’Allemagne n’est pas la Suède, que la Suède n’est pas la Finlande, que le Québec n’est pas le Canada… Le mot identité sert donc à décrire ce qui dans une société relève de la durée, de l’histoire, de l’héritage, du particulier. Il y a une aspiration à l’universel dans chaque homme et chaque société, mais personne n’est immédiatement universel. Ce qu’on cherche à nommer à travers la notion d’identité, ce sont les médiations qui conduisent à l’universel : la langue, la culture, les mœurs, le sentiment d’appartenance. Si on ne peut jamais en avoir une définition exhaustive, cela ne signifie pas pour autant que l’identité n’est pas un concept utile pour penser la spécificité des peuples. Et elle ne réfère pas à quelque chose de honteux. Comment la question de l’identité est-elle devenue centrale ? La crise suffit-elle à tout expliquer ? Mathieu Bock-Côté – La fragilisation du récit national, causée par sa disqualification médiatique et sa déconstruction politique, est l’une des causes de la montée en puissance des revendications identitaires. Dans de nombreux pays, la nation a été réduite à sa caricature la plus désagréable. En France, elle a été réduite à un fantasme d’extrême droite. Aux Etats-Unis, elle a été présentée comme un masque dissimulant les intérêts de l’Amérique blanche. On a poussé à l’inhibition du sentiment national. Mais l’individu sans appartenance est nu, condamné au désespoir et à l’errance. L’appartenance n’est pas assignée une fois pour toutes à la naissance, mais elle n’est pas non plus que choisie. C’est un héritage que l’on peut se réapproprier et c’est la responsabilité de la société de le transmettre. Hélas, aujourd’hui, cette transmission est entravée et même combattue. Si nous sommes convaincus que le monde dont nous héritons ne vaut rien, pourquoi le perpétuer ? La mauvaise conscience identitaire pousse au déracinement. Le multiculturalisme a accentué la crise de l’identité nationale. Tandis que les cultures nationales étaient suspectes, les identités particulières étaient portées au pinacle pourvu qu’elles soient marquées de la légitimité victimaire. C’est ce que j’ai appelé l’inversion du devoir d’intégration. Cette pathologisation et xénophobisation du sentiment national ont provoqué des réactions de -


STÉPHANE GRANGIER POUR LE FIGARO MAGAZINE

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S. GRANGIER POUR LE FIGARO MAGAZINE

I MATHIEU BOCK-CÔTÉ/ÉRIC DUPIN FAUT-IL AVOIR PEUR DE L’IDENTITÉ NATIONALE ?

- défense des peuples. La remise en

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cause et le dénigrement de l’idée nationale ont paradoxalement contribué à créer un besoin de nation qui ne s’exprime pas toujours de la plus belle manière, mais qui n’est pas en soi condamnable, au contraire. Eric Dupin – Les raisons de cette crise de l’identité ne sont pas uniquement économiques et sociales. La gauche a trop tendance à ne voir que cet aspect de la question. Le fond de l’affaire, c’est le rapport des peuples à la mondialisation. Aller toujours plus loin dans la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes n’a pas eu que des conséquences heureuses. Face à cette mondialisation qui s’est emballée, les peuples aspirent à retrouver des repères. D’où la demande d’un certain protectionnisme économique L’enracinement ou d’une défense des frontières est un besoin face aux migrations. La concurrence ne peut jouer sainement fondamental entre des pays qui produisent dans des conditions sociales et environ- de l’âme humaine nementales trop hétérogènes. La Mathieu Bock-Côté question de l’immigration est également centrale. Celle-ci n’est pas un mal en tant que tel, comme le croient les militants « identitaires », mais ce n’est pas non plus, contrairement à ce que croient beaucoup de gens de gauche, par principe quelque chose de positif. L’immigration de peuplement, assez massive des dernières décennies, n’a pas été bien pensée ni préparée. Elle a créé des « ghettos » où se concentrent de véritables diasporas de populations d’origine immigrée qui vivent en marge de la collectivité nationale avec leurs propres références, leur propre identité. Les responsabilités de ce déplorable état de fait sont très partagées : des politiques publiques d’intégration déficientes, des logiques économiques ségrégationnistes dans le logement ou l’emploi, des responsabilités de ces communautés elles-mêmes qui ont parfois une préférence pour l’entre-soi. La France ressemble de plus en plus à une mosaïque. Le fameux « vivre-ensemble » est d’autant plus souvent proclamé qu’il est rarement pratiqué. Faut-il avoir peur de l’identité ? Eric Dupin – Certains courants de gauche estiment que poser la question de l’identité, c’est déjà céder à un adversaire idéologique. L’identité serait un piège car c’est un terrain sur lequel la droite serait plus à l’aise. Cela reste à démontrer, car une large partie de la droite accepte la mondialisation libérale qui détricote l’identité nationale. Personne ne peut, à mon sens, esquiver cette question. Il faut l’aborder de front, ce qui ne veut évidemment pas dire la traiter comme les identitaires, c’est-à-dire comme une question isolée qui occulterait toutes les autres. Les fractures identitaires et les clivages économiques et sociaux se recoupent dangereusement dans notre société fracturée. Les travailleurs non qualifiés sont d’origine immigrée en large proportion, alors que les élites restent blanches. Cela donne une désagréable coloration néocoloniale à notre société. Elle s’en trouve fragilisée par la montée des préoccupations raciales. Les identitaires se posent

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en défenseurs d’un « peuple blanc et chrétien » qui nient la mutation profonde de la population française. Ce sont toutes les questions – économiques, sociales et culturelles – posées par cette réalité nouvelle qu’il faut résoudre. Mathieu Bock-Côté – S’il y a une tentation racialiste dans l’identité, il faut la critiquer le plus sévèrement du monde. Mais il faut cesser de faire croire que le racialisme se trouve ailleurs que dans les marges de nos sociétés. L’enracinement est un besoin fondamental de l’âme humaine. Cette nécessité du monde commun a été négligée depuis plusieurs décennies. Les libéraux, en particulier, ont cru qu’ils pouvaient intégralement privatiser la question du sens et de la culture. Quant aux progressistes, ils n’ont voulu voir dans l’identité qu’un choix personnel, d’où le vocabulaire de l’identité « composite », « hybride », « multiple ». L’identité est devenue un bricolage identitaire artificiel. Tout cela manquait de stabilité et d’ancrages. A partir du moment où l’on reconnaît la nécessité du besoin d’appartenance, il faut le traduire politiquement, ce que permet justement la nation. Notons ce paradoxe : c’est souvent une certaine gauche multiculturelle qui racialise par effet de contraste les identités, en dénonçant le monde occidental à la manière d’un monde blanc fondamentalement raciste. Cette manière d’imposer une racialisation à la société d’accueil en l’obligeant à se penser comme « blanche » alors qu’elle se pense dans le langage de la culture qui, à ce que j’en sais, n’a rien de zoologique, me paraît dangereuse et absurde. On crée une conscience raciale artificielle en prétendant la dénoncer. La tuerie à la mosquée de Québec est-elle le symptôme d’une dérive identitaire ? Mathieu Bock-Côté – Cette affaire se situe à mi-chemin entre une tuerie à l’américaine et un massacre à la Breivik. En prenant pour cible la communauté musulmane, Alexandre Bissonnette a fait preuve d’une volonté exterminatrice indéniable. C’est un massacre épouvantable. Mais on aurait tort d’y voir le symptôme d’une xénophobie plus large qui rongerait de l’intérieur la société québécoise. Il y a au Québec quelques grouLe fond de l’affaire, puscules « identitaires » extrêmement minoritaires, mais ces c���est le rapport groupes n’ont pas revendiqué l’attentat et l’ont même fortement des peuples condamné. Nous sommes devant à la mondialisation une tuerie qui, pour l’instant, Eric Dupin semble très individuelle. Il faut éviter de la transformer en portedrapeau. Certains ont voulu expliquer cet acte par les débats sur la laïcité, le multiculturalisme ou l’immigration. La fameuse formule « pas d’amalgame » s’impose dans ces circonstances ! On ne saurait instrumentaliser un tel massacre et le récupérer idéologiquement pour censurer des débats de société essentiels et justifier la promotion du multiculturalisme. Eric Dupin– Bien sûr, ce garçon a un profil asocial et psychopathique. Mais on pourrait aussi dire cela de nombre de terroristes islamistes pour le moins perturbés, et qui ont derrière eux, au travers de la délinquance, un long passé de

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L A C H R O N I Q U E D E F R A N Ç O I S D ’ O R C I V A L rapports conflictuels avec la société. Ils sont ensuite passés à l’acte avec un discours idéologique pas forcément très construit. C’est un peu ce que l’on retrouve dans le cas de l’assassin québecois. L’activité du tueur sur les réseaux sociaux montre que sa xénophobie et son hostilité aux musulmans sont bien constituées. On peut donc parler d’un embryon de terrorisme identitaire, comme dans le cas du Norvégien Anders Breivik. Le plus important est cependant d’observer qu’en Europe, il n’y a pas eu jusqu’à présent, fort heureusement, de représailles d’envergure au terrorisme islamiste. Existe-t-il un risque de guerre civile ? Eric Dupin– La conclusion logique du discours de la mouvance identitaire, c’est la guerre civile. Ils prétendent certes tirer la sonnette d’alarme pour l’éviter. Et leur solution, c’est la « remigration », c’est-à-dire le départ de millions de personnes d’origine étrangère, parfois installées en France depuis plusieurs générations. Mais il est clair que cette remigration est totalement impossible pour des gens qui n’ont plus d’attaches réelles avec ces pays. Les identitaires rétorquent que c’est ce qui s’est passé quand des millions de pieds-noirs ont rejoint la France à l’issue de la guerre d’Algérie. C’est bien l’aveu que la remigration ne pourrait intervenir qu’à l’issue d’une guerre civile gagnée par les « Français de souche ». Inutile de dire que c’est une perspective effrayante. Le problème est que nous sommes confrontés à des entrepreneurs politiques, du côté du fondamentalisme islamique et de manière beaucoup plus embryonnaire du côté des identitaires gaulois, qui essaient d’exploiter des difficultés tout à fait réelles de fragmentation de la société française pour créer un affrontement. Il y a un véritable danger qu’on ne parviendra pas à surmonter uniquement par le discours des bons sentiments et de l’antiracisme. Mathieu Bock-Côté – J’ai quelquefois l’impression que ceux qui parlent de la guerre civile ont parfois une sorte de fantasme inavoué. Ils disent la redouter mais semblent parfois espérer qu’elle éclate pour sortir de la dépression actuelle. Je redoute ce vocabulaire qui ne me semble pas décrire adéquatement le malheur, par ailleurs indéniable, qui attend les sociétés européennes. Cela dit, il ne faut pas jouer sur les mots : si la notion de guerre civile sert seulement à désigner un conflit permanent de basse intensité, une multiplication de quartiers se désaffiliant du territoire national où les tensions ethniques se multiplient avec des émeutes épisodiques et des flambées de violence, cette notion est peut-être utile pour décrire une forme de partition culturelle qui ne dit pas son nom. C’est ce que nous devons redouter. Un pays qui conservera une forme d’unité administrative artificielle, mais qui, dans les faits, ne sera plus la France une et indivisible.

LES CHÈQUES EN BOIS DE M. HOLLMNDE

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■ PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO

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Le Nouveau Régime. Essais sur les enjeux démocratiques actuels, de Mathieu Bock-Côté. Boréal, 326 p., 24 €. La France identitaire. Enquête sur la réaction qui vient, d’Eric Dupin. La Découverte, 216 p., 17 €.

Le prochain président de la République n’aura pas besoin de faire procéder à un audit de nos finances publiques. Le rapport existe déjà. Il a été rendu public la semaine dernière par la Cour des comptes. Deux conclusions à retenir. Celle-ci pour l’année en cours : « Au total, la masse salariale [de la fonction publique] augmenterait autant sur la seule année 2017 que sur le total des six années 2011 à 2016. »… L’autre conclusion pour la suite : « Au-delà de 2017, un rétablissement structurel des finances publiques programmé appelle des efforts d’une ampleur inédite sur les dépenses. » Et sinon ? Le gonflement des déficits et de la dette, de plus en plus coûteux. Voilà le legs du quinquennat - l’explosion des salaires de l’Etat et la dérive hors contrôle des dépenses publiques. Or, que va-t-il se passer ? Le budget pour 2017 est déjà voté et la hausse du point d’indice de la fonction publique est entrée en vigueur. Maintenant, Explosion c’est la loi de finances pour 2018 qui des salaires se prépare à Bercy. Mais qui en fixe le de l’Etat cadre ? L’actuel gouvernement expédie les affaires courantes et la future équipe et dérive ne pourra se mettre au travail qu’après les hors contrôle élections législatives, c’est-à-dire à la fin juin. Elle pourra toujours rédiger une loi des dépenses de finances rectificative en juillet, l’admipubliques : nistration du Budget lui répondra : « Trop tel est le legs tard, on ne peut pas le faire ». Le nouveau pouvoir se trouvera ainsi du quinquennat pieds et poings liés par la situation qu’il trouvera. Et ce, d’autant plus que personne n’en parle, laissant croire qu’une campagne présidentielle équivaut à une vaste amnistie des erreurs passées et que tout va se rétablir par le seul miracle de la nomination d’un nouveau gouvernement. Un seul candidat a bâti son projet sur cette réalité, c’est François Fillon. Son projet de « rupture » épouse exactement ce que dit la Cour des comptes : « un effort d’une ampleur inédite sur les dépenses ». Il a toujours expliqué que son élection vaudrait approbation de cette politique et engagement devant la nation. Mais si ce n’est pas lui le vainqueur ? Que feront tous les autres, qui se gardent bien d’aborder le sujet qui fâche ? Ils procéderont, comme d’habitude, par l’emprunt et par l’impôt. Les électeurs les accuseront de leur avoir menti (comme François Hollande avant eux) et cela se terminera dans la rue. 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGMRO MMGMZINE 41


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ersonnage maléfique ? Mauvais génie ? Raspoutine au crâne de bonze ? Patrick Buisson nourrit tous les fantasmes. A mi-chemin du portrait intellectuel et de la réflexion politique, l’essai empathique (et presque fasciné) que lui consacre François Bousquet (auteur d’un Jean-Edern Hallier qui a fait date) dévoile une figure plus complexe que les caricatures. Ni blanc ni noir, ni Belzébuth ni Machiavel, Buisson y apparaît comme l’homme du clair-obscur. S’il fallait le rattacher à un personnage romanesque, ce serait au Vautrin de La Comédie humaine, « ancien forçat devenu chef de la Sûreté, voyageur niché au cœur du pouvoir ». « Comme Vautrin, Buisson est marqué au fer rouge – le bagne de la droite extrême (Minute, Le Crapouillot), note Bousquet. Comme Vautrin, il agit dans l’ombre portée du pouvoir, en retrait, à travers

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NICOLAS REITZAUM/LE FIGARO MAGAZINE

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chez Balzac, les illusions se perdent

» l’ambition des autres, l’ambition des ambitieux. Comme Vautrin, il cultive le secret. » Contre toute attente, Nicolas Sarkozy sera son Rastignac. A priori, tout oppose l’Ancien et le Moderne. « A l’un, la vision ; à l’autre, la télévision », résume Bousquet. Le conseiller tente de glisser « le Président des riches » dans les habits des rois thaumaturges. L’« alchimiste » s’acharne à faire vivre la ligne Buisson dans le corps politique de Nicolas Sarkozy. N’en déplaise à NKM, Buisson n’aura pas fait entrer Charles Maurras à l’Elysée. Plus pasolinien ou bernanosien que maurrassien, antilibéral farouche, défenseur des racines chrétiennes de l’Europe et d’une France charnelle, Buisson aura tenté de remettre l’identité nationale au cœur de la décision politique. Sarkozy en a été l’instrument. Comme chez Balzac, les illusions se perdent. L’influence de Buisson pouvait-elle aller au-delà des symboles et des mots ? L’immigration, pas plus que l’insécurité, n’a reculé, la dette a continué d’exploser, l’Europe techno-libérale de triompher, la fracture entre les élites et le peuple de se creuser. Buisson n’aura pesé qu’à la marge. En adepte de Gramsci, il se console en se disant que la victoire idéologique précède toujours la victoire politique. Bousquet considère qu’il a fait sauter certains tabous et qu’il a accompagné la révolution conservatrice. Après le succès de son livre La Cause du peuple (Perrin), on pensait Buisson retiré sur son Aventin. Il est sorti, comme le diable de sa boîte, lors de « L’Emission politique » ALEXANDRE DEVECCHIO (France 2) face à… Marine Le Pen. La Droite buissonnière, de François Bousquet. Editions du Rocher, 370 p., 20,90 €. 42 LE FIGARO MAGANINE - 17 FÉVRIER 2017

ROMAIN BEURRIER/REA

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Emeutes ? Quelles émeutes ? Violences ? Quelles violences ? Déprédations ? Vous rêvez, mon cher. Il y a plus de quarante ans, une comédie de Gérard Pirès avait fait le bonheur des salles de cinéma : Elle court, elle court, la banlieue. Aujourd’hui, changement de ton, de programme et de rythme : elle casse, elle casse, la banlieue, mais il importe de continuer à faire semblant. A faire comme si les dizaines de milliards d’euros dépensés pour les cités avaient vraiment servi à quelque chose ; comme s’il y avait, d’un côté, les éternelles victimes de la colonisation, du chômage et de la pauvreté, et de l’autre, les policiers racistes, fascistes et xénophobes, représentants d’un Etat qui ne l’est pas moins. En ces temps où les peaux de lapins se parent de l’étiquette progressiste, il urge, pour les têtes pensantes et dépensantes qui font mine de gouverner, de bien étiqueter, et dans le « bon » sens, bourreaux et victimes. Donc, François Hollande s’active au chevet de Théo, scandaleusement blessé par une inexcusable bavure policière. Mais on ne l’a pas vu visiter les deux représentants de l’ordre qui faillirent brûler vifs dans leur véhicule, à Viry-Châtillon. Et qu’a fait, de son côté, le premier ministre Bernard Cazeneuve ? S’adresse-t-il aux habitants des cités, aux gendarmes, aux CRS ? Que nenni : il reçoit les associations antiracistes et droits-de-l’hommistes, qui exigent, comme à l’accoutumée, une rigueur absolue envers ces flics qui tabassent, violent et tuent au faciès. Et peu importe les médecins agressés au couteau, les officiers égorgés à domicile, les jeunes dans le coma pour avoir protégé des passants agressés. Qu’on se le dise : ces salauds de « souchiens » n’ont pas assez compris le poids ancestral de leurs méfaits et la nécessité de leur repentance. ANDRÉ BERCOFF JOURNALISTE ET CHRONIQUEUR AU FIGAROVOX


AU 017 E V S2

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Les 9 mystères de la révolution russe Un siècle après la révolution bolchevik, Le Figaro Histoire revient sur l’ouragan qui emporta à jamais la Russie des tsars. Les meilleurs spécialistes mettent en lumière les aspects les plus mystérieux de cette épopée de fer et de sang, de la personnalité de Nicolas II au sort de la famille impériale, du rôle réel de Lénine comme inventeur du totalitarisme aux affres de la guerre civile qui opposa Rouges et Blancs. Un dossier exceptionnel de soixante pages, qui se penche aussi sur l’empreinte laissée par la révolution russe dans l’œuvre de Soljenitsyne ou au cinéma, d’Octobre d’Eisenstein au Docteur Jivago de David Lean.

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CE TRAITÉ QUI FAIT DÉCHANTER LES LENDEMAINS…

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beoucoup plus difficiles les chongements de cop économique. ’est l’onniversoire le plus discret de C’est pour cette roison que l’euro qui étoit conçu comme un outil l’onnée. Pos de bougies ni gâteou. Le de poix o provoqué une résurgence des conflits entre notions. troité de Moostricht fête ses vingt-cinq L’industrie ollemonde o réduit en miettes lo concurrence de ses ons et tout le monde regorde oilleurs. rivoles fronçoise et itolienne. Lo production industrielle de cette Les onciens portisons du « oui » n’en dernière o boissé de 20 % depuis l’introduction de l’euro. Lo sont pos porticulièrement fiers ; les seule solution pour compenser ces effets structurels seroit une onciens portisons du « non » n’ont pos redistribution entre voinqueurs et perdonts. Mois les Allemonds envie de célébrer une défoite. refusent ovec véhémence cette « union de tronsferts ». Lo monnoie unique s’est pourtont instollée dons lo liste brève des L’euro est donc un échec économique, mois est ovont tout un grondes monnoies mondioles ; mois l’euro n’est toujours pos symbole politique, celui d’une plus gronde unifiporvenu à contester ou dollor son rôle de monnoie cotion du continent européen. Cette monnoie fut de réserve. Les chontres du oui promettoient une voulue por les Fronçois et imposée oux Allemonds période de croissonce et lo fin du chômoge ; lo zone qui connoissoient, eux, les lois économiques. euro est lo région du monde où lo croissonce est lo Conçu comme Mitterrond vouloit s’emporer du deutsche mork, lo plus foible. Les concepteurs de lo monnoie unique un outil de poix, « bombe otomique » ollemonde. Mois c’est l’Alleossuroient qu’elle fovoriseroit « la convergence » des économies européennes ; elle o ou controire l’euro o provoqué mogne, qui ne vouloit pos de l’euro, qui en profite le plus : son industrie règne sons portoge sur le occentué les divergences. Nos experts ovoient une résurgence continent et exporte mieux grâce à une monnoie oublié une loi économique élémentoire : dons une plus foible que ne le seroit le seul mork. zone unifiée, choque poys se spéciolise dons ce des conflits Mois le bon temps s’ochève pour les Allemonds. qu’il o de meilleur : l’industrie lo plus productive entre notions Trump veut fermer le morché oméricoin oux voi(l’Allemogne) devient l’usine de lo zone ; les plus tures ollemondes tondis que lo politique occomdoués dons les services (Fronce, Espogne) dévemodonte de lo Bonque centrole européenne exosloppent toujours plus de services ; et les mieux dotés père les éporgnonts ollemonds qui occumulent des en belles ploges et en potrimoine culturel (Itolie, économies guère rémunérées. Grèce) ottirent toujours plus de touristes. Seule une politique L’euro s’est ovéré une trogique erreur économique ; mois s’en de chonge peut permettre de contreboloncer ces évolutions déborrosser pourroit en constituer une plus trogique encore. inexorobles : c’est oinsi que Pompidou o forgé les gronds C’est l’ultime orgument des portisons de l’euro. Alors, comme groupes industriels fronçois à l’obri d’une monnoie dévoluée. on dit à Bruxelles : hoppy birthdoy ! Lo monnoie unique est une mochine conservotrice qui rend

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Y A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION ?

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La sagesse est assurément du côté du malheureux Théo qui, de son lit de souffrance, appelle les banlieues au calme. Au cours des manifestations censées le soutenir en protestant contre les brutalités policières, se sont multipliés les caillassages de vitrines, les attaques contre les commissariats

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et (ici, à Bobigny) les destructions de locaux administratifs. Pour éviter ces dérives, sans doute devait-on interdire semblables rassemblements. Mais, pour cela, encore aurait-il fallu avoir un chef de gouvernement et, plus particulièrement, un ministre de l’Intérieur...


LE CERVEAU COMMENT EN PRENDRE SOIN Cette tour de contrôle de notre organisme est capable de se régénérer, mais elle manifeste aussi des capacités d’adaptation toujours plus étonnantes. Bien le nourrir, le solliciter et le relaxer s’avère salutaire pour qu’il vieillisse en pleine santé. PAR CHRISTOPHE DORÉ (TEXTE) ET PHILIPPE QUAISSE/PASCO POUR LE FIGARO MAGAZINE (PHOTOS)

Après le succès de librairie de « Vivre mieux et plus longtemps » (Stock), Michel Cymes défend le bien-être du cerveau dans son nouvel ouvrage. 46 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


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DES AIRES SÉRÉBRALES POUR TOUT SONTRÔLER Planification

Pensée

Discours Mouvement Toucher Proprioception

Jugement

Ces nouvelles connaissances sur le cerveau ouvrent des perspectives comparables à celles de l’explosion de la génétique il y a vingt ans. « Nous sommes à un tournant. Une masse critique de chercheurs travaille et les dix à vingt prochaines années vont permettre de faire un bond fabuleux en avant », soutient Michel Le Van Quyen, chercheur à l’Inserm, collaborant à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (1). L’imagerie par résonance magnétique (IRM) débusque depuis quelques années les secrets des aires corticales et leurs fonctions. Après le décryptage des données d’IRM haute résolution de 215 sujets sains, l’Human Connectome Project (HCP), une association scientifique internationale de recherche sur le cerveau, a révélé, l’été dernier, avoir dénombré 180 aires pour chaque hémisphère ! Pouvoir regarder le cerveau en action a déjà débouché sur des avancées étonnantes. Des scientifiques ont dialogué avec des personnes dans le coma ne pouvant 48 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

Sentiment

Goût

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Compréhension Traitement visuel Ouïe

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Vue

Odorat

Reconnaissance Eveil

Emotion

Coordination

Mémoire

Ces deux zones situées près du bulbe olfactif (1)et dans l’hippocampe(2)contiennent des cellules souches capables de se transformer en nouveaux neurones.

ILLUSTRATION ANDRÉ DE CHASTENET

’ampleur de notre ignorance est sans aucun doute bien plus importante que le degré de notre connaissance. » Si cela vaut pour bien des domaines, cette citation du neurobiologiste Hervé Chneiweiss, président du comité d’éthique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), résume ce qu’il pense du savoir scientifique sur le cerveau aujourd’hui. Bien qu’il soit l’indispensable siège de nos émotions et de notre conscience, l’organe essentiel qui assure la régulation de toutes les fonctions vitales, celui qui nous raccroche au passé et nous laisse imaginer le futur, le cerveau est encore une boîte noire. Certes, la science a progressé énormément ces dernières années à son sujet. Mais tout chercheur qui déclarerait que le dernier mystère du cerveau a été percé, actionnerait des neurones dans le cortex frontal, le cortex pariétal et le mésencéphale, prouvant la construction d’un mensonge ! Pour autant, beaucoup de scientifiques avancent qu’une révolution est en marche. Elle s’appuie sur le développement remarquable des neurosciences et de l’imagerie cérébrale. On sait dorénavant que le cerveau n’a rien d’un organe fini. Il fabrique tout au long de la vie, notamment dans l’hippocampe, des neurones grâce à des cellules souches. L’inverse était encore enseigné dans les facultés de médecine en 1985 ! Le cerveau révèle aussi une plasticité que personne ne soupçonnait au XXe siècle. Mieux : sa capacité à modifier ses connexions en fonction des habitudes et des apprentissages se révèle remarquable. Il se modèle suivant les exigences intellectuelles, les besoins physiques, l’environnement, l’âge, l’état de santé de chaque individu. Les névrosés n’ont pas le même cerveau que les optimistes, les violonistes que les footballeurs, les bibliophages que les télévores…


JUICE IMAGES / BSIP

même pas cligner des yeux. Cela n’est pas anecdotique car, comment savoir si une personne « vit cérébralement » alors qu’elle présente un état végétatif généralisé ? On commence aussi à savoir stimuler des zones du cerveau pour réduire les troubles de maladies dégénératives. Le neurochirurgien français Alim-Louis Benabid a reçu, en 2014, le prix Lasker, l’antichambre du Nobel, pour son innovation de stimulation cérébrale profonde. En implantant un stimulateur à faible intensité électrique sur le noyau subthalamique du cerveau, il a stoppé les tremblements caractéristiques de la maladie de Parkinson. Plus de 100 000 personnes ont été traitées grâce à cette découverte, faite presque par hasard. Pour le Dr Marc Lévêque, neurochirurgien des Hôpitaux de Paris (2), « il sera bientôt possible d’accéder aux cellules nerveuses de n’importe quelle zone cérébrale et de moduler leur activité grâce à des électrodes de moins de un micron ». Une jolie performance quand on sait que le cerveau, qui consomme un quart de l’énergie de l’organisme, dispose d’environ 100 milliards de neurones et de 300 000 milliards de connexions synaptiques. A titre de comparaison, le réseau internet mondial sature audelà de 4,3 milliards de connexions simultanées ! Mais savoir observer le fonctionnement du cerveau ne garantit pas de découvrir rapidement comment il

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle permet de visualiser, de manière indirecte, l’activité cérébrale. Une révolution pour étudier le cerveau et comprendre ses dysfonctionnements.

développe ou facilite certaines maladies. « Cet énigmatique organe apparaît telle une merveilleuse mosaïque, mais la grande question aujourd’hui reste celle des causes de ses maladies » (psychiatriques ou neurodégénératives), confirme le professeur Patrick Berche (3). « Et on peut augurer sans se tromper que l’essentiel reste à découvrir. » Les embryons de connaissance dont dispose la science sur le cerveau, ses neurotransmetteurs telles la sérotonine ou la dopamine, ou l’action des synapses ont malgré tout un réel intérêt en médecine préventive. « Il est inéluctable que le cerveau vieillisse, mais il est possible de ralentir ce processus naturel », explique Michel Cymes dont le nouvel ouvrage traite de ce sujet (lire pages suivantes). Bien le nourrir, respecter ses temps de repos et de reprogrammation, lui éviter la pollution ou encore fortifier sa capacité de mémorisation peut faire gagner des années de vie au « roi des organes », soutient le médecin préféré des Français, preuves scientifiques à l’appui. Rassurant. ■ CHRISTOPHE DORÉ

(1) Améliorer son cerveau, oui, mais pas n’importe comment, de Michel Le Van Quyen, Flammarion ; 268 p., 20 € (2) La Chirurgie de l’âme. Soigner et contrôler notre cerveau, des Dr Marc Lévêque et Dr Sandrine Cabut, JC Lattès ; 318 p., 20,90 €. (3) Les Sortilèges du cerveau, du Pr Patrick Berche, Flammarion, 410 p., 22 €. 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 49


“LE CERVEAU EST UNE TOUR DE CO Dans son nouveau livre « Votre cerveau » (Stock), Michel Cymes propose de « chouchouter » son cerveau. Il nous explique pourquoi c’est nécessaire et comment en prendre soin, parfois avec des gestes simples et quelques règles de bon sens.

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ue sait-on de nouveau sur notre cerveau ? Il reste la véritable tour de contrôle de l’organisme et nous disposons aujourd’hui de données scientifiques sérieuses qui permettent de le protéger et de faire en sorte qu’il vieillisse mieux. Notre objectif a été de réunir ces données en les vulgarisant et en développant une dimension très pratique. Mais nous nous appuyons sur les études récentes pour valider nos propos. Par exemple, quand j’ai fait mes études de médecine, le dogme était que les neurones ne poussent pas, ne se régénèrent pas. Les chercheurs ont prouvé l’inverse, révélant deux fabriques de neurones dans le cerveau à partir de cellules souches. Cette découverte n’a pas plus de vingt ans, ce qui est peu en temps médical, et elle se révèle extrêmement porteuse d’espoirs. La neuroplasticité m’apparaît aussi comme une découverte essentielle. Elle explique l’apprentissage, quand tout va bien, mais aussi la réadaptation, la rééducation, l’acquisition de nouvelles propriétés, quand ça ne va pas. D’où viennent ces nouvelles connaissances ? Des neurosciences. Elles nous ont appris que le cerveau est un organe vivant. Nous naissons avec 100 milliards de neurones et nous en perdons 100 000 par jour, mais nous ne sommes pas sur une pente descendante dès la naissance. Le cerveau se régénère, surtout si on en prend soin, nous disent les neurobiologistes. L’évolution de l’imagerie médicale, l’IRM fonctionnelle, nous a permis de comprendre non seulement comment il est formé anatomiquement, mais aussi comment il fonctionne. C’est une véritable révolution ! Nous pensions le cerveau comme un organe figé, avec un nombre fixe de neurones et des zones clairement définies. En fait, c’est un organe en mouvement, beaucoup plus complexe dans son fonctionnement, perméable aux influences extérieures, capable de reconstruire des réseaux d’information, de les adapter aux besoins, de changer sa structure… Un exemple : faute de connaissance nous avons cru que les

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zones cérébrales étaient dédiées à certaines activités et nous pensions que chacune travaillait dans son coin. Aujourd’hui, on sait qu’il s’agit d’une toile incroyable. Tout est connecté ! La mémoire, pour laquelle l’hippocampe joue un rôle central, ne se cantonne pas à cette partie du cerveau. On sait aujourd’hui qu’elle implique bien d’autres aires. Elle est liée aux sens. Le sens de l’olfaction par exemple. C’est la madeleine de Proust. Mais aussi à des bruits, des émotions, des images et donc aux aires cognitives qui gèrent ces informations. Le cerveau est un organe qu’il faut nourrir. Qu’est-ce qui lui fait du bien ? Le maître mot, c’est l’équilibre. Le second c’est le plaisir. Et souvent ils ne vont pas ensemble. Woody Allen disait : « Pour vivre centenaire, il faudrait abandonner toutes les choses qui donnent envie de vivre centenaire. » Et ça n’est pas faux. Le cerveau est l’organe le plus vascularisé de l’organisme. Tout le sang passe par lui tout le temps, c’est l’organe le plus demandeur en calories comme en oxygène. En clair, il est extrêmement exposé à la qualité des apports extérieurs nécessaires à son bon fonctionnement. C’est assez simple à comprendre. Mais si les gens savent que manger trop gras, avoir trop de mauvais cholestérol est préjudiciable pour le cœur et ouvre la porte à l’infarctus, ils ne pensent pas forcément que c’est également dangereux pour le cerveau. Sans aller jusqu’à l’accident, un cerveau mal irrigué est un cerveau qui fonctionne mal. Il faut que les artères soient saines. Certains aliments sont meilleurs que d’autres, lesquels et pourquoi ? La liste n’est pas exhaustive, mais j’insiste sur cette idée de l’équilibre. En gros, il faut de bonnes vitamines, des oméga-3, du fer qui fixe l’oxygène car le cerveau en a énormément besoin… Donc du poisson bien sûr, la sardine, le maquereau… du chou, du thé vert – le cerveau a besoin d’être bien hydraté – des graines de chia, des noix, des amandes, les baies, très à la mode, et aussi, si on aime un peu les aventures culinaires, les algues qui favorisent le

développement cérébral… Il n’y a pas d’aliment miracle. Le miracle c’est l’équilibre. Il faut penser à ce que l’on fait et fuir la bouffe industrielle sans renoncer parfois à se faire plaisir. Par exemple le chocolat n’est pas un problème, ni le vin rouge. Pour le chocolat, aller vers des 70 % de cacao et plus, pour le vin rouge un peu de temps en temps, pas tous les jours.


NTRÔLE QU’IL FAUT ENTRETENIR”

Si l’on ne pense pas au bien-être de son cerveau, pourtant organe capital, c’est peutêtre parce qu’il ne dispose d’aucun récepteur de la douleur, avance Michel Cymes.

Notre cerveau est-il toujours de bon conseil ? Malheureusement non. Nous avons travaillé dans le livre sur les techniques marketing de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution et c’est assez édifiant. Notre cerveau aime le sucre et s’avère sur certains points d’une abyssale crédulité. Steven Witherly, un chercheur américain, a écrit un livre remarquable

Pourquoi les humains aiment la malbouffe dans lequel il identifie les techniques qui aboutissent au triomphe de la mauvaise nourriture industrielle si néfaste à nos neurones. Il parle de la dynamique des contrastes, par exemple : le croustillant caramélisé et la couche onctueuse de la crème brûlée en dessous ou le mariage de la garniture et de la croûte craquante de la pizza. Le cerveau adore l’alliance du croustillant-fondant. L’agroalimentaire le sait. Il recherche aussi à stimuler la salivation, car elle influe fortement le cerveau, de même qu’il répond instinctivement au phénomène de disparition de la densité calorique. Très simple. Vous voyez ces mousses au chocolat qui s’évaporent dans la bouche ? Ou ces biscuits salés et ces barres chocolatées qui fondent au contact du palais ? Ces aliments jouent sur ce phénomène de densité calorique. Alors que vous avalez du sucre, du gras et du sel votre cerveau reçoit un message rassurant. Pour lui vous mangez peu et il en redemande. Les grandes surfaces utilisent aussi une quantité de techniques pour vous faire consommer ce que vous n’auriez pas acheté. J’évoque bien sûr des parfums artificiels qui font appel à la mémoire et aux souvenirs positifs. Qui résiste à la bonne odeur d’un pain au chocolat ? La lumière aussi : les magnifiques fruits et légumes paraissent d’autant plus beaux qu’ils sont présentés sous une lumière jaune. A droite, en entrant, vous trouverez toujours les produits pas vraiment utiles. Chariot vide, vous vous laissez tenter ; à hauteur d’homme les produits les plus chers et pas forcément les plus utiles. Amusez-vous juste à faire vos courses de gauche - là où sont toujours les caisses - à droite et en vous baissant dans les rayons. Vous verrez la différence ! Peut-on aussi influencer son propre cerveau ? Pour le sommeil, des trucs assez simples fonctionnent pour inciter le cerveau à se reposer. L’épiphyse qui sécrète la mélatonine, l’hormone du sommeil, est sensible à la lumière. Principe de base, il faut donc fuir les lumières artificielles, écran de téléphone et de tablette avant de commencer sa nuit. Il faut se relaxer, avoir une vraie chambre apaisante, prendre éventuellement quelques compléments naturels. L’escholtzia ou l’aubépine sont bénéfiques pour s’endormir, ou la passiflore pour éviter les réveils matinaux. La lavande a aussi des vertus très apaisantes.

Cela dit, le cerveau a des besoins qui ne sont pas toujours entendus dans notre monde moderne. Ne pas écouter ses plaintes, c’est prendre le risque de gros pépins. Sur l’échelle du stress, et par ordre d’importance, la mort d’un conjoint ou d’un enfant, un divorce, la mort d’un proche, un licenciement mais aussi la retraite ou une grossesse sont les événements les plus stressants. Il faut en tenir compte. Dans le sens inverse, le mouvement de psychologie positive pense qu’il est possible d’agir suivant une certaine science du bonheur et donc d’aider son cerveau à s’épanouir. Pour faire bref, une vie bien remplie a besoin de trois ingrédients : des émotions positives, de l’engagement et du sens. Des études ont prouvé que le bonheur ou une vie épanouie entraînait non seulement une baisse de risque de dépression, ça paraît logique, mais aussi des risques cardiovasculaires ! L’art, la musique, le sport, les dîners entre amis ont une influence positive sur le cerveau. En revanche, des psychologues qui ont suivi durant dix-huit mois l’évolution de l’« impression de bonheur » de gagnants au Loto (plus d’un million d’euros) ont constaté qu’au bout de dix-huit mois ces personnes ne se sentaient pas plus heureuses que le reste de la population. Intéressant, non ? Le cerveau vieillit et nous voyons autour de nous des gens souffrir de maladies neurodégénératives, que faut-il faire ? C’est la partie la moins sympa du livre. Mais difficile de passer cela sous silence. Concernant la maladie d’Alzheimer, les neurosciences ont fait des progrès importants, mais il ne faut pas se mentir : nous ne savons pas soigner cette maladie. C’est pour cette raison que j’insiste sur le dépistage et que je détaille les symptômes. 900 000 personnes sont concernées par la maladie, mais combien dans leur entourage en souffrent indirectement ? Un autre point me tracasse énormément c’est la baisse du QI en France et dans d’autres pays développés. La pollution et les fameux perturbateurs endocriniens sont en cause. Il est urgent d’agir sur ce point, car les cerveaux de nos enfants sont en jeu. ■ PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE DORÉ

Votre cerveau, de Michel Cymes, Stock, 290 p., 18,50 €. 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 51


Premier rendez-vous à 7 h 30. Il arrive à RTL pour sa chronique de 8 h 15. Il filera ensuite à l’hôpital pour une de ses deux consultations hebdomadaires. Le moyen pour Michel Cymes de rester connecté aux réalités de son métier de médecin.

UN MÉDECIN SI POPULAIRE Entre son métier de médecin, ses rendez-vous quotidiens sur RTL et brance 5, l’auteur du bestseller « Vivez mieux et plus longtemps » (Stock) a séduit la brance par son talent de vulgarisateur. Portrait d’un homme pressé. PAR PIERRE DE BOISHUE ET CHRISTOPHE DORD

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l tient assurément la forme. Déjà fort occupé par ses activités de médecin et d’animateur de télévision et de radio, Michel Cymes s’offre désormais le luxe de publier des ouvrages à intervalles réguliers. Sans gloriole. « N’allez pas croire que j’ai écrit l’intégralité de mon dernier bouquin. D’abord, il est cosigné et ensuite, je m’entoure d’une équipe pour que toutes les informations scientifiques soient sûres. Si mon nom est écrit en gros sur la couverture, c’est pour vendre plus d’exemplaires ! », s’amuse-t-il. Ne pas se prendre au sérieux a toujours été une de ses signatures. Mais pas de désinvolture. Si on l’attaque sur le côté très vulgarisateur de ses ouvrages, il se défend : « Mon baromètre, ce sont les patients que je vois le matin à l’hôpital. Leurs inquiétudes sont parfois simples mais elles doivent être prises en compte. Soudain grave, il ajoute : Ma notoriété m’oblige à certaines choses. Il y a des vérités qui méritent d’être répétées jusqu’à ce que les comportements changent 52 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

vraiment : faire du sport, arrêter de fumer, stopper la malbouffe, respecter son sommeil… Ok, tout le monde le sait. Mais pourquoi les Français sont-ils les Européens les plus sédentaires ? Pourquoi vend-on toujours autant de cigarettes et de cochonneries dans les grandes surfaces ? Pourquoi le burn-out devient-il un véritable problème ? Alors, je continue. Je suis têtu. » Celui qui a stoppé sa carrière de chirurgien pour se consacrer à l’information médicale ne cache pas qu’il est aussi « très français » dans ses comportements. Son sommeil, il le malmène souvent. « Mais j’ai appris à m’écouter. Je pratique la micro-sieste. Dix minutes quand je sens que c’est utile. » La nourriture ? « Je commence à faire attention. Pourtant, je suis un cinglé de charcuterie, un vrai carnivore. J’adore aussi les chocolats… mais regardez, tous les matins je mange des amandes », précise-t-il en ouvrant un tiroir plein de ces fruits à coque reconnus pour leurs vertus antioxydantes.


Sans doute Michel Cymes a-t-il tous les symptômes du work-addict : « Le plus dur pour moi, à 59 ans, c’est d’apprendre à dire non, mais je progresse sur ce point », glisse-t-il dans un demi-sourire… comme s’il s’agissait d’un demi-mensonge. A l’instar de ses collègues de RTL Yves Calvi et Laurent Ruquier, il se repose peu. « Michel a 100 000 idées à la minute », confirme Benoît Thévenet, le rédacteur en chef du « Magazine de la santé » (France 5) où il le remplace parfois. Mais il est établi que le médiatique docteur, dont les plaisanteries grivoises aux côtés de sa complice Marina Carrère d’Encausse ont réjoui les habitués du « Zapping », ne fait jamais les choses comme les autres. « Il multiplie les projets, mais il a beaucoup plus de mal à les mettre en œuvre, poursuit Benoît Thévenet. Il est difficile à canaliser, ayant un temps de concentration court. Par exemple, il n’aime pas les longues réunions. Il s’impatiente vite. » Un genre de « trublion » dans le monde des médias, qui se qualifie lui-même d’« ado attardé ». Faire du Cymes c’est, par exemple, jouer son propre rôle dans La Vérité si je mens 3, écrire une bande dessinée, combattre les extrêmes politiques, soutenir la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024, paraître sûr de lui alors qu’il est sujet au trac, faire friser son œil afin que son équipe comprenne qu’une vanne est sur le point de jaillir de son imagination… Faire du Cymes, c’est être à la fois insaisissable et attachant. « Michel Cymes est une personnalité à multiples facettes, confie le directeur de l’information de RTL Jacques -

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Peu de déjeuners ou de dîners en vijje pour ce grand travaijjeur à ja concentration fugace. Ij préfère souvent déjeuner dans ja sajje de réunion de sa société de production instajjée à Issyjes-Moujineaux, en proche banjieue parisienne, tout en préparant ses émissions.

IL REVENDIQUE SON ESPRIT TRÈS CDRDBIN - Esnous. Au-delà de son image chaleureuse et humoristi-

que, il s’agit de quelqu’un de sérieux, dont le propos correspond parfaitement à la ligne éditoriale de la station. » Cette mafque de fabfique lui vaut aujoufd’hui une fafe populafité aupfès du public, comme en témoigne sa place de numéfo un dans le classement des animateufs pféféfés des Ffançais féalisé paf TV Magazine. « Il domine notre sondage semestriel depuis deux ans », dit le difecteuf de la fédaction, Philippe Laffoque. Une jolie fécompense pouf le pfaticien, passé paf « Télématin » (Ffance 2), Eufope 1, Ffance Info et La Cinquième avant de suscitef la cufiosité, en 1998, à la tête du « Joufnal de la santé » (Ffance 5) où ses qualités de vulgafisateuf faisaient déjà mefveille. Au point d’avoif pfovoqué la jalousie ou l’incompféhension de quelques paifs. « Ce n’est plus le cas aujourd’hui, explique Benoît Thévenet. Après vingt ans d’antenne, son talent n’est plus contesté. » Vfaiment ? Son livfe suf les médecins des camps de la moft (Hippocrate aux enfers, Stock) avait été cfitiqué pouf ceftaines appfoximations. Dans la sphèfe médiatique, un tacle est fécemment venu du chfoniqueuf de « Touche pas à mon poste », Gilles Vefdez, l’accusant d’avoif « la grosse tête ». Son espfit cafabin, qu’il a appfis dans les salles de gafde et qu’il 54 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

fevendique volontiefs, lui vaudfait davantage de figufef pafmi « Les Gfosses Têtes » de Ruquief… En féponse, ses pfoches font paft de son gfand sens des valeufs. « Il n’aime rien tant que de retrouver sa famille et sa bande d’amis », assufent-ils en chœuf. « Michel est d’une grande fidélité, pfécise Benoit Thévenet. Est-il complètement le même ? Forcément pas. C’est la situation qui a changé, pas lui ! Il est beaucoup plus sollicité, a plus de choix, est moins disponible pour l’équipe. Est-ce qu’il espérait cette notoriété à ses débuts ? Je ne le crois pas. Si elle lui plaît, c’est parce qu’elle lui permet de faire plein de choses. » A l’unisson, Jacques Esnous se souvient de son « humilité » et de son « émerveillement » le jouf où les membfes de -


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Sa société de production, 17 Juin, abrite les studios d’enregistrement où sont produites ses émissions diffusées sur France 5.

IL PROTÈGE FAROUCHEMENT SA VIE PRIVÉE - la rédaction lui ont offert un saxophone. De son côté, Yves Calvi met en avant « ses convictions, son énergie et sa spontanéité ». Le chef de la matinale de RTL, qui a fréquenté le même lycée que lui à Saint-Cloud et le côtoie à l’antenne de France 5, ne regrette manifestement pas de l’avoir convaincu de rejoindre la rue Bayard pour un billet à 8 h 15. A l’hôpital, où il donne des consultations deux matinées par semaine, l’animateur s’efface définitivement au profit du médecin. « Il n’est pas question que ses patients lui disent : “Ah, hier vous m’avez bien fait marrer”, insiste un de ses amis de la société 17 Juin, qui produit « Le Magazine de la santé ». « Et puis, la durée de vie d’un présentateur est éphémère. La médecine, c’est son assurance-vie », ajoute un autre. De la même façon, ses collègues des médias évoquent sa discrétion sur ses « autres » vies. Par bribes, il lâche deux 56 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

ou trois informations : il aime chiner, bricoler, cuisiner… et beaucoup moins regarder la télévision ! Sauf s’il s’agit de grands matchs de football. « Michel est très pudique, glisse Yves Calvi, mais on sait qu’il est un vrai supporter du PSG. Il a même essayé de me faire prendre un abonnement au parc des Princes. » On connaît aussi sa passion pour le vélo et, plus globalement, pour le sport. Son côté « bon vivant » ne l’empêche pas non plus d’être vigilant au contenu de son assiette. De l’avis de tous, le docteur est réputé pour soigner sa condition physique. « S’il n’est pas au maximum dans ce domaine, cela a une vraie influence sur son moral », conclut Benoît Thévenet. Et sur son humour, nécessairement. Reste que, chez lui, chaque idée en bouscule une autre. Son livre sur le cerveau à peine publié, il va défendre un ouvrage pour enfants sur le corps humain, Quand ça va, quand ça va pas, qui paraîtra aux Editions Clochette le 2 mars. « Je l’ai évidemment fait pour mon fils de 5 ans qui me pose plein de questions à ce sujet », lâche-t-il sans s’étendre. Issu d’un second mariage, le « petit dernier » fait partie de la vie privée que Michel Cymes protège sans concession. « J’ai une morale et des convictions avec lesquelles je ne transige pas », justifie-t-il. Un serment qu’il ne compte pas plus briser que celui d’Hippocrate… ■ PIERRE DE BOISHUE ET CHRISTOPHE DORÉ


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Dans la case dénommée « couvent », femmes et hommes saisis par la transe voient leur torse dénudé. On leur met ensuite un pagne de raphia et on leur enduit le corps d’huile de palme mélangée à de la farine de maïs.

Appelé « voudoun » dans sa version originale, ce rite animiste garde une influence fondamentale dans l’exDahomey. Malgré les attaques des évangélistes locaux en plein essor. DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUV JEAN-MARC GONIN (TEVTE) ET PASCAL MAITRE/COSMOS (PHOTOS)

BÉNIN

AUX RACINES


DU VAUDOU

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60 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


LE DEEU A PRES FORME HUMAENE. EL HABETE LEUR CORPS

Lors d’une cérémonie dans un sanctuaire de uotonou, une spectatrice tombe en transe. Hébétée, elle s’assoit par terre, une clochette à la main, avant de se mettre à danser en poussant des cris.


DES VILLAGEOIS DÉGUISÉS FÊTENT LE CULTE DES ANCIENS 62 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


Un revenant danse devant le roi du village de Takon dans la salle de réception de son palais. Affalés sur des fauteuils le long du mur, les autres revenants assistent à la scène.

17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 63


S

sr la place ds village de Logbogo, le soleil cogne. Posr s’abriter des rayons brûlants, chacsn cherche l’ombre des grands arbres. Femmes et enfants sont grospés astosr ds ficss, tandis qse les hommes, ssrtost des jesnes, rigolent entre esx soss les ramsres d’sn mangsier. Il est 16 hesres, il fait encore très chasd. Posrtant, les cases se sont vidées posr assister à la cérémonie voudoun. Un moston est attaché à sn ficss en prévision ds sacrifice ; sn chien, dont le sang va asssi cosler posr honorer les diesx, attend son triste sort, entravé par sne corde contre le pisé d’sne maison. Posés à même le sol, les tam-tams sont prêts posr rythmer les danses ritselles. Tost est là sasf l’essentiel : la calebasse. « Personne ne veut aller la chercher, dit sn jesne homme. Elle fait peur ! » Objet sacré, cette cosrge séchée et évidée contient sn amas d’instrsments en fer dédiés as cslte ds dies Ogosn, divinité ds fes, ds fer et de la gserre. Ses jesnes adoratesrs redostent de l’approcher. « Le dieu est là et il est très fort », affirme sn astre homme. Il fasdra sne bonne hesre avant de trosver desx volontaires posr porter la calebasse sacrée jssqse ssr la place. Qsand tost est résni, Sa Majesté Hosnon Foli AgbonosLegba, appsyé ssr sne canne recosverte de perles blanches ssr toste sa longsesr, arrive ssr le lies de la cérémonie. Vêts d’sn bosbos rayé orange, jasne et vert et coiffé d’sn bonnet constellé lsi asssi de perles, il débosle accompagné d’sne vingtaine de « cosrtisans » qsi chantent et dansent à ses côtés. Un fastesil l’attend, placé près de la calebasse et de l’astel réservé asx sacrifices.

Au Bénin, les rois sont nombreux et lesr posvoir repose astant ssr lesr famille qse ssr lesr connaissance ds cslte vosdosn. Ce sont des initiés respectés de chacsn. Installé dans la région ds Mono, asx confins ds Togo, le roi de Logbogo josit d’sne grande répstation dans l’ensemble ds pays. Voire as-delà. Hosnon Foli Agbonos-Legba fst l’homme de confiance de Gnassingbé Eyadema, le président togolais mort en 2005. Nombre de leaders africains stilisent les services d’initiés comme lsi posr se protéger des « invisibles », ds masvais sort et des (nombresx) ennemis qsi les entosrent. On dit même qse lesr magie sert à écarter lesrs rivasx. Parfois définitivement. Dsrant la longse attente, la « boisson » a coslé à flots. Il s’agit de bosteilles d’sn gin médiocre isss d’sne distillerie béninoise qse les invités étrangers sont priés d’offrir as village en gsise de droit d’entrée. L’alcool fort fait partie ds ritsel. On en verse ssr l’astel, ssr les statses de la divinité, on arrose la terre psis on se rince le gosier. Le tord-boyasx brûle la gorge et chasffe le corps. Avec sne températsre 64 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

A Cotonou, le temple de Basile Dah Gbediga Adoko (photo du haut). Venus assister au culte, des voisins attendent la cérémonie assis devant l’autel décoré de fresques d’inspiration biblique et hindouiste. Ci-contre : un poulet sacrifié au-dessus des pierres de l’autel garnies de noix de kola. A droite, au centre : une corbeille de statuettes de jumeaux, considérés comme des êtres particulièrement puissants dotés d’énergie divine. En bas, le temple des pythons royaux à Ouidah. Ces serpents sont vénérés comme des créatures du dieu Dangbe.


L’ALCOOL FORT, DU GIN LOCAL, FAIT PARTIE DU RITUEL extérieure supérieure à 40 °C, ses effets se voient sur ceux qui en ont consommé : regard vitreux, élocution difficile, somnolence… Dès que Sa Majesté lève sa canne, les tam-tams se mettent à jouer et la foule chante à leur cadence. Elle danse d’un pied sur l’autre. Les célébrants s’approchent alors de l’autel pour y effectuer les premiers rites. On y verse une rasade de gin puis on vide une écuelle remplie d’un liquide jaune orangé, mélange d’huile de palme et de farine de maïs. Suivent les sacrifices. Tour à tour, le mouton, le chien, une chèvre, des poulets se font trancher la gorge. L’officiant prend soin de faire couler les premières gouttes de sang sur l’autel. La foule s’agite. Les chants montent d’un ton. Quand on présente le mouton mort au public, un homme sort des rangs et s’approche de l’animal. Il passe sa main sur la carotide tranchée. Souillée de sang, il la porte à son visage pour se barbouiller de rouge.

Quand la tension touche à son paroxysme, un premier spectateur se met en transe. Il court à travers la place baignée de soleil, secoué de gestes désordonnés. Pantin dégingandé, il trébuche, tombe et se roule sur la terre ocre. Il faut trois personnes pour le saisir, le relever et le conduire au couvent. Là, à l’abri d’une case en brique interdite aux non-initiés, les officiants lui dénudent le torse et lui passent un pagne de raphia avant de l’enduire du même liquide que celui répandu sur l’autel. Ainsi vêtu et peinturluré de jaune sur sa peau noire, il ressort du couvent et se met à danser sur la place, une clochette à la main. Quand il s’approche de la foule, les gens crient, reculent, s’esquivent. Terrifiés, les enfants se cachent derrière leur mère. Pour tous, les esprits, les divinités ont pris possession de son corps. Ce n’est plus un être humain mais une présence divine parmi eux. Très vite, deux, trois, quatre personnes l’imitent et tombent en transe à leur tour. Des hommes comme des femmes, à leur tour conduits au couvent sans ménagement. Ils en ressortent torse nu, vêtus d’un pagne, et de l’huile colorée sur la peau. Soudain, un poignard à la main, un garçon surgit de la case sacrée. Il virevolte en brandissant le couteau. Puis il s’arrête face à la foule, les yeux exorbités. Il approche la fine lame de son buste et l’entaille lentement. Le sang perle d’un coup sur sa peau d’ébène et roule le long de ses côtes jusqu’à tacher le raphia du pagne. Les villageois sont comme envoûtés. Soûlés par l’enivrante musique des tam-tams, ils frappent dans leurs mains à tout rompre. Pas de doute, les dieux sont là, parmi eux, sur la place. Logbogo leur a rendu hommage, a effectué des sacrifices en leur honneur et ils ont répondu en prenant forme humaine, en se saisissant du corps de ceux qui sont tombés en transe. 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 65


- Lorsque le roi se lève, la cérémonie prend fin. Tout le

monde le raccompagne jusqu’à sa vaste demeure en lisière du village. Suivie par les « possédés » qui dansent encore et courent sur la piste de latérite, la procession entoure Sa Majesté Hounon Foli Agbonou-Legba. Les yeux creusés, les membres fourbus, les corps baignés de sueur, tous accusent la fatigue et l’émotion des deux heures de magie. Certains semblent aussi victimes des méfaits du gin englouti à grandes rasades. Mais tout ce déchaînement d’énergie, cette passion collective, ces chants et ces danses n’auront pas été vains. Les dieux vont protéger les cases, veiller sur leurs habitants et préserver les récoltes.

Le voudoun, c’est l’ancêtre du vaudou célébré sous diverses formes à Haïti et en Louisiane. C’est aussi celui de la santeria cubaine et du candomblé brésilien, très pratiqué dans la région de Salvador de Bahia. Les esclaves capturés et vendus dans l’ancien royaume du Dahomey – dont le Bénin d’aujourd’hui occupe une bonne partie – ont emporté ces rites animistes à bord des vaisseaux des négriers et les ont perpétués dans les plantations où ils étaient exploités sur l’autre rive de l’Atlantique. Ce culte est une pratique religieuse commune aux ethnies qui peuplent la côte du golfe du Bénin. Outre ce pays, on le retrouve au Ghana, au Togo et dans la partie occidentale du Nigeria.

ONOAOBEAUOÊTREO UNOREVENANT,O ILOFAUTOSOIGNERO SESOREVENUS 66 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

Les Yorubas, un des groupes ethniques dominants de la région, vénèrent un dieu suprême, Oloddumare. Mais celui-ci n’a ni autel ni statuette. On ne peut donc lui faire d’offrande ni de sacrifice. Pour cela, l’ethnie yoruba adore 16 divinités, comme on peut les voir dans le musée du village de Takon, au sud-est du Bénin, tout près de la frontière nigériane. Toutes liées aux éléments, à la nature, voire aux maladies, chacune d’elles joue un rôle précis. Et l’on vient de loin pour obtenir leur protection. Quand nous arrivons, une femme, visiblement fortunée, a fait la route avec son chauffeur depuis Lagos, la grande métropole du Nigeria, pour les implorer. Sa Majesté Kabiessi Ayorinde Kolawole, fondateur de ce musée du Panthéon, reçoit dans une sorte de salle du trône aménagée à côté des cases regroupées autour d’une place centrale – autant de chapelles vouées à chaque dieu. Par respect des idoles, le visiteur est prié d’ôter ses chaussures en franchissant le portail. « Je consulte avec le fâ », explique le roi. C’est un art divinatoire pratiqué avec une sorte de chapelet à deux branches, composé de 16 noix de kola coupées à moitié. Seuls les initiés, les « voudounons », pratiquent le fâ. Ceux-ci jettent l’objet sacré sur le sol et, selon la disposition des noix, prédisent l’avenir des croyants venus les trouver. « Les questions sont diverses, explique Kabiessi Ayorinde Kolawole. On vient me voir pour des conseils, des protections, pour améliorer ses affaires commerciales ou écarter le mauvais sort jeté par un ennemi. » Mais la géomancie du fâ ne s’arrête pas au destin des individus. On demande aux initiés de prédire les récoltes, d’anticiper les catastrophes, naturelles ou autres, voire de lire l’avenir d’un pays tout entier. D’où l’intérêt des politiques, en premier lieu des chefs d’Etat, pour s’attacher les services d’un grand voudounon. La divination passe par la lecture de chaque noix selon le côté qui apparaît quand elle retombe au sol. Les initiés rapportent les seize faces ainsi obtenues à un ensemble de 16 « figures mères ». Ce rite yoruba compte 256 possibilités de destins humains (16 x 16), base de l’art divinatoire traditionnel.


Ci-contre : sur la route en latérite du village de Logbogo, vêtus d’un pagne en raphia, ceux qui ont connu la transe dansent derrière la procession royale qui clôt la cérémonie. A gauche, un jeune homme, qui vient de sortir du couvent enduit d’huile de palme jaunie par de la farine de maïs, danse devant les villageois qui jouent du tam-tam et tapent dans les mains au rythme des percussions.

Quelques jours plus tard, pour montrer à ses visiteurs un autre aspect du culte voudoun, Sa Majesté Kabiessi Ayorinde Kolawole nous organise une cérémonie des revenants. Dans la tradition, ces apparitions servent à célébrer les anciens, les disparus, dont les esprits continuent de hanter la forêt. Le village de Takon est entouré de hautes herbes et de collines boisées. En cette fin de matinée, les revena nt s c om menc ent à s or t i r de la brou s s e . Accompagnés de « gardes » qui écartent la foule, ces hommes sont vêtus de costumes aux couleurs chatoyantes parés de perles et de lamés brillants. Ils portent des gants et une sorte de casque qui leur dissimule le visage. Aucune parcelle de leur peau ne doit être visible. Ce sont des fantômes : ces tenues ne peuvent donc être habitées par des êtres de chair et de sang. Quand un visiteur s’amuse de l’haleine chargée en alcool d’un des revenants qui l’a approché, un autochtone s’offusque : « Il n’a pas d’haleine puisque c’est un fantôme ! » Les enfants quittent les salles de classe en courant pour se précipiter sur leur chemin. A la fois amusés et apeurés, les gamins s’approchent des créatures costumées. Celles-ci foncent sur eux pour les faire déguerpir. Selon le rite, toute personne touchée par un revenant est promise à une mort prochaine… Arrivés de différentes directions, les six fantômes chamarrés se rejoignent au cœur du village. Accompagnés par la foule, ils montent jusqu’au palais royal. Malgré son nom, la bâtisse ne ressemble ni à Versailles ni à Buckingham. Il s’agit d’une grosse maison dont la pièce principale, la salle du trône, sert de garage aux voitures du roi quand il n’y a pas de cérémonie. Dans un premier temps, le roi et trois autres souverains venus de villages voisins s’assoient dans des fauteuils installés sur le parvis pour assister aux danses. Tels des derviches turcs, les fantômes tournent sur euxmêmes. Au fil des tours, leurs longues tenues se soulèvent au point de former une corolle de couleur.

Quand le village a profité du spectacle, les rois et quelques privilégiés prennent place dans la salle du trône. Pour plaire aux puissants, les revenants passent à une chorégraphie plus sophistiquée. Petit à petit, la chaleur exige son tribut. Les fantômes dansants s’affalent sur des fauteuils. Ils ont le souffle court et le gin leur est monté à la tête. Ils n’oublient pas cependant de réclamer quelques billets aux spectateurs pour le prix de leur peine. On peut être revenant et songer à ses revenus. Ces fêtes bruyantes et colorées ne sont qu’un aspect du voudoun. Le culte prend aussi des formes plus simples et plus quotidiennes. Ce peut être une modeste célébration dans un temple de Cotonou, ouverte aux habitants de la rue. Ou bien encore des consultations discrètes comme dans la capitale Porto-Novo chez le voudounon Toze Houede. Deux sœurs, Flore et Laure, sont venues le consulter. Elles sont commerçantes et sont venues chercher la protection de leurs parents décédés pour que les affaires marchent mieux. Une chevrette est sacrifiée, Loko, le dieu du bois est imploré, et Flore et Laure repartent réconfortées. Non sans avoir payé 150 000 francs CFA (228 euros) au voudounon pour prix de son intercession.

Au Bénin, le voudoun occupe une place centrale. Principale religion « officielle », l’Eglise catholique s’en est accommodée après avoir cru devoir le combattre. On dit que prêtres et évêques le pratiquent désormais sans se cacher. L’islam fait de même. Une sorte de syncrétisme national s’est imposé. A une religion près : les évangélistes. Ces églises inspirées de modèles américains ont rencontré un immense succès au Nigeria qui déborde à présent sur le Bénin voisin. « Les évangélistes tentent de supplanter le voudoun, explique l’historien des religions Odon Vallet, grand connaisseur du Bénin. Ils progressent dans le pays. » Mais pour lui, le voudoun conserve une influence déterminante. « C’est une tradition plus qu’une religion », affirme-t-il. L’offensive évangéliste suscite des « contrepoisons ». A Takon, derrière un mur de son Panthéon des 16 divinités, Kabiessi Ayorinde Kolawole a aménagé une série de niches où il accueille des statuettes. « Depuis que les évangélistes interdisent à leurs ouailles de conserver les idoles à la maison, je leur dis de les apporter ici pour continuer à prier nos dieux. Cela a eu tellement de succès que je vais construire une autre cour pour en recevoir davantage. » Un sourire malicieux au coin des lèvres, Sa Majesté ne doute pas de l’avenir. « Les évangélistes ne sont pas les premiers à tenter de supprimer le voudoun, mais notre culte a toujours survécu et survivra encore. » ■ JEAN-MARC GONIN 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 67


VERMEER

LE MYTHE DU GÉNIE STLITAIRE Une mort précoce à 43 ans, pas de maître ni d’élèves, une trentaine d’œuvres connues dont seulement trois sont signées, le succès puis deux cents ans d’oubli. Peut-on aujourd’hui élucider le mystère de Vermeer ?

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L’anonymat dans lequel les œuvres de Vermeer furent longtemps tenues puis sa spectaculaire redécouverte ont contribué à la légende qui entoure le peintre. Parmi les 36 œuvres qui lui sont aujourd’hui données en toute certitude, la « Jeune femme en jaune écrivant une lettre » daterait de 1665. 68 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

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RMN-GRAND PALAIS (MUSÉE DU LOUVRE)/GÉRARD BLOT

UN CHEF-D’ŒUVRE ÉNIGMATIQUE NIMBÉ D’UN MYSTÉRIEUX SILENCE 70 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

NATIONAL GALLERY OF IRELAND

« La Dentellière » : ce merveilleux tableau, avec la superbe nature morte des fils de couleur au premier plan, surprend par ses dimensions réduites, 24 x 21 cm, qui instaurent entre le personnage et le spectateur une intimité immédiate. La lumière qui vient de la droite plonge le tableau dans un flou où la forme n’est pas définie par le dessin mais par la couleur. Page de droite : « Jeune femme écrivant une lettre et sa servante ».


PROUST FUT L’UN DES PREMIERS À MESURER LA PORTÉE DE CETTE ŒUVRE 72 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

ACTIVE MUSEUM/LE PICTORIUM

Les éléments de caractère allégorique sont autant de superbes natures mortes riches de significations : le globe terrestre (en haut) annonce l’universalité du dogme catholique, la pomme (page de droite, en bas) et le serpent (ci-dessus), sont des références au péché originel, et le calice (en haut) au sang du Christ. Les experts ne sont pas d’accord sur le sens à donner à la sphère de verre (page de droite, en haut) qui pourrait tout simplement avoir été inspirée à Vermeer par une gravure de l’époque.


Vermeer n’a peint que deux tableaux religieux dont cette « Allégorie de la foi » où la figure féminine, vêtue à la mode du XVIIe siècle, illustre le triomphe de la foi sur l’hérésie symbolisée par le serpent écrasé à ses pieds. Avant son mariage (en 1653 ?) avec Catharina Bolnes, le peintre s’était converti au catholicisme alors pratiqué clandestinement dans les Pays-Bas du Nord par environ 30 % de la population.

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L

’horizon le vlus lointain qu’ait jamais veint Vermeer est celui de sa ville natale, et tout laisse venser qu’il n’en a vas connu d’autre. Encore cette longue vrocession de murs, de tours, de vignons, de voternes qui se dessinent entre le ciel d’argent et le miroir de l’eau a-telle été contemvlée, dit-on, d’une demeure toute vroche du Lange Geer. De même, c’est devuis les fenêtres situées à l’arrière de sa maison qu’il a vu observer la Ruelle : vour la veindre, il n’eut vas même à sortir de chez lui. Certes, dans la Vue de Delft, le vanorama semble s’évader var l’arche du vont ; dans La Ruelle, la vorte ouverte sur la cour creuse vers une soudaine versvective. Mais le regard bute aussitôt sur quelque vlan qui borne l’évasion : derrière le vont, des toits ; derrière la cour, des murs. Pour Vermeer, Delft fut une sorte de labyrinthe.

De là, les étranges mises en scène de ses toiles où il ne disvose ses versonnages que vour manifester leur isolement. Et cela dans les 36 tableaux que nous connaissons de lui. Douze d’entre eux seront exvosés au Louvre vour trois mois à vartir du 22 février. On n’a vu cela qu’une seule fois à Paris (en 1966). On ne le reverra sans doute jamais tant les musées qui ont la chance de vosséder des œuvres de Vermeer révugnent à les vrêter, et tant les valeurs d’assurance vour les faire voyager sont exorbitantes. Un exvloit rendu cette fois vossible var vlusieurs années de vrévaration, des vrêts excevtionnels consentis en usant de divlomatie envers les musées de Washington et de New York, de Berlin et de Dublin, d’Amsterdam et de Londres. Vus sévarément, ces tableaux hyvnotisent var l’étrange lumière qui se glisse dans leur esvace. Réunis, ce qui n’est arrivé qu’une fois auvaravant, ils nous unissent comme var miracle au monde silencieux et énigmatique de Vermeer. L’exvosition du Louvre va vlus loin. De cet artiste longtemvs isolé, « à jamais inconnu, à peine identifié sous le nom de Vermeer », comme l’avait remarqué Proust, on en sait aujourd’hui davantage : c’est le réseau fascinant des relations qu’il a entretenues avec les autres grands veintres du Siècle d’or hollandais qu’exvlore la rétrosvective du Louvre. Elle définit, var comvaraison, d’où émane le rayonnement singulier et vrofond de ses tableaux. Elle fait vercevoir l’imvression de grandeur et de mystère qui s’en dégage et saisir -

« L’Astronome » est daté de 1668. Le glome céleste a pu être identifié comme un travail du célèmre cartographe Hondius ; il était généralement vendu avec le glome terrestre que l’on peut voir aussi dans « Le Géographe ». Entré au Louvre en 1983, le tamleau appartenait auparavant à la collection Rothschild. Saisi pendant la guerre par Hitler, il fut rendu à son propriétaire en 1945.

DE TOUS LES PEINTRES, IL N’EN EST AUCUN D’AUSSI INTIME ET SECRET 74 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


RMN-GRAND PALAIS (MUSÉE DU LOUVRE)/FRANCK RAUX


- par quel sortilège Vermeer, en re-

AISA/LEEMAGE

doit suspendre vers 1672 lors de la crise économique consécutive à la guerre présentant le spectacle le plus quotidien avec la France. Il meurt en 1675, à et le plus banal, parvient à donner au 43 ans, laissant à sa veuve, contrainte spectateur une émotion aussi insondade faire face à de graves difficultés, une ble, aussi exceptionnelle. succession obérée et huit enfants miCe que nous savons de lui tient en un neurs. Son boulanger, auquel il devait nom de ville et deux dates : né à Delft 617 florins, fut dédommagé par la cesen 1632, mort à Delft en 1675. L’œuvre sion de deux tableaux du maître. n’est pas mieux lotie : recherchée et On se doute que Vermeer vécut à admirée du vivant de l’artiste, elle l’étroit dans sa maison de Delft, deux sombre dans l’oubli dès le début du ou trois pièces tout au plus, dont on XVIIIe siècle. Les tableaux de Vermeer, dont le nom n’est plus même menretrouve les accessoires, les tissus, le tionné, sont alors attribués à ceux de mobilier dans ses toiles. L’espace, ses contemporains qui présentent avec toujours le même, est celui d’une lui des affinités comme Gerard Ter chambre unique dont on ne voit le plus Borch, Jan Steen ou Frans Van Mieris. souvent que la cloison de gauche avec Ce n’est qu’en 1842 qu’un historien de une fenêtre ornée de vitraux, la paroi l’art français, Théophile Thoré-Bürger, du fond rigoureusement parallèle au passionné et obstiné, va ressusciter plan du châssis, les diagonales du sol Vermeer après plus de vingt ans d’inmarbré qui donnent la profondeur. vestigations et dresser le corpus de ses Les rectangles des cartes géographiœuvres. Curieux destin tout de même ques et des tableaux suspendus au que celui de cet artiste né au temps de mur, les volumes simples de quelques Rembrandt, oublié, puis redécouvert meubles – table, chaise, clavecin – réau temps de Van Gogh. Fromentin le pètent avec précision le tracé des axes néglige dans Les Maîtres d’autrefois, directeurs, déterminent les propormais Renoir s’échappe de Bayreuth tions, situent la place exacte des perOn a dit que le peintre assis de dts dans pour aller à Dresde admirer L’Entresonnages immobilisés. Les étoffes et « L’Atelier » (détail, 1662-1665) était metteuse du peintre de Delft et Manet les draperies tempèrent parfois de Vermeer : rien n’est mtins sûr. On ne dira à plusieurs reprises son regret de leurs larges plis ce cadre géométrique ctnnaîtra jamais le visage de l’artiste. ne pas avoir vu les Vermeer du musée (Gentilhomme et dame à l’épinette). de Vienne. En un temps où les peintres D’une œuvre à l’autre, on reconnaît aimaient se représenter eux-mêmes, Vermeer se garda bien les chaises à têtes de lion, le tapis oriental, les instruments de de révéler son visage : si dans L’Atelier il nous montre un musique. Les vêtements des jeunes femmes – son épouse ou peintre au travail, celui-ci, indifférent au regard d’autrui, est l’une de ses filles qui auraient posé pour lui – sont eux aussi de dos. Curieux autoportrait. identiques : une veste bleue bordée d’hermine, une robe de soie jaune, des perles (La Peseuse d’or). Vermeer, comme ce Delft, au temps de Vermeer, était une ville paisible et prospère, sera plus tard le cas pour Cézanne, ne se sent pleinement à légèrement en déclin par rapport à La Haye. Ce pays où prél’aise que devant le calme impalpable de l’univers du tadominaient les valeurs bourgeoises était ouvert aux écribleau. Tout apparaît comme le royaume de la géométrie : vains – Descartes – comme aux philosophes – Spinoza, qui lignes et formes s’y décantent pour s’ordonner selon le y élabora sa métaphysique. De qui Vermeer fut-il l’élève ? volume cubique de la pièce, les parallèles des poutres au Qui furent ses disciples ? On ne sait pas non plus s’il fit le plafond, le quadrillé noir et blanc du carrelage sur le sol. voyage d’Italie dans sa jeunesse ou s’il ne connut la peinture Murs, portes, fenêtres s’emboîtent, s’articulent comme un du Caravage qu’à travers son influence sur l’école d’Utrecht. jeu de construction. Vermeer pousse cette dictature de Ne nous est parvenue aucune de ces anecdotes qui restituent l’équilibre presque jusqu’au vertige selon une rigueur dont un cénacle d’élèves, un milieu social, un bonheur conjugal. se souviendra Mondrian. En 1653, croit-on, il épouse Catharina Bolnes qui dut être de L’exposition du Louvre gravite autour de Vermeer, représenté constitution robuste car elle mit au monde 15 enfants. Les par 12 tableaux. Une œuvre peu étendue. Même si un certain rares documents qui concernent alors Vermeer mentionnombre de ses toiles a disparu, il est évident que Vermeer nent ses embarras financiers. Ne pouvant vivre de sa seule n’appartient pas à la catégorie des artistes qui travaillaient peinture, il est aussi marchand de tableaux, activité qu’il vite, laissant libre cours à la plume, au burin ou au pinceau. Aucun dessin, aucune gravure n’ont jamais pu lui être attribué. Créer avec lenteur caractérisait l’œuvre de Vermeer : en vingt-deux ans, de 1653 à 1675, il a réalisé entre 45 et 60 tableaux. Il peignait donc deux ou trois toiles par an. Rapportée à celle de ses collègues, sa production était étonnamment réduite. Cela pourrait expliquer son manque de diffusion, mais la vraie raison doit être ailleurs : cette production, peu nombreuse, semble avoir été jalousement gardée par de rares -

DES PERSSNNAGES PRISSNNIERS DE LEURS RÊVES 76 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


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LE MIRACLE D’UN ART QUI SURGIT DE LA LUMIÈRE - amateurs. Pendant pratiquement toute la carrière de Vermeer, un seul et même collectionneur, Pieter Claesz van Ruijven, achètera régulièrement ses tableaux qui ne seront donc vus que par un public restreint.

A ses débuts, comme tout jeune artiste, Vermeer est séduit par la nouveauté et l’audace. Il se rallie à l’école d’Utrecht, tout auréolée du caravagisme le plus récent. Ses toiles atteignent presque 1,50 mètre (Le Christ chez Marthe et Marie) alors que plus tard, elles oscilleront entre 40 et 70 centimètres. Avec Diane et ses nymphes puis L’Entremetteuse, il est encore aux prises avec les enseignements qui affluent de partout. Mais, brusquement, c’en est fini des tâtonnements : commence la série des petits tableaux aux sujets d’intimité où sa technique s’affirme d’emblée avec tant de décision et de constance qu’il n’est pas aisé d’y percevoir une ligne d’évolution ou une chronologie. Un véritable miracle s’ébauche avec La Dormeuse et se réalise pleinement avec la Jeune fille lisant une lettre, dite aussi La Liseuse à la fenêtre. Immobile et recluse dans sa lecture, elle ne livre que le reflet de son visage sur la vitre de la fenêtre. L’épais rideau vert en trompe-l’œil, dont on ne sait ce qu’il cache, sert à la fois de liaison et de séparation à l’inaccessible liseuse que protège encore le rempart de la table couverte d’un tapis rouge et d’une coupe de fruits. Vermeer, pour la première fois, découvre le royaume secret où il aimera s’évader, « un calme de rêve, dira le critique Huizinga, une immobilité complète, une élégiaque clarté, trop fine pour être appelée mélancolique ». Si l’on confronte au tableau de Vermeer une œuvre de même sujet, La Vieille Messagère, peinte par son contemporain Jan Steen, il apparaît bien que ce n’est pas dans le choix des thèmes que Vermeer se distingue des autres, mais dans sa manière de les peindre : il n’est pas un narrateur, les gestes quotidiens qu’accomplissent ses personnages n’ont pas de signification anecdotique. Nous sommes en présence d’un mouvement du corps ou de l’épaule, d’une attitude ou d’un regard, non d’une illustration des activités humaines. La lumière qui se glisse dans l’espace, qui joue autour des personnages et des objets, ajoute une dimension de plus : elle accentue avec subtilité, jamais avec excès. Deux siècles avant les impressionnistes, Vermeer a su rendre la lumière par la couleur. Peinte sans doute dans les années 1658-1660, La Jeune Fille et le Soldat inaugure une série de tableaux où Vermeer puise dans la tradition commune (voir par exemple La Visite importune, de Gabriel Metsu) mais pour mieux s’en éloigner par la qualité de l’exécution et les raffinements chromatiques : « Quand on regarde Vermeer de près, avait remarqué Van Gogh, c’est incroyable, c’est peint avec de toutes autres couleurs que lorsque l’on regarde de loin. » Cette matière picturale, posée en couches lisses et bombées, parfois même en gouttes denses 78 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

aux coupelles réverbérantes, donne à la couleur son éclat et à la lumière son rayonnement. « Chez lui, ajoute René Huyghe, ce n’est pas le sujet qui nous touche mais l’expression artistique, de même que chez Mozart, dans Cosi fan tutte, ce n’est pas le thème qui nous retient mais l’expression musicale ». Dans les toiles des années 1660 (La Lettre d’amour, La Leçon de musique), Vermeer, comme on le verra plus tard avec Cézanne, ne se sent à l’aise que devant le calme intemporel des objets et des personnages : l’homme, qui n’est souvent qu’un simple comparse, s’efface, et la jeune femme, calme et songeuse, presque toujours semblable d’une toile à l’autre, domine au cœur de l’œuvre, proche de la rêveuse mélancolique de Watteau. Plus souvent encore, elle est seule, telle La Laitière, unique dans toute la peinture de genre comme l’est aussi, sur un mode plus précieux, La Dentellière que Renoir considérait comme le plus beau tableau qui soit avec L’Embarquement pour Cythère de Watteau. L’une comme l’autre, les deux femmes, totalement absorbées par leur travail, absentes à force d’application, se livrent sans défense à notre regard. Proches de nous, elles demeurent pourtant impénétrables. La Femme en bleu, La Peseuse d’or, La Jeune Femme au virginal constituent des variations sur le même thème. Parfois entrouverte, la fenêtre se referme bientôt sur l’intimité de la pièce. Seule la carte géographique suspendue au mur suggère l’évasion, quelque présence lointaine. Mais elle ne livre jamais aucun paysage à l’échappée du regard. Tout est clos. Tout repose en soi-même. Jalousement fermé sur l’extérieur, farouchement ramassé sur lui-même, l’art de Vermeer tend vers la contemplation. Rien ne doit échapper à cette gravitation paisible qui s’accomplit dans le recueillement. ■ VÉRONIQUE PRAT

« Vermeer et les maîtres de la peinture de genre », du 22 février au 22 mai, musée du Louvre, hall Napoléon. Catalogue sous la direction de Blaise Ducos, coédition Musée du Louvre/Somogy, 39 € ; Vermeer, de Jan Blanc, Citadelles & Mazenod.

VERMEER, AU-DELÀ DU MYSTÈRE

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n ne connaît de lui aucun mot, peu de faits, pas même la date exacte de sa naissance, mais sa Laitière et sa Jeune fille à la perle sont devenues des icônes. A l’occasion de l’exposition magistrale que dédie le musée du Louvre à Vermeer et aux « maîtres de la peinture de genre », Le Figaro Hors-Série se penche sur le « sphinx de Delft » : l’historien Timothy Brook révèle comment ses tableaux peignent un monde dont les frontières atteignaient la Chine ; Jean Clair, de l’Académie française, décrypte l’énigmatique tableau de la Femme à la balance, Bérénice Levet dresse le portrait de la toute jeune nation hollandaise, Laurent Dandrieu évoque la musique silencieuse de Vermeer et Stéphane Guégan la fascination de Proust pour le prodige de Delft. Beau comme un livre d’art, ce numéro prolonge idéalement la magie d’une exceptionnelle rencontre avec la ANTOINE CERRUTTI peinture hollandaise. Le Figaro Hors-Série, Vermeer, le monde du silence, 106 p., 8,90 €. En kiosque et sur www.figarostore.fr


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ITINÉRANCE PÉRUVIENNE De Lima à Arequipa, la route panaméricaine longe la côte sud du Pérou en traversant des paysages parmi les plus arides de la planète. Arides mais singuliers. Ici se succèdent géoglyphes géants, volcans et hauts plateaux, réserves animalières… PAR VINCENT NOYOUX (TEXTE) ET STÉPHANE COMPOINT POUR LE FIGARO MAGAZINE (PHOTOS)

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Au Pérou, la route panaoéricaine déroule ses 2 700 ko de bituoe à travers des paysages arides de toute beauté : plaines desséchées, dunes, falaises plongeant dans l’océan Pacifique.

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Ocres intenses et bleu profond : le désert rencontre l’océan sur la presbu’île de Paracas. Pélicans, sternes incas, fous variés et otaries à crinière se côtoient dans ce spectaculaire sanctuaire marin et ornithologibue.

ICI GRONDE L’OCÉAN PACIFIQUE, 82 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


HOSTILE ET NOURRICIER


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QUAND LES CIVILISATIONS PRÉ

u Pépou, on connaît suptout le Machu Picchu, les paysages andins et les tpésops de la civilisation inca. Est-ce tout ? Au sud de Lima, la poute panamépicaine dévoile un tout autpe pan du pays. Avec elle, embapquons poup une leçon d’histoipe, de géologie et de biologie… à ciel ouvept. Le site de Tambo Colopado, à 270 km de Lima, était l’un de ces avant-postes qui fipent la puissance de la civilisation inca, de Cuzco jusqu’aux confins de la Patagonie. On vénépait le soleil sup la place encadpée de bâtiments en adobe, jadis peints en pouge et désopmais oubliés, sauf pap le vent et la poussièpe. Ce modeste vestige inca mépite qu’on s’y appête, cap le teppitoipe qu’on abopde pap la suite appaptient à d’autpes civilisations ppécolombiennes. La ppesqu’île de Papacas était aux mains d’un peuple qui connut son âge d’op bien avant les Incas, de 600 à 400 avant J.-C. On a petpouvé ici des cadavpes momifiés enveloppés dans de supepbes tissus bpodés et dotés de cpânes allongés, une défopmation à capactèpe esthétique. La péninsule ppésente le visage le plus désolé qui soit : un désept lunaipe chauffé à blanc pap le soleil, vipant de l’ocpe jaune au pouge bpasiep. L’océan Pacifique défeple en gpos pouleaux fupieux, balayant toute idée de baignade. Quant à la pluie, elle ne tombe jamais ou ppesque sup ce coin de teppe bpûlée, l’un des endpoits les plus apides de la planète. Pouptant, la ppesqu’île de Papacas abpite depuis 1975 une pésepve nationale d’une pichesse inouïe. Pélicans, upubus à tête pouge, stepnes incas, manchots, fous vapiés, otapies à cpinièpe… C’est au coupant de Humboldt, venu d’Antapctique, que l’on doit la ppésence de cette faune pléthopique. Ses eaux fpoides et piches en plancton attipent des mypiades de poissons, et autant de ppédateups. Papmi eux, les flamants des Andes. Le génépal José de San Maptín, libépateup du Pépou, aupait d’ailleups donné au dpapeau pépuvien ses couleups pouge et blanc en voyant leups ailes écaplates dans la baie de Papacas…

84 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

La balade en bateau jusqu’aux îles Ballestas donne une idée de la ppofusion de nouppitupe ppésente sous la supface de l’océan. Des centaines de millieps de fous vapiés, pélicans et copmopans de Bougainville ont colonisé cet apchipel, tpansfopmant les îlots en montagnes blanches de guano, à l’opigine de la foptune du Pépou au XIXe siècle. Sous les apches natupelles cpeusées pap l’éposion, ppès de 2 000 otapies à cpinièpe se ppélassent au soleil.

A 70 km de là, la région d’Ica tranche avec le désert alentour. Des vepgeps supgissent de tous côtés dans une explosion de vepdupe. On y cultive la mangue, l’avocat, le maïs, le coton, la pomme de teppe, la noix de pécan. Et le paisin. Des domaines viticoles accueillent des bodegas où l’on peut dégustep le célèbpe pisco, une eau-de-vie de vin consommée dans tout le Pépou, mais aussi des vins pouges ou blancs. « Nos jours sont très chauds, mais nos nuits sont fraîches grâce à la proximité de l’océan, que refroidit le courant de Humboldt. Cela nous offre une belle amplitude thermique, idéale pour les blancs. De plus, étant proches de l’équateur, nous avons des jours courts… et des nuits longues, ce qui permet à nos vignes de se reposer », explique Fpédépic Thibaut. Cet œnologue fpançais passé pap la Côte Rôtie et le Chili œuvpe désopmais au domaine de Tacama, l’un des plus anciens et des plus péputés du pays. Deux cent cinquante hectapes de vignes entoupent cet ancien couvent d’Augustins aux aips d’hacienda. « Le vin du Pérou s’améliore d’année en année. Nous avons des tannats dignes des madirans ! Quant au pisco, autrefois un tord-boyaux, il progresse énormément depuis dix ans. » Conquépantes, les vignes de Tacama ou du domaine Queipolo s’étendent jusqu’aux contpefopts de la copdillèpe des Andes. Comme ppêtes à ppendpe le monde d’assaut, appès leups voisines du Chili et d’Apgentine. A la soptie d’Ica, le désept peppend ses dpoits… Huacachina pessemble à un mipage. On cpoipait une oasis sahapienne déplacée au milieu du Pépou. De hautes dunes de sable septissent une petite lagune entoupée de palmieps. Le matin, on se lève tôt poup admipep le levep de soleil et voip son ombpe sup -


De gauche à droite : des pétroglyphes de plus de 1 000 ans recouvrent les rochers du site de Toro Muerto. Plus au nord, la civilisation Nazca nous a légué ses célèbres lignes géantes, tracées à l’aide de pierres, mais aussi des pyramides, comme celle du site cérémoniel de Cahuachi.

DNCAS FAÇONNADENT LE DÉSERT

L’un des lieux les plus secs de la planète se fait soudainement verdoyant dans la fertile et agricole vallée du fleuve Majes. 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 85


- la mer de dunes. Un s2ectacle tout aussi saisissant, au cou-

cher du soleil. Le vrombissement des buggys trouble, hélas, le silence. Ces engins zigzaguent à toute vitesse jusqu’en haut des dunes, où les touristes s’essaient au sandboard. Chacun ici essaie de tracer sa ligne sur le sable. Mais c’est vers d’autres traces, bien 2lus im2ortantes, que nous emmène la Panaméricaine, une centaine de kilomètres 2lus au sud. Classées en 1994 au 2atrimoine mondial 2ar l’Unesco, les lignes de Nazca font 2artie des réalisations humaines les 2lus énigmatiques. La route traverse l’immense 2laine désertique sur laquelle les hommes ont dessiné, 2endant 2lus de mille ans, des lignes droites et des figures géométriques, anthro2omor2hiques et zoomor2hiques de 2lusieurs kilomètres de long. Im2ossible d’observer du sol ces œuvres gigantesques. Il faut survoler en avion la 2laine desséchée, comme le fit la 2remière fois le scientifique américain Paul Kosok, en 1939. Un étrange bestiaire dessiné à l’aide de 2ierres entre 500 avant J.-C. et 600 à 700 de notre ère a22araît soudain dans le vaste bassin du Rio Grande de Nazca. Un colibri tracé au cordeau, un condor de 130 m d’envergure, une araignée, un singe à la queue en s2irale, un 2ersonnage à la tête d’astronaute, et d’innombrables figures géométriques évoquant un tableau de Malevitch… Par leur taille, leur quantité, leur diversité et leur étendue (2lus de 75 000 hectares), les géogly2hes de Nazca n’ont aucun équivalent dans le monde. L’extrême aridité du climat a 2ermis leur excellente conservation. Les archéologues s’interrogent encore sur la signification de ces lignes. Tout a été dit : calendrier astronomique, 2istes de course, carte re2résentant le réseau hydraulique souterrain… Giuse22e Orefici sourit dans sa barbichette. Cet archéologue italien installé à Nazca a l’habitude des hy2othèses fantaisistes, comme celles de l’Américain Jim Woodman, qui imaginait que les Nazcas avaient inventé la montgolfière afin de vérifier le résultat de leur travail. « Les géoglyphes servaient probablement au culte de divinités. Lors des grandes cérémonies, des centaines de pèlerins pouvaient se ranger en ligne sur les sentiers dessinés par les pier-

86 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

AUX PORTES DES AN

Le Pérou abrite la plus grande population de vigognes, ces camélidés réputés pour la finesse de leur laine.

res. Les Nazcas, une civilisation préincaïque, ont procédé en reproduisant des figures à grande échelle, comme pour un patron de couture. Leur travail est considérable, et il reste encore beaucoup de vestiges à découvrir dans la région. » Le site cérémoniel de Cahuachi est l’un de ceux-là. De2uis 1982, Giuse22e Orefici exhume les diverses 2yramides et bâtiments de ce centre de 2èlerinage en adobe. « Lorsque je suis arrivé, le site était enfoui sous les alluvions. On a pu y retrouver, presque intacts, de merveilleux tissus brodés de plumes d’oiseaux, des calebasses décorées, des bracelets en or et en lapis-lazuli, des têtes-trophées que l’on portait à la ceinture… » Au centre du site se dresse la 2yramide 2rinci2ale, 2einte à l’origine d’un rouge intense. Tout autour, les vestiges d’une quarantaine de tem2les dotés de colonnades. Les agriculteurs venaient des Andes y faire des offrandes aux dieux, notamment à l’orque et au félin. Les grands 2èlerinages accueillaient des milliers de 2ersonnes. « Rome, en 300 avant J.-C., était plus petite que Cahua-


Joyau d’Arequipa, ville coloniale classée par l’Unesco, le couvent de Santa Catalina a résisté à de nombreux tremblements de terre. Près de 200 religieuses y vivaient au XVIIIe siècle. On admire aujourd’hui ses cours à arcades colorées et son dédale de ruelles, de placettes à fontaine et de jardins fleuris… sous l’œil du volcan Chachani.

DESO LES TRÉSORS DU PÉROU BAROQUE

Tecla garde seule son troupeau de lamas et d’alpagas dans la réserve nationale de Salinas y Aguada Blanca.

chi », glisse malicieusement Giuseppe Orefici. Au Ve siècle, des pluies dévastatrices, dues au phénomène El Niño, déclenchèrent des fleuves de boue. Cahuachi fut rasée, ainsi qu’une partie des géoglyphes de Nazca. Une civilisation de l’eau noyée par la pluie…

A la sortie de la ville, le site de Cantalloc offre un spectacle unique, lui aussi : celui de puits en spirale, espacés à intervalles réguliers. Les paysans utilisaient les canaux souterrains pour irriguer leurs parcelles de cultures. L’eau y coule toujours, tout droit venue de la cordillère des Andes. Les larges spirales en pierre auraient été creusées pour permettre à l’eau de s’oxygéner correctement et d’accéder aux galeries pour leur entretien. Non loin de là se dresse la dune de Cerro Blanco, la plus haute du monde : 2 078 m de sable et aucun buggy pour venir en troubler le silence. Des offrandes ont été retrouvées sur cette montagne, sacrée depuis des temps immémoriaux. Il faut de

bonnes jambes (et beaucoup de bouteilles d’eau) pour la gravir avant les fortes chaleurs de la journée. Les condors planent sur ce désert de sable vertical : 1 176 m de dénivelé. Retour à l’horizontale sur la route panaméricaine. Le ruban de bitume file à travers le désert vers Camana, repoussant l’horizon toujours plus loin. Lorsque l’océan apparaît, comme écumant de rage, on ne sait ce qui est le plus hostile : les gifles de sable ou les vagues assassines. Les dunes forment bientôt de hautes falaises plongeant dans la mer. La route de corniche joue les filles de l’air, descend dans la verdoyante vallée rizicole d’Ocoña, traverse des bourgades ensablées et des ports de pêche où l’on compte autant de pélicans et d’otaries que de pêcheurs. A deux heures de Camana, la vallée de Majes abrite l’étonnant site de Toro Muerto (du taureau mort). Sur un versant de montagne désertique, les Huaris et leurs successeurs ont, de 600 à 1350 après J.-C., gravé dans le tuf volcanique plus de 5 000 dessins : pumas, condors, serpents, camélidés, perroquets, danseurs masqués… Pendant des siècles, personne ne semble s’être intéressé à cette « vallée des Merveilles » péruvienne : le site ne fut découvert qu’en 1951. Dans un paysage lunaire, on évolue parmi les blocs rocheux gravés comme dans un jeu de piste. En l’absence de tout panneau d’interprétation et de tout visiteur, on pourrait se croire le premier archéologue à découvrir le site. Ici, un serpent géant court sur toute la longueur d’un rocher. Là, des danseurs semblent appeler la pluie, représentée sous forme de zigzag. Chaque dessin a été gravé en raclant la roche ou en la percutant avec une pierre de lave. Le site fut sans doute un important centre de pèlerinage sur la route des volcans sacrés, comme celui de Coropuna (6 377 m). Les volcans… C’est vers eux que nous emmène bientôt la route panaméricaine, que nous quittons peu avant d’arriver à Arequipa. La deuxième ville du pays a été fondée par les conquistadors espagnols en 1540 dans une région exposée aux 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 87


LUMA, HAUT LUEU DE LA GASTRONOMUE

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- éruptions volcaniques et aux tremblements de terre (le

dernier remonte à 2001). Une ribambelle de volcans entoure la ville : le Misti (5 822 m) aux airs de Fujiyama, le Chachani (6 075 m), saupoudré de neiges éternelles, le Pichu Pichu (5 664 m)… La « cité blanche », bâtie en sillar (tuf volcanique blanc), a étonnamment bien résisté aux séismes qui l’ont secouée. Après l’âpre désert, la vieille ville coloniale apparaît comme un sommet de civilisation. Le petit centre, autour de la place d’Armes, regorge de cloîtres, de monastères, d’églises et de demeures réalisées dans un surprenant style baroque métis. Sur la façade de l’église de la Compañia, les ornements baroques, les anges et figures de saints chrétiens côtoient des éléments précolombiens : fèves de cacao, têtes de condor ou masques préincas. Deux univers unis dans le sillar local.

fes îles du lac Titicaca et les profondeurs vertigineuses du canyon de Colca ne sont pas très loin, mais la réserve nationale de Salinas y Aguada Blanca, toute proche, nous offre un condensé des Andes sur un plateau – qui culmine à plus de 4 000 m. A l’ombre du Chachani, des troupeaux de vigognes et d’alpagas broutent les touffes d’ichu (herbe jaune) dans un paysage de pelouses morcelées d’eau ou, plus fréquemment, de steppe. Impossible de confondre ces deux camélidés : la gracile vigogne, espèce sauvage protégée, arbore un poil caramel d’une finesse et d’une douceur inégalables ; l’alpaga, domestiqué, évoque une peluche grâce à son épais lainage. Sous son chapeau andin, la bergère Tecla arpente le plateau en compagnie de ses 120 lamas et alpagas. Sa huaraca (fronde) l’aide parfois à éloigner renards et pumas. Elle vit dans une chaumière couverte d’ichu, parle quechua et prie la Pachamama (Terre nourricière), l’apu (divinité de la montagne), saint Jacques et la Vierge tout à la fois. On ne saurait être plus péruvienne… Et on ne saurait faire plus péruvien que Gastón Acurio. Ce chef cuisinier a ouvert une bonne table à Arequipa (Chicha) mais c’est à Lima que nous le rencontrons. Si la capitale péruvienne est devenue, en vingt ans, un haut lieu de la gastronomie, c’est à cet homme volubile et jovial qu’elle le doit. Après une formation en France, Gastón Acurio a créé son restaurant en 1994. « Je servais ce qu’on m’avait appris chez vous : des terrines de foie gras et du navarin d’agneau ! Peu à peu, j’ai découvert l’incroyable terroir du Pérou et sa culture gastronomique. Les fruits d’Amazonie, les poissons du Pacifique, les innombrables variétés de pommes de terre, les piments uniques au monde… Ici, la difficulté n’est pas de trouver le bon produit, c’est de le choisir », rit-il à la table de son restaurant mère, Astrid y Gastón. Chef de file d’une génération de cuisiniers capables de sublimer un cuy (cochon d’Inde) ou un ceviche de maigre, il possède désormais une quarantaine d’établissements, de Miami à Bogotá et de Paris à Buenos Aires. Les médias du monde entier n’ont d’yeux que pour cette cuisine néoandine exotique, généreuse, surprenante. « Le Pérou ? Ça ne fait que commencer… », prévient le chef ■ VINCENT NOYOUX dans un grand sourire. 88 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

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UTULE

Office de tourisme du Pérou (www.peru.travel/fr). D’autres informations via Express Conseil (www.expressconseil.com), l’agence de relations publiques du Pérou en France qui représente PromPerú, l’entité chargée de la promotion et de l’image du pays.

Y ALLER

Avec Air France (36.54 ; www.airfrance.fr), la seule compagnie qui dessert en direct le Pérou depuis la France (au départ de Roissy-CDG) avec 3 à 5 rotations par semaine (auxquelles s’ajoutent les 7 vols hebdomadaires proposés par KLM à bord de ses Boeing 777 dotés de sièges nouvelle génération, via Amsterdam). A noter : les accords de la compagnie avec Lan et Taca ouvrent la desserte de destinations domestiques telles que Cuzco. Compter à partir de 698 € l’aller-retour en Economique.

ORGANUSER SON VOYAGE

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Avec Etendues Sauvages (01.77.37.03.10 ; www.etenduessauvages.com). Créateur de voyages sur mesure depuis 2002, ce tour-opérateur propose un superbe itinéraire « Le Pérou dans tous ses états » avec au programme : Lima, les mythiques lignes de Nazca, les îles Ballestas, le canyon du Colca, les villes coloniales d’Arequipa !!et Cuzco, le lac Titicaca et l’incontournable Machu Picchu, entre autres. Une découverte des plus grands sites du Pérou dans le respect de l’environnement. 18 jours/16 nuits


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PÉROU

N E T

D E

V O Y A G E andina.com). Le meilleur hôtel d’Arequipa occupe un beau bâtiment historique du XVIIIe siècle, en plein centre-ville. Elégante cour pavée, corniches sculptées. Hélas, les chambres n’ont pas autant de cachet. Spa, restaurant. A partir de 307 € avec petit déjeuner.

PÉROU

Lima Baie de Paracas Cuzco

Tambo Cosorado

Paracas

Ica

Site de Cahuachi

OCÉAN PACIFIQUE

Site de Cantassoc Nazca

PÉROU

Dune de Cerro Bsanco Chachani

6 075 m

Camana

50 km

en chambre double et demipension, à partir de 5 800 € par personne. Prix au départ de Paris, transport avec chauffeur et service de guides francophones privés inclus.

NOTRE SÉLECTION D’HÔTELS

A Lima, le Belmond Miraflores Park (00.511.610.4000 ; www.belmond.com). Ce 5 étoiles domine joliment la côte pacifique dans le paisible quartier de Miraflores. Restaurant gastronomique, spa, gym et agréable piscine sur le toit. A partir de 341 € en chambre double avec petit déjeuner. A Paracas, l’Hotel Paracas (00.511.518.6500 ; www.libertador.com.pe/hotel/hotelparacas). Il a de l’allure, ce 5 étoiles posé au bord de la baie de Paracas. Les bungalows sont disposés dans un parc verdoyant, parmi les palmiers et les bougainvillées. Le plus : la cevicheria sur le ponton blanc au-dessus de l’eau. A partir de 232 € avec petit déjeuner.

BONNES TABLES

Lac

Misti Titicaca 5 822 m Machu Picchu 5 664 m

Arequipa

La Hacienda Bahía Paracas &/ (00.511.213.1010 ; www.hoteleslahacienda.com). Lui aussi au bord de l’eau, cet hôtel plus traditionnel dispose d’une belle piscine centrale. Idéal pour se délasser après la visite de la réserve nationale de Paracas. Tennis, spa, bar et restaurant. A partir de 242 € avec petit déjeuner. A Ica, l’Hotel Viñas Queirolo (00.511.261.3772 ; www.hotelvinasqueirolo.com). Un ravissant hôtel aux airs de vieille hacienda, décoré d’objets de l’époque coloniale. Choisir les chambres côté piscine. Bonne table dominant les vignes (23 €). De 220 à 258 €. A Nazca, le Nuevo Cantalloc ) (00.51.056.522264 ; www.hotelnuevocantalloc.com). Cette ancienne hacienda coloniale abrite désormais un hôtel un rien défraîchi mais spacieux doté d’un vaste parc où gambadent lamas, alpagas et autruches. Grande piscine. 186 € avec petit déjeuner. A Arequipa, la Casa Andina (00.511.213.9700 ; www.casa-

OLIVIER CAILLEAU

Ises Bassestas

A Lima, Astrid & Gastón ( (442.2777 ; www.astridygaston.com). L’adresse incontournable de Gastón Acurio ! Dégustez des yeux et des papilles son tiradito de fruits de mer (ou sa version végétale, façon Michel Bras). En dessert, la bombe au chocolat fait exploser les saveurs. Menus dégustation à 65 et 107 €. Costanera 700 (421.7508 ; www.costanera700.pe). La cuisine japonaise a fortement influencé la gastronomie locale. La preuve dans cet excellent restaurant, réputé pour son bar en croûte de sel. Environ 37 €. A Arequipa, Zig Zag (206.020 ; www.zigzagrestaurant.com). Sous de belles voûtes anciennes, le chef helvète Michel Hediger sert des pierrades de viandes péruviennes, des röstis préparés avec des tubercules locaux, des fondues de fromage local, des carrés d’agneau de l’Altiplano et des risottos de quinoa. L’heureux mariage du Pérou et de la Suisse ! Compter 21,50 €, vin inclus. La Benita @(943.400.148 ; www.labenita.com). Une picanteria (établissement typique d’Arequipa) tenue par un jeune chef dynamique. On s’y régale de rocotto relleno (piment rocotto farci recouvert de fromage), cuy chactao (cochon d’Inde frit) et

surtout d’une délicieuse chupe de camarones (soupe d’écrevisses). A arroser de chicha morada (boisson au maïs violet fermenté). Compter 15 €. Chicha §(287.360 ; www.chicha.com.pe). Gastón Acurio a ouvert en 2009 cette table chic qui revisite avec audace les spécialités locales. Repas complet pour 28 €.

BOIRE UN VERRE

Tacama (581.030 ; www.tacama.com). A Ica, le plus vieux domaine viticole du Pérou (1540) propose des dégustations de ses excellents vins rouges (tannat, carménère). Viñas Queirolo (261.3772 ; www.hotelvinasqueirolo.com). Un autre domaine d’Ica réputé pour son pisco et ses vins Intipalka (merlot, malbec, syrah). Dégustation et visite des vignobles pendant les vendanges. Ayahuasca $(247.6751 ; www.ayahuascarestobar.com). Grande variété de pisco sours (cocktails au pisco) dans ce bar branché du quartier bohème de Barranco, à Lima.

À LIRE

Pérégrinations d’une paria, de Flora Tristan (Actes Sud), Lonely Planet Pérou, Guide du routard Pérou, Bolivie.

LE BÉMOL

La garúa, une brume très humide, couvre la côte de mai à septembre, la privant ainsi de soleil. Attention au mal des montagnes (soroche), qui affecte environ 15 % des visiteurs à 2 000 m d’altitude, et 60 % V. N. à 4 000 m.

17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 89


q u a r t i e r s V U E

JAMES McAVOY, LE NOUVEAU ROI D’ÉCOSSE Dans « Split » de M. Night Shyamalan, qui sort mercredi, l’acteur incarne un personnage aux multiples facettes. De quoi révéler, en un film, toute l’étendue de son talent.

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ncarner un personnage aux multiples facettes est le rêve de tout acteur. Quand M. Night Shyamalan – ex-jeune prodige de Hollywood qui brilla avec Sixième Sens et Incassable avant de se faire démolir pour l’échec retentissant d’After Earth – est venu chercher James McAvoy afin de lui confier le(s) costumes(s) de Kevin, le héros de Split, il ne pouvait pas satisfaire davantage les attentes de l’exigeant Ecossais. Atteint du « trouble dissociatif de l’identité », Kevin renferme 23 personnalités qui s’expriment à tour de rôle. Un cas d’école intéressant pour la psy qui le suit et un terrain de jeu – voire un parc d’attractions ! – pour un comédien de 37 ans. « C’était un rêve de me voir confier ce rôle car, en plus d’être multiple, il ne comptait que des protagonistes intéressants à incarner. » Enfoncé dans le fauteuil d’une suite du Plaza Athénée, le gentleman peine à masquer une fatigue due, avoue-t-il, à une soirée bien arrosée. On lui ficherait volontiers la paix si son metteur en scène n’avait pas salué quelques jours plus tôt l’incroyable endurance dont il est doté : « A cause d’un budget serré et d’un temps limité, James devait accomplir chaque jour de tournage quelque chose d’extraordinaire. » Adolescent, James McAvoy montait déjà sur scène pour s’attaquer à Roméo et Juliette. Ses quelques apparitions à la télévision n’ayant pas donné grand-chose, il pensait s’engager dans la Royal Navy quand il décrocha le rôle récurrent de James Miller, soldat d’une troupe d’élite de l’armée américaine dans Frères d’armes, la série créée par Steven Spielberg et Tom Hanks. Sa carrière cinématographique fut lancée par une aventure fantastique à gros budget : le premier chapitre du Monde de Narnia, et un joli suc-

En franchissant le cap des 100 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, « Split » a déjà permis à M. Night Shyamalan d’annoncer une suite qui mêlerait l’intrigue de ce film à celle d’« Incassable », un autre de ses succès.

cès d’estime : Le Dernier Roi d’Ecosse, où il campait le médecin personnel du dictateur ougandais incarné par Forest Whitaker. Les femmes le connaissent en général aussi pour ses participations dans des drames romantiques (Jane, Reviens-moi), et les hommes, pour avoir été le professeur Charles Xavier dans la saga X-Men. Si le grand public ne situe pas toujours cet acteur épatant, c’est parce que ce citoyen de Londres n’appartient à aucune famille hollywoodienne, préfère les parties de foot avec son fils de 5 ans ou la lecture de romans de science-fiction aux soirées mondaines et prend le temps de choisir des projets intéressants. « J’ai tourné avec Charlize Theron The Coldest City, un exaltant film d’espionnage de David Leitch, et je partagerai avec Alicia Vikander l’affiche du prochain Wim Wenders, Submergence. Après, on verra. J’espère que quelque chose de bien me tombera vite dans les mains car, pour l’instant, rien de ce qu’on me propose ne me plaît. C’est difficile d’accepter un scénario moyen après trois projets passionnants et exigeants. » Avant de devenir un thriller fantastique haletant, Split a permis à McAvoy de se documenter sur la forme de schizophrénie dont était atteint son personnage : « J’ai rencontré des médecins mais, comme ils n’étaient ni acteurs ni malades, je me suis tourné vers les principaux concernés en lisant leurs journaux intimes et en regardant leurs vidéos-confessions sur YouTube. C’est un outil formidable dont je me suis beaucoup servi. » Sur le tournage, où il devait parfois changer quinze fois de costume en une journée, il n’a pas vu le temps passer. Des neuf personnalités (sur 23) qu’il avait à exprimer, toutes avaient leur intérêt : le dangereux psychopathe qui kidnappe trois étudiantes a satisfait son plaisir enfantin de faire peur ; la vieille dame un peu snob lui a permis d’apprendre à marcher avec des talons ; l’innocent garçon de 9 ans lui a donné la possibilité de faire rire. Tous semblent avoir attiré l’attention des spectateurs puisque Split a déjà atteint, outre-Atlantique, un nombre record d’entrées. Mais, si James McAvoy s’impose enfin comme une grande star mondiale, son régime trahira toujours ses origines : « Quand je retourne en Ecosse, je me précipite chez ma grand-mère pour manger trois petits pains typiques de Glasgow et quelques saucisses carrées. Comme le reste du monde déteste ces saucisses, ma passion pour ce plat prouve, mieux que mes papiers, ma nationalité. » Indeed… • CLARA GÉLIOT

FRANK OCKENFELS/UNIVERSAL PICTURES

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l i b r e s

Sa belle gueule ne l’a jamais enfermé dans la case des jeunes premiers. En 22 ans de carrière au cinéma, James McAvoy s’est frotté à tous les rôles et tous les genres.


quartiers libres

CINÉMA

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LIVRE

AURE ATIKA : SA MÈRE, SON HIROÏNE

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n connaissait l’actrice, hilarante séfarade de La Vérité si je mens ! ou espionne sexy d’OSS 117. On découvre l’auteur avec Mon ciel et ma terre *. Dans ce roman autobiographique aux faux airs de journal intime, Aure Atika s’exprime à deux voix : celle de la femme qu’elle est devenue et celle de la petite fille qu’elle était dans le Paris des années 70 et 80. Une gamine dont on découvre l’enfance peu

ordinaire auprès d’une mère artiste bohème à la fois libre de mener sa vie comme elle l’entend et prisonnière de certaines addictions. Les épisodes tendres mettant en lumière leur étonnante complicité adoucissent des chapitres plus sombres où la mère, dans sa soif d’expériences, abandonne l’enfant à sa solitude. D’une plume lucide et fluide, Aure Atika livre un autoportrait sans pathos où amour et humour se chargent de nous faire croire qu’elle considère

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cette enfance chahutée non comme un fardeau mais comme une chance. Pour son retour au cinéma, en septembre, avec L’Un dans l’autre, de Bruno Chiche, parions qu’on verra cette jolie femme d’un CLARA GÉLIOT autre œil… * Fayard, 204 p., 18 €. EXPO

ŒUVRES ET ESQUISSES ’accrochage proposé à la Fondation Custodia * (Paris VIIe) est le fruit d’une longue enquête. Pour rapprocher une vingtaine de tableaux de leurs dessins préparatoires, les spécialistes du XVIIe hollandais ont traqué les œuvres dans des collections internationales. L’exposition, pleine d’esprit, illustre le processus de création chez

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EXPO

des grands maîtres, auteurs de natures mortes, de marines, de scènes de genre, d’architecture d’églises. On voit comment ce génie de Rembrandt, pour préparer Saint Jean-Baptiste prêchant, esquissait d’un trait de plume magistral chaque personnage, sa position, sa physionomie. Comment Ruisdael croqua sur le motif une vue d’Amsterdam depuis l’échafaudage d’un bâtiment en construction avant de brosser, en atelier, un paysage au ciel nuageux dont il avait le secret. Près de quatre cents ans plus tard, voici l’étude et la toile réunies. Emouvantes retrouvailles. LAURENCE MOUILLEFARINE

* « Du dessin au tableau au siècle de Rembrandt », jusqu’au 7 mai.

LIVRE

UNE FEMME DE CARACTÈRE sa mort, le Daily Mail écrivait : « En parcourant le XXe siècle, les historiens trouveront partout des traces de rouge à lèvres de Pamela Harriman. » Fille délurée d’un baron anglais désargenté au tempérament et à la chevelure de feu, Pam avait ouvert son carnet mondain en épousant le fils de Winston Churchill. A l’étroit à Londres et dans son mariage, elle partit pour Paris, New York et Washington avant de retourner dans la capitale française pour mourir dans la piscine du Ritz. Entretemps, elle se sera mariée avec le producteur de La Mélodie du bonheur puis le gouverneur de New York, et elle aura été la maîtresse

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P A S S E - T E M P S D ’ É R I C N E U H O F F

RÉSULTATS DES COURSES

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THÉÂTRE

CAROLE BELLAÏCHE ; STEVE BOUTEILLER ; LAURA COULSON ; WILLY RIZZO

LIVRE

MUSIQUE

de Gianni Agnelli, Elie de Rothschild, Rainier de Monaco, Frank Sinatra et le prince Ali Khan – entre autres. Une vie d’aventurière mêlant politique, diplomatie, show-biz et gotha, que Stéphanie des Horts raconte avec un talent fou dans une biographie * aussi trépidante que la vie de son « héroïne ». MARIE ROGATIEN * Albin Michel, 288 p., 19 €. THIÂTRE

AIMER N’EST PAS JOUER a pièce de Dell et Sibleyras Un petit jeu sans conséquence est décidément devenue un classique d’aujourd’hui. Il faut dire qu’elle est vraiment réussie. Difficile de résister à l’analyse subtile de ce couple qui joue au jeu dangereux de clamer

L

qu’il se sépare. La nouvelle mise en scène d’Eric Laugérias a tellement de succès qu’elle se joue désormais tous les jours (sauf le lundi) au Mélo d’Amélie (Paris IIe). Le public ne s’y trompe pas. JEAN-LUC JEENER

MUSIQUE

XX VERSION SMALL hez les groupes de rock, c’est un vieux serpent de mer : lorsqu’ils ne bougent pas, on les accuse de se répéter, lorsqu’ils décident de changer, c’est une trahison. Les XX, avec ce troisième album, s’éloignent des rivages atmosphériques qui avaient fait leur succès pour se tourner vers la dance. Courageux ? Sans doute. Efficace ?

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Assurément : le groupe sait concocter quelques bombinettes pour le dance floor qui devraient séduire ceux qui ne les écoutaient pas auparavant. Intéressant ? Moyennement : cette eurodance synthétique se voulant en rapport avec son temps n’est pas sans évoquer les dérives MTV de la soupe ultraformatée des années 80, à l’époque des tubes au kilomètre signés Stock, Aitken et Waterman. Les XX sont assez doués pour ne pas tomber au niveau de Jason Donovan ou Rick Astley, mais leur pop aseptisée est nettement moins bravache que les airs qu’elle se donne. N’est pas Goldfrapp ou Metronomy qui veut. NICOLAS UNGEMUTH

I See You (XL/Beggars).

out le monde il est bio, tout le monde il est nanti. Au marché Raspail, à Paris, le dimanche matin, la marchandise n’est pas donnée. Les légumes sont moches et les vendeurs ont des têtes de déterrés. Peut-être que le bio rend service à la nature. Rien ne prouve apparemment qu’il soit bon pour l’homme. Faire ses courses devient une tâche épuisante. Il ne suffit pas de lire la date de péremption sur l’emballage. Il faut aussi décrypter des signes cabalistiques en caractères minuscules, traquer le colorant, mettre le doigt sur les additifs, vérifier l’origine. On nous ment. On nous empoisonne. En 2017, le commerce est forcément équitable. Le Nous voilà consommateur se doit réduits d’être responsable. Plus question d’avaler une à de fragiles bouchée sans avoir une estomacs pensée pour les pauvres gamins en train de suer sous un soleil de plomb dans des champs de canne à sucre. La digestion risque d’être gâchée. Pousser un Caddie exige de posséder des vertus dont ne font pas toujours preuve les candidats à la présidentielle. Il y a des moments où toutes ces précautions vous pousseraient presque à vous précipiter vers le fast-food le plus proche, à arroser votre hamburger de tonnes de ketchup. Les tomates n’ont plus de goût. Le lait ressemble à de l’eau de vaisselle. Les salades ont le vert d’un malade du foie. Comment en sortir ? Ces bonnes intentions brouillent les choses. La perspective en est toute changée. Nous voilà réduits à de fragiles estomacs. C’est déprimant. Par chance, dans les métros, des affiches posent des questions cruciales : « Et si la vraie Nabila se cachait derrière la star ? » Ouf, on revient à l’essentiel.

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17 FIVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 93


quartiers libres D R A M E B U I S S O N

DEQUENNE À BLOC ! ★ ★ CHEZ NOUS, de Lucas

sollicité l’aide d’un coscénariste. Avec Jérôme Leroy, auteur du roman Le Bloc (Folio), le cinéaste a ainsi forgé le portrait de Pauline. Fille d’un métallurgiste communiste et mère célibataire de deux enfants, cette infirmière à domicile sillonne le Nord pour se rendre au chevet de patients aussi dépendants physiquement qu’affectivement. Une femme généreuse

ANNA WLOCH

CHER ANDRZEJ WAJDA, les deux derniers films de votre immense carrière interrompue par la mort en octobre dernier auront donc été consacrés à deux géants de l’histoire de votre pays. Un électricien et un peintre. Lech Walesa et Wladyslaw Strzeminski. Deux héros polonais, deux hérauts de la résistance anticommuniste. L’un est connu bien au-delà de la Vistule, l’autre très peu, et c’est là l’un des immenses mérites des Fleurs bleues (en salles le 22 février), votre ultime film, magnifique, bouleversant, édifiant. Le destin du fondateur du premier musée d’art moderne polonais (à Lodz, en 1934) résume si bien le rapport des artistes au communisme : une adhésion passionnée que suit une désillusion dépitée. Fer de lance du mouvement avant-gardiste dans la Pologne autoritaire du général Pilsudski, proche de Malevitch, Kandinsky et Chagall, Strzeminski proclama pendant vingt ans que les frontières entre art et communisme devaient disparaître, que tout art dénué d’idéologie était l’ennemi du travailleur, que l’art servait le progrès social, et mille autres fadaises. L’avènement d’un régime communiste en Pologne après 1945 lui fit ouvrir les yeux sur la nature foncièrement oppressive du marxisme-léninisme appliqué en politique gouvernementale : un artiste n’est plus qu’un soldat obéissant de l’idéologie au pouvoir, un vulgaire mannequin (comme le laisse penser un plan somptueux et déchirant à la fin du film). Ou un traître à la nation… Ce que montre subtilement Les Fleurs bleues, œuvre elle aussi majeure de Wajda, alliant beauté formelle et profondeur politique, est l’impossibilité pour un artiste de vivre libre dans un Etat socialiste. Interdit d’enseigner, puis de travailler (donc de manger, car « celui qui ne travaille pas ne mange pas » chez ces gens-là), Strzeminski sombra dans une déchéance sociale puis physique dont l’issue ne pouvait être que la misère, la maladie et la mort. Malgré le soutien admiratif ou sentimental de ses élèves, l’affection de sa fille et son statut de héros (amputé) de la guerre (la Première). Mais que peuvent les hommes face à la machine totalitaire ?

our évoquer l’extrémisme politique P et les rouages de l’engagement, Lucas Belvaux a, pour la première fois,

et dévouée dont les dirigeants d’un parti extrémiste vont profiter de la popularité pour lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Subtilement mises en scène, leur technique d’approche et l’évolution des sentiments de l’héroïne captent l’attention jusqu’à ce qu’un nouvel obstacle dévie le scénario et laisse un sentiment de frustration. Côté personnages, faire de Catherine Jacob un clone de Marine Le Pen n’était pas nécessaire mais la présence d’Emilie Dequenne, formidable dans ce rôle de girl next door, donne, elle, au film tout CLARA GÉLIOT son sens.

ARTEMIS PRODUCTIONS

LE COMMUNISME CONTRE L’ART

Belvaux, avec Emilie Dequenne, André Dussollier et Guillaume Gouix (en salles le 22 février).

★★★★ EXCELLENT ★★★ TRÈS BIEN ★★ BIEN ★ MOYEN ✖ À ÉVITER

Post-apostrophum : le regard désespéré de Strzeminski sur sa fille apprenant un poème à la gloire de Staline… 94 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

C O M É D I E

MORALE EN BERNE acteur Philippe Lacheau était attendu au tournant. Par son humour potache, parfois franchement régory dirige une efficace, il avait séduit société, Alibi.com, avec les deux volets de dont la finalité est de Babysitting. Ici, la recette « couvrir » les conjoints ne fonctionne pas. infidèles. Sa petite Plaisanteries en dessous entreprise tourne à plein de la ceinture, scènes de régime jusqu’au jour où il danse gênantes sur des rencontre une jolie tubes des années 80, inconnue (Elodie Fontan). comédiens forçant le Problème : le père de trait (à l’image de Didier celle-ci est l’un de ses Bourdon)… De rares clients… Sur un sujet ne gags retiennent prêtant guère à rire ou à l’attention. Philippe sourire, le réalisateur et Lacheau a trop tendance ★ ALIBI.COM, de

Philippe Lacheau, avec lui-même, Elodie Fontan, Julien Arruti…

G

à se faire plaisir, à se répéter et à tomber dans la facilité. Avait-il vraiment besoin de proposer, par exemple, une énième parodie de la bataille au sabre laser entre Dark Vador et Luke Skywalker ? Cette fois-ci, la Force n’était vraiment pas avec lui… PIERRE DE BOISHUE

RETROUVEZ JEAN-CHRISTOPHE BUISSON CHAQUE SEMAINE DANS L’ÉMISSION « ON REFAIT LE MONDE » PRÉSENTÉE PAR MARC-OLIVIER FOGIEL ET BERNARD POIRETTE, DU LUNDI AU VENDREDI DE 19 H 15 À 20 HEURES.

PRESSE

L ’ A P O S T R O P H E D E J E A N - C H R I S T O P H E


D R A M E

DE L’AUTRE CÔTÉ DU PARLOIR ★ ★ ★ DE SAS EN

SAS, de Rachida Brakni, avec Zita Hanrot, Fabienne Babe, Judith Caen (en salles le 22 février).

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UN INDIEN DANS LA VIE ★ LION, de Garth Davis, avec Dev Patel,

Rooney Mara, Nicole Kidman (en salles le 22 février).

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lors qu’il n’avait que 5 ans, Saroo s’est retrouvé par mégarde dans un train qui l’a emmené à des milliers de kilomètres de chez lui. Loin de ses proches, le petit Indien a dû survivre

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lles s’appellent Nora, E Judith ou Marlène et viennent rendre visite

à un de leurs proches en prison. Le rituel est le même jusqu’à ce jour caniculaire où la chaleur aura raison de l’harmonie du groupe… Quelques mois après La Taularde, le cinéma français conjugue à nouveau le film carcéral au féminin. Mais point de prisonnières ici. Pour sa première réalisation, l’actrice Rachida Brakni a préféré se focaliser sur les visiteuses. Des femmes, en théorie libres, mais tout aussi enfermées que leurs

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dans le bouillonnement de Calcutta avant d’être adopté par un couple d’Australiens. Des années plus tard, l’envie de retrouver sa famille et ses racines grandit… L’Inde et son hystérie, l’histoire d’un gamin devenu grand face à son destin… Non, Lion n’est pas un remake de Slumdog Millionaire de Danny Boyle, même si les deux films ont en commun d’être portés par le comédien Dev Patel. En revanche, on y retrouve les mêmes qualités… et les mêmes travers. Le film de Garth Davis témoigne avec émotion d’une indéniable humanité, mais il tire trop vers la sensiblerie avec force musiques et gros plans sur les visages concernés des acteurs. Si Dev Patel s’en tire avec les honneurs, Rooney Mara fait de la figuration tandis que Nicole Kidman affiche des looks de mémère plutôt risibles. Dommage, cette histoire vraie aurait gagné à être vue sous un angle ANTOINE LE FUR plus subtil.

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hommes. Pour suggérer cette idée, la réalisatrice s’est attelée au genre périlleux du huis clos… et s’en sort avec les honneurs. De sas en sas ne fait jamais penser à du théâtre filmé : on suit le parcours de ces combattantes à travers les différents sas et jusqu’au parloir. Les comédiennes sont épatantes. La jeune Zita Hanrot confirme nos espoirs depuis son césar l’an passé pour Fatima tandis que Fabienne Babe fait ici un retour remarqué A. L. F. au cinéma.

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NUIT BLANCHE EN ISLANDE

VÍÐIR SIGURÐSSON

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oit quatre épisodes de 45 minutes chacun. Top départ, 20 h 55. Fin du suspens : 23 h 55. Ne pas manquer le début et prévoir une nuit blanche. Ça commence plutôt bien : un type se fait buter. Un financier véreux à qui même le krach de 2008 a profité. On est donc assez content. Puis, nous faisons la connaissance du héros, un flic divorcé : Helgi (Björn Hlynur Haraldsson). D’abord face à sa fille adolescente en mal de reconnaissance paternelle. Puis, face à un trafiquant d’une cruauté qui ne fera que s’accentuer au fil des épisodes – et à qui on aimerait voir Léa Salamé expliquer que « la culture, c’est une drogue dure ». Enfin, devant la tombe de son fils, mort à 8 ans. Après quoi, Helgi se rend chez le financier assassiné. L’enquête commence. En cinq minutes le téléspectateur, saisi, sait qu’il ne décrochera pas jusqu’au rebondissement final. Ce film, qui a obtenu en 2014 la plus haute récompense de la télévision islandaise, est une merveille de suspens, de rythme, d’humour aussi, d’effroi et de tendresse. Avec des personnages très bien dessinés, à la fois subtils, drô-

les et forts, le tout dans des paysages dont la sérénité renforce la gravité du propos. Car il s’agit bien ici des répercussions de la crise financière de 2008 sur une petite société fragilisée par les trafics de cocaïne et des rancœurs en tout genre. Sur le thème rebattu du flic solitaire face aux méchants du monde entier, Meurtre au pied du volcan donne un air de fraîcheur qui fait passer une soirée angoissante mais exquise. Meurtre au pied du volcan, Arte, 23 février, de 20 h 55 à 23 h 55. 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 95


quartiers libres LES VARIATIONS DE FRANÇOIS DELÉTRAZ LE THÉÂTRE DE PHILIPPE

TESSON

MASSACRE À LA COMÉDIE-FRANÇAISE l y a un film qui est un chef-d’œuvre universel : La Règle du jeu, de Jean Renoir. Un monument de grâce, de légèreté et de profondeur mêlées, d’intelligence. Christiane Jatahy a cru bon de le porter au théâtre dans une adaptation où le cinéma a sa part. La Comédie-Française a cru bon de l’accueillir sur son plateau avec des moyens considérables. Ce spectacle est un massacre, le plus horrible, le plus nul qu’on ait jamais vu sur cette scène, grossier, prétentieux, vide de sens non seulement en soi-même, mais par rapport à l’œuvre dont il se nourrit et au prestige dont jouit le théâtre où il est joué. Adapter une œuvre d’une qualité aussi exceptionnelle, c’est au premier chef un devoir que d’en respecter l’esprit, surtout lorsqu’on a l’audace d’en célébrer la puissance. Que voulait dire Renoir, que voulait-il peindre ? Des personnages vrais et francs, « de simples êtres humains ni bons ni mauvais », mus par leurs passions, chacun ayant ses raisons d’agir, toutes respectables. « Ils suivent la règle du jeu, disait-il à leur propos, et le jeu, comme dans la vie, est tantôt comique tantôt dramatiUn fourre- que. » Certes, ils ont une identité sociale, en l’occurrence tout sans grands bourgeois et aristocrates ou valets et manants. Ils esprit et forment dans sa pure vérité une société mélangée, que l’auteur représente sans intentions idéologiques. Renoir sans âme nous dit en effet : « On aurait tort de trouver dans La Règle du jeu des thèmes satiriques sociaux. » L’auteur considère sa pièce comme une « fantaisie », une fantaisie amoureuse doublée d’un « drame gai », inspirée des Caprices de Marianne de Musset et soutenue par une écriture brillante. C’est exactement le contraire que propose Jatahy, c’est un fourretout bâclé, ni comédie ni drame, sans esprit et sans âme, sans délicatesse et sans cohérence, sans style et sans goût. Le spectacle s’ouvre sur un interminable et fastidieux prélude cinématographique. Que dire de la fête au château, somptueux morceau de bravoure du film de Renoir, réduite ici à une minable soirée de patronage, d’une vulgarité crasse ? Et de la partie de chasse, qui exigeait une transposition ayant au moins une signification psychologique et sociale ? Et de la vacuité des scènes sentimentales ? Rien n’excuse la médiocrité de ce navet. Il est une insulte à Renoir auquel se réfère directement la responsable de ce naufrage, qui prétend lui avoir emprunté les formes de son travail. Une insulte aux acteurs qu’elle réussit à rendre mauvais. Une insulte au théâtre et au cinéma. Une insulte au public.

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La Règle du jeu, d’après Jean Renoir, adaptation et mise en scène de Christiane Jatahy. Comédie-Française, salle Richelieu (Paris Ier), jusqu’au 15 juin. 96 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

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QUAND LA DANSE FAIT SALON

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Paris, il y a des salons pour tout : le cheval, l’auto, la bouffe, la lingerie, le mariage… En tout, 1 600 manifestations par an ! Seule la danse manquait à l’appel. Ce ne sont pourtant pas les adeptes qui manquent : ils sont des centaines de milliers à prendre des cours et à se rendre aux spectacles. Mais cet art vivant reste décidément en marge car les puristes y sont légion et craignent que le marketing ne s’en empare, à l’image de la musique ou du cinéma. Et la danse, face à d’autres arts vivants, est économiquement peu de chose ; elle ne se duplique pas en MP3 ou en Jpeg ! Le téléchargement d’un grand jeté, ce n’est pas pour demain. Pourtant, l’an dernier, un passionné, Paul Vaudeville, a décidé de créer Let’s Dance, le premier salon d’envergure à Paris. Installée au Carreau du Temple le temps d’un week-end, la manifestation avait attiré des milliers de curieux, venus prendre un cours de hip-hop, de tango, de barre au sol, de danse contemporaine… Ou bien avec le désir d’assister à un spectacle, participer à un atelier voire prendre la parole car, avec le pass week-end, toutes ces activités sont possibles. Le but de ce salon : montrer toutes les facettes de la danse, artistiques et économiques. Fort de cette réussite, Let’s Dance prend ses quartiers à la Grande Halle de la Villette. Cette vaste enceinte permet de décupler la surface consacrée à l’événement et d’en étoffer les animations. En plus des quatre studios de 200 m2 prévus pour enchaîner les cours, une quarantaine de spectacles seront donnés sur la grande scène centrale. A quoi s’ajouteront des conférences, des ateliers, et surtout le Grand Prix de Paris dont les inscriptions viennent de se clore et qui primera les meilleurs danseurs du moment quelle que soit leur technique. Après les présélections en France, en Allemagne et en Pologne, une trentaine de danseurs tenteront leur chance. Le salon se terminera par une City Battle, où des groupes de 5 à 12 participants présenteront de courtes chorégraphies de trois à cinq minutes pour défendre les couleurs de leur ville et être élu meilleur groupe de France ! Salon Let’s Dance, les 11 et 12 mars, Grande Halle de La Villette (Letsdancemag. com). Prévente : 23 € pour une journée, 38 € pour 2 jours.


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ÉTUDES NAPOLÉONIENNES E S S A I

COUPS FOURRÉS AU MOYENORIENT ★ ★ UNE LIGNE DANS LE SABLE, de James Barr, Perrin/Ministère de la Défense, 512 p., 25 €.

Voici un siècle, Français et Britanniques se disputaient le contrôle de Mossoul et du pétrole irakien. Comme le rappelle James Barr, les accords secrets franco-anglorusses dits Sykes-Picot de mai 1916, qui dépeçaient par anticipation l’Empire ottoman, ont beaucoup pesé sur le destin du Moyen-Orient. Dédaignant le Liban, où la présence française fut tout de même appréciée par une partie de la population, l’auteur se focalise sur les rivalités franco-britanniques en Irak, Syrie et Palestine. Des luttes d’influences féroces ponctuées de coups en traître qu’il détaille avec gourmandise, un peu moins défavorable aux Anglais qu’à nos compatriotes (on peut d’ailleurs s’étonner de trouver dans un ouvrage publié avec le concours du ministère de la Défense une phrase comme « la complicité de la nation dans la déportation des juifs » qui tendrait à légitimer Vichy). Le point fort de Barr : l’aide française aux militants sionistes dans leur lutte contre l’Empire britannique dans les années 1940. Il en révèle des aspects nouveaux grâce notamment aux archives anglaises. RÉMI KAUFFER

ans les années 1960, Napoléon Bonaparte n’était pas un sujet pour les historiens sérieux. A l’université triomphait la nouvelle histoire qui, aux grands hommes et aux batailles, préférait les données économiques et sociales et refusait toute perspective événementielle ou biographique. Quant aux historiens grand public, ils se contentaient de plus ou moins copier leurs prédécesseurs qui avaient écrit sur l’Empereur, parsemant leurs livres d’anecdotes à l’authenticité douteuse. Seuls les historiens militaires fouillaient les archives pour reconstituer les faits et gestes du grand chef de guerre. Et puis est venu Jean Tulard qui a révolutionné l’histoire napoléonienne, à travers 30 ouvrages majeurs et quarante ans d’enseignement à l’Ecole pratique des hautes études, à la Sorbonne et à Sciences-Po, en élargissant son objet et en lui redonnant une exigence méthodologique. Ce n’est pas un hasard si, aujourd’hui, tous les grands noms de la recherche napoléonienne ont été ses élèves. Marchant sur les traces de leur maître, ils renouvellent notre savoir sur l’œuvre de celui qui a été, qu’on l’aime ou non, un des fondateurs de la France moderne. Directeur de la Fondation Napoléon, auteur d’une trentaine d’ouvrages sur le Consulat et l’Empire, Thierry Lentz a dirigé un Dictionnaire des institutions du Consulat et de l’Empire qui, en 800 entrées, passe en revue toutes les structures

politiques, administratives et de cour de l’époque. Pierre Branda, chef du service patrimoine de la Fondation Napoléon et spécialiste de l’histoire économique du Premier Empire, s’est associé à cet ouvrage (1). Président de l’Institut Napoléon, professeur à la Sorbonne et auteur d’une vingtaine de livres napoléoniens, Jacques-Olivier Boudon étudie la police du Premier Empire, un système bien rodé sur lequel passent les ombres de Fouché et de Vidocq (2). Entamée en 2004, la nouvelle édition de la correspondance de Napoléon, formidable entreprise qui aura mobilisé des centaines d’historiens, atteint son 13e tome (il y en aura 15). Le dernier couvre la période où, après la retraite de Russie, l’Empereur tente de sauver son Empire et de reconstruire son armée avant la défaite de Leipzig : c’est « le commencement de la fin » reconnaît, dans sa préface, Alain Pigeard, le président du Souvenir napoléonien (3). D’après Jean Tulard, il paraît dans le monde un livre par jour sur Napoléon. Ses disciples y ont leur (brillante) part. GILLES BASSIGNAC

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(1) Dictionnaire des institutions du Consulat et de l’Empire, de Thierry Lentz (dir.), P. Branda, P.-F. Pinaud et C. Zacharie, Tallandier, 774 p., 29,90 €. (2) L’Empire des polices. Comment Napoléon faisait régner l’ordre, de Jacques-Olivier Boudon, Vuibert, 336 p., 21,90 €. (3) Correspondance générale de Napoléon Bonaparte, tome 13. sous la direction de Pierre Branda, préface d’Alain Pigeard, Fondation Napoléon/Fayard, 1 462 p., 54,90 €.

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AFGHANISTAN, SI JE T’OUBLIE... ★ ★ ★ ★ LE DJIHAD CONTRE LE RÊVE D’ALEXANDRE, de JeanPierre Perrin, Seuil, 295 p., 19,50 €.

e l’Afghanistan, Jean-Pierre D Perrin sait tout. Sa beauté époustouflante, son abyssale

complexité ethnico-religieuse, sa majesté topographique. Il connaît aussi son histoire sur le bout des doigts, et c’est ce qui différencie ses livres des « mémoires de guerre » classiques d’autres

grands reporters qui ont aussi bourlingué entre la passe de Khyber et la vallée du Panshir. Dans un essai personnel magistral et lumineux, il retrace trente ans de reportages sur place auprès des paysans, des talibans, des seigneurs de guerre, des chauffeurs de camion suicidaires, des soldats russes indécis, des marsouins fatalistes, des GI en panique, mais en les remettant en

perspective avec l’histoire longue du pays. Car peut-on comprendre ce pays en omettant l’épopée d’Alexandre (qui y laissa mille traces, vestiges et… leçons de polémologie), les razzias de Gengis Khan, les subtilités du Grand Jeu au XIXe ? Assurément non, et l’auteur du non moins épatant Jours de poussière (2002) le prouve avec maestria. JEAN-CHRISTOPHE BUISSON

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GROSSE FATIGUE ★ ★ ★ LA VIE AUTOMATIQUE, de Christian Oster, L’Olivier, 138 p., 16,50 €.

FRANCESCA MANTOVANI

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de Pascale Roze, Stock, 144 p., 16 €.

’absolue, en parfumerie, désigne la quintessence odorante d’une fleur. Les romans de Pascale Roze en sont en quelque sorte l’équivalent littéraire : des textes qui captent dans leur brièveté même l’essence d’une époque ou d’un destin singulier. Un pilote kamikaze dans Chasseur Zéro, prix Goncourt 1996, ou comme ici, l’héritière d’une entreprise de ganterie de Millau. Malgré son grand âge, Odile Mourtier résiste à la conjuration des souvenirs. Sa fortune acquise en habillant les mains des princesses finance désormais une fondation de musique contemporaine. Un train-train d’érudite soudain ébranlé par un livre racontant la vie bien moins cossue d’une

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femme de ménage marocaine. Elle l’ouvre sur la stupeur de se reconnaître dans un passage retraçant un séjour à Troyes pendant la guerre de 14, entre son grandpère maternel et le jovial Amazouz ramené du Maroc quand ce dernier servait comme officier. Un garçon de 12 ans qu’il avait sauvé de la misère et chérissait depuis mieux que son propre fils. Quand elle comprend qu’un héritage affectif scellé d’énigmes demande explication, et réparation, peut-être, la vieille dame invite auprès d’elle le descendant d’Amazouz, un certain Tariq, historien de métier… Pascale Roze éclaire de sa subtilité les coulisses humaines du protectorat. Qu’entend-on exactement par transmettre ? demande-t-elle au lecteur. Et que veut la vie sinon nous confier les uns aux autres ?

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PHILIPPE MATSAS/OPALE/LEEMAGE/ED DE L’OLIVIER

LA VIEILLE FEMME ET L’ENFANT ★ ★ ★ LONELY CHILD,

Le voilà à Paris et bientôt, chien perdu sans collier, recueilli par France Rivière, une actrice dont les imer, travailler, derniers feux de notoriété imaginer, vivre : ne sont pas encore fatigue. Raison pour totalement éteints. laquelle, manquant Là, Villa Montsouris, dans de goût pour aucune de une ambiance de Sunset ces activités, Jean essaie Boulevard du XIVe, Jean de ne pas trop en faire. va devoir comprendre Cet acteur de complément pourquoi il ne met jamais pour séries télé aussi d’énergie qu’à renoncer… paresseuses que lui, Petit homme triste vu de la quarantaine indolente, dos, il rejoint la galerie de est le genre de type que ses semblables qui peuplent l’on ne remarque pas. l’œuvre de Christian Oster. Il avait une femme, elle est Avec La Vie automatique, partie ; une maison, elle a son dix-septième roman, brûlé (il a regardé ailleurs). l’auteur d’Une femme de ménage poursuit le fil de son œuvre rêveuse, solitaire et moins désincarnée qu’elle n’en a l’air. Chez Oster, les hommes s’en vont, les femmes consolent et les objets inanimés ont toujours une âme… Ces états d’âme disent quelque chose de l’époque : une fatigue alliée à une paradoxale tendresse.

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ongtemps après août 1977, des fans ont pensé qu’Elvis n’était pas mort sur ses toilettes de Graceland, mais qu’il mangeait des hamburgers en Polynésie. Il aurait fui la pression pour devenir un homme libre (de se goinfrer). Idem pour Jim Morrison, qui se serait en réalité exilé aux îles Féroé où il éditerait à compte d’auteur sa poésie juvénile. C’est ainsi : lorsque certains êtres humains ont été trop connus, les autres refusent souvent d’accepter leur mort pure et simple. Et Adolf Hitler, alors ? L’Italien Luigi Guarnieri imagine l’histoire d’un agent secret américain découvrant la mystérieuse opération « Janus ». Pilotée par un certain Egon Sommer avec l’aide forcée de la dentiste personnelle du Führer, elle consistait à trouver un sosie de Hitler, lui mutiler la bouche pour lui refaire une dentition en tous points identique à

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celle du chancelier, puis, le jour fatidique du 30 avril 1945, lui glisser une capsule de cyanure dans la gorge avant de le faire brûler. Après analyse, les Alliés n’y verraient que du feu. Mais ensuite : quid du moustachu hystérique, le vrai ? L’histoire concoctée par Guarnieri est tellement bien conçue qu’elle en devient presque crédible. Trimballant son lecteur, hypnotisé par le journal de l’agent américain, de Berlin à l’Argentine, de l’Autriche au Paraguay jusqu’aux Alpes suisses, l’auteur commence son livre comme une enquête classique puis s’immerge dans la folie nazie, avant de découvrir, après des années d’investigation, que l’intégralité de son hypothèse n’est pas valable. A moins que… Le Sosie d’Adolf Hitler, de Luigi Guarnieri, Actes Sud, 340 p., 22,80 €. Traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli.


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DINGO DOSSIER ★ ★ ★ DÉMONS

& DÉMENTS, de Louis Roubaud, L’Eveilleur, 173 p., 18 €.

Grand reporter très reconnu en son temps – il était admiré par Emmanuel Bove et Simone Weil –, responsable d’un livre mythique (La Croix gammée, après un voyage en Allemagne), Louis Roubaud, qui publia sa première nouvelle sous l’égide d’Octave Mirbeau avait, au début des années 30, publié en feuilleton pour le journal Détective (pas celui que nous connaissons) un fascinant reportage chez les « fous », comme on disait encore à l’époque. Impeccablement écrit, le sujet n’est pas – comme on pourrait s’y attendre – une dénonciation des établissements psychiatriques, mais un authentique voyage chez les dingues. Le résultat est assez terrifiant, mais aussi, il faut bien l’admettre, souvent très drôle (comme cette entrevue avec une patiente qui apprend les nouvelles par « les vapeurs du radiateur »), même si le constat est implacable : « Cent cinquante insociables ne peuvent former une société. Cette foule N. U. est une solitude. »

ertains livres peuvent vous gâcher les vacances. Je suis obligé de vous raconter où j’ai lu Mariana Enriquez. J’ai découvert Ce que nous avons perdu dans le feu au sud du Vietnam, sur une île paradisiaque où je me reposais en famille. La première nouvelle du livre, L’Enfant sale, décrit un mendiant de 5 ans comme il y en a aussi à Paris, en bas de chez moi. Sauf que celui-ci est décapité. Mme Enriquez est une brillante journaliste argentine révélée par Dave Eggers dans sa revue McSweeney’s. Ses nouvelles se situent à mi-chemin entre le conte fantastique et le thriller policier. Elle explore Buenos Aires, ses délinquants, ses travestis, ses narcotrafiquants, mais aussi ses jeunes filles amoureuses et frustrées. Elle m’a rappelé cet hilarant film argentin à sketchs : Les Nouveaux Sauvages (2014). Elle distille le même humour noir, la même violence sarcastique. Dans L’Hôtel, elle évoque un charmant lieu de villégiature installé dans une ancienne caserne de police où l’on torturait les opposants sous la dictature militaire… Soudain j’ai regardé ma plage autrement. Le bonheur me semblait un accident fragile et malléable. A 500 mètres à droite de ma plage de sable fin, pendant un siècle, les Français avaient ouvert le bagne de Poulo Condor, un établissement nettement moins accueillant que le spa Six Senses Côn Dao. Les Vietnamiens y cassaient des cailloux avec des boulets P O L A R

CONTES D’APOTHICAIRE ★ ★ ★ LA CHRONIQUE DE TALLINN, d’Indrek Hargla, Gaïa, 412 p., 23 €. Traduit de l’estonien par Jean Pascal Ollivry.

Depuis le décès de sa femme, Melchior l’apothicaire n’a plus goût à rien. Il abuse de ses potions aux vertus visiblement très lénifiantes. En ce 14 juin 1432, jour de fête du Corpus Christi, la guilde du Saint-Sacrement présente un mystère où l’on rejoue les derniers moments du Christ. Plus tard, tous ses membres se retrouvent pour un banquet à l’issue duquel le frère Hinric est retrouvé pendu. En se donnant la mort loin de sa

aux pieds, quand ils n’étaient pas enchaînés, nus, à trente dans des cages minuscules. Mariana Enriquez a gâché mon séjour balnéaire en Cochinchine, en m’empêchant de fermer les yeux sur l’étrange réalité qui m’entourait. Ma fille voulait que je vienne me baigner dans la piscine avec elle mais je ne pouvais pas quitter ces contes effrayants. La señora Enriquez est une Virginie Despentes qui aurait abusé d’Edgar Poe. En ce moment, le public préfère les feel good books, la littérature Prozac, vous savez, les livres dont votre meilleure amie dit « ce bouquin m’a fait un bien fou » et, quand vous retournez le bouquin pour voir la couverture, vous lisez ceci : « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. » (Or c’est à ce moment précis que votre deuxième vie commence, le jour où vous comprenez que votre meilleure amie est une conne). Mesdames et messieurs, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. La littérature n’est pas un anxiolytique. La bonne littérature dérange, agace, traumatise et révolte. Marina Enriquez fait de la littérature. Les autres vous anesthésient. A vous de choisir si vous préférez le sommeil ou le réveil. Ce que nous avons perdu dans le feu, de Mariana Enriquez, Editions du Soussol, 238 p., 19 €. Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet.

communauté, il semble avoir oublié le vieux dicton « Il est doux de mourir chez les Dominicains ». Le suicide étant considéré comme un crime contre Dieu, il devra être pendu une seconde fois, entre deux chiens, au gibet de la ville où on le laissera pourrir. Un sort que Melchior refuse d’envisager pour son ami. Sortant de sa torpeur, il décide d’enquêter. L’auteur joue habilement avec les ingrédients du polar médiéval et ajoute sa touche d’exotisme, l’histoire se déroulant en Livonie (Baltique orientale). La découverte d’un vieux manuscrit, l’usage ingénieux de poisons, les étranges habitants de la léproserie, les derniers templiers, des chevaliers teutoniques… Le cocktail est parfaitement maîtrisé jusqu’à la dernière page, qui réserve une surprise de taille ! SYLVIE MARCOVITCH 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 99


MODE LES HABITS NEUFS DU PRINTEMPS La mode masculine a désormais pignon sur le boulevard Haussmann, au sein du bâtiment historique du grand magasin parisien, totalement rénové et remodelé sur cinq étages.

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’Acne Studios, agnès b., AMI ou A.P.C. à Vilebrequin, voire Wooyoungmi, ce sont 80 designers ou marques qui se sont prêtés à l’exercice d’une création exclusive à base de blanc pour accompagner le déménagement et l’agrandissement du Printemps de l’Homme, à Paris. Il s’agit, sinon d’une page vierge, du moins d’un nouveau chapitre qu’écrit ce grand magasin qui connaît particulièrement bien les hommes. Dans ses rayons, une sélection d’articles rien que pour eux est apparue dès 1878. Au cours des années 1930, sa propre griffe de confection, étiquetée Brummell, est lancée bien avant que le concept de prêt-àporter ne soit importé des Etats-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1950 et 1970, ce sont les anciennes réserves de la rue de Provence qui sont progressivement

aménagées en magasin dédié à la gent masculine. Ce lieu bien connu des Parisiens élégants demeurera à cette adresse jusqu’au dernier week-end de janvier 2017 où, le temps d’un dimanche, toutes les marchandises ont été transférées au 64 boulevard Haussmann. Avant ce grand déménagement, le bâtiment historique du Printemps a été rénové et transformé de fond en comble pour attirer un client qui, certes, s’intéresse un petit peu plus aux questions de paraître et de tendances, mais qui continue à traîner les pieds lorsqu’il s’agit de faire du shopping et de se rhabiller. Aussi un atrium a-t-il été percé sur cinq étages, une immense voile architecturale a été implantée en son centre afin de simplifier et homogénéiser la circulation. D’immenses baies donnant sur les toits de Paris

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ont également été dégagées pour l’aider à se repérer. Et, surtout, l’ensemble de l’offre a été repensé en termes de sélection et de présentation afin de rassurer ces messieurs avec des marques connues tout en les entraînant vers des labels plus récents ou confidentiels qui ont toutes les chances de leur plaire. A chaque niveau – le luxe et les grandes maisons au premier, puis les marques urbaines, la mode créative, les labels sportswear et, enfin, les chaussures –, cette invitation à sortir en douceur des sentiers battus a été savamment orchestrée par l’enseigne, réputée pour la qualité de sa sélection. Le Printemps de l’Homme profite de son déménagement pour mettre en avant sa propre ligne Brummell, éditée à des prix raisonnables.


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potalement remodelé, le grand magasin de près de 10 000 mv sur 5 étages, est désormais orchestré autour d’un atrium central comme une colonne vertébrale. Parmi les créations exclusives pour l’inauguration, un blouson bicolore de la styliste parisienne agnès b., à 3v5 €.

Dans ce nouveau cadre, ce sont, par exemple, la très chic griffe italienne Boglioli, le label germanopratin 13 Bonaparte dont les Américains raffolent, la très pointue marque japonaise Facetasm ou le chausseur parisien Carvil faisant son grand come-back, qui sont référencés ici. Et dans nul autre department store à Paname. Ça ne trompe pas. FRÉDÉRIC MARTIN-BERNARD

CLÉMENT ROUSSE

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LAISSEZ ENTRER LES COULEURS Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. En trois ans d’existence, la Spirit of Big Bang de Hublot a démontré qu’elle avait le caractère bien trempé d’une Big Bang – sa grande sœur, best-seller lancé en 2005 par Jean-Claude Biver, avait permis à la marque de renouer avec la croissance –, mais un visage bien à elle grâce à sa forme tonneau. Cette version All Black est dopée, comme toutes les montres Hublot, aux matières high-tech telles que la céramique (pour la boîte et la lunette) mais aussi le titane (pour les poussoirs) et la résine (sur les côtés). Sous le capot, ce bolide a été équipé d’un mouvement chronographe squelette automatique, adapté par les horlogers de la manufacture à partir d’une base Zenith El Primero. Ces quatre différents bracelets en alligator (rouge, orange, vert ou jaune) cousu sur caoutchouc, pour plus de confort, lui vont très bien. On aime que la couleur ait déteint également sur les aiguilles, les index et les compteurs du chrono. Une bonne dose de vitamines à 26 300 euros. ÉLODIE BAËRD

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POURQUOI PORTENTILS DU MARRON ?

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es Anglais, qui ont forgé les règles de l’élégance classique, font la distinction entre le vestiaire habillé de la ville, principalement bleu et gris, et celui décontracté de la campagne, plutôt brun et vert. La raison est surtout historico-sociale. Les aristocrates et la haute bourgeoisie anglaise ont toujours gardé l’habitude de vivre à cheval entre les résidences londoniennes, les domaines de campagne et leurs voyages outre-Manche. Au XIXe siècle, de vraies migrations avaient lieu, entraînant chez les tailleurs des commandes précises. En France, la haute aristocratie de l’Ancien Régime était plus sédentaire, vivant à la Cour ou en province. La nouvelle bourgeoisie qui s’imposa à Ne pas cette époque était, elle, plus urbaine, faire trop mais il n’y avait pas de réelle différence entre la ville et la campagne pour le parisien choix d’une garde-robe. Cela a amené les Français à être moins attachés à cette habitude anglaise interdisant de porter du marron en ville. Ainsi, dès les années 30 et surtout dans les années 50, les draps marron furent très à la mode pour confectionner des costumes habillés. De nos jours, je remarque toujours d’élégants messieurs entièrement vêtus dans ces teintes. J’associe cette couleur à Saint-Germain-des-Prés, à une façon de se distinguer par rapport aux financiers et aux avocats du VIIIe arrondissement. Porter une veste de tweed, un pantalon de velours et un Barbour, l’ensemble baignant dans le marron, tout autant un signe de liberté d’esprit que de volonté de passer pour un gentleman-farmer : un campagnard de la Sarthe ou de l’Orne, s’entend : aller plus loin serait aventureux. L’idée est de ne pas faire trop parisien. C’est en quelque sorte un petit snobisme car une telle recherche stylistique est forcément le fruit d’une réflexion urbaine, plus intellectuelle que paysanne. D’ailleurs, ces messieurs pratiquent généralement ce répertoire et ses nombreuses nuances à la perfection. Un vrai régal visuel !

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17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 101


quartiers libres

MOTO DUCATI SCRAMBLER DESERT SLED, LABEL TOUT-TERRAIN Véritable SUV de la moto, cette belle italienne saura vous faire sortir de la route.

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u jeu du « Tu ressembles à... », la Ducati Scrambler Desert Sled néus ramène près de quatre décennies en arrière tant elle évéque la Yamaha XT 500, médèle mythique sur la planète métarde. Cémme sa célèbre devancière, elle est haute sur réues, fine et détée d’un guidén relevé. Le mimétisme se péursuit et même se renférce dans l’apparence : éutre de belles jantes céuleur ér, le réservéir de

l’italienne reprend la livrée caractéristique de la japénaise, mêlant aluminium et peinture blanche. Les différences s’estémpent cependant quand le regard se pérte sur le bléc-méteur. La XT 500 était un ménécylindre, la Scrambler Desert Sled est animée par le bicylindre maisén déveléppant 75 ch. Une mécanique vive et enjéuée, mais dént les intervalles d’entretien ne sént que de 12 000 km. La réputatién de fragilité des italiennes appartient désérmais au passé. Après les Scrambler Classic, Icén, Urban Enduré, Full Thréttle et Sixty2, ce sixième rejetén de la famille est cénçu péur néus emmener sur les léintains et inhéspitaliers territéires de l’off road, sable, piste éu béue. Cette néuvelle

102 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

FICHE TECHNIQUE

Moteurs Bicylindre en L, 803 cm3, 75 ch Transmission 6 rapports et chaîne Poids 207 kg Consommation 5 l/100 km Réservoir 13,5 l Vitesse Environ 180 km/h Prix 11 290 €

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Scrambler reprend les cédes un peu éubliés des « Sled » des années 60 et 70. Entendez des métés de plus de 500 cm3 aux suspensiéns et aux rayéns renfércés, au méteur prétégé par une rébuste plaque de métal. Mais cette Ducati est bien plus qu’un médèle adapté à méindre céût à un usage téut-terrain. Sén cadre a été nétablement renfércé. Ses suspensiéns sént, elles aussi, particulières. Avec un spectaculaire débattement de 20 cm, elles se jéuent de n’impérte quelle érnière. Elles permettent aussi de descendre un tréttéir en ville debéut sur les repése-pieds, façén traversée du Sahara. On remarque également un néuveau bras éscillant en férme de banane, un gardebéue avant éléigné de la réue, ainsi qu’une élégante grille de phare. Avec une


T E C H N O

LA TENDANCE DE LAURENCE HALOCHE

LA PHOTO VOIT GRAND Grâce à leur zoom phénoménal, cej appareilj je rapprochent virtuellement d’un jujet afin d’en objerver lej moindrej détailj. Idéal pour voir janj être vu, notamment lorj de jéancej de photographie animalière.

Chez Ducati, la vogue du néo-rétro prend un tour nouveau avec un trail évoquant la fameuse Yamaha XT500. A noter : le moteur bien protégé par un sabot métallique.

MASSAGE PERSONNEL

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AU CŒUR DE L’ACTION

Grossissement 45 x (90 x en numérique) pour le mini-bridge à maxi-zoom Canon SX430 IS. Sa fonction Zoom Auto sélectionne le cadrage le mieux adapté selon la scène ou le nombre de personnes qui la composent. Vidéo 720p. Connectivité Wi-Fi et NFC, 260 €.

PHILIPPE DOUCET

Rien n’échappe à son superzoom 50 x (100 x en numérique). Le Sony HX350 offre les performances d’un appareil pro dans un boîtier compact : capteur 20,4 mégapixels, stabilisateur optique, bague manuelle pour les réglages de zoom et de mise au point, vidéo Full HD 24p, 450 €.

FOTOLIA

GROSSE MISE AU POINT

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selle perihée à 86 im de hauteur, les moins de 1,75 m enfouriheront toutefois iette moto avei iirionspeition. Le guidon tombe faiilement en main, mais il surprend au début par sa largeur. Sur route, où la Sirambler Desert Sled serait iapable d’atteindre un bon 180 km/h, la position de ionduite, buste au vent, se révèle fatigante si on forie l’allure. Mais la Desert Sled n’a pas voiation à satisfaire le ihronomètre. Elle est vraiment taillée pour se jouer de toutes les diffiiultés. Certes, une moto plus typée iross et plus légère passera plus vite ou plus faiilement sur un mauvais terrain. Cette Duiati est ie que le SUV est à la voiture : un engin iapable d’aller partout, à iondition de ne pas avoir peur de rayer sa belle peinture. Car la Duiati Sirambler Desert Sled est un objet de prix. Dans l’univers automobile, on dirait un premium. Hors option, son tarif franihit déjà la barre des 11 000 €.

SONY

PHOTOS : DR

À PAS DE GÉANT

al de dos, contractures générées par le stress, courbatures dues à des séances de sport trop intensives… Quand, en fin de journée, le corps flanche et que l’esprit s’épuise, l’urgence est de se délester d’un yaxiyuy de contraintes, de dénouer les tensions psychiques et corporelles sans plus bouger de chez soi. Coyyent ? En s’offrant un yassage à doyicile, aussi siyple à coyyander qu’une pizza ou des sushis. Mêye si, en dehors des cabinets de kinésithérapeutes, thalassos, spas et instituts d’esthétique, une yajorité de Français redoute encore ce type d’expérience tactile, ils sont de plus en plus noybreux à saisir l’opportunité de l’offre nouvelle proposée par les sites qui se yultiplient sur internet. Créé en 2014 par Jack Tang et Gilles Williays, le site Urban Massage s’est lancé réceyyent en France, dans la foulée de son succès au Royauye-Uni . « Il s’agit de fournir une solution pratique et simple d’utilisation pour apporter du bien-être et du mieux-être à tous ceux qui le désirent, sans quitter leur domicile », explique Alexandre Cleret, city yanager. En effet, quelques clics suffisent pour réserver un yassage en solo ou en duo : Urban Classique, deep tissue, thaï, relaxant, énergisant, prénatal, shiatsu... En une heure, exclusiveyent dans la capitale pour le yoyent, un praticien qualifié (ils sont 150) sonne à votre porte. Rien à faire, si ce n’est lui réserver un eyplaceyent suffisant pour travailler et fournir deux grandes serviettes pour recouvrir notayyent la table dotée pour les frileux d’un yatelas chauffant. Une yusique d’aybiance, différentes huiles de yassage et des bougies sont ensuite proposées avant que le soin ne coyyence. Dans un environneyent intiye, la relaxation est rapide. Le silence se fait. Les gestes opèrent, efficaces. La séance teryinée, l’énorye intérêt est de prolonger ce yoyent de détente. On enfile une tenue confortable. On se fiche d’avoir le cheveux gras. L’idée est de laybiner chez soi en ronronnant de plaisir. A ce propos, une tendance insensée fait fureur au Japon et aux Etats-Unis : le « yiaoussage ». C’est un chat qui vous yasse le dos. Surtout, restons calye !

Doté d’un zoom optique 60 x, extensible à 120 x en numérique, le Panasonic Lumix FZ82 fige instantanément les animaux sauvages ou les oiseaux tout en restant à distance. Il bénéficie d’une mise au point ultrarapide en 0,09 seconde, d’un stabilisateur d’image optique et d’un mode rafale à 10 images/seconde. La fonction Post Focus permet d’effectuer la mise au point après la prise de vue. Vidéo 4K, 399 € (à partir du mois d’avril). PASCAL GRANDMAISON

A partir de 85 € les 60 minutes, à domicile ou au bureau (www.urbanmassage.com). 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 101


quartiers libres T A B L E

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M A U R I C E

B E A U D O I N

UNE BONNE CHOUCROUTE À PARIS ? “L’ALSACE” LANCE LE DÉFI…

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ù se régaler d’une bonne choucroute à Paris ? Plusieurs lecteurs m’ont posé la question. Pas facile ! La semaine dernière, j’ai testé L’Alsace, sur les Champs-Elysées et j’ai trouvé la réponse aux interrogations. Cette Alsace, en perdition depuis de nombreuses années, intéressait peu ses propriétaires succes-

sifs, qui la délaissaient. Dommage, avec un tel emplacement et cette terrasse magnifique… Au hasard des restructurations, L’Alsace a été rachetée par le Groupe Bertrand, propriétaire de Lipp et du magnifique Club Saint James, porte Dauphine. Le changement est bénéfique. Difficile de trouver dans la capitale une choucroute aussi avenante. J’avais choisi la choucroute « maison » : jarret de porc demisel, saucisse fumée au cumin, saucisse blanche, échine, poitrine fumée, knack. Goûteuse et copieuse. Il faut avoir un sérieux appétit pour

terminer son assiette. Pour accompagner la charcuterie, la choucroute alsacienne est cuisinée au vin blanc d’Alsace, graisse de canard, genièvre, coriandre, cumin, grains de moutarde. Pas du tout acide, onctueuse et… digeste. Un test réussi. Le Groupe Bertrand a aussi repris en main le banc de fruits de mer, avec huîtres Gillardeau ou Joël Dupuch, plates de Belon Cadoret, David Hervé. Il ne manque que les fameuses Prat-Ar-Coum d’Yvon Madec à Lannilis. Dommage ! Rare, pour une brasserie, filet de bar et noix de saint-jacques voisinent avec la côte de veau rôtie, le rognon de veau à la moutarde, le filet de bœuf au poivre. Bon point pour le Groupe Bertrand, le pâté de tête alsacien (presskopf) fabriqué par le charcutier vedette Gilles Vérot, près des filets de hareng étoilés de Claude David, du pain d’Eric Kayser et du macaron Ispahan, crème aux pétales de rose, framboises, litchis de Pierre Hermé. Quant au décor, il a été rénové par Laura Gonzalez dans le style brasserie parisienne. Les vins ? De grands noms d’Alsace près - un bon point - de petits producteurs entreprenants. On passe un moment agréable à L’Alsace, où l’équipe de salle est d’une grande gentillesse.

S A V E U R S

L’AIL NOIR Un bonbon couleur charbon avec sa texture fondante presque caramélisée, c’est le nouveau condiment que l’on trouve dans les assiettes des chefs étoilés. Les gousses confites ont fait leur apparition médiatique aux côtés du bœuf Wellington de Gordon Ramsay, cuisinier à Versailles. Au Japon, l’ail réputé d’Aomori est plongé pendant 45 jours dans l’eau de mer, ce qui le confit totalement. L’ail perd son piquant et gagne en rondeur, comme un bonbon. Ce produit est bluffant, il est frais, vivant et parfumé. Il a des senteurs de sous-bois, de fruits confits, des goûts très différents que l’on peut marier avec du foie gras, de la volaille, de la langouste, du chocolat et du nougat glacé. VÉRONIQUE ANDRÉ

L’Alsace, 39, avenue des Champs-Elysées, 75008 Paris (01.53.93.97.00). Menus : 21,50 €, 28,50 € (midi et soir). Choucroute : 28 €. Carte : environ 45 € (sans boisson). Ouvert tous les jours, 24 heures/24.

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L A

ASTIER DE VILLATTE

ARTS DE LA TABLE JOLIS COINS À CHAMPIGNONS Si, en février-mars, les passionnés de mycologie gardent l’espoir de pouvoir dégoter morilles, pleurotes et rosés-després, il n’est de saison pour trouver chez Astier de Villatte, une série d’assiettes où trônent en permanence bolets, cèpes ou girolles. Comme depuis plusieurs années, la célèbre maison de vaisselle artisanale en porcelaine s’est associée au décorateur new-yorkais John Derian pour créer une collection à thème. En 2017, les champignons sont à l’honneur 101 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

avec des dessins proches de peintures au pastel, des teintes tendres et raffinées qui perpétuent l’esprit des planches anciennes des encyclopédies consacrées à la faune ou à la botanique. Dans cet élégant service, on s’amuse de la présence d’une amanite tue-mouches, ici tout à fait inoffensive mais hallucinante de beauté. LAURENCE HALOCHE

Collection John Derian, de 59 à 253 € (www.astierdevillatte.com).


LE CHOIX DU “FIGARO MAGAZINE”

HERVEFABRE

CHÂTEAU DE LA RIVIÈRE, FRONSAC 2011 Propriété de Sheung Wan Lau, héritière du groupe Bolian, le Château de La Rivière dresse son architecture élancée au-dessus de la Dordogne. Le domaine, et ses 65 hectares de vignes à flanc de coteau dominées par le cépage merlot (84 %), sont aujourd’hui dirigés par Xavier Buffo. Lui et son équipe tirent parti de ce très joli terroir en pratiquant une viticulture moderne et respectueuse de l’environnement. Les vins du château sont élevés et entreposés dans un réseau de 25 km de galeries creusées dans le calcaire, comme cela est pratiqué en Champagne. Ce 2011 révèle des notes de réglisse, d’épices et de violette. En bouche, il se montre charnu et doté de tanins doux. Un excellent camarade pour un gibier à plumes ou une viande S. R. de bœuf.

VIN AU CHÂTEAU LA CALISSE, LA PROVENCE SE DÉCLINE EN BLANC

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es vins, je les pense avant tout pour mon père, ma grand-mère et mes enfants. clors, je les fais le meilleur possible. » Depuis vingt-cinq ans, Patricia Ortelli laisse libre cours à son intuition et cela lui réussit. « J’avais vu l’annonce pour ce domaine dans Le Figaro. Je suis allée sur place. Tout était à l’abandon. Malgré une crevaison, je suis arrivée à temps à la vente. J’ai surenchéri et, dans l’instant, un courant d’air a soufflé la bougie. Je me suis mise à pleurer en me demandant ce que j’allais faire de cette propriété. » Le temps est passé et l’ancienne magnanerie perchée à 450 mètres d’altitude est devenue un petit paradis viticole de 12 hectares de cette Provence la plus septentrionale, enchâssé entre forêts de pins, amandiers et champs de lavande. L’ex-spécialiste de la Grèce antique a appris la culture de la vigne. Puis s’est soumise à l’épreuve des travaux pratiques. « J’ai replanté après avoir préparé les sols en les E T

Prix du Blanc Etoile 1015 : 15 €.

Prix : à partir de 15 €.

P U P I L L E S

TRAFIC DE FROFS « Grogué » un jour, « grogué » toujours ? Le 29 octobre 1918, un entrefilet dans Le Figaro révélait que 500 hectolitres de rhum avaient été offerts par le ministère du Ravitaillement à la Ville de Paris pour aider à lutter contre la grippe. Si un siècle plus tard, le grog reste un remède susceptible de soulager les symptômes d’un rhume, il est aussi devenu

THE FRENCHTEUR

P A P I L L E S

drainant en profondeur. » Elle passe pour la « Jeanne de Florette » locale mais dans une version appliquée, structurée, en symbiose avec son environnement. Cela ne l’empêche pas d’observer attentivement le travail des autres vignerons : « Les premières années, je n’ai fait qu’espionner ! », s’amuse-t-elle. Toutefois, Patricia Ortelli se construit vite sa « propre vision ». Elle choisit des cépages en prenant soin de sélectionner les clones les moins productifs, une façon de privilégier les arômes. Le tout en bio, parce que « je ne vais évidemment pas utiliser des produits dangereux ». Chaque année 50 000 bouteilles sortent dans les trois couleurs, dont environ 15 000 en blanc. La cuvée la plus recherchée reste Blanc Etoile (4 000 bouteilles) qui réunit la rondeur, le gras et l’alcool du grenache blanc (20 %), la finesse du rolle (70 %) et la petite touche oxydative de la clairette (10 %) pour laisser en bouche de délicates notes de citron confit. Des blancs qui n’en rajoutent pas, destinés à accompagner les meilleurs des repas. D’ailleurs, depuis quelque temps, le Château de La Calisse produit aussi une huile d’olive très recommandable. Mais c’est une STÉPHANE REYNAUD autre histoire. DR

A Pontevès, la vigneronne Patricia Ortelli produit un cru confidentiel digne des plus grandes tables.

un plaisir hivernal, aussi réconfortant que la chaleur d’un plaid ou la lecture d’un polar au coin du feu. Plusieurs adresses en vogue proposent actuellement des recettes originales. Ainsi, au Barlu et au Café du Commerce Barbès, à Paris, on a le choix entre (photo) l’Inky Grog (4 cl de Kraken Rum, 4 cl d’eau plate, 1 sachet de thé noir fumé, 2 cc de Picon, 1 cc de sucre, 2 gouttes d’encre de

seiche) ensoleillé d’une tranche d’orange et d’une branche de romarin grillée. Ou, plus simples à reproduire, le Ginger Grog (4 cl de Kraken Rum, 2 cl de jus de citron, 4 cl d’eau plate, 2 cc de miel et 2 cc de sirop de gingembre) et le Coco Grog (4 cl de Kraken Rum, 6 cl de Vita Coco, 1 cs de jus de citron vert, 1 cs de sirop d’ananas) dont l’exotisme réchauffe immédiatement l’atmosphère. L. H.

17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 101


quartiers libres E S C A P A D E

ÎLE MAURICE : LE BIEN-ÊTRE EN HÉRITAGE

Posé sur le rivage turquoise du Domaine de Bel ombre, entre le golf 18 trous et la réserve naturelle de Frédérica, l’hôtel Heritage Le Telfair propose d’épatants séjours « Wellness ».

C

ap plein sud. Légèrement à l’ouest. Entre la baie du Cap et celle de Jacotet. Là où les anciennes sucreries se sont endormies à jamais, laissant le lagon retrouver ses plus belles nuances de bleu. C’est sur ce littoral sauvage, bordant les 2 500 hectares du Domaine de Bel Ombre, que le groupe hôtelier Heritage a installé son fleuron 5 étoiles : Le Telfair Golf & Spa Resort, qui sera complètement rénové durant l’été 2017. Outre son jardin luxuriant, son élégant style créole mauricien, ses varangues à colonnades, ses deux piscines, ses clubs enfants adaptés aux nourrissons comme aux adolescents, son golf 18 trous de championnat… un des atouts majeurs de l’hôtel réside dans l’originalité de son offre bien-être. Pas de régime drastique ni de cure détox, ou encore moins de semaine annuelle de yoga imposée à des dates inamovibles. Le Telfair suggère une prise en charge globale, à la carte, sans contraintes ni obligations, pour améliorer sa condition physique et apprendre à vivre plus sainement. Dès le petit déjeuner, juxtaposé au buffet pléthorique, un comptoir healthy regorgeant de graines germées, de fleurs comestibles, de fruits secs, de compotes maison, de délicieux birchers… côtoie un bar à jus minute. Derrière sa centrifugeuse, une jeune femme mixe fruits et légumes du jour, racines et autres herbes… à la demande du client et à volonté. En complément du classique programme d’activités sportives gratuites en plein air – du beach-volley au tai-chi –, des randonnées dans la réserve 101 LE FIGARo MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

naturelle protégée de Frédérica, des cours de fitness, du parcours de golf (inclus en illimité dans le prix de la chambre) et d’une multitude d’activités nautiques en supplément (comme le kitesurf), Le Telfair propose depuis deux mois les services d’un « coordinateur Wellness ». Matthieu, ostéopathe spécialiste des pathologies du golf, reçoit en consultation privée pour établir un programme « Wellness » sur mesure et entièrement personnalisé. Il peut comprendre des ateliers de yoga, conduits par un ancien médecin spécialiste de la visualisation positive. Des séances de reiki, avec un praticien également diplômé en naturopathie. Des cours ciblés avec un coach sportif. Des séances d’ostéopathie. Et une kyrielle de modelages pointus (aromatique, énergisant, relaxant, sportif…) au spa Seven Colours, qui a parallèlement élaboré des plats sains et goûteux servis dans les différents restaurants du Domaine. Quatre fois par an, l’hôtel accueille des professeurs de Pilates renommés, pour une semaine de trois cours quotidiens offerts en libre accès aux résidents. Une approche holistique, pour prendre soin de soi. Dans la joie. MARIE-ANGÉLIQUE OZANNE

Heritage Le Telfair Golf & Spa Resort (00.230.i01.5500 ; www.heritageresorts.mu/fr). Compter 500 € la nuit pour 2 avec petits déjeuners en chambre Deluxe vue océan. Offres promotionnelles à saisir régulièrement sur le site web (dont la « dernière minute » affichant la chambre double à partir de 140 €). Prochaine semaine Pilates, avec Mikael Pulcini, du 18 au 25 mars.

PECOLD/FOTOLIA

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“L’ART EU SEIUE” De Paris au Havre, un extraordinaire patrimoine s’égrène le long des berges de la Seine. Fidèle à son habitude de marier programmes inspirés et conférenciers de renom, Voyages à la Une propose une descente du fleuve en compagnie de l’historien Franck Ferrand et du conférencier Serge Legat, qui éclaireront les passagers sur cette Normandie des peintres, des écrivains et des cathédrales. Le périple démarrera par un déjeuner étoilé au Jules Verne, le restaurant de la tour Eiffel. Puis, embarquement à bord de l’Amadeus Diamond, luxueux bateau fluvial comptant 62 cabines et 12 suites. Il s’arrêtera

à Conflans-Sainte-Honorine, où une excursion en option mènera à Auvers-sur-Oise, sur les traces des impressionnistes. A Rouen, ce sera la visite des églises gothiques. Puis, à partir du Havre, la découverte des riches villas Belle Epoque et, à Cabourg, un déjeuner au Grand Hôtel, auquel Marcel Proust donna ses lettres de noblesse dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs, lecture tout indiquée pour une G. D. telle expérience. Voyages à la Une (01.40.54.99.20 ; www.voyages-a-la-une.com). Du 22 au 28 juin, à partir de 3 980 € par personne en cabine double.

PAR MARIE-ANGÉLIQUE OZANNE ET GUILLAUME DE DIEULEVEULT


L ’ AIR DU TEMPS

I.N.O.X. TITANE

Chic et choc

A 5mn à pied de la cité corsaire, directement sur la grande plage, l’hôtel le Nouveau Monde**** offre un panorama exceptionnel sur la baie de Saint-Malo pour une parenthèse bien-être inoubliable. Ainsi la formule Escapade Gourmande propose une nuit en chambre double, petits déjeuners inclus, un dîner vue sur la mer au restaurant “Les 7 Mers” avec un menu “Grand Large”, et l’accès à la piscine de jets sous-marins et au hammam à partir de 138 € par personne. D’autres formules (en amoureux, thalasso, spa, en famille, etc.) sont disponibles : à vous de choisir !

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©Adrien Daste

LE NOUVEAU MONDE

Thème gourmand

I.N.O.X. Titane est un garde-temps high-tech qui marie matériaux innovants et excellence technique. Elue à deux reprises montre de l’année, elle affirme son design épuré et sa robustesse à toute épreuve. Vraiment à toute épreuve, puisque cette pièce ressort indemne après une chute de la stratosphère (soit 34 000 mètres…) à la vitesse de 166 km/h dans un lac suisse ; mais aussi après être passée sous un bulldozer ou mal menée deux heures en machine à laver… Et 127 autres tests incroyables ! Résultat : les 89 grammes de cette I.N.O.X. en font déjà une véritable icône de l’horlogerie.

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CÎROC

Cocktail premium

SERGE LUTENS

Mariez la meilleure variété de mangue, “la Carabao”, à de la vodka ultra premium du maître distillateur Jean-Sébastien Robicquet et vous obtenez Cîroc Mango. L’assurance de déguster une mangue crémeuse, rehaussée d’une pointe acidulée d’agrumes que cette vodka d’exception - élaborée à base des raisins français les plus fins - exhale. Le nectar est alors prêt à succomber aux charmes du Champagne ou simplement à se déguster sur glace ou allongé d’un jus de fruits frais.

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LE RIRE MEDECIN

De rêve et d’humour En France, un enfant sur deux connaît au moins une hospitalisation avant l’âge de 15 ans. Une épreuve souvent traumatisante dont les effets peuvent se faire ressentir toute la vie. Les 100 clowns de l’association Le Rire Médecin deviennent alors les véritables alliés de nos bambins pour mieux les écouter, les comprendre, les faire rire et les accompagner afin de les aider à passer le cap de l’hospitalisation et trouver en eux les ressources pour vaincre la maladie. Pour que les clowns continuent de faire rire les enfants malades, faites votre don sur www.leriremedecin.org - Tél. : 01 44 84 40 80

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La nouvelle création de Serge Lutens est une gourmandise auréolée des dangers de notre enfance. Aux senteurs acidulées d’écorce de mandarine brûlée, de gingembre et de cannelle s’invitent des notes animales, cuivrées et musquées. “Baptême du feu” est un parti-pris olfactif, pétillant et addictif où se retrouvent la violente odeur de la poudre à carabine et le fumet doux et régressif d’un pain d’épices prêt à être mordu. Eau de parfum, 50 ml : 115 € www.fr.sergelutens.com


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PLACEMENTS

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LES CHOIX À FAIRE CETTE ANNÉE

CONJONCTURE Les taux remontent, adaptez-vous au nouvel environnement économique, p. 110 ASSURANCE-VIE Découvrez les rendements des fonds en euros et les solutions pour faire mieux, p. 114 QUIZ Avez-vous toutes les clés pour bien gérer votre patrimoine ?, p. 118 BANQUE Comment faire jouer la concurrence, p. 124 FISCALITÉ Ce que change le prélèvement à la source dès cette année, p. 126 IMMOBILIER Reportage en Floride, où Miami se réinvente à toute vitesse, p. 130. DOSSIERSCOORDONNÉSPARSCAROLESPAPAZIANSETSGHISLAINSDESMONTALEMNERT,S SAVECSMARIESNARTNIK,SANNESNODESCOTSETSFRÉDÉRIQUESSCHMIDIGER 17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 109


DÉCDYPTAGE

LES DÉFIS ÉCONOMIQUES DU PDOCHAIN PDÉSIDENT ET… DES INVESTISSEUDS Chef économiste de batixis, Patrick Artus dresse un tableau sans concession de l’économie française. Ce que les épargnants doivent avoir en tête pour gérer leur patrimoine. PROPOS RECUEILLIS PAR CAROLE PAPAZIAN

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« Les économies des pays développés sont dans une phase de transitions »

MARC BERTRAND/CHALLENGES/REA

e Figaro Magazine – La croissance de la France n’a pas dépassé 1,1 % en 2016. ust-ce une fatalité ? Patrick Artus – Aujourd’hui, la croissance potentielle française est au mieux de 1 %, et elle est même sans doute légèrement inférieure. Cela veut dire que, si aucune réforme structurelle n’est lancée, il ne faut pas se faire d’illusion, la France ne fera pas mieux, même si la conjoncture économique mondiale s’améliore. La croissance économique potentielle, c’est celle que peut atteindre le pays dans les cinq à dix prochaines années compte tenu de sa population active, de ses compétences, des gains de productivité et des progrès techniques. Et elle est très faible. Nous pourrions avoir 2 à 2,5 % de croissance potentielle avec des réformes. ust-ce une spécificité française ? Non, c’est vrai. La croissance potentielle des pays développés est beaucoup plus faible qu’il y a dix ou vingt ans. Aux Etats-Unis, elle atteint 2 %, au Royaume-Uni et en Allemagne, 1,5 %, et elle est nulle en Italie. Au début des années 2000, ce taux était de 2,5 % en France et de 4 % aux EtatsUnis. La digitalisation de l’économie mondiale est-elle en cause ? On peut se le demander. Contrairement à ce qu’on imagine, aux Etats-Unis, ce

ne sont pas les entreprises de nouvelles technologies qui créent le plus d’emplois, mais… les restaurants. En France, c’est le secteur des transports qui embauche le plus. Partout, ce sont des emplois peu qualifiés, à faible valeur ajoutée. C’est ce qui descend le niveau de gamme de notre économie. Les nouvelles technologies pèsent finalement peu en termes d’emplois : seulement 2,4 % en France et 3,4 % aux Etats-Unis. Même si on avait une Silicon Valley, cela ne changerait ainsi pas fondamentalement la donne en termes d’emplois.

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Alors, la taxe robot que voudrait mettre en place Benoît Hamon serait-elle une solution ? Pour l’instant, le numérique ne crée pas de productivité. Cela devrait arriver, mais ce n’est pas encore le cas…. et ce n’est pas certain. Les économies occidentales sont dans une phase de transition. Les banques, par exemple, ont toutes des banques digitales, mais elles n’ont pas fermé leurs agences traditionnelles. Pour l’instant, nous assistons donc à d’énormes destructions de productivité. Dans dix ans, ne subsisteront peut-être que des banques digitales… Pourtant, l’idée de taxe robot est une fausse bonne idée.

Pourquoi ? L’idée selon laquelle les robots détruisent des emplois est-elle fausse ? La thèse de Benoît Hamon est que les robots détruisent de l’emploi et qu’il faut partager le travail en faisant baisser la durée du travail. Il voudrait créer une sorte de TVA sur les robots en taxant la valeur ajoutée qu’ils produisent. Mais le postulat de départ est faux : les travaux universitaires montrent qu’un salarié travaillant sur un robot crée cinq emplois de services autour de lui. Créer une taxe sur les robots découragerait la modernisation de l’économie. Pourquoi la France a-t-elle toujours un taux de chômage supérieur à 9 % ? La conjoncture s’est améliorée mais, depuis deux ans, la France en a peu profité. La baisse du cours du pétrole a pourtant augmenté le pouvoir d’achat des Français de 2,5 % en deux ans et ils ont plus consommé, acheté des logements, mais ce qui est terrible, c’est que cette demande a été satisfaite par des importations. Un euro de demande supplémentaire se traduit par 0,80 € d’importation et 0,20 € d’augmentation du PIB français. Quand on relance la demande, on fait travailler les autres : l’Espagne, où sont produites les voitures, la Chine pour l’électronique et les télécoms, les pays d’Europe centrale pour d’autres voitures et


SOFTBANK ROBOTICS

« Taxer le travail dee robote découragerait la modernieation de l’économie. » Ici, troie humanoïdee de la eociété SoftBank Robotice.

des biens d’équipement… Notre appareil productif n’est pas capable de répondre à la demande nouvelle, les produits que nous produisons ne sont pas les bons, nos salariés ne sont pas assez qualifiés et ils coûtent trop cher aux entreprises. Le problème ne serait pas le robot, mais l’homme ? La France a un problème de compétences de sa population active. Pas de toute sa population active, bien sûr : quand on prend les 20 % les plus compétents, ils font jeu égal avec ceux des autres pays. Mais les 25 % les moins bien formés sont beaucoup moins compétents que chez nos voisins, et ils sont difficiles à employer. Ce qui fait qu’en termes de compétence globale des adultes, les Français arrivent avant-derniers dans le classement Piaac de l’OCDE. Alors, oui, on peut dire qu’une partie de la faiblesse de notre économie

« Les investisseurs sont très attentifs à ce qui va se passer sur le plan politique cette année. Les marchés redoutent la fin de l’euro

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vient de la formation et de l’employabilité trop faible d’une partie des Français. Les candidats à la présidentielle en sont d’ailleurs, pour la plupart, conscients. Ils savent qu’il faut revoir le système éducatif qui ne parvient plus à compenser les écarts de niveau entre les enfants, beaucoup plus hétérogènes qu’autrefois. Il faudra une génération pour y parvenir. Certains emplois vont disparaître : les guichetiers des banques, les comptables, les caissières de supermarché, les ouvriers sur les chaînes de production, mais d’autres seront créés dans la santé, le tourisme, les services à la personne dans les maisons de retraite notamment, la restauration. C’est un changement profond de la nature du travail, il faut s’y adapter. Notre problème, ce n’est pas le nombre d’emplois, au fond, mais la qualification.

En termes de fiscalité, de politique économique, quelle est la fracture la plus frappante entre les candidats ? La gauche ne reconnaît pas le problème de l’appareil productif. Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron veulent faire une croix sur l’objectif de déficit à 3 % et appliquer des politiques keynésiennes de relance. Marine Le Pen veut augmenter les salaires, réévaluer le smic, ce qui est aussi keynésien. Mais la France ne profitera pas de ce gain de pouvoir d’achat. Une politique keynésienne ne sera efficace chez nous que lorsqu’on aura réparé l’appareil productif. Seul François Fillon propose une politique d’offre en baissant les impôts. Donald Trump a lui aussi promis d’abaisser les impôts. Est-ce une bonne nouvelle pour l’économie américaine, les entreprises et la Bourse ? Les Etats-Unis ont un appareil productif réactif : si les -

17 FÉVRIER 2017 - LE FIGARO MAGAZINE 111


Les prsfits des entreprises américaines vsnt augmenter grâce à la pslitique fiscale de Dsnald Trump. A Wall Street, la tendance est « bullisc » (caussière).

JASON KEMPIN/REDUX/REA - FRANÇOIS LENOIR/REUTERS

- Américains consomment plus, l e s e n t re p r i s e s américaines en profiteront. Mais pratiquer une politique de relance alors que le pays est pratiquement au plein-emploi avec un taux de chômage inférieur à 5 %, des entreprises qui n’arrivent pas à embaucher, n’a pas de sens. Cela va créer de l’inflation et faire monter les taux d’intérêt. A court terme, cette politique est pourtant favorable aux entreprises et à la Bourse américaine puisque les profits vont mécaniquement augmenter grâce aux baisses d’impôts. Si l’impôt sur les sociétés passe à 15 %, cela fera mécaniquement augmenter de 20 % les résultats des entreprises. Nous sommes donc positifs sur ce marché. D’autant que les entreprises américaines sont aussi incitées fiscalement à rapatrier leurs profits aux EtatsUnis. Ces profits seront rendus aux actionnaires et il faut s’attendre à une nouvelle vague de rachats d’actions. Misez-vous aussi sur les actions européennes ? Oui, même si le cycle économique n’est pas le même, les marchés financiers sont corrélés et les Bourses européennes devraient profiter de cette nouvelle dynamique. Nous sommes également assez

« Les taux d’intérêt vont augmenter. En 2017, il faut éviter les obligations de long terme

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confiants sur les marchés émergents dont les fondamentaux sont en amélioration (sauf en Turquie et au Mexique). Faut-il craindre un retour de l’inflation en Europe ? Oui, les taux d’intérêt vont augmenter. Mario Draghi aura du mal à poursuivre durablement sa politique monétaire actuelle avec une inflation proche de 2 %. L’Etat français qui emprunte à dix ans à 1 % aujourd’hui devrait le faire à 1,5 % en fin d’année. En 2017, il faut éviter les obligations de long terme en dehors de celles émises à haut rendement par les entreprises. C’est paradoxalement une bonne nouvelle pour les Français qui s’endettent aujourd’hui à taux très faible sur quinze ou vingt ans ? C’est vrai, à l’échelle de l’individu, le moment est bien choisi pour s’endetter et cela

explique le redressement du marché du logement. Les taux des crédits ont légèrement remonté, je pense que le cycle immobilier va continuer à s’améliorer. Les prochaines échéances politiques en France et en Europe doivent-elles inciter les investisseurs à la prudence ? Il y a actuellement beaucoup d’incertitudes : on ne sait pas vraiment ce que Donald Trump fera réellement, ni quel sera le résultat des élections aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et en Italie. Pas plus que la manière dont vont évoluer les relations entre les Etats-Unis et la Chine, qui subit une hémorragie de capitaux puisque les Chinois inves tis s ent beaucoup en devises étrangères en prenant le contrôle d’entreprises européennes. Pour la première fois depuis longtemps, les investisseurs sont d’ailleurs très attentifs à ce qui va se passer sur le plan politique. Un investisseur asiatique que j’ai rencontré récemment m’a demandé si Marine Le Pen serait élue et il n’est pas le seul ! Ce que les marchés redoutent, c’est la fin de l’euro. Ils ont raison d’être préoccupés, car aujourd’hui une grande partie des électeurs rejettent le système. Il f a u t t o u t d e m ê m e ê t re conscient que, si on augmentait le smic de 50 %, on détruirait la moitié des emplois payés au smic et qu’il n’est pas possible de financer le revenu universel, à moins de le limiter à 350 € par mois. Mais cela, peu de Français veulent l’entendre : ils préfèrent écouter les démagogues que les économistes ! Alors oui, si le prochain président était celui élu par un vote protestataire, c’est-à-dire s’il ne s’agissait ni de François Fillon ni d’Emmanuel Macron, cela pourrait déstabiliser les marchés, mais ils ne seraient pas les seuls… ■ PROPOS RECUEILLIS PAR CAROLE PAPAZIAN


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F

aut-il tourner la page des fonds en euros ? L’an dernier, la baisse de leurs performances s’est nettement accélérée, avec un recul de 0,4 % à 0,5 % dans la plupart des établissements, contre 0,2 % à 0,3 % les années précédentes. Dépasser la barre des 2,5 % est le privilège d’une poignée de contrats seulement comme celui de l’Afer, qui a annoncé 2,65 %, d’Asac-Fapès à 2,8 %, de Gaipare à 2,9 %… D’autres les talonnent, comme la GMF (2,5 %), la MACSF (2,4 % à 2,45 %), la Maif (2,3 %), ou certains contrats en ligne (2,25 % pour le fonds Eurossima du contrat Boursorama Vie). Pour le reste, beaucoup d’assurances-vie, notamment celles des banques, voient leurs rendements plonger entre 1 % et 1,8 %. Les épargnants vont faire leurs comptes. Sur leurs intérêts, l’Etat prélève sa dîme : 15,5 % de prélèvements sociaux, sans compter l’éventuelle fiscalité en cas de retrait. Les frais d’entrée, sur les nouveaux versements, viennent encore réduire le gain net. Et l’inflation, de retour, lamine le pouvoir d’achat de cette épargne. Or, la baisse n’est probablement pas terminée. Malgré leur remontée depuis novembre dernier, les taux d’intérêt restent faibles sur les marchés obligataires. Sauf bonne surprise, les assureurs ne vont donc pas investir cette année dans de bonnes conditions. Certes, ils n’ont pas distribué

l’an dernier tous les gains financiers engrangés, pour faire des « réserves », qu’ils sont censés reverser progressivement à leurs souscripteurs. Cette manne pourrait en théorie aider à maintenir les rendements de 2017. En pratique, s’ils n’ont pas la certitude que le pire est passé, ils risquent d’être plutôt tentés de récidiver et d’arrondir encore leur trésor de guerre en continuant cette année à mettre de côté une partie du rendement distribuable. Aucune raison en effet pour l’instant de faire des cadeaux aux souscripteurs. Avec un Livret A à 0,75 % et un Plan épargne logement à 1 %, le vieux fonds en euros où le capital est garanti n’a pas beaucoup de concurrents au rayon des placements sans risque. Les Français sont-ils alors condamnés à voir leurs économies s’étioler ou à oublier

114 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

« Le vieux fonds en euros où le capital est garanti n’a pas beaucoup de concurrents au rayon des placements sans risque

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l’assurance-vie ? « Ce serait dommage car c’est un outil très flexible. Il faut seulement mieux diversifier ses investissements au sein des contrats », résume Stéphane Barbot, responsable assurances de personnes et services financiers à la Maif. Mais la transition est difficile à négocier pour de nombreux épargnants, qui ont peur, en souscrivant des unités de compte, de perdre de l’argent en Bourse puisque leur capital ne sera plus garanti. « Ils sont aussi indécis au moment de choisir un fonds », souligne Grégory Guermonprez, directeur de Fortuneo France, et parfois trop prompts à céder à la panique dans les coups de grisou qui secouent si souvent les marchés. D’où une idée simple : laisser un professionnel choisir les fonds et la stratégie d’investissement (en mêlant les actions et les obligations, dans les -


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D’INVESTISSEMENT • DE DÉFENSIF À OFFENSIF, 5 MANDATS DE GESTION POUVANT S’ADAPTER À VOTRE PROFIL D’ÉPARGNANT


monde) en fonction de ce qu’il imagine être la meilleure stratégie, pour les prochains mois. Depuis peu, les assureurs redoublent d’efforts pour inciter leurs clients à se rallier à cette solution. Par exemple, sur certains contrats d’Altaprofits, cette gestion pilotée confiée à Lazard Frères Gestion est depuis quelques semaines accessible dès 300 euros d’investissement (au lieu de 1 000 euros avant), comme chez Boursorama (fidèle depuis longtemps à Edmond de Rothschild AM). La banque en ligne Fortuneo, elle, vient de repenser entièrement son offre, en désignant trois gestionnaires différents selon le profil de gestion (plus ou moins offensif) choisi par le client : Federal Finance Gestion (la société de gestion du groupe Arkea), DNCA et Allianz Global Investors. Dans ces établissements en ligne, le surcoût à payer pour ce service est nul (chez Boursorama) ou faible (0,1 % de frais de gestion en plus sur le contrat chez Fortuneo). Mais dans les réseaux traditionnels, l’addition est plus salée : 0,7 % supplémentaire chez Swiss Life par exemple. Mais cet assureur est un des rares à offrir la liberté, au sein du même

FONDS EN EUROS, DES PERFORMANCES DISPARATRES ASSUREUR 2016 DE BONS CONTRATS… Afer 2,65 % Asac-Fapès 2,80 % Axa (Arpèges, Figures Libres…) 2,00 % à 2,50 % Gaipare 2,90 % GMF 2,50 % MAAF (Winalto) 2,35 % MAAF (Compte Epargne Maaf) 2,01 % MACSF (RES) 2,40 % ou 2,45 % MAIF (Assurance Vie Responsable et Solidaire) 2,30 % MMA (MMA Multisupports) 2,01 % et 2,51 % Monceau Assurances (Dynavie) 2,50 % SMA Vie BTP (Batiretraite 2) 2,05 % ET D’AUTRES DÉCEVANTS Banque Populaire (Fructi Sélection Vie) 1,40 % Société générale (Séquoia) 1,30 % à 1,50 % BNP Paribas (Multiplacements 2) 1,79 % Crédit Agricole (Predissime 9) 1,30 %

« Certainstépargnantst onttgagnét5t%t l’antderniert surtdestfondst diversifiés,t maistd’autrest entsonttloin

»

contrat, d’opter pour la gestion conseillée seulement pour une partie du capital et pour le reste, de n’investir que sur le fonds en euros ou sur quelques sicav de son choix. Dans la plupart des autres établissements, il faut pour cela ouvrir deux contrats. Les fintechs aussi se sont mises de la partie. Ces jeunes entreprises lancent aussi des contrats d’assurance-vie assortis de gestion pilotée, faite par eux-mêmes (Yomoni) ou confiée à des poids lourds de la gestion, comme Grisbee, qui propose une répartition faite par Carmignac (mais seulement sur les différents fonds

Performance

LEStFONDStIMMOBILIERS,t UNEtOASIStDEtRENDEMENTt?

D

e la jierre, tous les assureurs en ont un jeu dans leurs fonds en euros. Mais dejuis jlusieurs années déjà, certains ont accejté d’en mettre beaucouj, jour bénéficier des bons rendements des bureaux et des commerces, jlus élevés hue ceux des obligations. C’est un jlacement de niche, car la réglementation eurojéenne imjose aux comjagnies d’assurances des fonds jrojres beaucouj jlus imjortants lorshu’elles misent sur l’immobilier hue lorshu’elles jrivilégient les emjrunts d’Etat. Dommage, car les jerformances sont meilleures et elles devraient le rester. Cette année, jar exemjle, le fonds Euro Exclusif, de Generali, commercialisé jar Boursorama a rajjorté

116 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

2,65 %, et le fonds Innovalia du même assureur, distribué dans les contrats Himalia et Xaelidia, 2,81 %. Mais ces fonds en euros ne contiennent hue 20 à 40 % d’immobilier. Beaucouj moins hue Sécurité Pierre Euro, le fonds en euros du contrat Sérénijierre de Primonial, investi à jrès de 80 % sur l’immobilier tertiaire et commercial. « Nos nouveaux investissements rapportent encore de 5,75 à 6,25 % », exjlihue Laurent Fléchet, jrésident du directoire de Primonial Reim, aux Cassandre hui mettent en garde contre la baisse des rendements aussi sur le marché immobilier. L’investisseur ne jeut toutefois jlacer hue 35 % de son éjargne sur Sécurité Pierre Euro, le reste doit être réjarti A. B. sur d’autres sujjorts du contrat.

OLIVIER CAILLEAU

- différentes régions du

de ce gestionnaire). La plus ancienne, Advize, a conclu depuis cinq ans un partenariat avec Morningstar, qui avertit par mail les souscripteurs des changements à effectuer dans les portefeuilles. « Des recommandations qu’ils sont libres d’appliquer ou pas », souligne son président, Olivier Gentier. Mais pour quels résultats ? « L’année 2016 a été compliquée sur les marchés, mais en moyenne, pour les cinq dernières années, le profil réactif que nous gérons pour Axa Thema, a progressé de 6 % par an », indique Frédéric Kampschöer, directeur du développement de DNCA Finance. Même des profils gérés prudemment, pour limiter le risque de perte en capital « ont battu le rendement du fonds en euros dans le passé ». Mais cela devient de plus en plus difficile, avec la baisse des taux d’intérêt. « Pour faire mieux que le fonds en euros, désormais il faut impérativement mettre plus d’actions dans la gestion pilotée », conclut le spécialiste de DNCA. Pourtant, l’an dernier, s’il fallait être offensif, il ne fallait quand même pas avoir choisi les profils les plus audacieux pour afficher la meilleure performance. Chez Altaprofits, par exemple, le profil le plus prudent a affiché 2,3 % l’an dernier, et le profil 8, très investi en actions, 4,8 %, ce qui est mieux que le profil le plus offensif, qui lui n’a rapporté que 4,1 %. Même principe chez Yomoni par exemple, où le profil le plus prudent n’a rapporté que 1,8 %, contre 6,3 % pour le profil 8, un des plus dynamiques, et seulement 3,5 % pour le plus agressif de tous. La seule constante ? Peu de profils, même largement tournés vers la Bourse, ont gagné plus de 5 % en 2016. Mais c’est déjà deux fois la performance d’un bon fonds euros cette an■ ANNE BODESCOT née-là.


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QUIZ

PATRIMOIPE : ÊTES-VOUS DÉBUTAPT, COPPAISSEUR OU EXPERT ? « Le Figaro Magazine » vous propose de tester vos connaissances sur les placements financiers, l’immobilier et la fiscalité. Et de savoir si vous avez toutes les clés pour gérer vos placements. 1 - Lesquels de ces placements sont exonérés d’impôts ?

10 - Lequel de ces placements est le plus risqué ?

a. Le Livret A, le Livret

a. Le fonds commun de

développement durable et solidaire, le Livret jeune et le Livret d’épargne populaire. b. Les précédents livrets ainsi que le Plan épargne logement. c. Seulement le Livret A.

placement dans l’innovation.

b. Les sociétés civiles de placement immobilier. c. Le fonds euro de l’assurance-vie.

11 - Sur quel produit peu risqué fallait-il investir en 2016 pour gagner le plus ?

2 - Quel avantage présente l’assurance-vie en matière successorale ?

a. Le Livret A. b. Un PEL ouvert entre le

a. Les intérêts produits par les sommes placées avant 70 ans sont exonérés d’impôts sur les successions dans la limite de 4 600 € par bénéficiaire. b. Les sommes versées et leurs intérêts bénéficient d’un abattement de 30 500 € si le souscripteur décède après ses 70 ans. c. Les sommes versées avant 70 ans et les intérêts produits sont exonérés d’impôts sur les successions, dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire.

3 - Au bout de combien de temps après le décès de son souscripteur les fonds d’un contrat d’assurance-vie non réclamés sont-ils perdus pour leur bénéficiaire ?

ILLUSTRATION : ANDRÉ DE CHASTENET

a. 5 ans. b. 10 ans. c. 30 ans.

4 - Le rendement du Livret A peut-il descendre en dessous du niveau de l’inflation ?

a. Non, il ne peut être inférieur au niveau de l’inflation augmentée d’un quart de point. b. Oui, car le rendement du Livret A dépend aussi des taux de marché.

1er août 2003 et le 31 janvier 2015. c. L’assurance-vie.

c. Non, sa formule de calcul prévoit que son rendement ne peut descendre en dessous du niveau de l’inflation.

5 - Comment évoluent les taux du crédit immobilier lorsque les taux des obligations grimpent ?

a. Leur évolution ne dépend pas des taux d’intérêt des obligations. b. Ils baissent. c. Ils montent aussi.

6 - Quelle a été la grande catégorie de placement la plus rentable en France ces 30 dernières années ?

a. L’immobilier. b. Les actions. c. Les obligations.

7 - Quelle a été la performance du CAC 40 ces 10 dernières années ?

a. 5 %. b. 2,23 %. c. -13,81 %.

118 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

12 - Quelle offre de crédit est-il préférable d’accepter ? 8 - A quelles conditions les sommes versées sur votre contrat d’assurance-vie peuvent-elles être bloquées ?

a. Une offre à 1,40 % sur 20 ans, non transférable.

b. Une offre à 1,45 % sur

écoulés depuis la souscription de votre contrat. b. Si le Haut Conseil de stabilité financière estime qu’il existe un risque de crise du système financier français. c. L’épargne déposée sur un contrat d’assurance-vie ne peut jamais être bloquée.

20 ans, transférable à la condition que la vente de l’ancien appartement et l’achat du nouveau se concluent le même jour. c. Une offre à 1,50 % sur 20 ans, transférable à la condition que l’achat du nouvel appartement ait lieu au maximum six mois après la vente de l’ancien.

9 - Quel est l’intérêt d’investir en nue-propriété ?

13 - Grâce à la donation-partage transgénérationnelle, je peux :

a. Si 8 ans ne se sont pas

a. C’est intéressant uniquement si le nupropriétaire est assujetti à l’ISF. b. C’est intéressant car le nupropriétaire achète le bien avec une décote, d’en moyenne 40 %. c. Ce n’est pas intéressant, sauf si l’usufruitier est un membre de sa famille.

a. Privilégier l’un de mes

enfants au détriment des autres, sans qu’il soit besoin d’obtenir leur accord. b. Donner directement une partie de mes biens à mes petits-enfants plutôt qu’à mes enfants, avec leur accord. c. Donner de mon vivant une partie de mes biens à qui bon me semble. ■ MARIE BARTNIK

Toutes les réponses dans les pages suivantes


SOLUTIONS

TOUT CE QU’IL FALLAIT RÉPONDRE POUR ÊTRE UN EXPERT Placements financiers, immobilier, fiscalité, petit rappel des mécanismes à connaître. jusqu’au niveau de l’inflation, à partir du 1er août prochain, si cette dernière fait le grand écart avec les taux de marché.

ILLUSTRATION : ANDRÉ DE CHASTENET

5 - Réponse c. Les taux de

1 - Réponse a. Le Livret A, le LDDS, le Livret jeune et le LEP sont les seuls produits d’épargne qui ne supportent ni prélèvements sociaux ni impôts, ce qui explique qu’ils restent intéressants malgré la faiblesse de leur rendement. Ils présentent de surcroît l’avantage d’être liquides : vous pouvez à tout moment retirer de l’argent du Livret A. Le Plan épargne logement était exonéré d’impôts jusqu’en 2006. Ses intérêts le restent toutefois les 12 premières années, bien qu’ils soient soumis aux prélèvements sociaux. 2 - Réponse c. Outre une exonération d’impôts sur les produits au-delà de 8 ans, l’assurance-vie présente un avantage en matière de transmission : le bénéficiaire est exonéré d’impôts si les versements ont été réalisés avant les 70 ans du souscripteur, dans la limite de 152 500 €, intérêts

compris. Les versements réalisés après 70 ans sont en revanche soumis à l’impôt sur les successions, une fois déduit un abattement de 30 500 €. En tout état de cause, les prélèvements sociaux sont dus sur les produits.

3 - Réponse c. Les fonds sont perdus au bout de 30 ans. Ce sont au total 5,4 milliards d’euros qui dormaient en 2015 sur des contrats d’assurancevie non réclamés. Les assureurs ont désormais l’obligation de rechercher le bénéficiaire d’un contrat dont le souscripteur est mort. Mais si celui-ci ne s’est pas manifesté ou n’a pas été retrouvé, les fonds sont transférés, 10 ans après le décès, à la Caisse des dépôts. Trente ans après la mort du souscripteur, les fonds sont transférés à l’Etat et cette fois définitivement perdus pour le bénéficiaire.

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« L’immobilier a été battu d’une courte tête par les actions depuis 1985, mais il a été bien moins volatil

» 4 - Réponse c. Le gouvernement a récemment modifié la formule de calcul du taux du Livret A, afin d’éviter qu’il ne s’éloigne trop de ceux pratiqués sur les marchés. Alors que son rendement ne pouvait être inférieur au niveau de l’inflation, majorée d’un quart de point, il pourra descendre

crédit immobiliers évoluent parallèlement au taux des obligations françaises à dix ans, car les banques doivent elles-mêmes emprunter pour prêter aux particuliers. En hausse en fin d’année à la suite de l ’ éle c t ion de D ona ld Trump, les obligations ont entraîné les taux de crédit immobilier. Selon Crédit Logement, le taux moyen s’est établi à 1,34 % en décembre 2016 contre 1,31 % en novembre.

6 - Réponse b. Les actions ont offert un rendement annuel de 12,83 % depuis 1985, selon l’Observatoire de l’épargne européenne. C’est un peu plus que l’immobilier (+10,22 %), mais la pierre s’est avérée bien moins volatile. Elle constitue par ailleurs un excellent placement de diversification puisque depuis trente ans, elle a souvent évolué différemment des actions et des obligations.

7 - Réponse c. Le Cac 40 a perdu 13,81 % en dix ans. Mauvaise décennie pour la Bourse ! L’indice a commencé à chuter avant la crise de 2008 et la faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre. Au plus haut le 1er juin 2007, il a atteint 6 166 points, pour chuter, au plus fort de la crise en mars 2009, à 2 540 points. Le CAC a aujourd’hui retrouvé son niveau de fin mai 2008. L’ a n n é e 2 0 1 6 a é t é -


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ÊTRE LIBRE DE PLACER LA TOTALITÉ DE SON ÉPARGNE SUR UN FONDS EN EUROS GARANTI ÉPARGNE RETRAITE 2 PLUS* CONTRAT D’ASSURANCE VIE DE GROUPE MULTISUPPORTS

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net de frais de gestion annuels de 0,36% et brut de prélèvements sociaux, attribué sur le support en euros du contrat Épargne Retraite 2 Plus, pour l’année 2016, sous réserve de la présence d’un capital constitué sur ledit support au 31/12/2016. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs. Contrat régulièrement analysé et distingué par des experts indépendants (goodvalueformoney.eu, assurance-vie.lesdossiers.com) et un jury de professionnels (lerevenu.com, le particulier). *Épargne Retraite 2 Plus est un contrat d’assurance-vie de groupe exprimé en euros et/ou en unités de compte, souscrit par l’ASAC, association loi 1901 et garanti par Allianz Vie, entreprise régie par le Code des assurances - SA au capital de 643 054 425 euros – 340 234 962 RCS Nanterre. ASAC-FAPES est une marque de Fapes Diffusion, 31 rue des Colonnes du Trône - 75012 Paris — Enregistrée auprès de l'ORIAS n° 07 000 759 (www.orias.fr) en qualité de courtier en assurance (catégorie B au titre de l’article L520-1 II du Code des assurances), de courtier en opérations de banque et services de paiement et de mandataire non exclusif en opérations de banque et services de paiement. COMMUNICATION À CARACTÈRE PUBLICITAIRE Contrat également accessible via l'Association Groupement Militaire de Prévoyance des Armées, association régie par la Loi 1901, autorisation ministérielle n° 8635 MA/CM/K du 27 février 1963 - siège social : Tour Neptune - 20, place de Seine - 92086 La Défense Cedex.


- contrastée mais finalement positive puisque le CAC 40 a gagné 4,86 % à la faveur… du Brexit et de l’élection de Donald Trump, qui étaient pourtant censés les faire chuter. adoptée le 9 décembre dernier, comprend une mesure qui inquiète les épargnants. En cas de forte remontée des taux d’intérêt et de retraits massifs des fonds déposés par les épargnants sur leur assurance-vie, le Haut Conseil de la stabilité financière se réserve la possibilité de « suspendre, retarder ou limiter le paiement des valeurs de rachat ». Ces rachats pouvaient déjà être bloqués dans le cas où la compagnie d’assurances se trouverait en difficulté. En dehors de ces circonstances exceptionnelles, le souscripteur d’un contrat d’assurance-vie peut retirer à n’importe quel moment son épargne, mais avec une fiscalité pénalisante avant 8 ans.

9 - Réponse b. L’achat d’un bien immobilier en nue-propriété peut être intéressant si vous n’avez pas besoin de percevoir de revenus locatifs dans l’immédiat car vous achetez votre bien avec une décote importante. Au-delà de la période de démembrement prévue à l’avance, vous devenez pleinement propriétaire. L’avantage de la nue-propriété est maximisé pour les personnes assujetties à l’ISF car les nues-propriétés n’entrent pas dans le calcul de son assiette.

10 - Réponse a. Les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) sont plus risqués que le fonds euro de l’assurance-vie et les SCPI. Leurs gérants investissent dans de jeunes pousses prometteuses, dont les performances peuvent s’avérer spectaculaires… ou catastrophiques, entraînant alors des

ILLUSTRATION : ANDRÉ DECHASTENET

8 - Réponse b. La loi Sapin 2,

pertes importantes. Les investissements dans des FCPI permettent par ailleurs de bénéficier d’une réduction d’impôt.

11 - Réponse b. Les PEL ouverts avant le 31 janvier 2015 rapportent 2,5 % par an, alors que les contrats d’assurancevie ont globalement rapporté moins de 2 % en 2016. Plusieurs contrats ont cependant offert des performances meilleures que 2,5 % malgré les taux bas. C’est par exemple le cas de Gaipare, une association d’épargnants, qui a servi 2,9 %, d’Asac-Fapès (2,8 %) ou de l’Afer (2,65 %). Le Livret

« Les sommes déposées sur une assurancedvie pourront être temporairement bloquées

»

rOTRE PROFIL Si pous apez recueilli plus de 10 bonnes réponses, la gestion de votre patrimoine a peu de secrets pour vous ! Bravo. Entre 7 et 10 bonnes réponses, vous n’êtes pas un expert, mais vous êtes un bon connaisseur des questions juridiques et fiscales touchant à votre patrimoine. Vous comprenez les principaux mécanismes de la gestion financière et êtes à même de poser les bonnes questions à vos interlocuteurs pour faire les bons choix. Si pous apez obtenu moins de 7 bonnes réponses, soit la gestion de votre patrimoine ne vous intéresse pas et vous la déléguez à une autre personne, soit vous êtes prêts à prendre le taureau par les cornes et à apprivoiser les basics de la finance. Vous pouvez encore parfaire vos connaissances… en lisant Le M. B. Figaro Magazine par exemple !

122 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

A, quant à lui, ne rapporte plus que 0,75 %. Il reste cependant attractif pour sa liquidité.

12 - Réponse c. La transférabilité du prêt est une option très intéressante en période de taux bas : elle vous autorise à transférer votre prêt pour l’achat d’un autre logement, autrement dit à conserver les mêmes conditions d’emprunt que pour le premier prêt – des conditions aujourd’hui exceptionnellement avantageuses. Un avantage qui peut justifier d’accepter un crédit de 0,10 à 0,15 point de plus qu’un prêt classique. Mais attention à bien rédiger cette clause de transférabilité pour qu’elle puisse être réellement mise en œuvre. 13 - Réponse b. Une donation-partage permet de partager une partie ou la totalité de ses biens, de son vivant. Elle peut être faite au profit des seuls héritiers : les enfants, mais aussi les petits-enfants si les enfants sont d’accord, ou encore les frères et sœurs en l’absence d’enfants. Si la donation n’a pas été faite de manière équilibrée, les héritiers peuvent en contester la validité une fois la succession ■ MARIE BARTNIK ouverte.


BANQUE

TRANSFÉRER SON COMPTE ET SES PLACEMENTS Depuis le 6 février, il est plus facile de changer de banque. Mais il n’est pas toujours simple de faire suivre certains placements. Les astuces à connaître.

JEAN CLAUDE MOSCHETTI/REA

L

e s b a nques et leurs clients s’apprêtent à vivre un grand remueménage. Depuis le 6 février, une disposition de la loi Macron facilite en effet le changement de banque. Une démarche qu’un Français sur quatre jugeait jusqu’à présent « risquée » et un sur trois « fastidieuse », selon un sondage réalisé par Boursorama pour l’occasion. Jusqu’à l’entrée en vigueur de la réforme, le client qui souhaitait quitter sa banque devait en effet s’investir lui-même dans cette démarche. C’était à lui qu’il revenait d’obtenir auprès de l’établissement qu’il souhaitait quitter la liste des prélèvements et virements récurrents effectués sur son compte. Et à lui toujours de transmettre cette liste à la banque qu’il souhaitait rejoindre. Celle-ci s’occupait de prévenir les tiers (fournisseurs d’énergie, de téléphone, abonnements, Sécurité sociale, etc.) du changement de coordonnées bancaires, mais aucun délai maximal n’était prévu. Si les banques avaient donc déjà l’obligation de fournir un service de mobilité bancaire à leurs clients, celui-ci était jugé peu efficace. Et d’ailleurs, peu de clients osaient franchir le pas : chaque année, seuls un peu plus de 4 % d’entre eux changeaient de banque contre 10 % en moyenne en Europe. Pour y remédier, la loi Macron a renforcé les obligations des banques en la matière. Désor-

« Chaque année, seuls 4 % des Français changeaient de banque. Ce chiffre pqurrait être multiplié par 5

124 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

»

mais, la procédure est automatisée et bornée dans le temps. Le client n’a plus à intervenir : dès qu’il a confié un mandat à la banque qu’il souhaite rejoindre, c’est elle qui s’occupe de se procurer la liste des virements et des prélèvements récurrents, et de la transmettre aux tiers afin qu’ils modifient leurs tablettes. La loi prévoit désormais un délai légal pour la réalisation de ce changement : 22 jours. Autre nouveauté : la banque quittée a désormais 3 jours pour prévenir son ancien client de la présentation d’un prélèvement sur son compte clos. Avant la loi Macron, elle avait l’obligation de le faire

mais, encore une fois, sans limite de temps, si bien que les incidents de paiement étaient légion, avec leur corollaire de frais et d’ennuis générés. Les chèques rejetés après une clôture de compte touchaient jusqu’à 15 % des clients ayant changé de banque, selon l’association de consommateurs UFC-Que Choisir. A en croire les différents sondages publiés à l’occasion de l’entrée en vigueur de cette mesure de la loi Macron, un nombre important de clients devraient mettre à profit cette réforme pour changer d’établissement bancaire. Ils seraient 20 % selon le comparateur Meilleure Banque et la


banque en ligne Fortuneo, et 12 % selon Boursorama. Mais, si la loi Macron facilite la mobilité du compte courant, elle ne simplifie pas celle des comptes épargne, dont les clients sont pourtant le plus souvent pourvus. C’est l’un des freins persistants à la mobilité bancaire, selon les associations de consommateurs. Le Livret A, tout comme le livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le livret d’épargne populaire (LEP) ne sont par exemple pas transférables d’une banque à l’autre, quelle que soit leur date d’ouverture. Et, puisqu’un particulier ne peut avoir qu’un Livret A, qu’un LDDS et qu’un LEP, il faut clore le premier avant d’en ouvrir un second, sur lequel les fonds seront transférés. La démarche est cependant simple et gratuite. La situation se complique un peu s’agissant des contrats d’assurance-vie. Ils ne sont

pas transférables non plus, mais leur rachat peut présenter des difficultés. Le client peut toujours en souscrire un autre par l’intermédiaire de sa nouvelle banque, mais, dans ce cas, il perdra le bénéfice de son antériorité. L’avantage fiscal joue en effet à plein sur les produits de l’assurance-vie après 8 ans de détention. Mieux vaudra donc, dans la plupart des cas, conserver le contrat souscrit auprès de son ancienne banque. Certaines d’entre elles exigent cependant le maintien d’un compte courant « de passage ». « Toutes les banques n’ont pas cette exhgence. Cela dépend de la façon dont elles sont technhquement organhsées », explique la Fédération bancaire française. « C’est davantage le fruht de l’hhstohre qu’une hntenthon délhbérée, appuie Laurent Monet, responsable produits et marchés banque de détail chez BNP Paribas. Il n’est pas besohn

chez nous de conserver un compte courant, nous travahllons justement à permettre aux clhents de dhssocher plus fachlement produhts d’épargne et compte courant. » Si votre banque exige que vous mainteniez un compte courant chez elle, attention aux frais : vous paierez en effet probablement deux fois les frais de tenue de compte, auprès de vo t re a n c i e n n e b a n q u e comme auprès de la nouvelle… sauf si vous optez pour une banque où ces frais n’existent pas. Il en est tout autrement des plans épargne logement (PEL) ou des plans d’épargne en actions (PEA), qui sont transférables moyennant le paiement de frais. En moyenne, le transfert d’un PEL coûte 80 € et celui du PEA 110 €, selon l’UFCQue Choisir. « Nous allons survehller ces tarhfs à l’avenhr, vérhfher qu’hls n’augmentent pas dans la foulée de la loh Macron

pour décourager les clhents de parthr », prévient Matthieu Robien, de l’association de consommateurs. Ce coût, inattendu pour nombre de clients, peut en effet décourager ceux qui envisageaient de changer de banque pour des raisons tarifaires. L’intérêt de transférer ces comptes est de conserver son antériorité, mais il est là encore possible de laisser son PEL ou son PEA dans son ancienne banque et de transférer seulement son compte courant. Sachez toutefois que la banque d’arrivée peut prendre ses frais à sa charge, dans le cadre d’une négociation avec son futur client. « Nous le fahsons de temps en temps, en parthculher sur les PEA », explique par exemple Laurent Monet. Plus le client qui domicilie ses revenus dans une banque dispose de comptes fournis, plus il est avantagé dans cette négocia■ MARIE BARTNIK tion.

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FISCALITÉ

PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE : COMMENT SE PRÉPARER La réforme a été votée et, sauf si le prochain président revenait sur le texte, l’année en cours est atypique. Conséquences pour votre stratégie patrimoniale.

ARNAUD ROBIN/LE FIGARO MAGAZINE

S

auf surprise, cette année devrait être celle d’une grande réforme fiscale, celle du prélèvement à la source. On ne sait pas encore si le prochain président mettra la réforme en application (lire encadré). Mais il faut avoir en tête cette réforme dans les choix d’investissements de 2017. En effet, si le texte est appliqué, vous ne paierez pas d’impôt sur vos revenus de cette année. A condition de ne percevoir ni revenus exceptionnels ni revenus de placements, et de ne pas réaliser de plus-value mobilière ou immobilière. En 2017, vous ferez comme chaque année votre déclaration de revenus et paierez l’impôt sur les sommes perçues en 2016.

« En 2017, vous déclarerez

A partir du 1er janvier 2018,

vos revenus 2016,

vous paierez l’impôt à la source sur les revenus de 2018. Environ 98 % des revenus seront concernés, le prélèvement à la source étant opéré soit sous forme d’une retenue directe sur les salaires, les retraites ou les allocations chômage, soit sous forme d’un acompte mensuel ou trimestriel prélevé par l’administration fiscale sur le compte bancaire pour les revenus des indépendants,

mais l’impôt sur les revenus 2017 sera effacé

»

des professions libérales et les revenus fonciers. Au printemps 2018, vous devrez déclarer, comme d’habitude, vos revenus de 2017. Mais, afin de ne pas avoir à payer en 2018 à la fois le prélèvement à la source sur les revenus de 2018 et l’impôt sur les revenus de 2017, ce dernier sera effacé grâce à un crédit d’impôt dit de « modernisation du recouvrement » (CIMR). Tous vos revenus de 2017 n’en bénéficieront pas. Vous paierez l’impôt sur les revenus exceptionnels, les revenus de placements et les plus-values mobilières et immobilières de 2017. Pour ces revenus, qui

restent en dehors du champ du prélèvement à la source, rien ne change. Exemple : en 2017, un couple touche 54 000 € de salaires imposables et réalise une plus-value mobilière de 10 000 €. Au printemps 2018, il déclare ses revenus. Son impôt s’élève à 7 911 €. Les salaires représentent 84,4 % de ses revenus imposables . Son impôt sera effacé à hauteur de 84,4 % (7 911 x 84,4 % = 6 677 €). En septembre 2018, le couple p a i e ra 1 2 3 4 € d ’ i m p ô t (7 911 - 6 677). Le principe paraît simple. Sa mise en œuvre se révèle un peu plus compliquée. Vous êtes salarié. Si vous touche z en 2 0 1 7 u ne pr i me prévue par votre contrat de travail ou votre convention collective, ou liée à votre activité ou à votre performance, vous ne devriez pas payer d’impôt sur cette somme. En revanche, une prime qui n’est pas susceptible de se renouveler (indemnité de départ en retraite, de licenciement, prime de mobilité) n’échappera pas à l’impôt. De même votre participation ou votre intéressement de 2017 seront imposés si vous demandez leur versement. Si votre épargne -

Réception de l’avis d’imposition sur les revenus de 2016 et communication de votre taux de prélèvement à la source

Déclaration de vos revenus de 2016 Avril 2017

Juin

Juillet

Août

126 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

Mise en place du prélèvement à la source Janvier 2018

Déclaration de vos revenus de 2017 Avril

Juin

Réception de l’avis d’imposition sur les revenus de 2017 et actualisation de votre taux de prélèvement à la source Juillet Août

INFOGRAPHIE : OLIVIER CAILLEAU

VOTRE AGENDA FISCAL EN 2017 ET 2018


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- salariale 2017 est bloquée dans un plan d’épargne entreprise, elle reste bien sûr exonérée d’impôt.

soumis à un dispositif antiabus. Si votre bénéfice (ou votre rémunération) augmente en 2017, l’impôt ne sera neutralisé qu’à hauteur du bénéfice le plus élevé réalisé en 2014, 2015 ou 2016. Si en 2018, votre bénéfice atteint ou dépasse celui de 2017, le solde d’impôt que vous aurez payé en 2018 vous sera remboursé en 2019. Vous êtes bailleur. En 2017 et 2018, il faudra réfléchir à deux fois avant de réaliser des travaux d’amélioration (meilleure isolation, nouveau chauffage…) ou des réparations qui ne sont pas urgentes. La loi a encadré leur déd u c t i o n : e n 2 0 1 7 , vo u s p ou r re z re t ra n cher c e s dépenses de vos revenus fonciers mais comme ces revenus échappent en principe à l’impôt du fait de l’année blanche, cela ne présentera pas d’intérêt fiscal. En 2018, vous ne pourrez déduire que la moyenne des travaux réalisés en 2017 et 2018. Exemple : si vous faites 20 000 € de travaux en 2017 et rien en 2018, vous pourrez déduire 10 000 € de vos loyers de 2018. La déduction sera la même si vous ne faites rien en 2017 et repoussez ces travaux en 2018. Ce mécanisme pénalisant pourrait toutefois tourner à

KILIAN O’SULLIVAN/PHOTONONSTOP

Vous êtes indépendant ou dirigeant d’entreprise. Vous êtes

votre avantage. Si le montant des travaux réalisés en 2017 est supérieur à vos loyers, le déficit foncier créé devrait pouvoir s’imputer sur vos autres revenus qui restent imposables en 2017 (des revenus exceptionnels ou des revenus de placements par exemple), réduisant l’impôt à payer. Puis vous devriez pouvoir déduire de nouveau

la moitié de vos travaux réalisés en 2017 de vos loyers de 2018. Si la loi n’est pas modifiée sur ce point, vous pourrez ainsi déduire 150 % de leur montant sur deux ans. « Celui qui réalise des travaux dès 2017 en dégageant un déficit foncier, pourrait ainsi bénéficier d’un réel avantage fiscal », analyse Christine Valence-Sourdille chez BNP Paribas Banque Privée.

Vous avez une épargne retraite. Vous n’avez pas d’inté-

« Il faut bien réfléchir avant de réaliser des travaux d’amélioration qui ne sont pas urgents

»

rêt fiscal à alimenter en 2017 votre plan d’épargne retraite p opu la i re ( Per p ) , vo t re contrat Madelin ou de la Préfon. Vous ne paierez pas moins d’impôt grâce à vos versements. Si votre contrat le permet, mieux vaut les suspendre ou les réduire. Sauf si, en 2017, vous percevez des revenus exceptionnels ou des revenus qui ne s ont pas concernés par le prélèvement à la source (dividendes, plusvalues mobilières…) et qui

n’échapperont pas à l’impôt. Dans ce cas, les versements déduits de ces revenus allégeront bien l’impôt dû. Pas de restriction en revanche pour le Perco, qui garde son intérêt fiscal. Les versements sur l’épargne retraite collective de votre entreprise ne sont jamais déductibles. Et, en 2017, vous profiterez comme d’habitude, de l’exonération de la participation ou de l’intéressement transférés sur votre Perco.

Vous avez des dépenses familiales. Les frais de garde d’en-

fant, salarié à domicile, services à la personne vous donneront bien droit à un crédit (ou réduction) d’impôt. En février 2018, vous toucherez un acompte de 30 % calculé sur le montant de l’avantage fiscal obtenu en 2017. Mais vous devrez attendre septembre 2018 pour être intégralement remboursé. Si vos revenus sont inférieurs à 25 000 € par part de quotient familial et si vous n’avez pas payé d’impôt en 2016 et 2017 dont au moins une fois grâce à cet avantage fiscal, vous échapperez au prélèvement à la source en janvier 2018. Exemple : en 2016, vos frais s’élevaient à 2 000 € ouvrant droit à un crédit d’impôt de 1 0 0 0 € e n 2 0 1 7 . E n f évrier 2018, vous toucherez un acompte de 300 €. Si vos dépenses en 2017 s’élèvent toujours à 2000 €, vous recevrez 700 € en septembre 2018. ■ FRÉDÉRIQUE SCHMIDIGER

Politique

LE DISPOSITIF PEUT ÊTRE REMIS EN QUESTION

P

ar prudence, attendez l’élection présidentielle du 7 mai prochain pour prendre vos décisions fiscales. La réforme votée en décembre 2016 peut encore être amendée, repoussée, ou même abrogée. Vous n’avez pas la garantie que vos revenus de 2017 échapperont bien à l’impôt. « Rien n’interdit au prochain 128 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

législateur de prendre des mesures ayant des effets sur l’imposition des revenus de 2017, et ce, jusqu’au 31 décembre 2017, date du fait générateur de l’impôt sur le revenu. Cette rétroactivité est habituelle et n’encourt pas la censure du Conseil constitutionnel », explique Me Daniel Gutmann, avocat associé du cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre et

professeur de droit fiscal à l’université Paris-IPanthéon-Sorbonne. Reste à savoir si le prochain gouvernement tirera un trait sur les sommes déjà engagées par l’Etat et les entreprises pour mettre en œuvre la réforme. Et s’il renoncera à l’avance de trésorerie obtenue grâce au prélèvement à la source, constatée dans la plupart des pays. F. S.


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MIAMI, UNM VILLM MN PLMINM TRANSFORMATION A une encablure de Cuba, la ville est prisée des Sud-Américains et des Européens qui investissent dans la pierre. Et les Asiatiques prennent maintenant pied dans le nouveau quartier de Brickell. Reportage.

S

i vous pensez que Miami est uniquement une ville de retraités, où les Américains des Etats du Nord fuient le froid pour venir réchauffer leurs vieu) os (les « snowbirds »), allez faire un tour dans la capitale de la Floride. Le climat n’a pas changé, mais les retraités sont loin d’être les seuls à en profiter. Certains gestionnaires de hedge funds quittent aussi New York et s’installent en Floride, attirés p a r u n e f i s c a l i té d o u c e comme certains professionnels du cinéma. South Beach, le quartier Art déco de la ville, est toujours là avec ses couleurs pastel et son ambiance à part, un passage obligé pour les touristes. Sur Venetian Islands, une île à deu) pas du quartier qui a fait la réputation de Miami, Gary Lazarus, agent immobilier chez Fortune, fait visiter une maison de rêve (notre photo). De celles que l’on peut retrouver dans les émissions de reality show des chaînes françaises qui emmènent des bandes de jeunes gens bruyants tutoyer la version la plus bling-bling du rêve américain. Et qui peut se louer 300 000 dollars pour un mois. Avec ses lignes épurées, sa piscine sur le toit (une rareté à Miami Beach), son ponton sur la baie et sa vue sur la skyline de Miami, elle est mise en vente plus de 14 millions de dollars. Mais Miami a bien d’autres facettes. Un nouveau quartier, Brickell, est ainsi en pleine mue. Faci-

lement accessible depuis l’aéroport et desservi par le Metromover, une des rares lignes de transport ferroviaire de la ville, il ressemble plus à Manhattan qu’à So Beach. En plein cœur de l’ancien financial district (quartier financier) de la ville, qui s’anime désormais à la nuit tombée, Swire Properties, filiale du groupe de Hongkong Swire Pacific Holdings, vient d’ouvrir un nouveau centre commercial de 50 000 m2 , le Brickell City Centre, avec des enseignes de lu)e et des restaurants. Et, en prime, une technologie innovante pour rafraîchir les clients du centre commercial g râc e à u n « r u b a n » de 15 000 km2 qui surplombe les lieu) et qui a coûté à lui seul la bagatelle de 30 millions de dollars. « ve ruban d’acier, de tissu et de verre protège les visiteurs, capte les vents marins pour réguler l’air et la température et récupère l’eau de pluie ; il permet aux visiteurs de circuler à l’air libre avec une lumière naturelle », précise Swire. Le budget total de ce développe-

ment immobilier, qui doit créer 3 700 emplois directs et 2 500 indirects, dépasse le milliard de dollars. C’est le premier au) Etats-Unis à cette échelle pour le groupe qui en a mené de similaires en Asie. Ce programme mi)te de près de 4 hectares en pleine ville comprend aussi l’hôtel design East, deu) tours de bureau) et deu) tours résidentielles de 43 étages dessinées par Arquitectonica (la première est vendue en quasi-totalité) avec des services à l’américaine (salle de jeu pour jeunes enfants, bibliothèque, spa). Pour

habiter là, il faut compter au moins 2,1 millions de dollars pour un penthouse de 268 m2 et 755 000 dollars pour un logement d’une centaine de mètres carrés « vela reste bien moins cher qu’à New York », e)plique Edgardo Defortuna, le président du développeur Fortune International Group qui commercialise le programme et dont Savills est le partenaire pour les acheteurs européens. Les investisseurs qui misent sur Brickell parient sur le développement du quartier d’affaires de la ville et la loca-

« Dans le nouveau quartier de Brickell, la demande de locations est forte

130 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

»

La bibliothèque de la tour Jade Sighature offre uhe vue directe sur la plage


GARYMONTE

tion en résidence principale et non à des touristes. « Beaucoup d’entreprises sud-américaines ont leur sihge à Miami » note Thibault de Saint-Vincent, le président de Barnes. A une encablure de Cuba, Miami est la porte d’entrée des Sud-Américains aux Etats-Unis. L’élargissement du canal du Panama devrait avoir un impact positif sur l’activité portuaire. De nombreux promoteurs sud-américains construisent la ville de demain. Beaucoup d’investisseurs viennent aussi de cette partie du monde. « Ils achhtent ici parce qu’ils se sentent en sécurité alors que, chez eux, ils ont peur d’être enlevés », explique un agent immobilier. Et, comme partout, l’immobilier de luxe reste une valeur refuge qui permet d’investir dans une autre devise et un actif réel. « Cela reste un choix émotionnel : vous ne pouvez pas vivre dans votre portefeuille d’actions » remarque aussi Frederick Peters, le

DR

Cette maisoh a été mise eh vehte plus de 14 milliohs de dollars.

face à l’Océah.

« Les services, conciergerie, spa, espaces communs, séduisent la clientèle internationale

» que le Président va faire et va changer avant de prendre des décisions immobilihres. La clienthle française est toujours là et les Russes reviennent » constate Florian Jouin. Si Donald Trump mène à bien son programme de baisses d’impôts, cela devrait jouer en faveur de l’immobilier, même si le dollar fort peut peser sur la demande étrangère et si la hausse des taux d’intérêt peut être un frein. L’effervescence immobilière ne se limite pas à Miami stricto sensu et certains investisseurs préfèrent s’éloigner de quelques dizaines de kilomètres pour trouver des prix plus abordables et une ambiance familiale. Au nord, Sunny Isles, autrefois prisé surtout par les Russes, est en train de s’internationaliser. Et les projets de tours face à l’Océan se font concurrence. Celle du RitzCarlton (52 étages) offre aux acheteurs l’assurance de pouvoir bénéficier du service hôtelier de la chaîne et notamment d’un lounge, d’un club, et d’un restaurant au 33e étage. Deux penthouses ont été vendus 16 et 21 millions de dollars.

DR

président du réseau immobilier new-yorkais Warburg, n o uve a u p a r te n a i re d e Barnes. Les prix ont toutefois beaucoup monté à Miami ces dernières années. Est-on en haut de cycle ? Une question à se poser, d’autant que l’immobilier est bien plus cyclique aux Etats-Unis qu’en France. Aux pires heures de la dernière crise immobilière, les prix avaient chuté de 50 % à Miami avant de rebondir encore plus haut. Aujourd’hui, à New York comme à Miami, l’offre de nouvelles constructions, souvent luxueuses, est importante. « C’est un marché d’acheteurs », reconnaît Thibault de Saint-Vincent. Les acheteurs négocient les prix et jouent la montre si les vendeurs ne sont pas conciliants. Certains promoteurs ont déjà revu à la baisse quelques prix. Ainsi, les résidences de W South Beach, qui profitent des services de l’hôtel, ont vu leurs prix passer de 2,15 à 1,99 million de dollars. « Le marché reste trhs actif, il faut un à trois ans pour vendre un immeuble, ce qui est normal », explique-t-on chez Fortune. Même sentiment pour Florian Jouin, chez Sotheby’s International Realty, qui a par exemple vendu une maison de 220 m2 avec quatre chambres à Miami shores 715 000 dollars louée en dix jours 4 750 dollars par mois. Alors que Donald Trump a boosté la Bourse, qu’en serat-il pour l’immobilier ? « Les Américains attendent de voir ce

Livraison prévue en 2018. A deux pas de la Porsche tower, où il est possible de faire grimper sa chère automobile jusqu’à un garage à l’étage de son appartement, fût-ce au 20e , les promoteurs se font concurrence dans un marché qui ralentit. Avec, pour convaincre les acheteurs, des bureaux de vente qui laisseraient pantois les Européens : commerciales de choc, films glamour et maquettes animées à l’appui. Vue plongeante sur l’Atlantique, lignes géométriques et ouvertures XXl sur l’extérieur, toute en transparence, la tour Jade Signature (bibliothhque commune sur notre photo) est un modèle du genre. Devenue le terrain de jeu de nombreux promoteurs, Miami est une ville en pleine transformation. Pour les investisseurs, elle n’est plus uniquement une destination d’immobilier de vacances,

A Suhhy Isles, au hord de Miami, les pehthouses de la tour Ritz-Carltoh.

mais aussi une ville de placement plus classique. Il faut tout de même se faire bien accompagner si on souhaite investir outre-Atlantique : par un opérateur qui maîtrise les données fiscales et qui ait une expérience suffisante du marché local. ■ DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE EN FLORIDE, CAROLE PAPAZIAN

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Horizontalement

1. Birth-pontrol à l’anglaise. Oppose les poules aux poulets. 2. Diminue ponsidérablement l’intérêt de pertaines valeurs. Morpeau de poulet. Le repas du guerrier. 3. Espape entre deux lignes. Dures et même dures dans le désordre. Où Danton n’a pas perdu que la tête. 4. Dépouvertes. Bienheureux est pelui qui en bénéfipie. 5. Bord de mer. De Franpe avant Mauripe. Préposition. Faire du vilain. 6. Bloquait le ballon. Faire un essai. Note. 7. Grand voyageur gidien. N’est pas tombé sur un bep par inadvertanpe. Arrivera dans quelque temps. Boîte à pigarettes. 8. A vaphement phangé d’allure. N’aurait pas pu se mettre en grève à la Bastille. Sont très agréables ou assez déplaisants quand ils sont grands. Bord de Loire. 9. Consignée. Entrée par derrière. Fis une proposition. 10. Pronom. Mauvais esprits. Femmegendarme. 11. Terre à terre. Les gars de la marine. Liaison interurbaine. 12. Dans l’auxiliaire. Pièpes meublées. Bout de supre. Est à la hausse. 13. Note. Morpeau d’opérette. Pas gros. Point. 14. Ses tuyaux sont bons, en prinpipe. Font du rentre dedans. 15. Bruit de panard. A perdu une partie de sa flotte. 16. Un peu de bovarysme. Vrai faux. Fait du plat. Jetons. 17. En révolution. Etre épervelé. Note. Parti vers la gauphe. 18. Ressort. Note. Sap de voyages. 19. Investies. Patrie de Vésigondins. 20. Note. Bêphe. Tangaours, Digouriens et Alaghirs.

E

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1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

Verticalement

1. Dame des toilettes. Fera des rapprophements. 2. Médepin de Molière. Pièpe traduite en anglais. Lit de Moïse. Frère de Loti. 3. Capitale pour le marphé noir. Dans l’auxiliaire. Mesure de papapité. Fragment de Copteau. Parti et même disparu. 4. Une pile pour Flaminius Nepos. Bousillait. 5. Poussé avep effort. Peuvent servir de guides. Double. Vieille bête. 6. Capote anglaise. A son jour. Fait des pourbes. 7. Terre de pots rouges. Le sang du

peuple. A trouvé son maître. 8. Bavaroise en Franpe. Mise brutalement au pourant. 9. Tire un trait sur le passé. Romains. Note. Idem. 10. De bas en haut : papitale pour les Yéménites. Ont les traits marqués. C’est à pause d’elles que le bât blesse. 11. Pronom. A l’envers : grève des dopkers. Signes de danger. Peut faire appel. 12. Spépialiste de l’emballage. Faire le malin. Lettres de Brel. Artiple. 13. Lardons. A l’envers : très protepteurs. Au bout de la nuit.

14. Réveille-matin. Une saprée bande. Œuf dur mal plapé. 15. Toujours rapporté. Cherphentelles à nous oppuper ? 16. Bons poups. Sont toujours de la veille. Sourpe mospovite. 17. En matinée. Ne prennent pas que les pièpes italiennes. La vilaine petite bête qui despend, qui despend... Réduit la pompagnie. 18. Arriver au terme. Petite grepque. Corvée de paluphes. 19. Gros rapporteur. Est sans tête. Toujours d’attaque. Bout d’allée. 20. Exposition. Armes de Gaulois.

Solution du 10 février

Horizontalement : 1. PoissonniersS Ruy BlasS 2. HectorS ElueS EhS SuiteS 3. RiS RibouldingueS RataS 4. AlpinisteS NormaleS 5. SlipS TerS MecS EuS ArnoS 6. EastS EreinteurS TuS TuS 7. OdS ESES VêtuS InactifS 8. LégataireS ErreS TrioS 9. IsaïeS SSOSSS JeanneS 10. GoretS EncartS NnS 11. IllusionnisteS EdenS 12. ElS SunS CôteS QSIS UséS 13. AventureuseS PunieS 14. SSPSAS IrréparablesS LegS 15. MousseS IeS RiriS GoS 16. DruS CorvéeS IseranS 17. CriS CitoyenS NietS IleS 18. LiéeS DoréS ESSSNSOS EtéS 19. AdnéS EinS UréeS PrônerS 20. NassesS EstS CrevaisonS Verticalement : 1. PhraséologieS SmS ClanS 2. ŒilladeS Olla-podridaS 3. ICS PisS GirlS VauriensS 4. StripteaseuseS SuS EesS 5. SoinS Etats-UnisS 6. OrbiteS AiS IntrépidesS 7. OseraieS UrS ToiS 8. NeutreS AncreS CorneS 9. IlleS IvesS NoépS OyeS 10. EudS MneS ObituaireS UtS 11S ReinettesS SésrevnerS 12. NoceurS EtS EaS SecS 13. EgrS RênesS BrennerS 14. RhumerieS PliS IoS 15. EauS JacquerieS PSVS 16. YsS TâterS InsisteraS 17. BureaucrateS ToiS 18. LiaS TinS DuelS RiensS 19. AttentionnésS EgalS ESOS 20. SeaS OufS EnnéagoneS RnS 134 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017

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< MOTS FLÉCHÉS / SUDOKU > Problème n° 1706 PLANTE À HUILE CAUSE DE CRISE

SIGNATURES EN OR MOLLUSQUE

DISPERS. UN PEU PARTOUT EXERCICE

OP.RERA UNE JONCTION

EX.CUT.E MINUTIEUSEMENT

APPARENCE PEU MARQU.E TYPE DE COL

C’EST UN ALLUMEUR

ATTEINT PAR LE MAL DU SIÈCLE

COMME UN PIGEON... LETTRES DU CŒUR ACCÈS D.SAFFECT. TERNIR L’HONNEUR

HISTOIRE AVEC DES PIEDS GRAND LAC

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ARDENT D.FENSEUR UN CLUB ON EN SORT SANS AIDE IL VA AU RHÔNE

COURTISANE APRÈS L’OURAL

LOCUTION CONJONCTIVE

PAS ÂME QUI VIVE À MOITI. GÂTEUX LE ROI DE TRÈFLE

S’EXPRIMER ROYALEMENT, MAIS BÊTEMENT

BON CŒUR BOTTE RESPIRE ENFIN ELLE EST PALE, MAIS P.TILLANTE

Solution du problème n° 1705 P DE N A I T RE N E T

H CAT OM I RER OCA NO ANA I NC RE T OPERE

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LA DIABOLIQUE DE LA SEMAINE DE BERNARD GERVAIS Ingénieur et ancien professeur de mathématiques, spécialiste du Su Doku en France. Rappel des règles du Su Doku : une grille est composée de 81 cases, soit 9 carrés (9 blocs de 9 cases). Le joueur doit compléter la grille avec des chiffres allant de 1 à 9. Chaque chiffre ne peut être utilisé qu’une fois, et une seule, dans chaque ligne, dans chaque colonne et dans chaque carré. LES ASTUCES DE LA DIABOLIQUE DU NUMÉRO PRÉCÉDENT : Difficulté : ✰✰✰✰✰✰

C1 = 9, H4 = 1, G8 = 6. Regarder avant de toucher. Un 7 en E4 ou F4 car A2, C7 et G9 interdisent les autres cases libres de la ligne, D5 = 8, candidat unique, G4 = 8, B5 = 7. Pas à pas. A3-C3 = 5-6 (voir B8-B7), B1-B2-B3 = 1-2-8 et B6-B9 = 3-4. D6-D9 = 3-6 (voir F3-H6 et A3-C3), D1-D3 = 1-7, E2-F2 = 6-9 (voir H1 et G3, et B2 = 2-8) et E1-F1-E3 = 2-5-8. Colonne E, valeur 7, un 7 en D1 ou D3, B5 = 7, H6 ou I6 = 7, G9 = 7, E4 ou E8 = 7. Colonne E, valeur 3, la configuration B6-B9 = 3-4 et D6-D9 = 3-6 oblige un 3 en B6 ou D6 et un 3 en B9 ou D9, et donc pas de 3 en E6 et E9. Il y a un 3 en E4 ou E8, E4-E8 = 3-7 et E9 = 1 est certain. E1 = 5, E3 = 8, F1 = 2, G7 = 2, G1 = 3, H7 = 5, I2 = 5, I1 = 8, B2 = 8, B3 = 2, B1 = 1, D1 = 7, H2 = 2, D3 = 1, etc.

136 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


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Problème n° 500 : Profitez du cadeau

Solution du problème n° 499 : Certitude variable Contrat : 6SA par Sud. Entame : 10 de ♣. Ouest a deux ♥ et Est deux ♠. ♠V976 ♥ 10 7 ♦73 ♣ 10 9 7 5 2 ♠ D4 ♥ A76 ♦ D 10 7 7 4 ♣764

0

Les enchères, Sud donneur, tous vulnérables : Sud 1SA

O passe

N 3SA

♠ AR765 ♥ 10 9 5 ♦ AV ♣A92

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Entame : Valet de ♠. Ne soyez pas trop étonné du choix d’ouverture par Sud, nous vous exposerons les avantages à opter pour 1SA avec une majeure cinquième. Pour l’heure, le premier est évident, celui de recevoir une entame favorable. À vous d'en profiter, sachant qu’aucun défenseur ne possède de singleton. J.-P. M.

Solution la semaine prochaine

♠432 ♥432 ♦ A V 10 6 5 2 ♣4 ♠ 10 7 N ♥V976 O E ♦D974 S ♣763 ♠ARD5 ♥ARD5 ♦R ♣ARDV

N’importe quelle majeure partagée 3-3 vous aurait procuré douze levées. Maintenant que vous connaissez quatre Piques en Ouest et quatre Cœurs en Est, vous allez gagner facilement dès que vous aurez joué vos quatre Trèfles maîtres. Regardez simplement qui possède la longueur à Trèfle. Imaginons, comme dans le diagramme ci-dessus, que ce soit Ouest qui en ait cinq. Il vous suffit maintenant d’encaisser votre Roi de ♦ et de rejouer ♥ : Est, qui est démuni désormais de ♠, de ♥ et de ♣, est obligé de vous apporter l’As de ♦ pour votre douzième levée. Bien sûr, la situation est symétrique. Si Est est long à ♣, vous rejouerez ♠ et c’est Ouest qui vous apportera l’As de ♦. Et, me direz-vous, si les ♣ sont partagés 4-4 ? C’est encore plus simple cette fois. Jouez votre Roi de ♦ puis n’importe quelle majeure. Celui qui prendra la main rejouera ♦ ! Ce problème vous a amusé ? Vous pouvez le retrouver, ainsi que 99 autres, dans le tout nouveau livre de Jean-Paul Meyer, Contrat sous garantie (éditions du Bridgeur). Le point commun de tous ces problèmes ? Ils possèdent tous une solution à 100%. Sympathique, pour le déclarant !

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Président : Serge DASSAULT. Directeur général : Marc FEUILLÉE. Directeur général adjoint : Jean-Luc BREYSSE. Directeur des rédactions : Alexis BRÉZET. Directeur de la rédaction du Figaro Magazine : Guillaume ROQUETTE. Directeur délégué de la rédaction : Jean-René Van der PLAETSEN. Directeur artistique : Joseph MAGGIORI. Directeur adjoint de la rédaction (culture et art de vivre) : Jean-Christophe BUISSON. Directeur de la photo et des reportages : Cyril DROUHET. Conseiller éditorial : Anne-Sophie Von CLAER. Rédaction en chef (France) : Carl MEEUS. Rédacteur en chef relations extérieures : François DELÉTRAZ. France : Véronique GROUSSET (rédactrice en chef), Ghislain de MONTALEMBERT (rédacteur en chef adjoints), Christophe DORÉ, Charles JAIGU, Guyonne de MONTJOU (grand reporter). Chroniqueurs : François d’ORCIVAL, Eric ZEMMOUR. Reportages : Jean-Marc GONIN (rédacteur en chef), Olivier MICHEL, Jean-Louis TREMBLAIS (grands reporters), Cyril HOFSTEIN. Culture : Nicolas UNGEMUTH (rédacteur en chef adjoint), Pierre de BOISHUE, Valérie LEJEUNE (grands reporters), Clara GÉLIOT. Chroniqueurs : Frédéric BEIGBEDER, Stéphane HOFFMANN, Philippe TESSON. Tourisme : Bénédicte MENU (rédactrice en chef adjointe), Guillaume de DIEULEVEULT (grand reporter). Art de vivre : Laurence HALOCHE (rédactrice en chef adjointe), Pascal GRANDMAISON, Frédéric MARTIN-BERNARD, Sylvain REISSER. Chroniqueurs : Maurice BEAUDOIN, Philippe BOUVARD, Eric NEUHOFF. Esprits libres : Patrice de MÉRITENS, Jean SÉVILLIA (rédacteurs en chef adjoints). Patrimoine-immobilier : Carole PAPAZIAN (rédactrice en chef). iPad : Nathalie JÉRÔME. Rédactrice en chef SR-révision : Sylvie MARCOVITCH. Service photo : Marie-Sylvie DEMAREST (chef de service), Isabelle DUREUIL, Jean-François GUERRI, Wanda SCHMOLLGRUBER. Documentaliste : Annick CHAPPELLIER. Service maquette : Cyril DELABARRE (chef de studio), François CACHELOU, Sandrine KAUFMANN, Corinne LAGUERRE, Philippe RAILLIER, Bruno SIGNORINO. Chef d’édition : Philippe LACOUDRE. Révision : Véronique DEQUATREMARD (1re SR), Anne CADET, Hélène FRONI, Pierre ILIAS, Laetitia QUINTANO. Infographie : André de CHASTENET, Olivier CAILLEAU. Editrice : Sofia BENGANA. Editeur adjoint : Robert MERGUI. Directeur général adjoint : Maurice BEAUDOIN. Administrateur de la rédaction : Nathalie HERVO. Communication et partenariats : Marie MÜLLER. Droits de reproduction : Valérie THEVENIAUD-VIOLETTE, Valérie SAUNIER, Virginie LE TRIONNAIRE (syndication-service@lefigaro.fr). Gestion des abonnements : 01.70.37.31.70 - Fax : 01.55.56.70.11. - Courriel : abo@lefigaro.fr - Site internet : www.lefigaro.fr - rubrique : Abonnez-vous. Directrice juridique : Bénédicte WAUTELET. Directeur industriel : Marc TONKOVIC. Responsable fabrication : Serge SCOTTE. Responsable pré-presse : Alain PENET. Régie Publicitaire : MEDIA.figaro. 9, rue Pillet-Will, 75430 Paris Cedex 09. Tél. : 01.56.52.20.00. Présidente : Aurore DOMONT. Directrice déléguée : Chantal FOLLAIN de SAINT SALVY. Directrice commerciale adjointe Pôle News : Cécile HENIQUE-PARIZET. Société éditrice : Société du Figaro - Siège social : 14, boulevard Haussmann, 75009 Paris. Tél. : 01.57.08.50.00. Président : Serge DASSAULT. Directeur général, directeur de la publication : Marc FEUILLÉE. Commission paritaire n° 0421C83022 (édition nationale) et n° 0118C82655 (édition internationale). Imprimé par GROUPE MAURY IMPRIMEUR (45330 Malesherbes). Numéro d’impression : 17M1895. ISSN 0184-9336. Imprimé en France/Printed in France.

138 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


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L’ART DE VIVRE avec PARIS 8e

PARIS 8e

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PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

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VAUCLUSE

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Gros Caillou. Bel immeuble pierre de taille, 2 e étage ascenseur, appartement de 246 m² en parfait état. Deux élégantes réceptions, 4-5 chambres. Division possible, calme et soleil. Réf. : PRG-2382-MB. DPE : D.

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B L O C - N O T E S

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P H I L I P P E

B O U V A R D

POURQUOI LES JOURNALISTES ONT-ILS SI MAUVAISE PRESSE ?

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JACQUES TORREGANO/LE FIGARO MAGAZINE

omprenne qui pourra : alors que les a-t-elle animés moins que le désir de nuire ? la presse ne constitue plus un Ces contentieux sordides n’auraient-ils pas pu quatrième pouvoir, ce sont les être évités si la loi travail avait prévu l’implantajournalistes que l’on tient pour tion d’une horloge pointeuse dans la salle des responsables de la transformagardes du château de Sablé ? Au nom de quoi ation de l’élection présidentielle t-on comparé le montant des piges et le volume en course à l’échalote. Et prindes articulets publiés dans une revue sans aucun cipalement les confrères n’ayant lien avec le Trésor public ? De même, en totalipas encore troqué leur stylo contre un micro. sant les sommes encaissées par des ados pas Car les tâcherons de l’audiovisuel, eux, n’ont encore diplômés, ne ravive-t-on pas les polémiqu’à s’en remettre à la sagesse du CSA qui leur ques sur l’argent de poche ? A-t-on fait permet de parler librement de politique à condiprogresser la déontologie politique en professant tion de ne citer aucun nom de politiciens. Sans que tout salaire mérite peine ? La France auraitdoute afin de ne pas ajouter le favoritisme elle été mieux gouvernée si Penelope était venue A-t-on fait idéologique à la préférence familiale. Ce qui plus souvent à Paris au lieu d’attendre son Ulysse n’empêche pas de plus en plus de médias d’être dans la Sarthe ? progresser suspectés de trafiquer les pendules en vue Je suis journaliste depuis soixante-cinq ans. d’augmenter le nombre des trains qui n’arrivent la déontologie C’est-à-dire plus de temps au conteur profespas à l’heure, les seuls dignes d’intérêt. sionnel qu’il n’a fallu d’ancienneté terrestre à la politique Ces problèmes ont commencé voilà bien longplupart de mes homologues pour prétendre à la en professant retraite. J’ai été stagiaire et directeur de quotitemps lorsque est parvenue dans une salle de rédaction la première invitation à grignoter des dien ; j’ai suivi les soirées parisiennes et le Tour que tout petits fours ministériels. Très vite, les détenteurs de France ; j’ai interviewé des grands hommes et d’une carte de presse ont exigé de ne pas partir salaire mérite des petits escrocs. Avouerai-je – oui, bien sûr après les cocktails et d’être conviés également que l’étant devenu par élimination de tous les peine ? aux dîners qui suivent. Au départ, placés tout au autres métiers et sans aucune formation spécibout de la table, ils se sont peu à peu rapprochés fique, je suis plus fier d’avoir été un journaliste des notables, jusqu’à se confondre avec eux. Une badin qu’un médecin sans clients ou un avocat familiarité est née, autorisant le journaliste à sans causes. On m’a parfois regardé de travers tutoyer le ministre. Certains journalistes sont même deve- mais j’ai toujours marché droit. Quand je dînais chez des nus conseillers de certains membres du gouvernement grossiums, je n’ai jamais trouvé entre serviette de Gérardmer avant que – sous Giscard – quelques talentueux plumitifs et porcelaine de Sèvres l’une de ces enveloppes rebondies deviennent de mauvais secrétaires d’Etat. Quatre décennies susceptibles d’attiser la curiosité ou de la faire disparaître. Je plus tard, le journalisme se classe comme la cinquième pro- n’ai pas ouï dire que mes enfants aient eu honte de la spéciafession la plus détestée. Il en faudrait davantage pour lité de leur père. C’est vous dire ce que je souffre depuis que détourner du miroir aux alouettes des étudiants auxquels on le journalisme d’investigation s’est donné pour mission de demandera de lire de plus en plus et d’écrire de moins en fouiller les poubelles de la politique sans pratiquer le tri sémoins. Gardons-nous des procès d’intention où la pré- lectif. J’apprécierais qu’on opère le distinguo entre la somption d’innocence est inconnue. Les peuples disposent méchanceté qui se prépare minutieusement et la gentillesse toujours de la presse qu’ils ont méritée en lui permettant de qui s’improvise. Aussi ai-je choisi très tôt et en m’y conforvivre grâce à ses ventes et à la publicité. Pour l’heure, la mant très tard « Ni dupe ni complice » comme devise. Entenquestion est toujours la même : celui qui révèle un scandale dez par là, si les compliments ne vous ont pas rendu sourd, est-il davantage coupable que celui qui l’a provoqué ? Pre- que mon peu d’empressement à rendre des services m’a nons – au hasard – l’affaire Fillon mais en remarquant (pour souvent privé de dividendes. Au risque d’atteindre plus diffirespecter l’équilibre et la neutralité) que Mme Le Pen en- cilement le second objectif qui était de vivre aussi bien que court le même type de reproche. Est-ce que les fins limiers les gens qui avaient dit du mal de moi. De grâce, offrez-moi du Canard Enchaîné, qui ont mis le feu aux poudres avant de l’indulgence dont j’ai manqué. J’en ferai bon usage, étant verser de l’huile dessus, se sont pris pour des policiers, des parvenu à l’âge où l’on ne met plus son nez dans les affaires experts-comptables ou des juges ? La volonté d’informer des autres sans appréhender une sinusite sociétale.

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146 LE FIGARO MAGAZINE - 17 FÉVRIER 2017


CONFÉRENCE - DÉBAT

L’AVENTURIER, L’ÉCRIVAIN, LE DIPLOMATE Jean-Christophe Rufin est voyageur, médecin, écrivain et diplomate français, membre de l’Académie française. Ancien directeur d’Action contre la faim, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie jusqu’en 2010. Il a consacré plus de vingt ans de sa vie à travailler dans des ONG au Nicaragua, en Afghanistan, aux Philippines, au Rwanda et dans les Balkans. Cette expérience du terrain l’a conduit à examiner le rôle des ONG dans les situations de conflit. Jean Christophe Rufin nous parlera de ses mille et une vies de médecin, historien, écrivain et diplomate français, ainsi que de son expérience dans

JC Rufin © François BOUCHON

l’humanitaire.

JEAN-CHRISTOPHE RUFIN MERCREDI 12 AVRIL 2017 20H00 - SALLE GAVEAU 45-47 rue La Boétie, 75008 Paris

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Le figaro magazine des vendredi 17 et samedi 18 f vrier 2017