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Une publication de l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique

Février 2013

Interview spécial du Président Le Président de l’ACNOA répond aux questions d’ACNOA Magazine Président de l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique, l’Intendant Général Lassana Palenfo a accepté de répondre aux questions d’ACNOA Magazine à l’occasion du début de l’olympiade 2013-2016. Il dresse par ailleurs avec nous un état des lieux de l’institution qu’il dirige. Monsieur le Président, nous allons débuter cet entretien par une question ouverte si vous n’y trouvez pas d’inconvénient. S’il vous était demandé de dire comment se porte l’ACNOA aujourd’hui, que répondriez-vous ? Je pense que l’ACNOA se porte bien. Plusieurs progrès ont été enregistrés ces dernières années. D’abord sur un plan purement institutionnel, nos zones de développement fonctionnent très bien et connaissent un dynamisme remarquable avec la création des Jeux de zones en 2006. Sur le plan de la coopération, nous avons entretenu les partenariats que nous avons signés avec des organisations internationales et des CNO d’autres continents ; ce qui nous a donc permis de consolider les acquis. Par ailleurs, nous avons passé des conventions avec de nouveaux partenaires bilatéraux et multilatéraux. De même, notre participation aux réunions des ministres des sports du continent atteste également de notre présence sur la table des discussions avec les gouvernements africain car plus que jamais, nous pensons que le développement du sport continental passe par une synergie d’actions où chaque partie prenante doit jouer pleinement sa responsabilité en tant qu’acteur du Mouvement sportif africain. Peut-on avoir quelques résultats sportifs concrets de ce dynamisme affiché par votre institution ? Bien sûr, au début de cette olympiade en 2009, j’ai promis au Mouvement sportif et olympique continental d’offrir à la jeunesse africaine une compétition destinée à ceux des athlètes plus jeunes et qui n’étaient pas souvent sous les coups des projecteurs. C’est dans cette optique que l’ACNOA a créé les Jeux Africains de la Jeunesse. Cette manifestation a, entre autres pour objectifs, de promouvoir les valeurs de paix, de tolérance, de solidarité et de fraternité entre les peuples africains à travers le sport et la culture; de rassembler et de célébrer l’excellence de la jeunesse sportive africaine et aussi de préparer les jeunes du continent âgés de 15 à 17 ans aux échéances mondiales. A ce propos, la première édition organisée à Rabat au Maroc, du 13 au 18 juillet 2010, a connu une franche réussite. Je tiens d’ailleurs à remercier ici les autorités gouvernementales marocaines pour leur appui inestimable au succès de cette manifestation. Les 2èmes Jeux Africains de la Jeunesse, quant à eux sont prévus à Gaborone au Botswana en 2014. En dehors des Jeux Africains de la Jeunesse, il faut également signaler que plusieurs zones de développement de l’ACNOA continuent d’organiser avec réussite, des Jeux de zones. Je voudrais signaler qu’à côté de ces manifestations organisées par l’ACNOA et par ses démembrements que sont les zones, notre institution a, avec une certaine fierté, dirigé les délégations africaines aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’été à Singapour en août 2010.Nous avons par ailleurs été à la tête d’une importante délégation continentale qui a pris part aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver organisés du 13 au 22 janvier 2012 à Innsbruck, en Autriche au cours desquels notre continent, grâce au jeune Marocain Adam Lamhamedi, a glané sa première médaille d’or dans cette manifestation (ndlr : c’était dans l’épreuve masculine de ski alpin de Super G). Sur le plan de la coopération, nous avons signé un accord avec le Comité national olympique des Etats-Unis le 5 juillet 2011. Celuici permettra aux CNO africains de bénéficier de la longue expérience et de l’expertise des États-Unis d’Amérique dans le domaine de la gestion sportive. C’est dans cette même lancée que l’ACNOA a signé, le 7 juillet 2011, avec le Comité national olympique de Russie,


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une convention de coopération dans le but d’officialiser sa relation bilatérale avec ladite institution. Je voudrais par ailleurs me féliciter du fait que le projet TYSL (ndlr : Thank You Small Library) commence à avoir une certaine visibilité dans certains CNO du Continent. Pour illustrer cela, je vous renvoie à l’équipement de deux bibliothèques avec des dons d’ouvrages et d’ordinateurs au Centre Olympafrica sis au mini-stade Serekunda Est à Banjul en Gambie. Ce projet qui est déjà opérationnel dans 15 pays va s’étendre à d’autres CNO africains. Il est conjointement sponsorisé par la province de Gangwon et le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de PyeongChang. Il œuvre également en partenariat avec l’ACNOA et l’Association mondiale des olympiens pour soutenir l’éducation par le biais des Comités nationaux olympiques et inspirer ainsi des futurs olympiens. Qu’en est-il de la restructuration de l’ACNOA que vous avez toujours prônée ? Cette restructuration est un processus. Celui-ci a d’ailleurs commencé. Sur le plan des ressources humaines, l’ACNOA est dotée depuis 2011 d’un Directeur technique. Celui-ci est une pièce essentielle dans le fonctionnement de notre organisation. De même, la révision des statuts de notre association est en bonne voie. Nous allons d’ailleurs poursuivre ce processus de restructuration de notre institution jusqu’à l’atteinte de nos objectifs.


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Le Président de l’ACNOA répond aux questions d’ACNOA Magazine Depuis le début de ce mandat, l’ACNOA a fait beaucoup de dons aussi bien au niveau des compétitions sportives, qu’au niveau social. Comment interpréter cette générosité accrue de votre institution? Disons que depuis mon arrivée à la tête de l’ACNOA, j’ai mis un point d’honneur à l’émancipation de la jeunesse africaine et à la valorisation de nos athlètes. Ces deux axes nous commandent donc effectivement à une assistance lorsque cela est nécessaire et cela malgré nos moyens limités. Sur le plan sportif, l’ACNOA participe financièrement à l’organisation des Jeux Africains. C’est ainsi qu’à Maputo nous avons apporté notre contribution pour la réussite des 10èmes Jeux Africains Bien entendu, nous ne saurions nous arrêter au seul domaine sportif, car si nous voulons aider la jeunesse africaine, il faut l’assister partout où elle a besoin de nous. L’ACNOA au quotidien, fidèle à ses traditions de promouvoir le bien-être multidimensionnel de l’homme et conscient de sa responsabilité sociale dans le Continent, soutient les efforts des différentes organisations internationales humanitaires. Dans cette optique, nous intervenons dans plusieurs camps de réfugiés aux côtés du HCR pour donner du sourire aux jeunes. Bien, plus l’ACNOA ne reste pas insensibles aux différentes catastrophes qui peuvent toucher le Continent. C’est le cas de cette famine enregistrée en 2011 au niveau de la corne de l’Afrique suite à la forte sècheresse qui a sévit dans cette partie du Continent. Monsieur le Président, quelle est aujourd’hui la place de l’Afrique au sein du Mouvement olympique ? Une place de choix, je dirais même que l’Afrique joue un rôle majeur au sein du Mouvement olympique. Le Président de cette institution, le Dr. Jacques Rogge a plusieurs fois visité l’Afrique. Il nous a par ailleurs fait l’honneur de participer aux travaux de certaines sessions de notre Assemblée générale notamment en juillet 2009 et en septembre 2011.C’est d’ail-


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leurs l’occasion pour moi de remercier au nom de tous les CNO africains le Président du CIO, le Dr. Jacques Rogge pour son soutien constant à nos différents projets. Je voudrais également le féliciter pour le travail remarquable abattu par lui depuis qu’il est à la tête du CIO. Par ailleurs, grâce à la Solidarité olympique, plusieurs stages sont accordés régulièrement à nos athlètes et aux entraîneurs. Vous avez organisé avec faste et solennité le 30ème anniversaire de l’ACNOA à Lomé au Togo, qu’est-ce qui a sous-tendu une telle initiative ? Il était normal au vue de l’important chemin parcouru par notre association que nous marquions un temps d’arrêt nécessaire pour voir d’où nous venons et pour entrevoir les perspectives. Je me satisfais bien évidemment de l’engouement de la grande famille olympique africaine autour de cette manifestation. Je remercie également les nombreuses organisations sportives mondiales et le CIO qui, par leur présence et leurs mots d’encouragement nous ont manifesté leur amitié. Ce 30ème anniversaire nous a amené à éditer un important ouvrage dont le titre évocateur « L’Afrique olympique célèbre ses 30 ans » montre à suffisance que nous avons dans son contenu retracé le passé du Mouvement sportif et olympique continental depuis la création, le


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Le Président de l’ACNOA répond aux questions d’ACNOA Magazine 28 juin 1981 à Lomé, de notre institution. Par ailleurs, au cours de cette manifestation, notre Association a cru bon de récompenser plusieurs athlètes, personnalités et organisations qui se sont distinguées par leurs actions au rayonnement du sport et de l’olympisme. Monsieur le Président, un mot sur le programme Olympafrica qui semble aujourd’hui être l’un des axes prioritaires de votre mandat. Effectivement, car je pense qu’avec le programme Olympafrica, l’ACNOA a un important vecteur pour donner du sourire aux jeunes du Continent. Depuis le début de cette olympiade, la construction de nombreux centres a démarré, et plusieurs d’entre eux sont achevés ou en voie de l’être. Aujourd’hui nous comptons plus de 40 centres Olympafrica opérationnels à travers l’Afrique et le nombre entend être croissant au cours des prochaines années. Je remercie d’ailleurs nos nombreux partenaires qui nous permettent d’atteindre nos objectifs dans ce programme. Au cours de ces dernières années, on a vu l’ACNOA jouer la médiation dans de nombreux conflit, quelle lecture en faitesvous ? C’est vrai que des comités nationaux olympiques ont connu des conflits de plusieurs natures. Ce qui a failli entacher leurs actions en faveur de la jeunesse. Mais, l’esprit olympique, guidé par les valeurs de paix et de tolérance a fini par prendre le dessus sur les considérations personnelles. L’ACNOA à chaque fois a prôné le dialogue et les résultats sont plutôt satisfaisants ; car non seulement nous avons ramené les acteurs en conflit autour de la table des négociations, mais aussi nous avons pu ramener l’ordre et l’entente dans les CNO concernés. La victoire n’est pas celle de l’ACNOA mais celle de l’olympisme. Après ce tableau qui montre bien que l’ACNOA, sous votre conduite a contribué à remplir pleinement ses missions, peut-on dire de vous que vous êtes un président satisfait aujourd’hui ?


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Le Président de l’ACNOA répond aux questions d’ACNOA Magazine

Ce n’est pas au président de l’ACNOA d’exprimer sa satisfaction, car tout ce que nous faisons, c’est pour le plein épanouissement de la jeunesse continentale; car je suis au service de l’émancipation de celle-ci. J’ai placé les jeunes au centre de mes préoccupations et j’entends continuer sur la même lancée. Bien évidemment, vous me poussez là à vous indiquer quelques perspectives. A ce propos, je vais indiquer que nous allons poursuivre le processus de restructuration de l’ACNOA, de même que l’œuvre entamée dans le domaine de la coopération. Il va également falloir se pencher dans les prochains mois sur la problématique du financement du sport africain tout comme nous allons mettre un point d’honneur sur une planification concertée des grands événements sportifs continentaux. Si nous avons pu atteindre nos objectifs, c’est aussi grâce à l’apport inestimable de plusieurs acteurs que je tiens à remercier ici. Il s’agit entre autres des Présidents de CNO, des présidents des confédérations sportives continentales, des ministres chargés des sports, des bénévoles… Monsieur le Président, l’Afrique a participé en juillet et en août 2012 à Londres aux Jeux Olympiques d’été, quel bilan faites-vous de cette présence du Continent à cette manifestation? Les Jeux olympiques sont un moment de rassemblement, de commu-


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Le Président de l’ACNOA répond aux questions d’ACNOA Magazine nion et de partage des valeurs olympiques. Tous les pays africains se sont appropriés cette assertion. C’est donc vous dire tout l’engouement des différents CNO du continent à participer à cette manifestation olympique qui s’est déroulée du 27 juillet au 12 août 2012 dans la capitale britannique. l’ACNOA a accompagné tout le processus de préparation et de participation de notre continent à ces jeux qui ont révélé une fois de plus au monde entier l’immensité des talents que possèdent nos jeunes athlètes. Même si, en termes de nombre de médailles glanées, nous n’avons pas pu faire mieux qu’à Beijing en 2008, notre jeunesse s’est montrée enthousiaste, conquérante et digne. Quel regard jetez-vous sur la construction du tout premier village africain érigé à Londres en marge de ces jeux ? J’ai promis aux CNO de doter l’Afrique d’un village olympique à Londres au cours des Jeux. C’est chose faite avec Africa village qui a été un espace pour tous les Africains, athlètes, dirigeants ou visiteurs. L’Africa village constitué de ce fait, un vaste espace de communication qui a permis à l’Afrique de mieux se faire connaître et de promouvoir son riche potentiel naturel, culturel et humain. Ce premier village africain construit lors des Jeux olympiques a constitué à n’en point douter l’épicentre des actes posés par notre organisation au cours de ces 12 derniers mois. Il a germé à Londres avec un succès certain. Nous avons montré dans cet espace, les potentialités d’une Afrique qui se porte mieux, celles d’un continent doté d’une grande diversité culturelle et d’un riche patrimoine. Plus de 80 000 personnes ont visité ce site, dont de grandes personnalités du monde politique, sportif et culturel. Comment entrevoyez-vous l’avenir du mouvement sportif et olympique en Afrique dans un contexte sociopolitique marqué par des difficultés de toutes sortes? L’Afrique traverse des turbulences de toutes natures qui freinent considérablement tout développement humain. Le sport est un puissant vecteur de paix, de la culture de la paix. Il n’y a pas de vie sans la paix. Il n’y a pas de développement sans la paix. Il n’y a pas de sport sans la paix. Nos 54 Comités Olympiques d’Afrique, l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique, les Gouvernements, les Confédérations sportives continentales ont complètement intégré, avec les organisations du réseau des Nations Unies dans chacun des pays, combien le sport pouvait, par les valeurs qu’il véhicule, constituer un acteur déterminant au service de la paix. Nous devons nous inscrire dans l’esprit de la Fondation Internationale pour la Trêve Olympique qui prône, à l’image de la colombe, symbole de la paix, de construire, grâce au sport, un monde pacifique, un monde meilleur. C’est le défi du mouvement Olympique, c’est aussi le défi des Nations Unies. Malgré le contexte que vous qualifiez de difficile, j’ai bon espoir que le meilleur du sport africain reste à venir. Le Mouvement sportif et olympique africain quant à lui est en pleine structuration, il s’organise peu à peu et avec la volonté affichée de l’Union Africaine, des Confédérations sportives continentales et de l’ACNOA que j’ai le privilège de présider, une visibilité certaine est entrain de se développer pour le bien de la promotion du sport et de l’olympisme en Afrique. Et si on abordait la question du financement du sport africain à l’entame de cette olympiade. Vous savez très bien que le financement du sport relève d’une problématique assez complexe dans la mesure où il est important de diversifier les différentes sources qui permettent au sport de fonctionner. Si le


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CIO à travers la Solidarité olympique et les gouvernements apportent déjà une contribution inestimable pour financer les activités sportives, il est aujourd’hui comme un impératif d’explorer d’autres pistes. Aujourd’hui en Afrique par exemple, aucune confédération sportive continentale, exceptée certainement celle qui gère le football n’est autonome financièrement. Il faut donc trouver d’autres sources complémentaires pour financer le sport notamment au niveau du sponsoring, du mécénat, de l’organisation des événements… Par ailleurs au sujet des fonds provenant de la Solidarité olympique, je pense qu’il faut bien les utiliser, il faut que les CNO à travers des projets de développement du sport novateurs consomment tous ces crédits qui nous sont octroyés. Monsieur le Président, et si on terminait cet entretien par une question personnelle, celle de savoir si vous êtes candidat à votre propre succession. Depuis 2005, année au cours de laquelle j’ai accédé à la présidence de l’ACNOA, mon ambition a toujours été à terme de faire de cette institution une très grande organisation respectée et crédible en Afrique et dans le monde. L’ACNOA est aujourd’hui la plus grande de toutes les structures sportives du continent ; elle doit le demeurer. Notre courbe est positive depuis deux olympiades. Notre prochain plan d’action pour le quadriennal 2013-2016 aura d’abord pour leitmotiv de consolider les acquis, puis d’introduire de nouvelles stratégies novatrices susceptibles non seulement de donner plus de sourire à la jeunesse africaine, mais aussi d’impulser de nouvelles dynamiques dans les secteurs du financement du sport, de la professionnalisation dans l’organisation événementielle, de la préparation d’athlètes du continent aux manifestations internationales, du perfectionnement des encadreurs sportifs, du social et de l’éducation olympique. Vous voulez savoir si je suis candidat, je dirai que j’entends poursuivre l’œuvre entamée et relever au cours de la prochaine olympiade tous ces défis grâce au concours des 54 CNO du continent pour donner orgueil et fierté à la famille olympique africaine.

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