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[SOMMAIRE]

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22 QUEL FUTUR

POUR LA NBA ? BUSINESS, HIÉRARCHIE, STAR POWER, LES GRANDES TENDANCES DE DEMAIN.

30

KEVIN DURANT COMME UN OURAGAN

34 GÉNÉRATION FG LE FUTUR LEUR APPARTIENT

38

INTERVIEW STEPHEN CURRY

52

YOUNG GUN

56

TIAGO SPLITTER

JOAKIM NOAH

Franc tireur

60

MOMENT OF TRUTH

68

BRITTNEY GRINER

SÉRAPHIN PRÊT POUR LE GRAND SAUT ?

78

GOOD OL’ DAYZ

HAKEEM OLAJUWON

70 KÉVIN

REVERSE AWARDS

2010


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ATTENTION

CECI EST UNE VERSION PARTIELLE DE REVERSE UN CERTAIN NOMBRE DE PAGES ONT ÉTÉ VOLONTAIREMENT ENLEVÉES


[RUN&GUN] Kyle Singler a été élu M.O.P du Final Four 2010 avec 23 pts, 9 rbds, 5 pds en demi, 19 pts, 9 rbds et 5 ctrs en finale.

STARTER

KYLE SINGLER

LE MARGINAL

KYLE SINGLER A PRIS SON TEMPS. PAS POUR ASSURER SA CARRIÈRE NBA, MAIS POUR TIRER LE MAXIMUM DE SON PASSAGE À LA FAC. Par Théo Letexier Photo Courtesy of Duke University

L

a Draft 2008 est entrée dans l’histoire comme celle comptant le plus de freshmen, avec 12 pré-adultes appelés par le commish’. Le « one and done » à son paroxysme en quelque sorte. Un mouvement qu’avait tout simplement zappé Kyle Singler, le M.O.P du Final Four 2010 (23 pts, 9 rbds, 5 pds en demi, 19 pts, 9 rbds et 5 ctrs en finale) et champion NCAA avec Duke. Pourtant, le grand rouquin de Portland aurait largement eu ses chances, et ce dès le

premier tour. Depuis Nowitzki, la grande ligue raffole des intérieurs (blancs) qui s’écartent (trop), avec des mains en or massif. « Je sais que je ne suis pas prêt pour la NBA », racontait-il à l’issue de sa première saison universitaire. « Honnêtement, je n’y ai même pas pensé ». Il ne s’estimait alors pas assez fort physiquement et trop lent dans le jeu de jambes. Deux saisons plus tard, Singler n’a toujours rien d’un athlète. En fait, sa saison Junior est même relativement décevante : pourcentages

en baisse, implication défensive irrégulière, on ne peut même pas dire qu’il y ait eu de véritables progrès d’une année sur l’autre. Mais aujourd’hui, la différence, Kyle l’a faite dans la tête. Après pratiquement trois saisons à se chercher, il s’est littéralement fait violence et a su prendre les choses en main lors de la March Madness pour devenir enfin le joueur d’impact que Duke voyait en lui. On a même pu apercevoir un sourire sur la bouille de Mike Krzyzewski. Ça valait le coup d’attendre, non ?

Kyle Singler #12 Duke - 22 ans 2,03 m/104 kg Stats 2009-1110 : 17,7 pts à 41,5%, 7,0 rbds et 2,4 pds


[RUN&GUN]

ÇA, C’EST FAIT

TENTER DE FAIRE PÉTER LES PLOMBS À KOBE,

>>>TRASHTALK

JUSTE AVANT LES PLAYOFFS

JOHN WALL ET EVAN TURNER SERONT CERTAINEMENT LES DEUX PREMIERS JOUEURS à se lever de leur siège lors de la prochaine draft, mais nous, si on avait le 3ème pick, on serait bien tenté de choisir Maya Moore un an avant qu’elle ne se présente. C’est ce qui se fait de plus approchant de Carmelo Anthony.

Phil Jackson est passé maître dans l’art de brouiller les pistes et de laisser tout aussi perplexes les joueurs et les journalistes. Mais il a fait très fort, même selon ses propres standards, en pondant un système complètement baroque lors d’un match face aux Blazers : 1ère option ? Derek Fisher pour un tir à trois-points. 2ème option ? Pau Gasol, lui aussi pour un tir de loin. Kobe ? Dans le rôle du porteur d’écran pour Gasol ! Ça a bien entendu foiré et on ne sait toujours pas si c’était juste un moyen de se foutre de la gueule de Bryant, de faire parler les journalistes ou simplement une private joke avec Tex Winter. T.H.

DEPUIS QUELQUES SAISONS, JORGE GARBAJOSA JOUE COMME SI ON ÉTAIT EN 2057. Malheureusement, ce n’est pas parce qu’il est le prototype du 4 du futur, mais plutôt parce qu’il joue comme s’il avait déjà 80 ans. VOUS VOUS RENDEZ COMPTE QU’À L’HEURE OÙ VOUS LISEZ CES LIGNES, Don Nelson est devenu le coach le plus victorieux de l’histoire de la NBA ? Oui, oui, Don Nelson ! Ricky Rubio, 19 ans, 150 matches en Liga ACB… VOIR JOUER DWIGHT HOWARD APRÈS AVOIR REVU UN BON MIX DU SHAQ à ses grandes heures, c’est comme boire de la vodka Poliakov après avoir dégusté une Zubrowska bien frappée. UNE RUMEUR FAISAIT D’ETTORE MESSINA LE HEAD-COACH DES NETS LA SAISON PROCHAINE. Dominer l’Europe avec le CSKA en 2008, jouer les sparring-partners du Barça en 2010 avec le Real et venir crever sportivement avec les Nets en 2011 confirmerait l’adage : « Le plus dur, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage ». CHRIS ANDERSEN A ENCORE AJOUTÉ QUELQUES TATOOS et une barbe façon clodo en cours de saison. Ils ont arrêté les contrôles anti-drogue en NBA ou quoi ? AVANT DE RETOURNER SUR LES TERRAINS, Greg Oden travaillerait beaucoup son jeu grâce à la vidéo… sur Chatroulette.

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k?. ++ +++

+ +++ ING COMON+ ++ SO +++ ++

LOVE ME OR HATE ME JOSH SELBY A L’ARROGANCE D’UNE FUTURE STAR, MAIS EN A-T-IL LE TALENT ? Par Théo Letexier Photos Henny Ray Abrams / H-O McDonalds

C

omme tout phénomène de high school qui se respecte, Josh Selby a déjà mis à genoux une bonne partie des scouts du pays. Insolent de facilité, son côté arrogant a pourtant tendance à diviser les fans de basket, à tel point que le meneur originaire de Baltimore s’est progressivement créé un joli réseau de haters. Mais au fond, qu’on l’apprécie ou

100

pas, Selby est indéniablement une star en devenir. Costaud, aérien (vainqueur du Slam Dunk Contest du McDonald’s All-American fin mars), c’est avant tout un collectionneur de gros cartons offensifs. La case college devrait permettre de mieux cerner le potentiel et les limites du garçon : encore un peu trop brouillon globalement, son énergie mérite d’être utilisée

à meilleur escient, tout comme son jeu de passe, qui gagnerait en efficacité avec un peu plus d’application. C’est ce que le coach Bill Self devra l’aider à corriger en express, maintenant que Selby vient de s’engager en faveur des Jayhawks, parce que Josh n’a pas l’intention de s’éterniser en NCAA. Josh Selby - Kansas 18 ans, 1,90 m Meneur

LE CHIFFRE

Le nombre de points scorés par Wilt Chamberlain contre les Knicks le 2 mars 1962. S’il avait joué contre les gars de D’Antoni, on serait en train de parler du chiffre 172… minimum. La somme des neuf premiers nombres premiers. Sur 100, la probabilité que LeBron ait été élu MVP au moment où vous tiendrez ce magazine.

100 aucun doute l’un des 2 chiffres préférés des rappeurs français pour orthographier le nom 2 leur groupe 100 se tromper. Le nombre d’heures que Tex Winter a passé à tenter de faire comprendre l’attaque en triangle à Ron Artest, avant de menacer de se trancher la carotide avec sa plaquette. La température à laquelle l’eau entre en ébullition… et celle de la salle du Partizan cette saison.


DOSSIER QUEL FUTUR POUR LA NBA ?

QUEL FUTUR POUR LA NBA ? BUSINESS, HIÉRARCHIE, STAR POWER LES GRANDES TENDANCES DE DEMAIN

POUR FAIRE FACE À LA CRISE, LA NBA S’APPRÊTE À CHANGER DE FAÇON RADICALE. LA LIGUE TELLE QU’ON LA CONNAÎT NE SERA SANS DOUTE PLUS JAMAIS LA MÊME. PAR JULIEN DESCHUYTENEER PHOTOS CHRISTOPHE ÉLISE

U « 

ne photocopie du majeur de Stern. » Voilà comment un dirigeant d’une franchise a décrit la proposition initiale élaborée par les propriétaires des franchises NBA au début de l’année pour le prochain Collective Bargaining Agreement (CBA). C’est à peu près de la même manière que le syndicat des joueurs a accueilli l’annonce de la volonté des proprios de taper sur les salaires pour retrouver une rentabilité envolée. « S’ils n’aiment pas les nouveaux contrats maximum, LeBron n’a qu’à aller jouer au football, où il gagnera encore moins qu’avec le nouveau max, et Wade peut devenir top model ou ce qu’il veut. Ils ne feront rien et personne ne se souviendra d’eux dans quelques années », pouvait-on entendre de la bouche d’un autre dirigeant sur CBSSports. com fin janvier. Pas étonnant alors que, malgré les 100 000 spectateurs entassés pour voir les 24 étoiles de la Ligue à Dallas, le véritable spectacle se soit déroulé en coulisse, dans une

tension extrême. Avec ce type de propos quasiinsultants retranscrits dans les médias et surtout la perspective qu’on touche à leurs acquis, les joueurs sont montés au créneau lors des discussions animées sur le prochain CBA qui ont eu lieu lors du All-Star Weekend. Un accord collectif qui, bien plus que la Finale NBA ou le fameux marché des free agents de cet été, est LA grande échéance à venir, avec comme enjeu la viabilité et l’avenir de la plus grande ligue de notre sport.

LIGUE AU BORD DE LA CRISE DE NERFS

Si les débats ont été si animés, c’est que la NBA traverse une vraie crise. Stern prévoit qu’elle perdra cette année pas moins de 400 millions de dollars ! Soit le double des pertes qu’elle accumulait déjà chaque saison depuis la mise en place en 2005 de l’actuel CBA (le contrat signé entre la ligue, à savoir le Board des propriétaires, et le syndicat des joueurs, et qui définit entre autres le salary cap, les salaires minimums et maximums, les règles concernant

les transferts et la draft), qui court jusqu’au 1er juillet 2011, date avant laquelle un accord entre les boss et les joueurs doit être trouvé. Malgré le strass et les paillettes, posséder une franchise NBA n’est pas du tout un business rentable. Même pour la meilleure équipe de la saison régulière. Les Cavs ont beau posséder le meilleur joueur de la planète, la plus grande icône marketing et être les favoris pour les prochaines finales, ils ont perdu 20 millions de dollars par an lors des deux dernières saisons et devraient perdre entre 10 et 15 millions cette année. Et ils ne sont qu’un exemple parmi de nombreuses teams qui finiront la saison dans le rouge. Entre 25 et 27, selon les sources les plus pessimistes. Seuls les Lakers, les Bulls et les Knicks seraient bénéficiaires cette année, ainsi que peut-être Boston et… les Clippers. Pas étonnant dès lors de voir autant d’équipes changer de propriétaire ou chercher un repreneur (Charlotte, New Jersey, Golden State, New Orleans, …).


DOSSIER QUEL FUTUR POUR LA NBA ?

SOMMAIRE DU DOSSIER : p22

BUSINESS, HIÉRARCHIE, STAR POWER

LES GRANDES TENDANCES DE DEMAIN

p30

KEVIN DURANT

LEADER DE LA NOUVELLE GÉNÉRATION

p34

ROSE, EVANS, GRIFFIN, GASOL, JENNINGS... LE FUTUR LEUR APPARTIENT

p38

STEPHEN CURRY

LA RÉVÉLATION DES WARRIORS SE LIVRE ET REVIENT SUR SA 1ÈRE SAISON

p42

GLOBAL WARMING

LES (NOUVEAUX) ÉTRANGERS À L’ASSAUT DE LA NBA


DOSSIER LA NBA DU FUTUR

KEVIN DURANT

COMME UN

OURAGAN ON SAVAIT QUE KEVIN DURANT DEVIENDRAIT UNE SUPERSTAR, MAIS PAS AUSSI VITE. DANS SON SILLAGE, C’EST TOUTE UNE FRANCHISE QUI S’APPRÊTE À DÉVASTER LA LIGUE. PAR FLORENT BODIN GRAPHISME GUYOM

I

l remonte d’un geste vif et assuré ses protège-mollets noirs sur de longs segments qui n’ont de fragile que l’apparence. Le match n’a pas commencé, Kevin Durant porte déjà le deuil de son vis-à-vis. Personne cette saison n’aura réussi à contenir l’ailier du Thunder, pas même Nicolas Batum, chien de garde attitré des Blazers qui en avait pris 33 le 9 février dernier : « C’est un des joueurs les plus durs à défendre. Il a rejoint Kobe, LeBron, Carmelo et Dwyane Wade, sans aucun doute. » Et l’ancien Manceau de nous expliquer son calvaire en détails : « Il peut scorer de n’importe quelle façon. Il a un tir de malade mental : trois-points, en sortie d’écran, post-up, fadeaway, pull-up, après cross ou dribbles entre les jambes, step back, c’est impressionnant. Il est fort aussi sur le drive, il va bien au contact, il sait provoquer les fautes. »

DURANTULA-MANIA

Pourtant, il y a trois ans, Kevin Durant se parait encore du maillot des Longhorns du Texas en NCAA et pesait dix kilos de moins. Parler d’ascension vertigineuse ne serait qu’un doux euphémisme pour qualifier le parcours de ce gamin de Washington D.C, qui est devenu le plus jeune meilleur marqueur de l’histoire, en coiffant LeBron James, Carmelo Anthony, Kobe Bryant et Dwyane Wade au poteau. « Après cinq matches cette saison, on a su qu’il allait devenir un grand », nous confie Royce Young, journaliste pour dailythunder.com. « Cet été, il a bossé pour devenir plus costaud et pour améliorer sa défense. Les grands joueurs ne se reposent jamais sur leurs lauriers. Kevin Durant fait partie de ceux-là, ceux

qui cherchent toujours à s’améliorer. » Grâce à son envergure de 2,30 m, Durant a développé un tir incontrôlable à la Nowitzki qui est d’une fiabilité terrifiante (47,6% en saison régulière). D’abord essayé en 2 lors de son année rookie, c’est au poste d’ailier que le garçon prend une autre dimension, aidé par son shoot, sa vitesse d’appuis et des mouvements offensifs dignes de Carmelo Anthony. Sur le parquet, on croirait voir un champion du monde de fléchettes sous acide : la spontanéité alliée à la virtuosité du geste juste. « Les gens me demandent souvent comment je progresse. Je leur dis que c’est à force de répéter la même chose sans cesse. C’est sûr que c’est ennuyeux, mais ça marche ! » Ainsi, cet été, la tige de l’Oklahoma a bossé son gros point faible : sa défense de torero, pas vraiment plus crédible que celle de Steve Nash. Malgré son manque de masse, l’athlète taillé dans une queue de cerise gobe un rebond de plus en moyenne par match que l’an passé (7,6) et compense son manque de muscle par son placement et sa vision du jeu. De toute façon, avec l’arrivée de Thabo Sefolosha l’an passé, la star du Thunder sait que l’accès au panier est bien gardé. Le travail de l’ombre de l’ancien chalonnais pousse l’équipe à se mettre au diapason défensivement. Une équipe jeune et solidaire au sein de laquelle on n’hésite plus à faire le petit effort en plus pour soulager un coéquipier. Tout est question d’équipe chez Kevin Durant. Les journalistes du magazine américain Dime se souviennent d’ailleurs qu’au moment où ils décidèrent d’organiser

« Si vous me croisez dans la rue, vous vous direz peut-être que je suis un joueur NBA parce que je suis grand, mais à part ça je suis un type tout à fait normal. » Kevin Durant


DOSSIER LA NBA DU FUTUR > KEVIN DURANT

« LE PREMIER JOUR OÙ JE L’AI VU, J’AI SU QUE C’ÉTAIT UN GRAND. »

SCOTT BROOKS

une séance photo pour l’afficher en une de leur revue, celui-ci, alors à Texas, avait accepté, à une condition : que ses coéquipiers puissent être à ses côtés sur la couverture. Une seule année à ravager le basket universitaire mais un « Longhorn for life », comme aime le rappeler KD. Chaque été, la star NBA s’offre d’ailleurs quelques shootaround dans la salle de son ancienne fac, là-même où un jour un scout NBA aurait déclaré « Kevin Durant est venu sur terre pour marquer des milliards de points. » Kev est avant tout un passionné. Un stakhanoviste du geste parfait qui aime son métier plus que tout, au point d’être incollable sur le basket, même féminin ! S’il avoue

s’inspirer du style de Kobe, LeBron, Dwyane ou Carmelo pour façonner son jeu, c’est Joe Johnson des Hawks qui trouve à ses yeux le plus de crédit. Choix a priori étonnant mais finalement très cohérent quand on s’intéresse d’un peu plus prêt à l’homme. « Si vous me croisez dans la rue, vous vous direz peut-être que je suis un joueur NBA parce que je suis grand, mais à part ça je suis un type tout à fait normal. » Un chic type même. Il porte le numéro 35 pour honorer la mémoire de son premier entraîneur Charles Craig, assassiné en 2005. Le jeu, les amis, les racines, Durant fuit le processus de starification pour mieux se concentrer dans la sérénité sur le rectangle de vérité. Une personnalité plus proche de

celle d’un Larry Legend que celle d’un Magic Johnson ? La réponse ne fait aucun doute. « Je suis comme Bird. J’aime rester à la maison. J’aime rester chez ma mère et manger ses petits plats. C’est mon truc, je suis comme ça. Les grandes villes avec les paparazzis, c’est pas pour moi. Ce que j’aime, c’est jouer au basket et rester tranquille. » Une vraie aubaine pour Oklahoma City, 530 000 habitants perdus dans le Midwest, soit l’un des plus petits marchés de la ligue avec Milwaukee et San Antonio. Une ville jusque-là célèbre pour sa tornade du 3 mai 1999 et pour avoir donné naissance à Lon Chaney Jr., un acteur inconnu qui avait fini sa carrière par le nanard Dracula contre Frankenstein en 1971, deux ans avant de mourir. Moche.


DOSSIER LA NBA DU FUTUR > GÉNÉRATION FG

GÉNÉRATION FG (FUCKING GOOD)

LE FUTUR LEUR APPARTIENT

DERRIÈRE D-12, LEBRON, WADE ET KOBE, UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE JOUEURS EST DÉJÀ PRÊTE À METTRE LA MAIN SUR LA NBA. REVUE D’EFFECTIF ET ANALYSE. Par Jean-Sébastien Blondel

D

avid Stern est un homme heureux. Inquiet, probablement, de se dire que Ron Artest est dans la même équipe que Kobe, mais heureux. Bryant, justement, est encore au sommet de son art, LeBron évolue à des hauteurs faramineuses en n’ayant fait qu’égratigner la surface de son potentiel, Dwyane Wade et Carmelo Anthony sont flashys et vendeurs de maillots, bref, les affaires vont

Photos Chris

Elise & K-REINE

bien. Mais ce qui fait vibrer le commish’, c’est surtout que l’avenir de sa ligue est tout aussi radieux que le présent, sinon plus.

ARRIÈRES TOUTE

Les superstars de la draft 2003 seront toujours là dans cinq ans, toujours au top. Et les stars de demain ont tout pour améliorer encore l’image de la ligue et rendre le jeu encore plus attrayant. La révolution lancée par Jordan, actualisée par Allen Iverson et pérennisée par Kobe a donné

clairement les clefs du jeu NBA aux extérieurs. Brandon Roy, Joe Johnson, Danny Granger, la liste des franchise-players payés pour artiller est longue. L’âge d’or des pivots dominateurs est officiellement révolu. Il y a encore quinze ans, on tentait de construire son effectif autour d’un bon centre : Olajuwon aux Rockets, Shaq au Magic, Robinson aux Spurs, Ewing aux Knicks, mais aussi Mourning, Mutombo, Daugherty dominaient les raquettes… mais pas les marchés financiers.


DOSSIER LA NBA DU FUTUR > GÉNÉRATION FG

LE CINQ DU FUTUR : e PG Derrick Rose : All-Star

Difficile pour le fan de basket moyen de s’identifier à un mastodonte de 2,15 m pour 135 kg. Et ça, pour Stern, c’est un gros problème. Le grand patron de la ligue n’est évidemment pas responsable de la disparition de l’espèce, mais la manière dont la NBA a valorisé le jeu flashy de ses « petits », à travers ses Top 10 et ses highlights, a eu une influence considérable sur les générations de joueurs qui sont arrivées depuis. L’autre raison flagrante, c’est que les joueurs de plus de 2,10 m avec l’agilité d’un Olajuwon, l’explosivité d’un Robinson ou la puissance brute de Shaq (et en prime la dureté mentale et le talent pour dominer), c’est encore plus rare que des raisons de sourire quand on coache les Clippers. Ce qui a donné le coup de grâce au jeu physique des 90’s dans lequel les intérieurs se régalaient, c’est la direction que la ligue a choisie de prendre à travers ses changements de règles. Écœuré par la Finale 94, cadenassée par Houston et New York, inquiet à l’idée de voir Pat Riley et Chuck Daly susciter des vocations, Stern et son équipe ont progressivement ouvert le jeu et privilégié l’attaque. Du même coup, ils ont lâché la bride aux extérieurs, enfin débarrassés du hand check de leur défenseur. Les meneurs et arrières qui ont fait leur apparition récemment ne sont pas forcément

meilleurs qu’il y a 20 ans, mais défendre dur sur eux est plus compliqué qu’avant.

ATTRAPE-MOI SI TU PEUX

Cette année, c’était vraiment la saison des génies précoces. Des 55 points de Brandon Jennings aux clinics sur les fondamentaux individuels dispensés par Stephen Curry. De la facilité avec laquelle Tyreke Evans vient déposer ses lay-ups à la distribution d’assists de Darren Collison. Il ne manque pour le moment que Ricky Rubio… On se rappellera peut-être de la draft 2009 comme de la plus fournie de l’histoire en meneurs d’impact. Mais le plus prometteur de la nouvelle génération en est à sa deuxième saison et est déjà All-Star. Derrick Rose n’a pas perdu de temps et a tellement de choses à travailler que son potentiel est effrayant. Il peut driver à volonté, finir spectaculairement, et commence à devenir une menace à mi-distance. Avec un tir à trois-points et encore un peu d’expérience, l’enfant chéri de Chicago aura tout pour rivaliser avec Deron Williams et Chris Paul pour la suprématie du poste. Tyreke Evans, lui, n’inquiète peut-être pas encore Kobe ou D-Wade, mais il a déjà un honneur qu’ils doivent lui envier : celui d’être le quatrième rookie après Oscar Robertson, MJ et LeBron à compiler 20 points, 5 rebonds

dès sa deuxième saison, il ne lui manque plus qu’à améliorer son tir extérieur pour jouer dans la catégorie de Deron Williams et Chris Paul. e SG Tyreke Evans : premier rookie depuis Oscar, MJ et LeBron à aligner 20/5/5, son avantage physique sur les autres arrières est tout simplement scandaleux. On dirait parfois un combat entre un pitbull et un hamster. e SF Kevin Durant : le diamant brut du Thunder n’aura attendu que trois saisons pour s’offrir le trophée de meilleur scoreur. Un casse-tête effrayant pour n’importe quelle défense. e PF Blake Griffin : en pleine possession de ses moyens, il n’y a aucune raison qu’il ne s’impose pas comme le power le plus puissant de la ligue depuis Barkley. e C Marc Gasol : longtemps dans l’ombre de son frère, il a prouvé cette saison que, dans un tout autre style, il n’a rien à lui envier.


DOSSIER LA NBA DU FUTUR > STEPHEN CURRY

STEPHEN CURRY #30

Golden State Warriors 22 ans, 1,91 m/ 84 kg STATS 2009-10 : 17,2 pts à 46,1% dont 43,3% à trois-points, 4,4 rbds et 5,9 pds en 36 min


DOSSIER LA NBA DU FUTUR > STEPHEN CURRY

YOUNG GUN INTERVIEW STEPHEN CURRY

ON LE CROYAIT TROP LÉGER POUR LA NBA, MAIS STEPHEN CURRY A DÉJÀ PROUVÉ QU’IL POUVAIT PESER LOURD. PROPOS RECUEILLIS PAR ALMAMY SOUMAH, À OAKLAND PHOTOS CHRIS ÉLISE GRAPHISME GUYOM

B

ien souvent, les recruteurs se basent sur le potentiel physique des joueurs pour déterminer leur aptitude à jouer au haut niveau. C’est de cette façon qu’un nombre conséquent de talents passe à la trappe, parce qu’estimés trop petits ou pas suffisamment robustes. C’est le cas de Stephen Curry. Après avoir raflé un paquet de trophées individuels en high school, seule la petite fac de Davidson, dans la Southern Conference, lui a proposé une bourse. Il l’a finalement acceptée, ce qui lui a permis de mettre son College sous le feu des projecteurs durant trois magnifiques saisons. Pourtant, à sa sortie de l’université, des doutes subsistaient encore sur son potentiel à cause de sa morphologie. Heureusement, les Warriors ont su regarder au-delà des qualités athlétiques pour voir en lui un vrai joueur de basket, avec une palette technique aboutie et un QI basket bien au-dessus de la moyenne. Moins d’un an plus tard, Steph était au coude à coude avec Tyreke Evans et Brandon Jennings pour le titre de Rookie Of the Year… et personne ne parle plus de son physique. REVERSE : En quittant Davidson pour la NBA, pensais-tu que tu pourrais être performant aussi vite ? Stephen Curry : Mon parcours universitaire et mon expérience de basketteur m’avaient beaucoup donné confiance en moi. Davidson m’a aidé à me préparer au mieux pour que je sois prêt à jouer dès ma première année dans la ligue. Je savais quand même que ça serait dur, du coup, je ne me suis mis aucune pression en termes d’objectifs statistiques. Mais tu sais, en fin de compte, ça ne m’aurait pas surpris si je n’avais pas joué donc j’essaye de tirer au mieux profit de l’opportunité que j’ai. REVERSE : Qu’est-ce qui t’a décidé à aller à la draft après ta saison junior ? SC : Juste le sentiment d’être prêt à faire le saut. J’ai passé des moments extraordinaires à la fac et j’avais le sentiment que j’avais fait le tour

du sujet. Et puis, sur un plan basket, je savais que c’était la bonne décision. Il était simplement question de savoir si j’étais prêt à affronter la « vraie vie de ce monde » et j’ai senti que c’était le cas. REVERSE : Petit, ton père t’emmenait déjà partout sur les terrains. A quel point est-ce que ça a joué sur ton amour du jeu ? SC : Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vadrouillé dans les gymnases. Le fait d’être à ses côtés, dans les vestiaires, en NBA, d’avoir toujours une balle en main pour dribler ou shooter avec mon frère, ça m’a vraiment donné une longueur d’avance sur les autres joueurs de mon âge et j’ai pu m’en servir. En plus, j’ai pu voir à quel point il était professionnel, et ça a développé mon désir d’évoluer moi aussi à ce niveau. Ça m’a aidé à nourrir ma motivation.

« RESTER UNE ANNÉE SUPPLÉMENTAIRE À LA FAC A ÉTÉ LA MEILLEURE DÉCISION QUE JE POUVAIS PRENDRE POUR PERMETTRE À MON JEU DE MÛRIR. » REVERSE : En tant que joueur, quelles relations entretenais-tu avec ton frère Seth ? Tu lui apprenais ce que tu savais où est-ce que vous étiez en compétition ? SC : C’était clairement la concurrence entre nous deux. On faisait toujours des un-contreun dans le jardin jusqu’à minuit voire plus… Et même, jusqu’à l’été dernier, alors qu’il était dans son année Freshman à la fac et moi Junior, on continuait encore à s’affronter pour rester aussi compétitifs que possible. On discute beaucoup, il y a une superbe relation entre nous, mais sur

le terrain il existe aussi une vraie compétition. Il veut absolument être meilleur que moi mais ça, je ne peux pas le laisser faire ! (Il se marre) REVERSE : Tu as fait une magnifique carrière lycéenne : meilleur scoreur de l’histoire de ton lycée, MVP de ton équipe, plusieurs fois All-State et All-Conference, trois titres de Conférence... Est-ce que c’est vrai que malgré, tout ça, aucune fac de la ACC ne t’a recruté ? SC : Oui, c’est vrai… j’ai eu une seule offre de bourse en ACC, à Virginia Tech et encore c’était pour une position de « walk on » (bourse qui ne prend rien en charge mais qui permet au joueur de s’entraîner avec l’équipe - ndlr). Ce n’était donc pas vraiment une bonne option pour moi. Mais heureusement, je n’ai pas intégré une de ces équipes car je ne crois pas que je serais là où je suis. Davidson était vraiment le meilleur endroit pour m’épanouir. C’est comme si tout était écrit… Dieu m’a clairement montré que c’était le bon choix. REVERSE : Au lycée, tu dominais complètement. Quel genre de formation as-tu suivi pour être aussi efficace aussi jeune ? SC : Mon père a été mon coach pendant longtemps mais il ne m’a pas donné d’exercices de un-contre-un, et il ne m’a pas non plus traîné dans les gymnases pour travailler sur des points spécifiques. C’était plus ma motivation personnelle qui m’a poussé. Je voulais travailler pour développer mon jeu. Il faut vraiment travailler selon le type de joueur que tu es. Pour moi qui suis un shooteur et un passeur, j’ai travaillé là-dessus autant que je pouvais… J’ai essayé, à chaque fois que possible d’en faire plus que les autres. On m’a toujours dit que si tu ne travailles pas à fond, il y a forcément quelqu’un, quelque part, qui lui se donne plus que toi. Donc, je me suis efforcé d’être ce typelà, celui qui travaille plus que tous les autres ! REVERSE : Tu as fait une énorme saison sophomore, pourquoi avoir choisi de rester pour une troisième année alors que l’attention était braquée sur toi ?


[HOOP CULTURE]

CROSSOVER

DJ KHALIL « J’ATTENDS TOUJOURS DE JOUER

AVEC DR. DRE, IL PARLE BEAUCOUP. » MENEUR DE JEU POUR LES STARS DU HIP HOP, LE SUPER-PRODUCTEUR DJ KHALIL TIENT L’AMOUR DU JEU DE SON PÈRE, UN ANCIEN ALL-STAR NBA ET UNE LÉGENDE NCAA AVEC UCLA.

Propos recueillis par Maxime Robin Photos DR REVERSE : Peux-tu nous parler de ton père, Mahdi Abdul-Rahman ? DJ Khalil : Mon père est une légende dans la NBA, un peu comme un héros méconnu. C’est difficile pour moi d’être dans son ombre et d’accomplir autant dans ma discipline. Il faisait partie de la première dynastie UCLA. John Wooden n’était vraiment pas habitué au

style de jeu de mon père, c’était le premier joueur vraiment flashy qu’il a eu. Il a un peu révolutionné le jeu NCAA. REVERSE : Est-ce qu’il a été déçu que tu ne suives pas sa voie ? DJ Khalil : Non, parce que j’ai eu une carrière de basketteur honorable. J’ai joué un an en Division 2 avec Morehouse, j’avais un très bon niveau en

T-SHIRT DU MOIS

PHOENIX GUNS Vu comment Amar’e Stoudemire se défonce pour montrer à tout le monde qu’il vaut un contrat maximum, il y a peu de chance qu’on le revoit sous un maillot des Suns l’an prochain. Ce qui est problématique pour le proprio de la franchise, non pas parce qu’il a peur de perdre plus de matches, mais parce qu’il a peur de vendre moins de merchandising. Mais Robert Sarver a un plan pour continuer à faire de Phoenix l’une des attaques les plus excitantes de la ligue, associer Steve Nash à… Gilbert Arenas ! Le staff communication a déjà commencé à bosser sur des idées de t-shirts… T.H.

high school où j’ai gagné quelques trophées. J’ai joué meneur comme lui et, ce qui est important, c’est que j’ai retenu tous les points que je pouvais appliquer dans la vie : être un leader, toujours être créatif et être capable d’assurer quelque soit la situation. J’ai gardé la même approche mentale que j’avais dans le sport, je l’ai appliquée à ma musique.


[HOOP CULTURE]

REVERSE : Quand as-tu réalisé que tu préférais le son ? DJ Khalil : Je me suis fais couper dans ma deuxième saison à Morehouse. J’ai joué des matches en pick-up games et l’équipe m’a demandé de revenir, là je me suis dit que je préférais la musique. Ensuite, j’ai acheté mon premier sampleur, un ASR 10, et je me suis inspiré des grands comme Pete Rock et J-Dilla. REVERSE : J’ai cru comprendre que toi et Chace Infinite (l’autre moitié de son groupe Self Scientific - ndlr) vous vous étiez rencontrés grâce au basket ? DJ Khalil : Oui, j’ai rencontré Chace en high school au Superstar Camp de Santa Barbara. Nous sommes comme des frères, nos parent se connaissaient bien ils habitaient le même bloc quand on n’était pas encore né, c’est fou. REVERSE : Ton frère est coach des L.A. D-Fenders, c’est bien ça ? DJ Khalil : Toute ma famille est dans le basket. Un de mes frères est responsable pour la plupart des camps et associations de charité qui travaillent dans le basket à Los Angeles. Rasheed, mon autre frère, coache les L.A. D-Fenders, l’équipe de D-League associée aux Lakers. Ma mère aussi est fan de basket. Pour info, elle a été la première cheerleader noire de UCLA et Arthur Ashe, qui était un bon ami de mes parents, les a présentés l’un à l’autre. REVERSE : T’as entendu des histoires à propos de légendes que ton père a pu côtoyer ? DJ Khalil : Je ne l’ai jamais vu jouer avec Elgin Baylor, Jerry West ou Pete Maravich, je suis né quand il a pris sa retraite. On allait au Forum avant, on mangeait avec Jerry Buss et ses invités, du style Magic, Jack Nicholson, Jeffrey

HIT MACHINE

Vous ne connaissez pas forcément son visage, mais vous connaissez forcément ses beats. Voici 5 titres produits par DJ Khalil 50 Cent : “I’ll Still Kill (feat. Akon)” Jay-Z : “I Made It” The Game : “Da Shit” Clipse : “Kinda Like a Big Deal» Evidence : “All Said & Done”

À LIRE

Osbourne, c’était dingue ! Ensuite, on allait voir Chick Hearn qui adorait mon père, il a même nommé un shoot après lui le « leak & leaner ». Chick m’a raconté un match où mon père avait placé plusieurs de ces tirs au-dessus de Wilt Chamberlain. Chamberlain s’est énervé et il l’a frappé en l’air ! Mon père disait : « J’avais vraiment peur d’y retourner après, car j’ai cru qu’il voulait m’enlever la tête ! ». REVERSE : Parmi les artistes avec lesquels tu as pu taffer, qui a vraiment du jeu ? The Game ? DJ Khalil : Oui, on a joué ensemble pas plus tard que samedi dernier. J’étais en feu et on défonçait sa team. Il s’est énervé et il s’est mis à défendre dur sur moi. Il m’a cadenassé ! Il joue vraiment bien. Sinon, j’attends toujours de jouer avec Dr. Dre qui parle beaucoup, on verra (il sourit). Chace et Defari se débrouillent bien aussi et j’ai entendu dire que les gars de Pac Div étaient très forts. REVERSE : Tes prochains projets ? DJ Khalil : Eminem, mais rien n’est confirmé encore, The Game, « Detox » de Dre si ça sort un jour (rires), Redman, Drake, Pac Div, The New Royales, mon autre groupe, le nouveau Self Scientific. Sinon, mon album avec M.O.P qui sortira à la rentrée normalement. REVERSE : Un dernier mot ? DJ Khalil : Lakers champions ! Sérieux, si Cleveland ne gagne pas le titre avec cette teamlà, c’est qu’il y a un problème quelque part ! (rires) myspace.com/djkhalil1

MAHDI ABDUL-RAHMAN

Walt Hazzard, alias Mahdi Abdul-Rahman, le père de DJ Khalil, a un CV long comme le bras : Champion NCAA et Most Oustanding Player du Final Four 1964 avec UCLA, champion olympique en 1964, il a joué aux Lakers avec Elgin Baylor et Jerry West de 1964 à 1967 avant de signer avec les Sonics. Après avoir été All-Star en 1968, il a été échangé contre Lenny Wilkens durant l’intersaison, ce qui lui a permis de jouer avec Pete Maravich à Atlanta. Après sa carrière de joueur, il s’est tourné vers le coaching et a remporté le NIT avec UCLA en 1985.

THE JORDAN RULES DE SAM SMITH

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Ceux qui voient en Michael Jordan un Saint aussi respectueux des gens qui l’entourent que déterminé sur un terrain de basket peuvent passer leur chemin. Et éviter, tant qu’à faire, son discours d’intronisation au Hall of Fame. Parce qu’il faut bien l’admettre, Jordan a passé beaucoup plus de temps à peaufiner ses arabesques et son jeu qu’à déve-

lopper son sens de la compassion envers les « simples mortels ». C’est justement l’intérêt du classique de Sam Smith. Smith suit les Bulls tout au long de la saison 1990-91, celle de leur premier titre, et tente de révéler l’envers du décor. On y voit un MJ cruel et intransigeant avec ses coéquipiers, loin de l’image lisse et charismatique qu’il a toujours

réussi à transmettre. Certains diront que c’est une conséquence légitime de sa détermination, d’autres que sa Majesté souffrait d’égoïsme chronique. La vérité est probablement quelque part entre les deux. Et le livre, qui avait fait scandale à sa sortie, a le mérite d’être l’un des rares à égratigner un peu le mythe. Jean-Sébastien Blondel


L’ENTRETIEN JOAKIM NOAH

« LA PREMIÈRE ANNÉE, J’AI VRAIMENT MERDÉ. JE N’AI RIEN FOUTU PENDANT L’ÉTÉ. »


L’ENTRETIEN JOAKIM NOAH

JOAKIM NOAH FRANC-TIREUR L’ENTRETIEN

DERRICK ROSE A BEAU ÊTRE LE VISAGE DES BULLS, C’EST BIEN JOAKIM NOAH QUI EN EST LE CŒUR ET LES TRIPES. ENTRETIEN SANS LANGUE DE BOIS. e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e e PROPOS RECUEILLIS PAR CHARLY MURPHY À CHICAGO

L

es 12 derniers mois de la vie de Joakim Noah ont été bien remplis. Entre son passage éclair en Bleu, la course aux playoffs avec les Bulls, la sortie de son Pro Model chez Le Coq Sportif et sa progression constante, sur le terrain comme dans le cœur des fans de Chicago, Jooks n’a pas chômé. À quelques jours de la fin de la saison régulière, c’était l’occasion de lui rendre une petite visite pour revenir sur tout ça avec lui et évoquer la suite. REVERSE : Tes deux premières saisons étaient déjà prometteuses, mais, cette année, on a l’impression que tu as franchi un cap et que tu es plus serein. Est-ce que tu le ressens comme ça ? Joakim Noah : Cela fait maintenant trois ans que je joue et durant ces trois années, je trouve que j’ai accumulé beaucoup de vécu. Deux coaches se sont fait virer, j’ai été suspendu, j’ai connu les playoffs… J’ai déjà eu beaucoup de moments en NBA. REVERSE : L’été dernier, tu n’avais pas pu rester avec les Bleus parce que Chicago voulait que tu bosses ton jeu. Es-tu satisfait de ce que tu as pu travailler ? JN : En tant que joueur, c’est super important de trouver une routine à laquelle s’accrocher,

parce qu’il y a des choses que les joueurs ne réalisent pas. Ta première année, tu la joues, et, une fois la saison finie, tu es désœuvré. Plus rien, plus de routine, plus de rendez-vous à 10h pour les entraînements, stretching, puis match. Là, tu as cinq mois où tu n’as plus rien à faire et c’est la première fois que tu as pas mal d’argent sur ton compte. Il faut le gérer, c’est pas facile à 21-22 ans. Tu as envie de faire la fête, de faire le con. En même temps, il faut trouver le temps de progresser. Faut connaître ses priorités et je trouve que la première année, j’ai vraiment merdé. Je n’ai rien foutu pendant l’été et je l’ai senti en début de saison. Cet été là, je m’étais aussi pété la cheville et cela ne m’a pas aidé. Je trouve qu’en NBA, il est primordial de trouver une routine dans laquelle tu es à l’aise : tu manges bien, tu trouves le bon système, tu sais quand faire ta muscu, tu sais qu’il faut dormir un minimum, qu’il faut rester à l’entraînement, etc. REVERSE : Est-ce que tu dirais que c’est dans le jeu lui-même que tu as le plus progressé ou dans son approche et sa compréhension ? JN : A chaque fois que je rentre sur le terrain, je me sens de plus en plus à l’aise. Cette série de playoffs (contre Boston l’an dernier - ndlr) m’a vraiment aidé. Maintenant, je sais à quoi m’attendre, je sais à quel niveau il faut être, pas seulement mentalement mais aussi

physiquement. Toutes ces expériences, tout ce vécu m’aide énormément aujourd’hui. REVERSE : Que penses-tu de votre saison (entretien réalisé à une semaine des playoffs - ndlr) ? Tout le monde vous voyait très bien cette année, mais finalement ça a été plus compliqué que prévu… JN : Perdre Ben Gordon ne nous a pas aidés, mais je crois qu’on a un bon groupe aujourd’hui. On a vraiment tout donné, on mouille le maillot tous les soirs. Les résultats ne sont pas super, super mais on a eu beaucoup de blessures cette saison. Il faut rester positif. En plus, les Bulls ont beaucoup d’argent pour l’année prochaine. Cela va être un été intéressant pour nous, il faut voir si on peut avoir un Wade ou un Bosh. Cela va m’aider en tant que joueur, d’avoir un mec qui attire l’attention sur le terrain. Je crois que je suis dans une organisation qui a beaucoup de potentiel pour le futur. Pouvoir gagner un titre un jour, pour moi ça veut tout dire. C’est le but. On va avoir une équipe jeune et la chance un jour de jouer pour ce titre. REVERSE : A la fac, tu étais déjà un leader, est-ce que ça a été compliqué de prendre aussi ce rôle avec les Bulls ? JN : Pour moi, ce n’est jamais « prendre un rôle de leader ». Tu l’es ou tu ne l’es pas et, dans les moments difficiles, c’est là que tu vois qui


PORTRAIT TIAGO SPLITTER

TIAGO SPLITTER

TIAGO SPLITTER N’A PLUS RIEN À PROUVER EN EUROPE, MAIS EST-IL VRAIMENT PRÊT POUR LA NBA ? PAR JEAN-BAPTISTE DOS RAMOS

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avril 2010. Le CSKA vient de jouer une bien mauvaise blague à la Fernando Buesa Arena de Vitoria. Le Caja Laboral ne verra pas le Final Four, après une série en quarts de finale indigne du passé récent du club et l’on réalise que Tiago Splitter (2,12 m, 25 ans) vient peut-être de jouer le dernier match Euroleague de sa carrière. Sous la camiseta de Vitoria, c’est une quasi-certitude. Pour rejoindre la NBA et les Spurs, l’équipe qui l’a drafté ? Pas si simple. er

TALENT PRÉCOCE « Le plan est de le voir nous rejoindre l’an prochain », déclarait début avril R.C. Buford, GM des Spurs. Après plusieurs années en couveuse, le temps est arrivé de voir Tiago Splitter accomplir son destin et venir croiser le fer avec les meilleurs joueurs du monde à son poste... mais surtout de venir soulager les articulations vieillissantes de Tim Duncan. De ce côté de l’Atlantique, Tiago a déjà emmagasiné une expérience considérable et n’a plus grand-chose à prouver. Pur produit de l’ex-Tau, le grand Brésilien est arrivé au Pays Basque à l’âge de 15 ans. Conscients du potentiel énorme du minot, les dirigeants du club lui ont fait parapher un contrat longue durée. Tiago était l’avenir du club. 10 ans plus tard, Bambi est toujours là. Les boss de l’époque avaient vu juste. Prêté, il a pu tranquillement s’épanouir et taffer dans des clubs moins huppés (Araba Gorago, Bilbao) et, une fois rapatrié en 2003, il a commencé à pointer le bout de son nez, montant en pression d’année en année. Depuis, il s’est affirmé comme le monstre que l’on entrevoyait. 137 matches d’Euroleague, trois final Four (2006, 2007, 2008), All-Euroleague en 2008, dans le 2ème

GRAPHISME MOCHOKLA

cinq en 2009, trois Copa del Rey (2004, 2006, 2009), un titre de champion d’Espagne en 2008. Du lourd. LA RÉFÉRENCE EUROPÉENNE À SON POSTE En attaque, Tiago est LA référence du jeu intérieur et le digne héritier de Luis Scola en pays basque. « Ils sont sur le même moule », juge Jacques Monclar. Même si le Brésilien est plus grand que son cousin argentin, il est indéniable que Scola et ses moves « à la papa » ont déteint sur son protégé. Surtout que le coéquipier de Varejao en équipe nationale a été doté par la nature de deux mains en or massif, qui lui permettent d’enquiller des moves classieux les uns après les autres. Cette année, la connexion avec Pablo Prigioni a beaucoup manqué à Tiago, qui s’est exprimé moins facilement dans les raquettes, alors que l’an dernier il était coutumier du « 20 points en 20 minutes » et qu’il tournait à 65,4% de réussite aux tirs ! Injouable près du cercle, sa frilosité à attaquer de loin est cependant l’un des points sur lesquels il devra progresser le plus s’il veut pouvoir peser à l’échelon supérieur. « Il doit peaufiner son adresse extérieure. En NBA, il aura moins de facilité à travailler dessous », explique Monclar. D’autant que le gamin semble moins enclin que son aîné argentin à charogner en bas. « Il est un peu plus attaquant que Scola. Il semble plus attiré par le panier que par le travail défensif ». En dépit de sa taille, le rebond n’est pas non plus sa grande spécialité. Contrairement au chevelu power des Rockets, Tiago n’a pas tout à fait ce tempérament guerrier et ce physique de Panzer qui assurent une place dans n’importe quel roster. Reste que l’intérieur de la Seleçao est un modèle unique en son genre. « Il va très,


PORTRAIT TIAGO SPLITTER

« LE PLAN EST DE LE VOIR NOUS REJOINDRE L’AN PROCHAIN. » R.C. BUFORD, GM DES SPURS.


[QUADRUPLE DOUBLE]

« Franchement, c’est dur de jouer sans Chris ! », se lamentait Andrea Bargnani en fin de saison.

TORONTO RAPTORS

CANADA DIE 9 RATIONNÉ

Avec la face de Chris Bosh, c’est bien plus que la saison des Raptors qui a volé en éclat. C’est sans doute leur avenir ! Par Théo Letexier Photo Chris Elise . Une fois encore Toronto termine la saison à la place du con. Un ending d’autant plus décevant qu’en début d’exercice les Canadiens avaient trouvé le moyen de se faire respecter. Bargnani commençait à pointer le bout de son nez alors que Chris Bosh partait sur des bases de mammouth, pour essayer une fois encore de tirer quelque chose d’une team qui n’existerait tout simplement pas sans lui. L’arrivée de Turkoglu, le Turc le plus funky de la ligue, donnait sur le papier un tout autre poids à cette équipe, qu’on classait volontiers parmi les outsiders potentiels début novembre. Mais les Raptors sont connus pour être une belle bande d’illusionnistes (Sam Mitchell please stand up) et le mirage d’une qualif’ en ème

postseason a peu à peu fondu au pâle soleil canadien, jusqu’à s’évaporer complètement quand le coude d’Antawn Jamison est venu s’écraser contre le visage de CB4. Après un hiver plus que satisfaisant (24 victoires-16 défaites), les choses se sont salement gâtées et le staff a rapidement trouvé une explication… ou plutôt une tête de Turc : Hedo Turkoglu. Son impact n’était clairement pas à la hauteur de son contrat (53 millions sur 5 ans), et ses habitudes de clubber ont déplu à coach Triano, qui a même été jusqu’à le scotcher au banc pendant 9 matches. « J’ai décidé de le laisser sur le banc pour lui envoyer un message », expliquait-il. A partir de là, le club a dû jouer sa place en playoffs et sa survie chaque soir… et Chris Bosh s’est mis à piquer des colères à répétition à cause

du manque d’engagement de ses coéquipiers. « Ça ne s’apprend pas », pestait-il. « C’est un truc que l’on a en soi. Même si j’aimerais, je ne peux pas tout faire tout seul ». Ambiance, ambiance… Et au bout du compte, c’est Joakim Noah et ses Bulls qui ont chopé le dernier strapontin pour les playoffs, tandis que CB4 suivait les résultats des Raps sur le net, tout en regardant les annonces immobilières à Miami, New York et Chicago. Aujourd’hui, Toronto est clairement à un tournant de son histoire et commence à flipper sévère à l’idée de perdre sa tour. Heureusement, il lui en reste une, italienne. Reste à savoir si elle se sent prête à relever le défi. « Franchement, c’est dur de jouer sans Chris ! », se lamentait Andrea durant la dernière semaine. Eh ben, c’est pas gagné…

FREPS

.................................................................................................................................................. 0/12, c’est la stat aux shoots d’Antawn Jamison pour son premier match avec les Cavs face à Charlotte. Pas d’inquiétude, c’était simplement un accès de Wizardinite. C’est passé avec une aspirine et une bonne dose de LeBronzan.

20-12 c’était le score à la mi-temps de la finale du Final Four NCAA féminin opposant UConn à Stanford. Grosse défense des Sooners qui laissent leurs adversaires à 18% de réussite. Ouch...

Lors du Game 2 des 1/4 de l’Euroleague, Ricky Rubio a aligné un vilain 1/7 aux shoots et aucune passe. Mais c’est passé inaperçu grâce à Juanca Navarro qui a fait encore pire : 4 pts à 1/9 et -2 d’éval.


[QUADRUPLE DOUBLE]

Va falloir penser à se sortir les mains du short RonRon. Sinon Kobe va se fâcher.

Ludo Vaty (12 points et 8 rebonds de moyenne) a été une des rares satisfactions de Pau cette année.

HIT LIST ON LES A DANS LE NEZ… ET DANS LE VISEUR.

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BOWIE 2.0

RON ARTEST

LE VERDICT

Ron Artest n’est pas encore passé devant le jury mais sa saison frise déjà la correctionnelle. Par Side’O Photo Chris Elise

C

omment mesurer l’impact d’un trade ? Les critères varient d’une équipe à l’autre. A Los Angeles, il est encore trop tôt pour juger de « l’expérience Artest » car ici on mesure le succès avec un titre. La saison régulière, c’est bon pour l’autre équipe de la ville. Mais au vu de la saison, le trade d’Artest a tout l’air d’une erreur de casting, un comble à Hollywood ! Car RonRon est très paillettes et médias, mais pas du tout triangle. Il s’est d’ailleurs douloureusement acclimaté au collectif des Angelenos. 11 points à 42% (68% aux LF), avec 4 rebonds et 3 passes, ça fait presque regretter Trevor Ariza. Plus inquiétant, sa moyenne d’interceptions par match est la plus basse de sa carrière (1,4). Car Artest n’a

pas été amené à Los Angeles pour contribuer en attaque. Il n’a même pas été amené pour la saison régulière. Sa seule utilité, c’est sa défense de bulldog. Et encore, pas sur des petits ailiers qui courent dans tous les sens et prennent trois écrans avant un shoot de loin. Non, Artest fait dans la défense d’homme, sans finesse et avec des vrais coups de coudes dedans, sur des grands ailiers de 240 livres et plus, ceux que Kobe et Ariza ne pouvaient tenir. C’est-à-dire des joueurs du type de Carmelo, Pierce ou LeBron. Le premier vrai test pour juger de son impact sera lors d’une longue série de playoffs face à un ailier scoreur. Le deuxième, ce sera de voir si Kobe et Phil ont une bague de plus en juin. Si ce n’est pas le cas, attention à l’inculpation pour fraude ou faux et usage de faux…

Kevina Garnette : Lors du Game 1 de la série Boston-Miami, KG a été à l’origine d’un début de bagarre générale. Après avoir mis un coup de coude dans la gueule de Quentin Richardson, il s’est empressé de s’esquiver avant de se retourner 10 m plus loin pour ouvrir à nouveau sa bouche. Brittney Griner au moins, quand elle cogne, elle cogne…

......................................... Curtis Borchardt : Non content de s’être blessé en début de saison et de louper toute la campagne Euroleague (ce pour quoi il avait été embauché), Borchardt, de retour en fin de saison, a réussi à faire virer Victor Samnick... et à se reblesser en pleine course aux playoffs. En fait, la vraie arnaque à l’ASVEL, c’était pas Bobby Dixon.

......................................... Zydrunas Ilgauskas : Il n’y est pas pour grand-chose, mais est-ce que tout le battage médiatique qui a entouré son faux départ pour Washington, puis sa fausse hésitation à revenir à Cleveland méritait vraiment d’être gonflé à ce point ? On aime bien Big Zzzz, mais ça reste un gars à 7 points et 5 rebonds sur la saison… l’image de rebelles sans cervelle de la franchise…

......................................... ON L’A DIT, ON LE REGRETTE DÉJÀ

FACTEUR X Kenyon Martin a souvent été un très bon client de nos Awards et de nos Trash Talks. Il faut dire qu’avec ses tatouages de gangster style « Sin Nombre » et ses pétages de plomb réguliers, le Nugget est une proie idéale. On avait bien ri sur les phrases cultes qu’il avait claquées lors de l’embrouille avec Mark Cuban ou quand Yao avait raconté que ses tatoos chinois voulaient dire « peu agressif ou indécis ». Mais depuis, K-Mart est (re)devenu le vrai facteur X de Denver. Quand il n’est pas là, la défense des Nuggets est encore plus poreuse que le compte en banque d’Antoine Walker, alors que, quand il est sur le terrain, il leur donne une morgue et une attitude de pitbulls. Désolé Kenyon, on retire ce qu’on a dit… sauf pour les tatouages. Syra Sylla

Ernie Grunfeld : Si Ernie était le GM des Mavs ou des Cavs, il aurait pu recevoir le titre d’exécutif de l’année. Malheureusement, il bosse pour Washington et il a transformé Caron Butler, Antawn Jamison et Brendan Haywood en Josh Howard, Al Thornton et James Singleton. S’ils se retrouvent en finales, Dallas et Cleveland pourront lui dire merci.

......................................... Tracy McGrady : Pour nous avoir fait croire qu’il était vraiment de retour en claquant 26 pts, 4 rbds et 5 pds pour son premier match à NYC… avant d’aligner les stats de Francisco Garcia sur le reste de la saison.

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Yvan Mainini : « Dieu » se présente à la tête de la FIBA. Maintenant, le reste du monde va savoir ce que ça fait d’être un fan de basket en France.


KÉVIN SÉRAPHIN #13 Cholet Basket Intérieur 20 ans, 2,05 m/120 kg Stats Pro A 2009-10 : 5,7 pts à 53%, 4,2 rbds et 1 ctr en 15 min Meilleur match : 20 pts à 9/12 aux tirs, 5 rbds et 1 pd en 29 min contre Chalon


PORTRAIT KÉVIN SÉRAPHIN

KÉVIN SÉRAPHIN

PRÊT POUR LE GRAND SAUT ? KÉVIN SÉRAPHIN EST L’UN DES PLUS GROS PROSPECTS DE SA GÉNÉRATION. LA NBA LE FAIT RÊVER, MAIS PAS À N’IMPORTE QUELLE CONDITION. PAR GUYLAINE GAVROY

PHOTOS SAM FORENCICH USA BASKETBALL & FIBA EUROPE

A

2 0 ans, Kévin Séraphin a les mêmes préoccupations que tous les jeunes de son âge. En ce mardi soir, alors qu’il vient de sortir de la Meilleraie et d’embarquer avec ses potes, il tente de trouver une supérette ouverte, histoire d’acheter des boissons. Mais à Cholet, comme dans de nombreuses villes de province, les magasins ferment tôt. « Cholet est la ville idéale pour faire du basket, tu n’as pas beaucoup d’autres choses pour te distraire », lâche le jeune pivot dans un sourire. Un mal pour un bien si on se réfère à la progression de celui qui est sans aucun doute la grande révélation française de cette saison. UN PHYSIQUE HORS NORME Pourtant, le Guyanais, né à Cayenne en 1989, est arrivé au basket par hasard et ne compte donc pas beaucoup d’années de pratique. « Je jouais au foot quand j’ai été repéré par l’assistante du recruteur des sélections de la Guyane qui m’a demandé si je ne voulais pas faire du basket. » Il participe donc à des camps d’été et est repéré par Cholet. Séraphin débute au pôle espoirs et poursuit sa formation dans le club des Mauges. En novembre 2008,

il profite de la blessure de Claude Marquis, un autre Guyanais, pour grappiller un peu de temps de jeu avec les pros tout en continuant à s’entraîner et à jouer avec les espoirs. Avec ses 2,05 m et ses 113 kg, le jeune homme a un potentiel physique intéressant. « Mes qualités athlétiques sont évidemment mon point fort, surtout en défense », convient l’intéressé. Erman Kunter, le coach choletais, confirme :

« AVEC SON PHYSIQUE, IL PEUT JOUER DANS TOUTES LES COMPÉTITIONS, MÊME EN NBA. » ERMAN KUNTER

« Avec son physique, il peut jouer dans toutes les compétitions, même en NBA ». Un atout sur lequel Bouna N’Diaye s’appuie également pour vanter les mérites de son poulain et les raisons qui l’ont poussé à l’inscrire à la Draft. « C’est un joueur très athlétique qui est fait pour le style de jeu NBA où le spectacle tient une grande place. Il court, il peut encaisser les chocs et dunker. » Sa participation au Hoop Summit, en avril 2009, le propulse sur le devant de la scène internationale. Dans la finale, disputée à Portland, avec ses 8 points, 9 rebonds et 4 contres, il contribue à la victoire de la sélection

mondiale qui, pour la première fois depuis 1998, s’impose face aux lycéens américains. Dans la foulée, à l’été, il participe au Championnat d’Europe des moins de 20 ans, décroche une médaille d’argent et le titre de meilleur pivot de la compétition (12 pts, 5 rbds de moyenne). Erman Kunter lui offre un peu plus de temps de jeu tout en continuant à parfaire son apprentissage, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. « J’ai beaucoup progressé en défense et aussi en attaque. Offensivement, j’ai surtout évolué dans la tête. Le coach m’apporte beaucoup de choses dans la lecture du jeu et me donne confiance. Du coup, je gère mieux mon stress et cela me permet de moins me précipiter », analyse Kévin. DRAFT OR NO DRAFT ? Au sein d’un groupe qui a dominé la saison de Pro A, il a évidemment pris une autre dimension, même s’il manque encore forcément de constance : capable de rendre l’une de ses plus belles copies face à Nancy et de passer au travers une semaine plus tard face à Paris. « Il progresse, on le voit au cours des matches, mais il a encore besoin d’apprendre certaines choses », affirme le technicien turc. « Les intérieurs progressent plus lentement que les extérieurs. Il lui faut gagner en lucidité. Parfois sur le terrain, il est un peu perdu et a besoin d’être encadré. Comprendre est une chose, exécuter en est une autre. Il a encore besoin d’un an pour savoir exactement ce qu’il faut faire à chaque instant sur le terrain et gagner en technique aussi. » Le coach de CB est catégorique. Kévin Séraphin n’est pas


GOOD OL’ DAYZ HAKEEM OLAJUWON


GOOD OL’ DAYZ HAKEEM OLAJUWON

HAKEEM OLAJUWON ÉTAIT LE PREMIER PROTOTYPE D’UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE PIVOTS. SON IMPACT DEVAIT RÉVOLUTIONNER LE POSTE ET LE JEU, MAIS LE JEU A FINALEMENT PRIS UNE AUTRE DIRECTION. À CROIRE QUE TOUT CECI N’ÉTAIT QU’UN RÊVE… PAR JEAN-SÉBASTIEN BLONDEL

D

écembre 2001. La carcasse du légendaire Hakeem Olajuwon fait ses adieux à l’Alamodome de San Antonio. Pas sous le maillot des Rockets, qu’il a porté lors de ses 17 premières saisons, mais sous celui des Raptors. Comme Pat Ewing, tristement transparent dans ses dernières années à Seattle et Orlando, Olajuwon n’a pas su s’arrêter à temps. Ceux qui l’ont vu dominer la ligue ont du mal à reconnaître ce joueur rouillé qui galère à Toronto. Mais Hakeem fait une de ses meilleures sorties de la saison et colle 9 contres ! Normal, en face, les Spurs alignent sa victime préférée, David Robinson. You Can’t Get The Best Of Me ! Difficile de savoir si les Bulls auraient continué leur récolte si MJ n’avait pas pris sa première retraite en 1993. Ce qui est sûr, c’est que son départ a remotivé tous les prétendants et a donné des espoirs de titre à un paquet d’équipes. Le milieu des 90’s, surtout sans le joueur le plus dominateur de sa génération, appartient aux pivots. Ewing a redonné vie aux Knicks, « l’Amiral » Robinson a tout de suite mis les Spurs sur la carte, Shaq et Zo Mourning viennent de faire une entrée fracassante, et Dikembe Mutombo est sur le point de donner un peu de crédibilité aux Nuggets. De tous ces centres, Olajuwon est alors le plus craint. Robinson et O’Neal sont des phénomènes athlétiques, Ewing a largement confirmé sa magnifique carrière universitaire,

GRAPHISME MOCHOKLA

Mutombo et Mourning sont des contreurs fabuleux. Hakeem, lui, semble avoir 15 ans d’avance. Il est certes légèrement plus petit que ses rivaux, mais jamais un joueur de son gabarit n’a présenté autant d’agilité et d’aisance technique. Le pivot des Rockets est un Objet Volant Difficilement Identifiable. Et à le voir mettre des fessées mémorables à chacun de ses contemporains, on est alors persuadé que les pivots des 20 prochaines années seront coulés dans son moule.

HAKEEM A LES MAINS DE KAREEM, LE TIMING DE RUSSELL, LE SENS DU REBOND DE MOSES MALONE, LES FEINTES DE MCHALE, ET UN CORPS SCULPTÉ COMME AUCUN BIG MAN AVANT LUI. À son apogée, The Dream est plutôt un mirage. Les pivots adverses le voient venir de loin, et quand ils pensent pouvoir l’arrêter, Olajuwon s’évanouit. Ses Rockets sont enfin redevenus compétitifs, lui est au sommet de son art, et Houston s’offre un back-to-back

en 94 et 95. Après des années difficiles, la carrière du numéro 34 est sauvée. Pourtant, ce qui a fait sa légende, ce ne sont pas vraiment ces deux trophées mais la facilité avec laquelle il a démoli, en à peine plus d’un an, ses trois plus grands ennemis. C’est d’abord Pat Ewing et ses gardes du corps qui subissent sa loi en Finale 94. Le jeu est fermé, la finale est étouffante d’intensité, et c’est clairement le duel entre les deux mastodontes qui déterminera le sort de la série. Olajuwon est égal à lui-même. Ewing, gêné par la défense d’Hakeem, balance brique sur brique et livre probablement la série la plus pitoyable offensivement de sa grande carrière. Dream, 1, grands pivots des 90’s, 0. Le prochain sur la liste s’appelle David Robinson, et ce qu’il ne sait pas encore, mais qu’il redoute sûrement, c’est qu’il va prendre la déculottée de sa vie. Hakeem est sublime. Il n’y a pas d’autre mot. Il est sur le point d’offrir à son éternel ami Clyde Drexler le titre dont il a tant rêvé avec une équipe qui a souffert toute la saison. Son jeu de jambes et ses appuis sont totalement déroutants. Son toucher ferait passer Abdul-Jabbar pour un vulgaire peintre. Son timing au contre est sidérant et finira par faire de lui le leader All-Time de la catégorie. Mais ce qui le rend unique – magique, parfois – ce sont ses moves. Robinson va bouffer du Dream Shake jusqu’à l’indigestion. Olajuwon est bien trop vif, a développé un tir meurtrier à mi-distance et s’est forgé toute une palette de moves/ contre-moves/contre-contre-moves


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