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RĂŠussir les amĂŠnagements de berges en milieu urbain 2 juin 2009


Madame, Monsieur Quatre ans après l’adoption par l’assemblée départementale du schéma d’aménagement et de gestion durables de la Seine et de ses berges, le 24 février 2006, les premiers travaux ont abouti à la réalisation d’espaces et de lieux agréables, utilisables par tous, tels que l’Ile de Monsieur à Sèvres ou encore la promenade de l’île de la Jatte à Levallois. Le 2 juin 2009, le Conseil général des Hauts-de-Seine a souhaité partager son retour d’expérience sur l’aménagement des berges en bord de grand fleuve, avec d’autres partenaires porteurs des mêmes types projets : élus et techniciens des collectivités, voisines ou de taille comparable, membres actifs d’associations, architectes et paysagistes, représentants de bureau d’études, services de l’Etat et de ses établissements publics … Nous avons donc intitulé cette première journée d’échanges : « Comment réussir l’aménagement des berges en zone urbaine ? ». J’espère que ces actes permettront d’apporter les réponses les plus diverses et les plus réalistes à cette question. Je souhaite également que cette journée qui a accueilli 20 intervenants et plus de 200 participants soit régulièrement renouvelée. Qu’elle soit reconduite, car les collectivités qui ont de l’ambition pour leurs berges et qui veulent les transformer en lieu d’activité, de culture et souvent de nature, sont de plus en plus nombreuses. En attendant ce prochain rendez-vous, je vous souhaite une bonne lecture de ces actes.

Patrick Devedjian Ministre auprès du Premier Ministre, chargé de la mise en œuvre du plan de relance, Président du Conseil général des Hauts-de-Seine

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Introduction

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CADE OUR F e « Je voudrais vous saluer tous et vous souhaiter la bienvenue au Conseil général des Hauts-de-Seine. Je vous remercie d’être venus aussi nombreux.

Nous avons pensé que ce thème : « comment réussir l’aménagement des berges en zone urbaine ? » devait se poser. Nous avons pensé que chacun pouvait apporter son expérience, ses remarques, ses réflexions et probablement aussi ses réalisations à ce sujet et que nous pourrions enrichir les différents projets les uns les autres.

Cette journée est consacrée à ce sujet et je salue toutes les personnes qui sont ici présentes aussi tôt. Après un petit film, de 5 minutes, qui va présenter la Seine et les berges dans les Hauts-de-Seine, nous allons explorer plusieurs sujets tout au long de cette journée : • comment répondre au désir de rapprochement du fleuve ? • comment garantir l’appropriation par le public ? • comment développer les usages ? » [ PROJECTION FILM ] « Vous avez pu constater que les 39 kilomètres de berges que nous avons dans le département des Hauts-de-Seine ont déjà été aménagés pour une part et ce parce que nous avons voté, au Conseil général, un schéma d’aménagement et de gestion durables de la Seine et de ses berges en 2006. Cette année-là, nous avons engagé des marchés avec un certain nombre de principes. Nous voulions évidemment valoriser un patrimoine historique et biologique, nous voulions nous adapter aux évolutions démographiques et aux mutations des activités car l’industrie, qui existait beaucoup autrefois dans les Hauts-de-Seine, a été maintenant beaucoup modifiée, voire a disparu en grande partie au profit d’activités tertiaires et du logement. Nous voulions, et cela a été un slogan également, « rendre la Seine aux habitants » car les habitants étaient coupés de la Seine par un certain nombre de voiries notamment. Il était difficile pour eux de se promener au bord de la Seine, donc nous voulions leur rendre la Seine et nous voulions répondre à une demande forte d’espaces naturels, de promenades et de loisirs. Nous avions, à ce titre-là, lancé, sous la présidence, à ce moment-là, de Nicolas Sarkozy, des états généraux dans les Hauts-de-Seine qui avaient déterminé une priorité évidente de respecter le plus possible la nature et de la développer. La partie environnement était très présente dans ces états généraux. Nous avons donc voulu ces principes et pour préparer ce schéma, nous avons organisé une concertation, assez longue, qui a duré deux Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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années. Cette concertation était nécessaire car il n’y a pas de hiérarchie entre les différentes collectivités locales, et une collectivité locale comme le Département ne peut rien imposer à une Commune, à d’autres collectivités locales, si bien que nous avions besoin de faire cette concertation de façon à développer et à pouvoir mettre en avant un consensus. Nous avons donc impliqué toutes les parties prenantes de ce bord de Seine : • les communes riveraines ; • les associations de protection de l’environnement ; • des associations d’usagers et notamment les habitants des bateaux logements. Vous avez pu voir également dans ce film qu’il y avait beaucoup de bateaux logements ; • les établissements publics qui sont en charge du fleuve : Voies Navigables de France et Ports de Paris. Nous avons passé des contrats avec ces différentes collectivités de façon à avoir un accord et une volonté partagée entre les villes et le Département. Chose moins évidente, nous voulions évidemment que chacun, notamment les collectivités locales, les communes, participe financièrement à cette amélioration des territoires, et nous avons passé, et continuons de passer des conventions d’entretien et de cofinancements entre 20 et 30 % des investissements. Une convention d’objectifs est également passée avec Ports de Paris et puis nous sommes en train de travailler sur une convention à venir avec Voies Navigables de France. Parmi les aménagements que nous avons déjà faits depuis que nous avons adopté ce Schéma, il y a le Parc du chemin de l’île et ses berges à Nanterre. Ce parc à Nanterre a été construit sur une zone qui était totalement abandonnée. Il n’y avait rien, je dirais, même pas un brin d’herbe, et ce parc a été aménagé avec une volonté véritable de génie végétal. Le thème de l’eau y est très fort : outres les berges, il faut citer les vis d’Archimède qui remontent l’eau de la Seine en haut du parc, de façon qu’elle soit épurée par des plantes et rejoigne la Seine après avoir cheminé dans une rivière artificielle. Et puis, nous avons aussi aménagé les berges de l’île de Monsieur, à Sèvres. C’était une zone industrielle anciennement exploitée par Renault et qui, néanmoins, se trouve en bas du Parc de Saint-Cloud, espace protégé dans le cadre du parc de Saint-Cloud. Nous y avons aménagé un espace de sports nautiques, également avec une volonté de haute qualité environnementale, de respect de l’énergie de façon à pouvoir répondre aux préoccupations de tous. Ensuite, le retour d’expérience. Nous devions savoir réfléchir à la bonne échelle d’action. En Ile-de-France, le département nous a paru être la bonne échelle, nous avons d’ailleurs bien travaillé avec les collectivités locales, les communautés d’agglomération et les communautés urbaines. D’autres aménagements bien sûr sont en projet.

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Je vous rappelle les trois temps de notre journée. Trois questions : • comment répondre au désir de rapprochement du fleuve ? • comment garantir l’appropriation de ces aménagements par le public ? • comment développer les usages existants et les nouveaux usages ? L’aménagement des berges est pour certains endroits, un défi, voire, une gageure parfois. C’est maintenant, Monsieur Accart, Maire adjoint à l’Environnement à la Ville de Courbevoie, et l’entreprise Althabégoïty qui a gagné le marché d’aménagement du port de Courbevoie qui vont vous présenter ce projet. « Au départ, j’ai trouvé que c’était une gageure, je ne pensais pas que c’était possible, vous allez voir que cela l’est. »

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Un projet qui tourne la ville vers le fleuve : l’aménagement des berges de Courbevoie

ACCART Maire-adjoint à Courbevoie, en charge de l’espace public et de l’environnement. « Je représente ici Jacques Kossowski, Député-maire, qui n’a pas pu se libérer ce matin.

Le projet d’aménagement des berges de Seine à Courbevoie est un exemple intéressant, peut-être même un cas d’école, en tout cas caractéristique de cette mutation urbaine visant à rendre la Seine aux habitants. C’est d’abord un projet qui est né de deux volontés politiques fortes. D’abord, celle du Conseil général, qui est de valoriser le paysage urbain et le patrimoine du département et de reconquérir les 39 kilomètres de berges. Pour la ville de Courbevoie, ce projet urbain a toujours été important, sinon majeur, que ce soit en 2003, à travers sa charte de l’environnement. On avait d’ailleurs fait diffuser un questionnaire, on a eu 3 500 réponses, et dans ces réponses le projet « berges de Seine », qui n’était qu’une esquisse, a été complètement plébiscité à plus de 95 %, de façon très frappante. Cela a été repris aussi dans notre PADD, dans notre PLU, cette volonté d’intégrer le plus possible la nature dans la ville par la création de nouveaux espaces verts, la valorisation d’espaces verts anciens, de faire une trame verte dans la ville et aussi dans notre Agenda 21 que l’on est en train de faire actuellement. Je vais intervenir sur trois points : • d’abord l’état des lieux avant le projet, • ensuite les projets envisagés, les grandes lignes, et puis les difficultés rencontrées, • et puis le projet retenu.

L’état des lieux avant le projet. La ville de Courbevoie a 84 000 habitants et plus de 80 000 salariés sur 4 km². C’està-dire que vous avez 21 000 habitants au km² plus tous ceux qui viennent travailler. C’est une densité urbaine qui est forte, plus un lieu de passage entre Paris et la banlieue. On voit donc très bien pourquoi il y a eu ce plébiscite des habitants pour ce projet berges de Seine. C’était le seul espace naturel que l’on pouvait rendre aux habitants, et c’est pour ça que c’est un petit peu un cas d’école. Dans le Schéma du Département, « rendre la Seine aux habitants », c’était vraiment un projet majeur. Ensuite, il y avait une plateforme portuaire, qui a d’ailleurs servi dans le passé à démolir et puis à construire la Défense, avec le transport fluvial, qui est quand même tout à fait indiqué pour ce genre d’opération, mais la mutation urbaine se développant, il y avait un front, le front de Seine comme on l’appelle, qui était bâti avec 2 000 habitants, juste en face de ce port. Naturellement il y avait des conflits de nuisances vraiment majeurs : la poussière (on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres), il y avait une déchetterie, la vue, le bruit, les barges qui arrivent, etc., et comment résoudre ce problème ? Le site portuaire ancien était une structure linéaire, des Sablières de France, avec un quai en palplanches équipé d’échelles et de bollards permettant l’accostage Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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des bateaux pour avoir une activité commerciale, mais le quai prévoyait la possibilité d’embarquement et de débarquement de passagers. Et puis il y avait la SNBS, la Société Nautique de la Basse Seine. C’est un élément tout à fait important puisqu’elle occupe une emprise de 1 350 m² avec 3 bâtiments de 550 m² de SHON et des rampes de mise à l’eau pour les bateaux. Avec ses 530 membres, c’est un des plus gros clubs d’aviron de France. Puis il y a 1 000 mètres de promenade haute sur berges, avec les pêcheurs, etc. Mais l’ensemble de la zone est très minéral, peu attractif, il n’y a pas d’équipement, il y a la RD7 qui est bruyante et qui fait vraiment une barrière entre la ville et le fleuve. Les projets envisagés et les questions qui se sont posées. D’abord, la première chose comme toujours, c’est de rendre la Seine accessible, donc d’avoir des points d’accès. Le Conseil général a étudié des points accessibles aux personnes à mobilité réduite qui sont situés au droit de la rue Ficatier et vers le parc de Bécon, et puis, comme il y avait une architecture de dalles au front de Seine, il y a un escalier qui descend de cette dalle jusqu’à la Seine. Naturellement, il y a toujours des difficultés imprévisibles : un certain nombre d’habitants se sont inquiétés en disant « ces escaliers, ne vont-ils pas attirer des gens qui vont venir la nuit, dans nos quartiers, qui viendront occasionner des nuisances », etc., on peut toujours envisager par la suite de faire une fermeture la nuit car s’il y a toujours des craintes, il faut les apaiser. Le plus important, c’était de circonscrire le périmètre du projet, parce qu’il y avait 3 kilomètres de berges et finalement le Conseil général a choisi un périmètre d’étude et d’orientation de 3 kilomètres et un périmètre d’opération de 1,5 kilomètre. Cela a été une excellente chose parce qu’il faut savoir calibrer un projet pour le rendre réaliste. Évidemment, c’était intéressant d’aller jusqu’à la Défense parce que là tout s’ouvre: l’inter modalité, avec les métros, avec les bus, entre le fleuve et tous les moyens de transport. Cependant, c’était beaucoup plus difficile à aménager et très coûteux. Et puis à la Défense, il y a le plan de renouveau, qui comprend de nouveaux projets, dont peut-être la couverture de la RD7, au pied des tours de Foster. Cela fera partie d’une autre zone qui a sa propre dynamique et d’une façon tout à fait raisonnable, pour déjà 15 millions d’euros, on s’est contenté du 1,5 km. Il restera aussi à compléter cet aménagement par le verdissement et la pacification de la RD7. La ville vient d’ailleurs d’acheter tout une partie pour pouvoir planter des espaces verts, un îlot Charcot près du parc de Bécon. Une autre des questions tout à fait décisives a été la mutation du Port Autonome. Il y a eu des discussions qui se sont établies sur l’opportunité de continuer à transporter des matériaux dans ce port ou ailleurs ? Quel était le devenir du Port autonome ? Et surtout est-ce que des activités régulières ou exceptionnelles devaient s’y dérouler. Finalement, en fonction du contexte urbain tout à fait particulier, il a été choisi de laisser la place pour les habitants, pour la SNBS, etc., et d’avoir une activité exceptionnelle au niveau portuaire. Il fallait quand même laisser une ouverture parce que le développement durable notamment provoque des mutations urbaines et après, dans 10 ans, dans 20 ans, Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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il y aura peut-être autre chose, donc il faut toujours aussi laisser la porte ouverte. Naturellement, le Port Autonome a été indemnisé pour cette perte commerciale. Et puis, il y a eu une réévaluation des fonctions des différents sites portuaires dans la boucle des Hauts-de-Seine.

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Le projet finalement retenu est un projet magnifique. De façon à avoir une concertation avec les habitants, on a fait un film en 3D que l’on va vous projeter. L’architecte, Monsieur Althabégoïty qui est en charge de ce projet, va vous commenter ce film. »

BEGOÏTY LTH A A d Architecte : « Bonjour à tous, Bernard Althabégoïty, je ne travaille pas seul, je travaille avec Annick Bayle et François Brun, paysagiste, et également le bureau d’études Coteba, pour toute la partie technique, et CA Ingenierie pour toute la partie développement durable.

Je vais rajouter un certain nombre de notions très générales à ce qui vient d’être dit. Par rapport au film qui présente les 30 kilomètres de berges de Seine, je dirais que l’on va exactement à l’inverse de la manière dont ça a été présenté, c’està-dire que c’est plutôt un éloge de la lenteur qu’un film en accéléré. C’est-à-dire que je pense que la Défense a besoin de contrepoints qui seraient des moments tranquilles, passés là, à ne rien faire. Pour que ce soit possible, il faut créer les conditions et actuellement elles n’y sont pas toutes. Il y a bien sûr des vues exceptionnelles sur la Défense. C’est déjà le grand Paris, c’est-à-dire que c’est à la fois la forte densité, l’activité et une proximité évidente avec l’eau, la nature. C’est la même chose vers le nord, vers Levallois, mais c’est aussi un bruit très important, enfin un niveau sonore extrêmement important, et pour que ce moment tranquille soit possible, il faut impérativement en améliorer les conditions. C’est également une étroitesse de la berge, elle fait certes 1,5 kilomètre, mais sur un bon tiers de son linéaire, elle fait 1,5 mètre de large, c’est-à-dire qu’en fait c’est juste un passage, une protection par rapport à la crue et absolument pas un lieu praticable tel quel par le grand public. Dernier point, il y a des dénivelés importants et une des qualités de ce genre d’endroit, c’est d’être au plus près de l’eau, au contact de l’eau. Notre travail a consisté à faire en sorte que ce projet soit possible en s’approchant de l’eau, en élargissant les berges et en créant des conditions acoustiques raisonnables, à savoir en fait un grand mur antibruit qui protège du trafic de la RD. Maintenant on peut montrer des plans ou des images. Vous avez des vues avant/après, donc je ne vais pas trop les détailler parce que vous allez les voir mieux en photo, mais ce qu’il faut imaginer, c’est qu’en fait tout cela est baigné dans 90 décibels de bruit, et donc il y a une première étape qui consiste à diminuer le bruit. Un point également important, que je n’ai pas évoqué, c’est la prise en compte au maximum de l’existant, c’est-à-dire que l’on a des situations qui sont variées en termes de paysages, en termes de matériaux, en termes de caActes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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pacité. Par exemple le petit pavillon que l’on avait, dans un premier temps imaginé démolir, finalement sera conservé, pour devenir une buvette.

De la même manière, aux endroits où le paysage n’est pas très valorisé, on va plutôt installer des plantations pour créer une ambiance. Il y a d’autres endroits où les perspectives sont très belles et très dégagées. Ce que l’on voit, c’est le cœur du projet. Autour de ce bâtiment que l’on appelait le pavillon du port, vous voyez sur l’image d’en bas, à gauche, un grand escalier qui permet d’accéder de la dalle qui s’appelle « le Front de Seine », ici, à Courbevoie, directement à l’aménagement puis à un belvédère. Un premier belvédère, que vous voyez ici, qui est un grand encorbellement sur le fleuve. Il va y en avoir un deuxième au droit du parc Bécon. Ce sont des endroits un petit peu exceptionnels dans cette berge étroite, qui font environ 150 à 200 m², qui permettent de profiter pleinement, comme depuis un balcon chez soi, sur le fleuve. D’autres points de vue, la base nautique est un endroit effectivement, assez extraordinaire où la Seine est occupée par de frêles esquifs, c’est assez remarquable. Notre projet consiste à en maintenir toute l’activité et à la contourner pour la promenade publique.

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Enfin, en bas à droite, on voit l’élargissement de la promenade qui, actuellement, fait de l’ordre de 1,5 mètre, et en rabaissant son niveau, à la fois on améliore l’acoustique, puisque la hauteur du mur anti-crue se trouve augmentée, et on en augmente le confort puisqu’elle est pratiquement doublée en terme de largeur.

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« Le projet démarre ici. On contourne la base nautique, • on a l’ancien port qui peut être conservé, toujours en fonctionnement port mais également pour des activités temporaires, • le grand escalier qui descend de la dalle du Front de Seine, • le bâtiment conservé, • le belvédère du port, • un grand jardin. Il faut savoir que « Le pique-nique sur l’île de la Jatte » a été peint sur l’île en face, donc on imagine que l’on pourrait retrouver des situations analogues • un grand ponton flottant qui permettra l’accostage de bateaux, • un espace plus étroit mais intéressant parce qu’il permet de descendre jusqu’au bord de l’eau avec des pêcheurs.

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Dans l’autre sens, du nord vers le sud, on voit : • le parc de Bécon, • à nouveau un belvédère qui se situe dans son prolongement direct. Ici, la berge est beaucoup plus étroite, comme je l’indiquais, mais on l’a quand même doublée de largeur. • Il y a de très belles vues sur la Défense, • on végétalise une partie du quai par des plantes tapissantes, • et ici c’est la descente, c’est un peu vertigineux. Voilà, l’animation que l’on pense raisonnable, enfin tout à fait réaliste en tout cas, aux beaux jours, à quelques minutes de la Défense, et donc avec une ville de 80 000 habitants derrière vous. L’idée étant de s’approcher au plus près de l’eau. Les études sont pratiquement terminées, nous lançons l’appel d’offres d’ici à la fin de l’année. Il y a, en rive du jardin, un système de fossé pour éviter tout gardecorps et avoir une continuité entre la Seine et le jardin. »

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« Vous avez pu constater combien cette présentation montre que ce que j’avais appelé une gageure au départ est devenu finalement quelque chose de réel car nous allons commencer maintenant les travaux. Ce que j’ai toujours envie de dire, dans ces cas-là, et je pense que chacun d’entre-vous qui avez eu à faire des aménagements, faire des réalisations administratives, vous avez certainement, comme moi, pris en compte le temps. Le temps administratif, c’est quelque chose de très long, de très particulier. Nous avons passé le premier marché, qui a désigné l’entreprise Althabégoïty-Bayle, il y a maintenant presque 6 ans. Ce projet va transformer la vie des habitants de Courbevoie, en tout cas de ceux qui sont proches. Cela rend véritablement la Seine aux habitants car on a vu ces espaces verts dans lesquels ils vont pouvoir vivre et se rencontrer. »

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Président du Comité de sauvegarde des sites de Meudon. « Messieurs, vous avez parlé du rôle de barrière joué par la RD7, à Courbevoie. Evidemment il n’y a pas qu’à Courbevoie où la RD7 est une barrière entre les habitants et la Seine. Je n’ai pas très bien vu, d’après le film, comment vous faites pour effacer cet effet de barrière entre les habitants et la Seine à Courbevoie. »

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« Effectivement, c’est un peu difficile sur des images. En fait, on est de niveau et accessible aux PMR, aux deux extrémités du site, à savoir la rue Ficatier et au-dessus, le parc de Bécon. Ailleurs, c’est beaucoup plus complexe. On a le dénivelé du pont de Courbevoie qui est déjà équipé de rampes mais qui ne sont pas, elles, accessibles aux PMR. On a également le grand escalier que l’on a présenté tout à l’heure.

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Les points d’accès au site sont limités mais ils sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Quant à la protection, j’ai parlé d’un mur antibruit, il se trouve que ce mur antibruit sera entièrement végétalisé, côté jardin. L’étroitesse du site – on le voit sur les images – est compensée d’une certaine manière par cet écran qui forme une sorte de toile de fond, artificielle certes mais qui participera quand même assez largement à la qualité du site. On ne l’a pas conçu comme un élément négatif, on l’a intégré dans l’aménagement du jardin, en fait, en trois dimensions. »

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« Je vais répondre à votre question pour le problème de la circulation automobile qui fait une coupure entre la ville et les berges. La ville de Courbevoie étudie toute la circulation, même dans la boucle des Hauts-de-Seine, de façon à voir comment on peut résoudre ces problèmes en profondeur. Et effectivement, la RD7 a un flot automobile tel, qu’il ne s’agit pas le diminuer et de le faire rentrer dans les quartiers tranquilles. C’est le contraire que l’on veut faire : mettre les voitures sur les axes qui sont faits pour ça et les fluidifier. C’est-à-dire que l’automobiliste, on peut le ralentir si on ne le retarde pas. Il faut qu’il y ait des feux coordonnés, il y a Siter qui s’en occupe. Il faut regarder si les deux côtés de la Seine sont équilibrés, si l’on ne peut pas rééquilibrer, etc., mais surtout il faut changer le comportement de l’automobiliste, c’est-à-dire que là, les voies font 3,5 mètres, je crois, on peut les rétrécir, laisser toujours deux voies. Si on les rétrécit, on gagne de l’espace et on peut végétaliser, et c’est dans ce but, comme je le disais tout à l’heure, que la ville a acheté tout un îlot de façon à pouvoir planter et changer le paysage urbain, c’est-à-dire casser le paysage autoroutier, pacifier, coordonner les feux, et du coup mettre de la fluidité qui fait qu’il y a le même nombre de voitures qui circulent, c’est un peu comme sur le boulevard périphérique, on a strictement limité à 80km/h, cela marche mieux. Là c’est à 70km/h, est-ce que ce n’est pas un peu rapide ? On pourra le voir. A ce moment-là, on diminue la pollution, on diminue le bruit, sur la ville de Courbevoie, ça ne se passe pas trop mal, sauf sur la RD7 où il y a des oxydes d’azote, du benzène, etc., dès qu’il y a un peu trop de circulation (source : Airparif). C’est un problème suffisamment important pour que cela vienne dans une deuxième phase, tout de suite, en enchaînant ou parallèlement. Et puis, c’est intéressant, d’une façon générale, pour la circulation automobile. C’est, je crois, la seule solution » Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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Directeur de l’Eau : « Comment avez-vous intégré l’action du Conseil général, c’est-à-dire que les berges sont à Courbevoie, là-dessus le Conseil général a été très moteur dans l’aménagement, Courbevoie aurait pu s’approprier complètement cette thématique. Comment est-ce que vous avez vécu cette collaboration avec le Conseil général ? »

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« Je dois dire, d’une façon merveilleuse. Vraiment. Ça a été une grande découverte de la Charte de l’environnement. C’est-àdire que l’on ne peut rien faire si l’on est seul, c’est vraiment avec les partenaires : • On avait l’EPAD dont le Boulevard Circulaire, qui était complètement autoroutier, se transforme en boulevard urbain, • Le boulevard de Verdun, qui est aussi une tranchée dans la ville, va évoluer vers un autre paysage, • la RD7 là aussi doit donc évoluer aussi en boulevard urbain, • et aussi le tram boulevard Mission Marchand qui faisait une coupure entre les anciens quartiers et les nouveaux du faubourg de l’Arche. On s’est rendu compte que ça faisait une ville mosaïque et qu’il fallait donc travailler avec tous ces partenaires. Et avec les berges de Seine, c’était très simple, c’est qu’il y avait le parc de Bécon qui doit évoluer, qui a vieilli et qui doit être restructuré. A l’époque c’était Bernard Viel qui était venu visiter. On voulait absolument le raccorder au fleuve, et on a visité les berges. Il y avait un projet sur le Port Autonome, de Truffaut qui devait s’installer et Bernard Viel a dit « écoutez, nous, on a notre projet de continuité le long du fleuve, si vous arrêtez le permis de construire Truffaut, on travaillera ensemble pour améliorer ça » et ça a été tout de suite une volonté commune, une symbiose, enfin c’est quelque chose que j’ai vécu d’une façon très heureuse, personnellement. »

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« Je crois que ce que vous dites, justement, c’est que nous avions la volonté commune. C’est ce qui est important et que le Département avait cette volonté d’aménagement de l’ensemble des berges Nous nous sommes rencontrés, il y a eu cette concertation dont je parlais tout à l’heure, qui a été très longue et à laquelle vous avez été parfaitement et complètement associés depuis le début. Je crois donc que tout ceci montre que c’est utile, effectivement, d’aller très en amont, de remonter très en amont, pour pouvoir avoir des opérations qui seront comme celle-là. J’espère que ce sera une opération réussie, et j’en suis sûre. »

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Le projet de Vallée de la Culture et son rapport à la Seine

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M. Janicot, Président de l’Agence pour la Vallée de la Culture, va nous présenter le projet de la Vallée de la Culture et son rapport à la Seine. Comme vous le savez, la Vallée de la Culture est un grand concept du département des Hauts-de-Seine voulu par son Président Patrick Devedjian. ICOT

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Merci Madame la Présidente et bonjour à tous. Peut-être un mot sur le concept même de la Vallée de la Culture, pour en comprendre sa dynamique culturelle. Dans les premières réflexions que nous avions eues avec le Président Devedjian, la Vallée de la Culture partait du pont d’Issy-les-Moulineaux, tout de suite après le périphérique, et remontait à l’intérieur du département des Hauts-de-Seine jusqu’au parc de Saint-Cloud, voire le parc Rothschild et les jardins Albert Kahn. Cette section de Seine était un peu déconnectée, en quelque sorte, de l’artère culturelle que représentait tout naturellement la Seine pour sa partie parisienne. Nous lui avions suggéré d’essayer de trouver une formulation ou quelque chose, une dynamique en quelque sorte, d’aménagement de cette section de Seine en cherchant un critère dominant, respectant tous les autres critères, en particulier ceux de la coulée verte et de la coulée bleue, qui avaient été définis par le Conseil général depuis quelques années, et de privilégier le critère culturel. Nous nous appuyions, à l’époque, sur les réflexions qui étaient menées par Charles Landry, à Londres, qui faisait de l’investissement et du facteur culturel dans les opérations d’aménagement du territoire, le facteur discriminant permettant de qualifier les métropoles les plus dynamiques qu’il a rassemblées sous ce vocable de « creative cities ». Ce facteur permet de faire un certain nombre de classements, notamment sur les métropoles européennes en fonction de leur attractivité à l’égard des publics variés et nombreux. Il a été intéressé par cette idée, au fond, que la culture puisse être le critère dominant des opérations d’aménagement qui, par ailleurs, se développaient bien entendu, mais le critère, la présentation, l’accroche en quelque sorte, le chapeau qui pouvait qualifier l’ensemble de ces opérations. Alors, il nous a demandé de nous mettre au travail, de réfléchir à ce que pourrait être ce maillage, ce pavage culturel de la Vallée de la Culture. Il nous a donné, dans un premier temps, ce que j’appellerais une première phase, qui partait d’Issyles-Moulineaux de l’île Saint-Germain jusqu’au parc Rothschild. En nous demandant de nous concentrer, dans un premier temps, sur ce parcours-là et bien entendu d’être au soutien du projet d’aménagement de l’île Seguin qui connaissait des remises en cause qui appelaient des réactions et des décisions. C’est ce que nous avons fait. On lui a proposé un cheminement, qui semble avoir trouvé, d’abord son soutien bien entendu, mais aussi celui du Président de la République puisque dans le discours qu’il a prononcé sur le grand Paris, il y a à peine 2 à 3 semaines, d’une part il a parlé de l’île Seguin et il a inscrit le territoire de l’île Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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Seguin dans la dynamique générale du grand Paris, et il a fait allusion aussi à la Vallée de la Culture en disant « au fond, j’attends de la Seine, et en particulier dans ce territoire-là, qu’elle devienne la Vallée de la Culture ». Le concept chemine maintenant à l’intérieur du suivi du Grand Paris comme un concept opératoire qui va intéresser, je l’imagine, les dix architectes qui ont été présélectionnés et qui ont remis leurs travaux et vont maintenant, à l’initiative du Ministère de la Culture, se constituer en groupe permanent de réflexion, de soutien, en liaison, bien entendu, avec les élus puisque ces décisions relèvent avant tout des politiques. Les architectes, les agences comme les institutions ne sont là que pour fournir des idées et des suggestions. Voilà comment la notion de Vallée de la Culture, qui était une notion un peu théorique ou expérimentale, que nous avions avancée il y a maintenant à peu près un an et demi, trouve maintenant sa signification politique, son dynamisme, son volontarisme. Ceci va permettre d’avancer pour ce que nous sommes en train de faire, avec des points d’appui très forts au niveau du Ministère de la Culture, au niveau de l’État, mais aussi au niveau des collectivités locales. Pour l’instant, le Président du Conseil général a privilégié 5 types de section qui se déploient sur ce territoire : 1ère section, c’est tout ce qui est autour de l’île Saint-Germain et en particulier du parc départemental de l’île Saint-Germain, qui est un parc qui relève du Conseil général des Hauts-de-Seine. Comme vous le savez, il est tout à fait remarquablement aménagé et porte un élément culturel très important qui est « La tour aux figures » de Dubuffet, avec un pont, le pont d’Issy-les-Moulineaux, qui est un peu ingrat, un peu « difficile ». Le Conseil général était en train de mettre en œuvre tout un plan de signalisation lumineuse, de mise en évidence un peu lumineuse de tous les ponts de cette Vallée de la Culture, et il s’est trouvé que, par bonheur en quelque sorte, le Département allait, avec des crédits propres et les services compétents du Conseil général, s’attaquer en quelque sorte au pont d’Issy-lesMoulineaux. Donc, le Président du Conseil général avait d’abord demandé que cette intervention sur le pont ne soit pas qu’une intervention d’éclairage ou de mise en éclairage du pont, mais qu’elle ait une vocation artistique, et donc nous allons préparer avec les services compétents du Département un concours qui fera appel à des artistes, qui permettra d’avoir une première intervention artistique sur le pont, qui sera en quelque sorte la porte d’entrée de cette Vallée de la Culture. Tout ce qui est l’aménagement naturel relèvera des services compétents du Conseil général, et il a été entendu qu’ils seront extrêmement associés à la réflexion sur ce choix artistique, de façon que la petite pointe naturelle, qui dépasse du pont, face l’objet aussi d’un traitement intelligent et que l’accès depuis le pont à l’île Saint-Germain soit aussi réfléchi. 2ème section : il s’agit de la tour aux figures de Dubuffet qui est en très mauvais état puisqu’elle n’a pas été rénovée depuis beaucoup d’années. Elle est fermée au public. Il fallait donc bien s’y attaquer pour la remettre en état. C’est ce que nous avons fait, en liaison avec la Fondation Dubuffet, qui est venue voir le Président du Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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Conseil général. Il a été décidé par le Président du Conseil général d’initier le processus de rénovation de la tour aux figures de Dubuffet avec un travail autour de la nature de la « Tour aux figures » et puis, bien entendu, une mise en éclairage qui soit digne de ce nom. Le Président du Conseil général a demandé, c’est cela qui touche plus étroitement votre sujet d’aujourd’hui, que l’on réfléchisse un peu à ce que pourrait être l’aménagement de la berge de l’île Saint-Germain sur le grand bras de la Seine puisque, comme vous le savez, tout ce qui est petit bras ne peut pas accueillir, à l’heure actuelle, de pontons flottants ou d’expériences sur l’eau pour des raisons de navigabilité. Un arrêté du Préfet de 2008 a défini ce qui est possible et ce qui n’est pas possible. Ce qui est possible, c’est toutes les berges qui sont face, en quelque sorte, au grand bras. C’est-à-dire : • la partie de l’île Saint-Germain qui est face au grand bras, • toute la partie de l’île Seguin, qui est en face du trapèze de BoulogneBillancourt, • tout ce qui est du côté de l’Ile de Monsieur bien entendu, et un peu avant le pont de Sèvres, • la partie du jardin Albert Kahn et la partie du parc Rothschild. Donc, en gros, les points d’application de la Vallée de la Culture, ont toutes la possibilité, en fonction de l’arrêté préfectoral qui est intervenu pour définir là où l’on peut amarrer et là où l’on ne peut pas amarrer, ont toutes précisément une berge qui peut accueillir des équipements ou des installations à caractère plus culturel, que simplement des péniches sur lesquelles les gens s’installent. Il nous a demandé de commencer à réfléchir sur ce que pourrait être l’aménagement des berges de l’île Saint-Germain, pour la partie qui est de part et d’autre du ponton existant, pour la partie qui est en face du grand bras. Nous avons donc initié une réflexion sur ce que l’on appelle une « rive créative », puisque telle est l’expression, c’est-à-dire de faire en sorte que les équipements culturels, ou la présence culturelle ne soit pas que sur le territoire de l’île Saint-Germain mais qu’elle soit aussi sur l’eau, que l’eau devienne une complémentarité culturelle. On s’est beaucoup inspiré, bien entendu, des réflexions qui avaient été menées et qui sont en cours de développement à Lyon où, évidemment, les initiatives qui avaient été prises avec des architectes comme Philippe Rames ou avec des artistes comme Odile Decq pour la création de pontons arrimés, sont tout à fait pionnières en France et tout à fait intéressantes puisqu’elles marient, en quelque sorte : • une intention culturelle pour certaines, mais aussi de bien-être pour d’autres et de loisirs, une intention politique d’animation, de faire venir les visiteurs sur l’eau. • une intervention architecturale de très grande qualité • la présence d’un artiste aux côtés de l’architecte, quand ce n’est pas l’artiste lui-même qui devient l’architecte, pour affirmer un geste très qualitatif. C’est cette voie qui nous a paru intéressante pour la Vallée de la Culture et nous avons donc lancé les premières réflexions sur ce que pourrait être l’aménagement de rives créatives sur l’île Saint-Germain. Cela implique plein de complexités, vous vous en doutez. Cela passe bien entendu par Voies Navigables de France, cela passe par la mairie compétente, qui est la mairie d’Issy-les-Moulineaux, cela passe Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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par le département, cela passe par beaucoup de filtres procéduraux très complexes, mais enfin c’est une voie qui est très intéressante à explorer puisque nous ne connaissons principalement ce type d’intervention artistique sur l’eau qu’avec ce que les Bouroullec ont fait à Chatou au Centre National de l’Estampe avec ce studio d’artistes qui a été tout à fait remarquable et dont le prix a été… ce ne sont pas des prix absolument démesurés pour réaliser ce type de chose. On y réfléchit donc et je bénéficie de l’assistance de François Bordry, qui était l’ancien président de Voies Navigables de France, qui maintenant est devenu inspecteur général de l’Equipement et qui nous aide un peu, à la lumière de toute l’expérience qu’il a menée à Lyon, puisqu’il s’occupait de Lyon en particulier. On est en train de construire ce modèle-là et j’espère que ça apportera une vraie dynamique intéressante à l’île Saint-Germain. 3ème section : L’île Seguin fait l’objet actuellement d’une réorganisation majeure. Les plans qui avaient été initiés n’ont pas pu tous être réalisés, notamment dans une conjoncture économique qui était devenue très difficile, à partir de septembre de l’année dernière. La première priorité a été de désigner un architecte coordonateur qui reprenne le plan d’urbanisme de l’île puisque les équipements qui étaient prévus ont été remplacés par d’autres équipements, donc il fallait bien un nouveau plan local d’urbanisme. Comme vous le savez, la SAEM Val de Seine Développement, qui est la Société d’aménagement, a organisé une présélection. 6 architectes ont été retenus, la semaine dernière, et début juillet, nous aurons l’architecte coordonateur de l’île qui aura pour tâche de « re-brasser », en quelque sorte, les équipements existants. La vocation culturelle de l’île, Vallée de la Culture, île et berges comprises, a là aussi, été réaffirmée par le Président de la République dans son discours puisqu’il a dit que « l’île Seguin serait désormais l’île de tous les arts ». Bien entendu, il faut prendre cette expression comme une expression un peu générique, c’est-à-dire bien sûr, les arts du spectacle seront présents, les arts visuels seront présents, et bien entendu les arts technologiques seront présents. Au moins, les deux pointes de l’île font l’objet maintenant de programmations détaillées. • La première, qui est en cours et qui devrait permettre au Président du Conseil général de prendre cette décision définitive, c’est la réalisation du pôle musical, sur la base d’une étude de programmation qui a été faite par le cabinet Lichnerovitz et Bravo. • et cette pointe aval, qui est intimement liée au pont de Sèvres, parce qu’elle est à quelques dizaines de mètres du pont de Sèvres, devrait accueillir normalement un double équipement musical, un de plus grande contenance permettant notamment des musiques accompagnées, autour de 4 000-4 500 personnes, et un équipement plus petit de 800 personnes qui accueillerait des musiques classiques, les musiques du monde, etc. Donc, se met en place la réflexion, le Président du Conseil général doit prendre la décision, c’est à lui de la prendre et de l’annoncer, mais enfin tout est sur sa table et prêt pour faire venir un grand équipement culturel structurant lié à la musique et aux arts du spectacle, puisque le théâtre y sera présent, et la danse aussi, sur la pointe aval de l’île Seguin.

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Du côté de la pointe amont, avec l’accord de la Ministre de la Culture, nous sommes en train de préparer un ensemble d’équipements et viendrait, une grande fondation privée d’art contemporain. Nous sommes en discussion, comme vous le savez, avec la fondation Cartier, qui est actuellement boulevard Raspail, pour qu’elle vienne sur l’île Seguin. Et puis un ensemble très important qui accueillerait tous les métiers de l’art contemporain, et en particulier des galeries (entre 25 et 35 galeries) et tous les métiers qui sont autour, plus un équipement qui sera offert par l’État et qui serait un bâtiment-outil qui fait cruellement défaut sur Paris puisqu’il n’y a pas de lieu où les artistes puissent disposer de grands espaces pour travailler.

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CADE OUR F e

Da

Vous avez quelques images ?

l JA N nie

ICOT

Hélas non puisque nous en sommes en fait au stade de la programmation. On n’a pas fait de simulation d’images. D’abord parce que l’on attend l’architecte coordonateur pour qu’il puisse mettre en route l’équilibrage des volumes, la circulation, la répartition des masses sur l’île. Je vais vous parler de l’île du point de vue des berges, et puis parce que bien sûr, une fois les programmes arrêtés, on fera des concours d’architectes, par lot. A ce moment-là on aura les images. Nous sommes sur un calendrier d’images et d’architectes maîtres d’œuvre des lots probablement pour le deuxième semestre 2010.

Odi

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CADE OUR F e

Da

Je parlais du temps administratif tout à l’heure, ça va être très long.

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ICOT

Oui, hélas. Ce qu’il faut savoir, c’est que nous prévoyons d’aménager d’abord une escale très importante au centre de l’île, entre les deux ponts, qui accueillera bien sûr les navettes fluviales que nous espérons voir se mettre en place et, d’autre part, qui sera accompagnée de pontons importants qui pourront accueillir des restaurants, des boutiques, des ateliers, des lieux de bien-être, des choses de ce type, et qui sont une composante très importante de l’île. 4ème section : après, on passe le pont de Sèvres, on s’achemine vers l’île de Monsieur, mais là pour l’instant, nous attendons bien sûr les décisions du Conseil général, c’est au Conseil général de dire ce qu’il veut faire. Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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L’île de Monsieur est aménagée.

Da

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CACDADEE OFUOURR F ee

l JA N nie

ICOT

Elle est aménagée. Simplement, la liaison avec le parc de SaintCloud que le Président voudrait améliorer. 5ème section : enfin, il y a un chaînon général, c’est le parcours de sculptures puisque il y avait eu cette volonté de mettre des sculptures un petit peu dans leurs composantes modernes, pas seulement un bronze en trois dimensions, et donc ce parcours de sculptures est en cours d’identification et de réflexion, et lui pourrait s’étendre aussi bien sur les berges que sur les îles et rejoindre, le moment venu, le parc de Saint-Cloud, quand le Président le demandera. Pierre-Christophe Baguet nous a demandé de réfléchir maintenant sur le parc de Rothschild pour voir si l’on peut avancer dans la mise en valeur de ce parc et le rattacher lui aussi à la Seine. Voilà l’idée de ce qu’est la dimension culturelle de la Vallée de la Culture et son impact sur les berges. Bien sûr toutes les berges obéiront aux mêmes préoccupations que celles que vous avez énoncées, en début de séance, mais simplement nous y ajouterons une composante « berges créatives », « rives créatives », « pontons » et « interventions sur l’eau ».

Odi

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CADE OUR F e Nous sommes effectivement là encore dans des projets et nous verrons ensuite des réalisations, notamment à Nantes, puisqu’il y a maintenant une présentation du réaménagement de l’île de Nantes. Peut-être avons-nous des questions à M. Janicot ?

Gil

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RM LEPA ENTIE s le

Bonjour, Gilles Leparmentier, d’Issy Écologie. J’ai bien entendu votre introduction à propos de l’articulation nécessaire par rapport à Paris, un peu plus en amont donc, pour avoir une certaine cohérence linéaire par rapport au contexte parisien. C’est vrai que le patrimoine qui fait effectivement partie, patrimoine industriel j’entends, de notre culture, a été largement bousculé. Mais, au-delà de certains équipements et aménagements ponctuels sur les berges, c’est aussi toute une ambiance. Enfin ce sont des paysages de part et d’autre, ce sont des perspectives, c’est une présence humaine, c’est cela la culture, et ma question se limitera aux phasages. La culture, ce n’est pas quelque chose qui démarre, un programme qui démarre à un point donné. C’est vraiment un aboutissement et préfigurant ce côté noble et élevé de cette ambition j’imagine, et par rapport à ce qui se passe en amont de Paris, du côté d’Ivry, vers la Marne, et les panneaux publicitaires. J’en viens là, Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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qui, eux, bénéficient de plans drastiques pour en limiter les implantations, du côté d’Issy-les-Moulineaux et plus en aval, c’est à profusion et c’est de pire en pire. Donc, la Vallée de la Culture me semblerait plutôt préférable dans un sens noble, comme je viens de le dire, et pas pour de la soupe et tous les gadgets dont on nous abreuve avec des panneaux 3x4 et sur quelques centaines de mètres, vous pourrez le constater par exemple en aval du pont de Billancourt, sur 300, 400 mètres, on a une quinzaine de ces panneaux 3x4 Dans ce phasage-là, ce serait intéressant de se positionner le plus rapidement possible par rapport à un plan de la publicité le long de la Seine.

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Da

Voilà, la question « quelle publicité ? », mais je ne pense pas, M. Janicot, que ce soit dans le programme de l’Agence de la Vallée de la Culture. Je crois que la question sous-tendue de M. Leparmentier, c’était en fait qu’est-ce que l’on met dans le terme « culture » ? La culture, c’est le passé, c’est le présent, ça peut être aussi le futur, est-ce que la recherche entre dans le cadre de la culture ? Enfin, voilà, moi je verrais cela, mais il est certain que les panneaux publicitaires, c’est un règlement qui n’entre pas dans ce cadre-là.

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ICOT

Absolument, Madame la Présidente, vous avez parfaitement repositionné le problème. Bien sûr, il y a des équipements, il faut des équipements, il faut des travaux parce que, comme vous l’avez rappelé, il faut des années pour lancer tout ça, donc on a paré au plus pressé, c’est-à-dire que l’on a créé ce cheminement. Mais l’Agence pour la Vallée de la Culture, parce qu’il faut bien comprendre que nous ne sommes qu’une agence pour, c’est-à-dire que l’on propose, on soumet, mais l’Agence de la Vallée de la Culture, c’est le Conseil général des Hauts-deSeine, quelque part, avec tous ses services. C’est eux qui ont en charge la politique culturelle du Département, avec Xavier Tracou et avec tous les services compétents. Nous, nous ne sommes là que pour alimenter, donner des idées, suivre des projets, les monter, aider à la programmation. C’est vrai que pour rejoindre un peu le début de votre intervention, la culture ce n’est pas que des équipements, la culture c’est d’abord le patrimoine, c’est ensuite des êtres humains, c’est des gens qui sont là, une trame artistique, une communauté humaine. C’est maintenant que nous allons nous pencher, en quelque sorte, en faisant cette lecture approfondie, puisque l’on a maintenant un peu plus de temps, on a lancé les idées, maintenant cela rentre dans la compétence du Département, dans la compétence de la mairie de Boulogne-Billancourt, dans la compétence de la SAEM. L’agence maintenant va se tourner vers des choses un peu plus souples, plus fines, qui vont être cet inventaire que nous allons faire, des forces vives du Département pour les identifier et s’appuyer dessus. J’espère que j’ai répondu à votre question.

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Da

Président d’Environnement 92. Simplement, j’aimerais savoir quel est le périmètre ? Comme c’est une vallée, la Vallée de la Culture, est-ce que vous comptez les coteaux qui surplombent la Seine, etc. ? Je voulais attirer votre attention sur un équipement culturel et patrimonial qui est le musée Rodin de Meudon. Je pense qu’il doit faire partie de votre projet. On a des difficultés, il n’est ouvert que quelques mois par an, ce serait bien que cet équipement culturel, qui est extrêmement intéressant, puisse être ouvert beaucoup plus longtemps dans l’année.

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ICOT

Oui, le périmètre c’est la Seine et puis c’est ce qui remonte sur les côteaux. On va même jusqu’au hangar Y. Je viens de voir le maire de Meudon qui m’a demandé de nous investir maintenant un petit peu plus fortement, maintenant que les urgences sont passées sur l’île Seguin, de nous investir sur la question du bâtiment Y. Et j’ai fait le tour complet avec les maires et parfois les directeurs des affaires culturelles. Effectivement, il y a une trame extraordinaire de part et d’autre qu’il va falloir raccrocher d’une façon ou d’une autre à cette notion de Vallée de la Culture.

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Le réamenagement de l’île de Nantes : des ouvrages portuaires devenus espaces publics

Oliv

Je pense que le moment est venu maintenant de passer la parole à M. Tardy sur le réaménagement de l’île de Nantes : des ouvrages portuaires devenus espaces publics.

Y TAR D r ie

Bonjour à tous et merci de votre invitation pour venir vous présenter les aménagements que nous produisons sur l’île de Nantes et la relation de ces aménagements avec la Loire et avec le fleuve. Je suis Olivier Tardy, je suis ingénieur à la SAMOA, chargé de la réalisation d’espaces publics, et notamment d’espaces publics en lien avec le fleuve sur le parc des chantiers, qui est situé sur l’enceinte des chantiers navals que je vais vous présenter un peu plus loin. La SAMOA, c’est une société publique locale d’aménagement qui a été créée en 2003 par la Communauté Urbaine Nantes Métropole et la ville de Nantes pour la réalisation de ce projet urbain. Mon exposé est en 4 grandes parties, dont les 2 premières qui sont sur la présentation du territoire et la présentation du projet urbain, et puis ensuite je vais aller plus précisément sur la relation que nous avons avec le fleuve et sur les aménagements précis en bord de Loire.

4-1

Présentation du territoire

Le territoire, c’est donc cette île sur la Loire, à Nantes qui est intégrée au cœur de la métropole Nantes Saint-Nazaire, qui est la 5e métropole française, en comptant à la fois la communauté urbaine de Nantes, la communauté d’agglomération de Saint-Nazaire jusqu’à la Baule et qui se développe sur tout l’estuaire de la Loire, sur 90 km, et qui représente 860 000 habitants. C’est une métropole qui émerge actuellement et qui se structure dans le cadre de nos différentes coopérations intercommunales et inter SCOT notamment. L’île de Nantes, se situe au cœur de cette agglomération de Nantes, le territoire en blanc, que vous voyez ici, c’est le territoire de la communauté urbaine. Là vous voyez la rocade nantaise et donc l’île de Nantes est vraiment située en plein centre géographique de l’agglomération et en face du cœur historique de Nantes, qui se situe ici à cet endroit-là.

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C’est un territoire assez privilégié pour le devenir de cette agglomération.

Ce territoire de l’île de Nantes, que vous voyez ici, en fait est la composition de plusieurs îles, donc c’est un territoire qui est baigné par la Loire et qui est né de la circulation de la Loire et de ses affluents. On a l’Erdre, qui arrive au nord, la Sèvre Nantaise qui arrive au sud, puis le déboucher de la Loire puisque l’on est au fond de l’estuaire sur un territoire qui est soumis aux marées, ce qui a créé ces dépôts d’alluvions, à cet endroit et qui a permis le développement de Nantes sur cette multitude de petites îles que l’on voit ici, et notamment avec la création d’une ligne de ponts qui était un axe majeur de développement de la ville de Nantes. Vous voyez sur cette gravure plusieurs types d’implantation : • avec une partie plus industrielle à l’ouest, • la ligne de ponts au centre • et puis des prairies à l’est. Tout cela a formé le paysage urbain et le tissu urbain de l’île avec un paysage industriel et portuaire à l’ouest, un paysage de type faubourg au centre et un paysage urbain des années 70-90, puisque toutes les prairies ont été urbanisées dans la deuxième moitié du XXe siècle. Quelques images rapides pour vous montrer ce qu’était ce territoire-là dans les années 60, avec : • les chantiers navals en face du centre-ville qui se développait sur la rive droite, • l’activité portuaire aussi qui a été assez développée sur l’île avec le Port Autonome de Nantes Saint-Nazaire, qui avait une activité assez importante, activité qui s’est redéployée en aval de Nantes et surtout à Saint-Nazaire, entre Nantes et Saint-Nazaire, • la ligne historique de ponts avec le quartier faubourien au centre de l’île, • toute la partie est avec, là, des paysages beaucoup plus proches de ce que l’on retrouve dans la Vallée de la Loire, dans l’Anjou et en Touraine, avec la Loire fluviale qui irrigue cette partie de l’île, • le paysage urbain qui, lui, est plutôt marqué par des constructions de la deuxième moitié du XXe siècle. Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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Aujourd’hui, l’île de Nantes, c’est 337 hectares, 15 000 habitants, 15 000 actifs sur 5 km de long et 1 km de large. C’est un territoire qui est déjà habité, qui est déjà constitué et qui est intégré à la ville.

4-2

Présentation du projet urbain

Je vais vous parler plus du projet urbain que nous sommes en train de mener. En reprenant un peu un historique, ce projet urbain est né à la suite de la fermeture des chantiers navals en 1987 qui ont constitué un gros traumatisme pour l’agglomération nantaise. En 1989, Jean-Marc Ayrault est élu maire de Nantes, notamment en proposant de poser cette question du devenir des chantiers navals comme une question importante pour l’agglomération, et lance le processus de réflexion sur ce territoire-là avec plusieurs études qui se succèdent, notamment pour la première qui propose de réfléchir globalement à l’île et pas uniquement à la parcelle des chantiers navals, à la friche des chantiers navals. Une deuxième étude, pilotée par l’Agence d’urbanisme révèle toute la richesse des territoires des rives de Loire, entre Nantes et Saint-Nazaire. Tout ce processus débouche sur la consultation sur le projet urbain de l’île de Nantes avec l’équipe d’Alexandre Chemetoff et Jean-Louis Berthomieu, qui est retenue pour la constitution du plan guide, en gros un architecte de l’opération, un maître d’œuvre urbain et qui a la maîtrise d’œuvre de certains espaces publics sur l’île de Nantes. Deux autres actes assez importants sont, en 2001, la constitution de la Communauté Urbaine de Nantes Métropole, puisqu’avant il n’y avait qu’un district intercommunal, ce qui constitue une maîtrise d’ouvrage public importante avec, notamment, un portage financier important pour ce projet-là. En 2003, la création d’une structure dédiée au projet de la SAMOA qui est, à l’époque, une SEM locale d’aménagement qui a été transformée en société publique d’aménagement. Les objectifs du projet, c’est de faire la ville durable au cœur de la métropole, c’està-dire de profiter de la proximité du centre-ville pour en faire une extension du Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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centre métropolitain et donner une assise plus importante à Nantes, à l’échelle nationale et européenne. Un deuxième point très important du projet, c’est de retrouver la Loire, c’est un point que je développerai de façon plus importante ensuite, et puis fabriquer la ville dans la diversité des populations et des usages, c’est-à-dire développer en permanence une mixité des usages : • à l’îlot, • au niveau du quartier, • et une mixité d’accueil de populations avec tous types de logements qui vont être développés pour accueillir à la fois les foyers les plus modestes et les plus aisés. Un retour sur la capacité du projet qui offre, sur 150 hectares disponibles, un million de mètres carrés de SHON à l’horizon 2020. C’est un projet qui a été créé en 2001 pour 20 ans. Le projet s’articule notamment sur un état des lieux qui a été réalisé par Alexandre Chemetoff en 2001-2002 et qui lui a permis de proposer un plan guide. Le plan guide est l’outil qui nous permet d’avoir une réflexion sur l’ensemble des opérations immobilières et sur les espaces publics pour trouver la cohérence de ce territoire. Ce n’est pas le plan de ce que sera l’île au bout de 20 ans d’aménagement, c’est le plan de ce que pourrait être l’aménagement de l’île au bout de 20 ans, c’est-àdire qu’à chaque fois, tous les trois mois, on le remet à jour en fonction des projets qui sont réellement émergents.

Là, ce sont les réalisations, en bleu ciel, vous avez les espaces publics traités et puis les différents points, ce sont les opérations immobilières, équipements, logements, activités économiques ou autres, pour montrer qu’en 5-6 ans, le projet a été bien lancé.

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J’ai quelques images que je vais passer assez vite pour vous parler de l’action du projet, c’est-à-dire à créer une offre d’habitats diversifiés, avec différents types de logements, le travail sur l’espace public, qui est le levier de la transformation de l’île et qui permet de faire venir les différents investisseurs. La notion de s’appuyer sur l’existant correspond à chaque fois que l’on intervient à la prise en compte de ce qu’était le site en amont. On réutilise les matériaux, on réutilise les anciens ouvrages portuaires, les estacades que vous voyez ici, que je vais développer plus tard également. Le travail sur le patrimoine industriel, là avec 3 exemples de halles qui ont réhabilitées : • à gauche une ancienne halle dans laquelle étaient construites des pompes pour les bateaux et qui est réhabilitée en maison de l’ordre des avocats, qui est juste derrière le palais de justice,

• en haut à droite, une ancienne fonderie réhabilitée en jardin public • et puis, en bas à droite, d’anciennes halles de construction navale qui abritent les programmes de l’atelier de la galerie des machines, avec le grand éléphant, qui sont des programmes à vocation touristique. Un travail est mené sur la qualité énergétique des bâtiments avec une attention particulière aux consommations d’énergie, à la maîtrise de l’eau en évitant les arrosages publics et en améliorant la porosité des sols. La concertation sur le projet, avec le hangar 32 qui nous permet d’avoir un lieu d’exposition et de débats sur le projet. Parlons plus précisément du lien avec la Loire : nous recherchons sur ce projet-là, tout d’abord à retrouver le lien avec la Loire, puisque la Loire était quand même très peu regardée par les Nantais. Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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Il y avait des voies routières qui longeaient la Loire et, en fait, le centre-ville était sur la rive droite et ne traversait pas le fleuve. La Loire n’était vraiment pas mise en avant. Avec toutes ces opérations-là, on vient construire en bord de Loire. Ce sont des opérations de logements, qui viennent compléter l’implantation du palais de justice, qui a été construit à la fin des années 90, avec Jean Nouvel comme architecte. Voici un travail sur les vues sur la Loire : en amont des différentes opérations immobilières un travail sur les différentes hauteurs et sur l’implantation des bâtiments pour ménager des vues sur Loire depuis les différents plots et depuis les différents logements.

C’est vrai pour cet îlot-là, qui est directement en bord de Loire, aussi sur des îlots au cœur de l’île, et on essaye de ménager, du fait de l’existence de certaines rues ou de la création de nouvelles rues, ces perspectives pour donner des vues sur la Loire. Un deuxième acte important de notre action sur le fait de retrouver le lien au fleuve : c’est la création d’une promenade tout en bord de l’île.

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On a la chance d’être sur une île avec une rive continue, le long du fleuve, qui représente 11 kms de promenade, sur différents quais. Une première image, une deuxième image qui est le quai des Antiques, une intervention sur des anciens quais portuaires sur lesquels les bateaux de commerce venaient accoster, On voit l’œuvre de Daniel Buren et de Patrick Bouchain qui s’appelle « Les anneaux », qui a été mise en place dans le cadre de la manifestation estuaire.

Et puis d’autres espaces qui sont plus confidentiels dans des quartiers plus résidentiels. Une action c’est la création d’un grand parc urbain sur le site des anciens chantiers navals.

C’est un parc qui prend place sur un ancien lieu de constructions navales, qui est marqué par ces traces de l’existant. On voit ici des lignes fuyantes vers la Loire qui sont en fait les lignes des anciens ouvrages de constructions navales qui étaient notamment constitués de cales de lancement où les bateaux étaient construits puis lancés en Loire à la fin de leur construction. Ce travail sur le parc des chantiers est délicat car il pour objet une friche de chantiers navals qui est très importante dans le cœur des Nantais. Il montre un attachement au respect de ce patrimoine et de ce patrimoine proche du fleuve : la Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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construction navale, activité économique qui a énormément marqué l’histoire de Nantes. Voici le développement de plusieurs jardins, une plage de sable avec un solarium sur un ancien marbre de préfabrication sur les chantiers navals, une plage enherbée, des espaces en balcons, au-dessus de la Loire avec une redécouverte du centre-ville de Nantes derrière. Un quai que l’on ne voyait pas en fait parce que les gens ne venaient pas de ce côté de la Loire. C’est l’occasion pour les Nantais de découvrir une nouvelle vue sur le centre-ville. Des espaces plus proches de la végétation et de la vie du fleuve : voici une image de l’angélique des estuaires qui est une espèce protégée au niveau de l’estuaire, et qui se développe notamment beaucoup sur l’île de Nantes, avec un jardin ici qui s’appuie sur une végétation spontanée, sur ce qui peut pousser en lien avec la Loire. Avec le jardin des voyages, qui est un jardin d’enfants dans une ancienne cale, on retrouve le vocabulaire de la construction navale et ses traces du passé dans lesquelles on vient inscrire de nouveaux programmes. Le développement aussi d’une certaine végétation qui permet de retrouver la nature en ville et la nature au bord de l’eau, le travail aussi de création de bassins à l’intérieur de l’île pour faire rentrer l’eau dans la ville, Ce sont deux bassins qui sont alimentés par les eaux pluviales qui permettent d’avoir, par un système de phyto-remédiation, de l’eau ayant une qualité qui permet la baignade. Tout ce travail permet de créer des quais à l’intérieur de l’île et de ménager des vues aussi sur l’eau dans la ville.

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Vivre avec la Loire

Ce sont toutes les opérations qui sont en lien directement avec la Loire. L’aménagement du hangar à bananes, est ancien hangar portuaire, en lieu d’accueil. Il comprend plusieurs bars, des brasseries, des lieux d’expositions qui permettent d’avoir des lieux de loisirs à proximité de la Loire. On vient profiter de la proximité du fleuve. Un projet de ponton flottant accueillera un restaurant, un bar et des espaces de réception. Là aussi, c’est une volonté de venir créer des activités dans la Loire carrément.

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Je voudrais également insister sur la notion de manifestations puisque sur le parc des chantiers, il y a beaucoup d’espaces qui permettent d’accueillir des manifestations événementielles. Plusieurs manifestations ont eu lieu à la fois sur la Loire et sur la berge. Là, c’était le baptême du plus grand trimaran de course du monde avec la flotte des Pen Duick. C’est aussi l’occasion, pour les gens de l’agglomération de redécouvrir ce côté fluvio-maritime qui n’existait plus sur Nantes puisqu’il n’y a plus d’activité vraiment proche de la navigation fluviale. Aussi, d’autres manifestations, comme le marathon, qui viennent profiter de ces berges de Loire pour venir créer leurs parcours et faire découvrir ces espaces.

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Les aménagements en bord de Loire

Avec un rappel des différents acteurs puisqu’à Nantes, la Loire est navigable, on est en fond d’estuaire. Elle est soumise aux marées et sur l’île on a la partie aval de l’île, qui est un domaine maritime, qui est gérée notamment par le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire, et puis la partie amont, qui est fluviale, qui est gérée par Voies Navigables de France. Il se trouve que, sur Nantes, c’est surtout le Grand Port Maritime qui s’occupe de la relation au fleuve et Voies Navigables de France est très peu présent. On a également les services de l’État qui sont des interlocuteurs pour tout ce qui est impact environnemental, notamment sur le lien avec le fleuve, Nantes Métropole qui est le propriétaire des berges et le gestionnaire, la SAMOA qui est l’aménageur, et puis des SEM gestionnaires comme Nantes Gestion Equipement, qui gère les ports de Nantes et qui gère notamment le ponton, et Nantes Culture et Patrimoine qui gère des espaces d’événementiel notamment sur le site des chantiers navals, et puis les différents porteurs de projets qui peuvent être des architectes, des promoteurs, et qui viennent aussi nous démarcher sur cette question de la relation au fleuve.

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Sur les interventions en bord de Loire, on a : • des interventions sur les anciens ouvrages portuaires, • sur les anciens ouvrages de construction navale, • sur les berges, qui sont des berges plus classiques, plus végétalisées, • et puis la création de pontons. Là, j’ai pris l’exemple du quai François Mitterrand, qui est un ancien quai portuaire. C’est une photo de l’existant où l’on voit ce quai qui était utilisé à vocation de parking et qui n’avait pas vraiment d’autre usage. Il était un peu délaissé, avec, au premier plan, cette pile que vous voyez, une pile maçonnée qui, en fait, est une pile de l’ancien pont transbordeur qui permettait de traverser la Loire sans occulter le passage des bateaux de fort gabarit. C’est l’état existant et toute notre intervention consistait à venir retraiter cette estacade en enlevant le remblai qui y était posé et en retrouvant la dalle portante, venir faire une étanchéité, protéger cette étanchéité, venir traiter aussi l’intérieur de l’estacade, le dessous, c’est-à-dire reprendre tous les bétons armés, pour venir créer une promenade piétonne. Il y a une deuxième partie de l’action qui était de retravailler cette partie aval, en lien directement avec la pile du pont transbordeur pour abaisser l’estacade et venir révéler cette pile-là. Là, ce sont des photos du chantier de l’estacade où l’on est venu scier les anciens poteaux pour venir poser une nouvelle structure et donner cet aménagement-là qui permet d’avoir une promenade en structure métallique qui vient s’accrocher autour de la pile du pont transbordeur et redonner une promenade piétonne en lien avec le quai. Voici une autre action sur le quai des Antiques, qui est un autre quai portuaire. Le quai Wilson, est un quai qui est encore conservé, avec une vocation commerciale par le Grand Port Maritime. C’est le seul quai qui ait conservé cette vocation commerciale, lui, pour l’accueil de pa-

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quebots. Ce sont des paquebots de tourisme, il y en a actuellement une dizaine par an qui viennent. L’idée du port, c’est d’augmenter cette fréquentation-là. On a juste fait un aménagement provisoire avec un parking qui vient desservir les différents équipements. Les anciens ouvrages de constructions navales, c’est toujours une photo du parc des chantiers pendant la construction. On voit ces anciennes cales de lancement sur lesquelles nous sommes intervenus, notamment, là c’est une cale de lancement sur laquelle étaient construits les bateaux. Là, on est intervenus pour réparer ces cales pour permettre encore le lancement de bateaux qui ne sont plus des bateaux qui ont les mêmes gabarits que ce qu’il y avait auparavant. Il y a déjà eu trois lancements depuis 2005, de bateaux restaurés par des associations. On voit le battage de palplanches, on est intervenu pour consolider la berge et pour retrouver une structure pérenne de ces ouvrages dans les cales de lancement.

On a eu aussi, sur certaines cales, des interventions qui ont permis de révéler les différentes couches, les différentes strates historiques de construction. Ici, sur cette ancienne cale, on n’avait pas prévu de la retrouver. On l’a retrouvée au moment des terrassements et on a adapté finalement le projet pour y accueillir le jardin d’enfants.

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CADE OUR F e Là, on voit un ancien chemin de grue qui avait été créé sur la cale remblayée et toute l’intervention a été de dégager ce chemin de grue, de venir l’étayer et de venir créer des passerelles avec le jardin qui est en dessous.

C’est en montrant ces ouvrages-là, qui sont des traces du passé, que l’on essaie de garder cette mémoire sur l’historique de ce site. Les anciennes cales de lancement avec des parties plus bâtiments qui ont été réhabilitées pour l’accueil de locaux associatifs, et puis la création de promenades sur le dessus de ces cales qui, également permet d’avoir un belvédère sur l’ensemble du site.

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Des interventions aussi, directement en bord de Loire, avec la création de promenades sur des ouvrages qui avaient été mis en place par le port autonome pour la consolidation des berges. On est venu se poser directement sur ces coques-béton pour venir créer ce platelage métallique et cette promenade en bord de Loire.

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L’intervention sur les berges

Des berges plutôt végétalisées avec une partie de végétalisation qui se développe naturellement en contrebas des prairies rustiques que l’on a pu planter. Une intervention qui se conçoit dans l’ensemble, c’est-à-dire que l’on a la berge qui est ici, sur la coupe en travers, la berge baignée par la Loire, et un travail sur le boulevard puisque l’on avait généralement des boulevards deux fois deux voies ou deux fois une voie très large, à ce niveau-là.

On intervient, vous le voyez sur les petits croquis un état avant et, à droite, l’état après. Là, on a une largeur de voirie qui est assez importante, on vient pincer cette voirie pour créer un aménagement de style « zone 30 » et créer une promenade haute et une promenade basse en re talutant un peu la berge.

Ces interventions-là montrent une prise en compte globale de la berge, à la fois sur la promenade piétonne, en bord de Loire, pour constituer le tour de l’île, et puis sur la pacification du boulevard en haut. C’est l’état des lieux de ces berges, en paliers, et notamment avec la présence de l’angélique des estuaires qui est là à l’état naturel et que l’on vient consolider. On vient se poser en amont des zones d’habitat de l’angélique et ce qui nécessite aussi, en termes de travaux, d’avoir une protection particulière de ces espaces-là.

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Pour la phase travaux, une charte a été signée avec l’ensemble des acteurs : les bureaux d’études, maîtres d’œuvre et le maître d’ouvrage et puis les différentes entreprises pour le maintien de l’habitat de l’angélique avec notamment, ici, vous voyez une photo du chantier, la mise en place d’une natte qui permet d’éviter que l’habitat soit pollué par les rotations des engins. Quelques images des berges et puis je termine sur la création des pontons avec le ponton des chantiers, qui était le premier ponton que nous avions créé en Loire.

C’est un acte fort pour montrer l’envie de retrouver la Loire, et qui va se développer – là, je vous présente un plan guide de l’île de Nantes – ce ponton se situe ici et on souhaite en créer encore ici, tous les points blancs que vous voyez sur le long, c’est ce que l’on souhaiterait créer à terme pour retrouver ce dialogue avec la Loire.

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En conclusion : • un territoire qui est fortement baigné par le fleuve, • la reconquête de la Loire qui est un élément fondateur du projet urbain, puisque c’est quelque chose qui a été acté dès le début, • une action à la fois sur les nouveaux bâtiments et sur les espaces publics, • des interventions adaptées aux différents ouvrages, portuaires ou de construction navale ou aux berges naturelles que nous avons pu retrouver sur le site.

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C’est évidemment des projets, des travaux absolument énormes qui méritent effectivement des applaudissements à la fois sur la présentation et sur les réalisations. Où en êtes vous de la réalisation ? Certaines choses, dont vous avez parlé, sont au présent, d’autres au futur. Il y a des projets qui vont prendre beaucoup de temps encore et qui sont prévus dans quelque temps, mais sur l’ensemble vous avez déjà réalisé à peu près quel pourcentage ?

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En termes de pourcentage, cela va être difficile de vous dire. La convention publique d’aménagement nous a été donnée par Nantes métropole en 2003, pour 20 ans, jusqu’en 2023. Nous avons travaillé sur un plan pluriannuel 2003-2008 qui nous a permis de réaliser beaucoup plus que ce que l’on avait prévu. Après 2008-2013, la conjoncture actuelle ne permet pas de voir vraiment les choses très loin. On a quand même traité, c’est une des cartes que je vous ai montrées, beaucoup d’espaces publics, et notamment on a traité quasiment tous les espaces qui étaient disponibles. Vous voyez tous ces espaces publics ont été traités avec toutes ces opérationslà qui correspondent aux friches industrielles majeures. Ici, on a également des anciennes friches plutôt des années 70-80.

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Par contre, tout ce quartier-là que vous voyez ici, le quartier sud-ouest, qui correspond à la création de près de 6 000 emplois et l’arrivée de 6 000 habitants, est situé sur un terrain ferroviaire et sur des anciennes emprises industrielles, sur le marché d’intérêt national. Ce sont des grosses emprises également qui ne sont pas encore en cours de mutation mais qui pourront l’être dans la quinzaine d’années à venir. C’est sur ce quartier-là que tout va se jouer pour les dix années à venir.

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L’aménagement des berges de la Loire

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Madame Nathalie Hascoat va nous parler de l’aménagement des berges de la Loire. Elle sera suivie par Nicolas Gendreau sur l’avancement, de la Promenade bleue dans les Hauts-de-Seine, et ceci avant la mise en place de la table ronde qui sera animée par le Directeur général adjoint chargé de l’aménagement du territoire : Pierre-Alain Roche.

HASCOAT alie h t

Je vais commencer par excuser mon Président, Charles-Eric Lemaignen qui, s’il avait pu venir, vous aurait parlé beaucoup mieux que moi de la Loire. L’inconvénient c’est qu’il en aurait parlé des heures car il est passionné; je vais essayer de faire plus bref. Le projet Loire Trame Verte était le grand projet du précédent mandat électoral. L’équipe arrivée en 2001, présidée par M. Lemaignen, avait mis la Loire au cœur de son projet, au cœur de l’agglomération. Orléans est une agglomération de 278 000 habitants environ, traversée entièrement par la Loire et par le Loiret, qui est une résurgence de la Loire faisant une vingtaine de kilomètres et donnant son nom au département. Le projet Loire Trame Verte a été réalisé pour rassembler les 22 communes autour de leur identité ligérienne. C’est un thème qui était récurrent dans tout ce que l’on a entendu ce matin. Donc refaire vivre la Loire, le Loiret, le canal et également le potentiel vert de l’agglomération. Au nord, c’est la forêt d’Orléans, c’est le plus grand massif domanial de France et, ici, on la voit qui s’esquisse, au sud c’est la Sologne. L’agglomération est très « verte et bleue ». En 2003 a eu lieu le 1er festival de Loire et les Orléanais ont retrouvé leur fleuve sous un angle assez patrimonial pendant 5 jours. Le souhait des élus d’ancrer cet élan pour la Loire a été important et a donné lieu à des aménagements.

Le Festival de Loire 2003 Les orléanais retrouvent durant 5 jours leur patrimoine, leur fleuve, la Loire, sa vie, son histoire.

C’est assez médiatiquement que l’on a parlé des quais d’Orléans dans différents journaux, c’est probablement ce qui me vaut d’être là aujourd’hui, mais le projet Loire Trame Verte ne se résume pas à ça. Il est décliné de A à Z tout au long de la Loire, du Loiret, du canal et de la forêt. Vous parliez du temps administratif qui est Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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si long, c’est un projet qui a été mené tambours battants à l’échelle administrative, parce qu’en 2003, il a été structuré sur 3 axes (cheminements, itinéraires cyclables, Loire-canal) pour un budget de 30 millions d’euros sur la durée du mandat, jusqu’en 2008. En 2004 déjà les premières études de faisabilité, de diagnostic sur les quais, sur les bords du canal, du Loiret, et sur des projets qui ne sont pas encore réalisés, le parc de Loire et le bois de l’île sur la rive gauche. En 2005, on avait les plannings, les estimations et les procédures administratives et juridiques, ce qui a nécessité une présentation globale en conseil de communauté puisque c’est une agglomération. Il a donc fallu définir l’intérêt communautaire qui permet d’agir. Afin de réaliser ces opérations, l’intérêt communautaire a été étendu à une compétence qui a été baptisée aménagement de l’« espace ligérien », avec la création, pour la partie quais d’Orléans, d’une zone d’aménagement à vocation touristique. Avant d’arriver au projet phare, je vais vous parler rapidement des autres opérations du projet Loire Trame Verte : • les opérations de requalification de cheminements piétons qui ont ponctué la Loire, le canal et le Loiret, nos 3 axes fluviaux, et mis en valeur des centres-bourgs et sites remarquables, comme des perles sur un collier. Vous avez ici le canal à Saint-Jean-de-Braye, le site classé des écluses de Combleux, l’église de la Chapelle-Saint-Mesmin.

• Des itinéraires cyclables ont également été créés, avec notamment un très important projet qui dépasse largement les frontières de l’agglomération puisque c’est la Loire à Vélo. Cet itinéraire cyclotouristique va de StBrévin-les-Pins à Cuffy et permet d’accueillir les cyclotouristes dans un espace sécurisé tout le long de la Loire, soit 22 km dans la traversée de l’agglomération, qui ont été réalisés pendant le mandat.

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Enfin, le projet Loire-Canal. Voilà la photo des quais de Loire avant, un gigantesque parking sur ce qui fut le port historique d’Orléans, qui alimentait Paris avant que la Seine ne soit navigable, ne soit maîtrisée. Les bateaux remontaient depuis Nantes par exemple, débarquaient sur Orléans avant de partir par la route pour Paris ou, plus tard, par le canal dont on voit ici l’entrée, l’écluse du Fort Alleaume.

Du projet Loire Trame Verte, le réaménagement des quais était le gros morceau. Voici les quais aujourd’hui. Les voitures ont disparu, l’espace a été rendu aux promeneurs et cyclistes. En termes de budget, 12 millions d’euros pour les quais et presque 6 millions pour les ouvrages hydrauliques, c’est-à-dire le re-creusement du canal d’Orléans qui avait été comblé. Le réaménagement des quais, c’est principalement un travail sur un grand espace partagé piétons/cycles, à la place de cette ancienne piste cyclable un peu « chameauteuse ».

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Avant

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Un travail sur l’accès à la Loire sans toucher aux pavés historiques des quais d’Orléans et sur les perspectives, sur le grand paysage. La volonté était également d’avoir des lieux d’animation sur ces quais : • un grand ponton, • une capitainerie, • un premier bateau (l’inexplosible n°22) appelé, nous l’espérons, à en faire venir d’autres, et qui a une vocation de bar Le canal d’Orléans, quant à lui, avait été comblé dans sa partie entre Combleux et Orléans, parce qu’il avait été en grande partie détruit par les bombardements, lors de la dernière guerre ; la volonté, était de le recreuser et de rouvrir l’écluse. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre plus général d’une remise en service totale à moyen terme du canal d’Orléans à Montargis.

Avant

Pendant les travaux

Maintenant

Le canal

Le bassin portuaire

L’écluse

Ces aménagements de berges ont été réalisés en un temps très court, puisque tout a été mis en service pour le Festival de Loire de 2007, vous voyez que c’est rapide à l’échelle d’une collectivité. Le secret d’une telle rapidité, c’est une équipe projet très resserrée et notamment des élus qui « mouillent leur chemise » et qui fonctionnent avec les services en mode « projet ». C’est-à-dire qu’il y a un chef de projet, en l’occurrence c’était mon directeur (je ne suis arrivée à l’agglomération Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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Orléans Val de Loire qu’en 2006, pour la phase chantier des quais, et j’ai repris le projet à ce stade). Un lien direct et rapide qui ne fait pas fi de la hiérarchie, mais qui permet quand même d’assouplir les contraintes de parapheurs qui remontent en une semaine et qui redescendent en trois, (ou le contraire d’ailleurs, ça dépend des jours), c’est effectivement un des secrets de la réussite. Ce fonctionnement en mode « projet » confie à une seule personne le soin de piloter, d’animer le projet et d’aller taper à toutes les portes dont elle a besoin qu’elles s’ouvrent pour réussir, que ce soit les élus, les services de l’État, les services des villes partenaires, (nous sommes une agglomération, et comme vous, Conseil général, nous ne travaillons pas sur notre territoire directement), et puis tous les partenaires, qu’ils soient riverains, associatifs, dont on a largement parlé ce matin. Le bilan financier du projet n’est pas mauvais et nous sommes assez contents d’avoir tenu les coûts. En effet, 30 millions d’euros étaient budgétés au projet d’AgglO, un peu plus de 31 millions ont été dépensés avec des recettes qui ont atteint l’objectif maximum fixé. Le projet Loire Trame Verte n’est pas fini. Le nouveau mandat en cours va donner la priorité au projet de deuxième ligne de tram, la liaison est-ouest de l’AgglO d’Orléans. Mais malgré tout, nos élus aiment tellement la Loire qu’ils ne veulent pas s’arrêter là et qu’ils ont des foules de projets en tête, y compris d’ailleurs inscrits au projet d’Agglo : • toujours des cheminements pour compléter ceux qui ont été réalisés, • le réaménagement du quai du Roi, le long du canal, puisqu’aujourd’hui, on a livré un canal mais autour c’est un peu un no man’s land, tous les arbres ont été coupés pour réaliser le canal et il n’y a pas eu d’aménagement sur le quai, • des passeurs, des guinguettes, • éventuellement, plus loin, en face, sur l’autre rive, la rive gauche de Loire, une très grande zone de 300 hectares que l’on appelle « le bois de l’île » et qui est très intéressante parce que c’est un immense espace de nature au cœur même de la ville.

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Comment répondre à la demande sociale de rapprochement du fleuve ?

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Nous allons maintenant essayer de faire répondre à cette question, comment répondre à la demande sociale de rapprochement du fleuve ? Monsieur Gaston Thomas-Bourgneuf, Adjoint à la Directrice interrégionale du bassin de la Seine, VNF (Voies Navigables de France) et Emmanuelle Durandau, Directrice de l’aménagement et de l’environnement du Port Autonome de Paris.

Voies Navigables de France gère, je ne vais parler ici que de la Seine, le fleuve. Cela représente la partie domaine public confiée par l’Etat à Voies Navigables de France. C’est à peu près ce que l’on appelle le réseau magistral, c’est environ 860 km. Sur ces 860 km de fleuve, comme je vais avoir l’occasion de vous le dire, il n’y a pas forcément associé au fleuve un chemin de halage sur chaque berge, donc l’accessibilité est rendue possible là où, effectivement, il y a les terrains disponibles. La mission générale de VNF : VNF a été créé par une loi de finance qui date de 1991. L’Etat a créé cet établissement pour essayer de restaurer, de revitaliser un réseau de voies navigables qui était en pleine déshérence. Aujourd’hui, la priorité de Voies Navigables de France sur la Seine, c’est effectivement de restaurer ce réseau. Pour tout le monde dans cette salle, contrairement à ce que l’on a pu voir tout à l’heure sur la Loire qui est un fleuve naturel, la Seine n’est plus un fleuve naturel. La Seine est un fleuve qui a été aménagé par l’homme puisqu’il comprend à peu près une centaine de barrages, Chacun de nous qui regarde la Seine, ne voit ni marrée haute ni marrée basse, mais un plan d’eau toujours constant. Pourquoi un plan d’eau toujours constant ? Parce qu’effectivement, il y a des barrages qui maintiennent ces niveaux, sauf bien entendu lorsqu’il y a des phénomènes météorologiques exceptionnels. Autour de ces barrages qui, historiquement, on eu pour vocation de faire fonctionner les moulins et ensuite de faire passer les bateaux, aujourd’hui ces biefs qui sont en eau de façon permanente apportent à la société une utilité économique beaucoup plus importante que la seule navigation fluviale, puisque ces barrages servent à maintenir finalement la capacité à pouvoir alimenter en eau la population, avoir un niveau d’eau constant pour la dilution du traitement des eaux résiduaires qui sont rejetées par les collectivités, pour répondre à des besoins en eau des industriels, toutes sortes d’usages pour maintenir éventuellement des nappes alluviales. Aujourd’hui, ces barrages de Seine font partie du monde du bassin de la Seine et sont absolument vitaux. Bien entendu, la vocation de Voies Navigables de France est de moderniser chacun de ces barrages. C’est un travail de longue haleine, chaque barrage coûte fort cher et donc l’ensemble des crédits qui sont confiés à VNF sont utilisés en priorité à maintenir ce niveau d’eau pour l’ensemble de ces usages, qui n’est pas seulement celui de la navigation fluviale, contrairement à ce Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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que l’on peut penser, mais qui est effectivement utile aux besoins de la société, aux besoins humains de la société. En maintenant ces niveaux, on maintient aussi les berges à un niveau constant et aujourd’hui, on se promène toujours au bord de l’eau, parce qu’effectivement, c’est ainsi. Cette Seine appartient au domaine public fluvial de l’Etat, qui le gère. Font partie de son domaine les voies que l’on appelle « chemins de halage » lorsqu’ils existent. Ce chemin de halage a été créé pour les besoins de la navigation et est affecté à l’usage de la navigation. Il n’est en principe pas ouvert au public, mais il n’y a aucune difficulté de la part de VNF pour faire en sorte, en relation avec les collectivités locales, de trouver des solutions juridiques, notamment la superposition de gestion, pour que les collectivités puissent disposer de ces terrains et les aménager et les rendre accessibles à l’ensemble du public. A priori, l’accessibilité ne pose pas problème sauf, effectivement, aux endroits du fleuve où l’Etat n’est pas propriétaire de terrain, c’est une domanialité, ce sont des personnes privées qui y habitent et, éventuellement, ce que l’on peut faire, c’est établir des servitudes de marchepied qui ont été nouvellement rendues possibles par les dispositions législatives qui datent de la fin 2006, avec la proposition de la loi sur l’eau qui a été prise le 30 décembre 2006. Voilà ce que VNF peut mettre à disposition des collectivités pour pouvoir répondre à une juste demande qui est celle de la société puisque ce domaine est un domaine public et a vocation à répondre au service public pour lequel il a été fait, qui est celui de la navigation, et pour répondre aussi, lorsque cela est possible et lorsque l’on dispose des moyens que l’on peut mettre en adéquation avec l’adhésion des collectivités locales, l’accessibilité au public. VNF n’a pas vocation à aménager ces voies pour le public. Mais bien entendu, c’est un facilitateur, depuis quelques années, de nos relations avec les collectivités territoriales pour bâtir des conventions juridiques qui permettent de répondre à cette demande. L’exemple le plus intéressant et le plus récent a été effectivement le projet de convention qui n’est pas encore tout à fait finalisé, mais qui est en discussion avec le Conseil général des Hauts-de-Seine ! Ce dernier cherchait à apporter une réponse, à la fois à son intervention et aussi associer cette démarche de réponse à la demande sociale de pouvoir user des berges du fleuve au travers d’une solution juridique et surtout un montage financier équitable. L’accessibilité au fleuve est légitime, mais elle ne doit pas s’opposer non plus à des services d’intérêt général qui répondent à la destination même du fleuve, ne serait-ce que la création de plateformes portuaires, aménagements d’intérêt vital pour la navigation, faire des barrages, des équipements pour la batellerie, etc. La continuité de l’accessibilité n’est pas forcément non plus acquise. Il y a bien entendu conflit d’usages et donc quelque part, le domaine public ayant été créé pour répondre à des besoins qui sont celui de la navigation et du transport fluvial, il n’est pas forcément garanti que, partout, on puisse effectivement assurer cette continuité, il faut aussi le savoir, c’est normal, nous sommes dans une société, il y a des hiérarchies qui ont été fixées par la loi, et en l’occurrence il convient de rappeler ceci. Maintenant, lorsque cette continuité existe et qu’elle est perturbée par Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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un aménagement nouveau, il appartient à cet aménageur, si son activité est légitime avec l’activité du fleuve, de faire en sorte qu’il prenne en charge le détournement de cette continuité. D’autre part, il faut savoir que non seulement le fleuve, c’est le domaine public, mais c’est aussi l’eau et sa gestion. Aujourd’hui, l’eau, élément vital nécessaire à tout le monde, est gérée dans le cadre de dispositions législatives qui ne relèvent pas de Voies Navigables de France, mais du ministère chargé de l’Environnement. Il y a des hiérarchies dans l’utilisation, dans la gestion équilibrée de l’eau. L’eau a ses propres priorités, elles ont été définies par la loi qui a adopté récemment un texte important du Code de l’environnement puisqu’il a effectivement transcrit la directive cadre européenne dans laquelle la gestion de l’eau se trouve hiérarchisée. Il peut y avoir des impératifs qui soient liés à la gestion durable de l’eau, qui fassent qu’éventuellement il peut y avoir incompatibilité avec le fait que certaines berges, certaines rives, soient considérées comme des sanctuaires, comme un impératif écologique et sur lequel la continuité piétonnière, à proximité immédiate de l’eau, ne soit pas compatible et doive être détournée pour des impératifs de préservation, de biotopes, de milieux sensibles etc. Tout cela est relativement important. Effectivement, tous les usages sont hiérarchisés dans un article important du Code de l’environnement, dans lequel la gestion de l’eau a pour but de s’assurer les protections contre les inondations, de protéger les milieux, de protéger des déversements, de valoriser l’eau. Et puis ensuite, la loi dit que non seulement après avoir assuré, on doit permettre de satisfaire en priorité les exigences de la santé, de la salubrité publique, la sécurité civile et l’alimentation. Et puis, enfin, dit la loi, elle doit permettre la gestion de l’eau, de satisfaire ou concilier, lors de différents usages, un certain nombre d’activités humaines dans lesquelles les activités légitimes s’effacent derrière celles qui sont prioritaires.

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« Madame Emmanuelle Durandau, Directrice de l’aménagement et de l’environnement du Port Autonome de Paris.

« Je voudrais très rapidement présenter notre établissement, rappeler qu’il a pour compétences de développer, de gérer et d’entretenir les installations portuaires nécessaires à la navigation de commerce, c’est-à-dire au transport de marchandises et de personnes. A cet égard, il aménage des terre-pleins, des quais, des estacades, un certain nombre d’ouvrages fluviaux, et il va mettre à disposition, notamment sous forme de location du domaine public, aux entreprises qui en ont besoin, les terrains ainsi aménagés. L’activité portuaire en Ile-de-France est tout à fait spécifique et on ne peut pas la comparer, par exemple, aux ports maritimes, parce qu’en fait 50 % des trafics générés par nos établissements sont des trafics Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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internes à l’Ile-de-France et c’est particulièrement le cas des matériaux et des marchandises nécessaires aux bâtiments et aux travaux publics. Ce qui fait que l’on a un réseau portuaire de près de 70 implantations qui va conjuguer de très, très grandes plateformes multimodales, comme celle de Gennevilliers, et des sites linéaires, des ports urbains jusqu’au cœur de la zone dense, jusqu’au cœur de Paris, qui vont permettre l’approvisionnement, par exemple, des chantiers de construction avec les matériaux nécessaires. C’est un fonctionnement en réseau avec des hubs et qui font la collecte de massification ou bien également de l’éclatement. Cette spécificité fait que l’on ne peut pas avoir, sur la question de l’aménagement des berges, un raisonnement global que l’on pourrait appliquer de la même manière sur l’ensemble de nos sites et on est bien là dans une situation de réflexion au cas par cas, où l’on va tenir compte à la fois des spécificités du contexte urbain environnant et des spécificités de nos sites portuaires. Quels sont, du point de vue de notre établissement, les enjeux d’aménagement des berges ? Aménager les berges, c’est d’abord permettre le développement du transport de marchandises, c’est notre mission et c’est naturellement le premier enjeu que l’on doit absolument préserver, notamment pour atteindre l’objectif fixé par le gouvernement d’augmenter la part de la voie d’eau de 25 %. Mais nous avons également l’enjeu environnemental qui consiste à ne pas faire le développement de cette activité économique au détriment de la qualité des milieux, et en particulier de la qualité du milieu aquatique. Nous consacrons dans nos activités une part importante de nos investissements à mettre en place toutes les dispositions qui permettent de compenser au mieux ce que le développement portuaire peut amener comme contraintes sur l’environnement naturel. Nous avons parfaitement conscience que pour permettre aux activités portuaires de se pérenniser et de se développer, il faut aussi qu’elles soient acceptées par le public, et ce public je le distinguerai en deux catégories : les riverains de ces installations, qui vont donc avoir devant eux des installations portuaires, qui vont éventuellement leur poser certaines questions auxquelles nous devons répondre de la meilleure manière possible et, d’autre part, un large public qui est celui des franciliens, plus généralement, voire des touristes qui souhaitent pouvoir se promener le long des berges. Sur ces deux publics différents, nous avons naturellement des approches différentes. Quels sont les moyens mis en place par le Port Autonome de Paris pour répondre à ces enjeux ? Madame la Présidente faisait référence tout à l’heure à la convention d’objectifs qui a été ratifiée entre le Conseil général des Hauts-de-Seine et le Port Autonome de Paris en 2006 : c’est un élément tout à fait structurant. Il est certain que nous pouvons travailler de manière beaucoup plus durable et beaucoup plus construite quand nous avons, en place, avec les collectivités, des accords cadres. C’est également d’une certaine manière ce qui a été mis en place avec la ville de Paris lors de l’élaboration puis de l’approbation du plan local d’urbanisme. Ce qui est Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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très important, c’est que nous ayons un cadre avec nos clients, au-delà des simples questions conventionnelles de l’occupation du domaine public, pour garantir avec eux, et de manière partagée et volontariste, ensemble, le fait de continuer à poursuivre l’amélioration des installations portuaires industrielles. En particulier, nous avons ratifié, en décembre dernier, avec l’ensemble de la profession du BTP, la charte Sable en Seine 2 qui va donner lieu, à partir de cette année, à des audits annuels. Ils porteront sur la qualité de nos installations ainsi que celles de nos clients du BTP sur les ports urbains. Les audits permettront ainsi de mettre en place une démarche de progrès et de communiquer sur les moyens mis en place pour remédier aux problèmes éventuellement constatés à l’occasion de ces audits. C’est une démarche extrêmement importante puisque nous avons décidé de nous mettre en position de mieux rendre compte de ce que nous mettons en place avec nos clients pour accroître la qualité environnementale des installations portuaires. La question de l’entretien est au cœur de cette démarche parce que déjà, depuis plusieurs années, dans le cadre de la charte Sable en Seine 1, nous avons engagé d’importants programmes de réhabilitation urbaine et environnementale, mais nous constatons que l’entretien quotidien présente encore des marges de progrès notamment en matière de propreté : • par exemple lutter contre le tagage, sur les murs de nos clients, • lutter contre les coulures des toupies à béton, etc. Des progrès, avec cette charte, devraient être ainsi réalisés et nous pourrons vous en rendre compte. Nous avons ensuite mis en place, depuis déjà longtemps, un cadre d’expertises architecturales et paysagères très développé sur tous nos ports. Par exemple, c’est Odile Decq, qui est notre architecte conseil pour le développement, de la plateforme portuaire de Gennevilliers. Bernard Wagon nous conseille pour tous nos projets sur Paris. Mais nous mettons également en place des concours : le port d’Issy-Les-Moulineaux a fait l’objet d’un concours de concepteurs et d’un jury associant la Ville, le Conseil général des Hauts-de-Seine, le Conseil régional d’Ilede-France et la Ville de Paris représentée par l’APUR. Nous mettons en place des moyens très volontaires en matière de qualité paysagère de nos projets ; Nous associons également à cette expertise une expertise en matière de sécurité parce qu’il faut bien comprendre que tout l’enjeu du passage du public sur le domaine portuaire, c’est la sécurité. Lorsque nous avons des installations portuaires qui sont en fonctionnement, par exemple des centrales à béton qui permettent de desservir les chantiers de proximité de Paris ou bien des Hauts-de-Seine, il y a, au moment des opérations de transbordement, des engins de manœuvre entre le quai et le plan d’eau, qui vont extraire le sable par exemple, ou le ciment, et également des camions toupies qui viennent récupérer le béton ainsi fabriqué et qui l’emmènent aux chantiers. Ces manœuvres-là ne sont pas compatibles dans les bonnes conditions de sécurité avec un passage continu du public. C’est une question très importante que nous avons à gérer. Lorsque nous projetons des aménagements et que nous envisageons de permettre un passage du public, selon différentes modalités, compte tenu des spéActes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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cificités portuaires, à chaque fois nous faisons valider par un bureau d’étude spécialisé sur les questions d’aménagement de sécurité de l’espace public, de sorte d’être sûrs qu’au moins ce que nous envisageons est réaliste et efficace. Enfin, nous avons également développé une expertise environnementale de sorte que la moindre action quotidienne de nos services, cette préoccupation environnementale soit vraiment prise en compte de sorte, à chaque fois, de proposer les techniques les plus innovantes et les plus performantes. Quelques exemples :

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La première phase de réhabilitation du port de Tolbiac à Paris, dans la zone d’aménagement concertée de Paris rive gauche.C’est un port qui existe de longue date, et dont la première tranche a été réhabilitée. La réhabilitation n’a pas seulement porté sur nos installations, à savoir le quai et le terre-plein, mais également sur celles de nos clients du BTP appelés à réhabiliter leurs propres installations. La centrale d’Holcim, récemment réhabiltée, est de très grande qualité artistique. Les couleurs changent selon la nuit, c’est très beau. Je vous conseille d’aller voir. Cela a même fait l’objet d’un article dans Télérama. Alors on est très fier. Le port a également obtenu le grand prix de l’environnement pour la réhabilitation du port de Tolbiac puisque, pour le client, la garantie de pouvoir rester sur le port, le temps dont il avait besoin, lui a permis de consacrer les moyens financiers propres à mettre en place les dispositifs les plus performants pour réduire les impacts notamment et ceux liés au bruit et aux poussières. Il faut donc bien comprendre que pour nous, pour pouvoir progresser dans l’aménagement de nos ports, il faut que l’on négocie l’accord des collectivités pour que ces ports puissent rester, parce qu’à partir de là on obtient des engagements de nos clients d’investir, car ils savent qu’ils pourront amortir dans le temps cet investissement. Si jamais ils n’ont pas la garantie de rester, le problème c’est qu’ils n’injecteront pas forcément l’investissement nécessaire à la modernisation de leurs installations . Quelque part, c’est un peu le gagnant-gagnant : il faut nous permettre de poursuivre avec nos clients ces activités, pour que les installations puissent être convenablement modernisées. La demande de la ville de Paris, c’était qu’il y ait une bande bord à quai libérée sur laquelle le public puisse se promener. Nous avons dit « c’est possible, mais seulement lorsque l’activité portuaire ne fonctionne pas ». Avant, l’industriel occupait la totalité du site, il a été reculé de plus de 10 mètres, et vous pouvez passer maintenant devant les installations, en bord à quai, mais vous n’y passez que lorsqu’il n’y a pas d’activité industrielle, c’est-à-dire le soir, à partir d’une certaine heure, et le week-end. C’est ce que l’on appelle, nous, dans notre jargon portuaire le « spatiotemporel ».

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Les aménagements de berges en cours, sur le port de Limay : c’est une berge naturelle sur laquelle nous créons de nouveaux ouvrages fluviaux. Ce sont des estacades qui vont ponctuellement entrecouper la berge et nous avons mis en place des techniques de génie civil et de génie végétal pour compenser les modifications apportées au mileu naturel . Nous avons la démonstration, par les

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études que nous avons menées, que nous obtiendrons non seulement une compensation des atteintes au milieu générées par la construction initiale des estacades, mais ces aménagements permettront une véritable plus-value écologique. C’est un projet qui a reçu les félicitations de l’Office National de la Pêche :on peut faire du développement portuaire et de l’amélioration écologique et faunistique ! Dans la convention d’objectifs, dans le schéma d’aménagement des berges, le Conseil général des Hauts-de-Seine nous a demandé de travailler avec lui à l’élaboration de cette fameuse Promenade bleue. C’est le bon moyen de présenter justement comment on règle, selon la spécificité des cas, ce problème.

3 Le port de Gennevilliers, c’est notre plus grande plateforme (400 hectares), c’est une plateforme qui est soumise à des codes de sécurité particuliers, du fait qu’elle reçoit notamment les conteneurs du port du Havre et, à cet égard-là, il y a des zones qui sont réglementairement interdites au passage du public. La solution mise en place pour bien assurer la continuité de la promenade bleue consiste à faire passer des circulations douces le long de notre route principale du port et là nous réalisons, au travers de cet aménagement, en même temps, un arboretum que nous développons progressivement. Lorsque nous avons la possibilité de faire cela, donc il n’y a pas de promenade le long de chaque darses, puisque, encore une fois, ce n’est ici pas souhaitable au plan de la sécurité et pas toujours possible. Par contre, le principe de la continuité est préservé et la promenade se joint sur les projets menés par le département de part et d’autre. Nous reconstituons des espaces naturels pour améliorer l’impact écologique de notre port. 4 Sur le port de Nanterre, il y a une partie, qui passe sur les berges en convention de superposition de gestion, tant que cela ne pose pas de problème majeur de cohabitation avec l’activité portuaire. En revanche, là où nous avons un port public qui fonctionne très régulièrement, en prolongation de la passerelle, qui va être réédifiée par le Conseil général, nous mettons en place un itinéraire de contournement qui, lui, sera traité « paysagèrement » et qualitativement. Là, on ne passe pas le long, on fait le tour. 5

Nous sommes en train de travailler avec la ville d’Issy-les-Moulineaux et le Conseil général sur la réhabilitation du port d’Issy-les-Moulineaux, port Victor. Elle mixte des usages différents : l’usage industriel et un usage de zones d’escale à passagers touristiques mais qui pourraient éventuellement accueillir du transport régulier. Ce port est actuellement fermé au passage du public, là nous allons permettre au public d’y accéder, mais seulement le week-end, selon le principe que je vous présentais tout à l’heure. Et vous voyez en vert, ici, les itinéraires de promenade qui pourront donc être rendus accessibles les week-ends pour le public. Par ailleurs, le passage le long, du RD quand on sera en période d’exploitation portuaire, devrait permettre une continuité dans tous les cas, soit quand l’exploitation portuaire est en cours par le bord du RD, soit quand il n’y a plus d’exploitation portuaire, le long de la Seine.

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L’avancement de la Promenade Bleue

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Nicolas Gendreau va nous parler de la Promenade bleue. Il est le Directeur de l’eau du Conseil général des Hauts-de-Seine.

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Je vais vous présenter le bilan après 3 ans de Promenade bleue, projet lancé par le vote du Schéma d’aménagement et de gestion durables de la Seine et de ses berges par l’Assemblée départementale, le 24 février 2006. Plusieurs objectifs nous sont demandés : • aménager une promenade en bord de Seine, au plus près de l’eau, donc on essaie vraiment d’amener les habitants vers la Seine, • prendre en compte la biodiversité locale, même si le milieu est souvent très urbain et très minéral, nous sommes quand même parfois en présence de berges riches et préservées en terme de biodiversité, • prendre en compte les bateaux-logements le long de nos berges. Nous tentons, dans nos aménagements d’intégrer complètement toute la desserte de ces bateaux, à savoir essentiellement les pontons et les réseaux ; • travailler sur le tissu urbain, avec notamment nos collègues de la voirie quand une route départementale longe la Seine, pour rendre accessibles les berges aménagées et favoriser les traversées des routes départementales. Pour illustrer ces objectifs que nous essayons d’atteindre, je vais prendre cinq exemples d’opérations d’aménagement réalisées, bien avancées ou en projet.

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Boulogne-Billancourt. Nous sommes en réflexion avec la commune de Boulogne-Billancourt sur une première opération qui devrait voir le jour en 2011. Il s'agit d'une berge qui accueille une dizaine de bateaux-logements et activités. Elle est constituée d'un perré assez haut et au-dessus, est située la RD1. Ce perré est couronné d'une murette anti-crue formant une barrière entre la partie basse de la berge et le trottoir longeant la route. Le projet consiste à réaménager cette partie basse actuellement exclusivement utilisée par les bateaux et créer des accès à la berge. Ces accès seront un peu des signaux pour que le public et les habitants puissent rejoindre ce pied de berge, être isolés du bruit du trafic routier grâce au mur naturel de la murette anti-crue et du perré, et retrouver l’accès à la berge, qui est un espace public. Ce projet illustre bien la volonté dans nos aménagements de soigner la concertation. Un des principes du schéma, évidemment, était la concertation. La concertation est d'un côté extrêmement intéressante parce qu’elle permet de prendre en compte les intérêts divergents des différents acteurs, mais d'un autre côté, c’est une procédure assez longue. Nous travaillons bien sûr beaucoup avec les communes, et beaucoup avec le gestionnaire du domaine public fluvial. Une convention d’objectifs a donc été signée entre le Port Autonome de Paris et le Conseil

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général et une autre est en préparation avec Voies Navigables de France. Nous travaillons également avec les associations de bateaux-logements qui occupent le domaine public fluvial. Nous essayons de faire converger l’ensemble des attentes et d’arriver à des projets parvenant à concilier l’ensemble des usages et des intérêts.

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La berge de l’Ile de Monsieur à Sèvres est un aménagement le long du fleuve qui présente 16 bateaux-logements et activité. Tous les réseaux ont été refaits. Aujourd’hui la berge est « propre ». Il n’y a plus ni câbles, ni réseaux qui traînent, dans les arbres ou à même le sol. Les pontons et les amarrages avec des ducsd’albe ont aussi été refaits. Nous sommes intervenus sur le domaine public fluvial. Nous avons redonné un site complètement ouvert au public en conciliant l'usage des habitants des péniches qui sont extrêmement contents lorsque l’espace devant leur bateau est valorisé, avec des accès dégagés et sûrs ainsi que des amarrages « conformes ». Tous les habitants peuvent maintenant se promener sur cette berge de façon relativement confortable et redécouvrir toute la Seine au pied de Sèvres. Nous respectons bien sûr les procédures. Comme la concertation, elles prennent du temps. Les délais sont liés en fait à deux choses, hors la concertation : • les enquêtes publiques : • de droit commun, comme celles menées au titre de la loi sur l’eau, quand les interventions ont lieu sur le lit mineur mais éventuellement aussi sur le lit majeur, • on encore celles de type loi Bouchardeau (L123 du Code de l'environnement) parce que l’aménagement des berges est associé de plus en plus souvent avec un remaniement de la route départementale qui se trouve le long de la berge, pour faire des projets globaux sur tous ces espaces. • et les marchés publics qui y sont afférents.

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Sur Nanterre, l’aménagement comprend toute la reprise de la berge basse, qui est riche en termes de biodiversité et que nous souhaitons préserver. Des descentes au bord de l'eau sont réalisées à quelques endroits, et en beaucoup d’autres, la berge est maintenue naturelle, en laissant toute la ripisylve et le milieu existant. Le projet est en cours de finalisation, donc en discussion longue à la fois avec la commune et VNF. Un dossier en enquête publique sera lancé à l’automne.

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Pour aménager les berges, le Conseil général signe des conventions avec plusieurs partenaires. Il s’agit : • des conventions de financement avec la Commune. C’est un préalable. Pour intervenir en qualité de maître d’ouvrage, le Conseil général souhaite que les communes s’engagent également. • des subventions éventuelles de l’Agence de l’Eau et du Conseil régional, • des conventions d’occupation temporaire (COT) du domaine public parce que les travaux dont le Conseil général assure la maîtrise d'ouvrage sont situés sur le domaine public fluvial géré soit par le Port Autonome de Paris, soit par Voies Navigables de France. Ensuite, pour la gestion de ces espaces, le Département sollicite qu’il y ait des conventions de superposition d’affectations signées, non pas entre le PAP ou VNF et le Conseil général mais entre le PAP ou VNF et la Commune. En effet, le Conseil général n’envisage pas d’assurer l’entretien de ces espaces-là, mais il souhaite les remettre en gestion aux communes, sitôt les aménagements terminés. Ces conventions sont passées le plus à l’amont possible. Le Port Autonome de Paris et Voies Navigables de France nous demandent de n’intervenir qu’à partir du moment où l’on est sûr qu’il y aura un gestionnaire de ces espaces, c'est-à-dire que ces conventions-là sont signées.

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Un grand projet en cours de réalisation : Vallée rive gauche. Il prévoit l’aménagement de l’ensemble des espaces, à la fois routiers et des berges, entre le pont de Sèvres et le boulevard périphérique à Issy-les-Moulineaux. On y intègre le projet qu’a présenté Mme Durandau au droit du port Victor, à Issy-les-Moulineaux.

Les clés de la réussite : La volonté politique très forte des élus du Conseil général est très précieuse pour l'avancement des projets. Nous nous rendons compte aussi qu’aucune intervention sur les sites n’est possible si le projet n’est pas porté par une volonté politique de la Commune, puisqu’il lui est lui est demandé d’intervenir de façon extrêmement forte, à la fois dans le financement, mais aussi dans la reprise en gestion des aménagements. Avant de se lancer dans les projets, il est donc nécessaire d’établir le dialogue avec les différents partenaires et de signer les conventions le plus tôt possible. Et plus on arrive à établir le dialogue tôt, plus les conventions sont signées tôt, mieux le projet se déroule, d’un point de vue technique comme administratif.

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Les berges de Courbevoie en sont un bon exemple. Une participation extrêmement active de la Commune, une présence extrêmement forte du Port Autonome de Paris, moteur dans ce projet, ont fait que l’on arrive à avancer de concert et faire en sorte que les choses se passent bien.

Pour terminer, des projets à enjeux multiples, des projets à construire à plusieurs, et le retour d’expérience que nous avons sur 3-4 ans montre que le Conseil général est un interlocuteur intéressant puisqu’il travaille à la bonne échelle, c’est-à-dire qu’il dépasse l’échelle extrêmement « réduite » de la Commune qui ne peut travailler que sur quelques kilomètres au plus de berges.

Nous avons désormais une certaine expertise puisque nous avons pu constituer des équipes possédant des compétences bien identifiées et surtout, nous sommes parvenus à mettre en cohérence les différents projets, à la fois dans leur programmation, mais aussi dans leurs usages et dans leurs liens, ce qui permet d’améliorer leur visibilité et leur lisibilité à l’égard du public qui vient le long des berges, quelle que soit la commune.

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Table ronde

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« M. Pierre-Alain Roche, Directeur général adjoint en charge du pôle aménagement du territoire du Conseil général des Hautsde-Seine, c’est vous qui allez animer cette table ronde à laquelle participent M. Accart, M. Althabégoïty, M. Olivier Tardy, Mme Marie-Anne Bacot, et Mme Hascoat. »

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« C’est un grand plaisir de voir un Vice-président, délégué aux questions d’environnement et de développement durable, animer lui-même nos séances et participer de bout en bout à toute cette journée. C’est la première fois que nous organisons une journée traitant de l’aménagement des berges. Nous avions pris un peu l’habitude d’organiser des colloques portant sur le thème de la maîtrise des eaux pluviales. Nous vous en avons proposé une édition nouvelle, cette année, et nous avons l’intention, bien-sûr, de continuer parce que vous êtes nombreux à venir y participer. »

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Architecte. « J’ai une question double pour M. Tardy et Mme Hascoat concernant les aménagements prévus en bord de fleuve. Vous avez évoqué, en bord de Loire, la présence de logements proches du fleuve et le projet d’aménagement de guinguettes et de restaurants. Je voulais savoir s’il y avait des clauses particulières au niveau du PPRI (Plan de prévention du risque inondation), parce que je présume que la Loire est soumise à un PPRI, autorisant l’implantation de tels programmes. Parce que sur la Seine, cela n’est pas possible. »

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« A Orléans nous avons un PPRI et je suppose qu’à Nantes aussi. C’est une des contraintes fortes de ce genre de projet. Tous les aménagements qui ont été réalisés par l’agglomération sur la Loire sont démontables. C’est à cause de cette contrainte extrêmement forte que le bar a été installé à bord d’un bateau, que la capitainerie peut être entièrement évacuée en moins de 48 heures, et que tous les aménagements à venir, et notamment les guinguettes, vont être dans des kiosques amovibles. C’est assez monstrueux d’inventorier les contraintes qui s’appliquent à de tels aménagements, entre le site inscrit, le PPRI, la loi sur l’eau, l’enquête publique, etc., Celle du PPRI n’était pas des moindres. Nous avons conçu des structures démontables et nous avons eu à prouver à la préfecture que nous savions les démonter dans le délai imparti. Avant de délivrer l’arrêté définitif, la préfecture nous a imposé le déroulement d’un exercice grandeur nature de démontage des installations. Nous avons donc tout démonté et tout évacué en 24 heures, soit un délai deux fois plus court que celui qui nous était imposé. » Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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« Nantes, située en fond d’estuaire, est soumise aux marées. C’est vrai que les crues de la Loire, si elles existent, sont atténuées aussi par les effets de marée. Sur Nantes, le PPRI est en cours d’élaboration. La préfecture a établi une carte d’aléas. Ceux concernant l’île de Nantes sont réputés faibles ou moyens, ce qui nécessite en fait d’avoir des surélévations de rez-de-chaussée, mais ne remet pas en cause l’ensemble des constructibilités de l’île. »

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Agence de l’Eau, Seine-Normandie. « Dans les projets présentés ce matin, j’ai cru comprendre qu’il y avait rétrécissement du lit de la Seine, mais je ne suis pas sûre. J’aimerais bien avoir confirmation si vous rétrécissez le lit ou pas, en construisant des pontons, et si les aménagements prévus sont, eux aussi, démontables.

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Par ailleurs, je trouve qu’au cours des présentations, on n’entend pas beaucoup parler de biodiversité, à part les deux derniers intervenants qui en ont parlé un peu. N'oublie-t-on pas la Directive cadre européenne justement avec les obligations de préservation des milieux aquatiques dans les projets ? »

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ACCART « Les pontons, représentent effectivement une emprise sur l’eau. Toutes les procédures administratives on été respectées et le projet a reçu un avis favorable suite à l’enquête publique au titre de la loi sur l’eau. De plus, le projet comporte plus de déblais que de remblais. On ne rétrécit donc pas le lit de la Seine.

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En ce qui concerne la biodiversité, je dirai qu’à Courbevoie, actuellement, il y a vraiment très peu de choses dans la mesure où c’est un site industriel. »

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« La question de la biodiversité s’aborde de façon assez différente, selon les sections et selon les sites auxquels on s’intéresse. Les projets qui ont été présentés – celui de Courbevoie en est un exemple – sont parfois sur des quais, donc dans une situation où les biotopes terrestres et aquatiques sont déconnectés. En revanche, il existe d’autres sites sur l’ensemble des berges sur lesquels la ripisylve est effectivement importante et la végétation active. En fonction des configurations et des potentialités du site, un premier enjeu est de bien déterminer les options de génie végétal qu’il est possible de mettre en œuvre, et tenter aussi de remettre en talus des berges souvent beaucoup trop raides et artificialisées inutilement. Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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Un deuxième enjeu délicat et qui fait débat, notamment avec un certain nombre d’associations avec lesquelles nous travaillons en continu- porte sur le choix induit par la fréquentation du public. Dès lors que notre objectif est de rendre la Seine au public, certains types d’usage vont s’inscrire dans une logique d’aménagement de pelouses, de jardins, assez propices au développement d’une biodiversité qui nous satisfait. Sur les espaces les plus proches du rivage, en promenade basse, nous faisons des efforts très importants pour valoriser et favoriser, à partir de l’existant, une biodiversité qui soit une biodiversité réellement typique de nos écosystèmes. Cependant, d’autres types d’usages nécessitent l’aménagement de cheminements et d’espaces moins confidentiels et donc moins propices au développement de la flore et de la faune. Ce à quoi nous veillons d’abord, c’est à bien séparer ou à bien comprendre la nature des espaces que nous aménageons, pour ne pas tout mélanger, et de ne pas laisser entendre que nous pouvons partout et en toutes circonstances, améliorer la biodiversité. C'est exactement la même chose, sur les berges parisiennes : si vous êtes sur des quais parisiens, vous verrez des espaces qui, certes, ont été verdis et re-végétalisés, mais qui ne sont pas des modèles de biodiversité parce que cela ne correspond pas à l’usage. Ce débat est donc l’un des débats importants et essentiels sur tout le travail que nous faisons, qui est de trouver le bons compromis. Et c'est ce que nous essayons surtout de faire par un dialogue avec les paysagistes. Un dialogue de tous les instants, est indispensable de sorte que l’on ne fasse pas, dans les projets paysagers qui sont envisagés, de l’arboretum artificiel avec des espèces importées, etc., mais que l’on soit réellement dans de la reconstitution de ripisylve. C’est un travail effectivement important. »

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« Il y a une vraie volonté politique pour que ce schéma d’aménagement respecte la biodiversité, quand c’est possible. Un certain nombre d’associations sont subventionnées par le Département pour permettre soit de mettre en place, soit de préserver ce qui est dans le domaine de la biodiversité. Nous avons toujours une exigence dans ce domaine. Je crois que ce qui est très important, c’est qu’il faut aussi une volonté politique : elle existe. »

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« Il faut également citer la Maison de la pêche sur l’île de la Jatte.

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ROC AlaUiRnCADEHE e r FO e « Je vous recommande d’ailleurs la visite de cette Maison de la pêche et de la nature, qui est tout à fait remarquable. Elle a été créée à l’initiative de M. Armirail. »

çois BRU Fran N Paysagiste. « Je voudrais questionner plus particulièrement les politiques qui sont ici. La Promenade bleue est une promenade très longue, qui fait plus de 20 km. C’est un lieu immense que l’on envisage, quand même, de manière relativement unitaire. On se rend bien compte que tous ces aménagements prévus sont intéressants dans la mesure où ils sont investis socialement, où ils sont fréquentés, où la connexion avec l’environnement est intense et forte. Il y a deux types de connexion : • la connexion transversale, c’est la connexion vers les communes avoisinantes à travers les obstacles qui se présentent, ici c’est souvent la route départementale, • la connexion longitudinale, c’est-à-dire le fait d’envisager la Promenade bleue comme une succession de sites que l’on pourra fréquenter et visiter, successivement. La question se pose donc des moyens qui seront mis à la disposition du public. Sur des distances, telles que celles envisagées, ce n’est plus uniquement la promenade à pied, c’est éventuellement le vélo, et peut-être aussi des navettes fluviales qui permettraient de passer d’un site à l’autre. Envisagez-vous ces aménagements dans leur complémentarité ? Par exemple, pourrait-on envisager que le pôle de l’Ile Seguin, qui est un pôle culturel, soit complété par Courbevoie qui serait un pôle plus ludique, imaginons un autre site qui serait plus commercial ?

Ber

Est-ce que la succession des lieux d’aménagement, puisque cela se focalise sur un certain nombre de lieux, est envisageable en termes de complémentarité, sous l’angle économique, social, paysager même ? On pourrait imaginer des lieux plus construits, des lieux plus naturels, de manière que sur cette longueur, la Promenade bleue ait un intérêt et justifie la création d’un lien, pourquoi pas, par navettes qui permettent aux gens de passer d’un site à l’autre et ainsi de se promener sur vraiment la totalité du site de la Seine ? »

rd na

ACCART « Je crois que chaque site a aussi ses richesses, son passé à mettre en valeur. Le site de Courbevoie est certainement ludique, mais on a aussi le musée Roybet Fould dans le parc de Bécon, et l’île de la Jatte juste en face, avec tout le patrimoine aux impressionnistes, Seurat..., qui annonce la peinture moderne. C’est aussi un espace culturel. »

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ROC AlaUiRnCADEHE e r FO e

« Il y a des éléments à travers la dynamique de la vallée de la culture qui montrent qu’il est pertinent de jalonner et d’organiser des itinéraires. Je parle souvent de la pause de midi, parce que l’on a évidemment beaucoup d’activités, beaucoup d’emplois, que ce soit sur Meudon, sur Boulogne-Billancourt, sur Issy-lesMoulineaux ou à Courbevoie. Faire en sorte que les gens aient un peu envie de passer une heure ou deux sur un cheminement qui soit thématique, qui leur permette de se développer. Il y a également la fréquentation de proximité immédiate et la question de savoir comment organiser un jalonnement qui soit à la hauteur des attentes du public. Se pose également l’organisation de la promenade à grande échelle, sur les 20 ou 30 km où, effectivement, la première des priorités pour nous, c’est de rendre les lieux circulables et accessibles. Aujourd’hui, il faut être courageux dans un certain nombre de portions pour oser se déplacer le long des berges de Seine autrement qu’en voiture. Faire en sorte de mettre à disposition la possibilité de faire 10 km ou 15 km de façon continue à vélo, ou en footing comme on l’observe sur des étendues, maintenant qu’elles commencent à être mise en disposition, c’est important. La variété des activités est inscrite dans la diversité; je parlais de biodiversité tout à l’heure et de diversité des espaces. Nous avons sur cet itinéraire que vous décrivez, des espaces qui sont de natures très différentes. Certains sont beaucoup plus confidentiels, beaucoup plus calmes que d’autres qui sont exposés au bruit, et à tout un ensemble de nuisances. Cette différenciation des usages est dictée par la trame urbaine dans laquelle s’insèrent ces cheminements, et pas seulement par la démarche volontariste que l’on pourrait avoir en disant « il serait bien qu’à tel endroit on puisse y faire telle chose ou telle autre ». Un compromis est donc à faire avec la réalité et la nature de cette trame urbaine. En dehors du secteur de l’île Seguin, nous ne sommes pas dans l’écriture d’une page blanche, un peu comme dans une restructuration puissante et massive, comme on l’a vue à Nantes et aussi à Orléans, et c’était d’ailleurs très intéressant de voir la puissance d’aménagement qui a été liée au projet sur les berges. Ici, nous sommes sur un projet qui est essentiellement celui de faire avec une trame urbaine qui s’est très fortement développée en proximité. Mais l’idée d’organiser les choses, les haltes nautiques, est quelque chose d’intéressant. Nous avons un projet de navettes fluviales dont nous attendons les retours en termes de fréquentation et d’exploitation. Le STIF a fait une expérimentation Voguéo, du côté du Val-de-Marne. Lors d’une réunion du STIF, à la fin mai, il a été décidé de poursuivre l’expérimentation qui connaît quelques difficultés financières. C’est un système très coûteux pour le STIF, organisateur des transports publics puisque, grosso modo, le trajet coûte entre 30 et 40 € par passager. Un accès a été ouvert la semaine dernière à la carte Navigo, et donc un certain nombre d’usagers vont pouvoir en bénéficier au même titre que les autres transports en commun. Dès que ces projets seront validés et stabilisés, il y aura possibilité de les développer dans les Hauts-de-Seine, comme cela a été envisagé déjà depuis quelque temps. »

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OOddiil l

CACADDEE OFOUURR F ee

Fra

« Votre question n’envisageait-elle pas aussi le lien, en fait, de berge à berge ? C’est-à-dire pouvoir traverser en dehors des ponts ? »

B RUN ois ç n

Pie r

« La question, quand vous vous trouvez sur un site, est d’avoir la possibilité de visiter le site suivant ou les deux ou trois sites suivants. »

ROCHE Alai n re

Ber

« Sur un important tronçon de la rive gauche, nous avons l’avantage d’avoir le tramway T2, qui est un très bon outil pour faire du cabotage, en quelque sorte, le long de la berge. Malheureusement, pour l’instant, la berge n’est pas aménagée. Mais ce sera l’outil de cette promenade de grande échelle, pour quelqu’un qui n’a pas de cycle. »

rd na

ACCART

Jean

« C’est une très bonne question qui pourra se décliner sous forme de parcours thématiques, c’est-à-dire des promenades pour se balader, des promenades culturelles, des centres d’intérêt, et en fonction de chaque attirance, il y aura des parcours thématiques qui se dégageront au fur et à mesure des aménagements. »

s ACHART oui L Président de l’association « Au fil de l’eau ». « Je suis content d’entendre tous les questionnements qui viennent d’avoir lieu puisque nous œuvrons, en tant qu’association, sur l’est parisien.

Depuis un certain nombre d’années maintenant, nous avons expérimenté des passeurs de rives. Mme Hascoat les connaît puisqu’elle a eu l’occasion de nous aider à les démarrer, sur le département du Val-de-Marne. L'association se charge, grâce à de petits bateaux de 12 places, de faire traverser 800 à 900 personnes par jour, entre Nogent et Champigny. Nous avons reconduit cette expérimentation entre les deux berges de Choisy, sur la Seine, avec un trafic qui, au départ, était réputé difficile pour ce type de pratique et qui s’est avéré tout à fait acceptable au bout de 3 ans. Effectivement, les expériences de navettes fluviales, à échelle humaine, sont aujourd’hui menées en Ile-de-France. Il est peut-être temps d’envisager aussi ce genre d’expérimentation sur l’ouest et sur Seine aval. Grâce à ce type de pratique, Nous avons permis aux riverains de se constituer des nouveaux cheminements en boucle, les Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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faisant traverser de berge à berge et revenir par une passerelle ou par un pont. Cela a contribué à l’émergence de nouvelles pratiques le long des berges.

Pie r

Quand on parle d’aménagement, il faudrait peut-être davantage travailler sur toutes les potentialités d’animation. Ce matin, nous avons entendus parler de péniches, de kiosques, etc., mais je crois qu’il faut aussi que l’on continuions à réfléchir à des aménagements pour des pratiques entre la terre et l’eau qui permettent à des embarcations plus petites ou à des usages encore plus restreints de pouvoir se développer dans les années à venir. Il y a 30 ans, je faisais de la voile à SaintCloud, au départ d’une péniche et l’aménagement de l’Ile de monsieur, aujourd’hui, va permettre effectivement de renouer avec ce type de pratique. Il faut l’envisager sur l’ensemble de la Seine. »

ROCHE Alai n e r « Je pense que cela n’appelle pas de commentaire particulier. Je crois qu’effectivement il y a déjà une forte tendance à développer ces bases nautiques et l’ensemble de ces usages en tenant compte, bien sûr, des contraintes de la navigation et du trafic de marchandises qui est également important sur la partie aval de la Seine. »

el RI OTT Mic h O T (Environnement 92). « J’ai été frappé tout à l’heure par l’exposé sur l’Ile de Nantes et je voudrais le rapprocher du problème de la Promenade bleue. J’ai entendu qu’à Nantes il y avait une concertation permanente et j’aimerais que l’on prenne exemple. J’ai entendu aussi qu’à Courbevoie il y avait eu consultation du public pour l’aménagement. Mais pour l’aménagement de cette Promenade bleue, j’aimerais qu’il y ait un peu plus de concertation. Parce que nous représentons un certain nombre d’associations, mais il y a aussi beaucoup de riverains qui sont intéressés. Cette Promenade bleue intéresse l’ensemble des Hauts-de-Seine, non seulement les Hauts-de-Seine mais l’Ile-de-France. Réussir cette Promenade bleue est quand même un challenge important, et si vous n’y associez pas plus le public… »

Pie r

« J’ai entendu que M. Gendreau parlait des associations d’habitants des péniches, mais je n’ai pas vu beaucoup d’associations de riverains, voire d’associations au niveau des communes, donc peut-être là y aurait-il une structure à créer qui permettrait d’améliorer fortement les projets ? »

ROCHE Alai n e r « Je ne vais pas reprendre l’historique des concertations des différents projets. Elles se déroulent, tronçon par tronçon, après toute la concertation qui s’est déjà développée autour des principes généraux du schéma directeur, qui nous guide depuis qu’il a été approuvé.

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On a eu récemment la concertation sur Vallée rive gauche. L’enquête publique qui s’est déroulée sur Courbevoie vient de s’achever et le Conseil général est en train de préparer d’autres concertations. Sur le fait d’avoir une concertation continue, en dehors de ces périodes, c’est quelque chose qui nous convient tout à fait. Nous avons des réunions de travail qui sont tout à fait envisagées entre nous pour approfondir la réflexion et continuer à travailler sur les dossiers. Simplement, il existe un temps pour la décision. En termes d’efficacité, au bout d’un moment il faut que les choses se fassent, c’est-à-dire qu’effectivement nous abordons des sujets pour lesquels il y a des confrontations d’usages qui sont extrêmement fortes. Nous ne sommes pas dans des lieux isolés, mais sur des sites au cœur d’une cité qui ne cesse de se densifier. Nos projets sont situés en première couronne, en zone de densification urbaine importante. Il n’est donc pas surprenant qu’autour de ces enjeux naissent des tensions qui soient très fortes. Nous essayons d’avancer dans le compromis entre les différents usages, mais dans le respect à la fois des règles de sécurité et des équilibres que ces usages nécessitent. Nous n’avons pas de solution miracle qui viendrait modifier radicalement la nature même de l’urbanisation qui est autour de nous. Mme Fourcade le disait ce matin « Courbevoie, je ne croyais pas que l’on soit capable de faire un projet aussi qualitatif que cela ». Franchement le site était ingrat, et le projet s’est fait par un choix radical, peut-être même trop radical, qui était d’évincer très largement les activités portuaires de façon à permettre d’autres types d’usage. Voilà un exemple où une décision très brutale a été prise par rapport à d’autres enjeux et d’autres légitimités, qui sont très fortes. Etre capable d’évacuer les matériaux de la Défense par voie fluviale, c’est un vrai enjeu en termes de développement durable, ce n’est pas une fausse question. Voilà un exemple d’un choix très radical qui a été fait en matière de partage des usages. Dans beaucoup d’autres cas, nous sommes dans des logiques qui tiennent plus du compromis et de la recherche d’équilibre entre les différents usages. Il y énormément de variétés de situations et il est logique que l’on s’inscrive dans cette variété.

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i ève BA RN nev A e G

Muséum national d’Histoire naturelle. « Je suis spécialiste des zones humides. J’ai entendu beaucoup parler de trame urbaine, Promenade bleue, etc., mais ni de trame bleue ni de trame verte. Dans ce contexte, il me semble important de dire que les berges des rivières, et en particulier les milieux qui se développent, l’écosystème de berge de rivière, joue un rôle important pour l’épuration de l’eau. Actuellement au plan international, une réflexion est engagée sur le paiement des services éco-systémiques. Dans ce cadre-là, certains pays optent pour des ouvertures de digues et des remises en place, pas simplement des améliorations et des réhabilitations etc., mais ils créent des zones humides au niveau des berges, et même dans des milieux urbains. Je me demandais si cette hypothèse-là avait été abordée ou pas.

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En particulier à Nantes, je sais qu’il y a des projets de réouverture au niveau de certaines digues en rapport avec les risques de montée du niveau de la mer. Les évaluations économiques, dans certains cas, montrent très bien qu’il vaut mieux rouvrir que de relever les digues. Ces hypothèses-là sont-elles abordées dans le contexte de ces aménagements, fort intéressants, au niveau urbain et de remise en contact des populations urbaines avec leur fleuve ? »

Pi

lain ROCHE e-A r r e

« Je vais vous apporter une réponse prétentieuse, d’autant plus prétentieuse que je n’y suis absolument pour rien puisque j’ai rejoint le Conseil général très récemment et que tout ceci date de bien avant. Ce concept de trame bleue et trame verte qui vous passionne aujourd’hui, c’est l’esprit de ce qui a été fait dans les Hauts-de-Seine au moment où ont été conçus ces schémas, c’est effectivement de reconstituer des continuités. On ne les a pas développés parce que le schéma est déjà un peu derrière nous, dans sa conception d’origine. Vous faites bien de le rappeler, et Mme Fourcade l’a dit, une dimension qui avait été développée au moment des assises visait à repositionner l’environnement dans l’ensemble des priorités d’un département qui est mi-urbain et mi-forestier. Effectivement, nous oublions de le redire parce que c’est peut-être trop intégré maintenant et c’est vrai que les débats, aujourd’hui, sur la trame bleue et la trame verte sont des débats dans lesquels on s’inscrit trop naturellement, parce que le concept a été élaboré ici, comme dans d’autres endroits, il y a déjà quelques années. »

Odi

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CADE OUR F e

« Le Conseil général est en train de développer ces deux concepts trame bleue et trame verte, dans le cadre d’un maillage départemental de manière que nous puissions avoir des voies vertes qui soient reliées toutes entre elles. Nous sommes en train de développer cela et évidemment, les berges de Seine font partie de ce maillage. »

Pi

lain ROCHE e-A r r e

« Et je me permets, puisque vous êtes du muséum, de vous rappeler que nous avons publié un CD sur la flore des Hauts-deSeine, en collaboration avec votre établissement. Il présente à différents niveaux, du spécialiste à l’amateur éclairé, à l’amateur qui découvre, l’ensemble du patrimoine végétal des Hauts-de-Seine et il sera bientôt en ligne sur notre site des Promenades 92. Vous aurez un ensemble de promenades orientées vers la découverte du milieu naturel qui vous sont proposées sur ce site et un CD interactif. » Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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« Sur l’île de Nantes, nous travaillons peu sur le contact même avec le fleuve. Nous ne cherchons pas à toucher le lit mineur de la Loire, mais à travailler vraiment sur les berges qui sont au-dessus du niveau de l’eau. La maîtrise des eaux de ruissellement peut être un peu assimilée à un travail sur les zones humides puisque l’on est quand même en milieu très urbain, en centre-ville, en centre d’agglomération. Des mesures ont été prises pour accentuer la perméabilité des terrains, pour la récupération des eaux pluviales et leur traitement in situ afin d’éviter qu’elles ne soient rejetées en Loire directement. Sur l’estuaire de la Loire, le groupement d’intérêt public (GIP) Loire Estuaire réfléchit justement sur la préservation de ce corridor écologique très important. Il y a notamment des réflexions sur le travail des talus en bord de Loire pour restaurer des vasières ainsi que l’accès de l’eau sur les prairies humides en lien direct avec la Loire. »

FRA Yan n DIN Directeur général de l’association Espaces. « J’avais deux questions : l’une concernant le Port autonome de Paris. Je trouve qu’à travers les exemples d’aménagement d’infrastructures portuaires linéaires en milieu urbain qui ont été présentés, si la fréquentation du public est intégrée, la question de la biodiversité, elle, semble ne pas l’être ou très peu. Y-a-t’il au moins une vraie réflexion à ce sujet ? C’est vrai qu’en termes architectural ou autres, c’est assez merveilleux ce qui est fait, je pense notamment à Ivry.

Ma

La deuxième question porte sur les exemples de Nantes et Orléans. Avez-vous intégré dans les travaux d’aménagement la question de l’insertion et par extension la participation de toute la population. Puisque de gros projets de ce type-là, notamment sur la partie végétale, mais aussi sur la partie relative à la voirie et aux réseaux et aux constructions, sont aussi le moyen très concret de créer de la cohésion sociale en intégrant, dès la phase d’aménagement, comme on essaye de le faire sur les Hauts-de-Seine, des personnes en situation de grande exclusion. »

BAC Ann e OT ir e-

« Concernant la biodiversité, il est vrai que c’est moins facile dans le centre de Paris, qui est déjà un milieu très transformé et très minéral. On a déjà, même sur ce secteur-là, un peu de prise en compte et de recherche pour essayer d’améliorer les choses. D’une part, historiquement, il nous est arrivé de mettre en place des frayères à poissons, ce qui montre bien que nous nous sommes intéressés à la question du milieu. Les prochains aménagements de quais que nous allons faire du côté d’Austerlitz, seront d’un aspect moins minéral. Il existe quand même un problème de fréquentation. A partir du moment où il y a beaucoup de gens qui passent, nous devons mixer finaActes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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lement des activités de promenade dans des conditions sûres, et des activités industrielles. C’est difficile d’avoir quelque chose qui ne soit pas un peu minéral et « costaud ». Evidemment, ailleurs, en dehors du centre de Paris, les marges de manœuvre sont plus larges et nous nous intéressons tout à fait à la question de la biodiversité. Nous procédons à un certain nombre d’inventaires, pour commencer, afin de mieux connaître les espèces présentes sur les espaces portuaires. Dans plusieurs secteurs, nous avons essayé d’aménager des berges qui soient plus favorables à l’accueil des espèces, par exemple. Tout un effort a été fait sur le secteur de Gennevilliers. Nous avons aussi commencé des travaux dans le bras de Limay. Je pense que cela a dû être présenté ce matin. Ce n’est pas le seul cas, à Bonneuil également, nous avions fait de même.

Na

A Bonneuil, nous avons maintenant un peu un retour d’expérience. Quelques comptages nous ont permis de voir qu’il y avait en effet une meilleure biodiversité à l’issue de cet aménagement. C’est un sujet pour nous aussi de nous occuper de la biodiversité. »

HASCOAT alie h « Deux points sur la biodiversité : la Loire, à Orléans, venez la voir : t

elle parle d’elle-même! Il s’agit plus de faire attention à ne pas détruire ce qui existe qu’à recréer sur Orléans puisque elle est omniprésente. Nous allons travailler maintenant sur les liaisons avec les forêts, Sologne et massif d’Orléans. Ce qui pèche le plus, ce n’est pas le corridor biologique le long de la Loire, puisque là les circulations animales et végétales se font bien, mais plutôt les perpendiculaires à la Loire, c'est-à-dire la continuité entre les forêts d’Orléans au nord de la Loire et la Sologne au sud. Dans le cadre du premier projet Loire Trame Verte, nous avons travaillé sur le volet de l’insertion en abordant les questions de l’entretien des aménagements : • entretien de la piste cyclable de la Loire à vélo, • entretien de la boucle cyclable que l’on a réalisée en forêt d’Orléans. Ce travail est réalisé par des structures d’insertion par l’emploi. Par ailleurs, au cours de ce deuxième mandat, nous travaillons étroitement avec la Direction de l’aménagement et la Direction de la cohésion sociale à la mise en place, en phase chantier, d’un dispositif d’insertion des personnes en formation et en difficulté d’accès à l’emploi. »

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« En termes d’insertion, c’est pareil, Nantes métropole a mis en place une clause d’insertion dans tous ses marchés de travaux et nous a demandé, à nous, société d’aménagement, de suivre ces dispositions-là. C’est ce que nous faisons dans chaque marché que nous passons depuis 2004-2005. Nous avons un volume d’heures d’insertion obligatoire pour toutes les entreprises, qui, s’il n’est pas respecté, est une clause de non-conformité des offres. Les entreprises respectent donc ce volume. Une structure de suivi intégrée au sein de Nantes métropole s’assure tout au long des chantiers que cette clause est bien respectée, et que les entreprises assurent un suivi régulier et continu des personnes en insertion. C’est quelque chose qui marche assez bien. »

h el COLCH Mic E

N « Je voudrais revenir sur cette notion de biodiversité qui, me semble, être un mot que l’on utilise beaucoup. Dans le cas de la Loire qui tous les ans déborde dans sa plaine alluviale située en rive gauche , il y a une certaine biodiversité qui peut s’installer.

Pie r

En ce qui concerne la Seine, et notamment la Seine de ce milieu urbain, je trouve que la biodiversité est extrêmement difficile à appréhender. Il y a peut-être un endroit où elle peut être envisagée, et encore, c’est à Meudon, là où la berge présente une largeur de 20 à 40 mètres. Yann Fradin a évoqué tout à l’heure son action, et effectivement a essayé de recréer un milieu naturel où la biodiversité puisse se développer. Mais ne nous abusons pas avec cette notion de biodiversité. Créer du paysage, c’est une chose, créer de la biodiversité en est une autre. »

ROCHE Alai n e r

« Je pense que cet après-midi, M. Decroix interviendra pour l’Agence de l’Eau un peu sur cette thématique. Je crois qu’il n’y a pas quelque part la biodiversité d’un côté et puis l’absence de biodiversité de l’autre. On n’est pas dans une situation de cette nature avec des espaces parfaitement naturels et d’autres parfaitement urbanisés, dénués de biodiversité, donc même là où l’on est, en site urbain, il y a beaucoup de biodiversité possible, elle est d’une autre nature, ce n’est pas la même. Par contre, les rivières posent une question et offrent quelque chose d’extrêmement important : la connectivité, qui est de la possibilité de migration, qui est de l’échange. De ce point de vue, la Seine et les efforts qui sont faits pour faire en sorte qu’il n’y ait pas une section abiotique en plein milieu, entre un aval et un amont, qui soit correctement peuplée, sont une nécessité. La Seine, dans nos secteurs, existe avec ce qui se passe à l’amont et ce qui se passe à l’aval, d’où l’intérêt de s’intéresser à cette question de biodiversité, ne serait-ce que pour le fleuve, et c’est effectivement quelque chose d’un peu différent. »

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h el COL MFiOcUR CADE CHE e

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« Il me semble qu’il y a un programme européen « Seine propre 2012 » et qu’on en était arrivé à moins de 3 espèces de poissons dans la Seine et que maintenant on en est à plus de 30. »

ROCHE Alai n re

« Nous sommes à plus que cela, mais M. Decroix le dira je suppose tout à l’heure. »

h el COLCH Mic E

N Pie r

« Je ne connais pas les chiffres exacts, je ne suis pas spécialiste, mais il y a eu un changement radical et formidable. »

ROCHE Alai n e r

« On y reviendra, cet après-midi, qui est consacré justement à tous ces travaux. »

laume AB A Guil E ESN QU (Communauté d’Agglomération Argenteuil-Bezons) « Nous sommes tout à fait conscients de l’effort considérable que le Port Autonome a pu faire depuis ces dix dernières années en matière d’aménagement. On en a pour preuve notamment un sujet délicat qui était à Argenteuil, le port Assam, qui devait être l’annexe du Port Autonome. On a réussi à trouver un compromis entre le côté ludique et le côté activité, si bien que l’activité qui était « clandestine » va pouvoir continuer un peu à l’image de ce qui a pu se faire sur le port d’Ivry. On est arrivé aussi, à un travail paysager important sur le re talutage et notamment les liaisons douces. Néanmoins, un petit bémol : on sait que le paysage appartient à ceux qui le regardent. Les compensations, notamment en matière de biodiversité qui peuvent être faites sur le port de Gennevilliers et sur l’extension du port de Gennevilliers ne peuvent que nous réjouir. Néanmoins c’est difficile de pouvoir affirmer aux habitants qu’il y a une préoccupation en termes de paysage et de sa sauvegarde quand on voit l’extension du port avec ses containers qui s’empilent. Même si nous avons été considérablement associés sur le traitement de l’entrée de ville, et si de gros efforts ont été portés sur les aménagements de berges au niveau de la tête de pont d’Argenteuil, néanmoins on aperçoit ce mur de containers, de l’autre côté.

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Un autre problème qui peut se poser, en dehors des nuisances de bruit et autres que l’on peut avoir : la tête de pont d’Argenteuil a souhaité réintégrer un club d’aviron qui prend des proportions importantes. Des membres du club sont sélectionnés aux prochains Jeux Olympiques, et on se demande comment on va pouvoir rendre compatible le trafic fluvial très important, et qui ne cesse d’augmenter, entre le Havre 2000 et le port de Gennevilliers, et le déroulement de cette activité sportive. » e BAC

n -An rie

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« Je vous remercie beaucoup d’avoir salué l’effort fait par le port parce que c’est vrai que nous faisons de gros efforts sur ce point. Nous sommes confrontés régulièrement à une difficulté : notre territoire, pose problème souvent sur l’autre rive, c’est-à-dire sur un secteur sur lequel finalement nous n’avons pas prise. Je veux dire par là qu’il est difficile d’avoir un aménagement qui permette de compenser. Nous avons ouvert une réflexion sur ce sujet-là parce que c’est effectivement quelque chose d’un peu particulier qui est d’essayer de réfléchir à des compensations possibles non pas simplement sur les communes sur lesquelles nous sommes implantés, mais au-delà, sur les communes sur lesquelles nous ne sommes pas implantés. Je réagis quand même un peu sur la question des conteneurs, parce que vous parlez de la vision paysagère du port. Je plaide véritablement pour que nous fassions l’effort de voir le paysage industriel, le paysage actif, comme un paysage de qualité aussi, du moment qu’il est géré, bien entretenu, et que nous prenions en compte le bruit, qui est un vrai sujet. Il est impossible que nous ayons simplement une vision sympathique de l’activité passée, quand nous découvrons des gravures anciennes avec plein de bateaux, desquels on décharge des tonneaux. Ce n’est pas parce que c’est une scène du passé que c’est beau et ce n’est pas parce qu’aujourd’hui on empile des conteneurs avec des couleurs que c’est forcément laid. Je livre cet aspect à votre réflexion. Mais je pense qu’il faut assumer cela et je pense qu’il faut le gérer. Il faut y songer en tout cas. Deux éléments de réponse : d’une part, nous avons ouvert une réflexion sur les compensations dans les autres communes et d’autre part, le fait de voir le paysage urbain et l’activité urbaine comme un paysage de qualité, du moment qu’il est géré. Vous parlez de la compatibilité de l’activité de navigation de transport, par rapport à des activités nautiques et ludiques. Il peut arriver qu’il y ait une incompatibilité et qu’il faille, à un moment donné, dire « non, finalement, il faut limiter une activité ludique ». Peut-être qu’à un moment donné on arrivera à cette conclusion. Aujourd’hui, on n’en est vraiment pas à ce stade. On en est simplement au fait d’avoir des règlements particuliers de police qui prévoient des zones pour faire attention à gérer les différents types d’activité.

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Avant d’arriver à une incompatibilité, il est probable qu’il coulera pas mal d’eau sous les ponts. Comme le trafic fluvial est un trafic très massifié, un fort accroissement de tonnage peut être réalisé par un petit nombre de bateaux. Ainsi, le nombre de bateau qui sera généré avec l’augmentation du trafic que l’on attend de la part de Port 2000 ou de Seine Nord sera quand même très limité. On n’est pas du tout dans la problématique « camions ». Encore une fois, avec un convoi, on fait de 200 à 250 camions, donc c’est un passage de bateau sur le fleuve contre 250 ou 200 passages de camions sur la route. Certes, il peut se faire qu’à certains endroits on finisse par avoir des conflits entre des usages différents, qu’il faudra bien à un moment donné que l’on gère, mais il ne faut pas avoir peur avant d’avoir mal. »

ROCHE Alai n e r

« Je rêvais d’un port à pâtés de sable en vous écoutant. Vous connaissez certainement le poème de Prévert sur la Seine à Paris et il y a très joli petit film qui a été fait dans les années 50 où l’on a encore le port de Bercy avec tout ce déchargement de barriques et tous les ferrailleurs. C’était épouvantable, les quais de Seine à Paris, dans les années 50, un vrai capharnaüm. Il y a une scène où une bande de gamins jouent aux chevaliers, à la bagarre, dans le port des grumes. Ils grimpent sur les grumes qui sont déchargées. Les conditions de sécurité de ces activités, certes, que l’on regarde maintenant avec beaucoup de nostalgie, sont quand même assez inquiétantes. Nous avons, en fait, balayé énormément de questions qui méritent débat, qui méritent poursuite, qui méritent approfondissement. Des questions concernent les contraintes, notamment les contraintes en termes de risques inhérents aux inondations, bien sûr, mais aussi tout ce qui est lié aux dangers de la circulation. Rendre fréquentables et vivables les rives et les berges, y amener du public, ce n’est pas sans se poser des questions sur la façon dont les gens peuvent s’y comporter et sur les conditions d’ouverture de ces espaces. Les Franciliens ont au moins quelque chose en commun, c’est qu’ils sont nombreux, c’est-à-dire que lorsqu’un nouvel espace est ouvert et que des fréquentations supplémentaires sont proposées, immédiatement le succès est au rendez-vous quand les aménagements sont de qualité, on a bien vu ces aspects-là. Tout de suite cela fait beaucoup de monde le week-end. Cette question de la maîtrise de la fréquentation est aussi une des questions, qui méritera, dans la durée, d’être gérée. On a parlé de pollution, on y reviendra. Ensuite, la question des contraintes liées à la confrontation des usages, Mme Bacot l’évoquait et je trouve extrêmement positif que l’on ait vu ces notions de partage du temps, d’organisation dans le temps, des activités pour permettre une perméabilité des secteurs portuaires à la promenade. Dans certains cas, on contourne, on fait avec, on essaye de le faire intelligemment et de façon qualitative. Mais cette question de la confrontation d’usages dans l’activité portuaire est évidemment une question importante. Je ne parle pas seulement de la quesActes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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tion des nuisances que vous venez d’évoquer, mais aussi de celle de la fréquentation des lieux. Et puis, celle de la navigation, on veut y faire beaucoup de choses sur ces rivières, ces activités ne sont pas vraiment les mêmes entre un convoi poussé et puis le voilier ou le canoë, il y a un peu de différence, ce n’est pas tout à fait la même taille. C’est une autre échelle que celle du cycliste et du poids lourd. Il y a nécessairement des contraintes qui sont liées à la navigation et à l’enjeu important que représentent ces navals en matière de trafic. Comment faire en sorte que ces usages coexistent sans éviction ? Aujourd’hui, on parle d’une situation, évidemment, qui n’est pas satisfaisante pour les riverains, mais on ne peut pas basculer complètement dans une réappropriation qui viendrait ignorer la fonction économique de cette voie. Deuxième aspect de confrontation : celui de la recherche de l’articulation entre la fréquentation et la biodiversité, pour dire les choses en termes simples, entre le milieu naturel et les espaces fréquentés. Ces espaces sont extrêmement contraints. Quand on raisonne sur nos parcs et jardins, ou sur les forêts domaniales, on a de l’espace, des dizaines hectares. On parvient finalement à gérer des fréquentations très importantes avec des espaces et des continuités qui s’organisent. Sur les berges de Seine, c’est plus contraignant, c’est plus difficile à articuler. Assurer les continuités malgré la prégnance de la fréquentation sur des espaces ouverts au public, est une vraie difficulté de ces aménagements. Le dernier point, interroge et intéresse les praticiens. C’est bien sûr le montage des projets, les maîtrises d’ouvrage, l’organisation des processus de concertation, la gouvernance de tous ces processus, l’organisation des superpositions de gestion. A chaque fois, d’autres intervenants que le gestionnaire direct sont parties prenantes d’un espace, donc des questions qui touchent les responsabilités qu’il ne faut pas sous-estimer. Enfin, les questions de cofinancement : tous ces projets ne sont pas gratuits. On a vu avec Nantes et avec Orléans, toute l’utilité – et le schéma des berges l’incarne dans notre domaine – d’avoir des schémas directeurs, des plans guides, en matière d’intention urbaine, d’articuler l’ensemble des actions dans une cohérence d’ensemble. J’ai bien noté l’intervention qui nous appelait à remettre en évidence la cohérence des actions. Naturellement, après les grands schémas on est dans l’avancement de chaque dossier individuellement, section par section. Mais la question de la cohérence de l’ensemble doit être réinterrogée en permanence. »

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Ile-de-Monsieur : un parc dédié au nautisme et ouvert au public

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Nous débutons l’après-midi de notre colloque avec une présentation de l’aménagement des berges de l’Île-de-Monsieur à Sèvres. Cette présentation nous est faite par Monsieur Eric Bachoffer, Directeur d’exploitation du parc nautique de l’Île-deMonsieur et Madame Lucie Rivault, Architecte de l’agence 2AD qui a fait partie de l’équipe de conception de ce bel équipement public. Le site est géré par le Syndicat mixte pour les activités nautiques, sportives et de loisirs du Val-de-Seine, composé du Conseil général des Hauts-de-Seine et des Communes de Saint-Cloud, Chaville, Ville d’Avray et Boulogne.

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Ce site en forme d’amande est appelé “Ile-de-Monsieur” car c’est une ancienne île que le Roi Louis XIV légua à son frère surnommé “Monsieur”. Il est situé à l’aval de l’île Seguin et de l’île Saint-Germain, et à l’entrée de la ville de Sèvres, entre le pont de Sèvres et le parc de Saint-Cloud. Le terrain fut rattaché à la terre en 1925. Aujourd’hui l’emprise foncière qui marque son point de rattachement est traversée par la route départementale 7. Le site a servi de gare routière pour les usines Renault. Il était alors traversé par une ligne de chemin de fer transformée, depuis cette époque, en ligne du tramway T2. Cette ligne de chemin de fer isolait totalement l’Île-deMonsieur de la Seine et l’enclavait de son territoire immédiat : le parc de Saint-Cloud, le musée de la céramique et la ville de Sèvres. L’objectif assigné par le syndicat mixte à la maîtrise d’oeuvre était la reconquête de cette friche industrielle de 7,5 ha pour : • la mettre en relation avec le bas du parc de Saint-Cloud qui, lui-même, était enclavé dans cette partie du territoire, • recomposer le paysage urbain du Val-de-Seine en cohérence avec la politique menée par le Conseil général dans le cadre de l’aménagement des promenades verte et bleue, • reconquérir les berges, • créer une zone de loisirs à vocation nautique, • adopter une démarche de développement durable.

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Notre proposition a été la suivante :

•dévier le tracé du tramway pour le faire longer la RD7 et restituer une large relation avec la Seine, •valoriser toutes les voies sur berges qui avaient déjà été reconfigurées dans la partie amont de Meudon, •désenclaver le nord du site qui terminait en cul de sac, les berges à cet endroit disparaissant au profit de murs tombant à pic dans la Seine et la promenade sur les berges s’interrompant brutalement. Notre projet prévoyait une traversée de la RD7 et la ligne du tramway au niveau bas du parc de Saint-Cloud pour désenclaver cette partie du parc en le rattachant à la Seine. Il existe une opportunité de reconquête et d’investissement de toute cette zone longeant la route et au droit de laquelle, aujourd’hui, la berge est absente, par le biais de l’aménagement de jardins flottants. On pourrait imaginer cet aménagement dans l’idée d’établir une continuité de promenade en berge. Au sud, un second accès a été conçu pour relier le parc nautique à la manufacture de Sèvres. L’idée était de redonner une certaine stature au bâtiment en ouvrant la manufacture vers la Seine. Il s’agissait aussi d’amorcer une nouvelle configuration de tout l’échangeur situé à l’entrée de Sèvres, pour renforcer la lisibilité du lieu et créer une nouvelle ouverture pour la ville de Sèvres, vers la Seine et l’Île-de-Monsieur. Le site et le programme de mission de maîtrise d’oeuvre faisaient l’objet des contraintes suivantes : • des pollutions relativement importantes. Une étude a été menée à ce sujet par le syndicat pour déterminer les mesures de prévention des risques de pollution. Le projet a tenu compte de ces préconisations.

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CADE OUR F e • une « inondabilité » totale du site. Le plan de prévention du risque inondation (PPRI) a classé ces terrains en zone rouge, conditionnant l’implantation des bâtiments à une distance minima de 30 m depuis la berge, et imposant réglementairement la pose des planchers de rez-de-chaussée à la cote de crue centennale, soit à peu près à 1,80 m au-dessus du terrain naturel. D’où la difficulté pour mettre en relation les bâtiments avec la berge. • une restriction en termes de programmation : a priori pas d’activité commerciale, pas de restaurant, pas de logement. Nous avions proposé, dans un premier temps, une guinguette démontable qui nous a été refusée. • le classement du site depuis les années 40. A l’époque, le site était imperméabilisé à 80 %. On y trouvait des quais surélevés, des hangars métalliques. Le site avait été classé en l’état dans l’attente d’y trouver une nouvelle vocation. • la nécessité de concilier 3 chantiers menés en parallèle :

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La déviation du tramway, qui était indispensable pour la réalisation du projet.

2

Le déplacement des riverains et des péniches, de façon à aménager une ouverture suffisante sur la Seine. La construction d’une base nautique était l’un des objectifs majeurs du programme. Elle nécessitait de se réapproprier les berges afin de pouvoir mettre à l’eau les bateaux facilement.

3

La construction et l’aménagement du parc nautique en lui-même.

Le projet a été structuré par l’ensemble de ces contraintes. Le tracé du tramway a déterminé la configuration de l’aire à vocation plutôt urbaine qui établit la liaison entre la manufacture de Sèvres et la gare de tramway desservant le site, le positionnement de tout un ensemble de zones de stationnement, et le tracé de la base nautique. L’ensemble du projet se déploie comme une vague de rubans entrelacés étirant l’Île-de-Monsieur de part et d’autre de son territoire pour la reconnecter d’un côté, aux berges de la Seine et de l’autre, avec le secteur aval du parc de Saint-Cloud. L’inondabilité a vraiment été un élément de levier dans la conception du projet. Les planchers des bâtiments devaient être implantés à 1,80 m au-dessus du terrain naturel. Il fallait relier l’ensemble de ces bâtiments qui avaient été scindés pour des raisons de maîtrise d’échelle et d’harmonie d’espaces. La question de l’accessibilité aux personnes handicapées s’est aussi posée. Nous avons proposé la conception d’une place “haute” située au-dessus du terrain naturel qui a eu aussi l’avantage de délimiter un territoire non clos, propre à la base nautique. La gestion de la délimitation entre le parc nautique et le domaine public fluvial est au cœur de la problématique du colloque d’aujourd’hui.

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En effet, nous sommes sur un site privé, mais ouvert sur un front d’environ 120 m sur la Seine. Les embarcations de la base nautique sont composées de canoës et de bateaux d’aviron dont certains ont une longueur de 18 m. Mettre à l’eau un bateau de 18 m nécessite d’avoir à minima cette zone de dégagement qui permette un accès libre sur la Seine. Comme le chemin de halage est un domaine public, il était impossible de clore en amont ou en aval du chemin. Par ailleurs, la création de clôture sur plus d’une centaine de mètres entre le terrain du syndicat et les berges était totalement aberrante. Nous avons donc vraiment défendu la position de maintenir un libre accès au site. Nous avons eu la chance d’avoir été entendus sur ce point car ne pas fermer la base nautique, ne pas fermer le parc et admettre que le public puisse s’y promener jour et nuit sont autant de dispositions qui nécessitaient une importante prise de risques de la part du maître d’ouvrage. Aujourd’hui l’ensemble du site a été sécurisé via un système de vidéosurveillance. Le parc est en cours de finition, les bâtiments ont été livrés depuis 2 ans. On observe très peu de dégradations. L’expérimentation portant sur l’ouverture permanente du site est donc un succès. La liaison entre l’Île-de-Monsieur et le parc de Saint-Cloud doit être effectuée par un équipement dont, aujourd’hui, la programmation est en évolution, avec toujours l’idée de venir animer tous ces parcours et toutes ces liaisons pour leur donner du sens. La place haute de la base nautique dénommée “Le deck”, est recouverte d’un platelage bois sur une surface de 4 à 5 000 m².

Elle assure l’articulation entre : • le parc situé en contrebas et les berges, • le bâtiment phare du projet : la Maison des clubs qui a une vocation plurielle ayant évolué avec le temps. La demande initiale était de concevoir une maison pour abriter les vestiaires et les bureaux des clubs. Aujourd’hui, en raison de l’ouverture du site sur son environnement, les bâtiments sont beaucoup sollicités pour de l’événementiel.

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CADE OUR F e Des bâtiments de stockage, tous identiques, sont situés de l’autre côté du deck dont les dimensions s’apparentent à celles d’une rue. Ils impriment un rythme continu et prennent sens par leur répétition.

La base nautique fait partie du parc, le parc fait partie de la base nautique. Cette base nautique est en surplomb par rapport au parc et l’un et l’autre ont été vraiment conçus en synergie, c’est-à-dire que les choix des couleurs, des textures des bâtiments et des végétaux ont été établis en parfaite cohérence, l’un par rapport à l’autre.

Les bâtiments sont très structurés, assez minimalistes dans leur dessin et viennent se poser sur ce sol dont on a voulu retrouver l’intégrité, puisque c’était un sol pollué. Le terrain était complètement recouvert de 30 cm de terre saine au-dessus d’un grillage avertisseur. Le paysage est à l’image de cette idée-là, et en cohérence avec la politique du Conseil général des Hauts-de-Seine en termes de biodiversité, de choix d’essences locales, de gestion différenciée. L’aménagement est très souple et pour autant, l’espace est structuré par des promenades en bois surélevées, qui, selon les saisons, laissent apparaître plus ou moins le sol. Par exemple, la promenade en bois traversant la grande prairie fauchée deux fois est calée à 40 cm au-dessus du sol. Elle constitue une sorte de grand banc. Le public s’approprie cet espace tantôt comme une promenade, tantôt comme lieu de repos.

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Une ligne de mobilier urbain a été conçue. M. Janicot parlait de cette idée de parc de sculptures. Sans avoir été dans cette intention là, nous avions quand même l’idée de créer des fabriques, un mobilier adapté qui fasse écho au passé industriel du site et qui pourrait se disséminer au-delà de l’Île-de-Monsieur. La pénétration des allées d’entrée du parc nautique vers les berges est en cohérence avec les aménagements de berge réalisés par le Conseil général. Transversalement, la démarche environnementale a été répartie en 5 thèmes : • la qualité durable de l’architecture, • la gestion des énergies et l’utilisation d’énergies renouvelables, • l’écologie du paysage, • la gestion de l’eau, • le chantier à faible nuisance. Concernant le chantier à faible nuisance, les matériaux issus du chantier de démolition ont été récupérés. Une certaine quantité de beaux pavés de grès a été réutilisée pour la composition des voies d’entrée du parc. Comme beaucoup de béton était à disposition, nous avons fracturé une partie de ces revêtements de béton pour composer des dalles de plus ou moins grande dimension. Une autre partie du béton a été concassée afin de réaliser les assises de voirie et le revêtement des zones de mise à l’eau.

Il était nécessaire : • de prévoir un accès pompiers, d’où la nécessité d’avoir un cheminement assez résistant, • d’offrir aux usagers des clubs nautiques une zone antidérapante et ne détrempant pas lors de la sortie des bateaux. Aujourd’hui, l’ensemble est assez minéral, mais avec le temps tout cela va s’engrener un peu et ressembler à une voie ancienne. Le chantier à faible nuisance est appliqué aussi sur toute la partie construction. Très vite au moment du concours, nous avons opté pour des constructions dont les charpentes et les façades ont été préfabriquées en usine.

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La préfabrication a aussi été utilisée pour toute la partie béton, puisque toute la zone située en dessous du plancher inondable est en béton. Le terrain est essentiellement constitué de remblais sur une profondeur de 15 à 20 m. 600 pieux s’enfoncent de 15 à 20 m sur ce site. Pour le respect de l’écologie du paysage, nous avons choisi des essences indigènes et opté pour que le parc soit entretenu selon les principes de la gestion différenciée. L’arrosage artificiel a été minimisé. Concernant la gestion de l’eau : • excepté au niveau des parkings, aucune eau pluviale ne se rejette dans le réseau collectif d’assainissement puisque toute l’eau est infiltrée naturellement. Sur les parkings les eaux sont collectées dans des noues drainantes puis décantées dans des débourbeurs avant d’être rejetées en Seine. • le système de chauffage puise l’eau de la nappe phréatique. Les eaux de rejet alimentent le bassin d’esquimautage avant d’être déversées dans la rivière que nous avons créée. • une partie des eaux pluviales sont récupérées dans une citerne. Ce stockage alimente les chasses d’eau des sanitaires.

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HO FFER BAC Je vais vous parler de l’exploitation et plus précisément des usagers. Aujourd’hui, nous avons différents publics qui fréquentent le parc nautique : les habitants des bateaux-logements, puisqu’il y a une association qui est présente sur le site, et les adhérents de huit associations sportives dont trois sont issues du canoë kayak, deux de l’aviron, et une de la voile. Les scouts marins de Boulogne et les membres du Centre Régional des Sauveteurs Nageurs en Mer (SNSM) sont aussi présents. La totalité des adhérents représente environ 1 500 membres. 600 à 700 embarcations figurent sur le site. Elles sont différentes les unes des autres et se répartissent entre ces trois sports. Deux problématiques : • le bassin, aujourd’hui, est très agité : c’est une autoroute ! Les sportifs comprennent bien le système portaire mais eux aussi, de temps en temps, aimeraient s’approprier la Seine pour pouvoir pratiquer leur sport tranquillement. Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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CADE OUR F e • la vitesse des bateaux en amont et en aval du pont de Sèvres. Aujourd’hui, c’est vrai qu’un certain nombre d’associations se posent la question quant à l’avenir et au développement qu’il pourra y avoir sur la Seine.

En termes de sécurité, initialement, ce site devait être clôturé. Aujourd’hui, nous avons recours à une société de surveillance dont les agents sont présents 24 h/24. Ils ont pour rôle d’assurer la sécurité du site, et ont aussi un rôle d’accueil du public. Le coût de cette surveillance n’est pas négligeable. Il fallait donc trouver un autre domaine dans lequel ces agents pouvaient être actifs. Effectivement, la société de sécurité accueille nuit et jour les associations lorsqu’elles reviennent de déplacement ou lorsqu’ elles ont des réunions en soirée. Les agents de sécurité, toujours présents, ouvrent et ferment les locaux. En complément de ce dispositif, nous avons installé un système de vidéosurveillance dont la mise en service aura lieu le 15 juin prochain.

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C’est une très belle réalisation qui n’est pas complètement terminée. Je crois que chacun est assez satisfait de l’utiliser.

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Les bas-ports du Rhône à Lyon, point de vue du maître d’œuvre

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Maintenant, Madame Annie Tardivon, Architecte-Paysagiste D.P.L.G et cofondatrice de l’Agence In Situ de Lyon nous expose l’aménagement des berges du Rhône auquel elle a participé en tant que maître d’œuvre.

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L’aménagement des berges du Rhône en rive gauche, est maintenant terminé depuis deux ans. Cette opération a été conduite en maîtrise d’ouvrage par la Communauté urbaine de Lyon. L’équipe de maîtrise d’œuvre était encadrée par l’Agence In Situ Paysagistes, en tant que mandataire. Elle était aussi composée d’un architecte, Madame Françoise-Hélène Jourda, d’un éclairagiste et de plusieurs bureaux d’études pour nous assister. Les occasions sont assez rares de travailler sur un site d’une telle ampleur. L’opération lancée par le Grand Lyon s’inscrit dans l’arc du Rhône, avec à l’amont, le parc de la Feyssine et la Cité Internationale et, complètement à l’aval, le parc de Gerland. L’aménagement s’étend sur 5 km de long et sur un total de 10 ha. Il traverse le centre-ville. Sur ces 5 km, 10 ponts franchissent le Rhône dont la largeur en ce lieu, est importante. Les terrains issus de bas-ports sont de largeur variable et situés en contrebas d’un mur oblique, un mur perré qui est en fait une ancienne digue de protection contre les crues du 6e et du 3e arrondissement de Lyon. Le site est inondable sur sa totalité et situé dans le lit mineur et le lit majeur du Rhône.

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Il s’agit d’un « morceau de ville » qui s’appuie sur ce site singulier, qui est à la fois en plein cœur de Lyon et en même temps dans le lit du fleuve. Le fleuve est particulièrement dynamique, avec des crues qui sont assez violentes et soudaines. Le groupement de maîtrise d’œuvre a répondu à un marché de définition. C’était une commande tout à fait exceptionnelle qui portait sur un territoire d’un seul tenant. Le pré-programme du marché était bâti de façon assez succincte. Il était notamment demandé de supprimer 1 600 places de stationnement en plein cœur de la ville. Avant le réaménagement, le site ressemblait en fait à un vaste parking. L’objectif de supprimer 1 600 places de stationnement était annoncé dans le plan de déplacement urbain. Cette intention allait de pair avec la construction de parkings souterrains. Le pré-programme convenait de cela et nous demandait en même temps de tracer un parcours « mode doux », de développer des espaces publics et surtout, de créer des accès à l’eau. Le marché de définition s’est déroulé jusqu’à la fin de l’année 2002. Le chantier a commencé en août 2005 et s’est achevé en 2007. L’aménagement a été conçu pour répondre à une double échelle : • l’échelle de l’agglomération, puisque c’est un site vraiment majeur pour l’agglomération qui traverse trois arrondissements, • et puis l’échelle des différents quartiers traversés, en associant à la fois nature et culture, par le biais de parcours s’étendant sur la totalité du linéaire. Ces parcours s’appuient sur une géographie façonnée par le Rhône, sur tout le linéaire, et sur l’histoire de Lyon, à travers une écriture que l’on a souhaitée contemporaine. Le premier élément de réponse au programme résidait dans l’aménagement de ces parcours de mode doux composés de différents rubans : • le ruban de glisse qui est lisse, et le cheminement piéton implanté à proximité du fleuve. Le cheminement piéton est toujours à proximité de l’eau, le ruban de glisse longe plutôt le mur perré (digue), avec quand même une certaine ondulation entre les deux et des revêtements différents,

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CADE OUR F e • un principe d’amarrage sécurisé des bateaux-logements (gabarits Freycinet), des bateaux-activités (restaurants ou bars) et à l’aval, des bateaux de croisière, qui sont de très gros bateaux de 120 à 130 m de long. Ces amarrages ont été réalisés au moyen de grands mâts cylindro-coniques reprenant le principe des ducs-d’albe et qui sont des mâts creux permettant le passage des réseaux,

• une palette végétale se déployant de l’amont vers l’aval avec une gradation assez importante entre une ripisylve assez largement développée, des jardins de graminées et, au fur et à mesure que les espaces s’élargissent, des prairies fleuries, des jardins plus urbains en partie centrale, et de grandes grèves.

• Le principe des grèves nous a permis d’implanter des surfaces de jeu, des surfaces de sport et aussi de grandes surfaces laissées intentionnellement vides, face à la presqu’île, pour les ouvrir sur le fleuve. En partie centrale, face à l’Hôtel-Dieu, une vaste grève est occupée, dans sa partie basse, par une lame d’eau,

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• des petits bâtiments appelés des « boîtes belvédères ». Ces équipements publics n’ont pas encore été réalisés. Leur construction fera l’objet du lancement d’une tranche conditionnelle de travaux. Ils seront positionnés en porte-à-faux puisque le site, étant inondable, n’est pas constructible en partie basse, • un projet d’éclairage assez important qui vient soutenir aussi la totalité de la réponse avec, essentiellement, une mise en lumière de la digue du mur perré par un éclairage blanc bleuté en réflexion à l’image du clair de lune sur la totalité du site. Des projections de lumière ont aussi lieu sur les culées des ponts, auxquelles s’ajoutent des interventions lumineuses un peu plus festives, au moment de la Fête des lumières. Un projet partagé : la concertation fut un élément assez important de cette opération. Au-delà de notre mission de maîtrise d’œuvre, nous avons donc été missionnés sur l’accompagnement de réunions de concertation. Une péniche servant aussi de lieu d’exposition, avait été aménagée à cet effet. La concertation était basée sur des règles du jeu assez clairement établies. Certaines choses étaient négociables et d’autres ne l’étaient pas. Notamment la suppression du stationnement n’était pas négociable. Il y a eu pas mal de débats, bien sûr, qui portaient autour du stationnement et notamment sur la question de la place de la voiture dans la ville. Ces débats étaient assez constructifs dans l’ensemble. De véritables débats de société permettaient de dialoguer déjà sur la fameuse question de la réappropriation de cette grande surface de stationnement et des nouveaux usages. Dans cette péniche, un certain nombre de maquettes étaient exposées. Leur construction a nécessité un travail relativement important. Mais le fait d’effectuer ce travail nous a permis de mettre en place à la fois des moyens et des équipes pour mener à bien cette concertation, surtout dans la phase des études, en fait. D’amont en aval de l’aménagement, se succèdent : 1 le Brétillot, situé juste en dessous de la Cité internationale. Le site est assez étroit. La voie sur berges figurant initialement sur le côté, en pied de perré, a été supprimée. Elle a été remplacée par un cheminement piéton situé à proximité de l’eau et un ruban de glisse agrémenté par une végé-

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tation assez abondante composée d’essences ripicoles. En plein cœur de Lyon, ce lieu garde quand même un caractère assez naturel et un éco-système relativement riche.

2 Un peu plus bas, un élargissement un peu plus important avec la présence, ici, des bateaux d’habitation, du cheminement piéton et des différents rubans de glisse qui viennent s’enchâsser les uns les autres à la façon d’un tressage, pour reprendre un vocabulaire typiquement rhodanien, un peu en référence au fleuve. L’essentiel des surfaces est dessiné, à chaque fois, de façon très étirée, très oblongue. Évidemment, cela vient de la configuration du site, mais aussi du fait que les crues sont ici très présentes. Chacune des surfaces plantées doit être protégée à l’amont. Les plantations sont composées chaque fois d’une strate herbacée, d’une strate arborée, mais pas d’arbustes, pas de clôtures, le moins de mobilier possible de façon à ne pas entraver le cours du fleuve.

3 Vient ensuite toute la séquence de ce que l’on a appelé “les jardins alluvionnaires” qui sont dessinés un peu comme des bancs d’alluvions que le Rhône aurait déposés ça et là, et plantés de graminées. Les protections mises en œuvre autour de ces jardins sont très légères. Pour autant, le respect de ces surfaces est important. Les graminées cèdent la place peu à peu à des prairies fleuries et une série de chaises longues, de méridiennes, ont été adossées le long de la digue. 4 La partie centrale, plus large, est occupée par une grande prairie, avec toujours le cheminement piéton à proximité de l’eau et le ruban de glisse, de l’autre côté. C’est une section qui longe les bateaux d’activités. Nous avons déployé toute une promenade linéaire de planches, de parquets, à proximité de l’eau, de façon que les bateaux puissent étendre aussi leurs terrasses. Une attention particulière a été portée aux matériaux : pavés existants et galets appelés localement des « têtes de chats » reprennent vraiment le vocabulaire traditionnel.

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Dans cette section, le mur perré est interrompu. Nous avons obtenu l’autorisation d’aménager de larges terrasses et de grands gradins de pierre travaillés comme une vaste conque ombragée de part et d’autre du pont de la Guillotière. Un grand bassin s’étend en partie basse. Il est à l’image d’un bras d’eau du Rhône avec très peu de profondeur. Quelques boules de pierre l’agrémentent. L’ouvrage est alimenté par les eaux d’exhaure des parkings souterrains situés à proximité. Un certain nombre de bols de skate et d’équipement à usages sportifs sont déployés sur les terrasses.

5 Un peu plus bas, le long de l’équipement de la piscine du Rhône, nous avons élargi la promenade de façon à avoir toujours le ruban de glisse, mode doux, et le cheminement piéton. Et puis, plus bas encore, s’étend la partie portuaire avec de très gros bateaux de plus de 100 m de long, avec ici une utilisation extrêmement touristique ou sportive de ces surfaces situées à proximité des universités. Un certain nombre de terrains de sport et de parcours santé ont été aménagés.

6 La dernière séquence à l’aval : avec à nouveau une surface très végétalisée et une ripisylve très importante. Là, des pontons ont été dévolus à la pêche. De grandes surfaces de pavés habillent le pied du mur perré et le cheminement piéton. Beaucoup de ces matériaux ont été acheminés par voie d’eau. On a profité en fait de la configuration géographique du site pour pouvoir faire les évacuations de déblais et l’approvisionnement des matériaux par le Rhône. Les jeux sont des balançoires-pompes qui pompent de l’eau du Rhône pour arroser les plantations environnantes et éviter l’installation d’un système d’arrosage automatique.

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Je termine mon propos sur la question des usages qui me tient, particulièrement à cœur. Au-delà de notre travail de maître d’œuvre, c’est aussi la portée et la responsabilité sociale du métier que l’on exerce qui sont en jeu du fait de la réappropriation par le public de ces surfaces réaménagées. Nous savions qu’il y aurait du monde, parce que nous sommes situés vraiment en plein cœur de Lyon, mais nous ne pensions pas qu’il y en aurait autant et notre maître d’ouvrage l’ignorait aussi, nos élus aussi. C’est vrai que nous avons été frappés par la foule des grands jours. Cette forte fréquentation nous a un peu inquiétés, d’abord pendant la période de chantier. C’est un chantier que nous avons eu énormément de mal à clôturer : systématiquement le vendredi, les clôtures étaient renversées et les gens prenaient possession des lieux le week-end.

C’était à la fois un grand succès et puis en même temps un constat un peu inquiétant du point de vue de la sécurité. Au cours du temps, l’usage de certains lieux ou de certains équipements a été détourné. Certains usages ne sont pas toujours maîtrisés, mais fonctionnent finalement assez bien avec un caractère un peu sportif, suivant les heures, au niveau de la Guillotière. Et puis des usages, plus « contemplatifs » face à l’Hôtel-Dieu. J’en termine par des images aériennes. On voit le crayon, la tour de la Part-Dieu et les grandes terrasses de la Guillotière avec cette lame d’eau, le bassin de 400 m de long dont je parlais, qui forme un bras très long, très linéaire et qui était une façon de rendre l’eau du Rhône accessible directement, la prairie, à l’amont, et puis le parc de la Tête d’Or, en toile de fond.

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Pour ceux qui viennent d’arriver dont Monsieur le sénateur JeanPierre Fourcade que je remercie, nous présentions les aménagements des berges de Lyon. Madame Tardivon, vous avez parlé d’un marché de définition auquel vous avez répondu. Je voudrais dire que pour l’aménagement de l’Ile-de-Monsieur qui a été présenté auparavant par Madame Lucie Rivault, de l’Atelier 2AD, c’était également un marché de définition. C’est une approche très intéressante pour les maîtres d’ouvrage, de travailler sur plusieurs propositions de différents cabinets pour aboutir, effectivement, à quelque chose de peut-être plus mutualisé et, en tout cas, très construit, qui permet aux maîtres d’ouvrage d’affiner leurs propos. Je crois que c’est effectivement quelque chose qui, se répand apparemment.

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Pour nous aussi, c’est une formule assez intéressante parce qu’elle nous permet d’intervenir en amont, au moment où un programme n’est pas encore figé. Au cours des études, certains objectifs ou points forts du programme se révèlent comme les plus importants. D’autres jugés moins essentiels sont laissés de côté. Pouvoir contribuer à la hiérarchisation des objectifs du maître d’ouvrage, pouvoir aussi intervenir à l’échelle urbaine, parce qu’un marché de définition est en majorité lancé pour des projets d’échelle urbaine, nous permet d’offrir une réflexion qui soit la plus complète possible, et je pense qu’elle s’applique assez bien aussi à la dimension du développement durable.

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J’avoue que j’ai été très séduit par l’exposé de Madame Tardivon. Je dirais que cela pourrait servir de référence. Voici un projet intelligent, bien construit, qui s’adapte aux différents segments de ce Rhône. On croit rêver à écouter une affaire pareille. Le Rhône est un fleuve dynamique. Comment avez-vous stabilisé les berges par rapport à ce fleuve dynamique ?

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On a tenu compte des crues, sachant que le Rhône, est un fleuve qui monte en quelques heures. Je dirais que nous en avons tenu compte surtout par rapport à la question de l’entretien. En travaillant avec la maîtrise d’ouvrage, les techniciens et les futurs gestionnaires des espaces, nous nous sommes aperçus que, globalement, c’étaient des lieux qui étaient rarement laissés comme espaces publics. Nous avons décidé ensemble qu’il y aurait trois niveaux d’entretien par rapport aux crues : • les crues assez faibles nécessitaient une intervention rapide mais peu importante, Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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CADE OUR F e • les crues moyennes, s’accompagnant d’un dépôt de fines, nécessitaient une intervention sous 24 heures, parce que les fines cimentent les sols et sont difficiles à nettoyer, • et puis des interventions, plus importantes, faisant suite à des crues parfois assez dévastatrices, à cause des embâcles. Dans ce cas, la maîtrise d’ouvrage a décidé clairement que s’il y avait dégradation, il y aurait recomposition des sols.

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Nous avons même travaillé ensemble, notamment pendant la conception et j’en parle parce que c’est assez rare aussi que les maîtres d’ouvrage acceptent certaines dérogations comme le fait que des surfaces de jeu soient non clôturées, ce qui est peu fréquent en centre-ville où les surfaces de jeu pour petits enfants le sont presque toujours. La clôture de ces surfaces aurait été un obstacle à l’écoulement du fleuve.

TTOT l RIO e h Ces deux présentations d’aménagement de bords de fleuve sont remarquables. J’irai me promener au bord du Rhône à Lyon mais je connais un peu plus les bords de Seine, et je voudrais poser une question sur l’aménagement de l’Ile-de-Monsieur. J’ai l’impression qu’il présentait un petit manque quand même.

Quand vous parlez de retisser le lien avec la ville, concernant le parc de SaintCloud, la population qui passe par là est vraiment très limitée. La population qui vient à pied à l’Ile-de-Monsieur peut venir de Sèvres, et là vous avez un hiatus formidable. Vous êtes en présence d’une route et d’un carrefour qui bloquent tout. L’aménagement n’est pas fini en ce point. Il y a peut-être quelque chose à imaginer, un passage pour l’accès des piétons et des personnes à mobilité réduite. Vous avez un accès par le tram, très bien, un accès par la voiture, alors que je rappelle que le schéma directeur d’aménagement des bords de Seine ne souhaitait pas beaucoup de voitures en bord de Seine. Et là sur les parkings stationnent beaucoup de voitures, mais cette capacité de stationnement fait en même temps rabattement pour le T2 et pour les transports collectifs. Donc là, je suis plus modéré, mais reste un problème d’accès. Et la deuxième question, c’est pour Monsieur Bachoffer. Je ne comprends pas l’histoire de la clôture. Nous sommes dans un espace public, financé par des fonds publics. Je ne vois pas pourquoi, moyennant l’absence de dégradation, une clôture en empêcherait l’accès. C’est une très belle promenade à faire et je la fais souvent.

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Dans les Hauts-de-Seine, la totalité des parcs du Conseil général sont clôturés pour en empêcher l’accès la nuit, sauf le parc André Malraux. Initialement, le parc nautique de l’Île-deMonsieur devait être clôturé. L’idée de laisser un accès jour et nuit au parc a été défendue à la fois par la maîtrise d’œuvre et la maîtrise d’ouvrage et cet espace n’a pas été clôturé. C’est simplement pour des raisons de sécurité la nuit que cette hypothèse a été évoquée. Effectivement, durant la journée, il n’était pas question de clôturer la base nautique. Le seul accès clôturé sur le parc aujourd’hui, c’est le parking des remorques et des véhicules des clubs, qui représente une surface inférieure à 1 000 m².

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Et l’autre question, c’est un grand débat aussi. Votre question me fait très plaisir parce que je suis totalement d’accord avec vous. Mais nous intervenions sur un périmètre restreint à l’Île-de-Monsieur. Nous savions que la ville de Sèvres avait mené, plusieurs années auparavant, une étude qui consistait à remodeler le rond-point devant le musée de céramique pour créer une série de tourne-à-gauche et pouvoir amorcer une liaison plus directe, en tout cas plus facilitée, avec l’installation d’une série de feux, entre le musée et la Seine, et la station de tramway. Nous avons été, dans le projet, en cohérence par rapport à cette intention-là et nous avons amorcé la création de cet axe par une place débouchant directement sur la station du tramway, avec l’intention d’une liaison qui soit la plus lisible possible. C’est vrai qu’il y a un enjeu très fort. La ville de Sèvres est vraiment encaissée, de part et d’autre, d’une vallée. Elle a finalement très peu de façades ouvertes sur le fleuve, hormis la zone de bureaux située à l’amont du pont de Sèvres et l’Île-de-Monsieur, à l’aval. Un goulet d’étranglement se situe entre le pont de Sèvres et la manufacture. Dans l’idéal, il faudrait engager une réflexion globale sur les flux, depuis la station du tramway, en passant par cette place située au niveau des parkings que nous avons créés, puis en se dirigeant vers le musée de céramique et toute la partie qui longe la Grande rue, jusqu’au cœur de Sèvres.

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Cela ne faisait pas partie du marché de définition. Vous avez pu constater que le Département a aménagé une traversée vers le parc de Saint-Cloud, au nord de l’île. C’est déjà un équipement qui permet de traverser d’une manière plus sûre. Mais je suis moi aussi d’accord avec vous sur un vrai besoin, une vraie nécessité d’aménager ce lieu. Si Monsieur Roche, Directeur Général Adjoint du Pôle Aménagement du Territoire était là, il pourrait peut-être vous dire quels sont les projets. Cela fait partie des choses qu’il va falloir faire certainement.

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HO FRFCEARDE C A B FOU e Juste pour compléter, en tant que Sévrien, puisque nous avons abordé cette question avec les riverains du quartier, au mois de janvier. En fait un projet est en cours, des négociations ont lieu actuellement avec le Ministère de la Culture.

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Le parc départemental du Chemin de l’Ile à Nanterre

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Maintenant, Frédérique David, Chef de l’unité berges du Conseil général des Hauts-de-Seine, va nous parler de l’aménagement du parc du Chemin de l’île qui s’est déroulé sur d’anciens sites industriels à Nanterre. C’est aussi une très belle réalisation.

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Le parc du Chemin de l’île a été inauguré en 2006. Ce n’est pas vieux, mais c’est antérieur à l’aménagement des berges du Rhône. Le projet se situe sur la commune de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Le site est très contraint avec le passage d’une ligne à haute tension et de deux viaducs : l’un pour l’autoroute A14, et l’autre emprunté par le RER A. Le parc s’étend à la fois en bordure de Seine, le long de ces deux viaducs et le long de la rue Hoche.

Le projet regroupait plusieurs partenaires. C’était une maîtrise d’ouvrage de l’EPA Seine Arche avec la participation de l’Agence des espaces verts de la Région l’Ile-de-France, du Conseil général des Hauts-de-Seine et de la Ville de Nanterre. Les objectifs du programme étaient : • d’aménager un parc au service du développement durable. Il s’agissait de réduire le déficit en espaces de nature, au nord du département, puisque vous savez peut-être que dans les Hauts-de-Seine la partie sud est très verdoyante avec des forêts, le parc de Sceaux et le parc de SaintCloud. Le nord était beaucoup plus carencé avec uniquement, à l’époque, le parc André Malraux, le parc des Chanteraines et le parc Pierre Lagravère. • de réduire ce déficit en créant un nouvel espace vert au nord du département.

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CADE OUR F e • d’adapter l’aménagement aux ressources du site puisqu’il fallait composer sur un ancien site, qui avait une histoire, un passé industriel. Jusque dans les années 70, c’était un bidonville, un endroit qui avait été à l’abandon, avec une histoire assez triste. Il a donc fallu s’adapter à cet endroit et montrer qu’en fait, il possédait énormément de ressources. • Valoriser le patrimoine naturel des berges de Seine. Nous sommes sur des berges, en grande partie naturelles, situées face à une île complètement sauvage, qui est l’île fleurie. • Réaliser des constructions en répondant aux principaux objectifs de la Haute qualité environnementale.

Cette réalisation fait partie d’un projet plus vaste qui s’appelait « le projet des terrasses », partant de l’Arche de la Défense, s’étendant tout le long de la partie enterrée de l’autoroute A14 et débouchant sur la Seine, entre l’arche de la Défense et les berges de Nanterre. Le tout était un projet très vert qui s’étendait sur environ 40 ha. Le concours de maîtrise d’œuvre a été attribué en vue de l’aménagement de seulement 14,5 ha. Il est nécessaire que l’autoroute A 86 soit couverte pour que la partie restante du projet puisse être réalisée.

Les éléments structurants du parc sont : • les bassins et jardins filtrants, sur la zone de transition urbaine située entre les quartiers de logements et l’autoroute A14,

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CADE OUR F e • la partie pavillon, un bâtiment emblématique du parc qui est le point d’accueil du site,

• un contre-fossé créé de toutes pièces, s’apparentant à une sorte de petit bras de Seine coulant à contresens, à l’origine le site était entièrement plat,

• les jardins familiaux jouxtant une papeterie, une usine qui date du début du 20e siècle, et la maison d’arrêt de Nanterre. A l’arrière de ces deux édifices, il y avait des jardins familiaux qui étaient essentiellement cultivés par les ouvriers de la papeterie, mais qui étaient en très mauvais état et très peu nombreux ; il s’agissait de restaurer une zone de jardins familiaux avec plus de 20 jardins et quelque chose dont tout le monde pourrait profiter.

S’adapter aux ressources, veut dire : • profiter de la biodiversité avoisinante et potentielle du site, • respecter le sol et faire un chantier propre, • et, surtout, gérer la ressource en eau. Ce projet avait pour but de développer des biotopes typiques des berges de Seine. L’Île fleurie située face au parc du Chemin de l’île n’est ni habitée, ni aménagée. C’est un site complètement sauvage, un réservoir naturel tout à fait logique où niche, par exemple, le martin-pêcheur. Il recèle aussi toutes sortes d’abris pour les insectes xylophages. On avait ici un potentiel qui ne demandait qu’à revenir coloniser ce site. Le chemin de halage et la

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berge naturelle étaient des lieux qu’il fallait vraiment réaliser dans un état le plus ouvert possible à l’implantation de ces espèces avoisinantes. Le contre-fossé permet en quelque sorte de tripler le linéaire de berge, c’est-à-dire que pour 1 km de parc, là on avait, entre la berge existante de Seine et les deux berges du contre-fossé, 3 km de berge. Le fait de créer cette pièce d’eau, permettait d’avoir beaucoup plus de contacts terre-eau, ce milieu si riche et qui permet à toute cette flore et cette faune typiques de se développer. Quelques images du parc. C’est l’été 2007, un an après son inauguration. Par rapport à la gestion de ce parc, il y a quand même un parti pris très fort de respecter la spontanéité de la végétation. De grandes surfaces sont en prairies, fauchées deux fois par an. Nous avons laissé la sélection naturelle se faire et les floraisons persistent quand même, d’année en année, sur ces prairies.

En automne, les prairies deviennent beaucoup moins visibles et, par contre, les zones de pelouse, les aires de jeu et les sculptures réapparaissent plus présentes dans le paysage.

Je vais insister plus particulièrement sur le système d’eau puisque c’est quand même la colonne vertébrale de ce parc à la fois pédagogique et écologique. Vous avez vu à la fin du film, une grande vis d’Archimède qui est en fait un point de pompage et le lieu d’entrée de l’eau dans le parc. Le parc étant légèrement surélevé par rapport au niveau de la Seine, un système de vis d’Archimède successives permet de faire passer des paliers à cette eau et de la faire s’écouler jusqu’au point haut du parc. L’eau brute de Seine remonte dans un grand canal en béton et redescend ensuite à travers des bassins filtrants.

Ce sont en fait de grands bassins complètement étanches, dont l’étanchéité est en argile, et qui sont plantés de différents végétaux ayant un rôle épurateur. La qualité brute de l’eau de Seine est améliorée en faisant diffuser l’eau à travers ces différents bassins jusqu’au bassin « des nymphéas » qui est uniquement planté de nénuphars.

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Ce bassin est offert à la vue du promeneur dès l’entrée du parc. Ensuite, l’eau passe sous le pavillon du parc, puis est rejetée dans le contre-fossé dans lequel elle s’écoule à contre-courant par rapport à la Seine. Là, deux possibilités : • soit elle est rendue à la Seine, • soit elle est utilisée, en très petite partie, pour l’arrosage des jardins familiaux. Il faut savoir également que toutes les eaux pluviales du parc sont soit infiltrées, soit rejetées dans le contre-fossé. Aucune eau potable n’est utilisée dans ce parc pour l’arrosage. Ce dernier est uniquement réalisé avec l’eau collectée sur place. Les bassins, avec des systèmes de petites diguettes, obligent l’eau à faire un circuit assez lent. Il faut compter jusqu’à 6 jours de séjour pour une goutte d’eau qui arriverait en amont jusqu’à son rejet en Seine. Le principe est que l’eau séjourne assez longtemps pour que les plantes en extraient les substances qui peuvent être extraites et qu’elle ait une qualité qui soit bien améliorée par ce séjour. L’eau ayant traversé ces bassins est épurée. Cette eau coule au niveau du sol. Elle est complètement offerte aux promeneurs. Un fleurissement a été mis en place, avec des lotus qui sont un peu exotiques ici, et des nymphéas. La maison du parc possède un système de murs plantés. Les plantes sont irriguées par la diffusion de l’eau qui s’écoule des bassins et qui retourne dans le contre-fossé. Nous avons eu la chance d’avoir un site assez peu pollué contenant une bonne qualité d’argile naturelle. Dans le cadre des travaux de transformation du site, toute la pollution a pu être confinée sur place, à l’exception de quelques petites poches d’hydrocarbures. L’argile naturelle, principale ressource du sous-sol, a servi en fait à étancher les berges.

Pour ne pas avoir de nouvelles consommations d’énergie, une éolienne purement mécanique remonte l’eau encore d’un cran et la met à disposition, dans un circuit gravitaire, pour remplir de petits réservoirs d’1 m3 pour chaque jardin.

L’eau, principale ressource du site, confère au parc son esthétique et sa valeur à la fois pédagogique et écologique. Bien sûr, aucune essence exotique ou envahissante n’a été plantée. Les différentes plantes aquatiques utilisées ont été celles que l’on pourrait trouver dans le milieu naturel de notre région. Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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CADE OUR F e Le paysage du parc est très changeant en fonction des saisons, beaucoup de biomasse produite l’été et puis une activité plus ralentie l’hiver. A l’automne tout change de couleur. En hiver, un minimum d’entretien est à assurer, effectivement, pour ne pas qu’il y ait de dégâts liés au gel. Un point sur la réglementation. Tout ce cycle de l’eau faisait partie des impacts qui étaient décrits dans le dossier de demande au titre de la loi sur l’eau : • l’arrêté d’autorisation prévoyait que le prélèvement et le rejet devaient être équilibrés, c’est-à-dire que le parc ne devait pas consommer d’eau. Les prélèvements en Seine pour l’alimentation des bassins et du contrefossé et ceux nécessaires pour l’arrosage devaient donc être intégralement compensés par les volumes d’eau pluviale collectés. • Un autre principe : la qualité de l’eau qui était rejetée devait être meilleure que celle prélevée en Seine.

Pour vérifier que ces principes seraient appliqués, une auto surveillance devait être mise en place. Des analyses de la qualité de l’eau au point de prélèvement, au premier point de mise en circulation, après la maison de parc et au rejet en Seine ont donc été régulièrement effectuées. Une action très positive a été enclenchée, l’été, sur les matières en suspension, et en automne sur les nitrates comme en attestent les résultats des analyses. L’hiver, l’eau du parc a quasiment une qualité d’“eau de baignade”. Globalement, l’intervention sur la qualité de l’eau reste cependant très ponctuelle. Localement, on agit sur le général, mais surtout on a aussi un rôle pédagogique pour expliquer le cycle de l’eau et l’action qu'on peut avoir dessus. Un des principes retenus, était de réduire la consommation en eau pour l’arrosage des parcs. Le type de gestion de la végétation fait qu’elle n’a particulièrement pas besoin d’être arrosée, sauf bien sûr l’année de plantation. Un autre point était que l’eau potable ne soit pas utilisée pour arroser. Un dernier point sur les jardins familiaux : aujourd’hui, il s’agit d’un paysage assez qualitatif, avec un gros investissement de leurs occupants en matière d’entretien. Les jardins jouent un rôle social. Même s’ils sont clôturés, ces jardins sont rendus au public puisqu’ils sont complètement visibles et des échanges s’instaurent, en fait, entre les jardiniers et les promeneurs.

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CADE OUR F e Je finis sur la biodiversité : aujourd’hui le parc est extrêmement vivant, sonore, avec toutes sortes de faune et de flore. Le public redécouvre la gestion différenciée et les conséquences tout à fait visibles et positives qu’elle a sur l’environnement et le paysage. C’est un exemple dont nous sommes assez fiers.

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Ce qui est extraordinaire, c’est que ce parc a été créé à partir de rien. Les animaux reviennent tout à fait spontanément, cela fait partie de ce que la nature est capable de faire.

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Les berges, support d’insertion : témoignages d’associations [ PROJECTION FILM ] « L’entretien et le confortement des berges »`

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Pour l’intervention suivante, je convie Monsieur Yann Fradin, Directeur de l’association Espaces, Monsieur Yann Geindreau, Directeur de l’association Halage et Monsieur Jean-Louis Achart, Président de l’association Au fil de l’eau à venir nous rejoindre. C’est Monsieur Yann Fradin qui commence.

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Je vais vous faire une rapide présentation de ce que nous faisons au niveau de l’association Espaces, sachant que nous nous sommes répartis les interventions pour ne pas être redondants, puisque les actions menées dans les trois associations peuvent se ressembler. Espaces est une association créée en 1994 dont le champ d’action s’étend sur tout le Val-de-Seine et récemment sur les hauts de Rueil-Malmaison. Je traiterai trois thèmes en particulier, pour la présentation d’Espaces : • le multi-partenariat, qui est essentiel dans le cadre de chantiers d’insertion, mais qui montre la complexité de chantiers d’insertion. L’analyse de la structure financière d’un chantier d’insertion berges fait ressortir les points suivants : les crédits d’insertion couvrent près de 30 % d’un chantier d’insertion. Les autres crédits sont liés à l’environnement. Ces financements sont issus de multiples partenariats : je pense, par exemple à Pôle Emploi pour la question de l’insertion (contrats aidés), et côté environnement, le Port autonome de Paris. La majeure partie des crédits liés à l’environnement sont alloués par l’Agence de l’eau SeineNormandie, les villes et communautés d’agglomération et le Conseil général des Hauts-deSeine. Les crédits alloués par le Conseil général sont en fait répartis en deux fractions : la partie environnement et la partie insertion, qui elle-même est répartie en 3 lignes budgétaires. Le Conseil régional d’Ile-de-France est aussi un cofinanceur dans les domaines de l’insertion et de l’environnement. Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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Il est ainsi possible d’observer l’ensemble du travail qu’il y a à faire pour monter tout ces dossiers et travailler sur ces cofinancements. Concernant ceux-ci, on remarque l’intérêt de mettre en synergie différentes politiques publiques, notamment celles de l’insertion et celle de l’environnement. • l’accueil de personnes en très grande difficulté, Les berges sont un support d’insertion. L’entretien des berges de Seine a lieu sous forme de missions hebdomadaires qui peuvent porter par exemple sur des activités de nettoyage ou d’entretien du pied de perré comme à Sèvres. Sur les berges de l’île de Monsieur, lors de l’aménagement réalisé par le Conseil général, l’équipe d’éco-cantonniers a participé au nettoyage de tout le perré. L’entretien des berges est un travail d’équipe au quotidien.

Les berges de Seine sont un support d’insertion avec une dimension particulière qui est celle de la lutte contre l’exclusion. Au quotidien, l’association s’approche de personnes sans abri qui dorment sur les berges, par exemple sous le pont de Billancourt. L’équipe entre en contact avec elles et leur indique la possibilité de venir travailler à l’association si elles le souhaitent. Parallèlement, l’association se rapproche des services sociaux pour accompagner la personne en termes d’hébergement, de santé... Le médecin psychanalyste de l’association permet à l’association de mener assez loin le travail d’insertion, à la fois auprès des personnes en insertion mais aussi en appui à l’équipe permanente de l’association, notamment des encadrants, pour comprendre les situations, pouvoir aider ces personnes à réintégrer notre société, et à résoudre les problèmes qu’elles peuvent avoir. Ces échanges avec les personnes en difficulté ont aussi lieu dans des moments de convivialité, comme vous pouvez avoir à travers l’atelier temps libre ou des repas en commun. Il y a également à côté de cela tout un travail d’accompagnement social et professionnel. • un point particulier sur les techniques de génie végétal qui nous tiennent bien à cœur.

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L’association a réalisé le premier ouvrage sur la Seine en génie végétal au niveau de l’île Saint-Germain, à Issy-les-Moulineaux, en 1998-1999. C’était le troisième ouvrage en France de la « période moderne », parce qu’il y a eu beaucoup d’ouvrages de génie végétal dans des temps plus anciens. Depuis nous en avons réalisés 7 dans la boucle de la Seine, sur 332 m linéaires. Ces petits ouvrages sont une réponse rapide et adaptée aux problèmes d’érosion de berges. Si des perrés s’effondrent sur Clichy, c’est parce que rien n’est fait depuis une vingtaine ou une trentaine d’années. Si les perrés avaient été rénovés plus tôt ou si de petits ouvrages avaient été faits au fur et à mesure, nous n’en serions pas là, d’où l’importance de la gestion quotidienne permanente de tout le site, et en l’occurrence des berges. Notamment, après chaque crue, il est nécessaire de faire un état des lieux et de retravailler ce qui a pu être défait. Le génie végétal est d’une conception technique assez pointue, même si les techniques en elles-mêmes sont assez faciles à mettre en œuvre et sont accessibles pour une association comme la nôtre. Voici l’exemple d’une roselière spontanée, quai Georges Gorse, juste à l’aval du pont Renault-Daydé à Boulogne-Billancourt : l’état de la berge telle qu’elle était quand Espaces a commencé à y travailler, l’implantation des pieux, le fonçage des pieux en Seine, des pieux de châtaigner mort en l’occurrence, une fascine : des fagots sont mis entre les pieux, l’apport de gravats et de terre, puis le déroulé d’un géotextile couvrant la berge, maintenant celle-ci le temps que la végétation s’enracine. Ensuite un peu plus de 2 000 plants de roseaux ont été mis en terre.

Les quelques touffes de roseaux du départ se sont développées et se sont transformées en une belle roselière sur un peu plus d’une centaine de mètres. Cet ouvrage a reçu le label « Merci, dit la planète » du Ministère de l’Environnement, et fait partie du guide méthodologique des berges réalisées par l’Agence de l’Eau et Voies Navigables de France.

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CADE OUR F e Un autre petit exemple est la frayère réalisée à Boulogne-Billancourt, quai du 4 septembre, sur un site géré par le Port Autonome de Paris. Là, également, plantation de pieux, fascinage. L’enjeu était de créer un petit ouvrage, un peu dans l’eau, permettant aux poissons de pouvoir frayer. Habituellement, les berges de Seine sont très abruptes, même quand on a un peu de végétation.

Les avantages de la végétalisation des berges sont : • la création d’emplois : un ouvrage de génie végétal coûte à peu près 20 fois moins cher en milieu urbain qu’un ouvrage en enrochement ou en palplanche. L’ouvrage de génie végétal nécessite certes moins de main-d’oeuvre à sa création. Par contre, son entretien requiert une attention et des interventions constantes pendant toute sa durée de vie. C’est un travail très enrichissant, très intéressant pour les personnes qui ont la chance de pouvoir l’exécuter. • Une sécurisation durable et une présence humaine sur les espaces entretenus : les berges végétalisées sont des sites entretenus, travaillés régulièrement. Plus besoin de faire passer un gardien ou un policier. Jardiniers et éco-cantonniers sont là, au quotidien. On a l’exemple d’un bout du port de Sèvres, au pied du bassin de rétention d’eau, qui est régulièrement abîmé : quand il y a des ouvrages de génie végétal ou de la végétation, les sites sont beaucoup moins abîmés. • Le pouvoir d’autoépuration du fleuve renforcé et une lutte contre les inondations par le maintien de l’eau. • Un abri et un refuge pour la faune et la flore, éléments très important de biodiversité.

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Bravo pour l’action, bravo pour tout ce que vous faites. Maintenant, c’est Monsieur Yann Geindreau pour l’association Halage.

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L’association Halage, est une association d’insertion professionnelle et de formation professionnelle continue qui existe depuis 15 ans. Aujourd’hui, l’association intervient sur plusieurs départements du nord de la région Ile-de-France et regroupe 88 salariés dont 66 sont en insertion, dans le cadre de chantiers d’insertion. Parmi ces 66 salariés, la moitié travaille sur l’entretien et l’aménagement des berges de Seine de 3 départements, principalement dans les Hauts-de-Seine, sur la Boucle nord, dans le Val d’Oise, sur les berges et le chemin de halage d’Argenteuil-Bezons et enfin sur les berges de Plaine Commune, en Seine-Saint-Denis. Aujourd’hui, je suis venu avec deux de mes collègues, Lolita Enselme et Olivier André, qui sont tous deux encadrants de chantiers, Lolita sur les berges de Seine, la Boucle nord des Hauts-de-Seine et Olivier sur les berges d’Argenteuil-Bezons. Ils complèteront ma présentation. Nous proposons aux salariés en insertion de travailler selon 3 axes : • la passation d’un contrat de travail rémunéré, • bénéficier d’un accompagnement social et professionnel réalisé par un ou une conseillère en insertion professionnelle, • et enfin, le suivi d’une formation complémentaire qualifiante, qui leur permet d’acquérir ou de valider des acquis professionnels obtenus sur les chantiers.

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L’objectif de la présentation, est effectivement de vous montrer comment on peut utiliser les berges de Seine et le chemin de halage pour porter un nouveau regard, à la fois sur le paysage urbain, l’insertion, la professionnalisation des personnes accueillies et enfin sur la veille écologique mise en place.

E AND R r ie

Tout au long de la journée, les sites qui nous ont été présentés étaient très aménagés, très pensés en amont. Mon intervention vise plutôt à souligner qu’il est parfois bien agréable d’avoir des endroits où l’empreinte de l’homme se fait très discrète. Dans les activités qui m’occupent actuellement, il ne s’agit pas du tout de contraindre la nature, ni même de l’imiter, mais plutôt d’essayer de sublimer sa spontanéité.

Je vais vous présenter notre rôle paysager à travers un chantier qui m’est dévolu, celui de Bezons, commencé il y a un peu plus d’un an, en avril 2008. Au comActes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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mencement de notre action, nous étions en présence d’un site qui n’avait pas été tellement entretenu, ou entretenu de manière très sporadique. Le paysage était essentiellement constitué d’un taillis plutôt monotone et opaque. En premier lieu, notre intervention a surtout consisté à donner du rythme au cheminement, d’une manière très simple, c’est-à-dire en alternant les vides, les pleins, l’ombre, la lumière, et en essayant de recréer des perspectives qui mettaient en valeur soit le fleuve, ce que j’aime appeler en toute simplicité « l’ouverture d’une fenêtre paysagère » sur le fleuve, soit un arbre remarquable, par exemple. Il peut être intéressant d’éclaircir très franchement le plein milieu d’un bosquet très dense et long d’une soixantaine de mètres, dont l’ambiance est ombragée, presque inquiétante, de manière à laisser rentrer la lumière un peu comme à la manière d’une fenêtre. Nous travaillons en suivant les principes de la gestion différenciée qui nous imposent d’être vigilants quant à la variété des espèces végétales, mais aussi animales, par voie de conséquence. Ce principe nous amène parfois à nous poser des questions assez amusantes, comme ici : que faire d’un tapis d’orties, comment le rendre attrayant ? Ici, le parti pris a été de tailler ces orties à la cisaille, un peu comme on le ferait avec une haie d’ifs ou de cyprès. Je trouve que cela lui donne un petit caractère un peu noble, assez amusant. De manière générale, au-delà de la quête esthétique bien sûr primordiale en matière de jardinage, il y a la volonté de surprendre le promeneur, et l’inciter à porter un regard nouveau sur un environnement qui lui est devenu tellement familier qu’il a fini par ne plus y prêter attention. Ce travail commence à porter ses fruits puisque le magazine édité par la municipalité de Bezons a consacré récemment un article invitant les Bezonnais à venir redécouvrir leurs berges. Aujourd’hui, nous sommes souvent interpellés par des promeneurs qui viennent questionner, voire complimenter les jardiniers sur leur travail, lesquels d’ailleurs se prêtent à cet exercice très volontiers et avec beaucoup de fierté.

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CADE OUR F e J’ai envie de vous complimenter sur l’idée du tapis d’orties. Je trouve cela formidable. Après tout, les orties, cela pousse, c’est une très bonne idée.

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Notre action sur les berges de Seine contribue à changer notre regard sur l’environnement. Elle permet aussi de changer nos vues sur les chantiers d’insertion en général. Notre travail sur les berges s’articule, bien sûr, sur des travaux courants d’entretien et de nettoyage. Mais les berges sont aussi l’occasion pour les salariés de réaliser au moins un chantier d’aménagement dans l’année. Sur les berges de Seine, cela s’articule surtout autour de génie végétal. Un tressage de saules a été réalisé par l’association, cette année, sur les berges de Seine, à Nanterre. Ce type d’aménagement est valorisant pour les salariés. En tant qu’encadrante de chantier, j’ai des retours sur la satisfaction des salariés quant au travail bien fait. Ce sont des réalisations concrètes dont le résultat leur est perceptible tout de suite. Pour eux, c’est important.

Oliv

Le travail d’encadrant de chantier porte sur la gestion d’équipes, sur le social, mais aussi beaucoup sur la pédagogie. Il nécessite énormément de patience. Je passe beaucoup de mon temps, sur l’année, avec les salariés, pour leur transmettre un savoir-faire, et leur permettre d’acquérir des techniques de base en espaces verts, un vocabulaire technique et des connaissances de base sur la flore indigène des berges de Seine.

E AND R r ie Sur la base du travail pédagogique qui est mené par l’encadrant ou l’encadrante de chantier, nous avons mis en place des formations professionnelles complémentaires. L’objectif est de dispenser une formation technique aux salariés, en amont des travaux qu’ils peuvent réaliser, afin de leur donner les bases.

Ensuite, même s’ils ne voient pas sur un chantier tous les types de travaux menés en matière de travaux paysagers, ces formations leur permettent de compléter leurs connaissances et de valider des acquis, de valider partiellement, notamment dans le cadre de leur parcours Halage, le diplôme de CAP travaux paysagers. Et à ce titre-là, je voulais juste donner un exemple du parcours réussi d’une personne initialement en grande difficulté et qui, au terme de son parcours, a pu trouver un logement du fait qu’elle était plus structurée et grâce au travail que l’association lui a fourni. C’est une sortie positive.

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Je veux vous présenter un autre parcours, celui d’un salarié originaire de Clichy qui est entré à Halage, le 1er janvier 2007. C’était une personne d’origine égyptienne, avec de forts problèmes linguistiques. En parallèle de son travail, le salarié a donc suivi des cours de linguistique. Au 1er janvier 2008, nous avons renouvelé son contrat d’une année supplémentaire, considérant qu’il n’avait pas pu suivre la formation professionnelle qualifiante en travaux paysagers puisqu’il avait d’abord suivi des cours linguistiques. Il a donc pu suivre cette formation complémentaire et continuer son apprentissage sur le chantier. Il a validé l’ensemble des modules qui étaient proposés et enseignés au cours de la formation, en novembre 2008. Son contrat s’est terminé en décembre 2008 et, en mars 2009, il trouvait un CDI au sein d’une entreprise d’espaces verts implantée dans le Val d’Oise.

Bravo pour toute cette action. Je voudrais juste dire que votre action mériterait une journée entière de colloque. Maintenant, voici Monsieur Achart.

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Je suis Jean-Louis Achart, Président de l’association Au fil de l’eau, fondée depuis 27 ans et qui œuvre un peu partout en France, mais surtout sur l’est parisien. Cinq piliers fondent notre action : • l’éducation populaire, • le développement territorial, • l’économie solidaire, • l’environnement naturel, • et la valorisation du patrimoine.

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Autre concept, et tout à l’heure j’entendais parler du bras non navigable de l’Île Saint-Germain, nous défendons la notion de navigation douce, c’est-àdire aller naviguer là où ce n’est pas possible, là où ce serait dangereux pour de plus gros bateaux, et y aller avec le minimum de batillage, le minimum de vitesse et le maximum de sécurité en empêchant évidemment les gens de passer sur les îles de la Marne. Nous avons la chance de travailler avec la ville de Saint-Maur et de faire découvrir tout le chapelet des îles classées « réserve naturelle ». Nous permettons à plusieurs milliers de familles, et plusieurs milliers de collégiens et d’écoliers, de visiter ces îles, grâce à nos flottilles de bateaux, tout en les conservant dans leur état, et en les protégeant, puisque ce sont des berges totalement naturelles. Ces actions se déroulent en partie, là aussi, dans le cadre de l’insertion. Sinon, l’association participe à un certain nombre d’événements, comme le Festival de l’Oh : une grande manifestation initiée par le Conseil général du Val-de-Marne depuis maintenant plusieurs années, et qui reçoit un accueil absolument chaleureux de la part de la population. Des installations sont accrochées sur des arbres.

Elles n’y restent pas longtemps et ne dégradent pas car toutes les précautions sont prises pour qu’il n’y ait aucune dégradation après leur repli. Par ailleurs, la flottille d’AFE (plus de 25 bateaux de toutes tailles) accueille plus de 3 000 festivaliers, toujours aidés par nos salariés, dans le cadre de l’insertion.

La double ou la triple compétence nous apparaît importante dans le cadre de nos chantiers : grâce à nos différents bateaux, nos salariés participent aussi au ramassage de flottants avec l’association Marne Vive et avec le Port Autonome de Bonneuil. Ces chantiers sont l’occasion de varier nos activités, mais aussi de diversifier les pistes de sortie de nos salariés au terme de leurs parcours d’insertion. Nous avons été amenés à concevoir des bateaux de plus gros gabarit. Le ”Francilien” peut accueillir des personnes à mobilité réduite. C’est le premier bateau qui a été conçu avec la volonté franche et massive d’accueillir des personnes en Actes du Colloque des Berges du 2 juin 2009

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fauteuil roulant. Quand on parle d’aménagement des berges, aujourd’hui, et là je me permets de m’adresser à l’ensemble des participants de la salle, il y a encore beaucoup de chemin à faire entre les théories sur l’accessibilité et la réalité. Ce sont des questions qui ont trait aux bateaux, aux berges et aussi au niveau de l’eau qui, chaque jour, change dans un certain nombre de lieux. C’est d’une complexité très importante. Nous avons rendu une petite étude sur ce thème. Si cela vous intéresse, nous pourrons vous en faire part. Enfin, notre dernière réalisation, c’est la péniche “LA WALDE” qui, là encore, a été réaménagée en partie dans le cadre de l’insertion. Ce bateau a été ramené depuis le canal du Midi jusqu’en Ile-de-France. Ce fut l’occasion de faire effectivement participer les salariés apprenant la navigation. Puis, ils ont travaillé pendant deux ans à remettre le bateau totalement en état afin que s’y déroulent des formations, des séminaires, et des évènements à caractère festif. Cette péniche est maintenant à la disposition de toutes les collectivités d’Ile-de-France, si elles le désirent, pour créer un certain nombre d’animations dans les années à venir. Au fil de l’eau, c’est aujourd’hui 20 000 usagers sensibilisés chaque année, soit dans le cadre de séjours pédagogiques d’une demi-journée, soit dans le cadre de promenades sur nos bateaux à passagers ou de traversées du fleuve organisées par nos passeurs. C’est un projet d’insertion prenant en compte la globalité du territoire et je tiens à le dire, je suis heureux d’être ici, dans les Hauts-de-Seine, parce que j’y habite. Je souhaite qu’un jour ce type d’activité se développe sur le département des Hauts-de-Seine, et qu’il soit mis en œuvre par d’autres associations que nousmêmes. Je souhaite pouvoir les aider à mettre en place ce type d’activité. Nous désirons aussi faire partager notre expertise, notre expérience auprès de toutes les collectivités, et de toutes les associations. Il serait dommage que ce que nous avons défriché depuis si longtemps ne serve qu’à nous-mêmes. Nous offrons d’aider qui le souhaite, à mettre en place dans les années à venir, les activités que nous proposons. En tout cas, je peux vous dire une chose, c’est que Seine aval le mérite très largement, allons-y !

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Merci beaucoup. On ne dira jamais assez l’importance des associations dans beaucoup de domaines.

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Les enjeux des berges en milieu urbain

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Voici Monsieur Jean-Pierre Decroix, qui est Directeur des rivières d’Île-de-France de l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

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Je suis ici pour vous parler renaturation, biodiversité, patrimoine biologique et surtout leur positionnement. Ce n’est pas forcément hors la ville que ces éléments se passent, mais avec, et de temps en temps, dans la ville. Il faut chasser cette idée qui laisserait penser que les petites bêtes, les petits oiseaux, et bien sûr les petits poissons, se cantonnent dans les secteurs ruraux et ne feraient pas partie de notre patrimoine quotidien et permanent. Un petit préambule sur la Seine, en termes de qualité d’eau, puisque moi je finis les pieds dans l’eau, non pas à propos des aménagements mais de la capacité des berges à produire de la biodiversité. Jusqu’à il y a quelques années, nous avions à l’aval de Paris une très belle zone d’anoxie qui empêchait toute vie. Ces problèmes là sont derrière nous. Les équipements des stations d’épuration ou des réseaux d’assainissement sont tels maintenant que la qualité de l’eau de la Seine est parfaitement compatible avec une bonne biodiversité. Oublions ces années noires de mauvaise qualité de l’eau ! Dorénavant, la capacité de la Seine à bien fonctionner est devant nous. Le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (S.D.A.G.E.), qui décline la Directive cadre européenne, devrait être approuvé le 1er janvier 2010. C’est un document qui sera de portée juridique et avec lequel tous les projets devront être compatibles. La Directive cadre européenne sur l’eau, c’est avant tout, le bon état écologique des masses d’eau, la reconquête de cette qualité. D’où maintenant, un certain quotidien va entrer dans l’ensemble des projets que nous allons devoir gérer- le nous est collectif- pour leur capacité à avoir des impacts positifs sur l’amélioration des milieux. Pourquoi agir ? Il y a un élément qui n’a pas été prononcé. Il est important en Région Île-de-France : c’est la production d’eau potable. Une bonne partie de l’eau potable est produite à partir de la Marne, de la Seine, de l’Oise, et un peu de l’Essonne. C’est d’autant plus important d’avoir une eau de qualité et je rappellerai la capacité d’autoépuration des rives dans ce domaine-là. Les capacités d’amélioration, d’autoépuration du fleuve ne se conçoivent pas sans une hydro-morphologie de qualité qui constitue un point essentiel pour assurer la qualité de l’eau potable. C’est d’autant plus paradoxal qu’à l’aval de Paris, la réalimentation de la nappe est de plus en plus est pratiquée parce qu’il s’avère que l’eau de Seine devient progressivement de meilleure qualité que l’eau des plateaux, notamment en matière de nitrates et de pesticides. Pouvoir utiliser l’eau de Seine pour produire de l’eau potable devient un enjeu important. Nous aurions des carafes d’eau ici, ce serait cette eau de Seine que nous aurions bue cet après-midi.

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Sans rentrer dans les schémas classiques de définition du bon état écologique, nous voyons bien que ce schéma doit être pris à l’envers. Tout commence par le bon état physique. Comme je le dis très souvent, l’eau est de meilleure qualité dans un canal en béton, qui n’a jamais produit de biomasse, ni végétale, ni animale. D’où l’importance du bon état physique, de l’équilibre des faciès et là où il n’y a pas de qualité de berges, il n’y a bien sûr pas de biodiversité possible et envisageable. Un petit mot très rapide sur ce que l’Agence de l’eau a mis en place. Notre 9e programme est conçu dans l’application de la Directive cadre. Nous finançons la restauration et l’amélioration des milieux dans le sens de la récupération du bon état écologique et de la continuité écologique des masses d’eau. Cet outil essentiel est encore relativement peu utilisé. Pourtant, les taux de subvention sont assez attractifs dans ce domaine. Ce sont même les plus forts de ceux pratiqués par l’agence. Force est de constater que nous n’avons aucun souci pour avoir des dossiers de demande de financement pour la construction ou le réaménagement de stations d’épuration. Par contre, les dossiers concernant les renaturations de berges en vue d’accroître la biodiversité sont encore peu nombreux. Notre ligne budgétaire ne connaît pas la pénurie, donc précipitez-vous pour présenter des dossiers sur ce sujet.

Je vous présente l’exemple de Bonneuil parce qu’il est en milieu urbain. Il a permis de concilier la renaturation avec le développement d’une zone d’activités à vocation urbaine et portuaire, au droit d’un site doté d’un fort potentiel écologique. L’état initial du site était très dégradé. Un projet de renaturation a été imaginé. Une zone de hauts-fonds a été créée et tout un talus a été végétalisé. Ces lieux sont propices au nourrissage et à la reproduction d’un grand nombre d’espèces animales ou végétales. Nous retrouvons là un potentiel biologique important par rapport à l’état initial. Un petit mot du financement : ces aménagements coûtent toujours pas mal d’argent. Cependant dans ce cadre-là, même si ce sont des travaux d’envergure, l’agence a la capacité d’intervenir.

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Comme on traite aujourd’hui du thème de l’aménagement et de l’entretien des berges en milieu urbain, je souhaite attirer votre attention sur la façon dont on peut mettre en avant les éléments de construction de la biodiversité à partir de techniques lourdes. Vous voyez sur cette photo le battage de palplanches. Mais je vous rassure tout de suite : on plante quand même derrière le rideau pour arriver à faire un projet équilibré, et laisser, bien sûr, le libre passage aux poissons.

Une végétation aquatique se développe sur un système extrêmement résistant mécaniquement et compatible avec les usages portuaires.

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CADE OUR F e Le résultat, la deuxième année : l’aménagement prend un aspect extrêmement agréable bien que, dans le schéma initial, nous étions dans une structure extrêmement résistante.

Après quelques années de fonctionnement du site, tout un chacun peut constater que la biodiversité, ce n’est pas uniquement de la théorie, mais le résultat est au rendez-vous avec : • l’augmentation de la densité biologique des espèces présentes, • et surtout un rééquilibrage entre les espèces de poissons. D’où un patrimoine biologique plus équilibré.

En conclusion, je donnerai un peu la vision de l’Agence de l’eau. Sur ces élémentslà nous en sommes encore au début. J’ai bien conscience que les techniques de renaturation, les chantiers combinant à la fois les techniques de génie végétal et les techniques lourdes, ne font que de démarrer. Les projets que nous avons vus dans cette journée sont tous ambitieux et sont tous multi-usages. Cependant, ils ne vont peut-être encore tout à fait assez loin dans les berges et dans les premiers décimètres en dessous du niveau de l’eau pour parvenir à l’objectif fixé du retour au bon état écologique des masses d’eau, tel que le sollicite la Directive cadre. Il faut partager les usages et aussi, sans aucun doute, innover et expérimenter. Cela veut dire se tromper de temps en temps, cela signifie mettre en œuvre des aménagements ne fonctionnant pas du premier coup et devant être repris. Nous devons un peu changer notre vision des travaux, passer de conceptions de génies civilistes qui imaginent faire un travail stable pendant 30 ou 50 ans à des techniques demandant des reprises et de l’entretien régulier, tous les 2, 3 ans. Nous sommes appelés à modifier nos regards et nos pratiques d’entretien et, à ce titrelà, adapter nos financements. En ce qui concerne l’Agence de l’eau, nous devons expérimenter, et si jamais cela ne marche pas bien et qu’il faille reprendre un tiers du projet 3 ans après, il est nécessaire que nous renouvelions nos financements pour nous adapter à ces nouvelles conditions et au fonctionnement de la nature. Celle-ci reprend très vite ses droits. En fait, il faut souvent très peu de chose pour déclencher son retour et la biodiversité, il suffit surtout d’avoir envie d’essayer.

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Conclusion par Madame Odile Fourcade, Conseiller Général délégué au développement durable

Je voudrais, pour terminer, remercier toutes les personnes qui ont été présentes. Nous avons eu environ 200 personnes qui sont passées au cours de cette journée pour participer, écouter, poser des questions, s’interroger, présenter des actions, des réalisations. Je voudrais également remercier ceux qui ont organisé ce colloque. Je me tourne vers Nicolas Gendreau, Directeur de l’eau, qui mérite ces remerciements, avec son équipe car on ne réussit jamais les choses tout seul. Ce qui est important également c’est ce que vous avez déclaré, Monsieur Decroix, à la fin de votre intervention. Durant toute cette journée, nous avons vu qu’il fallait innover, partager ce qui était notre objectif et nous avons vu qu’il fallait expérimenter aussi. Je crois que c’est ce que nous allons retenir aujourd’hui. Mais vous avez été plus loin, et même extrêmement concret car il est tout à fait rare qu’un organisme dise qu’il n’est pas assez sollicité sur le plan financier. Je salue cet aspect des choses car, dans tout ce que nous avons vu aujourd’hui, il ne faut pas oublier que ces projets nécessitent beaucoup, beaucoup d’argent. Lors de l’approbation du Schéma d’aménagement des berges de Seine, nous avons inscrit, pour dix années, un montant de 130 millions d’euros. Sur l’aménagement de la trame verte de la Loire, je crois avoir entendu parler de 30 millions d’euros. Pour l’aménagement du port de Courbevoie, nous engageons un peu plus de 16 millions d’euros. Je pourrais additionner beaucoup de projets comme cela. Je crois que cet aspect des choses ne doit pas passer inaperçu. Aménager avec les principes que nous avons développés toute la journée, c’est quelque chose évidemment qui demande un certain nombre d’investissements. Nous avons aujourd’hui bien compris que ce qui était important, c’est de savoir concilier la vitalité économique, parce que nous en avons besoin, et la qualité de la vie. Dans qualité de la vie, je mets tous les aspects écologiques et les aspects d’insertion qui ont été présentés par les associations. Je crois que cette notion de partage des usages est tout à fait essentielle, et c’est ce qui nous pousse évidemment à une obligation de concertation. Nous sommes vraiment dans une obligation de réflexion en commun, dans une obligation de mutualisation et, encore une fois, une journée comme aujourd’hui nous montre combien il est important et utile de se rencontrer. Avec Nicolas Gendreau et Pierre-Alain Roche, nous voudrions que cette journée ne soit pas unique. Nous pensons que nous pourrions la renouveler dans un certain délai. J’y serais assez favorable pour que nous puissions voir quel est l’avancement de tout ce que nous avons vu aujourd’hui et peut-être découvrir d’autres aménagements. Nous avons entendu des aménagements sur Nantes, sur Orléans, sur Lyon, nous pouvons encore aller au-delà. Nous rencontrer et refaire, d’ici à deux ans, un état de l’avancement de toutes ces idées, de tous ces projets et de toutes ces ambitions pour l’avenir. Je vous remercie encore.

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Intervenants au colloque

M. Bernard ACCART

Ville de Courbevoie

Maire adjoint délégué à l’espace public et à l’environnement

M. Jean-Louis ACHART

Association “Au fil de l’eau”

Directeur

M. Bernard ALTHABEGOITY

Agence ALTHABEGOITYBAYLE

Directeur

M. André OLIVIER

Association Halage

Encadrant de chantier

M. Eric BACHOFFER

Conseil général

Responsable de l’exploitation du site de l’Île-de-Monsieur

Mme Marie-Anne BACOT

Port Automome de Paris

Directrice

Mme Fréderique DAVID

Conseil général

Chef de l’unité berges

M. Jean-Pierre DECROIX

AESN

Directeur de rivières de l’Ile-de-France

Mme Emmanuelle DURANDEAU

Port Automone de Paris

Directrice des investissements portuaires et de l’environnement

Mme Lolita ENSELME

Halage

Encadrante de chantier

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Intervenants au colloque

Mme Odile FOURCADE

Conseil général

Conseiller général en charge du développement durable

M. Yann FRADIN

Association Espaces

Directeur général

M. Yann GEINDREAU

Association Halage

Directeur

Mme Nathalie HASCOAT

Communauté d’agglomération orléanaise

Chef de projets

M. Daniel JANICOT

Agence pour la vallée de la culture

Président

Mme Lucie RIVAULT

2AD architecture

Architecte

M. Pierre-Alain ROCHE

Conseil général

Directeur général adjoint en charge du pôle aménagement du territoire

M. Annie TARDIVON

SAS In Situ

Présidente

M. Olivier TARDY

SAMOA

Ingénieur, chargé de travaux

M. Gaston THOMASBOURGNEUF

Direction inter-régionale Adjoint au Directeur du bassin de la Seine, Voies Navigables de France

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Conseil général 92 / PAT - MCA - SAG / Maquette : C. Aubert / Crédits photo : CG92 (…) / Mars 2010


Aménagements des berges