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student life

«Je pense que j’ai réinventé ma propre identité avec cet album»

personnel ou sur le plan artistique, je me pose pas mal de questions.

Voyage Voyage

Calling up Soweto

www.sioen.net

Texte Christophe Thienpont

GUIDO: Sioen. est plus jovial que les précédents, plus coloré. Pourtant, les thèmes abordés ne sont pas toujours joyeux! Sioen: C’est une excellente remarque. Je sais que même si je suis une personne plutôt joviale, une certaine mélancolie m’habite. En Afrique du Sud, j’ai découvert qu’elle pouvait s’accompagner d’un sourire, alors que chez nous, cette mélancolie est souvent synonyme de tristesse. GUIDO: Le projet Calling up Soweto a visiblement eu un impact sur ta vision de la musique… Sioen: C’est clair. Je suis allé huit fois à Soweto

et au total, j’y ai vécu pendant plus d’un an et demi. Une expérience comme celle-là te change en tant qu’homme et a un impact inévitable sur ta manière d’écrire. Cette expérience m’a permis de me libérer de mon piano, cela m’a également donné envie de faire bouger le public. Le piano reste mon instrument de prédilection. Mais sur ce nouvel album, je voulais le garder comme couleur plutôt que comme base. GUIDO: La pochette et l’artwork de l’album sont fort soignés. L’objet CD représente encore quelque chose d’important pour toi? Sioen: Je suis fort attaché à l’objet. J’ai une très grande collection de CD et j’en achète encore régulièrement. Je tenais à ce que les personnes qui ont acheté le disque puissent aimer les visuels, qu’ils aiment la musique comme l’objet.

Photos Dirk Leunis

GUIDO: Tu as beaucoup voyagé pour ce nouvel album… Ces voyages et ces rencontres, c’était une volonté ou une idée de la firme de disques? Sioen: A la suite du projet Calling Up Soweto, j’ai eu un peu de mal à me focaliser sur ce que je voulais raconter, à trouver un lien entre les morceaux que j’avais déjà écrits… J’avais le besoin de rencontrer d’autres musiciens, des arrangeurs, de confronter mes idées. J’en avais envie, c’était nécessaire pour moi afin d’avancer en tant qu’artiste. Et j’ai eu la chance de bosser avec de grosses pointures… J’ai travaillé avec de grands artistes en Suède et en Allemagne, Peter Kvint entre autres qui a bossé avec Britney Spears, Heather Nova ou Sheryl Crow. Avec un Texan à Berlin, un Anglais à Hambourg, … Pour ce nouvel album, j’ai composé plus de 60 titres, très divers, pour finalement n’en retenir que 13 après les avoir retravaillés avec eux. C’était la toute première fois que j’enregistrais la totalité des morceaux que j’avais créés. GUIDO: Il n’était pas possible pour toi d’obtenir le même résultat en enregistrant en Belgique? Sioen: Oui et non… Je ne pense pas. Je voulais sortir de chez moi, car c’est en travaillant avec

d’autres personnes que l’on trouve sa propre identité. C’est un peu comme un étudiant qui part à l’étranger, en Erasmus. C’est très certainement à l’étranger qu’il va le plus apprendre sur lui-même. GUIDO: Si l’album a été enregistré dans des lieux et avec des personnes différentes, cela ne s’entend absolument pas. Sioen: Oui, je souhaitais garder une cohérence. Je tenais à garder uniquement les morceaux qui me ressemblaient. Ainsi, j’ai enregistré certains titres qui étaient de belles réussites, mais que je n’ai pas retenus car ils ne me correspondaient pas. Je tenais à garder un fil rouge, une cohérence.

avril~mai 2012

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