Page 22

student life

sport

Evi Van Acker

Texte Sofie Van Rossom Photo Thom Touw

A l’âge de six ans, elle prenait pour la première fois la barre d’un voilier. Six années plus tard, elle était désignée l’une des meilleures de notre continent. Depuis, elle n’a jamais cessé de collectionner les médailles: championne d’Europe à trois reprises, plusieurs fois couronnée d’or lors des World Cup Events et l’année passée vice-championne du monde. Si elle a obtenu la huitième place aux derniers Jeux Olympiques, tout indique aujourd’hui qu’Evi Van Acker (une Belge de 26 ans) a toutes les chances de monter sur le podium cet été à Londres. Comment se prépare-t-elle à affronter ce nouveau défi? GUIDO a réussi à tirer Evi hors de l’eau pour une petite conversation au sec.

22

GUIDO: A quoi ressemble une journée normale pour toi, avec les Jeux Olympiques en vue? Evi: Je vais courir avant de prendre mon petitdéjeuner, ensuite je suis un entraînement physique, je dîne et alors commence mon entraînement à la voile. Je récupère en vélo. Si nécessaire, je planifie après le souper une deuxième séance d’entraînement - rameur, natation, musculation, coordination, prévention de blessure, etc. - et avant de me mettre au lit, je reçois un débriefing. Ce sont des journées assez chargées. (rires) Combiner cela avec mes études (ndlr: un Master en bio-ingénieu) n’est pas évident. Au plus les entraînements sont intensifs et au plus je suis loin de la maison, au plus difficile ça devient. Grâce à mon statut de sportive professionnelle, je peux espacer les examens, mais ce n’est pas si facile. Cette année, j’ai décidé de prendre pour la première fois une année sabbatique. GUIDO MAGAZINE | avril~mai 2012

GUIDO: Tu as déjà un diplôme de Bachelor en chimie. Evi: En effet, je l’ai eu en 2007 à l’Université d’Amsterdam. J’ai donc un contrat de sportive professionnelle, ce qui me permet de gagner de l’argent. Heureusement, car la voile ne permet pas de gagner sa vie. GUIDO: Tu participes souvent à des compétitions? Evi: Tous les quatre ans, il y a les Jeux Olympiques évidemment. A côté de cela, chaque année sont organisés un championnat du monde et d’Europe ainsi que les sept manches des World Cup Series. Naturellement, il y a également des plus petites compétitions, mais nous ne participons qu’aux plus intéressantes. Une compétition dure le plus souvent pendant six jours, avec deux courses par jour. En moyenne, nous sommes de quatre-vingt à cent participantes à nous inscrire et à collecter le moins de points possibles. La première se voit attribuer un point, la vingtième vingt points, et ainsi de suite. Le dernier jour, seules les dix meilleures participent et les points valent alors double. GUIDO: Ce sport est-il parfois difficile? Evi: S’il y a du vent et beaucoup de courant, ça peut devenir très difficile, mais nous avons un gilet de sauvetage et des sauveteurs peuvent nous aider en cas d’urgence. Je n’ai réellement paniqué qu’une seule fois, en Chine pour la préparation des Jeux Olympiques de 2008. Un épais brouillard est venu de nulle part, qui a rendu impossible la visibilité à plus de trois mètres. J’étais tellement désorientée

Championne de voile

que j’ai commencé à crier après mon coach, qui n’était heureusement pas loin. A l’aide d’un GPS, nous avons finalement pu rejoindre le port. Alors que plusieurs autres équipes se sont échouées plus loin sur la plage. En cas de tempête, ça peut aussi vite tourner à la catastrophe. Le plus important est alors de ne pas trop réfléchir et de continuer. Enfin, les conditions ne sont pas non plus toujours difficiles, il est parfois possible de profiter de la nature. En République Dominicaine, j’ai aperçu une baleine et une tortue géante, à Miami des dauphins et des lamantins et en Australie un requin blanc. GUIDO: Tu as terminé deuxième (derrière Kim Clijsters) à l’élection de la Sportive de l’Année. Une telle reconnaissance doit forcément réchauffer le cœur… Evi: Ma première pensée a été: «de nouveau deuxième». (rires) Je terminais une année remplie de ‘deuxièmes places’, ce qui n’est naturellement pas si mauvais, mais être la première est évidemment plus chouette. Malgré tout, je suis la première championne de voile à terminer à une telle place, j’en suis donc très fière. Je pense que j’aurais eu plus de chance de terminer numéro un si le vote avait eu lieu après les championnats du monde. Peut-être que la popularité plutôt basse de mon sport joue également. Obtenir une telle reconnaissance est chouette, mais ce n’est évidemment pas un but en soi.

«J’ai paniqué une seule fois: quand je me suis retrouvée en plein milieu d’un épais brouillard»

Guido Magazine N°62  

Miss Belgique: Laura Beyne, Dossier: pas une balle en poche? Nos bons plan pour lutter contre la crise! Interview: de premier kot-à-projet L...

Advertisement