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GUIDO: Le rêve de devenir acteur était donc déjà bien présent au début de votre carrière? Alan Delabie: J’ai nourri ce rêve pendant des années en enchainant compétition sur compétition. Pourtant, à un moment donné, j’ai réfléchi et me suis dit que ce n’est pas comme ça que je deviendrais acteur. J’ai ainsi commencé à me produire dans des festivals, des cafés-théâtres, des boites de nuit, … J’ai donc développé mon côté show man, mon côté scénique. Ce qui m’a permis de faire mes premières télévisions, notamment chez Delarue, et donc de me faire de la pub.

S’OUVRIR LES TRIPES GUIDO: Comment êtes-vous entré dans le milieu du cinéma? Alan Delabie: J’ai eu la chance de faire de la figuration, un peu par hasard. Avant de passer des castings et de décrocher des petits rôles dans des téléfilms. Ce qui m’a permis de m’extérioriser et de peaufiner mon côté acting. J’ai aussi participé au reality-show Master of the Art aux Etats-Unis où j’ai dû chanter, danser, faire l’acteur, … Je m’y suis complètement ouvert les tripes. GUIDO: Quand on voit votre parcours, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec Jean-Claude Van Damme… Alan Delabie: Pourtant, il n’était pas encore médiatisé que je nourrissais déjà les mêmes rêves que lui. C’est vrai que nos parcours sont assez similaires. J’étais un garçon chétif, j’avais des lunettes, mes parents étaient commerçants, j’étais très doué pour le dessin, comme lui. On partage pas mal de points communs. GUIDO: Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages, vous vous êtes attaqués à votre premier long, 8 Hours. Sans aucune expérience préalable.

Alan Delabie: Grâce à mes petits rôles dans différents films, j’ai eu la chance de connaître le milieu du cinéma et de voir les réalisateurs à l’œuvre, ce qui m’a beaucoup aidé quand je suis passé derrière la caméra. Comment le réalisateur dirige les acteurs, la façon dont on construit un script, etc. J’ai co-écrit le scénario de 8 Hours avec Gilles Nuytens. L’histoire d’un homme torturé à une chaise par un mari jaloux. On a réalisé ce film en dix jours. GUIDO: Bizarrement, il n’y aucune scène d’action ni de combat dans ce film… Alan Delabie: En effet, j’ai voulu vraiment travailler la psychologie des personnages et cette torture est plus mentale que physique. C’est un huis clos psychologique, cela ne demandait donc pas de karaté, de grand écart ni de coup de pied retourné. GUIDO: Réaliser un film demande un certain budget. Où avez-vous trouvé les fonds nécessaires? Alan Delabie: On a vidé toutes nos économies pour réaliser notre rêve, 10.000 euros, ce qui est un budget ridicule pour un film. On n’a eu aucun sponsor ni aide, on a tout fait nous-mêmes. Il a fallu payer les cameramen, les gars du son, la bouffe, certains lieux de tournage, … Même si 80% des personnes présentes étaient bénévoles. Pour si peu de moyens, je suis hyper content du résultat. Qu’il marche ou qu’il ne marche pas, je n’ai qu’une envie: que ce film existe.

MULTI-CASQUETTES GUIDO: Vous êtes coproducteur, scénariste, réalisateur, acteur. Est-il facile de jongler avec toutes ces différentes casquettes? Alan Delabie: Ce n’est pas évident et heureusement que Gilles était derrière moi pour gérer l’organisation du planning, écrire le scénario ou s’occuper du graphisme des affiches et du site du film.

GUIDO: Avez-vous parfois rencontré des moments d’abattement au cours de ce tournage? Alan Delabie: Enormément. On était surtout tenu par les horaires à respecter. On a également dû faire face à une erreur de casting qui devra être coupée au montage. On va devoir faire des découpages et jouer sur des flashbacks. GUIDO: Maintenant que le film est en boite, quel est votre plus grand souhait? Alan Delabie: On se battra pour que ce film sorte au cinéma, on va d’ailleurs l’envoyer à Cannes et le démarcher dans d’autres festivals. On espère ainsi le projeter sur grand écran et qu’un maximum de personnes puisse voir notre œuvre. Je vais retourner travailler aux EtatsUnis, je ne manquerai donc pas d’emmener notre bébé avec moi, il faut tenter sa chance. En plus, les Américains adorent les petites productions low budget de ce type. GUIDO: Est-ce facile de s’imposer dans le milieu du cinéma belge? Alan Delabie: Pas vraiment, mais j’ai vraiment la foi en mon film et j’espère qu’on me donnera cette chance de voir mon rêve se concrétiser. Il y a également une grande différence entre la Belgique et les Etats-Unis. Aux States, ils aiment les physiques, la «beau gosse attitude», avec des acteurs comme Brad Pitt tandis qu’ici, ce n’est pas du tout le cas. Le cinéma belge devrait oser un peu plus et surtout écouter ce que les jeunes ont à dire. Un mec comme Stromae qui a fait son petit truc chez lui et qui est maintenant connu, c’est au petit bonheur la chance, c’est quitte ou double. GUIDO: Qu’espérez-vous encore pour la suite? Alan Delabie: J’espère que le soutien des médias nous donnera une bonne visibilité et que notre film aura la même destinée que C’est arrivé près de chez vous qui était aussi un film low budget et qui a propulsé Benoît Poelvoorde sur le devant de la scène. François Damiens s’est également fait connaître avec ses caméras cachées avant d’arriver au cinéma. C’est un peu le Poelvoorde n°2. Par contre, il n’y a pas encore de Van Damme n°2 et je compte bien l’être!

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