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DANS LES TEMPLES

CHEZ LES PEUPLES DE L’ANTIQUITÉ suivies de

CONSIDÉRATIONS SUR LES RAPPORTS QUI PEUVENT EXISTER ENTRE LES GUÉRISONS QU’ON OBTENAIT DANS LES ANCIENS TEMPLES,' A L AI? teçDRS SONGES, ET LE

MAGNÉTISME ANIMAL, ET SUR L’ORIGINE

i>.

u.

p.

iVeS

HOPITAUX.

,

Médecin de l’hospice de l’Auliqnaille de Lyon

membre du conseil de Salubrité

,

de

la

de l’Aeadémie

Société de

,

,

médecine

et de

l.i

Société littéraire

de la même ville correspondant d’un grand nombre de Sociétés savantes nationales ,

et

étrangères.

M

PARIS. J.

-B BAILLIÈRE, LIBRAIRE, rue de l’Ecole-de-Médecine.


COURS ELEMENTAIRE

d’IIistoire

naturelle

des colleges et maisons d’éducation

ment au programme de 1840. 3

,

du 14 septembre

l’Université,

grand in-12 avec figures dans

vol.

comprenant

à l’usage

,

rédigé conformé-

texte

le

La Zoologie, par M. Milne-Edwards.

vol. in- 12. Paris,

1

1845.

6

La Botanique, par M. de Jussieu.

1

6

La Minéralogie

Géologie, par Beudant.

et

f.

Traité de l’histoire natu-

médicale des substances employées dans ;

f.

vol. in-12.

6

LASSAIGNE. —

cine des animaux domestiques taire

1

1843.

DELAFOND relle et

et la

f.

in-12. Paris,

vol.

1843.

Paris,

,

:

méde-

la

suivi d’un Traité

élémen-

de pharmacie vétérinaire, théorique et pratique.

1 vol. in-S.

DUPASQUIEIi.

8

1841.

Paris,

Histoire

f.

chimique, médicale et topo-

graphique de l’eau minérale sulfureuse et de l’établissement

thermal d’Allevard.

DESSAIX.

De

tionnelle, et de la

la

1 vol. in-8. Paris et

Lyon, 1841.

Médecine conjecturale,

médecine

7

soi-disant ra-

positive. 1 vol. in-8. Paris et

3

Lyon, 1843.

GUENON. la

— Traité des Vaches

laitières,

pour connaître,

simple inspection de l’animal, quelle quantité de

une vache peut donner par jour. Deuxième

LECOQ.

Traité de l’extérieur du cheval

principaux animaux domestiques. 1

vol.

Ouvrage adopté par France.

les

trois

écoles

à

lait

10 et ,

f.

des

in-8 avec plan-

9

ches. Paris et Lyon, 1843.

f.

édition. 1 vol.

in-8 avec planches. Paris et Lyon, 1843.

F.

f.

*•

vétérinaires de


RECHERCHES HISTORIQUES SUR

L’EXERCICE DE LA MÉDECINE DANS LES TEMPLES, CHEZ LES PEUPLES DE L'ANTIQUITÉ.


LYON.

—

Imprimerie de Dumoulin, llonet

et Sibuet.


,

42

<

A *

RECHERCHES HISTORIQUES sim

L'EXEUCICE UE LA MÉDECINE DANS LES TEMPLES,

CHEZ LES PEUPLES DE L’ANTIQUITÉ, SUIVIES DE

CONSIDERATIONS SCR

LES RAPPORTS QUI PEUVENT EXISTER ENTRE LES GUÉRISONS Qu’oN OBTENAIT DANS LES ANCIENS TEMPLES, A‘ l’aIDE DES SONCES, ET LE MAGNÉTISME ANIMAL, ET SUR l’oRIGINE DES HÔPITAUX; par

p. Sluflugte Qmiutl)ifr,

£.

D. M. P., Médecin

du Conseil de

tir

salubrité

correspondant

l’hospice de l’Antiquaille de ,

de

la

d’un grand

Lyon

nombre de

Sociétés

membre de l'Académie

,

Société de médecine et de

la

Société littéraire de

savantes nationales

cl

la

,

même

étrangères.

PARIS, J.-B.

BAILLIÈRE

,

LIBRAIRE,

rae de l’ÉcoIc-de-Médecine.

LYON CIL SAVY JEUNE, LIBRAIRE-ÉDITEUR, quai des Célestins

1844

,

48.

ville,


é


MONSIEUR MENOUX, CONSEILLER A LA COOR ROYALE DE LYON, $E|jc»alicr

Membre du

ïie

la ^Tcfltoit-ïi’^annfur.

Conseil municipal, et de l’Académie royale

des sciences

,

arts et belles-lettres

de Lyon.

^etnaÿcnay-c de iedfiec/acajc c/evauc??un/ e/ c/e ieca

naddci n ce. Ij.-P.-A.

gauthier,


AYANT PROPOS. -

composé,

J’avais

années

une

,

y a plusieurs

il

dissertation

intitulée

Recherches historiques sur

de la Médecine

et

sur

des maladiesy opérées d' Esculape

dans

les

par

les

l'origine

guérisons les

(1)

prêtres

temples de ce

dieu y et je l’avais offerte, en crit,

manus-

à quelques Sociétés savantes

La

tation a

:

(I).

plus grande partie de cette Disserété

V Académie

imprimée dans

des sciences , arts

Dijon, année 1836, p

les et

53-63.

Mémoires de

belles-lettres

de


,

(

vii

i

)

Ayant lu divers ouvrages publiés ré-

cemment que

les

dans lesquels on prétend

,

prêtres des

temples

guéris-

saient leurs malades à l’aide

du ma-

gnétisme

du somnambulisme,

et

fait

de nouvelles études sur

que

j’avais traité

multiplié

venir à connaître

la

vérité

bulisme magnétique ne

moyens que

Le

le

et

,

j’ai

somnam-

faisait

point

les prêtres

anciens temples mettaient

dans

j’ai

afin de par-

acquis la conviction que le

partie des

sujet

le

précédemment;

mes recherches

j’ai

des

en usage

traitement des maladies.

travail

que

je

publie

aujour-

d’hui diffère entièrement de la Dissertation

que

cédemment

;

j’avais soit

composée pré-

par son étendue


par

soit

considérations que j’y ai

les

ajoutées sur les rapports qui existent

entre les guérisons obtenues dans les

temples

,

des songes

à l’aide

magnétisme animal

le

sur l’origine

et

,

et

,

des hôpitaux. J’ai

les

entrepris de traiter

plus

obscurs

un des points

de l’histoire de

médecine, sur lequel je ne

mule pas combien

il

me

la

dissi-

est difficile

de

répandre quelques lumières. Nous n’avons pour nous guider que des docu-

ments très-incomplets

et

autorité douteuse. Ces

documents sont

épars

dans

cherché à

les

les

souvent d’une

anciens auteurs;

j’ai

réunir et à les discuter

dans cet écrit qui contient un résumé

de ce qu’ils offrent de moins incertain.


En voulant démontrer que tres des anciens

pas

leurs

temples ne mettaient

malades dans un

somnambulisme,

mêmes

les prê-

état

de

et n’étaient pas eux-

des somnambules,

mon

inten-

tion n’est point de prendre part à la lutte

qui

s’est

engagée au sujet du

magnétisme animal , depuis plus d’un

demi -siècle,

qui est loin encore

et

d’être terminée. Je soutiens seulement

que

mal et

les partisans

interprété

mon

du magnétisme ont

les

unique but

tels qu’ils

faits

est

de

historiques, les

exposer

sont réellement, sans cher-

cher à les faire servir à

d’un système.

la

défense


RECHERCHES HISTORIQUES SDR

L’EXERCICE DE LA MÉDECINE DANS LES TEMPLES, CHEZ LES PEUPLES DE

L’ ANTIQUITÉ.

CHAPITRE PREMIER. Recherches sur l’origine de tique et populaire les prêtres, les

peuples

dans les

Médecine elle paraît temps purement domes-

la

avoir été dans les premiers ;

ensuite elle a élé exercée par

les

temples de leurs dieux, chez

plus anciens.

L’histoire des premiers

médecine

;

est aussi

temps de

obscure cjue l’histoire

des premiers peuples; les seuls

que nous possédions pour les

la

documents

les

époques

plus reculées, sont quelques passages

de poètes, d’historiens ou de philosophes 1


2 bien postérieurs aux événements dont parlent, et qui ont souvent plus

dans

altéré la vérité, soit à leurs lecteurs

par des

le

ils

ou moins

but de plaire

récits agréables,

parce qu’ils ont eux-mêmes été in-

soit

duits en erreur par des traditions

men-

songères.

Les peuples de l’antiquité ont presque tous eu l’usage d’attribuer à leurs dieux l’invention

des sciences, des arts et de

toutes les choses utiles. la

découverte de

ainsi

C’est

médecine a

la

été

que par

eux attribuée à Apollon, à Diane, à Minerve, à Mercure, à

Isis,

à Osiris, à Es-

culape. Cela vient probablement, soit de ce que

trouvé

les

premiers

hommes

des soulagements aux

qui

ont

maux de

leurs semblables ont été ensuite déifiés

de ce que

par reconnaissance

;

premiers rois

héros qui ont ensuite

été

et les

soit

les

mis au rang des dieux, se sont fait un

honneur d’exercer nous

le

la

voyons chez

médecine, les rois

comme

d’Égypte

;


3

de ce que

soit enfin

ayant perdu

le

les

souvenir

desquels

bienfaisants

anciens peuples, des

hommes leurs

tenaient

ils

ont

premières connaissances médicales,

mieux aimé en

faire

nités qu’ils adoraient,

honneur aux

divi-

que d’avouer leur

ignorance.

Cet usage qu’ont eu tiquité d’attribuer

de

les

peuples de l’an-

aux dieux l'invention

médecine, a dû être une des prin-

la

cipales causes qui ont porté les

prêtres

de ces divinités à s’arroger l’exercice de l’art

de guérir dans leurs temples.

Il

faut

y joindre la croyance qu’avaient les anciens,

que

colère

du

maladies venaient de

les

ciel

:

la

quoi de plus naturel que

de demander du soulagement à ceux que l’on

nous avoir envoyé des maux

croit

en punition de nos fautes!

Cependant les

Grecs

la

il

ne paraît pas que chez

médecine

ait été

nière exclusive entre les tres,

dans

les

d’une ma-

mains des prê-

temps qui ont précédé

la


U g lierre

de

Troie;

point alors un état a part cée pai tout

le

ne

elle

monde

;

elle était exer-

et

purement do-

mestique. La vue du premier fut

formait

homme

qui

malade dut nécessairement inspirer à

ceux qui

1

entouraient l’idée de trouver

un remède

à ses douleurs.

plusieurs tentatives plus sières.

réussi,

de

fit

ou moins

Quand quelques on en conservait

On unes

-

gros-

avaient

mémoire;

la

et

ceux qui connurent, par expérience ou par tradition, le plus grand nombre de ces pratiques réputées salutaires, furent les raît

premiers médecins. Ainsi donc que, chez

le

plus grand

peuples de l’antiquité, d’être sacerdotale, a

Cependant ceux dont dans ces exercé

siècles

l’art

la

il

pa-

nombre des

médecine, avant être domestique. est fait

reculés,

mention

comme

ayant

de guérir, étaient des

des héros, des prêtres, devins, en

il

des poètes,

rois,

des

un mot, des hommes d’une

grande distinction, qui pensaient, sans


doute, n’avoir pas de se mettre au-dessus

que

de

les

moyen

plus sur de

de leurs semblables,

soulager

dans

souf-

leurs

frances.

Maxime deTyr

attribue l’origine de la

médecine à l’usage qu’avaient plusieurs peuples de l’antiquité d’exposer leurs malades dans les places publiques les

ou dans

passages les plus fréquentés, afin d'in-

terroger les passants qui s’arrêtaient près

d’eux et de leur demander ce qu’ils avaient

ou vu

fait

semblables

(1)

Nous

dans des circonstances

faire (i).

On

peut

allons rapporter

faire

remonter

textuellement

Maxime de Tyr ci ce sujet DisserXL). « Voici comment on rapporte que

passage de tation « la «

!e

(

médecine a

été jadis inventée

:

Les parents

des malades allaient les déposer dans les rues

« et les

passages les plus fréquentés; les pas-

«

sants s’approchaient, faisaient des questions

«

sur la maladie, et,

« atteints

du

même

selon qn’ils avaient été

mal, et avaient été guéris

«en prenant quelque chose, ou en

faisant.


6 1

origine de la médecine clinique à cette

coutume, qui a Ires-anciens les

les

existé

chez des peuples

mais principalement chez Babyloniens, les Grecs, les Espagnols, Écossais

,

comme

(i),

dote, Strabon

(

2 ),

l’attestent

Plutarque

«

quelque amputation, ou par

«

cun

indiquait le

« L’identité « l’identité

la

mémoire

une courte habitude de l’ensemble

«

de ce résultat fut

tiens.

avait réussi.

des médicaments qui avaient eu du

succès, et

A

remède qui

Sozo-

diète, cha-

la

des maladies fixa dans

«

(1)

(3),

Héro-

la

mère de

la science. »

ces peuples Slrabon ajoute les Égyp-

Sprengel prétend que cela

guère

n’est

vraisemblable, et que la médecine a été exclu-

sivement sacerdotale en Égypte dès pense donc

les

temps

y a probablement une erreur dans le texte de Strales plus reculés. Il

qu’il

bon, et qu’au lieu des Égyptiens, Aiyjn-101 faut lire les Assyriens,

,

il

Aaaupioi.

(2)

Géograph .,

(3)

Plutarque parle de cet usage dans son

opuscule qui faille

1.

XYI,

p. 1082, et

est intitulé

mener une

vie cacher ,

:

1. III,

S’il est

chap

2.

p. 234.

vrai

qu’il


7

mène et

(

1

Servius (a), Isidore de Séville

),

quelques autres. Les Babyloniens en

même

avaient

d’Hérodote

On

une

fait

loi,

(3).

a prétendu, d'après quelques

sages de Platon, de Celse, la

au rapport

pas-

de Pline, que

chirurgie était plus ancienne que

médecine.

Malgré

autorités

ces

,

la

cette

opinion n’a rien de certain. Les moyens de guérison, dans ces premiers temps, consistaient principalement dans la con-

dans des

naissance de quelques plantes,

amulettes ou des pratiques superstitieuses, et

il

est

probable qu’on dut appli-

quer d’aboi d ces moyens à tous qui se présentèrent des plaies

mère,

il

soit qu’ils

,

maux

fussent

ou des maladies internes. Hoest vrai,

des connaissances

ne parle presque que chirurgicales des

(1) IJistor. ecclesiastic., (2)

les

Servius ad Virgilii

(3j Histor.

lib.

1, c.

1

.

fils

2, c. 7.

Æneid. 197.

1.

XII, v. 395.


8

d’Esculape, Podalyre et Machaon, et ne

qu’on

dit pas

qui

peste

pendant

les

ravagea

le

ros, n’a

camp

le

de Troie

siège

mère, décrivant

consultés dans la

ait

les

;

qu’ils recevaient.

mais Ho-

combats de

dû s’occuper que Son

Grecs

des

ses hé-

des blessures

silence

ne prouve

point qu’on n’ait pas consulté Podalyre et

Machaon dans

la peste,

vu

qu’il parle

de celte maladie en très-peu de mots. D’ailleurs

,

le

poète Arctinus de Milet,

qui vivait peu de temps après Homère, dit positivement

que Machaon s’occupait

principalement de lyre de la

(l)

la chirurgie,

médecine

(1).

Quoi

Poda-

et

qu’il en

Ce passage d’Àrctinus de Milet nous a été

conservé par Eustalhe, dans son Commentaire sur le XI P livre de X Iliade.

ner

la

ont été

traduction avec

Nous

allons en don-

corrections qui y faites par le professeur Welcker de

Bonn, dans un Mémoire

les

qu’il

a publié sur les

premiers témoignages de l’origine de cine interne chez les Grecs.

(

Hecker

la ,

méde-

Liltera-


0

deux

ces

soit,

fils

d’Esculape suivirent

plutôt l’armée des Grecs

comme

guer-

Annalen der Gesammten Heillcunde , t. 22, 26.) « Esculape avait enseignéà ses deux fils

rische p.

science de tout ce qui regarde les mala« dies ; mais il avait rendu l’un plus habile « la

«

que

« la

l’autre. Il avait

main

très-adroite

appris à

Machaon à avoir

pour retirer du corps

des incisions et

faire

les

guérir les

«

javelots

,

«

plaies;

il

«

très-exactes pour reconnaître ce qui échap-

«

pait à la

«

râbles. Ainsi Podalyre

« la

avait

vue

donné à Podalyre des notions

et

pour guérir

les

reconnut

maux le

incu-

premier

fureur d’Ajax à l’aspect de ses yeux élin-

«

celants et de l’indignation

«

âme.

»

qui agitait son

Ce passage, qui se compose de huit

vers hexamèLres, et qui est d’un auteur qui écrivait

peu de temps après Homère,

plus important que ce qu’ont Pline et

même

chirurgie.

Il

que

bien

dire Celse,

Platon, sur l’ancienneté de la

prouve au moins qu’à l’époque où

vivait Arclinus, tic, et

pu

est

on s’occupait déjà de diagnos-

l’on distinguait la

médecine de

chirurgie. Enfin, la guérison des

filles

tus, roi d’Argos, atteintes d’aliénation

la

de Prœ-

mentale,


40

comme

que

fiers

médecins

(i)

mais

;

ayant acquis des connaissances spéciales sur

pansement des

le

ment des maladies,

ils

donner des secours

plaies et le traites’en servirent

à leurs

pour

compagnons

d’armes.

à l’aide de l’ellébore et des formules magiques,

par plusieurs anciens auteurs au

attribuée

devin Mélampe, est bien aussi une cure mé-

dicale.

(1) Ce

ne

fut

que beaucoup plus

tard, chez

que des médecins non combattants suivirent les armées. Une loi de Lycurgue,

les Grecs,

citée

par Xénophon (de Repablicâ Lacedem.,

13) ordonne que des médecins suivent les armées lacédémoniennes, et qu’ils aient leur c.

place parmi ceux qui ne combattaient pas.

M. Hecker ( Hist

.

de la médecine ,

t. 2,

p. 242)

pense que ces médecins ne pouvaient être que des prêtres des temples. Schulz (Historia médicinal , p. 145), et

M. Littré (traduction d’Hip-

pocrate, p. 6) émettent la

9

même

opinion.


11

CHAPITRE Esculape adoré en Grèce À. quelle

époque on

commencé

la

la

médecine.

à lui bâlir des

médecine combien ces tem;

Asclépions,

ples, qu’on appelait

Quoiqu’avant

comme Dieu de

a

temples et à y exercer

II.

le siège

nombreux.

étaient

de Troie

la

mé-

decine n’ait pas été chez les Grecs d’une

manière exclusive entre prêtres,

il

les

paraît cependant

mains des

que

les

Cu-

râtes et les Cabires,

qui furent

anciens prêtres de

Grèce, s’occupèrent

la

déjà de l’art de guérir (i). Mais

Grecs eurent lape

commencé

comme dieu

de

la

les

plus

quand

les

à adorer Escu-

médecine, et à

lui

ériger des temples, ses prêtres ne tardèrent

pas à devenir les seuls médecins. M. Lit-

(1)

Sprengel, Hist. de la médecine ,

t. I,

c4.


12 Iré

(i)

pense qu’Esculape

médecine,

est

venu,

dieux de l’Olympe grec

Un

l’Orient.

,

dieu

comme ,

de

la

tous les

des régions de

savant médecin allemand,

M. Rosenbaum, soutient

aussi

que

c’est

de l’Orient qu’est venue aux Grecs

l’idée

d’adorer un dieu de la médecine

2)

se

(

;

il

fonde sur ce qu’Homère ne regarde

Esculape que

comme un homme,

et sur

ce que les sacrifices, les formules magi-

ques et

traitait les

noncent

songes à l’aide desquels on

les

malades dans

les

gaigne (3)

les

temples, an-

coutumes de l’Orient.

est tenté

de croire que

Al.

les

Mal-

Grecs

ayant emprunté, soit aux Egyptiens, soit jL

(1) Traduct. des

(2)

œuvres d’Hippocrate^

M. Rosembaum a émis

une analyse de

l’Histoire

1. 1,

p. 6.

cette opinion clans

de la médecine , du

docteur Isensée, qui a été insérée dans la Gacette médico-cliirurgicale

de Salzbourg, tom.

1,

1841, p. 155. (3) Lettres sur l’Histoire de la chirurgie , insé-

rées dans la Gazette des hôpitaux , en 1842. Ces


13 aux Phéniciens, un dieu médecin du d’Esculape,

le

de Podalyre

confondirent avec

et

de Machaon

(

le

nom père

i).

Les auteurs anciens ne sont pas d’ac-

commencé

cord sur l’époque où l’on a

à

comme un

adorer, en Grèce, Esculape

dieu, et à lui bâtir des temples. Apollo-

dore d’Athènes,

lettres,

cité

par saint Clément

de M. Malgaigne, contiennent plusieurs

idées ingénieuses. (1) Schulz

également

(

Historia medicinœ

d’avis

niciens ont adoré

temps avant dit

qu’en

que

les

visitant

p.

Égyptiens et

un dieu de

les Grecs.

,

116) est les Phé-

médecine long-

la

Pausanias

(lib. 7, c.

23

un temple d’Esculape

,

)

il

trouva un habitant de Sidon qui lui dit que les

Phéniciens connaissaient beaucoup mieux que les

Grecs les choses divines; qu’ils regardaient

Esculape

hommes

comme et

l’air

qui donne

aux animaux,

et

la

santé aux lui

qu’ils

don-

naient pour père Apollon ou le soleil qui, par sa

marche, règle

brité de

les saisons et

cause

l’air.

2

la salu-


d’Alexandrie

(1),

prétend que ce

quante-trois ans avant

fut cin-

de Troie.

la prise

Pausanias (2) fait mention d’un temple d Esculape, a Amyclée, qui aurait été

consacre par Hercule, en reconnaissance

de

ce qu’Esculape

douleur à ces

Cependant, malgré

la cuisse.

autorités,

il

d’une

guéri

l’avait

paraît

certain

que

le

culte d’Esculape n’a point existé anté-

rieurement au siège n’en

parle

nulle

part

decin, et Hésiode n’en

dans

sa

Podalyre

ne regarde

il ;

comme un

Esculape que

bâtir

fit.

,

pas mention

fait

selon

d’Esculape,

,

un

temple

son

aïeul.

,

le

gnage de Pausanias, à Titane, Péloponèse

mé-

excellent

Théogonie. Alexanor ,

Homère

de Troie.

fils

de

témoiville

du

en l’honneur Dujardin

(3)

,

(1) Stromal ., lib. l,e. 21. (2)

Grœciœ

description lib. 3, c. 19.

(3 ) Histoire de

118.

la

chirurgien

tome 1, page


;

15

Sprengel

M. Hecker

et

(i)

que ce temple, qui 50 ans après

(

2)

fut construit

la prise

pensent

environ

de Troie, fut

pre-

le

mier où un culte divin fut rendu au dieu de la médecine.

M. Malgaigne d’Esculape

est

moderne,

et

Thorlacius

(ù),

(3) est d’avis

que

le culte

d’une époque encore plus

un savant Danois, Birger va jusqu’à prétendre qu’il

ne date que du 5 e siècle avant Jésus-Christ.

La raison

en donne

qu’il

est

que Pindare,

dans sa 3 e Pylliique, ne parle d’Esculape

que

comme

d’un héros

non comme

et

d’un Dieu; mais Thorlacius

(1) Histoire

de

M. Jourdan, tom. (V) Gcschichte t. 1,

la

médecine

1, p.

11

’a

pas

traduite

,

fait

par

132.

der Heilkunde

Berlin

,

1822,

p. 55.

(3) Lettres

sur l’histoire de la chirurgie , insé-

rées dans la Gazette des hôpitaux. (4) Prolusiones et

philologici.

118.

opuscula argumenti

Copenhague, 1806, Ionie

maxime I,

page


16 attention qu’Hipys de Reggio (i}, écri-

vain contemporain de Pindare,

men-

fait

tion de l’exercice de la

médecine dans

temple d’Épidaure;

quoique

et,

le

l’histoire

d’une guérison miraculeuse d’une femme qui avait

le ver solitaire,

qu’il attribue à

Esculape, ne soit qu’un conte absurde et ridicule, cela ne

prouve pas moins qu’à

l’époque où vivait Iiipys de Pieggio,

temple d’Épidaure culape y

(1) Cité

était

le

existait déjà, et qu’Es-

adoré

comme un

dieu (2).

par Elien (Hislor. animalium

,

1.

IX,

c. 33).

(2) Yoici celte guérison miraculeuse, telle

que

la

rapporte Hipys de Reggio,

«

Une femme

«

médecins

« la

les

cité

par Elien

:

était atteinte d’un lœnia, et les

plus habiles avaient renoncé

guérir; elle s’en alla à Epidaure et pria les

«

dieux de lui donner sa guérison. Esculape était

«

alors absent. Les gardiens

du temple

«

coucher celte femme dans

le lieu

«

avait

«

Eux, voulant remplacer Esculape, lui cou-

coutume d’opérer

ses cures

;

firent

le

dieu

elle obéit.


17 Quelle que soit l’époque à laquelle on ait bâti le

premier temple à Esculape,

certain

est

«

pèrent

«

main dans

« était

«

la tête, et

d’eux introduisant sa

l’un

en relira

le ventre,

le

ver qui

d’une grandeur extraordinaire. Us vou-

ne purent en venir à bout. Le dieu arriva

sur ces entrefaites;

renvoya

n’élève

la

femme en

blâma l’imprudence de parfaite santé.

aucun doute sur

bien plus,

fait;

la

il

ministres, remit la tête sur le tronc, et

« ses «

que ces temples devinrent

lurent ensuite remettre la tête en place, mais

« ils

«

il

Elien

»

l'authenticité de

en prend occasion de vanter

il

bienfaisance

et

la

puissance

d’Esculape.

Celle histoire, toute absurde qu’elle est, est

pas moins le plus ancien

existe sur la

ce

n’en

document qui

médecine des Asclépiades,

et l’on

n’y a pas fait l’attention qu’elle méritait. Ilipys

de Reggio, qui la rapporte, vivait, suivant Suidas,

au temps de

Darius et Xercès;

la il

guerre des Perses, sous était

antérieur à Hippocrate.

époque

celle

les

par conséquent bien

On

voit par là qu’à

Asclépiades cherchaient déjà

à inspirer aux peuples de la confiance en leur

dieu

,

en

lui attribuant

de faux miracles.

Il


bientôt très-nombreux dans la Grèce leur donnait le nom d Asclépion; '

en avait dans presque toutes

les

on

;

il

y

villes.

Scliulz (i) en fait

ce

compte 63 dont Pausanias mention, et il ne comprend pas dans

nombre quinze temples

dédiés aux divi-

nités médicales égyptiennes,

fut

le culte

en Grèce.

fut introduit plus tard

probable que ce

dont

11

est

peu de temps après

fondai ion de ces temples, que

la

les prêtres

qui se disaient ses descen-

d’Esculape,

dants, et qu’on appelait les Asclépiades ( 2 ), paraît en outre qu’il y avait alors en Grèce des médecins autres que les Asclépiades ; élaient-ce

des philosophes ou bien des prêtres apparte-

nant à des temples autres que celui d’Epidaure? (1) Historia

medicinœ, p.

(2) Plusieurs

rent

le

nom

J

15.

médecins grecs ou romains

pri-

d’Asclépiade en l’honneur de ces

anciens prêtres. Chr. Fred. Harles a composé

une savante

dissertation à ce sujet

veleribus Asclépiades

cliclis.

(

Ue

Bonne, 1828,

meclicis

in-4°

).

Plusieurs de ces médecins vécurent au temps

des empereurs romains.


19 à y exercer la médecine,

commencèrent le voile

sous

de

du mys-

la superstition et

Les malades y accouraient de toute part, et pendant leur séjour on mettait tère.

en usage différents traitements

re-

les

;

mèdes

étaient le plus souvent conseillés

par

dieu lui-même, qui apparaissait en

le

songe au malade. Cet exercice de la médecine dans

les

temples d’Esculape peut se partager en

deux époques. Dans

première,

la

qui

s’étend jusqu’à Hippocrate, les Asclépiades,

quoiqu’employant des remèdes

le

plus souvent superstitieux, ont rendu des

que quel-

services à la science par le goût

ques-uns d’entre eux ont montré pour l’observation. ces faire

On

doit convenir

temps de barbarie plus

de progrès

d’une corporation clépiades, et

que

populaire.

une époque

Il

médecine pût

la

entre

comme

si elle

que dans

les

celle

mains

des As-

eut été domestique

n’est pas

aussi reculée,

probable qu’à

les

arts et


20 les sciences étaient il

eut

pu

encore dans l’enfance,

surgir tout-à-coup

de génie qui

ait

élevé

rang de science. Dans

la

la

un

homme

médecine au

seconde époque,

qui s’étend depuis Hippocrate jusqu’à l’établissement

du christianisme,

la

mé-

decine des temples dégénéra peu à peu, et

ne

fut le plus

souvent qu’une jongle-

rie grossière. L’exercice

de

l’art

de guérir

ayant été pendant plusieurs siècles l’apa-

nage presque exclusif des prêtres, ce sujet mérite de fixer l’attention du médecin,

du philosophe

et

de l’historien. La mé-

decine fut encore pratiquée, soit en Grèce, soit

chez divers anciens peuples,

d’autres temples

dans

que ceux d’Esculape

mais

comme

tails

sur ces derniers, nous

;

nous possédons plus de dé-

commence-

rons par en parler (i); nous examinerons

(3)

A

cause du peu de documents que nous

possédons, nous serons quelquefois obligés de

rapporter quelques-uns des usages qui sont


21

quels étaient les traitements employés et les

moyens

accessoires

qui

contribuer à leur réussite. ensuite quelques

truction

pouvaient

Nous dirons

mots du degré

que pouvaient avoir

les

d’ins-

prêtres

médecins.

donnés

comme

appartenant à

la

pratique des

autres temples, parce qu’il est assez probable qu’ils les

devaient être à peu près

Asclépions.

les

mêmes dans


22

CHAPITRE

III.

Principaux temples d'Esculape

ment

les prêtres, la

mettaient

les

qu'on appelait

les

malades avant de

présence du dieu sacrifices,

:

Com-

leur situation.

Asclépiades, y

médecine. Pratiques auxquelles

exerçaient

tions,

;

sou-

ils

admettre en

les

diète, purification, bains, fric-

prières,

dans

nuits passées

les

temples, incubation. Songes que l’on recevait dans le

temple, et que l’on croyait envoyés par

le

dieu.

Scène du Plutus d’Aristophane. Serpents consacrés à Esculape. Offrandes, inscriptions et tables votives.

Les temples d’Esculape, dont

cipaux étaient ceux de Titane

daure

(1)

(2),

Fréret

,

de Per-

Mémoires de l’Académie des

criptions , tom. 21, p. 27

de Titane,

prin-

(i), d’Épi-

de Cos, de Cnide

(

les

le plus

)

pense que

le

ins-

temple

ancien de ceux construits en

l’honneur d’Esculape, n’était peut-être origi-

nairement qu’un tombeau. (2)

On

croyait qu’Esculape était né à Epi-


23

game

de Tricca, de Tilliorée et d’E-

(i),

gée (2), étaient, pour

la plupart,

dans des lieux très-salubres bles,

situés

et très-agréa-

entourés de bocages et de jardins

daure; tout

le

pays qui environnait cette ville

lui était consacré.

que son

d’Épidaure

C’est

culte a été transporté dans la Cyrénaique, dans l’île

de Crète et dans toute

la

Grèce (Pausanias,

lib. 2, c. 26).

(1)

Le

culte d’Esculape fut apporté d’Épi-

daure à Pergame par Arcliias,

mus, qui avait été guéri par

le

fils

d’Aristech-

dieu de la

mé-

decine d’une blessure faite à lâchasse. (Pausanias, lib. 2,

c.

26

).

Fréret

démie des inscriptions , le

t.

(

Mémoires

21, p.

île

V Aca-

32) pense que

temple d’Esculape n’y a été construit que

postérieurement à l’établissement du royaume de Pergame, qui a J. C. C'est

a passé à

commencé en

l’an

283 avant

de Pergame que le culte d’Esculape

Smyrne.

Le temple d’Égée, en Cilicie, ne devint célèbre qu’à une époque moderne. Apollonius de Thyane y séjourna quelque temps pendant (2)

sa jeunesse et

;

il

y

fut initié

au culte d’Esculape,

y reçut des prêtres de ce temple des leçons


24

enchanteurs

(i).

Quelques-uns étaient

tués sur de hautes

montagnes

(2)

si-

on

;

avait souvent eu soin de les construire

dans des endroits où d eaux minérales. le

y avait des sources

il

On

voit de suite

que

séjour que faisaient les malades dans

ces lieux agréables, l’air

piraient

changement de

le

,

de leurs habitudes éprouvaient

beaucoup Mais

pur

,

qu’ils

y resrégime et

la dissipation qu’ils

,

devaient

contribuer pour

à leur guérison.

la partie essentielle

du traitement

consistait dans le séjour qu’ils faisaient

dans et

dans il

le

temple, où

le

dieu leur apparaissait en songe,

l’art

de tromper

guérit aussi des

ils

les

passaient la nuit

hommes.

malades dans

Plus tard, le

temple

d’Esculape, à Pergame. (Philostrate, Fie d’Apollonius , liv. IV, c. 11.) (1)

M. Littré (traduction des œuvres d’Hip-

pocrate,

t. I,

p. 10)

prétend qu’un bois sacré

entourait toujours les Asclépions. (2)

Plutarque, Questions romaines ,

c.

94.


25 que dans diverses pratiques aux-

ainsi

quelles les prêtres les soumettaient avant

Ce séjour dans

cette apparition.

ple était appelé par les Grecs

par

et

dormir dans

le

(

1

l

),

là les

coucher,

temple de Jupiter

encore cette phrase du

tem-

ey>toüp.r ci;,

Romains, incubatio. De

les

mots de Plaute, incubare Jovi

le

(

même

2 ).

De

poète

:

Hic leno œgrotus incubât in Æsculapii fano

(3).

Avant d’admettre

les

malades en pré-

sence du dieu, les prêtres avaient l’adresse

de la

les

soumettre à diverses pratiques dont

plupart étaient propres à

(1) Plaut., in

(2) 1.

Curculione , act.

On peut voir

7, v.

leur exalter

2, sc. 2.

sur ce sujet Virgile (Æneid.,

85-92). Servius, dans son

sur ce passage, définit ainsi le

commentaire

mot

inctjb.yre

:

Incubare dicuntur hi qui dormiunt ad accipienda responsa. Terlullien

(De anima,

ceux qui allaient dormir dans

c.

94) appelle temples

les

incubalores fanorum. (3)

Plaut

,

in Curculione , act. 1 , sc. 1

3

f

.

:


l’imagination, et l’on connaît assez son in-

fluence sur les maladies.

une

On

leur imposait

diète de plusieurs jours, afin qu’ils

fussent plus dignes d’approclier de la di-

même

vinité (1). Galien dit

qu’ils étaient

tellement soumis à la volonté de ces prêtres, qu’ils restaient

quelquefois pendant

quinze jours sans boire ni manger,

médecin remarque, qui à

le

à ce sujet,

et ce

que ceux

consultaient ne lui obéissaient pas

beaucoup près

On voit,

aussi

ponctuellement ( 2 ).

par un passage de Philostrate (3),

qu’ils n’entreprenaient pas la guérison

ceux qui

11

au régime

e voulaient (4).

(1) Slrabonis

Dans

(2) Leclerc, Histoire

pas se soumettre

plusieurs temples,

Geograph

de

1.

on

XIV.

de la médecine ,

liv. 1,

c. 20.

(3)

Vita dpollonii Thyanœi,

1.

1, c. 6.

Vita Apollonii Tliyanœi, (4) Philostrate (

1.

1,

pendant qu’Apollonius de 9) rapporte que Thyane était dans le temple d’Esculape , à hydroÉgée, ville de Cilicie, un jeune homme e


27 exigeait aussi

que

les

malades se privassent

de vin pendant plusieurs jours

(r).

Les profanes ne pouvaient pénétrer dans le

temple avant d’avoir subi des purifica-

On

tions (2).

leur faisait prendre des bains

ou d’eau minérale

simple

d’eau étaient

accompagnés de

frictions,

,

qui

d’onc-

tions, de fumigations. Les prêtres y joi-

gnaient encore

un autre genre d’impres-

pique vint se faire traiter par ce dieu. Pendant

en traitement,

qu’il était

il

continuait à se

li-

vrer aux plaisirs de la table. Esculape ne faisait point attention à lui et ne lui envoyait point de

songe

;

le

jeune

homme s’en

plaignit fortement.

Enfin le dieu lui apparut et lui promit sa guérison

,

s’il

consultait Apollonius.

exécuta cet ordre

;

Apollonius lui

de manière de vivre et

était

fit

changer

le guérit.

(1) Philostrat., Vil a Apollonii, (2)

Le malade

1. 2,

c. 37.

Ces temples étaient des sanctuaires où

il

défendu d’entrer avant d’être purifié. Au-

cun malade

femme ne

ne

pouvait

mourir

et

aucune

pouvait accoucher aux environs du

temple d’Épidaure (Pausanias,

1.

2, c. 27).


28 sions bien puissant detail

aux malades

du dieu

et leur

,

tions et

les

ils

:

racontaient en

cures merveilleuses

les

montraient

offrandes

les inscrip-

en faisaient

qui

foi (i).

Un

sacrifice terminait tous ces prélimi-

naires.

consistait en

Il

ques autres animaux

bélier

2 ).

Cette offrande

ou quel-

accompagnée de prières dans lesquelles on avait soin

toujours

était

ferventes (3),

de répéter tous

que

(

un

les

noms du

dieu, et

pour

l’on n’omît rien, le prêtre lisait lui-

(1) Plutarch., de Pyth. oraculis. (2)

Pausanias

temple de tous les

(1.

X,

Titliorée,

c. 32)

on immolait à Esculape

animaux quelconques

chèvres. Suivant le

que, dans le

dit

même auteur,

au contraire, des chèvres dans

excepté

,

le

on

les

sacrifiait,

temple d’Es-

culape, à Balanagre, dans le pays des Cyrévoir qu’il y avait souvent des usages différents dans les divers temples du

néens. Cela

fait

dieu de la médecine. (3)

Plinii

Wst. natur

1

28, c. 2.


29

même

la

prière à liante voix, et celui qui

Souvent ces

faisait l’offrande la répétait.

prières étaient chantées avec

ment de musique qu’il y avait à

(i).

accompagne-

Platon dit

même

Epidaure des poètes rhapso-

des occupés à composer des

hymnes en

l'honneur d’Esculape^). Enfin, était

scène arrivait; on

dernière

la

admis en présence du dieu,

moyens magiques

et

propres

à

et là, les

agir sur

l’imagination n’étaient pas épargnés. profilait

alors les

de

pour

la les

confiance que l’on avait

songes; on

malades dans

souvent sur avait servi

la

On

le

faisait

coucher

temple pendant

peau

même

au sacrifice

la nuit,

du bélier qui

(3;; d’autres fois

(1) Aristidis Oratio sacra quarla. (2) Platonis, Ion. (3)

Pausanias

(1.

l,c. 34) dit

que ceux qui

veulent consulter Amphiarus se couchent sur la ^

i

peau du bélier qu’ils viennent d’immoler. r güe (Æneid., 1. Mil, v. 81) représente le

prê lie qui veut obtenir en songe une réponse


clans des espèces

de

lits

près de

de

la

la statue

qui étaient situés divinité (i); dans

d autres cas, enfin, entre

les

balustrades du temple, ou

même quelque-

fois

dans d’autres lieux de

portes et les

l’édifice.

Les

prêtres ordonnaient de dormir et d’atten-

dre l’arrivée d’Esculape et des songes prophétiques. Les anciens

songes

distinguaient les

qu’ils regardaient

comme

célestes

ou en-

voyés par la divinité, des songes ordinaires.

Ces derniers,

dit

Jamblique

(

2 ), arrivent

quand nous sommes plongés dans un profond sommeil, tandis que lestes

les

songes cé-

surviennent quand nous

du dieu Faune, couché sur

la toison

sommes du bélier

Un peu plus loin, on voit le roi Latinus immoler cent brebis et se coucher sur leurs peaux pour obLenir un oracle. qu’il a sacrifié.

(1) il

Dans

le

y avait un

temple d'Esculape, à Tithorée,

lit

à droite de

la statue

(Pausanias, lib. X, c. 32.) (2)

De

Mysteriis

Ægyptiorum.

du dieu.


31

dans un

état

mitoyen entre

sommeil, ou entre

le

la veille et le

sommeil

et la veille,

même quand nous sommes tout-à-fait éveillés. On entend ordinairement une ou

voix entrecoupée qui ordonne ce que

Ce passage de Jamblique pour-

doit faire. rait faire

vaient

Ton

présumer que

les

songes arri-

communément aux malades peu de

temps après

qu’ils

pendant Tertullien surtout

couchés. Ce-

étaient (i)

que

dit

l’on avait

aux songes qui survenaient

foi

le

matin, parce qu’alors la vigueur de l’ame

dégage

se

et

Philostrate

2)

le

sommeil

rapporte que

visions

que quand

;

et

les interprè-

elles avaient lieu le

matin, parce que l’esprit des vapeurs

(1

)

(2)

du vin

De Anima,

c.

et des

est alors délivr é

mets

(3).

48.

Vita Apollonii Thyanœi, lib.

(3) Il ici

se relire

des songes ne voulaient interpréter

tes les

(

que

nous semble que

la

2, c.

35.

raison que

Philostrate n’est pas valable

pour

les

donne songes

qui avaient lieu clans les temples, à cause de


,

32 Il

probable que souvent

est

faisaient

entendre dans

le

les prêtres

temple des pa-

que des hommes crédules

roles

endormis, dont l’imagination

ment préoccupée

et à

demi

était forte-

prenaient pour des

,

songes ou pour des oracles. Quant aux

songes qui arrivaient quand on

nous croyons que

lé,

était éveil-

c’étaient des hallu-

cinations.

On

admettait plusieurs espèces de son-

on

ges, et

leur donnait différents

noms.

Quelquefois le dieu apparaissait lui-même, seul,

ou accompagné d’Hygie, de Panacée, ou de quelque autre

de Telespliore (i)

diète

la

à laquelle

les

prêtres soumettaient

leurs malades. (1) Telespliore était

aussi

On

donné

l’a

le

regardé

cents; mais

il

un dieu enfant. On

nom d’Évémérion ou Acésius. comme le dieu des convalesrègne beaucoup d’incertitude à

son égard. Sur plusieurs les figures

lui a

monuments antiques

de Télesphore, d’Hygie et d’Esculape

se trouvent

souvent ensemble. Télesphore y

est


33 D’autres

divinité (i).

fois,

médicaments eux-mêmes.

on voyait

Ainsi, suivant

rapport de Pline ( 2 ), un soldat

Je

par un chien enragé

mordu

fut préservé

,

les

de

la

quoique commençant déjà à éprou-

rage,

ver l’horreur des liquides, par la racine

de rosier sauvage, qui avait paru en songe à sa foi

mère

;

et cet

auteur ajoute avec bonne

que ceux qui ont depuis employé ce

remède, ont obtenu

représenté

comme un

le

même

enfant

,

succès (3).

revêtu d’une

manteau sans manches, qui lui descend jusqu’au dessous des genoux et auquel tient une espèce de capuchon qui lui couvre la tête. sorte de

(1) C’étaient des enfants ou des parents des

prêtres qui les suivaient et qui feignaient d’être ces divinités. (2) Hist. natural ., lib. 25, c. 2. (3)

Un

écrivain qui a soutenu l’antiquité du

magnétisme

(

Annales du magnétisme animal ,

mars 1819, p. 266) partage la crédulité de Pline il a grande confiance à la racine de ;

cynorrhodon dans

la

prescrite en songe;

rage, parce qu’elle a été il

demande que

sa vertu


34

Dans d’autres

cas, le

médicament

était in-

diqué d’une manière allégorique. Ainsi selon Artémidore(i), une

mal au

sein, ayant rêvé

çait le lait

femme qui

avait

qu’une brebis su-

de ses mamelles,

l’application de

,

la plante

fut guérie

par

appelée arno-

glosse, quisignifieen greclangued’agneau.

Quand

les

songes étaient allégoriques,

prêtres les interprétaient.

cas aussi,

temple

les prêtres

se livraient

ou

les

Dans quelques les

gardiens du

aux songes en place des

malades ( 2 ). Enfin, nous voyons par des passages de Strabon (3) et de Pausanias

soit enfin vérifiée. Elle

ployée, et

les

a été plusieurs

fois

,

em-

malades sont morts (Trolliet,

Traité de la rage , p. 359). Elle entre d’ailleurs

dans plusieurs préparations anti-hydrophobi-' ques qui ont été reconnues sans action,

que

le

remède du chevalier Digby,

Tullin, etc. (1) Oneirocritiç., lib. IV, c. 24.

(2) Strabonis Géographie? , lib. (3)

Geograph .,

1.

XIV.

XVII, p. 1152.

telles

celui de


35 les

parents ou les amis des malades

allaient

également recevoir des songes

que

pour eux. Ce

n’était pas toujours

que l’on

se livrait

dans

aux songes

les :

temples

on en

re-

on

les

cevait aussi quelquefois chez soi;

croyait envoyés par les dieux, et l’on y ajoutait également foi. Ainsi, Elien (i)

rapporte que Vénus apparut en songe, sous

forme d’une colombe

la

avait seilla

celte les

,

à Aspasie qui

une tumeur au menton, ,

pour

con-

d’appliquer sur

se guérir,

tumeur des roses sèches

couronnes qui

et lui

prises dans

lui étaient consacrées.

moyen

Aspasie fut guérie par ce

(2).

Plu-

(1) Hist. variœ, lib. XII, c. 1. (2)

Aspasie dont parle

ici

Elien n'est pas la

célèbre courtisane de Milet, l’amante de Périclès;

mais bien Aspasie de Phocée, appelée

d’abord Melilo, qui devint maîtresse de Cyrus le

jeune et ensuite d’Arlaxerce, roi de Perse.

Eournier-Pescay, auteur de

du Dictionnaire des

l’article incubation,

sciences médicales ,

ne

s’est


36 auteurs

sieurs

qu Alexandre,

anciens

affirment

aussi

étant au clievet de Ptolémée

qui menait d’être blessé par une

empoisonnée,

endormi,

s’etant

flèclie

vit

en

songe un dragon qui tenait dans sa gueule la racine et

d’une

Ptolémée obtint

dans

On

lierbe.

les écrivains

en

sa guérison.

fit

usage,

On trouve,

de l’antiquité, un grand

pas contenté de confondre ces deux personnages,

il

a encore supposé une lettre écrite par

Aspasie de Milet à Périclès, dans laquelle elle lui

rend compte longuement des cérémonies

de l’incubation, à laquelle le

elle fut

soumise dans

temple de Podalyre, par ordre de Vénus,

pour y être guérie d’une difformité au visage, tandis que c’est Aspasie de Phocée qui fut atteinte de cette maladie. Fournier-Pescay dit

que la traduction de cette lettre lui a été communiquée par Gustave Fournier, son fils, qui l’avait tirée d’un scholiaste d’Elien. Or, il n’existe

Elien.

pas

Il est

même

étonnant qu’on

une semblable tifique.

de scholies grecques sur

fiction

ait

pu

se

permettre

dans un ouvrage scien-


37

nombre d’histoires de

ce genre; nous n’en

citerons pas davantage

ici.

Aristophane, dans sa comédie intitulée

Plutus , raconte d’une manière burlesque

comment

le

dieu des richesses fut guéri

de sa cécité par Esculape. Les sacrifices préliminaires les

,

le

séjour dans le temple

fourberies des prêtres

l’apparition

du

se

leur avidité,

dieu, tout y est relaté, et

l’on est surpris de

tophane

,

,

la

moque

manière dont Aris-

des croyances de son

temps, au milieu d’un peuple aussi superstitieux

(1) Celte

que

les

Athéniens

(i).

scène du Plutus d’Aristophane étant

ce qui existe de plus

nous occupe,

complet sur

le sujet

qui

je crois devoir la

rapporter ici en entier, en supprimant toutefois quelques hors-d’œuvre et les paroles des interlocuteurs,

pour ne pas interrompre le récit. Le poète suppose que Chrémyle, citoyen d’Athènes, qui a,

par hasard, rencontré Plutus, dieu des

ri-

chesses, lui persuade de se faire guérir de sa cécité par Esculape, afin que n’étant plus

4


38

Dans

les

temples d’Esculape, on élevait

constamment des serpents non venimeux et apprivoisés, et on les dressait pour di-

aveugle, il puisse désormais distribuer la fortune

seulement à ceux qui

Chrémyle,

valet de

méritent. C’est Carion,

le

qui conduit Plutus au

comment il raconle sa guérison que nous sommes arrivés près du

temple. Yoici «

Aussitôt

:

«'temple d’Esculape avec Plutus, qui plus misérable des

et qui est

«

le

«

maintenant au comble du bonheur

mené

,

nous

,

«

mer et l’y avons baigné. Ensuite nous sommes revenus au temple

«

du dieu,

«

pains et tout ce qu’on a coutume d’y consa-

«

crer avanl le sacrifice, et avoir

«

l’autel

«

avons couché Plutus sur un

« l’avons

,

hommes

était alors

la

et après avoir

un gâteau de

« sage, et

un

à

mis sur

chacun de nous

plus adroitement

«

mieux

« teintes «

ainsi

que

lit,

,

nous

selon

l’u-

accommodé de nous un certain

«

,

brûler sur

s’en est

«

pareil. Il

fait

fleur de farine

y avait près Néoclidès qui, tout aveugle

«

la table des

qu’il

est,

vole

que ceux qui voient d’autres

personnes

le

at-

de diverses maladies. Le ministre du

dieu, après avoir éteint les

lampes, nous


,

39

on

verses supercheries à l’aide desquelles

surprenait les malades.

Pluius

«

a

d’Aristophane

commandé

« si l’on

,

On

par

voit

s’appro-

qu’ils

de dormir, eide ne rien dire

entendait du bruit. Pour moi, je ne

peu

«

pouvais dormir. Ayant tant

«

la tête,

«

table les gâteaux et les figues

«

ensuite

«

n’y aurait

«

son sac tout ce qu’il a trouvé. Ensuite je

« suis « le

le

soit

levé

j’aperçois le prêtre qui prenait sur la

sèches.

tour des autels pour voir

fait le

point de gâteaux

;

permis une farce bien

il

a

s’il

a mis dans

risible

dieu venait à nous, je lui ai

Il

me comme

:

une

fait

dé-

«

charge des plus bruyantes

«

ventre très-gonflé. Le dieu n’a pas paru y faire attention, car il est scatophage ( qui

«

,

car j’avais

le

«

mange de

l’ordure )

«

le suivait,

a rougi

«

née en se bouchant

«

pas de l’encens. Après cela, Eseulape a fait la

«

ronde auprès de tous ses malades, examinant

«

le

«

un mortier de marbre,

><

petite boîte. Il

«

;

,

mais Iaso, sa

drogues pour

les

qui

et

Panacée

le

nez, car je n’exhale

mal de chacun. Un enfant a

fille,

délour-

s’est

lui a

apporté

un pilon

commencé

et

une

à broyer des

yeux de Néoclidès

,

en

lui


/lO

cliaient d’eux, les lëcliaient

çaient les oreilles. le

«

On

ou leur pinque

sait d’ailleurs

serpent était un des principaux symbo-

ouvrant

« fût

paupières, afin que la douleur

les

plus cuisante. Néoclidès

à crier

s’est nais

mais

«

de toute sa force et voulait s’enfuir

«

Esculape lui a dit en, riant: Demeure, je

«

veux

«

d’aller

«

de faux serments. Le dieu

«

auprès de Plutus,

«

tête,

«

linge bien

«

et le visage

«

même

«

deux serpents d’une grandeur extraordinaire

«

se sont glissés tout

«

de pourpre

«

yeux du malade.

«

levé de son

«

que

«

aussitôt à battre des

«

mon

«

et les serpents sont retournés

«.

traite.

à

t’ôter,

l’aide

de mes soins

,

;

l’envie

aux assemblées du peuple et d’y

et

faire

ensuite assis

s’est

d’abord lui a tâté la

puis lui a essuyé les yeux avec du fin.

Panacée

lui a

avec un voile de pourpre.

temps Esculape a

j’ai

couvert la tête

;

lit

je

A

ce signal

doucement sous

crois Il

sifflé.

qu’ils

En

le voile

ont léché les

a recouvré la vue, et s’est

en un instant. Moi, de

eue de ce miracle, je

mains

me

et à

la joie

suis

mis

réveiller

maître. Esculape a disparu incontinent,

dans leur re-

Mais avec quel empressement ceux


Ui

même

d’Esculape; on croyait

les

apparaissait sous

cette

forme

(i).

qu’il

On

le

représentait le plus souvent sous la figure

d’un vieillard avec une longue barbe, nant à

la

te-

main un bâton noueux entouré

d’un serpent. Dans plusieurs

monuments

«

qui étaient à côté de Plutus se sont levés

«

pour l’embrasser

«

près de

«

et,

«

louer le dieu Esculape de ce qu’en

«

de temps

il

«

augmenté

la cécité

On

lui,

!

ils

ont veillé toute

ont attendu

le

la

nuit

lever du soleil,

pendant tout ce temps-là,

je n’ai fait si

que

peu

avait rendu la vue à Plutus et

voit avec quel

de Néoclidès.

»

cynisme Aristophane se

moquait des dieux qu’on adorait de son temps, et

il

osait le faire,

quement devant

damna

dans des pièces jouées publile

peuple athénien, qui con-

Socrate à boire la ciguë, et qui rappela

Alcibiade de Sicile, parce qu’on l’accusait d’avoir mutilé quelques statues de (1)

Les serpents,

dit

Mercure.

Pausanias (lib.

sont consacrés à Esculape;

2 c. 28),

mais surtout ceux

d’une certaine espèce qui sont d’une couleur brunâtre, et qui ne se trouvent que dans ritoire d’Épidaure.

le ter-


42 antiques, on voit une

femme

qui donne

dans une coupe à manger à un de ces

animaux

on a beaucoup discuté sur la signification de cet emblème. Bœttiger (i) ;

pense que

de

c’est la déesse

la

Santé, ou

même

une simple prêtresse qui, par la manière dont le serpent reçoit les aliments qu’on

lui présente,

gure sur

l’issue

cherche à

tirer

un au-

ou funeste des

favorable

maladies (2).

(1)

Dos Æsculapiusdienst auf der Tiber insel,

inséré dans Sprengel, Beitrœge zur Geschichte

der Medicin., (2)

On

2, p.

t.

sait

que

177.

les

anciens, dans les affaires

les plus importantes, cherchaient à obtenir des

augures sur

la

manière dont

l’on entretenait

aliments. Elien

dans (

les

animaux que

temples, recevaient les

les

Histor animalium , .

1.

XI,

c.

2)

rapporte que lesEpirotes élevaient des serpents

dans un bois sacré entouré d’un cré à Apollon. Tous les ans

ils

mur

et consa-

envoyaient une

prêtresse pour leur porter à manger.

S’ils la

regardaient d’un œil favorable et saisissaient de suite les aliments qu’elle leur présentait,

»

on


43 Les remèdes prescrits en songes étaient

souvent obscurs ou absurdes. Artémidore

quoique bien crédule, avoue croire

que les dieux puissent

semblables moyens;

conseiller de

ajoute que ceux qui

aux songes ordonnaient sou-

se livraient

vent,

il

ne peut

qu’il

non ce

qu’ils avaient

vu réellement,

mais ce qu’ils feignaient d’avoir vu

On

voit par là quelle était la

bonne

foi

ou des gardiens des temples

des prêtres

qui faisaient

le

métier de songeurs.

Les médicaments ordonnés par tres

(i).

eux-mêmes paraissent avoir

les prê-

été le plus

souvent ou superstitieux ou insignifiants; aussi, c’est

moinspar les remèdes qu’ilsem-

ployaientque l’on peut expliquer

les

sons qu’ils obtenaient, que par les

en

tirait

guéri-

moyens

l’augure que l’année serait fertile et

exempte de maladies. D’après cela, il ne pas surprenant que les prêtres se soient des serpents (1)

comme moyen

serait

servis

de pronostic.

Arlemidori Oneiroeritic .,

lib.

IY,

c. 24.


44 propres àagirsur l’imagination de ceux qui venaient

Après des jeûnes,

les consulter.

des purifications, des bains, des frictions, des sacrifices,

des prières

admis dans

étaient

le

,

les

malades

temple, où

saient quelquefois plusieurs nuits.

Il

était

qui frappaient le plus leur imagination

pendant

le jour,

longtemps

tion.

naient, dieu. elle

pas-

songeassent pas aux ob-

difficile qu’ils n’y

jets

ils

et

l’objet

de leur unique occupa-

quand

bien!

ils les

qui faisaient depuis

ces songes surve-

croyaient envoyés par un

Cette confiance aveugle ne

suffit-

pas pour expliquer bien des guéri-

sons,

même

sans le secours des

moyens

employés? Les anciens, qui avaient

re-

cours avec tant de confiance aux pratiques superstitieuses,

connaissaient cependant

très-bien l’influence que peut avoir l’ima-

gination pour la guérison des maladies.

Quand

notre esprit, dit Platon, désire

vement une chose, dans qu’elle sera

utile, elle

la

vi-

persuasion

produit des

effets


a5 très-salutaires,

pable par sa

quoique n’en étant pas canature. L’auteur d’un ou-

vrage faussement attribué à Galien citant ce passage de Platon c’est ainsi

,

s’il

,

rendront

est

ajoute que

(

incantatiu -

bien persuadé quelles lui

la santé.

Cependant

les

moyens de traitement temples n’étaient pas

conseillés dans les

toujours insignifiants quelquefois d’une Ainsi,

en

qu’un malade peut être guéri

par des cérémonies magiques nibus)

(i),

il

fut

;

ils

étaient

efficacité

même

effrayante.

ordonné en songe à

l’ora-

teur grec Aristide de se faire tirer cent

vingt livres de sang

Le crédule ma-

(2).

lade interpréta l’oracle, et crut qu’il fallait

pratiquer de fortes saignées. fois,

autre

une prescription bien aussi éton-

nante

lui fut faite

songea pour

(1)

Une

De

:

un gardien du temple

lui qu’il fallait qu’il fît enle-

incantatione libellus.

(2) Arislidis Oralio sacra

secunda , p. 301.


4G

ver ses os et ses nerfs, parce qu’ils étaient

corrompus. La perplexité du songeur fut grande il crut qu’il s’agissait de la plus :

terrible opération qui eût jamais été con-

çue. Heureusement, le rassurer,

le

et lui dit

seulement qu’il

fallait

dieu lui-même vint

que

cela signifiait

employer un remède

pour opérer un change-

assez énergique

ment dans les nerfs et dans les os du malade. Le médicament qui fut ordonné n’était

guère capable de produire un résultat

aussi merveilleux

:

c’était tout

simplement

de boire de l’huile dans laquelle on n’aurait

pas mêlé de

nous ap-

sel (i). Aristide

prend encore que souvent Esculape ordonnait en songe de prendre de

du gypse, des

la ciguë,

vomitifs, des purgatifs, des

bains froids et autres moyens actifs (a).

Voici quelques exemples des moyens

de traitement prescrits en songe

:

pour

sacra tertia , p. 312, 313. (1) Arislitlis Oratio (2) Aristiclis in

Æsculapium

oralio.


hl

un homme qui il

fut

avait des

maux

ordonné de manger des dattes

pour un autre qui

avait

(i)

;

une hémoptysie,

de boire du sang de taureau la

d’estomac,

l'usage de

;

chair d’âne fut prescrit à un phthisi-

que

(a)

pères à sis (3).

;

un remède où entraient des un

homme

atteint

vi-

d’éléplianlia-

pas besoin d’ajouter que

Je n’ai

tous ces malades guérirent.

Un

du

prêtre

temple de Pergame, qui éprouvait une douleur de côté qui durait depuis longtemps, obtint un heureux

d’un moyen

effet

plus adapté à son mal, qui lui fut prescrit

en songe

à l’artère

Varron

:

c’élait

de se faire saigner

qui est en haut de

(5)

fait

la

main

mention d’une ordon-

nance dans laquelle

manger de Pognon

il

et

prescrit

était

Arlemidori Oneirocritic

(2)

Æliani Ilistoria animalium,

(3)

Galeni de Subfiguratione empiricâ.

(5)

de

du cumin, mais

(1)

(4) Galeni

(4).

1.

V,

89.

c.

lib. XI, c. 35.

Methodus medendi,\\h. XIV,

Apud Nonium Marcellum, voce

c. 8.

ccpe.


T

T

48

on ne

sait

pas pour quelle maladie. L’em-

pereur Marc-Aurèle remercie lui avoir

les

dieux de

indiqué en songe différents

mèdes pour des crachements de sang des étourdissements (i);

il

et

dit aussi qu’Es-

ordonne aux malades

culape

re-

d’aller

à

cheval, ou de se baigner dans l’eau froide,

ou de marcher nu-pieds

On

(

2 ).

avait construit dans l’enceinte

du

temple d’Esculape à Epidaure un très-beau

nombreux l’ouvrage du célèbre

théâtre qui pouvait contenir de spectateurs. C’était

architecte et statuaire Polyclète (3). Par-

tout aux environs on pouvait admirer des

chefs-d’œuvre de

l’art

:

ainsi rien n’y

man-

quait pour la distraction des malades.

Il

y temples des autres avait près de plusieurs

gymnases dans lesquels on pouvait recouvrer la santé dans les affections chroni-

(1)

De

(2)

De rebus

(3)

Pausanias,

rebus suis,

lib. I, c. 18,

suis , lib. Y, c. 9. lib. 2, c. 27.


,

49 ques

,

à l’aide

de l’exercice

des frictions (i). Galien

habitant de

fait

des bains,

mention d’un

Smyrne appelé Nicomaque

qui avait contracté une

ne pouvait plus

faire

telle

,

obésité qu’il

aucun mouvement

qu Esc u lape parvint ’

et

,

à

guérir à l’aide de

violents exercices de corps qu’il lui faisait faire à

jeun

(

2 ).

même

Le

auteur

(3) dit

encore qu'Esculape recommande souvent aux malades la chasse, l’équitation

gymnastique, l’exercice des armes tres

mouvements du

corps.

Il

la

,

au-

et

nous ap-

prend aussi qu’à ceux qui étaient excités par des passions vives sister à

,

il

conseillait d’as-

des représentations bouffonnes

d’écouter la musique ou des chants

,

mé-

lodieux (4). L’orateur Aristide recevait des

(1)

Sprengel, Histoire de la médecine

,

tom.

J,

p. 1G2. (2) lis,

De

differentiis

morborum

de Arte gymnasticâ ,

,

c. 9.

IV, c. 7. Gale ni de Sanitate (3) tuendâ , lib.

(4)

Mercuria-

lib.

I, c.

8.

Galien attribue ces prescriptions à Escu5


50 prescriptions

Esculape

peu

à

près

ordonnait

lui

des vers ainsi

chantaient des

en

l’auteur,

de

faits et

et dix

,

d’enfants

hymnes dont

l’honneur

:

composer

que des discours

chœurs formés d’hommes lui

semblables

il

était

du dieu de

la

médecine. Ces détails, qui sont à peu près les seuls que nous possédions peu,

vent donner une idée des moyens hygiéniques et thérapeutiques prescrits par les prêtres

Enfin

des temples. les prêtres

,

l’influence

des voyages et d’un change-

ment de climat sur morbides recourir;

connaissaient aussi

et

ils

quand

certaines affections

ne négligeaient pas d’y ils

voyaient qu’ils ne pou-

vaient guérir les malades,

ils

les

dans d’autres temples. C’est

envoyaient

ainsi

firent visiter à l’orateur Aristide les

qu’ils

tem-

«

lape de

ne

Pergame

peuvent

;

mais

appartenir

il

est évident qu’elles

qu’aux

prêtres

du

temple.

1


,

51

de plusieurs

pies

villes.

Galien (i) nous

apprend qu’Esculape envoya à Pergame Thrace qui

un habitant de

la

d’élépliantiasis.

Le faux prophète Alexan-

était atteint

dre dont Lucien nous a transmis l’histoire,

qui exerçait

i

la

d’Esculape, envoyait de

les prêtres

quelquefois I .

;

malades dans

les

les

même

temples

d’Apollon ou de quelqu’aulre divinité^).

On j

médecine à peu près comme

voit aussi par des passages d’Aris-

topliane (3)

de Reggio

que

les

,

d’Artémidore (4)

(5),

et.

d’Hipys

que quelquefois pendant

malades dormaient ou feignaient

de dormir

,

les prêtres leur faisaient

applications sur diverses parties

des

du corps

J

1

(1)

De subfigurât ione empiricâ.

(2)

Luciani Alexander

pseudoproplieta ,

§ 29. (3)

In Pluto.

(4)

Oneirocritic.

parle t

sive

ici

Esculape (5)

lib.

Y,

c.

d’une incision au

un malade. Voyez plus haut, à

p. IG.

61.

Artémidore

ventre

faite

par


52

même

et

des

opérations

chirurgicales.

Pour donner plus de confiance qui venaient dans

les

temples

r

à ceux

les prêtres

d’Esculape avaient établi en son honneur des fêles solennelles dont les

pompes

ins-

piraient le respect et exaltaient l’imagination. les

Les plus célèbres avaient lieu tous

cinq ans à Epidaure après

les

jeux

isthmiques qui duraient trois jours. Elles étaient

accompagnées de processions au

flambeau

,

dans lesquelles on promenait

solennellement la statue du dieu, en chantant des

hymnes avec accompagnement

de musique

On

(i).

cer à l’entrée

avait aussi fait tra-

du temple d’Epidaure une

inscription qui était bien propre à im-

pressionner

le

moral des malades

inspirer le respect

(1)

Le docteur

pour

J. G.

et à leur

dieu auquel

ils

Günz a publié une

sa-

le

vante dissertation latine sur les fêtes d’Esculape.

On

la

trouve dans

hisloriam pertinentia

les ,

Opuscula ad viedicinœ

de Aclcermann.


,

demander

venaient

conçue en nétrer

ces

santé

la

mots

elle était

;

Celui qui veut pé-

:

dans ces lieux doit avoir une ame

j

pure

(i).

Enfin on voit par quelques ins-

criptions votives qui nous sont parvenues et

que nous citerons plus obtenues

de belles cures avaient

loin ,

,

qu’après

les

prêtres

soin d’assembler le peuple afin

d’avoir de

nombreux témoins du miracle

que venait

d’opérer

la

toute-puissance

d’Esculape.

1

jj

Lorsque guérison )

,

les ils

malades obtenaient leur

faisaient

au dieu des offran-

des qui consistaient en des vasesprécieux des couronnes d’or ou divers autres objets

de grand prix

:

on

offrait aussi quel-

quefois des pièces d’or ou d’argent qu’on avait

coutume de

sacrée qui (1) c. 17.

p.

jeter

coulait près

dans

la

source

du temple

Porphyr., de Abüinenïui animalium ,

Clemenlis Alexandrini Strumat

551. (2) Pausanias,

1.

1, c.

14.

(2).

1.

lib.

2,

V,


5U Philostrate

Tliyane

dans

,

(i),

la vie

d’Apollonius de

d’un riche Cilicien

parle

qui venait prier Esculape de

lui

un œil qui

il

avait été crevé

;

rendre

amenait

avec lui une multitude d’animaux pour plus deux vases d’or

servir de victimes,

ornés de pierres des Indes très-précieuses et

il

dons la

promettait de redoubler encore ses et ses sacrifices si le dieu lui rendait

vue.

On

voit encore par plusieurs ins-

criptions et par quelques passages de divers auteurs

que

les

amis ou

les

parents

des personnes guéries faisaient aussi pour elles ces offrandes.

dans certains cas on déposait

Enfin,

dans

temple un bras, une main d’or ou

le

d’argent ou quelque autre partie

qui avait souffert, ou bien on dre celle partie

(1)

(2)

Lib.

O

11

I, c.

(2).

faisait

pein-

Sur ces offrandes qui

10.

voit dans

Monlfaucon

du corps

(tona.

Y Antiquité expliquée

III,

p. 250),

une

,

de

figure dana

des laquelle sont gravés des doigts, des pieds ou


étaient conservées,

on

ment une inscription

niellait ordinaire-

plus sou-

cpii était le

vent courte et très-simple, et qui conte-

dans plusieurs cas

nait seulement,

nom

de

la divinité, celui

guérie ou de celle qui le

malade

die.

et

de

faisait

rarement

le

\'

la

le

personne

ex-voto

nom

,

de

la

pour mala-

Des inscriptions de ce genre existent

encore en assez grand nombre (i) yeux, qui paraissent être des

,

mais

ex-voto faits à

Esculape ou à quelque autre dieu. (1) Yoici

quelques-unes de ces inscriptions ASCLEPlO ET HYGIÆ

MARCUS EX voro. ASCI.EP10

\1SU

P

XELIUS POLIO

MON 11 US

l'OStUT.

ASCLFPlO ET HYGIÆ COETEKISyUE DUS DEABUSQUE I1UJLSQUE LOC1 SALUTAKIB. C. JUL. FRONTON IA NUS REDD1TIS SIBI LUMINIBUS GUAT. AGIT ex VISO PRO SE ET CAPSIA 11AXIMA CONJUGE ET JULIA

FKONT1NA F1LIA.

:


5G

ne

elles

nous apprennent rien sur

moyens auxquels on son

attribuait la guéri-

(i).

seulement

C’était

dans

à ce qu’il paraît

,

graver sur des tablettes de métal

inscrire sur les colonnes

nom du et les

malade

,

du temple

genre de

le

remèdes qui avaient

la

,

le

maladie Pausa-

réussi.

que de son temps

six

de

colonnes existaient encore dans

le

nias ( 2 ) rapporte ces

,

cures les plus célèbres que l’on

les

faisait

ou

les

temple d’Epidaure.

Il

nous

reste quatre

de ces inscriptions qui ont été publiées

par Mercurialis dans

le

Dans

(1)

et

qu’on trouve aussi

Recueil de Gruter. Nous allons

rapporter «

(3)

ici

traduites en français

ces jours

,

un

les

:

certain Gaius

,

Quelquefois ces inscriptions étaient en

vers.

On en

lecta

veterum poetarum grœcoruvi de Brunck,

tom.

I,

trouve encore une dans

p 76.

(2) Lib. II, c. 27.

(3)

De

arte gymnasticâ, lib. I, c.

1.

les

Ana-


57 aveugle

«

qui

«

qu’il devait se

«

ser ses prières

était

apprit de l’oracle

,

rendre à ,

y adrespuis traverser le temple

«

de droite à gauche,

«

doigts sur l’autel

a

vue en présence

main

et la

recouvra aussitôt

et

aux acclamations

du peuple. Ces signes de

«

sance

cf

le

«

cinq

Il

a

du dieu

ses

mettre

lever la

,

placer sur ses yeux.

« la

l’autel,

la

toute-puis-

sous

se manifestèrent

règne de l’empereur Antonin.

»

Lucius avait une douleur de côté

monde

très-

désespérait de son

«

vive, tout le

«

salut

«

par un oracle, de prendre sur l’autel

«

de

cc

ce mélange sur le côté

cc

fut guéri et rendit

«

au dieu, «

<c

la

;

le

dieu de la santé lui ordonna

cendre avec du vin

et le

et

d’appliquer

douloureux.

publiquement grâces

peuple s’en réjouit.

Julien avait un

Il

»

crachement de sang

;

on désespérait de ses jours. Esculape

« lui

ordonna de prendre sur

pomme

<c

graines de

cc

avec du miel

et

l’autel des

de pin, de

les

mêler

de manger pendant


58 ((

jours cette

trois

préparation

«

sauvé et vint remercier

«

sence du peuple. «

Le dieu de

«

dat aveugle

«

mêler

«

miel

«

le

,

la

le

fut

il

;

dieu en pré-

»

santé ordonna à

nommé

un

sol-

Valerius Aper, de

sang d’un coq blanc avec du

de s’en

s’en frotter l’œil

vue

faire

collyre

de

et

pendant

trois jours

et rendit

publiquement

«

recouvra

«

grâces au dieu (i).

la

un

il ;

»

Ces quatre inscriptions qui ont été trouvées dans

l’île

du Tibre, appartenaient

très-probablement au temple qui y

était

situé. Elle paraissent toutes avoir été faites

sous l’empire Romain, époque à laquelle

(1)

Ces inscriptions sont en grec. Hundert-

un savant commen-

mark

a publié sur elles

taire,

dans sa dissertation intitulée

:

De

medicœ incrementis per œgrotorum apucl

artis

veteres

in vias publicas et templa exposiiioiiem. Leipzig,

Réimprimée dans Ackermann, Opuscula ad medicinœ historiam pertinentia Nuremberg, 1739.

1797, in-8.


59

médecine sacerdotale avait beaucoup dégénéré. Elles ne peuvent donc pas nous

la

donner une idée de ce qu’etaieut les tables votives au temps où les anciens Asclépiades florissaient

il

-,

contenaient en outre

maladies

,

probable qu’elles

est

les

puisque ces prêtres

occupés spécialement de il

la

s étaient

semeiolique:

probable également quelles étaient

est

plus étendues

aucun

On

symptômes des

,

mais

nous ne possédons

détail à ce sujet.

inscrivait aussi quelquefois

sur les

composition des

colonnes des temples

la

nouveaux remèdes que

l’on découvrait (i).

Sprengel pense que cet usage a beaucoup contribué à assurer aux prêtres l’exercice exclusif de la médecine.

Il

paraît qu’on y

déposait pareillement des instruments de

que

chirurgie.

Cœlius Aurelianus

Erasistrate

donna au temple de Delphes

(t)

nutur

Galeni de 1.

4ntidutis

,

lib.

2.

(2) dit

IMinii

20, c. 24.

(2) Chronicor.

morbor

lib. 2, e. 4.

Uni.


60

un instrument pour arracher

les

dents.

Enfin, dans quelques cas aussi, des indi-

vidus faisaient don à des temples dè remèdes que l’on croyait efficaces dans diverses

maladies. Ainsi Aétius (t) donne la for-

mule d’un

collyre qu’un orfèvre avait

lé-

gué en mourant au temple de Diane

à

Ephèse. Ce collyre, dans lequel entrent plus de vingt substances

comme

très utile

dans

le

,

était

regardé

relâchement des

paupières et autres affections des yeux.

Heras de Cappadoce traité surla

souvent

qui avait écrit un

,

composition des médicaments,

cité

par Galien

,

paraît avoir tiré

plusieurs recettes des archivesdes temples.

Enfin nous lisons encore dans Galien Aétius, Paul d’Egine attribuées à

Isis et

bablement de

Quand

les

(1) Contractez c.

113.

la

,

,

diverses formules

qui viennent aussi pro-

même

source.

prêtres prescrivaient

ex veteribus medicinœ

lib.

des

VU,


G1

moyens

naturels

toujours

avaient

ils

,

soin d’y ajouter quelque

chose qui

fût

mystérieux ou qui rappelât l’influence du

pouvoir divin

ainsi,

;

dans deux des ins-

criptions que nous venons de rapporter,

on devait prendre sur ments prescrits

l’autel les

médica-

dans une autre,

;

il

fallait

traverser le temple de droite à gauche, et

mettre ses cinq doigts sur l’autel. Lorsque les

malades ne guérissaient pas,

les prêtres

ne manquaient pas de prétextes, et

l’altr i-

huaient au défaut de confiance ou d’obéissance

,

ou

à l’inexécution

tiques accessoires. Enfin, disaient traire ils 1

un événement

des pra-

quand et

que

pré-

ils

le

con-

de ce qu’ils avaient prédit arrivait

savaient bien encore se tirer d’affaire

exemple suivant

nous en

offre

tiré

d’Àrtémidore

,

;

(i)

un exemple. Un individu

qui devait subir uneincision au scrotum, piia Serapis de lui envoyer un songe qui

(1) Oneirocritic

,

lib.

V,

c.

91. 6


G2 indiquerait

lui

Le dieu faisait

lui

s

il

fallait se faire

apparut

opérer

il

que

et lui dit

guérirait

il

;

opérer. s’il

mourut

se

ce-

On interpréta le songe et l’on dit que comme le malade ne souffrait plus c’était comme s’il eût été guéri. pendant.

,

Avec de semblables raisons un oracle ne pouvait jamais avoir

On

voit

que nous possédons bien peu

de détails sur était

est

tort.

la

manière dont

la

médecine

exercée dans les temples d’Esculape.

11

probable aussi que chaque temple de-

vait avoir ses usages particuliers, et

pu présenter des

ces usages ont à diverses

sommes

différences

époques. Mais sur tout cela nous

réduits à des conjectures.

maintenant, en peu de mots savons de plus certain sur decins, sur

la

à

,

,

Voyons

ce que nous

les prêtres

manière dont

taient entre eux

donnaient

ils

mé-

se recru-

sur l’instruction qu’ils

leurs élèves

,

sur les écoles

qu’ils formèrent, et sur les progrès l’art

que

dont

de guérir peut leur être redevable.


68

CHAPITRE

IV.

Les prêtres d’Esculape forment des corporations dans lesquelles

il

fallait se faire initier;

ils

fondent aussi

des écoles. Détails sur celles de Cnide et de Cos.

Degré d'instruction que

possédèrent

les

prêtres

d’Esculape. Hippocrate issu des Asclépiades de Cos.

Les philosophes commencent à enlever aux prêtres l’exercice

de

la

médecine. Pylhagore

et ses disciples.

Les Asclépiades des divers temples for-

mèrent des colleges on corporations. Nous ignorons quels en étaient

les

règlements

;

nous savons seulement que dans l’origine la

médecine

dans

les fa-

Platon dit

même

était héréditaire

milles sacerdotales (i).

qu’Esculape avait déjà choisi ses disciples

parmi

transmettait

(J)

De

ses parents.

des

Rrpablicâ ,

L’instruction se

pères aux enfants

lib. 10.

dès


G4 1

âge

plus lendre. Galien

le

dans ces temps reculés

non

et

écrite

Peu de

a

peu

que

(i) dil

elle était

toute orale

( 2 ).

les

Asclepiades se relâchèrent

de leurs règlements

la sévérité

et

ap-

piirent aussi les principes de leur art à des etrangers. Il est difficile de savoir à

époque ce changement

quelle

mais dès lors

,

suivant Galien

a eu lieu

l’instruc-

,

tion orale ne fut plus suffisante ,

on

ne

la

mais

fants,

transmettait plus à à

des adultes

:

;

elle

puisque des en-

dut être

écrite.

Le savant docteur Choulant, professeur à

l’Académie médico-chirurgicale de Dres-

(1)

De Administrât, anatomicis

(2) Galien parle

truction

ici

1. I, c. 1.

principalement de

anatomique.

Il

dit

que

les

Quoiqu’on dise Galien, pas que lomie.

les

il

lire et

l’ins-

enfants

apprenaient de leurs pères l’anatomie en

temps qu’on leur apprenait à

,

même

à écrire.

ne paraît cependant

Asclepiades aient

cultivé l’ana-


*1

G5

de

(i),

pense que pendant longtemps

les

Asclépiades ne transmirent tout ce qu’ils savaient qu’à leurs enfants, et qu’ils conservaient des secrets traient

pour ceux qui eny eut par là des étrangers.

dans leurs colleges.

Il

des Asclépiades d’origine et

Quelques-uns de ces derniers exerçaient

médecine hors des temples dans

les villes

,

ou à

la

cour des souverains

appelait période utes,

(2)

la

,

on

les

ou ambulants. Ainsi

nous voyons Ctésias de Cnide pratiquer l’art

de guérir à

la

cour d’Artaxerce

,

roi

de Perse. Les etrangers qui entraient dans l’ordre

desAsclépiades devaient se faire initier.

Le professeur Choulant a émis nions à ce sujet clans un Mémoire sur (1)

des Asclépiades,

Ils

ses opil'histoire

qu’on trouve dans son Almanach

médical pour l’année 1839.

mention de ces médecins qui parcouraient les villes dans la loi que l’on trouve parmi les œuvres attribuées à Hippo(-) Il est

crate.

fait


,

06

un serment

prêtaient alors allaient

ils

pour que

comme

et

,

souvent pratiquer au dehors

la

,

science ne sortît pas de l’en-

ceinte des temples,

ils

juraient de ne l’en-

seigner qu’aux enfants avaient instruits

de ceux qui

les

eux-mêmes ou qu’à ceux

qui se feraient inscrire et qui prêteraient le

serment d’usage

C’est

ce qu’on

nous a

été

attribuées à

,

et à

personne autre.

voit par le

serment qui

conservé parmi Hippocrate.

Le professeur

Choulant pense que cette pièce rieure au père de la médecine

remonte

à

l’époque où

commencèrent

à

œuvres

les

,

est antéet qu’elle

Asclépiades

les

admettre dans leur ordre

des étrangers. Celte opinion nous paraît ‘

très

vraisemblable

:

en

concevoir qu 'Hippocrate

effet ait

comment

,

pu

prescrire

de garder des doctrines secrètes qu’il

dans

communiquait ses

d’après les

,

tandis^

sa science au public

immortels ouvrages

un passage de Platon

?

,

Il

paraît

que quand

Asclépiades donnaient leur instruction


G7 à des étrangers

ment, mais

,

ce n’était point gratuite-

à prix d’argent (1).

Les Asclépiades qui formèrent des collèges

ou corporations dans lesquels on ne

parvenait que par l’initiation

la

naissance ou

par

fondèrent aussi dans leurs

,

temples des écoles, et y enseignèrent la médecine. Galien (2) en nomme quatre principales

Rhodes

celles

l’école italique.

et

,

de Cos, de Cnide Il

,

mentionne

(1)

jeune

Platon

( in

encore

une

Protagorâ

)

à

homonyme

d’argent à son

de Cos, de

Cyrène.

porte une

Hippocrate

des Asclépiades.

la famille

demande dans quel but

il

lui

(3)

suppose qu’un

homme, nommé Hippocrate,

somme

de

que

dit

de Rhodes dura peu. Hérodote

celle

en

:

O

11

lui

porte cet argent

;

Pour devenir médecin moi-même.

il

répond

11

paraît, par ce passage, qu’Hippocrate n’en-

seignait

:

pas toujours

la

médecine gratuite-

ment. (2)

Method. med<ndi

(8)

Uistor.,

1.

3, c.

,

1

131.

I, c. 1


G8

M.

Littré (i) prétend

que

l’école italique,

qui siégea surtout à Crotone et à Agrigente,

ne fut nullement sacerdotale,

et

qu’elle se rattache à l’école philosophique

des Pythagoriciens; „

cupa surtout de

il

ajoute qu’elle s’oc-

travaux anatomiques.

Les écoles de Cnide et de Cos acquirent

beaucoup de célébrité. Ce Cos que naquit

dans celle de

fut

grand Hippocrate

le

;

les

Asclépiades, ses ancêtres, y avaient exercé

médecine de père en

la

fils

pendant plu-

sieurs siècles. L’école de Cnide eut

de célébrité que sit

celle

de Cos

;

elle

moins

produi-

cependant des ouvrages au nombre

desquels on peut compter

les

Sentences

cnidiennes dont parle Hippocrate

(a).

Les

principaux médecins sortis de cette école sacerdotale sont

:

Euriphon, que

l’on

croit l’auteur des Sentences cnidiennes , et

fl) Traduction des œuvres d’Hippocrate,

p. 15 et 16. (2)

De

victu auctorum.

t.

I,


G9 Ctésias qui exerça l’art de guérir à la

cour

d’Artaxerce, roi de Perse, et qui s’est surtout distingué par des ouvrages histori-

ques.

Ackermann pense que

Cnide enseignait

et exerçait

l’école de

surtout

la

decine empirique, et que plus tard

donné naissance Il

est difficile

à l’école

empirique

mé-

elle a (i).

d’apprécier aujourd’hui

quel degré d’instruction possédèrent les prêtres des temples, et quels progrès la

médecine a pu

Comme

il

faire entre

leurs mains.

y a toujours eu des

qui ont montré de

la

hommes

tendance h admirer

on ne doit pas

tout ce qui est ancien

,

être surpris de trouver

dans l’antiquité

chez

les

modernes, des écrivains qui ont

vanté outre mesure piades

(1)

(

et

2 ).

la

médecine des Asclé-

D’un autre côté,

Ackermann,

il

est

des mé-

Institutiones historiœ

medi-

Nuremberg, 1792, in-8, p. 68. (2) C’est ainsi que l’auteur de Y Introduction qu on Lrouve dans les œuvres de Galien, regarde cinœ.


70 decins qui leur ont refusé toute instruction. Ainsi, M. Malgaigne (i) fasse rentrer

dont

pé, et

de

la

même M. il

Asclépiades dans l’oubli

n’auraient jamais dû

ils

blâme

les

veut qu’on

Littré de s’en être

propose de

médecine

et

sortir.

de

les la

Il

occu-

rayer de l’bistoire

chirurgie

(2).

Nous

pensons qu’on doit être éloigné de tous ces excès.

Il

est

probable que

la

lecture

des inscriptions des temples-et l’habitude

de voir un grand nombre de malades du-

la

médecine d’Esculape

comme

et

de ses successeurs

parfaite et divine.

(!) Lettres sur l’histoire de la chirurgie ,

insé-

rées dans la Gazette des hôpitaux. (2)

M. Malgaigne fonde principalement son

opinion sur

les

quatre inscriptions votives que

nous avons rapportées; mais ces inscriptions sont de l’époque des Antonins. l’avons fait

et,

comme

nous

remarquer, pelles ne peuvent pas nous

donner un modèle de ce qu’étaient

celles qu’on

voyait dans les temples aux temps des anciens Asclépiades.


71 rent à

la fin

donner une certaine instruc-

tion médicale aux prêtres. Lorsqu’ils n’or-

donnaient que peu de remèdes ou des

moyens superstitieux,

ils

pouvaient acqué-

des connaissances sur

rir

maladies quand

aux

efforts

faire ainsi

de

la

elles

la

sont abandonnées

nature. La

médecine put

quelques progrès qui furent

puissamment secondés par particulier

marche des

que

les

goût tout

Grecs montrèrent pour

cette science d’observation

autres peuples, la

le

:

car chez les

médecine sacerdotale a au

été bien loin de parvenir

même

degré

de perfectionnement. Les Sentences cnidiennes ont certaine-

ment eu pour auteurs

les prêtres

du tem-

ple de Cnide. C’est le premier écrit qui ait été les

composé par

les

Asclépiades. Si

possédions encore,

nous

nous pourrions

avoir une idée exacte de l’instruction dicale de ces prêtres; mais

vrage est perdu, nous

mé-

comme cet ou-

sommes

obligés de

nous en tenir au jugement qu’en portent


72 Hippocrate

et

Galien qui l’avaient sous

les

yeux. D’après ce que nous apprennent ces

deux auteurs

(i)

,

on

voit

que

les

méde-

cins de Cnide avaient bien décrit les symp-

tômes des diverses maladies, terminaisons de quelques elles

ainsi

que

les

unes d’entre

-

mais qu’ils en admettaient un beau-

;

coup trop grand nombre

d’espèces. Ainsi,

décrivaient sept maladies de la bile,

ils

douze de

vessie,

la

quatre des reins, trois

tétanos, quatre ictères, trois phtbisies (2) aussi négligé

avaient

ils

le

Quant à leur thérapeutique et

,

;

pronostic.

Hippocrate

Galien disent qu’ils n’ont connu qu’un

petit

nombre de moyens de

que dans

(1)

dans dans

les

traitement

maladies chroniques

ils

;

ne

Hippocrate parle des médecins de Cnide, le

commencement de

les

son Traité du régime

maladies aiguës. Ce que Galien nous

apprend à leur

sujet est tiré de son

Commen-

taire sur ce Traité d’Hippocrate. (2)

Galeni

auctorum.

Commentar.

in Hippocrat. de vktu


73 donnaient que des purgatifs, du

petit-lait

j

|

du

et

guës

lait; ils

mais que dans

les affections ai-

employaient davantage de remè-

J

des. Les Sentences cnidiennes avaient |

deux éditions

dans lesquelles

eu

i

y avait des changements. La seconde, au rapport

i

de Galien,

|

ij

mière.

On

Cnide

était plus

de

j

connaissances

ï

>

savaient ,

que

les

pre-

médecins leurs

ne laissaient pas

science dans l’immobilité Il

la

perfectionner

et qu’ils

prêtres d’Egypte.

il

médicale que

voit par là

î

la

,

comme

les

paraît qu’avant Hip-

pocrate l’école de Cos n’était point supérieure à celle de Cnide.

J

i

{

La plupart des médecins ont prétendu, d’après le témoignage de Strabon (i) et de Pline

( 2 ),

qu’Hippocrate avait beaucoup

profité des inscriptions votives

de Cos. Ci)

MM. Rosenbaum

Geogruph.,

lib.

(2) Ilistor. natur.,

(3)

du temple

Chou-

et

XIV. 1.

29, c. 1.

(3) Gazette médico-chirurgicale de Salzhourg , t. |

1,

1841, p. 156. 7


74 lant(i) soutiennent cependant une opi-

nion contraire. Plusieurs savants croient

que

aujourd’hui (

sentences coaques

les

coacœ prœnotiones ) que nous possédons

encore

dans

la

collection

œuvres

des

d’Hippocrate, ont été extraites des tables

On

votives.

voit par elles

que

l’école

de

Cos s’occupait beaucoup de pronostic mais des passages d’Hippocrate

(a),

;

de

Platon (3) et de Galien (4) nous démontrent que les anciens Aclépiades avaient

beaucoup négligé

la diététique.

M. Rosembaum apprécier

(5)

prétend que pour

degré de perfectionnement

le

I ahrbuch

(1) Histori sch-litterarisches

für die

deulsche Médian, 1839, p. 112. (2)

De diœiâ auctorum.

(S) Politicor. lib. III.

(4)

De tuendâ

(5)

Voyez

sanitate

l’article

ad Trasybulum

qu’a

fait

,

c. 33.

M. Rosenbaum,

sur la traduction des œuvres d’Hippocrate, par

M. Littré

dans

,

M. Hœser,

t.

I,

les

Archives de médecine de

p. 100, ainsi

que

l’analyse don-


auquel est parvenue tale,

est nécessaire

il

comme on

l’a

médecine sacerdo-

la

de ne pas confondre, jusqu’ici

fait

les

,

Asclé-

piades réunis en collège et qui formèrent des écoles

,

avec

simples prêtres des

les

temples d'Esculape. Selon

de

possédaient seuls les autres

rites

lui, les

premiers

l’instruction

et

,

ne connaissaient guère que

des sacrifices

;

les

mais nous manquons

de documents suffisants pour éclaircir un sujet aussi obscur.

crate fait des

La critique qu’Hippo-

médecins de Guide dans

commencement de son dans

les

que

les

maladies aiguës

traité ,

le

du régime

nous démontre

diverses écoles d’Asclépiades ne

professaient point les

mêmes

doctrines, et

qu’elles étaient rivales. Cette rivalité devait exciter

l’émulation et contribuer aux

progrès de

la

née par

le

même

médecine.

On

a publié ré-

auteur, de Y Histoire de

la

mé-

decine du docteur Isensée, dans la Gazette médico-chirurgicale de Salzhourg.


76 cemrnent une

composée de

petite pièce

vingt-un vers grecs iarnbiques contenant des préceptes d’hygiène très-simples

on

les

a attribués

des (i); mais

,

et

aux anciens Asclépia-

nous pensons

qu’ils sont

d’une époque plus moderne.

Quelques savants ont de savoir

quelquefois

Asclépiades allaient

les

si

les

agité la question

voir

malades hors des temples.

(1) Ces vingt-un vers grecs ont été publiés

par

le

baron d’Arétin

Geschichte

cler

,

clans

Litteratur,

trouve aussi dans

t.

9,

Y Histoire

ses Beitrœge zur p. 1001.

de

la

grecque profane, par M. Sc'nœll

( t.

On

les

littérature 3, p.

11).

Les principaux préceptes hygiéniques contenus dans ces vers sont

:

d’être sobre dans les repas,

de se livrer convenablement aux exercices porels, de se tenir droit,

couché

coi’-

la nuit sur le côté

de ne pas user de boissons froides en

hi-

ver, de se faire saigner les veines de la tête au

printemps, d’entretenir

la

liberté

du ventre,

de porter des habillements chauds en hiver, d’éviter les maisons qui ont une mauvaise odeur, surtout en

été, etc.


t

,

77 Sclmlz

M.

se

Littré

prononce pour

la

négative, et

l’affirmative. Selon lui

pour

l’exemple d’Hippocrate qui parcourut la

Grèce

comme médecin périodeute ou am-

bulant,

est

décisif dans cette question.

M. Rosembaum émet cependant un avis que les prêtres contraire. Il prétend conçurent de

la

haine contre Hippocrate,

parce qu’il avait exercé et enseigné son art

hors de l’enceinte du temple,

pour

se venger, ils répandirent

par

et

que,

la suite

bruit qu’il avait incendié le temple de

le

Cos

et les archives

de celui de Cnide. Nous

pensons que, pour décider cette question, il

faut distinguer les époques.

bable que, dans les

les

temps

les

les

est

pro-

plus anciens,

médecine que

prêtres n’exerçaient la

dans

Il

temples, parce que,

comme le fai

Rosembaum, on nelescroyait animés de l’esprit d’Esculape que quand observer M.

ils

étaient en présence de ce dieu. Mais,

plus tard, quand d’entre

ils

envoyaient plusieurs

eux parcourir

la

Gièce,

ils

Irai-


%

78 malades partout où

(aient les

dans

ils

se trou-

vaient;

et

dans

collection des œuvres d’Hippo-

la

crate.,

est fait

il

que doit

le

tenir le

serment qu’on trouve

mention de

conduite

la

médecin quand

il

va dans

maisons des particuliers.

les

Les Grecs avaient un penchant trop dé-

pour

cidé

que

la

d’indépendance, pour

l’esprit

médecine pût

rester toujours l’apa-

nage exclusif des prêtres dans leur beau pays. Si l’on veut savoir pendant combien

de temps les

l’art

de guérir a été enseveli dans

un passage de

temples,

Pline.,

et

un

autre d’Isidore de Séville peuvent servir éclaircir cette question, sur laquelle

possédons

si

resta plongée dans

Origin

,

1.

IY,

I.

c. 3.

(1)

médecine jus-

remit en lumière.

la

Selon Isidore de Séville

(1) Histor. nai ural

la

une nuit obscure

qu’à Hippocrate qui

Ç2)

nous

peu de documents. Pline

rapporte qu’après Esculape

à

(2),

XXIX,

après qu’Es-

c. 1.


79 culape fut mort frappé de

médecine

fut interdite

;

foudre,

la

la

cet art disparut

avec celui qui l’avait inventé, et demeura

caché jusqu’à Hippocrate qui

le

montra

de nouveau au jour. Plusieurs savants, entre autres le professeur Choulant, pen-

que

sent

cet espace de

lesquels la

750 ans

,

pendant

médecine parut plongée dans

une nuit obscure, ou

même

fut interdite,

temps pendant lequel

est

précisément

elle

fufgardéecomme un

le

secret de famille,

devint l’apanage exclusif des prêtres

et

des temples d’Esculape.

Quel que soit

le jugement

quel’on puisse

porter sur les deux passages de Pline et d’Isidore de Séville

que nous venons de

ci-

ter,

on peut affirmer qu’à l’époque où

vi-

vait

Hippocrate,

plus, en

(t)

Grèce

la

(3),

Thucydide, qui

pocrate,

dit (liv. I,

médecine

n’était déjà

exercée uniquement par

était c.

contemporain d’Hip-

47) que

les

médecins

auxquels on eut recours en premier lieu dans


80 les prêtres.

D’autres hommes avaient alors

commencé

à leur enlever ce

moyen

puis-

sant d’influence sur les peuples. C’étaient les

philosophes,

et,

parmi eux, nous de-

vons placer au premier rang Pytliagore. Il

témoignage d’un

est certain, d’après le

grand nombre d’auteurs anciens, tait

adonné d’une manière

cice de la médecine.

prêtres d’Egypte

combien on peut par

Selon Jamblique il

(

i), les

qu’ils

les

branches de

le

d’Athènes ne purent

ne

elle

populations. la

s'occupa avec le plus de

furent la diététique et

la peste

spéciale à l’exer-

avait appris des

11

acquérir d’ascendant sur

decinedont

qu’il s’e-

mé-

zèle,

traitement des

la

guérir, parce

connaissaient pas, et moururent

la

plus que tous les autres, à cause de leurs rapports avec les malades.

Il

distingue les traiter

médecins, des prières dans les temples, des consultations d’oracles, et autres pratiques semblables auxquelles on eut

ments

faits

par

les

recours sans succès. (1)

De

vitâ

Pythagorœ,

c. 29, p. 147.


-

81 plaies;

il

s’occupa moins de l’administra-

tion des remèdes, et ne s’adonna point aux

opérations chirurgicales.

monde

Comme

tout

le

croyait alors à la vertu des chants

magiques, des expiations, des lustrations, des sacrifices,

commença

il

,

ainsi

prêtres, à yavoirrecours. Sans cela, le fait

que

les

comme

observer judicieusement Meiners(

personne n’auraiteu confiance en usait surtout

dans

dans lesquelles

il

les affections

savait faire

lui. Il

1

),

en

de l’ame,

un sage em-

moyens qui agissent sur le moral de l’homme, tels que les consolations, la

ploi des

musique,

les

distractions (2).

Pythagore cacha

prêtres,

guérison sous

dans

la

le

voile

Grande Grèce,

ses

Comme

les

moyens de

du mystère. C’est

et

principalement à

Crotone, qu’il établit son école. Ses disci

(1) Histoire de

origine, des progrès et de la décadence des sciences dans la Grèce, Irad. par

Lavaux,

1.

2,

l

p. 204.

(2) Porphyr., de Vitu Pythagorœ, ç.

S2-.


82 pies formèrent

une corporation dans

la-

quelle on ne pouvait entrer que par la

voie de l’initiation.

Il

y avait, selon Mei-

ners (i), deux espèces de disciples

première

était

composée de ceux qui

avaient été éprouvés

dont

les

;

la

deuxième, de ceux

épreuves duraient encore. Pour

ces derniers crètes,

la

:

y avait des doctrines seTant que l’ordre des Pythagori,

il

Grande Grèce

ciens subsista dans la voile mystérieux dont

ils

,

le

s’enveloppèrent

ne fut point soulevé; mais après que cet ordre eut été détruit

et

expulsé

des dis-

,

ciples infidèles dévoilèrent les pratiques

mystérieuses relatives à larnédecine ( 2 ). Plusieurs Pythagoriciens

dans diverses

villes

de

la

se répandirent

Grèce où

ils

don-

nèrent des soins aux malades. Peu à peu ilsjetèrent le

masque de

la superstition, et

guérissaient

avouèrent qu’ils

(1)

Ouvrage

(2 J

Jamblicus, de Vitâ Pythugoræ ,

cité,

t.

2, p.

par

183. c .34,

des


83

moyens

A cause du

naturels.

séjour que

les disciples

de Pytliagore avaient

Crotone,

médecins de cette

les

au temps d’Hérodote

saient,

plus instruits de la Grèce.

d eux, exerça Polycrate,

ville

(i),

la

à

pas-

pour

Démocède,

de guérir à

l’art

fait

les

l’un

cour de

t)ran de Samos, et à celle de

Darius, et s’y acquit

putation par

les

une très-grande

ré-

cures qu’il opéra (2).

Pytliagore et ses disciples ne furent pas

philosophes qui enlevèrent aux

les seuls

prêtres l’exercice de la médecine.

docle

Héraclite

,

suivirent ses tre

eux

,

Démocriie

traces.

à la vérité

,

,

(1) Histor., lib. III, c.

(2)

Démocède peut

disciples

Anaxagore

Quelques-uns d’ens’occupèrent plutôt

131.

compté parmi les de Pythagore. Jamblique ( de Vitu

Pythagorœ , s’enfuir

,

Empé-

c. 35, p.

être

217) dit qu’il fut obligé de

de Crotone, lorsque

les

Pythagoriciens

en furent expulsés. Au contraire

,

Hérodote

(lib. 3, c.

131) dit qu’il quitta Crotone parce

qu’il avait

un père d’un caractère dur

et colère.


su à

créer des systèmes sur la nature qu’à

traiter des

malades. La médecine gymnas-

tique, qui fut inventée à la

même époque

parHérodicus, contribua aussi

à

diminuer

l’influence des prêtres: plusieurs malades

recevaient des soins dans les gymnases. Il

survint ainsi entre les prêtres

losophes et

une

rivalité

la science.

les directeurs

,

les

phi-

des gymnases

qui contribua aux progrès de

Les Asclépiades deCnide et

la

famille d’Hippocrate, voyant l’exemple des

philosophes, renoncèrent à l’exercice mystérieux de leur art et aux pratiques superstitieuses

touré

;

dont leurs ancêtres l’avaient en-

et dès lors la

médecine cessa

d’être

ensevelie dans les temples et devint accessible

monde. Ainsi

à tout le

dire qu’en Grèce la

l’on peut

médecine a commencé

par être domestique

;

elle

est

devenue

ensuite exclusivement sacerdotale. Enfin

par l’influence

des prêtres des temples

des philosophes

,

des directeurs de

,

gym-

nases, et surtout par les travaux d’Hippo-


f,

crate, elle a été érigée au rang de science.

I II est

probable qu’il en a été de

même chez

plusieurs peuples. Cependant malgré cela les

prêtres ne cessèrent point en

Grèce

l’exercice d’un art qui leur était très-lui

cratif

,

et

une partie du peuple supersti-

tieux continua

à

avoir recours à leurs

guérisons mystérieuses; mais leur médeIcine dégénéra beaucoup après Hippocrate.


86

CHAPITRE Exercice de

la

médecine à

plusieurs temples

de

la

V. des songes, dans

l’aide

Grèce

,

autres que ceux

d'EscuIape.

Les temples d’EscuIape n’étaient pas en

Grèce

les seuls

l’on allait recevoir des

songes pour obtenir dies.

On y

divinités

pour

(1)

guérison des mala-

la

adorait encore plusieurs autres

médicales que

se guérir, entre autres,

Apollon

(i),

Apollon, père d’EscuIape, a été regardé

comme

l’inventeur de la médecine par les plus

anciens auteurs. Pindare

85) dit

967)

(

Pythiq ., ode

apprend aux hommes

qu’il

pour guérir v.

invoquait

l’on

les

les

maladies. Euripide

lui attribue d’avoir

(

Métamorph .,

vers

moyens Alcesl .,

enseigné aux Asclé-

piades les remèdes pour guérir les

Dans Ovide

(

5,

lib. 1, v.

hommes.

521), Apol-


,

87

Diane, Mercure, Cérès

Minerve (A),

;

on peut encore y ajouter Vulcain, Laclon se glorifie en ces fe

médecine

mois d’avoir inventé

:

Inventum medicina meuni }

ocor, et

est,

opiferque per orbem

herbarum subjecta potentiel

nubis.

Plusieurs auteurs ent pensé que Pæan,

decin des dieux, dont parle le

même

la

qa’Apollon

;

Homère,

méétait

mais Sprengel croit que

ce sont deux divinités différentes.

Proclus et Porphyre (Proclus in

(1)

Timœum

Platonis) ont attribué à Minerve l’invention de la

médecine. Périclès, au rapport de Plutarque de Périclès,

( Vie

comme une et

fit

c.

13)

la lit

honorer à Athènes

divinité médicale (Alhene Ilygia ),

placer sa statue dans la citadelle, parce

qu’elle lui avait

apparu en songe

montré une plante qui guérit siclès,

qui avait

fait

et lui avait

l’architecte

Mné-

une chute en construisant

la citadelle.

Minerve

comme une

divinité médicale dans

a

été

encore regardée

quelques

autres villes de la Grèce. Birger Thorlacius a fait

une savante dissertation à ce

lée: Alhcne

Creuzer

(

sujet,

intitu-

Gracorum Hygiâ. Copenhague, 1804.

les

Religions de l’antiquité

t.

2, p.

765


88 chus

(i) el Hercule.

On

a attribué à plu-

sieurs de ces divinités l’invention de la

médecine,

et l’on

raissaient en

croyait qu’elles appa-

songe aux malades

et leur

donnaient des conseils.

Tous

membres de

les

Hygie

culape,

et suiv.) a

,

la famille

d’Es-

Panacée (2), Machaon,

savamment

discuté sur les rapports

qui existent entre Minerve-Hygie et Esculape. Cette

déesse avait le

comme (1)

le

serpent pour symbole,

dieu de la médecine.

Pausanias (lib. X,

Ophilée, ville

y a à de Phocide, un souterrain où l’on c.

33

) dit qu’il

célèbre les orgies en faveur de Bacchus. Les habitants

comme

de

celte

ville

regardent ce dieu

leur oracle et leur médecin

qu’il les

instruit

;

ils

croient

en songes des remèdes qui

leur sont nécessaires dans les maladies;

ils

croient que les prêtres de Bacchus leur révèlent l’avenir. Les Athéniens (Athenæi Deipnosophist , lib.

I,

c.

41

)

avaient aussi reçu de la

Pythie l’ordre d’honorer Bacchus,

comme mé-

decin. (2)

Hygie

et

Panacée, que

l’on

regardait


89 Podalyre(i) obtinrent aussi des temples

dans lesquels

les

se rendaient

malades

pour

se guérir. Plusieurs héros reçurent pareille-

ment le même honneur. Wolf ( 2 ) j l<

obser-

fai!

ver que ce furent principalement ceux qui pendant leur vie avaient passe pour des

On

devins.

en pèlerinage

allait

a

leur

des oracles en y recevait songe. Les plus célèbres furent Calchas,

tombeau

et l’on

Amphiarus, Amphiloque

(3).

comme

avaient plusieurs

sœurs

d’Esculape

,

temples en Grèce. Souvent leurs statues étaient à côté de celle du dieu de la médecine. (1) Podalyre péril

ou Calabrois, où on lequel, suivant le (

Alexandra ,

v.

dans

pays des Dauniens

lui éleva

un tombeau sur

témoignage de Lycophron

1046 et suiv.) et de Tzelzes, son

commentateur,

les

habitants allaient dormir

sur des

peaux de brebis,

conseils

en songe pour

(2)

le

la

et y attendaient des

guérison des maladies.

Vermischte Schriften

und Aufsœtze. Halle,

1802, p. 408. (3) lui

Le tombeau de Calchas

de Podalyre, chez

les

était près

de ce-

Dauniens. Slrabon


90 encore en Grèce plusieurs

existait

Il

autres célèbres où l’on rendaildes oracles

(Hb. \I,

5) dit que ceux qui venaient y recevoir des songes, sacrifiaient un bélier noir sur la

c.

peau duquel

ils

s’endormaient.

Le temple d’Amphiarus

d’Orope, en Béotie, lieu où

ville

I

de

la

on croyait

avait été enseveli sous terre. Pausanias

qu’il

(lib. I, c.

34) dit qu’il ne rendait ses oracles

qu’en songe; le consulter

faisaient

ils

était près

laient

il

ajoute que ceux qui voulaient

commençaient par se purifier, puis un sacrifice dans lequel ils immo-

un bélier sur

la

peau duquel

ils

s’endor-

maient pour attendre des songes. Quand étaient guéris de leurs maladies,

ils

ils

jetaient

quelques pièces d’or ou d’argent dans une fontaine sacrée qui était près du temple. Philostrate

(

Vita Apollonii ,

1.

les prêtres obligeaient

2, e.

37) dit encore

que

ceux qui venaient rece-

voir des oracles en songe dans le temple d’Am-

phiarus, de passer un jour entier sans et trois sans boire

Amphiloque cle

était

lib. 1, c. 34).

de vin. fils

d’Ampbiarus. Son ora-

ville

de Cilicie (Pausanias,

était

à Malle,

manger


91 en songe recouvrer étaient tre

où des malades

et

la

celui

renommés

Les plus

santé-

de Troplionius (i)

Charonium.

villes

les

côtes de

de Tralles

Plu ton

et

et

l’Asie

laissé était

Il

entre les

,

de Nyssa, près du

qui entourait

bois sacré

et l’au-

Strabon nous a

quelques détails sur ce dernier. situé sur

pour

allaient

les

temples de

de Proserpine. Les malades qui

dans un

allaient s’y faire traiter logeaient

bourg placé près de

l’antre

cliez

7

prêtres qui étaient instruits des

les

cérémo-

nies sacrées. Ges prêtres se livraient à l’in-

cubation pour crivaient les

les

malades

et leur pres-

remèdes qui leur avaient

conseillés en songe.

Strabon

dit

qu’ils conduisaient quelquefois

(1)

Pausanias (lib.

détails sur l’oracle

9, c.

encore

les

ina-

39) donne de grands

de Troplionius et sur

cérémonies auxquelles on

était

Geograph

lib.

XIY,

c. 2.

les

soumis avant

d y descendre. Nous en parlerons plus loin. (2)

été


92 lades dans l’antre

més, diète

y tenaient renfer-

soumettaient au repos

et les y

et à la

pendant plusieurs jours. Quelque-

fois les

malades recevaient eux-mêmes

songes

et

prêtres

les

les

l’exécution

dirigeaient

et

les

,

les

expliquaient des

moyens

conseillés.

y avait aussi près de Patras , selon Pausanias(i) un temple de Cérès où l’on Il

allait

consulter sur l’issue des maladies.

Près de ce temple

était

une fontaine

,

au-

dessus de laquelle on suspendait un miroir dont l’extrémité seule louchait Peau.

On

faisait

des prières à la déesse

,

brûlait des parfums en son honneur, retirait le miroir,

dait,

il

et

représentait

quand on

le

le

on

on

regar-

malade vivant ou

mort, selon ce qui devait arriver. Pausanias dit

que

cet

oracle était infaillible.

pour prouver combien

Ce

seul trait suffit

les

anciens étaient crédules.

(1)

Lib VII,

c.

21.

t


93

Une anecdote faire

citée par Élien pourrait

présumer que l’on

allait aussi

quel-

quefois consulter dans les temples poulies

animaux. Cet auteur

maladies des

nomme

rapporte (i) qu’un écuyer habile,

Lænus, avant un excellent cheval qui avait perdu un œil par une blessure, le

mena dans

le

et pria

temple de Sérapis,

ce dieu de lui rendre son œil. Sérapis lui

ordonna de ne point

faire

usage de subs-

tances liquides sur l’œil malade, mais d’y

appliquer des corps chauds

et

de

le faire

en plein midi et autour du temple. Ces ordres furent suivis,

pense bien,

Ce la

le

et,

comme on

cheval guérit.

n’était pas

seulement pour obtenir

guérison des maladies que

allaient

dormir dans

les

les

(1)

c

.

31.

Æliani

pour

H.stor.

Grecs

temples, afin d'y

recevoir des oracles en songe; saient encore

le

les affaires

animalium

ils

le

fai-

ordinaires

,

lib.

,


94

de

Cicéron

vie.

la

el

(i)

Plutarque h)

nous apprennent que quand tiates étaient

d’état,

ils

embarrassés dans

les

Spar-

les affaires

allaient passer la nuit

dans

le

temple de Pasipliaé, afin d’y obtenir des songes qui leur apprendraient ce qui le

plus

utile

au salut de

reste, Wolf (3) fait

que

le

patrie.

Au

observer judicieusement

les Spartiates,

moins

la

était

qui étaient

le

peuple

le

cultivé de la Grèce, étaient aussi

plus superstitieux. D’ailleurs, c’est dans

Péloponèse qu’il y avait le plus grand nombre de temples élevés en l’honneur

le

du dieu de

la

médecine.

Les Grecs ne se contentèrent pas d’adorer leur Esculape et plusieurs autres divinités médicales,

core chez eux à

une époque

le

ils

introduisirent en-

culte des dieux d’Égvpte,

qu’il est difficile

de

déter-.

(1)

De

(2)

Vie d’Agis , c. 9, et Vie de Cléomène ,

'?>)

Vermischte Schrifien and Aufsœtze^ p 406.

divinatione, lib

I, c.

43. c. 7.


,

95

miner

,

et

l’honneur

ils

des temples

bâtirent

de Sérapis.

d’Osiris et

d’isis,

en

Les malades y avaient beaucoup de confiance; ils s’y rendaient en grand nombre

pour recouvrer leur

santé, et les prêtres

lesy traitaient à l’aide de l’incubationetdes

compte en Grèce quinze

songes. Pausanias

temples

dédiés aux

égyptiennes (i);

dit (2)

il

médicales

divinités

de tous ces sanctuaires

que

le

plus révéré

était celui d’isis,

à Tithorée, qui était situé à UO stades

temple d’Esculape, dans Il

la

même

du

ville.

aucune maison aux environs,

n’y avait

nul ne pouvait y entrer s’il n’y avait été invité par des songes envoyés par la et

déesse. Les prêtres

année deux printemps nias

fêtes

1

)

(1)

:

et l’autre

en automne. Pausa-

nous a donné quelques

les rites religieux

(

y avaient établi chaque solennelles l’une au

détails

qu’on y observait, qui

Schulzii, Historia medicinœ, p. 127

Lib. X, c. 32

.

sur

.


96

mêmes

selon lui, étaient les

Cet auteur dit encore que avaient reçu

du

Sérapis,

lui avaient

et

dans leur

que ce dieu

mone,

et

avait

que

Il

de

un temple

bâti

rapporte également

c’était le plus

gnaut (3),.pense

le culte

un temple

ceux de cette

tous

Athéniens

les

Ptolémée

roi

ville (i).

qu’en Egypte.

ville

même qu’il

(

à

Lacédé-

moderne de

2 ).

M.

Gui-

est assez vrai-

semblable que, dans plusieurs lieux de

Grèce sous

(1)

,

le

c’était

nom

la

Sérapis que l’on adorait

d’Esculape.

Pausanias,

lib. 1, c. 18.

(2) Pausanias, lib. 3,

c.

14.

(3) Le dieu Sérapis et son origine , set rapports , ses attributs et son histoire. Paris,

1828, p. 25.


CHAPITRE Médecine des prêtres d’Égypte.

VI.

On

traite les

malades

à l’aide des songes dans les temples d'Isis, d’Osiris et

de Sérapis. Médecine des Hébreux

de quelques

et

autres peuples.

En Egypte nous voyons bien plus anciennement encore qu’en Grèce tres

les

prê-

exercer exclusivement la médecine

et l’enseigner

taient

même

dans leurs temples.

Ils s’é-

cru assez avancés dans cette

science pour en tracer des règles écrites ils

avaient

composé

dore de Sicile (i)

dont

il

,

,

;

au rapport de Dio-

un code ou

livre sacré

leur était défendu de s’écarter (2);

(1) Bibliothcc. historié ., (2) Saint

1.

l,c. 82

Clément d’Alexandrie

cuie Tiismégisle avait composé

.

dit

que Mer-

un ouvrage 9


98 ils

formaient un corps très-puissant dans étaient

et

l’état

classes.

Chacun d’eux

dote^)

se

,

borner à

de maladies

ticulier

yeux, de

la

en

divisés

tête

devait traiter

,

selon Héro-

un genre

comme

,

du ventre

,

différentes

voit par

quand dans

un passage

ils

les

leur

des

celles ,

etc.

transmettaient leurs connaissances

descendants qui

par-

ils

;

à

leurs

succédaient.

On

d’&ristole (2)

,

que

entreprenaient quelque chose

maladies aiguës avant

trième jour bilité. Il est

,

c’était

probable

le

qua-

sous leur responsa,

d’après cela, qu’ils

appelé Evibre composé de 42 ,

livres,

qui con-

tenait toute la science des Égyptiens. Les 06

premiers

livres traitaient

de

la

philosophie,

les

6 derniers étaient consacrés à la médecine-.

Il

y était parlé de la structure du corps humain, des maladies, des instruments de chirurgie, des affections des yeux et des maladies

femmes. (1) Lib. II, c. 84 (2)

.

Polilicor , lib. III.

des


99 laissaient

beaucoup agir la nature.

qu’ils pratiquaient

aussi

dehors; car Hérodote

I) (

égyptiens qui étaient à roi de Perse

,

parle de médecins

la

cour de Darius,

même

Le

médecine au

ne purent

et qui

d’une entorse.

la

parait

Il

guérir

le

historien

fait

mention d’un médecin oculiste égyptien qui fut envoyé en Perse par :

à la

sis

demande de Cyrus

roi

le

,

Ama-

( 2 ).

Les principaux temples dans lesquels les prêtres

cine

,

égyptiens exerçaient

étaient ceux d’Isis

Sérapis.

De

tout temps

server Creuzer (3) !

I

les la

grands dieux

nature,

curative.

Il

,

,

,

,

la

méde-

d’Osiris et de

comme

le fait

ob-

l’Égypte se représenta

symboles des forces de

comme

doués de

est certain

,

la

puissance

d’après plusieurs

(1) Lib. III, c. 129.

(2)

Herodot. Histor.,

(3)

Les

Religions

de

1.

III, c. 1.

considérées

l’antiquité

principalement dans leurs formes symboliques

mythologiques

,

Lrad.

par Guigniaut,

t.

2, p.

et

337.


J

00

passages de Diodore de Sicile

(

1

),

bon

(a) et

ples

pour y recevoir des songes,

deSlra-

d’Artémidore (3), que les malades venaient passer la nuit dans ces tem-

comme

en Grèce dans ceux d’Esculape. Le culte en Égypte;

d’isis et d’Osiris était très-ancien

celui de Sérapis paraît y avoir été intro'

duit à une époque plus moderne.

Comme

Hérodote ne parle pas de ce dieu croit

temps où

il

écrivait.

entre l’époque de celle

et

mencé

,

mais

(1) Lib. I,

il

paraît

que

c’est

guerre du Péloponèse

c.

ne parvint

à

son apogée

règne des Ptolémées

le

(i).

25.

Geograpli., lib. XYII.

(3) Oneocrilic .,

(4)

la

Il

d’Alexandre que ce culte a com-

que sous

(2)

pas encore adoré au

n’était

qu’il

on

,

1.

Y,

c.

92, 93, 94.

Selon le récit de Tacite

(

Uisior .,

lib.

IV,

83,84), Ptolémée Soter, d’après un ordre bâtissait qu’il avait reçu en songe pendant qu’il murs d’Alexandrie, fit venir de Sinope, dans

c.

les le

royaume de Pont,

la statue

de Serapis et

lui


101

Selon Plutarque qu’Osiris.

On

cendu dans

(i)

que

a dit

les

Sérapis était

,

ait

commencé

adoré à une époque moderne par moins regardé par plus grand dieu

il

,

(2).

à être

ne fut

comme

la suite

de l’Egypte

;

le

on peut

dire qu'il éclipsa toutes les autres

On

divinités de ce pays.

tout dans les maladies

:

l’invoquait surc’était

bienfaisant. L’orateur Aristide

en termes

un de

même

c’était Osiris des-

sombres demeures

Quoique Sérapis

même

le

pompeux

ses discours

longue

11e

,

suffirait

ses

dit

,

un dieu qui relate

louanges

que

,

dans

la vie la plus

pas pour

dresser la

4

fil

bâtir

un temple à Rhacolis, près d’Alexan-

drie. Tacite dit qu’il

sur

le

y avait plusieurs traditions nom du nouveau dieu, qu’il était appelé

Esculape, Osiris, Jupiter ou Plulon. qu’il avait existé

petit (1)

(2) Les

encore

anciennement à Rhacolis un

temple consacré à

De

Il dit

Isis et

à Sérapis.

laid, et Osirid.

Re Usions de

note de M. Guignaut,

1.

l antiquité de Creuzer , 1,

2 e partie, p. 808.


,

'102 liste

des miracles qu’il opère (i).

tribue

le

pouvoir de ressusciter

de rendre

donner que

potable l’eau de

les

la

la santé et la richesse

lui at-

Il

morts,

mer

ajoute

il

;

de

,

preuves de ses miracles innom-

les

brables sont consignées dans des livres sacrés, gardés

confondait souvent avec Pluton avec Jupiter rapis.

Il

comme

;

était le

Nil

,

le

de

là le

regardé

dieu de

dispensateur de

morts.

,

de Jupiter Sé-

dit

Creuzer ( 2 ) ,

le

,

souve-

particulièrement de celles la terre et

puissances terrestres le

nom

maître des éléments

rain des eaux

du

On le ou même

dans des boîtes sacrées.

,

le

de toutes

dieu des enfers

la vie et le

En un mot,

les

juge des

Jupiter, Esculape

Pluton étaient venus se confondre dans

et

Sérapis (3).

(1) Arislidis oratio in Scirapidem. (2) Les Religions de l’antiquité ,

(3) dit

De

même

sur l’histoire

t.

1,

p.

414.

que nous n’avons presque rien et les attributs mythologiques


103

On éleva

de Ions côtés des temples

nouveau dieu

,

on

appelait Serapies

les

ou Serapiums. L’orateur Aristide de son

temps on Il

culte fut importé cés hors des villes

souvent

:

;

dit

que

comptait 43 en

en

y en avait un grand dans les autres pays du monde

Egypte.

à ce

ils

celui de

nombre où son

étaient pla-

Memphis

plus ancien de ceux de l’Égypte

,

,

le

selon

Pausaniasj était situé au milieu dessables (i). Le plus célèbre des temples de

Sérapis était celui de Canope. Strabon( 2 ) dit

que des gens de

plus haute distinc-

la

tion y avaient la plus

grande confiance

et

d’Esculape et des autres divinités médicales de Grèce, nous nous étendons très-peu sur Séra-

la

pis.

On trouve

des détails sur tout ce qui le

concerne dans une dissertation deM. Guigniaut, qui a pour ses

litre

:

le

dieu Sérapis et son origine ,

rapports , ses attributs

et

son histoire. Paris,

1828, in-8. (1) Slrabonis (2)

Geograph

Geograph.,

lib.

,

XXII,

lib. c. 1.

XVII,

c. 1.


104 venaient y passer la nuit pour y obtenir des songes pour eux ou pour d’autres.

Strabon ajoute qu’on inscrivait

les guéri-

sons qu’on y obtenait et les moyens de traitement qui avaient réussi. Artémi-

dore (i)

fait

aussi

mention de quelques

songes qui avaient été reçus dans ples de Sérapis

malades y accou-

les

;

tem-

les

raient de tous côtés et partout les ex-voto

encombraient

ses autels

;

nous possédons

encore plusieurs inscriptions votives en son honneur. aussi la

qui

,

Galien (3) donne

sacré

,

paraît qu’on pratiquait

médecine en Egypte, dans

ple de Yulcain

padoce

Il

,

la

,

était à

le

tem-

Memphis

(

2 ).

d’après Héras de Cap-

recette d’un emplâtre appelé

très-utile

,

selon lui, dans les plaies,

(1) Oneirocrilic ., lib. Y, (2)

faites

Yulcain des Grecs

c.

est

92, 93, 94. le

dieu Phtha des

Égyptiens. (3)

De compositione medicamentor secundum

généra,

.

lib.

Y,

c.

2.


ulcères etc.

,

morsures de bêtes venimeuses

,

,

qui était tiré des archives de ce

temple.

Nous savons encore moins comment médecine

était

exercée dans

les

de lEgypte que dans ceux de

la

la

temples

Grèce

;

y allait également pour y recevoir des songes , il est assez vraisem-

comme on

blable que les pratiques accessoires devaient être peu différentes de celles en

usage dans

les

temples d’Esculape. Cepen-

dant l'accès des temples des dieux d’Egypte paraît avoir été plus difficile

dieux de était

la

Grèce, et

le

que

celui des

culte des premiers

accompagné de plus de mystère. Pau-

sanias (i) dit qu’il n’était pas permis

aux

étrangers de pénétrer dans le Serapiurn de

Mempliis;

les prêtres

avaient accès qu’après

beuf Apis.

prend

(-i)

Le

même

même du avoir

auteur

que dans un temple

dieu n’y

immolé

le

nous apd’Isis

qui


10G au milieu du Péloponèse

était situé

la

,

statue de la déesse ne pouvait être vue que

par

les prêtres

tandis que deux statues de

,

Bacclius et d’Apollon qui étaient près de

aux yeux de tout

là, étaient exposées

monde.

Il

on ne

d’Isis à Tilhorée,

que ceux auxquels par des songes. usages

que dans

dit aussi (i)

existaient

temple

le

pénétrer

laissait,

la déesse l’avait

permis

probable que ces

est

Il

le

dans

aussi

plusieurs

Nous voyons par

temples de l’Egypte.

quelques passages d’Artémidore

(

2

)

,

que

l’on venait quelquefois consulter Sérapis les

maladies.

ainsi

que dans

sur l’issue que devaient avoir

Dans

les

temples

ceux de Sérapis apprivoisés de

on

,

élevait des serpents

même que on

dans

les

temples

y nourrissait de vivantes images des dieux de la

d’Esculape (3)

comme

,

d’Isis

(1) Lib.

X,

,

et

les

c. 32.

(2) Oneirocritic.,

lib.

V,

c.

92, 93 r 94.

(3) Æliani, de Naturel aninialium ,

1.

XI,

c.

17.


107 santé

(i).

Dans

les

monuments

antiques

on représente souvent Sérapis avec un long serpent roulé autour de son corps. Arrien(a) nous apprend que pendant la

maladie dont mourut Alexandre leGrand, plusieurs de ses généraux allèrent passer la

nuit dans un temple de Sérapis qui

y demandèrent monarque fût transporté

existait à

Babylone(3),

s’il fallait

que

dans

le

le

temple

et

par

afin d’y être traité

dieu. Sérapis répondit qu’il valait

que

le roi restât

il

était.

le

mieux

D’après cette

réponse on peut présumer que

les

prêtres

craignirent peut-être la responsabilité qui pèserait sur eux

(1)

Creuzer,

(2)

De

les

s’ils

échouaient dans

le

Religions de l'antiquité.

Expeditione Alexandrie

lib. VII, c.

2G.

(3) Ce passage d’Arrien prouve évidemment que ce ne sont point les Ptolémées qui ont

introduit le culte de Sérapis, puisque ce dieu avait déjà un temple à Babylone, à l’époque

de

la

mort d’Alexandre.


108 traitement d’un malade aussi puissant que le

conquérant de

l’Asie (i).

probable que l’usage d’aller dormir dans les temples des dieux pour oby tenir des révélations en songe a existé est

11

,

/

en Egypte plus anciennement qu’en Grèce.

Diodore de livre

il

en parle dans son 1er

Sicile

relate les

événements arrivés en

/

Egypte antérieurement au siège de Troie.

On

voit par plusieurs passages des Livres de

Moïse ( 2 )

et

du prophète

Isaïe (3)

que les ,

peuplespaïens avec lesquels les J uifs avaient le

plus de relation

ponses

telles

que

dans lesquelles

En

effet, si

transporté dans

eu raison de ils

les

donnaient

les

songes

l’issue

les oracles,

Alexandre avait guéri sans être le

l’en

temple, les prêtres auraient tenir éloigné; le

s’il

mourait,

dieu avait bien prévu

funeste de la maladie.

Deuteronom ,,

(3) C.

LXY,

et

ne pouvaient jamais avoir

ils

pouvaient dire que

(2)

observaient

Peut-être aussi était-ce là une de ces ré-

(1)

tort.

,

v. 4.

c XVIII, v. 9, 10, 11, 12.


109 •

dès la plus haute antiquité

]les devins et allaient «

,

consultaient

dormir dans

les

tem-

pour y songer. Ces peune peuvent être que les Phéniciens

pies de leurs dieux

iples

Un

Égyptiens.

| et les

passage du Livre des

IRois(i) paraît prouver en outre qu’au j J

temps de Samuel ils

obtenaient

lavaient la j

la

les

Phéniciens

,

quand

guérison d’une maladie,

coutume de déposer dans

leurs

temples des ex-voto en or, représentant partie

du corps qui

qu’on

le faisait

avait souffert

une épo-

nous font penser que de l’Orient que les Grecs ont appris

aussi reculée

c’est

ainsi

plus tard en Grèce (2). Tous

ces usages existant en Orient à

que

,

la

(J)

Béguin ,

(2)

On

lit

,

lib. I, c. 6.

dans

le Livre des Bois ,

que

les Phi-

ayant été atteints d’une maladie au fondement, en punition de ce qu’ils avaient enlevé

listins

l’Arche d’alliance, leurs prêtres et leurs devins leur conseillèrent de renvoyer l’Arche, et d’y

enfermer cinq anus

rl’or.

10

w


110

dormir dans

à aller

temples de leurs

les

dieux pour y avoir des songes.

Chez

médecine a

les Juifs la

temps sacerdotale

comme

tous les anciens peuples

chez presque

les lévites étaient

;

seuls médecins. Ensuite

les

pour

aussi les prophètes

maladies. Mais

été long-

la

on consulta guérison des

de Moïse défen-

les lois

daient expressément aux Israélites de consulter les devins les

augures

ainsi

,

peuples dont (i).

d’observer les songes et

et d’user

chantements pays

,

de sortilèges

que

faisaieut les

le

devaient conquérir

ils

Le prophète

aux gentils

d’aller

Isaïe

(

dormir dans

les

quefois les Juifs en firent autant

dans

les

temps où

culte

du

vrai

tem-

Si quel,

ce fut

abandonnaient

Dieu pour adorer Baal

(1)

Deulcronom

(2)

c.

(3; *C’est

ils

v.

,

c.

XVJII,

v. 9, 10,

le

reproche

2)

pour y songer.

ples de leurs dieux

LXY,

et d’en-

le

.3)

;

11, 12.

4.

dans un temps où

les Juifs

venaient


)

c’est

donc sans aucun fondement que

Strabon bien qu’il

dont

commis les lévites

I :

Comme diffère

celle des autres nations

rien

a

dans ce

la

manière

beaucoup de

nous n’en dirons

,

ici.

Chez tels

il

prophètes prati-

les

et

médecine,

la

usage;

d’autres erreurs

des Juifs.

dit

qu aient ,

(i) leur attribue cet

les

que

plus anciens peuples de l’Asie,

les

Indiens et les Perses,

l’art

de

guérir était également exercé par les prêtres; ;

1

dans

les

Gaules

des druides ( 2 )

peu de

,

il

était entre les

mais nous possédons trop

médecine de ces peu-

détails sur la

d’embrasser l’idolâtrie que rie (c. 10, v.

proféré que n’ont eu

mains

le

2) leur disait

:

prophète ZachaLes idoles n’ont

des paroles inutiles, les devins

que des visions trompeuses,

et

les

songeurs n’ont donné que des réponses vaines.

Simulacra locuta sunt

mendacium

et

inutile

et

divini viderunt

somniatores locuti sunt frustrà.

(1)

Geograph.,

(-

Pline (/7m natur

1.

XVI,

c. 3. ,

lib.

XXX, c.

1) appelle


pies pour en parler

un passage de Slrabon sur

le

bord de

(i), qu’il existait

mer Caspienne une

la

appelée Narbacé

Nous voyons par

ici.

dans laquelle

,

un oracle dont on recevait pendant

le

y avait

réponses

sommeil. Hérodote (2) parle de

sauvages de l’Afrique allaient

les

il

dormir sur

,

le

les

Nasamons

hoc genus vatum meclicorumque.

porte (Hist. nul ., c.

XXV,

et lib.

11,

quelles

ils

XVI,

lib.

ainsi

c.

rap-

Il

XXIV,

44, lib

9) que les plantes aux-

c.

guy de chêne,

verveine. Sprengel prétend p. 212

,

attribuaient le plus de vertus médi-

cales étaient le

t. I,

leurs

de devins et de méde-

les druides, celte sorte :

qui

,

tombeau de

ancêtres pour y recevoir des songes

cins

ville

)

instructions

que

le selago

( Hist

.

de la mêdec

,

druides ne donnent leurs

les

que dans des bois sacrés

lieux écartés. César

et la

(

de Bello Gallico,

et des

lib.

VI,

14) dit qu’ils ne communiquent point leurs mystères au vulgaire; il dit encore que les

c.

Gaulois croient qu’Apollon chasse les maladies. (1)

Geograph.,

(2) Histor

,

l

1.

XI.

IV, c 172.


N

113 quelesDauniensle de Podalyre.

Il

faisaient sur le

paraît

tombeau

d’après cela que

cet usage a existé chez

presque tous

peuples de l’antiquité

quoique

,

vains anciens n’en aient pas tion expresse

fait

les

les écri-

une men-

pour chacun d’eux.


CHAPITRE

VII.

Introduction du culte d’Esculapeà

un temple dans

l’ile

au temps de

lui bâtit

du Tibre. Superstition des Ro-

mains. La médecine des songes

Rome

Rome; on

la

en usage

était très

à

république, et surtout à l’épo-

que des Antonins. L’orateur Aristide, Fin du culte d’Esculape

et

sa crédulité.

du paganisme.

Les Romains, qui ont appris des Grecs les sciences, les lettres et les arts,

aussi reçu le culte d’Esculape à

que

assez éloignée (en l’an de

294 ans avant

Maxime

lère

duit.

Une

Rome

460,

Voici', suivant

comment

il

peste ravageait la

Va-

y fut introville depuis

les livres

des Si-

bylles qui ordonnèrent

d’amener

à

(1) Lib.

>

(1),

une épo-

on consulta

trois ans

U

J. -C. ).

en ont

;

I,

c. 8.

Rome


115 Esculaped’Epidaure. Q. Ogulnius fut char-

Quand

gé de celte mission.

il

fut arrivé

au temple du dieu, à Epidaure, un des serpenls qu’on y élevait en sortit, entra

dans

le

vaisseau romain, et se plaça tran-

quillement dans

Lorsque

le

chambre d’Ogulnius.

la

vaisseau fut parvenu à l'em-

bouchure du Tibre, dans une des

alla

le

îles

serpent en sortit et

du

fleuve,

il

se

roula sur lui-même, ce qui indiqua que le

dieu voulait être adoré en ce lieu.

On

y bâtit effectivement un temple qui devint très-célèbre dans la suite (i).

(1)

lère

Plusieurs écrivains latins autres que Va-

Maxime

font

culte d’Esculape à

beaux vers dans

le

mention de l’introduction du

Rome. Ovide

la

rapporte en

e

15 livre des Métamorphoses

.

Tite-Live en parlait dans le XI e livre de son Histoire,

qui est perdu.

Il

existe

une médaille,

frappée sous l’empereur Antonin, qui représente

1

arrivée d’Esculape à

dieu de la médecine, sous

Rome. On y la

voit le

figure d’un ser-

pent, qui se lient sur la proue d’un vaisseau, et


,

116 est

Il

vraisemblable que des Asclépiades

d’Epidaure suivirent Ogulnius, gnèrent aux Romains

le culte

et ensei-

d’Esculape.

L’on eut sans doute recours dans

du

l’île

Tibre aux guérisons à l’aide de l’incubation et des songes, ainsi

que dans

ples de la Grèce. Bœtliger pense

les

tem-

que

l’on

y éleva des serpents apprivoisés, comme à Epidaure, pour y représenter Esculape et pour agir à leur aide sur les malades (1).

le (

dieu du Tibre sort de l’eau pour

Recherches curieuses

le recevoir.

d’antiquités,

par Spon

Peu de temps après l’introduction du d’Esculape à Rome, on y bâtit aussi un

p. 531.)

culte

temple à le

nom (1)

la

déesse Hygie, qui y fut adorée sous

de Dea Salus.

Bœttiger s’appuie surtout sur

suivant de Pomponius Festus, qui extrait d’un auteur plus ancien

:

l’a

le

passage

sans doute

In insulâ Æs-

culapio facta ædes fuit.... ejusdem dei esse tutelæ

draconem quod vigilantissimum ,

res est.

sit

animal

,

quæ

ad tuendam valetudinem œgroti maxime apta Canes adhibentur hujus templo quod

ribus canis

sit

nutritus. Bœttiger a écrit

is

ube-

une

sa-


117

comme pendant un

Cependant,

espace de temps

assez long

auteurs latins ne par-

les

lent pas de guérisons opérées

daus

l’île

du

Romains

Tibre, Bœttiger est d’avis que les

ces eurent d’abord peu de confiance dans de ltpratiques superstitieuses venues

peu ranger. Cette conclusion nous paraît la fondée. En effet, le culte du dieu de l

etre entieiement

médecine ne devait pas aux Romains

,

l’ambassade d’Ogulnius

,

étranger

suivant Valère

il

Maxime

vante dissertation sur

le

puisque avant V avait déjà,

(i),

culte

d’Esculape dans

Vile

du Tibre

l’on

exerçait à l’aide des serpents.

,

et

sur

les

un temple

jongleries médicales que

On

dans l’ouvrage de Sprengel, intitulé

:

la

trouve

Beitrœge

zur Cescliichte der Medicin. Halle, 1794.

t.

2,

p. 163. (1) Lib. I,

c. 8.

Valère

serpent qui était dans

en

sortit

quand

resta trois jours était

dans celle

il

le

Maxime

ville.

le

que

le

vaisseau d’Ogulnius

fut arrivé

dans

dit

devant Antium, et

temple d’Esculape qui


118 d’Esculape à Antiurn

ancienne du

ville

,

Latium, à quelques lieues de Rome, Varron (i) parle de remèdes conseillés en

songe

par Sérapis

ou

par

Esculape.

Piaule ( 2 ) introduit dans une de ses pièces

un malade qui

dans

le

se livre à l’incubation

temple d’Epidaure. Cicéron

blâme ceux qui

s’adressent plutôt à

terprète des songes qu’à

un

(3)

in-

un médecin,

et

qui pensent qu’Esculape ou Sérapis peuvent indiquer en songe guérir, ce qui fait existait à

les

moyens de

présumer que

Rome, de son temps.

l’empereur Claude, Suétone

nombreux

(1)

Enfin, sous (à) parle

l’île

une grande superstition

On y

a tou-

2,

trouve plusieurs fragments sur ce

sujet, conservés

par Nonius Marcellus.

(2) In Curculione.

De

de

du Tibre.

Farronis opéra. Amsterdam, 1623, tom.

p. 104.

(3)

cet usage

esclaves malades qui allaient

consulter Esculape dans

Comme

se

Divinatione,

(4) In vitâ Claudii.

1.

2, c. 59,


419 jours été

base du caractère dominant

la

des Romains,

il

serait

bien étonnant qu’ils

n’aient pas eu confiance en la

des songes(i).

M. Hecker(2)

médecine

fait

observer

que l’introduction du culte d’Esculape ne contribua en rien au perfectionnement de la

médecine à Rome.

cause au choix que fait

les

la

Romains avaient

des Asclépiades d’Epidaure, qui étaient

beaucoup moins et

en attribue

Il

de Cnide.

mais

(1)

les

On

instruits

que ceux de Cos

peut dire aussi que ja-

Romains ne montrèrent de goût

Malgré

la

superstition

des Romains,

il

cependant avouer qu'aucun auteur ancien ne s’est élevé autant que Cicéron contre la difaut

vination et les songes. «

Nous rêvons,

dit-il

(de

«

Divinatione ,

«

entières; nous étonnerons-nous

«

que nos songes

«

pourrait, ajoute-t-il, tirer

«

brables présages des visions de la folie et de

« l’ivresse

(2)

lib. 2, c.

59), pendant des nuits d’après cela

se vérifient quelquefois.

On

également d’innom-

»

Geschichte der Heilkunde ,

t.

I,

p. 361.


120

pour

la

médecine,

après que

le

que peu de temps

et

culte d’Esculape eut été in-

Rome, des médecins grecs

troduit à

vin-

rent s’y établir, et dès-lors les prêtres

d’Esculape ne pouvaient être que nuisibles à l’avancement de la science.

Outre Esculape

,

on adora encore

Rome un grand nombre dicales;

On

de divinités mé-

entre autres, Apollon (i), Mer-

cure ( 2 ), Minerve

(1)

à

(3)

,

et l’on

en recevait

Rome un temple

éleva à

médecin, 450 ans avant

J. C.,

à Apollon

pour obtenir

sa

protection contre une peste qui ravageait la ville. (Tili-Livii Histor., lib.

(2) Il existe .tives,

nerve

25.)

encore quelques inscriptions vo-

On

la

trouve tout ce qui a rapport à Mi-

adorée

,

guérison des maladies.

comme

Tliorlacius viedica.

,

intitulée

divinité

médicale à

dissertation de Birger

Rome, dans une savante

dans

c.

datant de l’époque romaine, dédiées à

Mercure, pour (3)

IV r

:

Minerva Romanorum

Copenhague, 1805. Elle a été imprimée

les

Prolusiones

cet auteur, tom.

I,

et

opuscula philologica de

p. 139.


121 des conseils en songe.

Com me le fait obser-

ver M.Hecker(i), les Romains surpassèrent

encore les Grecs en superstition jusqu’à adorer les maladies server de leurs atteintes. avait trois temples à

;

ils a lièrent

pour

se pré-

La déesse Febris

Rome. Valère Maxi-

y déposait des médicaments qui avaient été appliqués sur le

me

(2) dit qu’011

corps des malades

en conserver

;

mémoire,

la

pour

c’était peut-être

afin

de

les

em-

ployer dans des cas semblables à ceux où ils

avaient réussi

Rome cina,

la

(

3 ). O11 adorait aussi à

déesse Mephitis et la déesse Cloa-

pour

se préserver

des effluves des

(1) Geschichte der Heilkunde , (2) Lib. 2, c

1.

1,

p.

359.

5.

De Mallheis a écrit une dissertation sur culte que les Romains rendirent à la fièvre

(3) le

;

elle est intitulée

Romani

alla

:

Sul culto reso degli antichi

dea Febbre.

Rome,

1814,

in-8.

M. Greppo, grand-vicaire du diocèse de Belley, a donné des détails étendus sur le culte de la déesse Febris et de la déesse Cloacina. 11

On

les


4

marais élevé

et des

des

22

égouts

on leur

et

,

temples dans

la

monde (i). Quand Rome eut étendu elle

ne

se

avait

capitale

ses

du

conquêtes,

contenta pas des dieux qu’elle

adorait auparavant; elle adopta encore

le

culte des dieux étrangers, et ceux d’Egypte

y furent en grande vénération.

Irouve à

la suite

de

la

On

y gué-

traduction de YOctavius

de Minucius Félix, par M. Pericaud, bibliothécaire de

la

ville

de Lyon.

2e

édition, 1843,

p. 260-270. (1)

Les Romains adorèrent encore quelques

autres divinités du

même

genre, telles que la

déesse Ossipaga , qui présidait à la consolidation des os, la déesse Carna, qui présidait au

développement des

chairs. Saint Augustin (de

civitate Dei, liv. 4, c. 21

)

fait

mention de plu-

sieurs autres divinités semblables qui étaient

adorées par

les

Romains.

Ils

invoquaient sur-

tout Lucine dans les accouchements. Cicéron

(de

N (dur â

deorum,

du culte que fièvre.

lib.

3,

c.

ses concitoyens

25) se moque rendaient à

la


vissait les

les I

malades à l’aide des songes, dans

temples

dans ceux de Serapis qui fut regardé, selon Creuzer(2),

I

surtout

d’Isis (i) et d’Osiris, et

comme

le

dieu

suprême

des Romains. Cependant ce ne fut pas sans

quelque difficulté que

culte

le

du nouveau

dieu fut introduit, d’une manière défini|

tive,

dans

du monde

la capitale

temples, ainsi que ceux d’Isis détruits par

,

(

3 ). Ses

y furent

un décret du Sénat, 217 ans

avant notre ère (ù)

;

mais malgré quelques

autres persécutions, ce culte reparut tou-

jours triomphant. M. Guigniaut prétend

(1) Tibulle (

Eleg

1.

I,

à

s’adresse

eleg. 3, v. 38

Isis

dans

ces

vers

:

)

Nunc deu nunc sucurre mihi nam passe mederi ,

Picta docet templis

mu

>

ta tube lia tuis.

(2)

Les Religions de l’antiquité , tom.

(3)

Yarron, dans ses Euménides

I,

(cité

p.

par No-

nius Marcellus, voce: Miras pro miraris

moque de I

),

se

ce que Sérapis traite les malades à

prix d’argent. (4 )

414.

Yalerii maximi, lib.

I,

c. 3

.


4

cependant

qu’il

24

ne fut admis publique-

Rome que

ment

à

nins.

Nous possédons encore plusieurs

sous

le

règne des Anto-

inscriptions romaines, en forme d ’ejc-voto,

en l’honneur des divinités égyptiennes,

pour des malades

qu’elles

avaient gué-

ris (i).

Un

savant

danois,

écrivain

Thorlacius, prétend que

les

Birger-

Romains qui

adorèrent tant de divinités, n’eurent ce-

pendant

,

à

l’exception d’Esculape d’Epi-

daure, que des idées confuses sur

(1) Voici

les

dieux

quelques-unes de ces inscriptions: «

ET SERAP

ISIDI

SACRUM EX VOTO PRO

Ftl IOLI

SAEUTE

SUSCEPTO

SAUR AN A FEC1T

DEO

M

.

.

SERAPI VIBU1S

ON ESI MUS EX VISU


médecins, sous

le

et qu’ils

nom

désignaient tous

les

d’Esculape.

Il

pense qu’ils

nom

donnèrent particulièrement ce

Voilà pourquoi ce dieu

rapis

égyptien.

a sur

beaucoup de monuments

buts d’Esculape (i).

a {]) B. Tliorlacius I

les attri-

Quelle qu’ait été

émis ces opinions

intitulée

une dissertation

à Sé-

:

De somniis

la

clans

Serapicis

I

prœcipue ex Aristidis orationibus sucris delineain-4. On trouve une tis. Copenhague, 1813,

I

analyse de cet opuscule dans le Magasin ency-

I

(année 1814,

clopédique de Millin

Thorlacius appelle

les

malade invoquait Sérapis, que Il

5, p.

443.)

songes d’Aristide, songea

sérapiques , parce qu’il pense

avec Esculape.

t.

que souvent ce l’on

confondait

pense, d’après quelques pas-

sages des discours de cet orateur, qu’il est pré-

sumable qu’au temps des Anlonins, des médecins étaient attachés à certains liens intimes.

tom. alors,

I,

p.

dans

Sprengel ( Histoire de

162) les

temples par des

est

aussi

avenues et

la

médecine ,

d’avis qu’il

les

y avait péristyles des tem-

ples, des orateurs, des sophistes et des philoso-

phes avec lesquels

les

malades pouvaient s’ea?


126 confusion qui

la

divinités

que

l’on y adorait,

moins certain que decine

était

le

Rome il

sur

les

n’en est pas

du dieu de la mé-

culte

en grande vénéi ation dans tous

pays soumis à

les

régné à

ail

la

domination romaine au

temps des empereurs. L’empereur Antonin-le-pieux

lui

accorda, entre autres,

une protection toute

même une que

le

avait luiles

conseillés en songe,

prouvent plusieurs médailles

et diverses inscriptions faire

Il

grande confiance dans

moyens de guérison ainsi

spéciale.

votives (i).

Il

de nouvelles constructions dans

trelenir, et qui aidaient

13

le

aux prêtres à expliquer

Philostrate (Vita Apollonii Thyanœi ,J

les songes. lib. I, c.

fit

)

dit

qu’Apollonius changea

le

temple

d’Esculape, à Égée, en Lycée et en Académie,

l’on n’entendait

que de

la

philosophie.

Marc Aurèle nous apprend (de fiebus suis, c. 16) que l’empereur Antonio, son père

(1) 1. I,

adoptif, n’avait recours

médecine élaiL

et

que très-rarement à

aux remèdes.

que plus superstitieux.

On

la

voit qu’il n’en


127 temple d’Epidaure. Nous voyons par une y avait «à règne de ce prince, un colle-

ancienne inscription

Rome, sous le

(i)

qu’il

ge d’Esculape et de la santé,

composé d’in-

dividus qui s’assemblaient à certains jours

de l’année pour y

faire des sacrifices

et

dps repas, et pour y recevoir de petits présents. Le nombre des membres île ce collège était fixé à soixante, et les

lils

y

succédaient aux pères. C’est encore sous

règne d’Antonin que

te

Alexandre, qui avait générer à

le

tromper

la

le

faux-prophète

prétention de ré-

culte d’Esculape, le

commençait

public à l’aide de ses jongle-

ries grossières, ainsi

que nous

le

verrons

plus loin.

Pendant toute main, les

durée de l’empire ro-

public ignorant continua, malgré

progrès qu’avait

(1) p.

le

la

Spon

(

faits la

Recherches

médecine par

curieuses

326) a publié celle inscription,

chie d’un commentaire.

d’antiquité et

l’a

,

enri-


128 d’un grand nombre d’hommes

les écrits

célèbres, à avoir

pour

une prédilection marquée

guérisons opérées à l’aide des son-

les

ges. Les souverains

à

eux-mêmes montraient

leurs sujets l’exemple de la confiance

dans ces pratiques superstitieuses. Hérodien (i) rapporte que l’empereur Caracalla alla

dans

lui-même le

par Esculape

se faire traiter

temple de Pergame

reur Julien dit aussi

,

(

dans

2 ).

L’empe-

ses

œuvres,

qu’Esculape l’a guéri très-souvent dans ses maladies

,

en

lui

indiquant des remè-

des (3).

L’exemple peut

faire

le

la

plus frappant de ce que

crédulité et la superstition

sur un esprit malade, nous a été donné

par l’orateur grec Aristide, qui vivait au

second

siècle

(1) llislor

de notre ère.

été

lib. IY.

(2) Hérotlien dit

game après

Ayant

que Caracalla

partit de Per-

y avoir reçu autant de songes qu’il

en désira. (3) S Cyrillusiu

Julianum,

lib.

VII


atteint

pendant

treize

ans d’une malaladie

de langueur avec oppression nerveuses

,

douleurs

,

vomissement, gonflement du

ventre, hydropisie,

il

eut

courage de

le

soumit

faire guérir

par Esculape qui

une

de remèdes de tout genre,

infinité

que lotions

,

bains

,

diète

,

le

se

vomitifs

à

tels

sai-

,

gnées répétées, courses, voyages, déclamations, pratiques superstitieuses

etc.

,

;

cet

auteur rend compte dans six de ses discours qu’il appelle orationes sacrœ tous les traitements qu’on lui

On

fit

(i),

de

subir.

y admire autant la patience et la rési-

gnation que

la

crédulité aveugle d’un écri-

vain qui n’est cependant pas sans mérite.

Ses amis, qui étaient les personnages les

plus distingués de l’époque, voyant l’état

déplorable auquel

il

était réduit, lui fai-

saient observer en vain qu’il avait

trop grande dans ses songes.

(I) Arisliilis p.

272 3üo.

Il

une

foi

continua de

Opéra omnia , eclenle Jebb ,1.1,


130 parcourir

les

lemples des diverses

villes

Des médecins

don-

voyageait.

il

lui

naient aussi quelquefois des avis; mais

il

préférait toujours ceux qu’il croyait avoir

reçus du dieu dans ses rêves (1) On voit par un passage du poète Pru.

dence^), qui

(1)

vivait au 4

siècle,

L’oraleur Aristide vivait sous

d’Anlonin qui,

comme

protégea fortement tra

e

que, de

règne

le

nous venons de

le voir,

culte d’Esculape el

le

beaucoup de confiance dans

la

mon-

médecine

des songes. L’exemple de l’empereur dut influer sur l’esprit d’Aristide

componitur

orbis.

Quelques savants ont écrit des

dissertations sur la sa superstition.

Regis ad exemptai' totas

:

Nous

lacarne, intitulée

:

maladie d’Aristide

citerons celle de Y.

et celle

in-4. Enfin, le

a aussi soutenu, à Iéna, a

pour

titre

de Birger

de Somniis Serapicis prœcipuè ex

:

Aristidis orationibus sacris delineatis.

gue, 1813,

Ma-

Malattia tredecenale di

la

Aristide, Milan, 1799, in-4,

Thorlacius

et sur

:

docteur C. A. Schmidt

en 1818, une thèse qui

de Aristidis incubatione.

(2) In Hamertigeneiâ.

Copenha-


131

son temps temples

la

on exerçait encore

,

médecine

Cet usage n’a

fini

clans les

à l’aide des songes.

cpi’avecle paganisme (i).

y avait cependant alors des médecins

Il

recommandables

dont nous possédons

encore de bons ouvrages. Le vulgaire, ami

du merveilleux, nues par

la

préférait ces cures obte-

jonglerie des prêtres; et, d’a-

près ce que nous venons de rapporter, on voit

que

les

empereurs

hommes

et les

de

haute distinction y avaient également recours. Et de nos jours, malgré le

la plus

progrès des lumières,

ne sommes-nous

pas fréquemment témoins d’un spectacle

analogue? ne voyons -nous pas fiance sans

(1)

la

con-

borne qu’inspirent trop sou-

Eusèbe ( de Vitu Constantini

,

lib. III, c

56)

que l’empereur Constantin fit détruire le temple d’Esculape, à Égée, dans lequel Apol-

dit

Thyane

lonius de

s’était fait initier

pendant

sa

jeunesse. Suidas rapporte que, sous Théodose-

le-Grand, la statue

1

archevêque Théophile

de Sérapis, à Alexandrie.

fil

renverser


32

\

vent

les

promesses fallacieuses d’un char-

latanisme débonté

Quand un malade

?

gué-

par des moyens connus, personne n’y

rit

fait

attention; mais

s’il

revient à la santé

après l’emploi de quelque remède secret

ou de quelque poudre merveilleuse cent bouches de

renommée

la

,

les

suffisent à

peine pour prôner

le

quand

passent inaperçus. Les

ils

ont

lieu,

anciens avaient

en songe dans si

foi

les

succès et ;

les revers,

aux remèdes conseillés

temples de leurs dieux;

l’on voulait ici rapporter bien des faits

arrivés de nos jours

de rapports avec

,

on y trouverait trop

la crédulité

des anciens.

U


133

CHAPITRE

VIII.

Réfutation des opinions émises par

magnétisme, qui soutiennent que temples exerçaient tisme

et

la

médecine

partisans du

les les

à l’aide

prêtres des

du magné-

du somnambulisme. Les malades qui allaient

dormir dans

les

temples n’étaient pas des

somnam-

bules.

Je viens de tracer l’exposé rapide de ce cjue

nous savons de plus certain sur

cice de la les

médecine à

l’aide des

l’exer-

songes dans

temples des anciens. Je suis loin, sans

doute, d’avoir approfondi ce sujet obscur, sur lequel nous possédons malheureuse-

ment des documents bien incomplets(i). (1) Selon c. 1

Leclerc ( Hist de .

la

médecine ,

liv. 2,

2), plusieurs anciens auteurs avaient

histoire des Asclépiades.

Il

cite

fait

parmi eux

Apollodore, Eratoslhène, Phérécide, Arius de 12


trouve des détails sur tout ce qui y a rapport dans les histoires delà médecine de

On

Leclerc,

de Schulz, de Sprengel

M. Hecker; dans l’histoire de

la

et

de

chirurgie

quelques de Dujardin etPeyrilhe, et dans autres ouvrages ou dissertations

(

1).

Il

est

C’est probaTarse et Polyanlhus de Cyrène. peu blement à ces sources que Galien a puisé le Il parait, par de documents qu’il nous a transmis. e Histoire Pliilippique l’analyse du 12 livre de Y été conservé par de Théopompe, qui nous a que cet historien parlait assez au long

Pholius,

Cnkle, qu’il appelle des médecins de Cos et de Milet, DéméAsclépiades. Enfin, Artemon de trius de

phèse,

Phalère, Antipater

Geminus de Tyr,

,

Nicostrate d’E-

et plusieurs autres,

Wolf, composé des ouavaient aussi, suivant

nous Si tous ces écrits vrages sur les songes. ne manquerions pas de étaient parvenus, nous médecine dans les sur l’exercice de la détails

temples des anciens.

fn Voici

les titres

dissertations

:

Herm.

ces de quelques-unes de Corning ( Respondente

/«Disputatio de incu balume «« Henr. Meibomio) camâ olim faclà. Helmstaed, nis ieorum médicinal


135 bien à regretter que

anciens ne nous

les

aient pas transmis de

documents plus

constanciés sur ce sujet important

cir-

,

qui

acquiert encore plus d’intérêt aujourd’hui,

que

à raison des rapports

l’on a cru trou-

ver entre les guérisons obtenues par les prêtres dans leurs temples

songes, et

On

sait

à

l’aide des

magnétisme animal.

le

que

le

marquis de Puységur

si-

gnala, en 178^, l'existence d’un étal singulier qu’il était

1657, in-4.

à

— Major, Epistula

cinœ ergo quœsitis bulis.

parvenu

et votivis

Yittemberg, 1663

,

produire chez

de orucalis medi-

convalescentium ta -

in-4.

— Brendel,

Incubatione. Yittemberg, 1701, in-4.

de

Hunder-

Imark, de Incrementis artis medicce per expositionem œgrotorum apud veteres in vins public as , et

templa. Leipzig, 1739, in-4.

diis

simulacra

1746, in-4. sujet

Frey, de more

membrorum consecrandi. Altorf, On trouve aussi des détails sur le

que nous

D. Yink, intitulé cœ, trajecti ad

traitons, :

dans un ouvrage de

Amœnitatcs philologico-medi-

Rhenum,

1730, in-8.


136 quelques personnes sées.

Par

avait

pu endormir

les

les

magnéti-

pratiques du magnétisme,

dant leur sommeil,

nomènes

qu’il avait

ces personnes,

il

et,

pen-

elles offraient les

phé-

plus bizarres; elles parlaient,

s’occupaient de leurs

au magnétiseur qui

affaires,

répondaient

les interrogeait, pré-

disaient ce qui devait arriver, et prescri-

vaient des remèdes, soit pour

pour d’autres malades avec les mettait

en rapport

que Mesmer

avait déjà

quel on a donné

le

elles,

soit

lesquels

on

On

a prétendu

connu

cet état au-

(i).

nom

de

somnambu-

lisme magnétique, mais qu’il n’avait pas

voulu en parler. Quoi blic s’en

on

fil

qu’il en soit, le

pu-

occupa vivement. De tout côté

des essais; on voulut magnétiser

des itialades et produire

le

somnambu-

lisme. Je n’entrerai pas dans le détail de

(1)

Puységur, Mémoires pour servir à V his-

toire et à l'établissement

Paris, 1784, in-8.

du magnétisme animal.


.

.

137 tout ce qui a été, à cette à ce sujet.

1784 que

C’est en

de Puységur avait

époque, publié

connaître

fait

marquis

le

les résul-

de ses premières expériences; on ne

tats

tarda pas à trouver des rapports entre les faits qu’il

rées

dans

publiait et les guérisons opé-

temples d’Esculape

les

à l’aide

des songes; et déjà, en 1788, Kinderling, écrivain allemand, tation

intitulée

nos jours

,

le

:

une disser-

paraître

fit

Somnambulisme de

comparé avec V incubation

A peu près à

la

même

époque,

le

(i).

célèbre

éditeur d’Homère, Fréd.-Aug. Wolf, s’oc-

cupa de rechercher l’existence du som-

nambulisme dans

l’antiquité

(1) Kinderling, der

(2)

La dissertation de AVolf

chichte der la

A Iten in

Vergleicliung

Dresde, 1788, in-8.

en 1787;

On

2)

Somnambulismus nnserer

Zeit mit der Incubation der gestellt.

(

elle a

pour

litre

:

a été

composée

Beitrœge zur Gcs-

Somnambulismus aus dem Alterthum

trouve dans ses Vermischte Scriften und

Aufsatze. Halle, 1802, in-8.


,

138

Un

anonyme

écrivain

dans

les

une

série d’arlicles

a publié en 1815,

Annales du magnétisme animal ,

pour prouver que

i)

anciens avaient connu l’exislence du

les

magnétisme lui

,

la

du somnambulisme. Selon

et

médecine des peuples sauvages

est toute

magnétique

,

«Dans tous

l’était aussi.

celle des anciens

temps

les

dit-il

,

«

y a eu des êtres privilégiés ou réputés tels, qui par tel ou tel procédé ou même

«

spontanément entraient

«

une espèce de

«

il

Annales

uns dans

crise convulsive

(1) Celte série d’arlicles les

les

,

qui ont paru dans

du magnétisme ont pour

Lettre à messieurs

les

Rédacteurs sur ,

titre

anciens avaient du somnambulisme.

les

raît

que M. Aubin Gauthier regarde M.

comme

cite ( Histoire

du somnambulisme tom.

et tom. 2, p. 78

,

)

;

Il

pa-

comte car

1, p.

il

254

plusieurs passages tirés des dis-

cours d’Aristide,

qu’il dit traduits

et ces passages se

trouvent dans

nous parlons.

le

l’auteur de ces articles

:

notions

les

que

Abrial

au-

les

,

par M. Abrial,

les articles

dont


dans une espèce de sommeil

« très

,

et

«

dans cet état indiquaient

«

tures et principalement les

«

convenaient à leurs maladies ou à celles

«

des personnes qui les consultaient.

donc

Ainsi

magnétisme

les

choses fu-

remèdes qui

cet auteur soutient

était

»

que

le

exercé en grand et avec

solennité dans les temples d’Égypte (i) et qu’il l’était

Grèce.

la

prouver

,

également dans

Il

les

,

pour

le

sur les songes obtenus par l’ora,

dont nous avons parlé plus

prétend que

cet orateur

par

s’appuie surtout

Il

teur Aristide

haut.

temples de

les

discours sacrés de

les

prouvent que

les

consultations

songes aux temples d’Esculape et

autres divinités n’étaient

somnambulisme

(2)

,

et

que des scènes de

que

les

révélations

des remèdes indiqués étaient de

même

na-

Annales du magnétisme animal, 1815, n°22, p. 163. (1)

(2)

Annales du magnétisme animal

p. 175.

,

22,


IM) lure

que

celles

que donnent aujourd'hui

somnambules magnétiques

les

les consultent.

à ceux qui

ajoute encore qu’il y a tout lieu de croire que c’est aux prescripIl

tions des premiers

médecine a dû ses

la

premières recettes

et

ses

premiers dispensaires

Enfin

comme

,

mystère que

c’était

les prêtres

çaient la médecine le

somnambules que

,

(i).

sous

le voile

du

des temples exer-

l’auteur prétend que

magnétisme animal

faisait la

base de ces mystères (2)

;

il

principale

ajoute que les

remèdes indiqués en songe étaient bien dévoilés

;

mais que

le

principe d’impul-

sion qui procurait les songes ne l’était pas.

Il

était soustrait

yeux du vulgaire

;

avec grand soin aux

ce secret n’était

muniqué qu’à ceux qui

(1) Annales

com-

étaient inities

du magnétisme animal

,

;

n° 23,

p. 232. (2)

p

174.

Annales du magnétisme animal, n° 22,


\u\ voilà

pourquoi dans

les

anciens auteurs

nous ne trouvons pas une mention plus claire de la

médecine magnétique.

Plusieurs autres auteurs dont nous ne

donnerons pas

que

aussi soutenu

nesses

,

l’énumération, avaient

ici

les sibylles

,

prêtres d’Esculape

les

d’Osiris étaient des

les Pytlio-

d’Jsis et

,

somnambules ou des

magnétiseurs (1 ) M. Aubin Gauthier vient .

de renouveler cette opinion dans deux

ouvrages qui ont blic

,

et

il

fixé l’attention

du pu-

manière de voir sur

a étayé sa

des recherches qui prouvent son érudition (2). Selon lui le

(1) Cette

magnétisme est

aussi

opinion a été surtout soutenue dans

plusieurs articles qu’on trouve dans

la

Biblio-

thèque et les Archives du magnétisme animal. (2) Introduction

son existence depuis actuelle, etc.,

in-8.

au magnétisme les

examen de

Indiens jusqu’à l’époque

par Aubin Gauthier. Paris, 1840,

— Histoire du somnambulisme

peuples , sous

,

les

oracles et visions

;

noms

chez tous les

divers d’extases , songes ,

examen

des doctûnes théoriques


142

ancien que

le

monde

pratiqué dans tous

decine

dans

les

temps

(i)

née du magnétisme

est

connu

a été

il

;

;

mé-

la

qui a été

,

temps anciens généralement

les

et

presque exclusivement pratiquée par

médecins

que

le

(

M

2 ).

soutient que les prêtres

il

qui employaient pour

guérison des maladies des frictions

attouchements

et la

somnam-

vision en songe ne sont que le

,

les

Aubin Gauthier prétend

sommeil médical des anciens

bulisme (3); des temples

et

,

des onctions

,

la

des

n’étaient

,

que des somnambules ou des magnéti-

et

philosophiques de l’antiquité

dernes , sur ses causes, ses

avantages

,

et

l’utilité

et

des temps

abus, ses

ses

effets ,

mo-

de son concours avec la

médecine ; par A. Gauthier. Paris, 1842, 2

vol.

in -8. (1) Introduction

au magnétisme, p.

(2) Introduction

au magnétisme p. Il et

(3) Introduction

au magnétisme p. 24.

toire

,

du somnambulisme

loin. 2, p. 227.

11.

,

chez,

tous

les

13.

— His-

peuples ,


,

143 seurs. Enfin

M. Ricard (i) avance

aussi

que

toutes les personnes qui se sont occupées

magnétisme

de recherches sur

le

convaincues que

anciens connaissaient

les

mieux que nous sans doute

les

,

sont

admirables

somnambules lucides. l’on voit que plusieurs auteurs

facultés des

Ainsi

soutiennent aujourd’hui que

les prêtres

des temples guérissaient leurs malades par le

somnambulisme

gnétisme. Us dre

le

le

et les

pratiques du ma-

font dans le but de défen-

magnétisme

et

de prouver qu’à son

aide on a dans tous les temps obtenu des

cures merveilleuses. D’autres, au contraire,

au nombre desquels nous comptons Fréd. Aug. Wolf, ont soutenu

la

dans un but tout différent

pour déprécier

le

(1)

le

:

ils

magnétisme

trant qu’il n’a rien

Wolf,

même ,

opinion

l’ont fait

en mon-

de nouveau.

drame du somnambulisme

Traité théorique et pratique

animal p. 223.

Selon a déjà

du magnétisme


\Uk été joué

dans

monde

y a plusieurs siècles; seulement les masques et les déle

il

corations ont changé avec la

goût du temps

(i).

et le

Cet auteur a écrit son

parce qu’il pense que l’histoire des

livre

des superstitions anciennes de-

folies et

pour

vient instructive

quand

les siècles éclairés

ces folies deviennent de

épidémiques

les

du magnétisme

,

,

est

également favorable

connu

et

employé

anciens (h). p. 391.

(1)

Op.

cit.

(2)

Op.

cil., p.

,

les expressions (3) Lettres

389. Je ne fais

Avant

physiologiques

la

que traduire

de Wolf. et

magnétisme animal. Paris, 1826, (4)

(3)

prétentions exagérées

à l’opinion qu’il était les

nouveau

M. Amédée Dupau

(a).

qui a combattu

par

mode

morales

sur

le

p. 1-14.

découverte du somnambulisme

on avait déjà publié des ouvrages dans lesquels, pour combattre le magnétisme, on avait cherché à prouver qu’il avait été connu et employé dans tous les temps. Nous nous contenterons de citer

les suivants

:

Traces du magnétisme.


i

Pour nous, nous ne cherchons ni à déprécier ni à défendre le magnétisme notre ;

seul but est

la

recherche de

la

vérité.

Notre manière de voir diffère de celle de

Wolf et de celle des partisans du magnétisme. Nous allons discuter en peu de mots leurs opinions.

Les prêtres qui faisaient coucher les malades dans les temples

les mettaient-ils

,

dans un état de somnambulisme magnéti-

que

comme on

le

pratique aujourd’hui

?

Pendant leur sommeil venaient-ils leur adresser des questions et recevaient

- ils

d’eux des réponses qui indiquaient des re-

mèdes pour leur guérison ou pour d’autres malades

nos jours

?

,

comme on

Lahaye, 1784,

les

voit de

Les partisans du magnétisme

prétendent que oui (i)

l'histoire

le

celle

in-8.

?

et

nous croyons

Mémoire pour

servir à

de la jonglerie , dans lequel on démontre

phénomènes du Mermèrisme. Paris, 1784, in-8 (1)

Voici

comment un auteur

qui a 13

fait

(le


46

J

pouvoir répondre hardiment par la négative. Souvent, ainsi que nous le voyons par

discours d’Aristide

les

,

prêtres

les

n’étaient point présents pendant

que

les

malades dormaient. Les malades ne parlaient point

pendant leur sommeil

et

on

savantes recherches sur le magnétisme, s’ex-

prime à ce

sujet

(

du magnétisme

Bibliothèque

animal , février 1819,

165): « Quand, dans somnambulique, un malade avait p.

«

une

«

déclaré le mal et indiqué le remède, les prê-

« très,

crise

qui avaient soigneusement recueilli ses

«

paroles, ne

«

que tout

« tait

manquaient pas de

persuader

que

était l’ouvrage d’Esculape,

dieu qui avait dicté

le

lui

« salutaire. »

la

Nous aurions bien

c’é-

prescription

désiré

que cet

auteur eût indiqué dans quel ancien écrivain il

avait trouvé

les

prêtres interrogeaient

somnambulisme, recueillaient leurs prescriptions. M. Aubin

ainsi les et

que

malades pendant

le

Gauthier est moins affirmatif ;

que

la vision

en songe et

le

il

prétend bien

sommeil médical

des anciens ne sont que le somnambulisme;

mais

il

ne

dit nulle

part

comment

les

choses se

passaient entre les prêtres et les malades.


,

147

ne

adressait

leur

Quand

ils

de

point

étaient réveillés

remèdes

les

indiqués leur paraissaient clairs exécutaient les

;

faisaient

quand

ils

rappe-

se

ils

Quand

songes.

laient leurs

questions.

ils

,

les

étaient obscurs

ils

interpréter par les prêtres.

comment

Voilà en peu de mots se pratiquaient

;

les

choses

nous ne voyons rien

d’analogue à ce qui se passe de nos jours

dans

les

scènes de somnambulisme.

Les récits que se pratiquait

fait

Pausanias de ce qui

quand on

voulait descendre

dans l’antre de Trophonius

,

afin d’y

con-

sulter l’oracle et d’y recevoir des songes

prouve évidemment prêtres

des

,

selon nous

n’interrogeaient

pas

pendant leur sommeil

et

,

que

les

les

mala-

n’y rece-

vaient point leurs prescriptions, ainsi que le

prétendent les partisans du magnétisme.

Pausanias

(i) dit

que

les prêtres font

boire

à ceux qui veulent entrer dans l’antre

(1) Lib. IX,

c.

39.

,


148

de

eau de la fontaine de Mnémosyne,

1

afin qu’ils puissent conserverie souvenir de ce

qu’ils

auront vu ou entendu.

sortis

Quand ilssont

prêtres les font asseoir sur ce qu’on appelait le trône de Mnémosyne et les

,

demandent ce qu’ils ont vu ou entendu

leur

pendant leur séjour dans l’antre

Pausanias

(1)

fait

observer que

sont consacrés àTrophonius

ce qui

comme à

dans son antre, pour obtenir

p.

comme

dans

serpents

Esculape,

(

guérison des

la

Oratio in Asclepiaclas ,

45) compare Esculape avec Trophonius, et

donne

la

préférence au premier, parce que

Trophonius ne donne lie, (

est

temples du dieu de

les

médecine. Aristide

la

les

Il

voir qu’on allait recevoir des songes

fait

maladies,

(i).

ses

réponses qu’en Béo-

tandis qu’Esculape les rend partout. Schulz

Histor

c’est

.

,

en Béolie que

clépions tants

medicinœ

;

il

p.

128)

l’on

pense que

fait

trouve

c’est

observer que

moins d’As-

le

parce que

les

habi-

de ce pays préféraient aller consulter

Trophonius ou Hercule. Creuzer de l’antiquité , tom.

de Trophonius

les

Religmis

97) considère l’oracle un oracle par les songes.

I, p.

comme

(


149 évident tres

ne

ici

que

est sorti

on que

pendant

se font pas

mais bien quand

on

interrogations des prê-

les

le

il

est

le

sommeil

terminé

,

quand

et

de l’antre. Aujourd’hui attend-

somnambule

adresser des questions

?

soit éveillé

pour

lui

La manière de pro-

céder est donc toute différente.

Nous soutenons que

les

aussi qu’il est évident

malades qui dormaient dans

les

temples, y éprouvaient un sommeil naturel et n’étaient point dans un état de som-

nambulisme magnétique. La preuve

,

c’est

que d’après l’aveu de presque tous ceux qui ont écrit sur

nambules i

,

le

quand

magnétisme

ils

,

les

som-

sont réveillés, ne se

appellent plus ce qu'ils ont vu dans leur

état

de somnambulisme. Deleuze

Aubin Gauthier magnétisme

(i)

a appelé l’Hippocrate ,

dit

nambule rentre dans

que quand l’état

145.

le

naturel,

(1) A. Gauthier, Introduction p.

que M.

,

il

du

somperd

au magnétisme,


150

absolument

souvenir de toutes

le

les sen-

sations et de toutes les idées qu’il a eues

dans

l’état

de

somnambulisme

ajoute que de tous les caractères

nambulisme

,

(i)

;

il

du som-

celui de l’oubli au réveil est

constant et qu’on n’a pas encore

le seul

vu une seule exception

(2).

Il

ajoute en-

core que cette circonstance est d’autant plus importante qu’elle établit une ligne

de démarcation bien prononcée entre

somnambulisme sensations des somnambules et

sommeil

(1)

et le

,

le

entre les

les songes.

Deleuze, Histoire critique du magnétisme

animal 2 e édition, Paris, 1819. tom. ,

I,

p. I8ü

et 187. (2)

Bertrand

( Traité

du Somnambulisme. Pa-

317) regarde l’oubli au réveil comme bien moins constant que ne le pensait Deleuze. Cependant Deleuze, dans son Insa paru truction pratique sur le magnétisme qui

ris,

1823,

p.

,

deux ans après l’ouvrage de Bertrand, soutient avait encore son ancienne opinion, et Deleuze observé bien des

faits

de somnambulisme.


151

MM. Husson(2)elTesle(3) émet-

Georgel(i), tent

absolument

bin Gaulhier(4)

la

même

fait

opinion. M. Au-

remarquer que le pre-

mier somnambule observé par Mesmer ne se ressouvenait déjà plus

du passé. Or,

malades qui allaient dormir dans

les

les

tem-

ples, se rappelaient fort bien leurs songes;

Physiologie du système nerveux, tom.

(1)

p. 285. Georget,

I,

qui avait magnétisé bien des

personnes, fait observer qu’on se souvient encore des rêves, des actes de folie ou de délire, mais

que dans

somnambulisme

le

trace de souvenir

comme gie

,

s’ils

les

;

aucune

individus se réveillent

croyant en

elfet

dit

avoir dormi profondé-

même

que, quand une atta-

que d’épilepsie arrive pendant lisme, on n’en conserve

Rapport

fait

de médecine sur (3)

n’y a

sortaient d’une profonde lélhar-

ment. Georget

(2)

il

le

le

somnambu-

aucun souvenir.

au nom de V Academie royale magnétisme animal.

Manuel pratique du Magnétisme animal.

Paris, 1843, p. 171. (4) Histoire

peuples

,

du Somnambulisme chez tous

lorri. 2,

p 244.

les


,

52

4

il

est

donc naturel d’en conclure

n’étaient point dans

un

état

qu’ils

de somnam-

bulisme magnétique. L’objection que nous faisons

a

ici

été

prévue par l’auteur anonyme que nous avons déjà nales

cité, et

qui a écrit, dans \esJn-

du magnétisme une

pour prouver

l’existence

lisme dans l’antiquité.

songes d’Aristide

,

du somnambu-

En rapportant

,

les

a bien vu qu’on pou-

que cet orateur

vait lui objecter

pelait ses songes

il

série d’articles

tandis que les

se rap-

somnam-

bules oublient au réveil ce qu’ils ont vu

pendant

que est

le

somnambulisme.

Il

répond

cette règle n’est pas exclusive

des

somnambules

magnétiques qui

teur est

ici

soit naturels

se rappellent

titude ce qu’ils ont

,

qu’il soit

avec exac-

vu ou entendu. L’au-

en contradiction

manifeste

avec Deleuze, qui cependant prétendait avoir bien observé; reste à décider lequel a raison.

L’auteur que nous citons cherche ce-


153 pendant

à justifier

possible qu’une

tend qu’il est

ferme

son opinion

puisse suffire

pour

« «

:

Le malade qui

«

Esculape avait

dit-il

,

volonté la

consulter

plus grand

le

intérêt à saisir et à retenir sa

« et

pré-

somnambu-

allait ,

il

conserver

trace de ce qui a lieu dans le

lisme

:

réponse

,

lorsqu’il était arrivé à celte période

«

du somnambulisme où l’âme par sa pers-

«

picacité découvre ce qui est nécessaire

<f

à ses

maux

,

découverte qui alors

comme une révélation du

était

cc

regardée

«

d’une part l’imagination se figurait

«

dieu lui-même et les ordonnances qui

«

en émanaient

;

et

de l’autre

gravaient

,

la

et l’attention

cc

mémoire. Et voilà comment au

«

malade croyait avoir vu

«

avait été prescrit (i). »

,

Nous citons

tl)

le

les

volonté

réveille

dieu et rap-

le

sans rien oublier

portait

le

tout dans la

«

«

dieu,

,

ce qui lui

propres expressions de

Annules du Magnét. animal, n° 23 p. 229 ,

.


I

154

l’auteurquenouscombaltons on voitqu’il ;

prétend qu’il

est possible

qu’une volonté

ferme de lapartdu magnétisé puisse lui faire rappeler ce qu’il a vu pendant

bulisme. Mais en admettant

de ce

fait

pour

Aristide et

le

somnam-

la possibilité

pour quelques

autres malades, l’auteur ne dit pas

peut avoir

lieu

si

cela

dans tous les cas. M. Teste,

après avoir dit que l’oubli au réveil est trait caractéristique

que

,

ajoute qu’il

le

du sommeil magnéti-

dépend quelquefois du

magnétiseur que cette circonstance capitale n’existe pas,

se rappelle

ce qu’il a

et

que

exactement en

fait,

le

s’éveillant tout

tout ce qu’il a dit et tout

ce qu’il a entendu pendant

Pour

cela,

veuille

il

faut

que

énergiquement

et qu’il

le

qu’il

le

sommeil.

magnétiseur

en

soit ainsi,'

exprime tout haut cette volonté,

afin qu’elle passe tisé (1).

somnambule

On

(1) Teste,

voit

dans

l’esprit

que M. Teste

du magnéest

ici

en

Manuel prat. du Magnét anim p 171. .


155 contradiction manifeste avec l’auteur ano-

nyme que nous avons effet,

au réveil n’ait pas

volonté ferme de

la

suivant M. Teste,

lonté vienne

lieu,

que

faut

du magnétiseur,

une

cette voet

exprimée tout haut par

soit

en

du magnétisé,

part il

faut

il

;

que

ce dernier prétend que, pour

l’oubli

et,

haut

cité plus

qu’elle

Cette

lui.

t

contradiction prouve que M. Teste, ou l’auteur

anonyme, n’ont pas

l’observation multipliée des

M. Teste

un cas où

cite

conserver à une

il

écrit d’après faits.

parvint à faire

somnambule

le

souvenir

certaines confidences qu’il lui avait

de

faites

pendant son sommeil magnétique.

lui

exprima pendant son somnambu-

Il

lisme

le désir

qu’il

avait qu’elle

pût

se

rappeler ce qu’il lui disait. Qu’à cela ne tienne, lui répondit-elle,

trop vivement pour que

m’en

reste pas.

le

le désirez

souvenir ne

Elle parut effectivement

se le rappeler. Ainsi, selon

que

vous

M.

Teste,

l’oubli au réveil n’ait pas lieu,

pour il

faut


156

que

le

magnétiseur en témoigne

au magnétisé dans avec

pendant

lui

somnambulisme

Or, nous venons de voir que

(1)

M.

Billot

(

désir

entretiens qu’il a

les

le

le

les

(i).

prêtres

Recherches psychologiques sur la

cause des phénomènes extraordinaires observes chez

modernes voyants, improprement

les

bules magnétiques,

tion

t.

I,

p.

Iu9)

dits

somnam-

cite l’observa-

d’une demoiselle qui, après son réveil,

refusa obstinément d’exécuter les

guérison qu’elle

pendant son

prescrits

s’é lait

somnambulisme. Pour parvenir

moyens de

à les lui faire

exécuter, on la mit dans un état magnétique

permanent.

moyen le

y eût eu, ce

Il

me

plus simple, c’eût été de lui prescrire

souvenir au réveil. M. Dupolet

tisme opposé à la médecine

d’une

semble, un

dame

( le

Magné-

p. 299) parle aussi

,

portugaise qui ne voulut pas pren-

dre, après son réveil, 3 grains de calomel et de' l’eau

de rhubarbe

pouvait

la

S’il

que

parce que personne ne

convaincre qu’elle s’était ordonné ces

remèdes. Ce ne ces

,

fut qu’au

l’on vînt à

est si facile

bout de plusieurs séan-

bout de

les lui faire

prendre.

d’ordonner aux somnambules

de se rappeler ce

qu’ils

ont vu pendant leur


n’avaienl point de conversation avec les

malades pendant

qu’ils

interrogeaient

les

Enfin,

M. Teste

que ces

dormaient;

qn’après leur

les

événements

avec ceux du sommeil, nuisent

à la lucidité des

somnambules.

l’opinion de M. Ricard,

C’est aussi

qui assure que

somnambules

les

d’eux-mêmes tout ce

rappellent

se

qu’ils ont fait,

éprouvé pendant leur

et

paru

sortes de réminiscences, qui né-

la veille

quand

ne

réveil.

dit aussi qu’il lui a

cessairement confondent

de

ils

somnam-

crise

bulique, c’est un défaut que

dit

le

magnéti-

seur doit s’attacher à détruire (i). Bien

somnambulisme, comment n’a-t-on pas cherché à le faire dans ce cas? (1)

Ricard

,

Traité théorique

et

pratique du

Magnétisme animal. Paris, 1840, p. 263. M. Ricard parle d’un de ses somnambules qui, après ses

premiers sommeils magnétiques, se rappe-

lait

tout ce qu’il avait dit ou

fait.

Au bout de

cinq à six séances, M. Ricard parvint à lui faire

perdre celle faculté qui nuit à

la lucidité.

14


158 plus,

tous

mandé

les

magnétiseurs ont recom-

recommandent instamment de ne jamais dire aux somnambules, une fois et

ce qui

éveillés,

s’est

passé relativement à

eux durant leur somnambulisme. C’est

une raison déplus pour penser que les prêtres des

temples n’v avaient pas recours.

D’après cela, nous ne concevons pas

comment Deleuze

au

l’oubli

réveil

qui

,

selon

et plusieurs autres auteurs, est le

caractère essentiel et le seul constant

somnambulisme magnétique

,

du

pourrait,

au gré du magnétiseur, ne pas avoir lieu

dans aucun

cas.

Nous concevrions bien

quelques exceptions; mais nous ne pou-

vons croire que laient

pu

les

anciens, qui se rappe-

presque toujours leurs songes, aient

être dans le

trement

il

sommeil magnétique, au-

faudrait admettre

nambulisme de

que

le

som-

l’antiquité était différent

de celui d’aujourd’hui. Enfin, quand prêtres n’étaient pas le

souvenir,

quand

les

les

pour ordonner

malades songeaient


i:>9

quand, malgré

cliez eux, et

rappelaient leurs songes qu’ils étaient en

cela,

ils

peut-on

,

somnambulisme?

se

dire Si

les

magnétiseurs peuvent à leur gré ordonner le

le

souvenir au réveil,

pour

faire

les

devraient bien

ils

somnambules

listes qui,

suivant les rapports de

lot (i) et

Ricard

leur

cause chez

des les

MM.

Bil-

conversent pendant

(2),

somnambulisme avec

(1) Billot

spiritua-

leur ange gar-

Recherches psychologiques sur la

,

phénomènes extraordinaires observes

modt rnes voyants

improprement

,

dits

somnambules magnétiques ou correspondance sur ,

le

magnétisme

leuze.

Paris,

vital , entre

un

1849, 2 vol.

M. Billot est écrit dans

le

solitaire et

in-8.

M. De-

L’ouvrage de

but de prouver que

quand les somnambules disent des choses

vraies,

prédisent l’avenir, indiquent des remèdes salutaires, etc., ils

lestes; tandis

reur, ils

quand

sont inspirés par les esprits cé-

que quand ils

ils

tombent dans

l’er-

ont des visions mensongères,

sont sous l’influence de démons. (2)

Traité théorique et pratique

du magnétisme

animal, p. 274-303.

•#


1G0 dien, avec la vierge Marie, avec Dieu lui-

même, 1

voient

séjour des bienheureux,

le

enfer et le purgatoire

(1)

M. Billaud

dît

1

(

Il

).

serait bien

positivement que ses som-

nambules qui avaient

ces belles

visions ou-

bliaient tout à leur réveil. M. Ricard garde le

silence

sur ceLte circonstance dans les deux des

histoires

somnambules

spiritualistes

rapporte. Le plus étonnant et tous les

dans

somnambules dont

les fastes le

(tom.

2, p.

plus lucide de

soit fait

du magnétisme,

nommé

ment

il

le

qu’il

est

mention

probable-

Michel, dont parle M. Billot

315), d’après

le

journal

la Presse ,

du 22 septembre 1838. Cet individu s’endort, heure du jour ou de

dit-on, à volonté, à toute la nuit;

il

suffît

de

regarder fortement pour

le

l’endormir. Son esprit se transporte, au gré

des questionneurs, dans les astres, aux anti-

podes

et

jusque sous

le

globe terrestre.

Il

décrit

avec une effrayante rectitude de jugement jouit

lieux qu’on lui fait visiter.

Il

faculté de réLrospection

voit les

;

il

depuis longtemps passés, et naître. Ainsi,

on

l’a

fait

1833, pour l’envoyer à

la

même

de

les la

événements

qu’il n’a

pu con-

descendre jusqu’en

recherche de

la

cor-


curieux qu'à leur réveil ces somnambules pussent nous raconter veilleuses

choses

les

mer-

ont vues pendant leur

qu’ils

somnambulisme. Ainsi

donc nous pensons que

ma-

les

lades qui allaient passer la nuit dans les

temples d’Esculape y éprouvaient un sommeil naturel, et non un somnambulisme

magnétique.

Ils

ples principalement la nuit

du sommeil naturel

nambulisme peut heure du jour.

vetle la Lilloise.

dans

se rendaient

,

tandis

être

tem-

c’est l’heure

que

provoqué

Comme

Il

:

les

le

som-

à toute

leur imagination

a décrit, d’après ses visions,

tout le voyage et le naufrage de ce navire. l’a fait

à la

assister aussi

On

au siège de Conslanline et

mort du général Danremont. On raconte

encore bien d’autres merveilles de ce Michel.

Eh bienl on

dit qu’à

nommé

son réveil

il

n’a

souvenir que d’un vaste tableau qui formait circulairement un vaste panorama, et auquel le

il

se

empruntait

les faits, les idées et les

composaient

ses

réponses

mots dont


162 élait exallée

par

les sacrifices, les

jeûnes

et les autres pratiques auxquelles les prê-

tres les soumettaient,

ils

ne devaient pas

tarder à avoir des rêves, et

ils

devaient

naturellement songer surtout à l’objet qui l’unique sujet de leurs occupations

faisait

de

la veille,

consulter

On et

par

Curculion de Piaule, que

le

selon

les

venaient

Plutus d’Aristophane

le

malades passaient dans

ils

le dieu.

voit,

par

pour lequel

et

la

les

nuit tout entière

temples d’Esculape. Le matin,

Plaute,

le

gardien du temple en les

ma-

lades (i). Aristophane dit qu’après

que

ouvrait les portes et faisait sortir

(f) Plaute,

culion , feint

dans sa comédie inlilulée

la

Cur-

qu’un marchand d’esclaves, qui a

la fièvre et les viscères

passer

le

nuit dans

du bas- ventre

le

enflés,

va

temple d’Esculape, à

Epidaure, pour y recouvrer la santé. Pendant qu’il est dans le temple, un jeune homme s’entretient avec la plus belle de ses esclaves.

matin,

le

gardien du temple en ouvre

les

Le

por-


Plulus fut guéri de sa cécité par Esculape

ceux qui l’entouraient restèrent

,

toute la nuit près de lui jusqu’au lever

du

soleil.

Nous voyons

des nuits en-

temples pour y dormir d’un sommeil naturel, et rien qui passées dans

tières

nos scènes de somnambu-

ressemble à lisme.

toute

Sans doute la

les

malades restaient

les

si

songes n’arrivaient pas bientôt après

les

qu’ils étaient

tard.

couchés,

ils

Nous avons déjà

survinssent plus

dit ( page 31)

que

anciens avaient plus de confiance aux

les

songes qui avaient lieu d’ailleurs

le

;

ment

le

matin.

On

sait

que ce sont presque toujours

ceux dont on se rappelle

tes

pour que,

nuit dans le temple

marchand en

le

mieux. Au

sort et se plaint

d’Esculape, qui ne le guérit pas.

amèreIl

ra-

conte qu’il a rêvé pendant la nuit que le dieu se tenait loin de lui, et paraissait faire il

demande aux

son rêve.

,

ne voulait pas l’approcher,

peu de cas de

sa

assistants qu’ils lui

personne

;

expliquent


contraire,

aujourd’hui

magnétiseurs

les

recommandent expressément de ne pas trop prolonger le somnambulisme, sans quoi

il

en résulterait de graves inconvé-

nients (i). tiser

magné-

un malade qu’autant de temps

juge

le

disent qu’il ne faut

Ils

a indiqués

aux jours

et

utile,

qu’il

heures qu’il

et

lui-même pendant son sommeil

magnétique. Tout cela n’a guère de rapport avec

les nuits passées

Nous avons naient

dit

que

les

coucher dans

dans

les temples.

malades qui vetemples

les

y

,

dormaient d’un sommeil naturel. Nous avons ajouté que pendant leur sommeil

les

prêtres ne leur adressaient aucune interro-

(1) Peleuze, Instruction pratique sur

gnétisme animal ,

p.

136)

dit

que

le

le

ma-

somnambu-

lisme, prolongé au-delà du temps necessairè,

donne une

susceptibilité nerveuse qui peut être

très-nuisible.

M.

dit aussi

Billot

que,

p.

36Q)

le

somnambulisme,

il

si

(ouvrage l’on

cité,

tom.

2,

prolongeait trop

deviendrait habituel et

dégénérerait en infirmité.

.


165 nation , et que les malades ne leur faisaient

aucune réponse. Nous en avons donné plusieurs preuves

mais on en peut

;

tirer

encore une preuve nouvelle des discours d’Aristide. Cet auteur parle sans cesse des

songes multipliés qu’il a eus fait

mais

;

il

ne

nulle part mention d’interrogations

qui lui aui aient été faites par

pendant son sommeil. dant se

les

rappeler

Il

les prêtres

aurait

puisque

,

,

dû cepen-

le

souvenir

de ses songes restait parfaitement gravé

dans sa mémoire. Si

les

piètres n’adres-

aucune question aux malades pen-

saient

dant leur sommeil

,

que penser alors des

préceptes que l’on donne aujourd’hui sur la

direction

des

somnambules

et sur- les

questions qu’on doit leur faire pendant

somnambulisme

(1) Voici

(1)

?

Deleuze dit cepen-

quelques-unes des questions que

Deleuze ( Instruction pratique sur animal bules

:

,

p.

le

le

magnétisme

107) prescrit de faire aux

somnam-

«Dormez-vous? vous trouvez-vous bien?

y


IGG dant que l’on ne saurait trop ce point, et que

que

du genre de conversation

somnambules dépend

l’on a avec les

en grande partie

la direction et le

loppement de leurs

« les

insister sur

déve-

On

facultés (i).

doit

procédés que j’emploie vous conviennent-

«ils? combien de temps faut-il vous laisser «

dormir? comment faut

«quand «

vous réveiller

- il

vous magnétiser de nouveau?

faut-il

avez-vous quelques conseils à

Deleuze

dit qu’à la

s’il

pense de sa nature, de

auxquelles

remèdes

ils

s’attend,

qu’il

faut

Nous pensons que

me donner?

seconde séance

mander au somnambule qu’il

?

faut de-

voit son mal,

ce

ses suites, des crises

enfin,

joindre au si

il

»

quels sont les

magnétisme.

les prêtres

d’Esculape

avaient usé de quelques procédés semblables

envers Aristide,

il

n’aurait pas

manqué

d’en

parler dans les longs détails qu’il nous donne sur sa maladie et sur ses songes dans ses

six

discours sacrés. (1)

Instruction

pratique

sur

le

magnétisme

animal , p. 110. Deleuze dit encore, dans son Histoire critique

du magnétisme

,

lom.

I,

p. 205,


167 convenir que

les

anciens, qui employaient

un somnambulisme

si

du nôtre,

différent

ne devaient guère avoir de succès;

cependant

il

et

que des cures

n’était bruit

merveilleuses qu’ils opéraient.

Jamblique arrivaient

dit

que

la

les

quand on

mitoyen entre entre

que

le

veille

était

sommeil

et le

songes célestes

dans un état

ou

et la veille

sommeil.

l’on entendait souvent

Il

ajoute

une voix en-

trecoupée qui ordonnait ce qu’il faire.

Nous pensons, d’après

quand

les

fallait

cela,

que

malades ne dormaient pas

réel-

lement, ou qu’ils étaient à demi endormis, les prêtres faisaient entendre des voix

dans

le

temple, et les malades avaient

simplicité

de

croire

que

c’étaient

la

des

songes ou des oracles du dieu. Plusieurs

que

la direction

des

somnambules

est

une chose

extrêmement importante;

qu’elle exige de la part du magnétiseur de la prudence, du sang-

tioid, et

meme

une sorte d’instruction.

r

/


1G8 Discours sacrés d’Aristide

endroits des

semblent favorables à cette conjecture. Celse

par Origène (i),

cité

,

grand nombre de Grecs

dit

qu’un

de Barbares

et

assurent avoir vu et voient encore tous les

jours Esculape

,

non pas sous une

forme fantastique, mais dans elle-même, guérissant rant les

hommes

Philostrate

(

le

personne

malades, secou-

prédisant l’avenir.

2 ) rapporte

temps, dans se

et

les

sa

que de temps en

temple d’Égée, Esculape

montrait aux hommes. Cela prouve

évidemment,

que

loin,

dupe des taient

les

comme nous

artifices des prêtres

(1)

dit

le

et

que

dieu lui-même.

aussi

que

les

arrivaient quelquefois

la

qui se revê-

du costume d’Esculape,

Jamblique

était

verrons plus

malades étaient souvent

prenait pour

lestes

le

l’on

Enfin,

songes cé-

quand

on

réellement éveillé. Nous croyons que

Origenes contra Celsum,

(2) Fita Jpollonii

Thyanœi,

lib. 3, c. 24. lib. I, c. 7.


169 ces prétendus songes étaient des halluci-

nations, et les jeûnes ainsi

que

les

autres

pratiques auxquelles les prêtres soumettaient

ceux qui

allaient

les

consulter,

étaient bien capables de les produire.

15


170

CHAPITRE

IX.

Suite de la réfutation des partisans du magnétisme.

Les prêtres des temples qui recevaient des songes pour les malades n’étaient pas des somnambules. Histoire du faux prophète Alexandre. Aristide n’était

pas un somnambule. L’art de mettre

somnambulisme ne des temples,

faisait

comme on

l’a

lors

hommes en

point partie des mystères

soutenu. Les prêtres des

églises chrétiennes n’ont point

bulisme

les

employé

le

somnam-

de l'établissement du christianisme,

ainsi qu’on a voulu le prétendre.

Nous venons de soutenir que les malades les temples d’Esqui allaient dormir dans divinités , n’étaient culape et des autres

nous croyons point des somnambules aux songes que les prêtres qui se livraient l’étaient pas daen place des malades ne ;

vantage

:

ils

leurs se rappelaient très-bien

rêves et les racontaient

à ceux

qui

les


171 consultaient.

Or

demment

que

(i)

nous avons vu précé-

,

les

magné-

partisans du

tisme pensent

eux-mêmes que quand

somnambules

se

les

rappellent au réveil ce

ont vu ou entendu pendant leur

qu’ils

somnambulisme ment')

,

c’est

(

ce qui arrive très -rare-

un défaut

qu’il est essentiel

de corriger, parce que cela nuit à

la lu-

Ces prêtres auraient donc été de

cidité.

mauvais songeurs métier

saient

de

et

cependant

ils

fai-

songer pour tout

le

monde. Si les prêtres avaient été des

bules

,

on

les

pendant

aurait interrogés

sommeil en présence des malades

leur

avec lesquels on port

somnam-

;

les

aurait mis en

rap-

on aurait cherché à obtenir d’eux

des lumières sur

ce qu’il

fallait

ceux qui venaient les consulter rait transcrit leurs

,

faire à

on au-

réponses et l’on aurait

exécuté leurs ordonnances. C’est cepen-

(1)

Voyez plus haut, pag. 157.


172 dant ce que l’on ne voit nulle paî

au contraire

lit,

,

dans divers endroits des

discours sacrés d’Aristide

,

et les autres gardiens des

contaient

On

t.

eux-mêmes

que

temples

lui ra-

songes

qu’ils

les

son égard.

les prêtres

avaient

faits à

d’après

un passage d’Artémidore

souvent

les prêtres

paraît d’ailleurs,

Il

trompaient

non ce

et leur rapportaient

vu réellement en songe

malades

les

qu’ils avaient

mais

,

que

(i),

ce qu’ils

feignaient avoir vu. Il

existe

un document curieux sur

manière dont dans

les

la

médecine

temples d’Esculape

toire d’Alexandre

ou

que l’on trouve dans cien.

était

la

exercée

c’est l’his-

,

le faux

prophète

,

OEuvres de Lu-

les

M. Aubin Gauthier

et

ceux qui ont

24. (1) Oneirocritic ., lib. IY, c.

(2)

Lucien

fait le

portrait d’Alexandre

:

il

une taille élevée, un port majestueux, un de grandeur et de dignité, une voix agréa-

avait air

ble et sonore,

il

était plein

ligence et avait une

de ruse et d

intel-

mémoire prodigieuse

;

en


173

soutenu l’antiquité du magnétisme n’en ont point fait

voir

fait

combien

des anciens prêtres

mention. Cette histoire nous était

et elle

,

d’Esculape

grande

la crédulité

nous montre que n’étaient

les

point des

somnambules. Le faux prophète Alexandre, au rapport de Lucieu, pour faire une brillante fortune en exploitant

la crédulité

prit d’établir

un

publique , entre-

oracle. Etant dans la ville

d’Abonoteiclios en Paphlagonie, il enferma

dans un œuf d’oie un très-petit serpent. Il

avait eu le soin de s’en procurer

très-grand

,

de l’espèce de ceux qu’on Epidaure.

vait autrefois à

un mot,

il

éle-

déposa secrè-

Il

possédait tous les dons de l’esprit

du corps.

et

un autre

C’était

bien ce qu’il

fallait

agir sur les masses populaires dans

pour

un temps

de crédulité. Lucien ajoute encore qu’Alexandre avait eu pour maître, dans les

hommes, un

disciple et

l’art

détromper

ami du fameux

Apollonius de Thyane. (1)

Lucien

dit

que ce serpent

était très-grand


,

m tement cet œuf dans de sait les

l

emplis-

fondations d’un temple qu’on éle-

àEsculape.

vait

l’eau qui

peuple assemblé

Il

,

retira cet

en

fit

œuf devant

le

sortir le petit ser-

pent et dit à cette multitude qu’il possédait Esculape crut

et

,

le

dieu de

la

On

médecine.

bientôt une foule

le

immense accou-

rut afin de le consulter pour les maladies et

pour toutes sortes d’autres trait le

que

affaires.

serpent d’Epidaure et

c’était le

Il

mon-

faisait croire

même qu’il avait

trouvé dans

l’œuf d’oie qui avait acquis ainsi une taille prodigieuse en peu de jours.

On

peut

lire

dans Lucien

récit

le

de

toutesles ruses qu’employait cetimposteur

pour tromper des gens crédules. à son serpent le nom de Glycon

;

lait

une

autour de son corps tête factice qui

,

Il

donna

il

le

lui avait

rou-

adapté

avait de la ressem-

blance avec une figure humaine, qui s’ou-

et très-privé, et qu’Alexandre l’avait

Pella,

en Macédoine.

tiré

de


d

75

vrait et se fermait à volonté trait

,

au peuple. Sa réputation

en croissant

:

on venait

le

et le alla

toujours

consulter de

tous les points de l’empire romain. le

mon-

Quand

temple qu’on bâtissait à Esculape fut

achevé cles

,

au

il

y rendit des oradu dieu de la médecine. Le

s’y établit et

nom

plus souvent on envoyait à Alexandre des billets Il

cachetés contenant des demandes.

se couchait dessus

pendant

la

nuit et

lendemain ou plusieurs jours après voyait sa réponse

en vers

,

il

le

en-

qui était fréquemment

et qu’il assurait lui avoir été ins-

pirée en songe par Esculape. Si Alexandre

eût ressemblé aux

nambules de nos jours le

,

on

serait

somvenu

consulter pendant son sommeil, et c’est

alors qu’il aurait

rendu

ses réponses

que

l’on aurait transcrites, ce qui aurait bien

encore été un autre prestige pour celte multitude crédule. Au reste, Lucien a soin de nous avertir qu’Alexandre décachetait adroitement pendant

la

nuit les billets


176 qu’on

lui adressait.

sieurs des procédés

ployait pour cela.

bien cachetés

11

indique

même plu-

que cet imposteur em-

Quand

ces billets étaient

ses réponses étaient obs-

,

cures ou à double sens et souvent entiè-

rement étrangères aux demandes.

avait

Il

établi auprès de lui des interprètes qui ga-

gnaient beaucoup d’argent en

expli-

les

quant. Souvent aussi, ajoute Lucien mettait

un long

mandes et le

les

intervalle entre les

,

il

de-

réponses, afin d’avoir mieux

temps de décacheter

les

billets

et

de

prendre par ses émissaires des informations sur les faites.

demandes qui

Lucien rapporte diverses ruses qu’il

employa pour mettie défaut

lui étaient

,

et

Quand

cet

imposteur en

y réussit complètement. on lit dans Lucien l’histoire du il

faux prophète Alexandre

,

on

est surpris

que de nombreuses populations au second siècle de notre ère

dupe de ruses

aussi grossières;

tenté de croire

que ce spirituel

aient pu, ,

être

on

la

serait

et satyrique


auteur nous raconte une de ses fictions. Il

cependant

n’en est rien

qu’on

fit

Lucien

:

dit

frapper des médailles en l’hon-

neur d’Alexandre

quelques-unes de ces

;

médailles existent encore aujourd’hui

qui atteste

la vérité des faits

,

rapportés par

l’écrivain grec(i).

Alexandre eut une

grande vogue

les

,

que

On

(1)

cl’

fait

nom

teichos.

nom

obtint

les

Recher-

par Spon, p. 525.

,

on

voit la

plusieurs replis. Sur les côtés on

lit

à figure

de Glycon et celui de

Dans

voit aussi

avait

humaine, dont la ville

de Lu-

régna avec Marc Aurèle, on

un serpent à

figure

de Glycon et de

humaine, avec

la ville

Lucien rapporte qu’Alexandre la ville

d’Abono-

l’autre médaille, qui est

cius Verus, qui

que

Il

l’une, qui est d’Antonin-le-Pieux,

queue

le

il

;

permission de changer

antiquité

un grand serpent

le

la

trouve ces médailles dans

ches curieuses

Dans

ses avis

accès à la cour impériale.

de Marc Aurèle

si

plus illustres Ro-

mains venaient prendre

même

ce

d’Ionopolis.

avait

obtenu

d’Abonoleichos prendrait ce nom.


178

nom

le

de

faisait sa

d’Abonoteichos

la ville

résidence

cle

Marcomans

il

,

cet

lui

en vers qui promettait

Romains,

si

envoya un orala victoire

et

dans Pister deux lions

cependant

cus. C’est ainsi

aux

sacrifice,

les

que

Romains furent la

vi-

On

vants et une quantité d’aromates. fit,

il

empereur con-

un grand

l’on offrait

et si l’on jetait

en celui d’Ionopolis,

,

Pendant l’expédition de tre les

,

le

vain-

plupart des oracles

rendus dans l’antiquité ont été ensuite démentis par l’événement.

cependant

On

à les croire et & les consulter;

encore aujourd’hui M.

et

continuait

Aubin Gau-

thier (i) veut soutenir la véracité des an-

ciens oracles

qui

les

,

parce que, selon lui, ceux

rendaient étaient dessomnambules

ou des extatiques

et étaient

faculté de prévision.

Il

doués de

considère

la

les ain

ciens auteurs qui croyaient à la divination,

(1) Histoire

peuples , tom.

du Somnambulisme chez I,

p. 101 et 102.

tous les


179 aux oracles sages, et

il

aux songes

et

déverse

le

,

comme

des

blâme sur Cicéron

,

qui a su s’élever au-dessus de son siècle en regardant la divination superstition et

comme une

un mensonge.

Nous nous sommes étendu sur toire

du faux prophète Alexandre

parce

,

nature à jeter quelque lu-

qu’elle est de

mière sur

l’his-

le sujet

qui nous occupe. C’est

dans un temple d’Esculape qu’ Alexandre rendait ses oracles. Le nouveau dieu qu’il

montrait au public lape revenu au

monde.

gleries à l’époque

avait

culte

était

,

Il

disait-il

Escu-

,

exerçait ses jon-

où l’empereur Antonin

cherché à remettre en honneur

du dieu de

la

médecine.

Il

est

le

pro-

bable qu’il devait y avoir des rapports entre la manière dont il traitaiL les malades et celle

qu’employaient

les prêtres

des

autres temples. Or, d’après les détails

que

donne Lucien

,

en usage ni

somnambulisme

1

le

on

voit

observe de nos jours

qu’il

,

ne mettait tel

qu’on

ni les pratiques


180

du magnétisme.

comme

cachetés

répondait à des

Il

cela se pratiquait dans

plusieurs anciens oracles tait

adroitement

rapporte Lucien émissaires

billets

(i). Il

les billets

qu’il

avait

ainsi

,

ou bien

,

décache-

les

que

le

nombreux

partout

savaient

bien découvrir ce qu’on lui demandait.

Dans

maladies

les

ou divers remèdes

il

prescrivait le régime

intérieurs

ou extérieurs

sur lesquels Lucien ne nous donne pas de détails.

Pour en imposer

donner plus de il

à la

multitude et

prestige à ses fourberies

,

avait institué des mystères qui duraient

trois jours et

dont

il

était l’hiérophante.

On

y voyait des danses mystérieuses et des processions au flambeau comme dans

les fêtes

(1)

d’Esculape àEpidaure(a).

Van

On

voit

Dale, de Oraculis veterum etlinicorum ,

c. 6.

(2)

Lucien donne des

détails assez étendus

sur la manière dont ces mystères étaient célébrés.


,

181 que, de

même que

les prêtres

d’Esculape

Alexandre savait bien employer tous

moyens propres

à agir sur l’imagination

en imposer à

et à

C’est surtout

les

multitude.

la

dans

les

discours sacres

de l’orateur Aristide, que l’on a cru trouver des preuves que les prêtres des tem-

employaient

ples n’est

pas

somnambulisme.

le

ïl

étonnant qu’au milieu* d’une

multitude de songes

,

rapportés par un

malade crédule qui passa

années de

trois

pour y rêon en trouve quelques-uns qui

sa vie à parcourir les temples

ver

,

offrent des rapports avec

ceux qu’on dit

observer aujourd’hui chez nos bules. Ainsi

dans un bain

,

somnam-

il

songea un jour qu’il

et

que

était

ses viscères inférieurs

de l’abdomen n’étaient pas situés à leur place ordinaire

de

la

(i).

On

a cru trouver là

similitude avec les

(1) Aristidis

Opcra,

cclente

somnambules

Jebb. Oratio sacra

prima, p. 275. 1Ü


,

182 qui disent voir l’intérieur de leur corps

mais un malade qui rêve ne croire

;

peut-il pas

qu’il voit les objets les plus bi-

zarres? Aristide s’est quelquefois trouvé dans

un

état extatique (i)

d’autres fois

;

de véritables hallucinations

ainsi

;

a eu

il

il

as-

sure avoir eu des conversations avec So-

phocle qui autre fois

,

était

au pied de son

étant

couché

éveillé

et

crut voir Minerve avec son égide

grande

que

et aussi belle

deux de

ses

de son

lit

Enfin

à l’époque

,

maladie

,

et

Il

la

,

il

aussi

a été

mon-

amis qui étaient au pied le

crurent en délire

de

la

(2).

terminaison de sa

étant près d’un temple de Jupi-

(1) Aristide

s’être

qui

,

celle qui

sculptée à Athènes par Phidias. tra à

Une

lit.

tomba dans

lin état d’extase

après

baigné, par ordre d‘Esculape, dans un

fleuve qui chariait des glaçons secuncla

(

Oratio sacra

p. 295).

(2) Aristidis Oratio sacra secunda , p. 300.


183 ter

Olympien

il

,

affirme qu’un spectre

s’approcha de lui et la

même

rendu

maladie que

lui

,

et

par ordre d’Esculape

,

ans de souffrance

mal

lui dit qu’il avait

avait

dans

,

commencé,

il

Certainement ce sont tions, et

éprouvé

il

n’est pas

que ,

eu

s’étant

après dix

le lieu

où son

avait été guéri(i). là

des hallucina-

étonnant qu’il en

ait

puisqu’il était atteint d’hypo,

chondrie

(2).

(1) Aristidis

En

outre Aristide a été sou-

O ratio sacra

quarta, p. 321.

Le docteur Charles -Adolphe Kœnig a soutenu, en 1818, à l’Université d’Iéna une (2)

,

thèse qui a pour titre Il

pense que

était

la

:

de Aristidis incubatione.

principale maladie d’Aristide

rhypochondrie.

à l’aine qui fournit

Il eut,

en outre, un abcès

une suppuration abondante,

un catarrhe pulmonaire, une angine, et divers autres symptômes morbides qu’il est plus

difficile

de caractériser d’après les descriptions

obscures et incomplètes qu’il en donne. Aristide fut encore atteint d’une fièvre tierce il

fut guéri

teur Lysias.

dont

par l’apparition en songe de l’ora-


vent

la

dupe des

artifices des prêtres qui

s’approchaient de lui pendant qu’il était

couché

pour Esculape

et qu’il prenait

,

ou pour divers personnages.

C’est ainsi

qu’on peut expliquer plusieurs de ses prétendus songes. Il semble même dans un de

ses

discours distinguer très-bien ses

songes des apparitions réelles du dieu (i\

(1) Aristide dit

chacun de

(

Oratio secunda , p. 274) que

ses jours et

chacune de

ses nuits

contiennent quelque chose de digne d’être rapporté, tantôt par les apparitions du dieu en

personne

( £x tou cpavepôu

ovapwv )

songes qu’il lui envoyait.

Il

tantôt par les

,

ajoute que ses

songes étaient rares, parce qu’il dormait peu, à cause de son état maladif. On voit bien par là qu’Aristide avait

lesquelles

ou bien,

il

des hallucinations, dans

croyait voir Esculape en personne,

comme

nous l’avons

dit, qu’il était la

des prêtres. Ainsi, dans un de ses discours {Oratio sacra secunda, p. 298 )

dupe des

il

artifices

dit qu’étant entre le

sommeil

et la veille,

il

croyait toucher le dieu, qu’il sentait son arrivée, qu’il approchait ses oreilles de lui, qu’il


185 ce qui prouve bien qu’il était réellement halluciné. Outre ses discours sacrés, Aris-

encore écrit des descriptions

tide avait

de ses songes

détaillées c’est

Esculape qui

et

,

lui avait

dit

il

que

ordonné de

le

faire (i).

Comme çaient la tère

les

d’Esculape exer-

prêtres

médecine sous

le voile

on a prétendu que

,

du mys-

la partie

de leur

science qu’ils ne découvraient qu’aux initiés

était

,

de mettre

l’art

malades

les

comment s’exun écrivain anonyme

en somnambulisme. Voici

prime à

cet égard

que nous avons déjà dans

les

cité

et

qui a publié

Annales du magnétisme animal

de savantes recherches sur

ne s’en

l'écoutait, craignant qu’il

Le docLeur Kœnig p. 35),

(

de

les

notions

allât trop tôt.

Jristidis incubatione ,

quoique regardant Aristide

somnambule magnétique

,

pense

comme un cependant

qu’Esculape qui lui apparaissait d’une manière

semblable,

n’était

qu’un simple mortel.

(1) Arislidis Oratio sacra

secunda 1 p. 291.


,

que

les

lisme

(1). «

Le magnétisme animal, n’en

«

douions pas,

«

mystères.

«

imposantes de

«

ruses

« tères,

somnambu-

anciens avaient du

faisait la

On

base de tous

les

y avait ajouté les formes superstition,

la

et

les

du charlatanisme..... Ces mysce silence, nous ex-

ce secret,

«

pliquent pourquoi

«

auteurs

«

mention

«

magnétique. Ses principes

et ses

«

cédés étaient dérobés avec

plus grand

«

soin au

«

maient pour

«

chée dont

te

ploitation. »

,

dans

anciens

les

nous ne trouvons pas une

,

plus

claire

commun

que, dans

les

les

ils

Le

des

de

médecine

la

le

hommes,

prêtres une

pro-

et for-

mine

ca-

se réservaient seuls Tex-

même

temples,

auteur dit encore les

remèdes salu-

taires étaient seuls dévoilés,

mais que

le

principe d’impulsion qui procurait

les

de ces remèdes

ne

songes indicateurs

(1)

Annales du Magnétisme animal

p. 174.

,

u

()

22


,

l’élait

pas;

avec grand

était soustrait

il

soin aux yeux

du vulgaire

(i).

Telle est l’opinion émise par les parti-

du magnétisme.

sans tile

de

sons

la réfuter si,

est

il

,

prouvé

11

devrait être inu-

comme par

,

nous avons exposées

prêtres n’employaient pas le lisme.

pen-

le

les raisons

que

,

nous

les

que

anciens

somnambu-

Cependant nous nous permettrons

encore quelques réflexions. Nous pourrions croire que

Egypte,

,

dans

de produire

l’art

la

mystérieuse

le

somnambu-

lisme magnétique aurait pu rester enseveli

dans

les

temples

connu au-dehors

(

2)

;

,

sans être jamais

mais en Grèce, ce

pays de liberté et d’indépendance,

(1) Annales

du Magnétisme animal

le se-

n° 22

,

p. 173. (2)

Les prêtres d’Égypte avaient pour con-

server le secret de leurs sciences occultes et de leurs mystères

un moyen que n’avaient pas

les

prêtres grecs, c’était leur langue sacrée et leurs

caractères hiéroglyphiques.


,

!

cret aurait

beaucoup plus

été

ment gardé.

88

que ceux

est vrai

Il

difficile-

qui

dévoilaient les mystères d’Éleusis étaient

punis de mort.

nous a

qui

Mais dans

été conservé

parmi

vres

attribuées à Hippocrate,

pas

que des

été infligées

à ce

dèles l’ordre

leurs lées

des

œu-

on ne

voit aient

avaient juré.

infi-

Quand

Pythagoriciens fut détruit

doctrines (i).

les

qui étaient

initiés

qu’ils

serment

semblables

peines

aux

le

secrètes

Croit- on

que

furent

dévoi-

celles des Asclé-

piades auraient été mieux gardées quand

pratique de la médecine cessa d’être

la

leur apanage exclusif? Les prêtres d’Es-

culape n’étaient pas

les

seuls qui exer-

çassent la médecine à l’aide des songes.

On

allait

encore songer dans

les

temples

de plusieurs autres divinités, non seule-

ment pour obtenir dies,

(1)

la

guérison des mala-

mais encore pour avoir des conseils

Yoyez plus haut, pag. 82


489 sur la manière affaires

d’état.

de se diriger dans

domestiques et dans

les

les

affaires

Les prêtres de ces divers temples

devaient donc être en possession des

mes procédés; un

mê-

secret qui aurait été

entre tant de mains, aurait été difficile-

ment gardé.

On les

retrouve l’usage d’aller dormir sur

tombeaux

et

dans

les

temples jusque

chez des sauvages de l’Afrique et de l’Asie.

Dira-t-on que tous ces peuples possé-

somnam-

daient le secret de produire le

bulisme? En voulant trouver

le

magné-

tisme partout, on est tombé dans une étrange contradiction

que

l’art

de mettre

nambulisme

ait

été

:

les

effet,

on veut

hommes

en som-

en

un

secret soigneuse-

ment gardé par les prêtres

païens, et cepen-

dant on a prétendu que des hérésiarques

du 2 e

siècle

employaient

le

somnambu-

lisme, et qu’on le mettait aussi en pratique

dans

les églises

des martyrs,

chrétiennes et au tombeau

lors

de

la

chute du paga-


190 nisme(i). Or, que penser d’un secret qui

connu des plus mortels ennemis de

sérail

ceux qui l’exploitent? Hippocrate, qui appartenait à la famille des Asclépiades, devait bien être en possession de tous les secrets des temples (2)

cependant, dans

(1)

nion

les

;

ouvrages que l’on

Nous prouverons plus

loin

que

cette opi-

est erronée.

(2)

Nous avons émis précédemment

(p. 66),

d’après le professeur Choulant, l’opinion qu’Hip-

pocrate n’avait plus de doctrines secrètes,

que

le

et

serment dans lequel on jurait de n’en-

seigner la science qu’aux enfants de ceux des-

quels on tiendrait l’instruction, ou aux était

d’une époque antérieure au père de

médecine. La la collection

est

initiés,

fait

loi

la

qu’on trouve également dans

de ses œuvres, et dans laquelle

des prescriptions

analogues

,

ne

il

lui

appartient pas non plus. M. Choulant (Hand-

buch der Bücherunde p. 14)

pense que l’auteur de cet opuscule avait

sous les yeux il

fur die œltere Medicin ,

a puisé.

un

écrit plus ancien

dans lequel


1

191

comme

regarde

appartenant

lui

réelle-

-

ment, on trouve à peine quelques mots sur les songes

Cela prouve qu’il re-

(i).

comme une

gardait

pratique

supersti-

coutume d’aller dormir dans temples pour y songer.

tieuse les

la

Galien a écrit un petit quel

soutient

il

que

pronostics des songes

traité(ci)

dans

le-

l’on peut tirer des ,

et qu’ils

peuvent

quelquefois indiquer les dispositions intérieures des

homme était

il

(3).

Galien

que

un

,

la

de paralysie

s’est

l’on

quelque-

trouve dans

hippocratique n’est pas regardé,

les meilleurs critiques,

père de

dit-il

,

fut atteint

Traité des songes

la collection

par

,

membre

Le

Ainsi

ayant rêvé qu’une de ses jambes

de pierre

de ce

(1)

corps.

comme

étant du

médecine.

(2) Galeni de Dignotione ex insonmiis libellus. (3) Plusieurs

connu, ainsi

médecins modernes ont reque Galien, que l’on pouvait reti-

rer de l’observation des songes des signes qui

peuvent quelquefois servir au diagnostic

et

au


192 fois dirigé d’après des

songes dans

le trai-

tement des maladies mais il ne l’a fait que rarement et il blâme très-fortement ;

les

médecins empiriques qui

considéré

la

nature du mal

,

,

sans avoir osaient ad-

ministrer à leurs malades des remèdes prescrits en songe (i)

;

et

cependant Ga-

pronoslic des maladies. Double a écrit sur ce sujet

un chapitre important dans

(tom.

574-596). Mais

sa Séméiologie

y a loin de là à la confiance aveugle dans des moyens de traite2, p.

ment, parce (1)

qu’ils

il

ont été l’objet de nos rêves.

Galeni de Theriacâ ad Pisonem,

c. 3.

Nous

allons citer les paroles de Galien, d’après la

version latine, parce qu’elles sont importantes

que ce médecin pensait des remèdes prescrits en songe. « INon enim sic et nos medicinarum notitiam assequimur quem-

et font voir ce

<(

«

admodum

«

cognominant.

«

rum naturam

«

nulla ratione curant, turpiter profitentar se

«

remedia partim ab insomniis partim à fortunâ

« suscipere.

qui se impiricos à solâ experientiâ Illi

omissâ disciplina

quæ

re-

investigat quoties oblatos ægros

Nos aulem

auxilia quoe ratio et


193 lien

qui parlait ainsi était de Pergame où

c’est sans y avait un temple d'Esculape;

il

sumraâ con-

«

prima

«

sideratione

«

studio reperimus.

«

invenire ea sensuum judicio propendimus,

et sola excogitare potest

magno

diligenliàque scrutantes

Quæ

aulein ratio non valet

plerumque tune uni non confidentes plu« rium censuram adhibemus. » Galien, dans ce passage, se sert du mot ôvîî para pour exprimer «

les

songes d’après lesquels se guidaient les

piriques.

M. Aubin Gauthier prétend

du Somnambulisme, tom.

1, p.

ovEipoç

Histoire

50) que Galien

mots

et d’autres auteurs n’emploient les et

(

em-

que pour exprimer des songes

ova?

in-

certains qui devaient être attribués à l’imagination, ou d’une interprétation difficile. Cette assertion ne nous paraît point exacte.

En

effet,

dans son traité de curandi ratione per sanguinis missionem ,

c.

23, Galien parle d’un prêtre d’Es-

culape de Pergame, qui se

fit

ouvrir l’artère

qui est au-dessus de la main pour une douleur de cote, parce qu’il en avait été averti ensonge.

Pour désigner ce songe,

qu

il

avait

il

se sert

employé quand

il

du

même mot

parlait des songes

d’après lesquels se guidaient les empiriques.

17


494 doute pourcela

qu’il parle avec tant d’élo-

ges des anciens Asclépiades.

Dans

le

même

même

chapitre

il

expression àn tpax* pour exprimer plu-

sieurs songes d’après lesquels

une saignée. Dans un de nitione

use encore de la

ad Posthumum

,

il

se décida à faire

ses écrits

e. 2),

le conseil

dans un songe. il

y ajoute

Il

lui

la

médecine

en avait été donné

se sert ici

l’épitliète

de Prœcog-

Galien dit que son

père résolut de lui faire étudier

parce que

(

du mot

èvap^ri?

oveipo;

,

et

clair, évident.

,

La même épithète se trouve encore jointe au mot ôvap dans un autre de ses traités ( Mclhod .

medendi, qu’il

lib. 14,

c. 8 ).

Malgré

met en usage pour

regardait

les expressions

les désigner,

bien ces songes

comme

Galien

certains,

puisqu’il se guidait d’après eux dans l’emploi

de ses moyens de traitement.

On me pardon-

nera cette longue discussion philologique; été obligé de

m’y

livrer,

j’ai

parce que M. Aubin

Gauthier n’emploie pas moins de 50 pages de' son Histoire du Somnambulisme à discuter la

valeur des expressions dont se servaient Grecs et les Romains pour désigner et les rêves.

les

les

songes


\

Comme

95

les prêtres

des temples

comp-

taient les frictions et les onctions au

nom-

bre des préparations qu’ils faisaient subir

aux malades avant de présence de

M. Aubin Gau-

divinité,

la

introduire en

les

thier et quelques autres auteurs ont pré-

tendu qu’ils avaient employé ces moyens

dans

le

but de produire

lisme. Cette

le

somnambu-

opinion nous semble erro-

née. Les anciens se servaient sans cesse

des frictions pour se préparer aux exercices de la gymnastique si

,

qui étaient d’un

grand usage parmi eux.

étonnant qu’ils en aient

fait

11

n’est pas

un des prin-

cipaux moyens de leur thérapeutique; et voilà

pourquoi

leurs malades.

doute que l’on

les prêtres

On

ait

y soumettaient

ne prétendra pas sans

voulu mettre

les athlètes

en somnambulisme avant de se livrer à leurs exercices frictions

corporels. D’ailleurs les

qu’employaient les prêtres,

diffé-

raient essentiellement dans bien des cas

des passes magnétiques

;

elles étaient sou-


196 vent fort rudes. À Pergame où

temple d’Esculape, on avec une brosse de xystre

ou

il

y avait un

frottait les

fer

malades

recourbé appelée

strigile. Martial (i) dit

dans celte

ville

que c’est quecetinstrumentaété in-

venté. Enfin dans bien des cas ce n’étaient

point

ministres des temples qui admi-

les

nistraient les frictions, mais bien les

lades

eux-mêmes qui

ma-

se frottaient (2).

(1)

Epigrammat .,

(2)

Les écrivains qui soutiennent l’antiquité

1.

XIV, epigr. 51.

du magnétisme prétendent (Archives du magnétisme animal

,

t.

4, p.

142) que Plaute veut

désigner les passes magnétiques qui produisent le

sommeil, quand

feint,

il

dans son Amphi-

tryon (vers 157) que Mercure, en voyant Sosie, dit

:

Si je le

dormir dormiat

?

?

frottais

Quid

si

magnétique

ment dans

le

les

peut-on prétendre que

sommeil

était

le faire

ego ilium tractim tangam ut

Comment

de produire

doucement pour

un

et le

l’art

somnambulisme

secret gardé soigneuse-

temples,

si

Plaute en parle pu-

bliquement dans une pièce jouée devant tout le

peuple romain

?

Mais

nous croyons que


197

auteur qui a soutenu l'antiquité du

Un

magnétisme (i), prétend encore que le lieu dans lequel se couchaient les malades était magnétisé

et

pouvait

somnambulisme ;il

cite

communiquer pour exemple

le

l’ar-

bre de Busancy magnétisé par M. de Puységur.

On

ne

couchaient pas toujours dans

se

même que et

endroit. Aristide,

c’était

les

peut répondre que

il

les

balustrades du temple

Plaute n’a point

fait

le

est vrai, dit

ordinairement entre

un autre passage de

malades

;

les

portes

mais dans

ses discours sacrés

allusion aux passes

gnétiques dans son Amphitryon,.

il

ma-

Si l’on avait

que les frictions pratiquées de certaine manière avaient le pouvoir

cru, chez les anciens,

d’endormir, Galien, qui était médecin, aurait

le savoir

mieux que Piaule.

pendant rien dans son dans lequel frictions, ni (1)

il

Il

n’en dit ce-

traité de Sanitate

parle longuement des effets des

dans ses autres ouvrages.

Annales du magnétisme animal

p. 226.

tuendâ ,

,

n° 23

,


,

198 assure qu’il allait dormir dans tous les en-

du temple,

droits

même en plein air et jus-

que sous la lampe sacrée qui était aux pieds de

la statue

aussi

que

de Diane

On

a prétendu

ne recevaient pas à

les prêtres

toute heure du jour

(i).

parce qu’ils avaient

,

quelque machine

à préparer

dire au contraire

que

(

2 ).

On

peut

les prêtres faisaient

venir les malades dans les temples pendant la

nuit

parce que c’est l’heure où l’on

,

se livre

au sommeil naturel

et c’est pré-

,

cisément une preuve qu’ils n’employaient pas

le

voqué

somnambulisme qui peut à toute

être pro-

heure du jour.

Les auteurs qui ont écrit sur tisme avouent que tous

les

le

magné-

individus ne

sont pas capables d’éprouver

le

somnam-

bulisme. M. Aubin Gauthier

(3)

dit que,

sur cent malades,

il

y a tout au plus cinq

(1) Aristidis Oratio sacra

(2) Annales

p

secunda , p. 308-309.

du magnétisme animal , n° 23

22G. (3) Introduction au magnétisme, p. 308.

«5

»

wm


199 somnambules,

el à

peine un seul qui pré-

sente quelque

phénomène

Cependant

paraît

il

que

nombre de ceux qui

extraordinaire. le

grand

plus

dans

allaient

les

temples y éprouvaient des songes; il n’est donc pas probable qu’ils aient été en

somnambulisme. En outre,

les

si

anciens

avaient pratiqué en grand le magnétisme,

comme on

le

prétend,

ils

n’auraient pas

tardé de s’apercevoir qu’il existe,

qu’on

l’affirme

aujourd’hui

,

ainsi

des som-

nambules qui sont beaucoup plus lucides que

d’autres, et qui possèdent à

un plus

haut degré le don deprévision des remèdes, soit

pour eux-mêmes

soit

,

pour

qu’on met en rapport avec eux. raient pas sans

Ils

doute manqué de

ceux n’autirer

parti de cette connaissance, et l’on aurait

vu chez eux,

comme

somnambules que sulter

pour

aujourd’hui, des

l’on serait

les maladies..

venu con-

Nous n’en trou-

vons cependant pas de traces chez anciens.

A

la vérité,

il

les

y avait des prêtres


200 songeurs; maison n’avait recours ordinai-

ment à eux que quand

les

malades ne pou-

vaient pas avoir eux-mêmes des songes.

que pour

dit aussi les

réveiller les

On

somnambu-

faut user de précautions, leur faire des

il

passes horizontales au lieu de passes verticales,

en un mot,

croyons que dans

les

les

démagnétiser. Nous

les

malades qui dormaient

temples se réveillaient eux-mêmes.

Enfin, l’opinion de presque tous ceux

qui ont écrit sur

le

magnétisme

est

que,

presque toujours, pour être mis en som-

nambulisme,

il

un

faut être dans

maladie. Cependant

les

état

de

parents des ma-

lades qui venaient passer la nuit dans les

temples, y obtenaient également des songes. En outre, ce n’était pas seulement

guérison des maladies que l’on

pour

la

allait

dormir dans

sait

encore pour

la vie et

s’y

pour

les

temples

les affaires

;

on

le fai-

ordinaires de

les affaires d’état.

Ceux qui

rendaient pour de semblables motifs

étaient bien portants, et cependant

il

pa-


1

20

que

rail

les

les

dieux ne leur refusaient pas

songes qu’ils leur

n’étaient

demandaient.

Ils

donc pas des somnambules ma-

gnétiques. voulait

l’on

Si

l’existence tiquité,

on

port avec

absolument retrouver

du somnambulisme dans verrait, je crois, plus

ce que

jourd’hui, dans

la

de rap-

nous observons aupythie qui rendait ses

que dans

oracles à Delphes,

l’an-

qui allaient songer dans

les

les

malades

temples. La

pythie se tenait sur un trépied qui était sur une ouverture souterraine, d’où

s’é-

chappait, dit-on, une vapeur enivrante. Saisie

d’une fureur prophétique, l’écume

à la

bouche, poussant des hurlements,

elle

proférait

articulées

que

des

paroles

souvent mal

prêtres qui étaient à ses

les

côtés recueillaient et transcrivaient avec soin.

Revenue

à

son état naturel,

on

dit

qu’elle oubliait tout ce qui s’était passé(i).

(1) Saint Jujstin

(

Admonitio ad Grœcos )

dit


On

voit bien

quelque analogie avec

nos somnambules; mais

les

magnétiseurs

interrogent ces derniers, tandis que prêtres la

les

de Delphes n’interrogeaient pas

Comme

pythie.

qu’elle disait,

ils

entendaient seuls ce

ils

étaient maîtres de lui

prêter toutes les paroles qu’ils voulaient et

de lui faire rendre des oracles en prose

comme

en vers.

les pythies

de Tralles nien,

On

allait aussi

consulter

pour des maladies. Alexandre (i)

nommé

rapporte qu’un jeune Athé-

Démocrate, qui

d’épilepsie, se rendit à

était atteint

Delphes pour de-

mander au dieu quel remède il devait pendre à son cou pour se guérir. La pythie lui rendit

un oracle en

également que lorsque

vers conte-

l’instinct

qui animait

les sibylles s’éteignait, elles

perdaient

moire de ce qu’elles avaient

dit. Il

que

l'on

transcrivait

leurs

De Medicinâ,

mé-

ajoute aussi

paroles pendant

qu’elles les prononçaient. (1)

la

lib. I, c. 15.


203

Comme

nant une prescription d’amulette. cet oracle était obscur,

préta

(i).

l’inter-

Alexandre de Tralles ne dit pas

malade guérit.

le

si

un prêtre

On

pourrait trouver encore plus d’ana-

logie avec le

somnambulisme dans ce que

rappoi te saint Irénée, au sujet d’un hérésiarque,

second

nommé

siècle

Marc, qui vivait au

de notre ère. Cet

homme,

fourbe et débauché, cherchait à séduire

femmes

les

ches;

il

les

Il

faisait,

dit-on, prédire l’ave-

leur adressait d’abord des discours

flatteurs, faisait sur elles des et I

ri-

leur enseignait ses doctrines erro-

nées et leur nir.

plus belles et les plus

leur ordonnait

invocations

de prophétiser. Saint

rénée l'apporte que l’imagination de ces

femmes

(1)

s’exaltait et qu’elles

prononçaient

L’oracle interprété prescrivait de prendre

des vers qui sortent quelquefois des narines des chèvres, de les envelopper avec la peau d’une

brebis noire, et de les pendre à son cou.


206 des

paroles

folles

et

incohérentes

Tertullien parle encore d’une vivait

de son temps,

était favorisée

(1) Voici le

et

du don de

à une

sœur qui

qui, selon lui,

révélation.

Elle

femme par

flatteur qu’il adres-

ces mots

:

«

Voici que

«

grâce est descendue sur vous, ouvrez

«

che

«

pondait la

et prophétisez.

« saint

«

passage de saint Irénée à ce sujet.

Marc terminait un discours sait

(i).

femme

Mais

la

ma

bou-

j’en ignore l’art, ré-

étonnée. Alors, continue

Irénée, se font sur elle de nouvelles in-

«

vocations; on la frappe d’étonnement et de

«

stupeur, et on lui dit

a

(t

que toute parole prononcée par vous soit désormais une prophétie Alors, hors d’ellemême, l’imagination exaltée, le cœur ému,

«

pleine d’audace, et cédant pour ainsi dire à

«

l’impulsion d’un esprit supérieur, elle pro-

« «

nonce à haute voix toutes les paroles folles, qui luiincohérentes , impudentes même

«

viennent à

«

:

Ouvrez

la

bouche,

et

!

,

la

bouche.» (Saint Irénée, Contre

les hérésies , liv. I, c.

13, traduction

de M. de Ge-

noude.) Certainement les phénomènes observés chez ces malheureuses femmes séduites


205 « les reçoit,

de

« lieu

la

dit-il,

dans

l’église,

au mi-

célébration de nos mystères,

« étant toute ravie

en extase,

et elle

con-

«

verse alors avec les anges, quelquefois

«

même

«

entend dans ses ravissements

avec Jésus-Christ;

« célestes, «

dans

le

les secrets

connaît ce qu’il y a de caché cœur de plusieurs personnes,

enseigne des

« et

elle voit, elle

remèdes salutaires à

par l’hérésiarque Marc offrent plus d’analogie avec

le

somnambulisme de nos jours que

ce

qui se passait chez les malades qui allaient

dormir dans

les

temples. Ces femmes, à l’ordre

de Marc et par ses fascinations, entraient dans

une espèce de qu’elles

tandis

crise. C’était

parlaient et qu’on

que

les

le

les

cette crise

interrogeait

,

malades des temples ne disaient

rien qu’à leur réveil.

dans

pendant

Nous voyons

là, ainsi

magnétisme, l’influence qu’un

que

homme

doué d’une physionomie imposante, d’un extérieur magique, d'un regard dominateur, d’une

parole grave et impérieuse, peut avoir sur des

personnes

nemment

faibles, nerveuses, crédules et

impressionnables. 18

émi-


206 ceux qui paraissent

«

Ces phénomènes

si

,

le

désirer (1).

ne

Tertullien

»

les a

pas exagérés, sont sans doute très-remar-

quables

;

mais

se trouvait

spontané

sœur paraît avoir

cette

et

non provoqué par

cédés particuliers.

Montan

siarque

dans lequel

l’état d’extase

et

Il

des pro-

que

paraît

été

l’héré-

quelques-uns de ses

sectateurs présentaient des

phénomènes

analogues.

De même que que

le

c’est, dit-on,

par hasard

marquis de Puységur a découvert

le

somnambulisme magnétique en 1786,

il

est sans

doute possible que, dans

l’an-

tiquité, quelques individus aient pu, sans s’y attendre,

produire chez d’autres per-

sonnes un état semblable,

et

que

le

phé-

sœur avait embrassé de Terl’hérésie de Montan. Un commentateur romaine, tullien croit que c’est Priscilla, femme (1)

On

croit

que

cette

Montan, qui avait quitté son mari pour suivre qui prophétisait comme cet hérésiarque.

et


*207

nomène que Ton

soil passé

a

y

chant pas tirer,

fait

inaperçu, soit parce

peu d'attention, ne

le parti

que

l’on

sa-

en pouvait

parce que l’on n’a pas su

soit

le

reproduire. Les écrits des anciens nous

sont parvenus en trop petit

nombre pour

que nous puissions retrouver

les

Cependant

de tout ce qui

existait

alors.

pense que

peu de

détails qui

je

le

traces

sont parvenus sur l'exercice de

la

nous

méde-

cine dans les temples d’Esculape et des autres dieux, suffit pour démontrer qu’on n’y guérissait pas les malades à l’aide

du

somnambulisme magnétique. Je ne chercherai pas à discuter

si

les

prêtres des temples mettaient en usage le

magnétisme simple, puisqu’un auteur qui a

approfondi cette question, M. Aubin

Gauthier

(

1

),

avoue qu’on en trouve peu

de traces dans l’antiquité, tandis que

(i) Histoire

du Somnambulisme chez

peuples , lom. 2, p. 231.

le

tous b s


‘208

somnambulisme chez lous

les

a été en grand

peuples anciens

dant Plutarque

(2) dit

d Épire, guérissait la rate

les

honneur

que Pyrrhus,

du corps où

organe, pendant que

ché sur

le dos.

On

le

roi

engorgements de

en pressant lentement avec

droit la région

Cepen-

(1).

pied

le

est situé

malade

était

cet

cou-

a dit que ces guéri-

sons, ainsi que plusieurs autres

même

du

genre, que l’on trouve chez des auteurs

anciens et modernes, étaient opérées par

une vertu magnétique.

(1)

On

Il

a publié dans les Archives du

tisme animal (loin. 4, p. 141)

prouver que

les

le

ils

Magné-

article le

vrai-

pour

magné-

guérissaient des malades

toucher, par les frictions et par les insuf-

flations;

des

un

anciens employaient

tisme animal quand

par

est plus

faits

mais

comme

la véracité

de

la

plupart

de guérison rapportés dans cet article s

que douteuse, nous ne croyons pas qu on puisse en tirer aucun parti pour prouver l’exisest plus

tence du magnétisme animal dans l’antiquité. (2) In Vitâ

Pyrrhi

,

c. 3.


209 semblable que

(aux

rapporté par Plu-

fait

le

le

qu

conte

ajoute

il

tarque

est

ensuite

le

que

gros orteil du pied droit de Pyr-

le

fait

;

présumer. En

effet,

rhus avait une vertu divine, corps ayant été brûlé sur

dit

que son

bûcher, on

le

trouva ce gros orteil entier.

et

il

On

a encore

voulu attribuer à des attouchements magnétiques leuses

plusieurs

que Tacite

guérisons

(i) et

miracu-

Sparlien (2) disent

avoir été opérées par les empereurs Vespasien et Adrien.

Nous

pas

toutes

elles

prouvent seulement

eu des

ces

11e

merveilleuses

histoires

hommes

rapporterons

qu’il y a toujours

crédules et de vils

teurs qui ont voulu persuader qu’ils étaient au-dessus

maine et de

;

de

la

flat-

aux princes nature hu-

qu’ils participaient à la puissance

la divinité.

Nous ne

nous voulions rapporter

(1

Uistoriar.,

(2)

In Vitu Adriani.

1.

IV, c. 81.

finirions ici

pas

si

toutes les


r

210 guérisons miraculeuses, loules tions, en

un mot, tous

les

les faits

prédic-

controu-

vés dont sont remplis les historiens anciens

et

,

que l’on a

donner aujourd’hui qu’on veut

les

la

prétention de

comme

parce

vrais,

expliquer à l’aide du ma-

gnétisme.

Non seulement tisme ont

du magné-

les partisans

attribué

au somnambulisme

les

guérisons des maladies opérées dans

les

temples d’Esculapeet des autres dieux;

ils

ont prétendu encore qu’après

l’éta-

blissement du christianisme dans

l’em-

pire romain, les

moines

prêtres chrétiens et les

avaient continué

magnétiques

cures païens. églises

Ils

et

malades

les

que

,

prêtres

dans

aux tombeaux des saints allaient

,

les les

passer la nuit pour

leur guérison (i),

Ou

opérer des

comme

soutiennent

recevoir des songes

(1)

à

et

pour obtenir

comme

on

le

)

ainsi

faisait

trouve surtout celte opinion soutenue


précédemment dans

de Sérapis. Nous

d'Isis, d’Osiris et

lupe,

temples d Escu-

les

croyons que cette assertion n’est point fondée.

est

Il

qu’après l’établisse-

vrai

ment du christianisme

la

et

pendant

âge,

ment aux songes. On

dans

lit

les écrits

saint Augustin, de saint Grégoire de et

de

Tours

de quelques autres auteurs ecclésias-

tiques

que

,

quelquefois

croyaient voir en songe leur conseillaient des et

le

on retrouve encore des traces confiance que l’on avait précédem-

moyen de

,

qui

les

ques ou

ii

des

malades

des saints qui

moyens de guérison

engageaient à toucher des se rendre

reli-

au tombeau de quel-

que martyr pour y recouvrer leur santé. On y voit en outre que des malades allaient

dans

les

1820,

que

t.

l’on

(Histoire

Archives du Magnétisme animal. Paris,

On

y rapporte des fails

croit favorables

M. Aubin Gauthier

2,

p. 97-137.

du Somnambulisme tom.

défend aussi

,

la

même

opinion.

2,

p. 117-131)


212 quelquefois passer

pour pour

nuit dans les églises

la

y obtenir leur guérison y prier et

non pour

d’y recevoir des songes.

rapportent ces pernoctare

,

;

mais

y dormir, afin

Les auteurs qui

du mot

se servent

faits

c’était

qui signifie

principalement

passer la nuit en veillant (i). Ainsi donc

nous ne connaissons aucun

fait

qui prouve

que depuis l’établissement du

christ ia-

(1) Les Dictionnaires classiques de Noël et

de Wailly rendent ainsi veiller toute la

nuit,

la

le

que pernoctare

signifie

les

:

latinitatis Lexicori)

passer la nuit en

Dans un dqs

veillant ou en dormant.

dans

pernoctare

passer sans dormir.

Cependant Facciolali ( Totius dit

mot

Archives du Magnétisme (t.

faits cités

2,

p.

132)

on voit qu’un paralytique ayant obtenu du soulagement par un voyage au tombeau de

saint

Gérard, y revint l’année suivante, à la fête du saint, et y pria avec ferveur tout le jour; il ypassa

même

la

nuit suivante en veilles et en

prières, et fut guéri.

versarhim eoque

Ad

toto die

sancti recursavit anni-

supplex precator commo-

ratus , noclem etiam insequentem continuavit vigi-


213 nisme on songer

comme

dans

Le prophète

lape.

des païens. les

dans

soit allé

Il

les églises

temples d’Escu-

les

Isaïe

pour y

blâme

cet usage

eût été bien singulier que

chrétiens l’eussent ainsi

adopté. Ce-

pendant George Fabricius rapporte avoir Padoue, au 16 e

vu

à

la

campagne

aller

des enfants de

siècle,

dormir une certaine

nuit dans l’église de Saint* Antoine (i).

Mais quoique celte pratique superstitieuse aurait eu lieu au

ton de

ment

en

l’établissement

e

siècle,

dans un can-

cela ne prouverait nulle-

l’Italie,

qu’il

16

était

de

même

du christianisme

lors et

de

de la

chute de l’empire romain. Les partisans du magnétisme ne se sont

pas contentés d’avancer que l’on

liis et

precibus.

se passaient

Ce

n’est

dans

les

point ainsi que

les

allait

choses

temples d'Esculape

:

les

malades y allaient pour dormir et non pour y passer la nuit en veilles et en prières. (1) Vink,

Amœuitates philologico-medictv, p.73.


21

recevoir des songes dans les églises chrétiennes

comme

dans

les

temples d’Escu-

lape, quelques-uns d’entre eux sont allés

jusqu’à soutenir que Jésus-Christ avait guéri les malades à l’aide Il

n’entre point dans

le

du magnétisme. plan que nous

nous sommes tracé de combattre une semblable opinion

;

elle a été

victorieu-

sement réfutée dans un ouviage qui a paru en 1837

(1)

(i).

Examen du Magnétisme

l’abbé Frère. Paris, 1837, in-8.

animal, par M.


215

CHAPITRE Rapports qui existent, quant aux

X. effets

thérapeutiques,

entre les pratiques auxquelles on soumettait lades dans les temples et les procédés

par

les

les

ma-

mis en usage

magnétiseurs.

D’après ce que nous venons d’exposer,

nous croyons les

prêtres

ployaient ni

être

des le

fondé à affirmer que temples n'em-

anciens

magnétisme

nambulisme pour guérir

ni

le

som-

leurs malades.

Cependant nous pensons qu’on peut trouver

beaucoup de rapports entre ce qui

passait autrefois dans les

se

temples et ce

que nous observons aujourd’hui dans

la

pratique des magnétiseurs. Des deux cotés

on

les

remèdes, souvent

voit

une confiance aveugle dans les

plus absurdes et


les

plus dangereux, parce qu’ils sont pres-

crits

pendant

le

sommeil. Aristide, atteint

d’une maladie longue

douloureuse,

et

re-

çoit en songe l’ordre de se baigner dans

un

fleuve glacé, au milieu de l’hiver, par

un vent du nord très-froid, et il obéit. Une autre fois, par le conseil d’Esculape, il

se jette

les flots

dans un fleuve débordé dont

roulaient autour de lui des bois

et des pierres.

Exténué par

ses

maux,

le

dieu lui ordonne de se faire tirer cent vingt livres de sang, et

il

se fait pratiquer

de fortes saignées. De même, nous voyons trop souvent aujourd’hui les partisans du

magnétisme exécuter

les prescriptions les

plus dangereuses parce qu’elles ont été

ordonnées pendant

magnétique (i). Feu

(1)

le le

somnambulisme

docteur Desgranges

Nous devons cependant avouer que quel-

ques partisans du magnétisme, entre autres Deleuze ( Instruction pratique sur afnimal, p. 297),

ont reconnu

les

le

Magnétisme

dangers aux-


217 a

à la Société de

communiqué

médecine

de Lyon l’histoire d’une jeune fdle atteinte de gastralgie qui faillit périr parce qu’on lui

lit

prendre plusieurs grains de su-

blimé corrosif par jour, qui prescrits par texte

que

une somnambule, sous pré-

sa maladie était causée

On

vers (i).

lui furent

pourrait citer des

par des

faits

sem-

blables.

Les guérisons des maladies obtenues

dans tie,

les

temples peuvent, en grande par-

s’expliquer,

indépendamment

toute-

quels on s’expose quand on accorde trop de confiance aux

somnambules mais Deleuze con;

vient que bien des magnétiseurs ont une foi

aveugle à leurs somnambules, et les croient infaillibles

dans

les

jugements

qu’ils

portent

sur leur propre maladie ou sur celle des autres.

Desgranges a eu soin d’avertir qu’il y avait à celte scène de somnambulisme des per(1)

sonnes capables d’apprécier

le

danger du mé-

dicament prescrit; mais l’enthousiasme l’emporta et le

remède

fut administré.

19


de l’aclion hygiénique et thérapeu-

fois

tique

des

moyens employés

par

,

l’in-

fluence toute-puissante de l’imagination

sur

système nerveux,

le

et

par

confiance

la

sans borne des malades dans des remèdes qu’ils croyaient leur avoir été conseille's

par un dieu

;

les

cures magnétiques peu-

vent, le plus souvent, être attribuées aux

mêmes

influences.

Quoi de plus propre

à

agir sur l’imagination chez des gens ner-

veux

faibles et valétudinaires

,

d’une personne en

spectacle

bulisme, qui

agit,

elle était éveillée,

nomènes

qui parle

le

somnam-

comme

qui présente

les plus bizarres, et

que

,

les

si

phé-

qui prescrit

des remèdes dont on attend un soulage-

ment Les anciens procédés de Mesmer 1

au baquet magnétique étaient bien propres à produire les fiance sans

dans

les

mêmes

effets.

borne des malades qui

temples,

La conallaient

dans des moyens de

traitement qu’ils croyaient conseillés par

Esculape ou par Sérapis, devait puissam-


2L9 ment contribuer

soutiennent également

gnétiseurs

faut avoir foi

qu’il

au magnétisme pour

son action bienfaisante.

sentir

ma-

à leur guérison. Les

«

resest

Il

M.

«

prouvé bien positivement,

«

card (i), (pie l’homme qui a une con-

«

fiance religieuse et aveugle au

«

tisme,

très

cas étant possible),

« (le ce

sera guéri

crédule

« leurs

,

,

toutes

dit

Ri-

magné-

-promptement tandis que rin-

choses

égales

d’ail-

n’éprouvera que peu ou point

« d’effets. »

On

peut encore expliquer, dans bien

des cas, les cures opérées par les prêtres

des temples par l’influence puissante et prestige d’une faible.

Ces

ame

forte sur

prêtres exigeaient

malades l’obéissance

la

lien

leur

(2)

dit

qu’ils

(’2)

,

p.

leurs

commandaient

du Magnétisme

3<->7.

Mclliodus medendi ,

de

esprit

plus absolue. Ga-

(1) Traité théorique et pratique

animal

un

le

lib. I, c. 1.


.m

220

comme

des généraux d’armée à leurs sol-

dais ou des rois à leurs sujets;

pas

était,

difficile

de maintenir

cendant sur ceux qui

les

puisqu’on

inspirés

les

croyait

Nous voyons encore

dieu.

ne leur

il

cet

as-

consultaient,

un

par

de l’analo-

avec ce qui se passe de nos jours,

gie

puisqu’on

dit

que, pour que

du magnétisme

soit supérieur

magnétiseur sous

le

réussissent,

il

procédés

faut

que

le

au magnétisé

comme sous le même jusqu’à pré-

rapport physique

rapport moral. tendre que

le

On

va

premier prend sur

une puissance absolue

Quand réussi,

les

procédés

les s’il

et sans

le

second

bornes

magnétiques

(i).

ont

peut en résulter une action

thérapeutique,

elle sera

plus efficace

par sa supériorité physique

et

morale,

si,

le

magnétiseur exerce un grand ascendant sur

magnétisé, et

le

fl) Teste,

animal

,

p.

s’il

a su s’insinuer à

Manuel pratique du Magnétisme

470.


»

221

un

liant degré

pourquoi

dans sa confiance. Voilà

l’on dit

que

le

magnétisme

a le

plus de succès sur les personnes faibles,

impressionnables, et sur

les filles hysté-

riques. Si le

magnétisme a eu des adeptes qui

veulent tout expliquer à son aide, et qui

admettent les

comme

phénomènes

vrais les

plus incroyables de prédiction de

venir, de

vue sans

le

l’a-

secours des yeux, de

transposition des sens, de vue de l’intérieur

du corps des malades, de connais-

sance des événements qui

se

passent à

plusieurs milliers de lieues de distance et

des pensées les plus secrètes des personnes absentes, de conversations avec les esprits célestes, etc., etc.;

de

même

aussi

il

s’est

trouvé des incrédules qui ont tout nié, qui n’ont voulu voir dans toutes veilles

qu’on

que de

la

rapporte

du

supercherie ou de

Nous pensons

qu’il y a

les

et

mer-

magnétisme la

de part

séduction. et d’autre

de l’exagération. Nous croyons que

les pra-


222 tiques cliez

du magnétisme peuvent produire divers

nerveux,

phénomènes

individus des

tels

que des bâillements, des

spasmes, des mouvements convulsifs, de l’assoupissement,

sommeil,

le

notre opinion est aussi qu’il

de ne pas admettre qu’à cédés magnétiques,

il

etc.

est difficile

des

phénomènes

traordinaires,

nom

de faire

est possible

il

pro-

l’aide des

naître chez quelques personnes singulier dans lequel

Enfin

un

état

existe quelquefois

très-bizarres et très-ex-

et

auquel on a donné

le

de somnambulisme magnétique.

Sans doute on a beaucoup exagéré

les

phénomènes produits par le magnétisme le simple et par le somnambulisme :

charlatanisme s’en tirer profit.

est

emparé pour en

Souvent aussi

lisme a été simulé dans per.

(1)

le

le

somnambu-

but de trom-

Le marquis de Puységur

(i)

avoue

Mémoires pour servir à l’établissement du

magnétisme animal

,

p. 178.


223 qu’un des premiers somnambules qu il ait observés cherchait déjà à abuser ceux qui

consultaient,

le

pour en obtenir de

M. Ricard va jusqu’à dire que, pour un somnambule qui dort, il y en a cinquante qui feignent le som-

l’argent

et

;

Nous ne croyons cependant pas que ce soit là une raison suffisante pour tout nier. Quand on connaît les nommeil

(1).

(1) Voici

sujet

(

Traité théorique et pratique du Magnétisme

animal ,

p.

535

)

«

Hélas! hélas! pauvres mala-

que je vous plains pour un bon somnambule consultant, il y en a cent mauvais ( j’en-

u des, « «

à ce

comment M. Ricard s’exprime

!

tends parler des somnambules de profession

« et

non des autres)

pour un qui

;

dort,

«

a cinquante qui feignent le sommeil

«

un qui

«

mauvaise

l’avons

est loyal, foi.

y en

il

;

pour

y en a vingt qui sont de Artémidore , comme nous

il

»

vu plus haut

(

pag. 43), dit également

que, dans les anciens temples, ceux qui se vraient aux songes, ordonnaient souvent,

li-

non

ce qu’ils avaient vu réellemeut, mais ce qu’ils feignaient avoir vu.


2 1U breuses aberrations frent

quelquefois

tème nerveux, on

et les

les

anomalies qu’of-

fonctions du

est forcé

sys-

de convenir

que plusieurs des phénomènes produits par le magnétisme peuvent se présenter dans

l’état

maladie,

de santé ou dans

l’état

sans avoir été provoqués.

de

On

peut donc concevoir qu’ils soient produits artificiellement,

samment

agit puis-

sur l’imagination et sur

tème nerveux, cédés

quand on

ainsi

magnétiques.

que Si

le font

l’on

a

le sys-

les

pro-

vu

des

personnes, dans des crises hystériques ou des affections cérébrales, faire des vers, parler avec éloquence,

se

rappeler des

choses qu’elles avaient depuis longtemps oubliées, et offrir plus de perspicacité et

de connaissance que dans leur santé,

peut-être n’est-il

état

de

pas impossible

somnambulisme provoqué, anail puisse quelquefois exister un état logue ? Ne sommes-nous pas d’ailleurs souvent témoins des phénomènes extraorque, dans

le


225 que présente

dinaires

le

somnambulisme

naturel?

Quelle que soit

explique

qu’on i

la

phénomènes du magnétisme,

les

comme

regarde

les

manière dont on

qu’on

imagination ou

toute autre cause

,

si

les

les

de

effets

attribue

à

procédés em-

les

ployés par les magnétiseurs peuvent pro-

tres

somnambulisme

et plusieurs

au-

phénomènes dont nous avons

fait

duire

le

mention, on ne peut nier qu’ils aient une action puissante sur ceux qui y sont soumis. Dès-lors, s’ils sont mis en usage dans les

maladies,

emploi des cés,

il

pourra résulter de leur

effets

suivant

la

plus ou moins pronon-

nature des symptômes

morbides auxquels on suivant

le

les

opposera, et

degré d’impressionnabilité ou de

susceptibilité individuelle.

Souvent

tation nerveuse qu’ils produiront

l’exci-

pourra

amener des accidents plus ou moins midables, observé, et

comme on les

l’a

for-

fréquemment

symptômes de

la

maladie


226 seront aggravés. D’autres fois aussi

turbation

ner du soulagement dans

lieu

les

phénomènes

effet salutaire

aura surtout

chez ceux qui auront une grande

confiance dans les

per-

causeront pourra ame-

qu’ils

morbides. Cet

la

moyens auxquels on

les

soumet. Quels que soient

les éloges

outrés que

des adeptes enthousiastes ont donnés au

magnétisme

même

,

parmi

il

cependant trouvé,

s’est

ses partisans,

des apprécia-

teurs plus impartiaux, qui ont considéra-

blement limité dans lesquelles

le il

nombre peut

se

des affections

montrer

utile.

«

Non seulement,

«

crois point

«

toutes les maladies,

ce

suadé qu’il n’en guérit que

c<

nombre; que

«

sans guérir, et qu’il peut quelquefois.

que

le

dit le

I, p.

215.

(i), je

ne

magnétisme guérisse mais je suis perle

plus souvent

(1) Histoire critique

tom.

Deleuze

plus petit il

soulage

du Magnétisme animal ,


227 « être nuisible.

a bien aussi

tisme.

M. Aubin Gauthier

»

avoué

les

dangers du magné-

Nous pensons donc que

ne sont pas surveillés avec soin par un

homme

(i)

le

habile,

si

ses effets

plus grand

pourront

ils

être bien plus souvent nuisibles qu’utiles;

même, malgré

et

cette surveillance, son

emploi pourra encore bien fréquemment dangers. Notre savant

de graves

offrir

confrère, M. Martin jeune à l’hospice de la Charité le

temps

qu’il

une jeune

en

(

2 ), a observé,

de Lyon, dans

chirurgien en chef,

était

fdle atteinte

de violentes crises

nerveuses contractées au baquet des magnétiseurs, lesquelles ne pouvaient être cal-

méesque par l’opium, dont on pousser peu à peu

la

dose jusqu’à 8 à 12

grammes par jour. On pourrait des

faits

De

sique et

le

citer

bien

analogues. Je ne parlerai point

(1) Introduction

(2)

obligé de

fut

au Magnétisme ,

p.

411.

l’habitude et de son influence sur

le

phy-

moral de l’homme. Lyon, 1843, p. 25.


228

moraux que peut avoir le magnétisme quand il est employé entre ici

des dangers

des personnes de sexes différents

;

plusieurs

de ses partisans en sont convenus eux-

mêmes

(i).

Les procédés du magnétisme étant capables de produire quelquefois des

thérapeutiques très-prononcés

doués certainement de plus

que

le

ils

,

effets

sont

d’efficacité

sommeil auquel on soumettait

les

anciens temples pour y obtenir des songes qui n’était , selon

malades dans

les

,

nous

(1)

,

qu’un

sommeil

naturel

;

mais

L’aveu de M. Teste, à ce sujet, peut don-

ner lieu aux plus sérieuses réflexions. «

douleur de

«

portera

«

plus d’une famille.

le prédire, dit-il, le

la flétrissure

« cela est vrai,

« J’ai la

magnétisme

et la désolation

dans

— Oui, ajoute-t-il encore,

trop malheureusement vrai,

le

deux per-

«

magnétisme peut

«

sonnes de sexes différents un attachement

«

profond, extrême, insurmontable.

Manuel pratique

(lu

faire naître entre

»

(Teste,

Magnét. anim., p.470et474.)


229

comme

procédés peuvent souvent

ces

amener des

nuisibles

effets

,

répon-

ils

dent moins au précepte d’Hippocrate

:

Saltern

non nocere. Les pratiques aux-

quelles

on soumettait

anciens temples

les

,

les

malades, dans

constituaient

médecine religieuse

véritable

une

morale

et

qui ne pouvait jamais nuire et qui sou-

pouvait être

vent

D’ail-

très-salutaire.

leurs, le voyage, les bains, les frictions, la

que

diète

les

jointement

prêtres employaient con-

avec

l’incubation

,

avaient

sans doute souvent bien plus d’efficacité

que

les

procédés du magnétisme,

n’en pouvait pas résulter gers. Enfin, quelle

que

les

mêmes

soit la foi

que

et

il

danl’on

puisse avoir, au 19 e siècle, dans le som-

nambulisme

et le

magnétisme, nous dou-

tons qu’elle égale celle d’Aristide, qui eut la

patience de se soumettre pendant treize

ans à tant de pratiques de tous genres,

parce

qu’il

les

croyait

conseillées

Esculape. 20

par


230 Les remèdes indiqués en songes dans les

temples des anciens, et ceux que nous

voyons conseillés par nos somnambules, présentent souvent beaucoup d’analogie. Il

serait assez difficile

présentent

le

de savoir lesquels

moins d’inconvénients. Les

somnambules indiquent ordinairement remèdes dont connaissance

ils

ont eu précédemment qui reviennent à

et

les

leur

souvenir; bien des exemples doivent forcer à reconnaître qu’on s’expose aux plus

graves dangers quand on s’en rapporte

aveuglément

à

leurs

part et d’autre les

prescriptions.

De

moyens employés peu-

vent avoir quelquefois contribué aux guérisons;

cependant nous leur attribuons

bien moins d’efficacité qu’à l’influence

morale

et

aux pratiques accessoires.

Mais en voilà bien assez sur ce

Nous ne pousserons pas qu’il

nous

serait facile

plus loin, quoi-

de

examen des rapports qui le

magnétisme animal

sujet.

le

faire,

cet

existent entre

et l’incubation

dans


231 les

temples d’Esculape,

d’isis, et d’Osiris.

Notre but n’est point d’entreprendre une discussion sur

valeur du magnétisme;

la

nous l’avons déjà le

nous ne voulons

dit,

combattre, ni

le

défendre.

S’il

ni

peut

être utile, qu’il se contente de son origine

moderne,

et qu’il n’ait

de se retrouver partout

pas

la

prétention

de vouloir tout

et

interpréter à son profit.

Qu’il

vouloir nous faire croire à

la

cesse de

véracité des

anciens oracles, sous prétexte que ceux

qui

les

rendaient étaient des

ou des extatiques doués de

somnambules la faculté

de

prévision. Qu’il cesse surtout de vouloir

nous donner

comme

toires fabuleuses

Grèce

et

pli leurs

de

vraies toutes les his-

dont

Rome

les

écrivains de

ont trop souvent rem-

ouvrages, parce qu’on veut

faire passer

la

pour des

faits

magnétiques.

les


232

CHAPITRE

XI.

Les temples d’Esculape et des autres divinités médicales

ne peuvent nullement être comparés à nos hôpitaux, ainsi qu’on l’a prétendu dans ces derniers temps. C’est à l’influence

redevable de

Comme recouvrer culape il

la

du christianisme que

l’on

est

fondation des premiers hôpitaux.

de nombreux malades allaient la

santé dans les temples d’Es-

et des autres

n’est pas

divinités médicales,

étonnant que l’on

ait

cherché

quelquefois à établir des comparaisons

temples

entre

ces

même

à leur attribuer

l’origine

et

nos hôpitaux,

et

en quelque sorte

de ces derniers.

La première

idée d’un semblable parallèle nous paraît se trouver

dans un des ouvrages de Mer-


233 curialis

(

1

)

,

dans

lequel

dit

il

qu’un

grand nombre de malades étaient nourris dans

les

temples d’Esculape

2 ).

(

Bœtti-

ger (3), dans une dissertation que nous

avons déjà plusieurs le

considère

fois citée,

temple d’Esculape qui

dans

était

l’île

comme un hôpital pour les pauvres. Mon estimable et savant collègue ancien secrétaire de M. Dumas du Tibre

,

,

l’Académie rovale lettres et arts

des sciences,

belles-

de Lyon, adressa, en 1812,

au concours ouvert par

Société des

la

Mâcon

sciences, arts et belles-lettres de

(A),

Variarium lectiomim in medicinæ scriplo-

(1)

ribus et aliis libri V. Basilæe, 1576, lib. (2) Mercurialis s’appuie sur

Slrabon qui

dit

bien que

le

I, c.

13.

un passage de

temple d’Esculape,

à Épidaure, est toujours rempli de

malades

et

de tables votives, mais qui ne dit nullement

que

(3)

malades y étaient nourris. Op. cit., p. 169.

(4)

La question proposée par

ces

Mâcon

était

conçue en ces termes

la :

Société de «

Les an-


234 un Mémoire plein de recherches perçus

ingénieux

dans lequel

,

avoir exposé combien étaient

dans

et d’a,

après

nombreux

antiquité les temples destinés à y recouvrer la santé, il ajoute (i) que les 1

établissements en faveur des malades ne

pouvaient, chez

nombreux,

ni plus suis.

decin allemand,

ouvrage

(

Un

savant mé-

docteur Schneider,

le

secrétaire de la Société

grand duché de

être ni plus

les anciens,

médico-légale du

I3ade, vient

2 ) dans lequel

de publier un

il

prétend que

établissements publics

«

ciens avaient-ils des

«

en faveur des indigents, des enfants orphelins

«

ou abandonnés, des malades

«

blessés; et,

«

qui en tenait lieu?

obtinrent

le

Mémoire que

s’ils

prix. les

et des militaires

n’en avaient pas, qu’est-ce »

MM.

Ils

Percy etWillaume

soutiennent dans leur

anciens n’avaient aucun éta-

blissement public en faveur des indigents com-

parable à nos hôpitaux. (1)

Page 131.

(2)

Ueber Errichtung von Krankenhausem in


235 presque tous sis,

les

temples d’Esculape, d'T-

d’Osiris et de Sérapis, possédaient

édifice spacieux destiné

dans lequel étaient des recevoir, et

il

dit ensuite

aux malades lits

propres à

que

les

un

(i), les

premiers

hôpitaux ont dû être bâtis sur ces modèles.

Le savant professeur Choulant, dans

une leçon

qu’il a faite tout

Dresde, sur

le

récemment

magnétisme, a tenu un

langage bien plus affirmatif encore lui, les

à

temples d’Esculape étaient

selon

:

réelle-

ment des hôpitaux remplis de malades qui allaient y chercher des secours (2). Telles sont les opinions émises par des

den

A mtsstacdten

clans cet

,

1838,

in-8.

ML Scueitler donne,

ouvrage, des détails très-précieux sur

les

principaux hôpitaux de l’Europe

les

améliorations dont ces établissements sont

,

et

sur

susceptibles. (1)

se

M

Schneider, pour désigner ces édifices,

serldu mol K rankenhaus, qui signifie hôpital. (2) Choulant, Ucber den animulischen Manne-

U ttsmus. Ein Vorlesung gehalten in de r Gesellsckast


236

liommes dont personne ne conteste savoir et l’érudition.

le

Nous ne pouvons

cependant partager leurs avis

nous n’ad-

;

mettons presque aucune similitude entre les

temples d’Esculape

Ges derniers sont des

nos hôpitaux.

et

pour

asiles

les

pau-

vres dans leurs maladies, et les temples

des anciens ne leur étaient pas destinés les prêtres

enrichir le

y exerçaient la médecine pour temple et non pour venir au

secours des indigents quand malades.

;

selon nous,

Aussi,

ils

étaient

c’est

avec

raison que M. Hecker, dans son Histoire

de

la

Médecine

(i),

blâme Mercurialis

d’avoir voulu établir des rapports entre les

temples d’Esculape

et

nos hôpitaux,

en soutenant qu’un grand nombre de

malades y étaient nourris. Nous pensons ou qu’après avoir consulté les prêtres ,

Albina zu Dresden

am

12 februar 1840. Dresde,

1842, in-8, pag. 10. (1)

Geschichte der Heilkunde,

t.

2,

p. 285.


du dieu en

après avoir reçu la réponse

songe,

les

malades ne

court séjour dans

le

qu’un

faisaient

temple, et qu’ils n’y

recevaient point d’aliments. Peut-on ad-

mettre que

les

séjourner dans ris

pendant

la

malades pauvres pouvaient temples et y être nourlongue durée de certaines les

affections chroniques?

Nous ne

le

croyons

nullement. Aussi Platon (i) dit que quand

un

artisan est atteint d’une de ces mala-

dies qui ne peuvent guéiir

par un régime approprié,

que lentement

comme

peut plus vaquer à son travail,

avantageux pour nias

(

2)

lui

il

de mourir.

nous apprend

qu’il

il

est

ne

plus

Pausa-

n’était

pas

permis à aucun malade de mourir, ni à

aucune femme d’accoucher dans ceinte

du bois sacré du temple d’Escu-

lape, à Épidaure.

d’où

il

l’en-

Que penser d’un

faut sortir à l’heure

(1)

De Republic â,

(2)

Lib

2, c. 27.

lib. 3.

de

la

hôpital

mort

!


238

comme

et

cette

heure

est incertaine,

devait sans doute s’empresser

d’emmener

malades quelque temps auparavant.

les

même

est

Il

on

vraisemblable, d’après cela,

qu’on ne devait pas y

laisser entrer

ceux

qui avaient des affections graves. Pausanias dit encore que, était très-onéreuse

comme pour

les

cette défense

habitants de

du temple, l’empereur Antonin construire un édifice dans lequel il

l’enceinte fit

était

permis de mourir

(1).

Les malades qui avaient faire de- riches offrandes

les

moyens de

aux temples pou-

vaient sans doute y séjourner pendant toute la durée de leur traitement ; mais

nous sommes persuadé pas de

même

qu’il

des pauvres.

En

n’en était l’em-

effet,

pereur Claude, indigné de ce que des

(1)

Nous avons

dit plus

haut que l’empereur

Antonin favorisa puissamment

le culte

d’Escu-

lape. Les constructions qu’il ajouta au temple

d’Épidaure en sont une nouvelle preuve.


239 maîtres avaient l’inhumanité d’envoyer leurs esclaves malades dansl’île du Tibre,

il

y avait

un temple d’Esculape,

et les

rendit, au rapport de y abandonnaient, Suétone, un décret qui donnait la liberté esclaves ainsi délaisses (i). Est-il pro-

aux

bable que cet empereur eut pris une semblable mesure si les malades eussent été logés et nourris dans le temple,

comme

sont les pauvres dans nos hôpitaux

le

(1)

?

Yoici les paroles de Suétone (zn Vitâ

Claudii,

§ 25)

:

Cum quidam œgra

et

affecta

mancipia in insulam Æsculapii tœdio medendi exponerent , omnes qui exponerenlur liberos esse sanxit, nec redire in ditionem luissent.

domini

si

conva-

On peut remarquer que Suétone em-

mot exponerent pour parler des esclaves malades que leurs maîtres envoyaient pour se faire traiter par Esculape, dans l’île du Tibre. Nous ne pensons pas que cet historien se fût ploie le

servi de cette expression

eu

la

si

ces esclaves eussent

nourriture et le logement dans

du dieu.

le

temple


240 Vraisemblablement ces malheureux, après avoir consulté et sans asile

le

dieu, erraient sans pain

aux environs du temple, ce

qui excita l’indignation du prince. Tacite parle, dans ses Annales (i),

d’un amphithéâtre dans qui causa

la ville

la

chute

de Fidène

mort ou des blessures graves

de 50,000 personnes. L’historien

à plus dit

la

de

que

l’on transporta les blessés dans les

maisons des riches, que l’on

fit

venir des

médecins pour leur donner des soins, qu’on leur fournit

les objets nécessaires

pour leurs pansements; mais point qu’on en plaça dans

L’empereur Julien de ses

lettres ( 2 )

et

les

ne

dit

temples.

se plaint,

de ce que

il

dans une

ses coreligion-

naires ne se sont pas signalés par les prin-

cipes de philanthropie envers les pauvres et

les

(1)

étrangers, qui ont tant contribué

Lib. IV,

c. 63, 64.

(2) Lettre adressée à Arsace , chef des pontifes

de la Galatie.


aux progrès du christianisme. semblable qu’il

n’eût

est vrai-

Il

pas adressé cette

plainte d’une manière aussi vive qu’il le fiait, si

les

l’on eût nourri et logé gratuitement

pauvres dans

Nous pourrions

les

temples d’Esculape.

citer

quelques autres pas-

sages d’anciens auteurs à l’appui de notre

opinion. Cependant, frage des écrits de

au milieu du nau-

nous de-

l’antiquité,

vons avouer que nous manquons de do-

cuments

suffisants sur le sujeL qui

occupe. Peut-être

pour

les

les

nous

anciens avaient-ils

malades pauvres des moyens de

secours qui nous sont inconnus. D’ailleurs,

leur

il

est

probable que

la différence

organisation politique

nombre des individus qui

et

le

de

petit

jouissaient

du

droit de citoyen, rendaient chez eux ces

secours moins nécessaires

(1)

M. de Gerando (de

la

(i).

Quant aux

Bienfaisance pu-

lom. 4, p. 271), pense que trois institutions rendirent moins nécessaires les liôpi-

blique,

21


242 esclaves, c’était à leurs maîtres à les faire

soigner. Mercurialis (i) prétend que ceux

qui étaient

malades étaient transportés

dans une espèce d’infirmerie appelée valetudinarium

,

dont étaient pourvues

maisons des riches, étaient

et

les

des médecins

chargés de leur administrer

traitements

les

Cependant,

nécessaires (2).

taux chez les anciens, c’étaient, l’hospitalité, constitution de la famille et l'esclavage.

combien

On

la

sait

étaient sacrés les droits de l’hospitalité

elle s’exercait

non seulement entre

mais encore entre

;

les familles,

les villes eL les provinces. Il

y avait aussi dans plusieurs villes de la Grèce des espèces d’hôtelleries appelées xenodochia ,

dans lesquelles on recevait gratuitement

les

étrangers qui n’avaient pas des relations établies avec quelqu’un des habitants, et là des

citoyens, appelés proxènes , étaient chargés de

pourvoir à tous leurs besoins

Scholia in Aris-

(

tophanis aves, vers. 1021). (1)

Varice lectiones, lib.

(2)

Columelle

(

I, c.

de Re rusticâ

13. ,

1.

XI,

c.

I) dit

que celui qui administre une métairie

doit


parmi

les

citoyens libres,

se trouvait

il

que de

aussi des pauvres. Isocrale (i) dit

temps

son

Athènes à

il

a).

beaucoup

à

n’en manquait pas non plus

Il

Rome. On

en avait

y

leur faisait des distributions

de vivres on leur donnait quelquefois des ;

repas publics; mais on ne songeait pas à leur établir des asiles

pour

leurs maladies.

Les Romains, qui firent de

guerre

la

leur principale occupation, n’avaient pas

davantage des hôpitaux pour blessés (jue

pour

faire transporter

dans les

les

malades pauvres.

de suite

le valet udinarium ,

soins convenables.

soldats

les

les esclaves

Un

malades

et là leur faire

donner

D’après ce que disent

quelques anciens auteurs (Sénèque, de Ira, 1

I, c.

16; Tacite, de oraioribus dialogue,

sur le valetudinarium,

il

paraît

c.

21)

que quelquefois

un assez grand nombre de malades

s’y

trou-

vaient réunis. (1)

Oratio arcopagitica.

(2)

Le scholiasle d’Aristophane

(

Scholia ad

Arislophanis Plutum , vers. 535) dit qu’à Athènes


244 ancien auteur avait dans les

nous apprend

(i)

qu’il

v

camps romains un espace

destiné à recevoir les soldats et les che-

vaux malades ou

L’endroit où

blessés.

étaient soignés les malades s’appelait vacelui

letiulinnriurn ,

plaçait

l’on

les

chevaux veterinarium. En outre, plusieurs inscriptions prouvent qu’il y avait des

médecins attachés aux légions romaines.

Ap rès

grandes batailles

les

soldats

les

,

étaient transportés dans les villes voisines

où on leur donnait des soins dans maisons des en j

?

les

était

I

, :

:

de

particuliers.

même

chez

les

Il

les

paraît qu’il

Grecs. Justin (2)

*

*

I

»

*

pauvres qui n’avaient pas de quoi

vêlements chauds allaient

rer des

l’hiver, se

coucher la nuit

se ,

et se chauffer

procu

-

pendant dans

les

établissements de bains publics. Ces pauvres de-

vaient être très-mal soignés chez eux dans leurs maladies, et certainement des hôpitaux auraient été très-utiles pour eux. (1)

Hyginus de Castramelutione.

(2) Historiar. lib.

%

XXVIII,

c. 4.


24 5 <Jit

qu’après une bataille que perdirent

les

Lacédémoniens contre Antigone, toutes

les

maisons de Sparte étaient ouvertes

pour recevoir

Athènes

Enfin, à Athènes,

mutilés et infirmes étaient en-

les soldats

aux

tretenus

les blessés.

de

frais

était la seule ville

une semblable coutume

(i).

l’état

de

Mais

Grèce où

la

était établie (2).

Four revenir aux prêtres des anciens temples,

désir de secourir les

le

maux de

leurs semblables ne fut pas le principal

motif qui

les

cice de la

médecine; ce

s’attirer

la

engagea à s’arroger l’exerfut plutôt

considération

pour augmenter

la

et

le

pour

respect,

vénération que l’on

portait au dieu qu’ils servaient,

pour

faire

donner de riches offrandes aux temples dont

les

revenus étaient destinés en partie

à l’entretien

de leurs familles. Les Asclé-

piades, surtout ceux qui vécurent

(1)

PI

11

lare li. in Vitâ Solonis,

(2) Arislidis Oralio

c.

31.

Panuthenaua.

peu de


246 temps avant

Hippocrate

pour but d’observer

les

eurent aussi

,

phénomènes des

maladies, et d’enrichir ainsi

de

l’art

que

les

tard,

domaine

de guérir. Peut-être à celte épomalades faisaient-ils un séjour

long dans

plus

le

quand

les

de gymnases

les

temples.

philosophes,

et

les

Mais plus

les

directeurs

médecins enlevèrent

aux prêtres l’exercice exclusif de

l’art

de

traiter les maladies, la

médecine des temples dégénéra beaucoup, et ceux qui continuèrent à la pratiquer pensèrent plutôt

au lucre qu’à l’avancement de et

la

science

au bien de l’humanité. Les écrivains

de l’antiquité qui nous ont donné des détails sur les prêtres médecins,

ne parlent

guère de leur philanthropie,

quelques-

et

uns d’entre eux signalent, au contraire, leur rapacité et leur fourberie.

Nous trou-

vons cependant de beaux préceptes d’humanité

et

de désintéressement dans quel-

ques-uns des qui,

écrits attribués à

comme nous

Hippocrate

l’avons dit,

était issu


2j7 des Asclépiades de Cos; mais la

père de

le

médecine, ainsi que sa famille, renonça

de son

à l’exercice mystérieux

enseigna que bizarres et

les

les

maladies,

une exception à

Son exemple

la règle.

les

il

plus

Il

est

donc

une

fallait

re-

que

le

paganisme pour

précepte et

le

modèle de

ligion plus pure le

même

et

plus extraordinaires, n’ont

rien de surnaturel.

donner

art,

celte

philanthropie, de celte abnégation de soi-

même dont

nous trouvons de

exemples dans nos

si

touchants

asiles destinés à rece-

voir les malades pauvres. Aussi c’est à l’ardente charité des premiers chrétiens

que nous sommes redevables des hôpitaux, et

les

temples d’Esculape,

d’isis,

d’Osiris et de Sérapis ne peuvent en rien

leur être comparés. Je ne dirai

que peu de chose sur

dation des premiers hôpitaux

;

les

auteurs ne nous ont d’ailleurs

que très-peu de les

détails à ce

premiers siècles de

anciens

transmis

sujet.

l’Eglise,

la fon-

les

Dans ch ré-


248 tiens, suivant les préceptes

des Apôtres,

recevaient souvent dans leurs maisons des

malades pauvres, soins

comme

n’étaient là

et

leur donnaient des

à leurs propres enfants.

que

premiers rudiments

les

d’une institution qui

était destinée à sou-

lager tant de douleurs,

grands bienfaits,

et à

à

nouveau culte et était

faire

produire de

contribuer

samment aux progrès de ne pouvait rien

Ce

la

si

si

puis-

médecine.

On

de plus, tant que

le

n’était exercé qu'en secret

en butte

à

des persécutions sans

cesse renaissantes. Mais

quand Constantin

eut abjuré le paganisme, on vit

les insti-

tutions de bienfaisance surgir

de toute

part.

Saint Jérôme (i) dit que Fabiola,

romaine

fort

opulente,

biens

avec

le

et,

dame

vendit tous ses

produit, fonda (vers l’an

380) un hôpital dans lequel on recevait

(1) S.

Hieronymi Epistola ad Oceanuvi de

morte Fabiulce.


249 chercher dans

les

malades que l’on

les

rues et sur les places publiques,

ils

gisaient

douleurs(i c’est le

consumés par ).

Saint Jérôme

donné

ait

le

Cependant

(2).

(t) Saint

Jérôme

divers genres

fait

les

observer que

nom

de nosoco-

paraît

il

certain

une vive peinture des

fait

d’infirmités

q u i se

trouvaient

O voit par là qu’ou admettait un grand nombre de malades de

réunies dans cet hôpital. y

faim et

la

oii

premier établissement de ce genre

auquel on

mium

allait

toute

espèce.

11

Jérôme

Saint

dit

que Fabiola

pansait elle-même leurs plaies, leur donnait à

manger de

ses propres mains, et leur

trait les soins les

adminis-

plus touchants (voyez la tra-

duction des Lettres de saint Jérôme, par

MM.

Gré-

goire et Collombet, lom. 4, p. ‘288). (2)

Le mot grec

v&ctg/'.oj/.sï&v

l’on transporte les

nosocomium, lieu

malades, ne se rencontre

dans aucun ancien auteur grec pas non^plus dans chius. Le

mot

le

;

on ne

le

trouve

Dictionnaire grec dTIésy-

latin hospitalia ,

tro ve (de Architecturâ,

1.

6, c.

employé par Vi10) sert à dési-

gner des appartements séparés

,

destinés à


250 que depuis près de cinquante ans déjà

tait

il

exis-

en Orient quelques établisse-

ments qui avaient beaucoup de rapports avec celui de Fabiola. On voit par les écrits

de saint Épipliane

du 4

siècle

e

y avait à Sébasle,

il

un hôpital destiné

Pont,

pauvres,

qu’au milieu

(i)

ville

du

à recevoir les

les étrangers, les estropiés et les

infirmes (a J.

que

paraît, d’après ce

Il

exercer l'hospitalité envers

les étrangers,

dit

dans

maisons des riches. Quand on fonda des

les

asiles

pour recevoir des pauvres, des orphelins,

des vieillards, des enfants,

de créer pour

les

de ptochotrophium

comium

désigner les ,

on

fut obligé

noms nouveaux

orphanolrophium , gcronto-

paidotrophium

,

etc.,

,

etc. C’est

une preuve

que ces établissements étaient bien réellement nouveaux. (1) S.

Epiphani Adversus

liœrcses

,

lib.

3

,

905.

p

(2)

On

donnait, dans

cet hôpital le

nom

l’on nourrit les

dit

le

royaume de Pont,

à

de Plochotrophium (lieu où

pauvres). Saint Épiphane ne

pas que cet établissement fût alors bien


251

Épiphane

saint

ici

Sébaste

n’était

Asie, et qu’à

que,

Il dit

en confia (qu’il

ne

Comme,

alors

peu près

la direction

faut

il

les

pas

à

même

épo-

l’hérésiarque Aérius

avec

Arius).

pauvres, les estropiés et les in-

semblable à ces établis-

l’on

comme une

le

nom

de xenodo-

ne recevait que des pèlerins,

et

remarque de M. de Gérando {de

Bienfaisance -publique, tom.

lité

en

la

confondre

n’élait point

qui, suivant la la

seul

le

qu’Eustalhe, évêque de Sébaste,

sements auxquels on donnait chiuvi,

à

de

d’après le récit de saint Épiphane, on

y recevait firmes,

pas

l’hôpital

en existait quelques autres, qui

il

récent.

que

,

4, p.

278), étaient

sorte de continuation de l’hospita-

antique, un intermédiaire entre les insti-

tutions des âges précédents et celles des Ages

modernes. avait

Il

ressemblait à nos hospices, et

beaucoup de rapports avec

le

nosocomium

fondé par Fabiola. Mongez, Percy, M. de Gérando, et autres auteurs qui ont parlé de l’origine des hôpitaux, n’ont point

fait

mention de

cet hôpital de Sébaste, qui nous paraît être

des plus anciens qui aient existé en Orient.

un


252 étaient tous administrés par les évêques.

Lorsque saint

Basile prit possession de

l’évêché de Césarée, en 372,

y fonda

il

hôpital qui était situé hors de était le

que

vaste

si

compare

saint Jean

Il

Chrysostome

une nouvelle

la cité.

un

ville.

On

y

recevait des malades,

des

vieillards,

des veuves,

des pèlerins, des

enfants.

est

Il

pauvres, des

probable qu’ils étaient ad-

mis dans autant de divisions séparées Il

y avait

(i).

pour en prendre soin des mé-

decins, des infirmiers ( 2 ), des serviteurs et

(1) Saint Basile

donne lui-même, dans une

de ses lettres (Epist. 176), à son établissement le

nom (2)

de ptochotropliium.

Les infirmiers qui desservaient

les

pre-

miers hôpitaux étaient appelés parabolains, parabolani. le il

Jeune

(

Dans une

tur ).

acl

rendue par Théodose-

C odicis Theodosiani

est parlé d’eux

[qui

loi

lib.

en ces termes

XYI, :

lit.

2),

Parabolani

curanda debilium œgra corpora deputan-

Un peu

plus loin, dans la

dit à leur sujet

:

même

loi,

il

est

Qui pro consuetudine curandi


des ouvriers de toule espèce. Saint Badit

sile (i)

encore qu’il

de son

existait

temps plusieurs hôpitaux dans

ville

la

d’Amasie. Saint

Jean

Chrysostonle

avec saint Basile;

zèle

gerunt experientiam .

il

Comme

employa toutes que

celte loi porte

ma-

parabolains devaient prendre soin des

les

de

rivalisa

lades selon l’expérience qu’ils en avaient, on a

cru qu’ils étaient des médecins; mais Leclerc (

Histoire de la Médecine , 3 e partie, lib.

Peyrilhe ( Hist delà Chirurgie .

Percy

(

t.

2, p.

t.

39, p. 223), ont

les

dance.

évêques

On

les

et

t.

24,

combattu

celte opinion. Les parabolains étaient

par

2),

408), et

Dictionnaire des Sciences médicales ,

473 et 504, et

p.

,

I, c.

nommés

étaient sous leur dépen-

comptait parmi les clercs.

en avait plus de 600 à Alexandrie.

II

y

On ignore

y en avait également dans les autres vil es de l’Orient. Peyrilhe croit 'qu’ils formaient une

s'il

espèce de confrérie destinée surtout à soigner les

malades en temps de peste,

afin qu’à cause

des dangers qu’il y avait à courir, pas abandonnés. (1)

Epist. 143.

ils

ne fussent


les

économies

put

qu’il

faire

sur

les

revenus de son église à créer des hôpitaux pour y recevoir des malades (i) il alla même jusqu’à proposer au peuple ;

de Constantinople de nourrir en tous les pauvres de cette

nombre

s’élevait

Les princes vraient tout

,

ville,

commun dont

cinquante mille ( 2 ).

à

qui précédemment se

comme

le

le

li-

peuple aux prati-

ques superstitieuses des temples, donnèrent les premiers l’exemple de la charité

envers

les

pauvres

et

d’une touchante ab-

négation de soi-même pour secourir l’hu-

manité souffrante. Placilie,

On

vit

l’impératrice

épouse du grand Ihéodose, dé-

pourpre impériale pour venir elle-même prodiguer ses soins aux mala-

poser

la

des rassemblés dans

les

hôpitaux

(

3 ).

Son

in Vitâ S. Chrysostomi, c. 5. (1) Palladius

(2)

Thomassin, Ancienne et nouvelle Discipline

de l'Église tom. ,

(3)

I,

p 1094.

Theodoret, Histor.

ecclesiast

lib.

Y,

c.

18


255 beau

zèle fui imité

par plusieurs

dames romaines. On songeait

même

illustres

aussi en

temps à procurer aux malades paudomicile. Par une loi

vres des secours à

rendue en 372, l’empereur Valentinien établit quatorze

médecins, un pour chaque'

Rome,

quartier de la ville de

administrer

les

Nous pourrions

(i).

citer ici

hôpitaux fondés à

nous

qu’il

truisit villes.

suffise

bientôt

d’y

traitements gratuits aux

malades indigents

tres

afin

quelques au-

du 4 e siècle, qu’on en cons-

la fin

de dire

dans presque toutes

les

Constantinople en compta jusqu’à

trente-cinq

(

2 ).

Ce ne

fut

que plus tard

qu’on commença à en établir en France;

(1)

On

lib. 13,

(2)

trouve celle

lit.

loi

au Code ihéodosien ,

3, leg. 8, 9, 10.

Ducange, Histor. Byzantin.,

Le plus grand nombre de

lib. IV, c. 9.

ces hôpitaux

de

Constantinople ne furent fondés qu’au moyenâge.


256 J’Hôtel-Dieu de

ancien dont

il

Lyon

soit

paraît être

fait

hôpitaux de Reims

et

mention d’Aulun

le

(i). le

plus

Les

suivi-

rent de près.

Cette foule d’établissements de bienfai-

sance pour recevoir des malades, des pauvres, des voyageurs, des veuves, des orphelins, des enfants,

des

vieillards,

l’on voit surgir tout-à-coup, à

les

que

une époque

invasions des barbares

commen-

çaient à affaiblir la puissance de l’empire,

et

les fortunes privées

(1) L’Hôtel-Dieu

licitation l’an 542,

devaient égale-

de Lyon fut fondé, à

la sol-

de l’archevêque saint Sacerdos, vers

par Childebert

son épouse.

Il

en est

I et la

fait

du cinquième concile

reine Ultrogolhe,

mention dans

les actes

d’Orléans, tenu en 549;

y est appelé xenoclocliium. Il paraît que dans les premiers temps on y recevait, ainsi que dans il

les

hôpitaux de l’Orient, des pauvres, des pèle-

rins, des infirmes, des orphelins, aussi

bien que

des malades. (Voyez {'Histoire topographique

et

médicale du grand Hôtel-Dieu de Lyon, par M.

le

docteur Pointe. Lyon, 1842, pag.

1

etsuiv.)


257 nient être bouleversées par ces invasions,

démontre

la

puissante influence de la re-

remplacer

ligion nouvelle qui venait de

paganisme. Combien

le

cile à

Rome, dans

il

eut été plus

de fonder de

sa gloire,

semblables établissements. pas, parce qu’alors les

fa-

ne

Elle

le

fit

mœurs publiques

n’étaient pas dirigées vers

idées de

des

philanthropie et de bienfaisance. Mais à la fin

du 4e

siècle,

obéré n’aurait pu

ce qu’un trésor public l’ardente charité

faire,

des chrétiens l’opéra avec une merveilleuse promptitude.

Peyrilhe (i), déjà

Mongez

démontré que

d’origine

moderne

(1) Histoii'e de la

Peyrilhe, lom.

2, p.

les

et

,

(

2 ), Percy, avaient

hôpitaux étaient

que

les

Chirurgie , par Dujardin et 404.

(2) Dissertation sur

V antiquité des hôpitaux.

Celte dissertation a paru en 1780

réimprimée à

la suite

Percy à

la

arts de

Mâcon.

anciens

;

elle a été

du Mémoire adressé par

Société des sciences, belles-lettres et


258 n’en

possédaient

hommes

pas

;

mais

quelques

d’un profond savoir ayant paru

vouloir émettre récemment une opinion

nous avons pensé

différente,

pas inutile

rait

de

qu’il

présenter

ne

se-

quelques

considérations nouvelles sur un sujet déjà

Nous

débattu.

d’Esculape,

répétons, les temples

le

d’Isis, d’Osiris

et

de Sérapis

ne ressemblaient nullement à nos hôpitaux.

Ils

ont pu être de quelqu’utilité

la science

quand

les prêtres

qui

à

les des-

servaient étaient les seuls médecins; mais

quand

ils

cessèrent d’avoir l’apanage ex-

clusif de l'exercice de l’art de guérir, ces

temples furent plutôt nuisibles qu’utiles à

l’avancement de

la

médecine. Cependant

nous devons convenir que des malades qui n’auraient peut-être pas pu guérir par

les

remèdes

la.isdhfé\

ordinaires) ys’reoauvtiônçnti

paV cptekfués

moy eïVsv ^hé%^)'êh-


259 qu’on croyait conseillés par un dieu, par

le

et

pouvoir moral d’une imagination

fortement excitée.

Là doit

bien qu’ils opérèrent;

ils

se

borner

le

n’étaient point

destinés au soulagement des pauvres dans leurs maladies, et être considérés

ils

ne pourront jamais

comme des

de bienfaisance.

FfJV.

établissements


!


1

201

TABLE.

v

Avant-propos Chapitre premier. Médecine

— Recherches

sur l’origine

elle parait avoir

élé dans

de

la

les

premiers temps purement domestique et

populaire

;

prêtres

dans

chez

Chap.

,

les

II.

ensuite

les

la

la

médecine. à lui

t

A

quelle

III.

comme

époque on a

bâtir des temples et

médecine

;

combien

y ces temples,

qu’on appelait Asclcpions, étaient

Chap.

,

plus anciens

Esculape adoré en Grèce

commencé exercer

a été exercée par les

elle

temples de leurs dieux

les

peuples

Dieu de

;

«à

nombreux.

— Principaux temples d'Esculape; leur

situation.

Comment

les

prêtres, qu'on appe-

Asclépiades, y exerçaient la médecine. Pratiques auxquelles ils soumettaient les ma-

lait les

lades avant de les admettre en présence

du

1


,

2G2 dieu

diète, purilication

:

sacrifices

prières

,

bains, frictions,

,

nuits passées

,

dans

les

temples, incubation. Songes (pie l’on recevait

dans par

temple, et que l’on croyait envoyés

le

dieu. Scène du Plutus d’Aristophane.

le

Serpents consacrés à Esculape.

Offrandes

........

inscriptions et tables votives.

22

— Les prêtres d’Esculape forment des

Chap. IV.

corporations dans lesquelles initier;

fallait se faire

il

fondent aussi des écoles. Détails

ils

sur celles de Cnide et de Cos. Degré d’ins-

que possédèrent

truction

prêtres d’Es-

les

culape. Hippocrate issu des Asclépiades de

Cos. Les philosophes

aux

commencent à

enlever

prêtres l’exercice de la médecine. Pylha-

G3

gore et ses disciples

Chap V.

Exercice de

la

médecine à

des songes, dans plusieurs

Grèce

Chap. VI. traite les

,

temples de

autres que ceux d’Esculape.

— Médecine des les

malades à

temples

d’Isis

,

80

On

songes dans

d’Osiris et de et

la

...

prêtres d'Égypte.

l’aide des

Médecine des Hébreux

l’aide

Sérapis.

de quelques autres 97

peuples

Introduction du culte d’Esculape à Chap. VIL Rome; on lui bâtit un temple dans Pile du Tibre. Superstition des Romains. cine des songes était très en usage à

La méde-

Rome

au


263 temps de

république, et surtout à l’époque

la

des Anlonins. L’orateur Aristide, sa crédu-

Fin du culte cVEsculape

lité.

du paga-

et

nisme

Chap.

i

VIII.

par

tiennent que la

les

du magnétisme

,

qui sou-

prêtres des temples exer-

médecine à

l’aide

du magnétisme

du somnambulisme. Les malades qui dormir dans

les

temples n’étaient

et

allaient

pas des

somnambules ‘j

h ap. IX.

ilï

Réfutation des opinions émises

les partisans

çaient

....

133

— Suite

de

la

réfutation des partisans

du magnétisme. Les prêtres des temples qui recevaient des songes pour les malades n’étaient pas des

somnambules. Histoire du faux

prophète Alexandre. Aristide n’était pas un

somnambule.

hommes en

L’art de mettre les

somnambulisme ne

point partie des

faisait

mystères des temples,

comme on

l’a

soutenu.

Les prêtres des églises chrétiennes n’ont point

employé

le

somnambulisme

sement du christianisme, le

Ch

vp.

effets

l’établis-

ainsi qu’on a voulu

prétendre

X.

de

lors

“ .

170

,

Rapports qui existent, quant aux

thérapeutiques, entre les pratiques aux-

quelles

temples

on soumettait et les

magnétiseurs

les

malades dans

procédés mis en usage par

les les

215


264 Cil ap.

XI

— Les temples d’Esculape

et

des autres

divinités médicales ne peuvent nullement être

comparés

à nos hôpitaux, ainsi qu’on

l’a

pré-

tendu dans ces derniers temps. C’est à

l’in-

fluence

du christianisme que

l’on est rede-

vable de la fondation des premiers hôpitaux.

fin de la table.

.

232


Canones ttebdom. Il.post Epiplt. sensuumque tâtur et illis præcipit

nbiitus, 6 ru

m

,

sciéntià peror-

quantùm

L'ilio

Aquisgranensi.

SARRATO.

Cap

Ex Concilio Tridentiuo.

.

4.

ici st as mémorat stolus, curn dicit

diuantur sicut ait accipiunt de manu libellum in quo i unt exorcismi acimpo3 poteslétem anus super Euergùsive Catechiiinenos ,

,

;

tizétos.

QUINTA.

Carlhaginensi quarto. 398. Cap. 6. THcs cùm ordinéab Episcopo qui-

îilio

.

ceâtur, qualiler in

àgere débeat. Irchidiâcono acciiferârium curn céciat se ad accenicclésiæ luminaria ri. Accipiat et urâcuum , ad suggerinum in Eucharis•uo

guinis Christi.

A SEXTA.

Tridentiuo. Reform. Cap.il. ictôrum Ordinum conétu ad Osliariécilio

de

îtiônes jros

,...

in usurn

Canones revo-

.sancta Synodus...

singulos Pralatos

um

in

Sess. 23. de Refor. Cap. 11.

Ta

:

d omnes donatiônes lanatiônü? Hi eniiu

II

pô-

nés curent restiluendas.

QUARTA.

16. Lib. 1

1IA

ut

,

cdmmodé

fieri

hujüsmodi functiô-

terit

1IA

cliïj

Domino hor-

de gradu in graduin ascendant Clérici mino-

I res

ut in eis

,

tæ méritum

cum ætéte

et

,

\ i-

doctrina ma-

quod et boexemplum moruin nôrum miEcclésia in et assiduunx erga major atque n’stérium

jor accrescat

:

,

resbyteros et superiôres ôrdines reverénlia , et crébrior quàm ânteà Côrporis Christi

commiinio

,

maxime

coinprobébunt.

DOMINICA TERTIA post Epiphamam. Ex Concilio Aquisgranensi. An. 816.

Lib. 1.

Cap. 6.

Ubdiàcotsi.... in Esdra appellan-

S inveniuntur,

turque ibi Nathinæi in humilitéte

,

id est,

Domino

ser-

vientes.... Isti oblaliônes in

templo Dômini suscipiunt à isti obédiunt ofiiciis Levitérum. Isti quoque vasa Cdrporis et Sânguinis Christi Diacônibus ad Alté-

pôpulis;

ria

Dômini

ôflerunt.

De

qui-

bus quidem plâcuit Pétri bus ut quia sacra mystéria connectant casti et continentes sint ab uxôiibus. ,

,

FEPJA SECUNDA. Ex Sess.

Concilio Tridentiuo. 23. de Refor. Cap 12.

Ullis ad Subdiaconétùs

N Ordinem

ante vigésimüi

g 5


Pesquisa histórica sobre a prática da medicina em templos entre os povos da antiguidade, seguido  

Em querer demonstrar que os padres templos antigos não colocou não seus pacientes em um estado de sonambulismo, e não eram eles mesmos sonâm...

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