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LE

SPIRITISME DANS LE MONDE

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L’INITIATION ET LES SCIENCES OCCDLTES DANS L’INDE

ET CHEZ TOUS LES PEUPLES DE l’aNTIQUITÉ AVEC ÜN APERÇU DU SPIRITISME ET DU MAGNÉTISME AU MOYEN AGE

ET jusqu’à nos jours

LIBRAIRIE INTERNATIONALE

A.

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ÉDITEURS

RUE DU FAUBOURG MONTMARTRE •

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LE SPIRITISME DANS LE MONDE


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LOUIS JACOLLIOT «

LE

SPIRITISME DANS LE MONDE L’INITIATION ET LES SCIENCES OCCULTES

DANS L’INDE

ET CHEZ TOUS LES PEUPLES DE l'ANTIQUITÉ

PREMIÈRE PARTIE.

— La doctrine des Pitris et les sciences — Doctrine pMlosophicfue des initiés de

occultes dans l’Inde.

DEUXIÈME PARTIE.

l’Inde sur la cause première et le rôle des esprits

dans

le

monde.

TROISIÈME PARTIE. Comparaison de la doctrine des Pitris avec celle de la Kabale hébraïque de la philosophie de Platon, de l’école d’Alexandrie, de Philon, des Perses et du ,

Christianisme,

Phénomènes et manifestations extérieures produits par les sectateurs des Pitris ou initiés des pagodes de l’Inde. Le spiritisme devant la science. CONCLUSION. Les notes QUATRIÈME PARTIE.

de M.

W.

Crookes.

PARIS LIBRAIRIE INTERNATIONALE

A.

LACROIX ET i3,

O®,

ÉDITEURS

RUE DU FAUBOURG-MONTMARTRE

1875 Tous

droits de trnduction et de reproduction réservés.


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PRÉFACE

Nous interrompons aujourd’hui^

la série

de nos

études générales, sur les civilisations primitives de

l’extrême Orient, et les peuples du

Monde

ancien, is-

sus de la souche brahmanique, pour publier le résultat des

recherches que nous avons été à

pendant notre séjour dans l’Inde, sur

faire

même

de

les sciences

occultes, et les pratiques des initiés de la secte des

— en samscrit, Esprits, —

Pitris, tres.

Ce

livre n’est ni

un

traité

Mânes

des ancê-

de doctrine, ni un ou-

vrage de critique.

Nous n’avons pas à nous prononcer

,

pour ou

contre, cette croyance aux Esprits, médiateurs et

inspirateurs,

que partagèrent tous

les

initiés

des

temples de l’antiquité, qui est encore aujourd’hui la clef de voûte, de l’enseignement philosophique et re-

ligieux desbrahmes, et à laquelle, dans nos contrées 1


PRÉFACE.

ÿ)

d’Occident, quelques groupes de penseurs, de savants

même,

paraissent revenir.

Nous ne sommes cette croyance, à ce

ni

un adepte,

un ennemi de

ni

compte nous pouvons écrire son

histoire.

Un

partisan convaincu, eût fait

adversaire acharné n"eût

un

livre de foi.

Un

commis qu’une œuvre de

dénigrement.

Nous nous bornerons à donner des ser ce qui fut

qui

est

le

;

textes, à

expo-

à traduire l’Agrouchada-Parikchai

compendium philosophique des

spirites

indous, à dire ce que nous avons vu, et à enregistrer

servilement

.les

explications que nous avons reçues

des brahmes.

Nous

ferons une large part, aux phénomènes que

produisent à volonté les fakirs, phénomènes dans lesquels les uns voient les manifestations d’une inter-

vention supérieure, et que d’autres ne considèrent que

comme

le résultat

d’un charlatanisme habile.

Sur ce point, nous ne dirons qu’un mot. Les

faits,

simplement magnétiques, sont indiscu-

tables, quelqu’extraordinaires qu’ils puissent paraître.

Quant aux

faits,

purement

pu expliquer ceux dans

spirites,

lesquels

nous n’avons

nous avons

été

acteur ou spectateur, que par notre propre hallucination... culte.

à moins d’admettre une intervention oc-


PRÉFACE.

3

Nous raconterons impartialement

les

choses dont

nous avons été témoin, sans prendre parti dans la querelle.

Les Égyptiens, de la Finlande

,

les Kabalistes

l’école d’Alexandrie^

disciples, les Gaulois, et les

mêmes, connurent

les peuples

juifs,

Philon

premiers chrétiens eux-

ces doctrines et,

les réservèrent à leurs initiés.

comme les Indous,

Les anciens Ghaldéens

ne paraissent pas

s’être élevés

ques de magie

de sorcellerie vulgaires.

Une là

;

et

et ses

au-dessus des prati-

philosophie morale toute spéciale est née de

nous aurons à

lui indiquer sa place

cert universel des croyances

dans

le

con-

métaphysiques de l’hu-

manité.

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du jour où le srâddha fune’raire doit avoir lieu, ou bien le jour même, que celui qui donne le srâddha, invite d’une manière honorable au moins trois brahmes comme ceux qui ont été mentionnés. «

La

veille

«

« Le brahme qui a été invité au srâddha des Mânes doit se rendre entièrement maître de ses sens qu’il ne lise point la sainte Écriture mais :

récite

seulement à voix basse

les invocations

ainsi doit faire également, celui

par qui

la

qu'on est tenu de prononcer, cérémonie est célébrée.

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Les esprits des ancêtres, à l'état invisible, accompagnent de tels brahmes une forme aérienne, ils les suivent et prennent place à côté

invités; sous

deux

lorsqu'ils s'asseyent.

Manou,

slocas 187-188-189, liv. 111.

* •

les

Longtemps avant qu’elles se dépouillent de leur enveloppe mortelle, âmes qui n'ont pratiqué que le bien, comme celles qui habitent le

anachorètes et cénobites, corps des sannyassis et des vanaprastha acquièrent la faculté de converser avec les âmes qui les ont précédées au Swarga. C’est le signe pour les âmes que la série de leurs transmigrations sur la terre est terminée.

..

(Texte de l’ancien Bagavatta cité dans le Proœruium de V Agrouchada^Parikchai.)

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PREMIÈRE PARTIE LA DOCTRINE DES PITRIS

ET LES SCIENCES OCCULTES DANS l’iNDE

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qu’un seul Dieu, maître souverain que tout Brahme doit l’adorer en secret. Mais sache aussi que c’est un mystère qui ne doit jamais être révélé au stupide vulgaire. Si tu le faisais il l’arriverait de grands malheurs. » •

Souviens-loi

et principe

fils

qu’il n’y a

de toutes choses,

et

(Paroles que prononcent les

recevant

un

initié,

Brahmes en

d’après Vrihaspati.)


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CRÃ&#x2030;ATION.

CONSERVATION

TRANSFORMATION.


LE

SPIRITISME DANS LE MONDE

CHAPITRE PREMIER. LES

Ce que

INITIÉS

DES TEMPLES ANCIENS.

n’est pas dans les ouvrages religieux

les

Védas,

le

Zend-Avesta,

la

do

l’antiquité, tels

Bible, qu’il faut aller cher-

cher l’expression exacte des croyances élevées de leur époque. Écrits pour être lus, ou plutôt chantés dans les temples,

jours de grandes fêtes, ces Livres de la

loi,

aux

conçus dans un

but de domination sacerdotale, n’avaient point mission de

li-

vrer au vulgaire, le secret des sciences, dont les prêtres et les initiés

«

occupaient leurs

Souviens-toi,

mon

loisirs.

fils,

disaient les

brahmes indous au

néophyte, qu’il n’y a qu’un seul Dieu, maître souverain et principe de toutes choses, et que tout secret. Mais sache aussi

que

c’est

»

doit l’adorer en

un mystère qui ne doit ja-

mais être révélé au stupide vulgaire. verait de grands malheurs.

brahme Si tu

le faisais,

il

t’arri-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

14

La

A

même

prohibition se montre à chaque pas dans Manou.

«

La Sainte Syllabe primitive, composée de

-

U

- M, dans laquelle

être gardée secrète...

la Trinité

védique est comprise, doit

(Manou, Ces

trois lettres

liv.

xi, sloca 263.)

trois lettres symbolisaient tous les secrets

de

l’initiation

aux sciences occultes.

VHonover ou germe ainsi

le saint, le

ment, ô sage Zoroastrel la terre, fils

le

le

Zend-Avesta définit

prompt Honover,

je vous le dis claire-

:

Le pur,

cc

primordial que

avant

existait

avant

le ciel,

avant l’eau, avant

troupeaux, avant les arbres, avant

les

d’Ormuzd, avant l’homme pur, avant lesDeous, avant fout

monde,

existait avant tous les biens...»

il

ne devait-il pas

être également expliqué dans son essence, qu’aux

même

Le vulgaire ne pouvait

nom La

même défense était faite

« Il est

la

histoire

Mischna

même

;

à

du char qui

cependant est

pas connaître l’existence de ce

c’est

permis de

un

lui

folie.

aux Kabalistes anciens, dans ce

:

défendu d’expliquer à deux personnes

la création

il

Mages seuls?

vénéré, sous peine d’être frappé de mort ou de

passage de

si

le feu

une seule traitait

l’histoire

de

la

l’histoire

Mercaba

que.

On va

— ou

des attributs de l’Être irrévélé ;

homme

sage ou intelligent par lui-même,

en confier

le

sommaire des chapitres.

Nous empruntons à Téminent hébraïsant A. Franck, de titut, l’explication

de

de ce curieux passage de

la

»

l’Ins-

Kabale hébraï-

voir s’affirmer cette opinion que nous venons d’é-

mettre, que l’expression exacte des croyances,

des castes


LA DOCTRINE DES PITRIS.

15

I

sacerdotales et des initiés ne se rencontrait pas dans les ou-

vrages dont

la lecture était

Évidemment

«

permise à

ne peut être

il

Genèse, ni de celui d’Ézéchiel, où qu’il

ici

le

la foule.

question du texte de la

prophète raconte

la vision

eut sur les bords du fleuve Chébar. entière

L’Écriture tout

pour ainsi

était,

dire, dans la

bouche de toutle monde; de temps immémorial,

observa-

les

teurs les plus scupuléux de toutes les traditions, se font un de-

voir de la parcourir dans leur temple, au moins une fois dans

une année. Moïse lui-même ne cesse de recommander l’étude delà loi, par laquelle on entend universellement le Pentateuque. Esdras, après le retour de voix devant tout

le

la captivité

de Bâbylone,la lutà haute

peuple assemblé. Il est également impossible

que les paraboles que nous venons de citer, expriment

de donner au récit de

et

de

les

faire

défense

la création, et à la vision d’Ézéchiel,

explication quelconque, de chercher à

même,

la

les

comprendre

comprendre aux autres.

interprétation ou plutôt d’une doctrine connue,

Il

s’agit

une soi-

d’une

mais enseignée

avec mystère; d’un science non moins arrêtée dans sa forme

que dans ses principes, puisqu’on

elle se divise,

la

la vision d'Ézéchiel plit

comment

montre partagée en plusieurs chapitres dont précédé d’un sommaire. Or il faut remarquer que

puisqu’on nous

chacun est

sait

ne nous

offre rien

de semblable;

non pas plusieurs chapitres, mais un

celui qui vient le

premier dans

les

elle

rem-

seul, précisément

œuvres attribuées

à ce

pro-

phète. ,

Mous voyons de plus que

cette

doctrine secrète comprenait

deux parties à laquelle on n’accorde pas tance

:

la

même impor-

car l’une peut être enseignée à deux personnes, l’autre

ne peut jamais être divulguée tout entière, même à une seule, quand elle devrait satisfaire aux sévères conditions qu’on impose. Si

nousien croyons Maïmonides, qui, étranger à

la

Kabale,


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

16

n’en pouvait cependant pas nier l’existence, qui a pour titre

tié, celle

première moi-

Histoire de la Genèse ou de la Créa-

:

science de

tion^ enseignait la

la

nature. La seconde, qu’on

la

du char, renfermait un

appelle Mercaba ou Histoire

théologie. Cette opinion a été adoptée par tous les

un autre passage où

Voici

le

manière non moins évidente a

Rabbi Jochanan

dit

même

de

traité

kabalistes

L

nous apparaît d’une

fait

:

un jour à Rabi Éliézer

je t’enseigne la Mercaba. Alors ce dernier répondit

pas assez vieux pour cela. Quant

il

Viens que

:

Je ne suis

:

devenu vieux, Rabi

fut

Jochanan mourut, et quelque temps après Rabi Assi étant venu lui dire à

pliqua

son tour

Si je

:

:

m’en

Viens que je t’enseigne

voit par ces

atteint

.

il

ne

suffisait

et

telligence

cette science

de

mys-

pas de se distinguer par il

même

fallait

encore avoir

lorsqu’on remplissait

également observée par les kabalistes

ou de sa force morale pour accepter

secrets redoutés., qui n’étaient pas la foi positive,

voici

ré-

mo-

on ne se croyait pas toujours assez sûr ou de son in-

dernes

En

à

initié

une éminente position,

un âge assez avancé,

celte condition,

il

»

mots que pour être

térieuse de la Mercaba, l’intelligence et

Mercaba,

étais cru digne, je l’aurais déjà apprise

Rabi Jochanan ton maître

On

la

le

poids de ces

absolument sans

pour l’observance matérielle de

péril

pour

la loiTeligieuse.

un curieux exemple rapporté parle Thalmud lui-même

dans un langage allégorique dont

il

nous donne ensuite l’ex-

plication. «

D’après ce que nos maîtres nous ont enseigné,

quatre qui sont entrés dans leurs

noms

:

le

jardin

Ben Asaï, Ben Zoma, Acher

1. L’original n’exisle plus.

de délices, et

il

y en a

et voici

Rabi Akiba.


LA DOCTRINE DES PITRIS. Ben Asaï regarda d’un œil curieux appliquer ce verset de l’Écriture

lui

devant

les

yeux du Seigneur que

Ben Zonia regarda

sort justifie cette parabole

mangez-en ce qui vous excès vous ne

Acher

fit

et perdit la vie.

On

peut

C’est une chose précieuse

mort de ses

la

mais

aussi,

:

17

il

perdit

saints.

la

raison, et son

du sage :)\vez-vous trouvé du miel? de peur qu’en ayant pris avec

suffit,

le rejetiez.

des ravages dans les plantations.

Enfin Akiba était entré en paix et sortit en paix, carie saint

dont

nom

le

est digne

soit

béni avait dit

de servir avec gloire.

de supposer

qu’il s’agit ici

deurs d’une autre

vie;.

vieillard,

il

»

possible de prendre

«11 n’est guère et

Qu’on épargne ce

:

ce texte à la lettre,

d’une vision matérielle des splen-

car d’abord

il

est sans

exemple que

le

Talinud, en parlant du Paradis, emploie le terme tout à fait

mystique dont

il

usage dans ces lignes; ensuite comment

fait

admettre qu’après avoir contemplé de son vivant qui attendent dans raison, Il

faut

de

la

comme

il

ciel

le

les élus,

puissances

tes

on en perde

la foi

ou

la

arrive à deux personnages de cette légende.

donc reconnaître avec

Synagogue, que

le

respectées

les autorités les plus

jardin

de,

où sont entrés

délices,

quatre docteurs n’est autre chose que

cette science

dont nous avons parlé, science terrible pour ligences, puisqu’elle peut les conduire

à la

les

mystérieuse

les faibles intelli-

folie... »

Ce n’est pas sans motifs que nous n’avons rien voulu retrancher de cette longue citation; en outre qu’elle soutient notre proposition avec une incontestable autorité, elle nous permet

de

faire

un rapprochement bien extraordinaire entre

les

trines des anciens kabalistes hébraïques et celles des

sectateurs des Pi tris

que nous les

le

esprits.

— Ces derniers en

verrons bientôt, n’admettaient à

temps anciens, que des

l’Agrouchada-Parikcbai,

comme

les livres

Indous

effet, ainsi

l’initiation,

vieillards, et leur livre

doc-

dans

de science,

des premiers ka2


LE SPIIUÏISME DANS LE MONDE.

i8

balistes,

le,

de la création,, la Mercaba, el en dernier lieu

récit

Zohar, est divisé en

le

trois parties, traitant

Des attributs de Dieu;

2o

Du monde

:

;

3 De' l’ànie humaine.

Dans une 4®

partie, l’Agrouchada-Parikchai

tions entre elles des

âmes

expose

universelles, indique les

les rela-

modes

d'é-

vocation à employer pour obtenir que les pitris consenlent à

hommes,

se manifester aux

mortelles, selon

le

que chacun de ces

et à leur enseigner les vérités im-

degré plus ou moins élevé de perfection esprits a conquis par ses

bonnes œuvres.

Les ouvrages de kabale hébraïque, et notamment

ne contiennent pas listes n’aient

cette

quatrième partie, non que

le

les

Zohar,

kaba-

pas admis ces relations des âmes, désincarnées^

âmes qui n’ont pas encore dépouillé leurs enveloppes mortelles, l’âme de Samuel évoquée devant Saül parlapythoavec

les

nisse d’Endor et les

nombreuses apparitions bibliques sont

pour.prouverla croyance par

de

l’initiation

le fait.

du second degré,

Mais

en faisaient l’objet

ils

et ces terribles secrets devaient

s’enseigner de vive voix seulement dans les asiles mystérieux

des temples.

Ce n’est pas l’étude de Dieu

et

du monde qui pouvait con-

duire à la folie les faibles intelligences dont parle le passage

du Talmud que nous venons de

citer,

mais bien

les

pratiques

kabbalistiques d'évocation de l’initiation suprême.

«

Quiconque, dit

le

Talmud, a été

instruit

de ce secret et

le

garde avec vigilance dans un cœur pur, peut compter sur l’amour de Dieu et sur le respect, sa ritier

la

faveur des

hommes

science ne craint pas l’oubli, et

;

son il

nom

inspire

se trouve l’hé-

de deux mondes, celui où nous vivons maintenant et

monde

à venir.

»

le


LA DOCTRINE DES PITRIS.

Commenl pouvait-on

connaître les secrets du

ne recevait pas

nir, si l’on

19

les

monde

à

ve-

communications de ceux qui

l’habitaient déjà.

Nous verrons que

le

Zohar des kabalistes,

mêmes

Parikchai des Indous professent les

primordial Dieu,

le

monde

et l’âme.

que nous sommes bien dans

croire

et

l’Agrouchada-

idées sur le

germe

Nous inclinons donc à lorsque nous pen-

le vrai,

sons que l’enseignement des pratiques, que ne craint pas de dévoiler l’ouvrage indou, se donnait pour ainsi dire à l’oreille

chez Il

anciens

les

Thanaïmsdu judaïsme.

du reste des pagodes dans

y a

l’Inde,

où cette quatrième

partie de l'Agrouchada est séparée des trois autres, et

pour

ainsi dire

un

livre à part, ce qui prêterait à

qu’elle n’était révélée qu’en dernier lieu, et à

un

forme

supposer

petit

nombre

d’adeptes seulement.

Ajoutons que kabalistes en Judée, et sectateurs des Pitris

dans l’Inde se servaient de

la

même

uh adepte des sciences occultes Il est

entré

au jardin

expression pour désigner

;

de délices

Aucun ouvrage de doctrine ne nous tiens et

!

parvenu des Égypdes anciens Chaldéens sur ces matières, mais les fragest

ments d’inscriptions que nous possédons prouvent qu’une tiation

ini-

supérieure exista également chez ces deux peuples.

Le grand nom, le nom mystérieux, le nom suprême, qui n’était connu que d’Ea, ne devait jamais être prononcé. Ainsi,

ne

fut

il

pas

est hors de doute la

que

et

dans l’antiquilé,

connaissance des grands ouvrages religieux de

l’époque, Védas, Zend-Avesta, étudiait,

l’initiation,

Bible, etc.,

mais bien l’accession d’un

petit

que tout

le

monde

nombre de prêtres

de savants à une science occulte qui avait sa genèse, sa théo-

logie, sa

philosophie et ses pratiques particulières, dont

révélation était interdite au vulgaire.

la


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

20

L’Inde a conservé toutes les richesses manuscrites de sa civilisation

primitive,

ses initiés n’ont abandonné aucune des

croyances et des pratiques anciennes.

Nous

allons

l’initiation

donc pouvoir soulever complètement

le voile

de

brahmanique.

Puis après avoir comparé les doctrines philosophiques des adeptes des

Pitris,

avec celles .des kabalistes

juifs,

nous di-

rons par quels points de contact les initiés des autres nations

de l’antiquité se rattachent aux

initiés

des pagodes indoues.


f.A

DOCTRINE DES PITRIS.

CHAPITRE

21

11.

LES BRÀHMES.

Avant d’entrer dans utile

pas

le

vif

de notre

sujet,

il

nous paraît

de dire quelques mots des brahraes. Nous ne soulèverons question,

la

table origine.

si

controversée dans

Les uns, dans

l’intérêt

la

science, de leur véri-

de leurs doctrines ethno-

graphiques, les font venir des plaines stériles et désolées qui s’étendent de tres,

l’est

Caspienne aux rives de l’Oxus. D’au-

naître dans la contrée comprise entre le

rindus d’un côté,

«

la

d’accord avec les livres sacrés et les pundits de l’Inde,

les font

Sur

de

la

et

le

Godavery

et la Kristnah

première de ces hypothèses nous avons

Un

pareil

Gange

de

et

l’autre.

dit autre part

i

:

système paraîtra singulier pour ne pas dire plus...

lorsque on saura que cette contrée que l’on donne comnie le ber-

ceau de

la

race antique des Indous, ne possède pas une ruine,

pas un souvenir, pas

le

moindre vestige qui puissent donner

une base ethnographique à

cette opinion. Ni

traditions d’aucunes sortes, voilà le bilan

monuments,

de cette terre qui

aurait produit la civilisation la plus étonnante des ciens. C’est à sortir les

un point

qu’il serait tout aussi

temps an-

logique de faire

Aryas ou Brahmes des plaines sablonneuses du

Sahara.

1.

ni

La Genese

de l’humanité.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE. «

Un

avenir prochain fera table rase de toutes ces élucubra-

tions issues

du cerveau des Allemands, dans un but

facile

à

dévoiler. JNos voisins ne font pas de la recherche de la vcriié

absolue l’objectif de leur science,

de leur race, qui selon eux «

la

n’ont en vue que l’intérêt

ils

est destinée à

dominer

le

monde.

Faire aller des peuples blonds à cheveux dorés. de

Mer Caspienne dans

l’Inde, créer

et

Manou aux races du Nord en

du Sud... Tout

cela sert

de

des espèces de Germains

sur l’Oxus pour les envoyer conquérir

Vedas

l’est

Gange, attribuer

le

les

enlevant aux races

les

admirablement leurs projets. Leurs

ancêtres auraient ainsi dominé tout l’Orient, toutes les civilisations anciennes seraient sorties d’eux..

dominer

monde moderne, et préparer les Que l’on ne croie pas à un rêve,

de notre part, d’Allemagne

:

jeunesse

leçons dans lesquelles on

Germains de VOxus

«

à un

même

et

les

du Gange,

les Universités

Aryas-Indous,

et

on

de

enthousiasme ces

écoute avec

nomme

vont

à un parti pris

cela s’enseigne dans toutes la

ils

civilisations

le

l’avenir...

jouer le

à leur tour

.

les

vieux

prépare ainsi à

la

rôle de conquête en Europe.

contre la France désarmée et surprise a grisé

La

lutte

tel

point nos voisins des bords du Rhin qu’ils se croient

poussés en avant par une sorte de fatalisme naturaliste que leurs professeurs extraient à grands renforts

du jeu des forces physiques,

seul dieu qui

du syllogisme,

domine

le

monde

dans cette science 'prétendue nouvelle. «

On

leur dit à ces jeunes gens

que l’homme se développe

parles seules forces matérielles..., qu’il y a fatalementdes races supérieures qui ont le droit de dominer

le

monde que ;

les

Germains descendant des Aryas sont à tous les points de vue physiologiques et scientifiques supérieurs aux autres peuples, et qu’ils ont le droit

par conséquent d’imposer par

leur direction... déjà

ils

disent leur domination.

la

force


LA DOCTRINE DES PITRIS. Et tout

«

le

monde

Schopenhauer

le

professeur

:

monde de l’homme comme dans le règne animal^ qui règne c'est la force et non le droit. Le droit n’est que Dans

«

et la

répète en Allemagne avec

23

le

mesure de

la

puissance de chacun.

donc pour

C’est

les besoins

»

des Germains, pour montrer

qu’ils ont toujours été la race supérieure

bords de

la

Sprée font venir

La seconde opinion qui

les

que

savants des

les

brahmes des bords de l’Oxus.

fait naître

Brahmes dans

les

les

plaines centrales de l’Indoustan, a pour elle les réalités histo-

riques et géographiques, l’autorité de tous les savants Pundits et

de Manou dont on connaît «

le texte célèbre.

Couroukchetra, Malsya, et

vra aussi

le

le

pays de Boutchala qui rece-

nom de Canya-Cobja (montagne de

Souraswaea, aussi appelé Malhoura, forment c’est-à-dire des Brahmes.

vertueux^

»

Ces contrées sont enfermées dans les quatre fleuves

contrée voi-

hommes

de celle de Brahmavarta, pays des

sine

la

la vierge),

le

quadrilatère formé par

que nous venons de nommer. Nous n’insis-

tons pas, aussi bien n^avons-nous pas l’intention de discuter

dans cet ouvrage des problèmes d’ethnographie, mais bien d’exposer des conceptions religieuses.

Manou le législateur, issu des temples de Brahmes une origine divine

l’Inde,

donne aux

:

«

Pour

la

propagation de la race humaine, de sa bouche^ de

son bras, de sa cuisse, de son pied, sit le

brahme

chand,

le

prêtre,

le

le

souverain Maître produi-

Xchatrya

roi,

le

Yaysia mar-

Soudra esclave. * * *

«

Par son origine

qu’il tire

du membre

le

plus noble, parce


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

24 qu’il est le

Brahme

le

premier, parce

qu’il

est de droit seigneur

possède

de toute

la

Sainte Écriture,

la création.

* ¥ ^ «

Tout ce que le monde renferme est la propriété du Brahme

par sa primogéniture et sa naissance éminente,

il

;

a droit â

tout ce qui existe.

«

Le brahme ne mange que ce qui

comme

appartient, ne reçoit,

lui

vêtement, que ce qui est déjà à

mône, avec partient.

hommes

la

chose d’autrui,

il

en faisant Tau-

lui,

ne donne que ce qui

C’est par la générosité des

jouissent des biens de ce

brahmes que

monde.

est

Pendant plusieurs

né de

ap-

les autres

»

Manou, Le droit divin

lui

liv.

1".

là.

milliers d’années,

les

gouvernèrent l’Inde sans conteste. Les

Brahmes-prêtres

rois,

ou pour mieux

dire les chefs, n’étaient que leurs mandataires, la

peuple qu’un troupeau docile, dont

le

masse du

produit entretenait

le

luxe et l’oisiveté des hautes classes. Dans les temples, im-

menses dépôts sacerdotaux de richesses qu’accumulait le travail des déshérités, les prêtres apparaissaient aux yeux de la foule éblouie, couverts de vêtements magnifiques,

ils

se pros-

ternaient devant les idoles de bois, de granit et de bronze qu’ils avaient inventées,

donnant eux-mêmes, en riant sous

cape, l’exemple de la soumission aux plus ridicules superstitions.

Ces sacrifices accomplis dans un intérêt de domination

temporelle,

le

Vaysia et

le

Soudra retournaient à

la

terre, les

chefs à leurs plaisirs; et les prêtres rentraient dans leurs térieuses demeures, et

ils

mys-

se livraient à l’étude des sciences

des plus hautes spéculations philosophiques et religieuses,


LA DOCTRINE DES PITRIS. L’heure vint où

pour secouer vaincu

prêtre,

le

Brahmes «

rois, se servirent

ou

mais dès

joug' théocratique,

le

et pris le

abandonnèrent leurs

ils

et

lés xchalrias

titre

alliés

de

la

eurent

qu’ils

et

veille,

aux

dirent

:

nous vous comblerons de richesses L’alliance se

fit

parvenu à

et

de privilèges.

de Dieu »

servuin pecus, le peuple n’est pas encore

rompre.

la

un

Réduits à

rôle

purement

religieux,

ployèrent toute leur puissance à maintenir respect

et le

les élus

sur cette base... et depuis vingt mille ans

et plus, le soudra,le

,

et

se défiant

propre caste à soulever

brahmes em-

les la

même

foule dans l’igno-

de l’ambition qui

pourrait porter, un jour ou l’autre, quelque

mirent

du peuple

de seigneurs de la terre^

Prêchez aux peuples que nous sommes

rance

23

membre de

les classes serviles à

son profit

leur ;

ils

secret de leurs croyances, de leurs principes, de

le

leurs sciences sous la sauvegarde de V initiation.) n’admettant

aux révélations suprêmes, que ceux qui pouvaient réaliser quarante ans de noviciat et d’obéissance passive. L’initiation

Dans

le

comportait trois degrés.

premier étaient formés tous

les

brahmes du

culte

vulgaire, et les desservants des pagodes chargés d’exploiter la crédulité trois

de

On

la foule.

premiers livres des védas, à diriger

accomplir étaient en

les

sacrifices

communion

;

commenter

leur apprenait à

ces

les

cérémonies, à

les

brahmes du premier degré

constante avec

le

peuple,

ils

étaient ses

directeurs immédiats, ses gourous.

Le second degré comprenait

les exorcistes,

les

devins,

prophètes, les évocateurs d’esprits qui, à de certains difficiles,

les

moments

étaient chargés d’agir sur l’imagination des masses,

par des phénomènes surnaturels.

Ils lisaient et

commentaient

l’Alharva-Veda, recueil de conjurations magiques.

j


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

26

Dans

troisième degré,

le

les

brahmes n’avaient plus de

relations directes avec la foule, l’étude de toutes les forces

physiques et surnaturelles de l’univers pation, et

quand

jours par des

ils

était leur seule

occu-

se manifestaient au dehors, c’était tou-

phénomènes

terrifiants et

de

loin.

Suivant

le

célèbre sorite sanscrit, les dieux et les esprits étaient à leur disposition.

Dêvadinam djagat sarvam Mantradinam ta dêvata Tan mantram brahmanadinam Brahmana marna dévala. 1

^ ¥

Tout ce qui existe, est au pouvoir des dieux.

Les dieux, sont au pouvoir des conjurations magiques. Les conjurations magiques, sont au pouvoir des brahmes.

Donc

les dieux, sont

au pouvoir des brahmes.

On ne pouvait parvenir au degré par les deux premiers, ou se d’après

la

supérieur, sans avoir passé

faisait

un

travail d’épuration

valeur et l’intelligence des sujets.

Jamais machine de défense sociale ne fut mieux combinée, ce serait à rendre jaloux nos doctrinaires modernes les plus libres

de préjugés

Tout ce qui tère, restait

était trop intelligent, sans souplesse

de carac-

noyé au milieu des fanatiques du premier degré,

où nul excès d’ambition ne pouvait être à craindre. Go bas clergé,

si

nous pouvons employer cette expression,

n’était pas

beaucoup au-dessus du niveau des autres Indous, dont

il

tageait les superstitions, qu’il enseignait peut-être de

bonne

foi.

Cantonnés dans

les

pratiques ordinaires

du

par-

culte,

on

n’avait pas à redouter de lui de ces indépendances de pensée

qui n’arrivent d’ordinaire qu’avec la science. Ce n’était qu’au


,

LA DOCTRINE DES PITRIS. bout de vingt ans que Ton pouvait, par ordre pour passer dans

commençait à

occultes

était nécessaire,

le

le

second, où

se soulever

pour franchir

et le

;

27

choix, sortir de cet

le voile

même

des sciences

laps de

temps

mystérieuses barrières du

les

troisième. Les initiés de cette classe étudiaient l’Agrouchada-

Parikchai ou Livre des esprits.

Au-dessus de ce dernier degré d’inüiation se trouvait encore

un conseil supérieur, présidé par de tous

Ce

le

Brahmatma, chef suprême

les initiés.

pontificat

ne pouvait être exercé que par un brahme

ayant dépassé quatre-vingts ans.

était seul

Il

gardien de

la

formule élevée, résumé de toute science, contenue dans les trois lettres

mystiques

A

M

U

Qui signifiaient création., conservation,

transformation. '

Seul

il

la

commentait en présence des

Enfermé dans un immense

palais,

initiés.

entouré de vingt et une

brahmatma ne,se montrait à la foule qu’une fois avec un tel cérémonial et une telle pompe, que ceux qui

enceintes, le l’an,

parvenaient à l’apercevoir, frappée,

Le

comme

s’ils

s’en

retournaient l’imagination

avaient été en présence d’un Dieu.

vulgaire le croyait immortel.

Et de

fait,

masses, ni

la

pour conserver cette croyance dans

mort du brahmatma,

ni l’élection

l’esprit

des

du nouveau,

n'étaient jamais connues d’elles. Tout se passait dans le silence

des temples,

les seuls initiés

à cette nomination, et l’élu les

membres du

du troisième degré concouraient

ne pouvait être choisi que parmi

conseil suprême.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

28

Quiconque parmi

du troisième degré révélait à un profane une seule des vérités, un seul des secrets confiés à sa garde était mis à mort. Celui qui avait reçu la confidence 1

a

subissait le

même

les initiés

sort.

Enfin pour couronner cet habile système,

il

supérieur encore au monosyllabe mystérieux qui rendait celui qui en possédait

Le brahmatma

un mot

existait

—AUM —

presqu’égal à Brahma.

la clef

transmettait dans un

seul la possédait, et la

coffre scellé à son successeur.

Ce mot inconnu, dont aucun pouvoir humain ne pourrait, encore aujourd’hui que l’autorité brahmanique est tombée sous les invasions

mogoles

et

européennes, aujourd’hui que chaque

pagode a son brahmatma, obtenir dans un triangle d’or d’Asgartha, dont

le

et

révélation, était gravé

la

conservé dans un sanctuaire du temple

brahmatma

avait seul les clefs. Aussi por-

sur sa tiare deux clefs croisées, soutenues par deux

tait-il

brahmes

agenouillés, signe

du précieux dépôt dont

avait la

il

garde.

Ce mot

et ce triangle étaient gravés sur le chaton

que portait ce chef religieux il

était

également encadré dans un

où chaque matin

meda ou

A

la

comme un des

le pontife

sacrifice à toutes les forces

de

mort du brahmatma, son corps

la

d’or sur

le sacrifice

nature.

malgré toutes

les précautions,

le

bague ;

l’autel,

dusarva-

»

était.brùlé sur

pied d’or, et ses cendres secrètement jetées dans Si,

la

signes de sa dignité

soleil

suprême offrait

de

le

un

tré-

Gange.

bruit s’en accréditait au

dehors, les prêtres répandaient habilement

le

bruit

que

le

chef suprême était monté pour quelque temps au swarga-ciel,

dans

la

fumée des

venir sur

Sous

1,

sacrifices,

mais

qu’il

ne tarderait pas à re-

la terre.

les

nombreuses révolutions qui ont

Les Fils de Dieu.

si

profondément


LA DOCTRINE DES PITRIS. troublé la situation sociale et religieuse de l’Inde, le

nisme ne possède plus de chef suprême îniîies

;

29

brahma-

chaque pagode a ses

des trois degrés, et son brahmatma particulier

;

et les

chefs de ces temples sont souvent en hostilités ouvertes les

uns avec les autres; cette décomposition n’a cependant pas atteint les croyances, et

nous allons

voir,

les diffé-

modes en usage dans les trois classes d’initiation, que brahmes indous, sont restés observateurs immuables de

rents les

en étudiant

leurs vieilles prescriptions religieuses.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

50

CHAPITRE

III.

DU BRAHME DEPUIS SA KAISSANCE JUSQU’A SON NOVICIAT.

Cérémonie du Djata-Carma. Dès qu’une brahmine vient d’accoucher, son mari note avec soin sur ses tablettes l’heure, le jour, l’an, l’époque et l’étoile

sous laquelle l’enfant vient de venir au monde

renseignements à l’astronome de

pagode, qui

la

il

;

porte ces

lire l’horos-

cope du nouveau né. Neuf jours après, on dresse une estrade entourée de fleurs et de feuillage, sur laquelle

la

mère

vient

s’asseoir avec son enfant sur les bras.

Un brahme initiés,

fice à

pourohita,

— vient alors

Vischnou.

l’enfant, et

dans

la boivent, et

il

Il

le

— officiant de

faire

la

première classe des

devant l’estrade

le

poudja ousacri|

verse un peu d’eau lustrale sur la tête de

creux de

la

asperge avec

main du père

le

même

et

de

la

mère^qui

liquide tous les assis-

tants.

Le père apporte

alors

un plat de

terre,

de bronze ou d’ar-

gent, suivant sa fortune, sur lequel se trouve et

un présent

qu’il offre

un peu de

bétel

au pourohita.

Par cette cérémonie l’enfant est purifié de toutes lures qu’il a apportés avec lui à sa naissance.

les souil-


LA DOCTRINE DES PITRIS.

A

de ce moment,

partir

est restée

la

mère

qui, depuis

31

raccouchement,

dans une chambre séparée, doit vivre encore dix

jours dans un lieu retiré, et ce n’est qu’au bout de ce temps

permis de

qu’il lui est

s’y purifier Il

sortir et

elle-même de ses

est inutile

tumes avec

de se rendre au temple pour

souillures.

de faire remarquer

du judaïsme en

celles

concordance de ces cou-

la

pareil cas.

Cérémonie du Nahma-Carma.

Douze jours après a

lieu la

cérémonie de

du nom,

la dation

ou nahma-carma. Après avoir orné

la

maison comme pour une

tous les parents et les amis de

la

caste

on invite

fête,

brahme seulement. Le

père, après avoir fait une oblation au feu et aux neuf principales

aux planètes, transcrit avec un pinceau sur une tablette de bois, l’horoscope de son fils, qui a été tiré

divinités qui président

à la pagode, avec Ceci fait,

il

le

nom

prononce

qu’il

veut

lui

trois fois, à

donner.

haute voix,

le

nom

qu’il

vient d’écrire, puis, lorsque tous les assistants l’ont répété

avec « il

lui, il

Que

le

termine par

les paroles suivantes

nom de Brahma

soit béni, celui-ci est

mon

fils

et

s’appellera Narayana (ou tout autre nom), écoutez bien afin

qu’on s’en souvienne. Il

sort alors de la

»

maison

dans son jardin ou sur

le

et, suivi

«

Au nom du

de tout

devant de

tamarinier ou un palmier, suivant

ici

:

le

le cortège,

il

plante

maison un cocotier, un pays, en disant

la

:

puissant et juste Brahma, vous tous qui êtes

présents, gardez

la

mémoire de

ceci, cet arbre a été planté

jour de Narayana, en/la trente-cinquième année du v“ siècle lunaire de la troisième époque divine » ou toute autre le

J


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

32

date, ceci n’est, le lecteur le

comprend, qu’une simple

for-

mule.

La cérémonie terminée, un grand repas assistants, et avant leur départ, le père fait

réunit tous les

cadeau

chacun

à

d’eux, d’une coupe en bois de cèdre ou de sandal, sur laquelle

gravé l’horoscope, ou plus généralement

est

le chiffre

de

l’en-

fant.

Ce cadeau a pour but de constater

l’état

de

l’enfant, si plus

tard des contestations venaient à s’élever sur

la légitimité

sa naissance. Appelés devant le tribunal de

la caste, les

moins se présenteraient leur coupe à «

Au nom du

année du

la vérité.

v® siècle lunaire de la

ISarayana est bien

le fils

un

sacrifice

de protéger

Le père

aux

Pitris,

:

donnée

trente-cinquième

troisième époque divine.

de Covinda.

Le brahme pourohita qui

la

té-

ma bouche

Cette coupe m’a été

de Narayana, en

jour

le

main en disant

puissant et juste Brahma, ce que

va dire est conforme à par Covinda,

la

de

»

assiste à la cérémonie, offre alors

ou esprits des ancêtres, pour

les prier

nouveau-né.

le

distribue ensuite

du

bétel

aux assistants et

cadeau proportionné à son état de fortune au prêtre

fait

un

officiant.

Cérémonie de V Ânna-Prassana. Lorsque l’enfant entre dans son septième mois, on

pour

la

première

fois

du

riz à

manger. Cette

fêle

lui

prend

donne le

nom

d’ Anna-Prassana.

Comme

pour

les autres

parents et amis, et

fait

cérémonies,

venir un

brahme

le

père invite tous scs

officiant

de

la

pagode.

Après un bain général dans l’étang des ablutions, sur lequel le

Pourohita a répandu quelques gouttes d’eau lustrale, tous

les conviés

vont se placer sur une estrade garnie de bran-


LA DOCTRINE DES PITIUS. chos d’arbres pourvues de leurs fruits, et

le

aux esprits lunaires protecteurs de

sacrifice,

Pendant ce temps-là

:

33

prêtre offre un

la famille.

femmes chantent des cantiques de

les

circonstance, et font pour la première fois au-dessus de la tête

de

l’enfant, la

gner

les

cérémonie de

mauvais esprits.

Le prêtre bénitalors que de

l’on

va pour

l’enfant.

peu de

l’Aratty, qui a la propriété d’éloi-

On

bouillie

la

le

cordon brahmanique, signe de caste,

première

fois attacher

verse ensuite dans

de

riz, et tout le

Cette cérémonie se termine

la

autour des hanches

bouche de ce dernier un

monde

comme

s’assied pour le repas.

les autres

par des distri-

butions de bétel et un présent au prêtre officiant.

La cérémonie du Tchaoula. Dès que l’enfant a atteint l’âge de

on

trois ans,

lui fait le

Tchaoula ou la Tonsure. Cette fête, est

beaucoup plus solennelle que

celles

qui pré-

cèdent, car pour la première fois l’enfant peut en y assistant,

balbutier le

nom

de

la Divinité, et

ceux des esprits protecteurs

du foyer. Après avoir baigné,

et

paré l’enfant avec un collier et des

bracelets de perles de corail et de sandal entremêlées, on le

conduit sous un pandal, sorte de dais formé par des arbres

apportés à cet

des fleurs de toute espèce

effet, et

et les invités l’entourent, et les Pitris,

le prêtre offre

ou mânes des ancêtres de

branches paternelles

et maternelles.

Siva-Lingam, image de

la

parents

les

une oblation à tous

la famille,

On

;

dans

apporte

la

les

deux

statue de

fécondation perpétuelle que l’on ‘

couvre de fleurs et de Alors

vant

le

gnent

commence

fruits.

l’office

du barbier. Après

Dieu, au milieu des chants des

les

musiciens de

la

pagode,

il

rase

s’être incliné

de-

femmes qu’accompala tête

de l’enfant en 3


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

34

par derrière une petite mèche de cheveux qui ne doit jamais être coupée. lui laissant

Pendant celte opération, des parentes de l’enfant font sur

des assistants, pour conjurer

la tête

vais esprits, et tout le

Son

ofiice

terminé,

monde garde un

le

la

présence des mau-

religieux silence.

barbier se retire emportant son salaire

qui consiste en une certaine quantité de riz, et

de

fie l’enfant,

l’aratty

la souillure

que

lui

a

le

prêtre puri-

imprimé l’impur contact

du barbier.

On

fait

de nouveau

la toilette

de l’enfant, et après un nou-

veau bain dans l’étang sacré des ablutions, destiné à

lui

rendre

propice tous les esprits et les génies des plantes auxquels ce jour-là est consacré, un repas et des présents,

terminent

la

toujours,

cérémonie.

Jusqu’à l’âge de neuf ans accomplis, rester aux mains des

mencer son

comme

noviciat.

femmes, attendant

le

jeune brahme va

le

moment de com-


LA DOCTRINE DES PITRIS.

CHAPITRE

35

IV.

Dü BRAHME DEPUIS SON NOVICIAT JUSQU’A SON ACCESSION AU PREMrER DEGRÉ

DE

l'initiation.

/

La cérémonie de V Oupanaijana. (Extraitdu Nitia-Carma^ H® partie de V Agrouchada-Parikchai^ livre

des sciences occultes desbrahmes.)

Le mot Onpanayana sciences.

Nous

Que

le

introduction

à

l’étude des

laissons à ce passage de l’Agrouchada la

en versets dans laquelle «

signifie

il

forme

est écrit.

père vertueux qui possède <un

fils

sur la tête du-

quel s’est accumulé trois fois trois ans, le chiffre des esprits protecteurs, s’inquiète de faire accomplir la cérémonie

de

l’oupanayana. V * «

Qu’il se

procure des vases d’or, d’argent, de bronze ou de

terre selon sa fortune, qui doivent être distribués aux

mes après

le

brah-

repas.

*

(t

Qu’il fasse

une abondante provision de

riz,

de menus


LE SPIIUTISME DANS LE MONDE.

36

grains, de fruits, d’huile, de beurre,

de

car

lait,

que

la

de sucre, de légumes et

ne doit pas seulement traiter ses convives, mais

il

meilleure 'partie soit offerte en oblation aux pitris, et

réservée pour les pauvres et les orphelins. k

^

Lorsque

«

if

père de famille donne à manger à ceux qui

le

souffrent, .aux voyageurs rendus,

aux pèlerins, aux

petits

en-

fants qui passent regardant curieusement le festin avec des

yeux d’envie,

lorsqu’il jette

au dehors,

poignées de menus grains pour

if

Que

«

le

semeur, des

les petits oiseaux, les esprits

mânes des ancêtres sont

et les

comme

satisfaits.

if

dure quatre jours, et que chaque jour on

la fête

em-

ploie des vases neufs et des provisions fraîches et pures.

Que

«

l’on p'répare

du vermillon, du sandal

et

du safran en

poudre, pour que les femmes puissent tracer autour de

son

les cercles

magiques qui éloignent

les

la

mai-

mauvais esprits et

attirent les bons.

«

Que

les préparatifs terminés,

pourohita de

lui

le

père

soit

ni à la

fm delà lune

;

également un jour impair. if

« Qu’il dresse

if

alors le pandal

lages consacrés où le sol

demander au

indiquer un jour d’influence heureuse. Ce jour

ne devra jamais être au commencement que ce

aille

domine

la fleur

avec des fleurs et des feuilde lotus;

qu’il

une épaisse couche d’herbe du cousa, et

ter ses parents,

en commençant par ceux de

répande sur

qu’il aille la

invi-

ligne pater-


LA DOCTRINE DES PiTRIS.

puis après qu’il convie ses amis et tous les

nelle ascendante,

brahmes qui ont

atteint l’âge de cent ans.

* Y «

Que

*

femmes décorent somptueusement

les

37

le

pandal avec

des bouquets de fleurs suspendus en guirlandes, de façon à

former alternativement des bandes rouges

et blanches.

* ¥ ¥

Que

«

tous les conviés, avant de se rendre au lieu où doit

s’accomplir

la

cérémonie, aillent faire

sage dans l’étang sacré de

la

les purifications

d'u-

pagode. ¥ ¥

Lorsque tous

(c

le

parents et tous les amis sont réunis, que

les

pourohita qui doit présider à

avec avec

les lui

la

marques de respect qui

un cordon

et

cérémonie,

lui

soit introduit

sont dues, qu’il apporte

une peau de gazelle. * ¥

«

La peau de

asseoit

¥

gazelle est toujours pure, et celui

qui s’y

ne contracte pas de souillures. * ¥

«

Que

de l’âme, qu’il

le

¥

pourohita fasse alors

qu’il

s’abîme dans

se le représente

comme

le

la

san-colpa,

— préparation

contemplation de Wichnou,

l’auteur et le conservateur de

cet univers.

«

Qu’il le regarde

ces et

comme

I

J

O*

comme

celui qui

4

¥

le

distributeur de toutes les grâ-

amène

à

une heureuse

fin toutes

nos


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

38

Dans

entreprises.

nom

prononce

cette pensée, qu’il

trois

fois

son

et lui offre ses adorations.

contemple ensuite

« Qu’il

songe aux

qu’il

les perfections infinies

trois triades issues

de

lui ^

de Brahma,

qui ont créé les huit

«

millions quatre cent mille espèces de créatures vivantes, dont la

première est l’homme. *

«

songe à l’existence de cet Univers qui doit durer

Qu’il

cent années des dieux

dont

la

première,

3,

et qui est divisée en quatre parties

seconde et

la

la

moitié de la troisième sont

déjà écoulées. Qu’il fasse une oblation à l’univers. ¥

pense aux différentes incarnations de Vichnou et à

« Qu’il

celle

du sanglier sous la forme duquel

le

dieu anéantit le géant

Hirannia.

*

« Qu’il se

célestes,

de

prosterne devant les quatorze t;alégories d’esprits pitris et d’esprits inférieurs

qui

remplissent les

mondes. ¥ «

Qu’il

Agasa

fasse

une oblation

et qui est l’essence

de

au fluide pur qui se

nomme

la vie.

¥ ¥ (t

Qu’il

prononce

inconnu de 1.

2.

la foule,

le

mystérieux monosyllabe qui doit être

en remuant simplement

les lèvres.

Ayni-Voya-Sourya -f- Brahma- V’^ischnou-Siva. Chaque année des Dieux égale plusieurs milliards d’années lunaires. Nara-Nari-viradj

•.*


LA DOCTRINE DES PITRIS.

39

*

«

Qu’il offre le sacrifice à

Swayambhouva,

l’être existant par

lui-même. * * ¥ «

Qu’il

évoque

l’esprit

des ancêtres, en les priant d’assister

à la cérémonie.

* Y ^ «

malfaisants dont la présence

Qu’il conjure les esprits

pourrait troubler les sacrifices.

* ¥ * «

Qu’il se

rende propice

side aux obstacles et

fait

l’esprit

réussir les entreprises. *

a

Que

supérieur Pouléar, qui pré-

* jf.

tous les convives se rendent encore à l’étang sacré

des ablutions et qu’ils se purifient selon

le

mode

prescrit.

* ^ a

Dès

diant,

qu’ils sont

de retour,

le

brahmatchary

— doit être placé sous le pandal de

femmes mariées qui chanter les d’huile

3(.

se trouvent

dans

— novice étu-

fleurs, et toutes les

l’assistance doivent

cantiques consacrés en oignant ses

parfumée

et

membres

de safran, et frottant ses paupières avec

de l’antimoine. * ¥ ¥ «

Lorsque

la

toilette

est terminée,

néophyte se placent à ses côtés sous font sur leurs têtes

mauvais présages.

la

cérémonie de

le

le

père

et la

pandal, et les

l’aratty

mère du

femmes

pour éloigner

les


LE SriRITlSME DANS LE MONDE.

40

* ¥ ¥

On

«

offre le

paudja

du foyer,

tecteurs

parés pour

le

ainsi

— sacrifice — que

à tous les Esprits pro-

prémices de tous

les

mets pré-

les

repas. * ¥ ¥

Que

«

tous les

hommes et

femmes, s’asseyent

toutes les

alors

sur des feuilles de cocotiers recouverts de feuilles de lotus, et se tournent le dos de façon à ne pas se voir manger.

^ «

On

apporte alors

les fruits et

les

le riz, le

beurre

légumes destinés au

une distribution de bétel à au pourohita, et tout

le

la fin

monde

clarifié, l’huile, le sucre,

puis le père

festin,

fait

dn repas, donne un présent

doit se retirer.

¥ ¥ «

Tel est le premier jour de l’Oupanayana.

* ¥ ¥ «

Le lendemain s'appelle Mouhourta

c’est celui

le

grand jour

— car

doit être faite l’investiture du cordon.

¥ ¥ ¥ «

Que

le

bramatchary prenne place sous

le

Pandal, entre

son père et sa mère, et que tous trois tournent leurs visages

du côté de

l’Orient.

¥ ¥

^

»

'

a

Le bramatchary doit avoir

les

neuve, et d’étoffe pure, et les femmes sur la poitrine et les bras avec de

de sandal, en chantant

les

la

reins

ceints d une toile

le frottent

doucement

poussière de safran mêlée

cantiques consacrés.


LA DOCTRINE DES PITRIS.

41

* ¥ * a

Que

le

pourohila s’avance alors, avec un réchaud d’ar-

gent rempli de braise enflammée,

qu’il fasse le

sacrifice

aux

Esprits en les évoquant autour du brasier, et qu’il jette sur le feu,

pour

satisfaire leur odorat,

de l’encens

et

de

la

poudre de

sandal. *

«

Ce feu doit être conservé précieusement jusqu’à

la fête

rait la

de l’Oupanayana, car

de grands malheurs,

s’il

venait à s’éteindre,

la fin il

de

arrive-

et les Esprits familiers déserteraient

maison.

«

Neuf brahmes

posés à

la

et

neuf brahraines mariés doivent être pré-

garde de ce feu. *

«

Què

conviés, se cré,

femmes mariées qui se trouvent parmi les rendent en grande pompe jusqu’à l’étang consa-

toutes les

précédées d’instruments de musique, et portant un vase

de cuivre qu’elles remplissent d’eau. ¥•

«

Jf

Deretour à lamaison, qu’elles couvrent l’orifice du vase avec

des feuilles de manguier, et suspendent au-dessus une bran-

che de bananier fraîchement coupée et munie de ses

fruits.

*

« Qu’elles se

rendent alors, toutes ensemble, dans

la forêt

voisine, et ayant découvert un nid de fourmis blanches, qu’elles

remplissent dix petits pots de terre, avec

misée par ces animaux.

la terre

battue et ta-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

42

* ¥ a Pais

¥

revenant auprès des conviés,

doivent planter

elles

dans ces pots dix espèces de graines différentes, qu’elles arrosent avec l’eau puisée dans l’étang sacré.

* ¥ ¥ «

Ceci

fait, le

pourohila doit réunir tous les pots ensemble,

et étendant par dessus une toile fine, qu’il fasse l’invocalioa

aux esprits protecteurs

et

demande de manifester

leur

leur

puissance par un présage heureux. ¥ ¥ «

Alors imposant les mains au-dessus de la

nonce à voix basse, roles

et sans être

magiques suivantes

A gnim

-

toile, qu’il

entendu des assistants,

pro-

les pa-

:

- Pair a

Paryâya Parôxa. Ces cinq mots sanscrits signifient

A gnim Pâ eau

P dira

feu sacré; sainte

— vase

;

purifié

;

— végétation magique — invisible.

Paryaya Parôxa «

:

Le pourohita

doit

;

prononcer neuf

fois

neuf

fois ces

pa-

roles. Alors les Esprits protecteurs se manifestent, la toile lé-

gère se soulève peu à peu, tout

«

Que

le

le

pourohita enlève alors

temps que dure l’invocation.

la toile, les dix

graines ont


LA DOCTRINE DES PITRIS. percé

la terre

dans

43

les dix pots, dix arbrisseaux se sont élevés

à la hauteur du front du pourohita, portant chacun, suivant

son espèce, des fleurs ou des

fruits. •

*

La mère du brama tchary,

«

les fleurs

de ceè arbres,

tresse alors une couronne avec

et la place sur la tête

de son

fils,

et le

pourohita distribue à tous les assistants les fruits qui ont poussé

sous

la toile, et les

geant

conviés répètent par trois

en

les

man-

:

Le présage heureux

s’est manifesté.

Le présage heureux

s’est manifesté.

Le présage heureux

s’est manifesté.

Que

fois

le

brahmatchary reçoive

le triple

cordon du noviciat.

*

G

On

fait

une nouvelle invocation aux esprits des planètes

et

des ancêtres, pour les remercier de leur intervention protectrice, et l’on attache

au cou du jeune brahme un morceau de

safran consacré.

«

Que

le

les ongles

barbier rase alors

la tête

du novice,

et lui

coupe

des pieds et des mains, au bruit des chants des

femmes qu’accompagnent

les

musiciens des pagodes. *

« Il

est enjoint

au jeune brahme, d’aller alors se baigner

dans l’étang des ablutions, pour

que l’impur contact du barbier le

faire disparaître les souillures

lui a

revêtent de nouvelles toiles pures.

imprimées; et

les

femmes


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

44

* * ¥ «

Le pourohila s’avance alors auprès de

sant les mains,

il

lui, et

en

lui

impo-

dissipe son ignorance, et le rend apte à l’é-

tude des sciences qui

vont occuper tous ses instants. Qu’il

l’entoure ensuite d’une triple ceinture tressée avec l’herbe sa-

crée du Darba.

«

Puis récitant les conjurations du cou et de la poitrine,

néophyte du

décore

le

et

sacre Brahmatchary

il

le

cordon

triple

d’initiation

— novice aspirant

il

brahmanique,

à l’initiation.

* «

Qu’à ce moment, on fasse pour

le

jeune brahmatchary,

— maître de science sacrée —

choix d’un gourou

qui ait dé-

passé soixante ans.

« '

Que

le

emmène

gourou

faisant tourner

du côté de

«

O mon

A

côté des

fils,

A

l’Orient, qu’il lui dise

hommes, que

le bien,

nouvel élève et :

voilà que tu viens t’asseoir

Ton corps, que Vers

à l’écart son

ta

car

rien d’impur ne souille

pensée se tourne toujours

Brahma va commencer

te connaître par tes actions.

* ¥ ¥

Sache que les mânes des ancêtres pourvues D’un corps aérien, vont te suivre dans tes. «

Études, et plus tard

Es digne

le

te

révéleront

si

tu

en

grand secret de Vêlre. k ¥ ¥

«

N’oublie jamais que tout ce que tu vas

le


LA DOCTRINE DES PITRIS.

43

être révélé au stupide

Apprendre ne doit pas

Vulgaire, et que tune parviendras jamais

A l’initiation, si tu ne sais pas enfouir Le secret des choses dans le plus profond de Ton cœur.

Et ayant prononcé ces paroles,

«

première

deux

fois

fois le

le

Gourou appelle pour

jeune bramatchary Douidjaa

— c’est-à-dire

né.

La première naissance n’est que l’arrivée à

«

rielle, la

seconde est l’accession à

Et ainsi

«

Le troisième jour, que

finit le

maté-

vie

la vie spirituelle.

fois le sacrifice

le

bramatchary

offre

pour

la

pre-

au feu, et fasse l’oblation aux esprits et

aux mânes des ancêtres en présence de tous

«

la

second jour.

a

mière

la

Le quatrième jour, que

le

les conviés.

père du jeune brahme qui vient

de recevoir l'investiture fasse des présents convenables à tous les

brahmes qui ont

assisté à la

cérémonie, et

pas de donner une vache et cent manganys de

de son

qu’il n’oublie

riz,

au gourou

fils.

^ «

Après avoir renouvelé

le

san-calpa, que le pourohita fasse

l’oblation à tous les esprits qu’il a fête, et les

remercie d’avoir bien voulu déférer

les assistants «

évoqués pour assister à

doivent se séparer en disant

L’enfant est mort, un

homme

:

est né. »

à

la

ses prières, et


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

46

¥ ^ *

'

Nous ne ferons suivre ce curieux passade de.rAgrouchadaParikchai d’aucuns commentaires. Nous ne voulons être, ainsi

que nous l’avons

dit,

que

l’impartial historien de ces étranges

coutumes.

Nous remarquerons seulement que dans

cette

cérémonie de

l’Oupanayana, ou investiture du cordon sacré qui de V enfant fait

un homm&^

les pilris

ou esprits,

tres jouentle principal rôle. Ils sont

assistent tout le

vement

temps à

la fête, et

et les

évoqués par un pourohita, reçoivent presque exclusi-

les sacrifices, les oblations, et les

mets préparés pour

les festins qui

mânes des ancê-

prémices de tous

terminent

les

mystérieuses

les

célébrations de chaque jour.

Yischnou n’est invoqué, créatures,

le

maître

ainsi

que Brahma,

des, dieux et des

hommes par

le

pourohita

cérémonie, parla contem-

que pour se préparer lui-même à

la

plation des perfections

du créateur

infinies,

seigneur des

le

et

du conserva-

teur de cet univers.

Lehramatchary va conserver

cette situation de novice jus-

qu’à l’époque de son mariage qui a lieu de seize à dix-huit ans environ. Pendant cette période de temps,

gourou ou directeur, se

il

reste chez son

livrant à l’étude des livres saints et des,

sciences mathématiques et astronomiques.

On ne

l’introduit pas

encore aux sciences occultes, dont

commencera à aborder les

comme

ne

principes que lorsqu’il sera parveiui

grahasta chef de famille, ou pourohita, prêtre officiahi,

au premier degré de V initiation. Voici les recommandations que Manou »

il

Le gourou, après

les devoirs

de pureté,

sacré, et les

midi et du

l’initiation

et les

sandhyas

soir.

<

lui

adresse

dubrahmatchary

bonnes mœurs,

sortes de prières

lui

:

enseigne

l’entretien

du feu

— du matin, de


LA DOCTRINE DES PITRIS.

47

* * 4

Après avoir failles ablutions prescrites et, le visage tourné^ vers rOrient, le bramatchary doit, avant [d’ouvrir le Véda, «

adresser ses

hommages au Maître souverain de

l’univers.

*

<

Pendant

tenir les

ture

;

la

lecture du Véda,

il

doit maîtriser ses sens et se

mains jointes pour rendre

hommage

qu’en commençant et terminant

de son directeur,

les pieds

qu’en entendant

le

gourou

et

à la sainte écri-

la lecture,

il

embrasse

ne commence ou ne s’arrête

lui

dire

:

Hola! étudie, ou, c’est

bien, arrête-toi.

* ¥ ^ a Qu’il

prononce toujours, au commencement

sa lecture le monosyllabe sacré

en

lui le

mystère de

— AUM

la Trinité. Celui

qui ne

et à la

fm de

qui renferme le fait

pas oublie

ce qu’il apprend, aussi vite que les caractères tracés sur l’eau s’effacent.

* * «

la

Qu’il

prononce ce mystérieux monosyllabe, Invocation à

Trimourli, que

Véda,

la face

Brahma lui-même a exprimé de

l’essence

du

tournée vers l'Orient, pur de toute souillure, re-

tenant son haleine, et tenant dans ses mains une lige de l’herbe sainte

du cousa. * * *

«

Le brahmatchary ne doit jamais causer

le

moindre cha-

grin au gourou qui s’est imposé le devoir de l’élever, et de lui faire connaître la sainte écriture.

père et une mère.

Il

doit le vénérer

comme un


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

48 Il

n’est pas indiqué clans l’Agrouchada-Parikchaï

matchari eût

le droit

législateur ne

lequel tion

donne

représente

il

mystique des

tion, ni plus ni

a

ici

à ce

la triade

lui

mot que religieuse

trois lettres,

moins que

concède Manou, mais l’antique sens vulgaire dans

le ;

quant à

secrète

le livre

des

pitris.

trois

lettres,

védique est comprise, doit être gardée

la triade

comme un

la significa-

défend d’en donner l’explica-

il

La sainte syllabe primitive composée de

dans laquelle

le brali-

de se servir de l’invocation du mysté-

Aum, que

rieux monosyllabe

que

autre triple véda, etc...

Manou, L'ous ne parlerons

ici,

liv.

XI, sZoca 26o.

ni des cérémonies de mariage du

brahmatchari, ni de ses funérailles, quand

il

vient à décéder

bornes restreintes d’un volume ne

pendant son noviciat;

les

nous permettraient

nous étendre sur ces matières qu’aux

dépens des points

der

les plus intéressants

de notre sujet.

Les pratiques véritables des sciences occultes ne

commen-

cent qu’aux deuxième et troisième degré d’initiation, et ce

sont ces états surtout qu’il nous importe de connaître, ciat et la

première classe

d’initiation n’étant

le

novi-

qu’une prépara-

tion aux degrés supérieurs. Qu’il

nous

suffise

de dire que

les fêtes

de mariage et

les

cé-

rémonies funéraires sont toujours accompagnées de l’évocation des mânes des ancêtres et des quels elles ne sauraient avoir

*

pitris,

lieu.

sans

la

présence des-

-


s

LA DOCTRINE DES PITRIS

CHAPITIIE DU PREMIER DEGRÉ

ABLUTIONS.

PRIÈRES.

49

V.

d’ INITIATION.

CÉRÉMONIES.

— ÉVOCATION.

Traduit de l’Agrouchada-Parikchai.

Par son mariage, le brahmatchari quitte

cependant entrer dans

vices, sans

de famille

initiés

la

classe des

ou chefs

celle des grihasta

du premier degré.

Il

faut

pour cela

tiné à perpétuer leur race

;

2° qu’il ait

1° qu’il

:

acquitté la dette des ancêtres par la naissance d’un

ait

no-

fils

des-

été jugé digne, sur le

rapport de son gourou, de franchir ce premier pas.

Dès

qu’il est

admis,

il

peut rester simple grihasta ou, à titre

de pourolîita, être attaché au service d’une pagode

ou

l’autre état,

il

commence

à faire partie de

la

;

dans l’un

grande fa-

mille sacerdotale, et pendant vingt ans tous les actes de sa vie

de chaque jour, vont être employés à préparer son esprit et son corps, par la méditation, les prières, les sacrifices, les ablutions et

les

soins de

propreté les plus minutieux, à

transformation supérieure à laquelle Voici, d’après le Nittia-Carma,

chada-Parikchai que

il

prétend parvenir.

première partie de l’Agrou-

nous avons déjà

cité,

quelles sont les

innombrables cérémonies de purifications corporelles ^

tuelles qui lui sont imposées, et

cune sans

les pénalités les plus

la

dont

il

et spiri-

ne peut négliger au-

sévères. 4

/


LE SPIUITISME DANS LE MONDE.

50

Nous conservons

les divisions

adoptées dans l’ouvrage ori-

ginal.

Proœmium. Que

«

avant

le

le

naUe tous

grihasta quitte sa

lever

du

soleil, et,

matins une heure

les

qu’en quittant son

lit,

sa

première

parole soit une invocation à Vischnou.

Qo’il s’adresse ensuite à la

«

trois est

dise

grande essence dont

le

nombre

contenu dans un, ainsi qu’aux esprits supérieurs,

et

:

Brahma

!

Vischnou

!

Siva

î

Et vous, génies supérieurs des sept planètes, faites paraître le jour.

+

Le second nom sous lequel «

ris

il

a

qu’il

>(

prononcer

doit

est celui

accompli son noviciat. Qu’il dise

du gourou

;

0 saint gourou, je vous offre mes adorations, je vous chécomme un esprit supérieur qui a déjà quitté ce monde.

C’est par vos sages leçons

que

j’ai

pu

éviter le mal.

* * * « Qu’il prie l’Être

dise cc

suprême de descendre dans son cœur,

et

:

Voilà

que Brahma

e»t

en moi,

je vais jouir

d’un bonheur

parfait.

¥

«

Qu’il s’adresse à Vischnou, et dise

«

Dieu, qui êtes le plus pur des esprits, le principe de tou-

tes choses, le maître c’est

du monde,

le

par vos ordres que je quitte

affronter les écueils de ce

monde.

:

fécondateur de

ma

la

nature,

couche, et que je vais


LA DOCTRINE DES PITRIS.

51

* * * <c

Qu’il

médite ensuite sur tout ce

faire

doit

qu’il

dans

la

journée, aux bonnes œuvres et aux actions méritoires qu’il -doit accomplir.

* «

Qu’il se souvienne que,

pour être agréables aux dieux, ses

actions doivent être accomplies avec ferveur et piété, et

non

avec négligence ou par manière d’acquit. ^ «

Décidé à bien remplir tous ses devoirs, qu’il récite tout

haut les mille « •

noms de

Vischnou...

L’Agroucbada donne en entier ces espèces de

Vischnou, qui sont en réalité composées de mille

commentent

ainsi

litanies

noms

;

de

elles

;

Salut à Vischnou. Salut à Hary.

Salut à Narayana.

Salut à Covinda. Salut à Kechva, etc...

Le lecteur nous saura gré de supprimer

le surplus).

PREMIÈRE PARTIE. Règles des ablutions. «

Prenant à

la

main un vase de cuivre,

ses besoins naturels à au

meure, dans un

moins un

lieu isolé...

qu’il se

de flèche de sa de-

jet

(Nous ne voulons rien enlever de

ces singuliers préceptes d’hygiène, qui ont

chez tous

dans

«

le

les

rende pour

Ne

anciens peuples de l’Orient.

Deutéronome^ 23, chap. 12

et

13

:

leurs, similaires

lisons-nous pas

Habehis locum ex-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

52

quem

ira castra ad

paxillum in baltco; cumque egesta

huma

Dans

«

le

ad requisita naturæ, gerens

egrediaris

sederis, fodies per

circuüum,'

et

operies).

choix d’un lieu convenable,

qu’il évite l'enceinte

d’un temple, les rives d’une rivière, d’un étang, d’un puits, d’un chemin fréquenté et d’un bois sacré.

Qu’il n’ait

«

pas sur

lui les toiles

pures qui doivent servir à

le vêtir.

¥

^

reille

«

suspende

Qu’il

c(

le triple

cordon, signe de sa dignité, à l’o-

gauche.

Qu’il s’arrête

vu, et que tout la^pensée ni à

le

la

dans un

temps

lieu

qu’il

il

est sûr

y restera,

il

de ne pas être

n’ait présent, ni

vue, les dieux, les pitris, les

mânes des an-

cêtres, le soleil, la lune, les sept planètes, le feu,

un temple, une statue de

la divinité,

à

un brahme,

une femme.

¥ ^ «

Qu’il

garde un profond silence. \

ne mâche rien et n'aie aucun fardeau sur

la tête.

«

Qu’il

«

Qu’il s’éloigne ensuite, et, après s’être lavé les pieds et

les

mains avec

l’eau qu’il a apportée

qu’il s’en aille sur les

dans

le

vase de cuivre,

bords d’une rivière ou d’un étang, pour

accomplir l’ablution des parties secrètes.

'


LA DOCTRliNE DES PIÏRIS.

53

*

Qu’arrivé sur les bords de

«

veut se purifier,

peu de sable

la rivière

un endroit convenable,

choisisse

qu’il

fin qu’il doit

ou de l’étang, où et

il

un

employer, conjointement avec l’eau,

pour opérer sa purification. 4

4

y a plusieurs espèces de terres impures dont on ne peut se servir la terre soulevée par les fourmis, « Qu’il

sache

qu’il

:

dont on extrait

celle

terre glaise,

le sel, la

qui se

la terre

trouve sur un grand chemin, celle qui a servi à faire sive, la terre prise sous

ple,

dans un cimetière,

la

les-

un arbre, dans l’enceinte d’un temet celle qui se trouve près

des trous

creusés par les rats. Ÿ

* a

Qu’il choisisse

donc une

terre sablonneuse,

aucune espèce de détritus végétaux

et

menue,

et sans

animaux.

4 4

Muni de

terre convenable,

s’approchera de l’eau sans y entrer, et en puisera avec son vase de cuivre. S’il n’a pas de f

il

vase, qu’il fasse un trou dans le sable, sur le bord de la rivière.

*

a

Ayant pris une poignée de terre imbibée d’eau,

et lavera par trois fois la partie souillée, et

une

il

frottera

fois les autres

parties secrètes.

4 4 «

Puis, après s’être nettoyé et lavé à

grande eau,

il

se gar-


LE SPlUrnSME DANS LE MONDE. garisera la l^ouche avec de l’eau pure, et en avalera trois petites

«

gorgées en prononçant

Qu’il

pour se

se serve,

nom de Vischnou.

le

frotter les

branche de bois qu’on ne peut donga,

rengo'u, neradou,

cueillir

d’une petite

dents,

que sur

les

arbres ou-

visouga, outara, revanou, et sur

tous les arbustes laiteux ou épineux.

«

En coupant

la

branche

aux esprits des bois

qu’il adresse les paroles suivantes

:

Jf

if

«

une de ces

Esprits' des bois, je coupe

me

pour

frotter les dents.

petites branches

Accordez-moi par

l’acte

que je

vais faire, une longue vie, de la force, des honneurs, de l'esprit.

¥ «

Cette invocation terminée, qu’il

d’une palme, dont

il

taille

une baguette longue

amollira l’extrémité en forme de pinceau.

if

(c

Assis sur le bord de l’eau

l’Orient,

bois,

il

,

le

visage tourné du côté de

se frottera toutes les dents avec cette branche

et se gargarisera trois fois la

bouche avec de

de

l’eau

claire.

* « Il n’est

point permis de vaquer tous les jours à ce soin

de propreté, on doit s’en abstenir neuvième,

le

pleine lune.

onzième

et le

le

sixième,

le

huitième, le

quatorzième jour de nouvelle et de


LA DOCTRINE DES PITRIS.

5t5

Le mardi de chaque semaine, le jour où tombe la constellation sous laquelle on est venu au monde, le jour de la se«

maine

et le

quantième du mois qui correspondent à ceux de

la naissance.

«

,

Au temps des

éclipses,

de

la

conjonction des planètes,

des équinoxes, des solstices, et autres époques malheureuses. « Le jour anniversaire de la mort de son père ou de sa

mère,

que

et qu’il sache

tout ceci

est d’une

prohibition

absolue.

DEUXIÈME PARTIE. Règles d'ablutions générales. «

Que

le

hrahme en

se rendant près de la rivière ou de

l’étang des ablutions, parle pouvoir de l’invocation suivante,

change l’eau de cette Gange.

rivière

ou de cet étang en eau sacrée du

Invocation. a

O Gange, vous

êtes né

du sein de Brahma, de

vous

êtes descendu sur la tête de Siva et les pied4 de Vischnou, et

vous êtes tombé sur kvterre pour effacer mes,

les purifier

les

péchés des

de leurs souillures et leur procurer

heur. Vous êtes

la

mées qui vivent

ici-bas. J’ai confiance

ressource et

le

le

hombon-

soutien des créatures ani-

en vous, venez reprendre

vos eaux sacrées dans cette rivière où je vais faire mes ablutions, ainsi

a Qu’il

vous purifierez

mon

corps et

mon âme.

pense aux esprits qui président aux fleuves sacrés


LE SPllUTlSME DANS LE MONDE.

56

qui sont au

nombre de

sept

Gangea, Yamouna, Sindou, Goda very, Sarasvatty,.Nerbouda, Cavery. :

* * «

Entrant ensuite dans

«

le

eau, qu’il se dirige d’intention vers Gange, et s imagine qu il fait réellement ses ablutions dans 1

ce fleuve. *

Après

«

s’être bien baigné,

prenant trois

soleil, et

devra se retourner vers

il

le

de l’eau dans ses mains, il fera l’oblation à cet astre, en laissant l’eau s’écouler

trais fois

fois

goutte à goutte par l’extrémité des doigts.

« Il sort ensuite

de

l’eau, se ceint les reins

en met une autre sur ses épaules, vers l’Orient, en plaçant près de

d’une

toile

pure,

et s’assied le visage tourné

lui

son vase de cuivre

rem-

d’eau.

pli

«

Il

se frotte le front avec de la poussière de sandal et y

trace la

marque rouge appelée

Tiloky, selon l’usage de sa caste.

¥

* «

Qu’il

suspende alors à son cou

trois guirlandes

de couleurs différentes, préparées par et termine,

en

grains rouges

f

Puis

neur de

il

se suspendant au cou

les soins

fleurs,

de sa femme,

un chapelet

fait

avec

les

nommés Boudrakchas.

pensera à Vischnou, et boira

l’eau

de

que contient son vase,

libations au soleil, en répandant

et

trois fois

en son hon-

de nouveau fera

un peu d’eau sur

trois

la terre.


LA DOCTRINE DES PITRIS.

57

* * * «

Il

même

fera la

en l’honneur de

libation

mourti, Brahma-Yischnou-Siva

Yama,

Indra, Agny,

et

,

la céleste

Tri-

supérieurs,

des esprits

Varouna, Vahivou, Couvera,

Neiritia,

Isania.

¥ ^ «

A

l’air,

à l’éther, à la lerre^, au fluide pur Agaza, prin-

cipe universel de force et de vie, et à tous les pitris et

des ancêtres, en prononçant les

noms de

mânes

tous ceux qui se pré-

sentent à sa mémoire. *

«

Qu’il se lève alors, et offre son adoration à Vischnou, en

récitant en son

honneur

les prières qui lui sont le

plus agréa-

bles.

¥ ^ t

«

Tournant trois

fois

lentement sur lui-même

,

qu’il

pro-

noms de la divine Trinité. Puis prononçant lentement les trois noms contenus dans le mystérieux monosyllabe, Brahma- Vischnou-Si va, qu’il tourne sur lui-même neuf fois en prononçant chaque nom. nonce neuf

«

fois

à chaque tour les

En prononçant

voix basse,

qu’il

le

mystérieux monosyllabe lui-même, à

tourne rapidement sur lui-même neuf

et récite l’invocation suivante

au

soleil

fois,

:

Invocation. a

O

soleil

!

vous êtes l’œil de Brahma à notre lever,

de Vischnou à midi, et celui de Siva

le soir,

vous êtes

l’œil

le dia-


A LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

58

mant de

l’infini, la

témoin de loules

pierre précieuse de

du jour,

le

actions qui se passent dans l’univers.

les

Votre chaleur féconde

la

nature, vous êtes

temps, vous réglez les jours, les

l’air, le roi

les nuits, les

la

mesure du

semaines, les mois,

années, les cycles, les calpas, les youyas, les saisons, le

temps des ablutions

et

de

la

prière.

des neuf planètes, vous purifiez toutes

vous dissipez

les ténèbres partout

Vous êtes

le

les souillures

seigneur

du globe,

où vous vous montrez. Dans

l’espace de soixante gahdias, vous parcourez sur votre char la

grande montagne du nord qui a quatre-vingt-dix millions cents yodjomas

comme

vous

d’étendue. Je

offre

mon

six

adoration,

à l’esprit supérieur qui veille sur notre monde. I

« il

En l’honneur de

l’astre tutélaire et

tourne ensuite sur lui-même douze

de

l’esprit qui l’anime,

fois

vingt-quatre

fois,

et si ses forces le lui permettent, vingt-quatre fois quarante-

huit fois

* ^ * «

C’est ainsi qu’il assouplit son corps,

et se prépare

aux évocations mystérieuses.

vers l’arbre Assouata brage,

il

lui

augmente ses

,

et

Il

forces,

se dirige ensuite

après s’être reposé sous son

adresse cette invocation

om-

:

Invocation. «

Arbre Assouata, vous êtes

l’image et

le

1.

Tous

•demeures.

et vos

branches Siva

;

c’est

doute l’origine des Bonzes et derviches tourneurs. Brahraes en plantent autour de leurs temples et de leurs

est sans les

des forêts, vous êtes

symbole des dieux. Vos racines représentent

Brahma, votre tronc Vischnou,

2.

le roi


..

LA DOCTRINE DES PITRIS. que vous représentez

ainsi

la

39

ïrimourti. Tous ceux qui vous

honorent dans ce monde en vous faisant

la

cérémonie de

en tournant autour de vous, en célébrant vos

l’imitation,

louanges, obtiennent la connaissance des choses en ce monde, et

une forme supérieure dans

tourne alors autour de l’arbre, sept, quatorze, vingt

II

(c

l’autre.

une, vingt-huit, trente-cinq

fois, et plus,

e*"

jusqu’à épuisement

de ses forces, en augmentant toujours de sept

le

nombre de

ses tours

* ^

Quand

K

il

est reposé, qu’il se livre

pendant quelque temps

à des méditations pieuses, puisse revête de toiles pures,

après avoir cueilli quelques offrir

la

en

sacrifice

fleurs qu’il

emporte pour

aux esprits domestiques,

qu’il

et les

retourne à

maison, avec son vase plein d’eau.

*

TROISIÈME PARTIE.

Des actes après

De

a

retour chez

lui, le

les

brahme

au feu, et peut ensuite vaquer à ses

(c

A

ablutions.

Grihasta

fait le

sacrifice

affaires.

midi, après avoir donné ses ordres pour son repas,

doit retourner à la rivière

pour y

faire

une seconde

il

fois le

sandia, et en récitant les prières qui seront données ci-après

au

rituel

* <

Puis

il

revient chez

lui,

jf

et doit

occuper tous ses soins à


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

60

se conserver pur en évitant de toucher ou de marcher sur rién qui soit susceptible de le souiller.

^

¥ « S’il touchait

une personne d’une caste

inférieure,

pied sur un détritus végétal ou animal

tait le

veux, des ossements,

recommencer

,

ou met-

sur des che-

devrait retourner à la rivière pour y ses ablutions. il

^ * «

Il

doit être dans

sacrifice

du

aux

un

état

Pitris- Esprits,

complet de pureté pour

qu’il doit

offrir le

accomplir à cet instant

jour.

* *

^ «

Après s’être préparé à cette importante cérémonie,

entre avec recueillement, dans

la

chambre de

qu’il

sa maison qui

doit être réservée aux esprits domestiques qu’il a l’habitude

d’évoquer, et qu’il se livre aux cérémonies préparatoires de

Pévoc^ion.

De révocation du premier degré. «

Après avoir

fait l’obscurité, qu’il

dépose dans cette partie

de l’appartement un vase plein d’eau, une lampe, de sière

de sandal, du

riz bouilli et

la

pous-

de l’encens.

* 4 «

En

4

faisant claquer ses doigts

devant

lui-même,

qu’il trace

lui ont été

enseignés par

le

la

ensemble

et,

tournant sur

porte les cercles magiques qui

Gourou supérieur

,

pour en inter-

dire l’accès aux esprits mauvais, et enfermer dans ces cercles

ceux qui auraient déjà pénétré dans

le

sanctuaire des Pitris.

-


LA DOCTRINE DES PITRIS.

Qu’avec de

«

la terre,

sur ces matières, '

et

il

se

de

«

Il

se

l’air

comprime par

un corps

sien,

à l’esprit qu’il veut

sacriüce.

le

prononçant seize

ment

trois insufflations

compose un nouveau corps à lui-même,

forme avec une partie du

évoquer pour

du feu et

l’eau,

61

alors la narine droite 'avec le

fois le

la

monosyllabe Djom

narine gauche

,

il

I

pouce en

et aspirant forte-

désagrège peu à peu

les

particules dont son corps est formé.

* jf-

«

Avec

le

pouce et l’index

prononçant six le feu

fois le

mot

Rom

se presse les

I 11

deux narines en

cesse de respirer et appelle

à son aide pour disperser son corps.

¥ c

il

II

prononce trente-deux

* ¥ fois le

mot Lom!

et

son

âme

s’échappe de son corps, et son corps disparaît, et l’àme de l’esprit

«

évoqué vient animer

le

nouveau corps quhl a préparé.

Son âme rentre aloçs dans son corps, dont

subtiles se sont agrégées

les

parties

de nouveau, après avoir formé un

corps aérien à l’esprit qu’il a invoqué.

«

Prononçant

trois fois

syllabe

magique Djom,

lampe,

et jetant

le

qu’il

mot sacré Aum,

impose

les

et

neuf

fois la

mains au-dessus de

une pincée d’encens sur

la

la

flamme ^qu’il dise

;


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

62

if.

«

Sublime

à qui j’ai

Pitri, illustre

formé un corps

du mien, êtes-vous venez assister aux

pénitent narada que

subtil

évoqué et

avec les particules essentielles

dans

là? Paraissez

que

sacrifices

j’ai

j’offre

la

fumée de

l’encens,*

aux mânes des ancê-

tres.

* ¥ Ÿ «

Lorsqu’il a reçu une réponse convenable et que le corps

aérien de l’esprit évoqué s’est montré dans la fumée de l’en-

cens, qu’il procède aux ablutions et aux sacrifices selon

mode

le

prescrit.

* ^ «

Le

sacrifice offert, qu’il

converse avec

les

âmes des an-

cêtres et s’entretienne avec elles des mystères de VÉtre et des

transformations de Y impérissable. * * «

Puis ayant éteint sa lampe, qu’il assiste, dans

et l’obscurité, à

la

le silence

conversation des esprits entre eux et aux

manifestations par lesquelles

ils

révèlent leur présence.

*

«

Puis rallumant sa lampe, qu’il rende

la liberté

aux esprits

mauvais enfermés dans les cercles magiques et quitte l’asile des Pitris. Il lui est permis alors d’aller prendre son repas. * k ^ a

rise

Dès

qu’il est

douze

fois la

terminé, qu’il se lave les mains, se garga-

bouche

et

mange neuf feuilles de

s’assurer une facile digestion.

basilic

pour


LA DOCTRINE DES PITRIS.

«

Il

doit distribuer

du bétel

et des

ea

noix d’arec aux pau-

vres qu’il a invités à sa table, et après les avoir congédiés, livre,

pendant quelque temps, à

Sa lecture terminée,

«

bétel, d’aller à ses affaires et

prenne bien garde, pendant

de

les

de sa vie publique,

la

femme

d’autrui.

retournera à la rivière pour y cérémonies d’ablution que le matin.

couchant,

soleil

accomplir

amis, mais qu’il

visiter ses

* + ¥

»

Au

permis de prendre du

les instants

de ne jamais désirer lesbiens ou

est

se

des livres sacrés.

la lecture

lui

il

il

mêmes

il

* ¥ «

*

Lorsqu’il rentre à la maison,

il

l’oblation au feu, et réciter les mille

doit faire de

nouveau

noms du Hary-Smarana

ou litanies de Vischnou. Y ^

rende alors au temple pour y écouter les leçons que donne aux Grihaslas et aux Pourohitas (initiés du premier a

Qu’il se

degré)

le

Gourou supérieur. .

* *

« Qu’il n’y entre jamais les

présent,

soit

de

l’huile

pour

mains vides, la

lampe,

il

soit

doit porter

en

des cocos, des

bananes, du camphre, de l’encens, du sandal, dont se com-

posent les sacrificesj bétel.

s’il

est pauvre,

qu’il

donne un peu de


LE SPllUTISME DANS LE MONDE.

64

«

Avant d’enlrer dans

temple, qu’il en fasse trois

le

fois le

tour, et fasse, devant la porte, le Schaktanga ou prosternation

des

six

membres. ¥ ^

«

Après avoir écouté

les leçons, et assisté,

membres de son

des pitris avec les autres

aux évocations

ordre, qu’il fasse

ses dévotions et rentre chez lui en évitant toute souillure, pour

prendre

le

repas du soir, après lequel

il

devra immédiatement

se coucher.

et

Qu’il ne passe jamais la nuit dans le lieu consacré

esprits, et qu’en

voyage

couche sous

se garde d’établir sa

il

rombrage d’un arbre, dans une

aux

terre labourée et humide, dans

couverts de cendres ou aux abords des cimetières.

les lieux

» «

En

se couchant, qu’il

ses adorations à la divine

offre

Trimourti et récite l’invocation aux esprits, appelée kalassa, qui est agréable à Siva.

Kalassa! «

Que

dent; l’esprit Bichava oreilles;

me

Bahirava

l’esprit

Préta-Bahava

front;

le le

préserve

les

les

mains; Chanta

organes de

la

Yama

le

la

les

;

Bouta-Carma

;

les

épaules

les

;

Kala-

Kétrica le ventre; Pattou

Katrapala les côtés chevilles, et

Que le des hommes, me

corps tout entier.

vie des dieux et

immense,

poitrine

génération

bouche; Chidda-pattou

l’esprit

de tout acci-

visage; Bouta-Carta les cuisses; les

esprits Datys, doués d’une force

pamy

la tète

;

l’esprit

Kebraya la supérieur

feu, qui est l’essence de la

garantisse de tout

mal en


LA DOCTRINE DES PITRIS. quelque

lieu

que

je

me

Que

trouve.

les

65

femmes de ces

mes vaches, mes chevaux

veillent sur ^les enfants,

esprits et

mes

éléphants;

Que Vischnou veille sur mon pays; Que le Dieu qui voit tout, veille sur ma famille, veille sur toutes choses, et veille aussi sur moi lorsque je me trouverai dans des lieux qui ne sont sous

la

garde d'aucune divinité.

k

«

Qu’il

termine enfin par l’invocation à Brahma, seigneur

des créatures. ^

Invocation à Brahma. a

O Brahma!

quel est ce mystère qui se renouvelle chaque

nuit, après les labeurs

de

la

journée, quand chacun est de

retour des champs, que les troupeaux sont rentrés et que le

repas du soir est terminé?

«

Voici

que chacun se couche sur sa

ferment, que

le

natte,

que

les

yeux se

corps tout entier s’anéantit, et que l’âme

s’échappe pour aller converser avec les âmes des ancêtres. ^

¥ « Veille

se repose,

sur elle, ô elle s’en

Brahma, lorsque délaissant va

flotter sur les

le

corps qui

eaux, errer dans l’im-

mensité des cieux ou qu’elle pénètre dans les sombres et mystérieux réduits des vallées et des grands bois de l'Hymavat.

*

«

O Brahma

Dieu de

la

I

Dieu tout-puissant qui commandes aux orages,

lumière et des ténèbres,

fais

que

mon âme, 5

dans


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

•CÔ

celte course vagabonde,

animer

mon

corps et

me

n’oublie pas sur le malin de revenir

rapporter au souvenir dô

toi.

* * «

Qu’il s’étende sur sa natte et s’endorme, les esprits bien-

faisants veillent sur son repos. {A grouchada Parikchai)


LA DOCTRINE DES DITRIS.

CHAPITRE Dü PREMIER DEGRÉ (

,

Suite.

«7

VI.

d'iNITIATION.

)

\

SANDIAS DU MATIN, DE MIDI ET DU SOIR. Traduit de l’Agrouchada-Parikcliai.

Lorsque dix années se sont écoulées dans d’initiation, et qu’il reste

courir,

degré d’initiation

,

et pourohitas

de nombreuses prières doivent être ajou-

;

du matin, de midi

Parvenu à cette période de sa 5

il

deviennent sannyas-

c’est-à-dire parviennent au deuxième

tées aux cérémonies d’ablutions

plus

premier degré

encore un pareil laps de temps à par-

pour que grihastas

et vanaprasthas

sis

le

vie,

l’initié

et

du

soir.

ne s’appartient

passe presque tout son temps en prières, en jeûnes,

en mortifications de toutes sortes, une partie de ses nuits est consacrée dans

le

la direction des

gourous supérieurs

fois

temple à des cérémonies d’évocation, sous

par jour après

cultes sont mises

le

coucher du

j

il

soleil

ne mange plus qu’une ;

toutes les forces oc-

en œuvre pour modifier son organisation

physiologique et donner une direction spéciale à ses forces.

Peu de brahmes arrivent à

la

deuxième classe

mystérieux et terribles phénomènes

qu’il

d’initiés, les

faut produire exi-

geant la mise en jeu de forces surnaturelles dont un petit

nombre seulement parvient à s’emparer.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

6S

La plupart desbrahmes ne dépassent donc jamais

la

classe

des grihaslas et des pourohitas. Nous verrons cependant,

quand nous en aurons terminé avec

les prières

et formules

extérieures destinées à assouplir Tintelligence par tion quolidienne des

mêmes

actes

;

et

la répéti-

que nous aborderons

l’étude des manifestations et des

phénomènes, que ces

du premier degré s’attribuent

possèdent en apparence, des

facultés développées

à

et

initiés

un degré qui n’a jamais été égalé en

Europe.

Quant à ceux de tégorie,

ils

la

seconde, et surtout de

la

troisième ca-

ont la prétention de ne plus connaître ni

ni l’espace, et

de commander à

la

temps,

le

vie et à la mort.

Voici ces prières qui, dans la seconde période de dix années

du premier degré

d’initiation,

viennent s’ajouter à toutes les

cérémonies et invocations déjà imposées,

comme

les

d’une discipline intellectuelle destinés à empêcher que

actes

le sujet

ne reste un seul instant sous l’influence de ses propres pensées. Les invocations qui vont suivre se rencontrent avec de

fai-

bles variantes dans tous les dialectes de l’Inde, et sont reven-

diquées également par

du

sont,

reste,

les différentes sectes religieuses. Elles

conformes au

rite

du Yadjour-Véda.

Sandia du matin. Après dix ans

«

s’il

et

pendant dix ans que

le

brabme

S8 sent la force d’atteindre l’impérissable., récite

du matin

tions

les prières suivantes,

grihasta,

aux ablu-

en les ajoutant à celles

déjà ordonnées.

f

Qu’il

vante

commence

tous ses exercices par l’invocation sui-

:

Apavitraha., pavilraha sarva vastam

Gatopiva yasmaret pounkarikakchani

Sabahiabhiam tara souchihy.


LA DOCTRINE DES PITRIS. L’homme

69

qui est pur ou qui est impur, ou qui se trouve

dans une situation périlleuse, quelle qu’elle

voquer celui qui a

yeux couleur du

les

pour être pur au dedans a Qu’il continue

et

lotus

soit,

n a qu’à in-

— lys

d’étang

au dehors, et être sauvé.

par l’invocation à

l’eau.

Invocation à Veau. «

Eau consacrée par

les

cinq parfums et

la prière,

tu es

pure, que tu proviennes de la mer, des fleuves, des étangs ou

des puits; purifie

mon

corps de toute souillure. *

a Ainsi

qu’un voyageur fatigué par

la

chaleur trouve du

soulagement à l’ombre d’un arbre, ainsi puissé-je trouver en toi,

eau sacrée,

le

soulagement de mes maux et

la purification

de mes péchés.

Eau consacrée, tu es l’essence du sacrifice, le germe de vie, c’est dans ton sein que sont éclos tous les germes, que «

la

se sont formés tous les êtres.

«

Je t’invoque avec la

fant qui, à la

même

confiance que celle d’un en-

vue de quelque danger, va se jeter dans

d’une mère qui

le

chérit tendrement. Purifie-moi de

tes et purifie tous les

hommes avec

les bras

mes fau-

moi.

^

Eau consacrée dans le temps du pralaya-chao, Brahma, la sagesse suprême, Swayambhouva, l’être existant par ses seules forces, existait sous ta forme. Tu étais confondue en lui. «

* «

Tout à coup

il

parut sur les vagues immenses qui sillon-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

70

liaient l’infini, et

il

créa une forme pour se révéler, et sépara

d’avec les eaux qui, réunies en un seul lien, formèrent vaste océan.

la terre le

*

L’Être irrévélé, Brahma, qui se reposait dans

«

l’éther

immense,

tira

de sa propre substance

trois visages, qui créa le ciel et la terre,

la

l’air

vague de

le

trimourti aux et les

mondes

inférieurs.

* * * «

En terminant,

qu’il

répande sur sa

tête,

avec trois tiges de

l’herbe sacrée darba, quelques gouttes d’eau.

«

Celui qui

le

matin adresse cette invocation à

l’eau et qui

se pénètre bien de son sens mystique^ parvient à

éminent de

«

un degré

sainteté.

Joignant ensuite les mains, qu’il dise

a j’exécute tout ceci

pour conserver

:

la dignité

O

a

Vischnou,

de Grihasta.

»

* « Qu’il

et inférieurs,

aux es-

aux esprits du feu, du vent, du

soleil, et

songe aux mondes supérieurs

prits qui les habitent,

à tous les esprits de la terre.

¥ «

Portant ensuite la main sur sa tête, qu’il rappelle à son

souvenir tous les

comprimant ces termes

noms de Brahma,

et

fermant

les narines, qu’il fasse l’évocation

les

Brahma, descendez sur ma

et se

de ce Dieu en

:

« Venez,.

yeux

poitrine

!

,


LA DOCTRINE DES PITRIS.

« Qu’il

point

se représente alors ce Dieu

eu de

sciences,

commencement

comme

le

suprême comme n’ayant

comme

,

7{

possédant toutes les

gourou, éternel principe de toutes choses. * -¥^

J».

Et qu’il dise

«

:

Salut

Brahma

du

tout ce qui existe, de l’eau, l'espace et de l’infini, je

vous

Qu’il

du

feu,

de

mes

offre

de l’Éther, de

l’air,

adorations.

k

•k

<x

vous qui êtes l’essence de

!

évoque alors Vischnou

le représente,

et se

sortant

sein des eaux, au milieu d’une fleur de lotus. ¥•

a Qu’il

évoque Siva en disant

formez tout ce qui qu’il

if

if

existe,

:

Vous qui détruisez

et trans-

détruisez et transformez tout ce

y a d’impur en moi. if

«

Le grihasta adresse

alors au soleil la prière suivante

:

* if

if

Imocation au a

Soleil,

soleil,

votre feu purifie tout, vous êtes l’esprit de la

prière, purifiez-moi de toutes les fautes

que

j’ai

commises en

priant et en sacrifiant, de toutes celles que j’ai commises la nuit par pensée, par parole et par action, de toutes celles j’ai

commises, contre

mon

que

prochain, par des calomnies, des

faux témoignages ou en désirant

la

femme

d’autrui, en

man-

geant des aliments prohibés, ou aux heures défendues, ou par

des communications avec des lures enfin

que

j’ai

pu

hommes

contracter,, soit

vils,

de toutes les

de jour,

soit

souil-

de nuit-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

72

« Soleil

reçoivent

le

!

les

feu est né de vous,

et c’est

de vous que

les esprits

particules subtiles qui concourent à leur former

un corps aérien.

« Qu’il

trace alors autour de lui les cercles magiques qui in-

terdisent l’approche des mauvais esprits.

a

blématique de

la

nature dans

s’exprime en ces termes

« Illustre

me

— figure emindoue, —

Puis s’adressant à l’immortelle déesse Nari la

mythologie

qu’il

:

mes hommages,

déesse, je vous adresse

faites

que,

dépouillant bientôt de celle enveloppe périssable, je puisse

m’élever jusqu’aux sphères supérieures. * (t

Plaçant alors ses deux mains au-dessus de son vase de

cuivre plein d’eau,

il

évoque

sage des temps passés,

le

le

fils

de Kasiappa ou tout autre

conviant à venir entendre les louan-

ges qu’il adresse à Nari, et à les réciter avec

lui.

*

«

Et l’esprit ayant paru,

qu’il récite à

suivantes en l’honneur de la

mère

haute voix

les paroles

universelle.

¥ ^

Invocation à Nari. «

Divine épouse de celui qui se meut sur les eaux, préser-

vez-moi

le

jour, préservez-moi la nuit.


LA DOCTRINE DES PITRIS.

73

«

Vous

êtes cTiine nature spirituelle.

«

Vous

êtes la lumière par excellence.

«

Vous n’êtes pas sujette aux passions des hommes.

«

Vous êtes éternelle.

«

Vous êtes toute puissante,

a

Vous êtes

la

pureté

«

Vous êtes

le

refuge des

a

Vous êtes

leur salut.

«

Vous êtes

le

«

Vous êtes l’essence de

même. hommes,

savoir, l’écriture sacrée.

votre incessante fécondation que

« C’est }>ar

l’univers se

soutient. «

Vous êtes

la figure

a

Vous êtes

la prière.

« C’est

de l’évocation,

à vous que tous les sacrifices doivent être adressés.

«

Vous êtes

«

Tout est entre vos mains

la

dispensatrice de tous les biens. :

joie douleur, crainte,

rance. «

Vous êtes présente dans

«

Vous avez

a

Le nombre

les trois

mondes.

trois figures, trois fait votre essence. '

« Nari,

vierge immortelle.

Brahmy, mère universelle. Hyranya, matrice d’or.

«

Paramatma, âme de tous

<

Sakty, reine de l’univers.

«

Lakmy, lumière

«

Mariama, fécondité perpétuelle.

«

Agasa, fluide pur.

«

Ahancara, conscience suprême.

«

Conya^ chaste vierge.

«

les êtres.

céleste.

espé-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

74 «

Tanmalra, réunion des cinq éléments

:

l’air, le feu, l’eau,

la terre, l’éther. «

Trigana, vertu, richesse, amour.

«

Canyabâva, virginité éternelle. *

^ a Qu’il fasse le

serment de réciter au moins

trois fois

par

jour cette sublime invocation, source de toute vie et de toute transformation.

»

Sandia de Midi. «

mêmes

Qu’il répète les

prières après les ablutions de

midi et qu’il fasse l’évocation des esprits par l’eau.

Sandia de Minuit. «

Après avoir

offert le sacrifice

fumée" de l’encens les esprits de «

Esprits des eaux.

« Esprits des bois. «

Esprits des chemins déserts.

«

Esprits des carrefours.

(t

Esprits des plaines de sable.

« Esprits

des jungles.

«

Esprits des montagnes.

«

Esprits des lieux funéraires.

«

Esprits de la mer.

«

Esprits du vent.

«

Esprits des tempêtes.

«

Esprits destructeurs,

«

Esprits tendeurs de pièges.

«

Esprits des déserts salés.

« Esprits

de

l’Orient.

au

feu, qu’il

la nuit,,

évoque dans

en leur disant

:

la


.

LA DOCTRINE DES PITRIS. «

Esprits

du Couchant.

«

Esprits

du Nord.

« Esprits « -

7J

du Sud.

Esprits des ténèbres.

« Esprits

des gouffres sans fonds.

«

Esprits du ciel

«

Esprits de la terre.

«

Esprits des enfers.

«

Venez

tous, écoutez,

souvenez-vous de ces paroles. *

«

Protégez les voyageurs, les caravanes, tous les

hommes

qui travaillent, qui souffrent, qui prient, qui se reposent, tous

ceux qui, dans

le silence

des nuits, portent les morts au bû-

cher, ceux qui parcourent les déserts, les bois, la

mer im-

mense.

« Esprits

!

venez tous, écoutez

roles et protégez tous les

!

souvenez -vous de ces pa-

hommes. (Agrouchada-Parikchai).


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

76

CHAPITRE

Yll. *

DU DEUXIÈME DEGRÉ

d’iNITIATION.

Après avoir passé vingt ans de sa gré,

macérant son corps par

le

toute nature, assouplissant son

vie

dans

jeûne et

le

premier de-

les privations

intelligence

par

de

les prières,

les invocations et les sacrifices, l’initié est définitivement placé

dans une des Grihasta.

trois catégories suivantes

Il

jours, vit dans le

qu’on

lui

:

reste chef de famille jusqu’à la fin de ses

monde, vaque à

ses affaires, et de tout ce

a enseigné, ne conserve que le pouvoir d'évocation

des esprits domestiques, c’est-à-dire appartenant à son arbre généalogique, avec lesquels le

il

a

le droit

de communiquer dans

sanctuaire qu’il doit leur réserver dans sa maison.

Pourohüa.

Il

devient prêtre du culte vulgaire, assiste à

toutes les cérémonies,

à toutes les fêtes de famille, dans les

temples et dans les demeures particulières. exclusif tous

les

11

a dans son rôle

phénomènes de possession.

C’est le

grand

exorciste des pagodes.

Fakir.

Il

devient charmeur, et à partir de ce

moment

tout son temps devra être employé à concentrer dans des phé-

nomènes produits en public,

les manifestations

des puissances

occultes.

Grihastas,Pourohitas, Fakirs, n’atteindront jamais

degré

d’initiation.

Leurs études sont terminées,

et

le

second

à part

les


LA DOCTRINE DES PITRIS. communication constante avec

fakirs qui sont en

77

les initiés

supérieurs, pour augmenter sans cesse leur puissance

tique et fluidique,

ils

magné-

n’assistent plus dans l’intérieur des tem-

ples à renseignement des mystères.

Un

petit

gués dans

nombre seulement, parmi ceux les

études du premier degré,

qui se sont distin-

franchit les terribles

barrières de l’initiation supérieure du deuxième, et arrive à la dignité de sannyassi

Le sannyassi ne si

de loin en

lorsqu’il

loin

s’agit

il

— cénobite. vit

plus que dans

le

temple, c’est à peine

apparaît dans les occasions solennelles, et

de frapper l’imagination de

la foule

par des

phénomènes d’un ordre supérieur. L’Agroucbada-Parikchai est muet sur traînement qui

lui

est appliquée, les

la

méthode d’en-

formules de prières

et

d’évocation ne furent jamais écrites, et s’enseignaient à voix

basse dans les cryptes souterraines des pagodes.

Nous ne pourrons donc étudier que pour dont ture.

le

le

second degré

d’initiation

phénomènes reproduits par les sannyassis, et deuxième livre de l’Agrouchada donne la nomenclales


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

78

CHAPITRE

VllI.

Dü TROISIÈME DEGRÉ dTnITIATION.

Ce

n’est qu’après

une nouvelle période de temps de vingt

années, passées dans l’étude des sciences et des manifestations occultes,

que

sannyassi

le

cénobite nu, ainsi

devenait sannyassi-Nirvany, ou

nommé parce

vêtement, ce qui indiquait

qu’il

qu’il

ne devait plus porter de

avait rejeté jusqu’aux der-

niers liens qui le rattachaient à la terre. Le livre des pitris ou esprits, qui

nous guide dans ces recherches, ne contient sur

les

mystérieuses occupations auxquelles se livrent les sannyassis-

Nirvanys ou

initiés

du troisième degré, aucune explication

accessible au profane. Le chapitre consacré à ce sujet, se borne à inscrire dans

dont

il

deux

triangles, les

mots magiques suivants,

est impossible d’obtenir l’explication des

Brahmes.

L’OM

SHO’RHIM

L’RHOM-SH’HRUM

RAMAYA-NAMAHA

Mais nous pourrons étudier

doctrines philosophiques sur Dieu et

mènes accomplis par

les

suprême dans ses l’homme. Les phéno-

l’initiation

nirvanys ne sont pas relatés au livre

des esprits.

Ce que des conversations particulières avec des Pourohitas ont pu nous révéler sur les agissements secrets de leurs supérieurs, se réduit à fort

peu de chose.


LA DOCTRINE DES PITRIS. Il

paraît qu’ils vivent dans

un

79

état continuel d’extase et

contemplation, se privant de sommeil

le

de

plus qu’ils peuvent,

et ne prenant un peu de nourriture qu’une fois tous les sept jours, après le coucher

On ne

du

soleil.

les voit jamais, ni

aux abords, ni

même

dans

l’inté-

rieur des temples, excepté pour la grande fête quinquennale

du feu. Ce

jour-là,

ils

apparaissent au milieu de

la nuit,

sur

une

estrade dressée au centre de l’étang sacré, semblables à des spectres, et par leurs conjurations

ils

illuminent l’espace. Une

colonne de lumière semble s’élever autour d’eux, de

la terre

jusqu’aux deux.

Des bruits inconnus traversent

alors les airs, et cinq à six

cents mille Indous accourus de tous les points de l’Inde pour

contempler ces demi-dieux, se jettent à plat ventre dans poussière, en invoquant les âmes des ancêtres.

la


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

80

CHAPITRE

IX.

DU GRAND CONSEIL DES

Nous nous bornons

à

donner

INITIÉS.

les versets

de l’Agrouchada-

Parikchai, qui traite de ce conseil suprême.

Que soixante-dix brahmes ayant dépassé soixante-dix ans, soient élus parmi les nirvanys, pour veiller à ce que la loi du «

Lotus (sciences occultes) ne puisse jamais être révélée au vulgaire, et qu’aucun adepte indigne ne puisse souiller les classes saintes des initiés.

* + Y «

Nul ne doit être choisi,

vertus dans lesquelles

le

s’il

n’a pratiqué toute sa vie les dix

divin

Manou

fait

consister le de-

voir.

— l'action de rendre bien 'pour mal — tempérance — probité — pureté — chasteté — connaissance de Sainte-Écrirépression des sens — culte de vérité — de l’Ame suprême — ture — La résignation

«

la

la

la

la

la

la

la

le

celle

tinence de la

le

le

la colère, telles

la

l’abs-

sont les règles qui doivent diriger

conduite d’un véritable nirvany. *

c(

Qu’il se soumette, celui qui est appelé h diriger les autres,

à tous les préceptes des livres saints.


LA DOGTRIxNE DES PITRIS.

81

* Y

ne désire point

a Qu’il

la

morl^

qü’il

ne désire pas

la vie

;

ainsi qu’un moissonneur qui, le soir venu, attend péniblement

son salaire soit

à la

porte du maître, qu’il attende que

le

moment

venu. * * *

« Qu’il purifie

ses pas en regardant

purifie l’eau qu’il doit boire afin

Qu’il

met

le pied, qu’il

la

mort à aucun

la vérité, qu’il purifie

son

vertu.

¥ «

il

de ne donner

animal, qu’il purifie ses paroles par

âme parla

¥

supporte avec patience sans jamais les rendre

mauvaises paroles,

les injures et les

coups

;

qu’il se

les

garde sur-

tout de conserver de la rancune à qui que ce soit au sujet de

ce misérable corps.

«

de

Méditant sur les délices de l’âme suprême, n’ayant besoin

rien, inaccessible à tout désir des sens, sans autre société

que son âme

et la

pensée de Dieu,

qu’il vive ici-bas

dans

l’at-

tente constante de la béatitude éternelle.

* « Qu’il

ne se rende jamais dans

grihastas et pourohitas (initiés

les lieux

fréquentés par les

du premier degré), qui n’ont pas

encore entièrement renoncé au monde. * ^ «

1.

Qu’il fuie toutes les réunions,

Manou.

même

celles

n’assistent


LE SPllUTlSME DANS LE MONDE.

82

que des l)rahmes, rendre dans

qu’il se garde, sur

les lieux

où l’on

lait

son salul éternel, de se

battre des oiseaux et des

chiens.

^

Y

Un

«

plat

beille de

Manou;

de bois, une gourde,

bambou, il

tels

et

une cor-

sont les ustensiles purs autorisés par

ne doit rien conserver en métal précieux. ¥

¥ «

un pot de terre

Qu’il réfléchisse

que V Esprit

vital, en sortant

du Grand

Tout subit dix mille millions de transformations avant de revêtir la

0

forme humaine.

maux

Qu’il observe quels sont les

incalculables qui résul-

tent de l’iniquité, et les grandes joies qui naissent de la pratique de la vertu.

¥ ¥ «

Qu’il porte sans cesse son esprit sur les perfections et

l’essence indivisible

Paramâtma

la

grande âme,

qui est

présente dans tous les corps, aussi bien dans les plus bas que

dans

les plus élevés.

*

«

Qu’il sache, bien qu’un

atome

est la représentation exacte

du grand Tout. ¥ ¥ «

Que

le

nirvany expie ses fautes par

le

recueillement,

la

méditation, la répression de tout désir sensiiel, les austérités opméritoires, qu’il détruise en lui toutes les imperfections

posées à

la

nature divine.


LA DOCTRINE DES PITRIS. Telle est

la

règle de conduite imposée aux sannyassis-nir~

vanys qui aspirent seil

possède

empêcher

la

à faire partie

du conseil suprême. Ce con-

pouvoirs disciplinaires

les

Tout

les plus élendiis,

pour

divulgation des mystères de l’initiation.

Voici les peines terribles. qu’il

«

83

quelque degré

initié à

est enjoint d’appliquer:

lui

qu’il

appartienne, qui révèle

grande formule sacrée doit être mis à mort.

la

k

«

Tout

du troisième degré, qui révèle avant

initié

voulu aux

initiés

du second degré,

le

temps

les vérités'supérieures, doit

être mis à mort.

* * *

((

Tout

initiés

initié

du second degré, qui agit de

même

avec

les

du premier degré, est déclaré impur pendant sept ans,

et cette période de

temps écoulée,

est rejeté

dans

la classe

inférieur (le premier degré).

.

((

Tout

initiation,

initié

du premier degré, qui

aux membres des autres castes pour qui

doit être

un

qu’on

a coupé la langue et les

lui

livre les secrets

livre fermé, doit être privé

buse pas de ce

qu’il a appris,

il

de

la

la science

vue, et après

deux mains, afin

est chassé

de son

qu’il

du temple

et

n’a-

de sa

caste.

* «

Tout

homme

des trois castes inférieures, qui parvient à

s’introduire dans les asiles secrets, et à surprendre les for-

mules des évocations, doit être

livré

au feu.


fÆ SPIRITISME DANS LE MONDE.

84

*

,

«

Si c’est

une femme vierge, qu’elle

temple et consacrée an culte du

soit

enfermée dans

le

feu.

(Agrouchada-Parikchai.)

En

outre de ses attributions

comme

tribunal d’initiation,

^e

conseil des .anciens avait aussi la charge d’administrer lesbiens

de

la

pagode, de pourvoir aux besoins de tous les membres

des trois classes, qui vivaient entièrement en communauté, et

de diriger dans leurs pérégrinations,

les Fakirs

chargés des

manifestations extérieures du pouvoir occulte.

Le brahmatma dont être pris

que dans son

l’élection

sein.

lui

appartenait, ne pouvait


LA DOCTRINE DES PITRIS.

CHAPITRE

85

X.

DU CHOIX DU BRAHMATMA.

Nous avons peu de chose

à ajouter à ce

que nous avons

déjà dit de ce chef religieux.

ne pouvait être choisi que parmi

Il

les

rares initiés ayant

vœu de chasteté, membres du conseil supérieur. On comprendra le danger d’un pareil vœu quand on

fait

que tout brahme qui débutait dans

l’initiation

en

le

saura

pronon-

çanC devait forcément atteindre à la dignité de Yoguy, s’il ne voulait recommencer sur la terre une série de transmigrations nouvelles. N’ayant pas payé la dette des ancêtres^ par la nais-

sance d’un officier

fils

qui pût continuer la chaîne généalogique et

à ses funérailles,

il

était obligé

de revenir après sa

mort sous une nouvelle enveloppe humaine, pour accomplir ce suprême devoir. Les Yoguys^ ou membres du conseil des soixante-dix, en raison du degré de sainteté auquels

ils

étaient parvenus, n’a-

vaient pas à subir de nouvelles transmigrations sur la terre; ils

ou

pouvaient donc, indifféremment avoir été chefs de famille, s’être conservés aussi chastes

que

les novices.

Mais eu

nombre de ceux qui étaient admis, dans' cet espèce de sanhédrin, le brahme qui en terminant son noviégard au

ciat,

petit

prononçait

le

vœa

des Esprits, s’exposait à

terrible,

ainsi

que

recommencer une

l’appelle le livre série d’existences


LE SPllUTISME DANS LE MONDE.

86

Monade première,

nouvelles, de la

de mousse, à l’homme, qui la

plus parfaite de Si

l’état

à peine ans,

présumé de

nommé,

lable, faire la

pagode, qu’on

lui

l’expression

choisi

que

lui

que parmi

n’est

les

pas à cause

vœu, car

procurait ce

qu’ayant atteint l’âge de quatre-vingts

que

preuve de

être

chasteté, ce

sainteté

et quoi

moment,

le

vitale.

vœu de

fait

devait, pour

il

pour

brahmatma ne pouvait

le

yoguys ayant de

forme

la

est]

qui vient animer le fétu

comme va-

l’élection fut considérée

virilité

avec une des jeunes vierges de

donnait pour épouse.

Les enfants mâles qui venaient à naître de cette union, étaient .déposés sur une claie d’osier que l’on livrait au

cou-

rant d’un fleuve

em-

porté dans

le

;

si

temple, où

comme un initié du memtrams

tous les

l’eau le rapportait au rivage, il

;

était

considéré

était d’orres et déjà

troisième degré secrets,

il

dès laplus tendre enfance,

— formules d’évocations —

,

étaient livrées. Si au contraire le berceau suivait le cours

parmi

fleuve, l’enfant était rejeté

aux gens de cette caste qui

les parias, et

on

lui

du

le livrait

l’élevaient.

Nous n’avons pas pu découvrir les motifs de coutume. En étudiant ces antiques usages et

cette singulière les

comparant

aux mœurs des castes sacerdotales de l’Égypte, qui ont tant

de rapports avec celles des temples de Tlnde, nous nous

sommes souvent posé à nos lecteurs

Est-ce que

comme de le

serait pas le ûls et n’aurait-il flots

du

les questions suivantes,

simples hypothèses.

chef.de

la

révolution hébraïque. Moïse, ne

du grand pontife

de> l’Égypte, chef des initiés,

pas été rapporté dans

le

temple, parce que les

Nil l’avaient repoussé sur le rivage ?

Aaron son

frère, rejeté au contraire

dans

n’aurait-il point subi ce sort, parce qu’exposé

fleuve,

Ne

que nous livrons

il

aurait dérivé au

fil

la caste servile,

de

même

de l’eau sans atteindre

sur le

la rive?...

pourrait- on pas voir dans l'amitié des deux frères éclai-


LA DOCTRINE DES PITRIS. rés plus tard sur leur origine

sèrent Moïse à quitter tie,

la

pour se mettre à

entraîner dans

commune,

87

les motifs qui

caste sacerdotale dont

la

faisait

il

par-

tête des esclaves égyptiens, et les

désert, à la recherche de cette

le

pous-

mise, que tous les parias, tous les

ilotes, tous

terre pro-

les déshérités,

ont toujours entrevue dans leur rêve, pensant y trouver la paix, le soleil et la liberté.... 11

n’y a

Qui

là,

.sait

nous

si

inaugurées par

les'

la

le

répétons, qu’une hypothèse

sciences ethnographiques,

seconde moitié de ce

plus tard une vérité?...

siècle,

si

!

brillamment

n’en feront pas^


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

88

CHAPITRE

XI.

LES YOGUYS.

Avant d’étudier

fond

le

même

de

la

doctrine des pitris, et

d’examiner lés manifestations extérieures, à

l’aide desquelles

Indous tentent de prouver l’existence des puissances occultes, il nous reste à dire quelques mots des Yoguys. les

La

condition de yoguy à laquelle parvient

sième degré,

membre du

du commerce charnel sublime vie, plus

le

de mérite que le

un

livre des Esprits,

procure à ses adeptes pendant

qu’il

du troi-

conseil des anciens, qui s’est abstenu

est dit

,

l’initié

commun

des

la

état si

durée de leur

hommes ne

en acquérir, pendant dix millions de générations

et

pourrait

de transmi-

grations nouvelles.

Le yoguy

est autant

le plus élevé,

« Il

que

supérieur à tous

les initiés

les esprits sont supérieurs

ne faut pas,

dit

de Tordre

aux hommes.

TAgrouchada-Parikchai

,

qu’un

mou-

vement de dépit ou un enthousiasme passager, suggère à un

brahme

la

détermination de prononcer

Sa vocation doit être fléchi,

et avoir

le résultat

le

vœu de

d’un examen

chasteté.

mûrement

ré-

pour mobile, non l’ambition de s’élever aux

hautes dignités, mais

le

dégoût du monde et de ses jouis-

sances, et un désir ardent d’arriver à la perfection. « Il doit se sentir

capable d’un absolu détachement de tous


LA DOCTRINE DES PITRIS. biens terrestres.

les

moindre

nourrissait encore dans son

S’il

pour ces biens, que

velléité

89

cœur

hommes

les autres

la

re-

cherchent avec tant d’empressement, ce serait assez pour perdre tout

faire

de sa pénitence.

le fruit

lui

»

brahmatchary qui vient de terminer son noviciat, a bien réfléchi au parti qu’il veut prendre, il se rend Lors donc que

le

à l’assemblée des initiés, fait connaître sa résolution et sup-

de procéder dans

plie les anciens

rémonies d’usage, à

la

les

réception

formes, et avec les cé-

vœux

des

solennels qu’il

veut prononcer.

Au

jour indiqué

pour cet acte important,

purifie d’abord par des ablutions.

de

toile,

propre à couvrir

le

candidat

se munit de

Il

se

dix pièces

quatre de ces pièces

les épaules,

sont destinées à son usage personnel, les six autres doivent

données en présent aux pourohitas

être

Le

gûJiroLi

en chef qui préside à

la

olTiciants.

cérémonie,

lui

un bâton de bambou possédant sept nœuds, des de sandal

lotus, et de la poussière l’oreille certains

mentrams

,

cV évocation

et lui

remet

fleurs

communique

de à

qui font partie de sa

nouvelle condition.

Ce bâton la

n’est point destiné à l’aider

baguette magique de

la

dans sa marche,

c’est

divination et des phénomènes oc-

cultes.

(On songe involontairement à

la

d’Élisée, et de tous les prophètes,

à sept

nœuds des faunes, des

La cérémonie terminée,

verge de Moïse , d’Araon,

au bâton augurai, au bâton

sylvains et des cyniques.)

yoguy prend en main son bâton magique, une calebasse pour boire, une peau de gazelle «

qui

lui

servira de

lit,

objets qui doivent

bien, et qu’il

ne quitte jamais

stoïques), et

il

tions

s’en va

magiques que

le

le

(c’est

en récitant

composer

tout

son

Vomnia mecum porto des les

formules de conjura-

gourou supérieur vient de

lui

enseigner.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

90

En outre des est

soumis

ablutions, cérdmonies et prières auxquelles

comme

tous les

initiés,

aux prescriptions suivantes

Chaque matin, après

((

le

:

ses ablutions,

corps avec des cendres, les autres

que

il

doit se frotter tout

initiés

christianisme a conservé

le front (le

ne s’en frottent

souvenir symboli-

le

que de cette cérémonie, liomo pulvis

es, etc...).

ne doit manger chaque

le

« Il

que

après

jour;,

coucher du

quantité de riz qui peut tenir dans le creux de

la

il

doit encore se soumettre

il

la

soleil,

main.

renonce à l’usage du bétel.

« Il

faut qu’il

« Il

doit éviter la

compagnie des femmes,

et éviter

même de

les regarder.

Une

«

« Il ((

Il

fois

par mois,

ne doit vivre que d’aumône.

ait droit

il

et sans

dit l’ouvrage

de demander l’aumône,

reçoive sans faim,

se fera raser la tête et le visage.

ne peut porter que des sandales de bois.

Quoiqu’un yoguy,

«

il

demander

la

:

est plus

exposer ses besoins. Si on il

le

cier; si on ne lui

lui

lui

donne

rien,

donne

est

il

ne se plaindra pas non plus,

de mauvais goût.

«

se bâtira

la facilité

En voyage,

rien dire

se retirera sans se fâcher ni

il

ne s’assiéra point pour manger.

pour

monde, sans

donne quelque chose de

« Il Il

qu’il la

recevra d’un air indifférent et sans remer-

témoigner du mécontentement; ce qu’on

convenable

en conséquence, lorsqu’il aura

se présentera chez des gens du

bonne volonté,

si

il

qui nous sert de guide,

un ermitage auprès d’une

rivière ou d’un étang

de ses ablutions. >il

ne séjournera nulle part et ne fera que tra-

verser les lieux habités. « Il

regardera tous

au-dessus de tous

les

les

hommes du même

événements,

et verra

œil,

avec

il

se mettra

la

plus par-


LA DOCTRINE DES PITRIS. faite

et

indiûerence les diverses révolutions qui agitent

bouleversent «

91

les

le

monde

empires.

Son unique soin sera d’acquérir

l’esprit

de sagesse

et le

degré de

spiritualité qui doivent finalement le réunir à la divi-

nité, loin

de laquelle

sent,

Pour arriver

les créatures et les

à cette fin,

il

doit exercer

sur ses sens, et subjuguer entièrement

vœu

un empire absolu

la colère, l’envie, l’uva-

mouvements déréglés de l’âme.sans

rice, la luxure et tous les

quoi son

passions nous repous-

et toutes ses mortifications

ne produiraient aucun

fruit. »

Chaque

se rend à la pagode, sans

yoguy

soir, le

son bâton magique, sa calebasse

et sa

abandonner

peau de gazelle, et les plus épaisses,

après avoir passé, dans les ténèbres

là,-

plu-

sieurs heures dans la contemplation, s’efforçant d’habituer son

âme à dans

déliasser son corps pour aller converser avec les pitris

les

espaces infinis,

il

termine sa nuit dans l’étude des

manifestations et conjurations que

lui

enseignent les gourous

supérieurs.

Lorsque, dans sa quatre-vingtième année, le hasard ou sa sainteté le désigne

aux suffrages des

prême de brahmatma,

il

initiés

pour

le

revient pour ainsi dire à

passe ses derniers jours dans

le

poste sula

vie

et

luxe le plus extravagant et

l’abus de toutes les jouissances.

Nous avons entendu dire par

les

brahmes, sans avoir pu

contrôler leurs assertions, que cette longue vie ascétique des

yoguys leur conservait souvent, jusqu’à lesse, toutes les facultés viriles

la

plus extrême vieil-

de l’âge mûr, et

qu’il n’était

pas rare de voir

les

siècle, et laisser

après eux une nombreuse postérité.

Nous en avons différentes

brahmatmas, dépasser de beaucoup leur

fini

avec ces notions très-sommaires, sur

classes d'initiés,

les

que nous avons été obligés de


,

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

92

donner pour l’aridité

de notre sujet principal

l’inLelligence

de quelques

ils

malgré

nous prions nos lecteurs de

détails,

suivre avec attention;

;

les

sont l’introduction nécessaire de ce

qui va suivre

Un mot encore sur les sept nœuds du bâton du yoguy. Le nombre septénaire est fatidique dans l’Inde. On peut juger de

la

profonde vénération que

grand nombre d’objets auxquels

ils

et

brahmes

les

lui

vouent par

de lieux marchant toujours par

le

sept,

attachent une puissance magique extraordinaire.

Sapta-Richis, les sept sages de l’Inde.

Sapta-Poura,

les sept cités célestes.

Sapta-Douipa, les sept

Sapta-Samudra, Sapta-Nady,

îles saintes.

les sept mers.

les sept fleuves sacrés.

Sapta-Parvatta, les sept montagnes saintes.

Sapta-Arania.

les sept désèrts sacrés.

Sapta-Vrukcha,

les sept arbres célestes.

Sapta-Coula, les sept castes. Sapta-Loca, les sept mondes supérieurs et inférieurs,

Suivant les brahmes,

le

nombre

etc...

sept renferme dans son

sens mystique une représentation allégorique du dieu irrévélé,

de

la triade initiale et

de

la triade

manifestée.

^

ZYAÜS, Dieu

irrévélé,

Germe immortel de

tout ce qui existe.

TRIADE INITIALE,

Nara

Nari

Viradj.

Zyaus ayant divisé son corps en deux parties mâle

et fe-

melle, Nara et Nari, produisit Viradj, le verbe, le créateur.

TRIADE MANIFESTÉE,

Brahma

Vischnou

Siva.


LA DOCTRINE DES PITRIS. La triade

purement

initiale

triade manifestée,

une

fois

créatrice

se

,

93

transforme en

Funivers sorti du chaos, pour créer

perpétuellement, conserver éternellement, et consumer sans cesse.

Rappelons

comme un signe indélébile

d’origine,

attachèrent également un sens mystérieux à ce

D’après

la Bible

que

les Juifs

nombre

sept.

:

Le monde a été créé en sept jours. Les terres doivent se reposer tous

les sept ans.

L’année du jubilé sabbatique, revient tous

les sept fois sept

ans.

Le grand sept

du temple, a sept branches, dont

lustre d’or

flambeaux représentent

les

les sept planètes.

Sept prêtres font résonner sept trompettes pendant

sept

jours autour de Jéricho, et les murailles de cette ville s’écroulent le septième

jour après que l’armée

Israélite

en eut

fait

sept fois4®»Lour.

Dans l’apocalypse de Jean, on trouve Les sept églises

:

;

Les sept chandeliers

;

Les sept étoiles; Les sept lampes

;

Les sept sceaux

;

Les sept anges; Les sept

fioles;

Les sept plaies. Ainsi le prophète Isaïe voulant donner une idée de l’éclat

de l’auréole qui environne Jéhovah

dit

:

Qu’elle est sept fois plus grande que la lumière

semblable à

la

soleil et

lumière de sept jours réunis.

Nous verrons bientôt combien sont renté qui unissent

de l’Inde.

du

la

étroits, les liens

kabale hébraïque, et

la

de pa-

doctrine des pitris


DEUXIEME PARTIE DOCTRINE PHILOSOPHIQUES DES INITIÉS DE l'iNDE

SUR LA CAUSE PREMIÈRE ET LE ROLE DES ESPRITS DANS LE MONDE


Pour les dix pradjâpatis (seigneurs des créatures) qui sont Marîtchi-AlriAugiras-Poulastya-Püulaha-Cralou-Pratchelas-Vasichta-Brigliou-Nârada. H n’y a ni commencement, ni fin, ni temps, ni espace, car il est procédant de l’essence unique de l’esprit un et du souffle unique. Ceci est un secret qui donne la mort; ferme ta bouche afin qu’il ne soit rien révélé au vulgaire; comprime ton cerveau afin que rien ne se répande au dehors... Agrouchada - Parikchai. (Le livre des esprits;.


LES DOCTRINES PHILOSOPIIKJDES DES INITIÉS DE LTNDE

CIIxVPITRE PREMIER.

DEGRÉ

DE

SAINTETÉ

AVAnT' de

AUQUEL DOIVENT la formule

recevoir

PARVENIR

SUPRÊME

LES

ET

INITIÉS

LE SECRET

QUI DONNE LA MORT.

.k

Délimitons bien, pour arriver à

dans cette exposition,

sible

la

plus grande clarté pos-

les attributs

des différentes classes

d’initiés. Il

résulte des études

Que les

initiés

que nous venons de

faire

:

du premier degré, étaient soumis à un

trai-

tement qui avait pour but de comprimer leur volonté et leur intelligence, et par des jeûnes, des macérations, des priva-

tions de toutes espèces,

des exercices violents dans

le

même

cercle, de changer pour ainsi dire la direction de leurs forces

physiologiques.

Cette classe de

brahmes, ne

s’élevait

au-dessus des manifestations extérieures de

la

jamais

puissance

occulte; 2°

Que

les initiés

du second degré ne faisaient qu’un pas de

plus dans la voie des évocations et des phénomènes, et tout en


LE SPIRITISME DANS LE MONDE,

100

résumant en eux l’expression

plus élevée de

la

puissance

la

manifestée, n’arrivaient pas à l’initiation philosophique; 3“

Ooe

seuls les initiés du troisième degré, sannyassis-nir-

vanys et yoguys, soulevaient

des formules qui ca-

voile

le

chaient les hautes spéculations métaphysiques.

Le principal -devoir de cette classe d’hommes à l’oubli complet des choses de ce

est d’arriver

monde.

Les sages de l’Inde, comparent

les

passions à ces nuages

épais qui, jusqu’à ce qu’ils se dissipent, dérobent soleil et

vue du

la

obscurcissent l’éclat de sa lumière; à un vent violent

qui en agitant la surface de l’eau, l’empêche de réfléchir les

splendeurs de

la

voûte céleste

qui les prive de liberté

à

;

la

;

à l’enveloppe des chrysalides

coque de certains

fruits qui

em-

pêche leurs parfums de se répandre au dehors. Cependant, ajoutent-ils,

la

chrysalide ronge son enveloppe,

s’ouvre un passage, et s’envole dans l’espace, conquérant la

lumière et Il

<(

la liberté.

en est de

même

corps, où

de l’âme,

l’Agrouchada. Sa prison

dit

le

et le

tumulte des passions, ne sera pas éternelle

la

longue suite de renaissances,

venant à s’allumer,

longtemps continuée de à

rompre

à

alors

la

enfin par la pratique

pénitence et de

la

contemplation,

les liens qui l’attachaient

quittant son corps qui la relient

prendra librement son essor-

et ira

premier principe dont

émanée.

Parvenu au troisième degré

s’unir

alors par les quatre étals suivants

:

la

avec

la

degré divi-

captive, elle

pour toujours au

»

d’initiation, le

perfectionner, se spiritualiser par

au monde,

ait atteint le

spiritualité qui doit l’identifier

elle est

après une

;

de sagesse qui est en

de vertu jusqu’à ce qu’elle

de sagesse et de nité;

l’étincelle

elle réussira

peu près tous

et redoublera

monde

tiennent séquestrée les embarras du

dans

elle

l’air,

brahme

contemplation

;

doit se

il

passe


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

101

1° Salokiam, 2°

Samipiam,

3° Soiiaroiipiam, 4°

Sayodjyam.

Salokiam par

signifie wîiifèrfe lien.

pensée, de s’élever jusqu’à

la

placer en face de

la Divinité, elle

précédée dans

l’ont

son corps sous

Dans cet

la

ments

comme

les

la céleste

l’âme s'efforce,

demeure,

converse avec

les

et

do se

pitris qui

espaces immortels, et elle se sert de

d’une machine inconsciente, pour transcrire

forme durable de l’écriture,

sublimes enseigne-

les

mânes des ancêtres.

qu’elle reçoit des

Samipiam

état,

signifie proximiié.

Par l’exercice de

contem-

la

plation et l’éloignement des objets terrestres, la connaissance et la

pensée de Dieu deviennent plus familières; l’âme semble

se rapprocher de lui, elle devient wî/ante et

commence

à en-

trevoirl^es merveilles qui ne sont plus de la terre.

ressemblance. Dans ce troisième état,

Souaroiipiam

l’âme acquiert peu à peu une parfaite ressemblance avec Divinité, et acquiert

dans l’avenir

une parcelle de tous ses attributs

et l’univers n’a plus

signifie identité.

à la grande

par

la

Ame.

de secrets pour

L’âme

;

elle

la lit

elle.

intimement

s’unit alors

Cette dernière transformation n’a lieu que

mort, c’est-à-dire

le

dégagement complet de tous

les

liens matériels.

L’ouvrage que nous analysons explique dans ces quatre états par

«

Si l’on

la

la

passage de l’âme

comparaison suivante

:

veut extraire d’une naasse composée de quatre

taux, l’or qui s’y trouve incorporé,

en

le

soumettant une seule

fois

on n’on viendra pas

à la fusion

sant passer à plusieurs reprises cet

;

à

mébout

ce n’est qu’en fai-

alliage par

la

coupelle,

qu’on divisera en définitive les parties hétérogènes qui le coin posent, et que l’or en sera départi dans toute sa pureté. »


LE SPIRITISME DAN^ LE MONDE.

102

Les deux modes de contemplation

en usage portent

les pins

noms de Sabda-Brahma et de Sabda-Vischnou, ou entretien avec Brahma et Vischnou.

les

C’est par le jeûne et les prières

dans

au milieu des bêtes fauves

jungleS;

qu’ils

— agasa — sur nirvanys — nus —

puissance du fluide pur torrents, que les

les

et les

forêts,

dans

les

dominent par

la

bords déserts des

yoguys

— contem-

— se préparent à ces méditations supérieures,

platifs

A

les

toutes les époques de grandes

dans

l’iiistoire

de

l’Inde, et lorsque la caste sacerdotale s’apprêtait à frapper

un

coup décisif pour

crises

faire rentrer les populations

dans

la

soumis-

sion et le devoir, on les a vus quitter leurs réduits dans les dé-

ou leurs sombres retraites de l’intérieur des temples,

serts,

pour venir prêcher aux masses l’obéissance Ils

et l’abnégation.

doux

arrivaient, entourés de tigres et de panthères, aussi

sous leurs mains que des agneaux, et accomplissaient les phé-

nomènes

les plus extraordinaires, faisant

pâlir la lumière

du

soleil,

déborder

les fleuves,

ou encore faisant inscrire par une

puissance inconnue, sur les murailles de leurs palais,

la

sen-

tence de condamnation des Bajahs persécuteurs des brahmes. L’étude des vérités philosophiques, ne supprime pas pour les contemplatifs les tapassas dirait,

ou macérations corporelles. On

au contraire, que ces derniers se sont appliqués à les

exagérer. Il

en est qui, une

fois

par semaine, se tiennent nus au cen-

tre d’un cercle entouré par quatre feux ardents, sans cesse ali-

mentés par

les novices.

D’autres se font enterrer jusqu’au cou dans le sable brûlant, laissant leur

crâne exposé à toutes les ardeurs du

soleil.

D’autres encore se tiennent debout sur un pied jusqu’à ce

que

la

jambe

enfle et se couvre d’ulcères.

Tout ce qui atteint le

le

corps, le ronge, tend à l’anéantir sans

supprimer d’une manière immédiate, est méritoire.


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

yoguys inlerrompent leurs exerleurs études pour aller méditer dans la campagne, au

Chaque cices et

103

soir nirvaiiys et

couchant.

soleil

Cependant ces macérations corporelles prirent, quelques siècles avant notre ère, un extraordinaire caractère de sauva-

Aux premiers

gerie.

temps à

tout leur

la

souffrance physique

contemplatifs de

donnaient

l’Inde, qui

médilalion et ne livraient leur corps à

qu’une

fois la

la

semaine, succédèrent des

fanatiques qui ne mirent plus de bornes à l’exagération d’un enUiousiasine, et s’imposèrent les plus atroces supplices.

fol

Les

initiés

supérieurs abandonnèrent alors, par une réac-

tion plus spiritualiste, tous les anciens tapassas

corporelles,

il

— punitions

ne s\appliquèrent plus à captiver l’admira-

tion populaire par des austérités excessives, contraires lois

de

vivre

;

une humilité profonde, un , ardent désir de

ii^nnus du monde, de

moin de s’ils

nature

la

la

aux

que

n’avoir

la divinité

pour

té-

pureté de leurs mœurs, s’emparèrent d’eux, et

conservèrent la pratique des jeûnes excessifs, ce fut peut-

être pour

ne pas se mettre en contradiction avec

les

préceptes

formels de l’Écriture sacrée.

Aujourd'hui, ce genre d’austérités est

posé à toutes les classes des

Par contre,

le

seul

qui soit im-

initiés.

peu à peu attribué tous les anexagérant encore, ils se les imposent

les fakirs se sont

ciens supplices, et en les

en public, aux jours de grandes

fêtes,

avec un indomptable

fanatisme.

Depuis tiés

la chute,

du pouvoir temporel des brahmes,

les

ini-

supérieurs ne sont plus, en résumé, que des cénobites

qui, soit dans le désert, soit

dans

les

temples, partagent leur vie entre

la

les sacrifices, l’étude

cryptes souterraines des

contemplation,

la prière,

des problèmes philosophiques les plus

élevés, et l’évocation des pitris, qu’ils considèrent

jiitermédiaires entre la divinité et les

hommes.

comme

les


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

104

Ces esprits, mânes des saints personnages qui ont abandonné le monde, après une vie de privations, de bonnes œuvres et d’illustres exemples, reçoivent un culte régulier et sont invoqués

encore par

comme

les liens

les directeurs

de leurs frères, retenus

de l’existence terrestre.

Les premiers chrétiens, avec leurs apparitions, leurs apôtres qui recevaient le

don des langues,

leurs thaumaturges,

leurs exorcistes, ne furent que les continuateurs d’une tradition qui

ne

s’est

jamais interrompue dans l’antiquité

aucune différence entre

les disciples

les initiés

de l’Inde, entre

tacombes

et les pitris des

les saints

de Pierre

et

;

il

n’y a

de Paul et

du christianisme des ca-

brahmes.

Plus tard, les chefs, dans l’intérêt de leur domination temporelle et religieuse, firent déroger la pratique et les croyan-

peu à peu le vieux culte de formes modernes que l’on connaît...

ces, et

l’antiquité

a

revêtu les

C’est seulement après avoir franchi les trois premiers des

quatre étals contemplatifs que nous venons de signaler, que les nyrvanisj et

yoguys étaient introduits aux suprêmes études

philosophiques, qui leur livraient les secrets du présent et de l’avenir des destinées humaines.

Lorsque

l’initié

du troisième degré, dépassait l’âge de quatre-

vingts ans, et qu’il ne faisait pas partie du conseil suprême,

dont

les

mort,

il

habitait,

membres était

restaient dans

tenu d’abandonner

de renoncer à toutes

la

les

nies, sacrifices et évocations, et

la

vie militante jusqu’à leur

pagode ou l’ermitage

qu’il

pratiques pieuses, cérémo-

de se retirer dans quelque

pour y attendre la mort il ne recevait plus sa nourriture que du hasard, il devait s’éteindre dans la contemlieu inhabité

;

plation de l’infini.

«

Se désistant alors de tous ses devoirs,

donnant

la direction

dit

Manou, aban-

des sacrifices et l’accomplissement des


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

105

cinq ablutions, ayant effacé toutes ses fautes par les purifications prescrites,

du Véda,

réprimé ses organes

qu’il s’en

nies et l’offrande

remette à son

et

fils

compris toute l’étendue

pour toutes

les

cérémo-

du repas funéraire. Y ¥

«

Après avoir

ainsi

abandonné toute pratique pieuse, tout

acte de dévotion austère, appliquant son esprit à la contemplation unique de la

mauvais, son

âme

grande cause première, exempt de tout désir est déjà sur le seuil

son enveloppe mortelle palpite encore, lueurs d’une lampe qui s’éteint.

»

du swarga, alors que

comme

les dernières


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

lOG

CHAPITRE

II.

DU GOUROU SUPÉRIEUR. LA DÉCADE SACRÉE.

Eu

atteignant au troisième degré d’initiation, les

brahmes

un gourou supérieur ou professeur

étaient divisés par dix, et

des sciences occultes, était placé à décades. Ce dernier était révéré

tête

de chacune de ces

comme un

dieu par ses dis-

la

ciples.

Voici le portrait que trace le Véclanla-Sara de ce person-

nage éminent

«

Le

:

vrai gourou, est

un

homme

les vertus est familière, qui,

élagué toutes

les

avec

branches, a

Tarbre du mal, et a

dissipé,-

à qui le

la

pratique de toutes

glaive.de

coupé toutes

avec

les

sagesse a

la

les

lumières de

racines de la

raison,

Tombre épaisse dont il s’enveloppe qui, quoique assis sur la montagne des passions, oppose à leurs atteintes un cœur aussi ;

dur que

le

diamant

;

qui se conduit avec dignité et indépen-

dance; qui a des entrailles de père pour tous ses disciples; qui

ne

fait

pour

aucune exception de ses amis

les

uns et pour

les

et

de ses ennemis, eba

autres une bienveillance égale; qui

voit l’or et les pierreries avec autant d’indifférence

morceaux de

fer et des tessons, sans f;ÿre plus

que des

de cas des uns


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

107

que des autres, qui mettons ses soins à écarter de l’ignorance dans lesquelles

Si

le reste

des

hommes

est

nous ne nous étions interdit formellement

ouvrage d’exposition destiné à

initier

ténèbres

les

,

simplement

plongé

dans cet le

aux doctrines et aux pratiques des sectateurs des rinde,- toute

rechercher fiers

de

la

les

morale

hiérophantes modernes, qu’ils

si

lecteur

pitris

de

cas

de

appréciation personnelle, ce serait le

si

»

.

intolérants,

si

prêchent, ont rien à opposer aux

préceptes qui découlent de ce passage d’un des plus vieux

ouvrages brahmaniques. Les gourous modernes connaissent

la

valeur de l’or et des pierreries, et quant à l’ignorance des

masses, on

sait

comment

ils

s’emploient à

la dissiper.

ISous allons parcourir, avec l’Agrouchada-Parikchai, le cours

entier de philosophie supérieure,

sous les ordres de son gourou.

que

la

décade sacrée suivait


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

108

CHAPITRE

III.

LE GOUROU.

DES ÉVOCATIONS.

De midi au coucher du les ordres

du maître de

la

chute du jour à minuit, des évocations, qui

soleil, la

science céleste

elle passait

dirigeait

la

décade sacrée

— philosophie —

sous

dans

la

restait sous

la

direction du

;

de

la

gourou

partie manifestée des

sciences occultes.

Le

livre

des esprits que nous possédons, est muet sur les

formules d’évocation enseignées

;

suivant certains brahmes les

peines les plus terribles, atteindraient l’audacieux qui oserait livrera un étranger à l’initiation,

chada qui

traite

le

troisième livre de i’Agrou-

de ces matières; suivant d’autres, ces for-

mules n’ont jamais été

écrites, elles étaient et seraient encore

livrées à voix basse à l’oreille des adeptes.

On prétend

aussi, sans qu’il

cette assertion,

que

nous

les évocations

ait été possible

de vérifier

magiques étaient conçues

dans une langue particulière,

et qu’il était

de mort, de

les dialectes vulgaires.

les traduire

dans

expressions que nous avons pu relever h’hom', sh'hrum; sho’r/um, sont en et

défendu sous peine

comme

effet

:

Les rares

Vrhom

;

des plus bizarres

ne paraissent pas appartenir à un idiome connu.

Le trait

livre des pitris

suivant

;

donne, du gourou des évocations,

le

por-


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. «

Le gourou des évocations,

est

un

homme

109

qui ne connaît

pas d’autre dieu que lui-même, puisqu’il a tous les dieux et tous les esprits à sa disposition (l’expression de dieux est prise

dans

ici

le

sens d’esprits supérieurs),

qu’à Zyaus, l’esprit type, universelle. les

A

le

passé,

il

le

n’offre ses adorations

germe primordial,

sa voix, les fleuves et les

montagnes deviennent des

tagnes,

il

dispose du feu, de

matrice

la

mers se dessèchent,

vallées, et les vallées des la

pluie, des orages, connaît le

présent, l’avenir, les astres lui obéissent, et,

de son bâton à sept nœuds,

il

monarmé

peut renfermer dans un seul

cercle magique tous les esprits mauvais de l’univers.

»

{Agrouchada-Parihchai).

Après l’examen des doctrines philosophiques des sectateurs nous ne pourrons étudier l’enseignement du gourou

des

pilris,

des

évocati<3Tϧ

en l’absence de tout document

déjà eu l’occasion de la

le

dire

— que par

— nous avons

les manifestations

de

puissance occulte, ou phénomènes extérieurs, que produi-

sent les nirvanys et les yoguys ses disciples.


IJO

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

CITAPITRE

IV.

DU SIGNE FRONTAL DES

INITIÉS.

D’après l’Agrouchada-Parikchai.

Chaque matin,

les initiés

du troisième degré

après avoir , terminé leurs ablutions, doivent,- avant de se rendre à la pagode pour y discourir sur les sciences occultes soss la direction des gourous, se tracer sur le front le signe ,

suivant,

symbole de

*

l’initiation supérieure.

S

Le cercle indique ces occultes.

l’inüni,

dont l’élude

fait i’objet

des scien-


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. La bordure de triangles soumis aux

lois

— —

Brahma.

Le germe.

que tout dans

Vischnou.

La matrice.

La

Le père.

La mère.

terre.

— —

nature est

— —

Si va.

Le produit. La plante. L’enfant.

un symbole de sagesse

est

la

la triade.

La graine.

Le serpent il

de

signifie

111

indique aussi que

le

et

de persévérance

;

vulgaire ne doit pas être admis à la

révélation des vérités supérieures qui conduisent les esprits faibles, à la folie et à la

mort.

Le bâton à sept nœuds, représente

les sept

degrés de puis-

sance d’évocation et de manifestations extérieures, que parcourent les

sons de

initiés

les différents états

que nous connais-

:

^—

Maître de maison.

Grihasta.

Pourohita. Fakir.

dans

Sannyassis.

Nirvanys.

Yoguys.

Prêtre des évocations vulgaires.

Charmeur.

— Exorcistes supérieurs. — Évocateurs nus.

Brahmatma.

Contemplatifs.

Chef suprême.


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

112

\

CHAPITIIE

V.

DE l’interprétation DES YÉDAS ET AUTRES OUVRAGES

DE l’Écriture sacrée.

Avant d’interroger sa doctrine,

il

le livre

nous paraît

des

utile

Pitris,

sur le fond

même

de placer en vedette, en

donnant l’importance d’un chapitre^

de lui

phrase pour ainsi dire

la

épigraphique, qui est gravée au poinçon sur

première des

la

lamelles de feuilles de palmier^ qui composent

la

seconde par-

de cet ouvrage.

tie

L’Écriture sacrée ne doit pas être prise dans son sens apparent,

comme

défense de

on ferait de paroles vulgaires, à quoi servirait

le

enfermé dans

même

révéler au profane, le

si le

secret des choses était

sens réel du langage habituel

«

De

a

Que l’amende est cachée par son enveloppe Que les nuages voilent le soleil

«

que l’âme

est

enfermé dans le corps

«

«

Et que

«

De même

;

le

germe la

loi

la

vue du corps;

sa

coque

sance de

;

se repose dans l’intérieur de la graine,

sacrée, a son corps, son enveloppe, ses

nuages, ses vêtements, sa coque, qui

a

;

;

Que les vêtements dérobent Que l’œuf est comprimé par

«

la

la

dérobent à

la

connais-

la foule.

Tout ce qui a

été, tout

ce qui est, tout ce qui sera, tout ce


DOCTRINE PIIILOSOPHIOUE.

113

qui a été dit, se trouve dans les védas. Mais les védas n’expli-

quent pas les védas, et la

main du gourou

ils

ne peuvent être compris, que quand

a dépouillés de leurs vêtements, a dis-

les

sipé les nuages qui voilent leur céleste lumière. «

La

mers,

il

comme

est

loi

ne

la perle précieuse enfouie

pas d’aller chercher

suffit

qui l’enferme,

l’écaille

faut savoir ouvrir cette écaille et s’emparer

au sein des

de

la

il

perle.

Vous qui, dans votre orgueil, cherchez à lire l’Écriture sacrée sans l’assistance du gourou, savez -vous seulement «

par quelle

d’un mot vous devez

lettre

connaissez-vous

le secret

commencer pour

la lire,

des combinaisons par deux et par

savez-vous quand la finale devient rmiiiale, et Vini-

trois,

tiale la filiale?

Malheur

«

avant, d’avoir

^sa

tête blanchir, et

marche

saire à sa

veut pénétrer

celui qui

à

qu’un bâton

la

nécessité de ne point

s’en tenir à la lettre des écritures sacrées

pellent les paroles suivantes,

comme un

« S’il

écrit

fallait

dans

initié

dans lesquelles Origène s’ex-

des temples anciens

la loi

à

la

manière des

que

c’est

Juifs et

législations

d’Athènes, de a

A

quel

premier,

le

:

du peuple,

humaines

,

est

je rougi-

Dieu qui nous a donné des

pareilles. Je trouverais alors plus les

de l’Inde, nous rap-

s’attacher à la lettre, et entendre ce qui

rais de dire tout haut

dans

soit néces-;-

»

Ces opinions de l’Agrouchada sur

prime

sens des choses,

le

lois

de grandeur et de raison

par exemple dans celles

Rome ou de Lacédémone...

homme

sensé, je vous prie, fera-t-on croire que le

second et

le

troisième jour de

la

création dans les-

quels cependant on distingue un soir et un matin ont pu exister sans soleil, sans lune et sans étoiles;

mier jour

il

n’y avait pas

même

de

que pendant

ciel ?

8

le

pre-


LE SPllUTlSME DANS LE MONDE.

114

«

trouvera- t-oii un esprit assez borné pour

admettre

comme un homme

de l’agri-

que Dieu

s’est

livré

à l’exercice

cullure, en plantant des arbres dans le jardin d’Eden situé vers

l’Orient;

que

de ces arbres

l’un

de

était celui

la

vie,

qu’un

autre pouvait donner la science du bien et du mal. Personne, je pense,

ne peut hésiter à regarder ces choses

comme

des

figures sous lesquelles se cachent des mystères. »

Les anciens kabbalistes

nous

le

dont

les

manière suivante

la

Malheur à l’homme qui ne voit dans

mait que cela, nous pourrions

une

loi

même

opinion de

la

:

récits et des paroles ordinaires, car si

aussi

doctrines, ainsi que

verrons, soutiennent les rapports les plus intimes avec

des temples de l’Inde, formulent

celles

« 1

juifs,

la loi

que de simples

en vérité elle ne renfer-

même

aujourd’hui composer

bien autrement digne d’admiration. Pour ne trou-

ver que de simples paroles, nous n’aurions qu’à nous adresser

aux législateurs de

la terre,

vent plus de grandeur. faire

une

loi

Il

chez lesquels on rencontre sou-

nous

suffirait

de

les imiter

et

de

d’après leurs paroles et à leur exemple. Mais

n’en est pas ainsi

:

chaque mot de

la

loi

il

renferme un sens

élevé et un mystère sublime. «

Les récits de

la loi

sont les vêtements de

qui prend ce vêtement pour la

sens que David a dit

que

je

contemple

:

«

Mon

loi

Dieu

les merveilles

de

la loi,

elle-même !

I

ouvre-moi

malheur à

C’est dans ce les

yeux, afin

ta loi.

David voulait parler de ce qui est caché sous le vêtement de la loi. 11 y a des insensés qui, apercevant un homme couvert, d’un beau vêtement, ne portent pas plus loin leurs regards et prennent ce vêtement pour le corps, tandis qufil reste une «

chose plus précieuse, qui est l’âme. La 1,

Traduction de A. Franck. La Kabbale.

loi aussi a

son corps.


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. commandements qu’on

y a des

11

pourrait appeler le corps de

Les récits ordinaires qui s’y mêlent sont

la loi.

115

vêtements

les

dont ce corps est couvert. Les simples ne prennent garde qu’aux vêtements et aux récits de

la loi, ils

ne connaissent pas

autre chose. Us ne voient pas ce qui est caché sous ce vête-

ment. Les hommes plus vêtement, mais au corps a

ne font pas attention au

instruits

qu’il

enveloppe.

Enfin les sages, les serviteurs du roi suprême, ceux qui

habitent les hauteurs du Sinaï, ne sont occupés que de l’ame,

qui est

dans

base de tout

la

les

temps futurs

le ils

reste, qui est la loi

seront préparés à contempler l’âme

de cette âme qui respire dans «

Si la

comme

ordinaires,

comme

la loi.

composée que de paroles

n’était

loi

elle-même, et

les

de

et

de Laban,

paroles d’Esaü, d’Agar,

furent prononcées par l’ânesse de Balaam,

celles "qui

et

par Balaam lui-même, pourquoi serait-elle appelée

de

vérité, la loi parfaite, le fidèle

quoi

«

récit

c’est la loi véritable.

Ainsi initiés

Les

,

Et celte

de

livre

la loi

le

en voilent corps,

initiés

le

le

comme

l’essence,

n’est clair et précis

philosophique, dès

d’exorcisme,

il

,

kabbalisles juifs et

même

langage

sens mystique, le

qu’il

la

:

comme

les

corps cache Pâme.

moelle

la

prétention

même du

Veda.

que dans sa partie cosmologique aborde les pratiques d’évocation et

retombe dans

combinaisons des

événements

supérieure est plus sainte,

des pilris que nous allons étudier, a

de dévoiler aux

les

les

»

des temples indous tiennent récits

il

loi

pères de l’église chrétienne

vêlements cachent

et

Pour-

l’or et les perles?

nous apprend autre chose que

qu’il paraît contenir;

Mais

?

la loi

Mais non, dans chaque mot se cache un sens plus élevé,

chaque

Le

témoignage de Dieu

sage l’estimerait-il plus précieuse que

le

récits

lettres

les

fopmules mystérieuses, dans

magiques

et occultes

dont

il

nous


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

116

a été impossible

de pénétrer

le secret,

en admettant

qu’il

réellement des secrets, dans ces formules d’évocation

y ait

compo-

sées de mots bizarres et inconnus.

Dans

les parties

nous conserverons nées

les leçons

que nous ne nous bornerons pas à analyser, la

forme dialoguée dans laquelle sont don-

du gourou supérieur.

En dehors de

la

croyance aux esprits

aux manifestations

et

surnaturelles, devant laquelle la raison de tous ne s’incline

point facilement, nos lecteurs vont voir que jamais morale plus pure n’est sortie de spéculations philosophiques plus élevées.

On comprendra,

en lisant ces pages, que c’est bien dans

l’Inde que l’antiquité tout entière allait puiser la science de la vie, et

initiés

qu’un lien étroit unit aux

initiés

des pagodes, ces

qui s’appelèrent Moïse, Socrate, Platon, Aristote, les

Esséniens et

les

apôtres du christianisme.

Les spiritualistes modernes n’ont rien ajouté aux conceptions métaphysiques des Bralimes. C’est tre

«

Cousin entrevoyait déjà lorsqu’il l.’hisloire

l’histoire

de

la

une

disait

vérité

que

l’illus-

:

philosophie de l’Inde est l’abrégé de

philosophique du Monde.

»


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

CHAPITRE

117

VI.

PSYCHOLOGIE DU LIVRE DES PITRIS.

Les leçons du gourou supérieur, à l’initié qui vient d’entrer dans le troisième degré de son ordre, débutent par les aphorismes suivants

:

La première de toutes

l’homme

c’est

nication avec la

l’âme la

le

,

les

sciences est celle de l’homme;

corps n’est qu’un

moyen de commu-

matière terrestre; l’étude de l’âme conduit à

connaissance de toutes les forces visibles et invisibles de

la

nature, à celle du grand Tout. Ceci posé, le vieil initié dévoile à ses auditeurs, dans un

langage majestueux et poétique, les mystères de l’âme. Nous regrettons de ne pas

dont

il

le

suivre dans tous les développements

accompagne sa doctrine, ce

nous ne pouvons donner que le

moi

phénomènes dont

elle

ment. L’âme ou

révélés à saints

l’homme par

est

une

la

réalité qui se manifeste

cette lumière

vie possèdent, et qui atteint

phénomènes sont

ces

;

par des

intérieure que les livres

conscience.

L’ahay-icara est un fait universel

c’est

substance de son enseigne-

est la cause

nomment ahancara,

livre n’y suflirait pas,

que tous

les êtres

doués de

un degré supérieur chez l’homme

par cette lumière souveraine que

le

Moi

est

;

éclairé et

qu’il se conduit.

En

passant, suivant l’expression du divin Manou, de

la


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

118

plante où

il

végète et semble sommeiller, dans

l’homme, Vahancara domine,

se

rend à l’ame sa

animaux

la

matière, la

dégage peu à peu de

commande, jusqu’à

lui

les

liberté et lui

la

et

transformation suprême qui

permet de continuer dans

l’inlini

ses évolutions progressives.

Débarrassée de ses liens la terre

vécu

elle a

grand Tout,

;

comme

et

elle

,

Tàme ne

désintéresse pas de

continue à être un rouage actif du

dit l'immortel législateur

Les esprits des ancêtres à

«

se

l’état invisible

:

accompagnent

brahraes invités au sraddha funéraire; sous une forme

les

aérienne,

ils les

suivent et prennent place à côté d’eux lors-

qu’ils s’asseyent. »

(Manou,

A mesure que

liv. III.)

l’âme se rapproche de sa dernière transfor-

mation, elle acquiert des facultés infinies, et arrive à n’avoir

pour gourou, que les

mondes

les pitris

supérieurs.

ou esprits qui

Au moyen du

l’ont

fluide

devancée dans

pur (agasa),

elle

entre en communication avec eux, reçoit leurs leçons, et, selon ses mérites, acquiert la faculté de faire

mouvoir

les forces

secrètes de la nature.

Après cet exposé,

le

gourou commence sa seconde leçon en

déclarant que par la logique seule on peut arriver à bien connaître l’âme et

La logique

le

corps.

l’ensemble des

est

lois

à l’aide desquelles,

en

dirigeant bien son esprit, on peut arriver à la connaissance parfaite

:

De l’âme; 3°

De De

Du jugement;

la

raison

;

l’intelligence;


119

DOCTRINE philosophique. 8°

De

raclivilé

9'"

De

la privation;

Du

10°

De 12° De 11°

;

des actions;

fruit la

peine;

la

souffrance;

De la délivrance; 14° De la transmigration ou metempsychose 15° Du corps

13°

;

;

16° Des organes delà sensation; 17° Des objets des sens.

Les divers modes employés par la logique pour arriver à la sont ensuite étudiés dans seize connaissance de la vérité ,

leçons dont voici les titres 1°

La preuve;

Ce

Le doute

Le motif

:

qu’il faut étudier et

scientifique

prouver, c’est-à-dire

la

cause,

;

;

5° L’exemple;

6° La vérité démontrée 7°

Le syllogisme

;

;

La démonstration par l’absurde;

La détermination de

10°

La thèse

11°

La controverse

l’objet

;

;

12° L’objection

;

;

13° Les arguments vicieux 14° La perversion

;

;

1S° La futilité; 16° La réfutation.

Il

est inutile de faire

remarquer combien

est considérable


LE SPllUTISiME DANS LE MONDE.

120

que

riiérilage

la

philosophie de

la

Grèce et de l’Europe

mo-

derne a reçu des Indous.

Nous

n’insisterons pas sur chacun de ces points dont l’énon-

cialialion seule

dont

ils

sulïit à

faire

comprendre

les

développements

sont capables, qu’il nous suffise de dire qu'ils sont

de main de maître par ces vieux philosophes des bords du Gange dont toute la vie s’écoulait dans ces spéculations

traités

élevées.

La preuve, en général, se 1°

Par perception;

Par induction

3° Par

fait

de quatre manières

:

;

comparaison

;

4° Par témoignage.

L’induction est à son tour divisée 1°

2° 3°

:

En antécédent qui sépare l’effet de la cause; En conséquent qui déduit la cause de l’elïet; En analogue qui conclut des semblables connus, aux

semblables inconnus.

Après avoir analysé l’âme

et le corps, les avoir passés

toutes leurs manifestations au creuset de

des

pitris,

par

la

la

bouche du gourou, dresse

logique, le livre la

liste

facultés et qualités.

Facultés de Vdme. 1° Sensibilité;

2° Intelligence; 3° Volonté.

Facultés de V intelligence. 1°

Gonscience (organe de perception interne);

2“ Sens (organe de perception externe) 3°

Mémoire;

4“ Imagination;

;

dans

de leurs


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

121

Raison (organe des notions absolues ou axiomes). Qualités 1®

La couleur

La saveur

vue)

(la

(le

goût)

du

corps.

;

;

3° L’odeur (l’odorat); 4“ Les sens

de

Le nombre

;

6° La quantité

;

du toucher;

l’ouïe et

7® L’individualité; 8®

La conjonction ;

9® La disjonction;

10® La priorité

;

11® La postériorité

;

12® La gravité ou pesanteur

;

13® La fluidité; 14°

La

15°

Le son.

viscidité;

Tout ce qui procède de l’âme, n’ayant rien de matériel,

aucune étude

tomber sous

si

les

approfondie qu^elle

le

but

final

ne pouvant

faire

sens les facultés qui émanent de Vahancara,

— lumière intérieure — que

soit,

de

la

promptement possible

et

de Vagasa

fluide

pur

il

s’en suit

science doit être de délivrer le plus l’esprit

des entraves matérielles, des

passions et de toutes les influences mauvaises qui s’opposent à ce qu’il gagne les sphères célestes, peuplées d’êtres aériens arrivés au terme de leurs transmigrations.

Le corps, au contraire, uniquement composé de molécules matérielles, se désagrège et retourne à la terre. Si

Tàme cependant

n’a pas été jugée digne de recevoir ce

corps fluidique dont parle Manou, elle est obligée de recom-

mencer une nouvelle

série

de transmigrations en ce monde,


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

122

jusqu’à ce qu’elle puisse atteindre le degré de perfection obligatoire, pour

On ne

abandonner à jamais

forme humaine.

la

saurait nier les extraordinaires aflinités de ce système

de philosophie avec ceux des anciens philosophes grecs,

notamment de Pythagore,

qui, après avoir

sychose, prétendait également que était

la

admis lamétemp-

de toute philosophie

fin

de débarrasser l’âme de son enveloppe mortelle

conduire- dans le

monde

et

des esprits. Malgré toutes

et

de

la

les tradi-

tions qui nous montrent lephilosophe .de Stagyre arrivant à l’Indus, à la suite d’Alexandre, et Pythagore voyageant dans l’Inde, et

anciens

du grec

en rapportant

il

système, que de tous

le

fut le seul à préconiser

;

certaines gens qui voient

partout, veulent à toute force faire initier l’Inde à la

philosophie par cette phrase

la

de

patrie de Socrate.

l’illustre

Nous leur répondrons par

Colebrook qui pendant trente ans a

étudié la question sous toutes ses faces, «

et

En

non

les sophistes

et

dans l’Inde:

philosophie, les Indous ont été les maîtres des Grecs

leurs disciples. »

Pythagore croyait aux esprits supérieurs classés hiérarchi-

quement, et exerçant des influences différentes sur de ce monde. C’est

la

base

même

croyance suppose nécessairement

magiques d’évocation,

les affaires

des sciences occultes. Cette la

connaissance des formules

et si le philosophe

ne

laisse

que sup-

poser son accession aux sciences surnaturelles, on doit croire qu’il était sur

ce point

lié

par

le terrible

serment des

Le gourou termine son examen de l’âme par l’étude de

Comme

la

et

initiés.

de ses facultés,

raison.

du spiritisme indou, repose donner, dans un chapitre spécial,

toute la force logique

sur cette faculté, nous allons

en conservant

la

forme dialoguée de l’introduction seulement,

du gourou supérieur sur cet intéressant sujet. Nous employons cette expression toute moderne de

la leçon

spiri-

tisme^ pour dé.signer la croyance aux pitris des Indous, parce

-


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE qu’il n’existe

123

dans notre langue aucun autre mot pour carac-

tériser cette philosophie.

La croyance aux

pitris

c’est

la

croyance

esprits se manifestant et dirigeant les

donc que

le

scientifique

mot s’il

formelle

aux

hommes. Peu importe

pas cette autorité qu’on pourrait appeler

n’ait

rend parfaitement

l’idée.

.r

.

l

-

/


m

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

CHAPITRE

Vil.

LA RAISON.

23 » DIALOGUE

DU

LIVRE DE l’aGROUCHADA-PARIKCHAI.

VATOU

Nos ablutions ont sacrifices

1

(Le Disciple).

été faites selon

le

ordonnés ont été accomplis,

Pâtre, le pilon ne retentit plus sous

qui préparent la

la

mode

la

nuit

Les

se repose

dans

main des jeunes

filles

le feu

nourriture du soir, les éléphants sacrés

viennent de frapper sur les gongs de cuivre, partagent

prescrit.

— minuit —

c’est l’heure

les

coups qui

de commencer tes

sublimes leçons. LE GOUROU. Enfants, que voulez-voustde moi?

VATOU.

O le

toi

qui es orné de toutes les vertus, qui es grand

mont Hymavat (Himalaya),

comme

qui possèdes une connaissance

parfaite des quatre védas, et de tout ce qui doit être expliqué

qui possèdes tous les

sous la parole sacrée

; toi

formules d’évocation

— qui

tiens les

mânes

mentrams

et les esprits supé-

1. Cette expression signifie en sanscrit, novice, élève; elle s’applique, quelle que soit son 'âge, à tout homme qui étudie sous la direction d’un

gourou.


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

125

rieurs attachés à ta parole, qui par l’éclat de tes vertus brilles

comme

le soleil,

dont

réputation est répandue partout, et

la

qui es loué dans les quatorze cieux, par les quatorze catégories d’esprits

couler

ta

comme

qui

communiquent avec

les

hommes,

laisse

science sur nous qui embrassons tes pieds sacrés,

Gange

le

laisse couler ses

eaux dans

les plaines qu’il

féconde.

LE GOUROU.

Ecoutez

moins que dant que

!

Pendant que

chien qui dort sous

le

le

soudra se repose ni plus ni

le vil

le

poyal de sa demeure, pen-

vaysia rêve aux richesses de

mule, et que

le

xchatria

des femmes, lassé de

moment pour

les

roi

terre qu’il accu-

— s’endort dans l’appartement mais jamais assouvi, C’est

plaisirs,

hommes

la

justes, qui

le

ne veulent pas se laisser

dominer par leur enveloppe impure, d’étudier

la

science.

VATOU. Maître, nous t’écoutons!

GOUROU.

I,E

ma

Enfanls, les ans ont affaibli ble corps peut apporter

ma

vue, c’est à peine

si

ce fai-

pensée au milieu de vous,

mon

enveloppe craque de toutes parts, et déjà j’entrevois l’heure

de

la

transfiguration.

Que vous

avais-je

promis pour ce soir?

VATOU. Maître, vous nous avez dit

mortel flambeau qui l’infini et dirige sa

:

Je vous ferai connaître l’im-

met l’homme en communication avec

transformation sur

la terre.

LE GOUROU.

Vous

mais

la

allez

entendre une voix, et cette voix sera

pensée née dans

Écoutez!., je

me

livre

mon cerveau

la

mienne,

ne m’appartiendra pas.

aux esprits supérieurs qui m’inspirent...


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

126

Le gourou

une évocation aux marilchis ou esprits voici le résumé de sa leçon alors

fait

primordiaux, et

:

homme

Tout

rencontre en

existent en dehors de

la

des notions absolues, qui matière et des sens, qu’aucune édului

cation ne peut lui avoir données, et que sa raison a reçues de

Swayambhouva,

par lui-même,

l’être existant

comme un

signe

de son immortelle origine. Ces notions sont

les

principes

:

De cause; D’identité;

.De contradiction;

D’harmonie.

Par

principe de

le

qui existe est

le

cause, la raison formule que tout ce

produit d’une cause, et bien que cette der-

nière nous échappe souvent, nous n’admettons pas sa non existence, en présence d’un

fait.

Toute science est née de

là,

on n’étudie

les

réalités

que

pour remonter au Producteur.

Ce

n’est pas tout

d’où procède cette

de formuler loi et

d’un

la loi

fait,

il

faut savoir

ce qui maintient la nature dans cet

harmonieux respect. Par

moi

l’identité et la contradiction,

n’est pas celui

pas régis par

la

du

même

voisin; loi

;

l’homme

que deux

que

le

faits contraires

Par

;

que

exister sur

le

fait.

le

principe d’harmonie, la raison nous révèle que tout

dans l’univers est soumis à des

lois

immuables, et

de cause nous force à donner un auteur ces

ne sont

bien n’est pas le mal

deux contraires simultanés ne peuvent pas

même

affirme que son

et

le

principe

un conservateur à

lois.

Aucune

faculté de l’âme ne peut se mouvoir, s’exercer sans

se soumettre à ces principes, qui règlent extérieure,

la

nature spirituelle et

la

la vie

intérieure et

nature matérielle. Sans


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

auxquels chacun est soumis d’une manière

ces principes

,

fatale, qui se

trouvent affirmés par

mes lois

de tous

et

127

les

peuples

la

raison de tous les

hom-

sans ces principes, qui sont les

;

suprêmes, des observations, des études, des sciences, nul

ne pourrait profiter par tradition des conquêtes de ses devanciers;

n’ayant plus d’axiome, la science

fait scientifique

le

ne pourrait plus se constituer, car deux

hommes ne

ne jugeraient pas de

pas, ne penseraient pas,

verraient la

même

manière.

La

raison

de tous,

raison

la

universelle guidée par des

principes absolus, voilà le grand flambeau qui guide l’humaiiilé

et unit tous les

hommes, dans un

travail

commun

profi-

table à tous.

Tel est le résumé des plus succincts de ce dialogue, dont la

matière couvre au moins cinquante feuilles de palmier dans le-livre

des

pitris.

Nous ne pouvons, on l’histoire rapide

conçoit, dans cet ouvrage, qui est

le

des pratiques des

initiés, et qui,

pour accom-

de donner l’essence de plus de cin-

plir sa lâche, est obligé

quante volumes, accorder à chaque sujet une importance qui

ne

serait. pas

en harmonie avec

le

cadre que nous nous som-

mes imposé.

A

l’aide

des axiomes que

le

gourou vient de formuler

raison conduit

l’homme à suprême;

De De

Des esprits supérieurs et inférieurs

4“

l’Être

la constitution

la

connaissance

de l’univers

,

la

;

;

;

De l’homme.

Nous

sur

allons voir quelles sont les opinions des initiés |

chacune de ces matières.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

i28

CHAPITRE [un

texte des vedas.

Rien ne commence, rien ne forme...

la vie et la

finit,

tout se modifie et se trans-

mort ne sont que des modes de transfor-

mation qui conduisent

Brahma

VIII.

la

molécule vitale de

la

plante jusqu’à

!

Aiharva-veda.

i


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

CHAPITRE

129

IX.

QUELQUES SLOCAS DE MANOU.

L^âme

«

est l’assemblage des dieux,

l’âme suprême

;

l’univers repose dans

accomplit les séries d’actes

c’est l’âme qui

produits par les êtres animés.

^ *

Que

«

le

brahme

maître de l’univers aussi brillant

par

l’esprit

que

se représente le grand être, souverain

comme

plus subtil qu’un atome,

l’or pur, et

que dans

le

comme ne pouvant

sommeil de

la

comme conçu

être

contemplation

plus

la

abstraite.

l'

Les uns l’adorent dans

le feu, d’autres

dans

l’air,

il

est le

seigneur des créatures, l’éternel Brahma. * * ^ « C’est lui qui,

de cinq éléments,

enveloppant tous les fait passer

les êtres

d’un corps formé

successivement de

la

naissance

à l’accroissement, de l’accroissement à la dissolution,

par

un mouvement semblable à celui d’une roue. * «

Ainsi l’homme qui reconnaît dans sa propre

âme 9

l’âme


130

LE.

SPIRITISME DANS LE MONDE.

suprême présente dans toutes les créatures, comprend qu’il obtient le sort le doit se montrer bon et loyal pour tous, et il plus heureux qu’il puisse ambitionner, celui d'être à

absorbé dans Brahma.

(Manou, Uv. XII).

la fin


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

CHAPITRE

131

X.

DE l’Être suprême. DU LIVRE DES

24 ' DIALOGUE

Après avoir placé en épigraphe et les stances

tions a l’étude

la

de

suprême. Les principes de cause

l’Être

la

d'une cause supérieure

et

à un

il

est inutile

plus qu’avec des

de

la

si

;

humaine à

la notion absolue

pour l’ensemble,

vous dites

dit

le droit d’assigner :

textuelle-

une cause

l’univers existe par ce qu’il

de rien chercher au-delà, l’homme ne

faits, et

et

universelle.

des Pitris, n’a plus

fait particulier

existe,

lois

raison

Celui qui nie cette cause le livre

de l’Atharva-Véda,

vingt-quatrième leçon du gourou des initia-

d’harmonie conduisent

ment

le texte

de Manou que nous venons de donner, l’Agrou-

chada consacre

«

PITRIS.

vit

rien ne l’assure de l’invariabilité des

nature. »

Après avoir soutenu que

la

croyance à une cause supé-

rieure et universelle, à l’Être suprême, est la base de toute science, le grand axiome par excellence, le gourou des initiations

emprunte à Manou

force primordiale, dont

rieux et sacré.

il

et

aux védas,

la définition

défend de prononcer

le

de cette

nom mysté-


LE SPIUITISME DANS LE MONDE.

132

« C’est celui

qui existe par

parce que tout est en «

lui-même

et qui est

dans

tout,

lui...

C’est celui qui existe par lui-même,

que

l’esprit seul

peut

percevoir, qui échappe aux organes des sens, qui est sans parties visibles, éternel,

l’âme de tous les êtres et que nul ne

peut comprendre. « Il

est un,

immuable, dénué de parties

et

de formes,

omniscient, omniprésent et omnipotent; c’est sortir les

deux

et les

mondes de l’abîme du néant

cés dans des espaces infinis

essence originaire, «

la

Le Gange qui

;

il

était

dans

;

de

même

et les a lan-

la ;

mer

grande

la

qui gronde, c’est

nue qui tonne,

que de toute éternité

de Brahma, de

l’esprit

fait

cause efficiente et matérielle de tout.

roule, c’est lui;

lui

qui a

est le divin moteur, la

lui; les vents qui soufflent, c’est lui

qui brille, c’est

lui

inlini,

même

le

l’éclair

monde

aujourd’hui tout ce

qui existe est son image. « Il

tériel,

est auteur et principe

présent partout,

exempt de peine

et

de toutes choses, éternel, imma-

indépendant,

de soucis,

la

infiniment heureux,

vérité pure,

la

source de

toute justice; celui qui gouverne tout, qui dispose de tout, qui règle tout, infiniment éclairé, infiniment sage, sans forme,

sans figure, sans étendue, sans nature, sans nom, sans caste, sans parenté, d’une pureté qui exclut toute passion, toute inclination, toute composition. »

Puis le gourou se pose avec les pouranas ces sublimes questions,

«

auxquelles

il

va répondre

:

Esprit mystérieux, force immense, pouvoir insondable,

comment

se manifestait ton pouvoir, ta force, ta vie avant la

période de création? Dormais-tu

comme un

soleil

éteint

au

sein de la décomposition de la matière? Cette décomposition était- elle

en

toi,

ou bien l’avais-tu ordonnée? Étais-tu

le


DOCTRINE PHII/OSOPIilQUE. chaos? Élais-lu

133

vie renfermant en toi toutes les vies qu*

la

avaient fui la lutte des éléments destructeurs? Si tu étais tu étais aussi la destruction, car la destruction vient du

vement «

et le

Avais-tu

l’arbre vieilli renaît

de

la «

mou-

mouvement n’existerait pas sans toi. jeté les mondes dans une fournaise ardente pour

régénérer, les faire renaître de

les

la vie,

la

décomposition,

comme

de sa graine qui produit un germe au sein

pourriture?

Ton

esprit était-il errant sur les eaux, puisqu’on t’appelle

Narayana?... «

Le germe immortel,

dit alors le

ne doit pas être prononcé,

gourou, dont

lui, tout

mouvement

remonte à

lui,

nom terrible

c’est V ancien des jours,

été sans lui, rien n’est en dehors de lui, l’infini, la vie, le

le

fait

rayonner dans

lumière; tout descend de

et la

sans cesse

il

rien n’a

il

féconde Tunivers par une

union intime avec sa pensée productrice... «

Écoutez, voici ce qui a été révélé à nos sages, dans

le si-

lence des solitudes, sur les bords des torrents déserts, dans les

cryptes mystérieuses des temples. * «

Voici ce que nulle oreille profane ne doit entendre, voici

commencé

et n’aura

est deux,

mais

est trois.

et l’union

des deux princi-

ce qui est de toute éternité, qui n’a jamais

jamais de

«

fin.

Écoutez l’hymne de Tamour éternel.

« Il est

un, mais

Le un contient pes produit

a II est

le

un

les

il

est deux,

il

deux principes,

il

troisième.

et

il

est le tout

!

et cet

un

contient l'époux et


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

134

réponse, et l’amour de l’époux pour l’épouse, et de l’épous pour l’époux produit le troisième qui est le fils. *

L’époux est aussi ancien que l’épouse l’épouse auss ancienne que l’époux, le fils aussi ancien que l’époux et «

,

l’épouse, et le

un

qui les contient tous les trois s’appelle

A

m

iJ

Trois dans un. Ainsi s’explique le sublime monosyllabe.

C’est l’image

de

l’ancien des jours.

* 4 *

'

«

Et l’union de l’époux et de l’épouse ne cesse jamais, et

des tressaillements de leur amour éternel,

tamment

la

vie qu’il

laisse

le fils reçoit

tomber sans cesse dans

cons-

l’infini,

_

comme

des millions de gouttes de rosée fécondées par l’amour

divin.

* ^ «

Chaque goutte de rosée qui s’échappe

tion exacte

est la représenta-

du Grand Tout, un atome de Paramatma, l’âmo

universelle, et

chacun de ces atomes possède

les

deux prin-

cipes qui peuvent engendrer le troisième.

*

«

Et tout va ainsi par trois dans l’univers, depuis

dont tout descend, jusqu’à

vement semblable à

l’infini

celui

l’infini

où tout remonte, par un mou-

d’une chaîne sans

fin,

tournant

autour d’une roue. *

K

Les atomes partent à

l’état

de germe fécondé,

ils

s’agrè-


.

I

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. gent ^ntre eux et forment

formée

matière incessamment trans-

la

et perfectionnée, par les trois

l’eau, la chaleur et le fluide

grands principes de vie:

pur agasa. * + *

«

«

Agasa

l’homme,

le

,

pur

fluide

c’est la vie

,

,

Tâme], c’est

c’est

corps n’est qu’une enveloppe, un esclave qui

le

obéit.

* ^

jf

«

Comme

la

graine qui germe

fait

éclater sa coque et

peu de tous

s’élance hors de terre, Agasa se dépouille peu à les voiles matériels

et quittant la terre, faites,

sous lesquels il

se transforme, se purifie,

il

passe dans quatorze régions plus par-

abandonnant chaque

fois

son enveloppe précédente

pour en revêtir une plus pure. *

«

Agasa,

le

l’homme sur

fluide vital,

la terre.

forme aérienne des

Dans

pitris

Les âmes

des

anime

les espaces infinis

corps de

le ,

il

revêt la

^ esprits * ¥

«

l’âme

hommes

.

parcourent avant, de remonter

jusqu’à l’âme suprême les quatorze degrés suivants d’esprits supérieurs. Les pitris, esprits immédiats des ancêtres vivant

encore dans

le

cercle terrestre et

hommes, comme l’homme quer avec

communiquant avec

plus parfait continue à

les

communi-

animaux.

les

¥ ¥ a

Au-dessus des

la terre sont

:

pitris, et

n’ayant plus rien de

commun avec


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

136

Les somapas, Les agnidagdhas,

Les agnanidagdhas,

Les agnichwâttas, Les cavias, planètes

Les barhichads,

et

Les sômyas,

Les'havichmats, Les adjyapas,

Les soucalîs, Les sadhyas.

«

Les deux derniers degrés sonl ceux des marilchis

et

des

pradjapalis, esprits supérieurs, qui touchent à la fin de leur

transmigration et vont bientôt s’absorber dans

«

la

grande Ame.

Ceci est appelé la transformation progressive des esprits

justes qui ont accompli

leur vie terrestre dans le bien. Voici

maintenant quelles sont les transformations des esprits mauvais

:

Les yakchas, Les rakchasas,

Les pisatchas, Les gandharbas, Les apsarâs,

Les assouras,

Les nagas, Les sarpas,

Les souparnas, Les kinnaras,

Esprits mauvais qui tentent cons-

tamment de des

se glisser dans le corps

hommes pour

revenir à

la

vie

terrestre qu’ils doivent parcourir de

nouveau.


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

Ces esprits mauvais sont

«

vers,

ils

ne peuvent revenir à

les secrétions la

137

maudites de runi-

pureté exigée pour les trans-

formations supérieures qu’après mille et mille transformations

dans

les

minéraux,

les plantes et

animaux.

Les pradjâpatis supérieurs sont au nombre de dix. Les

«

premiers

trois

:

Maritclii,

Atri,

Angiras,

représentent

la raison, la sagesse, Vintelligence éternelles

/

* «

Les

trois autres

;

* :

^

'

'

Poulastya, Poulatia,

Cratou,

représentent divin

«

la

bonté,

la

puissance,

la

majesté de l’Être

;

La dernière triade

:

Vasichta,

Pratchetas,

Brighou, sont les émissaires de la création, de

transformation

ils

;

Le dernier

conservation, de la

sont les agents directs de la trinité

nifestée.

O

la

:

Narada,

ma-


I

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

138

représente l’union intime de tous les pradjapalis dans

la

pen-

sée de rÊlre existant par lui-même, et l’éclosion incessante

des milliers d’êtres qui rajeunissent constamment

perpétuent l'œuvre de

la

nature et

la création.

^ ¥ «

Ces qualités de raison,

de sagesse, d’intelligence, de

bonté, de puissance, de majesté, de création, de conservation,

de transformation

et d’union, qui se

répandent sans cesse sur

l’univers sous l’influence des esprits supérieurs, sont le pro-

duit constant de l’amour de l’époux divin pour l’épouse céleste.

Et c'est ainsi que

nelle, qui est celle

le

de tous

grand Être entretient sa vie éter-

les êtres.

* * * «

Car tout dans l’univers n’existe, ne se meut, ne se trans-

forme que pour perpétuer, renouveler

et purifier l’existence

du grand Tout.

«

C’est pour cela

que rien n’existe en dehors de son es-

sence et de sa substance, et que toutes

ment en elles-mêmes telligence,

les principes

les créatures renfer-

de raison, de sagesse, d’in-

de bonté, de puissance, de majesté, de création, de

conservation,

de transformation et d’union, et sont l’image

des dix pradjapatis qui, eux-mêmes, sont l’émanation directe

de

la

«

puissance divine.

Le départ de Tâme-atome du sein de

rayonnement de

la

pour régénérer son

vie être,

la Divinité

est

un

du grand Tout qui dépense ses forces pour vivre

;

son retour est l’acces-

sion à Dieu d’une force vitale nouvelle, purifiée par toutes les

transformations qu’elle a subies.


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

i3&

* * * a

Ce retour

est la

récompense

finale, tel

est le secret des

évolutions du grand Être et de l’Ame suprême,

mère de

toutes

âmes... »

les

Après l’exposition de ce système sur création perpétuelle, système se soit produit dans le

monde

le

l’âme et

'Dieu,

la

plus étonnant peut-être qui

et qui

renferme en

en subs-

lui

tance, sous une forme mystique, presque toutes les doctrines

philosophiques agitées par l’esprit humain.

Le

livre des pitris

gué toutes

les invocations interminables, tous les

chaque force «

termine ce chapitre dont nous avons éla-

créatrice, par la

comparaison suivante

Le grand Tout qui se meut

et se

hymnes

à

:

tranforme lui-même

dans l’univers visible et invisible, est semblable à l’arbre qui se perpétue par ses graines, créant perpétuellement des types

identiques. »

Ainsi, d’après la doctrine des initiés, Dieu c’est l’ensemble,

l’âme c’est l’atome qui se transforme progressivement, se purifie et

remonte à

la

source éternelle, l’univers est

la

réunion

des atomes en transformation.

De même que l’homme sur la terre reste en communication directe avec les âmes des plantes et des animaux inférieurs, de

même

les pitris

revêtus d’un corps fluidique et qui sont

parvenus au premier des quatorze degrés supérieurs, restent en communication avec l’homme. L’ascension se continue sans rompre les liens

Les

pitris sont

en rapport avec

Les somapas avec agnidagdhas Les agnidagdhas avec

les

les esprits ;

agnanidagdhasj

:

somapas;


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

140

Les agnanidagdhas avec

les

agnichwalas

;

Et ainsi des autres, jusqu’aux pradjapatis, qui sont en communication directe avec Dieu.

Dans chacune de ces catégories,

l’esprit revêt

mouvoir dans

parfait et continue à se

un corps plus

de

le cercle

lois

que

l’on

pourrait appeler super terrestres, mais qui ne sont pas surnaturelles.

Le

livre

des

pitris dit

positivement

vent leur sexe quelles que soient ils

:

que

les esprits conser-

les catégories supérieures

parviennent^ qu’ils s’unissent entre eux par les liens d'un

amour qui n’emprunte

rien

aux formes de

la terre.

De ces

unions toujours fécondes, naissent des êtres qui possèdent toutes les qualités de leurs parents, jouissent et

du

même

bonheur,

ne sont pas astreints aux transformations de ce monde in-

férieur.

Comme

les esprits jouissent

de leur libre arbitre,

il

pourrait

se faire cependant que des fautes d’une gravité exceptionnelle les fissent descendre sujet,

dans

l’Agrouchada-Parikchai

pitris arrivée

dans

les

la

condition humaine, et à ce allusion à

fait

une révolte de

temps anciens, sur laquelle

plique pas, et qui en aurait rejeté un certain

il

ne s’ex-

nombre sur

la

terre.

Est-ce

le

souvenir de celte légende des temples de l’Inde

qui, transportée par l’initiation dans les mystères de la Chal-

de l’Égypte, aurait donné naissance au mythe de la les rapports étroits que faute originelle? Nous l’ignorons

dée

et

:

soutiennent entre elles les différentes traditions religieuses

de ces peuples peuvent cependant permettre de le penser. Les pitris qui n’ont pas dépassé le degré immédiatement supérieur à celui de l’homme sont les seuls esprits qui puissent être en communication avec ce dernier, ils sont considérés

comme

les

ancêtres de cette humanité, ses directeurs et inspi-

rateurs naturels.

Ils

sont inspirés

eux-mêmes par

les esprits


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE, du degré supérieur au grés, que

la

leur, et c’est ainsi

parole [divine, autrement dit

141

de degrés en dela

révélation, peut

arriver jusqu’à l’homme.

Dans chacune de ces

classes, les esprits

entre eux, chaque catégorie forme un

du nôtre, mais plus

mêmes inégalités On comprend

ne sont point égaux

monde compléta

l’image

dans lequel se rencontrent

parfait,

les

d’intelligence et de fonctions.

qu’avec ce système,

l’homme de vivre

isolé

ne

il

de ses ancêtres,

soit

qu’il

pas permis à

doive recher-

cher leurs enseignements, leur secours, pour arriver

promptement possible à

la

transformation qui doit

le

le

plus

réunir

à eux. C’est sur cette croyance qu’est basée toute la doctrine de l’initiation.

Mais sur cette terre, tous les

hommes ne

recevoir /les communications d’en haut!

sont pas aptes à

Les uns s’adonnent

au mal sans s’inquiéter de perfectionner leur nature, d’autres se ressentent encore trop des vies antérieures qu’ils ont par-

courues sous

la

forme animale,

l’esprit, ce n’est

agasa, qui est le lien

communication

De sité,

matière domine entièrement

qu’après une foule de 'générations employées

à accomplir le bien,

la

la

que l’âme

commun

s’idéalise,

la «

les

pur

s’établit.

là, l’inégalité

naturelle des classes

d’homme,

et la

néces-

pour ceux qui sont arrivés au développement supérieur, la vie et

des forces

nature qu’ils peuvent arriver à mettre en mouvement.

Ce

n’est, dit

l’Agrouchada-Parikchai, que par

le

jeûne,

macérations, la prière et les méditations incessantes, que

l’homme peut l’entoure

;

arriver au

alors

il

ayant tous

dégagement complet de

tout ce qui

acquiert une puissance extraordinaire, le

temps, l’espace, l’opacité, lui,

le fluide

des êtres, se développe, et que

de s’unir dans l’étude des grands secrets de

de

que

la

pesanteur, ne sont plus rien pour

les pitris à sa disposition, et

par eux, les esprits


LE SPIIUTISME DANS LE MONDE.

142

des degrés supérieurs,

arrive à une puissance de pensée el

il

d’action qu’il ne soupçonnait pas, et

en soulevant

le

s’il

est

k entrevoir,

rideau qui cache l’avenir, les splendeurs de

destinée humaine

Mais

commence

il

»

.

des esprits médiateurs

et directeurs, toujours

prêts à accourir à sa voix pour lui indiquer le bien,

condamnés pour les méfaits de recommencer toutes leurs migrations par la d’autres qui,

de

la plante,

vaguent dans

en

est

la vie terrestre, à

du minéral

vie

en attendant

l’inûni,

il

et

qu’ils puis-

sent se saisir du morceau de matière qui doit leur servir d’en-

veloppe, et emploient toutes les ressources de leur misérable intelligence, à

tromper l’homme sur

pour arriver à

rir

la

la

route qu’il doit parcou-

suprême transformation. Ges

esprits

mau-

vais sont sans cesse occupés à tourmenter les pieux ermites

pendant leurs

sacrifices, les initiés

au milieu de leurs études,

sannyassis pendant leurs prières, et

les

il

faut posséder le

secret des conjurations magiques pour pouvoir s’en débarrasser.

Enfin,

l’ensemble du système,

le

grand Tout, se conserve

perpétuellement, se développe, se transforme par ramour,

La

triade,

emblème de

cet

amour, renferme en elle Vépoux et

Vépouse dont les embrassements perpétuels donnent constam-

ment naissance au

fils

existe n’est qu’un

composé d’atomes immortels

sant par trois

:

le

Tout ce qui

qui régénère l’univers.

germe,

la

matrice,

produit

le

se reprodui-

le

père, la

mère, l’enfant, à l’exemple de celte immortelle triade soudée dans fin

l’unité, qui dirige la

nature entière; et l’atome-àme, à

de ses transformations, remonte k l’éternel foyer dont

il

la

est

descendu.

En

sortant des mystères des initiés, cette conception gran-

diose donne naissance, dans

le culte vulgaire, k

triplement manifestée que l’Inde appela

é

:

celte trinité


U3

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

Nari

— —

Vaya

Vischnou

Viradj

Soiirya

Siva

Nara

Que

Agni

Brahma

l’Égypte connut sous les

Amon Mouth Khons

— — —

Que' la Chaldée

Osiris

— —

Isis

Horus

nomma

noms

— —

suivants

Horus Isis

Malouli

— —

le

père

la

mère

;

;

le fils.

:

le

père;

la

mère;

le fils.

:

An ou, Nouah, Bel.

L'Océanie polynésienne

:

Taaroa Ina,

Oro. Et enfin le christianisme

:

Le Père, L’Esprit,

Le Verbe. Toutes les doctrines des temples, sont issues des mystères

de

l'initiation,

siers

pour

que

les prêtres

les vulgariser

transformaient en symboles gros-

sans en livrer

le secret.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

144

CHAPITRE

XI.

PAROLES DES PRÊTRES DE MEMPHIS A lTnITIÉ.

Le vandalisme des soldats de César, en détruisant thèque d’Alexandrie, ne nous a des

laissé

pour reconstituer

inscriptions

la biblio-

que des sculptures

l’histoire

de

religieuse

l’Égypte, mais cette contrée est rattachée à l’Inde par filiation si directe

et

une

que ses ruines parlent, s’animent, que ses

moindres inscriptions dévoilent leurs secrets, quand oh

les

explique à l’aide des conceptions brahmaniques.

Nous ne voulons, pour

le

moment,

citer qu’une inscription

du Rhamesséum de Thèbes, qui est à elle seule le résumé de toute la doctrine des pitris que nous venons d’exposer.

Une des premières paroles que laient «

« « «

«

aux

les prêtres

d’Égypte révé-

initiés était celle-ci

— Tout — Tout

est

contenu

et se

conserve dans un.

se modifie et se transforme par trois.

— La monade créé dyade. — La dyade a engendré triade. dans — C’est cette tryade qui a

la

la

brille

la

nature entière.

»


143

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

CHAPITRE

XJI.

LES FORMULES DES ÉVOCATIONS.

Après avoir étudié

le rôle

de Pâme humaine, des esprits su-

périeurs et inférieurs, et de l’univers dans est Dieu, et bien établi les liens

le

grand tout qui

de corrélation qui existent

entre toutes les âmes, et qui font que les

âmes du groupe supé-

rieur aident de leurs conseils, de leurs

communications bien-

les

veillantes,

aborde

le

âmes du groupe

inférieur, le livre des pitris

chapitre mystérieux des évocations.

Les évocations sont de deux sortes. Elles s’adressent, soit

aux âmes ou esprits des ancêtres,

et

dans ce cas ces esprits évoqués peuvent se rendre à l’appel qui leur est adressé, quel que soit le degré supérieur qu’ils aient atteint; soit

aux esprits qui ne font pas partie de l’arbre généa-

logique de Vévocateur, et alors les évocations sont sans résultat si elles

s’adressent à des esprits qui ont déjà franchi

le

degré immédiatement supérieur à celui de l’humanité.

On peut

poser

la

règle en disant

:

Que l’homme peut évoquer l’esprit d’un de ses ancêtres, en toute circonstance, quand bien même ce dernier serait déjà parvenu au rang des des créatures, et sur

esprits pradjapatis, directeurs le

point de s’absorber dans

suprêmes la

grande

âme.

Que

s’il

évoque en dehors de

sa ligne généalogique, 10

il

ne


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

146

p6ut obtGnii dcb insnifGbl&lions

dans

la

(jug (Igs esprits cjui sg

trouvent

catégorie des pitris.

L’initié doit

se j)réparer à l’évocation, par le jeûne et la prière, car, suivant l’expression même de l’AgroLichada-Pari-

kchai

«

:

Les terribles formules donnent

mort quand

la

sont pas prononcées par une bouche pure.

Pour évoquer,

l’initié doit

elles

ne

»

:

1° S’isoler des choses extérieures; 2° S’absorber faire apparaître

tions 3°

dans

la

pensée unique de

ou dont

il

l’esprit qu’il

veut

communica-

désire recevoir des

;

Enfermer dans un cercle magique

voudraient

le

malins esprits qui

troubler;

4° Offrir le sacrifice aux

supérieurs

les

mânes des ancêtres

et

aux

esprits

;

5° Prononcer les formules d’évocation.

Une

partie spéciale du livre des pitris est consacrée à ces

formules, conçues dans un sens kabalistique.

rons pas de faire

des brahmes

la

la clef

lumière sur ce point,

de ces combinaisons.

Nous n’essayen’ayant pu obtenir Il

ne faudrait pas

accorder à ces matières, du reste, plus d’importance que de raison.

La première

feuille

du chapitre des formules, contient l’épi-

graphe suivante, dont

les

combinaisons de mots

sont des plus simples; nous

le

donnons à

titre

et

de

lettres

de spécimen

pour montrer à quelle puérilité de moyens les initiés des temples anciens avaient recours pour voiler leurs pratiques. Cette épigraphe ne contenant pas de formule d’évocation, les

brahmes

font

peu de

difficulté d’en

donner

le sens.

-


Ü7

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. Nid

Mad

Nand In

-{->

— yâc — ad

uo

Irt

mav -f-

id

Irt

sam

ad Irt

mal

-f-

àk

Irt

Mam -{-ra-\Tag

— aj

—y

art

Irt. \

En

lisant

chaque syllabe de droite à gauche,

et

en

commen-

çant par la dernière syllabe de chaque mot, celte épigraphe cabalistique se rétablit

de

manière suivante

la

:

Tridandin

Tridaçâyoudam Tridivam Tridamas Trikalam

Trayidarmam Trijagat

* »

Le langage des évocations, supprime sitions,

les conjonctions,

noms, leur

fait

les

adverbes

les verbes, les et,

prépo-

en conservant

les

subir les différentes terminaisons des déclinai-

sons, indiquant ainsi l’action grammaticale des verbes et prépositions sous-entendus. Ainsi, dans l’espèce qui

nous occupe

O

:


,

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

148

Tridandin

aux

trois

au nominatif et

est

bâtons. Ces trois bâtons indiquent

sième degré qui a tout pouvoir sur la

a droit

signifie Vinilié qui

du

l’initié

les trois choses

:

troi-

la 'pensée^

parole et V action.

Tridaçayoudam satif et

Varme

signifie

Ce mot

divine.

est à l’accu-

un verbe dont Tridandin

doit être régi par

est le

sujet,

Tridivam

signifie

triple ciel.

le

Ce mot

également, et se trouve par conséquent dans

que

le

est à l’accusatif

la

même

situation

mot précédent.

nom

Tridamas,

d’i4^;u\

aux

trois feux,

ce mot est au gé-

du nominatif Tridâman.

nitif

Trikalani signifie les trois temps,

Ce mot

futur.

affecte aussi la

Trayidarmam

le passé,

forme de

à l’accusatif,

le

présent,. le

l’accusatif.

signifie

les

trois

livres

de

la loi.

Trijagat, forme neutre de l’accusatif, signifie les trois

des

:

mon-

région inférieure.

le ciel, la terre, la

Cette épigraphe, d’après les brahmes, doit être lue ainsi

Tridandin

L’initié

qui a conquis

les trois grades,

;

qui

porte les trois verges, et qui a pouvoir sur les trois choses

:

la

pensée, la parole, Vaction,

Tridaçayoudam Tridivam

s’il

veut s’emparer de l’arme divine

et conquérir le pouvoir d’évocation sur les

deux,

esprits des trois

Tridamas

— avoir à son service Agni aux

trois feux

Trikalani

le

et connaître les trois

temp^

passé,

le

pré-

sent, le futur,

Trayidarmam

doit posséder Tessence des trois livres de

la loi.

T7Ûjagat

crets des trois

C’est ainsi qu’il parviendra à connaître les se-

mondes,

.


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. Nous dont

le

n’insistons pas sur ces

mécanisme change

à

pratiques d’écriture occulte,

chaque formule d’évocation.

nous a été du reste impossible,

ainsi

d’obtenir des initiés des pagodes

la

tie

du

livre des pitris qui

149

que nous l’avons

communication de

la

Il

dit,

par-

contient ces formules, que le vul-

gaire ne doit pas connaître. Autrefois, la peine de

mort punissait

la

divulgation d’un

simple verset du livre des esprits, quel que fût tiateur et

de

l’initié, si

le

rang de

l’ini-

ce dernier n’appartenait pas à la caste

sacerdotale.

Les cabalistes hébraïques ne se contentèrent pas également

du langage symbolique sous lequel nes,

ils

ils

voilèrent leurs doctri-

s’appliquèrent à introduire dans leur écriture des pro-

cédés secrets, identiques à ceux des pagodes de l’Inde.

Quant aux cérémonies particulières d’évocation, nous aurons occasion de les étudier dans tous leurs détails, lorsque

nous nous occuperons des phénomènes extérieurs produits par les différents ordres d’initiés.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

150

CHAPITRE XUr, DES FORMULES.

DES CONJURATIONS MAGIQUES.

LA MAGIE VULGAIRE.

Les formules de conjurations magiques, qui s’adressent aux diverses catégories de malins esprits, sont tenues aussi secrètes

que

celles des évocations

des esprits supérieurs. Elles font

même partie d’un livre spécial de V Agrouchada, nom à! Àgroucliada-Parikchai, des enchanteurs. Les

mêmes

qui reçoit le

pratiques d’écriture et de lecture que nous ve-

nons de signaler sont également employées pour cacher aux profanes

le

sens de ces conjurations. Nous les négligerons pour

ne nous occuper que des manifestations extérieures, d’exorcismes et de possessions

si

communes dans

Nous raconterons en impartial

historien

ITnde. 'les faits

nombreux

dont nous avons été témoin, et dont quelques-uns sont aussi extraordinaires au point de vue physiologique qu’au point de

vue

spirite pur, sur lequel

nous déclinons toute compétence.

Nous nous bornons donc à signaler ce chapitre de VAgrou-

cMda

traitant des formules

de

conjurations, sans pouvoir

donner de plus amples renseignements, sur ques auxquelles

les initiés, prêtent la

les paroles

magi-

vertu d’exorciser les rak-

chasas, pisatchas, nagas, souparnas et autres esprits mauvais,

qui fréquentent les cérémonies funéraires, s’emparent du corps

des

hommes

et troublent les sacrifices.


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

151

Nous nous sommes déjà occupé i de celle partie un peu vulgaire du livre des pitris, et nous n’avons pas à modifier l’opinion que nous avons émise, et peler.

nous paraît

qu’il

On nous excusera de nous

citer

La magie semble avoir établi son

utile

de rap-

nous-même.

lieu

de prédilection dans

rinde. Rien n’est attribué dans ce pays à des causes ordinaires, et

il

n’est pas de sortilèges et de maléfices dont les

Indous ne croient

les

enchanteurs capables.

Contradictions, contre-temps, événements malheureux, ladies,

morts prématurées,

ma-

des femmes, fausses cou-

stérilité

ches, épizooties, tous les fléaux enfin auxquels l'humanité se

trouve en butte sont toujours imputés aux pratiques occultes

ou diaboliques de quelque méchant enchanteur soudoyé par un ennemi. Si

un Indien, au moment où

il

est affligé d’un revers, est

en mésintelligence avec quelque personne, c’est sur

elle

que

portent à l’instant ses soupçons, c’est elle qu’il accuse d’avoir

eu recours à des procédés magiques pour

lui nuire.

Mais celle-ci ne supporte jamais une pareille imputation, les esprits s’aigrissent, la discorde et les suites de ce

gagne

les parents et les

amis,

démêlé deviennent parfois très-sérieuses.

Les malins esprits étant exorcisés, poursuivis, traqués par les initiés

qu’ils se

sectateurs des pitris,

mettent à

[la

la disposition

croyance vulgaire admet

des mauvais sujets et des

vagabonds, leur enseignent des formules magiques spéciales, dans

le

autres

but de faire ensuite avec eux, tout

le

mal possible aux

hommes.

Plusieurs milliers d’années de despotisme sacerdotal, de superstitions et d’ignorance, habilement entretenues dans le

peuple, ont porté

A chaque I.

la

crédulité à sa dernière période.

pas, dans le sud de l’Indoustan surtout, on ren-

Histoire des Vierges.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

du2

contre des troupes de devins et de sorciers, débitant à tout

venant leurs oracles, et qui, moyennant

yeux du riche

comme du

pauvre

le

salaire, déroulent

aux

prétendu secret de leur

destinée.

Ces gens-là ne sont point très-redoutés. Mais

en est d’autres, dont

il

l’art

diabolique passe pour ne

pas connaître de bornes, et posséder tous

les

secrets de la

magie. Inspirer l’amour et la haine, envoyer

de quelqu’un ou

l’en chasser, faire

le

diable dans le corps

mourir subitement, pro-

curer une infii’mité incurable, faire naître des maladies contagieuses parmi les bestiaux ou les en garantir, les

choses les plus secrètes,

les objets

découvrir

volés ou perdus...

tout cela n’est qu’un jeu pour eux.

La vue seule d’un homme qui passe pour

être doué d’une

si

vaste puissance, inspire la plus profonde terreur aux Indous.

Ces docteurs en magie, sont souvent consultés par

sonnes qui ont des ennemis dont

elles désirent se

employant

:

la

voie des maléfices

venger, en

d’un autre côté,

va invoquer

le

il

Le

livre

le lui

ont

si

méchamment

mal

causé.

annexe de V Agrouchacla-Parikcliai, qui s’occupe

de ces pratiques de magie vulgaire, ne paraît pas

en doute,

est

secours de leur art pour qu’ils les en

délivrent par un contre-charme, et fassent retomber son

sur ceux qui

qui

tel

attribue à une cause de cette nature, la maladie dont affecté,

per-

les

il

les

les

mettre

attribue seulement à l’influence des malins

esprits.

Suivant

lui, le

pouvoir du magicien est immense, mais

ne l’emploie que pour Rien ne la fièvre,

lui est

il

faire le mal.

plus facile que d’envoyer au premier venu

l’hydropisie, l’épilepsie, la folie,

nerveux continuel, tous

les

maux

un tremblement

enfin. Mais ce n’est rien en-

core, son art peut aller jusqu’à causer la destruction entière


,

DOGTIUNE PHILOSOPHIQUE. d’une armée qui assiège une

mandant

d^’une ville assiégée et

Mais

magie enseigne

si la

ou

ville,

effets

les habitants.

moyens de

enseigne aussi ceux d’y remédier.

madré

mort soudaine du com-

la

de tous

les

11

153

mal, elle

faire le

de magicien

n’est pas

si

qui n’en trouve un plus habile encore, qui détruit les

de ses charmes, et en

ou sur ses

fait

retomber

tout le poids sur lui

clients.

Indépendamment de

leur intervention directe, les magiciens

ont une ample collection d’amulettes, de talismans, préservacontre les sortilèges et les maléfices, et dont

tifs efficaces

ils

font sous lucre, un fort grand débit.

Ce sont des grains de verre enchantés par des mentrams, des racines et des herbes aromatiques desséchées, des feuilles

de cuivre sur lesquelles sont gravés des caractères cabalistiques, des mots baroques, des figures bizarres.

Les Indous des basse.s castes en portent toujours sur eux

munis de

telles reliques, ils se croient à l’abri

de tous

Les secrets pour inspirer l’amour, rallumer

menacent de aussi

s’éteindre, rendre la vigueur

du ressort des adeptes de

branche

la

la

magie,

affaiblis,

sont

ce n’est pas la

moins lucrative de leurs opérations.

C^est surtout à eux

que s’adresse une femme qui veut rame-

ner son mari infidèle, ou empêcher

qu’il

C’est à l’aide de philtres qu’ils libertin

maux.

les passions qui

aux et

les

et,

ne

le

devienne.

composent, qu’un jeune

ou une femme galante, cherchent à séduire ou à cap-

tiver l’objet

de leur passion.

L’Agrouchada parle aussi des incubes; ces démons de l’Inde, dit

Dubois

«

Sont beaucoup plus diables encore que ceux dont parle

jésuite Delrio,

dans ses Disquisiliones magicæ. Par

et la continuité

femmes,

de leurs étreintes,

la

le

violence

ils

fatiguent tellement les

qu’ils visitent la nuit sous la

forme d’un chien, d’un


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

ISl tigre

OU de quelque autre animal, que ces malheureuses meu-

rent de lassitude et d’épuisement. est parlé ensuite

Il

chanter Les

les

longuement des moyens propres à en-

armes.

effets

que ces armes, sur lesquelles ont été prononcées

menlrams magiques

les

»

cèdent en rien à

,

ont

la

vertu de produire

fameuse épée Durandal

la

et

,

à

,

la

ne

le

lance

d’Argail qui jadis mirent à mal tant de mécréants.

Les dieux indous et

dans

les géants,

les guerres qu’ils sou-

tiennent entre eux, ne se servent que de ces armes enchantées.

Rien ne saurait se comparer, par exemple, à la flèche de

Brahma,

qui ne fut jamais décochée sans détruire une

entière; à la flèche

ennemis, a qui,

comme

qu’on Il

la

ait

du

serpent Capel qui, lancée au milieu des

vertu de les

on

le

armée

faire

tomber tous en léthargie, ce

pense bien, contribue singulièrement à ce

bon marché d’eux.

n’est point

de secret que

la

y en a pour rendre

magie n’enseigne;

pour acquérir des richesses et des honneurs

;

il

fécondes les femmes stériles; pour découvrir, en se frottant

mains

les

et les

trésors enfouis

yeux avec certaines mixtions enchantées,

dans

la

terremu cachés en quelque

ce soit; pour se rendre invulnérable et les

même

lieu

les

que

invincible dans

combats.

La seule chose qu’on n’y trouve pas exposée aussi clairement que les autres, c’est le moyen de ne pas mourir; et cependant qui

sait

combien d’alchimistes ont

pâli

dans

cryptes des pagodes, et combien de philtres étranges

composés, pour arriver à surprendre immortels

le secret

ils

les

ont

de se rendre

!

Pour devenir expert en magie,

il

suffit

d’apprendre d'un

professeur magicien lui-même, que les sorciers

nomment

leur


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. gourou, ni plus ni moins que les adeptes de

sophique des

la

l5o

doctrine philo-

formules d’évocation qui mettent en

pitris, les

notre pouvoir, les esprits malins et leur puissance. préférence, y a de ces esprits que le magicien évoque de sans doute à cause de leur bonne volonté à se charger de Il

toutes les besognes qu’on leur

demande.

Au premier rang sont les esprits de certaines planètes; nom de Grahas, sous lequel on les désigne, signifie l’action saisir,

le

de

c’est-à-dire de s’emparer de ceux qu’une conjuration

magique

leur enjoint d’aller tourmenter.

Viennent ensuite

les

boutams ou démons des enfers qui

représentent chacun un principe de destruction, les pisatchas,

rakchasas, nagas et autres esprits malfaisants;

Les chaktys, génies femelles qui violentent

les

hommes

qu’ils rencontrent la nuit;

Kaly, déesse du sang

;

Marana-Devy, déesse de la mort Et tous les esprits mauvais dont nous avons donné la liste. Pour mettre tous ces esprits en action, le magicien a recours ;

à des mentrams, à des

à diverses opérations mystérieuses, sacrifices et

à des formules différentes.

s’adresse aux déesses, et vêtu

Il

modestement

doit être s’il

nu

s’il

s’adresse aux

esprits mâles.

Les fleurs

qu’il

offre

aux esprits

qu’il

évoque, doivent être

rouges, le riz bouilli teint du sang d’une jeune

fille

vierge ou

d’un enfant, lorsqu’il s’agit de causer la mort.

Les mentrams ou prières ont, en matière magique, une telle efficacité,

supérieurs faire

dans

elles

exercent un

tel

mêmes, que ceux-ci ne le ciel

dans

,

l’air

ascendant sur

les esprits

sauraient se dispenser de

et sur la

terre tout ce

que

le

magicien ordonne. Mais ceux dont

mentrams

dits

l’effet est

décisif et irrésistible, ce sont les

fondamentaux, et qui

consistent en divers


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

i56

monosyllabes baroques, d’un son étrange,

dans

diiïiciles à

pronon-

genre de ceux que nous avons donnés à propos des formules des initiés. cer,

le

Quelquefois

magicien récite ses mentrams d’un Ion res-

le

pectueux, terminant toutes ses évocations par

salut respectueux

évoque. D’autres

avec l’accent de

fois,

il

et

lui

la colère

comblant d’éloges

te

Sur quoi

On ne

l’ordonne au

ustensiles qui

nom

énumérer

composent

l’esprit

qu’il

:

l’esprit est obligé

saurait

mot Namaha

parle d’un ton impérieux et s’écris

Si tu es disposé à faire ce

sinon je

le

que je

de

tel

te

dieu

demande,

cela suffit;

!

de s’exécuter.

les

drogues, les ingrédients et

l’attirail

les

d’un magicien.

y a tels maléfices, pour lesquels il faut employer des ossements de soixante-quatre espèces d’animaux différents, Il

ni plus ni

moins

;

et

ceux d’un

homme

d’une

parmi ces os d’animaux sont compris le

premier jour d’une nouvelle lune, ou

femme, ou d’une vierge, ou d’un

enfant ou d’un

pariah, etc. Si tous ces

mentrams

ossements mêlés ensemble, enchantés par des

et consacrés

maison ou à

la

par des sacrifices, sont enterrés dans

la

porte de son ennemi, une nuit propice pour

cela, d’après l’inspection des étoiles, la

mort de cet ennemi

s’ensuivra infailliblement.

De même,

si le

magicien, dans

le silence

de

la nuit, enfouit

camp ennemi, et, se à distance, prononce sept fois le mentram de la les troupes que le camp renferme périront

ces os aux quatre points cardinaux d’un retirant ensuite

déroute^ toutes

entièrement ou se dissiperont d’elles-mêmes, avant que sept

jours se soient écoulés. Trente-deux armes enchantées, auxquelles on a sacrifice

offert

en

une victime humaine, jettent dans une armée assié-


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. geanle une terreur

comme En les

que cent assiégés

telle

157 lui

paraissent

mille.

pétrissant de la terre, tirée des soixante quatre endroits

plus sales

nous nous dispensons de suivre l’auteur

indou dans réniiméralion à laquelle

se livre à ce sujet

il

avec des cheveux et des rognures d’ongles de son ennemi, on fait

nom

de petites figurines sur

la

poitrine desquelles on écrit le

de celui dont on veut se venger, on prononce sur

des paroles et des mentrams magiques, on

les

des sacrifices, et tout cela n’est pas achevé que

mauvais génies des planètes vont en veut et

lui font

On perce

saisir la

elles

consacre par les

grahas ou

personne à qui l’on

subir mille maux.

quelquefois ces figures d’outre en outre avec une

alêne, ou on les estropie de diverses manières, dans l’intention

de tuer ou d’estropier en

réalité celui

qui est l’objet de la

vengeance. Soixante-quatre racines de diverses plantes des espèces les plus malfaisantes, sont connues des magiciens, et à l’aide de leurs préparations deviennent des ter, à la

armes puissantes pour por-

sourdine, des coups funestes aux personnes que l’on

hait.

Cependant,

il

s’en faut de

beaucoup que

le

métier de magi-

cien soit sans danger; les dieux et les mauvais génies sont vindicatifs, et ils n’obéissent

pas sans une certaine mauvaise

humeur, aux injonctions qu’un misérable mortel leur

fait;

il

arrive souvent qu’ils le punissent fort cruellement des manières

brutales dont

Malheur à

il

use en les commandant.

lui

s’il

commet

la plus

petite erreur, la plus

légère omission dans les innombrables cérémonies qu’il est obligé de faire. Il voit sur-le-champ pleuvoir sur lui tout le

mal Il

qu’il prétendait faire

aux autres.

doit aussi redouter sans cesse, paraît-il,

plus habiles que

lui

,

que des confrères

ne parviennent par des contre-charmes


LE SPlUITlSiME DANS LE MONDE.

lo8

à faire retomber sur sa tête ou sur celle de ses clients tout poids de ses propres malédictions.

le

Toutes ces croyances superstitieuses, existent encore dans rinde, et la plupart des pagodes du culte vulgaire possèdent,

en dehors des et

supérieurs qu’elles sont obligés de loger

initiés

de nourrir, des magiciens dont

elles louent les services

aux

castes infimes, ni plus ni moins que ceux des fakirs.

Tantôt

s’agit

il

de débarrasser une femme, des embrasse-

ments nocturnes d’un incube, la

a

puissance fait

il

faut rendre à un

homme,

qu’un sort jeté par un magicien ennemi

virile,

lui

perdre.

D’autres

ce sont les troupeaux décimés par les malé-

fois,

fices qu’il faut

De temps le

tantôt

mettre à l’abri de ces funestes influences.

à autre, de

pagodes

à

pagodes, pour entretenir

public dans ces mines croyances, on voit ces jongleurs se

porter des défis et entrer en lice en présence de témoins et d’arbitres appelés à décider lequel des

deux champions

est le

plus habile dans son art.

La

lutte consiste à

s’emparer d’un fétu de

paille,

d’une

monnaie enchantés.

petite baguette ou d’une pièce de

Les antagonistes, placés tous deux à égale distance de l’objet, font mine de s’en rapprocher, mais les raenlrams qu’ils prononcent, tées

les

évocations qu’ils font, les poussières enchan-

réciproquement, les évocations qu’ils

qu’ils se jettent

font ont la vertu de les arrêter l’un et l’autre, une force invisible et irrésistible

semble

veau d’avancer, mais

ils

les

saisir

de

la

le.

les agitent... ils

Quelquefois aussi, la force

se roule par terre

essayent de nou-

suent à grosses

sang. Enfin l’un des deux parvient h se

chose enchantée et

renversé par

ils

reculent... Ils redoublent d’efforts...

des mouvements convulsifs gouttes, crachent

repousser;

il

arrive

il

est déclaré vainqueur.

que

l’un des combattants est

des mentrams de son adversaire. Alors

comme un démoniaque

il

et reste ensuite


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. quelque temps immobile

159

paraissant avoir perdu connais-

,

sance.

A état

la fin

,

il

recouvre l’usage de ses sens, se lève dans un

apparent de fatigue et d’épuisement, et semble se retirer

couvert de confusion et de honte.

Il

rentre à

la

pagode

et

ne

reparaît pas de quelque temps; une grave maladie est censée être la suite des efforts incroyables quoique impuissants qu’il a faits. Il

est certain

que ces pitoyables farces, dans lesquelles

véritables initiés

du

culte des pitris ne sont

pour rien, sont

concertées d’avance entre les prêtres du culte

deux pagodes

vulgaire de

que

rivales et les charlatans qui les jouent, et

les victoires sont attribuées

les

aux uns et aux autres à tour de

rôle. Mais la foule qui assiste

à ces spectacles et les

paye

grassement, remplie de crainte et d’admiration pour ces sorciers, est

fermement persuadée que leurs grimaces sont dues

à des causes surnaturelles. s

II

est

un

fait qu’il

faut constater, c’est

que ces

hommes

remplissent leur rôle avec une vérité d’expression extraordinaire, et

que sur

le terrain

du magnétisme pur,

ils

sont arri-

vés à produire réellement des phénomènes dont on ne se doute

même fakirs

pas en Europe. Us sont cependant moins forts que les qui, eux, appartiennent à la

première classe des

initiés.

Quand nous étudierons

les manifestations extérieures,

lesquelles les sectateurs des pitris font

par

connaître leur puis-

sance, nous ne nous occuperons pas des faits et gestes des

magiciens, qui ne sont

évidemment pour nous que

le résultat

du plus grossier des charlatanismes. Ce chapitre que nous leur consacrons est plus que

suffisant,

pour rendre compte de leurs

pratiques. Il

existe aussi dans l’Inde un autre genre d’ensorcellement

appelé drichty-dotcha, ou sort jeté par

les

yeux. Tous les êtres


.

LE SPlUlfISME DANS LE MONDE.

160

animés, toutes

les plantes,

pour

l’éloigner,

dans

les

tous les fruits y sont sujets. C’est

qu’on a coutume de dresser dans

champs

cultivés,

une perche, à

la

les

jardins et

cime de laquelle on

attache un grand vase de terre, bien blanchi à l’extérieur avec de la chaux. Cet appareil a pour but d’attirer, comme l’objet le

plus apparent,

et

d’empêcher par

regards de tout passant malintentionné,

les

qu’il

ne

les

porte sur les productions de

qui en ressentiraient à coup sûr quelque méchant

la terre,

effet.

Nous avons vu peu de champs de

Ceylan, et dans l’Indoustan, qui ne possédassent un ou deux deces contre-charmes. Les Indous sont, sur ce point, d’une telle crédulité, qu’ils riz à

s’imaginent à chaque acte de leur vie,

chaque pas

rent, à

qu’ils font,

même,

passant, d’un parent

rence ne

fait

du mauvais

ceux qui

œil,

champs

et sa

provenant de

Varratly usuelles,

plus indiffé-

avoir reçu d’un voisin, d’un drichty-clotcha

est

l’ont,‘souvent

fait-il

Rien en appa-

a été

ne s’en doutent

accomplir sur

maison, plusieurs

monie de Varratty qui léfices

le

connaître les gens qui possèdent ce don funeste

pas; aussi tout Indou sur ses

le

même

sur sa famille,

par jour,

fois

la

inventée pour déjouer tous

la fascination

céré-

les

ma-

des yeux.

une des pratiques publiques

on peut

lui,

même

et privées les plus

l’élever à la hauteur d’une

coutume natio-

nale, tellement elle est particulière à toutes les provinces.

sont les

femmes

excepté

les

qui l’accomplissent,

y sont aptes, veuves qui ne sont jamais admises dans aucunes

cérémonies domestiques Voici

comment

Dans un l’huile la

Ce

;

leur seule présence porte malheur.

se fait cette

plat de métal,

et toutes

cérémonie

:

on place une lampe garnie avec de

parfumée de sandal, on l’allume, et une des femmes de

maison, lorsque son père, son mari, ou tout autre

de sa famille rentre de dehors, prend

membre

le plat, l’élève à la

hau-

teur de la tête de celui qui est l’objet de la cérémonie et décrit


.

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

161

ave® ce plat trois ou sept cercles, suivant l’âge ou la

la qualité

de

personne

Au

lieu

d’une lampe allumée, on se sert aussi souvent, d’un

vase contenant de l’eau parfumée avec du safran et du sandal, rougie avec

du vermillon,

et consacrée

par l’immersion de

quelques tiges de l’herbe divine du cousa.

Varratty se

fait

publiquement

et plusieurs fois

par jour

sur les personnes de distinction, telles que lés rajahs, les gou-

verneurs des provinces,

les

généraux d’armée et d’autres per-

sonnes d’un rang élevé; c’est une cérémonie à laquelle les courtisans sont conviés

comme

à l’ancien lever des

Les deux coutumes se valent par

le

monarques. d’après ce

et

ridicule,

que nous en avons pu voir dans certaines provinces du Deccan, où les Anglais laissent encore subsister quelques fantômes de rajahs

les courtisans

,

de ce pays sont aussi bas, aussi ram-

pants que les nôtres. Cette caste qui paye son parasitisme et les faveurs

dont

elle jouit’ par'' le sacrifice

et de toute dignité, est la

de toute conscience

même partout... Nous devons

cepen-

dant dire, en l’honneur des courtisans indous, qu’ils n’ont ja-

mais

de leurs femmés ni de leurs

fait

filles

maîtresses de

les

leurs rajahs.

En

général, tout Indou de caste rougirait de devoir sa for-

tune au déshonneur de sa femme...

Toutes

les fois

que

les

gens de condition princière ont été

obligés de se présenter en public ou de parler à des étrangers, ils

ne manquent jamais, en rentrant dans leurs

palais, d’appe-

femmes, ou les devadassi bayadères du temple voisin pour faire accomplir cette cérémonie sur eux, et prévenir par là les suites dangereuses des funestes coups d’œil auxler leurs

quels

ils

se sont trouvés exposés.

gages des

filles

Souvent

même

ont à leurs

spécialement affectées à cet emploi.

Lorsque vous entrez dans une maison indoue, considéré

ils

comme une personne de

si

distinction, le

vous y êtes chef de fait


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

163

mille vous fait faire Varrally par les jeunes

monie se

fait

Lorsque

aussi

les

pour

les statues

filles.

Cette céré-

des dieux.

danseuses des temples ont terminé leurs autres

cérémonies, elles ne manquent jamais de faire deux ou trois fois

Yœpraüy^ sur

dieux au service desquels elles sont

les

consacrées.

Gela se pratique aussi avec plus de solennité, lorsque ces statues ont été portées en procession par les rues, afin de

tourner

les

dé-

malignes influences des regards, aux atteintes des'

quelles les dieux ne peuvent pas plus se soustraire que les

simples mortels. Enfin on

fait

généralement Varratty sur

les

éléphants, les chevaux, les animaux domestiques, et surtout

sur les taureaux sacrés, parfois

même

sur les champs de riz

en vert.

La magie vulgaire dans l’Inde,

est

venue se placer à côté des

croyances élevées des sectateurs des tration dégénérée.

née à tenir C’est ainsi

le

Ce

fut

pitris,

comme une

infil-

une œuvre du bas sacerdoce, desti-

populaire dans un perpétuel état de crainte.

que dans tous

les

temps

et sous toutes les latitudes,

à côté des spéculations philosophiques les plus élevées, on

trouve toujours la religion du peuple...

Nous nous sommes un peu étendu sur ces pratiques de magie et de sorcellerie dans l’Inde, bien qu’elles n’aient rien de

commun avec

le culte élevé,

aux mânes des ancêtres

et

que

les

hrahmes

initiés

rendent

aux esprits supérieurs, car rien ne

mieux prouver l’origine asiatique de la plupart des nations de l'Europe, que le détail de ces bizarres coutumes, identiques à celles que nous rencontrons sur notre sol, et que nos saurait

traditions historiques

furent impuissantes à nous expliquer,

jusqu’au jour où nous avons découvert notre

Tout

le

moyen âge

filiation

indoue.

a cru aux succubes et aux incubes, au

pouvoir des formules magiques, aux sorciers et au mauvais œil. Et plus près de nous, qui ne se souvient de ces fanatiques


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

163

ligueurs qui poussèrent la superstition jusqu’à faire de petites

images de cire qur représentaient Henri varre?

Ils

de Na-

perçaient ces images en différents endroits pendant

quarante jours, et le quarantième se persuadant

que par

simulacre

elles étaient le

qu’en 1571

isolé

et le roi

III'

ils ,

ils les

frappaient au cœur,

feraient mourir les 'princes dont

Ce genre de pratique

un prétendu sorcier, du

Échelles, qui fut exécuté en place

était si

nom de

peu

Trois-

de Grève, avait déclaré dans

ses interrogatoires qu’il existait en' France plus de trois cent

mille personnes qui faisaient le

femme de

même

cour, de bourgeois et de

aux magiciens, surtout pour

métier, et qu’il iTétait

manant qui n’eût recours

affaires d’amour..

Le supplice du curé Gauffredy et d’Urbain Grandier, ordonné par Richelieu est là pour démontrer que les plus grands ,

esprits de ce temps’ ne s'étaient pas soustraits

aux superstitions

de leur époque. Saint Augustin n’avait-il pas dit dans son livre de la Cité de

Dieu «

:

Que, ne pas croire au pouvoir des malins esprits,

c’était

refuser de croire à l’Écriture sainte. »

La

Bible, ce vulgaire extrait des livres sacrés

croyait au sorcier, et le sorcier ne pouvait l’autorité 11

de

de

l’antiquité,

tomber qu’avec

la Bible.

n’y a guère plus d’un siècle que l’on brûlait encore les

gens convaincus de magie, et Ton reste confondu devant certaines sentences rendues par des magistrats, dont la

France

s’honore, sentences qui, sur de simples- accusations de sorcellerie,

vouaient au supplice du feu de pauvres diables de char-

latans, coupables tout au' plus d’avoir escroqué quelques sols

avec leur manœuvres plus ridicules que nuisibles. Ces arrêts ne se comprennent que par gistrats

eux-mêmes au pouvoir

la

croyance des

occulte des sorciers.

ma-


m

LE SPIRITISME DANS LE MONDE. 17S0,

Girard

monter sur le bûcher par arrêt du parlement de Provence, pour avoir jeté un sort à la le jésuite

belle Gadière.

Il

dont bénéficient

Gne lée la

religieuse

même

ne

fut

faillit

sauvé que par

le

partage égal des voix

les accusés.

du chapitre noble de Wurtzbourg

était

brû-

année, pour s’être rendue coupable de pratiques

magiques.

Nous avons

Du

fait

heureusement quelques progrès depuis.

jour où nous avons secoué

bon sens,

la

conscience et

la

le

joug du prêtre romain,

le

raison ont retrouvé leur empire.

Et alors que notre ancêtre indou, encore livré aux brahmes et

aux charmeurs, s’endort dans son immobilité

et sa décrépi-

tude, nous

marchons, nous, à grands pas dans progrès scientifique et de la liberté intellectuelle.

Le prêtre

et le sorcier se rencontrent toujours

couche de charlatanisme

mêmes Il

social,

la

dans

voie du

la

même

produits tous deux par les

causes superstitieuses.

n’est pas sans intérêt, au point de vue ethnographique,

de constater que

les

Piomains tenaient également de leurs an-

cêtres îndous des croyances semblables.

On

sait

ce qu’Ovide dit de Médée, la magicienne

:

Per tumulos errât passis discincta capillis, Certaque de tepidis colligit ossa rogis, Devovet absentes, simulacraque cerea fingit Et miserum tenues in jecur urget acus.

Horace parle également de deux magiciennes, Canidie et Sagana , qui avaient également dans leur appareil magique

deux

figures, l’une de laine, l’autre de cire.

Major Lanea, quæ pœnis compesceret inferiorem Cerea suppliciter stabat servilibus, utque Jam peritura, modis. :

:

'

Seulement, on doit avouer que

le

chantre de Lydie ne pre-


DOCTRINE PPIILOSOPHIQUE. nail guère au sérieux ces charmeresses,

de quel

bruit...

Proh pudort...

quand on songe

les fait

il

103 à

Faide

mettre en fuite par

Dieu des jardins qu’elles ennuyaient de leurs enchante-

le

ments.

Horace n’aurait certainement pas envoyé ses deux sorcières au bûcher.

Les idées sur les

comme

RomainS;,

gile

les influences visuelles existaient aussi

chez

ce vers de Vir-

l'atteste, entre autres,

:

Nescio quis teneros oculus mihi fascinai agnos. •

Ils

avaient leur dieu Fascinus et des amulettes du

même nom,

destinées à préserver les enfants des maléfices de ce genre la statue

de ceimême dieu, suspendue sur

le

;

char des triom-

phateurs, les protégeait contre les atteintes du mauvais œil

de l’envie... Cet ouvrage n’a point pour but d’étudier la magie dans l'antiquité,

mais bien des croyances plus élevées, qui conduisent

l’atome vital de transformations en transformations progressives jusqu’au

Grand Tout, qui ne voient dans

âmes qu’une succession de jamais

le

souvenir

les

fils

et d’ancêtres

le

monde des

qui ne perdent

uns des autres, croyances que l’on peut

ne pas partager, mais qui sont dignes du respect de tous, dans leur mystérieux et consolant symbole.

Le 'présent chapitre sur sorte d’épisode

raison,

la

magie des Indous

n’est

qu’une

que nous ne pouvons étendre plus que de

sans cela nous verrions les traditions vulgaires

TInde sur

la sorcellerie

s’imposer également à

la

de

Grèce, à

l’Égypte et à l’ancienne Chaldée.

Un mot cependant

sur cette dernière contrée que Bérose,

Eschyle et Hérodote représentent

comme

ayant été colonisée

par une foule de menus peuples, de tribus mêlées parlant des langages différents.


.

.

LE SPlHiTISME DANS LE MONDE.

166

L’Inde seule, à ces époques anliques, avec ses cent vingtcinq dialectes et ses nombreuses castes

différentes les unes

si

des autres, émigrant constamment sous les persécutions sacer-

pu coloniser

dotales, a

A

du Tigre

les contrées

et de l’Euphrate.

tous les caractères ethnographiques qui font une vérité

historique de cette opinion,

faut ajouter la similitude

il

plète des pratiques et croyances

magiques des Indous

comet des

Ghaldéens Voici quelques-unes des inscriptions assyriennes sur les con-

jurations magiques publiées dernièrement par

son et Norris, qui montrent à quel point

Rawlin-

Chaldée fut tribu-

de TInde.

taire

Nous en empruntons «

la

MM.

la

traduction à

M. Lenormant

La forme 'des conjurations chaldèennes contre

malfaisants, dit V éminent ussyriologue^

sont toutes jetées dans

elles

énumérer

démons que

les

qualifier leur pouvoir et

vœu

de

le

les voir

est

les

:

esprits

très-monotone;

même -moule,; nn commence par

doit vaincre la conjuration, par

en décrire

les ejfets,.

Vient ensuite le

repoussés ou d’en être piréservés, lequel est

souvent présenté sous une forme affirmative. jEnün la formule se termine par efficacité

:

«

l’invocation mystérieuse qui lui doimera son

Esprit

souviens-t’en

!

du

ciel, souviens-^t’en

!

Esprit de la terre,

» Celle-là seule est nécessaire,

ne manque; mais on y joint

.aussi

et

jamais

elle

quelquefois des invocations

semblables à d’autres esprits divins. «

Je citerai

comme un exemple une .deces

tinée à combattre différents

nestes telles que le mauvais

«

La peste

démons, maladies et actions

les entrailles,

fu-

.œil

et la fièvre qui déracinent le pays.

die qui dévaste le pays,

pour

conjurations des-

La mala-

mauvaises pour Je corps, funestes


,

1

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE.

Le démon mauvais

«

Alal mauvais, le

le

,

167

Gigim mauvais.

«

L’homme

malfaisant, l'œil malfaisant^ la

bouche malfaisante,

De l’homme son corps,

«

fils

langue malfaisante.

la

de son Dieu,

qu’ils sortent

qu’ils sortent

de ses

De mon corps jamais

ils

de

entrailles.

n’entreront en

possession.

'

«

ma

«

— —

«

a

ils

«

Devant moi jamais suite jamais ils

Dans

ma

ils

ne feront de mal, à

ne marcheront.

maison jamais

ils

n’entreront.

Ma charpente jamais ils ne franchiront. Dans la maison de mon habitation, jamais n’entreront. Esprit

du

ciel,

^

souviens-t-en

î

Esprit de la

terre, souviens-t-en!

«

Esprit de Moul-ge, seigneur des contrées,

souviens-t-en!

Esprit de Nin-gelal, viens-t-en

dame des contrées,

sou-

!

Esprit de Nin-dar , guerrier puissant de Moul-ge, souviens-t-en !

Esprit de

Pakou,

intelligence

Moul-ge, souviens-t-en

Esprit de En-Zouna,

^souviens-t-en

sublime de

!

fils

aîné de Moul-ge

!

Esprit de Tiskou,dame des armées, souvienst-en'

— _

faisante, souviens-t-en

— En

voici

loppée

Esprit delm,roi dont l’impéluosité est bien!

Esprit de Oud, roi de justice, souviens-t-en

une autre où l’énumération

finale est

!

moins déve-

:

/


.

c

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

168

Le ciel

soir

de mauvais augure,

la

région du

qui produit le malheur.

Le jour funeste,

la

région du ciel mauvaise

la

région du ciel mauvaise

à l’observation.

Le jour funeste, qui s’avance.

— —

Messagers de

la peste.

Ravageurs de Nin-ki-gal.

— — — — —

La foudre qui

fait

rage dans

Les sept dieux du vaste Les sept dieux de

la

le

pays.

ciel.

vaste terre

Les sept dieux des sphères ignées.

Les sept dieux des légions célestes.

Les sept dieux malfaisants.

Les sept fantômes mauvais.

Les sept fantômes de flammes malfaisants.

Les sept dieux du

Les sept dieux de

ciel.

la terre.

— Le démon mauvais. — Le mauvais. — Le gigim mauvais. — Le mauvais. alal

^

tilol

— — — —

Le dieu mauvais, Esprit

du

ciel,

Esprit de

le

maskim mauvais.

souviens-t-en

la terre,

!

souviens-t-en!

Esprit de Moulge, roi des contrées, souviens-t-en

!

Esprit de Nin-gelal,

viens-t-en

dame des

contrées, sou-

î

Esprit de Nin-dar,

fils

du Zenith, souviens-

t-en!

Esprit de Tiskhou, brille

dans

dame des

contrées, qui

la nuit, souviens-t-en

I


DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. «

Mais plus ordinairement,

il

n’y a pas à

bles énumérations mythologiques. les plus simples,

je citerai

Comme

I

Les sept

Au

les sept

!

la fin

de sembla-

type des formules

une conjuration contre

démons souterrains appelés maskim, qui nombre des esprits les plus redoutables.

— — — —

169

étaient

les sept

comptés au

!

plus profond de l’abîme, les sept!

Abomination du

ciel, les sept!

Se cachant au plus profond du

ciel et

de

la

terre.

— — —

Ni mâles' ni familles.

Eau, captifs étendus.

N’ayant pas d’épouses ne produisant pas d’enfants.

— —

Ne connaissant

ni l’ordre ni le bien.

N’écoutant pas la prière.

Vermine qui

se cache dans la montagne.

Ennemis du dieu Ea

Ravageurs

— —

I

.des dieux!

Fauteurs de troubles. Tout-puissants par violence.

Les agents d’inimitié

Esprit

Esprit de la terre, souviens-t-en.

du

!

souviens-t-en.

ciel,

»

K

Nous n’irons pas plus

loin sur ce terrain; cette citation des

inscriptions des anciens Chaldéens suffit

bondamment que

pour démontrer sura-

ces peuples ne s’élevèrent pas au-dessus

des pratiques de magie vulgaire qu’ils tenaient de leurs ancêtres, les lées,

émigrés indous des castes infimes, des classes mê-

comme

les appelait

Bérose.

Les pures doctrines de

l’initiation, le culte

des pitris et des


LE SPIlUTiSME DANS LE MONDE.

170

esprits supérieurs n’edirent pas d’écho sur les rives de l’Eu-

phraLe. Les

nomades

de briques du pays de

et les pétrisseurs

Sennai’ vécurent dans la crainte des sorciers et des magiciens,

sans soupçonner

môme

l’existence des sublimes conceptions

du brahmanisme. Les inscriptions que l’on confie au granit, au marbre, à

la

y a de plus élevé croyance d’un peuple; on ne va pas chercher les su-

pierre, à la terre cuite, sont toujours ce qu’il

dans

la

perstitions de la foule .pour les léguer

aux âges

futurs, et, en

quelque sorte, les immortaliser. Je suis tout

disait l’inscription

ture, en

Égypte

de

dans tout!

d’Eléphanta, dans l’Inde

dit l’inscription trinitaire J’ai

et

;

enfanté le monde^!

la statue d’Isis,

emblème de

la

mère na-

;

Connais-toi toi-même 1 lisait-on

Et

la

au fronton du temple de Delphes;

colonne élevée sur l’Agora d’Athènes disait

Au Dieu inconnu

:

î

Confondant dans leurs inscriptions leurs dieux,

les esprits

mauvais, les gigim, lesmaskins, les démons; sans cesse frémissant de peur devant les monstres sans sexe, sans épouses, sans enfants, devant ces telals, ravageurs du ciel, ennemis d’Ea, roi des dieux, qui les

a

l’air

de trembler,

lui aussi,

le

devant eux..,

Chaldéens n’ont gravé sur leurs terres cuites que

les expres-

que parce

qu’ils n’a-

sions des plus grossières superstitions,

vaient rien de

mieux à y

mettre... Et

s’il

est

une .chose qui

doive nous étonner, c’est de voir certains assyriologues prendre thème de toutes ces ridicules conceptions, pour nous


.

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. présenter les primitifs Chaldéens

comme

les

171

initiateurs des

peuples anciens.

V Agrouchada-Parikchai,

en rendant compte, dans un qua-

trième livre dont nous venons de parler, de ces pratiques

magiques qui mettent en mouvement jamais l’Être

les esprits

les pitris,

suprême, quatrième

les esprits

supérieurs,

livre,

[et

mauvais, et

Swayambhouva,

entièrement séparé des trois

autres consacrés aux pures doctrines des esprits, ne dissimule

pas que

la

magie

et la sorcellerie

n’avaient d’autorité qu’au-

près des impurs soudras, c’est-à-dire de

la

plèbe et destchan-

dalas ou classes mêlées. La conception chaldéenne ne se

au contraire que'dans

le cercle

meut

de ces superstitions...

Avant de passer à l’étude des phénomènes et des manifestations extérieures, produits par les différentes classes tiés la

des temples de l’Inde,

il

nous paraît

utile

d’ini-

de comparer à

doctrine des pitris que nous avons exposée, les croyances

des cabalistes hébraïques, ^et de plusieurs autres philosophes

de

l’antiquité,

source

qui

nous paraissent avoir puisé à

la

même


TROISIEME PARTIE COMPARAISON DE LA DOCTRINE DES PITRIS AVEC CELLE DE LA KABALE HEBRAÏQUE, DE LA PHILOSOPHIE DE PLATON, DE l’ÉGOLE

d’alexandrie, de PHILON, DES PERSES ET DU CHRISTIANISME.


défendu d’expliquer à deux personnes l’histoire de la création, de la Mercaha. Si, cependant, c’est un lui-même, il est permis de lui en confier sommaire des chapitres,

Il

est

même à une seule l'histoire homme sage et intelligent par le

(Extrait de la Mischna, ouvrage kabalistique des Juifs.

— Fragments traduits

par A. Franck, de

l’Institut.)

* *

Pour

les

dix sephiroth,

il

¥

n’y a pas de fin ni dans l’avenir, ni dans

le

passé, ni dans le bien, ni dans le mal, ni en élévation, ni en profondeur,

au Midi, ni au Nord. Les dix sephiroth main au nombre de dix et cinq contre cinq,

ni à l’Orient, ni à l’Occident, ni

comme les doigts de la mais au milieu d’elles est l’alliance de l’unité. Feupae ta bouche pour ne pas en parler et ton cœur pour ne pas y réfléchir, et si ton cœur s’est échappé, ramène-le à sa place, car c’est pour cela que l’alliance a été faite.

sont

{Sephir. Jéoziroh.

A. Franck, de

I

*K

Ouvrage kabalistique, traduction de

l’Institut.


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-


li DOCTRINE DES PITRIS ET LA

'k AB ALE

Hébraïque.

CIUPITRE PREMIER. ORIGINE DE

A

côté de la Bible, et

KABALE.

LA.

comme une

réaction contre lès pra-

tiques extérieures, dont le livre de la loi Judaïqiie encombrait ses prescriptions, écrasant ainsi toute intelligence, tout libre arbitre,

s’éleva

peu à peu, par besoin d’indépendance et de

philosophie, une doctrine mystérieuse connue sous le

nom de

kabale hébraïque.

Les partisans de cette doctrine, qui avait pour but de dévoiler les secrets initiés «

De

de

la

nature divine et de

la création,

comme

les

de l’Inde s’enveloppaient de silence et de mystères.

loin

en

loin, dit l’illustre

eette philosophie

mystique

Franck, dans son beau livre sur

(1),

après mille précautions,

ils

ouvraient à demi les portes de leur sanctuaire à quelque nouvel adepte, toujours

i.

La kabale ou

la

choisi

dans

l’élite

de

l’intelligence et

philosophie religieuse des Hébreux.

12


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

178

dont l’âge avancé devait

une preuve de discrétion

offrir

et

de

sagesse. »

Lorsqu’un nouvel anciens

«

O

la

murmurait à

lui

toi,

garde-toi,

initié

un des

était introduit à la kabale,

l’oreille les

qui vas puiser

quand on viendra

paroles suivantes

:

les bénédictions' à leur

source,

tenter pour cela, de révéler

te

croyance de l’émanation, qui est un grand mystère dans

bouche de tous

les kabalistes;

dans ces paroles de

la loi

:

un autre mystère

Vous ne tenterez pas

est

le

la

enfermé

\

Seigneur.»

|

La nécessité d’une

initiation particulière,

pouvait atteindre qu’en approchant de secret absolu que devait garder

révélé

:

l’initié

la

à laquelle on ne vieillesse

et

,

le

sur tout ce qui était

sont les deux points de discipline extérieure qui rap-

prochent

de l’Inde et ceux de

les sectateurs des pitris

baie hébraïque.

Sur

le

même

terrain

la

kab- ^

des croyances, nous

allons les voir unis par des liens plus étroits encore.

De* tous temps,

la

offre

de nombreux points

de contact avec certains systèmes grecs d’Alexandrie,

et les

croyances mystiques des Arabes.

La kabale étant manifestement plus ancienne que d’Alexandrie, on ne saurait soutenir tre,

que ce

fluence,

soit la

si

l’une est

philosophie hébraïque qui

tille

ait

l’école

de l’au-

subi l’in-

tout au plus pourrait-on prétendre que les

systèmes ont puisé à

la

même

deux

source. Quant aux rapports

étroits qu’elle parait entretenir avec la philosophie mystique

des Arabes, nous pouvons dire avec

MM. Franck

qui ont retourné la question sous toutes ses faces

Que' conclure de ces analogies?

:

.

^

,

,

science s’est inquiétée de l’origine de

Hébreux, qui

cette philosophie des

j

et

Tholuck


LA DOCTRINE DES PITRIS. 0

— Peu

de chose, car ce que

semblable, on

179

deux systèmes ont de

les

trouverait ailleurs dans des doctrines plus

le

anciennes, dans des livres des Sabéens et des Perses, et aussi

chez

Au

les néoplatoniciens.

sous

naire

leurs,

ces idées nous

laquelle

kabale est tout à

contraire, la forme extraordi-

apparaissent dans

la

étrangère aux mystiques arabes. D’ail-

fait

pour s’assurer que

kabale est réellement sortie du

la

commerce de

ces derniers,

parmi eux

doctrine des Zephiroth. Mais c’est de quoi

la

ne nous offrent pas qu’un seul ce point,

mode

le

moindre vestige, car

ils

les.

tempsycose, qui tient une

Arabes aucune trace de si

Vainement aussi

grande place dans vous

allégories continuelles

Zohar, cet appel constant à

chercherez

que

le

métaphores gigantesques du

l’esprit

la

doc-

la

mé -

système

dans

l’on rencontre

leurs

dans

le

la tradition, ces 'personnifications

hardies se multipliant par des généalogies sans

avec

Sur

du gnosticisme.

On ne trouve chez

œuvres ces

ils

ne connaissent

kabale se rapproche bien davantage de

la

hébraïque.

faudrait avant tout rechercher

sous lequel Dieu se révèle à lui-même.

trine des sabéens et «

il

fin, et

ces

et bizarres qui s’accordent si bien

vieil Orient. »

Les personnifications hardies qui se multiplient par des généalogies sans

qu’à la

l’infini

par

croyance à

la

fin, c’est-à-dire les

le

hommes

perfectionnement de leur nature spirituelle,

métempsycose

et la doctrine des dix

roth ou qualité créatrice de la divinité,

reconnues de

la

s’élevant jus-

telles

Zephi-

sont les bases

philosophie kabalistique.

Nous avons vu que

c'est

également sur ces principes que

reposent les croyances des sectateurs des pitris. Les dix Zéphiroth hébraïques ne sont autres que les dix pradjapatis de l’Inde à qui toutes les créatures doivent leur existence.

Le Zohar,

qui est

le

principal ouvrage de la kabale, dit


^

i

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

180

de

philosophie qu’il enseigne, qu’elle n’est autre

la

cette sagesse

que

premiers jours.

les enfants

Arabes que

dit

les

Franck,

il

ne peut être

ici

question des

écrivains hébreux appellent invariablement

les

enfants d’Isma'él

les

de l'Orient connaissent depuis

que

»

Évidemment,

a

a

oi\ les

enfants d’Arabie; ce n’est pas dans

ces termes que l’on parlerait d’une philosophie contemporaine étrangère... Le Zohar ne la ferait pas remonter aux premiers

âges du monde.

»

de

Si

les origines

dans

les différente

la kabale,

ne se peuvent rencontrer ni

systèmes de la Grèce, ni dans les doctrines

de l’école d’Alexandrie, malgré certaines croyances nes, ni dans

côté

le

donne

la

philosophie mystique des Arabes

;

si

commu-

d’un autre

Zohar, en les faisant remonter aux premiers jours leur l’Orient

pour berceau, ne sommes-nous pas fondés, en

présence de l’antiquité de l’Inde et de

la

similitude des prin-

cipes des deux systèmes, de dire que la doctrine de la kabale est issue de la doctrine des pitris.

N’oublions pas que l’Inde, cet

immense centre lumineux

des temps anciens, en outre qu’il avait

fait,

dès

les

premiers

âges, rayonner ses idées par voie d’émigration dans tout l’Orient, était restée

en communication permanente avec tous

peuples de l’Asie, et que

c'était là

que tous

les

les

philosophes et

tous les sages de l’antiquité allaient étudier la science de la vie.

Il

n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’aux époques de cap-

tivité, les

de

la

anciens des Hébreux aient été

initiés

par les mages

Perse aux vieilles conceptions brahmaniques.

Quelques extraits du Sepher leszireh et du Zohar,

les

deux

ouvrage.s les plus estimés de la kabale, sur la nature de Dieu, la création et

l’âme humaine,vont donner à celte opinion l’au-

torité d’une vérité historique*.


LA DOCTRINE DES PITRIS. Nous serons

bref, car si

181

nous avons céJé au désir d’accor-

der quelques pages à ces comparaisons, nous n’oublierons pas

que nous ne pourrions tre principal sujet.

les

développer qu’au détriment de no-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

182

CHAPITRE

11.

DE l’interprétation DES LIVRES SACRÉS d’aPRÈS LES KABALISTES HÉBRAÏQUES.

Pour nous montrer

qu’il

ne faut pas s’en tenir à

la lettre

des

principes, et qu’il est nécessaire d’extraire de ces derniers, toutes les vérités cachée^ qui

Zohar nous donne

«

y sont contenues en germe,

l’allégorie suivante

:

homme demeurant

Qu’on se figure un

seul dans les

tagnes et ne connaissant pas les usages de la

mence du

Un

homme

— A quoi lui

ville.

Il

monense-

l’état naturel.

se rend à la ville, on lui présente du

pain d’une bonne qualité et

On

du blé à

blé et ne se nourrit qu’avec

jour, cet

le

il

demande

:

sert ceci ?

répond

:

— C’est du pain pour manger. prend

le

Il

nouveau

en goûte avec

et

lui

il

demande de

:

— Et de quoi cela On

plaisir, puis

répond

est-il fait ?

:

— C’est avec du blé. Quelque temps après, on Thuile.

Il

en goûte, puis

il

— Et ceci, de quoi cela

des gâteaux pétris dans

lui offre

demande est-il fait ?

:


LA a30CTRlNE DES PITIUS.

On

lui

C’est avec

répond

Plus tard, on

1S3

:

du

blé.

met devant

lui

de

la pâtisserie

royale pétrie

avec de Phuile et du miel. Il

adresse

la

même

question que les premières fois

:

— Qu’est cela? Et on

lui

répond

:

— Ce sônt des gâteaux Alors

il

dit

faits

avec du blé.

:

Moi, je suis

maître de toutes ces choses, je les goûte

le

dans leur racine, puisque

je

me

nourris du blé dont elles sont

faites.

Dans

cette pensée,

il

restait

étranger aux délices qu’on en

ces délices étaient perdues pour

tire et

lui. Il

en est de

de celui qui s’arrête aux principes généraux de il

ignore les délices que l’on Et, conclut le Zohar, «

il

tire

de sagesse qui y sont cachées. On trouve aussi dans le même ouvrage

les délices

vants

a

Malheur à l’homme qui ne voit dans

Les récits de la

»

la lettre

de

la

loi

»

les

aphorismes

sui-

V

:

que de simples récits

«

car

la science,

de ces principes.

faut dégager de

même

et

loi

les

récits

de

la

loi

des paroles ordinaires.

sont les vêtements de la loi, malheur

à celui qui prend ce vêtement de la loi

pour

la*loi

elle-même.

* Y ^

y a des insensés qui, apercevant un homme couvert d’un beau vêtement, ne portent pas plus loin leurs regards et prennent ce vêtement pour le corps, taudis qu’il existe une <£

Il

chose plus précieuse qui est l’âme.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

184

* ¥ 4

La

«

son corps,

loi a aussi

pourrait appeler

corps de

le

y

il

a des

commandements qu’on

la loi, les récits

ordinaires qui s’y

mêlent, sont les vêtements dont ce corps est couvert. ¥

Les simples ne prennent garde qu’aux vêtements ou aux

a

récits

de

la

loi,

ils

ne connaissent pas autre chose, et ne

hommes

voient pas ce qui est caché sous ce vêtement. Les

plus instruits ne font pas attention au vêtement, mais au corps

enveloppe.

qu’il

¥

¥

¥

Les serviteurs du roi suprême, ceux qui habitent sur

«

hauteurs du Sinaï, ne sont occupés que de l’ame qui est

de tout futurs

le reste,

ils

qui est la

loi

elle-même,

et

dans

la

base

temps

les

seront préparés à contempler l’âme de cette

qui respire dans

les

âme

»

la loi...

C’est en créant de cette façon l’allégorie dans les livres sacrés,

que

les kabalistes,

sans rompre avec

Bible, firent entrer dans la loi religieuse

tions des initiés

de

la

tradition et

les vieilles

la

concep-

l’Orient.

Ces dernières stances, semblent un commentaire du livre des pitris sur l^s

mêmes

matières que nous venons d’étudier.

Nous nous bornons, sans insister, à constater ces similitudes dans la méthode d’interprétation adoptée par les deux doctrines.

Rappelons-nous que VAgrouchada-Parikchai a

même

que l’âme est enfermée dans

«

De

«

Que l’amande

le

dit

corps,

est cachée par son enveloppe.

:


LA DOCTRINE DES PITRIS. «

Que

les

nuages voilent

Que

les

vêtements dérobent

18 .j

le soleil, la

vue du corps,

Que l’œuf est comprimé dans sa coque, Et que le germe se repose dans l’intérieur de la graine, De même la loi sacrée a son corps, son enveloppe, ses

« « «

nuages, ses vêtements, sa coque, qui sancfe

de

la

dérobent à

la

connais-

la foule. »

C’est cette opinion,

que

les

récits

de

la

loi n’étaient

que

des vêtements destinés à cacher au vulgaire les vérités conte-

nues dans

la loi,

qui conduisit les kabalistes à imaginer cet

alphabet dit kabalistique, à l’aide duquel lecture

même

ils

empêchaient

la

matérielle de leurs mystères.

D’après Reuchlin, De artecabalislic., et Wolf, Bibliogr. hebr., les la

moyens employés par

cet alphabet occulte,

pour

faire

de

simple lecture l’objet d’une initiation spéciale, seraient au

nombre de

trois.

Le premier consiste à remplacer un mot par un autre qui a .a

même

valeur numérique.

L’autre faity de chaque finale d’un mot, l’initiale d’un autre

mot.

Le troisième change la valeur des exemple,

la

première à

la

place de

la

lettres,

en mettant, par

dernière, et réciproque-

ment.

Nous avons vu que

les sectateurs

également à ces puériles pratiques.

des

pitris

s’adonnaient


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

18G

CHAPITRE

ni.

DE lTnITîATION chez LES KABALISTES.

Nous avons VU que

les

mystères des pagodes de l’Inde, com-

prenaient trois degrés d’initiation, dans chacun desquels un stago de vingt ans était nécessaire pour parvenir au degré supérieur.

Les écrivains de

la

kabale ne nous ont point dévoilé les

secrets de leur discipline intérieure, mais

que

hébraïque a compté,

l’initiation

il

est hors de doute

elle aussi, plusieurs ca^'

-

gories d’initiés.

On

sait,

d’après

sédaient trois

le

Talmud, que

noms pour exprimer

les anciens

l’idée

Le premier, composé de quatre tous les adeptes

Pour

«

second et

le

lettres, était

enseigné à

troisième, composés l’un de douze et lettres, voici ce

qu’en

dit

Maïmo-

:

Les sages enseignaient

et à leurs disciples. Mais tiplia,

ne fut plus

il

tres, et

ceux-là

pendant

Le

de Dieu.

du temple.

de quarante-deux

l’autre

nides

le

Hébreux pos-

la

nom

le

nom de douze

quand

le

lettres à leurs

nombre des impies

se

fils

mul-

confié qu’aux plus discrets d’entre les prê-

le faisaient réciter

bénédiction du peuple.

à voix basse à leurs frères, '

»

de quarante-deux lettres

était le plus sacré

de tous


,

LA DOCTRINE DES PITRIS. les

mystères,

il

et représentait

«

On

187

renfermait le grand secret de râme universelle,

pour

ainsi dire l’initiation complète.

ne l’enseignait, dit l’auteur que nous venons de

qu’a un

homme

citer,

d’une discrétion reconnue, d’un âge mûr,

inaccessible à la colère et à l’intempérance, étranger à la vanité,

sem-

de douceur dans ses rapports avec ses

plein

blables. « le

Quiconque, ajoute

le

Talmud,

garde avec vigilance dans un

l’amour de Dieu

sa science

le respect,

l’héritier

et sur la faveur

a élé instruit

de ce secret et

cœur pur peut compter sur des hommes son nom inspire ;

ne craint pas

Foifblî et il se

trouve

de deux mondes, celui où nous vivons, et le monde

à venir. »

Ces •1°

trois catégories d’individus

:

Les disciples auxquels on enseignait le

nom composé

de

quatre lettres, 2° Les prêtres qui étudiaient celui de douze lettres 3° Les vieillards à qui seuls

rante-deux

on révélait

lettres,

Nous paraissent assez bien représenter nitiés

des qua-

le secret

les trois classes d’i-

de l’Inde.

Remarquons que notre dernière

citation

du Talmud semble

donner aux anciens, possesseurs de ce mystère

le

de tous, un pouvoir souverain, 'non-seulement sur présent, mais sur le monde des invisibles.

A chaque page du mara, de

la

plus sacré le

Zohar, du Sepher leszirah, de

Michna, se rencontre

la prohibition

monde la

Gue-

de livrer

les

secrets delà Mercaba, ou création, à d’autres «

Qu’à des

hommes

revêtus d’une haute dignité, connus

pour leur extrême prudence,

»

Et, suivant l’expression originale.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

188 «

Qui portent en eux

un cœur rempli

Dans un texte que nous avons

d'inquiétude. »

dans

cité déjà,

le

premier

chapitre de la première partie de cet ouvrage, on peut voir qu’il

ne

suffisait

pas de se distinguer par l’intelligence

et

la

science pour recevoir le mystérieux enseignement, mais qu’il fallait

«

encore être parvenu à une certaine

vieillesse.

Rabbi Jochananjdit un jour à rabbiEliezer

:

Viens que je

t’enseigne l’histoire de la Mercaba. Alors ce dernier répondit Je

ne suis pas encore assez vieux pour

cela.

Qand

il

fut

:

devenu

vieux, rabbi Jochanan mourut, et quelque temps après Rabbi Assi étant venu lui dire à son tour l’histoire

de

la

Mercaba,

je l’aurais déjà appris

Si crit,

il

répliqua

:

:

Viens que je t’enseigne

m’en

Si je

étais cru digne,

de rabbi Jochanan, ton maître...

nous ne pouvons dans

le silence

de

la tradition et

»

de

l’é-

indiquer quelles furent les pratiques spéciales qui faisaient

passer d’un degré à un autre les braïque, du moins

il

initiés

de

la

est possible d’affirmer

trois degrés d’initiation.

kabbale hél’existence de


LA DOCTRINE DES PITRIS.

CHAPITRE

189

IV.

DE l’essence divine d’aPRÈS LES KABALISTES.

s’assit

sous l’om-

qu’il allait

avant de

Rabbi Simon, ayant rassemblé ses disciples, brage d’un bois sacré, et leur annonce

mourir leur révéler cipes

«

grand secret du principe des prin-

le

:

Alors une voix se

fit

entendre et leurs genoux s’entrecho-

quèrent de frayeur. Quelle était cette voix? C’était

— (comprenant tous

l’assemblée céleste

— qui se réunissait

voix de

les esprits supérieurs)

pour écouter. Rabbi Simon, plein de

prononça ces paroles

:

«

Seigneur, je ne dirai pas

de

(I

crainte, car ce n’est plus maintenant le

«

mais celui de l’amour,

«

nel, tou Dieu. »

temps de

ainsi qu’il est écrit

:

tu

joie,

comme un

prophètes, qu’en entendant ta voix je suis

«.

tes

la

saisi

de

la crainte,

aimeras

l’Éter-

Le Zohar met alors dans suivante de l’Être suprême a II est l’ancien

nous apparaît

Il

bouche du rabbi

la

description

:

des anciens,

connu des inconnus. qu’il

la

le

mystère des mystères,

l’in-

a une forme qui lui appartient, puis-

comme

le vieillard

par excellence,

comme

l’ancien des anciens, ce qu’il y a de plus inconnu parmi les in-

connus. Mais, sous cette forme qui nous

le

fait

connaître,

il


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

190

Son vêtement paraît blanc,

reste cependant l’inconnu.

aspect est celui d’un visage découvert

;

est assis sur

il

et

son

un tronc

soumet à sa volonté. La blanche lumière de quatre cent mille mondes. Quatre cent mille

d’étincelles qu’il

sa tête éclaire

mondes, nés de cette blanche lumière, deviennent l’héritage des justes dans la vie à venir. Chaque jour voit éclore treize mille myriades de et

dont

il

mondes

supporte à

lui

qui reçoivent de

une vie nouvelle. C’est pour cela de l’ordre

le

les

morts

secoue

et les fait naître à

qu’il est écrit

:

Ta rosée

es't

manne qu’on prépare aux descend dans le champ des

plus élevé, elle est la

fruits sacrés. L’aspect la

de cette rosée est blanc

comme

les dia-

couleur renferme toutes les couleurs. La lon-

gueur de ce visage, depuis

le

sommet de

visage, car tel est le

nom de

la tête, est

On

cent soixante et dix fois dix mille mondes.

«

il

c’est elle qui est la nourriture des esprits

justes pour la vie' à venir. Elle

mants dont

leur subsistance,

seul tout le poids; de sa tête,

une rosée bienfaisante qui réveille

une rosée de lumière,

lui

de

trois

l’appelle le long

l’ancien des anciens,..

Avant d’avoir créé aucune forme en ce monde, avant

d’avoir produit aucune image,

il

semblant à rien. Et qui pourrait

était seul, le

sans forme, ne res-

concevoir

comme

était

il

alors avant la création, puisqu’il n’avait pas de formes; aussi est-il

défendu de

le

que forme que ce une

lettre

représenter par quelqu’image et sous quelsoit,

même

par son saint nom,

ou par un point. Tel est

n’avez vu aucune figure

le

le

même

sens de ces mots

;

par

Vous

jour où i’Éternel nous parla...

Malheur à qui oserait le comparer, même à Tun de ses propres attributs! Encore bien moins doit-il être comparé à a

l’homme, venu de

la terre et destiné à la

mort.

H

faut le con-

cevoir au-dessus de toutes les créatures et de tous les attributs... «

Sachons cependant qu’on n’est intelligent

et sage

sa propre substance, car la sagesse ne mérite pas ce

que par

nom par


LA DOCTRINE DES PITRIS. elle-même, mais à cause de la

lumière

émanée de

lui.

lui

191

qui est sage, et la produit de

Ce n’est pas non plus par elle-même

qu’on peut concevoir l’intelTigence, mais» par intelligent et qui la remplit

qui est l’être

lui,

de sa propre substance, Extrait du

»

Zohar

(ouvrage kabalistique). L’ancien des anciens est en

«

inconnus,

il

s’unit à lui,

se sépare

comme

de tout

lui. Il

il

(les

;

il

sant.

lui, et

chose

il

;

n’y

a une forme, et l’on peut dire qu’il a

il

donné l’existence à

a d’abord fait jaillir de son sein dix lumières

dix zeplîiroth) qui brillent par

pruntée de

pas séparé; car tout

s’unit à toute

n’en a pas. En prenant une forme, tout ce qui est

temps l’inconnu des

et n’en est

à son tour,

a rien qui ne soit en

même

la

forme qu’elles ont em-

répandent de toutes parts un jour éblouis-

C’est ainsi qu’un

phare envoie de tous côtés ses rayons

lumineux. L’ancien des anciens, l’inconnu des inconnus, est

un phare élevé que qui brillent à nos

l’on connaît

yeux avec

qu’on appelle son saint lumières.

seulement par

les

lumières

tant d’éclat et d’abondance.

nom ‘n’est

Ce

pas autre chose que ces

»

Extrait

de VIdra-Souta

(ouvrage kabalistique).

La forme de l’ancien, dont le forme unique qui embrasse toutes «

nom les

soit sanctifié, est

formes. Elle est

gesse suprême et mystérieuse qui renferme tout Extrait

la

une sa-

le reste. »

du Zohar.

Ces textes résument, à peu près tout ce que les kabalistes ont imaginé sur l’essence même de la nature divine, et nous

pouvons dire que l’ensemble des croyances de ces philosophes, se

!

résume à son tour dans

cette parole

du

livre des pitris

:


LE SPlRITISxME DANS LE MONDE. Il

est tout et

dans

Et tout est en Il

est la cause

de tout,

luî

tout^

!

et tout effet est

en

lui.

C’est le

panthéisme, dans une unité infinie, que celui des l’Inde, qui

nous est révélé par

V ancien des

les

ouvrages de

la

initiés

de

kabale.

anciens du Zohar est bien Vancien des jours de

Manou, des Védas

et

de V Agrouchada-Parikchai. Les

idées fondamentales se retrouvent au début des

phies, souvent rendues par les

Nous

même

mêmes

mêmes

deux philoso-

expressions.

allons voir maintenant cet inconnu des inconnus se

révéler dans la création.


LA DOCTRINE DES PITRIS.

CHAPITRE LES

V.

DIX ZEPHIROTH.

Les dix zephiroth représentent

par lesquelles

la divinité se

les dix qualités essentielles

manifeste pour

Ces dix attributs, qui représentent

la création.

bonté,

la

sagesse, la puissance, la grâce, la justice,

couronne,

etc., sont

complètement

comme

tance divine, mais

193

la gloire,

la

rintelligence,

la

identifiés

avec

subs-

la

Dieu est immuable et ne saurait se

transformer, les kabalistes considèrent dans l’action, les dix

zephiroth '

comme

comme

des instruments de

la

puissance suprême,

des créatures d’une nature supérieure, types de tous

les êtres.

C’est ainsi

que Dieu se révèle

passe de l’évocation à l’ac-

et

tion.

Cédons

la

parole à

hébraïsant qui nous sert de

l’illustre

guide et qui, mieux que nous ne pourrions

le faire

nous-mêrae,

va nous donner l’explication exacte de cette conception « il

Dieu est présent dans

ne pourrait se révéler par

elles tout entier; lui

les zephiroth, dit

il

n’est pas

elles

les

mais

il

Frank, autrement

ne demeure pas en

seulement ce qu’on découvre en

p ensée et de l’existence. En zephiroth ne peuvent jamais comprendre l’infini :

sous ces formes sublimes de

eflet,

;

;

TEn-Soph qui

est la source

la

même

en cette qualité n’en a aucune

:

de toutes ces formes et qui,

ou bien, pour

me

servir des 13


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

194

termes consacrés, tandis que chaque zephirolh a un lui seul

connu,

nom

bien

n’en a pas et ne peut en avoir.

Dieu reste donc toujours l’Être ineffable, incompréhensible, placé au-dessus de tous les

infini,

même

sa présence^

le

monde de

mondes qui nous

l’émanation

,

révèlent

»

Tels sont également, et la nature particulière des dix pradjapatis

de

l’Inde, et la nature

bhouva,

l’Être irrévélé.

Cela est

précis,

si

ferait qu’affaiblir

Chez

de leurs rapports avec Swayam-

si

concordant, que tout commentaire ne

de pareilles similitudes

les kabalisteset

chez

les sectateurs

des

pitris, les

ze-

phiroth et les dix pradjapatis, seigneurs des créatures’, sont

dans dix

les attributs

de

supérieurs,

qui se manifestent pour la création

la divinité qui se personnifient

l’immuabilité

ainsi

divine, qui ne

;

esprits

et sauvent

pouvait se révéler par

l’action.

Ces croyances identiques en Judée et dans l’Inde sont d’autant plus importantes à constater, qu’elles

no

se rencontrent

dans aucun autre système philosophique de l’époque, et indiquent incontestablement braïque. La kabale, en

la

maternité indoue et

effet,

ne

s’est

la filiation

hé-

guère développée dans

ces idées plus d’un siècle avant notre ère, alors que Manou, les

Védas

et

l’Agrouchada-Parikchai comptaient déjà plusieurs

milliers d’années d’existence. Il

est utile

rieurs,

cette

de

de constater également, que ces dix esprits supé-

même que

immense

les pradjapatis indous, sont le

sommet de

hiérarchie d’esprits, inspirateurs et médiateurs,

qui président aux transformations constantes de la molécule vitale

;

et

conduisent l’âme humaine de perfectiotis en perfec-

tions jusqu’à l’âme universelle.

Voici dans quels termes mystérieux les parlent de ces manifestations supérieures

:

Sepher letzirah


LA DOCTRINE DES PITRIS.

195

y a dix zephirolh, dix et non pas neuf, dix et non onze en sorte que tu les comprennes dans ta sagesse et ton in-

« Il

fais

;

que sur

telligence,

elles s’exercent

constamment

tes recher-

ches, tes spéculations, ton savoir, ta pensée et ton imagination; fais reposer les choses sur leur principe, et rétablis le

Créateur sur sa base. «

Pour

nir, ni

les dix zephirolh,

dans

le

il

n’y a pas de

dans l’ave-

fin, ni

passé, ni dans le bien, ni dans le mal,

ni

en

élévation ni en profondeur, ni à l’orient ni à l’occident, ni au

midi ni au nord. cc

Les dix zephirolh sont

au nombre de dix,

comme

et cinq contre

les

cinq doigts de

la

main,

cinq, mais au milieu d’elles

est l’alliance de l’unité. «

La

des zephirolh se

fin

est unie

au tison, car

le

lie

à leur principe

comme

Seigneur est un, et

il

la

flamme

n’y en pas un

second. «

Ferme

ta

bouche pour ne pas en

parler, et ton

cœur pour

ne pas y réfléchir, et si ton cœur s’est échappé, ramène-le à sa place, car c’est pour cela que l’alliance a été faite. » (Extrait

N’est-ce pas dans le

chai avait

dit,

même

des siècles avant

du Sepher-Ietsirah.)

sens que VAgrouchada-Parikla

kabale

:

r

Pour

Maritchi,

les dix pradjapalis

Atri,

seigneurs des créatures, qui sont

Angiras, Poulastya,

chetas, Vasichta, Brighou, Narada,

il

Poulaha, n’y a ni

Gratou,

commencement,

ni fin, ni temps, ni espace, car ils sont le produit

unique, de l’esprit «

un

et

du

souflle

Ceci est un secret qui donne

afin qu’il

ne

soit rien révélé

Prat-

de l’essence

unique. la

mort; ferme

au vulgaire

;

ta

bouche

comprime ton cer-

veau afin que rien ne se répande en dehors.

»


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

196

Disons en terminant

dans

la

;

que toute

la

doctrine des pitris

est

connaissance de cet immense arbre généalogique des

esprits, dont les pradjapatis sont le

De même

:

toute la kabbale

cience mystique des zephiroth

sommet.

hébraïque se résume dans

la


LA DOCTRINE DES PITRIS.

CHAPITRE

197

VI.

LA TRINITÉ DES KABALISTES.

Ayant divisé son corps en deux parties

le

souverain maître

devint moitié mâle et moitié femelle, et s’unissant à cette partie

femelle

il

le fils. »

engendra Viradj

(Manou, sloca 34, « C’est moi, Viradj, qui, désirant

humain, après avoir pratiqué produit d’abord les

les

PL)

donner naissance au genre

plus pénibles austérités, ai

pradjapatis,

dix

liv.

seigneurs des

créa-

tures, »

(Manou, sloca 34, C’est dans ces termes

:

que

fait naître la primitive triade,

le

liv.

Pr.)

vieux législateur des Indous

de laquelle sont issus

les dix pre-

miers esprits supérieurs qui vont se manifester par la création.

Nous avons vu, dans quel langage maghifique le livre des pitris parle de l’amour de l’époux pour l’épouse, et comment de cette union

céleste naît l’univers.

l’Inde, cette trinité

sculptées dans le

mant qu’une Il

Dans toutes

les

pagodes de

symbolique est représentée par

même bloc de

trois têtes

granit ou de marbre, n’en for-

seule.

est extraordinaire de voir avec quelle servilité cette con-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

198

ception des bords du

Gange a passé dans

croyances des

les

kabalistes juifs.

Ce

n’est pas,

nous ne faisons nulle

difficulté

de l’avouer, une

étude de notre propre fond que nous faisons sur

kabale,

documents hébraïques sont empruntés par nous

tous nos

M. Franck, de que

la

là est

l’Institut, et

à

nos lecteurs doivent comprendre

toute la force de nos comparaisons.

Nous poursuivons une preuve mathématique. Nous voulons démontrer que rinde

le

;

la

kabale hébraïque est issue des temples de

meilleur

cider ce problème

graphiques,

moyen dont nous puissions si

user, pour élu-

intéressant à tous les points de vue ethno-

donc de placer simplement en regard de

est

la

doctrine des pitris, que nous avons exposée, et des textes in-

dous que nous avons donnés, ainsi

les textes

que les appréciations d’un

hébraïqu es eux-mêmes,

illustre écrivain, qui certaine-

ment ne songeait pas à l’Inde, lorsqu’il exposait les mystères du Zohar et du Sepher letzirah et se dem andait, lui aussi, ;

quel pouvait bien être qui,

le

berceau de ces étranges doctrines

malgré certains points de contact, n’étaient pas issues des

philosophies- grecque et arabe.

Voici dans quels termes notre auteur donne les textes

dyade à courus

«

du Zohar qui conduisent

la triade,

les

les

mêmes chemins

la

commente

dyade

et la

qu’avaient déjà par-

rêveurs des pagodes de l’Indoustan.

Le premier

suprême,

par

l’unité à

et

!

c’est l’ancien.

la source-

Vu

face à face

de toute lumière,

le

il

est la tête

principe de toute sa-

gesse, et ne peut être déûni autrement que par l’unité. »

Du

sein de cette unité absolue, mais distinguée

riété et

de

la

va-

de toute unité relative, sortent parallèlement deux

principes opposés en apparence, mais en réalité inséparables,

Fun mâlCj ou

actif, s’appelle la sagesse, l’autre passif,

ou fe-


.

LA DOCTRINE DES PITRIS. melle, désigné par un

mot qu’on

a

199

coutume de traduire par

celui d’intelligence

existe, dit le Zohar, tout ce qui a

Tout ce qui

«

par Vancienj dont

le

nom

soit sanctifié,

par un mâle et par une femelle.

De

été

formé

ne peut subsister que

»

leur éternelle et mystérieuse union sort un fik qui, selon

l’expression originale, prenant à la fois les traits de son père et

de sa mère, leur rend témoignage à tous deux.

Ce

fils

de

la

sagesse et de l’intelligence, appelé aussi, à

cause de son double héritage,

le fils

aîné de Dieu, c’est la con-

renferment

naissance ou la science. Ces trois

et

réunissent tout ce qui est, mais elles sont réunies à leur tour

dans

la tête

blanche, dans l’ancien des anciens, car tout est lui

et lui est tout.

Tantôt on

le

représente avec trois têtes qui n’en forment

qu’une seule, et tantôt on

le

compare au cerveau

perdre son unité, se partage en

trois parties et

trente-deux paires de nerfs se

répand dans tout

comme

à l’aide des trente-deux voies

de

la

au

qui, sans

moyen de le

corps

;

sagesse, la divinité

se répand dans l’univers.

«

L’ancien, dit le Zohar, dont le

avec

trois têtes qui n’en

ce qu’il

tres

soit sanctifié, existe

forment qu’une seule,

y a de plus élevé parmi

que l’ancien

nom

est représenté par le

les

et cette tête est

choses élevées, et parce

nombre

trois, toutes les

au-

lumières, c’est-à-dire les dix Zephiroth, sont également

comprises dans

On

lit

nombre

trois.

«

dans un autre passage du

y a dessus de « Il

le

trois têtes spulptées l’autre.

même

Tune dans

ouvrage

:

l’autre, et l’une

Dans ce nombre comptons d’abord

la

ausa-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

“2(R)

gesse mystérieuse,

la

sagesse cachée, et qui n’est jamais sans

voile. Cette sagesse mystérieuse c’est le principe

suprême de

toute autre sagesse. Au-dessus de cette première tête est l’an-

fin

ce qu’il y a de plus mystérieux parmi les mystères. Envient la tête qui domine toutes les autres, une tête qui n’en

est

pas une. Ce qu’elle renferme, nul ne

cien,,

savoir

;

le sait, ni

ne peut

le

car elle échappe également à notre science et à notre C’est pour cela

ignorance.

que l’ancien

est

appelé

le

non-

être.

Quelquefois les termes, ou,

si l’on

représentées

cette trinité, sont

veut,

comme

les

trois

personnes de

phases succes-

sives et absolument nécessaires dans l’existence, aussi bien

que dans

pensée,

la

même temps que ce

fait

la

comme une

génération du monde.

Venez

Quelque étonnement

puisse exciter, on n’en doutera pas quand on aura

lu les lignes suivantes empruntées

«

déduction qui constitue en

et

voyez

;

la

au Zohar.

pensée est

le

principe de tout ce qui

est; mais elle est d’abord ignorée et renfermée en elle-même

quand

elle devient

nom

l’esprit;

parvenue à ce point

des mystères dont

il

réunion de tous

pand en paroles de

elle

prend

le

comme auparavant renfermée tour se développe, au sein même

d’intelligence, et n’est plus

en elle- même. L’esprit à son

la

;

la pensée arrive à se répandre, elle arrive à ce degré

l’esprit.

est entouré, et les

chœurs

distinctes, et

il

en sort une voix qui est

célestes;

une voix qui se ré-

en mots articulés, car

elle vient

Mais en réfléchissant à tous ces degrés, on voit que

pensée, l’intelligence, cette voix et cette parole sont une seule chose, que la pensée est le principe de tout ce qui est,

la

que nulle interruption ne peut exister en elle. La pensée elle-même se lie au non-être et ne s’en sépare jamais. Tel est et

le

sens de ces mots «

Le

nom

:

Jeovah est un

et son

nom

est un...

qui signifie je suis nous indique la réunion de


LA DOCTRINE DES PITRIS. tout ce qui est, le degré

où toutes

les voies

201

de

la

sagesse sont

encore cachées et remises ensemble sans pouvoir se distinguer les

unes des autres. Mais quand

cation

,

quand on veut distinguer

sein toute chose et sur

véler le

s’établit

il

nom suprême

qui suis. Enfin

quand

le

la

une ligne de démar-

mère

'portant

point de les mettre au jour pour ré-

alors Dieu dit en parlant

;

dans son

tout est bien

formé

et sorti

de

lui

Moi'

:

du sein ma-

ternel lorsque toute chose est à sa place, et qu’on veut à fois désigner le particulier et

l’existence, Dieu s’appelle

vah, ou je suis celui qui est...

»

Nous

ments

allons terminer ces aperçus par

les plus extraordinaires

la

Jeo-

un des rapproche-

qu’on puisse

faire entre la

doc-

trine des pitris de l’Inde et celle des kabalistes hébraïques.

Nous avons vu dans

le

système indou que

étaient successivement issues de

trois trinités

Swayambhouva, VÉtre

tant par lui-même^ et se confondaient en

lui,

exis-

dans une union

suprême.

Ce sont i °

La

:

trinité initiale, celle qui fait éclore la

pensée divine

:

Nara, l’esprit producteur, Nari,

mère,

la

Viradj, le 2“

La

trinité manifestée,

fils.

de laquelle naissent

primitifs qui vont concourir à

former l’univers

Agni,

Vaya,

Sourya. 3“ La trinité créatrice

:

Brahma, Vischnou, '

Si va.

:

les

éléments


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

2Ü2

Écoutons Franck, exposant d’après

une conception identique

:

Les dix zephiroth se partagent en

«

Zohar des kabalistes

le

cune nous présente la divinité sous

dont cha-

trois classes,

un

aspect différent, mais

toujours sous l’aspect d’une trinité indivisible.

premières zephiroth sont purement, intellectuelles en métaphysique, elles expriment l’identité absolue de

Les

«

trois

l’existence et

de

la

pensée, et forment ce que les kabalistes

modernes ont appelé

le

monde

intelligible

c’est la

première

manifestation de Dieu.

«Les trois qui

les suivent

ont un caractère moral d’une part,

nous font concevoir Dieu

elles

de la sagesse; de l’autre,

prême

l’origine

de

la

elles

comme

de

la

bonté et

nous montrent dans

le

bien su-

beauté et de

création). Aussi les a-t-on

l’identité

la

nommées

magnificence [dans

les

vertus ou

le

la

monde

sensible.

Enfin nous apprenons, par

«

que

la

Providence universelle, que

la force absolue, est

en

les trois

la.

même temps

dernières zephiroth,

l’artiste

suprême

cause toute-puissante, et que cette cause

V élément générateur de tout ce qui

sont ces dernières zephiroth qui constituent le

ou

la

est aussi

monde

nature dans son essence et dans son principe

est.

Ce

naturel

actif.

Na-

tura naturans. » N’est-ce pas d’un enseignement fécond, pour l’étude de l’ori-

gine des idées philosophiques dans le monde, que de voir les trois

termes trinitaires brahmaniques

même

nir dans la 1“

Un

dieu irrévélé,

des jours, vant 2® la

les

conception

comme

et kabalistiques se

réu-

?

germe primordial

et universel, l’ancien

disent les Indous, l’ancien des anciens, sui-

philosophes de la kabale;

Une première

volonté

;

trinité

qui est l’éclosion de

ia

pensée et de


3"

LA DOCTRINE DES PITRIS.

203

trinilé qui est l’origine des

éléments, des

Une seconde

du monde

vertus, des forces

Une troisième

de l’œuvre de

sensible

;

trinité qui, d’après les Indous, est

la création, et

chargée

d’après les kabalistes, représente

V élément générateur de tout ce qui

est.

deux doctrines, l’élément générateur

Enfin, dans les

actif,

par une union constante avec l’élément passif-mère, lance sans cesse dans l’espace les rayons de vie, d’où s’échappent

des âmes qui accomplissent leurs destinées progressives dans l’univers

graduellement,

et

remontent s’absorber dans

c’est-à-dire

source immortelle d’où elles sont descendues,

dans

l’unité.

Pour nous

faire

comprendre celte

fiction

du grand tout

à la

double nature, engendrant sans cesse tout ce qui existe l’univers qui est le produit, le

à l’unité

comme

les

fils,

anneaux d’une chaîne sans

comparaison suivante

Pour posséder

la

la

;

et

remontant perpétuellement

flamme qui s’alimente elle-même,

a

la

le

fin,

ou une

Zohar nous donne

la

:

science de l’unité sainte,

il

faut regarder

flamme qui s’élève d'un brasier, ou d’une lampe allumée

:

on y voit d’abord deux lumières, l’une éclatante de blancheur, l’autre noire ou bleue la lumière blanche est au-dessus et ;

s’élève en ligne droite, la lumière noire est au-desèous et

ble être le siège de la première

;

elles sont

cependant

sem-

si étroi-

tement unies l’une à l’autre qu’elles ne forment qu’une seule

flamme. Mais

le siège

formé par

la

s’attache à son tour à la matière

au-dessous

d’elle.

change pas, pre

;

elle

Il

lumière bleue ou noire

enflammée qui

posées

;

;•

conserve toujours

cette dernière

elle s’attache

encore

faut savoir que la lumière blanche ne la

couleur qui

mais on distingue plusieurs nuances dans

au-dessous

est

lui est

pro-

celle qui

est

prend en outre deux directions op-

en haut à

la

lumière blanche et en bas


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

204

à la lumière enflammée, mais cette matière est sans cesse ab

sorbée dans son sein, et

elle

remonte constamment vers

mière supérieure. Cesl ainsi que tout rentre dans

En

la lu-

l’unité.

face de l’identité complète des doctrines indoues et de

celle des kabalistes juifs,

certains sémitologues,

que deviennent

qui, sur les traces

quand même créer des conceptions de

-

celles des autres peuples

les prétentions

de

de Renan, veulent

sémitiques, indépendantes

de l’Orient et de

l’Asie.


20j

LA DOCTRINE DES PITRIS.

CHAPITRE

VII.

LA CROYANCE AUX ESPRITS INSPIRATEURS ET MÉDIATEURS CHEZ LES KABALISTES HÉBRAÏQUES.

«

Tout

monde

le

monde

inférieur a été fait à la ressemblance

supérieur. Tout ce qui existe dans le

apparaît ici-bas

comme

le

reflet

monde

d’une image

;

du

supérieur

et tout cela

n’est cependant qu’une seule chose.

{Le Zohar.)

faut

II

cc

monde

que

spirituel

tu il

saches qu’entre

y a le

même

le

monde

corporel et le

rapport qu’entre notre ombre

et notre corps.

Al

Gazali,

écrivain de la kabale.

L’extraordinaire similitude qui existe entre les conceptions

des pagodes de l’Inde et les doctrines de

ne

s’arrête pas

nous allons

teurs

et médiateurs, et cette

le

démontrer,

quence logique des principes

ment de

ont cru aux esprits inspira-

croyance ne fut qu’une conséqu’ils avaient

la création, l’univers entier,

la

kabale hébraïque

aux conceptions philosophiques. Les kaba-

listes,

Toute

la

admis.

n’étant qu’un rayonne-

nature divine, les espaces infinis sont peuplés d’es-

prits qui, d’un côté, s’échappent

du Grand Tout à

l’état d’étirT-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE'.

206

d’atomes doués de vie

celles,

jusqu’à

lui

de l’autre côté, remontent

et,

par une série de transformations progressives.

Voici cette situation exprimée dans le

Zohar sous

la

forme

d’allégorie poétique.

Les

«

âmes des

esprits^ les

la kabale, sont au-dessus

justes, dit ce célèbre

de toutes

demandes pourquoi, d’une place

monde

dent dans ce je

répondrai

un

tre

:

les puissances... Et si tu

aussi élevée, elles descen-

de leur source, voici ce que

l’exemple d’un roi à qui

c’est à

l’emmène à

et qui

fils

et s’éloignent

la

cation de son

amour pour

préparé aux usages

lui?

lui tout le jour.

que

est tout à fait terminée,

fils

il

dans son palais

l’introduit

Le saint, que son nom ce

la reine,

fait-il

dans son

envoie chercher, pour célébrer son retour,

Il

mère,

la reine sa

de

être nourri

de son père. Quand on annonce à ce roi que l’édu-

palais

fils

vient de naî-

il

campagne pour y

et élevé jusqu’à ce qu’il ait grandi, et soit

du

ouvrage de

et se réjouit

soit béni, a

avec

un

aussi

c’est l’âme supérieure et sainte.

fils,

Il

campagne, c’est-à-dire dans ce monde, pour y être initié aux usages que l’on suit dans le palais

l’envoie à la

grandir et

du

Quand

roi.

que son

ciens,

il

fils

a achevé de grandir et que le temps est venu

de l’introduire auprès de

pour

lui?

11

entrer son la terre

que

que

lui,

fait-il

alors dans son

envoie en son honneur chercher

fils

an-

arrive à la connaissance de Vancien des

dans son palais. L’âme, en

la reine

ne

la

effet,

venue se joindre à

soit

amour

reine et

fait

ne quitte pas elle

pour

l’in-

troduire dans le palais du roi où elle demeurera éternelle-

ment. Et cependant,

les habitants

tume de pleurer quand y a

un

homme

n’est-ce pas le quittés

pour

éclairé,

fils

aller

le fils il

du

de

campagne ont cou-

roi se sépare d’eux. Mais

leur dit

du roi?

la

n’est-il

demeurer dans

:

s’il

Pourquoi pleurez-vous, pas juste qu’il nous

le palais

tous les justes pouvaient savoir ces choses,

de son père?... ils

ait

Si

accueilleraient


LA DOCTRINE DES PITRIS. avec joie

le

jour où

ils

207

doivent quitter ce monde. Et n’est-ce

pas le comble de la gloire que

reine

la

(la

scheinah ou

pré-

la

sence divine) descende au milieu d’eux, qu’ils soient admis

dans

le palais

du

roi‘,

et qu’ils fassent ses délices

dans

l’é-

ternité

.

Dans

*

le

passage suivant,

le

Zohar constate que

l’univers est

peuplé d’esprits.

a Dieu

mament,

anima d’un

esprit particulier

lui..

fir-

armées célestes furent formées e

aussitôt toutes les

se trouvèrent devant

chaque partie du

Avec

.

le

souffle

de sa bouche,

il

créa toutes les armées. Les esprit saints sont les messagers ,

du Seigneur.

ni

5)

Pour démontrer victorieusement que

les kabalistes,

moins que

pitris,

indous des

les sectateurs

,

ni plus

ont cru aux es-

prits médiateurs, directeurs, inspirateurs, ainsi

qu’aux esprits

mauvais, nous allons faire un dernier emprunt, à l’éminent traducteur et commentateur de la kabale, que noüs avons déjà si

souvent «

cité.

Nous comprendrons mieux encore ce qu’on a voulu dire

par ces esprits qui animent tous les corps célestes et tous éléments de

la terre, si

nous prenons garde aux noms et aux

fonctions qui leur sont donnés. Avant tout,

purement poétiques dont

personnifications exciter le

tent le

moindre doute ;

nom,

soit

hariel, l’esprit

de

la

faut écarter les

caractère peut

et tels sont tous les

anges qui por-

métaphysique, par exemple, nos yeux

il

le

d’une qualité morale,

l’on fait agir sous

les

le

bon

soit

et le

comme des

d’une abstraction

mauvais désir que

personnes réelles

:

Ta-

pureté, Rachmiel, l’esprit de la miséri-

corde, Tsadkiel, l’esprit de

la

justice, Padaël, l’esprit

de

la


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

208

délivrance, et

fameux

le

Raziel, l’esprit des secrets qui veille

d’un œil jaloux sur les mystères de

la

sagesse kabalistique.

un principe reconnu par tous les kabalistes, et au système général des êtres que la hiérarchie angé-

D’ailleurs, c’est

qui tient

commence que dans le troisième monde, c’elui qu’on le monde delà /brmaiion, c’est-à-dire dans l’espace

lique ne

apTpeWe

occupé par

les planètes et les

corps célestes... Le chef de cette

milice invisible, c’est l’ange

ainsi

appelé parce

trouve immédiatement au-dessous du trône de Dieu,

qu’il se

qui forme à lui seul le prits.

Metatrône,

monde de

Sa tâche, c’est de maintenir

mouvement

ou des purs

la création

de toutes les sphères

l’unité,

c’est

;

l’harmonie et

exactement

celle

esle

de

cette force aveugle et infinie qu’on a voulu quelquefois substi-

tuer à Dieu sous le

nom

de nature

Il

.

a sous ses ordres des

myriades de sujets qu’on a divisés en dix catégories, sans doute en l’honneur des dix Zephiroth. Ces esprits subalternes sont

aux diverses parties de

nature ce qu’est leur chef à l’uni-

la

vers entier. Ainsi l’un préside aux mouvements de l’autre à les

ceux de

la

lune, et la

même

chose a

la

terre,

pour tous

lieu

autres corps célestes. Celui-ci s’appelle l’esprit du feu

Nouriel,

celui-là l’esprit de la lumière

troisième préside à

la

distribution des saisons,

Ouriel,

— un-

un quatrième

à la végétation. Enfin toutes les productions, toutes les forces et tous les

même

phénomènes de

manière.

Quant aux lement,

nature sont représentés de la

»

esprits

mauvais que

les kabalistes

comme

admettent éga-

^formes

les

plus gros-

plus imparfaites de l'existence. Dans

les

ténèbres et

ils les

sières^ les

la

l’impureté où

considèrent

ils

les

s’agitent, ils sont divisés ainsi

que

les esprits

supérieurs en dix catégories, personnifient le mal dans tous ses degrés.

Comme

on

le voit, la

même

idée a inspiré sur tous ces


LA DOCTRINE DES PITRIS. points, le livre des pitris indous, et le

bases métaphysiques,

mauvais,

même

mêmes

système sur

209

Zohar hébraïque

mêmes

;

croyances aux esprits bons et

la

composition de l’univers.

Bien que nous ne possédions rien de précis sur les évocations d'esprits par les kabalistes qui, sans doute, ne se trans-

mettaient les formules que de vive voix;

la

tradition hébraï-

que est tellement surchargée de phénomènes d’évocation

et

de manifestations occultes, complément nécessaire des croyances métaphysiques que nous venons d’exposer, qu’il serait puéril de se

demander

si les

les initiés indous, attribué la

Qu’on se rappelle

la

anciens kabalistes se sont,

puissance surnaturelle.

pythonisse d’Endor évoquant devant

Saül, la veille de la bataille de Gelboë, l’ombre

Samuel

;

comme

du prophète

Daniel expliquant devant Balthazar les paroles magi-

ques que la main d'un invisible avait tracées sur son palais au milieu d’une orgie

Mané

les

murs de

:

— Thécel — Pharès

Et la pythonisse Holda, dont le grand prêtre Helkiah, sous Josias, se servait

pour influencer

le

peuple! et cent autres

faits

semblables qui ne sont que des manifestations extérieures du pouvoir occulte I

On ne

saurait nous objecter

que

la

kabale hébraïque ne

peut revendiquer une pareille antiquité. L’avis unanime de tous les kabalistes est que cette philosophie mystérieuse a son origine dans l’initiation primitive des lévites, et qu’elle est

née du besoin de ces derniers, de s’attribuer des croyances plus élevées que celle qu’ils abandonnaient à la plèbe.

Le rôle sacerdotal a été le même dans toute l’antiquité Terminons par la légende suivante empruntée aux traditions !

kabalistiques

1.

^

:

Thaï. Bob, Traii, Chaguiga,

fol.

14,

14


LE SPllUTlSME DANS LE MONDE.

210

Un

jour, notre maître Jochanan ben Zachaï se mit en voyage, monté sur un âne et suivi de rabi Eléazar ben Aroch. «

Alors celui-ci le pria de lui enseigner un chapitre de la Mercaba.

Ne vous

ai-je

défendu d’expliquer

que sa sagesse

pas la

répondit notre

dit,

maître, qu'il est

Mercaba à une seule personne, à moins

propre intelligence ne puissent y suffire. Que, du moins, répliqua Eléazar, il me soit permis de répéter

devant

et sa

ce que tu m’as appris de cette science.

toi

répondit encore notre maître. En disant cela, terre, se voila la tête et s’assit sur

A

olivier...

peine Eléazar,

fils

Eh bien,

parle,

descendit à

il

une pierre, à l’ombre d’un

d’Aroch, eut -il

parler de la Mercaba, qu’un feu descendit

du

commencé

ciel,

à

enveloppant

tous les arbres de la campagne, qui semblaient chanter des

hymnes,

et

du milieu du

feu,

on entendait un esprit exprimer

sa joie en écoutant ces mystères... »

Dans

le

même

passage, on raconte que deux autres initiés,

rabi Josué et rabi Jossé, à l’exemple d’Eléazar,

un chapitre de

la

ayant récité

Mercaba, des prodiges plus extraordinaires

encore se produisirent. «

Le

couvrit tout à coup d’épais nuages, un météore

ciel se

assez semblable à l’arc-en-ciel brilla à l’horizon, et l’on vit les

pour

esprits accourir

pressent sur

le

les

entendre

passage d’une noce.

comme

des curieux qui se

»

f

En apprenant

les prodiges accomplis

par ses disciples, Jo-

chanan ben Zachaï en raconte un à son tour de suivante

8

ici

:

Nous avions

haut du

manière

la

ciel,

été transportés sur le

une voix nous

où de splendides

fit

mont

Sinaï quand,

entendre ces paroles

festins sont préparés

:

du

Montez

pour vous, pour vos

disciples et toutes les générations qui entendront leurs doc-


LA DOCTRINE DES PITRIS. irines.

Vous êtes destinés à entrer dans

la

211

troisième caté-

gorie. »

Ainsi

;

phénomènes de manifestations extérieures,

voltigeant autour des arbres,

un météore

le

feu

se 'produisant tout

à

coup au milieu des nuages; phénomènes d’évocation,

les esprits

venant écouter

;

mènes de sur

le

les

mystérieux secrets de la Mercaba

transportation,

Jochanan

et ses disciples

mont Smaïpour converser avec

passage kabalistique, pour prouver que

Zohar avaient

la

prétention d’évoquer

des phénomènes extérieurs.

transportés

les invisibles;

enfin h la troisième catégorie des initiés, rien ne les

phéno-

accession

manque

sectateurs

les esprits et

à ce

du

de produire


LE SPIRITISME DANS LE MONDE,

212

CHAPITRE

Vlll.

RAPPORTS DE LA DOCTRINE DES PITRIS AVEC CELLE DU ZENDAVESTA DES PERSES

AVEC LA PHILOSOPHIE DE PLATON

,

,

UE

l’école d’aLEXANDRIE et les croyances CHRÉTIENNES.'

La kabale hébraïque

:

tèmes de philosophie de

n’est point le seul

de tous

les sys-

l’antiquité, qui entretienne d’étroits

rapports avec les doctrines des brahmes. Platon faisait créer l’univers par une émanation de l’Être

Suprême. Le Verbe ou

le Fils, qui reproduisait les

nels, contenus

sagesse divine

Indous

pour

la

préexistence des âmes et

la

;

il

la

admettait

comme

métempsychose,

les initiés, et

certainement qu’un pâle

et à

un enseignement public, qui ne reflet

résuma

et expliqua à ses disciples les traditions

si

de

nous

la sa-

gesse antique qui s’étaient transmises d’âge en âge jusqu’à

par

les associations

C’est ce

vant

que

dit

fut

du précédent.

Le philosophe d’Égine fut avant tout un éclectique, pouvons lui appliquer cette expression toute moderne. 11

les

de ces derniers également eut un enseignement se-

l’initiation

cret

dans

types éter-

lui,

mystérieuses des temples.

positivement Proclus, dans le passage sui-

:

« ATtaaav |xàv

xarà

Tr,v

tou HXcctwvoç tptXocotptav, xai

twv xpeiTTOvwv

lxXdfi.']/at

t?iv

dyaOoeiSri pouXT^o-iv.,

.

ty);ts dXXi^ç


.

LA DOCTRINE DES PITRIS. aTraGTjç ii[xaç [X£Toj(^0Oi; xaT£(iTy)ffs

Twv

vtüvobç

La philosophie de venons d’étudier, qu’elle

avec

ait

est

qu’il

cptXo<ro:p(aç,

xa\ xoi-

T(ov auTou xpsffêuTspoiV [xsTSiXrjcpe. »

l’école d’Alexandrie,

telles analogies

de

offre

Tapà

SV (XTCop^iiTOiç

tou IlXaTWVoç

213

les

ou néo-platonisme,

doctrines indoues que nous

impossible de ne pas admettre

puisé au grand foyer oriental. Elle se prétend du

reste elle-même issue des mystérieuses traditions de l’Asie.

comme

Elle conçoit Dieu

Grand Tout, duquel

le

tout des-

cend, et vers lequel tout remonte. Il

est tout, et tout est

C’est l’unité, to iv

en

lui

!

;

G’estT’ineffable, àp^y)To'ç

;

C’est l’inconnu, àYvwoTo;.

De Vuniié Plotin et ses disciples font émaner plus ni moins que les sectateurs des pitris Cette trinité reçoit les

noms

la trinité, ni

suivants empruntés à ses attri-

buts.

To

SV

Toayaôbv

Noûç—

l’unité, c’est-à-dire le

l’âme du monde,

TOU

-rtavTo'ç,

TWV

oXo)v

bien

;

l’esprit universel;

le

Demiourgos,

le créateur.

Mais là ne s’arrête pas la ressemblance des deux systèmes, cha-

cun des membres de cette

trinité

spéciale. Et les trois trinités qui

engendre à son tour une

en découlent ont pour mission

monde Eœuvre de la

de produire sans cesse, et de perpétuer dans bien',;

2° l’intelligence

trinité

ou principe

vital; 3»

le

:

1° le

créa-

tion.

Ce sont bien trois trinités

là,

sous des appellations plus mystiques, les

des brahmes et des kabalistes.

L’Être Suprême, avec ses diverses transformations symbo-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

214

pour

est

liqiies,

les

néo-platoniciens, l’immense et éternel

foyer, d’où s’échappent

constamment

les races universelle.s,

que l’amour de l’époux pour l’épouse, de

l’unité

pour

l’intelli-

gence a pourvues de tous les attributs divers, et que le même amour pousse à remonter sans cesse de tranformations en transformations jusqu’à l’imité.

Par un mouvement semblable à celui d’une chaîne sans autour d’une roue, » dit le livre des pitris.

« fin

Entre

le

système

trinitaire

du christianisme

et celui des In-

dous, des kabalistes et des néo-platoniciens, les rapproche-

ments

se font

d’eux-mêmes,

et l’on peut voir

les fondateurs

de cette religion ont dû puiser leur prétendue révélation. Nous disons fondateurs, bien que ce mot soit impropre, par allusion aux rédacteurs des Évangiles, qui voulurent créer une tradition particulière, car le Christ est

une invention du m®

nisnie, aussi vieux

de

l’Inde,

est aujourd’hui hors

il

que

siècle, et

de doute que

que

temples de l'Égypte et

les

le christia-

les

pagodes

qu’une synthèse symbolique de toutes les

n’est

croyances de l’antiquité. Les savants qui vivaient dans

les

premiers temps de l’Église

chrétienne ne s’y sont pas trompés.

manichéen Fauste

écrivait ces paroles

Au

que

siècle, l’illustre

l’on peut*renvoyer à

tous les romanciers de la vie de Jésus.

«

Tout

le

monde

par Jésus-Christ,

sait

ni

par

que

les

Évangiles n’ont été écrits ni

les apôtres,

mais longtemps après par

des inconnus, qui jugeant bien qu’on ne

les croirait

des choses qu’ils n’avaient pas vues, mirent à récits

la tête

pas

sur.

de leurs

des noms d’apôtres ou d’hommes apostoliques contem-

porains.

»

.

.

(Fauste.)


LA DOCTRINE DES PITRIS.

2i5

Le conseil de Nicée, présidé par Constantin, ce despote odieux, couvert de crimes, que les écrivains de la foi accablent de leurs louanges, créa un catholicisme disciplinaire, qui, n’a rien

de

commun

avec

la

croyance primitive.

D’une manière très-prudente dans percer une opinion semblable quand

les il

termes, Franck laisse

dit

:

Ne sommes-nous pas autoriséaà regarder la kabale comme

a

un reste précieux

d’iine philosophie religieuse de V Orient, qui

transportée à Alexandrie, s’est mêlée à la doctrine de Platon, sous le

et,

nom

usurpé de Denys Faréopagite

thènes, converti et sacré par saint Paul

dans

A

le

mysticisme du moyen âge.

cette question

— évêque d’A-

— a su pénétrer jusque

»

:

Quelle est donc cette philosophie religieuse de l’Orient, qui

a pénétré dans les mystiques symboles du christianisme? nous

répondrons

:

Cette philosophie, dont nous retrouvons la trace chez les

mages, les Chaldéens, les Égyptiens, et les chrétiens, n’est autre

que

les kabalistes

celle

hébraïques

des brahmes indous,

sectateurs des pitris. Il

De

existe en faveur de cette opinion

un argument victorieux.

toutes les contrées anciennes, l’Inde est la seule qui pos-

sède celte philosophie dans son entier.

A

ce point que

si l’on

voulait la reconstituer en dehors des immortels rêveurs des

bords du Gange,

il

faudrait en

différentes parties, à drie,

emprunter

d’ici,

de

là,

toutes les

Platon, à la kabale, à l’école d’Alexan-

aux mages et aux chrétiens.

D’un autre côté, l’antiquité de l’œuvre colossale de l’Inde s’oppose à ce qu’on puisse supposer, même un instant, que la philosophie brahmanique se soit formée de pièces et de

morceaux empruntés à ces

différents systèmes, qui, postérieurs


*.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

216

aux Védas

Manou

et à

ne sont pas, de nous

l’avis

cela n’est contesté par personne

même de

leurs adeptes, nés sur

— où

le sol

les retrouvons.

Si la kabale, le

magisme, Platon,

l’école d'Alexandrie et le

christianisme n’ont point tiré leurs doctrines de leur propre fonds...

si

au contraire on

les

rencontre de toute antiquité dans

les écrits

philosophiques de l’Inde ancienne, non

fait isolé,

mais

comme un ensemble de

de mystères, qui forme toute

comme un

croyances, de dogmes,

la civilisation

brahmanique, n'est-

on pas fondé à soutenir que cette doctrine est née dans des Védas? Il

est facile

de suivre à travers

les

âges

par ces hautes spéculations. De l’Inde

la

la patrie

route parcourue

elles

passèrent en

Perse et en Chaldée, et par voie d’émigration, et par infiltration naturelle. et

Il suffît

de comparer

du Zend-Avesta avec

en reconnaître

celles

la similitude,

et des anciens Chaldéens, la

mère

patrie, accorde

les traditions

que nous avons

seulement

Il

la

le

système des Parses

aux dews

et

aux esprits mauvais une celle

que reconnaît aux

théorie des initiés de l’Inde.

faut descendre jusqu’aux superstitions

vulgaire, jusqu’à la religion

mêmes

luttes

étudiées, pour

moins philosophique que ceux de

importance beaucoup plus grande que

dévas et aux pisatchas

du Boun-Dehesh

du brahmanisme

du soudra pour rencontrer

les

ardentes entre les esprits du bien et du mal

Le parsisme et

le

chaldaïsme sont un mélange des croyances

grossières de la plèbe indoue et des conceptions philosophiques

des brahmes.

Souvenons-nous de ces paroles d’Ammien Marcellin,

confir-

mées par Agalhias. «

Le

roi

Hystasp ayant pénétré dans certains

lieux- retirés

de

VInde supérieure arriva à des bocages solitaires dont le silence favorise les profondes pensées des brahmes. Là il apprit d’eux,


LA DOCTRINE DES PITRIS. autant qu’il

lui fut possible,

les rites

217

purs des sacrifices, les

mouvement des astres et de l’univers, dont ensuite communiqua une partie aux mages. Ceux-ci se sont trans-

causes du il

science de prédire

mis ces secrets de père en

fils,

l’avenir, et c’est depuis que,

dans une longue suite de siècles

avec

la

jusqu’à ce jour, cette foule de mages, composant une seule et

même

race, a été consacrée au service des temples et

des dieux.

»

L’Égypte à son tour, qui n’avait jamais perdu

de ses traditions, communes avec celles de pait la

au culte

constamment dans

l’étude

le

l’Inde, se

du mouvement

souvenir

retrem-

scientifique

de

Haute Asie. Moïse du Glîorène, qui vivait cinq siècles avant l’ère pré-

sente

en témoigne d’une manière formelle dans

suivant

«

le

passage

:

Les anciens Asiatiques eurent une foule de

livres histo-

riques qui furent tous traduits en langue grecque, lorsque les

Ptolémées établirent

la

bibliothèque d’Alexandrie, et encoura-

gèrent les littérateurs par leurs libéralités, de manière que

la

langue grecque devint le dépôt de toutes les sciences anciennes. »

Tout cela prouve

:

que les peuples de l’antiquité ne vécurent

pas plus en dehors les uns des autres, au point de vue des sciences philosophiques et religieuses, que les peuples

dernes

mo-

y eut un ensemble de traditions dont le grand foyer fut l’Inde ancienne et 3° qu’un lien étroit existe entre les ;

2° qu’il

;

doctrines des brahmes et les systèmes des mages, des Ghaldéens,

des kabalistes, des platoniciens, des philosophes de l’école d’Alexandrie, dont la secte des thréapeutes continua les traditions qui devinrent celles

G’est ainsi,

du christianisme.

par l'étude parallèle de toutes les civilisations


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

218

anciennes, qu’on arrive à substituer Vunilé de Vinlelleci hu-

main à •

Il

l’orgueil individuel et

n’y a pas un

fait,

aux prétentions systématiques.

pas une croyance, pas une découverte,

qui soient indépendants de la tradition, et les gens qui, pour se

une place à part à leurs études spéciales, chaque pas des conceptions, qu’ils prétendent

singulariser et faire

rencontrent à

ne rien devoir à celles qui toire et les lois d’évolution

les ont précédées, oublient l’his-

de

l’esprit

humain.


QUATRIÈME PARTIE 9

PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS EXTÉRIEURES PRODUITS

PAR LES SECTATEURS DES PITRIS OU INITIÉS DES PAGODES DE l’iNDE


Le pouvoir appartient à celui qui

sait.

(Agrouchada-Parikchai.)

Celui qui a pénétré le secret des choses, qui s'est élevé par la contemplation à la science du principe immortel, qui a macéré son corps et développé son âme, qui connaît tous les mystères de l’Etre et du non Etre, qui a étudié toutes les transformations de la molécule vitale, depuis Brahma jusqu’à l’homme et de l’homme jusqu’à Brahma, celui-là seul est

en communication avec

les pitris

et

commande aux

forces célestes.

(Alharva-Veda.)

Les boulams esprits mauvais tremblent devant celui qui a la tête rasée, qui est revêtu du triple cordon et du vêtement jaune, et qui porte le bâton è sept nœuds.

(Agrouchada-Parikchai.)


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^1


AU LECTEUR.

La

œuvre

partie philosophique de notre

est terminée.

Sans

doute une foule de points de ce vaste sujet, eussent demandé plus de développement, mais nous avons tenu avant tout à don-

ner une idée d’ensemble, des spéculations métaphysiques des Indous,

initiés

à

et

esprits n’est qu’une

montrer comment leur croyance aux

conséquencede leur système sur

de Dieu, ses attributs

et l’existence

la

de l’univers. Dans

paraison de cette doctrine, qui a sa base

même

dans

nature

la

les

com-

Védas,

avec celles des autres peuples de l’antiquité, nous avons

une part plus large à

connue que

le

la

magisme,

fait

kabale hébraïque, parce que, moins la

philosophie de Platon et de l’école

d’Alexandrie, elle a |cru en outre aux manifestations des esprits,

à

rieurs,

la

puissance des évocations et des phénomènes exté-

exactement

tre traditionnelle

comme

la

philosophie des Pitris, son ancê-

des bords du Gange.

Nous aurions pu faire remarquer encore que primitif,

gré

christianisme

avec ses thaumaturges, apparaissant tout à coup mal-

les portes clo.ses, ressuscitant les

airs et

le

recevant

le

morts, s’élevant dans les

don des langues, avec ses

initiés

des cata-

combes, ses esprits supérieurs, ses démons, ses exorciseurs, entretenait avec la kabale et la doctrine des pitris les rapports les

plus étroits. Nous avons dû nous borner à déclarer que

I


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

224

celle révoliilion religieuse des premiers siècles de n’élail

qu’une synthèse des

vieilles

croyances de

noire ère

l’Asie.

Une

étude complète sur ce sujet mériterait les honneurs d’un livre

que nous aurons peut-être

spécial,

La tre

les loisirs

spécialité de notre cadre actuel

une excursion complète sur ce

été conduit fatalement, par cela

importance aux

initiations

d’achever.

ne pouvait nous permetnous eussions

terrain. Puis

même,

à accorder

mystérieuses de

même

la

l’Égypte, de la

Ghaldée et de

la Perse, et l’on

traîné à faire

une histoire générale des anciennes

peut voir que cela nous eût en-

de l’Orient, ce qui serait rentré dans

les

études

civilisations

ethnographi-

ques que nous publions d’autre part L

Avant d’aborder

le récit

des phénomènes et manifestations

extérieures, par lesquels les Indous ont la prétention de prou-

ver qu’ils sont en possession de sance qui est

au

gieuse

la

rôle

la

puissance occulte, puis-

conséquence logique de leur croyance des esprits dans l’univers,

nous

reli-

tenons

par-dessus tout à dégager notre responsabilité personnelle.

Nous n affirmons absolument rien sur

la plupart des faits

étranges que nous allons raconter! Habileté que donne un long exercice,

charlatanisme, hallucination

même,

peut

tout

concourir à les expliquer, nous devons cependant dire, pour être impartial

auquel

et

vrai, que malgré le contrôle le plus sévère

les fakirs et les initiés se sont toujours prêtés volontiers,

nous ne sommes jamais parvenu à ,en prendre un seul en grant délit de supercherie... ce qui, nous n’est pas

le

une preuve irréfragable de leur bonne

fla-

reconnaissons, foi.

Le missionnaire Hue, qui reud compte également de quelques-uns de ces phénomènes, dont il a été témoin au Thibet, pas plus que nous n’a pu en surprendre (i)

La

Bible dans l’Inde,

— Histoire des Vierges, —

les Fils de Dieu,

le secret.

Christna

la Genèse de l’Humanité,

théisme, Monothéisme. *— Lacroix, éditeur.

et

le

— Fétichisme,

Christ,

Pohj -

-


LA DOCTRINE DES PITRIS. Nous ne faisons

nulle

difficulté

225

d’avouer également que

nous n’avons pas connu, ni dans l’Inde, ni à Ceylan, un seul européen,

même

parmi

les plus anciens résidents, qui ait

nous indiquer quels étaient

les

moyens employés par

les

pu

sec-

tateurs des pitris pour la production de ces phénomènes...

Est-ce à dire que nous croyons à l’intervention des invisibles?. ..\

Nous ne sommes pas un adepte du spiritisme., et si nous estimons que la négation quand même est un acte que l’homme dans sa faiblesse n’a guère

devons ajouter

d’autre

le droit

de se permettre

nous

que l’affirmation scientifique

part,

n’a le devoir de se produire, qu’après un long examen, basé

sur des preuves contradictoires.

Nous restons donc, suivant

la

position prise

dans notre

préface, l’historien pur et simple de faits, dans lesquels les uns

verront des manifestations occultes, d’autres d’habiles jongleries indoues. Il

est

\

cependant un certain nombre de phénomènes que,

sans nous engager plus que de raison, nous serions portés à attribuer à des forces naturelles dont

l’homme n’a pas encore

saisi les lois.

Quelles sont ces forces? ou plutôt cette force que les Indous

placent tout entière dans le fluide pur Agasa dirigé par les esprits

?

Nous ne sommes

ne pouvons pas être une autorité sur ce point... Mais chaque fois que nous voyons attaquer par le dédain ou l’ironie l’illustre William Crookes, membre de la et

Société royale de Londres, en raison des études auxquelles livre, pour^ arriver à découvrir les lois

il

se

de cette force, involon-

tairement nous reviennent en mémoire les paroles suivantes

de Galvani, à qui

le

monde

périences sur l’électricité (1) L’Inde a

connu ce

occidental^ doit les premières ex-

;

fluide dès lapins haute antiquité.

15


m

LE SPliUTISME DANS LE MONDE.

«

Je suis attaqué par deux catégories de personnes différen-

tes, les

me

savants et les ignorants. Toutes deux

ridicule, et

me

traitent de

tournent en

mailre de danse des grenouilles. Ce-

pendant je crois avoir découvert une des plus grandes forces la nature. »

de

En résumé, les.

sur certains

faits

commun avec

qui n’ont rien de

évocations, apparitions et manifestations surnaturelles, et

qui ne contredisent pas formellement lesloisde la nature,

physiques qui n’ont rien de plus merveilleux que produits par

l’électricité,

nous pensons que

la

faits

les résultats

négation o\iY af-

firmation, après une étude approfondie et scientifique, valent

mieux que

la

négation ou V affirmation a priori.

La négation a priori nous

la

connaissons. N’a-t-elle pas déjà

proscrit la vapeur et l’électricité?

Les phénomènes dont nous allons rendre compte appartiennent aux trois catégories suivantes

1° Les faits et

:

phénomènes de manifestations

obtenus par une force spirite

,

et Iq

extérieures^

plus souvent à l’aide

d’objets matériels, 2° Les faits d’ordre magnétique et

Les phénomènes d’évocations

ports. d’objets matériels

La première

,

et'd’apparitions, et d’ap-

les esprits.

catégorie de

phénomènes

est

d’un contrôle

en apparence, nous dirons ce que nous avons

.facile

.sujet

par

somnambulique

dans

la

fait

à ce

mesure du possible, sans exprimer cependant

aucune opinion personnelle sur leurs causes.

Quant à vrage,

la

dernière, nous l’aurions supprimée de cet ou-

comme échappant

pelant que l’antiquité

à l’examen scientifique,

si,

nous rap-

tout entière avait cru aux évocations et


LA DOCTRINE DES PIÏRIS. apparitions ,

que toutes

227

les religions, le christianisme

en

tête,

avaient compris ces phénomènes dans leurs mystères et leurs miracles, nous n’avions pensé qu’il y avait au moins un intérêt de curiosité historique à dévoiler la nature

ques singulières

— encore en usage dans

l’Inde,

à agir sur l’esprit des masses, et qui ont fait la les superstitions antiques.

de ces prati-

— destinées

base de toutes


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PHBî^OMÈNES ET MANIFESTATIONS EXTÉRIEURS DES

INITIÉS DES PAGODES DE ITNDi

I

CHAPITRE PREMIER QUELS SONT LES INITIÉS EN POSSESSION DU POUVOIR DIT OCCULTE.

Nous avons vu quelle longue

vie de prières,

d’ablutions et de jeûnes était imposée

dans

les différents

de macérations,

aux novices pour passer

degrés d’initiation. Nous n’y reviendrons

pas. Il

nous paraît cependant

utile

de rappeler que

les initiés

possèdent des pouvoirs plus ou moins étendus, suivant classe à laquelle

ils

se sont élevés, et d’indiquer quelle est la

nature de ces pouvoirs.

La première

la

classe des initiés

comprend

Les grihastas,

2° Les pourohitas,

3° Les fakirs.

;


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

230

Les grihastas, ou chefs de famille, ne quittent pas le monde, sont

ils

comme

médiateur entre

lien

le

temple et le peuple.

le

Tonte manifestation de phénomènes extérieurs leur est for-

mellement

que

interdite, ils n’ont

le droit et le

devoir d’évo-

quer dans un réduit secret de leur demeure, consacré à cet usage, les

âmes des ancêtres,

et

dans leur arbre généalogique

seulement, pour recevoir d’eux des enseignements destinés à les guider

dans leur vie

terrestre.

Les pourohitas, ou prêtres du culte vulgaire, sont appelés

dans toutes

les

cérémonies de famille,

familiers, chassent les

évoquent

ils

mauvais, tirent

les

leâ esprits

horoscopes, prési-

dent aux naissances, aux mariages, aux funérailles, accomplissent tous les

phénomènes de présages heureux ou malheu-

reux, et interviennent dans tous les cas d’exaltation et de possession pour débarrasser le sujet des influences malignes.

Ils

ne sortent pas du terrain religieux. Les fakirs -charmeurs sont

les

courent les campagnes et les faits les

quêteurs des temples,

ils

par-

produisent à volonté les

villes,

plus étranges et les plus contraires en apparence, avec

ce qu’on est convenu d’appeler les lois naturelles les esprits qui assistent

;

aidés par

à toutes leurs opérations d’après la

prétention des brahmes,

ils

ont également l’autorisation et le

pouvoir de les évoquer.

La deuxième classe comprend

:

Les sannyassis. f.

La troisième

:

1° Les nirvanys, :

même

-

.

:

i

-

2“ Les yoguys.*

Dans ces deux degrés supérieurs de

.

,

.

le

pouvoir des

nature, ne variant que du moins au plus.

prétention d’avoir soumis

le

monde

initiés est Ils

ont

la

visible et invisible à leur

-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. volonté, et ne produisent leurs manifestations

que dans

les rajahs, et autres puissants

chez

A

l’intérieur des temples, et

surnaturelles

dans de^cas très-rares,

personnages de l’Inde.

les croire, le temps, l’espace, la pesanteur, la vie

ne sont rien pour eux,

ils

â3i

même

jouissent de la faculté de quitter leur

enveloppe mortelle, et de

la

reprendre,

ils

commandent aux

éléments, transportent les montagnes et tarissent les fleuves; sur ce point, l’imagination orientale, qui ne connaît point d'obstacle,

se

donne

dans rinde

libre carrière, et ces illuminés sont regardés

comme des dieux. comme on le voit, une

y a là, tinée, en s’appuyant sur Il

organisation complète, des-

un

état social

les sanctuaires souterrains

des pago-

les castes, à soutenir

entièrement sacerdotal.

On prétend que dans

des, ces divers initiés sont soumis pendant de longues années

à une

méthode d’entraînement

qui, en modifiant leur orga-

nisme au point de vue physiologique, augmente dans une proportion considérable la production de leur fluide pur que l’on

nomme

agasa.

Il

nous a été impossible de nous rensei-J

gner sur ces pratiques occultes. C’est avec les fakirs^ surtout, différents

que nous allons étudier

phénomènes.

ces'

*

-

-C-:

î

.

/


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

232

CHAPITRE

II.

AGASA.

Afin de bien nous faire comprendre, sur un sujet où un mode

de parler accepté de tous n’existe pas encore, disons ce que nous entendons par ce mot de force spirite. Par force

gence

spirite

nous entendrons

pour agir sur

et des forces physiques,

nimés, sans préjuger en rien de

la

de

l’alliance

l’intelli-

les objets ina-

cause qui

fait

agir cette

force.

Le sens de ce mot

n’est peut-être pas, d’une manière. très-

y attache généralement hâtons-nous de dire que nous ne nous en servons que pour classer les phénoexacte, celui qu’on

mènes dont nous

;

allons rendre compte, et

que

les

cette qualification correspondent exactement à ceux

par

employés

les Indous.

La cause suprême de tous

brahmes, la

termes de

le fluide

les

phénomènes

pur agasa ou fluide

est,

vital qui,

d’après les

répandu dans

nature entière, met en communication tous les êtres animés

ou inanimés, visibles ou

invisibles.

La chaleur,

l’électricité,

toutes les forces de la nature, en un mot, ne sont que des états particuliers de ce fluide.

L’être qui

possède une

vitale acquiert

somme

plus grande de cette force

une puissance proportionnelle,

animés moins bien partagés,

et sur les êtres

et sirr les êtres inanimés.

Les


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. esprits

eux-mêmes

par

fluide universel et

le

sont sensibles à

la

233

communication

établie

peuvent mettre leur puissance au

service de ceux qui possèdent une force suffisante pour les

évoquer.

Pour certains brahmes, agasa estla pensée agissante de l’âme universelle, dirigeant toutes les

nication constante les

âmes qui

unes avec

les

seraient en

autres, si

commu-

l’enveloppe

grossière du corps ne s’y opposait dans une certaine mesure.

Donc plus l’âme tion, plus

elle

se

dégage de son vêtement par

la

contempla-

devient sensible au courant universel qui unit

tous les êtres visibles et invisibles. Telle' est la théorie

indoue que nous nous bornons à expo-

ser, sans sortir de notre rôle

pur

et simple

de traducteur.


m

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

CHAPITRE

III.

LES FAKinS CHARMEURS.

Il

un européen qui

n’est pas

leté extraordinaire

gairement par

les

n’ait

entendu parler de Thabi-

des fakirs indous, que Ton désigne vul-

noms de charmeurs ou de

jo72gleurs. Ils se

prétendent investis d’un pouvoir surnaturel; voilà

de tous les peuples de

Aux

récits

de leurs

ils

gestes dans nos contrées, on en-

faits et

:

Adressez-vous à vos prestidi-

vous en montreront tout autant.

Pour mettre cette opinion,

opèrent

croyance

l’Asie.

tend ordinairement répondre gitateurs,

la

le il

lecteur à

même

d’apprécier

le

bien fondé de

nous paraît indispensable d’indiquer comment

les fakirs. Voici

des

faits

que nous affirmons

et qui

ne

seront contredits par aucun voyageur.

1° Ils

lieux

ne donnent pas de représentations publiques dans des la

réunion de plusieurs centaines de personnes rend

tout contrôle impossible 2° Ils

;

ne sont accompagnés d’aucun assistant ou compère,

suivant l’expression usitée

;

dans l’intérieur des demeures, complètement nus, n’ayant par pudeur qu’un petit morceau de toile 3° Ils se présentent

un peu plus large que 4° Ils

la

main

ne connaissent ni

;

les gobelets, ni les sacs

enchantés.


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

233

aucun

ni les boîtes à doubles fonds, ni les tables préparées, ni

des mille

et

un objets nécessaires à nos escamoteurs euro-

péens. 5° Ils n’ont absolument rien autre petite baguette de jeune la tige

et

un

bambou

en leur possession qu’une

à sept

nœuds, grosse

comme

main

droite,

d’un porte-plume, qu’ils tiennent dans

la

petit sifflet long d’environ trois pouces, qu’ils attachent

à une des mèches de leurs longs cheveux, car n’ayant ni vê-

tement, ni poches par conséquent, pour obligés de le tenir

le

placer,

constamment au bout des

6® Ils opèrent, à la volonté

de

la

ils

seraient

doigts.

personne chez laquelle

ils

se sont rendus, assis ou debout, et suivant les cas, sur la natte

en rotin du salon, sur de

la

la dalle

vérandah, ou sur

la

en marbre, en granit ou en stuc

terre

nue dans

le jardin.

Quand ils ont besoin d’un sujet, pour développer leurs phénomènes de magnétisme et de somnambulisme, ils accep7°

tent n’importe lequel de vos domestiques

quez, et agissent avec la

même

facilité

que vous leur indisur un Européen

s’il

veut bien s’y prêter. 8° Si

un

objet

quelconque leur est nécessaire, instrument de

musique, canne, papier, crayon, etc..., le

ils

vous prient de

leur fournir.* 9° Ils

recommencent autant de

fois

que vous

le

voulez leurs

expériences sous vos yeux, pour vous permettre de les contrôler.

10° Enfin

ils

ne vous demandent jamais de salaire, se bor-

nant à accepter l’aumône que vous leur offrez pour

dont

ils

le

temple

dépendent.

Pendant

les longues

années que

j’ai

sens, je puis afiirmèr n’avoir jamais

sillonné l’Inde en tous

vu un seul

fakir qui ait

cherché à éluder une seule de ces prescriptions. Il

ne nous reste qu’à nous demander

si le

plus en vogue de


236

le spiritisme DANS LE MONDE.

nos escamoteurs consentirait à se priver de ses accessoires et à agir dans les mêmes circonstances?

La réponse ne

serait pas douteuse.

Sans en rien conclure, sur

nous bornons à constater.

les

causes

et

les

moyens^ nous


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS-

CHAPITRE

237

IV.

LA DANSE DES FEUILLES.

Nous recueillons sans ordre

les faits

que nous avons obser-

vés, tels qu’ils sont consignés dans nos notes, nous bornant à

grouper d’après

les

rendre plus claire

les divisions

que nous avons adoptées pour

la classification

indoue.

Ce que nous appelons force spirite est Indous arta-ahancârasya, ou force du moi.

nommé

par

les

* * J’habitais Pondichéry,

capitale

de nos établissements du

Carnatic depuis plusieurs années déjà, lorsqu’un matin, entre

onze heures et midi, vint

mon dobachy

— valet de

m’annoncer qu’un fakir demandait à

J’avais quitté l’Europe sans avoir la

nomènes que rais

me

chambre

rendre

visite.

moindre idée des phé-

les spirites attribuent à leurs

médiums. J’igno-

jusqu’aux principes sur lesquels repose cette foi que je

croyais nouvelle, et que je sais aujourd’hui aussi vieille que les

temples de l’Inde, de

les religions ont

la

Chaldée

commencé par

la

s’agiter

la

source de

même

sous l’imposition des mains

croyance aux invisibles^ dont

de l’Égypte, car toutes

croyance aux esprits et aux

manifestations extérieures, qui sont

prétendue céleste. Je n’avais pas

et

les

la

révélation

vu un simple guéridon ;

les

exagérations de

adeptes convaincus accom-


1

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

238

pagnaient toujours leurs

récits,

ressemblaient tellement aux

extases, aux apparitions mystérieuses et à tout l’arsenal du ca-

tholicisme, que ridée n’avait

pu

me venir, rationaliste acharné,

que je suis encore, d’assister aux expériences dont on s’occupait de tous côtés avec une véritable passion. ce

Quant aux fakirs indous,

prenais pour de simples

je les

prestidigitateurs que je faisais remercier chaque fois qu’ils se

présentaient.

Cependant, entendant toujours parler de leur habileté merje voulus savoir

veilleuse,

une bonne

quoi m’en tenir

fois à

à ce sujet.

L’Indou ayant été introduit, Je me rendis auprès de sous une des vérandahs intérieures de mon habitation. Je fus, frappé

de sa maigreur.

Il

lui,

avait le visage décharné

d’un ascète, et ses yeux, qui paraissaient à demi éteints,

me

donnèrent une sensation que j’avais déjà ressentie en regardant les yeux glauques et immobiles des grands squales de l’Océan. Il s’était,

en m’attendant, accroupi sur

Dès

m’aperçut,

qu’il

deux mains an

— Saranai

front,

aya

il

il

la dalle

de marbre.

se leva lentement, et, s’inclinant les

murmura

ces paroles

(salut respectueux,

:

seigneur), c’est moi,

Salvanadin-Odéar, ûls de Canagarayen-Odéar. Que l’immortel

Vischnou

veille:

— Salam

i

sur tes jours.

Salvanadin-Odéar,

fils

puisses-tu mourir sur les bords sacrés

transformation soit pour toi

— matin

Le gourou de :

la

la

de Canagarayen-Odéar,

du

Tircangy*, et

que cette

dernière

pagode, poursuivit l’Indou, m’a

Va-t’en glaner au hasard,

comme

dit ce

les oiseaux le long

Ces deux expressions Saranai et Salam sont employées indifférementre Indous de môme caste, entre Indous de castes différentes, celui de la classe la plus élevée a seul droit au Saranai. (2) Fleuve du sud de l’Incîoustan, près. de Vilmoor,. aussi sacré que le 1.

ment

Gang-e.


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. des rizières, et Ganèsa,

le

Dieu qui protège

les

23<)

voyageurs,

m’a conduit vers ton habitation. Sois le bienvenu.

'

-

— —

désires-tu de

Que

moi?

On prétend que tu vement aux corps rais désireux

as la faculté

de communiquer

inertes, sans le secours

le

du toucher

mou-

ij,e

se-

de te voir accomplir cette merveille.

Salvanadin-Odéar n’a pas ce pouvoir;

il

évoque

les es-

prits qui viennent lui prêter leur assistance.

bien, que Salvanadin-Odéar évoque les esprits, et

Eh

montre leur puissance. A peine avais-je prononcé ces mots, que

le fakir

me

s’accrou-

de nouveau sur la dalle, en plaçant son bâton à sept nœuds entre ses jambes croisées.

pit

me

Il

pria de

lui faire

donner par mon dobachy sept

petits

pots pleins de terre, sept minces tiges de bois de la longueur

de deux coudées, et sept

feuilles

empruntées à n’importe quel

arbre.

Lorsque ces différents objets eurent été apportés, sans y toucher lui-même, il les üt placer sur une ligne horizontale, à et enjoignit à mon environ deux mètres de son bras étendu ;

domestique d’enfoncer une terre, et

Chaque

feuille

d’arbre

le milieu.

feuille

battit sur le les

de bois dans chaque pot de

de garnir chaque tige de bois d’une

percée dans

,

tige

descendit

long de

le

la

tige verticale et s’a-

pot en guise de couvercle.. Ceci

mains jointes au-dessus de

fait, le

fakir leva

la tête, et. je l’entendis

pronon-

cer distinctement, en langue tamoule, l’évocation suivante

tt

Que

toutes les puissances; qui veillent sur le principe in-

tellectuel

de vie (kche’tradjna) et sur

(boûtatoma) prits

:

me

protègent contre

la

le

principe de

la

matière

colère des pisatchas (es-

mauvais), et que l’esprit immortel qui a trois formes


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.'

240

(mahatatridandi

de Yama.

la trinilé)

me

ne

livre pas à la

vengeance

»

En terminant,

il

étendit

vases de terre, et resta

mains dans

les

direction des

la

comme en extase... De s’agitaient comme s’il continuait

immobile

temps en temps ses lèvres

une invocation occulte, mais aucun son ne parvenait à mes oreilles.

Je suivais toute cette mise en scène avec un indicible sen-

timent de curiosité, et

de ce qui

allait se

Tout à coup

ment

agiter

ma

il

me

mon

du

dans

soir qui circulent

du

soleil.

visage,

la

fois

Et cependant

les larges ri-

le

phénomène

se

environ, sans que le fakir eût

commencèrent

à

mon-

long des tiges de bois qui les retenaient

captives, et à s’abaisser de

Je m’approchai, et

espaces vides

de suite.

quitté sa position, les feuilles de figuier le

les

vérandah restaient immobiles.

Au bout d’un quart d’heure ter insensiblement

ces

sous les tro-

une erreur de sensation, mais

renouvela plusieurs

comme

l’air,

de vétivert qui garnissaient

entre les colonnes de Je crus à

douter

sembla qu’un vent léger venait douce-

piques, après le ooucher paille

me

passer.

chevelure et fouetter

rafales de brises

deaux en

sourire aux lèvres, sans

le

me

même. mis à suivre

le

mouvement

qui se

continuait, avec la plus vive attention. C’est avec une certaine

émotion, je dois

le dire,

que je constatai l’absence complète

de tout lien de communication visible entre l’Indou

et

les

feuilles.

Je passai et repassai plusieurs fois rait le

charmeur des pots de

terre, et

dans l’espace qui sépa-

aucune interruption ne

se produisit dans l’ascension et la descente des feuilles.

Ayant demandé alors à

visiter l’appareil, ce qui

cordé sans hésitation, j’enlevai

les feuilles

des

me

fut

ac-

tiges, les tiges


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. (les pots, et

vidai sur la dalle toute la terre contenue dans les

récipients. Puis, ayant sonné le cousicara

me

lis

cuisinier,

je

apporter de Poflice, sept verres à pied, et du jardin de

la terre et

des feuilles nouvelles. Je partageai

canne de bambou en sept morceaux,

comme

24i

il

avait été fait

moi-même une

et j’arrangeai le tout

précédemment, en

le

plaçant à envi-

ron quatre mètres de distance du fakir, qui m’avait contemplé

pendant toute l’opération, sans

faire ni réflexion ni

mouve-

ment.

— Crois-tu,

dis-je alors à

ce dernier, que les esprits qui

maintenant.

t’assistent puissent continuer à agir

?

L’Indou ne répondit rien, et se contenta d’étendre les bras

comme

il

l’avait fait

précédemment.

Cinq minutes s’étaient à peine écoulées, que les feuilles s’agitèrent de nouveau et recommencèrent leur mouvement le

long des tiges de bambou. Je fus stupéfait, et l’on peut avouer qu’il

y avait de quoi lé-

gitimer le plus indicible étonnement.

Je ne

me tins

mandé au

pas cependant pour battu,

et,

après avoir de-

fakir si les vases et la terre étaient nécessaires à la

production du phénomène, sur sa réponse négative, je

fis

cer sept trous dans une planche et y plaçai les tiges de

bou.

En peu de temps

les

se reproduisirent avec la

mêmes

faits

per-

bam-

que je venais d’observer

même régularité.

Pendant deux heures j’essayai de vingt manières différentes, le résultat fut le

J’en étais à

même.

me demander

si

je n’étais pas sous le coup d’une'

puissante action magnétique, lorsque le fakir

— N’as-tu rien

à

demander aux

me

dit

invisibles avant

;

que je

me

sépare d’eux ?

Je ne m’attendais pas à cette question

vais entendu dire que les

,

mais

médiums européens

comme

j’a-

se servaient

d’un alphabet pour leurs prétendues conversations avec les i6


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

"2i2

esprits, j’expliquai le fait à l’Indou, et lui

communication

la

pourrait

demandai comment

à

s’établir

l’aide

d’un

pareil

moyen.

me

Il

voudras,

répondit textuellement

les

de leurs liges,

«

Interroge,

te dire; elles

quand

elles

comme

quand

resteront immobiles

feuilles

n’auront rien à

:

les

monteront, au contraire,

auront à

te faire

tu le

esprits le

long

connaître la pen-

sée de ceux qui les dirigent. » J’allais tracer à la

hâte un alphabet sur une feuille de pa-

pier, lorsque je m’avisai d’un autre expédient. J’avais

de lettres zinc,

et

de

dont je

bibliothèque

chiffres

un jeu

en cuivre, inscrustés sur des dés de

me servais pour imprimer sur les livres de ma mon nom et un numéro d’ordre je les jetai pêle;

mêle dans un

petit

sac en toile,

et le fakir ayant repris sa

position d’évocation, je pensais à un ami

vingt ans, et

me

mort depuis près de

mis à extraire un par un les numéros et

les

lettres.

En- prenant chaque carré de zinc, je regardais la lettre ou

énoncé tout en observant

le chiffre

les feuilles

pour surpren-

dre leur moindre mouvement.

Quatorze dés étaient déjà sortis sans que rien d’extraordinaire se fût produit, lorsque à l’apparition de la lettre A, les feuilles s’agitèrent, et,

après avoir gagné rapidement

met des

tiges,

fixés les

morceaux de bambou.

retombèrent immobiles sur

la

le

som-

planche où étaient

Je n’ai pas à cacher l’émotion que je ressentis, en voyant cette ascension de

première

lettre

Lorsque

le

feuilles,

concorder avec l’apparition de

du nom de mon ami.

sac fut vide, je

lui

confiai

chiffres et continuai l’opération. J’obtins

par

lettre, chiffre

par

chiffre, la

de nouveau

Nom,

lettres et

successivement

phrase suivante

date, pays, tout était exact

;

lettre

:

Albain Brnnier, mort à Bourg-en-Bresse (Ain), vier 1856.

la

3

jan-

je sentis le sang

.


PHENOMENES ET MANIFESTATIONS. m’affluer au cerveau en lisant et relisant ces mots, qui

243

me mi-

roitaient d’une façon étrange devant les yeux.

Le coup

rude que je n’avais nulle idée

était d’autant plus

de ce genre de phénomènes, que je

n’étais point

préparé à les ^

voir. J’avais besoin

de

me

retrouver avec

lendemain à Il

même

la

réflé-

fakir sans poursuivre

chir en liberté, et je renvoyai le

observations ce jour-là,

moi-même, de

lui faisant

mes

promettre de revenir

le

heure.

exact au rendez-vous.

fut

Nous recommençâmes

la

même

série d’expériences, qui

réussirent aussi bien que la veille.

Mon émotion le

première, parfaitement compréhensible dans

milieu où elle s’était produite, avait disparu; mais je n’a-

vais pas fait

un

seul pas vers les croyances

aux évocations. Je

me

au merveilleux

moi-même

bornai à formuler en

et

cette

supposition:

ce n’est pas charlatanisme pur, influence magnétique

a Si

ou hallucination, qui doivent surtout être regardés

les lois

les

peut-être y a-t-il là une force naturelle sont encore inconnues, qui permet à celui qui la

causes de ces dont

comme

faits...,

possède d’agir sur des objets inanimés et de traduire votre

pensée

comme

le

télégraphe qui

met en communication deux

volontés sur deux points opposés du globe.

Ayant passé une partie de -la nuit à

»

réfléchir sur ce point,

après avoir, dans une première séance

fait

reproduire tous

phénomènes du jour précédent, je priai le fakir de les recommencer, et je soumis ma conduite à l’opinion toute suples

posée que je venais de

faire.

demandant aux forces de transmission du de me répéter la communication de la veille, je me mis à

Ainsi, fakir,

me

tout en

changer, dans

ma

puyant sur chaque

pensée, l’orthographe du nom, en m’aplettre, et j’obtins la variante suivante

;

«


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

24i

Halbin Pruniet, mort, Je dois ajouter

nom

de

cependant qu’ayant voulu

la ville et la

ce jour-là, et que

clianger le

faire

date de l’événement, je n’y pus parvenir

la

transmission persista à se faire ainsi

Mort à Bourg-en-Bresse

:

(Ain), le 3 janvier 1836.

Pendant quinze jours,

je

fis,

mes exigences avec

à toutes

etc...

revenir

qui se prêta

le fakir,

plus entier dévouement, et

le

m'es expériences varièrent de la manière suivante. Je persistai à

ne pas

de

sortir

la

première transmission que

j’avais reçue, voulant m’assurer d’une la possibilité d’influencer

‘complètement

manière formelle de termes

les différents

de cette communication. Tantôt j’obtins des changements dans les lettres composant le

nom, de façon même

à le rendre méconnaissable. Tantôt

les modifications portèrent sur

l’année, mais ration dans le

transmis

il

me

date du jour, du mois et de

la

fut impossible d’obtenir la

nom de

la ville,

qui

me

moindre

fut toujours

alté-

exactement

:

Bourg-en-Bresse. J’en conclus

— toujours dans le sens de l’opinion

d’après laquelle je

me

dirigeais, et

en admettant

réellement une force naturelle, qui mettait

munication avec moi et avec les peut-être pas isoler suffisamment véritable de tous les

A

mots de

la

feuilles

ma

le

— que

supposée

qu’il

y eût

fakir en je

com-

ne pouvais

pensée de l’orthographe

phrase.

plusieurs époques différentes je renouvelai

les

mêmes

tentatives, avec des sujets différents, et je n’arrivai pas à un

meilleur résultat. Si d’un côté les

phénomènes matériels

se reproduisaient

d’une façon pour ainsi dire constante, de l’autre

il

y avait des


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. non moins persistantes dans

variations

243

traductions de

les

pensées. Variations qui tantôt étaient voulues par moi, et

au contraire paraissaient en opposition avec

tantôt

Dans

dernière séance que

la

me donna

avec une simple plume de paon

que

alors

plateau opposé

le

par

quatre-vingt kilos;

couronne de indéfinis

dans je

le Fakir, il fit baisser,

plateau d’une balance,

surchargé d’un poids de

seule imposition" des mains, les airs,

une

des sons vagues et

des caractères phosphorescents.

n’accordais pas le

était

dans

fleurs voltigea

le

volonté.

traversèrent l’espace, et une main aérienne traça

l’air

mènes

la

,

ma

même

A

cette

époque

aux deux derniers de ces phéno-

bénéfice du doute,...

il

n’y avait là pour moi que

pure fantasmagorie. Aussi n’ai-je pas trouvé dans mes notes, le récit

exact des faits de cette séance. J’en parlerai plus loin

avec tous

les détails qu’ils

charmeurs qui

En résumé

me

je

ne

et

que

:

les reproduisaient

également.

sur les faits matériels purs, je puis dire que

suis jamais

j’ai

comportent à l’occasion d’autres

aperçu de la moindre supercherie,

tout soumis au plus

sévère

contrôle

pour

la

prévenir.

Quant aux

faits

psychologiques, en éloignant toute hypo-

thèse d’intervention surnaturelle, et en supposant simplement

une communication fluidique entre l’opérateur je dois déclarer

que je

n’ai

et l’assistant,

personnellement obtenu rien de

fixe, rien d’invariable.

Voilà quelles furent <:héry.

mes premières observations

Mes fonctions judiciaires,

sur l’Inde ancienne, ne

me

et la spécialité

à Pondi-

de mes études

temps de les conen présence du résultat affirmatif, il est vrai, phénomènes matériels, mais dubitatifs et instables sur laissèrent pas le

tinuer, surtout

sur les la

transmission^ de

pensée entre deux êtres éveillés, mais en communication prétendue fluidique. Il

y

la

avait peut-être lieu

de chercher à étudier cette force


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

246

matérielle, et en admettant quelle existât, d^essayer de

dégager de l’apparat et de

la

mise en scène dont s’entourent

la

charmeurs pour frapper l’imagination des masses ? A chacun son œuvre, je n’ai pas cru devoir m’en charger, les

occupé autre part,

que

ainsi

devoirs professionnels,

et

je

mes

viens de le dire, par

mes recherches

sur les primitives

sociétés de l’Asie.

Cependant, tout en

me

désintéressant du fait, je pris l’ha-

bitude de mettre à part, au cours de regardait la

la-

doctrine des

pitris,

mes

études, tout ce qui

ou sectateurs des esprits dans'

pensée de publier plus lard tout ce que j’aurais rencontré *

sur cet étrange sujet, qui va peut-être passionner

monde

occidental autant que le vieux

A

partir d-e ce

mènes

monde

le

asiatique.

jour je notai également tous les phéno-

matériels à l’aide desquels les fakirs affirment leur

prétendue puissance, car faits serait le corollaire

Bien que

j’aie

me

il

parut que

de l’exposition de

tenu à

me

le

récit

de ces

la doctrine.

renfermer dans

le rôle

de

l’his-

torien, j’ai voulu dans ce chapitre relater la seule tentative

sérieuse que j’aie faite, pour *me renseigner sur cette force

dont les fakirs paraissent être en possession, force qui

les

mettrait en communication, d’après eux, avec les mvisibles,

ce que certains esprits de notre époque et leurs prétendent possible.

personnalité

sa

matière

?

il

des meil-

m’a semblé que je devais répon-

Il

dre à cette pensée du lecteur ainsi

même

:

Pourquoi l’écrivain dégage-t-il

n’a

donc pas d’opinion sur

la

?

Je n’ai pas encore en

effet,

d'opinion scientifique sur ce

sujet.

Je suis persuadé qu’il

y

a dans la nature., et dans

l’homme

qui est un atome dans l’ensemble, des forces immenses, dont

nous ne connaissons pas encore Je crois

les lois.

que l’homme découvrira ces

lois, et

que l’avenir


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONScomme

verra des réalités, que l’on regarde

247

des rêves aujour-

phénomènes que l’on ne soupçonne même pas. Dans le monde des idées comme dans le monde matériel,

d’hui, des

tout a besoin d’une période de gestation et d’éclosion. Qui sait si cette force

du moi, selon

force

comme

psychique, les

disent les Anglais, cette

Indous, que cet humble fakir a peut-

ne sera pas plus lard une des

être développée devant moi,

plus grandes forces de l’humanité?

Que

ne dise pas que

l’on

les

Indous, depuis dix mille ans et

plus qu’ils s’en occupent, ne sont pas parvenus à formuler les lois

de cette prétendue force, et que ni

comme eux

ne doivent perdre leur temps

Les brahmes ont tout courbé sous

moyen âge

le

présent ni l’avenir ?

avec

la foi religieuse, et

de preuves scientiûques. Voyez ce

la foi pas d’expérience ni

que

le

dans

a produit

domaine des sciences

le

exactes en cherchant ses axiomes dans les textes de la Bible.

Dès

la

plus haute antiquité, les pundits des pagodes fai-

saient éclater des vases dans lesquels ils

vapeur,

ils

comprimaient de

la

avaient également observé certains phénomènes de

l’électricité.

Cela ne les a conduits ni aux chemins de fer ni au

télégraphe.

Et chez

nous-mêmes n’avons-nous [ms

vu- des

sociétés très-savantes et très-officielles traiter Fulton de fou, et considérer le

à

comme un joujou

télégraphe

tout au plus

bon

envoyer des communications d’une chambre à une autre

dans

le

même

sions atmosphériques, le

Ce

fil

l’avons

faces,

dont

immergé dans

fait

siècle tourne et la

l’air libre et

avec

les

convul-

conducteur ne devait plus obéir.

le plus

le travail

chaque savant il

fil

circule aujourd’hui

Puis observez

Chaque

A

appartement.

dans

le

monde

entier, et

nous

profond des mers.

d’ensemble des sociétés humaines. retourne une idée sous toutes ses

développe, met au jour un système

ne veut plus démordre, chaque corps scientifique se

une opinion

et s’y

cantonne;

s’il

ne

dit

pas

« oiz

ne va


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

248

pas plus loin,

chacun sent

»

qu’il le pense, car

repousse qui n’est idée pas née dans son sein, toute idée neuve toute Arrive la

hardie...

et

génération

nouvelle,

il

les

fils

s’in-

surgent contre l’immobilité de leurs pères... et l’hélice parcourt les.mers contre vents et marées, et

transporte

pensée humaine aux quatre coins du globe.

la

Puisque je

le fluide électrique

me

suis laissé entraîner sur le terrain des appré-

ciations personnelles, je conclus de tout ce l’Inde,

en

le

dégageant du fantastique dont

à s’entourer,

«

qu'il doit

spéciale agissant sous

une direction inconnue

demandent a

hommes spéciaux exempts

de préjugés

une

les

vu dans

j’ai

Indous aiment

y avoir dans l'homme une force

ligente, force dont les lois

Ne

que

et

et

souvent intel-

cire étudiées

de routine.

par des

»

serait-ce pas cette force développée par l’éducation, et

certaine

méthode d’entraînement que

les

temples anciens mettaient en jeu pour frapper foule par de prétendus prodiges

Tout ne

serait pas alors

prêtres des

les

yeux de

la

?

dénué de fondement dans

antiques, et à côté des superstitions grossières,

il

les récits

y aurait eu

réellement développement d’une force naturelle, agitant à distance les feuilles d’arbres, les tentures, les guirlandes de fleurs

suspendues dans

les

sanctuaires, donnant des poids de plu-

sieurs kilos à de simples

plumes de paon, ou

faisant

entendre

des sons harmonieux à l’aide d’instruments cachés.

Nos sav^ts daigneront-ils un jour

faire

une étude sérieuse

sur la production de quelques-uns de ces phénomènes qui,

vingt fois répétés sous

mes yeux, ne m’ont paru

laisser prise à

aucun [soupçon de charlatanisme? Je l’ignore; leur mission serait cependant utile, soit qu’elle aboutît à dévoiler des pratiques frauduleuses, soit qu’elle parvînt à découvrir une force

de plus dans

la

nature.


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

249

* (

l’impression, les différentes par-

En mettant en ordre pour ties

de ce volume, écrit à Pondichéry en 1866,

laissé

et

que

j’avais

sommeiller jusqu’à ce jour dans mes cartons, pour des

raisons spéciales, ‘j’eus tout d’abord l’intention de supprimer

du présent chapitre, où, contrairement

toute la partie

rôle de simple narrateur, je semblais prendre parti

force purement

naturelle

nomènes en apparence

est vrai,

il

à

mon

pour une

mais produisant des phé-

surnaturels.

Jusque-là j’avais exclu de l’ouvrage toute opinion personnelle

;

oublier de suivre celle règle, et cela précisé-

fallail-il

ment dans

la partie

de

mon

livre

ou moins fantastiques des Indous

consacrée aux pratiques plus ?

D’un autre côté, devais-je hésiter à proclamer réalüés 'probables, qui

me semblaient,

se dégager de ce que j’avais Je n’avais pas encore pris

bligeance de M. ticle

quelques

en dehors du surnaturel,

vu? de décision, lorsque, grâce à l’o-

docteur Puel, j’eus communication d’un ar-

le

publié sur la

Crookes,

les

force psychique, par le savant "William

membre de

la Société

royale de Londres, dans

le

Quarlerly Journal of science, un des organes scientifiques

de l’Angleterre.

les plus sérieux

Je n’étais pas

en Europe quand

l’article avait

paru, et

mon

éloignement, ainsi que d’autres études, ne m’avaient pas per-

mis de

me

tenir

au courant des travaux de

Quel ne fut pas

mon étonnement de

cette nature.

voir l’illustre chimiste

et physiologiste anglais, à la suite d’expériences à

peu près

semblables à celles que j’avais vu accomplir dans l’Inde, conclure formellement à l’existence de cette force nouvelle de

l’organisme humain, que, très -timidement, plusieurs années

auparavant, j’avais entrevue

supposition.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

2S0

Je pris imm^diaLement tel qu’il

tien,

Si

de

la

mon

résolution de laisser

chapitre

avait été écrit, mais de le faire suivre, à titre de soul’article

du savant

malgré toutes

anglais.

les précautions

que

j’ai

cru devoir prendre,

en bannissant toute croyance au surnaturel, et ne formulant

même

une opinion que d’une manière très-hypothétique, le reproche de crédulité devait m’être adressé, je le supporterais plus légèrement en compagnie d’un des

membres

les plus dis-

tingués du plus illustre corps scientifique de l’Angleterre

!

Yoici ce remarquable article que beaucoup connaissent,

sans doute, mais qui sera peut-être une révélation pour quelques-uns,

comme

il

l'a

été pour moi.

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA FORGE PSYCHIQUE PAR M. WILLIAMS CROOKES

Membre de

« Il

y

a

un an

la Société royale

j’écrivais

de Londres.

dans ce journal^ un

article

dans le-

quel, après avoir exprimé, de la manière la plus formelle,

croyance sous certaines conditions à

la réalité

qui ne pouvaient être expliqués par aucune

nue, je signalais plusieurs épreuves que les avaient le droit de

demander avant

de phénomènes

loi

naturelle con-

hommes de

science

d’ajouter foi à la réalité de

ces phénomènes. Parmi les épreuves indiquées «

ma

une balance délicatement équilibrée

serait

y avait que mise en mouveil

ment dans des conditions d’épreuve rigoureuse, » et que « la production d’une force équivalente à un certain nombre de fûots-pounds^ se manifesterait dans (ll Quarlerly, (2)

le laboratoire

d’un expé-

journal of science.

Mesure analogue au kilogrammètre dont

il

est

une

fraction.


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. rimentateuî', qui pourrait peser,

Je disais aussi

que

je

et la sou-

mesurer cette force

mettre lui-même à une épreuve convenable.'

2ot .

»

ne pouvais m’engager à

traiter ce sujet

d’une façon plus complète, en raison des difficultés

y a pour obtenir des occasions favorables, et aussi à cause des

nombreux insuccès que

les

qui s’attachent aux recherches

qu’il

;

de plus

personnes en présence desquelles ces phénomènes

ont lieu sont en petit nombre, et que les occasions pour faire

des expériences avec un appareil préalablement arrangé, sont plus rares encore. »

Des occasions de poursuivre xes recherches m’ayant été offertes depuis, j’en ai profité avec plaisir pour appliquera ces

phénomènes des épreuves scrupuleusement suis arrivé ainsi

scientifiques, et je

à certains résultats déterminés que je crois

convenable de publier.

Ces expériences paraissent établir d’une manière incontes-

on ne

table l’existence d’une force nouvelle en rapport,

comment, avec l’organisme humain,

et

sait

qu’on peut sans incon-

vénient appeler force psychique.

De

toutes les personnes douées d’un puissant développe-

ment de

cette force psychique, et

que

l’on

nomme

médiums.,

d’après une théorie toute différente sur l’origine de la force,

M. Daniel Dunglas Home est le plus remarquable;

et c’est pré-

cisément à cause des nombreuses occasions que poursuivre état

mes recherches en

d’affirmer

sa présence, que' je

j’ai

eues de

me

sens en

d’une manière positive l’existence de cette

force.

Les expériences que

j’ai

tentées ont été très-nombreuses,

mais, vu notre connaissance imparfaite des conditions qui sont favorables ou opposées aux effets de cette force, ainsi que la façon évidemment capricieuse dont elle se produit, et aussi

parce que M.

Home lui-même

est sujet à d’inexplicables flux


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

252

de

et reflux

la force^

il

est arrivé

tenu dans une occa'sion

ait J

pu

rarement qu’un

résultat

ob-

être confirmé dans un autre, et

mis à l’épreuve avec un appareil spécialement disposé dans cette intention

Parmi

phénomènes remarquables qui se produisent sous de M. Home, les plus frappants, comme aussi les

les

l’influence

plus faciles à constater avec une exactitude scientifique, sont les

suivants

:

1° L’altération dans le poids des corps

;

2* La production de sons mélodieux sur des instruments de

musique

généralement

facile transport

uti

accordéon, en raison de son

— sans intervention humaine

directe, dans des

conditions rendant impossible tout contact ou toute connexion

avec

le clavier.

Je n’ai été convaincu de la réalité objective de

qu’après en avoir été témoin une douzaine de les

avoir scrutés avec

la critique

la

ces

faits,

fois, et

après

plus minutieuse

dont je

même

l’ombre

suis capable.

Toutefois, pour ne pas laisser à cet égard,

M. Home à se rendre chez de soumettre ces phénomènes à des expériences dé-

d’un doute, moi, afin cisiveS;,

j’invitai plusieurs fois

en présence d’un petit nombre de chercheurs

scienti-

fiques.

Les réunions eurent

lieu le soir^

dans une large pièce

éclai-

rée au gaz.

L’appareil préparé pour démontrer les

mouvements de

l’ac-

cordéon consistait en une cage formée de deux cerceaux de bois, l’un de un pied dix pouces, l’autre de deux pieds de diamètre, rattachés ensemble par douze lattes étroites, ayant

chacune un pied dix pouces de long, de manière à former '

une carcasse semblable à une caisse de tambour, ouverte en


^

PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

“iSS

de

haut et en bas. Autour de celle-ci, cinquante yards

de cuivre distants

fil

isolé décrivaient vingt-quatre tours'de circonférence,

Tun de

l’autre d’un

peu moins d’un pouce. Ces

de cuivre horizontaux étaient réunis solidement

les

fils

uns aux

autres par des ficelles, de manière à former un réseau dont

chaque maille avait un peu moins de deux pouces de long sur un pouce de haut.

La hauteur de celte cage glisser juste sous

serrée au

ma

était telle

que celle-ci pouvait

table à manger, mais qu’elle était trop

sommet pour

main

qu’il fût possible d’y introduire la

par l’ouverture supérieure ou de passer le pied par l’ouverture inférieure.

Dans une autre pièce dont

les

fils

se trouvaient

deux éléments de Grove

avaient été introduits dans la salle à manger,

pour pouvoir être mis en communication, avec ceux de

la

si

neuf,

que

j’avais acheté

était

désirait,

même

un instru-

moi -même pour ces expé-

riences chez Wheastone, dans Conduit Street. M.

jamais essayé ni

le

cage.

L’accordéon employé dans celte occasion

ment

on

vu cet instrument avant

Home

le

n’avait

début de ces

épreuves expérimentales.

Dans une autre reil

partie de la

chambre

était

dressé un appa-

destiné à faire des recherches sur la modification

des corps.

Il

consistait

du poids

en une planche d’acajou de trente-six

pouces de long, sur neuf pouces et demi de large, et d’un

demi-pouce d’épaisseur; à chacune de ses extrémités vissée une

bande du

même

bois, d’un pouce et

demi de

et qui servait de support.

Une des extrémités de

che reposait sur une table

solide, tandis

était

que

large,

cette plan-

l’autre extrémité

supportée par une balance à ressort appendue à un fort

trépied.

(1)

était

Le yard correspond à peu près à

trois pieds anglais.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

5254

Cette balance présentait un index enregistrant, de façon à

pouvoir indiquer

le

poids

maximum marqué

L’appareil était ajusté de telle sorte que

la

par

planche d’acajou

était horizontale et que sa base reposait à plat sur

Dans

cette position,

l’aiguille.

son poids marqué par

support.

le

de

l’aiguille

la

balance était de trois livres.

Cet appareil avait été mis en position avant l’arrivée de

M. Home, lui

avant

11

la

et

aucune de ses parties n’avait été examinée par

séance.

est peut-être

objections qui

me

bon

d’ajouter, pour aller au-devant

seront faites sans aucun doute, que M.

m’ayant conduit dans l’après-midi chez changer de vêtements,

me

fit

passer,

lui,

et

des

Home

ayant eu à

pour continuer notre

conversation, dans sa chambre à coucher. Je suis donc en

mesure de déclarer positivement ni

qu’il n’avait sur sa

machine, ni appareil, ni engin d’aucune sorte

personne

qu’il

pût dis-

simuler.

Les personnes présentes à l’épreuve ont été en premier

lieu,

un éminent physicien, occupant une place élevée dans rangs de

la Société

Royale, que je désignerai sous le

les

nom du

docteur A, B., puis un docteur en droit {Serjeant at Law)^

bien connu, que je nommerai l’avocat C. D. et

mon préparateur de

’(l)

Le refus de

;

enfin,

mon frère

chimie L

la part des

hommes de

science de faire

une investigaun si

tion scientifique sur l'existence et la nature des faits affirmés par

grand nombre de témoins compétents et dignes de foi, et qui ont été poussés de leur propre mouvement à exammer la question quand et là où cela leur a plu, ne prouve pas en faveur de la liberté d’opinion vantée parmi les hommes de science. Pour ma part, j’estime beaucoup trop la poursuite de la vérité et la découverte de quelques faits nouveaux, pour éviter d’entreprendre des recherches sur ce sujet, sous prétexte qu’il est

en contradiction avec les opinions dominantes. Mais comme je n’ai pas de raison pour me porter garant que les autres sont dans les mêmes dispositions que moi, je m'abstiens de donner les noms de mes amis sans leur permission.

W. CBOOKES.


PHÉNOMÈNES ET MAN IF E SNAT 10 N S. Home

M.

En

de

face

s’assit

lui,

sur une chaise basse, à côté de

sous ce meuble, se trouvait

la

235 la table.

cage dont j’ar

parlé ci-dessus, et de chaque côté de cette dernière, étaient

placées les jambes de l’expérinientateur. Je m’assis à sa gau-

che, un autre observateur à sa droite, et les autres personnes se placèrent autour de la table à une distance convenable.

Pendant

la

plus grande partie de

la soirée, et

principalement

lorsqu’on procéda à quelques expériences importantes, les

Home

observateurs placés aux côtés de M.

vement

pos_èrent respecti-

leurs pieds sur les siens, de façon à sentir ses

moin-

dres mouvements.

La température de

la

chambre

variait entre

68

et

70 degrés

Fahrenheit (20 et 21 degrés centigrades).

Home

M.

médius, par péter,

main, entre

prit l’accordéon d’une le

pouce

le

et le

côté opposé au clavier (pour éviter de nous ré-

nous nommerons cette façon de tenir l’instrument,

manière

habituelle')^

lablement

la clef

après que j’eus

moi-même ouvert préa-

de basse.

La cage ayant été

tirée

de dessous

la table, juste assez

pour

permettre que l’accordéon y fût introduit, le clavier tourné en bas, elle fut repoussée de nouveau sous la table^ aussi loin que le

permettait le bras de M.

ceux qui étaient près de

Home, mais sans cacher

sa

main à

lui.

Bientôt après, les personnes placées à ses côtés virent l’ac-

cordéon ondoyer d’une façon singulière; puis des sons en sortirent,

et

finalement plusieurs notes

successives se firent

entendre.

Pendant que ceci se passait, sous

que

la

dilatait

alternativement

main de M. Home, qui

tement immobile,

l’autre

préparateur

s’était glissé

que l’accordéon se contractait

la table, et avait constaté

et se

mon

:

il

avait

vu en

même

temps,

tenait l’instrument, était parfai-

main restant sur

Les personnes placées aux côtés de M.

la table.

Home

virent alors


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

256

l’accordéon se mouvoir, osciller, tourner en rond autour de la cage, et jouer en même temps.

Le que

D'^

la

A. B. regarda de nouveau sous

Home

main de M.

'que l’accordéon

la

table, et

déclara

parfaitement immobile, tandis

était

exécutait ces

mouvements

émettait des

et

sons distincts.

M.

Home

continuant à tenir l’accordéon dans la cage de

la

manière habituelle, ses pieds couverts par ceux des personnes assises à ses côtés, et son autre

main placée sur

entendîmes d’abord des notes distinctes suite

un

Gomme un

air simple.

pareil

ne pouvait

résultat

une succession harmonieuse,

rience fut considérée par tous les assistants sive. (Crucial

en-

et successives,

avoir été obtenu qu’en pressant les différentes l’instrument, dans

nous

la table,

touches de cette

comme

expé-

étant déci-

experiment.)

Mais ce qui suit fut encore plus surprenant.

M.

Home

éloignant complètement sa main de l’accordéon,

de

et la retirant

sins

;

la

cage, la plaça dans la main d’un de ses voi-

l’accordéon continua de jouer sans que personne

chât, et sans qu’aucune Je désirais

main

cependant essayer quel

'électrique passant dans les

mon

fût à côté

préparateur établit

fils

la

isolés

de

le

tou-

lui.

serait l’effet d’un courant

de

la

cage. Dans ce but,

communication avec

les fils

de

l’appareil de Grove.

M.

Home

auparavant

tenait encore l’accordéon dans la :

cage,

comme

l’instrument se mit immédiatement à jouer et à

se mouvoir vivement

;

mais

il

est

impossible de dire

courant électrique, circulant autour de à la manifestation de

la cage,

si

le

a contribué

force qui se produisait dans son in-

téneur.

L’accordéon

de nouveau repris, mais cette

fois

sans

qu’il

M. Home, qui éloigna complètement sa main, plaça sur la table où elle fut prise par une des personnes

fût touché par et la

fut


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. placées à côté de

de

lui,

telle sorte

2o7

que ses deux mains étaient

parfaitement visibles pour tous les assistants. Nous vîmes alors distinctement, moi et deux autres personnes, l’accordéon ter dans l’intérieur fait

de

se reproduisit de

réintroduisit alors sa

la

cage sans support

nouveau

main dans

qui se mit aussitôt à jouer

:

la

cage

même Home

visible. I.e

à court intervalle.

flot-

M.

et reprit l’accordéon,

ce furent d’abord des sons et des

accords, mais bientôt on entendit une mélodie douce et plaintive bien

un

connue, qui

remarquablement exécutée,

Pendant l’exécution de cet

style parfait.

i’avant-bras de M.

sommet de

fut

Home

l’accordéon

.

et

dans

air, j’avais

saisi

ma main

et j’avais glissé

Pas un muscle ne bougeait

jusqu’au ;

l’autre

main de M. Home était posée sur la table, à la vue de tout le monde, et ses pieds étaient sous les pieds des personnes placées à côté de

lui.

Après avoir obtenu des résultats aussi frappants avec

l’ac-

cordéon placé dans sa cage, nous passâmes à l’appareil-balance déjà décrit.

M. Home posa délicatement

le

bout de ses doigts tout à

fait

à l’extrémité de la planche d’acajou qui reposait sur le support, tandis que le

A. B. et

moi nous nous tenions de chaque

de l’appareil, veillant à tout

effet qui

pourrait se produire.

Presque aussitôt nous vîmes 'descendre lance,

ces

et quelques secondes après, elle

mouvements

côté

l’aiguille

de

la

ba-

monta de nouveau

se répétèrent plusieurs fois,

comme

:

s’ils

étaient produits par des ondes successives de la force psy-

chique.

On

observa aussi que l’extrémité de

la

planche

oscillait

lentement de haut en bas durant l’expérience.

M. Home

prit

ensuite, de

son propre mouvement, une

sonnette à main et une petite boîte d’allumettes en carton, qui se trouvèrent près de

lui, et

il

chaque main, pour nous prouver,

plaça un de ces objets sous dit-il,

qu’il n’exerçait

cune pression de haut en bas. 17

au-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

258

Les oscillations très-lentes de vinrent alors plus marquées, et l’index, dit qu’il le voyait

Le poids normal de était

de 3

livres

D' A.

le

descendre

B., qui surveillait

et indiquer

G livres 1/2.

planche suspendue à

la

charge additionnelle

la

:

balance à ressort de-

la

balance

la

donc

était

de

3 livres 1/2.

Nous regardâmes

ment était

après, et nous vîmes que l’index, à un certain

descendu jusqu’à 9

maximum de 3

de 6

livres, et indiquait

livres, le

ainsi

moment,

une pesée

poids normal de la tablette étant

livres.

Dans

un

automatique immédiate-

l’enregistreur

effet

but de m’assurer

le

semblable sur

la

me

la table et

planchette. Le

D""

déclara que tout

était possible

de produire

balance élastique, par une pression

Home

exercée à Fendroit où M.

montai sur

s’il

tins sur

avait posé ses "doigts, je

un pied à l’extrémité de

A. B., qui observait l’index de le

poids de

mon

la

la

balance,

corps (140 livres), ainsi

placé, n’avait abaissé l’index que de 1 livre 1/2 à 2 livres, par les pressions successives

que j’exerçais en sautant. {Wlien I

jerked up and down.)

M.

Home

conséquent,

était assis sur

même

un fauteuil bas,

en employant toute

et n’avait

force dont

la

pu par il

était

capable, exercer aucune influence matérielle sur les résul»-

à peine besoin d’ajouter que ses pieds, ainsi que

tats. Il est

ses mains, étaient attentivement surveillés par toutes les per-

sonnes présentes. Cette expérience

me

paraît encore plus frappante,

est

s’il

possible, que celle de l’accordéon.

Comme la

on pourra

planche

était

le voir,

en examinant

gravure (Og.

tenue parfaitement horizontale, et

noter particulièrement que M. doigts à plus de 1 pouce 1/2 l’indiquait

la

Home

du bord de

il

3),

faut

n’a jamais avancé ses la

une marque au pinceau, que

planchette,

comme

j’avais faite

en ce

-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. moment, avec l’assentiment du D" A. bois ayant aussi 1 pouce

contre

table,

la

il

Or, le support de

B.

de large et restant appliqué

1/2

est évident

239

qu’aucune

somme de

pression

{amount of pressure) exercée dans cet espace de 1 pouce 1/2, n’aurait pu produire la moindrft action sur la balance. De plus, il est également évident que, quand l’exlrémité de la tablette

la

opposé de

plus éloignée de la

M. Home

planche tournait sur

le

s’abaissait,

comme

support

bord

le

sur un

point d’appui. Cette disposition représentait

donc une

de

balançoire,

36 pouces de long, ayant un point d’appui qui mesurait 1 pouce 1/2 sur un de ses côtés; en sorte que si M. Home avait exercé

une pression de haut en bas,

opposition avec

la

elle

aurait été en

force qui sollicitait l’autre extrémité de la

planche à descendre.

La légère pression indiquée par tenais sur la tablette, provenait

la

me que mon

balance, alors que je

probablement de ce

pied s’étendait au delà de ce point d’appui.

Le

récit simple et sans prétention des faits

que je viens d’ex-

poser, a été établi d’après des notes prises au

moment où

se sont produits, et ces notes ont été recopiées en entier,

ils

im-

médiatement après.

En

vérité, si j’avais

exagéré tant

soit

peu, cela eût été nui-

— qui est de provoquer men scientifique de ces phénomènes; — car, quoique sible à l’objet

que

j’ai

en vue,

l’exa-

le D' A.

B. ne soit représenté en ce

que par des

initiales

moment aux yeux de mes

impersonnelles {incorporeal initiais),

ces lettres représentent pour scientifique, qui

vaincu d’avoir

me

fait

lecteurs

moi une puissance dans

confondrait certainement

un rapport

le

monde

si j’étais

con-

infidèle.

Je suis surpris et affligé, je l’avoue, de la timidité et de l’a-

pathie que montrent les

H y

a

hommes de

science à ce sujet.

peu de temps, lorsque l’occasion de

faire

des recher-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

260

ches se présenta à moi pour coopération de quelques

la

première

hommes de

fois, je

demandai

science, qui sont

la

mes

amis, pour entreprendre une investigation systématique; mais bientôt je m’aperçus qu’il était hors de question d’espérer obtenir

un comité pour

mènes, efforts,

de cette classe de phéno-

l’investigation

que je devais compter uniquement sur mes propres secondé de temps en temps par le petit nombre d'amis et

savants et lettrés qui voulaient bien se joindre à moi pour cette enquête.

Je sens encore à présent qu’il serait beaucoup mieux qu’un tel

comité

fût

composé de personnages connus, qui consenti-

raient franchement et sans

M. Home, ce comité

et je serais ;

préjugés, à se rencontrer avec

heureux de contribuer à

mais sur ce point

la

les difficultés sont

lormation de

grandes.

Un comité d’hommes scientifiques se mit en rapport avec M. Home, il y a quelques mois, à Saint-Pétersbourg. Ils tinrent une seule réunion qui n’eut que des résultats négatifs, et ils

publièrent là-dessus un rapport entièrement défavorable à

M. Home. L’explication de cet insuccès, dont accusé,

me

ils

Vont tous

paraît très-simple.

Le pouvoir de M. Jlome ture, et quelquefois

est manifeste

même

est en effet très-variable de sa nail

lui fait

que l’expérience

moment où la force

était

à son

faite

complètement défaut.

en Russie eut

lieu

Il

dans un

minimum. La même chose

est

fréquemment arrivée dans mes propres expériences. Dans une réunion d’hommes de science qui étaient venus chez moi pour voir

M. Home,

Pétersbourg;

les résultats furent

néanmoins,

au

lieu

négatifs,

comme

à Saint-

d’abandonner l'enquête,

nous répétâmes patiemment l’épreuve une deuxième et une troisième

fois,

jusqu’à ce que des résultats positifs eussent été

obtenus par nous.

Ces conclusions n’ont pas été admises à la hâte et sans preuves suffisantes. Quoique l’espace ne me permette de don-

-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. ner que les détails d’une seule épreuve, pris que, quelque

mêmes

dont

a été question

il

sives {crucial tests),

résultats.

expé-

La réunion

avait été tenue dans le but de con-

ici

firmer des observations

com-

doit être bien

il

j’avais fait des

temps auparavant,

riences semblables et avec les

261

antérieures par des épreuves déci-

avec un appareil disposé avec soin et en

présence de témoins irrécusables.

On

aurait tort de hasarder la plus vague hypothèse sur la

cause de ces phénomènes, quelle

j’ai

d’éviter

nature de

la

cru pouvoir proposer

une périphrase)

le

la force

nom de

psychique, afin existe entre

qui

et la corrélation

(pour la-

celte force et les autres forces de la nature.

En

vérité,

dans des recherches qui sont

intimement

si

liées

à des conditions anormales de physiologie et de psychologie, il

du devoir de

est

celui qui les entreprend,

de n’émettre au-

cune théorie avant d’avoir réuni un nombre suffisant de

pour constituer une base solide sur laquelle

il

faits

puisse étayer

ses raisonnements.

En présence de phénomènes inexpliqués, qui se succèdent difficile d’éviter,

si

quand on en

gage ayant un caractère à

étranges, encore inconnus et

rapidement, j’avoue qu’il est

parle, de les revêtir d’un lan-

faire sensation. Mais,

recherches de cette nature réussissent,

il

pour que des

faut qu’elles soient

entreprises par le physicien, sans parti pris et sans passion les idées

romanesques

et superstitieuses doivent être

:

com-

plètement écartées, et l’esprit qui dirige la marche de ces

recherches doit être froid et impassible

dont

il

se sert. Dès qu’il se sera convaincu

sur la trace d’une vérité nouvelle,

ment

comme

il

les

instruments

lui-même

qu’il est

doit s’attacher unique-

à l’objet en vue, et le poursuivre avec ardeur, sans se

préoccuper

si

les faits qui

passent sous ses yeux sont

rellement possibles ou impossibles.

La réputation de

l’illustre

«

natu-

»

savant qui a expérimenté ces

faits,


le spiritisme DANS LE MONDE.

262

met certainement au-dessus de

et écrit cet article, le

toute

suspicion. Cependant, pour montrer à quel point ces expériences ont été concluantes et exclusives de toute possibilité

de fraude, nous puisons aux la

mêmes

sources, c’est-à-dire dans

Psychologie expérimentale de M.

le

docteur Puel, deux

lettres-témoignages écrites à M. William Crookes, par M.

Huggins l’astronome, membre de dont

la

W.

royale de Londres

la société

W.

réputation est européenne, et M. Ed.

Cox, un des

jurisconsultes les plus estimés de l’Angleterre, qui tous deux assistaient à ces expériences dans

un but de contrôle.

W. HUGGINS, membre de la Société royale de Londres, M. W. CROOKES, membre de la Société royale de Londres.

Lettre do M.

à

Upper Tulse

«

Cher monsieur Crookes,

tenir

un

récit exact

Hill. S.

W.

June

9,

1871.

— votre épreuve me paraît con-

de ce qui

s’est

passé en

ma

présence chez

vous. La position que j’occupais à la table ne m’a pas permis

de voirM.

Home

été constaté, au assise

retirer sa

main de l’accordéon; mais

moment même, par vous

et

me

personne

paraissent démontrer qu’il serait im-

portant de pousser plus loin l’investigation

la

la

a

de l’autre côté de M. Home.

Les expériences

qu’il

par

le fait

soit bien

;

mais je désire

compris que je n’exprime aucune opinion sur

cause des phénomènes qui ont eu

lieu.

Votre très-dévoué,

William Huggins. W.

Crookes, Esq. F. R. S.

»


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. W. COX,

Lettre de M. Ed.

membre de

en

docteur

de Londres.

la Sociétd royale

36, Russell- Square, a

Mon

assisté,

— June

dans un but de con-

dans ce journal {Qiialerhj Journ. of 5c.), je témoignage de sujet, ainsi

que du soin

fait

plais à

rendre

et des précautions dont ces diverses

épreuves décisives {crucial

Les résultats obtenus

me

exactitude de votre description à ce

la parfaite

concluante, un

8, 1871.

aux épreuves expérimentales rapportées

scientifique,

trôle

— ayant

cher Monsieur,

M. W. GROOKliS»

à

droit,

203

tests)

me

ont été entourées.

semblent

établir^

d’une manière

important, à savoir l’existence d’une force

procédant du système nerveux, capable de communiquer des

mouvements dans

la

J'ai

à des corps solides et d’accroître leur pesanteur

sphère de son influence.

remarqué que

tions saccadées,

sans vacillation,

cette force se manifestait par des pulsa-

non sous forme d’une pression continue, l’indicateur

et

s’abaissant d’une

s’élevant et

manière incessante durant l’expérience.

Ce

fait

me

paraît avoir

une grande

tend à confirmer l’opinion qui

fait

signification,

émaner

en ce qu’il

cette force

tème nerveux,

et qu’il contribue à établir l’importante

verte faite par

le

le

corps humain.

Vos expériences confirment complètement laquelle sont arrivés les la Société dialectique,

séances dans

le

décou-

docteur Richardson, d’une atmosphère ner-

veuse, d’intensité variable, enveloppant

de

du sys-

but de

la

membres du comité

conclusion à

d’investigation

après avoir tenu plus de quarante

faire

des expériences rigoureuses et des

épreuves décisives.

Permettez-moi d’ajouter que rien, suivant moi, ne tend à prouver que cette force est différente d’une force qui, procéderait ou qui dépendrait directement de l’organisation hu-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

204

comme

maine, et que, par qonséquenl, forces de

la

nature, elle est

du ressort de

toutes les

autres

l’investigation stric-

tement scientifique à laquelle vous l’avez soumise le premier. La psychologie est une branche scientifique, presque entiè-

rement inexplorée jusqu’à présent, qu’il faut

probablement attribuer

et c’est à cette négligence

le fait

en apparence étrange,

qu’une force nerveuse, existant réellement,

soit restée si

long-

temps sans être soumise à des épreuves expérimentales, sans être examinée et même sans être reconnue. Maintenant qu’il est prouvé par des épreuves mécaniques qu’elle existe

dans

nature

la

(et,

partant de ce principe, on

ne saurait exagérer son importance pour la

de

lumière qu’elle peut jeter sur l’esprit et

la

la

l’esprit

été

et

discussion

urie

part des physiologistes, et

prennent intérêt à qui a

obscures de

science médicale), elle ne peut

examen immédiat

d’exiger un rieuse de

de

les lois

la

connaissance de

nommée, avec

humain.

la physiologie et

raison,

«

« la

la vie,

manquer très-sé-

de tous ceux qui

l’homme

»,

recherche

plus belle

étude de

»

Afin d’éviter l’apparence de toute conclusion préconçue, je

recommanderais d’adopter pour

culier,

cette force

un terme parti-

me permettrais de suggérer le nom de force Je me proposerais de désigner sous le nom de

et je

psychique.

psychiques les personnes en qui se manifeste cette puissance extraordinaire; et quantàlasciencequis’y rapporte, je

merais psycAûme, comme étant une branche de

Permettez-moi encore de proposer ciété

la

la

nom-

h psychologie.

formation d’une So-

psychologique, qui aurait pour but d’étudier cette science

jusqu’ici négligée, et

de favoriser ses progrès par des expé-

riences, par des écrits et par

la

Je suis, etc...

W.

Crookes, Esq., F. R. S.

discussion. .

Edw. Wm. Cox.

»


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. Comme un

corollaire de ces

remarquables documents émala

science

lui

donner

non d’illuminés, mais d’hommes appartenant à

nés,

officielle anglaise,

lecteur nous saura gré de

le

265

le rapport d’un des comités d’expérience de la Société dialec-

tique de Londres, fondée pour soumettre à l’examen de la

science les

par

les

phénomènes

autres

attribués par les uns

aux

esprits, et

une force nerveuse toute spéciale

à

dont

l’homme se trouverait en possession. C’est aux conclusions de ce rapport que le jurisconsulte Cox fait allusion dans la lettre qui

précède.

Rapport du Comité de tualisme.

«

1.

la Société dialectique

Rapports des Sous-Comités d’expérience.

{Report on Spirit.,

etc.,

le

spiri-

Sous-Comité

pp. 7-13.)

Depuis sa création, c’est-à-dire depuis

votre Sous-Comité a

le

16 février 1869,

tenu quarante séances, dans

le

but de

des expériences et des épreuves rigoureuses.

faire

Toutes ces réunions ont eu lieu dans des

de Londres sur

membres du Comité,

les

afin d’exclure

mécanisme disposé d’avance ou

d’artifice

demeures privées

toute possibilité de

quelconque.

L’ameublement des pièces dans lesquelles on a fait les expériences a été, dans chaque circonstance, leur ameuble-

ment

ordinaire.

Les tables dont on

s’est servi

ont toujours été des tables à

manger pesantes, qui demandaient un effort considérable pour être mises en mouvement. La plus petite avait cinq pieds neuf pouces de long sur quatre pieds de large, et

grande neuf pieds

demi de large

:

la

Les chambres, éj,é

trois

la

plus

pouces de long sur quatre pieds et

pesanteur était en proportion.

les tables et tous les

meubles en général ont

soigneusement examinés à plusieurs reprises, avant, pen-


le spiritisme DANS LE MONDE.

265

dant et après n’existait l’aide

les

aucun

duquel

les

expériences, pour obtenir

la certitude qu’il

instrument ou appareil quelconque, à sons ou les mouvements ci-après inentionnés truc,

eussent pu être produits. -

Les expériences ont été

.faites à la

lumière du gaz, excepté

dans un petit nombre d’occasions spécialement notées dans les minutes.

Votre Comité a évité de se servir de Médiums de profession

ou Médiums payés,

membres de

le

Médium {Mediumship)

étant l’un des

votre Sous-Comité, personnes placées dans une

bonne position sociale et d’une intégrité parfaite, qui n’ont aucun objectif pécuniaire en vue et ne pourraient tirer aucun profit d’une supercherie.

Votre Comité

a tenu quelques réunions sans la présence

Médium (il est bien entendu que, dans ce Rapport, le Médium » est simplement employé pour désigner un

d’aucun

mot

«

phénomènes décrits, ou n’ont pas lieu, ou se produisent avec moins d’intensité et de fréquence), pour essayer d’obtenir par quelque moyen, des individu sans la présence duquel les

effets

semblables à ceux qu’on observe lorsqu’un Médium est

présent.

Aucun

effort

ne

fut

capable de produire quelque chose d’en-

tièrement semblable aux manifestations qui ont lieu en présence du Médium.

Chacune des épreuves

membres de

que

l’intelligence

combinée des

votre Cômité pouvait imaginer, a été

faite

avec

patience et persévérance. Les expériences ont été dirigées

avec une grande variété de conditions, et toute l’ingéniosité possible a été mise en

œuvre pour inventer des moyens

qui

permissent à votre Comité de vérifier ses observations et d’écarter toute possibilité d’imposture ou d’illusion.

Votre Comité a restreint son Rapport aux

membres ont

faits,

dont ses

été collectivement témoins, faits qui ont été


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. palpables

aux sens

et

267

dont la réalité est susceptible d’une preuve

démonstrative.

Environ

les

quatre cinquièmes des

Comité ont débuté dans

la

membres de

voie des investigations par

ticisme le plus complet, touchant la réalité des

annoncés, avec soit

ferme croyance

la

de Vimposture,

soit

lontaire des muscles.

qu’ils

de Villusion,

Ce

votre Sous-

fut

soit

le

scep-

phénomènes

étaient le

résultat,

d’une action invo-

seulement après une

irrésistible

évidence, dans des conditions qui excluaient l’une ou l’autre

de ces hypothèses

et après des expériences et des

rigoureuses, souvent répétées, que les

membres

épreuves

les plus scep-

tiques de votre Sous-Comité furent, à la longue et malgré eux,

convaincus que

les

phénomènes qui

s’étaient manifestés

pen-

dant cette enquête prolongée étaient de véritables faits.

Le résultat de leurs expériences, longtemps poursuivies et dirigées

avec soin, a

été,

après des épreuves contrôlées sous

toute forme, d’établir les conclusions suivantes

Premièrement d’esprit, il

:

Dans certaines dispositions de corps ou

:

où se trouvent une ou plusieurs personnes présentes,

se produit

une force

suffisante

pour mettre en mouvement

des objets pesants, sans l’emploi d’aucun effort musculaire, sans contact ou

onnexion matérielle d’aucune nature entre ces

objets et le corps de quelque personne présente.

Deuxièmement

:

Cette force peut faire rendre des sons, que

chacun peut entendre distinctement,

à

des objets solides qui

n’ont aucun contact ni aucune connexion visible ou matérielle

avec

le

corps de quelque personne présente

;

et

il

est

prouvé

que ces sons proviennent de ces objets par des vibrations qui sont parfaitement distinctes au toucher.

Troisièmement

:

Cette force est

fréquemment dirigée avec

intelligence.

Quelques-uns de ces phénomènes se sont produits dans trente-quatre séances^ sur quarante que votre Comité a tenues*


m

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

'

La description d’une de ces expériences conduite montreront mieux

elle a été

le

et la

manière dont

soin et

circons-

la

pection avec lesquels votre Comité a poursuivi ses investigations.

Tant tact

y avait contact ou simplement possibilité de conmains ou les pieds, ou même par les vêtements de

qu’il

par

les

l’une des personnes qui étaient dans

la

chambre, avec

l’objet

mis en mouvement ou émettant des sons, on ne pouvait

être

parfaitement assuré que ces mouvements ou sons n’étaient

pas produits par

la

personne

ainsi

rience suivante a donc été tentée

mise en contact. L’expé-

:

Dans une circonstance où onze membres de votre SousGomité étaient

tables de salle à

déjà des

40 minutes autour de manger, décrites précédemment,

l’une des

assis depuis

mouvements

et

et lorsque

des sons variés s’étaient produits,

ils

tournèrent (dans un but d’expérimentation plus rigoureuse) les dossiers

des chaises vers

de

puis

celle-ci

;

ils

la table, à

neuf pouces environ

s’agenouillèrent sur les chaises, en plaçant

leurs bras sur les dossiers.

Dans

i

cette position, leurs pieds étaient nécessairement tour-

nés en arrière, loin de la table, et par conséquent ne pouvaient être placés dessous ni toucher le parquet. Les mains

de chaque personne étaient étendues au-dessus de

la

table à

environ 4 pouces de sa surface. Aucun contact avec une partie quelconque de la table ne pouvait donc avoir lieu sans qu’on s’en aperçût.

En moins d’une minute,

la table,

sans avoir été touchée,

se déplaça quaire fois; la première fois d’environ

d’un côté

de

la

;

puis de

même

cmg pouces,

douze pouces, du côté opposé

manière

et respectivement,

;

ensuite,

de quatre et de

six

pouces.

Les mains de toutes

les

personnes présentes furent ensuite

placées sur les dossiers des chaises, à un pied environ de


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. la

qui fut mise

table,

en mouvement,

comme

269

auparavant,

cinq fois, avec un déplacement variant entre quatre et six

pouces. Enfin, toutes les chaises furent écartées de la table, à la

distance de 12 pouces, et chaque personne s’agenouilla sur sa

comme précédemment, mais

chaise,

mains derrière

le

cette fois en tenant ses

dos, et, par suite,- le corps placé à peu près

à 18 pouces de la table, le dossier de la chaise se trouvant ainsi

entre l’expérimentateur et la table. Celle-ci se déplaça quatre fois,

dans des directions variées.

Pendant celte expérience décisive, heure,

la table se

mut

et

en moins d’une demi-

ainsi treize fois, sans contact

bilité

de contact avec une personne présente,

ayant

lieu

les

ou possi-

mouvements

dans des directions différentes et quelques-uns de

ceux-ci répondant à

la

demande de

divers

membres de

votre

Comité.

La

table

a été examinée avec soin, tournée sens dessus-

dessous et scrutée pièce par pièce, mais on n’a rien découvert

compte des phénomènes. L’expérimentation a partout en pleine lumière du gaz placé au-dessus de

qui pût rendre été faite la table.

En résumé,

votre Sous-Comité a été plus de cinquante fois

témoin de semblables mouvements sans contact, en huit soirées différentes, dans les maisons de

Comité

;

et

été mises

chaque

fois les

épreuves

membres de les plus

votre Sons-

rigoureuses ont

en œuvre.

Dans toutes ces expériences, l’hypothèse d’un moyen mécanique ou autre a été complètement écartée, par

mouvements ont eu côté, tantôt

de

lieu

la

et qui,

que

les

dans plusieurs directions, tantôt d’un

l’autre, tantôt

en remontant vers

le

mouvements coopération d’un grand nombre de mains

chambre, tantôt en descendant; exigé

le fait

en raison du volume considérable

et

de

haut de

la

qui auraient et la

de pieds, pesanteur


Llî

270

SPlRlTISxME DANS LE MONDE.

des labiés, n’auraienl pu se produire sans l’emploi visible d’un eiïort musculaire.

Chaque main et

chaque pied étaient parfaitement en vue, aucun d’eux n’aurait pu bouger sans qu’on s’en aperçût et

immédiatement. L’illusion a été mise hors

de question. Les mouvements ont

eu lieu en différentes directions et toutes les personnes présentes en ont été simultanément témoins. C’est

une

affaire

de mesurage, non d’opinion ou d’imagination.

Ces mouvements se sont reproduits tant de conditions ties

nombreuses

si

et si diverses,

fois,

dans des

avec tant de garan-

contre l’erreur ou la supercherie et avec des résultats

invariables, que

les

membres de

votre Sous-Comité,

avaient tenté ces expériences après avoir été pour

la

si

qui

plupart

antérieurement sceptiques au début de leur investigation, ont été convaincus qu’il existe

une force capable de mouvoir des

corps pesants sans contact matériel, force qui dépend, d’une

manière inconnue, de

la présence d’êtres

humains.

Votre Sous-Comité n’a pu collectivement obtenir aucune certitude

relativement à

force, mais

il

a

la

nature et à

simplement acquis

la

la

source de cette

preuve du

son

fait de

existence.

Votre Comité pense

qu’il

n’y a

croyance populaire qui prétend que nes sceptiques contrarie

la

aucun fondement à la

la

présence de person-

production ou l’action de cette

force.

En résumé,

votre Sous-Comité exprime

pinion que l’existence d’un ainsi

démontrée, à savoir

produire dans des corps

fait

:

indéfinie de l’organisme

l’o-

physique important se trouve

que des mouvements peuvent

solides,

une force inconnue jusqu’à

unanimement

sans contact matériel, par

présent,

humain,

se

et

agissant à une distance tout

à

fait

indépendante

de l'action musculaire, force qui doit être soumise à un exa-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

271

inen scientiüqiie plus approfondi, dans le but de découvrir sa véritable source, sa nature et sa puissance... »

que j’imaginais en 1866, pour expliquer

Ainsi celte forcc^ les

phénomènes qui

se passaient sous

ne pouvant et ne voulant admettre ciens, des astronomes,

mes yeux, dans

le surnaturel...,

des naturalistes, des

Société royale de Londres, Société qui réunit

l’Inde,

des physi-

membres de l’élite

la

du savoir

comme notre Académie des Sciences la réunit des hommes considérables et connus du monde en-

en Angleterre, en France, tier

par leurs travaux, viennent

pas en créant,

comme

reconnaître^à leur tour,

je l’avais fait,

non

une hypothèse par besoin

en soutenant, après deux ans d’expé-

d’explication, mais

riences

la

:

1® QixHl existe

une force capable de mouvoir des corps pe-

sants sans contact matériel, force qui dépend d’une manière

inconnue de

la présence d’êtres

Qu’une certitude n’a pu

nature

et

à

la

humains.

source de cette force, mais que la preuve du fait

de son existence

est

acquise.

Que des mouvements peuvent

solides,

obtenue relativement à la

être

se

produire dans des corps

sans contact matériel, par cette force inconnue jusqu’à

présent, agissant à

une distance indéfinie de l'organisme hu-

main

indépendante de l’action musculaire.

et tout

Que

à

fait

cette force

peut faire rendre des sons que chacun

peut entendre distinctement à des objets solides, qui n’ont au-

cun contact ni aucune connexion

visible

corps de quelque personne présente

sons proviennent de

ces objets

;

ou matérielle avec

et il est

prouvé que

le

ces

par des vibrations gui sont par-

faitement distinctes au toucher. 6®

gence.

Que

celte

force est

fréquemment dirigée avec

intelli-


LE SPIIUTISME DANS LE MONDE.

272

Est-ce celte force, connue d’eux depuis des milliers d’années, que les prêtres indous se sont appliqués à développer

chez

les sujets qui s’y prêtaient, et

un but de domination

religieuse,

aux esprits supérieurs? Nous croire, sans

dont

ils

ont ensuite, dans

attribué les manifestations

inclinerions volontiers

cependant émettre d’opinion sur

rigine de cette force.

Ce n’est pas dans

le

la

à

le

nature et l’o-

but d’élucider cette

question par une discussion contradictoire que nous venons

de donner un aperçu des travaux des savants anglais sur

la

matière. Notre intention a été simplement de prouver que

chez nos voisins

la science officielle

reconnaissait l’existence

cVune force indèpendœile de V action musculaire, faisant noir des corps, rendant

comme dans

le

des sons

quelquefois

M. Crookes avec Home,

cas de

et

mou-

harmonieux,

fréquemment

dirigée avec intelligence, et de conclure, de la similitude des faits

observés en Angleterre et dans l’Inde, à l’identité des

lois

qui régissent ces faits dans l’une et l’autre de ces contrées. Si

quelques-uns des

faits

observés dans l’Inde paraissent

plus merveilleux que ceux expérimentés en Angleterre (je ne

parle que de ces derniers en raison de la consécration scientifique qu’ils ont reçue), on pourrait en donner les

suivantes Il

:

que

est fort possible

les Indous, à la force réelle

disposent, ajoutent une habileté

que difficilement

les

Peut-être aussi,

les lois,

si

comme

ils

que

les

dont

ils

grande, que l’on ne puisse

prendre en flagrant

sieurs milliers d’années, de

découvert

deux raisons

délit

de supercherie.

sont en possession, depuis plucette force spéciale,

en ont-ils

comités anglais n’ont pu formuler,

tout en constatant l’existence de la force elle-même. Il

s’ensuivrait

que

la

découverte de ces

un progrès plus marqué dans

la

lois aurait

accentué

production de ces phéno-

mènes. Sous

le

bénéfice de ces observations, et sans nous porter


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

273

garant de leur réalité scientifique, nous allons poursuivre le récit

de ces étranges manifestations que

buent aux esprits supérieurs, et

qu’ils

les

brahmes

attri-

ne séparent pas de leur

foi religieuse.

Nous continuerons cependant à indiquer nous avons trôler.

faites,

dans

Ces récits sont

la

mesure du

extraits, ainsi

les tentatives

possible,

pour

que nous l’avons

les

que

con-

dit déjà,

de nos notes de voyage dans le Haut-Bengale et les vallées de l’Himalaya. Nous n'avons fait qu’en élaguer les parties descriptives,

comme

et les faits

qui eussent été sans importance ici

trop personnels.

18


LE SIMIUTISME DANS LE MONDE.

274

CHAPITRE LE VASE DE BRONZE.

V.

COÜPS FRAPPÉS EN MESURE ACCOMPA-

GNANT UN MORCEAU DE MUSIQUE.

«

En présence de phénomènes

et inexpliqués,

qui se succèdent

étranges,

rapidement,

si

Crookes, dans un article que nous avons difficile d’éviter,

quand on en

parle,

de

cité,

savant

j’avoue qu’il est

d’un lan-

»

phénomènes sont encadrés naturellement, par

comparable lumière du paysage indou,

il

soleil

est plus facile

Nous croyons

l’in-

des tropiques , et les splendeurs du

encore de tomber dans le défaut

que signale l’éminent chimiste de dres.

dit le

les revêtir

gage ayant un caractère à faire sensation. Si ces

encore inconnus

la

qu’il est possible

menter encore par l’expression

le

Société royale de Lon-

cependant de ne pas aug-

merveilleux qui se trouve

déjà dans les faits, et de ne donner de chaque

phénomène

qu’une description aussi simple qu’exacte.

Nous n’avons pas renouvelé les séries d’études sur un fait spécial, dont nous avons rendu compte dans le chapitre précédent, mais nous n’avons jamais perdu une occasion, pendant notre long séjour dans les possessions françaises de l’Inde, et

dans nos différents voyages à travers cette immense contrée, d’observer avec attention toutes les manifestations qui se rapportaient à notre sujet.


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

275

¥ * Parti

de Chandernagor,

le 3 janvier

1866, en dingui, sorte

d’embarcation du pays, munie d’une petite cabine, quinze jours après à Benarès,

j’arrivai

la ville sainte.

Deux domestiques indigènes m’accompagnaient, un cansama^ ou valet de chambre, et un metor, chargé de préparer mes repas. \

Mon embarcation

était

montée par un cercar ou chef bate-

macouas ou rameurs de

lier, et six

Nous accostâmes

les escaliers

la caste

des pêcheurs.

du Gath, non

bre pagode de Siva, un peu avant

le

coucher

de

la célè-

le soleil.

Rien ne

loin

saurait rendre le spectacle que j’avais sous les yeux.

Peu de

villes,

dit E.

Roberts, parmi les plus magnifiques,

ont un aspect aussi grandiose que Bénarès.

Lorsque

le

Gange, ce qui ville,

voyageur, curieux lui

annonce d’abord l’approche de

grande

fleuve, sur

le

long des rives recourbées du

une étendue de près de deux

est impossible

ordre apparent

palais, sont dispersées sans

d’une manière pittoresque

Il

la

ce sont des minarets élevés dont les tours, dominant les

masses épaisses des et

d’observations, remonte le

de rester insensible à

panorama qu’offrent ces temples, ces

lieues. la

vue du magnifique-’

tours,

ces longues ar-

cades soutenues par des colonnes, ces quais élevés, ces terrasses garnies de balustrades qui se dessinent en relief, et se

marient au feuillage luxuriant des baobabs, des tamariniers et des bananiers; et qui, couverts çà et

de

fleurs

de véritables grappes

aux nuances variées, se montrant entre

les

bâti-

ments chargés de sculptures, s’élèvent majestueusement audessus des jardins fleuris placés au milieu de ces cours spacieuses. 1.

Cansama, en indoustani,

tamoul.

est la

même

appellation

que dobachi en


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

â7(5

L’absence de tout plan régulier, les différents genres d’architecture, le mélange de l’austère et du solennel avec le léger et

|le

ques parties de fique,

donnent une apparence bizarre à quelscène, mais l’effet de l'ensemble est magni-

fantastique, la

plupart

et la

des détails sont d’une beauté dout on

pourrait difficilement se faire une idée.

Les gaths, sortes de monuments composés de quatre colonnes reliées entre elles par une corniche unique, et placés

au sommet d’escaliers gigantesques qui mouillent leurs derniers gradins dans les eaux du Gange, sont les seuls quais que

possède cette

mière race.

vieille cité, l’ancienne

Ils

sont,

de coolis qui chargent lonnent

le

du lever au coucher du déchargent

et

Gange dans

les

soleil,

pre-

la

couverts

les petits navires qui sil-

toutes les directions,

marché du haut Bengale toutes de

Kassy des rajahs de

apportant à ce

marchandises de l’Inde

et

l’Asie.

Au moment où j’ordonnai au au gath de Siva, une chose

dous

et les

Musulmans,

si

cercar d’amener l’embarcation

me

frappa d’étonnement; les In-

profondément divisés par des haines

séculaires dans le sud de l’Inde, où ces derniers ne sont qu’une

infime minorité, aux pieds des gaths de Bénarès, faisaient leurs ablutions ensemble et presque pêle-mêle.

Quoique

les sectateurs

le fer et le feu ils

du prophète aient toujours marché

en main contre ce qu’ils appelaient

respectèrent jusqu’au règne d’Aurengzeb cette

des vaincus, qui leur inspirait un mystérieux

l’idolâtrie, ville

sacrée

effroi.

Les brahmes prétendaient que Bénarès avait été bâtie par Siva pour servir d’asile aux

douleur envahirent

aucune

la

hommes justes

terre,

des vicissitudes

qui

lorsque

le

mal

et la

et qu’elle n’éprouverait jamais

atteignent

les

choses de

ce

monde. Aurengzeb, pour humilier

leur

des pagodes les plus anciennes et

orgueil,

les

fit

abattre

une

plus vénérées, et élever


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. à sa place la splendide

mosquée qui porte son nom,

277

dont

et

les

flèches déliées, couvertes de lamelles d’or, annoncent la ville

aux voyageurs longtemps avant

temples musulmans

Aujourd’hui de nombreux

côté des pagodes indoues, et les

sang des victimes couler, pour cité

la

sainte

que

le

s’élèvent

à

brahmes voient, sans pouvoir

mais avec une horreur

s’y opposer,

dans

qu’ils puissent l’apercevoir.

qu’ils dissimulent mal, le

les sacrifices

ou

meurtre d’aucun

souillée jusqu’à l’invasion des Mogols.

la nourriture,

animal n’avait

.

Malgré ce vandalisme qui détruisit quelques-uns des plus

beaux dans

et des plus antiques

les autres

monuments de

l’Inde, et bien

contrées soumises à leurs lois les musulmans

n’aient reculé devant rien pour convertir les

du Prophète, Bénarès et les

que

la

que

les

Indous à

la foi

souverains mogols pratiquèrent toujours à

plus large tolérance pour les croyances, les

mœurs

usages des vaincus. C’est sans doute à raison de ce

les relations sont meilleures

cette partie

fait

entre les deux nations dans

du Bengale. Cependant jusqu’à ce jour, je n’avais

pas cru que musulmans et Indous consentiraient jamais à faire leurs ablutions religieuses dans le

Dans

le

même

lieu.

sud de l’Inde, un musulman qui se baignerait dans

l’étang sacré d’une

pagode se

ferait

assommer sur

J’arrivais à Bénarès avec l’intention d’y rester

place.

deux mois,

ce séjour n’avait rien d’exagéré pour les études que je désirais

y faire sur les antiquités du pays, mais il était trop long pour que je m’accommodasse de l’hôtel ou du bengalou, aussi pris-je la

résolution de louer une maison et de

chez

en Orient

soi,

et

envoyer

installer.

dans tout l’extrême-orient,

premières conditions de J’allais

m’y

est

une des

la vie.

mon cansama

à

la

découverte, lorsque

Peishwa, prince mahratte retiré à Bénarès, dont j’avais connaissance chez arrivée,

me

fit

le

offrir

Être

fait la

rajah de Chandernagor, apprenant

un appartement dans

le

le

mon

magnifique pa-


le SPllUÏISME DANS LE MONDE.

278

à sept étages qu’il possède sur les bords che de la célèbre mosquée d’Aurengzeb.

lais

Il

n’est pas rare

de voir

les

du Gange,

à

gau-

princes et rajahs de l’Indous-

lan, bien qu’habitant souvent des contrées très-éloignées de

Bénares, faire bâtir dans cette ville des maisons qui leur servent de retraite pendant leurs jours de fêtes particulières, et

dans lesquelles

ils

viennent se

retirer sur le soir

lorsque, fatigués de ce monde,

suivant

la loi

de Manou, dans

ils

la

de leur

vie,

désirent finir leurs jours

pratique des dévotions aus-

tères.

D’après ville

croyance religieuse, ceux qui meurent dans cette sacrée, en ont fini avec les transformations successives,

et leur

sorber

On

la

âme monte immédiatement au dans la grande Ame.

voit arriver journellenaent

séjour de

de tous

Brahma

les points

de

s’ab-

l’Inde,

de nombreux pèlerins qui viennent accomplir, soit pour leur propre compte, soit pour celui de riclies particuliers qui les payent, des neuvaines sur les bords du fleuve sacré dont les

eaux ne sont nulle part

aussi propices qu’aux pieds de la ville

sainte. Il

en est aussi qui apportent dans de petits sacs

ments, recueillis après

le

bûcher, des rajahs ou de tout autre

grand personnage pouvant payer les jeter

dans

mourir sur

les

les osse-

le

voyage, avec mission de

Le suprême espoir de l’Indou

le fleuve.

est

de

bords du Gange, ou d’y faire transporter ses

restes.

Je dus à cette dernière croyance de voir,

à Benarès, le fakir

le

rencontré dans l’Inde,

mon séjour

pendant

plus extraordinaire peut-être que j’aie il

venait de Trivanderam, près du cap

Gomorin, à l’extrémité sud de l’Indoustan,

et avait été

d’apporter les restes funéraires d’un riche Malabare de

des commoutys (marchands).' Le Peish^va, dont originaire

chargé la

caste

la famille était

du sud, étant dans l’habitude de donner

l’hospita-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. lité,

dans

les

dépendances de son

279

aux pèlerins du Tra-

palais,

vencor, du Maïssour, du Tandjaor et de l’ancien pays mahratte,

dans une petite

l’avait fait loger

du fleuve où

pendant vingt et un jours,

devait,

il

bords

paillote, sur les

en l’honneur du mort.

ablutions, soir et matin,

mêmes

faire ses

Il était

arrivé

depuis une quinzaine de jours déjà, lorsque je connus sa pré-

nommait Covindasamy. Après m’être assuré de sa bonne volonté, je le fis amener dans mon appartement, un jour, sur l’heure de midi, au moment où, pour échapper à la chaleur, tous les habitants du

sence à Bénarès.

Il

se

palais faisaient la sieste.

La chambre où

rieure qui avait vue sur le les

une terrasse exté-

je le reçus donnait sur

Gange

et qui était

protégée contre

ardeurs du soleil par une tente mobile en fibres de vétivert

tressés. Et au milieu

retombant en pluie dait à l’entour

de

la terrasse se trouvait

qui,

dans une cuvette de marbre, répan-

fine

une fraîcheur vraiment délicieuse.

Je demandai au fakir plutôt que dans

— Fais

un jet d’eau

un

s’il

désirait

se placer dans

autre.

à ta volonté,

un

lieu

^

me

répondit-il.

Je l’engageai à passer sur la terrasse qui, plus vivement éclairée que la chambre, devait permettre

un contrôle plus

facile.

— Ne pourrai-je pas, le sol, te

quand

[i\

se fut accroupi sur

poser une question?

— Je t’écoute. — Sais-tu une si

quand

lui dis-je

force quelconque se développe

tu accomplis tes

phénomènes ? as-tu jamais

en

senti

toi

une

modification quelconque se produire dans ton cerveau ou

dans tes muscles ?

— Ce n’est pas une force naturelle qui

agit, je

ne suis qu’un

instrument, j’évoque les âmes des ancêtres, et ce sont elles qni manifestent leur puissance.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

28U

interrogé une foule de fakirs sur

J’ai

m’ont

que

fait

à peu près la

comme

les intermédiaires

Ayant constaté une et laissai

même

réponse

entre ce

de plus

fois

la

Covindasamy commencer

;

même

le ils

sujet, tous

ne se considèrent

monde

et les

invisibles.

croyance, je n’insistai pas la

série de ses

phénomè-

nes. Le fakir était déjà en posture, les deux mains étendues

dans

la direction

d’un énorme vase de bronze plein d’eau...

Cinq minutes ne s’étaient pas écoulées que à osciller sur sa base et

à

le

vase commença

s’approcher insensiblement et sans

secousse apparente du charmeur

;

au fur et à mesure que

la

distance diminuait, des sons métalliques s’échappaient du vase

comme si l’on eût frappé A un moment donné, les rapides, que

l’effet

sur ce dernier avec une tige d’acier.

coups devinrent

si

nombreux

produit ressemblait à celui de

la

et si

grêle sur

une toiture de zinc. Je demandai à Covindasamy à diriger l’opération, ce à

quoi

il

consentit immédiatement.

Le vase, toujours sous

l’influence

du charmeur, avança,

recula ou resta immobile en se conformant aux

demandes que

j’adressais.

Tantôt, à

mon

seul

commandement,

les

coups se transfor-

maient en roulades non interrompues, tantôt au contraire,

ils

se succédaient avec la lenteur et la régularité des heures son-

nées par une horloge. Je

demandai à ce qu’un coup

condes seulement, mètre

la

marche de

et je

me

l’aiguille

fût frappé toutes les dix se-

mis à suivre sur

mon

chrono-

sur le cadran des minutes.

Dix coups secs et pleins de sonorité se firent entendre régulièrement en cinq secondes.

Sur

la table

du salon qui dépendait de mes appartements, se

trouvait une de ces boîtes à

musique dont

les

Indous sont

enthousiastes, et que le Peishwa avait sans doute Calcutta. Je

me

la fis

apporter sur

la

fait

terrasse par

si

venir de

mon can-

'


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. sama,

et

demandai que

les

coups frappés sur

de façon à accompagner

le fussent

281

vase de bronze

le

que l’instrument

l’air

allait

jouer. Je

montai alors

la boîte, ainsi

que cela se pratique d’ordi-

naire, et je pressai le ressort de la sonnerie sans

de savoir sur quel air

comme un

il

m’occuper

se trouvait placé. Aussitôt éclatèrent

véritable tourbillon, et sur

une mesure exagérée à

dessein sans doute, les notes fraîches et rapides de la valse

de Robin des bois. Je prêtai l’oreille

du côté du vase, des coup§ secs

accompagnaient en cadence, avec chef d’orchestre émérite. L’air

de nouveau les

le ressort, et,

la régularité

finissait à

qu’avec

la

et pressés

du bâton d’un

peine que je pressais

marche du Prophète,

coups modéraient leur allure et accentuaient fidèlement

la

mesure. Et tout cela se

faisait

sans apparat, sans solennité, sans

mystère, sur une terrasse de quelques mètres carrés. Le vase

mis en mouvement pouvait à peine, quand être remué par deux hommes ; largement évidé ainsi

coupe, et placé de façon à recevoir servait aux ablutions

du matin

qui,

la

il

était vide,

comme une

pluie du jet d’eau,

il

dans l’Inde, sont un véri-

table bain.

Quelle était Je répétai

la force

de nouveau ces diverses expériences,

reproduisirent avec le

Le

qui dirigeait cette masse ?

même

ordre et la

même

fakir, qui n’avait ni quitté sa place, ni

tion, se

souleva alors et appuya

le

elles se

régularité.

changé de posi-

bout de ses doigts sur

le

rebord du vase, ce dernier se mit, au bout de peu d’instants, à se balancer en cadence de droite à gauche en augmentant

graduellement de vitesse, sans que son pied, qui se déplaçait alternativement de chaque côté, produisît le stuc

Mais

du

le

moindre bruit sur

sol.

ce

qui m’étonna le plus, fut de voir l’eau rester


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

282

immobile dans

le

vase,

comme

si

une forte pression

s’élail

opposée à ce qu’elle regagnât son centre de gravité que mouvements de son récipient lui faisaient perdre.

les

Trois fois pendant ces balancements, le vase se souleva en-

tièrement à sept à huit pouces du

sol, et

quand

il

retombait

sur la dalle, c’était toujours sans choc appréciable. 3’étais

depuis plusieurs heures déjà

vant, prenant des notes, faisant

mène avec des nuances commençait à baisser

sou.s le

charme, obser-

recommencer chaque phéno-

différentes,

lorsque

soleil, qui

le

à l’horizon, vint nous avertir qu’il était

moi de commencer mes excursions à travers les vieux monuments et les ruines de l’ancienne Kassy, qui fut le l’heure pour

centre de

la

puissance religieuse des brahmes, lorsque, après

leurs luttes avec les rajahs, porel... et

par

pour

ils

pouvoir tem-

le

au temple de Siva se préparer,

le fakir d’aller

les prières d’usage,

eurent perdu

aux ablutions

et

aux cérémonies fu-

du

néraires qu’il devait accomplir chaque soir sur les rives fleuve sacré.

En me à

la

quittant, le fakir

même

heure, pendant

me promit de revenir le

temps qui

tous les jours

lui restait

à passer à

Bénarès.

Le pauvre diable j’avais habité je parlais la

était tout

heureux de se trouver avec moi

pendant de longues années

douce

et

le

sud de l’Inde,

sonore langue du pays de Dravida

nul n’entendait à Bénarès,

il

^

;

et

que

trouvait donc à qui causer de ce

merveilleux pays plein de ruines antiques, de vieilles pagodes

ombragées par une végétation sans

pareille, et

gravés au poinçon, des siècles avant que

la

de manuscrits,

mer

ait quitté les

déserts salés de l’Iran et de la Chaldée, et que les limons du Nil aient

soudé

Thèbes.

1.

Le Tamoul.

la Basse- Égypte

aux plaines de Memphis

et

de


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

CHAPITRE LE JET d’eau.

Covindasamy

fut exact

283

V[.

LE BATON MAGIQUE.

au rendez-vous.

occupé à regarder l'extraordinaire inondation de lu-

J’étais

mière que

le soleil versait à flots sur les

eaux du Gange,

et je

rêvais en face de ce spectacle majestueux, lorsque le fakir,

soulevant un des rideaux qui nous masquait la porte d’entrée

de la

vérandah, s’approcha de moi et

la

s’assit

sur les talons à

manière indoue.

— Salam déré (bonjour, seigneur), me

dit-il

dans sa langue

maternelle.

— Salam même

tambi (bonjour, camarade), répondis-je dans

idiome,

— Le

riz

le riz

que je mange dans

ne vaut pas

rès,

du Bengale vaut-il

les racines

que

le riz

le palais

je cueille

le

du Tandjaor?

du Peishwa, autour de

à

Béna-

ma

pail-

à Trivanderam.

lote

— Que elles

te

manque-t-il ici? les graines du carry ne sont-

pas aussi pures sur les bords du Gange que sur

la

côte

malabare-?

— Écoute

:

ici

le

cocotier ne pousse pas, l’eau

sacré ne peut remplacer l’eau salée. Je suis un

1.

Chaaraière.

du fleuve

homme

de

la


28 i

côte

LE SPIRITISME DANS LE MONDE. comme il est un arbre de la côte, et nous mourons

tous

deux quand on nous éloigne de l’Océan.

Une

brise légère venant

du sud,

tiède

comme

des effluves

de vapeur, passait alors par rafales au-dessus de la ville endormie dans la chaleur. Les yeux du fakir s’animèrent :

C’est le vent de

mon

me

pays,

dit-il,

ne sens-tu pas?...

tous ces parfums sont chargés de souvenirs... resta longtemps accroupi, rêvant sans doute aux grands

Il

bois pleins d’ombre de la côte malabare, où s’était écoulée son

aux caveaux mystérieux de

enfance,

deram où

brahmes

les

l’avaient

la

pagode de Trivan-

formé dans

l'art

des évo-

cations.

Tout à coup qui

lui avait

les

mains sur

sans

la

il

se leva et, s’approchant du vase de bronze

servi la veille, à développer sa force, la surface del’eau

dont

il

était plein

il

imposa

bord à bord,

toucher cependant, et resta immobile.

Je m’approchai, sans

me

douter encore des phénomènes

qu’il voulait produire.

Je

ne

sais si sa puissance

avait ce jour- là de la peine à se

dégager, toujours est-il qu’une heure s’écoula, sans que rien, ni dans l’eau, ni dans le vase,

ne vînt accentuer

l’action

du

fakir. J’allais

désespérer de l’obtention d’un résultat quelconque,

lorsque l’eau

commença à s’agiter doucement, on

souffle léger ridait sa surface

;

ayant placé

les

eût dit qu’un

mains sur un

des rebords du vase, je reçus une légère sensation de cheur, qui

me sembla provenir

de rose jetée sur

l’eau,

de

la

même

en peu de temps

fraî-

cause, et une feuille alla

s’échouer sur

l’autre bord.

Le fakir ne et,

faisait

pas un mouvement, sa bouche

était close,

circonstance extraordinaire qui supprimait toute pensée

de supercherie,

les rides légères

de

l’eau se formaient à l’op-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS,,

285

posé de l’opérateur, et venaient de son côté frapper douce-

ment

les

Peu

à

rebords du vase.

peu

le

flot

augmenta

comme

aucune, éclata en tous sens

chaleur à une forte ébullition

;

sans direction

d’intensité et,

eût été soumis par la

s’il

bientôt

il

dépassa

mains du

les

charmeur, etplusieurs jets s’élevèrent par instants à un pieds de

deux

la surface.

Je priai

Covindasamy de

l’eau, sans cesser

retirer les mains, et l’agitation de

complètement, diminua peu à peu,

cela se produit dans le liquide bouillant dont on

récipient

et

du

feu.

Chaque

fois,

au contraire, que

replaçait les mains dans la première position, le

que

ainsi

éloigne le

le

charmeur

mouvement

s’accentuait de nouveau.

La dernière partie de core

la

séance fut plus extraordinaire en-

:

L’Indou m’ayant demandé de je lui

prêter

un

petit bâton,

remis un crayon à enveloppe de bois qui n’avait pas en-

core été

taillé.

Il

le

plaça sur l’eau

par l’imposition des mains, sens,

lui

comme

tement que

se

mouvoir dans tous

l’index sur le milieu

la position

affectée, je vis

fit

en quelques minutes, les

d’une boussole à laquelle on présente

l’aiguille

une tige de fer. Ayant posé alors

le

et,

du crayon,

si

de ce dernier sur l’eau n’en

au bout de quelques instants

le

de bois descendre insensiblement sous l’eau

petit

délicafut

pas

morceau

et atteindre le

fond du vase.

En

laissant

de côté

nisme sans laquelle

je

ment, bien que, dans

question d’habileté et de charlata-

la

ne puis ni affirmer ni nier complète-

les circonstances

où ce phénomène s’ac-

complissait, une supercherie quelconque m’eût difficilement

échappé, je pensais que

ceau de bois de

fluide,

le fakir,

en chargeant

le petit

mor-

pouvait peut-être en avoir augmenté


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

28G le

poids

spécifique, de

façon à

le

rendre plus lourd

que

l’eau.

Incrédule quant à l’action des esprits, je

chaque expérience de ce genre,

s’il

me

n’y avait pas là

en jeu de forces naturelles encore inconnues. Je constate le fait sans autres

demandais, à

commentaires.

la

mise


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

CHAPITRE PHENOMENES d’ÉLÉVATION.

La troisième la

du

visite

2 67

YJI.

COUPS FRAPPÉS DANS LA NUIT.

fakir fut courte, car

il

devait passer

nuit en prière sur la rive du fleuve sacré, à l’occasion d’une

fête religieuse et d’un sraddha funéraire auquel

pour

le

était invité

il

lendemain.

venait simplement m’avertir de cette obligation et se pré-

11

parait à retourner dans la petite chaumière que le Peishwa avait mise à sa disposition, lorsque, sur sentit à reproduire

vu maintes

pu

me

fois

un phénomène ^'élévation que

il

con-

j’avais déjà

accomplir par d’autres charmeurs, sans avoir

rendre compte des moyens qu’ils employaient.

Ayant pris une canne en bois de de Ceylan, fixés

ma demande,

il

appuya

en terre,

il

la

main

fer

que

droite sur la

j’avais rapportée

pomme

et, les

se mit à prononcer les conjurations

de circonstance, dont

il

avait oublié de

me

yeux

magiques

gratifier les jours

précédents. Je jugeai à cette mise en scène que j’allais être témoin, une fois

de plus, d’un

fait

que

j’avais toujours regardé

comme un

simple tour d’acrobate

Ma

raison se refuse en effet de donner un autre

phénomène suivant Appuyé d’une seule main sur

nom

au

:

.

la

canne,

duellement à deux pieds -environ du

le

Fakir s’éleva gra-

sol, les

jambes croisées


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

288

à l’orientale, et resta immobile, dans une position assez blable à celle de ces Bouddah en bronze que tous les

sem-

touristes

rapportent de l’extrême Orient, sans se douter que 1a plupart de ces statuettes sortent aujourd’hui des ateliers de fonderie

de Londres.

Pendant plus de vingt minutes, je cherchai à comprendre comment Covindassamy pouvait ainsi rompre en visière à toutes les lois

connues de ^équilibre

parvenir, aucun support apparent ne n’était

main

au bâton, qui

reliait

paume de

la

la

droite.

nonça qu’au moment où

il

le

fut impossible d’y

en contact avec son corps que par

Je rendis la liberté au

les

me

il

;

charmeur. En les

me

quittant

il

m’an-

éléphants sacrés, frapperaient sur

gongs de cuivre l’heure de minuit dans

la

pagode de Siva,

évoquerait les esprits familiers qui protègent les Franguys

— Français —

que ces esprits viendraient manifester leur présence dans ma. propre chambre à coucher et

Les Indous s’entendent admirablement entre eux,

pour contre toute prémunir supercherie immédiate, j’envoyai me mes deux domestiques passer la nuit sur le Dingui, avec le et,

cercar et les bateliers. J’avais assez peu de propension à

malgré être la

cela, si

croire au

surnaturel

;

l’événement se produisait, je voulais ne pas

dupe d’une supercherie vulgaire

;

aussi

me

préparais-

je à créer au fakir de véritables difficultés.

L’habitation du Peishv^^a singulière.

Il

construite d’une manière

a été

n’y a de fenêtres que du côté

du Gange,

et elle

contient sept grands appartements construits les uns au-dessus

des autres, et toutes les chambres de chaque appartement s’ouvrent sur des galeries couvertes et des terrasses qui s’a-

vancent sur

le quai.

Le mode adopté pour communiquer d’un

étage à l’autre est des plus curieux

conduit de l’appartement

le

;

un

seul perron d’escalier

plus bas à celui qui est immédia-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

289

tement au-dessus; quand on a traversé ce second apparte-

ment, on trouve dans

communication avec rieur, et ainsi

dernière pièce un second perron sans

la

premier, qui conduit à l’étage supé-

le

de suite jusqu’au septième étage, auquel on par-

vient par un perron mobile, que l’on peut relever à l’aide de

comme un

chaînes

pont-levis.

C’est ce septième étage

oriental ni européen, et et

de

la

vue

la

dont l’aménagement n’était ni

,

l’on jouissait

de

l’air le

plus frais

plus splendide, que le peishwa donnait à ses

visiteurs étrangers.

Dès que

la nuit fut

venue,

je visitai

minutieusement

les dif-

férentes pièces de l’appartement, et assuré que personne n’avait

pu

s’y cacher, je

ainsi toute

A

relevai

communication avec

l’heure indiquée,

il

me

le

pont-levis et interrompis

dehors.

me sembla

tinctement frappés contre je

le

la

entendre deux coups dis-

muraille

même

de

ma chambre;

dirigeai vers le lieu d’où ces bruits semblaient partir,

lorsqu'un coup sec, qui

me

parut provenir de

protégeait la lampe suspendue, contre les

papillons de nuit,

me

fit

verrine qui

la

moucherons

arrêter subitement

;

et les

quelques bruits

se produisirent encore à intervalles inégaux dans les solives

de cèdre du plafond, puis tout rentra dans cheminai alors à l’extrémité de

la

terrasse

le silence. ;

il

Je m’a-

faisait

une de

ces nuits argentées inconnues de nos brumeuses contrées, le fleuve sacré roulait silencieusement

sa

nappe immense aux

pieds de Bénarès endormie, sur un des gradins une forme hu-

maine se

profilait

en plus sombre,

-deram qui priait pour

le

c’était le fakir'

de Trivan-

repos des morts.

19


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

290

CHAPITRE LE FAKIR ET LE SIÈGE AÉRIENS.

mot de

à trouver le

nombr-e de

LES VASES DE FLEURS

LE PANKAH MYSTÉRIEUX.

cette nuit à réfléchir, sans parvenir

l’énigme.

fois déjà j’avais

devant moi,

DE BAMBOU.

une partie de

Je passai

Vlll.

et je pourrais

Depuis que j’habitais l’Inde,

vu ces phénomènes appuyer

se produire

les faits et gestes

du fakir

de Trivanderam d’une foule d’autres tout aussi merveilleux, sans être plus probants pour la théorie des Indous, sur l’évocation des

âmes des

ancêtres. Mais ce que je tiens à répéter,

parce que c’est l’expression de c’est

que

les

la

vérité la

moyens employés par

les

plus rigoureuse,

charmeurs ne sont

connus de personne dans l’Indoustan. J’attendais avec impatience l’arrivée du fakir, car depuis

de

mon étude

longtemps,

j’avais

sur

doctrine des pitris, de l’exposé des phénomènes

la vieille

l’intention

faire

suivre

matériels, que les Indous ne séparent pas de leurs croyances

La bonne volonté, ainsi que l’habileté du charmeur Covindassamy, m’était une précieuse occasion de faire une

religieuses.

revue d’ensemble de ces

occupé

les loisirs

quité, et

une

faits singuliers,

qui paraissent avoir

de toutes les castes sacerdotales de

que cent

fois déjà j’avais

vu reproduire. J’employais

partie de la journée à visiter les temples et les

de Bénarès,

et

l’anti-

ne rentrai au palais qu’au coucher du

mosquées soleil.


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. La nnit

était

venue, lorsque

291

charmeur pénétra sans bruit

le

sur la terrasse, où je l’attendais. Les gens de cette

toute heure chez les plus

jouissent du privilège d’entrer à

hauts personnages indous, sans se

classe

faire

annoncer, et bien qu’ils

n’en usent pas ainsi d’ordinaire avec

les

Européens, j’avais

Covindassamy en agir à sa guise, ce

laissé dès le premier jour

qui, joint à la connaissance

que

je possédais de la langue de

son pays, m’avait valu immédiatement son amitié.

bien, lui dis-je dès

m’annonçais se sont

— Le Ce sont te

les

rendre

— Tu

il

prononce

je l’aperçus, les bruits

entendre

fait

fakir n’est rien,

sang-froid,

que

me

les

le fakir est

répondit-il avec

menirams

que tu

très-habile.

plus grand

le

et les esprits l’écoutent.

mânes des ancêtres des Franguys, qui sont venus

visite.

as

donc pouvoir sur

les esprits

étrangers

— Nul ne peut commander aux — me mal exprimé comment se

?

esprits.

Je

suis

;

des Franguys puissent écouter favorablement Indou,

ils

11

ne sont pas de

cette nuit

— Tu 11

les prières

d’un

mondes supérieurs

î

ancêtres qui se sont manifestés à moi

? •

l’as dit.

n’y eut pas

Chaque

âmes

que

ta caste?

n’y a plus de castes dans les

— Ainsi ce sont mes

les

fait-il

fois

moyen de

que

le faire sortir

de

là.

je l’interrogeais sur ce chapitre, j’observais

avec soin son visage, je cherchais à surprendre, dans ses regards, un sourire, un rien, quelque indice d’incrédulité; tait

il

res-

impénétrable et froidement convaincu.

Après ces quelques paroles, sans priasse,

il

même

attendre que je l’en

se mit en devoir de continuer ses exercices.

Ayant pris un quelques pas de

musulmane,

petit lui,

et les

escabeau de bambou qui se trouvait à il

s’assit les

jambes croisées à

deux bras ramenés sur

la poitrine.

la

mode

.


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

29-2

mon cansama

J’avais fait éclairer la terrasse a giorno par

préparais à ne rien perdre de ce qui

me Comme

allait se

et

passer.

des phénomènes précédents, je suppour prime tout le chapitre de la mise en scène et des impressions le récit

personnelles pour m’en tenir strictement au

Au

bout de quelques instants pendant lesquels

concentrer sa volonté, l’escabeau de placé

matériel.

fait

commença

cousses qui timètres.

bambou

le

fakir parut

sur lequel

il

était

à glisser sans bruit sur le sol, par petites se-

le faisaient

avancer chaque

fois d’environ dix

J’observai l’Indou avec attention;

il

cen-

im-

était aussi

mobile qu’une statue. La terrasse avait sept mètres carrés mit dix minutes environ à

il

mité, l’escabeau

parcourir

recommença son

ce qu’il fût revenu à

commencer

la

la

;

arrivé à l’extré-

et,

évolution en arrière jusqu’à

place qu’il occupait d’abord. Je

trois fois l’opération, qui réussit

dans

fis

re-

mêmes

les

circonstances. Je dois faire remarquer que les jambes du fakir, croisées sous

lui,

étaient distantes

du

sol

de toute

hauteur

la

de l’escabeau

Pendant cette journée, la brise

de nuit

chaque

soir des

mons embrasés, çait-il

si

il

avait

fait

régulière dans

une chaleur accablante,

ces contrées, et qui vient

montagnes de l’Himalaya rafraîchir n’était pas

encore levée, aussi

le

les

pou-

métor lan-

à toute volée sur nos têtes, à l’aide d’une corde en fibre

de coco, un énorme pankah suspendu à une des

tiges

de fer

du milieu de la terrasse. Ces tiges supportaient horizontalement les rideaux de vétivert et les nattes qui faisaient de ce ieu une véritable chambre. Le pankah

est

une sorte d’éventail mobile affectant

la

forme

d’un parallélogramme et fixé au plafond des appartements par les

deux extrémités. Mis en branle par

tique spécial,

il

donne une fraîcheur

les

factice,

des plus agréables. Le fakir se servit de cet .accomplir son second phénomène.

soins d’un domesil

est vrai,

instrument

mais pour


0

'

I

PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. S’étant fait remettre la corde du

l’appuya des deux mains sur

pankah par

le

293

métor,

il

se

front et s’accroupit sous l’é-

le

même. Bientôt, sans que Govindassamy eût fait un seul mouvement, le pankah se mit à s’agiter doucement sur nos ventail

têtes, et,

augmentant graduellement de

comme

tôt à toute volée,

s’il

vitesse,

se lança bien-

il

eût été poussé par une main in-

visible.

Lorsque

le

charmeur abandonna

la

corde, l’instrument

continua à se mouvoir, mais en perdant peu à peu sa force d’impulsion, et

il

finit

par s’arrêter complètement.

Ces deux phénomènes répétés plusieurs conduits fort avant dans

avant de

me quitter

il

la nuit

voulut

;

mais

fois

nous avaient

le fakir était

disposé et

me donner une preuve de

plus de

sa puissance.

Trois vases de fleurs, assez lourds pour qu’il fallût l’effort

sérieux d’un

mité de

homme pour

la terrasse

;

il

les soulever, se trouvaient à l’extré-

en choisit un, et imposant

les

façon à toucher les bords du vase du bout des doigts,

mains de il

lui

im-

prima, sans effort apparent, un balancement sur sa base aussi régulier que celui d’un pendule. Bientôt

vase quittait

il

me

sembla que

le

sans modifier son mouvement, et je crus le

le sol

voir distinctement flotter dans le vide, allant de droite à gau-

che, suivant la direction que Je

lui

imprimait

le fakir.

ne puis employer qu’une forme dubitative pour rendre

compte de ce dernier que comme une

fait,

illusion

Je n’ajoute pas,

phénomènes, mais

il

car je n’ai jamais

pu

le

considérer

foi

aux autres

de mes sens.

est vrai,

une très grande

celui-là spécialement, bien

que

je l’aie

vu

reproduire souvent au grand jour, m’a paru chaque fois telle-

ment étrange que

je n’ai

pu m’empêcher de croire

habile et très-savante prestidigitation.

à

une

très-


LE SPIRITISME DANS LE MONüii.

294

CHAPITRE

IX.

/

LE GÜÉRIDON SOUDÉ AU SOL.

UNE GRÊLE DE COUPS.

PETIT MOULIN.

— VOLTIGE DE PLUMES. — l’haRMONIFLUTE.

Covindassamy n’avait plus que

trois jours à rester à

LE

Béna-

résolus de consacrer la dernière séance qu’il devait

rès

;

me

donner à des expériences de magnétisme

je

I

bulisme; Iqrsque je

l’avertis

de

mon

désir,

et

somnam-

de

parut étonné de

il

ces expressions nouvelles, que je traduisais tant bien que mal

en tamoul.

Lorsque

je lui eus fait

en Europe,

il

phénomènes

sourit et

comprendre

me

le

sens qu’on y attachait

répondit selon son habitude que ces

étaient aussi bien produits par les pitris

— que ceux dont j’avais déjà été témoin. pas possible avec

lui

pouvoir, je

me

La discussion n’éiait

sur ce sujet; aussi, sans

de ses croyances religieuses bornai à

lui

et

— esprits

me préoccuper

des causes qu’il donnait à son

demander

s’il

consentait à se prêter

à ce genre d’expériences.

— Le Franguy, me répondit-il, de son pays. Le fakir n’a rien à Satisfait

autre

a parlé

le

langage

lui refuser.

de cette réponse, je formulai immédiatement une

demande.

— Ne pourrais-tu me permettre, même

au fakir

lui dis-je,

d’indiquer moi-

aujourd’hui les phénomènes que je désirerais te voir

accomplir, au lieu de

les laissera ton inspiration?


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

parût peu probable, en raison des cir-

me

Bien que cela

29j

constances particulières où elles s’étaient produites, que

pu d’avance préparer

fakir ait

expériences précédentes en

les

s’entendant avec nos serviteurs, je désirai cependant voir

Covindassamy parviendrait qu’il n’aurait

— Je Il

en

de ce projet

que

et l’intérêt spirite

ne

des

si

manifestations

pu prévoir d’une manière immédiate.

ferai ce qu’il te plaira,

fut

produire

h

le

me répondit simplement l’Indou.

comme

d’une foule d’autres,

je trouvai à prolonger les expériences

me permirent

temps

le

de force

pas d’étudier la force magnétique de

Covindassamy. J’avais

vu souvent

hérents au

sol, soit

les

charmeurs rendre certains objets ad-

suivant l’explication que m’avait donnée

un major anglais qui s’occupait de ces questions, en les chargeant de fluide pour augmenter leur poids spécifique, soit par tout autre

moyen inconnu.

Je résolus de répéter l’expérience.

Prenant alors un petit guéridon en bois de tek que je soulevai sans effort avec le pôuce et l’index, je la terrasse et

demandai au

dans

la situation qu’il

sible

de

le

fakir

s’il

occupait de

le

plaçai au milieu de

ne pourrait pas

telle

fixer

façon qu’il fût impos-

transporter ailleurs.

Le malabare se dirigea immédiatement vers et,

le

imposant

les

deux mains sur

la tablette

le petit

meuble

supérieure, resta

immobile dans cette position pendant près d’un quart d’heure ce temps écoulé,

— Les

il

me

esprits sont

dit

en souriant

venus

et nul

;

:

ne pourra déplacer ce gué-

ridon sans leur volonté. Je m’approchai avec une l’objet, je fis le

mouvement

bougea pas plus que

certaine incrédulité et, saisissant

nécessaire pour le soulever;

il

ne '

s’il

eût été scellé dans

le stuc

redoublai d’efforts et la tablette fragile du guéridon

du

sol. Je

me resta

dans les mains. Je m’acharnai alors sur les pieds, qui restaient debout, unis


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

296

par deux traverses en x, mais je n’üblins pas un meilleur résultat. A ce moment une pensée rne traversa l’esprit. pensai-je, c’est en chargeant les objets de fluide que les

Si,

charmeurs produisent ce phénomène, et s’il n’y a là que le développement d’une force naturelle dont on ne connaît pas encore

quand

les lois, le fluide,

n’est pas renouvelé par

il

l’imposition des mains do l’opérateur, doit aller en se perdant

graduellement,

et,

dans ce cas,

je vais pouvoir,

instants, déplacer sans efforts ce qui reste

dans quelques

du guéridon.

Je priai le fakir de se rendre à l’extrémité opposée de la terrasse, ce qu’il

fit

de

la meilleure

au bout de quelques minutes,

effet,

redevenait maniable.

Il

y

avait

façon du monde

en

meuble disloqué

le petit

donc

et,

une force!..

Je ne

pou-

moins d’admettre un charlatanisme impossible

vais le nier, à

dans cette circonstance. Il

m’aurait fallu passer des mois sur cette seule expérience

si j’avais

voulu

les loisirs, et je

sans

me

— Les

la

contrôler scientifiquement, je n’en avais pas

me borne à la raconter comme

prononcer sur

pitris sont partis,

cation, parce

que leur

moyens

les

toutes les autres^

et les causes.

me dit l’Indou par manière d’explide communication terrestre

lien

Écoute, ils vont revenir ici rompu En prononçant ces paroles, il imposa

était

!

les

mains au-dessus

d’un de ces immenses plateaux de cuivre incrusté d’argent

dont

les riches indigènes se servent

presque instantanément une pés éclatèrent avec une

un à

effet

ma

de grêle sur un

si

telle toit

pour jouer aux dés,

et

grande quantité de coups frap-

violence qu’on les eût pris pour

de métal, et je crus voir

(je tiens

formule dubitative) toute une série de lueurs phospho-

rescentes, assez intenses pour être distinctes malgré le jour,

passer et repasser, en rayant

nomène J’ai

le

plateau en tous sens. Le phé-

cessait ou se reproduisait à la volonté

du

fakir.

déjà dit que les appartements que j’occupais chez le


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. peischwa étaient l’orientale tels

;

297

moitié à l’européenne, moitié à

installés

sur les étagères se trouvaient une foule d’objets,

que moulins à vent faisant mouvoir des forgerons, soldats

de plomb, ménageries en bois de Nuremberg avec ces éternels petits sapins verts qui sont

pour

Tous

sentation de la nature

première repré-

les enfants la

les

de nos produits. Les plus puérils,

meubles étaient encombrés

comme les

plus artistiques,

s’entrechoquaient pêle-mêle, au goût des domestiques indigè-

Ne

nes.

rions point trop

:

les trois quarts

indous, océaniens, dont nous ornons

des objets chinois,

pompeusement nos pré-

tentieuses demeures, ne permettraient pas à un indigène de ces

contrées de garder son sérieux

que

J’avisai

pouvait mettre en mouvement par

l’on

un le

petit moulin,

simple souffle,

communiquait son impulsion à plusieurs personnages,, montrai à Covindassamy, et lui demandai de le faire

et qui

je le

marcher sans Par

la

le

toucher.

seule imposition des mains, le moulin se mit à tour-

ner avec une extraordinaire rapidité, et son allure augmentait

ou diminuait, selon

Ce

fait était

le résultat

bilité

En

m’a

la distance

où se plaçait

le fakir.

bien simple, et cependant c’est un de ceux dont le

plus frappé, en raison

même

de l’improba-

d’une préparation préalable. voici

même

un autre de

nature, mais bien plus surpre-

nant encore. ^

Parmi

les

se trouvait

objets qui

composaient

un harmoniflûte. A

l’aide

le

musée du peishwa

d’une petite corde dont

j’entourai le rectangle en bois qui encadrait le soufflet (partie-

de l’instrument

qui,

comme on

le sait', est

opposée à

celle

des

touches), je le suspendis à une des tringles de fer de la terrasse,

de façon à ce

qu’il flottât

dans

sol, et je priai le ^charmeur

sans

le

le

vide à environ deux pieds dit

de vouloir bien en

tirer

des sons-

toucher.

Déférant immédiatement à

mon

injonction, ce derniér saisit


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

298

entre le pouce et l’index de chaque main

la

corde qui tenait

rharmonillûte suspendu, et se concentra dans plète immobilité le soufllet

la plus

com-

Bientôt l’instrument s’agita doucement,

se rétracta sur lui-même, par un

mouvement de

va-

et-vient semblable à celui que lui eût imprimé une main invisible, et l’instrument rendit

entre eux sion

il

des sons prolongés, sans accords

mais parfaitement nets dans leur émis-

est vrai,

.

— Ne pourrais-tu obtenir un — Je évoquer d’un

air? dis-je à Covindassamy.

vais

des^

me

l’esprit

ancien musicien des pago-

répondit-il avec le plus grand sang-froid

1

J’attendis.

Après un silence assez long de l’instrument qui

immédiatement après

ma demande,

il

s’agita

s’était tu

de nouveau

et

rendit d’abord une série d’accords assez semblables à un prélude, puis

il

se mit à

populaires de

la

moduler résolûment un des

airs les plus

côte malabare.

Taïtou moucouty conda

Arouné cany pomelé, «Apporte des bijoux pour Pendant tout

le

la

etc.

jeune vierge

temps que dura

le

d’ Arouné

morceau,

le

fakir

pas un mouvement, se bornant à toucher, ainsi que je

conté plus haut,

la

»

ne

l’ai

fit

ra-

corde qui le mettait en communication

avec l’harmoniflûte.

Cherchant à contrôler l’opération, je m’agenouillai pour observer les différents mouvements de l’instrument, et je

de façon à pouvoir l’affirmer, à moins

vis,

d’illusion des sens, les

touches se lever et s’abaisser, suivant les besoins du morceau* Je constate une fois de plus, sans autre conclusion.

Supposons

qu’il n’y ait ni illusion ni

production de ces manifestations lois?

charlatanisme dans

la

Faut-il en rechercher les


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. Non

!

disent les savants officiels français, à priori, de pa-

ne méritent pas l’examen

reilles folies

Oui terre.

I

299

répondent

les

1

savants non moins

Nous avons constaté des

faits

de l’Angle-

officiels

matériels dans lesquels ni

Yillusion ni le charlatanisme n’ont

pu jouer un

rôle

nous

;

à en rechercher les lois et à dire

sommes engagés d’honneur la vérité.

Voilà l’état de la question

D’un côté

la

î

négation quand

même; de

l’autre l’étude.

— 'pour appeler par donnent entre eux — ne perdent pas, on

Nos savants français se

nom

qu'ils

le voit, les

tradi-

le

les

tions qui leur ont fait repousser toutés les grandes inventions

qui honorent ce siècle. Je ne prends pas une position active dans se conçoit. Tout le

formuler une

loi

monde

pourrait

sur les faits que

me

j’ai

dire,

débat, et cela

le

si

me

je

observés

mêlais de

:

Avez-vous expérimenté scientifiquement tous

les faits

singuliers accomplis par les fakirs dont vous nous parlez

Et

comme

je n’ai fait confectionner sous

ma

surveillance ni

les balances, ni les poids, ni les vases, ni les tables, ni

des instruments enfin dont

les

cette question je dois répondre

charmeurs se sont servis :

?

scientifiquement

non

aucun à

!

Mais, d’un autre côté, quand je vois que les fakirs ont sou-

vent agi sur des objets m’appartenant, et

le

des choses que selon toutes probabilités

ils

touchées ni vues, je dis avec

MM.

plus souvent sur

n’avaient jamais

Crookes, Hugghins, Cox et

y a là des faits à étudier, car il est au moins aussi intéressant pour la science", de les nier que de les affirmer, en autres

:

«

Il

connaissance de cause

Le coucher du sur

les rives

soleil devait

du fleuve sacré, l’heure approchait,

nant congé de moi avec tous qu’il

trouver Covindassamy agenouillé

ne pourrait pas venir

le

les

salams d’usage,

lendemain.

il

et

en pre-

m’annonça

>


LE SPllUTlSME DANS LE MONDE.

300

Comme je lui

en exprimais mes regrets,

— C’est demain Bénarès et

le

en prières,

mais avant de regagner

;

:

ma

à

dernier des cérémonies mortuaires. Le fakir doit

et sa tâche accomplie,

une journée puis

vingt et unième jour

me répondit de mon arrivée

du lever au second lever (vingt-quatre heures) du

rester

ram

le

il

et

il

mon

soleil

repartira pour ïrivande-

pays, je te donnerai encore

une nuit entière, car

tu as été

bon avec moi;

et

bouche, fermée depuis de longs mois, a pu s’ouvrir

pour parler, avec servait pour

laJangue dont

toi,

me bercer dans

toujours sur ce sujet, et

une

feuille

la vieille

ama (mère)

de bananier.

Il

se

revenait

avait des larmes dans la voix en pro-

il

nonçant ces dernières paroles. Je n’ai jamais vu un Indou parler sans émotion de sa mère.

Au moment 'où

il

allait

franchir la porte de la terrasse, aper-

cevant dans un vase, un bouquet de plumes variées des oiseaux les plus

curieux de l’Inde,

il

en prit une poignée

plus haut possible au-dessus de sa tête

de redescendre, mais

mesure qu’une d’entre

au fur

et à

mains,

elle tournait

affectant

le fakir faisait

un mouvement de

direction

veau aux sol,

de

;

plumes se hâtèrent

des passes au-dessous et

elles arrivait

près de ses

spirale, jusqu’au tapis la

terrasse.

de vétivert

Toutes suivirent

la

au bout d’un instant, elles obéirent de nou-

lois d’attraction

mais cette

les

légèrement sur elle-même et remontait, en

qui servait de toit mobile à

même

;

qu’il jeta le

fois, elles

la route, qu’elles

qui tendaient à les ramener vers

n’avaient

le

même pas parcouru la moitié

reprenaient leur ascension et se fixaient

contre la natte.

Un

dernier frémissement, suivi d’une légère propension à

descendre, se manifesta de nouveau dans les plumes, mais bientôt elles restèrent complètement immobiles, et

à< les

voir

se détachant sur l’or de la paille, avec leurs nuances fortement

accentuées dans tous les tons, on eût dit que

d’un artiste habile les avait placées

là.

le

pinceau


I

PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. Dès que la^sol

;

le fakir

je les laissai

une preuve que «

que

A

la

j’ordonnai à

de

longtemps éparpillées sur

je sentais le besoin

me

mon

de

la dalle,

me donner

à

comme

moi -même

coup d’une hallucination.

nuit fut-elle venue,

fraîcheur, que je

fil

eut disparu, elles retombèrent inertes sur

je n’avais pas été sous le

peine

301

et

avec

elle

»

une agréable

rendis au quai, et montant sur le dingui,

cercar de laisser dériver l’embarcation

l’eau. Influencé

au

malgré moi par tous ces phénomènes

incompréhensibles, j’avais besoin de

me

trouver dans un autre

milieu, et de remplacer le rêve qui m’égarait à travers toutes les spéculations

métaphysiques de l’humanité, par

sations plus douces que m’ont toujours

sen-

les

données ces poétiques

nuits du Gange, bercées par les chants des bateliers indoustanis, et le cri lointain des fauves.

\

I

»


LE SPllUTlSME DANS LE MONDE.

302

CHAPITRE

DESSINS REPRODUITS SUR LE SABLE.

MÉTOR.

PENSÉE.

— LECTURE

EXTINCTION

LE SCEAU d’eAU ET LE

DU CHANT.

TRADUCTION

DE LA

d’UN MOT DANS UN LIVRE FERMÉ.

BRUITS MÉLODIEUX DANS LES AIRS.

DE PALMIER.

X.

— COURSE

d’UNE FEUILLE

ÉLÉVATION DU FAKIR.

Covindassamy m’avait promis qu’avant de se séparer de moi pour reprendre la route de Trivanderam, il ferait appel à toutes les forces dont taient,

il

disposait, à tous les Esprits qui l’assis-

suivant une expression dont je lui laisse la respon-

sabilité, et qu’il

me

ferait voir

des merveilles dont je garderais

un éternel souvenir.

Ce

jour-là

lumière

nous devions avoir deux séances, une en pleine

comme

les

précédentes, et une de nuit, mais avec

entière liberté d’éclairer le lieu de nos expériences,

comme

je

l’entendrais.

Le

à peine le Gath de Siva, que l’Indou, dont la

soleil dorait

mission était terminée, se il

craignait de

— c’est

me

— Mes

vœux

annoncer par

mon cansama,

trouver endormi.

Saranai-Aya.

demain que

faisait

Salut, seigneur,

le fakir

me

dit-il

en entrant,

retourne au pays des ancêtres.

t’accompagneront,

lui

répondis-je, puisse les

Pisatchas maudits avoir respecté ta demeure en ton absence.

Suivant son habitude

le fakir

ne chercha pas à continuer

la


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. conversation,

s’accroupit immédiatement sur la dalle après

iV

entama

les saints d’usage, et 11

-iOS

la série

de ses phénomènes.

avait apporté avec lui un petit sac plein de sable très-fin

qu’il vida sur le sol

,

et égalisa

avec

la

main de façon à former

une surface d’environ cinquante centimètres carrés. Ceci

fait

avec une

il

me

feuille

me

pria de

placer en face de lui, à une table

de papier et un crayon.

M’ayant demandé un

morceau de

petit

manche d’un porte-plume,

qu’il

bois, je lui jetai le

posa délicatement sur

le

lit

de sable.

— Écoute,

me

vais évoquer les pitris; lorsque tu

dit-il, je

verras l’objet que tu viens de

me

lement en restant en contact avec

donner se soulever verticale sol

par une de ses extré-

mités, tu pourras tracer sur le papier les signes qu’il te plaira, tu les verras se reproduire sur le sable. Il

étendit alors les

et se mit à

murmurer

deux mains horizontalement devant les

Au bout de quelques

lui,

formules secrètes des évocations.

instants, la tige

à peu ainsi qu’il avait été dit, et aü

promener mon crayon sur

de bois se souleva peu

même moment je me mis

la feuille

à

de papier que j’avais

placée devant moi, traçant au hasard les figures les plus étranges. Je vis aussitôt le tous

mes mouvements,

morceau de

et les

bois, copier fidèlement

arabesques capricieuses que je

traçais se dérouler à sa suite sur le sable.

Lorsque

je m’arrêtais, le

je recommençais...

il

me

crayon improvisé

s’arrêtait aussi,

suivait.

Le fakir n’avait pas changé de position, et rien en apparence

ne

le

mettait en contact avec le petit instrument qu’il in-

fluençait.

Désirant savoir

du

lieu

il

se trouvait,

il

ne pouvait'

mouvements que j’imprimais au crayon sur ce qui n’aurait pas expliqué cependant comment

pas suivre papier,

si,

les

le il

pouvait ensuite transmettre les signes, sans être en contact


304

LIS

avec

me

la

SPIRITISME DANS LE MONDE.'

surface de sable qui les recevait, je quittai

la

table et,

plaçant dans une position identique à celle de Govindas-

samy,

je

me

pus

convaincre

qu’il dtait

impossible à ce dernier

de se rendre compte de mes mouvements. Je vérifiai alors les signes tracés des deux parts,

il

y avait

identité parfaite.

Le

fakir,

ayant de nouveau égalisé toutes

de sable, me dit •— Pense à un mot dans

les portions

du

lit

:

la

langue des dieux

le sanscrit.

— Pourquoi dans cet idiome spécialement? répondis-je. — Parce que esprits se servent plus facilement de les

ce

parler immortel, interdit aux impurs. J’avais l’habitude de ne

pas discuter les opinions religieuses du fakir, et je

pour

me

tins

satisfait.

L’Indou étendit alors

demment,

le

les

mains

crayon magique

écrivit sans hésitation le

ainsi qu’il l’avait fait précé-

s’agita, se leva graduellement,

mot suivant

:

Pouroucha! (Le générateur céleste). C’était bien celui auquel j’avais pensé.

— — Et

Pense à une phrase entière, continua C’est le

fait,

répondis-je

crayon grava sur

le

charmeur.

I

sable les paroles suivantes

Adicêlê Veikountam Haris

Vischnou dort sur

le

le

:

ï

mont Yeikonta.

L’esprit qui tMnspire pourrait- il

me donner le 243“®

sloca

de Manou? demandai-je à Covindassamy. Je finissais à peine de formuler ce désir, que le crayon se mit en devoir de le satisfaire; lettre par lettre le sloca suivant, qui était bien celui indiqué, se déroula devant moi.

du quatrième

livre


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. Darmaprdddnam pouroucham Paralôkam nayaty

dçoii

305

tapasd hatakilvisam

bdsouantmn Kaçarîrinam.

Voici la traduction de celte stance

remarquable

:

* * * «

et

L’homme dont

dont tous

les

toutes les actions ont pour but la vertu,

péchés ont été effacés par des actes pieux et

des sacrifices, parvient au séjour céleste rayonnant de lumière et revêtu d’une

Enfin la

comme

main sur un

forme

spirituelle. »

dernière expérience, je demandai en mettant petit livre

fermé, qui contenait en extraits

quelques hymnes du Rig-Veda, quel la

cinquième ligne de

était

le

premier mot de

vingt et unième page

la

?

Je reçus le-

suivant:

Dêvadalla. «

«

Donné par un Dieu

!

»

Je vérifiai, c’était exact.

— Veux-tu poser une question mentale? Je

fis

ment

un simple mouvement de

mot suivant

et le

tête

fit le

charmeur.

en signe d’acquiesce-

fut inscrit sur le sable

:

Vasundard. a

La terre

J’avais

!

»

demandé

:

Quelle était notre

commune mère?

Je n’explique rien et n’affirme rien sur les causes.,,.. Est-ce habileté pure, est-ce inspiration conte,

j’ai

vu

?

Je

l

et j’al'fîrme l’exactitude

ignore.

J’ai

vu et je ra-

des circonstances dans


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

306

lesquelles se sont produits ces

cru

la

Matériellemeni, je n’ai pas

faits.

supercherie possible.

La première partie de cette séance avait été un peu longue. Je priai

le fakir

d’interrompre pour quelques instants

de ses phénomènes

il 11

me

et je

me

rendis à l’extrémité de

le

cours

la terrasse,

suivit.

pouvait être dix heures du matin.

La lumière

commençaient à

et la chaleur

eaux du Gange.

A

notre gauche s’étendait un jardin assez

vaste, au milieu duquel un métor

d’un puits, et

la

faire miroiter les

tirait

nonchalamment de

l’eau

bambou

qui,

déversait [dans un conduit en

à son tour, la transportait dans une salle de bain.

Covindasamy imposa et aussitôt le

les

mains dans

la

direction

pauvre métor de-hâler avec fureur sur

qui ne voulait plus glisser dans

immédiatement

l’obstacle qu’il

fluence des mauvais génies, et

il

des conjurations magiques, dont

homme

corde,

met

se il

travail,

ne peut vaincre à

il

l'in-

à chanter toute la série

a souvent payé fort cher le •

prétendu^secret.

Notre

la

puits,

la poulie.

Dès que quelque chose[[arrête un Indou dans son attribue

du

ne manqua pas d’agir ainsi, mais à peine

a-t-il

modulé quelques paroles sur ce ton nazillardet aigu dont

tout

l’Orient et l’extrême Orient nous déchirent les oreilles, sous

prétexte de musique, que paroles et sons expirent dans son gosier sans qu’il

lui soit

possible, malgré les plus grotesques

contorsions, d’articuler un seul mot.

Au bout de quelques

[minutes de ce singulier spectacle, le

fakir abaissa les mains, et le métor recouvra l’usage de la voix et la possession|de sa^corde.

Lorsque nous regagnâmes leur était étouffante, et j’en

le lieu fis la

de nos expériences,

remarque au

la

cha-

fakir, qui parut

ne pas m’entendre, tellement il était concentré en lui-même. Je ne pensais déjà plus à la réflexion qui venait de m’échap-


PflÉNOMÈNliS ET MANIFESTATIONS. per lorsqn’iin de ces éventails en

de palmier, dont

feuilles

serviteurs indous se servent pour nous donner de

une chambre où d’une table où

le

mon

doucement l’atmos-

mouvement

fût

renvoyait une fraîcheur extraordinaire.

moment,

me

il

dans

l’air,

visage.

Je remarquai, bien que son

me

les

n’existe pas, s'enleva en voltigeant

était placé et vint agiter

il

phère autour de

pankah

307

sembla entendre

comme

très-lent, qu’il

Dans

le

même

des sons harmonieux

dus à une voix humaine qui n’avait plus rien d’indou cette passer et repasser dans

fois,

que

les

l’air,

comme

ces chants affaiblis

chasseurs des montagnes, entendent monter des vallées

au crépuscule.

La

de palmier regagna sa place,

feuille

les

sons cessèrent,

me demandais si je n’avais pas été victime d’une illusion. Au moment où me quittait pour aller déjeuner et faire quelet je

il

ques heures de

sieste, ce

dont

il

avait le plus pressant besoin,

n’ayant rien pris et ne s’étant point reposé depuis vingt-quatre heures, sait

de

le fakir s’arrêta

à l’embrasure de la porte qui condui-

la terrasse à l’escalier

la poitrine,

il

s’éleva

de sortie

et,

croisant les bras sur

peu à peu sans soutien, sans support ap-

parent, à une hauteur d’environ vingt-cinq à trente centi-

mètres. J’ai

pu

fixer

exactement cette distance, grâce à un point de

repère dont je

me

mène. Derrière

le fakir se trouvait

suis assuré

pendant

la

durée du phéno-

une tenture de

soie servant

de portière, rayée or et blanc par des bandes égales, et je re-

marquai que

les

pieds du fakir étaient à

la

hauteur de

ment où .

le

mum

production entière

charmeur commença à s’élever à

de nouveau Il

la

resta à

le sol,

sixième

mon du phénomène, du mo-

bande. En voyant commencer l’ascension, j’avais

chronomètre;

la

celui

saisi

il

toucha

dura un peu plus de huit minutes.

peu près cinq minutes immobile dans son maxi-

d’élévation.


LE SPIlUTlSME DANS LE MONDE.

30S

Au je lui

moineiiL

où Covindasamy me donnait

demandai

s’il

lui

était possible

le

salam du départ,

de reproduire à volonté

ce dernier phénomène.

— Le

fakir,

me

répondit-il d’un ton emphatique, pourrait

s’élever jusqu’aux nuages.

— Comment obtient-il quoi je

adressai cette question, puisque vingt fois déjà

lui

m’avait dit

ce pouvoir? Je ne sais trop pour-

:

qu’il

ne se considérait que

comme un

il

instrument

entre les mains des pitris 11

me

répondit sententieusement

:

Swddydyê nityayoukta' sydl Amhardd avatar ali dêva’. a

11

faut qu’il soit en communication constante, par la prière

conlemplative, et un esprit supérieur descend du

I

ciel. »


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

CHAPITRE

30 »

XI.

VÉGÉTATION SPONTANÉE.

Le missionnaire Hue, dans

de ses voyages au Thibet,

le récit

rend compte d’un phénomène semblable à celui que je vais raconter, et que je ne puis considérer que

comme un

très-

habile tour de main.

Je ne l’eusse peut-être pas relevé

ici, s’il

ne

faisait partie

intégrante pour ainsi dire du bagage des manifestations extérieures, des sectateurs des pitris, et fidèle, à

si

je

ne

tenais,

en historien

ne rien retrancher de ces singulières pratiques.

Au nombre des

prétentions les plus extraordinaires des

manière directe sur

fakirs, est celle d’inÔuer d’une

tion des plantes,

et

de pouvoir accélérer de

la

végéta-

telle sorte leur

croissance, qu’elles puissent en quelques heures, atteindre un résultat qui

années

demande ordinairement de longs mois,

même

J’avais

plusieurs

de culture.

vu nombre de

fois

répéter ce phénomène, mâis

déjà, les

comme

charmeurs de passage je

ne voyais

qu’une

supercherie très-réussie, j’avais négligé de noter exactement les circonstances

dans lesquelles

Quelque fantastique que fût '

j’étais

en train de

le fait s’était

la

faire reproduire

chose, je résolus, puisque

par Covindasamy, dont

force était réellement merveilleuse, tous les j’avais déjà

produit.

la

phénomènes que

vu accomplir par divers, d’expérimenter avec

lui


LES PIRIÏISME DANS LE MONDE.

310

absurde mais curieux, et d’exercer une telle surveillance sur chacun <le ses actes, qu’il ne pût en soustraire aucun

ce

à

fait

mon 'Il

a Lien lion.

devait

me donner

pleine lumière nuit. Je

me

de

encore deux heures d’expériences en

trois

à cinq

la

grande séance de

décidai à les consacrer à cet examen.

Le fakir ne se doutait de

rien, et je crus fortement le sur-

prendre,, lorsqu'à son arrivée je

— Je

— avant

suis à les ordres,

me

part de

lui fis

mes

intentions,

avec sa simplicité ordi-

dit-il

naire.

Je fus

un peu déconcerté par cette assurance, cependant

repris aussitôt

:

— Me laisseras-tu tu vas faire pousser

— Le vase

je

choisir la terre, le vase et la graine

devant moi

et la graine, oui

dans un nid de

que

?

!...

mais

la terre doit être prise

carias.

Ces petites fourmis blanches qui construisent pour

s’y abri-

ter des monticules qui atteignent souvent

une hauteur de huit

communes dans

l’Inde et rien n’était

à dix mètres, sont fort

plus facile que de se procurer un peu de cette terre qu’elles

gâchent fort proprement pour édifier leurs J’ordonnai à

mon cansama,

d’aller

asiles.

en chercher un plein vase

à Heurs d’une grandeur ordinaire, et de m’apporter en

même

temps quelques graines de différentes espèces.

Le

fakir

le pria

d’écraser entre deux pierres, la terre qu’il

ne pourrait arracher que par morceaux presque aussi durs que des débris de démolition.

La recommandation effet,

était

bonne

,

en

nous livrer à cette opération au milieu des appartements.

Moins d’un quart d’heure après, '

nous n’aurions pu

;

retour apportant les objets demandés et le renvoyai,

Covindasamy.

ne voulant pas

le

mon ;

domestique

était

je les lui pris des

laisser

de

mains

communiquer avec


PHÉNOMÈNES Eï MANIFESTATIONS.

311

blanchâtre, Je remis à ce dernier le vase plein d’une terre laiteuse qui devait être entièrement saturée de celte liqueur

chaque parcelle infime de terre

les carias sécrètent sur

que dont

av.ec

lentement

dont

les

Il la

délaya

un peu d’eau, en marmotant des mentrams

paroles n’arrivaient pas jusqu’à moi.

me

il

jugea qu’elle

le fakir

Lorsque parée,

pour élever leurs monuments.

se servent

ils

était

convenablement pré-

pria de lui donner la graine que j’avais choisie,

que quelque coudée d’une étoffe blanche quelconque. Je au hasard une graine de papayer, parmi celles que mon

ainsi

pris

cansama m’avait apportées, demandai

s’il

avant de la

et

lui

remettre je

lui

m’autorisait à la marquer. Sur sa réponse affir-

mative, j’entaillai légèrement

de

la pellicule

la

graine assez

semblable à un pépin de courge, moins la couleur qui était d’un brun très-foncé, et la lui donnai avec quelques mètres

de mousseline à moustiquaire. Je vais bientôt dormir du sommeil des

Covindasamy; jure-moi de ne toucher

ni à

esprits,

ma

me

dit

personne, ni

au vase. Je le lui promis. 11

l’état

planta alors

,

la

graine dans

de boue liquide, puis enfonçant son bâton à

signe d’initiation qui ne le quittait jamais

coins

du vase,

il

s’en servit

comme

— dans

ainsi

caché

s’accroupit, étendit les

un des

d’un support, sur lequel

étendit la pièce de mousseline que je venais de

Après avoir

amenée à sept nœuds

la terre, qu’il avait

l’objet sur lequel

il

lui

allait

il

donner.

opérer,

il

deux mains horizontalement au-dessus

de l’appareil, et tomba peu à peu dans un état complet de catalepsie. J’avais

d’abord

si

promis de ne point

le

toucher, et j’ignorais tout

cette situation était réelle

qu’au bout d’une demi heure je vis

mouvement,

je fus forcé

de

me

ou simulée, mais lors-

qu’il

n’avait pas

fait

un

rendre à l’évidence, aucun


312

SP IUT ISM E DANS LE MONDE.

Lie

homme tenir

1

éveillé, quelle

que

soit

sa

force,

pendant dix minutes seulement

horizontalement devant

Une heure

les

capable de

élaril

deux bras étendus

lui.

s’écoula ainsi sans que le plus petit jeu de

cles vint déceler la vie

luisant et bruni

par

la

Presque entièrement nu,

corps

le

chaleur, Toeil ouvert et fixe,

mus-

le

fakir

ressemblait à une statue de bronze dans une pose d’évocation

mystique. Je m’étais d’aborck placé en face de

de

la

lui

pour ne rien perdre

scène, mais bientôt je ne pus supporter ses rei^ards, qui,

me

quoique à demi éteints,

A un moment

magnétiques

commençait

paraissaient chargés d’effluves

à

donné,

tourner autour de moi,

paraissait entrer en danse

il

me sembla que

tout

lui-même

me

le fakir

Pour échapper à cette halluci-

nation des' sens, produite sans aucun doute, par trop grande de

mes regards

et sans perdre de

sur un

même

objet, je

tension

me

levai,

vue Covindasamy, toujours aussi immobile

qu’un cadavre, je fus m'asseoir à l’extrémité de portant alternativement et sur le fakir,

la

mon

la terrasse,

attention sur le cours du

pour échapper

ainsi à

Gange

une influence trop di-

recte et trop prolongée. Il

y avait

deux heures que

j’attendais, le soleil

commençait

à baisser rapidement à l’horizon, lorsqu’un léger soupir fit

tressaillir; le fakir était Il

me

fit

revenu à

signe d’approcher

voilait le vase,

me

et,

me

lui.

enlevant

la

mousseline qui

montra, fraîche et verte, une jeune tige

de papayer ayant à peu près vingt centimètres de hauteur Devinant ma pensée, Covindasamy enfonça ses doigts dans la terre, qui,

pendant l’opération, avait perdu presque toute

son humidité

et, retirant

montra sur une des deux

il

me

pellicules qui adhéraient encore

aux

délicatement

la

jeune plante,

racines, l’entaille que j’avais faite deux heures auparavant.

Était-ce la

même

graine et la

même entaille ?

Je n’ai qu’une


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. chose à répondre. Je ne

me

n’était point sorti

le fakir

perdu des yeux.

mander.

Il

suis

de

aperçu d’aucune substitution; Je ne l’avais pas

la terrasse.

que

ignorait en venant ce

Il

313

lui

j’allais

de-

ne pouvait cacher une plante sous ses vêtements,

puisqu’il était presque entièrement nu, et dans tous les cas,

comment

pu prévoir d'avance, que

aurait-il

je choisirais

une

graine de papayer, au milieu de trente espèces différentes que le

cansamâ m^avait apportées ne puis, on

Je

fait. Il

le

est des cas

?

conçoit, rien affirmer de plus sur

la raison

sence de phénomènes, que

les

ne se rend pas,

un pareil

même

en pré-

sens n'ont pu prendre en fla-

grant délit de tromperie.

mon étonnement,

Après avoir joui quelques instants de

me

fakir

peu

dit

avec un mouvement d’orgueil qu’il dissimulait

:

dans huit jours

Si je continuais les évocations,

payer aurait des fleurs et dans quinze des

Me souvenant phénomènes dont

mêmes

— Tu

j’avais

résultats en

te

trompes,

tu parles sont des les esprits.

moi-même

pa-

fruits.

été témoin dans le Car-

charmeurs qui obtenaient

deux heures,

fit

alors l’Indou. Les manifestations dont

phénomènes

Ce que je viens de

à! appürts d'arbres

te

montrer

tation spontanée, mais jamais le fluide tris n’a

le

des récits du missionnaire Hue et d’autres

natic, je lui répondis,- qu’il était des les

le

à

fruits

par

est bien de la végé-

pur dirigé par

pu produire en un seul jour les

trois

les

pi-

phases de

la

naissance, de la floraison et du fruit

L’heure des ablutions, c’est-à-dire prochait

;

le fakir se

la dernière fois

hâta de

Il

est

un

coucher du

quitter

en

soleil,

moment, devait

ap-

me donnant pour

rendez-vous pour dix heures du soir;

entière, à partir de ce

phénomènes

me

le

la

nuit

être consacrée à des

d’apparition.

fait

que je dois rapporter

et qui pourrait peut-être


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

3i4

mettre sur

la

voie des explications,

ceux qui ont habité

Une

foule

que connaissent tous

fait

l’Inde.

de graines potagères, j’en

ai fait

vingt fois

l’essai,

plantées à laurore dans un terrain humide et bien exposé,

sous l’influence de ce soleil qui terre entre midi et

une heure,

fait

des merveilles, sortent de

et à six heures,

quand

le

jour

va cesser, ont déjà près d’un centimètre de hauteur.

D’un autre côté,

il

faut dire aussi,

pour être juste, que

quinze jours au moins sont nécessaires pour faire germer une graine de papayer

Mais

c’est trop m’arrêter sur

ront dans

le

domaine du rêve,

un

et

fait

que

que beaucoup relégue-

le

raisonnement pur ne

saurait expliquer, si l’on rejette l’hypothèse de la supercherie.


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS EXTÉRIEURS DES

'

INITIES DES PAGODES DE L’INDE

II

*

LES APPARITIONS

CHAPITRE PREMIER.

LES MAINS MYSTÉRIEUSES.

NES, ETC.

LES LETTRES DE FEU.

BR ARME SACRIFICATEUR.

En revoyant

les

APPORTS DE FLEURS, DE COURON-

fragments de mes notes de voyage, écrites au

la veille

de ces souvenirs,

LE SPECTRE d’UN

LE MUSICIEN FANTOME.

lendemain de cette étrange séance, je émotions de

et

me

suis

que

je

ne pouvais

1.

mœurs

lecteur curieux de ces

pourra

les

donner en entier

les retrouver ailleurs

*

me suis

dans tous leurs

ici

imposé.

et pratiques singulières, détails. Je dois

Jndouttan. Voyage au pays des Fakirs charmeurs. Dentu, galerie d’Orléans. Palais-Royal.

presse.

les

avaient par trop influé sur la rédaction

sans sortir du rôle de simple narrateur que je

Le

aperçu que

1 vol.

sous


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

316

me

borner,

comme pour

les

phénomènes précédents,

un simple procès-verbal des complis dans cette étonnante soirée.

senter,

pour

ainsi dire,

l’heure convenue

A

cieuse dans

Govindasamy

pré-

à

ac-

faits

son entrée silen-

faisait

mes appartements.

Le charmeur

n’est-il point fatigué

jours de jeûne et de prières,

lui dis-je

par ses vingt

en

le

et

un

saluant amicale-

ment.

— Le corps du fakir qui ne doit qu’obéir,

n’est jamais fatigué

me

c’est

un esclave

répondit sentencieusement l’Indou.

Avant de pénétrer chez moi,

marches de

;

avait déposé sur

il

l’escalier la petite pièce

de

toile

une des

appelée Langouty

de dix centimètres carrés, qui composait d’or-

et large environ

dinaire son unique vêtement.

son bâton à sept

nœuds

11

entra complètement nu,

attaché à une des

mèches de

et

sa longue

chevelure.

— Rien

d’impur,

V évocateur,

s’il

me

état, je

fois qu’il

me

ne doit toucher

le

corps de

veut conserver dans toute sa puissance sa force

de communication avec

Chaque

dit-il,

les esprits.

m’est arrivé de voir un charmeur en cet

demandé

suis

si

ce n’était pas des initiés de cet

ordre que les Grecs avaient entrevus sur les bords de l’Indus et qu’ils avaient

Ma chambre

nommés

YUfivocjocptffTai

ou pénitents nus.

à coucher donnait de plain-pied sur la terrasse;

je consacrai ces

deux pièces à nos expériences

et fermai

avec

du dehors y donnaient accès. La terrasse,- hermétiquement enveloppée par son plafond mobile et ses rideaux en nattes de vétivert, n’avait aucune

soin toutes les portes qui

ouverture sur

chambre

Au

Je '

le

dehors, et on ne pouvait y arriver que par

ma

à coucher.

milieu de chacune des deux pièces, une lampe à huile

coco, bien installée dans des verrines de cristal, se balan-

çait

au bout d’une suspension de bronze, et répandait partout


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. une lumière douce, sufüsaute pour permeltre plus petits caractères,

même

la

317

lecture des

les endroits les plus éloi-

dans

gnés de son rayonnement. Dans toutes les maisons indoues se trouvent de chauds de cuivre, que

petits ré-

constamment allumés avec de

l’on lient

pour y brider de temps en temps quelques pincées d’une poussière parfumée, composée de sandal, de racine la braise,

d’encens et de myrrhe.

d’iris,

Le

un au milieu de

fakir en plaça

la

terrasse, et

déposa à

côté un plateau en cuivre plein de poussière odorante fait,

il

s’accroupit sur le sol, dans

lière et, les

bras croisés sur

posture qui

la

la poitrine,

lui était

;

ceci

fami-

commença une longue

incantation dans un langage inconnu.

Quand dans

la

il

eut

même

la droite

fini

position, la

allait,

comme

à sept

la veille,

n’en fut rien, car de temps à autre

et semblait faire des passes

Tout à coup

je

resta immobile

il

main gauche repliée sur

appuyée sur son bâton

Je crus qu’il il

de réciter ses mentrams^

il

le

cœur

et

nœuds.

tomber en catalepsie portait la

pour se dégager

ne pus m’empêcher de

le

;

main au front

cerveau

tressaillir

:

un nuage

légèr.ement phosphorescent venait de se former au milieu de

ma chambre

à coucher, et de tous côtés des apparences de

mains sortaient de ce nuage et y rentraient avec rapidité au bout de quelques minutes, plusieurs de ces mains pei'dirent ;

leurs apparences vaporeuses, et ressemblèrent à s’y

à des les

membres humains,*

et,

méprendre

chose singulière, pendant que

unes se matérialisaient en quelque sorte,

les autres

deve-

naient plus lumineuses. Les unes devenaient opaques et faisaient

ombre sous

la

lumière, les autres atteignaient une trans-

parence qui permettait de voir

les objets placés derrière elles.

J’en comptai jusqu’à seize.

Ayant demandé au cher,

ma

me

de

les tou-

pensée n’était pas formulée qu’une d’entre

elles, se

fakir

s’il

serait possible


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

318

détachant du groupe, venait en voltigeant presser

la

je lui tendais. Elle était petite, souple et moite

comme une

main que

main de jeune femme.

— L’esprit me

ble,

est là, bien

qu’une de ses mains

Covindasamy, vous pouvez

dit

soit seule visi-

parler

lui

si

vous

le

désirez.

Je demandai alors, en souriant,

main charmante ne consentirait pas

cette

venir. je

l’esprit

si

En réponse,

regardai

;

elle arrachait

elle

je sentis la

à

possesseur de

me donner un

main s’évanouir dans

voltigeait vers

un bouquet de

un bouton de rose qu’elle

jetait à ,

la

sou-

mienne,

fleurs auquel

mes pieds

et

disparut. J’eus pendant près de

Tantôt une main venait

vertige faire

deux heures une scène à donner

de

l’air

chambre une

me

avec un éventail, tantôt

frôler le visage

ou

répandait dans

elle

le

me la

pluie de fleurs ou traçait dans l’espace, en carac-

tères de feu, des mots qui s’évanouissaient dès que la dernière lettre était écrite.

Plusieurs de ces mots écrivis

me

frappèrent à un point que je les

rapidement au crayon

Divyavapour gatwd, en sanscrit

:

« J’ai pris

un corps

Et immédiatement après

la

fluidique.

main

écrivit

»

:

«

Atmânarn crêyasa yoxyatas Dehasya. 'sya vimôcanat. 4

«

Tu atteindras

le

bonheur en

te débarrassant

de ce corps

périssable. »

Et pendant tout cela, de véritables éclairs fulgurants sillonnaient les deux chambres.


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

319

Peu à peu, cependant, toutes les mains s’évanouirent; le nuage duquel elles paraissaient sortir avait graduellemeni disparu, au fur et à mesure que les mains semblaient se matérialiser.

A

la

place

même

la

dernière

main

évaporée, nous

s’était

trouvâmes une couronné de ces immortelles jaunes au parfum pénétrant que les Indous emploient dans toutes leurs cérémonies.

Je raconte et laisse le

Je n’explique pas

champ

libre à

toutes les suppositions.

Ce que

je puis affirmer, c’est

que

les portes

des deux pièces

où nous nous trouvions étaient fermées, que j’avais les clefs dans ma poche et que le fakir n’avait pas changé de position.

A

ces

phénomènes en succédèrent deux autres plus éton-

nants peut-être encore.

Un moment après

la disparition

des mains,

le fakir

conti-

nuant de plus belle ses évocations, un nuage semblable au premier, mais affectant une nuance plus colorée et une plus

grande opacité, vint planer près du

demande de

l’Indou, j’avais

ardente. Peu à peu,

il

réchaud que, à

la

constamment entretenu de braise

revêtit

et je distinguai le spectre,

petit

une forme entièrement humaine

car je ne puis l’appeler autrement,

d’un vieux brahme sacrificateur, agenouillé près du petit ré-

chaud. Il

portait au front les signes consacrés à Vischnou, et autour

du corps prêtres.

Il

le -triple

cordon, signe des

joignait les

initiés

mains au-dessus de sa

dant les sacrifices et ses lèvres s’agitaient eussent récité des prières.

même instant, et Quand

forte, car

des

la caste

comme comme si

tête

A un moment donné

pincée de poussière parfumée, et

dose devait être

de

il

penelles

prit'

sur le réchaud

la jeta

une ;

la

une fumée épaisse se dégagea au

remplit les deux chambres.

elle se fut dissipée, j’aperçus le

spectre qui, à deux


320

pas de

LE SPIRITISME DANS LE MONDE. moi, me tendait sa main décharnée je la pris

dans

;

mienne, en

lui faisant

le

salut, et je fus tout

étonné de trouver quoique osseuse et dure, chaude et vivante.

la la

Es-tu bien, dis-je en ce moment à haute voix, un ancien habitant de la terre? Je n’avais pas achevé

la

question que le

Am!

mot

(Oui).

Paraissait et disparaissait aussitôt en lettres de feu, sur

poitrine

du vieux brahme, par un

que produirait ce mot

écrit

effet assez

la

semblable à celui

dans l’obscurité à

d’un

l’aide

morceau de phosphore.

Ne me

laisseras-tu rien en signe de ton passage, con-

tinuai-je.

L’esprit brisa le triple

cordon composé de

qui lui ceignait les reins,

me

le

trois

de coton

fils

donna, et s’évanouit à mes

pieds. Je croyais la séance finie, et j’allais relever un des rideaux

mobiles de

la terrasse

pour donner un peu

j’étouffais littéralement, lorsque je

d’air

dans l’intérieur

m’aperçus que

le

fakir

ne songeait pas à quitter la place, et que j’entendis tout à coup

une modulation bizarre, accomplie sur un instrument qui me parut être l’harmoniflùte dont nous nous étions servi deux jours auparavant. Cependant cela ne

car depuis la veille trouvait plus dans

le

me

peishwa l’ayant

sembla pas possible,

fait

demander,

qu’ils paraissaient partir des pièces voisines. les

entendre dans

glissant le long

pagodes qui

monotones

de

tirait

ma chambre

tel

point

la muraille le

Bientôt

il

me

à coucher... et j’aperçus

fantôme d’un musicien des

d’un harmoniflûte, des sons plaintifs et

tout à fait dans le caractère de la

gieuse des indous.

ne se

mes appartements.

Les sons lointains d’abord, se rapprochèrent à

sembla

il

musique

reli-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. Quand terrasse,

eut accompli

il il

même

il

s'était

du

C’était bien rbarmoniflûte elles étaient aussi bien closes

toujours dans

ma

!

rajah. Je visitai les portes,

que possible,

alors,

malheureux

le

la

s’était

il

évanoui.

de

et les clefs étaient

poche.

Covindasamy se leva

membres,

et

trouvai l’instrument dont

disparut, et je

servi à l’endroit

ma chambre

tour de

le

321

était

sueur perlait sur tous ses

la

à bout de forces, et

allait

il

se

mettre en route dans quelques heures...

Merci, Malabare,

son cœur, car

faisait battre

qui possède

les

ta route vers les la joie et le

lui dis-je,

trois

il

lui

nom

en l’appelant du

Que

rappelait son pays.

pouvoirs mystérieux

doux pays du sud,

^

qui celui

protège dans

te

et puisses-tu constater

bonheur ont régné dans

que

pendant ton

ta paillote

absence. Cette

emphase

est la règle

du parler dans

qui vont se séparer, et j’aurais blessé

le

pauvre

ployant des termes plus simples, qui pour

mon

indifférence.

Il

me

répondit sur le

beaucoup plus d’exagération encore, sans le

le

regarder, sans s’abaisser

présent que je

offrais,

lui

il

l’Inde entre

lui

fakir

J’appelai

la

porte de sortie de

même

ton, et avec

et après avoir accepté,

même

jusqu’à

me

remercier,

m’adressa mélancoliquement

frais

pâlissait,

pour livrer passage à

les flots

l’air

du Gange roulaient argentés, au

une légère bande rouge indiquait que

soleil allaient bientôt

fleuve

1.

la terrasse,

et fis relever tous

du matin.

La nuit loin

de

la tènture

mes appartements.

immédiatement mon cansama,

les lattis et nattes

em-

eussent accusé

son dernier salam^ et disparut sans bruit derrière qui cachait

en

gens

La

un

les

rayons du

illuminer l’horizon... Apercevant sur le

point noir qui semblait se diriger vers la rive

Trinité brahmanique.

SI

op-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE,

321

posée à celle de Bénarès,^je]braquai nne lunette de c’était

le

fakir

qui,

fidèle

passeur, et traversait

le

nuit...

son serment, avait réveillé

à

‘Gange pour prendre

la

le

route de

Trivanderam. Il allait

revoir^cet océan aux flots^bleus, ses cocotiers, et sa

paillote dont

il

parlait toujours.

me jetai pour quelques heures dans un hamac, quand je m’éveillai, en me rappelant les] scènes qui s’étaient déroulées devant moi, il me sembla que j’avais été le jouet d’une hallucination... Cependant L’harmoniflûte était là, et me fut imposJe

il

sible

de savoir qui

le sol

de

l’avait apportée, les fleurs jonchaient

la terrasse.

divan... et les

La couronne d’immortelles

mots que

était

encore sur un

j’avais écrits en les voyant apparaître,

n’avaient pas disparu de

mon

portefeuille...


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

CHAPITRE

323

II.

LE FANTOME DE KARLI.

Environ quatre années après, je Bellary

dans

et Bedjapour,

visiter le

le

rendis par Madras,

province d’Arungabad,

la

pour

temple souterrain de Karli.

Ces cryptes célèbres,

dans

me

taillées

dans

le

roc

vif,

sont situées

périmètre de collines du pays maratte, où l’on ren-

contre tous les autres

monuments de ce genre que possède

ITnde, Ellora, Elephanta, Rosah, etc.

D’après E. Roberts, ces collines, qui se terminent toutes par

de larges plateaux, étaient autrefois garnies de forteresses qui faisaient de ce lieu

une redoutable ligne de défense, devant

quelle les Arabes et les

musulmans vinrent

se briser

la-

pendant

cinq siècles. Il

reste encore des ruines

qu’il faut

de

citadelles, sur la route

escarpée

parcourir pour parvenir à Karli.

L’entrée des caveaux de Karli* est située à une hauteur

d’environ trois cents pieds de

la

base de

la colline, et n’est

accessible que par

un sentier escarpé, raboteux, qui res-

semble plutôt au

d*un torrent qu’à un chemin praticable.

Ce

lit

sentier conduit à

artificielle, taillée

rocher

tirés

de

dans

une terrasse ou plateforme, en partie le roc, et construite

l’intérieur. Elle a

des fragments du

environ cent pieds de large»


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

324 et

forme un parvis digne de

la

magnificence de l’intérieur du

temple.

Sur

la

gauche du portique, se trouve une colonne massive

supportant sur son chapiteau,

trois lions

que

main du temps

la

a rendus presque méconnaissables. Cette colonne est couverte d’inscriptions indéchiffrables.

En

me trouvai

pénétrant dans l’intérieur, je

immense

sur le seuil d’un

vestibule couvert dans toute sa longueur, environ

cent soixante pas, d’arabesques et de sculptures d’hommes et

d’animaux. De chaque côté de l’entrée, se trouvent

trois élé-

phants de dimensions colossales, leurs conducteurs sur et sur le

dos dans

haoudahs,

les

le

cou

inconnu a sculpté

l’artiste

une foule de personnages, avec une véritable hardiesse. La voûte arquée est soutenue par deux rangs de

chacun

est

piliers,

dont

surmonté également d’un éléphant, qui porte sur

son dos un

homme

ployer sous

le

et

une femme en cariatide, qui semblent

poids énorme qu’ils supportent.

Cet intérieur est imposant, mais lugubre, car c’est à peine si

l’obscurité qui y règne peut permettre de s’y diriger.

Cette grande crypte souterraine est un lieu de pèlerinage célèbre, et

il

est rare qu’on n’y rencontre pas

venus de tous

fakirs,

vaines dans

le

les points

une

foule de

de l’Inde pour y faire des neu-

caveau des évocations.

en est d’autres qui s’établissent à demeure dans le voisi-

Il

nage du temple, macérant leur corps dans

contemplation

la

la

et

ne vivant plus que

plus absolue. Assis jour et nuit en

face de feux flamboyants qu'entretiennent les fidèles, un ban-

deau sur lure,

la

bouche pour

s’éviter

ne mangeant que quelques grains de

d’eau filtrée à travers un linge, état de

de

de respirer

maigreur qui ne leur

la vie, les forces

rapidité, et

quand

ils

ils

laisse

la

moindre

riz grillés,

souil-

humectés

arrivent peu à peu à un

même

plus les apparences

morales elles-mêmes

s’affaiblissent

avec

atteignent leur fin dernière, par ce long


.

PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS.

325

état de y a longtemps qu’ils se trouvent dans un décrépitude physique et intellectuelle qui n’est déjà plus

suicide,

il

la vie

Tous

aux transformations

fakirs qui désirent atteindre

les

les plus élevées,

dans

mondes supérieurs, doivent soumet-

les

tre leur corps à ces terribles macérations.

On m’en montra du cap Comorin,

un, arrivé depuis quelques mois seulement

qui, placé entre

deux brasiers, pour activer

plus vite sans doute la décomposition de ses organes, était

déjà parvenu à un état presque complet d’insensibilité. Quel

mon

ne fut pas lui rayait il

me

étonnement, lorsqu’à une large cicatrice qui

profondément toute

sembla reconnaître

Je m’approchai de qu’il

la partie

le fakir

lui, et

aimait tant à parler, je

lui

supérieure du crâne,

de Trivanderam.^

dans cette belle langue du sud

demandai

s’il

se souvenait

du

Franguys de Bénarès.

Un

un instant dans ses yeux presque l’entendis murmurer ces deux mots sanscrits,

éclair parut briller

éteints, et je

qui étaient apparus en lettres phosphorescentes,

notre dernière séance

le

soir

de

:

Divyavapour gatwâ, « J’ai pris

Ce

un corps

fut la seule

fluidiquel »

marque

d’attention

que

je

pus obtenir de

Les Indous des environs ne

le

de Karli Sava, le cadavre,

fantôme de Karli.

Ainsi finissent les l’imbécillité.

le

médiums

connaissaient que sous le

lui.

nom

indous, dans la décrépitude et


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

326

CONCLUSION. LES NOTES DE M. WILLIAMS CROOKES Membre de

la Société royale

de Londres.

Nous ne pouvons, en terminant, que répéter ce que nous disions dans notre préface a

:

— Nous n’avons pas à nous prononcer pour

croyance aux esprits médiateurs

ou contre

la

et inspirateurs! »

Notre but a été simplement de rendre compte des croyances philosophiques et spiritualistes des brahmes, ainsi que des

phénomènes

et

manifestations extérieures, qui, d’après eux,

sont les moyens dont usent les

pitris,

ou

esprits des ancêtres,

pour prouver leur existence et communiquer avec Toutes

les religions

les

hommes.

anciennes, et en dernier lieu le christia-

nisme, ont admis l’existence d’êtres extraordinaires jouant un

mouvement continu de la création. Toutes ont enseigné que Thomme, en se dégageant de son enveloppe terrestre, passait à l’état d’esprit dans les mondes surôle spécial dans le

périeurs,

La

perfectibilité constante

voilà l’idée philosophique

Quant aux phénomènes

de l’âme

et

de

la vie spirituelle,

commune et

aux manifestations prétendues

surnaturelles, nous les retrouvons également

comme

un corol-


PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS. îaire

de

de ces croyances, aussi bien dans

la

Ghaldée

et

les

de l’Égypte, que dans

327

temples de l’Inde,

catacombes où se

les

réfugiaient les premiers chrétiens.

Le spiritisme moderne tradition religieuse,

Pour mettre

une renaissance de

est

un retour à

le lecteur,

naissance de cause, sur

à

des premiers âges.

la foi

même

la vieille

de se prononcer avec con-

la possibilité

ou

des

la non-possibilité

étranges phénomènes accomplis par les fakirs,dont nous venons

de rendre compte, sans rien affirmer sur leur origine, que les

uns attribuent à d’habiles supercheries et d’autres à une intervention occulte, nous allons donner en entier un article le

savant William Crookes a publié dans

of Science glaise

— organe pour ainsi dire

— sur l’ensemble

livré à l’égard des

Nous devons à nous servir de cet

des

le

Quarterly^ journal

officiel

de

la

science an-

recherches auxquelles

phénomènes d’ordre spirite. l’obligeance de M. Leymarie dont

la

Nous prions nos lecteurs de

le

article,

que

il

s’est

le droit

de

traduction lui appartient

du

^

consentement de l’auteur. lire

avec soin, en présence,

de l’autorité scientifique de celui qui n’a pas craint de

le si-

gner, malgré de très-hautes sollicitations qui l’engageaient à taire le résultat

de ses expériences. Peut* être arriveront-ils à

comme

nous, qu’il y a encore dans la nature des forces à conquérir, et que rien ne s’oppose à ce que les êtres innomcroire

brables qui s’épanouissent à des degrés différents sur l’échelle de la vie puissent arriver à

1.

communiquer entre eux.

Paris, librairie spirite, 7, rue de Lille, 7.


CINQUIÈME PARTIE NOTES SUR DES RECHERCHES FAITES DANS LE DOMAINE: DES PHÉNOMÈNES APPELES SPIRITES,

PAR W. CROOKES, DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE LONDRES.

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NOTES SUR DES RECHERCHES FAITES DANS LE DOMAINE

DES PHENOMENES APPELES SPIRITES PAR W. GROOKES Membre de

a ...

Comme un

merveilleuse

,

la Société royale

de Londres.

voyageur- explorant une contrée lointaine,

connue seulement par des rapports

vagues ou

inexacts, depuis quatre ans, je poursuis des recherches dans

un domaine des sciences naturelles qui presque vierge à l’homme de science.

Comme

offre

encore un sol

un voyageur voit dans un phénomène naturel,

peut aussi pénétrer l’action des forces gouvernées par

de

la

il

les lois

nature où d’autres ne voient que l’intervention capri-

cieuse des dieux offensés

;

c’est ainsi

gation de tracer l'opération des

que

lois, et

je

me

suis fait l’obli-

des forces naturelles où

d’autres chercheurs n’ont vu que l’intervention d’êtres surnaturels, ne possédant

aucune

loi,

n’obéissant à aucune autre

force que celle de leur libre droit.

De même que

tous les intérêts d’un voyageur, pendant son

excursion chez les peuples parmi lesquels

il

se trouve, dépen-

dent entièrement du bon vouloir et de l’amitié des chefs et des


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

332

hommes de

science de ce pays, en m’adressant aux personnes

qui suivent attentivement les

pent, non-seulement

phénomènes

été aidé dans

j’ai

qui

me

préoccu-

mes recherches,

à

un

certain degré, par ceux qui possèdent le pouvoir que je cher-

chais"à examiner, mais encore

j’ai

pu, parmi les chefs d’opi-

nion, contracter de profondes et sérieuses amitiés et recevoir leur hospitalité.

En deux

occasions,

réuni et publié quelques

j’ai

faits

qui,

selon moi, sont frappants et définitifs; mais, ayant omis de décrire les préliminaires

indispensables, propres à diriger

du lecteur vers l’appréciation du phénomène, de lui montrer combien ils étaient en rapport avec d’autres faits déjà

l’esprit ‘

observés, ces

sement

ils

Comme

faits

rencontrèrent l’incrédulité, et malheureu-

occasionnèrent beaucoup d’abus. le

voyageur

cité plus haut,

quand mes recherches

furent terminées, je dus revenir auprès des miens, et alors j’ai

réuni toutes

elles

mes notes éparses; après

sont offertes aux chercheurs

d’une enquête rigoureuse

;

présentées au public sous

leur mise en ordre,

comme

étant

narration

la

mes observations peuvent la

ainsi être

forme d’une brochure.

Les phénomènes que je viens attester sont extraordinaires ils

sont

si

directement opposés aux articles de croyances scien-

tifiques les plus accrédités

variable action de la

loi

— (entre autres

de gravitation)

l’ubiquitaire et in-

— que,

rappelant les détails de ce que j’atteste, dans a une lutte entre

ma

quement impossible, sens,

avec

ma

;

vue

les sens

et

même

mon

en

esprit

me il

y

raison, qui prononce que c’est scientifiet

mon

ma

me dit que mes comme ils l’étaient

conscience qui

toucher (d’accord

:

des personnes présentes) ne sont point un té-

moignage mensonger,

même quand

ils

protestent contre

mes

préjugés.

Supposer qu’une espèce de

folie

soit

venue, tout à coup,

rapper une grande réunion de personnes intelligentes, qui


NOTES SUR DES RECHERCHES. ^

333

s’accordent jusque dans les plus petits détails du fait dentelles

sonfles témoins, semble encore beaucoup plus inadmissible

que

le fait qu’elles attestent; et puis, le sujet est

difficile et

beaucoup plus

plus vaste qu’il ne paraît au premier abord.

Il

y a

quatre ans, je résolus de consacrer un ou deux mois à l’étude

de certains phénomènes dont j’avais entendu beaucoup parler, qui pouvaient soutenir un

et

ne pouvais, en

a quelque chose. » Je

des

de

lois

la

si

mon

ma

«

:

Là,

il

qualité d’étudiant

ne pas continuer mes recherches,

nature,

quoique ne sachant point où

mois que

sérieux. J.’arrivai bien-

de tout examinateur impartial

tôt à celte conclusion

y

examen

elles

pouvaient

me

conduire; les

y consacrer devinrent quelques années, et temps m’appartenait complètement, il est probable que je devais

cela durerait encore. D’autres sujets d’intérêts scientifiques et

pratiques demandant

mon

attention, je

me

vois obligé de sus-

pendre mes investigations, car, outre l’impossibilité de donner à mes recherches

le

temps nécessaire,

j’ai

certitude

la

que, d’ici à peu de temps, ce sujet sera sérieusement étudié

par des

hommes de

science.

y a quelque temps ont n’est plus en bonne santé et miss

Les bonnes occasions que j’avais disparu

:

M. D. D.

Home

Kate Fox (maintenant

il

Jencken) est prise par

occupa-

les

tions domestiques et maternelles.

Pour obtenir accès auprès des personnes qui possèdent

mieux lait

le sujet qui est l’objectif

me

il

fal,

plus de crédit qu’un investigateur scientifique ne pouvait

en espérer; considéré

telle

difficile

le

spiritisme,

comme une

de cas, sont de

de mes recherches,

le

les

jeunes

parmi

religion,

les adeptes

les

membres

dévoués, étant

médiums, dans beaucoup

des familles

;

sont gardés

ils

façon que, pour une personne étrangère,

de

les voir

;

il

est très-

enfin, les adeptes étant convaincus

fond de certaines doctrines repose justement dans tations qui leur paraissent merveilleuses,

les

que

le

manifes-

considèrent

comme,


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

334

une profanation toute recherche

Aussi n’est-ce

de faveur toute personnelle que j’obtins plusieurs d’être admis à des réunions présentant plutôt l’aspect de

qu’à fois

scientifique.

titre

cérémonies religieuses que de séances de spiritisme, comme l’était autrefois un étranger à pénétrer les mystères d’Eleusis ou

comme un

païen qui vient considérer le Saint des saints

ce n’est pas là les

lois.

le

moyen de

;

s’assurer des faits et de découvrir

Une recherche systématique

est tout autre chose qu’une simple satisfaction de curiosité. Dans quelques occasions, il me fut permis d’appliquer des preuves et d’imposer

des conditions

de déplacer

la

;

une ou deux

seulement,

m’a

il

été

donné

prêtesse de son autel, de jouir au milieu de

phénomènes que

famille des

fois

j’avais observés autre part

ma

dans

des conditions bien moins concluantes; mes observations, à ce sujet,

trouveront leur place dans l’ouvrage que je publie.

D’après un plan que j’avais adopté d’abord

en donnant matière à bien des critiques, très-acceptable par les

Science, travail

» j’avais l’intention

sous

la

d’une

telle richesse

d’une

telle

mes

de

notes, je faits

était,

mon

avis,

Quarterly, journal of les résultats

articles

me

à

de

mon

pour ce journal.

suis trouvé possesseur

dont on ne peut nier l’évidence,

masse accablante de témoignages que, pour classer

trésor,

Quarterly.

mes

«

de résumer

forme d’un ou deux

Mais, en repassant

mon

du

lecteurs

— plan qui, tout

me faudrait des numéros entiers et nombreux du Aussi, me contenterai-je d’une simple esquisse de il

labeurs, laissant les preuves et les détails circonstanciés

pour une autre occasion.

Mon

but principal sera d’enregistrer une série de manifes-

tations qui ont eu lieu dans

moins sincères plus,

chaque

ma

maison, en présence de té-

et sous le contrôle le plus

fait

que

rents observateurs,

j’ai

sévère possible

;

de

observé a été enregistré, par diffé-

comme

ayant eu

lieu à

des époques et en

des endroits différents; on remarquera que ces

faits

ont leca-


NOTES SUR DES RECHERCHES.

335

*

ractère le plus étonnant et semblent complètement inconcilia-

bles avec toutes les théories connues de la science moderne.

Étant convaincu de leur vérité, ce serait une lâcheté morale-

de leur refuser

mon

témoignage,

et,

parce que mes publica-

tions précédentes ont été ridiculisées par dès critiques qui

ne

savaient rien du sujet, qui étaient trop esclaves des préjugés

pour voir nes,

que

il

avait oui ou

y

j’ai

et s’assurer

vu

par eux-mêmes

non de

si,

dans ces, phénomè-

la vérité, je dirai

simplement ce

à l’aide d’expériences et d’épreuves réitérées

plus, j’avouerai

:

«

Que j’ai encore à éprouver

;

de

qu’il est insensé

les

causes d’un phénomène qui n’est

Je dois d’abord signaler

une ou deux erreurs qui se sont

d’essayer de découvrir

pas expliqué.

•»

emparées de l’esprit public. L’une

d’elles est

que Vobscurité

est

indispensable au phénomène. Ce qu’il y a de certain, c’est

que, excepté plusieurs cas où l’obscurité fut nécessaire, par

exemple pour des phénomènes d’apparences lumineuses quelques autres, chaque manifestation dont a eu lieu avec

la

lumière; dans

les

j’ai

été le

quelques cas où

le

et

témoin

phéno-

mène

relaté s’est passé

de

mentionner. De plus, quand des raisons spéciales ont

le

demandé

l’exclusion

d’une façon n’a

si

dans l’obscurité,

de

parfaite,

la lumière,

que

la

le

j’ai

toujours eu soin

contrôle s’est opéré-

suppression d’un dè nos sens

pu réellement nuire à l’évidence. Une autre erreur, très-

commune,

consiste à dire

lieu qu’à certaines

époques

les appartements des

:

que et

la

manifestation ne peut avoir

dans certains endroits

médiums ou

— dan&

à des heures convenues à

d’après cette erreur, on conclut qu’il y a analogie entre ces phénomènes, appelés spirituels, et ces tours de l’avance

et,

passe-passe accomplis par des sorciers et des escamoteurs,

opérant chez eux, entourés de tous les moyens propres à leur art.

Pour montrer combien ces objections sont

loin

de

la vérité,.


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

^36

que de dire que, à de rares exceptions près, plusieurs centaines de faits, que je suis disposé à attester (faits

je n’ai besoin

pour être imités par des moyens mécaniques ou physiques connus, confondraient l’habileté d’un Houdin, d’un qui,

Bosco, d’un Anderson, appuyés sur toutes

les

machines imaginables

de tant d’années),

et sur leur pratique

ressources des

ont eu lieu chez moi, à des époques fixées par moi, et dans

des circonstances et conditions qui excluaient l’aide du plus

simple instrument. Il

est

une troisième erreur

c’est

:

propre cercle d’amis pour donner doivent croire, quoi

en

qu’il

que

médium

séance

sa

soit, la

le

;

choisit son

que ces amis

doctrine que

le

médium

professe, et que la condition de se dispenser de toute investi-

chaque personne,

gation ou recherche est imposée à

afin

d’éviter toute observation et faciliter la supercherie.

En réponse

à tout cela, je puis attester que, à l’exception

de très-peu de cas dont

j’ai

parlé dans

un paragraphe précé-

dent, où le motif de l’exclusion ne servait certainement pas de voile à la supercherie, j’ai choisi

duit tous les incrédules

qu’il

généralement pris toutes

cercle d’amis,

m’a plu

d’introduire,

me

suis servi

introet j’ai

Ayant graduellement remarqué

les conditions indispensables qui facilitaient le

je

j’ai

précautions nécessaires pour

les

éviter toute espèce de fraude.

mon

de mes remarques

et,

phénomène,

grâce à elles,

j’ai

obtenu souvent plus de succès en certaines circonstances qu’on n’en avait obtenu précédemment dans les

mêmes

cas

où, par des idées fausses sur l’importance de quelques obser-

vations insignifiantes, les conditions imposées pouvaient rendre

moins

aisée la découverte

J’ai dit

de

la

fraude.

que l’obscurité n’est pas

essentielle.

Il

est

cependant

une brillante lumière peut nuire à l’apparition de quelques phénomènes. La bien reconnu que, quand

puissance de M.

Home

la force est faible,

est suffisamment forte

pour n’avoir


NOTES SUR DES RECHERCHES.

337

point à redouter cette influence; aussi, refuse-t-il toujours

pour ses séances. Tous

l’obscurilé

les faits

que

j’ai

vus s’aclumière,

complir avec son aide ont toujours eu lieu avec

la

et nous avons essayé toute espèce de lumière

lumière du

soleil,

:

crépuscule, clair de lune, gaz, bougie, lumière élec-

trique, etc., etc., etc. Je vais

dont

maintenant été

j’ai

des phénomènes

faire la classification

en procédant des plus simples aux

témoin,

plus compliqués, et en donnant, dans chaque chapitre, une esquiSvSe des faits

volume où j’ai

je

que

je

me

prépare à développer dans un

donnerai tous les détails, tous

adoptés, toutes les précautions que

des témoins,

etc.,

etc.

j’ai

les contrôles

prises, les

que

noms

lecteurs ne doivent pas oublier

Mes

que, à l’exception de quelques les manifestations ont eu lieu

faits

dans

déjà mentionnés, toutes

ma

propre maisoUy à la

lumière et en présence de quelques-uns de mes amis et du

médium.

I*-®

CLASSE

MOUVEMENTS DE CORPS PESANTS AVEC CONTACT

,

MAIS

SANS INTERRUPTION MÉCANIQUE.

C’est

une des plus simples formes observées dans ces phé-

nomènes. Elle varie en degrés depuis

le

chambre jusqu’à un simple mouvement principalement à élever dans

main

est placée dessus.

l’air

;

tremblement de mais

la

elle consiste

des corps lourds quand la

L’objection très-vraisemblable qu’on

peut faire à cela est que, quand des personnes touchent une

chose en mouvement, l’élever.

J’ai

elles

peuvent

la

pousser, la tirer, ou

prouvé par expérience que cela n’est pas pos-


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

338 sible

dans beaucoup de cas

mais, pour’

;

moi-même,

je n’at-

tache qu’une très-petite importance à celte classe de phénomènes, et je ne la mentionne que pour servir de préli-

minaires à d’autres mouvements de

la

même

espèce, mais

sans contact.

Ces mouvements

mènes de

la

même

(et

même nature)

rafraîchissement de duire du vent.

J’ai

on peut dire tous

sont généralement précédés par un s’élevant quelquefois jusqu’à

l’air,

vu des

sieurs

de papier dispersées par ce

feuilles

j’ai

observé aucun mouvement de

que

intense,

sité

pro-

remarqué qu’un thermomètre avait baissé de pludegrés. Dans quelques autres circonstances, je n’ai

vent, et

si

phéno-

les

nous

je

la

mais

le froid est

devenu

ne puis mieux comparer ce que son inten qu’à la sensation qu’on éprouve en

faisait ressentir

plongeant

l’air,

main dans quelques pouces de mercure

gelé.

CLASSE

PHÉNOMÈNES DE PERCUSSION ET ASSEMBLAGE DE SONS

Coups frappés

donne une fausse

impression de cette classe de phénomènes.

Différentes fois,

Le

nom

populaire de

;

pendant mes expériences,

j’ai

entendu des coups avec

qu’ils paraissaient être frappés

une cascade de sons aigus, comme à coup, des détonations dans aigus, des

craquements

comme

chine à frottement quand

comme

l’air,

elle

si

la

si

délicats,

pointe d’une épingle,

une cohue

s’élevait tout

des bruits métalliques très-

ceux que produit une

est en

ma-

mouvement, des sons

des grattements, des espèces de ricanements d’oiseaux

moqueurs,

etc., etc., etc,.


NOTES SUR DES RECHERCHES. Ces sons, produits à

de presque tous

l’aide

les

33 »

médiums, et

chacun possédant une particularité spéciale, sont plus variés chez M.

Home;

mais, pour

la

.

force et la précision, je n’ai

jamais rencontré personne qui puisse 'être comparé à miss Kate Fox.

Pendant plusieurs mois, constater les

dame,

et j’ai

pu, en des occasions réitérées,

j’ai

phénomènes obtenus par la médiumnité de cette toujours remarqué ces sons particuliers. Géné-

ralement, avec tous les médiums, séance régulière, de se

produise

;

mais,

s’asseoir avant

pour

miss

pour une

est nécessaire,

il

^

qu’aucune manifestation

Fox,

semble seulement

il

nécessaire de placer la main sur n’importe quel objet pour

que des sons éclatants soient entendus nation

;

ils

comme une

sont assez forts, quelquefois,

ont lieu.

ils

entendu des sons .produits de cette manière

arbre vivant, dans

un morceau de

déto-

pour être entendus

de plusieurs points éloignés de l’endroit où J’ai

triple

verre, dans

dans un

:

un

fil

de fer

tendu, dans un tambourin, dans l’intérieur d’une voiture, dans le

parquet d’un théâtre. Le contact

nécessaire pour

la

et les pieds

assis sur était

n’est pas toujours

production de ces bruits, je les

sortant des parquets, des murs,

mains

même

etc.,

ai

Quand

etc.

etc.,

entendus

du médium étaient attachés; quand

une chaise sans

faire

;

quand

était

aucun mouvement; quand

dans une balançoire suspendue au plafond

enfermé dans une cage

il

les

il

était

étendu

;

et

quand

il

il

était

en catalepsie

sur un canapé; enfin, je les ai entendus dans un harmonium, je les ai sentis sortant ai

de

mon

épaule, de

ma

main,

etc. Je les

perçus dans une feuille de papier tenue entre les doigts

par un bout de

fil

passé dans un coin de

parfaite connaissance des faites,

la feuille.

Avec

la

nombreuses théories qui ont été

particulièrement en Amérique, pour expliquer ces sons,

je les ai éprouvés, contrôlés,

examinés jusqu’à ce

qu’il n’y ait

plus un doute possible sur leur identité et jusqu’à ce qu’il soit

)


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

3i0

d’admettre

impossible

d’aucun

l’intervention

ou

artifice

moyens mécaniques. Une question importante se présente ici, d’elle-même Ces sons et ces mouvements sont-ils gouvernés 'par une certaine :

intelligence?

J’ai

remarqué, depuis

mes recherches, que

le

commencement de

puissance qui produit ces sons n’est

la

point sûrement une force aveugle, mais qu’elle est associé, ou plutôt gouvernée par l’intelligence; ainsi, les

sons dont je

viens de parler ont été répétés un certain nombre de

terminé,

ils

fois

dé-

sont devenus forts ou faibles, se sont produits

dans différents endroits, suivant été faites. Et, au

moyen de

les

demandes qui

leur en ont

certains signes définis à l’avance,

des questions, des réponses et des messages ont été donnés

avec plus ou moins d’exactitude. L’intelligence gouvernant ces

en opposition avec

les désirs

phénomènes

est

fréquemment

du médium, quand une détermi-

nation a été exprimée de faire quelque chose qui ne peut être

considérée

comme

raisonnable;

donnés pour engager

à

ne point

j’ai

vu plusieurs messages

faire ces choses. Cette intelli-

gence prend quelquefois un caractère

tel, qu’il est

impossible

de ne pas voir qu’elle ne pourrait émaner d’aücune des personnes présentes,

t

CLASSE ALTÉRATION DU POIDS DES CORPS.

J’ai

déjà décrit dans ce journal les expériences que

j’ai faites

à ce sujet sous des formes différentes et avec différents

diums. Je n’insisterai donc point davantage sur ce point. (Voir

la

Revue

spirite

de 1872, page 215.)

mé-


NOTES SUR DES R EGfl E RCII E S.

¥

341

CLASSE

MOUVEMENTS DE SUBSTANCES LOURDES, A UNE CERTAINE DISTANCE DU MÉDIUM. Les phénomènes où des corps lourds, tels que des tables, des chaises, des canapés, ont été touchait pas, sont très-nombreux

mus quand ;

le

médium n’y

mentionnerai briève-

je

ment quelques-uns des plus frappants. Ma propre chaise a été entraînée à faire une espèce de cercle, mes pieds ne posaient point sur le plancher

;

— toutes

les

personnes présentes à une

séance ont vu avec moi une chaise venir depuis un coin assez éloigné de l’appartement où nous étions jusqu’à la table; dans

une autre circonstance, nous étions Pendant

et, à

elle

ma demande,

s’approcha jusqu’à l’endroit où retourna lentement à sa place.

trois soirées successives,

lentement à travers

la

une

remua

petite table se

chambre, dans des conditions que j’a-

vais arrangées à l’avance, afin de pouvoir répondre à objection.

J’ai

eu plusieurs répétitions du

concluant par

ment d’une tournées

le

Comité de

le

considéré

la Société Dialectique, le

table très-lourde

dos à

fait

toute

comme mouve-

en pleine lumière, Jes chaises

environ à un pied de distance, et

la table,

chaque personne agenouillée sur sa chaise,

les

mains repo-

sant sur le dos de la chaise, mais ne touchant point à la table^

CLASSE

LES TABLES ET LES CHAISES ENLEVÉES

DE TERRE SANS

LE CONTACT d’AUCUNE PERSONNE.

Une remarque nature ont

lieu

:

est

généralement

pourquoi

faite

quand

les cas

de cette

les tables et les chaises seules

pro-


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

34“i

duisent-elles ces effets? Pourquoi esi-ce la propriété particulière des

meubles

observé des

?

Je ne puis que répondre ce qui suit

faits, je les

:

J’ai

rapporte et n’ai nullement l’intention

d’entrer dans les pourquoi et dans les parce que; cependant, est bien facile de

comprendre que

si,

dans une

salle à

man-

ger, un corps inanimé, d’un certain poids, doit s’élever, ce ne

peut être autre chose qu’une table ou une chaise; cette propriété n’est pas seulement attachée aux meubles, mais

bien,

comme

pour toute

e.<^pèce

de démonstration, que

il

faut

l’intel-

ligence ou la force, quelle qu’elle soit, qui produit ces phéno-

mènes, accomplisse

la

manifestation dans un corps propre à

la recevoir.

Dans cinq occasions séparées, une

table de salle à

manger

très-lourde s’éleva à un pied et demi du sol, dans des condi-

une autre

tions qui rendaient toute supercherie impossible;

une table très-lourde s’éleva du

fois,

pendant que

Une autre

je tenais les

fois,

encore,

mains

sol,

en pleine lumière,

et les pieds

la table s’éleva

du

du médium,

sol,

etc.

non-seulement

sans que personne y ait touché, mais dans des conditions qui rendaient toute espèce de doute impossible.

6« «

CLASSE

I

ENLÈVEMENTS DE CORPS HUMAINS. Ces phénomènes ont eu

lieu quatre fois,

dans ^obscurité. Le contrôle sous lequel fut

complètement

satisfaisant

;

mais,

en

ma

les faits

comme une

présence,

eurent lieu

démonstra-

tion oculaire est très -nécessaire pour dissiper les doutes qui

s’élèvent contre ces manifestations, je ne mentionnerai

I

ici

que


NOTES SUR DES RECHERCHES. les cas

sens de

la

déductions de

les

raison furent confirmées par le

la

vue.

Je vis une fois une chaise, sur laquelle une sise, s’élever à plusieurs

sion,

343

pouces du

sol

dame

était

as-

dans une autre occa-

;

pour éviter tout soupçon, cette dame s’agenouilla sur

que ses quatre pieds soient complètement

chaise, de façon visibles

la

alors cette chaise s’éleva à environ trois pouces,

;

demeura suspendue

à

peu près pendant dix secondes et redes-

Une

cendit lentement.

autre fois, en plein jour, deux enfants

s’élevèrent du sol avec leurs chaises sous les conditions, pour

moi, les plus satisfaisantes, car

avec

la

j’étais agenouillé,

plus grande attention les pieds de

la chaise,

regardant observant

que personne n’y puisse toucher. Les cas d’enlèvement

donné de voir ont tances, je

plus frappants

qu’il m’ait été

ceux de M. Home. Dans

trois circons-

vu complètement s’élever du plancher de l’ap-

l’ai

partement

été

les

:

1° Assis

dans un fauteuil

;

2° Agenouillé sur sa chaise

;

3° Debout.

y a au moins cent cas d’enlèvement de M. Home en présence d’une grande quantité de personnes, et je l’ai entendu Il

attester par des témoins irrécusables

lord Lindsay et le capitaine G.

moindres Rejeter

comte de Dunraven,

qui m’ont raconté les

dont

ils

ont été témoins.)

de ces phénomènes serait rejeter tout

témoignage humain, quel l’histoire sacrée, soit

et attesté par

(le

Wynne,

détails des manifestations

l’évidence

:

qu’il

dans

car aucun

fût,

l’histoire

fait, soit

dans

profane, n’a été confirmé

une plus grande quantité de preuves.

Les témoignages accumulés établissant les enlèvements de

M. Home sont innombrables, mais quelques personnes dont concluant par

le

monde

le

il

serait bien à désirer

témoignage

scientifique

soit

(s’il

considéré

existe

que

comme

une personne


,

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

344

témoignage en faveur de

ces

phénomènes

dont

le

être

écouté) voulût sérieusement et patiemment examiner

ces

puisse

faits.

CLASSE MOUVEMENT DE DIVERS CORPS DE PETIT VOLUME SANS LE CONTACT d’AUCUNE PERSONNE.

Sous ce

me

titre, je

propose de décrire quelques phéno-

mènes spéciaux dont j’ai à quelques-uns des

été témoin. Je ferai allusion seulement

faits,

me

qui, je

rappelle parfaitement,

le

ont tous eu lieu dans des conditions qui rendent toute supercherie impossible.

serait

Il

vraiment insensé d’attribuer ces

résultats à la ruse, car je rappellerai encore à

que ce que

je rapporte

ne

d’un médium, mais dans

de préparation

était

marchant dans

ma

que moi chambre

et ,

les

le

que

je

flotter

pour

assistants,

surveillions

ainsi dire ce

chambre en jouant

maison

propre maison, ou toute espèce

à manger, ne peut pas,

salle

moi-même,

tiens

la

lecteurs

complétemeht impossible. Un médium

à l’aide d’un

faire jouer,

pas accompli dans

s’est

ma

mes

assis à l’autre

avec

la

plus

pendant

extrémité de

la

grande attention

moyen quelconque, un accordéon, les

même

tout le

renversées, ou faire

touches

accordéon tout autour de

temps

;

la

ne peut pas non plus

il

lever les rideaux des fenêtres, élever les jalousies jusqu’à huit pieds de haut; faire un nœud à un mouchoir et le placer

dans un coin éloigné de l’appartement

un piano éloigné; porte-cartes table

;

faire

;

;

faire flotter autour

frapper des notes sur

de l’appartement un

enlever une carafe et un verre de dessus

mouvoir un éventail

la

et éventer toute la société

;


NOTES SUR DES RECHERCHES.

345

mouvement d’une pendule enfermée soigneusement

arrêter le

dans une vitrine attachée à

la

muraille; etc...

CLASSE

APPARITIONS LUMINEUSES. «

Ces phénomènes, étant assez

lement que certifier à

chambre

la

mes

soit

faibles,

demandent généra-

dans l’obscurité

ai-je besoin

;

de

lecteurs que toutes les plus strictes précautions

empêcher qu’on ne pût attriphosphoréeou à d’autres moyens?

avaient été prises, par moi, pour

buer ces lueurs à de

De

l’huile

plus, je dois ajouter

ces lumières et

que

que

essayé bien des

j’ai

fois à imiter

je n’ai rien obtenu.

vu, sous les conditions du plus scrupuleux contrôle,

J’ai

corps lumineux solide, à peu près de seur d’un

œuf de dinde,

tement, une

fois plus

forme

et

de

la

gros-

sans bruit autour de l’appar-

llotter

haut que

redescendre doucement à terre

la

un

le ;

le

plus haut des assistants, et

corps a été visible plus de

dix minutes, et avant de s’évanouir

il

a frappé trois fois la

rendant un son semblable à celui que produit un corps

table,

solide très-dur.

Pendant ce temps, longue. J’ai

Il

était

mes

couché sur une chaise

vu des points lumineux apparaître de place en place, questions par

j’avais limité)

moi.

était

réellement insensible.

et s’arrêter sur la tête

à

médium

le

J’ai

de différentes personnes

la

;

on a répondu

production (d’un certain nombre que

de flammes d’une vive lumière juste en face de

vu des étincelles de lumière s’élever de

plafond et retomber sur très-distinct.

la table

la table

au

en rendant un son métallique


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

346

obtenu une communication alphabétique qui m’a été donnée au moyen de flammes se produisant dans l’air, en lace J’ai

de moi, flammes parmi lesquelles vu un nuage lumineux sieurs

vait

flottant au-dessus

ma

main.

J’ai

d’une pendule. Plu-

un corps solide lumineux, paraissant être en

fois,

apporté dans

cristal, fut

promenais

je

ma main

par une main qui ne pou-

assurément appartenir à une personne présente. Avec

lumière,

j’ai

1a

vu un nuage lumineux voltiger au-dessus d’un

héliotrope placé au bout de

la table,

casser une branche de cet

héliotrope et la porter à une dame. J’ai vu plusieurs fois des

nuages semblables se condenser, prendre de

et porter

phénomènes

petits objets

;

la

forme d’une main

mais ceci appartient à

la classe

des

suivants.

CLASSE

APPARITIONS DE MAINS LUMINEUSES PAR ELLES-MÊMES

OU VISIBLES A l’aide DE LA LUMIÈRE. Des attouchements donnés par des mains invisibles sont fréquemment ressentis dans des séances données dans l’obscurité lerai

;

mais bien plus rarement

cependant,

j’ai

vu

que des cas où

ici,

les

mains

je les ai

;

je

ne par-

vues avec la

lumière.

Une charmante petite main manger et me donna une fleur

;

trois fois,

me

donnant

était aussi réelle

dans les

ma

que

la

la

s’éleva d’une table de salle à cette

main apparut

de

facilité

me

mienne. Cela eut

convaincre qu’elle

lieu

avec

propre chambre, pendant que je tenais

mains du médium.

1

et disparut

la

lumière,

les pieds et


NOTES SUR DES RECHERCHES. une

L'ue autre fois,

petite

main

et

un

347

petit bras, qui parais-

saient appartenir à un enfant, apparurent jouant sur une daine

qui était assise près de moi

mon

bras et

Une autre

tirer

mon

fois,

un doigt

lant une fleur

;

puis, ensuite,

ils

vinrent frapper

habit à plusieurs reprises. et

que M. Home

un pouce furent aperçus

effeuil-

portait à sa boutonnière et posant

chaque pétale en face de plusieurs personnes qui étaient assises près

de

Une main

lui.

fut plusieurs fois vue,

par moi et d’autres per-

sonnes, jouant de Taccordéon. Pendant ce temps^ les mains

du médium de

personnes

étaient tenues par les

assises près

*

lui.

Les mains et

doigts ne m’ont pas toujours semblé être

les

Quelquefois, vraiment,

solides et animés.

ils

ressemblaient

plutôt à une apparence nébuleuse, condensée en partie, de

façon à prendre

forme d’une main. Ces phénomènes ne sont

la

pas toujours également visibles pour toutes sentes. Par

mouvoir

se

exemple ;

on voit une

fleur

personnes pré-

ou un autre

petit objet

une personne présente verra un nuage lumineux

voltiger au-dessus

pendant que

:

les

les

;

une autre apercevra une main fluidique,

autres ne verront que le

mouvement de

la

fleur. J'ai

vu plus d’une

fois,

d’abord remuer un

forme nuageuse apparaître,

et enfin le

objet, puis

une

nuage se condenser

de façon à représenter une main parfaitement formée. Dans ce cas,

Ce

main

la

n’est

est visible

les

personnes présentes.

pas toujours une simple forme, mais quelquefois

l’apparition d’une

doigts se

pour toutes

meuvent

de toutes

les

main parfaitement animée et la-chair paraît être aussi

et gracieuse; les

humaine que celle

personnes présentes. Au poignet ou bras, cela

devient nébuleux et se confond dans une espèce de nuage

lumineux. Parfois ces mains m’ont paru froides

comme de

la

glace et


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

348

mortes; d’autres

avec

la

Une

fois,

chaudes

et vivantes,

pression chaleureuse d’un fois, j’ai

vieil

serrant

ma main

ami.

retenu une de ces mains, résolu à ne point

la

échapper. Cette main ne fit aucun effort pour se dégager, mais je sentis qu’elle se réduisait en vapeur et se déga-

laisser

geait de

mon

étreinte.

10°

\

CLASSE

ÉCRIT ÜRE DIRECTE.

Cette dénomination est employée pour désigner une écri-

ture qui n’est produite par aucune des personnes présentes. J’ai

mon

eu souvent des mots écrits sur du papier timbré à

chiffre, sous le plus strict contrôle possible, et j’ai

entendu

le

crayon remuer dans l’obscurité.

Ces cas, grâce aux

précautions que j’avais prises pour

m’assurer de leur identité, m’ont convaincu tout aussi bien

que

si

j’avais

vu

l’écriture se

former

;

mais l’espace ne

me

permet pas d’entrer dans tous les détails, je me bornerai donc à mentionner deux circonstances dans lesquelles mes

yeux aussi bien que mes

oreilles ont été les

témoins de l’opé-

ration.

La première de ces opérations eut lieu, à la vérité, dans une séance obscure, mais le résultat n’en fut pas moins satisdu médium miss Fox; les seules personnes présentes étaient ma femme et une dame de nos connaissances. Je tenais les deux mains du médium dans une faisant; j’étais assis auprès

des miennes, pendant que ses pieds étaient posés sur miens. Le papier

était sur la table,

inoccupée tenait un crayon

devant nous, et

ma

les

main


NOTES SUR DES REGHERGHES. Une main lumineuse descendit de la

chambre,

de moi, feuille

et après avoir plané

prit le

crayon de

de papier, rejeta

l’endroit le plus élevé de

quelques secondes au-dessus

ma main,

le

349

crayon

écrivit

rapidement sur une

et s’éleva au-dessus

de nos

têtes en s’évanouissant graduellement.

Ma seconde

Un bon échec

échec.

comme un

expérience peut être considérée

quelquefois enseigne d’avantage que

l’expérience la plus satisfaisante. Gela eut lieu avec

ma

dans

propre chambre, avec M.

Home

lumière,

la

quelques amis

et

seulement. Plusieurs circonstances qu’il n’est pas nécessaire

de rapporter, nous avaient montré que ce

soir-là le fluide

était très-fort; j’exprimai alors le désir d’obtenir écrit,

un message

semblable à celui dont j’avais entendu parler quelques

temps avant par Tun de mes amis. Immédiatement après, j’obtins

communication alphabétique suivante

la

essayerons.

»

Quelques

feuilles

alors posés sur la table

;

de papier

«

:

Nous

un crayon furent

et

quelques instants après,

le

crayon

s’éleva sur sa pointe et après- s’être avancé sur le papier par

des secousses hésitantes, encore.

Un

Après ces

il

tomba,

il

se releVa et

retomba

troisième essai n’obtint pas de meilleurs résultats.

trois tentatives infructueuses,

une

petite latte qui se

trouvait sur la table glissa vers le crayon, et s’éleva à quel-

ques pouces de

ensemble,

la table, le

ils firent

un

crayon

effort

;

le

de même, et s’accrochant

pour écrire sur

trois essais sans résultat, la latte

tourna à sa place

fit

abandonna

crayon retomba sur

reçûmes celte communication

le papier. le le

Après

crayon et re-

papier et nous

Nous avons essayé de faire ce que vous nous avez demandé, mais nous ne le pouvons pas

:

c’était

:

«

au-dessus de nos forces.

»


.

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

330

CLASSE

11«

"FANTOMES, FORMES, FIGURES. Ce sont

les cas les plus rares.

apparitions sont

ces

empêche

cet ordre

Les conditions requises pour

délicates,

si

que

la

moindre des choses

de manifestations. Je mentionnerai sim-

plement deux cas

Au

du jour, pendant une séance de M. Home, chez rideaux d’une fenêtre située à peu près à 8 pieds loin

déclin

moi, les

de M. Home, s’agitèrent; puis une forme d’homme, d’abord obscure, ensuite un peu éclairée, puis enfin demi-transparente, fut vue par tous les assistants, agitant les rideaux avec

sa main. Pendant que nous la regardions, cette forme s’évanouit, et les rideaux cessèrent de se mouvoir.

Le

fait

suivant est encore plus frappant

premier cas, M.

Home

était le

médium;

chambre,

:

la

comme

dans

le

forme d’un fan-

tôme

vint d’un coin de la

glissa

dans l’appartement en jouant de cet instrument; toutes

les

prit

un accordéon

et

personnes présentes virent cette forme pendant plusieurs

minutes.

— Venant

était assise

à s’approcher très-près d’une

un peu plus

loin

que

les autres assistants, le

«

tome s’évanouit après un ce temps M.

Home

petit cri

était aussi

dame

de cette dame.

qui

fan-

— Pendant

parfaitement visible.

CLASSE DIFFÉRENTS CAS PROUVANT l’iNTERVENTION d’uNE INTELLIGENCE EXTÉRIEURE. Il

a été déjà démontré que ces phénomènes sont gouvernés-


NOTES SUR DES RECHERCHES.

33t

par une intelligence. La question, maintenant, est de savoir quelle est la source de cette intelligence Est-ce l’intelligence :

personne présente? ou bien,

celle d’une autre

du médium ou

une intelligence extérieure? Sans parler positivement sur ce point, je puis dire que pendant mes observations, plusieurs circonstances paraissaient montrer que la volonté et est- ce

l’intelligence

mène

j’ai

;

du médium contribuaient beaucoup au phéno-

observé que certains cas prouvent, d’une façon l’intervention

concluante,

d’une intelligence

pouvant appartenir à aucune des personnes présentes

me permet

pace ne

pas de donner

ne

extérieure, .

L’es-

tous les arguments

ici

qui prouvent ce que j’avance. Je mentionnerai brièvement

un ou deux

faits

remarquables parmi tant d’autres que je

puis citer.

En ma présence, plusieurs phénomènes ont eu lieu en même temps, quelques-uns n’étant point connus du médium. J’ai vu miss Fox, écrivant automatiquement un message pour une

personne présente, pendant qu’une communication pour une autre personne

parler en

même

complètement

Le

lui était

fait

donnée au moyen de coups frappés,

et

temps à une troisième personne sur un sujet

deux autres.

différent des

suivant est encore

plus

frappant peut-être

Pendant une séance avec M. Home, une petite déjà mentionnée, traversa

la table, vint

latte

:

que

— j’ai

à moi, en pleine lu-

frappés

me donna un message au moyen de petits coups sur ma main. Je répétais l’alphabet, et la latte me

frappait

quand

j’avais

bout de

la latte

reposait sur la table, à une certaine distance

mière, et

prononcé

convenable. L’autre

la lettre

des mains de M. Home. Les coups étaient et la latte était si bien dirigée

en conduisait dirige

les

les

caractère de ces

je dis

cette latte

mouvements

précis et

si clairs,

par une puissance invisible qui

mouvements, que

mouvements de

si

et

,

:

« L’intelligence

qui

peut-elle changer le

me donner un message

télé-


.

352

SPllUTlSME DANS LE MONDE.

Lü:

graphique, par l’alphabet de Morse, en coniinuant de frapper sur

ma main

Je savais très-bien que nulle des personnes présentes ne connaissait le code de Morse

;

moi-même

je

qu’imparfaitement. Immédiatement après,

coups changea

message

et le

dée. Les lettres

me

fut continué

furent données

si

ne

le

le

caractère des

de

la

connaissais

façon

deman-

rapidement, que je pus

à peine en saisir quelques mots par-ci par-lîi; conséquemment,

message, mais

je perdis le

vaincre qu’il y avait

Une autre

moyen de

me

compris assez pour

con-

un bon opérateur de Morse.

dame

une

fois,

j’en

écrivait automatiquement au

moyen un mouve-

planchette; j’essayais alors de trouver un

la

pour prouver que cette écriture

pas due à

n’était

ment inconscient de son cerveau. La planchette, comme le fait toujours, indiquait très-bien ce qui suit

en mouvement par

la

main

et le bras

de

qu’étant mise

:

dame,

la

elle

la

volonté

dirigeante appartenait à un être invisible, qui, en employant le '

système cérébral de cette personne, en jouait

le

sur un instrument de musique; et c’est ainsi que l’être

fait

invisible

faisait

intelligence

chambre? Times qui fut la

«

:

»

ce journal?

Pouvez-vous voir ce

Oui,

« »

mouvoir ses muscles.

dis-je

en mettant

était derrière

réponse de

la

mot

couvert par

y a dans cette Pouvez-vous lire

doigt sur un

moi, mais sans

le

qui

est

numéro du

regarder si

:

«

Oui, »

vous pouvez

maintenant couvert par

mon

»

;

me le

mon

«

à cette

La planchette commença à se mouavec grande difficulté le mot « howe-

voir doucement et

était

qu’il

planchette. « Bien, dis-je,

doigt et je vous croirai.

» fut écrit.. Je

Je dis alors

écrivit la planchette.

»

le voir, écrivez le

ver

comme on

retournai et je vis que le

bout de

mon

mot «however»

doigt.

J'avais exprès évité de regarder le journal en faisant cette

expérience;

il

était

impossible à

mots du journal, car

la

dame

elle était assise

d’avoir vu aucun des

à une table, et

le

Times


NOTES SUR DES RECHERCHES. était sur

une autre table placée derrière

mon

353

corps qui

ca-

le

chait complètement.

13e

CLASSE

DIFFÉRENTS CAS d’uN CARACTÈRE COMPOSÉ. Sous ce faits qui

titre, je

me

premier eut

rendre bien

soir

assise

intelligible, je dois entrer

dans quelques

me donner une

notre connaissance était avec

dans

manger,

la salle à

pendant ce temps

une voiture

j’étais seul

dans

la salle

j’avais

la clef

dans

ma

une

fils

aînés,

de nos séances

;

ma bibliothèque. Entendant à ma porte, j’ouvris à miss Fox

dans

à manger, car elle ne pouvait res-

mes deux

préparé leurs leçons

ixière moi, et, selon

le

détails.

je l’attendais,

mes deux

ter longtemps; elle déposa son châle et son chaise. Je dis alors à

pour

;

séance chez moi,

lieu ordinaire

s’arrêter et sonner

et la conduisis

cause de leur

en présence de miss Kate Fox

lieu

du printemps dernier. Pendant que

dame de

à

de plusieurs

dans une douzaine j’en choisirai deux;

;

Miss Fox avait promis de

un

le récit

ne peuvent être classés autrement,

caractère complexe le

propose de donner

fils ;

d’aller

chapeau sur une

dans

la

bibliothèque

je fermai la porte à clef

mon habitude

pendant

der-

les séances, je

mis

poche.

Nous nous assîmes, miss Fox à ma droite et l’autre dame à ma gauche. Un message alphabétique nous fut donné, recora.mandant d’éteindre

mes dans une donné dans

le

gaz, ce que nous fîmes, et nous restâ-

obscurité complète.

les

termes suivants

:

Un

autre message nous fut

«

Nous nous disposons à

vous rendre témoins d’un phénomène .pouvoir.

»

comme preuve de

Immédiatement nous entendîmes

sonnette, qui ne

demeura pas stationnaire

les

notre

sons d’une

et se dirigea

23

dans


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

354

toutes les parties de la chambre, tantôt contre la muraille,

me

tantôt dans un coin éloigné,

frappant

le

touchant

parquet. Après s’être

entendre ainsi dans

fait

chambre, pendant plus de cinq minutes,

mes mains. Pendant

table auprès de

môme

tête et

la

tomba sur

elle

la la

ce temps, personne ne

mains de miss Fox demeurèrent parfaitement tranquilles dans les miennes. remua,

et les

me

Je

dans

laissée

l’ai

ma

disais,

pu

petite sonnette n’a

faire ce bruit, car je

la bibliothèque.

Quelques instants avant l’arrivée de miss Fox, j’avais eu besoin d’un livre qui se trouvait sur un coin de l’étagère,

la

mise de côté pour

le

cloche était sur

livre, et je l'avais

le

prendre.

Ce

me

petit incident

ma

nette était dans

faisait très-bien

souvenir que

Le gaz éclairant

bibliothèque.

le

son-

la

corridor

qui donne dans la salle à manger, eût pénétré dans cette

chambre il

si la

porte en eût été ouverte.

Du

n’y avait qu’une clef et je l’avais dans

une bougie

et vis

diatement dans

m’aperçus que dis à

mon

fils

la

droit

il

:

«

mots

que

je

ser.

»

«

:

«

ici, J.

(le

Non,

petite cloche?

en désignant

»

l’en-

»

elle n’est

pas

là,

Quelqu’un

«

mais

est-il

elle

venu

y la

car lorsque vous nous avez en-

plus jeune garçon) s’est mis à sonner de façon

ma

appuya ce que son

qu’après s’être servi de vait trouvée.

immé-

regarda de ce côté tout en par-

là,

ne pouvais étudier J.

j’allais

;

Non, père, personne n!est venu, mais je suis

sûr que la sonnette était

voyés

Il

ma

me répondit-il

»

n’y a qu’un instant. »

sonnette

Savez-vous où est

je l’avais laissée.

prendre?

poche. J’allumai

sonnette n’était pas où je l’avais laissée. Je

aîné

lant et ajouta ces

ma

ma

pour l’ouvrir

bibliothèque, et au premier coup d’œil je

la

Oui, papa, elle est ici,

«

était

en face de moi

reste,

la

leçon

;

j’ai

frère venait de

sonnette,

il

l’avait

le

prier de ces-

dire,

et assura

remise où

il

l’a-


NOTES SUR DES RECHERCHES. Le second cas eut

M. Home sents.

et

manger.

la table

tomb^ sur un somption que le

mettre dans l’eau. M.

nous étions

dans leur vase,

assis, la servante

la

apporta

plaçai au milieu

et je les

la

conversation

point qui nous semblait inexplicable

fut

donné

de passer au travers de

silence, et bientôt

planant sur

:

sur

la

pré-

matière peut traverser un corps solide. Là-

la

la

vous montrerons ce que nous pouvons

tra,

Home

voyait ces fleurs.

message suivant nous

à la matière

mes en

que nous

fleurs,

Après avoir obtenu plusieurs manifestations,

dessus

la

qui n’avait point de nappe. C’était la première fois

Home

que M.

journée à

la

nous allâmes immédiatement dans

Comme

les fleurs arrangées

les

;

famille étaient pré-

nous en rapportions quelques

vint bientôt après, et

de

ma

nous avions passé

et 'moi

donnâmes à une servante pour salle à

lumière, un dimanche soir

la

quelques membres de

et

Ma femme

campagne

avec

lieu

3o5

«

Il

est impossible

matière, mais nous

Nous attendî-

faire. »

une apparition lumineuse se mon-

bouquet; à

le

:

la

vue de tout

d’herbe de Chine, long de 0“ 45

le

monde, un brin

du

qui faisait l’ornement

c.,

centre du bouquet, s’éleva doucement d’entre les autres fleurs et descendit sur la table, entre le

vase et M. Home. L’herbe ne

s’arrêta pas sur la table, mais passa au travers

nâmes avec beaucoup

dessous

auprès de M.

la table et

nous l’exami-

d’attention jusqu’à ce qu’elle fût passée

entièrement. Après la disparition de l’herbe, était assise

;

Home,

vit

ma femme,

qui

une main qui, sortant de

entre eux, tenait le brin d’herbe, dont elle

frappa sur son épaule deux ou trois coups, avec un bruit que

chacun entendit parut. tes les

;

puis elle posa l’herbe sur

le

parquet

et dis-

Deux personnes seulement virent cette main, mais touautres aperçurent le mouvement de l’herbe. Pendant ce

terhps, les

mains de M.

Home

tenait parfaitement tranquilles,

demi-mètre à peu près de

étaient devant nos yeux,

placées en face^ de

l’endroit

lui,

il

à

les

un

où l’herbe disparut. Le


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

356

meuble

était

une très-grande table de

salle

à manger, sans

battants, s’ouvrant avec une vis; la jonction, des

formait une petite fente dans le milieu.

par cette fente que je trouvai, en

la

deux

côtés,

L’herbe avait passé

mesurant large de 4 mil-

limètres. La tige de l’herbe était trop grosse pour pouvoir sup-

porter qu’on

la

passer par cette fente sans

fît

briser,

la

et

pourtant nous l’avions tous vue passer sans peine, lentement, et

quand nqus l’examinâmes,

marque de pression;

elle

n’offrait

pas la plus petite

elle était intacte."

THÉORIES A PROPOS DES PHÉNOMÈNES OBSERVES.

Première théorie. résultat

«

Les phénomènes sont tous

de ruses, de savants arrangements mécaniques, ou de

médiums sont des imposteurs, compose de fous. »

tours de passe-passe; les reste de la société se Il

est certain

très-petit qu’il

y

le.

ait

etie

que cette théorie ne peut s’appliquer qu’à un

nombre de

faits

observés. Je veux bien admettre

des personnes capables de se faire appeler médiums,

pour abuser grossièrement de

l’attrait

du public pour

le spi-

ritisme, dans le but de remplir leurs bourses de pièces d’or

facilement gagnées

;

intérêts pécuniaires, faire

un nom.

que d’autres qui n’ont point ces mêmes trompent également dans

J’ai été

le

but de se

témoin de ces impostures, et

ques-unes se présentaient fort ingénieusement étaient visibles, faciles à

,

si

les

quelautres

démasquer; quiconque a été témoin

d’un vrai phénomène, ne peut s’y laisser prendre un instant.


NOTES SUR DES RECHERCHES. Un chercheur

consciencieux, qui rencontre, au début, de

blables tromperies, se trouve désillusionné et

lement son opinion,

pour

publicité,

médiums en Il

3o7

soit

flétrir,

en particulier,

dans une

soit

même

sem-

donne naturel-

par

la

voix de la

réprobation, tous les

général.

arrive souvent qu’avec beaucoups de

médiums,

les

pre-

miers phénomènes obtenus se bornent à de simples mouve-

ments

et à

du médium par

le

;

pendant

mains

des personnes présentes, et

si,

quelquefois, on n’obtient rien autre chose

arrive

il

les pieds et les

certainement, ces effets sont très-faciles à imiter

médium ou par une

comme '

de petits coups frappés sous

séance, l’observateur, sceptique s’en va avec la

la

conviction que son intelligence supérieure a pu effrayer le

médium

qui,

sa présence

;

ayant eu peur, n’ose exposer d’autres ruses en lui

qu’il croit être

aussi écrit

aux journaux pour démasquer ce

une imposture, accompagnant son

récit

de pa-

roles de compassion, inspirées par le spectacle des personnes intelligentes qui se laissent

connaît

le

duper à

l’aide

de moyens dont

il

mérite.

y a cependant une bien grande différence entre les tours des escamoteurs de profession, entourés de tous leurs appaII

reils,

aidés par une

masse

dans leur maison, et

les

d’assistants invisibles, qui opèrent

phénomènes obtenus par M. Home.

Ces phénomènes ont eu lieu avec

la

ment

personnes de cette maison

particulier,

jusqu’au début de

occupé par

les

lumière dans un apparte-

séance. J’étais au milieu d’amis, qui ne

la

voudraient point encourager une supercherie et surveillaient attentivement chaque chose.

De

plus,

M. Home

et après la séance

Pendant

;

a été souvent l’objet d’un

examen avant

demandé que

cela soit ainsi.

il

a toujours

les apparitions

des phénomènes les plus remarqua-

bles, j’ai souvent tenu ses ,

ses pieds

;

deux mains

et placé mes pieds sur jamais je n’ai proposé un arrangement ou une


LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

358

modification propre à rendre la supercherie moins possible,

sans qu’il

y

cherchant lui-même

ait consenti,

les

moyens pro-

pres à établir un contrôle sérieux. Je parle principalement de

M. Home, car son pouvoir

médiums avec

lesquels

est plus

j’ai fait

étendu que

des expériences

pris les précautions nécessaires pour exclure la

celui des autres

avec tous,

;

la

j’ai

supercherie de

nomenclature des explications possibles. Il

ne faut pas oublier non plus qu’une explication n’est

valable qu’en satisfaisant toutes les conditions du problème. Il n’est

donc pas logique, de

la

part d’une personne qui a vu

seulement quelques phénomènes inférieurs, de dire pose que tout cela n’est que ruse », ou trucs peuvent être faits.

:

« J’ai

a

:

Je sup-

vu comment ces

»

Seconde théorie.

«

Les personnes présentes à une

séance sont les victimes d’une sorte de

folie

ou

illusion

;

elles

s'imaginent voir des faits, qui n’ont d’existence que dans leur imagination.

»

Troisième théorie.

«

Le tout

est

le.

résultat d’une

action consciente ou inconsciente du cerveau. »

Ces deux théories viennent d’observateurs évidemment incapables d’embrasser une grande quantité de phénomènes, et,

du

reste, ils n’en

donnent que des explications inadmissibles

qui peuvent être réfutées très-brièvement.

J’approche maintenant des théories spirituelles.

pas oublier que très-vague par

le

mot

«

Esprits

la généralité

Quatrième théorie. être

»

est

ne faut

Il

employé dans un sens

des hommes.

«

Le résultat obtenu

à l’association de l’esprit du

médium avec

est peutcelui

quelques-unes, ou de toutes les personnes présentes. »

de


359

NOTES SUR DES RECHERCHES.

«

ou diables, s’opèrent par

le

Cinquième théorie. esprits, la

manière qui leur convient

nisme

mieux pour ruiner

âmes des hommes.

et perdre, les

Sixième théorie.

connus dans presque toutes sous les

le

Les actions des mauvais médium qui leur plaît, de

«

la terre,

»

Les^actions d’un ordre d’êtres,

dans tous

les contrées et

noms de Démons, Gnomes,

vivant sur

le christia-

Fées,

les

âges etc.,

Goblins,

mais invisibles et immatériels, sont ca-

pables, cependant, en quelques circonstances, de manifester leur présence.

»

Septième théorie. par

théorie spirituelle

«

excellence.

Huitième théorie.

«

Les actions des défunts

;

»

(La théorie de

la

force psy-

chique), c’est un accessoire nécessaire aux 4®, 5e, 6® et 7® théories, plutôt

médium tout,

est

qu’une théorie par elle-même. Suivant

»,

ou

le

cercle des personnes réunies formant un

supposé posséder une force,

vertu ou don, au

elle, le

moyen desquels

pouvoir, influence,

les êtres spirituels

produire les phénomènes observés

pour

;

peuvent

les adeptes

ordre d’idées, ce que sont ces êtres-là devient

de cet

le sujet d’autreâ

théories. » Il

est certain

qu’un

qui n’est pas le lot

«

médium

humain d’un

quelque chose un nom, appelez

»

possède un quelque chose

être ordinaire ; le

«

x

»

si

donnez à ce

cela vous plaît

;

M. Serjeant Cox l’appelle Force psychique. Il y a eu tant de malentendus à ce sujet, que, à mon point de vue, il est mieux de donner les explications suivantes en transcrivant paroles de M. Cox : «

La théorie de

naître

un

fait

la

les

propres

Force psychique est simplement de recon-

presque indiscutable sous quelques rapport^,


f

LE SPIRITISME DANS LE MONDE.

360

mais encore imparfaitement connu sous d’ailtres ce fait établit qu’à une distance indéfinie du corps de certaines personnes, ;

ayant une organisation nerveuse spéciale, produisant, sans lière capable

le

il

existe

une force

secours des muscles, une action particu-

de donner un mouvement, ou de

faire

mouvoir

des substances solides et de produire des sons dans ces

Gomme

corps.

la

mêmes

présence de semblables organisations est

nécessaire aux phénomènes, la

il est raisonnable de conclure que Force psychique, par un moyen encore inconnu, procède

de cette organisation

même mû

et dirigé

;

de

(appelez-la

comme

vous voudrez)

nous appelons Vhomme, force qui

du corps, corps.

Comme

extérieure,

même que c’est

produit le

est la

il

même

il

est

est

l’intelligence

et qui constitue l’être

que

raisonnable de conclure que

mouvement au dehors des

limites

force qui le produit dans les limites

on voit souvent est

est lui-

dans sa structure, par une force qui

ou qui réside dans l’âme, l’Esprit ou

l’âme,

la

même, comme Forganisme

du

l’intelligence diriger cette force

encore raisonnable de conclure que cette

intelligence règne intérieurement, et c’est à cette force

j’ai

donné

le

nom

de Force psychique, pour exprimer que

dans l’âme ou intelligence de l'homme qu’elle prend sa

source. «

Moi, et tous ceux qui adoptent cette théorie de la Force

psychique,

comme

étant l’agent par lequel les

phénomènes

sont produits, nous ne prétendons pas affirmer que cette force

peut ne pas être quelquefois saisie et dirigée par quelque autre intelligence que celle de la Force psychique. (c

Les plus ardents spiritualistes admettent l’existence de

Force psychique, sous

le

nom impropre de

lequel elle n'a cependant aucune affinité; esprits des

morts ne peuvent

qu’avec l’aide de chique)

la

faire les actes

la

magnétisme, avec

ils

assurent que les

qu’on leur attribue

force magnétique {qui est la Force psy-

du médium. La différence entre

les partisans

de

la


NOTES SUR DES RECHERCHES. Force psychique

et les spiritualistes consiste

361

dans ce que nous

nous contentons d’affirmer, qu’il n’existe encore que des preuves très-insuffisantes établissant un agent de direction autre que l’intelligence

du médium,

et qu’il n’existe

aucune preuve de

l’intervention des Esprits des morts. «

Les spiritualistes au contraire croient, sans chercher plus

de preuves, que

dans

la

les Esprits

des morts sont

les seuls

production de tous les phénomènes. Ainsi,

verse se résout en une pure question de

fait,

la

agents

contro-

qui ne peut être

déterminée qu’après une laborieuse série d’expériences. Ces recherches devront être

le

premier devoir d’une société psy-

chologique qui se forme en ce moment.

»

FIN

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TABLE DES MATIÈRES

Pages,

Préface

1

PREMIÈRE PARTIE. LA DOCTEIHE DES PITRIS ET LES SCIENCES OCCULTES DANS L’iNDE. Chap.

I.

II.

III.

IV.

V. VI. VII. VIII. IX.

X.

XL

Les initiés des temples anciens Les brahmes

21

Du brahine Du brahme

depuis sa naissance jusqu’à son noviciat . depuis son noviciat jusqu’à son accession au premier degré de l’initiation Ablutions. Prières. Du premier degré d’initiation. Évocation Cérémonies. Sandias du maDu premier degré d’initiation {suite). tin, de midi èt du soir Du deuxième degré d’initiation * Du troisième degré d’initiation. Du grand conseil des initiés Du choix du brahmatma . .

-

i3

.

Les yoguys

30 35 49 67 76 78 80 85 88

DEUXIÈME PARTIE. DOCTRINES PHILOSOPHIQUES DES INITIÉS DE l’iNDE SUR LA CAUSE PREMIÈRE ET LE ROLE DES ESPRITS DANS LE MONDE. Degré de sainteté auquel doivent parvenir les initiés avant de recevoir la formule suprême et le secret qui donne la mort IL Du gourou supérieur. La décade sacrée III. Le gourou des évocations

Chap.

I.

IV. V.

....

Du

signe frontal des initiés De l’interprétation des védas et autres ouvrages de l’Écriture sacrée •

VI. Psychologie VII. La raison,

du

livre des pi tris

23® dialogue Parikchai VIII. Un texte des védas IX. Quelque slocas de Manou

du

2® livre de

112 117

V Agrouchada124 128 129 131 144 145

X. De l’Etre suprême

XL

Paroles des prêtres de Memphis à l’initié XII. Les formules des évocations XIII. Des formules. Des conjurations magiques, vulgaire

99.

106 108 110

La magie 150


TABLE DES MATIÈRES.

36i

TROISIÈME PARTIE. COMPARA.TSON DE LA DOCTRINE DES

PITRI8

AVEC CELLE DE LA KABALE HÉBRAÏQUE, DE LA PHILOSOPHIE DE PLATON, DE l’ÉCOLE d’alEXANDRIE, DE PHILON, DES PERSES ET DU CHRISTIANISME. Chap.

Origine de

I.

De

II.

la

kabale

177

l’interprétation des livres sacrés d’après les kabalistes

hébraïques

De

chez les kabalistes IV. De l’essence divine d'après les kabalistes V. Les dix Zephirolh VL La trinité des kabalistes VIL La croyance aux esprits inspirateurs et médiateurs chez les kabalistes hébraïques VllI. Rapports de la doctrine des pitris avec celle du ZendAvesta des Perses, avec la philosophie de Platon, de l’école d’Alexandrie et les croyances chrétiennes . . III.

l’initiation

'

.

182 186 189 193 197

205

212

QUATRIÈME PARTIE. PHÉNOMÈNES ET MANIFESTATIONS EXTÉRIEURS PRODUITS PAR Iles sectateurs des pitris ou initiés DES PAGODES DE l’inde (1” partie).

Au Lecteur €hap.

1.

U. III.

IV.

V. *

VI.

VIL VllI.

IX.

X.

223 Quels sont les initiés en possession du pouvoir dit occulte? 229 Agasa 232 Les fakirs charmeurs 234 La danse des feuilles 237 Coups frappés en mesure accompaLe vase de bronze. gnant un morceau de musique 273 Le bâton magique. Le jet d’eau. 283 Coups frappés dans la nuit. . 287 Phénomènes d’élévation. Les vases de fleurs aéLe fakir et le siège de bambou. Le pankah mystérieux riens. 290 Une grêle de coups. Le guéridon soudé au sol. Le Voltige de plumes. petit moulin. L’harmoniflùte. 294 Le sceau d'eau et le Dessins reproduits sur le sable. Extinction du chant. metor. Traduction de la Lecture d’un mot dans un livre fermé. pensée. Bruits mélodieux dans les airs. Course d’une feuille Elévation du fakir de palmier. 302 Végétation spontanée 309 .

--

— —

— —

XI.

LES APPARITIONS Chap.

— —

(2« partie).

Apports de fleurs, de couLes mains mystérieuses. Le spectre d’un ronnes, etc. Les lettres de feu. Le musicien fantôme . . . bràhme sacrificateur. IL Le fantôme de Karli I.

Conclusion

315 323 326

CINQUIÈME PARTIE. Notes sur des recherches

faites

dans

le

domaine des phénomènes 331

appelés spirites Imprimerie Eugène Heutte

et G»,

à Saint-Germain,


.

DU MÊME AUTEUR

EN VENTE La Biôlb bans l’!nde. Les' Fils

de Dieu.

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O espiritismo no mundo a iniciação e as ciências ocultas na índia e em todos os povos da antiguidade  
O espiritismo no mundo a iniciação e as ciências ocultas na índia e em todos os povos da antiguidade  

que é os espíritas compêndio filosófico Hindu, para dizer o que vimos, e gravar servis .os explicações que recebemos Brâmanes. Nós vamos em...

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