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Une fois votre besoin de trésorerie déterminé, de nombreuses solutions s'offrent à vous

Cycle de la faillite Les indicateurs financiers de discontinuité présentés sont la résultante d’un cycle qui démarre par une rentabilité insuffisante (produits faibles ou charges trop élevées) qui engendre un manque d’autofinancement et par là un manque de liquidité et une croissance de l’endettement. Celle-ci entame la solvabilité de la société et augmente la méfiance des prêteurs, ce qui cause une hausse des charges financières ainsi qu’une augmentation du besoin en fonds de roulement (besoin de financement du cycle d’exploitation). Ceuxci détériorent davantage la rentabilité et la liquidité de la société, ce qui fait se répéter le cycle. Une analyse et un suivi régulier (mensuel, trimestriel) des ratios financiers clés (rentabilité, solvabilité et liquidité) permettent de tirer la sonnette d’alarme quand les indicateurs commencent à se détériorer.

Suivi de la trésorerie L’un des indicateurs clés de performance dans le cadre de la problématique de la continuité des entreprises réside dans l’analyse de la trésorerie qui a été générée, que génère et qui sera générée par votre activité. En effet, le compte de résultats d’une société, même s’il permet d’avoir une première idée fondamentale sur les performances financières (la rentabilité) de celle-ci, reste limité à une vue exclusivement comptable fortement influencée par le traitement fiscal de certaines opérations ainsi que par les écritures de « window dressing » comptabilisées en fin d’exercice. Il existe des exemples de sociétés faillies dont les résultats se présentaient bénéficiaires. Il n’y a donc pas lieu de limiter son analyse aux comptes 12 | managing lawyer | 04.2017 | N.6

de résultats de la société. Il est par contre indispensable de procéder à un examen régulier de la trésorerie. Ainsi, lorsque les premiers signaux d’alarmes apparaissent, il y a tout d’abord lieu de déterminer les besoins financiers de votre société à court et moyen terme. Cette analyse peut uniquement se faire sur la base d’une situation comptable récemment et exhaustivement clôturée ainsi que sur un plan financier établi sur un horizon de temps suffisant (3 ans, par exemple). L’analyse de ces deux documents permettra de déterminer la mesure de la trésorerie éventuellement nécessaire à la poursuite des activités de votre société.

Solutions envisageables Une fois votre besoin de trésorerie déterminé, de nombreuses solutions s’offrent à vous. Chacune d’elles ne doit/peut pas s’appliquer à chaque situation. Par exemple, un besoin de financement à court terme ne devrait pas être comblé par une augmentation de capital. A contrario, le financement d’actifs immobilisés ne devrait pas être réalisé par des emprunts à court terme. Nous présentons en fin d’article quelques cas de figure. Les solutions suivantes peuvent ainsi, par exemple, être envisagées. Elles doivent toujours être accompagnées par une amélioration de la rentabilité de la société (augmentation du chiffre d’affaires, amélioration de la marge, et/ ou réduction des dépenses). En effet, dans le cas contraire, l’amélioration de la situation financière resterait passagère et les problèmes de continuité reviendraient au galop : • p rocéder à une augmentation de capital (éventuellement avec l’aide d’un invest public) ;

• obtenir des délais de paiement auprès de vos fournisseurs ; • réduire les délais de paiement de vos clients (recouvrement de créances, factoring, etc.) ; • céder certains actifs non stratégiques ; • obtenir une ouverture de crédit auprès d’un établissement bancaire ; • réaliser une restructuration des dettes de la société ; • obtenir un plan d’apurement des dettes institutionnelles.

La P.R.J., l’ultime solution Dans le cas où aucune des solutions présentées au point précédent n’est envisageable ou semble suffisante, la solution ultime s’offrant à vous consiste à entrer suffisamment tôt en procédure de réorganisation judiciaire. Celle-ci a pour but de préserver, sous le contrôle du juge, la continuité de tout ou partie de l'entreprise en difficulté ou de ses activités. Elle permet d'accorder un sursis d’une première période maximale de six mois au débiteur en vue : • soit de permettre la conclusion d'un accord amiable ; • soit d'obtenir l'accord des créanciers sur un plan de réorganisation ; • soit de permettre le transfert sous autorité de justice, à un ou plusieurs tiers, de tout ou partie de l'entreprise ou de ses activités. Lors du dépôt de la requête au tribunal, le débiteur qui sollicite l'ouverture d'une P.R.J. doit joindre à celle-ci, entre autres, une situation comptable à moins de trois mois, ainsi qu’un budget (recettes et dépenses) pour la durée minimale du sursis demandé préparés avec l’assistance d’un professionnel du chiffre (réviseurs d’entreprises, experts-comptables, comptables agréés, comptables-fiscalistes agréés).

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Managing Lawyer Numero 6 2017/4  

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