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Économie et

emploi

le conseil général

s’investit

Photos du dossier : Franck Betermin, sauf mention

Le Conseil général du Finistère agit en faveur de l'emploi des Finistériens, en maintenant son effort d’investissement dans des infrastructures de qualité et en soutenant directement les projets créateurs d’emplois, aux côtés de l’Etat, de la Région et des collectivités locales. Dans une conjoncture difficile et incertaine, il est attentif aux besoins des entreprises, il accompagne les mutations, encourage l’innovation et facilite les investissements. Pour contribuer à redresser la situation de l’emploi et lutter contre la précarité, il s’appuie sur la solidarité des territoires, la mise en place de dispositifs d’insertion et d’accompagnement durables.

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enjeux

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é co n o m i e e t e m p lo i

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enjeux

Le Finistère dispose de nombreux atouts économiques, que le Conseil général contribue à mettre en valeur. Sa préoccupation est également de se mobiliser pour compenser les faiblesses du territoire, en étant à l’écoute de tous. L’économie finistérienne doit être au service de l’emploi et de la cohésion sociale.

la

n o i t a situ de l’emploi

e r è t s i n i f e l dans

R

ap p el o ns qu e dans l e domaine du développement économique, la Région joue un rôle de chef de file. L’Etat joue également un rôle majeur, pour impulser le dynamisme économique et favoriser la croissance, à l’exemple du récent Pacte de compétitivité pour l’emploi. Les Départements peuvent participer au financement des entreprises pour les inciter à s’implanter ou à se développer. C’est ce que fait le Finistère, y compris de manière indirecte, en créant des conditions et un environnement attractifs aux acteurs économiques. La production finistérienne, assurée à plus de 70 % par des PME et TPE, se caractérise par une prédominance de l’agroalimentaire (40 % des emplois industriels). Notre département est leader dans des domaines d’excellence et d’avenir liés aux énergies marines renouvelables, aux sciences et techniques de la mer (25 % des effectifs nationaux de formation et de recherche). Autres secteurs emblématiques : l’agriculture, la pêche, l’optique/électronique, les télécommu-

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nications, le tourisme, le nautisme et la plaisance… Innovation et enracinement Le Finistère est le lieu de réussites industrielles, telles DCNS, Thalès, Bolloré, Guy Cotten, Giannoni, Livbag, SDMO… Des chefs d’entreprises finistériens croient en l’avenir, prennent des initiatives, ainsi Armor-Lux qui forme des couturières, Guyader qui améliore les conditions de travail de ses salariés ou bien encore Tilly Sabco, avec un nouveau procédé de fabrication réduisant la consommation d’eau, Meralliance, avec une meilleure traçabilité et de nouvelles gammes, les filets de pêche Le Drezen, avec des logiciels de simulation, Yslab et Hemarina qui innovent dans les biotechnologies, etc. Une des raisons de cette réussite réside sans doute dans l’attachement des personnes au territoire : 62 % des chefs d’entreprise du Finistère y sont nés (contre 43 % au niveau national). 60 % de l’emploi (contre 52 %) du secteur marchand non agricole dépend de centres de décisions localisés. On

peut aussi peut-être y voir le signe d’un déficit d’attractivité pour des capitaux extérieurs, lié à l’éloignement géographique du département. D’où l’importance accordée par le Conseil général au développement de l’attractivité du département et des transports. Priorités à l’accès à l’emploi et à l’insertion Ces éléments ne font pas oublier les difficultés actuelles : le Finistère compte 43 152 demandeurs d’emploi (lire ci-contre). Même si le premier mois de l'année 2013 connaît une décrue du nombre de demandeurs d'emploi, il faut redoubler d'efforts pour conforter cette tendance. Si la compétence emploi relève de l’État, celles du retour à l’emploi et de l’insertion relèvent du Conseil général. C’est pourquoi il soutient de nombreuses initiatives et structures d’insertion par l’activité économique, des parcours de remobilisation sociale conduisant jusqu’à l’emploi durable. n


Dynamo+

b Infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires, qualité de l’enseignement, de la formation et de la recherche, cohésion sociale, lieux culturels, très haut débit, cadre de vie agréable… autant d’éléments structurants qui favorisent l’implantation et le développement des entreprises sur un territoire.

L’emploi salarié dans le Finistère 42 600

Industrie :  au 2e trimestre 2012 (2e trimestre 2011 : 43 300) - entre 16 000 et 17 000 emplois pour l’agroalimentaire

18 600 (18 200) 37 800 (37 600) Tertiaire : 108 500 (108 100), dont 14 300 pour le tourisme et entre 3 000 et 3 300 pour le nautisme Agriculture : 4 429 salariés permanents en 2010 Pêche : 2 731 marins en 2012 Construction :

Commerce :

Le marché du travail

Demandeurs d’emploi* dans le Finistère en janvier 2013 :

43 152

+ 10,5 % (en Bretagne : + 12, % ; en France : + 10,8 %), dont : + 9 % pour les femmes (qui représentent 52 %), + 9,3 % pour les moins de 25 ans, + 15,5 % pour les plus de 50 ans,

Évolution sur un an : 

Taux de chômage au 3e trimestre 2012 9 %

Finistère - Bretagne 8,7 % - France 9,9 % Sur le territoire, par zones d’emploi : Brest 8,8 % - Quimper 9,3 % - Carhaix 9,7 % - Morlaix 9,7 % *Demandeurs d’emploi de catégorie A (n’ayant exercé aucune activité dans le mois) données brutes. Source : DIRECCTE, unité territoriale du Finistère.

4 questions à

A lbert B illon A nimateur territorial au sein de la D irection

régionale des entreprises , de la concurrence , de la consommation , du

travail et de l’emploi de B retagne (DIRECCTE)

Parole d’expert

Quelle est aujourd’hui la situation de l’emploi ? Le chômage dans le Finistère a nettement augmenté à partir du deuxième semestre 2011. À la crise mondiale se sont ajoutées des causes structurelles locales, liées par exemple à des modèles qui ne fonctionnent plus ou sont en complète mutation, par exemple chez Doux, Gad ou Boutet-Nicolas. Le taux de chômage a atteint aujourd’hui 9 %, pour une moyenne nationale à 9,9 %. Les jeunes, et plus encore en termes d’évolution, les seniors et les chômeurs de longue durée, sont particulièrement concernés. En janvier 2013 le chômage dans le Finistère n’a pas augmenté par rapport à décembre 2012. Il a même reculé de 0,6 % en février. Pourvu que cela dure… Comment réagit le Finistère ? Sa relative bonne résistance s’explique en partie par la force de ses PME et PMI, leur diversité et leur capacité de résilience. Un exemple : le Pays de Quimperlé, pourtant fortement secoué par plusieurs plans sociaux, a réussi à rebondir. Beaucoup de centres de décisions sont dans le Finistère, avec des dirigeants attachés au territoire. Une forme bretonne d’humanisme social nous permet de rester optimistes. Autres forces : la qualité et la densité du tissu associatif, l’alliance réussie de culture et économie, comme en témoigne le succès de « Produit en Bretagne », le très bon niveau de formation des Finistériens. De quels moyens dispose-t-il pour affronter les difficultés ? Les contrats aidés restent efficaces. Les emplois d’avenir ou les contrats en alternance sont d’excellents leviers pour les jeunes. Il est aussi du ressort des entreprises d’aider les jeunes à s’intégrer socialement. Les contrats de génération constitueront une réponse au problème des seniors, en favorisant la transmission des savoirs, ils généreront de la compétitivité tout en participant à baisser le coût du travail dans les entreprises de moins de 300 salariés : gagnant-gagnant. Quels secteurs restent porteurs ? Le modèle agroalimentaire est pertinent et compétitif, même s’il doit sans doute évoluer vers plus de valeur ajoutée : recherche, innovation, labels, packaging… La métallurgie est importante. Investissons dans la production : un emploi industriel génère trois emplois induits ! Le bâtiment souffre, par manque de commandes, mais il faut continuer à former des jeunes pour le jour où le marché repartira. Le secteur des services et notamment à la personne doit se professionnaliser et se structurer davantage. La mer regorge de spécificités à développer. On peut faire beaucoup mieux sur le plan des énergies renouvelables, des produits alimentaires, des loisirs… n°129

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enjeux

Agir dans la durée

pour le développement du Finistère

Le Conseil général favorise un essor harmonieux du territoire et contribue à créer un environnement favorable au développement économique. Les politiques publiques et actions transversales qu’il conduit, les grands projets pour rendre le Finistère plus attractif, sont source de création d’emplois durables.

Un haut niveau d’investissement

L

e budget global d’investissement du Conseil général a un impact direct sur la préservation et la création d’emplois. Le Finistère a choisi de maintenir son effort, puisqu’il s’élève, en 2013, à plus de 152 millions d’euros. On considère en général que pour un euro ainsi investi, on génère un investissement global de quatre euros. Cet engagement se traduit notamment dans les secteurs des travaux publics et du bâtiment, en termes de commandes et donc d’emplois, qui concernent en général des entreprises locales : rénovation des collèges (25 millions d’euros), modernisation des routes (16 millions d’euros), aide à la construction de logements sociaux (7 millions d’euros), travaux dans les bâtiments départementaux (11 millions d’euros), ports et aéroports, centres de secours, établissements pour l’accueil de personnes âgées ou handicapées, etc. Beaucoup de ces chantiers intègrent la clause d’insertion (lire page 22). Par ailleurs, le Département a prévu de s’engager à hauteur de 6 millions d’euros dans le projet Bretagne très haut débit. La Ligne à grande vitesse représente 11 millions d’euros. n

Un soutien aux associations

Les associations représentent 30 638* emplois dans le département. L’économie sociale et solidaire emploie 40 658* personnes (dont plus de 15 000 dans l’action sociale, 8 000 dans l’enseignement, 4 000 dans les activités financières et assurances). Le Conseil général soutient en particulier les associations caritatives et de lutte contre l’exclusion, qui permettent aux Finistériens en grande difficulté de se resocialiser, de se rapprocher de l’emploi. *Chiffres au 31 décembre 2010, source INSEE CLAP 2010, traitement par l’Observatoire régional de l’ESS – CRES Bretagne.

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3 questions à

P ierre M aille , P résident du C onseil général

Parole d’élu

Le Finistère n’est pas à l’abri de la crise. Comment se fait-elle ressentir aujourd’hui ? Notre département, qui était moins touché jusqu’à présent, se rapproche du niveau moyen national de demandeurs d’emploi. Les jeunes ont beaucoup de mal à entrer dans le monde du travail. L’industrie agroalimentaire est particulièrement frappée, pour des raisons diverses : la filière volaille doit tenir compte de la fin des restitutions européennes à l’export, annoncées depuis de nombreuses années ; les difficultés de la production porcine ont un impact direct sur les abattoirs. Les choix de gestion de certains groupes ont aussi leur part de responsabilité. Mais il faut que la Bretagne reste une région de production, condition nécessaire pour le maintien et le développement des industries de transformation. Quelle est aujourd’hui l’action du Conseil général ? Dans le domaine économique, le Conseil régional est le « chef de file » de l’action et il doit respecter les règles européennes qui visent à limiter les distorsions de concurrence entre les entreprises. Depuis des années et de façon très volontariste, le Conseil général du Finistère intervient pour soutenir l’emploi. Ainsi par exemple dans l’innovation et les pôles de compétitivité : mer, images et réseaux, Valorial l’aliment de demain. Le dispositif des aides classiques permet d’aider l’investissement industriel, au prorata des emplois qui vont être créés. Nous facilitons la présence de nos entreprises à l’international. Par ailleurs, malgré les difficultés budgétaires, nous maintenons un haut niveau d’investissement, ce qui n’est pas le cas de toutes les collectivités. Travaux sur les routes, dans les collèges et bâtiments publics, subventions aux communes… tout cela génère de l’emploi pour des entreprises, la plupart finistériennes. C’est un choix, afin de ne pas ajouter une crise dans un secteur qui est déjà fragilisé. Nous renforçons notre attractivité, avec des actions très diverses. En effet, que regarde un chef d’entreprise avant de s’installer ? Pas en premier lieu le niveau des taxes locales, mais le logement pour ses salariés, les facilités de transport, les modes de garde des enfants, la qualité de vie, les équipements et événements culturels, les festivals… Nous avons de réelles dynamiques à faire valoir. Quelles sont les perspectives d’avenir ? Malgré ces difficultés, je reste confiant : notre département a montré, lors de crises antérieures, que ses acteurs économiques ont des capacités pour rebondir, en particulier dans l’agriculture et l’agroalimentaire, et aussi dans des activités nouvelles. Nous avons des cartes à jouer dans les énergies renouvelables marines, par exemple, grâce à notre environnement marin et à des savoir-faire et à des entreprises de pointe capables de relever ce défi. On n’imagine pas toutes les ressources dont dispose le Finistère ! J’effectue tous les mois une visite dans un canton et à chaque fois je rencontre avec satisfaction des chefs d’entreprise discrets, mais qui exportent partout dans le monde, en Asie comme en Amérique : des produits issus des algues, des pièces pour les principaux constructeurs d’avions ou l’industrie spatiale, du matériel sophistiqué pour les industries agroalimentaires… C’est plutôt bon signe.


Des aides aux porteurs de projets et aux acteurs économiques

U

n plan d’actions réunit depuis 2010 la plupart des aides directes et indirectes destinées aux entreprises. Recentré sur leurs attentes, il permet de conforter et de développer le tissu économique, d’accompagner la création d’emplois, d’inciter à l’initiative entrepreneuriale, de favoriser l’insertion économique et d’offrir aux entreprises les espaces et les conditions d’accueil propices à leur développement. Malgré une conjoncture économique peu favorable à la création et à l’essor des activités, le montant total des aides accordées par le Conseil général

en 2012 dépasse les 2,4 millions d’euros (en léger repli par rapport à 2011, mais globalement en progression depuis la réforme des aides en 2010). Elles concourront à la création de plus de 200 emplois. Les dispositifs en place concernent l’aide à la réalisation de bâtimentsrelais, hôtels et pépinières d’entreprises, à la requalification des parcs d’activités, à la commercialisation de terrains en parcs d’activités, à l’immobilier industriel, aux projets structurants industriels. Il s’agit aussi d’améliorer les conditions de travail, de maintenir le commerce et l’artisanat de services

en milieu rural, de favoriser la transmission dans l’artisanat, le recrutement de cadres, la création d’emplois dans les sociétés participatives et coopératives (SCOP), les groupements d’employeurs. Des bourses sont attribuées aux jeunes créateurs d’entreprise. Enfin, des aides sont accordées en faveur de l’ouverture internationale des entreprises et pour leur participation à des manifestations internationales dans le Finistère. Des aides spécifiques existent à destination des acteurs économiques, professionnels et associations des filières agricole, nautique et pêche. n

Emplois d’aujourd’hui et de demain :

le soutien du Conseil général

Le Conseil général accompagne la mutation des filières économiques dans tous les domaines. Cela passe par un soutien à la modernisation de leurs outils de travail, aux projets d’innovation-recherche pour la diversification et la consolidation de leurs activités. En voici quelques exemples.

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Laïta valorise le lait

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’entreprise coopérative laitière Laïta, filiale d’Even, renforce sa compétitivité en valorisant le lait collecté auprès de 3 800 producteurs. Elle vient de moderniser et d’agrandir sa fromagerie de Ploudaniel : renouvellement de l’outil d’acidification et amélioration des conditions de travail des salariés. Le Conseil général a accordé une aide de 177 000 euros. Avec 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 2 300 salariés (dont la moitié dans le Finistère), Laïta affiche une forte croissance et prépare l’avenir avec confiance : plus de 100 millions d’euros d’investissement entre 2012 et 2013. À Ploudaniel, elle fabrique, entre autres, 900 meules d’emmental de 95 kg chaque jour. L’acidification, étape de plusieurs heures qui permet une bonne conservation du produit, sera, à partir de juillet, réalisée sur des tables : il ne sera plus nécessaire de tirer et pousser sur les balancelles. De nouvelles caves d’affinage permettront de développer les goûts spécifiques des produits. n wwLaïta, 4 rue Henri Becquerel, Brest. Tél. 02 98 42 54 25. www.laita.com

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enjeux

François Caradec, un marin heureux

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es dispositifs du Conseil général en faveur de la filière pêche concernent la formation, les investissements à bord des navires et dans les entreprises aquacoles, la promotion des produits, l’aménagement des ports (dragage, criées…). Il aide également les jeunes pêcheurs à s’installer (89 700 euros depuis début 2012), tel le Fouesnantais François Caradec. « J’ai démarré la pêche côtière en solo l’été dernier, après avoir embarqué sur plusieurs navires. Même si certains me déconseillaient de me lancer dans l’aventure. Avec Visayas, mon petit fileyeur, je ramène des rougets, soles et raies à la criée de Concarneau, mais aussi à la cale de Beg Meil, pour le plaisir du contact direct avec les clients. Je n’ai jamais d’invendus. Il y a de la ressource sur ce créneau. Je suis content et optimiste. La subvention de 4 050 euros du Conseil général montre qu’il croit en l’avenir de la pêche finistérienne. » n

Lait : la réussite par la diversification

L Hydroliennes Sabella : une autre dimension en vue

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e Conseil général soutient Sabella depuis ses débuts il y a une dizaine d’années et vient de lui accorder une avance remboursable de 300 000 euros. L’entreprise quimpéroise développe des hydroliennes marines. Après l’immersion d’un pilote dans l’Odet, la « D10 », machine préindustrielle de 450 tonnes et d’un mégawatt de puissance maxi, sera installée à l’automne dans le passage du Fromveur. Objectif : fournir 30 % de ses besoins énergétiques à l’île d’Ouessant… et être retenu en 2014 par l’État, en lien avec Futures Énergies (ex Éole Génération, spécialisée dans la production d’énergie renouvelable) pour construire des fermes pilotes. n wwSabella, 3 rue Pitre Chevalier, Quimper. Tél. 02 98 10 12 35. www.sabella.fr

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e Conseil général soutient l’agriculture (5,3 millions de budget global en 2013), en particulier par des aides aux investissements de transformation et de commercialisation des produits à la ferme. Ainsi lorsque le Gaec de Gorrequer (90 vaches laitières, une agriculture raisonnée) a investi 142 000 euros dans le bâtiment du laboratoire de transformation du lait, il a perçu 12 500 euros dans ce cadre. « Nous sommes cinq, explique Philippe Lédan. Je suis associé avec mon frère, ma belle-sœur et leurs deux filles,

jeunes agricultrices. Ce projet de changer de système, de se prendre en main, on y pensait depuis dix ans. L’atelier, réalisé par des artisans locaux, a ouvert en décembre, avec vente sur place : yaourts, fromage blanc, faisselle, riz au lait… et en quatre mois on avait atteint notre objectif d’une année ! Notre lait est fait le plus simplement possible, nos produits aussi, avec priorité au goût et au prix. » n wwLa Lédanaise, Saint-Yvi. Tél. 06 79 10 36 37, gaec.gorrequer@orange.fr


Insolites et authentiques roulottes

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e tourisme en Finistère (7e département français), ce sont près de 30 millions de nuitées touristiques en 2012, plus d’un milliard d’euros de consommation et 5,2 % de l’emploi salarié. Le Conseil général encourage les initiatives, à l’image des Roulottes des Korrigans, qui, en tant que parc de loisirs résidentiel, a reçu 30 000 euros d’aide sur son investissement. « Nous sommes passés de 3 à 12 roulottes et avons créé 4,5  emplois, se réjouissent Katell et Eddy Druet. Nous sommes répertoriés parmi les 80 éta-

blissements les plus insolites du monde et, depuis 2012, nous avons le label Tourisme et handicap et Gîtes de France : c’est dire si nos roulottes, conçues dans une démarche HQE, sont confortables ! Nous travaillons en réseau à partir de la richesse du territoire des monts d’Arrée, une dynamique est créée avec les producteurs locaux. En témoigne le succès de notre restaurant ! » n wwLes Roulottes des Korrigans, Goarem Edern, Brasparts. Tél. 02 98 81 41 62. www.roulottes-des-korrigans.com

3 questions à

M ichaël Q uernez , Vice - président du C onseil général , président de la

commission insertion et économie .

Parole d’élu

Quels sont les atouts du Finistère pour la création d’entreprises et leur développement ? Les Finistériens. Leur esprit d’entreprendre. Cette volonté inébranlable de créer de la richesse. Cette capacité à parcourir le monde pour apprendre des autres. Pour faire de cette terre un pays où il fait bon vivre et bien vivre. Cette volonté de faire ensemble aussi. De travailler en réseau. Des acteurs économiques qui peuvent compter sur le savoir-faire des chambres consulaires, des technopoles, centres de recherche, universités… Qui bénéficient de la qualité de nos infrastructures : un réseau routier excellent, plusieurs aéroports, d’importantes liaisons maritimes, même s’il nous faut poursuivre nos efforts d’équipement. Je pense bien entendu au projet Bretagne à Grande Vitesse avec à terme Quimper et Brest à près de trois heures de Paris et le très haut débit, outil incontournable. Et puis nous devons dire haut et fort que le Finistère est une terre d’innovation économique et sociale. La marque « Tout commence en Finistère » représente la fierté de ce que nous sommes, d’être un territoire accueillant et qui doit être de plus en plus attractif. Comment accompagne-t-il la mutation des filières économiques ? L’agriculture et l’agroalimentaire sont à nouveau confrontées à des crises importantes. Les productions avicoles, porcines, laitières, légumières sont touchées de plein fouet. Le Conseil général, dans ce contexte, est un des acteurs publics qui peut concourir à leur soutien, à leur restructuration. Mais chacun sait que toute l’énergie des pouvoirs publics ne remplacera jamais la nécessité des acteurs de se fédérer, à construire une véritable filière, du champ à l’assiette. Aujourd’hui chacun se renvoie la responsabilité de la situation, dont les premières victimes sont les agriculteurs. Une autre chose est sûre : l’Europe doit mettre un terme aux concurrences déloyales notamment sociales. Mais heureusement que dans ces secteurs l’innovation est aussi quotidienne. Prenez les pôles de compétitivité Mer et Valorial dont les projets sont aujourd’hui créateurs d’emplois et de valeur ajoutée. Et puis nous préparons l’avenir en soutenant le développement des projets liés aux énergies marines, à l’économie décarbonée, aux réseaux intelligents, aux biotechnologies vertes et bleues, et en accompagnant les PME et les TPE dans leur accès aux crédits bancaires au travers des plateformes d’initiatives locales. Comment le Conseil général soutient-il les emplois d’aujourd’hui et de demain ? On assiste à une fragilisation continue du système productif et à une dégradation très forte de l’emploi. Si la politique de l’accès à l’emploi ne relève pas du Conseil général mais de l’État et de Pôle emploi, l’insertion des publics en difficulté, bénéficiaires des minimas sociaux, relève bien de notre responsabilité. Grâce aux “équipes emploi” notamment, le Conseil général prospecte des offres d’emplois auprès des acteurs économiques. En 2012, nous avons permis la signature de 454 contrats de travail à durée déterminée, et 183 en CDI. Nous sollicitons également les entreprises, dans le cadre de l’activation des clauses d’insertion dans nos marchés publics, et réservons une part des heures de travail obtenues en faveur des publics prioritaires. D’autres dispositifs existent comme les contrats aidés, un millier par an, ou les chantiers et ateliers d’insertion. Mais nous le savons, la clef d’un retour vers l’emploi durable passe par la formation. C’est pourquoi nous travaillons avec le Conseil régional de Bretagne, dont c’est la responsabilité. n°129

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enjeux

Accéder à l’emploi

Accompagner les personnes en difficulté Une priorité du Conseil général est de renforcer l’accompagnement des publics éloignés du travail et de construire des parcours d’insertion, dans le cadre du nouveau pacte territorial d’insertion 2013-2015. Le budget consacré à la politique d’insertion s’élève à 89 millions d’euros.

Équipes emploi

Du recrutement durable et sur-mesure

«

Mettre en relation une entreprise et un demandeur d’emploi, rapprocher l’offre et la demande : telle est notre mission », résument Valérie Tinel et Solenne Ollivier, d’Action territoriale pour l’insertion, la formation et l’emploi (ACTIFE). Elles forment l'une des douze équipes emploi du Finistère mises en place par le Conseil général, qui proposent un appui de proximité original et personnalisé aux demandeurs d’emploi longue durée ou bénéficiaires du RSA. Une coopération qui fait ses preuves. « La méthode s’appelle Intervention sur l’offre et la demande (IOD), expliquent les deux chargées de relation des communautés de communes du Haut Pays Bigouden, du Pays Bigouden Sud, du Cap-Sizun et Douarnenez Communauté. Nous nous appuyons sur les entreprises du territoire, dont nous connaissons bien le fonctionnement et leurs dirigeants. Ceux-ci sont réceptifs, on leur facilite le recrutement. Un exemple : même sans besoins particuliers, ils s’investissent dans des tables rondes avec des demandeurs d’em-

ploi, qui eux-mêmes gagnent ainsi en confiance. On rencontre les demandeurs d’emploi tous les quinze jours, on les amène à mettre en valeur des compétences transférables. Il faut une certaine ouverture d’esprit pour, parfois, viser un emploi différent des précédents ! Avec IOD, pas de CV, de lettre de motivation ni de concurrence. L’équipe emploi propose une mise en relation directement sur le poste de travail susceptible de convenir à la personne. Tout est anticipé. Il s’agit surtout d’emplois du marché “caché” (non diffusé par Pôle emploi) et durables (au moins six mois). Nous restons au côté du salarié pendant six mois. » Bilan sur le département : 80 % de recrutements réussis, 1 000 entreprises partenaires, de la TPE à la PME. ACTIFE est présente sur la Cornouaille ; par ailleurs, les équipes emploi sont portées par des structures telles que le Greta, le Plan local pour l’insertion et l’emploi (PLIE) de Brest… n

Plus de 1 000 contrats aidés

1058 personnes accompagnées par les équipes emploi en 2012, 454 amenées au travail et 183 en emploi durable.

Le Conseil général s’engage à financer plus de 1 000 contrats aidés sur le département en 2013, en cofinancement avec l’État. Des aides sont accordées aux entreprises qui embauchent, par exemple dans le cadre de contrats d’accompagnement dans l’emploi (1 222 en 2012 dans le secteur non-marchand : collectivités, associations…), et de contrats initiative-emploi (43 dans le secteur marchand en 2012). Sur une année comme 2012, plus de 600 personnes sont embauchées et travaillent sur des chantiers d’insertion (entretien paysager, tri, bâtiment…), sans compter les permanents qui encadrent et accompagnent ces équipes. Les entreprises d’insertion, les associations intermédiaires, l’intérim d’insertion, toutes ces structures assurent aussi sur le Finistère leur part du travail de réinsertion des personnes qui en ont besoin.

b Solenne Ollivier (à gauche) et Valérie Tinel, d’Action territoriale pour l’insertion, la formation et l’emploi (ACTIFE)

Mise en route du contrat de génération Il vise à maintenir dans

l’emploi ou à recruter des seniors, qui transmettent compétences et savoirfaire, et à employer des jeunes en CDI. Il concerne toutes les entreprises, même les individuelles.

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Les clauses d’insertion

Des résultats concrets

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omment favoriser le retour à l’emploi des personnes les plus éloignées de l’activité professionnelle  ? L’un des moyens choisis par le Conseil général du Finistère, précurseur dès 2006 dans ce domaine avec BMO et la ville de Brest, est l’introduction de clauses sociales dans ses marchés, en réservant au minimum 5 % de temps de travail à l’insertion. Les résultats sont très positifs. En 2012, on a compté 300 bénéficiaires, près de 80 équivalents temps pleins et un tiers de contrats de plus de 6 mois, tous maîtres d’ouvrage confondus. La clause d’insertion sera même, à comp-

ter du 1 er juillet 2013, une condition pour les subventions départementales d’investissement. « Aujourd’hui, on fait appel à la plateforme clause d’insertion spontanément, constate Kaoutar Ghazi, chef de projet clause d’insertion à la Maison de l’emploi et de la formation du Pays de Brest. Nous sommes l’interface entre une vingtaine de donneurs d’ordres, tels le Conseil général, des villes, des communautés de communes, BMO, le Service départemental d’incendie et de secours du Finistère, les acteurs locaux de l’insertion et de l’emploi et 200 entreprises. Celles-ci font preuve

de “responsabilité sociale”, elles jouent le jeu de l’emploi durable. C’est ainsi que des personnes remettent le pied à l’étrier, réussissent de vrais parcours vers l’emploi. Les secteurs d’activité : à 80 % le bâtiment et les travaux publics, avec des métiers comme maçons, coffreurs-bancheurs. Plusieurs conducteurs de car ont également été recrutés. » Mickaëlle Jaouen, coordinatrice de la plateforme départementale, évoque la volonté de favoriser l’égalité professionnelle : « On cherche à élargir le recours aux clauses dans d’autres secteurs d’activité, notamment dans les services. » n

Une priorité : les jeunes

La crise économique frappe particulièrement les jeunes : 5 930 moins de 25 ans étaient demandeurs d’emploi en octobre 2012, soit 15 % de la totalité des demandeurs finistériens (avec une augmentation de 17,2 % sur un an). Afin de favoriser leur accès à l’autonomie, le Conseil général déploie un ensemble de dispositifs et d’aides.

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Le dispositif Avenir Jeunes 29

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l vise à valoriser et impliquer les jeunes, à susciter et soutenir leurs initiatives. En cas de ressources modestes et de difficultés sociales constituant un frein à l’insertion, il leur attribue des aides, souvent associées à un accompagnement social et professionnel assuré par les Missions locales. AJ 29 (1 million d’euros de budget prévus en 2013) compte trois types d’aides : – Les aides ponctuelles, aides financières, de subsistance et/ou d’urgence (alimentaire ou logement). Elles sont accordées pour éviter l’exclusion de la personne. 1 153 jeunes en ont bénéficié au 30 novembre 2012.

– Les aides pour le passage du permis de conduire sont accordées dans le cadre de projets professionnels, pour favoriser la mobilité. Au 8 novembre 2012, 318 jeunes en avaient bénéficié. Des aides concernant également l’acquisition ou la réparation de véhicules sont allouées. – L’allocation projet-jeune, qui s’inscrit en soutien à un parcours d’accès à l’emploi ou à la formation professionnelle, permet aux jeunes d’éviter la recherche d’aides ponctuelles à répétition, sur une durée pouvant aller jusqu’à 9 mois. Au 8 novembre 2012, elle a été accordée à 1 078 jeunes. n

Le partenariat avec les Missions locales

Pour mobiliser les 16-25 ans sur un projet, leur permettre l’accès à la formation et à l’emploi durable, le Conseil général s'appuie sur les quatre Missions locales finistériennes. Elles ont de larges réseaux d’entreprises partenaires, qui permettent de proposer des périodes d’immersion aux jeunes, ou d’être parrainés. Elles mettent en œuvre des projets communs avec Pôle emploi. En lien avec des structures d’insertion, elles apportent une réponse alternative en cas de difficultés dans le parcours d’accès à l’emploi. Les Missions locales ont accompagné l’année dernière près de 15 000 jeunes, dont environ les deux tiers avaient un niveau de formation égal ou inférieur au CAP-BEP. Environ 14 % ont accédé à une formation, 33 % à un emploi.

L e s emploi s d ’avenir en bonne voie L’objectif de

653 contrats d’avenir (16-25 ans sans emploi) pour le Finistère en 2013 devrait être atteint. En effet, au 28 février, on enregistrait 377 intentions d’embauche et 83 embauches étaient signées. S’y ajoute l’engagement du Conseil général pour 70 emplois (collèges, services techniques…).

Vous dirigez, créez ou reprenez une entreprise ? Vous avez un projet de création et de développement d’activités dans tous les domaines (pêche, agriculture, agroalimentaire, artisanat, nautisme, tourisme…) ? Le Conseil général peut vous donner un coup de pouce financier ! Vous êtes un particulier et vous souhaitez accéder à des aides sociales ou des aides au projet : c’est possible ! Toutes les informations pratiques et les contacts pour bénéficier de ces aides sur www.cg29.fr, rubrique “Economie” et “Insertion”. n°129

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Penn-ar-Bed n°129 dossier économie et emploi