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magazine


Comment une histoire peut-elle éveiller les sens des lecteurs ?

Votre histoire. Plus intense sur papier Sappi. Vous tenez ce magazine dans vos mains parce que vous aimez sa qualité et son impact visuel. Alors, vous pouvez compter sur le savoir-faire de Graphius Groupe. Et nous aussi. Sappi a trouvé en Graphius Groupe un partenaire fiable, engagé et de qualité. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que le papier ait un impact et que vos communications imprimées dépassent vos espérances.

www.sappi.com


CONTENU

12 Dixie Dansercoer Pionnier des deux pôles

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« Une proposition qui ne se refuse pas »

04 Tête de pont à Bruxelles

Marie-Jo Lafontaine

Entretien avec Luc Roesems

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Daniël Ost

Art vivant

22 Grand Prix du Zoute 33

Ancêtres et bolides

18 Les dix ans de DAMn° Siegrid Demyttenaere regarde en arrière et vers l'avenir

Livresentrées & à gagner

Nous offrons à nos lecteurs la possibilité de gagner un des livres présentés dans ce magazine ! Allez sur la page www.graphius.com/competition pour tenter de remporter un des nombreux livres, catalogues, billets d’entrée et même de la bière belge.

Spécialiste des étiquettes Présentation Etiglia

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Stageco From Werchter To The World

Photo couverture © Polar Circles / Dixie Dansercoer

COLOPHONE : Members of Graphius Group : Geers Offset, New Goff, Sintjoris, Druk In De Weer, De Duurzame Drukker, Deckers Snoeck, Boone-Roosens et Etiglia. Éditeur responsable : Denis Geers, Eekhoutdriesstraat 67, 9041 Gand, Belgique. Abonnements : vous pouvez vous abonner gratuitement à l’adresse magazine@graphius.com. Graphius, Eekhoutdriesstraat 67, 9041 Gand, Belgique. Tél. +32 (0)9 218 08 41. info@graphius.com, www.graphius.com Imprimé avec des encres bio-végétales sur un Heidelberg XL 106-10 couleurs avec une trame hybride 250 lpi. Mise sous film biodégradable.


LIVRES

ces détails qui font le livre KOLENIK Eco Chic Design Le designer néerlandais Robert Kolenik vient de signer un nouveau coup d’éclat avec un îlot de cuisine composé d’un énorme aquarium surmonté d’un plan de travail en marbre, un jardin vertical dans le séjour, un mur flottant doté d’un feu ouvert en son centre. Même la couverture de son album photo est exceptionnelle puisque les lettres y sont découpées au laser. Éditeur TerraLannoo, 196 pages

AMANIA MO Le catalogue de présentation de la mode hiver brille comme une pépite d’or. La structure du papier et l’impression en font une brochure brillante au sens littéral du mot. Cette même précision et cette même maîtrise des couleurs, vous les retrouvez dans la collection hiver. Un défi pour tous les imprimeurs. www.amaniamo.be

MANUFACTURE D’ORGUES Thomas Si vous êtes de ceux qui pensaient que les orgues d’églises appartiennent à un passé révolu, jetez donc un coup d’œil sur le coffret Thomas. Depuis 50 ans déjà, la manufacture d’orgues Thomas de Ster-Francorchamps construit et rénove des orgues d’églises en Belgique et à l’étranger. Ces 263 orgues remplissent pas moins de trois tomes réunis dans un joli coffret. www.orgues-thomas.com

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LA GRANDE GUERRE EN COULEUR Entre 1914 et 1918, l’Europe s’est déchirée dans le conflit le plus meurtrier de son histoire. Cette guerre, les acteurs ne l’ont pas vécue en noir et blanc mais il existe peu de photographies en couleur de l’époque. Spécialiste de la colorisation de photos anciennes, Alain D’Amato, a décidé de redonner de l’éclat à des clichés de la Grande Guerre et de les regrouper dans un livre. 1914-1918 Les hommes, les mots, la guerre, Alain D’Amato,

BIGBOOK

Editions Aldacom, 224 pages

Brussels Bigbook Brussels est parfaitement conforme à ce que son titre laisse entendre : une publication grand format, proche de l’A3. Autant dire qu’elle prend beaucoup de place sur votre table de salon. Édité par The News & Modern Editions, ce magazine lifestyle se présente comme « le magazine officiel de la qualité belge et des insiders belges ».

LES RECETTES de Nespresso N’utilisez jamais le terme réducteur « café » pour désigner le contenu de la tasse dont vous aimez vous délecter. Le petit café pour se remonter le moral, c’est tellement dépassé. Nespresso a fait de la préparation du café tout un art. Un Espresso Macchiato Spéculoos ? Un café vanille glacé ? Ce livre de recettes de l’agence de publicité ACT* transforme chaque amateur en barista. Même les amateurs de cocktails y trouvent leur compte puisque Nespresso leur propose un café caïpirinha !

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entretien avec Luc Roesems

Tête de pont

à Bruxelles

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Pour Luc Roesems, l’impression est à la communication ce que le disque vinyle est à l’industrie de la musique, avec des tirages limités, mais absolument incontournables dans le segment « luxe ». La niche des fins connaisseurs, si vous voulez. « À ce marché, nous offrons une qualité hors norme », explique Luc. Pour prouver ses dires, il sort quelques brochures étincelantes pour des grandes marques du secteur automobile. « Ce magazine, que nous imprimons pour un distributeur Aston Martin, nous a fait remporter l’an passé le Grafisch Nieuws Excellence Award décerné par Knack dans la catégorie des magazines d’entreprises et de clients. Observez la netteté des photos. Nous travaillons avec un logiciel spécial et une trame de 300, là où la plupart des imprimeurs ne vont pas au-delà de 175. La finesse de la trame permet d’imprimer des photos d’une précision réellement impressionnante. L’éclat du gris métallisé de la couverture rappelle la couleur de l’Aston Martin de Daniel Craig dans les films de James Bond. Rien que le meilleur pour 007. » (rit) Boone-Roosens imprime aussi des brochures pour Lexus. Là aussi, il s’agit d’un travail d’impression haut de gamme. Luc Roesems : « Nous apportons les corrections de couleur sur l’épreuve des photos avant de lancer l’impression proprement dite. Les produits de luxe sont une des niches dans lesquelles nous voulons faire la différence. »

Proche des clients En tant que petit-fils et fils d’imprimeurs, Luc Roesems connaît le monde de l’imprimerie comme sa poche. Boone-Roosens est une imprimerie fondée en 1918 sous la tour de l’église de Ruisbroek et qui avait déménagé en 1995 vers un nouveau bâtiment dans le zoning industriel de Lot à Beersel. En 2012, Luc Roesems a donné une nouvelle impulsion à cette entreprise en investissant dans l’automatisation et les applications web. En 2013, il pose les premiers jalons pour imprimer des étiquettes à colle humide sur les bouteilles (voir aussi p. 33). Boone-Roosens a récemment rejoint le groupe Graphius qui réunit six imprimeries de Flandre orientale sur un même site de production à Gand. Boone-Roosens va-t-il également déménager vers ce site ? Luc Roesems  : «  Bien au contraire. Nous sommes idéalement situés pour nos clients. Nous visons traditionnellement les marchés bruxellois et wallon. Pour beaucoup d’entreprises de cette région, Gand est au bout du monde. C’est du moins l’impression qu’ils ont. Nous devenons donc un deuxième site de production du groupe, idéalement situé par rapport au centre et au sud de la Belgique. Notre nom, notre équipe et notre approche commerciale restent les mêmes. Un de nos points forts est que notre équipe de commerciaux travaille en français et en néerlandais et que cela fait des années que nous collaborons avec des entreprises bruxelloises et wallonnes. » En même temps, Boone-Roosens profitera des avantages liés au fait de travailler au sein d’un groupe plus grand qui déploie ses activités à l’échelon international. L’alliance avec le groupe Graphius permet aussi d’acheter à des prix avantageux. Luc Roesems : « Grâce au groupe, il devient aussi possible de continuer à investir dans les nouvelles technologies. Enfin, cela nous permet d’enfin engager des nouveaux collaborateurs et de les former. Sans grandir, impossible de survivre. »

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entretien

Luc Roesems reconnaît que les « petits  » acteurs peuvent difficilement assumer seuls la charge de ce genre d’investissements. « Notre adhésion au groupe s’inscrit dans une vague plus large de consolidation de l’industrie graphique en Belgique. Par tradition, nous sommes un pays caractérisé par une mosaïque d’imprimeries familiales. En quelques années, ce paysage a été complètement chamboulé. Beaucoup d’entreprises familiales ont disparu. La plupart d’entre elles ne parviennent plus à faire les investissements nécessaires qui représentent des sommes considérables. Il ne restera bientôt plus que quelques grands groupes qui ont la capacité d’investir et de tenir tête à la concurrence étrangère. »

Commander au moyen d’une application web Dans un futur proche, Boone-Roosens veut continuer à miser sur quelques niches spécifiques. Les clients ont déjà la possibilité de commander des travaux d’impression via un site portail sur le web. Luc Roesems : « Nous imprimons les modes d’emploi et les supports promotionnels d’un client et nous les conservons dans notre entrepôt. Nous connaissons l’état des stocks exact du client étant donné que c’est nous qui assurons l’impression et le stockage. Le client ou son représentant peut alors nous indiquer en ligne les quantités à livrer ainsi que l’adresse et la date de livraison. Nous faisons alors aussitôt appel à une entreprise de courrier pour effectuer la livraison. » L’étape suivante dans le service numérique sera une application web permettant aux clients de télécharger la présentation d’un document à imprimer (affiche, dépliant, magazine …) et d’en commander un certain tirage. « Un peu comme les particuliers font développer des photos en ligne. Ce genre d’initiative doit être déployé à l’échelon européen – la Belgique est trop petite pour cela. Graphius s’y intéresse depuis plusieurs années et nous aussi développons maintenant une nouvelle application. » Il y a aussi des projets qui concernent d’autres marchés de niche. Nous essayons de lui tirer les vers du nez, mais Luc nous mime une tirette imaginaire l’empêchant de remuer les lèvres. « Je ne peux rien dire. (rit) Mais nous avons de grands projets avec le groupe Graphius. Nous pourrons en dire plus d’ici six mois. » D’une manière générale, Luc Roesems est assez positif concernant l’avenir du papier. « Certaines entreprises ont décidé il y a quelques années de ne plus rien imprimer. Je pense que c’est une erreur. Même les jeunes de la génération numérique, qui passent le plus clair de leur temps sur Facebook ou Snapchat, ignorent les publicités qui apparaissent sur leur écran. Ou la publicité les agace. Prenezvous encore la peine de lire des courriels à caractère commercial, à supposer qu’ils franchissent votre filtre antispam ? Lisez-vous les annonces sur un site web ? En revanche, je trouve qu’une publicité dans un beau magazine, c’est quelque chose qui attire le regard. Peut-être inconsciemment, mais quand même. Bon nombre d’entreprises sont revenus sur leur décision d’arrêter toute impression. Le papier va survivre, mais sous une forme autre qu’auparavant : en complément des contenus en ligne et en plus petits tirages, mais avec plus de valeur ajoutée. Et vous savez ce que j’aimerais voir revenir ? Les modes d’emploi sur papier. Vous n’avez pas idée de l’argent que nous dépensons en cartouches pour imprimer nous-mêmes nos manuels d’utilisation … »

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« Nous sommes la tête de pont pour Bruxelles et la Wallonie. » Luc Roesems


reportage

Contrariété ! Contrariété ! Les feuilles tombées du bambou sur sa terrasse et la manière dont nous traitons les réfugiés sur notre frontière orientale. Contrariété ! Pour ce qui est du bambou, Marie-Jo Lafontaine maîtrise la situation (« Ils doivent dégager de ma terrasse, un point c’est tout »). Pour ce qui est du flot de réfugiés en revanche, elle n’a guère de prise sur la question et cette contrariété transparaît dans sa dernière série de toiles. La partie du loft de Marie-Jo Lafontaine utilisée comme logement regorge d’oeuvres d’art, jusque dans la cuisine. Vous n’y trouverez aucune de ses œuvres, mais bien celles d’artistes comme José María Sicilia. Pour voir ses toiles et ses photos, il faut se rendre dans l’atelier voisin, un espace étonnamment clean aux grandes fenêtres qui laissent entrer généreusement la lumière du soleil. Sur la première table, une maquette de la galerie Pieters de Knokke où elle elle expose des œuvres entièrement nouvelles. Les murs blancs de la galerie ont été minutieusement reproduits et sont ornés, comme une maison de marionnettes, de minuscules cadres d’à peine 2 cm avec ses peintures. Cette maquette lui donne une idée assez précise de ce à quoi ressemblera l’exposition finale. Les véritables toiles sont placées dans un cadre noir et appuyées les unes contre les autres à l’arrière de l’atelier. « L’exposition présentera pour l’essentiel des oeuvres nouvelles qui vont dans une direction radicalement différente.

Fini les photos et les vidéos, je reviens à la peinture. » Pour des oeuvres signées Lafontaine, les peintures sont assez petites et ne font qu’une trentaine de centimètres de haut, ce qui est nettement moins que ses photos qui couvraient des murs entiers et atteignaient facilement les deux mètres. Chacun des cadres se compose de deux peintures carrées abstraites. «  Les deux peintures représentent deux mondes à la rencontre l’un de l’autre, ce qui crée automatiquement une ligne, une frontière. L’inspiration lui est venue du flux incessant de réfugiés et de ma contrariété par rapport à la manière dont on les traite. » L’oeuvre de Marie-Jo Lafontaine est Marie-Jo Lafontaine. Belle, attirante, charmante, mais si vous prenez la peine d’y regarder à deux fois, vous apercevrez une ombre, son côté sombre. Les paysages de fleurs montrent aussi le déclin. Les photos d’hommes d’affaires affublés de masques d’animaux (comme dans les fables de son homonyme Jean de la Fontaine) ont un petit côté sinistre. Les photos d’enfants en noir et blanc,

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Troubled waters, 2013 (monochrome & photo, 195 x 120 cm)

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reportage

fragiles et charmantes en apparence, vous font d’abord sourire jusqu’à ce que vous lisiez dans leurs yeux qu’ils seront bientôt adultes et qu’ils feront toutes ces choses, bonnes et mauvaises, que font les adultes. Parallèlement à ses toiles, elle prépare aussi, en collaboration avec le musée Flagey de Bruxelles, une nouvelle installation vidéo qui aura pour thème la musique et Bruxelles comme décor. Une initiative de grande

envergure, avec des dizaines de musiciens de tous les genres, de la rumba au hip-hop.

Pionnier vidéaste Née en 1950, Marie-Jo Lafontaine a acquis une renommée internationale grâce à son art vidéo, discipline qui n’en était encore alors qu’à ses tout débuts. Elle avait alors dû se battre contre les valeurs établies du monde artistique pour obtenir une reconnaissance et

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être prise au sérieux. Sa vidéo ‘Larmes d’acier’, présentée à Kassel en 1987, lors de la grandmesse quinquennale de l’art moderne, a ouvert la voie à toute une génération d’artistes vidéastes. Contrariée - tiens, revoilà encore ce mot - par les canons de beauté et la mode du fitness qui faisait rage à cette période, Marie-Jo Lafontaine montra un bodybuilder sur plusieurs écrans de télévision, dans une installation qui est elle-même une oeuvre d’art.


C’était une oeuvre de pionnier qui cause actuellement beaucoup de soucis aux musées qui veulent présenter ses premières oeuvres vidéo. « Les téléviseurs que j’ai utilisés à l’époque, on ne les trouve plus. J’ai fait venir de Chine les derniers exemplaires qui ont été fabriqués. S’ils tombent en panne, les musées qui veulent présenter mon oeuvre seront confrontés à un problème de taille. » Le musée gantois d’art contemporain (SMAK) est actuellement aux prises avec un dilemme de ce genre. La solution : l’installation sera légèrement adaptée aux écrans plats d’aujourd’hui.

Au palais

Banana kisses and ­frozen margaritas, 2003 (monochrome & photos)

La plupart des photographes de renom rentabilisent leur nom en réalisant des commandes de portraits. Un portrait de studio pour l’anniversaire d’une fille, ou même un portrait de son poney … Marie-Jo Lafontaine préfère photographier les modèles de son choix. Il y a pourtant une exception célèbre. «  Oui, je sais. Mais c’était une demande que je ne pouvais pas refuser. Quand on vous demande de faire le portrait en pied du nouveau Roi et de la nouvelle Reine, vous n’avez en fait pas le choix. Vous êtes forcé d’accepter. » Ces photos sont aujourd’hui son oeuvre la plus diffusée. Elles sont présentes dans

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chaque maison communale et dans chaque tribunal. « Contrairement à ce que faisaient mes prédécesseurs, je n’ai pas photographié le couple royal dans son palais qui est rempli de lustres et de dorures en tous genres. Cela ne m’inspirait pas. Jusqu’à ce que je sorte par hasard et que je découvre une rotonde avec la capitale à l’arrière-plan. Et c’est devenu le décor de la photo : le Roi et la Reine devant leur royaume. » Le contraste ne saurait être plus grand entre le portrait en pied de la reine Mathilde (dans une robe bleue assez sobre, avec ruban violet orné de décorations et une tiare) et une récente série de photos à taille réelle d’une femme nue pendante. Marie-Jo Lafontaine  : «  C’est une série de nus féminins. Hors cadre, elles se tiennent à une poutre. Comme elles sont suspendues, leur attitude est tout autre. Cela donne une image forte sur la perte de contrôle. En fait, que ces oeuvres se vendent ou pas, cela n’a absolument aucune importance. Les images s’imposent à moi. Mon critère de sélection consiste ensuite à me demander si cette image restera dans l’histoire de l’art. Si la réponse est négative, je m’en débarrasse. » www.guypietersgallery.com


Dixie Dansercoer Dansercoer :

Survivre

en lâchant prise

Il n’y a que quatre personnes qui ont un jour réussi à traverser tant l’océan arctique que le continent antarctique. Le visage de Dixie Dansercoer est gravé pour l’éternité dans la pierre du Mont Rushmore des expéditions polaires. Son secret ? La sérénité de s’en remettre aux circonstances. « Dans les régions polaires, vous ne pouvez pas vous manifester en tant qu’élément externe. Vous devez être en symbiose avec la nature. »

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dire que le choix de cette personne est un choix important. Je me fie à mon instinct pour choisir ce partenaire. Je vérifie ce qu’il a déjà réalisé, si c’est une personne humble et si elle est de bonne composition dans les situations difficiles. En fin de compte, on passe énormément de temps ensemble. À l’âge de 18 ans, Dirk Dansercoer part aux États-Unis dans le cadre d’un programme de développement. Là-bas, il apprend une leçon qui changera sa vie à tout jamais : « Ce n’était pas l’Amérique dont j’avais rêvé. J’avais l’ambition de devenir bassiste. Avec mes cheveux longs et mes boucles d’oreilles, je me prenais pour un vrai rocker. Music was my first love. Puis je me suis retrouvé dans l’État conservateur de l’Idaho, dans une famille d’accueil que je devais accompagner à la messe trois fois par semaine. Avec le recul, c’est là que j’ai appris à être flexible, à accepter ce qui n’est pas parfait, à être ouvert à des expériences nouvelles et à lâcher prise au lieu de forcer. Parvenir à lâcher prise est une qualité précieuse, surtout face à Mère Nature, qui est toujours la plus forte, car vous n’êtes rien de plus qu’une tête d’épingle perdue dans une immensité gigantesque de neige et de glace. » Cette période vous a aussi laissé un autre souvenir. Mon frère d’accueil en Idaho, qui était un type branché et jovial, trouvait important que je m’intègre bien à l’école. La dernière année au collègue : either you’re in or you’re out. Il trouvait que Dirk rimait trop facilement avec « jerk » et il décida donc de transformer mon nom en Dixie. Mes amis ont accueilli ce nom avec enthousiasme. Ma famille proche m’appelle encore toujours Dirk et cela ne me dérange pas. Ce n’est pas un nom que je revendique à tout prix, c’est venu naturellement. Le Groenland est votre dernière grande expédition en date. En effet. Sam Deltour et moi-même avons fait en 2014 la suite de notre expédition de trois ans auparavant, toujours dans le même but de prouver qu’il est possible de commencer et de terminer au même endroit une expédition autour des grandes calottes glaciaires. Je voulais prouver que l’effet de Coriolis et la rotation de la Terre nous permettraient de boucler un trajet circulaire. Cette expédition couronnée de succès nous a valu deux records du monde. C’est super parce que cela prouve que l’on peut toujours être pionnier dans son secteur. Même si tous les territoires ont été explorés et cartographiés, on parvient encore à être le premier à mener à bien une telle mission. Vous voyagez toujours avec un partenaire ? C’est une promesse que j’ai faite aux personnes qui me sont chères. Quand vous êtes à deux, vous diminuez les risques de moitié. Vous dépendez entièrement de cette personne, autant

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Que faites-vous dans une tente, lorsqu’il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre ? Dans ces moments-là, la musique reste un véritable pilier : on écoute d’une manière beaucoup plus analytique et plus intense. Cela vaut également pour la littérature. De nos jours, vous pouvez stocker des centaines de livres dans une liseuse électronique. C’est un gain de poids qui compte. À mes débuts, on découpait la couverture des livres et les pages inutiles du début, aujourd’hui cela n’est plus nécessaire. Quel est l’objet de votre quête ? Pour être honnête, je dois reconnaître que ce qui m’anime, c’est l’ambition personnelle et le goût de la découverte, comme souvent chez les pionniers. Je n’ai aucune envie d’imiter les autres en essayant d’améliorer leur temps. M’aventurer dans l’inconnu, voilà ce qui compte pour moi. C’est encore possible de nos jours, malgré Google, toutes les cartes et les satellites. Vous devez faire face à la difficulté, au danger et à la monotonie. Loin de notre société qui vise toujours plus de luxe et de sécurité. Tout cela n’est qu’une grande illusion. Cela ne m’intéresse pas. Trouvez-vous vos contemporains soft ? Certainement pas, mais la société nous pousse dans cette direction. Au fond de nous-mêmes, nous sommes toujours les survivants qui, en cas de difficulté, doivent se débrouiller avec ce qu’ils ont sous la main. Nous avons pourtant un potentiel énorme. Mais il n’est plus possible de trouver une TV avec des boutons qui vous forcent à vous lever pour changer de poste ou monter le son. Tout devient plus facile et cela n’est pas sans conséquence. Pensez à des problèmes comme l’obésité chez les enfants et le diabète. Je préfère voir les gens bouger. Vous avez déjà utilisé plusieurs fois le mot pionnier. Être le premier à faire quelque chose, d’où vous vient ce besoin viscéral ? C’est une dimension supplémentaire à la curiosité, à l’apprentissage permanent. Les pionniers s’inscrivent dans le droit fil des entrepreneurs, avec la volonté de construire une structure dans laquelle vous voulez faire la différence. Non pas imiter ce que fait la concurrence, mais créer une nouvelle vision qui définira l’avenir. À la fin de ma carrière ou de ma vie, je veux pouvoir regarder dans le rétroviseur et me dire que j’ai servi à quelque chose.


Comment en arrive-t-on à se dire un jour : « Maman, je vais jusqu’au Pôle Nord et je reviens ! » (rit) Comme mes autres passions dans la vie, celle-là a grandi progressivement. Je me suis toujours maintenu en forme et j’ai relevé des défis pour connaître les limites de mon corps. Une fois que je les ai connues, j’ai voulu explorer les limites de la matière grise. J’ai combiné

de perdre ma joue, mais grâce à ce produit miracle qu’est l’aloe vera, l’engelure fut guérie en deux semaines à peine. Avez-vous peur qu’une expédition se termine mal ? Il faut toujours avoir une saine dose de peur. Je suis un décideur très conservateur. Il y a une ligne rouge que vous ne pouvez

« Ce qui m’anime, c’est l’ambition personnelle et le goût de la découverte. M’aventurer dans l’inconnu, voilà ce qui compte pour moi. » les deux et je suis passé du sport à l’aventure, au camping, au mountainbike, à l’escalade, à l’escalade sur glace, à l’alpinisme et soudain, il y a eu la confrontation avec une calotte glaciaire. C’est un coup de foudre, une maladie dont on ne guérit jamais. Dans ce monde étranger, il arrive de se planter, mais on apprend les leçons de ses erreurs et l’on progresse peu à peu jusqu’à devenir un expert. Cet apprentissage peut être dur. Vous avez eu un jour la joue gelée au cours d’une expédition. J’étais très en colère sur moi-même. Je me targuais de ne jamais avoir eu d’engelures parce que je gérai la chose d’une manière presque militaire. Par un jour de grand froid et de vent glacial, il s’est formé à l’intérieur de mon masque une fine couche de glace qui est entrée en contact avec ma joue sans que je m’en rende compte. Après quelques heures, ma joue était gelée. J’ai eu peur

jamais franchir. Mais je ne suis pas vraiment tenaillé par la peur. L’avantage des expéditions polaires, c’est qu’elles sont relativement sûres. Il y a peu de victimes. Un mort tous les cinq ans, c’est heureusement fort peu. L’alpinisme fait des milliers de morts par an. Si vous restez vigilants, une expédition polaire est relativement sûre. Quel est votre plus grand ennemi sur la glace ? L’humidité qui peut se manifester de plusieurs manières. En fait, vous ne pouvez pas transpirer dans le froid parce que la transpiration va se nicher dans l’isolation de vos vêtements. Quand vous cuisinez, il y a aussi beaucoup d’humidité qu’il faut évacuer de l’intérieur de votre tente. Et puis, il y a la neige et l’eau que vous devez empêcher d’entrer. Pas uniquement pour nous, car cela risquerait de nous plonger en état d’hypothermie, mais aussi pour notre matériel qui risquerait d’être endommagé.

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L’être humain n’est pas fait pour vivre dans de telles températures. Ressentez-vous le besoin de vaincre la nature, de vous dépasser vous-même ? Cela fait déjà bien longtemps que d’autres ont prouvé qu’il est possible de vaincre ces conditions de manière temporaire. Ce n’est donc pas ce qui m’anime. Mais la confrontation physique avec cette nature sauvage est terriblement régénérante. Les pôles sont-ils votre deuxième maison ? Je pense pouvoir le revendiquer. Je m’y sens tout à fait à l’aise, c’est mon habitat artificiel. Il ne faut pas avoir l’illusion que l’on puisse y habiter, mais j’en connais parfaitement les moindres finesses. C’est cette profondeur qui est déterminante pour moi. Vous vous sentez vraiment en communion avec la nature. Absolument, j’y vis un peu comme un animal constamment sur ses gardes. Les dangers, le vent, le soleil, les créations de la glace, le tapis de neige, l’humidité … Tous ces facteurs déterminent comment je me comporte dans cet habitat étranger. Si vous l’acceptez en lâchant prise, tout est beaucoup plus facile que si vous résistez. Quand subitement la météo redevient plus clémente et que le vent se couche, vous avez l’impression que la nature déroule devant vous le tapis rouge et que ce monde vous appartient. Ce sont des moments de pure jouissance ? Quand tout va bien, vous vivez des moments d’euphorie que vous stockez dans la carte-mémoire de votre appareil photo. Quand vous êtes coincé dans les bouchons ou que vous avez une pile de vingt dossiers à traiter, il est bon de s’arrêter pour repasser ces photos en


revue. Ces instantanés, vous ne les prenez pas uniquement en photo, ces images restent gravées à jamais dans votre mémoire. Pouvez-vous encore goûter aux joies du tourisme comme les gens normaux ? Que je le veuille ou non, je dois aussi faire la file comme tout le monde. Je ne me révolte pas contre tout ce que je juge négatif. Je n’ai aucun problème avec le tourisme de masse. Comme vous réunissez tout le monde en certains endroits, c’est même écologiquement justifié. Mais cela n’est pas pour moi. L’Antarctique est un continent à part entière. L’Arctique est un océan gelé. Quelle est la différence lorsque l’on traverse ces régions ? En Antarctique, la couche de glace a une épaisseur de quatre mille mètres. Ce continent est donc très stable. La glace qui flotte sur l’océan Arctique a une épaisseur de deux ou trois mètres, à peine une pellicule. Il y règne une plus grande diversité de faune et de mouvements de la glace, sous l’effet de la lune et des marées. Tout cela ainsi que l’humidité rendent les choses beaucoup plus difficiles. Il faut être d’une vigilance de tous les instants, car l’Arctique est beaucoup plus dangereux, mais aussi plus intense et plus beau. Les conséquences du réchauffement de la planète y sont aussi clairement perceptibles. Les médias publient en effet des articles sur la fonte rapide des glaces et ses conséquences désastreuses pour l’Arctique, ce qui est logique. Prenez la problématique des ours polaires qui fuient vers le continent qui n’est pas leur habitat naturel, où ils trouvent une autre nourriture et où ils se reproduisent avec des grizzlys, donnant ainsi naissance à des grolaires, pas

beaux à voir. Il est important de convaincre les gens qu’ils ont encore le temps, de leur vivant, d’amorcer des changements, qu’il n’est pas trop tard si nous agissons maintenant. Avec Polar Circles, vous emmenez d’autres personnes à la découverte des régions polaires. Je n’en reviens pas d’avoir réussi à faire d’un hobby prenant ma profession. Nous emmenons des petits groupes dans un endroit de calme et de créativité, où les participants peuvent partir à la recherche d’eux-mêmes. Ce voyage est précédé d’une formation. Nos participants se font par exemple leur thé euxmêmes. Cela n’est pas difficile, cela prend juste un peu de temps et d’application. Cela rend l’expérience d’autant plus originale et intense, parce qu’après cela, chacun se respecte beaucoup plus lui-même. Vous avez en effet la fierté de l’avoir fait vous-même. Ce genre d’expédition ne coûte-t-elle pas une petite fortune ? Absolument pas si vous la comparez à d’autres activités du même genre. Nous avons eu des facteurs, des personnes qui ont vraiment envie d’accompagner en expédition et de vivre cette expérience pour de vrai. Nous recevons des inscriptions de personnes motivées et d’entreprises. Pour ce dernier groupe, il est bon de se rencontrer loin de tous les soucis du quotidien. Mais cette expédition doit être plus qu’un simple teambuilding : elle doit être source de productivité. Nous montrons aussi que la présence de différentes générations sur le lieu de travail ne doit pas nécessairement entraîner des conflits. Une bonne préparation et une communication efficace peuvent aboutir à un rapprochement entre les différents groupes d’âge. Moi-même, je

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n’ai que des souvenirs positifs de mes partenaires de voyage plus jeunes. Voulez-vous montrer ce merveilleux monde blanc à vos enfants ? Naturellement. Mes quatre enfants, âgés de 24 à 13 ans, m’ont offert pour mes 50 ans une grande photo sur laquelle ils se sont photoshopés entre une tente et un traîneau. Le clin d’œil était clair : « Nous aimerions bien un jour t’accompagner. » Le planning va être un défi, mais ils sont les bienvenus. Il ne sera pas possible de les emmener tous en même temps, mais un à la fois, cela devrait marcher et ce sera aussi beaucoup plus intense. Quels objectifs voulez-vous encore atteindre ? En 2017, je veux partir avec Alain Hubert faire le périple du Pôle Nord à l’archipel FrançoisJoseph, comme dans le récit de l’explorateur norvégien Fridtjof Nansen qui comprit très tôt l’existence du drift transpolaire. Je veux revivre son périple. Nous en profiterons pour nous livrer à une étude de la glace. Ce sera aussi une manière de célébrer le vingtième anniversaire de notre première grande expédition en Antarctique. La boucle sera-t-elle alors bouclée ? J’aurai alors 55 ans. Ces expéditions sont physiquement très éprouvantes. Il faut envisager la chose comme recommencer à monter une nouvelle entreprise en partant de rien, avec tout ce que cela implique. Je serai déjà content d’avoir bien structuré tout l’aspect guide, mais il ne faut jamais dire jamais … www.polarcircles.com www.polarexperience.com www.polaroffsites.com © Photos Polar Circles / Dixie Dansercoer


nouvelles EN TOURNÉE Francfort - Paris - Chicago

ETIGLIA

VISITE ROYALE

octobre s’est tenue la plus grande

Graphius est très fier

Le roi Philippe a rendu

foire du livre du monde. Graphius

de porter Etiglia sur

une visite d’honneur à

avait un stand à la Frankfurter

les fonds baptismaux,

Volvo Gand dans le cadre

Buchmesse, pas pour vendre des

une nouvelle division

du 50ème anniversaire

livres mais pour se faire connaître

basée sur l’expérience

de la présence de Volvo à

Graphius voyage chaque année de foire du livre en foire du livre. En

MUSÉE DU LOUVRE

POMPES CENTRALES

comme imprimeur dans le monde

de Boone-Roosens en

Gand. C’est Graphius qui

Graphius a décroché

Le remplacement des

des éditeurs.

impression d’étiquettes,

s’est chargé de la cerise

un contrat-cadre

pompes de plusieurs

Les prochaines dates de notre

cumulée à notre

sur le gâteau en imprimant

de 4 ans avec le

machines par un système

tournée sont les suivantes :

département cartonnage.

200 livres en moins de 50

Musée du Louvre,

centralisé a permis de

• Paris et le Salon du Livre

Etiglia se concentre sur

minutes, avec une photo de

pour l’impression

réduire significativement

l’impression soignée

la visite royale. L’entreprise

digital et offset.

les nuisances sonores dans l’atelier de reliure. De plus, la consommation

(17-20 mars 2016) • Chicago pour le National

d’emballages de

automobile nous a fourni une

Museum Publishing Seminar

bouteilles de bière, de

photo au début de la visite,

(12-14 mai 2016)

vin, pots de confiture,

suite à quoi nous avons

d’électricité a diminué

Si vous êtes dans les parages,

bouteilles de lait,

imprimé ces ouvrages en un

et l’on peut à présent

venez donc nous dire bonjour !

sleeves, etc.

temps record.

www.etiglia.be

récupérer la vapeur de ces pompes pour chauffer l’atelier de reliure durant les mois d’hiver.

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A lire

« sans modération » Sorti en juin 2010, le premier numéro de Vigneron mettait en couverture Aubert de Villaine, héritier et gérant de la Romanée Conti, un vin de Bourgogne mythique dont les rares flacons produits chaque année comptent parmi les plus chers du monde. Le ton était donné … Vingt un numéros plus tard ce trimestriel continue à raconter les vins d’exception du monde entier à travers la parole des gens talentueux qui les font. Le concept éditorial de Vigneron porte une double signature, celle de Jean Nouailhac et de sa fille Orianne, laquelle en dirige la rédaction. Le premier fut grand reporter avant de devenir un « inventeur » de magazines prolifique qui en près de 40 ans a porté sur le fonds baptismaux une cinquantaine de titres spécialisés (dont « Première » sur le cinéma, et « Onze » à propos du foot) ; la seconde a attrapé très tôt le « virus » de son père et lancé son premier magazine à 25 ans, sur la musique classique et le jazz. Depuis quelques années, tous les deux sont passionnés par les magazines de niche haut de gamme portant sur des univers culturels particuliers. C’est ainsi qu’ils ont lancé en 2004 le magazine gastronomique Trois Etoiles consacré aux grands chefs. « Mon père a toujours eu le nez pour détecter les tendances », dit Orianne Nouailhac. « Trois Etoiles a mis les grands cuisi-

© Leif Carlsson / Magazine Vigneron

MAGAZINE

niers en avant comme aucun autre magazine ne l’avait fait avant lui. C’est dans le même esprit que six ans plus tard nous avons conçu Vigneron. On n’est pas là pour faire de la critique de vin et donner des notes, même si nos journalistes sont tous des dégustateurs expérimentés qui écrivent par ailleurs pour les plus grands journaux français ; on est là pour parler des hommes qui élèvent les grands vins. » Chaque trimestre le magazine invite donc ses lecteurs dans l’intimité de ces alchimistes de la vigne par l’entremise de textes passionnants associés à des reportages photos exclusifs. Bref, comme le résume Orianne Nouailhac, l’idée de Vigneron est d’offrir « une dimension de rêve, et du fond ».

Vigneron paraît les premiers jours de mars, juin, septembre et décembre. Le magazine est disponible sur abonnement ainsi qu’auprès d’une sélection de marchands de journaux en France, en Belgique et en Suisse. Infos : www.vigneron-mag.com Graphius imprime Vigneron.

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MAGAZINE

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© 2015 Inga Knölke

la revue qui veut être un livre


Partir à la conquête du monde depuis la Belgique avec un magazine consacré au design, à l’architecture et à l’art, c’est possible ! Les 52 premiers numéros de DAMn° en sont la preuve éclatante. « Nous croyons dans le format papier et dans des articles qui peuvent être longs et fouillés. DAMn° brigue une place dans votre bibliothèque. »

V

oilà 10 ans que Siegrid Demyttenaere a mis au monde un enfant de papier appelé DAMN°. Il y a cinq ans, elle en a eu un second, de chair et de sang cette fois. Alors que Romy disparaît dans un nuage de tulle rose au milieu de cris d’enfants, sa maman commande un verre de vin. Nous avons jusqu’à la fin du cours de ballet. « Quand j’avais la trentaine, j’étais loin de penser à avoir des enfants. Et puis un jour, votre horloge biologique vous dit : c’est maintenant ou jamais. (Rit) Mais c’est très bien ainsi. J’ai toujours emmené ma fille partout avec moi. Et le cours de ballet du vendredi est l’excuse parfaite pour m’accorder une fois par semaine un soir de répit où je ne travaille pas jusqu’aux petites heures à la préparation du prochain numéro de DAMN°. »

La revue, qui affiche déjà 52 numéros au compteur, fête son dixième anniversaire cette année. Mais qu’est-ce qui a bien pu inciter Siegrid à lancer, avec son coéditeur Walter Bettens, un magazine de culture contemporaine et qui plus est en langue anglaise ? Elle ne se sait plus très bien comment les choses ont commencé. « Je n’avais en tout cas pas de projet clairement défini, ni de business plan. J’avais un peu d’expérience de conception graphique dans le monde des journaux et je réalisais les cahiers tendances. La biennale Courtrai 2004 fut l’occasion de tester si un nouveau magazine avait ses chances de séduire le public. Ce numéro zéro ayant été plutôt bien accueilli, il fut suivi en 2005 du premier numéro officiel. Trois ans plus tard, nous étions un magazine européen et quelques années après, nous étions distribués à l’échelle mondiale. Notre revue reste un produit de niche. Nous sommes distribués par exemple au Chili et en Argentine, mais seulement à Santiago et Buenos Aires, dans des librairies spécialisées, des boutiques de musées et dans quelques grands magasins de presse. » La revue DAMN° est vendue au prix de 12 euros. Ses revenus proviennent surtout de la publicité pour des marques design haut de gamme comme BMW, Molteni, Flos, Duravit et Dornbracht.

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MAGAZINE

Siegrid Demyttenaere : « Nous aimerions distribuer DAMN° gratuitement, mais cela n’est pas possible à ce stade. Nous sortons d’ailleurs de quelques années difficiles. En tant que revue internationale, nous dépendons fortement de budgets internationaux. En 2008, ces budgets se sont soudainement taris. Les budgets publicitaires se sont alors concentrés uniquement sur la presse nationale et régionale et nos annonceurs nous ont lâché. Nous avons beaucoup travaillé pendant trois ans à nos relations avec les annonceurs. Grâce à cela, nous avons pu mettre en place des partenariats qui durent au-delà d’un seul numéro. » La version papier de DAMN° a son équivalent en ligne où l’on publie les contenus rapides liés à l’actualité : beaucoup d’image et peu de texte. Mais la revue papier continuera d’exister. Le papier n’est-il pas appelé à disparaître ? « Pas pour nous », répond Siegrid. « Les magazines grand public traversent une période difficile, mais notre magazine a toujours occupé une niche du marché dont l’activité consiste à sortir des beaux livres. Un numéro de DAMN° ne se jette pas après avoir été lu, mais il se conserve dans une bibliothèque, afin de pouvoir le feuilleter à nouveau plus tard ou relire un article. C’est pourquoi nous envisageons de passer de 6 numéros par an à 4, mais des numéros plus épais. Nous rêvons aussi de pouvoir publier le DAMN° sans publicité. Les annonceurs sponsoriseraient alors par exemple un bloc de 16 pages, en échange de quoi leur nom apparaîtrait dans le magazine. Cela fait déjà 5 ans que l’on en parle. (Rit) Un jour, qui sait … »

« Nous rêvons de pouvoir publier le DAMn° sans publicité. » Siegrid Demyttenaere

Nous avons 10 fois 3 exemplaires pour nos lecteurs. Découvrez en page

Il est économiquement difficile de vivre d'un seul magazine. Le réseau mis en place au fil des ans avec une patience d’ange est à présent utilisé pour trouver de nouvelles sources de revenus. « Nous organisons des événements réunissant les acteurs du monde du design qui, en temps normal, ne sont en contact que par voie électronique. Pendant la Milan Salone del Mobile, nous avons par exemple organisé sur place un point de rencontre pour les annonceurs, designers et autres professionnels du secteur, avec le soutien de Belgium Is Design. Un entrepreneur débutant n’a normalement pas ses entrées chez les grands noms du marché. Mais notre initiative a permis à des jeunes talents de rencontrer des grandes pointures comme Andrea Branzi et Michele de Lucchi. Il est plaisant d’apprendre plus tard que c’est grâce à cela des idées prennent forme. »

1 comment tenter votre chance pour reporter vos exemplaires.

www.damnmagazine.net

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LIVRE

Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe. Elle n’est donc pas la première Charlotte. Il y eut d’abord sa tante, la sœur de sa mère. Les deux sœurs sont très unies, jusqu’à un soir de novembre 1913. Franziska et Charlotte chantent ensemble, dansent, rient aussi. Ce n’est jamais extravagant. Il y a une pudeur dans leur exercice du bonheur.

Charlotte Le roman de David Foenkinos a connu un succès considérable depuis sa publication en septembre 2014. Il a obtenu deux prestigieux prix littéraires, le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens, avec près de 500.000 exemplaires vendus à ce jour. Le roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin, Charlotte est exclue par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Elle y entreprend la composition d’une œuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » De nombreux lecteurs ont demandé à l’auteur de montrer les œuvres peintes de

Charlotte, de David Foenkinos avec des gouaches de Charlotte Salomon. Editions Gallimard, 258 pages. Imprimé par Graphius.

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Charlotte, quelques-unes des centaines de gouaches qu’elle a laissées et dont l’ensemble raconte son histoire. Cette édition intégrale illustrée du roman est accompagnée de cinquante gouaches de Charlotte Salomon choisies par David Foenkinos, et d’une dizaine de photographies représentant Charlotte et ses proches. David Foenkinos, romancier, scénariste et musicien, est auteur de treize romans traduits en quarante langues. En 2011, il a adapté au cinéma avec son frère son livre La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens. Charlotte représente une nouvelle expérience pour les admirateurs de David Foenkinos qui ont été touchés, bouleversés par l’histoire de Charlotte et qui ainsi entreront plus profondément dans l’univers de ce roman inoubliable.


MAGAZINE

is the

limit Un cocktail raffiné d’ancêtres, de bolides, de maestria culinaire et d’organisation efficace, le tout saupoudré d’une pincée de sel marin ? Nous voulons bien sûr parler du Grand Prix du Zoute. Pour accueillir cet événement, il n’y avait sans doute pas mieux que la station balnéaire mondaine de Knokke. L’appellation « Grand Prix » peut être trompeuse. Les amateurs de course, passionnés de vitesse, en seront pour leurs frais. En revanche, les amateurs de voiture qui se rendent au Grand Prix du Zoute vont être à la fête. Les plus beaux bolides ont répondu présents à l’appel, ce qui fait de Knokke une espèce de salon de l’auto en plein air. Plus encore, cet événement de 4 jours se décline en 5 volets. Pour la plupart des participants, les temps forts sont le Zoute Rally pour

ancêtres de 1920 à 1965 et le GT Tour pour les modèles de grand tourisme depuis 1995. Sophie Braems de Zoute Events est une des responsables de l’organisation : « Le monde de l’automobile est un monde fascinant. Nos chiffres de fréquentation le confirment d’ailleurs : avec 100.000 visiteurs, cette édition a été une grande réussite ! » Grâce au Grand Prix, la commune et les commerçants font également des affaires en

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© Eventattitude.com

or, même en dehors de la saison de plage. Le calendrier de l’événement est un choix stratégique délibéré : « Nous prolongeons ainsi la saison en attirant beaucoup de monde à Knokke le second weekend d’octobre. » Pour permettre à tous ces visiteurs de garder une vue sur ces événements, le Grand Prix du Zoute propose sa propre revue depuis la toute première édition de l’événement. Le tirage du preview a été porté à 11.000 exemplaires cette année. « Pour la première fois, le magazine est disponible en librairie », explique Sophie. « Nous avons opté pour un magazine lifestyle qui consacre aussi une grande attention au thème central des belles voitures. Nous remarquons que cette publication est devenu un objet de collection pour les participants et les visiteurs. » Cela vaut aussi pour la revue qui est disponible dès le dernier jour de l’événement. « Il s’agit d’un flash-back sur tous

les événements, avec de très nombreuses de photos, y compris de la soirée de gala du samedi », explique Sophie. « Cela veut dire que notre photographe doit fournir ses photos dans un délai très court et que le magazine est imprimé pendant la nuit. » Graphius réceptionne les fichiers à 1 h du matin et à peine 8 heures plus tard 4.000 exemplaires sont livrés à Knokke. De cette manière, on peut dire que la vitesse joue encore un rôle au Grand Prix du Zoute …

Zoute Grand Prix est créé par Choisi et imprimé par Graphius. Plus d’infos sur lévénement : www.zoutegrandprix.be

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DÉVELOPPEMENT DURABLE

Réduire l’incidence Les organisations socialement responsables peuvent opter pour un rapport sur le développement durable. Le premier rapport de Graphius est sur le point de paraître. Graphius ne manque pas d’expertise en matière de développement durable : Halina Bletek a rédigé pour le compte de l’entreprise De Duurzame Drukker – qui fait aujourd’hui partie de Graphius – plusieurs rapports sur le développement durable, dont un a même été récompensé. « En 2009, nous avons été la première PME belge à publier un premier rapport de ce genre et en 2011, nous avons été récompensés par un Award for Best Belgian Sustainability Report. À l’inverse du rapport annuel, le rapport sur le développement durable n’est pas une obligation légale. Mais c’est un outil idéal pour les entreprises qui veulent communiquer de manière claire et ouverte sur les préoccupations qui les animent. Comment faire, en tant qu’entreprise, pour réduire son incidence sur l’environnement sans mettre la rentabilité en péril ? Comment intégrer cela dans la gestion du personnel ? Les personnes qui travaillent au sein de l’entreprise ont besoin de savoir ce qui s’y passe, mais cela vaut tout autant pour le monde extérieur ; pensez aux clients, fournisseurs, riverains … ».

Garder le sens des réalités Des presses qui tournent en continu, des hectolitres d’encre et des tonnes de papier

qui sont imprimées … N’est-il pas particuliè- productivité d’une part et la volonté de trourement difficile d’intégrer le développement ver les moyens à disposition pour atteindre durable dans l’activité d’une imprimerie ? ces objectifs d’autre part. Le rapport de déve« Une imprimerie a effectivement besoin loppement durable est alors un outil permetde beaucoup d’énergie pour fonctionner », tant de suivre l’évolution et de communiquer explique Halina Bletek. « Les responsables sur les résultats et les objectifs atteints. » de Graphius en sont parfaitement conscients, mais ils ont opté pour une utilisation ration- On peut toujours faire nelle de cette énergie. Nous faisons le maxi- mieux mum pour réduire l’incidence sur l’environne- Le premier rapport, qui sera publié cet ment, par exemple en utilisant des types de automne, dresse un état de la situation papier plus respectueux de l’environnement, et pointe les possibilités pour l’avenir. en prévoyant des formations pour notre « Graphius peut déjà démontrer des résulpersonnel … Mais il faut que ces démarches tats concrets en matière de développement restent réalistes et qu’elles soient économi- durable. Mais on peut toujours faire mieux. quement faisables. Il n’est par exemple pas C’est pourquoi le rapport propose aussi des possible de passer à 100 % de papier recyclé points d’action et des ICP’s. Le prochain rapport sur le développement dans ses achats, mais c’est une durable, qui est prévu pour évolution réaliste et positive Graphius Duurzaamheidsverslag 2014 l’an prochain, vérifiera quels de tendre vers une proportion objectifs auront été atteints de recyclé plus importante. Le ou non et quelles en sont les rapport sur le développement raisons. » durable est un instrument de gestion pratique à cet égard. Le premier rapport sur le déveCela traduit la vision de la loppement durable de Graphius direction de rechercher de est disponible sur simple façon permanente un meilleur demande à info@graphius.com équilibre entre l’écologie et la www.graphius.com

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duurzaamheidsverslag 2014 // 1

16/11/15 15:02


DANIËL OST

Floral Art and the Beauty

of Impermanence La difficulté commence avec le terme lui-même. Quel nom donner à une création de Daniël Ost ? Un arrangement floral ? Certainement pas. Et pourtant, il semble qu’en supprimant le mot « fleur » vous supprimez l’essentiel. Une sculpture ? La sculpture ne vit pas de cette manière. Une œuvre d’art ? C’est évident. C’est de l’art, et c’est certainement une œuvre. Cees Nooteboom


Daniël Ost, Floral Art and the Beauty of Impermanence, Editions Phaidon & Marot, livre cartonné, format large, 402 pages, imprimé par Graphius. Daniël Ost a dédicacé 2 de ses livres à l’attention des lecteurs de Graphius magazine. Rendez-vous en page 1 pour découvrir comment remporter votre exemplaire dédicacé.


À chaque petit pot son étiquette Dans les rayonnages des supermarchés, les étiquettes se livrent une concurrence sans merci pour attirer l’attention du consommateur. Les étiquettes à colle humide ont beau être une niche de marché, l’effet de ces petits bouts de papier en termes de marketing n’en est pas moins immense. Etiglia, le spécialiste des étiquettes, imprime chaque année des millions d’étiquettes pour des brasseries, ateliers de mise en bouteilles et producteurs de denrées alimentaires. 33


reportage

U

ne bonne bière dans une jolie bouteille fermée par une capsule étincelante. Un produit de premier choix. Pourtant, la bouteille se vendra difficilement si l’étiquette est à moitié décollée ou pire si elle est abîmée. Stijn Glorieux, spécialiste de l’étiquette humide et homme à tout faire chez Etiglia, connaît heureusement assez le métier pour réduire au plus strict minimum la marge d’erreur : « Chaque production est testée et nous surveillons en permanence le moindre détail technique. Nous nous efforçons de garantir un écart maximal de coupe de l’ordre de 0,4 millimètre. » Autre facteur crucial : les couleurs doivent être identiques à chaque livraison. «  Si une différence de couleur est perceptible entre deux livraisons, les consommateurs se demandent si la bière n’a pas été exposée en rayon trop longtemps. C’est un point auquel nos clients sont sensibles. Voilà pourquoi nous travaillons systématiquement par famille de clients.  » Et pas uniquement pour les producteurs de bière, car Etiglia réalise aussi des étiquettes pour du vin, de la confiture, du café en boîte, du lait et bien d’autres produits. Le nom Etiglia, qui est la contraction des mots italiens «  etichetta  » et «  bottiglia  », est synonyme de produits d’imprimerie haut de gamme. L’entreprise fait partie de Boone-Roosens et dépend donc du groupe Graphius. Avec son propre département étiquettes et son propre département cartonnage, elle possède tous les ingrédients nécessaires pour fournir des produits finis. C’est d’ailleurs bien là la plus grande source de satisfaction pour Stijn : « Vous voyez vos produits partout  : au café, dans les magasins, à la maison dans le frigo, etc. L’ennui en revanche, c’est que vous n’arrêtez pas d’examiner ces produits et de les comparer. » Et il n’y a pas que lui que cela dérange : « Ma femme devient folle lorsque je vais faire les

courses avec elle. Je passe deux fois plus de temps aux rayons vin et bière que dans tout le restant du magasin ! Généralement, elle me laisse à la traîne pendant qu’elle continue les courses. (rit) »

Pour le plaisir de l’œil

« On achète avec les yeux. Les étiquettes sur papier doré font vendre nettement plus que les étiquettes traditionnelles. » Stijn Glorieux

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Tout le monde n’est pas spécialiste en bière ou en vin. Bon nombre de consommateurs se fient donc à l’étiquette collée sur la bouteille. « On achète avec les yeux », explique Stijn. « Des études ont montré que les étiquettes dorées font vendre bien mieux un même produit que lorsque celui-ci porte une étiquette traditionnelle. Pour ce genre de choses, il est important de tenir compte des souhaits du client. « Pour les bouteilles consignées, nous utilisons uniquement un papier résistant à l’état humide que nous imprimons avec des encres résistantes aux alcalis. Notre but est d’éviter de polluer les bains de rinçage chez nos clients. Remplacer l’eau d’un bain de rinçage coûte en effet une somme considérable. Ces bains de rinçage ont les dimensions d’une presse cinq couleurs de deux étages. Soit la taille d’une grande piscine. » L’évolution des étiquettes à colle humide est une matière d’une complexité surprenante : « Les agences de publicité viennent souvent avec des idées formidables qui ne sont malheureusement pas toujours réalisables sur le plan de la technique d’impression ou qui ne permettent pas d’arriver à une étiquette correcte chez le client final. Pour les étiquettes, votre choix est limité à un nombre restreint de sortes de papier et notre savoirfaire vient toujours bien à point. » Il est clair qu’Etiglia veut être plus qu’un fournisseur. Stijn, qui appelle le département une ville État au sein de l’imprimerie, intervient même en sa qualité de chef d’État lorsque des clients sont confrontés à un problème à un stade de la production.


Petites améliorations, grands résultats

« Nous sommes déjà parvenus plus d’une fois à améliorer la vitesse de production de certains de nos clients. Cet appui technique sur place est fortement apprécié.  » Avec la presse numérique, le spécialiste des étiquettes détient un atout assez unique qui lui permet d’imprimer des étiquettes numérotées ou personnalisées. Pour les commandes en petites quantités, mais aussi en cas d’urgence : « Il est déjà arrivé qu’un bon client tombe en panne de laser. Il avait besoin de toute urgence de 100.000 étiquettes avec la date dessus. Nous avons pu les leur fournir en seulement une journée  », explique Stijn non sans fierté.

La Belgique, pays de la bière Dans les salons commerciaux, Graphius organise une « happy hour » durant laquelle les visiteurs sont accueillis avec une bière rafraichissante. L’incitation parfaite pour renforcer les liens avec ses clients, surtout pour une organisation belge. Comme la Belgique est le pays de la bière par excellence, Etiglia n’a pas à chercher sa clientèle bien loin  :

« Nous avons des clients aux Pays-Bas et avec la Proefbrouwerij, nous allons jusqu’au Danemark, mais la plus grande partie de notre clientèle est belge. Les brasseries belges poussent comme des champignons. Ce n’est pas compliqué : toutes les personnes qui ont chez elles une grande cuve ont la possibilité de brasser de la bière. » Nous allons faire des fouilles à la maison. Mais nous savons en tout cas où nous ferons imprimer nos étiquettes. À votre santé !

Vous cherchez pour vos étiquettes un imprimeur qui garantit une qualité de couleurs constante et un écart de format minimal, une assistance technique sur place et une aide pour trouver des solutions ? Rendez-vous sur la page www.etiglia.be ou contactez Stijn Glorieux à l’adresse stijn.glorieux@graphius.com ou au numéro +32 (0) 479 72 22 77. Graphius va faire le bonheur de trois lecteurs qui remporteront un bac de Reinaert Tripel offert par Etiglia. Rendez-vous à la page 1 pour participer au concours.

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Symeta, imprimeur pour toutes les unités du groupe Colruyt, recueille les fruits d’un partenariat de longue date avec Etiglia. Le responsable des achats Frederik De Cremer en témoigne : « Après la fermeture de notre propre imprimerie, nous avons longuement prospecté le marché et à l’issue d’une phase test approfondie, notre choix s’est porté sur Etiglia. Notre souci premier est toujours d’acheter un produit de qualité facile à manipuler. Depuis le début de notre collaboration, nous avons changé de sorte de papier et de colle pour les étiquettes. Les problèmes que nous éprouvions par le passé au niveau de l’étiquetage sont résolus. Ce sont des petites améliorations qui ont amené des résultats considérables. L’entretien de nos bains de rinçage, nous le faisons maintenant de la manière prescrite. Nous n’avons rien à faire de plus. Ajoutez à cela les conseils professionnels de Stijn et vous comprenez que nous pouvons nous adresser à Etiglia pour toute une série de possibilités de finition. C’est un véritable guichet unique, ce qui est très important pour la continuité. Nous ne voulons pas courir d’un fournisseur à l’autre. C’est pourquoi nous avons délibérément choisi un partenaire en qui nous pouvons avoir confiance à long terme. »


course

Une en slow motion 36


Images d’ Arctica : The Vanishing North de Sebastian Copeland.

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Photo © 2015 Sebastian Copeland. All rights reserved. www.sebastiancopeland.com

Sebastian Copeland est passé à travers la couche de glace, a été poursuivi par des ours polaires et s’est retrouvé pris dans des tempêtes hivernales sans merci. Le sentiment de s’être perdu au milieu d’un désert de neige et de glace, la sensation d’avoir le corps fouetté par les vents glacés, tout cela fait partie d’une lutte héroïque pour survivre en pleine nature sauvage. Lorsqu'il regagne des contrées plus chaudes, que la douleur est oubliée et qu’il ne subsiste plus que le rêve, ses photos lui permettent de visiter à nouveau l’Arctique. Vous aussi, vous pouvez le découvrir à travers les spectaculaires photos de son nouvel ouvrage intitulé « Arctica : The Vanishing North ».


PHOTOGRAPHIE

Photographe, explorateur et activiste écologiste. Voilà comment Sebastian Copeland se décrit en quelques mots. Son premier livre lui a valu le titre de photographe professionnel de l’année lors de l’édition 2007 des International Photography Awards. Trois ans plus tard, son premier documentaire intitulé « Into The Cold » a également été primé, cette fois au célèbre festival du film de Tribeca. Au passage, notre cassecou a décroché quelques records du monde, comme celui de la plus grande distance parcourue en kite ski en 24 heures. À travers son art, il espère contribuer à la prise de conscience mondiale en matière d’environnement. Même si c’est aux pôles que le réchauffement de la terre est le plus visible, il n’en reste pas moins que les conséquences sont préoccupantes pour la

terre entière. Sebastian Copeland s’engage comme orateur international sur la crise du climat, il fait partie de l’Explorers Club et siège au conseil d’administration de l’organisation Global Green USA fondée par Gorbatchev. Sebastian Copeland a fait de la protection de l’environnement l’œuvre de sa vie. Il espère que ses photos rendront les lecteurs amoureux de ce monde. Leur monde.

Autre planète Le livre « Arctica  : The Vanishing North  » est une magnifique collection de photos prises lors de diverses expéditions sur une période de dix ans. Ces photos sont aussi un avertissement  : les pôles disparaissent à un rythme de plus en plus rapide. Une réalité alarmante qui devient parfois douloureusement perceptible dans ce livre. « Ces der-

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nières années, les températures ont fortement augmenté dans l’Arctique », raconte le photographe franco-britannique aujourd’hui installé aux États-Unis. « Cette tendance va se poursuivre si nous n’intervenions pas de manière énergique. Le réchauffement de la terre est une course en slow motion qui se déroule sous nos yeux. » Sebastian Copeland sait d’expérience qu’il n’est pas facile de gagner le public à la cause de la protection des pôles  : «  Nous protégeons ce que nous connaissons et ce que nous aimons. C’est dans la nature humaine. Il est difficile d’attirer l’attention sur la vulnérabilité de la nature arctique qui reste, pour beaucoup de gens, une réalité très éloignée de la leur. C’est naturellement une erreur. » Monter une expédition en Antarctique est une entreprise périlleuse. Ne fût-ce que parce


Photos © 2015 Sebastian Copeland. All rights reserved. www.sebastiancopeland.com

« J’ai tiré quelques coups de feu dans sa direction pour l’effrayer, mais les battements de mon cœur dans ma poitrine faisaient encore plus de bruit que la carabine. » Sebastian Copeland

© Arctica : The Vanishing North de Sebastian Copeland, Editions t­ eNeues, € 98 – aussi disponible comme ‘ Collector’s Edition ’, www.teneues.com ‘ Arctica : The Vanishing North ’ est imprimé par Graphius. Deux exemplaires de ce livre sont mis en jeu pour nos lecteurs. Pour participer au concours, voir page 1.

que les températures extrêmement basses sont un véritable danger pour le matériel photographique. Et ce n’est pas le seul défi : «  La prédominance de l’eau, sous forme gelée ou liquide, et l’angle très faible décrit par le soleil se traduisent par un spectre de couleurs limité, tandis que le paysage dénudé requiert le meilleur dispositif de focalisation  », explique Copeland. «  En fait, une expédition polaire est comparable à une expédition vers une autre planète. » Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle : « La combinaison de la glace, du soleil et du ciel donne un spectacle en perpétuelle mutation.  » Un sujet idéal pour un photographe aguerri comme Copeland, qui montre la nature sous ses facettes les plus magiques.

Face à face avec un ours polaire Malgré les nombreux défis que cela représente, l’artiste charismatique parvient à photographier les animaux comme s’ils étaient venus poser spontanément devant son

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objectif. Ce genre de photos n’a pourtant rien d’une sinécure : « La faune du Haut-Arctique est très rare. De ce fait, chaque rencontre est une véritable aventure. » Dans son livre, le photographe primé raconte sa rencontre avec un ours polaire affamé qui lui a flanqué la frousse de sa vie : « Dans l’immensité blanche du pôle Nord, l’explorateur est visible comme le nez au milieu du visage. Lorsqu’un ours polaire m’a repéré et qu’il a lancé une première, puis une deuxième attaque, je n’avais naturellement aucun endroit où fuir. À sa troisième tentative, il s’est approché à 3 mètres de moi. J’ai tiré quelques coups de feu dans sa direction pour l’effrayer, mais les battements de mon cœur dans ma poitrine faisaient encore plus de bruit que la carabine. J’ai quand même réussi à saisir mon appareil photo.  » L’ami poilu de Copeland a mis fin à ses assauts après avoir pris peur quand une balle dans une flaque a provoqué des éclaboussements. Notre aventurier est littéralement passé par le chas de l’aiguille. Mais cela lui a valu quelques photos superbes.


LIVRE

Les deux

visages d’un

Snoecks Il fait partie du patrimoine flamand. Chaque foyer de Flandre possède son Snoecks, j’en ai même vu un dans ma bibliothèque à ma grande surprise. Un Snoecks 86 pour tout vous dire. Comment il est arrivé là, cela reste un mystère, car je n’avais pas encore de bibliothèque en 1986 ! Le Snoecks de l’époque contient des publicités pour des banques qui n’existent plus, beaucoup de nus glamour et des interviews de l’auteur Harry Mulisch et du (à l’époque encore) jeune gourou de la culture Jan Hoet. Snoecks était un de ces livres comme il en traîne sur la table du salon et que l’on lisait comme Playboy, « pour les interviews ». Le rédacteur en chef Geert Stadeus assume ce passé avec le sourire : « Il n’est pas rare que des messieurs d’un certain âge me confient que la première femme nue qu’ils ont jamais vue, c’était une photo du Snoecks. » À ses débuts, Snoecks était un almanach littéraire. Geert Stadeus : « La première édition est parue il y a 92 ans. Dès le début, il a consacré beaucoup d’attention aux auteurs néerlandophones, mais à mesure que les outils d’imprimerie se sont sophistiqués et que la famille d’imprimeurs Snoeck a pu fournir une qualité toujours meilleure, les photos y sont apparues de plus en plus nombreuses. Le tourisme, la littérature … ont progressivement perdu de leur importance au profit de la photographie et dans sa version actuelle, cet ouvrage présente surtout un échantillon de la photographie contemporaine. » L’édition de cette année présentera les œuvres de plus de 20 photographes, avec notamment une série consacrée aux avions

accidentés, une autre consacrée à des femmes qui ont survécu à une attaque à l’acide, un reportage nature sur des grenouilles venimeuses et oui, encore et toujours beaucoup de nus très glamour. La tradition veut que la naissance de chaque nouvelle édition du Snoecks soit fêtée par une exposition à la Schipperskapel de Bruges. Beaucoup de photos publiées dans cet ouvrage d’assez petit format peuvent y être admirées à taille réelle. Le nouveau Snoecks 2016 qui est disponible en magasin, existe en deux variantes : une version avec une fille sexy (du photographe de mode Tony Kelly) et une version avec une maison volante (du photographe d’art Laurent Chehere). Disposées côte à côte dans toutes les bonnes librairies, les deux variantes s’adressent chacune à un public spécifique. « Tout le monde connaît Snoecks, mais tout le monde ne perçoit pas dans quelle direction nous évoluons. Le tourisme, le sport et l’histoire ont disparu du Snoecks. Nous devenons de plus en plus explicitement un livre de photographie. D’où la version avec la couverture du photographe d’art Chehere. » Snoecks est en vente en librairie et en ligne sur le site www.snoecks.be. Snoecks est imprimé par Graphius. Une idée pour les achats de Noël : les livres Snoecks sont des cadeaux de fin d’année très populaires. Le rédacteur en chef Geert Stadeus a réservé dix exemplaires (cinq de chaque version) destinés à nos lecteurs. Découvrez à la page 1 comment remporter votre exemplaire du Snoecks 2016.

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MAGAZINE

En route avec les Salésiens

VIA Don Bosco aide les jeunes du Sud en leur proposant des formations et des possibilités de trouver un emploi. Au moyen du magazine « Samen op Weg », cette organisation informe ses sympathisants des progrès réalisés. L’histoire de VIA Don Bosco commence à la fin des années 1840 dans la banlieue de Turin où règne une grande pauvreté qui ne laisse pas insensible le jeune prêtre Giovanni Bosco, plus connu sous le nom de Don Bosco. Il veut trouver une solution pour les jeunes au chômage qui errent dans les rues et lance toutes sortes de projets visant à leur donner une chance de se construire un avenir. Aujourd’hui, ce sont ses disciples, aussi appelés « Salésiens », qui poursuivent son œuvre dans les écoles, les centres d’aide à la jeunesse … et par l’intermédiaire de l’organisation belge d’aide au développement VIA Don Bosco.

rue. En Équateur, le nombre de jeunes qui ne terminent pas l’école primaire s’élève à 14 %, il y a énormément de gamins des rues. Les travailleurs de rue de Chicos de la Calle, un projet que nous soutenons, descendent chaque jour dans la rue pour gagner leur confiance. Ensuite, ils leur offrent la possibilité de participer au projet, ce qui leur permet d’apprendre leurs droits et d’avoir accès aux cantines scolaires, aux soins de santé et à une aide psychologique et sociale. » Enfin, VIA Don Bosco essaie aussi d’associer des écoles Belges à son fonctionnement. Une des principales préoccupations de VIA Don Bosco est d’informer clairement les sympathisants sur l’utilisation de ces millions d’euros, ce qu’il fait surtout dans le trimestriel Samen op Weg. Cette transparence renforce la confiance des donateurs particuliers et donne des idées aux entreprises. « La société de dragage DEME compte draguer le fleuve Congo pendant les dix prochaines années et elle veut mettre en place une équipe locale pour s’en occuper. Elle fait pour cela appel à nous : nous recherchons dans l’enseignement secondaire au Congo des jeunes entrant en ligne de compte et nous leur proposons une formation dans une école de marine marchande ici en Belgique. »

Etienne Vandercruyssen, VIA Don Bosco : « Nous essayons d’aider des jeunes défavorisés du Sud à obtenir un diplôme et à trouver un emploi, notamment en investissant dans des écoles techniques et professionnelles. Les autorités belges investissent une coquette somme. Pour chaque euro qui nous est donné, l’État en ajoute quatre. Sur trois ans, nous avons ainsi récolté une vingtaine de millions d’euros à investir. » VIA Don Bosco a des projets en cours au Benin, en Bolivie, au RD Congo, en Équateur, au Salvador, à Haïti, à Madagascar, au Mali, au Pérou et en Tanzanie. « Tantôt nous encadrons des enseignants, tantôt nous ouvrons une nouvelle filière d’études, tantôt nous construisons une aile supplémentaire dans une école. Mais tout commence parfois dans la

Le magazine « Samen op Weg » est imprimé par Graphius. Pour plus d’infos sur l’organisation, voir www.viadonbosco.org. À partir de 40 euros, les dons donnent droit à une attestation fiscale.

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entretien avec Hedwig De Meyer

Manger des frites avec

Bono

Un instant de votre vie, vous passez du Deep Purple dans une salle paroissiale quelque part en Belgique, l’instant d’après vous construisez The Claw, la scène légendaire de la 360° Tour de U2. Hedwig De Meyer réprime difficilement un soupir. « Le temps a passé si vite. » Le moment est donc venu de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur sous la forme d’un livre intitulé ‘30 Jaar Stageco. From Werchter To The World’. 42


© Arne De Kneght

M

etallica, Guns N’ Roses, U2, The Rolling Stones, David Bowie, Foo Fighters … Tous les mégagroupes qui partent en tournée mondiale le font sur une scène réalisée par Stageco. Tout a commencé par une soirée à Werchter. Hedwig De Meyer : « Le Chiro organisait chaque année une soirée qui avait lieu un samedi soir du mois de juillet. Je gagnais déjà un peu ma vie avec mon discobar, Flash Experience. Mais j’avais envie de faire quelque chose de plus. J’ai donc commencé à organiser en 1975 la première édition du Werchter Rock & Blues Festival qui avait lieu le lendemain de cette soirée. Le chapiteau était quand même là. (rit) J’avais reçu de Guy Mortier le numéro de Kandahar et Banzai et nous avions fait venir Big Bill, une célébrité de la scène louvaniste. »

chapiteau est rapidement devenu trop petit et nous avons organisé l’événement en plein air à partir de 1979. Comme nous ne trouvions aucune scène à notre goût sur le marché, nous en avons construit une nous-mêmes. » Cette première scène avait un côté assez amateur. À l’avant de la scène, là où se tient normalement le chanteur, il y avait un poteau en plein dans le chemin. «  Nous avions utilisé du matériel d’échafaudage et des tuyaux. Mais ils n’étaient pas assez solides pour supporter le toit sur toute sa longueur. Cela ne ressemblait pas à grandchose. (rit) Mais nous étions fiers comme Artaban. Je me rappelle encore quand nous avons fait le premier montage d’essai sur la propriété de mes parents. Nous avions l’impression d’être des pionniers. Nous n’arrêtions pas de contempler notre œuvre que nous trouvions si belle. On aurait dit une bande de gamins avec leur premier vélo. L’année suivante, ce poteau avait disparu, rassurez-vous. »

En 1977, Herman Schueremans a rejoint l’équipe. « Herman s’occupait des contacts et des RP. Quant à moi, je me chargeais du volet organisationnel et logistique. Le

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© Stageco

entretien

La séparation entre le public et la scène a tendu pendant des années : un muret à hauteur d’homme en plaques de béton grises, comme on en voit encore parfois autour d’un potager ou d’un terrain de foot. (éclate à nouveau de rire) «  Nous trouvions qu’une barrière coûtait trop cher. Une séparation en béton pouvait tenir des années. Elle était d’une laideur atroce. Nous avons donc demandé à Kamagurka de la peindre. Humo a payé la peinture et nous avons payé Kamagurka. Celui-ci a peint sur le mur des tas de petits personnages, des pénis géants et des propos absurdes. C’était hilarant, mais nous avons eu un peu peur de la réaction des gens bien-pensants de Werchter. Comme nous entretenions de bonnes relations avec le curé et le Chiro, nous avons repeint la séparation. Avec nos excuses à Kama. »

Vous n’avez aucun concurrent au sommet. « Pour les petites scènes, il y a encore des acteurs au niveau local. Mais pas au niveau des mégagroupes. La seule question est : combien peuvent-ils investir ? »

Alors que vous continuiez à perfectionner votre savoirfaire dans l’art de construire des scènes, le monde de la musique a connu une révolution. Les ventes de CD se sont effondrées. Était-ce une bonne chose pour vous ? « Tout le monde doit payer son loyer, même les artistes mondialement connus et les supergroupes. Se produire en concert est devenu la seule manière de gagner de l’argent. Et tant qu’à

Le point culminant de cette tendance fut The Claw, la scène en forme d’araignée que vous avez créée pour U2. La plus chère jamais construite : 3 millions d’euros. « Fois trois : une pour l’Europe, une pour l’Asie et une pour l’Amérique. Lorsque j’ai vu le projet, je me suis dit : impossible ou impayable. Mais U2 a toujours osé. C’est spécial de travailler pour des gens comme eux.

jouer en public, autant le faire à grande échelle en jouant le plus grand nombre possible de concerts sur des terrains immenses ou dans des stades de foot. Et proposer un véritable spectacle. Les groupes et les festivals créent de nos jours une expérience unique, qui est impossible à télécharger. Notre première grande tournée, ce fut avec Genesis en 1987. L’année suivante, nous étions avec Pink Floyd en Australie. À partir des années ‘90, les grands noms n’ont cessé de rivaliser en proposant des shows toujours plus impressionnants. Ce fut un plaisir d’être de la partie. »

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Pendant les concerts, les membres du groupe n’ont pas été avares de compliments pour votre travail, alors que vous ne les connaissez pas personnellement. « Non, je préfère pas. Je n’ai aucune envie de me retrouver en photo avec des rockstars dans les magazines. »

Dans le monde de la mode, il y a aussi beaucoup de personnes habillées en noir. Mais sans le logo AC/DC imprimé dans leur dos … « En effet, la différence n’est pas si énorme ! Nous travaillons pour des créatifs qui ont une idée que nous les aidons à réaliser. Cela dit, notre personnel n’est pas présent le jour des défilés … »

Mais vous avez quand même été manger des frites avec Bono & Co ? « Oui, au début de la tournée. Bono m’a alors confié qu’il avait au mur chez lui une photo du prototype, avec la tour de l’église de Werchter à l’arrière-plan. »

Les festivals de dance sont-ils d’importants nouveaux clients ? « La dance est l’expérience festivalière de ce siècle. Tomorrowland à Boom ou Electric Daisy Carnival à Las Vegas sont les nouveaux pionniers. Ils ont cette attitude qui était la nôtre à l’époque et qui consiste à penser que ce que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux. Mais c’est un monde radicalement différent de la scène rock. Un monde plus assertif. Il a fallu nous habituer à ce style. Nous avons malgré tout réussi à venir en aide à ces organisateurs lorsqu’ils ont connu une croissance si rapide qu’ils avaient atteint les limites de leur monde. Dans la dance, l’expérience et le look sont aussi importants que le fait d‘écouter de la musique. Et les budgets sont colossaux. Electric Daisy Land a un budget de production de 40 millions d’euros. »

En 2012, vous avez réalisé la scène XXL. Cette scène gigantesque est-elle la limite de ce qui est réalisable ? « Il n’est pas possible de transporter des éléments de plus grande talle par camion ou par conteneur. Nous avons utilisé la scène XXL pour Madonna, Rock Werchter, Hyde Park, The Wall, Lady Gaga. Espérons qu’elle continuera à être utilisée. Une scène comme celle-là se situe dans le segment de prix des plus grands artistes mondiaux et des grands festivals. L’avenir nous dira s’il y a une demande suffisante pour ce type de scène. » Êtes-vous en train d’explorer des nouveaux marchés ? « Nous nous diversifions. Nous travaillons de plus en plus souvent pour le monde de la mode. C’est intéressant, car la plupart des événements du secteur de la mode ont lieu à l’intérieur, en hiver. De cette manière, nous avons aussi du travail pour notre personnel en dehors de la saison d’été. »

La dance est devenue une religion. « Et Dieu est un DJ (rit). Donner à la musique une place centrale dans sa vie n’est pas une nouveauté. Pour nous aussi, la musique c’était tout. Woodstock et Easy Rider, écouter les programmes de nuit de Radio Luxembourg, entendre pour la première fois les Small Faces, les Byrds, Françoise Hardy, Creedence Clearwater Revival. C’était le monde tout entier qui changeait au son de cette musique merveilleuse. Nous avons du bol d’avoir connu tout cela. » ‘ 30 Jaar Stageco. From Werchter To The World ’ a été écrit par Geert Vandenbon. www.pinguinproductions.be Graphius a imprimé les livres (en Néerlandais et en Anglais) et offre cinq exemplaires. Découvrez en page 1 comment tenter votre chance pour remporter votre exemplaire.

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Cette histoire valait bien un livre Geert Vandenbon a écrit « 30 Jaar Stageco. From Werchter To The World ». Une œuvre d’amour, comme il le dit luimême, née de l’admiration pour tout ce que Stageco a réussi à accomplir en trente ans, au sens propre comme au figuré. « Stageco et Hedwig De Meyer n’étaient pas des inconnus. Cette histoire remonte à la fascination que j’éprouvais, étant jeune, pour les concerts et les festivals. Dans mes jeunes années, j’ai fait des petits boulots au Rock Torhout et quand plus tard, mon agence de communication et d’événementiel a eu besoin de logistique par exemple pour le Tour des Flandres, c’est à Stageco que je me suis adressé. C’est une chouette entreprise et son personnel abat une besogne monstrueuse. Hedwig De Meyer est un homme charmant qui travaille avec les grands de ce monde, mais qui reste toujours dans l’ombre. C’est un choix délibéré de sa part. Il fuit la lumière des projecteurs. Ce qu’il a réalisé force l’admiration. Je suis donc un jour allé le trouver avec une idée toute simple : Stageco a une histoire fabuleuse qu’il faut écrire. Et voilà : le livre sur Stageco est la trinité parfaite puisqu’il consacre mon amour des livres, de l’événementiel et de la musique. »


CATALOGUE

Les codes au musée

d’Orsay Lorsque Henri Toulouse-Lautrec peignit ces deux personnes en 1892 et qu’il osa présenter la toile lors d’une exposition à Paris, un nouveau scandale agita le beau monde. Pourquoi ? Pour le spectateur du 21e siècle, c’est une énigme, car nous avons oublié, au cours de demi-siècle écoulé, les codes qui permettent de décoder les peintures de l’époque. L’Olympia d’Edouard Manet provoqua un scandale tout aussi retentissant. Cette peinture à taille réelle représente une jeune femme nue couchée sur un lit avec, à l’arrière-plan, une servante noire qui apporte un bouquet de fleurs et sur le lit, un chat noir (scan-da-leux !). De nos jours, on trouve l’Olympia sur des cartes postales et des boîtes à pain, mais lors de sa présentation à Paris en 1863, l’oeuvre fit scandale. Pourquoi  ? Toute dame de l’époque vous aurait expliqué, non sans gêne, que les «  demoiselles  » représentées sur les toiles étaient clairement des prostituées. Elles vous regardent droit dans les yeux avec insolence, elles portent des dessous affriolants et posent à côté d’un chat. Si cela n’est pas clair  ! «  Demoiselles, oui, car elles ne sont ni mariées ni veuves, cela se voit du premier coup », écrivait Pierre-Joseph Proudhon avec une indignation rentrée. Ces codes, nous les avons perdus. Quelles sont toiles qui ont un petit côté scabreux ou pas ? Nous avons tendance à mettre toutes les oeuvres de Toulouse-Lautrec sur le même pied, or pour sa grande rétrospective de 1896, le maître lui-même a exposé une série de toiles dans une petite pièce fermée à clé. La clé, il ne la sortait que pour ses bons amis. La porte restait close pour les collectionneurs d’art. Pourquoi une dame vue de dos qui se lave dans une bassine d’eau était-elle donc si scandaleuse ?

L’exposition Splendeurs et Misères de Paris permet au visiteur de se réapproprier les codes : les vêtements, les regards, le papier peint caractéristique et les plus petits détails qui renvoient à la prostitution. L’exposition aborde aussi la misère. Quand Edvard Munch peint son triste ‘Noël au bordel’, c’est un cri de solitude. Le Paris de 1850 compte un million d’habitants. Vingt ans plus tard, la population de la capitale française a doublé. Des exilés des campagnes viennent chercher fortune dans la Ville lumière pour ne jamais trouver en général que la pauvreté et l’exploitation, des cages à lapins abominables en guise de logement et des épidémies, sans parler de toute cette misère que nous semblons aussi avoir oubliée. L’exposition Splendeurs & Misères se tient jusqu’au 17 janvier au musée d’Orsay avant de déménager au musée Van Gogh d’Amsterdam. www.musee-orsay.fr Rendez-vous à la page 1 pour tenter de remporter un des cinq catalogues du Musée d’Orsay ou un des cinq billets d’entrée pour deux personnes.

Le catalogue des expositions de Paris et Amsterdam, intitulé Splendeurs & misères, Images de la prostitution 1850-1910, éditeur Flammarion (couverture cartonnée, 310 p.) a été imprimé par Graphius. Henri Toulouse Lautrec, Dans le lit, 1892 (fragment).

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Prix PRIX FERNAND BAUDIN Le Prix Fernand Baudin, le prix des plus beaux livres à Bruxelles et en Wallonie, est une initiative de plusieurs graphistes, agissant dans le milieu du livre. Le prix attribue à l’issue d’un concours une mention aux livres qui témoignent d’une grande qualité tant au point de vue de leur conception, que de leur réalisation. Le jury a sélectionné 12 livres dont lesquels 4 ont été produit par Graphius. Schakelpauzes, LUCA School of Arts. During the exhibition, the Studio Will be Close, WIELS Contemporary Art Centre. Film as a form of Writing, WIELS Contemporary Art Centre + Motto Books. Reweaving the Urban Carpet, ed. International Architecture Biennale Roterdam, Architecture Workroom Brussels, Province du Brabant-Septentrional.

DEUTSCHER FOTOBUCHPREIS Shark, fear and beauty est un livre exceptionnel de Jean-Marie Ghislain et imprimé par Graphius. L’ouvrage a reçu le Deutscher Fotobuchpreis, un concours annuel organisé par le Goethe Institut Philippines.

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