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magazine


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sommaire

04 L’union fait la force Graphius et Schaubroeck main dans la main

16 Relève de la garde L’union franco­belge

08 Un autre regard

Bien plus qu’une icône d’Hollywood

30 Une histoire pleine de richesses

Briser le plafond de verre

22 Un enthousiasme sincère

Eddy Van Gestel se sent chez lui en Afrique

33 La montagne sacrée Voyage autour du mont Kailash avec Olivier Föllmi

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42 Le conglomérat LVMH

Pas moins de 70 marques de luxe exclusives

50

Un succès qui fait froid dans le dos Le retour des morts­vivants

Photo couverture : © Milton H. Greene

COLOPHON : Membres de Graphius Group : Geers Offset, Sintjoris, New Goff, Druk In De Weer, De Duurzame Drukker, Deckers Snoeck, 12-10-15 Boone­Roosens, Etiglia, Dereume Printing, Stevens Print, GuidoMaes.Printingdeluxe.***** et Schaubroeck. Éditeur responsable : Denis14:48 Geers, Eekhoutdriesstraat 67, 9041 Gand, Belgique. Rédacteur en chef : Thomas Dewitte. Rédaction : Sarah Claes, Sven De Potter, Magali De Reu, Geert De Weyer, Thomas Dewitte. Graphisme : Philip De Bels. Abonnements : Vous pouvez vous abonner gratuitement en nous contactant à l’adresse magazine@graphius.com. Graphius, Eekhoutdriesstraat 67, 9041 Gent, België. Tel. +32 (0)9 218 08 41. info@graphius.com, www.graphius.com

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Imprimé à l’aide d’encres biologiques végétales sur une presse couleurs Heidelberg XL 106­10, 250 lpi avec trame hybride. Couverture : Ensocoat 2S New 300 g. Intérieur : FocusArt Naturel 135 g. Tabernacle : MultiDesign Original 150 g. Expédie dans un film biodégradable à base d’amidon.


livres

ces détails qui font le livre DÉCOUVRIR LA JUSTICE EN S’AMUSANT Lemniscaat On ne finit pas en prison parce qu’on transpire des pieds. Mais cette caractéristique physique peut néanmoins vous valoir une amende. Annet Huizing donne vie à l’état de droit à l’aide d’anecdotes passionnantes, drôles et parfois surréalistes. Son livre, doté de pages centrales qui fourmillent de graphiques et d’illustrations de Margot Westermann, prouve que le système judiciaire a des facettes amusantes. Après la lecture, les adolescents maîtriseront parfaitement la différence entre droit civil, pénal et administratif. Ils sauront également si la loi autorise de voler son propre vélo.

DONNA HAY : BASICS TO BRILLIANCE Uitgeverij Unieboek | Het Spectrum Une impression en relief sur l’intégralité de la couverture (il s’agit en fait d’un timbre à sec, pas d’un « simple » stratifié), avec une finition de type dorure à chaud et un vernis sélectif UV qui laissent bouche bée. Une couverture dont l’originalité correspond au contenu de l’ouvrage, car Donna Hay y revisite des recettes classiques et éprouvées, qui permettent de ­présenter les plats sous un nouveau jour. La célèbre Australienne, qui s’est fait connaître à l’international grâce à son émission de télé­ vision Fast, Fresh, Simple, n’est pas la première venue, loin de là. Donna Hay est une véritable créatrice culinaire, qui allie des recettes acces­ sibles à une esthétique de toute beauté. De quoi ravir les papilles autant que les yeux !

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SERGE ANTON : FACES Lannoo Serge Anton aime la matière. Le bronze, le bois, le fer, mais surtout la peau et le temps qui passe. Les portraits du photographe bruxellois racontent la vie de façon unique. Ce sont les photos, les regards et les sillons creusés dans les visages qui parlent, sans dire un mot. Pour la première fois, Serge Anton rassemble ses photos noir et blanc dans un livre en impression polychromique. Son amour des matières s’exprime dans le choix d’une couverture en lin, recouverte d’un film d’impression dont le choix a été mûrement réfléchi.

MICHEL SARRAN : ITINÉRAIRES DE GOÛTS

LA LÉGENDE DU HÉROS CHASSEUR D’AIGLES Urban China

Glénat Michel Sarran, Géraldine Pellé, Anne-Emmanuelle Thion

Le Wuxia est un genre de fiction chinois à la gloire des experts

Michel Sarran fait voyager le lecteur au travers de seize

en arts martiaux dans la Chine ancienne. Une sorte de variante

recettes. Le chef toulousain aux deux étoiles Michelin nous

du film de kung fu, avec plus d’épées et moins de combats au

explique de façon accessible sa cuisine complexe, généreuse

corps à corps. Le dessinateur de bandes dessinées Li Zhiqing

et élégante, accompagnée de photographies apaisantes de

transpose l’excellente trilogie de l’auteur de romans Jin Yong,

grande qualité et assaisonnée d’un arsenal de prouesses

que d’aucuns considèrent comme l’un des maîtres incontestés

techniques. Nous espérons que vous vous régalerez des

du Wuxia, en bandes dessinées où l’action ne manque pas. En

couvertures (dans le jargon d’imprimerie appelés « les plats »)

outre, comme il s’agit d’une tradition orientale, l’épopée se lit

collées sur les gardes, du marquage à froid, du jaspage trois

dans le sens chinois, à savoir de droite à gauche.

faces et du dos nu.

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entretien

Un lien indéfectible

L’union fait la force. Graphius et Schaubroeck, deux familles d’imprimeurs dotées d’un riche palmarès et d’un grand savoir-faire reconnu ont décidé de joindre leurs forces en septembre dernier. Schaubroeck a rejoint Graphius et apporte au groupe sa parfaite maîtrise des impressions pour le secteur des pouvoirs publics et des emballages. L’alliance entre l’imprimerie Schaubroeck et Graphius va au-delà d’une mise en commun des ressources. En effet, Schaubroeck est un acteur important dans des domaines pour lesquels Graphius s’était moins investi jusqu’à présent, à savoir l’impression numérique et d’emballages. Grâce à Schaubroeck, le groupe étend sensi-

blement l’éventail de ses activités. Le chef d’atelier Dirk Clauwaert, le responsable des certificats et de la prévention Willy Peeters et la directrice Ciska De Muyter se sont rendus sur le site de l’entreprise à Nazareth pour rencontrer le PDG de Graphius, Denis Geers. L’entretien a porté sur le passé, le présent et l’avenir.

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« La clientèle de Schaubroeck peut toujours s’adresser à sa personne de contact fixe, y compris pour les impressions commerciales. » Denis Geers

DIRK C LA UWA ER T : « Lorsque j’ai commencé à travailler

quelques décennies, sont devenues des acteurs industriels, tout en s’orientant vers des secteurs différents. La différence avec les précédentes acquisitions de Graphius réside dans le fait que le groupe Schaubroeck propose également d’autres services aux organismes gouvernementaux, notamment dans les domaines de la gestion du personnel et de ­l’informatique. Nous n’avons pas repris ces dernières ­activités, pour éviter toute confusion. Du point de vue de l’imprimerie Schaubroeck, la complémentarité de la clientèle et des produits apporte un grand plus. Quant à Graphius, nous disposerons désormais de l’équipement requis pour réaliser des produits à Nazareth que nous ne possédons pas à Gand ou à Bruxelles. Cette acquisition a donc pour objectif l’élargissement de notre base. »

ici il y a 37 ans, à peine 5 % des impressions étaient destinées au secteur privé. Le reste des commandes provenaient des pouvoirs publics, principalement des communes, des CPAS, des ministères et de la CEE. Schaubroeck était en quelque sorte l’imprimerie des pouvoirs publics. » WILLY P EET ER S  : « La fusion des communes en 1977 s’est suivie d’une période de transition. Nous avons perdu environ deux tiers de notre clientèle. Schaubroeck a dû se réinventer et s’est orienté sur le marché privé. La décision d’axer nos activités sur les emballages et l’impression numérique est l’aboutissement de cette réflexion. » DENIS G EER S  : « L’histoire des entreprises Schaubroeck et Graphius comporte des points communs : des entreprises familiales et ancrées à l’échelle locale qui, en

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Ciska De Muyter

Willy Peeters

Outre l’impression numérique, Schaubroeck produit des emballages imprimés et des impressions classiques, qui représentent l’essentiel de la production, ainsi que bien d’autres services pour les villes et les communes. Par exemple, en période électorale, les communes peuvent s’adresser à Schaubroeck pour l’aménagement des bureaux de vote, l’organisation de la distribution des bulletins de vote et des cartes de convocation, voire la fourniture des écharpes de bourgmestre. Ces activités seront intégrées au sein de Graphius, qui optimisera le niveau de service.

au savoir-faire spécialisé et aux équipements de Schaubroeck dans certains domaines spécifiques. Il est également important de noter que les clients de Schaubroeck peuvent toujours s’adresser à leurs personnes de contact fixes, y compris pour les impressions commerciales. Rien ne change à ce niveau. »

Impression pour l’industrie ­alimentaire P E E T E R S : « À l’heure actuelle, la clientèle de Schaubroeck

n’est pas particulièrement axée sur l’international, mais cela pourrait bien changer grâce au fichier clients de CLAUWAER T : « Nous Graphius. Je pense devrons pouvoir que nous pourrons tirer parti de notre développer le volet infrastructure de « emballages » de nos façon optimale. S’il activités dont Dirk a suffit d’une palette de parlé. Dans le monde papier comme matière de l’impression, ce première pour l’imsecteur est stricteCiska De Muyter pression sur papier, le ment réglementé. carton, c’est autre chose. La logistique devra faire face à C’est pourquoi Schaubroeck est titulaire de la certification davantage de chargements et de déchargements. » BRC/IoP, qui l’autorise à imprimer pour l’industrie alimenGEERS : « Sur le plan commercial, cette coentreprise constitue taire. Cette norme a été mise sur pied à l’initiative de pluun pas dans la bonne direction, car nous pouvons concentrer sieurs détaillants anglais qui cherchaient à instaurer un nos efforts sur des activités clairement définies pour chaque système de contrôle sur leurs fournisseurs. Aujourd’hui, site. Schaubroeck, pour sa part, peut compter sur un parc de cette norme revêt le statut de référence mondiale. » machines bien plus performant pour ses impressions commer- C I S K A D E M U Y T E R   : « Si la production reste à Nazareth, ciales. Pour Graphius, il est avantageux de pouvoir faire appel c’est notamment parce que le certificat BRC est lié au site de

« Les contacts entre les collaborateurs des deux sociétés sont très positifs. La collaboration est efficace. »

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Dirk Clauwaert

Denis Geers

production. Graphius ne pourrait obtenir ce certificat qu’en entreprenant d’importants travaux d’infrastructure. » P EETER S  : « Si l’on souhaite pouvoir imprimer pour l’industrie alimentaire, il faut répondre à un grand nombre de conditions. Les encres et les autres matières premières utilisées doivent être conformes pour un usage dans des emballages alimentaires. Les produits de nettoyage doivent, quant à eux, satisfaire des règlements stricts. Des huiles et des graisses particulières doivent être utilisées pour faire fonctionner les presses. L’emploi d’alcool est proscrit. L’environnement de production doit être adapté. Ainsi, les lampes installées dans les ateliers de production doivent être incassables. Tout est extrêmement réglementé. » CLAUWA ER T   : «  Ces règles sont indispensables. Il s’agit d’impressions destinées à des denrées alimentaires. Il faut absolument éviter tout risque de contamination. » P EETER S  : « Ainsi, nous ne réintroduisons jamais les épreuves dans la zone de production : elles deviennent inutilisables dès qu’on les touche. Si une palette de papier se renverse et tombe sur le sol, il faut la mettre au rebus. Schaubroeck dispose d’un certificat pour les risques élevés  : nos emballages peuvent entrer en contact direct avec les produits. J’estime que nous pouvons être fiers d’avoir toujours été classés dans la catégorie A, la plus élevée, depuis la certification. »

Chez Graphius, nous disposons aujourd’hui d’un petit département carton et numérique. Nous avons pour intention de le centraliser. Ces activités vont être déplacées de Gand et Bruxelles à Nazareth. Concrètement, neuf collaborateurs de Nazareth « déménageront » à Gand. Un collaborateur de Gand sera muté à Nazareth. Le parc de machines, quant à lui, reste temporairement au même endroit. Début 2018, nous souhaitons optimiser la répartition des activités et nous examinerons où nous pourrons investir au cours de la seconde moitié de l’année. » DE M U Y T E R   : « Globalement, nous pouvons déjà constater que les contacts entre les collaborateurs des deux ­sociétés sont très positifs et que la collaboration est efficace. Graphius est là pour nous aider en cas de question et nous faisons de même. Nous bénéficions d’une grande flexibilité, même pour ce qui est du parc de machines : si une machine tombe en panne, une autre peut prendre le relais. » GE E R S   : « Le grand avantage est que Schaubroeck d ­ ispose d’une infrastructure haut de gamme, et ce, depuis bien longtemps. L’entreprise est certifiée ISO-9000 depuis ­plusieurs années, l’organigramme est bien pensé, etc. Les deux entreprises s’intègrent donc parfaitement l’une avec l’autre. Par ailleurs, l’acquisition n’entraîne aucun choc des cultures avec les collaborateurs de Schaubroeck. Leur culture d’entreprise coïncide avec celle de Graphius. Je pense même qu’ils appliquent les normes et les directives de façon encore plus stricte. (rires) » 

Une alliance parfaite GEERS : « Nous considérons que l’impression d’emballages

apporte un beau complément à notre palette de services.

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livre

Marilyn,

par l’œil de Milton Los Angeles, 1953, le photographe Milton H. Greene rencontre la star mondiale Marilyn Monroe lors d’une séance photo pour Look Magazine. « But you’re just a boy ! », s’écria-t-elle lorsqu’elle voit l’air jeune de Milton – elle avait juste regardé auparavant ses photos pleine d’admiration – et il lui répondit : « And you’re just a girl ! » Ce fut le prélude d’une amitié intense qui a duré plusieurs années. Marilyn Monroe. Après toutes ces années, c’est toujours un nom qui parle aux gens à travers le monde. Un nom qui évoque immédiatement des images d’une magnifique diva blonde avec des lèvres rouges, un regard sexy et une voix sensuelle. Un pouvoir d’attraction pratiquement inexplicable et une source d’inspiration pour de nombreuses personnes dans la culture des films, de la musique et pop. Mais est-ce que le personnage auquel nous pensons immédiatement était la véritable Marilyn ? Ou il ne s’agissait que de l’une de ses facettes, celle qu’elle montrait le plus, parce que c’était ce que les gens voulaient voir ? Color Photography’s Wonderboy Milton Greene a immédiatement découvert l’intelligence et la sensibilité qui se cachaient derrière ce personnage créé.

dans lequel Milton Greene allait jouer un rôle important … Lorsque Milton rencontra la star mondiale pour la première fois, il se rendit immédiatement compte qu’elle était bien plus que ce que Hollywood avait fait d’elle. Joshua Greene, le fils de Milton Greene, raconte : «  Mon père a vu de quelle manière elle pouvait montrer à chaque fois dans ses photos un autre personnage ou un autre côté d’elle-même. Il pensait qu’elle pourrait atteindre son objectif, soutenue par la bonne équipe. Elle serait désormais prise au sérieux en tant qu’actrice, elle aurait un droit de parole dans son travail, elle pourrait se lancer dans des défis professionnels et avoir du succès avec un autre type de rôles. Mon père et son avocat ont analysé son contrat et il lui a conseillé de laisser Hollywood derrière elle, de venir à New York et de dénoncer ensemble le producteur de films. Après 10 mois, elle réussit à se détacher de la 20th Century Fox.  » Peu de temps après, ils lancèrent ensemble leur propre société de production : Marilyn Monroe Productions. «  Ils considéraient le partenariat comme une opportunité unique. Marilyn pourrait contrôler sa carrière et

Marilyn est devenue une véritable star mondiale avec sa réputation de blonde stupide et gracieuse. C’est une réputation qui commença profondément à l’ennuyer aux alentours de son 28e anniversaire. Elle voulait également d’autres rôles, qu’on lui accorde plus de valeur et un meilleur salaire, elle voulait montrer l’autre Marilyn. C’était un plan d’avenir

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Milton aurait l’opportunité de devenir producteur de films et régisseur. Ils firent le grand saut ensemble. » Ils réalisèrent deux films : Bus Stop (1956) et The Prince and the Showgirl (1957).

Elle trouva une nouvelle inspiration à New York. Elle y suivit des cours d’art dramatique et de danse et y retrouva Marlon Brando et Frank Sinatra. Avec Milton, elle alla dans des clubs de jazz pour admirer le talent musical d’entre autres Miles Davis, Dizzy Gillespie et Ella Fitzgerald. Dans le Connecticut, elle se reposa entièrement au sein de la famille chaleureuse et au milieu de la nature. Elle lisait, elle se promenait, elle aidait aux tâches ménagères … tout ce que l’on n’attendait pas d’une VIP. La différence entre Marilyn la star mondiale et Marilyn l’hôte ne pouvait pas être plus importante selon Joshua  : «  Marilyn Monroe était clairement un personnage créé par Norma Jean. Bien qu’elle avait officiellement fait changer son nom, ce flirt blond et sexy était une sorte de caricature de la véritable femme. » C’est cette véritable femme que Milton a fait paraître dans ses nombreuses photos de Marilyn au fil des années. Car c’est ce qu’il a fait, pas uniquement pour Marilyn, mais pour chaque célébrité qu’il photographiait : Elizabeth Taylor, Grace Kelly, Audrey Hepburn, Marlene Dietrich et de nombreuses autres. « Milton était très sûr de sa maîtrise de la photographie. Il connaissait le processus. Il devait arriver à un certain niveau d’intimité pour avoir la confiance ­nécessaire de la personne qu’il photographiait. Alors, avec quelques

Milton et Marilyn accrochèrent immédiatement et devinrent de proches amis. Chacun des deux croyait en le talent de l’autre et ils savaient qu’ils pouvaient se faire confiance, également sur le plan personnel. La famille Greene reçut Marilyn à bras ouverts dans le calme Connecticut et dans la ville animée de New York. Chez les Greene, où elle vécut quatre ans, Marilyn trouva le soutien dont elle avait besoin. « Mon père créa un port d’attache sécurisé pour elle. Le style de vie qu’il lui proposa était exactement ce dont elle avait besoin à ce moment : de la scène jazzy de New York à la douillette vie de famille stable en pleine nature dans le Connecticut », explique Joshua. «  Au cours de cette période, j’avais entre 1 et 4 ans (cfr. photo) et je n’avais naturellement pas la moindre idée de sa célébrité. Pour moi, c’était une amie de mes parents qui faisait aussi de temps à autre la ­baby-sitter. Mes souvenirs avec elle concernent principalement des ­parties des chatouillements, des batailles de coussins, des glissades dans les escaliers et des bains à bulles. »

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indications et dans une ambiance détendue, il pouvait mettre en image l’essence de cette personne », déclare Joshua. Tel père, tel fils … car Joshua a également développé une grande passion pour la photographie et il devint à son tour un photographe respecté. Après la mort de son père en 1985, il ne voulut pas perdre le précieux travail. En effet, Milton reconnaissait la valeur historique de ses photos, mais il pensait qu’elle allait s’estomper après quelque temps, littéralement. C’est la raison pour laquelle, au milieu des années 90, après des années de recherche, Joshua lança The Archives LLC, avec la restauration et la conservation de la collection de son père comptant 300.000 photos comme premier objectif. Entre-temps, Joshua devint un expert des techniques de restauration et de conservation numériques pour la photographie. En 1994, il publia Milton’s Marilyn, le premier livre contenant de nombreuses photos qui n’avaient jamais été publiées. C’était partiellement une autobiographie qui racontait l’histoire de Marilyn du point de vue de la famille Greene. « Ce nouveau livre, The Essential Marilyn Monroe, est un véritable livre d’art avec des photos d’un niveau élevé. L’accent est entièrement mis sur les photos, qui vont du personnel et spontané aux casual sittings dans le studio avec la lumière du jour du Connecticut, sur place et dans des studios formels. » Dans plus de 280 photos, il réalise le portrait de la beauté iconique et de ses différentes personnalités. « Je voulais présenter le talent de mon père et justement choisir les photos que le monde voudrait certainement voir. Il s’agissait en fait pour moi de bien plus que cette valeur émotionnelle et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas laissé de côté de photos qui n’étaient pas absolument parfaites du point de vue technique. J’ai présenté son œuvre de la manière dont Milton l’aurait fait aujourd’hui avec la technologie actuelle, selon moi. » Sur différents plans, nous voyons Marilyn rêveuse et innocente, ou alors sexy et mystérieuse, ou même assurée et avec un grand sourire. C’était la Marilyn que Milton connaissait. Graphius a récemment imprimé The Essential Marilyn Monroe: Milton H. Greene, 50 sessions pour le compte de ACC Publishing Group. Consultez vite la page 1 si vous voulez tenter votre chance de remporter ce magnifique hommage à Marilyn et Milton.

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Informations d’entreprise

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Depuis les années 1950, AVBS, la fédération flamande pour l’horticulture et les espaces verts défend les intérêts du secteur de l’horticulture et des espaces verts. Willy De Geest, rédacteur en chef de la revue spécialisée « Sierteelt & Groenvoorziening » (NDT : Horticulture et Espaces verts), explique le mode de fonctionnement d’AVBS et les objectifs précis que l’organisation cherche à atteindre. « Nous sommes le groupe professionnel spécialisé dans ­l’horticulture de l’association agricole flamande Boerenbond », explique M. De Geest. « Notre secteur fait constamment face à de nouveaux défis, de nouvelles opportunités et problématiques. C’est pourquoi nous sommes quotidiennement sur la brèche pour défendre les intérêts professionnels de nos entreprises, qui peuvent bénéficier des outils nécessaires, aussi bien à l’échelle de l’entreprise que du secteur. Ces derniers sont divers : aide relative à l’économie de ­l’entreprise, aide sociale et fiscale, informations, sécurité des récoltes, technique de culture, exportation, etc. En bref : tout ce dont a besoin l’horticulteur, le pépiniériste

et l’entrepreneur de jardins actuel. À cette fin, nous nous concertons également avec un large éventail d’instances et d’instituts de recherche officiels. Par ailleurs, nous osons organiser des manifestations ou des manifestations de protestation ». « En outre, AVBS participe au processus décisionnel au sein des structures du VLAM (Office Flamand d’Agro-Marketing) concernant la promotion pour l’ensemble du secteur. » À ce titre, il est essentiel de proposer des informations axées sur les entreprises. L’ensemble des affiliés d’AVBS reçoivent

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la revue bimensuelle Sierteelt & Groenvoorziening (NDT : Horticulture et Espaces verts). « Depuis 1957, nous publions le magazine deux fois par mois en collaboration avec Graphius, notre partenaire de toujours », affirme le rédacteur en hochant la tête d’un air satisfait. « Cette fréquence peut sembler élevée, mais le monde de l’entreprise connaît actuellement des évolutions nombreuses et rapides. Nous veillons par ailleurs à la pertinence, à l’efficacité et à la justesse des informations. »

offre une plus grande flexibilité aux lecteurs. Ils peuvent l’emporter, le lire où et quand bon leur semble ou encore le conserver », déclare-t-il. « Les informations en ligne sont parfois si fugaces et il faut parvenir à faire le tri parmi tous les messages qui arrivent quotidiennement sur votre messagerie électronique. En outre, certains de nos articles sont si techniques qu’il n’est pas idéal de les consulter sur son ordinateur portable. » Les retours et réactions concernant le magazine traduisent un degré élevé de satisfaction. « Tant que les entreprises renouvellent leur abonnement et qu’il existe une interaction par rapport à nos publications, nous savons que nous représentons un maillon important de la chaîne. »

« Notre magazine a été le premier à être imprimé par l’imprimerie, qui portait à l’époque le nom de Geers Offset. Compte tenu du haut degré de professionnalisme constant et des bonnes relations que nous entretenons avec Graphius, nous continuons à y faire imprimer notre magazine. »

Sierteelt& Groenvoorziening

AVBS continue de croire en l’efficacité de l’impression « traditionnelle », mais considère comme indispensable d’intégrer efficacement les nouveaux modes de communication. « AVBS a en effet pris le train de la révolution numérique en marche », indique M. De Geest. « Nous disposions d’ailleurs déjà d’un canal de communication numérique pour la diffusion d’articles dans les années 1980 à l’époque de Geers Offset. Nous faisions office de client test pour l’imprimerie et tout se déroulait à merveille. Néanmoins, un magazine

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Halfmaandelijks vakblad • 15 december 2017 • Jaargang 61 • Afgiftekantoor Gent x • P912063

AVBS a publié le premier magazine imprimé par Geers Aanpassing mestwetgeving containervelden

Loonaanpassing op 1 januari 2018

Offset. Aujourd’hui encore,

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il est imprimé par Graphius. SG21_Cover.indd 1

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13-12-17 18:13


entretien

Regard sur l’avenir © Hervé Véronèse Centre Pompidou

En plein cœur de l’effervescence parisienne, dans l’ambiance agréable du quartier Beaubourg, on voit se dessiner au loin ce bâtiment coloré qui semble avoir été retourné à l’envers : le Centre Pompidou. Initié par l’ancien président français Georges Pompidou et conçu par les architectes Rogers et Piano, ce musée jouit depuis 1977 d’une grande notoriété. Dans ce paradis de l’art moderne et contemporain, des œuvres de Kandinsky, Picasso, Miró et Matisse côtoient des pièces d’art actuel et conceptuel, ainsi qu’une somptueuse collection de photographies historiques.

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Rattachées au Centre Pompidou et situées à proximité de son imposant édifice, les Éditions du Centre Pompidou s’inscrivent dans la même recherche de qualité que l’institution elle-même. On en voit tout de suite le brillant résultat dans la Librairie Flammarion du Nicolas Roche centre culturel, ainsi que dans les petits étals de livres installés à presque tous les étages : catalogues et albums d’exposition, monographies d’artistes et de courants artistiques, livres sur la création artistique et bien d’autres encore. Des ouvrages que tout amateur d’art aimerait avoir dans sa bibliothèque. Empreintes d’une passion pour l’art, toutes ces publications ont été réalisées avec un grand souci du détail et dans le respect du contexte scientifique. Pour comprendre la genèse de ces ouvrages, nous nous sommes adressés directement aux Éditions du Centre Pompidou. Une interview croisée du directeur sortant, Nicolas Roche, et de Claire de Cointet, qui lui succède à ce poste, sur l’importance d’un support imprimé de qualité dans un monde digital et sur les challenges de leurs nouvelles fonctions respectives.

d’énergie dans chaque publication pour atteindre un résultat fabuleux, toujours meilleur et toujours plus beau, c’était une tradition du Centre Pompidou que j’ai souhaité maintenir. J’aime assez la complexité de ce genre de travail », Claire de Cointet poursuit Nicolas. Y a-t-il certaines publications dont vous êtes particulièrement fier ? « À la base, je suis un amateur de photographie. Ces ouvrages – réalisés pour la plupart en collaboration avec Graphius – figurent donc parmi mes préférés à titre personnel. Je me souviendrai aussi toujours du catalogue de Cy Twombly, pour le travail remarquable qui a été fourni, mais surtout pour le succès qu’il nous a valu, avec des traductions dans le monde entier. »

Continuité et intuition

Claire de Cointet – ancienne Chef du Service éditorial – a repris le flambeau à la mi-novembre. Nicolas s’est en effet vu proposer le poste de directeur du Bureau International de l’Édition Française, le BIEF. « Je suis convaincu que Claire saura parfaitement perpétuer la tradition. Nous partageons aussi l’opinion selon laquelle le Centre Faire de sa passion son métier Pompidou doit créer des catalogues qui s’adressent au grand public, Nicolas Roche a pris le poste de directeur des Éditions du Centre sans pour autant vulgariser à outrance. Des publications accesPompidou en 2009, avec à son actif plus de vingt ans d’expérience sibles, mais scientifiquement étayées, pour ne pas perdre le lectorat dans le monde de l’édition  : «  Avant cela, j’avais travaillé dans spécialisé », précise Nicolas. d’autres secteurs éditoriaux C’est donc avec détermination comme la littérature jeunesse, que Claire prend son nouveau les livres scolaires, la (non-) poste. « Voilà plus de quinze fiction. Ce qui m’a surtout ans que je travaille dans le secfasciné au Centre Pompidou, teur des livres illustrés, et deux c’est le sujet de l’art moderne ans dans cette m ­ aison d’édiet contemporain. Durant tion. Il va sans dire que cette toutes ces années, j’ai appris fonction représente pour moi énormément de choses dans une grande chance », explique Nicolas Roche ce domaine, et ce pour mon Claire. « La beauté des livres, plus grand plaisir. Cette soif de savoir m’a beaucoup servi dans mon de l’art, de toutes les petites choses  … tout cela me passionne. ­travail », explique Nicolas, plein d’enthousiasme. Le  moindre détail – y compris technique – d’une ­publication me Huit ans au Centre Pompidou, des dizaines de publications sur ­fascine. Quand vous tenez un livre dans les mains, c’est toute une des expositions et courants artistiques … La tâche ne devient-elle industrie qui y a participé. Les gens n’en ont pas assez conscience », pas répétitive à la longue ? « Absolument pas, chaque ouvrage est continue Claire. Et Nicolas de confirmer  : «  Elle a parfaitement unique. À chaque fois, vous vous montrez très exigeant envers vous- raison. Il ne faut pas oublier que l’édition n’est pas une machine mêmes, l’équipe et l’imprimeur pour ce qui est de l’originalité et de la ­programmée pour faire tomber x petits pois dans chaque bocal. qualité du graphisme et des contenus. En même temps, il faut aussi Le résultat doit être différent à chaque fois. Le facteur humain est tenir compte des aspects commerciaux et financiers. Investir autant immense, pour chaque détail. C’est ça qui est beau. »

« Nous avons soigneusement choisi Graphius pour leur réactivité, leur équipement et le soin qu’ils apportent avec nous à la qualité du produit. »

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Comment la nouvelle directrice aborde-t-elle sa nouvelle fonction ? « Je vais avant tout m’employer à assurer la continuité sur le même élan que Nicolas. Certains aspects de notre organisation sont bien huilés, je ne tiens pas à ce que ça change. Bien entendu, on donne son avis sur toutes les composantes des projets, ce qui induit une part de subjectivité. Mais je me fie à mon intuition et je crois à un dialogue ouvert, aussi bien avec l’équipe et les conservateurs qu’avec l’imprimeur et l’artiste lui-même pour aboutir aux meilleurs résultats possibles. Cette mission est pour moi très prometteuse. »

exemple des contraintes économiques. Mais nous avons une forme d’indépendance. »

« Vive la Belgique ! » Travailler avec l’imprimerie Graphius, qui après tout n’est pas une entreprise française, relève d’un choix délibéré. Avant la réalisation d’une publication donnée, nous présentons un sommaire détaillé du cahier des charges dans un dossier d’appel d’offres à tous nos ­partenaires graphiques habituels. « Nous avons un vivier d’imprimeries – de gros joueurs dans leur pays – qui répondent à nos critères. Graphius en fait partie. Ces partenaires, nous les avons soigneusement choisis pour leur réactivité, leur équipement et le soin qu’ils apportent avec nous à la qualité du produit. L’équipe de Graphius s’y emploie de A à Z en parfaite collaboration avec notre équipe. Bien sûr que nous aimons les Belges, demandez à n’importe quel Français ! » plaisante Nicolas.

Indépendance et intégration Pour presque chaque exposition, le Centre Pompidou publie un catalogue et un album (plus concis et moins onéreux). « Pour le contenu, nous tenons compte du public attendu : critiques d’art, étudiants, chercheurs ou simples amateurs. C’est là que se situera mon principal défi  : convaincre nos auteurs de l’importance de produire un texte accessible. Un spécialiste n’a pas nécessairement une belle plume. Je veux que l’information soit à la fois intéressante pour les lecteurs initiés, et compréhensible pour les profanes », explique Claire. « Quand on s’adresse aux enfants, on évite d’être trop spécifique, on se penche plutôt sur le processus de création artistique. Comment se crée une œuvre d’art  ? Comme appréhender l’art en ayant recours à tous les sens ? » Avez-vous l’initiative des sujets  ? «  Nos publications sont intimement liées aux événements du Centre Pompidou et aux collections du Musée mais nous disposons d’une certaine liberté. Bien sûr, on ne peut pas faire n’importe quoi. Nous avons par

Bientôt la fin d’une ère ? La digitalisation et l’automatisation ont touché de nombreuses branches d’activité, y compris celle de l’édition. Quelle place le Centre Pompidou donne-t-il au support imprimé dans un monde de plus en plus digitalisé ? « Il est évident que nous ressentons les effets de la digitalisation, c’est d’ailleurs une évolution à laquelle nous sommes très attentifs. Mais l’arrêt total du livre, ou même du papier, cela relève pour moi du fantasme. Quand on se rend dans de grandes foires du livre comme celle de Francfort, on voit que le livre est encore bien vivant », assure Nicolas. « Naturellement,

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© Hervé Véronèse Centre Pompidou

c­ ertaines maisons d’édition ont été profondément affectées. C’est le gens seront beaucoup plus sélectifs dans ce qu’ils veulent exactecas notamment de la littérature, encore plus aux États-Unis. Mais ment avoir sous forme digitale ou papier. Avec Internet, le lecteur cela est aussi dû au fait que les éditeurs d’outre-Atlantique n’ont pas est noyé sous un raz-de-marée d’informations et ne s’y retrouve pas toujours à verser des droits d’auteur quand ils mettent des ouvrages forcément. Même pour la plus jeune génération qui grandit avec les à disposition numérique. Le secteur des (livres sur les) beaux-arts a tablettes, les livres restent utiles. Quand ils sont avec leurs enfants, été beaucoup moins touché. » les parents prennent quand même plus f­acilement un livre qu’une Comment expliquer cette différence ? Cela est-il dû au public ciblé ? tablette, non ? » « Je pense que les clients achètent nos livres en raison de la beauté et Tandis que Claire de Cointet relève ce défi au sein des Éditions de la richesse du contenu, des images et des finitions. Connaissant du Centre Pompidou, Nicolas Roche continuera quant à lui à notre réputation dans ce ­promouvoir les publications domaine, les consommateurs françaises au niveau inter­ savent qu’une telle publicanational. C’est en effet la tion nécessite des efforts, fonction qu’il aura au BIEF  : du temps et une collabodévelopper la renommée ration étroite avec l’artiste (mondiale) du livre français. et le conservateur. Un livre «  Mon rôle de directeur est matérialise le souvenir d’une d’aider les maisons d’édition Claire de Cointet exposition, c’est aussi un bel françaises à faire connaître objet que l’on a plaisir à posséder, à montrer à ses amis ou sa famille, leurs ouvrages à l’international, par des programmes d’échange, contrairement à une application  », pense Nicolas. Ignorer l’évolu- des salons du livre et des études de chaque marché spécifique. La tion digitale ? « Certainement pas ! La génération des digital natives ­littérature ­française fait déjà l’objet d’une très large diffusion dans n’est pas encore majoritaire, on peut donc s’attendre à de grands le monde. Nous avons nos stars comme Victor Hugo, Albert Camus changements. Mais les gens achèteront toujours des livres, j’en suis ou Jean-Paul Sartre, mais il existe encore de nombreux domaines convaincu. » où nous nous d ­ istinguons par notre excellente qualité et notre Claire ajoute : « L’enjeu de la prochaine décennie sera de faire c­ oexister ­créativité. Ce n’est pas pour rien que le français est la deuxième les deux supports. Au même titre qu’une publication sur papier, une langue la plus traduite dans le monde. » L’avenir de l’impression est application présente un intérêt à un autre niveau. Je pense que les déjà tout tracé ! 

« Quand ils sont avec leurs enfants, les parents prennent quand même plus facilement un livre qu’une tablette, non ? »

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impression exclusive

Innovante et extravagante À l’occasion de l’ouverture de sa boutique phare à Bruxelles, Komono a organisé une campagne omnicanal de type « guérilla ». Les impressions spectaculaires ont laissé tout le monde bouche bée, que ce soit en Belgique ou à Tokyo. Komono est connu pour ses montres et ses lunettes à la fois tendance et abordables. La marque belge a été fondée par Raf Maes et Anton Janssens en 2009, mais a depuis lors conquis le monde entier.

de voir son reflet. Par ailleurs, elle a diffusé des journaux au format XXL pour annoncer l’invitation. « De tels imprimés ne manquent pas d’attirer l’attention : de nombreuses photos de personnes ayant les yeux rivés sur le journal dans la rue ont été prises », indique M. Van Hulle. « Les publications sont légion sur les réseaux sociaux. »

Filip Van Hulle, COO de l’entreprise d’accessoires, décrit Komono comme une entreprise à la fois innovante et extravagante qui aime adopter une approche sortant des sentiers battus. « Nous commercialisons régulièrement de nouvelles collections et de nouveaux produits et nous les mettons en valeur de façon virale. À cet égard, la communication omnicanal joue un rôle indispensable, étant donné que nous voulons être présents là où notre groupe cible se trouve, à savoir aussi bien en ligne que hors ligne. Nous cherchons constamment à aiguillonner notre public. »

Il est incontestable que la qualité des impressions est primordiale. « Nous sommes une marque très axée sur le visuel », estime M. Van Hulle. « Le langage des images est l’un de nos principaux outils marketing. Nous voulons donc en tirer le maximum de bénéfices. C’est précisément la raison pour laquelle nous collaborons depuis de nombreuses années avec notre partenaire GuidoMaes, une imprimerie membre de Graphius. Une association d’ailleurs couronnée de succès : la campagne a si bien marché que nous réutilisons le concept de campagne guérilla pour annoncer notre magasin à Tokyo ! »

Une campagne qui fait grand bruit La dernière campagne de Komono mise sur pied dans le cadre de l’ouverture de la boutique phare de la marque en est un bel exemple. L’entreprise a d’une part fait imprimer des cartons d’invitation A5 solides dotés d’une surface à effet miroir permettant au destinataire

Graphius se charge de la réalisation des invitations, des journaux XXL et d’autres impressions exclusives pour Komono.

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photographie

Laisser voguer la suprématie Dès que les portes de l’avion se sont ouvertes, Eddy Van Gestel l’a su : je suis chez moi en Afrique. En 2009, il a vendu sa maison d’édition et sa société de safari pour se concentrer sur ses deux grands amours : le continent noir et la photographie. D’abord comme photographe de la nature, aujourd’hui comme défenseur de la beauté féminine.

Enfant, Eddy Van Gestel attendait avec impatience les virées annuelles de la famille à la mer. Ce n’était pas les parasols ou les châteaux de sables qui faisaient battre son cœur, mais bien les expositions de missions des Pères blancs. Le jeune Eddy était captivé par les objets qu’ils vendaient et il pouvait écouter pendant des heures les histoires de Stanley et Livingstone. Lorsqu’en 1986, il vit le classique de Sydney Pollack Out of Africa, il fut définitivement touché : « Ce film était un succès absolu aussi bien sur le plan cinématographique que du contenu. Il n’y a toujours rien à dire sur les images de la nature. Lorsque je suis sorti de la salle de cinéma, je le savais : je vais me rendre le plus rapidement possible sur ce continent, je dois y aller. »

Je ne voulais pas que mon Afrique change. Le reste du monde évoluait à grande vitesse, et je suis alors arrivé en Afrique et j’avais l’impression d’avoir été transporté dans le temps. Jusqu’à il y a six ou sept ans : j’ai alors soudainement ­remarqué que le continent de mon cœur subissait bel et bien des changements. » Il ouvre une perspective globale pour expliquer ce phénomène  : «  Le monde a laissé un lourd passé colonial en Afrique. Les pays colonisateurs ont pendant longtemps eu un problème de conscience avec la pagaille qu’ils ont laissée. Dans la même mesure où ils n’avaient pratiquement jamais fini d’aller y faire des affaires. Cela a commencé à ­basculer parce que la Chine a redécouvert l’Afrique comme un continent extrêmement intéressant, en raison du pétrole, des minerais, des minéraux et de l’alimentation. Depuis lors, tout a été très vite. La croissance économique dans la partie subsaharienne se rapproche des 10 %. Une nouvelle génération de personnes de couleur se lève et démontre que la croissance économique est durable sur le plus long terme. »

Un continent en pleine mutation rapide L’Afrique devint la deuxième maison d’Eddy. Littéralement, car le photographe habite près de six mois par an en Afrique, princi­ palement au Kenya. « J’ai pensé pendant longtemps que l’Afrique ne changerait jamais. Je pouvais m’absenter pendant une longue période, le temps semblait s’être arrêté. Et je trouvais cela chouette.

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Girlpower ? Brainpower !

normes, c’est énorme, lorsque l’on sait qu’un Kényan moyen gagne en moyenne 4 euros par jour. Par conséquent, ces femmes sont en train de prendre plus conscience d’elles-mêmes. Mais en même temps, c’est extrêmement frustrant, car elles voient que dans le reste du monde, on ne prête pratiquement pas attention à la beauté noire. Pour de nombreuses femmes africaines, la femme blanche est encore toujours l’idéal de beauté. Il y a des femmes noires qui blanchissent leur peau, avec des conséquences nuisibles. Et elles font les choses les plus étranges pour lisser leurs cheveux. La top-modèle Ajuma Nasenyana, avec qui j’ai eu le plaisir de ­pouvoir collaborer, s’y oppose heureusement. Son message est le suivant : « Regardez la beauté de votre peau noire et de vos cheveux rebelles. Soyez fières de vos origines. Ne les considérez pas comme un inconvénient. »

Bien entendu, les changements économiques sont étroitement mêlés aux différents développements sociaux. Alors qu’il y a peu la force ­physique constituait l’épicentre de la société, le photographe remarque aujourd’hui que les femmes se mettent elles-mêmes à l’avant-plan : « Le Brainpower gagne en importance. Et c’est au ­profit des femmes en Afrique. Pourquoi  ? Tout d’abord, parce qu’elles prennent leurs études beaucoup plus au sérieux que leurs ­compagnons masculins du même âge. Ensuite parce que les femmes avaient souvent été discriminées de manière positive dans l’enseignement, justement pour qu’elles ne soient plus prises en grippe. Elles ont reçu des impulsions supplémentaires pour aller étudier. » « Les entreprises qui recrutent aujourd’hui choisissent plus rapidement des femmes. Non seulement parce qu’elles ont plus souvent un meilleur diplôme, mais également parce qu’elles sont plus fiables, car elles pensent sur le long terme. Il est frappant de constater à quel point les hommes sont maintenant nerveux, car leurs collègues féminines ont de meilleures fonctions et gagnent plus d’argent. Dans une ville comme Nairobi, nous pouvons clairement observer le rattrapage par les femmes. À terme, les contrastes les plus forts dans la société seront effacés. »

« Femmes fortes » « C’est également ce que je veux faire avec Perla Nera. Je veux ­montrer la beauté des femmes africaines d’une manière artistique, sans connotation érotique. C’est moins simple que cela ne paraît, car la façon dont une personne regarde l’objectif fait la différence entre «  bon marché  » et «  artistique  ». J’ose affirmer qu’au fil des années, j’ai gagné mes galons en ne montrant pas quelque chose de ­voluptueux, mais simplement de puissant et de fort. »

« La semaine dernière, j’ai fait une séance de photos avec une jeune femme de 24 ans qui avait étudié la pharmacie. Elle travaille dans un hôpital privé et gagne 1.650 euros nets par mois  ! Selon  leurs

« Le fait que le livre contienne beaucoup de nu est partiellement le symbole de l’abandon d’un passé colonial. Les femmes qui ont

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posé l’ont fait de manière très consciente. C’est une affirmation de se libéraliser soi-même. J’espère que le nu dans mon livre peut inspirer d’autres femmes africaines à ­ ne plus éprouver la moindre timidité à ­propos de leur corps, sans pour autant aller trop loin. Le nu doit alimenter ­l’esthétique, pas plus. Il doit toujours y avoir du style. »

modèles blancs. De plus, elles sont particulièrement gracieuses. Si vous voyez une femme noire danser, elle dégouline de sensualité. Cela démontre qu’elles ne doivent a­ bsolument rien céder en matière de beauté aux autres races. Bien au contraire, je trouve que les femmes africaines ont justement ce petit quelque chose en plus. Elles peuvent être fantastiquement belles, mais la manière avec laquelle elles regardent l’objectif, dont elles se bougent, leur ajoute ce supplément de force. »

« Le nu dans le livre symbolise l’abandon d’un passé colonial. »

L’art visé par Eddy commence par une contemplation à juste titre. Il décrit immanquablement les femmes dans ses portraits comme des « femmes fortes », car on ne leur a jamais fait de cadeaux. Cela se voit aussi à la manière dont elles regardent l’objectif. Le regard, la force qui en ressort, c’est quelque chose que l’on n’a pas avec les

Michelle Obama Malheureusement, tout le monde ne les voit pas comme cela. Au cours de notre entretien, l’habitant de Schoten est redevenu

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quelques fois sur un incident qui l’a profondément meurtri, ainsi que de nombreuses femmes africaines.

« Seulement 8 % de la population mondiale sont blancs, et nous ­pensons encore toujours que l’Équateur court derrière nous. Je ­voulais symboliser cette arrogance. »

« Quelques jours après l’élection de Donald Trump, une femme blanche d’un quelconque trou perdu (Clay, Virginie occidentale, note de la rédaction) a posté un message sur Facebook : « It will be so refreshing to have a classy, beautiful, dignified First Lady back in the White House. I’m tired of seeing a Ape in heels. » La bourgmestre de cet endroit lui avait répondu : « You just made my day. » Si l’on dit que Michelle Obama est une guenon avec des talons … Je ne sais plus rien dire. Et ce n’est pas vrai ! S’il y a eu une femme avec du style ces dernières années à la Maison Blanche, c’est bien Michelle Obama. Il ne faut pas sous-estimer l’impact de cette remarque haineuse sur les femmes africaines. Car, si la femme du président est une guenon avec des talons, qui sont-elles alors ?

Cela a donné lieu à une autre photo, avec une autre perspective. Sur le portrait, une femme noire enlace un homme blanc, qui pose sa tête sur son épaule. « Tout est dit dans cette photo », déclare le photographe avec fierté. «  Parce que nous les blancs, nous laissons voguer notre suprématie ici. Elle déclare : « Vient dans mes bras, tu ne te sens pas bien, je vais te réconforter. » C’est également possible. »

« Si Michelle Obama est une guenon avec des talons, qui sont-elles alors ? »

« Nous allons devoir apprendre à vivre dans un monde dans lequel nous les blancs, nous allons au moins remettre en question cette suprématie. Cela va nous permettre d’avancer. Nous évoluons vers un monde mixte, que nous le voulions ou non. Il faut donc ­abandonner ces stupides préjugés. Nous devons aussi apprendre à faire des affaires les uns avec les autres, à conclure des partenariats. Il serait bien que davantage d’étudiants d’Afrique viennent ici pour voir de quelle manière nous organisons notre société : en sorte qu’ils puissent l’implémenter dans leur pays, avec une restructuration adaptée à l’Afrique. »

Dans son œuvre récente, Eddy Van Gestel ose émettre des critiques. Selon ses dires, c’est justement ce poste Facebook qui l’a inspiré à ajouter un aspect provocateur à son répertoire. Nous remarquons ainsi dans Perla Nera une série de photos, qui nous raconte une petite histoire à propos d’une femme blanche et d’un guerrier Masaï noir.

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Anachronismes

a un avantage important : elle est encore toujours considérée comme un continent authentique. »

Ce qui est encore plus frappant dans l’œuvre d’Eddy Van Gestel, c’est que d’une part, il photographie des femmes devant un arrière-plan de portes peintes et de murs délabrés. Et d’autre part, nous voyons des femmes près d’une piscine luxueuse, avec des vêtements onéreux, à côté d’un lion bien brossé, pratiquement domestiqué. Il continue à développer son œuvre sur cette approche pratiquement surréaliste. « Mon prochain projet s’intitulera Anachronisms. Je vais faire le portrait de personnes africaines (et cela ne doit pas obligatoirement être uniquement des femmes) avec des éléments typiquement occidentaux. Par exemple, dans la Vallée Omo en Éthiopie, je vais faire le portrait de femmes avec des plateaux alors qu’elles écoutent de la musique avec un casque flashy. Je veux créer un choc entre notre monde et le leur. Un autre livre s’intitulera She et sera la suite de Perla Nera. »

« Les jeunes africains ayant l’accès à l’Internet et des Smartphones voient maintenant que le reste du monde les devance de plusieurs années-lumière. Ils voient ce qui est en vente, comment ils pourraient aussi vivre. Cela peut vous émerveiller ou vous attrister, mais c’est la réalité. On ne peut pas reprocher aux gens de vouloir faire passer leur standard de vie à un niveau supérieur. Est-ce que cela va s’accompagner d’une perte de culture authentique ? C’est garanti. Si vous voulez voir l’Afrique d’aujourd’hui, vous devez vous dépêcher. D’ici 10 à 15 ans, une partie de cette authenticité aura disparu. »

Authentique Afrique Habituellement, le photographe âgé de 53 ans travaille avec de vieux appareils photo analogiques de moyens formats, dont il scanne les négatifs et les imprime sur grand format, jusqu’à 2,5 m de haut. Il vend ces photos dans sa galerie à Anvers. Parfois, avec des réactions étonnantes : « Indépendamment de l’esthétique, il semble que la donnée du rapport avec l’Afrique soit un atout absolu. Je ne l’avais pas perçu au début. Nous vivons dans un monde dans lequel il y a encore peu de choses vraies. Nous perdons en authenticité. L’Afrique

Graphius publie dans un livre les photographies sensibles et de grande qualité d’Eddy Van Gestel. Consultez la page 1 pour savoir comment tenter de remporter un exemplaire de Perla Nera.

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magazine

Haute gastronomie française Derrière un créatif se cache souvent un promoteur. Derrière le grand chef français Yannick Alléno se cache Florence Cane. Discrète et flamboyante, elle développe le groupe qui porte le nom de ce cuisinier aux antipodes du traditionnel.

Lui pratique la haute cuisine à un niveau lui valant une réputation de visionnaire, invente les sauces modernes et ainsi pose les bases de la renaissance de la cuisine française ; elle gère l’entreprise commune et – entre autres – publie leur magazine ; ensemble ils dirigent seize restaurants sur trois continents. Afin de réaliser leurs rêves de création et promouvoir un certain art de vivre à l’échelle planétaire, Yannick Alléno et Florence Cane s’associent en 2008 pour créer le Groupe Yannick Alléno. Lorsqu’ils se lancent dans l’aventure avec le groupe et l’entreprise support Yuzu, leur seule ambition est de créer des restaurants. Deux ans plus tard, ils élargissent leur horizon et fondent la maison d’édition Laymon. Laymon publie notamment le magazine culinaire YAM, d’après l’acronyme de Yannick Alléno Magazine, dédié aux chefs et aux passionnés de haute cuisine. « Nous nous sommes rendu compte que le système de transmission des connaissances aux jeunes chefs était biaisé. Bien sûr, Yannick avait publié toutes sortes d’ouvrages de grande qualité, mais les tout jeunes chefs n’avaient pas forcément les moyens de se les offrir. Notre réponse : un magazine bimestriel, spécialisé et esthétique pour le prix de deux paquets de cigarettes », explique Florence. Dans un premier temps, YAM se consacrait en majorité à Yannick Alléno. Chaque numéro contenait trente de ses recettes. D’autres grands noms de la haute cuisine étaient invités à y présenter brièvement leur travail. « Il nous a ensuite paru opportun d’offrir également cet espace à d’autres grands chefs pour s’exprimer et exposer plus en détail leurs recettes et techniques. Depuis lors, YAM est devenu Le magazine des chefs », précise Florence. Aujourd’hui, YAM est aussi disponible en anglais et dans sa version numérique. Yannick Alléno est bien sûr toujours au courant de toutes les décisions prises au comité de direction, même s’il ne figure pas dans l’article en question. « Nos relations sont © Stéphane de Bourgies

quotidiennes, nous pouvons donc compter sur son œil bienveillant. Ses inputs sont toujours les bienvenus, c’est évident », poursuit Florence. Une collaboration aussi étroite nécessite une confiance mutuelle. Avec les nombreuses activités du Groupe, il faut en outre faire preuve d’une grande polyvalence et d’une flexibilité à toute épreuve. « J’essaie de le préserver de toute contrainte matérielle afin qu’il puisse se consacrer pleinement à la création. Mon rôle de chef d’entreprise m’oblige à jongler quotidiennement – avec l’aide de mon équipe – avec tous les sujets qu’imposent nos activités, et ce à l’échelle internationale. Nous développons et gérons les restaurants, lui leur insuffle son énergie et son identité », ajoute Florence. Tout comme le grand chef en personne, YAM se veut innovant et éloigné des modèles traditionnels. Une volonté qui se traduit par une ligne graphique puissante et un contenu éditorial pertinent. Florence précise : « YAM a sa propre identité. Nous creusons plus profondément et regardons plus loin que les modes de l’année ou de la saison. Nous nous remettons aussi constamment en question et impliquons notre communauté de YAMoureux dans la conversation. C’est avec cet esprit qu’on grandit toujours. »

Épatez vos convives avec une haute cuisine inspirée des recettes de Yannick Alléno et autres grands chefs. En p. 1, découvrez comment vous pouvez gagner un lot de magazines YAM !

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histoire

Nouvelle culture 200 ans après sa fondation, l’université de Gand à de quoi porter un toast : à sa glorieuse histoire, à l’élection d’un nouveau recteur et à la publication d’un ouvrage de référence au style narratif accessible. Nous nous sommes entretenus avec Gita Deneckere, professeur à la faculté d’Histoire.

Le rôle social de l’université de Gand a une incidence sur tous les habitants de la ville, pas seulement sur ses étudiants. Est-ce la raison pour laquelle vous avez adopté un style narratif, afin de rendre l’ouvrage accessible à un public non académique ? En tant qu’historienne engagée, j’ai toujours voulu atteindre un public plus vaste que celui des experts. Il n’est possible de toucher ce public qu’en racontant des histoires, pas en utilisant un jargon académique que seuls les spécialistes sont en mesure de comprendre. Cet ouvrage m’a permis de donner pleinement libre cours à ma passion pour l’écriture. Plus qu’auparavant, j’ai pu me libérer des contraintes académiques afin d’écrire dans un style narratif. J’espère que les étudiants liront également le livre, afin qu’ils se rendent compte à quel point leur discipline est ancrée dans la société. En connaissant le contexte dans lequel l’université s’est développée, il est possible de combiner une micro-enquête au cadre social au sens large et d’aller plus loin que le champ de recherche étriqué dans lequel la science se retrouve souvent empêtrée et ce, en raison de l’accent de plus en plus prononcé sur la spécialisation.

Quelles sont les principales questions à aborder pour le nouveau duo de recteurs ? Après la seconde guerre mondiale, beaucoup d’efforts ont été investis pour la démocratisation, aussi bien au niveau universitaire que politique, afin d’ouvrir l’accès à l’université à d’autres couches de la population que l’élite. Depuis lors, l’université a en partie perdu, presque imperceptiblement, son rôle de vecteur d’émancipation. Les coupes budgétaires successives, l’augmentation des frais d’inscription, les changements de politique, etc. Par ailleurs, on constate un manque de diversité criant dans les auditoires. En effet, seule une très faible proportion de la population allochtone, qui constitue pourtant 30 % des jeunes à Gand, parvient à s’inscrire à l’université. Il s’agit là moins d’une question de différences culturelles que d’un déficit démocratique. Le chantier est donc important. Selon moi, la problématique de l’anglicisation est également en lien avec ce déficit démocratique. L’histoire nous montre que la néerlandisation de l’université de Gand a permis d’attirer de plus en plus d’étudiants qui n’appartenaient pas à l’élite francophone. Le combat pour la néerlandisation était un combat pour la démocratisation. Nous constatons que la politique actuelle vise à attirer davantage d’étudiants internationaux et ce, dans une période où la démocratisation est reléguée au second plan. On ne réfléchit plus aux possibilités de recrutement à l’échelle nationale, voire à celle de la ville. Aucune réflexion n’est engagée sur les conséquences sociales du passage à l’anglais. De fait, cette politique ajoute un frein supplémentaire pour les personnes n’appartenant pas aux milieux privilégiés où la maîtrise de plusieurs langues est une évidence.

Les difficultés rencontrées dans le cadre de l’élection du nouveau recteur ont-elles entaché cette année de fête ? En effet, ces difficultés ont malheureusement jeté une ombre sur l’événement. D’aucuns ont raillé l’université de Gand au cours des élections. Seulement, maintenant que l’apothéose de l’événement « Iedereen UGent » (Nous faisons tous partie de l’université de Gand) est derrière nous, les esprits se sont à nouveau apaisés. L’événement a rencontré un tel succès que les tensions ont fondu comme neige au soleil et l’ambiance est à nouveau au beau fixe. Nous sommes donc désormais au diapason de l’esprit de « Iedereen UGent ».

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En tant que figure de proue de l’histoire et de l’égalité des genres, dans quelle mesure vous êtes-vous autorisée à écrire le livre depuis une perspective féministe ? Dans le domaine de l’émancipation sexuelle des droits sexuels, l’université de Gand a véritablement joué un rôle de précurseur à de nombreux moments et dans de nombreux domaines. Je pense surtout aux nouvelles idées émises dans les années 1960 concernant la contraception. Des professeurs gantois ont facilité la prise de parole en matière de sexualité en général et de sexualité féminine. Par ailleurs, la libéralisation et la dépénalisation de l’avortement ont constitué un combat pour lequel d’aucuns se sont engagés au sein de l’université. Il en va de même des droits des homosexuels et du tabou entourant la transsexualité. Autant de sujets qui justifient manifestement le chapitre « genre et sexualité » de l’ouvrage. Analyser cette thématique sur une longue période de 200 ans et la mettre en parallèle avec l’histoire interne de l’université, où les femmes qui parviennent à se hisser jusqu’aux hautes sphères restent très rares, permet d’ouvrir de nouvelles perspectives. En tant que professeur et femme, cela me pousse à remettre sans cesse cette problématique sur le tapis dans les organes décisionnels.

à féminiser de façon assez spectaculaire les organes décisionnels en allant au-delà des normes de parité entre les sexes définies par décret. Quel « plafond de verre » faut-il encore briser de toute urgence ? Au regard du nombre d’étudiantes et de docteures, le déséquilibre entre hommes et femmes dans le corps professoral reste bien trop grand. Plus on grimpe dans la hiérarchie, plus ce phénomène se fait sentir. La vision selon laquelle les hommes et les femmes doivent être traités sur un pied d’égalité est erronée. C’est justement ce traitement égalitaire qui porte préjudice aux femmes, car elles deviennent mères, ce qui arrive souvent au cours de la période de transition cruciale de leur carrière entre le stade de chercheuse postdoctorale et celui de l’obtention d’un poste fixe. À ce titre, lorsque l’on examine exclusivement des dossiers de publication en termes quantitatifs, ce qui ne constitue pas en soi une bonne manière de recruter, indépendamment de la problématique du genre, le « déficit » des chercheuses est anormalement grand.

L’ouvrage Uit de ivoren toren:

L’université reste-t-elle encore et toujours un bastion d’hommes ? En tant que première rectrice, Anne De Paepe a certes dû faire face à des difficultés, mais elle a sans aucun doute permis la mise en place d’une autre culture au sein de la direction. Son rectorat a été plus que symbolique. La nécessité d’apporter des changements est devenue évidente. Le seul moyen d’y parvenir est de remanier les effectifs décisionnels. Il ne s’agit évidemment pas de mettre uniquement des femmes à ces postes, mais il est nécessaire de mettre en place une nouvelle culture et je pense que ses fondations ont été posées au cours des quatre années écoulées. Ainsi, Anne De Paepe est parvenue

200 jaar Universiteit Gent (Sortir de la tour d’ivoire : 200 ans d’université de Gand) est une publication de Tijdsbeeld & Pièce Montée, imprimée par Graphius. Gagnez un exemplaire de ce livre en participant à notre concours et plongez dans l’histoire de l’université de Gand.

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La tête dans les nuages Pour diverses religions, le mont Kailash représente ce que La Mecque est à l’Islam. Le photographe Olivier Föllmi, fort attaché depuis longtemps à cette montagne de l’Himalaya, est parti à la recherche de l’essence de ce lieu sacré : « Faire le tour du Kailash, c’est partir pour mourir, et accepter de renaître différent. »

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L’Himalaya abrite une montagne gigantesque que d’aucuns considèrent comme le centre du monde. C’est en ce lieu que les principaux fleuves d’Asie prennent leur source, s’élançant chacun dans une direction du vent et divisant le monde en quatre parties.

soi que tous les croyants ne suivent pas cette prescription. Toutefois, nombre d’entre eux souhaitent effectuer ce pèlerinage au moins une fois dans leur vie. Le photographe franco-suisse Olivier Föllmi a dû faire preuve de patience pendant 40 ans, pour des raisons politiques, budgétaires, climatiques et par manque de temps. Néanmoins, il a enfin pu ­réaliser son rêve. Olivier Föllmi s’est donc lancé dans le parcours sacré, ­accompagné de son ami Jean-Marie Hullot, l’un des piliers d’Apple au temps de Steve Jobs qui est crédité de l’idée originale du iPhone dont il dirigea la cellule de développement secrète à Paris. Le ­photographe primé a immortalisé les paysages et insufflé son âme dans ses ­portraits. « Je m’efforce de traduire l’intensité d’un moment partagé. Et cette intensité s’épanouit là où prend fin la sensation du temps qui passe. Plus le moment est intense, moins le temps qui s’écoule a ­d’importance. C’est pourquoi mes photos sont intemporelles. Lorsque l’on se tient au sommet d’une montagne, en harmonie avec la nature, l’immensité de cette dernière modifie notre perception de l’espace. C’est là qu’on se rend compte à quel point l’homme est fragile. »

Il s’agit aussi d’un lieu millénaire de pèlerinage fascinant. Le nom Kailash signifie « cristal  » en Hindi et les Tibétains surnomment la montagne « le précieux joyau des neiges ». La montagne est considérée comme sacrée par l’hindouisme, le bouddhisme tibétain, le jaïnisme et le bön. Elle est la demeure de Shiva, le dieu qui fait et défait le monde en dansant. Les pèlerins croient que faire le tour de la montagne permet de se purifier, de sortir des contingences et de renaître en accédant à l’éveil. Il est interdit d’escalader la montagne sacrée jusqu’à son sommet, culminant à 6  714  m. La kora du Mont nécessite d’arpenter 52 kilomètres et certains pèlerins la parcourent en s’inclinant, en s’agenouillant, en se prosternant de tout leur corps tous les trois pas, en se relevant, puis en priant. On dit que les pèlerins qui effectuent 108 fois (un chiffre sacré dans le bouddhisme et l’hindouisme) le tour de la montagne atteignent l’illumination. Il va de

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Pèlerinage au Tibet, autour du Mont Kailash

Birmanie, la terre d’or

« Sur cette route qui nous menait à la montage sacrée, nous devenions un simple maillon dans la chaîne éternelle des pèlerins qui, depuis des temps immémoriaux, cheminent sur les sentiers solitaires et périlleux d’un monde où montagnes altières et sauvages alternent avec les espaces illimités des plateaux tibétains. » - Lama Anagarika Govinda

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Entre ciel et steppe, la Mongolie de Gengis Khan Graphius a imprimé pour le compte des Éditions Hozhoni des livres photo sur le Tibet, ainsi que sur la Birmanie et la Mongolie. Nos lecteurs peuvent tenter de remporter la série complète à la page 1.


PARÉS POUR LES ÉLECTIONS

nouvelles

Graphius collabore avec l’imprimerie Schaubroeck, le nouveau venu au sein de notre groupe, au développement d’une boutique en ligne destinée aux villes et aux communes. Dans la perspective des élections communales et provinciales du 14 octobre 2018, toutes les villes et les communes pourront commander en ligne leurs formulaires et autres travaux d’impression. Par la suite, la boutique en ligne proposera également d’autres types de matériels, des taille-crayons et des écharpes de bourgmestre aux isoloirs.

DES IMPRESSIONS EXCLUSIVES EN LIGNE Un autre projet dans le pipeline numérique concerne la création d’une boutique en ligne d’impressions exclusives. Pour l’instant, nous ne pouvons laisser filtrer que peu d’informations. Nous misons sur une forte augmentation de la valeur ajoutée, aussi bien pour le marché que pour nos futurs utilisateurs. Une affaire à suivre …

RECHARGE ÉLECTRIQUE Depuis fin 2016, plus de 2 millions de véhicules électriques circulent dans le monde entier. Ce chiffre augmente de jour en jour. À tel point que l’on s’attend à ce que les moteurs électriques prennent le pas sur les moteurs à essence d’ici 2040. Graphius aime être à l’avant-garde et a dès lors fait ­installer une borne de recharge pour véhicules électriques, d’une puissance de recharge maximale de 2 x 22 kW pour deux utilisateurs simultanés. Graphius a pour ambition de réduire au minimum ses émissions de CO2 à terme, y compris pour son parc de véhicules. Grâce à la présence de la borne de recharge électrique, nous souhaitons stimuler les moyens de trans­ port plus durables, aussi bien pour nos clients que pour nos collaborateurs.

CVCA : SYSTÈMES DE GESTION CLIMATIQUE Nous avons fait procéder à l’installation d’équipements CVCA dans nos imprimeries et ateliers de reliure à Gand et à Beersel. CVCA est l’acronyme de chauffage, ventilation et conditionnement d’air. Il s’agit donc d’un système de gestion climatique. Cette pompe à chaleur est équipée d’un capteur qui analyse la nécessité d’aspirer de l’air extérieur afin de modifier les conditions climatiques à l’intérieur des bâtiments. En outre, l’air extérieur est filtré avant d’être diffusé au sein d’un réseau de ­canalisations. Le système permet également de réchauffer ou de refroidir l’air intérieur en l’envoyant vers la pompe à chaleur. L’équipement CVCA est destiné à optimiser l’ergonomie et le confort de nos collaborateurs.

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catalogue

Que de Louis Vuitton, Moët & Chandon et Hennessy. Depuis 1987, ces trois noms constituent le conglomérat LVMH, une entreprise qui regroupe pas moins de 70 marques de luxe exclusives et un grand mécène de l’art classique et moderne par l’entremise de la Fondation Luis Vuitton. La Fondation Louis Vuitton abrite la collection d’art privée de Bernard Arnault, PDG de Louis Vuitton et du conglomérat LVMH. Elle est p ­ résentée dans un superbe bâtiment signé de la main du célèbre architecte Frank Gehry. Au cours des six premiers mois après son ouverture, le musée a attiré un demi-million de visiteurs. En octobre  2017, la Fondation a en outre accueilli 200  œuvres du Museum of Modern Art (MoMa).

« Notre modèle d’entreprise se fonde sur une vision à long terme. Pour autant, nous ne perdons pas de vue les valeurs de nos anciennes ­maisons  », a déclaré M.  Arnault. «  Le savoir-faire, l’excellence et la créativité. Cette combinaison est la force motrice derrière LVMH.  » Cette déclaration témoigne clairement du positionnement actuel de LVMH : les pieds solidement ancrés dans le passé tout en étant résolument tournée vers l’avenir auquel l’entreprise cherche à donner corps.

La Fondation respire la grandeur, l’opulence et la classe et son contenu correspond parfaitement à l’image de LVMH : le luxe absolu. Si le musée est accessible à tous, les œuvres d’art ne sont quant à elles pas à la portée de toutes les bourses, tout comme la ­plupart des ­produits de Louis Vuitton, Moët & Chandon et Hennessy, ­d’ailleurs. Pour leur part, les plus fortunés peuvent se laisser tenter sans c­ ompter par la vaste gamme de vins et de boissons alcoolisées, ­d’articles de mode et de maroquinerie, de parfums et cosmétiques, de montres, de joaillerie et de distribution sélective. Quelques exemples de marques  ? Glenmorangie, Veuve Clicquot, Krug, Chaumet, TAG Heuer, Donna Karan, Fendi, Givenchy, Guerlain, Kenzo Parfums, Royal Van Lent Shipyard, etc.

Et pour cause, LVMH est aujourd’hui bien plus qu’une collection de marques de luxe, même si cette dernière à de quoi impressionner. Le groupe s’investit en effet activement dans la conservation et la restauration du patrimoine culturel. Et ce, non seulement en France, mais aussi à l’échelle mondiale. En outre, LVMH soutient de jeunes artistes à l’aide de bourses. M. Arnault s’est donné pour mission personnelle de faire découvrir au plus grand nombre les plus grands représentants de l’histoire de l’art. En outre, le conglomérat s’est fixé un ­certain nombre d’objectifs climatiques par le biais du programme LIFE  : À l’horizon 2020, LVMH souhaite par exemple réduire ses émissions de CO2 de 25 %, utiliser les matières premières les plus respectueuses de l’environnement dans 70 % de sa production et réduire absolument de 10 % sa consommation en eau, en énergie et ses déchets.

La vie de Louis

Un petit morceau d’histoire

LVMH constitue le plus grand conglomérat à l’échelle mondiale. Le groupe possède 400 magasins dans le monde et a réalisé l’année ­dernière un chiffre d’affaires de 37 milliards d’euros. Bernard Arnault est un homme visionnaire, dont la fortune a de quoi donner le ­tournis. Et pour cause, le président du conseil d’administration de LVMH ­pèserait pas moins de 64 milliards de dollars.

Avant la création du grand conglomérat, Moët & Chandon et Hennessy avaient déjà uni leurs forces en 1971 pour ne former qu’une seule et unique entreprise. Bien que le conglomérat fête cette année ses 30 bougies, les différentes marques qui le composent ont déjà toutes une longue histoire. Moët & Chandon a été fondé en 1743,

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Hennessy en 1765 et Louis Vuitton en 1854. En effet, la plus ancienne marque du portefeuille LVMH, Château d’Yquem, remonte à 1593. Le groupe ­réunit donc un très large panel de savoir-faire sous un seul toit.

Hennessy, ils purent éviter une reprise. Les deux entités conservèrent néanmoins leurs propres sous-marques.

Historiquement, Vuitton a toujours été un fournisseur d’articles de luxe pour la haute société française. C’est au cours de la seconde ­moitié du 19e siècle que M. Vuitton anticipa les changements qui intervenaient dans la société. La notoriété de ses malles de voyage de ­qualité et autres accessoires de voyage dépassait de loin les frontières de Paris. Mais il n’aurait sans doute jamais pu imaginer que son entreprise deviendrait un jour le joyau d’un empire mondial du luxe.

Le PDG Bernard Arnault a vu les choses en grand dans les années 1990. Lorsque l’on assiste à une conférence de M. Arnault, il est difficile d’imaginer que derrière une apparence aussi affable se cache un redoutable négociateur. De par le monde, il est connu sous les sobriquets de « Napoléon du luxe » et de « loup en cachemire ». En 1999, les acquisitions se sont succédé, avec comme cerise sur le gâteau une collaboration avec Prada dans le but d’absorber Fendi. Prada racheta Fendi et LVMH racheta Prada. Et l’appétit de LVMH semble insatiable. En témoigne d’ailleurs le rachat par le conglomérat en avril 2017 du quart restant des actions de Dior, qui fait aujourd’hui de LVMH le ­principal acteur du luxe au monde. 

Un loup en cachemire

En 1820, la « modeste » production de Moët & Chandon s’élevait à 20 000 bouteilles. Elle eut tôt fait d’augmenter, car à peine 50 ans plus tard, elle atteignait déjà les 2 millions d’unités. Moët reprit alors une série d’autres entreprises, par exemple Mercier, puis jeta son dévolu sur les célèbres Parfums Christian Dior au début des années 1970. Un peu plus tard, Moët reprit Dior. L’entreprise s’est alors aventurée dans un secteur jusqu’alors inconnu.

Les catalogues d’art LVMH ont été imprimés chez Graphius pour le compte du

La fusion de Louis Vuitton avec Moët & Chandon et Hennessy en 1987 permit à Louis Vuitton d’élargir son segment du marché des articles de luxe. Quant à Moët et

MoMA dans de nombreuses versions linguistiques et avec différentes couvertures.

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galerie

De Jaipur à Iznik Lorsque Simon Ray a commencé à travailler pour Spink & Son en 1985, il n’aurait jamais pu imaginer à quoi ressemblerait sa vie en 2017. Au départ portier, il a grimpé les échelons jusqu’au poste de responsable de département pour « Indian & Islamic Works of Art ». Plusieurs décennies plus tard, il s’est fait une réputation de marchand d’art international et possède une galerie londonienne qui porte son nom. Il dirige d’ailleurs cette dernière avec ses anciens collègues. En 1993, la maison de vente aux enchères internationale Christie’s Ces œuvres ne sont d’ailleurs pas là que pour être admirées. Toutes a repris la galerie Spink, spécialisée dans l’art oriental et dans la les pièces exposées sont à vendre. Toutefois, il arrive que les œuvres peinture britannique. Simon Ray a travaillé dans ce département d’art soient prêtées à des musées. pendant une quinzaine d’années jusqu’en 2001, lorsque Christie’s a décidé de mettre un terme à ce pan de ses activités. C’est alors que Cet art est notamment lié à l’Islam, un sujet sensible en ces temps M. Ray, qui avait fait des études de restauration de meubles anglais, troublés. Selon M. Edwards, la situation n’a néanmoins que peu, voire mais ­disposait d’une expéaucun effet sur le marché rience dans le commerce de de l’art : « Les œuvres que l’art, a perçu l’occasion de nous vendons ont un caracreprendre la collection et de tère religieux, c’est un fait. lancer une autre galerie de Néanmoins, elles sont destil’autre côté de la rue. Ses nées à un usage ­décoratif et anciens collègues Leng Tan c’est ainsi que nos clients les et William Edwards l’ont perçoivent. Il est question de alors suivi. « Il est extrêmevaleur artistique, de beauté. ment difficile de trouver du Notre ­collection se tient à William Edwards travail dans le secteur de l’écart du monde religieux l’art, encore plus dans un style ou un courant qui vous convient. Nous et politique. Évidemment, les œuvres peuvent revêtir un caractère ne sommes que trop conscients de la chance que nous avons eu », éducatif, car elles permettent d’en apprendre davantage sur d’autres explique M. Edwards. cultures passionnantes. Dans notre secteur, la question n’est rien de plus qu’un sujet de conversation avec nos clients. » Qu’il s’agisse de plats en céramique iraniens du 13e  siècle ou de Des sculptures en bois et en ivoire, de la céramique colorée, des ­carreaux calligraphiés turcs d’Iznik du 16e en passant par des bijoux ­textiles séculaires, de magnifiques bijoux issus de temps révolus et de en or et en émail de Jaipur … La Simon Ray Gallery présente les pièces cultures lointaines. La collection est pour le moins impressionnante. les plus belles et les plus onéreuses du monde arabe et asiatique. Et les acheteurs sont nombreux. «  Notre fichier clients se compose

« Nos personnes de contact fixes chez Graphius comprennent parfaitement ce que nous souhaitons et tiennent compte de notre identité. »

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principalement de musées et de collectionneurs. Environ 90 % d’entre eux sont originaires d’Europe ou des États-Unis, mais nous vendons même nos œuvres en Chine et en Malaisie. Au Moyen-Orient, ce sont principalement les familles royales et les musées nationaux qui achètent nos œuvres d’art », indique M. Edwards.

Le splendide ouvrage pourra d’ailleurs sans peine trôner sur votre table de salon, dans votre bibliothèque, servir à partager votre passion ou à montrer votre dernier achat à votre famille et à vos amis. Le catalogue papier n’est pas près de disparaître. M. Edwards en est d’ailleurs convaincu : « Ce n’est pas parce que certains supports gagnent en popularité que les plus anciens disparaissent nécessairement. Notre catalogue imprimé a encore de beaux jours devant lui ! Nos clients aiment disposer d’un support papier pour découvrir nos œuvres d’art. »

Afin de les présenter, la Simon Ray Gallery publie chaque année un catalogue rassemblant ses achats les plus récents, en collaboration avec Graphius. « Il y a sept ans, notre concepteur graphique Peter Keenan nous a mis en relation avec l’imprimerie. Il avait déjà eu l’occasion de collaborer avec Graphius sur de nombreux projets et s’est montré très enthousiaste concernant leur savoir-faire », déclare M. Edwards. À chaque édition, l’élaboration du catalogue relève de l’exploit. En effet, il faut entre 4 et 6 mois à la galerie pour constituer une nouvelle édition. Peter Keenan donne libre cours à sa créativité et veille à ce que la mise en page soit impeccable. « Il est très talentueux et fait attention au moindre détail, s’agissant de la position des textes et des images. Pour le reste, nos personnes de contact fixes chez Graphius comprennent parfaitement ce que nous souhaitons et tiennent compte de notre identité. Après toutes ces années, il s’agit vraiment d’un lien de confiance. Le résultat est le fruit d’un travail d’équipe », indique William Edwards.

Vous aimez l’art issu de pays lointains ? Ou vous souhaitez faire étalage de vos goûts personnels ? Participez à notre concours à la page 1 et vous trouverez peut­être bientôt ce magnifique catalogue dans votre boîte aux lettres !

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AGFA GRAPHICS

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Chez Agfa Graphics, l’impression fait partie de notre ADN. S’appuyant sur une expérience de 150 ans, nous développons non seulement des solutions durables pour l’impression offset et jet d’encre, mais nous nous dirigeons aussi vers de nouveaux marchés et applications d’impression, y compris les emballages intelligents, la sécurité et l’impression industrielle. Le but ultime? Création de valeur, vous permettant de vous développer encore mieux. * Nous incarnons l’imprimé

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bande dessinée

Le retour des zombies Quinze ans après la parution de son premier volume, la série Walking Dead rencontre toujours un immense succès. Et ce, non seulement sous la forme d’une bande dessinée, mais aussi d’une série TV. Les fans de cet univers sont légions. La bande dessinée est publiée dans plus de trente langues et pour ainsi dire le monde entier est rivé sur son petit écran pour regarder la série TV. Pourtant, le dessinateur Charlie Adlard estime que les zombies « ne sont vraiment qu’accessoires ». Des morts-vivants, obsédés par l’envie de mordre la chair et le goût du sang. Ils trouvent leur origine dans le folklore africain et des Caraïbes il y a plusieurs siècles. Dans la culture populaire, ils se sont principalement fait connaître du public et nous ont terrifié par l’intermédiaire des films, de la littérature et des bandes dessinées. On les pensait immortels. Pourtant, ils semblaient avoir disparu de la surface de la terre dans les années 1990. Mais ce n’était que temporaire.

du ­succès de la série, pour expliquer ce remarquable come-back. « C’est pareil pour les histoires de vampires. Pendant une quinzaine d’années, ce genre a été extrêmement populaire, puis a entièrement disparu des radars avant de ressusciter. Il en va de même pour les zombies. À une époque, pratiquement tous les superhéros américains les plus connus ont même eu droit à leur remake zombie, où on les voyait ­déambuler comme des morts-vivants. C’est amusant. Toutes les excuses sont bonnes pour créer une bande dessinée mettant en scène des ­zombies », dit-il en riant.

La maison d’éditions néerlandaise Silvester a commencé à publier Walking Dead au format « graphic novel » (roman graphique) en 2010. Cependant, aux États-Unis, la série du scénariste Robert Kirkman et du dessinateur Charlie Adlard fait déjà fureur depuis 2003 sous la forme d’un comic mensuel. Quant à la série TV, la première saison a été diffusée en 2010 sous la houlette de Frank Darabont, a qui l’on doit les adaptations cinématographiques des romans de Stephen King « The Mist » (La brume), « The Green Mile » (La ligne verte) et « Shawshank Redemption » (Les évadés). La série a été diffusée dans 120 pays. En 2017, elle en est déjà à sa huitième saison et a donné naissance à une spin-off : « Fear The Walking Dead ».

Un succès international Le plus surprenant, déclare M. Adlard, c’est le retour soudain du genre sur le devant de la scène partout dans le monde. « Je crois que Walking Dead paraît dans vingt à trente langues. La série rencontre même beaucoup de succès en Russie et au Japon, des pays où il est rare de voir ses bandes dessinées rééditées. Et tout cela uniquement grâce à une BD sur les zombies, une histoire où les vivants luttent pour leur survie face aux morts. Incroyable. Nous sommes parvenus à capter l’attention du public, d’une manière ou d’une autre. Il s’agit peut-être de l’esprit du temps. J’estime que l’âge de notre public se situe entre 14 et 70 ans et que la grande majorité de nos fans ont entre 20 et 40 ans. Une chose est sûre, nous avons beaucoup de lectrices. C’est une très bonne chose, compte tenu de la domination masculine dans le s­ ecteur des comics. Et si elles lisent précisément une bande dessinée d’horreur,

Le succès rencontré par la série TV et la bande dessinée sont remarquables pour un genre qu’on pensait être mort de sa belle mort il y a déjà de nombreuses années. « C’est cyclique  », déclare Charlie Adlard (51 ans), l’auteur de bande dessinée britannique responsable

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Kom op, meiD! haal onS hier weg!

Shit. Shit.

Shit.

Shit.

AAAhh! AAAhh hh!

tels que Shaun of the Dead et les films de zombies de George A. Romero. Pour autant, je n’ai pas été immédiatement emballé à l’idée de dessiner une série sur les zombies. Ce qui m’a convaincu, ce ne sont pas les zombies, mais les personnages et leur évolution psychologique. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de la série. Il s’agit d’un groupe de personnes qui n’ont rien en commun et qui dépendent les unes des autres pour survivre face à des conditions extrêmes. Certains meurent rapidement, d’autres prennent leurs responsabilités ou apprennent à connaître d’autres facettes de leur personnalité. En fait, c’est très simple : même si tout le monde apprécie les zombies, ces derniers ne

c’est peut-être parce que Walking Dead comporte des personnages féminins aux caractères forts. Je présume que les femmes préfèrent notre approche aux partis pris des histoires d’horreur classiques. Il en va évidemment de même pour la série TV. »

Des héros qui meurent Pourtant, M. Adlard admet sans difficulté n’avoir pas du tout anticipé le statut emblématique qu’allait acquérir Walking Dead. « En toute franchise, au départ, les zombies n’étaient pas vraiment ma priorité. D’un autre côté, je n’avais rien contre. J’appréciais même plutôt les films

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servent qu’à faire progresser l’histoire. Leur présence permet aux personnages principaux, les véritables êtres humains, de davantage s’interroger sur eux-mêmes. Les zombies ne sont vraiment qu’accessoires. » Walking Dead débute lorsque l’agent de police Rick Grimes sort du coma dans un hôpital. Lorsqu’il quitte l’hôpital et s’aventure à l’extérieur, il fait face à une kyrielle de zombies dans une ville qui semble prise d’assaut par les morts vivants. Il se rend à Atlanta dans l’espoir d’y retrouver sa femme et son fils. De manière inattendue, la famille est réunie et parcourt les États-Unis avec un groupe à la recherche de survivants et d’un lieu de vie sur et permanent. De façon fort surprenante, ce ne sont pas nécessairement les personnages principaux qui survivent. En effet, plusieurs personnages importants sont déjà décédés. Charlie Adlard : « Le groupe principal perd rapidement de nombreux membres. Et c’est justement là que réside la force de la série. Peu de comics oseraient éliminer leur personnage principal. Rick court autant de risques que n’importe quel autre personnage. Cela apporte un petit plus à la série, je trouve. » M. Adlard n’a aucune idée de la façon dont l’histoire se terminera, ni de quand elle finira. « Mais j’aimerais néanmoins que l’histoire prenne réellement fin plutôt que de s’éloigner du projet initial et de traîner en longueur, tout simplement car la série a du succès. »

Des garçons comme les autres La série télévisée, dont la diffusion a débuté sept ans après le lancement de la bande dessinée, a été fort lucrative pour ses pères spirituels. « Avant la série TV, notre œuvre était en vente dans les magasins de bandes dessinées et son succès était déjà remarquable. Néanmoins, personne ne connaissait

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notre travail en dehors de ce milieu. La série TV nous a permis d’élargir notre public. Nous estimons qu’environ 10 % de ce nouveau public a cherché à revenir aux origines de la série TV et a fini par acheter la bande dessinée. Cette série TV, dont l’histoire ne s’éloigne que peu de la bande dessinée, en ajoutant de nouveaux personnages ou en proposant des rebondissements légèrement différents, nous a donc considérablement aidé à acquérir de nouveaux lecteurs. D’ailleurs, la grande qualité de la série TV est probablement due au fait que ses créateurs sont de véritables fans. Tous les intervenants qui y ont participé ont trouvé l’histoire extraordinaire. Cela fait cliché, on dirait un discours typiquement américain visant à amadouer son interlocuteur, mais nous avons vite sentis que c’était sincère. » Lorsqu’on lui demande s’il n’en a pas assez de dessiner sempiternellement des zombies à la cervelle transpercée, aux tripes à l’air ou aux membres arrachés et s’il ne préférerait pas dessiner des fleurs, des rayons de soleil et des gens heureux, M. Adlard répond en riant : « Pas vraiment. Il est sans doute beaucoup plus simple de dessiner Walking Dead que de l’écrire. Je ne fais que dessiner ce qui est décrit dans le scénario. N’allez surtout pas imaginer que nous sommes des auteurs maladifs, dépressifs qui se baladent dans un manteau en cuir. Robert (Kirkman, le scénariste, ndlr.) et moi-même avant tous les deux grandis dans de petites villes, nous avons une femme et des enfants et nous sortons en T-shirt. Il est d’ailleurs un peu étrange que nous soyons les deux personnes qui contrôlent actuellement l’univers des zombies. » (il rit aux éclats)

Walking Dead est imprimé chez Graphius et publié chez Silvester. Participez au concours à la page 1 pour remporter les deux derniers albums parus.


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impressions marketing

Le numéro un des coupons « L’expérience client est essentielle. Pour toucher votre groupe cible, il est indispensable de promouvoir votre produit au bon moment, au bon endroit et dans les circonstances idéales. » Un conseil fort utile de Didier Navette, responsable marketing chez HighCo Shelf Service. HighCo Shelf Service, qui fait partie du groupe européen HighCo, présent dans sept pays, est spécialisé dans le marketing en ­boutique. L’entreprise apporte son aide aux marques et aux détaillants dans le domaine du matériel promotionnel, des médias en magasin, du merchandising et de l’échantillonnage. Shelf Service diffuse aussi bien des échantillons que des bons de réduction, principalement au sein des points de vente ou du réseau existant, et ce, avec une approche très ciblée : « Imaginez, par exemple, qu’un client qui vend des ­produits de nettoyage souhaite faire de la promotion. Dans ce cas, nous lui proposons des échantillons de produits de nettoyage, accompagnés d’un dépliant destinés aux clients. Nous distribuons aussi des bouteilles de jus d’orange chez les boulangers, car ce ­produit se marie parfaitement avec le petit déjeuner. Il est ainsi possible ­d’obtenir beaucoup plus rapidement des résultats. »

Nous envisageons tous les aspects, même la qualité de papier la plus adaptée pour le bon, le dépliant ou l’affiche. Environnement froid ou humide ? Bon détachable ? Autocollants ? « C’est la raison pour laquelle nous apprécions notre collaboration avec Graphius. Vous participez à nos réflexions à chaque étape du processus  », déclare M. Navette. Shelf Service est le numéro un des coupons en Belgique. En outre, notre pays est le champion européen des bons de réduction à découper, selon une enquête menée par HighCo. En effet, nous ­utilisons deux à trois fois plus de bons que les Français, par exemple. Comment cela se fait-il ? « L’aspect physique d’un bon de réduction reste très important. Un coupon, c’est de l’argent. C’est pourquoi nous les imprimons la plupart du temps dans le même format qu’un billet de 20 ou de 50 euros », explique M. Navette. « Le plus frappant, c’est que le prix du produit a peu d’importance. L’idée de faire une bonne affaire prend le pas sur le prix plus avantageux d’un autre produit sans réduction. » 

Outre l’approche ciblée, le marketing omnicanal et l’optimisation de la visibilité sont également d’une importance cruciale, indique M. Navette : « Pour attirer des clients potentiels et existants dans votre magasin par le biais d’une promotion, il faut être présent ­partout : spots TV, affiches dans la rue, site Web, bons de réduction, ­indications claires dans le magasin, etc. » Le succès de ces solutions marketing ne fait aucun doute, car de très nombreuses chaînes de supermarchés comme Carrefour, Makro et Delhaize font confiance aux services et aux conseils de Shelf Service. « Nous organisons un briefing créatif avec eux pour chaque projet. Nous tâchons de créer les circonstances idéales pour la promotion et nous pensons même à la lumière et aux odeurs. »

Vous n’y aviez peut-être pas pensé, mais votre imprimerie est également présente dans votre supermarché. Les impressions marketing de HighCo Shelf Service sont réalisées par Graphius.

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responsabilité sociale des entreprises

Plus importante que jamais

D’aucuns associent « Bond zonder Naam » aux dictons mensuels publiés par l’organisation. Mais ses activités vont bien au-delà. « Nous voulons offrir une voix aux anonymes, aux oubliés ou aux exclus et les soutenir, afin qu’ils puissent s’intégrer dans la société », indique la directrice Anniek Gavriilakis. « Bond zonder Naam » est un entrepreneur social financé à hauteur de 5  % par des aides d’État et qui dispose d’une grande liberté de choix. «  Concrètement, cela signifie que nous apportons de l’aide à des projets tels que De Sociale Kruidenier (NDT : organisation de magasins d’aide aux plus démunis en Flandre), que nous venons en aide aux sans-abris, que nous assistons les personnes pour les aider à prendre leurs responsabilités, que nous essayons d’améliorer la qualité de vie, etc. En outre, nous cherchons à stimuler l’engagement du public au sens large, à l’inciter à faire preuve de davantage de solidarité et à moins se laisser guider par la peur. »

par exemple des rencontres avec des migrants ou des (ex-)détenus et nous nous rendons plusieurs fois par an avec un groupe en visite dans des prisons afin que les visiteurs puissent découvrir l’homme derrière le cliché. La confrontation est souvent éclairante. »

Donnez de l’argent aux sans-abris. Ou pas ? La question des sans-abris a fait la une cette année. L’émission de la télévision flamande Project Axel offrait en effet 10 000 euros et un accompagnement pour les aider à se sortir de leur situation peu enviable. « Honnêtement, cela me laisse une impression très mitigée », affirme Anniek. « 10 000 € par personne suffisent-ils à résoudre le problème des sans-abris ? En effet, le problème dépasse la plupart du temps le cadre d’une mauvaise situation financière. Je me fais également la réflexion suivante : pour les dix sans-abris sélectionnés, des centaines d’autres sont abandonnés à leur sort. Je me pose surtout la question suivante : qu’est-ce que l’aide de base et de quoi les sans-abris et les innombrables autres nécessiteux ont-ils besoin ? Ce sont les thématiques sur lesquelles nous devons nous concentrer. » 

La peur est mauvaise conseillère Notre société marquée par la polarisation raisonne de façon manichéenne et accorde peu de place aux nuances. À ce titre, « Bond zonder Naam » constate qu’une évolution s’opère dans la société. « La peur pousse la population à se replier sur elle-même », déclare Anniek. « Les clichés deviennent des vérités. Tous les détenus incarcérés dans les prisons ne sont pas des psychopathes, tous les migrants ne sont pas des profiteurs ou des terroristes, etc. En tant qu’individu, vous pouvez choisir d’adhérer à ce discours ou de mener votre propre enquête. C’est pourquoi notre mode de fonctionnement invite à ralentir et à faire une pause pour être à l’écoute de soi, de façon approfondie et empathique, afin de créer de la place pour autrui et pour la société. Nous organisons

Graphius imprime les calendriers, ainsi que les calendriers des dictons quotidiens et mensuels pour Bond zonder Naam. Si vous souhaitez soutenir cette organisation à l’aide d’un don ou d’un cadeau, rendez-vous sur le site www.bzn.be

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Equipment

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Heidelberg Benelux sprl Avenue du Four à Briques 5, 1140 Bruxelles, T +32 2 727 31 11 info.bnl@heidelberg.com, www.heidelberg.com/bnl


THE FINE ART OF PRINTING

Imprimer est un art De Gand à New York en passant par Paris. Du SMAK au MoMA en passant par le Louvre. Notre travail hautement qualitatif imprime sa marque dans le monde artistique. Graphius met également tout en œuvre pour répondre positivement à votre niveau d’exigence. Ainsi nous voulons respecter notre base line « The fine art of printing », le noble art de l’imprimerie.

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Graphius Magazine n°06 FR  
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