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Mai 2010 - copie huit

gratuit ue le journal culturel de l’Abitibi-Témiscaming

Festival des contes et légendes

salon du livre de l’abitibitémiscamingue

Festival des guitares du monde

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grandes soirées pour les écoles de danse

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10 ans de BAM

10 ans de saltarello

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répertoire musical des artistes témiscamiens ISSN 1920-6488 L'Indice bohémien

MAREG ION DETRE.COM

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WWW.MAREGIONDETRE.COM


calendrier culturel

mai 2010

gracieuseté du Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue

Pour que votre activité soit affichée dans ce calendrier, vous devez l’inscrire vous-même dans le calendrier du site Internet du Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue au www.ccat.qc.ca. L’Indice bohémien n’est pas responsable des erreurs ou des omissions d’inscription de votre part. Merci de votre collaboration et de votre compréhension.

Littérature

Cinéma Journal d’un coopérant Robert Morin 13 mai - 20 h Théâtre du Rift (Ville-Marie)

Mes bijoux de famille Marie-Pier Valiquette Jusqu’au 16 mai Salle Augustin-Chénier (Ville-Marie)

Heure du conte 1er mai - 15 h 22 mai - 15 h Bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda

Folie-Ô-Skop, Festival de films d’animation en Abitibi-Témiscamingue

Paysage en peinture Exposition des élèves de M. Claude Ferron Jusqu’au 28 mai MRC Vallée-de-l’Or (Val-d’Or)

34e édition du Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue Du 27 au 30 mai Palais des sports (Val-d’Or)

Du 10 au 15 mai Trèfle Noir, Brasserie artisanale (Rouyn-Noranda) Viviremos GECO - Groupe éco-citoyen de Rouyn-Noranda 19 mai - 19 h Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue de Rouyn-Noranda (local 4144) Un Prophète Jacques Audiard 27 mai - 20 h Théâtre du Rift (Ville-Marie)

Conte Festival de contes et légendes en Abitibi-Témiscamingue

Du 25 au 30 mai Centre Culturel (Val-d’Or)

Danse Couleurs du monde

Association Latina 1er mai - 20 h Petit Théâtre du Vieux Noranda (Rouyn-Noranda) Émeraude

École de danse PRELV inc. 21 et 22 mai - 19 h Théâtre du Cuivre (Rouyn-Noranda)

Exposition Amalgame Les élèves artistes de l’Académie des Arts Céline J. Dallaire Jusqu’au 1er mai La Fontaine des Arts (Rouyn-Noranda) Les vols de la mort Alejandra Basanes Jusqu’au 2 mai Centre d’art Rotary de La Sarre La quête - histoire d’équilibre Karine Hébert Jusqu’au 9 mai Centre d’exposition de Rouyn-Noranda Verts ciels! Guy Lavigueur Jusqu’au 9 mai Centre d’exposition de Rouyn-Noranda Du visible à l’invisible Diane Auger Jusqu’au 9 mai Centre d’exposition de Rouyn-Noranda Voir à travers Gaétane Godbout Jusqu’au 16 mai Salle Augustin-Chénier (Ville-Marie)

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L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

L’air de rien Benoît Dhennin et Yoann Sanson Jusqu’au 30 mai 2010 L’Écart.. . lieu d’art actuel (Rouyn-Noranda) Karine Berthiaume Jusqu’au 30 mai L’Écart.. . lieu d’art actuel (Rouyn-Noranda) Boréalie Michel Villeneuve Jusqu’au 6 juin Centre d’exposition d’Amos Matérialisations éphémères Luc Boyer Jusqu’au 6 juin Centre d’exposition d’Amos Pellan Jusqu’au 13 juin Centre d’exposition d’Amos Des images qui racontent Doris Barette Du 6 mai au 13 juin Vernissage : 6 mai, 5 à 7 à la Maison de la culture Centre d’art Rotary (La Sarre) Élusion Mylène Cossette Du 13 mai au 12 juin Vernissage : 13 mai - 17 h Galerie de La Fontaine des Arts Rouyn-Noranda Exposition des finissantes et finissants en arts plastiques du Cégep de l’A-T Du 14 au 30 mai Centre d’exposition de Rouyn-Noranda

Humour Sylvain Larocque 1er mai - 19 h 30 Théâtre Télébec (Val-d’Or) 2 mai - 20 h Théâtre des Eskers (Amos) Véronique DiCaire

5 et 6 mai - 19 h 30 Théâtre Télébec (Val-d’Or) 7 mai et 8 mai - 20 h Théâtre des Eskers (Amos) P.A. Methot et Guy Bernier 15 mai - 22 h Bistro La Maîtresse (La Sarre) Arrête ton cinéma - Rachid Badouri 6 et 7 mai - 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 8 et 9 mai - 19 h 30 Théâtre Télébec (Val-d’Or)

Musique Concert de la classe de violon Conservatoire de musique de Val-d’Or 1er mai - 14 h Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) Jardin d’images Alain Lefèvre 1er mai - 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) Gilles et Nicole en souper-spectacle 1er mai - dès 18 h Le Paradis de l’érable (Rouyn-Noranda) Région Sauvage 1er mai - 21 h 30 Salle Éclosion Triolet (Rouyn-Noranda) Paul Piché 4 mai - 19 h 30 Théâtre Télébec (Val-d’Or) 5 mai - 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 6 mai - 20 h Théâtre des Eskers (Amos) GrimSkunk 7 mai - 22 h Bistro La Maîtresse (La Sarre) Grimskunk, Les Ékorchés 8 mai - 21 h à 3 h Billard l’Ad-Hoc (Amos) Philippe B. 8 mai - 20 h Théâtre du Rift (Ville-Marie) Pourquoi chanter... Compagnons du Nord 14 mai - 20 h Centre culturel et récréatif le Tremplin (Malartic) 15 mai - 20 h Théâtre Télébec (Val-d’Or) Soirée bénéfice Le Groupe Generations 15 mai - 21 h Petit Théâtre du Vieux Noranda (Rouyn-Noranda) Vibrators (UK), Prostiputes et invités 16 mai - 20 h Cabaret de la dernière chance (Rouyn-Noranda) Concert annuel École de musique Harricana inc. 16 mai - 13 h 30 Théâtre des Eskers (Amos)

Sentiments humains Pierre Lapointe 18 mai - 19 h 30 Théâtre Télébec (Val-d’Or) 19 mai - 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 20 mai - 20 h Théâtre des Eskers (Amos) Festival des Guitares du Monde Du 23 au 30 mai Agora des Arts (Rouyn-Noranda) L’envolée symphonique 2010 Marc Hervieux et Annamaria Popescu 28 mai - 19 h 30 Théâtre Télébec (Val-d’Or)

Théâtre La chasse... mon oeil Les Badins de La Corne 8 mai Souper spaghetti : 17 h Soirée théâtre : 20 h Salle de l’aréna (Taschereau) Ça se joue à deux 13 mai - 19 h 30 Théâtre Télébec (Val-d’Or) 14 mai - 20 h Théâtre des Eskers (Amos) 16 mai - 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

Patrimoine et histoire Les années soixante-dix dans la région de Senneterre 8 et 9 mai 12 h - 16 h Exposition de la Société d’histoire de Senneterre

Autres Journée info

6 mai 2010 De 19 h à 20 h 30 Société d’histoire et du patrimoine de la région de La Sarre E.V.E fait une scène!

54 choristes 1er mai - 20 h 2 mai - 14 h 5 mai - 20 h Salle Desjardins (La Sarre)


sommaire

ĂŠditorial en couverture :

Festival des guitares du monde PHOTO : courtoisie fgmat Biennale d’art miniature : Jonathan boulet groulx saltarello : PHOTO : courtoisie saltarello RÊpertoire des artistes : photo : Alain guimond

L’Indice bohÊmien est un indice qui permet de mesurer la qualitÊ de vie, la tolÊrance et la crÊativitÊ culturelle d’une ville et d’une rÊgion.

RÉDACTION ET PRODUCTION Journalistes : Geneviève Aubry, VÊronic BeaulÊ, Martin Blais, MÊlanie Boutin-Chartier, ChloÊ BP, Suzie Ethier, Dominique Fortin, StÊphanie Fortin, Karine Lacroix, Vanessa Limage, Winä Jacob, Philippe Lebel, ValÊrie Lemay, Paul-Antoine Martel, Christian Matte, Marie-Joe Morin, Karine Murphy, MÊlanie Nadeau, Olivier Naud, Tanya Neveu, Sophie Ouellet, Éric Parazelly, Psycho, StÊphane Racicot, Dominic Ruel, ÉmÊlie Rivard Boudreau, Julie Thibeault, Steven Tremblay. RÊviseurs-correcteurs : Jonathan Barette, Camillie Cullen, Gabrielle Demers, Lucette Jacob, Isabelle Legault, Paul-Antoine Martel et Karine Murphy, Micheline Plante. RÊdactrice en chef Winä Jacob redaction.indicebohemien@gmail.com

Coordination et ventes publicitaires Maurice Duclos indicebohemien@gmail.com

Graphisme Mise en page et publicitĂŠs : Le CanapĂŠ communication visuelle graphisme.indicebohemien@gmail.com

L’Indice bohÊmien est publiÊ 10 fois l’an. Il est distribuÊ gratui­ tement par La CoopÊrative du journal culturel de l’Abitibi­TÊmiscamingue. FondÊe en novembre 2006 Membres du conseil d’administration  : ChloÊ BeaulÊ-Poitras, Winä Jacob, Ariane Gendron, Renaud Martel, Martin Villemure, Jenny Corriveau, Julie Goulet, Sophie Ouellet 150, avenue du Lac Rouyn-Noranda, QuÊbec J9X 1C1 tÊlÊphone : 819 763-2677 tÊlÊcopieur : 819 764-6375 indicebohemien@gmail.com

> Winä Jacob - redaction.indicebohemien@gmail.com Bien que l’offre culturelle se soit diversifiÊe au cours des dernières annÊes, qu’une panoplie de festivals et de lieux de diffusion aient vu le jour, il n’en demeure pas moins que certains moments de l’annÊe restent fort calmes. Car trop souvent, les ÊvÊnements se chevauchent, se confondent et compÊtitionnent entre eux, se disputant un bassin limitÊ de spectateurs. Ainsi, l’amateur de culture de l’AbitibiTÊmiscamingue passe malgrÊ lui d’un Êtat de manque à une sorte de vertige devant la quantitÊ de choix qui s’offrent à lui. Et feuilletant la prÊsente Êdition de l’Indice bohÊmien, vous serez à même de constater que l’ÊtÊ semble commencer de plus en plus tôt, si on se fie à la densitÊ d’activitÊs offertes en mai. Spectacles de fin d’annÊe des Êcoles de danse, festival Folie-Ô-Skop, ÊvÊnements dans les centres d’exposition; à cela il faut ajouter les gros canons que sont le Festival de contes et lÊgendes, le Salon du livre de l’Abitibi-TÊmiscamingue et le Festival des guitares du monde, qui se dÊrouleront tous les trois en même temps! Au moins, les deux premiers ont conjuguÊ leurs efforts pour ne pas se nuire l’un l’autre. Et puis peut-on blâmer le FGMAT de devoir tenir compte de multiples contraintes et d’avoir choisi les dates qui sont les siennes cette annÊe? L’ultime zÊnith du paroxysme ultime (!) se produira le 28 mai : l’amateur d’art de la rÊgion pourra alors choisir entre quelques expositions, un spectacle de contes, une activitÊ littÊraire, un spectacle de guitare, le concert de haut calibre l’EnvolÊe symphonique du rÊseau des Conservatoires du QuÊbec ou le lancement de la grande exposition de Raôul Duguay au Centre d’exposition de Val-d’Or‌ Tout ça à peu près simultanÊment! Avouez qu’il y a pourtant là assez de matÊriel pour se bricoler plusieurs nuits blanches extraordinaires! Trop, c’est comme pas assez Au fond, il faut se rÊjouir de cette effervescence : nous avons atteint une telle maturitÊ en tant que collectivitÊ rÊgionale que nous nous sommes dotÊs d’organisations qui nous fournissent une large variÊtÊ d’ÊvÊnements à diffÊrentes pÊriodes de l’annÊe. Mais cette abondance qui apparaÎt par fois chaotique – ou à tout le moins pas tellement concertÊe – peut avoir des effets nÊgatifs à moyen terme.

Notre marchÊ est plutôt restreint, ce qui fait que dès qu’un ÊvÊnement local veut prendre un peu d’ampleur, il sollicite les citoyens des autres territoires; ainsi, le potentiel de croissance est limitÊ quand il y a une compÊtition constante pour les meilleures cases du calendrier. En outre, il devient difficile de faire entendre sa voix quand on est plusieurs à vouloir attirer l’attention des spectateurs à l’aide des mêmes vÊhicules publicitaires, ce qui reprÊsente un autre aspect nÊgatif de l’empilade d’ÊvÊnements culturels. On se retrouve Êgalement avec des pÊriodes creuses qui pourraient être mieux exploitÊes, qu’on pense à janvier, fÊvrier, voire le milieu de l’automne‌ L’idÊe n’est pas d’offrir des activitÊs à toutes les fins de semaine, ou de s’empêcher de choisir une date parce qu’une activitÊ y a dÊjà lieu, mais de commencer à penser à l’offre culturelle d’un point de vue rÊgional, en se parlant entre organismes, tant sur le plan rÊgional que local. Par exemple, un regroupement des festivals est en gestation, avec comme objectif principal de s’exprimer d’une seule voix auprès des bailleurs de fonds; pourquoi ne pas solidifier cette nouvelle structure, puis faire en sorte que ses rencontres servent aussi à faire circuler l’information sur les dates choisies par les organismes pour la tenue de leurs activitÊs? Culture locale‌ ou rÊgionale? Longtemps, on a reprochÊ à l’AbitibiTÊmiscamingue d’être une terre aride au point de vue culturel, soutenant qu’il ne s’y passait pas grand-chose en dehors de quelques activitÊs pointues. Ceux qui s’accrochent à cette vision sont soit bornÊs, soit terrÊs dans leur sous-sol, soit très très loin d’ici : chaque territoire a ses forces, et pour peu qu’il n’ait pas peur de la route, l’amateur d’art trouvera de quoi se sustenter en parcourant quelques dizaines de kilomètres vers le territoire voisin. Il est primordial que cette vision du terrain de jeu culturel à Êchelle rÊgionale se dÊveloppe. C’est ainsi que les Êchanges entre les localitÊs s’accentueront et que nos crÊateurs auront plus d’occasions de faire valoir leur talent. C’est peut-être de cette façon que nous multiplierons les prÊtextes de nous parler de nous-mêmes et d’apprendre à nous connaÎtre. Éviter les conflits d’horaires pourrait être la première Êtape : après, on pourra discuter d’Êducation

artistique, de consolidation de public, de transport intra-rÊgional, de place de l’art dans les mÊdias, de financement de la culture‌ et je souhaite que l’Indice bohÊmien puisse contribuer activement à une telle consolidation de l’offre culturelle rÊgionale.

E r r at u m Dans le cahier spÊcial rÊno-dÊco-Êcolo du dernier numÊro de l’Indice bohÊmien, vous auriez du lire que Caroline Morneau, l’auteur du texte Chauffer moins, chauffer mieux est stagiaire en architecture et non pas architecte.

ÉvÊnements Festival contes et lÊgendes...... 7 Salon du livre............................ 9 Festival des guitares du monde 15 CinÊma .............................. 4, 8, 13 MÊtiers d’art ............................... 6 LittÊrature ................................ 10 GÊnÊral .............................. 12, 14 Danse ...................................... 13 Arts visuels .............................. 15 Musique ................... 18, 19, 21, 31

Chroniques Vues sur le nord .................... 8 SociÊtÊs d’histoire et de gÊnÊalogie ................... 10 La culture dans mes mots ..... 11 Humeur .............................. 11 Chronique jeu ..................... 12 Une MontrÊalaise en A-T ....... 14 Chronique culinaire ............... 19 Critique CD ......................... 23

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Salon du livre A-t photo : courtoisie salon du livre

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Festival des contes et lĂŠgendes photo : courtoisie FCLAT

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l’indice du lecteur

La culture… pour qui ? Mars, mois des Rendez-vous de la francophonie, ça vous dit quelque chose ? Générateurs d’événements, ces rendez-vous francophones attirent-ils vraiment les personnes ciblées par les organisateurs ? Les gens sont-ils vraiment à l’affût de ce type d’événements où le fait francophone se présente au cœur des préoccupations ? À ces questions, je réponds : Ô que non ! Au programme des Rendez-vous de la francophonie était prévue la projection de trois films de l’ONF au théâtre de poche de la Maison de la culture de La Sarre. Elle n’a pas eu lieu puisqu’à 19 h 10, la salle était toujours vide ! Pour nous consoler, le technicien et moi avons regardé le premier de ces trois films : Vive la rose, du cinéaste terreneuvien Bruce Alcock. Un vrai bijou de poésie en 6 minutes ! « Dans cette spectaculaire animation tournée en pleine nature », annonce la documentation jointe au film, « (…) hameçons, coquillages, galets, etc., donnent au film une matérialité peu commune, en accord avec la voix rugueuse et la langue singulière d’Émile Benoit. » Technique : dessin et animation image par image tournée à l’extérieur. Dommage pour la foule d’absents ! Ils ont raté quelque chose ! Que dire maintenant des deux autres films, qui auraient sans doute titillé la fibre nationaliste des Québécois pure laine ? Disons qu’ils nous montrent que le fait français en Amérique persiste en dehors de notre province avec plus de ferveur que jamais, malgré le malaise identitaire de la nation canadienne-française hors-Québec. Oui, il y a lieu de se questionner sur la pertinence d’offrir de la diversité, des possibilités d’échange sur des questions politiques d’actualité, quand on voit le résultat! L’offre culturelle existe, elle est réelle mais elle ne rejoint pas toujours son monde et ce serait trop facile, pour l’expliquer, d’invoquer le fait qu’on n’est pas une ville collégiale ou universitaire… Nous avons eu beau placarder notre publicité en ville et à l’interne, où passent nombre de consommateurs de culture, passer l’information aux médias, inviter par courriel nos collègues et amis; tout porte à croire que la proposition n’intéressait personne… Et pourtant ! À suivre ! - Francine Gauthier

cinéma

Folie-Ô-Skop passe de juin à mai Une pluie d’images sur Rouyn-Noranda > IB

Mine de rien, Le Folie-Ô-Skop, le festival de films d’animation de l’Abitibi-Témiscamingue (FOSFFAAT), présente cette année sa cinquième édition, du 10 au 15 mai, et devient un incontournable de l’offre cinéphilique de Rouyn-Noranda.

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La Bibliothèque de Rouyn-Noranda présente les jeunes artistes de l’Académie des Arts Céline J. Dallaire du 11 au 29 mai avec l’exposition Signets Jeunesse 2010. Les jeunes artistes nous présentent pour la troisième année consécutive leurs créations dont le thème est Prendre le temps. Les visites sont sur les heures de la bibliothèque : www.biblrn.qc.ca Bienvenue à tous !

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L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

Bien sûr, les soirées de projection sont de retour, les 13 et 14 mai, bien que cette année, elles ont lieu à la brasserie le Trèfle noir. On en ajoute une troisième, qui retrace les meilleurs moments des 5 ans du festival, qui se tiendra le 15 mai au Cabaret de la dernière chance. Mais le FOSFFAAT, c’est aussi et surtout différentes façons de faire connaître le cinéma d’animation, notamment aux jeunes, par le biais d’une matinée fami-

liale au cinéma Paramount et d’ateliers dans les écoles de Rouyn-Noranda. Un autre signe que le FOSFFAAT a fait sa niche: les organisateurs ont fait voyager leurs bobines à travers le Québec, notamment à Roberval et à Québec, et certains films ont été projetés au théâtre du Rift, dans le cadre de la campagne de financement La Ruée vers l’art. www.folieoskop.com


photos : courtoisie Inédith

métiers d’arts

Édith Brisebois, des créations Inédith

Aventure, Envergure et fourrure > Valérie Lemay

Si la carrière de la designer Édith Brisebois semble la vouer au plus brillant avenir, c’est à partir de Val-d’Or qu’elle s’envolera. Celle qui a roulé sa bosse de Montréal à la Chine en passant par l’univers du Cirque du Soleil a choisi de revenir s’installer en région pour produire ses vêtements et bijoux faits de fourrure recyclée et de textures diverses. Partie pour étudier les arts plastiques, la jeune artiste s’est toujours un peu méfiée de la mode, craignant d’être prisonnière des tendances et de certains styles imposés par l’industrie. Suivant son chemin en terre montréalaise, Édith a étudié en joaillerie et en design de mode (spécialité fourrure) au Collège MarieVictorin : « Je suis une fille de création, mais assez lucide pour avoir également complété un cours en gestion de la production du vêtement. Ce fut tellement une bonne décision, j’y ai appris plein d’éléments pratiques, mais surtout à épurer mon style et être plus productive », explique la jeune artiste enthousiaste. Les rêves font place aux projets Lorsqu’elle a quitté Val-d’Or, il y a quelques années, Édith Brisebois s’était fait une promesse  : «  Je ne reviendrai pas en région tant que je n’aurai pas travaillé pour le Cirque du Soleil.  » Tant mieux pour nous (ou pour elle!), cela s’est produit à un stade plutôt embryonnaire de sa carrière, ce qui témoigne de son talent. Alors qu’elle travaillait dans un atelier de cuir dans le village gai, Édith a été la première surprise de devoir quitter cet emploi pour réaliser son rêve  : travailler pour la bande aux chapiteaux jaunes et bleus. «  J’étais sous le choc de me retrouver dans l’unité des événements spéciaux et des cimetières des costumes! » Cette consécration rapide fut l’occasion d’être l’assistante du costumier en chef et d’habiller les 250 artistes du spectacle spécial du 400e de Québec. Ce contrat inespéré

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L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

l’amena également à travailler à la conception de vêtements pour l’anniversaire de Tommy Hilfiger. « Ce fut tellement enrichissant… malgré les 16 heures de couture que nous devions effectuer par jour! » À Montréal, je dois avouer qu’on se sent comme une goutte d’eau dans l’océan, alors qu’ici, je me sens comme un maillon de la chaÎne

Comme la fourrure perd automatiquement ses lettres de noblesse dès le printemps, la designer souhaite développer d’autres créneaux comme des robes d’été, des ceintures réversibles, des bijoux, etc. « Je souhaite également développer une ligne pour les tailles plus. Ça manque en région. Qui a dit que les femmes pulpeuses ne peuvent pas être coquettes et fashion? » s’exclame celle qui donne une deuxième vie aux textiles. Par ailleurs, son retour en région lui offre une ambiance de création stimulante : « Être en région, ça va tellement plus vite! À Montréal, je dois avouer qu’on se sent comme une goutte d’eau dans l’océan, alors qu’ici, je me sens comme un maillon de la chaîne.  » Sa vision parfaite du futur? « Avoir une belle boutique vitrée, une équipe de production l’fun et harmonieuse, un bel endroit créatif en région, mais plus particulièrement… à Val-d’Or! » Pour dénicher ses créations, écrivez-lui à : inedith@live.fr


événements

photo : France Gaudreault

Martha Saenz de la Calzada, du cercle des conteurs

photos : courtoisie FCLAT

Le Cercle des conteurs de l’Abitibi-Témiscamingue est toujours aussi présent

> christian matte

Regroupement d’un peu plus d’une vingtaine de conteurs, le Cercle des conteurs de l’Abitibi-Témiscamingue continue à faire son bout de chemin dans le paysage régional. Cette initiative est née en 2005 d’une proposition de Guillaume Beaulieu, qui avait vécu dans un tel groupe dans le bout de Québec et qui a vu une opportunité d’en créer un ici, vu le nombre de conteurs en région. Aujourd’hui, Louise Magnan et Marta Saenz de la Calzada sont les deux personnes qui s’occupent du groupe. « Pour ma part, raconte Mme de la Calzada, j’ai entendu parler de l’initiative à la radio. J’ai adoré et décidé d’embarquer dans l’aventure ! » Nous nous voyons environ 4 fois par année, pour discuter en groupe, conter et partager nos expériences communes afin de nous aider à nous améliorer. Depuis sa création, les activités du Cercle sont très simples. «  Nous n’avons pas de structure légale, ce n’est donc pas très compliqué. Nous nous voyons environ 4 fois par année, pour discuter en groupe, conter et partager nos expériences communes afin de nous aider à nous améliorer. » « De plus, poursuit-elle, nous avons déjà organisé des tournées en région. Il y a aussi un échange avec la France qui a été fait il y a deux ans, alors que certains de leurs conteurs sont venus ici. Ce sera à notre tour d’y aller, mais il faut trouver une date qui convienne

à un grand groupe de personnes, ce qui n’est pas toujours facile. » Le Cercle des conteurs a déjà collaboré avec le Festival de Contes et Légendes en AbitibiTémiscamingue. «  Il y avait une formation offerte à nos conteurs et en soirée, ceux-ci pouvaient raconter leur histoire travaillée dans la journée. »

Le Festival des contes et légendes de l’Abitibi-Témiscamingue

Une programmation dynamique ! > christian matte

C’est du 22 au 30 mai prochain que la 7e édition du Festival des contes et légendes de l’Abitibi-Témiscamingue (FCLAT) se déroulera à Val-d’Or. Le coup d’envoi se donnera les 22 et 23 mai avec une formation sur le conte offerte par André Lemelin. Celle-ci sera ouverte à tous. Le 24 mai, la Loge des lunes, animée par Johanne Pawné Parent, mettra en valeur la culture amérindienne. À noter qu’il s’agit d’une activité pour femmes. L’ouverture officielle aura lieu le 25 mai, avec une soirée en collaboration avec la maison d’édition Planète Rebelle, où des conteurs tels que l’Abitibienne Renée Robitaille et Éric Gauthier seront présents. L’activité du 26 mai promet d’être spéciale, avec une soirée Ciné-conté, de la plume à la pellicule. Des cinéastes montreront le fruit de leur travail, basé

sur des contes. Les conteurs et cinéastes se rencontreront pour la première fois devant les yeux et les oreilles des spectateurs présents! Des contes dans diverses municipalités (à confirmer au moment d’écrire ces lignes) sont prévus le 27 mai, dont la soirée se terminera avec des contes métissés. Si certains pourront aller à une soirée de contes au Mont Vidéo le 28 mai, d’autres ne voudront pas manquer la 3e  édition de la soirée techno-contée-slammée, avec les Brûlots-Parleurs, un événement montréalais qui permet au FCLAT d’avoir un rayonnement hors- région fort intéressant.

La fin de semaine du 29 et du 30 mai offrira plusieurs opportunités aux familles au cours de la journée, pour se divertir de contes. Si le 29 mai propose aux festivaliers la Nuit du contes et le lendemain, une tournée contée dans des municipalités de la MRC de la Vallée-de-l’Or, le célèbre Concours de la grande menterie clôturera le FCLAT le 30 mai en après-midi. À noter que la programmation officielle du Festival n’était pas disponible au moment d’écrire ces lignes. www.fclat.com 

Cependant, la collaboration entre les deux organisations est moindre aujourd’hui. « Il y a déjà eu divergence sur la place de nos conteurs dans le Festival, explique la conteuse. Nous avons réglé ça et maintenant, nos conteurs collaborent beaucoup sur une base individuelle. C’est aussi ça pour plusieurs choses, nos conteurs sont très occupés avec d’autres événements ailleurs ou ici en région, que ce soit par exemple avec les jeudis du conte qui avaient lieu jadis au Rafiot de Val-d’Or, les soirées organisées au Cabaret de la Dernière Chance et plusieurs autres. » À venir pour le Cercle des conteurs  : un échange dans le Haut-St-Laurent et peut-être l’organisation d’une formation. Les rencontres continuent d’avoir lieu et sont ouvertes à tous. Pour connaître leur calendrier, vous pouvez vous référer au site Internet. www.cercleconteat.com

L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

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cinéma Vues sur le nord

Pour enfin rencontrer son voisin > martin blais

L’Abitibi-Témiscamingue a vu son histoire projetée plus d’une fois au cinéma. Dans cette série d’articles, on dépoussière la mémoire collective, on remonte le cours des jours jusqu’au partage des mots, on brasse le fond et on se remet dans la forme des vues sur le nord. Une nation en extinction, en déclin, qui s’éteint littéralement, peu à peu, sous nos yeux. Un peuple qui agonise, qui gît dans son infortune sans qu’on l’entende, qui parle tout seul d’une petite voix, incapable de percer la carapace qui nous fait s’indifférer. Comment est-ce possible, qu’on ait la misère comme voisins depuis si longtemps et qu’on reste ici? Le peuple algonquin en Abitibi-Témiscamingue, son histoire et son présent, on y est rarement confronté, et à chaque fois ce ne peut être qu’un choc. Le défi était de taille pour Richard Desjardins et Robert Monderie : faire asseoir le Québec entier dans une salle et lui raconter ce qu’il a fait subir à tout un peuple. Probablement avec confiance en leurs moyens grâce au succès de L’Erreur boréale, ces cinéastes ont entrepris, avec Le Peuple invisible (2007), d’éliminer le fondement de l’indifférence, c’est-àdire l’ignorance. Pour mieux comprendre dans quel monde on vit, Desjardins et Monderie nous font regarder autour de nous, au-delà de nos bourgs et de nos villages, jusque dans les réserves. Chasser l’ignorance, débusquer l’empathie Le Peuple invisible trace un portrait global de la situation des Algonquins du Québec, en faisant appel à un passé pas si lointain pour expliquer le présent. C’est en créant tout un choc que le récit nous rappelle que les abus commis envers les Algonquins ne font pas partie d’une époque totalement révolue, et que ces histoires passées talonnent le présent.

C’est en créant tout un choc que le récit nous rappelle que les abus commis envers les Algonquins ne font pas partie d’une époque totalement révolue, et que ces histoires passées talonnent le présent

Si nous, les Blancs, avons l’impression que cette terre nous appartient, il est bon de revoir l’Histoire. Un cas est notoire, celui de Nédelec, l’histoire d’un évêque chargé de la colonisation qui a refusé de reconnaître le territoire donné par le fédéral aux Algonquins et qui a insisté pendant des années pour que ceux-ci n’y aient plus accès. Il y a aussi l’histoire des Oblats qui, à Maniwaki, ont vendu à des agriculteurs des terres appartenant aux Algonquins. Et il y a de plus les 40 cessions de territoire autour du lac Témiscamingue qui sont toutes « suspectes » aux yeux d’une historienne de NotreDame-du-Nord. Et par-dessus tout ça, il y a la mémoire traumatisée des Algonquins qui racontent devant la caméra les sévices

sexuels que leur ont infligés les « hommes de Dieu », les frères enseignant dans les pensionnats qu’on forçait les Algonquins à intégrer pour « les aider à mieux s’adapter à leur nouveau mode de vie ». Pour l’homme blanc, finalement, la confiance des autochtones est fatalement à regagner. Le premier pas que l’on est appelé à faire, c’est de rompre notre attachement à l’ignorance, qui nous protège contre le bouleversement évident que suscite la situation dans les réserves. Le Peuple invisible, bien que ce soit difficile pour un film d’une heure trente sur un sujet si large de nous amener à nous sentir vraiment proche des personnages, est une nécessité. Une leçon d’histoire livrée avec la franchise et la droiture que l’on connaît à Richard Desjardins, précisément nouée grâce au langage du cinéma, pour nous donner le goût d’enfin reconnaître la cruauté du passé et de tout recommencer.

image tirée du film Le peuple invisible de Richard Desjardins et Robert Monderie, onf 2007

Merci à Emploi Québec, précieux par tenaire depuis juin 2009

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L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010


événement Le 34e Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue En faire toute une histoire! > IB

Le hasard faisant bien les choses, c’est à Val-d’Or, qui fête son 75e anniversaire, qu’a lieu la 34e édition du Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue (SLAT), du 27 au 30 mai prochain, au Centre Air Creebec.  Le fait que les 5 territoires de la région organisent le salon en alternance entraîne une belle variété dans la déclinaison de cette foire du livre et de la lecture et permet de rompre avec la monotonie. Ainsi, il est certain que le 75e teintera cette 7e édition valdorienne du SLAT, notamment par la présence du président d’honneur de l’événement, Raôul Duguay. Sous le thème « Histoire de lire », on présentera des conférences, tables rondes, lectures publiques et séances de signature avec des auteurs d’ici et d’ailleurs ayant marqué la dernière année littéraire ou le corpus des lettres de notre région. Au moment d’écrire ces lignes, la programmation n’avait pas encore été dévoilée – consultez le site Internet du SLAT pour en connaître les moindres détails. slat.qc.ca L’Indice bohémien a demandé à cinq lecteurs de révéler l’oeuvre littéraire régionale qui les a le plus séduits. Comme la littérature d’ici regorge de talents, plusieurs d’entre eux n’ont pu se restreindre à un seul coup de cœur! En voici les résultats.

L’impétueuse source de la littérature témiscabitibienne, d’îlot en îlot, fait parcourir à mes pas de multiples soubresauts. Fièrement, elle leur fait longer la rivière littéraire qui coule, fougueuse, de Raoul Duguay à la poésie embrasée de Sonia Cotten en passant par celle de Richard Desjardins; leur fait suivre son cours qui se déverse de Jeanne-Mance Delisle à la plume tout en finesse d’Élizabeth Carle, leur fait s’attarder tantôt au flot de mots sortis de l’histoire par Denys Chabot, tantôt à la cascade d’images délicieusement capturées par Mathieu Dupuis. Son parcours, pourtant, n’arrive pas à son terme, loin de là! Mes pas, eux, se tiennent à cette frontière, mais jettent déjà leur élan pour « traverser le torrent sur les roches » 1   vers Samian, Virginia Pésémapéo-Bordeleau ainsi que vers les savoureuses paroles et les mélodies harmonieuses de Philippe B, et son «  Laurence d’Abitibi  » qui étreint inévitablement. 1.   Hector de Saint-Denys Garneau, Regards et jeux dans l’espace, « C’est là sans appui… »

Nathalie Larouche, lauréate de deux mentions au Prix littéraire de l’Abitibi-Témiscamingue (2000 et 2002)

Mon cœur oscille entre deux écrivains, aussi discrets l’un que l’autre, qui malheureusement ne publient plus, du moins plus rien en littérature. Jacques Michaud a publié en 1981 La terre qui ne commence pas, un long poème narratif qui raconte son père mineur à la Noranda, sa mère qui n’a jamais cessé de rêver de son Témiscouata natal, le train qui passait tout près et ce pays où les enfants naissent les poings fermés. Son roman  MarieClarisse  reprend l’image de cette mère qui lui a donné dix frères et cinq sœurs, amère d’avoir trop perdu d’elle-même et qui trouvait sa rédemption dans les champs de bleuets. Denys Chabot, quant à lui, a publié trois romans : L’Eldorado dans les glaces,  La province lunaire  et  La tête des eaux. Trois romans d’une écriture somptueuse où récits, anecdotes, histoires mouvantes, tentatives mêlées, détails et traits rendent compte de l’abondance heureuse du monde. Tout cela autour de Val-d’Or et Senneterre. On l’a comparé à Gabriel Garcia Marquez. Entre les deux mon cœur oscille. L’un est touchant, l’autre étincelant. Jacques Michaud vit maintenant à Gatineau où il est directeur littéraire des éditions Vents d’Ouest. Denys Chabot, après nous avoir donné de nombreux et précieux ouvrages historiques, vient de prendre sa retraite de la Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or. Qui des deux rompra cet affreux silence littéraire?   Jocelyne Saucier, auteure

Dans mon cœur et dans mon cerveau logent tous les livres que j’ai lus. Chacune des phrases se lient entre elles dans les recoins épars de ma mémoire. « Elles travaillent dans l’ombre. » « Avec le regard de l’ours noir en bordure de la route. » « Le rire de Charles-Étienne quand il fait des bulles. » « Le choc des malheurs à la télé.  »  Mon livre chouchou est donc le dernier lu car les autres sont à travailler dans mon âme. À l’abri. Je parlerai donc de Serge Bouchard et de son texte publié dans la revue Québec Sciences  d’avril-mai 2010 achetée par hasard aujourd’hui chez IGA. Le titre me bouleverse. Il dit amoureusement vrai : « Abitibi ou l’histoire du silence.  » Toute la revue est consacrée à la région – c’est à lire absolument. Le mois passé, j’ai englouti Jeanne sur les routes  de Jocelyne Saucier. Les personnages me parlent encore. Même la nuit. Ils alimentent mes racines.  Puis, le coffret  Un cœur de glace de Marta Saenz de la Calzada. La haine liquéfiée jusqu’à la sérénité. Chemin sans GPS. La vie. André-Guy Bernier me remet hier  Bruissement de feuilles,  un portrait du poète qui prépare son voyage en murmurant « je t’aime » avant que la porte se referme. Touchant. Avant, mille autres ont été mes chouchous…  Margot Lemire, passionnée des mots    

Je me surprends déjà à rêver au joli mois de mai, celui qui nous amène le printemps, le renouveau, et le Salon du livre de l’AbitibiTémiscamingue. Et comme chaque année, je me pose la question suivante : si je devais me retrouver sur une île déserte et que je ne puisse me munir que d’un seul livre, lequel choisiraisje? Ce qui revient à me demander  : quels auteur-e-s ai-je hâte de lire et de retrouver au Salon? Cette année, j’aimerais relire un recueil paru à temps pour le dernier Salon,  Les  Incontournables. Cette anthologie m’ouvre une fenêtre sur la richesse de la littérature régionale, sur un passé fourni qui laisse espérer un avenir riche et foisonnant. Le très considérable avantage de cette anthologie réside bien sûr dans le fait qu’il contient les résumés des œuvres de quatre-vingt-six auteurs, me permettant ainsi d’imaginer les textes à ma guise et selon l’humeur du moment (j’essaie d’inventer un texte différent à chaque lecture). Quant à mon coup de cœur de l’année, ce n’est nul autre que  Le vieux qui pissait partout de Fernand Bellehumeur, pour la poésie du texte et la subtilité du choix de vocabulaire, mais aussi pour l’humanité des personnages et l’universalité de la situation et des réactions. J’attends avec impatience la parution de son prochain texte, ce qui devrait se faire à temps pour le Salon.

Je ne connais pas beaucoup de livres qui viennent de l’AbitibiTémiscamingue, mais ma mère m’a dit que Il était une fois le petit frère du chaperon rouge  a été écrit par un monsieur d’Amos qui s’appelle Marc Tremblay. C’est l’histoire du Petit Parka violet, le frère du petit Chaperon rouge, qui doit aller porter des biscuits chez sa grand-mère parce que sa soeur ne veut pas y aller. Dehors, il rencontre le petit frère du grand méchant loup qui veut lui faire peur, mais qui n’est pas du tout dangereux. J’aime beaucoup ce livre parce que c’est vraiment drôle, car le petit loup est un petit peu stupide. Par exemple, il ne choisit pas le bon chemin pour aller chez la grand-mère et il se perd. Il ne veut pas être méchant et il a de la peine que les autres animaux de la forêt aient peur de lui. Finalement, les deux petits frères deviennent amis. Le petit loup est vraiment beau et c’est amusant de voir les différences et les ressemblances qu’il y a avec  le Petit Chaperon rouge. Je pense que c’est une bonne idée de faire un loup gentil, parce que les loups ne sont pas toujours méchant. Les loups du Refuge Pageau, ils sont super gentils.   Simon 7 ans, apprenti lecteur

Francesca Benedict, professeure de littérature L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

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littérature

Chronique des sociétés d’histoire et de généalogie de l’A-T CKVM célèbre ses 60 ans

Lancement de coeur de glace de Martha saenz de la Calzada CKVM prend son rythme de croisière et s’implante comme un instrument nécessaire au développement social et économique du Témiscamingue.

Colère inspirante

photo : courtoisie société d’histoire

photo : France GAUDREAULT

La voix du Témiscamingue

Faites un choix éclairé

> Mélanie Nadeau

Tous les livres de croissance personnelle vous le diront, vous devez maîtriser votre colère. Si vous la laissez vous envahir, mieux vaut dire que vous acceptez que la personne à l’origine de cette hargne ait un pouvoir sur vous. Il faut donc se libérer de cette haine. Foutaises. Certains décideront de la taire, d’autres l’exprimeront haut et fort, d’autres l’utiliseront pour créer. C’est le choix qu’a fait Marta Saenz de la Calzada. Une peine d’amour et quelques années plus tard, elle nous livre Cœur de glace, un coffret de poèmes évoquant sa propre haine, mais aussi la haine ressentie par d’autres. Des rencontres au Centre de femmes Entre femmes et à Alternatives pour elles lui ont permis d’imaginer la douleur de l’enfance brisée et de la femme blessée, entre autres. Processus poétique Celle qui a remporté le Prix des libraires de l’Abitibi-Témiscamingue 2007 en poésie raconte comment ce sentiment a pu être inspirant. Permettant de créer rapidement parfois, comme dans ce poème qui débute par « Tu es absent, je te hais » écrit en 5 minutes, « Il était là et n’attendait que moi » raconte celle qui se décrit profondément latine et intense. Cependant, cet autre Le savais-tu maman?  n’a été que cette question, pendant des mois, avant de prendre forme. Et parlons de la forme. Un coffret. Pas aussi pratique qu’on ne l’aurait cru, on s’y perd un peu avec ces pages libres. Par contre, pour ce qu’il amène de possibilités pour les lecteurs ayant envie de le bonifier d’expériences personnelles, il devient un objet intéressant, un outil. Nous ne pouvons passer sous silence les six images d’œuvres picturales de l’artiste peintre

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Virginia Pésémapéo-Bordeleau. « Je créais sous le coup de l’émotion. J’étais même étonnée de voir le résultat une fois terminé », explique cette dernière. N’allez pas croire que nous n’y voyons que du noir et de gros traits rouges. Au contraire, il s’agit d’œuvres colorées. Nous sentons la haine dans la dureté des traits, par la rigueur des lignes, mais les couleurs utilisées sont très vives. « Ce qui m’inspirait était la lumière, le soleil, mais aussi les éléments naturels tels la pluie évoquée dans les poèmes  », raconte celle qui partait au lendemain du lancement pour préparer son exposition à la galerie Louisa Nicol de Montréal. Travail d’équipe De nombreux collaborateurs ont pris part à ce projet par diverses implications  : Pierre-Hugues Boisvenu qui signe la préface, France Gaudreault de Multi-Boîte Productions et de grandes artistes d’ici telles Jeanne-Mance Delisle, Margot Lemire et Louise Desjardins. Comme la colère un jour passe, nous passons à travers ce coffret en découvrant Un éclair de chaleur, moment où la haine se transforme en espoir. Il fallait entendre Marta, lors du lancement, de son accent espagnol charmant nous réciter « Ah! Quelle jouissance de toujours haïr quelqu’un! »

L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

> Dominique et Stéphanie Fortin, Société d’histoire du Témiscamingue

« Bonsoir Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonsoir, ici CKVM Ville-Marie. » C’est en ces termes que, le 7 janvier 1950, Jacques Demers, gérant, inaugure la station radiophonique de Ville-Marie. Les milliers de personnes à l’écoute, dans tout le Témiscamingue, le nord ontarien et une bonne partie de l’ouest de l’Abitibi, entendent le Ô Canada, suivi de la bénédiction du curé de Ville-Marie, le père Laberge. Devant un groupe imposant de dignitaires et d’invités, CKVM prend vie. Une solide programmation est offerte dès les débuts. Entre les prières du matin et du soir, les artisans de la station présentent à la communauté témiscamienne des émissions rejoignant tous les âges, tous les intérêts. Il faut dire que la radio joue un rôle primordial, en réunissant la famille le soir venu. Trônant fièrement au salon, le poste de radio représente une ouverture sur l’imaginaire, à une époque où la télévision n’est pas entrée dans tous les foyers. Croissance, adaptation et classiques Au début des années 60, CKVM fait une demande au Bureau des gouverneurs de la radiodiffusion en vue de porter la puissance du poste de 1000 à 10 000 watts. On va de l’avant! Le AM 710 offre des radio-théâtres, des émissions de chansons, des émissions féminines et religieuses, de sport, traite de la vie agricole... Bref, CKVM prend son rythme de croisière et s’implante comme un instrument nécessaire au développement social et économique du Témiscamingue. Pendant les années 70 et 80, CKVM modifie l’orientation de sa programmation pour s’adapter à la présence d’une compétitrice coriace: la télévision. On supprime « certains programmes pour ne diffuser que des émissions essentiellement radiophoniques, que le petit écran ne peut offrir en raison de sa lenteur relative et de son manque de souplesse. La radio devient une présence instantanée, un compagnon au ton détendu et agréable plutôt qu’une scène théâtrale ». Véritable phénomène radiophonique témiscamien, le Rendez-vous du Chasseur fait partie de la programmation automnale depuis des lunes et ses fidèles se multiplient. Est-il unique en son genre? On dénombre bien une ou deux émissions en Ontario s’y apparentant. Quoi qu’il en soit, rien ne semble avoir traversé le temps comme le Rendez-vous du Chasseur, devenu une authentique tradition de la radio témiscamienne. 1 Pour qu’un projet tel que l’implantation d’une station de radio en région éloignée ne s’essouffle jamais en 60 ans, il est primordial qu’il soit supporté par des artisans œuvrant à tous les niveaux. En six décennies, au-delà de 200 personnes y ont mis la main à la pâte. Ces travailleurs de l’ombre continuent de porter CKVM et s’inspirent certainement du célèbre leitmotiv du grand Louis Bilodeau, lors de la campagne de souscription de 1952 : « CKVM nous appartient, gardons-le! ». 1

Au service de la population depuis 25 ans, 1950-1975, Radio Témiscamingue Inc., p. 20.

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humeur

la culture dans mes mots

La culture qui rend zen !

Je n’aurai pas le temps…

La culture, c’est être en harmonie avec tout le monde et ça nous amène à être plus zen.

> JULIE THIBEAULT Nom : Abigaëll Caouette-Lafleur Âge : 10 ans Lien particulier avec la culture : joue du violon et prend des cours de chant Qu’est-ce que c’est, pour toi, la culture ? Pour moi la culture, c’est s’exprimer avec de l’art, des instruments. En s’exprimant, soit par des dessins, des poèmes, ou autres, on peut dire comment on se sent. On peut parler de notre tristesse, notre joie, notre peur, notre bonheur. Pour moi, aussi, faire attention à la planète, planter des arbres, c’est culturel. À quoi sert la culture dans la société ? Ça sert à s’exprimer et à ne pas garder nos sentiments juste pour nous. En s’exprimant artistiquement, on peut faire changer les choses qui ne vont pas bien dans la société. Si on s’exprimait tous avec la culture, on aurait moins de batailles ou de guerres. On serait plus joyeux, on n’aurait pas une grosse boule dans le ventre parce qu’on cache des choses ou qu’on ne s’exprime pas. La culture, c’est être en harmonie avec tout le monde et ça nous amène à être plus zen. Et si la culture n’existait pas ? Il n’y aurait pas de divertissement. On serait toujours tristes et on n’aurait plus le goût de vivre. Certaines personnes s’enlèveraient la vie. Pour moi, sans culture, tu meurs automatiquement, même, parce que la culture, c’est aussi la nourriture, la culture du sol, etc. Elle est essentielle. Qu’est-ce que tu ressens comme émotions quand tu es en contact avec la culture ? Je me sens beaucoup mieux. J’aime faire des dessins, jouer de la musique, montrer mes talents. Voir un spectacle de musique, c’est émouvant pour moi. J’aime aussi beaucoup le théâtre, particulièrement la comédie. À ton avis, qu’est-ce que ça prend comme qualités pour être un bon artiste ? Pour la musique, il faut avoir une bonne oreille musicale parce que sinon, le résultat ne sera pas trop beau. Par contre, tu vas quand même t’exprimer, et c’est une bonne chose. Dans le fond, je pense qu’il n’est pas « nécessaire » d’avoir des qualités particulières. Il faut exprimer ce que l’on ressent.

photo : julie Thibeault

> Dominic Ruel

Les lecteurs de ma chronique de mars dernier seront certainement heureux pour moi, et peut-être même soulagés aussi : me voilà dorénavant branché au câble! J’ai bien essayé de faire fonctionner ma nouvelle 32 pouces à cristaux liquides avec mes antennes, mais le résultat fut désastreux. Il a donc fallu m’y résoudre : après le iPod, le câble, et ses mille canaux disponibles. Me voilà encore moins dinosaure qu’avant.  Passer de cinq chaînes à  deux centaines, ça déstabilise en partant. On comprend plus l’utilité de la zapette. On s’aperçoit qu’il y en a beaucoup, pour tous les goûts. L’amateur d’émissions de décoration est aux anges et celui des productions américaines doublées en français aussi! Pour moi, il y a bien RDI, pour l’information, Historia, parfois (ça reste décevant malgré tout…), RDS, pour les défai…matchs du Canadien, mais sinon, on fait le tour assez vite. On comprend plus l’utilité du bouton on-off. Bah! Le printemps se pointe, la chaleur arrive, les journées allongent. Ça me donnera donc du temps pour lire un peu plus, sur ma terrasse, sous le gazebo, une coupe de rosé à la main, ma fille me criant de venir l’aider à se balancer vite, vite. Aaaaaaah!  Que lirai-je cet été ? Question simple, réponse complexe.  Je pourrais terminer enfin cette colossale enquête historique,  Les Artisans de la Paix, écrite par Margaret MacMillan et qui porte sur les négociations du Traité de Versailles de 1919. Voyez-vous, je l’ai commencée il y a bien six mois. Elle est installée sur le réser voir de la toilette à l’étage. Vous comprendrez que je la lis par petits bouts, quelques pages à la fois. Heureux encore que je sois régulier.   J’aime bien aussi relire les livres qui m’ont marqué, ou fait passer de bon moments. Les livres déjà lus sont comme des vieux sous-vêtements  : confortables. On lit la tête à l’aise. Je pourrais relire, pour une cinquième fois,  Le Tricheur, de Jean-François Lisée, qui raconte, comme dans un roman policier ou d’espionnage, toutes les tractations de l’après-Meech en 1990. Toujours bon pour le souverainiste en moi! Je pense aussi à me replonger dans  Les Piliers de la Terre, de Ken Follet, le meilleur roman que j’aie lu. Œuvre monumentale, épopée hors-norme qui se déroule en Angleterre au XIIe siècle. C’est l’histoire passionnante de la construction d’une cathédrale en 1050 pages qui, finalement, me sont revenues roulées et humides quand une amie m’a confié l’avoir lu dans son bain. J’aurais pu être fâché… Mais bon, un livre se déguste, comme du vin, un

un livre se déguste, comme du vin, un livre doit se vivre, avec passion

livre doit se vivre, avec passion. Il peut donc se lire n’importe où s’il le faut.   L’été qui arrive serait peut-être l’occasion de lire enfin ces livres qui attendent depuis des mois dans mes étagères. Merci encore, très cher ami Vincent, pour ce Roi de l’Hiver, de Bernard Cornwell, donné à mon anniversaire il y a plus d’un an et demi maintenant. Tu me pardonneras certainement. Le temps m’a manqué. Ah! J’oubliais! Qu’en est-il de  ce 2e tome de la superbe et riche biographie d’Hitler que tu voulais tant lire et que je t’ai prêtée et commentée avec le feu dans les yeux ? La poussière s’accumule dessus Vincent, je l’ai vue l’autre jour. Lâche  Civilization ! Oh ! Et avec le deuxième bébé qui arrive bientôt, tu devrais peut-être attendre que le film sorte en salle. J’ai aussi deux ou trois Agatha Christie à lire aussi. Puis Au nom de la rose d’Umberto Eco. Celui-là, je vous le jure, je l’ai acheté alors que j’avais 17 ou 18 ans. Un bail! Pourquoi tant de temps à attendre ? Il faut croire que le lecteur peut être lent et que les bouquins sont patients. Il y a aussi cet ouvrage superbement illustré,  Apocalypse, tiré de la série télévisée et portant sur la Deuxième Guerre mondiale.   Et avec le Salon du Livre de la fin du mois, ma liste se rallongera sûrement et ma bibliothèque se trouvera de nouveau remplie de bonnes intentions, de lectures à repousser aux calendes grecques (tiens, ça me fait penser que j’ai cette petite plaquette d’à peine une centaine de pages à lire sur Aristote). Gros été donc. C’est que j’ai aussi ma fille à balancer vite, vite, mon entrée arrière à refaire, les chambres des petits à redécorer, la clôture à repeindre, le grand ménage du sous-sol à finir et aussi…  Je paie mon câble dans le vide, moi ? 

Peux-tu nommer de grands artistes ? Mozart, Édith Piaf, Léonardo di Caprio et Kate Winslet. Mon grand-père Alain, qui faisait du vélo de course. Pour moi, c’est de l’art quand tu dépasses tout le monde. Mes tantes : l’une est chanteuse et l’autre a joué dans Watatatow. Et toi, aimerais-tu être une artiste ? Si oui, quel genre d’artiste ? Oui. J’aimerais deux choses  : être une coiffeuse-esthéticienne pour aider les femmes à être mieux dans leur peau et avoir plus d’estime. J’aimerais aussi être une chanteuse parce que toute ma famille me dit que je suis très bonne. J’aimerais faire de la scène et des disques. L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

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rubrique ludique

général

9 Boursiers pour le fonds des arts et des lettres > IB

Le 19 avril dernier, la Conférence régionale des élus et le Conseil des arts et des lettres du Québec révélaient les boursiers 2010 du Fonds des arts et des lettres de l’Abitibi-Témiscamingue. Les 7 projets retenus se partagent l’enveloppe de 100 000 $. Nous pourrons donc apprécier, dans quelques mois, le travail des artistes en arts visuels Chantal Vallières (Val-d’Or), Norbert Lemire (Laferté), Véronique Doucet (Rouyn-Noranda) et Carole-Yvonne Richard (Rouyn-Noranda), du conteur Guillaume Beaulieu (Rouyn-Noranda), de la femme de théâtre Louise Lavictoire (Rouyn-Noranda) et d’un collectif multidisciplinaire amossois formé de Véronique Trudel, Véronique Filion et Bruno Turcotte.

Un Témicamien dans la toile de l’Homme-araignée! > Mélanie Boutin-Chartier

Le 31 mars dernier, la compagnie québécoise Beenox annonçait le développement de Spider-Man: Shattered Dimensions, son plus gros projet à ce jour. Le Témiscamien Alain Bellehumeur y travaille à titre de programmeur d’engin. C’est donc à Québec qu’Alain Bellehumeur pratique son art pour nous en mettre plein la vue. « Je m’occupe du système de physique, explique-t-il, Je m’assure que les collisions entre les objets soient bien faites et que les personnages ne passent pas à travers des murs! » Le Ville-Marien est particulièrement fier de sa participation aux jeux Bee Movie et Monsters vs Aliens. Pour le jeu tiré du film Drôle d’abeille, Alain Bellehumeur se targue d’avoir travaillé sur le premier jeu développé de A à Z chez Beenox. « Bee Movie était aussi le premier gros titre auquel je participais, alors j’étais super motivé, se rappelle-t-il. Je me suis occupé de la caméra, de la physique de voiture et des collisions entre les petites abeilles. Sur Monsters vs Aliens, on voulait de la physique encore plus réaliste en plus d’avoir trois monstres très différents à contrôler. » Une filiale, pour le meilleur et pour le pire Le studio Beenox – à qui l’on doit l’incorporation de la Vieille Capitale dans le jeu Guitar Hero: Smash Hits – est une filiale à part entière de la compagnie californienne Activision Blizzard. Cette association permet aux Beenoxiens d’avoir des liens étroits avec les développeurs des plus gros jeux sur le marché, comme Call of Duty ou World of Warcraft. L’homme de 28 ans se sent privilégié de pouvoir, par exemple, jaser avec les programmeurs en chef de StarCraft II et d’entendre leur point de vue sur leur jeu à paraître. Le seul point négatif de son travail? « Ne pas pouvoir parler des choses cool qu’on fait ici avant leur sortie. C’est plate, hein? », confie-t-il, sourire en coin. Qu’à cela ne tienne, nous attendrons impatiemment la sortie automnale de Spider-Man: Shattered Dimensions pour voir ce que notre Témiscamien et son équipe auront concocté dans l’univers de Spidey. www.SpiderManDimensions.com

JEUX DE DÉS > Steven Tremblay

Les jeux de dés ont la cote ces jours-ci dans le monde des jeux de société. Simples, légers et moins dispendieux, ils sont populaires autant auprès des joueurs expérimentés qu’auprès des débutants. Je vous en présente trois qui utilisent des principes bien différents les uns des autres. Perudo est un jeu de probabilités et de bluff. Les joueurs se relancent sur des prédictions concernant l’ensemble des dés en tentant de faire se compromettre leurs adversaires. Le tout se déroule en utilisant un language coloré avec des mots comme « Paco », « Palifico », « Calza » et « Salsa ». Un bon jeu pour les soirées en groupe. Dicetown mêle dés et poker dans un thème western. Les joueurs tentent d’accumuler de l’or et des dollars grâce à différentes combinaisons de cartes présentes sur chaque face de dé. Ce jeu exige plus de stratégie que les deux autres en offrant au joueur plusieurs options à chaque tour de jeu. Yamslam combine le classique Yahtzee avec des cartes à jouer. Au lieu de chercher à accomplir chaque combinaison une seule fois, les joueurs peuvent répéter les mêmes en tentant de recueillir la majorité des jetons de pointage associés à chacune. Pas très palpitant, c’est le plus simple parmi les trois jeux et il plaira à ceux qui aiment rouler souvent les dés. Il existe aussi en version voyage pour ceux qui trouvent leurs trajets parfois trop long.

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L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

Jeu

Perudo

Dicetown

Yamslam

Nombre de joueurs

2à6

2à5

1à4

Âge recommandé

8 ans et plus

8 ans et plus

7 ans et plus

Temps moyen

15 minutes

60 minutes

15 minutes


danse photo : courtoisie de l’artiste

cinéma

Tournage d’un court-métrage au Lac Opasatica, avec Ariane Lacombe et Alexandre Castonguay, comédiens originaires de Rouyn-Noranda.

Rencontre avec un réalisateur d’ici

Eric Morin mange sa ville de loin! À 38 ans, Eric Morin a vécu la moitié de sa vie à RouynNoranda, et l’autre moitié à Montréal : 19-19. Ce seuil temporel et symbolique semble inspirer la démarche et l’intérêt renouvelé de ce réalisateur très «urbain» pour sa région natale, l’Abitibi-Témiscamingue.

C’est en travaillant à Bande à part qu’Eric a fait la connaissance de Catherine Pogonat, avec qui il a élaboré le concept du magazine culturel Mange ta ville, dont elle est l’animatrice et lui le réalisateur. Gagnant de plusieurs prix Gémeaux, ce magazine culturel intégré dans Montréal est un parcours dans la ville à travers ses artistes. « C’est une expérience unique au niveau de la liberté de création en télévision, c’est exceptionnel, la rencontre des artistes, l’échange, l’exploration des démarches artistiques. On voit ça comme un documentaire vivant qui dure sur plusieurs saisons. » Eric Morin a toujours aimé la ville, qu’elle soit petite ou grande. «Je n’étais pas très skidoo et chalet, j’avais déjà un côté urbain même si je vivais dans une petite ville du Nord du Québec. Je viens de l’Abitibi-Témiscamingue, mais RouynNoranda, c’est quand même une ville. C’est pas la campagne. C’est une ville avec la forêt et la nature à 3 minutes, mais une ville pareil.» Des racines abitibiennes Les projets du réalisateur, qui marquent son retour à la fiction, explorent ses racines régionales

Entrez dans la danse! > Karine murphy

> Geneviève Aubry

Arts et urbanité C’est dans l’univers musical qu’Eric Morin — ancien membre de la formation musicale Gwenwed — a commencé son parcours de réalisateur. «Gwenwed a été invité à Bande à part et par cette entremise, je me suis mis à faire des reportages sur la musique parce qu’ils voulaient des réalisateurs qui venaient de l’univers musical.»

Tour d’horizon des spectacles de fin d’année des écoles de danse

à travers des thèmes bien particuliers, comme le rapport à la machine et à la nature, l’appartenance au lieu où on est né, les racines régionales versus l’ouverture sur le reste du monde, la question de partir ou de rester… « Je veux explorer mes sources abitibiennes avec le regard de quelqu’un de totalement abitibien, mais qui vit à Montréal depuis la moitié de sa vie. Creuser profondément dans le local pour en faire quelque chose d’universel. Utiliser une imagerie mythologique abitibienne, mais m’en servir comme piste de réflexion vers autre chose. » Partir ou rester ? Depuis qu’il habite Montréal, Eric a gardé un contact étroit avec sa région natale, vers laquelle il revient régulièrement. « J’ai toujours su que je partirais de RouynNoranda, mais j’ai toujours su que j’avais une appartenance hyper forte à ma région. » Peu importe où l’on habite, Eric croit qu’il est important de se ressourcer, que ça soit physiquement ou virtuellement, pour prendre de l’expérience et comprendre des visions qui viennent d’ailleurs. «C’est l’ouverture sur le monde qui complète la culture régionale. Ce n’est pas que c’est meilleur ailleurs, c’est juste différent.» Le documentaire Mutantès : dans la tête de Pierre Lapointe, réalisé par Eric Morin, sera diffusé le 21 mai à 20 h à l’Agora des Arts, dans le cadre d’une activité conjointe du Festival de musique émergente et du Festival du DocuMenteur.

D’avril à juin, c’est plus de 1000 danseurs et danseuses de tous les âges, de tous les styles et de tous les niveaux qui ont participé ou participeront à l’un des spectacles des écoles de danse de la région.   La ronde a débuté  au début avril avec  Rêve et fabulation, présenté par l’École d’Arts La Rallonge d’Amos. La centaine d’élèves de la relève amateure a eu la chance de travailler avec une équipe de professionnels (metteur en scène, chorégraphe, maquilleuse, costumière) pour offrir 2 représentations différentes intégrant ballet classique, contemporain, flamenco et théâtre. Le groupe Momentum Danse, composé de 12 danseuses interprètes, a offert Baila! Danz! Tanza... Danse!, son premier spectacle grand public, où plusieurs artistes invités de la région ont également partagé la scène, le 16 avril dernier à RouynNoranda.  Ce fut ensuite au tour de la Cité  de la Danse de Val-d’Or d’y aller de son spectacle  Dansons nos 75 ans, le 23 avril au Théâtre Télébec. Les quelque 200 élèves ont ainsi présenté des numéros de danse créative, de ballet classique, de jazz-moderne, de jazz – hip-hop et de contemporain, sous le thème du 75e anniversaire que célèbre la ville de Val-d’Or cette année. Finalement, les élèves du Studio Vision Danse de Senneterre ont eu la chance de faire partie de la 18e édition du spectacle de fin

d’année, à l’Aqua-Spec, les 23 et 24 avril derniers.   C’est rien qu’un début!  Amateurs de danse de la région, réjouissez vous car beaucoup d’autres spectacles sont à  venir! Le 15 mai, le Studio de danse Nathalie Côté  présentera  Spirale, au Théâtre des Eskers d’Amos. C’est autour de 100 élèves qui danseront jazz, claquettes, hiphop/breakdance, baladi, gitan et danse tribale, dans des groupes formés de danseurs de tous les âges. Puis, on se transportera à La Sarre pour apprécier le travail de l’école de danse d’AbitibiOuest, gérée par Nathalie Durocher.  Rêves d’enfant  sera donné en trois représentations, soit le 15 mai à 13 h et à 19 h 30 ainsi que le 16 mai à 14 h, à la Salle Desjardins.   Les 21 et 22 mai à 19 h, au Théâtre du Cuivre, nous aurons droit au spectacle  Émeraude, soulignant le quarantième anniversaire de l’école de danse Prelv de RouynNoranda. Cette création artistique, présentant plus de 80 danseurs dans une vingtaine de chorégraphies, se penche cette année sur notre rapport au temps et sur les différentes façons de le concevoir.

À Val-d’Or, les élèves du Centre de Musique et de Danse monteront sur scène à 2 reprises. Le spectacle aura lieu le 22 mai à 19 h, et le 23 mai à 14 h, au Théâtre Télébec. La fin de semaine suivante, à Rouyn-Noranda, ce sera au tour du Studio Rythme & Danse de se produire dans  Devinez, devinez où je suis! Environ 400 élèves danseront le 28 mai à 19 h et le 29 mai à 13 h et 19 h, dans des styles aussi variés que le ballet classique, la danse africaine, la danse latine, le hip-hop et bien d’autres.   En juin, le Théâtre des Eskers d’Amos accueillera les quelque 150 élèves de l’École de danse Carole D’Amours. C’est le 5 et le 6 juin, à 19 h plus précisément, que les danseurs vous souhaiteront  Bienvenue à bord par la claquette, le jazz, la danse sociale, le gumboots et le hip-hop. Finalement, l’École Sens et Danses, le Studio NomaDanses et leurs invités, sous la direction de Suzanne Garceau, vous présenteront Toutes unies dans la Danse le 12 juin au Théâtre Télébec de Vald’Or. Ce sera un spectacle haut en couleurs, mettant à l’honneur la danse orientale, le baladi et d’autres danses du monde.

Merci à tous nos collaborateurs L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

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une Montréalaise en Abitibi-Témiscamingue

Rouyn-Noranda Capitale culturelle

On est tous ensemble, dans le même bateau, à travailler et à se donner toutes les chances possibles de s’offrir une belle année culturelle et artistique

Troquer le cuivre pour la culture > suzie ethier

Tous ont entendu parler un peu partout ces temps-ci de « Rouyn-Noranda, capitale culturelle 2012 ». Mais qu’en est-il exactement? Où en sont-ils rendus jusqu’à présent? Et pourquoi attendre jusqu’en 2012? Pour l’instant, il ne s’agit que d’un projet de mise en candidature au programme « Capitales culturelles du Canada », en place depuis 2002 et financé par Patrimoine canadien, mais qui permet à la ville de se faire une tête sur la place qu’elle veut donner à la culture. Plus précisément, ce programme pancanadien récompense chaque année trois municipalités, soit une dans chaque catégorie  : 125  000 habitants et plus, 50  000 à 125 000 habitants et 50  000 habitants et moins, dont fait évidemment partie Rouyn-Noranda. En présentant sa candidature dans cette catégorie, la ville de Rouyn-Noranda court donc la chance de se voir remettre une bourse correspondant à 75 % des coûts admissibles des projets, jusqu’à concurrence de 500 000 $. Si Rouyn-Noranda venait à gagner, ce serait donc 166 000 $ en argent neuf que la ville injecterait directement dans les arts et la culture, pour un grand total de 666 000 $ en investissement. Au Québec, les villes de Saguenay, Trois-Rivières et Baie-St-Paul ont respectivement remporté une bourse dans le cadre de ce programme en 2010, 2009 et 2007.   Le dossier de Rouyn-Noranda Question de monter un dossier le plus complet et le plus « winner » qui soit, un comité  a été mis sur pied en mars dernier. Constitué de Bernard Barrette, Matthieu Dumont, Ariane Ouellet, Guy Parent et Lise Paquet, celui-ci mise d’abord sur la qualité des réalisations culturelles et artistiques que la ville a à son actif jusqu’à présent, puisqu’il s’agit là de l’un des critères de sélection du jury. Mais ce comité aura également comme tâche de monter un programme d’activités ambitieux et de très

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grande qualité, puisqu’il s’agit là du second aspect du concours. Et pourquoi 2012? Parce que ça coïncide avec le 10e  anniversaire de la nouvelle grande ville de RouynNoranda et que les élus ont vu là l’occasion de souligner l’événement d’une belle façon. D’ailleurs, on parle même de développer une toute nouvelle signature culturelle, un legs qui s’additionnerait à l’œuvre qui sera érigée sur la Place de la citoyenneté et de la coopération.  Bien entendu, ce programme d’activités nécessite une très grande collaboration des organismes et ar tistes de Rouyn-Noranda, puisque ce sont eux qui ont jusqu’au 21 mai 2010 pour imaginer et soumettre leurs projets à la ville afin que celle-ci puisse en faire une sélection. Éventuellement, une programmation sera montée, où toutes les disciplines et tous les quartiers seront représentés, qui sera la plus diversifiée et cohérente possible, et qui s’échelonnera sur toute l’année. « On est tous ensemble, dans le même bateau, à travailler et à se donner toutes les chances possibles de s’offrir une belle année culturelle et artistique », explique Geneviève Aubry,  chargée de projet pour la mise en candidature. D’ailleurs, deux rencontres d’information ont déjà eu lieu et plus d’une soixantaine d’artistes et organismes y ont assisté. Reste maintenant à souhaiter que ceuxci seront nombreux à déposer des projets qui permettront à RouynNoranda de se démarquer de ses villes rivales, pour l’instant encore inconnues.   http://sites.google.com/a/ rncapitaleculturelle2012.com/ projet-public/

L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

photo : Hugo Lacroix

général

> vanessa limage

PHOTO IB

Arrivée en Abitibi-Témiscamingue avec rien d’autre en main qu’un emploi, des valises et une petite chambre d’amis au sous-sol (pour dépanner!!)... Ça remet les pendules à l’heure et brutalement, la solitude pèse de tout son poids... Sans repères (à part le GPS), sans amis, tout est à  bâtir... Un nouveau mode de vie auquel il faut s’adapter, un réseau social à développer et une nouvelle fonction à laquelle il faudra être à la hauteur. C’est motivée, à la fois naïve (peut-être) et la tête pleine d’illusions et de préjugés (faut le dire!) que j’ai décidé en 3 jours de sauter dans le train (ben, dans ma voiture) et de partir à l’aventure... J’ai décidé de brasser le bocal de ma vie, sans savoir ni comment ni où la neige allait tomber.  Je connaissais bien peu de choses de l’Abitibi avant d’y venir... Je savais qu’il y avait de la forêt en masse, mais bien moins qu’avant (merci à Richard Desjardins), des mines (cours de géographie secondaire 1), de la pêche, de la chasse, des autochtones (re-merci à Richard Desjardins), de la neige, quelques festivals ici et là... mais sans plus. Je savais aussi qu’il y avait le téléphone et Internet, quelques banques, une épicerie (au moins une?) des dépanneurs, quelques restos, un campus universitaire, mais sans plus...  Idées préconçues Avant d’arriver ici par la porte de Val-d’Or, je n’imaAvant d’arriver ici par la porte de ginais pas à quel point c’était urbanisé, moderne... Val-d’Or, je n’imaginais pas à quel Et qu’il s’en passait des choses! Donc détrompezpoint c’était urbanisé, moderne... vous, il y a ici toutes les commodités d’un Et qu’il s’en passait des choses!  Montréal, Québec ou Gatineau, mais juste à plus petite échelle... Et même là, peut-être juste à certains égards. Mais je cherche encore... des road trips ici et là, au quatre coins du Québec pour voir ce qu’il en est. Hey, Montréalais qui ne Tu veux une banque? La tienne est là! Même la connaissez pas autre chose que Laval, Tremblant CIBC! Tu veux une pharmacie? Chez Jean Coutu ou Longueuil, c’est à vous que je parle... «  Les tu te trouveras des amis. Tu n’aimes pas celui du régions » est un terme large auquel il faut apporter coin? Va plus loin, il y a un autre! Tu veux manger? des nuances!!!! Il y a des villes, des villages, des Toutes les grandes chaînes de restauration sont rangs...  représentées : Burger King, McDo, Subway, St-Hub, Pacini... De l’essence? Petro et Shell sont là en L’ignorance fait que parfois, on se fait de drôles cas de panne! Sinon pour magasiner, idem! Oui d’idées par rapport à certaines choses. Une vision c’est vrai, sur la 3e Avenue tu fais le saut quand erronée... Des préjugés...  tu vois le méga-giga Tigre Géant de son affiche   jaune vêtu! Mais il n’y a pas que ça! Hart, Zellers, Chaleur Walmart, Reitmans, Le Château, Sports Experts... Et ça, c’est sans compter l’accueil des plus chaSérieux, c’est possible de trouver de quoi s’habiller leureux des gens que j’ai croisés jusqu’à présent et se meubler, vraiment facilement et avec goût! sur ma route abitibienne. Chacun propose son Et ça c’est sans compter les petits commerçants aide et son soutien en cas de besoin. Un sourire qui ont pignon sur l’artère principale. Des librai- par-ci, une poignée de main par-là. Pas question res, des boutiques d’articles de décoration, une de te laisser en retrait comme une brebis égarée. papeterie, un disquaire, un tatoueur, des salons de Comme une façon de te dire: «Bienvenue dans ton bronzage, un salon d’esthétique et de beauté, des nouveau chez-toi, on va s’assurer que tu t’y sens coiffeurs en tous genres... Et pas un mais deux à ton aise.» centres d’achats! Sinon il y a IGA, Loblaws, Maxi et même un gigantesque (quant à moi beaucoup trop Mais les médias... gros) Super C et une énorme SAQ... Par contre, j’ai eu un choc en arrivant en Abitibi et on ne me l’avait pas dit!? Le journal local sort Vraiment, pour ceux qui se font l’image d’un une fois par semaine! Quoi? Sinon La Presse. magasin général et d’une vieille dame derrière son La joyeuse Presse, de tous ses cahiers colorés petit comptoir Sears où l’on commande tout par d’idées, de contenu et de saveur... Eh bien il me catalogue, vous êtes dans les patates!  faut l’attendre au moment du lunch... À Val-d’Or, pas l’ombre d’une juteuse et magnifique Presse Non c’est vrai, côté variété, il n’y a pas nécessai- ruisselante avant MIDI!!! Il y a Cyberpresse... Mais rement l’embarras du choix, mais les gens ici sont mon contact papier alors? Mes bouts de doigts loin d’être dépourvus! Je me sens un peu nunuche un peu noirs... J’oubliais ma stupéfaction, quand même aujourd’hui d’avoir imaginé Val-d’Or beau- j’ai découvert que le même bulletin de nouvelles coup plus petit et moins développé... Morale de passait à Radio-Can, TVA et V Télé... ??? cette histoire, il faut sortir de notre bulle. Faire


arts visuels photo : Julie Lacasse

événement Alain Vézina, Coordonnateur du Festival des guitares du monde en Abitibi-Témiscamingue

Un vibrant passionné ! > Karine Lacroix

À la tête du Festival des guitares du monde, on retrouve un homme qui parle aussi vite que Louis-José Houde et qui, en un temps record, peut nommer un nombre effarant de guitaristes contemporains. Le directeur-fondateur Alain Vézina est un mélomane passionné qui n’hésite pas à se déplacer semaine après semaine pour voir ce qui se fait de mieux sur la scène internationale. Un simple coup d’œil sur son iPod permet de constater le vaste éventail de styles musicaux qui s’y retrouvent. C’est la passion qui guide l’homme et qui l’amène à exercer plusieurs professions. D’ailleurs, il lui suffit de quelques heures de sommeil pour être en pleine forme, ce qui lui permet de se consacrer entre autres à son festival. Enthousiasme contagieux Il y a 6 ans, avec une équipe de collaborateurs, Alain Vézina a pu

réaliser son rêve de mettre sur pied un événement qui lui permettrait de produire des spectacles d’envergure dans la région. Ainsi, on pourrait retrouver sur les scènes de Rouyn-Noranda et de l’AbitibiTémiscamingue les plus grands guitaristes du monde, dont l’un des joyaux de la région, Rémi Boucher. Heureusement, l’organisateur possède un grand atout : celui de convaincre. En effet, quelques guitaristes sont venus à Rouyn-Noranda en diminuant leur cachet ou ont décidé tout simple-

PHOTO : JONATHAN BOULET-GROULX

ment de venir jouer gratuitement : Alain leur avait vanté, avec tout l’enthousiasme dont il est capable, les mérites de l’accueil, des noms importants de la programmation. En plus de diriger ce grand festival, il propose sa chronique culturelle à l’émission de la radio de RadioCanada Des matins en or depuis 3 ans. Il sillonne donc les routes de la région pour découvrir les artistes d’ici, de toutes les disciplines, et offre ses observations et ses coups de coeur. Alain Vézina, c’est avant tout la passion, celle qui le guide et le nourrit jour après jour.

6e Festival des guitares du monde

Le monde des guitares du monde > Karine Lacroix

Cette année, le grand Randy Bachman (American Woman, You ain’t seen nothing yet) sera l’une des vedettes qui honorera la programmation. C’est d’ailleurs grâce à lui que d’autres grands noms se sont rajoutés à l’horaire des spectacles cette année : plusieurs voulaient partager la scène avec lui ou le côtoyer lors du festival. Celle que l’on surnomme The First Lady of guitar, Liona Boyd, sera présente, tout comme l’oscarisée et légendaire chanteuse folk Buffy Sainte-Marie, sans compter les récipiendaires de prix Canadian Folk Music Awards 2009 The Good Lovelies ainsi que les nominés au même concours, le groupe Dala. De plus, le Festival mettra à l’honneur le jazz et le blues avec entre autres Pat Martino et Garrett Mason. Si vous avez manqué les rythmes endiablés de Pavlo et d’Oscar Lopez lors des éditions précédentes, ce sera le moment de vous reprendre. Année après année, l’une des volontés du festival est de proposer un nombre grandissant de

concerts gratuits. Les organisateurs souhaitent favoriser l’accessibilité pour tous et mettre de l’avant une programmation des plus variées. Plusieurs activités entourant le festival viendront donc divertir la population : concerts au coin du feu, ateliers de guitare, classes de maître et soirées électrisantes d’artistes internationaux. De plus, le Festival a ajouté cette année à son équipe la relationniste de presse Véronique Gabrysz afin de développer la couverture médiatique de l’événement, ce qui devrait faire de l’édition de cette année la plus «  visible  » de l’histoire du festival. Financement épuisable et pas toujours au rendez-vous Comme c’est le cas pour tout festival «  de région », la question du financement est au cœur des pré-

PHOTO : COURTOISIE FGMAT

Une cinquantaine de concerts offerts par plus d’une centaine de musiciens venus de 14 pays : du 23 au 30 mai, le monde de la guitare tournera autour de Rouyn-Noranda. Aperçu d’une programmation éclectique.

occupations de l’organisation, qui travaille très fort pour contourner les contraintes budgétaires. « On se demande si les instances gouvernementales considèrent encore les événements culturels, se questionne Alain Vézina. Quelle est la place de la culture pour le gouvernement du Québec?  » Une question qui mérite sans aucun doute qu’on y réfléchisse… Une chose est sûre  : des milliers de mélomanes montreront que pour eux, la culture occupe une place de choix, en assistant aux spectacles concoctés par l’équipe du Festival, du 23 au 30 mai. www.fgmat.com

BAM! La 10e Biennale d’art miniature !nternationale frappe fort! > Véronic Beaulé

Pour une dixième année, la Corporation AugustinChénier présente sa Biennale d’art miniature !nternationale (BAM!), événement artistique de grande envergure. Toujours très courue, la biennale a attiré cette année 293 artistes en provenance de 35 pays. C’est donc un total de 463 œuvres qui seront exposées du 3 juin au 12 septembre, à Ville-Marie. Un volet scolaire sera aussi présenté, regroupant quelques 700 œuvres créées par les étudiants des écoles du Témiscamingue. Ces multiples pièces seront rassemblées pour l’exposition afin de réaliser une œuvre collective imposante. Comme les années passées, les écoles d’Iberville et La Source de Rouyn-Noranda participeront à l’exposition en présentant des miniatures sur lesquelles les étudiants ont travaillé tout au long de l’année.   Le grand Nord en tout petit Pour cette 10e  édition, la Corporation a décidé d’innover en présentant un zoom sur le Nunavik. Ce volet spécial accueillera 60 œuvres miniatures créées par des artistes inuits, certaines créations ayant été réalisées spécialement pour la biennale. Ce zoom sera complété par une programmation très diversifiée alliant cinéma, arts de la scène et conférences. Tout au long de l’été, cette programmation permettra d’en apprendre davantage sur ce peuple habitant le nord du Québec.  Autre nouveauté cette année, la biennale ouvre ses portes à tous les matériaux. Par les années passées, seules les œuvres de bois et/ou de papier étaient acceptées. «  Les artistes ont pu créer sans contrainte matérielle cette année, ce qui a amené une diversité d’œuvres fort intéressante, principalement en sculpture », souligne M. Jean-Jacques Lachapelle, directeur général de la Corporation AugustinChénier. En plus des catégories dessin, peinture, estampe et sculpture, une nouvelle catégorie

a fait son apparition cette année, soit l’impression numérique, volet incluant la photographie.

Les artistes ont pu créer sans contrainte matérielle cette année, ce qui a amené une diversité d’œuvres fort intéressante, principalement en sculpture - Jean-Jacque Lachapelle

La sélection du jury Bien que la BAM! ouvrira ses portes seulement en juin, la Corporation Augustin-Chénier a accueilli, du 7 au 9 avril dernier, les membres du jury. Trois personnalités ont été invitées à juger les quelque 400 œuvres de la biennale : Mme Paula Coppa Oliver, artiste et galeriste d’Argentine, Mme Virginia Pésémapéo Bordeleau, peintre, sculpteure et écrivaine de l’Abitibi et M. Armand Vaillancourt, sculpteur de renommée internationale. Présidé pour une deuxième année consécutive par M. Vaillancourt, ce jury avait la lourde tâche de déterminer un lauréat par catégorie ainsi qu’un grand prix et un coup de cœur Nunavik. La présélection du jury et les œuvres primées, soit un total de 70 miniatures, ainsi que le volet Nunavik auront la chance de voyager suite à la BAM!, puisque l’Argentine accueillera ces œuvres en décembre 2010 au musée MACLA, dans la ville de La Plata.  C’est donc un rendez-vous en juin afin de découvrir cette grande exposition internationale.

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photos : Alexendre gagnon

musique Emman Xième passe au vert Nouveau disque et nouvelle maison de production pour le rappeur valdorien > Émélie Rivard-Boudreau

Après avoir sorti un premier démo en 2008, le rappeur valdorien Emman Xième a lancé, le 25 mars dernier, son premier album Le rouge passe au vert, enregistré par sa propre maison de production, Lion d’Or Entertainment. Inspiré notamment des rappeurs français Kerry James et Médine, Emman Xième tient à se distinguer des nombreux rappeurs de type gangster qui véhiculent les clichés reliés au sexe, à la violence, à la drogue et à l’alcool. Il qualifie donc sa musique de « rap positif » par son leitmotiv « sport, jeunesse et sobriété » , pour les 7 à 77 ans. «  Ce que je veux, c’est échanger mes idées et sensibiliser le plus grand nombre de personnes possible à mes textes », explique-t-il. Tel que l’avait fait le très connu rappeur de Rouyn-Noranda, Anodajay, Emman Xième a lui aussi décidé de fonder sa propre maison de production. «  Je l’ai fait pour être plus autonome pour la promotion de mes idées et pour être impliqué dans chacune des

étapes de la production de mes disques. » Une saine compétition De son côté, Anodajay ne croit pas que Lion d’Or Entertainment entrera en compétition avec sa propre maison de disque, 7e Ciel Records. « Nous recevons beaucoup de textes, mais nous choisissons de sélectionner moins d’artistes pour nous concentrer sur ceux que nous avons pour l’instant. » Selon lui, seul le temps peut témoigner de la viabilité de ce genre d’entreprise. «  Lancer une maison de production, c’est facile; c’est la faire fonctionner qui est le plus difficile. Par exemple, 7e Ciel Records existe depuis déjà 7 ans, mais c’est seulement depuis 2 ans qu’elle s’est démarquée », remarque-t-il.

Prévu au cours de l’année 2011, le prochain projet de Lion d’Or Enter tainment intitulé Rapunification impliquera Emman Xième avec un rappeur français, un autre du Maroc et d’autres québécois, dont plusieurs de l’Abitibi-Témiscamingue. « Entre les rappeurs, la compétition est souvent très forte, témoigne-t-il. C’est pourquoi j’ai envie de former une unité, de là le titre Rap-unification. » Prochainement à son calendrier, Emman Xième offrira une performance lors du prochain Gala des Miroirs, le 12 juin à l’école La Concorde de Senneterre.

musique Antoine Denis souhaite relancer la scène punk en Abitibi

Tous les espoirs sont permis!

> psycho

Un nouveau joueur vient s’ajouter pour relancer la scène punk abitibienne. Antoine Denis sort d’un hiatus de plus de deux ans et revient à la production de spectacles avec Keephope, qu’il gère avec sa copine, Angie B. Gosselin. « Tout a commencé en admet avoir commis des septembre, relate-t-il. Je reste attentif erreurs par le passé, J’avais envie d’orga- aux tournées qui souvent attribuables à niser un concert pour se préparent et son jeune âge. Mais il mon anniversaire et j’essaie d’ajouter estime avoir appris de la piqûre est réappa- une date dans ces expériences. rue ! Keep hope veut la région quand dire garder l’espoir, c’est possible. « J’ai commencé à orgaalors je garde espoir niser des spectacles de revoir une scène punk aussi en région à l’âge de 15 ans. Je solide que possible en Abitibi. savais plus ou moins comment On veut organiser des spectacles ça marchait. J’ai fait de grosses un peu partout en région, autant erreurs, mais j’ai beaucoup à Rouyn-Noranda qu’à Amos, La appris. Je reviens avec un plus Sarre, Val-d’Or, Malartic et peut- grand bagage et une façon beauêtre même à Lebel-sur-Quévillon coup plus mature de gérer le tout », et Ville-Marie, si l’occasion se affirme-t-il. présente et si je trouve des collaborateurs dans le coin. » Être à l’affût Et ça semble s’avérer, puisque Antoine Denis est passablement Keephope Productions a déjà connu sur la scène punk abitibienne produit quelques spectacles et a et québécoise, mais pas toujours réussi tout un coup de maître : avantageusement. Lui le premier, il il présentera à Rouyn-Noranda

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le légendaire groupe punk anglais The Vibrators (qui a tourné avec les Sex Pistols et Iggy Pop), le 18 mai prochain, avec Les Prostiputes. « J’ai appris en janvier qu’ils préparaient une tournée canadienne en 2010, alors j’ai trouvé le promoteur et tenté d’obtenir une date dans la région. Je reste attentif aux tournées qui se préparent et j’essaie d’ajouter une date dans la région quand c’est possible. On a un autre show de confirmé pour le 16 juillet (Inepsy, Le Kraken) et on travaille sur deux autres projets pour l’automne », confie celui qui n’écarte pas non plus la possibilité d’organiser des spectacles ska, hardcore, rockabilly ou d’autres genres voisins du punk.


musique

ma région j’en mange !

photo : courtoisie de l’artiste

Sandy Boutin : les 5 qualités d’un leader > Eric Parazelli

Généreuses découvertes > Marie-Joe Morin, co-propriétaire et conceptrice culinaire de La Sandwicherie à Val-d’Or Le 5 à 7 est une formule bien connue, toujours très conviviale, qui se veut généralement décontractée et sans prétention… tant qu’une entreprise ou une fondation n’y met pas son nez! C’est ce qui s’est passé le 31 mars dernier, alors que la succursale valdorienne de la Société des Alcools du Québec, en collaboration avec le Cégep de l’AbitibiTémiscamingue, invitait la population à revêtir ses habits les plus glamour dans le cadre d’une soirée au profit de la Fondation du centre hospitalier de Val-d’Or. Au programme : dégustation de vins choisis et de bouchées chics d’ici.

qui n’aime pas, de temps en temps, se donner des allures de star, surtout si le vin est bon et que la cause est noble?

Inspirés par le concept de l’ouverture officielle des nouveaux locaux de la SAQ, le directeur Jacques Harnois et ses acolytes ont reproduit l’événement tout en bonifiant certains aspects. Puisqu’il n’y a rien de tel pour une luxueuse soirée qu’un endroit prestigieux, c’est à même la SAQ de Val-d’Or qu’a eu lieu La dégustation de vins VIP. Aucun détail n’a échappé aux organisateurs de l’événement : de l’éclairage tamisé à la musique feutrée jouée par deux violonistes en passant par un décor chaleureux, rien n’a été négligé pour faire de l’endroit un véritable lieu de rencontres divertissantes. C’est en arborant leurs plus beaux habits que les gens, pour la plupart du monde des affaires, se sont entassés au cœur du plaisir gustatif. Au menu : divers vins du monde et canapés de certains chefs de la région. Encore une fois, les produits régionaux ont brillé à l’avantscène dans les kiosques tenus par les cuisiniers d’ici. Tartare de bœuf Vitalipré, caviar de corégone, fromage Allégro : sans prétention et démunies d’artifices, les diverses bouchées se dégustaient facilement sans toutefois offrir un spectacle à la hauteur de la soirée. Quoique goûteuses, elles n’affichaient pas de tape à l’œil et ne vous transportaient pas dans un tourbillon de saveurs méconnues. Il y a certainement place à amélioration visuelle et gustative pour les prochaines éditions. Coups de cœur en coupe De kiosque en kiosque, différents vins étaient présentés par les employés de la SAQ, et se laissaient tranquillement déguster. Dès notre arrivée, une coupe de champagne attendait en guise de bienvenue, suivie de près par quelques vins blancs tels que le Pouilly-Fuissé Albert Bichot 2007. Deux kiosques offraient la dégustation des vins rouges, parmi lesquels le Malstrone Clos du Bois d’Alexander Valley Californie 2005 ainsi qu’un Osoyoos Larose Le Grand Vin Okanagan Valley 2005, qui sont incontestablement des coups de cœur. La grande finale prit des allures québécoises et nous sucra le bec avec un délicieux cidre de glace du Domaine Lafrance. La dégustation de vins VIP semble être un moyen de financement sans faille : elle joint l’utile à l’agréable en offrant un réel et délicieux plaisir aux amoureux du vin, un voyage plus ou moins gastronomique pour les fanatiques culinaires – du moins un beau moyen de faire connaître les produits régionaux et ceux qui les apprêtent – tout ça en amassant des fonds pour une bonne cause. Et puis qui n’aime pas, de temps en temps, se donner des allures de star, surtout si le vin est bon et que la cause est noble?

Le 20 mars dernier, à Amos, Sandy Boutin, président du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME), recevait le trophée Major de la personnalité touristique de l’année lors du 25e gala des Grands Prix du tourisme Desjardins. Cette reconnaissance, qui lui vaut une mise en nomination lors du gala national des Grands Prix du ourisme le 7 mai à Montréal, s’ajoute aux multiples récompenses qu’a reçues le FME au cours des douze derniers mois, dont la plus fracassante a certainement été le Félix d’événement de l’année lors du dernier gala de l’ADISQ. Imaginez : le FME a gagné devant des pointures telles que le Festival de Jazz, les FrancoFolies de Montréal et le festival de la chanson de Granby! Une consécration aussi surprenante que précoce pour un événement d’à peine sept ans qui ne donne pas dans la proposition musicale grand public.  Bien sûr, il y a toute une bande de bénévoles acharnés et passionnés qui travaillent à faire du FME un succès. Mais sans les qualités exceptionnelles de Sandy Boutin, il y a fort à parier que le festival n’aurait pas le rayonnement qui le fait briller de manière aussi éclatante aujourd’hui. Mais quelles sont donc ces qualités… RASSEMBLEUR : Pour avoir réussi à mobiliser aussi rapidement et avec autant de passion toute une communauté autour de son projet de festival, il faut bien qu’il possède cette qualité indispensable aux leaders reconnus.

sans les qualités exceptionnelles de Sandy Boutin, il y a fort à parier que le festival n’aurait pas le rayonnement qui le fait briller de manière aussi éclatante aujourd’hui. Mais quelles sont donc ces qualités… À titre de gérant de ce qui est devenu l’un des groupes les plus respectés au Québec, il a réussi à s’imposer comme un acteur de premier plan dans l’industrie musicale québécoise, se taillant même une place au sein du conseil d’administration de l’ADISQ. AMBITIEUX ET POLITISÉ : Quoi, ce ne sont pas des qualités qui font

bon ménage? Ben voyons! Sandy Boutin l’a bien compris, lui qui, avant de se lancer corps et âme dans le domaine musical, a œuvré dans l’ombre de grands politiciens provinciaux. C’est là qu’il a compris comment bien tirer les ficelles au profit de ses projets, mais aussi de sa région. D’ailleurs, plusieurs le voient un jour faire le saut en politique active. Avec toutes ces qualités, il ferait certainement un candidat (et, pourquoi pas, un ministre de la culture!) de choix… En a-t-il toujours l’ambition? À 34 ans, disons qu’il a bien du temps devant lui avant de devenir un homme sérieux… et mal aimé.

CHARISMATIQUE : Lorsque Sandy fait un discours, on l’écoute. Pas parce qu’il a la ver ve ou la couleur d’un Michel Chartrand (paix ait son âme enflammée). Ni l’assurance cool d’un Obama. Mais Sandy possède un charisme subtil et particulier qui fait ressortir toute sa détermination et qui donne l’impression qu’il a des objectifs précis à atteindre, ce qui provoque le respect instantané de son auditoire. AUDACIEUX  : Il lui fallait certainement pas mal d’audace pour prendre en main la carrière de ce jeune groupe prometteur qu’était Karkwa il y a quelques années. L’INDICE BOHÉMIEN - MAI 2010

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sse ... Vie se pa ! vit ! Ladu risque ure se La Cultez le go没t Pren


Un répertoire pour les artistes témiscamiens de la musique photo : courtoisie mother nature

photo : richard tessier

photos : courtoisie Saltarello

musique

> Tanya Neveu

La Commission culturelle du Témiscamingue procédait, le 15 avril dernier, au lancement de son tout premier répertoire des artistes de la scène musicale témiscamienne. Chansonniers, groupes, discos mobiles : ils sont plus d’une quarantaine à être ainsi recensés, et ce nombre pourrait grandir d’ici peu.

Pour en arriver là où il se trouve, le groupe a dû mettre la main à la pâte

Une décennie pour le groupe d’Abitibi-Ouest

Saltarello : d’ici… et d’ailleurs > sophie ouellet

Que ce soit parce que ses agencements de notes transportent ceux qui les entendent, ou parce que sa recherche musicale l’entraîne sur d’autres continents, le groupe Saltarello, formé de Luc Lafrenière et Julie Pomerleau, prouve depuis 10 ans que la musique fait voyager. En entrant chez Luc et Julie, on se sent immédiatement transporté sur un autre continent. Leur maison est baignée d’une musique rythmée et entièrement décorée à la marocaine. Tout de suite, on reconnaît leurs inspirations musicales qui imprègnent leur mode de vie. En 2000, Luc engage Julie comme pianiste pour l’accompagner lors d’un concert. En entrant chez lui, Julie est extrêmement impressionnée par le tympanon que Luc possède, un instrument qu’elle avait étudié en littérature musicale, mais qu’elle n’avait jamais pu voir de près. Le premier spectacle que le duo présente est lors des festivités médiévales de Duparquet, où ils ont la chance de jouer leurs propres compositions. Cet événement permet de donner ses premières couleurs au groupe. En 2001, Saltarello sort

son tout premier album, O Pietas. Par la suite, le groupe participe à plusieurs événements : ils sont approchés par l’émission Les choix de Sophie à Télé-Québec, ils créent une pièce originale pour le Gala Dazibao du CJE en plus de faire partie des artistes de la Fête du Canada ainsi que de l’édition 2005 du FME. Entretemps, en 2004 paraissait leur deuxième album, Humana. L’invitation au voyage Attirés par l’instrumentation, l’esthétisme et la culture du Maroc, Julie et Luc entreprennent en 2006 un voyage d’échange musical de deux mois dans ce pays du Maghreb, ce qui leur permet de rencontrer les musiciens berbères, héritiers des premiers habitants du territoire. L’échange leur inspire la sonorité de leur troisième album, Passage oublié, qui paraît en 2008.

la pâte. « Il faut être tenaces, ne pas s’asseoir sur nos lauriers et travailler fort chaque année pour entretenir notre notoriété  », commente Julie. Luc ajoute : « Surtout dans le style que nous faisons, il faut vraiment y croire. » Saltarello assurera le spectacle de fermeture du prochain Festival des guitares du monde. Le couple prévoit un voyage d’échanges musicaux en Turquie ainsi que l’enregistrement d’un quatrième album. Si le groupe bénéficie d’un réseau de contacts à Montréal, il désire maintenant percer le territoire européen et américain. Quoi de plus normal pour un goupe faisant de la « musique du monde » que de souhaiter que sa musique voyage?

« Le projet est né d’un constat et d’un besoin en même temps  », déclare Véronic Beaulé, agente de développement culturel. Le constat : le Témiscamingue fourmille d’événements locaux, mais ce sont souvent les mêmes artistes qui reviennent sur scène. Le besoin : transmettre les coordonnées de l’éventail d’artistes de la scène musicale pour que l’offre soit diversifiée et accessible. L’idée vient de Sylvie Falardeau, artiste témiscamienne qui porte plusieurs chapeaux dont celui de propriétaire d’une compagnie de karaoké. En collaboration avec l’agente culturelle du Témiscamingue, elles ont sollicité pas moins de 75 artistes, résidents du Témiscamingue ou originaires de l’endroit, afin de leur offrir une place dans le répertoire. « Le projet a été facile à vendre », soutient madame Beaulé. Une visibilité pour des artistes qui travaillent souvent dans l’ombre La musique n’est pas le principal gagne-pain de la plupart des artistes qui se retrouvent dans le répertoire. Ainsi, ils sont parfois méconnus du grand public. « Ces personnes publicisent rarement leurs services en tant qu’artiste; il s’agit d’une passion pour eux, d’un deuxième travail. On a voulu leur donner une visibilité additionnelle sur la scène locale », ajoute l’agente de développement culturel du Témiscamingue. Le répertoire de 54 pages a été remis aux comités organisateurs d’événements. Une version électronique est disponible et mise à jour régulièrement afin que tous les organismes et entreprises du Témiscamingue, ainsi que la population, puissent y avoir accès. www.mrctemiscamingue.qc.ca/Commission_culturelle.php

www.saltarello.ca

Au fil des années, le groupe connaît de plus en plus de succès et est invité à participer aux Fêtes de la Nouvelle-France à Québec ainsi qu’au Bal de neige American Express Ottawa. Leur musique a été utilisée pour une série de reportages sur des succès de femmes, une collaboration avec la France, la Suisse et la Belgique. Pour en arriver là où il se trouve, le groupe a dû mettre la main à L’INDICE BOHÉMIEN - AVRIL 2010

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poste d’écoute EMMAN Xième – Le rouge passe au ver t

> olivier naud

Récemment, Pink Floyd obtenait de la cour que : ITunes ne puisse vendre leur musique que par album et non une chanson à la fois. Moi je vois de même. Plus jeune, je dévorais mes cassettes tout entières (il était plus difficile de « skipper » une toune) et il s’avérait que mes chansons préférées étaient souvent celles qui prenaient le plus de temps à découvrir. Il y a aussi toute une âme à un album, souvent un concept, qui ne se retrouve pas qu’en un seul simple. C’est dans cette optique et aussi en réaction à leur immense succès depuis Oracular Spectacular que MGMT a enregistré Congratulations. Ils ne lanceront aucun « single » pour les radios,  pas de  Kids ni de Time to pretend cette fois-ci. En effet, aucune chanson purement pop ne se détache du reste. C’est de la pop, certes, mais une pop psychédélique qui regorge de surprises, avec des arrangements vocaux à la Beach Boys, du reverb, des orgues/synthés... Un son très sur f, comme la pochette. L’album est plus fluide, passant par l’excellente Siberian Breaks, une toune progressive de 12 minutes, et Lady Dada’s Nightmare, qui ressemble à la trame sonore d’un mauvais film d’horreur des années 80. Vous ne serez donc pas instantanément accros, mais laissez l’été faire mûrir ces petites pièces et je sens qu’on obtiendra un disque meilleur que le précédent dans son ensemble. 4/5 

Avec sa voix rauque et ses beats lourds, EMMAN Xième nous livre un premier album qui sonne gangster à l’oreille mais qui s’en démarque par des propos positifs. Xième dénonce certaines aberrances de la société et lance des messages constructifs aux jeunes. D’ailleurs, le titre de son album Le rouge passe au vert suggère de sortir de l’inertie et de passer à l’action. Ses textes sont livrés avec un débit saccadé mais bien posé, un flow qui se rapproche plus du slam que du rap. Son style particulier fait vaguement penser au spécimen Roi Heenok, sans l’absurdité bien sûr. La voix caverneuse de EMMAN Xième conjuguée à la pesanteur des arrangements sonores créent une atmosphère enveloppante et chargée d’intensité. Certains loops manquent un peu de finition, mais apportent une touche de légèreté à l’ensemble. Un album qui gagne à être écouté en boucle.  3/5

EMI (2010)

> Chloé BP

Melissa Auf der Maur – Out of Our Minds

Karkwa – Les chemins de verre > philippe lebel

Ce quatrième album était fort attendu pour la formation qui totalise pas moins de six Félix en carrière et dont la critique avait encensé le dernier. Le défi était de taille. Pour l’occasion, les gars ont changé  un peu la méthode de travail. Ils ont laissé tomber les maquettes et la pré-production pour passer directement au studio. Le résultat est fort probant: une œuvre géniale! Les textes sont intelligents et la musique est magique. En comparaison avec  Le volume du vent, on accroche dès la première écoute. On sent aussi davantage l’apport de la section r ythmique au niveau des arrangements. Ce qu’il y a de bien avec Karkwa, c’est qu’ils flirtent avec certains styles, sans jamais complètement les adopter. Ils évoquent quelque chose, par leurs mots et leurs mélodies, mais ça demeure toujours un peu flou. Sur Les chemins de verre, ils s’approchent de la pop et voire même un peu du kitch, avec des sonorités empruntées au rock british, à l’image un peu des Malajube et Arcade Fire... mais toujours avec un style bien à eux, qu’ils ont su pousser encore plus loin cette fois-ci. François Lafontaine est même allé jusqu’à trafiquer un vieux piano en y ajoutant des trombones pour une des pièces. Je pense que Karkwa remplit une place au Québec laissée vacante lorsque Zébulon et les Colocs se sont séparés. Pas que leurs styles se ressemblent, mais parce que ça fait du bien d’avoir un band de chez nous qui fait de la musique originale et de qualité.  4,8/5

> stéphane racicot

Fille du journaliste Nick Auf der Maur, défunt chroniqueur et conseiller politique municipal, et de Linda Gaboriau, traductrice et première femme DJ à Montréal, cette grande amie de Rufus Wainwright a collaboré avec Courtney Love, The Smashing Pumpkins et Nicola Sirkis du groupe culte Indochine. Six ans après le très bon Auf der Maur, la belle rockeuse rousse nous présente une œuvre quadri disciplinaire ayant pour titre Out of Our Minds, qui allie musique, cinéma, BD et site web. Rien de moins. Conçu précisément à  partir de la pièce Out of Our Minds, ce disque rapproche cœur et cerveau, masculin et féminin ainsi que rêve et réalité. Il existe très peu de moments faibles sur cet opus de douze morceaux (treize si vous choisissez la version de l’album avec la pièce bonus). Isis Speaks, Meet Me On The Dark Side (celle-ci arbore particulièrement la touche MAdM), The Key et The One figurent parmi les meilleures plages.  Enregistré au Canada, à  New York et en Californie sur une période de trois ans, Out of Our Minds est  produit et mixé par un nombre important de collaborateurs, dont Jordon Zadorozny (Sam Roberts), Chris Goss (QOTSA, UNKLE), Alan Moulder (Depeche Mode, Smashing Pumpkins) et Mike Frazer (Franz Ferdinand, AC/DC).  On atteint le summum de l’album avec Father’s Grave, un duo très particulier avec le légendaire hard rocker et fondateur des Misfits Glenn Danzig. Un autre très bel accomplissement de la part de la bassiste la plus connue de la planète.  4/5

Phantogram – Eyelid moves Indica (2010)

Columbia (2010)

MGMT – Congratulations

Lion d’Or Productions (2010)

> Stéphane Racicot Je ne vous cacherai pas que j’avais bien hâte de savourer le nouveau Tricot Machine en espérant bien sûr de retrouver toute la magie du premier disque de ce duo. À ma grande surprise, je n’ai pas eu droit à la bouffée de fraîcheur que j’attendais, mais plutôt à une grande suffocation devant la sombre réalité des choses. Pour débuter, il faut comprendre que Catherine Leduc et Matthieu Beaumont ont leur propre son. Tout comme Beau Dommage a le sien. Le résultat demeure toutefois organique, fidèle aux  compositions du groupe qui a élargi son registre vocal. La personnalité enfantine de Tricot a beau être évacuée des textes, on reconnaît aisément la signature un brin naïve, souvent  mélancolique et très sincère.  Le duo, fidèle à sa réputation, propose quelques morceaux accrocheurs tels que Radar, Défier les rites ou Avalanche. Pour ce disque, ils se sont une fois de plus entourés de leurs précieux  collaborateurs, David Brunet et Daniel Beaumont. Il serait impossible de parler de ce disque sans parler de l’excellent travail du graphiste Atanas  Mihaltchev pour la réalisation de la pochette. Une collection de figurines de  papier à confectionner étape par étape (qui constitue la pochette et) qui représentent chacune des chansons du nouveau disque. Pour une personne qui aime les CD physiques comme moi, une pochette comme ça, c’est du gros bonbon.  Bref, je ne crois pas que le groupe se fera de nouveaux adeptes avec ce disque, mais cela reste un bon disque.  3,5/5

Audiogram (2010)

Grosse boîte (2010)

Tricot machine – La prochaine étape

> olivier naud

Y’a du monde qui écoute plus d’électro que moi dans la vie, et d’autres moins, mais dans ce genre-là, c’est le groupe le plus intéressant que j’ai croisé depuis Múm sans doute. S’il y a des rapprochements à faire, disons Metric, Blonde Redhead, Massive... L’album commence très up beat, facilement planchissable et ralentit comme les chansons avancent, encore quelques battements de coeur, puis on termine à la vitesse de trip-hopeux fatigué. Quelques vieilles guitares, des rhymes francs et de très belle voix et mélodies. Des échantillonnages pointus, mais pas trop longtemps. Et puis allez donc vous en faire une opinion vous-mêmes. Les adeptes risquent d’être plus nombreux dans la gente féminine d’ailleurs. Peu impor te. Si j’étais pas du tout objectif, j’le suis  jamais de toute façon, je dirais que c’est tout simplement excellent, brillant, tadam! Bloody Palms!  4,9/5 

L’INDICE BOHÉMIEN - AVRIL 2010

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L'Indice bohémien copie 8  

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