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LE MAGAZINE DE L'ITINÉRANCE sur les Montagnes du Jura - N° 5 2011/2012

Des GTJ & des Hommes Vélo électrique, pulka…

les accessoires qui montent ! 5 idées rando à découvrir


SOMMAIRE

LES GRANDES TRAVERSÉES DU JURA - Le Magazine - N° 5 - 2011 / 2012

Passions croisées S

Bien sûr, les échanges « visiteursvisités » sont toujours uniques : ils dépendent de la personnalité de chacun, GTJistes et hébergeurs. Pour notre part, nous aimons faire plus ample connaissance avec nos hôtes au moment un peu magique de « l’avant-souper » – dans les

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

Parenthèse dans la journée des randonneurs : ils sont douchés, relaxés, imprégnés de leur itinérance en pleine nature, revivant les grands moments de l’étape du jour, ouverts déjà sur le lendemain qui sera différent mais tout aussi riche, prêts à admirer de nouveaux paysages, à partager de nouvelles rencontres… Souvent des phrases fusent : « Vous habitez une région magnifique ! »… « Quelle chance vous avez de vivre ici toute l’année ! »… Même si toutes les

À l’heure de la pause

P. 6-7

La GTJ à ski

P. 8-9

La GTJ à VTT

P. 10-11

La GTJ à pied

P. 12-13

Cahier central à détacher

C’est la fusion de vos passions et des nôtres qui font de nos rencontres des moments uniques et privilégiés, parfois surprenants, toujours enrichissants… Montagnes du Jura, on ne parle pas de dîner, mais de souper.

P. 4-5

Itinéraires, documentations : tout ce que vous voulez savoir sur les GTJ, c'est ici !

ÉDITO

ur les Grandes Traversées du Jura, il n’y a pas d’un côté les randonneurs, et de l’autre les hébergeurs – ceux qui passent et ceux qui demeurent. En réalité, les uns ne vont pas sans les autres, et le caractère éphémère de ces rencontres n’empêche pas le « cœur à cœur ».

La nature pour écrin

régions ont leur charme, nous aimons notre massif et nous n’irions pas les contredire ! Reste que pour nombre d’entre nous, c’est souvent un choix de vie qui nous a amenés à nous installer ici, à ouvrir nos portes et nos bras. Car l’accueil est un métier à part entière, une sorte d’artisanat – un savoir-faire en tout cas ! Pendant que les uns marchent, skient, pédalent ou chevauchent, les autres font les courses, préparent le repas, rénovent, rangent, nettoient, transportent les sacs, prennent congé de ceux qui partent, accueillent ceux qui arrivent… Avec la même

passion, il faut bien le dire, que celle des randonneurs de passage ! Ces sentiers, combien nous les aimons, pour les avoir arpentés nous-mêmes ! Ces sensations de plénitude à l’étape, combien nous les goûtons pour les avoir ressenties !

apporter leur touche personnelle, à créer cette petite étincelle qui participe au savoir-vivre dans les Montagnes du Jura. Bienvenue à toutes et à tous : nous vous souhaitons le bien-aller sur nos belles Traversées !

C’est la fusion de vos passions et des nôtres qui font de nos rencontres des moments uniques et privilégiés, parfois surprenants, toujours enrichissants. Quelles que soient leurs spécificités, tous les hébergeurs des GTJ cultivent à leur façon l’art du « bien recevoir » et s’attachent à

La GTJ à raquette

P. 14-15

La GTJ à vélo

P. 16-17

La GTJ à cheval

P. 18-19

Chemin faisant

P. 20-21

Publics pluriels

P. 22-23

LES GRANDES TRAVERSÉES DU JURA – Le Magazine n°5 GTJ - 15 et 17 Grande Rue - 39150 Les Planches en Montagne Tél. : 03 84 51 51 51 Président : Bruno Ladet ISSN 1955-6853 - Dépôt légal : 1er trimestre 2011 Éditeur : Parc naturel régional du Haut-Jura Directeur de la publication : Jean-Gabriel Nast Maison du Parc du Haut-Jura – 39310 LAJOUX Ils ont participé à ce numéro : Virginie Bohard (Auberge sur la Roche à Villersle-Lac), Valérie Dalmais (La Chandoline à Lajoux), Bruno Ladet (Président des GTJ), Gilles Prost (PNRHJ), Bruno Scher (le Gabelou à Mijoux), Studio Lautrec, Bernard Vuaillat (PNRHJ). Interviews et rédaction des articles : Constance Rameaux. Coordination rédactionnelle et technique : Evelyne Muller Crédits photographiques : J. Amstrong - Association DECLIC - Association des Lapidaires de la Vallée de la Valserine - P. Boucher - P. Betbeder - J. Carrot - C. et D. Cestan - V. Dalmais - E. Delaperrière - Écurie des 4 lacs / F.S.Aymard - Fotolia : G. Andrushko - O. Frimat - C. Grosgurin - A. Iboussi - B. Ladet - G. Ligibel - F. Marguet / GTJ PNRHJ - D. Méjard - T. Moiroux/Aintourisme - N. Neusel - Station Monts Jura Pixland Snowday - P.-E. Rey - P. Vallet - Vu d'en Haut / J.Y. Comby / Studio Vision. Un grand merci à Jack Carrot pour ses photos ! Photo de couverture : Jack Carrot Photo au dos : Françoise Thurel Création graphique : Studio Lautrec Impression : Imprimerie Simon - Ornans (25)

Bruno Ladet

président de l’association GTJ

Ce document a été imprimé à l’encre végétale sur papier recyclé par un imprimeur certifié Imprim’Vert Les informations contenues dans ce magazine ne sont pas contractuelles.

N° 5 - 2011-2012

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La nature

pour écrin

Les Monts Jura

Dans la “petite Finlande” du Poizat

Caméra au poing, mon petit paradis ! Q

ue du bonheur ! C’est ainsi que Philippe Boucher résume son tournage d’une année sur les Grandes Traversées du Jura. Quatre saisons d’images et plusieurs kilomètres de rushes qui tiennent aujourd’hui dans un petit bijou de court-métrage. Retour sur cette balade caméra au poing le long de l’axe nord-sud des Montagnes du Jura, plus belles que jamais au travers de l’œil et de la sensibilité de ce grand amoureux du massif…

« Mon petit paradis à moi, c’est le plateau de Retord*, sourit Philippe Boucher. Je l’arpente depuis mon enfance, j’y viens et j’y reviens – j’ai l’impression de revivre dès que je descends de la voiture ! Je l’aime de jour comme de nuit et d’un bout de l’année à l’autre : l’hiver y est magique mais toutes les saisons m’enchantent – le printemps avec ses verts presque fluo, l’été et sa maturité radieuse, l’automne toujours éblouissant… La montagne vivante Si j’aime quasi viscéralement les paysages de ce plateau qui me font parfois penser, par leur majesté et leur âpreté, à des pays

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

comme la Finlande ou la Mongolie, je suis fasciné par le passé de ce micro-bassin de vie… Chaque fois que j’y pose les pieds, je ressens jusqu’au fond de mon être la force des gens, ceux qui l’habitent aujourd’hui et ceux qui l’ont habité jadis. Il y a toute une histoire derrière une simple ferme d’alpage, celle de ces paysans qui vivaient isolés plusieurs mois de l’année… Il faut imaginer cette région la mauvaise saison venue, lorsque les déplacements devenaient difficiles ! L’entraide et la solidarité prenaient alors tout leur sens – la forte personnalité du pays a forgé celle de ses habitants, leur a insufflé une partie

de son caractère… Oui, tout cela me parle et vient sans cesse se superposer aux images… C’est cela que je me suis attaché à faire passer au travers du film : la montagne vivante, habitée… Pour moi qui n’étais vraiment familier qu’avec la partie sud du massif et donc des GTJ (je connaissais certaines parties de l’itinéraire, mais je ne l’avais jamais reconnu dans sa totalité), j’ai eu l’occasion, pendant le tournage, de découvrir d’autres portions du territoire vraiment somptueuses : les gorges du Doubs et leur relief vertigineux, le paysage apaisé du val de Morteau, les cluses de Pontarlier, les lacs d’altitude sertis dans leurs tourbières, les immenses forêts d’épicéas du Haut-Jura, les hautes combes… Certains lieux m’ont tellement interpellé que j’y suis retourné trois ou quatre fois, dormant souvent sur place pour bénéficier, dès mon réveil, de la lumière du soleil levant.

Un pays et des hommes Le massif est incroyablement grand et diversifié, mais à force d’arpenter les Montagnes du Jura de long en large, je finissais par anticiper les moments, pressentir la magie d’un lieu… Je ne voulais pas seulement ramener de belles images, je voulais surtout relier le territoire aux gens, qu’il s’agisse des visiteurs de passage ou des habitants eux-mêmes – mettre en valeur la Personne. De leur côté, les randonneurs m’ont parlé de leurs propres étonnements, comme ces GTJistes venus de Haute-Savoie qui étaient tombés amoureux des paysages du Jura : ils appréciaient leur dimension plus « humaine » que celle des Alpes, ces reliefs adoucis que l’on peut apprivoiser… Je me suis souvent arrêté pour converser avec des paysans, je les ai accompagnés pour la montée en alpage, quittant un groupe

pour en croiser un autre, flanqué d’un taureau gigantesque… Entre ces deux « mondes », celui des locaux et celui des visiteurs extérieurs, je trouvais les hébergeurs du réseau, l’univers si particulier de leurs gîtes et de leurs auberges, leur attachement à cet itinéraire qui les relie les uns aux autres à la manière d’un fil d’Ariane… Un pays et des hommes, l’un étant absolument indissociable des autres. Voilà l’idée qui m’a frappé tout au long de cette aventure et le concept que j’ai voulu conserver au moment du montage, pour ne pas trahir l’esprit des GTJ, dans le respect des lieux et des personnes. Puissent les images être à la hauteur des extraordinaires émotions que j’ai pu ressentir, chemin faisant. » * le plateau de Retord se situe dans le département de l'Ain, à l'extrême sud des Grandes Traversées du Jura.

Philippe Boucher, l'enfant prodige des médias Cameraman au parcours impression-

nant, Philippe Boucher est aussi « un gars de chez nous » : natif d’Annecy, il a vécu à Oyonnax et connaît comme sa poche la partie sud du massif du Jura. Enfant prodige des médias (animateur radio à 13 ans, reporter chez les Indiens d’Amazonie à 18), il associe aujourd’hui son expérience d’organisateur de raids (il est le fondateur-organisateur du raid Paris-Cap Nord) à une belle carrière de réalisateur-producteur de reportages : nombreux documentaires pour les Parcs naturels régionaux, les télévisions étrangères et bien sûr France Télévision – Ushuaïa Nature, Faut pas rêver… Le DVD « La Magie des GTJ » sera disponible auprès de l’association des GTJ à partir du printemps 2011.

N° 5 - 2011-2012

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À l’heure de la pause…

Chantal Grenard La Renouée, La Pesse

La Trace, Lajoux

PORTRAIT

La Boîte Chaude ravit petits et grands gourmands. Chez l'Aimé, Chapelle-des-Bois

Au Bien-Aller… L

e « Bien-Aller », ce pourrait être un hébergement du « réseau ». Ne cherchez pas, aucun ne porte ce nomlà. Mais la plupart d’entre eux pourraient y prétendre tellement y souffle l’esprit G.T.J. : le « fil rouge » qui, faisant fi des circonvolutions des sentiers, guide le randonneur et le conforte dans sa certitude de toujours trouver un accueil de qualité – une bonne table, un lit confortable, une parenthèse de convivialité. Je ne sais pas vous, mais moi… alors que je progressais péniblement en milieu de journée au sein d’un sublime paysage de moyenne montagne (et que mon compagnon de route, apparemment plongé dans de hautes pensées philosophiques, semblait avancer aussi légèrement qu’au petit matin), il m’est déjà arrivé – coup de barre ou moment de lâcheté – de me surprendre à fantasmer sur l’Étape… On aurait dit que le gîte serait là au détour du chemin, que les hôtes m’accueilleraient sur le pas de la porte avec un sourire de Bouddha, qu’un

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

feu clair crépiterait dans l’âtre et que les dernières balises de la journée m’indiqueraient dans l’ordre 1. une douche chaude, 2. une bonne potée, 3. un lit douillet… Parce que les hébergeurs sont souvent aussi des randonneurs (ou qu’en bons professionnels, ils sont simplement observateurs), ils savent que le GTJiste n’est pas un voyageur comme les autres : après une journée d’itinérance, et même si les menues incidences du quotidien demeureront souvent les meilleurs souvenirs, il aime, une fois arrivé à l’étape, se re-

trouver un peu cocooné, rassuré, écouté… « Kit randonneur » et panier pique-nique

D’emblée conquis, l’hiver, par la chaleur d’un poêle ou d’un feu à l’âtre, le randonneur appréciera aussi le côté pratique d’un local permettant d’entreposer son matériel (vélos, skis, bâtons de marche…) et le confort d’un séchoir à vêtements. Sa façon de se déplacer excluant le transport des objets superflus, il enfilera tout de même avec bonheur, au sortir des godillots, les pantoufles prévues dans le « kit randonneur » siglé GTJ : disponible depuis quelques mois dans les gîtes volontaires, ce petit sac en coton contient également, à l’intention des étourdis, un nécessaire de toilette et de rasage… Quant au repas, il le dévorera d’autant mieux que celui-ci correspondra à son ac-

Lou Mabo, La Chaux de Gilley

D’HÉBERGEUR Karine Mattey et Pierre-Éric Rey

tivité physique – dans les hébergements du réseau, pas de cuisine minimaliste mais de délicieux plats de terroir – la gastronomie fait partie du voyage !

Tenté par l’itinérance mais adepte de la « MUL » (Marche Ultra Légère) ou du « zéro bagage » ? Proposé par la majorité des hébergeurs, le service « transport de bagages » permet l’acheminement des sacs d’étape en étape… Quant aux « paniers pique-nique » qui évitent le souci de l’approvisionnement, ils rencontrent la faveur de tous ceux qui ne sont pas forcément fanas de la « course à la supérette » à l’heure de midi… Les joies du « lâcher prise » Un peu partout sur les GTJ, les hébergeurs, liés par une charte d’accueil spécifique, mettent un point d’honneur à améliorer leurs services aux randonneurs, à toujours mieux les informer : véritables « pros » des Montagnes du Jura, ils en sont aussi les ambassadeurs ! Mais attention ! « Esprit réseau » ne veut

pas dire homogénéité ! En passant de gîte d’étape en centre de vacances, de « tente trappeur » en hôtel tout confort ou de refuge en cabane perchée, le randonneur prend vite goût à la pluralité de ces hébergements, tout comme aux spécificités des uns ou des autres, à leurs offres souvent originales – ici on peut s’initier au « mushing », là on se passionne pour la préservation de l’environnement, ici encore on pénètre dans un salon de musique ou dans un atelier de feutre de laine… Bien sûr, randonner c’est être nomade, accepter le quotidien avec ses aléas et ses différences… Mais si on peut se faire un peu dorloter, voire même, ici ou là, goûter aux joies du sauna, du hammam ou du jacuzzi (et les hébergeurs sont de plus en plus nombreux à en être équipés), sachons, le temps d’une étape, s’abandonner au bien-être et cultiver le « lâcher prise » !

Auberge des Cernets (Les verrières, Suisse) Tél. : 00 41 32 866 12 65 info@hotel-lescernets.ch

Un autre monde. C’est ce contraste qu’apprécient par-dessus tous les hôtes de l’Auberge des Cernets qui, non contents de jouer « à saute-frontière » en empruntant les GTJ, peuvent faire étape chez Karine et Pierre-Eric, les seuls hébergeurs du réseau qui soient suisses… et en Suisse ! Après avoir repris et transformé en auberge, il y a presque un quart de siècle, ce restaurant familial, Pierre-Eric Rey a très bien su tirer parti de l’emplacement privilégié de son établissement, idéalement situé à 1200 mètres d’altitude sur les itinéraires des GTJ pédestre, ski de fond et VTT. Comptant parmi les pionniers de la mise en place du réseau (il en a même assuré une partie du balisage initial !), il n’a eu de cesse d’améliorer ses infrastructures, pour ne citer que les plus récentes : une véranda, un sauna… Ajoutons à cela une grande expérience du ski de fond (son père, son frère et lui-même sont grimpés sur les plus grands podiums du pays helvète !) qui lui permet de conseiller au mieux les randonneurs de passage, et on comprendra vite en quoi l’Auberge des Cernets compte parmi les étapes incontournables de la GTJ hivernale… Atout non négligeable aux yeux d’une clientèle essentiellement composée de Français : la qualité et l’originalité de la restauration du tandem Rey/Mattey, bien connue des habitués pour ses plantureux petits-déjeuners nordiques et ses spécialités de saison – cuisses de grenouilles au printemps, filets de perche l’été, champignons l’automne… Cerise sur le gâteau : on quitte rarement l’auberge des Cernets sans avoir eu la curiosité de déguster certains produits « made in CH », comme ses vins très typés ou sa mystérieuse absinthe…

N° 5 - 2011-2012

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GTJ SKI DE FOND 175 km Extrémité Nord VILLERS-LE-LAC (DOUBS) Extrémité Sud GIRON (AIN) Praticable de décembre à mars (selon l’enneigement) entre 940 et 1 400 m d’altitude

La GTJ à ski de fond

LES SEJOURs

tout compris

LA GRANDE TRAVERSÉE DU JURA 6 jours / 5 nuits en liberté Formule proposée par La Chandoline

La GTJ sur un plateau en skating ou en alternatif !

Pitchoune les Montagnes du Jura et vice-versa E

n matière de « blanche », Pitchoune sait de quoi elle parle. En matière de Montagnes du Jura et de Grandes Traversées aussi. Pourtant, Pitchoune Betbeder réside sur les contreforts des Alpes où elle est à pied d’œuvre pour soutenir son champion de fils – Julien Lizeroux qui, pour rafraîchir la mémoire de ceux qui ne suivent pas assidûment les compétitions de ski alpin, a tout de même été trois fois vice-champion du monde (supercombiné et slalom en 2009, slalom en 2010)… Mais le Jura, c’est le coup de cœur de Pitchoune, tout comme les Jurassiens craquent pour Pitchoune… « Pitchoune » c’est drôle, comme prénom, mais ceux de l’état civil sont depuis bien longtemps tombés aux oubliettes. Surtout que le surnom va comme un gant à ce petit bout de femme à la fois chaleureuse et bourrée d’énergie, au charisme et la personnalité extraordinaires. « Les Montagnes du Jura n’ont rien à envier au Canada ! » Pitchoune, en bonne ambassadrice des Montagnes du Jura, nous assure : « Julien m’entraîne dans toutes les stations du monde, je le suis partout, c’est merveilleux ! En revenant des J.O. de Vancouver, je suis allée aux championnats de France de ski nordique à Prémanon – et là, croyez-moi si vous voulez, je me suis dit que les Montagnes du Jura n’avaient rien à envier au Canada ! Il y avait énormément de monde, une ambiance indescriptible… Les Jurassiens sont des gens absolument merveilleux, simples, pas blasés – c’est probablement pour eux que j’adorerais le Jura… Retrouvez le tracé de la GTJ à SKI DE FOND en page centrale

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

si le massif lui-même n’était pas si extraordinaire : l’immensité, le calme, les paysages…» Ancienne monitrice de ski alpin, Pitchoune s’est mise au ski de fond sur le tard (mais le temps ne semble pas avoir de prise sur cette jeune femme de 63 ans) : pas au skating, mais à l’alternatif, qui lui permet de se plonger plusieurs jours durant au cœur des paysages qu’elle aime… « Cette année à Noël j’ai vagabondé sur les crêtes du Jura suisse… fantastique ! » sourit la fondeuse qui a déjà arpenté trois ou quatre fois les GTJ, à ski de fond l’hiver et à VTT l’été… Mais ne lui dites surtout pas qu’elle a « fait » les GTJ… « T’as pas fait le GR 20 ? ! » « C’est une expression que je n’aime pas beaucoup, « faire » ceci, « faire » cela, on l’entend surtout dans les départements un peu « sport-pour-la-frime » où nombreux sont ceux, y compris des nanas un peu vieillissantes comme moi, qui se trimballent avec des trucs autour

À partir de 410 €par personne

LES HAUTES COMBES DU JURA 7 jours / 6 nuits accompagnée Formule proposée par Jura Randonnées

du cou ou à la ceinture pour calculer les dénivelés, comptabiliser les battements cardiaques ou le nombre de kilomètres effectués ! Combien de fois j’ai entendu : « T’as fait la Transjurassienne ? » (la compétition, c’est pas trop mon état d’esprit…) ou « T’as pas fait le GR 20 ? ! » (le GR 20 en Corse c’est comme le Mont Blanc ou les chemins de Compostelle, le genre d’itinéraire qu’il faut absolument avoir « fait »)… Et bien non : moi je me balade sur la GTJ (ça au moins c’est original, souvent les gens ouvrent de grands yeux et me demandent où c’est), et je peux m’y balader à l’infini ! » La nature sauvage et quelques échappées hors piste : pour Pitchoune, il n’en faut pas plus pour se ressourcer, son inséparable appareil photo en bandoulière. « Un jour, Virginie et Patrick* m’ont indiqué une petite combe en Suisse… Je la trouve… elle était blanche de givre, un vrai paradis ! Quelle beauté ! Oui, souvent je me demande pourquoi les gens vont si loin, ou si haut… Moi, je suis une inconditionnelle du massif jurassien… mais chut ! Il ne faut pas le dire, je n’ai pas envie qu’il y vienne trop de monde ! » (rires)

* NDLR : Virginie et Patrick Bohard : des « figures » du sport jurassien, également hébergeurs du réseau GTJ (l’Auberge sur la Roche au Chauffaud à Villers-le-Lac, 25)

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AU COEUR DU PARC DU HAUT-JURA Un itinéraire en boucle à parcourir à ski de fond entre Les Rousses et La Pesse. Le berceau du ski de fond, c'est ici ! Randonnée en boucle de 4 jours, en skating ou alternatif Niveau : 20 km par jour Points forts : La forêt du Massacre - les greniers-forts des Hautes-Combes - la Borne au Lion et le Crêt de Chalam - les points de vue sur le Haut Jura, les Monts Jura, le Crêt de la Neige ainsi que les Alpes et le Mont Blanc… Descriptif : Guide pratique de la GTJ à ski nordique.

Pour en savoir plus :

www.gtj.asso.fr Tél. : 03 84 51 51 51

Ne manquez pas… la Transjurassienne les 12 et 13 février 2011 N° 5 - 2011-2012

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GTJ VTT 380 km Extrémité Nord MANDEURE (DOUBS) Ext. Sud HAUTEVILLE-LOMPNES (AIN) Praticable de mai à octobre  entre 350 et 1 500 m d’altitude

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AU PAYS DE L'ÉPICÉA Un résumé de la GTJ VTT entre Pontarlier et les Rousses : un parcours roulant, quelques passages techniques et de belles ascensions. Vous êtes à mi-parcours de la GTJ à VTT et vous abordez le royaume de l’épicéa, arbre roi des Montagnes du Jura. Randonnée en traversée de 2 ou 3 jours, entre Pontarlier et les Rousses. Niveau : 92 km et 2100 m de dénivelé Points forts : Le château et la Cluse de Joux, les falaises calcaires du Mont d’Or, la source du Doubs Les lacs des Mortes et de Bellefontaine. Descriptif : Carto-guide de la GTJ à VTT

Pour en savoir plus :

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Patrick Vallet

La GTJ à VTT ou le guidon de la passion S

avoir-faire, savoir-être… Et si ce nouveau numéro du magazine des GTJ était placé sous le signe de la passion, tout simplement ? En matière de VTT et de passionnés, Patrick Vallet est incontournable. Vététiste accompli et sportif de haut niveau, ce drôle de doubiste a plus d’une corde à son arc (dont une connaissance rare des Montagnes du Jura), et un seul credo : « Quand je fais quelque chose, je suis capable de TOUT donner ! ». Rencontre. Passion N°1 : le VTT

Mais qu’est-ce qui fait rouler Patrick Vallet ? Mystère… Toujours est-il que pour ce Pontissalien, tout a toujours tourné autour du vélo, même s’il n’a pas commencé au berceau (17 ans) : six ans plus tard, il passe professionnel, bascule du vélo de route au VTT, rapidement propulsé sur le haut du podium au moment des championnats du monde de cross-country (Métabief, 1993) : premier français et 12e au classement général, il enchaîne alors avec trois années de pratique intensive et fait partie des quinze meilleurs mondiaux… tout près du but (les Jeux Olympiques d’Atlanta), il ne fera finalement pas partie de la sélection finale. La déception du Franc-Comtois est si grande qu’il met un terme à sa carrière sportive et entame une reconversion difficile… « J’avais 33 ans et je n’avais jamais fait que pédaler… Lorsqu’on est coureur

Retrouvez le tracé de la GTJ à VTT en page centrale

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

cycliste, on a des œillères : tout s’articule autour du vélo, on vit pour le vélo, on n’a même pas de loisirs… Du jour au lendemain, tout s’écroulait ! » Enchaînant les formations tous azimuts (anglais, informatique, tourisme…), Patrick a le déclic après l’obtention de son diplôme d’état d’accompagnateur en moyenne montagne, qui lui ouvre les yeux sur la richesse du massif du Jura et ses infinies possibilités… Passion N° 2 : les Montagnes du Jura

« Au cours de cette formation, j’ai appris énormément de choses au niveau de la géologie, de la flore, de la faune… J’ai redécouvert les Montagnes du Jura, dans lesquelles j’avais déjà pourtant beaucoup circulé en VTT ! J’ai pas mal bourlingué, mais ce massif est particulier – c’est un massif à part, où les paysages sont toujours renouvelés, la

Lacs des Mortes et de Bellefontaine

flore extraordinairement diversifiée… Je me suis mis dans la tête l’idée de le faire découvrir à d’autres et j’ai monté une agence de voyages à connotation sportive, « Aventure humaine ». Des raids donc, principalement à VTT, à pied, à raquette… Bien sûr, j’emmenais parfois mes randonneurs à l’étranger (Espagne, Maroc, Mauritanie, Australie…), mais ces paysages, aussi grandioses soient-ils, ne faisaient que rehausser à mes yeux ceux des Montagnes du Jura… Je ne me lasse pas de mon massif ! » Passion N° 3 : la transmission des deux premières passions

C’est donc dans le massif du Jura, et sur la GTJ « VTT », que Patrick Vallet se plaît à emmener ses clients (il en encadre alors, lui et son équipe de guides, jusqu’à 800 par an !), pour des virées d’une durée de 3 à 7 jours. « Je propo-

sais trois niveaux de difficulté (facile, modéré, soutenu), mais pas question de rester le nez dans le guidon ! Le VTT c’est bien, mais il y a plein de choses autour du vélo – je leur apprenais à s’arrêter et à regarder, on faisait des visites, on profitait des rencontres… J’étais avec eux du matin au soir, je n’aurais pas eu l’idée de m’isoler ne serait-ce qu’un quart d’heure : quand je suis avec les gens, je partage tout ! » Si Patrick a dû fermer son agence pour raisons personnelles voilà un peu plus de deux ans, on se doute que cet électron libre ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. Passionné de photo (un livre en préparation), il continue de rouler en VTT, quand il ne se trouve pas en haute montagne – il s’est récemment toqué d’alpinisme et de ski alpinisme… Et pense déjà à rebondir sur une autre agence d’ici quelques mois,

« quelque chose d’avant-gardiste, qui n’existe pas encore »… Le nom du bébé est déjà tout trouvé – « Quelque Part sur Terre »… mais chut ! À n’en pas douter, notre vététiste au grand cœur entraînera bientôt dans son sillage de nouvelles générations de passionnés de montagne et de folles échappées, à bientôt donc pour d’autres aventures partagées ! La nouvelle passion de Patrick : l'alpinisme

Ne manquez pas… la Forestière du 16 au 18 septembre 2011 N° 5 - 2011-2012

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GTJ À PIED 400 km Extrémité Nord MANDEURE (DOUBS) Extrémité Sud CULOZ (AIN) Praticable de mai à octobre entre 350 et 1 720 m d’altitude

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LES MONTS JURA Un itinéraire, entre les Rousses et Bellegarde, pour découvrir les Hautes-Combes du Jura et la randonnée en crête sur les Monts Jura avec une magnifique vue sur le massif du Mont-Blanc. Randonnée en traversée de 5 jours. Niveau : 94 km - 20 km/jour - 6 à 7 h de marche/jour Points forts : La forêt du Massacre, la Maison du Parc à Lajoux, Les Platières, la Borne au Lion, le Crêt de la neige, les pertes de la Valserine. Descriptif : Topo guide “la Grande Traversée du Jura… à pied”

Pour en savoir plus :

www.gtj.asso.fr Tél. : 03 84 51 51 51

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Les tontons marcheurs gardent le sourire

La GTJ à pied ou la belle dynamique d’Alimoka sur les GTJ ' C

Les Tontons Marcheurs

Alimoka et son barda

De Morteau à Bellegarde et à raison de six heures de marche par jour, les joyeux randonneurs ont avalé plus de deux cents kilomètres sans le moindre pépin, inscrivant à leur palmarès tous les sommets significatifs de notre beau massif – mention spéciale pour le Mont d’Or et le Crêt de la Neige, « la suprême récompense ! », dixit Gilbert. Les gîtes ? « Cinq sur cinq, et la gastronomie ne nous laisse pas indifférents ! Le seul problème, dans les chambrées masculines, était l’attribution du grand lit et la gestion des ronflements ! » (rire). Des projets pour l’an prochain ? Les tontons marcheurs continueront leur progression vers le sud – côté Alpes cette fois, avec le but avoué, randonnée après randonnée, de toucher un jour la Méditerranée…

est un fait : Alimoka Iboussi n’a pas le profil type du marcheur qu’on croise habituellement sur les sentiers de randonnée. Équipé d’un improbable barda et avec son grand sourire désarmant pour seul viatique, il a crapahuté douze jours durant sur l’itinéraire pédestre de la GTJ. De retour chez lui (la petite cité transfrontalière de FerneyVoltaire), c’est avec autant de philosophie que d’autodérision que le jeune quarantenaire considère son expérience. Avec la ferme intention de récidiver, et cette fois au pas de course ! Originaire du Cameroun, voilà sept ans qu’Alimoka réside sur les contreforts du massif jurassien. Employé dans une grande surface, il occupe ses loisirs par l’écriture (des « petites histoires » dit-il modestement, dont il a déjà rempli quatre manuscrits) et par le sport : du marathon « au pays », de la boxe, du vélo… C’est à bicyclette qu’il a donc bouclé ses premières expéditions – un tour du Jura en 2008 et une trajectoire Ferney/ Calais l’année suivante… « Je voulais repartir, mais à pied, pour varier les plaisirs », explique ce grand sportif. Et de se mettre en route le 31 mai dernier

sur le point de la GTJ pédestre le plus proche de chez lui – les Monts Jura. Je sais que j'étais trop chargé ! Le matériel est complet mais rudimentaire : de gros gants et un bonnet en polaire, un sac à dos qui en a vu d’autres, deux sacs en bandoulière – le premier contient sa tente « deux secondes », le second son matériel de prises d’images. Dans les mains : un pied photo et un long bâton de marche. « Je sais que j’étais trop chargé, sourit Alimoka, et mon look n’a pas manqué de surpren-

dre, sur le sentier ou aux étapes. Mais j’avais besoin de tout ça, et curieusement mon paquetage, bien que lourd (15 kg environ) et encombrant, me donnait la force d’avancer ! » Comme toute randonnée itinérante, celle d’Alimoka s’est bien sûr assortie de quelques péripéties, dont une étape démesurée le premier jour, au cours duquel il a marché seize heures durant avec une gourde de contenance insuffisante… Mais Alimoka sourit aujourd’hui à ce souvenir, depuis longtemps estompé par tant d’autres merveilleuses images ! Côté

Retrouvez le tracé de la GTJ à PIED en page centrale Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

Ils étaient dix, ces « tontons marcheurs », moyenne d’âge 61 ans, et leur passage printanier sur la GTJ pédestre n’est pas passé inaperçu : même sans être des « bêtes de sport », Jean-Louis, Daniel, Gilbert et les autres avaient pour la plupart une belle expérience de la randonnée itinérante, et un concept de l’organisation à faire pâlir un bataillon militaire… Ajoutons à cela un enthousiasme communicatif et un côté « bon vivant » qu’ils ont promené d’hébergement en hébergement onze jours durant, et vous aurez une (petite) idée du raid de ces vaillants retraités alsaciens sur les sentiers du Jura…

paysages, le randonneur ne se souvient pas sans émotion de la Roche Champion, de la vue sur Chapelle-des-Bois, du saut du Doubs… Côté contacts, Alimoka les résume en disant qu’ils ont été dans leur grande majorité « très très sympas » et ne tarit pas d'éloges sur la qualité de ses rencontres – des marcheurs venus parfois de très loin croisés au hasard des chemins, un médecin légiste qui l’a hébergé à Mouthe, et un randonneur-photographe en compagnie duquel il a bivouaqué au Reculet : « Il lui manquait des gants et moi de l’eau, nous avons fait du troc ! »

J’ai pris conscience de ma fragilité « Les gens m’ont souvent demandé pourquoi je faisais ça, et je ne le sais toujours pas vraiment, avoue Alimoka. Ce que je sais, c’est que ce voyage en solitaire m’a renforcé, m’a donné davantage confiance en moi-même ». Et puis aussi : « Physiquement, je me croyais infatigable, mais la nature m’a fait prendre conscience de ma fragilité ». Une fragilité toute relative, puisque ce passionné d’itinérance a de nouvelles vues sur la GTJ, « mais sur l’intégralité du parcours, et en courant ! »

Ne manquez pas… le 4eTrail Off des GTJ, du 15 au 21 mai 2011 N° 5 - 2011-2012

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GTJ À RAQUETTE 135 km Extrémité Nord MOUTHE (DOUBS) Ext. Sud G IRON et LE PLATEAU DE RETORD (AIN) Praticable de décembre à mars (selon l’enneigement) entre 840 et 1 390 m d’altitude

LES SEJOURs

tout compris

La GTJ

WEEK-END TRAPPEUR 2 jours / 1 nuit accompagné Formule proposée par Espace Évasion

Un week-end nature et dépaysant !

À partir de 139 € par personne

à raquette

LE TOUR DE NOS VILLAGES 5 jours / 4 nuits en liberté Formule proposée par La Chandoline

Idéale pour une première approche de la randonnée à raquette en itinérance

L'atout famille : la pulka

Tous les séjours : www.gtj.asso.fr

T

race magique, plaisir de la neige… Ceux qui ont déjà goûté aux joies de la raquette sur tapis immaculé connaissent bien ces sensations rares. Qu’ils choisissent de les partager en groupe (pour la convivialité) ou de les vivre en solitaire façon trappeur, tous sont unanimes : ce mode de déplacement, par son rythme, aiguise indiscutablement les sens… Pour toujours plus de confort et d’autonomie, la tendance est à la pulka, un accessoire malin pour transporter le petit dernier ou soulager son paquetage… C’est un fait : sur les itinéraires « raquette » ou « ski de fond » des Grandes Traversées du Jura, on croise quasi quotidiennement ces adorables petites « poussettes des neiges » qui nous viennent tout droit de Scandinavie. Une vague pulka ? Pour nombre de professionnels (quelques hébergeurs du réseau, mais aussi des accompagnateurs en montagne, des loueurs de matériel), il ne s’agit pas d’une mode passagère. Si les familles sont bien sûr les premières à craquer pour la pulka, celle-ci commence à séduire un public de plus en plus large. Sur les traces de Jack London Dans ce petit traîneau très astucieusement conçu, on installe bien sûr un enfant, mais on peut également placer une partie du matériel, le pique-nique… Quant à ceux qui craindraient d’être les « préposés au tractage », qu’ils se rassurent : ce petit attelage très léger n’est pas réservé aux « costauds », loin s’en faut ! Retrouvez le tracé de la GTJ à RAQUETTE en page centrale

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

À partir de 430 € par personne

Du début à la fin de la randonnée, tout le monde se chamaille pour tirer la pulka ! Il faut bien avouer qu’une fois attelé à cette élégante luge profilée qui fleure bon le Grand Nord, la piste a tout de suite une autre allure, tellement on s’imagine cheminer dans les traces d’un Jack London ou d’un Nicolas Vanier ! La pulka étant munie d’un siège et d’un petit dossier, on y blottit sans problème un enfant dans son duvet, depuis l’âge de six mois jusqu’à sept-huit ans : recouvert d’une grande housse et protégé par un pare-vent qui fait également office de pare-soleil, le bambin est prêt à affronter les températures négatives ! Le tout en parfaite sécurité, puisque stabilisateur et arceau de sécurité préviennent tout risque de retournement… Confort total ! « Si les plus grands aiment se glisser dans la pulka quand ils sont fatigués, les bébés adorent vraiment ça ! s’exclame Valérie Dalmais*. Mais ils ne

demeurent généralement pas très longtemps éveillés : le bercement favorise plutôt leur endormissement ! Pour celui ou celle qui tracte, le confort est total : la pulka vient s’accrocher à deux bras rigides, eux-mêmes reliés à une large ceinture rembourrée. Si l’utilisation d’une pulka est tout à fait possible à ski de fond, une petite prise en main est nécessaire, notamment au niveau des virages qu’il faut prendre assez larges. Pour les débutants, je préconise plutôt les raquettes, avec lesquelles on maîtrise mieux les déplacements. Bien sûr, et même si les petites « grimpettes » s’avalent très facilement, il ne s’agit pas de suivre un tracé « olé olé », mais plutôt un itinéraire adapté à ce type de traction : vallonné, tranquille… » Avec un tel atout et après un premier test sur une courte sortie, les parents de très jeunes enfants peuvent même envisager une petite rando en itinérance de deux ou trois jours : pour le plaisir d’être ensemble et de faire découvrir à leurs enfants leurs toutes premières sensations « montagne » : le grand air, la glisse, l’odeur de la neige, toutes les joies du « grand blanc » !

IDANÉDEO R

Ferme des Hautes-Combes du Jura

GTJ

> Elle vous est destinée si vous souhaitez organiser votre randonnée vous-même. L’équipe des GTJ pourra vous informer, vous conseiller et vous guider dans vos choix.

RANDONNÉE DÉCOUVERTE AVEC UN AUDIO-GUIDE Entre Lajoux et Bellecombe, le randonneur pénètre au cœur des Hautes-Combes dans des paysages ouverts tout en creux et en bosses avec en toile de fond la ligne de crêtes des Monts Jura. Une magnifique étape de la GTJ à raquette. Randonnée en traversée de 2 jours. Niveau : famille (12 km) Points forts : L’audio-guide GPS qui vous localise et vous permet de découvrir en parfaite autonomie les paysages, l’histoire des Montagnes du Jura, la faune et l’univers si particulier d’un pays en hiver. Descriptif : Le guide de la GTJ à raquette. Pour vous organiser et connaître les modalités et les conditions de location (comptez 5 € pour un audio-guide) contactez-nous :

www.gtj.asso.fr Tél. : 03 84 51 51 51

* Valérie Dalmais est organisatrice de séjours de randonnée sur les GTJ et hébergeur du réseau (La Chandoline à Lajoux, 39).

Ne manquez pas… la Journée nationale de la Raquette le 9 janvier 2011

N° 5 - 2011-2012

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La GTJ à vélo

Enfin j'ai un vélo… électrique !

L

Dominique, Christine… et leurs fameuses montures Vue sur Morez et les viaducs de la Ligne des Hirondelles

e mode de déplacement peut faire sourire : la GTJ à vélo électrique… et pourquoi pas à mobylette ?! Mais les sarcasmes ne résistent pas à une première prise en main : le vélo à assistance électrique (V.A.E.) n’est pas un gadget pour bobos, mais bien un vélo à part entière, performant, physique. Et pas seulement réservé aux seniors : parce qu’il permet de prendre du plaisir rapidement, sans passer par la case « entraînement », il séduit aussi les familles, les jeunes urbains… Bref : le V.A.E. semble avoir de beaux jours devant lui, comme en témoigne l’enthousiasme de Christine et Dominique, des randonneurs qui n’en finissent plus de pédaler…

Au fil de la Valserine en vélo électrique Une découverte ludique et facile de la vallée de la Valserine : pour le moins originale, cette initiative partie du Parc naturel régional du Haut-Jura a été mise en place le long d’un itinéraire de rêve : de la source de la Valserine à sa basse vallée, on peut désormais enfourcher un vélo à assistance électrique et partir à la découverte, sans forcer, d’une des plus belles parties de l’axe de la GTJ « cyclo »... Vous n’avez pas de vélo électrique ? Qu’à cela ne tienne, tout a été prévu ! Egrennés le long de la Valserine, une demi-douzaine de loueurs mettent leur parc de VTC (Vélo tout chemin) à la disposition des randonneurs, qui peuvent donc les tester sur quelques heures avant d’opter pour une vraie balade ou même (pourquoi pas ?) pour une itinérance de deux ou trois jours. Équipés pour la promenade (garde-boue, éclairage automatique), ces vélos à assistance électrique peuvent aussi être dotés, sur place, de tous les accessoires utiles – sacoches, bidon, porte-bébé… Et comme il s’agit d’un réseau, on peut recharger sa batterie chez n’importe quel loueur sur l’itinéraire, et même laisser son vélo à cinquante kilomètres de son point de départ… Période de location : du 1er mai au 30 septembre - Accès : par route ou rail (gares à La Cure et à Bellegarde) - Points de location : Les Rousses, Mijoux, Lélex, Chézery-Forens, Bellegarde - Tarif : de 13 e (½ journée) à 50 e (3 jours) Contact : infotourisme@monts-jura.com ou info@ot-bellegarde01.fr - Site web : www.parc-haut-jura.fr

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GTJ À VÉLO 360 km « Quand mon mari m’a parlé de vélo à assistance électrique, on ne peut pas dire que la perspective m’a fait bondir de joie, avoue Christine. Même si nous n’avons plus nos jambes de vingt ans, nous randonnions régulièrement, à pied et en montagne… En enfourchant un vélo électrique, j’avais un peu l’impression de régresser ! » Mais l’entêtement de Dominique finit par l’emporter. Après de premiers essais concluants, Christine et Dominique font l’acquisition de deux « V.A.E. », parcourent le nez au vent leurs cent premiers kilomètres, commencent à caresser des projets un peu plus audacieux… 4000 km au compteur ! Pour ces Doubistes dont le domicile ne se trouve qu’à quelques tours de pédales de l’itinéraire «cyclo» des Grandes Traversées du Jura, le choix de la première itinérance sérieuse va de soi : il s’agira d’une diagonale Baumeles-Dames/Culoz qu’ils parcourent en cinq étapes, à raison de 80 km/jour. Retour au point de départ par le rail, via «la Ligne des Hirondelles»*. Cette fois, Christine est conquise : «J’ai retrouvé le plaisir du vélo, en y ajoutant celui de la randonnée : en fournissant moins d’efforts, on ne se concentre pas uniquement sur le ruban de bitume, et on profite davantage du paysage ! » L’été dernier, les Francs-Comtois découvrent, toujours avec leurs fidèles «V.A.E.», le cours supérieur du Danube et une partie de la vallée du Rhin, terminent la saison avec un tour de Bourgogne… La traversée de la section française de «l’EuroVéloroute» jusqu’à Nantes fait aujourd’hui partie des objectifs de Christine et Dominique, dont les fidèles montures marquent déjà 4000 kilomètres au compteur… « Le vélo électrique nous a redonné le goût du sport, sourit Dominique. Tous les week-ends, on y va, et sans le moindre problème de dos : en plus, c’est confortable ! » Comme sur des roulettes… Comment ça marche ? Sur ce plan-là aussi, les deux utilisateurs ne demandent qu’à partager leur expérience : «Le vélo se met en assistance électrique dès que vous pédalez : pour avancer, il

Ne manquez pas… la 23e édition de la Tram'Jurassienne le 26 juin 2011 Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

faut donc quand même pousser sur ses pieds ! Une fois parti, il suffit de moduler l’assistance en fonction du profil de la route : sur le plat, l’assistance la plus faible suffit ; en côte, on fait appel à une assistance plus soutenue. En fait, on se rend à peine compte de l’accompagnement électrique… sauf quand on le coupe ! » L’autonomie de la batterie? « Entre 30 et 75 km selon l’utilisation : nous avons donc chacun deux batteries qui se rechargent facilement sur secteur à l’étape. » Pour le président des GTJ Bruno Ladet, le « V.A.E. » semble promis à un bel avenir : on en voit d’ailleurs de plus en plus sur l’itinéraire cyclo, notamment dans la vallée de la Valserine où ont été mis en place des points de location « pilote » (lire ci-contre). « Le vélo à assistance électrique encourage à « aller doucement », à prendre son temps pour découvrir de nouveaux paysages. Pour ceux qui ne recherchent pas la performance, le vélo électrique est une réelle alternative : il se prend en main en quelques minutes, il ouvre des portes en mettant des itinéraires de montagne réputés « sportifs » à la portée de chacun… on peut même se permettre d’ascensionner des cols ! » Des cols ? Christine et Dominique renchérissent : « En côte, c’est vraiment du bonheur ! Il nous est même arrivé de talonner quelques très bons cyclos en plein effort de grimpette, jeunes, entraînés… Le schéma est toujours le même ou presque : comme ils ne se rendent pas tout de suite compte que nous roulons avec une assistance électrique, ils jettent de petits coups d’œil par-dessus leur épaule… et appuient davantage sur les pédales, un peu soufflés de se faire rejoindre si vite par un paisible couple qui devise gentiment ! » * La Ligne des Hirondelles : une des plus belles lignes ferroviaires (TER) de France, qui relie les villes de Dole et de Saint-Claude dans le Jura. En savoir plus : www.tourisme-paysdedole.fr.

Extrémité Nord MONTBÉLIARD (DOUBS) Extrémité Sud CULOZ (AIN) Praticable d’avril à octobre entre 320 et 1 190 m d’altitude (1 500 m si variante)

LES SEJOURs

tout compris

LA GTJ À VÉLO DE MORTEAU À BELLEGARDE 6 jours / 5 nuits en liberté Formule proposée par La Chandoline

Découvrez les Montagnes du Jura par ses petites routes…

À partir de 515 € par personne Tous les séjours : www.gtj.asso.fr

IDANÉDEO R

GTJ

> Elle vous est destinée si vous souhaitez organiser votre randonnée vous-même. L’équipe des GTJ pourra vous informer, vous conseiller et vous guider dans vos choix.

LE DOUBS À VÉLO Au départ de Montbéliard, vous serez très rapidement plongé dans une nature généreuse. Vous longerez le Doubs, avec de somptueux passages en corniche. Vous aborderez ensuite le Haut-Doubs, ses paysages agricoles et ses belles fermes à tuyé pour finir en beauté à Mouthe où le Doubs prend sa source. Randonnée en traversée de 3 à 5 jours. Niveau : 185 km sur petites routes. Points forts : La ville de Montbéliard, le Saut du Doubs, la République du Saugeais, l’Abbaye de Montbenoit et évidemment… la saucisse de Morteau. Descriptif : Le guide de la GTJ à vélo

Pour en savoir plus :

www.gtj.asso.fr Tél. : 03 84 51 51 51

Retrouvez le tracé de la GTJ à VÉLO en page centrale N° 5 - 2011-2012

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GTJ À CHEVAL 500 km Extrémité Nord BEAUCOURT (DOUBS) Extrémité Sud ARBIGNIEU (AIN) Entre 200 et 1 300 m d’altitude

LES SEJOURs

tout compris

LES ÉCHAPPÉES BELLES 2 à 6 jours de randonnée en liberté ou accompagnée Formule proposée par Vu d'en Haut

Quelques jours d’échappées où vous attendent, découverte du territoire, détente et nature! La présence d’une mule de bât pour le portage des bagages et du matériel collectif donne un caractère unique à ces randonnées. Elle permet également une progression à toutes les allures.

La GTJ

à cheval Un galop de légende L

a nouvelle s’est répandue l’an dernier comme une traînée de poudre le long des Grandes Traversées du Jura : un tracé « spécial cavaliers » allait venir se rajouter aux cinq itinéraires déjà en place ! Aujourd’hui, la « GTJ à cheval » n’a plus seulement le pied à l’étrier : quelques pionniers l’ont déjà testée au cours de quelques mémorables échappées. L’éclairage de Didier Méjard*, accompagnateur équestre et consultant au niveau de la mise en place de ce que certains nomment déjà « le galop de légende »... « Dès le départ, j’ai apprécié la volonté des GTJ : ne pas faire de l’ombre à ce qui existait déjà sur le massif du Jura en matière d’itinéraires cavaliers**, explique Didier. De Beaucourt (Territoire de Belfort) à Arbignieu (Ain), le tracé fait souvent des infidélités aux crêtes, mais toujours au bénéfice du plaisir équestre des randonneurs : au niveau du Jura par exemple, l’itinéraire serpente sur le Revermont et le vignoble, pour ne retrouver le Haut-Jura que dans sa partie sud… C’est moins éprouvant pour les chevaux, cela ouvre la possibilité d’y chevaucher toute l’année, et cela permet aussi d’utiliser quelques magnifiques tronçons du « Jura du

Grand Huit », célébrissime sentier cavalier. Passer, en l’espace de deux ou trois étapes, de Château-Chalon aux Hautes-Combes via la région des lacs, c’est vraiment basculer d’un univers à l’autre ! » Au paradis des chevaux Et notre professionnel des chevauchées itinérantes de poursuivre : « Le massif du Jura, c’est un paradis pour la randonnée équestre : c’est beau, c’est varié, c’est ouvert, et très peu goudronné. Le plaisir est toujours renouvelé, et je ne ressens jamais, pour ma part, le besoin d’emmener mes cavaliers ailleurs ! La GTJ se devait de s’ouvrir aux ca-

À partir de 250 € par personne Tous les séjours : www.gtj.asso.fr Idées rando, séjours tout compris, guides, conseils…

TRACÉ

GTJ

INÉDIT

Didier Méjard

Photo : Ecurie des 4 lacs/F.S.Aymard

Pour tout savoir, rendez-vous sur

www.gtj.asso.fr

valiers, et de devenir aussi une destination équestre. L’intégrale (500 kilomètres environ) pourra être parcourue en une vingtaine d’étapes. Ce nouvel itinéraire ne peut que servir la randonnée en général et le tourisme non motorisé en particulier, aider à « ouvrir » les chemins et les pâturages. Tout cela va dans le bon sens, et le petit monde du cheval ne peut que s’en réjouir »… En selle, cavaliers !

* Connu comme le loup blanc à travers tout l’hexagone (et même au-delà !) pour ses fameuses chevauchées hivernales, Didier Méjard est basé au Frasnois dans le Jura. Véritable exception nationale, il organise (et accompagne) exclusivement des randonnées itinérantes, vivant de cette spécialité sans lui ajouter ni enseignement, ni balade, ni compétition, ni même offre d’hébergement ! Site web : www. ecuriedes4lacs.com ** Si la GTJ à cheval s’appuie sur un tout nouvel itinéraire dans le Doubs, elle emprunte aussi une partie des tracés existants de deux sentiers cavaliers – « Le Jura du Grand Huit » et « L’Ain à cheval ».

Retrouvez le tracé de la GTJ à CHEVAL en page centrale

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

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Chemin faisant… Lapidaire : savoir-faire et faire savoir I

ci, on travaillait déjà le rubis du temps de Voltaire… Le lapidaire fait partie de ces savoir-faire fascinants qui firent longtemps la renommée des montagnes jurassiennes, à l’instar de la tournerie, de l’horlogerie ou de la lunetterie… Le déclin et la menace de disparition de cet artisanat de précision a provoqué de belles réactions. Comme l’ouverture d’un atelier-école à Lélex, sur l’impulsion d’un quarteron de « fous de lapidaire ». Les GTJ ne sont décidément pas avares de surprises… Pour ceux qui se demandent comment un tel savoir-faire (la taille des pierres brutes et le polissage des pierres de couleur !) a bien pu se développer dans une contrée aussi reculée que la vallée de la Valserine, l’histoire ne date pas d’hier. 1685 : révocation de l’Édit de Nantes et interdiction de la pratique du culte protestant… Ces événements entraînent l’exil vers la Suisse de toute

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

la corporation de diamantaires et de lapidaires installés à Paris, puis, par ricochet, l’implantation dans les Montagnes du Jura de cet artisanat pour le moins anachronique en un tel lieu. De 3 à 15 ans pour acquérir la main…

L’habileté et la capacité des Haut-Jurassiens à acquérir des compétences nouvelles (ils sont

l’inventeur, notamment, de la technique dite « du bâton mécanique ») ont fait le reste… En l’espace de quelques décennies, les Montagnes du Jura se taillent une solide réputation bien audelà de l’Europe pour leur creuset de lapidaires : des hommes capables de tailler les pierres brutes, c’est-à-dire de maximiser le poids des rubis, des saphirs ou des émeraudes tout en localisant judicieusement la couleur qui, par réfraction sur les facettes, donne alors tout son éclat… Au début du XXe siècle encore, rares étaient les fermes « du Haut » où ne fonctionnait pas, l’hiver venu, un petit atelier permettant d’assurer aux paysans, à domicile, un complément de revenu. « Le travail était bien

Sur la Route des Savoir-Faire… sûr entièrement manuel et les meilleurs artisans étaient très recherchés, explique Claude Grosgurin, président de l’association des lapidaires de la vallée de la Valserine*. Il fallait trois à quinze ans pour acquérir la main et l’oreille – le sens auditif venait pallier la vue, car l’artisan ne voit pas ce qu’il fait ! » Les trois mousquetaires Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre, ces passionnés de lapidaire qui sont venus, via leur association, réveiller un savoirfaire ancestral : un expert international en gemmologie** (Daniel Piat), un « Meilleur Ouvrier de France » (Jean Vergnaud), un grand reporter natif de Lélex (Daniel Grandclément), et… le boucher-charcutier du village, Claude Grosgurin, qui enchaîne : « Comme bien d’autres de sa génération, ma mère a travaillé pour le lapidaire dans sa jeunesse. Tout cela fait partie de notre passé et

nous ne voulions pas voir disparaître cette activité artisanale qui est indissociable de l’histoire du haut du pays de Gex. » L’ouverture d’un atelier-école, en 2007, découle de cette volonté inébranlable des quatre compères. Animé par Jean Vergnaud lui-même, cet atelier qui fait partie de la Route des SavoirFaire au cœur du Parc du HautJura attire chaque année des stagiaires très diversifiés : enfants des écoles, touristes désireux de repartir avec « leur pierre » ou simples amoureux des choses bien faites… Quelques vrais passionnés de lapidairerie aussi, dont certains reviennent régulièrement et qui peut-être un jour, à leur tour… * Contact et renseignements : Claude Grosgurin (président), tél. 06.80.58.57.77. ou c-grosgurin-abs@wanadoo.fr ** Gemmologie : science qui a pour objet de déterminer la nature des gemmes (pierres fines)

C’est à domicile, durant les longs mois d’hiver, que les agriculteurs du Haut-Jura confectionnaient autrefois de multiples objets. Ainsi chaque ferme possédaitelle son atelier, spécialisé selon la zone géographique : on travaillait l’horlogerie et la lunetterie près de Morez, la pipe et la taille des diamants autour de Saint-Claude, le lapidaire aux environs de Septmoncel, le jouet dans la région de Moirans, la tournerie sur le Lizon… Aujourd’hui encore, de nombreux ateliers haut-jurassiens perpétuent ces gestes au travers de productions de qualité. La Route des Savoir-Faire, qui serpente sur le territoire du Parc naturel régional du Haut-Jura, témoigne de cette culture originale : au travers d’une trentaine de sites, ateliers, musées ou maisons thématiques, elle permet de partir à la rencontre des métiers du passé et de découvrir leurs applications contemporaines. Les étapes de cet itinéraire passionnant sont décrites dans un guide disponible auprès des offices de tourisme du Haut-Jura, ou du Parc naturel régional du Haut-Jura. Pour tout renseignement :

parc@parc-haut-jura.fr www.parc-haut-jura.fr

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”Ce que nous avons le plus apprécié ? : les paysages…”

Les (longs) chemins de la liberté

Association DECLIC (Demain Ensemble sur les Chemins de la Liberté, de l’Insertion et de la Citoyenneté) GTJ à pied - Été 2010

L

PUBLICS

PLURIELS

Les itinéraires des Grandes Traversées du Jura sont aussi « pluriels » que les randonneurs qui les empruntent ! Pour ce nouveau numéro du magazine des GTJ, nous avons sélectionné deux témoignages qui n’ont pas grand-chose en commun sinon leur cadre – le massif du Jura. Le premier émane d’un journaliste spécialisé « montagne » parti avec sa petite famille sur la GTJ ski de fond. Le second nous emmène sur l’itinéraire pédestre, où une dizaine de détenus en fin de peine commençaient leur cheminement personnel au travers d’une « marche d’insertion »…

Les enfants d'abord ! Éric Delaperrière (Montpellier) GTJ ski de fond - Février 2010

L

e « team » : deux couples et trois enfants (Anaelle 10 ans, Louise 11 ans et Arnaud 14 ans). Le pari : cinq jours d’itinérance sur la GTJ ski de fond pendant les vacances de février. Pour ces deux familles déjà adeptes de grandes randonnées à pied, la perspective d’étapes d’une douzaine de kilomètres par jour n’a rien d’insurmontable. Mais quid des gîtes, de la météo, du balisage, du moral des enfants ?… « Que du bonheur ! résume Éric*, le papa de Louise. Hormis une petite erreur de « timing » (nous avions

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Les Grandes Traversées du Jura - Le Magazine

prévu de partir de Mouthe le jour du coup d’envoi de la Transjurassienne !), itinéraires et hébergements se sont montrés à la hauteur de la réputation de la G.T.J., et nous avons moins souffert du froid que du poids des vêtements transportés ! Bien que quasi néophytes, les filles ont été conquises par le ski de fond, et nous pensons déjà à récidiver, peut-être en direction des pays nordiques… Leurs coups de cœur ? L’arrivée aux étapes, où elles avaient tôt fait de s’approprier les lieux – mention spéciale au chalet de La Frasse, perdu en pleine

montagne, et au gîte La Guienette, pour sa merveilleuse basse-cour et son gâteau d’anniversaire géant… Même la tempête de neige du dernier jour fait aujourd’hui partie des bons souvenirs : une trace vierge dans vingt centimètres de « poudre » et un vrai pique-nique trappeur ! »

* Journaliste spécialisé « montagne », Éric Delaperrière a développé le récit de son itinérance familiale sur la GTJ ski de fond dans le N° 361 de Montagnes Magazine.

a réinsertion par la marche. Tel est le défi que se sont lancé pour la troisième année consécutive l’association DECLIC et deux centres pénitentiaires alsaciens. Unique en France, cette expérience suivie par dix détenus volontaires âgés de 23 à 50 ans s’est déroulée cet été sur le GR5 et une partie de la GTJ pédestre. Si l’itinéraire initial n’a pas pu être couvert dans sa totalité en raison d’une incartade d’une partie des participants, le bilan demeure globalement positif : pendant près de quatre semaines, ces détenus ont retrouvé le goût de l’effort au sein d’une nature intacte… Témoignages. Le point de vue des encadrants Pourquoi l’association DECLIC fait-elle le choix de la marche ? La marche est un exercice naturel, à la portée de tous. La marche au long cours constitue un défi à la fois physique et humain ; pour des détenus en fin de peine, il s’agit d’un sas entre la détention et le retour à la liberté. Au-delà de la marche, c’est l’apprentissage ou le réapprentissage de la vie en collectivité, c’est l’effort renouvelé dans un rythme d’organisation quotidien. Ce sont aussi les rencontres, organisées ou imprévues, avec ceux et celles qui croisent notre chemin, qui nous accueillent, qui nous interpellent. Pour le détenu, c’est aussi l’occasion, tout au long du périple, de se remettre face à lui-même, face aux autres, pour se découvrir une image d’un être en reconstruction. L’itinéraire choisi, via les montagnes vosgiennes et jurassiennes, permet de s’en « mettre plein les yeux ». Pour les marcheurs, c’est

une véritable découverte qui, jour après jour, leur fait prendre conscience qu’ils peuvent être des randonneurs comme les autres, en étant formidablement accueillis partout où nous passons. C’est vrai que l’on peut se « prendre la tête » pour des petits riens, mais peu à peu des visages se transforment, des esprits s’ouvrent, des regards s’illuminent. À travers la déconvenue d’un parcours interrompu, nous sommes rappelés à nous souvenir que le retour à la liberté demeure une entreprise difficile. Et si cette marche 2010 conservera un goût d’inachevé, nous devons maintenir intactes ou renforcer nos convictions qu’un autre avenir est possible pour l’homme et emprunter à nouveau les longs chemins vers la liberté, l’insertion et la citoyenneté. Xavier Frapard Président de DECLIC www.declicalsace.fr

Le point de vue des participants Quand nous avons été sélectionnés par l’administration pénitentiaire, il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour donner une réponse ! Physiquement, ça a été un peu dur les premiers jours (en Alsace, la météo n’a pas toujours été idéale et certaines étapes étaient parfois un peu longues), mais nous avons vite pris le rythme : c’est ça, la vie de randonneur ! Ce que nous avons le plus apprécié ? Les paysages (en tant qu’Alsaciens, nous connaissions les Vosges, mais aucun d’entre nous n’était jamais venu dans le Jura), les petits sentiers et surtout… les odeurs ! En fait, le plus difficile n’a pas été l’effort physique mais la vie en collectivité : en prison, c’est un peu chacun pour soi, mais là en itinérance tu n’as pas le choix, tu dois composer avec les autres ! Vis-à-vis des randonneurs ou des hébergeurs, les rapports sont plus faciles : nous avons souvent été surpris par les encouragements qui ont été formulés et notre statut de détenu n’a pas bloqué les échanges ni la communication. Repartir en randonnée une fois revenus à la vie civile ? Pourquoi pas, mais peut-être pas tout de suite sur de grands itinéraires comme celui-ci : à la journée et en famille, avec le pique-nique ! Jeff, Mathieu, Rachid et Sam ( prénoms d’emprunt )

N° 5 - 2011-2012

23


venir

EN TRAIN • Par le TGV

Gares de Pontarlier, Frasne, Vallorbe, Genève, Culoz, Bellegarde

• Par le train

Gares de Montbéliard, Morteau, Morez, SaintClaude, Nyon

SNCF : . ..............................................................................3635 ........................................................................www.sncf.com Chemins de fer suisses (CFF) :............. + 41 (0)900 300 300 .............................................................................. www.cff.ch

prendre L’AVION

• Arriver à Genève

par l’aéroport international de Genève

• Arriver à Lyon

par l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry

arriver

EN VOITURE • Par l’autoroute

A 36, A 39, A 40, A404

(GTJ RAQUETTE)

(GTJ VÉLO)

(GTJ VTT)

(GTJ PÉDESTRE)

(GTJ SKI DE FOND)

(GTJ À CHEVAL)

Grandes Traversées du Jura 15 et 17 Grande Rue - 39 150 Les Planches en Montagne Tél. : +33 (0) 3 84 51 51 51

Mail : info@gtj.asso.fr - Web : www.gtj.asso.fr

Ce magazine a pu être réalisé avec le soutien humain et financier de nos partenaires

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