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Édito

NUMÉRO SPÉCIAL ANNIVERSAIRE • 2 ANS DÉJÀ ! Diantre, deux ans déjà ! Deux ans de bon goût, douze numéros de partage de découvertes, de coups de coeur, de ce qui fait, ou contribue à faire du monde un terrain de jeu où la Culture, l’Art, la Musique, la Mode, la Littérature, le Cinéma en sont la sève essentielle.... Pour tous lecteurs à l’entendement subtil, sachant lire au-delà d’une Guttemberguienne typographie, Chezlegrandbag newspaper est votre îlot trendy & dandy, au fond punk et à l’esprit, trash et libertin au sens noble du terme - une essence du XVIIIème siècle pour un monde qui ne vivrait pas replié sur une culture moribonde, un monde qui serait créatif, curieux, qui chercherait plus l’harmonie qu’un imbécile égalitarisme et qui ferait alors oublier la stupidité et le manque de goût de la majorité des spécimens français, atteints, hélas, de plouquerie aiguë et grotesque. Peut-être que dans ce monde où la Cagole (ou pouf dans nos régions nordiques) est la nouvelle aristocrate du caniveau, où les instincts les plus primaires sont érigés en dogme de comptoir politique, vous êtes, VOUS, lecteurs de Chezlegrandbag newspaper ceux qui échappent à cette masse nauséabonde, SDF du savoir-vivre et sans grand intérêt (sauf peut être pour certains nostalgiques d’une époque où la mode se parait de noir, de brun, ou même de rouge et pour quelques marchands de temps de cerveau vide). Chezlegrandbag newspaper s’est épanoui avec vous, fidèles lecteurs, et développé grâce à ses annonceurs et partenaires qui n’ont pas hésité à soutenir le projet. Chezlegrandbag newspaper c’est aussi la contribution d’auteurs renommés dont Patrick Eudeline et autres porte stylos au verbe acéré, illuminés par le goût de la découverte, de l’avant-garde pop, humaniste particulièrement, et de l’élégance, caressant de leur plume le vélin telles les courbes d’un corps sensuellement alangui. Depuis décembre 2010, Chezlegrandbag newspaper édite une édition bilingue (Fr/Uk) en principauté de Monaco et poursuit son impétueux et solide essor dans ce nouvel écrin de haute classe et de savoir être. De nombreux numéros à venir à Reims, Monaco et bientôt Bordeaux, pour une longue vie à votre information culturelle, pour que le bon goût et l’excentricité soient la planche de salut de notre contemporaine civilisation. Alors, devancez les tendances avec Chezlegrandbag newspaper et quittez, enfin, la cadence de la masse bêlante !! (Alexis Jama-Bieri)

Pour fêter ses deux ans, Chezlegrandbag Newspaper organise une soirée placée sous le signe de l’élégance, le samedi 9 avril 2011 aux Cornichons, 13 rue du Général Sarrail (derrière l’hôtel de Ville), avec les Dj set de Patrick Eudeline, Steeve Grandsire et autres guests... Entrée uniquement sur présentation de la carte de membre (carte disponible gratuitement au shop de Chezlegrandbag, 2 impasse De La Salle).

Sommaire LAURENT DESGRANGES Le nœud papillon revisité OPÉRA DE REIMS 2 événements exceptionnels « MÉMOIRE DE BOULINGRIN » Émergence d’un mythe BYE BYE BAYOU Nouvelles soirées Rock à Reims ! LES FEMMES S’EN MÊLENT #14 Scène musicale féminine indépendante PATRICK EUDELINE Rock’n Roll « cooltitude » HUSHPUPPIES Du Rock qui montre les crocs L’ÉTRANGE AFFAIRE ANGELICA Nécrophile romantique

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Chezlegrandbag Newspaper est publié par l’association Chezlegrandbag, 2 impasse JB de la Salle, Reims • Tél : 09 51 61 48 91 RESPONSABLE DE PUBLICATION Terlet Boris chezlegrandbag@gmail.com RESPONSABLE DE RÉDACTION Alexis Jama-Bieri alexis.jamabieri@gmail.com RÉGIE PUBLICITAIRE Terlet Boris chezlegrandbag@gmail.com STUDIO GRAPHIQUE Post Computer gr@postcomputer.fr Réalisation graphique : Romuald Gabrel Dessin de couverture : ©Aple76


WEB REVIEWS Textes : Anne Babb • Photos : DR

Guess the artwork La face cachée de l’Art… fluxshop.se/shop/

Gatahead case Un tel écran ! getaheadcase.com

Une peinture enfermée dans un corset d’aluminium cadenassé. C’est en voyant le dos de la toile, son châssis impudique, qu’il faut deviner qu’elle est l’œuvre cachée… Et si en réalité l’œuvre était justement au dos de l’œuvre, sa face cachée ici exhibée ? Un jeu qui devient vite une création artistique, pendue à votre mur et offerte à toutes les contemplations… au contraste de la chaleur du bois et à la froideur du métal. Une invitation à de subtils jeux ?

Transformez votre Ipad en Télécran. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Télécran fut une invention fort ludique qui permettait de dessiner des motifs simplistes en noir et blanc, en déplaçant un curseur à l’aide de deux boutons circulaires. Alors pour ceux qui ont eu la chance de connaître cet objet absurde culte des 80’s et ont tenté de dessiner l’ « indessinable», habillez votre Ipad d’une robe rouge vif avec ses manettes blanches. L’aspect du Télécran est ici parfaitement reproduit, les fonctions en moins… Mais votre Ipad fera beaucoup plus qu’un télécran.

Led coffee table ripple La table qui réagit à votre toucher

Velmota Ipod dock L’ampli à lampes

becausewecan.org/LED_ coffee_table_Ripple Une table qu’on pourrait croire vivante, sortie d’un film de science fiction. D’un design moderne, issu des bureaux de conception d’avant-garde californiens, elle dissimule, sous son habillage de verre sablé, 480 Leds blancs et 24 capteurs optiques à infrarouge qui réagissent au moindre toucher et procurent une lumière scintillante d’une extrême douceur…Un effet zen assuré ! La Led table est constituée de contre plaqué d’érable de haute qualité, avec zéro formaldéhyde, aux normes FSC et Medex (fibre de bois recyclé) et finie avec une laque à base d’eau. Écologique dans par fabrication, ce mobilier l’est donc également pour votre environnement intérieur puisqu’il ne dégagera pas d’actifs toxiques. Existe en 3 dimensions : 56 / 101 / 147 cm en longueur, 66 cm en largeur et 45 cm en hauteur.

Distributeur à Savon Hip & hop under the shower

nathaliestaempfli.com Vous voulez vraiment prendre soin de votre corps ? Faites donc un premier geste en bannissant les produits contenant du paraben, et particulièrement les gels douche industriels qui en sont saturés. Optez pour une solution « à l’ancienne » avec du savon naturel. Grâce au distributeur, qui râpe votre bloc de savon et le transforme en copeaux immédiatement moussants, vous pouvez désormais utiliser ce produit avec aisance sous votre douche (sans en craindre de périlleuses chutes) : une caresse sur votre corps. Existe en deux versions, conçues par la designer Nathalie Staempfli, en râpe manuelle murale ou moulin électrique mobile. Vous contribuerez alors au développement durable puisque le savon en bloc est plus concentré que le gel douche : donc en utilisant moins de produit on réduit l’impact environnemental. Ecologique !

Velmota.com

Nostalgiques des anciens juke-boxes nichés au fond d’un bar enfumé, entouré(e)s de copines cherchant, dans la moite chaleur du lieu interlope un(e) compagn(e)on d’escapade ? Don et Betty Draper pourraient bien surgir de ce décor échappé des 60’s, au son du Velmota : un dock pour Ipod, fabriqué à partir de pièces d’une radio Arvin de 1958, d’un ampli Fender et d’enceintes Bose. Le Velmota dock laisse entrevoir, sous son carrossage d’aluminium brossé et de sa grille aux crocs étincelants, d’antiques tubes agrémentés de Leds, évoquant les amplificateurs à lampe de jadis. Alors effleurez les robustes touches de sa télécommande, issue d’un poste de télévision Zénith des années Beach Boys et lancez-vous alors dans une étreinte endiablée, au son de votre playlist d’Ipod. Rétro à souhait !

8mm Vintage Camera La vidéo en super 8

Disponible sur l’App Store Votre iphone : une caméra « super 8 » ? Oui, vous ne rêvez pas ! Vous allez pouvoir vous transformer en réalisateur amateur digne des années 70, en donnant à vos vidéos le grain et les effets de ces films d’antan. Il vous manquera juste le cliquetis du projecteur, au visionnage de votre œuvre… Mais on s’y croirait déjà presque !

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Fortune cookie coin purse Faites un vœu ! Dianaeng.com

Et si ouvrir votre porte-monnaie portait bonheur ? Peut-être …Avec le Fortune Cookie en porte-monnaie, la chance et la vie douce à portée de pièce, à défaut de fontaine de Trevi. Conçu par la créatrice Diana Eng, cet accessoire, écologique, est réalisé dans du cuir recyclé du meilleur effet. Chaque porte-monnaie est unique, signé et numéroté.


MODE Texte : Alexis Jama-Bieri • Photo : DR

Laurent Desgranges

Laurent Desgrange est un jeune créateur qui conçoit des nœuds Papillon pour tous les jours. Influencé par le rock et la new wave, il invente une mode inspirée des classiques accouplés au style de la rue, une mode de tous les jours et non-apprêtée. Une mode pour les hommes, et aussi pour les femmes, toujours amatrices de nœuds. Ce type de nœud, évoquant la forme d’un Papillon, fut à l’origine un élément du vestiaire masculin raffiné, cité en 1830 déjà par Honoré de Balzac dans son « Traité de la vie élégante ». Devenu rapidement l’accessoire indispensable de toute tenue de soirée, spécialement le smoking, il fut progressivement adopté comme accessoire de tenue de travail

par les professions nécessitant un nœud pratique, tels les serveurs ou recherchant un nœud voyant tels les clowns. De nombreuses personnalités réelles ou de fiction adoptèrent ce petit nœud, telles Winston Churchill, David Bowie, James Bond, Donald Duck ou encore les bunnies de Playboy. Ringardisé peu à peu, le nœud papillon était en passe de sombrer dans les abîmes de la mode, principalement porté désormais par les personnes au goût hasardeux. Mais depuis peu, le nœud Papillon est devenu un accessoire de mode décalé et rock n’roll. Un accessoire dorénavant indispensable ! Interview.

Je développe actuellement une ligne de chapeaux et accessoires de tête destinée aux femmes où le nœud tient une place importante. Ils sont beaucoup plus volumineux que les nœuds papillons classiques pour homme que je propose. De façon générale, les nœuds papillons vont évoluer pour être portés en broche, en collier, en chapeau...

Qu’est-ce qui constitue l’esprit rock’n roll de vos créations ? Tout d’abord, c’est le style de musique que j’écoute depuis toujours, c’est aussi peut-être le fait que je ne m’impose aucune limite stylistique. J’expérimente beaucoup pour créer quelque chose de rare et d’original. Ça ne m’intéresse pas de faire ce que les autres font déjà.

En fait, peut-on être rock’n roll en portant un nœud papillon quand on sait que les clowns ou les chippendales en ont fait leur emblème ? Oui, absolument. Avant tout, le nœud papillon accompagne un look, une personnalité. Le porter avec décalage ou humour est un choix qui nécessite une certaine indépendance de caractère.

Quelle est la particularité de vos nœuds ? Mes

Quelles matières utilisez-vous ? détournez vous des matières pour la réalisation de vos nœuds ?

nœuds sont réalisés en France, à Paris, de manière artisanale et méticuleuse. Un grand soin est apporté à leur fabrication comme au choix des tissus utilisés. C’est une autre originalité de ma marque : la sélection des matières utilisées. La plupart sont réalisés dans des tissus introuvables ailleurs. Ce n’est pas le cas des marques destinées au grand public qui les fabriquent en Asie en très grande quantité, dans des tissus synthétiques.

J’utilise une infinie palette de matières pour créer mes nœuds. C’est ce qui rend l’objet intéressant et créatif. Ne pas se limiter au classique satin mais détourner les matières. C’est très ludique, un peu comme dans la gastronomie actuelle, mélanger les saveurs pour créer un résultat surprenant et inédit.

Quelles formes, attaches proposez-vous ? Créezvous des formes spécifiques de nœuds ? Les atta-

Comment vont évoluer les nœuds papillons, leur forme, leur taille, leurs étoffes ? Concernant

ches des nœuds que je propose sont multiples. Mes nœuds se fixent soit par un ruban que l’on noue autour du cou, soit avec une pince métallique ou encore une broche à fixer sur un vêtement. Cela offre la liberté aux femmes de s’approprier le nœud masculin et aux hommes de le porter différemment.

les nœuds papillons de ma marque, ils ont déjà évolué vers encore plus d’exclusivité et de variété. J’ai créé notamment le modèle Origami, un pliage particulier que je suis le seul à offrir à ce jour et qui donne au nœud une forme particulièrement inédite et raffinée.

Vincent Schoepfer

Vincent Schoepfer fait partie de la jeune garde de la création française. Après des études à ESMOD, il se lance à partir de 2001 dans la réalisation de ses créations. D’abord concept, ses créations se concevaient, au départ, plus comme des « scénographies de la création », l’habit constituant

Le nœud papillon revisité

alors l’aboutissement d’un processus intellectuel plus vaste et mis en scène. Ainsi, de 2001 à 2003, il s’installe lors du festival d’Avignon avec sa « Grange des créateurs », laboratoire du fashion design, où il développe son concept de pièce unique. À la recherche d’une toujours plus grande perfection dans ses créations, il développe par la suite des collections complètes pour la femme, puis pour l’homme à partir de 2006. Son univers est coloré et rétro, avec un style « casual chic », sur les bases du dressing conventionnel, mais rendu plus impertinent et plus osé. Interview.

J’apporte une fraîcheur brute, je laisse la place à une plus grande créativité, je réinvente certains basiques, comme les polos pour l’été 2011. J’ose plus, je n’ai rien à perdre, contrairement à ces géants pour qui la rentabilité prime sur l’innovation.

Pour vous, quelles sont les caractéristiques d’un vêtement de qualité ? C’est un vêtement avec un juste prix. Il faut que le consommateur soit vigilant : un vêtement de créateur sera plus souvent de bonne qualité que celui d’un géant qui est censé vendre du haut de gamme…

Quelle est la philosophie qui anime la création de chacune de vos collections ? C’est à chaque fois différent, je n’ai pas de recette miracle, mais ce qui me pousse c’est de raconter une histoire, de recréer un univers dans mon univers, d’inventer des personnages.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? C’est la banalité du quotidien, une chose anodine, une vieille boîte de poupée Mattel comme pour ma collection de l’hiver prochain. Et dans le style, j’avoue que le rétro 50’s demeure une de mes sources d’inspiration.

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porter qui a changé. Porter un nœud papillon avec une tenue de jour est en soi un manifeste. Une façon d’affirmer son originalité, sa créativité, son style. Un clin d’oeil. une indépendance esthétique dégagée des diktats de mode. Traditionnellement, au 19ème siècle, le nœud papillon était porté par les artistes, les élégants, les dandys, tandis que les bourgeois et les personnes plus classiques préféraient la cravate. Aujourd’hui on revient à cela. Porter un nœud papillon est une manière élégante d’afficher son anticonformisme. Reprendre des codes vestimentaires anciens voire complètement dépassés est devenu de nos jours plus rebelle que de porter un jean troué ou des bottes cloutées. C’est aussi plus subtil. Les personnes qui envisagent l’idée de porter un nœud papillon ont souvent déjà une personnalité forte, un style affirmé.

Pensez-vous dans l’avenir créer des collections de vêtements dans l’esprit de vos nœuds, pour accompagner ces accessoires ? J’y pense depuis la création de ma marque. Si aujourd’hui je me limite à la commercialisation de nœuds papillons et de t-shirts c’est pour deux raisons simples : Tout d’abord, parce que je souhaite que les produits portant ma signature soient irréprochables en terme de qualité et de créativité. Cela passe par un investissement de temps et d’énergie que je mets personnellement à toutes les étapes de la création à la fabrication. La deuxième raison est qu’en France, les industriels, les usines qui pourraient produire des vêtements créatifs ne parlent pas le même langage que les créateurs. Il n’est pas aisé de trouver en France des ateliers de production réceptifs aux projets des créateurs. Paradoxalement, c’est comme si nous vivions sur deux planètes différentes alors que nous sommes complémentaires.

Le casual chic impertinent

apporter à ce type de vestiaire plutôt east cost ?

Vous êtes sur le même segment «casual chic» que des marques américaines comme Ralph Lauren, Tommy Hilfiger ou Abercrombie & Fitch. Quelle spécificité «française» pensez-vous

En fait, la modernité du nœud est dans la façon de le porter. Comment suggérez-vous de porter vos nœuds pour ne pas paraître trop old school ? Oui, c’est évidemment la façon de le

Quelle place donnez-vous aux couleurs dans vos créations ? La couleur est au centre de mes collections. Elle fait partie de mon univers.

Quelles tendances exprimez-vous dans vos collections pour le printemps 2011 ? On retrouve l’air du temps dans mes collections. Mais la tendance n’est pas vraiment une chose à laquelle je m’intéresse pour créer.

Pensez-vous qu’en réalité, plus qu’un effet de tendance justement, la façon de s’habiller, le style, varie d’un point à l’autre du territoire français ? Oui d’une certaine façon pour moi, on peut remarquer quelques facteurs de différentiation. La Cagole du Sud, Le Versaillais en région parisienne en sont des exemples. La différence entre grandes agglomérations et province est claire. Mais on retrouve des tendances communes qui sont dues à la mondialisation et aux médias qui diffusent à de grandes masses les mêmes sujets, ce qui conditionne les achats. Les aspects culturels et sociaux sont les facteurs majeurs de ces différences de comportement dans la façon de s’habiller. Le territoire se voit plus en termes de quartier ou de ville que de région : nos voisins proches sont parfois plus différents que les habitants d’une région éloignée !


OPÉRA DE REIMS Texte : Opéra de Reims • Photos : DR

Une diva atypique et un « bad boy » pour 2 événements exceptionnels à l’Opéra de Reims ! JUNE ANDERSON,

CHRISTOPHE DUMAUX,

Une diva généreuse

Le «bad boy» de l’opéra

Soprano réputée dans le monde entier, June Anderson s’est imposée sur les plus grandes scènes dans le répertoire italien : Donizetti, Rossini, Bellini, Verdi... Diva atypique, elle délaisse aujourd’hui le bel canto pour un répertoire plus éclectique, toujours somptueusement interprété. Cet événement exceptionnel sur la scène de l’Opéra de Reims est organisé par ColineOpéra au profit de la Chaîne de l’Espoir et Entreprendre en Banlieue, deux organisations humanitaires.

À la tête de La Grande Écurie et La Chambre du Roy, Jean-Claude Malgoire dirige le plus célèbre opéra d’Haendel, Jules César en Egypte, dans une mise en scène signée Christian Schiaretti. Une nouvelle production très attendue, servie par une distribution de haut vol. Le rôle titre, écrit à l’origine pour le castrat Senesino, est confié ici à Christophe Dumaux, un des contre-ténors les plus brillants de la scène actuelle. Christophe Dumaux affiche un sacré tempérament. S’il avoue un net penchant pour les personnages de mauvais garçon, il se distingue dans chacun de ses rôles par ses qualités vocales et son jeu théâtral. Le voici pour la première fois dans le rôle titre de Jules César.

Pourquoi vous êtes-vous engagée dans ce concert caritatif ? June Anderson : Il est très important de donner et pas seulement de recevoir. Durant toute ma carrière, j’ai toujours fait des concerts à but caritatif, notamment avec l’Unesco, et quand Jean-François Galliot, le président de ColineOpéra, m’a proposé de donner des récitals pour aider à soigner des enfants malades, j’ai immédiatement accepté.

Après le rôle de tolomeo aux côtés de Natalie Dessay, comment abordez-vous Jules César ? Christophe Dumaux : J’en suis à mon 75ème Tolomeo et j’éprouve toujours le même plaisir à le jouer. J’espère pouvoir m’amuser autant avec Jules César. Prendre du plaisir sur scène est le plus important pour moi dans ce métier. La psychologie de ce rôle est complexe, à tel point qu’aucun metteur en scène ne m’a semblé avoir réussi à en faire un héros totalement convainquant. Mon challenge est aujourd’hui d’entrer dans ce personnage mythique et de construire, avec le metteur en scène, un César qui me corresponde tout en respectant le caractère du rôle.

Quel programme avez-vous choisi pour ce récital ? J.A. : Je chanterai probablement du Haendel, du Rossini et des airs romantiques du XIXe siècle, des œuvres connues qui conviennent bien à la formation de l’Orchestre Atelier Ostinato qui doit m’accompagner.

Quels sont vos projets pour cette saison ? J.A. : C’est une saison très moderne puisque je vais chanter des œuvres du XXe siècle, ce qui me passionne car j’ai besoin de relever des défis et j’en trouve de moins en moins dans le répertoire du bel canto. Après le rôle d’une religieuse, Madame de Lidoine dans les Dialogues des Carmélites, je vais faire un grand écart en interprétant Salomé de Richard Strauss à l’Opéra de Liège en mai ! Je suis ravie d’aborder cet opéra dans sa version française que je trouve plus sensuelle et plus lyrique que la version allemande. Je vais aussi chanter une œuvre de Samuel Barber pour soprano à Paris et les Correspondances d’Henri Dutilleux à Montréal.

Vous chantez souvent Haendel, que vous inspire-t-il ? C.D. : C’est vraiment le compositeur que je préfère. Musicalement, je le mets même au-dessus de Mozart. C’est en écoutant Orlando avec James Bowman que j’ai décidé de devenir contre-ténor. Et puis Haendel est une mine d’or pour un chanteur. Il a écrit plus de quarante opéras et quantité d’oratorios. C’est d’ailleurs un peu dommage que l’on monte toujours Giulio Cesare ou Rinaldo alors qu’il y a une pléthore d’œuvres magnifiques comme Giustino ou Flavio qui ne sont jamais données.

De quelle manière passez-vous d’univers esthétiques aussi différents et comment choisisezvous vos rôles ? J.A. : La technique du bel canto permet d’aborder des styles très différents et de travailler

Vos répertoires de prédilection… C.D. : Je m’intéresse de plus en plus à la musique contemporaine et je suis très heureux de chanter cette saison une création de Bruno Mantovani à l’Opéra Bastille. J’aime beaucoup Britten également.

tous les répertoires. J’aime les oeuvres qui sont un défi à la fois musical et dramatique. Ce sont avant tout les personnages qui m’intéressent. Après avoir beaucoup chanté Norma, il m’était difficile de trouver un rôle qui m’inspire autant. J’ai donc choisi de me tourner vers un autre répertoire et aujourd’hui c’est un grand bonheur pour moi de chanter Strauss qui est ma première passion.

L’image de « mauvais garcon » vous colle un peu à la peau, qu’est-ce qui vous attire dans les rôles de méchant ? C.D. : Dans la vie de tous les jours, il y a plein de choses qu’on n’ose pas dire ou faire et, sur scène, à travers ce genre de personnage, on peut tout balancer ! Je prends vraiment plaisir à jouer des rôles de vilain.

Giulio Cesare In Egitto Opéra De Handel

Les critiques soulignent le côté très physique et très théâtral de votre jeu… C.D. : Pour moi, l’opéra, c’est du théâtre. Il faut que ça bouge ! Même si parfois, certaines choses passent moins bien vocalement. Mais je préfère ne pas atteindre la perfection vocale et donner plus d’émotions. Le chanteur doit être acteur et ma référence dans ce domaine n’est autre que Dominique Visse. J’essaie, comme lui, de marier le chant et le jeu de scène pour amener autre chose et dépoussiérer certains opéras.

Vendredi 6 mai (20h30) Dimanche 8 mai (14h30)

Quel est le rôle que vous rêvez de jouer ? C.D. : Jules César justement ! Même si j’appréhende beau-

Conférence par Francis Albou

coup d’affronter ce monument. Le rôle a été écrit pour un castrat et repris par des mezzo-sopranos ; à présent, si le public préfère souvent les versions avec une voix féminine, j’aimerais démontrer que les contre-ténors ont aussi pleinement leur place dans ce rôle.

Jeudi 28 avril (18h) • GIULIO CESARE IN EGITTO – 1ère partie Vendredi 18 mars (18h) • GIULIO CESARE IN EGITTO – 2ème partie

Récital June Anderson Vendredi 1er avril (20h30)

www.operadereims.com 06


ÉVÉNEMENT Texte : Boulingrin • Photos : © Dominique Potier

Mémoire de Boulingrin ÉMERGENCE D’UN MYTHE Lieu patrimonial, lieu de mémoire d’une civilisation d’antan, lieu controversé, les Halles du Boulingrin déchaînent, depuis des décennies, les passions, ou engendrent une pure indifférence…

Mais que penser de ce bâtiment des 20’s gris et fortement dégradé… Que penser d’une construction présentée comme une prouesse et une innovation architecturale, balbutiement du modernisme qui commence à s’écrouler seulement 20 ans après sa construction ? Face aux années d’immobilisme de la municipalité Falala quant à l’avenir de ce bâtiment désormais déserté, à la non-décision quant à sa destruction ou sa réhabilitation, l’État a tranché en 1990, en classant l’édifice de béton au titre des Monuments Historiques. Dès lors, un avenir pouvait être

imaginé pour ce lieu, soutenu par l’association Amic’Halles, menant son louable combat de revitalisation du quartier Boulingrin, pour qui la Fraîcheur Nourricière d’un marché couvert parmi vendeurs gouailleurs et vagabonds collectant quelques fruits avariés serait presque conforme à l’image « d’Épinal » dont ils rêvent, entre nantis, gueux et vestales. Amélie Poulain à Reims… Pourquoi pas ? À 32 millions d’euros la réhabilitation, ce bâtiment, loin d’une vision uniquement passéiste et folklorique, aura une vocation plus large et contemporaine, voulue par l’actuelle municipalité rémoise, s’inscrivant dans son grand projet de réaménagement urbain de Reims à l’horizon 2020. Désormais lieu de commerce de proximité, les Halles Boulingrin (et leur quartier) seront également un espace de culture. Culture de la bouche et culture de l’esprit, voilà un assemblage digne des meilleurs nectars ! Dans un quartier où viendra s’installer le futur Musée des BeauxArts, où l’espace public sera rendu aux piétons et aux terrasses de bistrots

animés de jour comme (et surtout) de nuit, où la vie épicurienne, orgiaque d’esprit, pourra s’installer sous l’œil bienveillant de Gargantua et de ses complices habitants. Afin de conserver un témoignage des Halles avant leur réhabilitation (qui s’achèvera pour février 2012), le photographe Dominique Potier a parcouru le cœur de l’édifice, à la recherche de son âme (perdue ?), en août 2010. 36 de ses clichés sont présentés à la Galerie du Cardo, du 25 mars au 9 avril 2011. Cette exposition, intitulée Mémoire de Boulingrin : dernier regard avant travaux, livre les impressions du photographe sur la vieille cathédrale de l’agroalimentaire au travers d’un objectif ouvrant une perspective sur un quartier qui possède une histoire, un patrimoine, une poésie, une humanité et des potentiels à faire émerger. À découvrir pour imaginer le Boulingrin au passé et au futur. À lire, pour plus d’informations sur l’histoire des Halles Boulingrin, la brochure éditée par la galerie à l’occasion de l’exposition.

ÉVÉNEMENT Texte : Valentin de La Hoz / URCA

Le 31 mars 2011, le SUAC fête ses dix ans ! Créé en 2001, le Service Universitaire d’Action Culturelle est chargé de mettre en œuvre le projet culturel de l’Université de Reims ChampagneArdenne et a pour missions de garantir l’intégration des pratiques artistiques et culturelles dans les cursus d’enseignement, animer les campus universitaires (Campus en fête, Printemps des poètes…), créer des évènements culturels dans la ville, valoriser la recherche (notamment en matière patrimoniale), favoriser les pratiques artistiques et la rencontre avec l’Art et développer la culture scientifique, bref, faire bouillonner de culture la ville universitaire !

JEUDI 31 MARS - dès 19h

rens. _ 03 26 91 84 15 | magalie.ninin@univ-reims.fr | www.univ-reims.fr

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Menant une politique de réseau, le SUAC est d’une part lié au Service Culturel du CROUS dans le cadre d’un partenariat entre les deux services en matière de programmation sur les Campus et dans les Villes Universitaires de la région Champagne-Ardenne et, d’autre part, membre d’A+U+C (Art+ Culture +Université), fédération qui réunit les Services Culturels des Universités Françaises, des CROUS, Anima’fac… Ceci lui permet donc de confronter sa pratique avec celles des autres services, d’être informé des actualités en matière de politiques culturelles et d’être force de propositions auprès des Ministères de l’Education Nationale et de la Culture.


BOOKS Textes : AVC • Visuel : DR

Bordel Disponibles Chezlegrandbag

REVUE LITTÉRAIRE JUBILATOIRE • Stéphane Million Editeur Rare… Une maison d’édition dédiée aux romans et aux nouvelles, à la découverte de nouvelles voix, à la publication d’écrivains qui développent une littérature du temps présent. L’éditeur, le preneur de risques, c’est Stéphane Million, personnalité iconoclaste, passionnée, animée par l’envie de découvrir toujours plus de nouveaux talents, des voix disparates qui parlent d’aujourd’hui, entre des auteurs nourris de Duras, de Nimier, ou par la culture pop ou télé, avec un goût non dissimulé pour les plumes venues du web, presque… bordélique. Bordel, c’est d’ailleurs le titre de sa Revue Littéraire : « J’ai toujours été attiré par l’idée de bande d’amis, d’où Bordel d’ailleurs : dans quel autre endroit peut-on trouver un texte de Beigbeder, de Chloé Alifax, jeune auteur vivant loin de Paris, publiée sans jamais l’avoir rencontrée, de Jean-Paul Rouve, acteur césarisé, de Julien Ribot, compositeur élégant, de Pierre Mérot, écrivain au sang russe, de Mathias Vayer, inconnu au bataillon, un texte reçu par mail, de Céline Navarre, qui relit l’ensemble de la revue, d’Erwan Denis qui fait mes livres, de Sébastien Thoen d’Action Discrète... et le tout chapoté par une couverture de Jean-Charles de Castelbajac ? Initialement sous-titrée « ouvert à tous », la revue Bordel se

présente comme une « initiative bordélique » de mélanger des écrivains en leur laissant toute liberté. Les textes qu’elle propose représentent alors une « promenade vigoureuse et décapante dans les étages de l’écriture d’aujourd’hui : réalisme trash, satire destroy, pamphlets nihilistes, poésie désabusée, exhibitionnisme froid, autofictions mythomanes, imagination narcissique ». C’est en 2003 que Stéphane Million fonde la revue Bordel. Prenez une trentaine d’auteurs, demandez-leur d’écrire une nouvelle chacun, ce genre de recueil où des auteurs dérangés écrivent des textes déjantés. De 2003 à 2006, la diffusion de la revue est assurée par Flammarion qui publie cinq numéros avec Frédéric Beigbeder comme

directeur littéraire. La revue collabore alors avec des auteurs médiatiquement reconnus. Les numéros 6 et 7 seront publiés, eux, chez Scali. À partir de 2008, Stéphane Million crée sa propre maison d’édition (Stéphane Million éditeur), laquelle reprendra à son compte la publication de la revue. Cette dernière fera alors une part plus grande aux auteurs inconnus du grand public, avec des textes contemporains profondément ancrés dans le réel. Des livres de qualité donc, avec un maquettiste que l’éditeur respecte, une correctrice qui a le temps de travailler, des auteurs coup de cœur, qui donnent leur avis et participent à la création du livre.

Basquiat

The Rat Pack

Le grand bordel de Cannes

Sujet d’une récente rétrospective qui s’est terminée le 30 janvier dernier au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, l’artiste américain Jean-Michel Basquiat mort à 27 ans est un alibi littéraire fabuleux. L’acteur Johnny Depp, spécialiste du premier artiste graffeur, ouvre ce numéro de BORDEL par un article traduit par Virginie Despentes et Pierre Cornette de Saint Cyr ferme le ban avec sa dernière rencontre avec le Mythe…

Cela n’existe plus aujourd’hui. Une bande de potes (Frank Sinatra, Dean Martin, Kennedy, Marylin Monroe, Lauren Bacall…), des sketchs improvisés, des chansons posées sur voix de velours, mêlant élégance et nonchalance, le tout un verre à la main et une cigarette au bec, c’était ça le Rat Pack…

Après « The Rat Pack », Stéphane Million récidive avec sa revue Bordel, autour du thème de Cannes. Une nouvelle couverture flashy signée JC de Castelbajac et 35 nouvelles qui décortiquent autant la ville que le concept « Cannes ».

Bordel The Rat Pack, c’est un recueil de nouvelles en hommage aux stars de la génération silencieuse de l’après-guerre. Avant que la contreculture ne déferle, ils incarnaient un certain art de vivre jouisseur et bien habillé… Un chic américain classique, quoique un peu voyant, auquel la série Mad Men rend un hommage distancié… Le Rat Pack, était connu pour ses fêtes privées et ses concerts sold-out. Ces crooners dandys et nonchalants susurraient leurs classiques : Stranger in the night, New York New York, Everybody Loves Somebody Sometimes… À cette époque, Sinatra fricotait avec Sam Giancana, patron de la mafia, comme avec John Fitzgerald Kennedy, futur président des Etats-Unis, qui s’éloignera de cet ami encombrant une fois élu… L’acteur anglais Peter Lawford, autre membre du Pack, était d’ailleurs marié à la soeur du président. Leur mélange d’élégance impeccable, de succès, de fric et de pouvoir fascinait l’Amérique puritaine et industrieuse de l’époque. Stéphane Million, l’éditeur de The Rat Pack a toujours été attiré, on le sait, par l’idée de bande d’amis… Il a donc demandé à ses auteurs de se pencher sur ces années 60. Comme des photographes, instantanés de quelques pages, en flagrant délit d’imagination, ils nous livrent leurs émotions, leurs souvenirs ? Non… plutôt leur mémoire collective et leur idée de cette époque qu’ils n’ont pas vécue. Joli travail de plume… Le tout, comme toujours, chapoté par une couverture de Jean-Charles de Castelbajac …

Les auteurs fétiches de Stéphane Million et habitués de la revue Bordel sont toujours là, présents pour le rendez-vous : Chloé Alifax, Jérôme Attal, François Blistène, Grégoire Bouillier,Sylvie Bourgeois, Régis Clinquart, Emmanuelle Cosso-Merad,Scali Delpeyrat, Erwan Denis, Philippe Di Folco, FabriceGaignault, Aurélie Garotta,Jules Gassot, Gaudéric GraubyVermeil, Barbara Israël, Alexandra Julhiet, Matthieu Jung,Louis Lanher, Arnaud Le Guilcher, Alexandre et Timothée MacéDubois, JP Christopher Malitte, Bénédicte Martin, Éva Mazauric. Dans ce joyeux Bordel coloré, on découvre ou redécouvre le Cannes du Festival International du Film, bien sûr, mais également le Cannes calme station balnéaire de la Côte d’Azur où les palmiers et la Croisette sont 11 mois par an le théâtre de films plus intimistes. Des collines de La Californie au Palais du Festival en passant par la gare et les chambres d’hôtel luxueuses, les protagonistes sont tour à tour drôles, tristes, angoissants, passionnés, montent les marches, les descendent, font la Révolution Mai 68, courent sur la Croisette et pleurent sur les toits, prennent des trains pour ou depuis Paris et mettent le feu sur des îles. Ca parle donc vivement de cinéma, de barnum, de business, mais aussi et surtout de littérature, de Klaus Mann ou de Jean-René Huguenin. Encore une réussite, avec un énorme coup de coeur cette fois-ci pour les nouvelles de Bertrand Tessier, Valérie Tong Cuong, Chloé Alifax et Jérôme Attal.

Mais les habitués s’en sont donnés à cœur joie… Jérôme Attal, Sylvie Bourgeois, Thomas Bouvatier, Mathias Bresson, Yan Céh, Régis Clinquart, Wendy Delorme, Erwan Denis, Virginie Despentes, Roxane Duru, Adeline Grais-Cernea, Barbara Israël, Yasmina Jaafar, Matthieu Jung, Aude Kerville, Jonathan Lambert, Louis Lanher, Thomas Lélu, Stefan Liberski, Céline Navarre, Martin Page, Denis Parent, Renaud Santa Maria, Yves Simon, Valérie Tong Cuong, Hélèna Villovitch. Ils sont donc là ou presque tous, la jeune garde de la littérature française pour nous balader avec une vingtaine de nouvelles étonnantes, détonantes, désespérées ou comiques dans le New York des 80’s, la musique punk rock, l’Art contemporain, le sida, la drogue, le métissage, la place de l’artiste dans une société consumériste et spectaculaire… Et comme pour toutes les nouvelles publications de Bordel, la couverture a été dessinée par Jean-Charles de Castelbajac, ici en trois versions : fluo rose, fluo vert, fluo jaune… juste pour rire !

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DESIGN Texte : Jens Andersson • Photo : DR

Zanotta DESIGN À L’ITALIENNE Fondée en 1954, par Aurelio Zanotta, la marque Zanotta est reconnue comme l’une des plus grandes du design Italien. Pour la création de ses produits, elle a fait appel, depuis ses débuts, aux talents des meilleurs designers : Achille Castiglioni, Marco Zanusso, Joe Colombo, Carlo Mollino, Ora Ïto, Gae Aulenti, Ettore Sottsass, Alessandro Mendini, Andrea Branzi, Giuseppe Terragni, Enzo Mari, Bruno Munari, Alfredo Häberli, Roberto Barbieri, Ross Lovegrove … Impossible donc d’écrire l’histoire du design italien des soixante dernières années sans se référer aux nombreux objets créés par Zanotta, dotés d’une âme poétique et à la dimension artistique, les hissant au rang d’œuvres véritables que l’on exhibe chez soi tel un tableau ou une sculpture. Les collections de Zanotta couvrent les principaux domaines de l’ameublement et de la décoration : tables, chaises, fauteuils, sofas,

bibliothèques, lits et tous types d’objets de design utiles pour sa résidence. Emblématiques pour leur innovation tant formelle que technologique, les créations de Zanotta utilisent des matériaux modernes et nobles tels que l’aluminium, l’acier inoxydable, le laiton, le bronze, les plastiques, le verre, le marbre, le granit, le bois, les tissus et le cuir. Parmi les réalisations de Zanotta, l’emblématique pouf Sacco, emblème du design de 1968, a soufflé ses 40 bougies. Les fans de Gaston Lagaffe connaissent bien ce siège informe sur lequel on se jette et qui épouse toutes les formes. Inventé par le trio italien composé de Piero Gatti, Cesare Paolini et Franco Teodoro, il se compose d’un revêtement contenant des milliers de billes de polystyrène. Aujourd’hui, dans une démarche de développement durable, le Sacco se rêve un peu plus écologique, avec un contenant et un contenu désormais plus respectueux de l’environnement.

www.zanotta.it EN VENTE CHEZ INTÉRIEUR ACTUEL 40 rue Buirette • Reims • 03 26 88 25 34

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ÉVÉNEMENT Texte : Alexis Jama-Bieri • Photo : © Crapaud Mlle

Bye Bye Bayou DE NOUVELLES SOIRÉES ROCK À REIMS Bye Bye Bayou, une toute nouvelle association, a proposé sa soirée #1 le vendredi 11 mars à la Cartonnerie (la BBB #2 est déjà programmée en fin d’année, ndlr). Au programme : le rock made in Paris des Hey Hey My My qui ont électrisé la scène des titres de leur second album sorti en 2010 «A Sudden Change Of Mood» avec un son électrique alliant énergie rock et mélodies pop franchement enivrantes, celui d’Eldia, qui ont fait partager la fièvre du rock qui les habite avec leur musique aux influences pop purement british (Beatles, Kinks, Franz Ferdinand…) et des Chicros (radins en argot) à l’indie pop et au psychédélisme tout droit issus d’instruments cheap (dont de vieux synthés Casio) avec leurs compositions pop rock mélodiques et décomplexées. Rock’n Roll dans l’esprit, pour la musique et rien que pour la musique, une soirée au succès flamboyant où le cabaret de la cartonnerie était plus que plein à craquer ! Chezlegrandbag newspaper y était et en a profité pour interviewer l’équipe de Bye Bye Bayou… Comment s’est créé votre projet et quels en sont les protagonistes ? L’idée de départ de notre projet est venue un soir de concert, où tous réunis, nous nous sommes dit que le meilleur moyen de pouvoir multiplier ce genre d’événements et de soirées musicales, dont nous sommes particulièrement friands, c’était de les organiser nousmême. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! De plus, rassurés par l’expérience d’une partie de la bande dans l’organisation de lives, on a décidé de se lancer. En ce qui concerne la répartition des tâches, nous sommes cinq et l’on fait tout ensemble, ce qui permet d’éviter de se perdre. Cela permet aussi de belles disputes, ce qui prouve que ce projet nous tient à cœur...

Pourquoi avoir choisi le nom Bye Bye Bayou ? On pourrait presque croire que vous proposez des concerts de musique Cajun… Original ! En fait, je suppose que c’est l’esprit Rock qui prime… Et non le nom… ? Le choix du nom est un clin d’œil au New York underground de la fin des années 70 d’Alan Vega et de Suicide. De plus, ce nom symbolise pour nous la migration des bluesmen du Mississipi au nord des Etats-Unis au milieu du siècle dernier, l’électrisation du blues, et donc les fondations de toute la musique amplifiée. Bien sûr, c’est l’esprit qui compte, on n’a pas prévu de séduire notre public par notre nom. Notre volonté de base, c’était de voir des guitares, des batteries, et de l’énergie. Le but de nos soirées est d’organiser des dates pour lesquelles le public nous ferait confiance. On espère donc que les gens sentiront le rock sans que l’on soit obligé de l’écrire.

Vous avez déjà une expérience significative d’organisation de concerts, notamment à Londres et à Paris. Que vous apporte cette expérience pour l’organisation de vos soirées à Reims ? Il est indéniable que notre expérience est un avantage. Les contacts et les connexions que nous avons déjà avec les acteurs de ce secteur (artistes, managers, labels, tourneurs, programmateurs de salles…) facilitent évidemment pas mal de choses dans tout le travail de programmation et de production que nous faisons.

Pourquoi avoir choisi Reims pour le développement des activités de votre association et l’organisation de vos prochaines soirées ? La première, c’est que les musiciens de notre ville sont

et 15€ plein tarif ), allez vous rester dans cette gamme de tarifs pour permettre à un large public d’accéder à la musique rock contemporaine ? C’est ça finalement la difficulté de notre travail :

partout : l’esprit est là, palpable, il y a donc forcément un public que l’on espère pouvoir toucher et fidéliser. La seconde, c’est qu’une partie de la troupe y habite.

réussir à faire venir des groupes importants, pour pouvoir fournir de beaux souvenirs au public, sans jamais oublier que c’est le public qui paie. De toute façon, on n’a pas l’intention de faire venir les Stones ou Arcade Fire pour l’instant, alors pas d’inquiétudes sur les tarifs ! Mais pour maintenir cet équilibre et étoffer encore notre programmation (et l’ouvrir notamment à des groupes étrangers), on aura le soutien de partenaires.

Des soirées rock destinées principalement aux lycéens existent déjà à la Cartonnerie. Allez-vous cibler un public plus mature et averti culturellement ? On veut que ça bouge ! On est très exigeant sur la programmation, mais on veut surtout organiser des événements où le public pourra se rendre sans forcement connaître les groupes en ayant l’assurance de passer un excellent voyage musical, avec des vrais musiciens et leurs vrais instruments. Nous comptons sur l’énergie du public, et tant mieux si notre programmation intéresse aussi un public plus âgé (nous sommes nous-mêmes trentenaires). Mais on ne veut pas finir en soirée des nostalgiques de l’indie-rock. L’offre est variée, mais ne pourra jamais l’être trop. Au contraire, nous rêverions d’un concert tous les soirs à Reims. Et c’est finalement plutôt un remède à la crise, non ?

Justement, que vont apporter de plus vos soirées à l’offre culturelle ? On aimerait créer une image de marque et que le public vienne à nos concerts avec l’assurance d’être emporté par les groupes qu’on aura choisis…On travaille pour faire la soirée la moins impersonnelle possible, pour que le public et les groupes se sentent au bon endroit au bon moment.

À quel rythme proposerez-vous vos événements ? Au début, on souhaite se positionner avec deux types d’événements : les concerts à la Cartonnerie avec des têtes d’affiches importantes, au rythme d’environ trois dates par an et les concerts dans des bars, à un rythme plus aléatoire, et plus tournés vers la découverte de groupes, avec toujours la même exigence de qualité.

Vos tarifs à la Cartonnerie sont très abordables (10€ abonnés

10

Vous bénéficiez du dispositif d’accompagnement culturel de la Cartonnerie, qui offre son appui à des associations rémoises choisies pour la qualité de leur projet. Que vous apporte concrètement ce soutien ? La Cartonnerie nous soutient depuis le départ. Ils sont très présents et d’une aide précieuse, à la fois en termes de conseil sur toute la partie administrative et technique, mais aussi parce qu’ils supportent financièrement une partie importante des coûts de production des événements. De plus, la salle est très attractive pour les artistes, sa réputation n’est plus à faire. C’est un plus pour nous, les artistes n’hésitent pas du tout à y venir.

Comment percevez-vous l’offre musicale rock actuelle ? Quelles sont vos références ? Comme on le disait, nous croyons tous à une vague de musique électrique actuelle. Les artistes nous montrent que contrairement à ce qu’on croyait, il y a dix ans, il y a encore plein de choses nouvelles à faire dans ce domaine. Nous sommes optimistes. Nos références sont pour le coup diverses et passent par à peu près toutes les musiques modernes : du blues de Robert Johnson, au rock 70’s, au punk, à l’indie, house, folk, hip-hop et puis plein d’autres trucs (dont quelques-uns inavouables !). Actuellement, on aime bien ArielpInk’s Haunted Graffiti, et puis dans l’esprit électrique, le dernier Neil Young qui s’appelle « Le Noise » (ça aurait pu faire un joli nom d’association d’ailleurs) Sans oublier bien sur les albums d’Hey Hey My My, Chicros, l’EP d’Eldia et ceux de tous les musiciens de Reims ... !


ÉVÉNEMENT Texte : Jens Andersson / Impérial / La Cartonnerie • Photos : DR

Les Femmes S’en Mêlent #14 Scène musicale féminine indépendante vendredi 25 mars 2011(20h) EN PARTENARIAT AVEC CHEZLEGRANDBAG NEWSPAPER

Déjà plusieurs années que le festival de la scène féminine indépendante passe par la Cartonnerie. Pour la 14ème édition du festival (ici et ailleurs en France du 19 mars au 3 avril 2011), la Cartonnerie accueille, le vendredi 25 mars, trois groupes qui sont loin, n’en déplaise aux rétrogrades, de reléguer les femmes aux tâches domestiques. Une énergie pour laquelle on ne se fera pas prier !

Gratuit pour les 100 premiers abonnés à réserver (Le billet doit être retiré à la Cartonnerie, du lundi au samedi de 14h à 19h, sur présentation de la carte d’abonné). FREE / 8€ / 11€ / 13€ / 15€ 20 invitations (exclusivement pour les femmes) à retirer Chezlegrandbag ! (2 impasse JB de la Salle)

Pack A.D.

(CAN)

Décibelles

(FR)

Tearist

(USA)

Ces deux furies ne font pas dans la dentelle. Énorme guitare, batterie énervée, voix puissante, mélodies accrocheuses : les deux demoiselles peuvent se vanter d’avoir accouché, avec We Kill Computers (Platinum/ Differ-ant - 14 mars 2011), l’un des meilleurs albums de rock sauvage animal de ces dernières années, dans la lignée des White Stripes ou de The Kills. Ces deux jeunes femmes, originaires de Vancouver, rejettent toutes formes de fioritures électroniques pour mieux incendier un blues rock d’une tonitruante puissance. À leurs yeux, la perfection technique importe moins que l’énergie féroce et le sens de l’urgence qu’elles parviennent à insuffler à des chansons solidement structurées et à des concerts où le chant dominant de Becky prend toute son ampleur.

Né début 2007, dans les montagnes du Vercors, le trio Décibelles associe le punk-screamo, le rock n’ roll déjanté et une énergie féminine en perpétuelle évolution. Alliant une musique élaborée, incisive et rentre-dedans, les élégantes girls rockeuses, sorties de leur maquis, écument sans concession un maximum de salles en France, marquant pour beaucoup un puissant renouveau punk n’roll dans la lignée de groupes comme Le Tigre, You Say Party We Say Die, ou encore The Distillers. Il y a là-dedans une rage qui doit sortir au plus vite, prenant malgré tout le temps d’emprunter les chemins d’une composition atypique géniale et d’une efficacité imparable...

Los Angeles est-elle la nouvelle terre d’accueil des freaks et de l’electro 80 ? Après Zola Jesus nous pourrons faire confiance au duo Tearist pour venir terroriser et électriser les dance-floors. Énergie brute et sans concession, proche d’une certaine Katie Jane Garside de Queenadreena mais qui aurait troqué son rock agressif contre de l’electro-industriel. La chanteuse Yasmine Kittles et son acolyte William Stangeland-Menchaca flirtent avec la performance et l’attentat musical permanent dans une orgie bruitiste, orgasmique et violente. À écouter sans pudeur !

www.myspace.com/thepackad

www.myspace.com/decibellesband

www.myspace.com/teariststst

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ÉVÉNEMENT Texte : Oscar Queciny • Photo : © Crapaud Mlle

Chezlegrandbag Newspaper fête ses 2 ans le 9 avril 2011 ! (de 21h à 2h)

Special guest

Patrick Eudeline

13 rue du Général Sarrail, Reims (derrière l’hôtel de Ville) • 03 26 05 70 61 Pour fêter ses deux ans, avec ses douze numéros, ses dizaines d’interviews mode, musique et art, et toutes les nouveautés dénichées pour ses lecteurs, Chezlegrandbag Newspaper organise une soirée exceptionnelle placée sous le signe de la distinction, le samedi 9 avril 2011 aux Cornichons, 13 rue du Général Sarrail (derrière l’Hôtel de Ville), avec les Dj set de Patrick Eudeline, Steeve Grandsire, et plusieurs guests qui feront trembler les murs de notre hôte et danser les beautiful peoples au son du rock, de la new wave et de l’électro pop... Élegant, suave et dark ! Et pour se raffraîchir, le champagne fera pétiller les neurones des membres de Chezlegrandbag et des charmantes femmes au nez poudré présents à cette bacchanale torride. Une pure soirée pour les esprits curieux et libertins, n’en déplaise à Publius Aebutius !!! Pour accueillir cette exceptionnelle soirée donc, les Cornichons, un tout nouveau lieu bien

agréable. Avec sa déco surannée on se croirait presque chez sa grandmère... un côté rassurant, comme dans une vieille maison directement échappée des années folles. Et de la folie, il y en a pour émoustiller les sens dans ce restaurant, avec ses vins voluptueux minutieusement sélectionnés, ses plats succulents traditionnels et modernes à la fois, à la réalisation irréprochable et la superbe hôtesse brune du lieu... Dès son ouverture, ce parlement des saveurs est devenu «the place to be» où le tout Reims hype se retrouve, pour un apéro ou un repas arrosé. À croire que la clientèle est sélectionnée sur casting, on peut toujours y converser avec de très jolies demoiselles... Alors accourez messieurs (et mesdames) pour un moment qui vous ravira et ne vous laissera aucune aigreur : que du bonheur ! Mais savez-vous d’où vient le nom de Cornichons ? Il s’agit du nom donné aux rémois depuis plus de deux siècles... En référence, lors de la

Révolution de 1789, à l’emplacement de leurs parlementaires, installés sous une corniche, à l’Assemblée législative... et peut-être en référence par ailleurs aux cultures maraîchères que les Parisiens traversaient à Saint-Brice pour se rendre à Reims. Dans tous les cas donc, un surnom donné aux rémois par les Parisiens... Reims serait-il, comme on le dit souvent, vraiment une parcelle de Paris ? Peut-être... mais aussi de Londres, de Manchester, de Berlin, de Manhattan ou de Brooklyn... et c’est pour cette raison que Patrick Eudeline viendra abreuver vos culturelles oreilles avec un Dj set d’un rock comme on l’aime à Paris, à Reims et ailleurs ! (Soirée privée, entrée uniquement sur présentation de la carte de membre, disponible gratuitement au shop de Chezlegrandbag, 2 impasse JB de la Salle)

Patrick Eudeline

ROCK’N ROLL « COOLITUDE » Critique Rock depuis 1973 et rare punk français à avoir été, en 1977, invité à France Culture, Patrick Eudeline a signé de nombreux articles pour Best, Actuel, Libération, Hara-Kiri, Nova Magazine et collabore aujourd’hui à Rock & Folk. Dandy à la nonchalance british, en veste élégante et derrière ses inséparables lunettes noires, Eudeline, c’est aujourd’hui un style et une référence en matière de Rock, presque un « label »... Interview :

Peux-tu nous parler de l’émission télé à laquelle tu participes sur Paris Première pour parler culture ? C’était drôle ! Même si le

merciale plus que des lieux de débat d’idées ? C’est le cas depuis

montage coupe toujours les meilleurs moments…

longtemps .... Ce fut toujours des outils de promo, mais bon.... quand Bukowski ou Pacadis étaient invités, normal qu’il se passe des choses. Les émissions musicales ? Lesquelles ? Taratata ? Soyons sérieux !!!

À propos de Paris Première, ne penses-tu pas que c’est quelque part un des derniers espaces télé encore un peu rock’n roll, avec des formats hors normes, avec des émissions comme Paris dernière ou l’ancienne émission 93 faubourg, melting-pots culturels parfois trash et qui n’hésitent pas à déranger ? Bien sûr, même

En fait, on a de plus en plus l’impression d’une culture qui se dilue dans un consensualisme visqueux… Alors, divertissement über culture ? Ce fut toujours le cas... La révolution culturelle des

si c’est M6 derrière. Mais c’est la règle du jeu…

Quel est ton regard sur la télévision aujourd’hui ? Y a-t-il réellement encore une place pour l’innovation, l’irrévérence… ? Euh ... Non ! Malgré la TNT qui devrait ouvrir des portes, c’est de plus en plus formaté.

Les émissions culturelles, notamment littéraires ou musicales, ne sont-elles pas devenues des vitrines de simple promotion com-

Musicalement, un prochain album en gestation ? Des compositions pour d’autres ? Pour le nouveau label Kooples. Je vais produire et écrire pour eux.

N’est-ce donc pas difficile de surnager pour un auteur ? Bien

Quel est ton regard sur ce qui se passe actuellement à Reims en matière culturelle, avec l’émergence d’une scène rémoise (Yuksek, The Shoes, The bewitched hands on the top of our heads…), des festivals, notamment électro (Elektricity) et Jazz (Reims Jazz festival) connus nationalement, des soirées véritablement Rock qui renaissent (soirées Bye Bye Bayou), des projets qui fusent un peu partout et dans tous les domaines, notamment Chezlegrandbag Newspaper (Reims / Monaco) auquel tu participes ?

sûr ! Surtout que plus rien ne se vend depuis Internet et l’Ipad, le piratage. Sans blé, rien n’existe…

La proximité avec Paris en fait une ville intéressante. Bourgeoise mais décalée ....

Quelle est ton actualité ? Après le succès de ton dernier livre Rue des Martyrs (paru chez Grasset, ndlr), tu es sur un nouveau projet littéraire ? Plusieurs même : un roman, une bio ....

Qu’apprécies-tu alors dans notre bonne vieille cité rémoise, ses habitants parfois un peu ringards, sa boisson pétillante enivrante… ? Les caves oui ! Un certain côté gothique…

sixties ou des seventies fut un trompe l’oeil. Mais c’est vrai que c’est de pire en pire !

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COIFFURE FILLES & GARCONS 51 rue de Talleyrand, Reims 03 26 47 49 85 Photo : Crapaud Mlle • Coiffure : Lindsey Stylisme : CLGB • Modèle : Christelle


MUSIC Texte : Jens Andersson / Steeve Grandsire / Differ-Ant Recordings • Photos : © Crapaud Mlle

Hush Puppies

DU ROCK QUI MONTRE LES CROCS

D’où vous est venue l’idée du titre The Bipolar Drift ? Le titre

nous-mêmes. Mais nous avons abandonné l’idée pour confier ces missions à Differ-ant.

est réellement demandeur, et puis ce format permet de bien mettre en valeur la pochette que nous aimons beaucoup !

Dès la première écoute, on s’aperçoit que le son est différent et franchement moins évident que celui de vos 2 albums précédents.

Craignez-vous que ce dernier album se vende beaucoup moins bien que vos précédents ? Nous savons que ça va être difficile, on

Nous voulions sortir de notre étiquette « garage sixties », sans pour autant renier nos précédentes réalisations. Nous voulions toutefois explorer d’autres horizons quitte à faire peur aux fans de la première heure. D’ailleurs, le fait que nous ayons mis plus de temps à composer ce disque lui donne une dimension que nous n’avions pas avant.

sait déjà qu’on ne gagne plus d’argent en vendant des disques, mais on a tout de même envie de défendre cet album car nous l’aimons. Nos sources principales de revenus viennent désormais des concerts que nous donnons, d’ailleurs, nous serons en tournée de fin mars à fin mai.

d’un album est toujours quelque chose de difficile à créer et nous n’y avons vraiment réfléchi qu’une fois l’album bouclé. Nous nous sommes inspirés d’un concept du philosophe Lawrence Lawford qui parle de la dualité des comportements des Hommes. Ce qui nous intéressait c’était de montrer la dualité au sein du groupe : nous sommes tous différents, nous aimons des choses différentes, nous ne savons pas réellement ce que nous voulons faire. Cette dualité est propre à chacun et les interactions entre individus créent les faits de société qui nous inspirent.

La fermeture du label Diamondtraxx vous a obligé à en trouver un autre, comment avez-vous fait ? Nous avions déjà créé notre propre label Chut Le Caniche Editions (Jeu de mot avec la traduction de HushPuppies, ndlr). Par conséquent, nous gérions déjà l’édition de nos disques, mais cette fois nous nous sommes mis à la production. Nous avons donc tout fait nous-mêmes et avons financé la production de The Bipolar Drift. C’était très motivant de maîtriser cette production avec nos propres moyens et nous nous sommes même posé la question de savoir si nous n’allions pas effectuer la distribution et la promotion

Il s’en est passé des choses depuis l’arrivée à Paris du carré d’as perpignanais (le chanteur Olivier Jourdan, son frère Wilfried aux claviers, le guitariste Cyril Sudraud et le batteur Franck Pompidor) et la rencontre avec un bordelais déraciné (Guillaume Le Guen). Après la sortie de « The Trap » (2005), disque inaugural couronné de succès, le quintet rock revient, plus de trois ans, autant dire un siècle sur l’échelle temporelle musicale, après son deuxième album « Silence is golden » (2007), avec la sortie de « Bipolar Drift », troisième opus au son clairement différent. Effet de style ou réel virage musical ? Interview.

Quels thèmes se dégagent de ce disque ? Ce sont les scénettes de la vie quotidienne qui nous inspirent, nous nous laissons guider par le résumé de nos sensations et par nos rêves. On y raconte notamment un rêve récurrent qui est devenu une chanson. Au final, chaque auditeur peut interpréter comme il veut.

Sous quel format va sortir cet album ? Il sortira en versions CD et vinyle. Ce dernier est un support incontournable pour nous car le public

Quelques conseils musicaux ? Nous avons tous des goûts différents, personnellement en ce moment, j’écoute Crocodiles, Junip et La femme (un groupe de jeunes parisiens)... Un dernier mot ? Achetez des disques et surtout achetez-les chez les disquaires indépendants ! (Franck Pompidor, le batteur du groupe, est le propriétaire du superbe disquaire indépendant Ground Zéro, 23 rue Sainte-Marthe à Paris 10ème, ndlr). www.hushpuppiestheband.com

CD REVIEWS Textes : Steeve Grandsire

Crocodiles

Family Of The Year

Mogwai

(Fat Possum / Differ-ant)

(Volvox Music / Rue Stendhal)

(Rock Action / PIAS)

Les Crocodiles ont la peau dure et n’ont pas changé malgré le choix d’un producteur spécialiste des sonorités électro, rock et pop limpides. En effet, James Ford (Arctic Monkeys, Last Shadow Puppets, Klaxons, Simian Mobile Disco...) n’a pas réussi à faire s’affranchir les californiens de leur son shoegaze pour leur second album. Le duo garde leur ligne de conduite et nous propose un disque mélodique aux accents noisy. L’atmosphère y est sombre, parfois psychédélique mais rien de lourd pour autant, la production mettant l’emphase sur des petits sons comme pour révéler des émotions lointaines et profondes. Le disque est une montagne russe nous plongeant parfois sous terre (voir la sublime pochette) et nous projetant en l’air à d’autres moments. Les fans de Jesus and Mary Chain ou The Horrors auront de la sympathie pour ce second disque qui n’aura aucun mal à traverser les années, vous le ressortirez de vos bacs dans quelques années et comprendrez. www.myspace.com/crocodilescrocodilescrocodiles

Tantôt folk, tantôt pop, tantôt pop-electro, chant masculin, chant féminin...  Les variations musicales sont de mise chez les Family of the Year. Les Américains nous offrent un premier album empreint de clins d’œil à leurs idoles passées (les Papas et les Mamas, The Beach Boys) ou actuelles (The Shins) tout en révélant une personnalité bien à eux. La composition du groupe, deux filles, quatre garçons dont deux frères, leur permet de distraire notre oreille par leur éclectisme. Pour le coup, nous comprenons le choix du titre de leur opus car chaque chanson est une page à tourner pour recouvrir l’autre. Les californiens se montrent efficaces quant à nous offrir un peu de leur température excessive tant les plages musicales réchauffent l’atmosphère grâce à leur art mélodique. Attardez-vous sur le titre Psyche or like scope, un titre ovni du disque dont vous deviendrez obligatoirement dépendant, c’est probablement une des meilleures chansons de ces dernières années, une évidence pop. www.familyoftheyear.net

Il y a des groupes ainsi qui traversent les décennies et n’arrivent toujours pas à nous décevoir, certains leur reprochent un basculement vers le populaire au détriment de l’indépendant mais que peut-on faire ? C’est le succès ! Les Écossais nous livrent ici leur septième album sans faute apparente. La recette reste inchangée (tant mieux), à savoir un post-rock aux nappes de guitares qui ne supplantent pas les mélodies pop où la voix fait sporadiquement son apparition. C’est léger et profond, violent et doux. Comme bien souvent les paysages imaginés par l’auditeur défilent avec les plages du disque. Vous imaginez d’un côté une mégalopole en ébullition sur Rano pano et de l’autre une ville en pleine expansion sur San Pedro ou même un village paisible où la quiétude est installée sur Letters to the metro. Comme vous l’aurez compris ce dernier opus est fait de variations et contrastes à l’image de la pochette où l’on peut voir une ville active bordée de forêt vierge. www.mogwai.co.uk

Sleep forever

Our songbook

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Hardcore will nerver die, but you will


ÉVÉNEMENTS Texte : La Cartonnerie • Photos : DR

Samedi 26 mars à 20h (pop rock) THE BEWITCHED HANDS YOUNG MICHELIN PENDENTIF

SÉLECTEURS : CAMBOUIS & GOMINA 9€ /12€ / 14€ / 16€ • Moins de 10 ans : 5€

En parlant de joyaux, voici venu Pendentif. Ces aquitains, qui ne sont pas tout à fait des inconnus pour les rémois, débarquent à leur tour dans la sphère indie. Avec Riviera et God save la France, cette fine équipe touche à la fin de l’envoi avec des pop songs incroyablement inspirées, et en français dans

le texte, s’il vous plait ! Nul doute qu’on entendra parler de Pendentif en 2011. www.myspace.com/pendentif Young Michelin n’est pas un groupe de bibendums de Clermont-Ferrand ! À les entendre on pourrait même croire qu’ils viennent de Bristol. Lauréats du CQFD 2010 des Inrocks, ces rejetons de The Cure livrent des chansons brutes, dans un français charmant. À ne pas manquer ! www.myspace.com/youngmichelin Pour fêter dignement le retour triomphal des Bewitched dans leur ville d’origine, ces messieurs de Cambouis & Gomina s’associent, tels la neige et le feu, pour vaporiser comme un parfum printanier leurs plus belles perles pop pour faire danser les filles… Et accessoirement les garçons !

SAM 19 �ARS I 20H I À CÉS�R�

FOREPLAY E��KTRIC��Y #4

AVEC OVAL I CHRISTOPHE RU��SCH I THE CURATO�S MER 23 MARS I 20H I NU�T D� SLAM

GRAND C�RPS MAL�DE I PICABOR� DÈS 18H TOURN�I DE SLAM VEN 25 MARS I 20H I RO�K

L�S FEM��S �’�N MÊ��NT#14

AVEC PACK �.D� I DÉCIB��LES I T�ARIST SAM 26 �ARS I 20H I PO�

THE B�WITCHED �AN�S

YOUNG MICHE��N I PEND��TIF I CAMBOUIS & G�MINA JEU 31 MARS I 20H I MUS�Q�E DU MONDE

STAF� BENDA BIL��I I ËKO C�MPL�T VEN 01 AVRIL � 20H I C�ANSO�

CALI I L�SE

C�MPL�T

SAM 02 AVRIL � 21H I ��CTRO

Samedi 02 avril à 21h (électro) La Cartonnerie et Césaré présentent :

FOREPLAY ELEKTRICTY#5

FOREPLAY E��KTRIC��Y#5

AVEC ACID WASHED I THE AIK�U I JER�Y BOUTHIERDJ I MONSIEUR MONSIEURDJ MER 06 AVRIL � 20H I C�ANSO� P��

AYO I PREMI��E PARTIE

Gratuit pour tous, réservation indispensable

Pas de nez crochus ni de balais, mais une nonchalance pop qui ensorcelle dès la première écoute. La presse s’est véritablement emballée autour de Birds N Drums le premier album solaire des Bewitched Hands produit par le brillant Sir Yuksek ! C’est déjà le printemps et nos Bewitched vont se faire un plaisir de réchauffer la Cartonnerie avec leurs joyaux pop, faits de mélodies flottantes enduites de chœurs sirupeux ! Nous n’avions pas vu les Bewitched Hands chez eux depuis leur décollage sur la scène indé et cette rentrée 2010 où ils ont été au centre de toutes les attentions. Un envoûtant live en perspective ! www.myspace.com/handsbewitched

10€ / 13€ / 15€ / 17€

DAN�KIL I AIL�EURS �EG�A� I PA�� STYL� & BALD�S MER 13 AVRIL � 20H I C�ANSO�

THOMAS F�R�EN I CYRIL MOKAIESH VEN 15 AVRIL � 20H I GAR��E �O�K

CAB�RE� GAR��E

AVEC THE LORDS �F ALT�MON� I THE SLIT P�AST�R� I G�O DIM 17 AVRIL � 18H I RO�K CHAM�NIQUE

WOVENHA�D I THE KIL�MANDJ�RO D��KJAZ� ENS�MBL� Après une soirée des plus cérébrales dans le nouvel antre de Césaré, le festival Elektricity réinvestit le club de la Cartonnerie avec deux live superbes et deux dj set d’ores et déjà d’anthologie. Abracada Records (Poni Hoax, The Krays, Mustang, Villa, Mikix the Cat) le label de Manu Barron (Social Club) et Dirk (Eskimo) a réussi un joli coup en sortant les deux premiers maxis de The Aikiu, Just Can’t Sleep et The Red Kiss. L’élégant et ténébreux Alex (Aikiu) embarque l’auditeur pop dans de funkyssimes hymnes à la nuit blanche, suintant la passion et la débauche. Sur scène The Aikiu est un véritable groupe imposant, tel Poni Hoax à ses débuts, un son puissant et léché. Et voici que débarque à Reims la dernière trouvaille du formidable label Record Makers (Sébastien Tellier, DSL, Turzi, Kavinski, Findlay Brown…) les trublions Acid Washed. Le tout premier maxi du duo General Motors, Detroit, America sonne comme un avertissement. Richard d’Alpert et Andrew Claristidge ont le souci du détail, un intérêt manifeste pour une électronica sophistiquée et pop, le fantasme d’entendre leur musique sur un dancefloor et, ce qui ne gâche rien, de la suite dans les idées. Leur premier album, éponyme, tend à le démontrer sans complexe. Les collaborations de Christophe Chassol et Barbara Panther entre autres, ainsi que l’avalanche de remixes (Blackstrobe, the Hacker, Mickey Moonlight) font d’Acid Washed l’un des phénomènes de l’année. Sur scène ils

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sont accompagnés du troublant Chassol et promettent de retourner le club, ouvrant grand la porte à nos dj’s. Welcome Home ! Dernier-né de la Reims Academy, canal électro - versant club, le duo rémois Monsieur Monsieur est de retour chez lui. Pour ce retour, en force ont-ils prévenu, ils ont promis (en plus d’un effort vestimentaire et capillaire pour l’occasion), de faire monter la température du Cabaret au-delà des 40°. Avec au compteur des dates en festivals, à New York, en Angleterre, au Japon, en Belgique et même dans un avion, et un nouveau maxi sorti chez Forma.T les Monsieur Monsieur ont franchi une nouvelle étape qui passe, par le festival Panoramas de Morlaix et par Elektricty. Jerry Bouthier (tout comme son frère Tom) fait partie des dj’s pionniers de la scène française aux côtés de Laurent Garnier, Dimitri from Paris. Exilé depuis 94 à Londres, Jerry a officié comme producteur pour s’acoquiner avec le milieu de la mode. Il est notamment devenu le conseiller musical de Vivienne Westwood et réalise les bandes son des défilés de Jonathan Saunders, Peter Jensen ou Roksanda Ilincic. Enfin, il est venu grossir les rangs de la famille Kitsuné… Derrière toutes ces références et ce parcours, il y a surtout un personnage, monument d’érudition musicale qui, un peu comme Ivan Smagghe, est capable de prendre n’importe quel auditoire et l’emmener jusqu’au bout de la nuit. À ne pas rater !

MER 27 AVRIL � 18H30 I CY�L� MU�A I PROJECTION

D�A �DEA� ON AR�IV�L, THE S�X PISTOL�� SAM 14 �AI � 20H I F�STIVAL ON THE ROAD T�UR

STROMAE I WE AR� ENFA�T ��R�IBL� I MILA ��RIN� VEN 20 MAI � 20H I RO�K

CAB�RE� BAR�É

AVEC MARVIN I PNEU I E��CTRI� E���TRIC I PA�IER T�G�E JEUDI 26 MAI � 19H30 I OPÉRA ��ECTRIQUE

D�CTOR FAUST�� LIGHTS ��E LIGHTS VENDR��I 27 MAI � 20H I RAP

AKHEN�TO� & FA� L�RAGE “WE LUV NEW YORK” I TURF MER 08 JUIN � 10H & 14H I POUR L�S 7-12 ANS

CARTO KIDZ#7 AVEC TOURNEPOUC� SPECTA�L� JEUN� P�BLIC DE BARCE�LA MER 08 JUIN � 20H I REG�A�

GROUNDATION TRIBU�� TO B�� MARL�Y I ME�TIN’ VEN 10 JUIN � 20H I TREMPLIN

JEUN�S TAL�N�S

AVEC LA VI�LA GINE�T� I CL�VE�AND I HARMFUL �IND SAM 18 JUIN � 21H I ��CTRO

FOREPLAY E��KTRIC��Y#6

PLUS D’INFOS �UR E��KTRIC��YF�STIVAL.FR Locations : la Cartonnerie (sans frais de locations), Fnac, fnac.com, Carrefour, Géant, Auchan, Leclerc, Magasins U, Virgin, Cora, Cultura, 0 892 68 36 22 (0.34€/min), digitick.com

LA C�RTON�ERI� I MUSIQ�E� & CULT�RES ACTUE�L�S www.elektricityfestival.com

84 RUE D� ��CT�UR LEMOIN� 51�0� REIMS I 03 26 �� 72 40

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ACID WASHED THE AIKU DJ JERRY BOUTHIER DJ MONSIEUR MONSIEUR

gratuit pour les abonnés (dans la limite de 100 places)

VEN 08 AVRIL � 20H I REG�A�


CINÉMA Textes : Valentin de La Hoz / Floris Films / ARP Selection • Photos : DR

Agua Fria

« Ces tout petits moments dessinent la jeunesse de quelqu’un, une culture et un pays »

de Paz Fabrega temps et la patience sont les plus propres à guérir. Une paralysie qui atteint plus particulièrement les filles jeunes, enchevêtrées dans le réseau de leurs doutes et de leurs hésitations, et leurs désirs broyés dans l’anxiété constante qui devient leur définition.

Pendant des vacances de Nouvel An, Rodrigo (30 ans) et Mariana (20 ans) se rendent en voiture sur la côte Pacifique dans le sud du Costa Rica. Lorsqu’ils arrivent, au milieu de la nuit, ils découvrent Karina (7 ans) qui s’est enfuie de chez elle. Ils décident de passer sur place le reste de la nuit, et d’essayer de trouver de l’aide le matin. Mais à l’aube, la petite fille est partie...

Je travaille avec des acteurs non professionnels parce qu’il n’y a pas beaucoup d’acteurs de formation dans mon pays. J’ai trouvé dans leur jeu, avec mes courts-métrages, quelque chose de très particulier, que je souhaite pousser plus avant dans ce film. J’ai procédé à un large casting, puis, à partir d’un travail d’atelier, j’ai rapproché mes personnages des gens qui les interprétaient, et j’ai enrichi le scénario à partir de leurs improvisations et des éléments de leur propre vie. L’histoire, ici, est un dispositif qui permet d’atteindre de brefs instants dans lesquels des choses ordinaires, et qui arrivent à des gens ordinaires, sont pénétrées de signification. Il s’agit du désir de passer un peu de temps avec ces personnages, à cet endroit, avec le sentiment que c’est à nous qu’ils parlent, de ce que nous avons ressenti, sans jamais pouvoir l’exprimer, ou dont nous avons pensé que cela n’arrivait à personne d’autre.

Biographie de la Réalisatrice : Paz Fábrega est née en 1979 à San José, au Costa Rica. Elle a étudié la photographie et le journalisme, avant d’intégrer la London Film School. Elle a tourné son film de fin d’études Temporal dans un petit bourg du Costa Rica. Le film a été sélectionné à ClermontFerrand, Locarno, Angers, Tampere, Uppsala, Biarritz entre autres festivals internationaux. Son second court-métrage Cuilos, tourné à San José en 2008 a notamment été présenté en compétition internationale à Locarno et à Clermont- Ferrand. Après avoir préparé un troisième court-métrage, elle présente son premier long-métrage intitulé Agua Fría de Mar. Le film a été programmé et remarqué dans de nombreux festivals.

À travers l’histoire de ces deux filles, l’atmosphère de menace qui s’instaure confronte la plupart des personnages à la possibilité d’une tragédie. Pour finir, il n’arrive rien, et c’est là, peut-être, l’unique tragédie, celle à laquelle Mariana donne corps. Ce que je veux saisir, c’est ce sentiment de paralysie propre à un petit pays traditionnel où jamais rien ne se passe, et où l’on continue à voir dans la jeunesse une maladie que le

Animal Kingdom

Les films précédents de Paz Fabrega, comme ses projets actuels, abordent la solitude et la vulnérabilité inhérentes à la jeunesse, dans le contexte particulier du Costa Rica, petit pays aux paysages sublimes, très isolé du reste du monde et dont les histoires n’ont, à ce jour, jamais été contées.

Sortie en salles 23 mars 2011

Wallaby mafia

De David Michôd à dire sur la violence, et surtout sur le fait de grandir environné par la violence. C’est aussi un monde en soi, étonnamment replié sur lui-même. Ça donne à certains spectateurs l’impression de regarder à travers un télescope. Mais je crois que ce qu’ils voient à travers ce télescope est bien plus proche d’eux, beaucoup plus impliquant qu’ils ne veulent bien l’admettre. Diplômé de l’université de Melbourne, David Michôd a écrit et réalisé plusieurs courts-métrages. Crossbow, primé à Melbourne et sélectionné aux festivals de Venise et de Sundance en 2007 et 2008.

Une rue anonyme dans la banlieue de Melbourne. C’est là que vit la famille Cody. Profession : criminels. L’irruption parmi eux de Joshua, un neveu éloigné, offre à la police le moyen de les infiltrer. Il ne reste plus à Joshua qu’à choisir son camp...

Le suivant, Netherland Dwarf , fut projeté à Sundance et à la Berlinale en 2009. David Michôd a également été rédacteur en chef d’Inside Film, l’équivalent australien du Film Français, de 2003 à 2006. Animal Kingdom est son premier long-métrage. Les critiques de la presse sont élogieuses quant à ce premier longmétrage. Pour le Wall Street Journal, «David Michôd signe un premier film passionnant, émaillé de scènes chocs», Le New York Times considère que ce film est «tout simplement génial» !

David Michôd, réalisateur : « J’avais envie de filmer Melbourne comme elle est rarement montrée. On pense toujours à son côté un peu pittoresque, à cette architecture victorienne, ces jardins luxuriants et ces tramways. En réalité, c’est un lieu beaucoup plus vaste et angoissant, un gigantesque désordre urbain, que j’adore. Je voulais créer une histoire criminelle australienne tentaculaire, avec plusieurs strates et niveaux de lecture. Comprendre comment les gens font pour vivre une existence où les enjeux sont si énormes, où faire une erreur peut vous coûter la vie ou vous conduire en prison, où tout un pan de la société vit à la frontière de ce que nous considérons comme moral et correct. En ce qui concerne le monde du crime en général, j’ai passé des années à lire une quantité de livres, à regarder des vidéos, à écouter des cassettes sur le sujet. Je crois que le film a beaucoup de choses

La réponse australienne aux Affranchis, Marie Claire US écrit que «David Michôd redonne un flamboyant coup de jeune au film noir. Hallucinant !», Rolling Stones reconnaît en Animal Kingdom un film «Stupéfiant. Impressionnant.»

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Sortie en salles 27 avril 2011


CINÉMA Texte : Valentin de La Hoz / António Preto / Epicentre Films • Photo : DR

L’étrange affaire Angélica SÉLECTION OFFICIELLE UN CERTAIN REGARD FESTIVAL DE CANNES 2010

NÉCROPHILIE ROMANTIQUE Un film de Manoel de Oliveira Une nuit, Isaac, jeune photographe et locataire de la pension de Dona Rosa à Régua au Portugal, est appelé d’urgence par une riche famille afin de faire le dernier portrait de leur fille Angélica, une jeune femme morte juste après son mariage. Dans la maison en deuil, Isaac découvre Angélica et reste sidéré par sa beauté. Lorsqu’il porte à son œil l’objectif de son appareil photo, la jeune femme semble reprendre vie, pour lui seul. Isaac tombe instantanément amoureux d’elle. Dès lors, Angélica le hantera nuit et jour, jusqu’à l’épuisement.

RENCONTRE AVEC MANOEL DE OLIVEIRA, RÉALISATEUR : Manoel de Oliveira, réalisateur portugais centenaire né en 1908, s’est très tôt intéressé au cinéma, initié par son père, un passionné du 7ème art qui l’emmenait voir les films de Charlie Chaplin et Max Linder. En 1929, ce dernier lui offre sa première caméra portative. Dès lors, Manoel de Oliveira ne cessera plus de réaliser des films, au Portugal et en Allemagne où il s’exile quelques années pour échapper à la dictature de Salazar. C’est aujourd’hui le réalisateur de cinéma en fonction le plus âgé, et c’est par ailleurs le seul à avoir débuté sa carrière alors que le cinéma était encore muet. C’est à lui seul un résumé de l’histoire du Cinéma ! En 2008, le festival de Cannes lui a donc remis une palme d’or, l’année de ses 100 ans, pour l’ensemble de sa très longue carrière. Pour Oliveira, filmer, c’est vivre : « Cesser de travailler, c’est mourir. Si on m’enlève le cinéma, je meurs ».

Pour vous, qu’est-ce que le cinéma, maintenant ? C’est le même cinéma que celui des frères Lumière, de Méliès et de Max Linder. Là, vous avez le réalisme, la fantaisie et le comique. Il n’y a rien à ajouter à tout ça, absolument rien.

Et le tragique ? Le tragique est dans le réalisme. La réalité est tragique

: l’homme meurt. C’est sa propre limite. On ne peut pas aller plus loin que la photographie. Ce qui a vraiment évolué, c’est la technique. Mais la technique appartient à la science et l’art appartient à l’expression. La technique n’est pas l’expression, même si elle peut l’aider, mais cela est autre chose. L’essentiel est dans le réalisme, le fantastique et dans le comique.

Le film part initialement d’un projet qui date de 1952. Qu’estce qui vous a amené à réaliser un film soixante ans après sa conception ? Le projet a été créé après la deuxième guerre mondiale. C’était une époque où les juifs ont dû fuir vers l’Espagne et le Portugal pour ensuite prendre un avion pour les États-Unis. Isaac, le protagoniste de mon film, était l’un de ces juifs fuyant les persécutions nazies, qui s’est installé au Portugal en tant que photographe. Mais la guerre a eu lieu il y a longtemps, au siècle dernier. Certaines choses se maintiennent alors que d’autres ont changé. En ce qui concerne l’adaptation du projet initial, les persécutions sont maintenant d’une autre nature, les problèmes du monde ne sont plus les mêmes, la tension chaotique dans laquelle les choses subsistent, les problèmes économiques et les difficultés diverses ont changé. Les visions d’Isaac et ses rêves avec Angélica sont ce qui l’aide à supporter les pressions et les persécutions. Cela montre qu’Angélica représente une espèce de libération de ses fantasmes.

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Ce film reprend, encore une fois, la problématique des « amours frustrés » qui a parcouru tout votre cinéma... L’amour est abstrait et absolu. C’est-à-dire, la vraie passion entre deux êtres est si violente qu’elle ne les laisse même pas avoir d’enfants. Ceux-ci représenteraient une distraction face à l’amour absolu. L’amour absolu est le désir de l’androgynie, l’envie de deux êtres de s’unir en un seul. C’est un désir impossible mais réel. Isaac est un photographe, un artiste. C’est quelqu’un qui travaille trop, comme ne cesse de lui rappeler la patronne de la pension où il loge. Il vit en marge de la société. Son travail porte sur la violence. Le seul fait qu’Angélica lui sourit est un acte d’une extrême violence. Et c’est cela qui le dérange, la violence de la vie.

Qu’est-ce qui est « essentiel » dans Angélica ? N’est-ce pas précisément la transformation ? L’essentiel est le destin d’Isaac. C’est sur Isaac, le photographe, que le film porte depuis le début. C’est un homme cultivé et spirituel, avec un penchant pour la métaphysique, ce qui permet d’expliquer la fin du film où son âme va retrouver l’esprit d’Angélica.

Sortie en salles 16 mars


ARCHITECTURE D’INTÉRIEUR Texte : Jens Andersson • Photos : Sébastien Filaine, Michaël Boudot

Loft qui veut ! OPTIMISER L’ESPACE Natif de Barcelone, le designer aux consonances catalanes est bel et bien français ! Installé dans le centre de Reims, Carlos Pujol (www.carlos.fr) est un designer pluridisciplinaire qui rayonne de Bruxelles à Paris à la demande d’investisseurs, de professionnels de l’hôtellerie, de la restauration ou du commerce en général, mais aussi de particuliers qui souhaitent vivre dans un lieu unique !

Carlos, c’est quoi un designer ? [Rires !] Quand vous le saurez, vous me le direz ! Si je devais vulgariser la définition, je dirais que c’est un «toucheà-tout». Philippe Starck en est le parfait exemple d’ailleurs ! Si je devais l’intellectualiser, rien que le mot est antinomique (!), je dirais que c’est un créateur pluridisciplinaire, à-même d’habiller un espace, de modéliser un objet ou de façonner une image selon des objectifs esthétiques, ergonomiques, commerciaux et/ou financiers spécifiques... le tout avec créativité s’il vous plaît !

Parlez-nous de ce « mini-loft » que vous venez de terminer dans le marais parisien ? Peut-on parler de loft dans 30 m2 ? Le mot loft désigne un logement constitué d’espaces ouverts. Une cloison mitoyenne, en l’occurrence un mur porteur, pour «morceler» un espace de 30 m2, ça laisse à penser qu’on est bien dans un loft non ?

gris anthracite pigmentent l’espace de part et d’autre de l’appartement et le plancher qui a été rehaussé est composé de larges lames type plancher de wagon dans lequel d’authentiques pavés ont été intégrés sous une dalle de verre de 2x1m. Il y a plus froid comme loft non ? Il n’y pas de règle qui s’impose en matière d’architecture intérieure, si ce n’est celle du bon goût, mais qu’est-ce que le bon goût ?

Je vous le demande ! Je ne sais pas. Chacun a ses propres goûts et ses propres affinités ; il existe des tableaux de grands maîtres hors de prix dont je ne comprends pas le sens ! Peut-être que la vraie question qu’il faut se poser c’est : est-ce que le bon goût est affaire d’argent ?!

Et alors ? Sûrement pas ! J’ai réalisé un hôtel dernièrement dans lequel trône un ensemble de simples caissons en MDF pêles-mêles. Il est vrai qu’à l’aide de quelques moulures flashies, des tapisseries vintage, de cordages et 2/3 d’accessoires ludiques, on en a fait un mobilier étonnant pour ne pas dire... détonnant ! Les clients se plaisent à le photographier alors qu’il n’a pas forcément coûter cher ! Conclusion ? On peut faire beau avec peu. L’important c’est de plaire au public auquel vous vous adressez.

Et réhabiliter une petite surface, c’est plutôt un exercice de style facile ou difficile ? Plus la surface est petite, plus il faut optimiser l’espace et plus il faut faire preuve d’ingéniosité pour « caser » tous les espaces et terminaux fondamentaux. Dans ce cas précis, la cliente souhaitait une large douche de 1m2, un salon qui puisse servir de salle à manger, une cuisine avec autant d’électroménager qu’il en existe, un placard/penderie pour dissimuler l’essentiel... et une cheminée à l’âtre ! Après avoir mesuré l’espace d’origine avec précision (les murs sont rarement d’aplomb dans le coeur de Paris !), je me suis lancé dans des crayonnés qui ont donné lieu à ce concentré d’astuces !

Mais quand on parle de design et de loft, bien souvent, on pense a des endroits aseptisés... froids ! C’est un cliché ! Pour l’anecdote, non seulement nous avons « casé » la cheminée, mais en plus, elle est double face ! On peut entendre le feu crépiter à la veillée, et continuer d’en profiter dans son lit ! L’intégration de la machine à laver/sèche ligne s’est faite côté cuisine, avec ouverture côté chambre derrière une porte en verre dépoli suspendue sur galets roulants ; les teintes majeures que sont l’orange et le

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On peut donc faire un loft avec rien ? Malheureusement non ! Habiller un espace, qu’il soit personnel ou professionnel, c’est un savant mélange ! On n’est pas obligé d’importer du marbre bleu du Pérou pour avoir une belle salle de bain, mais lorsqu’on cherche à faire preuve d‘ ingéniosité, que l’on marie des matières novatrices avec des couleurs contrastées par exemple, on peut compléter l’espace de belles robinetteries ou de beaux luminaires, restaurer et «customiser» de belles assises ou intégrer des mobiliers de jeunes créateurs pour arriver à un résultat fabuleux. En France comme dans le reste de l’Europe, on ne manque ni de matériaux ni de matériels pour ce faire !

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RECETTES Textes et photos : Le Louis XV

Alain Ducasse SAVEURS DE PRINTEMPS

Agrumes en amertume Ingrédients : Sorbet pamplemousse/Campari • 10 cl d’eau • 75 g de sucre • 1 zeste de pamplemousse râpé • 4 g de stabilisant • 1/2 l de jus de pamplemousse rouge • 5 cl de Campari • Gelée de citron • 3 citrons jaunes de Menton • 2 citrons verts • 1/2 l de sirop à 26° • 3 feuilles de gélatine • Pamplemousse mi-confit • 1 pamplemousse • 1 l d’eau • 600 g de sucre • Citron mi-confit • 1 citron jaune de Menton • 50 cl d’eau • 200 g de sucre • Pamplemousses et oranges • 4 pamplemousses • 8 oranges • 1 citron vert • 8 tranches d’orange séchée. Préparation du sorbet pamplemousse / Campari : Faire un sirop avec l’eau, le sucre, le zeste et le stabilisant. Refroidir. Ajouter le jus de pamplemousse et le Campari. Turbiner. Préparation de la gelée de citron : Couper les citrons en deux. Les mettre dans le sirop. Faire bouillir pendant 3 minutes. Laisser infuser pendant 2 heures. Filtrer. Ajouter la gélatine trempée et essorée. Bien mélanger. Réserver au frais. Préparation du pamplemousse mi-confit : Couper le pamplemousse en quatre. Le blanchir deux fois. Préparer le sirop avec 1 litre d’eau et 200 g de sucre. Y plonger les quartiers de pamplemousse. Faire bouillir pendant 15 minutes. Retirer du feu. Renou-

Grand Aïoli

veler l’opération quatre fois en ajoutant 100 g de sucre à chaque cuisson. Réserver au frais. Préparation du citron mi-confit : Couper les citrons en tranches. Les blanchir une fois. Préparer un sirop avec 50 cl d’eau et 100 g de sucre. Y plonger les tranches de citron. Faire bouillir pendant 10 minutes. Retirer du feu. Renouveler l’opération deux fois en ajoutant 50 g de sucre à chaque cuisson. Réserver au frais. Préparation des pamplemousses et oranges : Peler les agrumes à vif. Prélever les suprêmes. Réserver. Finition et Présentation : Dans un saladier, déposer quatre cuillerées de gelée de citron. Ajouter une râpée de zeste de citron vert, sept suprêmes de pamplemousse et neuf suprêmes d’orange. Lier le tout délicatement. Au fond du bol de service, déposer un morceau de pamplemousse mi-confit. Recouvrir du mélange gelée de citron et suprêmes d’agrumes. Dresser une quenelle de sorbet au pamplemousse/Campari. Ajouter trois lamelles de pamplemousse mi-confit et deux rondelles de citron mi-confit. Piquer dessus deux chips d’orange séchée.

pour 6 pers.

Ingrédients : 600 g de morue • ½ l de lait • 30 bulots ou escargots de mer • 1 feuille de laurier • 1 branche de thym • 8 grains de poivre noir • 13 pommes de terre belle de Fontenay • 2 gousses d’ail • 6 carottes fanes • 6 petites courgettes violon • 200 g de haricots verts fins • 1 petit brocoli • 6 petits artichauts violets • 1 citron • 20 cl de vin blanc • 1 l de bouillon de volaille • 6 œufs • 1 jaune d’œuf • Huile d’olive • Gros sel, sel, poivre du moulin. La veille dessalez la morue : Mettez 600 g de morue dans une passoire. Posez celle-ci dans une bassine remplie d’eau froide. Laissez-la tremper 24 heures en changeant l’eau au moins quatre fois. Cuisez les bulots. Rincez 30 bulots puis déposez-les dans une casserole. Recouvrez-les largement d’eau froide. Ajoutez 1 poignée de gros sel gris, 1 feuille de laurier, 1 brin de thym et 8 grains de poivre noir. Cuisez doucement pendant 15 minutes environ. Puis égouttez-les dans un plat et gardez-les au chaud. Préparation des légumes : Épluchez et lavez 13 pommes de terre moyennes (50 g environ), 1 gousse d’ail et 6 carottes fanes. Lavez 6 petites courgettes violon, coupez les bouts. Équeutez et lavez 200 g de haricots verts fins. Lavez 1 petit brocoli, détachez les bouquets. Nettoyez et tournez 6 petits artichauts violets, mettez-les au fur et à mesure dans de l’eau citronnée. Cuisez les légumes Préparez un grand plat sur un bain-marie pour y déposer vos légumes au fur et à mesure de leur cuisson et les garder au chaud. Déposez les pommes de terre et la gousse d’ail dans une casserole d’eau salée et cuisez-les jusqu’à ce qu’elles soient tendres. Dans une autre casserole, faites bouillir de l’eau salée. Plongez-y les haricots verts pendant 7 minutes. Puis égouttez-les avec une écumoire et rafraîchissez-les tout de suite dans de l’eau glacée. Reportez cette eau à ébullition et mettez les sommités de brocoli pendant 3 minutes. Égouttez-les et rafraîchissez-les de même. Gardez la casserole d’eau chaude. Chauffez un sautoir avec un filet d’huile d’olive. Mettez-y les carottes et salez-les.

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pour 4 pers.

Cuisez-les en les remuant plusieurs fois pendant 2 minutes. Versez 1 louche de bouillon de volaille. Couvrez et cuisez doucement pendant 10 à 15 minutes. Dans un autre sautoir, cuisez de même les courgettes pendant 10 minutes avec 1 autre louche de bouillon de volaille. Égouttez et séchez les artichauts. Chauffez un autre petit sautoir avec un filet d’huile d’olive et mettez-les. Remuez-les pour les enrober d’huile. Versez 1 bon verre de vin blanc (20 cl). Cuisez jusqu’à ce qu’il soit réduit de moitié. Versez ensuite 1 louche de bouillon de volaille. Couvrez et cuisez doucement pendant 10 minutes. Vérifiez toutes ces cuissons avec la pointe du couteau. Cuisez les œufs durs. Refaites bouillir l’eau de la casserole des brocoli que vous avez gardée. Plongez-y 6 œufs pendant 10 minutes. Puis sortez-les, refroidissez-les sous le robinet et écalez-les. Déposez-les dans le plat des légumes au chaud. Préparation de l’aïoli : Récupérez 1 pomme de terre cuite et la gousse d’ail. Mettez-les dans un mortier. Épluchez 1 autre gousse d’ail, coupez-la en morceaux, ajoutez-la. Pilez le tout jusqu’à ce qu’il soit en pâte. Salez. Ajoutez 1 jaune d’œuf, mélangez-le bien avec le pilon. Versez peu à peu 25 cl d’huile d’olive en tournant comme pour une mayonnaise. Rectifiez l’assaisonnement et gardez votre aïoli à température ambiante dans son mortier. Cuisez la morue. Égouttez la morue. Coupez-la en six pavés. Versez un 1/2 litre de lait dans une casserole et faites-le seulement tiédir. Mettez-y les pavés de morue et cuisez-les pendant 5 à 6 minutes sans que le lait bout. Égouttez-les avec une écumoire et déposez-les dans le plat. Terminez et servez. Rangez joliment tous vos légumes qui sont au chaud dans le plat. Ajoutez les bulots. Déposez le plat sur la table ainsi que l’aïoli dans son mortier. AD : Si vous n’avez pas suffisamment de place sur votre cuisinière, gardez les légumes au chaud dans le four à 80 / 100 °C mais couvrez-les pour qu’ils ne se dessèchent pas.


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L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. CONSOMMEZ AVEC MODÉRATION.


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