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ON PROFITE

HEURE DE POINTE

On les appelle les « Big Three » : Richemont, Swatch Group, LVMH. A eux trois, ces groupes concentrent la quasi-totalité des marques, des moyens et de la notoriété de tout ce qui fait tic-tac dans le monde. En économie, on appelle ça un oligopole, un marché détenu dans sa majorité par une minorité. Ce marché est celui du mass market : Tissot, Longines, Rado, Mido, Swatch, Balmain, Baume & Mercier, etc. C’est lui dont on évoque depuis cinq ans les incessants revers, avec encore en 2016 un recul de près de 10 points. Pourtant, dans l’ombre, des acteurs infiniment plus modestes partagent avec eux les mêmes bonheurs, malheurs, mais sans les mêmes moyens pour les affronter. Ce sont les maisons indépendantes. Et elles sont nombreuses à Genève. LM Split Escapement, MB&F L’EXCEPTION DU BORD DU LAC

Parmi elles, Patek Philippe fait figure d’exception. La manufacture plafonne volontairement sa production à 58'000 pièces par an. Sa santé insolente rejaillit aussi sur les ventes aux enchères où ses scores frôlent l’indécence (11 millions de francs l’année dernière pour une pièce de 1943 connue en seulement quatre exemplaires). Pour les autres marques, le salut est plus délicat à atteindre. C’est le cas de Ludovic Ballouard. L’horloger installé à Genève a produit pour Harry Winston une complication hors norme, avant que la marque ne soit rachetée par le Swatch Group. Depuis, les désaccords entre le petit indépendant et le mastodonte de Bienne ont conduit le premier à un assourdissant silence.

BELLES HISTOIRES ET DÉROUTES GENEVOISES

Restent les belles histoires, les jeunes pousses qui vivent de leur seul art. DeWitt en fait partie. La micro manufacture genevoise crée chaque année d’étonnants garde-temps aux atypiques complications, comme la Mathematical et son ballet numérique. Rue de l’Arquebuse, c’est la fameuse maison indépendante F.P. Journe qui, depuis près de vingt ans, compte de nombreux et surtout très fidèles collectionneurs. Akrivia, plus jeune, en centre-ville, attire de plus en plus d’amateurs, avec des tourbillons audacieux aux formes atypiques. Pour le grand public, Raymond Weil reste une maison familiale digne d’intérêt pour de l’entrée de gamme. Il y a encore peu, la marque avait en concurrence Frédérique Constant et son alter ego sportive, Alpina. Aujourd’hui, ces deux entités sont passées sous pavillon japonais (groupe Citizen). Genève est une capitale internationale. Cela vaut aussi en horlogerie où les petits indépendants deviennent aussi rares que précieux. Récemment, en centre-ville, la très belle maison indépendante DeLaneau (pièces uniques) a mis la clé sous la porte. Non loin de là, De Bethune s’en remettait au même moment aux bons soins d’un investisseur privé pour sa survie. Plus que jamais, les collectionneurs sont attendus, pour leur plaisir personnel mais aussi la survie de ces maisons qui se battent pour leur enchantement mécanique.

LA VOIE DE LA DIVERSIFICATION

Pour ArtyA, autre marque genevoise, le salut passe par la diversification. Son fondateur Yvan Arpa a créé plusieurs marques, ArtyA mais aussi Black Belt, a collaboré avec Samsung pour le design de leur montre connectée, cumule d’autres mandats et a porté une marque de niche genevoise de haute horlogerie, Spero Lucem, avant que ses investisseurs ne décident d’un coup de frein de capital qui lui fut fatal. Une stratégie de diversification proche a été portée par MB&F. Son fondateur Max Busser est à l’origine de la M.A.D. Gallery, une galerie décalée qui porte sa marque horlogère auprès des collectionneurs d’art moderne. Go Out! magazine

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Go Out n°57 Décembre-Janvier  

Pour ce dernier numéro, on file tête première découvrir l’effervescence qui anime le PAV (la zone comprenant Praille - Acacias – Vernets et...

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