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MAGAZINE

DOSSIER EX C LU SIF

DILEITA

L’HOMME DU JUSTE MILIEU EN EXCLUSIVITÉ, L’ANCIEN PREMIER MINISTRE NOUS PARLE DE SES DOUZE ANNÉES PASSÉES À LA PRIMATURE...ET BIEN PLUS ENCORE ! PAGE 4 -19

DJIBOUTI D’HIER en

images

DECOUVREZ LES IMAGES ANCIENNES DE DJIBOUTI DANS LES ANNEES 20 à 60 PAGE

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MENSUEL INDEPENDANT D’INFORMATION - N° 33 - JUIN 2013 - PRIX : 300 FD GOOGA MAG juin 2013.indd 1

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A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DU 36e ANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE NATIONALE, L’EQUIPE DE LA REDACTION DU MAGAZINE GOOGA VOUS PRESENTE SES MEILLEURS VOEUX.

MENSUEL D’INFORMATION INDÉPENDANT E-mail : googa.hebdo@yahoo.fr - Tel : 60 30 80 Directeur de la Publication: Abdourazak Ali Diraneh Adjoint Directeur de la Publication & Dir. Artistique: Osman Houssein Barkhadleh Redacteur en chef: Nasser Fahmi Directrice Commerciale : Nima-Hodo Mohamed Responsable Photos : Aboubaker Mohamed Haloyta

MAGAZINE

Ont collaboré : Abdi M. Farah, Isman O., Ibrahim M. Ali, Crédit photos : Abou, Igueh, Guirreh Impression : googa presse - Tirage : 2000 ex - Depôt légal N°33- Edition Juin 2013

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I N T E RV I E W

DOSSIER EXCLUSIF

“ Avec IOG, j’ai eu la meilleure formation politique qui soit”

Dans ce dossier que nous lui avons consacré en guise d’hommage, Dileita Mohamed Dileita nous a entrainé dans son passé. L’ancien PM de la République, DMD retrace ainsi son parcours professionnel et évoque dans les plus infines détails ses souvenirs d’enfance. Bonne lecture ! 3 GOOGA MAG juin 2013.indd 3

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DOSSIER

BIOEXPRESS DU PERE

MOHAMED DILEITA CHEHEM :

UN PERSONNAGE HAUT EN COULEUR him Dheere, dont la nomination de M. Dileita au poste de Premier ministre fit rejaillir en surface des lointains souvenirs.

« C’était un géant ! Un homme costaud… » C’est Dileita qui raconte ce qu’il connaît de son père. Un homme qu’il a côtoyé dans son enfance… Alors que le personnage commençait à accuser le poids des ans. La stature physique correspondait au caractère du personnage. Mohamed Dileita, commerçant de profession était connu de Tadjourah à Djibouti, pour ses multiples affaires. Il se fait surtout une réputation d’homme difficile à manier auprès de l’administration coloniale de l’époque. Ses démêlés avec les administrateurs français lui valurent expulsion sur expulsion. Et c’est à la suite d’un de ces déplacements forcés vers l’Ethiopie qu’il ramènera du Khat de là bas. Et sera ainsi le pionnier de l’importation du khat à Djibouti. Mohamed Dileita, c’est un homme d’affaires en avance sur son temps. Il est ainsi le premier propriétaire des véhicules à quatre roues dans un pays où la majorité

se déplace à dos d’âne. C’est aussi un homme prévoyant. Il investit dans la pierre et achète pour sa descendance un patrimoine immobilier considérable. De son vivant, l’homme se fera surtout beaucoup d’amis. Et bien après sa disparition, nombreux seront ceux qui se rappelleront encore de sa grande générosité et de sa simplicité. C’est le cas d’Ibrahim Abdi Kahin, alias Ibra-

Said Ali Coubeche

Des qualités dont Dileita fera siennes beaucoup plus tard. Bien sur, ce n’est pas pour rien que le regretté Mohamed Dileita a donné à son fils le nom de son père … N’est-ce pas une façon de lui dire « la famille, le sens de la fratrie… Je te le lègue ! ».

Mahamoud Bore

Mohamed Dileita cheikh Hamoudi

Ce dernier, qui avait connu de son vivant le défunt Mohamed Dileita, salua le choix du Président Guelleh, racontant plus tard que le père de l’ex-PM était un sage qui a marqué sa génération. En effet, le défunt était très connu pour son rôle déterminant à l’époque du blocus de Djibouti (Kharmici). Ses qualités humaines feront notamment de lui un interlocuteur privilégié de l’administration coloniale qui lui confia la distribution des tickets de ration alimentaire aux populations affamées.

Salem Mouti

Ali Coubeche

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DOSSIER

PORTRAIT :

UNE EMPREINTE SUR LES AFFAIRES DE L’ETAT De 2001 à Avril 2013, M. Dileita Mohamed Dileita a passé 12 années dans les bureaux de la Primature (à l’aile gauche, étage supérieur de la Cité ministérielle). M. Dileita Mohamed, le citoyen lambda a eu le temps de le connaître. Un homme affable, ouvert et accessible à tous. Un homme du juste milieu, un responsable politique issu de « la moule » (ou nous allons dire plutôt de l’école politique) djiboutienne et africaine. Du Protocole, aux Affaires Etrangères, des activités consulaires à Ambassadeur, de négociateur à interlocuteur officiel, l’homme qui vient de quitter la Primature, par-delà sa modestie, a laissé une empreinte indélébile sur les affaires de l’Etat. Dans cette présentation elliptique d’un personnage et de son parcours, l’important est de jauger l’état d’esprit d’un Premier Ministre qui n’a rien épargné pour honorer la confiance que le Président de la République avait placée en lui. Un seul mot ou une expression pour résumer cet état d’esprit : le sentiment du devoir accompli. Portrait d’un parcours…

Débout de gauche à droite : Houssein Ahmed Mokbel, Ali haroun Ali, Ahmed Dimbio (Brown) Assis de gauche à droite : Dileita Mohamed ( en médaillon), Ismail Kefar

L’éveil politique d’abord. Les années 70/80… Un groupe d’amis conscients de la ferveur et de l’effervescence populaire palpable dans l’air du temps à Djibouti. Très tôt, Dileita décida de se lancer

sur les traces de ses aînés du LPAI GAUCHE, à l’instar de Mohamed Aléo qui était à l’époque responsable d’un journal publié par cette même mouvance politique.

Une adhésion comme simple sympathisant donc à ce parti indépendantiste opposé au Mouvement Populaire de Libération. Ils sont un groupe de jeunes enthousiastes à l’idée de s’opposer aux idées

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diffusées par le MPL. Une poignée de jeunes qui se nommeront plus tard “les blindés”. Un groupe minoritaire ? L’avenir prouvera le contraire… Mais audelà de la politique et de son pouvoir d’attraction, il y a les études… Et le jeune Mohamed Dileita est encore dans le secondaire.

Des études secondaires et universitaires, du Caire à Paris et Alger. A environ 15 ans, il quitte le pays, pour poursuivre ses études en Egypte, dans le lycée français de la capitale égyptienne... Au niveau Troisième, il quitte les berges du Nil pour la Tour Eiffel (Paris) afin de boucler ses études secondaires. A Paris, il fait deux lycées, (dont le Lycée Verneuil/Sur Avre) avant de bifurquer vers la province,

en fréquentant notamment le Lycée Roosevelt de Reims. Vers l’année 77/78, il bénéficie d’une bourse de formation pour l’Algérie. C’est la période d’indépendance et il faut des cadres formés et aptes à prendre les rênes du pays. Et l’Algérie d’Ahmed Ben Bella et de Boumediene est prête à former la jeunesse africaine… Il y a un sentiment panafricaniste et une véritable solidarité entre les nations et peuples fraîchement indépendants du continent africain. A cette époque déjà, il y avait un certain nombre des jeunes djiboutiens qui l’avaient précédé comme le Directeur de l’Agriculture, le Directeur de la Météo et l’ancien Ministre de l’Education Nationale (et actuel Ambassadeur de Djibouti en Russie)… Ainsi que de nombreux étudiants africains issus de l’ensemble des jeunes Etats africains nouvellement indépendants. « J’ai été inscrit à l’Ecole de la Diplomatie et ai effectué trois années de formation dans cette école avant d’accéder à l’Ecole Supérieure d’Administration Publique. » Des études écourtées pour des raisons diverses. Il quitte Alger pour la France. Et retourne au pays en 1981. Intégré au ministère des Affaires Etrangères, il est muté au Service du Protocole.

La rencontre avec Ahmed Dini … De son séjour au pays des Pharaons, Dileita en garde surtout un souvenir impérissable. L’inoubliable rencontre avec Ahmed Dini. Cette rencontre, anodine à première vue, marquera à jamais la mémoire de celui qui deviendra, 25 ans plus tard, le quatrième Premier ministre de Djibouti. C’était en 1976. Et le passage de Dini en Egypte intervenait dans le cadre de ses innombrables périples à travers les pays africains en vue de plaider le droit à la liberté du peuple djiboutien. Une époque particulièrement bouillonnante où la question de la souveraineté nationale ne faisait guère l’unanimité entre les différentes communautés issues de ce qui s’appelait encore le TFAI. Il faut situer la tenue de cette rencontre dans un contexte difficile d’une période politiquement incertaine où la grande majorité de la communauté afar, galvanisée par une propagande et l’inquiétude des visées annexionnistes de la grande Somalie, ne pouvait comprendre les convictions idéologiques et politiques de M. Dini. Eh bien contre vents et marées, face à un parterre d’étudiants afars, parmi lesquels le jeune lycéen Dileita, ce grand tribun, véritablement charismatique n’a pas hésité à fustiger son

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DOSSIER

A Rome en 1989, Ismail Omar Guelleh le futur Président de la République accompagné de Dileita Mohamed qui deviendra son premier ministre

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DOSSIER communautés pourraient vivre un jour en parfaite harmonie dans l’unité, l’égalité et la paix ». Une vision que l’histoire confirmera plus tard. C’est ainsi que cette rencontre avec Dini, au Caire, a fait naître en Dileita le sens de l’unité et l’amour de la patrie.

Du Protocole à la diplomatie

Le jeune Dileita en compagnie de son predecesseur et mentor M. Barkat Gourad Hamadou

Le Premeir ministre Dileita assistant à une chaleureuse poignée de main entre le regretté pere fondateur de la Nation et l’actuel président de la République.

auditoire hostile et à calmer les esprits surchauffés en les rassurant que même si la Somalie soutenait leur lutte, la question de la souveraineté nationale n’était pas à négocier. Sur ce point, a-t-il martelé, plus intransigeante reste la position de M. Hassan Gouled, pourtant d’origine Issa. Pourtant face à une telle impasse et seul contre tous, Dini ne cessa de croire jusqu’au bout à cet idéal d’une « Djibouti indépendante où les différentes

Le pays est neuf. Les institutions encore fragiles. Dans un tel contexte, le Service du Protocole ne s’occupe pas seulement de l’Agenda présidentiel mais de l’ensemble des activités du gouvernement. Il y a beaucoup des visites de nos amis africains, arabes et du reste du monde. Il faut du doigté et une certaine subtilité pour accueillir tous ces gens importants venus chacun avec ses motivations. Les années au Service du Protocole l’ont amené à se frotter avec les différentes autorités du pays. Il est resté durant presque douze années dans ce département à cheval entre la Présidence et les Affaires Etrangères. Puis intervient sa nomination comme « Chargé d’Affaires Consulaires » à Paris. Quatre années à ce poste de presque Ambassadeur, à s’occuper des relations djibouto-françaises. Puis, en 1997, il est choisi pour représenter la République de Djibouti à Addis Abeba (capitale de l’Ethiopie mais aussi siège de l’Organisation de l’Unité Africaine). Ambassadeur chargé de donner chair et réalité à une diplo-

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DOSSIER De gauche à droite, Ahmed Dini Ahmed (Paix à son âme), Dileita Mohamed Dileita et Ismail Omar Guelleh acclamés par une foule en liesse venue assister à la signature de l’accord de paix entre le FRUD armé et le gouvernement

matie djiboutienne active et agissante. Et à partir de ce poste, il se fera la cheville ouvrière de bon nombres de projets. Le plus important de ces entreprises demeurant l’avènement de l’Accord de Paix avec la mouvance du Front de la Restauration de l’Unité et de la Démocratie d’Ahmed Dini…

Négociateur à Premier Ministre. Son entregent de diplomate. Sa réputation d’homme intègre. Sa carrure de djibou-

tien attaché aux intérêts de son pays. Tout cela sera pris en compte par l’ensemble de ses interlocuteurs pour faire de lui « l’homme de la situation » lors des pourparlers avec les responsables du Frud, tendance Ahmed Dini et Chehem Daoud… Un chapitre qui connaîtra une suite positive. La paix est rétablie… Le pays peut s’élancer vers le développement. Mais son nom circule dans les arcades et les coulisses de la Présidence. Dileita Mohamed Dileita est un potentiel Pre-

mier Ministre pour le Président nouvellement élu. Ismail Omar et Dileita Mohamed se connaissent très bien. Ils ont beaucoup travaillé ensemble depuis les années du Service du Protocole jusqu’à cette période de négociation avec la deuxième aile du Frud. Les deux hommes s’apprécient et l’un et l’autre se font confiance sur les grands principes politiques. Le Président cherchait un compagnon à même de réaliser ses grandes directives. Un homme souple, frais et profondément épris

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DOSSIER des valeurs républicaines, à même de coordonner les missions du gouvernement. Et c’est homme là, ce profile… C’était Dileita Mohamed Dileita. D’où le choix présidentiel. Un choix que les multiples reconductions au même poste confirmeront comme un choix précieux, juste et judicieux. S’ensuivront douze bonnes années de travail, d’échanges fructueux et des relations amicales. M. Dileita Mohamed Dileita a durant son passage à la Primature innové dans la manière de gérer les affaires publiques. Une approche plus technocratique des affaires de

l’Etat. Une volonté de consolider les idéaux de Paix et d’Unité. Et un profond sentiment d’atteindre l’Equité de l’Etat vis-à-vis de l’ensemble de ses concitoyens. Dileita, c’était le bras droit du Chef de l’Etat. Ce bras et cette main qui apprêtent, préparent les grands dossiers. Et applique ensuite les décisions stratégiques. Dileita, c’est lui qui a mis en œuvre le Service National Adapté. Avec la coopération des Forces Armées Djiboutiennes, il lancera au profit des jeunes déscolarisés une formation professionnelle de deux années. Dileita, c’est aussi la mise en appli-

cation de l’Inspection Générale d’Etat, organe amené à contrôler les finances et la gestion des deniers de l’Etat. Dileita, c’est enfin, les réunions interministérielles axées sur une problématique précise. (Voir interview) Dans tous le cas de figure et cela quel que soit ce que lui réserve l’avenir, cet hommelà a accompli le plus honnêtement possible ses missions. Pour cela, il mérite notre respect… Et nos vœux que le meilleur pour lui et sa carrière soient devant lui. Au revoir, M. le Premier Ministre !

LE MESSAGE D’AU REVOIR Quelques jours après son départ de la Primature, M. Dileita Mohamed Dileita s’est adressé à ses concitoyens pour leur faire part de ses émotions les plus profondes et de leur exprimer surtout sa sincère reconnaissance. De passage à Djibouti, Obama, alors senateur, est reçu par le PM Dileita

A Amsterdam, Dileita entouré de ses amis dont Gora Meeke (à droite), son pote de toujours

Faisant preuve d’une humilité désarmante, M. Dileita regrette de “ne pas avoir pu toujours répondre à toutes les espérances” de ses prochains, estimant qu’il a toutefois accordé une écoute attentionnée à chacun d’entre nous. GOOGA vous propose de redécouvrir le message, ô combien émouvant et empreint de sincérité, que M. Dileita a bien voulu livrer à ses concitoyens en quittant les fonctions de Premier ministre. Un message d’au revoir … et non d’adieu parce qu’un homme comme lui, le pays en aura toujours besoin !

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ser à tous les djiboutiens et Premier Ministre, je tiens à m’adres de s tion fonc mes ter quit de ent “Au mom cette occasion. cipaux sentiments qui m’animent en prin des part faire leur r pou es, enn djibouti nt de la République, et a départ résulte de la volonté du Préside mon , tion stitu con e notr à nt éme Conform que mon départ symboliserait moi. Nous étions d’accord sur le fait avec n atio cert con ne plei en é ifi été plan tique. aussi une nouvelle avancée démocra érations, ayant déjà ainsi la possibilité à de nouvelles gén offre istre min ier Prem de t men nge Ce cha c de renforcer la classe faire leurs preuves. Il permettrait don de e, tiqu poli en ce rien expé ière une prem ercer mes responsabilités se, cela ne m’a jamais empêché d’ex cau de état tout En s. pay e notr de e politiqu ité, car je l’avais envisagée ment connaissance de cette éventual aite parf ais J’av té. nête hon avec es politiqu depuis longtemps. pression des émotions plus urd’hui dans mon message, c’est l’ex aujo part faire s vou veux je t don ce Non, en ce moment. profondes qui me viennent à l’esprit nt de la République, qui par issance particulière envers le Préside nna reco ma de lieu ier prem en it Il s’ag on de nos entretiens quotidonné pendant douze ans, à l’occasi m’a rd, éga mon à de icitu soll te stan sa con outi. e qu’il soit possible d’imaginer à Djib diens, la meilleure formation politiqu faut se doter pour le bien de urs fondamentales politiques, dont il vale les uis acq j’ai que s côté ses à C’est vernementaux. Et c’est la mesure des difficultés des choix gou pris j’ai que s côté ses à st C’e s. pay notre privilégier en priorité la conscience de l’absolue nécessité de ent nem plei pris j’ai que s côté ses à encore de la solidarité. orcement de notre unité, de la paix et Nation djiboutienne, en veillant au renf ez le peuple de la Répubissance envers vous tous, qui constitu nna reco ma de part faire i auss drai Je vou es vos espérances, mais pas avoir pu toujours répondre à tout ne de nt scie con suis Je . outi Djib de lique nnée, afin de rechercher r chacun de vous une écoute attentio pou eu t men elle tinu con j’ai que z save vous parfaitement ressenti la aux problèmes que vous souleviez. J’ai iée ropr app plus le it sera qui tion la solu de chacun, mais j’ai toujours r une réponse adéquate aux attentes orte app voir pou à it ava y l qu’i é difficult essayé de le faire. ect de l’impartialité et de e de conduite a été guidée par le resp lign ma e, anc onst circ e tout en fait, De ce r moi un encouragement e comportement à mon égard a été pou votr ur reto n qu’e is nna reco Je ice. la just principalement dans les mais surtout ma meilleure récompense, ail, trav mon s dan nt ane perm et t constan moments difficiles. ditions mon pays, en liquement, car avoir servi dans ces con pub er erci rem s vou de is deva me je Aussi, veilleuse entreprise. Je breuses années, a été pour moi une mer nom de t dan pen tion fonc e cett t pan occu nu au Gouvernement que je istres, aussi bien ceux qui ont apparte min les tous er erci rem à ent lem éga tiens gouvernements, dans lesquels été désignés dans tous les précédents ont qui ceux que t, men elle actu te quit ier Ministre. j’ai été successivement nommé Prem les collaborateurs qui ont nts à toutes les personnalités et à tous eme erci rem mes tous i auss e ress J’ad ts, politiques, administratifs, que ce soit, et dans tous les départemen au nive lque que à moi avec aillé trav es armées et policières. ou religieuse, ou dans les diverses forc le civi été soci la s dan es, tiqu oma dipl amicales, n’est pas très chacun d’eux, aient été plus ou moins avec ir avo pu j’ai que s, tion rela les Que et l’application des directives ours primé, c’est l’intérêt de la Nation touj a qui ce moi r pou car nt, orta imp présidentielles. n gouvernementale, de corbattu, afin de faire respecter la cohésio suis me je que ctif obje cet avec st C’e inistration, tout ceci, dans le cacité du gouvernement et de notre adm l’effi rer élio d’am et urs erre les r rige r notre pays. et du Président de la République pou but unique de pouvoir réussir le proj qu’il a toutes les qualisuccesseur. J’espère qu’il démontrera mon vers t iron s mot iers dern mes n, Enfi onie avec le Chef de l’Etat. t le poste que je quitte, en pleine harm men aite parf per occu r pou ises requ tés aussi beaucoup de courage et t facile dans aucun pays et nécessite n’es istre min ier Prem de tion fonc La ès dans l’exécution de sa misde réussir et d’obtenir un plein succ aite souh lui je si, Aus n. atio nég d’ab sion”.

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INTERVIEW Durant les 12 ans à la Primature, Dileita Mohamed Dileita a dû

accorder d’innombrables entretiens à la presse nationale. S’est-il pour autant livré ? Tout a-t-il été dit ? Une presse d’Etat ne pose jamais certaines questions à un PM en exercice. Et un homme politique se garde toujours de répondre à toute question, surtout si elle ne lui est pas posée. Dans cette interview, l’ancien PM aborde un éventail de sujets. Nous nous sommes efforcés de poser toutes les questions, sans détour. Il répond sans esquive. Au fil des réponses, le lecteur découvrira un autre Dileita, un homme qui aime profondément son pays, qui a à cœur son développement. Bonne lecture…

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INTERVIEW Bonjour Monsieur Dileita, comment allez-vous ? DMD : Très bien, merci. Y a-t-il une vie après la Primature ? DMD : Bien sûr qu’il y a une vie après la Primature ! Tout comme il y en a une pendant et une autre avant. Évidemment, a chaque période, son quotidien et ses contraintes. Aujourd’hui, n’étant plus PM, mon agenda n’est plus aussi chargé qu’il l’a été ces 12 dernières années. J’en profite pour me reposer et passer beaucoup de temps avec ma famille. Je dois avouer que ce changement de style de vie n’est pas seulement ressenti par moi seul, mais aussi par l’ensemble de mon entourage.

Mon départ résulte donc de la volonté du chef de l’État et il a été planifié en pleine concertation avec moi. De toute façon j’ai toujours gardé à l’esprit cette éventualité. Je savais que cela arriverait un jour, même si je me suis toujours efforcé d’exercer mes fonctions avec toute l’honnêteté requise. Pourquoi partir maintenant ? DMD : Le président et moi étions tombés d’accord sur le fait qu’un changement de Premier ministre symboliserait une nouvelle avancée démocratique, dans la mesure où il permettrait à de nouvelles générations d’accéder aux responsabilités. Il s’agit donc de renforcer la classe politique de notre pays.

Parlons un peu de cette institution nationale qu’est le Premier ministre. En HAQUE PAYS CHOISIT LIBREMENT quoi consiste concrètement DE SE DOTER DES INSTITUTIONS QUI sa mission ?

“C

LUI CONVIENNENT. IL N’Y A PAS DE

DMD : Son SYSTÈME MEILLEUR QU UN AUTRE ET rôle consiste à coordonner et à promouENCORE MOINS DE SYSTÈME DE RÉ voir l’action des ministres FÉRENCE dans le cadre de la politique définie par le président de la République. Il représente Votre départ a été diversement le président devant l’Assemblée interprété par les Djiboutiens. nationale. Sur délégation du Certains prétendent que vous président, le Premier ministre agit avez été poussé à la porte… aussi au nom du chef de l’État, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur DMD : [il éclate de rire] Non, du pays. Il veille à l’exécution des non… Personne ne m’a poussé à décisions présidentielles et des la porte. mesures arrêtées en Conseil des ministres. … tandis que d’autres assurent A l’inverse, le Premier ministre que c’est vous-même qui étiez présente au chef de l’État les proppartant depuis un certain temps. ositions de politique sectorielle, les projets d’actions économiques DMD : Écoutez, les gens et sociales et toutes autres propos’imaginent toujours des choses, sitions d’actions administratives, mais n’oublions pas que le choix de élaborés par les différents déparla personne du Premier ministre ap- tements ministériels, services et partient exclusivement au président établissements publics. On peut de la République. Cela fait partie de donc dire que le Premier ministre ses prérogatives constitutionnelles. constitue le lien entre le président 14

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de la République et les différents départements de l’appareil d’Etat. Le Premier ministre préside par ailleurs tous les comités interministériels, qu’ils soient permanents ou ponctuels et en fait rapport au chef de l’État. D’aucuns suggèrent qu’il est plus approprié de dire « le Premier des ministres » et non « le Premier ministre ». Qu’en pensez-vous ? DMD : C’est une de ces formules destinées à amuser la galerie... néanmoins, elle illustre assez bien l’effarante méconnaissance de nos institutions qui caractérise certains concitoyens. Croyez-moi, pour l’avoir exercé de si nombreuses années, je peux témoigner que la fonction est loin d’être protocolaire à ce point. Elle fait allusion au fait que notre PM n’est pas chef du gouvernement, comme c’est le cas ailleurs… DMD : D’abord, il est faux de dire que, ailleurs, le Premier ministre est toujours chef du gouvernement. Dans beaucoup de pays, ce n’est pas le cas et, dans plusieurs autres pays, il n’existe même pas de PM ! Ensuite, pourquoi vouloir copier les autres ? Chaque pays choisit librement de se doter des institutions qui lui conviennent. Il n’y a pas de système meilleur qu’un autre et encore moins de système de référence auquel tous doivent se conformer. Et pourtant, je peux vous assurer que compte-tenu de la confiance croissante que m’a témoignée le Président, j’ai bénéficié d’un environnement idéal pour m’épanouir dans ma mission. Vous êtes le 4ème Premier ministre que la République de Djibouti ait eu depuis 1977. Selon vous, qu’est-ce qui vous différencie de vos prédécesseurs ? DMD : Comme vous le savez, les deux Premiers ministres () n’ont pas vraiment duré. Reste Barkat auquel j’ai succédé et qui a occupé le fauteuil durant 23 ans.

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INTERVIEW Avec lui, la différence tient donc à nos personnalités respectives bien sûr, mais surtout au contexte. Au temps de Barkad Gourad, la fonction était plus politique. Il fallait construire une identité pour ce pays. Durant mes douze ans passés à la Primature, mon rôle a été plus technique. Dans le cadre des réformes profondes initiées par le président Guelleh, et sous son égide, il me fallait assurer une coordination efficace des activités du gouvernement. A cet égard, je remercie du fond du cœur le président Guelleh, d’abord pour m’avoir fait confiance en me nommant à ce poste clé du gouvernement. Ensuite, pour s’être montré si disponible à mon égard tout au long de mon exercice à la Primature. Ce que je ne peux oublier, c’est cette rencontre quotidienne que nous avions à midi. Durant douze années, je le voyais tous les jours, je dis bien tous les jours. Tous les Premiers ministres n’ont pas eu cette opportunité. Cette rencontre quotidienne m’a procuré la meilleure formation politique qui soit.

consommation de drogues et la criminalité. Une autre mesure consiste en la mise en place de l’Inspection générale d’État qui a pour mission de vérifier les grands comptes de l’État et de conseiller les politiques et technocrates. Cet organe n’existait pas avant. Nous l’avons créé avec le concours d’une organisation spécialisée dans ce domaine et lui avons donné pleins pouvoirs pour un contrôle efficace de nos différentes entités administratives et institutionnelles. Citons aussi la création du Secrétariat exécutif pour la Solidarité nationale. A ses débuts, il était placé sous la tutelle de la Primature et financé exclusivement par l’État djiboutien. Le but était alors d’agir contre ce que nous

Avec vous comme Premier ministre, le président Guelleh a initié de nombreuses réformes. A votre avis, quelles sont les plus notables ? DMD : En effet, le président Guelleh n’était pas arrivé à la tète de l’Etat les mains vides. Il était porteur d’un ambitieux programme de réformes. Conformément à la « feuille de route » que le président a remis au gouvernement, nous avons ainsi entrepris de nombreuses actions. Je pourrais vous citer par exemple le Service national adapté qui est réalisé avec le concours des Forces armées djiboutiennes, auxquelles je tiens à rendre hommage ici. Le SNA, qui en est maintenant à son treizième contingent, a permis à des milliers de jeunes déscolarisés à se réinsérer dans le tissu économique, leur évitant ainsi de sombrer dans la délinquance, la

percevions comme une paupérisation galopante d’une partie de nos concitoyens. Il faut dire qu’il y avait urgence, sinon c’était la fracture sociale avec une classe d’aisés d’un côté, et une masse de gens vulnérables de l’autre. Aujourd’hui, Dieu merci, grâce à la création de ce ministère, qui est devenu autonome dernièrement, nous avons pu éviter le scénario d’une société à deux vitesses. On pourrait continuer et évoquer d’autres exemples de projets initiés, comme la réforme de la Fonction Publique, l’institutionnalisation des réunions interministérielles sur des préoccupations majeures, la mise en place du système biométrique au

sein des différents départements ministériels… Parmi toutes ces initiatives, quelle est celle dont vous êtes le plus fier ? DMD : A vrai dire, il n’y en a pas qu’une… Mais j’aimerais quand même insister sur un programme qui, à mes yeux, revêt un intérêt vital pour le pays : le Service National Adapté, destiné aux jeunes déscolarisés des quatre coins du pays. Certes, la formation dont ces jeunes bénéficient dans le cadre du SNA leur donne plus de chances de trouver du travail, mais l’enjeu ne se limite pas à la lutte contre le chômage des jeunes. Le SNA, c’est aussi une véritable école de formation à la citoyenneté. On leur inculque la discipline, les valeurs de la République, le respect des institutions, l’esprit civique. Imaginez tous ces jeunes venus des quatre coins du pays communiant, 24 mois durant, dans une même épreuve d’apprentissage, d’efforts soutenus et de dépassement de soi… Cela indéniablement tisse des liens de solidarité. Ils commencent chaque journée par le salut au drapeau et le chant de l’hymne national, ce qui suscite et renforce chez eux le sentiment d’appartenance à une même nation. La coopération bilatérale avec l’Ethiopie de Meles Zenawi s’est renforcée. La donne peut-elle changer avec son successeur ? DMD : La coopération entre nos deux pays a pris une envergure telle que nous sommes cités un peu partout comme deux pays en avance sur l’intégration régionale. Faut-il s’attendre a un changement ? Laissez-moi vous dire la confidence que m’a faite un jour, a ce propos, le regretté Ato Meles Zenawi : « les relations djiboutoéthiopiennes sont indestructibles,

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INTERVIEW et le changement de personnes à la tête de nos États respectifs ne devrait en aucun les altérer ». C’est aussi ma conviction. Djibouti et l’Ethiopie, c’est un tandem gagnant-gagnant ! Et la Somalie ? DMD : La Somalie, c’est un pays qui nous est cher ! Il faut savoir que lors de la quête de l’Indépendance, ce pays s’est montré solidaire avec notre cause. C’est grâce à l’État somalien que nos leaders politiques de l’époque pouvaient voyager à l’étranger, participer aux conférences internationales et sensibiliser ainsi les leaders du monde à notre lutte légitime. Il était de notre devoir de ne

chaque fois qu’il était question de paix et de reconstruction de la Somalie. L’ancien Premier ministre somalien Farmajo m’avait confié à l’époque ceci : « le président Ismail a été l’indispensable aiguillon pour les Somaliens. C’est lui qui, par son courage et abnégation, nous redonnait confiance en la résorption de nos difficultés». Et cela est manifeste avec la participation d’un contingent des Forces armées djiboutiennes à l’AMISOM Revenons chez nous, si vous le voulez bien. Comment avez-vous vécu et à quoi attribuez-vous la victoire surprenante de la liste indépendante du Radd au dernier scrutin régional de 2012 ?

“ JE LUI AI OFFERT LE POSTE DE CHARGÉ DE COMMUNICATION DANS MON CABINET. IL S’AGISSAIT POUR MOI DE SIMPLEMENT DONNER UNE CHANCE À UN JEUNE DJIBOUTIEN” “

pas l’oublier et de retourner l’ascenseur. Et, de fait, nous n’avons ménagé aucun effort pour soutenir le peuple frère somalien lorsque le pays a basculé dans le chaos. N’oublions pas que Djibouti s’est chargé d’organiser, en 1990, la toute première Conférence de réconciliation somalienne. Pour sa part, une fois élu président de la République, M. Ismail Omar Guelleh a organisé la Conférence de réconciliation inter-somalienne d’Arta. L’axiome de base de cette Conférence a été de faire asseoir et discuter des gens séparés par la violence et la haine. Pour la première fois, les membres de la société civile somalienne prenaient prééminence sur les chefs de factions armées. Par la suite, Djibouti a répondu présent à

DMD : S’il est sorti gagnant, c’est d’abord la victoire de la démocratie. Elle prouve surtout que les élections se déroulent dans la transparence à Djibouti.

Le chef du Radd n’était nul autre que votre propre conseiller à la Primature et votre nom a été associé à sa victoire… DMD : Je me souviens effectivement de tout le bruit fait autour de ça... Mais je suis content que vous me permettiez d’éclaircir cette affaire. Ce jeune Abdourahman, je l’ai rencontré pour la première fois lors d’une tournée. Ce n’est que bien plus tard que je lui ai offert le poste de chargé de communication dans mon cabinet. Il s’agissait pour moi de simplement donner une chance à un jeune djiboutien. Je n’avais aucune idée de ses ambitions politiques, que j’ai découvertes plus tard comme tout le monde. Un beau jour, il m’adresse un courrier dans lequel il m’apprend son souhait de présenter une liste

indépendante dans le cadre des élections régionales et communales. Vu le boycott systématique des partis d’opposition traditionnels, j’ai longuement discuté avec le président Guelleh de cette opportunité qui offrait au peuple djiboutien un choix démocratique pluraliste. Ce qui fut fait. Mais je voudrais bien préciser qu’une fois sa candidature officialisée, je ne me suis associé, ni de près ni de loin, à sa campagne. Quant à ceux qui ont prétendu que j’étais derrière ce jeune homme, je voudrai leur dire ceci : je n’ai jamais trahi mon parti et je ne le ferai jamais. Depuis les législatives du 22 février dernier, le climat s’est alourdi entre majorité et opposition. A votre avis, comment s’est déroulé le scrutin ? DMD : Il s’est déroulé dans les meilleures conditions, les observateurs internationaux l’ont confirmé. J’aimerais à cet égard féliciter le peuple djiboutien pour sa maturité politique et son attachement à la stabilité. Mais les partis de l’opposition contestent ces résultats et proclament avoir gagné… ! Ils ont même fait une Assemblée parallèle… DMD : Franchement, n’est-ce pas navrant, cette attitude de l’opposition qui ne vise qu’à nuire à la stabilité politique de notre pays ? Le président Guelleh, qui a toujours prôné une politique responsable, avait jugé que le moment était favorable pour introduire une dose proportionnelle à hauteur de 20%. Cette ouverture démocratique a été saluée par la communauté internationale. L’opposition elle-même l’a saluée, d’où sa participation après dix ans de boycott systématique. Ce faisant, elle acceptait les nouvelles règles du jeu. Sur un terrain de foot, le règlement est clair : à la fin du match, il y a un gagnant et un perdant. Laissez-moi faire un petit détour. C’était en 2003 l’année où j’ai

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INTERVIEW participé à mes premières élections législatives en tant que chef de file. Contrairement à cette union de circonstance sans leader, j’avais en face de moi une union d’opposition responsable avec à sa tête un grand homme : le défunt Ahmed Dini, (Que Dieu l’accueil en son paradis Eternel). C’était un leader charismatique qui maîtrisait, vous le savez bien, toutes les langues nationales et qui jouissait d’une expérience politique que je ne pouvais égaler. Il avait, vous vous en souvenez, mené une campagne très animée et avait réussit à unir une opposition fragmenter, faisant d’elle un adversaire redoutable qui défend un programme politique. C’est du moins la première fois que l’opposition semblait être constructive. A la

encourageant. Dix sièges dans un parlement où aucun opposant ne siégeait jusque-là, ce n’est quand même pas rien ! Qu’est ce que cela pourrait leur permettre ? Ces dix sièges leur permettront de créer d’abord un groupe parlementaire. Ensuite, ils pourront faire des propositions de lois. Ils auront accès aux médias. Ils pourront même réussir à récupérer des députés de l’UMP pour s’opposer à certains projets de lois, parce qu’il y a des parlementaires UMP qui votent contre certains projets. Enfin, cela leur permettrait de se familiariser avec les institutions de l’Etat et de se préparer aux prochaines élections. Il ne faut pas oublier que dans seulement deux ans et demi, il y ‘aura les élections présidentielles. C’est dommage que l’opposition comU LIEU DE SE CONDUIRE EN MAU se porte d’une très VAIS PERDANT L OPPOSITION SERAIT manière maladroite. En politique, MIEUX INSPIRÉE D ACCEPTER SON il faut avoir SCORE QUI EST PLUS QU HONORABLE une vision et ce n’est cette impression ET ENCOURAGEANT qu’elle donne aujourd’hui.

“A

-

, ’

QUESTIONNAIRE INTIME

QUEL EST VOTRE PRINCIPAL DÉFAUT ? Très sentimental.

VOS PRINCIPALES QUALITÉS ? Fidélité et honnêteté

LES PIRES DÉFAUTS CHEZ UN HOMME OU UNE FEMME L’ingratitude et ne pas croire en soi

différence des leaders qui mènent aujourd’hui l’opposition, Ahmed Dini avait reconnu le verdict des urnes. A quoi peut-on s’attendre si les dix élus de l’opposition persistent dans leur refus d’occuper leurs sièges ? DMD : D’abord, il faut espérer qu’ils reviendront à la raison. Sinon, ils risquent tout simplement de perdre leurs sièges. Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale est clair sur ce point : si tu t’absentes durant deux séances successives, tu es remplacé par ton suppléant. C’est tout. Au lieu de se conduire en mauvais perdant, l’opposition serait mieux inspirée d’accepter son score qui est plus qu’honorable et

Vous-même avez été réélu lors de ce scrutin. Même s’il n’est plus au gouvernement, Dileita ne quitte donc pas complètement l’arène politique...

VOTRE MEILLEUR AMI M. Gora Meeke

VOTRE PLUS GRANDE RÉUSSITE Avoir été Premier ministre

DMD : Je suis effectivement député de l’UMP. En tant que parlementaire, je reste donc au service de mon parti et de mon pays.

VOTRE HÉROS Le Président Gouled

Un retour sur le devant de la scène est-il envisageable ?

VOTRE MODÈLE Le Président Guelleh

DMD : Qui sait ce que nous réserve l’avenir ? Peux-t-on dire que vous êtes l’homme de 2016 ?

VOS AMBITIONS POLITIQUES Les portes sont ouvertes

DMD : L’avenir nous le dira.

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GOGALEYSI Mai est

parti. Avec la démonstration des forces…des organisations syndicales dès le premier jour de ce mois. Le 1er Mai… Une journée de fête symboliquement forte partout dans le monde. Dans notre mabraze, nous sommes tous des ouvriers. Ouvrier de l’information (journaliste), ouvrier de la santé (infirmier major à l’hôpital), ouvrier fonctionnaire (cadre administratif), ouvrier à la promotion de la condition humaine (responsable au Secrétariat à la Solidarité), ouvrier du système éducatif (instituteur confirmé) et enfin artisan de la Foi et de l’Espérance (Adjoint Imam à la mosquée du quartier). Tous, nous nous considérons comme des serviteurs de l’Etat et de Dieu. Allah, le Tout Puissant nous est témoin ! Signalons au passage que l’actuel numéro de Googa est essentiellement focalisé sur un autre serviteur… d’un autre calibre. Une personnalité politique remarquable et remarqué pour son dévouement aux services de l’Etat. Il s’agit de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Dileita Mohamed Dileita. Douze ans à la Primature… On y laisse forcément un bilan. Pour moi, modeste plumitif de la presse djiboutienne, Dileita Mohamed, c’est l’homme des « Séminaires de Réflexion sur l’Action Gouvernementale ». Comme Premier Ministre, il avait innové en organisant « la grande palabre djiboutienne » entre les hommes politiques, les administrateurs au service de l’Etat et les simples citoyens. Par délà l’hommage, on souhaite lui témoigner ici notre respect d’abord pour l’homme, notre admiration ensuite pour le responsable politique et enfin notre affection pour le djiboutien pur sucre… Qu’il fut et qu’il demeurera à nos yeux. Ainsi, nous sommes en Mai. « Le poison d’Avril » est passé et on y a survécu ! Le majlis a retrouvé son équilibre… Et sa bonne humeur. WassWass s’est préparé contre les moustiques, les fourmilles et autres bestioles attirées par l’humidité du lieu. Il a acheté une quantité d’insecticides qui laisse pantois. Le tout placé devant lui. Prêt en cas d’attaque… D’attaquer. Le Maréchal des Patrouilleurs, assis à côté de la porte, surveille les parages. Il scrute tout « diric » qui passe à l’horizon et consulte le fichier de son portable. Toute la gente féminine des

alentours est répertoriée dans la mémoire de son ordi. A côté de moi, Wadad tourne machinalement entre ses doigts effilés son inséparable chapelet ; tout en mâchouillant quelques brindilles de khat. Il est en stand by pour la prière d’Al Asr. Et enfin de l’autre côté de la porte, il y a le Prince de la Rumeur, mon éternel concurrent dans les parties du Googaleysi. Lui, il aime le commentaire de l’actualité. Il s’est abonné tout dernièrement au site « Djib Chrono ». Un site pittoresque qui raconte sous forme des fables les péripéties de la vie politicienne locale. Aujourd’hui, la balle est au milieu de nous tous comme d’hab’. Le gagnant sera celui qui lancera la devinette qui fera le plus tourner les langues. Et comme devinette, j’en ai deux. Je m’apprête à lancer ma première dev… Quand Wass-Wass me devance. Il a noué un mouchoir au bas de son visage ; ce qui fait que ses propos sont étouffés. Je n’attends pas qu’il attire l’attention… Et lance ma balle ! MABRAZE DU GOOGALEYSI - Bonjour Asahabta Googaleysigow ? - Bon après-midi, Sahib Sahafiyow ! -Chaque jour a son importance… Mais il arrive qu’une journée voile une autre. Comme un arbre peut cacher une forêt. Connaissez-vous donc, en ce mois de Mai, la Journée qui a éclipsé une autre ? - Ce n’est pas une devinette ça, cher journaliste ! Les jours de la semaine ont chacune leur importance. Moi, mon jour préféré, c’est le jeudi… Parce que la chasse n’est jamais infructueuse, ce jourlà ! répond le Maréchal . - Un jour qui cache un autre ? Je sais pas… Mais le vendredi est mon jour préféré. Car ce jour, je me prépare paisiblement et patiemment à aller à la rencontre d’Allah lors de la grande prière, ajoute Wadad. - Je ne vois pas où il veut en venir, le journaleux… Mais laissez-moi réfléchir à haute voix. En ce mois de mai, nous avons fêté comme le reste du monde la Journée Internationale des Travailleurs et puis rien… Je ne vois vraiment pas le jour qui a mangé une autre journée ?

dernier, nous avons célébré la Journée Internationale du Travail. Et les organisations syndicales ont organisé meeting et manifestation publique. Cette journée a avalé et ravalé « la Journée Internationale de la Liberté de la Presse » qui a eu la malchance de tomber, cette année, sur un vendredi (un jour férié pour les pays musulmans). En effet, ni la presse locale, ni les médias captés à Djibouti, n’ont accordé outre importance à la vingtième édition de cette journée consacré à la liberté d’informer, de divertir et d’éduquer… - Sahib Sahafiyow… On sait que tu t’intéresses à ton secteur d’activité. Mais pourquoi tu ne parles pas du secteur de la Santé ? Il y a beaucoup des choses qui se passent dans ce domaine là aussi… C’est Wass-Wass, l’hypocondriaque du majlis qui me pose cette question. - (J’enchaîne immédiatement le lancée de ma deuxième devinette) Y a-t-il une vie après les fastes et le tapis rouge des activités officielles des Vip ? - Encore une question oiseuse ? Qui sont les vip d’abord ? Les vip… Sont-ce les vipères ? - Les V. I. P, mon cher Maréchal, ce sont les Very Important Persons… Et à Djibouti, les Very Important Persons, ces sont nos gouvernants. En d’autres termes, notre ami, le journaliste de la Gazette officielle, nous demande, s’il y a un avenir après qu’on ait quitté le gouvernement, n’est-ce pas, cher ami ? - Oui… C’est cela, Altesse Sérénissime, Prince de l’intox ! Et qu’en penses-tu ? - J’en pense que c’est à vous les journaleux d’interroger nos Vip sur leurs idées. Il était question de créer un Sénat… Pour ceux de nos « célébrités » frappés par l’age de la retraite ! Qu’est devenu ce fameux projet ? Allez leur poser la question, mon cher rapporteur des faits convenus… - Merci de la suggestion… Un bon point pour Son Altesse. Alors qu’est-ce que tu as dans ta gibecière ? - Attend ! Attend ! Je capte Radio DhiDha… Abdi M. Farah

- Tu n’es pas loin, Altesse… Le 1er Mai

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CARNET DE VOYAGE Périple hasardeux au Somaliland s à travers l’immensité du des jours que par les incessants voyage ure l’us par usé tant ste, vétu et lant de passagers harassés Un 4x4 bran t la hauteur du volant. Une quinzaine men cile diffi asse dép tête la t don ur et tout le monde désert. Un chauffe ible. Le véhicule démarre en trombe, pén fort ce non s’an qui ple péri d’un entre ses avant même le début epté le chauffeur. Celui-ci grommelle Exc ir. savo vait pou ne Nul où? s Ver salue le départ. Notre départ. r comme un rat “un fils de…” qui a jures et d’insultes. Il menace d’écrase d’in es ctué pon ns atio ifér voc des ts den on de bouteille. osé frapper son apprenti avec un tess morceau de chemise usée Sa main droite est enveloppée d’un e. gicl ier dern ce de sang le nt, arde décidé de partager Sous le soleil nt est très vite oublié, l’apprenti ayant cide L’in e. liqu pub voie la sur e t-êtr que l’on a trouvé peu nos yeux. sa douleur ailleurs. . Bientôt les kilomètres défilent sous soit ça que qui enir prév s San sse. Le chauffeur repart à toute vite ssière monte en spirale vers un de pierrailles couleur ébène, où la pou rocs des nt elle onc s’am où ée éch Terre dess qui gonflent ses jours à ciel morne et plus que jamais absent. ément affligé devant les incertitudes ond prof ge visa un tre mon ed l’ou de à l’herbe sèche et au A Nagadh, le lit éliques s’accrochent désespérément fam et s tive ché vres chè s lque que venir. Non loin de là, sage chaotique. bois mort qui meublent ça et là le pay t la voix douce et mélodieuse de chauffeur éteint le transistor, coupan le bi Har ce, pou de p cou eux furi n D’u plusieurs minutes durant. Au opée trahie, a retenu l’attention de tous mél de e sort , ceau mor le t don ed Zahra Ahm ia au dessus duquel flotte uniforme écrivent à l’ombre d’un acac en mes hom x deu , ada Loy de r mètres plus loin, des poste frontalie de voyage. Sans mot dire. Quelques nts ume doc nos ent retir s nou Ils l. étés et couverts le drapeau nationa ent sur un groupe de voyageurs héb harn s’ac nd alila Som du s tière fron éléments de la police des de poussière. nd est un pays comme un autre du doigt. Il vocifère que le Somalila te poin s nou at sold un , lière dou ban Fusil en message que nous avons su mporter” en conséquence. C’est là un “co s nou ons dev s nou der, accé y r bois où deux autres et que, pou s une petite chambre en planches de dan s duit con re d’êt nt ava e pein de décrypter sans gran les. tivent dans un boucan de tous les diab nos passeports agents de la police somalilandaise s’ac monde nous ne devons leur montrer au rien r pou : es roch des u l’ea me La consigne est claire com e d’une boutiquière de l’autre rs soigneusement dissimulés avec l’aid lleu d’ai ns avo s nou que er pass sezet lais me de 20 dollars US. Directnous devrions nous acquitter de la som i, ains it sera ce où cas Au . tière fron 00 shillings. Voilà où côté de la e, ce montant serait réduit jusqu’à 20.0 vers l’in A ce. poli la de hes poc les s de surcroît. Qui ement versée dan , une petite république autoproclamée cain afri Etat e jeun un s dan lité léga la vérité ? Peut-être. conduit le respect de N’y a-t-il pas dans cela une part de ? ge visa e mêm le out part e offr a dit que le continent noir silence prend possession du paysage nuit estivale lourde d’obscurité et de Une e. trair con le re croi e j’os s Mai euses et hasardeuses. Au terme ur fonce à travers des pistes caillout uffe cha e notr , ndre atte trop s San ue. aado, la première localité désertiq r apparaît au bout de la nuit. C’est Ash lueu le faib une e, rout de res heu x e à tout le monde de de plus de deu ada. A notre arrivée, Harbi demand Loy de tière fron la à age pass le s la piste habitueldu Somaliland aprè prétextant de suivre une voie autre que re, rritu nou en et eau en t men sam er ne pourrait s’approvisionner suffi , parce que son drôle de Land-Cruis ama Bor de ion inat dest à es icul véh lement empruntée par les x passagers contestent timidement son ssées le long du trajet. Un, puis deu enta e sabl de s che cou les sur er roul et que, après tout, cela le relong. Il leur rétorque qu’il n’en est rien plus est e rair itiné cet que nt qua choix, indi où bon lui semble. restaurateurs et bougarde de conduire sa maudite voiture eur nocturne. Marchants ambulants, torp sa de p cou à tout re libè se o en énergie la Entre-temps, Ashaad lité où un groupe électrogène alimente loca te peti e cett s Dan nt. elle terp tiquiers appellent et s’in e, les habitants sont pour la plupart alignés le long de la piste poussiéreus nts aura rest et es tiqu bou de ine diza inant leur amertume et leur esr de nuit (les hommes surtout), rum ueu long à t kha du t han Mâc es. aqu insomni que les phares d’un véhicule urent de tous les coins et recoins dès acco ils les, étoi des t men tille scin une passagère. poir face au se à offrir aux voyageurs “, m’explique cho lque que ours touj ont “Ils e. isi de couper son déchirent la brum urs que si notre jeune chauffeur a cho aille par nd ppre m’a e, rout de non n autre ? Ahmed, mon compag hasard. “ Pourquoi celui-ci plutôt qu’u par pas t n’es ce , une fort de nts aura moteur devant un de ces rest ver la moindre explication au geste rire. J’avoue mon impuissance à trou t peti un t ffan étou en il ditme !”, Devine du conducteur.

Isman O.

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