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Hyperstatisme : n.m.

« Je lui en donne une : ils m’en donnèrent deux, Vous, vous nous en donnâtes trois ou davantage ; Mais toutes cependant leur revinrent, à eux, Bien qu’on ne pût contester l’équité du partage. » Alice in Wonderland- Lewis Caroll Spectre : n.m, entité immatérielle ; architecte de rêves. Conseil : n.m, cour suprême et immatérielle contrôlant l’activité des spectres. Echange-coeur : n.m, amulette permettant d’interchanger l’aspect physique de deux personnes. Carnet à rêves : n,m, carnet dans lequel Alice décrit, en quelques mots, les rêves que les spectres devront réaliser.


LE PROJET Décembre est un projet où théâtre, film et musique se rejoignent autour d’une fable commune inspirée d’Alice aux pays des merveilles de Lewis Caroll. L’histoire investit la psychologie d’Alice, alors dépassée par ses démons. En tentant d’échapper au malheur qu’elle a vécu, elle rêve sur commande jusqu’à se perdre pour rester, à jamais, avec l’amour qu’elle a perdu. L’inévitable irrationalité de l’amour et la disparition d’un être cher sont les thèmes composant l’ossature d’un projet qui cherche à exorciser les émotions et à mieux les comprendre pour les partager avec le public. L’utilisation de plusieurs moyens d’expression s’est présentée comme une évidence pour refléter la complexité d’Alice. Dans l’ordre d’apparition : film, pièce et musique composent ce projet de manière Hyperstatique, c’est à dire que le projet forme un tout mais ces composants pourront aussi être vu, lu ou entendu indépendament. Le film fixe une image du personnage d’Alice. Celle d’une jeune fille se noyant dans une spirale qu’elle pensait maîtriser. La pièce lui offre une voix en mettant en avant une relation directe entre elle, seule sur scène, et les spectateurs. La musique originale omniprésente en live ou dans le film relie ces deux expérience en donnant aux personnages un passé, et à l’histoire une préexistence. La forme finale est un spectacle où le film projeté introduit le spectacle vivant entouré par la musique jouée en live. En mobilisant film, théâtre et la musique dans un assemblage hétérogène nous voulons générer une expérience complète des sens et libératrice dans son propos.

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Alice a le don de choisir ses rêves. Elle les note dans son carnet pour que Carroll et Rabbitson, des architectes oniriques, les réalisent. Lorsqu’un soir, ils décident de contourner la loi du Conseil, ces derniers, vont très vite se rendre compte qu’ils viennent de commettre une grave erreur.


FILM Décembre est un court-métrage relatant l’histoire d’Alice, une jeune fille ayant la capacité de choisir ses rêves. Depuis la mort de Tommy, son amour disparu dans un accident de voiture, elle ne désire rêver que de lui. Plus elle rêve, plus elle s’emprisonne dans un monde factice qui pourrait très vite nuire à sa santé mentale. Carroll, protecteur et architecte des rêves d’Alice depuis son enfance, en duo avec Rabbitson, nouvel arrivant plein de confiance et admirateur de ce dernier, décident d’intervenir pour sauver la jeune fille. Nous voulons montrer au sein de ce film une blessure intérieur, celle de la disparition d’un être aimé. Lorsque Tommy meurt, Alice se replie sur elle et ne vit plus qu’à travers ses rêves. C’est l’histoire d’un basculement : celui de l’amour vers la folie. Un regard est posé sur le mal que l’on se fait. Lorsque la cause de nos malheurs est extérieure, elle se décuple alors en nous avec une force démesurée et irrationnelle. Ce sont ces forces, cette traversée, ce constat que nous désirons porter à l’écran à travers une interprétation de l’univers d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Allant de la cause à l’effet et sous la lentille d’un filtre onirique Alice se balance entre rêve et réalité. Elle vit dans son monde intérieur un malheur maquillé en bonheur qui lui fait peu à peu oublier le monde extérieur. Alice a grandi. Elle doit désormais faire face à ses responsabilités d’adulte. C’est donc aussi une histoire d’acceptation qui passe par le biais de Carroll et Rabbitson. Alice est en réalité tout ce que nous avons été ou tout ce que nous allons être : des hommes et des femmes confrontés aux choix douloureux que génère la vie.

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FICHE TECHNIQUE Titre : Décembre Inspiré de : Alice in Wonderland, Lewis Carroll (1865) Réalisation / Scénario / Compositeur : Massimiliano Liberti Genre : Drame Durée : 17-20 minutes Format : 1,37:1 1° Assistant réalisateur : Florent Pietri 2° Assistant réalisateur : Franck Daumas Pré-production : Matthieu Samadet / Goodbye Films Directeur de la photographie : Enzo Strazullo Chef opérateur son : Pays : France Lieu de tournage : Region PACA / Région Haute Normandie Année de production : 2016 - 2017

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Tournage Nous avons aussi des envies, des rêves et des désirs précis pour le tournage. Nous aimerions tourner en film (pellicule 16mm) couleur au moins les scènes qui se passe dans la tête d’Alice pour aligner à ses visions rêvées la matière filmique pure, c’est à dire la pellicule. Nous pourrions profiter de ce moment fantastique du tournage pour organiser et proposer des ateliers de formation et de manipulation de caméras 16mm à tout ceux qui le souhaiteraient. Pour cela nous avons eu une idée folle : rechercher des chefs opérateurs qui se sont arrêtés de travailler avec l’avènement du format numérique et leur proposer de se joindre à nous. Baignant dans le monde du spectacle vivant le film se doit dans son processus de création de réfleter cette envie et cette énergie de vie qui l’entoure.

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AU FOND DU FILM -synopsis longDepuis son plus jeune âge, Alice a l’étrange capacité de pouvoir choisir ses rêves et de les modeler à sa façon. Pour cela, elle utilise un carnet à rêves dans lequel elle écrit ses requêtes. Les requêtes de ce carnet sont directement reliées au monde se trouvant à l’intérieur de son esprit. Ceux que l’on nomme spectres sont des entités oniriques vivant dans sa tête. Ces derniers construisent tout le décor de ses rêves. Ce sont des architectes. Le plus ancien des spectres, Carroll, connaît Alice depuis toujours. Il était également le spectre de sa mère, Philomène, avec qui il entretenait une relation forte. Le Conseil est une juridiction immatérielle et invisible chargée de contrôler et de vérifier le travail effectué par les spectres. Il intervient lorsque les rêves ne sont pas totalement conformes à la demande du rêveur. Pour cela, il enquête et détermine dans quel mesure le spectre est responsable de cette probable erreur. Ayant tous les pouvoirs, le Conseil est une organisation grandement crainte par les spectres. C’est dans ce contexte là que Rabbitson, un jeune spectre très doué, va s’intéresser à l’histoire d’Alice. Il va se rendre compte qu’un mal hante la jeune femme et par goût du défi décide d’intervenir. Alice a perdu Tommy, son amour, dans un accident de voiture. Il y a sept mois, alors qu’ils sortaient d’une soirée arrosée, les deux amants rentraient chez eux lorsque Tommy, ivre, perdit le contrôle de sa voiture avant de percuter un arbre. Seule Alice survécu. Depuis, Alice se renferme sur elle-même, ne sort plus, et mène sa vie dans une extrême solitude. Pourtant, grâce à son don, elle va pouvoir, tous les soirs, rejoindre Tommy dans ses rêves et continuer à vivre sa romance. Rabbitson comprend qu’Alice n’a jamais fait le deuil de cette relation et qu’à force, elle va finir par se perdre dans une réalité qui pourrait la mettre en danger, notamment lorsque les rêves ne lui suffiront plus. Il décide d’agir pour empêcher Alice de sombrer. Il se met en tête de rencontrer Carroll, en charge des rêves d’Alice, pour lui demander de former une équipe. Ensemble, ils espèrent trouver une solution pour

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aider Alice. Mais pour cela Rabbitson veut enfreindre le code imposé aux spectres par le Conseil et modifier légèrement la nature des rêves d’Alice. En faisant cela, il désire faire entreprendre à Alice le deuil qu’elle aurait dû essayer de faire il y a déjà sept mois. Pour cela, Rabbitson rencontre donc Carroll dans un café. Carroll est sur la défensive et froid comme un mafieux sous les projecteurs de la police. Pourtant Rabbitson lui confie ses craintes à propos d’Alice. Carroll semble s’être résolu depuis longtemps à laisser Alice dans cette état. Alors qu’il s’apprête à mettre un terme à cette entrevue, Rabbitson, le regard braqué sur une bague qu’il triture depuis le début, lui annonce qu’il a un plan. Un plan périlleux et fantastique mais qui, selon ses dires, va marcher. Carroll s’arrête. Alice s’habille et se maquille devant le miroir puis se couche avant d’éteindre la lumière. Elle n’a plus qu’à attendre Tommy dans ses rêves. Le soir s’apprête à tomber aux abords d’une plage. Carroll et Rabbitson sont déjà là, tendus, leur plan est en marche. Ils attendent eux aussi que Tommy rejoigne Alice sur les rochers, près de l’eau. Deux filles apparaissent non loin d’Alice et Tommy. Elles passent derrière eux et immédiatement, comme attiré irrémédiablement par elles, Tommy se lève et les rejoint. Les trois s’éloignent laissant Alice, confuse et paniquée, seule sur le sable. Alice se réveille en sursaut. Elle se remet devant sa glace. Son maquillage a coulé. Elle le reprend, attrape deux pilules, boit le tout avant de se remettre au lit. Elle s’apprête à entrer dans son deuxième rêve : une fête en compagnie de Tommy. Tommy entre, accompagné par les deux filles, dans une maison où une soirée semble se dérouler. Pourtant, la maison est vide. La musique, les lumières indiquent qu’une fête a bien lieu mais les pièces de la maison restent vides. Ils se dirigent alors vers la salle de bain d’où Rabbitson sort, une serviette de bain à la main. Il se rend au salon. Les participants à la soirée sont apparus entre temps et tout le monde est en train de danser et de boire. Il se fraye un chemin jusqu’au canapé, croise une jeune femme, Laura, lui donne la bague et s’assoit près de Carroll. Le professeur demande à nouveau des précisions sur cette bague. Rabbitson lui répond qu’il s’agit d’un échange-coeur : amulette permettant d’intervertir l’apparence physique de deux personnes. Carroll, apparemment au courant des dangers d’un tel objet, s’emporte et se retient de frapper Rabbitson. Il se lève et part. Rabbitson retrouve Carroll, entrain de fumer, devant la maison. Rabbitson s’allume également une cigarette. Il s’excuse auprès de Carroll pour ne pas lui avoir parlé de l’échange-coeur plus tôt. Il lui confie également à quel point sa personne est un modèle pour lui et combien il a étudié, avec le Conseil, ses méthodes en terme de construction onirique. Rabbitson révèle ensuite que l’échange-coeur va permettre de s’occuper d’Alice

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seule, sans avoir à subir les interférences que peut créer la présence de Tommy. En effet, en échangeant son aspect physique avec celui de Laura, Alice se retrouvera dans un espace de flottement qui laisserait probablement assez de temps pour faire comprendre à cette dernière la gravité de sa situation . Alice ouvre les yeux au milieu du salon. Elle vient d’entrer dans le rêve. Tout le monde danse autour d’elle. Par dessus son épaule, Laura s’avance et lui demande : « Tu veux danser ? ». Le salon est à nouveau vide. Alice est face à Laura, hypnotisée. Une musique débute et les deux filles démarrent une danse pleine de sensualité. Au terme de la danse, Alice a interverti ses traits pour ceux de Laura et inversement. Tommy et les deux filles traversent à le salon et Laura les rejoint. Ils sortent laissant Alice avec son nouveau corps, son nouveau visage, seule et perdue. Alice se réveille violemment, allume la lumière, se jette sur sa glace pour scruter son visage et son maquillage. Rien n’a changé. Elle finit par s’allonger en foetus sur son lit et se rendort. Elle va vivre son dernier rêve : une balade en forêt avec Tommy. De ce rêve, nous n’aurons que quelques images : Alice sous une lumière bleue, des fleurs, Alice sous une lumière rouge, un chat, Alice marchant dans une forêt, le visage de Laura et enfin, celui de Tommy. Rabbitson est assis sur un canapé. Il est seul comme dans une bulle. Il fume une cigarette. Il semble triste et déçu. Soudain, quelqu’un tambourine à la porte. C’est Carroll, hors de lui. Il reproche en hurlant à Rabbitson l’échec du plan mis en place. Il lui parle des conséquences évidentes lorsque le Conseil se rendra compte ce qu’il s’est passé. Rabbitson rétorque qu’il n’y avait plus rien à faire, qu’Alice était trop enfermée dans ses rêves. Il pensait que le plan marcherait. Le plan devait marcher. Il ouvre la porte à Carroll. Nous découvrons alors Alice se réveillant en douceur, certainement à cause de cette lumière qui fait clignoter une ombre dans sa chambre. C’est celle de Tommy. Lentement, elle se lève et suit l’ombre jusqu’à sa salle de bain où elle regarde avec curiosité la baignoire sans que l’on ne puisse la voir. Alice gît dans la baignoire, les veines ouvertes. Elle meurt lentement. ***

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ALICE Alice a la capacité de choisir ses rêves, il lui suffit pour cela de les noter dans son carnet et les spectres, sorte d’architectes oniriques, se chargent de les lui créer. Seulement, depuis la mort de Tommy, son amour disparu dans un accident de voiture, Alice a décidé qu’elle ne rêverait plus que de lui et s’enferme alors, chaque soir, dans cette spirale qu’elle pense maîtriser. C’est le seul personnage de Décembre à être présent à la fois dans le film et dans le monologue de théâtre.

Margaux BOUDRET

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Décembre, 2015 (Première version) © Massimiliano Liberti

Elle suit, depuis 2013, une formation en Arts du spectacle et de la scène à l’Université de Lettres d’Aix-en-Provence. Elle a joué durant deux ans dans L’Eveil du Printemps de Frank Wedekind ainsi que dans Cendrillon de Joël Pommerat en tant que commédienne principale, sous la direction de Fréderic Poinceau. Elle est également actrice dans le court-métrage mais aussi comédienne dans le monologue Décembre.


CARROLL Carroll est le plus expérimenté de tous les spectres. Déjà en charge des rêves de la mère d’Alice avant que celle ci ne meure, il prend soin d’elle comme de sa propre fille. Dernièrement préoccupé par sa situation depuis la mort de Tommy, il accepte un rendez-vous avec Rabbitson, intrigué par ce que ce jeune spectre a à proposer.

Décembre, 2015 (Première version) © Massimiliano Liberti

Hugo BATIFOULIER-VICCHIO Étudiant en Arts du spectacle et de la scène à l’Université de Lettres d’Aix-en-Provence de 2010 à 2014, Hugo BatifoulierVicchio participe à de nombreuses productions : Qui à peur de Virginia Woolf, mis en scène par Sabine Vasselin ou encore Le Kojiki, écrit et mis en scène par Yan Allegret. Ici, il reprend le rôle de Carroll qu’il interprétait déjà dans la pièce Alice, en 2013, mis en scène par Massimiliano Liberti.

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RABBITSON Rabbitson est le spectre le plus doué de sa génération. Tout juste sorti de sa formation avec le Conseil, il a pour ambition de travailler avec Caroll, son modèle, afin de sortir Alice de sa torpeur. Pour cela il a un plan mais il n’est pas sans risque, que ce soit pour elle, comme pour eux.

Robin MANNELLA

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Décembre, 2015 (Première version) © Massimiliano Liberti

Robin Mannella rentre à l’école d’art dramatique de Sylvia Roche à Marseille en 2008. Parallèlement à cela, il intègre en 2012 l’Université de Lettres d’Aix-en-Provence en Arts du spectacle. Il y interprète notamment en 2013 Bougrelas dans Ubu Roi, mis en scène par Agnès Regolo. En 2016, il intègre la compagnie des Oiseaux de Nuit, à Paris, et tourne dans la pièce ADN. Il reprend également, au sein de Décembre, son rôle de Rabbitson, qu’il avait déjà interprété en 2013 dans Alice, de Massimiliano Liberti.


“Le deuil doit se faire dans le silence des prières. Peu importe le chemin, peu importe la décision, il faudra vivre en silence avec ces meurtres. J’ai dans ma tête, dans mon coeur, dans mon corps et mon âme, une symphonie interminable qui fait danser les souveqnirs et les images” - Alice, monologue de Décembre


Photo pièce


MONOLOGUE D’abord introduit par le film puis resserré par la musique, le théâtre est le lieu où Alice s’exprime. Elle y raconte le dernier rêve qu’elle fait avant de se suicider. Nous voulons instaurer une relation directe entre le public et le personnage pour mettre en commun des douleurs intérieures. L’envie est celle d’extérioriser, de mettre à plat une vision autours de l’amour, la mort et la disparition. Dans Décembre, la scène est l’endroit où l’on doit pouvoir dépasser l’intériorisation d’une peine. Le présent autorise l’expérimentation d’une entente entre Alice et la salle. Grâce à l’imagination, se tissant au fil d’un monologue imagé, Alice va décrire ce qui la tourmente. Elle construit en temps réel un décors et une fable dont les spectateurs deviennent les auditeurs privilégiés. C’est dans cette particularité là que le théâtre, au sein de notre projet, devient nécessaire. Les confidences d’Alice sont un partage auquel nous pouvons participer : sa traversée peut provoquer en nous une traversée similaire menant alors vers une extériorisation de nos propres maux.

Décembre nous invite à plonger sur scène en même temps qu’Alice pour y combattre nos démons.

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FICHE TECHNIQUE Titre : Décembre Inspiré de : Alice in Wonderland, Lewis Carroll (1865) Mise en scène / Écriture / Composition : Massimiliano Liberti Scénographie : Vivien Berthaud Assistants mise en scène : Florent Pietri & Franck Daumas Régisseur général : Vivien Berthaud Communication/ Administration : Marina Lovalente Production et coordination du projet : Matthieu Samadet / Goodbye Bucephale Genre : Tragédie Durée : 45 minutes Forme : Monologue Pays : France Année de production : 2016 - 2017

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SUR SCÈNE, LES SPIRALES D’ALICE Alice est appelée par le Conseil pour raconter le rêve qu’elle a fait avant de mourir. Ce témoignage devrait servir à déterminer si Carroll et Rabbitson sont responsables de la mort d’Alice. Ce rêve débute dans une barque. Carroll et Rabbitson naviguent avec la jeune fille vers un rivage d’où s’élève un nuage de poussière. Il s’agit de chevaux courants en cercle, à la lisière d’une forêt. Les trois personnages accostent et se dirigent alors vers cette forêt. En s’enfonçant dans les bois, ce dernier s’enflamme avant de plonger dans une obscurité totale. Lorsqu’Alice parvient à y voir de nouveau, tout est en train de brûler sous une lumière bleue. Carroll et Rabbitson ont disparu. Elle entend alors un chant qu’elle reconnaît comme étant celui de Tommy. En suivant cette voix, elle se retrouve face à un énorme chat la laissant avec une énigme :

Il faut parfois mourir pour se donner naissance. C’est alors que derrière elle, une porte apparaît. En entrant, elle tombe dans un trou sans fin. Durant sa chute, elle prend finalement conscience que ce qui lui arrive au sein de ce rêve n’est absolument pas en accord avec la demande faîte dans son carnet. Alice se retrouve au bord d’une falaise. En face d’elle, elle voit Tommy. Elle avoue enfin que c’est la douleur qui l’a conduite à s’enfermer dans ses rêves. Une douleur qu’elle ne semble pas décidée à dépasser, malgré les efforts des spectres. Dans le fleuve qui la sépare de Tommy, elle choisira de se laisser tomber : une noyade libératrice qui viendra mettre fin à sa tragédie.

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Margaux MOSTACCI© Décembre / GOODBYE BUCEPHALE


“J’ai trompé l’h les tic-tac du t En trompe l’oe dans ses gants Une blonde sév me harponne l J’aime ses griff sur mes os” - T


heure, temps eil, me glisse s vère la peau ffes et ses os Trompe l’oeil


ALBUM Décembre est aussi un projet musical venant enrichir le monologue et le film. La musique vient amplifier les éléments de compréhension de ces derniers. Par exemple, on y découvre la première rencontre entre Tommy et Alice ou encore, la relation entre Carroll et la mère d’Alice, Philomène. Construites avec des riffs ou des samples s’ajoutant les uns aux autres, chaque composition est une boucle qui s’agrandit pour être au plus proche de l’impasse dans laquelle Alice se trouve. Un cercle vicieux maintenu par Carroll et que Rabbitson va tenter de briser. Le point de vue adopté pour les compositions est celui que l’on retrouve dans les pièces de théâtre antique : celui du choeur. Cette particularité permet de réintégrer la musique au sein du théâtre, à sa juste place, celle de son origine. De même, dans le film, elle raconte une histoire dont elle seule connaît les tenants et les aboutissants. L’équivalent d’une voix-off établissant alors une passerelle avec le Conseil, lui aussi omniscient. La musique doit agir comme un révélateur chimique sur cet ensemble que compose le monologue et le film. De par son importance dans ce projet, la musique nécessite une indépendance que seul l’existence d’un objet - un album/vinyle - pourrait lui accorder.

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* Cette image est une simulation.

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Financement Nous cherchons actuellement une co-production entre film-théâtre et musique qui serait prête à nous accompagner pour mener à bien notre projet. Nous avons déjà commencé à chercher des financements de notre côté même si dans l’idéal nous aimerions sortir du schéma de l’autoproduction.

Campagne de financement participatif

Bourse étudiante

Aides Régionales

LE G.R.E.C 30


Un projet coordonnĂŠ par

goodbye-bucephale.tumblr.com

Retrouvez le projet DĂŠcembre sur

decembrecollectif

decembre.direction

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Massimiliano LIBERTI, Réalisateur, scénariste, compositeur +33 (0)6 11 37 27 51 direction.decembre@gmail.com Matthieu SAMADET, Coordinateur, président de Goodbye Bucephale +33 (0)9 86 60 21 02 +33 (0)6 21 70 63 35 msamadet.goodbyebucephale@gmail.com Marina LOVALENTE, Responsable de la communication +33 (0)7 70 30 75 60 communication.decembre@gmail.com

Dossier de presse / DECEMBRE  

Un projet de Massimiliano Liberti

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