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Enquête Tendances, 18e année : analyse 2015 des données 2013-2014 Claire Debout, mars 2015

Bilan général de l'enquête Cette enquête au long cours est alimentée par les données enregistrées depuis 18 ans. L'année 2013-2014 a été marquée par une nouvelle augmentation du nombre des observateurs qui est désormais de 83 (+ 12,5 % par rapport à l’année précédente) et aussi du nombre de parcours, soit 186 cette année (+ 16,5 %) (tableau 1). Rappelons qu’une « année Tendances » commence en août par une première session (15 août – 15 septembre) et se termine en juillet de l’année suivante par la session 15 juin – 15 juillet et qu’elle comprend six sessions d’un mois, tous les deux mois. Pigeon ramier (photo Gérard Debout)

Dépt 14 27 50 61 76 Total

Nombre de parcours 2012-13 2013-14 * 31 43 (44) 16 21 (24) 73 79 (82) 10 12 (14) 25 31 (38) 155 186 (202)

Nombre d'observateurs 2012-13 2013-14 * 12 18 (19) 7 10 (13) 32 32 (34) 7 8 (10) 14 15 (19) 72 83

Évolution Parcours observateurs + 12 +6 +5 +3 +6 0 +2 +1 +6 +1 + 28 + 13 16,5 % 12,5 %

Tableau 1 : Évolution de l'enquête depuis 2012 -2013 * Parcours ou nombre d'observateurs réels (les nombres entre parenthèses indiquent le nombre de parcours promis mais tous n'ont pas été réalisés)


Méthodes 186 parcours correspondent à 1 116 sessions pour cette année 2013-2014. Suite à une analyse préliminaire des parcours dont j'ai obtenu le tracé, on peut estimer à +/- 1 km la longueur moyenne de ces parcours et donc à un peu plus de 1 000 km parcourus à pied cette année. Ceci est d'autant plus remarquable que ces parcours sont réalisés depuis de nombreuses années. 18 026 données sont analysées pour 2013-2014 concernant tous les circuits (parcourus au moins deux fois) depuis 1996. Pour chaque espèce commune, l'analyse des données depuis 1996 se fait pour celles qui sont observées sur plus de 75 parcours à chaque session (ce que nous appellerons 75 "contacts"), c'est-à-dire les espèces contactées en gros au minimum une fois sur deux. Cela représente cette année 231 190 contacts.

Résultats généraux Mois N données N total données N espèces N total d'espèces N esp > 75 contacts N esp > 65 contacts N total > 65 contacts

"période internuptiale" 2013-2014 15/0815/1015/1215/09 15/11 15/01 1728 1917 2501 6146 48 44 43 135 (175) 9 (10) 9 (11) 14 (9) +1 +1 +2 36

"période de reproduction" 2014 15/0215/0415/0615/03 15/05 15/07 2895 3187 2918 9000 44 51 51 146 (179) 15 (12) 17 (16) 15 (15) +6 +2 +4 59

Tableau 2 : variations de la biodiversité e n Normandie en 2013 -2014 (valeurs de 2012 -2013).

Le nombre de contacts pour les trois sessions couvrant la période internuptiale, entre le 15 août 2013 et le 15 janvier 2014 est de 6 146 alors que, en période de reproduction, pour les trois sessions qui vont du 15 février 2014 au 15 juillet 2014, il est de 9 000 (tableau 2). La diversité spécifique a très sérieusement diminué par rapport aux résultats de 20122013 puisqu’elle passe de 175 à 135 (- 23 %) en période internuptiale et de 179 à 146 (- 18,5 %) en période de reproduction. En 2012-2013, le nombre d’espèces était à peu près équivalent entre les deux périodes (différence de quatre espèces). En 2014, la différence du nombre d'espèces contactées entre les deux périodes a nettement augmenté : onze espèces de plus sont observées en période nuptiale qu'en période internuptiale. Par contre, nous verrons plus loin que les espèces qui sont présentes en période internuptiale, bien que moins nombreuses, se portent mieux (ou moins mal) que les espèces nicheuses.

Évolution des espèces communes Les deux tableaux suivants 3a et b présentent le nombre de contacts par session pour les espèces les plus communes, c'est-à-dire satisfaisant au critère arbitraire de 75 contacts minimum par session (pour une information plus complète, nous citons aussi en bas de tableau les espèces dont le nombre de contacts est compris entre 74 et 65 ainsi que les rangs de quelques espèces migratrices).


Nbre de DécembreNbre de contacts Janvier contacts 1 Pigeon ramier Corneille noire 129 Merle noir 161 2 Corneille noire Rouge-gorge 127 Pinson des arbres 156 3 Pinson des arbres Merle noir 126 Corneille noire 156 4 Merle noir Pinson des arbres 123 Mésange bleue 145 5 Mésange bleue Mésange charbon. 104 Mésange charbon. 141 6 Troglodyte mignon Troglodyte mignon 100 Pigeon ramier 140 7 Rouge-gorge Pigeon ramier 98 Rouge-gorge 133 8 Mésange bleue 93 Troglodyte mignon 116 Hirondelle cheminée 9 Étourneau sansonnet 87 Accenteur mou97 Pouillot véloce 10 Étourneau sanson94 chet 11 Pie 92 net 12 Geai 84 13 Grive musicienne 77 14 Tourterelle turque 75 9 espèces >75 9 espèces >75 14 espèces >75 Mésange charbon 69 Pie 69 Moineau domest 70 Grive draine 65 10 espèces > 65 10 espèces > 65 16 espèces > 65 Liste complémentaire des migrateurs avec leur rang de contact Fvtte à tête noire 16e Grive mauvis 23e Grive mauvis 21e Pouillotrang véloce 24e Pouillot vél. 34e rang Tarin 37e Tarin 37e rang Tableau 3a : Résultats pour l’enquête 2013 -2014 : période internuptiale Rang

Août-Septembre

rang

Février-Mars

1 2 3 4 5 6 7 8 9 8 10 11 12 13 7 14 15 16 17

Pinson des arbres Merle noir Corneille noire Rouge-gorge Pigeon ramier Troglodyte mignon Mésange charbon. Mésange bleue Grive musicienne Accenteur mouchet Étourneau sanson. Pie bavarde ssansonnet sansonnet Moineau domestique Trlle turque Verdier d'Europe

Nbre de contacts 118 110 97 97 90 89 80 76 76

Nbre de contacts 169 163 161 160 158 155 152 141 140 124 98 92 87 83 80

Octobre-Novembre

Avril-Mai Merle noir Pinson des arbres Pigeon ramier Pouillot véloce Corneille noire Fvtte à tête noire Troglodyte mignon Rouge-gorge Mésange charbon. Grive musicienne Mésange bleue Accenteur mouchet Étourneau sansonnet Trlle turque Moineau domest. Hirondelle chem. Pie bavarde 17 espèces > 75 Verdier d'Europe Grimpereau des jardins

Nbre de contacts 180 168 165 164 164 163 161 142 140 163 123 101 98 90 86 79 79

Juin-Juillet Pinson des arbres Pigeon ramier Merle noir Fvtte à tête noire Pouillot véloce Troglodyte miCorneille gnonnoire Grive musicienne Mésange bleue Rouge-gorge Mésange charMoineau domest. bon. Trlle turque domestique Martinet noir Accenteur mouchet

Nbre de contacts 162 161 160 147 146 144 144 118 116 115 111 95 88 76 75

15 espèces > 75 15 espèces > 75 Geai des chênes 72 73 Etourneau 74 Grive draine 71 67 Pie bavarde 73 Pic épeiche 69 70 Hirondelle Grimpereau des jard 67 Geai chem. des chênes 65 Pic vert 66 22 espèces > 65 19 espèces > 65 19 espèces > 65 Liste complémentaire des migrateurs avec leur rang de contact Pouillot véloce 21e Coucou 23e rang Coucou 46e rang Grive mauvis 28e Grive litorne 37e Tableau 3b : Résultats rang pour l’enquête 2013 -2014 : période de reprod uction. Pour ces deux tableaux, les nombres indiquent le nombre de contacts par session, pour chaque espèce (en rouge les espèces communes aux six sessions ; en gras, les migrateurs).


Les « sédentaires » En reprenant la cohorte des espèces les plus communes aux six sessions, nous remarquons que ce ne sont plus huit mais sept espèces qui sont communes aux six sessions de l'enquête annuelle, la mésange charbonnière est sortie du lot avec sa disparition en aoûtseptembre (10ème rang avec 69 contacts). L'ordre des espèces les plus fréquentes est aussi plus variable qu'en 2012-2013. En période de nidification, le trio [merle noir - pinson des arbres - pigeon ramier] est toujours "gagnant" puisqu'il occupe les premières places sauf pour le ramier qui demeure "discret" jusqu'en avril. Merle noir : 2-1-3, pinson : 1-2-1, ramier : 5-3-2, et ce classement est tout à fait comparable à l'année précédente. Pour la période internuptiale, ces trois espèces ont des classements similaires à l'année précédente, la corneille noire se plaçant dans le trio de tête. Entre 9 et 17 espèces dépassent le seuil de 75 contacts, les sept répondant à ce critère à toutes les sessions représentent de façon invariable le socle des oiseaux communs de l’avifaune normande. D'août à mars, elles occupent les sept premières places avec intercalation de la mésange charbonnière d'octobre à mars.

Les migrateurs partiels Le cas des migrateurs partiels, fauvette à tête noire et pouillot véloce, est intéressant : ils s'intercalent d'avril à juillet dans la série des sept espèces les plus communes avec des rangs très proches et plus de 65 contacts. Bien que présentes encore en août-septembre ces deux espèces migratrices partielles deviennent moins faciles à contacter puisqu'elles passent aux 9ème rang pour le pouillot et au 12ème rang pour la fauvette qui recule de 4 rangs. Il faut noter enfin que, dès le 15 février, le pouillot véloce est détecté en 21ème place avec 63 contacts. C'est une nouveauté pour cette campagne 2013-2014, qui traduit son hivernage de plus en plus évident (24 et 34èmes rangs d'octobre à janvier), dû au réchauffement des saisons hivernales normandes. Enfin on pourra sur ce tableau voir les rangs respectifs de quelques migrateurs.

Les migrateurs transsahariens La nouveauté de 2013-2014 est la 8ème place de l'hirondelle de cheminée (vrai migrateur) en août-septembre, ce qui voudrait peut-être traduire une bonne reproduction, meilleure qu'en 2012-2013 où elle était au 13ème rang ?

Hirondelle de cheminée (photo Gérard Debout)


Les variations statistiquement significatives Le tableau 4 présente les résultats des 52 espèces qui satisfont au critère de seuil minimal de 75 contacts/session pour l'ensemble des circuits de l'année 2013-2014 ; 28 ont des variations statistiquement significatives (surlignées en jaune) soit à la hausse soit à la baisse ; 24 ne présentent pas de variation significative. 18 espèces ont une variation plutôt dans le sens positif, 25 ont une tendance plutôt à la baisse dont 19 avec une tendance forte, 9 espèces ne présentent pas de variation notable dans un sens ni dans l'autre. Dans ce tableau, 55 sessions ne sont pas renseignées : cela correspond aux espèces migratrices absentes à l’époque considérée ou, dans le cas du bruant zizi, une session où le nombre de contacts est insuffisant1. Il nous faut repréciser qu'il n'y a pas de lien direct et obligatoire entre importance de la variation et significativité statistique : une espèce très commune (comme le pinson des arbres, figure 1), fournissant de nombreux contacts peut augmenter légèrement (pente faible de la courbe) avec une valeur statistiquement significative car l'échantillon est grand (écart-type très faible).

Figure 1 : tendance positive statistiquement significative de la population no rmande du pinson des arbres en févriermars (période de reproduction).

Mais une espèce comme la mésange charbonnière, également très contactée, peut ne pas présenter de variation significative, elle est représentative d'une espèce stable. A l'inverse, une espèce dont la variation semble forte à l'observateur peut ne pas être statistiquement significative à cause d'un échantillon trop faible. C'est le cas par exemple du déclin du pouillot siffleur qui décline de - 61 % en juin-juillet mais ce déclin n'est pas statistiquement significatif en raison du faible nombre de contacts.

1

Depuis 1996, 52 espèces correspondent à 312 sessions-espèces ; 55 sessions sans données --> restent 257 sessions avec données ; 70 sessions-espèces avec des variations + (24) ou - (46) significatives ; restent 187 sessions -espèces sans variation significatives : espèces +/- stables.


Variation 1996-2014

Aoû-Sep Oct-Nov Déc-Jan Fév-Mar Avr-Mai 7 espèces dont l’indice de variation augmente à toutes les sessions L04 - Pigeon ramier +* +* +* +* +* S03-Fauvette tête noire + + + + +* T12 - Mésange charbonnière + + + + + T17-Grimpereau des jardins +* + + + +* U08-Pinson des arbres + + +* +* +* V08-Geai chênes +* +* +* + + V13-Choucas des tours + + + +* + 7 espèces dont l’indice de variation augmente à toutes les sessions sauf une L06-Tourterelle turque + + + + M12-Pic épeiche +* + + + + N10-Hirondelle de cheminée + Q08-Rougequeue noir + Q13 - Grive litorne + + S05-Fauvette grisette + V15-Corneille noire + + + +* 4 espèces dont l’indice de variation augmente à toutes les sessions sauf deux M09-Pic vert + + + T11-Mésange bleue + + + + V09-Pie bavarde + + + U03-Bruant zizi + + 9 espèces à variation globale équilibrée M02-Martinet noir + P02-Pipit arbres + P13-Troglodyte mignon + + Q15-Merle noir + + + Q17-Grive musicienne + + Q18-Grive draine -* + + T05- Mésange longue queue + + U10-Verdier d’Europe + + +* T14-Sittelle torchepot + + + 4 espèces dont l’indice de variation diminue à toutes les sessions sauf deux P15-Accenteur mouchet + Q10- Rouge-gorge familier + U11-Chardonneret élégant -* + +* -* U14-Linotte mélodieuse -* + + -* 2 espèces dont l’indice de variation diminue à toutes les sessions sauf une U12-Tarin des aulnes + V05-Etourneau sansonnet + -* -* 19 espèces dont l’indice de variation diminue à toutes les sessions L05-Tourterelle des bois -* L07-Coucou gris N06-Alouette des champs -* -* P03-Pipit farlouse -* P07-Bergeronnette grise -* Q16- Grive mauvis S02-Fauvette des jardins -* S12-Pouillot fitis S13-Pouillot véloce -* S15-Pouillot siffleur S16-Roitelet huppé -* T03-Gobemouche gris T07-Mésange nonnette -* -* -* T09-Mésange huppée -* -* -* -* U01-Bruant proyer U02-Bruant jaune -* -* -* U17-Serin cini -* U19-Bouvreuil pivoine -* -* -* -* -* V01-Moineau domestique -* -* -

Jui-Juil +* +* + +* +* + +* + + + + + + + + -* + + + + + + -* -*

-* -* -* -* -* -* -* -* -* -* -

Tableau 4 : Liste des 52 espèces avec leurs variations positives (+) ou négatives ( - ) d’indices (significative *) depuis 1996, pour chacune des sessions .


Le tableau 5 montre globalement une diminution des espèces dont la tendance varie positivement et une augmentation sensible du nombre d'espèces à tendance nettement négative (de 12 en 2011 à 19 en 2013). Espèces dont l’indice de variation augmente à toutes les sessions toutes les sessions sauf une toutes les sessions sauf deux à variation globale équilibrée diminue à toutes les sessions sauf deux toutes les sessions sauf une toutes les sessions

2011-12 9 10 8 4 3 6 12

2012-13 9 (7) 8 (3) 4 (1) 9 (2) 2 (1) 5 (3) 15 (12)

2013-14 7 (6) 7 (2) 4 (0) 9 (3) 4 (2) 2 (1) 19 (14)

Tableau 5 : Évolution de 2011-12 à 2012-13 et à 2013-14. (Le nombre d'espèces avec des variations significatives est donné entre parenthèses)

Variation 1996-2014 Pigeon ramier Tourterelle des bois Pic épeiche Alouette des champs Pipit des arbres Pipit farlouse Bergeronnette grise Grive draine Fauvette des jardins Fauvette à tête noire Pouillot fitis Pouillot véloce Roitelet huppé Mésange nonnette Mésange huppée Grimpereau jardins Bruant jaune Pinson des arbres Verdier Chardonneret élégant Linotte mélodieuse Serin cini Bouvreuil pivoine Moineau domestique Étourneau sansonnet Geai des chênes Choucas des tours Corneille noire

Août-Sept +* -** +*

Session-espèces à variation significative positive 14 négatives

14 4 10

Oct-Nov +*

Dec-Janv +*

Fev-Mars +*

Avr-Mai +*

Juin-Juil +* -*

-*

-*

-* -*

-* -* -* -* +*

-* +* -*

-* -* -*

-*

-* -* -* +* -* +*

-* -* +* -* +*

-*

-* -* -* -*

-* -* -* -*

-*

-*

-*

-* -*

+* -* +* -* -* -* -*

-*

-* -*

+*

+*

+*

-* +* +* +*

+*

+* +*

4 2 2

7 3 4

11 5 6

16 5 11

18 5 13

Tableau 6 : Liste des 28 espèces avec des variations d’indices significativement (*) positives (+) ou négatives (-) depuis 1996, pour chacune des sessions. * : variation significative avec p<0,01 ** : variation significative avec p<0,05


Toutes sessions confondues, 9 de ces 28 espèces ont une tendance positive bien affirmée et 18 espèces déclinent de façon significative (les évolutions du chardonneret étant différentes selon les sessions) (tableau 6). Par rapport à la campagne précédente 2012-2013, sept espèces n'ont plus de variations statistiquement significatives. Parmi elles, le pic vert et la grive musicienne dont les tendances significatives à la hausse ne se sont pas maintenues, il s'agissait donc d’évolutions à long terme peu affirmées, avec des résultats fluctuant d’une année à l’autre. Les tendances significatives à la baisse de l'accenteur, de la grive mauvis et du bruant zizi ne se sont pas maintenues, là encore il s'agit du même phénomène probable. Par contre, cinq nouvelles espèces entrent dans le groupe présentant des variations significatives : - La corneille noire, la grive draine et le verdier d'Europe ont des variations positives. Le verdier présente en fait des variations très fluctuantes d'une année sur l'autre : il avait quitté ce groupe en 2012-2013 et il faudrait, pour notre analyse sur le long terme, analyser les fiches de nids pour connaître le taux de réussite moyen des nichées ; - Le serin cini et le roitelet huppé ont des variations négatives. Le serin entre en force puisque les deux sessions où il est détectable présentent une variation en baisse significative, son statut va être à surveiller dans l'avenir. Le roitelet huppé conserve sa tendance négative tout au long de l'année mais elle devient significative en avril-mai. Pour ces 28 espèces, nous constatons une augmentation sensible des variations négatives statistiquement significatives : en période internuptiale, il y a 16 sessions à variation significativement négative contre 11 en 2012-13 et 30 en période de reproduction contre 26 précédemment. Sur l'ensemble des sessions, les variations négatives sont deux fois plus nombreuses que les positives (bas du tableau 6). On peut noter que, d'octobre à mars, il y a un équilibre entre les variations significatives positives et négatives alors que, aussi bien en fin de saison de reproduction 2013 qu'en période de reproduction 2014 (colonnes rosées du tableau 6), les variations négatives sont deux fois plus nombreuses que les variations positives (34 versus 14). Autrement dit, la fin de la saison de reproduction 2013 et la saison de reproduction 2014 ont été globalement plus mauvaises que la période internuptiale 2013-20142. On peut imputer ces résultats au printemps 2013 qui a été particulièrement humide et froid ce qui a conduit probablement à une mauvaise reproduction 2013. Pour la reproduction 2014, les mois printaniers (mars, avril et mai) ont été caractérisés par une température douce mais avec un excédent de pluie sur la façade nord-ouest alors qu'un déficit s'installe sur le reste du territoire français. En Haute-Normandie, la pluviométrie a même été multipliée par 1,5. Pour aller plus loin dans l'analyse, il faudrait connaître les paramètres de la reproduction ce que pourrait apporter le "fichier nids" dans le futur avec sa réactivation. Ce déclin de la reproduction est bien constaté chez nos voisins britanniques qui peuvent expliquer le déclin de la reproduction de plusieurs espèces en raison du faible taux de réussite des nichées.

2

Les espèces analysées ci-dessus pour la période nuptiale sont pratiquement les mêmes que celles qui hivernent et elles ne connaissent pas en période internuptiale autant de déclin puisque il y a pratiquement autant de variations positives que négatives : cela pourrait être dû à un automne 2013 doux bien que pluvieux à partir d'octobre et avec un très faible ensoleillement, ce dernier critère ne semble pas affecter les oiseaux. De même, l'hiver n'a pas été rude (température moyennes de 2014 supérieures de presque 2°C par rapport à 2013).


Prenons le cas du bruant jaune qui décroît de façon significative chez nous comme ailleurs en Europe. Plusieurs études montrent que le déclin est concomitant avec le déclin du nombre de jeunes à l'envol (graphe ci-contre) suite à des couvées moins importantes, conséquence de l'utilisation forte des pesticides dans l'agriculture et à la réduction du nombre d'invertébrés disponibles. Source BTO.org/birdtrends

Mais les causes ne sont pas homogènes, loin de là. Le cas de l'alouette des champs est exemplaire avec une augmentation du nombre de jeunes à l'envol inversement corrélé au déclin de la population, démontrant ainsi que les paramètres reproducteurs ne sont pas la cause du déclin de la population. La cause primaire semble être un déclin des surfaces agricoles de cultures favorables à l'alouette et la modification des dates de semis des céréales, du printemps à l'automne, ce qui restreint les possibilités de seconde nidification à cause d'une végétation trop haute avant la fin de la saison.

Source BTO.org/birdtrends


Analyses spécifiques Quelques exemples vont illustrer les variations d'indices de présence des oiseaux communs en Normandie3 : Espèces ne semblant pas ou peu dépendre des conditions météorologiques Certaines espèces ne paraissent pas avoir souffert des conditions météorologiques médiocres de la campagne 2013-2014. Ce sont essentiellement des espèces proches de l'homme, vivant dans les jardins ou les squares et assez dépendantes des arbres et arbustes (voir les tableaux 3a et 3b). On peut citer par exemple l'excellente santé de la corneille noire dont la variation positive est apparue statistiquement significative en avril-mai, ce que montre le graphe suivant : La tendance française de cette espèce est à la stabilité (résultats STOC-EPS 2013) et en augmentation modérée au niveau européen pour les nicheurs. Les anglais (BTO) imputent cette augmentation surtout à l'accroissement du succès de reproduction. Il en est de même pour le pigeon ramier qui présente une tendance positive significative en toute saison (840 contacts sur les 186 parcours). Pour ces deux exemples d'oiseaux très communs, la fiabilité de l'analyse statistique est bien marquée par l'étroitesse de l'écart-type (figuré par la distance entre les deux lignes pointillées).

3

Rappelons que la tendance (ligne rouge sur les graphes) correspond à la pente calculée sur les variations de l'ensemble des années depuis 1996 et que l'espace entre les pointillés correspond à l'écart-type.


Le pinson des arbres montre une régularité constante dans sa tendance à la hausse et l'on retrouve les mêmes caractéristiques que l'an passé. L'espèce est stable à l'échelle européenne, l'augmentation légère en période de nidification (STOC-EPS) est significative depuis les années 2000 pour la France. Avec le choucas des tours, le geai des chênes et la mésange charbonnière, ces espèces ne semblent donc pas avoir souffert de l'augmentation de la pluviométrie ou du déficit d'ensoleillement pour passer l'hiver et pour mener à bien les nidifications. Le grimpereau des jardins les accompagne avec, pour lui, une hausse nettement significative d'avril à septembre. Espèces migratrices nicheuses, à tendance positive Les cas de la fauvette à tête noire et de la fauvette grisette évoqués l'an passé évoluent encore dans le même sens, à savoir une hausse toujours fortement significative de la première en période de reproduction, mais avec encore de l'inquiétude pour la grisette dont la tendance à la baisse en août-septembre se confirme, laissant supposer peut-être une mauvaise reproduction ou une fin de reproduction et un départ plus précoces. En France, un déclin significatif est observé sur le long terme, mais une augmentation récente est notée en période de reproduction (+ 7 % sur les 10 dernières années). Espèces migratrices à tendance négative confirmée Le tarin des aulnes, essentiellement détecté lors de son arrivée en Normandie en octobrenovembre, semble plus difficile à contacter en hivernage. Pourtant, cette espèce est en augmentation notable chez nos voisins de Grande-Bretagne et au Nord de l'Europe alors qu'on constate une tendance négative pour la première fois significative, justement en hivernage. Il est vrai que le nombre d'oiseaux présents en Normandie est marginal (243 contacts en décembre-janvier, tous parcours considérés et, depuis 1996).


Le statut des nicheurs au Royaume-Uni est très favorable depuis que de nouvelles plantations de conifères (depuis 1950) ont favorisé leur extension à partir des forêts d'Ecosse.

Tarin des aulnes Source BTO.org/birdtrends

Il ne faut pas cependant négliger les fluctuations importantes dues aux apports très variables du Nord de l'Europe et finalement la tendance européenne générale est à un déclin modéré depuis 1980. La complexité de la détection de telles espèces peut être appréhendée à la lecture du dernier article de M. Beaufils (Le Cormoran, 2014, 79, 171-192)

Le serin cini, migrateur partiel, voit lui aussi son statut s'aggraver puisque lors de sa présence d'avril à juillet sa tendance négative s'affirme car significative : le nombre de contacts a fortement diminué depuis plusieurs années, seulement 16 contacts pour les deux sessions d'avril-mai et juin-juillet en 2014 pour tous les circuits parcourus. Sa quasi absence du Royaume uni et l'absence de données exploitables depuis 2005 à l'échelle européenne, nous empêchent d'infirmer ou de confirmer une éventuelle évolution parallèle.


Un cas intéressant d'un migrateur partiel tendant à devenir hivernant : le pouillot véloce. Observons le rang avec lequel apparait cet oiseau selon les sessions : Rang de contact du pouillot véloce en 2013-2014

Août-Sept 9e

Oct-Nov 24e

Dec-Janv 34e

Fev-Mars 21e

Avr-Mai 4e

Juin-Juil 5e

Alors que les rangs de la saison de nidification correspondent à des contacts faciles et surtout nombreux, cet oiseau bien que plus discret se laisse contacter d'octobre à janvier, en plein hiver. Cependant il faut noter que les six sessions présentent des variations négatives et, surtout, significativement négatives en août-septembre. Cet état de fait est constant depuis nos premières analyses statistiques en 2010. Chez nos voisins anglais (données du BTO) la date de ponte est avancée de 10 jours et le pic de migration est entre mi-aout et début octobre. Si la nidification finit plus tôt, les migrateurs partent plus tôt, les oiseaux sont donc beaucoup moins nombreux et moins détectables.

En France, les résultats pour les seuls oiseaux nicheurs montrent un net déclin. Cette tendance à la baisse est cohérente avec nos propres données mais, malheureusement, les données sur l'Europe ne sont pas disponibles après 2005. Cette diminution en aoûtseptembre peut vraisemblablement être liée à la tendance anglaise relative au départ des migrateurs. Pouillot véloce source Vigie-nature

Cependant, cette tendance négative généralisée sur toute l'année ne peut pas être interprétée en l’état actuel de nos informations. Des fiches de nids et/ou les résultats du baguage seraient les bienvenus pour affiner notre impression.


Espèces sédentaires à tendance négative pérenne Les espèces suivantes connaissent un déclin important : chardonneret, alouette des champs, linotte, bouvreuil et bruant jaune. Le chardonneret, sédentaire en ce sens qu’il est présent toute l’année, présente quatre sessions à tendance négative et deux à tendance positive, sans grand changement apparent. Remarquons cependant que la session négative de août-septembre devient elle aussi significative ; comme nous l'a déjà suggéré (Debout, C. 2010 et suivants), il semble qu’un apport d'hivernants (futur oiseaux nicheurs ?) ait lieu en février ce qui se traduit par une forte augmentation significative de la tendance en ce début de printemps, mais suivie par une très mauvaise reproduction (trois sessions successives négatives significativement d'avril à septembre). Cet oiseau commun facile à voir (fréquent sur les mangeoires de fin janvier au jardin) est peut-être en moins bonne santé qu'il n'apparait en particulier la fraction nicheuse de la population qui est probablement différente de la population hivernante. En Angleterre l'espèce est en forte augmentation : elle a su compenser la perte des graines des adventices due à l’intensification de l'agriculture par l'utilisation des mangeoires des jardins. Cependant, pour le BTO, les modifications climatiques et les pressions de chasse en France et en Espagne (principales zones d'hivernage des chardonnerets anglais ?) auraient un effet sur le taux de survie. Les pontes plus précoces peuvent aussi être expliquées par les changements climatiques. Source BTO.org/birdtrends

Toujours parmi les sédentaires4 la linotte mélodieuse, le bouvreuil pivoine, le bruant jaune ont une tendance négative pérenne. D'après les études anglaises, le bouvreuil pourrait être victime de l'augmentation des effectifs de l'épervier d’Europe qui le chasse et l'empêche d'exploiter certaines ressources impliquant une plus mauvaise survie des jeunes. Le bouvreuil est en déclin modéré au niveau européen en ce qui concernent les nicheurs 4

en ce sens que l'espèce considérée est présente toute l’année,


Nous terminerons par l’alouette des champs qui montre des tendances à la baisse tout au long de l'année mais, désormais, les trois sessions de la période de reproduction montrent un déclin statistiquement significatif.

Les trois courbes données ci-contre correspondent à une diminution de 49, 36 et 32 % respectivement

En France, une baisse de - 17% sur les dix dernières saisons de reproduction est constatée. L’alouette des champs est considérée en déclin modéré en Europe avec un déclin d'environ 2 % par an. En Normandie, il faudrait conduire une étude comparative dans différents milieux : plaine, marais et milieu dunaire par exemple. L'analyse des fiches de nid pourrait également nous éclairer sur la tendance forte en période de reproduction. Source Vigie-nature


Discussion Nous reprenons ci-dessous (tableau 7) les catégories que nous avions établies pour les études précédentes (Debout C. 2010, 2013, 2014). Codes et espèces

Statut Codes et espèces Statut Phénologique Trophique Phénologique Trophique Pigeon ramier S G Pouillot siffleur Me I Tourterelle des bois Me G Roitelet huppé S I Tourterelle turque S G Gobemouche gris Me I Coucou gris Me I Msge longue queue S I Martinet noir Me I Mésange nonnette S I Pic vert S I Mésange huppée S I Pic épeiche S I Mésange bleue S I Alouette des champs S G Msge charbonnière S I Hirondelle cheminée Me I Sittelle torchepot S 0 Pipit arbres Me I Grimpereau jardins S I Pipit farlouse S I Bruant proyer S G Bergeronnette grise S I Bruant jaune S G Troglodyte S I Bruant zizi S G Accenteur S I Pinson des arbres S G Rougequeue noir Mp I Verdier S G Rouge-gorge S O Chardonneret S G Grive litorne Mh O Tarin aulnes Mh G Merle noir S O Linotte mélodieuse S G Grive mauvis Mh O Serin cini Mp G Grive musicienne S O Bouvreuil S G Grive draine S O Moineau domestique S G Fauvette des jardins Me I Étourneau sansonnet S O Fauvette tête noire Mp I Geai chênes S O Fauvette grisette Me I Pie bavarde S O Pouillot fitis Me I Choucas S O Pouillot véloce Mp I Corneille noire S O Tableau 7 : catégories trophiques et phénologiques (S : sédentaire ; Mp : migrateur partiel ; Me :migrateur transsaharien, estivant ; Mh : migrateur hivernant. G : granivore ; I : inse ctivore ; O : omnivore)

Influence du statut phénologique En ne considérant que les espèces qui ont des variations statistiquement significatives, on constate l'évidente dégradation du statut de 28 espèces sur 39, dont 15 en période nuptiale et 13 en période internuptiale (tableau 8). Les espèces dont la tendance démographique est positive sont au nombre de 11 seulement. Il est remarquable de constater que les migrateurs n'apparaissent que dans la catégorie "régression" et ce sont aussi bien les migrateurs partiels que les migrateurs transsahariens estivants qui sont concernés. Nombre d'espèces à variation statistiquement significative Progression Régression statut période nuptiale période internuptiale période nuptiale période internuptiale sédentaires 6 5 10 10 Mp 0 0 1 1 Me 0 0 4 2 Mh 0 0 0 Total 11 28 Tableau 8 : variation démographique des espèces en fonction de leur statut phénologique et présentant des tendances significatives


Influence du statut trophique Le régime alimentaire des espèces permet d'analyser une répartition en fonction du statut trophique des espèces : en individualisant les mangeurs de végétaux/graines (G), les insectivores (I) et les omnivores (O) et en séparant la période de nidification (de février à juillet) de la période internuptiale (août à janvier), nous obtenons la répartition suivante (tableau 9). Catégorie trophique des espèces Granivores G (15 espèces) Insectivores I (25 espèces) Omnivores O (12 espèces) Total

Période de reproduction Variation significative5 Progression Régression 2 7 (+3) 2 (-1) 6 (+1) 2 6 (-1)

1 14 (+4)

Période internuptiale Variation significative6 Progression Régression 2 6 (+2) 1 (-1) 5 (+1) 1 (-3) 4 (-4)

0 11 (+3)

Tableau 9 : variation démographique des espèces en fonction de leur statut trophique et pr ésentant des tendances significatives et évolution par rapport à 2012-2013 (valeurs entre parenthèses)

Le plus lourd tribut de la dégradation de la biodiversité est sans conteste porté par les insectivores et par les granivores et dont le statut s'aggrave autant en saison internuptiale qu'en période de nidification. Pour la catégorie des granivores, comme les années précédentes, ce sont les mangeurs de petites graines dont le statut se dégrade le plus.

5

Espèces nicheuses à variation significative : espèces présentant la même variation aux sessions de la période de reproduction, dont au moins une variation significative : Catégorie A/ 6 espèces à variation positive : ramier, fauvette à tête noire, grimpereau des jardins, pinson, choucas, corneille noire ; Catégorie B/ 14 espèces à variation négative : chardonneret, linotte, étourneau sansonnet, tarin des aulnes, tourterelle des bois, alouette des champs, pipit farlouse, fauvette des jardins, pouillot fitis, mésange nonnette, mésange huppée, bruant jaune, serin cini, bouvreuil. 6 Espèces en période internuptiale qui présentent la même variation aux sessions de la période internuptiale, dont au moins une variation significative : Catégorie C/ 4 espèces à variation positive en période internuptiale : ramier, grimpereau des jardins, geai, pic épeiche ; Catégorie D/ 11 espèces à variation négative en période internuptiale : tourterelle des bois, fauvette des jardins, pouillot véloce, mésange huppée, bouvreuil, mésange nonnette, bruant jaune, chardonneret, linotte mélodieuse, moineau domestique, bergeronnette grise ;


Influence des habitats Nous avons comparé nos données de la période nuptiale avec des données STOC-EPS nationales en reprenant les catégories établies par le Muséum : généralistes (G), de milieu agricole (A), de milieu forestier (F) et de milieux bâtis (B), mais en ne considérant que les espèces à variations significatives7 parmi les 52 espèces étudiées pour la Normandie (tableaux 10a et 10b).

Généraliste8 Agricole9 Forestier10 Bâtis11

Ne Ns Ne = 11 Ns = 33 Ne = 7 Ns = 19 Ne = 14 Ns = 40 Ne = 10 Ns = 26

Variations significatives En progression En régression Ne = 4 Ne = 0 Ns = 9 Ns = 0 Ne = 0 Ne = 4 Ns = 0 Ns = 9 Ne = 1 Ne = 5 Ns = 2 Ns = 11 Ne = 2 Ne = 2 Ns = 3 Ns = 5

Tableau 10a : comparaison des tendances évolutives des oiseaux nicheurs selon leurs catégories : espèces communes à la liste du Muséum et à no tre échantillon de 52 espèces = lot espèces-Normandie ; voir note n°7. Les données du Muséum sont de 2013, les nôtres de 2014. Ne = Nombre d’espèces nicheuses considérées dans la catégorie Ns = Nombre de sessions (cf. tableau 2)

7

Les catégories d'oiseaux ont été établies par le Muséum pour l'enquête STOC-EPS, consultable sur le lien suivant : http://vigienature.mnhn.fr/page/produire-des-indicateurs-partir-des-indices-des-especes-habitat. Chacun des groupes d’espèces étudiés dans les tableaux 8a et b comprend les espèces communes à la liste du Muséum et notre échantillon de 52 espèces, et ou cet échantillon complété avec certaines de nos 52 espèces normandes ne figurant pas dans la liste du Muséum mais que nous considérons comme représentatives de chacune des catégories. 8 Espèces généralistes (11) Pigeon ramier, Fauvette à tête noire, Mésange charbonnière, Pinson des arbres, Geai des chênes, corneille noire, Pic vert, Mésange bleue, merle noir, accenteur mouchet, coucou gris (en maigre, espèces communes à l’échantillon normand de 52 espèces et à la liste du Muséum). 9 Espèces spécialistes des milieux agricoles (11) : Fauvette grisette, bruant proyer, bruant jaune, bruant zizi, linotte mélodieuse, alouette des champs, pipit farlouse (en maigre, espèces communes à l’échantillon normand de 52 espèces et à la liste du Muséum), pipit des arbres, tourterelle des bois, fauvette des jardins, mésange à longue queue (en gras, espèces ajoutées) 10 Espèces spécialistes des milieux forestiers (14) Grimpereau des jardins, pic épeiche, troglodyte mignon, grive musicienne, grive draine, sitelle torchepot, rougegorge familier, pouillot fitis, pouillot véloce, pouillot siffleur, roitelet huppé, mésange nonnette, mésange huppée, bouvreuil pivoine (en maigre, espèces communes à l’échantillon normand de 52 espèces et à la liste du Muséum). 11 Espèces spécialistes des milieux bâtis (13) Choucas des tours, tourterelle turque, hirondelle de cheminée, rouge-queue noir, pie bavarde, martinet noir, verdier d'Europe, chardonneret élégant, serin cini, moineau domestique (en maigre, espèces communes à l’échantillon normand de 52 espèces et à la liste du Muséum), étourneau sansonnet, bergeronnette grise, gobemouche gris (en gras, espèces ajoutées)


Généraliste G Agricole A Forestier F Bâtis B

Ne Ns Ne = 11 Ns = 33 Ne = 11 Ns = 28 Ne = 14 Ns = 40 Ne = 13 Ns = 34

Variations significatives En progression En régression Ne = 4 Ne = 0 Ns = 9 Ns = 0 Ne = 0 Ne = 7 Ns = 0 Ns = 12 Ne = 1 Ne = 5 Ns = 2 Ns = 11 Ne = 2 Ne = 3 Ns = 3 Ns = 8

Tableau 10b : comparaison des tendances évolutives de s oiseaux nicheurs selon leurs catégories : espèces du tableau 10 a plus espèces ajoutées = lot espèces Normandie -complété ; voir note n°7. Les données du Muséum sont de 2013, les nôtres de 2014. Ne = Nombre d’espèces nicheuses considérées dans la catégorie Ns = Nombre de sessions (cf. tableau 2)

Quatre des onze espèces généralistes nicheuses (G) sont en progression avec une croissance statistiquement significative en période de reproduction (la significativité des données nationales n'est pas connue sur le site Vigie-Nature). La figure 2 qui compare les résultats normands aux résultats nationaux montre que cette tendance à la hausse est nettement amplifiée en Normandie. Pour les trois autres catégories, le déclin est évident en Normandie : - Il est nettement plus sensible qu'à l'échelle nationale pour les espèces agricoles (A) ; - Il est comparable aux données nationales pour les espèces des zones bâties (B), mais après avoir complété l’échantillon d’espèces par des espèces normandes caractéristiques, absentes de la liste nationale ; - Il présente une tendance négative bien établie en milieu forestier normand (F) alors que ces espèces ne montrent pas, à l'échelle nationale, de variation.

Figure 2 : Tendances comparatives des espèces groupées pa r habitat (G, F, A et, B) pour les espèces étudiées nationalement dans l'enquête STOC -EPS (lot espèces-France), pour celles du lot espèces-Normandie et pour celles du lot espèces -Normandie complété (voir note 7)


Conclusion Sur le plan méthodologique, il y a une cohérence intéressante des résultats entre les évolutions nationales des populations d'oiseaux communs nicheurs mesurées par la méthode STOC-EPS et celles que nous détectons en Normandie avec l’enquête Tendances : les évolutions des catégories d’oiseaux regroupés par habitat sont non seulement détectables avec Tendances ; elles sont même amplifiées à l'échelle régionale par rapport à l’ensemble du pays. Ceci est donc une validation de la fiabilité de notre enquête pour détecter les variations démographiques des oiseaux communs nicheurs. Il n’est pas possible de procéder de la même façon pour la période internuptiale car il n’existe pas de données comparables à l’échelon national. À notre connaissance, seule la Normandie, grâce à cette enquête du GONm, est en mesure de proposer une mesure des variations démographiques des oiseaux communs en période internuptiale : les évolutions entre ces deux saisons phénologiques ne sont pas forcément corrélées, ce que montrent nos résultats et ce que nous étions en droit d’attendre car, même pour une espèce donnée présente toute l’année (et qu’on qualifie souvent de « sédentaire » dans un raccourci commode), ce ne sont pas forcément les mêmes populations qui nichent, migrent ou hivernent en Normandie. Le présent bilan confirme les bilans précédents et montre même une situation qui s’aggrave : les passereaux et alliés communs dans leur majorité déclinent. Contrairement aux grandes espèces rares, ils sont désormais en première ligne des variations en baisse. En effet, elles sont beaucoup plus répandues et sont donc beaucoup moins facilement la cible de plans de protection précis comme on a pu en établir pour la cigogne blanche ou pour des rapaces. L'évolution inquiétante du statut de l'alouette des champs ou du bruant jaune est quasi impossible à enrayer par des plans de protection ciblés. Le remède consiste plus en une connaissance de plus en plus pointue de leurs exigences en matière de régime alimentaire, de site de nidification, pour pouvoir protéger les milieux leur convenant. L’élaboration de fiches de nids, la compilation des résultats du baguage seraient d'un grand secours pour encore améliorer nos connaissances.

Citation

Debout, C. 2015 –Enquête Tendances, 18e année : analyse 2015 des données 2013-2014

Bibliographie Debout, C. 2010 - Enquête Tendances : analyse des résultats sur la période 1996 - 2010. http://www.gonm.org/index.php?post/Enqu%C3%AAte-TENDANCES-%28analyse-19962010%29 Debout, C. 2013 - Enquête Tendances : analyse 2011- 2012 des données http://www.gonm.org/index.php?post/Enqu%C3%AAte-TENDANCES-%28Analyse2012%29 Debout, C. 2014. – Enquête Tendances : analyse 2014 des données 2012-2013 http://www.gonm.org/index.php?post/Enqu%C3%AAte-Tendances-%28analyse-2014%29


Enquête STOC-EPS, résultats ; Produire des indicateurs à partir des indices des espèces (habitat) http://vigienature.mnhn.fr/page/produire-des-indicateurs-partir-des-indices-des-especeshabitat BirdTrends 2014: trends in numbers, breeding success and survival for UK breeding birds http://www.bto.org/about-birds/birdtrends/2014

Linotte mélodieuse (photo Gérard Debout)


Remerciements Merci aux adhérents qui ont participé et qui sont en train de poursuivre cette année du 15 août 2014 au 15 juillet 2015 et merci aussi aux nouveaux participants pour les nouveaux parcours. Merci à Vottana Tep qui saisit les fiches des observateurs et compile les données sur le logiciel de statistiques. Akermann Sophie Alamargot Jacques Aupoix Alain Barrier Alain Baglin Jean-Baptiste Basley Daniel Beaufils Matthieu Benoist Dominique Bertrand Jean-Claude Berthou Joëlle Béteille Guy Bonfils Muriel Branswyck Frédéric Burban Catherine Charlon-Robin Gilles Chartier Alain Chartier Céline Chevalier Bruno Collette Jean

Liste des observateurs 2013-2014 Crase S Helluin Gilles Dauguet Franck Jacob Yannick Debout Claire Jarry Jean-Claude Debout Gérard Lambert Etienne Desmares Jocelyn Lasquellec Andrée Dumoncel Robert Lavorel Véronique De Bernon Antoine Lebouteiller Claude Ernou Sylvain Leclerc Colette Faucheux Catherine Lecocq Stéphane Feather Penny Lefèvre Thierry Frican Pascal Le Marchand Raymond Fuchs Maryse Le Marechal Denis Gachet Philippe Lenormand Bernard Gallien Fabrice Letessier M Gallien Jean-Claude Loison Luc Gérard Christian Marchalot François Girard Christophe Marie Roger Grandpierre JL/ Houette Meissonnier JL Gourvenec A Mille Bernard

Mottin Brigitte Muller Martial Noel Françoise Pesquet Elisabette Pigeon Christelle Prevel Dominique Provost Sébastien Purenne Régis Ramon Evelyne Renault Nicole Richter Jean-Paul Robbe Eric Rundle Robin Savigny Jean-Marc Sébire Frédéric Travert Marie-Léa Vassault Jacques Wilkins Charles

La pratique de cette enquête permet d'approfondir la connaissance des milieux parcourus par les observateurs. Le présent bilan aidera à la mise en place de la prochaine grande enquête du GONm : le futur atlas des oiseaux nicheurs et hivernants de Normandie qui sera lancé en 2016. Lancez-vous et aidez le GONm à encore mieux connaître sa faune d'oiseaux communs pour qu'il joue cet important rôle d'alerte auprès du grand public et des administrations. Je vous rappelle que vous pouvez commencer cette enquête n'importe quand dans l'année, il suffit de me contacter à claire.debout@gmail.com Continuez à nous être fidèles ! Claire Debout

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Enquête Tendances : 18° année  

Enquête Tendances, 18° année : analyse 2015 des données 2013-2014 (GONm - Claire Debout, mars 2015)

Enquête Tendances : 18° année  

Enquête Tendances, 18° année : analyse 2015 des données 2013-2014 (GONm - Claire Debout, mars 2015)

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