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RESEAU DES LIMICOLES CÔTIERS 2012-2013

Le GONm a intégré l’Observatoire «Littoral, limicoles et macrofaune benthique » en novembre 2008. Ce dispositif initié par le réseau des Réserves Naturelles Nationales de France met en œuvre un programme de surveillance continu, basé sur le dénombrement mensuel des limicoles côtiers sur les principaux sites estuariens et côtiers de la façade Manche-Atlantique-Méditerranée. Il a pour objectif de contribuer à un éclairage national sur la distribution spatiale et temporelle des stationnements, permettant notamment une meilleure définition du statut des espèces présentes et de préciser, au service des gestionnaires et des décideurs locaux, la variabilité saisonnière des enjeux de conservation. De juillet 2012 à juin 2013, cinq sites fonctionnels ont été régulièrement recensés : la baie d’Orne, la côte est du Cotentin, la côte nord et sud des havres et la baie du Mont-SaintMichel. Les deux premiers et la partie sud de la côte des havres (du havre de la Vanlée à celui de St-Germain-sur-Ay) ont fait également l’objet de recensements décadaires au cours des périodes de migration. Hivernage Le territoire d’intervention de ce réseau a accueilli 62 % des limicoles côtiers recensés en Normandie en janvier 2013 dans le cadre de l’enquête Wetlands International « Oiseaux d’eau », soit 73 874 limicoles (cf. graphique 1) contre 61 000 en 2012.

Graphique 1 : Nombre d'oiseaux par site fonctionnel (2012-2013)

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La part relative calculée par espèce pour chacun des sites fonctionnels (cf. tableau 1, cartes 1 & 2) ne fait que relater la suprémcie de la baie du Mont-Saint-Michel pour nombre d’espèces (barge à queue noire, bécasseau maubèche, huîtrier-pie, bécasseau variable, barge rousse, pluvier argenté) lorsque la côte des havres se singularise avec le tournepierre à collier, le bécasseau sanderling ; la côte est du cotentin avec le bécasseau violet, et la baie d’Orne avec le chevalier arlequin, mais ces deux espèces y sont présentes en effectifs réduits. Par contre, le calcul de la densité pour 10 ha d’estran apporte un autre éclairage pour comparer ces sites fonctionnels aux dimensions très variables. Ainsi, le nombre de limicoles pour 10 ha d’estran est de 39 en baie d’Orne, 20 en baie du Mont-St-Michel et sur la côte est du Cotentin, 17 sur la côte nord des havres et seulement 7 sur la côte sud des havres. A titre d’exemple, nous avons : 15 courlis cendrés / 10 ha en baie d’Orne contre 1.2 en BMSM, ceci en raison de la proximité des marais de la Dives ; bécasseau variable, 15 contre 9 ; huîtrier-pie, 4.2 contre 3.5. De même, la densité de barge rousse est 0.5 individu pour 10 ha sur la côte sud des havres et en baie du Mont-Saint-Michel ; celle du pluvier argenté est de 2.15 sur la côte nord des havres, soit près du double de celle enregistrée en BMSM, etc. Il conviendrait, désormais, de corréler ces données avec les caractéristiques biosédimentaires et benthiques des sites fonctionnels mais ces informations ne sont que partiellement disponibles.

Côte sud Côte nord Côte est Baie des havres des havres Cotentin d'Orne Bécasseau variable 76 3 2 14 5 Huîtrier-pie 77 17 1 2 4 Bécasseau maubèche 100 0 0 0 0 Courlis cendré 58 9 3 0 29 Pluvier argenté 66 16 11 6 0 Bécasseau sanderling 12 32 38 13 6 Tournepierre à collier 2 18 55 22 4 Barge rousse 72 28 0 0 0 Barge à queue noire 100 0 0 0 0 Grand gravelot 31 2 21 34 12 Chevalier gambette 18 16 11 37 18 Avocette à nuque noire 58 0 0 0 42 Bécasseau violet 0 0 0 100 0 Chevalier arlequin 27 0 0 0 73 Gravelot à collier interrompu 0 0 54 46 0 Chevalier culblanc 50 38 0 0 13 Chevalier guignette 0 0 67 0 33 Combattant varié 50 0 0 0 50 Tableau 1 : Part relative des limicoles recensés dans le cadre du RLC en janvier 2013 Janvier 2013

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Carte 1 : principaux petits limicoles recensés en janvier 2013.

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Carte 2 : principaux grands limicoles recensés en janvier 2013.

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Migration La somme des limicoles recensés au cours des deux mouvements migratoires sur les 5 sites fonctionnels est de 116 108 oiseaux dont 53 % en migration postnuptiale. Cependant, ce chiffre ne constitue qu’un minimum car si la baie d’Orne, la côte est du Cotentin et la côte sud des havres ont fait l’objet de recensements décadaires au cours de ces périodes, la côte nord des havres et la baie du Mont-Saint-Michel ont fait l’objet de décomptes partiels. Par ailleurs, les remarques concernant les densités en hiver pour 10 ha d’estran, valent également en période de migration, voire même s’accentuent au bénéfice de la baie d’orne. Les tableaux 2 & 3 rendent compte de la part relative des 4 sites fonctionnels ayant fait l’objet d’un recensement au plus près du pic migratoire, soit lors de la 1 ère décade de mai et la 3ème décade d’août. Par ailleurs, les graphiques 2 & 3 et les cartes 3 & 4 figurent les passages migratoires pour les sites suivis selon une périodicité comparable. On fera remarquer à cette occasion que la physionomie de la migration postnuptiale est plutôt atypique en ce sens où le gros de la troupe est passé avant la fin du mois d’août, soit avec une semaine d’avance avant le passage d’une seconde vague fin septembre, de même que la migration prénuptiale a accusé une semaine de retard, en lien avec des conditions climatiques médiocres qui ont probablement perturbé, à la fois la remontée vers les sites de reproduction (2013) et la nidification elle-même (2012). Côte sud Côte est Baie des havres Cotentin d'Orne Huîtrier-pie 80 19 0.2 0.2 Grand gravelot 42 24 22 12 Bécasseau variable 83 2 6 9 Courlis cendré 80 19 1 0.1 Bécasseau sanderling 60 23 16 1 Pluvier argenté 92 7 0 1 Tournepierre à collier 0.2 13 77 10 Bécasseau maubèche 81 3 5 11 Courlis corlieu 86 3 5 7 Chevalier guignette 27 56 7 10 Chevalier gambette 58 6 6 30 Barge rousse 32 2 2 65 Avocette à nuque noire 25 0 0 75 Barge à queue noire 96 4 0 0 Chevalier culblanc 36 64 0 0 Chevalier aboyeur 50 20 0 30 Bécasseau minute 67 0 0 33 Bécasseau cocorli 60 20 0 20 Combattant varié 0 100 0 0 Petit gravelot 0 100 0 0 Tableau 2 : Part relative des limicoles recensés en période de migration postnuptiale en 2012. 3ème décade d'août

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Graphique 2 : Physionomie de la migration postnuptiale par décade en 2012.

Côte sud Côte est Baie des havres Cotentin d'Orne Bécasseau variable 85 2 5 8 Bécasseau sanderling 50 22 24 4 Pluvier argenté 93 5 0.4 1 Grand gravelot 34 22 20 24 Barge rousse 29 62 4 4 Huîtrier-pie 41 46 12 1 Bécasseau maubèche 82 6 0 12 Courlis corlieu 10 35 25 29 Courlis cendré 67 18 5 10 Tournepierre à collier 2 52 41 4 Chevalier gambette 27 15 8 50 Chevalier aboyeur 13 19 6 63 Chevalier guignette 0 25 58 17 Avocette à nuque noire 0 0 0 100 Bécasseau minute 50 0 0 50 Chevalier arlequin 0 0 0 100 Petit gravelot 0 50 50 0 Barge à queue noire 0 0 0 100 Tableau 3 : Part relative des limicoles recensés en période de migration prénuptiale en 2013. 1ère décade de mai

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Graphique 3 : Physionomie de la migration prénuptiale par décade en 2013.

On note, que le grand gravelot présente des effectifs comparables sur les 3 sites fonctionnels ; la côte sud des havres est un lieu de halte privilégiée pour le bécasseau sanderling et la barge rousse ; le tournepierre à collier stationne préférentiellement sur la côte est du Cotentin ; l’avocette à nuque noire fait halte quasi exclusivement en baie d’Orne, etc., pour des raisons trophiques qu’il conviendrait, une fois encore, de caractériser. A nouveau, si nous considérons que la part relative des oiseaux dénombrés en janvier dans le cadre de ce réseau est comparable à celle recensée au cours de la phase de migration pour les sites ayant fait l’objet de recensements décadaires, nous pouvons estimer à plus de 300 000 le nombre de limicoles stationnant sur les côtes normandes à cette occasion, soit 140 000 en migration prénuptiale et plus de 160 000 en migration postnuptiale. Les comptes étant arrêtés au 15 octobre et les stationnements étant inférieurs à 10 jours, particulièrement lors de la migration prénuptiale, ces chiffres constituent un minimum.

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Carte 3 : principaux petits limicoles recensés au cours des périodes de migration 2012-2013.

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Carte 4 : principaux grands limicoles recensés au cours des périodes de migration 2012-2013.

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Perspectives Deux études sont en cours. L’une est financée par Réserves Naturelles de France dans le cadre du programme Littoraux et Changements Côtiers (LiCCo). Elle porte sur le traitement de données bancarisées, relatives aux stationnements mensuels inter-nuptiaux des limicoles côtiers, pour caractériser les différentes communautés de limicoles présentes aux différentes périodes clé du cycle et les principaux éléments fonctionnels conditionnant leur présence. L’objectif est de définir une méthodologie de surveillance qui par son caractère reconductible, puisse rendre compte des effets possibles du changement global. Dans le cadre de cette prestation, la contribution du GONm, en fournissant un jeu de données adapté au cours de l’année 2013, permettra principalement d’alimenter l’approche communautaire et fonctionnelle des principaux reposoirs observés au moment des comptages mensuels conduits à marée haute sur les sites fonctionnels de la baie d’Orne, de la côte est du Cotentin et le havre de la Sienne. L’autre est financée par l’Agence des aires marines. Elle a pour objet de traiter et d’analyser l’ensemble des données collectées en baie du Mont-Saint-Michel de septembre 2013 à août 2014, en collaboration avec Bretagne-Vivante et le CPIE de la baie. Les données brutes alimenteront également la base de données du Réseau Limicoles Côtiers développée au niveau national par l’Observatoire du Patrimoine Naturel Littoral RNF-AAMP

Remerciements : Ce bilan est le produit du travail mené sur le terrain par Lydie Barenton, Alain Barrier, Bruno Chevalier, Samuel Crestey, Gérard Debout, Jocelyn Desmares, Stéphanie Josse, Raymond Le Marchand, Denis Le Maréchal, Jean-Pierre Marie, Régis Purenne, Robin Rundle, Elisabeth Willay, Nicole Renard ; Matthieu Beaufils, Sébastien Provost et Régis Morel, animent un réseau comptant une vingtaine d’observateurs en baie du Mont-Saint-Michel, adhérents et salariés du GONm, de Bretagne-Vivante et du CPIE de la baie du Mont-Saint-Michel.

Bruno Chevalier

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