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Premier Chapitre


L’Ombre de Ravana L’Anneau d’Odin

Éditions Kelach


Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5 (2° et 3° a), d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

ISBN 978-2-490647-14-9

EAN 9782490647149

Éditions Kelach Collection Forêt des Maléfices

Mai 2020


Chapitre I Une rencontre humiliante Nous étions mi-février. Huit mois étaient passés depuis que nos trois amis avaient vaincu Ravana. L’odieux démon, pourtant revanchard, n’avait plus donné signe de vie. À tel point que Franz, Peter et Rania avaient oublié qu’il leur avait promis de revenir. Mais pas le Déchu. Quelque part dans les Enfers, il fulminait contre le contretemps causé par l’incompétence de son disciple. Depuis le jour funeste de sa défaite face à cette bande d’amateurs, il ne cessait de chercher comment retrouver son corps. Malgré la consultation de milliers de grimoires, il n’avait toujours pas réussi à dénicher le moindre sort ou objet qui lui permettrait de recouvrer sa puissance perdue. Comme tous les jours, il décida de se rendre à la bibliothèque infernale afin de poursuivre ses investigations. Il aurait très bien pu déléguer cette tâche à un sous-fifre. Mais, depuis l’infortune qui l’avait frappé, la plupart l’avaient abandonné et ceux qui restaient étaient trop stupides pour l’aider. Tous les habitants des Enfers le traitaient comme un démon inférieur de la pire espèce. Ils ne cessaient

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de se moquer ouvertement de lui chaque fois qu’il les croisait. De toute façon, il n’avait confiance qu’en lui-même pour ce genre de travail. Lui seul avait l’intelligence nécessaire pour déceler un objet ou un sort qui en vaille la peine. Il était perdu dans ses pensées lorsqu’il arriva face à un imposant bâtiment en pierres taillées. L’endroit, dans le pur style grec classique, devait bien mesurer cinquante mètres de haut. Il trônait devant lui tel un colosse assoupi attendant que quelqu’un eût besoin de ses services. Une énorme porte en arc brisé de près de cinq mètres permettait de pénétrer en son sein. Elle était surmontée d’un immense fronton surbaissé en pierre de taille. Sur celui-ci se trouvaient plusieurs représentations de créatures infernales qui suppliciaient d’innocents êtres humains. L’édifice semblait avoir été conçu pour un peuple de géants. En arrivant aux abords du grand bâtiment, il vit deux démons supérieurs en train de discuter torture. Bien qu’il sût par avance qu’ils risquaient de se moquer de lui, il ne put s’empêcher de s’approcher d’eux pour les saluer. L’apercevant, ceux-ci s’éloignèrent en riant de façon sardonique. Ravana sentit la rage le prendre aux tripes. Comment ces deux démons pouvaient-ils le traiter ainsi ? Lui, le grand Ravana qui avait failli régner sur le monde entier et même sur l’ensemble des Enfers au temps de sa splendeur ! La fureur qu’il ressentait lui donna encore plus envie de retrouver sa puissance pour leur faire payer leur arrogance. Il se hâta de pénétrer dans la bibliothèque.

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À l’intérieur, la pièce était quasi vide. Seules s’y trouvaient quelques tables entourées de chaises en fer forgé. Sur les murs, on ne voyait aucune étagère sur laquelle prendre des livres à étudier. On y discernait, simplement, des dizaines d’inscriptions et de symboles étranges. Ils étaient disposés pour former d’énormes phrases dont il paraissait bien difficile de saisir le sens. On pouvait se demander ce que Ravana espérait dénicher dans une salle aussi vide. Le démon s’approcha d’une des tables avec entrain comme s’il avait la certitude qu’aujourd’hui marquait le début de son retour en grâce. Le livre en vieux norrois qu’il avait découvert la veille le rapprochait de son but. Il n’avait pas encore déniché la clef, mais il n’en était pas loin. Il en était sûr. Il allait enfin découvrir l’artefact ou le sort qui lui permettrait de retrouver sa splendeur passée. Il s’assit, puis se concentra sur le titre de l’ouvrage qu’il désirait feuilleter. Au bout de quelques instants, une aura verte apparut devant lui. Son intensité crût et un objet commença à se matérialiser. Rapidement, il prit la forme d’un vieux grimoire en cuir sur lequel étaient représentées des runes anciennes délicatement sculptées dans la couverture. D’un geste las, Ravana se saisit du livre et l’ouvrit en quête d’informations intéressantes. C’était le dix millième ouvrage qu’il lisait. Il avait plusieurs fois senti le désespoir l’envahir au cours de ces nombreuses semaines de recherches. Malgré tout, l’idée de retrouver ses pouvoirs et de se venger des démons qui l’avaient trahi et avait fait de lui l’être pitoyable qu’il était maintenant, avait suffi à le faire poursuivre ses investigations. 7


Ravana commença sa lecture. Il s’agissait d’un exemplaire oublié qui racontait la vie d’un prince viking nommé Ingmar dont on prétendait qu’il pouvait ranimer les trépassés même ceux dont le corps avait été réduit à néant par le temps ou le feu. Cela semblait correspondre à son cas. Après tout, lui aussi avait perdu son corps de démon supérieur. Il ne lui restait que cette pitoyable enveloppe charnelle dans laquelle il se sentait trop à l’étroit. Il se devait de percer ce mystère. C’était le cinquième document qu’il consultait sur ce personnage, mais il n’avait toujours pas découvert comment un simple humain avait pu acquérir un si grand pouvoir. Peut-être perdait-il son temps et n’était-ce qu’une légende sans fondement réel. Malgré tout, il devait continuer à chercher dans cette voie, au moins jusqu’à ce qu’il trouvât la raison de ce don ou une preuve que celuici était une pure invention. Il était occupé par sa lecture lorsque entra Focalor, général des Enfers qui commandait aux océans et aux vents. Au premier abord, il ressemblait à un être ordinaire même s’il paraissait particulièrement séduisant pour mieux envoûter ses futures victimes. Mais, à y regarder de plus près, on voyait qu’il n’était pas totalement humain. Ses yeux rouges flamboyaient telles deux braises semblant consumer son être. De son dos partaient deux immenses ailes de griffon. Il marchait en arborant l’air supérieur de quelqu’un se pensant la plus puissante créature du royaume des morts. D’ailleurs, il aurait sans doute pu le devenir s’il s’était allié à Ravana pour combattre Satan. Au lieu de

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cela, il avait préféré le trahir par peur de se faire doubler par le démon aux multiples bras. En entrant, il remarqua immédiatement l’intrus occupé à lire dans un coin du bâtiment. La vision de cet être déchu, dont l’ambition démesurée aurait causé sa perte s’il avait commis l’erreur de s’y rallier, l’irrita au plus haut point. Comment cet ignoble traître pouvaitil avoir l’audace de paraître au grand jour ? Il lui avait déjà plusieurs fois signifié qu’il ne voulait plus le voir traîner en ce lieu. « Ravana, comment oses-tu te montrer ici ? » s’exclama Focalor avec fermeté et froideur. Sa voix résonna si fort qu’elle fit trembler les murs de l’édifice pourtant d’une solidité à toute épreuve. Ravana, qui n’avait pas remarqué l’entrée du général, se retourna vivement. « J’ai autant de droit que toi de me trouver là ! répondit-il sèchement. Je n’ai aucun ordre à recevoir d’un cloporte de ton espèce. — As-tu oublié à qui tu t’adresses ? Et le respect que tu me dois ? tonna Focalor. — Crois-tu vraiment que tu me fasses peur ? Lorsque j’aurai retrouvé ma puissance, tu feras comme les autres et tu viendras me lécher les bottes comme tu le fais si bien. Je ferai de toi mon chien servile, le railla le Déchu. — Encore cette histoire de grandeur passée ! Mais mon pauvre Ravana, jamais tu n’as eu l’ombre d’une chance de battre notre seigneur et maître ! — Tu aurais pu devenir mon bras droit si tu avais fait preuve de plus d’intelligence. Mais ça n’a jamais été ton fort, ironisa Ravana. 9


— Même au temps de ta soi-disant splendeur, jamais tu n’aurais pu ne serait-ce que m’égratigner. Je vais d’ailleurs te le prouver de ce pas ! » s’exclama Focalor. À peine avait-il prononcé ces mots qu’une brise se mit à souffler. Rapidement, son intensité augmenta jusqu’à ce qu’elle devînt un véritable ouragan. La violente bourrasque projeta le mobilier contre les murs et le plafond de l’immense salle. Le démon supérieur ne sembla nullement gêné par ce violent coup de vent. Ravana avait refermé son précieux ouvrage et le tenait d’une main. De l’autre, il s’accrochait désespérément à la table, luttant pour que l’intense ouragan qui régnait ne l’emportât pas. Voyant cela, Focalor décida qu’il était temps d’en finir avec cet être insignifiant qui prétendait encore faire partie des leurs et lui faisait gaspiller son temps inutilement. Il tendit le bras en direction de Ravana. Aussitôt, le vent qui parcourait la salle se concentra uniquement sur l’indésirable. Ravana glissa le précieux manuscrit sous son haut. Ceci fait, il tenta de canaliser sa faible énergie entre ses mains puis de la diriger vers son ennemi pour essayer de contrer son attaque. Son adversaire prononça quelques mots en langue démoniaque. L’intensité du souffle était phénoménale. Le Déchu fut emporté par une rafale tempétueuse. Il vint se fracasser contre le mur d’entrée du temple. Il retomba sur le sol provocant un vacarme assourdissant. Ravana se releva péniblement. « Bientôt, je te le ferai payer au centuple, protesta le démon meurtri. Toi et tous tes congénères finirez dans les cachots de l’oubli éternel. 10


— Ton discours ne m’intéresse pas. Notre seigneur et maître m’a donné une tâche bien plus importante que de m’occuper d’un être aussi pitoyable que toi. Tu ferais mieux de partir avant que je ne décide d’en terminer définitivement avec ta faible carcasse dégénérée. Souviens-toi que même les démons peuvent mourir. » Le Déchu avait furieusement envie de montrer à ce malotru ce qui arrivait à ceux qui osaient s’opposer à lui. Pourtant, il n’en fit rien. Il savait en son for intérieur qu’il n’était pas pour l’instant à la hauteur de son adversaire. Mieux valait pour lui battre en retraite en attendant d’avoir retrouvé tous ses pouvoirs. Un jour, je te rendrai la monnaie de ta pièce avec les intérêts, pensa-t-il. Bientôt, c’est moi qui te ferai mordre la poussière. Ravana quitta le temple en boitant. Il maudissait cette faiblesse qui avait permis à ce malotru de le traiter ainsi. Il était si absorbé par sa rumination qu’il percuta un démon qui arrivait en sens inverse. « Ta faiblesse t’aurait-elle rendu aveugle, Ravana ? » tonna l’être maléfique qu’il avait heurté. Le Déchu se releva et regarda celui qui venait de l’interpeller de la sorte. Il s’aperçut que dans son infortune il s’était heurté à Satan en personne. « Je suis désolé, maître, s’excusa Ravana que ses faibles pouvoirs obligeaient à faire profil bas. — Encore à la recherche de ta puissance passée ? ricana Satan. Tu n’as toujours pas compris que rien ne te rendra la grandeur perdue que t’a fait perdre ta trahison ? Dire que si tu m’étais resté fidèle,

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aujourd’hui tu serais mon bras droit, expliqua l’empereur des ténèbres en regardant à peine le vil rebut de démon qui se tenait devant lui. — J’en suis navré. Je me contente d’essayer de vous plaire en espérant qu’un jour vous pourrez me pardonner, répondit Ravana en se forçant à adopter un ton mielleux qui le révulsait. — Pousse-toi de mon chemin. Je n’ai pas de temps à perdre avec un déchet de ton espèce. » Ravana s’écarta devant cet être auquel il vouait une haine viscérale qu’il ne pouvait se permettre d’afficher pour le moment. Il en avait la certitude, c’était Satan qui avait fomenté ce mauvais coup contre sa personne. Lui qui avait transmis l’arme fatale à ces chevaliers moyenâgeux. Satan s’éloigna sans le moindre regard pour cet être qui n’était plus qu’un sous-démon même pas digne de vivre aux Enfers. S’il l’avait autorisé à y rester, c’était simplement parce qu’il préférait l’avoir sous la main pour le cas où celui-ci découvrirait un moyen de réintégrer son corps et ses pouvoirs. En effet, au temps de sa grandeur, Ravana était un adversaire de valeur et il s’en était fallu de peu qu’il renversât le pouvoir infernal en place. Encore endolori de sa rencontre avec l’immonde Focalor, Ravana regagna péniblement son territoire, une petite zone de quelques kilomètres carrés que Satan avait bien voulu lui laisser, car personne d’autre ne l’avait réclamée. Il remonta la colline sur laquelle il avait installé son « trône », enfin, le siège qui aurait dû l’être si ceux en qui il avait eu tort de placer sa confiance ne l’avaient pas trahi. Il s’assit péniblement sur celui-ci. Il jeta un coup d’œil aux morts qui 12


tentaient désespérément de gravir la colline menant à son trône d’or et d’ivoire dans un vain espoir de rédemption, puis ouvrit le livre qu’il avait emporté avec lui. Il commença à le feuilleter en quête d’informations sur les étranges capacités de ce prince viking. Cela faisait maintenant deux heures qu’il parcourait ce livre en tous sens. Il y avait bien trouvé plusieurs mentions du prodige entourant le prince viking, mais rien qui ne l’avançât dans sa quête. De dépit, il jeta l’ouvrage au sol. Encore une journée de perdue. Il décida de prendre des nouvelles de son disciple afin de savoir où il en était de la tâche qu’il lui avait donnée à accomplir. Il plaça ses deux mains devant lui, les paumes se faisant face, puis se concentra sur l’espace vide entre les deux. Une aura de couleur verte apparut qui prit la forme d’une sphère d’environ dix centimètres de diamètre. La boule s’éclaircit, découvrant un paisible bourg enneigé. Ravana zooma par la pensée pour localiser l’objet de sa recherche : son disciple. Celui-ci était occupé à discuter avec les villageois et, vu leur ton, il y avait visiblement un souci. Le démon pénétra dans l’esprit de son adepte afin de connaître la raison de ce contretemps. « Que se passe-t-il ? » tonna-t-il. Le mystérieux homme s’arrêta de parler et sursauta comme si la voix du démon l’avait frappé tel un puissant éclair. « C’est vous, maître ? demanda-t-il. — Oui. Aurais-tu des ennuis ? Tu sembles bien nerveux. Te montrerais-tu incapable de remplir une simple tâche pour moi ? Vaisje devoir te punir pour ton manque d’entrain à accomplir ma requête ?

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— Non, maître. Rien de grave. C’est juste que les habitants refusent de me conduire à la grotte que vous avez mentionnée. D’après eux, elle est maudite. Aucun de ceux qui s’y sont aventurés n’en est jamais revenu. — Eh bien ! Vas-y seul. Avec ma protection, tu ne risques rien », s’agaça Ravana qui avait déjà subi suffisamment de contrariétés pour la journée. D’un geste d’humeur, il donna un coup de pied dans le livre du prince Ingmar qui se retourna en dévoilant une page semblant des plus quelconques. « Très bien, maître, j’agirai selon vos désirs », répondit le disciple, effrayé à l’idée de la punition que son maître pourrait lui infliger, touchant la cicatrice qui lui rappelait son précédent échec. L’être maléfique mit fin à la conversation et se leva pour ramasser le précieux ouvrage. Il s’apprêtait à le fermer lorsqu’il s’aperçut que deux pages étaient collées ensemble. Il les détacha et aperçut sur l’une d’elles l’image du prince qui tendait le bras. Une lueur inhabituelle semblait sortir de sa main. Il décida de jeter un œil au texte qui accompagnait la gravure. Il commença à lire. Rapidement, son visage s’illumina. Enfin ! Il avait déniché cet objet qu’il désespérait de découvrir. L’écrit disait qu’Ingmar portait un anneau aux pouvoirs étranges qu’il prétendait tenir d’Odin lui-même. Juste avant sa mort, le bijou avait disparu et personne ne savait ce qu’il en était advenu. Ce qu’il venait de lire pouvait ressembler à un écueil insurmontable, mais pas pour Ravana. Il connaissait parfaitement 14


l’endroit où il pourrait trouver ce prince. Dans la zone des Enfers réservée aux combattants, à ceux qui ont passé une grande partie de leur vie à verser le sang des humains au mépris des commandements divins. Ceux qui avaient fait de la guerre un jeu au plaisir malsain. Cette bonne nouvelle le mit en joie. Il décida de s’amuser un peu en torturant les défunts qui essayaient vainement de le rejoindre en haut de la colline. (...) Plan à suivre ...

Dans

l'Anneau d'Odin Deuxième Tome de

L'Ombre de Ravana aux

Editions Kelach


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Les Lutins de Kelach La Peyrelle 6, rue de Rivaillon 16260 Chasseneuil-sur-Bonnieure


CrĂŠdits Corrections : ClĂŠmence Chanel http://clemence-chanel.e-monsite.com/ Couverture : Michel Borderie http://michelborderie-art.blogspot.com/

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L'Anneau d'Odin : Premier Chapitre.  

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