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MAGAZINE

#2

Les enjeux informatiques dans la stratégie des entreprises du grand Ouest

Paroles de dirigeants

Gig@lis vers le très haut débit pour tous

Développement durable quand le SI se met au vert

Septembre 2009


Les enjeux informatiques dans la stratÊgie des entreprises du grand Ouest - N° 2 - Septembre 2009


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Editorial

Des synergies innovantes se profilent dans l'Ouest !

Visions de dirigeants du grand Ouest, points de vue et témoignages sur les enjeux et perspectives des Systèmes d'Information… Notre seconde édition du magazine "Interactives" se veut encore plus interactive ! Nous espérons que vous prendrez plaisir à découvrir les différents sujets abordés. L'occasion pour nous de remercier tous ceux qui ont contribué à sa réalisation : interviewés et annonceurs.

Ce numéro paraît à un moment tout particulier Le monde bouge et la crise financière ne nous facilite pas la tâche. Dans ce contexte difficile, le grand Ouest dispose heureusement d’atouts majeurs. L’initiative récente de l’Etat et de la Région Pays de la Loire pour fédérer les différents acteurs de la filière informatique a pour objectif de mieux les exploiter. Un comité de pilotage a été constitué avec les institutionnels, les technopoles, les associations professionnelles, l’enseignement supérieur. Une étude d’orientation a été produite pour préparer un contrat de développement piloté par un dispositif de gouvernance efficace, associant tous les acteurs de la filière. Une initiative dans le droit fil des actions menées au sein du CRI' Ouest ! Nous en reparlerons certainement dans les prochains numéros du magazine "Interactives". Mais le grand Ouest, c’est aussi la Bretagne. Et nous pouvons saluer l’initiative de nos élus qui organisent les 8 et 9 octobre prochains le premier colloque Nantes-Rennes consacré aux coopérations des deux métropoles en matière de recherche et d’innovation. Une occasion de rappeler que le CRI’ Ouest et son homologue bretonne Granit mettent déjà ce principe de collaboration en pratique depuis trois ans. Bonne lecture à tous !

Jean-Pierre Bailly Président du CRI’ Ouest

Les enjeux informatiques dans la stratégie des entreprises du grand Ouest - N° 2 - Septembre 2009


Somm a i r e

Sommaire

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 Actualités > Gig@lis : vers le très haut débit pour tous .............................. 05  Paroles de dirigeants > 3 questions à… Hubert de Boisredon, PDG du groupe Armor ................................................ 06 Patrice Clouet, DG du groupe vendéen La Mie Câline ................................. 07 Christian Riquelme, DG de Nantes Habitat ................................................... 08 Alain Rocquefelte, DG de Système U Ouest .................................................. 09  Regard > Les systèmes d’information, créateurs de valeur pour l’entreprise ... 10  Perspectives > Développement durable : quand le SI se met au vert ...... 11  Focus > Achats et informatique ................................................................. 12-13  Métier > Intégrateur d'applications ............................................................... 14

Ce magazine bénéficie d’un partenariat avec la CCI Nantes - Saint-Nazaire

O

U

Le CRI’ Ouest en bref : Le Club des Responsables Informatiques du grand Ouest regroupe plus de 200 entreprises de toute taille et de tout secteur d’activité public ou privé. Il poursuit deux objectifs : • Favoriser les échanges entre les décideurs informatiques du grand Ouest. • Contribuer au développement de la filière informatique sur ce territoire.

R

S

Pour toute question, contacter le secrétariat : Christine David - E-mail : contact@criouest.org Tél. 02 40 44 61 06 - Fax 02 40 44 63 90 Chambre de Commerce et d'Industrie de Nantes et Saint-Nazaire BP 90517 - 44105 Nantes Cedex 4 www.criouest.org Directeur de publication : Jean-Pierre Bailly, Président du CRI' Ouest "Club des responsables informatiques du grand Ouest" Comité de rédaction : Emmanuel Desmontils, Philippe Hervé, Pierre-Yves Luminet, Christophe Marquès, Pierre-André Martin, Ivan Medvedieff, Olivier Chéneau, Thierry Gicquel, Hervé Guérin, François-Régis Jaunâtre. Conception, rédaction et réalisation :

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Actualités

Gig@lis : vers le très haut débit pour tous Aujourd'hui, les entreprises de la région vont pouvoir accéder sous certaines conditions au très haut débit à des tarifs particulièrement attractifs. Le point sur les offres Gig@lis.

Le très haut débit n'est pas une nouveauté en Pays de la Loire, mais cette offre était auparavant dédiée uniquement aux communautés d'intérêt général, comme les universités et les établissements du domaine de la santé, via l'infrastructure réseau des Pays de la Loire, Méga@lis.

Gig@lis succède à Még@lis Un des objectifs de Gig@lis est de proposer du très haut débit aux prix pratiqués à Paris - La Défense et de contribuer ainsi à la baisse des tarifs de l’internet. Les premières liaisons ont été mises en service fin septembre 2008 et le réseau Gig@lis a définitivement remplacé Még@lis à la fin du mois de janvier 2009. A ce jour, plus de 500 établissements y sont raccordés.

Le très haut débit, pourquoi ? Toutes les entreprises sont intéressées par le très haut débit et en particulier celles de la filière informatique. Elles contribuent au développement des autres filières parce qu’elles constituent un gain de compétitivité primordial pour les entreprises dans l’ensemble des autres secteurs d’activités de manière directe (gain de temps…) ou indirecte (qualité de service) notamment dans un contexte de concurrence accrue.

Au-delà du tarif attractif, Gig@lis permet également de bénéficier de services associés comme la visioconférence en haute définition ou encore la webconférence. D’ici début 2010, un nouveau service de téléphonie sera également proposé.

Le très haut débit, pour qui ? Le réseau Gig@lis est opéré dans une logique “d’opérateur d’opérateurs” (actuellement, il existe 583 opérateurs en France). A ce titre, Gig@lis commercialise son offre restrictivement auprès des opérateurs ou auprès de clients organisés en groupe fermé d’utilisateurs ou en réseaux indépendants. Ces groupes reposent sur une communauté d’intérêts suffisamment stable pour être identifiée et préexistante à la fourniture de service de télécommunications. En aucun cas, Gig@lis ne peut desservir un client direct, en dehors des cas énoncés plus haut (pas d’offre directe aux particuliers). Concrètement, si une entreprise veut être raccordée au très haut débit, elle devra prendre contact avec Gig@lis qui étudiera la faisabilité technique de la connexion (existence d'infrastructures, opérateurs susceptibles de reléguer l'offre à un prix raisonnable, etc.). Si le projet est réalisable, Gig@lis validera ensuite l'offre.

• Pour en savoir plus : www.gigalis.org

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Paroles de dirigeants

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3 questions à… Hubert de Boisredon, Président-directeur général du groupe Armor

Le DSI fait la jonction entre les directions métiers et a un rôle de conseil en organisation auprès de la direction générale. Il est au cœur de la performance de l’entreprise, de ses évolutions stratégiques et de la maîtrise des risques. Il est indispensable qu’il participe aux décisions stratégiques de l’entreprise.

Avec vingt filiales dans le monde, huit sites de production sur quatre continents, 85 % de CA à l’export… Quel est l’apport des SI dans votre organisation internationale ? Il y a quatre ans encore, Armor regroupait des entités qui fonctionnaient de façon indépendante, notamment sans coordination des Systèmes d’Information. Cela engendrait des difficultés pour l’optimisation de la Supply chain et pour disposer de reporting, de consolidations fiables... Transparence, fiabilité et rapidité des flux d’informations sont indispensables pour gérer efficacement la dimension

internationale de notre groupe et la gestion de nos deux Business Units (AICP et AOP) qui, d’ailleurs, ont des enjeux industriels et commerciaux très différents. D’ici 2010, pour l’activité Office Printing, grâce au déploiement d’un système d’information unique, nous gérerons depuis Nantes l’ensemble des filiales au Maroc, en Pologne… Votre DSI, au sein du Comité de Direction, participe aux décisions stratégiques du groupe. Quel est son rôle ? Le DSI fait la jonction entre les directions métiers et a un rôle de conseil en organisation auprès de la direction générale. Il est au

Armor en bref 2 activités : • Fabrication et commercialisation de consommables d’impression : - Armor Industrial Coding and Printing (AICP) : Transfert Thermique - Armor Office Printing (AOP): Cartouches Jet d’encre et Laser CA : 150 M€ dont 85 % à l’export

cœur de la performance de l’entreprise, de ses évolutions stratégiques et de la maîtrise des risques. Il est donc indispensable qu’il participe aux décisions stratégiques de l’entreprise. Et lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des projets, il joue un rôle moteur auprès des directions métiers. Armor a reçu le Trophée 2008 de la responsabilité globale et vous menez une action forte en matière de développement durable.Quelles sont les missions des Systèmes d’Information dans cette dynamique ?

Effectif : 1 400 collaborateurs 8 sites de production Service informatique : 15 collaborateurs

J’insisterai sur deux points. L’équipe R&D travaille sur l’éco-conception de produits,

notamment sur un projet révolutionnaire de rouleau Transfert Thermique sans solvant. Un SI spécifique a été développé pour appuyer cette démarche d’éco-conception. Par ailleurs, la DSI, en tant que gros consommateur de cartouches Laser, contribue au projet "Alternative Print", projet dans lequel Armor propose aux PME et grosses entreprises des cartouches Laser nouvelle génération qui sont tout à la fois écologiques, utilisant 90 % de composants recyclés, et permettant de réduire les frais généraux des entreprises de 30 à 40 % par rapport aux cartouches d’origine. La DSI est bien un acteur à part entière du développement durable.

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Paroles de dirigeants

3 questions à… Patrice Clouet, Directeur général du groupe vendéen La Mie Câline Comment sont organisés les Systèmes d’Information dans votre entreprise ? L’équipe informatique, composée d’un responsable et de deux informaticiens, est rattachée à la direction financière. Elle a un rôle essentiel : être en permanence à l’écoute des besoins de nos franchisés, pour améliorer la performance de nos outils. Elle a toute latitude pour conduire nos projets de développement en s’appuyant sur des prestataires, de préférence indépendants et proches de nos valeurs. Nous privilégions la solution qui répondra le mieux à notre besoin et compatible avec nos outils.

Quels sont les enjeux liés aux SI, dans vos activités ? La maîtrise de l’information est au cœur de notre système. Nous devons, en tant que franchiseur, entretenir un dialogue structuré avec nos franchisés. Par exemple, nous avons un suivi quotidien de la performance de nos points de vente : chiffre d’affaires, fréquentation, panier moyen, avec des comparatifs par rapport à l’année antérieure ou au budget prévu. Nous pouvons ainsi ajuster en continu la performance de nos points de vente et leurs apporter des solutions. Par ailleurs, nous échangeons des données confidentielles avec

nos franchisés, nous sommes donc très attentifs à la sécurisation de notre système. En tant que dirigeant, quelle est votre vision des Systèmes d’Information ? L’informatique est vitale pour l’entreprise, et particulièrement pour les réseaux : l'intranet et la communication informatique en générale sont des plates-formes

d'échanges incontournables entre l'entreprise et les franchisés d’une part, et entre les équipes internes, d’autre part. Le ROI se retrouve d’abord à travers la satisfaction des utilisateurs. C’est pourquoi nous échangeons régulièrement en Comité de direction, sur les Systèmes d’information, leur évolution dans un objectif unique : la satisfaction de tous.

Etre en permanence à l’écoute des besoins de nos franchisés pour améliorer la performance de nos outils. La Mie Câline en bref

Activité : réseau de franchise de 190 terminaux de cuisson, répartis dans les centres-villes, sur tout le territoire. La Mie Câline fabrique des produits de boulangerie, viennoiserie, pâtisserie, sandwicherie et traiteur. CA : 123 M€ Effectif : 1 800 collaborateurs 1 site unique de production : (Saint-Jean-de-Monts) Service informatique : 3 collaborateurs Informatique : • Investissement annuel : 400-500 K€ • Fonctionnement : 200 K€

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Paroles de dirigeants

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3 questions à… Christian Riquelme, Directeur général de Nantes Habitat

La fluidité de l’information est un impératif dans le cadre de nos évolutions et de notre fonctionnement. Et les systèmes d’information constituent un levier à part entière du changement. […] Il faut sortir la DSI de sa fonction support et en faire un élément pivot du management.

” Nantes Habitat qui célèbrera son centenaire en 2013, poursuit son processus de modernisation. Pouvez-vous nous en dire plus ? La modernisation de Nantes Habitat pour les deux prochaines années, passe par la mise en place d’un processus de certification ISO 9001 et d’une politique pro-active en matière de développement durable. Nos deux grands métiers sont concernés : la maîtrise d’ouvrage, construction et rénovation de notre patrimoine, et la gestion locative. Vous avez placé les Systèmes d’Information au cœur de la démarche et, fait rarissime, votre DSI va piloter le processus de professionnalisation de la maîtrise d’ouvrage. Pourquoi ? Les Systèmes d’Information sont au croisement de tout le processus de modernisation : développement durable,

certification, qualité. La fluidité de l’information est un impératif dans le cadre de nos évolutions et de notre fonctionnement. Et les Systèmes d’Information constituent un levier à part entière du changement. Le positionnement de notre DSI, Christophe Chapet, en tant que pilote de la professionnalisation de la maîtrise d’ouvrage, est une décision stratégique : il faut sortir la DSI de sa fonction support et en faire un élément pivot du management. Dans ce projet de modernisation, le budget informatique est important. Quel est le retour sur investissement attendu ?

d’Information permettent tout au long du processus et dans le quotidien de mettre tous les agents de Nantes Habitat au cœur du système, de tous les

impliquer. Et à terme d’y associer nos usagers, nos fournisseurs, nos partenaires… C’est là l’essentiel de notre ambition.

Nantes Habitat en bref Activité : Office public de l’habitat de la ville de Nantes 1er bailleur social du grand Ouest et l’un des trois plus importants en France 24 000 logements gérés 1 Nantais sur 6 est logé par Nantes Habitat, soit 46 500 personnes 100 M€ d’investissements par an dans le patrimoine Effectif : 540 agents 1 siège + 6 agences de proximité Service informatique : 24 agents

Bien évidemment, nos objectifs sont de pouvoir mieux évaluer nos activités, de rationaliser nos méthodes, de rechercher des économies d’échelles… d’avoir une démarche d’amélioration continue. Mais le “retour sur investissement” est avant tout humain : les Systèmes

Les projets informatiques majeurs : • 2009 : refonte de l’intranet, GED, outil de pilotage, refonte LAN et SAN… • 2010 : refonte SIRH, dématérialisation, outil de maintenance du patrimoine, sécurisation Wan, VoiP… • Fin 2010 : mise en place d’un centre d’appel Informatique : le parc informatique est renouvelé tous les 3 ans. Investissement annuel : 0,9 M€ Fonctionnement : 1.4 M€

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Paroles de dirigeants

3 questions à… Alain Rocquefelte, Directeur général de System U Ouest

Il faut avoir une vision exacte de l’organisation qu’on veut mettre en place. Les systèmes d’information sont alors, la résultante de cette vision.

Sur le plan national, l’informatique est en pleine mutation au sein de Système U, pouvez-vous nous en parler ? Après la naissance d’une DSI groupe, il y a deux ans, nous travaillons actuellement sur un projet de création d’une filiale informatique groupe. Au niveau de System U Ouest, vous avez décidé de créer en 2007, la fonction de DOSI. Pourquoi ? Les systèmes d’information sont, de toute évidence, stratégiques et sont souvent utilisés par les entreprises comme un levier de l’organisation. En réalité, il faut avant tout avoir une vision exacte de l’organisation qu’on veut mettre en place. Les systèmes d’information sont alors, la résultante de cette vision.

C’est un gage de performance informatique. Cela évite que la technique prime sur les besoins métiers. C’est cette valeur ajoutée qu’apporte le DOSI par sa fonction très transversale.

Malgré le contexte économique morose, vous maintenez le cap, avec des projets informatiques ambitieux. Lesquels ? Nous poursuivons notre stratégie à moyen terme. Sur le plan informatique, nous sommes entrés dans une phase d’harmonisation nationale. Nous venons de finaliser le déploiement d’un système unique d’encaissement sur l’ensemble de nos points de vente. D’ici 2012, nous disposerons d’un back office unique pour nos 900 magasins français. Enfin, nous menons une réflexion sur un éventuel système de gouvernance unifié.

System U Ouest en bref Activité : • un réseau de 352 magasins sur 20 départements, 6,3 milliards de CA, 810 000 m² de surfaces et 24 400 collaborateurs • une centrale d’achats avec 10 entrepôts, 4,7 millions de palettes transportées par an, 3,4 milliards de CA et 2 500 collaborateurs DSI Ouest : • 129 collaborateurs internes auxquels viennent s’ajouter des prestataires, soit près de 200 personnes au total. • Environ 30 % de notre activité est sous-traité.

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Regard

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Les systèmes d’information, créateurs de valeur pour l’entreprise Invité de marque du CRI’ Ouest, le 2 mars dernier, Georges Epinette, DOSI du groupement des Mousquetaires et trésorier du CIGREF, le Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises, est intervenu sur le thème : "La dynamique de la création de valeur par les systèmes d’information". Retour sur quelques idées fortes.

Les systèmes d’information sont créateurs de valeur à certaines conditions L’entreprise peut se contenter de positionner les systèmes d’information (SI) comme simple service support. Ils servent alors au minimum à garantir la continuité d’exploitation et à rationaliser les coûts. Mais quand l’entreprise décide d’intégrer les SI à la gouvernance de l’entreprise, ils contribuent alors directement

à son développement. Dans ce cas, la relation entre direction générale et SI repose sur trois piliers : transparence, compréhension et confiance.

Les fondements de cette valeur ajoutée pour l’entreprise Les SI sont souvent sous-utilisés. On constate fréquemment un écart entre les usages attendus d’un SI et les usages réels. Cela empêche une bonne appropriation

des technologies de l'information par les utilisateurs. C’est pourquoi, il est fondamental que la fonction DSI épouse tous les niveaux de métiers de l’entreprise. Au carrefour de tous les flux d’informations, le DSI peut détecter, analyser la valeur d’usage d’un SI et resituer le besoin dans son ensemble. Les SI sont alors un véritable levier de performance pour : • contribuer à l’efficience des métiers de l’entreprise, • améliorer les conditions de travail, • accompagner et souvent susciter les évolutions organisationnelles, • exploiter le potentiel des innovations technologiques, • fiabiliser la conduite de projets

informatiques et garantir leur cohérence.

Le DSI doit sortir des fondamentaux techniques Le DSI doit se positionner au-delà de son cœur d’activité et dépasser sa vision technique. Les SI ne lui appartiennent pas. Il est le gardien du temple, mais les SI appartiennent bien aux directions métiers. Etre force de propositions, savoir identifier les leviers pertinents au sein de sa propre entreprise, trouver des synergies de compétences, être en symbiose avec les métiers, être associé à la planification stratégique, communiquer avec un langage clair… Autant d’atouts à développer pour que le DSI trouve toute sa place au sein de l’organisation.

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Perspectives

Développement durable : quand le SI se met au vert Aujourd'hui, il devient urgent, pour tous, d'entrer dans l'ère de la Green IT*. Mais comment utiliser les Technologies de l'information et de la Communication comme levier de développement durable, tant dans l'entreprise que dans la société en général ? Voici quelques pistes de réponses. La prise de conscience verte des DSI est réelle. Une prise de conscience qui porte sur les deux visages de la Green IT : d'un côté, économiser l'énergie consommée par des machines gourmandes et, d'un autre côté, se servir des TIC comme outil du développement durable.

Urgence à l’action

© Conseil général 44

FrançoiseVerchère, vice-présidente du conseil général de Loire-Atlantique

"Il y a urgence à agir ! Nous devons relever un pari extrêmement difficile pour atteindre un niveau de développement humain élevé pour tous les habitants de la Terre avec une seule planète ! En LoireAtlantique, territoire attractif par excellence, notre consommation d'énergie ne cesse de s'accroître. Nous devons impérativement baisser nos consommations d'énergies et de papier. Chacun doit prendre sa place pour permettre un basculement, pour passer à une véritable révolution de nos modes de vie et de travail ! Il est important de repenser notre manière de nous déplacer au quotidien, en favorisant le développement du télétravail, par exemple".

Le travail à distance, une stratégie verte Jean-Paul Bertaud, gérant A5sys

"Il y a trois ans, nous voulions empêcher le turn-over de nos ingénieurs informaticiens, diminuer la fatigue de nos collaborateurs et les notes de frais. La solution, nous l'avons trouvée en limitant au maximum leurs déplacements. L'idée était que nos collaborateurs rentrent chez eux tous les soirs. Nous nous sommes donc affranchis des clients trop lointains en leur proposant, via un système de télécommunication sécurisé, de faire nos interventions à distance. Nous n'avons perdu qu'un seul de nos clients suite à la modification de nos méthodes de travail. Aujourd'hui, nos collaborateurs passent moins de temps sur les routes, les risques d'accident sont minimisés, nous avons divisé par dix les frais de déplacement et nous n'avons plus de turn-over vers les sociétés concurrentes. Notre démarche qui n'était pas, au départ, liée au développement durable, est devenue une démarche Green IT par la force des choses puisqu'elle réunit trois composantes : l'économique, le social et l'environnemental".

La montée en puissance de la Green IT Christian Pinguet, directeur de l'organisation et des systèmes d'information chez Socram Banque

"L'évolution de notre entreprise et son positionnement par rapport aux mutuelles nous a amené à revoir notre schéma directeur. Celui-ci incluait la volonté de virtualiser nos serveurs informatiques, ainsi que les postes utilisateurs. Aujourd'hui, sur 140 serveurs, 90 % sont virtuels, ce qui représente une économie d'électricité de 45 000 € par an et une baisse de l'utilisation de la climatisation ! Fin 2008, une direction Qualité et Développement Durable a vu le jour et notre société connaît désormais une véritable évolution : toutes nos actions s'inscrivent dans une analyse Green IT. Nous avons, par exemple, considérablement réduit nos déplacements en investissant dans une salle et du matériel de visio-conférence. Nous l’avons utilisé 500 heures l'an dernier et, dans une même optique, nous avons mis en place le télétravail pour 15 % de nos ingénieurs. Nous souhaitons continuer à monter en puissance dans cette démarche de Responsabilité Sociale et Environnementale, en ayant une conduite toujours plus cohérente et plus transverse".

* Green IT : informatique durable (volet social, environnemental, sociétal).

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Focus

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Direction des achats et informatique : comment Historiquement, les DSI assuraient seules la fonction achats. Ce schéma a évolué dans les années 90 avec des référencement très importantes qui ont parfois conduit à des tensions. Aujourd’hui, c’est la coopération qui et la compréhension mutuelle.

Dans ces configurations abouties, la DSI conserve son expertise technique et l’acheteur apporte son art de la négociation et son professionnalisme autour de la démarche achats. Ce schéma conduit, de plus en plus, acheteurs et DSI à travailler main dans la main dès la phase de conception des projets. L'entreprise Manitou basée à Ancenis, spécialiste de la manutention tout-terrain, en est un exemple caractéristique. Emmanuel Riot et Christian Herrmann ont partagé leur expérience lors du séminaire organisé par le CRI’ Ouest le 19 mars.

Manitou : un modèle de coopération réussie Dès 2006, Manitou, spécialiste de la manutention tout-terrain, affiche clairement sa volonté d'optimiser ses achats hors production. A cette occasion, la direction des services informatiques (DSI) et la direction des achats (DA) sont amenées à travailler ensemble. Et le bilan est positif puisque la DSI et la DA se sont rapprochées pour réaliser deux projets. Le premier concernait l’optimisation des impressions : mutualiser les équipements d’impression, uniformiser le parc et rationaliser le nombre de fournisseurs. Le second consistait à mettre en place les infrastructures informatiques et téléphoniques dans le nouveau bâtiment construit près du site historique. Le "partenariat" DSI / DA s'est bien passé même si, de l'aveu même d'Emmanuel Riot, alors responsable des achats indirects, le plus difficile était de convaincre la direction des services informatiques (DSI) de la réelle valeur ajoutée du service achats ! "On a tout à prouver quand on est acheteur, surtout auprès des DSI, sorte de

"chapelle" dans l'entreprise", témoigne le responsable des achats. Comment ont-ils réussi à accorder leurs violons ? "C'est avant tout une histoire d'hommes !", répondent en chœur Emmanuel Riot et Christian Herrmann, directeur du service informatique. "Et la clé du succès de notre collaboration repose sur la forte implication des utilisateurs et des prescripteurs. Pour définir au mieux les besoins, tous les acteurs (DSI / DA / utilisateurs) ont validé chaque étape !", souligne Emmanuel Riot.

Une procédure d'achat décentralisée Chaque année, les achats indirects chez Manitou représentent près de 80 M€ (informatique, téléphone, prestation marketing, etc.) ! "L'idée était d'être aussi performant pour les achats Hors Production que pour les achats Production", poursuit Emmanuel Riot. "Les objectifs : réaliser des économies, mettre en place des règles, structurer la fonction achat, responsabiliser les acheteurs, améliorer leur méthodologie et clarifier la mission achat auprès des autres services". Manitou met alors en place une procédure d'achat avec la nomination "d'acheteurs réseaux" dans chaque service. Pour une partie de leur activité, ces acheteurs réseaux obtiennent une délégation sur la fonction achat. Pour tout ce qui est propre à un service, les achats peuvent se faire en autonomie jusqu'à un certain montant. En contrepartie, ils sont responsables de ces achats ! Emmanuel Riot manage, quant à lui, les leviers d'achat, il accompagne les acheteurs réseaux et les

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Focus

manager cette relation ? structurations des achats et des politiques prévaut, avec des relations fondées sur la maturité

pilote. "En globalisant des familles d'achats dont tous les services pourraient avoir besoin, on allège les procédures et on définit des accords-cadres", explique Emmanuel Riot. Ainsi, pour l'informatique, "le DSI est en autonomie avec son acheteur pour tous les achats inférieurs à un montant décidé en début d’année", témoigne

Christian Herrmann. "Néanmoins, il existe un droit de regard du service achat sur cette délégation". En mettant les utilisateurs au cœur de la procédure, cette supervision constitue une réelle valeur ajoutée et apparaît pleinement complémentaire !

Et chez vous, ça se passe comment ? Jean-Pierre Moreau, DSI groupe Bouhyer "Sur un site industriel, la fonction achat sur la partie production est une évidence stratégique. En revanche, il n'en est pas forcément de même pour la fonction achat hors production. Le partenariat entre la Direction des Achats et la Direction des services informatiques est nécessaire, pour l'intérêt de l'entreprise. C'est un axe de développement vers lequel il nous faut avancer ! Toutefois, c'est un choix d'entreprise qui doit être partagé par tous. Il paraît indispensable que les achats indirects profitent de la méthodologie des achats directs". IMA Technologies : Fanny Vache, responsable des infrastructures et Adeline Bocquier, chargée des achats et moyens généraux

"Aujourd'hui, le process achats inclut la famille des achats informatiques et téléphoniques, ce qui permet de travailler conjointement, ceci dans un souci d’amélioration continue. La difficulté, c'est l'impression qu'ont les services que les délais sont plus longs et que cela constitue une perte de temps de revenir les uns vers les autres avant de décider d'un achat. Notre but : mettre au point une stratégie commune, parler d'une seule et même voix auprès des fournisseurs. Nous travaillons à renforcer notre collaboration sur toutes les phases du processus d’achat".

Brèves RMLL : Nantes capitale du logiciel libre Nantes a accueilli, du 7 au 11 juillet, les rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL) avec, en vedette, le père fondateur de ce mouvement, l'américain Richard Stallman. Après avoir attiré 4 000 visiteurs l'an passé à Mont-de-Marsan (40), l'édition nantaise 2009 aura reçu 5 000 personnes. Les RMLL sont destinées à la fois aux entreprises, aux collectivités et au grand public, auquel la journée du 11 juillet était consacrée. D'après la société d'études Pierre Audoin Consultants (PAC), le marché du logiciel libre devrait croître de 38 % en France cette année pour atteindre 1,5 Md€, puis de 32 % en 2010, après une hausse de 51 % l'an dernier. Nantes compte une vingtaine de sociétés dans le logiciel libre, regroupées dans l'association Alliance libre.

Succès pour les rendez-vous des Solutions Innovantes Pour la 3e édition à Nantes des Rendez-vous des Stratégies Innovantes, la journée a bien rempli son objectif : donner aux responsables en entreprise, un panorama des nouveautés et des témoignages d’utilisateurs sur les apports de l’informatique aux diverses fonctions. Ces témoignages et retours d’expériences de professionnels ayant mis en place des innovations profitables, ont été de grande qualité, grâce à la participation des membres d’associations de professionnelles (CDAF, DFCG, CRI-Ouest, CENIO, APCOM, etc.). Ceux-ci ont ainsi particip�� aux 36 tables rondes destinées aux dirigeants de PME, responsables des achats, financiers, logisticiens, DSI, commerciaux, etc. Sur 350 m² d’exposition, les fournisseurs de solutions ont permis à tous de découvrir l’ensemble des techniques et des nouveautés en matière de pilotage, de gestion des approvisionnements et de la production, d’économie du système d’information, de webmarketing, de voix sur IP, et d’applications "on demand", avec plus de trente démonstrations préparées par des experts.

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Métier

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Intégrateur d'applications : l'assembleur de logiciels, c'est lui ! Même si, dans les PME, le chef de projets et l'intégrateur d’applications sont souvent une seule et même personne, avec des missions bien distinctes, il ne faut pas confondre chef de projets et intégrateur d’applications. Polyvalent, l'intégrateur d'applications doit avoir plus d'une corde à son arc.

Eric Blanchot, DSI du groupe Legris-Industrie.

Maryline Doré-Bedu, intégrateur chez Legris-Industrie.

Sous la responsabilité du chef de projets, l'intégrateur d'applications participe au choix des différents composants logiciels (progiciels, bases de données, développements spécifiques...) et en assure l’assemblage. Le chef de projets est, quant à lui, responsable sur le terrain de l’ensemble du projet : il organise et planifie la réalisation, depuis sa conception jusqu’à son achèvement. Il s’appuie sur des compétences internes ou externes pour livrer un produit en accord avec le cahier des charges. Dans de nombreuses organisations, l'intégrateur d'applications et le chef de projets sont une seule et même personne, à double casquette.

Un rôle de conseil capital

Patrick Richard, intégrateur chez Legris-Industrie.

Alain Pierre, responsable avant-vente, application et développement chez Somaintel.

"Face au foisonnement de solutions proposées par les multiples éditeurs, la mission de l'intégrateur d'applications est de mettre à la disposition du chef d'entreprise des outils informatiques intégrés et adaptés aux spécificités de son métier. Ce pilotage permet à ce dernier de savoir exactement où en est son entreprise, d'anticiper et de prendre les bonnes décisions. Sur ce point, notre rôle de conseil est capital !", souligne Olivier Tardif, co-gérant société Manessens. Un avis partagé par Alain Pierre, intégrateur d'applications chez Somaintel. "L'intégration d'une application ne se résume pas à l'achat d'un produit. Le rôle de l'intégrateur est d'apporter une solution, de mesurer la pertinence des solutions proposées dans le

contexte du client et de l'accompagner dans son choix. Le temps passé à cet accompagnement dépend de la complexité de l'applications".

Proposer des solutions adaptées Si les applications proposées par les éditeurs sont standards, les besoins de l'entreprise, eux, ne le sont pas ! Dans le meilleur des cas, le progiciel répond suffisamment aux nécessités du client et l'intégration se fait alors par paramétrage. Quand ce n'est pas le cas, soit les processus peuvent être adaptés sans perte de compétitivité, soit le progiciel est complété avec une autre solution existante sur le marché, soit il l'est avec une solution développée pour l'occasion (en interne par un développeur ou en externe avec l’aide d’une société de services). Dernier cas de figure, il arrive qu'il n'existe pas de progiciel pour couvrir les besoins trop spécifiques du client et il faut alors entièrement construire une nouvelle application. La solution in fine est le compromis accepté par le comité de pilotage entre le coût du projet et la valeur ajoutée générée par les fonctionnalités déployées.

Conduire le changement en interne Polyvalence, sens aigu du service client, méthodologie, curiosité et opiniâtreté, compréhension des enjeux métiers, les qualités d'un intégrateur d'applications sont

nombreuses. Chez Legris Industries, les intégrateurs d'applications sont également chefs de projet et ce sont eux qui gèrent l'aspect humain du projet en accompagnant la conduite du changement. Ils sont aidés en cela par le sponsor, le directeur de projet, et toute l’équipe projet : "La composition de cette équipe ne doit pas être prise à la légère, pour le bon déroulement du projet", confirme Maryline Doré-Bedu, chez Legris Industries. "Nous intégrons toujours des utilisateurs-clés dans nos équipes projet. Ce sont eux qui convaincront ensuite le reste des utilisateurs !".

Des utilisateurs exigeants "Fédérer les utilisateurs finaux est effectivement essentiel et l'accompagnement en interne ne doit pas être négligé. Il faut garder en tête que, sur le terrain, le retour sur investissement se mesure surtout à la satisfaction des utilisateurs et à l'amélioration des process", prévient Patrick Richard, lui aussi intégrateur chez Legris Industries. "Or les utilisateurs ne perçoivent pas toujours les contraintes multiples qui gravitent autour du choix d'une application : contraintes de temps, de budget, contraintes techniques ou encore humaines". L'intégrateur doit être persuasif, faire preuve de diplomatie et avoir le sens du compromis pour réussir à convaincre de la solution la plus adéquate. Un défi qu’aiment relever les intégrateurs d'applications interrogés pour cet article !

• Pour en savoir plus : www.cigref.fr. Rubrique "Publications", Nomenclature RH 2005 Olivier Tardif, co-dirigeant chez Manessens.

Les enjeux informatiques dans la stratégie des entreprises du grand Ouest - N° 2 - Septembre 2009


Les enjeux informatiques dans la stratÊgie des entreprises du grand Ouest - N° 2 - Septembre 2009



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