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Numéro 1 MUSIQUE

Sortie de Shrimes, premier album de Purity Ring CULTURE

Le retour aux sources SOCIÉTÉ

Les nouveaux vieux TENDANCE

Le tatouage, son entrée dans la mode

Fashion OVNI : les seapunks débarquent MODE

L’invasion hipstero-seapunk rétro-futuriste est proche 1

MAT

GRAND FOR

Rencontre avec l’artiste Jonathan Icher et son œuvre : le pop mélancolique


Photo : Thinkstock

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s o m m a i r e 4 Édito & créateurs

7 Tendances Webzine, pourquoi ? L’homomaillotus 2014 Tatouages

12 Musique Purity Ring et Jeremie Whistler Spotify vs Le reste du marché

16 Nouvelle “Le message dans le train”, par A. Nobouet

22 Les Paris d’Emilie 24 Grand Format Jonathan Icher, artiste photographe

36 Spectacles Edith et Les tribulations...

40 Déco’ Le second souffle de la récup’

44 Culture Visites-conférences Les musées oubliés de la capitale

48 Les pathologies d’un Gnome

50 Société Le retour du Pop-Art Les nouveaux vieux

54 Mode Seapunk et Hipster Automne-hiver 2014 3


JEAN COME CABANNE

GUILLAUME BLANCHARD

Directeur Artistique, Jean-Côme trouve à la sortie de son école un emploi dans une jeune agence de communication où il tient encore le rôle de Directeur Artistique Junior et de Web Designer. Depuis toujours passionné par l’écriture, il lie ici ses deux passions : graphisme et écriture.

Touche à tout et créatif, Guillaume trouve réellement sa voie dans l’écriture, que ce soit au travers d’un blog narratif à la création de pièces de théâtre. Dessinateur, il entreprend d’illustrer lui-même ses textes ce qui lui vaut une certaine reconnaissance sur la toile où il créait son personnage de Diane.

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EDITO J.C.

Ah voilà, c’est le premier numéro ! Donc du coup il me faut expliquer de quoi il s’agit. Twinty c’est la rencontre de deux volontés. Celle de Guillaume qui voulait faire un magazine pour avoir l’occasion de donner une nouvelle dimension à ses textes et aussi de varier les sujets qu’il traite dans son blog. Puis la mienne, celle de travailler sur la mise en page d’un magazine complet, un nouveau pari en terme de graphisme. Nous avons donc décidé de nous associer. Sachant qu’en plus il dessine et que l’écriture est une de mes vieilles amies oubliées, l’idée était parfaite. Donc voilà, nous sommes lancés ! La grande question était alors de savoir de quoi nous allions bien pouvoir parler. Alors on a fait pour ce premier numéro on fait éclectique : de l’art, de la publicité, des histoires, de la musique, des tendances, etc. L’été était déjà là et lors du maquettage de cette page, c’est le début de l’automne (oui, nous sommes lent). Du coup le visuel d’à côté n’est plus vraiment d’actualité. Mais c’est moi qui décide et je l’aime bien, alors je le laisse ! Ça résume assez bien l’esprit de ce premier numéro : nous avons tout mis en vrac, mis ce qui nous plaisait, en ne respectant aucune règle. Après tout, les règles c’est très surfait. Il faut transgresser, faire ce que l’on aime, créer, détruire, refaire, encore et encore. Et nous, c’est ce que l’on fait. Sans prétention aucune, nous vous livrons un petit bout de vie, une aventure que nous avons envie de partager. En espérant que vous aimerez et que vous nous recommanderez. Alors, c’est le premier numéro, allez vous promener au fi l des pages, riez, pleurez, trouvez ça nul et pathétique, trouvez ça non abouti, trouvez ça distrayant. Tout ce qu’on vous demande, c’est de penser par vous-même.

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t e n d a n c e s

EEBZI2NE.0 ZT IDN A ML’AAVG ÈNEMEN U W Mais... pourquoi ?? Et d’abord, qu’est ce que c’est ? Le “webzine” est un format numérique de sites Internets regroupant des articles originaux rédigés principalement par des amateurs bénévoles (même s’il existe des exceptions). S’il n’y a pas de format spécifique (site Internet, blog, liseuse, etc.), dans tous les cas son existence est purement numérique et il n’existe pas en version imprimée. Peu de critères vont permettre de différencier un webzine professionnel d’un amateur. En général cela se voit au nombre de contributeur, à l’ambition rédactionnelle et à la présence de (vrai) publicité. Autre caractéristique, les webzines sont en générals gratuit et ont vocation à être diffusé de façon virale sur la toile.

Ce format, bien qu’existant depuis 1995, connaît un véritable boom au début du XXIe sicèle. Pourquoi ? Cela a plusieurs causes. La première c’est que les technologies de mise en page et de mise en ligne sont devenues accessibles au plus grand monde avec des interface simples. Plus besoin d’être un craque en HTML, les solutions d’hébergement se sont simplifiées (comme le site ISSUU par exemple qui transforme les pdf en liseuse). Deuxièmement, plus besoin de savoir faire des mises en pages parfois compliquées comme en presse écrite. Ici il y a ni limite de forme, de page, d’espace. Mais une 3e cause est en jeu : alors que l’on disait le format papier mort, sa raréfaction a créé un véritable manque quant à sa qualité et la société est nostalgique de ce vieux format. Enfin c’est bien sûr les frais, qui sont quasiment nul, pour la création d’un tel magazine. Beaucoup rêve de voir leur texte sur papier glacé, ce rêve est désormais à la portée de tous... mais de façon numérique ! (oui, c’est déjà pas mal, avouons le).

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Il existe beaucoup de webzine sur Internet désormais. Ils sont écris par des passionnés et ils couvrent tous les thèmes possibles et imaginables (rock indépendant, musique underground, mode, décoration, jardinage, jeu de rôle, cinéma, Histoire, etc.). Certains sont écris dans l’optique de trouver un jour un éditeur pour voir leur travail sur papier glacé. Mais ce genre de consécration est extrêment rare et demande beaucoup de travail. Pour le webzine de mode “Lash” par exemple, il leur aura fallu 3 ans de travail pour qu’ils trouvent enfin à être imprimé. Alors le webzine, si on résume : c’est un moyen d’expression accessible, une forme d’information qui nous est agréable, une facilité d’accès et la gratuité. Il ne faut pas aller chercher plus loin pour comprendre le succès grandissant de ce format qui a

encore de beaux jours devant lui avec les évolutions de la technologie.


t e n d a n c e s

4 1 0 2 S U T O L L I A HOMOM Oyez oyez, c’est l’été !

Que ce soit sur les côtes ou à Paris plage, l’homomaillotus sort de son hibernation annuelle et se répand sur les bords de l’eau. Mais chaque année il change, il évolue au gré des tendances et du marketing. Les femmes ont cette chance que quelque soit les années, seul le modèle de leurs maillots peut changer. Du maillot une pièce, du bikini, du monokini, du trikini. Soit, ce n’est qu’un maillot à racheter. Et encore, il n’y a pas vraiment de règle et ces trois types de maillots cohabitent, la mode reste et restera aux corps minces, épilés et élancés. Mais c’est une toute autre histoire pour l’homomaillotus. Quels spécimens allons nous trouvez cet été sur nos plages ?

Poils ou Pas Poils ? Il n’y a rien dans la mode masculine de plus changeant que le statut de l’attribu viril par excellence : la pilosité. Pendant des années la question ne se posait pas, et l’homme était velu. Seul le visage subissait les aléas de la mode : barbe, moustache, bouc, imberbe, etc. De nos jours, une seule certitude : la moustache revient à la mode. Mais peu la porte vraiment bien, qu’elle soit fournie ou très fine. L’imberbe du visage semble aussi en passe d’être condamné durement, car plus à la mode, trop lisse, devenant l’attribut des commerciaux et des quinquagénaires et plus qui héritent l’habitude de se raser de la mode de leur propre jeunesse.

barbus sont une classe à part chez les gays, qui rencontre un vrai succès : les fameux « bears », rond, velu et barbu. Une réminiscence des clichés gays très virils des années 60 tout de cuir vêtu, chevauchant sa moto. Mais nouveauté, cette année la barbe est le hit POUR TOUS avec la mode hipster. Celle du baroudeur sexy, viril mais pas trop, elle plait à tous, homme et femme, gay et hétéro. Et il faut être honnête, dire adieu au tiraillement du rasage, à la démangeaison de la barbe, c’est un vrai bonheur ! La mode est à l’énorme barbe ! Mais quant est-il du torse ? Il faut avouer que David Beckham a mis à mal le poil. Depuis des années la mode était aux imberbes et aux métrosexuels. Les torses épilés ont toujours un grand succès de nos jours et il va souvent avec des corps fins et élancés. Le minet est là !

Pourtant si les courageux qui trouvent le courage de se raser chaque matin sont de plus en plus décriés, force est d’admettre qu’ils tiennent bon et avec une certaine réussite. Et cela va souvent avec l’âge (l’absence de poils faciaux rajeunit) et avec une couleur de cheveux clairs. De plus, il semble que le menton lisse reste associé à une certaine image smart et classe. De fait, même rares, que ce soit dans les milieux gays ou hétéros, les visages sans poils sont recherchés par certaines catégories de personnes pour leur image « haut de gammee ». Les barbus, il faut l’avouer, ont le vent en poupe depuis quelques temps déjà, mais seulement chez les gays dans un premier temps. Car il faut savoir que ces dames n’aiment pas le contact barbeclito qui est très désagréable. Souvent accompagnés d’un crâne rasé, les vrais

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Toujours très demandé pour son côté enfant / adulte. Il est également très apprécié chez les sportifs car très esthétique : cela met les muscles en valeur. Et il faut avouer qu’un beau torse épilé aux muscles saillants, femmes et gays sont d’accord ! Mais tout comme pour le visage, le poil revient en force ! Trop pénible de s’épiler pour les hommes, dichotomie étrange entre le torse et le reste du corps, il faut le corps qui va avec. Un manque de virilité pour les femmes, trop enfant, trop « faux » et superficiel. Mais attention, si les barbes denses et drues ont leurs clients, les torses velus ont eux très peu de fan. Tout comme pour la barbe, la tonte est devenu la dernière mode. Un peu de poils mais pas trop, plus de longueur sur les pecs, moins sur les abdos. Juste ce qu’il faut de virilité sans pour autant devenir cro magnon. Que ce soit de visage ou de corps, le


Mais en cherchant, vous trouverez forcément chaussure à votre pied. Seule est unique certitude : le pubis épilé est proscrit, peut importe votre style !

Muscle ou Pas Muscle ?

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Comment être au top sur la plage cet été ? Pour l’homomaillotus 2014, la seule est unique certitude reste : le pubis épilé est proscrit, peut importe votre style !

Apporter une réponse à cette question semble plus délicat que pour la précédente tant les avis diffèrent. Déjà il semble que tous ne soit pas d’accord sur la définition d’un corps musclé. Il apparaît clair qu’un mec bien foutu dans la vraie vie ne répond pas du tout aux mêmes exigences qu’un mec bien foutu du grand (ou du petit) écran. En effet, dans la vraie vie, un homme qui sera “juste” mince sera bien foutu, alors que pour bénéficier du même qualificatif, une célébrité se doit d’avoir des pectoraux saillants, des abdominaux sculptés et un dos large. Il s’avère que cette différence entre l’homme réel et l’homme célèbre apparaît avec l’âge : on réalise soudain que les hommes aux muscles gonflés sont rarissimes et apparaissent hors de portée car catégorisé (souvent à tort) “trop beau pour moi”. On revoit alors ses critères à la baisse en quelque sorte et on oublie un peu le prince charmant de notre enfance. Dans ce contexte, il est assez difficile de savoir comment sera notre

trop musclé passera, en plus d’être inaccessible pour le commun des mortels, pour quelqu’un d’oisif qui n’a rien d’autre à faire de ses journées que de soulever de la fonte. Et ça, ce n’est pas top. En plus concernant les muscles, l’idée (bien que fausse) que trop de muscles sert à compenser un “petit” complexe reste assez répandue (sans doute des hommes jaloux...).

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nouveau métrosexuel prend soin de lui sans oublier qu’il est un homme. Les homomaillotus seront majoritairement poilus cette année !

homomaillotus 2014. Car en plus de constater que la notion de “musclé” est aléatoire, les goûts sont ici plus variés que pour les poils. Néanmoins, cette fois la réponse semble plus venir des hommes eux-mêmes : il faut avoir des formes. Question de virilité et d’amour propre. Mais il faut être honnête : les hommes sont des feignasses et se doter de beaux muscles hollywoodiens demandent beaucoup de temps et d’efforts. Il faut donc avoir le courage de passer au moins 3h par jour à la salle de sport et surtout en avoir la possibilité. C’est sans doute ses raisons qui expliquent la rareté des hommes vraiment musclés. Du coup les hommes se contentent d’un peu de sport histoire de se dessiner, à défaut de mieux. Et ce n’est pas plus mal car un homme

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Mais messieurs, pas de panique ! Le petit bide a également beaucoup d’adepte pour son côté rassurant et nounours que l’on câline. Et même mieux, les femmes auraient même tendance à préférer car elles se sentent en sécurité. Les éphèbes bodybuildés ne sont bon que pour les papiers glacés et les écrans. Pas besoin de s’affliger ça pour plaire et faire son beau sur la plage.

Donc l’homomaillotus sera : poilus et dessiné !


t e n d a n c e s De 3 500 ans avant J.-C. à 2013

Le tatouage est un art ancien, très ancien ! La trace la plus ancienne de cette modification corporelle a été retrouvée sur un homme des glaces baptisé Ötzi datant du néolithique. Rien que ça ! Depuis nous n’avons jamais arrêté cette pratique. Les asiatiques l’ont élevé au niveau de l’art tandis que les tahitiens l’ont popularisée. Si son étymologie vient de “ta” signifiant « dessin » et “atua” signifiant « esprit, dieu », les hommes ont vraisemblablement changé de dieux...

TATTOO T’AS TOUT ! DU NOUVEAU AVEC L’

ANCIEN

Remarque moi ! De prime abord, le tatouage c’est toujours la même chose : une façon significative de prendre le contrôle de son apparence. Une façon de se raconter au premier regard même (et surtout) à des inconnus. Sans doute une façon également de ne jamais être (à) nu même sans vêtement. On prend le contrôle de son corps, on le dissimule, on y marque son empreinte. Chaque tatouage est unique, comme une empreinte digitale, sauf que celle-ci on l’a choisie. Le tatouage sert à marquer son individualisme face au monde.

Or cette tendance est de plus en plus affi rmée. Dans notre société où la mondialisation lisse les différences et où la technologie scanne notre âme, un tatouage, c’est existée en montrant aux autres ce que l’on a de différent. Tout d’abord quelque chose de secret et mystique, puis de mal-vu (gang, prisonniers, etc.) à transgressif (rock, hip-hop, etc.) pour aujourd’hui devenir un accessoire esthétique à la mode. Entre 2008 et 2012 on est passé de 10% de la population à avoir un tatouage à plus de 20% et cela ne cesse d’augmenter (surtout qu’en 2003 déjà 31% de la population Française de 11-19 ans disait vouloir se faire tatouer)*. Cette “nouvelle” mode est extrêmement en vogue chez les personnalités et se développe. La marque la plus flagrante de cette évolution est dans le mannequinât. Si les models sont de plus en plus tatoués sur nos pages de papiers glacés, c’est une vraie nouveauté d’en voir sur les podiums. Si les mannequins donnent toujours l’air de vouloir s’ouvrir les veines pendant un défi lé, c’est simplement qu’ ils sont là pour être anonyme. De simplse porte-manteaux pour les vêtements, de jolis cintres. Mais ego oblige, il semble bien que les models en aient assez de cet anonymat, et surtout les hommes. Et comment mieux se faire remarquer qu’en affichant un tatouage bien voyant et identifiant ? C’est ainsi que l’on voit de plus en plus souvent des tatouages dépasser largement des v��tements de créateurs. Et cela ne semble pas déranger outre mesure les stylistes bien qu’une majorité les refuse encore. Mais il y a fort à parier que dans la volonté de transgression qui habite souvent

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ces artistes de la mode, ils vont vouloir la marquer de plus en plus en choisissant des models tatoués. Finalement tout le monde y trouve son compte !

Tech-tattoo Mais si le tatouage est à la mode, celui-ci a évolué et continu d’évoluer. Adieu les tribaux, adieux les tigres, dragons et autres dessins d’inspirations asiatiques, adieux les têtes de loup et bannis les portraits ! Une aire nouvelle souffle sur le tatouage et un nouveau style fait


By Xoïl

Mais si les styles évoluent, c’est également le cas de la technique. Les encres deviennent issues d’agriculture responsable et bio (l’encre de chine est réalisée à base de riz et d’autres plantes). Au revoir les encres chimiques aux couleurs fluos qui tournaient avec le temps. Une nouvelle encre très populaire est également apparu. Un encre blanche ne laissant voir le tatouage qu’avec une lumière noire. Très prisée dans le milieu de la nuit, ses “Blacklight Tattoo” sont pourtant encore beaucoup refusés par les tatoueurs car jugés trop compliqués à réaliser (manque de tenue de l’encre, résultat moyen, etc.). Et pour les plus peureux qui reculent fasse à la permanence d’un tatouage sont apparue les très controversés tatouage semi-permanents. C’est simple : l’encre est injectée moins profond (dans l’épiderme) et va s’éliminer naturellement avec le temps. Le procédé peut être amélioré par l’utilisation d’encres spécifiques dites biodégradables.

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Mais si les styles évoluent, c’est également le cas de la technique. Les encores deviennent issu d’agriculture responsable et bio.

Connecté

*Tattoox, « Pourcentage de la population américaine tatouées » [archive]. Mis en ligne le 29 janvier 2011, consulté le 14 mars 2011 • Jérôme Fourquet, « Sondage : Les Français et le tatouage » [archive], sur http://www.ifop. com/ [archive], 25 juillet 2010. Consulté le 16 mars 2011 • (en) One in Five U.S. Adults Now Has a Tattoo [archive], sur www.harrisinteractive. com. Mis en ligne le 23 février 2012, consulté le 9 juin 2012

Ce nouveau style de tatouage n’est pas encore très répandu mais les critiques élogieuses qui accompagnent son apparition ne vont pas tarder à un faire le modèle de référence et détrôner les phrases, tatouage qui était devenu le plus populaire.

Et nouveauté dans le monde du tatouage, le tatouage Jagua. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un tatouage car ici on peint la peau. L’encre va tenir 8 à 15 jours et résister à l’eau. Ce type de tatouage est très couru par les sponsors qui n’hésitent pas à marquer de la sorte leurs sportifs. Ce fut le cas en France par Puressentiel avec le champion de boxe Anthony Mezaache.

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fureur : le “Photoshop Style Tattoo”. Comprenez par là des tatouages ultraréalistes ou en trompe l’œil. Xoïl, un Français, en a fait sa spécialité. Les dessins sont réalisés par informatique et il ne lésine pas sur les effets ! Le résultat est des tatouages d’un tout autre niveau et réellement proche de l’œuvre d’art.

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Si les techniques du tatouage évoluent, son utilité aussi. Le tatouage a souvent servi à marquer le bétail ou les prisonniers (les nazis n’ont pas hésité à s’en servir), et ce principe semble de nouveau d’actualité. Mais il s’agirait ici d’utiliser le tatouage pour se connecter avec nos objets de tous les jours. Ainsi, si Google nous parle de ses lunettes connectées, la fi rme Motorola (fi liale du géant de l’Internet) nous présente en ce début d’année un tatouage connecté. Le projet est présenté par Régina Dugan, chef des projets spéciaux. La mission du tatouage est de faire en sorte que votre voiture, votre maison, votre télé ou encore votre ordinateur (tout ce que vous avez de connectés) vous reconnaîtra en tant que personne. Une sorte de super-reconnaissance faciale. Personnellement, j’ai hâte de voir à quoi vont ressembler ses tatouages et la technologie qui va aller avec...


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Nous sommes donc en 2013 et nous devons y faire face : la vague électro déferle et rien n’y échappe, absolument rien. Alors que des pointures comme David Guetta marchent toujours autant avec leurs beats, basses et featurings hyper commerciaux avec des gens connus, d’autres petits groupes méritant émergent.

P U RITY RING ET LE SYNTH -POP-APOCALYPTOMEL

ANCHOLIQUE

âgé respectivement de 24 ans et 21 ans. Canadiens, ils ont mené leurs petites vies d’adolescents sans encombre : elle fait du tambour dans un orchestre, lui joue du piano. En 2010 ils forment un groupe et font de l’électro en fabriquant leurs propres instrument (gérant le son et la lumière lors de leurs concerts). Autant dire que ce sont des petits génies. Forcément, à la première écoute on a un peu peur de tomber sur un album un peu immature, surfant sur ce qui marche à l’heure actuelle. Mais en fait, pas du tout. Purity Ring a cette petite touche personnelle qu’on reconnaît entre mille. Leur album Shrimes, paru le 24 juillet dernier est un cri à la vie, à l’amour, à la décontenance et à la déstructuration. Ça sonne un peu apocalyptique mais pas trop, ils ne font pas partie de ce genre de groupe qui, à la première écoute, donne envie de se tirer une balle entre les deux yeux. Le morceau Crawlersout ouvre gentiment leur opus, d’une petite intro où les sons résonnent un peu années 80 et côtoient la jolie voix vaporeuse de la magnifique Megan. Des chansons qui restent dans la tête, il y’en a. On retiendra le tout joli Fineshrine et le triste Amenamy. Si l’on me demandait de conseiller des chansons, je donnerais d’office ces deux là. La piste 6, Cartographist, est à écouter confiné dans son lit, une bougie allumée et les basses fortes. C’est la fin du monde les amis, mais ça reste joli. Les basses sont longues et puissantes tandis que la voix de Megan est encodée donnant un peu plus de résonance. L’album donne le ton du groupe, et de leur personnalité. D’ailleurs, en parlant d’un groupe, il faut bien évidemment

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parler de leurs représentations (et il y en a de très belles sur youtube) : c’est joli. C’est très conte de fée, c’est beau & lumineux et on est clairement propulsé ailleurs. C’est vaporeux, ça glisse dans les oreilles et ça émoustille les yeux. Megan

Shrimes est un album qu’il faut écouter plusieurs fois pour le comprendre et le savourer à sa juste valeur.

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Megan James Purity ring c’est et Corin Roddick,

porte généralement une petite chemise col claudine (tant qu’à faire) tandis que Corin arbore généralement un petit débardeur. J’ai saigné le bouton “lecture” sur youtube. On s’oublie le temps d’une chanson. C’est l’hypnose. A chaque basse, des sortes de petites lumières s’allument et s’éteignent progressivement. Vous l’aurez donc compris, ce jeune groupe est déjà mature. Porté par une critique plus que positive sur leur opus et une tournée déjà en marche, Purity Ring est bel et bien un groupe sur lequel la scène indé/pop de cette superbe époque new wave peut compter !


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USIQUE ! ON VIT M MUSIQUE EN STREAMING

SPOTIFY, ROI DE LA

Quelques lettres, un vert pomme, un O qui envoie des ondes.

En quelques années, ce qui est encore considéré comme une start-up a su conquérir le marché de la musique en streaming. Il a rendu Deezer ringard et le téléchargement obsolète.

Contexte :

Spotify c’est un logiciel qui fonctionne sur le principe du peer-topeer. C’est-à-dire un système qui permet à plusieurs ordinateurs d’échanger en temps réel des flux multimédias en continue. Chaque ordinateur est le serveur d’un autre, pour faire simple. Cela rend le trafic de ses flux multimédias extrêmement rapide et fluide sur Internet. Donc voilà pour le côté techno. Spotify c’est aussi la réussite d’une petite start-up suédoise montée à Stockholm en 2006 par Daniel Ek et Martin Lorentzon. Les sites permettant la lecture de musique en streaming ont apporté une vraie révolution dans le paysage de la musique en changeant profondément le marché. Sous forme d’application, ils permettent d’écouter en illimité des morceaux de musiques via un abonnement mensuel. Plus besoin d’acheter des albums ni de pirater des titres : on s’abonne et on écoute en illimité. On peut créer ses playlist et avoir accès à diverses radios gratuitement, et même lancer les siennes basées sur ses préférences personnelles. Là où son concurrent Deezer était LA référence depuis 2007 (date de sa création), Spotify a explosé dès son lancement en 2008. Avec seulement un an de retard sur son concurrent direct, il séduit rapidement par son esprit jeune et son design plus moderne. Les deux géants de l’écoute en streaming sont tous les deux très semblables concernant leurs offres : - 25 millions de titres disponibles au 21 avril 2013, - une offre gratuite avec 10h/mois d’écoute, - une offre d’écoute illimité pour 5€/ mois et sans publicité, - une offre premium permettant la lecture hors ligne sur mobile pour 9,99€/mois. Alors qu’est ce qui explique le succès du suédois ?

Car si la croissance de Deezer est mouvementée (il se trouve dans 182 territoires à travers le monde et affichait en décembre 2012 quelques 3 millions d’abonnés premium), Spotify ne se trouve “que” dans 28 pays et annonçait en mars 2013 avoir franchi la barre des 6 millions d’abonnés premium.*

Technologie Un début de réponse est peut-être ici : dès son lancement, Spotify donnait à chaque utilisateur de diffuser à son réseau d’amis la musique qu’il écoute et donc de voir ce qu’écoute ses amis. Ce côté connecté n’a été adopté par Deezer qu’en 2011, soit 3 ans plus tard. Cet aspect moderne et connecté a tout de suite séduit la tranche des 18-25 ans qui s’est alors ruée sur ce nouveau venu.

Google Play. Lancé cet été aux États-Unis, la plateforme musicale de Google veut rattraper son retard même si pour l’instant ses prestations sont bien en dessous de celle de ses concurrents : - “des millions de titres à écouter” sans chiffre précis, - une application uniquement sur Androïd, - une seule offre à 9,99€/mois. Cependant attention, car s’il ne propose pas d’offre intermédiaire et moins de morceaux, cela reste Google et ce géant du web va sans nul doute rattraper son retard très vite. C’est donc un sérieux concurrent à suivre de près dans les mois à venir. *sources : evolver.fm, clubic.com

Un autre élément de réponse est la qualité de la musique que génère les deux sites. Là où Deezer fonctionne en MP3 (bitrate fixe), Spotify lui utilise le format Ogg Vorbis (bitrate variable). De plus, si 80% des morceaux de Deezer est accessible en HD, Spotify affiche un taux de 99,9%. La qualité du streaming est donc meilleure sur Spotify et ce sans aucun doute possibles. Petit bémol pour Spotify, sa liste de morceaux disponibles varie d’un pays à l’autre, ce qui n’est pas le cas pour Deezer. Attention donc à ceux qui voyagent car il peut y avoir quelques surprises.

Nouvel acteur Si Spotify règne donc en maître sur la planète streaming, un nouvel arrivant va peut-être venir changer la donne :

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Aurélie, Account Manager à Spotify Photos : ©Spotify


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“Cold Heart” mais voix chaude.

Il n’a pour l’instant qu’un seul vrai morceau mais déjà la toile s’agite pour ce jeune Parisien qui pourrait bien remporter tous les suffrages.

fo c u s su r

R E L T IS H W IE M JERE UVELLE PÉPITE FRANÇAISE LA NO

Le jeune homme est discret. Dans le clip de son single “Cold Heart” c’est un acteur espagnol qui tient le rôle principal, celui d’un jeune homme perdu en forêt au milieu d’étranges créatures. On l’aperçoit chanter quelques secondes à peine, assis dans un arbre et ébloui d’une lumière diaphane qui le dissimule presque. Une vidéo splendide, tournée par Rémy Disch dans la forêt de St-Leu : une anecdote de tournage veut que certains malheureux en soient même revenus avec des tiques. Au détour de rencontres avec une femme étrange et de petites bestioles effrayées, l’histoire emmène la musique de Jeremie Whistler dans des univers mystiques et ludiques qui évoquent Hayao Miyazaki. Cette discrétion de l’interprète contraste avec les ambiances de ce bijou électrofolk, qui sans jamais verser dans la grandiloquence, trahit la petite ballade cristalline d’ouverture pour finir en marche militaire théâtrale et menaçante.

visionnez

Cold Heart

Talent

Un seul morceau mais un véritable coup d’éclat qui lui a valu d’être mis en avant par les media les plus pointus, des Inrocks à Tsugi en passant par Gonzaï. Pourtant ce jeune Parisien d’origine alsacienne, graphiste à la ville, n’a pas pour ambition de rester un artiste d’avant-garde. Son premier EP, annoncé pour la fin de l’année, nous a été promis plus pop, on sait même que le jeune homme a eu droit à une session de studio avec Tepr, l’un des producteurs de Yelle. En attendant d’entendre tout ça vous pouvez déjà télécharger gratuitement “Cold Heart” et vous rendre au Théâtre des 3 Baudets de Paris pour l’apercevoir en live le 28 octobre. Vous pourrez dire un jour que vous y étiez pour ses débuts. http://www.facebook.com/ JeremieWhistler

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Photos : ©Clementine Brissi


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WHAT DOES “THE FOX” SAY ? LE TUBE ÉLÉCTRO-POP PARODIQUE QUI BUZZ

Ça n’arrête plus. Le net est un véritable vivier à tout et n’importe quoi. Surtout à n’importe quoi. Personne n’a encore été capable d’oublier le hit incontournable (bien qu’on aurait presque voulu) “Gangnam Style” du Coréen Psy. Vaste blague qui s’est partagée, les radios et les télés se sont ensuite mises à relayer ce tube à peine audible. Il a battu, et ce pour longtemps, le nombre de vue d’une vidéo sur Youtube en atteignant le chiffre ahurissant de 1,7 milliards. La recette est simple : un comique qui fait une chanson absurde, une choré facile à retenir, un clip ridicule, une musique potache. Dans une toute autre mesure, en France on avait eu Michel Young avec les Bratisla Boy et leur tube Stach Stach. Même recette, même succès (bien qu’il n’ait pas dépassé la frontière). Et bien rebelotte. Cette rentrée 2013 nous offre un nouvel OVNI musical, et cette fois il nous vient de Norvège et

Il s’agit d’un duo d’humoriste, Bård et Vegard Ylvisåker (ne me demandait pas de le prononcer). Ils animent tous les mardis et jeudis un talk show à la télé pour la troisième saison nomé “I kveld med Ylvis”. Régulièrement pour les besoins de leur émission ils réalisent des chansons parodiques des tubes du moment dans différents styles musicaux. Pourquoi soudain le morceau “The Fox”? Bonne question, même eux s’en étonne. “Pour être honnête, je suis assez surpris. Ce clip était destiné à une émission de télé et censé divertir quelques Norvégiens pendant trois minutes, assure-t-il, et c’est tout. Nous l’avons fait il y a quelques jours et avons organisé une projection au travail. Une dizaine de personnes étaient présentes et personne n’a ri.” ont confié les deux frères au site Mother Jones. La réalité c’est qu’en faisant de l’éléctropop, ils signent un morceau très

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commercial, bien plus que tout ce qu’ils ont fait dans le passé. On les qualifis de nouveau Gangnam Style. Je ne suis pas de cet avis. Contrairement à Psy, leurs clips sont bien réalisés, les airs sont sérieux et plutôt bien travaillés avec des arrangements rocks ou électros, de très belles voix puissantes. Pour moi, musicalement et techniquement c’est bien au dessus de Psy. En ce qui concerne les paroles, ils se moquent de tout. Des placements produits et des chansons sexistes dans le morceau de R’n’B “Work it”, de l’ancien secrétaire des Nations Unies Jan Egeland dans un titre qui porte son nom, les chansons d’amours des comédies musicales dans ‘Someone like me”, etc. Un duo comique plus qu’un groupe, interessant et à découvrir au plus vite. Et pour info, le renard glapit !

“The Fox”

Improbable

nous le devons au duo Ylvis avec “The Fox” vu 37 millions de fois en deux semaines.


r o m a n

À Twinty on aime bien les auteurs classiques mais on aime aussi les petits nouveaux. Ceux qui sont là, discrets, qui essaient de faire parler d’eux et de leur œuvre. Il y en a un certain nombre sur le net qui écrivent à travers des blogs (en général) des nouvelles et des chroniques. Et nous, on aime lire. Et puis on n’est pas chiant, on lit du roman de gare, du roman policier, du roman de science-fiction, du roman à l’eau de rose, du roman historique, du roman fantastique, du roman d’anticipation, du roman d’espionnage... Du coup on a décidé de faire partager ce goût de la lecture et vous retrouverez dans chaque numéro une nouvelle ou le début d’un roman d’un(e) inconnu(e). Cette semaine il s’agit de :

Le message dans le train par A. Nobouet

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et de l’envoyer à mon ami en lui demandant ce que c’était. Les minutes s’étaient égrainées durant lesquels j’avais repris ma lecture. Finalement la réponse arriva : “Pourquoi tu m’envoies cette photo ? C’est quoi ?” Bon, de toute évidence ce n’était pas à lui. J’avais alors décidé d’élucider ce mystère. Quelqu’un avait mis se papier dans le livre pendant que j’étais en train d’être lamentable aux toilettes ? Si c’était le cas, c’était ridicule. Une blague ? Elle aurait été bien nul.

Il fait un froid mordant dehors.

En relisant encore et encore le mot, le premier chiffre me disait quelque chose mais impossible de mettre le doigt dessus. Au bout d’un moment, j’avais fini par abandonner et j’avais mis le bout de papier entre la couverture du livre et la dernière page. C’est quand le contrôleur passa que le bout de papier se parra d’un nouvel intérêt : en tendant mon billet au contrôleur, j’avais remarqué le numéro du train. Le premier numéro de l’étrange message ! J’étais bien dans le TGV numéro 8369 ! Du coup, les deux nombres qui suivaient ne pouvaient signifier que 18h25, l’heure de départ du train de la gare. Mais alors ceux d’après... L’avantage de ce message dans le train c’était qu’il balayait d’un vent de mystère mes pensées déprimantes. Finalement, certain de ma grande intelligence, je m’étais élancé dans le train : vers la voiture 7, à la place 48 ! Ça ne pouvait être que ça ! Je devais traverser la moitié du train pour l’atteindre mais le voile de mystère et l’incongruité de la situation me donnait des ailes. Et puis j’avais trouvé comment occuper mon esprit, et j’en étais ravis.

Même à travers la fenêtre du train c’est comme si je sentais le vent glacial me traverser de part en part. Même à Noël il ne faisait pas si froid. Ah Noël, je m’en souviens comme si c’était hier ! Il faut dire que c’était il y a peine plus d’un mois...

J’étais finalement arrivé à la lointaine voiture 7 et j’avais essayé de prendre un air détaché en la remontant, cherchant des yeux la place 48. En voyant que les numéros de la voiture commençaient à 30, je m’étais dit que j’avais vu juste. Excité, j’avais suivi fiévreusement la suite de numéro jusqu’à arriver à la place 47-48. 48 côté couloir : la place était vide, bien sur. Rageant je m’étais risqué à demander à la personne assise en 47 si elle voyageait avec sa voisine. Non, bien entendu. Bon, du coup cette dame dans la cinquantaine me fixait d’un regard en biais comme si elle s’attendait à ce que j’enchaîne la conversation tellement ma question avait du paraître étrange. “Je pense qu’elle a laissé tombé ça” avais-je dis maladroitement en montrant le papier. La dame me regarda perplexe. Un bref regard sur le siège vide à ses côtés ne m’appris pas grand-chose. Il n’y avait qu’une pochette en carton avec écris dessus un nom dans une écriture que je n’eu pas le loisir de décrypter. Finalement le regard insistant et irrité de la dame avait fini par me faire partir, ne me laissant pas l’occasion d’attendre que revienne la personne de la fameuse place 48. J’étais resté un long moment dans l’espace entre les deux voitures, guettant par la vitre le retour de l’inconnu au message. Qu’il y ai une place 48 dans la voiture 7 ne pouvais pas être une coïncidence. Quelque soit la personne assise à cette place, elle avait un lien avec se mot glissait dans mon livre. Et quelque soit cette personne, elle n’est jamais retourné à sa place. Las, j’avais fini par regagner ma place déçu.

Je me trouvais dans ce même train rentrant de Paris pour aller passer les fêtes chez mes parents. Je me souviendrai toujours de ce trajet. Célibataire depuis peu, j’essayais de dormir pour faire passer le trajet le plus vite possible. Mais mon esprit revenait toujours vers cet être aimé qui m’avait trahi de la pire façon qui soit. Mes poumons refusaient de se remplir d’air et mon cœur cognait fort comme si ma cage thoracique était trop petite pour les contenir. Cette sensation d’étouffement était insupportable. Mon cerveau livrait une bataille sanglante contre mon cœur, ce muscle bien trop niais. “Le cœur est un muscle et la vie sa salle de sport” m’avait dit un ami. Quel con. Heureusement je n’étouffais pas tout le temps. Parfois mon esprit visualisait sans que je lui demande des images de ses trahisons et ces fois là c’était la nausée qui me submergait comme une vague sans pitié déferlant sur mes sens. Comment voulez-vous que je dorme dans ses conditions ? Alors j’essayais d’occuper mon esprit en le déversant dans un livre. Cependant celui que j’avais été fort peut intéressant... et l’un des personnages portant Son nom. Conneries. Au bout de moi-même, j’avais décidé d’aller me rafraîchir aux toilettes. Façon élégante de dire que j’allais me jeter de l’eau sur la gueule en essayant de laver son empreinte que je ressentais toujours sur mes lèvres. Finalement j’avais pleuré. Ridicule.

De retour sur mon siège, je ne pus m’empêcher de tourner encore et encore le papier entre mes doigts. L’écriture était fine et au feutre noir. Le genre de crayon que l’on utilise au bureau pour avoir une belle écriture sur les cartes de correspondance. Le papier lui avait été arraché d’un bloc-notes. Décidément, ce bout de papier ne m’avait donné aucune nouvelle indication. Du coup j’avais essayé de me remettre sur la deuxième partie du message. 4 P ADR... Je n’avais pas eu la moindre idée du trajet mais à force de les lires j’avais fini par les savoir par cœur. Finalement j’avais abandonné et j’avais passé la fin du trajet à regarder mon triste reflet dans la vitre, guettant les lumières de la ville, laissant mon esprit vagabonder dans des mondes merveilleux, loin de l’être aimé mais toujours vers des hypothèses concernant le mot. Tantôt espion, tantôt sorcier. Au royaume de mon imagination, ce bout de papier devenait la

Les yeux rougis, j’étais retourné à ma place. J’avais pris une grande respiration et replongeais dans mon livre. L’avantage c’est que même si ma concentration n’était pas excellente, la trame de se livre se suivait sans la moindre difficulté. C’est alors qu’en tournant une page, une feuille pliée en deux avait glissé d’entre deux pages sur mes genoux. Intrigué, je l’avais ouvert, pensant que c’était l’ami qui m’avait prêté se livre qui avait oublié son marque-page. « 8369 - 18 25 7 48 / 4 P ADR » Ok. J’avais relu le mot plusieurs fois avant de le prendre en photo

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r o m a n clef d’un nouveau monde, s’ouvrant devant moi comme si le destin m’appelé enfin vers quelque chose de plus grand. Maintenant que j’y repense, je me demande si à ce moment je n’ai pas réussi à dormir au final. Quoi qu’il en soit, j’étais arrivé à ma gare où m’attendait mon frère qui devait me conduire chez nos parents. Les retrouvailles euent d’exceptionnelles que la quantité des membres de famille présentes. Fête de Noël oblige. Le petit nain ne naiterait que dans 2 jours et j’avais mis toute mon énergie à voir le plus d’amis possible, ne rentrant que rarement chez mes parents où mes neveux et nièces ne me laissaient aucun répis. Revoir mes amis d’enfances et ma famille me faisait un bien fou au moral. Je me sentais de moins en moins déprimé. Quand finalement le jour de Noël était arrivé, j’avais complètement oublié cette histoire de mot dans le train et il se trouvait toujours dans le livre à la dernière page. Je réussi surtout pour la première fois depuis des semaines à me sentir bien et à ne pas penser à la trahison qui me tordait les entrailles sans relâche jusqu’alors. L’histoire aurait pus en rester là. Mais ce fut le 27 décembre, le dernier soir que je passais chez mes parents, que tout était arrivé. Gravé à jamais en moi, cette nuit restera à jamais un instant hors du temps, une parenthèse de la réalité... ou plutôt une déchirure du fin voile de la raison. Rien que d’y penser de nouveau, j’ai l’impression de me remémorer un film ou quelque passage d’un livre fantasmé né des délires d’un écrivain sous influence. Ce soir là j’étais allé dans le quartier branché de la ville pour boire un dernier verre avec mes amis d’enfance. On avait dus faire quatre ou cinq bars différent, finir debout sur au moins deux d’entre eux, se faire virer d’un pour finalement allé s’amuser dans une boite de nuit. L’alcool avait coulé bien sur à flot, chacun dépensant sans compter l’argent reçu à Noël. Mes amis et moi avons toujours était une bonne bande de fêtard et ce soir là n’avait pas dérogé à la règle. Je ne me souviens plus trop de la fin de la soirée. Je me souviens juste que je voulais être sérieux car le lendemain je ne voulais pas être trop mal dans le train de retour. On avait donc commencé la soirée vers 19h histoire de bien profiter et de rentrer tôt. Il devait être 2h30 du matin quand j’avais décidé de rentrer ma carcasse alcoolisée. Quand j’étais étudiant, j’avais pris l’habitude de ne pas prendre la voiture pour rentrer chez mes parents, et je squattais traditionnellement chez un pote qui vivait en plein cœur de la ville. Il y a de ses traditions qui perdure et traverses les âges et mon pote n’avait pas déménagé. J’avais dis au revoir à mes amis et pris la clef de chez lui qui devait me rejoindre plus tard. Et j’étais donc partie à pied dans la nuit. Titubant, j’avais profité de la douceur de ce mois de décembre accentué par mon taux d’alcoolémie pour passer par les quais longeant le fleuve. Je me souviens avoir parler tout seul, avoir fait quelques arrêts indispensables pour le salut de mon pantalon, et d’avoir égrainé mes bonnes résolutions, bien décidé à les tenir cette année : nouveau boulot, nouvel appartement, nouvel histoire d’amour et mener à bien quelques projets que j’avais sous le coude. J’avais décidé de faire un arrêt sur un banc des quais face au fleuve quand je la vis. La frêle silhouette se découpait parfaitement sur le ciel blanchi par les nuages de neige qu’éclairé la lune. Sans d’abord réaliser je l’avais fixé. C’était de toute évidence la silhouette d’une jeune femme. Fine et élégante, elle regardait le fleuve du bord du pont qui le traversé. J’avais détourné mon visage pour contempler la même chose qu’elle en y cherchant ce qu’elle semblait lui trouver de si romantique pour le regarder ainsi. La cathédrale sauna 4h du matin. Il était beaucoup trop tard, je devais rentrer et m’étais levé pour repartir vers mon lieu de sommeil. C’est alors que j’entendis un bruit sourd et humide puis le crissement de pneus, ou bien ce fut dans le sens inverse ?

Peut importe, je tournais ma tête vers les bruits. Deux hommes étaient là où s’était trouvé la silhouette quelques secondes plus tôt, penchée contre la rambarde du pont, regardant dans l’eau. J’avais suivie leur regard, inquiet en repensant au bruit, qui maintenant que j’y pensais, ressemblé à un bruit d’eau. Et avec horreur, je vis à la surface troublée du lac, une main s’agiter puis disparaître. Il est de ses terreurs qui déversent un tel flot d’adrénaline qu’ils vous font décuver d’un coup : j’en vécu une à cette instant précis. Sans réfléchir au delà de l’instant présent, je m’étais élancé vers le fleuve et plongé (réaction qui me fait dire que toute alcool n’avait pas entièrement déserté mon cerveau). Ce geste me fou m’avait frappé en pleine conscience quand le froid de l’eau avait fini de remettre mes idées au clair. Ce fleuve était connu pour être tourmenté et n’était pas navigable et malgré mon bon niveau en natation, ce que j’avais entrepris me parut suicidaire. Mais une fois de plus, l’adrénaline à de ces effets qui vont contre la raison. J’avais nagé avec résolution pour rejoindre la jeune femme, luttant contre le courant. Arrivé à l’endroit où j’avais pensé la voir, j’avais plongé dans l’eau à sa recherche. La recherche m’avait paru durer des heures. La panique avait commencé à monter quand j’avais réalisé que vu le temps que je mettais à la trouver, je risquais de remonter un cadavre. Finalement, ça avait été mon pied qui l’avait retrouvé, la heurtant par mégarde. J’étais remonté à la surface prendre une ultime respiration qui manqua de provoquer ma propre noyade car un remous me projeta une vague au visage. J’avais replongé aussi sec, réussissant à attraper la malheureuse par un pan de vêtement avant de remonter jusqu’à son poignet. Je l’avais alors remonté de toutes mes forces. Le retour vers le quai avait été un véritable enfer. Mon corps entier me criait de lâcher prise et de sauver ma vie, chaque fibre de mon être me faisant horriblement mal. Mais j’avais trouvé la force je ne sais comment, et finalement j’avais réussi à nous traîner vers une

Le pont Neuf au petit matin © Thierry Duval

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échelle non sans avaler de l’eau à de multiple reprise. J’avais fourni un effort qui m’avait parut sur humain pour la hisser hors du fleuve, et une fois étendu sur les pavés du quai, je m’étais écroulé à ses côtés haletant. Il me fallut plusieurs secondes avant de réaliser qu’elle n’était pas tirée d’affaire pour autant et pour me mettre à quatre pattes au-dessus d’elle. D’elle ? J’avais eu le souffle coupé. Elle était d’une troublante beauté, mais en la voyant de plus près, j’étais incapable de dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme tellement ses traits fins et sa coupe de garçonne lui donnait l’air androgyne. Ses vêtements ne me permirent pas de lever le voile : elle portait en haut un caban gris clair trop épais pour laisser percevoir une poitrine. En bas, elle était vêtue d’un jean slim à la monde rentré dans des rangers, dont certes les talons m’avait semblé plus haut que ceux d’un homme, mais pas suffisamment pour avoir la certitude du sexe. J’avais reporté mon attention sur son visage. D’une pâleur effroyable, il était pourtant magnifique : mâchoire étroite, pommettes saillantes, née fin, le front haut couché sous la fange de sa coupe garçonne dont une grosse mèche rayé son visage de nacre jusqu’à ses yeux clos aux cils incroyablement longs. C’est quand mon regard c’était posé sur ses lèvres bleues que la réalité me frappa d’un coup. Respirait-elle ? J’avais porté mon oreille à son né à la recherche d’un souffle. Rien. Me souvenant de mes cours de 1ers secours de ma JAPD, j’avais décidé de lui faire du bouche-à-bouche. Une fois en position, le contact avec ses lèvres m’avait troublé autant qu’il m’avait terrifié : aussi douce que froide. Je me souviens parfaitement avoir été agacé par le fait de ne pas savoir de quel sexe elle / il était à ce moment précis. Un sentiment qui ne me quitterait plus. Après des minutes qui me parurent des heures, j’avais finalement eu une réaction. Elle cracha de l’eau dans une toux salvatrice tandis que je la roulais sur le côté. Elle avait alors ouvert ses yeux. Des yeux d’un bleu incroyable telle qu’on en décrit dans les livres : à la fois foncés et clairs, cerclé de noir et d’une profondeur incroyable. Elle vrilla son regard dans mes yeux et ils me transpercèrent l’âme et le coeur. Homme ou femme, à ce moment précis cela n’avait pas la moindre importance. La première chose qui m’étais venue à l’esprit c’était que les anges n’ont pas de sexe et qu’ils sont d’une incroyable beauté. Mais son regard perdu, inquiet, soulagé mais aussi dur m’avait vite fais déchanter et revenir à la réalité. Homme ou femme, elle venait de tenter de se suicider quelques jours après Noël.

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Nageuse sous l’eau 1 © Mario Filopoulou

Elle devait avoir besoin de quelqu’un à qui parler, et un inconnu fait très bien ce genre de chose dans ses cas là. Avant de dire quoi que ce soit, je m’étais rappelé des hommes qui avaient vu le saut. Ils devaient avoir appelé les pompiers et ils ne tarderaient pas. D’ailleurs pourquoi n’était-il pas là ? Les hommes avaient disparu en tout cas. Puis c’est alors que je m’étais demandé si le crissement de pneus était survenu avant ou après la chute. Un doute me submergea : elle avait tenté de se suicider ou alors l’avait-on poussé ? J’avais alors reporté mon attention sur elle pour lui demander. Mais déjà elle se dégageait et essayait de se mettre debout. « - Vous ne devriez pas. Il serrait bon pour vous de vous reposer. - Qui êtes-vous pour vous octroyer le droit de savoir ce qui est bon pour moi ? » La réponse était cinglante et je ne m’étais pas attendu à un tel manque de reconnaissance. Mais étrangement, le ton sur lequel elle l’avait dis n’avait rien d’agressif et le sourire qui s’affichait sur son visage ne montrait aucune animosité. Décontenancé, je l’avais dévisagé quelques instants encore. Le timbre de sa voie, douce et cristalline, ne me permettait toujours pas d’identifier son sexe. Elle était resté là à me fixer l’air un peu perdu comme si elle attendait que je dise quelque chose. Après quelques secondes qui m’avaient paru des heures, elle s’était ébrouée et tourna les talons en partant d’un pas léger. Effaré du si peu d’attention qu’elle semblait portée à ce qui venait de se passer, je l’avais rattrapé d’un pas vif. « - Tu vas attraper la crève si tu restes comme ça. J’ai un appartement à quelques rues d’ici. Je t’y amène pour te sécher si tu veux. C’est vraiment juste à côté ! - D’accord. » La réponse avait le mérite d’être clair. Elle me l’avait dit sans la moindre expression, le regard étrangement vide. C’est à ce moment que j’ai saisi ce qui me mettait mal à l’aise depuis le début : ses yeux. Ou plutôt son regard. Il y a des personnes qui ont le regard lumineux qui semble irradier de l’intérieur. Elle c’était l’inverse : on aurait dit que ses yeux captaient toute la lumière de l’extérieur vers l’intérieur, comme un trou noir à sa façon. Soutenir son regard me donnait l’impression d’être vidé de ma force vitale. Et cette étrange façon qu’elle avait de fixer... Finalement je m’étais mis en route et elle m’avait emboîté le pas sans mot. Le silence me mettant toujours mal à l’aise, je m’étais lancé dans un monologue sans fin durant tout le retour pendant lequel elle semblait tantôt m’écouter avec attention, tantôt être complètement ailleurs. On était arrivé quelques instants plus tard chez mon ami. Dans le tout petit ascenseur nous conduisant au dernier étage, cette proximité m’avait mis mal à l’aise mais elle m’avait semblé qu’elle était repartie en esprit loin de ce qui se passait ici. Une fois dans l’appartement, son comportement resta étrange comme si elle ne savait pas comment interagir avec autrui. Elle était resté là planté au milieu de la carrée à me suivre des yeux en silence. « - Donne-moi ton manteau, je vais aller l’étendre dans la salle de bain. » lui avais-je dis. Elle s’était exécutée en silence et me l’avait tendu. Quand quelques instants plus tard j’avais regagné la pièce principale et elle était resté là, toujours au même endroit. Immobile. Mal à l’aise j’avais enchaîné : « - Si tu veux je vais te chercher des vêtements secs et on va aussi étendre tes vêtements.

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r o m a n Puis tu te coucheras dans la chambre bien au chaud. Enfin si tu veux ! En attendant, pendant que cherche des affaires tu peux téléphoner pour prévenir ta famille ou tes amis que tu dors là... » J’avais quitté la pièce sans qu’elle n’est la moindre réaction. J’étais vraiment perplexe. Je lui avait alors crié de l’autre pièce qu’elle pouvait s’assoire si elle voulait, l’imaginant toujours planté là me regardant comme un extra-terrestre. Et alors que je retournais les placards de chez mon pote à la recherche de quelque chose, je me demandais ce qui avait bien pu me prendre d’inviter une inconnue ici. J’aurais du appeler la police ou les pompiers ! C’est leurs métiers après tout de s’occuper des cas comme ça, que ce soit une tentative de suicide ou de meurtre ! D’ailleurs cette histoire me perturbait toujours autant et me perturbe toujours aujourd’hui. Quand finalement je l’avais rejoint avec dans les bras un gros t-shirt, un gros pull en laine et un bas de jogging informe, elle était assise à la table, les mains coincées entre ses genoux. Je lui tendis maladroitement mes affaires et lui indiqua la salle de bain pour qu’elle puisse prendre une douche chaude et se changer. Pendant ce temps je m’étais proposé de préparer un thé.

avait d’enchaîner sans attendre de réponse était très perturbante et je ne sus quoi dire. Je serais resté là des heures à l’écouter, même s’il avait décidé de me lire le dictionnaire. Le son de sa voix et le bleu de ses yeux étaient captivant. Il me troublait au plus haut point. Il émanait de lui une aura de mystère incroyable, comme s’il n’appartenait pas à se monde. Il n’ajouta pas un mot et se leva pour rejoindre la chambre. Sa démarche n’était décidément pas celle d’un homme... Elle avait refermé la porte sur mon trouble qui était plus profond que jamais...

« - Je récapitule : hier tu as flashé sur une fille, ou un homme, que tu as sauvé de la noyade en allant la ou le repêcher à la nage après qu’elle ou qu’il est sauté ou qu’on l’ai poussé. C’est ça ? - Arrête de rire merde ! Tu ne m’aides pas là ! - Excuse moi enfin quand je suis rentré à 7h tu dormais comme une merde sur le BZ et ma chambre était vide, il n’y avait pas de belle princesse à la peau blanche et aux lèvres violettes grelottante ! »

Elle s’exécuta docilement en me gratifiant d’un merci qui me procura un frisson le long de la colonne vertébrale. Une femme, c’était définitivement une femme, il ne pouvait en être autrement. Je bégayai un « de rien » ridicule et elle ferma la porte derrière elle. Je me souviens parfaitement que l’eau c’était mis à couler quelques secondes plus tard. Mon esprit s’égara un instant à imaginer cet étrange jeune fille regagner des couleurs, l’eau chaude ruisselant le long de ses lignes fines, le corps nappait de vapeur d’eau. Pour une raison inconnue, je m’en étais voulu de penser à de telles choses comme si je lui manquais de respect.

Je m’étais mordu les lèvres. Vers 13h quand je m’étais enfin réveillé avec un mal de bide témoignant des excès de la veille, j’avais vu sortir de la chambre non pas l’inconnue d’hier mais mon pote, se grattant magistralement l’entre jambe. Je m’étais précipité dans la chambre en le poussant violemment et il avait manqué de tomber avant de m’engueuler et de m’insulter. Elle était parti. Aucune trace d’elle : dans la salle de bain ses affaires étaient absentes et celle que je lui avais prêté était de retour à leur place dans les affaires de mon pote.

Heureusement elle avait pris une douche interminable car n’étant pas chez moi j’avais galéré pour trouver de quoi faire du thé au point où j’avais douté que j’y arriverais. Elle sortit finalement de la salle de bain dans un panache de vapeur d’eau au moment où l’eau ce m’était à bouillir. La vision que j’avais à ce moment-là me troubla au plus haut point : malgré la chaleur qui se répandit dans la pièce, elle était toujours aussi blanche et ses lèvres toujours aussi bleu. Cette couleur bleue m’inquiétait. Elles auraient dû retrouver leur couleur maintenant, surtout après une douche chaude ! Mais le sourire qu’elle me lança m’interdit toute remarque et je m’étais contenté de l’inviter à s’assoire. La voir habillé avec les vêtements d’homme de mon pote me plongea également dans une grande confusion. Il y a peu j’étais persuadé que c’était une jeune fille, et maintenant la certitude que c’était un jeune s’était imposée à mon esprit.

« - Ça c’est passé comment rappel moi ? - T’es lourd ! Elle a sauté du Pont Patrick à 4h ! » Soudain, ça m’était revenu en tête avec force : 4 P ! La suite du message du train ! L’heure et le nom du pont ! J’avais alors débité toute l’histoire à mon pote qui buvait son café qui me regardait d’un air consterné. « - Je savais que tu avais un grain, mais là... Tu étais bourré ! C’est tout ! Tu as eu une putain d’allu, c’est tout ! Et le coup de train, laisse tomber tu me fais peur ! En plus il y a toujours le fin du message qui n’a aucun sens. - Pour l’instant… » J’avais fini par abandonner l’idée de le convaincre car finalement, c’est lui qui était en train de me convaincre. Une semaine plus tard, de retour chez moi et de nouveau au travail, j’avais des doutes. Maintenant, un mois plus tard, je rigole tout seul en y repensant. N’importe quoi ! Alala, repenser à tout ça m’a permit de me vider la tête... bon ça m’a également fait repenser un mon histoire d’amour avorté... Mais non c’est bon, je vais mieux ! Allé, j’arrive chez mes parents d’ici un quart d’heure, parfait. Juste le temps d’aller aux toilettes ! ... Qu’est-ce que c’est ce bout de papier ? « Aide moi. Camille. »

« - Tu veux du sucre ? - Oui merci. Comment tu t’appelles ? » La question semblait tellement hors de propos que surprise je n’avais pas répondu tout de suite et l’avait fixé interloqué. Il était donc capable de tenir une conversation ? Il avait envie de parler ? « - Moi je m’appelle Camille, ajoutât-il sans attendre de réponse. Tu habites depuis longtemps ici ? - Quoi ? Euh oui, enfin non. Ce n’est pas chez moi ici. Enfin c’est chez un ami qui m’héberge pour la nuit ! avais-je enquiller devant son froncement de sourcils. Je suis originaire d’ici mais j’ai démangé il y a quelques années. Je suis là pour les fêtes. - Les fêtes ? - Oui, les fêtes de fin d’année. Tu sais, Noël quoi ! - Oui bien sûr, répondit-il un sourire énigmatique aux lèvres. Tu es de quel signe astrologique ? Moi je suis verseau. Quelle heure est-il ? 4h53, se répondit-il lui-même en regardant le micro-onde. Il faudrait que je me couche non ? - Euh, oui si tu veux. »

J’ai comme un vertige là... En tout cas une chose est certaine : je ne quitterais plus jamais ma place dans un train, quitte à me pisser dessus !

L’enchaînement de ses questions et la manière qu’elle

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Les jeunes réalisateurs n’ont rien à envier aux Grands. au cinéma le 18 mai 2013

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LES PARIS D’EMILIE mère côté mon père, ma va is souche (si on met de re Je ! pu ale ne pit ien ca ris la Pa de ns les vi lles e ! Je su is une da ili e Ém ial es ! éc te, lit sp en e so és in yé pr vo es Je me tre en des chos is née). Je sera is vo pour vous, tester ris ! Pa n mo nt ta et l’end roit où je su s bons pla ns, fa ire des ex periences en és pa ris en vous pr vous présenter me Je relève tous les

Cuisiner ? Plutôt aller à la brasserie !

“Venez manger chez moi, je vous fais un remake d’un Diner Presque Parfait !” Voilà, ça c’est typiquement la phrase que vous n’entendrez jamais dans ma bouche. Émilie aux fournaux, convives à l’hosto comme disait mon ex (quand la cuisine ne prend pas feu...). un peu Mardi soir, c’était particulier. Il

avait ce mec que j’ai rencontré il y a une semaine dans un bar. Grand, brun, des yeux charbons, une grosse barbe et un petite bide qui donne envie de faire des câlins. Bref ! Troisième rencard, épilée et maquillée, je lui avais donné rendez-vous à l’appart’. Programme de la soirée ? Apéro bien arrosé et partie de jambes en l’air ! Celui là c’est peut-être le bon, mais avant de m’engager, il faut quand même le tester. Si ça ne passe pas au niveau intime, autant laisser tomber ! Et là, c’est le drame. Il sonne et après un baiser, me tend une bouteille de vin rouge en me disant : “J’ai pris du rouge au hasard. Au pire si tu as prévu du poisson on le prendra avec le fromage !” Pardon ? Ah non mais on ne s’est pas compris ! Et puis il a cru que c’était un resto 4 étoiles chez moi avec une assiette de fromages ? J’ai grand max un camembert allégé qui traîne entre le

jambon et le gruyère (seules choses dont un frigo se doit d’être garni en toutes circonstances selon moi...) Soit ! Je fais mine de rien... J’ai bien quelques trucs mais je ne suis pas sûre que mettre le feu à ma cuisine en cramant les quelques ingrédients que j’ai chez moi nous conduise à la fin espérée pour cette soirée ! Quoi que... Changement de plan : le faire boire à l’apéro un peu plus que prévu, faire brûler l’huile dans ma seule casserole et en profiter pour dire que maintenant la poêle est trop pourrie pour faire cuire ce que je voulais... Solution de repli : la petite brasserie en bas de chez moi ! C’est l’avantage de vivre à Paris, il y a des petites brasseries à chaque coin de rue ! Celle en bas de chez moi est vraiment très bien mais assez banale. Il n’y avait pas ce cachet que certaines brasseries savent dégager. Mais le repas fut très satisfaisant bien que le service un peu lent. Par contre la nourriture... bonne,

ça c’est sur, mais grasse ! Ah bah avec la tonne de matières grasses qu’il y avait par plat, ça pouvait être bon ! Au final j’ai eu ce que je voulais et la nuit fut excellente bien qu’un peu courte (la nuit, pas l’intimité du monsieur). C’est là que je me suis dis : ma petite vieille, tu vas partir à la chasse à LA brasserie de la capitale ! Ça sera ta mission pour ce premier numéro de Twinty !

On se Bon déjà soyons claire, décontracte je vais vous

tester des endroits zen. Le premier que je vous propose c’est le Perchoir. Oui je sais, le nom ne donne pas envie du tout ! D’ailleurs au début je n’étais pas très chaude pour y aller. Mais une copine a découvert cet endroit il y a peu et me l’a recommandé (en fait elle cherchait juste une excuse pour y retourner. Pas folle !) Alors Le Perchoir. Cette punaise n’a rien voulu me dire et m’a interdit de faire des

Le Perchoir. Photo : © www.timeout.fr

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Manger plus qu’à sa faim et ne pas grossir ? Mission impossible ? Pas si on connait les bonnes adresses ! J’ai découvert une petite brasserie...

Changement On laisse sa copine bobo, et on part à la recherche de LA brasserie ! Cette fois je pars en chasse avec un ami gay. de cape ! Les gays c’est pratique : c’est toujours partant pour sortir

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Au Métro Photo : © www.aumetro14.fr

recherches sur Internet. Ça commence bien ! Finalement : incroyable ! Un restaurant gastronomique au 7e étage dans le 11e arrondissement. La vue à 23m de hauteur sur les toits de Paris est spectaculaire ! C’est un peu éloigné de la brasserie de quartier chic que je cherchais mais je ne vais pas me plaindre ! Par contre, en plus de la vue et du courant d’air bien agréable, il y a un coin potager ! De quoi se sentir vraiment à la campagne ! Une véritable bouffée d’oxygène dans cet été à Paris. Le service est très sympa, les cocktails maisons très bons.

Et le menu dépend du marché, ce qui est parfait pour ma ligne : des produits frais ! Par contre le problème est intrinsèque à ce choix marketing : quand je dis “le menu”, je dis bien LE car il est unique ! Une excellente adresse malgré tout que je recommande vivement ! Il faudra débourser pas loin de 50€ par contre... Mais moi je suis une fille de là campagne. de la vraie. Et si l’air est bien agréable la haut, je rêve d’un petit coin de verdure. Cette fois direction le Restaurant des Climats. Moins cher (dans les 36€), il vient juste d’ouvrir ! Et là, le bonheur : un jardin. Un vrai jardin avec mobilier et balancelle en fer forgé ! J’y ai bien sur amené ma copine. Elle a adoré ! Forcement, cette gârce c’est fait draguer ouvertement par un des serveurs... pétasse... J’esperais qu’elle attrape froid, mais dès que le soleil a baissé et que le vent s’est un peu levé, on s’est installé dans le magnifique Jardin d’Hiver avec son mobilier en osier. Je me suis promis d’y retourner cet automne, seule... et de m’y faire draguer.

faire un bonne bouffe et boire un coup, et ça adore dénicher des nouveaux lieux pour en faire la tendance ! Et on l’a trouvé. Une petite brasserie comme il y en a des centaines à Paris : faisant un angle, à la sortie d’une bouche de métro, une terrasse sous bâche-plastique. Son nom ? Le Métro. Faites plus parisien vous ! Donc c’est à la sortie du métro Pernety que vous le trouverez. Et franchement, niveau déco : au top ! Du post-ancien ! Moderne mais sans perdre son âme authentique ! Niveau qualité-prix : mieux serait un crime. La viande est bonne, des plats traditionnels issus de produits du terroir comme on en fait plus (escargots, bœuf d’Aubrac, tartare, cassoulet au confit de canard, etc. Perso tout faisait tellement envie que je vais y retourner parce que rien qu’en écrivant ses lignes j’en salive !), les alcools abordables (pour Paris) et vous vous en tirez pour un montant allant de 13,90 à 25€ en moyenne ! Même mon pote était conquis malgré le manque de gay ! En plus nous avons vu qu’il y avait des soirées à thèmes comme la St Patrick (que j’affectionne particulièrement), Halloween, la St Sylvestre, etc. ! Bref : je sais où emmener mon prochain amant car à ventre plein, une femme garde son bien ! ... Ça ne se dit pas ? Ah ?? Bref, à qui j’envoie mes notes de frais pour cet article ? :)

Le Perchoir 14, rue Crespin du Gast, 75 011 Paris Tél : 01 48 06 18 48

Restaurant Les Climats 41, rue de Lille, 75 007 Paris Tél : 01 58 62 10 08

Au Métro 66, rue Raymond Losserand 75014 Paris Tél : 01 45 42 59 05

Emilie

Mais le problème c’est que tout ça ce sont des restaurants. Et je voulais trouver des petites brasseries de quartier à la base pour cet article !

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r e h c I n a h t Jona Photographe, graphiste, directeur artistique, chanteur... Connu et méconnu, il existe beaucoup de photographes de talent qui illustrent vos magazines. Parmis ces personnes, certains ne se contentent pas de belles photos mais sont de véritables artistes aux multiples talents. Nous avons rencontré l’un d’entre eux : Jonathan Icher.

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Photo : Matthieu Ponchel & Loft Connexion Retouche : Jean-C么me Cabanne


g r a n d

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IL NE SAIT

EIER ?DE PROJET AS UNPH GUJR TO O H P MILL PAS S’ENNUYER, TO OUR

Jonathan Icher connait une certaine notoriété pour son personnage de Queen Mimosa 3, chanteur pop déjanté. Mais bien peu de monde sait qu’il ne s’agit que d’une facette de ses multiples de talents. Nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir plus et mettre en lumière ses autres compétences. Au détour d’une promenade en toute simplicité dans les rues de Paris, il nous explique...

Directeur Artistique Jonathan, pour commencer, décrivez moi votre métier en quelques mots. Qui êtes-vous ? Je suis photographe, et créateur d’images. Je fais la distinction entre les deux car certains de mes travaux sont plus ancrés sur de la photographie, tandis que d’autres sont des compositions d’images.

APOCALYPSE ©Jonathan Icher

J’aime proposer un visuel, une mise en scène que l’on ne pourra pas rencontrer dans la vie quotidienne. J’adore créer des créatures hybrides au look improbable. Je réalise à la fois la prise de vue, la direction artistique et la post production de mes images. Vous dites que vous êtes Directeur Artistique : vous dirigez une équipe ? De quoi il s’agit en fait ? La direction artistique dans le cadre de mes propres travaux, c’est le choix de la mise en scène et de chaque élément représenté dans l’image finale. Cela passe par le maquillage, le stylisme, le lieu et l’attitude du modèle. Il m’arrive donc pour certaines séries, de travailler avec une équipe le plus souvent composée de maquilleurs, coiffeurs, stylistes et modèles bien sur ! Vous travaillez pour quel genre de clients ? Je travaille aussi bien pour des particuliers que pour des créateurs ou des marques. Cela peut aller du portrait, à la communication de mode, ou l’image publicitaire. Comment les trouvez vous ? Certaines de vos photos sont parues dans la presse : quels bénéfices en tirez-vous ? Quel effet ça fait de feuilleter un magazine ou un article sur le web et de trouver vos photos ? La plupart du temps, un travail en amène un autre, c’est avant tout une question de réseau ! Il arrive aussi que l’on me contacte après avoir vu mon travail sur le net. Avoir son travail publié permet de le diffuser 26

APOCALYPSE ©Jonathan Icher & Solveig Ferlet

auprès d’un nouveau public. Cela fait aussi toujours très plaisir de voir que son travail plaît !

Artiste avant tout Vous ne faites pas uniquement de la photo pour des clients, vous êtes aussi un artiste à part entière. C’est dur de se définir soit même artiste. Je dirai plus que j’adore m’exprimer à travers des visuels et des images que j’invente. C’est aussi une façon de partager une vision, un idéal. Qu’est ce qui vous inspire, qui vous donne envie de faire de l’Art ? J’adore la culture et l’imagerie pop. Le rapport musique et image aussi, je suis un grand consommateur de vidéo clip. Je peux trouver mon


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Je suis photographe, et créateur d’images. [...] J’aime proposer un visuel, une mise en scène que l’on ne pourra pas rencontrer dans la vie quotidienne.

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Photo : Auto-portrait ©Jonathan Icher

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Photo : Š Jonathan Icher

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MEXICOLD créations des élèves de Chardon Savares (Who’s Next 2013) Photo : Jonathan Icher Stylistes : Noëmie Ferré, Thibault Marais, Léo Mermillod Make up : Anastasia Make Up Pro Hair : Elisa Goethals

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MEXICOLD créations des élèves de Chardon Savares (Who’s Next 2013) Photo : Jonathan Icher Stylistes : Noëmie Ferré, Thibault Marais, Léo Mermillod Make up : Anastasia Make Up Pro Hair : Elisa Goethals

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inspiration de différentes manières. Parfois pour exprimer des choses vécues. Je travaille essentiellement autour du corps, et mes compositions sont souvent centrées sur le modèle. Comment décririez-vous style ? Pop Mélancolique !

votre

Vos photos sont souvent “trashcandy” : violentes mais très acidulées. Pourquoi cette association ? C’est vrai que l’on retrouve souvent une dualité dans mon travail. Avant tout j’aime les images fortes. Je suis plus touché par un visuel impactant que par un bon discours. J’aime les choses belles et expressives. J’aime le mélange de douceur et d’agressivité qui peut parfois donner des choses très intéressantes. J’adore également tester les limites du mauvais goût. Proposer un visuel aussi beau que dérangeant. Avez-vous déjà fais des expositions ou envisager d’en faire ? Je fait des expositions récemment. J’étais avant tout intéressé par la diffusion digitale, et je découvre ce monde depuis peu. Une exposition est actuellement en négociation ! Entre la photo et vos clients vous croulez sous les projets. Quels sont ceux en cours et les prochains ? Actuellement je travaille sur le tournage d’un vidéo clip, ou je m’occuperais de la direction artistique. Des shootings que j’ai réalisé au

Je suis plus touché par un visuel impactant que par un bon discours. J’aime les choses belles et expressives. J’aime le mélange de douceur et d’agressivité...

début de l’été vont également être mis en ligne. Et j’ai évidemment d’autres shootings personnels en préparation !

Vous l’aurez compris, Jonathan Icher est un homme passioné. Photographe, réalisateur, artiste, rien ne semble pouvoir arrêter !

Une dernière question : si vous aviez droit à un super pouvoir, ça serait lequel ? Celui de me transformer en n’importe quelle créature mythologique, mais seulement pendant la nuit...

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Photo : Jonathan Icher Make up : Anastasia Make Up Pro

Intriguant... Merci pour nous avoir accordé de votre temps !

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Retrouvez tous ses travaux sur jonathanicher.com


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MONOMÉTRIQUE Client : Sii Photo : Jonathan Icher

MONOMÉTRIQUE Client : Sii Photo : Jonathan Icher

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s p e c t a c l e

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IT TA N O C ) A R ( S U O V ET SI ON E ANDREU TACLE MUSICAL DE SÉVERIN me”, LE SPEC

“EDITH, le Cœur d’une Fem

Elle est morte, pourquoi vouloir l’imiter ? Personne ne pourra faire aussi bien. Et c’est là qu’arrive dans cette vague d’Edith une artiste à part : Séverine Andreu. Cette chanteuse c’est fait connaître dans les années 90 sous le pseudonyme de Séverine Angèle (notamment avec “Mendoza” que vous pourrez trouver sur le site de l’Ina). Vrai touche à tout, elle a fait du blues à la suite d’un voyage initiatique à New York dans sa jeunesse, elle se retourne finalement vers la chanson française puis quelques années plus tard elle rajoute à son arc la corde de conteuse.

Séverine Andreu.Photo : © Jean-Côme Cabanne

Spectacle

Probablement l’artiste française la plus connue au monde, on ne la présente plus. Celle qui a chanté “La Vie en Rose”, la grande Edith Piaf est décédée le 10 octobre 1963. Voilà qu’arrive cette année le cinquantenaire de sa mort. Pour cet événement, toute la scène française saute sur l’occasion à la recherche du bon coup. C’est à celui ou celle qui lui fera le plus bel hommage. Et il faut dire qu’il existe de nombreux spectacles, de plus ou moins grosses productions à grand renfort de marketing comme “Patricia Kaas chante Piaf ” et “Mireille Mathieu chante Piaf ” (+1 pour l’originalité), “Evelyne Chancel, Piaf mon amour” ou encore la biographie musicale “Piaf, une vie en rose et noir”. Un peu blasant si vous voulez mon avis.

Et c’est exactement ce que cette artiste autodidacte vous propose dans son spectacle “Edtih, le Cœur d’une Femme” : elle vous conte la vie d’Edith. Adieu le côté torturé et presque mauvais de l’artiste que l’on a vu dans “La Môme” d’Olivier Dahan. Séverine vous conte la vie pleine de haut et de bas de cette artiste hors du temps. Parfois la salle rit aux éclats, parfois c’est un silence pesant qui vient écraser les épaules de l’auditoire et certains viennent même à verser une larme. C’est là la force de ce spectacle : vous êtes transporté dans cette vie à fleur de peau qu’était celle d’Edith. Mais là n’est pas la seule force du spectacle. Si vous voulez voir une imitation passez votre chemin. Séverine Andreu a ré-interprété intégralement toutes les chansons avec des instruments tous plus surprenants les uns que les autres : ukulélé, piano à pouces et concertina (petit accordéon hexagonal) ! Les chansons d’Edith Piaf n’ont jamais sonné comme ça ! Et la magie c’est que Séverine a une technique vocale proche de celle d’Edith Piaf, ce qui fait qu’on n’est pas perdu pour autant. Le spectacle est loin d’être un blockbuster à grand renfort de marketing. Séverine Andreu a fait découvrir son nouveau spectacle sur

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des scènes ouvertes parisiennes avant de trouver une petite salle dans un des nombreux cafés-théâtres de Bonne Nouvelle. C’est donc dans le sous-sol du Kibélé que l’on a découvert ce spectacle. Il fleure bon le home-made : l’artiste est à 2 mètres du public, le jeu de scène et de lumière est minimaliste, la voix résonne contre les murs de pierre. On retrouve l’espace d’un instant l’ambiance des cabarets d’antan et avec sa chevelure volumineuse on semble retrouver dans l’ombre de Séverine Andreu la silhouette d’Edith Piaf. Forte du succès qu’elle a rencontré, elle s’est vu proposer pour cette rentrée de chanter toutes les semaines à l’Entracte Saint Martin à 17h30. Vous l’aurez compris, ce spectacle hommage à Edith Piaf est un véritable OVNI dans l’univers foisonnant du cinquantenaire de l’artiste. Si vous

n’en avez qu’un à voir, ça serait lui. Nous avons été conquis !

Retrouvez Séverine Andreu sur facebook afin de trouver ses prochaines dates / salles et sur Billet Réduc.

Découvrez un extrait du spectacle


s p e c t a c l e

L’HUMOUR, C’EST D

“LES TRIBULATIONS

RÔLE !

D’UNE TOQUÉE”, N

ADIA CHIBANI CE D

ONNE À FOND

Elle est franche, belle et drôle... et un peu névrosée quand même aussi. Sexe, psy, colères, espoirs : tout est là pour passer du bon temps. On s’amuse en en apprenant beaucoup sur les relations humaines : les filles vous saurez peut être enfin « pourquoi il rappeler pas?... » et les garçons apprendrons a commettre beaucoup moins d’erreurs. On s’amuse, on pleure, on rit, il y a un prince des collines. Pour résumer en une ligne ce serait un peu la vie de Candy version adulte ce spectacle. Ce que je n’arrive pas à savoir c’est si la comédienne est admirable, ou si elle est vraiment folle...

Tellement de choses... c’est fou , c’est drôle, c’est dynamique, c’est touchant, ça fait réfléchir et pour ceux qui ne veulent pas réfléchir il reste la platique affolante de la comédienne. Prétextant son histoire d’amour illégitime avec une star française très célèbre qui est marié avec une «grosse», cette trentenaire nous embarque dans ses envies d’un mari, d’un enfant, d’Amour tout simplement. Mais attention, ce n’est pas gnangnan, tout au contraire : à la limite du stand-up, le spectacle est haut en couleur, parfois fou, parfois intime. Nadia ne mâche pas ses mots quand elle depeint les situations ou parle à son chéri grâce à son quartz rose (euh si, si ! Et ça fonctionne.)

À voir absolument !

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Découvrez un extrait du spectacle

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d e c o

APPART’ STYLÉ P

OUR RIEN

LE SECOND SOU

FFLE DE LA RÉC

UP’

La crise, on nous en parle encore et toujours,

comme une vieille rengaine qu’on a dans la tête à la façon des chansons de Christophe Maé : on l’entend partout, on la connaît par cœur au bout de la 2e fois, on n’aime pas puis on s’y habitue, et finalement on n’arrive pas à s’en débarrasser. Mais elle est là et avec son lot de problèmes, elle a aussi apporté son lot de tendance. Le retour du vintage en est une de taille et dans cette mouvance, la récup’ vie un véritable renouveau. Cet art de vivre profite d’un second souffle dans bien des domaines et notamment dans la décoration. Exit les designers hors de prix ! On chine, un détourne, on fait les poubelles, et c’est in ! Avoir un appartement stylé, c’est possible pour 3 francs 6 sous, il suffit de trouver la méthode.

Faites le trottoir ! Il y a une chose fabuleuse dans cette société moderne consumériste à souhait, les encombrants ! Il s’agit tout simplement des « déchets » volumineux qui ne peuvent pas partir avec les poubelles normales. Il s’agit souvent de matelas, meubles et autres objets du style. Là où ça devient intéressant c’est qu’une fois jetés, ces objets n’ont plus le statut de propriété et tout le monde peut se servir. Et si parfois les objets devenus indésirés sont dans un piteux état, parfois c’est juste un changement de décoration, une peinture écaillée ou un excès de zèle qui poussent les propriétaires à les mettre sur le trottoir. Il y a vraiment de bonnes affaires à réaliser en allant de bon matin fureter sur les trottoirs des quartiers riches (renseignez-vous auprès de la prefecture de votre ville pour connaître les dates de passage des encombrants). Il vous faudra par contre ne pas avoir peur de jouer des coudes car la concurrence sera rude entre les badauds comme vous et les professionnels des brocantes qui connaissent bien ce filon. Une étude a montré que 63% des 25-35 ans urbains (ville de plus de 50 000 habitants) serait près à faire les encombrants pour meubler leur appartement (alors que seulement 5 à 15% prennent le temps de le faire). Et c’est normal ! C’est simple, rapide, ces meubles sont déjà abîmés alors ça demande un entretien très faible. Et question style, le vintage est tendance. Une belle table basse en bois complètement écaillée avec des marques de verres ou un tableau ultra-

moderne dans un vieux cadre doré de nos grand-mères sont du plus bel effet ! Le secret est dans un intérieur hétéroclite et surprenant qui donnera une vraie identité à votre intérieur pour pas un centime. De plus cela permet de changer sa décoration d’intérieur à la moindre occasion pour sans cesse renouveler et avoir l’impression de nouveauté. Le vieux, c’est cool, il va falloir vous y faire. Et pitié, ne jouez pas les Valérie Damidot à tout repeindre à tort et à travers avec des couleurs pastels ou flashies. Pour des petits objets ok, mais pour les meubles, ce n’est juste pas possible ! La mode est à l’usé et au brut !

Le marché Dauphine Photo : © Jean-Côme Cabanne

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Un, deux, trois, CHINEZ ! Aujourd’hui presque toute les villes de France propose des brocantes ou des puces de façon plus ou moins régulière. Une fois par mois pour les vides greniers dans certain quartier de Paris et grandes villes, parfois annuel (la plupart du


Starck). Souvent méconnues, les Puces en elles mêmes se composent de pas moins de 15 marchés, chacun ayant son style et son ambiance. Le marché Dauphine, ouvert en 1991, est vraiment magnifique et vaut vraiment le détour. Ambiance feutrée, sous une verrière et sur deux étages en passerelles, c’est le top des bobos qui y circulent à la recherche de vêtements hipster, de vieux vinyles, de livres anciens et de meubles anciens (de grand-mère ou d’école, il y en a pour tous les goûts). Avec un sol à l’étage fait en morceaux de bois qui ne sont pas fixés au sol et donne une étrange impression d’instabilité à chaque pas, une fontaine avec des palmiers en son centre, c’est un lieu de promenade hors du temps. Pour ambiance moins branchée et plus classique, le marché historique des puces, le marché Vernaison, est tout indiqué. Un ensemble de petites ruelles où les boutiques ressemblent parfois à des musées, si vous cherchez des meubles pour une ambiance cosy, c’est ici ou dans le marché Jules Vallès ! Mais pas de panique, il y a aussi des marchés plus modernes comme ceux de Malassis ou de Malik. Là vous y trouverez des produits tendances et de marques comme des chaussures et des vêtements. Alors n’hésitez plus et faite les puces ! Les prix varient selon les marchés (évitez le marché Serpette par exemple qui fait dans le haut de gamme) et il y a vraiment des bons plans à trouver et surtout un très bon moment à passer.

Détournement mineur Si vous n’êtes pas pret à vous lever à l’aube pour faire les trottoirs, si vous n’êtes pas pret à passer des heures à chiner La bonne affaire, il vous reste l’ultime solution : le détournement.

temps estivale) comme la gigantesque brocantes d’antiquité de Chénérailles dans la Creuse par exemple. Mais le top aujourd’hui, ce sont les puces : c’est la récup’ version chic. En effet, le problème des brocantes c’est que soit elles sont très pro, soit ce sont des vides greniers. Les puces à proprement parler regagnent leurs lettres de noblesses et sont redécouvertes. À Paris une fois traversées les rues envahies par des stands plus ou moins légaux, les puces de St Ouen sont devenu très bobo et chic. Si la démarche est différente, elle n’en est pas moins intressante ne serait-ce que pour l’ambiance.

Les puces de St Ouen sont le dernier endroit trendy de la capital.

Si la tendance est d’investir les Puces pour participer à cette mode de faire sortir les bobos du Paris intramuros, il ne faut pas se contenter des “la Cocotte” (réstaurant chic en mode cantine de

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Florence Foresti à l’Habitat Vintage de St Ouen Photo : ©Stéphane Feugère

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Avec un peu d’imagination et de l’huile de coude, tout le monde a la possibilité d’avoir une déco branchouille et moderne à moindre coût. Il vous suffit de récupérer des vieux objets et de les détourner de leur utilisation première. Stylé ma table Besoin d’un plafonnier dans votre cuisine ? Un égouttoir fera parfaitement l’affaire basse ? Merci, c’est pour une déco acier au top. Besoin moi qui l’ai fait ! En d’une table basse ? On récupère tous les magazines possibles, on en fait une pile même temps il me jusqu’à obtenir la hauteur idéale, on les fallait bien quelque attache ensemble, on peint le tout dans une couleur flashie (rose, bleu ou orange) chose pour aller histoire d’avoir une touche de couleur avec cette lampe qui amènera du pop’art dans votre salon trouvée en bas de sans pour autant être vulgaire. Besoin de rangement ? Récupérez un casier chez moi ! de sport, on en trouve facilement, et à l’horizontale ça fait rangement et banc (à condition de l’agrémenter de coussins bien sûr). Mais en ce moment, le must, c’est sans conteste le cageot et la palette. Oui dit comme ça ce n’est pas très glamour. Mais détourné en table basse ou en étagère brute c’est du plus bel effet en donnant à votre intérieur un côté industriel sans pareil.

Il existe aujourd’hui de nombreux site Internet qui proposent des conseils —voir des tutoriels en vidéo étape par étape— pour les amateurs afin de relooker et détourner soi même ses vieux meubles ou ceux de sa grand-mère, et ce gratuitement. Certains comme rue-des-relookeurs.com proposent également un système de chine en ligne afin de pouvoir vendre ou acheter ses vieux meubles en ligne entre particuliers. Alors n’ayez plus peur de vous lancer ! N’hésitez plus, la mode est au vintage et la récupération permet de vous faire des intérieurs pour des budgets plus que raisonnables, voir carrément gratuits.

Alors faite les trottoirs, faite les puces, détournez et réutilisez. En plus d’être classe, vous pourrez vous gargariser d’agir pour la planète ! 41


S E U Q R A M S E L S A P T N E P M O R NE S’Y T Les rois de la récup’ Peut importe toutes les astuces que vous pourrez développer pour faire de la récup’, vous ne serez jamais les meilleurs. Car les maîtres incontestés, toutes catégories confondues, ce sont les marques. Rois de la récuperation des (rares) tendances qu’ils n’ont pas créées, les grandes enseignes veulent bien sur tirer parti de cet eldorado vers le passé. De cette façon, pour les plus grands feignants d’entre vous, vous pourrez vous faire un interieur vintage en allant dans des magasins classiques. S’il existe de nombreuses boutiques proposant des produits vintages (Fleux, Iglaïne, Le Podium, etc.) plus ou moins originaux, les grandes enseignent n’avaient pas encore franchi le pas. Ikea a été le premier à proposer des tableaux et accessoirs “type” vintage. Cependant,

c’est Habitat qui vient de franchir le pas en ouvrant dans un entrepôt des Puces de Saint-Ouen, un Habitat Vintage bâptisé “Habitat 1964”. En effet à l’occasion des 50 ans de la marque, Hervé Giaoui (dirigeant d’Habitat), ouvre une boutique qui vend les anciennes collections de la marque. Mais ce n’est pas tout ! Avant tout un concept, le hangar Habitat 1964 de 400m2 propose aussi des pièces chinées auprès de particuliers. Certaines ont appartenu à des personnes connues comme un canapé de Pierre Paulin (designer), une table Jean Nouvel (architecte) et une autre des Daft Punk (groupe de musique), une nacelle Carla Bruni, etc. Ces objets V.I.P. seront vendus aux enchères à la rentrée au milieu de meubles de parfaits inconnus. Et il faut avouer que le concept de cet Habitat est réussi avec la présence de nombreuses personnalités lors de son lancement comme Florence Foresti, François-Xavier Demaison, Mélanie Doutey et d’autres.

La question maintenant est de savoir quelle marque va faire sa propre récup’ car il est évident quelles ont bien compris le manque à gagner à cause de ce nouveau courant qui prend de plus en plus d’ampleur. Il existe déjà des rumeurs concernant l’ouverture d’une boutique de la chaîne Alinéa sur ce principe, alors que pour d’autres comme Muji ce n’est pas nécessaire. Il y a fort à parier que les boutiques faisant du “faux vieux” ne rentreront pas dans le jeu de la récup’ car peu rentable ou avec des enseignes trop récentes. Cependant il existe une alternative que développent les boutiques de loisirs créatifs pour jouer sur cette vague : des atelier de customisation pour vos vieux meubles.

Si vous voulez faire de la récup’ sans vous salir mais en dépensant de l’argent c’est donc aussi possible ! Mais pensez d’abord aux solutions alternatives présentées dans la première partie de cet article, vous redécorerez votre interieur de façon bien plus ludique et économique ! Habitat 1964, 77, rue des Rosiers, Saint-Ouen (93). Ouvert les samedis, dimanches et jours fériés de 9 h 30 à 18 h.

Étude de l’Observatoire Cetelem réalisée en partenariat avec TNS Sofres 2013 / Enquête 2012 TNS Sofres pour ADEME.

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Les marchés des puces de St Ouen sont ouverts : Samedi 9h à 18h Dimanche 10h à 18h Activité réduite du 1er au 15 août Lundi 11h à 17h

Métro : Porte de Clignancourt (ligne 4) / Garibaldi (ligne 13)

Photo : © Habitat 1964


__________________________Jean-C么me Cabanne - contact@jeancome.com & 06 78 900 102

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c u l t u r e l

E IR O T IS H ’ L I O M E T N O RAC S VISITES-CONFÉRENCES LE SUCCÈS DE

Une vague d’éthnocentrisme et de un retour au source.

Voilà ce que l’on peut constater depuis quelques années en France et dans plusieurs pays d’Europe. Les populations vivent dans une économie d’incertitude et l’identité nationale est au centre de nos sociétés. Si cela ne devait avoir qu’un bon côté, ça serait l’interêt retrouvé dans les visites culturelles, et il y a une formule de visite qui a particulièrement le vent en poupe : la visite-conférence.

L’histoire de France : l’Histoire Depuis quelques années, les français s’interessent de plus en plus à leur patrimoine culturelle et historique, c’est un fait. La fréquentation des monuments nationaux gratuits à connu une forte augmentation depuis 2008 et a une progression d’en moyenne 7% par an. Cependant il est à noté que cette progression est nottamment du aux visites gratuites pour les 18-25 ans et que les visites payantes connaissent en parrallèle une baisse de 3,2%1. Concernant les visites guidées nous manquons malheureusement de données mais il est probable que celles-ci suivent les mêmes courbes d’évolution. En effet, les dernières études montrent une augmentation des visites guidées virtuelles (les audio-guides en premier et les applications pour smartphone aussi). Cependant, si quelques sites proposent des visites en audio-guide spécifique pour les jeunes, les plus âgés, les aguerris ou les novices (comme au Château de Chenonceau, un des premiers à porposer deux formules de visite pour iPod dès 2007), les visites guidées peuvent laisser sur leur faim les personnes passionnées ayant déjà des bases d’Histoire et voulant approfondir leurs connaissances. C’est là qu’intervient notre visiteconférence. En effet, celles-ci sont plus orientées vers un public adulte désireux d’en savoir plus et dé découvrir la vraie histoire cachée derrière celle très lisse de nos livres de classe.

Car en effet, les français sont friands de leur Histoire et surtout de celle méconue. Ce courant n’est pas nouveau et les émissions telles “Secret d’Histoire” ou “L’ombre d’un doute”2 ont beaucoup de succès.

Passionné pour passionnés Les visites-conférences de Paris sont des visites guidées plus plus. En effet, tous les jours le Centre des Monuments Nationaux porpose ce type de visites dans Paris et ses environs : c’est une manière de découvrir /redécouvrir de façon approfondie les monuments historiques qu’il gère. La particularité de ses visites est qu’elles sont animées par des conférenciers professionnels habilités. Et cela change tout. Les avantages par rapport à une visite classique sont nombreux. Pour commencer la visite n’est pas faite par un guide qui peut être un étudiant pour un job d’été. Les maîtres de conférence auxquels vous avez à faire sont des professionnels et connaissent le sujet sur le bout des doigts. De plus, celuici intégère sa visite dans un contexte historique, urbain et culturel. Les plus d’une telle formule sont indéniables quand à la richesse des informations que vous découvrirez. Les visites se composent au maximum de 30 personnes (sauf indication contraire) ce qui permet une véritable intertaction avec le conférencier qui

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Photo : © Jean-Côme Cabanne La Conciergerie Photo : © Jean-Côme Cabanne


S’il n’y a aucune réservation et que les places se prennent directemment à la caisse du monument, il est préférable de se renseigner sur l’heure de ces visites car elles sont plus rare. Pas de pannique, toute les indications se retrouvent sur le site Internet des visites-conférences où un guide est téléchargeable, ou directement sur le site du monument que vous souhaitez visiter.

Un petit exemple

Alors ? Tenté ?

Le plus simple pour en parler est encore l’exemple. J’ai même participé à une de ces visites conférences pour un bâtiment que je (croyais) connaître : la Conciergerie.

Personnellement je ne peux que saluer cette formule de visite que je ne connaissais pas. Et j’en fut très agréablement surpris. Les visites sont très complètes et très riche en terme d’informations. De plus le système de petit groupe permet de vraiment prendre part à la visite et le conférencier va mettre sa visite au niveau du groupe une fois qu’il l’a évalué à partir des questions qu’ils vous posera et que vous lui poserez. Après il ne faut pas non plus avoir peur de poser des questions bêtes car si la visite est assez haut de gamme, le maître de conférence à qui vous avez à faire fait ça avant tout pour le plaisir de transmettre ses connaissances. Ils sont souvent conférencier à l’université et sont très pédagogues et ne vous jugerons pas et se fairons au contraire un plaisir de vous répondre. Il ne faut pas vous laissé intimider par cette formule de visite.

En pleine semaine et hors-saison, je me suis retrouvé dans un groupe de 4 pour cette visite-conférence. La conférencière qui nous fit la visite commença par nous faire faire le tour du bâtiment pour nous expliquer son architecture et les différentes dates des tours et parties du monument. Saviez-vous que la plus vieille tour du monument (celle avec des crénaux), s’appelle la Tour Bonbec (du nom d’une troture et non pas de délices sucrées) ? Puis une fois à l’intérieur elle expliqua toute les erreurs dans les reconstitutions modernes, replacait l’Histoire dans son contexte, corrigeait ce que l’on croyait connaître. Si en y allant vous pensiez voir la vraie cellule de Marie-Antoinette, vous serez déçu car il ne s’agit que d’une reconstitution, la vraie étant situé la porte d’à côté. Elle nous expliqua également les problèmes liés à la restoration de la chapelle expiatoire voulue par Louis XVIII car celle-ci a entrainée la destruction de la moitié de la cellule de Marie-Antoinette et celle de la cellule de Robespierre. À plusieurs reprises elle nous demanda notre niveau et si nous connaissions tels ou tels événements, faisant appel à des connaissances enfouies dans nos mémoires. Chacun y allant de ses questions plus ou moins pointues. Pour ceux qui ne connaissent pas la Concergerie, elle n’est très grande car la majorité est encore utilisé par le Tribunal de Grande Instance de Paris. Une visite normale dure en moyenne entre 30 et 45 minutes. Celle-ci dura 2h35 ! Un concentré d’Histoire raconté par une passionnée qui ne se lassait pas de développer son savoir à un groupe tout autant passionné d’histoire. Personnellement, je ne crois pas avoir jamais autant apprécié une visite guidée de ma vie ni jamais avoir autant appris même durant mes années d’études. Une fois la visite guidée fi nie, elle nous a indiqué le musée à l’étage pour continuer la visite, elle nous a surtout conseillé d’aller voir la Sainte Chapelle construite par Saint Louis et la salle des Pas Perdus du Tribunal de Grande Instance, absolument magnifique. Mais étrangement, après une telle visite, sans guide, le musée nous parut à tous fade !

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Le seul point négatif est encore le prix. Un tel guide cela se paye et la visite est élevée. En plein tarif cela vous coûtera entre 13 et 22€ selon le monument et le tarif réduit ne l’ai pas vraiment (entre 11 et 18,50€)3 la où une visite guidée classique varie entre 8 et 12€. Après cela reste à votre propre appréciation de savoir si cela vaut la dépense ou non. Pour moi la

réponse est un OUI clair et sans hésitation.

1. PATRIMOSTAT - Ministère de la culture et de la communication. Fréquentation des musées de France, des monuments nationaux, des archives de France, et des villes et pays d’art et d’histoire. 2. Secret d’Histoire, présenté par Stephen Berne, les mardi à 20h35 sur France 2. L’ombre d’un doute, présenté par Franck Ferrand, les mercredi à 23h05 sur France 3. 3. Tarfis réduits : 18-25 ans, demandeurs d’emploi, enseignants, étudiants en architecture, histoire de l’art et arts plastiques.

Toute les informations sur le site des monuments nationaux

pourra répondre à chaque question. Personnellement je ne recommande pas ce genre de visites aux familles avec de jeunes enfants. Si le conférencier se met au niveau de son auditoire, cela serait gâcher la visite et une visite classique sera plus indiquée pour vos bandins.


c u l t u r e l À Paris, les gens sont blasé... il n’y a pas de quoi !

Soit disant les parisiens disposent de toute l’histoire de France à porté et de toute la culture. Bon, il va s’en dire qu’il faut sortir de Paris un peu et, sans aller très loin, il est possible de visiter des vrais pépites historiques et nottamment dans la vallée de la Loire et en Touraine. Mais avec le temps qui cours, les parisiens restent à Paris et se disent blaser par les musées de la capitale. Une fois tous les trois mois surgit UNE exposition à ne pas râter, que tout le monde fait, puis plus rien. Erreur ! Vous pensiez avoir fait le tour des musées de Paris ? Vraiment ?

MUSÉES OUBL CES ENDROITS

Briller en société Pourquoi se contenter de l’exposition dont tout le monde parle ? Franchement, c’est plus classe de parler d’un musée complètement inconnu et de passer pour un esthète accomplis ! Et à Paris c’est très simple (et en plus vous éviterez les files d’attente interminables). La liste suivante n’a rien d’exhausitve et surtout n’hésitez pas à faire vos propres recherches !

• L’Hôtel Carnavalet

Il s’agit du Musée de l’histoire de Paris. Il est le plus ancien musée municipal de Paris et dispose de 600 000 œuvres courant de la préhistoire à la Révolution puis au delà. Au cœur de Marais, le bâtiment en lui même vaut le détour ne serait-ce que

Photo : ©parismusees.paris.fr

IÉS DE PARIS

QUE VOUS NE

CONNAISSEZ

pour son jardin à la française et sa galerie le traversant (si jamais l’histoire de Paris ne vous interesse pas plus que ça dans le détail). 23, rue de Sévigné 75003 Paris 01 44 59 58 58

• Le Musée Nissim de Camondo

Un hôtel particulier entièrement meublé ! Ce musée vous fait remonter le temps en vous permettant de vous promener dans d’authentiques pièces meublées façon de 18e siècle. Certaines œuvres d’art valent vraiment le détour, mais c’est surtout l’ensemble qui est magique. Vous avez l’impression que vous aller croiser Rousseau ou Voltaire au détour d’un salon ! C’est aussi l’occasion de découvrir le destin de la famille de Camondo, fondatrice d’une des plus grosse banque de l’Empire Ottoman et grande collectionneuse.

63, rue de Monceau, 75008 Paris Monceau

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PAS

• Le Musée du Montparnasse

Et non, Montparnasse n’est pas qu’une gare ! Ce musée a vu le jour il y a une dizaine d’année à l’initative du photographe Roger Pic. Au fond d’une impasse fleurie, vous avez l’impression de quitter Paris ! Ce n’est pas pour rien que ses ateliers d’artistes ont été —et sont toujours— si prisés. Le musée est constitué d’ateliers d’artistes reliés les uns aux autres. Encore en activité, ces ateliers sont un lieu de mémoire et une plateforme créative qui a vu passer des grands noms tels Picasso, Modigliani, Chagall ou Hemingway.

21, avenue du Maine, 75015 Paris Montparnasse - Bienvenue

• Musée de la chasse et de la nature

Oui, le sujet peut parraître sensible. Personnellement, la chasse et les trucs naturalisés, très peut pour moi. Mais au


final, ce petit musée vaut le détour. Ce musée est très étonnant, quelque part entre la cabane de Tarzan et l’hôtel baroque. L’agencement d’animaux empaillés parmis des créations contemporaines dans une ambiance très boudoir, c’est déroutant ! Le musée de la chasse et de la nature (géré par la Fondation François Sommer) et en quelque sorte un immense cabinet de curiosités !

62, rue des Archives, 75003 Paris Rambuteau

• Le Musée Marmottan Monet

Ancien pavillon de chasse du fameux duc de Valmy, il contient une collection de peinture du Premier Empire impressionnante ! Au fur et à mesur la collection c’est agrandi et diversifié avec des tableaux de Berthe Morisot, d’Edouard Manet, d’Edgar Degas, d’Auguste Renoir, de Henri Rouart ou encore de Claude Monet. Le bâtiment en lui même est magnifique, tel un mini Versailles en plein Paris. Dans un style classique, ce sont des salons en enfilade, une salle de bal, des hauts plafons et un vaste jardin !

2, rue Louis Boilly, 75016 Paris La Muette

• Le Musée Jean-Jacques Henner

Peintre français relativement méconnu, Jean-Jacques Henner a au moins le mérite d’avoir un hôtel pariculier du XIXe siècle récemment restauré. Donc, une fois de plus, au delà de sa collection provenant entre autre de ses ateliers, c’est le bâtiment qui vaut le détour. Mais ne vous y trompez pas pour autant, peintre impressionniste il est très célèbre et certaines de ses toiles sont concervés à Musée d’Orsay. Mais le bâtiment est vraiment agréable et un salon de thé devrait ouvrir sous peu dans le jardin et la véranda ! De quoi faire d’une pierre deux coups, surtout qu’encore méconnue, ce musée est relativement vide : vous l’aurez rien qu’à vous !

lettres, des disques d’or, etc. Un céritable four-tout concernant l’artiste de rue la plus renomé du monde ! Souvent assez kitsch, ça reste touchant de redécouvrir cette femme dont elle sait qu’elle n’a pas eu une vie facile.

5, rue Crespin du Gast, 75011 Paris Ménilmontant

• Le Musée GustaveMoreau

Cet étonnant loft parisien a été conservé exactement dans l’état où l’a laissé le peintre à sa mort. Dans un style très 19» siècle, le musée concerve les plus belles œuvres de l’artiste. Ce loft est bardé de trésors ici et là dans une architecture typique avec ses escaliers en colimaçon (ses ateliers sont vraiment impressionnants). Qualifié de “musée sentimental”, on comprend assez bien ce concept tellement on a l’impression que Gustave Moreau va surgir une palette à la main pour continuer son œuvre et s’étonner de votre présence : garder une maison à l’identique, c’est forcement sentimental !

14, rue de la Rochefoucauld, 75009 Paris Saint-Georges

• Le Musée Bourdelle

Si on connait bien Rodin, on connaît beaucoup moins son élève : Bourdelle. Pourtant il a lui aussi un musée et il est situé à l’interieur même de ses ateliers. Son talent n’a rien a envier à son maître et ses œuvres reposent encore en partie là, dans son atelier en bois où rien (ou presque) n’a bougé depuis la dernière fois qu’il s’en ai servi. En tendant l’oreille, je pense même qu’il est possible d’entendre encore les coups de marteau sur son burin... Posédant un vaste jardin, des magnifiques salles d’expositions, l’atelier et sa grande verrière est sans conteste le clou de la visite.

18, rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris Falguière

43, avenue de Villiers, 75017 Paris Malesherbes

• Le Musée Edith Piaf

Ça tombe bien, nous fêtons cette année les 50 ans de cette artiste bien connu. La môme Piaf hante encore la mémoire collective de chacun autant qu’elle hante les rues de Paris. Si on l’imagine plus vers Pigalle et Montmartre, elle a également pas mal trainé du côté du canal St Martin et de Ménilmontant. Et c’est là qu’on retrouve son ancien appartemment devenu musée. On y retrouve des souvenirs, des cadeaux de ses admirateurs, des tableaux, des

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LES PATHOLOGIES D’UN GNOME Des fo compte que to is je me dema nde si je n e utes les path olog ies que je sera is pas bon à interner .P présente se re trouvent chez u is, je rega rde autou r de Aujou rd’hu i : LE PA R A D moi, et je me beaucoup de OXE DU TIE monde. rends RS ÉTAT

R ien Je m’adresse à voir avec la Révolutio n le monde. Ca ici à tout ceu x qu i ont dé frança ise je vous rassu re r tout le mon jà fa it la fête ! Je pa rle de de , gronde. Et à chacu ne de se a déjà con nu ces soirée qu i ont déjà dépassé leu l’état que l’on atteint just rs s A lcool ou dr og ue même co s soirées, il m’a rr ive touj d’excès où le lendemai n li m ites, qu i savent s’am e après l’état second. ou rs la mêm le mbat. Lorsque e chose, de fa crâne fa it mal, où le ve user. Ou i, je pa rle à tout j’attei ns le co nt çon inva riab Euphorie, ex n nu (e t re le, semblable re se tord, où l’i ntesti n ch ci erché) «état absolu ment tation et tout le ti ntou in à u ne maléd se co nd », tout va très in iction. . Et pu is, lo bien ! ef fleu remen gérable : on est sex uell t et le rega rd ement très exrs de très bon nes soirée s, fiév reu x, on Une fois je m cité, en coup j’attei ns le ti ch e le que c’était l’a su is retrouvé da ns u ne erche u ne proie. On veut on cherche à violer sa ers-état. Et celu i-là est u soirée libert moitié, n pa ra utre nom de du co ntact, des ca in orgie de ca re l’e resses, du se célibata ire on vibre à ch doxe sses, vautré cstasy). Ça plus les verr e orga n isé chez u n am i xe aque ! où l’on était en qu’il y avait to moyen de s’am boxer en u n tas ondu la es de wh isk y que je m’é ta is en fi lé, j’a us sous MDM A (j’a i ap nt. Tous bi, 5 user. pr is pl i vite mecs et 3 meu fs. Éta nt céli rejoins toute la troupe us ta rd bata ire à cett da e période, au ns u ne ta nt di re Et ef fectivem ent, j’a i pa soirée avec ce ssé u ne ex cell deu x am is! B s gens pa rm i lesquels je ne con naissai ente on, éth ique ob je me souv ie s que li ge : la dr og n les tétons d’ s m’être retrouvé à titi ue c’est mal. Bref, ller avec la u n pote perc la n gue je me souv ie é «parce qu n ti ré pou r la is s qu’à plusieu rs repr is e c’est marra nt», es mon boxe se je me souv ie r passer u n coup d’œil r fut ns d’u ne pa ir su vitre. Donc ju e de seins éc r mon inti m ité, goûté au pa rasque-là , la soirée au top. rasés contre u ne : u ne incroy doxe du tiers-état da ns Et c’est là que j’a i ab to incroyable im le envie de contacts et ute son horreu r de sexe, mai Pas même u pu issa nce ! s u ne n mol le, rien ! début d’érection, pas la moi nd re dem ieTous les ho m situation que mes comprendront l’h nous avons to or pa r la su ite us con nu. J ’a reu r de cette qu avec la MDM e cet ef fet était pa rticu i d’ai lleu rs appr is li A continué la pi . A lors ça plus l’a lcool (c èrement fréquent ar colle, on ne se refa it pas) : doou i bien sû r, j’a i uble ef fet ! Mais à la réfl ex ion, ce n’est réussi r à av pa oi plus traître. r le ch ibre du rci. Pa rfoi s le pi re de ne pas .. Une érection s le tiers-état qu i don ne en , vie d’ex ploser du re et massive. Une de est Et on entre en . De quoi être celle lon gtemps ! action. Et on est conten fier de sa vi ri lité. Lon gtemps... t pa rce qu’on jou ir malgré très lon gtem tient bras ou au n u ne très forte envie ! L ps. Impossible de a crampe da iveau des re ins, voire u ne ns les fi n it souven t u n «Je ne te pa r nous fa ire abandon fatigue de la bite ne pl s’entend avec ais pas ?», «Je m’y pren r... avec à la clef ds mal ?». Et ef fr oi di re ce bou rré...» là , tte ph rase : «D ésolé, je su is on trop Et on a beau tous savoir l’e tous deda ns. ff Encore et en et de ce Tiers État, on pl core... on ge

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s o c i e t e Partout et inévitable, il remonte le moral !

Il s’affiche partout ! Impossible en ce moment de faire un pas sans tomber sur lui : le pop-art est partout ! La vague pop qui souffle sur le monde semble vouloir tout emporter !

HOP HOP POP ! WA RHOL, LICHTEN

STEIN ET COM

Pop Culture Si vous aimez les modes rétro, vous devez être content. Si l’année dernière le vintage était à la mode (il l’est toujours, je vous rassure), il est clair que le pop-art est la nouvelle tendance montante. Cette nouvelle-ancienne tendance reviens avant tout pour ce qu’elle a de plus classique : l’art. En effet, les expositions ayant pour thème le pop-art fleurissent de ci de là et rencontrent un véritable succès. Tout le monde a en tête la très grande réussite de l’exposition consacrée à l’œuvre de Roy Lichtenstein actuellement au Centre Pompidou ou vous pouvez aller admirer jusqu’au 4 novembre sculptures, peintures, art plastique et autres de cet artiste. Après Londres, Chicago et Washington, l’exposition connait un succès fracassant. Et pour cause, le pop, c’est cool. Preuve de cet engouement, Lichtenstein n’est pas le seul artiste pop-art en ce moment à l’honneur dans la capitale avec l’exposition consacré Keith Haring au Musée d’Art Moderne (exposition qui s’est finie le 18 août, désolé à ceux qui l’ont manqué). Avec cette vague artistique, il n’est pas étonnant que cela se retrouve très vite dans la mode. Beaucoup d’œuvres pop commencent à s’afficher sans complexe sur les dernières lignes de vêtements qui sont en train de sortir. On veut de la couleur, du motif ! Comme on le sait, la publicité est le miroir de la société, et c’est sans surprise que l’on retrouve ce courant dans nos rues et à la télévision. La campagne la plus frappante en ce moment et sans nul doute la magnifique série d’affiches pour Perrier réalisée par la fondation Warhol.

PAGNIE

Il faut dire que la publicité a toujours énormément nourrie l’artiste tout au long de sa carrière et Perrier fête ici ses 50 ans.

Le pop-art est incontournable, c’est une évidence. Il commence même à (ré)apparaître dans le mobilier. Mais pourquoi un tel engouement pour cet art ?

Pop-ulaire Ce qui est intéressant dans le pop-art c’est que chaque artiste, issu du même courant, ne présente souvent aucune ressemblance. Prenez Lichtenstein, Haring et Warhol. Les techniques sont proches voir identique, mais les styles n’ont rien à voir. Et c’est justement ça qu’aime les gens dans le pop-art. C’est totale liberté ! Le vintage était très stricte avec des tenus compliquées, des corsets, un maquillage qui prend des heures, des moustaches taillées, des costumes impeccables, des coiffures au millimètre. C’était marron, brun ou noir. C’était les années folles où il n’y avait aucun problème de chômage. La société était élégante et les gens montraient par ces artifices leur réussite. C’était classe, c’était smart, c’était chic. Les lingeries étaient frivoles et froufroutés. L’effeuillage était un art. Celui de plaire et de séduire tout en gardant sa dignité et sa grâce. L’extrêmeféminité à son paroxysme : une femme c’est élégant en toute circonstance, ça se mérite, ça s’admire. Le vintage était une sorte de réaction à la crise économique et sociale. C’était mieux avant. Il y avait des cases, des règles, des codes. Les gens se sont réfugiés

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dans se modèle car c’est tout ce dont ils manquaient pendant ces heures sombres (oui, je dramatise). Mais la crise, on s’y fait. On s’y habitue et on s’y résigne. Surgit alors le renouveau du pop-art ! Les gens en ont assez et se dirigent vers la couleur, la joie et l’insouciance ! On assume de nouveau le côté consumériste de la société. Mieux, on l’affiche en grand, on le porte sur soit ! Le pop-art c’est le fluo, c’est le naturisme, c’est le sexe sans fioriture, c’est la BD, c’est la joie de vivre mais toujours avec ce regard acide vers notre société que l’on tourne en dérision.“Oui sur mon t-shirt je porte une publicité pour une boite de conserve ! Et j’aime ça !”

Le pop-art revient en force car c’est un savant mélange de joie et de résignation. Il risque de s’installer un certain temps dans notre paysage… enfin au moins le temps d’une saison !

Toute les informations sur le Centre Pompidou


Photo : Breve2com ŠJulien Delubac

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Photo : Mamika © Sacha Goldberger

Background : © gdefon

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s o c i e t e Les vieux existent-ils encore ?

Alors que les “jeunes” se font de plus en plus en vieux, se complaisent dans le vintage, errent à la recherche de ce petit troquet ou ces petits mocassins si pittoresque rappelant les années folles, les Trente insouciantes Glorieuses. Les vieux, eux, n’ont jamais été aussi jeunes.

, T R O M T S E X U E I V E L ! X U E I V VIVERALTIOENS ENCHANTÉES GÉNÉ

Disparition

ce segment, représenteront plus d’un tiers de la population en 2050 ? Il conviendra avant toute chose de comprendre pourquoi ces vieux sont aujourd’hui des seniors. Et oui, parce que nos vieux sont de plus en plus actifs, ou plutôt restent actifs. La retraite ou le départ des enfants n’est plus le signal d’un laisser-aller les fesses élargies par les ans engoncées dans un rocking chair sur fond de musette. Cette époque de la soixantaine est un vent de liberté, un petit mai 68 personnel qui pousse nos aînés débarrassés de leurs marmots et de leurs patrons à multiplier les activités afi n “d’être dans le coup” comme disent les jeunes.

Où as-tu disparu, toi, le pépé d’antan te tenant voûté sous le poids des années ? Bien que de nombreux spécimens de cette espèce soient encore parmi nous, le fait est qu’elle est en péril. Comme si vieillir offrait une seconde jeunesse, phénomène pour le moins surprenant, l’Homme aurait, à l’instar du chat, plusieurs vies. Ces nouveaux vieux ont dans leurs rangs quelques portes étendards officieux. Nous pourrons ainsi nous pencher sur le cas de Mamika. Cette mamie de 90 ans était une grandmère classique, aimante et légèrement dépressive, comme ce doit de l’être toute personne âgée. Celle-ci a aujourd’hui laissé toute mesure et pudeur de côté et est devenue un model photo plutôt extravagante pour sont petit fi ls le photographe Sacha Goldberger. Il en va de même pour Liu Xianping, 72 ans et égérie pour une marque chinoise de vêtement pour adolescentes qui grâce à lui a quintuplé ses ventes. Ce personnage haut en couleurs assume totalement le fait de se travestir et va même jusqu’à le revendiquer “Pourquoi ne serait-il pas acceptable pour quelqu’un comme moi de porter des vêtements de femme ? Poser pour la boutique aide ma petite fi lle, et je n’ai rien à perdre”. Et que dire de cette maintenant célèbre Ruth Flowers, DJ anglaise au succès fulgurant ? Elle aussi a croqué dans la pomme tendue par son petit-fi ls : “Mamie, ce serait trop cool que tu apprennes à mixer !”. Mamie ne c’est pas faite prier

Ari Seth Cohen

et a même mixé lors d’une soirée Chanel au festival de Cannes. Mais certains de ces sacripants d’un autre temps n’ont pas attendu d’être contaminés par la folie douce de leurs petits-enfants, ainsi feu Stéphane Hessel levait des barricades à 93 ans, Jeanne Moreau tournait un clip avec les Têtes Raides et Jean Paul Gautier, vieux avant l’heure, nous présentait en 2011 un défi lé «antijeunisme». Les damespipi vieillissantes se transforment en paparrazzi (http://www.damepipi.tv/) et les jeunes trouvent que certaines grannies sont de véritables modeuses, voir par exemple les portraits de Ari Seth Cohen. Une question alors s’impose, que pourrons nous faire pour être les jeunes de demain alors que ces seniors, qui représentent une concurrence féroce sur

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Il va s’en dire que les nouvelles technologies ne sont sans doute pas complètement innocentes dans leur décadence. Ces grands ou petits écrans lumineux leurs font découvrir de nouveaux horizons, font disparaître les frontières et estompent les différences générationnelles. Fini également le temps du bas de laine, des économies de toute une vie cachées sous le matelas de la veuve éplorée. Les seniors savent qu’ils sont riches et comptent bien manger l’héritage avant l’heure, les bougres ! De ce fait ce sont eux qui ont aujourd’hui le plus fort pouvoir d’achat. À eux les croisières sur le Nil et les thalassos en pension complète. Nous pourrions fi nalement nous demander si ces vieux sont bien différents de nous, et n’ont pas juste l’envie de vivre comme avant en oubliant les affres de la vieillesse afi n de profiter d’une vie sans contraintes en se rappellant leurs vingt ans où rien n’était impossible…


e n

c o u v

Il est difficile à croire que nous sommes en 2013 si vous jetez un regard un peu plus poussé au milieu des Internets fascinants qu’est tumblr : l’invasion hipstero-seapunk rétro-futuriste est proche.

SEAPUNK ET H IPSTER L’INVASION D ES COURANTS INDÉ DE LA MODE

Sea-quoi ? Le hipster, dans ses formes originelles était un courant des années 40, aux Etats-Unis ou les jeunes blancs s’appropriaient le mode de vie des chanteurs de jazz à savoir donc une liberté sexuelle dénuée de toutes règles, de la drogue à profusion et de la musique. Un peu plus tard, ce mouvement hipster s’est quelque peu imprégné de la sphère hippie

(cf. Woodstock et les glorieuses années 60/70) pour enfi n se fi nir sur nos proches années à un courant où manger bio, c’est cool et écouter des groupes de rock alternatif même mauvais, c’est être branché. Le hipster de base aime se prélasser dans les quartiers nonembourgeoisés parce que le hipster, bien qu’il soit en général assez fortuné est assez radin et aime être là où personne n’est. Oui, seulement, le courant hipster, n’est pas le seul. Ces dernières années, n’avezvous pas remarqué une masse de gens aux cheveux bleus arborant tee shirts bariolés et une multitude de tumblr aux GIFS mêlant sirènes, poissons et couleurs pastels ? Une réponse à ça : SEAPUNK.

Photo : ©Jean-Côme Cabanne e

Il s’agit d’un courant assez récent puisque la première fois que le mot “seapunk” fut écrit, c’était en 2011 sur twitter grâce à un DJ résidant à Brooklyn, j’ai nommé Lil Internet : “j’ai rêvé d’un blouson de cuir dont les clous ont été remplacés par des crustacés #Seapunk.” C’est donc un courant 2.0 mêlant images ringardes, très pixellisées. Il est éclaté un peu partout dans le monde et il est en perpétuelle évolution, chacun y

apportant son inspiration et sa touche personnelle. Moyenne d’âge de 13 à 19 ans. Vous reconnaîtrez les adeptes du monde sous-marin par leurs couleurs de cheveux arcs en ciel bien souvent délavées, des tee-shirts très larges tie and dye et autres motifs kaléidoscopiques d’animaux d’outremer (hippocampes, sirènes, dauphins) ou par des images graphiques 3D façon années 90 (par exemple le sablier ou la souris de Windows 98).

Source: Sea Punk Gang

Le seapunk aime beaucoup la musique, surtout l’éléctronique 8-bit type Crystal Castles ou Unicorn Kid et toutes les ambiances un peu rêveuse. Un style vestimentaire inédit issu d’une vraie philsophie : - Être très connecté et dévoilé ses états d’âmes sur tumblr. - Avoir un style créatif « moodboard » (mur d’inspirations). - Aimé avec passion les références visuelles, particulièrement celles venant des années 90.

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Au-delà d’un mouvement très urbain, vous pourrez sans doute croiser au détour de grandes maisons haute couture ces inspirations.

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On se souvient du fashion show de Karl Lagerfeld transformant le Grand Palais en royaume océanique et Florence Welch (chanteuse de Florence & The Machine) sortant d’un coquillage avant de donner son concert.

Ainsi que de Jeremy Scott pour sa collection automne/hiver2012 : piercings, bleu et motifs rétro. Le seapunk : une inspiration internet 2.0, une concrétisation urbaine, une

fi nalisation sur les podiums ? Il n’en reste pas moins que la tendance envahit la sphère internet et que les petits ovnis seapunks aux cheveux multicolores sont de moins en moins marginalisés.

COMBAT DE CATCH : Hipster VS Seapunk tatouages fleuries et/ou geometriques

casquette custumisee : javel pour creer les reflets aquatiques et perles

barbes et/ou cheveux teints dans les couleurs pastels de l’arc-en-ciel : rose, bleu, violet et vert principalement

bijoux crustaces a base de coquillages ou de figurines aquatiques t-shirts acidules aux reflets brillants. Tie and dye, motifs geometriques, ou encore illustrations

skinny epures ou leggings over-colores du moment que c’est tres pres du corps

Le hipster se veut marginale, ce cependant vous en trouverait 10 à cchaque coin de rues. Assez froid au premier regard, le hipster est connu pour faire la tête. De même, qu’un hipster n’aimera jam jamais les mêmes choses que vous seulement par principes, même si au fond de lui, il a bel et bien se ses guilty pleasures. Le petit être se seapunk lui ne mord pas. Il n’y a pas vraiment de code quand au mo mouvement étant donné qu’il n’est pas si démocratisé que ça. Cela dit dit, le seapunkisme n’interdit pas d’aimer ouvertement les Spice Girls et les licornes. D Dans la rue, vous reconnaitrais un hipster de part son petit super skin skinny noir et une chemise fleurie ffermée jusqu’à ce qu’il ne puisse plu plus respirer. Le hipster aime bien montrer son gros casque audio Ma Marshall, porté fierement autour du co cou. Le petit bonnet retroussé est au aussi populaire ainsi que les New Ba Balance aux pieds histoire d’être un peu décontracté. À contrario, le seapunk est bien plus dans l’excentricité. Des chev cheveux multicolorés aux leggings gala galaxies et des baskets compensés plateformes back to the 90’s.

basket aux couleurs outre-mer ou compenses en rappel des annees 90

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m o d e Paris, New York, Londres, Milan...

Les Fashion Weeks automne-hiver s’enchaînent et les premières tendances sont perceptibles. Cette saison sera dans le contraste et les mariages d’oppositions : ambiguïté de genre, lignes fluides et imposantes, rétro et avant-gardiste, classique et gunge. Cette année la femme va pouvoir faire parler sa personnalité et ses multiples facettes.

4 1 0 2 S E C N A D N E T S E EZ-VOUS ! R L V U O C , R E - HIVE AUTOMN

Couleurs

Coupe

Matière

Le noir va avec tout. Mais l’alternative de cette saison est le bleu marine profond. C’est LA couleur de cet hiver. Il se porte en total look ou en grand aplat de couleur dans des manteaux d’homme pour femme. Cette tendance se retrouve chez Céline, Hermès, Nina Ricci ou encore Calvin Klein.

Cet hiver, les créateurs atténuent encore la frontière entre féminin et masculin avec des coupes droites et rigides. Dries Van Noten ou Jil Sander optent pour de grand manteau d’homme.

Toujours dans l’optique masculinfeminin, la femme s’habille de tweed cette année sous l’influence de Coco Chanel. Il se porte très féminin et total look chez Chanel, Dolce & Gabbana, Ackermann ou encore Lanvin.

À contrario Gucci, Kenzo, Fendi, Versace et d’autres optent au contraire pour des couleurs pop, disco voir punk. Les motifs sont comme des taches et les vêtements deviennent bicolore, tricolore voir plus, associant des couleurs comme le noir, le rose, le bleu, le jaune, le rose, le marron, le vert... Les carreaux sont aussi de la partie avec le retour des motifs écossais sous toutes ses formes et tous ses coloris chez Saint Laurent, Louis Vuitton, Dolce Gabbana ou encore Jean Paul Gaultier. Si le noir est toujours d’actualité, le blanc est encore à l’honneur cette année en total look comme chez Valentino, Isabel Marant ou encore Elie Saab. Sinon la mode hipster ne nous a pas laissé indemne et on voit apparaître des imprimés naïfs (étoiles, Bambi, etc.) chez Saint Laurent, Givenchy, Hermès, Lanvin ou encore Kenzo. Et le top de cette année : le manteau rose pâle très vaporeux et poétique que l’on retrouve chez Dior, Chanel et d’autres. Et attention, la surprise de la saison est le retour du motif militaire de camouflage. Dans les gris ou kaki, on le retrouve chez Alender Wanf, Michae Kors ou encore Balenciaga.

Coupe garçonne pour Vuitton, Balmain proposent des épaules carrées. Stella McCartney, Ralph Lauren ou encore Yohji Yamamoto font dans les costumes trois pièces avec un look de mafia : les coupes larges, la cravate épaisse et les fi nes rayures. À contrario chez Balenciaga, Proenza Schouler, Gucci ou encore Givenchy et Kenzo, la tendance est aux épaules arrondies très années 40. Les coupes strictes et épurées sont également à la mode notamment chez Chanel, Dolce & Gabbana ou encore Céline. Le retro n’a pas complètement disparu pour autant avec un vent de décontraction inspiré de Gavroche. Gilet de costume, pantalon taille haute, casquette noir sur l’œil. Un retro très garçonne donc, loin des corsets mais sculptant la silhouette tout autant. Et bien sûr le contraire de cette tendance garçonne se retrouve chez d’autres créateurs au contraire très féminin années 40. Épaules légères, tailles fi nes, jupe aux genoux, décolletés généreux. La silhouette en sablier est en vogue chez Prada, Gucci, Christan Dior, Marc Jacobs ou encore Bottega Veneta. Autre tendance aux antipodes, celle de Versace, Rodarte, Saint Laurent ou encore Zadig & Voltaire qui révinventent le grunge des années 80. On se moque des conventions et du bon goût. Une tendance qui raviera sans doute Courntey Love.

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La fourrure revient réinventée avec des couleurs qui n’ont rien de naturel. Mais plus que la fourrure, c’est le mohair qui est à l’honneur cette année. Plus écolo que la fourrure, il crée des volumes et de la légèreté chez Alexader Wang, Emporio Armani, Balmain, Jean Paul Gaultier, Sonia Rykiel ou encore Louis Vuitton. Autre tendance, la maille métallique. Une façon de montrer sans montrer, la résille métallique dévoile épaule, hanche ou poitrine dans un cache-cache subtil. Suggérer mais pas montrer, on retrouve cette tendance chez Chloé, Anthony Vaccarello et Paco Rabanne. La plume est un classique et elle se décline encore cette saison. La plume d’autruche, douche et légère inspirent les robes de Dries Van Noten, Gucci, Osar de la Renta, Louis Vuitton ou encore Vivienne Westwood. Et l’élément indispensable de cette année : le retour de la cuissarde, plus haute que jamais. Elles sont en cuir lisse comme une seconde peau. Nouveauté, l’apparition de bas de cuir que l’on rentre ensuite dans une botte. On retrouve les cuissardes chez Balmain, Chanel, Céline, Zadig & Voltaire ou encore Emilio Pucci.


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Avec les participations Nicolas Vasseur Yohan Font C么me Desbarres Jean Risole Emilie Benjamin Verlomme Kevin Cayrier Xavier Abrial Depin Jiss茅 Marion Nicolay-Cabanne Aleks Ray Philippe Staner

MERCI

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Twinty Magazine - N°1