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Prévention et sécurité au travail

Fort comme un bœuf Par Samuel Laverdière, CRIA

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radition ou innovation? Homme ou machine? Force physique ou puissance mécanique? Ces choix vous sont-ils familiers? Pour des raisons d’efficacité, de productivité ou financières, un gestionnaire doit faire ce genre de choix pour le bien de son entreprise. Et ces interrogations ne sont pas étrangères au travail d’un chauffeur-livreur qui manutentionne des milliers de kilos de marchandises quotidiennement. Doit-il déplacer ces charges manuellement ou met-on à sa disposition un outil pour l’aider? Si oui, quel outil? Et le préparateur de commandes dans votre entrepôt? Ne déplace-t-il pas des centaines de boites par jour, du fin fond de vos palettiers jusqu’au quai de chargement? Ces deux travailleurs utilisent probablement un transpalette dans le cadre de leur travail. Comment savoir s’il faut privilégier un équipement manuel ou s’il faut investir dans un équipement semi-électrique ou 100 pour cent électrique? Voici un bref comparatif des avantages et des inconvénients des transpalettes manuels et électriques.

Jus de bras Qu’on le nomme chariot à palettes, «jigger» ou équipement roulant non motorisé servant à la manutention manuelle, le transpalette manuel se caractérise principalement par sa simplicité d’utilisation.

En effet, il ne requiert aucune formation obligatoire selon la règlementation (mais elle est fortement recommandée). Le travailleur se déplace à pied, à côté de son équipement. Il est maniable dans les espaces restreints et se transporte aisément à l’intérieur d’un fourgon. Le dispositif de levage s’actionne par un système hydraulique (à pédale) d’une grande précision et qui s’apprivoise facilement. Par contre, parmi les points négatifs de ce type d’équipement, on constate qu’il requiert une importante force physique lorsqu’arrive le moment de déplacer une charge imposante statique. Imaginez déplacer un grand récipient pour vrac (tote tank) plein de liquide; le travailleur devra amorcer le déplacement de cette marchandise uniquement grâce à son jus de bras. Il y a fort à parier que le travailleur réussira, mais répéter cette tâche plusieurs fois par jour augmentera de façon notable le risque de blessures et de troubles musculosquelettiques (TMS). Et qu’en est-il si ce travailleur emprunte un trajet dans l’entreprise où il doit négocier avec un sol en pente? S’il se place plus bas dans la pente que le transpalette, il risque de se faire écraser; s’il se place plus haut dans la pente, il devra générer un énorme effort physique pour retenir le transpalette chargé. Ainsi, les «jiggers» ne sont pas appropriés pour tous les types de charges et d’environnements.

Courant alternatif Moins coûteux qu’un chariot élévateur, le transpalette électrique arrive à combler bon nombre de tâches autrement réservées à ce massif engin mécanique. Les avantages du transpalette électrique sont, par exemple, son importante capacité de levage, le fait qu’il ne requiert peu ou pas d’efforts physiques dans son utilisation et le comportement du transpalette qui s’apprivoise en peu de temps. En résumé, les points positifs de cette machine sont sensiblement les mêmes que l’option manuelle, sauf qu’elle est alimentée par l’énergie électrique plutôt que par la force humaine. D’un autre côté, certains points sont aussi à considérer : une formation est obligatoire en vertu du Règlement sur la santé et la sécurité du travail et les transpalettes électriques nécessitent un entretien soutenu, notamment en raison des batteries, et leur masse les rend plus difficiles à utiliser à bord d’un fourgon. Le prix associé à un transpalette manuel tournera dans les quelques centaines

de dollars, tandis qu’un transpalette électrique vous coûtera plusieurs milliers de dollars. Peut-être que l’investissement en vaut la peine s’il permet de prévenir une lésion professionnelle au dos, par exemple.

Colloque de Via Prévention Le 9 novembre prochain, au Golf Métropolitain d’Anjou, Via Prévention tiendra son colloque annuel intitulé «Voyage en sécurité». Les conférences se succèderont pour proposer une journée sans accident dans la vie d’un camionneur. Elles aborderont, entre autres, la manutention manuelle, les distractions et la fatigue au volant ainsi que la prévention des blessures lors de l’arrimage. Pour plus de détails, visitez le viaprevention.com. TR Samuel Laverdière, CRIA, conseiller en prévention chez Via Prévention, possède un baccalauréat en relations industrielles. Il forme et conseille des gestionnaires et travailleurs des entreprises de transport au Québec. On peut le joindre à samuel.laverdiere@ viaprevention.com OCTOBRE 2017

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Transport Routier Octobre 2017  
Transport Routier Octobre 2017