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Prévention et sécurité au travail

Trouver chaussure à son pied Par Samuel Laverdière, CRIA

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es équipements de protection individuels (EPI) sont probablement ce qu’il y a de plus commun quand on pense à la santé et la sécurité du travail. Il existe des bouchons qui bloquent les sons les plus assourdissants du monde, des gants sont disponibles pour tout type de travail, les dossards sont plus réfléchissants que le soleil lui-même, les lunettes incorporent les prescriptions optométriques, et j’en passe. L’EPI le plus répandu, tout milieu de travail confondu, demeure la chaussure de protection, alias les caps d’acier. Est-ce que tous les travailleurs utilisent le même type de chaussures de travail? La réponse est non; chaque milieu de travail apporte son lot de contraintes et de particularités. Vous êtes gestionnaire d’une flotte de véhicules lourds? Est-ce que vos travailleurs doivent porter des chaussures de protection? Devez-vous les fournir gratuitement?

Moi mes souliers Il faut savoir que le Règlement sur la santé et la sécurité du travail prévoit, à l’article 344, que le port de chaussures de protection est obligatoire lorsqu’un travailleur est exposé à un risque de blessures aux pieds. Pour vos caristes, manutentionnaires, conducteurs et mécaniciens, ces risques peuvent s’apparenter à des perforations, des chutes d’objets lourds

comme des boîtes de déménagement ou des pneus, des écrasements par des grands récipients pour vrac (tote tanks) ou des barils de matières dangereuses, des contacts avec des matières dangereuses, des contacts avec du métal en fusion (ex. : soudure/oxycoupage) et survenir lors de travaux dangereux. Pour que des chaussures de protection soient considérées conformes, elles doivent correspondre aux critères de sélection et de performance de la norme CSA Z195-02. Les travailleurs ont aussi des obligations réglementaires concernant leur propre sécurité, c’est-à-dire que si vous leur fournissez un moyen de protection, ils ont la responsabilité de l’utiliser. Vous seriez donc en mesure (et auriez l’obligation) de faire respecter cette exigence. Cette réglementation prend effet dans chacune des entreprises de juridiction provinciale du Québec. Que vous ayez un dossier vierge en accident du travail, que vos travailleurs soient intéressés ou non à utiliser des EPI, vous devez respecter votre obligation d’employeur. Concernant les entreprises de juridiction fédérale, sachez que les obligations des employeurs sont sensiblement les mêmes que les entreprises de juridiction provinciale au Québec. Pour plus de détails, consultez l’article 12.5 du Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail.

Suivre les babines Une fois que vous déterminez que vos travailleurs sont exposés à des blessures aux pieds, est-ce que vous avez l’obligation de fournir des chaussures de protection gratuitement à ces travailleurs? La réponse est oui. Les articles 338 du RSST et 51.11 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail précisent qu’il s’agit de la même obligation pour les autres équipements de protection individuels ou collectifs. Par ailleurs, votre droit de gestion peut à cet égard encadrer, par exemple, les modalités d’achat et de remplacement des chaussures de protection. Faire affaire avec un fournisseur unique, établir une procédure claire sur l’utilisation des EPI fournis par l’entreprise et une directive sur les règles de remplacement des chaussures de protection sont des exemples d’actions qu’une entreprise peut mettre en œuvre pour éliminer le risque de dérapage et de conflit concernant les EPI.

Vous envisagez l’option de fournir des couvre-chaussures de protection à vos travailleurs, au lieu de chaussures de protection? Prenez garde! Les couvre-chaussures (c’està-dire des embouts protecteurs amovibles qu’on met par-dessus ses chaussures) ne sont pas considérés comme des chaussures de protection. Ils peuvent servir temporairement, par exemple, à des personnes qui visitent ou qui traversent une zone à risque de blessures aux pieds. Enfin, avant de procéder à une commande massive de chaussures de protection, prenez le temps de connaitre les risques de blessures aux pieds dans vos lieux de travail pour ne pas partir du mauvais pied! TR Samuel Laverdière, CRIA, conseiller en prévention chez Via Prévention, possède un baccalauréat en relations industrielles. Il forme et conseille des gestionnaires et travailleurs des entreprises de transport au Québec. On peut le joindre à samuel.laverdiere@ viaprevention.com JUIN 2017

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Transport Routier Juin 2017  
Transport Routier Juin 2017