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Devenir de l’Huveaune au sein d’Aubagne

Girard Loïc. Mémoire de master P.A. 2012 Encadré par Christian Tamisier.

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Le fleuve dans la ville

D’un point de vue environnemental

1-Histoire et symbolique............................................................................................................................P2

1, Rive droite entretenue, rive gauche enrochement................................................................................P30 2, Busée , une rupture dans le corridor écologique..................................................................................P31 3, Plus d’espace pour la ripisylve................................................................................................................P32 4, un environnement étroit mais spontané................................................................................................P33 Enjeux............................................................................................................................................................P34

D’un point de vue territorial 1.Morphogénèse de la vallée de l’Huveaune...........................................................................................P5

D’un point de vue environnemental

D’un point de vue viaire Enjeux............................................................................................................................................................P38

Cadre législatif..........................................................................................................................................P12

D’un point de vue paysager

D’un point de vue patrimonial Enjeux............................................................................................................................................................P40

Entités.........................................................................................................................................................P16 Enjeux et orientations...............................................................................................................................P20

Le fleuve au sein d’Aubagne

Synthèse

...........................................................................................................................P41

Histoire de l’Huveaune au sein d’Aubagne...........................................................................................P22

D’un point de vue piéton 1, Du centre attractif au parc de l’îlot des berges...................................................................................P25 2, Les aménagements existants.................................................................................................................P26 3, L’Huveaune, inexistante.......................................................................................................................P27 Enjeux..........................................................................................................................................................P28

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Idées et propositions

................................................................................................P43

Le fleuve fédérateur Objectif.......................................................................................................................................................................................P44

Section 1, Le quartier des Défensions Idées et propositions.................................................................................................................................................................P46

Section 2, L’hyper centre Idées et propositions.................................................................................................................................................................P52

Section 3, complexe sportif et pont major Idées et propositions...................................................................................................................................................................P56

Annexe, les rôles de la ripisylve

.......................................P62

Références

.................................................................................................................................................P64

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Le fleuve dans la ville 1, Histoire et symbolique Les réflexions autour des cours d’eau en milieu urbain sont internationales et actuelles. Depuis une vingtaine d’années, ils font l’objet de questionnements quant à leur mise en valeur, leur dynamisation. Les villes après les avoir oubliés, délaissés avec leurs rivages cherchent à retisser les liens, à retrouver une fonction urbaine à ces emprises qui apparaissent aujourd’hui comme des atouts d’importance dans le développement local.

Bordeaux, rive gauche années 60

Bordeaux, rive gauche années 90

Aujourd’hui

Espace identitaire, le fleuve constitue un élément de mémoire du lieu, un bien transmis qu’il est question de mettre en accord avec les nécessités et les aspirations actuelles. Il permet d’améliorer le cadre de vie des citoyens mais aussi d’utiliser son fort potentiel imaginaire et identitaire pour bonifier l’image de la ville par des aménagements de qualité. Les réflexions sur ces nouveaux espaces urbains ne sont ni nouvelles ni françaises: les grands ports européens: Rotterdam, Amsterdam, Gênes, Bilbao, Barcelone, ont amorcé des reconversions à partir des années 1980, et ont impulsé un mouvement qui s’est étendu à pratiquement toutes villes situées au bord de l’eau, portuaires ou non.

La Bièvre, Paris

Les raisons de la rupture de la relation ville/fleuve sont différentes mais on peut observer une tendance généralisée.

Jusqu’au Moyen Age, l’eau était très présente dans les villes. Tanneurs, papetiers, blanchisseurs, teinturiers et autres artisans se sont installés au bord de l’eau. Les moulins y puisent leur énergie et les déchets des activités, effluents humains, contribuent à altérer la qualité des eaux transformées en collecteurs nauséabonds. Le siècle des lumières met fin à ces pratiques. Pour être saine « les miasmes sont pourchassés, les canaux enterrés, les rivières canalisées, les marais asséchés et la ville assainie désodorisée et déshydratée » Guillerme André  «La disparition des milieux naturels urbains aux XVIIe et XIXe»

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Le fleuve dans la ville La révolution industrielle complète la séparation ville/fleuve. La plupart des villes se dotent de quais, ainsi les fleuves se trouvent enserrés dans des étaux. Les citadins commencent à chercher la présence de l’eau en dehors des villes: c’est la mode du canotage, de la baignade, des cafés dansant sur les berges. Au XIXe et au XXe, la domestication des fleuves continue: aménagements, creusements de lit, rectifications des cours, constructions de digues et de barrages, les derniers bras morts et petits affluents sont canalisés puis enterrés. Parmi d’autres exemples, dans les années 1930, Nantes comble deux bras de la Loire et enterre l’Erdre, son affluent dans sa partie aval. À Paris, la Bièvre est progressivement couverte jusqu’en 1935 où elle disparaît jusqu’à son embouchure aux abords de la gare d’Austerlitz, la Steir à Quimper, la Vieille mer en Seine St Denis, la Leysse à Chambery, le Paillon à Nice...

L’Erdre, Nantes, avant couverture

Quant à Marseille, au début des années 80, on décide d’enterrer le canal d’alimentation en eau douce qui parcourt 77 km dans la ville et qui date de 1847. Le projet soulève de vives polémiques auprès des marseillais qui considèrent le canal comme un élément de mémoire et un patrimoine culturel offrant une aération aux quartiers traversés. L’issue, génère une longue promenade d’agrément. L’eau , tend aujourd’hui à refaire surface, les rives suscitent des projets d’envergure : la Bièvre à Paris, la Steir à Quimper, la Vienne dans la capitale autrichienne, les quais de Bordeaux, de Lyon etc... Les années 1980 sont celles de la réflexion, d’un regard historique sur le couple ville-fleuve et de la confrontation des idées. La décennie suivante voit le lancement des premières études et concours. Aujourd’hui, l’aménagement des berges et des quartiers riverains est considéré comme un fait urbanistique à part entière. L’idée que l’eau a

Au dessus de l’Erdre, Nantes 5


Le fleuve dans la ville non seulement une fonction d’assainissement et d’alimentation, mais également celle d’agrémenter le milieu urbain, de jouer une fonction sociale, voir de servir de support à une politique d’embellissement, est de plus en plus présente. Ainsi, les politiques urbaines s’inscrivent dans une logique intercommunale, les projets autour des fleuves et rivières ne peuvent être cantonnés dans les limites administratives. Les objectifs annoncés dans le « Plan bleu » de Lyon, le « Plan Garonne » à Bordeaux, la démarche « Rives de Loire » à Nantes, l’opération « Rives de Meurthe » à Nancy etc... mettent en évidence la nécessité de réfléchir à des échelles territoriales adaptées aux enjeux et à la nature de ces milieux. Aussi, afin de comprendre les relations entre l’Huveaune et son territoire, il est indispensable d’ analyser l’échelle territoriale .

La Leysse, Chambery, travaux en cours

La Leysse, Chambery, phasage

La Leysse, Chambery, vers 1880

La Leysse, Chambery, vers 1990

La Leysse, Chambery, projet à venir

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D’un point de vue territorial

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D’un point de vue territorial -1- Morphogénèse de la vallée de l’Huveaune -1-a. Une dépression entre deux massifs L’Huveaune est un fleuve qui sinue au sein d’une dépression géologique visible (en rose sur la carte). Ce paysage à prédominance calcaire est fortement marqué par les massifs de Saint-Cyr au Sud, et celui de l’Étoile dont le Garlaban culmine à 714m.

Carte géologique

La carte topographique a de nombreuses similitudes avec la carte géologique, le «  cirque  » d’Aubagne est perceptible ainsi que l’embouchure au Sud de l’hyper-centre marseillais. Aussi, leurs typologies géologiques correspondent aux courbes de niveaux topographiques. Les coteaux de cette vallée ne sont pas de même nature géologique au Nord et au Sud. Ainsi, l’Huveaune a creusé son lit au sein d’une «  unité tectonique  » affaissée qui s’étend entre le massif de SaintCyr au Sud, appartenant à la même unité géomorphologique que les calanques, et le massif de l’Étoile au Nord.

-1-b. Bassin versant et hydrologie D’une surface d’environ 500km², il s’étend à l’Est jusqu’au massif de la Ste Beaume, au Nord jusqu’au massif de l’Étoile et au Sud, jusqu’au massif des calanques. Le massif de la Ste Beaume est considéré comme le principal château d’eau de la région, les deux sommets, le Joug de l’Aigle et le signal des Béguines, culminent à 1148m. Ce massif comprend également le point culminant des Bouches-du-Rhône : le pic de Bretagne qui atteint 1042m.

Affluents

Limites communales

L’Huveaune

Il alimente de nombreuses résurgences et plusieurs cours d’eau y ont leur source: l’Huveaune, la Vède, le Peyruis, le Gaudin, le Caramy, l’Issole, le Gapeau, le Fauge.

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D’un point de vue territorial Le massif karstique supportant le plateau du plan d’Aups à des caractéristiques géologiques qui lui confèrent une grande capacité de rétention composée de multiples cavités étanchéifiées par de «  l’argile de décalcification  ». Ainsi, il permet de retenir les eaux d’infiltrations, mais peut déborder lors de fortes précipitations et augmenter les débits des cours d’eau.

La chaîne de l’Étoile constitue un vaste espace d’environ 20 000 hectares émergeant au cœur d’un complexe urbain de plus d’un million d’habitants : les agglomérations de Marseille, d’Aubagne, d’Aix-en-Provence et de Gardanne.

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de l’Étoile

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Il est à noter qu’une grande part des eaux se rejettent directement à la mer, dans les calanques, via des galeries souterraines.

Topographie

Il n’existe que deux sources quasi permanentes : celle du Jaret au Sud du mont Julien et la source des Aygalades qui ne concernent pas le bassin versant de la vallée de l’Huveaune.

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Le réseau hydrologique du bassin versant est caractéristique des massifs karstiques: il est composé de nombreux petits ruisseaux fonctionnant à la manière des oueds: les cours d’eau d’Afrique du Nord et des régions semi-désertiques, à régime hydrologique très irrégulier, tirant leurs sources des rares et fortes précipitations. Les oueds sont le plus souvent à sec, mais peuvent connaître des crues spectaculaires, qui provoquent parfois des changements de lit. Sous le massif, une grande nappe aquifère a crée des problèmes d’exploitation des mines de lignite de Gardanne provoquant le creusement d’une galerie «  à la mer  » pour assécher les mines. Longue de 15km, elle traverse le massif de l’Étoile et draine une grande quantité d’eau jusqu’au cap Pinède à Marseille.

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Mont Carpiagne

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Mont Puget

Le massif de Saint-Cyr, l’adret du massif des calanques, est entièrement constitué de roches calcaires et entaillé de vallons en « étoile » autour des sommets, mais dont aucun n’est parcouru par des cours d’eau sauf après de fortes pluies. 9


D’un point de vue territorial Le massif de Marseilleveyre draine une grande partie des eaux pluviales directement à la mer alors que l’autre partie alimente un des affluents de l’Huveaune, la « Goufone » qui rejoint le fleuve après la station de dérivation de la Pugette.

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D’un point de vue environnemental

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D’un point de vue environnemental Cadre législatif environnemental

Natura 2000 directive des oiseaux

Arrêtés de protection biotopes

ZNIEFF type 1

Natura 2000 directive habitat

Réserves biologiques

ZNIEFF type 2

Périmètre d’intervention du conservatoire du littoral

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D’un point de vue environnemental

.L’arrêté de protection de biotope trouve son fondement dans le code de l’environnement et a pour objectif la préservation des milieux naturels nécessaires à l’alimentation, à la reproduction, au repos ou à la survie des espèces animales ou végétales protégées par la loi.

.La Directive 79/409/CEE, appelée plus généralement Directive Oiseaux, est une mesure prise par l’Union européenne  afin de promouvoir la protection et la gestion des populations d’espèces d’oiseaux sauvages.

Cette protection s’applique aussi bien aux oiseaux eux-mêmes Un biotope est une aire géographique, caractérisée par des conditions qu’à leurs nids, leurs œufs et leurs habitats. Par la mise en place particulières: géologiques, hydrologiques, climatiques, sonores, etc...  de zones de protection spéciales, importantes, la directive Oiseaux consacre également la notion de réseau écologique, en tenant compte Cette réglementation vise donc le milieu de vie d’une espèce et non des mouvements migratoires, donc de la nécessité d’un travail directement les espèces elles-mêmes. C’est actuellement la procédure transfrontalier. Pour les espèces d’oiseaux visées par la directive, réglementaire la plus souple et la plus efficace pour préserver des sont interdits la destruction, la vente et le transport. secteurs menacés. L’application de la directive en France a surtout été rendue difficile .Les réserves biologiques trouvent leur fondement juridique en ce qui concerne les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse dans le Code forestier. Elles sont créées par arrêté interministériel: aux oiseaux migrateurs et aux oiseaux d’eau, et fait encore débat à l’heure actuelle. Écologie et Agriculture, pour une durée illimitée. Lorsqu’il est envisagé de réglementer des activités susceptibles de compromettre la réalisation des objectifs du plan de gestion de la réserve, les préfets et les maires disposent d’un délai de trois mois pour faire connaître leur avis.

C’est une mesure prise par l’Union européenne afin de promouvoir la protection et la gestion des espaces naturels et des espèces de la faune et de la flore à valeur patrimoniale, dans le respect des exigences économiques, sociales et culturelles. Elle a pour objectif de maintenir ou de rétablir la biodiversité de l’Union européenne. Pour cela elle vise à recenser, protéger et gérer les sites d’intérêt communautaire. Un site est dit «d’intérêt communautaire» lorsqu’il participe à la préservation d’un ou plusieurs habitats et d’une ou plusieurs espèces de faune et de flore, et contribue de manière significative à maintenir une biodiversité élevée. Tout projet non prévu dans la gestion et la protection du site doit faire l’objet d’une évaluation de son impact. S’il s’avère que le projet peut avoir un impact suffisamment important, il est annulé, sauf dérogation exceptionnelle pour des raisons impératives d’intérêt publique.

.La directive 92/43/CEE plus généralement appelée directive Habitats, concerne la conservation des habitats naturels ainsi que des espèces de la faune et de la flore sauvage.

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D’un point de vue environnemental .ZNIEFF est le sigle qui désigne en France une zone naturelle d’intérêt  écologique,  faunistique  et  floristique. L’inventaire des ZNIEFF est un programme naturaliste et scientifique. Il correspond au recensement d’espaces naturels terrestres remarquables. La désignation d’une ZNIEFF repose surtout sur la présence d’espèces ou d’associations d’espèces à fort intérêt patrimonial. La présence d’au moins une population d’une espèce déterminante permet de définir une ZNIEFF. .Les ZNIEFF de type I, de superficie réduite, sont des espaces homogènes d’un point de vue écologique et qui abritent au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés, d’intérêt aussi bien local que régional, national ou communautaire; ou ce sont des espaces d’un grand intérêt fonctionnel pour le fonctionnement écologique local.

Littoral intervient prioritairement sur les sites menacés par une forte pression foncière, marqués par un processus de dégradation de la biodiversité, attractifs pour le public et/ou comprenant des activités traditionnelles à maintenir ou à réimplanter. Il est étonnant de constater que seule une toute petite partie de l’Huveaune, en amont, est concernée par un périmètre de protection. La forêt rivulaire qui accompagne ce fleuve est restreinte par les infrastructures, ainsi que les réseaux mais elle continue à jouer ses multiples rôles environnementaux. Malheureusement, même à cette échelle législative, le fleuve est comme nié, considéré encore une fois comme une infrastructure alors qu’au coeur de la vallée il constitue l’élément végétal spontané majeur.

.Les ZNIEFF de type II sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. Elles peuvent inclure des zones de type I et possèdent un rôle fonctionnel ainsi qu’une cohérence écologique et paysagère. Cet inventaire est l’un des éléments majeurs de la politique de protection de la nature, de prise en compte de l’environnent dans l’aménagement du territoire :Trame verte, réseau écologique, etc... ainsi que dans certains projets de création d’espaces protégés,dont les réserves naturelles. Il n’était pas prévu pour être opposable, mais la jurisprudence en a fait un référentiel reconnu et utilisé par les tribunaux. .Le conservatoire du littoral est un établissement public de l’État à caractère administratif, qui a pour mission « de mener, dans les cantons côtiers et dans les communes riveraines des lacs et plans d’eau d’une superficie au moins égale à mille hectares, une politique foncière de sauvegarde de l’espace littoral, de respect des sites naturels et de l’équilibre écologique ».Le Conservatoire a donc une double mission : acquérir définitivement des terrains, puis veiller, en relation étroite avec les conseils municipaux, les collectivités territoriales intéressées et ses partenaires, à la gestion patrimoniale de leurs richesses naturelles et culturelles. Le Conservatoire du 14


D’un point de vue paysager

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D’un point de vue paysager 1. La haute vallée, de SaintZacharie à Auriol

Paysage du massif du Regagnas

2.Le seuil de Pont-de-Joux à Roquevaire, les gorges de Saint-Vincent

Paysage du massif de l’Etoile-Garlaban

3. Les versants du Garlaban

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4. Le piémont du Garlaban 5. La plaine de Gémenos à Aubagne 6. Le versant nord du massif de Saint-Cyr 7. Le couloir industriel

Paysage de la Ste Beaume

3 5 Paysage du bassin de Marseille

8. Le versant de la SainteBaume et le vallon de SaintPons

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4 7 6 Paysage de Castillon-Cuges

Paysage du massif des calanques

Limites des unités paysagères

Carte des unités paysagères 16


D’un point de vue paysager La vallée de l’Huveaune est caractérisée par un environnement contrasté entre les paysages naturels qui l’encadrent et ceux façonnés par l’homme: terroirs de restanques sur les versants, surfaces irriguées en fond de vallée, paysage bâti continu des villes, des usines, des zones commerciales et des réseaux. 1.La haute vallée est constituée d’un cirque boisé autour de cultures irriguées grâce au fleuve. Formée par l’ensemble montagneux du mont Aurélien et de la Ste Beaume, leurs restanques sont cultivées en oliviers, câpriers, fruitiers et vignes. Ce paysage est représentatif d’une image de la Basse-provence accompagnée de moulins au fil de l’eau. 2.Le seuil. À la sortie d’Auriol, le fleuve emprunte des gorges cloisonnées par les reliefs désolés et arides des contreforts du Garlaban et de la Ste Beaume 3.Les versants du Garlaban. Le profil caractéristique domine la plaine au Nord. Les versants sont composés de falaises et de garrigues rases. 4.Le piémont du Garlaban. Ce paysage caractéristique de la campagne provençale avec ses restanques, ses oliviers, ses vignes , ses mas et petits hameaux est structuré par de nombreux petits vallons ainsi que des buttes bordées de pins. Ce belvédère contient de nombreuses perspectives sur le lointain avec la vallée en contrebas qui reste invisible mais où l’habitat diffus tend à progresser sur les versants.

dimension particulière au paysage. L’agitation des flux, les hangars, les zones commerciales, les industries en activité, les friches industrielles, les parcs des bastides, les îlots cultivés se côtoient. Cette trame relativement dense cloisonne l’espace et nie l’Huveaune.

1 2 3

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8. Le versant de la Ste Beaume et le vallon de Saint-Pons. Le parc de SaintPons est un havre de fraîcheur qui joue un rôle de seuil avec les sommets aride de la Ste Beaume.

8

2 5

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Le «cirque» d’Aubagne

5.La plaine, de Gémenos à Aubagne. Respiration dans le cours de la vallée, son paysage est hétérogène: les cultures se superposent à un habitat diffus, des immeubles, des zones commerciales, un labyrinthe de voies et de dessertes sans oublier le réseau autoroutier 6. Le versant Nord du massif de St Cyr. L’horizon Sud est masqué par une «muraille» de calcaire gris, austère, qui semble impénétrable. Les zones claires sur les versants sont les vestiges d’anciennes carrières. 7. Le couloir industriel. D’Aubagne à Marseille, le tissu de réseaux, composé de voies ferrés, autoroute, ligne THT, routes, donne une

Auriol cours du 4 septembre 17


D’un point de vue paysager

Roquevaire vers 1960

La vallée constitue un territoire soumis à une forte pression urbaine dans l’axe de la conurbation de Marseille à Aubagne. Ce vaste couloir de communication est fortement urbanisé dans sa partie Ouest.

Roquevaire aujourd’hui

Quant à la haute vallée, les espaces encore libres subissent une poussée des pôles urbains qui génèrent un mitage résidentiel en plaine et sur les coteaux comme la mutation spectaculaire de Roquevaire, Lascours ou Auriol, en sont les illustrations. Le caractère agricole d’antan décline en faveur d’un espace péri-urbain déconnecté. Les structures paysagères caractéristiques sont les versants qui encadrent la vallée, les trames résiduelles des terroirs irrigués et du tissu industriel ancien : moulins, fabriques etc, la ripisylve de l’Huveaune et ses affluents, les sites des centres villageois et leur paysage urbain. Ceux-ci constituent un paysage caractéristique même si il est hétérogène.

Le bandeau industriel

Parc de Saint-Pons

Parc de Saint-Pons

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D’un point de vue paysager

Sites remarquables

Franges et transitions de l’urbanisation

Limite de l’unité «vallée de l’Huveaune»

Villages, châteaux et monuments remarquables

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D’un point de vue paysager

Pont sur l’Huveaune, Roquevaire

Les enjeux et orientations. Parmi les sites remarquables, à protéger et à mettre en valeur se trouvent, à Auriol, le terroir de terrasses de Sauveclare mais également les rives de l’Huveaune et sa forêt rivulaire. Le site des gorges de Saint Vincent à Pont-de-Joux, tout comme les terroirs en terrasses autour de Roquevaire, Lascours et Gémenos sont un patrimoine identitaire de la vallée. Le vallon Saint-Pons ainsi que la colline de la Salette sont également à protéger tout comme le site de L’Aumône, à Camp Major, sur la commune d’Aubagne. Le maintien des espaces «à caractère de nature» et des terroirs agricoles dans la basse vallée, aux abords d’Aubagne de même que sur les piémonts du Garlaban sont des enjeux prioritaires, tout comme la pérennisation de la ripisylve de l’Huveaune afin de garantir la préservation de l’identité de ces paysages.

Restanques, Lascours

Il est également nécessaire de maintenir une lisibilité, un équilibre, une mixité et une interpénétration entre agriculture, espace à «caractère de nature» et extension urbaine. Ainsi, les franges entre zones urbaines, zones d’activité, et espaces agricoles doivent être maîtrisées. Le long de la vallée, de nombreuses friches (pré-industrielles, rurales)ont une valeur patrimoniale en terme de témoignage ou de reconversion. Ainsi un inventaire prospectif pourrait être envisagé autour de ce patrimoine, de ces espaces dégradés ou délaissés, en particulier ceux liés à l’Huveaune, afin d’en maîtriser l’avenir.

Le Garlaban depuis le centre historique d’Aubagne

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Le fleuve au sein d’Aubagne

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Le fleuve au sein d’Aubagne 2, Histoire d’Aubagne.

de

l’Huveaune

au

sein

Aubagne n’échappe pas aux représentations de toutes les rivières ou fleuves provençaux à débits torrentiels qui traversent villes et villages. Pierre Vidal Naquet écrivait en 1934, « L’Huveaune n’entretient pas le lien social, elle sépare et isole, elle sert d’élément de distinction, crée une rupture dans l’espace qui est en même temps une rupture sociale. » La réaction en hyper-centre est logique, l’Huveaune et le Merlançon qui formaient les défenses naturelles de la cité médiévale, furent au cœur des préoccupations des édiles aubagnais lorsque la ville s’étendit au XVème siècle. Pour modérer ses débordements dans la ville basse, de nombreuses réalisations furent menées : calibrage, nettoyage, constructions de murailles, de voûtes…

Ancien cours de l’Huveaune Allée des marronniers

Quartier du général, Le Merlançon

C’est en 1835 que la municipalité fit le choix d’imposer les aubagnais pour réaliser les travaux de redressement du lit de l’Huveaune. L’ouverture d’un lit en ligne droite sur 430 m de longueur et 15 m de large en partant du Pont de Reyne fut réalisé de 1838 à 1842 après deux ans de démarches et enquêtes publiques. Ces travaux entraînèrent le redressement des routes départementales et royales, la construction des ponts de la Gare et de Roquevaire, enfin permirent de créer les vastes places dont la ville manquait : le cours Voltaire (anciennement Lafranchisque), le cours Foch (anciennement Legrand), le cours Barthélemy et la place de l’Obélisque.

Couverture du Merlançon

Ils ne furent que les prémices d’un vaste mouvement de couverture de l’Huveaune.

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Le fleuve dans Aubagne

Centre ville, 1842, chronologie des couvertures

Le 26 avril 1894, un projet de couverture entre le pont de la Gare et celui de Roquevaire est dressé par Henri Rostan, architecte de la ville afin de doubler la surface restreinte du Cours Legrand les jours de grande concentration pour le champ de foire et de marché. Le projet sera réalisé un an plus tard. Le 24 septembre 1930, un projet de couverture en ciment armé entre le CGC2 de Gémenos et le cours Voltaire est dressé par l’ingénieur TPE De Ramy. Cette construction voulait améliorer la circulation et élargir les routes de Gémenos et Beaudinard. Le 18 janvier 1930, un projet de couverture de l’Huveaune en béton armé entre le Cours Foch et le pont de l’Île des Marronniers sur 254 m et construction d’un radier est dressé le 18 janvier 1930 par l’ingénieur d’arrondissement Combet.

1980

1930

1900

1970

Les travaux d’empierrement et goudronnage de la couverture de l’Huveaune ne furent réalisés qu’en 1938. L’esplanade De Gaulle est ainsi créée. En 1966, l’Huveaune est couverte sur 50 m au droit de l’avenue Elzéard Rougier et du cours Foch. Le lavoir est détruit. En 1970, la couverture de l’Huveaune est continuée en aval du jardin d’enfants sur 63 m.

1903

1912

Allée des marronniers avant la couverture

Allée des marronniers fraîchement crée

En décembre 1972, les travaux de couverture de Couteaune route de Gémenos se poursuivent et le 9 juin 1973 le parking du 14 juillet est inauguré. En mars 1981, une nouvelle tranche de couverture de la rivière à l’Île des Marronniers est commencée et permettra l’extension du parking déjà existant.

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Le fleuve dans Aubagne

La planque

Esplanade de Gaulle

Le Kiosque à musique

Avant l’autoroute 1950

Tâche urbaine d’Aubagne Limites communales Voie de chemin de fer Huveaune

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Du point de vue d’Aubagne

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D’un point de vue piéton

1, Du centre attractif à l’aménagement des berges

2,Une fréquentation d’initiés

3, l’Huveaune délaissé

Cheminements doux 26


D’un point de vue piéton 1, Du centre attractif au parc de l’îlot des berges Bien que l’automobile ait encore une place sur l’esplanade de Gaulle, la plus grande partie est piétonnisée. Ainsi, ce centre attractif est agréable, dégagé, et tranche avec l’ambiance labyrinthique du centre historique. Cet espace est vivant, mais l’Huveaune y est totalement invisible alors qu’elle est la genèse de sa construction. L’aménagement de la rive droite menant au parc de l’îlot des berges, est intéressant car il donne une visibilité au fleuve en le rendant accessible à tous. Cette aménité pourrait étirer l’influence du centre ville et palier le manque «d’espace à caractère de nature» en s’appuyant sur un élément fondateur et structurant de la ville, son fleuve.

Cours Voltaire

En amont du pont de la Planque, les berges de la rive droite sont entretenues, fauchées même si les indices d’usages sont quasiment absent. La promenade est agréable au plus près de l’eau, la route de Gémenos est en surplomb, ainsi, les nuisances sonores sont quasiment absentes.

Berges aménagées

Rive droite entretenue

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D’un point de vue piéton 2, Les aménagements existants Aux abords des complexes sportifs du Bras d’Or, de Serge Mésonès et du Lycée, ce sont le nombre de barrières, grillages et autres signes d’interdiction qui dominent. Pourtant, c’est dans cette séquence que l’on trouve le plus d’aménagements et de fréquentations. Cette séquence se divise en deux sections: à l’est de l’autoroute l’ambiance est sportive, ce sont surtout des athlètes qui s’y entraînent ou ont un temps de repos à l’ombre, proche de la fraîcheur du fleuve.

Belvédère aux abords du lycée, entre fleuve et barrière

À l’ouest, l’ambiance et les aménagements sont plus résidentiels, jeux d’enfants, promenades, bancs publics. Les plantations sont ornementales et parfois exotiques comme une promenade accompagnée de nombreux grenadiers... L’autoroute crée une rupture dans la continuité piétonne qui pourrait accompagner la forêt rivulaire et les deux berges sont inégalement exploitées. Ici aussi , la rive gauche est moins soignée.

Mobilier pour profiter de la fraîcheur au complexe Serge Mésonès

Promenade «des grenadiers» aux amaryllis

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D’un point de vue piéton 3, L’Huveaune, inexistante À l’Ouest de la ville, le fleuve est traité comme une infrastructure ou un réseau gênant. Accompagné des maillages viaires et ferroviaires, ce bandeau crée une rupture entre le Sud industrialisé et le Nord résidentiel. Ces espaces mono fonctionnels, n’ont aucun lien avec le fleuve qui est considéré comme une contrainte. De l’arrière des activités à l’arrière des propriétés, l’Huveaune n’est plus accessible, ni visible.

Arrière d’entreprise

Même les entreprises n’ont trouvées aucun intérêt à cet espace privilégié, vecteur de fraîcheur qu’est un fleuve en climat méditerranéen. Ainsi, seul la ripisylve marque sa présence aux riverains.

L’Huveaune au sein du «bandeau» d’activités

Arrière des services techniques

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D’un point de vue piéton Enjeux. Le caractère linéaire des ripisylves, leur confèrent un fort potentiel de liaison douce.

public à «caractère de nature» respectant les valeurs écologiques tout en fédérant les citoyens. Pour se faire, il est important de s’appuyer sur les usages, les aménagements et les potentialités existantes.

La perception du fleuve par les habitants est inexistante voire négative pour ceux qui en connaissent l’histoire. Il est a souligner, le peu de visibilité de celui-ci pour le grand public.

Ainsi, appliqués, les objectifs seraient de:

La question qui se pose est, doit-on créer une aménité qui permette aussi bien une connexion inter-quartiers que l’amélioration du cadre de vie?

. Propager l’attractivité du centre, et de la ville historique le long des rives jusqu’au parc de l’îlot des berges, afin de rendre l’Huveaune accessible pour tous. Aussi, le long de l’avenue Antide Boyer, fréquentée majoritairement par les touristes, donner une visibilité au fleuve serait bénéfique pour l’ensemble.

. Connecter les quartiers riverains aux aménités comme les complexes sportifs, le lycée avec le fleuve ou encore le quartier des Arpèges au nouveau quartier Rousselot, donc au tramway, de même que les cheminements ponctuels existant. Ces objectifs doivent impulser et conforter une cohérence de l’aménagement global, les séquences permettant de s’appuyer sur un contexte particulier pour promouvoir une cohésion générale.

Les objectifs seraient la transformation des berges en véritable espace

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D’un point de vue environnemental

1, Des berges asymétriques

3, Une ripisylve plus ample

2, L’huveaune busée

4, Arrière cour

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D’un point de vue environnemental 1, Rive droite entretenue, rive gauche enrochement C’est la diversité des essences, des types de plantes et d’enracinements qui rend les ripisylves résistantes. Cette première séquence est asymétrique, la rive droite entretenue présente une faible représentation de la végétation buissonante et arborescente. Ceci influe sur les multiples rôles de la forêt rivulaire: le rôle de corridor biologique, d’épuration via les systèmes racinaires et leur relations, ainsi que la fonction de ralentisseur de crues.

Berges Est, Rive droite entretenue

La rive gauche est inaccessible car le pendage est abrupt. Surplombée par la route de Gémenos, l’emprise de la ripisylve se trouve ainsi réduite. Les végétaux y sont spontanés même si un entretien est effectué par le syndicat de l’Huveaune. Afin d’assurer le maintien des berges, et pour lutter contre les inondations, la politique d’enrochement généralisée, qui ne fait pas l’unanimité, améliore les niches pour la faune, mais détériore le support édaphique des végétaux. La faible fréquentation permet au système mycorhisien ainsi qu’à la faune de se développer. L’eau y est claire et la faune aquatique est également présente.

Vue vers l’amont depuis la rive gauche et ses enrochements

Coupe du parc de l’îlot des berges 32


D’un point de vue environnemental 2, Busée , une rupture dans le corridor écologique En plein coeur de ville, l’Huveaune busée n’offre que de très faibles possibilités à la flore de se développer en l’absence de photosynthèse. Il existe évidement une végétation caractéristique mais elle participe peu aux rôles de la ripisylve.

Cours Voltaire

En revanche, ce couloir protège la faune aquatique du contexte urbain même si le bruit de la ville y est amplifié. Il fait office de passage plus que de niches mais ne perturbe pas les migrations ou les voyages de la vie aquatique

Sous l’esplanade de Gaule

Vue depuis une grue au complexe du Bras d’Or

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D’un point de vue environnemental 3, Plus d’espace pour la ripisylve Les aménités et les aménagements proches du fleuve sont à «caractère de nature» et permettent donc à la ripisylve de s’étendre. Les strates boisées, buissonnantes et herbacées sont représentées même si elles laissent place à une végétation ornementale, donc parfois exotique, à mesure qu’on s’éloigne du lit mineur.

Rive gauche au complexe du Bras d’Or. Entre barrière et Huveaune

L’avifaune et la faune aquatique se développent. Il n’est pas rare de croiser hérons, canards, ainsi que de nombreux poissons même si la turbidité de l’eau augmente vers l’aval. Les enrochements sont plus espacés, donc le tissu racinaire peut se structurer.

Rive gauche du complexe du Bras d’Or

Depuis l’avenue Pierre Brossolette

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D’un point de vue environnemental 4, un environnement étroit mais spontané C’est enserrée par les industries puis les jardins que la forêt rivulaire est la plus sauvegardée. Son inaccessibilité garantit un épanouissement de la faune et de la flore. Les végétaux y sont spontanés et un entretien est réalisé par le syndicat. Évidemment, la proximité des jardins particuliers crée un risque de propagation d’espèces exotiques due au rôle de corridor des ripisylves. Théâtre d’un flux emportant propagules et graines, essentiellement de l’amont vers l’aval, avec quelques exceptions lors des crues, les risques existent de voir des plantes invasives coloniser l’aval.

Depuis la rive gauche, vers les arrières des pavillons

Les enrochements encaissent le lit de la rivière et accentuent son débit dans cette section resserrée, la turbidité de l’eau augmente encore.

Depuis l’avenue Manouchian, vers l’arrière du «Dia»

Depuis l’avenue Braye de Cau 35


D’un point de vue environnemental Enjeux Favoriser le continuum de la ripisylve est nécessaire pour son bon fonctionnement écologique, les cordons rivulaires diversifiés et denses, l’abondance d’arbres remarquables, la présence d’arbres morts sont favorables au développement de la faune. L’ombrage qui en résulte diminue le risque d’eutrophisation de l’eau et le système racinaire sert de filtre vis-à-vis des sédiments et polluants provenant des voiries ainsi que des zones d’activités économiques. L’emprise et le bon état de la ripisylve garantissent le rôle de corridor écologique, mais également de ralentissement de l’onde de crue.

Les eaux pluviales et de ruissellement sont rejetées directement dans le fleuve, ce qui détériore la qualité de l’eau. Aussi, des solutions existent afin de répondre aux exigences de qualité et aux objectifs fixés par la Directive Cadre sur l’Eau et de parvenir à un bon état écologique à l’échéance de 2015.

l’Huveaune, les bénéfices seraient aussi bien environnementaux que profitables aux citoyens.

Ainsi, les objectifs environnementaux, sont de: . Développer l’emprise de la forêt rivulaire au maximum . Gérer au maximum les eaux de ruissellement . Diversifier les politiques de lutte contre les crues. En effet, en créant des prairies inondables, ou en accordant plus d’espace à

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D’un point de vue viaire

Tracé du tram

1, le centre, convergence des réseaux

Réseau viaire

Tracé des lignes de bus 37


D’un point de vue viaire Enjeux Les opérations de restructuration des berges ne peuvent être traitées isolément comme une simple façade sans lien organique avec la ville. Leurs aménagements s’inscrivent au sein d’ un réseau de projets urbains complémentaires et étroitement liés. Le réseau des déplacements constitue l’ossature des transformations de la ville, ainsi le tram permet d’interroger la politique du tout voiture des dernières décennies, accompagné d’un travail de requalification des espaces publics. Les cheminements doux permettent de «tisser un réseau continu d’espaces publics dans la ville pour la requalifier». Le continuum naturel de l’Huveaune traverse d’Est en Ouest la ville d’Aubagne en passant par le centre ville. Le tramway longe son tracé, du centre ville jusqu’à la Penne sur Huveaune. Ainsi, l’opportunité de compléter ce nouveau moyen de transport par une liaison douce jusqu’au centre ville permettrait de doter Aubagne d’un maillage efficace pour tous. Ceci en multipliant les connexions inter-quartiers, grâce au fleuve fédérateur et non plus frontière.

Tracé des trams Chemin piéton

Tracé des lignes de bus

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D’un point de vue patrimonial

Moulins 39


D’un point de vue patrimonial Enjeux Le site de fondation d’Aubagne correspond à celui de nombreux villages en Provence: une position en castrum avec une particularité: une colline ceinturée par deux cours d’eau: l’Huveaune au Nord et à l’ouest et le Merlançon au Sud.

Situé à L’Ouest, dans l’enceinte de l’usine «CAMI» il cessa son activité au milieu du XXème siècle, mais son mécanisme est encore visible. Ainsi, une roue de 4.50m de diamètre et de 3m de large trône au sein de ce bâtiment désaffecté.

Les habitants firent ainsi le choix d’un espace aéré, protégé naturellement donc facile à défendre et bien irrigué.

Les enjeux patrimoniaux sont donc de permettre la découverte de l’histoire et des monuments aubagnais le long de l’Huveaune. Un parcours menant de la ville historique, son patrimoine architectural remarquable, jusqu’aux béals, resclaves, et enfin au moulin de la «Peyronne» permettrait de raviver la mémoire et l’identité associées au fleuve.

Les différents moulins se succédaient le long du fleuve et des béals afin d’utiliser la force hydraulique. Leurs vestiges sont encore perceptibles mais celui qui a le meilleur état de conservation, est celui de la «Peyronne», dit de «la Fortunée».

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Synthèse « L’espace urbain doit mettre en valeur et faire apparaître les éléments naturels qui le composent et au milieu desquels il compose » APR, les paysages de la vallée de l’Huveaune. Le vocabulaire employé lors des aménagements des cours d’eau tourne autour de réconcilier, réapproprier, retourner la ville vers son fleuve... Le but étant de renouer les liens perdus, non pas avec une activité passée mais de rétablir une relation physique et symbolique avec un élément à l’origine du développement de la ville, participant à son identité et surtout l’inscrivant dans un territoire.

.Environnementaux: .Conforter les strates de la forêt rivulaire afin de développer les rôles de la ripisylve. .Épaissir l’emprise de l’Huveaune en harmonie avec la faune et la flore. .Répondre aux objectifs fixés par la Directive Cadre sur l’Eau, sur la qualité de l’eau d’ici 2015. .Diversifier les politiques de lutte contre les inondations comme des interventions sur les bassins versants, puis le long du fleuve.

.Patrimoniaux .Valoriser le patrimoine identitaire de la ville en s’appuyant sur l’élément fondateur qu’est l’Huveaune.

Aussi, l’établissement des séquences doit conforter un ensemble en s’appuyant sur des contextes particuliers.

2. Le centre ville

Les objectifs sont .Sociaux: .Compléter les liaisons douces entre le centre et sa périphérie, mais aussi inter quartiers, en requalifiant les berges. .Améliorer la visibilité de l’Huveaune et les dessertes afin de transformer les perceptions.

3. Les complexes sportifs

4. Les espaces résidentiels

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IdĂŠes et propositions

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Le fleuve fédérateur Maillage viaire existant

Espaces festifs

Parc de l’îlot des Berges

Cheminements piétons existants Réseau ferroviaire L’Huveaune Cheminements à créer Aménagement public Jardins partagés traversant

ZAC Rousselot

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Le fleuve Fédérateur Afin de rétablir une relation physique avec le fleuve, un élément à l’origine du développement de la ville, participant à son identité et l’inscrivant dans un territoire, il est nécessaire de réfléchir à un ensemble en s’appuyant sur des contextes particuliers.

.Environnementaux.

.Patrimoniaux

Les cheminements pourraient être pensés dans le respect des strates assurant le fonctionnement d’une ripisylve, tout en étant résistant à des crues.

Ces promenades le long de l’Huveaune, accompagnent un élément fondateur du territoire. Au seuil de la zone industrielle, le fleuve alimentait le moulin de la Peyronne en excellent état de conservation, situé aux portes de l’opération d’aménagement «Rousselot».

Ces idées illustrent un exemple de réponse aux objectifs .Sociaux. Créer un maillage de cheminements piétons s’appuyant sur le fleuve, permettrait d’améliorer les connexions inter-quartiers, et centrepériphérie.

Ainsi la bonne gestion de la forêt rivulaire couplée à un parc phytorestaurant permettraient de requalifier l’eau et ainsi de répondre aux objectifs 2015 sur la qualité de l’eau.

Celui-ci ferait un point de départ-ou d’arrivée- aux promenades au bord de l’eau, qui pourraient être agrémentées de panneaux expliquant les aménagements croisés.

La réouverture ainsi que la requalification des berges suite aux acquisitions des terres attenantes, pourront valoriser le cadre de vie des riverains comme des autres citoyens: tantôt jardins partagés traversant, tantôt grand espace public fédérateur.

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Section 1 ,Le quartier des Défensions Passé le parc de l’îlot des berges, sur la rive droite, une promenade existe mais donne sur les arrières des résidences, ou des bâtiments. La rive gauche se transforme souvent en mur car le pendage est élevé. Plus loin, des terrains sont libres, entretenus et offrent un espace de respiration. Au Sud Est, les ensembles «la clé des champs» sont coupés du fleuve par la route de Gémenos.

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Section 1 ,Le quartier des Défensions Idées et propositions

Cheminements piétons existants Cheminements à créer Jardins partagés

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Section 1 ,Le quartier des Défensions Dans le prolongement du parc de l’îlot des berges, toujours sur la rive droite les berges pourraient passer de l’arrière cours du centre de secours et de la résidence, au point central. Cette opération nécessite l’accord des propriétaires fonciers de la résidence mais l’amélioration du cadre de vie serait effective. En effet, on passerait des parkings, des lieux de stockage, à des jardins traversant, avec vue sur le fleuve. Ceux-ci pourraient être partagés entre les habitants de la résidence qui en assureraient la gestion et l’entretien, évitant les fortes dégradations.

Le cheminement surélevé grâce à des pilotis pourrait s’effacer aux abords de « plages », ou d’espace bucolique.

traversantes. Ici aussi, ces jardins partagés représentent plus qu’un simple apport vivrier. Ils permettent une certaine cohésion sociale, un lieu fédérateur, d’échange et de respect.

Ce principe permet de respecter l’ensemble des strates de la ripisylve tout en assurant un certains confort. Il a aussi l’avantage d’avoir une faible rémanence, de participer au maintien des berges grâce aux pilotis et de pouvoir résister au crues. Ce cheminement longe l’Huveaune, croise les vestiges d’un ancien moulin et longe le ruisseau «la Maïre», permettant de connecter la copropriété « la clé des champs » grâce à un réseau de parcelles

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Section 1 ,Le quartier des Défensions Les pénitents vue de l’Huveaune

Le chemin s’arrête et laisse place au socle

1

Idée d’un panneau translucide

2

3

3 1

Plan de mise en situation

2

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Section 1 ,Le quartier des Défensions De l’arrière cour, du lieu de stockage ...

...Aux jardins partagés, fédérateurs

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Section 2 ,L’hyper centre La partie Est de l’hyper-centre aubagnais composée du cours Voltaire (anciennement Lafranchisque) et du cours Foch (anciennement Legrand ) est très fréquenté grâce aux terrasses des cafés ainsi qu’aux marchés. L’esplanade De Gaulle, est investie par l’éphémère marché aux sentons et le « petit monde de Marcel Pagnol » hérité d’un kiosque à musique, événement de jardins avec pièces et jets d’eau.

Hyper centre, état existant

Cours Foch

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Section 2 ,L’hyper centre État des lieux

Cheminements à créer Esplanade de Gaulle Bassins de phyto-épuration Pas d’âne L’Huveaune

Propositions et idées 53


Section 2 ,L’hyper centre L’idée serait de profiter des travaux en cours  : de la réapparition du tramway, des réflexions autour de «  l’îlot Antide Boyer  », afin de piétonniser cet hyper-centre sans création de nouvelles voies ou « grands » travaux. Ainsi l’avenue Antide Boyer, tout comme l’avenue du 8 mai et une partie du cours Foch se verraient privés de voitures. Le flux serait réparti sur l’avenue Joseph Fallen ainsi que le cours Voltaire, resté ouvert aux voitures. Cette piétonnisation permettrait de découvrir la partie Nord des deux tunnels canalisant le fleuve. Ainsi, une vaste esplanade végétalisée assoirait les façades de l’avenue Antide Boyer, puis une descente en pas d’âne jusqu’à l’eau. Ces gradins seraient orientés vers le Sud, donnant sur la skyline de la ville historique. La partie Sud, la rive gauche, conserverait une partie souterraine permettant une répartition en cas d’inondation. Au-dessus d’elle, un vaste espace paysager ferait office, à la fois d’espace public urbain, et également de station d’épuration naturelle. Ce principe de phyto-restoration, ou de lagunage, a prouvé son efficacité en région parisienne, à Nanterre, sur la Seine, au « parc du chemin de l’île » . La qualité de l’eau à l’exutoire de plusieurs bassins végétalisés et entretenus par un faucardage annuel est qualifiée de « baignable ». Pourquoi ne pas appliquer la formule en faisant d’Aubagne la première ville de France métropolitaine dotée d’un plan d’eau de ce type. Les exemples existent sur presque toutes les villes côtières australiennes. Ainsi, un événement urbain fédérateur serait créer, profitant aux citoyens comme à l’environnement, l’aval bénéficiant d’une eau épurée.

La partie Est profite d’une grande fréquentation. Découvrir une partie de l’Huveaune sur le même principe qu’en aval, donnerait une visibilité au fleuve, et serait bénéfique pour les marchés, les terrasses, les riverains, les touristes etc... Dans l’ensemble de la requalification de l’hypercentre, les passages seraient réduits à des ponts assurant efficacement les déplacements doux.

Proposition

Plan de circulation de l’eau dans les bassins

La question du devenir de ce parc phyto-épurant se pose en cas d’extrême sécheresse puisque, composé de végétaux aquatiques ou semi-aquatiques, l’eau y est constamment nécessaire. La réponse est apportée par les réflexions autour de l’îlot Antide Boyer. En effet, les végétaux capables de restaurer l’eau d’un fleuve, le sont aussi pour les eaux grises. En cas de nouveaux bâtiments, il suffirait de prévoir une déviation de celles-ci jusqu’aux bassins.

0m

10m

Coupe esplanade de Gaulle 54


Section 2 ,L’hyper centre Le cours Voltaire après la ré ouverture du lit de l’Huveaune

L’ambiance des jardins phyto-épurant

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Section 3, complexe sportif et pont major A l’Ouest de l’hyper-centre, Aubagne bénéficie de la présence de deux complexes sportifs. Ceux-ci comportent des aménagements proches de l’Huveaune, mais ne restent accessibles qu’aux initiés. En suivant le cours du fleuve, l’autoroute crée une frontière franchie par l’eau grâce à un tunnel. En aval de l’autoroute, il longe des copropriétés comportant leurs propres aménagements, passe à moins de 100m du parc Jean Moulin avant de se jeter au sein du bandeau industriel.

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Section 3, complexe sportif et pont major Cheminements existants Cheminements à créer Prairie Jardins partagés traversant Parcours sportif

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Section 3, complexe sportif et pont major Au niveau des complexes sportifs, il suffirait d’améliorer les liaisons au centre ville ainsi qu’aux quartiers plus à l’Ouest afin d’utiliser le potentiel offert par la proximité de l’eau. Ainsi, aménager les abords de l’Huveaune en une promenade accompagnée d’un véritable parcours sportif améliorerait le cadre et les pratiques des usagers. Clarifier la profusion de clôtures, de barrières en fonction des nouveaux aménagements seraient bénéfiques, comme tourner le lycée vers le fleuve, en créant un véritable seuil protégé d’un muret, tout aussi dissuasif qu’une barrière. Sur la rive gauche, aux abords de l’autoroute, une fois la barrière enlevée, l’espace libre s’épaissit jusqu’aux pieds des bâtiments de la résidence «  le bras d’or  ». Cet espace, pourrait accueillir des jardins partagés traversant, profitant de la proximité de l’eau afin d’y travailler le socle pour diminuer l’onde de crue en cas d’inondation. La barrière de l’autoroute pourrait être franchie au moyen d’une passerelle au dessus de l’eau sur le même principe que la proposition de la promenade en amont du parc de l’îlot des berges. Une fois passé l’autoroute, sur la rive droite, se trouvent des jeux pour enfants ainsi qu’un cheminement agréable qu’il suffirait de relier à une autre promenade bucolique, parsemée de grenadiers, située aux abords de la résidence « les amaryllis » et de la « tourtelle ». En face, sur la rive gauche, deux nouveaux ensembles immobiliers«  Rousselot  » voient le jour avec un arrêt de tramway à proximité. Connecter ces quartiers aux voisins est essentiel et permettrait aux résidences de la rive droite d’avoir un arrêt de tramway facilement accessible. Aux portes de cette ZAC un moulin, qui, après restauration, ferait un excellent point de départ – ou d’arrivée- à une ballade au bord de l’Huveaune. Il est important de connecter les différents espaces publics afin de créer une continuité spatiale en cohérence avec son territoire. Ainsi, la proximité du parc Jean Moulin est évidente et la liaison entre celui-ci et le fleuve, facile à améliorer. De plus, le chemin est ponctué d’une vaste prairie qui pourrait être investie par les usagers 58


Section 3, complexe sportif et pont major Parcours sportif et promenade près des complexes

Passerelle sous l’autoroute

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Section 3, complexe sportif et pont major

De l’arrière cour clôturée

... aux jardins traversant

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Conclusion La question du devenir de l’Huveaune se pose, à l’heure où les questions environnementales sont primordiales. Les événements qui l’ont fait couvrir, puis niée correspondent aux politiques d’aménagement, aux modèles de l’époque. Aujourd’hui les questions du cadre de vie, de l’écologie, de la lutte contre l’étalement urbain sont centrales et nous permettent de nous interroger sur ce qui fait l’identité d’un territoire. L’Huveaune fait partie de la genèse d’Aubagne, du patrimoine. Le valoriser, le requalifier serait bénéfique pour tous. Socialement, une promenade bucolique traversant la ville de part en part permettant aux citoyens habitant dans des immeubles, de disposer d’une parcelle jardinée offrirait un rôle fédérateur au fleuve. Environnementalement, la perméabilisation et le travail du socle amélioreraient les rôles de la ripisylve, donc la qualité de l’eau ainsi que la lutte contre les inondations. D’un point de vue touristique et foncier, ce type d’aménité publique valorise ses abords et peut servir de vitrine à un territoire. Ainsi, par des aménagements simples, Aubagne pourrait se doter d’un atout majeur en révélant le potentiel qu’a l’Huveaune.

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Annexe, les rôles de la ripisylve La ripisylve est également appelée forêt rivulaire, forêt ripicole, ou encore « bois de berge ». étymologiquement ce terme vient du latin ripa, « rive » et sylva, « forêt ».

l’influence des perturbations hydrologiques. Elle est caractérisée généralement par une forte dynamique de la végétation ainsi qu’une grande diversité biologique qui lui confère de nombreux rôles.

Il désigne l’ensemble des formations boisées, buissonnantes et herbacées présentes sur les rives d’un cours d’eau. Elle est souvent qualifiée de corridor végétal, souvent complexe, directement sous

Fonction de maintien des berges. Les cours d’eaux comme l’Huveaune ont un régime hydraulique de type méditerranéen, donc très fluctuant entre des périodes d’abondance et de rareté. Dans ces conditions, le rôle de maintien des berges est essentiel. Ainsi,  c’est la diversité des essences et des végétaux , des types de plantes et leurs entrelacs racinaires qui sont essentiels au bon fonctionnement de la ripisylve. En effet, des arbres isolés risquent d’être déchaussés par le courant, et des berges enherbées peuvent se creuser par le dessous et s’écrouler.

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Fonction de corridor/d’habitat.

Fonction inertielle

Cette notion de corridor biologique, est une notion d’écologie. En effet la ripisylve joue le rôle de liaison entre des espaces à caractères de nature et constituent un lieu de passage, un « conduit » (eau, berges) permettant à des espèces de circuler. Elle constitue également un lieu de vie pour les espèces inféodés comme le castor par exemple. Elle est également le théâtre d’un flux emportant des propagules et graines essentiellement de l’amont vers l’aval, avec quelques exceptions lors des crues, ou quand des poissons ou oiseaux «remontent» des graines ou propagules vers l’amont ou d’autres bassins versants.

La végétation joue un rôle primordial dans le contrôle des événements hydrauliques affectant les écosystèmes fluviaux. Les crues contraignent nos activités socio-économiques et peuvent compromettre la sécurité. A l’opposé, ces événements sont essentiels au fonctionnement des écosystèmes fluviaux. Les gestionnaires de l’environnement sont donc confrontés à la conciliation de ces deux priorités. Le rôle prépondérant de la végétation riveraine des cours d’eau dans le contrôle des vitesses d’écoulement (Fenzl & Davis, 1964) ajoutée à l’importance des dynamiques végétales dans cet écosystème en font un atout dans la lutte contre les impacts des crues.

Fonction épuratrices Le système racinaire complexe et les bactéries qui y sont associés constituent également un filtre épurateur pour certains polluants comme les phosphates ou les  nitrates d’origine agricole et urbaine. De plus il existe des échanges permanents entre la rivière et sa nappe alluviale, sa nappe d’accompagnement. Cette zone d’échange contient une faune adaptée : des micro-organismes, des invertébrés qui participe à l’auto-épuration de l’eau.

Source : Qu’est-ce qu’une riprisylve ? sur ofme.org, Centre Régional de la Propriété Forestière (CRPF, Provence-Alpes-Côte d’Azur). http://www.foret-mediterraneenne.org/fr/

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Références Parc phyto-épurant du «chemin de l’île», Hauts de Seine

Plan d’eau publique, Australie

Sydney

Cairns

Brisbane

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Références Perpignan, la Basse, 1907

Perpignan, la Basse, aujourd’hui

Madrid, promenade urbaine, reliant les deux parcs historiques, du Pardo au nord de Madrid, et du Jarama au sud.

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Girard Loïc, Mémoire de master sur l'Huveaune, 2012