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NUMÉRO 4 - AVRIL 2010

Une ville

DUNKERQUE veut faire des vagues Au microscope

ViewOnTV accélère son développement

MICHEL DERVYN, itinéraire d’un coiffeur devenu entrepreneur


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SOMMAIRE 6 pleins feux sur 8 une ville 12 au microscope 20 regard 24 une technique 26 28 media regard 30 32 métier 34 portrait 36 portrait 38 portrait 40 portraits croisés entretien 42 bonne pratique 44 46 initiative coup d’éclat

NOCIBÉ VOIT GRAND

ERIC DELEMAZURE

MICHEL DERVYN : ITINERAIRE D’UN COIFFEUR DEVENU ENTREPRENEUR

SON DÉVELOPPEMENT

ÉDITO

A NOUVEL ENJEU DE SOCIÉTÉ, COMMUNICATION NOVATRICE !

C’EST UN BEAU ROMAN

LA 3D : BIENVENUE DANS L’ÈRE DU SHOPPING VIRTUEL

C’EST UNE BELLE HISTOIRE, CELLE DE MICHEL DERVYN QUI VOUS EST RACONTÉE DANS CE 4e NUMÉRO D’ENTRENEWS.

VIEWONTV ACCÉLÈRE

LES DESSOUS DE LA PUB TV

QUEL AVENIR POUR LE MÉTIER DE PHOTOGRAPHE ? INGÉNIEUR DU SON, ARTISTE & TECHNICIEN À LA FOIS

APROPOS DONNE DU SENS AU DESIGN

PATRICK LECERCLE, 30 ANS DE COM

QUAND UN HOMME D’ÉTUDES PASSE À L’ACTION

L’EFAP, L’ENTREPRISE AU CŒUR DE L’ÉCOLE

BRUNO MEURA, ANCIEN PUBLICITAIRE, DÉFENSEUR DES CAUSES PERDUES !

LES 10 POINTS CLÉS D’UN BON MEDIAPLANNING PETITE MARQUE DEVIENDRA GRANDE

Abonnement : 51 € HT par an

Les abonnés bénéficieront, en plus du magazine adressé sur l’ensemble du fichier, de 10 newsletters/an et d’un accès privilégié au site www.entrenews.fr

Pour vous abonner, contactez Hélène : 03 20 72 62 56 - abo@entrenews.fr ou RV sur le site www.entrenews.fr

DE BELLES HISTOIRES COMME NOTRE RÉGION LES AIME ET QUI SE SONT MULTIPLIÉES CES 30 DERNIÈRES ANNÉES. LEURS CARACTÉRISTIQUES SONT DE REPOSER SYSTÉMATIQUEMENT SUR DES HOMMES D’EXCEPTION, SUR DES VALEURS D’ENTREPRISE IDENTIFIÉES ET SUR DES CONCEPTS MARKETING CLAIRS ET LISIBLES. C’EST AUSSI LA MODESTIE DE LEURS DIRIGEANTS QUI, À L’IMAGE DE MICHEL DERVYN, ROUGISSENT DEVANT LEURS MAÎTRES -ICI ALEXANDRE DE PARIS- QU’ILS S’EMPRESSENT DE RACHETER SIX MOIS PLUS TARD ! D’AUTRES BELLES HISTOIRES DANS CE NUMÉRO, CELLE DE VIEWONTV QUI VIENT DE REPRENDRE DES ACTIVITÉS “HISTORIQUES” DE LA CITÉ NUMÉRIQUE OU CELLE DE BRUNO MEURA, PASSÉ DU STATUT DE PUBLICITAIRE A CELUI DE BÉNÉVOLE DANS L’INSERTION PROFESSIONNELLE. IL Y A DÉCIDEMMENT BEAUCOUP DE BELLES HISTOIRES À RACONTER SUR NOTRE BELLE RÉGION... BONNE LECTURE

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DUNKERQUE VEUT FAIRE DES VAGUES


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instantanés DEKACOM LANCE LE MAGAZINE GRATUIT TÉLÉ EN BOÎTE Le 27 mars, les Lillois ont découvert dans leur boîte aux lettres le premier numéro d’un nouveau gratuit, le quinzomadaire Télé en boîte édité par la société Dekacom, basée à Croix. Tiré dans un premier temps à 60 000 exemplaires (56 pages dont 12 de publicité), ce magazine consacré à la TV devrait, à court terme, être également diffusé à Roubaix et Tourcoing puis dans dix autres villes de province.

Initialement prévue en février 2009 et à une périodicité hebdomadaire, la création de ce magazine a été différée. Officiellement, Dekacom, société créée en 2001 par Kamel Djemai et spécialisée dans le couponning pour la grande distribution (Ticket Promo), a préféré d’abord misé sur la création d’un site internet du même nom actif depuis janvier 2009. Décliné de la version web, le quinzomadaire papier reprendra les mêmes rubriques : 28 pages de programmes (grandes chaînes, TNT, câble et satellite), 13 de rédactionnel (interviews, news, people, dossiers, jeux, etc.) et 12 de publicité qui doivent assurer son financement. La régie pub est intégrée à Dekacom avec des tarifs variant selon la surface, l’emplacement et les offres promotionnelles de lancement. La pleine page en début de magazine serait facturée 2 500 € HT. L’investissement prévisionnel global s’élève à 1 M€, en sachant que le projet mobilise une équipe d’une dizaine de personnes (créa, rédaction, pub) avec des recrutements annoncés. Après Lille dans 60 000 boîtes aux lettres, le lancement de “Télé en boîte” devrait rapidement s’étendre au versant nord est de la métropole lilloise (Roubaix et Tourcoing avec 40 000 exemplaires supplémentaires à chaque fois). En cas de réussite, le magazine pourrait être décliné dans 10 autres villes de province : Reims, Strasbourg, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Rennes. A suivre…

L’IMPRIMERIE LÉONCE DEPREZ

DE PLUS EN PLUS VERTE L’imprimerie basée à Ruitz (Pas-de-Calais) vient de se voir renouveler pour trois ans le label Imprim’Vert. Une distinction qui reconnaît l’entreprise comme écologiquement responsable pour les solutions qu’elle a mises en œuvre en termes de production, de tri sélectif et de recyclage de ses déchets et qui représentent 120 000 € d’investissement en 2009. Parallèlement, elle renforce ses contrôles, informe ses clients et les incite à la suivre dans cette démarche environnementale et citoyenne, ceci sans engendrer de surcoûts. En 2009, l’imprimerie Léonce Deprez a obtenu la double certification PEFC et FSC qui permet de garantir aux clients une traçabilité complète du papier à imprimer. Plus de 75% du papier transformé chaque année est ainsi certifié. L’imprimerie confirme

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ainsi son implication dans la préservation des forêts. Pour les encres, elle n’utilise que des produits d’origine végétale (soja, colza, noix de coco) sur ses presses feuilles en sachant que les autres chaînes de production seront bientôt prêtes à en faire autant. Des solutions plus performantes permettent de réduire la facture énergétique et l’impact de l’activité industrielle sur l’environnement. Les collaborateurs ont été formés aux impératifs du développement durable, en vue d’obtenir la certification ISO 14001 (standard international sur le management environnemental global). Le secteur pré-presse a bénéficié également d’investissements portant sur de nouvelles technologies de transferts, de modifications et contrôles des fichiers des clients, etc. Ainsi les flux logistiques consommateurs de carbone diminuent. L’entreprise poursuit désormais un nouvel objectif : la certification PSO (Process Standart Offset).


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ENTRENEWS

est édité par GFB Éditions 310 Boulevard Clemenceau 59700 Marcq-en-Baroeul Tél : +33 (0)3 20 65 15 94 Fax : +33 (0)3 20 89 57 68 redaction@entrenews.fr Directeur de la Publication Rédacteur en Chef : Eric Delemazure delemazure@entrenews.fr Tél. : +33 (0)6 87 75 18 13 Directeur associé : Thierry Dujardin Tél. : +33 (0)6 37 94 41 12 tdujardin@pragma.fr Rédaction : Baptiste Régent Tél. : +33 (0)3 20 72 62 56 redaction@entrenews.fr Ont participé à la rédaction de ce numéro : Nicole Buyse François Lecocq Marc Prévost Photo couverture : Laurence Laborie Autres photos : J-P. Guilloteau (L'Express), Fr. Lecocq, La. Mayeux, C.U.D-CH.Merlen et J-M. Liot Régie Publicitaire et Petites Annonces : Loubna Bousalham Tél. : +33 (0)3 20 65 15 94 commercial@entrenews.fr Abonnements : Hélène Tissiez Tél. : +33 (0)3 20 72 62 56 abo@entrenews.fr Graphisme : Perrine Van Cornewal Tél. : +33 (0)3 20 72 62 56 pao@entrenews.fr Impression : Imprimerie de Champagne (52) Tarifs : Prix de l’abonnement pour 4 numéros : 51 € HT - Prix de l‘abonnement pour l‘étranger : 75 €

LE MAROILLES FAUQUET MULTIMÉDAILLÉ

AU CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE Seule Appellation d’origine protégée (AOP) fromagère du Nord de la France, le Maroilles Fauquet a encore brillé au Concours général agricole du Salon international de l’agriculture 2010. Il remporte trois médailles. Pour le concours national, le quart Maroilles (200 gr) décroche l’or et la Crème de Maroilles, le bronze. Dans la catégorie Export, le Gros Maroilles (720 gr) obtient l’argent. Rappelons que, depuis sa création en 1870, le Concours général agricole met en compétition des milliers de produits et vins (17 000 en 2009) issus des régions et terroirs de France évalués par un jury d’experts et de consommateurs avertis. Les médailles représentent un formidable support marketing pour dynamiser les ventes des productions lauréates (1 007 produits et 3 265 vins primés en 2009). Productrice du Maroilles Fauquet qui fête cette année ses 85 ans, la Fromagerie Fauquet, filiale du groupe Bongrain basée au Nouvionen-Thiérache (210 salariés), a déjà remporté 33 médailles dont 11 d’or, 12 d’argent et 10 de bronze. Pour en savoir plus : www.fauquet-maroilles.com

POUR TOUT RÉINVENTER ! 20 ans pour la Cité de la réussite et un thème central : tout réinventer. Altavia est partenaire de ce forum qui se déroule les 10 et 11 avril à La Sorbonne. Programme disponible sur www.citédelareussite.com Pour en savoir plus : Denis Derveaux, d.derveaux@altavia-france.com

LEROY MERLIN ET DÉCATHLON LAURÉATS 2010 DU “BEST WORKPLACES”

L’envoi de tout texte, toute photo ou tout document implique l’acceptation par l’auteur de leur libre publication dans le journal, les newsletters ou le site www.entrenews.frLes marques citées par EntreNews le sont dans un but informatif.

Pour sa huitième édition française, le palmarès des entreprises “où il fait bon travailler” de l’institut américain Great Place to Work a décerné son palmarès des 10 meilleures sociétés de plus de 500 salariés. Derrière le vainqueur Microsoft France, y figurent deux entreprises de la grande distribution originaires de la région : Leroy Merlin en deuxième position et Décathlon à la septième place.

Ce numéro a été imprimé à 8 000 exemplaires

Pour en savoir plus : www.entrenews.fr

Dépôt légal : Avril 2010 N° ISSN : 2104-8878

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coup d’éclat

NOCIBÉ VOIT

PLUSGRAND Prise de parts de marché, doublement des investissements, relance de l’expansion, développement de sa MDD : l’enseigne nordiste cartonne en 2009 et affiche ses ambitions en 2010.

CHIFFRES CLÉS DE NOCIBÉ ■

CA 2009 : 601 M€ TTC, (+ 2,7% vs 2008)

■ 460 magasins :

347 succursales, 93 franchises et 20 affiliés ■

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20 M€ d’investissements en 2010

Malgré la crise, 2009 restera un bon cru pour Nocibé ! “Nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 601 M€ TTC, en progression de 2,7% sur un marché globalement en retrait de 1,4%”, se réjouit Xavier Dura, PDG de l’enseigne détenue depuis 2005 par le fonds d’investissement britannique Charterhouse. Cette performance intervient au moment où s’opère une redistribution des cartes entre les trois premières enseignes de la distribution sélective de produits cosmétiques en France. Rachetée en 2005 au bord du dépôt de bilan par le milliardaire chinois Li Ka-shing (fonds AS Watson), Marionnaud (562 magasins) n’est pas encore parvenue à redresser la situation, cumulant des pertes annuelles de l’ordre de 25 M€ et un plan de restructuration de 704 licenciements. Résultat, l’enseigne a perdu son leadership, l’an dernier, au bénéfice de la filiale de LVMH, Sephora (253 magasins), dont les parts de marché de 25,3% (+1,2 point) ont dépassé les siennes 24,8% (-1,1 point). De son côté, Nocibé a réussi à réduire l’écart, consolidant sa troisième place à 16,7% (+ 0,9 point).

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Performer le marché “Nocibé est la seule enseigne à réaliser de meilleures performances que celles du marché sur ses trois métiers : les parfums, le maquillage et les soins”, se réjouit Xavier Dura. Ainsi, sur les parfums, qui représentent 71 % de ses ventes, l’enseigne nordiste affiche 4,4 % de crois- Xavier Dura, PDG de Nocibé sance alors que le secteur stagne. Dans les domaines du maquillage et des soins (13 et 16 % de son activité totale), les résultats sont encore plus probants, avec des progressions respectives de 5,2 % et 2,1 % quand la tendance générale est à la baisse (-1,2 et – 3,9 %).


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Et ce n’est pas l’expansion, réduite à 10 ouvertures de magasins en 2009 contre 30 l’année précédente, qui a porté la croissance de Nocibé, mais la réorientation stratégique de sa politique commerciale et marketing. “Nos opérations commerciales privilégient les partenariats avec des marques porteuses d’exclusivité et de valeur ajoutée. Comme le prouve la relation nouée avec Clarins depuis 2008 qui nous a permis, grâce à la formation spécifique de nos 450 esthéticiennes réalisée en partenariat avec la marque, d’étoffer les soins que nous proposons dans nos instituts, favorisant de réelles synergies avec les ventes de produits en magasin. Résultat, Clarins a augmenté la pénétration commerciale de ses produits dans notre réseau plus qu’ailleurs”, explique Xavier Dura. Dans le domaine, du maquillage, l’offre s’est

enrichie avec le référencement de nouveautés chez l’Oréal Paris et Bourjois, mais aussi en concrétisant des exclusivités comme avec 140 produits de la marque Agnès b en vente depuis février 2010, ou encore, dans les soins, suite aux accords signés avec Veld’s et Upsylon.

20 M€ d’investissement En 2010, Nocibé prévoit de doubler ses investissements à hauteur de 20 M€. Outre la création de 20 succursales et franchises et le lancement d’un nouveau concept, prévu en septembre sur deux points de vente dans la métropole lilloise, l’enseigne va poursuivre la rénovation de son parc existant. Elle consacrera aussi d’importants moyens au changement de son système informatique (approche software et CRM), mission confiée à la SSII roubaisienne Cylande. Et elle augmentera de 20% son budget dédié à la publicité tout en conservant l’agence Australie. “Cette augmentation s’orientera surtout sur le web, la presse papier et la radio, moins sur l’affichage”, précise le PDG. Enfin, l’objectif est aussi de développer vraiment la MDD Nocibé, créée il y a quatre ans (130 références permanentes principalement en accessoires de beauté et dans l’univers du bain) mais qui n’a pas encore percé. 350 recrutements sont annoncés en 2010 dont 300 en magasin, le reste en logistique et au siège. François Lecocq

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pleins feux sur...

MICHEL DERVYN ITINÉRAIRE D’ UN

DEVENU

COIFFEUR

ENTREPRENEUR 30 ans après sa création, l’entreprise de Michel Dervyn s’est structurée en groupe couvrant toutes les gammes de la coiffure à travers ses quatre marques. En 2010, l’objectif est de poursuivre le développement de la franchise Shampoo et de créer un troisième flagship du prestigieux salon Alexandre à Londres…

A 63 ans, Michel Dervyn ne pense pas vraiment à souffler. “La retraite c’est la défaite”, lance-t-il dans les locaux design et colorés du siège du groupe qui porte son nom, installé à Marcq-en-Baroeul, juste à côté de celui d’une autre entreprise familiale réputée de la région, le groupe Holder. Toujours très chic, mais avec de moins en moins de cheveux, le coiffeur a suffisamment de projets à concrétiser pour éviter de s’encombrer l’esprit avec une question qui fâche. Ce fils de policier mesure surtout le chemin parcouru depuis son entrée comme apprenti, à l’âge de 15 ans, dans le salon de Madame Huguette à Seclin. “Le premier jour, j’ai dû faire un shampoing à une cliente qui s’est transformé en douche ! A l’époque, je n’étais pas ce qu’on appelle un bon élève, l’école m’ennuyait et j’étais solitaire et rêveur. Ce qui n’était pas le cas de mon père qui m’a remis dans le droit chemin en me poussant à apprendre un métier manuel : cuisinier ou coiffeur !”, se rappelle-t-il. Un apprentissage de trois ans et demi qui révèle un artisan de talent promis à une destinée de chef d’entreprise.

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Après avoir ouvert son premier petit salon à Tourcoing en 1970, Michel Dervyn ne tarde pas à connaître le succès. Sacré champion de France de coiffure en 1973 mais, surtout, champion du Monde l’année suivante, l’autodidacte se lance rapidement dans la franchise, alors naissante, en ouvrant, en 1979, un premier salon à Lille sous enseigne… Jacques Dessange. Une expérience enrichissante qui va rapidement l’inciter à travailler pour son propre compte. “J’ai créé Shampoo en 1980 au centre commercial V2 et lancé vraiment ma franchise à la fin des années 80. C’était une époque charnière : la coiffure est passée d’un métier artisanal et plutôt corporatiste à l’univers de la grande consommation avec le développement des centres commerciaux», analyse-t-il. Un changement d’échelle qu’il négocie habilement comme d’autres coiffeurs de même génération devenus entrepreneurs : Jacques Dessange, Jean-Louis David, Franck Provost, etc.

Des années franchise aux années glamour L’expansion de Shampoo se concrétise à un rythme soutenu grâce à la franchise : le parc passe de 15 salons dans les années 1980 à 40 la décennie suivante pour atteindre 200 implantations en 2004 dont seulement 15 succursales. L’enseigne franchit les frontières pour s’installer en Belgique et au Luxembourg. Parallèlement, Michel Dervyn se diversifie en créant une deuxième marque, Michel Dervyn Paris, qui propose des prestations plus haut de gamme – le premier salon ouvre dans la capitale en 2000 -, et une troisième dédiée spécifiquement à l’homme en incluant les soins et le rasage, Le Barbier by Michel Dervyn. Un accord de licence signé avec le groupe Taya, lui ouvre les portes du Japon avec deux salons à Tokyo et Osaka sous enseigne Michel Dervyn de Paris. “Je viens de signer un deuxième contrat d’une durée de cinq ans”, précise-t-il.

Les années glamour Mais surtout, l’ex-petit coiffeur nordiste réalise un rêve inimaginable en rachetant, en 1990, le très mythique salon Alexandre de Paris. Créé en 1957, rue du Faubourg Saint Honoré, par celui qu’on nomme encore le Sphynx de la coiffure, c’est le lieu électif du Gotha princier et des stars parmi lesquelles ont figuré Audrey Hepburn, Grace de Monaco, Lauren Bacall, Greta Garbo, Maria Callas, Sophia Loren. “L’Oréal est venu me voir : Alexandre va prendre sa retraite et souhaite

Michel Dervyn

voir un coiffeur français lui succéder. A l’époque, je n’avais même pas encore de salon à Paris et pensais sincèrement ne pas être à la hauteur ! Alexandre est venu au premier show Shampoo organisé à l’Espace Cardin en 1990. A la fin, il s’est levé pour venir me voir : j’étais cuit !”, s’amuse-t-il aujourd’hui. Le rachat d’Alexandre de Paris, espace de 400 m2 où travaillent 40 coiffeurs de premier plan, ressemble à l’histoire de la grenouille qui avale un bœuf. Michel Dervyn doit d’abord investir 10 MF et aussi intégrer une équipe aussi exceptionnelle que singulière : la moyenne d’âge est celle de quinquas avérés, avec un savoirfaire, des habitudes et surtout une clientèle qui n’ont rien à voir avec l’univers qu’il a l’habitude de côtoyer. Suivant les conseils d’Alexandre – “il est urgent de ne rien faire !” -, Michel Dervyn va laisser le staff, toujours coaché par le directeur artistique Jean-Luc Mi-

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Alexandre de Paris… à Londres Depuis son rachat en 1990, Alexandre de Paris a donné naissance à un centre de formation, créé en 2007 rue Vivienne à Paris, l’Académie qui dispense les secrets de la haute coiffure à la française auprès de 500 à 600 coiffeurs par an. En septembre dernier, l’enseigne a ouvert son deuxième salon à Bruxelles (500 m2) aux couleurs or, ivoire et noir, nouveau concept créé par Dominique Dervyn, épouse de Michel, chargée de longue date de l’identité des marques du groupe. Un concept repris depuis par le salon historique parisien (500 000 € de travaux). Prochaines étapes : une implantation à Londres en 2010 - “là où tous les grands coiffeurs français ont échoué”, remarque Michel Dervyn – et la commercialisation d’accessoires et de produits de soins à la marque Alexandre de Paris, propriété de l’Oréal jusqu’en 2007 qui ne l’a jamais exploitée et rachetée par un certain Michel Dervyn !

d’huile” plutôt que d’investir tous azimuts. Ma priorité est de construire une chaîne sur des critères qualitatifs et homogènes en terme de services plutôt que sur des considérations de taille de réseau à proprement parler”, analyse-t-il. Une stratégie qui nécessite du temps et des ajustements. Le passage d’Axelle D sous bannière Shampoo n’est pas aussi facile à concrétiser sur le terrain que d’un point de vue théorique. Les pratiques sont très différentes entre les deux enseignes. “Malgré une démarche d’ouverture et de dialogue avec des salaires supérieurs à la clef, je me suis aperçu qu’il était difficile de passer aux commandes d’une entreprise familiale ne partageant pas la même vision du métier. Finalement, la moitié de l’effectif d’Axelle D (300 salariés) a préféré quitter l’entreprise, mais aujourd’hui, après 2 M€ d’investissements, ce réseau est conforme à l’enseigne Shampoo. J’ai sans doute pêché par excès d’enthousiasme et par rapidité d’intégration”, reconnaît-il. Une expérience malgré tout positive dans la mesure où elle a permis à l’entreprise, exclusivement familiale, de se structurer en groupe avec le recrutement au top management de directeurs associés chargés du développement, de la clientèle, du marketing, des succursales et de la formation. Depuis cinq ans, en janvier, le groupe organise ainsi un grand séminaire de deux jours à EuroDisney de motivation de l’ensemble des managers des succursales et des franchisés. “Pour faciliter la communication et le partage d’expériences au sein du réseau Shampoo”.

netti, œuvrer dans les hautes sphères de la coiffure et de la création, avec la réserve exigée par ses grandes discrètes de clientes. Avec succès ! 20 ans après le rachat, sans jamais y avoir manié ciseaux ou sèche-cheveux, se concentrant sur le rayonnement de l’institution, Michel Dervyn l’a, non seulement, maintenue mais surtout développée (voir encadré).

“De plus, nous avons mis en place, depuis 2008, une aide de 10 000 € pour la création de franchise pour

Les ambitions 2010 Parallèlement à la concrétisation de ce rêve un peu fou, Dervyn l’entrepreneur continue à développer la franchise Shampoo. En 2005, par une opération de croissance externe et avec l’apport capitalistique de Siparex (23% de prises de participation), il investit 6 M€ dans le rachat de la chaîne régionale Axelle D basée en Savoie, Haute Savoie et en Isère (31 salons). Une acquisition qui permet à Shampoo d’étendre significativement, et en une fois, son réseau. “Ma stratégie dans ce domaine privilégie l’expansion en “tâche

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Alexandre de Paris


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celles et ceux qui veulent se lancer dans l’aventure et travaillent chez Shampoo depuis au moins un an. En deux ans, nous avons investi 180 000 € dans 18 projets que nous accompagnons de très prés !”, précise le PDG. En terme de communication et marketing, les moyens (1 M€ par an) se concentrent sur l’amélioration et l’animation permanentes du réseau notamment par des opérations de co-branding en vitrine avec des grandes marques (l’Oréal, Gillette, etc.) ou des actions événementielles comme avec la Nouvelle Star depuis sept ans ou encore à travers les deux shows annuels parisiens où sont présentées les nouvelles collections à la fois à tous les collaborateurs et aux fidèles clientes.

Kiko et Izia, Shampoo

de la part des centres commerciaux avec des salons plus grands et proposant des prestations de soins notamment en cabine sur des surfaces de l’ordre de 100 à 150 m2 contre 80 m2 pour Shampoo”, conclut Michel Dervyn. Des marchés sont encore à prendre visiblement. François Lecocq

LES CHIFFRES CLEF DU GROUPE DERVYN ■

Shampoo : 250 salons en France dont 50 en propre (15 en Belgique et 1 au Luxembourg) CA 2009 : 70 M€ TTC (+1 % à périmètre comparable)

Différencier les genres ■

En 2010, Shampoo prévoit d’ouvrir 30 nouvelles franchises prioritairement en centres commerciaux et de réaliser une vingtaine d’opérations de transmission d’affaires, activité relativement récente de gestion du réseau liée au départ en retraite de certains franchisés. Concernant Michel Dervyn et le Barbier, dont le développement respectif a été mis en veilleuse au profit de celui de Shampoo, la logique est d’opérer une scission entre les activités femme et homme qui répondent à des attentes et des besoins de plus en plus différenciés. “Un homme dans un salon qui accueille une majorité de femmes a l’impression de passer au second rang tout en sachant qu’aujourd’hui il n’a plus honte de prendre soin de lui. Une forte demande existe dans ce domaine

Alexandre de Paris : 2 salons à Paris et Bruxelles, 1 Académie (formation) à Paris CA 2009 : 5 M€

Michel Dervyn Paris et Le Barbier by Michel Dervyn : 34 salons dont 30 en France, 2 en Belgique et 2 au Japon (sous licence avec le groupe Taya).

CA groupe 2009 : 80 M€

Effectif : 2 000 personnes

Investissement : 6 M€ en 2009

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une ville

DUNKERQUE VEUT FAIRE

DES VAGUES Changer l'image d'un port industriel est une gageure : le poids des mentalités et de l'histoire peut devenir un handicap. Mais Dunkerque, qui avait touché le fond, surfe sur la vague du développement durable. Et du sport.

Au commencement était la mer. Puis sont venus les chantiers navals et la sidérurgie sur l'eau, véritables fers de lance de la politique industrielle du pays. Le climat de travail qui a longtemps régné à Dunkerque Le Courrier pendant les Trente Glorieuses alimentait les rubriques Dunkerque, et l'équipage de sociales à coup de grèves à répétition lancées par les Daniel Souben, double dockers. Le premier haut-fourneau Usinor date de vainqueur du Tour de 1963, le port autonome a été créé en 1966, la cenFrance à la voile. trale nucléaire de Gravelines pendant les années 70. Prochain départ en

Ils ont choisi Dunkerque Pour charger encore plus la barque, le drame de la fermeture des chantiers navals Normed en 1986 plusieurs milliers d'emplois directs détruits - précipite le destin de l'agglomération. Ajoutez-y une place non négligeable dans les livres d'histoire et surtout une défaite militaire au début de la seconde guerre mondiale aux accents de drame national.

juin. Photo J-M Liot

Il est écrit qu'il faut toucher le fond avant de se relever. Une étrange alliance se forme entre un gouvernement qui accorde une zone d'entreprises assortie d'exonérations fiscales pour attirer les implantations et compenser l'hémorragie, et l'action volontariste d'un nouveau maire "bâtisseur", pourtant du camp opposé. Michel Delebarre conquiert la mairie en 1989, avant la communauté urbaine en 1995. Les deux événements vont redessiner l'agglomération et donner un nouveau lustre à Dunkerque. Le projet d'aménagement urbain Neptune - sur le site même des anciens chantiers navals – confié à l'architecte britannique Richard Rogers, celui des docks de Londres, donne le coup d'envoi d'une grande politique de reconquête de la ville qui se poursuit encore aujourd'hui. "On tournait le dos à la mer. Désormais,

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Signé Made in Dunkerque La communication économique du territoire est l'apanage de Dunkerque promotion, une structure associative qui rassemble collectivités locales, le grand port maritime et les organismes consulaires, et qui va fêter ses 20 ans l'année prochaine. "On voulait quelque chose d'original, pas trop institutionnel, pour fédérer les entreprises installées sur le territoire". D'où l'idée du Made in Dunkerque, sorte d'étendard commun visible et facilement mémorisable." Un label économique autour de la production et du travail, facilement accessible à l'international", précise Luc Hennebert, le patron de Marine communication, signataire de la campagne et qui a remarqué que les jeunes actuels, importants prescripteurs, disposent d'un bagage culturel plus important que leurs prédécesseurs. La campagne est déclinée sur les ondes de BFM et d'Europe 1 et dans les magazines TGV Mag et Air France Mag. Naturellement, la dimension linguistique n'est pas oubliée avec le néerlandais et l'anglais. Une web TV est même à l'étude. Et le slogan "Dunkerque va vous surprendre" s'adresse naturellement aux investisseurs prospectés. Christian Fraud, le directeur de DP, sourit quand il évoque les clichés qui persistent encore dans la capitale : Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque et président de la communauté urbaine de Dunkerque. L'empreinte d'un élu aménageur.

Dunkerque regarde la mer" disent les édiles. On se préoccupe de l'arrière-pays. Quelques investissements décisifs sont décidés. La première campagne de communication publique du Port autonome de Dunkerque sur le thème de la renaissance date de 1989. "Péchiney a choisi Dunkerque" "Coca Cola company a choisi Dunkerque", des slogans qui signifient bien que quelque chose vient de bouger. Cyanamid, Astra Zeneca, Du Pont de Nemours, Continental Can, Euro Aspartame, autant de grands noms de l'industrie mondiale pour un port en quête de reconnaissance. Déjà, à l'époque on se préoccupe de mobiliser les jeunes habitants de 14-15 ans qui n'ont pas ressenti comme leurs parents la déflagration économique des années quatre-vingt et "qui répondent Péchiney ou Coca Cola quand on leur demande des noms", précisent les dirigeants d'alors. Le ministre-maire règle un nouveau statut pour les personnels portuaires et engage la ville et l'agglomération de plus de deux cent mille habitants sur un nouveau chemin. Deux chiffres : en 1988, le taux de chômage du secteur tournait autour des 20 %. Vingt ans plus tard, il est au dessous des 10 %. La mono-industrie et ses séquelles appartiennent désormais au passé. En 1989, pour la première fois, Dunkerque prend la parole après avoir accueilli Coca Cola.

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mique, après Lille et devant Amiens et Calais. Savoir-faire, dynamisme et bon niveau des infrastructures sont les qualités qui viennent à l'esprit quand on évoque la ville. Cette dernière est surtout un port pour près de la moitié des réponses. Loin devant le carnaval, les industries ou…la pluie.

Cap sur le développement durable

La campagne actuelle de Dunkerque Promotion, signée Marine Communication

En 1996, Dunkerque signe la charte d'Aalborg, du nom de la ville du Danemark où a été élaboré un texte définissant la ville durable, ses modalités et ses critères. En mai prochain, la ville portuaire accueille la sixième conférence européenne des villes durables, après des cités comme Lisbonne, Hanovre ou Séville. "Nous avons été choisis au détriment de villes comme Grenoble, Clermont-Ferrand ou Poitiers", se félicite Jean-Pierre Triquet, directeur de la communication de la communauté urbaine, "c'est la première fois que le carrefour se tient en France". Sans aller jusqu'à faire oublier les résultats mitigés du sommet de Copenhague de la fin de l'année dernière,

■■■ "des terrils à Dunkerque ! …". Mais se réjouit devant la cinquantaine d'entreprises qui arborent le logo et le message du Made in Dunkerque. Associer la communication du territoire avec celle des produits et des entreprises installées sur ce même territoire est payant. Voitures de société, camions, tickets, cuves de stockage, casques et bleus de travail, tous les supports sont sollicités pour mettre en avant le précieux label. "En nous appropriant la signature "Made in Dunkerque", nous répondons à un vrai besoin du bassin dunkerquois en terme de développement territorial et économique", analyse Dominique Decaestecker, directeur général du pôle centre de contacts de la division Arvato services. "Nous avons constaté en Europe et dans le reste du monde un déficit d'informations sur ce qui est réalisé à Dunkerque ", explique Christian Renard, PDG de CMP Dunkerque, qui fabrique des appareils chaudronnés pour l'industrie du gaz et du pétrole." Faire connaître les atouts de Dunkerque est important pour attirer les employés ", renchérit Jean-Pierre Bommel de GTS industries. Les résultats pointent leur nez. Selon une étude achevée en juin 2008 pour Dunkerque Promotion par l'institut Carniel auprès des chefs d'entreprise des régions parisienne et rhônalpine, Dunkerque est considérée comme la deuxième ville la plus dynamique sur le plan écono-

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une ville

l'évènement devrait rassembler près de 2000 congressistes et un…paquebot et ses 400 cabines complétera l'offre hôtelière. On ne peut rêver mieux pour l'image d'un port international. Belle occasion pour faire de 2010 une année d'exception et de Dunkerque un carrefour du développement durable.

Le carnaval comme le corsaire Jean-Bart font l'histoire de la ville © C.U.D-CH.Merlen

Coût de l'événement : autour d'un million d'euros dont le tiers apporté par la communauté urbaine. Comme pour se hisser au niveau de Copenhague et son demi-succès, les organisateurs se prennent même à rêver d' une "Déclaration de Dunkerque" ! "Cela nous amène à être reconnus au sein des réseaux de collectivités locales. On vient de loin pour voir ce que nous faisons", sourit JeanPierre Triquet. Un cheminement qui lui fait dire : " c'est le fond qui nourrit la visibilité. Et ceci à trois niveaux. Reconnaissance, image et comportement des citoyens ". Une maison pédagogique consigne la nouvelle dimension de la ville, transformée depuis vingt ans, qui accueille quelque 10 000 scolaires chaque année. Ce véritable programme d'éducation populaire s'ouvre même aux établissements d'enseignement supérieur.

Le sport à bon port Dans les milieux sportifs dunkerquois, personne n'oublie les combats de Jo Kimpuani, ce poids super léger originaire du Zaïre, puis installé sur la côte, qui flirta avec les plus hauts titres et remporta celui de champion d'Europe. Trente ans après, la trajectoire de Dunkerque se confond avec l'univers du sport associatif : quelque 70 disciplines sont pratiquées. Et avec celui de la haute compétition : le Basket club maritime de Gravelines évolue parmi l'élite du basket en France. Date importante : le départ du Tour de France donné dans la ville de Jean-Bart en 2001. Une belle occasion de braquer les feux de l'actualité grand public sur soi. Et un événement qui fait écho sur ces terres cyclistes à la classique des Quatre jours de Dunkerque. La ville enchaîne les grands rendez-vous : un nouveau départ d'une étape du Tour en 2007, le Tour de France à la voile, la Rondes des sables, une originale compétition de moto, les championnats de France de natation, le championnat du monde de kitesurf, le championnat de France de planche à voile, les tournois de qualification des championnats d'Europe de volley ball,…la ville et son agglomération s'imposent comme référence. Des skippers fameux, Joe Seeten, Thomas Ruyant, Daniel Souben, collectionnent les trophées et se pressent sur les quais du port de plaisance, nouvelle terre promise des sports nautiques. Le Courrier Dunkerque - et le Ville de Gravelines - sont d'excellents diffuseurs d'image. Reste à consigner ce pedigree à l'occasion du plus grand événement mondial, qui dépasse le simple cadre sportif, les Jeux Olympiques de Londres dans deux ans. De quoi rejoindre l'Histoire ? La géographie commande à la ville de Jean-Bart de parler avec la capitale londonienne. C'est le projet "Le plus grand terrain de Jeux", une idée des territoires de la Côte d'Opale et de l'homologue flamand West-Vlaanderen, qui veulent perfectionner leur image de "terres de sports". Le Pas-de-Calais engage la même démarche avec la mission Pas-de-Calais 2012. Les équipes et sportifs du monde entier pourront ainsi se préparer et s'entraîner avant l'apothéose olympique. Objectif : devenir une référence mondiale dans le domaine des séjours sportifs - en Angleterre, l'accès aux équipements de sport est payant et peut se révéler très coûteux - et de l'accueil des grandes compétitions européennes et internationales, en plus des indispensables retombées médiatiques. Les vents sont favorables. Marc Prévost

www.leplusgrandterraindejeux.com www.communaute-urbaine-dunkerque.fr

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> “DUNKERQUE ? BEAUCOUP PLUS QUE LE CARNAVAL !” Entretien avec l'écrivain Jacques Duquesne, dunkerquois célèbre, ancien PDG de l'hebdo Le Point, président du Bateau-Feu, scène nationale de théâtre installée dans la ville de JeanBart et fondateur de l'association des journalistes originaires du Nord-Pas de Calais.

Zeebrugge, nous a frappé de plein fouet. Mais la ville est toujours très attachée à son port. A Paris, on percevait Dunkerque, et c'est encore un peu vrai aujourd'hui, comme une ville appuyée sur son histoire plus que sur son avenir. Cette ville c'est plus que le carnaval ! Et je précise que j'adore le carnaval. J'ajoute que les Flandres maritimes sont un monde à part. Et la solidarité régionale, comme celle de l'Etat, a longtemps été un vain mot. Le symbole de ce désintérêt c'est l'autoroute A 25, trop longtemps délaissée par les pouvoirs publics.

Mais depuis quelques années, les choses ont beaucoup changé, non ? Crédit : Jean-Paul Guilloteau/L'Express

Bien sûr. L'action de Michel Delebarre a été déterminante. En termes d'aménagement urbain comme sur le plan économique. Parfois je me demande s'il n'est pas arrivé trop tard, quand même…De plus, le rapprochement entre les trois ports de Calais, Boulogne et Dunkerque est voulu par la géographie. Le cavalier seul des ports de notre littoral a longtemps pesé sur leur image respective. Je me souviens avoir travaillé sur l'image de Dunkerque et de son agglomération au sein d'un petit groupe de travail, vers le milieu des années 80. Après notre diagnostic, Albert Denvers, le maire de Gravelines et homme fort de l'époque sur le territoire, nous avait répondu: "je vis un cauchemar…". Nous lui avions fait quelques propositions de bon sens comme celle d'une grande fête historique des bateaux, des voiliers aux terre-neuvas, jusqu'aux navires actuels.

La fermeture de Normed, c'était il y a presque 25 ans. Avec la raffinerie Total cette année, on a l'impression de revivre les mêmes problèmes.

Quelle était l'image de la ville dans les années soixante ? Comme vous le savez, la ville a été détruite pendant la guerre. On a voulu refaire le port comme avant. Du coup, les mentalités ont eu du mal à évoluer. Et la concurrence de Rotterdam, d'Anvers et surtout de

Efficacité Rapidité

Il faut se battre à nouveau. Sur le terrain du développement durable, cette fois. Et du sport. La perspective des Jeux Olympiques de 2012 est une chance.

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instantanés MARIAGE FORCÉ ENTRE AUCHAN DRIVE ET CHRONODRIVE Révélée par le blogmulliez mais non commentée par les intéressés, la réunion d'Auchan Drive (23 implantations) et Chronodrive (17) dans une holding dédié chez Auchan est en tout cas logique. Rien de surprenant à regrouper deux entreprises de même activité contrôlées par le même actionnaire de référence. On s'attendrait même à une fusion, mais l'esprit d'indépendance de Chronodrive ne s'y prête guère. Supervisé par Philippe de Tavernier, ancien directeur de la centrale d'achat non alimentaire d'Auchan France et plus récemment des ressources et du développement de l'enseigne d'hypermarchés, cette holding doit permettre de réaliser des économies d'échelle, d'accentuer les partages d'expériences et peut être aussi de mettre un peu d'huile dans le relationnel. Un pari, tant le “style” et les stratégies d'implantations diffèrent entre les deux entreprises. Si l'offre est quasiment identique, il suffit de comparer le “look” des deux sites internet, les services proposés ou encore la stratégie marketing pour s'apercevoir que l'originalité et l'innovation résident plutôt chez Chronodrive. En terme de stratégie d'implantation, Auchan Drive n'a pas vraiment le choix du lieu – à côté d'un hy-

BRADFORD & CONDRIEU,

RENAISSANCE

LA CAPITALISATION DES RESSOURCES

D’UNE MARQUE…

Aujourd’hui la communication s’écrit au pluriel, les marques ont donc plus que jamais besoin d’être accompagnées par des spécialistes, en réflexion stratégique, en tactique marketing, en communication et création, en production… Pour répondre à cette problématique, le groupe Bradford & Condrieu, présidé par Philippe Bonte, fédère les compétences tout au long du cycle de réalisation des stratégies de communication de ses clients en garantissant cohérence et complémentarité entre les différents experts appelés à intervenir. Bradford & Condrieu est ainsi structuré en sept enseignes autonomes. L’entreprise installée sur le Parc du Moulin à Wambrechies compte parmi ses clients Décathlon, Auchan, Damart, Finaref ou encore Bonduelle.

Après le rachat d’une partie de Franco Belge en 2002, les chaudières domestiques Atlantic Franco Belge changent de nom et deviennent Atlantic en 2010. C’est l’aboutissement de la complémentarité des deux marques. Le savoir-faire Franco Belge et l’innovation d’Atlantic au service d’une seule et même marque. Une synergie totale pour créer une marque plus forte, plus dynamique pour répondre à un marché en pleine mutation. Les chaudières produites à Merville vont devenir Atlantic, une mention “tradition Franco Belge” va être créée pour celles dont la conception est représentative de cette tradition.

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permarché – ce qui lui fait gagner du temps et de l'argent. Et explique que l'enseigne exploite aujourd'hui davantage de sites que sa “consoeur” alors qu'elle a vraiment commencé à être déployée deux ans plus tard (2006). Pour Chronodrive, la création idéale d'un nouveau magasin se situe à proximité d'un axe routier bien desservi, dans une zone de chalandise où les CSP + sont suffisamment représentées. L'acquisition de tels terrains, de plus en plus valorisés suite au déploiement des enseignes de drive en France, nécessite des investissements beaucoup plus lourds. Enfin, tout en faisant partie de l'Association familiale Mulliez, Chronodrive a toujours aimé cultiver sa différence avec l'esprit Auchan. Ca va sans doute changer.

20 ans d’expérience 70 collaborateurs 3 localisations stratégiques : Lille, Paris et Marrakech CA : 10 millions d’€ HT

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VIEWONTV ACCÉLÈRE SON DÉVELOPPEMENT Leader dans la communication vidéo sur les nouveaux médias en ligne, ViewOnTV vient d'acquérir Priad et Kréalid, deux entités de la Cité Numérique (groupe 3 Suisses International) renforçant là son offre sur les nouveaux écrans. La société qui a conforté ses assises nordistes en s'implantant à la Plaine Image, dans la zone de l'Union à Tourcoing, a de belles perspectives devant elle.

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Après avoir passé les vingt premières années de sa vie professionnelle dans la télévision câblée où il a notamment créé la filiale française de Time Warner Câble, puis Numéricâble, Vincent Bataille crée ViewOnTv en 1999 "pour mettre de la vidéo en ligne", résume-t-il aujourd'hui. "Au cours de mes voyages aux Etats-Unis j'ai vu arriver la vidéo sur internet et pris conscience que la télévision allait à terme utiliser ce canal du net". Il démarre de zéro à l'Eurotéléport de Roubaix avec pour seul associé son cousin, Didier Coquelle qui dirige une agence web. Ils commencent en diffusant des bannières vidéo sur internet, ce qui était alors très nouveau dans la pub. "Nous étions précurseurs dans ce domaine", se rappelle-t-il. Ce qui permet aux deux associés de lever rapidement un million d'euros auprès d'un fonds d'investissement Netfund Europe, toujours actionnaire de ViewOnTV (10%) aujourd’hui. La société signe alors son premier contrat avec TV5Monde pour qui elle développe de la vidéo en ligne. "Nous produisons aujourd'hui encore tout leur contenu vidéo", souligne Vincent Bataille. Ce client historique fait toujours partie de son portefeuille (350 clients aujourd’hui), aux côtés de l'Onisep ou de Pôle emploi, et de grands groupes privés de Michelin à Air-France KLM en passant par Alcatel Lucent.

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Des studios intégrés à la Plaine Image

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au microscope

son frère Antoine. Elle sera finalement intégrée au sein de la holding ViewOnTV qui se spécialise alors totalement dans les nouveaux médias et s’étoffe dans ce domaine. En septembre 2008, ViewOnTv rachète SVD à Valence dédiée à l'affichage dynamique avec 25 salariés. Et deux ans plus tard, en ce début d'année, elle ajoute une double brique à son édifice avec Priad et Kréalid, des deux entités de la Cité Numérique. Cette plate-forme globale de communication créée par le groupe 3 Suisses International en 1997 avait été éclatée au cours de l'été 2008 en quatre sociétés Kréalid (agence web marketing et communication interactive), Priad (affichage dynamique, web TV), Quais de l'Image (studio photo) et Naos (pôle photogravure). Avec Kréalid (15 personnes) ViewOnTV complète son offre allant de la création à la diffusion de contenus. Vincent Bataille, fondateur de ViewOnTv

Parallèlement la société, qui transfère alors son siège à Paris, se crée une véritable plate-forme technologique pour se lancer dans la webTV et le webcast (retransmission en direct d'événements), de très bonne qualité. “Nous retransmettons ainsi toutes les conférences internationales de l’OCDE en plusieurs langues”, souligne le président de ViewOnTV. Cette société va se faire une spécialité du ‘rich média’ : tout ce qui vient enrichir le média, incluant chat, vidéo ou encore interactivité.

Diversification En 2003, après avoir traversé l'explosion de la bulle internet sans trop de dommages, la société compte déjà quinze salariés. En 2006 pour enrichir sa production de contenu, Vincent Bataille prend 75 % d’une société de réalisation vidéo implantée dans le nord de la France avec

Des locaux entièrement rénovés, Boulevard d'Armentières à Roubaix

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Outil de convergence Priad (4 salariés) lui apporte sa plate-forme Orchestra, une solution logicielle qui permet aux entreprises de gérer en interface et de publier en temps réel des contenus vidéo, photos, ou infographique sur tous types d'écran. Une chaîne de prêt-à-porter peut ainsi d'un clic envoyer les images du défilé de mode de sa dernière collection à la fois sur les écrans-moniteur TV de ses magasins, sur son site internet et sur le réseau des smartphones, véritable support de marketing aujourd'hui. "Cela nous permet d’apporter de nouvelles solutions de marketing on line avec un outil de convergence entre tous ces nouveaux écrans (web, affichage dynamique, smartphone…), nous hissant à la place de leader sur le marché B to B de la vidéo en ligne", avance Vincent Bataille. "Nous avons aujourd'hui toutes les pièces du puz-


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zle pour proposer des solutions globales aux grandes entreprises qui veulent communiquer sur ces nouveaux médias". Cela optimise les coûts et évite la multiplication des interlocuteurs. Grâce à Orchestra les clients peuvent en outre gérer eux-mêmes leurs contenus et leurs propres bases de données.

Mise en cohérence des stratégies de communication Hier les entreprises communiquaient via la presse écrite et audiovisuelle, la télévision ou l'affichage (4X3). Depuis peu on a ajouté le web, les écrans vidéo un peu partout, certains étant dynamiques, et très récemment l'Iphone, avec la géolocalisation. Demain, on pourra voir des écrans animés sur les culs ou flancs de bus. “Tous ces écrans ont ainsi envahi notre vie aujourd’hui. Les entreprises vont avoir besoin demain de vraies stratégies pour organiser une communication cohérente à travers tous ces médias sans oublier les sites communautaires ou collaboratifs ", explique Vincent

bataille qui voit là de belles perspectives pour sa société. "Le champ des possibles est immense", confie-t-il évoquant des projets de salons virtuels. "Nous voulons être les plus performants dans ce domaine". L'acquisition de Priad et Kréalid va donner à cette PME un véritable coup d’accélérateur à sa stratégie de développement dans un secteur encore inexploré. Pour être à proximité de toutes les grandes sociétés de distribution dont le siège est dans notre région, certains faisant déjà partie de ses clients (Auchan, Leroy merlin, 3 Suisses…) ViewOnTV vient de prendre un plateau de 600 m2 sur la Plaine Image dans la zone de l'Union où elle a rapatrié les équipes de Priad et Kréalid. La société totalise aujourd'hui un chiffre d'affaires consolidé de six millions d'euros et compte une centaine de collaborateurs dont 60 permanents répartis sur trois sites (son siège de Malakoff, Roubaix et Valence). "Il nous faut très vite atteindre dix millions d'euros par croissance interne et externe pour atteindre une taille critique et ainsi pouvoir répondre aux attentes des grands comptes sur ce marché des nouveaux médias qui ne compte pas encore beaucoup d'acteurs avec un savoir faire intégré et une aussi grande réactivité que la nôtre". Nicole Buyse


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regard Par Sylvie Loutre, Directrice de l’agence-conseil en communication “Sous Tous Les Angles”

A NOUVEL ENJEU DE SOCIÉTÉ,

COMMUNICATION

NOVATRICE ! Pour gagner le pari du développement durable, la Ville doit réinventer sa communication.

>

A chaque époque ses enjeux. Pour les villes, celui du 21e siècle est de réinventer les conditions d’une vie urbaine agréable, de devenir “durables”, en développant des stratégies pour corriger les déséquilibres écologiques et sociaux auxquels leurs habitants sont aujourd’hui confrontés. Comment ? En initiant d’ambitieux chantiers, notamment en matière d’habitat, de transport et d’économie d’énergie.

EN SAVOIR PLUS...

Créée en 1990 par Sylvie Loutre et implantée à Roubaix, l’agenceconseil Sous Tous Les Angles a construit sa réputation sur la communication des projets publics. Quelques références : ville de Pau, ville de Lille, ville de Romainville Communautés urbaine de Bordeaux, d’Aix en Provence, de Dunkerque, de Metz. Conseil Régional d’île-de-France, Conseil Général des Landes. RFF, ADEME, ANRU, USH, Eco Emballages. SEM Ville renouvelée, SCET, Caisse des dépôts…

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Qu’il s’agisse de requalifier les quartiers, de repenser les déplacements dans la ville en favorisant les circulations douces ou de développer l’éco-construction et la mise en œuvre d’énergies propres, les projets menés par les collectivités locales ont un point commun : tous génèrent de profondes mutations, tous nécessitent que les habitants s’approprient le projet et acceptent les changements de comportement qu’implique sa mise en œuvre. Pour ce faire, l’habitant doit changer de regard, de vision, de pratique. Cela ne se décrète pas, mais nécessite un accompagnement sur mesure où information et explication jouent un rôle essentiel. Ce dont il est question ici va bien au-delà de ce que l’on entend habituellement en terme de communication. La communication traditionnellement déployée par les villes diffuse, de manière verticale, une parole institutionnelle : “le château parle au village” ! Or un projet, comme une ville, est un organisme vivant, qui appelle une communication vivante. Il est utile de rappeler que les publics concernés par la réalisation d’un projet ont plusieurs casquettes, qui n’ont pas le même tour de tête : ils sont habitants, citoyens, élus, relais sociaux, sportifs, culturels, économiques ; ils sont salariés, parents d’élèves, lecteurs de la presse locale, internautes, investisseurs potentiels, entrepreneurs…


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Par ailleurs, la ville, si elle impulse le mouvement, n’est pas toujours le maître d’ouvrage direct du projet. En matière de politique du logement, par exemple, l’habitat relève de la compétence de la Communauté Urbaine et le logement de celle de l’Etat. S’ajoutent à cela les opérateurs (aménageurs, promoteurs, bailleurs), qui mettent en œuvre le projet. La Ville est donc à l’initiative de la communication, mais n’est pas la seule à communiquer. Pour concrétiser une communication vivante, cohérente et pertinente, il est primordial d’engager une dynamique de communication concertée entre tous ces acteurs. Pour y parvenir, il y a quelques incontournables. D’abord un management, un ton, une volonté de travailler en vrai partenariat sur les questions de l’information et de la communication et d’ouvrir le cercle aux parties prenantes impliquées dans la mise en oeuvre du projet. Il faut s’efforcer de mener ensemble la réflexion autour d’un diagnostic partagé, s’accorder sur qui communique sur quoi, quand et comment. Cela passe par la définition d’une méthode, la création d’un référentiel de messages et la mise en place d’outils communs pour diffuser de l’information en continu, pour organiser la remontée des attentes et pour donner la possibilité aux équipes projets et aux partenaires de partager des espaces dédiés, comme un site portail, un calendrier de rencontres avec les publics – rencontres sensibles, utiles, qui offrent des opportunités d’apprendre. C’est ainsi que l’on peut trouver les mots pour dire et expliquer le projet, créer les images, les symboles, le vocabulaire graphique pour marquer son périmètre, donner à voir sa singularité et rythmer les étapes de la communication : chartes, outils d’information de proximité, sites internet, palissades de chantiers communicantes, forums, fêtes populaires, etc. Dans la communication comme dans la ville, tout est signe. Communiquer, c'est rapprocher des gens autour de leurs centres d'intérêt communs ; c'est réduire les espaces - ces trous noirs où se perdent les informations -, en proposant du lien. C’est par la communication réussie de ses projets que la ville pourra rendre lisible son projet d’ensemble. En matière de communication publique comme en matière de développement durable, il est temps de changer de culture !

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une technique

3D,

LA

BIENVENUE DANS L’ÈRE DU

SHOPPING VIRTUEL ! Il y a encore quelques années, la 3D (3 dimensions) appartenait au domaine de l’innovation, sans lien avec le territoire du marketing. Une époque bien révolue, tant la démocratisation des usages multimédias a contribué à l’utilisation de la 3D dans un grand nombre de domaines (marketing, communication, formation, etc…). Décryptage de cet outil formidable par Jean-Michel Flamant, dirigeant associé de l’agence villeneuvoise Idées-3Com.

Nouvelle étape dans le e-commerce Pour le consommateur, Internet est aujourd’hui un média déterminant dans la prise de décision et dans l’acte d’achat. Le web marketing est devenu en l’espace d’une décennie un territoire incontournable pour les marques. Celles-ci ont ainsi pu se faire une place de choix dans le monde du e-commerce. Face à cette virtualisation de l’échange marchand, la 3D a ouvert de nouvelles portes pour attirer et immerger, encore et toujours plus, le consommateur au sein des marques : “La 3D permet tout d’abord d’améliorer la présentation des produits”, explique Jean-Michel Flamant. “Grâce à cette technologie, l’internaute peut manipuler et s’approprier totalement le produit. Il peut vraiment le visualiser sous tous les angles et cette appropriation de l’objet contribue sans équivoque à l’acte d’achat ”. “Cette technologie offre par ailleurs la possibilité de mettre le produit en situation”, ajoute-t-il. “Pour sa-

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tisfaire la demande d’un client spécialisé dans la vente de stickers, nous avons conçu un appartement virtuel qui permet à l’internaute de découvrir le produit souhaité dans son contexte d’usage. A sa guise, l’internaute peut se déplacer, changer les couleurs des murs et du sol, et apposer les produits où bon lui semble”. Mais l’innovation de la société, installée sur le Parc Scientifique de la Haute Borne, va encore plus loin avec Maboutique3D : une application 3D entièrement administrable qui permet de créer un magasin virtuel à l’identité de la marque ! L’internaute peut ainsi se promener et faire son shopping via le web, seul ou avec des amis, et même faire appel à un vendeur.


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“L’idée n’est pas nouvelle”, assure Jean-Michel Flamant, “mais nous avons profité des technologies de pointe d’aujourd’hui pour développer un concept pour lequel il n’existe pas d’équivalent, que ce soit en France, en Europe ou aux Etats-Unis. Nous souhaitons maintenant mettre en place des galeries marchandes virtuelles. Nous travaillons d’ailleurs en ce sens sur un important et innovant projet qui devrait voir le jour cette année”. Nous n’en saurons pas plus...

avec une multitude de variétés de plantes à découvrir. A cet aspect plaisir a été joint l’aspect conseil. En effet, avec la 3D le réalisme d’une plante est beaucoup plus fort que sur une simple photo, l’internaute peut véritablement se projeter et s’imaginer agencer les plantes dans son propre jardin. Par ailleurs par un simple clic sur le produit s’affiche une fiche produit avec les caractéristiques de celui-ci et un bouton d’ajout au panier ”.

Maboutique3D : une application 3D entièrement administrable qui permet de créer un magasin virtuel à l’identité de la marque !

Bienvenue dans l’ère du shopping 3D !

Le jardin 3D de Willemse Devant les formidables opportunités ouvertes par les nouvelles technologies de la 3D, Willemse, spécialiste de la vente de plantes, a sauté sur l’occasion : “Willemse avait comme projet d’enrichir son site web afin de faciliter le parcours de l’internaute en l’accompagnant dans ses choix, tout en apportant une touche de plaisir à la navigation”, explique Ludovic Dewavrin, responsable SI et Internet de la société basée à Tourcoing. “C’était une demande de nos clients. Nous avons alors réfléchi à différentes solutions, et il nous est apparu rapidement que la 3D répondait en tous points à nos attentes, car elle concilie innovation et esthétique”.

Bienvenue dans le jardin 3D de Willemse... Les centres commerciaux virtuels, le shopping du futur.

De la collaboration avec Idées-3com naîtra ainsi le jardin 3D de Willemse : “L’objectif est d’accorder ensemble plaisir et conseil. De plus en plus, les gens apprécient la balade du dimanche en famille, dans les jardins publics notamment. L’idée était donc de reproduire cela en 3D, en proposant à l’internaute une promenade dans un jardin coloré, naturel, agréable à l’œil,

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média

MEDIADAY TELEVISION PAR TRËMA

LES

DESSOUS DE LA

PUB TV

TRËMA, l'agence conseil tous médias installée à Villeneuve d’Ascq, organisait le 11 mars dernier une conférence de presse sur les dessous de la pub TV. Campagne nationale, campagne régionale, parrainage sponsoring, marketing direct, pack CREACHAT ont été tour à tour évoqués et expliqués par l'équipe de Thierry Way. Bilan.

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Un média en pleine évolution Bien que le taux d’équipement d’internet explose, la TV progresse en terme de durée d’écoute. On estime que la durée moyenne d’écoute quotidienne de par le monde est de 3h08. De plus, il n’y a pas de lien decause à effet entre la consommation web et celle de la TV car : La qualité de réception évolue (HD, full HD, 3D). L’offre de chaînes TV s’élargit : 105 chaînes ! La technologie permet de regarder partout et n’importe quand.

Aujourd’hui, une quarantaine de TV locales existe, pour une audience cumulée sur 7 jours de 956.700 téléspectateurs (médiamétrie 2008). Il y a donc sur ce nouveaux marché un public à conquérir et un schéma de rentabilité à trouver. La durée d’écoute étant faible, pour bien utiliser les TV locales il faut du volume :

En sponsorisation : Retenir des rubriques récurrentes (type météo, trafic). Moyenne de 7 à 10K€ pour 300 à 400 billboard (1mois).

En pub : 15 jours de 100 spots 20’’ Moyenne 4 à 10 K€.

En MD : Hormis pour entourer une émission de télé-achat, ni le potentiel, ni les audiences sont suffisantes pour du MD.

L’élargissement de l’offre TV La mise en place en 2006 de la TNT (Télévision Numérique Terrestre) a engendré un élargissement du marché publicitaire TV. Des six grandes chaînes historiques, nous sommes en effet passés à 18 chaînes accessibles gratuitement, de nouvelles portes se sont ainsi ouvertes.

Le CREACHAT par TRËMA

Comment communiquer en TV ? Le média TV sait répondre aux besoins de : ■ Notoriété (faire connaître). ■ Image (créer une valeur ajoutée, faire aimer). ■ Trafic (faire agir/acheter). ■ Marketing Direct (téléphoner ou aller sur un site).

un pack “all-inclusive” : média-planning, achat, honoraires et création.

Accessible : objectif de tester le média avec des spots en Day en régional ou en national.

Transparence : diffusion à 100% sur une chaîne sélectionnée.

Extrapolation : analyse des résultats. Pack CREACHAT en région : 20 K€. Pack CREACHAT en national : 100 K€ (TF1 ou FTP ou M6).

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regard

QUEL AVENIR POUR LE METIER DE

PHOTOGRAPHE ? La publicité, la presse, la télévision, le net, l'affichage public, les cimaises des musées et des galeries, jamais l'image n'aura été autant présente dans notre société. Elle informe, elle témoigne, elle vend, elle communique, elle émeut. Pour autant les photographes professionnels vivent une révolution qui a démarré il y a une décennie environ et qui n'est pas encore terminée aujourd'hui. Entretien avec l’un d’entre eux, Laurent Mayeux, Président de l’Union des Photographes Créateurs pour la région Nord.

De l’argentique au numérique Depuis une dizaine d'années, la photographie professionnelle a basculé de l'argentique au numérique. Cette bascule s'est faite relativement vite, en quelques années. Durant ce court laps de temps, les photographes ont dû s'adapter à un modèle économique radicalement différent de celui qu'ils connaissaient depuis plusieurs décennies ; le matériel numérique coûte deux à trois fois plus cher qu'un équipement argentique, avec une durée d'amortissement calquée sur le secteur informatique, alors que l'investissement argentique pouvait durer toute une carrière. L'informatique a pris une place importante dans le flux de production, avec ce que cela suppose en investissement matériel et surtout logiciel. Mais la plus grande évolution n'est pas tant d'ordre matériel. Alors qu'hier le travail du photographe se terminait au déclenchement de l'appareil, aujourd'hui la prise de vue s'étend jusqu'à la post-production. Le temps passé derrière l'ordinateur est parfois aussi important que celui passé sur le plateau de prise de vue

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ou en reportage sur le terrain. “Ce temps est malheureusement difficilement facturable au client, car nous photographes, n'avons peut-être pas réussi à le vendre jusqu'à présent”, précise Laurent Mayeux. Enfin, le passage au laboratoire permettait aux photographes d'échanger, de se croiser, se voir, se connaître autour d'un café en attendant le développement des films par exemple. Certes, les professionnels étaient moins nombreux à l'époque. L'arrivée du numérique a aussi permis d'expérimenter plus facilement, de libérer la créativité -quoique-, de diminuer les coûts des consommables, de produire plus d'images. Elle a, de fait, facilité l'accès à la profession. “Combien de pseudo-photographes pensent devenir professionnels en s'achetant un Mac et un boîtier à deux mille cinq cents euros, sans passer par la case formation ? rappelle Laurent. Certains réussissent, beaucoup échouent après avoir cassé les prix sur le marché. Car -et c'est là que le bât blesse-, malgré un modèle économique plus exigeant, les prix, eux, ont baissé. Et la conjoncture économique actuelle n'arrange rien”. L’image utilisée en fond est une création de Laurent Mayeux

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La croissance des studios-usines Du côté des clients, des secteurs entiers ont connu de fortes évolutions. La vente à distance traditionnelle, dont on connaît les difficultées actuelles, a considérablement diminué ses commandes de prises de vue. Notre région était la seconde plus importante en nombre de photographes, derrière la région parisienne. Cette concentration était directement liée aux acteurs nordistes de la vente à distance. D'une façon générale, le e-commerce a industrialisé le secteur de l'image en appauvrissant parfois sa capacité de création. Il suffit de parcourir certains sites textiles pour s'en apercevoir. En parallèle de sa formidable croissance, des "studios-usines" ont vu le jour et ont délocalisé toute la post-production (retouche, détourage, etc...) en Asie ou en Europe de l'Est. Du côté de la presse, le constat n'est pas meilleur. Les grands quotidiens nationaux cherchent à limiter la baisse de leur lectorat, sans que les recettes publicitaires ne la compensent. En presse magazine, il n'y a jamais eu autant de titres en kiosque qu'aujourd'hui. Malheureusement, les rédactions sont plus intéressées par le people que par un grand reportage sur un pays lointain.

Quelques espoirs Dans cet univers sombre, des signaux optimistes, pourtant, apparaissent. Certains VADistes et acteurs du e-commerce font le choix de continuer à travailler avec des photographes indépendants avec des partenariats gagnants, et permettent à ces derniers d'avancer et de rester dans la course. De telles coopérations permettent à ces entreprises d'avoir une production iconographique flexible, tout en restant qualitative pour certaines applications de marketing direct par exemple où l'image contribue de façon importante au succès de la campagne. Dans le corporate, des communicants se rendent compte qu'on ne peut pas systématiquement se contenter d'un collaborateur ayant l'oeil pour produire des images de qualité. Là aussi, la signature et l'angle de vue d'un photographe professionnel restent incontournables pour une communication professionnelle. Enfin, chez les professionnels de la presse et de l'édition, les choses sont en train de bouger. Beaucoup d'espoirs sont fondés sur des outils tels que l'Ipad d'Apple, qui permettra une transition numérique rentable pour ce secteur, avec à la clé la diffusion de reportages. Des magazines comme Polka ont vu le jour, avec une politique iconographique de haut niveau. Ceux qui vivaient dans le passé grâce à l'illustration ont la vie dure, voire impossible, au-

jourd'hui avec des banques d'images, qui vendent des photos à un euro. Mais là aussi, des banques d'images spécialisées et qualitatives voient le jour, en rémunérant un peu mieux leurs photographes. “Au sein de l'Union des photographes professionnels, nous finalisons en ce moment même une charte de la photographie équitable, souligne Laurent. Ce qui facilitera les rapports entre photographes et communicants dans le respect du droit d'auteur mais aussi tenant compte des contraintes de nos clients”.

Laurent Mayeux

La photographie ne bénéficie pas, à l'instar du cinéma français, de subventions. Contrairement à la musique, secteur également touché par la perte de valeur et où les maisons de disque défendent tant bien que mal leurs auteurs. Il n'y a pas en photographie, 3 ou 4 agences suffisamment solides pour parler au nom de tous les photographes. “Nous restons fondamentalement individualistes, renchérit Laurent. Bien évidemment, la nostalgie de l'argentique ne nous aidera pas. Rien ne sera plus comme avant, et c'est ainsi. Le marché, dans sa difficulté nous oblige à nous remettre en question, à quitter l'image imprimée pour lorgner vers le web, à travailler l'image animée, voire la vidéo”. Le champ des possibles s'élargit pour les photographes de demain. Mais le seul élément leur permettant de se tirer d'affaire, est leur capacité à créer, à émouvoir, à interpeller, au travers de leurs images. Espérons qu’ils en aient encore les moyens dans le futur... Propos recueillis par Eric Delemazure

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métier

INGÉNIEUR DU SON,

&

ARTISTE TECHNICIEN

À LA FOIS Métier qui fait rêver nombre d’amateurs de musique, l’ingénieur du son a pour fonction d’assurer la gestion du son. Ses domaines d’intervention sont multiples, du cinéma à la musique en passant par les spectacles vivants. Mais depuis quelques années, beaucoup se tournent vers le monde de la communication et du marketing. Rencontre avec Pol Desmurs, ingénieur du son indépendant installé à Lille, et Simon Bernard, qui exerce son savoir-faire à La Madeleine au Studio Gimmick. Ils nous parlent de leur métier, de son évolution et de son avenir, avec passion et enthousiasme.

Pol Desmurs, 26 ans, indépendant (Lille) “Avant tout, je pense que pour être en mesure de se définir comme un ingénieur du son il faut au minimum 10 ans d’expérience derrière soi. Car c’est un métier qui demande un savoir-faire technique et artistique extrêmement large, qui ne s’apprend ni sur le banc d’une école ni en quelques mois de travail. Il faut savoir en outre s’adapter, écouter et être psychologue face au client. Pour ma part, je suis un passionné de musique, c’est ce qui m’a poussé dans cette voie. J’ai commencé en enregistrant des groupes de musique avant de me spécialiser vers le sound design. Cela consiste à poser un son sur un objet visuel, à créer une ambiance sonore pour un site internet, un spot publicitaire, etc. L’avènement des outils numériques nous a ouvert de nouvelles portes, même si quelque part l’accès de tous à ces nouvelles technologies nous a fait du tort”.

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Simon Bernard, 38 ans, Studio Gimmick (La Madeleine) “Produire des artistes et des chansons est notre vocation première au sein du studio, avec Christian (Christian Vié, auteurcompositeur ayant notamment collaboré avec Hélène Segara). Mais avec la crise de l’industrie musicale, on s’est tourné dans les années 1990 vers le monde de la publicité, vers le marketing sonore qui consiste à créer une charte musicale. Le monde de la communication a énormément changé, nous avons donc mis notre savoir-faire à la disposition des publicitaires. Ingénieur du son, c’est être artiste et technicien à la fois. Il est nécessaire d’avoir les compétences techniques, mais il faut aussi savoir diriger les acteurs et les musiciens. Au sein de notre studio, nous travaillons en effet avec des artistes pour obtenir le meilleur résultat possible, nous ne faisons pas de “préfabriqué”. Selon moi, la mise à disposition des technologies au grand public nous a forcé à élever notre niveau de qualité. Un ingénieur du son de qualité aura toujours un savoir-faire artistique et technique supérieur”.

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portrait

APROPOS DONNE

DU SENS AU DESIGN Installée à Roncq, Apropos est une agence transversale dans les métiers du design. De la création d’un logo à l’aménagement ou la théâtralisation d’un magasin, en passant par le packaging, PLV, ILV, etc., Apropos propose un savoir-faire unique basé sur une vision polysensorielle du design. Décryptage.

Penser transversal L’histoire commence en 1988. Laurent Dathis, plasticien de formation, et son ami José Domingos, tout droit sorti d’une école d’architecte, imaginent un concept nouveau, une communication globale alliant le volume et l’image : “On avait compris que le point de vente était un média, explique Laurent Dathis. Notre force réside dans la complémentarité que l’on a avec José. Lui pense volume, moi je pense image. Et

Apropos a été choisie par la ville de Tourcoing pour la conception de sa nouvelle identité graphique. L’agence a remporté l’appel d’offre en octobre dernier en proposant une identité polysensorielle pour la Ville (à découvrir prochainement) et le Musée des Beaux Arts.

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la complémentarité de ces deux visions offre une transversalité dans notre façon d’envisager la communication. Notre philosophie est basée sur cette transversalité : le stand et sa communication, c’est-àdire son logo, son dossier de presse, etc”.

L'ère du tout-puissant visuel est révolue L’avènement des nouvelles technologies va au milieu des années 1990 pousser l’agence à aller plus loin dans sa démarche de transversalité : “L'évolution de la société et la révolution des technologies de communication offrent à l'homme la chance de (re) découvrir des sensations, des émotions, des expériences. Les siennes, dit Laurent Dathis. Parce que nous allons vers un marketing vivant, parce que la quête d'émotions est intense, nous devons désormais créer une relation unique et durable entre le produit et le consommateur : l'homme. Aujourd'hui il est vital de nourrir tous les sens. C'est la mission novatrice que s'est donnée Apropos en travaillant sur le design polysensoriel, en véritable architecte des sens. Après plusieurs années de recherche, notre méthode exclusive et nos outils éprouvés nous permettent de développer une véritable force relationnelle des marques et des produits en favorisant et en harmonisant l'interactivité des sens”.


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Le design polysensoriel Aujourd’hui, les équipes de l’agence, composées de concepteurs, d’architectes et de graphistes, ont une parfaite convergence de savoir-faire s’appuyant sur une méthode spécifique et unique : la communication et le design polysensoriels. “Jusqu'alors le marketing traditionnel s'est focalisé sur les attributs du produit et les bénéfices du consommateur en prenant des décisions rationnelles. Mais aujourd'hui, les attributs et avantages du produit sont considérés comme acquis par les clients. Il s'agit maintenant d'appréhender la consommation dans son ensemble, dans son environnement complet. Le prochain champ de bataille de la concurrence sera donc la réalisation d'expériences de consommation. Le marketing expérientiel émerge et a pour but l'enrichissement de l'expérience émotionnelle, sensorielle et intellectuelle des consommateurs. Ils veulent désormais des produits, des campagnes de communication et de marketing qui les éblouissent, les touchent, les stimulent sur le plan intellectuel. Ils n'achètent pas (plus) un produit ou une marque mais une sensation, et ils ont besoin de sensations immédiates. C'est le marketing

Laurent Dathis, gérant, et Rui José Gonçalves das Neves alias Domingos, son associé depuis 1988 sensoriel qui va qualifier la relation intime entre le

consommateur et le produit, pour lui donner une personnalité quasi-sensitive”. Design graphique, d’environnement, sonore, olfactif, Apropos étend le design et la communication sous tous leurs aspects. Une vision unique pour un savoirfaire unique.

Depuis quatre ans, l’agence réalise le stand du Salon International de l’Agriculture pour la région Picardie. Chaque année plus moderne et innovant, le stand remporte un grand succès auprès des visiteurs, de la presse et des représentants institutionnels.

Les chiffres clés ■

Création en 1988

Effectif : 7 salariés

Marge brut 2009 : 1 millions d’euros

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portrait

PATRICK LECERCLE,

30 ANS DE

COM Patrick Lecercle, avec, à gauche, Daniel Penez et, à droite, Denis Dervaux

A quoi peut bien rêver un fils de pub exilé depuis 20 ans dans les méandres de la pub parisienne ? A rentrer au pays, bien sûr ! Patrick Lecercle ne faillit pas à cette règle. Originaire de Lille, il démarre sa carrière en 81 chez Publicis Lille (à l'époque Projectis) à l'issue de ses études à l'Edhec pour rejoindre Gemap, puis Hourra l'agence! qu'il fonde avec Pierre-André Descamps et Bernard Malfait. Fin 86, il cédera aux tentations parisiennes chez Young & Rubicam (11 ans), puis JWT et enfin Momentum, agence marketing services du groupe Mc Cann, dont il fut Président de 2007 à 2009. Il a travaillé sur des budgets en distribution, en alimentaire, en automobile, en services, en biens d'équipement, en pharmacie…

Patrick Lecercle a eu l'occasion d'écrire plusieurs ouvrages dont Pub New Deal, qui définissait, en 2007, la nouvelle donne dans la relation entre annonceurs et agences. Le livre analyse l'évolution de l'univers de la publicité depuis les années 80 et la mutation de l'environnement : montée de la pression financière, mondialisation et concentrations, fragmentation des medias et révolution technologique issue d'internet et du web 2.0. Il souligne la nécessaire remise en cause des agences qui devaient faire évoluer leurs réponses pour mieux satisfaire aux nouvelles attentes des annonceurs de plus en plus désorientés face à leur environnement. Ainsi que le besoin de jeter les bases d'un nouveau partenariat gagnant/gagnant dans la relation commerciale avec l'agence. Patrick Lecercle rejoint Altavia Lille pour renforcer l'agence en conseil dans l'objectif d'y développer cette relation gagnant/gagnant avec une clientèle d'annonceurs implantés dans la région, acteurs clés nationaux en matière de commerce dans leur secteur. "La relation entre l’enseigne et le consommateur s'est inversée. Jusqu'alors plutôt passif, le shopper détermine les règles du jeu et dispose. Croître,

c'est apprendre à dialoguer avec lui et lui apporter une valeur ajoutée perceptible. C'est une des forces d'Altavia. Sa mission : Enchanter le commerce. Il y a peu d'agences capables d'apporter une réponse multicanale, prenant en compte la relation avec le consomm'acteur, depuis le concept du magasin jusqu'au passage en caisse. Définir une stratégie de communication commerciale, la mettre en oeuvre, mesurer ses résultats qui vont nourrir la réflexion de demain, Altavia Lille veut accélérer le mouvement en apportant une réponse créative aux attentes fortes des distributeurs. Et en établissant une relation de confiance sur le long terme". "Je suis impressionné par l'état d'esprit des équipes, 100% orientées clients. Par la qualité de nos recommandations et la performance de nos outils et de nos solutions. Par la cohérence de notre positionnement. Nous devons, avec toute la simplicité et l'humilité qui nous caractérisent, revendiquer les forces de l'agence et les faire connaître. Faire rêver encore un peu plus les annonceurs implantés dans la région, en apportant une valeur ajoutée à leur vision et à leur créativité commerciale. Pour enchanter leur commerce au quotidien..." www.pubnewdeal.com

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www. www.altavia-lille.com


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Portrait

QUAND UN

HOMME D'ETUDES

ACTION non content de Rencontre avec Peter Van Vliet, qui, tenter l'accord faire ses gammes, ne cesse de nts. parfait avec les marchés de ses clie

Il aurait pu émigrer plein sud. Il ne l'a pas fait. Il aurait pu rejoindre un grand groupe dès son diplôme en poche. Il ne l'a pas fait. De même, un job d'auditeur ou de consultant ne l'a pas convaincu. Peter Van Vliet n'aime pas les sentiers battus. "Dès septembre, je fondai New Line informatique", sourit ce natif de la région parisienne. Nous sommes en 1984. Parchemin de l'EDHEC dans sa besace au début de l'été, il fallait une certaine dose d'audace en un temps où les "élites" se réfugiaient plus volontiers chez un grand nom du marketing ou du conseil. A l'époque, le chômage sévissait depuis une dizaine d'années, la création d'entreprise n'était pas vraiment à l'ordre du jour, et l'heure était à la prudence. Alors créer une boîte ?

Peter Van Vliet se prête au jeu

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" A la réflexion, aujourd'hui, je ne le conseillerais pas. Moi et un copain associé avions de bonnes connaissances en gestion qui nous ont évité d'aller dans le mur mais l'aventure est risquée…" Le jeu en vaut-il la chandelle ? Au début, sûrement pas. "Mon premier salaire ? 800 francs* par mois". Les deux yuppies** s'installent à Lille et investissent dans le créneau du développement de logiciels à un moment où le traitement des écritures comptables en était encore à la préhistoire. Peter Van Vliet a alors l'idée d'appliquer les mêmes outils au traitement des questionnaires de satisfaction, un premier pas prometteur. Et puis il y a le "Mac"…La firme californienne explose au firmament des ordinateurs domestiques et professionnels. Une passion qui ne le quittera plus. On ne disait pas encore "geek". Son épouse choisit la voie plus sage de l'audit chez Ernst & Young.

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PASSE À L’


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2004, une année fameuse "Une époque bénie…tout le monde s'équipait dans la région". Puis IBM passe à l'offensive. Début des années 90, le choc est rude. L'entreprise en profite pour changer de stratégie et s'affirmer comme cabinet d'études. Le mot informatique appartient au passé et passe à la trappe. New Line renaît. "Les clients, surtout la grande distribution, voulaient un traitement rapide et fiable de la satisfaction de leurs propres clients". Boulanger, Leroy-Merlin, Norauto, Auchan, La Redoute,…c'est le gotha régional qui défile dans les ordinateurs poussés à plein régime, plusieurs dizaines de milliers de questionnaires en même temps. Pour autant, une certaine lassitude gagne le patron, désormais seul au poste. " Je ne voyais plus ce qui se passait. Après quinze ans, je vends New Line". A un ami, Claude Ghilain, qui dirige toujours l'affaire. Pour Peter Van Vliet, c'est un nouveau départ. Il accepte un job chez un de ses clients, directeur des études puis du marketing clients du groupe Castorama. Un poste taillé sur mesure pour celui qui s'est fait un nom sur son créneau. Mais l'entreprise traverse une vraie tourmente. Casto, côté en bourse, est la proie de raids et d'OPA de la part de son actionnaire britannique. Cinq directeurs généraux en quatre ans. Ce qui ne l'empêche pas de finaliser quelques projets de taille. Une fondation Castorama pour le Patrimoine, un grand prix de l'Outil Féminin, un nouveau programme de fidélisation, …de quoi "donner du sens" au bricolage". 2004, l'année fameuse pour notre entrepreneur. Un de ses confrères, Market Audit, a été repris par l’Institut Régional de Développement du Nord Pas de Calais, et on lui demande de prendre la direction générale de ce cabinet d'une trentaine de personnes. Les affaires tournent. Pas forcément rond, d'ailleurs. Le rapprochement avec la consoeur parisienne Init Satisfaction, vire au cauchemar. "Le mariage de l'eau avec le feu" ironise-t-il tout en insistant sur les difficultés de la croissance externe. Deux ans plus tard, l'alliance est rompue sans autre forme de procès. Parce qu'il ne faut pas rester sur un échec, la société nordiste vient de reprendre cette année une partie de Cohésium Etudes et Conseils à Paris et Blois.

L'art du silence Mais Market Audit est bien positionnée sur son marché. Chaque problème est unique, donc chaque solution l'est aussi. "Notre métier, c'est l'art de l’écoute" sourit ce pia-

niste amateur de Bach et Schubert. Toutes les études sont "ad hoc", c'est-à-dire dédiées et spécifiques. Market Audit se développe gentiment et, vingt ans après sa création, compte une quarantaine de spécialistes. Chiffre d'affaires : plus de 6 millions d'euros, avec une part importante dans la distribution et une croissance importante depuis cinq ans du côté des banques et des assurances. Cette approche sectorielle lui permet d’être très en phase avec ses clients. Et Market Audit, c’est aussi une équipe en place de professionnels de très haut niveau : Sylvaine Delattre et Nathalie Lecuyer, des consultantes de choc, présentes depuis la création de l’entreprise ou presque, Pierric Desplechin, l’homme de l’information, et enfin le petit dernier, Marc Leopold, qui permet à ce groupe d’avoir un système informatique en avance sur son temps.

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Non rassasié, Peter Van Vliet s'intéresse depuis peu à tout ce qui améliore la qualité de vie des collaborateurs d'une entreprise. Et voici Les Fées Solutions, créé par Antoine Lamoril, une conciergerie d'entreprises à Villeneuve d'Ascq, qui propose une gamme de services allant du pressing aux courses en passant par le lavage et le repassage. A fin 2009, les résultats sont encourageants : 3000 collaborateurs d'une trentaine de sociétés sont abonnés. Même développement pour Résonégo, une centrale de négociation de frais généraux - bureau, téléphonie, FAI, fournitures,…-, managée par Sarah Doogbaud, qui regroupe quelque 300 entreprises soucieuses d'externaliser la fonction achat et profiter des meilleurs prix. La démarche est originale et le principe connu. Toujours dans la même lignée, il s'emploie désormais à construire une fédération de consultants indépendants dans tous les domaines, marketing, ressources humaines, finances, coaching, montage de projets… Stratego, démarré avec Laurence Danielou, est sur de bons rails !

* Environ 120 euros. ** Young urban professionnals : yuppies. Expression à la mode dans les années 80 pour qualifier une catégorie socio-professionnelle alors en vogue, les jeunes cadres citadins.

Marc Prévost

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portraits croisés

L’EFAP,

L’ENTREPRISE

AU CŒUR DE L’ÉCOLE Créée par Denis Huisman, en 1961 à Paris, l’EFAP (École Française des Attachés de presse et des Professionnels de la communication) s’est rapidement étendue aux sphères régionales. L’EFAP Lille ouvrira ainsi ses portes en 1991. L’idée majeure du fondateur de l’école était de faire entrer l’entreprise dans le milieu scolaire, afin que l’enseignement proposé soit approprié aux exigences du marché. L’enseignement dispensé repose ainsi sur trois principes : un enseignement pluridisciplinaire préparant les étudiants à tous les métiers de la communication, des intervenants issus du monde professionnel et des étudiants placés en stages à mi-temps ou à temps complet tout au long de leur scolarité, et ce dès la première année. Décryptage de la pédagogie de l’EFAP par trois anciens étudiants de l’école lilloise.

Héloïse Longuet “QUELQUES CRITIQUES” ■ ■

28 ans Attachée de presse indépendante, Boulogne-sur-Mer Diplômée en 2006

“Globalement mon passage par l’EFAP a été positif. Ce qui est annoncé est réalisé, contrairement à certaines écoles, par les stages nous sommes plongés tout au long de nos études dans le monde professionnel ce qui nous

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permet d’acquérir une certaine expérience, les intervenants sont de vrais professionnels des métiers de la communication, etc. De plus c’est un diplôme reconnu par le milieu. Cependant, on peut émettre quelques critiques. J’ai trouvé en effet que les enseignements étaient trop généralistes et donc pas assez ciblés. D’autre part, en ce qui concerne les stages, il convient de préciser que même s’ils sont intéressants et utiles très peu débouchent ensuite sur une embauche. Mais surtout pour ma part ce qui m’a déplu est le côté très lillois de l’EFAP. Je m’explique, originaire de Boulogne-sur-Mer je ne voyais pas mon avenir à Lille, donc mon intention était de préparer au mieux mon retour. Et j’ai senti une certaine réticence au sein de l’EFAP à l’idée que je puisse faire mes stages au sein d’agences du littoral. Mais bon, si c’était à refaire je ne changerais rien”.


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Marie Dufour “EN IMMERSION TOTALE” ■

24 ans

Journaliste, Métropolys, Roubaix

Diplômée en 2008

“Après le bac, j’avais comme projet de devenir journaliste. L’idéal pour cela est de passer par une école de journalisme, l’ESJ Lille par exemple, mais pour cela il faut un certain niveau d’étude et je n’avais pas envie de passer plusieurs années en fac. J’ai donc fait le choix d’intégrer l’EFAP et d’aborder l’univers journalistique par le biais des stages. L’immersion totale en entreprise, dès la première année, m’a beaucoup plu. Les stages, c’est vraiment le grand plus de l’EFAP ! Ils nous offrent l’opportunité de mettre en pratique l’enseignement prodigué et donc d’être opérationnel rapidement. Je pense que c’est ce qui fait la bonne réputation de l’école, cette volonté réelle de nous plonger dans le grand bain dès le début de la scolarité. Ca nous pousse par ailleurs à être autonome, car c’est à nous, étudiants, de trouver le stage qui va nous permettre de nous spécialiser dans tel ou tel domaine. La pluri-disciplinarité de l’enseignement de l’EFAP s’oppose en outre à un certain formatage des diplômés, au contraire de cer-

taines écoles. Et l’intervention de professionnels du métier est aussi un atout pour se constituer un réseau. J’ai toutefois des regrets sur le manque de profondeur dans les cours de journalisme, mais dans l’ensemble, c’est un passage plus que satisfaisant”.

Marie Wisniewski “LES STAGES, LE PLUS DE L’EFAP” ■ ■

“Une fois le baccalauréat en poche, mon projet initial était d’intégrer une école de journalisme. Je me suis finalement orientée vers l’EFAP en raison de l’aspect insertion dans le monde professionnel revendiqué par l’école. Sans regret ! En effet, les stages nous offrent l’opportunité de nous plonger dans le monde professionnel, d’apprendre à travailler directement avec des professionnels. Cette immersion dans le milieu est le grand plus de l’EFAP,

23 ans Chargée de communication - Attachée de presse, Mairie de Loos Diplômée en 2008

c’est ce qui valorise l’enseignement. Cela nous permet en plus de nous constituer un réseau. En dehors de cet aspect qui m’a beaucoup plus, je retiens le côté global de la formation. Les enseignements sont très généralistes, on aborde la communication sous tous ses aspects, et pour moi qui voulais intégrer par la suite un poste de chargé de communication c’est la pédagogie rêvée. Par contre pour un étudiant qui souhaite se spécialiser ce n’est peut être pas l’idéal, bien qu’il puisse se servir des stages pour cela”.

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entretien

BRUNO MEURA, ANCIEN PUBLICITAIRE,

DÉFENSEUR

DES CAUSES PERDUES! Après 30 ans d’expérience dans la communication et le marketing, Bruno Meura s’est lancé un défi en créant Elise en 1998. Spécialisée dans la collecte sélective de papiers, cartons et autres déchets dans les entreprises et administrations, cette association affiche aussi sa forte vocation sociale en embauchant chômeurs longue durée, handicapés et autres jeunes sans qualification. Avec succès…

12 ans après sa création, comment se porte Elise ? Bruno Meura : Malgré la crise économique et l’effondrement, fin 2008, de 70% du cours de revente du papier, notre activité s’est plutôt bien tenue en 2009, grâce à la mobilisation de tout l'équipe dirigée par Alexis Pelluault depuis la création d'Elise. Nous avons traité 9 000 tonnes de papiers et de cartons sur nos quatre sites (Lille, Douai, Cambrai et Paris), avec évidemment des volumes très différents liés à la fois au potentiel local (nombre d’entreprises et d’administrations) et à l’ancienneté de chacun d’entre eux. Nous avons même battu notre record en installant 32 000 nouvelles corbeilles chez nos clients dont 12 000 à Lille. Le site de Paris, créé en 2006, présente un potentiel 10 fois plus important que celui de la métropole lilloise où nous avons un taux de pénétration de 30% dans les grandes entreprises et les PME, tout en sachant que nous sommes l’un des rares acteurs sur ce marché particulièrement difficile. Aujourd’hui, nous gérons 170 000 corbeilles chez 3 000 clients. En terme d’emploi, nous avons embauché une dizaine de personnes supplémentaires pour un effectif total de 97 salariés dont 52 handicapés.

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Cela dit, notre projet de déployer Elise en France a été reporté : nous avons préféré consolider et développer les sites existants et choisi de recruter quelqu’un pour mieux préparer cette expansion. Il est sûr que le potentiel existe avec environ 800 000 tonnes de papiers et cartons jetées tous les ans rien que dans les entreprises, c’est à dire près de 100 fois plus que les volumes traités par Elise l’an dernier.

Quels sont vos projets en 2010 ? B. M. : A périmètre comparable, nous espérons traiter 20% de papiers, cartons et autres déchets (bouteilles plastique, cans, piles, D3E, tubes néon et lampes, cartouches d’encre) en plus, augmenter notre chiffre d’affaires de 24%, installer 13% de nouvelles corbeilles et passer à 110 salariés. L’objectif est aussi d’ouvrir un cinquième site sous contrat de concession. Nous avons créé un véritable savoir-faire, une marque, des outils de logistique, de formation, de management et de communication que nous sommes désormais prêts à faire exploiter par d'autres. Par ailleurs, suite à une collaboration gracieuse avec un grand designer français, nous allons créer industriellement une nouvelle corbeille adaptée non seulement


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à la collecte des différents types de déchets mais aussi d’un point de vue esthétique de manière à pouvoir prendre place harmonieusement dans les bureaux. Il nous faut encore trouver les financements pour fabriquer le moule et lancer la production en série qui sera confiée à un industriel local, pour des raisons évidentes d’empreinte écologique.

Le marché de la collecte et du tri des déchets présente un énorme potentiel, la prise de conscience écologiste est de plus en plus marquée, pourtant on a l’impression que des freins existent encore. Pourquoi ?

Vous avez travaillé 30 ans dans la communication et le marketing, créé puis revendu une agence qui porte encore votre nom, quel regard portez-vous sur ce parcours ? B. M. :

J’ai beaucoup aimé les nombreux aspects créatifs de ce métier et les rencontres formidables que j’ai pu y faire malgré ma grande timidité que j’ai appris à mieux contenir, ce sont des aspects positifs de cette profession qui me manquent aujourd’hui. Ma

©Photo : Fr. Lecocq

B. M. : Depuis le film d’Al Gore, le Grenelle de l’environnement ou encore les prises de position de Nicolas Hulot, les mentalités évoluent mais sur le terrain les comportements vertueux et les bonnes résolutions tardent encore à se manifester. Il est difficile de convaincre une entreprise, qui a déjà négocié un contrat d'élimination avec les collectivités ou les concessionnaires qui en ont la compétence, de changer de système pour faire appel à nous. Il faut toujours se battre pour les persuader alors même que la qualité de nos prestations est supérieure et nos prix plus compétitifs, sans compter que nous créons des emplois ! La plupart des industriels travaillant sur ce secteur ont une attitude plutôt défensive, alors que les enjeux de développement durable devraient imposer à tous d’être résolument offensifs. Si je suis plutôt de nature pessimiste, je suis suffisamment opiniâtre pour ne pas lâcher le morceau. priorité est désormais de démarcher des grands comptes et de les convaincre d’adopter Elise et de développer le rayonnement de la marque. Intellectuellement je m’épanouis sans doute moins qu’auparavant mais je me suis toujours engagé pour défendre des causes que d’aucuns jugent perdues, je suis donc plus en harmonie avec moi même et c'est un combat plus gratifiant. Je garde néanmoins beaucoup de contacts avec mon ancienne profession et me réjouis de voir que ces relations, notamment avec de grands patrons d’agences de pub, m’ont aidé à décrocher rapidement des contrats en région parisienne.

Propos recueillis par François Lecocq

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bonne pratique

LES

POINTS CLÉS

D’UN BON

MÉDIAPLANNING Définir le dispositif média optimal c’est prendre en compte quatre variables essentielles : le profil de votre cible, le message que vous souhaitez délivrer, le budget qui peut être investi, et enfin votre éventuel capital notoriété.

L’EXPERT Thierry WAY Directeur général TREMA Stratégie & Achats Tous MEDIA 377 rue Jules Guesde, 59650 VILLENEUVE D’ASCQ Tél. : + 33 3 20 28 42 28 Fax : + 33 3 20 28 42 29

www.agencetrema.com

Si la pertinence du message est la condition absolument nécessaire pour emporter la conviction, le choix du ou des média les plus adéquats, leur traitement, constitue la condition suffisante de l’efficacité du système. Il ne sert à rien, en effet, d’avoir conçu, développé, un message qui fasse sens, si celui-ci n’atteint pas son public.

C’est la cible qui est à la genèse de tout plan média. Mais, plus la connaissance de votre public sera pointue, plus vous pourrez effectuer votre choix avec certitude. Encore faut-il prendre le temps d’étudier sur des bases sérieuses quels sont les média qui seront les plus efficaces.

Vérifier l’affinité, la performance des média éligibles sur votre cible. Une agence média performante vous donnera, pour tous les grands média, des chiffres précis (couverture, fréquence moyenne, efficacité MD).

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Dans le domaine des média n’acceptez pas les idées reçues, les schémas du prêt à penser.

Tout média possède une valeur en soi, c’est-à-dire son mode de communication propre, ses contraintes. En plus des caractéristiques quantitatives, il faut intégrer la question du comment.


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N’oubliez pas que la quintessence en média planning c’est le niveau de répétition (nombre de fois que votre cible est touchée en moyenne par votre plan). Pour chaque média, il y a un seuil d’efficacité minimum à partir duquel la mémorisation se bâtit.

Définissez avec soin vos périodes actives et concentrez vos actions. La dilution d’une action dans le temps se révèle peu efficace. Insérer une annonce par mois pendant une année dans un seul magazine n’a rien à voir avec la parution de 10 annonces dans plusieurs titres le même mois.

Choisissez le format qui vous permette d’assurer l’efficacité de votre dispositif. Les grands formats ne sont pas systématiquement garants de plus de mémorisation par rapport à leur supplément de coût.

En média planning on fait obligatoirement des choix, il existe inexorablement plusieurs possibilités qu’il faut évaluer en intégrant tous les paramètres. Ce qui importe c’est de savoir pratiquer l’art de l’optimisation, de marier ses objectifs, les performances que l’on souhaite atteindre, avec la réalité budgétaire. Au-delà des chiffres, c’est aussi parvenir à cette alchimie qui doit exister entre le message et les média retenus.

La composition du mix média est l'élément le plus important de la mise en place d'une stratégie média. Dans le média planning stratégique, on définit les médias avec lesquels on va travailler afin de toucher sa cible d'une façon optimale, en tenant compte des objectifs et des contraintes. On ne cherche pas le média le plus adéquat mais le meilleur mix-média.

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PETITE MARQUE DEVIENDRA

GRANDE L'union fait la force. Comment un jeune créateur débutant peut-il se faire connaître ? Réponse : grâce La Boîte à Meuh, une agence originale qui trouve des solutions… originales.

Une agence qui a pris racine à la campagne

Les créateurs de produits et articles enfantins sont souvent isolés et manquent de moyens pour se lancer. Marques naissantes, artisans, très petites entreprises, ils cherchent à se faire connaître sur ce créneau bien particulier du "kidding", ou de la mode enfantine, voire de l'enfant-roi, un phénomène qui s'adresse aux univers de l'enfant selon les vieilles techniques du marketing. "Beaucoup de mamans tentent l'aventure " explique AnneCharlotte Alexandre, responsable du projet. En mutualisant leurs énergies et leurs projets, on obtient le résultat escompté impossible à atteindre seul. La boîte à Meuh ! RP a organisé le premier show-room presse consacré aux créateurs dans l’univers du bébé et de l’enfant (jouets, doudous, décoration…) : La Baby Gallery. Cet événement s’est déroulé le mercredi 16 septembre

2009 au Musée en Herbe, un lieu dédié à l’art et aux enfants, idéalement situé en plein cœur de Paris. Huit marques, dont deux clients historiques de l'agence Les Lilliputiens et Noukie's, composent cet original showroom. Les cibles presse sont clairement identifiées : parentale, féminine, décoration,…"Nous allons essayer d'en faire un événement annuel. D'autres marques vont rejoindre le dispositif". L’objectif de la Baby Gallery est de faire découvrir aux journalistes de la presse grand public, le même jour et au même endroit, le meilleur de la création enfantine à un moment-clef : celui de la préparation de leurs sujets de Noël. Intérêt pour les créateurs : découvrir la presse grand public. Intérêt pour les journalistes : rencontrer et découvrir des créateurs et leurs produits en une seule journée.

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Tout le monde participe !

Les journalistes ont été invités à participer à l’événement accompagnés de leurs enfants (d’où le choix du mercredi). Une visite gratuite de l’exposition en cours (La Vache de Mr Warhol) était prévue pour eux, par les animatrices du Musée en Herbe.

Un rendez-vous incontournable Pour l'approvisionnement, La boîte à Meuh a mis en place un partenariat avec deux de ses clients : les limonades La Gosse et Les Gourmandises de Sophie. En échange de dons de produits, ces deux marques avaient leur logo visible sur l’ensemble des outils de

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MARQUES PARTICIPANTES, DES 4 COINS DE LA FRANCE ET MÊME DU MONDE (DEUX MARQUES BELGES ET UNE QUÉBÉCOISE) ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■

Le Bois des Songes ...................... Est Raplapla ................................ Québec Les Contemplatives .................. Paris Baby’Sphère .............................. Nord Annabel Kern................................ Sud Les Editions Typlume et Graphine Paris Noukie’s .............................. Belgique Lilliputiens .......................... Belgique www.lababygallery.com

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communication de La Baby Gallery (invitation, catalogue presse et site Internet) Une cinquantaine de journalistes de la presse grand public ont assisté à l'événement. Selon Astrid Morice, rédactrice sur le blog Momes.net : “C'est une véritable mine d’idées créatives et de talents, la Baby Gallery est devenue pour moi un rendez-vous professionnel à ne pas manquer !” “L’agence la Boîte à Meuh dévoile ses petits protégés : dans une ambiance conviviale, petits créateurs et grandes marques de la petite enfance se côtoient. Grâce à cet événement, j’ai pu entretenir des liens privilégiés avec certaines marques/créateurs et faire découvrir à mes lecteurs de tout nouveaux univers créatifs. La Baby Gallery est en phase de devenir un rendez-vous presse incontournable du monde de la petite enfance.” Sur les 8 marques qui ont participé, seulement deux étaient des clientes de l’agence (Lilliputiens et Noukie’s). Et depuis l’événement, deux autres ont souhaité devenir clients réguliers : Les Contemplatives et Les Editions Typlume et Graphine. Les retombées medias sont conséquentes : plus de 200 dans la presse féminine, parentale, décoration, news, internet et TV. Deuxième édition prévue en septembre. Marc Prévost


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Abonnement

Abonnez-vous en ligne, par mail, par fax, par courrier ou par téléphone à : GFB Éditions - EntreNews 310 Bd Clémenceau 59700 Marcq-en-Barœul Tél. 03 20 65 15 94 - Fax. 03 20 89 57 68 abo@entrenews.fr - www.entrenews.fr

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échos

ANKAMA CONSACRÉ PAR LE FESTIVAL CARTOONS ON THE BAY Le studio roubaisien Ankama vient d’être élu meilleur studio d’animation de l’année par le festival Cartoons on the Bay pour son travail sur la série Wakfu, pilier d’un grand projet cross-média. Lors de l’édition 2010 de Cartoons on the Bay, le festival international de l’animation TV et cross-média de Gênes (Italie), qui se tiendra en avril prochain, Ankama recevra un prix pour pour Wakfu, sa série animée encensée par les critiques et le public. Wakfu, un projet cross-média révolutionnaire combinant série animée, BD, jeu de cartes, jeux on line, jeux vidéos, sites communautaires et services pour téléphones mobiles. Ankama n’en finit plus de séduire !

VERANCO EN CAMPAGNE AVEC APPELEZ MOI ARTHUR Veranco, concepteur-fabricant de vérandas haut de gamme depuis 1983 implanté près d’Anvers, a confié à Appelez moi Arthur l’ensemble de sa communication B to B et grand public. L’agence orchestre un dispositif complet, d’une part pour développer le réseau de partenaires installateurs sur de nouveaux territoires (en France, Suisse et Benelux) en presse professionnelle et MD, d’autre part pour assurer la notoriété de la marque : presse déco, Internet et opérations trafic. A noter également que l’agence dirigée par Béatrice Sallé quittera le Vieux Lille et s’installera début avril aux Miroirs du Sart, avenue de Flandre à Wasquehal.

LA FONDATION BNP PARIBAS SOUTIENT LE MUSÉE

DE TOURCOING Suite à la donation exceptionnelle au Musée des beauxarts de Tourcoing de plus de 600 œuvres et archives du peintre Eugène Leroy (1910-2000), la Fondation BNP Paribas s’engage à hauteur de 25 000 € pour la restauration de 45 peintures de l’artiste originaire de Tourcoing. Sans ce soutien, le Musée tourquennois n’aurait pas pu financer cette campagne de restauration d’un montant total de 167 838 €, dont 50 à 70% seront pris en charge par la Direction régionale des affaires culturelles Nord – Pas de Calais, le reste par la Ville de Tourcoing. Une fois restaurées, ces peintures feront partie d’une grande exposition consacrée à l’œuvre d’Eugène Leroy qui sera inaugurée le 10 octobre prochain. A l’issue de cette exposition, le Musée s’engagera dans un vaste projet de rénovation et d’extension dont l’achèvement est prévu en 2013. Mécène reconnu des musées, la Fondation BNP Paribas s’attache à préserver et faire connaître leurs richesses en participant au financement de la restauration de leurs chefsd’œuvre à travers son programme « BNP Paribas pour l’Art ». Depuis sa création en 1994, il a permis la restauration de plus de 200 œuvres conservées dans les musées français et à l’étranger.

SOUS TOUS LES ANGLES RENFORCE SON ÉQUIPE Isabelle Gallemaert rejoint l’agenceconseil Sous Tous Les Angles à Roubaix comme consultante. Titulaire d’une maîtrise en Communication Sociale de l’Université Catholique de Louvain (Belgique), Isabelle Gallemaert (47 ans) est un manager expérimenté dans le domaine de la communication institutionnelle. Elle a remporté à trois reprises le Grand Prix des Relations Presse décerné par CB News et a fait partie des « 50 femmes de communication à suivre » identifiées par le journal Stratégies en 1997. Elle a occupé des postes de direction générale dans plusieurs agences de communication,

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à Paris (Herald Communications, GCI, Edelman Public Relations), puis a exercé les fonctions de Directrice de la Communication en entreprise, notamment chez Sanofi-aventis et à l’IESEG, école de commerce basée à Lille et Paris. Isabelle Gallemaert sera notamment chargée de la définition et de la mise en oeuvre de campagnes de relations publiques pour le compte des clients de l’agence, de l’organisation des partenariats et du développement. Créée en 1990 par Sylvie Loutre , l’agence-conseil Sous Tous Les Angles a construit sa réputation sur la communication des projets publics. En 20 ans, l’agence a conseillé et accompagné plus d’une centaine de collectivités, d’organismes publics et parapublics et d’entreprises.


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