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Salon VAD

Le E-COMMERCE, à la loupe Pleins feux sur

b’Twin et son village

Jean-Marc Chantraine, à gauche, et François-Pierre Martin

SAINT-AMAND

Le retour aux sources


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SOMMAIRE coup d’éclat

6 10 une ville 16 entretien 18 pleins feux sur 22 média 24 regard métier 26 28 focus une technique 30 point de vue 32 au microscope 34 36 entretien 38 portraits croisés 40 dispositif 42 mécénat et sponsoring 44 bonne pratique RETOUR AUX SOURCES POUR SAINT-AMAND

TOURCOING, UNE VILLE DÉCOMPLEXÉE

CLAP DE MI-TEMPS POUR MICHEL SEYDOUX

OXYLANE PLACE B’TWIN SUR ORBITE LA PUB RADIO, SPÉCIFICITÉS, FORCES ET FAIBLESSES

LE E-COMMERCE À LA LOUPE INFOGRAPHISTE, AU SERVICE DE L’IMAGE

LA MAISON ROUGE, UN SAVOIR-FAIRE FAMILIAL

LA WEB TV : QUAND LA TÉLÉ S’INVITE SUR LE NET REPONDRE AUX 4 ENJEUX DU MARKETING CLIENT EN 2010 ANGELINI NORD, UNE STRATÉGIE MULTICANAL

PAS DE CHASSE GARDÉE DU MÉCÉNAT EN RÉGION

SUPINFOCOM DE VALENCIENNES, ÉCOLE DE RÉFÉRENCE MONDIALE COMMENT FAIRE LE BUZZ SUR INTERNET ?

DAMART MET LE CAP VERS LE SPORT LES 10 POINTS D’UNE BONNE IDENTITÉ VISUELLE

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Abonnement : 51 € HT par an

Les abonnés bénéficieront, en plus du magazine adressé sur l’ensemble du fichier, de 10 newsletters/an et d’un accès privilégié au site www.entrenews.fr

ERIC DELEMAZURE

ÉDITO LA CONVIVIALITÉ COMME FIL CONDUCTEUR “DANS LE NORD, ON SAIT RECEVOIR... D'AILLEURS, ON A TOUJOURS QUELQUES BONNES BOUTEILLES À LA MAISON”, CLAME LA CAMPAGNE CRÉÉE PAR EURO RSCG LILLE POUR LES EAUX DE SAINT-AMAND, COUP D'ÉCLAT DE CE NUMÉRO D'ENTRENEWS. J'AI TOUJOURS ÉTÉ FRAPPÉ, BIEN AVANT “BIENVENUE CHEZ LES CHTIS”, PAR LA CONVIVIALITÉ RECONNUE DES GENS DU NORD. FIER DE MES RACINES LILLOISES, MAIS PARISIEN D'ADOPTION JUSQU'EN 1995, JE N'AI CESSÉ DE RENCONTRER DES HOMMES ET DES FEMMES QUI M'ONT FAIT PART DE LEURS EXPÉRIENCES POSITIVES D'UNE JOURNÉE, D'UN MOIS OU DE PLUSIEURS ANNÉES PASSÉES DANS NOTRE RÉGION. AVEC DES COMMENTAIRES IDENTIQUES : “C'EST LA SEULE RÉGION OÙ NOUS AVONS CONSERVÉ DE VRAIS AMIS”. IL EST DONC NATUREL DE RETROUVER CETTE VALEUR DANS LES CAMPAGNES PUBLICITAIRES DE MARQUES QUI SE RECONNAISSENT DANS NOTRE RÉGION ET QUI SOUHAITENT SURFER SUR LA VAGUE DE SYMPATHIE DONT NOUS BÉNÉFICIONS. MERCI DANY ! CETTE CONVIVIALITÉ S'EXPRIME ÉGALEMENT AU TRAVERS DE L'INAUGURATION DU VILLAGE B'TWIN OU DU VIRAGE SPORT OPÉRÉ PAR LA MARQUE DAMART ET DE NOMBREUX AUTRES SUJETS QUE VOUS TROUVEREZ DANS CE MAGAZINE QUI SE VEUT, PLUS QUE JAMAIS, LE REFLET DU FOISONNEMENT “ÉCONOMICO-MÉDIATIQUE” DE NOTRE RÉGION. BONNE LECTURE

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LES GAUFRETTES CROC’ LÉGUMES FONT CRAQUER LE SIAL Après avoir vu son tout nouveau site industriel réduit en cendres en septembre 2008, c’est à dire six mois à peine après son inauguration à ErquinghemLys, la Pâtisserie des Flandres a réussi à surmonter brillamment cette épreuve. Benoît Rousseau, son Pdg, s’est aussitôt mobilisé avec ses 27 collaborateurs pour relancer l’activité dans des ateliers temporaires à Armentières tout en reconstruisant le site entièrement détruit par un incendie. Depuis un an, l’activité a retrouvé son rythme de croisière en terme d’emplois et de production et son chiffre d’affaires 2010 devrait même progresser à 2,2 M€. La PME a réussi à continuer sa politique d’innovation et ses démarches à l’exportation. Elle a ainsi lancé une toute nouvelle gamme de gaufrettes apéritives Croc’légumes (2 recettes carotte-cumin et betterave-échalote) qui présente l’originalité de contenir au moins 50 % de légumes. Elle a nécessité deux années de R&D dans le cadre du programme Nutriprev en partenariat avec l’Adrianor et l’Institut Pasteur. Outre leurs qualités nutritionnelles, les Croc’ légumes innovent aussi avec un packaging recyclable et compostable. Autant d’atouts qui ont été récompensés par l’un des 15 grands prix attribués par le Sial 2010 (catégorie tendances et innovations) parmi 1 000 produits en compétition. Commercialisée en octobre, la gaufrette a également gagné le concours Innovation Nord – Pas-de-Calais 2010.


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est édité par GFB Éditions 310 Boulevard Clemenceau 59700 Marcq-en-Barœul Tél : +33 (0)3 20 65 15 94 Fax : +33 (0)3 20 89 57 68 redaction@entrenews.fr Directeur de la Publication Rédacteur en Chef : Eric Delemazure delemazure@entrenews.fr Tél. : +33 (0)6 87 75 18 13 Directeur associé : Thierry Dujardin Tél. : +33 (0)6 37 94 41 12 tdujardin@pragma.fr Rédaction : Baptiste Régent Tél. : +33 (0)3 20 72 62 56 redaction@entrenews.fr Ont participé à la rédaction de ce numéro : Nicole Buyse François Lecocq Marc Prévost Photo couverture : Laurent Mayeux Autres photos : b’Twin, Fondation d’Art Oxylane, François Lecocq et la rédaction Régie Publicitaire : BuzzMedia Loubna Bousalham Tél. : +33 (0)6 20 43 88 60 commercial@entrenews.fr Abonnements : Tél. : +33 (0)3 20 72 62 56 abo@entrenews.fr Graphisme : Perrine Van Cornewal Tél. : +33 (0)3 20 72 62 56 pao@entrenews.fr Impression : Tanghe Printing, B-7780 Comines Tarifs : Prix de l’abonnement pour 4 numéros : 51 € HT - Prix de l’abonnement pour l’étranger : 75 € L’envoi de tout texte, toute photo ou tout document implique l’acceptation par l’auteur de leur libre publication dans le journal, les newsletters ou le site www.entrenews.frLes marques citées par EntreNews le sont dans un but informatif. Ce numéro a été imprimé à 8 000 exemplaires

Dépôt légal : octobre 2010 N° ISSN : 2104-8878

LE VMS, PLUS PUISSANT QU’UN SMS ! Le VMS ou “Voice Message Service” est une solution de mailing vocal destinée aux professionnels. Elle permet de diffuser un message vocal personnalisé, enregistré au préalable, directement sur le répondeur mobile d’une sélection de contacts sans que leur téléphone ne sonne. Un outil qui s’adresse à tous les acteurs économiques souhaitant développer une stratégie marketing directe sur mobile, très personnalisée. Développé par Néocom Multimédia, le VMS est notamment commercialisé par ADAGE, agence spécialisée dans le marketing direct installée à Villeneuve d’Ascq.

ECOLLYWOOD : PREMIER

FESTIVAL DE CINÉMA

ÉCOLO ET CITOYEN Du 14 au 17 octobre à Lille, l’association les Funambulants va mettre le cinéma écolo, solidaire et citoyen à l’honneur. Les 3 membres fondateurs du 1er festival Ecollywood vous proposent ainsi de découvrir une belle sélection 17 films sur ces thématiques en vogue qui, espèrent-ils, susciteront des prises de conscience devenues urgentes. L’objectif est de présenter des films peu diffusés, d’organiser des rencontres entre les réalisateurs et le public, de favoriser l’information sur les questions de développement durable pour contribuer aux comportements éco-citoyens. Outre un tarif très accessible (à partir de 2 €), le festival proposera des rencontres conviviales, ainsi que des plateaux télé réalisés tous les jours par la chaîne Culture et Nature. Ecollywood, du 14 au 17 octobre, au cinéma L’Univers et à la Barraca Zem de Lille, de 10 à 12h et de 14h à 22h, programme complet sur www.lesfunambulants.org

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RETOUR AUX

SOURCES SAINT-AMAND POUR

Le quatrième opérateur national sur le marché des eaux embouteillées reprend l’offensive dans sa région historique. Mais c’est pour mieux se redéployer en France. En attendant l’international et… les eaux gazeuses. Car la menace des “quatre” - Volvic, Evian, Vittel, Contrex - se fait de plus en plus précise. A base de hard-selling et de promos agressives, les grandes marques et les grands groupes sont venus titiller leur collègue du cru sur ses propres terres. “Nous faisons environ 70 % de notre activité sur le Nord-Pas de Calais et la Picardie”, explique Jean-Marc Chantraine, directeur financier du groupe basé à Saint-Amand-les-Eaux, “le temps était venu de consolider notre berceau, un marché sur lequel nous restons leader...“. Comme un bastion à protéger. Après tout, la marque s’est développée au nord de Paris pendant quatre décennies, jusqu’en 2004, année à partir de laquelle les investissements publicitaires nationaux ont commencé. Une fois le seuil de notoriété national acquis, il était raisonnable de rééquilibrer les investissements et de régénérer le marché historique, au potentiel affirmé : les habitants de la région consomment 20 % de plus d’eau en bouteille que la moyenne nationale. Depuis plusieurs exercices, le groupe dépense chaque année environ deux millions d’euros en investissements publicitaires à travers ses marques-phares, Saint-Amand et Saint-Antonin. 2009 fut une année difficile et certaines rumeurs tenaient de l’avis de tempête, sinon de la cession pure et simple à un fonds d’investissement ou un concurrent. La flambée du coût des matières premières (plastiques) et le renchérissement de celui des transports (qui entrent ensemble

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pour plus de la moitié du prix de revient d’une bouteille) bousculent le secteur : “Les volumes étaient là. Mais la rentabilité, non…”, se souvient Jean-Marc Chantraine, petit-fils du fondateur. Cette année-là, les investissements publicitaires du groupe tombent à 400 000 euros.

La bonne parole de Saint-Amand Et c’est à l’approche de l’été 2010, à la mi-juin, que la marque a repris la parole. La nouvelle signature est claire comme de l’eau de roche : “Toute la richesse de ma région”. Le minéralier rappelle au consommateur les bénéfices de ses eaux : richesse en minéraux et pureté, histoire, exemplarité écologique avec le récent trophée de la performance environnementale. “Il est essentiel de dire que notre produit est le résultat d’un “miracle écologique”.” “Dans le Nord, nous n’avons pas de montagne, pourtant nous offrons une eau totalement pure, préservée de toute pollution”, précise Jean-Marie Collin, un angevin passé par Unilever et désormais responsable marketing du groupe. Une montée en puissance qui se traduit aussi par une évolution des investissements publicitaires, le niveau des deux millions d'euros pour

Saint-Amand et Saint-Antonin est retrouvé. Une nouvelle campagne concoctée par Euro RSCG 360 Lille et qui s’affiche en 4 X 3, abribus et presse régionale, signifie le retour de Saint-Amand en pub. Objectif : augmenter la présence à l’esprit de la marque et asseoir ses positions sur son marché stratégique.

Créé par Euro RSCG 360 Lille, un petit bonhomme épuré pour vanter une eau pure

“Sur un ton léger et décalé résolument complice, cette campagne met en scène les bénéfices tangibles de l’eau de Saint-Amand, en les raccrochant aux traits de personnalité des nordistes. Le message est porté par un personnage épuré, rappelant la forme d’une goutte d’eau, fier de ses racines nordistes. La campagne capitalise pleinement sur l’ancrage régional de la marque, sans tomber dans la revendication sérieuse ou les clichés. Le produit se dote ainsi d’une valeur ajoutée psychologique, d’une identité de valeurs fortes et fédératrices”, souligne Julie le Hénaff, directrice de clientèle chez Euro RSCG 360 Lille. Fierté et humour, les deux ingrédients de la campagne.

On met les gaz ! L’objectif est même ambitieux. Une progression de 10 % ne semble pas inaccessible. D’autant plus que le marché a frémi cet été, accordant la part belle aux eaux minérales au détriment des eaux de source, un segment moins exigeant puisqu’il contraint les opérateurs à ne communiquer en priorité que sur le prix. ■ ■ ■

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c’est Francis qui a trouvé les parfums… - la gamme Subtiles, lancée il y a une dizaine d’années, est, elleaussi, promise à bel avenir. Le service export confirme les intuitions de la direction : le groupe a les moyens de prendre pied sur certains marchés étrangers. Europe du Nord, Bénélux, Allemagne, Espagne, le réseau est en cours d’élaboration et les solutions commerciales et logistiques rentables en passe d’être validées. Saint-Amand va faire des bulles ! ■ Marc Prévost

Fierté et humour, les deux ingrédients de la campagne orchestrée par Euro RSCG 360 Lille

L’une des forces du groupe, c’est cette marque SaintAmand déclinable et exploitable sur une gamme, plate ou gazeuse. Le segment des eaux gazeuses et aromatisées est donc dans la ligne de mire des dirigeants. Imaginé il y a deux ans, le nouveau packaging - le groupe utilise les services d’agences extérieures et les talents de son propre département - rencontre un franc succès. Les ventes décollent. Côté eaux aromatisées, -

Jean-Marie Collin, Responsable Marketing du Groupe

HISTOIRE D’EAUX ! L’eau minérale jaillit à Saint-Amand depuis l’époque des Romains qui recherchaient ses bienfaits naturels. La station thermale de la ville - actuellement exploitée par les Chaînes thermales du Soleil puise son trésor thérapeutique dans des nappes voisines de celles de la société. Cette dernière capte à une centaine de mètres de profondeur une eau préservée de toute pollution extérieure et vierge de tout nitrate, particulièrement équilibrée et neutre au palais, donc adaptée à tous les goûts et exigences, des plus jeunes aux plus âgés. "Notre coffre-fort…", sourient les dirigeants. A l’origine distribuée dans les pharmacies dès le début du siècle dernier, “l’eau miraculeuse” trouve de nouveaux débouchés sous l’impulsion de Fernand Chantraine et se développe avec l’essor de la grande distribution. Dès 1995, plusieurs opérations de croissance externe - dans les Alpes et les Pyrénées - complètent la gamme du groupe familial. Francis Chantraine passe le relais il y a trois ans à une direction collégiale formée de son fils JeanMarc, 34 ans, et François-Pierre Martin, 55 ans, ex-

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dirigeant de Danone/Evian. La feuille de route est simple : garder le contact avec le "big three" que sont Danone, Nestlé et Alma-Roxane. Pour gagner ce challenge, le capital a évolué ces dernières années et le Crédit Agricole du Nord (à hauteur d’un tiers), Siparex, Vauban Finances et Crédit Lyonnais Investissement ont fait leur entrée. La famille conserve un tiers du capital. Le CA du groupe s’établit à 80 millions d’euros pour une production annuelle de 500 millions de cols toutes marques confondues (SaintAmand, Saint-Antonin, Montcalm,…). Il emploie 300 salariés sur six sites de production. Lauréate des Trophées de la performance environnementale 2010, le groupe nordiste confirme son implication dans la protection de l’environnement : réduction du poids des emballages et sélection de matières premières moins impactantes. Pour que le "miracle écologique" d’une eau exceptionnellement pure se reproduise éternellement…


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TOURCOING UNE VILLE

DÉCOMPLEXÉE

Comment la troisième ville de la région est en train de retrouver sa fierté et de transformer ainsi son image. Elle vient de refaire son logo et toute sa charte graphique. Longtemps considérée comme la discrète* Tourcoing est en train de sortir de l’ombre avec, depuis le 1er septembre, un nouveau logo s’affichant dans toute la ville : fini le blason un peu désuet, surmonté d’une couronne avec en arrière-plan une flamme qui symbolisait alors le dynamisme. Ce logo datant de 1990 fut légèrement restylisé dix ans plus tard. Si la signature “La Créative” - “un mot d’ordre qui n’a jamais été aussi vrai”, estime Maxime Lamarque, responsable communication de la ville - a été conservée, le logo a été pro-

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fondément transformé, gardant toutefois l’esprit de l’ancien : “On retrouve la croix de sable et les besants d’or (ancienne monnaie frappée à Tourcoing)”. Cette nouvelle identité, réalisée, ainsi que toute la charte graphique, par MB Design à Tourcoing. Elle permet toutes sortes de combinaisons des trames graphiques (mélanges du rond, du carré et de la croix) et va être déclinée partout, donnant cette nouvelle image “empreinte d’une grande modernité”, commente Maxime Lamarque.


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Après une campagne déclinée au niveau de la métropole, la ville va saisir l’inauguration de l’Espace SaintChristophe, centre commercial qui va ouvrir au printemps prochain dans le centre ville (13 000 m2 au total avec le nouveau concept de centre ville, Auchan City, la galerie commerciale d’une trentaine de boutiques et le cinéma de 5 salles) pour communiquer cette nouvelle image au niveau régional.

Travail de fond dans l’ombre Le nouveau logo et la nouvelle image arrivent à point nommé pour mettre en exergue ce qui s’était transformé dans la ville mais n’était pas toujours visible. Comme Roubaix à la même époque, Tourcoing a eu très mauvaise presse au début des années 90 avec une réputation de coupe-gorge, les images d’émeutes à la Bourgogne restant dans les mémoires. Les deux villes, qui ont fait leur richesse sur le textile qui a bâti des empires industriels, ont connu la même descente aux enfers avec la crise de cette industrie, qu’on peut assimiler aujourd’hui “à une véritable déflagration”, selon les termes du maire, Michel-François Delannoy, générant une hémorragie autant des emplois (près de 8 000) que des habitants. A l’inverse de sa voisine du versant Nord-Est qui a su réclamer haut et fort des sub-

Une attractivité retrouvée

sides et s’est consacrée d’abord à la refonte de son centre ville, Tourcoing, discrète et besogneuse, a commencé par rénover ses quartiers, un travail de fond mené dans l’ombre par Jean-Pierre Balduyck, maire à partir de 1989. “Un travail qui a porté ses fruits car en 2005 si les banlieues parisiennes ont connu des turbulences, il n’y a rien eu à Tourcoing”, rappelle Maxime Lamarque. La ville a ensuite élaboré en 2000 un véritable plan stratégique de développement “pour remettre la ville

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Un logo aux multiples déclinaisons

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en mouvement”, se souvient Michel-François Delannoy élu maire en 2008, mais premier adjoint dès 2001.

D’abord la filière de l’image… Plus communiquant, celui-ci a donné une nouvelle impulsion, marquant un changement de braquet, avec cette intuition dès le début des années 2000 “qu’il y avait ici une carte à jouer dans le domaine de l’image”, cela depuis l’installation en 1997 du Fresnoy, Studio national des arts contemporains, “véritable villa Médicis des arts visuels”, estime MF Delannoy. A l’époque, c’était un peu un OVNI qui s’installait dans cette grande friche qu’était ce multiplexe de loisirs. Cette spécialisation embryonnaire dans l’image est confortée avec l’arrivée, en janvier 2001, du Centre Régional des Ressources Audiovisuelles. Dès lors, l’idée d’une filière dédiée à l’image est définitivement ancrée et sera logée sur le site de l’Union, dans la friche Vanoutryve, rénovée depuis. Rebaptisée La Plaine

Images, elle accueille aujourd’hui une quinzaine de structures et déjà 600 emplois (voir en page 14). “Il y a cinq ans, il n’y avait rien sur ce site”, rappelle MF Delannoy.

…puis celle du textile La zone de l’Union, territoire de 80 hectares à cheval sur Tourcoing, Roubaix et Wattrelos accueille aussi le futur siège de Kipsta, une des marques passion de Décathlon, mais sera aussi dédiée au textile avec le CÉTI, le Centre Européen des Textiles Innovants, en construction (12 000 m2), future référence européenne en terme de recherche sur les textiles techniques. Tout un symbole que ce retour du textile à Tourcoing. Toutes les pièces du puzzle sont en train de se mettre en place pour structurer ces nouvelles vocations de Tourcoing qui continue à être “créative”, d’où la volonté de garder cette signature. Une créativité qui concerne aussi bien le numérique, l’image, le textile que le culturel avec l’Atelier lyrique de Jean-Claude Malgoire, le salon de Théâtre (la Virgule) de Jean-Marc Choteau, l’Hospice d’Havré rénové pour Lille 2004 et bientôt la réouverture du musée des Beaux Arts rebaptisé Muba-Eugène Leroy, après la donation exceptionnelle en 2009 des fils du peintre. L’exposition du Centenaire, qui a démarré le 10 octobre dernier (programmée jusqu’au 31 mars 2011), réunit près de 150 œuvres exemplaires.

Faire savoir ces changements “Ce sont autant de petite graines plantées depuis dix ans”, affirme Jean-Yves Battagli, directeur de promotion de la ville, un poste qui n’existe dans aucune autre ville de la région. Pour faire découvrir cette mutation qui est apparue progressivement, le service communication de Un jardin botanique rénové

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la ville a imaginé au printemps dernier une opération originale auprès de la presse nationale et régionale, relais importants, s’il en est, avec une invitation sous forme de teasing, via des envois successifs à plusieurs jours d’intervalles, de photos de lieux, bâtiments ou personnages représentatifs de la ville. Tourcoing veut désormais faire savoir son côté créatif, sa nouvelle économie émergente et le retour du tertiaire sur ses terres. Côté culturel, elle a créé de nouveaux événements avec ce festival des Rues Joyeuses mi-mai avec l’association Les Arts Détonants, mais aussi La Voix du rock, festival de rock en partenariat avec le groupe La Voix, le 19 juin, ou encore la relocalisation du Name festival dans l’ancienne usine de la Tossée mi septembre. “Toutes les saisons auront désormais leur événement”, se félicite Maxime Lamarque. Ce qui permettra à Tourcoing

de rayonner au niveau métropolitain et de sortir, là aussi, de l’ombre. Et d’autres rendez-vous sont à venir avec la piscine olympique en 2013, le projet de quartier des affaires en 2015-16, sans oublier ce Grand atelier sur “Tourcoing 2030”, cher à MF Delannoy. “Maintenant que la ville a été mise à niveau, il faut aller plus loin”. ■

Nicole Buyse

* “L’audace de la discrète”, tel est le titre du livre d’Hervé Leroy (textes) et de Jean-Pierre Duplan et Eric le brun (photos) aux éditions leitmotiv datant de 2007 montrant la ville comme on l’a rarement vue.

UN PÔLE DÉDIÉ AUX MÉTIERS DE L’IMAGE ET DE LA COMMUNICATION Près de 25 entreprises – 15 structures au total car certaines sociétés font partie du même groupe – sont déjà installées sur ce site de l’ancienne friche textile Vanoutryve, totalisant 600 emplois. Les 20 000 m2 réhabilités sont presque entièrement occupés par ces entreprises toutes liées à l’image : depuis l’audiovisuel avec le groupe Télémélody jusqu’aux images de synthèse avec We love motion, en passant par les jeux vidéo avec Ankama ou encore par la pub avec Sioux. Mais il n’est pas question d’y faire du “remplissage”, selon les propres termes de Michel-François Delannoy, maire de Tourcoing et également président du Pôle Images Nord-Pas-de-Calais dont les services centraux sont installées à la Plaine Images. Il s’agit bien de créer une véritable filière, à l’instar de ce qui s’est fait à Euratechnologies dans les NTIC. “Nous ne voulons pas de doublon, mais des sociétés complémentaires dans le but de créer une chaîne complète de valeurs, une vraie filière autour de l’image, un cluster”, souligne Maxime Couvreur, responsable développement. Cette mission a été confiée à Digiport par LMCU il y a un an, vu le bon résultat que cette structure a obtenu à Euratechnologies, qui d’ailleurs manque de locaux aujourd’hui.

En juin dernier, était posée la première pierre lançant la réhabilitation de la Retorderie, (bâtiment où on tressait les fils) qui devrait être achevée en juin prochain et sera le cœur névralgique du site. Ces 6 000 m2, sur cinq étages, abriteront un hôtel d’entreprise, un incubateur, une pépinière sur deux niveaux. Un étage sera dédié à la recherche (avec une unité du CNRS) et à la formation et, enfin, deux étages (rez-de-chaussée bas et haut) à des services communs avec notamment un lieu de convivialité d’ores et déjà baptisé “La Cité des Images”. L’ancienne chaufferie sera, elle aussi, rénovée pour accueillir des manifestations culturelles. L’incubateur, installé provisoirement dans les locaux de La Plaine Images Développement, accueille déjà six entreprises sur 300 m2, un site qui va doubler très prochainement. Il ne reste dans les bâtiments actuels que quelques bureaux de libres. Une réflexion est d’ailleurs entamée concernant la construction ex-nihilo d’un bâtiment au cœur de l’îlot – actuellement une grande pelouse – qui totaliserait 20 000 m2. A terme, selon le projet initial, le site totalisera 50 000 m2 de bureaux (20 000 d’ores et déjà réhabilités et pleins) et 2 000 emplois. NB

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ENTREPRISES SUR LE SITE ADF Acfx ■ Ankama ■ Cosmocover ■ Maesta ■ Nao - Ratatam ■ Naxeo ■ Norimages Films ■ Novastream ■ Reflets video ■ Groupe Sioux : >Sioux, >Autrechoz, >Chambre à part, >Eyeprod, >Chtivie, >Sioux interactive ■ Groupe TéléMelody : >TéléMelody, >Grand Lille TV, >MyZenTV, >Radio Métropolys ■ View on TV ■ Wakanim ■ We love motion Et non loin de là : Le CRRAV et Le Fresnoy ■ ■


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entretien

MI-TEMPS CLAP MICHEL DE

POUR

SEYDOUX Il est né dans une grande famille d'industriels et de gens de cinéma. Et pense que le sport est devenu un spectacle. En dix ans, Michel Seydoux, le président du LOSC, est devenu un acteur du développement régional. Rencontre avec un enfant de la balle qui dribble entre foot business et septième art.

© DR

Comment jugez-vous le rapport entre le sport et la politique ?

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Le sport et la politique ont toujours été intimement liés. Regardez, il y a quelques mois, le président de la République convoque à l'Elysée un joueur de l'équipe de France. L'équipe de France est devenue une institution. Alors, à l'échelle régionale ou métropolitaine, ce lien est obligatoire. Il s'agit alors d'évoluer vers plus de complicité. Nous avons une ambition à faire partager aux politiques. Qui plus est dans une région footballistique. Une grande métropole comme Lille a besoin d'un vecteur socio-culturel sportif et économique. Dans les entreprises, quand le club de foot a gagné pendant le week-end, le lundi, l'état d'esprit est différent. Je dis souvent : “Un peu de bonheur ne nuit pas”. Donc, un peu d'identité métropolitaine en plus, c'est mieux. C'est un peu comme Intervilles, mais à la puissance 10. Le titre de champion du monde en 1998 a eu une influence sur le produit intérieur brut du pays. C'est la même chose pour un grand club de niveau européen qui remporte un titre national, cela aura des répercussions sur le produit régional brut.


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Manchester était une ville sinistrée il y a trente ans. Le club de Manchester United a eu un impact indéniable sur le redressement de la cité. J'ai vu des gosses au fin fond de la Chine arborer le maillot du club ! Notre rôle de saltimbanques exige des moyens. Nous avons construit un grand centre technique de formation (NDLR : le domaine de Luchin). Ensuite, il nous fallait un grand stade qui soit en même temps un complexe polyculturel. Rendez-vous en 2012.

EPÈRES > Né le 11 septembre 1947 à Paris (VIIe arrondissement), > Petit-fils de Marcel Schlumberger, fondateur du leader mondial des services pour l'industrie pétrolière,

> Etudes à l’Ecole Alsacienne et au Cours Hattemer à Paris,

Vous dites : “Nous, les saltimbanques”… le sport est donc devenu un spectacle version show biz ?

> Carrière : Assistant du président de l’organisation centrale des camps et activités de jeunesse (OCCAJ),

> Fondateur et Président de Camera One (1971), > Ancien Président d’Air Littoral Holding, > Président du LOSC Lille Métropole

C'est un métier où l'on offre du bonheur. A la sortie d'une salle de spectacle, on le voit : les gens ont la "banane". On oublie le prix quand le spectacle est bon. De plus, il est impossible aujourd'hui d'imaginer le sport sans commerce. Le foot est devenu un business, c'est vrai. Avec, parfois, des virus de mégalomanie qui peuvent frapper. C'est un univers de marchés. Avec ses dérives. Mais chaque fois qu'il y a une dérive - et il y en a -, on peut s'améliorer. Si on en tire les leçons. Pour autant, il ne faut pas avoir peur de l'argent. Je défends une éthique : le respect de l'argent que l'on touche, et cet argent vient des gens qui viennent nous regarder.

depuis juin 2002,

> Administrateur de Gaumont, > Membre du Conseil de surveillance de Pathé, > Producteur ou co-producteur de nombreux films (sélection) :

> Lilly aime-moi (1974), et F comme Fairbanks (1976), de Maurice Dugowson,

> Don Giovanni, de Joseph Losey (1979), > Hôtel de France, de Patrice Chéreau (1987), > Cyrano de Bergerac, de Jean Paul Rappeneau

Le LOSC dans dix ans, en 2020 ? On ne rejoindra pas Manchester ou Madrid. Ce sont des mythes. Le LOSC peut devenir le club-référence du football français dans les domaines éthique et sportif. Il y a un héritage à inscrire avec toutes les valeurs du Nord. L'objectif : être dans le “big four” en France pour faire exister la métropole lilloise. Et pourquoi pas, un titre de champion de France. Le LOSC1 doit faire partie de l’offre culturelle métropolitaine. Au même titre que le cinéma, les musées, les grands restaurants,... Lens a une pure culture foot et je ne néglige pas l'arrivée du Louvre-Lens. Lille a une culture spectacle. C’est un peu le même rapport entre Saint-Etienne et Lyon, une rivalité sur fond d'amitié. Mon prochain challenge, c’est l’ouverture du capital du club à des capitaux et des industriels régionaux. Je ne veux pas que ce club subisse la loi du marché et devienne la propriété de je-ne-sais-qui. Son avenir est régional.

(1990) : César du meilleur film en 1991,

> Urga (1991), Soleil Trompeur (1994), et Le Barbier de Sibérie (1999), de Nikita Mikhalkov,

> Prospero’s Book, de Peter Greenaway (1991), > Toxic Affair, de Philomène Esposito (1993), > Smoking et no smoking (1993), et On connaît la chanson (1997), de Alain Resnais,

> René (2002), Le Filmeur (2005) et Irène (2009), de Alain Cavalier,

> Les Ambitieux (2006), et Partir, (2009), de Catherine Corsini.

encore pris conscience de l'importance d'un coût de production bas pour favoriser l'expression des jeunes talents. Faire un film à 600 000 euros doit être possible. Je travaille beaucoup avec le metteur en scène Alain Cavalier et j'ai une société de production Caméra One. Je suis un aventurier ! ■

La région s'affirme comme une terre de cinéma, cela vous donne des idées ? Pourquoi pas ? Le coût de production est un obstacle, en fait. Or, on n’a pas de créativité sans jeunesse. On n’a pas

Propos recueillis par Marc Prévost,

1

NDLR : Le LOSC est actionnaire à hauteur de 40 % de Grand Lille

TV, la chaîne numérique qui émet sur le territoire de la grande métropole lilloise.

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OXYLANE PLACE

b’Twin

SUR ORBITE Le 19 novembre, le groupe nordiste inaugure à Lille son sixième village de marque, exclusivement dédié au vélo. Contrairement aux précédents sites, le b’Twin Village y développe aussi une activité industrielle d’assemblage d’une capacité de 300 000 cycles par an. C’est aussi le plus grand et le plus ambitieux du groupe qui redonne, de surcroît, une vocation économique et industrielle à l’ancienne manufacture de tabac Altadis (ex-Seita), cinq ans après sa fermeture brutale.

© Fondation d'art Oxylane

UNE ŒUVRE MONUMENTALE DÉDIÉE AU VÉLO

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D’ici à décembre, les 170 000 automobilistes empruntant chaque jour l’échangeur autoroutier à l’entrée sud de Lille, découvriront une œuvre monumentale sur le terre-plein faisant face au b’Twin Village. Dénommée “Pissenlits” et créée par Alix Petit, cette sculpture est composée de 5 tiges surmontées de 369 roues de vélos qui s’animent par la force du vent. Cette artiste française, âgée de 24 ans, a été désignée lauréate du premier concours lancé par la Fondation d’art Oxylane (voir Entrenews n°02 octobre 2009). Elle a ainsi gagné un prix de 10 000 euros ainsi que la prise en charge par la Fondation des coûts de fabrication et d’installation de son œuvre sur le site.

EntreNews magazine - Octobre 2010

“Les chaînes de montage de vélos ont démarré en mai dernier et 7 000 vélos en sont déjà sortis ; la première année, la production atteindra 55 000 unités et nous visons les 300 000 d’ici trois à cinq ans avec un effectif total sur le site de 500 personnes !”, déclarait Yves Claude, directeur général du groupe Oxylane, dimanche 12 septembre lors de la journée portes ouvertes du b’Twin Village. Plus de 1 000 personnes s’y sont pressées, des salariés du groupe accompagnés de leurs enfants, qui n’ont pas tardé à tester les pistes de VTT, mais aussi des habitants du Petit Maroc, ce quartier enclavé à l’entrée de Lille où la marque de vélo ouvrira son site le 19 novembre. Cette implantation est à la fois un symbole et un clin d’œil à l’histoire. Un symbole car c’est là que la Seita, devenue Altadis en 1999 suite à la fusion avec la manufacture espagnole Tabacalera, y a fabriqué des millions de cigarettes de 1965 à 2005, date de sa brutale fermeture, laissant 540 salariés sur le carreau. On y assemblera désormais des vélos et les effectifs salariés, d’ici à 2014, devraient être sensiblement comparables en nombre. C’était un engagement pris par Martine Aubry : conserver une vocation industrielle à ce site malgré la volonté


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Un grand lâcher de ballons a été organisé lors des portes ouvertes du 12 septembre...

d’Altadis de vendre les terrains à des activités tertiaires pour des raisons évidentes de rentabilité. La maire de Lille a tenu bon et b’Twin a finalement préféré s’implanter ici à proximité du siège du groupe après avoir envisagé de le faire à Chambéry sur le site de Motte-Servolex, projet qui n’a pas abouti. Tant pis pour Chambéry, tant mieux pour Lille, d’autant que le programme du b’Twin Village s’est entre temps nettement enrichi !

venir de Décathlon à la fois enseigne et concepteur d’articles de sport. En 1986, l’entreprise crée son département production et, aujourd’hui, le groupe nordiste compte 17 marques propres (Quechua, Domyos, Tribord, etc.) qui pèsent plus de 65 % de son chiffre d’affaires (CA 2009 : 5,44 Mds€ HT). Un pourcentage en constante progression ! Pour se limiter au vélo, b’Twin, qui vend chaque année plus de 2,3 millions de cycles, est devenue la troisième marque mondiale du secteur en à peine trois décennies.

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Le pari réussi des villages de marque Un clin d’œil historique aussi ! L’anecdote est connue mais mérite d’être rappelée. En 1976, quand Michel Leclercq s’apprête à ouvrir le premier magasin Décathlon à Englos, il essaie de convaincre Peugeot d’y vendre ses vélos. En vain, le célèbre fabricant français refuse : pas question d’être présent dans la grande ■ Nombre de collab distribution. Le fondaorateurs : 250 teur de Décathlon dé■ Nombre de vélos vendus en 2009 : entre 2,3 et 2,4 mil cide alors de faire lions par an contre 2,1 million fabriquer des vélos à sa s en 2006 marque enseigne et, ■ Classement : 3e fab du même coup, donne ricant mondial de vélos derrièr naissance à la première e Giant (5 à 6 millions de vélos) et Trek des marques de distri(environ 3 millions) buteur de Décathlon. ■ CA : non communiq ué mais Cette expérience fonde estimé à 800 M€ les bases du succès à

B’TWIN EN CHIFFRES

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Investissement : 35 M€ dont les deux tiers pour l’acquisition des terrains et bâtiments.

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Une salle de fitness, un espace restauration, un musée du vélo

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Superficie : 18 hectares dont 10 000 m2 bâtis

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Effectif sur le site : 305 collaborateurs à l’ouverture

Un atelier de réparation régional avec une zone en libre service

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Une chaîne de montage : 70 000 vélos assemblés la première année, 300 000 unités d’ici 2013-2015

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Le siège de la marque b’Twin : bureau d’études, atelier de prototytage, centre de R&D, laboratoire d’essais

dont 90 sur la partie industrielle, 500 collaborateurs d’ici à 3 ans ❘■

Magasin : 3 000 m2

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Zone de test indoor : 5 000 m2

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20 000 m2 de pistes outdoor : BMX, Pump-Track, VTT, Cross Country, kid village

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...auxquelles ont participé plus de 1 000 personnes, salariés du groupe Oxylane et habitants du quartier du Petit Maroc.

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REENWAY POURSUIT SON EXPÉRIENCE

Ouvert par le groupe Oxylane à la gare Lille Flandres le 28 avril dernier, le premier magasin (100 m2) de l’enseigne Greenway trouve petit à petit sa place auprès des amateurs de mobilité urbaine (vélo, trottinette, roller, marche). “Nous enregistrons une hausse régulière de la fréquentation de l’ordre de 5 % tous les mois. Nous avons encore beaucoup de demandes de renseignements sur le concept”, précise Zakarria Labyad, directeur du magasin. Quelques modifications ont déjà été apportées. Outre des vitrines devenues plus visibles de l’extérieur, l’offre produit s’est recentrée sur les © François Lecocq segments les plus porteurs, tels les vélos pliants Hoptown avec la gamme complète (7 coloris), ou encore l’ajout de quelques VTT par exemple. A contrario, le modèle de vélo à assistance électrique a été retiré. La bagagerie et les rollers ont également vu leurs références diminuer au profit, entre autres, de la gamme textile avec notamment la collection complète de chaussures Many de Newfeel, l’un des grands succès commerciaux de la marque dédiée à la marche. L’atelier de réparation répond à une demande de plus en plus forte et de nombreux clients réclament la location de vélos. Un service qui devrait être prochainement proposé à l’échelle de ce petit magasin, soit pas plus de 5 vélos pliants mis en location. Malheureusement, Greenway devra déménager avant juin 2011, date de la fin du bail de ce local que la SNCF envisagerait de dédier à une supérette alimentaire.

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et 2009). En attendant les autres créations annoncées : Essensol-Kalenji à Lille Sud (2011/2012), Kipsta à Tourcoing (2012/2013) et Fouganza à Lompret…

Un site exceptionnel

© François Lecocq

Oxylane poursuit donc sa stratégie de création de village de marque qui rassemble sur un même site toutes les équipes de la marque concernée (R&D, bureau d’étude, design, marketing), un magasin show room, des espaces de pratiques dédiés au sport visé, ou se situant à proximité de terrains où il s’exerce. Objectif : permettre aux équipes de conception de recueillir directement sur le terrain les avis et retours en terme d’usage afin de créer des produits répondant au mieux à leurs besoins. L’expérience pionnière de Quechua qui s’est implantée à Sallanches - Domancy (Savoie) en 1998 a servi d’exemple. Devenue la première marque du groupe en terme de CA, elle a ouvert la voie empruntée depuis avec succès par Tribord à Hendaye (2004), Geologic à Cestas (2007), Domyos et Inesis à Marcq-en-Baroeul (2008

Le b’Twin Village se singularise toutefois des autres villages existants. D’abord, c’est le plus grand, développé sur 18 hectares, utilisés à 60 % dans un premier temps. Ensuite et Olivier Robinet, patron de b’Twin surtout, c’est le seul à intégrer une activité industrielle. “Nous possèdons huit sites de production de vélos dans le monde et celui de Lille fournira tous les magasins Décathlon situés dans un rayon de 3 heures de route”, précise Olivier Robinet, nouveau patron de b’Twin depuis avril dernier. Si les coûts de fabrication y seront plus élevés (de 6 à 8 € voire plus par unité) que dans les pays à faible coût de main d’œuvre où le groupe possède des usines d’assemblage (Chine, Roumanie, Portugal, entre autres), l’enjeu est de réduire les frais de logistique et de travailler en flux tendu, ainsi que les coûts de non qualité (peinture notamment). “L’objectif est aussi de dynamiser notre politique d’innovation avec au moins quatre inventions majeures par an. Nous prévoyons déjà de commercialiser un nouveau vélo pliant d’ici à 18 mois avec un système de pliage révolutionnaire ne nécessitant que deux secondes, ainsi qu’un vélo urbain d’entrée de gamme en juin 2011”, poursuit Olivier Robinet. En outre, le magasin proposera d’autres marques que b’Twin pour les produits haut de gamme (+ de 8 000 €), un segment de marché que la marque nordiste n’exploite pas, ou sur les vélos très innovants qui sont difficiles à trouver ailleurs. Exceptionnel, notamment avec 20 000 m2 de pistes de pratique outdoor, le site possède de nombreux atouts pour être un succès en terme de fréquentation tant sur le plan sportif que commercial. A suivre… ■ François Lecocq


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pubRADIO SPÉCIFICITÉS, FORCES ET FAIBLESSES

Troisième étape des Médiaday, par TRËMA, agence conseil tous médias : les clés de la réussite d’une campagne radio.

Quelles utilisations ? Création de trafic : inciter par une offre promotionnelle ponctuelle à venir sur un point de vente. Pour ce type d’utilisation, il importe de monter une campagne dense et assez courte de type 50 spots/radio sur 7 jours. Développement de notoriété : le but est ici de faire progresser le nom, la notoriété d’une marque. La logique est d’acter sur le moyen terme avec, soit plusieurs vagues de spots récurrentes sur l’année, soit utilisation de la technique de la sponsorisation d’une rubrique. Autre technique possible (bien que marginale) uniquement en national : l’infomercial. Il s’agit plus ici de répondre à un besoin d’image. C’est, par exemple, “Les Bons Plans d’Amélie” avec, entre autres, des laboratoires qui argumentent les avantages d’un produit. Enfin, en logique de marketing direct, la radio n’a jamais démontré une efficacité probante.

Les acteurs du marché La radio est un marché assez concentré avec 6 intervenants : ■ IP Régie : RTL, RTL2 et FUN Radio, ■ Lagardère : Europe 1, Virgin, ■ Groupe NRJ : NRJ, CHERIE FM, Nostalgie, Rire & Chanson, ■ Skyrock, ■ TF1 : Les Indépendants (groupement de 122 radios locales), ■ Next Régie : RMC, BFM. Seules les FM permettent de la publicité en local. Bien sûr, toutes les FM ne sont pas “actives” (avec pub locale), c’est à vérifier ville par ville.

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Part d’Audience Nationale chez les 13 ans et plus

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17,1 %

23,1 %

+ 0,1 pt

Autres stations

- 1,4 pt

14,4 %

5,4 %

+ 0,2 pt

+ +

- 0,1 pt

6,1 %

T E R I I O P R

A

L A

E Q U S I M U

11,2%

+ 0,7 pt

+ 0,6 pt

+

6,9% + 0,7 pt

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7,7 %

8,0 %

-0,3 pt

-0,6 pt

-

Pistes Budgétaires Au niveau national : en retenant 3 stations leaders pour 10 jours de campagne, le ticket d’entrée est de 250 K€. Des campagnes denses comme la GMS avoisinent les 5 à 600 K€. Au niveau local : tout dépend de la taille de la ville et des radios. Sur Lille, pour une base de 80 spots/radio 30 secondes : trois radios, budget de 10/12 K€.

Le média radio dispose d’atouts certains (souplesse, local/national, puissance/affinité sur cible, coût abordable, diversité des techniques, etc). C’est aussi un média porteur de valeur ajoutée : les auditeurs sont fidèles à leur(s) station(s), voire à leur(s) émission(s). Reconnaissons enfin qu’en France, la création des messages radio reste perfectible et que le pouvoir invocateur du son est rarement sollicité. Il suffit d’écouter les radios de nos voisins belges pour constater la différence de niveau créatif… ■ Baptiste Régent


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échos

BOULANGER À LA RADIO, UNE HAPPY HISTOIRE ! Boulanger développe avec force sa signature “Vivons la Happy Technologie”, un état d’esprit qui définit une technologie simple à comprendre et surtout simple à utiliser.

L'agence Publicis Activ Lille avait déjà permis d'exprimer cette philosophie en TV grâce à des spots qui mettaient en scène, de façon humoristique, un couple “délirant” avec leurs produits (TV, aspirateur, réfrigérateur et lave-linge). L'agence a choisi, et ce, pour la première fois pour la marque, de compléter cette Happy Histoire par de la radio. Ce sont donc 5 spots très drôles, en décalage complet avec les habitudes de l’enseigne qui ont vu le jour, créant ainsi une véritable saga Happy Technologique. Diffusés les week-ends dès le 09 juillet, ces spots relayaient les “Affaires d’Été” (prix promotionnels valables uniquement les week-end de diffusion).

Sur un ton très inhabituel, humoristique voire décalé, et une bande son des plus inattendues, les comédiens clament leur amour pour leur produit : l’imprimante est gratifiée d’une déclaration d’amour en bord de mer, l’appareil photo bénéficie d’un slam langoureux, le réfrigérateur est sublimé d’une manière endiablée avec des louanges très rock’n roll, l’ordinateur se voit compter une ode amoureuse, et enfin tout l’amour que peut apporter le micro-ondes est proclamé à la manière d’un troubadour. Empreints d’humour et d’autodérision, ces spots invitent les consommateurs à vivre une relation idéale et personnalisée avec la technologie. Pour visualiser les spots TV, rendez-vous sur : www.boulanger.fr/content/bfr/animation/spots-tv.htm

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regard

LE

E-COMMERCE

À LA LOUPE Le salon de la vente à distance ouvre ses portes à Lille. Tour d'horizon de la planète du business Internet avec Francis Salerno, professeur des universités et directeur de recherche en marketing et e-commerce à l'IAE de Lille.

Quelles perspectives pour la vente à distance dans dix ans ?

Vous vous penchez sur le phénomène des nouveaux réseaux sociaux ?

Les vépécistes traditionnels ont parfaitement compris l'intérêt du e-commerce qui est une nouvelle rationalité. Ce qui apparaît aujourd'hui comme assez segmenté et différencié sera sûrement, à l'avenir, beaucoup plus intégré.

Oui. Nous étudions comment identifier les utilisateurs influents dans un réseau social comme Facebook. Ceux dont le niveau d'activité a un effet significatif sur celui des autres membres et donc sur le volume global de pages vues du site. A partir d'un travail de datamining assez complexe sur l'activité de ces personnes, on mesure la fréquence, le temps passé sur internet, le nombre d'amis… Exemple : lorsqu'un blogueur très populaire délaisse son site pour deux ou trois semaines, le nombre de visiteurs chute et le contenu produit par trois blogueurs de remplacement ne peut stopper le déclin. La méthode peut être étendue à d'autres indicateurs. Deux intérêts pour les entreprises de VAD, l'augmentation du ciblage des communications et la mesure de la rétention et de la fidélisation des membres des réseaux. Le marketing par bouche-à-oreille est fondé sur l'hypothèse que les entreprises peuvent bénéficier de la multiplication de messages crédibles émis par des consommateurs vers d'autres consommateurs. Le réseau social en ligne sert aussi à la construction d'un capital social basé sur la confiance, l'amitié et des alliances. Le paradoxe, c'est que le blogueur sollicité par un seeding se sent à la fois flatté et menacé d'avoir été choisi… c'est une arme à double tranchant… Il est nécessaire d'analyser les stratégies narratives du blogueur qui lance un message marketing dans le réseau social. Nous connaissons la place des réseaux sociaux chez les femmes américaines. Plus de la moitié des 76 mil-

Mais quelle sera la dominante ? Le e-commerce ou le classique catalogue papier? Aujourd'hui, mesurer la part des différents canaux de distribution est parfois difficile. La commande a pu être passée par internet mais la cliente a pu feuilleter le catalogue avant…On sait que les clients d'une enseigne de VAD multicanal - points de vente, catalogue papier, internet - utilisent rarement les trois canaux. Deux, le plus souvent. Mais le catalogue papier reste pertinent. Il s’agit de renforcer la mise en scène des valeurs associées à la marque et de le rendre plus “expérientiel” en produisant davantage de sensoriel et d’émotions à la prise en main et à la lecture. Du “papier plus interactif” en quelque sorte. On le sait, les pure players n'ont pas forcément intérêt à tout miser sur internet. Les questions qui se posent concernent les jeunes, les classes d'âge nées avec internet. Et les personnes âgées chez qui une relation de confiance s'est développée en fonction du domaine de consommation. Leur sensibilité à la promotion par e-mailing en résulte.

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lions de femmes connectées sont des utilisatrices actives des médias sociaux. Parmi elles, l'activité est nettement supérieure chez les 18-26 ans et chez les 27-43 ans. Les créatrices de blogs sont nombreuses, avec des motivations diverses. Quid des femmes en France ! Nous terminons actuellement la mise au point d'une étude dont les résultats permettront des comparaisons.

Le e-commerce est-il devenu rentable ? Sur des niches, oui, sans aucun doute. Regardez le site de Bexley, chaussures pour hommes. Et ce n'est qu'un exemple. Le secteur textile, depuis une quinzaine d'années, est en plein bouleversement. La VPC est marquée par une forte culture de la promotion, sans cesse en quête de nouvelles solutions promotionnelles. Aujourd'hui, dans nombre de cas, il s'agit de trouver un équilibre entre le marketing de la marque - la notoriété - et le marketing de promotion.

Vous dirigez des structures de recherche. Comment la recherche en marketing évolue-t-elle ? 80 % de la recherche se focalise sur le comportement du consommateur. C'est une approche fondamentalement psycho-sociologique qui ne se préoccupe pas toujours assez des implications décisionnelles. La recherche en marketing doit se diversifier et se centrer davantage sur l’aide à la décision. L'évolution récente est encourageante.

Quelles sont les filières d'avenir pour un jeune diplômé ? Trafic manager, tout ce qui touche au marketing d'affiliation, c'est-à-dire à la gestion d'un réseau d'affiliés, community manager, c'est-à-dire les réseaux sociaux, chef de marché en e-commerce.

Quelles sont les derniers développements de l'Institut européen du marketing direct ? Nous avons formé plus de 2000 personnes depuis la création de l’IEMD il y a 23 ans. A la rentrée 2011, nous allons développer des "sésames", focalisés sur les e-Commerce Analytics et le e-merchandising, des modules d'environ 150 heures sanctionnés par un diplôme universitaire. La licence pro en MD et VAD, lancée en 2008 en liaison avec le CEPRECO et la Chambre de commerce Grand Lille, marche bien. Le Master MD et e-Commerce développe fortement les contrats de professionnalisation et refuse du monde, y compris en formation continue. Nous sommes prêts à nouer des partenariats dans le cadre d'un réseau international de programmes doctoraux, avec les écoles de commerce et de gestion de la région. ■ Propos recueillis par Marc Prévost

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métier

INFOGRAPHISTE,

AU SERVICE

DE L’IMAGE ! © DR

Au sein de la société de consommation qui est la nôtre, l’image de l’entreprise est au centre des préoccupations des professionnels. Communiquer est un art, de plus en plus exigeant et audacieux grâce aux outils mis à la disposition des infographistes. Un métier qui demande un sens créatif et artistique associé à une certaine dextérité dans le maniement des nouvelles technologies. Diplômé de l’EEGP Angers promotion 2005, Bertrand Raes, 27 ans, s’est spécialisé dans le Web. Il est infographiste au sein de l’agence de création et de développement de sites Internet Vive l@ vie ! basée à Mons-en-Baroeul. “Après une formation assez généraliste, plusieurs stages et différentes missions professionnelles, j’ai souhaité me spécialiser dans le Web. En effet, je trouve ce support plus intéressant que le print car il offre une interaction avec l’internaute et ne se résume pas uniquement à la création d’une image. Au sein de l’agence, mon rôle est de proposer au client l’image qui sera utilisée pour la création de son site Web. A moi de comprendre ses attentes et d’appréhender ses goûts pour être en mesure de lui proposer un univers qui corresponde à ses besoins en terme de communication. Une fois cet univers déterminé, peut alors commencer la phase de production du site. Je consacre, par ailleurs, une à deux heures par semaine à la veille technologique. De plus en plus, je pense que nous serons amenés à travailler sur l’utilisation des nouveaux supports de connexion, notamment le téléphone.”

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Cécile Marcq a 30 ans. Après l’obtention d’un BTS de communication visuelle et différentes expériences professionnelles dans le Nord et la région parisienne, elle intègre en 2005 le service de communication du Racing Club de Lens.

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“La qualité première d’un infographiste est de savoir faire preuve d’adaptation. Il faut être en mesure de comprendre le domaine d’activité de l’entreprise, d’être à l’écoute de sa façon de communiquer et de bien appréhender l’image qu’elle souhaite véhiculer. S’adapter à l’entreprise et à sa cible est primordial dans notre métier. Pour ma part, quand j’ai intégré le service de communication du RCL, je ne connaissais pas très bien le milieu du sport de haut niveau. Il m’a donc fallu un certain temps pour bien comprendre le fonctionnement de la communication d’un club professionnel. Il faut, par ailleurs, être en veille face aux nouvelles tendances en termes de création et de technologie. Aujourd’hui, mon rôle est de véhiculer l’image du club sur les supports de communication print et web. Mes domaines d’intervention vont de la billetterie à la boutique des supporters, en passant par le site web et les messages diffusés sur les écrans géants du stade les jours de match”.

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Formé à Supinfocom Arles, Mathieu Visnjevec, 33 ans, a participé au développement de l’agence lilloise d’architecture 3e design, en tant qu’intervenant, puis associé. Spécialiste de la modélisation, il se consacre désormais à la création d’une société d’infographie. “Le rôle de l’infographiste est de mettre en image une idée, un concept, un projet, grâce à une palette très large de techniques. C’est un métier qui demande avant tout d’être créatif, d’avoir un certain coup de crayon, mais qui exige aussi une certaine curiosité et de la culture générale. La PAO est la base du métier, après il y a différentes spécialisations : la 3D, la modélisation, l’animation, la création de textures, etc. Pour ma part, chez Troisième Design, j’ai beaucoup travaillé sur la modélisation des projets. Avec les technologies que nous avons à notre disposition, nous pouvons offrir aux clients une véritable visite virtuelle des futurs bâtiments, comme on pourra dans quelques années s’installer aux commandes d’une voiture numérisée avant même sa fabrication. Les évolutions technologiques nous permettront de plus en plus d’interactivité et nous offriront davantage de souplesse. Je pense par ailleurs que nous assisterons à un développement conséquent de la 3D temps réel”. ■ Baptiste Régent

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LA MAISON ROUGE, UN

SAVOIR-FAIRE

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amilial

Après 18 mois de travaux et une refonte complète des lieux, l’hôtel-restaurant trois étoiles La Maison Rouge a ouvert ses portes le 1er juin 2009 à Nœux-les-Mines. Le début d’une aventure passionnante, une nouvelle vie qui commence pour Loïc et Hélène Constant.

Nés sous une bonne étoile

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Porté par son amour de la gastronomie, Loïc, originaire de Béthune, quitte rapidement les bancs de l’université pour intégrer la prestigieuse école Bocuse de Lyon. Il fera ensuite ses armes dans des maisons de renom avant de rejoindre pendant huit années Gosnay et l’établissement créé et dirigé par son père, Jean Constant, La Chartreuse

du Val Saint-Esprit. Le destin lui fera alors croisé le chemin d’Hélène, qu’il engage en tant que responsable du service commercial. Quelques mois plus tôt, en juin 2001, Loïc ouvrait un premier restaurant à Gosnay, Le Vasco. Puis, ensemble, ils se lancent un nouveau défi. La Maison Rouge est avant tout un restaurant de choix, Le Cercle. C’est aussi un hôtel de 40 chambres et deux salles de réunion. Un lieu de choix pour séminaires, mariages, etc. Et un premier bilan encourageant : “Nous sommes satisfaits de cette première année, notre réputation commence à se faire, se réjouit Loïc Constant. Nous avons notamment accueilli les équipes de football de Valenciennes, qui doit revenir prochainement, du LOSC et du PSG, et bientôt l’OGC Nice. La chanteuse Sheila vient en outre régulièrement lorsqu’elle est de passage dans la région. En terme d’image, c’est important, mais surtout cela prouve que nos prestations sont à la hauteur des attentes de nos clients”.

Une communication axée sur deux piliers Le bouche à oreille ne suffit plus, un établissement comme La Maison Rouge se doit aujourd’hui de travailler sa communication : “Les deux piliers de ma communication sont la publicité sur supports traditionnels et sur le web, explique Loïc Constant. En ce qui concerne la publicité traditionnelle, la complexité réside dans le choix des supports. Il faut réfléchir à une communication efficace et donc se fixer une stratégie afin de ne pas se perdre. Pour ma part, je préfère communiquer peu mais bien”. “Sur le web, l’idée est de travailler sur le référencement de notre site, notamment par des campagnes adwords, ajoute-t-il, mais aussi d’utiliser les nouveaux outils numériques, comme les réseaux sociaux, pour gagner en visibilité sur Internet. J’ai dans ce sens ouvert une page Facebook, par exemple. C’est un gros travail, d’autant plus que ce n’est pas ma formation, ni celle de mon épouse. Il faut sans cesse se remettre en cause pour mieux appréhender toutes ces technologies”. Le maître mot, l’adaptabilité. ■ Baptiste Régent

Qualys Hôtel, La Maison Rouge - 374 Rte Nationale, 62290 Nœux-les-Mines - www.hotel-lamaisonrouge.com - Tél. : 03 21 61 65 65 - Fax : 03 21 61 65 75

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QUAND LA TÉLÉ S’INVITE SUR LE NET Définition de la Web TV, ou Webtélé, selon Wikipédia : “La Webtélé permet aux internautes de regarder du contenu vidéo à partir du Web”. Ou comment la télé sort de son cadre initial pour s’inviter sur l’espace numérique. Explications.

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Apparue aux Etats-Unis au milieu des années 1990, la Web TV connaît depuis une dizaine d’années un essor phénoménal. Décryptage de ce phénomène avec Amélie Garcia, Chef de projet au sein de l’agence roubaisienne Reflets Vidéo : “La Web TV est avant tout une réponse à une problématique de communication, ex-

plique-t-elle. Deux cas de figure peuvent se présenter. Soit une entreprise ou une institution dispose d’un contenu vidéo important mais inutilisé et se demande comment le mutualiser, comment le rendre accessible et comment s’en servir pour accroître sa notoriété. Soit cette même entreprise ou institution souhaite utiliser le Web dans ce même objectif de notoriété. Dans le premier cas, la Web TV sera un support pour la mise en ligne du contenu vidéo existant. Dans le second cas, il conviendra en amont de créer un contenu pour ensuite s’en servir comme outil de promotion”. Ainsi, la télévision a fait main basse sur le net : “La Web TV est un site Internet conçu comme une véritable chaîne de télévision à laquelle sont jointes des fonctionnalités spécifiques au Web 2.0, comme la possibilité de taguer, de noter ou de partager une vidéo, ajoute Amélie Garcia. C’est un outil de visibilité développé pour répondre aux besoins nouveaux de notre société”.

Grand Lille TV dans l’interactivité Pour gagner en visibilité, les professionnels de la communication se sont emparés de cet outil au formidable potentiel. A l’instar de Grand Lille TV : “Le lancement de la chaîne en juin 2009 s’est accompagné de la mise en ligne de notre Web TV. Cela était indispensable pour satisfaire les besoins de nos té-

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léspectateurs, explique Guillaume Alsac, Directeur général du groupe Télé Melody. Grand Lille TV est une chaîne jeune, une chaîne innovante en tant que première chaîne locale toute info. Notre cible est la génération Internet, une génération qui passe énormément de temps devant l’écran d’ordinateur et qui exprime aujourd’hui de nouveaux besoins en matière d’interactivité. Elle veut être en mesure de visionner n’importe quel contenu à n’importe quel moment via le Web. Nous devions donc répondre à ces attentes et être, nous aussi, dans l’interactivité en rendant accessible sur le net le flux d’informations et les reportages diffusés, de manière délinéarisé. La meilleure réponse ne pouvait être que la création d’une Web TV”.

qu’aux prémices de son histoire. Le Web 2.0 a vocation à évoluer sans cesse. Certains experts parlent déjà de Web 2.1, un réseau numérique plus ergonomique et plus simple d’utilisation, voire de Web 2.5, l’Internet “intelligent”. Ce qui peut nous laisser penser que la Web TV n’a pas encore dévoilé tout son potentiel : “La technologie peut toujours s’améliorer et continuera à évoluer. Mais aujourd’hui toutes les technologies et les fonctionnalités principales de la vidéo existent, estime Amélie Garcia. Il convient donc désormais de se poser deux questions : comment mieux utiliser cet outil ? Et comment être plus créatif ?” ■ Baptiste Régent

Avec des résultats probants à la clé : “Il est difficile de définir des chiffres d’audience sur le net car nos mesures prennent en compte l’ensemble des supports de la chaîne. Internet n’est pour nous qu’un complément. Mais depuis juin 2009, environ un million de vidéos liées à Grand Lille TV ont été visionnées sur le net, c’est-à-dire sur le site de la chaîne et sur d’autres comme YouTube ou Dailymotion”.

Et demain ? Support de communication aujourd’hui indispensable pour les professionnels, Internet n’est finalement

LA WEB TV EST UN SITE INTERNET CONÇU COMME UNE VÉRITABLE CHAÎNE DE TÉLÉVISION À LAQUELLE SONT JOINTES DES FONCTIONNALITÉS SPÉCIFIQUES AU WEB 2.0

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point de vue

ENJEUX 4 MARKETING CLIENT

RÉPONDRE AUX

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DU

Notre précédente tribune a dépeint le nouveau comportement du client d’après crise. Un consommateur plus que jamais conso-sceptique. Le jeu du chat et de la souris entre marketeur et consommateur se joue en 2010 autour de 4 enjeux.

EN 2010

Séduire le client pour lui (re)donner envie. Ras-le-bol de la promo intrusive, il veut du rêve. Pas de hasard au retour de la publicité pour agir sur les leviers émotionnels (hausse des investissements de + 9,9 % en août 2010 vs 2009). Pour quel résultat ? Où est l’expérience de marque ? L’informer pour influer sur son achat. Un client sur deux va sur internet pour décider de ses achats. Pourtant les marques n’ont pas comblé leur gap face au meilleur du web. Et les distributeurs, s’ils passent à la vente en ligne, tardent à réaliser que la convivialité du site influe sur le taux de transformation. Rassurer le client sur le prix. Le client veut être sûr de la compétitivité du prix qu’il va payer. La distribution redécouvre les vertus de la publicité comparative (site E. Leclerc www.quiestlemoinscher.com ou campagne des tickets de caisse Leader Price). Avec “les prix du web” comme épouvantail pour le non alimentaire. Personnaliser l’offre. Le web 2.0 a consacré le client moi moi moi. Les marques offrent de customiser son produit en ligne (Adidas, Nike), de voter pour de nouvelles variétés (Danette, Ben & Jerry’s), de personnaliser sa CB (Société Générale, Bred). Sur les 1 000 premières Citroën DS3 vendues, 17 étaient identiques… La grande distribution, visant la masse par définition, est en retard. Promolibre, quoiqu’intéressant, se limite à 5 produits et un rayon par semaine.

Des nouveaux Webzines “4 en 1” pour Marionnaud et Surcouf

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La martingale du nouveau marketing client nécessite d’inventer de nouveaux supports interactifs “intégrant” ces 4 enjeux. L’évolution des e-catalogues vers l’e-magazine en illustre les prémices. Si le standard reste encore la mise en ligne en pdf des catalogues promotionnels boîte aux lettres, manquant sérieusement de sex appeal, on assiste à l’apparition de nouveaux webzines “4 en 1”. A la fois magazine en ligne, délivrant un contenu informationnel dynamique (animation, images, vidéos, reportages…), au sein d’une expérience relationnelle émotionnelle avec la marque. Mais aussi catalogue commercial, dont la particularité est que les offres sont actualisables en temps réel, garantissant la disponibilité du produit et un prix “le plus bas” mis à jour. L’innovation majeure étant le contenu personnalisable, via le renseignement de son profil par l’internaute, la segmentation des bases de données clients ou bien pour les solutions les plus en pointe, l’adaptation du contenu en

fonction des zones consultées par l’internaute et du temps passé sur celles-ci. Enfin un outil de vente directe, dans la mesure où le webzine peut être relié au site marchand. Les produits sélectionnés pouvant être mis directement dans son panier. Cette solution innovante pour enchanter le commerce a déjà été mise en œuvre par Altavia pour Marionnaud à l’international www.marionnaud-webmag.at et Surcouf pour son opération commerciale de Noël 2009. On observe un temps moyen de navigation entre 8 et 10 minutes, contre une moyenne allant de quelques secondes à 5 minutes. Le taux de rebond (c’est-à-dire les gens qui repartent immédiatement après avoir cliqué sur le lien) est également beaucoup plus faible avec ce type de webzine. ■

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au microscope

ANGELINI NORD UNE

STRATÉGIE

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MULTICANAL Rencontre avec Philippe Dubois, Directeur Général qui nous présente le groupe de communication Angelini Nord.

est principalement dirigée vers les métiers qui s’ouvrent aux technologies émergentes.

Les ambitions et les projets Le groupe Angelini est leader français dans le domaine du prépresse depuis plus de 35 années à Monaco. A la suite de son positionnement sur Paris, et déjà présent sur le Nord depuis plus de quinze ans, il s’est implanté à Roubaix en 2006. Angelini Nord est installé sur un plateau de 2500 m2, au cœur des secteurs d’activités liés aux métiers de la Vente à Distance et de la grande distribution.

De la photogravure à la communication multicanal Angelini Nord est devenu un groupe de communication multicanal afin de répondre aux évolutions de l’environnement économique. Les besoins clients et les mutations du marché ont rendu cette démarche indispensable. Cette nouvelle orientation stratégique

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“Satisfaire les besoins des clients est la moindre des choses mais cela ne suffit plus. Nous devons également être une force de proposition là où on ne nous attend pas forcément, explique Philippe Dubois. Etre novateur et anticiper est indispensable, mais il ne faut jamais perdre de vue les fondamentaux liés au service et au partenariat“. “Bien sûr, le prépresse est plus que jamais présent chez Angelini Nord, c’est ce qui a fait notre réputation. Mais il était indispensable d’imaginer une structure qui puisse à la fois assurer le suivi graphique et artistique des projets print, et le Web. C’est chose faite depuis la création du STUDIO LEONARDO. Notre stratégie de développement s’est également axée sur la création de PAPAGO PRODUCTION qui, par l’apport de la vidéo sur le Web, permet un effet de levier


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incontestable sur les ventes des produits de nos clients et de plus réduit les coûts de production en mutualisant l’offre photo & vidéo. Enfin, le département TOOLBOX propose des outils collaboratifs qui permettent de gagner en efficacité sur les délais et de réduire les dépenses des publications de nos clients. Il répond point par point aux exigences de nos clients sur les mises en place de nouvelles technologies. D’ailleurs, nous venons de passer des accords avec Auchan Production, Damart International, Redcats group...“ Angelini Nord travaille en étroite collaboration avec Helio Graphic System, l’une des plus importantes structures européennes dans le traitement du prépresse catalogue. ■

ANGELINI NORD ET SES STRUCTURES Angelini Nord regroupe une cinquantaine de collaborateurs au sein de 5 pôles : ■

LEONARDO : “créateur d’idées“ : le studio de création print et multimédia.

PAPAGO : “créateur d’images“ : le studio photo ainsi que le studio vidéo offrent une véritable stratégie multicanal papier et Web pour la présentation de collections axées sur la mode et le prêt à porter. Vidéos cliquables, 360°, offres sur mesure...

VERVAEKE, IMAGO et ALLIAGE : “créateurs de qualité“ : les structures prépresse pour la mise en page pour le traitement des retouches et la création d’images.

TOOLBOX : “créateur de flux“ : la boîte à outils des nouvelles technologies et des outils collaboratifs.

PRESTA : “créateur de solutions“ : le service qui répond à tous les besoins dans le domaine de l’imprimé.

Baptiste Régent

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entretien

PAS DE

CHASSE GARDÉE DU MÉCÉNAT EN RÉGION Ancien journaliste et responsable communication de grandes entreprises (EuroDisney, Hennessy LVMH, Pages Jaunes…), Pierre Gorin évoque les enjeux du mécénat pour la Caisse d’Epargne Nord France Europe, dont il assume la direction de la communication depuis trois ans. Entretien.

© François Lecocq

Depuis la fusion, en octobre 2007, des trois Caisses d’Epargne de Flandre, du Pas-de-Calais et des Pays du Hainaut pour former la Caisse d'Epargne Nord France Europe (CENFE), quels sont les changements intervenus en terme de mécénat ?

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Jusqu'à 2007, les 3 Caisses d'Epargne intervenaient principalement dans deux champs d'action : la culture/patrimoine et le sport, avec des moyens financiers importants consacrés au second. La fusion a créé de nouveaux segments de clientèles (voir encadré), et a propulsé une nouvelle image de la banque répondant à leurs attentes et ancrée d'avantage sur le marché des entreprises, les professionnels, la gestion patrimoniale, les jeunes. Elle a aussi permis de dégager des moyens supplémentaires et fait naître aussi d'autres demandes émanant de l'interne. En conséquence, les moyens investis en terme de mécénat se répartissent désormais équitablement entre ces deux secteurs historiques en sachant que nous en


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avons ajouté deux autres : les partenariats économiques et les partenariats sociétaux (RSE). AU 31 DÉCEMBRE 2009

De quels moyens financiers dispose cette politique de mécénat ?

■ 2 millions de clients. ■ Répartition des encours de crédit :

En 2009, la CENFE a investi 1,5 M € dans les actions concernant la culture/patrimoine, le sport et l'économie et 2,9 M € pour le volet de la RSE. Je tiens à rappeler que depuis la loi de 2008, les Caisses d'Epargne ne sont plus tenues d’affecter une partie de leurs résultats à des actions d’intérêt général. Nous avons décidé, non seulement, de poursuivre nos actions dans le domaine de l’intérêt général et la philanthropie, mais encore de les renforcer. Ainsi, le budget 2010 dédié aux actions de soutien des initiatives de RSE augmente sensiblement pour atteindre 3,24 M €, alors que celui consacré à la culture, au sport et à l'économie se maintient à 1,5 M €. En ce qui concerne la culture, nos actions reflètent aussi la réalité du dynamisme extraordinaire de la région dans ce domaine : le Nord - Pas-de-Calais compte 33 musées dont un grand nombre récemment rénovés et agrandis, sans compter le Louvre-Lens, les opérations de grande ampleur menées par Lille 3000, etc.

61 % clients particuliers, 12 % de clients professionnels et 15 % de clients collectivités locales ■ 2 285 collaborateurs dont 600 cadres ■ Bilan : 21,020 Mds€ (+ 6,3 % vs 2008) ■ encours de crédit : 8,661 Mds€ (+7,3 % vs 2008) ■ encours d'épargne et de dépôts à vue :

21,611 Mds€ (+4 % vs 2008) ■ produit net bancaire : 489 M€ (+36,6 %)

ligner car les médias oublient parfois de le mentionner ! – Il importe aussi d’instaurer un autre mode relationnel qualitatif avec nos clients. Vis-à-vis de nos collaborateurs, nous proposons, sur notre intranet, pour chaque projet porteur de sens que nous soutenons un grand nombre de places gratuites et je constate qu’elles trouvent preneurs très vite aussi bien dans le secteur sportif que culturel. Ce sont des expériences suffisamment prestigieuses et enrichissantes qui contribuent à rendre nos équipes fières de leur entreprise et à renforcer l’identité interne.

Quel regard portez-vous sur le métier de la communication et du mécénat ? La CENFE est mécène grand bâtisseur du Louvre-Lens et partenaire officiel de Lille 3000. Elle soutient le Palais des beaux-arts de Lille, la Piscine à Roubaix, le Laac, le Frac et le Musée portuaire à Dunkerque, le Musée des beaux-arts de Valenciennes, le Musée départemental de Cassel, l'Orchestre national de Lille, l'Orchestre de Douai, l'Opéra de Lille, le Centre chorégraphique national de Roubaix.

Concrètement comment la CENFE en fait-elle bénéficier ses clients et collaborateurs ?

Je pense que c’est un métier qu’il faut mieux faire connaître. Il répond aux exigences de la mise en œuvre de la stratégie économique de l’entreprise avec un budget autonome et dédié. En sachant que le Nord - Pasde-Calais se caractérise aussi par une offre très forte en terme de médias qui n’existe pas ailleurs. Enfin, il n’existe pas de chasse gardée dans le domaine du mécénat en région car l’ensemble des bonnes volontés concourent à développer le bien vivre ensemble. ■ Propos recueillis par François Lecocq

Dans le champ culturel et sportif, nous choisissons d’être partenaires d’événements et de projets dont les maîtres d’œuvre (conservateurs de musée, programmateurs d’événements, etc.) sauront se rendre disponibles pour rencontrer de façon privilégiée nos clients et nos équipes. Pour l’exposition Finoglio au Palais des beaux-arts de Lille par exemple, nous avons convié 600 clients lors du vernissage. L’ambition est de démontrer que nous sommes engagés sur notre territoire – nombre de projets ne pourraient se réaliser sans le soutien financier des partenaires privés, notamment dans le secteur culturel, il faut le sou-

La CENFE s'engage aux côtés de la Ligue Nord - Pasde-Calais d'Athlétisme, est premier partenaire privé du Meeting Pas de Calais Trophée CENFE à Liévin et du Meeting Lille Métropole. Elle est partenaire des clubs de foot de ligue1 RC Lens, Losc et Valenciennes FC ainsi que du Basket Club Maritime de Gravelines.

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parcours croisés

SUPINFOCOM DE VALENCIENNES, UNE ÉCOLE DE RÉFÉRENCE

MONDIALE Créée en 1988 par la Chambre de commerce et d’industrie de Valenciennes, Supinfocom s’est rapidement imposée comme l’école de référence dans le secteur de l’animation 2 et 3 D, de la conception multimédia et des jeux vidéo. En 22 ans, elle a formé plus de 1 300 diplômés que les studios de réalisation d’effets spéciaux, les éditeurs de jeux vidéo, le cinéma et les télés du monde entier n’ont pas tardé à embaucher. Depuis 2000, elle a essaimé à Arles, lancé une filiale dédiée aux jeux (Supinfogame) et créé un campus à Pune en Inde. Depuis deux ans, elle s’est structurée en groupe réunissant Supinfocom, Supinfogame et l’Institut Supérieur de Design. Témoignages de trois anciens….

Céline Desrumaux “LA VRAIE CARTE DE VISITE POUR TROUVER DU TRAVAIL, C'EST LE FILM !” ■ ■

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25 ans Diplômée en juin 2008 Réalisatrice de publicité depuis janvier 2010 chez Passion Pictures à Londres pour l’Europe et les Etats-Unis et chez Eddy pour la France et la Belgique.

“Jeune, j’adorais le cinéma et les dessins animés, au lycée je me suis renseignée sur les écoles qui formaient à ces métiers. Supinfocom permettait de mêler le tout : l’art, le dessin, l’animation, le cinéma... Avant d’intégrer Supinfocom, je suis allée à Lyon suivre une année de formation au dessin à l’école Emile Cohl. Ce que je retiens de positif à Supinfocom est l’ouverture aux autres et le partage des connaissances. Dans ma promo, il régnait une véritable émulation ce qui est très encourageant notamment pour finir le film qui nécessite deux années de travail. Enfin, l’école jouit d’une forte reconnaissance à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et en Europe. Mais ce qui demeure la vraie carte de visite pour trouver du travail, c’est le film ! L’école gagnerait sans doute à proposer une réelle formation au dessin et à expliquer les différents statuts sociaux de nos métiers.”


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Diplômé en juin 1994

Directeur artistique chez nWave Pictures à Bruxelles, société spécialisée en production et distribution de films 3 et 4 D.

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Jérémie Degruson : “ L'ÉCOLE RAYONNE À L'ÉTRANGER COMME LE PROUVE LA PRÉSENCE DES PLUS GRANDES SOCIÉTÉS DU SECTEUR AU JURY DE FIN D'ANNÉE ”

“J’ai choisi cette formation par le bouche-à-oreille, à l’époque elle était encore toute récente ! L’une de ses grandes qualités est la vraie synergie et la passion que partagent tous les étudiants. Il y avait aussi déjà à l’époque une vraie connexion établie avec le monde professionnel, qui n’a cessé de s’enrichir depuis. Il est évident que Supinfocom est une très bonne carte d’entrée dans la vie active, même si le diplôme ne fait pas tout. Personnellement, je suis entré directement chez nWave

Pictures dès ma sortie en 1994. A l’époque, nous n’étions que 10 salariés, contre une centaine aujourd’hui et nous attaquons notre troisième long métrage. L’école rayonne à l’étranger comme le prouve la présence des plus grandes sociétés du secteur au jury de fin d’année : Dreamworks, Pixar, The Mill... Je pense en revanche que le cursus de cinq ans désormais est devenu trop long en comparaison d’autres formations qui arrivent à des résultats quasiment similaires et sont plus courtes”.

Nicolas Dufresne : “AVANT MÊME DE CHERCHER DU TRAVAIL, LES ÉLÈVES ONT DÉJÀ DE NOMBREUX CONTACTS AVEC DES ENTREPRISES EN FRANCE ET À L'ÉTRANGER ” ■

26 ans Diplômé en juin 2008

Chez Ankama Animations (compositing, 3 D, montage, etc.)

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“Après le Bac, j’ai d’abord fait un crochet par les maths et la physique mais ça ne me plaisait pas du tout ! J’ai suivi pendant un an les cours du soir aux Beaux-Arts de Tourcoing pour préparer l’entrée à Supinfocom et faire ce qui me passionne depuis toujours : le cinéma et le dessin animé. Le principal point positif de cette formation est la réalisation en groupe d’un court métrage de fin d’études qui, dès la formation, permet d’apprendre toutes les étapes de la réalisation d’un film, et constitue aussi une carte de visite exceptionnelle pour les jeunes diplômés. En contrepartie, il y a peut être un manque de temps pour approfondir certains domaines. Mais cette remarque était valable à l’époque où j’ai fait la formation qui ne durait que quatre ans. Depuis, elle est passée à cinq, ce qui permet la réalisation individuelle d’un deuxième court métrage plus court (une minute) et un stage en entreprise supplémentaire. Le nom “Supinfocom” étant connu par toutes les sociétés dans lesquelles les diplômés cherchent du travail, c’est évidemment déjà une bonne étape franchie. Avec le court métrage comme présentation des compétences des élèves, l’entrée dans le monde professionnel est facilitée. De plus, de nombreux professionnels sont présents au jury de fin d’année, certains pour noter les films, d’autres juste “pour voir”. Du coup avant même d’avoir cherché du travail, les élèves ont déjà des contacts avec plusieurs entreprises en France et à l’étranger. C’est une formation que je recommande, même si je suis juge et partie, car j’y enseigne désormais !” ■ propos recueillis par François Lecocq

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dispositif

COMMENT FAIRE

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BUZZ? SUR INTERNET Certains moyens peu coûteux permettent de se faire mousser sur le net.

Extraits du spot Tipp-Ex

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Soit vous êtes une grande marque, vous avez les moyens. Et comme Tipp-Ex vous réalisez ce film visionnable actuellement sur You Tube : “Shoot or not shoot the bear”. Les images qui apparaissent sur l’écran, donnent l’impression d’un film amateur. Un campeur, sans doute au fin fond de la forêt canadienne, est en train de se laver les dents quand un bruit l’intrigue. Il saisit sa carabine et là, l’image s’arrête et apparaissent deux options à l’écran : “shoot the bear” (tirez sur l’ours) ou alors “not shoot the bear”. Et quelle que soit la réponse faite, en cliquant, apparaît alors une autre image où la main du chasseur sort de l’écran et saisit le correcteur tipp-ex (celui à la forme de souris) qui lui était apparu sur la colonne de droite. Magie de la tech-

nique ! Il vient l’appliquer sur le mot “shoot”. A l’internaute de le remplacer par le terme souhaité, le film s’adaptant à toute demande. Cette vidéo a fait le buzz et le tour des internautes, tout comme “Paf le Chien” il y a un an dont Entrenews vous a déjà parlé (N°3 janvier 2010). Adictiz, la société créatrice, en est d’ailleurs aujourd’hui déjà à sa 4e version avec “Paf sur mars” et s’apprête à déployer cette application sur Iphone (le jeu étant gratuit, mais les options payantes).

Le buzz via les sites sociaux Si malheureusement, vous n’êtes pas une grande marque et, surtout, vous n’avez pas de moyens, vous pouvez faire comme la société i-bière, créée en 2007 par Richard Tocci. Basée à Hazebrouck, elle ne distribue que via son site marchand www.pompe-abiere.com. La directrice marketing, embauchée en mai dernier, a découvert parmi les 400 références de bières vendues sur le site une originalité : la bière pour chien. Fin mai, elle fait un petit communiqué et surtout poste sur différents sites sociaux une vidéo montrant le chien mascotte de la société “Gribouille” déguster ce nouveau breuvage : la Kwispelbier, littéralement : “Bière qui fait frétiller la queue”. Aromatisée à la viande, cette bière sans gaz, sans alcool, mais chargée en protéines, et qui mousse quand même


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Gribouille a fait le tour du net

quand on la sert a généré un véritable buzz sur la toile faisant connaître la société et ses produits. Si les ventes de ce produit sont restées faibles, i-bière a, en revanche, enregistré, une hausse de ses ventes de 20 %. “Notre communiqué et notre notre vidéo sur www.biere.tv ont également généré énormément de retombées presse, incitant les gens à aller sur le site. Ils ont ainsi pu découvrir nos produits”, explique Dorothée Lenen-Jankowiak, la directrice marketing.

Des savons à la bière Et cela dure puisqu’elle a encore reçu début septembre des journalistes de LCI revenus trois mois après, mais cette fois pour des savons. Car i-bière a récidivé en lançant des savons à la bière avec ce slogan : “Faites-vous mousser sous la douche”. Guiness, 1664, Corona, Stella Artois... pas moins de sept marques proposées pour “prolonger les soirées arrosées et les vapeurs d’alcool”, dit le slogan. La société a découvert ces petits savons en forme de capsule de cannette de bière et aromatisés. Elle n’en avait commandé qu’une cinquantaine et s’est trouvée très vite en rupture de stock. “Comme pour la Kwispelbier tout le monde en a parlé sur Facebook, ou sur YouTube, donc le bouche à oreille a très bien fonctionné”, ajoute la jeune femme, qui parle là “d’un moyen simple et pas très coûteux de faire parler de soi”. La so-

“Faites-vous mousser sous la douche !”

ciété qui compte maintenant cinq salariés a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires d’1,4 millions d’euros, contre 100 000 en 2007 mais elle n’avait alors que trois mois d’exercice. Elle table sur 1,6 millions d’euro en 2010. ■ Nicole Buyse

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mécénat et sponsoring

DAMART MET

CAP

LE

VERS LE

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Dans la tourmente de la VAD, le groupe tire bien son épingle du jeu. Son statut d’enseigne multicanal - web, catalogues, magasins - lui confère une résistance particulière. Dernière initiative : le lancement d’un réseau de magasins dédiés au sport de bien-être. Une stratégie bien préparée grâce au renfort des vedettes sportives.

Christine Arron prête son image de sportive sur-médaillée à la marque

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“Nous recherchons des cautions”, explique Loïc Bouquet, le directeur du new business chez Damart. Entendez des sportifs ou des grands noms du sport pour accompagner le lancement des gammes et collections bien-être. Des ambassadeurs qui ont pour nom Christine Arron - l’un des plus beaux palmarès de l’athlétisme français et une longévité exceptionnelle -, Brian Joubert, l’un des meilleurs patineurs de sa génération, tous deux dans le top 30 des sportifs les plus connus en France. Ou encore cette belle brochette de champions du monde : la touquettoise Hélène Cazier, en char à voile, le savoyard Vincent Vittoz en ski de fond et la lyonnaise Isabelle Patissier, pour l’escalade reconvertie depuis dans le rallye-raid automobile. Des sports qui font la part belle aux changements de température et aux rudesses du climat froid ou chaud. Et des sportifs qui ont une relation particulière avec le Thermolactyl. La petite histoire retient que Brian Joubert et Christine Arron ont enfilé leur “Damart” avant de poser le pied sur une patinoire ou sur le sol de la métropole !


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“Le patinage artistique est la discipline la plus regardée par les femmes et les grands moments de ce sport correspondent au rythme de vente des produits”, explique Bertrand Avril, directeur associé de SportLab Group, l’agence de marketing sportif qui a proBrian posé ces champions. Joubert Une vieille histoire, ce partenariat entre l’enseigne au Thermolactyl, la fibre magique née en 1953 et qui a fait le tour du monde*, et l’univers du sport. Nicolas Hulot et ses raids Harricana au Québec, le navigateur Yves Parlier, le docteur et explorateur Jean-Louis Etienne ont eux aussi arboré les couleurs de la marque roubaisienne. Et même l’équipe de France de ski que Damart a longtemps équipé en sous-vêtements. Le pionnier, c’est un certain Raymond Kopa, attaquant de l’équipe de France de football pendant la coupe du monde de 1958 et Ballon d’Or la même année. Au siège, on conserve religieusement le contrat de l’époque (il y a 60 ans !). Avec le temps, la tactique publicitaire s’adapte : on passe du “Froid moi ? Jamais !” imaginé par Havas et qui a fait en vingt ans la fortune en notoriété de Damart au : “Oh ! C’est chaud !” signé en pub pour la TV par l’agence Business.

CHAUD ET FROID

Lancé il y a deux ans, le site Damart Sport rencontre un vrai succès. Les athlètes Stéphanie Nogues - la fille de la championne olympique du 400 mètres plat des JO de Mexico Colette Besson - et Souad Rochdi y racontent leur odyssée pédestre du Marathon des sables dans le désert marocain. Idéal pour tester les articles et perfectionner leurs performances rafraichissantes ! Des produits hautement innovants et mis au point dans les laboratoires recherche-développement de l’entreprise. Océalis, qui protège de la chaleur, et Climatyl, qui s’adapte aux variations de température, ou encore Lineastyl, marque cosméto-textile pour l’amincissement et aux vertus hydratantes, ou les chaussures Amortyl, deviendront-elles aussi célèbres que leur grande soeur Thermolactyl ? Et pour consigner l’essor de cette nouvelle diversification, le groupe prépare le déploiement d’un réseau de magasins en propre, d’abord sur la partie Est de la France. Installé dans le centre commercial de Woluwé shopping, le magasin-test de Bruxelles a rempli ses objectifs et a servi à rôder l’offre. En attendant le traditionnel catalogue papier. Comme un clin d'oeil à l'histoire. ■ Marc Prévost * La légende prétend que les grands de ce monde - de la politique au spectacle - s’habillent en Thermolactyl et les anecdotes sont légion, de la princesse Diana au…couple Chirac. Difficile à vérifier bien sûr, mais la marque est l’une des plus citées dans les études de notoriété. Il faut y associer la Maison du Jersey, prêt-à-porter Femme haut de gamme, Sedagyl, produits de mieux-être pour la quatrième âge, et Jours heureux, une diversification de produits culinaires qualitatifs. Une panoplie qui vient de s’enrichir avec le rachat en juillet dernier d’Afibel, autre maison vépeciste née à Roubaix, et qui s’est taillée une place de choix sur le créneau de la femme élégante et classique de 70/75 ans.

Une communication toujours sur le registre de l'humour, marque de fabrique de l'image de Damart

“Damart sport est une marque-fille de Damart, en synergie avec les gammes Damart”, explique Loïc Bouquet. Cet ancien responsable du e-commerce Europe de Staples, le numéro un mondial de la fourniture de bureau, insiste sur la Damartteam qui a déjà modifié le contenu de la marque. Une oeuvre de longue haleine, certes, mais le sponsoring sportif est un garant idéal pour qui cherche à communiquer la haute technicité de ses produits. Au siège, on réfléchit désormais à comment accompagner la dimension style des collections. Une stratégie que le groupe roubaisien utilise depuis longtemps mais qui franchit un nouveau palier. Désormais, Damart et Damart Sport sont deux marques en dialogue qui se renforcent mutuellement.

© DR

Après une période de tempête au début des années 2000 et une incursion loupée sur des créneaux plus jeunes, l’enseigne décide de se recentrer sur ses points forts, puis de trouver de nouveaux débouchés. En 2007, cap sur le sport bien-être.

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bonne pratique

LES 10 POINTS CLÉS

D'UNE

BONNE

IDENTITÉ VISUELLE Jean Baptiste Vouters

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Président Directeur Général Agence Graphèmes 11 rue Saint-Jacques 59000 Lille 22 rue de Dunkerque 75010 Paris 06 16 17 67 44 www.graphemes.com

Le top 1. Connaître la signification du Nom de la société pour qui on travaille C’est une question simple mais capitale, qui relie souvent à l’ADN de la société ou de la Marque. Comment travailler sans avoir répondu à cette question ? Pourtant ça arrive régulièrement car même au sein des entreprises la réponse n’est pas toujours immédiate. 2. Un logotype unique, un message fort…ou pas Beaucoup de Marques concurrentes sont globalement sur le même message et donc, bien souvent, sur des territoires graphiques très similaires. Si vous avez un message, un positionnement très spécifique, distinctif, exprimez-le. Sinon, abstenez-vous. Le premier rôle d’une identité est de se distinguer des autres. Si vous ne ressemblez à personne, vous augmentez vos chances d’être remarqué et surtout mémorisé, ce qui augmentera votre notoriété. Le logotype de la Fnac ne raconte rien, mais il ne ressemble à rien de connu. Sa couleur moutarde en fait un OVNI visuel. Du coup, un sachet de l’enseigne est repérable dans la rue à 100m, même froissé, et c'est formidable !

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3. Audace et simplicité La mode c’est ce qui se démode. Une bonne identité visuelle doit pouvoir tenir dans le temps. Si elle correspond bien à l’époque d’aujourd’hui, elle prend le risque d’être vite ringardisée. Elle doit donc être suffisamment audacieuse, avant-gardiste, pour éviter d’être vite dépassée. La simplification permet également de durer. Elle supprime tous les détails anecdotiques, qui pourraient mal vieillir. Si vous devez jugez une identité visuelle, posezvous au moins ces 2 questions : Peut-on être encore plus audacieux ? Peut-on encore simplifier ? 4. Un système de signes exclusifs… à tester Vous avez vraiment gagné quand vous avez réussi à mettre en place un système qui s’appuie sur des signes forts et un territoire visuel global. Ça peut aller de la construction de vos documents à une palette de couleurs spécifiques, jusqu’à un style de visuels photographiques très précis. Petit test : vous “noyez” vingt de vos documents dans une centaine d’autres et vous mélangez bien. Un enfant de dix ans doit être capable de les regrouper en moins de 3 minutes. 5. Cohérence maximale dans les applications Ce qui fait la qualité d’une identité visuelle, c’est la cohérence parfaite de toutes ses applications. J’ai toujours dit que je préférais une identité visuelle moins spectaculaire mais extrêmement bien appliquée que l’inverse. Il s’agit de respecter avec exigence les couleurs, la charte graphique, le style global…


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Le flop 6. L’emblème coûte que coûte Certains parlent du logotype en parlant du dessin, de l’image. De l’emblème en fait. C’est une erreur. Logotype vient du grec "logos" (le message) et "type" (la lettre, le caractère). Littéralement, le message par le texte. De nombreux logotypes, comme IBM ou SIEMENS, n’ont pas d’emblème et ne doivent pas s’en excuser. 7. Oublier les applications, surtout les plus petites Certaines icônes identitaires dédiées aux applications de smartphones sont des bijoux de synthèse visuelle. D’autres sont totalement ratées car le système d’identité visuelle ne l’avait pas prévu. Une bonne identité visuelle doit tout prévoir ! La Newsletter n°30 de l’agence Graphèmes (la Pause Design) traite ce sujet : l’application de l’identité sur 16x16 pixels. 8. Renier son histoire Les chevrons de Citroën datent de la première usine qui fabriquait des engrenages révolutionnaires en forme de chevrons. Y en a-t-il encore sur les moteurs de Citroën ? Pas sûr. Mais ce qui est certain, c’est que cet emblème le rattache à son histoire et crédibilise son expérience de plus de 100 ans dans la mécanique de pointe. Evaluez l’intérêt de votre histoire et, le cas échéant, appuyez vous dessus.

9. Sous-estimer le pouvoir de la typographie Vous arrive-t-il de changer d’écriture entre le mardi et le jeudi ? Moi non. Certains reconnaissent même mes messages manuscrits sans que je les signe. La typographie, c’est l’écriture de l’entreprise. En changer régulièrement c’est comme changer de personnalité à chaque fois que vous vous exprimez. Le fin du fin, c'est une typographie exclusive dessinée spécialement pour vous. Regardez la Marque Bonne Maman. Son vichy rouge et la surface de blanc ne sont pas ses seuls éléments de reconnaissance. Mettez-y une typographie banale à la place de sa typographie manuscrite exclusive et tout s’écroule ! C’est comme Volkswagen, qui utilise la même typographie dans ses campagnes publicitaires depuis plus de 20 ans. 10. Travailler en secret La nouvelle identité visuelle de l’entreprise dévoilée au personnel est parfois perçue comme le dernier caprice du patron. Associer une partie des salariés leur permet de se l’approprier et de la relayer aux équipes. L’identité d’entreprise est une des composantes de la fierté d’appartenance. Dans le film American psycho, il y a une scène exceptionnelle ou les acteurs comparent avec fierté leurs cartes de visite et l’image qu’elles renvoient d’eux-mêmes. ■


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SURCOUF FAIT

SON SHOWÀ LILLE © François Lecocq

L’enseigne spécialisée dans l’informatique et le multimédia, rachetée au groupe PPR par Hugues Mulliez en 2009, a inauguré, le 16 septembre, rue du Molinel à Lille, son huitième magasin et second plus grand de la chaîne avec 2 800 m2 de surface de vente sur trois niveaux. S’y ajoute aussi le siège social de l’entreprise (80 salariés) en cours d’installation au troisième étage, en sachant que 40 % des effectifs centraux devraient rester à Paris.

© François Lecocq

Hugues Mulliez dans le magasin de Lille

Une entrée monumentale, surmontée d’une coupole en verre colorée

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Annoncé comme le premier flagship de province après ceux de Paris (Hausmann et Daumesnil), ce magasin en impose avec une théâtralisation très réussie et spectaculaire du lieu de vente : une entrée monumentale, une grande coupole en verre colorée à plus de 20 mètres de haut et une cascade révolutionnaire qui diffuse des messages écrits en lettres d’eau. La totalité de l’offre produits (10 000 références auxquelles s’ajoutent 20 000 supplémentaires sur le net) peut être essayée en magasin, du mobilier innovant ayant été mis en œuvre (plateaux tournants) ainsi que de nombreuses bornes interactives et points de paiement ont été déployés. Ce magasin (56 personnes) occupe la totalité d’un bâtiment étonnant de 1920, dont le rez-dechaussée a été exploité de 1965 à 2005 par Monoprix. Au prix de 8 M€ d’investissement (travaux et aménagements intérieurs, hors acquisition du bâtiment), il a été complètement rénové et transformé, avec notamment la restitution de cette belle coupole rappelant celle des grands magasins parisiens. Cette ouverture, qui intervient au cours d’une année marquée par la fusion des enseignes Surcouf et Youg’s, une réorganisation complète du fonctionnement de l’entreprise, est portée par une grande campagne de communication due à Euro RSCG, agence conseil de l’enseigne. Outre l’affichage en 4/3, la diffusion d’un quatre pages baptisé Scoop (2 millions d’ex.) et l’édition de carton de bière dans de nombreux cafés lillois, elle s’est animée autour d’événements sur la place Rihour, par de l’affichage sauvage et des remises importantes le premier samedi d’ouverture. Surcouf compte 8 magasins, 700 salariés et réalise 300 M€ de chiffre d’affaires. ■


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COURTEPAILLE LANCE AVEC PÉOLÉO

LA PREMIÈRE APPLICATION IPHONE DU SECTEUR RESTAURATION GRILL Tout détenteur d’IPhone peut depuis le début de l’été après avoir téléchargé l’application sur www.courtepaille.com trouver depuis son appareil le restaurant de cette enseigne le plus proche de là où il est, avec gélocalisation, mais aussi en visionner les menus, voire même déjà faire sa commande depuis son Iphone et la présenter à son arrivée. L’application est disponible depuis début octobre sur tous les smartphone. Péoléo, qui accompagne Courtepaille sur sa stratégie digitale (web, mobile, social media…) a conçu, créé et déployé cette application. Cette agence de communication interactive, basée à Tourcoing, a des bureaux à Nantes et Paris.

LE CRÉDIT MUNICIPAL DIT OUI À LA PUB Véritable institution de crédit et d'aide sociale, le groupe Crédit municipal prend la parole à l'occasion du lancement de son service pionnier OuiFinance. C'est l'agence Baland le réseau, (qui se définit comme une agence en circuit court) qui signe la campagne originale. Pas moins de 500 spots TV de huit secondes sur France 3 Nord Pas-de-Calais, Grand Lille TV et Wéo. Un important dispositif en mobilier urbain est réservé dans les villes de la région. La création sollicite des clients du Crédit Municipal appelés à témoigner. Un bus événement sillonne la région et complète les opérations. La campagne est conçue sur le moyen terme et devrait être dupliquée à l'avenir. Budget media : 180 000 euros. Budget on-line, confié à Altima : 60 000 euros.

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PASSEZ EN

MODE LIBRE

UpFactory, filiale du groupe 3 Suisses International, a confié à l’agence Lilloise Normédia la gestion de sa nouvelle campagne de communication pour la rentrée 2010. Avec un seul credo : passez en Mode Libre ! Plateforme qui réunit sur son site web les boutiques des nouveaux créateurs de la mode de demain, UpFactory propose 450 boutiques de créateur de mode et plus de 8000 créations originales. Créée en 2008 par Claire-Marie MERIAUX et Olivier JANIN, l’entreprise installée à Wasquehal compte aujourd’hui un effectif de 6 personnes. Normédia a pris en charge la campagne RP 2.0 presse, blog & réseaux : teasing sur trois semaines auprès des journalistes (en collaboration avec l'agence E-Malaya pour la campagne virale), dossier de presse on & off-line, habillage sur les réseaux sociaux UpFactory.

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NUMÉRO 3 - JANVIER 2010

et je bénéficie d’un accès privilégié ! EntreNews-

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L NUMÉRO 4 - AVRI

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2010

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Une ville Jean-Baptiste Le Bigot et Patrice Verley

Faber France

a le vent en poupe

LENS a trouvé une mine d’art Au microscope

52 pages d’informations, de réflexions, d’idées neuves…

ASAP, au service de sa majesté

51 €HT

Une ville

DUNKERQUE es veut faire des vagu

par an !

Au microscope

re ViewOnTV accélè nt son développeme

▲▲

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VYN, MICHELd’uDnER coiffeur itinéraire preneur devenu entre

Chaque trimestre,

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3 SUISSES POURSUIT SA SAGA PUBLICITAIRE Après avoir pris la parole dans les médias en mars dernier avec son concept “la chouchouthérapie pour toutes”, développé par l’agence BETC Euro RSCG, le véadiste est revenu, toujours avec la même agence, au devant de la scène mode avec le deuxième volet de cette campagne multicanal. Les grands titres de la presse féminine et people de septembre et octobre (Elle, Gala, Grazia, Marie Claire, Femme actuelle, Biba et Cosmopolitan) ont repris les quatre nouveaux visuels dans leurs pages. On a, comme en mars, trois jeunes femmes complices (clin d’œil aux 3 Suisses) mises en scène avec des accroches teintées humoristiques : “Finies la lutte pour être classe”, “Place au beau-à-porter”, “La petite robe noire sans être dans le rouge”, “Le chic sans fric”. 3 Suisses cherche là à capitaliser sur les points forts de la campagne de mars qui avait déjà un discours engagé en faveur d’une mode séduisante et accessible pour toutes. “Fauchées mais fashion”, “Notre point G, il est dans la penderie”, “Liberté, égalité, mode pour toutes”, avait-on parmi les slogans du mois de mars. Un plan d’affichage a démarré début septembre dans toutes les grandes et moyennes villes françaises avec 12 000 panneaux ainsi que dans les boutiques et les Espaces 3 Suisses. Une campagne reprise sur le web avec un dispositif événementiel et des bannières animées proposant de composer son propre look.

SKEMA CONSEIL QUAND LES ÉTUDIANTS SE METTENT AU SERVICE DU MARKETING Skema Conseil (ex Norétude et AJC), Junior-Entreprise dynamique et aux perspectives d’avenir ambitieuses, est une association de SKEMA Business School (ex ESC Lille) réalisant des études par l’intermédiaire de ses étudiants. Bénéficiant de l’expertise des spécialisations de son école et du soutien du réseau reconnu des Junior-Entreprises, Skema Conseil concilie expérience significative dans le domaine du conseil pour ses étudiants spécialisés et satisfaction de ses clients. Cette Junior-Entreprise réalise ainsi des études en création d’entreprise (analyse du marché, étude de la concurrence, de faisabilité), communication (étude d’image, de communication, plan de communication, mesure d’efficacité d’un événement), marketing (étude de marché, de notoriété, de positionnement, audit de satisfaction), mais également en Ressources Humaines (audit social) et en finance (business plan, audit financier). Skema Conseil compte notamment parmi ses clients Danone, Thalès, Peugeot ou encore France Télécom.

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Le magazine du marketing et de la communication dans le Nord-Pas-de-Calais

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