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Molokai2Oahu BOP Dana Point Downwind Mark Raaphorst Jim Hayes Alaska


INFLATABLE SUP


Ri D e RS : Taylor Buczinsky, Sarah Byrne, chase kosterlitz

pi c S :

Fiona Graham, Fernando Martinez paul Jackson peter plooy, Ben Hicks

pRowave LTD

pRowave HRS

aLLwave

Ray / Ray Bvi

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FaLcon caRBon

WWW.FANATIC.COM, Fanatic France, Tel.: 0450669922, info@boards-and-more.fr, www.boardsandmore.fr WWW.FANATIC.COM, Boards & More GmbH, Rabach 1, 5291 Molln, Tel.: +43-7584-403-0

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FaLcon HRS

race collection

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F A N A T I C

S U P

C o l l e C T I o N

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feel the Glide Sortez de votre salle de gym et mettez vous à l’eau. Seul ou entre amis, dans les vagues ou sur le plat, les planches de Stand Up paddle de Fanatic sont par faites pour un style de vie sain et sportif.

FLy wooD eDiTion

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Kids

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Bamboo Composite Epoxy Technology

+

ARBON

Le Bamboo est un des matériaux les plus flexibles et résistants existant dans la nature. Il a été utilisé depuis des siècles pour concevoir toutes sortes de produits, des T-shirts aux gratte ciels. désormais, nous l’intégrons dans la fabrication de nos stand up paddleboards.

Couche de carbone sur les rails Fibre de verre dessus/dessous Plaque de bamboo dessus/dessous Fibre de verre dessus/dessous Mousse haute densité Fibre de verre dessus/dessous Mousse EPS

Boîtier d’aileron logé dans une mousse haute densité

Hobie a intégré une stratification en bamboo avec sa fabriction sandwich EpX-1 pour produire une nouvelle gamme de planches plus légères, fiables, de haute performance en conservant le plaisir du rider.

12’6 ELITE BCX +C dIsponIBLE aussI En 14’

deux SHAPES un unique ADN


Les HoBIE sup RaW sERIEs est une famille de stand up paddle de très haute qualité, ultra performante MadE In THE usa utilisant les technologies de fabrication les plus modernes. Les HoBIE RaCE RaW sont shapées à partir d’outils de shape Cad et finies à la main pour optenir les meilleurs shapes. Chaque RaCE RaW est stratifiée avec la technologie HoBIE’s CLK HYBRId LaMInaTInG TECHnoLoGY pour obtenir un poids minime, une qualité irréprochable et un très haut niveau de performance en race.

• La performance ultime des shapes RAW. • Fabrication custom aux Etats-Unis.

14’ ELITE RaW RaCE dIsponIBLE aussI En 12’6

race raw une finition custom exclusive HOBIE SURFBOARDS - made in DANA POINT - CALIFORNIE depuis 1950

DISTRIBUTION EUROPE DOUBLE V - TEL : 04 94 97 03 30 - 06 29 12 36 46


Š Loïc Olivier

2, impasse Bellevue - 29200 Brest Contact : nahskwell@tridenn.com


longboard 10’ 28.3/4 x 4

longboard 11’ 29.3/4 x 4.1/4


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En couverture : Travis Baptiste & Jeremy Riggs par franck.d Sur cette page : Chase & Kirsty au Lac de Garde / Ronny Kiaulehn/ Fanatic

14 Intro 16 Le Petit Veinard 18 Le Grand Veinard 22 21 mai, le récit de Fred Bonnef 26 Starboard, les coulisses du R&D 32 Le tour de France en SUP 36 Downwind 54 Avant de partir par Eric Terrien 56 Travis Baptiste & Jeremy Riggs 60 Mark Raaphorst 66 Jim Hayes 72 Tricks 74 La caverne de Xabi 80 Alaska 90 La fessée de Danny à la BOP de Dana Point 104 Le Doc2 106 En vrac

Get Up est édité par Get Up Editions SARL au capital de 7000 euros. 1794 route de Meylan, 38330 Biviers. Impression : Belgique. Toute reproduction partielle ou intégrale est interdite, sous peines de poursuites, on lâchera nos molosses, Kuendu, Dario et Nenette. Au cas où des petits malins voudraient photocopier en douce ce magazine ultime et se faire de l’argent de poche, sachez qu’ils ne le sont pas vraiment, à ce prix là ! ISSN : 2116-0562. Dépôt Légal : 24 mars 2011. Directeur de la publication : Franck Debaecker. Rédacteur en chef, textes et photos : Franck Debaecker. Direction artistique : Arnaud Kunegel. Photographes : Olivier Garet, Darrell Wong, Élise Leroy, Nicolas Vienne, Scott Dikerson & Mister DR. Pour toutes demandes en mariage, contactez la rédaction à : getupsupmag@gmail.com (sauf si vous travaillez au service encaissement de la TVA, là ça va pas le faire désolé). Mille mercis à : Nini, Rémi, Brisa et le Sossego Surf Camp, Greg Closier, Eric Terrien, Gaétan Séné, Fred, Noémie et Christophe, Jean Phi et Georget, Ronan le super Doc2, Cécile et Yves, la mustang rouge, Cécile et Candice. Un coucou affectueux à mes loustics à Arno et sa petite famille. Abonnements et ventes de dvd sur : http://www.getupsupmag.com


* Become what you are = Révèle ce que tu es. Crédit photo : Fotolia. Conception / création : c.heritier@mademoiselle-eliot.fr

become what you are.* Distributeur exclusif France : MANAO www.manao-distribution.fr info@manao-distribution.fr tel. 06 15 16 60 15 facebook : roguesupfrance

Gamme FRO 8' x 29" et 9' x 29"


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Rico Leroy sur «son» run entre Capbreton et Boucau. Photo Élise Leroy.

ans ce nouveau numéro 8 de Get Up, un numéro enrichi et comprenant plus de pages, nous sommes partis à la rencontre des downwinders. Cette discipline encore marginale en France consiste donc à partir d’un point A pour arriver à un point B, vent et vagues dans le dos. Les adeptes de cette discipline sont donc portés par les éléments, dévalent au surf des trains de houle. Ils naviguent en «hors piste», sortent des sentiers balisés. C’est à Hawaii, et principalement à Maui, que cette discipline s’est le plus développée. La raison est simple, le Maliko Run, parcours de 10 miles longeant les plages du North Shore, est relativement accessible, proche de la côte et desservi par une navette pour résoudre les problèmes de logistique. A suivre ces riders de l’extrême, un constat s’impose : si les stand up surfers peuvent légitimement revendiquer un lien de parenté avec le surf, la filiation est autre en downwind. C’est plus naturellement à la pirogue, l’OC1, que la pratique se réfère. La lecture du plan d’eau, les trajectoires, les sensations de vitesse, l’endurance, la condition physique requise, la rigueur dans le geste et la préparation physique, autant de critères pour le moins éloignés des surfers, et communs aux outriggers. Au milieu de l’océan, les repères sont autres. Trouver les ressources nécessaires pour avaler 53 kilomètres en downwind entre Molokai et Oahu n’est donc pas donné au premier venu. Nous avons eu le privilège de suivre Eric Terrien et Belar Diaz dans leurs périples sur la Molokai. Nous avons observé les meilleurs et compris que cette course fantastique ne se gagne pas simplement au meilleur de sa forme. Il faut de la chance, la clémence des éléments et surtout la complicité d’un capitaine d’expérience. Sans ce dernier, point de résultat. Sur ces parcours, l’expérience est un atout majeur à de ne pas sous estimer. Les leaders ont des

hommes clefs à leur côté. Le brésilien Livio Mineleau, l’un des plus rapides sur les courses downwind a «booké» son capitaine et son bateau pour cinq ans. Kai Lenny a fait appel à Kai Bartlett pour le guider dans ce détroit dangereux où la houle vient de travers et où vous partez au surf dans un clapôt qui érode votre équilibre. L’omniprésence des meilleurs outriggers sur les grandes courses de stand up paddle sera de plus prépondérante et ce n’est pas un Danny Ching qui nous contredira. En France, nombreux sont les riders à se tourner vers le downwind. Et comme ces courses spectaculaires se développeront dans le futur sous nos latitudes, il est fort probable qu’il en sera de même en Europe. Dans le pays Basque, des passionnés, Rico Leroy ou Sylvain Mercandalli ou Ludo Dulou ont ouvert la voix. En stand up, les sudistes Didier Leneil et Lulu Langlois ont réalisé un downwind en SUP de plus de 50 kilomètres entre La Ciotat et l’Almanarre. Une performance rare mais qui elle aussi donne un nouveau tempo. En Bretagne, ils sont aussi nombreux à jouer entre les baies. Et à l’instar du hors piste en snowboard ou en ski, parions que le stand up paddle trouvera de nouveaux horizons loin de nos rivages. L’autre fait marquant de ce magazine est la Battle of the Paddle de Dana Point. Outre la victoire incontestable de Danny Ching, l’émergence de nouvelles planches étroites adaptées aux petits gabarits, saluons le choix de Gaétan Séné d’avoir choisi deux planches gonflables pour cette compétition. Gonflé. Mais il démontre qu’avec du travail et de la préparation, ce support est parfaitement adapté pour le haut niveau. Quand on voit les problèmes rencontrés par de nombreux coureurs pour participer à des courses internationales, voilà peut être une solution intéressante. Et quelle plus belle preuve de la pertinence de cette fabrication pour un large public à la recherche de produits performants et faciles à transporter pour de nouvelles aventures. F. D


“SUP is in the Air” Program: Inflatable SUP Allround / Cruising

Ph.V.Moretta / Riders: Attilio & Aurelio Verdi

L’Airsup 10’2’’ est la première planche gonflable de SUP RRD. Elle a été développée pour être utilisée par tous par toutes conditions. Sa conception intègre une nouvelle technologie de fabrication avec une double peau en PVC permettant de gonfler la planche jusqu’à 18 psi (1,2 bars) pour assurer une parfaite rigidité de la planche. Elle est livrée avec des ailerons latéraux de 7 cm et d’un aileron central de 19 cm. Vous retrouverez les sensations et le confort directionnel d’une planche de crusing mais aussi la polyvalence d’une planche pouvant surfer de petites vagues. Un SUP très avancé technologiquement en phase avec le développement de notre sport. Avec le succès croissant de l’Airsup 10’2’’ et 10’4’’, nous avons souhaité compléter notre gamme avec une gonflable 12’ Cruiser. Avec un scoop tendu et 6’’ d’épaisseur, l’Aircruiser est une fusée sur le plat. Mieux encore, cette planche va révolutionner vos sessions sur le plat en les rendant plus agréables et confortables tout en vous permettant d’atteindre des vitesses de pointe et de franches accélérations jusqu’alors réservées à des planches fabriquées en sandwich. Un stand up paddle imbattable sur le plat accessible à tous.

Model

Size (in Inches)

Fins

Vol (Lt)

19 cms US Box

255

Airsup 10’4”

10’2” x 34” x 4 1/2” 19 cms US Box

190

Airsup 10’2”

10’2” x 32” x 4 1/2” 19 cms US Box

172

Aircruiser 12’0” 12’0” x 32” x 6”

Air Cruiser 12’0’’

Air Sup 10’4’’

Air Sup 10’2’’

www.robertoriccidesigns.com - info@ robertoriccidesigns.com


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J’ai pour la première fois vu cette planche très différente des Bullets de SIC Maui sur le parking de club de pirogues de Kahului. Loch Eggers, un charger de Maui, précurseur du stand up sur l’île, testait cette 14’ Bill Foote. Nous lui avons demandé de poser avec cette planche. Plus tard, Loch nous rappela, Eric Terrien et moi, pour nous convier à un shooting sur le Maliko. Les images que vous verrez plus loin dans ce magazine vous feront découvrir le talent de Travis Baptiste et Jeremy Riggs. F. D.

« Aux prémices du Maliko run, mon ami Jeremy Riggs est venu me trouver pour que je lui shape une planche de downwind. A cette époque, il n’y avait pas de référence, aussi sommesnous partis d’une planche prone paddle qu’il affectionnait particulièrement. Avec des scoops de planches de vagues modifiés, nous sommes arrivés à ce résultat, une 12’6 très efficace et rapide sur le run. Avec l’aide de la technologie CNC, j’ai travaillé sur cette Maliko 14’. La Foote - Maui DW board utilise les caractéristiques d’une carène planante à savoir des concaves, du Vé et un rocker unique. Je suis constamment en développement pour que ces customs restent les planches les plus rapides du marché dans ce programme. » Bill Foote.

Loch avec sa 14’ Maliko, shape Bill Foote.


More information on

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ARTHUR ARUTKIN Select team paddlers

QUIVER

> • Wave : Wave Pro / size S & M • Longue distance : Race Pro / size S & M

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Pas dupes. Chez Naish, la politique maison a toujours été de rider sur des planches de production, même si on s’appelle Kai Lenny. Cependant, avec un gabarit léger et un talent hors normes, Kai ne souhaitait plus s’embarrasser des centimètres chers à un Chuk Paterson. Naish a donc sorti à Chicago de nouvelles planches dîtes LE pour «Limited Edition» et qui permettraient de produire tous les jouets dont Kai aura besoin pour ses compétitions de race. Avec le succès que l’on connaît. Les podiums s’enchaînent pour le double champion du monde de vagues. «Quand nous développons une planche, nous prenons comme principe de satisfaire le client lambda. Avec la Javelin 14 LE, c’est un peu différent, notre souhait était de répondre à la demande de coureurs techniques. Nous voulions aussi prouver qu’une 14’ est aussi performante qu’une planche Unlimited. Voilà les principes qui ont guidé Kai Lenny, Harold Iggy et moi même quand nous avons dessiné deux planches étroites à l’été 2011. Nous avons travaillé sur une Javelin 12’6 par 24’’ et une Javelin 14’ LE de 23’’. Je ne pense pas avoir à ajouter beaucoup d’éléments, Kai l’emporte à Chicago, il réalise le meilleur temps sur le Maliko devant les Unlimited, et il finit 3ème de la Molokai2Oahu, améliorant son précédent temps de 52 minutes. Pour finir, il s’impose aussi aux Gorges, le règlement stipulant qu’il faut utiliser la même planche sur le parcours plat et en downwind. Nous allons travailler sur cette idée que les planches que nous réalisons pour le team sont aussi disponibles pour n’importe quel client à travers le monde.» Michael Schweiger

Kai Lenny et Michael Schweiger à l’arrivée de la Molokai.


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Colin McPhillips est dĂŠsormais le nouveau shaper des planches de vagues Hobie avec Byron Kurt.


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21 mai

Cette journée avait pourtant bien commencé

Une banale journée peut soudainement basculer et changer le cours de votre existence. Notre pote Fred Bonnef traverse actuellement une terrible épreuve. Nous lui avons ouvert nos pages pour qu’il témoigne librement, un récit qui relativise nos petits tracas quotidiens et qui montre qu’El Gitano, comme on le surnomme affectueusement, puise sa force dans sa passion pour l’océan. Récit par Fred Bonnef - El Gitano

Depuis Montpellier, je rejoins Canet-en-Roussillon pour participer au championnat de surf et Sup du Languedoc Roussillon. A mon arrivée, la houle est bien au rendez-vous, et je me jette à l’eau malgré le temps pluvieux. Des séries jusqu’à 1m50 viennent casser non loin du bord, les vagues ne sont pas parfaites, loin de là, mais les meilleures permettent jusqu’à trois rollers, c’est déjà ça ! Ma première série est assez relevée, mais je passe, et le reste de la compétition se passe bien pour moi puisque je me hisse jusqu’en finale et la gagne. Une bonne journée de SUP dans les vagues avec les collègues. Et l’adrénaline de la compétition, j’adore ça ! J’ai envie de fêter cette victoire, mais je dois travailler le lendemain et revenir sur Montpellier en soirée, donc pas d’alcool… Je me contente d’une pizza et d’un timide soda avec mon pote Guitoune. Avant de reprendre la route, il me dit: « Sois prudent Fred ». Prudent, au volant, je le suis toujours. La route est le dernier

endroit où j’ai envie de mourir. Mais j’aime rouler après une journée d’efforts sur l’eau, avec de la bonne musique, et le sentiment du devoir accompli. Ce soir, Montpellier est champion de France de football, et même si je ne suis pas très amateur de la discipline, j’imagine l’ambiance dans les rues de la ville. Je me réjouis d’avance d’y partager une bonne bière avec les pôtes avant d’aller me coucher. Il est minuit, la route est un peu mouillée mais il y a peu de monde et aucun danger apparent. Tout va bien, J’aperçois Béziers. Un éclair, un gros bruit, quelque chose est en train de m’arriver, des bruits de frein, je vais avoir un accident, je suis en train d’avoir un accident, un choc d’une violence inouïe, le pare brise disparaît, tout tourne, je vais mourir, je crie « nooooooonnnn !!!!! », je pense « pas comme ça, pas maintenant ». Le véhicule s’immobilise enfin, je suis encore de ce monde, mais pour combien de temps ? L’odeur du sang me remonte au nez,


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ainsi que celle du caoutchouc et de l’huile brûlés. Je sens une énorme pression sur mes jambes, j’aperçois avec horreur l’os de mon fémur droit qui dépasse, le tableau de bord est sur moi, prêt à m’étouffer, mes jambes sont totalement coincées en dessous, elles doivent être broyées… J’ai du mal à respirer, il faut que je me calme. Je pense à mes parents, à mes amis, aux femmes que j’ai vraiment aimées dans cette vie, j’aimerai prendre tout le monde dans mes bras, les remercier pour avoir été là, il faut que je me batte pour pouvoir le faire, ne pas mourir pour eux. Ca sent de plus en plus le crâmé, vais-je finir grand brûlé ? Vais-je mourir asphyxié ? Redescendre, se calmer, tout n’est pas perdu, je peux encore m’en sortir, j’essaye de me dégager doucement, je hurle, trop de douleur, je serre les dents, ça ne sert à rien, économiser ses forces, attendre que quelqu’un vienne me sortir de là, ça ne devrait pas tarder, j’entends des voix au loin, des voitures qui passent, pourvu qu’aucune ne me percute… Tenir le coup, ne pas paniquer, se concentrer sur la respiration, je ne vais pas mourir ici, une voix me parvient: «  Monsieur, monsieur, vous m’entendez ?!! ». Je respire et lui réponds très calmement (c’est ce que l’on m’a raconté par la suite): « Sortez-moi de là s’il vous plait ». « Les pompiers sont là monsieur, tenez bon, on va vous sortir de là ». Je suis rassuré, je ne suis plus tout seul, l’adrénaline redescend un peu et une douleur horrible commence à monter. Je ne sens plus ma jambe droite, la jambe gauche me fait souffrir atrocement, ainsi que les côtes qui doivent être cassées et me

lancent à chaque respiration. J’ai du sang qui me coule du front et arrive jusqu’à mes lèvres, la partie gauche de mon visage me fait souffrir, j’essaye de le toucher avec mon bras gauche mais il ne répond pas non plus. Mon esprit a envie de s’évader, d’oublier ça, de s’endormir, mais je ne veux pas, il faut que je résiste, s’endormir c’est mourir.

Pour me « refaire », j’ai renégocié chaque partie de mon corps en m’inventant des comptes dans des paradis fiscaux... Ma tête est contre l’air-bag, je regarde le ciel étoilé : Comment tout cela a-t-il pu m’arriver si vite ? Pourquoi ? Quelqu’un prend ma main, me dit que ça va aller, qu’il faut être courageux. Je suis décidé à me battre, même si ça doit être la dernière fois, j’essaye de me concentrer sur des images positives pour diminuer la douleur. Je suis debout sur mon SUP, l’eau est transparente, des dauphins me regardent et des visages familiers apparaissent… Ne pas sombrer, ne pas s’éteindre, regarder le ciel, respirer l’air frais, doucement. Des bruits énormes autour de moi, des véhicules, des


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sirènes, de la tôle froissée, des engins électriques, des éclats de voix, certaines m’atteignent « Monsieur, monsieur, restez avec nous ». Je ne peux plus répondre, mais je reste avec eux, je les regarde, c’est long, très long. J’ai horriblement mal, j’essaye de leur dire, mais les paroles ne sortent plus. J’ai du sang plein la bouche, Je ne veux pas crever là sur le bitume, ce n’est pas possible, j’ai trop de chose à faire. Il faut juste que je tienne encore et encore… Trois heures ont passé, les pompiers me désincarcèrent enfin de ma prison métallique, je hurle et m’évanouis sous l’effet d’une douleur insupportable. Je suis transporté en hélicoptère dans un état jugé critique à l’hôpital de Lapeyronie (CHU de Montpellier). Selon les pompiers et les gendarmes répondant aux questions du « Midi libre », le choc a été d’une rare violence et c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de voitures impliquées dans l’accident. Une dépanneuse, un camion plateau, a quitté son axe de circulation sur la voie opposée, a franchi le terre-plein central et coupé la barrière de sécurité avant de percuter de plein fouet mon fourgon. La suite, c’est d’abord un coma de 10 jours, qui pour moi aura été la plus grande épreuve de ma vie, et duquel je ne me suis sorti que par le désir de revoir mes proches, et de revenir un jour sur l’eau. Un coma artificiel, c’est quelque chose de très dur à expliquer, car il faut le vivre pour comprendre, mais je vais tout de même essayer. Il y a d’abord les drogues et médicaments utilisés qui sont extrêmement forts et les délires ressentis (morphine, curare…etc.). Je me suis inventé, pendant ces dix jours, un monde parallèle, une paranoïa extrêmement traumatisante pendant laquelle j’étais pris en charge par un hôpital couvrant en réalité un centre d’expérimentation sur des humains : trafics d’organes, département dernière génération chargé de développer des prothèses à partir de membres humains, création d’hommes et de femmes « parfaits » en prenant le meilleur de plusieurs accidentés identifiés et détournés juste avant leur prise en charge par l’hôpital normal. Je me suis donc retrouvé, dans un état de souffrance absolue, ballotté d’un service à un autre pour voir ce qu’il y avait à récupérer sur moi. On m’a retiré tous mes membres, un à un, dans une salle de torture, soit pour en faire des prothèses, soit pour les vendre à l’étranger jusqu’à ce que je me retrouve « homme tronc ». Pour me « refaire », j’ai renégocié chaque partie de mon corps en m’inventant des comptes dans des paradis fiscaux, et des proches très riches capables de payer pour les récupérer. Le plus dur à négocier aura été ma jambe droite, qu’un boiteux chauve en blouse blanche, aidé d’autres disciples habillés de la même manière, tenaient absolument à garder, car elle était équipé d’un système métallique haute technologie ! Autant dire que lorsque je me suis réveillé de ce cauchemar d’une longueur inimaginable et plus réel que la réalité elle-même, j’aurai pu égorger n’importe qui parmi les « blouses blanches » et ces derniers ont pris la sage décision de m’attacher sur mon lit et de me gaver de calmants pour pouvoir m’approcher sans crainte. La sortie de coma a donc été extrêmement difficile car j’ai mis un temps infini à recoller les morceaux. Ne plus avoir peur de l’hôpital, ne plus avoir envie de tuer les médecins et aides soignants

et surtout comprendre ce qui m’arrivait. Seule la vue de mes parents et de mes proches m’apportait un peu de paix. Ils me raisonnaient : « Ces gens sont là pour t’aider, ils t’ont sauvé, tu es un miraculé et ils vont t’aider à soigner tes jambes… » On m’annonce petit à petit le bilan lors de mon admission. Il est effrayant. Selon les gendarmes, les médecins, si je n’avais pas été sportif, je serais sois mort, sois paralysé. Selon les kinésithérapeutes, ne pas avoir perdu la jambe droite tient du miracle. Moi je connais ce miracle : des heures et des heures passées sur l’eau en stand up paddle ou en windsurf m’ont gainé, assoupli, renforcé mentalement. Mon corps s’est habitué à l’effort, aux contraintes extrêmes et au stress. Mais le bilan est grave : fracture déplacée du fémur, fracture de la rotule, fracture ouverte tibia péroné avec grave ouverture sur la jambe droite, lésion des artères tibiales au niveau de la cheville et du pied, risque d’amputation important. Sur la jambe gauche, ce n’est guère mieux. Fracture ouverte de la partie moyenne du fémur, plaie importante à la cuisse, fracture tibia péroné et fracture de la rotule. Même ma gueule d’ange a été touchée, fracture faciale sous orbitale, fracture faciale orbitale au niveau de la tempe gauche, plaie du scalp frontal droit, suture endobuccale, dents cassées… Et le torse ? Fracture de la partie supérieure du sternum, fracture des quatrièmes et septièmes côtes droites, et contusion pulmonaire, fracture de l’avant bras gauche. Pour moi c’est le choc. Je n’arrive pas à l’accepter, je suis convaincu, envers et contre toute prévision médicale, que tout va très bien aller. Les centaines de messages que je reçois sur Facebook et sur mon mail font écho à mon envie de m’en sortir. Les milieux du Sup et du windsurf, ainsi que tous mes amis et ma famille se sont mobilisés pour m’encourager. Je ne peux pas les décevoir, il faut que je me batte jusqu’à mon retour sur l’eau, même si cela doit prendre longtemps. Alors je me durcis, je combats la douleur physique et mentale, j’encaisse les multiples opérations sans broncher, je prends tout sur moi, j’essaye de faire bonne figure, mais à la suite de l’opération réussie du grand dentelé (muscle du dos) sur la jambe droite pour sauver cette dernière, je craque enfin, mes larmes coulent comme jamais, mes nerfs se relâchent. Ca y est, ma jambe est sauvée, un jour, avec beaucoup de travail, de sacrifices et de séances « kiné » je remarcherais sur mes deux jambes. Un jour, je remonterai sur un Sup. Tout va tellement rapidement. J’ai vu des choses horriblement marquantes à l’hôpital et dans les centres de rééducation. J’y ai également rencontré des gens extraordinaires qui sont passés par le même genre de situation que moi ou bien pire encore et qui partagent avec moi l’idée fixe qu’il faut profiter de chaque moment et que le rire est assurément le meilleur des médicaments ! Je tiens à remercier de tout mon cœur mon chirurgien et référent Romain Augoyard ainsi que le service d’orthopédie de l’hôpital de Lapeyronie sans lesquels je ne m’en serai pas sorti, mes parents qui ont toujours été là, les nombreux pôtes qui m‘ont maintenus à la surface, tous ceux qui m’ont envoyé des messages d‘encouragement, à Fanatic, Ion et Outside Reef qui ne me lâchent pas, et à Get Up Sup mag pour son soutien.


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Gaétan Séné, Mathieu Rauzier et Svein Rasmussen à Pattaya testant les protos 2013


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Pour quelques nœuds de plus Texte et photos : Franck Debaecker

En avril dernier, Gaétan Séné s’envolait en urgence pour la Thaïlande. Son sponsor, Starboard, lui demandait de participer aux tests des nouvelles gammes race 2013. Apprenant son départ imminent, nous avons réservé un vol le même jour à 10h30 du matin pour un départ de Genève à 14h pour Bangkok via Dubai. Une petite improvisation très instructive.


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Mathieu et Svein creusant la «cuvette» d’un proto.

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eu «d’artifesses» à Pattaya. Accoudé au comptoir d’un bar surchauffé du quartier chaud, nous trinquons avec Gaétan Séné et Mathieu Rauzier à cette journée productive. Depuis ce matin 8 heures, les tests se sont succédés sur la plage de Pattaya. Alors en cette soirée, un peu de repos et de décontraction. Reluquant les entraîneuses du bar et écoutant les riffs saturés du guitariste du groupe de rock qui se produit ce soir, j’ai toujours l’impression que Bernard Lavilliers va sortir de la porte des chiottes et faire gonfler les biscotauds de ses bras nus sous les néons rouillés. Ambiance moite et survoltée de cette grouillante métropole d’Asie, Pattaya la ville de tous les excès, biftons largués, sourires amadoués. Comment aurais-je pu imaginer ce petit naufrage agréablement alcoolisé quelques jours plus tôt. En effet, à la demande de Mathieu Rauzier, le responsable développement de la marque au tiki, Gaétan est venu participer au développement des nouvelles planches de race. Un privilège qu’il ne pouvait refuser, nous lui avons très vite emboîté le pas. Mathieu avait quelques semaines plus tôt, parcouru quelques retours sur des planches 2012 envoyés par email par Gaétan. Il avait vite compris l’intérêt de son sens critique durant cette ultime phase de développement. Avant l’arrivée de Gaétan, Mathieu avait déjà préparé plusieurs protos testés avec Svein Rasmussen, le CEO comme disent les anglais de Starboard. Dans son développement, Mathieu a intégré les nouvelles tendances du SUP race : des planches plus étroites et plus tendues. Il a aussi travaillé sur un nouveau concept que Gaétan devra éprouver dans sa série de tests. Le lac juste en face des bureaux de la marque avec en son sein un workshop (atelier) dans lequel officient plusieurs shapers est un avantage certain. Entre une phase de tests et une modification, le laps de temps n’est que de quelques minutes.

Une proto peut être modifié deux ou trois fois par jour dans ce processus de développement. Un gain de temps pour avancer qui va beaucoup surprendre le breton. La communication est de plus parfaite avec Mathieu, français lui aussi et expatrié en Thaïlande (voir le portrait que nous lui consacrons dans notre numéro 7, ndlr). Gaétan applique sa méthodologie pour cette première série de tests : deux bouées, un chrono et suivi GPS pour comparer les vitesses des planches, la procédure est répétée plusieurs fois dans la journée pour que la fatigue d’une fin de séance (par 35 degrés et avec un fort taux d’humidité, ndl) ne fausse les résultats. Svein lui proposera une autre méthode pour recouper ses résultats : deux coureurs en vis-à-vis, au top ils donnent sept coups de rame de chaque côté, la planche la plus rapide devant ressortir de cette confrontation. Un travail physique mais aussi enrichissant car chaque séance est suivie d’une réunion de travail pour confronter les impressions de chacun et demander les modifications à l’atelier. Les trois principaux shapes à valider sont une nouvelle 12’6 en flat water de 24’ et une nouvelle 14’ flat water en 24’’ elle aussi, deux planches qui devront intégrer la nouvelle gamme sprint 2013. En comparaison, Gaétan aura une 14’ ACE, une 12’6 BOP de 26’’ ½, planche qu’il connaît parfaitement pour la rider souvent. Il aura aussi à « matcher » toutes ces planches avec un nouveau concept initié par Mathieu, une 12’6 Stealth. Cette planche n’a rien à voir avec les shapes proposés. La planche en Vé très prononcé sur toute la longueur prédestine cette Stealth aux plans d’eau plats. Son avantage est d’avoir une surface mouillée très réduite en action. La contrepartie sur ce premier proto est une instabilité certaine qui demande un bon niveau technique et des jambes pour exploiter à 100% son potentiel. Voilà pour le programme flat


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Svein et Gaétan au workshop pour choisir une étrave.

Gaétan sur le proto de la 12’6 Stealth.

Pas de temps de déjeuner, Svein et Gaétan déjà au travail.


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water. Et le chronos parlent vite sur ses 400 mètres de test. Gaétan tourne entre 11 et 12 km/heure avec les nouveaux shapes. Il est justement très impressionné par cette Stealth, planche de 12’6 qui rivalise avec la 14’ flat water. Sur cette distance courte, il améliore ses temps de 10% par rapport aux planches 2012. Seule la ACE 14’ 2012 tient la comparaison. Mais les shapes 2013 ont une mise en accélération plus rapide. C’est l’information qui ressort de ces premiers tests. Pattaya, le lendemain. A peine remis du jetlag et d’une longue soirée qu’il faut se remettre au travail. Svein est déjà en train de tester des planches quand nous émergeons dans la cuisine pour un copieux petit déjeuner. Le temps de nous installer et le boss de Starboard déboule pour nous saluer et nous préparer un jus de fruit maison. A peine le délicieux breuvage versé dans nos verres, « des vitamines » et il court récupérer un proto qu’il installe sur le plan de travail, une 14’ par 26’’. Pas de temps à perdre. Svein cherche à savoir comment optimiser la stabilité de la planche, où positionner la cuvette pour compenser la diminution de la largeur. S’en suit un long échange entre Gaétan et Svein. Le français est étonné par l’écoute et le souci du détail dans chaque question posée par Svein. A l’issue de cet échange, Svein emporte la planche et file à l’atelier derrière sa maison. La scie sauteuse branchée, il découpe le pont supérieur pour enlever un petit centimètre de mousse avant de sommairement colmater le pont. Il veut voir si le centre de gravité ainsi rabaissé permettra d’avoir de meilleures sensations dans le clapôt de la baie, les rails droits permettent d’avoir de l’appui sur l’eau. Une petit heure plus tard, la peau de la planche est donc scotchée pour éviter une prise d’eau trop importante. Et peu importe si c’est le cas, seul le résultat immé-

diat compte. Valider le plus vite possible un choix technique, les shapers de l’atelier seront ensuite chargés de refaire une stratification si l’idée est retenue après cette série de tests en man to man. Le lendemain, cette opération sera reproduite sur la 12’6 par 26’’, la gamme All Stars 2013. Outre ce travail sur les nouveaux scoops plus tendus, sur les cuvettes qui doivent optimiser le confort et l’équilibre des planches, sur les différentes largeurs censées répondre aux attentes des pratiquants, il y aura aussi plusieurs tests sur les étraves. Ces dernières, plus ou moins rondes ou pincées sont validées. A chaque fois, il y a un arbitrage entre la portance sur l’avant et comment la planche fend l’eau pour accélérer (visualisation de la vague d’étrave). Un travail de fourmi dans lequel Gaétan apporte toute son expérience de kayakiste. Mais de cette séance de tests, Gaétan restera très étonné par l’incroyable board concept de Mathieu. Cette Stealth pique vraiment sa curiosité. Mathieu lui aussi enthousiaste et impatient de lancer son bébé sur quelques compétitions sur le plat, promet à Gaétan de bosser sur le concept pour l’améliorer et le lui faire parvenir pour une prochaine preuve en France. De ce trip, nous reviendrons aussi intéressés par les nouvelles pagaies de race de Starboard avec les fameux tubes ovalisés proposés par Neil Pryde. Cette pagaie avec une forme hybride assez droite, propose un appui et un passage dans l’eau qui ne laisse pas indifférent. Bigrement efficace et léger, ce proto que Svein ne quitte jamais devrait intéresser beaucoup d’amateurs de race. Idem pour les gonflable en 12’6 (que nous avons testés peu après sur le Tarn, ndl). Starboard reste donc une grosse machine à développer avec Mathieu Rauzier aux commandes et Brian Szymanski comme shaper contractuel. Mathieu attend avec impatience sa prochaine machine à shaper cinq axes qui viendra encore raccourcir le processus de développement de la marque pourtant déjà très efficace.


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Le tour de France en SUP Texte : Olivier Garet - Photos : Claudine Podvin & Olivier Garet

Une famille sur la route et sur l’eau pour entamer un tour de France en stand up paddle. C’est le pari de Claudine Podvin et d’Olivier Garet qui, en juillet dernier, ont commencé un long périple en SUP et en kite. Avec leurs deux enfants, Aimance et Martin, leur chien Kaouki, ils ont pris la route avec leur fourgon aménagé. Grâce à un principe de parcours en relais, ils ont donc rallié Berck à St-Malo. Olivier nous raconte les moments forts de cette première saison de leur tour de France.


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e tour de France est une épreuve cycliste bien connue du mois juillet. Mais alors que les coureurs du tour viennent juste d’en terminer, notre petite famille de quatre personnes (Olivier Garet, Claudine Podvin, Aimance 3 ans et Martin 5 mois) accompagnés de leur chien Kaouki, a décidé de tenter le tour de France par la mer en SUP, l’assistance se faisant en camion aménagé. Le défi est double : il est tout d’abord sportif (les passages délicats sont nombreux) mais aussi logistique, il est impératif de gérer les enfants au mieux pour que ce trip soit aussi agréable pour eux qu’exaltant pour nous. C’est donc en relais, que nous progresserons. Au départ, Claudine et moi nous donnons un point de rendezvous. L’un y va en SUP quand l’autre atteint l’arrivée en camion avec « notre petit monde ». Départ le 18 juillet. Un vent de 35 nœuds de sud ouest, nous incite à faire le départ en sens inverse. On part de Cayeux vers Berck (où nous habitons). C’est Clo qui commence l’aventure en traversant la magnifique baie de somme en kite. Puis je prends le relais à Quend pour un éprouvant downwind en SUP de 15 kilomètres (vent de 3/4 arrière avec de bonnes grosses houles de 2 mètres). J’arrive à la tombée de la nuit crevé. Nous dormons à Cayeux, au bord de la plage de galets. Nous prenons nos marques dans le camion pour la première fois avec les deux enfants et le chien. Du moins, nous gérons au mieux car Martin (5 mois) ne veut pas dormir dans sa nouvelle chambre à roulette. Le lendemain, on se réveille fatigué. Le vent s’est calmé, mais, il souffle encore légèrement. Cette fois, il est onshore. Je pars pour

15 kilomètres en direction des falaises de Ault en Normandie. Ramer que d’un côté pendant 2 heures à cause du vent qui vient de tribord et qui lève un clapôt de travers est un exercice formateur. Passer des grandes plages de sable du Pas-de-Calais, puis, arriver sur les plages de galets de Cayeux, pour enchaîner, si vite, sur des falaises de craie de plus de 80 mètres de haut est déjà très dépaysant. Pendant que l’un se déplace en SUP, l’autre profite des enfants à la ville de rendez-vous. Aimance a ainsi pu tester tous les manèges de la côte et tous les parcs à jeux (balançoires et autres toboggans). Dés la deuxième nuit, les enfant trouvent enfin le sommeil facilement vers 23 heures. Nous ne tardons pas à les rejoindre. Lors du début du trip, nous avons été confrontés aux portables qui ne passaient pas à cause de la hauteurs des falaises. C’est donc avec un léger stress que nous nous attendions aux villes étapes. Clo a été encore plus inquiète quand je suis passé devant la centrale nucléaire de Veulettes-sur-Mer. Quelle sensation de passer si proche des quatre fours qui donnent l’impression que tout va exploser ! Juste devant la centrale, j’ai été surpris en voyant ma vitesse passer de 9 km/h à 2 km/h. Le système hydraulique de la centrale générait en effet des turbulences et des courants qui éprouvaient mon sens de l’équilibre. Je n’avais pas, mais pas du tout, envie de tomber à cet endroit. Clo qui débute plus ou moins en SUP trouve elle aussi vite ses marques sur notre Lokahi 14’ custom. Elle se régale à observer en ramant les vertigineuses falaises. Ces dernières ne permettent pas de mettre pied à terre quand on le décide. Entre les villes étapes, ce sont des murs immenses qui se dressent à nos côtés ! Pas d’autre solution que de ramer pour atteindre le point de rendez-


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vous. Sans le portable, cet exercice prend une autre saveur, on se sent loin de tout. Puis, j’arrive à Etretat. Il fait beau, l’eau est plate et claire. Je franchis un cap rocheux avec un trou dans la falaise et bascule, avec vision panoramique, vers Etretat et ses falaises si travaillées par la mer. Passer en SUP sous ces arcades immenses dans la falaise est un jeu inoubliable après trois heures d’efforts à la rame. Nous reprenons des forces à Etretat et un jeune garçon voyant notre planche de SUP vient à notre rencontre. Il s’appelle Hugo, c’est un local tout heureux de voir arriver d’autres passionnés. Nous faisons une petite sortie ensemble sur son spot qui donne envie de ne plus poser pied à terre. Quelques photos du haut des falaises et il est déjà temps de repartir. Nous quittons Hugo, notre tour de France est loin d’être terminé. Jusqu’ici, on ne se posait pas la question de savoir si la ville de rendez-vous était accessible en SUP. A partir de l’événement qui va suivre, on va se la poser dix fois ! En effet, Clo part d’Etretat pour Cauville-sur-Mer. Il est 17h30. Le vent est dans son dos, c’est parfait pour la glisse. Je prends les enfants en camion et hop direction Cauville. Arrivé à destination, je demande à des gens la plage de Cauville. Les gens me regardent surpris et me disent qu’il n’y a pas de plage et encore moins d’accès à la mer. Il n’y a que des falaises vertigineuses et cela jusqu’au Havre à vingt bons kilomètres. Ajoutons que le Havre n’est pas un endroit aisé avec les courants et les gros bateaux pour beacher son SUP sur les galets. Bref, avec le portable qui ne passe pas, Clo est mal engagée. Je ne sais plus où aller. Avec les enfants dans le camion, je suis bien dans l’embarras (pour rester poli). Je décide d’aller au poste de secours le plus proche. Le responsable de la sécurité me propose de partir en jet avec un loueur. Les enfants restent au poste de secours, c’est donc à 70 km/h qu’on déboule en jet en direction du havre. Au bout d’un gros quart d’heure, on rattrape Clo, qui surprise de me voir, ne semble pas plus stressée que cela par l’absence de plage où accoster. Elle me dit qu’elle commençait à gérer l’eau de son CamelBak et qu’elle sentait que ça allait être

plus long que prévu. Le retour en jet à trois face au vent avec la 14’ à tenir à bout de bras reste un souvenir à vomir. Mais, j’ai retrouvé ma petite femme (125 euros la sortie quand même). Heureux de se retrouver tous dans le camion, nous comprenons que toute improvisation peut se révéler dangereuse pour nous et qu’il faut être plus sérieux ! Après le Havre, plus de falaises. Deauville, Trouville, Cabourg laissent place à de grandes plages de sable. Le portable fonctionne de nouveau. C’est du coup beaucoup moins stressant. D’autant que le vent est avec nous. Avec la 14’, les surfs sur les bumps s’enchaînent. Je me tire la bourre avec des voiliers, je croise quelques pêcheurs tout surpris de voir quelqu’un debout si loin de la côte. Les plages défilent. Aimance profite des baignades et des jeux qui jalonnent notre itinéraire. A la question : « Tu préfères le camion ou la maison ? » Elle répond avec un grand sourire : « Le camion ».  Ca nous fait chaud au cœur et nous donne raison. Ce qu’on fait n’est pas une contrainte pour les enfants. Ils voient d’autres enfants sur les plages, des animaux de toutes sortes, des paysages variés, ce trip est aussi une expérience enrichissante pour eux. J’achète rapidement des gants de vélo. 25 bornes par jour ont eu raison de mes mains. Des ampoules prouvent que l’engagement physique est bien réel. Nous arrivons aux plages du débarquement. Ce coin est un haut lieu des combats de la seconde guerre mondiale. Le lieu est encore chargé d’histoire. Quelle sensation de se déplacer avec légèreté en SUP au milieu des monstres de bétons armés encore présent à 600 mètres au large d’Arromanche. Ces blocs de béton ont servi lors du débarquement à créer un port protégeant les bateaux lors des déchargements de matériels. La sortie de SUP au coucher du soleil dans cet endroit où chacun se rappelle les combats et la mort de milliers de jeunes soldats est marquant. Chacun notre tour, nous sommes allés mettre la pointe de notre planche entre ces vestiges de la guerre. Moment inou-


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bliable et pourtant simple. Puis, nous remontons en direction de Cherbourg. Sur la côte est, le tourisme est très peu développé alors que les paysages sont magnifiques. Le camping sauvage ne pose aucun problème. Nous pouvons dormir dans le camion au bord de l’eau. Passer en SUP entre les petites îles et les rochers est très agréable. Je me fais un bon downwind entre la tour de Hougue et Le Goëland. A mon arrivée sur la base de voile, je fais la connaissance de gens charmants, des passionnés de glisse qui me demandent d’où je viens ? Je réponds avec amusement : « de Berck ». Les questions fusent, je leur explique le pourquoi du comment. Jean- Luc, un des passionnés du coin, nous montre sur la carte un coin sympa pour dormir la nuit. D’ailleurs, lui aussi bivouaque dans son camion. Cet endroit est paisible, nous l’adoptons avec plaisir. Puis nous attaquons la côte nord près de Cherbourg, Clo traverse la ville en roller pendant qu’Aimance s’éclate dans des toboggans. Nous arrivons à la pointe nord-ouest du Cotentin. Nous demandons à des marins locaux si le cap est franchissable à la rame. On nous déconseille de tenter l’aventure car au Nez de Jobourg, le courant qui part vers le large est le deuxième plus puissant d’Europe. Il dépasse parfois les 10 nœuds ! Nous resterons sérieux sur ce coup là. Nous franchissons ce cap en course à pied lors d’un trail magnifique sur un parcours GR surplombant la mer. Petite session de SUP surfing à Sciotot en-dessous de Siouville dans du un mètre poussif, puis nous descendons la côte vers Grandville. Sur cette côte ouest, il y a de grandes plages de sable. A partir de cette ville, nous sentons que nous arrivons dans une région plus touristique. Plus difficile de circuler en camion et moins agréable pour trouver une zone tranquille où dormir. A ce stade du voyage, les bras en SUP tournent tout seul. Avec quasiment deux sessions par jour, ramer est plus facile. Moi qui fait du SUP race depuis l’an dernier, je me donne un petit objectif sur la route : celui de participer à la course entre St-Malo et Dinard, la Paddle Party. Passé le Mont-St-Michel, nous arrivons enfin sur le lieu de la com-

pétition. Nous retrouvons des copains de cette petite communauté conviviale du stand up paddle que l’on croise sur les différentes courses. Il y a Joelle Terrien, Arthur Daniel et son père Jean-Baptiste, la famille Letourneur et beaucoup d’autres très sympathiques. 70 riders participent à la Party dont un groupe d’Anglais motivés. Pour le coup, je n’arrive pas sur l’événement frais comme un gardon, mais plutôt avec de nombreux kilomètres dans les bras. Je prends cette course avec décontraction, on verra bien. Et le résultat est surprenant. Je gagne largement les quatre manches du weekend sous les encouragement de ma petite Aimance. Il est vrai que j’étais en 14’ alors qu’une partie de la flotte était en 12’6. Arthur gagne dans cette catégorie. Les Anglais sont derrière. L’honneur est sauf ! Mais la pluie qui arrive nous incite à revenir chez nous à Berck pour récupérer quelques jours. A l’heure où nous rédigeons ce texte, nous pensons repartir rapidement pour les quelques jours qui nous restent de vacances. Mais cette fois, nous partirons en direction de la Belgique de notre camp de base. Passer le cap Blanc-Nez et le cap Gris-Nez sera certainement un autre grand moment. Mais juste avant de repartir pour ces ultimes jours d’un tour de France que nous entrevoyons sur plusieurs années, viennent les premiers bilans : notre pays est magnifique surtout depuis un SUP. Grâce à ce moyen de déplacement, nous avons vraiment ressenti toute l’atmosphère des différents lieux traversés. Pour avoir déjà baroudé en roller à travers l’Europe, en vélo en Grèce et en Turquie, ce trip en SUP est pour nous une véritable révélation. L’envie de boucler cette grande boucle l’an prochain est déjà une indéniable source de motivation. Encore merci, à tous les gens qui nous ont donnés des renseignements et autres aides. Au shop Sails et au surfshop de Port-Dielette qui m’ont dépanné d’une vis perdu sur ma planche. Merci aussi à nos sponsors Julbo, Lokahi, Kialoa, MBS, Tshotsh, Bestkite qui nous aident tout au long de l’année.


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Downwind Texte et photos : Franck Debaecker (sauf mentions)

Dévaler des trains de houles poussés par les vents d’Est, surfer les vagues du Pacifique avec une unlimited, nous sommes nombreux à vouloir tracer vers le large. Pour bien appréhender cette pratique encore peu répandue sous nos latitudes, l’équipe de Get Up a fait son paquetage et s’est envolée pour Hawaii. L’objectif de ce trip était double. D’une part, suivre Eric Terrien dans sa préparation pour la Molokai2Oahu, la mythique course à la rame dans un détroit réputé extrême. D’autre part, nous souhaitions rencontrer les meilleurs de cette discipline et apprendre à leur contact. Dernier appel, embarquement immédiat pour Kahului, Maui.


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Travis Baptiste, partant au surf sur le Maliko Run, Maui, juillet 2012.


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Mark, le capitaine d’Eric Terrien, suivant ce dernier sur la Molokai2Oahu.


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ouze ans que je n’avais pas mis les pieds à Maui et à vrai dire, rien n’a changé ou presque. Toujours ce petit village charmant de Paia, la même ambiance tranquille dans les bars et restaurants, les lumières chaudes qui inondent les ruelles, les touristes déambulant devant les vitrines de shops, les hippies traînant leurs guenilles on ne sait où. Tout semble identique à un détail près : le nombre de planches unlimited sur le toit des grosses bagnoles. La période est en effet propice. En été, le vent d’Est est parfaitement orienté et consistant. Il permet à de nombreux adeptes du downwind, en pirogue ou en SUP, de descendre la houle entre la baie de Maliko et le port de Kahului. C’est le Maliko run, environ 10 miles, un fantastique terrain de jeu. Eric Terrien a d’ailleurs choisi Maui pour préparer sa grande course de la saison, la Molokai2Oahu. Le meilleur SUP racer européen est déjà sur l’île, plus connue pour ses spots de windsurf, depuis une bonne semaine quand je débarque enfin de mon vol en provenance de Seattle. Une perturbation a cependant chamboulé l’orientation du vent qui a viré plus au nord. Mais le rider de Bic et de Select a déjà eu quelques bons runs à son actif. Son objectif est dans l’immédiat de reprendre ses marques sur son nouveau jouet, une planche creuse unlimited de 17’6 par 28’’, un shape signé Ekolu Kalama. Sur le toit de la voiture, elle n’a rien à voir avec son habituelle 12’6. Le rocker est très prononcé. Une sorte de babouche sans étrave pour ne pas enfourner en bas de vague. Il y a aussi un rudder, une pédale pour diriger l’aileron avec le pied. Fort utile pour « caper » et tenir sa « ligne ». Et puis l’engin dépasse largement de notre « épave », une automatique japonaise de location.

Customs Les downwinders comme on les appelle ici sont bien lotis et organisés. Une navette leur permet de laisser leur voiture sur le parking du club de pirogues de Kahului et de remonter avec leur matériel jusqu’au départ du run. Très commode. Trois rotations par jour, 11, 13 et 15 heures pour 12 dollars. Quand les conditions sont bonnes, les meilleurs enchaînent deux runs. Le parking du club est d’ailleurs le meilleur endroit où rencontrer les stars de la discipline. Dave Kalama, Connor Baxter, Kai Lenny, Chuck Patterson, Slater Trout, ils sont nombreux à défiler. Il y a aussi des têtes moins connues, pas forcement à la ramasse sur le run, loin de là, mais nous y reviendrons un peu plus tard. Côté planches, c’est une monotypie SIC Maui. Les Bullets de Mark Raaphorst sont les stand up les plus répandus. Mis à part Naish, aucune marque ne propose en effet de planches de downwind de production, les spécialistes ont donc majoritairement commandé des shapes custom à Mark Raaphorst, ce dernier jouit donc d’un quasi monopole lucratif. Mais il a été le premier à y croire. Outre les SIC Maui, apparaissent aussi de nouveaux shapes plus confidentiels mais très intéressants : les planches de Bill Foote. Jeremy Riggs et Travis Baptiste sont les deux riders emblématiques de ce petit atelier. Comparativement, ces shapes en pintails sont plus fins et surtout plus tendus (voir le Veinard, ndl). Le potentiel d’accélération est indéniable, il suffit pour s’en convaincre de voir comment Jeremy et Travis arrivent à connecter entre les bumps. Une vitesse qui préfigure de nouvelles planches plus adaptées aux conditions européens.


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Départ de la Maui - Molokai, trois heures de downwind pur. Roadbook Le run de Maliko comporte plusieurs sections assez distinctes selon les hauts fonds. Il y a d’abord la sortie. La mise à l’eau se fait dans la baie de Maliko, le Gulch. C’est une sortie de rivière qui ne comporte aucun danger. La mise en jambe est donc aisée. Ensuite, pointez vers le large. La houle vient alors de travers avec le vent. Les meilleurs, et en particulier chez les OC1, longent les rochers où déferlent quelques vagues sur la droite de l’embouchure de la rivière. Les courants et les remous peuvent surprendre, mais cette marque passée, c’est l’assurance de trouver une bonne « ligne » pour surfer de bons bumps. Une fois que vous dépassez la plage d’Ho’okipa, les paquets sont plus gros et déferlent de manière plus ordonnée. La zone entre Ho’okipa et Sprecks (avec des outsides qui peuvent fonctionner selon la houle annoncée) est donc très favorable pour enchaîner et augmenter sa moyenne. Au delà de Sprecks, surtout si vous êtes redescendus vers la côte pour surfer plus facilement, il faut se réaligner au large pour ne pas louper la porte d’entrée du port. Au loin, elle est matérialisée par la grue sur la digue. Rester sur sa droite, c’est l’assurance de ne pas se prendre la digue et de lutter contre les courants. Cette dernière franchie, longez la gauche du port et protégez-vous du vent. Si vous passez au milieu, prenez garde : la prise au vent surtout sur une unlimited est importante. Vous risquez de vous déporter. Warm up Une semaine avant la Molokai, il y a le Naish Paddleboard Championships. Cette épreuve est très prisée des meilleurs downwinders et de nombreux amateurs car elle se déroule sur le Maliko

Et puis il y a aussi Kai Lenny qui avec ses nouvelles planches étroites souhaite prouver qu’il peut remporter l’épreuve devant les Elites


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Départ de la Naish Championships sur le Maliko Run.

J’ai quelques remords de l’avoir chauffé. S’il se vautre et défonce sa 12’6, ce sera de ma faute.

run. Pour de nombreux participants à la Molokai2Oahu, c’est une des dernières préparations avant la grande course. 248 participants répartis en plusieurs catégories (prone, 12’6, 14’, Elite, femmes, hommes, catégories d’âges), l’affiche est donc prometteuse. Connor Baxter est cependant absent car il a contracté un sale virus et il est à l’hôpital. Pas de chance, nous aurions aimé le voir en action. Mais il y a d’autres très bons rameurs. Parmi les jeunes, le sud africain de Starboard Dylan Frick qui vient de remporter la Triple Crown en 14’ est incontestablement une révélation. Et puis il y a aussi Kai Lenny qui avec ses nouvelles planches étroites souhaite prouver qu’il peut remporter l’épreuve devant les Elites arborant de belles Unlimited. Cela provoquera d’ailleurs un petit « pataques » à l’arrivée. En effet, Kai en 14’ est parti avec les autres planches de cette taille (ils partaient « 3 minutes avant les Elites, pour la plupart en Unlimited). Or inscrit lui aussi en Elite, Kai aurait dû partir avec cette catégorie même s’il ridait sa 14’. Une affaire de spécialistes ? Pas vraiment car en partant avant, il réalise un parcours sans pression directe, il joue contre le chrono arguent ses détracteurs. Si Kai était parti avec un Dave Kalama, ce dernier aurait certainement poursuivi son effort pour l’accrocher et le marquer. Toute la journée de lundi, des rumeurs feront état d’une pénalité à l’encontre de Kai. Au final, les lauriers seront distribués à chacun, il y a bien assez de catégories pour cela et on voyait assez mal l’organisateur se mettre à dos le principal sponsor de l’épreuve, Naish. Au delà de ce pseudo drame, c’est bien la question des catégories et de leur médiatisation qui se pose aussi au milieu du Pacifique. Eric Terrien, 12ème, est pour le moins affecté par cette contre-performance. Certes, avec les conditions


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Belar Diaz longeant China Wall. très légères en vent, Eric savait qu’il aurait du mal à accrocher un podium mais une place dans les 10 était envisageable. Mais cette course permet plusieurs enseignements : sa planche est plus adaptée pour des conditions de vent établies (25 nœuds) et de longue houle. Avec une 14’ plus européenne, Eric aurait certainement mieux figuré. Un petit break avec du repos sera aussi nécessaire pour bien figurer la semaine prochaine sur la Molokai. Enfin, il faudra se méfier des outsiders qui débarquent de partout et qui sont très compétitifs. Eric se fait coiffer sur la ligne par Cowan Tamarua le tahitien tout juste descendu de l’avion. Repérage à Oahu S’il y a bien une course où rien ne doit être improvisé, c’est la Molokai. Eric l’a bien compris et il souhaite avant le jour J voir l’endroit où se déroulera l’arrivée. Il veut aussi rencontrer son capitaine Mark et convenir d’une route avec lui. Comme par ailleurs, Belar Diaz, qui partage un petit studio avec lui, doit récupérer sa planche à Oahu et organiser son convoyage sur Molokai, nous prenons donc ce mercredi un vol pour cette île. Un saut de puce pour Honolulu. Nous avons rendez-vous avec Mark dans une cafétéria. Après un petit déjeuner, nous faisons sa connaissance. Il est venu avec sa petite fille. Eric souhaite avoir son opinion sur la route à tenir. Quels seraient les courants contraires, quelle sera la marée, comment sera son bateau ? Mark déroule une carte et nous donne quelques repères importants. Nous convenons d’une route directe plein Ouest, l’année dernière, Eric, sous les conseils d’Ekolu Kalama, avait opté pour une trajectoire au sud de la route directe. En passant au sud de la pointe d’Oahu, Eric suivra ensuite China

Wall avant de rentrer dans la baie en surfant quelques vagues en bordure de falaise. Après cette entrevue productive, nous filons au Duke pour valider les inscriptions des deux riders. Au passage, nous récupérons la 12’6 de Belar dans un entrepôt. La planche n’est pas trop abîmée et l’Espagnol répète à qui veut l’entendre qu’avec cette 12’6 de 30’’ de large, il sera parfait pour partir au surf. Les inscriptions terminées, nos estomacs repus après une petite collation avalée dans le chic restaurant du Duke avec ses lambris et ses photos de surf des années 60, nous repartons pour China Wall. Nous cherchons un accès le plus proche de la pointe pour visualiser le reef et savoir où Eric et Belar passeront. Intérieur ou extérieur, toujours le même dilemme. Au bord de la falaise, sous nos pieds, quelques surfers attendent les gros sets pour partir en take off en frôlant la roche. Je branche Belar en lui disant : « si tu sors, tu auras une belle couv ! » Il n’est pas dupe mais se tâte. Finalement, il file déballer sa planche sur le parking. J’ai quelques remords de l’avoir chauffé. S’il se vautre et défonce sa 12’6, ce sera de ma faute. Il se met à l’eau en sautant de la falaise et sitôt sur sa planche, loupe une belle série. Le voilà trop à l’intérieur prêt à se faire découper par la suivante. Heureusement, il se replace vite et Eric a tout juste le temps de le prévenir qu’il se fait emporter par une grosse épaule. Belar trace tout droit en gueulant, les surfers, plus bas, sont surpris de le voir arriver. Ils vocifèrent aussi pour l’encourager. Revigoré, il se remet au peak pour une seconde tournée. Je monte un grand angle et l’attend. Mon 7D claque quand il redescend de nouveau. Belle séquence. Belar file ensuite vers la plage. Nous le retrouvons de l’autre côté de la baie, Eric souhaite lui emprunter sa planche et voir où passer pour couper


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Briefing avant la M20 pour choisir la route d’Eric.

Une ancienne planche unlimited de Dave Kalama.

« Où est mon fric? ». Je fais mine de ne pas entendre et prépare mes boîtiers. « T’as entendu, qui a mon fric ? ».


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Loch Eggers allant jouer dans les rochers sur le Maliko. le plus rapidement de China Wall vers la ligne. Quand il revient, nous avons juste le temps de déposer la 12’6 de Belar chez un capitaine qui convoiera des planches sur la ligne de départ. Retour vers l’aéroport et nous laissons notre caisse de loc. Une journée vite passée entre Waikiki et China Wall, mais un bon résultat est aussi à ce prix, plus de place pour l’improvisation, surtout pour deux européens qui n’ont pas souvent l’occasion de ramer sous ses latitudes. Shooting d’avant course A peine ai-je mis pied à bord que le capitaine lâche : « où est mon fric? ». Je fais mine de ne pas entendre et prépare mes boîtiers. « T’as entendu, qui a mon fric ? ». Merde, cet abruti ne plaisante pas. Je tente de conserver mon calme et argue que je ne gère pas cette partie du trip. Heureusement Mark de la marque de surfwear Bluesmiths, à l’origine de cette séance photo, et Jeremy Riggs viennent donner des garanties à ce bouseux. Sa copine, une jolie rousse, ne semble pas savoir que notre petite balade au milieu du Maliko va lui retourner l’estomac et blanchir un peu ses jolies pommettes bronzées. Elle réalisera bien assez tôt l’étendue du problème. Loch Egger, un charger de gros et SUPer de la première heure (voir veinard, ndl) s’est improvisé régisseur du shooting. Il m’a indiqué que les riders, Eric, Travis, Jeremy, Sonni et lui resteront groupés pour longer la falaise en sortant de la baie. Soudain, alors que je reste concentré sur Sonni, cette dernière me fait un signe de la tête. Juste le temps de refaire le point et je shoote Loch qui fonce à travers les rochers porté par une vague. Une incroyable gerbe d’eau monte dans le ciel et je ne sais comment

l’hawaiien ne se fait pas désintégrer par la puissance de la houle sur les récifs. Mais contre toute attente, il passe et sort tout joyeux de son « itinéraire bis ». Jeremy Riggs et Travis Baptiste temporisent. Ils cabrent leurs planches pour ne pas se faire emporter par la houle mais aussitôt que le bateau a pris un peu d’avance, ils se lâchent et accélèrent. Ils reviennent vite sur les 200 chevaux du hors bord. Jambe avant tendue, corps en arrière appuyés sur leurs pagaies pour rester le plus possible en haut des bumps, Travis et Jeremy sont difficiles à suivre. Eric s’intercale mais je sens que sa planche est trop large pour cette houle assez courte et parasitée par le clapôt. Durant cette petite heure, j’enchaîne les images en me concentrant sur le jeune Travis, certainement un grand espoir du stand up. Danny Ching, le coureur et boss de 404 qui l’a signé dans son team, n’est pas réputé pour avoir le compas dans l’œil. Enfin la course Il a flotté toute la nuit. Nous sommes arrivés hier et la meilleure décision prise par Eric Terrein de tout le trip est de s’être pointé à l’accueil de l’unique hôtel en demandant une improbable chambre. Jamais nous n’aurions pensé qu’il en restât une de libre. Du coup, ce que nous avions entrevu comme un bon plan galère juste avant le départ s’est transformé en tranquille retraite d’avant course. A la descente d’avion, juste après avoir observé les chutes d’eau de Molokai, avant que le petit bimoteur de dix places ne dépasse les montagnes et survole la partie aride de l’île, sorte de bush australien aux couleurs ocres, nous avons trouvé un taxi qui nous a permis d’organiser notre ravitaillement. Charcuterie, pâtes, fromage, de quoi déjeuner et nous voilà installés dans notre luxueuse suite.


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Le vent a soufflé en tempête et je redoute un peu l’état de la mer en avalant mon comprimé de Dramamine sensé lutter contre le mal de mer.


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Départ de la Molokai2Oahu tôt le matin. Eric commence par récupérer du voyage en piquant un somme. Belar part à la recherche de sa board, cette fameuse 12’6 qui deviendra certainement plus célèbre que lui, tant il est rare de voir une aussi « petite » planche sur une aussi longue course. Un briefing le soir pour rappeler la chronologie de la journée du dimanche, arrivée de la planche d’Eric par bateau, paquetage de nos affaires, contact avec Mark, le capitaine d’Eric, pour exfiltrer nos gros sacs et nous filons au lit. Finalement, la journée de samedi est passée très vite, il en sera de même pour cette nuit pluvieuse. Le vent a soufflé en tempête et je redoute un peu l’état de la mer en avalant mon comprimé de Dramamine sensé lutter contre le mal de mer. Le soleil n’est pas encore levé quand je sors sur la terrasse. Dans la piaule jouxtant la notre, une concurrente fin prête fait déjà sa séance de gym, je me dis qu’elle doit tenir la forme. Il ne me viendrait pas à l’idée de faire des abdominaux avant 52 kilomètres à la rame. En contre bas, j’observe les participants descendre leurs planches sur la plage. Belar fait la gueule. Il n’a toujours pas eu de contact visuel ou téléphonique avec son bateau. Pire, il n’a aucune idée de ce à quoi il ressemble. Il aurait certainement dû se préoccuper du problème avant mais mieux vaut tard que jamais. Au contact de Kai Tout le monde se prépare. ça court dans tous les sens, les organisateurs distillent des informations auxquelles personne ne prête plus vraiment attention mis à part celle qui donne le compte à rebours avant le départ : « prière dans 15 minutes. » Dès lors, les participants se regroupent sur la plage et forment le traditionnel cercle en se donnant la main. Les rayons chauds du so-

leil émergent de la montagne et pointent à travers les quelques palmiers qui délimitent l’entrée du complexe hôtelier. J’observe la scène alors que je rame avec mon sac photo à l’arrière de la planche d’Eric. Il me fait la navette jusqu’à son bateau accompagnateur, avant de récupérer sa pagaie et de se rendre sur la ligne de départ. Au loin, j’entends un « Amen », je monte à bord, Mark le pilote s’éloigne tout de suite de la plage. Eric est déjà reparti, dans une petite vingtaine de minutes, ce sera le départ. Le bateau de Belar se pointe alors, deux bons bougres barbus et pêcheurs qui ne sont pas plus que cela concernés par cette course. Heureusement, Eric est bien mieux loti. Mark semble très rigoureux, il vérifie que tout est bien harnaché, hisse un tee shirts orange en guise de pavillon pour aider Eric, qui n’y voit pas grand chose, à visualiser son bateau. Car au départ, les coureurs vont partir ensemble. Les bateaux devront rester à leur Sud sans aller à leur rencontre pendant une petite demi-heure. Grâce à ce principe, la flotte comprenant une centaine d’embarcations pourra s’étendre. Normalement, chaque bateau sera au signal donné en mesure de passer derrière son rameur. Coup de trompette, c’est parti. Connor Baxter démarre comme à son habitude très vite, il est suivi par Dave Kalama, identifiable avec son tee shirt rouge. Ces deux là tracent très vite au sud en descendant la houle. Nous nous en tenons à notre stratégie, une ligne très directe avec un cap légèrement au nord pour commencer. Nous identifions assez vite Eric avec son style de rame particulier. Il est dans les cinq premiers. Mais très vite la flotte s’éparpille et comme si de rien n’était, nous nous retrouvons seuls au milieu du Pacifique. Oubliés les bateaux qui s’entrecroisaient dans un clapôt infâme, les appels inquiets des


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Eric Terrien au milieu du dĂŠtroit avec au fond Oahu.


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Pendant cette manœuvre, Kai Lenny a filé plein sud. « Merde ». capitaines cherchant leur coureur, l’appel encore plus tendu de l’organisation signalant un requin tigre juste derrière la zone de départ. Le vent assez faible au départ sous les quelques averses tend à se renforcer un peu. A quelques centaines de mètres devant nous, Kai Lenny longe son bateau. Kai Bartlett, le boss de Kai Wa’a mais aussi un des meilleurs outriggers au monde, un des seuls gars à connaître ce détroit comme la poche de son boardshort, est à la barre de son bateau escorte. Kai rame sur sa 14’ Javelin LE. J’encourage Eric pour qu’il reste au contact. Ce dernier est bien dans le tempo. Avec le vent plus faible, il semble même refaire son écart, au physique. Je m’égosille pour qu’il tienne la cadence et lui demande de descendre plus au sud avec la houle. En lui donnant ce nouveau cap, je sais qu’il va surfer quelques bons bumps et qu’il prendra du plaisir en abandonnant pour un moment sa ligne avec la houle venant de côté. Nous sommes déjà partis depuis une bonne heure et E.T n’a pas baissé sa cadence. Des chronos de dingues Avant de monter dans le bateau, Eric m’avait lâché : « je compte sur toi pour m’encourager ». Carte blanche pour que je lui gueule dessus oui. Pas d’autres solutions entre le vent, le bruit des moteurs et la distance, je regrette même de ne pas avoir pris le porte-voix de Mélenchon. Une éclaircie et le vent monte. Devant, j’observe Kai Lenny qui ravitaille. Il tombe à l’eau et j’avoue me demander s’il n’est pas déjà un peu fatigué. Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’Eric de nous faire signe. Jim, le collègue de pêche de Mark,


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Eric Terrien longeant China Wall avant l’arrivÊe.


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Brochette de champions, Kai Lenny avec Kai Bartlett, Dave Kalama et son capitaine, le frère de Loch Eggers.

Connor Baxter et Dave Kalama.

Tomo Murabayashi et Eric à l’arrivée.

A peine ai-je récupéré ce que je pense être le dernier sac, qu’Eric passe la ligne en 6ème position. Eric et Livio Mineleau.


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plonge à l’eau avec le CamelBag. Le temps de remonter à bord et nous rejoignons Eric. Pendant cette manœuvre, Kai Lenny a filé plein sud. « Merde ». Je ne sais pas encore pour quelle raison, Kai Bartlett, son pilote, lui a certainement ordonné cette trajectoire. Je ne vois plus non plus Livio Mineleau le brésilien qui était un peu plus au nord. De notre côté nous tenons le cap, une route directe. Nous apercevons au loin les deux caps d’Oahu, le second étant Diamond Head, le spot d’un certain Robby Naish à la grande époque du windsurf. Eric est un peu moins dans le rythme. Il vient de tomber pour la seconde fois. J’hésite entre lui crier plus fort et le laisser gérer ce petit passage à vide dans une sorte d’introspection. De temps à autre, je lui rappelle de bien reculer son pied arrière avant de prendre un bump. Je me souviens, quand j’avais essayé sa planche, d’avoir eu plus de facilité à partir au surf en me reculant. A ce moment de la course, Eric limite ses déplacements pour ne pas chuter et prend moins de bump. Ca semble fonctionner, il reprend de bons petits surfs sur des intermédiaires qui connectent sur de plus belles houles. Il file et se rapproche d’Oahu. Un hélicoptère survole la zone et un bateau vient à notre rencontre pour s’enquérir de son identité. Au niveau timing, Eric semble en avance sur son temps de 2011, mais rien n’est encore acquis. Car nous savons qu’en approchant de la pointe, il y a une zone tampon avec beaucoup de courants perturbés voire contraires. Le chemin est sur la carte plus court mais gare à ne pas rester inutilement englué dans cette zone, toute son avance serait perdue. « Descends au sud, tu as de la marge ». Eric puise dans ses dernières forces. Nous faisons le

dernier ravitaillement et je vois à son visage qu’il est marqué par l’effort, je commence à connaître le bougre. Le plan d’eau devient haché et plus énervant, je ne distingue plus aussi facilement le bateau de Kai Lenny. Le kid prend de l’avance. J’ai peur que nous soyons trop au Nord dans cette foutue zone, notre poteau noir hawaiien. Mais Eric ne lâche plus rien, et je me suis remis en mode « matraquage encouragements ». Nous commençons à longer China Wall. Mark demande à Eric de se coller à la falaise en faisant gaffe aux vagues qui lui arriveront dessus. En se rapprochant, il bénéficiera ainsi d’un courant favorable plus fort qui augmentera sa vitesse. C’est maintenant plus facile, nous apercevons des spectateurs sur les hauteurs. C’est spectaculaire. Les vagues explosent en gerbes d’eau juste derrière la planche d’Eric. Il gère au mieux sa trajectoire pour virer au plus proche de l’ultime pointe et prendre une vague qui l’emmènera vers le sprint final. Je le vois de très loin, Mark ne souhaitant pas se poser un reef. Il s’écarte donc pour rester au milieu des cardinales. Comme prévu, lors de notre premier rendez-vous, le capitaine accoste alors au plus près de l’arrivée pour décharger nos sacs en quelques minutes et repartir vers Honolulu. A peine ai-je récupéré ce que je pense être le dernier sac, qu’Eric passe la ligne en 6ème position. Avec un temps de 4’35”04, il améliore son chrono de 20 minutes par rapport à 2011. Avec lui aussi un temps canon et un sprint à l’arrivée, Connor Baxter arrive en 4’13”26, 4’13”50 pour Dave Kalama et 4’22”14 pour Kai Lenny. Des temps phénoménaux, la course ayant été moins ventée que l’année dernière. Sur la plage, à l’ombre des tentes, les coureurs sont exténués.


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Avant de partir... par Eric Terrien

Vous venez de lire ces quelques pages et vous êtes aussi chaud que la bouilloire de belle maman pour vous organiser un bon petit downwind (DW) de derrière les vaguelettes. Mais avant de tracer au large, nous avons demandé quelques conseils au professeur Terrien. Que peux-tu dire sur le matériel, les planches utilisées à Hawaii sont-elles spécifiques ? Les planches de downwind qui sont utilisées sur le Maliko run sont toutes aussi spécifiques que les conditions rencontrées sur le run. Pour mettre en perspective ce premier constat, il faut savoir que les locaux considèrent que les conditions de downwind commencent à être plaisantes à partir de 25 nœuds. Sur nos côtes, ce que nous appelons « downwind » avec 15 nœuds de vent est ce que les locaux de Maui considèrent comme de l’eau plate... Les planches utilisées sont pour schématiser des planches de surf Unlimited, carène planante, gros nose, rocker, pas d’étraves avec une grosse épaisseur sous les pieds. Ce sont des planches qui ne sont performantes que lorsque l’on surfe les bumps. Dans les conditions de vent/mer trop faibles, elles poussent de l’eau. La grande difficulté est de réussir à les mettre au planing en prenant un bump et à maintenir cette vitesse le plus longtemps possible. Rebondir sur un clapôt ou trop se rapprocher de la vague précédente et c’est l’arrêt immédiat. Quelle taille de pagaie choisir en downwind ? Quels autres accessoires prévoir ? La longueur de pagaie reste un grand dilemme. Certains préfèrent plus long, quitte à l’attraper de temps en temps par le manche, d’autres un peu plus court, la tendance reste des pagaies relati-

vement longues, comme je l’ai dit précédemment, les planches qui s’utilisent à l’heure actuelle sont extrêmement épaisses. Pour s’hydrater un CamelBack est idéal, ceinture ou sac à dos cela dépend des préférences. Il fait chaud sous le soleil des tropiques donc il est bon de prévoir un peu plus d’eau que sous nos latitudes. Par rapport aux ailerons, ce sont des modèles avec un gouvernail, ils sont semblables à ceux des surf skis ou des pirogues. Comment prendre un bump, où porter son regard ? Bien que les vagues arrivent par derrière, c’est devant soit qu’il faut regarder si l’on veux prendre des bumps, il s’agit d’une part d’analyser la surface de l’eau afin de voir lorsqu’un trou ou une pente va se former devant nous ou sous la planche. En parallèle il faut sentir le comportement de la planche, si le tail se lève ou que le nose plonge, on va pouvoir glisser. Il faut prêter une grande attention aux accélérations et décélérations de la planche. Parfois, il faut faire l’effort de donner de bons coups de rame pour accélérer, relancer ou garder sa vitesse alors que d’autres fois, c’est une dépense en énergie inutile voire contre-productive et il faut laisser la planche se débrouiller toute seule. L’expérience permet de mieux pouvoir anticiper. Vous analyserez mieux comment évolue le plan d’eau autour de vous et comment réagit la planche en fonction des actions combinées aux mouvements d’eau. Utiliser les petits clapôts qui sont crées par le backwash ou par l’orientation du vent légèrement différence de celle du wind swell vous permettra de prendre facilement de la vitesse avant de plonger dans les gros bumps qui circulent rapidement et qui sont souvent difficiles à prendre. Par exemple sur la première partie du Maliko run, le clapôt créé par la réfraction des vagues sur la falaise aide à s´écarter de la


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côte tout en surfant et à prendre de la vitesse pour rentrer dans les premiers bumps. Une fois parti sur un bump, il faut scanner le plan d’eau devant au loin mais également à gauche et à droite afin de choisir la trajectoire qui vous permettra de rester le plus longtemps sur un bump et si possible de connecter avec un autre départ au surf. L’objectif est de rester haut sur la vague que l’on surfe afin de conserver son potentiel d’accélération pour l’utiliser au bon moment, c’est à dire au moment où le bump qui est devant est en train de s’aplatir. C’est alors le moment d’utiliser sa vitesse pour essayer de passer par dessus ou tout du moins d’aller positionner sa planche à l’endroit ou le plan d’eau va recreuser. Descendre trop bas trop vite et vous vous retrouvez scotché, attendre trop longtemps pour descendre et vous n’aurez pas suffisamment de vitesse pour enchaîner sur le suivant. Comment garder le cap ? Il est très difficile de se concentrer à la fois sur sa trajectoire à court terme, celle qui permet d’exploiter au maximum le plan d’eau en prenant un maximum de bumps, et la trajectoire à long terme, celle qui permet d’atteindre son point d’arrivée. Il est donc important, dès le départ de prendre­des repères visuels, il faut également prendre en compte la dérive due au vent et à d’éventuels courants. En effet, lorsque le vent vient un peu de travers, vous aurez tendance à être dévié de la trajectoire. Sans anticipation, vous risquez de devoir finir vent de travers. La connaissance du terrain permet également de prendre en compte les changements de vent sur les différentes parties du run. Suivant la configuration de la côte le vent peut tourner, monter ou faiblir sur certains tronçons et il faut déterminer quelle sera la meilleure trajectoire. Sur le Maliko run on parle de trajectoires inside (près de la côte) ou

outside (au large), la première est préférable avec du vent plus proche de l’Est mais peu devenir compliquée avec de gros swells qui cassent sur les outside reefs. La seconde est celle que privilégient les locaux lorsqu’il y a une composante Nord plus prononcée dans l’alizé. Sur la Molokai2Oahu on parle de route Nord ou route Sud par rapport à la trajectoire directe plein Ouest. Le choix se fait en fonction de la force et de l’orientation du vent mais également en fonction des horaires de marée qui génèrent de forts courants à l’approche d’Oahu. Quel niveau avoir avant d’entreprendre un downwind ? Avant de se lancer dans un DW, il faut avoir une bonne connaissance du milieu marin, c’est-à-dire d’une manière générale des vents et des courants et plus spécifiquement des conditions météos et dangers potentiels de la zone dans laquelle on va évoluer. Partir d’un endroit X avec 20 nœuds de vent signifie qu’il nous sera impossible de revenir à ce même endroit en cas de problème. De plus, notre point d’arrivée Y peut se révéler inaccessible. Vous devez donc prévoir d’éventuels points « d’atterrissage » sur le parcours en cas de problème. Par rapport à la technique il est important, si on veut pouvoir en profiter, d’avoir des bases de surf en SUP, il faut être très à l’aise au niveau de l’équilibre sur sa planche et bien savoir la manœuvrer. Il faut avoir une bonne technique de rame avec la capacité de changer rapidement de rythmes pour adapter sa fréquence à la situation du moment. Enfin, une très bonne condition physique est indispensable. Sans elle, vous n’aurez pas la possibilité de relancer pour enchaîner les surfs. Un downwind, même s’il y a des parties de surfs reste très physique, les images des catalogues sont parfois trompeuses.


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Travis

Baptiste

Quel âge as-tu ? 15 ans. Depuis combien de temps fais-tu du stand up ? Je pagaie depuis 2008 et fais de la race depuis 2010. Quels sports pratiquais-tu avant ? Du surf, de la pirogue, de la plongée et du body board. Que peux-tu nous dire de tes planches ? Pour le plat, j’ai une 404 Zeedonk, une super planche qui marche en flat et dans les petits bumps en downwind. Dans des conditions plus creuses, j’ai une 14’ Bill Foote. C’est une bombe hyper rapide pour le Maliko. Avec Danny Ching, je vais bosser sur une nouvelle downwind. Je suis heureux de ne pas utiliser de rudder, j’adore la 14’, j’aime le challenge à relever, bosser plus dur sur ta technique et les shapes pour être aussi compétitif que les unlimited.

Tes meilleurs résultats ? En solo, la Naish Paddle Championships. J’ai gagné en 12’6 et termine 6ème overall. En équipe, mon meilleur résultat a été ma victoire sur la Molokai2Oahu avec Jeremy Riggs. Nous avons mis 4 heures et 32 minutes, un nouveau record dans cette division et une 6ème place overall. Quelques mots sur Jeremy ton partenaire ? Il est mon coach, un gars bien. Il a été un des précurseurs à faire le Maliko en SUP, il a une grande passion pour ce sport. Il adore surfer les swells d’hiver quand le vent monte. Tes références en SUP ? Il y en a tellement. Mais si je ne devais qu’en retenir qu’un je dirais Danny Ching, il est phénoménal sur le plat et en downwind. Il est aussi très fort en pirogue, je suis très fier d’être dans son team.

Quels sont tes sponsors ? 404, OnIt Pro, Riviera Paddlesurf, Maui Jim, H2o audio, Bluesmiths.

Tes impressions sur ta Molokai2Oahu ? Ce n’est définitivement pas une épreuve que tu peux improviser, 52 bornes qui n’éprouvent pas seulement ton physique mais aussi ton mental. Si tu n’es pas fort dans ta tête, il est peu probable que tu finisses.

Ta première session en SUP ? Pour être honnête, je n’aimais pas beaucoup le stand up au début. C’était assez dur pour moi. J’utilisais le longboard de mon père et j’avais des problèmes d’équilibre. Puis lentement, , j’ai pris plus de plaisir au point que le SUP devenu une passion.

La BOP en Californie ? 2010 était l’année ma première Battle à Hawaii, en 2011 j’ai participé à la BOP d’Hawaii. En Californie, ce sera encore plus gros, une première expérience sur cette course pour moi. J’espère juste prendre du plaisir.


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Jeremy

Riggs Quel âge as-tu ? 40 ans. Depuis combien de temps fais-tu du stand up ? Depuis 2005. Quels sports pratiquais-tu ? J’ai commencé par le surf et j’ai grandi en faisant du body board. Je suis passé ensuite au longboard en 1999, puis j’ai commencé le downwind en paddle board en 2002 (prone, ndl). Que peux-tu nous dire de tes planches ? Ma première planche de race était une Bill Foote. Nous avons réalisé le design à partir d’une 12’ prone. C’était une 12’6 par 24’’ que j’ai toujours. Alors que nous finissions la planche, il y avait beaucoup de spéculations sur sa largeur et sur le fait que je ne tiendrais pas dessus. J’ai prouvé que nous pouvions repousser des limites et gagner en vitesse. J’ai depuis une 14’ par 24’’ toujours shapée par Bill, planche que nous avons ridée Travis et moi sur la Molokai. Dernièrement, je suis fait shaper une SIC Maui toujours par 24’’. C’est ma première Unlimited. Quels sont tes sponsors ? SIC Maui, Quickblade, Bluesmiths Ta première session en SUP ? Ukumehame Beach Park avec Dave Kalama. C’était sur une 12’

tandem. Je me suis mis debout mais prendre des vagues a été difficile. J’avais les jambes en compote et j’ai récupéré mon longboard pour une autre session. Tes meilleurs résultats ? Pailolo Channel (Maui to Molokai), je termine 1er en relais avec Slater Trout en 2009 et avec Mark Raaphorst en 2010, 3ème des 14’ sans rudder sur la Naish Maliko Race en 2011 (je termine 1er sur cette course en 14’ sans rudder depuis six ans), 1er en équipe overall sur la Molokai avec Travis Baptiste, nous établissons un nouveau record, 5ème sur la Olukai 2011 en élite. Quelques mots sur Travis Baptiste ? Travis n’a que 15 ans et il est meilleur à chaque entraînement. J’aii eu le plaisir de le suivre et de le voir évoluer durant les dernières années. Il sera dur à battre. Il côtoie beaucoup de grands noms du stand up et apprend beaucoup. Il est très mature pour son âge. Tes références en SUP ? Toute personne qui m’appelle pour me dire que c’est bon. Dave Kalama est le plus incroyable quand c’est gros. Quelques mots sur ta Molokai2Oahu ? J’ai fait équipe avec Travis l’année dernière. Nous nous étions inscrits à la dernière minute et avons terminé 4ème. C’était sa première traversée, la troisième pour moi. Cette année, nous nous sommes préparés sur des parcours plus longs.


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Mark

Raaphorst « j’écoute mon intuition. » Texte et photos : Franck Debaecker (sauf mention)

Mark Raaphorst et sa marque Maui SIC sont indissociables de la pratique downwind à Hawaii. Le shaper de SIC a été l’un des premiers à croire en cette discipline et à développer les Bullets. Nous l’avons rencontré dans son atelier


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C

’est dans les terres de l’île de Maui, sur les hauteurs de Makawao balayées par les vents et au milieu des champs de canne à sucre que se niche l’atelier de Mark Raaphorst, SIC Maui. Un grand hangar en forme de U, de la tôle ondulée sur laquelle cogne un soleil de plomb, tel est le lieu qui abritait l’atelier de réparation Ding Kings Fiberglass Works avant que Mark lance SIC Maui. Il n’y a rien d’original à proposer un sujet sur Mark Raaphorst, d’autres l’ont fait avant nous, mais c’est un personnage du stand up downwind incontournable, et nous voulions savoir comment il voyait l’avenir de sa compagnie après les rumeurs de rachat dont il faisait l’objet. Quand et comment es-tu arrivé à Maui ? Tu es né aux Pays-Bas non ? Oui, c’est vrai. J’ai quitté l’école à 15 ans et j’ai bossé à Scheveningen pendant deux ans pour un shaper italien qui était installé en Hollande, je travaillais la fibre de verre. Mais comme je ne pensais pas évoluer et que je voulais shaper des planches, j’ai écrit à Craig Maisonville (windsurfer de légende avec ses bottom turns sur ses planches rouges, il était aussi le shaper de Hi Tech, ndlr). « C’est bien de me dire ce que tu sais faire, mais tu dois me le prouver, si tu viens ici, tu auras peut être un job », m’a-t-il répondu. J’ai fais mon sac et je suis parti, c’était en 1986, j’avais 17 ans. A cette période, il était facile de trouver du boulot dans cette industrie en plein essor.

Photo : Darrell Wong

Et tes parents t’ont laissé partir à 17 ans pour Hawaii ? Mon père n’a jamais été d’accord. J’ai quitté la maison à 16 ans pour vivre avec ma sœur. J’ai mis toutes mes économies dans mon billet d’avion et mon père n’a pas eu voix au chapitre. Ma mère est décédée quand j’étais môme et j’étais du genre rebelle. J’ai écouté mon intuition. Je n’ai jamais cru qu’un diplôme te rende plus intelligent. Je n’étais pas un cancre mais j’avais l’impression qu’on te faisais apprendre des connaissances pour que tu sois capable de les réciter le jour de l’examen pour les oublier aussitôt après. Ce bout de papier était juste bon à te rentrer dans une case A, B ou C. Je n’en avais pas besoin. Je voulais travailler dans le windsurf et j’ai tout largué. Mes deux sœurs étaient diplômées, elles parlent le grec et le latin et je ne sais pas combien de langues. Elles ont cru en moi, pas mon père, ingénieur informatique. Il avait une vision « old school » de mon éducation. Mais je ne le blâme pas, j’avais la fibre d’un entrepreneur. écouter mon intuition a toujours été ma ligne de conduite, même dans le shape. Tu n’as pas de nouvelles idées si tu copies ce qui ce fait. Tu as donc vécu de l’intérieur la grande histoire du windsurf ? Oui j’ai bossé pour Ed Angulo, Jimmy Lewis, ces grands noms. J’ai poncé des planches de vitesse de Pascal Maka par exemple. Comment as-tu lancé SIC Maui ? J’ai commencé SIC Maui en 2005 en construisant des pirogues


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puis je suis venu aux planches de downwind. Andrea Moller, Dave Kalama ou Laird Hamilton faisaient partie de mes clients. J’avais développé un système pour diriger la planche avec le pied, un très net avantage sur des longues distances dans de la houle. Dans ces premières collaborations, j’avais souvent des demandes spécifiques dans lesquelles j’abondais. C’était donc un développement commun qui s’instaurait. Après, mes shapes sont devenus des références même si Dave Kalama a toujours souhaité des planches customs. Il aime des planches très tendues. Et pourquoi cette spécialisation dans le downwind ? J’ai toujours été intrigué par cette discipline. Aujourd’hui, un peu moins car la boîte est en train de grandir et je me tourne plus vers le marché US et les planches pour le plat ou les planches de surf. En 2013, j’aurais donc trois gammes, downwind, flat water et surf. C’est en effet ce que nous avons entendu dire, tu aurais donc une nouvel actionnaire ? SIC a été approché par Flow Snowboarding qui comme Neil Pryde, est une compagnie appartenant au groupe Shiro. C’est donc Flow qui sera propriétaire de SIC Maui, Neil Pryde n’aura aucune emprise sur ce rapprochement. Flow a racheté le nom, les shapes, les moules chez Corbra, et m’a parallèlement proposé un contrat sur trois ans pour continuer et développer le travail que j’effectuais seul. C’est une bonne opération pour les deux parties, Flow ayant un large réseau de distribution. Est-ce difficile de vendre sa boite, cette marque que tu as lancée seul ? Non, la difficulté a été de faire le choix de rester petit ou de grossir. Une solution intermédiaire aurait été impensable. Je devais faire ce choix de devenir une marque internationale avec tout ce que cela implique ou de rester local. J’avais déjà débuté la première étape en fabriquant des planches de production chez Cobra. Jimmy Lewis est peut-être le seul exemple d’un shaper qui a une distribution internationale et j’ai pour lui beaucoup de respect. Je ne suis pas riche après cette vente, mais j’ai un peu d’argent de côté et un contrat sur trois ans. Et je vois que Flow est déjà en train de travailler sur le développement de SIC Maui. En deux mois, ils ont fait plus que je n’aurais pu le faire, les décos des planches, les brochures, le site internet. Tout cela est impossible à réaliser seul à moins de grossir et au final de s’endetter. La direction de Flow souhaite que je reste sur Maui, j’ai mon atelier ici. Je peux digitaliser les planches à l’atelier après tout le développement sur l’eau. Les fichiers sont envoyés chez Cobra pour sortir le master et les planches de production. C’est un process éprouvé. Cette globalisation de SIC Maui passera forcement par un team de riders plus conséquent ? Je regarde des talents australiens pour renforcer le team. Je cherche un team rider avec du charisme qui puisse entrer dans le top 5 sur les courses de flat water. En downwind, nous avons déjà un team fort. J’ai plein de gars de différentes marques qui rident des SIC.

Si je n’allais pas aussi souvent à l’eau, je m’en remettrais complètement à mon team rider mais comme ce n’est pas encore le cas, j’assume mes choix. Es-tu sensible aux dernières tendances de shapes, par exemple des planches de plus en plus étroites sur le plat ? Je veux pouvoir avoir mon opinion et faire mes propres erreurs. Je suis un peu vieux jeu à ce sujet, donc je n’aime pas me faire influencer par les dernières tendances visibles sur internet. Aujourd’hui, même si je ne suis plus parmi les meilleurs riders de l’île, je sais de quoi il en retourne quand je vais m’entraîner avec Bart de Zwart sur du plat. Être trop influencé par les autres n’est pas forcément la meilleure chose. Oui mais d’un autre côté, tu ne peux pas ignorer cette réalité. Tu n’es pas d’accord avec cette tendance ? Non, Danny Ching ride une 28’’ de large et il gagne. C’est une question d’équilibre. Il y a beaucoup de paramètres qui sont à prendre en compte sur une ligne de départ. Sur le plat, ce n’est jamais vraiment constant, tu peux avoir du vent qui rentre fort et qui perturbe le plan d’eau, tu peux avoir du clapôt avec le courant. C’est une question de compromis. Si tu prends la planche la plus étroite possible, tu vas avoir la meilleure « top speed » possible, mais ce n’est pas forcément la planche la plus rapide sur tout le parcours. La meilleure planche, n’est pas celle qui procure la plus grande vitesse de pointe, c’est celle sur laquelle le rider finira la course premier. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Faire de bons virages et pouvoir partir facilement au surf sont aussi des composantes d’une bonne planche de race. Une 24’’ de large te procurera de la vitesse mais pas assez de stabilité pour les deux autres critères d’une bonne planche polyvalente en race. Va-t-on donc vers une spécialisation de planches en fonction des conditions ? Je me rappelle certaines années du windsurf où les gars avaient deux ou trois planches customs et ils choisissaient juste avant d’aller à l’eau. Mais une personne normale ne peut pas se permettre cela. C’est pareil dans le VTT. Doit-on acheter quatre vélos pour avoir le bon ? C’est génial pour l’industrie mais pas vraiment rationnel. Les pratiquants de SUP veulent une planche rapide mais accessible, je dois respecter cette attente. Mais je peux me tromper. Regarde la dernière course (downwind entre Maui et Molokai, ndl), Bart sur sa


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Starboard Ace était très rapide au début de la course et sur la fin. Mais au milieu du détroit, j’avais plus de contrôle. Quelle planche peut satisfaire toutes les conditions de course, c’est elle la bonne planche. La polyvalence est la première qualité d’une planche. Mes planches de flat water sont en 28’’, elles ne sont pas étroites. Elles ne sont pas réservées à une élite. La première sensation d’une personne qui se met au stand up est « oui, j’ai du plaisir à pratiquer ce sport, oui c’est facile, où puis-je me procurer cet engin ? » Les gens sont contraints par le temps. Ils ne vont choisir qu’un sport, ce sera le vélo, le tennis ou le SUP par exemple. Si tu veux capter un large public, il faut que les planches soient faciles. Si l’image est trop extrême, les gens vont se tourner vers un autre sport. Il faut que le marché soit clair, avec des accessoires bien pensés, que le transport du matos soit aisé, s’il y a une période de frustration, les pratiquants iront vers un autre sport. Comment as-tu obtenu tes shapes de downwind ? C’est beaucoup de tests. Maui est un réservoir d’athlètes qui m’ont donné beaucoup d’informations. Disons qu’il y a une combinaison de facteurs. Il y a premièrement cette parenté avec la pirogue, peu importe l’embarcation, il y a cette même philosophie de prendre des bumps. C’est différent du surf où tu vois le set arriver devant toi et tu positionnes en fonction pour partir en take off et surfer. En downwind, c’est particulier, tu surfes la petite vague pour prendre de la vitesse et alors tu as assez d’énergie pour prendre un plus gros bump. Le premier petit bump t’aspire et te donne la vitesse nécessaire pour un plus gros bump. Je suis passé par l’atelier Angulo, j’ai appris à shaper et à maîtriser une technologie creuse. C’est important car ce process est plus facile à réaliser pour de grandes planches, c’est plus léger, le système de guidage avec le pied via les câbles est plus simple à installer, et c’est aussi un gain de temps. En cinq jours je peux faire une planche. Ce système de guidage est très important : il permet de s’économiser sur de très longues distances dans des conditions parfois difficiles. Il t’évite de trop ramer d’un côté quand le vent est mal orienté et c’est plus reposant. SIC n’a jamais été une boite qui se repose sur le marketing. Elle a crée sa réputation grâce au développement sur le terrain. Je

teste beaucoup mes planches et les fais évoluer. Ma force est mon team rider, peut-être que cet aspect va évoluer car avec l’arrivée de Flow, nous allons pouvoir travailler aussi sur notre communication, ce qui n’était pas notre priorité par le passé. Certains customs que tu as réalisés dont ceux de Dave Kalama sont très tendus. Pourquoi ne généralises-tu pas ce scoop à tes planches de production ? Ce que les team riders rident est réservé à 50 % des pratiquants. Je peux le proposer pour une planche custom mais cela n’a pas de sens en production. Dave est cinq jours par semaine sur l’eau, il a un grand talent. Tu dis devoir faire tes propres erreurs pour avancer. Peux-tu nous expliquer ce que tu entends par là ? En tant que designer, il faut dépasser ce que tu penses être possible pour une planche. J’ai par exemple fait une 24’, mais cela ne marchait pas. Mais si je n’avais pas sorti un proto de cette taille, comment savoir, comment éprouver le concept sur l’eau ? C’est ce qui m’ennuie quand je vois des gens copier mes planches. Ils s’imaginent que je rentre dans la salle de shape et que je ponds une planche magique, que j’en sors un moule et que je me remplis les poches avec le produit de mes ventes. Soyons sérieux, ce n’est pas comme cela que ça marche. Il faut faire de nombreuses planches pour arriver à un moule. Ma 17’ marche, mon système de guidage au pied est fiable. Tu ne peux pas imaginer le temps que cela m’a pris pour le développer. Rapporter aux nombres d’heures passées, est-ce bien rentable ? Le développement est le temps que tu prends pour simplifier quelque chose de farfelu. C’est compliqué de faire quelque chose de simple à l’usage. Comment tu dessines tes planches, avec un ordinateur ? Non, mes yeux et un crayon. L’ordinateur te permet d’avoir une symétrie parfaite. Tu fais une planche en demi plan et tu le copies pour avoir l’autre côté. Il y a parfois des imperfections, je préfère les laisser, je ne crois pas en la courbe parfaite. Je crois à l’inverse qu’un bon rocker line est un assemblage de segments, le début de


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Livio, un des meilleurs downwinders de Maui. la courbe sur le nez, une partie plate et enfin l’arrière. C’est trop facile de niveler les courbes sur un ordinateur. Mais c’est une erreur. Si tu as une planche qui marche avec ces imperfections, je pense qu’il faut la garder telle qu’elle est. Les programmes sont trop puissants. Pour certains accessoires, c’est très utile, pour dessiner des pads par exemple.

guidon, avant de se sentir limité et de chercher une monture plus technique pour sortir des sentiers balisés. C’est une progression naturelle qui doit se faire sur d’autres spots dans le monde, peutêtre que 20 % de ces pratiquants évolueront vers le downwind. Mais l’étape la plus importante est d’accrocher ces nouveaux pratiquants avec des planches faciles et adaptées.

Sur quelles évolutions travailles-tu sur les Bullets ? J’ai pour le moment deux scoops pour les Bullets, une version 1 et une version 2. Cette dernière est plus tendue mais je la trouve trop large, j’aimerais la faire une peu plus étroite que 28’’ mais je dois changer une seul paramètre à la fois pour faire évoluer le concept et comparer.

Te souviens-tu de tes premières sensations en SUP ? J’ai pensé que c’était un sport stupide. Je faisais de la pirogue et tu pouvais prendre des bumps beaucoup plus facilement. Je surfais aussi en longboard et en comparaison, un stand up au surf ne tournait pas. Je tombais sans arrêt sur ma Michi Munoz, une 11’ par 26’’1/2. Je ne comprenais pas comment ce sport allait devenir populaire. Et puis j’ai pris mes premières vagues et j’ai commencé à éprouver du plaisir. Mais les débuts ont été terribles. Mais je me trompe parfois. C’était en 2004. Les planches étaient vraiment lourdes à cette époque. En comparaison, mes 17’ d’aujourd’hui font la moitié moins en poids et elles tournent mieux, c’est dire.

Comment fais-tu pour comparer sur un terrain qui évolue tout le temps en fonction de la houle et du vent ? Je teste beaucoup. J’ai dans mon team Scott Trudon, il est très bon pour développer des planches, il travaillait dans le passé pour Bic et faisait la world cup en planche à voile après avoir été pro de skateboard. Nous avons une très bonne communication, il sait mettre les mots sur des sensations et me guider dans les changements à réaliser. Au final, je tranche. Ce n’est pas une décision démocratique. Je suis un dictateur du shape (rires). Si je n’allais pas aussi souvent à l’eau, je m’en remettrais complètement à mon team rider mais comme ce n’est pas encore le cas, j’assume mes choix. Je peux être battu par d’autres riders, mais je garde cette sensibilité sur l’eau qui guide mes choix techniques. Quel marché pour des planches downwind ? Est-ce local à Hawaii ? La pratique est unique ici. Il y a le parcours, la navette, c’est fun de descendre la houle du Pacifique. C’est une très belle image pour notre sport. Cela donne envie. Je suis allé en Californie, j’ai pris l’autoroute et j’ai vu tellement de spots où ce serait très bon aussi. C’est comme du ski hors piste. Mais si tu reprends l’historique ici à Maui, il y a quelques années, tu n’avais que des 11’ par 31’’. Il faut en premier passer par cette étape, un vélo avec deux roues et un

Et dans le futur, comment vois-tu ce sport évoluer ? J’aimerais qu’il continue à se développer et qu’il ne connaisse pas une courbe décroissante. Voir la terre debout sur l’eau est un privilège. Le stand up te permet de t’évader au milieu de la nature en faisant un peu d’exercice, j’aimerais que tout le monde puisse essayer. Je travaille sur des systèmes de guidage de l’aileron par le pied pour améliorer la performance des planches dans du vent onshore, le sport n’en sera que plus fun qu’elles que soient les conditions. Je vois aussi des perspectives de développement dans les raids, des trips en autonomie comme tu pourrais le faire en kayak. Comment s’oriente le marché aux US, vers la 12’6 ou la 14’ ? J’aimerais bien avoir une boule de cristal pour te répondre. Les personnes plus lourdes sont limitées par les 12’6 et vont vers la 14’. Mais elles sont plus chères et moins faciles pour le transport. Je ne sais pas encore. Étant plus lourd, je suis plus à l’aise en 14’ mais en compétition, beaucoup poussent la 12’6.


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Jim Hayes

DIY

Do it yourself, ou presque

Texte et photos : Franck Debaecker (sauf mention)

Jovial et affable, Jim Hayes n’aime pas brusquer les choses. Il préfère plutôt prendre son temps et avancer lentement. Sa marque de stand up, Tropical Blends est à l’image du bonhomme. Nous l’avons rencontré à Honolulu.


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Q

ueen Street. Le shop Tropical Blends. Jim Hayes nous a donné rendez-vous dans son shop, un petit 100 m2 divisé en trois parties. Des planches parfaitement rangées, quelques présentoirs bien agencés, l’homme est visiblement très ordonné. Devant son comptoir, deux fauteuils. Le début de notre entretien. Jim Hayes a 62 ans. Sa bouille est sympathique, deux petits yeux bleus vous scrutent alors qu’il s’adresse à vous avec une aisance à l’orale dont il abuse parfois. Tropical Blends est son bébé, une marque de surf qui voit le jour en 1978. « J’ai lancé une fabrique de surf ici à Hawaii, commence Jim. Nous avions une salle de shape, une de stratification et une pour le glaçage. Mais à Oahu, gérer ce genre d’entreprise est vite devenu un véritable challenge car notre personnel avait tendance à disparaître quand le swell était annoncé. L’atelier était désertée. Et dans le même temps, les clients affluaient en réclamant leurs planches. Il n’était pas possible de bosser seulement en fonction des prévisions de houle. A un stade artisanal, cela pouvait encore fonctionner mais le représentant d’une marque japonaise a débarqué pour nous commander une centaine de planches. Il fallait trouver une autre solution. » Jim pense très vite à son ami Tomotu Sumitomo, shaper reconnu dans le windsurf et qui a une usine au Japon produisant en série. Ce partenariat sera pour Tropical Blends déterminant. Du long terme, une relation de confiance et d’amitié. En 2006, alors qu’il se balade sur la plage, Jim aperçois au large un gars debout sur planche. Doug Lock. « Sur Oahu, il est la première personne que j’ai vue faire du stand up paddle, au même titre qu’un Laird Hamilton. J’ai très vite été intrigué par cette glisse et j’ai fait le tour des ateliers en demandant qui était capable de me fabriquer une 11’ ou 12’ assez volumineuse. Ils ont tous cru que je me fichais d’eux car personne n’avait assez de place et les matériaux nécessaires pour réaliser ces planches. La bonne blague. A cette période, il n’y avait rien de disponible. J’ai donc demandé à un ami shaper de windsurf de Maui de me faire une planche. Ed Angulo m’a répondu qu’il n’y avait aucun problème. Je le connaissais depuis un bail car il m’avait fabriqué ma salle de glaçage. » Et quelques semaines plus tard, Jim reçoit un appel de Ed lui disant : « J’arrive avec tes deux planches, on se retrouve derrière chez toi à la plage, allons faire du stand up. » En le retrouvant sur place, il se rend compte qu’Ed est venu avec sa propre pagaie, une fabrication maison, mais qu’il n’a

rien prévu pour lui. « J’étais vraiment excité à l’idée d’aller ramer alors je suis retourné à mon garage et j’ai farfouillé partout pour trouver une rame. J’en ai dégoté une de kayak, un tube et un morceau de scotch et l’affaire était entendue. Nous sommes sortis et nous avons essayé de prendre une vague. Un enfer. En vain. La semaine suivante, pas mieux. Nous longions la côte en observant tous les spots qui fonctionnaient. La vision était vraiment extraordinaire mais pas moyen de surfer une vague. C’était toujours moins une mais la pagaie était vraiment un maillon faible pour prendre de la vitesse avec son manche souple et sa petite pale. Et puis, question de timing, je ne saurais le dire, j’ai descendu sur ma première vague. Incroyable. Cela m’a rappelé mes débuts en surf, je redevenais un gamin, un bon de cinquante ans en arrière. Un demi siècle, tu te rends compte ! » Jim repart à la case zéro en se demandant où se positionner au peak, comment se placer sur la planche, comment faire tourner cet engin. Un gamin de cinquante six ans. « Quand je suis rentré à la plage, j’étais convaincu que ce truc allait être énorme, que tout le monde allait chercher des planches et qu’avec Tropical Blends, je pouvais répondre à cette demande. Et j’ai pensé à mon ami Tomotu Sumitomo. Nos premières planches ont été shapées par Ed Angulo. Sumitomo les a emportées au Japon pour fabriquer la première série. » Difficile de relater l’excitation de Jim quand il a ouvert les portes du premier conteneur. Il a cette chance d’être dans les premiers à se lancer dans cette aventure. C4 n’existe pas encore, idem pour PSH, un vide difficile à imaginer encore aujourd’hui. « Todd Bradley avait un associé plein aux as, ses poches débordaient de dollars. Il voulait lancer sa marque C4 mais il fallait produire vite. En voyant nos premières planches, il nous a commandé des stand up pour le lendemain, il prévoyait une distribution internationale. Sumitomo avait réduit la voilure avec son usine de windsurf. Ce marché était en déclin et sa capacité de production avait suivi le mouvement. Nous n’étions plus dans les années 80. Finalement, Todd Bradley est allé voir chez Boardworks. Quand C4 a commencé à grossir, ils ont perdu un de leur employé, un certain Blane Chambers. Il est venu me trouver avec des designs et un contrat. Il voulait que nous fabriquions ses futures planches. Mais le problème est que notre process de fabrication était lent. Sumitomo me ressemble beaucoup, il aime aller étape après étape. Ce qui n’était pas le cas de Blane Chambers qui est un gars brillant en affaire.


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Des planches, tout le monde en voulait. Mais elles étaient lourdes car nous les souhaitions fiables. Tellement béton que tu pouvais les fracasser avec une barre de fer sans aucun dommage apparent. Sumitomo a alors monté une usine en Chine en choisissant un terrain près d’un bon spot de surf. C’est un endroit réservé où il n’est pas permis d’accéder, il s’est donc trouvé un spot de surf privatif. De plus, il a monté son usine avec une vision totalement japonaise. Les employés travaillent à vie, ils sont très bien organisés avec des appartements. Le processus a été lent mais au final, avec 17 personnes à ses côtés, il est arrivé à des produits de qualité. Il faut aussi se souvenir qu’à cette période, il y avait deux types de planches de surf, celles avec beaucoup de volume et des rails épais et celles avec des rails de surf. Dans un bottom, la différence était évidente. Voilà pourquoi les shapes Tropical Blends jouissent d’une notoriété croissante. » Évidemment, le marché US se développant, les unités de production vont fleurir comme les hibiscus sur un boardshort hawaïen. L’une d’elle sera montée à l’initiative de Blane Chambers (PSH) qui s’appuiera sur le savoir faire de Sumitomo. Elle deviendra Bentley. Le seul moment de notre entretien durant lequel Jim sera moins prolixe et beaucoup plus évasif sera quand il abordera le rôle du shaper. A vrai dire, en arrivant chez lui, j’imaginais naïf le photographier en train de shaper, un masque sur le visage, son rabot enchaînant les passes sur un rail de surf en pleine mutation. « Le shaper est important dans le surf. Dans le stand up, ce n’est pas aussi stratégique, biaise Jim malin comme un singe. La vérité est que tu participes à la notoriété d’un shaper avec ta marque et du jour au lendemain, il se barre et monte la sienne. Qui shape nos planches ? Moi avec les outils informatiques dont tu disposes aujourd’hui. Qui est le shaper, ce n’est pas important. Je sais quel gars aller voir pour finaliser un master et l’envoyer en production (le shaper Kyle Bernhardt est en fait le personnage clef du développement avec le lifeguard et waterman Andrew Logreco, ndl). Mais si tu mets un nom sur tes planches, le risque est de voir une marque disposant de plus de moyens faire une offre contre laquelle tu ne pourras rien. Je suis dans ce métier depuis assez longtemps pour savoir à quoi doivent ressembler mes planches. Je réalise un design et fais sortir un proto que nous testons. Quand nous avons un résultat, nous digitalisons la planche et apportons des modifications. Puis un spécialiste de Shape3d basé en Californie termine le fichier et harmonise les courbes. Je refais alors une planche qui sera mon plug. Et ça marche, regarde notre gamme, la finesse de nos rails. Mais je suis à un tournant de Tropical Blends Je cherche aujourd’hui des collaborations pour développer certains shapes comme ceux des planches de race sur eau plate. » Jim, jamais à court d’anecdotes, revient sur ses premières sorties en stand up et sur sa pagaie improvisée et poursuit : « Je ne fais pas beaucoup d’accessoires. A l’issue de ma première session, j’ai contacté les fabricants de pagaies de pirogue pour commander une pagaie de stand up. Un des gars a vite pigé qu’il pouvait se faire un peu d’argent en vendant ses pagaies avec un manche plus long. Je plaisante mais c’est à peu près cela. Puis nous avons commencé à travailler avec un fournisseur. Mais un client est revenu

Cela m’a rappelé mes débuts en surf, je redevenais un gamin, un bon de cinquante ans en arrière. Un demi siècle, tu te rends compte ! » avec un modèle cassé. Il a été changé. Mais le gars est revenu avec le même soucis. Mon fournisseur m’a rétorqué que le problème venait de la manière dont mon client tenait la pagaie. Je lui ai répondu, pas de souci, je te donne la taille de mon client, tu coupes la pagaie comme il convient et tu me dis où mettre les mains. Ou j’arrête de bosser avec toi. C’est au final ce que j’ai fait, il ne voulait pas couper les 25 pagaies que je lui commandais à des tailles différentes. J’ai donc décidé de fabriquer mes pagaies. Finalement, tous ces fabricants m’ont obligé de me lancer sur ce marché (avec un certain succès, Jim distribue un millier de pagaies par an, ndlr). C’était plus simple même si j’ai passé deux ans à bosser sur ce projet et à trouver les matériaux. » Et Jim de poursuivre sur un petit cours de macro économie. « Qui et pourquoi. Ce sont les deux bonnes questions que tu dois te poser quand tu achètes un produit. Où n’est plus d’actualité. Cette planète est devenue si petite, tout est produit en Asie. Il ne faut pas se voiler la face. J’ai voyagé des dizaines de fois en Chine. Il y a cinq ans, tout le monde se déplaçait en vélo, aujourd’hui, ils ont des voitures et c’est normal. Le niveau de vie augmente tellement en Chine avec des lois qui protègent les employés et des salaires à la hausse que nous sommes sur une balance qui risque de pencher de l’autre côté. J’ai visité les usines Neil Pryde qui emploient 1200 personnes. Le chef de production me disait que tout était en train de changer à l’échelle mondiale et qu’ils réfléchissaient à installer leurs usines sur le continent US, leur plus gros marché, à cause des coûts de production de plus en plus élevés. Je lui ai presque répondu en substance : « Dis moi, tu as fumé un gros pétard ce matin ? Si vous faites cela, qui allez-vous embaucher dans vos usines aux US ? Tu vois de jeunes américains poncer des planches ou travailler avec des résines, avec tous les risques d’allergies inhérents à la manipulation de ces produits toxiques pour la peau ? Je ne suis pas certain que même avec notre taux de chômage, tu auras autant de postulants capables de bosser sur du long terme. Nous avons été habitué à manager des unités de production, pas à bosser dedans. »


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Duane DeSoto, Oahu. L’autre corde sensible à laquelle Jim réagit est la perception qu’ont les surfers face à ces nouveaux arrivants une pagaie dans les mains. Un sujet assez sensible à Hawaii où il y a beaucoup de monde à l’eau comme en Californie. Il n’y a pas encore à proprement parlé de spots dédiés aux différentes pratiques mais les tensions existent comme partout. « Ce refrain, je l’ai souvent entendu. Le SUP est extraordinaire car il a amené de nouveaux « animaux » sur les spots. Ce sport permet à de nouvelles personnes de découvrir l’océan. Quand le longboard est redevenu à la mode, tous les shortboarders tiraient la tronche car ils prenaient moins de vagues. Quelques années plus tard, ces mêmes longboarders, avec leur courte mémoire, ont tiré à boulets rouges sur le SUP. Mais l’océan est à tout le monde. Tu devrais écrire un article sur ce qui se passe entre le moment où tu laisses ta voiture et l’instant où tu arrives au line up. En remontant au peak, tu remarqueras que tout le monde fait la tronche, protégeant sa position. Moi, je suis cash et je vais vers eux en leur disant : « salue les gars, comment ça va ce matin ? Comment sont les vagues ? ». Dans les discussions, un longboader emmerdé par ces nouveaux arrivants de stand up paddlers lancera toujours sa carte maîtresse : le stand up, c’est dangereux. C’est toujours pareil. Mais peu importe la planche, le surf comme discipline peut être dangereux, il y a plus de monde à l’eau, c’est normal. A Hawaii, les gars en viennent aux mains mais nous sommes au XXI siècle, tu ne frappes pas un gars pour une vague. Quand j’étais gamin, tu n’avais pas de leash donc il fallait être un bon nageur pour surfer. Il y avait des gars qui encadraient le spot. Tu faisais une connerie, ils te faisaient les gros yeux, tu en faisais une seconde, ils te sortaient de l’eau. Mais à côté

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de cela, ils étaient les premiers à t’amener sur les bons coins et à te conseiller : « Reste là, pagaie maintenant, tu vas l’avoir. » Il y avait plus d’échanges. Maintenant demande un truc à un gamin et il te dira d’aller te faire foutre. J’ai eu le cas avec un jeune qui est arrivé sur le spot et qui restait devant moi pour que je sorte et ne puisse plus prendre de vagues. Je me suis assis et lui ai dit : « Tu sais, je suis super content d’être ici et la dernière chose que je veux faire est de blesser quelqu’un. Mais cependant, si tu t’obstines à rester devant moi pour le simple plaisir de me gêner, cela pourrait arriver. Alors si tu peux juste te décaler un peu ce serait parfait. » Le môme m’a regardé avec ses yeux qui te disent « où j’ai été pêcher ce vieux con ? » Vous l’aurez bien compris. Jim est un surfer de la vieille école pour qui le stand up n’ai pas autre chose que du surf. Il veille scrupuleusement à aider les débutants qui se mettent au stand up. « Je ne loue pas mes planches. Je ne souhaite pas qu’une personne ne sachant pas faire du stand up se retrouve dans une zone interdite ou dans une situation périlleuse. Je préfère leur donnez rendez-vous à la plage et descendre avec plusieurs planches. En fonction de leurs niveaux, je peux leur faire des suggestions et instaurer un échange. Développer grâce au stand up une relation de confiance, j’ai toujours fonctionné ainsi. Au final, le bouche à oreille fonctionne très bien sur l’île : « Tu devrais aller voir Jim de Tropical Blends ». La conjoncture économique peut être encore plus défavorable, nous continuerons à avancer lentement et serons toujours là à proposer nos produits de qualité. »


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Tinina Etienne, Maui, Ho’okipa Originaire de Guadeloupe, Tinina affirme son style dans un bottom appuyé qui a retenu notre attention pour notre petite rubrique. Prise de vitesse, prise de carre avec le corps décentré sur la pagaie pour accentuer la trajectoire frontside sur sa Lokahi 8’0 Comp. La vague étant rapide, c’est l’unique solution pour taper la lèvre. Photo : Nicolas Vienne/Lokahi.


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La caverne de Xabi Lafitte Texte et photos : Franck Debaecker (séquence : Xabi Lafitte)

Une paye ! Des lustres devrais-je dire que je devais venir faire quelques images du basque Xabi Lafitte (prononcez « Chabi », ne faites pas comme moi votre parisien, merci donc à Antoine Delpero de m’avoir vite repris discrètement). Et puis j’avais entendu dire que le garage de ce basque barbu était une vraie caverne d’Ali Baba pour amateurs de beaux shapes. Un gentil « génie » Quique m’avait, il est vrai, tuyauté sur l’adresse. Alors, à la faveur que quelques jours dans le sud ouest, j’ai enfilé mes espadrilles, barboté une chemise blanche ouverte sur mon torse velu (avec un pull rouge noué négligemment autour des épaules, je me fondais parfaitement dans la faune bobo de Guethary). Et comme promis, j’ai suivi, entre deux apéros servis à la terrasse du bar branché «L’hétéroclito», Xabi dans ses multiples sessions.


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Xabi Lafitte, surfer et stand up surfer avec «ses joutes».

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n surf, le pays Basque est un petit pays où les querelles de clochers sont parfois risibles pour les non initiés. Écouter les meilleurs surfers s’intoxiquer au peak fait aussi partie du décor. Une sorte de folklore pour protéger les spots de la surpopulation. C’est aussi le reflet de la présence de nombreux talents à forte personnalité sur des spots jalousement gardés, les stand up n’étant pas acceptés (mis à part quelques exceptions). L’un des grands noms de ces spots est le surfer Xabi Lafitte. A 39 ans, Xabi est un authentique passionné pour qui le surf comme mode de vie n’est pas qu’une sinécure pour documentaire californien avec les Beach Boys en bande son. Loin de là ! A l’eau alors que le soleil n’est pas encore levé, Xabi enchaîne ses trois sessions journalières, qu’il vente, qu’il pleuve ou que belle maman décide de camper dans la nouvelle salle à manger du basque le dimanche venu. Et comme ce surfer complet écume les spots, il lui faut donc quelques jouets pour assouvir sa passion dévorante. En connaisseur, et grâce à un réseau d’amis surfers, Xabi a accumulé quelques jolies « pièces » (en plus de ses stand up). Il nous raconte l’histoire de ses prestigieuses planches à travers quelques anecdotes.

Décris-nous quelques unes de tes plus belles planches ? On va commencer par cette planche jaune et violette avec un éclair. C’est une planche des années 70, une Lighning Bolt, les planches avec un éclair comme signe distinctif. Elle a été refaite à neuf par Randy Rarick, l’organisateur de la Triple Crown à Hawaii. Il récupère de vieilles planches et les remet à neuf. Je révais de tuber avec une planche comme celle là, j’en ai eu l’occasion à Bali. C’est une de mes planches favorites. J’ai pu en faire l’acquisition grâce à un ami journaliste qui a rencontré Randy (avec qui j’avais surfé minot à Lafitenia). Cet ami m’a donné son contact. A l’occasion d’un trip à Hawaii 20 ans après, je suis allé le voir et il m’a ouvert les portes de son garage. J’ai eu la chance de repartir avec ce bijou, c’est une planche de collection que j’ai mis un point d’honneur à surfer car elle est faite pour cela. Ensuite ? Dick Brewer. Autre grand nom du shape. Il est basé à Kauai et c’est assez compliqué de rentrer en contact avec lui. Jeff Hakman (alias Mr Sunset) a gagné le Duke Kahanamoku Classic à Sunset


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à l’âge de 17 ans (décembre 1965) avec une Dick Brewer. Laird Hamilton quand il s’est fait tracté pour la première fois, était sur une Dick Brewer. C’est donc une légende du surf qui a fait évoluer les guns. Un ami surfer de Tahiti est venu à la maison en me disant que la semaine suivante il était à Kauai chez Dick Brewer. En fait, ce dernier était allé à Tahiti pour son anniversaire de mariage avec sa femme. Il cherchait en cadeau, une perle noire qu’il ne trouvait pas. Mon ami tahitien lui a trouvé la perle rare. Pour le remercier, il l’a invité chez lui. Je lui ai donc commandé deux planches par cette entremise. Après ces deux planches, j’en ai racheté deux autres. Des planches finies par la main du maître, ce qui n’est plus toujours le cas des ses dernières réalisations.

Une Campbell Bonzer rouge avec laquelle j’ai eu un petit Teahupoo incroyable. Raimana Van Bastolaer (grand surfer tahitien) faisait la distribution en t’indiquant ou te placer pour le take off, tu pouvais tuber les yeux fermés. C’est une 6’6. La verte est une Dave Parmenter, shaper californien installé sur Kauai. C’est un ancien pro qui a fait le tour dans les années 80 et qui est assez difficile à contacter. Merci à Rico Leroy de m’avoir refilé le bon contact. Ce sont des planches incroyables en shape avec des doubles wingers, il ya des petits concaves sur les wingers, il y a aussi une double edge sur le rails. Le résultat est une vitesse phénoménale même si la conduite, notamment avec le positionnement du pied arrière, est assez technique et demande de la précision dans les longues courbes.

Celle en bois est un shape de Chris Garret (souvent associé avec Axel Lorentz qui me fait souvent des planches). C’est un plaquage bois sur pain de polystyrène, ce sont des planches très légères. C’est un single en 6’8. Il m’avait aussi fait une autre planche fantastique que j’ai beaucoup trop surfée et qui est maintenant abîmée.

Une autre Campbell ? Oui, un autre Bonzer en 5’10 en fish qui permet de bien t’écarter dans les petite vagues où il n’y a pas de place. La violette est un DMS, un jeune shaper australien. Il avait cinq planches pour un atelier ici. Quand je suis passé voir les planches, je suis tombé en arrêt devant ce gros round pin avec deux grosses dérives en twin. C’est une planche en 1,50, une 5’11. Elle a beaucoup d’accroche dans le bottom. Avec ce round pin, tu as beaucoup de pivot. La planche idéale pour voyager.

Cette planche Nectar est un shape d’un surfer australien que j’ai rencontré après le SUWT d’Hungtington l’année dernière, Gary Mac Nabb. Après le contest de stand up, j’en avais un peu marre de ma pagaie et j’ai cherché une petite planche. Il y avait plein de shortboards dans l’atelier mais rien qui me bottait. Quand nous sommes passés dans son bureau, il y avait ce twinzer qui était initialement shapé pour un client japonais. Mais pour une histoire de couleur, le client a refusé la planche. C’est une 5’10 incroyable dans les cutbacks round house, elle ne perd jamais de vitesse.

A côté c’est une Dick Van Straalen en quad avec des dérives très rapprochées. Je l’ai eue grâce à Ludo Dulou. Elle se surfe un petit peu comme un twin. A côté, deux Josh Hall, un quad 6’2 et une Magic Skosh 7’10. Il a un atelier en face de celui de Skip Frye. Josh Hall s’est beaucoup inspiré des rails de Skip Frye mais en modernisant les arrières et les rockers. Skip fait des planches aux outlines très droites et parallèles, tu as beaucoup de glisse, tu voles en haut de vague sans résistance. Les rails sont des lames de rasoirs.


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Xabi Lafitte, dans le tube en Indo avec sa Lighning Bolt.


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Il y a un travail sur le double concave avec des rockers tendus. Par contre, elles pardonnent moins les erreurs. Ma Josh Hall fait 7’10. Josh vient tous les ans ici. La dernière en bas près des SUP est une Akila Aipa, Akila étant le fils de la légende du shape Ben Aipa dans les années 70 et 80. Il a fait les premiers twin avec les wingers sous le logo Town and Country. Akila était dans l’équipe d’Hawaii aux mondiaux au Japon en 90 quand j’étais en équipe de France. On s’est donc croisé sur une compète. Il a repris ensuite les designs de son père pour faire ses modèles, un gars comme Dave Rastovich surfait une planche d’Alika dans une vidéo. Je l’ai contacté et commandé une planche, c’est mon alliance de mariage. Plutôt que d’en avoir une, j’ai préféré cette planche. C’est une passion qui coûte cher ? En règle général, je trouve toujours de bons plans par des connaissances. J’aime avoir un bon feeling avec les shapers, ils savent aussi que je ne suis pas un collectionneur, toutes ces planches vont à l’eau et je les surfe. C’est vrai que certains collectionneurs font monter les prix et spéculent notamment en Californie. Mais par exemple une anecdote sur les Campbell : à la Torche, je vois Casper aller à l’eau avec une Campbell. Je branche son père le lendemain à la crêperie en lui disant « alors les Campbell, c’est réputé au Danemark ? ». Il me répond que non, que les frères Campbell sont ses cousins. Voilà comment j’ai eu l’opportunité de les rencontrer. Ce gun au plafond ? C’est un prêt que j’ai ramené d’Hawaii, encore une drôle d’histoire. Elle appartient à Tak, un copain japonais que j’ai rencontré en 92. Ce gars était le seul à mettre des barrels en longboard. Il était incroyable. Dix ans plus tard, j’arrive aux Cavaliers (Anglet) et il y avait des vagues pourries. Je vois un mec démarrer au take off dans 50 centimètres et je le reconnais, rien qu’à son take off. Je

vais le trouver pour avoir confirmation et on se retrouve comme cela. Depuis il revient tous les ans en Europe. Durant la première étape du SUWT à Sunset, je l’ai revu sur le spot et il m’a passé ce gun pour prendre quelques belles vagues. J’ai d’ailleurs eu les foudres de Ken Bradshaw car je prenais beaucoup de vagues. Je suis allé le trouver en m’excusant et en lui disant : « Désolé, je ne suis pas du village, c’est promis la prochaine est pour toi. » Il a alors pris sa vague et j’ai pris la suivante, la bombe de la journée. Il n’a rien pu dire si ce n’est : « belle vague ». A côté, un autre gun ? Une 9’6 Rawson avec laquelle j’ai eu une bombe à Avalanche et une 9’4 trois lattes Dick Brewer d’un ami tahitien. Je ne voulais pas la louper, mon pote Antoine Delpero me l’a ramenée après une compète à Sapinus à Tahiti. Ton quiver de stand up ? La première est un proto un poil fine pour moi. C’est une 8’3 par 27 ¾ et 3,5 d’épaisseur. Elle a beaucoup de drive avec un Vé qui va loin. Il faudrait la même un poil plus volumineuse. La Nalu 9’0 est la planche que je ride le plus ici, elle a beaucoup de rocker. Ensuite j’aime aussi la 9’8 sur laquelle j’ai mis des dérives plus petites en latéral. Un bon quiver de stand up. Et cette alaia ? Encore une drôle d’histoire. Le shaper Tom Wegener est passé avec sa femme à la maison pour déjeuner. J’avais un pain de polonia mais je ne voulais pas le shaper seul. Sa femme avait un problème aux cervicales et je l’ai donc soignée. Le repas a été bien arrosé, et au dessert, elle a lancé : « Alors, quand vous allez la shaper cette planche ? » On s’y est mis à quatre heure de l’après midi, entre chaque passe, Tom me racontait une histoire incroyable. Nous avons terminé à dix heures du soir.


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Alaska

Texte : Robby Naish Photos : Scott Dikerson/Naish


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i vous cherchez un paysage sauvage qui contraste radicalement avec Hawaii, l’Alaska est un des premiers endroits qui vous vient à l’esprit particulièrement si vous êtes un inconditionnel de la série documentaire diffusée sur Discovery Channel, « Deadliest Catch » (Péril en haute mer, ndl). Le climat froid et la nature sauvage de l’Alaska : quel meilleur terrain de jeu pour vivre d’authentiques aventures ? Nous avions plus d’une fois essayé d’organiser un trip là bas, toujours en kite et en stand up. Nous étions en contact avec Scott Dickerson de Surf Alaska. Il nous avait envoyé des images de mascarets qui déferlaient sur des kilomètres jusqu’à ne plus trouver assez de fond et quelques images de surf qui vous incitent à faire le voyage. Au final, je décidais d’embarquer le champion du monde de kite Kevin Langeree avec le champion du monde de stand up Kai Lenny, qui n’est pas maladroit non plus en kite ou avec tout autre support se pratiquant dans l’eau. Trouver la bonne période pendant laquelle Kai et Kevin étaient libres avec a été une autre paire de manches, mais nous avons opté pour une « accalmie » dans nos emplois du temps respectifs. Nous décidâmes d’envoyer les jeunes en premiers, je les rejoindrais dès que possible.

Kai et Kevin se sont envolés pour Anchorage où ils ont rencontré Scott Dickerson. Ils sont remontés vers Girdwood, une petite bourgade à une heure d’Anchorage afin de scorer quelques bonnes sessions de kite. Ils ont aussi surfé cet incroyable mascaret, le Turnigan Arm. Ces spots revigorent les chairs mais rien qui ne soit encore « glacial », tout juste un petit 10 degrés. Cette journée, ils ont donc ridé ce mascaret en sup short sur une vague qui oscillait entre le genou et la taille et ce pendant un mile. Ils m’ont renvoyé des photos le jour même. Avais-je eu tort de louper ce premier jour de trip ? Le jour suivant, ils sont allés sur Seward où ils ont embarqué à bord du Milo, un bateau de pêche réhabilité en bateau taillé pour l’aventure, un 58 pieds capable d’accueillir huit surfers à bord. De Seward, ils ont remonté le long de la côte de l’Alaska, une succession d’immenses baies, beaucoup d’entre elles serpentent à travers les terres jusqu’à des glaciers éternels. Ce deuxième jour est certainement celui que j’ai regretté d’avoir loupé. Les gars ont emprunté un zodiac pour remonter une rivière jusqu’à un iceberg, partie émergée d’un glacier. Les images résument mieux que moi ces incroyables moments, ramer sous les arches de glace et kiter dans ce cadre fantastique est une expérience unique. Le jour suivant, un peu plus loin sur la côte, ils ont déniché une vague à surfer, et en soirée, ont ramé avec des orques. A chaque sortie, une nouvelle et incroyable aventure pendant laquelle observer des paysages sauvages vierges de toute trace humaine. J’ai donc pris mon billet pour Anchorage via Honolulu pour rejoindre l’équipe à Homer. Je suis arrivé grâce à un petit bimoteur d’Air Alaska qui transportait dix personnes. A partir de là, j’ai embarqué sur un hydravion affrété par Stella Air Service. L’appareil vole seulement trois à quatre mois par an, durant l’été et pendant la période de pêche ou d’observation des ours. Le reste de l’année, comme de nombreuses activités en Alaska, les employés ferment boutique en faisant le dos rond. D’autres s’expa-

trient vers des contrées plus propices. Nous avons quitté le lac glassy aux aurores pour un vol de trente minutes à l’Est à travers les montagnes et les glaciers à la recherche du Milo. Nous savions où mouillait le bateau mais dans cette immensité, je ne pouvais aider le pilote. Je me remémorais par contre les histoires concernant ces petits coucous se ramassant dans ce désert blanc sans jamais refaire surface. Sous des contrées où le soleil rechigne à se montrer, nous étions chanceux de profiter de ses rayons. Pas un nuage à l’horizon. Après avoir survolé des montagnes pendant vingt minutes, nous avons commencé notre descente vers l’endroit où le bateau était ancré. Nous avons finalement déniché le Milo abrité dans un fjord à quelques encablures d’un glacier. Nous avons fait le tour du bateau avant d’amorcer un amerrissage parfait. J’ai déchargé mon barda (gonflable 12’6, deux kites, et deux combinaisons intégrales 5’5’’). L’hydravion est alors reparti nous laissant au milieu de nul part. Difficile de décrire ce silence de cette immensité. J’était impatient de me retrouver à l’eau. Après un réveil matinal, Kai et Kevin qui avaient été se coucher tôt, ont gonflé les planches gonflables afin de partir explorer le glacier. Nous étions à 200 mètres de ce mastodonte et devions pagayer pour nous frayer un chemin à travers les morceaux de glace. Les craquements du glacier, sorte de gémissements de cette glace en constante mutation alors qu’elle se fissurait, résonnaient dans la vallée. Ces sons ressemblaient au grondement du tonnerre. A chaque minute, un morceau de glace se détachait et défigurait la face du glacier, avant de se fracasser dans l’eau. En tombant, les blocs formaient une houle consistante qui s’éloignait lentement du glacier. Nous avons pagayé pendant plus d’une heure, attendant patiemment les chutes les plus impressionnantes. Il y avait une énorme fissure sur la face gauche, et nous avons pensé que, tôt ou tard, cette partie allait aussi y passer. Ce fut le cas. D’abord un morceau assez grand tomba dans la mer, marquant le début de l’effondrement. Kai et moi n’avons alors jamais ramé aussi vite. Nous accélérions le plus vite possible, ce qui était assez difficile emprisonnés des glaces. Mais pour se déplacer dans ce décor irréel, les gonflables étaient parfaits. Seule la pale de ma pagaie a souffert à force de heurter ces blocs durant cette excursion. Alors que Kai et moi nous tenions sur la face gauche du glacier, tout s’est accéléré. Un gros morceau a provoqué une grosse vague. Notre rythme cardiaque s’est accéléré : des centaines de tonnes de glace se sont soudainement mises en mouvement. La vague était énorme. Un tube parcellé de glace a longé le rivage alors que nous étions à 200 mètres de là. Aucun de nous deux n’était en mesure d’affirmer avec certitude si cette vague allait casser sur nous ou pas. Par chance, ce ne fut pas le cas. Mais la sensation était dingue. Comme dans les documentaires sur Discovery Channel. Nous avions eu notre dose de sensations fortes, aussi nous sommes rentrés au bateau. Nous avons chargés les planches et mis le cap vers le large. Alors que nous croisions dans les eaux glassy de la baie, nous avons surfé la vague du bateau. C’était une vague assez facile. Étant le plus jeune et ne semblant jamais


Kevin Langeree surfant le mascaret.


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Nous souhaitions remonter une petite rivière appréciée des ours bruns où les saumons avaient pour habitude de frayer.


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retirer sa combinaison, Kai a été le premier à se jeter à l’eau. Alors qu’il enchaînait les turns, et que Kevin et moi attendions notre tour, le vent est monté. Terminé la session, la prochaine fois, le vieux ira en premier. Nous nous sommes baladés dans le fjord suivant, et encore une fois avons sauté sur nos planches gonflables pour explorer la côte parsemées de pins. Nous souhaitions apercevoir des ours noirs. Nous en avons trouvé un, en train de manger la carcasse d’un bébé baleine mort sur une plage rocailleuse. Mais l’ours a battu en retraite une fois que nous sommes arrivés. Nous avons alors pagayé, « beachant » sur une autre plage rocheuse pour contempler les tonnes de déchets plastiques échoués sur le rivage, venus en grande partie de l’Asie. Des centaines de bouées de pêche en plastique jonchaient les rochers, ainsi qu’une étrange collection d’objets divers tombés au large de navires porte-conteneurs. Les gourdes en aluminium étaient récurrentes dans cette crique en particulier. J’ai fait une sculpture suspendue sur un tas de celle-ci. Nous avons aperçu une chute d’eau qui se jetait dans l’océan et nous sommes arrêtés pour prendre un verre. Et puis nous sommes rentrés au Milo pour le dîner. Bien que je sois sensible au rythme de l’océan et que je ne quitte jamais ma bouteille de Dramamine, je n’ai pas été le moins du monde sujet au mal de mer, heureusement pour moi. Après un festin, nous avons mis le cap sur la côte, bercé par le calme inhabituel de la mer. Nous nous réveillons le lendemain ancré dans un petit bras de mer. Nous souhaitions remonter une petite rivière appréciée des ours bruns où les saumons avaient pour habitude de frayer. Nous avions encore de la chance avec la météo. Le ciel était clair, l’eau de cristal et un surprenant air doux. Nous avons pagayé du bateau vers l’embouchure de la rivière. Très vite, nous avons remarqué l’odeur forte du poisson et les restes de saumons gisant au fond de la rivière. Plus nous avancions, plus leur nombre augmentait. Un film d’horreur dans une eau claire, un lieu qui ressemblait fortement à un cimetière de saumons. Il y avait plusieurs ours assis sur les berges qui se délectaient de ces pauvres poissons. Un buffet pour ours bruns. Mais ces derniers ont vite décampé dans la forêt quand ils nous ont aperçus. Les gonflables étaient le meilleur moyen d’exploration, ils nous permettaient de remonter au plus loin dans la rivière malgré le manque de fond. Au besoin, nous pouvions toujours enlever les ailerons pour continuer notre progression. La météo annonça une tempête aussi nous décidâmes de mettre route sur Homer. Nous sommes arrivés tard dans la soirée alors qu’il faisait encore jour. Une nuit de plus passée à bord dans le port de Homer. Le matin, après un copieux petit déjeuné mexicain, nous avons chargé le truck de Scott pour une session de kite. C’était un jour parfait pour une 12 ou 14m2 avec des vagues déferlant à la taille. Kevin, alias the Wedge comme il a été surnommé ici par les locaux en raison de sa musculature imposante suite à ses nombreuses années de pratique en kite, déchirait le spot comme souvent. Kai était en strapless pour un moment avant de monter ses straps et d’envoyer quelques airs. Quand à moi, je ridais ma fidèle Global 5’5, ma planche passe partout. Les seuls incidents notables et drôles auront été de presque renverser notre cameraman Johnny Decesare alors que Kevin pié-

tinait mon aile en voulant m’aider. Mais ce fut une bonne session. J’ai essayé de rider avec des chaussons jusqu’à ce que j’explose ma 14m2. Quand j’ai gonflé la 12, je suis reparti pieds nus. Et même si l’eau est gelée, je ne me voyais pas rider avec des bottillons. Kiter avec les montagnes enneigées en toile de fond était magique surtout avec des vagues pour jouer. Après le repas, nous avons roulé une demi-heure pour passer la pointe et dénicher un beach break plus exposé à la houle et au vent, même si ce dernier était encore trop light pour espérer planer. Nous sommes alors retournés vers Homer pour une session de stand up glassy en soirée avec un reste de wind swell. C’était tout simplement parfait. De petites sections à hauteur de genoux passaient alors que le soleil disparaissait et que la lune s’élevait dans le ciel. Nous sommes restés jusqu’à 10 heures du soir dans l’eau, une longue et grosse journée d’action. Le matin suivant, nous avons refait la route pour un autre mascaret. Les prévisions de vent rendaient possible une session en kite, un phénomène plutôt rare. Ce trip en voiture nous a permis de nous arrêter à Taco Bell. Kai et moi avons fait une petite sortie au grand désespoir de Scott et de Kevin. Après cette session sur le mascaret, nous avons rechargé notre matos pour aller plus loin et rider la rivière dans sa partie la moins profonde jusqu’à ce que le vent tombe sans prévenir. Et comme le lendemain, nous escomptions une session en SUP sur le mascaret, nous avons opté pour un petit motel au bord de la route, une de ces chambres que l’on voit dans les films des années 70 avec le même mobilier daté. Rider ce mascaret en SUP était à la fois agréable et frustrant. Nous nous sommes avancés sur les bancs de sable pour remonter en aval la rivière. La vague est arrivée avec du retard. Quand nous sommes partis en take off, c’était très sympa à surfer. Mais au bout d’un moment, c’est toujours la même chose et tu cherches à engager des courbes plus radicales, tu croises la trajectoires des autres surfers, au point de perdre le fil et en fin de compte, la vague. Tu peux évidemment te consoler avec les suivantes, plus petites. La section de la vague au milieu est cependant plus lente que celles sur les côtés. Donc si tu te rapproches des berges sur les bancs de sables, tu peux éventuellement revenir sur la vague principale, celle de front. Trop sûr de moi, j’ai perdu deux fois la vague. Et à chaque fois, je m’en suis vu pour revenir à la force des bras, en pagayant fort. Nous avons surfé cette vague pendant 23 minutes, Kevin la ridant dans son intégralité. Ce n’est pas Pipeline mais c’est une expérience unique et nouvelle à tenter. La même nuit, nous avons rejoint Anchorage et célébré cette journée autour d’un bon repas mexicain. Après une nuit dans un motel de l’aéroport, il était temps de nous dire au revoir. Scott repartait sur le Milo pour un nouveau surf trip, Johnny volait sur LA, Kevin lui s’en allait en Hollande, et Kai et moi sur Maui. Nous avons été gâté avec ce temps merveilleux durant tout le trip, découvrant d’immenses contrées vierges. Si vous souhaitez vivre une aventure intense au plus près de la nature, avec ou sans jouets, l’Alaska est sans nulle doute une destination à mettre en tête de votre liste.


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La section de la vague au milieu est cependant plus lente que celles sur les c么t茅s.


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Danny Ching les mène à la baguette Texte et photos : Franck Debaecker

La Battle of the Paddle de Dana Point est la plus belle épreuve de l’année. Point de comparaison. C’est la seule épreuve réunissant les meilleurs mondiaux sur un même spot sur deux jours. Hormis Travis Grant blessé, ils étaient donc tous là. Une beach race et une longue distance pour les riders inscrits en Elite dans les disciplines de SUP race, le véritable championnat du monde avait donc lieu les 29 et 30 septembre au Doheny State Beach en Californie.


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Danny Ching est redevenu le numĂŠro 1 sur la BOP de Dana Point.


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n y a tous cru et lui le premier. Quand Eric Terrien a passé premier, et avec une confortable avance, la ligne d’arrivée de sa poule qualificative, loin devant les Jamie Mitchell et autres Georges Cronsteadt, les européens se sont mis à espérer un parfait hold up dans la finale avec une grosse performance du franco canarien. Il faut dire que le rider de Bic/Select avait de quoi nourrir nos espoirs. Accélération facile pour larguer ses poursuivants dans la dernière partie de la course, surfs aisés et contrôlés sur sa 25 ½ pourtant instable, il était certainement ambitieux de sa bonne préparation. Le matin, j’avais croisé Eric alors qu’il passait sa planche à la jauge. « Nous n’avons jamais été aussi bien préparés », confiait-il, le nous faisant référence aux coureurs partageant son logement, Belar Diaz ou Yoann Cornelis du team Fanatic/Kialoa. Arrivée très tôt en Californie, Eric avait pris le temps de s’acclimater et de remporter une course, la Surf

Annabel Anderson, la meilleure chez les femmes. Race To Victory, une semaine avant la BOP 2012. La confiance était donc là et pour bien le connaître, je n’avais jamais vu le Français aussi décontracté. Leader de la discipline race, il encourageait même les riders du team France qui pouvaient douter de passer les « qualifs ». « Vous avez tous largement le niveau pour passer en finale », lançait-il. Et apprenant que le numéro 2 français, Gaétan Séné, participerait à cette BOP avec une planche gonflable, choix technique très gonflé si vous nous passez l’expression, Eric ne semble pas surpris : « c’est pas con ». Car outre la performance d’Eric Terrien sur cette BOP, il y a côté français un match dans le match. Greg Closier, considéré comme le numéro 3 en France, espère bien passer devant Gaétan Séné et lui ravir sa place. Il aura pour convaincre deux échéances importantes : la première est cette BOP de Californie. Avec des vagues sur le parcours, cette configuration de course est plutôt à son avantage. La seconde sera le championnat de France organisé du côté de Crozon/Mor-


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Kai Lenny toujours en progression en race. gat. Un parcours « mijoté aux petits oignons » de longue date sur un plan d’eau que connaît parfaitement le Breton de Hobie/Kialoa. Voilà donc pour les enjeux côté Français. Mais ils étaient bien plus nombreux à prendre le départ de cette BOP. Arthur Arutkin, le jeune rider de Starboard/Select incarne l’avenir même s’il est plus à son aise sur une planche de vagues. Il y a aussi Didier Leneil, « l’ancien » toujours jeune sur l’eau, venu de sa méditerranée pour être de la fête avec sa Fanatic et sa pagaie Outside Reef. Idem pour Pascal « le coach Starboard France » Pouget. Il y a aussi les nouvelles recrues du team Hobie Kialoa, Vincent Verhoeven et Yves Gondre. Yoann Cornelis était lui un peu plus inquiet car ressentant une douleur aux côtes. Chez les filles, Olivia Piana (Fanatic Outside Reef), Caroline Angibaud (Hobie Kialoa) et Celine Guesdon seraient de cette beach race, Céline étant handicapée par un petit doigt cassé. N’oublions pas Olivier André, Mathieu Babarit et Cécile Gondre, tous trois inscrits sur l’open race, la course « conviviale »

du samedi, et sur la longue distance du dimanche. Voilà pour les enjeux et les inscrits. Aussi quand Danny Ching « masterise » sa poule qualificative devant les petits jeunes Kai Lenny en tête, et qu’Eric Terrien fait de même dans son heat, toute l’équipe de Get Up sur place se dit qu’une petite opposition entre ces deux grands compétiteurs aurait de la gueule. On se remémore l’entretien que Danny nous avait accordé (Get Up N°5) et dans lequel Eric lui demandait quelle serait sa réaction s’il le (Danny) passait lors du sprint final ? Rires du Californien, ce dernier savait déjà qu’il faudrait être sacrément costaud pour le battre sur son terrain. Et comme prévu, les premiers cinquante mètres seront décisifs. Passer la première bouée en bonne position au contact des meilleurs est l’unique chance de bien figurer. Au delà, point de salut. Peu importe les petits accessoires pour relancer vite après la chicane sur le sable, la bonne coordination avec votre caddie. Sans


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Arrivée mouvementée pour Eric Terrien sur la longue distance. un bon départ, tout cela n’aura pas d’importance. Et quel « Putain de départ. » Que les puristes linguistes de l’académie française me pardonnent cette entrée en matière pour vous relater cette finale qui restera encore dans les annales. Mais une fois encore, le moment le plus stratégique, primordial, culminant de cette finale ne sera pas à la hauteur de l’événement. Peut-être la seule fausse note de la partition. Car la marée basse n’a pas arrangé les affaires des beach marshalls. Deux options étaient possibles : à gauche en regardant la mer, il y avait plus de fond mais la ligne d’avantage était à droite, sur les rochers. Alors quand le coup de trompe a lancé les coureurs après une longue attente pendant laquelle chacun chercha à gagner quelques mètres précieux, Kai Lenny et Mo Freitas sont partis comme des fusées à gauche pendant que Jamie Mitchell sautait comme un kangourou sur le reef pour chercher enfin du fond et monter sur sa planche. Chez les européens, tous les spectateurs avaient les yeux rivés sur le numéro 8, Eric Terrien.

Banco, tapis, rien ne va plus. Car juste avant d’arriver à la bouée, Eric Terrien tombe alors qu’il pointe à une providentielle 10ème place. Le temps de remonter, et la messe est déjà dite. Les meilleurs ont fait le trou, Eric aura bon cravacher, il ne pourra recoller. Devant, Kai Lenny a creusé un premier écart. Sera-t-il en mesure de tenir à distance ses rivaux ? Bonne question ? A la bouée du hammer, le premier à se faire piéger est Jamie Mitchell. Alors que l’australien, la légende de la Molokai, négocie son virage, une vague anéantit tous ses espoirs de résultats. Jamie au tapi. Devant Kai Lenny suivi de Danny Ching et Connor Baxter se font la belle. Le podium se jouera entre ses trois prétendants. La course défile. Danny Ching tout en puissance revient finalement sur Kai Lenny un peu juste. Connor augmente lui la cadence pour recoller juste avant un passage sur le sable. Les trois riders arrivent ensemble dans la chicane et le public exulte. Difficile d’imaginer la clameur d’un millier de personnes quand les trois rameurs dévalent la pente


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de sable pour plonger sur leurs planches et repartir. Alors qu’ils se tiennent, on assistera à un premier rebondissement. Toujours à la bouée du hammer (celle à droite en regardant la mer), Kai Lenny chute. Danny est devant, Connor s’arrache pour filer à sa poursuite. Espérance de courte durée. Au tour suivant, c’est lui qui chute au même endroit. Il perd sa pagaie et laisse filer Danny suivi de Kai vers l’arrivée. Alors le public gronde pour saluer la victoire du local californien sur les deux hawaïens. Après avoir chuté en 2011, Danny Ching est le coureur qui aura fait le moins d’erreur sur ses deux manches. Il a dans son style “académique” parfaitement contrôlé la course et comme il nous l’annonçait, il a repris son bien. « Putain de départ », Danny Ching a visiblement pris le bon. La Battle dans les vagues, les déçus de la veille espéraient bien se refaire le lendemain sur la longue distance. A commencer par Eric Terrien. La mise en route fut encore longue. Danny Ching, vainqueur la veille en beach race, prenait son temps en apposant

ses autocollants sur sa 25 1/2 de large. Plus soucieux était Jamie Mitchell : l’australien se massait une côte douloureuse et étirait une cheville gonflée. Pas à la fête, il semblait fuir les photographes trop intrusifs sans son espace vital et restait à l’abri sous la tente d’un de ses sponsors. Greg Closier se désolait de sa planche, une 28’’ de large de l’année dernière sur laquelle il lui serait difficile de tenir la cadence face aux planches fines du moment. Chez Fanatic Chase Kosterlitz waxait sa 14’ construction creuse : « on ne sait jamais, dès fois que je chope un bump ». Lentement, après avoir écouté solennellement l’hymne national, les coureurs, hommes et femmes ont donc rejoint la ligne de départ, Jamie semblait avoir du mal à tenir sur sa planche étroite. Dans une épreuve parfaitement organisée, une grosse machine demandant de nombreux bénévoles et compétences, le départ restera encore le maillon faible. Celui de la longue distance 2012 n’a pas dérogé à la règle. Mais enfin, alors que sur la beach race, ce dernier conditionne à 80 %


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Combien sont-ils sur la vague ? le résultat final, sur la longue distance, il est plus relatif. Dès le coup de pistolet du start, après que les beach marshalls eussent aligner les coureurs, deux lignes de draft se sont organisées. Dans l’inside, Danny Ching et Jamie Mitchell ont emmené un premier groupe de leaders alors qu’au large, des gars comme Slater Trout, Eric Terrien ou Kai Lenny ont organisé une autre ligne. Ces deux trajectoires ont enfin convergé en un triangle isocèle, Pythagore ne nous aurait pas démenti ! Mais comme sin x + cos x font toujours 1, Dany Ching a vite pris les devants. Le bougre californien, fort de sa puissance, de son geste parfait de son aura et de son intelligence de course, savait bien que son compère Bob Rojas allait imprimer un rythme fort à cette course sur son Unlimited. Un lièvre parfait de ceux qui donnent des ailes. Danny avec panache a donc calqué sa course sur la sienne, sachant pertinemment que derrière, les différents trains de drafters allaient se neutraliser. Car si le draft est stratégique, il annihile aussi et paradoxalement les velléités des plus entreprenants. Simple logique, imparable théorème de mathématique. Car si vous produisez un violent effort pour opérer une cassure, le risque est double : vous emmenez des poursuivants dans votre sillage et vous entamez vos réserves pour leur compte, ces derniers restant opportunistes à l’abri derrière vous. Au final, comme dans une course cycliste, les suiveurs sans tactique concertée, ne génèrent pas assez de vitesse pour revenir sur la tête de la course. A trop vouloir drafter, ils laissent passer le bon train, celui de la victoire. Avec le développement de ces grandes courses et de teams structurés, il ne serait pas étonnant que des stratégies de team s’instaurent à l’avenir, mais nous n’en sommes pas encore là. Un seul gars a su tenir la cadence de Danny Ching. Longtemps, les commentateurs ont eu du mal à l’identifier jusqu’à temps qu’il ne vire sur sa planche blanche et rouge et avec une vingtaine de mètres d’avance, la bouée juste devant la plage. Partout ailleurs sur un plan d’eau plat, ce gars, ce rameur de

panache, ce mousquetaire de la pale, cette fine lame royale aurait sans conteste passé la ligne en second derrière le king Ching. Mais à Dana Point, haut-lieu de la Battle, il faut encore compter sur les conditions. Ce mousquetaire, c’est bien évidemment Eric Terrien. Et le clan français sur la plage s’est mis à espérer en le voyant arriver dans son style si caractéristique. Mais une petite vague s’est levée au large. Et ce finish idyllique a viré au cauchemar, à la déroute à Waterloo ! « Je devais faire attention à ne pas faire de faute à la fin de cette course, alors que j’avais encore des forces, raconte Eric Terrien, très ému quelques minutes après la fin de la course. Ma planche custom est rapide mais très instable, j’ai dû la tenir pendant tout le parcours surtout dans le backwash. Elle fait 25’’ et n’est pas assez creusée au niveau des pieds. J’aurais pu gagner un peu de stabilité en abaissant son centre de gravité. Quand j’ai viré second à la dernière bouée juste devant la plage, je savais que rien n’était fait car j’ai vu un set rentrer et mes poursuivants directs revenir. J’avais mes chances, nous étions tous à égalité quelques secondes avant la ligne. Sur la vague, j’attendais le bon moment pour pagayer et me lancer. En le faisant trop vite, je descendais trop dedans et je risquais de perdre ma vitesse. » Alors que Kodie Kerbox, Jamie Mitchell, Kai Lenny, Eric Terrien et Slater Trout sont sur la même vague, la clameur du public est une nouvelle fois montée. Les quelques secondes qui allaient suivre seraient cruciales, déterminantes après une heure et demi de course. Pour nous français, le temps s’est arrêté. Eric Terrien s’est retrouvé pris en sandwich par Lai Lenny à sa droite et Slater Trout (sa bête noire, ndl) à sa gauche. Les deux Américains, plus véloces et roublards à la course, ne se sont pas privés. Kai déboule en second suivi de quelques dixièmes par Slater. Énorme déception pour Eric Terrien mais c’est aussi dans ces moments difficiles que l’on acquiert une profitable expérience. En 2013, le meilleur européen sera revanchard .Il ne se laissera pas conter fleurette de la sorte à l’arrivée.


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Le clan français n’a pas démérité. En 2012, ils étaient plus nombreux à parfaire leur anglais et découvrir la BOP. Revue d’effectif. Sur la photo, de gauche à droite : Michel Rozenwajn, sup surfer de Fuerteventura, distributeur Europe de Hinano, PSH et Kialoa en Espagne, Olivier André, Olivia Piana, Didier Leneil, le coach Pascal Pouget, Mathieu Babarit, Caroline Angibaud, Arthur Arutkin, Yves Gondre, Vincent Verhoeven, Eric Terrien, Gaétan “bibendum” Séné, Cécile Gondre, El Georget Wuilmart, Greg Closier, Anick Fornallaz (distribution Hobie, RRD, Badfish pour la Suisse), Céline Guesdon, Jean Philippe Wuilmart.

Didier Leneil : troisième français de l’épreuve, et seul podium français de la battle dans sa catégorie d’âge, le sudiste termine avec Gaétan Séné dans la longue distance et fait 2ème dans sa catégorie d’âge (40/49) . “Rien à dire sur ma board, juste un manque d’entraînement ces derniers mois (tendinite oblige). Didier Leneil s’est arraché sur cette longue distance pour accrocher le train du draft avec Gaétan Séné et Arthur Arutkin en tête du peloton. Il termine devant des locaux comme Colin McPhillips et reçoit son trophée des mains de Jerry Lopez en personne. Rien que pour cela, ce trip valait le détour. Sur la battle, Didier se classe 28ème.

Greg Closier : Qualifié pour la finale en beach race, Greg ne prend pas un super départ piégé par les beach marshalls qui demandaient aux coureurs de reculer tout en donnant le signal du départ. 33ème de la beach race et 01:41:48 pour la longue distance synonyme de 22ème place juste derrière le kid Arutkin. Greg espérait mieux à juste titre, il a le niveau pour taper une 15ème place en beach race. En 2013, il sera de nouveau à Dana Point, voire avant au Brésil pour la prochaine BOP annoncée à Rio en 2013. «Si tu vas à Rio, N’oublie pas de monter là haut, Dans un petit village, Caché sous les fleurs sauvages...


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Arthur Arutkin : Belle première épreuve pour le jeune rider de 15 ans du team Starboard. Il se qualifie pour la finale et termine à une très belle 32ème place. Dans la longue distance, il accroche le train des meilleurs et finit à une belle 21ème place. De la graine de champion avec un peu plus de niaque.

Olivia Piana : Elle participait aussi pour la première fois à la BOP de Dana Point. Malgré une petite frayeur durant la séance qualificative de la battle durant laquelle elle ne trouve pas son caddie, elle se qualifie avec brio. Dans la finale, elle termine à la 81ème place au scratch (12ème féminine) en 00:57:37 à 8 minutes de la vainqueur Annabel Anderson. Sur la longue distance, elle réalise une troisième place en stock dans sa classe d’âge en 01:59:56.

Mathieu Babarit termine la longue distance en 01:52:25 à la 97ème place. Il participe aussi à l’open race et remporte la catégorie 12’6. Il se classe 9ème au scratch.

Céline Guesdon : Avec un petit doigt cassé, il fallait vraiment avoir du courage pour s’aligner sur une battle et la longue distance de Dana Point. Oh mérite, oh courage, chapeau bas. Une 14ème place dans sa catégorie avec une main de robot cop, c’est déjà très fort, mais malheureusement insuffisant pour passer en finale. Céline partira pour la longue distance le lendemain et terminera 18ème de sa catégorie en 02:02:56. Caroline Angibaud : La rideuse de Hobie/Kialoa arrivait certainement une peu juste au niveau entraînement foncier. Elle signe une belle performance dans la course Elite de la battle sur sa Hobie avec une 19ème place en 1:01:14. Ayant une épaule douloureuse, elle ne participera pas à la longue distance.

Pascal Pouget termine à la 137ème place en 01:56:31. Une belle première BOP pour le coach. Olivier André : “Roger, à vous la tour”. Décollage immédiat pour la longue distance. Après 02:02:08, le voilà à bon port garant sa 12’6 Hobie dans la chicane d’arrivée. Pour l’open race, le temps de vol sera plus court, 00:44:25.


Cécile et Yves Gondre : Yves termine 40ème dans la séance qualificative de la battle, 118 au scratch sur la longue distance, 5ème en 12’6 dans sa catégorie d’âge, Yves a vécu de l’intérieur un événement extraordinaire avec sa femme Cécile. Cette dernière se classe 184ème sur l’Open race et 300ème sur la longue distance en 02:20:37.

Yoann Cornelis : le breton de Fanatic ne participera qu’à la battle, il sera blessé aux côtes sur la longue distance. 15ème dans les qualification, Yoann termine à la 27ème place, une bonne première expérience pour le futur en beach race.

Vincent Verhoeven : “Une BOP dans la douleur !” Qualifié pour la finale, il se fait une bonne torsion à la cheville en sautant de sa board à l’avant dernier tour. Il finit donc dans la douleur. A cause de cette blessure, il ne participe pas à la longue distance.

Eric Terrien et Gaétan “bibendum” Séné les deux meilleurs français conservent leur rang sur les différentes épreuves. Une 7ème place au scratch en 01:36:02 après une arrivée pour le moins pépère et une 17ème place sur la beach race catastrophe. Gaétan courait lui sans pression apparente (pas mal le jeu de mot) car ayant choisi une gonflable sur les deux épreuves. Il finit 18ème sur la longue distance en 01:41:23 et 30ème sur la beach race.


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En bois e t sur mesure

Si vous cherchez une pagaie en bois adaptée à votre technique et à votre morphologie pour ramer (en pirogue ou en stand up paddle), retenez juste ce nom : Julien Espinassou. A 32 ans, ce Rochelais d’origine est maintenant installé à Anglet où il réalise dans son atelier des pagaies de pirogue et de stand up paddle. Nous l’avons rencontré. Julien Espinassou a passé une année en Nouvelle Zélande. Un second voyage dans ce pays tourné vers la mer et où la pirogue est populaire. A l’occasion de ce voyage initiatique, Julien a testé une multitude de pagaies et les a comparé. Une occasion unique de comprendre que le confort et la performance ne s’obtiennent que dans les détails. Durant ce trip, Julien rencontrera à Ngunguru Kris Kjeldsen (décédé en 2011), créateur de Moana Nui Canoes. De cette rencontre, Julien apprendra son savoir faire, les combinaisons des différentes essences de bois. « J’étais fasciné ! ». A son retour en France, il se lance dans la réalisation des ses pagaies avec ses propres « templates ». Waka Ama, pirogue à balancier en Maori, est le nom de sa marque. Des pales avec différentes essences de bois en fonction des zones de travail.

sommes entre 9 et 13°. L’angle va dépendre en premier lieu du rameur, de son geste, c’est très personnel. Ensuite, la hauteur du siège du rameur influence la pagaie. Plus tu es haut, plus tu vas avoir de l’angle. En stand up, on met un peu moins d’angle, c’est une question de ressenti. On sait aussi que pour aller vite, c’est devant que le geste est important. Avec la longueur du manche, il est moins nécessaire d’avoir de l’angle, tu as juste besoin d’avoir un bon appui dans l’eau.

Comment choisis-tu les différentes essences de bois pour tes pales ? Selon les zones, je choisis des essences particulières. Par exemple, sur les extrémités, pour parer aux chocs, j’opte pour des bois denses comme le noyer, le samba ou le dibetou. Au centre de la pagaie, avec l’épaisseur plus importante, je choisis des bois plus tendre et léger comme le cèdre jaune. Au milieu, j’ajoute deux raidisseurs. Ce sont deux bandes d’un bois dur comme le red cedar ou l’acajou. En fonction de toutes ces essences et de l’assemblage réalisé, je peux jouer sur le flex de la pale. Pour les pagaies de stand up, le manche en bois est travaillé sur 20 centimètres pour rentrer au millimètre dans un manche en carbone. Une stratification à la jonction permet d’avoir un ensemble très fiable. Chaque pale est aussi stratifiée (epoxy) et glacée (polyester plus polish).

Non sérieux ? Difficile à dire, je ne fais pas les compétitions fédérales qui ne son pas à mon goût. Je ne fais pas les championnats de France car ce ne sont pas des parcours glissants. Je fais par contre toutes les autres courses comme l’Orroferro (Toulon) ou la Presqu’île Paddle Race.

Quel angle prônes-tu pour une pagaie de SUP race ? Sur un stand up, je propose en 7 et 9° alors qu’en pirogue nous

Nous t’avons vu sur une course organisée par Ludovic Dulou, course que tu remportes en OC2 (pirogue deux places). Comment tu te situes au niveau national ? Olympique !

Le stand up ? Je pratique aussi mais pas en course. Ton entraînement en pirogue ? En période de course, une sortie tous les deux jours, soit 20 kilomètres. Du surf et de la course pour entretenir le cardio. Dernière question, le prix d’une de tes pagaie ? 280 euros. Site : http://www.wakaama-paddles.com/


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Gaël Faye

Ondatrópica

Si vous avez adoré l’album des cubains du Buena Vista Social Club initié par Ry Cooder et immortalisé par le réalisateur par Wim Wenders, peut-être serez-vous sensibles aux rythmes « caliente » du projet Ondatrópica. C’est un voyage de sept mois réunissant des musiciens colombiens inconnus sous nos contrées et ce, sous l’égide de Mario Galeano et du producteur anglais Will Holland (musicien et DJ de Quantic). Sur cet album, des musiciens tels Fruko, Anibal Velásquez, Michi Sarmiento, Alfredito Linares, Pedro Ramayá Beltran, Markitos Mikolta, and Wilson Viveros font preuve d’un groove latino incroyable. Le titre Tiene Sabor, Tiene Sazón ouvre cet album et vous embarquera à n’en point douter. A ne pas manquer sous aucun prétexte.

Pili Pili sur un croissant au beurre Gaël Faye est né en 1982 au Burundi, d’une mère rwandaise et d’un père français. A treize ans, il quitte son pays natal, en proie à la guerre, pour rejoindre la France. Après des études de commerce qui le mènent à Londres, Gaël plaque tout pour sa musique. Avec Edgar Sekloka, il forme le groupe de rap Milk Coffee & Sugar. Nous vous conseillons d’écouter le texte des deux premiers morceaux de l’unique album du groupe « Alien » et « Prévu, pas prévu », quelques bonnes vérités distillées en piano voix. Avec ce même groupe, Gaël croisera les sud africains de Tumi and the Volume. Avec ce même Tumi, il réalisera sur son album solo « Blend », texte qui dénonce les excès de notre société. Produit par Guillaume Poncelet (très bon musicien de jazz qui a déjà collaboré avec Ben l’Oncle Soul), cet opus sonne bon le funk, le jazz et la soul. Rien que pour le duo avec Tumi Molekane, cet album est à découvrir, la pertinence des textes tranche avec le côté bling bling de certains artistes de rap (« Fils du Hip Hop »), qui s’en plaindrait.

Calexico

Algiers Depuis quatre ans, le groupe de Tucson Calexico n’avait pas sorti de nouvel album. Ils reviennent avec Algiers, nom d’un quartier de la Nouvelle Orléans où Joey Burns et John Convertino ont enregistré. Calexico est une musique pour les grands espaces, très cinématique aux arrangements subtils. A la croisée du folk et de la country, on retrouve certaines influences mexicaines qui font le charme de leurs compositions. Plus sombre peut-être que les précédents albums, on reste tout de même emporté par des titres comme « The Vanishing Mind ». Les titres suivants sont des lives enregistrés avec des orchestres classiques. Cinématique.

Cat Power

Sun Six ans que Chan Marshall n’était pas revenue avec une nouvel album. Si en filigrane, on retrouve tous les éléments d’identification qui ont toujours jonché son parcours, c’est donc incontestablement une Chan Marshall nouvelle que dévoile ce Sun, album sur lequel la jeune femme joue de tous les instruments. Après le magnifique crépuscule soul de The Greatest, Sun rayonne d’une lumière inédite dans la discographie de cette quadragénaire sensible de l’indie-rock américain. Et c’est avace la moitié de Cassuis dans le studio Motorbass de Philippe Zdar, elle nous a donc concocté un album puissant (Ruin) enrichi de rythmes électroniques blues techno-pop.


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Morning Of The Earth Par Ronan Botrel

Aloha les petits gars, Notre culte de la glisse passe aussi par l’image, c’est donc d’un film que je vais vous parler, un pur film de surf, du genre. Si vous deviez prendre le temps de regarder un film du genre, ce serait certainement « Morning Of The Earth », réalisé au début des 70’s par Albert Falzon. Ce réalisateur est australien et fût le collaborateur de Georges Greenough, autre grand nom du cinéma de surf dont je vous reparlerai. « Morning Of The Earth » est un grand film, porté par une bande-son psychédélique composée pour l’occasion et totalement intemporelle. Le mysticisme plane sur tout le film, et dès le début, l’eau, les couleurs saturées, le soleil, la terre, les rochers, une droite qui déroule à la perfection, tout coule de source. Les surfeurs filmés sont Terry Fitzegerald, Michael Peterson et Nat Young. C’est la crème du surf australien. Les protagonistes vivent dans des cabanes perchées dans les arbres, shapent leurs fishs et singles au milieu des champs, caressent les vagues d’Angourie, Lennox Head et Kirra de leurs trajectoires pures, tellement old school, si loin des canons du surf aérien d’aujourd’hui (même si cette tendance «old school» redevient très à la mode avec l’émergence de shapers underground proposant des shapes atypiques). Lors des séquences hawaiiennes, ils seront rejoints par Gerry Lopez, Barry Kanalaupuni, à Rocky Point et sur le North Shore d’Oahu. De belles séquences aussi à Uluwatu (Bali), à peine découverte et déserte, fréquentée uniquement par les pêcheurs sur

leurs pirogues à balancier. C’est d’ailleurs ici, au-delà des lieux et des surfeurs mythiques cités plus haut, que le film prend une résonance unique, nous donnant à voir l’expérience d’un adolescent de 15 ans, jamais sorti d’Australie jusqu’alors... Stephen Cooney, sorte de double fantasmé du réalisateur, découvre la beauté et la violence de l’Indonésie (une séquence de combat de coqs, hallucinante), profite de l’expérience de Rusty Miller (oui, celui de la marque Rusty), voit son monde transformé par une culture millénaire. Une expérience totale ! Ce sont toutes ces petites pépites que vous pouvez voir briller à travers ce film solaire, liquide, envoûtant. En un mot, incontournable. Après des années de confidentialité, ce chef-d’oeuvre du film de surf est facilement disponible et je vous souhaite, après l’avoir déniché, une belle expérience initiatique. Hasta la vista babies. Le Doc.

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Des planches de race chez Bonz Après un premier proto dont vous aurez peut-être vu les images sur un réseau social dont l’action plonge, Bonz proposera très prochainement en shops un gamme de race. Il y aura une 12’6 par 29’’ de 245 litres et une 12’6 par 27’’ de 210 litres. Les planches sortiront d’un prestigieuse usine chinoise qui réalise beaucoup de SUP race d’autres marques connues. Les planches seront en full carbon sandwich. Suivra une 14’ par 28 ½ typée downwind et une 12’6 par 29’’ sandwich bois uniquement sur commande. A l’heure où nous rédigeons ces lignes, les tarifs publics ne sont pas encore arrêtés, proche de 1900 €. Outside Reef Pop Nous avons essayé la Pop Up carbone kevlar d’Outside Reef, un modèle haut de gamme prisé de nombreux coureurs. La pale à la surface raisonnable est idéale pour ne nombreux pratiquants, elle n’est pas traumatisante et procure de l’appui. La poignée en T est aussi agréable à l’usage. L’ensemble est léger et nerveux (339 €). Un très bon modèle donc pour la race ou la balade sportive. Ce shape est décliné aussi en modèle vario (172-222) à 279 € en 30% carbone. Notons enfin que Outside Reef propose des ailerons de race carbone très légers, prix 120 €

Redpaddle en 2013 La marque anglaise de stand up paddle gonflable, proposera en 2013 de nouveaux modèles et deux nouvelles technologies. La première est une nouvelle valve avec un nouveau joint approuvé avec un capot de fermeture et une fixation renforcée. La deuxième innovation est l’addition de lattes le long des rails permettant de rigidifier la planche (RRS pour Rocker Stiffening System). Côté planches, on retrouve des modèles grand public mais aussi des planches plus pointues en 12’6 par exemple. Seront donc au catalogue la Ride en 10’6 par 32” pour 120 d’épaisseur, la Mega en 10’8 par 36” pour 120 d’épaisseur, la Surfer en 10’ par 30” pour 100 d’épaisseur, l’All Water en 9’6 par 32” pour 100 d’épaisseur et la Surf Star en 9’2 par 30” pour 100 d’épaisseur. Très intéressantes seront les nouvelles 12’6 Explorer (en 12’6 par 32” pour 150 d’épaisseur) et la 12’6 Race (en 12’6 par 30” pour 150 d’épaisseur). Trois épaisseurs seront donc possibles selon les modèles pour plus de confort et de flottabilité (100, 120 et 150 mm). Site internet : http://www.redpaddleco.com/ Tarifs : 1199 € pour les deux 12’6, de 799 € pour la 9’2 à 895 € pour la 10’8.

14’ F-One en test Nous avions eu l’occasion de rider la petite sœur en 12’6 et souhaitions éprouver cette 14’ par 29’’. La planche est très confortable, facile d’accès et typée downwind. Cela sous entend qu’elle est beaucoup plus tolérante que de nombreux modèles plus étroits qui voient le jour en 2013. A l’usage, on se sent en confort sur des parcours agités où le vent et la houle perturbe le plan d’eau. La planche glisse aussi facilement sur le moindre petit bump, un vrai plaisir à qui veut s’essayer au downwind. Sur le plat, il faudra être un très bon rider pour être gêné par les 29’’ de large. L’arrière spatulé ne colle pas à l’eau et la planche est vivante et nerveuse. La finition est parfaite, la déco réussie. Une très bonne planche, cette 14’ étant parfaite pour les longues échappées par tous les temps.


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Naish gonflable en 12’6 La Naish 12’6 Air One est une planche plus épaisse (6’’), plus large (30’’) et plus volumineuse que les modèles gonflable 12’6 que nous avons testés (par exemple les Starboard Astro). Rigide, bien finie, la 12’6 One est donc plus orientée grand public et balade. Le tarif est de 1249 €.

Nouvelles races chez Fanatic La marque allemande a réussi son entrée dans le marché du stand up grâce à ses planches de race. En 2013, la marque proposera de nouveaux modèles dans tous les programmes. Il y aura donc une nouvelle Ripper pour les kids. Les plus avertis en SUP surfing se tourneront vers la gamme ProWave très typée shortboard avec son très beau finish Innegra Carbon. Nous avons vu un modèle à Lyon, les planches sont très légères et superbes en finition (HRS, High Resistance Skin). La gamme Fly est désormais disponible en gonflable et vient compléter les versions GripDeck, SoftTop et HRS. Cette gamme verra aussi l’arrivée d’une nouvelle 12’ gonflable. Dans la gamme Race, que de nouveautés : une nouvelle BOP Falcon Race de 12’6 par 25’’ dont les riders du team vantent la stabilité malgré son étroitesse. Elle est aussi déclinée en 27,5’’ et 30’’ pour les débutants en race, les lourds ou les adeptes des plans d’eau agités. Il y aura aussi une superbe Falcon Race 14’, elles aussi dispos en ces mêmes trois largeurs. Ces planches vont encore faire parler d’elles avec le team Fanatic et la finition exemplaire. Si les shapes sont très orientés course, la marque a souhaité conserver de l’accessibilité avec la gamme Freerace Ray, à tester sur l’eau. Enfin pour les surfers, la gamme de surfs McKee, développée avec le surfer australien Bruce McKee devrait en intéresser plus d’un avec sa construction rigide et légère en bamboo epoxy et strat biaxial.

Etanche Nous sommes tombés sur les derniers sacs à dos étanches de Tribord (16 et 28 litres). Un modèle fonctionnel et très bien placé en prix (à partir de 34,95 €) parfait pour le stand up paddle en balades pour emporter un change ou un appareil photo.

Une 12’6 « downwind » chez Tropical Blends Si vous cherchez une 12’6 facile d’accès, confortable et capable de surfer de jolis bumps sur un parcours en mer, regardez la Makani, une 12’6 par 29,5’’. Le nez n’a pas d’étrave (même principe que sur les Nah Skwell Scow) mais le principe est moins prononcé. Sur l’eau, le responsable de la marque Jim explique que cette absence d’étrave évite que la planche pousse de l’eau avec un clapot latéral. A l’inverse, avec un nez plus plat sur la partie carène, la planche lifte plus facilement sur le moindre bump et par plus vite au surf. La construction en carbon PVC est exemplaire, un modèle du genre. Une planche à considérer si vous débutez et que vous chercher un modèle haut de gamme ou si vous êtes adeptes des downwinds. Prix : 2100 € pour la version ultra light et 2580 € pour la full carbon Monster Paint, l’accessoire indispensable Un problème ponctuel ou récurrent d’antidérapant, la solution est la bombe Monster Paint. Facile d’usage et performant, cette bombe rajoutera du grip là où vous en avez besoin. Gaétan Séné utilisait par exemple ce produit pour ajouter du grip sur sa Starboard 12’6 Astro gonflable à l’arrière de sa planche. De même, de nombreux sup surfers ont adopté ce produit pour ajouter du grip sur leur manche de pagaie. A l’inverse de la wax, le Monster Paint ne « salit » pas votre manche et s’estompe avec le temps. Disponible via Enbata et dans les meilleurs shops. PPC : 30 €.


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FĂŠlicitation Danny ! 1 er Elite Race 1 er Longue Distance Battle of the Paddle Californie 2012

www.enbata.com


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Badfish bientôt en France La société Double V (distributeur Kialoa, Hobie, PSH, Howzit) basée à Cogolin annonce qu’elle distribuera dès la fin de cette année les gonflables Badfish. Cette marque, née dans le Colorado de la rencontre entre Zack Hughes et Mike Harvey, s’est spécialisée dans les modèles de stand up de rivière. Son modèle gonflable le MCIT pour Multi-Chamber Inflatable Technology est une planche à double chambre brevetée. Cette technologie est plus fiable dans les rapides mais permet aussi d’avoir un contrôle du rocker et des rails plus fins. Un modèle unique pour les adeptes de la descente en rivières ou pour la balade et les parties de pêches. Trois tailles seront disponibles, 9’0 (1269 €), 10’6 (1295 €) et 11’6 (1355 €), les planches seront en trois couleurs. Fisherman : 11’ par 39’’ de large équipé pêche avec support canne à pêche (1695 €). http://badfishsup.com/

Pagaies NP NP, la marque d’accessoires lancées par Neil Pryde, nous a envoyé deux pagaies en essai. La première est l’Infinity, une pagaie de race haut de gamme. L’Infinity Pro 105 (existe aussi en 99 et 90) a une rigidité de manche en indice rigidité 35 (existe aussi en 40 pour la 90). La pale est importante et procure beaucoup d’appui. Idéal pour s’arracher vite et bien. La pale est dotée d’un double concave sensé renforcer l’appui. Les manches de type ovoïdale tombe dans la main. Il est en finition mat pour ne pas glisser. Cette pagaie est livrée avec housse de pale et kit de collage. Une superbe finition pour un très bel ensemble, à choisir la 99 nous semble le modèle de race le plus polyvalent (299 €). La seconde pagaie est superbe en présentation avec son placage bois. La Drop en finition Hybrid 65 % de carbone ne laisse pas indifférent. Sa pale de 88 avec une rigidité de manche indice 40 est parfaite comme pagaie polyvalente, pour une session en vagues tout comme pour une longue distance sur une planche freerace. Certes, avec un moindre pourcentage de carbone, l’ensemble est un poil plus lourd (manche en prepreg) mais si vous ne cherchez pas un titre en compétition, cette pagaie rempliera son rôle (280 €). En tout cas, nous avons adoré ce modèle, à vous de tester pour vous forger votre propre opinion.

www.sossego-surfcamp.com


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Quatre nouvelles planches chez Nah Skwell Ca va surfer en 2013 chez Nah Skwell. Bruno André (en charge du R&D) et le shaper Pascal Gerber ont présenté les nouvelles SUP de vagues. Une petite 8’4 dans la gamme Surf dont nous avons déjà parlée, et deux SUP longboards. Ces derniers feront partie de la gamme Longboard Series. Les rails sont très fins, les arrières pincés pour que la planche réagisse à la moindre pression du pied arrière. Ces deux shapes seront dispos en 10’ et 11’ (28” et 28” 3/4) pour 138 et 145 litres de volumes. Assurément de très beaux shapes à qui cherche une planche qui parte très facilement au take off (avant porteur et planche tendue) et qui veut carver grâce à une arrière agressif. Chez AHD (même équipe de développement), un nouveau Sealion 8’3, même volumes avec des rails plus fins pour engager plus facilement au bottom voit le jour (999 €).

Nouveautés Redwoodpaddle La gamme Redwoodpaddle (4 ans d’existence déjà) s’étend avec des nouvelles constructions pour toute la marque, plus solides et plus légères. Deux nouvelles Funbox, une girly (rose ) et une pour les costauds, la 10’6 maori, les Funbox sont les planches faciles pour la balade et le surf tranquille. Une nouvelle gamme Turncoat en bambou est dispo dans plusieurs tailles. Programme surf accessible et facile entre les Funbox et les Sources. Ces dernières, surf pur et dur, sup agressif sont disponibles uniquement en bambou avec un prix moyen a 699 € de 8’ à 9’3. Deux planches gonflables une Funbox ‘R en 9’6 et une race la Warmup ‘R en 12’6 seront aussi au catalogue. Enfin, la gamme race epoxy Warm’up sera dispo en deux tailles, en 10’6 et 12’6. Outre les planches, il y aura aussi des housses de pagaies, des leashs et des pagaies. Elles seront disponibles dans différentes fabrications en carbone fibre, full carbone, kevlar, et carbone bamboo. Vous aurez aussi la possibilité de recouper la pale afin d’en réduire la surface pour adapter la pale à votre pratique.

Stage Stand Up, Kite & Surf Bungalows & Restaurant


GET UP 112

Nouvelle Kialoa Hulu Elle sera dispo en janvier. Cette nouvelle pagaie de race disposera d’un manche en prepreg ovoïde et rond, d’une pale plus petite que la Toro. Une pagaie plus technique et plus haut de gamme que la Toro qui restera au catalogue. Elle devrait combler les besoins des racers expérimentés souhaitant une pale plus petite.

De nouveaux shapes pour Riviera - 404 Enbata distribue en France les marques Quickblade, 404 et Riviera. Elle proposera donc la 404 14’ Zeedonk, en pintail ou square tail, shape très performant de 28,5’’ (à partir de 1999 €). Pour ceux qui recherchent une planche polyvalente, la Nugg 11’6 remplira parfaitement le programme avec ses 33’’ de large et ses 210 litres de volume (1199 €). Plus axée surf, la gamme Machete sera déclinée en 8’6, 9’0, 9’6 et 10’ (à partir de 1450 €). Enfin pour les clubs et les écoles de stand up, n’oublions pas l’Enbata School (7’5 en junior), 10’ et 12’ pour de la balade et la découverte du stand up (à partir de 590 €). 999 € chez Boardworks Une série de planche Boardworks seront bientôt disponibles via Double V à un tarif attractif à savoir 999 €. Il y aura la Mini Mod ( 7’10, 8’5, 8’8), les 9’1, 9’6 et 9’11 étant elles à 1059 € (quad plus dérive centrale). Il y aura aussi les Raven en 10’6 et 12’6, planches de race, balade sportive à 1399 et 1499 €. Enfin, les Super Natural 10’6 par 31 et 11’6 par 33 dans un programme polyvalent seront elles aussi à 999 €.

Hobie revoit sa gamme Précurseur des planches gonflables, Hobie proposera de nouveaux modèles. Une 12’6 et 10’6 Touring à 1159 € et 1059 €, une 10’8 Adventure de 5’75’’ d’épaisseur (1059 €), et une 10’8 fitness (949 €). Nous sommes montés sur la 10’6 Touring, un très bon modèle qui devrait satisfaire les petits gabarits et les féminines souhaitant une planche facile et performante (balade, crusing sportif). La gamme SUP Raw (finition custom réalisée à Dana Point) reprenant tous les modèles de vagues, shapes développés par Colin McPhillips entre autres, seront à 1890 €. La même gamme Raw en race sera à 3245 € pour la 14’ et 2990 € pour les 12’6 (classique et flat water). Car il y aura bien une nouvelle flat water au catalogue. Elle sera comme les planches de race disponible dans une fabrication sandwich à 1695 €, 1955 € pour la 14’. autres nouveautés, la 10’4 et 12’4 Venture Series (planche plus large et accessible que les modèles de race, 1499 et 1350 €). Ajoutons que nous avons testé la 9’ CM LB (Colin McPhillips Longboard). Un super shape compact et très facile d’accès dans les vagues. Son nez large permet des take off aisés, la planche engage vite au bottom, un très bon shape même pour des gabarits plus lourds. Le rêve dans la finition Raw, nous avons fait notre lettre au père Noël.

Nouvelles 12’6 et 14’ Rogue La marque Californienne Rogue sortira très prochainement en France deux nouvelles planches de race. Rick Karr, le boss californien de la marque, nous présente les deux modèles : « Nous avons mis deux ans à développer ces deux planches. C’est une design totalement nouveau qui s’inspire des retours du team. La largeur est de 28’’, le rocker est continu, il n’y a pas de section plate. Le nez a été retravaillé par rapport aux précédentes race pour optimiser la pénétration dans l’eau. L’arrière a été biseauté pour plus de confort quand le rider se recule et part en surf. Il est aussi plus volumineux. Le Vé sur le nez permet une évacuation facile de l’eau pour limiter sa stagnation sur le pont. Sur la carène, la planche est ronde sur l’avant pour évacuer l’eau sur les côté. En général, cela donne une planche un peu plus instable. Cependant, avec un gros travail sur les rails, la planche est très stable. Pour des riders plus exigeants, il est possible de demander n’importe quelle largeur en planche custom. La 14’ reprend la même philosophie, elle est un peu plus étroite et le rocker a été développé en fonction de la taille. Nous allons aussi sortir une 14’ downwind. Nous avons travaillé sur cette planche avec Aaron Napoleon et le test final a été la dernière Molokai2Oahu. La planche a très bien marché, nous faisons les derniers ajustements sur le custom à Hawaii. Nous sommes très surpris de l’intérêt que suscite cette planche. Par rapport à un modèle race, la planche a plus de rocker et est plus stable. La répartition du volume est aussi différente pour prendre des surfs.


Du High Aspect chez Starboard Nous avons testé la nouvelle pagaie de race de Starboard, un modèle High Aspect, c’est à dire que le ratio de la pale est élancée. Cette dernière est (disponible en 550, 600 et 650 cm2). Ajoutons que les pagaies SB seront disponibles sous formes de « kit » à monter comme un mécano. En pratique, vous pouvez choisir votre pale, votre manche et constituer votre pagaie. Celle que nous avons eu en main, le modèle adopté par Svein Rasmussen est étonnant de confort et de puissance dans la propulsion. La pale passe facilement dans l’eau et procure beaucoup d’appui. Une très bonne pagaie de race accessible et légère, notre modèle tournant autour de 400 grammes avec son manche ovale (très bonne prise en main).

Leash et aileron de race Howzit Très remarqués sur la BOP de Dana Point, les nouveaux leashs Howzit avec mousqueton pour s’accrocher et se décrocher au plus vite. Ce leash fera partie de nouveaux accessoires, tops néoprènes et lycras, vestes avec zips mais aussi de nouveaux ailerons de surf et un modèle race.


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Refonte des gammes race chez Starboard 65 planches, 7 niveaux de finitions en incluant les gonflables, la gamme est toujours aussi impressionnante chez la marque au Tiki. Dans le segment de marché des 9 et 10 pieds, celui le plus prisé par les pratiquants de surf, retenons la nouvelle 9’5 x 30 Converse en 140 litres, la nouvelle 7’8 x 32 Wide Point pour les adeptes du short sup et des courbes radicales et la 11’2 x 30 NRG Fitness, un pro modèle fitness Nikki Gregg, une adepte de cette discipline au States. Côté race, comme vous avez pu le voir, les gammes ont été revues et articulées autour de la Sprint (flat water), la All Water (BOP et parcours variés) et la Ace (parcours en mer).

Ace Tec Wing 11’ La nouvelle Wing 11’ Ace Tec est un Sup de touring destinée aux gabarits légers à médium qui recherchent une planche performante et facile pour pratiquer les fitness, les balades sur eau plate ou sur l’océan. La carène très travaillée de la SUP Wing 11’ permet d’optimiser chaque coups de pagaie et d’aller plus loin et se fatiguant moins. Avec un volume de 200 litres, la «petite» Wing est idéale pour les riders pesant jusqu’à 75 kg qui veulent garder une bonne stabilité. La construction Ace Tec lui assure un poids léger,  une bonne rigidité et une excellente résistance aux chocs. Shaper Patrice remoiville. Sortie : printemps 2013.

Des couleurs et du carbone chez Quickblade La marque américaine de pagaies haut de gamme est toujours à la pointe de l’innovation. Elle propose la Kanaha fibre et carbone (en quatre couleurs) qui allient confort et nervosité pour 239 € La Slim Jim est une nouvelle pagaie race plus étroite (tendance) et moins raide avec une rigidité de manche plus abordable pour le néophyte qui veut se mettre à la race, ou pour le rider qui veut alterner avec une pagaie différente pour les longues distances. La Flyweight est aussi la petite nouvelle ajustable. Elle en voit de toutes les couleurs (dont du pink). Elle a aussi un nouveau diamètre de manche, nouvelle taille de pale en 83 et une nouvelle poignée pour s’adapter aux juniors et aux femmes. La Flyweight carbone a les mêmes caractéristiques mais non réglable et 100 % carbone donc meilleur rendement.

Un pro model Eric Terrien chez Bic Sports L’arrivée d’Eric Terrien dans le team Bic fait innover la marque de Vannes dans ses shapes. Dans la gamme ACE TEC qui affiche un poids mini et une excellente résistance, après la sortie de la 12’6 Wing au printemps, dans le programme Touring, voilà la nouvelle Wing 11’ issue des développements effectués avec Eric Terrien. Carènes très performantes et stables pour les randonnées, le fitness ou les ballades rapides. Eric a aussi été mis à contribution pour la nouvelle gamme Race Tec puisque une 12’6 et une 14’ répliques de ses planches seront proposées en composite ultra léger. Des flotteurs sans compromis pour gagner. La Gamme ACS devient Dura Tec avec les modèles 9’4, 10’4 et 11’4 reconduits en 2013. La fabrication est en polyéthylène pour les clubs et les débutants avec un nouveau pad avec un dessin «Diamond Groove». Dans la gamme C Tec, trois nouvelles Wave Pro arrivent avec des shapes pur vagues signés Patrice Remoiville et David Latastère. La finition est clear Epoxy et pont renforcé bambou. Pour les pratiquants nomades, deux nouvelles planches gonflables 10’ et 10’6 SUP AIR plus épaisses gagnent beaucoup en rigidité par rapport à 2012. Enfin la nouvelle Sup Wind 11’6 équipée d’une dérive rétractable et d’un boîtier de pied de mât offrira d’ouvrir sa pratique stand up vers le windsurf. Bic annonce également une large gamme de nouvelles pagaies adaptées à tous les niveaux et programmes de navigation.


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N째8 octobre 2012

Profile for franck debaecker

GET_UP_SUP_MAG@8  

N°8 de Get up stand up paddle mag, le mag consacré à toutes les pratiques du SUP.

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