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BUBAROPOLIS Spectacle de théâtre d’objets sonores pour 3 percussionnistes manipulateurs Le Trio de Bubar Claudio Bettinelli Maxime Echardour Roméo Monteiro

Scénographie Tom Huet

Lumière

Amélie Verjat

Son

Ananda Cherer

Plateau : désert, terreau de tous les possibles. Peu à peu, des tâches, presque des formes, émergent, par le bas, par le haut, par les côtés : assemblage d’éléments disparates, mobiles suspendus, bras qui s’allongent. Les textures s’entremêlent les unes aux autres, jusqu’à bâtir des volumes distincts; des chemins sonores, des jeux géométriques. Le regard alors s’ouvre, cherche, se prête au jeu. Ça pêche à la ligne, ça tourne en rond, ça rebondit, ça circule, ça inverse, ça renverse. Une mécanique est en route, qui obéit à sa partition et à sa logique propre. Elle donne le jour à Bubaropolis, ville-jeu où le décalage et l’amusement s’érigent en règle.Tout s’imbrique, se déploie, interagit, progresse… quand l’animation, envahie par ses élans multiples, perd pied et s’affole…


Lost Chicago, Tom Huet, 2010.


Jouer l'espace Sur le principe du jeu de gestion, l’espace scénique s’offre comme une aire où tout est à construire. Tel un chantier, il dévoile tableau après tableau sa topologie, son architecture lumineuse, ses frontières, comme une métaphore du processus de création, du plus archaïque au plus contemporain. A l’image du monde, cet environnement, dont la structure et la durée de vie sont déterminées par les éléments qui le peuplent, reste néanmoins toujours menacé par la possibilité d’une destruction généralisée. Des situations se succèdent, représentations audios/visuelles dans un parcours à géométrie variable, géré en toute innocence et en pure perte. Le Trio de Bubar et ses invités en interrogent ici les distances et les interconnexions, actionnent les objets pour en explorer les potentialités musicales. Il s’agit pour eux, après avoir évolué dans l’espace compartimenté des cages de Chiaroscuro et Dans l’Ombre de Norman Mac Laren, d’expérimenter un nouvel espace de liberté. Exploitant l’idée du détournement, qu’il soit de l’objet ou des formes musicales classiques (la fugue), ils s’attaquent aux conventions pour faire de l’absurdité même un principe créateur.


Quelques tableaux Situation de départ Sur le plateau, nu, au départ, un train tourne en rond. Il installe le paysage sonore et visuel: à l’aide d’un télémètre, (capteur de mouvement) les passages successifs du train déclenchent les premières sonorités du spectacle. Les percussionnistes sont disposés autour de l’espace scénique. Equipés de modules mobiles - une chaise d’arbitres de tennis, une chaise à roulettes, un caddy - et d’une pléiade d’appareils, cannes à pêche .. ils manipuleront un ensemble de matières en carton, métal, verre, des jouets et des objets. Deux points de vue, plus proches de l’échelle des éléments présents sur le plateau, seront suggérés au spectateur, par une caméra embarquée dans le train et par une caméra mobile. Ces deux caméras participeront à l’interaction entre les différentes aires de jeu : images filmées dans une zone A projetées sur des matières d’une zone B, et réciproquement. Le cadre de Bubaropolis est posé - son, espace, mouvement. Jeu de construction Le train élargit son parcours, dans un circuit décrivant plusieurs trajectoires. Il délimitera les différentes aires de jeu par l’emplacement de ses rails, autant de quartiers prétextes aux joutes musicales qui se succéderont : l’espace urbain et ses embouteillages, un quartier résidentiel, une discothèque, un parc d’attraction. Les matières, non présentes au début (couchées , cachées, suspendues), s’assemblent progressivement dans un chantier général, et forment des parois, tunnels, artères; elles sonnent comme des plaques d’aluminium que l’on secoue, des échos dans une cavité, un long ressort frotté sur toute sa longueur, une matière tournoyante et menaçante. Personnages musicaux Les jouets, voitures, hélicoptères, toupies prennent aussi possession des espaces. Dans leur emploi visuel, la circulation sera privilégiée, droite ou trébuchée, dansée. Musicalement, nous utiliserons leur sonorité propre  pour construire certaines parties musicales : toupie sur une plaque, mélodie de l’âne dansant ... La forme : une ville en devenir. Cet univers musical s’accomplit dans une grande forme fuguée (entrées successives et superposition de voix) pour matières et objets, visant un chaos ordonné, une catastrophe programmée. Bubaropolis est une installation en mouvement, dont les musiciens sont les manipulateurs en retrait. Bubaropolis est un monde sonore, celui d’objets musicaux peuplant une cité imaginaire. L’électronique y est utilisée comme une entremise pour évoquer des prolongations poétiques, soutenir, prendre aussi le contre-pied.


Le Truc De Nous, Tom Huet (et Eux), 2007.


Le Trio de BubaR Le Trio de Bubar a vu le jour à Lyon sous la volonté de trois percussionnistes : Claudio Bettinelli, Maxime Echardour et Roméo Monteiro. Leur histoire commune a débuté au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse en 2002. Déjà complices humainement et musicalement dans la classe de Jean Geoffroy, ils ont eu à cœur de prendre leurs bagages, de faire le mur afin de partager le plaisir de la création, de jalonner leur propre territoire, d’en inventer les contours. Avec l’envie de toujours rechercher une simplicité évidente, ils ont mis leurs influences respectives (qui vont des musiques traditionnelles aux technologies électroniques et électroacoustiques) au service de leur exploration musicale. Leur territoire est celui de l’objet : objet instrumental, objet du quotidien, celui que l’on trouvera dans nos cuisines, dans nos garages ou qu’on ira sauver d’un parc à enfant. L’objet sera propre à définir la matière musicale du Trio et la singularité de sa démarche ; les objets, dans leur pluriel, ceux qui nous environnent, seront dès lors questionnés. Il s’agira de faire en sorte qu’ils prennent corps et se racontent. Si un langage de l’objet est possible, il sera celui de la vie à inventer, dans un mouvement, et il nous oblige à redécouvrir les choses de ce monde étouffant sous limites de leur propre matérialité. Le détournement des objets fournit le cadre du territoire musical. C’est dans la perception du spectateur et dans sa faculté d’imagination que ce travail de détournement prend son sens. Une cafetière ne servira plus à faire du café mais deviendra l’alibi et le principal acteur d’une dramaturgie sonore qui s’invente. Un cochon en plastique ne sera plus seulement un jouet, mais le langage même de l’animal, quand il n’est pas la source bande sonore d’un dessin animée. Si l’objet quitte sa fonction originelle, les certitudes du spectateur tombent également, obligeant chacun à se démarquer du souvenir de sa propre expérience. Le Trio de Bubar nous invite ainsi à un déplacement poétique. Sur scène, les frontières disparaissent également : le musicien est instrument, l’objet sort enfin de son mutisme quotidien. Il devient, comme l’homme, un corps en action, et se prend à raconter des histoires, nos histoires secrètes. A la manière du marionnettiste, l’homme et l’objet parlent d’une même voix. A la manière du clown, ces musiciens se font les médiums de notre nécessaire fragilité.


MAXIME ECHARDOUR,

Percussions et Manipulation

Il est diplômé des classes de percussions, zarb et piano du CNR de Rueil-Malmaison où, au contact de Gaston Sylvestre, il est très tôt sensibilisé aux pratiques traditionnelles, contemporaines, ainsi qu’au théâtre musical. Son parcours se poursuit au CNSMD de Lyon, d’où il sort diplômé en 2005 (Premier Prix Mention Très bien à l’Unanimité). Sa démarche créatrice s’épanouit également au sein de l’Ensemble l’Instant Donné. Il y interprête un répertoire de musique de chambre contemporaine. Percussionniste polyvalent, il se produit dans de nombreux contextes musicaux. Il a ainsi collaboré avec Maurizio Kagel pour la Première française de Sérénade en Trio, crée des œuvres de Martin Matalon, Frédéric Pattar, collaboré avec Georges Aperghis, Ivo Malec, joué avec le KammerOrkest Holland, l’Orchestre National de Lyon et l’Opéra de Lyon. Il pratique le cymbalum dans le cadre de son duo avec la harpiste Nathalie Cornevin.

ROMéO MONTEIRO,

Percussions et Manipulation

Multi-instrumentiste depuis ses études au conservatoire de Saint-Etienne, où il apprend l’accordéon, la batterie, le piano-jazz et l’électroacoustique, il rentre au CNSMD de Lyon et obtient le DNESM de percussions, le CECS instrumental et électroacoustique du département de composition. Il y obtient également le diplôme du CA en percussions. En 2004, il commence une série de voyage en Inde pour apprendre les instruments traditionnels indiens de la musique carnatique (Mridangam, Kanjira, Taghil)  et du Kerala (Chenda, Eddayka). En marge de son travail mêlant jazz, musique contemporaine, improvisation libre et théâtre instrumental avec le Trio de Bubar et les Émeudroïdes, il compose pour le théâtre (pièces de Guillaume Perrot avec Les enfants bâtisseurs), la danse (chorégraphies de Yuval Pick avec la compagnie The guest) et pour des ensembles comme le sextuor Ü en Estonie, le trio Yarn, le Taipei Chinese Orchestra à Taiwan.

CLAUDIO BETTINELLI,

Percussions et Manipulation

En 2003, sa démarche créatrice incite le jury du CNSMD de Lyon à lui décerner une mention spéciale “originalité du programme”. Il reçoit par ailleurs un prix spécial “originalité des instruments” au Concours International de percussions de Genève. Il affectionne de vivre des expériences diversifiées, touchant aussi bien la musique classique que la musique contemporaine, ou le théâtre musical, l’improvisation, et la musique assistée par ordinateur. Attiré par une approche pluridisciplinaire, il a conçu la partie musicale de Fragile on the edge et de Cath 22 sur les chorégraphies de Jasna Vinovrski. Il a travaillé avec le centre Tempo Reale fondé par Luciano Berio, l’Orchestre National de Lyon, l’Opéra National de Lyon, Odyssée Ensemble & Cie. Il est actuellement percussionniste soliste de l’Ensemble Orchestral Contemporain et fait partie de l’ensemble Mezwej dirigé par Zad Moultaka.


Tom Huet,

Scénographie

Dessinateur et scénographe en formation à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Tom affectionne les expérimentations liées aux mouvements de volumes, de lumières et de sons. Influencé par les formes et les géométrie des paysages urbains, il crée des villes imaginaires constituées d’espaces impossibles et incongrus. Il réalise des installations interactives conçues comme des paysages oniriques ou encore des machines étranges qui n’on de sens que celui que l’on veut bien leur donner. Il s’agit chaque fois de bousculer les habitudes de représentation du spectateur.

Amélie Verjat,

Lumière

Diplômée de l’ENSATT en Réalisation Lumière en 2005, elle crée les éclairages des pièces de théâtre de jeunes compagnies de la région lyonnaise. En parallèle, elle travaille en régisseur d’accueil dans des théâtres (théâtre de la Croix-rousse / Lyon, théâtre de l’Elysée / Lyon, et Espace Albert Camus / Bron) ainsi qu’aux festivals d’Arlempdes et d’Avignon. Elle se tourne ensuite vers le cirque (cie Fénix), la musique (Warzazatte – jazz rock, cie du Facteur soudain – jazz/chanson, Calliope – chœur de femmes) ou la danse hip-hop (cie Cool Spirit). Depuis 2 ans elle est également régisseur général de tournée pour 5 spectacles de danse hip-hop créés par la compagnie Käfig/ CCN de Créteil. Elle a rejoint le Trio de Bubar sur les tournées des spectacles « Chiaroscuro » et « Dans l’Ombre de Norman Mc Laren ».

Ananda Cherer,

Son

Artisan du son, il explore l’ensemble des possibilités qu’offrent les métiers du sonore. C’est à l’issu d’un parcours musicale et scientifique, au conservatoire et à l’université, qu’il suit la classe de «musiciens - techniciens du son» du conservatoire de Boulogne Billancourt. Depuis, il a collaboré à plusieurs projets de disques (pour NEOS music, Night & Day…), de documentaires (dont « le Roi ne meurt jamais » - prix du meilleur premier film au festival J. Rouch 2008), ainsi qu’à des projets dans le théâtre, la danse et la musique contemporaine. Dans le cadre de son travail avec le Trio Bubar, il tente de mettre en son, et en valeur, le propos musical tout en respectant une scénographie toujours prompt à s’émanciper spatialement.


Trio de Bubar Contact: Gérome Ibri Tél: +33 (0) 9 77 19 54 52

contact@triodebubar.net www.triodebubar.net


Bubaropolis