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N° 109

Décembre 2013

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SOMMAIRE

1/LE MOT DU PRESIDENT 2/LA VIE DE L’AMICALE 21/COMMÉMORATION du 11 NOVEMBRE 2013 22/HOMMAGE AUX SOLDATS DE MONTAGNE TOMBES POUR LA FRANCE 5 23/COMMEMORATION de la SIDI-BRAHIM et de la MALMAISON à VILLEFRANCHE/MER

3/DEVOIR DE MEMOIRE 31/TESTAMENT MILITAIRE ET POLITIQUE DU CAPITAINE GASTON 32/ PONT-SAINT-LOUIS ; JUIN 1940. ON NE PASSE PAS

4/CLIN D’ŒIL HISTORIQUE 41/ ITINERAIRE D'UN SOUS LIEUTENANT AU 22eBCA DE FEVRIER A FIN JUILLET 1971 42/ ETE 1963 A LA COMPAGNIE DE MONTAGNE DU 22e B.C.A

5/ACTUALITES SOLDATS DE MONTAGNE 51/CONSEIL D'ADMINISTRATION ET ASSEMBLEE GENERALE DE LA FRESM 52/ PRIX « SOLDAT DE MONTAGNE » 2013

6/RELATIONS EXTERIEURES 61/2° ANNIVERSAIRE DE LA CONVENTION DE COOPÉRATION ANA MONDOVI et AMICALE NATIONALE 22°BCA 62/ CONVENTION de JUMELAGE ANA IMPERIA / ANCIENS CHASSEURS ALPINS DU 06 63/16°RADUNO DEL 1°RAGGRUPPAMENTO PIEMONTE-LIGURIA-VALLE D'AOSTA-FRANCIA-IVREA 63/ ADUNATA SEZIONALE E FESTA DEL III° RAGG.SEZIONALE

7/RESEAU NATIONAL 73/SE SOUVENIR POUR QUE LEUR SACRIFICE NE SOIT PAS VAIN 74/ UNE CEREMONIE CHASSEURS MEMORABLE

8/LE CARNET NOS PEINES NOS ENCOURAGEMENTS NOS FELICITATIONS CENTENAIRE 14/18 QUIZZ 22°BCA

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Bonjour à toutes et tous, Voilà encore une année qui se termine...une année marquée par la perte de trop nombreux fidèles compagnons ou de leurs proches… Il ne faut surtout pas les oublier, mais également se soucier de la santé de celles et ceux qui restent, à fortiori quand ils luttent contre la maladie: un appel, ou un petit mot font tellement plaisir! Enfin, si vous avez des informations

concernant un de nos anciens du 22e, merci de bien vouloir les communiquer au bureau qui veillera à les diffuser: la solidarité ne doit pas être seulement un slogan! Malgré tout, il faut continuer à avancer et regarder devant...Nous avons beaucoup de choses à faire ensemble, ne serait-ce que pour le centenaire de la première guerre mondiale...En 2014, nous souhaitons organiser dans les Alpes Maritimes deux évènements sur le thème de la Mobilisation Générale et du départ des troupes pour le front: une "semaine des Diables Bleus des Alpes Maritimes", du 23 au 30 juin, avec la fanfare du 27eBCA, et en octobre, une exposition "Mobilisation Générale dans les Alpes", prêtée par le musée des Troupes de Montagne...En 1915, année où nos anciens ont gagné le surnom de "Diables Bleus", l'amicale pourrait mettre sur pied une délégation pour participer aux commémorations que vont organiser la FRESM et la 27eBIM dans les Vosges! Bien entendu, en 2014, nous commémorerons toujours Narvik fin Mai à Nice, et les combats du 24e BCA à la Malmaison en même temps que la Sidi Brahim départementale à Villefranche fin octobre 2014. Ensuite, je me consacrerai à bien mettre tout en ordre afin de passer le flambeau à un successeur lors de l'AG de février 2015...En effet, n'ayant toujours pas trouvé de "repreneur" pour février 2014, je vais être vraisemblablement contraint d'aller jusqu'au bout de mon second mandat, mais en février 2015, je ne serai plus volontaire pour un troisième mandat ! Si par malheur personne ne se manifeste durant l'année qui vient pour prendre la relève, eh bien nous mettrons en œuvre les procédures prévues par nos statuts: dons de nos avoirs à une association, et dissolution de l'amicale! J'espère de tout cœur que ce ne sera pas le cas...Dans quelques jours nous allons changer d’année, et une autre va frapper à la porte avec ses lendemains à découvrir ensemble. Mais auparavant il y a Noël, fête religieuse propice au calme et à la sérénité à consacrer à la famille. Je profite donc de ce moment privilégié pour vous souhaiter à toutes et tous, à vos familles et vos proches de bonnes fêtes de fin d'année, une bonne et heureuse année 2014 avec tous mes vœux de santé et de bonheur. Merci de votre attention, et avec toutes mes respectueuses amitiés chasseurs. "Au 22, on s’estime!" Gérard Liebenguth -3-


COMMÉMORATION du 11 NOVEMBRE 2013

Pour l'amicale du 22, cette journée de commémoration a débuté le matin à Villefranche: messe, cimetière, monument aux morts, et ensuite la citadelle, où Monsieur Grosgogeat, maire de Villefranche a remis la médaille d'honneur et du mérite de la ville à nos deux porte-fanions Jacques Bonavita et Alain Barale... L'après-midi, la Ville de Nice nous avait conviés à nous projeter dans une époque aujourd’hui révolue, de par la reconstitution d’un bivouac de la première guerre mondiale avec canons, mitrailleuses, figurants en costumes d’époque et matériels, cavaliers en uniforme et leurs montures.

Christian Estrosi, maire de Nice, Eric Ciotti, président du Conseil Général, Patrick Allemand, vice-président de la région PACA, le colonel Bédu, délégué militaire départemental et le préfet des Alpes-Maritimes, Adolphe Colrat, étaient présents, le jour dit à 16h, et avec toutes les autorités civiles et militaires de la région pour célébrer les commémorations du 11-Novembre à Nice. -4-


Une quarantaine de figurants en uniformes, en hommage aux "poilus", une dizaine de cavaliers avec leurs montures donnaient à cette cérémonie un côté vivant et pédagogique, sans oublier nos deux vaillants descendants des "Diables Bleus" de l'amicale du 22!

Nous avions également envoyé une délégation à Briançon, où la commémoration du 11 novembre 2013 était organisée, cette année, par la Ville de Briançon et les associations "Souvenirs, sauvegarde, poilus de la Grande Guerre" et "Souvenir français" en partenariat avec une délégation d'Alpini de Val Susa.

A l’occasion de la commémoration de l’Armistice de la Grande Guerre, la ville de Briançon, en étroite collaboration avec la Communauté de Communes du Briançonnais et plusieurs associations, avait souhaité associer les Italiens à ce devoir de mémoire par la présence d’une délégation d’Alpini. Cette démarche résulte de la volonté de célébrer ensemble le retour de la paix lors de la 1ere Guerre Mondiale, mais aussi de celle promulguée par la signature du traité d’Utrecht en 1713.

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En effet, dans le cadre des célébrations autour du tricentenaire du traité d’Utrecht (1713-2013, qui ramena la Paix suite à la guerre de Succession d’Espagne), la ville de Briançon a souhaité rapprocher piémontais et briançonnais, séparés par la signature de ce traité qui modifia durablement les frontières entre leurs territoires. Ainsi, la commémoration de l’Armistice de la Grande Guerre était un symbole tout trouvé pour rassembler, autour du devoir de mémoire, français et italiens.

Pour l’occasion, la ville de Briançon accueillait un groupe de l'association « Souvenir Sauvegarde, poilus de la Grande Guerre »en tenue historique du 159eRIA avec son président M Patrick Lemaitre, quelques anciens de l’Amicale du 159e RIA en tenue blanche, une délégation d’Alpini du Val Susa avec son président M. Gian Carlo Sosello et sa fanfare, ainsi qu'une délégation de la FRESM et le fanion de l'amicale du 22eBCA avec Daniel Rocher. Les rues de Briançon ont vu défiler un cortège franco-italien de plus de 300 personnes en ce 11 novembre 2013... Petit bémol à ce défilé, les drapeaux des Anciens Combattants de Briançon trop âgés pour défiler, et l'amicale du 159eRIA qui elle a refusé de défiler avec les Italiens....lesquels étaient pourtant à nos côtés lors de cette guerre! A l'issue du verre de l'amitié, tous les participants se sont retrouvés dans l'ancien cercle de la caserne du 159eRIA afin partager un repas concocté de main de maître par un excellent traiteur...italien!!!

Félicitations aux organisateurs de cette superbe commémoration pour le plus grand plaisir des Briançonnais... -6-


HOMMAGE AUX SOLDATS DE MONTAGNE TOMBES POUR LA FRANCE 5 novembre 2013

Le Mémorial national des Troupes de Montagne a été inauguré le 17 Juin 2000, à la gloire des 150.000 morts des Troupes de montagne tombés pour la France depuis leur création en 1888. Il est situé sur le Mont Jalla, face aux massifs de Belledonne, de l'Oisans, du Dévoluy et du Vercors ; en vue directe du Mt Blanc, il surplombe Grenoble, ville Compagnon de la Libération et siège historique du Commandement des Troupes de Montagne. Cet hommage a lieu le 5 novembre car il est lié avec la commémoration de la remise de Croix de la Libération à la ville de Grenoble par le général de Gaulle le 5 novembre 1944.

Chaque année, notre amicale s'efforce de mettre en place une délégation avec le fanion afin de participer à cette émouvante cérémonie sur les hauteurs de Grenoble; Merci à Daniel Leportier et Daniel Rocher qui sont partis au petit matin de Briançon pour venir soutenir le président...

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A l'issue de la cérémonie, et avant de rejoindre La Bastille pour l'inauguration d'une plaque de la ville de Grenoble en hommage aux soldats de montagne de la garnison de Grenoble morts en Afghanistan, nous sommes allés nous recueillir devant notre plaque sur la Mur du Souvenir. Enfin, histoire de réchauffer nos cœurs, la brigade a offert à tous les participants un bon verre de vin chaud! HOMMAGE aux CHASSEURS TOMBES POUR LA FRANCE en 1914 - 1918 82 045 Officiers, Sous officiers, Caporaux et Chasseurs de tous les Bataillons de France, sont morts au Champ d’Honneur pour la Patrie pendant la Première Guerre Mondiale 1914 – 1918 (dont 49 officiers, 109 sous officiers et 1226 caporaux et chasseurs du 22eBCA !). A Nice, un Monument National des Chasseurs a été réalisé par souscription publique, sur l’initiative de la Société Amicale des Anciens Chasseurs à Pied et Alpins de Nice, des Alpes Maritimes et de la Principauté de Monaco. Les plans et les croquis du monument ont été réalisés, bénévolement, par les architectes BARBET et AUBERT, ce dernier étant ancien du 27°BCA. Le monument, qui mesure 5m50 de hauteur, a été construit par les frères DUNAN. La première pierre du monument fut posée le 17 mars 1922, et son inauguration a eu lieu le Dimanche 23 avril 1922 par le Maréchal PETAIN, en présence du Drapeau des Chasseurs et sa garde du 8°BCP venus de Metz, et des Fanions de Guerre de tous les Bataillons de Chasseurs à Pied et Alpins. Les honneurs étaient rendus par les 22°, 24° et 25°BCA avec leurs cors, clairons et fanfares.

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Vingt quatre obus de 300mm montaient la garde d’honneur autour du monument ; ils étaient reliés entre eux par une chaîne en bronze, dont chacun des 500 maillons portait le nom d’un chasseur, son grade et son bataillon! Les obus ont aujourd’hui laissé la place à des bornes en pierre, mais la chaîne garde toujours le périmètre !

La statue grandeur nature du Chasseur Alpin en pèlerine est l’œuvre du sculpteur MAUBERT...elle vient malheureusement d'être vandalisée par un "voyou" qui a cassé et volé la baïonnette! Comme chaque année, le 2 novembre 2013, les délégations de l'amicale nationale du 22eBCA (Alain Barale, Jacques Bonavita, Laurent Icardo avec les fanions, Georges et Christine Tremoulet et Christian Ragon) et de l'ANAESTM section PACA (Georges Vergès), se sont rendues au cimetière de Caucade à Nice afin de rendre hommage à tous ces "Diables Bleus" qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la Patrie. La gerbe a été déposée par Christian Ragon, représentant le président G. Liebenguth, aux côtés du Préfet des Alpes Maritimes et de M. François Rabut, délégué aux ACVG et Lien Armée nation, représentant M. Estrosi, Député-maire de Nice. -9-


COMMEMORATION DE LA SIDI-BRAHIM ET DE LA MALMAISON A VILLEFRANCHE-SUR-MER En ce dimanche 27 Octobre 2013, l’Amicale Nationale des Anciens du 22ème BCA et des Troupes de Montagne a commémoré les combats de SIDI-BRAHIM (du 23 au 28 Septembre 1845, en ALGERIE) et ceux de LA MALMAISON (du 23 au 25 Octobre 1917, en FRANCE) dont l'organisation était jusqu'en 2009 l’apanage de l'amicale des anciens chasseurs alpins et à pied des 24e et 64e bataillons de Villefranche sur Mer, aujourd'hui disparue par extinction…

Cette double commémoration a été qualifiée de « Fête des Chasseurs » par Mr Gérard GROSGOGEAT, le maire de VILLEFRANCHE-SUR-MER, qui nous accueille toujours aussi chaleureusement dans sa commune, et met à notre disposition la Citadelle et ses installations.

Cette année, le cérémonial habituel était rehaussé par la présence de nos amis Alpini (avec leur traditionnel chapeau de feutre orné de la célèbre plume noire), et accompagné d’un groupe de six "légionnaires" venus de SAVONE, avec leur bannière. Coiffés d’un béret bleu assorti à leur cape, laquelle, sur le côté gauche, arborait un très beau motif étoilé, propre à cette « GARDE D’HONNEUR INTERALLIEE », ils avaient fort belle allure ! - 10 -


A 10h15, départ de la Citadelle en cortège pour se rendre à l’église Saint Michel. Un important groupe de drapeaux et de fanions chasseurs et alpini précède les autorités civiles et militaires, ainsi que les nombreux participants: "tout un régiment cette année" fait remarquer le Maire! A l’église, la messe dominicale était aussi célébrée à la mémoire des morts de SIDI-BRAHIM et de la MALMAISON. A la sortie de l’office, la très belle fanfare de Villefranche-sur-Mer prend la tête de notre cortège et nous entraîne en jouant des marches chasseurs endiablées (« DIABLES BLEUS » obligent !!)

Au Monument aux Morts, traditionnelle cérémonie avec dépôt de gerbes françaises et italienne, Sonnerie aux Morts, sonnerie de la Sidi-Brahim, hymnes nationaux italien et français. A l'issue, le cortège s'est reformé pour rejoindre la citadelle, aux accents des « Echos de la Rochotte ».

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Dans la cour principale et devant un important aréopage, lecture par le Lieutenantcolonel (H) Georges TREMOULET du récit des combats de la SIDI-BRAHIM.

Le Colonel (H) Henri BERAUD nous gratifia ensuite d’une magistrale évocation des combats du 24eBCA de Villefranche en octobre 1917 dans le secteur du vieux fort de LA MALMAISON, proche du « chemin des Dames ». Il insista particulièrement sur la nouvelle tactique française qui, pour la première fois, donnait la primauté au matériel sur la vie humaine ! Enfin !!

Les généraux de Division (2S) Michel KLEIN, président de la Fédération des Soldats de Montagne, et Hervé WATTECAMPS, commandant les Ecoles Militaires de Draguignan, l'Ecole d'Infanterie et la Base de Défense, nous firent part ensuite de leur plaisir d'être parmi nous pour ces commémorations, ce qui leur a permis de constater que l'esprit "chasseur" était toujours bien vivace dans les Alpes Maritimes et à Villefranche en particulier.

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Après les remerciements du maire de Villefranche et l’échange de cadeaux, le Lieutenant-colonel (R) Gérard LIEBENGUTH, notre dynamique président, clôtura cette belle célébration et invita tous les participants à rejoindre le « Marabout » de toile dressé au centre de la citadelle afin de prendre le verre de l'amitié. Venu tout spécialement de Paris en avion partager cette journée en notre compagnie, en lieu et place du président national Jean-Claude JACOTOT (retenu par des obligations "militaires") le vice-président de la FNAC, Pascal PRENTOUT, a quand même réussi à prononcer quelques mots en dépit de l'attrait du buffet! A citer également Jacques VISCONTI, notre cher président régional de la FNAC PACA, qui nous fait l'honneur et l’amitié de venir chaque année de Marseille.

A l'issue du discours, Michel VAUGARNY, Président Régional PACA des Anciens des Missions Extérieures (AME), remit deux médailles et diplômes au Capitaine de Frégate (R) Jean-François ALASSIA. La traditionnelle "lecture du menu" précéda tout naturellement l’excellent repas (concocté par notre traiteur Michel Lambert), partagé par plus de 90 convives, dont une vingtaine de « Diables Bleus » venus spécialement d’Allevard (38) en bus passer le week-end en notre compagnie...bel exemple! A la fin du repas, le Major (H) Serge CARPENTIER, toujours aussi « jeune » et tonique, nous gratifia des refrains des bataillons, et d'une Sidi Brahim entonnée à plein poumons. La journée se poursuivit en musique avec Bernard ANTONIOLI à la sono, tandis que notre chanteuse DARINKA (son épouse) et Serge CARPENTIER ne ménageaient pas leurs efforts pour animer cet après-midi dansant. - 13 -


Malheureusement, les couples de danseurs se font de plus en plus rares au fil des années…. Si cette belle commémoration a pu connaître, cette année encore, un éclat tout particulier, c’est grâce à l’ « équipe de choc » du bureau de l’Amicale du 22ème BCA qui, comme d’habitude, n’a pas ménagé sa peine ni son temps. Un grand merci à elle !!! Colonel (H) Henri BERAUD

NDLR: Il faut également mentionner la présence de Bernard MONCENIS, président de l'association des Diables Bleus d'Allevard (38) accompagné d'une vingtaine de ses compagnons et épouses....tous uniformément habillé de la tenue chasseur ! Arrivés la veille en bus (un comble, le conducteur de ce bus était un ancien parachutiste!), le vice-président Georges Trémoulet et son épouse Christine, les ont pris sous leur aile afin de leur faire faire la tournée des grands ducs à la sauce chasseur... Monument National des chasseurs à Caucade, monument aux morts de la ville de Nice, Quartier Saint jean d'Angely et son jardin de Narvik...Ensuite, et bien, tout ce beau monde a rejoint le "bistrot Nissart", nouveau QG des membres du bureau à proximité de la maison du combattant! Le président et Alain Barale, accompagnés de leurs épouses, les ont rejoint pour partager le dîner après avoir mis la dernière main à la décoration du marabout! Bravo aux anciens chasseurs d'Allevard (pour la plupart anciens du 13eBCA), pour leur solidarité et leur amitié...serions nous capables de faire de même? Grand merci également au couple Tremoulet pour leur disponibilité et la qualité de leur accueil... - 14 -


TESTAMENT MILITAIRE ET POLITIQUE DU CAPITAINE GASTON L’histoire, que les plus humbles comme les plus grands écrivent chaque jour, a besoin du témoignage de tous. C’est le devoir de chacun d’écrire ce qu’il fit, ce qu’il vit au cours de ces années terribles qui arrachèrent à la Patrie son honneur par lambeaux et son héritage par morceaux.

Défilé du 14 juillet 1959 (ou 1960?) avec le capitaine Gaston et sa première section commandée par le lieutenant (à l'époque) Mondoloni.

Ainsi moi-même, Roger GASTON, ex-capitaine d’infanterie, né le 27 octobre 1920 à Paris 9ème , engagé volontaire en 1938, évadé de guerre, résistant-maquisard, titulaire de douze titres de guerre, ex-officier de la Légion d’Honneur, en toute objectivité et sans complexe de culpabilité devant mes concitoyens, je rassemble ces quelques feuillets afin qu’ils conservent mon témoignage pour que demain, sous la pression de milliers d’autres semblables, soit revue et corrigée la relation officielle des événements depuis 1958. J’avoue avoir perdu beaucoup des illusions qui me conduisirent de Norvège à l’Algérie par l’Indochine et d’autres propriétés de Papa. Je crains d’avoir fait une des dernières retraites de l’homme libre. Sans doute, les générations futures, caporalisées, collectivisées, « nationalisées », acquerront une seconde nature qu’elles subiront jusqu’à ce qu’une troisième habitude leur soit à son tour imposée par les circonstances. Mais je n’aurai pas voulu, pas plus que laissé faire cela. Toujours choqué par le drame algérien, j’accuse ceux qui acceptèrent avoir tourné la page, d’en avoir refusé la lecture, ou d’analphabétisme. Sur cette page, figure la menace vieille comme le monde : « malheur au vaincu » ! C’est la loi de la nature.

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Un des deux mille Français entièrement à part (suivant l’expression consacrée) depuis vingt-quatre mois ; au nom du peuple, je ne saurais oublier que dix-sept millions de bulletins lâchement soulagés en avril 1962, ont fait de nous des parias, ainsi que des milliers des nôtres, des exilés, des déportés, des asservis. Bien que parmi les vainqueurs des vainqueurs, je suis prisonnier des vaincus parce que condamné à 5 ans d’emprisonnement pour avoir commandé un maquis en Algérie, plus précisément dans la région de Bouira, en Kabylie. Par la suite, ayant refusé de supporter toute atteinte à la dignité humaine, de prison en prison, et par punition, je suis arrivé à Valence. Dans ces lignes, je n’ai pas la prétention de faire tout l’historique du problème algérien, ni le procès de ceux qui me tiennent dans leurs fers. De tous ces événements, je ne connais actuellement qu’une partie. Celle que j’ai mesurée à la fatigue, à la soif de mes hommes, à la longueur des pistes, parmi les rocs, les chênes, les oliviers, les cèdres de Kabylie, au cours des nuits de marche ou d’embuscade, des aubes d’attaque, des soirs de deuil. Je veux exprimer la détresse qui m’étreint lorsque je me retourne sur une fraction de ma vie passée au milieu d’hommes, mes frères que, pour raison d’état, le pouvoir m’a fait assassiner par complicité. De plus, il n’est pas de jour que des injures nous soient adressées par certains qui se veulent grands et généreux. Quand les Français intelligents comprendront-ils que l’O.A.S. ne fut qu’un mythe ? Quand les plus partiaux d’entre eux voudront-ils voir, en ce sigle, le dernier espoir d’un million des nôtres acculés par le régime au cercueil ou à la valise ? Quand aura-t-on fini de juger coupables ceux qui ne furent que vaincus ? Cette histoire est aussi celle de centaines de capitaines. Rentré d’Indochine en 1954 et affecté au 22ème Bataillon de Chasseurs Alpins, à la tête de la 2ème compagnie, je suis reparti vers l’A.F.N. en septembre 1955. TIKJDA... AOUT 1958 LABRADOR JAUNE 3 22BCA 2CIE CNE GASTON 3° SECTION JEAN PAGES

Depuis cette date, d’abord au Maroc Oriental, puis en Kabylie jusqu’à ce que je sois fait prisonnier le 10 mai 1962, j’ai combattu pour que l’Algérie demeurât française.

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A u journal de marche de mon commando : 24 morts, plus de 60 blessés, 5 Médailles Militaires, plus de 150 citations, des centaines de H.L.L. mis hors de combat, illustrèrent plus de six ans de campagne. Mon commando, fin 1961, composé pour moitié de chasseurs du contingent, était complété avec des Harkis recrutés sur place. Dès 1957, réalisant que priver l’organisation rebelle de son ravitaillement, du renseignement, était le premier objectif à atteindre, je regroupai à Tikjda tous les habitants des hameaux épars dans la montagne. Tikjda, station de sports d’hiver et estivale en plein Djurjura, à 30 Km de Bouira, et située sur le territoire des douars Haizer et Tighrempt, fut ainsi occupée(pavillons et hôtels appartenant aux Européens), par les familles de ceux chez qui je recrutais mes premiers Harkis. Par parenthèse, je signale que ce regroupement prit spontanément le nom « d’Ouled Gaston », ce qui signifie « Enfants de Gaston ». Lorsque le 1er aout 1958, mon unité devint entièrement opérationnelle, relevée de toute servitude territoriale, et que je changeai de cantonnement pour m’installer dans une ferme en ruines à 3 km au nord de Bouira, certains me suivirent et je les intégrai aux nouvelles harkas que je créai à partir d’éléments du Douar Errich. Inlassablement, au cours de mes missions, je recherchai (sur ordre), les anciens militaires de l’Armée d’Afrique, d’Indochine, les montagnards solides, afin que les Chasseurs voient à leurs côtés lutter leurs compatriotes Kabyles. Alors que mes Chasseurs du contingent métropolitain ne restaient que 18 mois au plus avec moi, ces hommes du Djurjura devinrent rapidement, du fait de leur stabilité, de leur connaissance du terrain et de l’ennemi, de leur courage, la principale force de mon commando. Certains, comme le sergent Fedjki, le caporal Meliani, vieux soldats dont la retraite assurait les modestes besoins, m’opposèrent bien longtemps leur peu d’exigence, et leur aspiration au repos après bien des années à courir l’Italie, la France, l’Allemagne, l’Indochine. Manquant de cadres pour mes harkas, j’insistai, fort des promesses dont on nous abreuvait alors et dont le rappel serait d’une ironie trop amère. Bref, j’étalai les avantages de la paix française après ce dernier coup de collier. Tous les arguments furent bons pour les arracher à leurs mechtas et les rejeter dans la tourmente. Ils servirent d’exemple aux plus hésitants. J’eus l’embarras du choix à partir de mai 1958. Il ne fut pas rare de voir succéder dans mon commando le fils au père, le cadet à l’aîné, afin que restât dans la famille la place gardée, gagne-pain peut-être, mais aussi et surtout, fierté de servir comme Français dans une unité d’origine métropolitaine. Confiants en mes paroles et en mes actes, reflets des ordres reçus, ils me suivirent dans toutes les opérations. - 17 -


Plus de 180.000 Harkis et Moghaznis, furent ainsi dans toute l’Algérie de toutes les peines et de peu de joies. Ils étaient devenus irréversiblement Français à part entière par le sang versé, qu’il fut le leur ou celui de l’ennemi. Aucun décret, ordre ou référendum ne pouvait infirmer cette vérité fondamentale née d’une lutte à mort entre deux conceptions de l’homme. Rejetés, ils devaient mourir. Après six ans de mensonge, de publicité, de faux-fuyants, il devint flagrant en décembre 1961 que le pouvoir repoussait l’Algérie avec plus de force encore que l’ennemi n’en employait à nous l’arracher. J’eus mes premiers soupçons dès 1959. Fin août, le Président de la République passa, je ne sus jamais trop pourquoi, de popote en popote. Il ne voulut rien entendre comme il ne voulut rien dire. Lors de son passage à TiziOuzou, je fus invité à sa table par le Général Faure (commandant la 27ème DIA).

Je compris, au cours de la conversation, par la façon brutale et même grossière avec laquelle il interrompit le plaidoyer du Général Faure pour l’Algérie Française, qu’il avait une arrière-pensée inavouable encore. Ma qualité d’ancien délégué à la propagande du R.P.F. dans les Basses-Alpes, m’aida beaucoup dans l’interprétation de cette attitude. Ce ne furent pas les professions de foi de M. Delouvrier, après que le Général se fut retiré pour la nuit, qui me firent oublier la mine grave et le regard triste des Généraux Challe, Massu, Faure, entre autres.

Déjà, le malaise avait rongé la confiance. Lors du soulèvement du 22 avril 1961 contre l’abandon, j’étais en permission en Métropole.

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En juillet 1961, au cours d’une opération sur les crêtes du Djurjura, j’interceptai un groupe de H.L.L. se rendant en Tunisie. Parmi les ennemis hors de combat, se trouvait Si Salah, mortellement atteint, ancien commandant de la Willaya 4, qui devait décéder une heure après sa récupération sur le terrain. Les quelques mots qu’il put prononcer sur la duplicité de De Gaulle, et l’amertume avec laquelle il le rendit responsable de sa mort, grandirent encore en moi la certitude que notre sort était confié à un criminel. Je ne parlai jamais de ces révélations, le Général Simon, alors commandant de la Z.E.A. m’ayant paru très agité par la mort de Si Salah sur son territoire. M’ayant convoqué au PC de la Division, il me dit qu’il craignait que l’opinion publique y vît un assassinat déguisé en opération, par le fait qu’il participa aux pourparlers de Lugrin en 1960…et que nous étions en pleine période d’arrêt unilatéral des opérations offensives. J’avoue qu’à l’époque, je ne compris rien aux réactions du Général Simon, mais depuis, j’ai rencontré en concentration à Fresnes, le Lieutenant musulman qui fut le guide et l’interprète de Si Salah au cours des prises de contact puis de son voyage incognito à Paris, venant offrir la reddition de deux Willayas. Toujours est-il que pour montrer sa bonne foi, le Général Simon monta une opération héliportée quarante huit heures plus tard, afin que je récupère le corps de Si Salah. Après l’avoir fait mettre dans un cercueil ( !) il le fit enterrer à Bouira au cimetière du Fort Turc. Les semaines passant, la suspicion s’installa en maîtresse au sein de l’Armée. Les réunions de Corps devinrent silencieuses, chacun n’osant exprimer sa pensée par crainte qu’elle ne fût mal interprétée. - 19 -


Sur le terrain, mes commandos multipliaient sorties, embuscades, raids, obtenant des résultats magnifiques malgré la raréfaction de l’ennemi. Je couvris de mines et d’actions offensives une surface de plus en plus grande du secteur, à la recherche d’un ennemi pratiquement détruit, dont les rares survivants se terraient aux abois. Mes Harkis m’interrogeaient sans relâche, étonnés des bruits qui couraient en accord avec le FLN. Que pouvais-je leur répondre ? Je souffrais déjà physiquement de cette trahison, recherchant la consolation précaire dans la pensée, après chaque combat, que tout fellagha tué était un interlocuteur valable en moins. Un jour de décembre 1961, je reçus l’ordre de renvoyer chez eux, par fractions, ces éléments de mon commando. J’ai vu pleurer des soldats qui, en Tunisie, en Italie, en Indochine et avec moi en Kabylie (pour certains depuis six ans, cités, blessés), avaient combattu héroïquement pour l’honneur de nos armes et pour rester mes enfants. Et j’ai pleuré aussi, car pour beaucoup d’entre eux, j’avais usé de mots ronflants, de grands gestes, de toute mon influence pour les amener à reprendre les armes encore une fois pour la même cause, celle de la plus grande France. Alors ma décision fut prise…Je choisis le maquis. Je savais qu’il ne nous restait plus une chance sur mille de sauver l’Algérie. Je décidais de rester parmi eux, vivant leur vie, partageant leur sort, acceptant de mourir, tant j’étais dégoûté et las de mon pays, et pour ne pas être parjure. Pressentant que je n’accepterais pas la politique d’abandon, le commandement civil gaulliste de Bouira (Sous-préfet Salmon et Administrateur Ossola) monta alors un complot de toutes pièces en accord avec mon Chef de Corps, le Commandant Bley (sortant tout droit du cabinet de Mesmer). Le Général Simon (trompé ou non, je n’en sais rien encore) m’ordonna, le 22 février 1962, de choisir entre les arrêts de forteresse et le « rapatriement » immédiat sur ma demande. - 20 -


Après une première et courte période au cours de laquelle je connus un demi-échec par manque d’organisation (ayant été pris de court par mon nouvel ennemi), je reformai mon maquis sur de nouvelles bases. Durant deux mois, mes anciens Harkis me cachèrent, me ravitaillèrent et me renseignèrent. Eux attendaient de moi un miracle que j’attendais de Dieu. Mais, comme dit « l’autre », l’heureuse issue du drame algérien m’enchaîna et précipita leurs souffrances. Aux dernières nouvelles, 31 d’entre eux ont été éventrés, égorgés, fusillés, bouillis ou brûlés entre le 1er juin et le 1er aout 1962. (La liste de ces martyrs n’est hélas certainement pas close). Comment pourrais-je pardonner pareils crimes, fussent-ils perpétrés pour la raison d’état ? Comment pourrais-je retrouver la paix, arracher de ma mémoire les mille souvenirs qui me lient à ceux que j’ai abandonnés ? Comment regarderais-je l’avenir, bien que légalement innocent du crime de génocide dont l’histoire me fera porter le poids comme officier français ? En prenant le maquis le 25 février 1962, j’ai dénoncé ce crime monstrueux dont une nation prenait, par omission, la responsabilité. L’information dirigée m’a traitée d’officier félon (ô ironie), de bandit, d’assassin, de fasciste, moi, résistant et maquisard de 1943. Je n’ai de sang français sur les mains que le mien et celui de mes hommes, versé sous bien des cieux du monde sans autre idée que de le bien faire payer à l’ennemi. La liberté ne me rendra pas l’Algérie. L’amnistie ne me rendra pas mes morts, mes blessés, atrocement pour certains. Inlassablement, mon esprit erre à travers la Kabylie. Par lui, je vais de croix en croix, où ils sont tombés, suivant un terrible chemin d’amertume, de doute et de regret. La grâce présidentielle ne me rendra pas l’honneur de la France, pas l’oubli, pas le sourire en moi, de ceux qui torturés après le 1er juin par les Fels, m’ont maudit dans leur dernier hurlement. Car j’étais la France pour eux, ils avaient foi en un capitaine de l’Armée française, leur chef durant tant d’années, parmi eux pour le meilleur et pour le pire. Caché à partir du 1er avril, j’ai vu les autorités civiles et militaires dans le secteur de Bouira, imposer le F.L.N aux populations déroutées. J’ai mesuré le temps qui me restait avant d’être pris par la pénétration ennemie dans un secteur où ne survivaient pas 50 H.L.L en armes sur plus de trois mille, avant que la peur ne change de camp. J’ai vu effectuer le désarmement des autodéfenses pour assurer plus facilement cette pénétration dans les zones réfractaires. J’ai écouté des discours du Sous-préfet de Bouira menaçant ceux qui ne pavoisaient pas aux couleurs blanches et vertes avant le 1er mai. - 21 -


J’ai assisté, clandestin, au regroupement des forces françaises abandonnant aux tueurs revenus de Tunisie, des douars entiers. J’ai soigné un partisan M.N.A (Mouvement Nationaliste Algérien, tendance nationaliste modérée), ayant réussi à s’échapper d’un ancien poste au nord d’El Adjiba et transféré intact aux rebelles. Ce partisan me dit que ce fut devant un gradé de gendarmerie qu’il fut torturé (4 dents et un doigt brisés) pour lui faire avouer la position de mon refuge. Pourchassé de cache en cache, vivant comme ceux que j’avais tant poursuivis, traqué par les forces régulières et fellagha réunies, j’ai contemplé désespéré, l’écroulement de six ans de pacification et le déchaînement de haines et de vengeances, en instincts grégaires, d’une minorité qui, par le couteau, trancha 130 ans de civilisation. Parce que cohéritier de cette civilisation, j’ai défendu la France de 1955 au 10 mai 1962 avec la même passion, pour les mêmes raisons que de 1939 au 8 mai 1945. A vingt ans je me suis battu, j’ai pris le maquis pour libérer le sol national, libérer l’Alsace-Lorraine qu’on voulait nous voler. A quarante ans j’ai lutté pour libérer l’Algérie de la peur, du racisme, du panarabisme et de ses collaborateurs (blancs et autres), et garder 15 départements qu’on voulait nous voler. Sans famille et sans biens là-bas, j’ai défendu l’intégrité du territoire, l’honneur de la Patrie et le mien. Qu’un jour, les couteaux définitivement oubliés au vestiaire, aurait dû être mise en place une autonomie partielle puis complète. Cette autonomie aurait pu déboucher sur une totale indépendance en garantissant effectivement les droits de toutes les minorités, qu’elles fussent raciales ou confessionnelles; si l’intégration ne pouvait être effective, pouvait-elle être possible encore ? Pour ma part, j’ai cru, je crois, je croirai toujours que l’Algérie Française pouvait vivre. Mais pas çà ! Rêvons que les générations à venir, des deux côtés de la Méditerranée nous rapprocheront lorsque les égoïsmes, les lâches soulagements, les appétits du pouvoir auront été oblitérés par le temps... Pas de ces Pâques sanglantes souillant une armée passive, une nation démissionnaire, après une capitulation déshonorante. Pas cette prime à la violence, justification du terrorisme le plus atroce, le plus bestial, le plus fort parce que le plus primitif. Pas ce racisme fanatique arabe dédouané par le racisme gaullien. Pas ces tribunaux d’exception, créés par le même décret d’élargissement des tortionnaires et égorgeurs fellaghas, afin que certains d’entre eux y siègent, déshonorant la justice. - 22 -


Pas ces cimetières désertés qu’aucun Pied-noir n’approchera plus jamais, qu’aucune main blanche jamais plus n’entretiendra. Pas ces prisons où les hurlements de nos disparus sont étouffés par la surdité du régime. Et plus tard, en métropole : Pas de ces geôles politiques où De Gaulle cherche à annihiler leur personnalité à ceux qui y sont jetés par quatre, six ou sept, 23 heures sur 24, dans des taudis, véritables basses-fosses de 3,60m sur 3,10m sans table ni siège. Pas des réponses désabusées ou ironiques de la Croix-Rouge, Ligue des Droits de l’Homme et autres organismes aux appels à la conscience humaine. On en a appelé à la raison d’état, au bon plaisir, au racisme nationaliste, aux révisions déchirantes, au bon sens, à l’intérêt financier, au crépuscule d’un peuple pour motiver cet abandon. Mille masques pour une seule honte. On a détruit en moi ce qu’il y avait de plus beau dans l’esprit d’un soldat, le respect à la parole donnée, la foi en son combat de toujours pour repousser l’horizon autour de son pavillon, et le refus d’amener ce pavillon, si ce n’est pour en faire un linceul. Il peut être fait usage de ces lignes. Elles peuvent être divulguées en témoignage, comme laissées à l’oubli. Je les ai vécues avant de les écrire, je n’ai pas plus peur de l’avenir que honte de mon passé. Je me regarde toujours en face, sans rougir, ce que ne peuvent faire tous les officiers ayant encore leur nom dans l’annuaire. Il faut avoir commencé sa carrière au front et pleuré chaque pas d’abandon de rizière, de djebel ; il faut avoir souffert dans sa propre chair la mort de chacun de ses soldats ; il faut avoir adoré de faux dieux, tenté de tenir les serments, avoir donné son cœur sans le monnayer, pour comprendre pourquoi nous avons essayé ce qu’un peuple vaincu nous enviera demain. Jusqu’à ma mort, et mêlé à d’autres combats semblables que l’avenir nous réserve, à l’aube desquels nos prisons s’ouvriront, je garderai indéfectiblement unis le sens de la guerre victorieuse d’avant-hier et celui de la bataille perdue d’hier. S’il plait à Dieu que cette bataille perdue soit une guerre morte, les youyous d’Alger sont le glas de la France. Oui, je sais, c’est de la littérature sentimentale pour midinette, avec des mots de quatre sous, comme me l’a dit mon juge le 4 janvier 1963. Mais c’est avec des mots comme ceux là que l’on m’a recruté pour défendre la France, comme en 1914, en 1870, en 1789 le furent nos ancêtres. C’est avec des mots comme ceux-là que j’ai, durant vingt ans, recruté des cœurs, des tripes et des bras pour servir la France. C’est avec des mots comme ceux là que j’ai tué mes Chasseurs et assassiné mes Harkis. Valence, le 30 avril 1964 - 23 -


PONT-SAINT-LOUIS ; JUIN 1940. ON NE PASSE PAS. - C’est vrai, Pépé, que tu as fait la guerre ? - Dis, Pépé, tu étais où à la guerre ? - Tu as tué des ennemis, quand c’était la guerre ? Lucien Robert retira sa casquette en souriant. Ses arrière-petits-enfants le pressaient de questions, et il ne pourrait se récuser plus longtemps. Il tenta d’obtenir un sursis : - Mais pourquoi vous intéresser à toutes ces vieilleries ? Vous êtes à l’aube de la vie. Il y a bien des choses plus passionnantes… - Pépé, la maîtresse, elle a dit que tu étais un héros ! Explique-nous qu’est-ce que c’est. - Et pourquoi les Italiens ils nous en voulaient ? - Attendez, les enfants, je veux bien vous parler de tout ça… Mais promettez-moi de bien faire vos devoirs après. - C’est promis ! Raconte ! Le regard bleu de Lucien Robert erra un instant sur la mer, avant de se fixer sur la pointe du Cap Martin, et le rivage fuyant qui conduisait jusqu’à la frontière. C’était si lointain, tout cela ; il avait vingt-trois ans. Il avait achevé son service, mais on l’avait maintenu sous les drapeaux pour cause de mobilisation générale. Vêtu de son uniforme en drap, les chevilles serrées dans les bandes molletières, engoncé dans sa capote, le sac à paquetage sur le dos, avec ses deux chevrons rouges de caporal de réserve cousus sur la manche, il avait rejoint début septembre (le 4 ou le 5, il ne se le rappelait pas) son affectation de guerre au Pont-Saint-Louis. - Vous savez, c’est en septembre 39 que nous avons été rappelés, mais la guerre n’a commencé pour nous qu’en juin 40, dix mois après ! - Qu’avez-vous donc fait pendant tout ce temps ? - Des travaux ; beaucoup de travaux pour aménager notre blockhaus, et puis quelques alertes. Mais pour dire vrai, ce n’était pas la guerre. Les douaniers italiens de la Guardia di Finanza n’étaient qu’à cinquante mètres de nous, et nous allions les voir tous les jours pour blaguer et jouer aux cartes…Et puis, il y avait le DMP… - C’est quoi ? - Le dispositif de mine permanent. Notre mission était d’interdire tout franchissement de la frontière. Or le pont Saint-Louis, que nous défendions, était en territoire italien. Nous avions donc miné l’angle du boulevard de Garavan et de la corniche ; je vous montrerai où ; dès que l’ordre serait donné, nous couperions ainsi la route derrière nous. - Et vous l’avez fait sauter ? - Bien sûr ! le 10 juin, le jour de la déclaration de guerre. Nous étions à l’abri dans le blockhaus, et nous avions obligeamment prévenu les douaniers italiens d’en faire autant. L’explosion a été énorme ! - 24 -


- Tenez, regardez, j’ai une photo… Quel grabuge ! Mais derrière nous, il n’y avait plus de route ; nous étions encore plus isolés… Pensez, la chambre de tir contenait cinquante pétards de vingt kilos de mélinite… Les vapeurs de l’explosion avaient envahi la casemate, nous étions au bord de l’asphyxie ; il a fallu pédaler sur le ventilateur (eh oui, c’était un pédalier mécanique qui permettait d’aérer l’ouvrage) une bonne demi-heure pour rendre l’air respirable. - Et combien étiez-vous dans le fort ? - Tu vas rire… Très exactement neuf ! Un sous-lieutenant, un sergent, moi-même et six Alpins ! Et en face de nous, toute l’armée italienne ; en tout cas, le XVe Corps au complet. - Ce n'était pas beaucoup… Et comment avez-vous pu résister ? - Résister ? Et que faire d’autre, petit bonhomme? Imagine que nous étions enfermés dans notre carapace de béton, avec pour seul regard sur le monde extérieur la lunette du canon de 37 et le créneau de fusil-mitrailleur. Nous étions à cinquante mètres de la frontière, et nous pouvions être surpris et débordés à tout moment. Nous n’avions guère le choix. Et puis, pour notre lieutenant, nous nous serions affrontés au diable en personne. Lucien Robert s’arrêta un instant, pour rassembler ses idées. Soixante-dix ans que cela s’était passé ; pourtant, il revoyait si clairement ce front de mer qu’ils défendaient, l’austère casemate, mais surtout le visage juvénile du sous-lieutenant Gros 1 , leur chef. - Comment il était, ce lieutenant ? - Figurez-vous qu’il ne nous a rejoints qu’au dernier moment, à la veille du combat. C’était le 18 juin, je m’en souviens. Auparavant, nous étions commandés par un adjudant-chef ; un brave homme au demeurant, mais pas trop fait pour l’emploi. Il buvait des coups avec les Italiens ; non pas que ce soit interdit avant la guerre. Mais le 17 juin, il avait laissé passer deux officiers italiens de haut rang, soi-disant venus parlementer. Il a été aussitôt relevé et remplacé par le lieutenant. Je me souviendrai toujours de ses premières paroles. - Que vous a-t-il dit ? - À peu près ceci : Soldats, mes amis, Nous sommes les sentinelles avancées de la France. Entre nous et l’ennemi, il n’y a rien. Si nous cédions, si nous ne faisions pas notre devoir, bien sûr, cela ne changerait rien. La défaite paraît déjà acquise, et le Maréchal a demandé hier l’armistice aux Allemands. Mais il reste notre honneur de soldat, et notre honneur tout court. Pensez à vos enfants, au regard de vos enfants que vous n’oserez pas affronter quand ils vous demanderont ce que vous avez fait pour les protéger, pour protéger leur foyer, pour protéger leur dignité ! 1

Le sous-lieutenant Charles Gros appartient à la promotion de Saint-Cyr du Soldat inconnu (1936-1938). - 25 -


Les Italiens ne sont pas nos ennemis, mais le gouvernement fasciste l’est. Il nous déclare la guerre profitant de notre infortune, pensant participer à la curée à moindre frais. Eh bien, nous leur montrerons ce qu’il en coûte de s’attaquer à notre patrie, même meurtrie, même au fond de l’abîme. Nous leur montrerons ce qu’est le soldat français. Vive la France, et que chacun fasse son devoir. C’était là le langage que nous attendions. Nous étions prêts à nous battre, et nous savions désormais pourquoi. Il était comme un grand frère pour nous ; dès qu’on avait un coup de cafard, il fallait voir comme il nous regonflait… Le vieux soldat se pencha vers les enfants, attendant un signe de lassitude ou de désintérêt. Mais au contraire, ils paraissaient captivés, et aucune manœuvre dilatoire n’était envisageable. En soupirant, il reprit le fil de sa narration. - Jusqu’alors, on n’avait pas combattu ; peu après cette date, la vraie guerre commença. Le 20 juin, si je me souviens bien, c’est la première attaque. Plus de deux cents soldats ennemis débouchant du tunnel, qui viennent s’empiler devant la barrière antichar. Nous ouvrons le feu, et demandons aux batteries du Cap Martin un tir d’appui. Les 75 fusent. Les Piafs se débandent… - C’est quoi les Piafs ? - C’était le surnom qu’on donnait aux Italiens à l’époque. Comme on disait les Boches pour les Allemands. Où en étais-je ? Oui, les gaillards n’en restent pas là. Ils parviennent à contourner le barrage et arrivent à la tranchée juste devant le blockhaus… nous jetons des grenades par la goulotte et le créneau de porte ; cette fois, ils se replient emportant leurs blessés. Le sergent Bourgoin, je vous en ai parlé au moins ? Un vrai soldat, un gars d’active. Il nous avait rejoint le 18, s’étant porté volontaire ! Après 1942, il a gagné Alger pour s’engager dans les Forces françaises libres. En attendant, c’est lui qui servait le 37 antichar, et il faisait merveille avec. - Et comment vous viviez dans ce blockhaus ? - C’était pas un palace ! Il y avait quatre paillasses disposées dans le couloir qui débouchait sur la casemate de tir. Nous nous reposions à tour de rôle. Pas très facile quand l’artillerie nous pilonnait ! Pendant les cinq jours de l’assaut, nous n’avions qu’un quart de litre d’eau quotidiennement ; autant dire qu’on ne se lavait pas. La puanteur était telle que le lieutenant avait pu nous faire ravitailler en grésil pour désinfecter les lieux. Ah ! Pas non plus de WC ! Nous faisions nos besoins dans une gamelle métallique que nous vidangions par le créneau du fusil-mitrailleur ! Quand à la nourriture, nous n’avions que du vin, du chocolat en poudre, et des boîtes de conserve… sans rien bien sûr pour les réchauffer ! Tout cela, dans la pénombre infestée par les gaz émanant des cartouches brûlées. Mais on ne s’en souciait guère. - 26 -


- Et vous avez eu des blessés ? - Aucun ! Sauf quelques égratignures. Il faut dire que nous étions bien protégés sous notre carapace de béton, et que nos ennemis n’ont jamais pu déployer leur artillerie lourde. Mais ce n’était pas fini. Les Italiens s’infiltraient sur nos côtés, à l’abri de nos armes, par les granges Saint-Paul et la voie ferrée. Notre artillerie de Fontbonne et Cap-Martin s’est alors déchaînée. Un déluge d’obus de gros calibre s’est abattu devant nous et parfois même sur notre position. Le sol vibrait sous nos pieds, et c’était comme si un géant frappait avec une immense masse sur nos têtes. En face, c’est la débandade. Et puis ils sont revenus, avec des drapeaux blancs, pour secourir leurs blessés. Nous les avons laissés faire. - Et enfin, comment ça s’est passé ? Ils ont fait la paix ? Une ombre passa dans le regard du vieil homme. Un voile de tristesse. On le sentait au bord des larmes. Les enfants le prirent affectueusement par les bras, pour le réconforter. Gardant le silence, il se roula une cigarette avec minutie, récupérant soigneusement les brins de tabac. Puis il poussa un soupir avant de reprendre : - C’était le 21 juin ; je m’en souviendrai chaque jour que le Bon Dieu m’accordera. Il pleuvait. J’étais de garde au fusil-mitrailleur. Il pouvait être midi. Les voilà qui déboulent de nouveau. Une douzaine, avec un officier en tête, pistolet au poignet. Ça n’avait aucun sens ! Ils n’avaient aucune chance d’approcher, encore moins de franchir le barrage. Je ne comprends pas… Quand ils furent à portée, je vidai un chargeur. Ils tombaient comme des mouches. J’avais si mal que j’ai lâché l’arme fumante pour aller vomir. Tous ces jeunes gens fauchés à la fleur de l’âge… Tous ces garçons qui auraient pu être mes amis… Les yeux baissés, murmurant pour lui-même, comme pour conjurer ce terrible souvenir, il poursuivit : - Quand je suis retourné au créneau, j’ai vu l’officier couché au sol, étendu dans son sang, qui tirait à coup de pistolet sur le blockhaus. Ça pouvait paraître stupide et dérisoire. Mais moi, je comprenais ce geste, cet ultime défi. Il s’était affaissé, et puis plus rien, que le silence. Cela a continué comme ça jusqu’au 24. Tous les jours des paquets d’hommes venaient se consumer sur l’infranchissable barrage, comme des troupeaux poursuivis par des loups. Mais je ne pouvais plus être au fusil-mitrailleur. C’est Nicolas Petrillo, un coiffeur, qui m’a remplacé. Toutes les nuits, depuis ce jour, ces hommes dont j’avais brisé l’existence sont venus me hanter ; et souvent, je revois ce lieutenant italien au corps traversé par mes balles qui relève une dernière fois son bras armé, comme pour crier toute l’abomination de la guerre… Et puis le dernier jour, le 24, plus personne. Par contre l’enfer s’abat sur nous ; un déluge de marmites ; du gros calibre. Le blockhaus vibrait et tanguait sous l’orage. Mais il tenait bon. On était sonné à l’intérieur, et les tympans nous sifflaient. - Et ça s’est arrêté quand ? - 27 -


- Le 24 au soir, silence. Les armes se taisent. Nous restions aux aguets malgré notre épuisement. Nous ne comprenions pas. C’est vrai que la radio était coupée. C’était l’armistice, mais nous ne le savions pas. Les Italiens s’avançaient avec des drapeaux blancs. Nous tirions au-dessus de leur tête pour les repousser. Ce sont des officiers à nous, de la 58e demi-brigade, qui sont venus nous confirmer que la guerre était finie. Tous ces gars étaient tombés pour rien, pas même pour cinquante mètres… - Mais Pépé, c’étaient nos ennemis ! Et puis c’était la guerre ! - C’étaient de pauvres paysans piémontais auxquels on a donné un fusil pour marcher à la mort, pour la plus grande gloire du Duce… « La guerre, c'est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas2 . » Avant la guerre, nous nous connaissions, ils labouraient la même terre que nous, gardaient les mêmes troupeaux, cultivaient les mêmes fleurs. Enfin, on a dit que nous étions des héros, et on nous a décorés… Le général Olry a même fait citer notre équipage à l’ordre de l’armée… Lucien Robert hocha longuement la tête en soufflant une volute de fumée que le vent de la mer dispersa. Dans le soleil couchant, les dernières serres du Cap-Martin étincelaient comme des gemmes. La brise fraîchissait, et Lucien frissonna. Les enfants, qui n’avaient pas lâché sa main, respectaient son silence. - Mes enfants, mordez la vie à pleines dents, profitez des moments heureux ; ils ne sont pas si fréquents. Mais gardez bien dans un coin de votre esprit qu’il n’y a qu’une chose que l’on conserve avec soi tout au long de sa vie, que personne ne peut vous prendre, ce sont nos souvenirs. Ce sont nos biens les plus précieux… Et que Dieu vous épargne à tout jamais les guerres. Appuyé sur sa canne, les enfants mettant leurs pas dans les siens, Lucien Robert descendit le raidillon bordé de buis qui ramenait à sa demeure. Le chant du rossignol s’éleva dans le crépuscule, se mêlant au bruissement des feuilles d’olivier. Le vieil homme s’arrêta un instant, sourit et reprit sa route.

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Paul Valéry

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ITINERAIRE D'UN SOUS-LIEUTENANT AU 22eBCA DE FEVRIER A FIN JUILLET 1971 Le soleil, en ce mois d'août 1970, tape dur sur le casque lourd quand nous alternons marches commando et exercices sur le terrain, nous, les PPOR de la " 70 / 08 "affectés au 92 RI de Clermont-Ferrand (le même qui a été récemment engagé au Mali). Premier contact avec notre armée française. Nous sommes de ces jeunes (encore) qui ont fait le choix pendant leur période de service militaire obligatoire (12 mois) d'essayer de devenir officier après 6 mois d'instruction (2 mois de PPOR et 4 mois à Coëtquidan comme EOR). Pour la plupart d'entre-nous, le service militaire est, encore à cette époque, un passage obligé dont on se dispenserait bien. Bon nombre d'amis ont réussi à y échapper sous des prétextes divers et variés. Nous réalisons cependant que nous sommes une génération" chanceuse"(comme on dit au Québec où j'habite en écrivant ces lignes) car, à l'issue de notre instruction, nous n'aurons pas à aller combattre " pour de vrai " comme l'ont fait encore il y a si peu de temps des frères, des oncles en Algérie. Nos instructeurs à Coêt ont bien entendu " fait l'Algérie ", et c'est avec respect que nous les écoutons. Je me souviens, comme si c'était hier, du " mien ", du Lieutenant Gouffault, pour sa compétence, son calme et son humanité cachée sous sa carapace du chef. J'aurais l'occasion de le revoir une fois plus tard alors qu'il avait été affecté au 13 BCA dans ma ville natale de Chambéry. Je garde de mon passage à Coët. un mélange de souvenirs et sensations où se côtoient ... manque de sommeil , exercices physiques ( mon " temps " au parcours du combattant s' est grandement amélioré au fil des semaines), prise de conscience de ce que commander une section sur le terrain est un art difficile , camaraderie , compétition , et en définitive grande humilité . Je m'estime satisfait de sortir avec le grade de sous-lieutenant. Reste maintenant à savoir où je vais pouvoir être affecté. J'aimerais rejoindre une unité alpine pour renouer avec une tradition familiale puisque mon père, et mon grand-père (ST CYR 1912 -13 et 1938 - 39) ont porté la tarte. Mon rang de sortie ne me permet pas de prétendre aux prestigieux bataillons savoyards mais j'ai la chance de pouvoir choisir le 22 BCA (comme les 3 autres EOR sortis juste après moi). J'ignore tout du 22, à part le fait qu'il est situé à Nice et que quelques mauvaises langues l'appellent le " bataillon des fleurs " ou " des scaphandriers ". Ce n' est que plus tard que je réaliserai combien ce bataillon est prestigieux , qu'il est né dans les Alpes du nord , combien ses chasseurs ont combattu avec une grande vaillance et payé de leurs vies dans tous les conflits du 20eme siècle. - 29 -


Mon premier contact avec le bataillon se fait, bien sûr, d'une façon formelle en écrivant à son chef pour me présenter et annoncer mon arrivée. Alors là, superbe, voila que je reçois en retour sur un " bristol " à entête du 22, avec une très belle écriture, un mot fort aimable du Lieutenant colonel Gaillard qui me souhaite bienvenue et se réjouit de l'arrivée d'un jeune chambérien... et skieur. J'ai précieusement conservé ce document, maintenant un peu jauni .... Comme mes artères probablement. Curieusement l'accueil du colonel, lorsque que je me présente dans son bureau au mois de février 1971, me semble un peu distant et formel. Ma surprise, et ma déception, sont encore plus grandes quand il m'annonce que je serai affecté au service mécanique du bataillon....moi qui espérais skier et crapahuter dans les Alpes du Sud. Me voila toute la matinée à graisser un Simca ..! Le repas de midi réunit au fort de la Drète les cadres du bataillon et mes trois autres camarades, qui, comme moi, semblent avoir subi quelques vicissitudes en cette première matinée. Nous savons que nous devons affronter un bizutage, et nous sommes pour le moins perplexes et bien sûr circonspects face à tous les cadres qui nous sont présentés. Après un repas, au cours duquel nos voisins de table essaient de nous faire boire pastis et bon rosé, le colonel se lève, arrache ses galons et les change pour ceux d'adjudant-chef. Tous les gradés font de même et s'ensuivent la " valse des galons " et un accueil très sympathique de tous les cadres et de notre " vrai " colonel. Je me souviendrai de cet épisode pour le bizutage des prochains " bleus " dans 4 mois. Me voila maintenant avec une vraie affectation comme chef de la section "reco" à la CRA avec 11 jeeps en dotation... enfin en théorie, car rares seront les fois où elles seront toutes en état de marche. Mon capitaine et les autres cadres de la compagnie me mettent vite à l'aise. Avec le temps, je n'ai pas, hélas, retenu leurs noms (impardonnable, je sais). Les deux autres lieutenants de la compagnie m'entrainent immédiatement dans le vieux Nice pour me faire découvrir les délices de la socca. Je deviens, d'un seul coup, responsable d'une trentaine de jeunes hommes qui m'appellent lieutenant... J'ai dû faire un effort la première fois pour ne pas me retourner et voir à qui ils s'adressaient. Je sais qu'il ne sera pas facile de me faire accepter (moi qui, comme eux, ne suis qu'un appelé) et qu'il faudra utiliser la recette traditionnelle mélangeant exemple, effort (et discipline) travail et compréhension car ces garçons s'ennuient souvent ferme quand ils sont coincés au Quartier sans grande activité. Heureusement, nous sommes en hiver et il faut former " mes hommes " aux techniques alpines et, pour commencer, au ski. Nous voilà partis (pour une quinzaine de jours d' abord), au centre de montagne de Beuil (où nous jouirons d'un enneigement exceptionnel), et ensuite à la Foux d' Allos. - 30 -


Très peu d' entre eux ont déjà mis les pieds sur des planches, et en plus, il faut bien reconnaitre que le matériel (skis aluflex et chaussures cuir SM... beaucoup plus M que S en ce qui concerne la tenue du pied) génère de belles chutes ( pas toujours sans gravité car j' aurai à déplorer ,hélas , une jambe cassée ).

Fort heureusement, un de mes chasseurs est moniteur de ski et nous nous partageons la section pour l'enseignement. Nous arriverons ainsi, en peu de temps, à rendre ces garçons aptes (dans des conditions acceptables), à se déplacer, skier, porter un sac Le moral est excellent dès que nous sommes en montagne, quandleurs nousarmes. assez lourdmême et utiliser sortons un jour à Beuil, par - 30 degrés, pour une sortie peau de phoque éprouvante.

Nous sommes ainsi prêts pour le raid d'une semaine que doit accomplir le bataillon entre Beuil et Montgenèvre... avec armes et bagages. Merveilleux souvenirs ( moi qui aime tant la rando - j' ai été par la suite membre du CAF de Cannes ) que ces journées de ski en altitude dans les Alpes du Sud , couchage en trous à neige avec mes chasseurs et partage avec eux des bons et moins bons moments , et des boites de ration.... ou du confit d' oie que la mère d' un de mes gars du sud-ouest lui avait envoyé. Rien à voir bien sûr avec la dure réalité du combat en montagne comme nos troupes alpines l'ont vécue récemment en Afghanistan.

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On termine la saison de ski à Pra Loup . une course des cadres des unités par alpines du sud. Le bataillon des fleurs " se couvre de gloire " dans l'épreuve de slalom géant (tracé par Honoré Bonnet), puisque notre chef de corps termine premier de sa catégorie et moi même second des " jeunes " (battu par un appelé, comme moi, du 159, et qui avait " rempilé " pour pouvoir participer à cette course.) Nous enchaînons ensuite sur un stage de la compagnie de 15 jours à Canjuers où j'utilise pour la première fois mes jeeps.... qui seront vite sales (comme tous les chasseurs, car aucune douche n'existe dans le vieux bâtiment de ferme qui nous est attribué). Sous le prétexte de la nécessité de laver les véhicules, j'entraine mes chasseurs dans la rivière Nartuby (qui ne coule pas loin), pour un " décrassage " matériel et homme.

Le lendemain il faut que j'apprenne à mes chasseurs à surmonter leur crainte quand je dois leur faire lancer à chacun une grenade OF et une DF. Me revient à l'esprit l'anecdote de ce copain EOR, qui, dans un exercice de tir réel à Coët en présence du général , s' est pris le bras dans l' antenne de son PP8 en lançant sa grenade ... qui a atterri à 10 m ... obligeant tout le monde - même le "gégène" - à se jeter à plat ventre . Pas le temps de souffler et voici trois jours de " manœuvres nationales " (enfin je crois qu'on les appelait comme ça). Ma section reçoit pour mission de se poster sur la corniche en dessous du mont Agel pour tenter d'empêcher des commandos de marine, déposés par un sous marin, de s'infiltrer et de s'emparer du système radar sur ledit mont. Je place mes hommes en embuscade dans plusieurs thalwegs montant de la mer pour une nuit qui promet d'être agitée. Effectivement un de mes groupes fait 2 prisonniers; un autre " n'insiste pas " quand un commando intercepté sort son poignard et menace mes chasseurs. - 32 -


Résultat au total pas très brillant car des commandos réussiront à pénétrer au mont Agel dissimulés dans le camion-benne à ordure. Le temps a passé si vite que nous sont annoncés quatre nouveaux qui arrivent de Coët. Avec les lieutenants et sergents de la compagnie on décide de leur " monter " un vrai bizutage dont ils se souviendront. Notre faux colonel reprend du service et confie à deux nouveaux arrivés la charge quotidienne de s'occuper de la plage militaire, située à cette époque à la sortie du port de Nice. Vous imaginez le sourire de nos deux bleus à l'approche d'un été magnifique à se dorer au soleil. Ils font à la plage la connaissance du sergent (en fait lieutenant de la CRA) qui les entraine en zodiac (en les faisant ramer tous les deux) pour une " mission" en mer avec un prétendu sous marin à la sortie du port de Nice. Nos deux bleus ignorent que nous nous sommes mis en rapport avec la gendarmerie maritime de St Jean Cap Ferrat, qui vient en bateau arraisonner le zodiac et embarque nos lieutenants (vêtus d'un seul maillot de bain) après avoir " découvert " de la poudre blanche dans le sac du sergent. Incarcération, interrogatoire (toujours en maillot de bain) à la gendarmerie où je viendrai dans l'après midi récupérer nos deux lascars avec un camion du 22 et plusieurs de mes gars armés.... Voilà nos deux nouveaux (toujours en maillot de bain) brutalement introduits dans le mess où tous les cadres ont repris leurs galons et leur réservent un accueil à la hauteur de la blague dont ils ont été les bien innocentes victimes. Une dernière mission m'est confiée : faire le plastron avec ma section à l'école des commandos de Mont Louis. Vous pouvez imaginer que traverser le sud de la France avec 11 jeeps , mi- juillet , dans les encombrements de la circulation , avec des liaisons radios aléatoires , m' a fait transpirer (pas simplement pour cause de chaleur). Fin juillet, mon temps au 22 s'achève. Bizarre, comme je n'avais pas vraiment envie de retourner à la vie civile, de troquer treillis et rangers (rien trouvé de plus confortable) pour la robe noire d'avocat. Je sais que, pendant 1 an, j'ai appris beaucoup de choses sur l'art militaire et les rapports humains, et joué en fait aux " cowboys et aux indiens " sans le danger, les souffrances de nos anciens. Ce n'est que bien des années plus tard (ayant transféré mes pénates pour une autre vie), au Canada, que j' ai découvert sur internet l' existence de notre association à laquelle j' ai immédiatement adhéré , non pas par esprit ancien combattant (que je ne suis pas ), mais par respect pour nos troupes alpines et parce que je cultive l' adage si vrai " chasseur un jour , chasseur toujours". Jacques de Lavareille

Jacques nous envoie un petit bonjour du Québec avec une photo d'une partie de chasse à la gélinotte huppée. - 33 -


ETE 1963 A LA COMPAGNIE DE MONTAGNE DU 22e B.C.A La renommée des Troupes Alpines repose sur les conditions particulières de leur entraînement. La montagne offre la plus belle école d’énergie qui soit. Elle nous donne l’esprit de solidarité et d’amitié qui au sein d’une unité, est le facteur indispensable au maintien de la bonne ambiance. Bien que stationnant en bordure de mer à Courbet Marine, le 22e B.C.A a mis sur pied durant l’été 63, un centre d’instruction montagne à Tikjda, site où tant de souvenirs le rattachent. Sur la route de Tikjda, le chalet du Club Alpin Français, construit et entretenu par des Grenoblois. Une entreprise de Grenoble avait monté dans un vallon environnant un "tirefesse" détruit par les "fels" (notre langage de l'époque) pour récupérer les câbles.

Trouvant là un terrain à sa mesure, la formation alpine des cadres et des chasseurs ne pouvait être que concluante. En face nord comme en face sud, le Djurdjura offre des parois calcaires au rocher franc et difficile. Les Azerou, Gougane, Taltatt, Timedouine font aisément oublier les plus belles escalades classiques des Alpes Françaises. D’accès rendu facile par une route en fort bon état, et par de nombreux sentiers, les fastidieuses marches d’approche sont réduites au minimum et l’escaladeur est de suite à pied d’œuvre. Le néophyte est en général surpris par la difficulté et la raideur des voies ouvertes sur une roche assez particulière. Mais tout en appréciant la beauté, il s’adapte très vite car il existe une « ambiance » montagne qui vient améliorer l’éternel beau temps… Le centre fut installé le 16 juin 1963 par la Compagnie montagne du 22e B.C.A, il devait fonctionner jusqu’au 2 octobre bien que sa fermeture fut au départ prévue pour la mi-novembre. Les évènements de Kabylie furent la cause de sa fin précipitée. Dans un premier temps la S.E.M du Bataillon, renforcée par celle du 159e B.I.A, a effectué un travail de reconnaissance poussé afin d’évaluer et de classer les itinéraires en vue de la formation des sections G.V- F.V. Au cours des deux premières semaines plus de 34 voies furent répertoriées : 4 dans le Guessig, 6 dans le Régnier, 4 dans l’antécime du Tunedouine, 7 dans le Tunedouine, 5 dans le Gougane, 8 dans les aiguilles de Taltatt (Main du Juif), toutes représentant les divers degrés de classement du facile au très difficile. - 34 -


De plus des itinéraires à dominante marche ont été étudiées : Dent du Lion, Tabour El Anseur, Lal Khredidja, Aït Irguene, chacun faisant l’objet d’un déplacement de 2 jours avec bivouac. Devant l’importance que le Commandant du 22e B.C.A voulait donner à ce centre, l’exiguïté de l’ancienne école d’escalade de la Grotte aux Pigeons, fort bien connue des S.E.M de la 27e D.I.A, est apparue de suite. Une deuxième école fut alors créée dans les rochers et gouffres des Icefcifen, situé à 40 minutes de marche du Centre.

Par un heureux concours de circonstances cette école fut un facteur décisif dans la formation des jeunes chasseurs. En effet, très étendue, cent élèves peuvent y évoluer sans gêne. De plus, située dans un cirque profond, la chaleur de l’été n’a aucune prise sur les parois que maintiennent dans une fraicheur agréable des dizaines de mètres cube de neige éternelle accumulée dans le fond. Suite à une érosion chimique intense cette école offre la variété que peut souhaiter le montagnard le plus exigeant. Sur 31 mètres de verticalité absolue, ce n’est qu’une symphonie de dièdres, cheminées, arêtes, dalles etc.….. Le centre occupait un chalet relativement récent, appartenant au C.A.F, section d’Alger, que les éclaireurs s’évertuèrent à rendre coquet et accueillant. Assez petit, il ne put abriter que l’équipe de Commandement et la S.E.M. Les stagiaires furent logés soit sous tentes collectives, soit (en plus grand nombre) sous tentes individuelles montées sur des terrasses, à l’abri des grands cèdres parasol. Grace à un éclaireur astucieux, l’eau courante y fut amenée après de laborieux travaux. Un terrain de volley-ball, fiché dans le roc, des plantations de fleurs, des allées rustiques, des panneaux de couleurs lui donnèrent un air plus coquet. Matériellement bien équipé, ayant un personnel de qualité avec les deux S.E.M, le centre accueillait les premiers stagiaires dès le début juillet. L’enseignement portait d’une part sur l’étude du déplacement en montagne (escalade, aménagement d’un - 35 -


passage, secourisme), d’autre part sur le combat pratique en montagne (reconnaissance, tir, bivouac, vie en milieu d’insécurité). Les stages ne durant que 15 jours, tout ne put être enseigné.

L’accent fut mis plus sur la formation qui marque que sur l’information toujours fugitive. Les exercices en école d’escalade furent très nombreux afin que les stagiaires moyennement doués, puissent très rapidement vaincre l’appréhension du vide et par là, jouir d’une certaine autonomie pour assimiler les principes essentiels de la technique. Le programme d’un stage comportait 4 séances d’école d’escalade, deux sorties en montagne de 24 heures, deux sorties de 48 heures, une séance de secourisme, une autre d’aménagement de passage, 3 exercices de combat, 2 exercices de tir et de vie en montagne. Durant les 112 jours de fonctionnement du centre, 12 sections appartenant aux Corps de la 31e Brigade y firent un stage représentant au total 9590 hommes/jour, travail pour 337 cadres et chasseurs instruits. Parmi les stagiaires beaucoup se découvrirent des talents de grimpeurs nés. D’autres, déjà confirmés, se lancèrent dans des entreprises de plus haute école, en particulier dans la Main du Juif où la face est de la petite aiguille, cote est fut parcourue à quatre reprises.

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A la fin août le 22e B.C.A voulut marquer la formation de ses cadres et chasseurs par une grande manifestation d’escalade présentée aux plus hautes autorités militaires des F.A.F.A. Hélas, pour des raisons majeures du moment, ces autorités ne purent se déplacer. La démonstration eut lieu malgré leur absence, au profit de quelques cadres et chasseurs de la 31e Brigade et du 22e B.C.A. Elle comportait 3 actes principaux : 1)- Une section (composée de 10 cordées de 3 hommes) en escalade dans des voies AD et D, jalonnant leur déplacement par fumigènes de couleur. 2)- Une section renforcée, dans un exercice de combat en montagne très difficile (escalade, assaut, surprise par rappel, tir des AA 52 en position d’escalade). 3)- Une section à l’instruction escalade. Ses membres répartis en 12 ateliers représentaient les phases successives de l’instruction montagne et de sa technique. Cet ensemble se déroulait dans le cirque de Boussouil où les spectateurs n’avaient à se déplacer de quelques mètres pour tout voir dans des conditions confortables. Un repas champêtre de fort bon goût mettait une note finale dans une ambiance alpine des meilleures. Depuis son retour au bord de la mer, la Compagnie de Montagne n’a pas voulu d’un emploi du temps quelconque. Après des recherches et des aménagements, une école d’escalade vient d’être ouverte dans les falaises dominant la mer, à proximité des cantonnements. Haute de 20 mètres, large de 50, une section peut y évoluer dans 10 voies PD à D tracées dans un rocher rendu « sain » à coup de barre à mine et de masse.

Aussi la tradition et le maintien en condition seront conservés dans l’attente de jours meilleurs afin d’être en mesure soit de revenir dans le Djurdjura si les évènements le permettent, soit d’escalader dans les Alpes si jamais le Bataillon y revient un jour. Capitaine GRAMOND

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En 2014, la quasi totalité des unités de la 27eBIM seront engagées en OPEX (RCA, Tchad..), notamment un étatmajor et un GTIA au Mali début Janvier 2014 ! CONSEIL D'ADMINISTRATION ET ASSEMBLEE GENERALE DE LA FRESM

Après un an d'existence, ces 2 réunions ont permis de faire le point sur "la santé" de la Fédération pour le Rayonnement et l'Entraide des Soldats de Montagne. Beaucoup de monde et de personnalités dans la salle de cinéma Fernand Contandin (Fernandel) du quartier de Reyniès. Bien entendu, en tant que membres du conseil d'administration Georges Tremoulet et Daniel Leportier, les délégués de notre amicale du 22 étaient présents ainsi que Daniel Rocher. - 38 -


Des participants attentifs aux paroles des différents intervenants.... Fort heureusement, la pause repas a permis de se "requinquer", et surtout d'échanger entre membres des différentes amicales du sud des Alpes!

De gauche à droite, le colonel (er) Jeanny président de l'amicale des Cavaliers des Cimes (4eRch à Gap), le col Hubert (er) président de l'AUCA de Barcelonette, le général (2S) Klein, président de la FRESM, Daniel Leportier, Gérard Liebenguth et Daniel Rocher de l'amicale du 22. Prix « Soldat de Montagne » 2013 Le prix 2013 a été décerné au général d’armée (2S) Jean-René BACHELET et à Monsieur Philippe BLANC. Chaque lauréat a reçu, en plus de son diplôme, un sabre d’apparat gravé à son nom. La cérémonie était placée sous la coprésidence du général de division (2S) Michel KLEIN, président de la FRESM, et du général Benoît HOUSSAY, commandant la 27e brigade d’infanterie de montagne, en présence de monsieur David RIBEIRO, directeur de cabinet de monsieur le préfet de l’Isère, de monsieur Michel DESTOT, député-maire de Grenoble et de madame Christine CRIFO, vice-présidente CG 38.

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2° ANNIVERSAIRE DE LA CONVENTION DE COOPÉRATION ANA MONDOVI et AMICALE NATIONALE 22°BCA 22 septembre: 10h30 ; Col de Tende : cérémonie avec dépôt de la gerbe commune 12h30: Limone: 50e anniversaire du Gruppo de Limone 13h00: Repas en commun à Limone Cet anniversaire a eu lieu le Dimanche 22 septembre au col de Tende où se trouve le "monument" édifié en commun avec nos amis Alpini en 2011...

Faible représentation des uns et des autres, à commencer par le président de l'amicale du 22 retenu à Grenoble, et le président de l'ANA Mondovi en Russie... Mais nul n'est indispensable, et les chasseurs alpins des Alpes Maritimes ont été fort bien représentés par Jean Paul GIRAUD, Georges TREMOULET et madame, Yvon IMPROVISI avec le fanion des anciens de Menton... A l'issue de la cérémonie du dépôt de la gerbe commune au monument du col de Tende, tous les participants ont rejoint le gruppo de Limone qui célébrait son 50e anniversaire, ce qui a largement contribué à faire du repas un moment mémorable!

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CONVENTION de JUMELAGE ANA IMPERIA / ANCIENS CHASSEURS ALPINS DU 06 (Amicale Nationale du 22eBCA de Nice et L'Amicale du Mentonnais des chasseurs à pied, alpins et mécanisés)

Ventimiglia: domenica 20 ottobre l'incontro tra gli Alpini imperiesi e gli Chasseur Alpins francesi

La convenzione, concordata da tempo, ha lo scopo di ufficializzare, sviluppare e rendere perenne le relazioni amichevoli che legano e uniscono gli ex militari delle Truppe di Montagna. I firmatari si impegnano ad organizzare annualmente un raduno ufficiale che in alternanza avverrà in territorio francese e italiano; a promuovere incontri fraterni informali; a trasmettere e pubblicare i calendari delle varie manifestazioni delle due associazioni con i relativi programmi. Per la realizzazione del progetto di collaborazione è stato deciso di dare vita ad un gruppo di lavoro italo - francese permanente. Per l'Amicale firmeranno il Presidente G. Liebenguth e i Consiglieri Jean Paul Giraud e George Tremoulet; Per l'Associazione Alpini Sez. di Imperia il Presidente Enzo Daprelà e il Vice Presidente Vicario Oreste Pastor e il Vice Presidente Roberto Criscuolo. - 41 -


Et comme dans les BD d’Astérix, l’aventure se termine par un “banquet” !!!!

16°RADUNO DEL 1°RAGGRUPPAMENTO PIEMONTE-LIGURIA-VALLE D'AOSTA-FRANCIA IVREA 7 et 8 septembre 2013

L’amicale nationale du 22e BCA et l’Amicale du Mentonnais des Chasseurs à pied, Alpins et mécanisés ont répondu présents à l’invitation de nos amis Alpini de Val Susa, de Mondovi et d’Impéria avec lesquels nous avons des « accords de coopération » !!! Sur place, au milieu d'à peu près 30 000 participants, nous avons retrouvé avec la plus grande joie, la fanfare du 27eBCA, ainsi qu'une trentaine d'anciens de l’amicale du bataillon des Glières, lesquels sont « jumelés » avec la section d’Ivréa…

Samedi, le "petit défilé"...en tête de la délégation française, la fanfare du 27, suivie par les fanions des amicales et les anciens "diables bleus", de l'amicale du 27, du 22eBCA et de l'amicale du Mentonnais des Chasseurs à pied, Alpins et mécanisés, tous unis et dans une tenue quasi uniforme, et qui avaient adopté la formation du "carré chasseur"!

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Le dimanche, le "grand défilé" qui a duré 2h30; Une partie de notre délégation emmené par Daniel LEPORTIER a défilé avec nos amis de Val Susa, derrière le président Mr Gian Carlo Sosello et sa bannière!

Le second détachement avec à sa tête Jean Paul GIRAUD et Yvon Improvisi ont défilé derrière la fanfare et avec les anciens du 27.

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ADUNATA SEZIONALE E FESTA DEL III° RAGG.SEZIONALE

Le 9 juin, c'est à l'invitation de M. Gazzano Gianpiero, président de la section des Alpinis de Mondovi, que Jean Paul GIRAUD et Yvon IMPROVISI, avec les fanions de l'amicale du 22 et des anciens du Mentonnais, accompagnés de Georges TREMOULET et d'André COMBE se sont rendus à Piozzo pour le 10e anniversaire de l'inauguration du monument. Piozzo est un village italien, situé dans la province de Coni et la région du Piémont.

Bien que ce rassemblement fût de taille plus modeste que celui de Piacenza ou d'Ivréa, rien ne manquait: honneurs au drapeau, office religieux, défilé, hommage aux morts...et bien entendu le traditionnel banquet!

Comme d'habitude, nous avons eu droit à un accueil particulièrement chaleureux et à des applaudissements nourris! Une fois n'est pas coutume, les délégations françaises présentes (ANAESTM Hautes Alpes, amicale du 159e RIA et amicale du 22e BCA) ont accepté de défiler ensemble!

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Se souvenir pour que leur sacrifice ne soit pas vain Le cimetière français du Wettstein a été le cadre ce dimanche 11 août, d'une cérémonie appelée communément "la fête du Linge ", par la population d'Orbey. Elle se retrouve chaque année dans cette enceinte sacrée, où reposent près de 4000 soldats, pour commémorer leur sacrifice lors des combats du Linge et des environs en 1915. Traditionnellement, cette manifestation a lieu chaque année depuis 1922, le deuxième dimanche du mois d'août. Elle est organisée à l'initiative de la commune d'Orbey et de l'amicale des Diables Bleus présidée par Raymond Dodin. La clémence du temps à favorisé la venue d'un public en grand nombre, dont une forte représentation d'anciens chasseurs en tenue bleue.

.A souligner la présence symbolique d'une importante délégation d'anciens combattants de Mörendorf en Bavière. Plusieurs associations patriotiques et d'anciens combattants, étaient représentés par le nombre impressionnant de 56 porte-drapeaux et porte-fanions. Parmi les personnalités civiles et militaires, les généraux Georges Pormenté et Dominique Muller, Anne Laparre Lacassagne sous-préfète, Jacques Cattin conseiller général, le colonel Gilbert Dollé président des DB d'Alsace, Jean-Claude Jacotot président de la fédération nationale des amicales chasseurs, et biens d'autres dont de nombreux maires des communes avoisinantes. Cette grande nécropole a été créée pendant la guerre 14/18, pour recueillir les dépouilles des militaires tués lors des sanglantes batailles qui ont eu lieu sur les hauteurs du Linge en juillet 1915. Bien qu'il n'existe aucune échelle de l'horreur dans un conflit armé, aucune autre guerre n'a été aussi meurtrière et inhumaine. L'horreur y avait atteint son paroxysme avec l'utilisation d'obus à gaz et la projection de liquide enflammé.

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45 bataillons de chasseurs se sont succédés pendant trois mois face aux Jäger allemands. Dans l'antre du tombeau des chasseurs," das Grab der Jäger" comme l'ennemi avait baptisé le linge, près de 17000 morts des deux camps ont laissé leur vie. En mémoire de ces héros, une messe a été célébrée dans la petite chapelle par père Alphonse Peter, supérieur provincial rédemptoriste, rehaussé par la chorale St Cécile d'Orbey. La cérémonie s'est poursuivie par la levée des couleurs, précédant le dépôt par les autorités de neuf gerbes au pied de la croix du Linge suivi de la sonnerie aux morts et de l'hymne national interprété par la fanfare des sapeurs pompiers et l'harmonie St Cécile d'Orbey. Lors de son allocution, le maire Guy Jacquey a notamment procédé à la lecture émouvante de la lettre du capitaine Belmont décédé au Linge le 28 décembre 1915 à l'âge de 25 ans. Il écrivait:" l'essentiel est de bien mourir et jusqu'à là de bien vivre, merci de prier pour moi". Par ces mots, il n'exprimait pas un cri de désespoir, mais un raisonnement serein face au destin et une foi inébranlable en dieu, la patrie et l'amour. JR.Haefélé UNE CEREMONIE CHASSEURS MEMORABLE Dimanche 22 septembre la ville de Sélestat a servi de cadre au 9ème Rassemblement Régional des Diables Bleus d'Alsace et de la Commémoration des combats de Sidi-Brahim il y a 168 ans. Cette année le choix du lieu de manifestation n'est pas dû au hasard : Sélestat historique ville de garnison Chasseurs, où retentissaient naguère, entre 1919 et 1933, les sonneries des 31ème Bataillon de Chasseurs à Pied et du 3ème Groupe de Chasseurs Cyclistes, a été marquée par l'histoire. Ce rassemblement coïncide également avec le 30ème anniversaire de la création de l'Amicale des Diables Bleus de Sélestat, présidée par Michel Hulné. La cérémonie devant le Monument aux Morts a débuté sous la direction de l'officier du protocole le chef de Bataillon (H) Georges Bossler qui a accueilli les personnalités civiles et militaires. Parmi les autorités présentes : le général Hautecloques-Raysz cdt.la 2ème Brigade Blindée, Marie-Christine Bernard Jelabert sous-préfète de Sélestat-Erstein, le col. Didier Leurs chef de corps du 16ème BC, le col. (H) Gilbert Dollé président régional des DB d'Alsace, Pascal Prentout, vice-président de la Fédération Nationale des Amicales de Chasseurs, le capitaine Philippe Mignotte de l'escadron 23/7 de la gendarmerie mobile et le 1er adjoint Jacques Meyer représentant le maire de Sélestat.

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Les présidents des Amicales de Chasseurs d'Alsace et de nombreux présidents d'associations patriotiques étaient accompagnés par un nombre impressionnant de 43 porte-drapeaux et porte-fanions. La cérémonie était rehaussée par la présence d'un piquet d'honneur du 16ème BC de Bitche et d'un détachement en armes de la Gendarmerie Mobile, ainsi que par celle de deux alsaciennes et de la batterie fanfare des sapeurs pompiers de Huttenheim. Moment d'émotion avec la lecture de Michel Hulné des combats de Sidi-Brahim, une évocation poignante de ce fait d'armes héroïque de septembre 1845 dans le Sud-Oranais. L'appel de chacun des 33 bataillons a été symbolisé par une fleur bleue-jonquille piquée sur un grand cor de chasse. Le dépôt de six gerbes par les autorités a précédé la sonnerie aux morts, suivie de l'hymne national chanté par tous, et du refrain de la Sidi-Brahim repris en chœur par les chasseurs. La cérémonie s'est conclue par un défilé haut en couleur à travers les rues de la cité pour rejoindre la salle Sainte-Barbe. Pendant le verre de l'amitié, le colonel Dollé a mis en valeur l'esprit et les traditions chasseurs, rappelant le culte du souvenir et le devoir de mémoire dans une allocution truffée de citations d'ont l'ancien professeur de français a le secret, avant de céder la parole aux officiels. Sept membres de l'amicale de Sélestat ont été distingués par l'attribution de différentes médailles fédérales et cinq diplômes d'honneur internes ont été remis à des sympathisants. Le repas de cohésion servi au gymnase du quartier Cambours a fait l'unanimité dans l'habituelle ambiance de camaraderie propre aux chasseurs. JR.Haefélé

                                                                                                                                   

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81 / NOS PEINES

* Max

FANTOLA

* Colonel(H) Pierre PAUVERT, le papa de notre compagnon Bruno Pauvert...

* d'Auschwitz...

* Mme Yvette PATINO-LACHKAR, épouse de notre ami Mr François PATINO Elle était une rescapée

*Jean-Pierre POIREL

*Adjudant-chef (H) Paul BARNOIN

Appelé classe 1948, affecté au 93e RI, services comptant à compter 15/04/48, désigné pour continuer son temps en Extrême Orient. Blessé, il est rapatrié sanitaire sur Paris à l’hôpital du Val de Grace. e Affecté au 9 R.T.M à Oran le 06/01/56, puis au 2/9e R.T.M stationné à Aïn El Euroch, le 21/01/56. Blessé par balle le 26/01/56, il est dirigé sur l’hôpital Maillot à Alger, il sera ensuite rapatrié en métropole et dirigé sur Antibes. Mis à la retraite en 1976 après 25 ans, 9 mois et 27 jours. L’Adjudant-chef Barnoin est titulaire de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre TOE à l’ordre de la division, Croix de la Valeur Militaire avec palme, Croix du combattant.

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* Robert PELI décédé le 10 septembre 2013 Né le 24/11/1929, appelé sous les drapeaux le 3 novembre 1948, il est affecté au 22eBCA / Cie B, pour être libéré le 25 octobre 1951. Il rengage pour 2 ans au 22eBCA le 3 septembre 1956 et embarque le 6 septembre sur le S/S KAIROUAN pour débarquer à Alger le 7 septembre 1956. Affecté à la 4e compagnie du 22, il est nommé caporal-chef le 16 avril 1957, puis sergent au 1° février 1958. Il rejoint la France le 2 août 1958 pour être rengagé 2 ans en décembre 58 au titre du 12e CSM. Il suit un stage au centre d'application de Bourges, puis rejoint la direction du matériel à Alger...

Il est admis dans le corps des sous officiers du Service du Matériel de l'Armée de Terre le 22 mars 1960 et rayé des contrôles le 30 novembre 1960 après 6 ans, 3 mois et 4 jours de campagne. Robert PELI est titulaire de la médaille du Combattant Volontaire Algérie, de la médaille du Combattant avec agrafe Algérie, de la commémorative Algérie et du Titre de reconnaissance de la Nation. *MME MILHAU *Monsieur Jean MANZI, ancien du 22eBCA, appelé de la classe 55 2/C décédé le 9/10/2013 à St Tropez. Il avait été très grièvement blessé aux jambes le 9/10/1957 en revenant du poste de la 1° compagnie à Merkalla (l'ambulance qu'il pilotait à explosé sur un obus piégé). Depuis cette date, il avait subi de multiples opérations chirurgicales pour finir par être amputé. Source: Jean Falicon * Monsieur Périclès MIGNINI ("dit "Jo"), est décédé le 16 septembre 2013 des suites d'une longue maladie à Cagnes sur mer. Appelé de la classe 57 1/B, il a été incorporé au CI 22eBCA en mai 1957. En septembre 1957, il a rejoint la section Transmissions de la 4ecompagnie du 22eBCA à EL ESNAM (région BOUIRA) où il sera nommé caporal. Démobilisé après 29 mois d'armée, dont 25 en AFN, il s'était retiré à Cagnes sur mer où il a exercé la profession d'horticulteur. Source: Jean Falicon

*Monsieur Thierry SCHWARTZ *Mme ZULIANI Depuis le 1° janvier 2013, 6 soldats Français sont tombés au Mali et 2 en RCA.

Depuis le 1° janvier 2013, 3 soldats de montagne sont morts en montagne, et 1 lors d'un entraînement commando en Guyane: * ADC Raphael LALEVEE GAM- 13°BCA * Major Bruno DELOBEL / EMHM * Adjudant Maxime TIRVAUDEY EMHM * Sergent LOUREIRO / 2eREG

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Hommage Funèbre à Max Fantola Mon Adjudant-chef, cher Max, Vous aviez 19 ans en vous engageant au 20eBCP en Allemagne en 1955. Très vite vous obtenez les sardines de caporal, puis caporal-chef et êtes sergent en 1956, après un premier séjour en Algérie. En 1959, vous êtes à l'Ecole Militaire de Strasbourg où vous vous liez d'amitié avec René Billiard, ce seront les grands amis de la famille. En 1960, vous êtes admis dans le corps des sous-officiers de carrière. Second séjour en AFN dans les commandos de chasse. En 1962, vous vous spécialisez dans le sport et devenez moniteur après un stage au CEPM d'Antibes. En 1963, vous êtes affecté au 11eBCA à Barcelonnette. Vous complétez votre spécialisation dans le sport à Antibes et devenez "moniteur-chef". En 1965, moimême affecté au 11eBCA, première affectation en sortant de Saint Cyr, nommé chef de la section d'éclaireurs de montagne, vous êtes auprès de moi comme adjoint sport pour l'entraînement des équipes de compétition pour les championnats de France de ski militaire. Vous excellez dans cette fonction à tel point que nos équipes montent sur le podium aussi bien en ski nordique qu'alpin, avec la performance du sergent Raynaud, champion de France. Je ne peux pas oublier l'équipe que nous formions avec l'ADC Lambert, trop tôt disparu. Vous vous retrouvez ensuite au 7eBCA à Bourg Saint Maurice, toujours à entraîner les équipes de ski. Vous vous liez d'amitié avec l'ADC Henri Pommier et vous recevez l'étoile d'éclaireur d'élite du 7eBCA. Puis, c'est Aix en Provence, vous devenez ADC en 1975 et vous faites vos adieux aux armes. Vous vous engagez à nouveau, mais dans le civil, dans la banque à Antibes, puis à cannes au Crédit Commercial de France. Carrière très bien remplie et très méritante, en effet, vous êtes titulaire: -de la médaille militaire, de la croix de la valeur militaire avec étoile de bronze, de la croix du combattant, de la médaille commémorative avec agrafe "Algérie", de la médaille d'or de la Jeunesse et des Sports... Au revoir Max, partons ensemble une dernière fois en randonnée... GBR (2S) Alfred MOREL "La belle randonnée... C'est une grande montagne dont le sommet seul est baigné dans la lumière du soleil; une foule immense y monte; tous des frères, des alpins, certains sont déjà au sommet, dans la lumière; la plupart sont dans l'ombre, le vent, la pluie; mais le bruit circule qu'il y en a au sommet, avec le chef de file et que c'est merveilleux. Ceux qui montent le croient, mais souffrent beaucoup; ils ont tout laissé en bas et la montée est terrible. Ils ne montent que parce qu'ils ont foi au chef de file. Max est sauvé, il est dans la lumière et toute la montagne, tous ces hommes qui peinent dans l'ombre se mettent à chanter "alleluia"..." - 50 -


82 / NOS ENCOURAGEMENTS Malheureusement, la liste de nos compagnons ou de leurs proches ayant des soucis de santé s'est encore allongée un peu plus depuis la dernière édition de notre bulletin....et encore, nous ne sommes pas informés de tout!!! Le conseil d'administration se joint à moi pour les assurer de notre soutien, et inciter tous les autres à prendre régulièrement de leurs nouvelles, car c'est dans ces moment là que l'on apprécie les appels des amis....c'est d'ailleurs aussi dans ces moments là que l'on voit ses vrais amis! Leurs coordonnées figurent normalement dans l'annuaire de l'amicale, mais à défaut, nous sommes à votre entière disposition! Gal BLEY. Nous avons eu quelques nouvelles grâce à notre camarade Roger Ferroud Plattet qui était sous ses ordres en 1961/1962 à Bouira et Maillot... Le général est atteint de la maladie d'Alzheimer, et placé par ses enfants dans une unité protégée d'une maison de retraite depuis quelques années. Marcel HERAUDET dont l'opération des yeux en avril dernier n'a pas donné les résultats escomptés... Colonel ARDISSON qui a été hospitalisé récemment... Henri POMMIER qui se remet difficilement de son second AVC... Colonel BERAUD qui a de plus en plus de difficultés pour lire.... Fernand DELAYGUE... François MILHAU qui a encore été opéré dernièrement... Christian RAGON qui lutte avec courage... Fabrice GUERARDI qui se bat pied à pied .... Roger CAUVIN... Serge PEPINO... Col BAZIN... Cne MEYER... Pierre BALADE... Patrick FILAIRE... Mme BARALE Maria.........la maman de notre ami Alain Barale, le pilier de notre amicale! Mme la générale VOUILLEMIN ... Mme. VEYRAT-PARISIEN ... Mme. MICAELLI-KUNKEL ... Mme MUNOT... Mme Josette THIERY ... Mme Pierre BERNARD... Mme Sandra MARTINET... Mme BAYSANG... La fille de notre ami TURBIER qui connait actuellement des soucis de santé.. - 51 -


83 / NOS FELICITATIONS NOUVEAUX COMPAGNONS 2013 1301/ Mme ROUX 1302/ Mme ROSEC 1303/ SCH Marcel CALLES 1304/ Michel VAUGARNY 1305/ Pierre LATTES 1306/ Gérard HALLE

RESULTATS SPORTIFS 2013 CBA (R) TREMOULET Frédéric pour sa participation au marathon de Nice 84 / REMERCIEMENTS Bien entendu nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont eu à cœur de nous faire parvenir leur cotisation 2013, pour certains dès le 2° semestre 2012! Mais nous tenions à remercier chaleureusement et surtout à mettre particulièrement à l'honneur les compagnons qui ont fait un geste supplémentaire, aussi modeste soit il, car ces dons ont participé grandement à notre équilibre financier.... Merci à vous: BONALDI, BONAVITA, P BONNAIRE, BONSIGNORI, BORRA BOTECULET, BOUCHARA, BRUYNOOGHE, BULCOURT,BUTET CADOT, CALDERON, CALLES,CAMILLA,CARCHIANI,CARLE CASSAR, CHARLIER, CHASSERY, CICERI, DAVRAINVILLE DECARLIS, FALICON, FERROUD-PLATTET, FILAIRE, FLORENCE GHERARDI, GIRAUD, GUITART, HERAUDET, HERISSON JEHEL, JOURNAUX, LIEBENGUTH, MARGARIA, MATELOT JC MATHIEU, MAURIZI, MERGY, METZ, MEYER, MILHAU MOURIES, MUNOT, NIGRETTI, ORSINI, PATINO, PELI, PELLADEAU Y PELLEGRIN, PEPINO, PINTOS, PLACE, RICHELMI, SALBURGO THIERY, TREMOULET G, TROUPEL, VEYRAT PARISIEN, VILLE VOUILLEMIN

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84 / AVIS DE RECHERCHE Monsieur Jacques COCCHI, Classe 56 1B, a été incorporé au 22ème BCA à Nice en 1956.

Après les "classes", tout le bataillon embarqua à Marseille pour l’Algérie. sur le bateau le ‘Malgache’. A notre arrivée sur le sol Algérien, nous avons été dirigés vers Bouira. Jacques Cocchi fut affecté à la 4ème compagnie, stationnée à la ferme ‘Caihals’. Comme officier, il a connu le lieutenant RIBETTE, et le capitaine NAUDOT commandant la compagnie d’intervention avec laquelle il a fait de très nombreuses opérations: Palestro ‘ la dent du Lion ‘ , Fort National, la forêt d’Ayagourem, Mailho Setif, la vallée de la Souman.... la liste n'est pas exhaustive! Par la suite, il a été cantonné à El-Esnam, sur la route de Bouira à Mailho. Jacques Cocchi a été libéré au mois de septembre 1958. Voici son adresse téléphone et Mail – si des frères d’armes peuvent le contacter, il en serait très heureux.

Jacques COCCHI 16 Rue Albert Bausil 66 200 ELNE Tél : 06-08-97-96-81 Email: jacques.cocchi@live.fr

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Le centenaire de la 1e guerre mondiale est officiellement lancé par le président de la République depuis le 7 novembre dernier. Dans ce cadre, et sur le thème de la mobilisation générale dans les Alpes Maritimes et le départ des unités pour le front en août 1914, notre amicale a présenté deux projets de manifestations dans le département. 1/ La première manifestation consiste à organiser une "Semaine des Diables Bleus des Alpes Maritimes" du 23 juin au 30 juin 2014, avec la participation de la prestigieuse fanfare du 27eBCA d'Annecy qui vient de recevoir une palme d'or au Québec. Notre objectif est de rendre hommage à tous les hommes mobilisés, réservistes, territoriaux, conscrits et volontaires qui se sont présentés devant les casernes du département à compter du 2 août 1914 pour ensuite basculer brutalement dans la guerre, tout en ravivant la mémoire collective des azuréens par les sonneries "des cors et des clairons" de la fanfare dans toutes les anciennes garnisons où se trouvaient stationnées des unités au moment de la mobilisation et du départ pour le front: Antibes (111e RI), Nice (6 e BCA), Menton et Sospel (27 e BCA), Grasse (23 e BCA), Villefranche sur Mer (24 e BCA),...Au programme, sur chaque site, cérémonie aux monuments aux morts et/ou à la caserne qui abritait le régiment, défilé ou aubade dans le vieil Antibes, et en soirée, la fanfare donnerait un spectacle son et lumière sur le thème des "Chasseurs Alpins en 1914". Ce projet fait actuellement l'objet d'une demande de labellisation "centenaire" qui est en cours d'instruction à la Préfecture des Alpes Maritimes. 2/Le second projet sera monté conjointement avec le musée des Troupes de Montagne de Grenoble qui réalise une exposition sur le thème de l’entrée en guerre en 1914 (la mobilisation générale et le départ des troupes pour le front). L'exposition privilégie des exemples "locaux" (Alpes du Nord et Alpes du Sud), à partir de témoignages d’hommes, de façon à personnifier au maximum le processus de la mobilisation. A noter que ce projet bénéficie de la labellisation par le comité national du centenaire. Initialement, cette exposition ne devait traiter que des Alpes du Nord, et bien entendu se tenir exclusivement à Grenoble, excluant ainsi les Hautes Alpes, les Alpes de Haute Provence et surtout les Alpes Maritimes, où, comme vous le savez étaient pourtant stationnés à cette période 7 régiments et l'état major de la 29eDI (4 bataillons de chasseurs alpins, 1 régiments d'infanterie, 2 régiments d'artillerie), lesquels régiments ont mis sur pied 7 régiments de réserve à compter de la Mobilisation Générale. - 54 -


La majorité des conscrits et des réservistes de toutes ces unités provenant de PACA, il était profondément injuste que notre département ne soit pas concerné par cette exposition. Les amicales d'anciens chasseurs à pied, alpins et mécanisés des Alpes Maritimes (Nice et Menton), ont su se regrouper pour faire valoir leurs arguments, lesquels ont heureusement été entendus par le commandement de la 27e brigade d'infanterie de montagne, la Fédération des Soldats de Montagne et le Musée. En conséquence, l'exposition sera mise gratuitement à notre disposition pour la période du 21 septembre au 31 octobre 2014. Nice ayant été la plus grande garnison du département, nous avons sollicité l'accord de la municipalité pour la mise à disposition à titre gracieux d'un espace d'exposition de 150 à 200m2 dans le magnifique écrin de la villa Masséna....nous espérons que notre demande sera prise en considération. Quoiqu'il en soit, nous recherchons d'ores et déjà à "compléter" cette exposition "Mobilisation Générale dans les Alpes" par des témoignages "locaux": documents d'archives, photos, et témoignages de cette période (juin/juillet/aout 1914) dans les Alpes Maritimes. Pour ce faire, deux historiens militaires réputés, membres de notre amicale, ont accepté de nous aider bénévolement: les colonels Henri Béraud et Jean Pierre Martin....Mais il va de soi que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues ainsi que les archives!!! Je caresse également l'espoir que vous serez nombreux à porter fièrement vos tartes pour accompagner la fanfare en Juin prochain...tout comme vous serez nombreux à nous faire l'honneur de venir visiter l'exposition...un conseil, venez le jour du vernissage, il y aura des petits fours! Toute l'équipe organisatrice compte sur vous.... Merci d'avance.

Exemples de "témoignages" que nous recherchons.... Il s'agit là de documents d'archives prêtées par Mme Martine Schwartz, auteur de "La belle époque des Chasseurs Alpins" et dont nous reparlerons bientôt, car elle prépare un nouveau livre!

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QUESTION SOUVENIR N° 108

DE QUOI S’AGIT-IL:

LE LIEU:

PERIODE:

REPONSE QUESTION SOUVENIR N° 107

DE QUOI S’AGIT-IL: poste de MERKALLA LE LIEU: Coordonnées NY-14-F94, alt. 930 m. PERIODE: automne 1958 - 56 -


Le prĂŠsident, les membres du bureau et du conseil d'administration vous souhaitent

" Au 22, on s'estime! "

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NUL NE CRAINS