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Frères Bien

N° 20

Aimés

15 avril 2004 _________________________________________________________________________

Thème de la réunion: « La Materia Prima »

Quelques textes aujourd'hui pour aller plus loin dans la réflexion. Deux sur la "materia prima", et deux émanant de Cagliostro, en qui l'on ne voit trop souvent que le charlatan qui fut dénoncé par les Jésuites. Le 27 décembre 1789, il fut arrêté par la police de l'Inquisition , et comparut quelques jours plus tard devant le tribunal du Saint Office; il fut emprisonné par l'église et mourut assassiné dans les cachots de l'inquisition.


La MATERIA PRIMA Pierre brute, Pierre cubique, Pierre philosophale… Quelle pierre sommes nous ? D’abord Pierre brute dans la carrière repérée par l’alchimiste qui la choisit pour en faire la base de son travail, de son œuvre. « Je suis Thot, qui fait triompher Osiris de ses ennemis, « Pendant que dans le grand sanctuaire d’Héliopolis « Sont pesées les Paroles… « Je me trouve aux côtés d’Horus « Et je fais jaillir des sources d’eau « Pour purifier ‘’ l’Etre-divin-au-Cœur-Arrété’’ ». ( Livre des morts des anciens Egyptiens : Chap.1) Je suis mort et je me souviens que dans la crypte Où j’ai passé toute une nuit à méditer en silence, la veille de mon initiation, Thot m’est apparu en songe et m’a transmis son pouvoir d’initiation. Aujourd’hui je suis Thot, le Dieu lunaire qui préside à la sagesse initiatique, Thot parle par ma bouche. Je fais jaillir des sources d’eau pour purifier Osiris, Un Osiris pétrifié, contraint dans ses bandelettes, Soumis aux lois de la nature et privé de liberté, Osiris, symbole du Monde entier, du Monde déchu. Initié, nourri de la lumière initiale céleste, sortant des ténèbres, Je n’allais pas simplement vers l’Osiris-tout-à-la-fois-Soleil-et-Lune, Je tentais de devenir cet Osiris. Les membres arrachés de son ‘’ corps divin’’ furent éparpillés Dans tous les coins de l’Egypte, c’est à dire de l’univers, Tels les luminaires initialement conjoints avec la Terre Puis scindés d’avec celle-ci et séparés entre eux, Telels les planètes et tous les êtres de la nature. L’objectif de l’initié est de rassembler ce qui est épars, Devenir l’Osiris initial, re-constitué, Tendre vers l’Or spirituel des Alchimistes, qui activaient le feu, Versaient de l’eau, amenaient de l’air vers la Pierre philosophale, Dans la quelle reposait la momie d’Osiris, Pour aboutir au Mariage Alchimique de l’Or et de l’Argent,


C’est à dire du Soleil et de la Lune, Recréant ainsi la synarchie cosmique et la réintégration de l’être dans l’Un. G.H. (in "les Eléments) Du chaos ténébreux étant sortie - comme une masse confuse du fond du néant, on eût dit que le désordre l’avait produite, tant elle était informe -, notre Pierre brute fut conduite dans l’athanor ( entre Equerre et Compas). La matière s’est contractée dans le cosmos au point d’exploser et ce fut le bigbang. La Terre est née de cette explosion. Elle est née du feu, elle est de feu, feu du Ciel, feu purificateur et destructeur. Feu de chaleur. Dans l’athanor, entre Lune et Soleil, sous leurs effets conjoints, tel l’Osiris épars qui va se rassembler, notre Pierre brute va se purifier petit à petit. C’est le début du Grand Œuvre, la naissance de l’Elixir philosophique dont toute chose est faite. Mais ce n’est pas à ma faible plume de tracer un si grand tableau, véritable fresque de plusieurs siècles de travaux. Je ne suis qu’un chétif enfant de l’art, sans grande expérience, et ce ne sont pas les doctes écrits qui me feront apercevoir le véritable but où il faut tendre, cette vérité de lumière que l’on voit au fond du chemin, dont on s’approche et qui s’éloigne toujours plus. Ce n’est pas que je ne sache que notre Mercure Secret, qui n’est autre chose qu’un esprit vivant, universel et inné, lequel, selon le langage hermétique, descend en forme de vapeur du ciel en terre pour remplir son ventre poreux, naît ensuite parmi les soufres impurs, et en croissant, passe de la nature volatile à la fixe, se donnant à soi-même la forme d’humide radical. Ce n’est pas que je ne sache encore, que si notre Vaisseau ovale, cet Œuf Philosophal, n’est scellé par l’Hiver, ce froid congelant qui va fixer et solidifier la vapeur précieuse , notre bel enfant mourra dès sa naissance, s’il n’est promptement secouru par une main industrieuse, car autrement il ne pourra plus être nourri de sa première humeur. C’est souvent le doute qui nous assaille, nous rendant incertains pour exécuter notre magistère, pourtant nous n’avons qu’une seule réponse à ceux qui nous questionnent : travaille hardiment, car tu sais ce qu’il faut savoir. Que les hommes se trompent lorsque avec un esprit d’avarice, ils s’attachent au son des mots plus qu’aux images des idées. C’est sur la foi de ces noms vulgaires d’Argent Vif et d’Or qu’ils s’engagent au travail. Mais s’ils pouvaient ouvrir les yeux de leur esprit pour bien comprendre le sens caché des mots, qui ne sont là que pour représenter les idées, ils verraient, ô esprits indociles, qu’ils ont en eux par leur travail tout ce qui est nécessaire au sage.


L’Or, l’Argent Vif, le Mercure et le Soufre, ce feu universel et cosmique du Soleil qui, allié à l’humide radical fourni par la Lune, dans leurs rayons rassemblés, allume l’athanor qui va les réchauffer. C’est en toi que se trouve en puissance prochaine et la Lune et le Soleil ; principes féminin et masculin liés. Etant unis ensemble, ils deviennent la véritable semence des sels d’argent et d’or. Mais toute semence est inutile si elle demeure entière et ne devient pas noire, car la corruption et la putréfaction précèdent toujours la génération. C’est ainsi que procède la nature dans toutes ses opérations ; et si nous voulons l’imiter, il nous faut aussi noircir avant de blanchir, sans quoi nous ne produirons rien que du néant. A quoi bon ces flammes violentes, puisque les sages n’usent point de charbons ardents ni de bois enflammés pour faire œuvre alchimique. C’est avec le même feu dont la nature se sert sous Terre, que l’homme doit travailler. C’est ainsi que son art imitera la nature. Par un feu vaporeux, mais qui n’est pourtant pas léger, un feu qui nourrit et ne dévore pas, un feu naturel, mais que l’art doit faire sec, mais qui fait pleuvoir ; humide mais qui dessèche. C’est dans tous ces antagonismes que se débat l’homme qui veut créer, c’est avec un tel feu de l’art qui veut imiter la nature qu’il doit se faire un devoir de travailler à l’avancement de l’humain.

La nature commence, l’art achève. La matière est unique, elle est partout, elle est inconnue de tout le monde, et tout le monde l’a devant les yeux ; elle est méprisée par le vulgaire ignorant, mais elle est précieuse au philosophe qui en connaît la valeur. C’est cette matière que les doctes cherchent avec soin, puisqu’en elle est tout ce qu’ils peuvent désirer. En elle se trouvent conjoints le Soleil et la Lune, le Feu d’où nous tirons la vie ; c’est elle aussi qui donne l’eau ignée et aussi la Terre fixe. C’est elle enfin qui donne tout ce qui est nécessaire à un esprit éclairé. Lorsque l’homme naît au petit matin du Monde, il fait froid, il fait nuit, l’environnement est hostile. Ses premiers contacts avec les éléments se font au travers de l’Air, puis plus tard de la Terre. Cet Air si précieux et si douloureux lorsqu’il circule pour la première fois dans notre corps, nous faisant crier. C’est là que l’on s’aperçoit qu’il ne nous est pas donné et qu’il faut le conquérir, se battre avec lui pour que notre corps l’accepte. Cette lutte dont le petit homme sort vainqueur ( heureusement ) va le purifier et lui donner le souffle vital et spirituel nécessaire à la subsistance des êtres. Elle lui permettra de se fondre plus tard dans ce monde subtil, intermédiaire entre le Ciel et la Terre, celui de l’expansion et du souffle. Le deuxième contact du petit homme viendra ensuite avec la Terre, et pour cause, il va tomber un jour ou l’autre. Contact rude, douloureux, et même si à quatre pattes la Terre semble proche, il prendra vite conscience que toutes les expériences ne sont pas sans laisser des traces (surtout du rouge, cela guérit


mieux). Ensuite, mais très vite, il prendra conscience du caractère fécond de cette Terre, de sa faculté à se régénérer, et à produire une identité : la sienne. C’est là qu’il va appréhender son environnement et retenir toute l’importance et la signification de l’Eau. Dans son inconscient, il vient de l’Eau, y a vécu et cet élément ne peut donc pas lui être totalement hostile. Bien au contraire, l’eau symbolise aussi la vie, la purification et la régénérescence. Dans cet environnement, notre petit homme va grandir, pousser dans cette nature si bonne et parfois si hostile. Il va prendre conscience de sa position, de ses idées, de son idéal ; il veut devenir plus fort afin de le faire progresser. Mais cet idéal est en pleine lumière, et à ce moment il voit encore la difficulté d'atteindre cette lumière. Le matin du Monde est toujours sombre et froid. Pourtant, notre petit homme a un but. Pour cela, il doit maîtriser le feu source de lumière. Il connaît déjà la foudre ; mais elle est beaucoup trop dangereuse et totalement non maîtrisable. Il connaît le Soleil, source de la chaleur terrestre, mais il est beaucoup trop loin. Pourtant, il sait qu’au fond de lui brûle une source d’énergie qui ne demande qu’à s’exprimer. Alors que faire ? Le jeune homme va donc travailler sur lui, d’abord pour extirper ce rayonnement intérieur dont il ignore encore toute l’importance, ensuite pour les autres, de façon à ce qu’ils profitent de cette nouvelle chaleur naissante. Toujours au froid, au nord, et dans le silence de ses réflexions et de ses pensées. Les mots, qui ne doivent être que le reflet de nos pensées, comme la Lune reflète les rayons du Soleil pour éclairer notre nuit, amèneront la délivrance, lorsqu’une partie de son travail aura été accomplie. Alors l’homme au zénith de midi, s’appuiera sur lui-même pour aller plus loin, plus haut ; il apprendra que les hommes qui l’entourent sont comme lui sur le chemin de cette lumière, de cette énergie qui permet de construire et d’assembler. La quête sera longue et rude mais tous l’aideront à y parvenir. Alors notre jeune homme deviendra un être Humain. Il est midi, l’heure du travail peut commencer ; le premier œuvre est terminé la Pierre Brute est dégrossie, la gangue est enlevée. Dans l’athanor entre équerre et compas, de la Pierre Cubique, pourra sortir le métal éclatant : le deuxième œuvre peut commencer ! J.F


La Matière Première

Dans la onzième figure du " De Lapide Philosophorum" de Lambsprinck, on voit un vieillard qui symbolise la matière première, portant un sceptre (ou un bourdon) et une couronne. Il tient la main droite du fils, qui lui-même serre en sa gauche celle d'un personnage ailé.

La légende dit : "Le Père et le fils sont unis par les mains avec le conducteur. On doit sous-entendre ici le corps, l'Esprit et l'Âme".

Corps , Esprit et Âme qui sont symbolisés par L'Eau, l'Air et le Feu, Le Minéral, le Végétal et l'Animal En 1622, dans son recueil "Philosophia reformata", Johan Daniel Mylius nous offre une planche comparable à cette scène: Un personnage ailé, avec le même bonnet phrygien (dénotant son rapport avec Cybèle, la fille de Zeus: Zeus , endormi sur le mont Dindyme en Phrygie fait tomber sa semence sur le sol et engendre un être hermaphrodite, que les dieux


émasculeront et transformeront en la déesse Cybèle), sanctifie de ses mains les deux principes représentés par le Soleil et la Lune, face à un feu de bois, de flammes et de fumée se dissipant dans l'air. Cette fumée voile en partie la cité bâtie sur la montagne, comme si l'artiste nous invitait à découvrir ce qui est encore voilé.

En alchimie, découvrir ne veut pas dire trouver. En hébreu, découvrir, c'est "galah"

c'est à dire , dénuder, mettre à nu, désocculter. Dans le Tarot, clef 2, gimel : c'est la Grande Prêtresse, celle du livre ouvert ou du rouleau. Elle représente la faculté de mémoire. clef 11, lamed : c'est l'équilibre, la Justice.

clef 4, heh : c'est l'Empereur qui symbolise la raison et le pouvoir de contrôler et de superviser nos activités quotidiennes


La Grande Prêtresse peut être considérée comme un symbole de la Materia Prima. Il s'agit pour nous de la dénuder des voiles qui la recouvrent et la dissimulent à nos yeux. Et pour cela, il faut utiliser toutes les ressources de notre mémoire, pour faire surgir ce quelque chose, existant au plus profond de nous, caché dans notre subconscience. Notre premier pas, notre première démarche, sera d'amener ce secret à la surface de notre conscience, nous entraînant jour après jour, saisissant l'invisible par touches légères mais successives d'images mentales se structurant à la lumière de la raison. Pourquoi ce voile bleu, cette cape verte et cette montagne rouge ? Quelle cohérence entre le livre, le glaive et la balance, le sceptre et le globe? Mais ce n'est point par la raison que l'on découvre la Materia Prima. Il faut certes savoir descendre en soi, apprendre à ressentir, le bandeau sur les yeux, jusqu'à confondre la réalité que l'on ne perçoit plus avec le désordre chaotique de notre imagerie mentale. Au fond du trou qu'il fouille à la recherche d'un trésor, le chercheur ne sait pas encore ce qu'il va trouver, mais il sait que ce qu'il va découvrir est là, pour lui, comme si ce quelque chose attendait depuis longtemps d'être dégagé de sa gangue, l'attendait, lui. Il sait aussi qu'un lien secret l'unit à ce qu'il va découvrir, un lien d'appartenance, non de possession, mais de part de soi-même. Dans le Cabinet de Réflexion, le Profane est placé dans cette condition, seul face à lui-même. Dans la froideur et la moiteur du noir, au bord d'un gouffre où va se jouer un Mystère qu'il ne peut imaginer, parce que ne l'ayant jamais vécu, ne pouvant éprouver aucun ressenti puisque ne l'ayant jamais "senti". Il sait qu'il va "découvrir" mais ne peut s'appuyer sur aucune expérience qu'il aurait mémorisée. Plus tard, lors de ses voyages, on tentera de le déséquilibrer, de lui faire perdre toute notion pouvant encore le faire s'accrocher à une expérience vécue antérieurement. Il ne doit plus sentir son corps,et son esprit doit renoncer à toute logique, à toute prévision, toute anticipation. Il ne lui reste plus qu'un creuset émotionnel, où se mêlent d'une manière indifférenciée la peur, la joie, la solitude et la solidarité, le bruit et le silence, l'étourdissement et le retour au calme… Il n'y a plus que la sensation d'être.


D'être et n'être pas à la fois. N'être déjà plus ce que l'on était quelques instants auparavant, parce qu'ayant basculé hors du temps et de l'espace en un gouffre intérieur. N'être pas encore ce que les autres attendent que l'on devienne, tel la chrysalide qui n'a nulle conscience de son destin de papillon. Etre simplement, ici et maintenant, en équilibre entre hier et demain. Simplement être en devenir. Il est donné à tous de déterminer ce que doit être la Materia Prima, mais sa découverte vraie sera une perception directe, personnelle, qui ira au-delà de la raison. La Matière Première est Une et contient en elle-même tout ce qui est nécessaire. Sa naissance est dans le sable. Comme le dit Acratus (in 58ème sentence), « rien n’est plus précieux que le sable rouge de la mer; c’est l’humidité distillée de la Lune jointe à la lumière du Soleil, et congelée ». Elle est Une. En hébreu "UN" se dit

Echad, ou Echod = 13

Vacuité, Chaos, se dit

Bohou = 13

Murmure, pensée, rêverie

Hegeh = 13

" Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme et un vent de Dieu agitait la surface des eaux ". (genèse I-1 et 2) " C'est du Chaos que sera créée la première matière." La matière première est appelée le Chaos des Sages et figure sous les traits d’un vieillard ou est comparée à un dragon noir couvert d’écailles ou encore à un serpent venimeux;


Eyrénée Philalèthe écrit dans " Le Chaos des Sages": " notre Chaos est comme une terre minérale, eu égard a sa propre coagulation.

Le premier Chaos est donc la "matière" dont sont faites les pensées. Il est aussi un mode de vibration étroitement lié au son. Par ailleurs, rappelons nous que " sa naissance est dans le sable". = Houl, le sable = 44 = Dam, le sang = 44 La racine de Houl signifie tourbillonner. Parfois dans le désert, semblant surgir du sol quelques grains volètent en tourbillonnant, entraînant dans leur spirale une myriade d'autres grains qui, souvent, ne s'élèvent pas à plus de quelques mètres de hauteur, voltigeant au gré de quelque vent surgi lui-même d'on ne sait où, et s'évanouissant aussi rapidement que leur apparition le fut. L'origine de la Matière Première est véritablement une spirale, un mouvement de ce type, et la Pensée n'est pas qu'une "force". Elle est une substance réelle. Et c'est du sang que nous tirons la substance employée par le Grand Œuvre. Il y a dans ces dernières phrases quelque chose d'essentiel, d'intransmissible, au même titre que je ne pourrais vous faire part du plaisir que je ressens à la lecture d'un poème, à l'audition d'une symphonie ou à la vue d'une peinture que j'aime. Il n'y a que vousmêmes qui puissiez accéder à la réalité de leur sens, en les lisant, les relisant, jusqu'à ce quelles deviennent transparentes pour vous, tout comme le deviennent les Koans. Un koan est une réflexion visant à déclencher un déclic mental ou spirituel. Le zen les utilisait pour faire naître l'illumination chez l'adepte...


En fait, c'est une sorte d'enseignement qui n'appartient qu'au boudhisme zen de tradition Rinzai. En voici quelques exemples qui nous permettront d'avancer plus avant:

Victor HUGO "Tout homme a en lui son Pathmos. Il est libre d'aller ou de ne point aller sur cet effrayant promontoire de la pensée d'où l'on aperçoit les ténèbres. S'il n'y va point, il reste dans la vie ordinaire, dans la conscience ordinaire, dans la vertu ordinaire, dans la foi ordinaire, dans le doute ordinaire, et c'est bien. Pour le repos intérieur, c'est évidemment le mieux. S'il va sur cette cime, il est pris. Les profondes vagues du prodige lui sont apparu. Nul ne voit impunément cet océan là... Il s'obstine à cet abîme attirant, à ce sondage de l'inexploré, à ce désintéressement de la terre et de la vie, à cette entrée dans le défendu, à cet effort pour tâter l'impalpable, à ce regard sur l'invisible, il y revient, il y retourne, il s'y accoude, il s'y penche, il y fait un pas, puis deux, et c'est ainsi qu'on pénètre dans l'impénétrable, et c'est ainsi qu'on s'en va dans l'élargissement sans borne de la condition infinie." André BRETON affirmait dans le second manifeste du Surréalisme : "Tout porte à croire qu'il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement."

Une tempête de neige disparaît dans la mer. Quel silence! J'écoute le chant de l'oiseau non pour sa voix, mais pour le silence qui la suit. ‘'En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous ‘'(Jn,14 : 40). Ne suis-je pas qu'un rêve de dragon ? En fait, étymologiquement, le dragon est lui-même "regard" : le mot grec Drakon vient de derkomai, regarder ou fixer du regard. Certains dragons sont caractérisés par leur regard. Le serpent, le plus "simple" des dragons, celui du Jardin d'Eden et qui a survécu jusqu'à nos jours, fixe sa proie du regard et la rend incapable de fuir. Le regard de la Gorgone Méduse tue (ou pétrifie, selon la tradition) ceux qui le rencontrent (Persée parviendra à la tuer grâce au miroir qu'il utilisera pour ne pas la regarder.


L'image du Dragon comme "voyant universel" nous renvoie à la connaissance mystique. Celui qui regarde révèle celui qui est regardé. Le regard du Dragon devient le symbole de la révélation. Le dragon est le miroir qui renvoie à l'homme l'image de sa nature cachée. D'après les Grecs, la matière première υλη est liquide; à l'origine du monde, cette matière femelle, fécondée par le feu, donna naissance à tous les corps (Barlet, La théotechnie ergocosmique). Enfin la dernière hypothèse est la suivante. La matière première unique, nommée chaos, semence, substance universelle, se compose de deux principes, unis en proportions variables suivant les divers corps; ces deux principes, attirés sans cesse l'un vers l'autre, sont le Soufre et le Mercure : « On a observé que la nature des métaux, telle que nous la connaissons, est d'être engendrée par le Soufre et le Mercure. La différence seule de cuisson et de digestion produit la variété dans l'espèce métallique » (Albert le Grand, Compositum de compositis)

Turba philosophorum La Tourbe dit : Maître si tu commences nous suivrons tes paroles. Et Pythagoras dit : Sachez, vous qui cherchez cet art, que jamais il ne se fait de vraie teinture sinon de notre Pierre rouge, par quoi ne perdez pas vos âmes ni votre argent et ne recevez pas de tristesse en vos cœurs, et de ce je vous assure, et tenez ceci de moi, comme de votre maître. Que si vous ne changez cette Pierre rouge en blanc, et si ensuite vous ne la faites encore rouge, et ainsi si vous ne faites teinture de teinture, vous ne faites rien. Cuisez donc cette Pierre et la rompez et lui ôtez sa noirceur en cuisant et en la lavant jusqu'à ce qu'elle soit blanche, et puis la redressez comme elle était. Parmenides dit :….Regardez donc les paroles des Sages, comme ils ont compris toute l'œuvre en ces paroles en disant, Nature s'éjouit en nature, nature surmonte nature et nature contient nature. En ces paroles est contenue toute l'œuvre, et pour ce laissez tant de choses superflues, et prenez l'eau vive et la congelez dans son corps, et en son soufre qui ne brûle point, et faites nature blanche, et ainsi tout deviendra blanc. Et si vous cuisez encore plus il se fait rouge, et l'eau de mer devient rouge et de couleur sang…..Si vous ne m'entendez n'étudiez plus, et ne vous en mêlez jamais, car vous êtes hors du nombre des Sages. Je ne saurais parler plus clairement. Si tu ne l'entends la première fois, étudie-le, la seconde, la troisième et quatrième fois, ou toujours, jusqu'à ce que tu l'entendes : car tout est en cette figure, depuis le commencement jusqu'à la fin, aussi bien qu'homme le saurait exposer… Platon dit : Notre gomme caille notre lait, et notre lait dissout notre gomme, et ils croissent dans la pierre de Paradis, qui est le bois de vie, en laquelle pierre il y a deux contraintes ensembles, c'est à savoir feu et eau. Celui-ci vivifie celui-là, et celui-ci tue celui-là, et ces deux étant conjoints, demeurent toujours, dont il apparaît rougeur orientale et rougeur de sang, et notre homme est vieux et notre


dragon jeune, qui mange sa tête avec sa queue, et la tête et la queue sont âme et esprit ; l'âme et l'esprit sont créés de lui, et l'un est d'Orient, savoir l'enfant, et le vieux est d'Occident. Bocostus dit : Tu as bien parlé pour ceux qui viendront après nous, et je te veux aider. Sachez, vous qui cherchez ce précieux art, que si vous n'ôtez l'esprit du corps mort, et ne le cachez en un autre esprit, et puis si de tous deux n'en faites une âme, vous ne faites rien. Tuez donc le corps et le pourrissez, et tirez de lui l'esprit blanc, et l'âme le glorifiera. Et sachez que l'esprit ne vient point du corps, mais vient de l'esprit, et l'âme vient de tous deux. Le corps est esprit, mais l'esprit n'est pas corps : l'un a l'autre, mais l'autre ne le tient pas, et notez ceci, car autrement vous ne faites rien. Aesuboffes dit : Mettez l'homme rouge avec sa femme blanche en une maison ronde, environnée de chaleur lente et continuellement, et les y laissez tant que tout soit converti en eau, non pas vulgaire, mais Philosophique. Alors si vous avez bien gouverné vous verrez une noirceur dessus, laquelle est signe de pourriture, et durera quarante, ou quarante deux jours. Laissez-les là tous deux continuellement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de noirceur, et faites à la fin comme au commencement. Et sachez que la fin n'est que le commencement, et que la mort est cause de la vie, et le commencement de la fin. Voyez noir, voyez blanc, voyez rouge, c'est tout, car cette mort est vie éternelle après la mort glorieuse et parfaite. Le Philosophe dit : Notre matière est appelée œuf, serpent, gomme, eau de vie, mâle, femelle, bembel, corsuste, thériaque, oiseau, herbe, arbre, eau, mais tout n'est qu'une chose, c'est à savoir eau, et n'est qu'un régime, à savoir cuire.

La base de l'opus est la Materia prima qui est l'un des plus fameux mystères de l'alchimie. C'est à peine étonnant puisqu'elle représente la substance inconnue qui porte la projection du contenu psychique autonome. Une telle substance ne pouvait naturellement pas être spécifique, parce que la projection émane de l'individu et est, par conséquent, différente dans chaque cas. C'est pourquoi il n'est pas exact d'affirmer que les alchimistes n'ont jamais dit ce qu'était la prima materia ; au contraire ils n'ont donné que trop d'indications et se sont contredits sans cesse." (Psychologie et alchimie, Jung).

N'ont-ils pas essayé d'exprimer à leur manière ce qui relevait de l'indicible ? Le spagyrisme (tentative de fabriquer de l'or à partir des mille et une recettes existantes ou à inventer…) n'est-il pas une méthode alchimique privilégiant la raison, la mesure, l'équilibre, les éléments naturels, et sa pratique n'implique-t-elle pas que le futur Adepte ait déjà fait en lui " table rase" de toutes les scories qui perturbent cette raison, cette mesure, cet équilibre, et la conception même qu'il a des éléments ? Matérialiser l'Esprit, spiritualiser le Matériel. Koan.


Matérialisation d'une image mentale : les 5 pains et les 2 poissons de l'évangile. "Je ne sais ni lire, ni écrire, je ne sais qu'épeler" : ce ne sont pas les mots qui ont un sens, ils n'ont que des significations aussi différentes les unes des autres que nous sommes différents les uns des autres, et nous leur attribuons celle qui nous semble être en cohérence avec notre contenu psychique. Ce sont les lettres qui les composent (images conventionnelles, déposées sur le papier ou gravées en notre esprit comme si elles étaient des objets matériels), qui leur donnent leur véritable sens. L'expression du pouvoir que nous aurions de matérialiser des images mentales est l'un des objectifs du Grand Œuvre, car c'est véritablement le pouvoir de régir la vibration éthérique. Ce pouvoir se trouve dans tous les êtres humains comme une potentialité de la soiconscience, Mais la découverte de la Matière Première ne se fait pas par l'exercice de nos sens physiques, ni dans ce monde. Cet autre monde n'est pas un autre monde matériel, mais bien un monde intérieur échappant aux contraintes événementielles ou environnementales, un monde qui est bien inhérent à celui que nous percevons par nos sens, un monde qui est nôtre, individuellement nôtre, une sorte de sas entre notre monde quotidien et celui invisible, où la pensée accède à un ordre supérieur de connaissance. Il nous faut aussi le désir. Non le désir actif qui est une pierre brute et qui ne concerne que le désir de savoir, de pouvoir, de possession, mais un désir qu'il faut dépouiller, purifier de sa noirceur d'ignorance et d'attachement aux choses de ce monde matériel. Ce désir, c'est le cuivre des alchimistes. (Cf. Turba Philosophorum) " Sachez, vous tous ici présents, qu'aucune vraie teinture n'est faite, sauf avec votre cuivre…Par conséquent, n'épuisez pas vos cerveaux et votre argent, de crainte de remplir vos cœurs de chagrin. Je vous donnerai un axiome fondamental: à moins que vous ne convertissiez le dit cuivre en blanc, à moins que vous ne fassiez des pièces de monnaie visibles, et puis qu'ensuite vous convertissiez ce nouveau cuivre en rougeur, jusqu'à ce qu'il en résulte une teinture, en vérité, vous n'aurez rien accompli. Brûlez donc le cuivre, brisez-le, privez le de sa noirceur par la cuisson, l'imprégnant et le lavant jusqu'à ce qu'il devienne blanc. Ensuite, gouvernez-le. " Eugène Philalethe appelle aussi la Matière Première " Une certaine Vénus douce et prolifique". Cuivre , Vénus et chakra de la gorge représentent le désir. Rendre notre cuivre blanc, c'est utiliser la Force-Désir de l'imagination créatrice, (représentée par l'Impératrice), et l'élever au niveau supérieur d'évocation à la mémoire (représentée par la Grande Prêtresse).


Il faut maintenant le rendre rouge, couleur de Mars, afin que d'une teinture bien faite, nous transmuions l'argent en or. L'un des plus anciens nom du cuivre est, en sémite, Nahash C'est le nom du serpent du jardin de l'Eden; et sa racine nhsh(=358) signifie déchiffrer, découvrir. Ce qui doit donc être blanchi, puis transmuté en rouge, c'est le Pouvoir-serpent,

le Teth hébreu. Le Serpent, c'est le pouvoir que possèdent nos sens d'éveiller le désir, et il doit nous être possible de le maîtriser pour en faire un instrument de libération. Les apparences du mal sont en fait des potentialités (qui mènent à un bien positif) non réalisées.

G.H.


Il existe des textes relativement peu connus, émanant d'hommes très souvent mal connus. Celui-ci a été écrit par un humaniste, médecin, savant, philanthrope, prophète, grand Initié, né en 1743 à Palerme, et mort au fond d'un cachot du Saint Office : Giuseppe Balsamo, qui se fit appeler Alexandre de Cagliostro. Accusé de charlatanisme, d'escroquerie et d'imposture, il fut pendant plus d'un siècle la victime de haines générées par la médisance. Il est aujourd'hui avéré que pendant plus de douze ans durant lesquels le comte de Cagliostro accomplit sa mission à la face de l'Europe, " aucun acte répréhensible, aucun geste blâmable ne lui peut être imputé, et que si sa physionomie demeure énigmatique, elle apparaît au moins sans tache et digne d'admiration " (Dr. Marc Haven) .Ce texte est le Testament Philosophique de Cagliostro,

" Je ne suis d'aucune époque ni d'aucun lieu ; en dehors du temps et de l'espace, mon être spirituel vit son éternelle existence, et, si je plonge dans ma pensée en remontant le cours des âges, si j'étends mon esprit vers un mode d'existence éloigné de celui que vous percevez je deviens celui que je désire. Participant consciemment à l'être absolu, je règle mon action selon le milieu qui m'entoure. Mon nom est celui de ma fonction et je le choisis, ainsi que ma fonction, parce que je suis libre ; mon pays est celui où je fixe momentanément mes pas. Datezvous d'hier, si vous le voulez, en vous rehaussant d'années vécues par des ancêtres qui vous furent étrangers ; ou de demain, par l'orgueil illusoire d'une grandeur qui ne sera peut-être jamais la vôtre ; moi je suis celui qui est. " Je n'ai qu'un père : différentes circonstances de ma vie m'ont fait soupçonner à ce sujet de grandes et émouvantes vérités ; mais les mystères de cette origine, et les rapports qui m'unissent à ce père inconnu, sont et restent mes secrets ; que ceux qui seront appelés à les deviner, à les entrevoir, comme je l'ai fait, me comprennent et m'approuvent. Quant eu lieu, à l'heure, où mon corps matériel, il y a quelque quarante ans, se forma sur cette terre ; quant à la famille que j'ai choisie pour cela, je veux l'ignorer ; je ne veux pas me souvenir du passé pour ne pas augmenter les responsabilités déjà lourdes de ceux qui m'ont connu, car il est écrit : « Tu ne feras pas tomber l'aveugle ». " Je ne suis pas né de la chair, ni de la volonté de l'homme : je suis né de l'esprit. Mon nom, celui qui est à moi et de moi, celui que j'ai choisi pour paraître au milieu de vous, voilà celui que je réclame.


" Celui dont on m'appela à ma naissance, celui qu'on m'a donné dans ma jeunesse, ceux sous lesquels, en d'autre temps et lieux, je fus connu, je les ai laissés, comme j'aurais laissé des vêtements démodés et désormais inutiles. " Me voici : je suis noble et voyageur ; je parle, et votre âme frémit en reconnaissant d'anciennes paroles ; une voix, qui est en vous, et qui s'était tue depuis bien longtemps, réponds à l'appel de la mienne ; j'agis, et la paix revient en vos coeurs, la santé dans vos corps, l'espoir et le courage dans vos âmes. Tous les hommes sont mes frères ; tous les pays me sont chers ; je les parcours pour que, partout, l'Esprit puisse descendre et trouver un chemin vers vous. Je ne demande aux rois, dont je respecte la puissance, que l'hospitalité sur leurs terres, et, lorsqu'elle m'est accordée, je passe, faisant autour de moi le plus de bien possible ; mais je ne fais que passer. Suis-je un noble voyageur ? " Comme le vent du Sud , comme l'éclatante lumière du Midi qui caractérise la pleine connaissance des choses et la communion active avec Dieu, je viens vers le Nord, vers la brume et le froid, abandonnant partout à mon passage quelques parcelles de moi-même, me dépensant, me diminuant à chaque station, mais vous laissant un peu de clarté, un peu de chaleur, un peu de force, jusqu'à ce que je sois enfin arrêté et fixé définitivement au terme de ma carrière, à l'heure où la rose fleurira sur la croix. Je suis Cagliostro. " Pourquoi vous faut-il quelque chose de plus ? Si vous étiez des enfants de Dieu, si votre âme n'était pas si vaine et si curieuse, vous auriez déjà compris ! " Mais il vous faut des détails, des signes et des paraboles ; or, écoutez ! remontons bien loin dans le passé, puisque vous le voulez. " Toute lumière vient de l'Orient ; toute initiation de l'Égypte ; j'ai eu trois ans comme vous, puis sept ans, puis l'âge d'homme, et à partir de cet âge, je n'ai plus compté. Trois septénaires d'années font vingt et un ans et réalisent la plénitude du développement humain. Dans ma première enfance, sous la loi de rigueur et de justice j'ai souffert en exil, comme Israël parmi les nations étrangères. Mais comme Israël avait avec lui la présence de Dieu, comme un Métatron le gardait en ses chemins, de même un ange puissant veillait sur moi, dirigeait mes actes, éclairait mon âme, développant les forces latentes en moi. Lui était mon maître et mon guide. " Ma raison se formait et se précisait ; je m'interrogeais, je m'étudiais et je prenais conscience de tout ce qui m'entourait. J'ai fait


des voyages, plusieurs voyages tant autour de la chambre de mes réflexions que dans les temples et dans les quatre parties du monde ; mais lorsque je voulais pénétrer l'origine de mon être et monter vers DIEU dans un élan de mon âme, alors, ma raison impuissante se taisait et me laissait livré à mes conjectures. " Un amour qui m'attirait vers toutes créature d'une façon impulsive, une ambition irrésistible, un sentiment profond de mes droits à toute chose de la terre au ciel, me poussaient et me jetaient vers la vie, et l'expérience progressive de mes forces, de leur sphère d'action, de leur jeu et de leurs limites, fut la lutte que j'eus à soutenir contre les puissances du monde ; je fus abandonné et tenté dans le désert ; j'ai lutté avec l'ange comme Jacob, avec les hommes et avec les démons, et ceux-ci, vaincus, m'ont appris les secrets qui concernent l'empire des ténèbres pour que je ne puisse jamais m'égarer dans aucune des routes d'où l'on ne revient pas. " Un jour ? après combien de voyages et d'années ! ? le Ciel exauça mes efforts ; il se souvint de son serviteur et revêtu d'habits nuptiaux j'eus la grâce d'être admis, comme Moïse devant l'Éternel. Dès lors je reçus, avec un nom nouveau, une mission unique. " Libre et maître de la vie, je ne songeai plus qu'à l'employer pour l'oeuvre de Dieu. Je savais qu'Il confirmerait mes actes et mes paroles, comme je confirmerais son nom et son royaume sur la terre. Il y a des êtres qui n'ont plus d'anges gardiens ; je fus de ceux-là. " Voilà mon enfance, ma jeunesse, telle que votre esprit inquiet et désireux de mots la réclame ; mais qu'elle ait duré plus ou moins d'années, qu'elle se soit écoulée au pays de vos pères ou dans d'autres contrées qu'importe à vous ? Ne suis-je pas un homme libre ? Jugez mes moeurs, c'est-à-dire mes actions, dites si elles sont bonnes, dites si vous en avez vu de plus puissantes, et dès lors, ne vous occupez pas de ma nationalité, de mon rang et de ma religion. " Si poursuivant le cours heureux de ses voyages quelqu'un d'entre vous aborde un jour à ces terres d'Orient qui m'ont vu naître, qu'il se souvienne seulement de moi, qu'il prononce mon nom, et les serviteurs de mon père ouvriront devant lui les portes de la ville sainte. Alors qu'il revienne dire à ses frères si j'ai abusé parmi vous d'un prestige mensonger, si j'ai pris dans vos demeures quelque chose qui ne m'appartenait pas!


Cagliostro, fut aussi le Grand Cophte et Grand Maître de la Haute Maçonnerie Egyptienne dans toutes les parties orientales et occidentales du Globe. Il en fonda la Loge-mère; la R∴L∴de " La Sagesse Triomphante ". Voici un texte qu'il écrivit et soumit à la méditation des Initiés du Rite Egyptien. Certains Maçons y reconnaîtront quelques phrases ayant dû les marquer profondément le jour où elles leur furent proposées.

Honore le Grand Architecte de l’Univers Aime ton prochain. Ne fais point le mal. Fais le bien. Laisse parler les hommes. Le vrai culte du Grand Architecte consiste dans les bonnes mœurs. Fais donc le bien pour l’amour du bien lui-même. Tiens toujours ton âme dans un état pur. Pour paraître dignement devant le Grand Architecte de l’Univers, aime les bons, fuis les méchants, plains les faibles, mais ne hais personne. Parle sobrement avec les grands, prudemment avec les égaux, sincèrement avec tes amis, doucement avec les petits, tendrement avec les pauvres. Ne flatte point ton frère : c’est une trahison. Si ton frère te flatte, crains qu’il ne te corrompe. Ecoute toujours la voix de ta conscience. Sois le père des pauvres : chaque soupir que ta dureté leur arrachera, augmentera le nombre de malédictions qui tomberont sur ta tête. Respecte l’étranger voyageur ; aide-le ; sa personne est sacrée pour toi. Evite les querelles ; préviens les insultes. Mets toujours la raison de ton côté.


Respecte les femmes ; n’abuse jamais de leur faiblesse et meurs plutôt que de les déshonorer. Si le Grand Architecte te donne un fils, remercie-le, mais tremble sur le dépôt qu’il te confie. Sois pour cet enfant l’image de la divinité. Fais que jusqu’à dix ans il te craigne, que jusqu’à vingt il t’aime, que jusqu’à ta mort il te respecte. Jusqu’à dix ans, sois son maître ; jusqu’à vingt ans, son père, jusqu’à la mort, son ami. Pense à lui donner de bons principes plutôt que de belles manières ; qu’il te doive une droiture éclairée et non une frivole élégance. Fais-le honnête homme plutôt qu’habile homme. Si tu rougis de ton état, c’est orgueil ; songe que ce n’est pas la place qui t’honore ou te dégrade, mais la façon dont tu l’exerces. Lis et profite ; vois et imite ; réfléchis et travaille. Rapporter tout à l’utilité de tes frères, c’est travailler pour toi-même. Sois content partout, de tout et avec tout. Réjouis-toi de la justice. Courrouce-toi contre l’iniquité ; souffre sans te plaindre. Ne juge pas légèrement les actions des hommes. Ne blâme point et loue encore moins. C’est au Grand Architecte de l’Univers qui sonde les cœurs à apprécier son ouvrage. La Concorde grandit ce qui est petit La Discorde annihile ce qui est grand.

La prochaine réunion se tiendra le jeudi 27 mai à 20 heures. Le thème en sera " La Pierre ". Le lieu vous en sera communiqué ultérieurement. Lisez, relisez…..fraternellement

Gérard

FBA 20 La Materia Prima  

15 avril 2004 _________________________________________________________________________ N° 20 Quelques textes aujourd'hui pour aller plus lo...