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ROEG

Réseau des Observatoires de l’Égalité de Genre www.observatoiresdugenre.com

Atelier régional Le rôle des observatoires de l’égalité de genre dans l’Agenda Post-2015 Dakar, les 16 et 17 avril 2014

Observer

Mesurer

Plaider

Changer


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EDITO Sommaire 1. Edito 2. Les observatoires du genre réunis à Dakar 3. Plus de 50 participant-e-s 4. Qui sont les membres du ROEG ? Résultats de l’étude comparative 6. Travaux de groupe autour des fiches techniques 7. www.observatoiresdugenre.com, le nouveau site internet du ROEG 8. Genre et travail décent, quels enjeux ? 9. Conclusion et perspectives 10. Remerciements

Par Maïlys Chauvin Chargée de mission ROEG L’atelier de Dakar des 16 et 17 avril 2014 a été un succès pour le ROEG et les observatoires membres. Il a réuni une cinquantaine de personnes de la société civile, d’institutions nationales et internationales, de plus de dix pays et engagées, de façons très diverses, dans la lutte contre les inégalités de genre. Ce succès confirme l’intérêt grandissant pour une observation fiable, indépendante et citoyenne de l’égalité de genre et un enthousiasme pour fédérer efforts et actions collectives, au tournant de l’Agenda Post-2015. Nous revenons toutes et tous de Dakar avec un regard neuf sur l’état actuel de nos expériences, de nos méthodes et de nos outils, une meilleure connaissance des points forts et des difficultés des observatoires, une perception affinée de leurs besoins, et, enfin, des propositions collectives à mettre en œuvre pour renforcer leurs capacités d’action et d’influence. Ces deux journées de travail participatif et multi-acteurs nous permettent en effet de gagner en finesse et en pertinence dans la définition des prochaines activités du ROEG, activités qui nous permettront d’être mieux outillé-e-s et rassemblé-e-s pour affronter les défis de l’égalité des femmes et des hommes dans la perspective de l’Agenda Post-2015. Les observatoires ont défendu la nécessité de renforcer le niveau de technicité et de compétences de leur structure et de leur personnel salarié et bénévole, leur capacité à s’allier et à élaborer collectivement les recherches de financement, les relations et les synergies avec les acteurs institutionnels et autres de leurs Etats et régions. Le nouveau partenariat noué à l’occasion de cet atelier avec le Centre International de Formation de l’OIT, à travers le projet PAMODEC, arrive à point nommé et soutient notre détermination. Nous espérons que nos autres partenaires techniques et financiers sauront entendre et soutenir les besoins exprimés.

Le ROEG est un projet de Genre en Action. Directrice de la publication : Claudy Vouhé Responsable de la communication : Lorie Decung Comité de rédaction : Maïlys Chauvin, Lucille Terré, Lorie Decung Maquette & photos : Lorie Decung (c) Genre en Action 2014 - www.genreenaction.net

Nous remercions chaleureusement l’ensemble des personnes, organisations et partenaires qui nous ont permis de réaliser cet atelier, de nous engager avec force et conviction dans la troisième tranche du projet ROEG, et d’envisager son renforcement au-delà de 2015, pour avancer collectivement vers une réelle égalité de genre.


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Les observatoires du genre réunis à Dakar Créé en 2011 sous l’impulsion de Genre en Action, le Réseau des Observatoires de l’Egalité de Genre (ROEG) rassemble des observatoires d’Afrique francophone, de France et d’Océanie. Pour la première fois, les membres du ROEG se sont réunis à Dakar, les 16 et 17 avril 2014, lors d’un atelier régional. L’objectif : mieux se connaître, échanger les bonnes pratiques et élaborer un plan d’action dans le cadre de l’Agenda Post-2015.

Les observatoires présents : Burkina Faso Observatoire de l’Education Cameroun Network for More Women in Politics (NMWP) Côte d’Ivoire Leadafricaines Madagascar Similarenta République Démocratique du Congo Centre Régional de Recherche et de Documentation sur les Femmes, le Genre et la Construction de la Paix dans la Région des grands Lacs (CERED-GL) Sénégal Association des Femmes Africaines pour la Recherche et le Développement (AFARD) Observatoire du Genre de Saint-Louis Observatoire National de la Parité (ONP) Observatoire Régional du Genre de Matam Observatoire des Relations de Genre (ORGENS) Tchad Observatoire du Genre en Afrique Centrale (OGAC)

Voir la légende p.10

FOCUS Georgette Zamble

Haingo Ramaroson

Experte en Genre & développement, présidente de Leadafricaines (Côte d’Ivoire)

Formatrice en Genre & développement, membre fondatrice de Similarenta (Madagascar)

« Lorsque nous interrogeons les femmes, elles nous disent qu’elles ont besoin de ressources pérennes, de mener des activités génératrices de revenus. Même si cela n’apparaît pas officiellement, ce sont elles qui assument le rôle de chef de famille. »

« Avant la crise, nous n’avions pas de statistiques sur la candidature des femmes aux élections. Nous avons mené une importante campagne de recensement et de sensibilisation. Aujourd’hui, les femmes occupent 22% des sièges au parlement (+12%). »

Pr. Justine Diffo

Arame Top

Professeure de droit à l’université de Yaoundé II, coordinatrice générale du réseau More Women in Politics (Cameroun)

Sociologue, experte en Genre & développement, coordinatrice de l’Observatoire Régional du Genre de Matam (Sénégal)

« Il y a encore un grand décalage entre les engagements du Cameroun, signataire de la CEDEF en 1996, et la réalité des femmes. C’est ensemble, constitués en réseau, que nous pourrons agir et veiller à la mise en oeuvre de l’Agenda Post2015 dans nos pays. »

« Traditionnellement, les femmes n’ont pas le droit de demander les terres en héritage. Et quand elles le font, on leur donne les moins bonnes... Nous avons réussi à ce que 15% de femmes accèdent aux terres et qu’elles puissent faire du maraîchage. »


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Plus de 50 participant-e-s L’atelier régional de Dakar a été un succès, non seulement pour avoir réuni pour la première fois les observatoires du ROEG mais aussi parce qu’il est parvenu à intéresser un public plus large, notamment les acteurs de la sphère politique, du développement et du financement.

L’événement a réuni une trentaine d’organisations, dont 11 observatoires du ROEG, des représentant-e-s de l’Organisation Internationale du Travail (partenaires de l’atelier), des membres de la communauté internationale, des expert-e-s en genre et des acteurs-trices de la société civile.

Les organisations participantes : Partenaires Centre International de Formation de l’Organisation Internationale du Travail / Projet PAMODEC Communauté internationale Ambassade de France - Agence Française du Développement (AFD) - PNUD Sénégal - UNESCO BREDA USAID/PACE Sénégal Expert-e-s en genre Cabinet Y.O.D (Bénin) - Genre en Action Société civile Association d’Aide et d’Assistance aux Etudiants Africains Association des Juristes Sénégalaises (AJS) - Alliance pour la Migration, le Leadership et le Développement (AMLD) Association pour la Promotion de la Femme Sénégalaise

De g. à d. H. Ramaroson (Similarenta), M. Traore (WILDAF), M. Lo (AFD), A. Fall Diop (ORGENS/Genre en Action)

(APROFES) - Conseil Sénégalais des Femmes (COSEF) ENDA PRONAT - Femmes Africa Solidarité (FAS) - FEEDA FNUPA - ONG 3D - RADDHO - RADI - Réseau Siggil Jigeen - ROFAF - USOFORAL - Société Civile Féminine Naissante - WILDAF


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Qui sont les membres du ROEG ? Résultats de l’étude comparative Après une première phase de recensement des observatoires du genre dans le monde francophone, le ROEG a fait appel à un cabinet indépendant pour mener une étude comparative de ses observatoires membres. L’étude a eu pour objet de répertorier les pratiques, les moyens d’actions et les contraintes liées à l’observation du genre, un préalable à l’élaboration d’une stratégie d’action commune du ROEG dans le cadre de l’Agenda Post-2015. En décembre 2013, Genre en Action a sélectionné le cabinet béninois Yara Obirin Didé (Y.O.D) pour la réalisation d’une étude comparative des observatoires de l’égalité de genre francophones : une étude arrivée à point nommé, deux ans et demi après le lancement du Réseau des Observatoires de l’Egalité de Genre. Les deux premières années du ROEG ont permis d’identifier et de rassembler des structures actives dans l’observation des inégalités de genre dans le monde francophone. Aujourd’hui, nous franchissons un pas de plus et entamons une phase de renforcement des capacités de nos observatoires membres. Mieux connaître les membres du ROEG pour agir en synergie Parce-que le ROEG rassemble des organisations aux statuts divers, exerçant leurs activités dans des contextes géopolitiques parfois fort différents (RD Congo, Madagascar, Sénégal, Côte d’Ivoire, France, etc.), le réseau a besoin de mieux connaître ses membres : leurs pratiques, leurs leviers d’action et leurs contraintes. L’étape suivante sera de mutualiser les moyens pour mener des recherches et des actions communes. Etablir une cartographie des observatoires membres du ROEG, tel a donc été l’objectif de l’étude comparative commanditée par le réseau et réalisée sur trois mois, de janvier à mars 2014. Les résultats ont été présentés le 16 avril 2014, lors de l’atelier régional du ROEG à Dakar, par Mmes Yvette Onibon Doubogan et Mariame Maiga, du Cabinet Y.O.D.

«

Les résultats de l’étude confirment les constats du ROEG : les priorités sont au renforcement des capacités et des moyens d’action des observatoires. »

Yvette Onibon, experte en développement social et en genre et développement, fondatrice du cabinet Y.O.D (Bénin)

Après avoir expliqué la méthodologie utilisée pour la conduite de l’étude – une méthodologie innovante et participative basée sur la co-construction du savoir et des processus d’auto-évaluation et d’évaluation par les pairs – les deux consultantes ont énoncé les principaux résultats de leur travail.


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Des observatoires aux statuts variés... L’étude a constaté que les observatoires adoptent des statuts variés, allant de l’observatoire public rattaché à la Présidence d’un pays, à l’association à but non lucratif indépendante. Cette différence de statut a un impact sur le fonctionnement des observatoires, sur la réalisation de leurs objectifs et sur leurs actions. Ainsi, tandis que les observatoires publics peuvent rencontrer des difficultés en termes d’indépendance, mais aussi de motivation (détachement de fonctionnaires sans indemnisation par exemple), les observatoires associatifs font face quant à eux à des difficultés financières importantes, synonymes de précarité du personnel quand celui-ci n’est pas tout simplement bénévole. Ces observatoires ont également des difficultés à assurer le renforcement de leurs capacités techniques. ... qui ont tendance à diversifier leurs objectifs et thèmes d’action En termes d’objectifs et d’actions, l’étude a révélé une diversification importante des objectifs, des thématiques et des actions réalisées. La multiplicité d’activités peut nuire à la réalisation des missions de veille et d’interpellation,

notamment au sein de structures qui concentrent leurs efforts sur le terrain. Si ceci peut être perçu comme un facteur de dispersion, c’est moins souvent le choix des observatoires qu’une contrainte liée aux financements obtenus. ... qui ont une bonne connaissance de l’approche «genre» Sur les compétences des observatoires, les résultats de l’étude montrent que l’ensemble des observatoires ont une bonne connaissance et compréhension de l’approche genre et de ses concepts clés. Cependant, beaucoup tendent à mettre l’accent sur la promotion des femmes et des filles et se consacrent peu aux racines de l’inégalité de genre, à savoir la construction sociale des rôles sexués. ... et ont besoin de monter en compétences En termes de méthodes de recherche à proprement parler, l’étude a démontré un besoin de renforcer les compétences des observatoires : sur l’utilisation des indicateurs genrés, sur la maîtrise des outils de collecte et de traitement des données, sur l’alimentation de banques de données, sur les méthodes de capitalisation et d’évaluation, sur les stratégies de plaidoyer, etc.

Recommandations du cabinet Y.O.D A la suite de l’étude, le cabinet Y.O.D propose un certain nombre de recommandations afin que le ROEG et ses observatoires gagnent en efficacité et en reconnaissance dans le domaine du genre et du développement. > Recommandations à l’attention des observatoires et du ROEG

> Recommandations à l’attention des acteurs du genre et/ou du développement

- Favoriser l’échange d’expériences et de bonnes pratiques en facilitant la mise en réseau des observatoires à toutes les échelles, nationale et internationale

- Fournir aux observatoires du genre un soutien politique et financier en les impliquant dans l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques publiques

- Renforcer les capacités techniques des observatoires, notamment sur l’identification des indicateurs, les méthodes et outils de collecte, de traitement et d’analyse de données, de plaidoyer, de recherche de financements

- Inclure les observatoires du genre dans les initiatives des différentes familles d’acteurs (institutions internationales, nationales et locales, société civile, acteurs de la recherche)

- Recentrer les activités autour des missions premières des observatoires que sont la veille et l’interpellation sur les inégalités de genre - Mobiliser les ressources collectives pour faire du ROEG un acteur incontournable du plaidoyer sur l’intégration du genre dans le développement

- Dépasser le schéma traditionnel du financement des projets de terrain pour permettre le financement des processus d’observation des inégalités sur le long terme

En savoir + : www.observatoiresdugenre.com/recommandations


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Travaux de groupe autour des fiches techniques Elaborées par le ROEG, les fiches techniques sont des documents d’accompagnement des observatoires du genre pour les aider dans leurs processus de construction et dans la mise en œuvre de leurs activités. L’atelier régional de Dakar a été l’occasion de réfléchir collectivement à l’amélioration des fiches techniques créées par le ROEG fin 2013, dont la vocation est de devenir de véritables feuilles de route pour l’observation du genre. Répartis en 3 groupes de travail, les observatoires du genre ont débattu des meilleures méthodes et stratégies pour collecter des données ou réaliser des plaidoyers, en croisant leurs points de vue à partir de leurs expériences et de leur contexte. Ce travail de réflexion a été enrichi par la participation de l’ensemble des organisations invitées, lesquelles se sont prêtées avec beaucoup d’intérêt à l’exercice. Issues de la société civile et de la communauté internationale (Réseau Siggil Jigeen, AMLD, FEEDA, RADDHO, Ambassade de France, UNESCO, FNUAP, PNUD, etc.), elles ont permis d’aborder l’observation du genre sous des angles complémentaires. Les travaux de groupe se sont révélés très positifs pour les observatoires du genre. Ils les ont aidés à mettre en perspective leurs acquis et leurs compétences, et à définir plus concrètement ce que doit constituer l’observation du genre : - les méthodes (production et collecte de données indépendantes et inédites, choix d’indicateurs) - les techniques de plaidoyer - les recherches de financements

Georgette Zamble (Leadafricaines) conduit le groupe de travail sur les fiches techniques 3, 4 et 5.

Les fiches techniques :

Fiche 1. Plaider en faveur des observatoires Fiche 2. Objectifs des observatoires du genre Fiche 3. Structurer un observatoire Fiche 4. Comment agir ? Stratégies, modes d’action et outils Fiche 5. Comment choisir les champs d’observation ? Fiche 6. Comment choisir les indicateurs des observatoires ? Fiche 7. Exemple : création d’un observatoire dans la région des Grands Lacs Fiche 8. Pistes pour des observatoires sur les violences de genre en milieu scolaire Fiche 9. Pistes pour des observatoires sur genre et micromacro économie Les fiches révisées seront mises en ligne dans la rubrique «Outils» du site du ROEG : www.observatoiresdugenre.com

Chaque observatoire a pu ainsi évaluer l’opérationnalité de sa structure. Deux aspects sont ressortis des échanges : - l’importance de cibler une ou deux problématiques spécifiques plutôt que de risquer l’éparpillement en multipliant les champs d’observation - la nécessité de structurer davantage les observatoires (notamment les plus récents) et de renforcer leur technicité Les participant-e-s issu-e-s de la communauté internationale et de la société civile – non impliqué-e-s directement dans l’observation du genre, mais pas moins concerné-e-s pour autant – ont pris la mesure des enjeux d’une intégration efficace du genre dans l’ensemble des interventions de développement.

Elise Henry, membre de Genre en Action, experte et formatrice en genre, anime l’atelier de travail sur les fiches techniques.


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Depuis le 16 janvier 2014, le réseau ROEG s’est doté d’un site internet, à la fois outil de communication et outil d’animation.

www.observatoiresdugenre.com,

le nouveau site internet du ROEG

«

Communiquer, c’est exister.»

L’objectif du site internet du ROEG est de rendre visibles les observatoires du genre du monde francophone, d’aider à leur mise en réseau et d’amplifier leur communication via les T.I.C. Le site comporte trois espaces : 1. Une carte des observatoires du genre Grâce à un planisphère qui géolocalise les observatoires, le site internet du ROEG rend visible l’ampleur du réseau. Un moteur de recherche associé à la carte permet d’accéder à la fiche d’identité de chaque observatoire, selon les critères de pays, champs d’observation et zones d’intervention. 2. Un espace de publication Chaque observatoire est invité à communiquer sur ses activités dans un espace « blog » qui lui est dédié : rapport d’activité, analyse de données, article de veille, billet d’humeur, etc. Chacun peut également réagir aux articles publiés par ses pairs et poster des commentaires. 3. Un formulaire d’inscription en ligne Le ROEG a vocation à accueillir le plus grand nombre d’observatoires afin d’augmenter sa capacité d’action et d’influence. Une page « Devenir membre » explique l’intérêt de rejoindre le réseau et propose une inscription en ligne. Véritable vitrine du ROEG, la création du site internet des observatoires a marqué une étape importante dans la stratégie de communication du réseau.


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Genre et travail décent : quels enjeux ? L’atelier régional de Dakar a été l’occasion d’une collaboration entre le réseau ROEG et l’Organisation Internationale du Travail, au travers de son programme PAMODEC. En co-organisant cette rencontre, les deux organisations ont souhaité créer des ponts, de réflexion et d’action, entre les acteurs de l’observation du genre et du travail décent. Le programme PAMODEC vise à appuyer la mise en œuvre de la déclaration de Philadelphie de 1998 sur les principes et les droits fondamentaux au travail, qui porte en son coeur la question des discriminations.

L’OIT considère que l’égalité des femmes et des hommes est une condition sine qua non du travail décent. Le travail décent suppose une égalité de chances et de traitement pour tous-tes les travailleur-se-s.

Au travers de ce programme, plusieurs études sur les conditions de travail ont été réalisées au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Sénégal, au Togo et à Madagascar. Dans chaque pays, on constate l’existence des discriminations fondées sur le genre, dans le secteur public comme dans le privé. Tous les domaines liés au travail sont concernés : l’accès à l’emploi, l’accès à la terre, la formation, la promotion professionnelle, la vie familiale et la maternité, etc. Le harcèlement sexuel et les violences sont également des obstacles à l’exercice d’un travail décent.

Pour mesurer les inégalités entre les femmes et les hommes, le projet PAMODEC a décliné chaque indicateur du travail décent au regard des rapports sociaux de sexe. Ainsi, au Sénégal, les statistiques rendent compte d’inégalités criantes : 1/3 des étudiants qui achèvent le cycle supérieur de l’enseignement sont des étudiantes, le chômage et le sous-emploi touchent 2 fois plus les femmes que les hommes, les hommes ont des revenus 2 fois supérieurs à ceux des femmes, ils sont davantage salariés et occupent à 89% des postes de décision...

«

L’Organisation Internationale du Travail définit le travail décent comme « la possibilité d’exercer un travail productif et convenablement rémunéré, assorti de conditions de sécurité sur le lieu de travail et d’une protection sociale pour sa famille, donnant ainsi aux individu-e-s la possibilité de s’épanouir et de s’insérer dans la société, ainsi que la liberté d’exprimer leurs préoccupations, de se syndiquer et de prendre part aux décisions qui auront des conséquences sur leur existence ».

Fatime Ndiaye, experte en genre à l’Organisation Internationale du Travail (Sénégal) et Thimotée Soulama, expert du projet PAMODEC au Bénin, ont présenté les articulations entre genre et travail décent. Fatime Ndiaye (OIT - Sénégal)

Sur la base de ces constats, le programme PAMODEC a donc formulé des recommandations adressées aux instances politiques, aux organisations de travailleurs et d’employeurs, aux agences de développement et à la société civile. D’une part, il recommande de renforcer les cadres législatifs et réglementaires, en mettant en place des politiques nationales de lutte contre les discriminations, en ratifiant les conventions clés de l’OIT en matière d’égalité femmes-hommes, en appliquant les dispositions juridiques existantes. D’autre part, le projet PAMODEC invite à la création d’observatoires nationaux sur les discriminations, qui soient aussi des espaces de dialogue et de prévention. Formulées pour mener à bien des politiques efficaces en matière d’égalité professionnelle, les recommandations de l’OIT ont été accueillies avec grand intérêt par les observatoires du ROEG. Chacun a conclu sur la nécessité de continuer à renforcer les liens entre l’observation du genre et l’observation du travail décent. Une collaboration à suivre....


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Conclusion et perspectives Le réseau ROEG achève avec succès sa seconde phase de développement. Les objectifs de croissance, de renforcement des capacités et de communication ont été atteints. Pour poursuivre dans cette dynamique, le réseau ROEG doit relever de nouveaux défis, notamment la mobilisation de nouvelles ressources, financières et humaines. Le ROEG a su cette année dépasser les difficultés rencontrées lors de la phase de démarrage (2011-2012), non seulement grâce à l’augmentation du nombre de ses membres mais aussi et surtout grâce à la participation de ces derniers à l’ensemble des activités mises en place lors de la phase II de développement : mise en ligne d’un site internet désormais dédié au réseau, e-discussions, étude comparative, formations en ligne, atelier lors de la 58ème Commission sur le Statut des Femmes (New-York), atelier régional de Dakar, etc. Les observatoires du ROEG ont confirmé leur intérêt et leur attachement à ce projet collectif. Ils ont démontré, comme à l’atelier de Dakar, qu’ils savaient se rassembler et travailler ensemble - même si la participation est encore inégale, surtout en ce qui concerne les observatoires créés récemment qui sont encore peu outillés, ou ceux qui font face à des contextes politiques difficiles.

> Principales activités du Plan 2014-2015 Développement du réseau - Création de deux pôles pilotes sur l’observation du genre au Sénégal et sur la représentation des femmes dans les sphères décisionnelles - Mise en place d’un suivi collégial visant à mesurer la prise en compte des données émanant des observatoires du genre

Les membre du ROEG, leurs équipes salariées et bénévoles, et celles de Genre en Action, sont pleinement impliqué-e-s dans la croissance du réseau, comme – nous l’espérons – le seront nos partenaires techniques et financiers. Les recherches de co-financement et la mobilisation de ressources humaines restent en effet de véritables défis à relever pour la suite du projet. A la suite des recommandations formulées dans le cadre de l’étude comparative (p. 4), le plan d’action pour la phase III du ROEG s’organise autour de trois axes principaux : le développement du réseau, le renforcement des capacités des observatoires et l’élaboration de campagnes de plaidoyer dans le cadre de l’Agenda Post-2015. Ce plan d’action réaffirme donc l’orientation du projet ROEG dans la perspective de l’Agenda Post-2015. Les observatoires continueront également de consolider les synergies impulsées depuis la création du réseau, par un mode de collaboration plus collégial encore. La bonne marche des activités à venir, jusqu’en 2015 et au-delà, saura confirmer auprès des différents acteurs nationaux et internationaux du genre et du développement - société civile, espaces institutionnels et décisionnels, financeurs  -, la pertinence et la nécessité de l’observation du genre pour une plus grande égalité entre les femmes et les hommes.

- Elaboration d’un plaidoyer de soutien et de valorisation des observatoires du genre Renforcement des capacités - Formations en ligne sur les méthodes de collecte et de production de données inédites et indépendantes - Elaboration d’un vademecum sur l’observation du genre - Publication de contenus thématiques sur le site internet «Observ’action» (www.observaction.org) Plaidoyer Post-2015 - Elaboration d’un plaidoyer en faveur de l’implication des observatoires dans le processus Post-2015 - Mise en place d’un dispositif de suivi de l’intégration du genre dans l’Agenda Post-2015

Odile Faye (AFARD) et Arame Top (Observatoire Régional du Genre de Matam)


Remerciements Je tiens à remercier, aux côtés de Claudy Vouhé, de Lucille Terré et de Lorie Decung, respectivement présidente, coordinatrice et chargée de communication à Genre en Action, l’ensemble des participant-e-s et partenaires de l’atelier régional de Dakar, et plus particulièrement : les représentante-s de l’OIT et du projet PAMODEC, l’Observatoire National de la Parité, les membres de Genre en Action (Daouda Diop, Awa Fall Diop, Elise Henry et Justine Diffo), le cabinet YOD, l’Ambassade France, l’AFD, l’UNESCO, l’USAID/PACE, le PNUD ainsi que Dominique Broquet et toute l’équipe de l’Athénée Villa des Savoirs. Maïlys Chauvin, Chargée de mission ROEG/ Genre en Action.

Sur la photo : Maïlys Chauvin et Daouda Diop, membre de Genre en Action, expert et formateur en genre

Plus d’informations sur le blog du ROEG Album photo de l’atelier régional de Dakar Articles de presse et interviews Flyer du ROEG Connectez-vous sur :

www.observatoiresdugenre.com/blog

Légende de la photo p.2. Ligne du bas : Daouda Diop (Genre en Action), Awa Fall Diop (ORGENS/Genre en Action), Cynthia DanNodji Madji (OGAC), Georgette Zamble (Leadafricaines), Aïssata Sow (Observatoire du Genre de la Région de Matam) Maïlys Chauvin (ROEG/Genre en Action), Haingo Ramaroson (Similarenta), Justine Diffo (NMWP/Genre en Action), Bernard Lututala (CERED GL). Ligne supérieure : Penda Diouf (Observatoire du Genre de Saint-Louis), Arame Top (Observatoire du Genre de la Région de Matam), Mamadou Barro (Observatoire de l’Education), Mamadou Diouf (Observatoire National de la Parité).


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Le ROEG, une initiative de Genre en Action Créé en 2003, Genre en Action est un réseau international francophone qui promeut l’égalité des femmes et des hommes dans le développement.

Les observatoires du genre, acteurs incontournables des politiques de développement

L’objectif du réseau est d’informer, former et mobiliser les actrices et les acteurs francophones, aux Nords et aux Suds, sur l’approche «Genre et Développement». En savoir plus : www.genreenaction.net

20 observatoires membres / 15 champs d’observation / 12 pays francophones Burkina Faso / Cameroun / Côte d’Ivoire  France / Haïti / Madagascar / Maroc République Démocratique du Congo Sénégal / Tchad / Togo / Tunisie...

L’atelier régional du ROEG a été organisé par :

Avec les soutiens financier et technique de :

ROEG - Journal de l'atelier régional des 16 et 17 avril 2014  

Les observatoires du genre francophones se se sont réunis à Dakar les 16 et 17 avril 2014 en vue d’élaborer un programme d’action pour l’éga...