Page 1

Projet de fin d’étude Habiter en bord de Saône Gayané Djeranian

Master 2, École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon Architecture, Métropole, Territoires habités

Ici et ailleurs, l’Europe fluviale et la Métropole Lyonnaise Studio Boyadjian 2016 - 2017


Avant-propos Durant le cycle de mes études d’architecture, j’ai choisi d’étudier plusieurs échelles de projet jusqu’à l’échelle territoriale. Ce projet de fin d’étude est avant tout basé sur une analyse menée en groupe de trois avec Margaux Girerd et Léa Houben. Éveillé par notre analyse territoriale, ce projet m’a permis de soulever un ensemble de questionnement, d’étendre mon champ de connaissances et d’aboutir à une base de réflexion. Cette étude sur le territoire singulier du Val de Saône a valeur d’exemple pour d’autres analyses à cette échelle. Il y a toujours un équilibre à trouver entre la description pessimiste de la réalité et un optimisme naïf, mais à choisir catégoriquement entre les deux, je choisis l’optimisme d’un futur meilleur. Chaque moment comporte ses opportunités. Tout n’est pas parfait et ne le sera jamais, et c’est peut être un mal nécessaire car cela signifie que tout est améliorable.


0

2 km


CONTEXTE

Le Val de Saône Le territoire du Val de Saône s’inscrit dans l’extension de la métropole du Grand Lyon. Située sur un axe de développement Nord-Sud entre Paris et Marseille, la rivière de la Saône n’est pas exploitée pour le transport de marchandise ou très peu. La nature de l’utilisation de cette rivière est plutôt touristique avec une forte activité des bâteaux de plaisance, notamment usités par les allemands et les hollandais. Cette activité destinée aux loisirs la différencie de son voisin de l’Est, le fleuve du Rhin, qui est emprunté principalement pour le transport fluvial de marchandises, avec un aménagement prévu à cet effet. Finalement, cette différence est une richesse qui rend unique ces deux territoires proches géographiquement. Cependant, les atouts de la Saône pourraient être mieux, ou différemment exploités aujourd’hui. C’est pourquoi dans cette perspective, le Val de Saône devient un lieu d’enjeu de développement, à fort potentiel d’habitabilité. Nous avons étudié ces potentialités à travers une grille d’analyse à quatre entrées : les mobilités, le paysage, les infrastructures fluviales et les typologies architecturales. Ces outils nous ont permis d’aborder la complexité de ce territoire et d’en dégager les qualités et les enjeux. C’est seulement avec la base de cette analyse que nous avons pu développer une stratégie et un projet d’aménagement par la suite. Depuis ces quatre entrées, nous avons dresser un portrait du Val de Saône à données objectives, auquel nous avons apporté notre sensibilité propre en explorant la dimension imaginaire que nous évoquait la vallée. Dans un premier temps, voici comment l’analyse des mobilités a orienté nos choix stratégiques.


Les mobilités Notre première approche du site s’est effectuée à travers l’analyse des mobilités dans la vallée. Les mobilités définissent des temps de trajet sur un territoire avec des rythmes distincts en fonction du moyen de transport usité. Les infrastructures de transport influencent l’urbanisme et façonnent le territoire. Sur ces cartes montrant l’évolution historique des mobilités, nous pouvons voir comment, successivement les nouvelles mobilités ont orienté le développement urbain. C’est le cas des voies de chemin de fer par exemple, avec lesquelles les espaces bâtis se rapprochent progressivement des gares qui recréent un point d’ancrage dans le territoire. De plus, l’accélération des modes de transport, participent à l’augmentation des territoires artificialisés. Ces terrains nouvellement urbanisés s’étendent sur les surfaces abritant la faune et la flore ainsi que les espaces agricoles. Dans le Val de Saône, situé entre ville et campagne, comment se définit la limite où se rencontre ces deux surfaces : végétale et artificielle; rurale et métropolitaine ? Le fait de créer une ville à échelle humaine pour des individus qui n’ont pas des activités à échelle humaine (industrie, transports rapides…) a-t-elle un sens ? Une conciliation harmonieuse entre les moyens de déplacement lents et rapides est présumable. Cette analyse des mobilités, soulèvent la question des différents rythmes au sein d’un même territoire et de leur possible coexistence et complémentarité. Toutes ces questions ont guidées notre stratégie par la suite, notamment sur la mise en place de cheminement piéton sur notre site d’étude.

XVI-XVII ème siècle (Carte de Cassini)

XVIII-XIX ème siècle (Carte de l’état major)

XXI ème siècle (Carte de géoportail.gouv.fr)


TEMPORALITÉS Equipements

Jassans Riottier Villefranche s/ Saône

3 min

+

+

15 min

2 min Saint-Bernard +

Anse

9 min

Trévoux

+

+

Reyrieux +

5 min

13 min

Quincieux +

13 min

3 min

Genay +

Saint-Germain + -au-Mont-d’or

5 min +

Albigny-au+ Mont-d’or

25 min

+

2 min

8 min

Fleurieu s/ Saône

2h20

4 min 8 min

Couzon-au+ Mont-d’or

3 min

6 min 4 min 4 min 4 min

Neuville s/ Saône

+

Collonge-auMont-d’or

8 min + 20 min

Fontaine s/ Saône Sathonay Camp

+

+

9 min 10 min

2 min Cuire +

8 min

10 min

3 min Lyon +

18 min

Transport ferrovier

TEMPORALITÉS Modes doux

9 min 32 min

16 min 1 h 6 min 11 min 3 min

46 min 8 min

31 min

2 h 5 min

2h30 12 min 46 min

7h30

8 min

27 min

7 min 28 min 8 min 30 min 8 min 32 min

De pont en pont ...

13 min

36 min

3 min

10 min

4 min

13 min


Les imaginaires En complémentarité de l’analyse objective des mobilités, nous avons choisi d’explorer la dimension imaginaire que nous évoquait la vallée. Cette analyse subjective nous a permis de déceler deux axes d’enjeux principaux : la Vallée équipée (les lieux dynamiques) et la Vallée discrète (les lieux de quiétude). Grâce à l’analyse objective de ce territoire, nous avons relever les potentialités dynamiques (gares, équipements, zones d’activités économiques…) auxquels nous avons couplé les lieux identitaires, emblématiques du Val de Saône, liés à l’imaginaire qu’ils véhiculaient pour nous (guinguettes, plages, lieux de promenade, pontons…). Ainsi, nous avons chercher à cartographier ces lieux pouvant accueillir de manière latente ou effective des interventions d’aménagement. Ensuite, cette cartographie nous a permis de relever un lieu en particulier qui catalyse selon nous, à la fois, des potentiels dynamiques et discrets. L’exploration des imaginaires de la vallée de la Saône et de la métropole constitue une des entrées du travail analytique et prospectif mené par notre équipe. Ainsi, nous avons sondé les autres étudiants de notre groupe de travail pour constituer deux nuages de mots répondant à : “ Qu’est-ce que le Val de Saône pour vous ? “ “ Qu’est-ce que la métropole pour vous ? “


Ecrins de Campagne Urbaine Ecrin Forestier Ecrin Agricole

Canevas du Mouvement Lisière Forestière

Lisière Agricole

Havres Paysagers Havre Forestier

Havre Agricole

Opportunités bucoliques Îles Chemins calmes & Promenades aménagées

Haltes et pontons

Guinguette

Plan d’eau

Camping

0

2 km


Carte de la vallée discrète Le potentiel discret associé au charme bucolique du site, nous a permis de représenter une cartographie poétique du Val de Saône avec une déclinaison typologique du paysage en écrin, havre, lisière, etc. Ces espaces deviennent alors des opportunités bucoliques avec les îles promenades et chemin de halage, des plans d’eau, des pontons et guinguettes qui nous permettent de relever les qualités paysagères du site et ses caractéristiques liées à un imaginaire du Val de Saône. Nous avons pu constater que certains de ces espaces charmants ne sont parfois pas mis en valeur ou sont inaccessibles aujourd’hui pour le public. Cependant, il y a un dosage subtil à trouver afin de rendre sa juste valeur à ces lieux discrets sans pour autant détruire leur caractère bucoliques par une surexploitation par le public. Un choix des lieux à révéler appuie l’élaboration de notre stratégie et la mise en œuvre de nos projets.


Carte de la vallée équipée Le potentiel discret va de pair avec un potentiel dynamique. Avec cette carte, nous avons relever les lieux à caractère dynamique. Du centre bourg historique commerçant de Neuville sur Saône aux zones industrielles et commerciales, en passant par les gares, ce site révèle des zones riches d’activités mais parfois en perte de vitesse ou essouflées. Tout en conservant la valeur discrète du site et son identité bucolique participant du charme de celui-ci, la stratégie d’aménagement permettra de redonner un second souffle à la vallée. Au terme de cette étude cartographique, nous avons dégager un lieu qui nous semblait pertinent pour l’élaboration de notre projet.


0

2 km


Superposition des cartes


Lieu Ă fort potentiel

comporte les deux aspects : dynamique et discret

0

2 km


0

2 km


SITE D’ÉTUDE

La zone industrielle Lyon-Nord Nous avons choisi la zone industrielle Lyon-Nord comme site d’intervention. Située à mi-parcours entre Caluire-et-Cuire, et Villefranche-sur-Saône, cette zone se trouve à cheval entre les communes de Genay et de Neuville-sur-Saône. Ce site manifeste les deux caractéristiques étudiés lors de notre analyse : équipé et discret. Cependant, aujourd’hui, au sein de ce même territoire, la cohabitation de ces deux entités se révèle problématique. C’est pourquoi nous avons choisi d’étudier ce site, car il concentre une part importante des activités dynamiques de la vallée. Malgré cela, nous nous sommes aperçues que ces activités étaient principalement axées sur l’industrie qui n’a aujourd’hui pas de relation évidente avec son site. La rivière n’est pas utilisée pour le transport de marchandises. Dans un premier temps, nous avons cherché à savoir à qui appartenait chaque parcelle afin de dissocier les espaces en fonction de leurs usages de manière précise. La propriété du sol et la privatisation de celui-ci, nous a questionné tout au long de cette année. La possibilité de se déplacer librement le long de la Saône est l’enjeu majeur de notre stratégie. Nous avons constater que le long de la rive gauche, la zone industrielle Lyon-Nord créait une déviation de la route qui ne longe plus le quai à cet endroit précis. Ce qui a engagé un questionnement auquel nous avons choisi de répondre par l’implantation de nos projets d’aménagement à cet endroit précis, là où les enjeux liés aux mobilités, aux zones d’activités et à l’imaginaire du site s’entrecroisent.


Constat Le site de la zone industrielle Lyon-Nord pose diverses questions quant à la rencontre entre la métropole et le Val de Saône. Aujourd'hui, la zone industrielle Lyon-Nord ce sont 3600 emplois (67 % dans des établissements industriels, 33 % dans le tertiaire associé à l'activité industrielle), pour 90 entreprises sur 180 hectares. Les villes alentours représentent environ 5250 habitants pour Genay, 7250 à Neuville-sur-Saône, 2800 à Albigny-sur-Saône, 3400 à Saint Germain au Mont d'or, soit à l'échelle du territoire et en terme d'habitants, la zone industrielle Lyon Nord représente une « ville dans la ville » mais à mono-activité (industrielle et commerce de grande surface). De plus, le site représente des contraintes liées aux risques technologiques (usine chimique, engrais, peinture, pharmaceutique) et aux risques naturelles liés aux crues de la Saône. Ainsi, la problématique, vis-à-vis de ce site, réside dans la possibilité de rendre moins inégalitaire ce territoire en apportant de la mixité programmatique. Aujourd’hui, le parc industriel cherche à se reconvertir en espace tertiaire seulement cela comporte le risque d’avoir une zone constitué uniquement de bâtiment de bureaux et ainsi de reproduire le schéma de ville mono-fonctionelle. C’est pourquoi nous proposons d’intégrer des logements, des commerces et des équipements en complémentarité des espaces de travail dans cette zone. Afin de rendre possible sa mise en œuvre, nous cherchons à savoir de quelle manière il est possible d’habiter un site en disgrâce dû à l'omniprésence d'une activité pouvant présenter des risques sanitaires.


Le charme discret du site Afin de permettre la mise en place d’une stratégie d’aménagement et de rendre ce site habitable, nous avons dégager les lieux remarquables du site. En effet, la valorisation de l’ensemble du site doit nécessairement s’effectuer par la liaison de lieux bucoliques qui participent à l’identité du Val de Saône. Nous avons choisi ces lieux en fonction de leurs qualités intrinsèques guidées par notre sensibilité personnelle.

3.

2. 4. 1.

0

400 m


1. Des maisons sur deux

étages bordent le quai avec un jardinet. Une péniche est amarée.

2. Le chemin goudronné s’arrête. On entend le bruit du vent et des voitures au loin.

3. Des bâteaux en révision

attendent d’être mis à l’eau. Deux coureuses passent.

4. Le goudron et la végétation recouvre l’ancienne voie ferrée.


La zone industrielle Lyon Nord, une ville privatisée?

La problématique majeure du site est la revalorisation des berges de Saône pour le piéton. Aujourd’hui, les rives de la Saône au niveau de la zone industrielle ne sont pas utilisées pour le transport de marchandise et sont difficilement accessibles pour les habitants des communes alentours. Deux perspectives se présentent alors : la mise en œuvre d’un espace portuaire pour l’acheminement de marchandise lié aux industries présentes sur le site ou une requalification de celles-ci en vue d’une redéfinition de la zone industrielle. Cette dernière approche semble plus plausible du fait de la tendance globale, nationale et mondiale, de changement des lieux de production industrielle. De plus, une mono-activité sur un territoire aussi vaste n’a jamais été un avantage pour quiconque. En effet, les industriels ont également des intérêts à gagner dans la mixité des activités et la revalorisation de cette zone. C’est pourquoi nous proposons de repenser les modes de déplacement sur ce site avec la création d’une voie verte à l’échelle métropolitaine.


DE LA DEPARTEMENTALE A LA SAÔNE


Voies douces transversales et métropolitaines Repenser les mobilités et les accès sur ce site enclenche une première étape vers le projet d’aménagement. Cette nouvelle mobilité s’accompagne d’une recomposition du paysage. En effet, des voies douces transversales constituent des couloirs verts faisant la liaison entre les habitants les plus éloignés de la Saône et les berges. La reconversion de la voie de chemin de fer en voie douce permet la création d’un couloir écologique en parallèle du chemin de halage. Cette voie douce constitue une mobilité à l’échelle métropolitaine ainsi qu’une conservation d’une partie de la faune et de la flore de la vallée. Cette requalification du paysage de la zone industrielle est un premier pas vers la mise en place d’un projet. Certains de ces espaces verts seront laissés en friche et auront pour but d’assainir le sol dans un premier temps. A terme, cette végétation permettra la mise en place de trois importants projets de logement. Le programme de logement s’accompagnera dans les trois cas d’espace de production de type tertiaire ou artisanale en vue de mixer les activités sur ce site aujourd’hui majoritairement composé d’industries chimiques.

Vue depuis la friche de 30 hectares


Zone d’étude Voie verte ancienne voie ferrée Parc liant les berges à la voie verte Avenue végétalisée liant les berges à la voie verte

0

400 m


Etapes de projet et programmation


Choix des 3 sites d’intervention


Site de projet individuel

0

200 m


SITE DE PROJET La zone industrielle Lyon-Nord Autrefois, le site de la zone industrielle Lyon-Nord était constitué de marécages qui ont été remblayés afin de pouvoir accueillir des industries sur 180 hectares. Aujourd’hui, la production industrielle s’est essoufflée dans les pays occidentaux et la zone d’activité de Lyon-Nord cherche à se renouveler. C’est pourquoi, nous pensons que ce site est propice à l’accueil de nouvelles activités, avec une architecture plus en lien avec le paysage du bord de Saône. Les 3 sites ont été réparties en fonction de leur potentiel d’intervention. Le site, étudié ci-contre, comptabilise 8 hectares. Il se trouve en bord de Saône et termine le parc transversal, lui conférant une position stratégique. Afin d’éviter une table rase et la création d’un nouveau quartier ex-nihilo, dans un premier temps, je préconise la conservation de la structure industrielle qui s’étend sur 230 mètres le long de la Saône. Il semble qu’elle pourrait apporter des qualités au projet. Je propose donc de la réhabiliter, et de perforer le bâtiment avec des espaces publics. Ces nouveaux espaces publics de promenade permettront de relier toutes les parties du projet aux bords de la Saône. Rendre la Saône accessible aux habitants de Genay et de Neuville sur Saône, ainsi qu’à l’ensemble des visiteurs, est l’intention première du projet mené par notre équipe.

marécages - paysage du bord de Saône


0

100 m

- conservation de la structure industrielle


Processus de conception Comme énoncé précédemment, le site comporte des risques liés aux crues de la Saône. Pour définir la gestion des eaux sur ce site, des axes perpendiculaires à la rive sont prévus afin de pouvoir accueillir l’eau. Ces axes prennent la forme de noues paysagères tolérant la filtration de l’eau. En l’absence de crue, c’est à dire, la majorité du temps, ces espaces favorisent le passage, de la voie douce, piétonne et cyclable, jusqu’à la berge. Le bâti n’obstrue pas le passage, ni la vue sur la Saône, au contraire, il en détermine l’accès par des micro-promenades paysagères. L’ancien bâtiment industriel en bord de Saône est conservé afin d’accueillir des espaces tertiaires de co-working ainsi qu’une halle de marché à l’extrémité Ouest et un équipement sportif à l’extrémité Est, face au parc. Aujourd’hui, l’espace industriel est encore en fonction, mais le projet situé dans une perspective lointaine est prévu suivant une tendance de changement des lieux de production industrielle. Les paysages de la Saône sont alors offerts à d’autres usages tels que des espaces de travail, des lieux d’événementiels, cernés d’espaces publics afin d’admettre l’accès à la berge. Les logements se trouvant en fond de parcelle sont plus élevés que les anciennes industries qui bordent la Saône afin de bénéficier de la vue sur celle-ci. Enfin, au niveau de la berge, des terrasses en bord de Saône s’inscrivent dans la continuité des formes bâties précédentes et terminent la promenade jusqu’à la Saône.


1. Inondabilité du site

2. Transformation du bâti existant définit une nouvelle implantation à l’arrière de la parcelle

3. Accueil de l’eau

4. Circulation piétonne et automobile

5. Vues


Qualités paysagères du site Le projet s’appuie sur les qualités paysagères du site révélées par la stratégie mise en place précédemment. Ces qualités sont dissociées et hiérarchisées selon leur influence sur le site. L’élément majeur est la rivière de la Saône, puis le parc permettant l’accès aux berges pour les habitants de Genay par exemple. La voie douce à l’échelle métropolitaine délimite la zone d’intervention et prévoit un élargissement au niveau du projet bâti. Ensuite, une place est constituée en fin d’avenue afin d’ouvrir la vue sur la Saône.

1. La Saône

3. Ouverture paysagère en fin d’avenue


2. Le parc et la voie douce

4. Les noues


Le paysage Avant la planification industrielle sur ce site, il y a le paysage. Ce site composé de marécages a été remblayé afin de pouvoir accueillir les bâtiments industriels. Dans un changement des lieux de production industrielle que reste-t-il de ce paysage ? Il est une base de conception prédominante étant donné qu’il préexistait. C’est pourquoi, les noues permettent de revaloriser et d’anticiper les risques liés à la nature du site. Le passage de l’eau sur le site influence la largeur des volumes bâtis. La largeur de 32 mètres d’une noue se retrouvent dans la lsargeur d’un espace bâti.

noues : 1. Terre grasse, marécageuse, utilisée comme pâture. (Dict. xixeet xxes.).

2. AGRIC. ,,Intervalle entre deux sillons où les eaux de pluie stagnent`` (Fén.1970; ds Lar., Plais.-Caill. 1958, Colas-Cab. 1968). CNRTL


La matière Les matériaux de conception sont déterminés par le programme mais aussi par le site. Le risque lié aux crues définit des strates constructives avec un socle de parking semi-enterré en béton qui supporte les logements. Le Rez-de-chaussée est également en béton comme un socle épais et étanche venant soutenir les logements collectifs en ossature bois plus légers. L’idée de concevoir la matérialité par strate provient du fait que les blocs puissent accompagner la fluctuation du sol caractéristique de la nature géologique alluviale de la Saône.


Le programme Un ensemble de paysages séquencent le bord de Saône. Au niveau de la zone industrielle Lyon-Nord, nous pouvons voir comment le caractère bucolique prend tout son sens par contraste avec d’imposants bâtiments industriels. C’est pourquoi, je pense qu’il est intéressant de conserver la structure industrielle présente sur le site qui confère à cette séquence son caractère unique. De plus, le fait de travailler un projet dans un tissu industriel est une qualité. Les échelles de parcelle et de bâti sont plus importantes à cette endroit de la Vallée ce qui permet la diversification de la promenade et des paysages le long de la Saône. Insérer du logement dans des masses bâties à l’échelle industrielle permet de constituer une densité plus importante que le tissu pavillonaire des communes environnantes ce qui semble davantage pertinent dans ce contexte. Dans un soucis d’accessibilité de la berge au public, et vis-à-vis des ambitions de la zone de revaloriser l’image de ces entreprises, je pense qu’il est préférable de positionner les espaces de travail, et de conférence en bord de rivière. La hauteur plus faible des bâtiments situés en bord de rive permet d’offrir une vue aux constructions en fond de parcelle plus denses et plus hautes. Les logements se trouvent connectés à la voie verte et sont plus éloignés de la berge, le but étant de ne pas privatiser la berge pour cette séquence particulière de la Vallée.


1. Logements 2. Espaces de travail 3. Equipements 4. Terrasses sur SaĂ´ne

1. Chemin de halage 2. Voie verte 3. Voie voiture | bus


Principe des logements Rez-de-chaussée et étages Les logements se constituent à partir de volumes précédemment définis par la largeur d’une noue de 32 mètres qui définit des largeurs bâtis également de 32 mètres afin d’avoir une équivalence et un même ordre d’importance entre le bâti et le paysage. Afin de rendre ces volumes habitables, ils sont traversés de jardins communs. Ces jardins communs font la même largeur qu’un logement car ils sont équivalents d’importance que les logements. Tous les logements au rez-de-chaussée comportent une terrasse de 4 mètres de large équivalente à la largeur d’un séjour. Trois logements se partagent un jardin commun. Les noues sont publiques mais la vue des logements donnent sur celles-ci. Elles sont à ce titre une continuité de la terrasse privée. Le fait d’avoir des jardins communs à trois logements est une volonté forte du projet. Aujourd’hui, la maison individuelle est le rêve de nombreuses personnes, cependant les lotissements tels qu’ils sont conçus, ne répondent pas à toutes les attentes des habitants. Créer un projet dense en conservant les qualités de la maison individuelle, avec un espace extérieur, des espaces extérieurs pour 3 maisons voisines et des grands espaces paysagers pour tous les habitants et le public sont les volontés principales qui ont conduit ce projet. Ce projet tente de trouver des solutions intermédiaires entre le pavillon individuel et le logement collectif. La déclinaison du paysage à plusieurs échelles ainsi que la mixité typologique tendent à répondre à une nouvelle conception du logement.

+

+


1. Espace extérieur privé 2. Espace extérieur commun 3. Espace extérieur public

l. Logement = l. Jardin

4m 4m

8m

l. Séjour = l. Terrasse

8m 32 m

32 m l. Bloc = l. Noue


Principe des logements Jardins communs Il est dit que les citadins du monde sont nostalgiques de l’idée de la vie à la campagne où l’air est pur et la «maison» incarne le symbole du foyer familial idéal. Cependant, la conception de maisons individuelles telle qu’elle est dans la majorité des cas, aujourd’hui en France, est défectueuse. Les zones de plusieurs centaines d’hectares avec une seule et unique fonction représentée sont difficilement praticable pour ses habitants autrement qu’en voiture. Que ce soient d’immenses zones industrielles, commerciales ou de maisons pavillonnaires, celles-ci ne comportent pas une densité suffisante pour permettre une desserte des transports en commun efficace et dans la majorité des cas elles s’étendent sur des terres arables de manière définitive. L’étalement de ces zones est permis par l’utilisation de l’automobile qui engendrent des distances parcourues domicile-travail plus grandes, ce qui n’est pas bénéfique ni pour les usagers, ni pour l’environnement. Pour toutes ces raisons, ces zones mono-fonctionelles sont à repenser. La volonté de ce projet de logement, qui s’inscrit dans une situation entre ville et campagne, est d’essayer au maximum de regrouper les qualités d’un logement individuel avec des espaces extérieurs et les qualités d’un logement urbain connecté mais avec la vue sur le grand paysage. Ainsi qu’une densité suffisante pour permettre la desserte en transport en commun, des voies de circulation douce et de promenades, non interrompues par le flux des voitures, ni par la vue sur celles-ci car elles sont stockées dans un parking semi-enterré et la mise en place de commerces de proximité permettant un déplacement piéton sur ce site.


0

2m


Construire au bord de l’eau Avant l‘établissement des constructions, un aménagement du sol est à prévoir. Le cas particulier des bords de Saône induit un certain nombre de contraintes. Compte tenu de la nature alluviale de cette zone et sachant qu’elle était constituée de marécages auparavant, le sol est instable. Afin de pouvoir construire sur ce site, deux options s’opposent: soit de fonder le bâtiment plus profondément et ainsi de le rendre immobile avec des micro pieux par exemple, soit d’accompagner le mouvement du sol avec des dalles de fondation. Avec la volonté de créer des espaces de parking semi-enterré, c’est la deuxième solution qui a été choisie. En cas de crue de la Saône, les parkings et les noues peuvent accueillir le surplus d’eau. Ces deux espaces sont équivalents en terme de volume, ce qui permet d’avoir une transparence hydraulique efficiente. De plus, les noues permettent une filtration de l’eau à cette endroit de la Saône où se trouve d’importantes nappes phréatiques. Ainsi, la moitié des sols sur ce site devient perméable. Concernant les nouveaux espaces de travail en bord de Saône, ils sont munis de nouveaux planchers d’un mètre de hauteur afin de répondre à la même surélévation du sol que pour les logements. Les installations électriques courent en hauteur au niveau des nouveaux plafonds créés afin d’avoir des volumes chauffés plus restreints dans les espaces de travail. Les volumes sont définis selon l’activité proposée dans chaque travée anciennement industrielle.


Projet de fin d’étude Habiter en bord de Saône Gayané Djeranian

Master 2, École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon Architecture, Métropole, Territoires habités

Ici et ailleurs, l’Europe fluviale et la Métropole Lyonnaise Studio Boyadjian 2016 - 2017

Gayané Djeranian Projet de fin d'étude habiter en bord de Saône  
Gayané Djeranian Projet de fin d'étude habiter en bord de Saône  
Advertisement