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IL Y A 70 ANS

Aux origines du procédé UFR (1932-1949) Née en 1967 du rapprochement du Groupement technique des transporteurs mixtes rail-route - GTTM (technique UFR) et de la Société de traction et d’exploitation de matériel automobile - STEMA (technique Kangourou), NOVATRANS, après avoir été rachetée par la SNCF en 2009, vient d’être cédée au Groupe Charles André (GCA)1. L’occasion pour nous d’évoquer les tout débuts des remorques et wagons UFR mis au point par l’ingénieur René Porte. Bruno Carrière

Donner aux transporteurs routiers la possibilité de faire acheminer leurs véhicules par le rail, c’est le défi que s’est donné, au début des années 1930, l’ingénieur et industriel français René Porte, victime d’un accident de la route causé par un camion fou. L’idée n’était pas neuve puisque déjà expérimentée outre-Atlantique, notamment en 1926 par le Chicago North Shore and Milwaukee Railroad, mais limitée à sa plus simple expression. Déposée le 2 décembre 1932, sa demande de brevet sur les «  Perfectionnements apportés aux moyens de permettre le transport de charges roulantes, notamment des véhicules, par wagons de chemin de fer » est officiellement enregistrée le 14 mars 1933. Il passe à la postérité sous le nom de « procédé UFR », par référence à la Société pour l’union des transports ferroviaires et routiers qu’il crée en 1934 avec le concours de la Compagnie française de matériel de chemins de fer (CFMCF), de la Société des transports automobiles et commerciaux (STA) et de la Société industrielle de transport automobile (SITA), et avec l’appui de la banque de Neuflize. Président directeur général de l’UFR, René Porte s’emploie à rendre opérationnel son procédé. Pour ce faire, sa société commande à l’industrie privée 75 remorques routières en bois de sa conception (de 3,6 t et 6 t de charge utile) qu’elle loue aux transporteurs. Pour leur acheminement par rail,

elle obtient des chemins de fer de l’Est et de l’État la cession « précaire  », moyennant un loyer, de 40  wagons à bogies dont elle assure la transformation en wagons porteurs (25) et wagons chargeurs (15). De 18,5 m hors tampons, les wagons porteurs (du type SNCF RRlyw) peuvent recevoir cinq petites remorques ou trois grandes remorques (longues respectivement de 3,4 m et de 5,85 m). En 1935, l’UFR fait construire à ses frais 5 wagonnets chargeurs qui, placés en bout de quai, offrent une alternative aux embarquements et débarquements latéraux. En 1938, elle établira également les plans d’une passerelle mobile permettant d’opérer directement à partir de la chaussée. Les premiers transports réguliers de remorques UFR datent de 1935. Quatre relations sont disponibles au départ de Paris en direction de Lille, Strasbourg, Lyon et Marseille, et vice-versa. Le PLM inaugure son service le 1er mai 1935 à raison d’un départ tous les deux jours puis, deux semaines plus tard, d’un départ quotidien. Le trajet demande 24 heures : départ de Paris-Bercy à 23 h 29 (jour A), arrivée à Lyon-Guillotière à 23 h 49 (jour B) ; départ Lyon-Guillotière à 4 h 55 (jour A), arrivée Paris-Bercy à 6 h 15 (jour B). En fait le 1- Offre de reprise validée par le conseil d’administration de Novatrans le 26 septembre 2012, sous réserve de l’approbation (attendue au premier trimestre 2013) de l’Autorité de la concurrence française.

Les Rails de l’histoire, n° 4 - avril 2013

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Les rails de l'histoire n°4  

Le journal de l'Association pour l'histoire des chemins de fer - Avril 2013

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