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Un artiste voyageur en Micronésie L’univers flottant de Paul Jacoulet 978-2-7572-0548-8

JACOULET-Couverture-1701-Choix.indd 1

49 €

978-2-3574-4054-8

21/01/13 12:20


Paul Jacoulet, artiste et voyageur du Japon aux mers du Sud


Paul Jacoulet, artiste et voyageur du Japon aux mers du Sud


Parures et accessoires en Micronésie. Réalités et sublimation jacoulienne Bart Suys

« Parmi les femmes confiées aux soins de Ra-Kook, nos compatriotes en admirèrent une qui, par les charmes de sa beauté, la fraîcheur de sa jeunesse, l’élégance de sa taille et l’aménité de ses manières, surpassoit toutes celles qu’ils avoient vues à Pelew [Belau]. Ils en parlèrent au général, et apprirent de lui que cette personne, appelée Ludée, étoit une des femmes du roi 1 » (ci-contre). Cette observation fut rapportée le 17 octobre 1783 par le capitaine anglais Henry Wilson et son équipage, deux mois après leur naufrage au large de Belau, petit archipel du sud-ouest de ce qui allait s’appeler plus tard la Micronésie. Elle constitue un témoignage représentatif de la perception par les Européens de la beauté des habitants – en particulier, celle des femmes – des îles du Pacifique. Les premiers échos de cette région du globe datent du premier voyage autour de la terre, lorsque Fernand de Magellan « découvrit » l’île micronésienne de Guam le 6 mars 1521, après une traversée prolongée et ininterrompue du Pacifique. Cette expédition fut suivie par de nombreuses autres au cours des siècles. Celles-ci connurent leur apogée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, mais des récits de voyages et des études ethnographiques continuèrent à être publiés durant les siècles suivants. Ces sources, souvent enrichies de gravures, puis de photographies en noir et blanc, mettaient à l’honneur la Micronésie et le monde océanien. Toutefois, ces illustrations, aussi intéressantes soient-elles, ne permettaient pas au lecteur occidental de se rendre compte de la richesse des couleurs de ces régions tropicales et surtout des parures de leurs habitants. Un changement tardif se produisit progressivement à partir des années 1960 grâce au développement de la photographie couleur. Ce n’est qu’à cette époque que l’image d’une Océanie grise laissa place à celle d’une contrée polychrome. Le grand mérite de Paul Jacoulet, indépendamment de ses talents artistiques, fut de restituer cet univers bigarré bien longtemps avant l’émergence de la photographie en couleurs. Ses aquarelles et ses estampes colorées, souvent imprimées à des centaines d’exemplaires, contribuèrent ainsi à diffuser une image de la Micronésie plus proche de la réalité. Mais il y a plus. La Micronésie et l’Océanie ne regorgent pas seulement de couleurs, mais aussi d’odeurs. Les sensations olfactives y revêtaient une importance extrême, bien que cela n’ait été mentionné dans la littérature spécialisée que très récemment 2. Au-delà d’une explosion de couleurs, on trouve clairement dans l’œuvre de Jacoulet une invitation à sentir virtuellement le parfum des fleurs et des plantes qui servent de décor ou font partie des parures corporelles, des coiffures en particulier.

Ludée, une des femmes du roi Abba Thulle à Belau Le haut du corps de la jeune femme est découvert, ses bras sont tatoués, et elle porte une paire de boucles d’oreilles. Gravure de J. Russel et A. W. Lewis, in Henri Wilson, Relation des îles Pelew, situées dans la partie occidentale de l’océan Pacifique, 1788, p. 6 et 7.

Femme tatouée de Falalap, Ouest Carolines Juillet 1935

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Parures et accessoires en Micronésie. Réalités et sublimation jacoulienne Bart Suys

« Parmi les femmes confiées aux soins de Ra-Kook, nos compatriotes en admirèrent une qui, par les charmes de sa beauté, la fraîcheur de sa jeunesse, l’élégance de sa taille et l’aménité de ses manières, surpassoit toutes celles qu’ils avoient vues à Pelew [Belau]. Ils en parlèrent au général, et apprirent de lui que cette personne, appelée Ludée, étoit une des femmes du roi 1 » (ci-contre). Cette observation fut rapportée le 17 octobre 1783 par le capitaine anglais Henry Wilson et son équipage, deux mois après leur naufrage au large de Belau, petit archipel du sud-ouest de ce qui allait s’appeler plus tard la Micronésie. Elle constitue un témoignage représentatif de la perception par les Européens de la beauté des habitants – en particulier, celle des femmes – des îles du Pacifique. Les premiers échos de cette région du globe datent du premier voyage autour de la terre, lorsque Fernand de Magellan « découvrit » l’île micronésienne de Guam le 6 mars 1521, après une traversée prolongée et ininterrompue du Pacifique. Cette expédition fut suivie par de nombreuses autres au cours des siècles. Celles-ci connurent leur apogée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, mais des récits de voyages et des études ethnographiques continuèrent à être publiés durant les siècles suivants. Ces sources, souvent enrichies de gravures, puis de photographies en noir et blanc, mettaient à l’honneur la Micronésie et le monde océanien. Toutefois, ces illustrations, aussi intéressantes soient-elles, ne permettaient pas au lecteur occidental de se rendre compte de la richesse des couleurs de ces régions tropicales et surtout des parures de leurs habitants. Un changement tardif se produisit progressivement à partir des années 1960 grâce au développement de la photographie couleur. Ce n’est qu’à cette époque que l’image d’une Océanie grise laissa place à celle d’une contrée polychrome. Le grand mérite de Paul Jacoulet, indépendamment de ses talents artistiques, fut de restituer cet univers bigarré bien longtemps avant l’émergence de la photographie en couleurs. Ses aquarelles et ses estampes colorées, souvent imprimées à des centaines d’exemplaires, contribuèrent ainsi à diffuser une image de la Micronésie plus proche de la réalité. Mais il y a plus. La Micronésie et l’Océanie ne regorgent pas seulement de couleurs, mais aussi d’odeurs. Les sensations olfactives y revêtaient une importance extrême, bien que cela n’ait été mentionné dans la littérature spécialisée que très récemment 2. Au-delà d’une explosion de couleurs, on trouve clairement dans l’œuvre de Jacoulet une invitation à sentir virtuellement le parfum des fleurs et des plantes qui servent de décor ou font partie des parures corporelles, des coiffures en particulier.

Ludée, une des femmes du roi Abba Thulle à Belau Le haut du corps de la jeune femme est découvert, ses bras sont tatoués, et elle porte une paire de boucles d’oreilles. Gravure de J. Russel et A. W. Lewis, in Henri Wilson, Relation des îles Pelew, situées dans la partie occidentale de l’océan Pacifique, 1788, p. 6 et 7.

Femme tatouée de Falalap, Ouest Carolines Juillet 1935

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Représentation d’un bracelet en os, d’un plat et d’une cuillère en écaille de tortue, caractéristiques de Belau Gravure de J. Russel et A. W. Lewis, in Henri Wilson, Relation des îles Pelew, situées dans la partie occidentale de l’océan Pacifique, 1788, p. 52 et 53.

En Micronésie, tout comme en Mélanésie et en Polynésie, les parures corporelles – tatouages, vêtements, bijoux et objets de prestige – jouent un rôle symbolique considérable, qui dépasse la simple valeur esthétique. Non seulement elles renforcent spirituellement leur propriétaire, mais elles fournissent par ailleurs à l’ensemble de la société des informations à son sujet : sexe, âge, initiation, statut à la naissance, prestige acquis, etc. En Micronésie, bien que l’appartenance à l’élite dominante soit déterminée par les liens du sang, il était relativement facile de s’élever dans l’échelle sociale par le mérite personnel. Les Micronésiens faisaient preuve à ce point de vue d’une grande ouverture d’esprit. Henry Wilson, témoin extrêmement important de cette première « période de contact », remarqua ainsi que certains chefs, après avoir participé à un combat, recevaient un bracelet en os qui leur conférait un statut supérieur aux autres chefs 3. Bien qu’étranger, Wilson lui-même avait bénéficié auparavant de cette même marque de reconnaissance au cours d’une cérémonie particulière. L’objectif était clair et l’hommage fut apprécié : « Le roi, dans la matinée, envoya prier le capitaine Wilson de venir le trouver à l’aiguade. Il lui apprit, à son arrivée, qu’il étoit dans l’intention de lui donner l’ordre de l’os, et de le faire rupack [chef] du premier rang. Le capitaine parut très – reconnoissant [sic] de l’honneur qu’on lui vouloit faire, et très flatté d’être admis parmi les chefs de Pelew 4 [Belau]. » Le bracelet en question est représenté sur la planche 4 du rapport de Wilson, l’un des premiers et des plus détaillés jamais publiés au sujet de cette société (ci-contre). Sur la même planche, on peut également admirer deux autres objets de prestige : un plat et une cuillère réalisés à partir d’écaille de tortue de mer 5. Cette matière précieuse était très utilisée en Micronésie pour la confection des bijoux. Les habitants de Belau profitaient de sa relative élasticité pour fabriquer des bracelets en spirale (ci-contre). Les insulaires de Yap portaient souvent sur la poitrine un pendentif circulaire en écaille de tortue. À Chuuk, hommes et femmes suspendaient à leurs oreilles de longs anneaux faits de la même matière. Aux îles Marshall, la partie centrale des colliers des femmes comprenait deux plaques triangulaires de ce noble matériau. Pour ceux des hommes, cette partie centrale pouvait être constituée d’une plaque ajourée en écaille de tortue, mais aussi en bénitier géant (Tridacna gigas).

Représentation d’un bracelet en écaille de tortue en forme de spirale et d’une ceinture de morceaux de cornaline, Belau Gravure de J. Russel et A. W. Lewis, in Henri Wilson, Relation des îles Pelew, situées dans la partie occidentale de l’océan Pacifique, 1788, p. 174 et 175.

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Les Occidentaux furent frappés par le fait que les Micronésiens, bien que pauvrement vêtus, étaient toujours richement parés. Le guide de la collection ethnographique du British Museum de Londres, publié en 1910, attribuait aux ornements de chevelure un rôle primordial, ainsi que l’indique la traduction de cet extrait : « Bien qu’ils portaient peu de vêtements, les Micronésiens possédaient une grande variété de parures, particulièrement des peignes très élaborés souvent décorés de plumes projetées à une certaine distance de la tête 6 […]. » Paul Jacoulet fut sans doute lui aussi fasciné par ces ornements de chevelure. On en retrouve plusieurs exemples dans ses œuvres, principalement dans celles montrant les autochtones de Yap. Ce type d’ornement est formé de plusieurs fines lamelles fixées entre elles. Du côté le plus proche du crâne, elles sont collées les unes aux autres et ne présentent qu’un faible écartement ; elles sont plus longues et plus largement déployées du côté éloigné du crâne, là où des plumes peuvent y être attachées (p. 60 à gauche ; p. 63). Ils possèdent parfois une structure se terminant en demi-arc de cercle (p. 77). Même si l’on trouve des ornements de chevelure monoxyles en Micronésie, ceux-ci étaient surtout présents Belle de Yap et orchidées, Ouest Carolines. Décembre 1934


Représentation d’un bracelet en os, d’un plat et d’une cuillère en écaille de tortue, caractéristiques de Belau Gravure de J. Russel et A. W. Lewis, in Henri Wilson, Relation des îles Pelew, situées dans la partie occidentale de l’océan Pacifique, 1788, p. 52 et 53.

En Micronésie, tout comme en Mélanésie et en Polynésie, les parures corporelles – tatouages, vêtements, bijoux et objets de prestige – jouent un rôle symbolique considérable, qui dépasse la simple valeur esthétique. Non seulement elles renforcent spirituellement leur propriétaire, mais elles fournissent par ailleurs à l’ensemble de la société des informations à son sujet : sexe, âge, initiation, statut à la naissance, prestige acquis, etc. En Micronésie, bien que l’appartenance à l’élite dominante soit déterminée par les liens du sang, il était relativement facile de s’élever dans l’échelle sociale par le mérite personnel. Les Micronésiens faisaient preuve à ce point de vue d’une grande ouverture d’esprit. Henry Wilson, témoin extrêmement important de cette première « période de contact », remarqua ainsi que certains chefs, après avoir participé à un combat, recevaient un bracelet en os qui leur conférait un statut supérieur aux autres chefs 3. Bien qu’étranger, Wilson lui-même avait bénéficié auparavant de cette même marque de reconnaissance au cours d’une cérémonie particulière. L’objectif était clair et l’hommage fut apprécié : « Le roi, dans la matinée, envoya prier le capitaine Wilson de venir le trouver à l’aiguade. Il lui apprit, à son arrivée, qu’il étoit dans l’intention de lui donner l’ordre de l’os, et de le faire rupack [chef] du premier rang. Le capitaine parut très – reconnoissant [sic] de l’honneur qu’on lui vouloit faire, et très flatté d’être admis parmi les chefs de Pelew 4 [Belau]. » Le bracelet en question est représenté sur la planche 4 du rapport de Wilson, l’un des premiers et des plus détaillés jamais publiés au sujet de cette société (ci-contre). Sur la même planche, on peut également admirer deux autres objets de prestige : un plat et une cuillère réalisés à partir d’écaille de tortue de mer 5. Cette matière précieuse était très utilisée en Micronésie pour la confection des bijoux. Les habitants de Belau profitaient de sa relative élasticité pour fabriquer des bracelets en spirale (ci-contre). Les insulaires de Yap portaient souvent sur la poitrine un pendentif circulaire en écaille de tortue. À Chuuk, hommes et femmes suspendaient à leurs oreilles de longs anneaux faits de la même matière. Aux îles Marshall, la partie centrale des colliers des femmes comprenait deux plaques triangulaires de ce noble matériau. Pour ceux des hommes, cette partie centrale pouvait être constituée d’une plaque ajourée en écaille de tortue, mais aussi en bénitier géant (Tridacna gigas).

Représentation d’un bracelet en écaille de tortue en forme de spirale et d’une ceinture de morceaux de cornaline, Belau Gravure de J. Russel et A. W. Lewis, in Henri Wilson, Relation des îles Pelew, situées dans la partie occidentale de l’océan Pacifique, 1788, p. 174 et 175.

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Les Occidentaux furent frappés par le fait que les Micronésiens, bien que pauvrement vêtus, étaient toujours richement parés. Le guide de la collection ethnographique du British Museum de Londres, publié en 1910, attribuait aux ornements de chevelure un rôle primordial, ainsi que l’indique la traduction de cet extrait : « Bien qu’ils portaient peu de vêtements, les Micronésiens possédaient une grande variété de parures, particulièrement des peignes très élaborés souvent décorés de plumes projetées à une certaine distance de la tête 6 […]. » Paul Jacoulet fut sans doute lui aussi fasciné par ces ornements de chevelure. On en retrouve plusieurs exemples dans ses œuvres, principalement dans celles montrant les autochtones de Yap. Ce type d’ornement est formé de plusieurs fines lamelles fixées entre elles. Du côté le plus proche du crâne, elles sont collées les unes aux autres et ne présentent qu’un faible écartement ; elles sont plus longues et plus largement déployées du côté éloigné du crâne, là où des plumes peuvent y être attachées (p. 60 à gauche ; p. 63). Ils possèdent parfois une structure se terminant en demi-arc de cercle (p. 77). Même si l’on trouve des ornements de chevelure monoxyles en Micronésie, ceux-ci étaient surtout présents Belle de Yap et orchidées, Ouest Carolines. Décembre 1934


L’Art du tatouage en Micronésie Sébastien Galliot

LE TATOUAGE, UN ART ANCIEN ET POLYVALENT Le tatouage comme action de marquer la peau afin d’y laisser une trace indélébile à l’aide de pigment est une pratique vieille d’au moins 5 000 ans, ainsi qu’en atteste l’exhumation d’Ötzi, cet homme du Néolithique retrouvé dans les montagnes d’Autriche en 1991. D’autres découvertes archéologiques plus anciennes tendraient à dater la pratique du tatouage en Europe au Paléolithique supérieur 1 (soit entre 10 000 et 40 000 ans). Les données archéologiques et historiques laissent penser que le tatouage aurait d’abord été une pratique thérapeutique, prophylactique ou encore propitiatoire, avant d’évoluer vers des formes géométriques plus complexes et des motifs figuratifs. Dans le cas d’Ötzi, les marques géométriques laissées sur son corps suggèrent une utilisation à des fins thérapeutiques 2. En Égypte, c’est à partir de l’identification de lignes parallèles sur le corps de la momie Amunet (aux alentours de 2 000 avant J.-C.) que des hypothèses de tatouage érotiques furent avancées 3. L’« homme de Pazyryk », une autre momie tatouée datant du IIIe siècle avant J.-C. et découverte en 1948 dans l’Altaï sibérien, offre, quant à lui, une attestation européenne très ancienne de tatouage combinant des marques thérapeutiques et des représentations zoomorphes remarquables. Nombre de témoignages de l’existence de tatouages et de marquages tégumentaires antiques permettent un éclairage intéressant, tout en enrichissant les possibilités d’interprétation des pratiques de tatouage dans les sociétés traditionnelles. Ainsi, ce qu’aujourd’hui nous avons pour habitude de considérer comme un art corporel, et que les explorateurs européens aux XVIIe et XVIIIe siècles tenaient pour des substituts de vêtements, lorsqu’ils en firent la découverte dans les îles du Pacifique, a pu exercer une fonction bien différente, à savoir soigner, ou encore mettre en évidence certaines parties du corps afin d’augmenter son pouvoir d’attraction envers le sexe opposé. De nos jours, dans les sociétés traditionnelles pratiquant le tatouage, les considérations esthétiques se confondent bien souvent avec d’autres éléments ayant trait au genre, à l’appartenance ethnique, ou même au statut de la personne. Ajoutons enfin que la médecine traditionnelle contemporaine de certaines sociétés peut aussi faire usage du tatouage. C’était notamment le cas dans les populations berbérophones de l’Aurès 4, du moins jusque dans les années 1950-1960, et pour l’aire culturelle océanienne, c’est encore le cas aux îles Samoa 5, où les outils à tatouer sont utilisés par les guérisseuses taul sea et certains tatoueurs tufuga t¯a tatau, pour soigner arthrose et affections cutanées.

Deux élégantes tatouées de Fais, Ouest Carolines 1er août 1930

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L’Art du tatouage en Micronésie Sébastien Galliot

LE TATOUAGE, UN ART ANCIEN ET POLYVALENT Le tatouage comme action de marquer la peau afin d’y laisser une trace indélébile à l’aide de pigment est une pratique vieille d’au moins 5 000 ans, ainsi qu’en atteste l’exhumation d’Ötzi, cet homme du Néolithique retrouvé dans les montagnes d’Autriche en 1991. D’autres découvertes archéologiques plus anciennes tendraient à dater la pratique du tatouage en Europe au Paléolithique supérieur 1 (soit entre 10 000 et 40 000 ans). Les données archéologiques et historiques laissent penser que le tatouage aurait d’abord été une pratique thérapeutique, prophylactique ou encore propitiatoire, avant d’évoluer vers des formes géométriques plus complexes et des motifs figuratifs. Dans le cas d’Ötzi, les marques géométriques laissées sur son corps suggèrent une utilisation à des fins thérapeutiques 2. En Égypte, c’est à partir de l’identification de lignes parallèles sur le corps de la momie Amunet (aux alentours de 2 000 avant J.-C.) que des hypothèses de tatouage érotiques furent avancées 3. L’« homme de Pazyryk », une autre momie tatouée datant du IIIe siècle avant J.-C. et découverte en 1948 dans l’Altaï sibérien, offre, quant à lui, une attestation européenne très ancienne de tatouage combinant des marques thérapeutiques et des représentations zoomorphes remarquables. Nombre de témoignages de l’existence de tatouages et de marquages tégumentaires antiques permettent un éclairage intéressant, tout en enrichissant les possibilités d’interprétation des pratiques de tatouage dans les sociétés traditionnelles. Ainsi, ce qu’aujourd’hui nous avons pour habitude de considérer comme un art corporel, et que les explorateurs européens aux XVIIe et XVIIIe siècles tenaient pour des substituts de vêtements, lorsqu’ils en firent la découverte dans les îles du Pacifique, a pu exercer une fonction bien différente, à savoir soigner, ou encore mettre en évidence certaines parties du corps afin d’augmenter son pouvoir d’attraction envers le sexe opposé. De nos jours, dans les sociétés traditionnelles pratiquant le tatouage, les considérations esthétiques se confondent bien souvent avec d’autres éléments ayant trait au genre, à l’appartenance ethnique, ou même au statut de la personne. Ajoutons enfin que la médecine traditionnelle contemporaine de certaines sociétés peut aussi faire usage du tatouage. C’était notamment le cas dans les populations berbérophones de l’Aurès 4, du moins jusque dans les années 1950-1960, et pour l’aire culturelle océanienne, c’est encore le cas aux îles Samoa 5, où les outils à tatouer sont utilisés par les guérisseuses taul sea et certains tatoueurs tufuga t¯a tatau, pour soigner arthrose et affections cutanées.

Deux élégantes tatouées de Fais, Ouest Carolines 1er août 1930

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Tatouages divers (XIX). Homme des îles Marshall, (b) devant, (c) dos 1946

Tatouages divers (XVIII). Homme au visage des îles Marshall (a) 1946

simultanément un système économique et un système religieux alternatifs, l’implantation de colonies allemandes aux îles Carolines et aux îles Marshall, et l’évangélisation catholique et protestante comptent parmi les principaux facteurs de changements sociaux 19, lesquels ont conduit, comme en Polynésie, à l’abandon massif du tatouage. Par la suite, les présences japonaises puis américaines amplifieront encore un peu plus le processus de changement 20. On sait, par exemple, qu’en 1922, le Japon interdisait la pratique du tatouage aux Marshall 21. Du côté des insulaires, les catégories sociales locales ont aussi joué un rôle dans l’adoption, le rejet ou la transformation des phénomènes apportés de l’extérieur, ainsi que cela a été démontré pour Pohnpei où les différents chefs s’approprièrent littéralement tout élément étranger accostant sur leurs territoires respectifs 22. Ainsi, de la politique de découragement menée par les missionnaires aux transformations sociales et politiques engendrées par l’influence des différentes puissances coloniales dans le Pacifique, le tatouage en Micronésie doit sa disparition à un ensemble de facteurs externes, mais également au fragile équilibre des communautés présentes sur des territoires de très petite superficie 23. C’est dans ce contexte particulier que Paul Jacoulet parcourut la Micronésie entre les deux guerres 24. Son travail pictural est d’un grand intérêt car, avec les ethnographes allemands 25 et japonais 26, il est un des derniers observateurs à avoir fait des croquis in situ. Ceux-ci contiennent plusieurs dizaines de relevés de motifs (p. 86 ; p. 87 ; p. 92 ; ci-contre), et ses gouaches, aquarelles et estampes représentent des personnages originaires de toute la région (Palau, les Mariannes, Yap, Chuuk, Pohnpei, les Marshall) à une époque où le tatouage était clairement dans une phase de déclin 27. En raison de la rareté des ethnographies micronésiennes entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, comprendre le lien entre les institutions de tatouage et les organisations sociales de cette région constitue une tâche plus difficile que pour les archipels polynésiens des Samoa, des Marquises ou de la Nouvelle-Zélande 28. Toutefois, sur le plan du rituel et de la technique de tatouage, les communautés micronésiennes présentent certaines similitudes par rapport à la Polynésie voisine. D’abord, les instruments à tatouer répondent à la même formule technique et sont composés d’un percuteur et d’un outil, lequel est doté d’un manche auquel sont fixées des pointes d’origines diverses (épines de citronnier, os d’oiseau, de cochon ou d’humain). Le pigment est invariablement issu de la combustion d’un élément végétal 29 (en général, la noix d’une essence locale). Quant aux motifs, ils constituent le principal élément de variabilité des formes de tatouage océanien et, bien que certains d’entre eux soient très répandus, leur mécanisme de transformation d’un archipel à l’autre demeure une véritable énigme. Ainsi, s’il existe un style technique commun à l’aire océanienne et sud-est asiatique, la valeur ethnique du tatouage se manifeste dans les motifs ornementaux et leur positionnement sur le corps. C’est ce que nous allons voir en examinant un peu plus en détail certaines formes micronésiennes. PALAU ET LES ÎLES CAROLINES

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Un type de tatouage masculin originaire de la partie ouest de la Micronésie apparaît à plusieurs reprises dans l’œuvre de Jacoulet. Il s’agit d’un ensemble de motifs qui recouvrent le haut du corps des hommes (dos, poitrine et bras ; p. 87) et que l’on retrouvait du sud-ouest de Palau (Sonsorol, Pulo Ana, Merir et Tobi) jusqu’aux îles Portrait de Ramon, homme de Gorior, Palaos. 1933


Tatouages divers (XIX). Homme des îles Marshall, (b) devant, (c) dos 1946

Tatouages divers (XVIII). Homme au visage des îles Marshall (a) 1946

simultanément un système économique et un système religieux alternatifs, l’implantation de colonies allemandes aux îles Carolines et aux îles Marshall, et l’évangélisation catholique et protestante comptent parmi les principaux facteurs de changements sociaux 19, lesquels ont conduit, comme en Polynésie, à l’abandon massif du tatouage. Par la suite, les présences japonaises puis américaines amplifieront encore un peu plus le processus de changement 20. On sait, par exemple, qu’en 1922, le Japon interdisait la pratique du tatouage aux Marshall 21. Du côté des insulaires, les catégories sociales locales ont aussi joué un rôle dans l’adoption, le rejet ou la transformation des phénomènes apportés de l’extérieur, ainsi que cela a été démontré pour Pohnpei où les différents chefs s’approprièrent littéralement tout élément étranger accostant sur leurs territoires respectifs 22. Ainsi, de la politique de découragement menée par les missionnaires aux transformations sociales et politiques engendrées par l’influence des différentes puissances coloniales dans le Pacifique, le tatouage en Micronésie doit sa disparition à un ensemble de facteurs externes, mais également au fragile équilibre des communautés présentes sur des territoires de très petite superficie 23. C’est dans ce contexte particulier que Paul Jacoulet parcourut la Micronésie entre les deux guerres 24. Son travail pictural est d’un grand intérêt car, avec les ethnographes allemands 25 et japonais 26, il est un des derniers observateurs à avoir fait des croquis in situ. Ceux-ci contiennent plusieurs dizaines de relevés de motifs (p. 86 ; p. 87 ; p. 92 ; ci-contre), et ses gouaches, aquarelles et estampes représentent des personnages originaires de toute la région (Palau, les Mariannes, Yap, Chuuk, Pohnpei, les Marshall) à une époque où le tatouage était clairement dans une phase de déclin 27. En raison de la rareté des ethnographies micronésiennes entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, comprendre le lien entre les institutions de tatouage et les organisations sociales de cette région constitue une tâche plus difficile que pour les archipels polynésiens des Samoa, des Marquises ou de la Nouvelle-Zélande 28. Toutefois, sur le plan du rituel et de la technique de tatouage, les communautés micronésiennes présentent certaines similitudes par rapport à la Polynésie voisine. D’abord, les instruments à tatouer répondent à la même formule technique et sont composés d’un percuteur et d’un outil, lequel est doté d’un manche auquel sont fixées des pointes d’origines diverses (épines de citronnier, os d’oiseau, de cochon ou d’humain). Le pigment est invariablement issu de la combustion d’un élément végétal 29 (en général, la noix d’une essence locale). Quant aux motifs, ils constituent le principal élément de variabilité des formes de tatouage océanien et, bien que certains d’entre eux soient très répandus, leur mécanisme de transformation d’un archipel à l’autre demeure une véritable énigme. Ainsi, s’il existe un style technique commun à l’aire océanienne et sud-est asiatique, la valeur ethnique du tatouage se manifeste dans les motifs ornementaux et leur positionnement sur le corps. C’est ce que nous allons voir en examinant un peu plus en détail certaines formes micronésiennes. PALAU ET LES ÎLES CAROLINES

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Un type de tatouage masculin originaire de la partie ouest de la Micronésie apparaît à plusieurs reprises dans l’œuvre de Jacoulet. Il s’agit d’un ensemble de motifs qui recouvrent le haut du corps des hommes (dos, poitrine et bras ; p. 87) et que l’on retrouvait du sud-ouest de Palau (Sonsorol, Pulo Ana, Merir et Tobi) jusqu’aux îles Portrait de Ramon, homme de Gorior, Palaos. 1933


Vieillard tatouĂŠ de Mogmog, Ouest Carolines. 1930

Jeune homme de Fais tatouĂŠ, Ouest Carolines. 1935


Vieillard tatouĂŠ de Mogmog, Ouest Carolines. 1930

Jeune homme de Fais tatouĂŠ, Ouest Carolines. 1935


Le Tabouret de porcelaine, Mandchoukuo. Juin 1936

134

L’Attente, Menado, Célèbes. Septembre 1947

La Mariée, Séoul, Corée. Février 1948

Le Marié, Séoul, Corée. Novembre 1950

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Le Tabouret de porcelaine, Mandchoukuo. Juin 1936

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L’Attente, Menado, Célèbes. Septembre 1947

La Mariée, Séoul, Corée. Février 1948

Le Marié, Séoul, Corée. Novembre 1950

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Belle de l’isle d’Olhol. Fleurs arbol de Fuego. Arbre sans feuille, Est Carolines. 1935

Jeune homme de Yap, Tomil, Ouest Carolines. 1935


Belle de l’isle d’Olhol. Fleurs arbol de Fuego. Arbre sans feuille, Est Carolines. 1935

Jeune homme de Yap, Tomil, Ouest Carolines. 1935


Le Sculpteur de Tokobue誰, mers du Sud. Mai 1954

Le Jeune Chef Saragan et son esclave Forum, Tomil, Yap. Mars 1949


Le Sculpteur de Tokobue誰, mers du Sud. Mai 1954

Le Jeune Chef Saragan et son esclave Forum, Tomil, Yap. Mars 1949


Vent du Nord, Corée. Juillet 1953

Hokkan-zan, Séoul, Corée. Décembre 1937


Vent du Nord, Corée. Juillet 1953

Hokkan-zan, Séoul, Corée. Décembre 1937


Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 25) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 35) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 36) 1940 Gravure sur bois polychrome 48 × 35,5 cm

Inv. 70.2013.1.196

Inv. 70.2013.1.201

Inv. 70.2013.1.211

Inv. 70.2013.1.212

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 37) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 40) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 45) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 47) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Inv. 70.2013.1.213

Inv. 70.2013.1.216

Inv. 70.2013.1.221

Inv. 70.2013.1.223

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 52) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour, Kusaie, Est Carolines Octobre 1940 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Les Enfants aux yeux jaunes, Ohlol, Est Carolines novembre 1940 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.228

Inv. 70.2013.1.82

Inv. 70.2013.1.83

La Poétesse indienne Janvier 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.85

Bergers des hautes montagnes, Corée Avril 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Fleurs du soir, Truck-Toloas Mai 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Calme, Truck Juin 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.88

Inv. 70.2013.1.86

Inv. 70.2013.1.87

Les Joueurs, Chinois Juin 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Souvenirs d’autrefois, Japon Juillet 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Cactus, mers du Sud novembre 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Nid, Corée Décembre 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.89

Inv. 70.2013.1.90

Inv. 70.2013.1.91

Inv. 70.2013.1.92

Vendeur de masques, Chinois Décembre 1940 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Bocal de poissons rouges 1942 Gravure sur bois à l’encre noire 39,2 × 29,8 cm

Le Bocal de poissons rouges Avril 1942 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Avant l’audience Avril 1942 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

La Favorite Avril 1942 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.84

Inv. 70.2013.1.583

Inv. 70.2013.1.93

Inv. 70.2013.1.94

Inv. 70.2013.1.95

S él ecti o n r ep r és en ta ti ve d es œu vr es d e l a d o n a ti o n Pa u l Ja co u l et

Les es tam pes 250

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 20) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

251


Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 25) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 35) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 36) 1940 Gravure sur bois polychrome 48 × 35,5 cm

Inv. 70.2013.1.196

Inv. 70.2013.1.201

Inv. 70.2013.1.211

Inv. 70.2013.1.212

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 37) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 40) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 45) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 47) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Inv. 70.2013.1.213

Inv. 70.2013.1.216

Inv. 70.2013.1.221

Inv. 70.2013.1.223

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 52) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

Chagrins d’amour, Kusaie, Est Carolines Octobre 1940 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Les Enfants aux yeux jaunes, Ohlol, Est Carolines novembre 1940 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.228

Inv. 70.2013.1.82

Inv. 70.2013.1.83

La Poétesse indienne Janvier 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.85

Bergers des hautes montagnes, Corée Avril 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Fleurs du soir, Truck-Toloas Mai 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Calme, Truck Juin 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.88

Inv. 70.2013.1.86

Inv. 70.2013.1.87

Les Joueurs, Chinois Juin 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Souvenirs d’autrefois, Japon Juillet 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Cactus, mers du Sud novembre 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Nid, Corée Décembre 1941 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.89

Inv. 70.2013.1.90

Inv. 70.2013.1.91

Inv. 70.2013.1.92

Vendeur de masques, Chinois Décembre 1940 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Bocal de poissons rouges 1942 Gravure sur bois à l’encre noire 39,2 × 29,8 cm

Le Bocal de poissons rouges Avril 1942 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Avant l’audience Avril 1942 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

La Favorite Avril 1942 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.84

Inv. 70.2013.1.583

Inv. 70.2013.1.93

Inv. 70.2013.1.94

Inv. 70.2013.1.95

S él ecti o n r ep r és en ta ti ve d es œu vr es d e l a d o n a ti o n Pa u l Ja co u l et

Les es tam pes 250

Chagrins d’amour. Kusaie, Est Carolines (étape 20) 1940 Gravure sur bois polychrome 47 × 35,5 cm

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Le Mandarin aux lunettes, Mandchoukuo Mai 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

La Corbeille de nèfles, Chine Mai 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Vieil Aïno, Chikabumi, Hokkaido Octobre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Vieille Aïno, Chikabumi, Hokkaido Octobre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

La Gerbe d’anthuriums, Angur, mers du Sud Juillet 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Retour d’un banquet, Séoul, Corée Décembre 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Pèlerinages d’automne, Isle de Sado, Japon Juillet 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.120

Inv. 70.2013.1.121

Inv. 70.2013.1.130

Inv. 70.2013.1.131

Inv. 70.2013.1.132

Les Deux Adversaires (gauche), Corée Décembre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Les Deux Adversaires (droite), Corée Décembre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Les Perles, Mandchoukuo Décembre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Dieu vivant, Nagano, Japon Décembre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.136

Inv. 70.2013.1.137

Inv. 70.2013.1.124

Daikoku, dieu de la richesse, personnifié par une courtisane du Shimabara, Kyoto, Japon Octobre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Danses d’Okesa, Sado, Japon Décembre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.123

Ebisu, dieu du bonheur, personnifié par une courtisane du Shimabara, Kyoto, Japon Octobre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.134

Inv. 70.2013.1.135

La Pipe à eau, Chine Décembre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Génie sans nom, Corée Janvier 1953 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

L’homme qui écrit, Chine Mars 1953 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.138

Inv. 70.2013.1.139

Inv. 70.2013.1.140

Les Aristoloches géants, Tondano, Célèbes Avril 1953 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.119

Inv. 70.2013.1.118

Le Marié, Séoul, Corée novembre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.122

254

L’Étoile de Gobi, Mongole Janvier 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.126

Inv. 70.2013.1.125

M. Keen et M. Lee, Séoul, Corée Février 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Préparatifs pour l’hiver, Pouh-zan, Corée Mars 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Pacifique mystérieux, mers du Sud Juillet 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.127

Inv. 70.2013.1.128

Inv. 70.2013.1.129

Le Bossu, Otaru, Hokkaido Juillet 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.133

Inv. 70.2013.1.141

S él ecti o n r ep r és en ta ti ve d es œu vr es d e l a d o n a ti o n Pa u l Ja co u l et

Les es tam pes

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Le Mandarin aux lunettes, Mandchoukuo Mai 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

La Corbeille de nèfles, Chine Mai 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Vieil Aïno, Chikabumi, Hokkaido Octobre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Vieille Aïno, Chikabumi, Hokkaido Octobre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

La Gerbe d’anthuriums, Angur, mers du Sud Juillet 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Retour d’un banquet, Séoul, Corée Décembre 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Pèlerinages d’automne, Isle de Sado, Japon Juillet 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.120

Inv. 70.2013.1.121

Inv. 70.2013.1.130

Inv. 70.2013.1.131

Inv. 70.2013.1.132

Les Deux Adversaires (gauche), Corée Décembre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Les Deux Adversaires (droite), Corée Décembre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Les Perles, Mandchoukuo Décembre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Dieu vivant, Nagano, Japon Décembre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.136

Inv. 70.2013.1.137

Inv. 70.2013.1.124

Daikoku, dieu de la richesse, personnifié par une courtisane du Shimabara, Kyoto, Japon Octobre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Danses d’Okesa, Sado, Japon Décembre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.123

Ebisu, dieu du bonheur, personnifié par une courtisane du Shimabara, Kyoto, Japon Octobre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.134

Inv. 70.2013.1.135

La Pipe à eau, Chine Décembre 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Génie sans nom, Corée Janvier 1953 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

L’homme qui écrit, Chine Mars 1953 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.138

Inv. 70.2013.1.139

Inv. 70.2013.1.140

Les Aristoloches géants, Tondano, Célèbes Avril 1953 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.119

Inv. 70.2013.1.118

Le Marié, Séoul, Corée novembre 1950 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.122

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L’Étoile de Gobi, Mongole Janvier 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.126

Inv. 70.2013.1.125

M. Keen et M. Lee, Séoul, Corée Février 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Préparatifs pour l’hiver, Pouh-zan, Corée Mars 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Le Pacifique mystérieux, mers du Sud Juillet 1951 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm

Inv. 70.2013.1.127

Inv. 70.2013.1.128

Inv. 70.2013.1.129

Le Bossu, Otaru, Hokkaido Juillet 1952 Gravure sur bois polychrome 39,2 × 30 cm Inv. 70.2013.1.133

Inv. 70.2013.1.141

S él ecti o n r ep r és en ta ti ve d es œu vr es d e l a d o n a ti o n Pa u l Ja co u l et

Les es tam pes

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255


bibliographie générale

Établie par Hideko Numata et Yuko Katada, conservatrices au Yokohama Museum of Art, sous la direction de Kiyoko Sawatari, conseillère scientifique de l’exposition et co-directeur de cet ouvrage, la présente bibliographie regroupe principalement des coupures de presse rassemblées par Paul Jacoulet et par ses assistants, et des publications récentes.

Tôkyô kokuritsu kindai bidjutsukan shozôhin mokuroku hanga [Catalogue de la collection d’estampes du Tokyo National Museum of Art], Tokyo National Museum of Art, Tokyo, 1994. Yokohama bijutsukan shozôhin mokuroku 1989 – 1998 [Catalogue de la collection du Yokohama Museum of Art, 1989-1998], Yokohama Museum of Art, Yohama, 2000.

Ouvrages généraux – Ouvrages en anglais et en français FUJIKAKE (Shizuya), Japanese Woodblock Prints, Japan Travel Bureau, Tokyo, 1939. POLAK (Christian), Sabre et pinceau par d’autres Français au Japon, 1872-1960, Chambre de Commerce et d’Industrie française du Japon, Tokyo, 2005. WELLS (Florence), Paul Jacoulet : Wood-block Artists, Foreign Affairs Association of Japan, Tokyo, 1957. New Series of Woodblock Color Prints, Dealing With Chinese Beauties By Paul Jacoulet, Special Series of Chinese Woman (The Bat Series), Tokyo, 1942. – Ouvrages en japonais ASABUKI (Tomiko), Watashi no Karuizawa monogatari, kiri no naka no toki wo motomete [Mon histoire de Karuizawa : recherche du temps dans le brouillard], Bunka shuppan kyoku, Tokyo, 1985. CHANG (Sook Hwan) et HARADA (Mika), Chôsen ôchô no ishô to sôshingu [Costumes et parures du royaume de Corée], Tankôsha, Tokyo, 2007. HABA (Kitamitsu), Kôgen no shiki – waga Karuizawa zakki [Quatre saisons sur les hauts plateaux – Notes sur ma ville, Karuizawa], Chûô shuppan-sha, Tokyo, 1967. HABA (Kitamitsu), Karuizawa monogatari – watashi no shitta kôgen no machi [Histoire de Karuizawa – La ville sur les hauts plateaux que j’ai connue], Shinanoji, département de Nagano, 1973. MIYABARA (Yasuharu), « Ukiyo-e shi no Jakurê [Le peintre d’ukiyo-e Jacoulet] », Karuizawa monogatari [Histoire de Karuizawa], Kôdansha, Tokyo, 1991. OKUMOTO (Daizaburô), « Pôru Jakurê no chô ga shûshû [La collection de papillons de Paul Jacoulet] », Kowareta tsubo [Pot cassé], Shûeisha, Tokyo, 1993.

Yokohama bijutsukan, Yokohama shimin gararî nenpô [Bulletin annuel du Yokohama Museum of Art et de la Yokohama Civic Art Gallery], Yokohama Museum of Art, Yokohama, 2006.

Catalogues et albums d’expositions – Catalogues et albums d’expositions en anglais et en français HARTNETT (William C.), The Work of Paul Jacoulet, Yokohama Educational Center, GHQ, Yokohama, après 1946. ISLA Center for the Arts (RUBINSTEIN, Donald), Paul Jacoulet’s Vision of Micronesia, ISLA Center for the Arts at the University of Guam, Mangilao, Guam, 2007. MILES (Richard), The Prints of Paul Jacoulet, Pacific Asia Museum, Pasadena, CA, 1982. MILES (Richard), The Watercolors of Paul Jacoulet, catalogue de l’exposition, Pacific Asia Museum, Pasadena, CA, 1989. NATIONAL MUSEUM OF KOREA et JEJU NATIONAL MUSEUM, Couleurs d’Asie : estampes de Paul Jacoulet, National Museum of Korea, Séoul, 2006. Catalogue trilingue coréen, français, anglais. Color Prints by Paul Jacoulet (« L’arc-en-ciel » par M. Paul Jacoulet, version anglaise des conditions de la souscription), Tokyo, 1935. Paintings and Color Prints by Paul Jacoulet, Tokyo, vers 1940-1945. Ce petit livret a été publié par l’Institut Jacoulet des estampes. Paul Jacoulet. The Frenchman of the Woodblock Print, Karuizawa, département de Nagano, après 1945.

Au dos de la photographie

Jacoulet Exhibition, Allied Personnel Treat, GHQ, Tokyo, 1946.

Tokyo, mars 1938 Avec l’aimable autorisation de Thérèse Jacoulet-Inagaki

Photo prise à Akasaka chez moi

343


bibliographie générale

Établie par Hideko Numata et Yuko Katada, conservatrices au Yokohama Museum of Art, sous la direction de Kiyoko Sawatari, conseillère scientifique de l’exposition et co-directeur de cet ouvrage, la présente bibliographie regroupe principalement des coupures de presse rassemblées par Paul Jacoulet et par ses assistants, et des publications récentes.

Tôkyô kokuritsu kindai bidjutsukan shozôhin mokuroku hanga [Catalogue de la collection d’estampes du Tokyo National Museum of Art], Tokyo National Museum of Art, Tokyo, 1994. Yokohama bijutsukan shozôhin mokuroku 1989 – 1998 [Catalogue de la collection du Yokohama Museum of Art, 1989-1998], Yokohama Museum of Art, Yohama, 2000.

Ouvrages généraux – Ouvrages en anglais et en français FUJIKAKE (Shizuya), Japanese Woodblock Prints, Japan Travel Bureau, Tokyo, 1939. POLAK (Christian), Sabre et pinceau par d’autres Français au Japon, 1872-1960, Chambre de Commerce et d’Industrie française du Japon, Tokyo, 2005. WELLS (Florence), Paul Jacoulet : Wood-block Artists, Foreign Affairs Association of Japan, Tokyo, 1957. New Series of Woodblock Color Prints, Dealing With Chinese Beauties By Paul Jacoulet, Special Series of Chinese Woman (The Bat Series), Tokyo, 1942. – Ouvrages en japonais ASABUKI (Tomiko), Watashi no Karuizawa monogatari, kiri no naka no toki wo motomete [Mon histoire de Karuizawa : recherche du temps dans le brouillard], Bunka shuppan kyoku, Tokyo, 1985. CHANG (Sook Hwan) et HARADA (Mika), Chôsen ôchô no ishô to sôshingu [Costumes et parures du royaume de Corée], Tankôsha, Tokyo, 2007. HABA (Kitamitsu), Kôgen no shiki – waga Karuizawa zakki [Quatre saisons sur les hauts plateaux – Notes sur ma ville, Karuizawa], Chûô shuppan-sha, Tokyo, 1967. HABA (Kitamitsu), Karuizawa monogatari – watashi no shitta kôgen no machi [Histoire de Karuizawa – La ville sur les hauts plateaux que j’ai connue], Shinanoji, département de Nagano, 1973. MIYABARA (Yasuharu), « Ukiyo-e shi no Jakurê [Le peintre d’ukiyo-e Jacoulet] », Karuizawa monogatari [Histoire de Karuizawa], Kôdansha, Tokyo, 1991. OKUMOTO (Daizaburô), « Pôru Jakurê no chô ga shûshû [La collection de papillons de Paul Jacoulet] », Kowareta tsubo [Pot cassé], Shûeisha, Tokyo, 1993.

Yokohama bijutsukan, Yokohama shimin gararî nenpô [Bulletin annuel du Yokohama Museum of Art et de la Yokohama Civic Art Gallery], Yokohama Museum of Art, Yokohama, 2006.

Catalogues et albums d’expositions – Catalogues et albums d’expositions en anglais et en français HARTNETT (William C.), The Work of Paul Jacoulet, Yokohama Educational Center, GHQ, Yokohama, après 1946. ISLA Center for the Arts (RUBINSTEIN, Donald), Paul Jacoulet’s Vision of Micronesia, ISLA Center for the Arts at the University of Guam, Mangilao, Guam, 2007. MILES (Richard), The Prints of Paul Jacoulet, Pacific Asia Museum, Pasadena, CA, 1982. MILES (Richard), The Watercolors of Paul Jacoulet, catalogue de l’exposition, Pacific Asia Museum, Pasadena, CA, 1989. NATIONAL MUSEUM OF KOREA et JEJU NATIONAL MUSEUM, Couleurs d’Asie : estampes de Paul Jacoulet, National Museum of Korea, Séoul, 2006. Catalogue trilingue coréen, français, anglais. Color Prints by Paul Jacoulet (« L’arc-en-ciel » par M. Paul Jacoulet, version anglaise des conditions de la souscription), Tokyo, 1935. Paintings and Color Prints by Paul Jacoulet, Tokyo, vers 1940-1945. Ce petit livret a été publié par l’Institut Jacoulet des estampes. Paul Jacoulet. The Frenchman of the Woodblock Print, Karuizawa, département de Nagano, après 1945.

Au dos de la photographie

Jacoulet Exhibition, Allied Personnel Treat, GHQ, Tokyo, 1946.

Tokyo, mars 1938 Avec l’aimable autorisation de Thérèse Jacoulet-Inagaki

Photo prise à Akasaka chez moi

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Catalogue jacoulet