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Corps scanné


Ce qu'elle aimait le plus au monde : sa magnifique poitrine, ses seins doux et fermes qui remplissent le creux de ses mains. Quand personne ne la regardait, elle aimait les caresser, les effleurer. Bien que la polygamie était interdite, et elle le savait, c'était les deux compagnons de sa vie. Elle n'aimait pas que les hommes y touchent, ils ne savaient pas prendre soin d'eux. Ils les pinçaient trop fort ou les malaxaient comme si c'était une vulgaire pâte à pain. Est­ ce qu'elle avait une tête de brioche ?


Des enfants ? Hors de question que ses deux roberts servent de vulgaires mamelles. Elle n'était pas un biberon. Elle ne souhaitait pas voir ses mamelons se creuser sous la succion de la bouche baveuse d'un nourrisson. Elle ne voulait pas les voir enfler, se tordre, se distordre, se percer et se répandre en un liquide blanchâtre. Même si sa peau avait une belle couleur laiteuse elle ne voulait pas se transformer en génisse.


Elle aimait la taille de sa poitrine, elle n'avait pas besoin, au contraire d'autres femmes, de les faire gonfler à l'aide d'artifices factices. Même si elle n'aimait pas les autres parties de son corps, elle ne voyait pas l’intérêt de les transformer. Adobe photoshop et sa fameuse touche annuler ( ctrl z pour les initiés) font partie du monde informatique. Hors de question de retoucher son corps si la touche ctrl z reste coincé dans un monde binaire.


Un jour, telle Sophie Marceau, une partie de son haut a glissé, laissant apparaître une partie de ses deux précieux trésors. Un passeur désobligeant hurla vulgairement « Waaa j'ai vu le soleil et la lune ! » Elle rougit en se rhabillant maladroitement et fut vexée de cette remarque. Mais la comparaison était majestueuse, astrale. Lové précieusement dans deux arcs de tissu, son buste faisait fièrement un pied de nez à la chanson de Charles Trénet. Le soleil a un rendez vousavec la lune, la lune est là...



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